-Qui sommes-nous ?

L’équipe LLACS  (EA 4582) est née de la volonté d’un certain nombre de spécialistes aux compétences voisines de faire converger leurs recherches dans un projet prenant en compte un espace plus large que celui sur lequel ils avaient travaillé jusque-là. En l’occurrence, il s’agit des Suds: d’abord ce monde qui va de la Péninsule ibérique aux confins du monde grec contemporain, entre porteurs de l’héritage hellénique et héritiers de celui la Romanité. Mais aussi ces parties du Nouveau Monde et de l’Afrique dans lesquelles un processus de colonisation ancien a mené l’Espagnol et le Portugais au contact de diverses langues indigènes. L’histoire de ces territoires offre bien entendu des chronologies différenciées depuis la fin de l’Antiquité pour les vieilles terres d’Europe, à partir du XVIe siècle pour les autres continents. Les langues présentes dans cet espace ont connu des statuts différents au cours de l’histoire, mais sont porteuses chacune de littératures spécifiques qui représentent au total un corpus considérable.
Les chercheurs regroupés ici proviennent pour une bonne part de l’EA 3020 ETOILL (Études occitanes, ibériques, latino-américaines et lusophones) rejointe par les italianistes et les chercheurs du Centre d’Études Néo-helléniques. Ils sont linguistes, spécialistes de littérature (médiévale, moderne et contemporaine), de civilisation, d’édition de textes… Loin d’être un handicap cette multiplicité des approches possibles jointe à la diversité de l’espace concerné constituent un défi, celui d’un travail comparatiste et pluridisciplinaire croisant sur certains points précis et certaines problématiques des regards complémentaires venus de lieux et de disciplines différentes.

L’équipe se structure autour de quatre axes fédérateurs :

  • Axe 1 : Edition de textes, traduction, humanités numériques
  • Axe 2 : Polémiques et controverses : frontières religieuses, idéologiques et culturelles dissensus et consensus (Europe des Suds, Amérique et Afrique hispanophones et lusophones)
  • Axe 3 : Transversalités littéraires, culturelles, artistiques et linguistiques
  • Axe 4 : Les civilisations contemporaines des Suds. Echanges, mélanges, transversalités

autour desquels s’organisent les recherches disciplinaires :

  • Études ibériques
  • Études catalanes
  • Études latino-américaines
  • Études lusophones
  • Études néo-helléniques
  • Études occitanes
  • Études italiennes

Stratégie et perspectives scientifiques pour le futur contrat 2015- 2019

Nos objectifs scientifiques pour les années 2015-2019 s’inscrivent en partie dans le prolongement du travail amorcé depuis 2011, année de naissance de LLACS. Les nombreuses réalisations menées à bien au sein du centre dont nous rendons rapidement compte dans le bilan ci-dessous et qui ne correspondent qu’à deux ans et demi d’activité nécessitaient d’être prolongées au-delà de 2014. C’est en particulier le cas de l’axe fédérateur «Édition de textes » que nous avons élargi et qui nécessairement s’inscrit dans le long temps.

La transversalité nous apparaît comme la modalité la plus appropriée pour avancer dans l’analyse d’échanges où interviendront des notions de migration et d’identité, de consensus et de dissension, de réappropriation et de perte, de métissage et d’interculturalité.
Dans cette perspective, nous nous proposons d’inscrire les recherches de l’équipe LLACS dans une thématique générale : frontières, transferts, métissages

A- Les axes fédérateurs

  • A.1- Axe I : Edition de texte, traduction, humanités numériques

Responsable de l’axe : Gilda Russo

  • A.1.1-    Éditions de textes
  • A.1.2-    Traductions
  • A.1.3- Humanités numériques

Depuis le premier quadriennal de l’équipe LLACS cet axe est défini en premier lieu par l’édition scientifique du texte contemporain, moderne et médiéval. Herméneutique textuelle par excellence, l’édition a le mérite d’offrir l’établissement de textes qui sont avant tout des documents linguistiques (édition philologique de textes à tradition manuscrite, étude des variantes d’auteur, philologie rédactionnelle, constitution d’un appareil critique de commentaire pour chaque texte édité, reconstitution de l’histoire des textes et de l’édition). Cette opération parfois discrète constitue en effet la base de toute étude ultérieure du texte.

La traduction est tout naturellement associée à l’édition en tant que transposition réflexive du sens des textes originaux dans une langue autre et, selon l’enseignement de Pierre Bec, elle constitue l’instrument principal de vérification de sa correction linguistique.

Tout travail de théorisation sur les usages dans le domaine de l’édition et de la traduction fait aussi partie intégrante du périmètre de l’axe.  
 
Le développement de l’axe dans le sens d’une véritable herméneutique du texte s’oriente tout naturellement vers les humanités numériques, désormais conçues comme discipline scientifique à part entière. Les humanités numériques soutiennent et renforcent la philologie textuelle, en lui fournissant les instruments nécessaires à la progression des connaissances. Par la réalisation d’éditions de textes selon le protocole spécifique de la TEI (textual encoding interchange) il est en effet possible de concevoir l’édition comme un instrument de travail dont les possibilités de recherche dépassent très largement celles qui seraient offertes par une édition papier.

Voici les travaux prévus et en cours pour le quadriennal 2015-2019 (attention : un double astérisque précède la mention de la typologie des travaux lorsqu’il s’agit d’une thèse de doctorat)

A.1.1- Edition de textes`

A.1.1.1-Textes contemporains

Espagnol/Catalan

  • Cuentos de Luis Riaza, éd. García Aguilar Ignacio y Ruiz Pérez Pedro, PULM, 2016
  • Contes de propagande de Ricardo Flores Magon, éd. Paola Domingo, PULM, 2018

Italien

-  Edition d’un corpus de témoignages d’enfants d’italiens, Isabelle Felici, PULM, 2017

Occitan

A.1.1.2-Textes anciens

Espagnol

  • Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition espagnole par Joseph de Maistre, éd. Jean Michel Delolme, 2017, PULM
  • Testaments du XVIe siècle des Archives d’Asuncion, éd. Paola Domingo, 2017, PULM
  •  Historia de Argel de Melchor de Zúñiga, éd. Anita Gonzalez-Raymond, 2018, PULM
  • Le Sage, Pièces espagnoles, éd. Sylvie Thuret, 2019.

Italien

  •  Textes vénitiens « à la bergamasque » du XVIe siècle, éd.  Sylvie Favalier, 2019.

Occitan

  •    Édition de l’œuvre  du troubadour Delphin d’Auvergne (2015-2018)

A.1.2- Traductions

A.1.2.1- Textes contemporains

Espagnol/Catalan 

  • Anthologie de poésie catalane contemporaine, sous la direction de Michel Bourret.

Italien

  • Travaux sur la traduction de l’œuvre d’Italo Calvino en français, éd. Sabina Ciminari, 2019.
  • Anthologie de littérature italienne contemporaine, sous la direction de Angela Biancofiore.

A.1.2.2- textes anciens

  •  Édition du « Théâtre de Béziers » corpus bilingue occitan-français publié entre 1628 et 1657 Lieutard Hervé et alii (ouvrage dirigé par Bénédicte Louvat –IRCL-UPVM), Garnier, 2017
  • Defensio toletani statuti de Diego de Simancas (1573), éd. Raphaël Carrasco, 2018, PULM
  • Voyage en Crimée de Giosafat Barbaro, éd.  Sylvie Favalier, 2019.

A.1.3- Humanités numériques, éditions TEI

Occitan

  • Les Annales occitanes de Montpellier, (1204-1426), éd. de corpus par Caiti-Russo Gilda, Gouiran Gérard, Lieutard Hervé et Philippe Martel (en collaboration avec Vincent Challet et Daniel Le-Blévec- CEMM-UPVM, 2018, PULM.
  • Corpus de textes littéraires occitans, entre 1850 et 1914 (élaboration d’applications et d’outils de lecture en ligne),  Noémie Eyraud, 2018.
  • Édition critique et électronique du manuscrit AA9 des Archives municipales de Montpellier dit  le Petit Thalamus. Textes juridiques et fragments – www.thalamus.huma-num.fr, éd., Gouiran Gérard, Lieutard Hervé et Martel Philippe (en collaboration avec le CEMM-UPVM).
  • Manuscript héritage of the Troubadours Édition électronique du chansonnier R dit chansonnier d’Urfé, éd. Caiti-Russo Gilda, Lieutard Hervé (en collaboration avec l’UMR 5283 CLLE ERSS de l’Université Jean-Jaurés de Toulouse)

A.2- Axe 2 : Polémiques et controverses : frontières religieuses, idéologiques et culturelles, dissensus et consensus (Europe des Suds, Amérique et Afrique hispanophones et lusophones).  

