Rencontre occitane Sauramps 10 juin 2014 – 19 h – Deux maîtres de la prose occitane

Florent_vernetindexFlorian Vernet et Joan Ganhaire

à la librairie Sauramps

soirée animée par Marie-Jeanne Verny et Jean-claude Forêt

  • Florian Vernet : Fin de partida, Edicions IEO Lengadòc ; Petit guide insolent des mots occitans passagers (clandestins) du français, Edicions IEO Lengadòc.
  • Joan Ganhaire : Vautres que m’avetz tuada, IEO Edicions-Novelum, colleccion crimis.
  • Dans Fin de partida, Florian Vernet nous propose six nouvelles, qui toutes ou presque ont à voir avec le thème du double ou de l’amitié, dans des genres différents. On y trouve deux histoires de la vie quotidienne. La première, « Vath d’Aspa 2009 », nous conte l’ultime virée en montagne de deux amis dont l’un va mourir du cancer (version aérienne du Voyage aquitain de Jean Ganhaire) ; la seconde, « Te daissi las claus », la rencontre de deux solitudes tranquilles et désespérées, celle d’un homme et d’une femme dans la petite ville de Lodève. On s’y régale de deux polars noirs, comme Florian Vernet en a le secret. Dans « War paint », un détective privé part à la recherche d’un ancien ami perdu de vue pour le compte d’un mystérieux et terrifiant « consortium », tandis que « Fin de partie » est le récit trépidant d’une vengeance sur fond de trafic de drogue et de proxénétisme. Six évocations sombres et désespérées de notre présent et de notre futur proche, éclairées par les petites loupiotes de l’amour et de l’amitié, fragiles mais tenaces.

Mais Florian Vernet est aussi un linguiste, qui nous présentera son dernier ouvrage de lexicologie, où il rend justice à la lenga nòstra en recensant les mots occitans passés au français, sans qu’aucun lexicographe franchimand ait daigné signalé ces emprunts.

  • Joan Ganhaire est l’un des prosateurs occitans les plus originaux. Nouvelles insolites, médiéval fantastique, roman de cape et d’épée, roman policier : il a essayé plusieurs genres narratifs avec un égal bonheur, dans son parler limousin du Périgord, à la fois vigoureux, naturel et débordant d’invention. Ce médecin de campagne (par ailleurs conseiller général de son canton de Brantôme) est le maître d’un humour plus noir que noir, qui s’en donne à cœur joie dans son troisième et plus récent polar, Vautres que m’avetz tuada [Vous qui m'avez tuée]. De ces meurtres en série de médecins (clin d’œil à la profession), nous ne saurons le mot de l’énigme que dans les trois dernières pages, comme il se doit. Cela grâce à l’improbable commissaire Darnaudguilhem, entouré de son équipe habituelle d’inspecteurs, pour le moins hétéroclite : un coureur à pied compulsif, un souriant Arabe de service, un hybride corse-breton dépressif en proie à la névrose identitaire créée par cette improbable métissage, sans oublier un médecin légiste friand de viandes de toutes sortes. Le duo ricanant de l’humour et de la mort ne bannit pas la tendresse de cet univers, une tendresse pour les pauvres créatures qui l’habitent, qui nous ressemblent et que le docteur Ganhaire décrit en connaisseur, avec une indulgence sans illusion.

 

 

Rencontre organisée en partenariat avec l’équipe de recherche RedOc/LLACS de l’Université Paul Valéry

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