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Entretien Infographiste Freelance

jeudi 19 novembre 2015

INTERVIEW INFOGRAPHISTE

 

Tout d’abord, qu’est-ce que le « graphisme » ? En quoi consiste-t-il ?

Le graphisme est une discipline (passion pour ma part) qui sert à créer, choisir et mettre en œuvre ses compétences sur un logiciel afin d’utiliser des éléments graphiques. Cela consiste à transformer l’idée de l’émetteur (client) pour concevoir un visuel qui lui ressemble, qui lui donne envie et qui lui plaît (j’ai pris exemple d’un logo).

 

Quand avez-vous commencé le graphisme ? Et pourquoi ?

Alors, c’est assez drôle mais j’ai découvert cette passion au lycée, en terminale exactement, je m’ennuyais en cours et je dessinais beaucoup. J’ai commencé à créer des formes, des typographies et mes amis trouvaient ça, super. Je me suis créé un compte sur les réseaux sociaux et des gens voulaient payer certaines de mes créations. Depuis je me dis une phrase :  « si tu as le talent, l’envie et la passion, tu arriveras à tout ce que tu entreprends… »

Quelles études avez-vous fait pour y parvenir ?

Je n’en ai pas faîtes, j’ai commencé comme je l’ai dit précédemment sur les réseaux sociaux puis je me suis mis en statut indépendant, je démarche moi-même les clients, je vais rejoindre une équipe sous-peu et pouvoir gagner un peu mieux ma vie.

Pensez-vous que l’on peut désigner vos créations comme des œuvres artistiques ?

J’ai envie de répondre oui, car à travers ces créations, il y a un message, une idée… Mais cela reste tout de même en fonction des créations, donc si ceux qui la regardent se posent la question « est-ce de l’art » votre réponse est : oui.

Ou puisez-vous votre inspiration ? Avez-vous des graphistes que vous considérez comme des références dans le milieu ?

Pour ce qui est des références, un graphiste possède une image personnelle propre à lui, un style propre à lui, donc pour moi, il n’y en a pas. Ensuite pour l’inspiration je voyage, je lis, je regarde des films et regarde autour de moi quand je suis en ville pour m’imprégner des idées de la société et les ressortir à travers mes créations.

Si votre client vous donne « carte blanche », comment faites-vous le choix des couleurs, des formes…?

Je prends le même exemple du logo. Je demande et cherche des informations sur cette personne, son activité afin de comprendre l’utilité du logo, et pouvoir au mieux remplir ses attentes.

 

Quelles sont vos conditions de travail ? Plutôt « cool » ou plutôt à passer des heures sur votre écran sans vous arrêter ?

Je travaille chez moi, prochainement dans des locaux autour d’une équipe, à mon bureau. Je passe des heures sur mon ordinateur, mais c’est « cool » puisque c’est une passion et que cela me plaît. Je suis vraiment content de faire un métier qui me plait, duquel je suis fier et de pouvoir gagner ma vie grâce à ça.

Quels sont les outils que vous utilisez ? (tablette graphique, logiciels …. )

J’utilise une tablette Wacom professionnelle qui coûte assez cher mais que je n’utilise pas tout le temps puisque c’est utile pour certains procédés mais pas pour tous. Et pour le côté logiciel, je me sers de toute la suite Adobe qui est complète et fiable.

 

Est-il facile de trouver un travail dans la communication ?

Cela n’a pas été trop compliqué pour ma part mais je dirais que ça dépend de l’endroit et ton parcours. Avec de bons clients, un portfolio complet, c’est plus facile. De plus, c’est un travail de plus en plus recherché. Je suis actuellement autoentrepreneur, je suis donc indépendant.

Pensez-vous que la communication est un domaine de travail intéressant ? Pourquoi ?

C’est un domaine plus qu’intéressant, déjà les rencontres que l’on y fait, cela nous permet de nous corriger lorsque l’on a des critiques, on sait les utiliser à bon escient et non pas se braquer comme si on avait rien entendu…

Quel conseil donneriez-vous à un débutant de la communication afin qu’il puisse travailler correctement ?

Ne JAMAIS négliger la qualité du travail, ensuite, ne pas plagier d’autres graphistes, se trouver son propre design, ses propres clients. Et savoir dire non lorsque l’on a trop de client. Le travail est souvent bâclé quand le flux de demandes est important.

 

Pour finir quelle est l’œuvre dont vous êtes le plus fier ?

C’est super difficile de choisir et je vais répondre toute, car je me dis que sur toutes mes créations, j’y ai passé du temps, je ne me suis pas pressé et le travail n’a pas été bâclé…

Benjamin BRUCKLER

Geoffrey CHEVTCHENKO

Interview Mr Riera Thierry

mercredi 18 novembre 2015

Le mercredi 18 novembre 2015

Interview de Monsieur Riera Thierry: Journaliste radio à France bleu.

Monsieur Riera bonjour, dans le cadre d’une interview, il s’agira de vous poser des questions sur votre profession et l’environnement que vous côtoyez. Dans notre interview nous nous pencherons dans un premier temps sur le cadre de votre travail, puis, dans un deuxième temps, nous nous baserons sur vos expériences professionnelles et personnelles.

Question 1: En quoi consiste le travail d’un journaliste radio?

Réponse Mr Riera: «Un journaliste ça veut dire aller chercher l’information, se renseigner, rencontrer des interlocuteurs, des personnes ressources mais aussi des experts, des personnes qui ont vu donc des témoins. Il s’agit de mettre ces informations sur papier, sous forme de reportage, pour rendre compte aux auditeurs et leur transmettre.»

Question 2: Dans ce domaine, s’agit-il plus d’un travail collectif ou individuel?

Réponse Mr Riera: «A la fois collectif et individuel. Individuel puisque vous partez sur votre enregistreur, vous faîtes vos recherches à priori seul, et vous rencontrez un interlocuteur tout seul, vous montez vos interview sur un format audio seul, et lorsque vous mettez en onde (c’est à dire lorsque vous mettez un commentaire), vous le faîtes seul, mais votre reportage va être «lancé» par un journaliste présentateur d’informations, donc ceci est collectif et par ailleurs, le choix des sujets ce décide le matin, en contenance de rédaction, si un événement tombe dans la journée il faut savoir réagir rapidement, et les décisions des choix des sujets ne sont jamais pris seuls. Donc c’est à dire que c’est à la fois individuel et collectif.

Question 3: Quel parcours favorise l’entrée dans ce métier?

Réponse Mr Riera: «Il y a des écoles de journalisme où on apprend la technique, c’est à dire on apprend à interviewer, on apprend à délivrer des massages de manière efficace. On apprend à chercher les informations, à les vérifier pour ne pas se laisser abuser, mais cela nécessite avant tout peut être des choses qui ne s’expliquent pas.Il faut être pragmatique, curieux et s’intéresser aux gens , parce que le journalisme c’est avant tout rendre compte de la vie qui nous entoure, de la vie sociale, de notre environnement, donc si vous ne vous intéressez pas à tout cela et que vous êtes enfermés tout le temps chez vous dans vos passions qui sont très respectives, il va y avoir un problème pour rendre compte au plus grand nombre et intéresser le plus grand nombre.»

Question 4: Où placeriez vous le journaliste radio sur l’échelle sociale?

Réponse de Mr Riera: «Les journalistes radio, télévision, presse écrite sont classés dans une profession assez valorisée socialement, parce qu’il y a voilà… Moi lorsque je dis que je suis journaliste les gens s’imaginent vraiment plus que ce que cela représente (rires). Mais en tout cas le journalisme est très socialisé.»

Question 5: Que peut-on attendre du revenu de journaliste?

Réponse Mr Riera: « Ah tout dépend si vous débutez ou si vous avez de l’ancienneté. Les gens sont considérés… Du moins après tout dépend.Vous avez les radios privées qui payent un peu plus, des radios associatives qui ne payent pas du tout, et entre les deux il y a un service publique. Tout dépend comme je vous le disais de votre ancienneté, de vos fonctions à l’intérieur de l’entreprise. Je pense qu’un journaliste débutant, doit toucher (réflexion) net autour de 2000 euros à peu près.»

Question 6: Pour vous, qu’est ce qui différencie le journalisme radio du journalisme télévisé?

Réponse Mr Riera: «La radio c’est le média de l’instantanéité, bien que la télévision maintenant utilise des informations continues et se déplace de plus en plus sur le terrain. Mais vous vous doutez bien que moi avec mon enregistreur numérique , je peux être beaucoup plus réactif qu’un équipe de télévision avec le peu de place que me prend mon enregistreur. Un journaliste de télévision aura plus de mal à déplacer sa caméra, et son matériel. La grosse différence entre ces deux c’est la légèreté du média, la légèreté d’intervention. Bien sûr on peut intervenir sur une antenne avec un simple téléphone, vous pouvez le faire avec la télévision mais il va falloir mettre des images et des supports. Donc le gros avantage de la radio c’est l’instantanéité, la chaleur du média et vous vous adressez directement à la personne qui vous écoute.»

Question 7: Comment se déroule selon vous, une journée type?

Réponse Mr Riera: Le matin (enfin tout dépend la fonction que l’on occupe), mais disons que pour les personnes qui travaillent en journée, le matin est destiné à suivre l’actualité et choisir collectivement un sujet, pour que chacun parte individuellement sur son reportage. Il peut y avoir un ou deux reportages dans la journée cela dépend. Il n’y a pas de journée type. On sait quand on commence mais pas quand on finit. Ce n’est jamais les mêmes choses. Par exemple j’ai présenté les informations sur ma radio samedi matin, donc je suis parti le vendredi soir mais je ne m’imaginais pas une seconde qu’il allait y avoir les attentats à Paris, donc tous les reportages qui avaient été faits avant cela, on les a jeté, il a fallu en produire d’autres dans la même journée.