Responsable : Anita Gonzalez-Raymond

  • A.2.1- Les mots de l’intolérance
  • A.2.2- Expérience historique et narration
  • A.2.3- Tensions et conflits

A.2.1- Les mots de l’intolérance

Le programme débutera en 2015 par un premier cycle de travaux sur «les mots de l’intolérance» qui se situe ans le prolongement des travaux sur l’Inquisition espagnole développés au cours des dernières années. Le champ sera élargi à d’autres situations analogues dans les divers pays des Suds.
Si l’on se tourne vers l’espace occitan, on sait que c’est là, à l’issue de la croisade contre les Albigeois, que l’Inquisition est apparue pour la première fois, contre les cathares et les vaudois. On sait aussi que c’est dans le sud du Royaume que le protestantisme a trouvé ses plus forts bastions à partir du XVIe siècle. Sans oublier la question de la sorcellerie, ou celle des Juifs du Comtat. L’étude de la façon dont ces dissidences religieuses ont été traitées peut s’appuyer non seulement sur les sources judiciaires mais aussi sur toute une littérature polémique dénonçant l’hérésie en occitan, depuis Las novas de l’heretge des années 1240 jusqu’à la littérature anti-protestante des XVIe et XVIIe siècles. Un travail comparatif sur les procédures et les écrits dans les différents pays concernés par la répression de la dissidence religieuse permettrait de dégager à la fois ce qui est commun à l’appareil répressif et à sa propagande et ce qui est spécifique à chacune des sociétés concernées.

   Dans le domaine de l’histoire moderne hispanique, est envisagée l’analyse d’une série de traités : traités contre les maures et les Juifs (antialcoranes, disputas, catecismos para moriscos…), traités sur la limpieza de sangre.

Nous aborderons aussi la question de l’hérésie (hérésies médiévales / hérésie inquisitoriale, analyse des manuels de procédure…) dans une perspective comparatiste. Ce programme est en relation avec les programme du CIER (Centre Interdisciplinaire d’Étude du Religieux) hébergé par la MSH-M «Le fait religieux interrogé par les chercheurs. Constructions disciplinaires ».

A.2.2- Expérience historique et narration

Le deuxième volet débutera par une réflexion sur les catégories de description et de narration de l’expérience historique dans l’Espagne contemporaine. Il ne s’agit pas seulement de poursuivre un travail sur les représentations culturelles de l’Histoire en l’occurrence conflictuelle du XXe siècle ni seulement d’analyser l’évolution des formes discursives ou des frontières de genres à travers des objets textuels (témoignages, romans) ou cinématographiques liés à cette Histoire. Il s’agit aussi d’analyser comment les formes – les mots et les images – qui disent l’Histoire contemporaine sont enjeux de conflits et enjeux de savoir. Et donc d’étudier pourquoi et comment pèsent sur la nomination, la qualification de l’expérience historique, par les différents acteurs de l’Histoire (institutions, groupes sociaux et individus impliqués) des luttes de mots et des rapports de domination. Par conséquent, ce programme a pour ambition d’observer dans quelles conditions et avec quels moyens s’opèrent, dans les narrations liées à l’Histoire contemporaine, la transgression de cet ordre des discours, voire la requalification de certains acteurs ou de certaines actions. L’objet est donc l’histoire de ces luttes de mots. Ce travail sur l’historicité des catégories discursives nous amènera à réfléchir à la polysémie ou à l’oblitération de certains mots devenus problématiques ou inaudibles (par exemple des mots comme « démocratie », « République », « révolution », pour ce qui est du XXe et du XXIe siècle). À l’inverse, il invite à analyser la construction de récits consensuels qui imposent des lexiques, des figures et des stratégies d’énonciation (ainsi les langues du dommage et de la réconciliation dans les discours liés à la violence politique). Ce questionnement sur les formes et sur la finalité des discours pourra également être envisagé sous l’angle du genre.

A.2.3-Tensions et conflits

Ce troisième volet sollicitera plusieurs domaines, plusieurs temps, plusieurs espaces : dictature au Portugal, guerre, dictature et transition en Espagne, fascisme et conflictualité des années de plomb en Italie, dictatures du cône Sud. Il sera abordé à travers des récits personnels (témoignages écrits ou oraux), des écrits institutionnels (archives judiciaires, policières, militaires…), des formes littéraires ou cinématographiques, les médias, mais aussi les musées ou les lieux de mémoire ; en effet, il est pertinent d’interroger la façon dont la scénographie et la patrimonialisation des traces de l‘Histoire fabriquent un récit national qui neutralise les clivages. Nous serons par ce biais amenés à poser des questions liées à l’historiographie contemporaine : quels sujets, quelles sources, quelles catégories? Cette interrogation sur l’historiographie doit permettre aux contemporanéistes et aux modernistes un travail conjoint.

A.3- Axe 3 : Transversalités littéraires, culturelles, artistiques et linguistiques 

Responsable de l’axe : Myriam Carminati

  •  A.3.1-    Réceptions, réappropriations, recréations
  • A.3.2-    Plurilinguisme et poétiques de l’altérité  
  • A.3.3-    Représentations, discours et récits postcoloniaux

A.3.1- Réceptions, réappropriations, recréations

Les théories de la réception, le rôle fécond de la circulation des œuvres (intertextualité, interdiscursivité…) ont non seulement bouleversé le champ du discours critique dans les années 1980-1990, mais ont également suscité chez les auteurs et les créateurs tout un travail d’appropriation qui va au-delà de la question de l’influence et des sources. Au sein de l’équipe LLACS, cette réflexion fédératrice donne lieu, en lien avec d’autres universités, à des collaborations interdisciplinaires qui s’inscrivent dans la continuité des actions menées depuis 2011. Dans cette perspective critique, la question des dialogues sémiotiques constitue un socle nécessaire aux nouvelles approches des productions culturelles. En effet, les relations qui s’instaurent entre le fictionnel et le factuel sont de plus en plus complexes. C’est pourquoi elles exigent une analyse dépassant les catégories génériques traditionnelles et questionnent les outils théoriques et méthodologiques privilégiés jusqu’à présent. Toutes ces pratiques d’écriture renouvellent les termes de la question fondamentale sous-jacente à toute forme de littérature et d’art, à savoir celle de ses rapports au réel. L’équipe LLACS interroge donc ces frontières mouvantes et ces nouvelles articulations au sein des littératures des Suds.

A.3.2- Plurilinguisme et poétiques de l’altérité

Cette problématique renvoie à la question de l’interculturalité et, par « interculturalité », nous n’entendons pas simplement le rapport entre des cultures différentes, mais des rapports complexes entre des sujets – individuels ou collectifs – qui sont porteurs de plusieurs cultures et qui vivent de cette pluralité, de cette relation constante, en termes de réciprocité, entre différence et identité. Ainsi, la différence et l’altérité nous construisant, l’interculturel, comme le souligne Tzvetan Todorov, devient constitutif du culturel. D’où la complexité de la problématique de l’identité dont les contours sont appelés à être constamment redéfinis. Ce questionnement fait intervenir les concepts d’« extraterritorialité » et de « transterritorialité » et peut aisément être articulé avec des problématiques relevant de la civilisation et de la sociolinguistique.
Plurilinguisme, dialogue entre les langues et diglossie : la notion de plurilinguisme, c’est-à-dire la coexistence de plusieurs langues ou variétés d’une langue, renvoie a priori à une fragmentation de l’espace linguistique. Néanmoins, les langues ne sont pas juxtaposées mais dialoguent ou s’affrontent. Il en va de même pour les individus plurilingues. Ainsi la coexistence chez un individu, dans une société ou dans un espace donné de plusieurs langues affecte-t-elle nécessairement les productions écrites et orales de même que leur réception.
Que les langues soient considérées comme complémentaires (expressions bilingues) ou concurrentes (notamment dans les situations de diglossie), les recherches d’un certain nombre de membres de l’équipe s’intéressent à la forme des langues ou variétés de langues en contact (norme, emprunts, graphie, morphologie, alternance de codes…), mais aussi aux représentations que leur usage véhicule. Les résultats des travaux concernant ces questions donneront lieu à la publication de dossiers dans la revue de sociolinguistique Lengas (https://www.pulm.fr/index.php/revues/lengas.html).
Comme lors du quadriennal précédent, et parce qu’elles se sont avérées fructueuses, seront ponctuellement privilégiées des collaborations avec d’autres équipes de recherche de l’UPVM et au-delà. Dans ce cadre, les thèmes de recherche dont il est question ci-dessus feront l’objet, au cours du quinquennal, de plusieurs manifestations scientifiques (séminaires, colloques et journées d’études) qui donneront lieu à des publications et à des réalisations sur support numérique, parmi lesquelles un colloque transdisciplinaire, en 2017, dont la thématique portera sur « Formes et figures de l’errance ».

