L’axe « Littérature et arts »

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Projet 2014-2019 -  « Transversalités littéraires, culturelles et artistiques »

La transversalité nous apparaît comme la modalité la plus appropriée pour avancer dans l’analyse d’échanges où interviendront des notions de ‘migration’ et d’identité, de consensus et de dissension, de réappropriation et de perte, de ‘métissage’ et d’interculturalité. Dans cette perspective, nous nous proposons d’articuler les recherches relatives à cet axe en fonction des deux problématiques présentées ci-dessous.

1. Réceptions, réappropriations, recréations
Les théories de la réception, le rôle fécond de la circulation des œuvres (intertextualité, interdiscursivité, etc.) ont non seulement bouleversé le champ du discours critique dans les années 1980-1990, mais ont également suscité chez les auteurs et les créateurs tout un travail d’appropriation qui va au-delà de la question de l’influence et des sources. Au sein de LLACS, cette réflexion fédératrice donne lieu, en lien avec d’autres universités, à des collaborations interdisciplinaires qui s’inscrivent dans la continuité des actions menées depuis 2011 (réception des troubadours, poésie occitane 1930-1960, orphisme, futurisme et autres avant-gardes, hommage à l’auteur mexicain Jorge Ibargüengoitia…). Dans cette perspective critique, la question des dialogues sémiotiques constitue un socle nécessaire aux nouvelles approches des productions culturelles. En effet, les relations qui s’instaurent entre le fictionnel et le factuel sont de plus en plus complexes. Elles exigent une analyse dépassant les catégories génériques traditionnelles et questionnent les outils théoriques et méthodologiques privilégiés jusqu’à présent. Si les littératures des Suds ont, au cours de ces dernières décennies, étendu leur espace en faisant bouger les lignes, elles ont surtout empiété sur les frontières en brouillant les genres et en créant, à l’articulation même des différents genres, des interstices dans lesquels se joue en grande partie leur existence. Toutes ces pratiques d’écriture renouvellent les termes de la question fondamentale sous-jacente à toute forme de littérature et d’art, à savoir celle de ses rapports au réel.

2. Littératures des mondes et poétiques de l’altérité
Cette problématique renvoie à la question de l’interculturalité et, par ‘interculturalité’, nous n’entendons pas simplement le rapport entre des cultures différentes, mais des rapports complexes entre des sujets – individuels ou collectifs – qui sont porteurs de plusieurs cultures et qui vivent de cette pluralité, de cette relation constante, en termes de réciprocité, entre différence et identité. Ainsi, la différence et l’altérité nous construisant, l’interculturel, comme le souligne Tzvetan Todorov, devient constitutif du culturel. D’où la complexité de la problématique de l’identité dont les contours sont appelés à être constamment redéfinis. Ce questionnement fait intervenir les concepts d’« extraterritorialité » et de « transterritorialité » et peut aisément être articulé avec des problématiques relevant de la civilisation et de la sociolinguistique.
Actions scientifiques programmées
Comme lors du quadriennal précédent, et parce qu’elles se sont avérées fructueuses, seront ponctuellement privilégiées des collaborations avec d’autres équipes de recherche de l’UPV (colloque « Paradoxes de l’enfermement » entre LLACS et IRCL, novembre 2012, programme « Mutations de l’autorité » avec la MSH…) pour l’organisation et la réalisation de certains séminaires et autres manifestations scientifiques. Dans ce cadre, les thèmes de recherche dont il est question ci-dessus feront l’objet, au cours du quinquennal, de plusieurs manifestations scientifiques (séminaires, colloques et journées d’études) qui donneront lieu à des publications et à des réalisations sur support numérique, parmi lesquelles :
- un colloque transdisciplinaire dont la thématique portera sur « Figures de l’errance. Mythes et réécritures ».
- un cycle de séminaires et de journées d’études ayant pour thème « Transterritorialité et imaginaires ‘poétiques’ » en vue de préparer un colloque à mi-parcours sur cette problématique.

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Rappel : le programme 2011-2014

 Transversalités littéraires, linguistiques et artistiques

Dans les domaines de la littérature et des arts, les travaux de recherche des membres de l’équipe – par-delà les ancrages nationaux ou régionaux – seront centrés tout au long du prochain quadriennal sur le processus de création des formes artistiques. Dans cette perspective, il est apparu indispensable de travailler dans une transversalité qui permette de dépasser les cloisonnements entre disciplines, langues et genres de façon à avancer dans l’analyse de ces échanges où interviendront des notions de rupture et de continuité, de dialogue et d’altérité, de ‘migration’ et d’identité, de réappropriation et de perte, de ‘métissage’ et d’interculturalité.

1. Réceptions, réappropriations, recréations

Les théories de la réception, le rôle fécondateur de la circulation des œuvres (intertextualité, interdiscursivité, etc.) ont non seulement bouleversé le champ du discours critique dans les années 80-90, mais ont aussi et surtout suscité chez les auteurs et les créateurs tout un travail conscient d’appropriation dépassant de beaucoup la question de l’influence et des sources. Ce type de rapport complexe au Répertoire artistique et littéraire est au cœur d’une réflexion engageant la plupart des composantes de l’axe « Arts et Littératures des Suds ».

2. Langues et poétiques du divers

Cette problématique renvoie à la question de l’interculturalité, ce qui induit des rapports complexes entre des sujets – individuels ou collectifs – qui sont porteurs de plusieurs cultures et qui vivent de cette pluralité, de cette relation constante, en termes de réciprocité, entre différence et identité. Dans cette perspective, deux questionnements sont privilégiés : les littératures et les arts migrants, d’une part, les croisements de langues ainsi que les effets de bilinguisme et les interactions diglossiques.

3. Espaces de la fiction

L’étude des œuvres de l’époque classique et moderne reste au cœur des préoccupations scientifiques de plusieurs membres de l’équipe qui se sont illustrés par de nombreux travaux portant sur le Moyen-Âge, la Renaissance, le Baroque, le Siècle d’Or et la Modernité. Dans le même temps, les travaux porteront sur les nouvelles voies de la création : dialogues sémiotiques, d’une part, récupérations et collages, de l’autre. Dans le premier cas, il convient de dépasser les catégories génériques traditionnelles, dans le second, d’analyser des œuvres s’inscrivant dans une dynamique de transactions nouvelles avec d’autres expressions culturelles ou artistiques portées bien souvent par les nouvelles technologies de communication qui signent la fin de l’expérience directe du monde et le triomphe du virtuel dans la société postmoderne.

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