Question 8: Procédez vous à une hiérarchisation de vos informations?

Réponse Mr Riera: «C’est dans l’ADN du journalisme. C’est à dire que quelqu’un qui ne sait pas hiérarchiser ce n’est pas un journaliste. Il y a des priorités (savoir ce qui intéresse le plus…) et cela consiste à hiérarchiser. C’est la base du journalisme, outre s’informer, outre vérifier ses informations. Pour faire un bon sujet il faut savoir hiérarchiser.»

Question 9: Comment vérifiez vous vos sources?

Réponse Mr Riera: «La vérification de nos sources, de toute façon quelques soient les sources…Il y en a certaines qui ne valent pas la peine d’être vérifiées puisqu’elles sont à Montpellier mais dès que c’est une source que l’on ne connaît pas, il faut la vérifier automatiquement et pas qu’avec une seule source, une source qui vous arrive il faut la recouper deux ou trois fois.”

Question 10: Le journalisme était-il votre choix de prédilection?

Réponse Mr Riera: «C’était un pur hasard mais en tout cas je vais laisser mes a priori parce que j’occupe cette fonction depuis 25 ans. (Intervention Interviewer): “D’accord. Donc c’est que quelque part vous avez trouvé un intérêt personnel dans ce que vous faites?”
“Oui, satisfaire ma curiosité et avoir accès à des tas de sujet qu’à part le reportage peut-être je n’aurais pas côtoyé. Je ne me serais peut-être pas intéressé spontanément à certains sujets agricoles, à certains sujets sportifs, certains sujets économiques. Là l’actualité le décidant, je me suis intéressé et j’ai appris des choses.

Question 11: On constate un important discrédit des médias, quelles seraient les solutions envisageables pour y remédier?

Réponse Mr Riera: «C’est très compliqué parce que les médias en fait ne sont que le reflet de la société, quand vous avez une société vertueuse et dynamique, les 30 Glorieuses en France, les années 50, 60, début des années 70, là on peut imaginer qu’il y a une dynamique plutôt favorable. Là aujourd’hui avec la crise que nous connaissons, avec les nouveaux médias, l’information continue, tellement de choses nouvelles à digérer tellement rapidement, automatiquement ça pose des problèmes et si la société est malade, les médias sont malades et ce qui fait que parmi les boucs émissaires, il y des étrangers, les gens qu’on connaît mal, les gens sur qui on a des préjugés et il y a aussi les médias qui sont des boucs émissaires faciles mais qui ont leur part de responsabilités: c’est vrai qu’en période de crise il y a des dérapages inadmissibles et les informations continues ne sont pas toujours exemplaires, prit par l’urgence, fournir en permanence de la bête médiatique ça conduit effectivement à des dérapages ce qui entraînent un discrédit.”

« Nous vous remercions infiniment de nous avoir accordé de votre temps. A bientôt »

CARDOSO DOS SANTOS LOUREIRO Raphaëlle

CHAVRIACOUTY Gabrielle

RECHAUTIER Manon

entretien du 10.nov.2015

mardi 17 novembre 2015

Coordinatrice d’événements

Apres avoir eu des consignes de la part de Madame De lavergne concernant notre projet de PPP . Nous avons pris rendez-vous avec Madame Quenin Audrey , le 10 Novembre 2015 à 11h afin d’en savoir plus sur ce métier .

Dans cet entretien vous aurez des réponses plus clair sur le métier de coordinatrice d’événements . L’entretien a duré 1 heure et 10 minutes .

Nous allons répondre a la problématique de qu’est ce que ce métiers ? Et à quoi consiste –il ?

  1. Votre entreprise s’est que de l’événementiel ou elle fait autre chose ?

C’est de l’événementiel , de l’organisation de salon , sa peut être du conseil aussi en communication.

  1. Quelles études avez-vous fait pour faire ce métier ?

Jai fait un master 2 en commercial à la base à L’IDRAC , une école de commerce. En faite j’ai pris pleins de spécialités  au fur et à mesure . Par exemple en 3ème année  et 4ème année j’ai fait marketing et gestion des entreprises avec une option management , et en 5ème année j’ai fait une spécialisation commerciale .

Voila pas vraiment accès sur la communication pure et dure .

  1. Pourquoi avez-vous choisi de vous lancez dans l’événementiel ?

En faite j’ai découvert ca y’a 7 ans a peu prés . Euh  et puis c’est une adrénaline quoi , qu’on ne trouve pas ailleurs . Voila pourquoi j’ai fait de l’événementiel parce que j’ai toujours été , eh j’ai toujours rendu mes devoirs au dernier moment , j’ai toujours essayer d’embrouiller tout le monde pourquoi je rendrais pas mes trucs a temps . ’ai fait ma thèse en 3 semaines . Je pense que dans ce métier c’est pareil , je suis comme ça ! J’aime bien avoir la pression .

  1. ( Question relance ) Qu’est ce qui vous a marquez pour aller vers l’événementiel ? Y’a quelque chose qui a fait que vous vouliez ce métier ?

Euh … bah avant je voulais être orthophoniste donc sa n’a rien avoir . J’ai fait des études à Paris c’est la que j’ai découvert le vintage et quand je suis rentrée , moi je suis revenue ici et je me suis dit c’est fini l’orthophonie , parce que sa fait 3 ans que t’essaie et t’y arrivé pas et sa te saoule donc voila . Faut que tu fasse autre chose et c’est la que je me suis dit je vais organiser le salon du vintage.

D’un coup ?

Oui , comme ça .

  1. Et vous avez trouvé du travail facilement ?

Jusqu’à présent si tu veux , on se tutoie on est toutes jeunes . Pendant 5 ans d’études j’étais en alternance , donc j’ai travaillé pour différentes entreprises  ce qui en soit m’a permis de tenir jusqu’à un bac plus 5 parce qu’honnêtement l’école sa m ‘a soulé vit donc sa me permettait de voir vraiment comment sa se passer en entreprise à coté du cote théorique de l’école et en même temps … âpres j’ai travaillée pour une entreprise spécialement mais ‘ai toujours organisé mes salons à cote en parallèle à on compte . Et la depuis Mars j’ai vraiment monté ma structure , sa veut dire que je suis passé d’auto-entrepris à entreprise .

Vous me paraissait jeune , c’est pour que je suis choquée quand je vous vois , l’événementiel y’a pas de …

Parce que tu crois que quelqu’un qui fait de l’événementiel doit avoir 50 ans .

Non , mais avec tout vous études je veux savoir à quel âge vous avez réellement commencer ?

J’ai 29 ans voila . Et j’ai commencée mon 1er salon c’était dans le cadre des études en 3ème année ,  on nous a demandés de réaliser un événement et du coup j’ai dit je vais faire le 1er salon et tester sur Montpellier comment c’était en 2010 y’a 5 ans .

  1. (question relance ) Il avait rapport avec quoi votre 1er salon ?

Un salon du vintage

7. C’était quoi votre plus grand événement ?

Bah celui qui était le week-end dernier .

(question de relance ) Lequel ?

Salon Montpellier vintage au Corum . On a eu  7000 visiteurs . C’est pour ca que je suis un peu éclatée .

  1. Quelles sont les difficultés de ce métier ?

Déjà je pense qu’il faut être quelqu’un de très organisé . Franchement , si vous ne l’êtes pas c’est pas la peine ! Il faut savoir bien s’entourer aussi , très important car on ne peut pas tout faire tout seul et faut pas hésiter à poser des questions . Demander autour de soi pour la communication et tout ça . Apres le plus gros dans ce métier c’est organiser les choses . Ensuite moi c’est différent parce que je fais tout toute seule .

  1. (question relance )Vous avez pas de coéquipier ?

Non toute seule .

Votre entreprise vous l’avez entièrement ouverte toute seule ?

Mouais .

        10.Qu’est ce qui vous a décidé d’ouvrir votre entreprise ?

Déjà c’était a la base le statut d’au-entrepreneur que j’avais pendant 3 ans , il correspondait plus avec ce que je faisait parce que non pas que je gagnais trop mais mon chiffre d’affaires était trop élevé . Il dépassé le seuil pour une prestation de service s’est limitée à 32 000 euros et un gros salon le chiffre d’affaires est beaucoup plus … fallait que je réoriente ma structure vers autre chose . Mais ce qui m’as permis de le faire c’est qu’en Mars dernier , j’ai été licenciée économique et donc la je l’ai vu comme un coup de pied au fesse . C’est soit tu crée ton truc , soit tu fait plus ça .

11. Pour ouvrir l’entreprise quelles sont les démarches ?

Il faut créer des statuts , après sa dépend dans quelle structure tu veux créer . Si tu veux te mettre en association , en entreprise , si tu veux te mettre je sais pas moi .

En privé ?

C’est ça quoi tout dépend de ce que tu veux faire , sa commence par la création d’un statut , un dépôt de statut . Par exemple pour une entreprise s’est au GREF , dépôt aux impôts , c’est toute une … à la CCI pour les entreprises et la chambre des métiers pour l’artisanat .

        12.( question relance ) C’est quoi le GREF ?

Le GREF du tribunal de commerce , c’est une antenne du tribunal de commerce qui va enregistrer et délivrer un numéro Siret .

        13.Est-ce que vous avez déjà eu un événement qui a déjà mal tourné ?

Oui ,j’en ai déjà eu un . Oui oui , c’était en 2013 et j’avais fait une Garden Party dans un hôtel particulier à Montpellier . Toute en extérieure , il a plu des trompes d’eau . C’était l’horreur , du coup le mot « Garden Party «  est à proscrire . Sa porte la poisse .