A.3.3- Représentations, discours et récits postcoloniaux

Un nouveau domaine de recherche transversale s’ouvre autour de ces questions Il s’agit de montrer comment une histoire conflictuelle et violente (colonisation/décolonisation) a donné lieu aux XXe et XXIe siècles à des productions culturelles spécifiques, mais pas toujours bien connues. Il existe, par exemple, une littérature en langue espagnole au Maroc ou encore en Guinée Équatoriale, seule colonie espagnole d’Afrique. Il apparaît aussi que les productions littéraires (prose et poésie) des auteurs issus de l’émigration politique ou économique de ces pays constituent un nouvel apport aux littératures de langues espagnole et catalane.
Quant aux échanges entre l’Amérique hispanique et l’Espagne, ils peuvent être envisagés sous le prisme du postcolonial, notamment à travers une analyse des représentations littéraires liées à la transterritorialité, par le biais d’une réflexion sur les politiques éditoriales.
Le concept romantique de colonialisme intérieur, très présent dans les années 70, se révèle fécond pour aborder aussi les productions littéraires et artistiques du domaine occitan.
Les études italiennes et lusophones trouvent également leur place dans ce questionnement par le bais des travaux menés depuis plusieurs années sur les littératures italophone et lusophone de la migration ainsi que sur les questions d’identité et de frontière.
Dans le cadre de ces questionnements, qui rejoignent les problématiques liées aux «poétiques de l’altérité », sont prévues des journées d’études où dialogueront créateurs et chercheurs.

A.4- Axe 4 : Les civilisations contemporaines des Suds. Echanges, mélanges, transversalité

Responsable  de l’axe : Isabelle Felici

   
Échanges, transculturalités, formes d’engagement dans les Suds à l’époque contemporaine.
Les chercheurs réunis dans l’axe « Civilisations contemporaines des Suds » se sont donné comme objet l’étude des formes prises par l’engagement – politique, social, culturel – dans les Suds. Deux journées d’étude et un colloque ont été consacrés à la dimension identitaire et politique du chant (chants des Suds, chanter la lutte), avant un colloque (2016) portant plus largement sur diverses formes de pratique collective. Il s’agit désormais de poursuivre cette réflexion sur l’engagement et le rapport aux dominations de toute sorte, tels qu’ils se posent dans le contexte d’une géographie élargie des mouvements sociaux, où les Suds sont impliqués dans une circulation planétaire des personnes comme des marchandises et des idées. Les formes et les contenus des pensées et des pratiques des divers types de marges dissidentes évoluent de ce fait à une grande vitesse, ce qui affecte aussi bien les vecteurs de diffusion traditionnels (livre, presse, cinéma, Théâtre, chant, BD), que, de façon de plus en plus déterminante, les nouveaux réseaux de l’ère numérique. La réflexion des chercheurs réunis autour de l’axe 4 abordera ces dimensions, à l’échelle des zones relevant de son champ – les cultures des Suds en Europe et en Amérique latine –, sans s’interdire de regarder du côté des autres Suds transméditerranéens, sur une période englobant les XIXe, XXe et XXIe siècles.

Tous les volets de ces axes sont fortement articulés aux recherches menées dans le cadre des intérêts et des projets propres à chacune des disciplines socle et  garantie indispensables à la transversalité.

B-Projets des différentes disciplines

Les différents axes seront, en outre, abondés et enrichis par les travaux plus spécifiques à chaque discipline.

B.1- Etudes Hispaniques, Catalanes et Hispano-américaines

B.1.1- Hispanistes modernistes

  • Patricia Baneres
  • Raphaël Carrasco
  • Jean-Michel Delolme
  • Anita Gonzalez-Raymond
  • Christelle Grouzis Demory
  • Sylvie Thuret-de Maussion
  • Séverine Valiente

B.1.1.1- Civilisation

Les recherches des modernistes se développeront selon trois thèmes qui s’entrecroiseront et dont le dénominateur commun est la question des relations entre les pouvoirs dans la monarchie catholique (disciplinement intérieur, lutte contre l’empire ottoman, moyens humains).

  • a- Poursuite du séminaire sur les premiers temps de l’inquisition espagnole, à partir des acquis du colloque qui se tiendra en novembre 2014 à Montpellier et des nouvelles pistes que cette réunion permettra d’élaborer.
  • b- Réseaux et renseignement en Méditerranée. Ce programme qui débute en octobre 2013 par une journée d’études se poursuivra en 2014 et aboutira au cours du prochain quinquennal.
  • c- Les moyens de la diplomatie des Habsbourg : ambassades, ambassadeurs et agents de l’État.

B.1.1.2- Littérature

Le séminaire de littérature est en partie couplé avec le thème transversal «Réceptions, réappropriations, recréations ». Deux programmes sont envisagés. Le premier analysera les questions de réception, d’adaptation, de mise en scène  dans le théâtre du Siècle d’Or. Le second, abordera les questions de l’obliquité et de l’artifice dans la littérature aux XVIe et XVIIe siècles

B.1.2- Espagne contemporaine

  • Nathalie Alem -Sagnes
  • Florence Belmonte
  • Adeline Chainais
  • Odette Martinez-Maler
  • Céline Pegorari

Les spécialistes de l’Espagne contemporaine dans le domaine de la littérature et des arts (image, musique) continueront d’interroger les productions culturelles et discursives des XXe et XXIe siècles dans leurs rapports au réel (historique ou autre). Il s’agit de prolonger les réflexions engagées lors des différents séminaires que nous avons organisés.  La collaboration avec la Casa de Velázquez, Bordeaux 3, Paris IV et Paris Ouest-Nanterre lors du séminaire « Le récit à l’épreuve du passé. Entre fiction et réalité », a fait l’objet d’un projet ANR que nous souhaitons renouveler en 2014. Le champ que nous avons questionné s’avère encore fertile et exige un élargissement et un  approfondissement. Les thèmes abordés seront : usages et mésusages du passé, enjeux esthétiques des formes documentaires, tensions documentaires dans les productions non factuelles (poésie, roman, cinéma, théâtre).
Les interrogations scientifiques du précédent contrat ont, pour la plupart, porté sur les rapports des récits à l’histoire  récente de l’Espagne, mais les travaux de certains d’entre nous ont montré que les enjeux esthétiques dépassaient la question du  contexte historique et nécessitaient une analyse comparative des différentes pratiques artistiques et littéraires.
Des séminaires réguliers sont envisagés au rythme de 4 ou 5 séances annuelles, au cours desquelles interviendront des chercheurs invités et des chercheurs de LLACS. Ces séminaires seront aussi l’occasion de donner la parole aux doctorants pour exposer l’état de leur recherche.

B.1.3 Catalanistes

  • Michel Bourret
  • Sandrine Frayssinhes Ribes

B.1.4 Américanistes

  • Laurent Aubague
  • Karim Benmiloud
  • Paola Domingo
  • Nathalie Furstenberger
  • Claire Latxague
  • Alba Lara-Alengrin
  • Véronique Pitois-Pallares

Parallèlement à leur participation aux différents travaux transversaux mentionnés dans les axes, les latino-américanistes prévoient plusieurs projets particuliers :  

  • 1- La poursuite des recherches sur les littératures latino-américaine et mexicaine contemporaines et leurs interactions avec le monde littéraire et éditorial espagnol et/ou nord-américain (Santiago Roncagliolo, Jordi Soler, Edmundo Paz Soldan, Juan Gabriel Vasquez, etc.), conduit par Karim Benmiloud, Alba Lara-Alengrin et Laurent Aubague.  
  • 2- un travail spécifique sur les dialogues sémiotiques entre les arts, notamment grâce à l’arrivée de nouveaux doctorants spécialistes de l’image fixe et/ou du dialogue littérature/peinture (Fanny Martinez sur Remedios Varo et Leonora Carrington; Christophe Corp sur la peinture latino-américaine)  
  • 3- un colloque international sur le féminicide de Ciudad Juarez, tel qu’il apparaît dans « 2666 » de Roberto Bolaño et dans pléthore d’autres fictions ou documents contemporains, qui permettra d’aborder ce traumatisme de l’histoire récente du Mexique en croisant les approches (droit, sociologie, histoire contemporaine, journalisme, psychanalyse, littérature, arts, cinéma), dans le cadre du projet IUF porté par Karim Benmiloud.

