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Université d’Aix-Marseille, Site Schumann Vérité, poésie, magie de l’art : les Salons de DiderotPrésentation du coursEn 1759, Diderot, sollicité par son ami Grimm pour la Correspondance littéraire, entreprend de rendre compte, en journaliste, des expositions de peinture organisées par l’Académie royale. Rapidement, l’exercice devient une œuvre, au travers de laquelle Diderot, qui se définit comme poète, s’interroge sur les fondements iconiques de la création. On se demandera d’abord ce que Diderot entend par « description » et comment la description s’articule à un jugement des œuvres. On montrera ensuite que l’évaluation de l’œuvre d’art passe par trois grands critères : vérité de la représentation, poésie du sujet, magie de l’art. À travers eux émerge toute une réflexion sur la scène de la représentation, qui vaut tout aussi bien comme scène de théâtre ou scène de roman.
Ce cours est conçu en complément de l’atelier d’écriture XTLL11M, qui en constitue le versant créatif. Aussi la présence à l’atelier de Sylviane Saugues du mardi est-elle vivement conseillée. Texte au programmeDiderot, Œuvres, tome IV « Esthétique - Théâtre », Laffont, Bouquins, 1996 Support de coursStéphane Lojkine, L’Œil révolté. Les Salons de Diderot, J. Chambon, 2007
Mercredi 14 septembre 2011. Introduction aux Salons : décrire l’œuvre d’art VéritéMercredi 21 septembre : « Cet homme a tout, excepté la vérité ». Boucher, La Halte, Salon de 1761, p. 205-206 Mercredi 28 septembre : « C’est la chose comme elle a dû se passer ». Greuze, L’Accordée de village, Salon de 1761, p. 232-235 Mercredi 5 octobre : « Voici comme il fallait s’y prendre et comme Greuze s’y serait pris ». Baudouin, La Fille qui reconnaît son enfant à Notre-Dame, Salon de 1765, p. 374-6 Mercredi 12 octobre : « Ce peintre est certainement amoureux de sa femme… ». Greuze, Autre portrait de Mme Greuze, Salon de 1765, p. 386-388. PoésieMercredi 19 octobre. « Il y a là soixante vers à décourager l’homme le mieux appelé à la poésie. » Doyen, Le Combat de Diomède et d’Énée, Salon de 1761, p. 224-226 Mercredi 26 octobre. « Lisez Homère et Virgile, et ne regardez plus de tableaux. » Deshays, La Résurrection de Lazare, Salon de 1763, p. 260-262. Mercredi 9 novembre. « C’est un fesse-mathieu, un pisse-froid, un morveux dont il n’y a rien à attendre de grand. » Vien, César débarquant à Cadix, Salon de 1767, p. 549-551 Mercredi 16 novembre. « Et voilà la première ligne de la poétique des ruines. » Hubert Robert, Petite, très petite ruine, Salon de 1767, p. 703-705 MagieMercredi 23 novembre. « Vous revoilà donc, grand magicien, avec vos compositions muettes ! » Chardin, Un panier de prunes, Salon de 1765, p. 348-349 Mercredi 30 novembre. « Il a toute la magie, toute l’intelligence et toute la machine pittoresque » Fragonard, Corésus et Callirhoé, Salon de 1765, p. 423-431 Mercredi 7 décembre. « Mes petites idées sur la couleur » et « Tout ce que j’ai compris de ma vie au clair-obscur », Essais sur la peinture, p. 472-486 Mercredi 14 décembre. « Mais pourquoi y a-t-il si peu d’hommes touchés des charmes de la nature ? » Salon de 1767, La Promenade Vernet, 6e site, p. 617-626 DissertationDevoir à rendre pour le 30 novembre 2011. « Dans la description d’un tableau, j’indique d’abord le sujet ; je passe au principal personnage, de là aux personnages subordonnés dans le même groupe ; aux groupes liés avec le premier, me laissant conduire par leur enchaînement ; aux expressions, aux caractères, aux draperies, au coloris, à la distribution des ombres et des lumières, aux accessoires, enfin à l’impression de l’ensemble. Si je suis un autre ordre, c’est que ma description est mal faite, ou le tableau mal ordonné. » (Diderot, Pensées détachées sur la peinture, 1775-1781, p. 1033) Expliquez et commentez ces propos de Diderot à la lumière de votre lecture des Salons. Quelle conception de la description révèlent-ils ? Est-ce véritablement la méthode que Diderot a suivie ? Comment différencie-t-il son travail de celui de l’artiste ? |