        14. Comment vous avez fait après ?

J’ai chialé un bon coup et après il faut se relever . T’as pas le choix de toute façon .

En faite toutes tes erreurs t’apprennent et âpres tu les refait plus . Par exemple : plus d’événement d’extérieure ou tu prévoit autre chose . Mais quand tu fait un événement , tu le prépare 4 à 5 mois avant du coup tu connais pas la météo . Et moi e mettait dis qu’il allait faire beau au mois de Juin .

         15. Sa veut dire que vous avez pas beaucoup d’événements en un an ? À peu prés combien ?

Jusqu’à présent  , je faisait à peu prés un événement par an . La depuis que je me suis immatriculé en Mars , cette année j’en ai «   : ‘en ai encore un à la fin du mois et un autre en décembre .

16. Vous vous êtes fait connaitre comment ?

Je pense que maintenant les gens me connaissent de Montpellier vintage . Le nom de l’agence n’est pas très connu  pour l’instant mais s’a m’est égal parce que ce qui compte c’est les salons en eux-mêmes .

Apres c’est tout un travail de communication , et puis tu sais c’est le bouche à oreille .

17. Est-ce que vous souhaiteriez être connu nationalement ou mondialement ?

Pour l’instant je fais les salons locaux , ici à Montpellier . Et la je suis entrain de m’exporter dans le sud du moins parce que en mois de décembre le salon qui a est à Marseille . Et l’année prochaine ‘en ferai un à Toulouse . Je pense que Montpellier c’est bon on me connais les salons , ils tournent mais âpres sa me dérange pas d’aller en organiser ailleurs .

18. Est-ce que vous voulez faire d’autres événements ?

En faite je fais tout . Montpellier vintage c’est un salon du vintage , mais à la fin du mois j’ai Montpellier market , qui est un salon de créateur .

En janvier , j’ai la pièce montée pour les mariages .

Si tu veux je peux tout organiser mais je veux que sa me plaise . Quand tu sais organiser une chose , tu peux organiser d’autres . Un mariage s’est particulier parce que si tu te loupe tu te fait défenser .

19. Pour votre communication , vous l’a faite seule ?

Alors , déjà je travail qu’en local sa veut dire je fait travailler des entreprises de la région . Je passe par une entreprise de Montpellier qui est l’agence de mon mari . C’est moi qui décide tous les visuels que e veux sur ma fiches et après je m’arrange avec le graphiste pour ça en place .

20. En général , c’est vous ou c’est les personnes qui vous appel ?

Moi j’organise mes salons mais après à cote de ça et après j’organise des événements pour le domaines du privé . Quand ‘ai monté l’agence je savait pas si je voulais faire ça ou pas , j’ai testé .

Par exemple j’ai fait ça avec un restaurant l’année dernière du coup j’ai organiser le mercredi des créateurs .c’était un mercredi par mois . Sa m’a plu mais sa demande beaucoup de travail pour pas grand-chose . Et maintenant faut que e pense différemment gagner ma vie .

21. Est-ce que vous avez des personnalités qui viennent assister à vos salons ?

C’est eux qui viennent , je ne les contact pas . J’ai eu pas mal de footballeurs , handballeurs de Montpellier . J’ai eu Jacques Pourcel (cuisinier) , qui aime beaucoup mes salons

      22 .      Vous avez quels genres de partenaires ?

J’ai les radios , des magasines , j’ai des gens qui m’apportent quelques choses dans mes salons .  La ville de Montpellier aussi .

      23. Aucune des personnalités vous a demandé de lui organiser un événement ?

Non pas encore , peut être l’année prochaine j’espère .

24. D’après toi quelles sont les qualités indispensable ?

Faut être quelqu’un de sociable , il faut être souriant , avenant ,faut être organiser toujours , il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre . Il faut que les gens aient confiance .

Quand tu commences au début c’est difficile .

25. Est-ce qu’y a beaucoup de concurrence ?

Oui y’a beaucoup de concurrence , après elle n’est pas forcement direct . Pour moi mes plus grands concurrents organisent des salons sur Paris .

26. Pour organiser un salon il faut combien de temps en moyen ?

Sa dépend de la taille de l’événement . Mais à peu prés 6 mois pour le salon du vintage mais pour les plus petits 2 à 3 mois .

27. Et votre retro planning ?

Trouver le lieu mais t’as déjà trouvé l’idée , ensuite trouvé le fil conducteur  savoir qu’est ce tu vas faire et après tu te déplace partout et surtout convaincre les gens .

28.Au bout de combien de temps votre entreprise a été rentable ?

Bah la elle ne l’est pas encore . Sur le salon du Montpellier vintage fallait que j’ai 5000 visiteurs et j’en ai eu 7000 .

Le problème que j’avais c’est que tous mes événements ils étaient a la fin de l’année . Donc j’avais 0 trésorerie .

Tu dois tenir pendant un an avec ça .

29. Votre famille , elle vous aides un peu ? Exemple votre mari ?

Oui , il m’aide le jour J même ma famille , de toute façon il faut bien être entourer c’est pas facile

30. Vous arrivez à gérer vie professionnelle et vie privée ?

Honnêtement pas trop . Parce que déjà les événements se passent le week-end , pour l’instant ça va j’ai pas d’enfants mais e pense que le jour ou j’en aurait ça va être difficile . En plus des mails et des messages sur facebook et l’événementiel c’est un milieu dangereux y’a que des requins autour de toi .

31. Du coup vous faites comment pour relier vie pro et vie privée ?

Je me force de fois a arrêter mon téléphone mais je pense qu’il faut que je prenne un téléphone professionnelle . C’est difficile de mettre en barrière entre les 2

32. Vous avez pas d’horaires ?

Non j’ai pas d’horaires , mais je suis à mon compte donc l’argent c’est pour moi il faut faire des sacrifices .

33. Est-ce que par la suite vous comptez embaucher ?

Honnêtement j’ai très peur de ça , parce qu’aujourd’hui trouver quelqu’un qui soit aussi motivé que toi c’est difficile et les gens tu peux pas les virer comme ça . Je testerai par CCD ou par freelance sous traite.

34. Dans ce métier on peut prendre des stagiaire ?

Oui on peut sachant que pour pas le rémunérer il faut qu’il ai un stage de moins de 2 mois au delà c’est payant et maintenant tu es limité . Et c’est difficile également par rapport aux horaires . Certain moments les périodes de stages ne correspondent pas avec l’événement .

35. A quelle date y’a beaucoup d’événements ?

Moi c’est la fin de l’année . Pour les salons c’est important de mettre en relation avec les périodes du mois et le début du mois car les gens reçoivent  leur salaires du coup ils dépensent plus

      36. Vous aimez ce que vous faites ?

Oui , certes y’a des jours où je pète les plombs carrément . C’est le stresse et à la fin qu’est ce que t’es content et fier quand tu vois des gens qui viennent ! Tu galère mais pas pour rien .

37. Par rapport au paiement vous demandez un acompte ?

Sa dépend . Je demande un acompte

Quand ils réservent ils payent leurs place du coup si ils annulent je me retrouve pas avec des trous dans le salon .

Y’a des personnes qui payent pas donc maintenant c’est soit ils payent avant ou a la fin mais en espèces . Les chèques t’en prends plus .

38. Vous avez un compte pro et un compte personnel ?

Oui bien sur . En auto-entreprise tu peux mélanger les deux , mail il fau tenir un comptabilité .

Mais une entreprise il faut une comptabilité séparé et un comptable qui s’occupe de ça .

39. Vous comptez faire ce métier longtemps ?

De toute façon je pars du principe que maintenant on peut faire plusieurs métier dans une vie . Je suis quelqu’un de créative . On a qu’une vie donc vaut mieux faire ce que l’on aime .

40. Pourquoi avez-vous choisi le nom couture pour l’agence ?

Fallait que je trouve le nom en un weekend end , un nom qui soit court , qui soit facile , qui soit multi langues .  Je voulais l’utiliser sans le mot agence devant . Et je voulais que ce soit lié avec ce que je faisait . Et puis je trouvé le mot jolie orthographiquement .

41. Si demain on vous appel pour une grande soirée ?

Sa dépend de combien de temps et qu’est ce s’est . Je suis pas branché soirée bling bling .

Je préfère plutôt les choses classes .

Je préfère créer mes concepts et les développer .

Je veux garder la liberté de choisir , c’est que qui fait ta marque .

42. Si vous avez un mariage par exemple avec des origines , vous pensiez le faire ?

Non sa me dérange pas , que ce soit un mariage arabe ou juif je saurai m’adapter . Faut bien faire les choses que mal les faire .

 

Entretien réalisé par :

BOUCHAMA Hajar

DOZOUL Aurore

FIFI Mélissa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview Pro

mardi 17 novembre 2015

Entretien avec un professionnel de l’info-com

Interview réalisée le 12 novembre 2015, après une présentation de nous-même et de notre projet, nous avons commencé l’interview.

Mlle Sayart Anne-Laure, 36 ans, Chef de projet, 12 ans d’expérience.

Nous: Vous êtes donc actuellement chef de projet, pouvez-vous nous parler de vos études ?

Mlle Sayart: J’ai commencée par une année de licence dans une faculté de médiation de la communication, mais je n’ai pas continuée, j’ai tout de même validé cette première année avant de faire un DUT en information et communication à l’université de Lille III.

Nous: Et après votre DUT, avez-vous poursuivie vos études ?

Mlle Sayart: Je vous avoue que non, avec les stages réalisés pendant mes deux années; j’ai nouée des contacts, ce qui m’a permis d’être prise directement après mon diplôme dans une agence de communication.