B.2  Etudes italiennes-Littératures, Arts et Sociétés en Italie (LASI)

  • Angela Biancofiore
  • Myriam Carminati
  • Sabina Ciminari
  • Daniele Comberiati
  • Sylvie Favalier
  • Isabelle Felici
  • Catherine Kirkby
  • Jean-Claude Mirabella
  • Flaviano Pisanelli

Dans le cadre de leurs travaux de recherche, les italianistes du groupe LASI (Littératures, Arts et Sociétés en Italie) interrogent la littérature, les arts et les productions culturelles de l’Italie, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, avec une attention toute particulière portée au contexte historique et aux questions de civilisation et de société ainsi qu’à des problématiques relevant du poétique et de l’esthétique. Dans cette perspective, ils développent trois thèmes qui peuvent être envisagés en interrelation et qui donnent lieu à manifestations scientifiques (séminaires, colloques, tables rondes, journées consacrées aux jeunes chercheurs…) ainsi qu’à des rencontres avec des créateurs.

B.2.1- Poétique et esthétique   

Il s’agit de continuer le travail sur des questions théoriques de poétique et d’esthétique en interrogeant des œuvres littéraires et artistiques relevant de la tradition, mais également de formes très récentes et contemporaines dues, pour une part, à la publication de textes écrits par des écrivains issus de la migration et, pour une autre part, à des pratiques collectives d’écriture. En outre, une attention particulière sera portée aux études de genres par l’interrogation d’œuvres littéraires.

B.2.2- Interculturalité et altérité

Cette problématique va de pair avec une réflexion centrée sur les phénomènes de migration, sur les questions d’interculturalité, d’identité et d’altérité qui en découlent, ainsi que sur la question de la langue (italien, dialectes, bilinguisme et diglossie, formes linguistiques hybrides, etc.). Une attention particulière est également portée aux questions identitaires de l’Italie contemporaine et aux questions coloniales/postcoloniales de la société italienne.
Ces questions sont abordées, non seulement du point de vue de la civilisation, mais aussi de la création littéraire et artistique.

B.2.3-    Éthique de la terre : la création artisitique et littéraire face à la crise écologique

Ce troisième thème est centré sur l’éthique de la terre du point de vue de l’écocritique : il s’agit de l’étude des relations entre nature et culture fondée sur une vision du monde qui n’est plus anthropocentrique ; cette nouvelle orientation de la pensée critique contemporaine traduit l’exigence d’un engagement en vue d’une action sur notre environnement. Cette action vise plus particulièrement la sphère de l’écologie de l’esprit, de l’écologie sociale et de l’environnement (cf. les théories de Gregory Bateson, John Baird Callicott, Felix Guattari, Vandana Shiva, Serenella Iovino). L’écocritique est également une hypothèse éthique qui œuvre dans le domaine de la philosophie, de l’éducation ainsi que de la création artistique et littéraire. Les travaux des italianistes porteront sur les artistes, écrivains et cinéastes, qui abordent la question de l’environnement dans leur création.

B.3 – Etudes lusophones

  • Marie-Noëlle Ciccia
  • Teresa Cristina Duarte Simões
  • Marie Dumas

Les chercheurs lusistes entendent s’insérer le plus souvent possible – tant dans l’organisation que dans les contributions scientifiques – dans des projets interdisciplinaires organisés  au sein de l’équipe, convaincus que leur rayonnement passe en bonne partie par la participation aux programmes transversaux permettant d’établir des ponts, des comparaisons, des échanges fructueux avec les autres disciplines, tout particulièrement celles qui relèvent du monde roman, mais pas uniquement.
Par ailleurs, grâce à l’arrivée dans l’équipe d’un nouveau chercheur spécialiste du Brésil, ils entendent mener une réflexion sur l’art et « la terre», dans le sens le plus large du terme, entrant à la fois en résonance avec le thème transversal « Réceptions, réappropriations, recréations ». Il importera d’élargir les études et les analyses à d’autres genres artistiques dont le cinéma. A ce titre, ils prévoient l’organisation de séminaires préparatoires à un colloque ou une journée d’étude dont le titre sera  «Poétique de la terre : créations artistiques d’hier et d’aujourd’hui ». Parmi les invités : Carlos Mera, auteur, professeur et président de l’Académie alagoana de Lettres (Académie des Lettres de l’Etat de l’Alagoas dans le Nord-Est du Brésil). Il s’agit, ici, de se pencher sur la création artistique populaire rurale face à l’esthétique officielle, urbaine, formatée. Seront également interrogés les écrits néo-réalistes portugais dans leur attachement à la terre et à sa répartition équitable. La littérature classique (XVIe – XVIIIe) n’est pas exclue de cette thématique : elle se nourrit par essence de la question de la terre (découvertes, navigations, colonisations, terre-mère)
Selon les contributions proposées, est prévue la création d’un dossier numérique sur CDRom, possiblement interactif, incluant textes et documents visuels.

B.4- Études néo-helléniques

  • Constantin Angélopoulos
  • Julien Calvié
  • Élisa Hatzidaki
  • Elpida Ghazal
  • Marie Paule Masson
  • Karapidakis Nikolas
  • Madeleine Voga

Les thèmes de recherche se déploieront selon deux volets. D’une part la question identitaire à travers une interrogation sur « Nous » et « les Autres» ; « Langue, traduction et transfert des valeurs culturelles, pluralité des codes linguistiques et des contacts » d’autre part

B.4.1- « Nous » et « les Autres »

Il s’agit de l’étude des caractéristiques de l’identité grecque harmonieusement combinée à l’analyse de ses différences et de ses ressemblances par rapport à « l’Autre ». Ainsi, la continuité de l’Hellénisme constitue un axe thématique privilégié qui est analysé à travers les coupures et les ruptures, ce qui conduit inévitablement à l’étude de la mémoire représentation, de la mémoire instrumentalisée et du mythe politique. Dans cette perspective, il ne s’agit pas d’étudier ce qui a été ou qui est encore, mais plutôt ce qui a été raconté et est encore aujourd’hui raconté. Le thème central de la recherche des néo-hellénistes porte donc sur le chemin continu parcouru par l’hellénisme à travers le temps, de l’Antiquité à nos jours, en face ou à côté des Autres qu’il rencontra sur sa route pendant les différentes époques du passé. L’objectif à atteindre est de mettre en évidence cette dialectique entre le « Nous » et les « Autres » à travers leurs différences et leurs ressemblances dans le domaine du mythe politique.

B.4.2- Langue, traduction et transfert des valeurs culturelles

Dans l’espace hellénique qui est souvent fragmenté et pluriel, les chercheurs néo-hellénistes s’attachent à travailler sur la pluralité des codes et des contacts à travers l’étude des différences et des similitudes. Complémentaire de la recherche annoncée dans le thème transversal « Transversalités littéraires, culturelles, artistiques et linguistiques », ce travail répond à d’autres exigences spécifiques au néo-hellénisme.
Auront lieu cinq à huit séminaires par an dont trois à six à Montpellier et deux en Grèce, à Athènes, dans les locaux de l’Institut Français. Ils seront organisés chaque année régulièrement et seront animés par des enseignants-chercheurs des universités partenaires. Par ailleurs, comme dans le quadriennal précédent, des séminaires seront organisés à Chypre ou en Grèce lors des invitations des membres de la composante néo-hellénique.

B.5-  Etudes Occitanes-Recherche en domaine occitan (RedOc)

  • Gilda Caiti-Russo
  • Gérard Gouiran
  • Hervé Lieutard
  • Philippe Martel
  • Marie-Jeanne Verny
  • Laurent Allibert

À côté de leur contribution aux chantiers transversaux détaillés dans le projet (Les mots de l’intolérance, civilisations contemporaines des Suds, Transversalités littéraires, culturelles, artistiques et linguistiques), les chercheurs occitanistes entendent d’une part poursuivre leurs travaux d’éditions en relation avec le premier axe fédérateur et d’autre part mener un certain nombre de travaux spécifiques à leur discipline.
Dans le cadre de leur séminaire périodique (entre 6 et 7 séances annuelles), des chercheurs d’autres Universités présentent leurs travaux liés aux questions occitanes, et un partenariat avec la librairie Sauramps permet d’inviter mensuellement des auteurs d’ouvrages.

