15 mars 2016 – séminaire RedOc « Du Félibrige à l’Ecole Romane : l’esprit d’une renaissance des lettres »

Par Christophe Imbert, Université Toulouse-Jean-Jaurès
 Dans un numéro de la revue symboliste  La Plume, en 1891, coordonné par  un Charles  Maurras encore néophyte, le Félibrige est présenté aux jeunes lettrés français comme le modèle actif d’une possible renaissance des lettres; qui plus est, le relai proposé de la renaissance provençale incarnée par le mouvement mistralien à une renaissance française à venir s’incarne déjà dans un petit groupe de poètes, dont le chef de file est le grec Jean Moréas, et Maurras l’un des enthousiastes fondateurs.

Notre communication voudrait revenir sur le sens de cette articulation d’un modèle provençal alors à son acmé à une littérature française qui cherche ses marques, et explorer quelques voies de la postérité de cette conjonction longtemps décisive de l’École Romane, aujourd’hui négligée, et d’un modèle mistralien dont on mesure parfois mal la portée en dehors du domaine occitan. »

Salle A 105  – 17 h 15

Christophe Imbert est comparatiste. Il s’intéresse essentiellement à la tradition culturelle de la Romania : soit au rôle de Rome et de la nostalgie de Rome dans la culture moderne depuis la Renaissance (Rome n’est plus dans Rome, formule magique pour un centre perdu, Garnier, 2010), à la construction des images d’autorité qui régissent le regard de la littérature sur le monde (Le paysage allégorique, entre image mentale et pays transfiguré, avec Ph. Maupeu, PUR, 2010), à l’émergence enfin d’un imaginaire culturel propre au Midi de l’Europe dans les littératures modernes entre XVIIIe et XXe siècle : « Romania ou l’Empire du Soleil : un mythe culturel émergent entre philologie, histoire littéraire et esthétique » est le titre de l’inédit rédigé récemment pour l’ HDR. Dans ce dernier ouvrage, le domaine occitan trouve naturellement un rôle central : de la construction d’une histoire littéraire où la lyrique des troubadours joue le rôle de matrice européenne à l’invention d’une culture romantique en tant que fille d’un monde « roman »; de la territorialisation du classique (l’Italie, la Provence, sols classiques) à la signification identitaire de l’art roman… Christophe Imbert a par ailleurs contribué au colloque de Toulouse sur la réception des troubadours au XIXe siècle avec un article sur « Les troubadours de Jean Moréas »…

 

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