Nous: J’imagine donc qu’avant de devenir chef de projet, vous êtes passée par plusieurs jobs, pouvez-vous nous en dire plus à ce propos ?

Mlle Sayart: Alors, oui forcément, ça fait maintenant 6 ans que je suis chef de projet chez « Terre de créa » une petite agence de communication dans l’Aisne. Avant ça j’ai donc commencée en tant que commercial dans la presse professionnelle à Paris, j’ai ensuite continuée en tant que chef de publicité, il s’agissait de gérer les équipes graphistes à Paris et pendant 4 ans avant de devenir chef de projet, j’ai travaillée dans une agence de communication à Reims qui s’appelle « Transparence vidéo évènements ».

Nous: Vous avez donc eux différentes expériences, ce doit être enrichissant, et donc vous me dites que vous êtes actuellement chef de projet chez « Terre de Créa » pouvez-vous nous donner des précisions sur cette agence?

Mlle Sayart: Bien sûr, c’est une petite agence qui se compose de 4 pôles, le premier est le pôle print qui permet la conception et l’impression des supports de communication tel que les flyers, plaquettes.. Ensuite, il y a le pôle signalitique qui s’occupe de la conception et impression des enseignes, totems, vous savez tout ce qui est grand format ? Nous avons aussi le pôle internet pour le conception du site, ainsi que le pôle d’objet publicitaire et cadeaux d’affaires qui consiste à créer et vendre des scas, chapeaux, porte-clés..

Nous: Merci pour ces précisions, et donc vous en tant que chef de projet dans cette agence, quelle est votre tâche ?

Mlle Sayart: Je fois m’occuper de la bonne réalisation du projet, je dirais que de l’accueil du client jusqu’à la satisfaction de celui-ci, il y a deux grandes étapes. La première partie serait la réception du client, la définition du projet et son besoin, je m’occupe aussi de le conseiller par rapport à son activité sur le choix du format, de la qualité du papier.. Ensuite je réalise un devis pour la conception et l’impression, quand le devis est validé je peux alors me lancer dans la deuxième partie. Elle consiste à réaliser. Le client dit ce qu’il attend de nous pour le graphisme, ensuite je présente le dossier au graphiste qui me fait ensuite parvenir une proposition graphique que le client acceptera ou non, sinon on effectuera les changements nécessaires pour que ça lui convienne. Et pour finir, dès que le client est satisfait, nous pouvons alors signer le bon à tiret qui permet donc l’impression et la livraision du client. Il y a aussi la partie facturation mais ce n’est pas moi qui m’en occupe.J’espère que ma réponse est assez claire, je précise aussi que je suis dans une petite agence ça peut donc être assez différent des grosses agences.

Nous: Oui, merci. Si vous pouviez nous donner des qualités essentielles à avoir pour ce métier, quelles seraient-elles ?

Mlle Sayart: Il faut absolument être dynamique, organiser et aimer le travail en équipe. Après être créatif est en plus mais ça n’empêche pas la réussite si vous ne l’êtes pas (réflexion). Et surtout, il faut être motivé car l’accès à ces métiers se fait petit à petit.

Nous: Merci beaucoup pour vos réponses.

Mlle Sayart: C’est avec plaisir et restez motivés !

L’interview à durée environ 40 minutes puis Mlle Sayart nous a posée des questions par rapport à notre formation et nos voeux d’avenir.
Merci à Anne-Laure Sayart d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Devisscher Laura
L’herondelle Marion

entretien MDT – PPP

mardi 17 novembre 2015

Bonjour M.Martin, je vous ai contacté dans le but de vous interviewer dans le cadre d’un projet pour ma première année de licence infocom. A vous de me dire quand vous souhaitez commencer !

Vous voulez un café avant ?

Si vous le proposez.

Très bien je crois qu’on peut démarrer !

Alors, quelles sont les principales missions/activités dont vous avez la charge ?

Toutes.

C’est à dire..?

Ca va de l’administratif à la programmation, de la diffusion, de la demande éditoriale, de la rédaction, de la gestion du personnel… J’occupe en fait toutes les fonctions de la radio, ou en tous cas je les chapeaute, je les accompagne et effectivement quand on est une petite radio comme ça il doit y avoir une grande polyvalence à avoir, pas seulement des dirigeants ou de ceux qui sont autour de la direction, mais de l’ensemble du personnel.

Du coup, de quelle façon votre équipe se constitue-t-elle ?

Alors cette équipe malheureusement a diminué ces derniers temps mais sinon aujourd’hui au vue des bonnes nouvelles, nous avons un demi-temps en secrétariat qui est Elsa Burrer, ensuite il y avait une journaliste qui est en congé maternité mais qui va être remplacée par Gilles Houache qui sera beaucoup plus polyvalent car il occupera le poste de journaliste mais pas seulement, il prendra aussi en charge les relations au public, l’administration et la direction en binôme avec moi.

Combien êtes vous donc au total ?

Là, actuellement, il reste deux postes salariés, et ensuite il y a des bénévoles.

Comment vous répartissez-vous les tâches ?

Elsa s’occupe de tout ce qui est affaires courantes, banque, gestion des comptes, courriers administratifs, répondre au téléphone, relancer les clients qui éventuellement ont oublié de régler leurs factures, faire les devis, passer des conventions de partenariats avec les partenaires.. Voilà, tout ça c’est la fonction d’Elsa, le poste qu’elle occupe. Ensuite toutes les petites tâches derrière, sont réparties entre nous, les bénévoles et les salariés, pour faire vivre les réseaux sociaux, la programmation musicale, la programmation des émissions, les dossiers de subvention, toutes les affaires courantes je dirais, et ce qui peut arriver le jour même.

Une radio étant active 24h/24, comment se répartit votre temps de travail ?

Alors moi mon temps de travail a évolué, au début il n’était sans doute pas le même que celui d’aujourd’hui, mais je vais travailler principalement tous les matins et souvent le soir ; après le repas je retravaille pour la radio. Aujourd’hui c’est à peu près ça, bien qu’il arrive que des après-midi je travaille aussi.

Qui décide de la programmation ?

La programmation musicale c’est moi, et après la ligne éditoriale pour les émissions chroniques, ça c’est vu avec l’équipe, c’est en fonction des propositions qui nous sont faites que l’on accepte ou pas.

Quels genres de musiques diffusez-vous ?

Aujourd’hui on a une playlist de 22 000 titres, qui tournent en permanence, et ça va de la soul music, en passant par les nouveautés d’aujourd’hui, le jazz, le grouv, le funk, le rap, et la musique africaine.

Quelles sont les ressources de 3Dfm ?

Alors nous dépendons de la subvention institutionnelle, de la hauteur à peu près…Je crois que c’était jusqu’alors 115 000€, je crois qu’aujourd’hui on est plus près des 100 000 que des 115, les subventions malheureusement baissent pour tout le monde, sinon on a un budget global de 150/160 000€, ça dépend des années. 

Quel public votre radio vise t-elle ?

Nous avons actuellement 30 600 auditeurs, nous avons pu faire cette enquête médiamétrique l’année dernière, et dans ces 30 600 auditeurs qui nous écoutent régulièrement, nous avons 32% de CSP+, ensuite 24% de CSP, et après le reste c’est tout mélangé, et après nos auditeurs sont plutôt les 25 – 40 ans, ça c’est le coeur de notre cible d’auditeurs, il y a quelques jeunes, les 18 – 25 ans qui nous écoutent, ils représentent 12,5 ou 17%, je sais plus le chiffre à vrai dire… Mais voilà globalement comment c’est réparti.

Les audiences radio ne sont-elles pas en baisse au fil des années suite à l’apparition de nouveaux médias, comme internet, la télévision… Je ne sais pas depuis combien de temps vous travaillez dans la radio ?

Alors moi ça fait 15 ans que je suis dans cette radio, et nous avons triplé notre auditoire.

Ah oui !

Donc c’est toujours pareil, il y a toujours beaucoup de choses qui sont proposées, et une nébuleuse de choses proposées sur internet, mais je pense que si on se différencie par, je crois la qualité, si on se différencie et qu’on a une vraie proposition à faire aux auditeurs, je crois qu’on peut en gagner et les conserver surtout.

Intéressant, pouvez-nous parler de vos interventions à la prison ?

Oui, alors c’est un projet qui a démarré en 2009, j’avais l’envie d’aller  rencontrer les détenus, et de leur proposer une émission qu’ils réaliseraient et qu’ils animeraient. Ca a pu se faire avec l’accord de la pénitentiaire, et grâce à l’éducation nationale au départ parce que c’est eux qui ont relayé le projet que je portais auprès de la pénitentiaire, ça se fait en binôme, c’est à dire qu’on est accompagné par l’éducation nationale, et c’est très bien comme ça puisque ça enrichit mutuellement, pour notre part nous sommes enrichit de la pédagogie et de l’expérience de l’éducation nationale et eux  sont enrichit de notre savoir-faire journalistique. C’est un projet qui dure et qui n’a pas d’absentéisme, les détenus sont réguliers, viennent à toutes les séances, participent fortement… L’idée est de chasser un peu les préjugés de part et d’autre, c’est à dire de ceux qui peuvent venir en détention pour réaliser cette émission et qui peuvent avoir des aprioris sur la détention et sur les détenus, et vice-versa, les détenus qui peuvent avoir des aprioris sur les gens qu’on peut inviter. Donc ça fonctionne plutôt bien, très souvent les détenus à la fin de l’émission sont ravis d’avoir rencontré l’interlocuteur, et l’interlocuteur a été ravi de les rencontrer également… Ca met un peu d’humanité et ça rend un peu de dignité.

