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Le cadre de lecture et d’étude des textes qui nous a été légué par la pratique savante du
dix-neuvième siècle est marqué par un divorce très fort entre le texte et l’image, renvoyés à des disciplines universitaires différentes, à des domaines de la culture que la science s’est efforcée de rendre étrangers l’un à l’autre, par réaction aux révolutions
technologiques qui initiaient les débuts de la civilisation de
l’image (invention de la photographie et du cinéma).
À supposer même
qu’elle soit pertinente dans la pratique sémiologique du dix-neuvième siècle, cette séparation théorique n’avait pas de sens au moyen âge, où l’image suppléait le texte, équivalait à lui ; elle n’en
avait pas non plus à la Renaissance, où la doctrine de l’ut pictura poesis et du parallélisme des arts établissait une circulation nécessaire et constante entre le texte et l’image, différents dans la réalisation technique, dans « le faire », mais semblables dans
le processus de création et d’invention, dans
« l’idée » ou « l’idéal ».
Le développement du théâtre, de l’opéra et de la tragédie lyrique jusqu’à la
grande crise des Lumières constitue un espace du spectacle, l’espace scénique, qui matérialise cette circulation, et où les autres arts, la peinture et le roman notamment, mais aussi, de façon plus inattendue, le dialogue philosophique, viendront emprunter puis transposer leurs propres dispositifs.
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