Soutenance de thèse

Le Jeudi, 24. septembre 2020 -
14:00 - 19:00
Salle des Actes à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Site Saint Charles

Madame Marthe OUEDRAOGO

Soutiendra jeudi 24 septembre 2020 à 14 h

Salle des Actes, n° 011, à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Sciences économiques

Titre de la thèse : Émergence de l’agriculture de contre saison dans la région du Centre du Burkina Faso : une alternative pour la sécurité alimentaire ?

Composition du jury :

  • Mme Christine AUBRY, Ingénieure de recherche habilitée, INRAE, codirectrice de thèse
  • Mme Sandrine DURY, Chercheure habilitée, CIRAD
  • M. Benoît LALLAU, Maître de conférences habilité, Sciences Po Lille
  • M. Benoît PREVOST, Maître de conférences habilité, Université Paul-Valéry Montpellier 3, directeur de thèse
  • Mme Sophie THOYER, Professeure, Montpellier SupAgro
  • M. Egizio VALCESCHINI, Directeur de recherche, INRAE
  • M. Jean-Louis YENGUE, Professeur, Université de Poitiers

Résumé de la thèse

L’agriculture constitue le principal secteur économique du Burkina Faso. Cependant, elle y demeure essentiellement pluviale et tributaire du caractère aléatoire de la pluviométrie, donc vulnérable aux aléas du climat. En effet, depuis une quarantaine d’années, le pays subit de fortes baisses et irrégularités de la pluviométrie, entraînant un raccourcissement de durée de la saison pluvieuse au fil des années. Le développement de l’agriculture de saison sèche, couramment appelée « agriculture de contre saison », constitue une réponse (du moins en partie) à ces contraintes climatiques de l’agriculture pluviale ; et donc une alternative pour la sécurité alimentaire des populations.  Notre thèse s’interroge sur la contribution de ces cultures à la sécurité alimentaire des ménages, et ce, dans la région du Centre du Burkina Faso. Elle vise à mettre en évidence l’impact de l’agriculture de contre saison, d’une part en tant que source d’autoconsommation et de revenus pour les ménages agricoles ; et d’autre part, comme une réponse à une forte demande de consommation des ménages non agricoles.  En termes d’approches, cette thèse mobilise des compétences de la théorie du développement socio-économique (sécurité alimentaire et contre-saison), d’études empiriques (étude de terrain) et de méthodologies qualitatives (état de l’art, bibliographie) et quantitatives (échantillonnage en vue de traitements statistiques de mesure d’impact).  Dans les deux premières parties, la thèse effectue un état de l’art, respectivement, sur la question la sécurité alimentaire et de l’agriculture au Burkina Faso, puis sur celle du changement climatique et de l’agriculture de contre saison au niveau national.  Dans la troisième partie, elle présente les principaux résultats issus de l’analyse empirique des données récoltées : principales caractéristiques et typologies de productions ; principaux déterminants de l’insécurité alimentaire de ces ménages agricoles ; autoconsommation et revenu agricole ; et offre de produits de contre saison via les réseaux de commercialisation. Dans un premier temps, il en ressort une pratique agricole essentiellement orientée vers le maraîchage et caractérisée par des exploitations de taille réduite. Cependant, des disparités existent entre localités de la région. Dans un second temps, il en ressort, par exemple, que les ménages agricoles urbains ont plus de chances d’être en sécurité alimentaire que les ménages agricoles ruraux. Dans un troisième temps, on note que l’agriculture de contre saison constitue une source de sécurité alimentaire des ménages agricoles via l’autoconsommation et le revenu agricole issus de la pratique. Enfin, on retient que la région du Centre du Burkina Faso est largement dominée par des réseaux denses et des circuits courts de distribution en matière de produits agricoles de contre saison. Cette thèse se conclut par des discussions autour du rôle de l’agriculture de contre saison dans la sécurité alimentaire des ménages, des principaux déterminants de l’insécurité alimentaire des ménages agricoles, et formule des préconisations tenant compte des facteurs socio-économiques et institutionnels.