C’est une très bonne idée je trouve ! Quels sont vos projets pour 2016 ?

Alors les projets c’est d’orienter la radio différemment de ce qu’elle est orientée, on reste sur l’aspect culturel mais peut être moins fortement qu’avant, et on l’oriente plutôt vers une radio « thérapie » c’est à dire faire des émissions autour des médecines qui ont été oubliées au fur et à mesure du parcours de l’Homme; en effet nous avons oublié certaines médecines ancestrales et notre but c’est d’en reparler, savoir quelles aient été et ce qu’on en fait aujourd’hui.

Très bien, maintenant je vais vous poser des questions un peu plus personnelles, notamment dans un premier temps sur votre parcours professionnel et vos études…

Oui  moi après la 3ème je me suis dirigé vers un BEP-CAP, dont je suis très fier ; tout le monde me le déconseillait parce que le LEP avait et a encore une mauvaise réputation, et moi j’ai passé mes meilleures années scolaires là-bas, comme quoi les préjugés sont à chasser et sont souvent pas bons ! Après ce BEP-CAP, je suis retourné en lycée technique, où j’ai fait une première d’adaptation, puis une terminale, puis j’ai obtenu mon bac F3, ensuite j’ai fait une année de domotique en BTS, et puis j’en ai eu assez, c’était 7h de physique et 7h de maths par semaine depuis 3 ans et je commençais un peu à en avoir marre. A la sortie de l’école, j’ai fait une année de service militaire, et puis je me suis mis à mon compte, je suis resté 6 ans artisan-électricien spécialisé dans la régulation, c’est à dire que je travaillais plutôt pour le tertiaire et l’industriel, donc c’étaient des systèmes de refroidissement assez énormes sur lesquels je travaillais principalement.

D’accord, et pour la radio du coup, comment en êtes-vous arrivé là ?

Alors justement, parallèlement à ça j’ai eu la chance d’avoir une initiation aux métiers techniques, aux métiers du son, et depuis petit, enfin assez jeune, j’étais DJ, donc de 13 ans jusqu’a présent j’ai toujours fait, avec des périodes plus ou moins importantes, le DJ, ça c’est une passion qui m’a toujours accompagné et en 2002 on m’a fait la proposition de reprendre cette petite radio qui était basée à Beaucaire et qui s’appelait Radio Beaucaire, je venais de prendre une année sabbatique, j’avais arrêté mon entreprise et j’avais créé un album de musique avec un groupe, on commençait à tourner, et on m’a fait cette proposition, j’ai trouvé que c’était assez intéressant au vue de la discothèque que j’avais, de me dire que cette discothèque j’allais pouvoir la proposer aux auditeurs à travers l’antenne, donc je me suis embarqué dans cette aventure.

Vous n’avez donc pas spécialement rencontré des difficultés lors de votre insertion professionnelle ?

Des difficultés d’adaptation, ou techniques…?

Par exemple, oui.

Ah si parce que moi si vous préférez on m’a tendu les clefs, et je n’ai plus vu personne, c’est à dire que là c’est un peu comme si vous rentreriez dans la radio, je vous tends les clefs, et je vous dis « bon ben bonne chance ! » Voilà c’était vraiment comme ça que ça s’est passé, l’ancien président a discuté cinq minutes avec moi, m’a tendu les clefs, et je l’ai plus jamais revu ! Donc je ne connaissais rien à la radio, donc j’ai beaucoup lu tout ce que je pouvais trouver, j’ai essayé de comprendre un petit peu comment tout cela fonctionnait, donc oui j’ai eu sans doute un petit temps d’adaptation où j’ai commis des erreurs, mais je les ai, j’espère, rattrapées, et au fur et à mesure des gens que j’ai rencontrés, on a façonné ensemble cette radio.

Vous êtes donc plutôt autodidacte.

Oui ! C’est tout à fait ça oui.

Quelles sont selon vous les qualités requises pour exercer ce métier ?

la patience, la pugnacité, la passion… Voilà. 

Quels conseils donneriez-vous à des étudiants pour commencer une carrière dans le domaine de l’information/communication ?

Alors moi là je l’ai dit à tire personnel mais je pense qu’on peut le rapporter à plusieurs fonctions. Moi je pense que ce sont des métiers qui sont très beaux, qu’il faut faire avec beaucoup d’assiduité, vous êtes la nouvelle génération des journalistes qui seront demain sur les antennes, moi j’ai juste envie de dire que la première règle du journalisme c’est de vérifier ses sources, c’est à dire pas les vérifier en deux secondes, vraiment vérifier ses sources, essayer d’être impartial, et un bon journaliste saura transmettre, et je pense que le public ne se trompera pas, même si je trouve que les français ont la presse qu’ils méritent.

C’est à dire ?

C’est à dire que je trouve que nous ne sommes pas suffisamment exigeant le plus souvent possible ; c’est à dire nous allons nous plaindre sur le moment, puis ça passe, et on s’habitue… Moi je trouve qu’on doit être tous les jours vigilant. Le journalisme n’est pas un métier anodin, il peut faire du mal et il peut faire du bien. Je trouve qu’aujourd’hui des journalistes il y en a des bons, mais il y en a surtout beaucoup de mauvais.

D’accord.. Quelle a été votre principale motivation pour travailler dans le secteur de l’information, la communication, la musique également ?

C’est vraiment comme je vous l’ai dit tout à l’heure, c’est d’abord par la musique que j’ai voulu faire ce métier, en me disant : « Bon voilà au moins musicalement j’ai à peu près 30 ou 40 000 morceaux » donc à l’époque je me suis dit que c’était la meilleure idée pour pouvoir les diffuser, les transmettre, les faire écouter et les faire aimer. Donc ça ça a été la première chose, après je vous avouerai que pour la communication ou le journalisme, bien que j’ai toujours aimé ces branches de métier, je me suis enrichit des gens dont j’étais entouré, et j’ai vraiment appris sur le tas, en essayant de comprendre au mieux ce qu’était une bonne communication, c’est toujours pareil, elle peut être bonne ou mauvaise, on se fait manipuler dans le bon ou le mauvais sens.

Considérez vous alors ces professions comme difficile d’accès ?

Alors c’est pas des secteurs où ça recrute énormément, si vous faites de la communication dans le secteur culturel ça sera toujours plus difficile que dans le secteur privé, je pense que le secteur privé embauche plus facilement dans la communication mais ça reste plus du marketing que de la communication ou en tous cas ça reste pas du tout la même communication ; de la communication pour un théâtre privé associatif, ça sera jamais la même communication que pour Carrefour. Donc ça, ça va dépendre de vos sensibilités, de ce que vous voulez faire en communication.

Pour finir, j’aimerai vous demander quels sont ,selon vous, les avantages et inconvénients de cette profession ?

Alors dans la radio les avantages c’est que c’est très enrichissant, on rencontre énormément de monde, et ça c’est la partie très positive, car on est dans le rapport humain et dans l’enrichissement culturel et intellectuel; après le point de vue négatif c’est que c’est chronophage, c’est 24h/24, 7j/7, la radio si elle est en panne, ça a beau être dimanche va falloir que je la répare, si vous avez pendant une semaine des conférences de presse tous les soirs vous êtes tenus d’y aller, enfin voilà, il y a beaucoup de choses qui font que c’est très chronophage, la radio ne s’arrête pas de fonctionner, jamais. Donc forcément, il y a une permanence à avoir.

D’accord, je pense donc avoir terminé, souhaitez-vous peut-être ajouter quelque chose ?

Non moi c’est vraiment d’encourager la jeunesse à aller vers ces métiers-là, mais toujours pareil, on a tendance un petit peu à s’endormir, c’est à dire que quand on est jeune on a toute cette fougue de vouloir révolutionner, changer le monde légitimement, mais après on a tendance un petit peu à se faire endormir par le système, et en fait on ne le change pas réellement, on le cautionne quelque part, et on s’en accommode. Je dis pas qu’il n’y pas des gens qui essayent au quotidien de faire changer les choses consciencieusement et fortement, mais je trouve que de façon générale, c’est trop peu, on est trop minoritaire, nous qui voulons.. Enfin je me mets peut-être dedans parce qu’avec la radio j’ai essayé de faire changer certaines choses entre autre ne serait-ce la mentalité sur l’écoute de la musique. Aujourd’hui je vois que les gens nous félicitent pour la programmation musicale et disent « quel bonheur de découvrir tous ces morceaux, on ne savait même pas que ça existait…» Ca c’est une satisfaction et je me dis que j’ai changé un petit peu les mentalités, alors c’est ridicule comparé au nombre d’individus que nous sommes sur cette planète, mais ces gens chez eux, avec leurs enfants, écoutent peut-être 3Dfm, et leurs enfants écoutent eux aussi inconsciemment, et l’oreille se forme inconsciemment, et on retient quelque part… C’est à dire que l’inconscient retient beaucoup de choses, plus ce que l’on croit. Donc du coup tout ça peut émerger, sur l’instant T ça fait pas beaucoup de monde, mais sur le nombre d’années et sur le nombre d’oreilles qui auront écouté, il y aura peut être quelque chose qui se sera passé.

Et bien écoutez merci beaucoup, vous m’avez beaucoup intéressée, et encore plus motivée pour travailler dans ce domaine là !

Ah tu veux faire du journalisme c’est ça ?

Journalisme précisément je ne sais pas encore… Tous les métiers qui touchent à la communication, l’événementiel, à l’art également m’intéressent. Pour l’instant c’est plutôt des petites idées en vrac qu’une profession bien précise.

Et donc tu es où actuellement ?

La je suis en première année d’infocom sur Montpellier, à Paul Valery.