Les travaux de RedOc s’articulent autour des points suivants 

B.5.1- Moyen âge : prolongement du projet Thalamus

   Dans le prolongement du projet Thalamus (labellisé ANR – Gilda Caiti-Russo, Gérard Gouiran, Hervé Lieutard, Philippe Martel) :

  • 1.    Finalisation de l’édition critique électronique en TEI des textes juridiques du Petit Thalamus de Montpellier http://thalamus.huma-num.fr (travail d’équipe).
  • 2.    Édition critique en papier des Annales occitanes du manuscrit des AM de Montpellier AA9 (travail d’équipe).
  • 3.    Publication des actes du colloque interdisciplinaire et international qui s’est tenu en 2014 à Montpellier sur le Thalamus : http://www.univ-montp3.fr/llacs/colloque-aysso-es-lo-comessamen-ecritures-et-memoires-du-montpellier-medieval-montpellier-19-21-novembre-2014/
  • 4.    Inventaire et expertise linguistique des documents en occitan conservés aux Archives municipales en partenariat avec la ville de Montpellier (thèse).
  • 5.    La méthodologie scientifique choisie pour l’édition électronique du Thalamus est actuellement réinvestie dans l’édition du chansonnier provençal R (dit chansonnier d’Urfé). Ce nouveau projet d’édition  s’inscrit dans un partenariat avec l’UMR 5263 de l’université de Toulouse au titre de l’idex MHT: Manuscript Heritage of the Troubadours (2 thèses +1post-doc).

B.5.2- XIXe-XXe  siècles

B.5.2.1- Dictionnaire biographique des acteurs de la renaissance occitane

Un accord a été trouvé avec le Centre Inter-régional de Développement de l’Occitan (CIRDOC) de Béziers pour la mise en chantier d’un dictionnaire biographique en ligne des acteurs de la renaissance d’oc depuis le XIXe siècle (Philippe Martel, Marie-Jeanne Verny, avec Yan Lespoux, associé). Voir http://vidas.occitanica.eu/.  Les premières Vidas ont été mises en ligne et une journée d’études sur la méthodologie du projet est organisée le 25 novembre 2016.

B.5.2.2- L’occitan dans la presse – La notion d’ethnotype

L’équipe a repris un chantier ouvert il y a maintenant vingt ans sur la présence de l’occitan dans la presse régionale des XIXe et XXe siècles, avec un dossier paru dans la Revue des Langues Romanes. Un dossier de Lengas (n° 75) https://lengas.revues.org/599, la seconde des deux revues de ReDòc, a permis de concrétiser cette reprise, et en constitue la première étape.
Autre piste envisagée, là encore sous la forme d’un dossier de Lengas : la question de l’ethnotype, c’est-à-dire des stéréotypes régionaux et nationaux. Ce projet pourrait ouvrir à terme sur un chantier transversal entre les diverses composantes de LLACS.

B.5.2.3- Poésie occitane 1930-1960

En ce qui concerne le champ littéraire, le programme pluriannuel « poésie occitane 1930 – 1960 » se poursuit, ainsi que le cycle des publications critiques et des éditions de textes. Après plusieurs publications de Philippe Gardy dont une sur l’espace dans la littérature d’oc – Paysages du poème, PULM 2014, des travaux d’édition de Marie-Jeanne Verny sur Robert Allan, une thèse est en cours sur Marcelle Delpastre et un master sur Jòrgi Reboul, qui devrait déboucher également sur une  thèse…). Un aspect de la recherche porte sur les manuscrits du poème : repérage et inventaire des fonds existants, éditions critiques (papier ou numériques). Après une journée d’études introductive en 2014 (les actes ont été édités en format électronique), des travaux sont en cours sur l’œuvre d’Henri Espieut, en partenariat avec le CIRDOC qui met à notre disposition son riche fonds de manuscrits. Des journées d’étude autour des écrivains de la période sont organisées : Louisa Paulin en 2016, Félix Castan en 2017.

B.5.3- Chantiers diachroniques

B.5.3.1- La graphie occitane

Étude diachronique et synchronique de la graphie occitane depuis le moyen âge aux graphies hybrides du XIXe siècle. Sociolinguistique des choix graphiques et des discours produits sur l’écriture de l’occitan  (en particulier analyse des préfaces des dictionnaires XIXe-XXe). (travail d’équipe en partenariat avec le CIRDOC et l’ANRT).

B.5.3.2- La réception des troubadours

Un premier ouvrage est paru en 2015, sous la direction de Marie-Jeanne Verny : Les Troubadours au XXe siècle (Classique Garnier, 2015) ;
Les actes du colloque « Les Troubadours et l’Italie » paraîtront dans la Revue des Langues romanes, 2016-tome 1) ;
Participation au projet italien : L’Italia dei trovatori  http://www.idt.unina.it
(travail d’équipe en partenariat  inter-universitaire)

B.5.3.3- Éditions de recueils d’articles.

L’équipe a entrepris la compilation des travaux de deux chercheurs émérites, Gérard Gouiran et Philippe Martel, dispersés dans des revues et actes de colloques.

Un premier volume  de Philippe Martel est paru en 2015, sous la direction de Yan Lespoux et Marie-Jeanne Verny : Études de langue et d’histoire occitanes, éd. Lambert-Lucas.

Le volume des travaux de Gérard Gouiran est paru en juin 2016, sous la direction de Gilda Russo.

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Rappel : précédent quadriennal 2011-2015

1- Les axes fédérateurs

 

1.1- Axe fédérateur I : éditions de textes et documents

Une partie des textes prévus dans le précédent dossier est en bonne voie de réalisation. Sont déjà parus deux volumes de traductions de Lorca dans la version occitane de Max Rouquette (Philippe Gardy), l’édition des premiers recueils de poèmes de Serge Bec (Philippe Gardy et Jean Claude Forêt), la réédition des premiers recueils des poèmes de R. Lafont (Philippe Gardy et Jean-Claude Forêt) et l’édition critique de l’œuvre complète de Robert Allan (Marie-Jeanne Verny) et les Mémoires des pauvres (Philippe Gardy et Philippe Martel). Deux autres éditions critiques ont été données aux PULM (Presses Universitaires de La Méditérranée) les œuvres de l’abbé Séguier (Claire Torreilles) et les lettres de la félibresse rouge Lydie Wilson de Ricard qui est actuellement sous presse (Rose Blin-Mioch). Un premier recueil poétique de Sandro Penna a été traduit et publié (Christelle Balderas).
Avant la fin du présent quadriennal, seront parus, l’Anthologie de textes vénitiens « à la bergamasque » du XVIe siècle (Sylvie Favalier), l’édition critique de La quinta de Laura de Castillo Solórzano (Christelle Grouzis) et l’édition de quatre pièces de Lesage adaptées de comedias : Le Traître puni, Don Félix de Mendoce, Le Point d’honneur, Don César Ursin dans Lesage, Pièces espagnoles, volume I des Œuvres Complètes de Lesage (dir. par Ch. Bahier-Porte et P. Brunel), Éditions Champion, Collection « Sources classiques » (Sylvie Thuret) ainsi que l’édition de deux pièces de Thomas Corneille, Antiochus et Ariane, dans Christopher Gossip (éd.), Œuvres complètes de Thomas Corneille, Éditions Classiques Garnier (Sylvie Thuret).
Au cours du prochain contrat, seront édités les autres titres prévus, notamment le Petit Thalamus (programme ANR avec les médiévistes du centre CEMM), la traduction des Voyages de Giosafat Barbaro à la Tana et en Perse, les œuvres poétiques de Sandro Penna et la première partie recueil de textes théoriques et de nouvelles espagnoles du XVIIe siècle sous le titre : Arts de la fiction au Siècle d’or (la seconde partie sera publiée après 2014). À ces ouvrages viendront s’ajouter l’Historia de Argel de Melchor de Zúñiga (XVIIe siècle), deux traités de controverse sur les statuts de « pureté de sang »,

1.2- Axe fédérateur II : polémiques et controverses frontières religieuses, idéologiques et culturelles
(Europe des Suds, Amérique et Afrique hispanophones et lusophones).

