Carole Philippon

Études italiennes

Date de soutenance : 15 juin 2010

Directrice de recherches : Madame Angela Biancofiore

Courriel : c.philippon-montp3@hotmail.com

Titre et résumé de la thèse

Le caravagisme à Naples. Polymorphisme de la poétique caravagesque méridionale

L’objectif principal de ma thèse est de mettre en valeur la richesse de la Scuola Napoletana de la première moitié du XVIIe siècle, et plus précisément le courant caravagesque local. Entre 1606 (premier séjour napolitain du Caravage) et 1656, de très grands peintres (parfois méconnus) s’épanouissent au sein du milieu artistique napolitain, donnant vie à l’un des plus grands foyers caravagesques.

La peinture napolitaine est peu connue, car injustement sous-estimée. La première moitié du Seicento est pourtant extrêmement importante, dans la mesure où elle représente une période charnière pour l’essor et l’épanouissement de l’École napolitaine. La capitale du vice-royaume espagnol est alors le seul centre artistique qui continue de considérer le Caravagisme comme une force vitale de la peinture, et ce jusqu’en 1656, année de la Grande Peste, qui emporte avec elle les derniers peintres d’ascendance caravagesque. Dans ma thèse, je reviens longuement sur le Caravage, en mettant en exergue sa période méridionale, sombre et dépouillée (qui est souvent délaissée par rapport à sa période romaine) ; puis j’évoque l’extrême diversité des peintres naturalistes qui composent le milieu artistique napolitain, unis par une passion commune pour le langage du Caravage mais dont l’expression artistique intègre peu à peu d’autres influences, d’une diversité et d’une richesse telles qu’elles font de Naples un foisonnant laboratoire artistique. Le courant caravagesque méridional se distingue par son polymorphisme et par la diversité des influences extérieures avec lesquelles les artistes enrichissent leur caravagisme originel.

Dans mon premier chapitre (Avènement du Caravagisme à Naples), je reviens tout d’abord, dans ma première partie intitulée Le Caravage à Naples, Naples et le Caravage, sur l’odyssée méridionale du Caravage, autrement dit sur son premier séjour napolitain (1606-1607), sur ses séjours maltais et sicilien (1607-1609) et sur son second séjour napolitain (1609-1610). J’analyse le parcours du Caravage à travers les œuvres et les thématiques qui me semblent les plus significatives de sa dernière période, qui révolutionnent littéralement le milieu artistique napolitain. Si bien que dans ma seconde partie, intitulée Les premiers Caravagistes napolitains, je reviens tout d’abord sur le parcours de Battistello Caracciolo (et de son Caravagisme “orthodoxe”) et des premiers naturalistes (Carlo Sellitto, Filippo Vitale, Paolo Finoglio, les maîtres anonymes…), avant d’évoquer les années 1620 et la suprématie du caravagisme ribéresque, caractérisé par sa vocation sociale (Jusepe de Ribera, Francesco Fracanzano, Aniello Falcone, Andrea Vaccaro, Salvator Rosa, le “Maître de l’Annonce aux Bergers”…).

Dans mon second chapitre (Caravagismes), je reviens tout d’abord sur les influences extérieures et sur les nouvelles propositions caravagesques, en évoquant les liens que tissent certains peintres  entre Caravagisme et Classicisme (Massimo Stanzione et Francesco Guarino) ; je me consacre ensuite à Artemisia Gentileschi (et à son brillant Caravagisme narratif), qui s’intègre bien dans le paysage artistique napolitain des années 1630 et qui collabore avec de nombreux peintres locaux ; puis j’analyse la pénétration des courants chromatiques néovénitien et vandyckien (en vogue à partir des années 1630) dans la peinture napolitaine, notamment par l’entremise de Pietro Novelli. Enfin, la seconde partie de ce chapitre, intitulée Vers un caravagisme baroquisant, analyse la transition entre le Caravagisme et le Baroque à Naples, en revenant sur la carrière du très raffiné (et proto rococo) Bernardo Cavallino, avant d’évoquer la carrière de Mattia Preti, un peintre inclassable dont la poétique, synthèse d’influences disparates, oscille entre Caravagisme et Baroque.