En tous cas si tu veux venir faire des stages chez nous ça me ferait plaisir, on pourra faire ensemble des sujets journalistiques et tu verras si ça te tente, si cela te plait, et si tu es convaincue par ces métiers-là.

C’est très gentil, je vais y réfléchir, de toute façon j’ai votre numéro si j’ai besoin !

Tu peux me tutoyer maintenant qu’on s’est rencontré !

Ninon Guzman

Nora Boujraf

Interview de Denise Olivier, responsable communication au Centre Culturel Universitaire à l’université Paul Valéry de Montpellier

mardi 17 novembre 2015

logoVendredi 13 novembre 2015 nous avions rendez-vous avec Denise Olivier, responsable de la communication au Centre Culturel Universitaire de l’université Paul Valéry. Le rendez-vous était fixé à 14 heures à son bureau du bâtiment H. Nous avons commencé avec une petite visite et une présentation du théâtre La Vignette. Nous sommes ensuite allé dans une pièce, plus adaptée que son bureau, avec une table et plusieurs chaises où nous nous sommes installées. L’ambiance était très détendue et conviviale. Nous avions toutes trois un exemplaire du guide d’entretien que nous avions crée pour le bon déroulement de l’interview. Nous ne nous étions pas fixé de durée précise. Après avoir expliqué notre démarche à Denise et lui avoir exposé les modalités d’enregistrement nous avons mis le dictaphone en route et commencé l’interview.

 


Notes pour la lecture de l’entretien et légende :

Le Centre a été crée en 2015, c’est une structure indépendante au sein de l’université. Il est composé du Théâtre La Vignette, du Musée des Moulages et de l’Orchestre. Denise Olivier est la responsable de la communication du Centre.

Site internet du CCU: http://ccu.univ-montp3.fr/

Le Domaine d’O est un domaine départemental d’art et culture à Montpellier, composé d’un château d’un parc et de deux théâtres, il accueille de nombreuses pièces et festivals.

In Design, Illustrator, Photoshop sont logiciels de création graphique et de PAO (Publication Assistée par Ordinateur).

Focus est le journal du Théâtre La Vignette.

Les Rencontres du lendemain sont des rencontres, les lendemains de spectacle, où le public est invité à rencontrer les artistes pour échanger autour des œuvres programmées.

Les différents dispositifs de communication (Focus, les affiches, le programme du théâtre) vous seront présentés en classe lors de la soutenance.

D : Denise Olivier

A : Allison Guiraud

M : Maïna Boutmin

O : Olivia Trallero


Interview:

D : Vous voulez que je commence par vous expliquer mon parcours, comment ça se passe ?

A : Nous avons défini 6 grands thèmes à aborder pour les questions : ça commence par le métier en lui même, les compétences, le parcours, puis l’appréciation personnelle sur votre métier, ensuite on va parler de la structure du Centre Culturel et enfin les conseils que pouvez nous donner ainsi que l’évolution du métier.

D : D’accord donc le métier en soi de chargé de communication ou responsable de communication, c’est à mon avis tout d’abord une fonction qui dépend beaucoup de la structure dans laquelle on évolue. C’est à dire l’équipe : combien on est dans l’équipe, la finalité de la structure, qu’est ce qu’organise cette structure, de quoi elle s’occupe. Il y a d’ailleurs plein de distinction possible et d’appellation pour ce métier que vous pouvez retrouver sur le site de l’Onisep ou Studyrama : attaché, rattaché, chargé, responsable, directrice etc, si c’est une grande équipe il peut y avoir la directrice de com, la responsable de com, la chargé de com, l’assistance etc ; il y a plein de nuances qui existent…

M : Selon le besoin aussi j’imagine…

D : Oui selon le besoin aussi, une chargée de com c’est le « truc » basique : tout le monde a besoin aujourd’hui d’une chargée de com. Par exemple au domaine d’O il y a une directrice de la communication qui est responsable de son pôle, elle a elle-même un directeur au dessus d’elle et son pôle comprend la communication et les relations publiques avec divers acteurs.

A : Ça dépend donc de la grandeur de la structure, plus une structure est grande plus il y a de personnel ?

D : Exactement. Donc moi ma fonction ici au Théâtre et au Centre Culturel c’est être responsable, au sein d’une équipe de 5 personnes, de toute la partie visuelle et de la visibilité du Centre.

M : Est ce que c’est vous qui créez tous les dispositifs visuels?

D : Non je ne les crée pas moi, mais je suis en charge de trouver les graphistes qui me plaisent pour les soumettre à mon directeur et choisir qui on contacte pour faire un devis. Je m’occupe de driver ça de A à Z : mettre en place les dispositifs visuels. Après c’est chacun son métier. Il existe aussi des chargés de com qui créent eux même, tout dépend de la structure et des moyens également. J’ai par exemple une amie qui travaille dans une association avec très peu de moyen, elle doit donc elle même créer tous les outils de com. C’est aussi un parti pris de la part de la structure. Nous avons fait le choix de beaucoup miser sur le visuel, on a toujours voulu se démarquer et également mettre en avant le travail de créateurs, pour nous les graphistes sont des créateurs au même titre qu’un artiste sur scène par exemple. Un graphiste propose une œuvre. On est d’ailleurs parfois critiqués car on ose faire des choix qui peuvent choquer certaines personnes…

A : Quel genre de critiques avez vous reçu ?

D : Sur la couverture du programme du théâtre par exemple : « on arrive pas trop à lire ce qu’il y a écrit » … alors que c’est marqué là (montre la couverture). C’est juste parce que c’est une proposition entre guillemets folle alors que franchement quand on voit un peu le paysage général de ce qui se fait en graphisme il y a des choses beaucoup plus folles que ça. Du coup on a décidé de toujours travailler avec un graphiste ainsi qu’avec un webmaster pour la partie web. Comme nous avons peu de moyens, notre budget alloué à la com en général est de 16000 euros impression comprise, ce qui représente un petit budget mais conséquent quand même pour nous, je fonctionne avec des gabarits In Design. C’est une maquette que le graphiste crée (montre le Focus) et moi je remplis, j’ajoute le texte, la photo avec les indications du graphiste. Je compose dedans et je l’envoie à l’imprimerie, fais le suivi d’impression etc.

A : C’est donc vous qui avez tout rédigé dans ce journal ?

D : En fait pas totalement. On a une rédactrice, Jennifer. Ce qui était au début une solution par manque de moyen est en fait devenu un vrai choix. Nous sommes dans une université où il y a des étudiants en théâtre qui se destinent à l’écrit, Jennifer écrit une thèse et aime écrire, c’est d’ailleurs un talent qui se perd et malheureusement est de moins en moins valorisé. On s’est donc dit qu’on allait trouver un étudiant qui est motivé pour combiner sa recherche personnelle et l’apprentissage de l’écriture journalistique…

A : Professionnelle…

D : Professionnelle, adaptée… parce que c’est vrai que souvent, quelque soit le cursus les étudiants sont habitués à écrire de longs textes alambiqués avec plein de références et tout ça, ça nous intéresse, par contre on amène l’étudiant à simplifier…

A : Synthétiser?

D : Oui, être plus efficace en pensant au public.

A : C’est ce qu’on apprend nous à faire aussi en première année en com.

D : Voilà. C’est le deuxième programme sur lequel on travaille avec Jennifer, ça devient d’ailleurs de plus en plus fluide. Sur le Focus, c’est elle qui a par exemple fait cet article où elle a posé les questions aux intervenants. Elle finalise sa thèse sur le théâtre de marionnette l’année prochaine et elle travaille avec nous en parallèle pour lui apporter une expérience : être critique de spectacle ça lui permet de commencer à s’entrainer. Elle accède à de vrais publications, elle est référencée, c’est un avantage pour elle. Donc un choix qui provient à la base d’un manque de moyen -écrire prend du temps, on avait placé la barre haute, on ne voulait pas faire juste des textes comme ça de copier coller des textes pré fabriqués que les artistes nous donnent – était en fait en total accord avec notre volonté.

A : Oui je comprends.

D : Donc, voilà webmaster, graphiste, rédactrice, après je travaille aussi avec des diffuseurs de programme. C’est un prestataire extérieur qu’on embauche ponctuellement pour diffuser les programmes. On en imprime 16 000, il faut en prévoir la diffusion. Ce sont donc toutes les personnes avec qui je travaille.

A : Donc vous supervisez tout ça ?

D : Oui je supervise et donc souvent le travail de la responsable de com c’est de suivre de A à Z toute la communication. C’est à dire en pensant tous ces volets : penser l’outil, le créer, l’imprimer, le diffuser pour qu’il arrive en main des personnes qu’on souhaite…

A : Voir venir ?

D : Oui voir venir au spectacle. Ça c’est le côté communication évènementielle. Là j’ai pris l’exemple du gabarit du journal mais je m’occupe aussi de mettre à jour les affiches, qui fonctionnent aussi par maquette. Ca permet de faire des économies. Donc en fait moi j’ai un poste où personnellement, vu la structure où je suis, avoir la capacité de créer de la PAO ; comme je touche aux outils In Design, Illustrator, Photoshop, était un grand plus, nécessaire au vu de nos moyen, même si on aurait fait autrement sans ça. Et donc souvent selon les profils qu’il y a au sein des structures la com s’adapte à ça.

A : Et au niveau de la page Facebook et le Twitter c’est aussi vous qui vous en occupez ?