Le programme débutera en 2015 par un premier cycle de travaux sur «Les mots de l’intolérance».
Ce premier volet se situe ans le prolongement des travaux sur l’Inquisition espagnole développés au cours des dernières années, on élargira le regard à d’autres situations analogues dans les divers pays des Suds. Si l’on se tourne vers l’espace occitan, on sait que c’est là, à l’issue de la croisade contre les Albigeois, que l’Inquisition est apparue pour la première fois, contre les cathares et les vaudois. On sait aussi que c’est dans le sud du Royaume que le protestantisme a trouvé ses plus forts bastions à partir du XVIe siècle. Sans oublier la question de la sorcellerie, ou celle des Juifs du Comtat. L’étude de la façon dont ces dissidences religieuses ont été traitées peut s’appuyer non seulement sur les sources judiciaires mais aussi sur toute une littérature polémique dénonçant l’hérésie en occitan, depuis Las novas de l’heretge des années 1240 jusqu’à la littérature anti-protestante des XVIe et XVIIe siècles. Un travail comparatif sur les procédures et les écrits dans les différents pays concernés par la répression de la dissidence religieuse permettra de dégager à la fois ce qui est commun à l’appareil répressif et à sa propagande et ce qui est spécifique à chacune des sociétés concernées.
Dans le domaine de l’histoire moderne hispanique, est envisagée l’analyse d’une série de traités :

- traités contre les maures et les Juifs (antialcoranes, disputas, catecismos para moriscos…)

- traités sur la limpieza de sangre (« pureté de sang »)

Nous aborderons aussi la question de l’hérésie (hérésies médiévales / hérésie inquisitoriale, analyse des manuels de procédure et des « allégations fiscales » inquisitoriales) dans une perspective comparatiste. Ce programme est en relation avec le programme du CIER (Centre Interdisciplinaire d’Étude du Religieux) hébergé par la MSH-M « Le fait religieux interrogé par les chercheurs. Constructions disciplinaires ».
Le deuxième volet débutera par une réflexion sur les catégories de description et de narration de l’expérience historique dans l’Espagne contemporaine. Il ne s’agit pas seulement de poursuivre un travail sur les représentations culturelles de l’Histoire en l’occurrence conflictuelle du XXe siècle ni seulement d’analyser l’évolution des formes discursives ou des frontières de genres à travers des objets textuels (témoignages, romans) ou cinématographiques liés à cette Histoire. Il s’agit aussi d’analyser comment les formes – les mots et les images – qui disent l’Histoire contemporaine sont enjeux de conflits et enjeux de savoir. Et donc d’étudier pourquoi et comment pèsent sur la nomination, la qualification de l’expérience historique, par les différents acteurs de l’Histoire (institutions, groupes sociaux et individus impliqués) des luttes de mots et des rapports de domination. Par conséquent, ce programme a pour ambition d’observer dans quelles conditions et avec quels moyens s’opèrent, dans les narrations liées à l’Histoire contemporaine, la transgression de cet ordre des discours, voire la re – qualification de certains acteurs ou de certaines actions. L’objet est donc l’histoire de ces luttes de mots. Ce travail sur l’historicité des catégories discursives nous amènera à réfléchir à la polysémie ou à l’oblitération de certains mots devenus problématiques ou inaudibles (par exemple des mots comme « démocratie », « République », « révolution », pour ce qui est du XXe et du XXIe siècle). À l’inverse, il invite à analyser la construction de récits consensuels qui imposent des lexiques, des figures et des stratégies d’énonciation (ainsi les langues du dommage et de la réconciliation dans les discours liés à la violence politique). Ce questionnement sur les formes et sur la finalité des discours pourra également être envisagé sous l’angle du genre.
Dans un troisième volet les spécialistes de la discipline souhaitent développer un nouveau domaine de recherche autour des relations culturelles Maroc / Espagne aux XXe et XXIe siècles. L’histoire commune aux deux pays est traversée de conflits (depuis la guerre du Rif, l’instauration du Protectorat ou la décolonisation…) et il s’agira de définir et d’analyser selon quelles modalités propres la littérature et les arts rendent compte d’un phénomène dont ils sont également le produit. Enfin, l’immigration marocaine en Espagne génère de nouveaux discours encore mal connus mais dont il nous appartiendra de définir et d’analyser les manifestations et les enjeux. Pour cela, sont prévues deux journées d’études où dialogueront  créateurs et chercheurs. Un ouvrage collectif viendra clôturer nos travaux.
Cet axe fédérateur a pour vocation de s’ouvrir à d’autres espaces géographiques, politiques et culturels représentés dans LLACS. Ainsi dans un deuxième temps ce programme développera un versant transversal en sollicitant plusieurs domaines, plusieurs temps, plusieurs espaces : dictature au Portugal, guerre, dictature et transition en Espagne, fascisme et conflictualité des années de plomb en Italie, dictatures du cône Sud. Il sera être abordé à travers des récits personnels (témoignages écrits ou oraux), des écrits institutionnels (archives judiciaires, policières, militaires…), des formes littéraires ou cinématographiques, les médias, mais aussi les musées ou les lieux de mémoire ; en effet, il est pertinent d’interroger la façon dont la scénographie et la patrimonialisation des traces de l‘Histoire fabriquent un récit national qui neutralise les clivages. Nous serons par ce biais amenés à poser des questions liées à l’historiographie contemporaine : quels sujets, quelles sources, quelles catégories ? Cette interrogation sur l’historiographie pourrait permettre aux contemporanéistes et aux modernistes un travail conjoint.

2- Les thèmes transversaux

2.1-Transversalités littéraires, culturelles, artistiques et linguistiques

La transversalité nous apparaît comme la modalité la plus appropriée pour avancer dans l’analyse d’échanges où interviendront des notions de migration et d’identité, de consensus et de dissension, de réappropriation et de perte, de métissage et d’interculturalité. Dans cette perspective, nous nous proposons d’articuler les recherches relatives à ce thème en fonction des trois problématiques présentées ci-dessous.
 

Réceptions, réappropriations, recréations
Les théories de la réception, le rôle fécond de la circulation des œuvres (intertextualité, interdiscursivité…) ont non seulement bouleversé le champ du discours critique dans les années 1980-1990, mais ont également suscité chez les auteurs et les créateurs tout un travail d’appropriation qui va au-delà de la question de l’influence et des sources. Au sein de LLACS, cette réflexion fédératrice donne lieu, en lien avec d’autres universités, à des collaborations interdisciplinaires qui s’inscrivent dans la continuité des actions menées depuis 2011 (réception des troubadours, poésie occitane 1930-1960, orphisme, futurisme et autres avant-gardes, hommage à l’auteur mexicain Jorge Ibargüengoitia…). Dans cette perspective critique, la question des dialogues sémiotiques constitue un socle nécessaire aux nouvelles approches des productions culturelles. En effet, les relations qui s’instaurent entre le fictionnel et le factuel sont de plus en plus complexes. Elles exigent une analyse dépassant les catégories génériques traditionnelles et questionnent les outils théoriques et méthodologiques privilégiés jusqu’à présent. Si les littératures des Suds ont, au cours de ces dernières décennies, étendu leur espace en faisant bouger les lignes, elles ont surtout empiété sur les frontières en brouillant les genres et en créant, à l’articulation même des différents genres, des interstices dans lesquels se joue en grande partie leur existence. Toutes ces pratiques d’écriture renouvellent les termes de la question fondamentale sous-jacente à toute forme de littérature et d’art, à savoir celle de ses rapports au réel.

Littératures des mondes et poétiques de l’altérité
Cette problématique renvoie à la question de l’interculturalité et, par « interculturalité », nous n’entendons pas simplement le rapport entre des cultures différentes, mais des rapports complexes entre des sujets – individuels ou collectifs – qui sont porteurs de plusieurs cultures et qui vivent de cette pluralité, de cette relation constante, en termes de réciprocité, entre différence et identité. Ainsi, la différence et l’altérité nous construisant, l’interculturel, comme le souligne Tzvetan Todorov, devient constitutif du culturel. D’où la complexité de la problématique de l’identité dont les contours sont appelés à être constamment redéfinis. Ce questionnement fait intervenir les concepts d’« extraterritorialité » et de « transterritorialité » et peut aisément être articulé avec des problématiques relevant de la civilisation et de la sociolinguistique.
Plurilinguisme, dialogue entre les langues et diglossie
La notion de plurilinguisme, c’est-à-dire la coexistence de plusieurs langues ou variétés d’une langue, renvoie a priori à une fragmentation, une compartimentation de l’espace linguistique. Néanmoins, les langues ne sont pas juxtaposées les unes à côté des autres, mais dialoguent entre elles. Il en va de même pour les individus plurilingues, qu’ils soient considérés à travers leur singularité, par exemple un auteur, ou en tant que membres de la même communauté linguistique. La maîtrise de plusieurs langues n’est pas sans effet sur la forme, tant au niveau des productions écrites qu’orales, ainsi qu’au niveau de la perception de tous les aspects des langues concernées.
Que les langues soient considérées comme complémentaires (expressions bilingues) ou concurrentes (notamment dans les situations de diglossie) les recherches d’un certain nombre de membres de l’équipe s’intéressent à la forme des langues ou variétés de langues en contact (norme, emprunts, graphie, morphologie, alternance de codes…), mais aussi aux représentations que l’usage de ces langues ou variétés de langues véhiculent. Il est prévu de lancer des appels thématiques concernant ces questions. Les résultats des travaux  pourront donner lieu à la publication de dossiers dans la revue de sociolinguistique Lengas.
Comme lors du quadriennal précédent, et parce qu’elles se sont avérées fructueuses, seront ponctuellement privilégiées des collaborations avec d’autres équipes de recherche de l’UPV (colloque « Paradoxes de l’enfermement » entre LLACS et IRCL, novembre 2012, programme « Mutations de l’autorité » avec la MSH…) pour l’organisation et la réalisation de certains séminaires et autres manifestations scientifiques. Dans ce cadre, les thèmes de recherche dont il est question ci-dessus feront l’objet, au cours du quinquennal, de plusieurs manifestations scientifiques (séminaires, colloques et journées d’études) qui donneront lieu à des publications et à des réalisations sur support numérique, parmi lesquelles :
- un colloque transdisciplinaire dont la thématique portera sur « Figures de l’errance. Mythes et réécritures ».
- un cycle de séminaires et de journées d’études ayant pour thème « Transterritorialité et imaginaires ‘poétiques’ » en vue de préparer un colloque à mi-parcours sur cette problématique.
- un cycle de séminaires et de journées d’études sur différents aspects liés au plurilinguisme qui dans un premier temps (mi-parcours) permettra de dégager les champs d’études qui seront développés dans la deuxième moitié du quinquennal.

