23 octobre 2014 – 19 h soirée poésie occitane – Librairie Sauramps

Jean-Marie Petit petit 2007_05_150500-NB et Philippe Gardy 1404-26-Gardy Photos G. Souche

La libraire Sauramps recevra deux poètes occitans dont la voix nous accompagne depuis près d’un demi-siècle. Voix précieuses et essentielles, qui s’expriment, chacune à sa façon, dans une langue naturelle, limpide et dense, pour dire le passage du temps dont nous sommes faits et dont elles semblent imiter la substance fluide, insaisissable. Dans ces deux œuvres déjà longues, réminiscences, souvenirs, rêves semblent plus réels et plus palpables dans leur évanescence que l’instant présent. Une mélancolie profonde, teintée ou nom d’espoir, inspire chaque poème, où la langue occitane est portée à son sommet de pureté et d’expression.

  • Philippe Gardy : Montpelhierencas / de Montpellier, L’aucèu libre, 2014.

Après Nimesencas / de Nîmes, où Philippe Gardy rêvait dans l’éloignement du temps et de l’espace à la ville de sa jeunesse, voici Montpelherencas / de Montpellier, où la cité est évoquée cette fois-ci d’après motif, dans l’instant du vécu. On y retrouve quelques lieux emblématiques du Clapas : Peyrou, Jardin des Plantes, cathédrale Saint-Pierre, place de la Comédie, rue de la Coquille, mais aussi des motifs moins localisés : platane, fin du jour, miroir, nuit. Chacun de ces treize poèmes assez courts (ils comptent tous douze vers) est une méditation sur le peu de réalité des choses. Comme le dit le poète lui-même dans sa brèves préface : « Ces images de Montpellier voudraient pourtant n’être que les traces sans retouches de l’éclair ardent dont les lueurs brillent encore. Pure illusion, entre bonheur et douleur. »

  • Jean-Marie Petit : E avèm tot perdonat a l’ivèrn / Et nous avons tout pardonné à l’hiver, Letras d’òc, 2014.

La poésie de Jean-Marie Petit est un alliage d’insolite et de familier. C’est que la vie elle-même est à la fois fantastique et routinière. Elle allie aussi le bonheur de se souvenir et la tristesse du temps passé, ce qui s’appelle mélancolie. Mais ce poète mélancolique est animé d’un amour sensuel de la vie et d’une sagesse indulgente. Ces trente-six poèmes brefs son autant de médaillons gravés dans l’étoffe de nos rêves et dans la matière des nuages. Ils sont, le temps d’un éclair de parole, des hymnes à la nature, à l’enfance, à l’amour, à un monde innocent et cruel, pour toujours disparu, mais qui semble renaître à chaque aube. Le premier poème s’ouvre par ce vers : « Lo matin reborsièr a dobèrt la fenèstre » (Le matin insoumis a ouvert la fenêtre) et le dernier est un autoportrait : « Fasiá de poèmas micuts / Redonds coma de pans de bòria… » (Il faisait de bons gros poèmes / Ronds comme des pains de ferme… Et il allait tout mélangeant / Dans une langue têtue…)

 Rencontre organisée en partenariat avec l’équipe de recherche RedOc/LLACS de l’Université Paul Valéry, animée par Marie-Jeanne Verny et Jean-claude Forêt.

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