D : Oui je m’occupe aussi des réseaux sociaux et de la mise à jour du site internet, même si c’est le webmaster qui l’a crée avec le graphiste, on a travaillé tous les trois ensemble sur la charte graphique. J’ai justement du créer un cahier des charges où avec l’équipe du Centre on a énuméré toutes les idées qu’on avait et les attentes, qui a été transmis à notre graphiste et à notre webmaster qui on eux fait une proposition et un devis qui ont été validé par notre directeur. C’est tout un processus qui se crée. Le site internet est un site internet administrable, de plus en plus les structures demandent à pouvoir avoir la main sur la mise à jour pour des questions de moyen, pour ne pas avoir à facturer chaque action sur le site. Je m’occupe également de lancer les newsletters, de mettre à jour les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et un petit Instagram qu’on aimerait développer. D’ailleurs on est en train de lancer un blog qui est la continuité de Focus, le journal. L’idée c’est de faire vivre le Focus soit pour qu’il y ait la suite de certains entretiens qui parfois sont longs, par exemple celui du nouveau directeur du centre chorégraphique de Montpellier fait par Jennifer tient sur deux doubles pages alors qu’il été deux fois plus long, on redirige donc le lecteur vers le blog via un flash code à la fin de l’interview papier. Le blog sera un outil que j’espère collaboratif. L’idée est qu’il y ait des gens motivés à nous faire par exemple des retours spectacles, négatifs ou positifs, des dessins, des petites vidéos sur le principe de la boîte à vidéo. C’est un principe qui s’utilise de plus en plus, proposé par Jennifer lors de la réunion éditoriale hier, où les gens s’auto filment pour faire une critique. C’es quelque chose qui n’existe pas beaucoup en théâtre. C’est donc moi qui l’anime, ainsi que Jennifer puis on fera des appels à contribution.

A : C’est intéressant pour nous qui sommes en com l’idée de blogger.

D : Oui voilà l’idée c’est de recenser des bloggers qui existent déjà, des nouveaux et de produire du contenu original. Pour la com, tous sont des prestataires free lance, sinon il n’y a que moi et Lily qui est en poste de billetterie et relation publique. Elle m’aide, depuis la billetterie en diffusion, pour me faire des retours sur les besoins du public par exemple. Elle participe aux réunions et fait des suggestions au niveau de la com, elle peut proposer des gens, comme vous qui aiment faire des interviews par exemple, si elle en rencontre au reste de l’équipe pour contribuer au blog. Donc petite structure avec de petits moyens mais on met beaucoup d’énergie et de force là dedans (interruption du régisseur dans la pièce qu’elle nous présente).

A : Très bien. Après j’avais une question (un peu hésitante) : est ce que vous pouvez me décrire une journée type ?

D : (amusée) Alors… par exemple ce matin, mes activités étaient liées plus aux nouvelles activités du Centre… donc euuuh… c’est un peu journée fouillis… mais une journée plutôt théâtre c’est par exemple la semaine prochaine on a deux soirées de représentation au théâtre, donc lundi cette semaine j’ai finalisé la feuillle de salle que j’avais commencé à préparer, qui est la feuille d’explication du spectacle distribuée au spectateur, qui fonctionne encore une fois sur un gabarit (va chercher une feuille de salle pour nous montrer – nous regardons)

A : C’est bien, grâce au principe du gabarit il y a vraiment une cohérence entre tous les visuels : le site, les affiches…

D : (emballée) Ouais ! Ouais ! Voilà donc même si c’est moi qui le finalise et qui le fait il y a vraiment eu un travail tellement cohérent de charte graphique que tout se décline et j’ai accès à tous les outils. Donc j’ai fait ça lundi pour ensuite le faire lire à mes deux collègues donc notamment à Lily, pour qu’elle me relise, et à l’administratrice Laetitia, qui à une formation de com aussi à la base. Je la fait toujours relire parce que c’est important de se relire (pendant qu’on parlait plusieurs personnes sont entrées dans la salle) : ha voilà donc tout l’équipe présente là (rire général) on est presque tous au complet il manque le directeur et Lily… (revenant à la conversation) donc lundi j’ai fait ça après je l’envoie à l’imprimerie de l’université en leur donnant le délai, ensuite j’enchaine : je poste sur Facebook l’information, je crée l’évent, quand il y a de la revue de presse je la publie également, ensuite je prépare la newsletter qui est généré depuis le site internet. Je fais tous les paramétrages et ensuite je l’envoie par un autre logiciel où il y a toutes les listes de diffusion, c’est à dire tous les mails. Là j’en ai au moins pour une demie heure où j’envoie sur toutes les listes différentes que j’ai : internes et externes, le fichier public etc. Ca aussi c’est un truc qui fait partie de la com : c’est s’occuper du fichier de diffusion et de public, qui est souvent relié donc à ma collègue de la billetterie, comme elle gère le logiciel de la billetterie je lui demande de m’exporter à chaque fois les nouveaux mails que moi j’intègre à mon fichier dans un logiciel spécifique quand j’envoie mes newsletter. Faire vivre son fichier c’est comme ça qu’on perfectionne aussi sa visibilité… Pour la diffusion on imprime des affiches, des petites affiches A3 et là dessus j’ai un vacataire. 6 heures par spectacle où j’embauche un vacataire étudiant qui est aussi notre ouvreur de salle les soirs de spectacle pour aller faire l’affichage. C’est lui qui va dans la fac coller les affiches, donc par exemple lundi il est venu chercher les affiches, je lui ai donné le scotch, on se refait à chaque fois un petit brief de parcours : qu’il pense bien à aller à tel endroit, même si maintenant il connaît bien, mais parfois selon les spectacles, là par exemple c’est un spectacle qui est en russe je lui ai quand même dit d’insister sur le département d’études slaves, des langues etc.

M : En russe ?

D : Oui c’est en russe sur titré

M : C’est à dire ?

D : En théâtre en fait c’est comme à l’opéra, c’est par forcément en français, donc ils projettent comme au cinéma le texte, sauf que là c’est sur un écran à part ou sur une planche et que c’est fait en live. Donc par exemple là la semaine prochaine pendant le spectacle, il y a une personne de l’équipe artistique qu’on accueille (amusée) qui va être là avec son petit Power Point et qui va passer en direct – parce qu’elle comprend les deux langues – les sur titres.

M : Donc c’est déjà rédigé ?

D : C’est déjà rédigé oui, ce sont généralement des Power Point et donc nous notre régisseur paramètre le « truc » et puis c’est projeté sur une planche spécifique qu’ils ont mis en place

M : Ce sont des acteurs russes qui jouent ?

D : Oui c’est carrément une troupe indépendante russe qu’on fait venir dans le cadre de leur tournée. Ils étaient à Lyon dans un festival international de théâtre et nous on les programme là puis après ils ont encore une date en France dans le nord. On a eu une troupe suisse là y a pas longtemps aussi…

M : Allemand ?

D : Oui suisses allemands, qui parlaient dans toutes les langues d’ailleurs… c’était en anglais, allemand, italien… et les surtitres français… Donc voilà Victor est passé on a fait ça. C’est un journée type avec comme fil conducteur l’organisation de ce spectacle. Je me souviens aussi que j’étais entrain de finaliser le Focus, le suivi donc j’ai validé le BAT lundi, le BAT c’est le bon à tirer. C’est quand l’imprimeur a reçu le fichier il t’envoie une dernière fois un PDF pour vérifier que tout est bon.

A : Oui la dernière validation avant impression. Donc en plus de tout ça vous continuez vos tâches entre guillemets quotidiennes.

D : Oui et en plus comme maintenant il y a le Centre Culturel, on a de plus en plus d’interaction avec d’autres étudiants, d’autres porteurs de projets qui dans la même journée alors qu’on est sur un autre fil conducteur vont venir nous donner leurs infos pour mettre le site à jour par exemple ou nous demander des trucs. Je fais les mêmes choses pour le centre culturel que pour le théâtre, il a son propre réseau de tuteurs son propre Facebook, sa propre newsletter.

M : Donc globalement vous êtes en interaction avec beaucoup d’autres personnes ?

D : Oui et puis la com de toute façon l’avantage et le problème c’est que souvent ça touche tous les domaines de la structure en fait. Quand l’administratrice est en train de finaliser ses contrats, il y a la close com, par exemple sur Les Rencontres du lendemain on filme les artistes, donc moi du coup je veille à ce que dans le contrat soit stipulé ce « truc » que l’artiste accepte d’être filmé pendant une heure etc. À chaque fois elle vérifie avec moi que c’est ok. Après parfois elle me signale tel ou tel sponsor sur un spectacle donc elle me dit « Denise faut que tu veilles à ce que tel logo apparaisse sur tous les dispositifs de com par rapport à ce spectacle ». Le directeur pareil c’est tout le temps des réunions pour me dire ce dont il a besoin. Il va aussi y avoir des moments où moi je vais aussi superviser mes collègues, par exemple quand on a refait la charte graphique j’ai du former tous mes collègues et leur dire : « voilà là c’est le nouveau gabarit … » (Lily arrive dans la pièce, tout le monde lui dit bonjour) Voilà donc c’est Lily dont je vous parlais qui s’occupe de la billetterie et des relations publiques justement. (revenant à la conversation) donc voilà moi je dois veiller aussi à ce que tout le monde ait les outils qu’il faut pour que quand elles écrivent un courrier qu’elles aient pas à perdre trois heures pour avoir accès au bon fichier et l’utiliser, il faut que tout soit opérationnel. (silence)

 

A : D’accord très bien, donc si ça vous va on passe au parcours, quelles études avez vous faites pour en arriver là ?