2.2- Thème transversal : civilisation contemporaine

    Dans le prolongement de la journée d’études du mois de juin 2012, qui constituait une prise de contact générale entre chercheurs s’intéressant aux fonctions emblématiques de la chanson dans les divers Suds, on cherchera à préciser davantage le champ de la recherche. Une piste prometteuse semble être celle de la chanson « engagée », comme vecteur de diffusion large en société d’un message de nature politique. D’une certaine manière les hymnes nationaux s’inscrivent dans ce champ (qu’on songe à l’embarras des autorités, au cours des dernières années, autour des paroles de l’hymne espagnol par exemple, ou aux polémiques autour de l’hymne italien). Plus largement, il y a l’exemple de la Nova Cançó catalane, comme manifestation, en apparence culturelle, de résistance au franquisme, ou la nòva cançon occitane. Des exemples semblables pourraient sans problème être trouvés dans le corpus de la chanson italienne, ou grecque (Mikis Theodorakis et d’autres) ou portugaise, comme le suggérait le cas de Grandola vila morena, abordé au cours de la précédente journée d’études. L’orientation politique de ces chansons peut évidemment être très variable et il conviendra de prendre en compte la façon dont les diverses familles politiques des divers pays concernés, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite peuvent s’en emparer, y compris en « retournant » en quelque sorte une chanson venue de « l’autre camp ». Il conviendra également de voir comment, dans certains cas, choix politique et affirmation d’une revendication « nationalitaire » peuvent se combiner. On n’oubliera pas que la forme même de la chanson, et le fait qu’il s’agit de textes courts, impliquent des choix rhétoriques, et une façon particulière de relayer les thèses et les mots d’ordre des groupes politiques qui les produisent ou les inspirent : la chanson politique est-elle simplement un  tract mis en musique, ou y a-t-il d’autres dimensions, aux confins du politique, du littéraire et de l’artistique?
    L’ampleur du sujet, et aussi sa difficulté, justifient qu’il fasse l’objet d’un colloque international. Ce thème viendra naturellement alimenter l’axe fédérateur « éditions de textes et de documents ».

3- Projets des différentes disciplines
Les différents thèmes et axes seront, en outre, abondés et enrichis par les travaux plus spécifiques à chaque discipline.

3.1- Hispanistes modernistes

Civilisation
Les recherches des modernistes se développeront selon trois thèmes qui s’entrecroiseront et dont le dénominateur commun est la question des relations entre les pouvoirs dans la monarchie catholique (disciplinement intérieur, lutte contre l’empire ottoman, moyens humains).
a- Poursuite du séminaire sur les premiers temps de l’inquisition espagnole, à partir des acquis du colloque qui se tiendra en novembre 2014 à Montpellier et des nouvelles pistes que cette réunion permettra d’élaborer.
b- Les réseaux diplomatiques et le renseignement en Méditerranée. Ce programme qui débute en octobre 2013 par une journée d’études se poursuivra en 2014 et aboutira au cours du prochain quinquennal.
c- Les moyens de la diplomatie des Habsbourg : ambassades, ambassadeurs et agents de l’État.
Outre le séminaire régulier des modernistes (huit rencontres par an), sont prévues des missions de recherche à Rome et à Simancas, des journées d’études et trois congrès internationaux

Littérature
Le séminaire de littérature est en partie couplé avec le thème transversal « Réceptions, réappropriations, recréations ». Deux programmes sont envisagés. Le premier analysera la réutilisation par les auteurs de comedias des données historiques (chroniques, Relaciones de sucesos, etc.) dans la représentation des figures du pouvoir. Le second, déjà en cours, s’intéresse, à travers l’étude de la fiction en prose du XVIIe siècle, à la question des rapports entre les hommes et les femmes (gestus social du sexe, liberté/soumission).
   

3.2- Américanistes

Parallèlement à leur participation aux différents travaux transversaux mentionnés dans les axes, les latino-américanistes prévoient plusieurs projets particuliers :  1) La poursuite des recherches sur les littératures latino-américaine et mexicaine contemporaines et leurs interactions avec le monde littéraire et éditorial espagnol et/ou nord-américain (Santiago Roncagliolo, Jordi Soler, Edmundo Paz Soldan, Juan Gabriel Vasquez, etc.), conduit par Karim Benmiloud, Alba Lara-Alengrin et Laurent Aubague.  2) un travail spécifique sur les dialogues sémiotiques entre les arts, notamment grâce à l’arrivée de nouveaux doctorants spécialistes de l’image fixe et/ou du dialogue littérature/peinture (Fanny Martinez sur Remedios Varo et Leonora Carrington; Christophe Corp sur la peinture latino-américaine)  3) un colloque international sur le féminicide de Ciudad Juarez, tel qu’il apparaît dans « 2666″ de Roberto Bolaño et dans pléthore d’autres fictions ou documents contemporains, qui permettra d’aborder ce traumatisme de l’histoire récente du Mexique en croisant les approches (droit, sociologie, histoire contemporaine, journalisme, psychanalyse, littérature, arts, cinéma), dans le cadre du projet IUF porté par Karim Benmiloud (colloque prévu en 2015).

3.3- RedOc – Recherche en domaine occitan

À côté de leur contribution aux chantiers transversaux détaillés dans le projet, les chercheurs occitanistes entendent d’une part poursuivre leurs travaux d’éditions en relation avec le premier axe fédérateur et d’autre part mener un certain nombre de travaux spécifiques à leur discipline.

Projet Thalamus
- Le projet Thalamus, déjà bien avancé, sera poursuivi conformément aux dispositions du contrat ANR dont il bénéficie (Gilda Caiti-Russo, Gérard Gouiran, Hervé Lieutard, Philippe Martel). D’ores et déjà sont envisagés des prolongements, concernant notamment l’inventaire des documents en occitan conservés aux archives municipales de Montpellier, en liaison avec la direction de cette institution.

Réception des troubadours
La participation de l’équipe au cycle de colloques engagé depuis deux ans à propos de la réception des Troubadours depuis le Moyen Age jusqu’à nos jours se poursuivra jusqu’à la fin de ce cycle (Gilda Caïti Russo, Gérard Gouiran, Philippe Martel, Marie-Jeanne Verny).

Dictionnaire biographique des acteurs de la renaissance occitane
Un accord a été trouvé avec le Centre Inter-régional de Développement de l’Occitan (CIRDOC) de Béziers pour la mise en chantier d’un dictionnaire biographique en ligne des acteurs de la renaissance d’oc depuis le XIXe siècle (Philippe Martel, Marie-Jeanne Verny, avec Yan Lespoux, associé). Voir : http://vidas.occitanica.eu/

L’occitan dans la presse – La notion d’ethnotype
L’équipe compte également reprendre un chantier ouvert il y a maintenant vingt ans sur la présence de l’occitan dans la presse régionale des XIXe et XXe siècles, avec un dossier paru dans la Revue des Langues Romanes. Un dossier de Lengas (la seconde des deux revues de ReDòc) pour lequel un appel à contributions a d’ores et déjà été lancé devrait permettre de concrétiser cette reprise, et en constituer la première étape. Autre piste envisagée, là encore sous la forme d’un dossier de Lengas : la question de l’ethnotype, c’est-à-dire des stéréotypes régionaux et nationaux. Ce projet pourrait ouvrir à terme sur un chantier transversal entre les diverses composantes de LLACS.

Poésie occitane 1930-1960
En ce qui concerne le champ littéraire, le programme pluriannuel « poésie occitane 1930 – 1960 » se poursuit. Sont prévues des publications (Philippe Gardy sur l’espace dans la littérature d’oc, Marie-Jeanne Verny sur Robert Allan, thèse en cours sur Marcelle Delpastre…). Un projet de recherche a été bâti sur le thème suivant « les manuscrits du poème » : repérage et inventaire des fonds existants, éditions critiques (papier ou numériques), un colloque est envisagé en 2014.

Frédéric Mistral
Le centenaire, en 2014, de la mort de Frédéric Mistral devrait donner lieu également à des suites dans les années à venir.

3.4- Littérature et Arts de l’Espagne contemporaine

Les spécialistes de l’Espagne contemporaine dans le domaine de la littérature et des arts (image, musique) continueront d’interroger les productions culturelles et discursives des XXe et XXIe siècles dans leurs rapports au réel (historique ou autre). Il s’agit de prolonger les réflexions engagées lors des différents séminaires que nous avons organisés.  La collaboration avec la Casa de Velázquez, Bordeaux 3, Paris IV et Paris Ouest-Nanterre lors du séminaire « Le récit à l’épreuve du passé. Entre fiction et réalité », a fait l’objet d’un projet ANR que nous souhaitons renouveler en 2014. Le champ que nous avons questionné s’avère encore fertile et exige un élargissement et un  approfondissement. Les thèmes abordés seront : usages et mésusages du passé, enjeux esthétiques des formes documentaires, tensions documentaires dans les productions non factuelles (poésie, roman, cinéma).
Les interrogations scientifiques du précédent contrat ont, pour la plupart, porté sur les rapports des récits à l’histoire  récente de l’Espagne, mais les travaux de certains d’entre nous ont montré que les enjeux esthétiques dépassaient la question du  contexte historique et nécessitaient une analyse comparative des différentes pratiques artistiques et littéraires.
Des séminaires réguliers sont envisagés au rythme de 4 ou 5 séances annuelles, au cours desquelles interviendront des chercheurs invités et des chercheurs de LLACS.  Ces séminaires seront aussi l’occasion de donner la parole aux doctorants pour exposer l’état de leur recherche. Au cours du contrat à venir plusieurs manifestations scientifiques avec publication sont prévues, notamment deux colloques internationaux et deux journées d’études.

3.5- LASI – Littératures, Arts et Sociétés en Italie

Dans le cadre de leurs travaux de recherche, les italianistes du groupe LASI (Littératures, Arts et Sociétés en Italie) interrogent la littérature, les arts et les productions culturelles de l’Italie, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, avec une attention toute particulière portée au contexte historique et aux questions sociétales ainsi qu’à des problématiques relevant du poétique et de l’esthétique. Dans cette perspective, ils développeront trois thèmes en interrelation :

Poétique et esthétique
Il s’agira de continuer le travail sur des questions théoriques de poétique et d’esthétique en interrogeant des œuvres littéraires et artistiques relevant de la tradition, mais également de formes très récentes et contemporaines, dues, pour une part, à la publication de textes écrits par des écrivains issus de la migration.

Interculturalité et altérité
Cette problématique ira de pair avec une réflexion centrée sur les phénomènes de migration (prenant en compte aussi bien l’immigration que l’émigration), sur les questions d’interculturalité, d’identité et d’altérité qui en découlent, ainsi que sur la question de la langue (italien, dialectes, bilinguisme et diglossie, formes linguistiques hybrides, etc.).
Ces deux thèmes rejoignent les préoccupations scientifiques de l’axe fédérateur « Controverses et polémiques ».

Éthique de la terre et écologie de la création
Un troisième thème sera constitué par des questions relatives à l’éthique de la terre et à l’écologie de la création dans les domaines de la littérature et des arts, avec, entre autres, un travail plus particulier centré sur le paysage et ses évolutions. Se fondant sur l’écosophie conceptualisée par Félix Guattari, les travaux des italianistes porteront sur les écrivains, cinéastes, peintres qui abordent la question de l’environnement dans  leur création.

Ces thèmes donneront lieu à des rencontres avec des créateurs ainsi qu’à un séminaire qui se terminera, chaque année, par une journée « Jeunes chercheurs » et qui préparera d’autres manifestations scientifiques (colloques, journées d’études, tables rondes…). Les travaux pourront trouver un espace de publication et de dialogue grâce à la revue électronique, NOTOS, espaces de la création. Arts littératures utopies, animée par les italianistes et largement ouverte aux doctorants et aux jeunes chercheurs.

3.6- Études néo-helléniques
Les thèmes de recherche se déploieront selon deux volets. D’une part la question identitaire à travers une interrogation sur « Nous » et « les Autres » ; « Langue, traduction et transfert des valeurs culturelles, pluralité des codes linguistiques et des contacts » d’autre part.

« Nous » et « les Autres »
Il s’agit de l’étude des caractéristiques de l’identité grecque harmonieusement combinée à l’analyse de ses différences et de ses ressemblances par rapport à « l’Autre ». Ainsi, la continuité de l’Hellénisme constitue un axe thématique privilégié qui est analysé à travers les coupures et les ruptures, ce qui conduit inévitablement à l’étude de la mémoire représentation, de la mémoire instrumentalisée et du mythe politique. Dans cette perspective, il ne s’agit pas d’étudier ce qui a été ou qui est encore, mais plutôt ce qui a été raconté et est encore aujourd’hui raconté. Le thème central de la recherche des néo-hellénistes porte donc sur le chemin continu parcouru par l’hellénisme à travers le temps, de l’Antiquité à nos jours, en face ou à côté des Autres qu’il rencontra sur sa route pendant les différentes époques du passé. L’objectif à atteindre est de mettre en évidence cette dialectique entre le « Nous » et les « Autres » à travers leurs différences et leurs ressemblances dans le domaine du mythe politique.

Langue, traduction et transfert des valeurs culturelles.
Dans l’espace hellénique qui est souvent fragmenté et pluriel, les chercheurs néo-hellénistes s’attachent à travailler sur la pluralité des codes et des contacts à travers l’étude des différences et des similitudes. Complémentaire de la recherche annoncée dans le thème transversal « Transversalités littéraires, culturelles, artistiques et linguistiques », ce travail répond à d’autres exigences spécifiques au néo-hellénisme.
Auront lieu cinq à huit séminaires par an dont trois à six à Montpellier et deux en Grèce, à Athènes, dans les locaux de l’Institut Français. Ils seront organisés chaque année régulièrement et seront animés par des enseignants-chercheurs des universités partenaires. Par ailleurs, comme dans le quadriennal précédent, des séminaires seront organisés à Chypre ou en Grèce lors des invitations des membres de la composante néo-hellénique.

3.7- Projet des lusistes

Les chercheurs lusistes entendent s’insérer le plus souvent possible – tant dans l’organisation que dans les contributions scientifiques – dans des projets interdisciplinaires organisés  au sein de l’équipe, convaincus que leur rayonnement passe en bonne partie par la participation aux programmes transversaux permettant d’établir des ponts, des comparaisons, des échanges fructueux avec les autres disciplines, tout particulièrement celles qui relèvent du monde roman, mais pas uniquement.
Par ailleurs, grâce à l’arrivée dans l’équipe d’un nouveau chercheur spécialiste du Brésil, ils entendent mener une réflexion sur l’art et « la terre », dans le sens le plus large du terme, entrant à la fois en résonance avec le thème transversal « Réceptions, réappropriations, recréations » du domaine « Littérature » mais aussi avec les thématiques Poétique et esthétique et Interculturalité et altérité qui ont commencé à être développées par les italianistes lors du précédent quadriennal et auxquelles ils ont également participé. Il importera d’élargir les études et les analyses à d’autres genres artistiques dont le cinéma. A ce titre, ils prévoient l’organisation de séminaires préparatoires à un colloque ou une journée d’étude dont le titre sera  « Poétique de la terre : créations artistiques d’hier et d’aujourd’hui ». Parmi les invités : Carlos Mera, auteur, professeur et président de l’Académie alagoana de Lettres (Académie des Lettres de l’Etat de l’Alagoas dans le Nord-Est du Brésil). Il s’agit, ici, de se pencher sur la création artistique populaire rurale face à l’esthétique officielle, urbaine, formatée. Seront également interrogés les écrits néo-réalistes portugais dans leur attachement à la terre et à sa répartition équitable. La littérature classique (XVIe – XVIIIe) n’est pas exclue de cette thématique : elle se nourrit par essence de la question de la terre (découvertes, navigations, colonisations, terre-mère)
Selon les contributions proposées, est prévue la création d’un dossier numérique sur CDRom, possiblement interactif, incluant textes et documents visuels.
Par ailleurs, le site recomposé et performant de l’équipe leur permettra de mettre en œuvre la reprise de la publication annuelle de la revue Quadrant, sous format électronique thématique et possiblement transdisciplinaire (à partir de janvier 2015).

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