D : Donc le parcours est assez… non en fait pas du tout, atypique mais c’est que je ne pensais devenir responsable de com. J’ai fait à Paul Va cinéma et art du spectacle et arts plastiques, j’ai ensuite intégré une école publique de photo à Arles où j’ai passé un concours, donc j’ai fait 3 ans ici et 3 ans à l’école. Par contre tout le long de mon cursus j’avais pour objectif de travailler dans le milieu culturel, c’est ça qui a orienté mon parcours même si j’ai fait des études plutôt sur la pratique artistique j’ai toujours eu envie de travailler dans ce milieu et j’étais toujours très attirée par le monde du spectacle etc. Donc en fait quand j’ai fini mes études, je me suis inscrite dans une formation professionnalisante en web et en com c’était un truc de 7 mois et grâce à ça j’ai pu postuler à des postes. J’ai commencé dans l’associatif dans une asso de danse hip hop (amusée) où ils m’ont prise à la base comme chargée de diffusion mais je suis très vite devenue com/diff, je faisais même un peu d’administratif c’était tellement petit… Mais ça a été un bon truc de, comment dire, formation, auto formation. L’associatif de toute façon je trouve que c’est chouette pour ça. Parce qu’en même temps quand on sort d’études faut pas se leurrer c’est…

M : Difficile ?

D : Oui, je pense que c’est plus évident de trouver d’abord dans une association.

A : Oui même quand on fait encore ses études, moi j’ai déjà été bénévole dans des festival à la com ça m’a beaucoup appris.

D : Oui c’est sûr que le domaine culturel c’est souvent et beaucoup d’associations en fait c’est pour ça que j’ai commencé par là. Puis de cette asso je suis passée à une plus grande asso qui organise le festival Arabesque à Montpellier. C’est un festival autour des arts du monde arabe qui a lieu au domaine d’O est qui est à a la base aussi une asso hip hop autour des écritures et la musique hip hop.

M : Vous avez un intérêt particulier pour le hip hop ?

D : Non ça c’est fait comme ça parce qu’ils cherchaient une chargé de com, comme j’avais déjà travaillé dans la petit asso de hip hop…

A : Vous aviez déjà un pied dedans.

D : Oui j’avais déjà un pied dedans et puis c’est vrai que le fait d’avoir ajouté avec la formation cette compétence un peu plus technique de web ça m’a aidé. Donc souvent sur des postes comme ça où il n’y a pas trop de moyen ils ciblent des candidatures multitâches. En plus c’était une création de poste, donc j’ai mis en place le poste c’était super intéressant. C’est là où j’ai même commencé à intégrer la notion de presse (silence) et aujourd’hui d’ailleurs j’en ai pas parlé mais je m’occupe aussi de la presse ici. Même si bon la presse est en crise donc c’est difficile. Il y a très peu d’interlocuteurs… en gros je suis en lien avec quatre journalistes à Montpellier. Donc c’est vrai qu’il y a ce volet selon les structures, c’est comme les réseaux sociaux il y a des métiers aussi, il a le métier de web… comment ça s’appelle?

A : Community manager.

D : Voilà de la même manière qu’il y a un community manager, en presse normalement il y aussi quelqu’un qui est l’attaché de presse ou le chargé de relations presse et moi je m’occupe de cette partie là aussi qui est très minime. C’est surtout veiller à avoir un fichier à jour, connaître un minimum les quelques journalistes culturels qu’il y a et leur envoyer l’info. Et je m’occupe une fois par an de faire la conférence de presse que j’organise où je les invite et le directeur leur présente la saison… (vivement) Donc le parcours plutôt artistique, pratique, après j’ai quand même fait la formation où j’ai ciblé ce genre de poste « web » car je me suis dit : « je suis dans le visuel, si j’ai envie de travailler dans ce milieu là, ça peut être le poste par lequel je peux rentrer. »

A : C’est là que vous appris à utiliser Illustrator, In Design, Photoshop ou vous saviez déjà ?

D : Non je savais déjà par ma formation quand même à l’école et puis je viens du Luxembourg et en fait au Luxembourg au bac j’avais fait artistique où on m’avait déjà appris.

A : Quelle chance !

D : Oui on avait de la chance, moi j’ai des bases depuis la dernière année de lycée où j’ai passé un examen sur In Design et Photoshop. Après c’est aussi quelque chose où je me suis auto formée, les logiciels ça m’a toujours plus, j’ai une facilité, j’aime bien la technologie. C’est pour ça qu’après selon les profils ça dépend, par exemple mon amie qui est dans cette asso elle hésitait entre être journaliste ou chargée de com, elle est plus sur l’écrit. Là elle apprend sur le tas In Design etc mais sa grande capacité c’est qu’elle a une grande connaissance et une facilité à écrire.

A : Et justement au niveau des logiciels vous refaites des formations des fois où vous avez tout acquis et avec l’expérience vous vous professionnalisez de plus en plus ?

D : J’ai eu quelques temps de formation au lycée et à l’école de photo mais depuis j’apprends surtout moi même. J’ai quand même eu le droit, quand j’étais dans l’associatif a des formations où j’ai pu aussi compléter mes acquis. Mais c’est vrai que c’est beaucoup par le « bidouillage ». Après ici à l’université j’ai pas accès à des formations très techniques mais j’ai des collègues dans d’autres structures qui cotisent à des organismes spécifiques qui permettent aux employés de partir en formation et là c’est possible. Et puis comme je suis quand même en lien avec le graphiste et le webmaster il y a des choses que j’apprends d’eux.

A : Oui ils vous donnent des conseils?

D : Oui des conseils et des petites astuces. Et quand on a accès au gabarit on s’auto forme aussi. On passe aussi parfois une heure sur internet à voir des tutoriels.

M : Oui c’est surtout par l’expérience comme partout aussi j’imagine.

D : Oui et puis après surtout un métier comme la com je pense qu’il faut être au fait des évolutions car ça va très vite. Par exemple la formation de base que j’ai de photographe, si j’étais restée à l’argentique je serai un peu mal barré (rire général) et puis même le numérique ça change tous les mois presque ! Donc il faut être au fait de tout, surtout si on fait des vidéos, il y a notre apprenti qui va s’en occuper cette année car il a aussi ça dans son volet de formation, il faut quand même que je sache de quoi je parle quand je lui dis « exporte comme ci comme ça ». Après je connais des responsables com qui ne touchent pas du tout à ça qui se retrouvent parfois un peu embêtés car ils ne savent pas utiliser l’outil…

A : Oui c’est quand même un gros avantage de savoir utiliser les nouvelles technologies et les logiciels.

D : Oui moi je suis de la veine chargée de com où il faut savoir écrire et aussi savoir gérer les outils de com à l’heure où tout est sur Facebook.

A : D’ailleurs pour embrayer sur ce sujet, d’après vous les qualités humaines qu’il faut pour exercer ce métier ? La curiosité ? La patience ?

D : (amusée) La patience…! (rire général) La curiosité oui parce que ce que je trouve très intéressant aussi quand on est chargé de com c’est savoir un peu ce qui se passe au niveau des arts visuels, savoir c’est quoi les tendances graphiques, les types d’outils qu’on développe etc. Il faut une curiosité de vouloir garder un oeil, une sorte de veille aux arts visuels graphiques, en vidéos, les nouveautés technologiques. Je pense que c’est une grande qualité quand on a cette curiosité là et cette envie. Et puis après patience et vraiment savoir organiser, parfois ça peut se traduire par une certaine rigidité ou psychorigidité (rires). Je commence à découvrir ça dans mon caractère, c’est bien parce qu’il y a pas mal de plannings à mettre en place même si il existe des rétro planning qu’on ne fait pas vraiment c’est quand même important connaître les étapes par cœur savoir quand est ce que c’est trop tard, savoir relancer. Il faut être moteur.

M : Très organisée ?

D : Oui organisée et puis surtout avoir force de proposition aussi. Je pense qu’un responsable com qui ne va pas chercher l’information, qui ne se bouge pas, qui ne « saoule » pas son collègue: « bon tu m’as toujours pas répondu pour tel truc » là c’est un risque que la com ronronne que ce soit pas très clair. Curiosité, patience, organisation…

A : Et puis peut être aussi dans votre cas s’intéresser au monde de la culture, des arts ?

D : Oui je pense que de toute façon… je pense que je pourrais pas être responsable de com dans un autre secteur.

A : Comme une entreprise commerciale ?

D : Oui par exemple, mais je pense qu’on est quand même meilleur quand…

A : Quand on s’épanouit ?

D : Oui quand on s’épanouit, quand il y a un attrait pour le domaine. Moi dans une banque je pense que je ne pourrais pas travailler. Parce que c’est un monde, je dis pas que c’est pas bien, mais je sais que moi même je buterais sur des choses éthiques…

M : C’est ça l’avantage, en tout cas nous ce qu’on trouvait avec la com, c’est que ça permet de toucher, quand on a pas nécessairement les qualités artistiques, de quand même travailler avec le milieu artistique sans en être une part créatrice.

D : Oui oui oui tout à fait c’est pour ça qu’après c’est pas mal à un moment quand on est en phase de formation de se poser le question « dans quel milieu je me vois » et puis se renseigner. Selon les spécificités de la structure et le milieu souvent dans le culturel, là je commence à avoir 6 ans de métier, je vois que la presse, les relations publiques, la médiation c’est combiné, il faut savoir souvent les trois « trucs ». Après par exemple ma collègue qui travaille dans l’asso ça va être plus l’écrit et la com interne. Toute la com au sein de la structure qui ne va pas être visible par le public. Je ne vous en ai pas parlé mais il y a la com interne et externe. Moi c’est vrai qu’en ce moment je suis plus sur la com externe, la com interne ça va être plutôt de faire le lien quand il y a une info qui passe, veiller à ce que, même si on est une toute petite équipe, qu’on communique. (se tourne vers Lily qui est a son bureau en train de travailler) je sais pas si elle m’écoute mais… (Lily se tourne) non elle m’écoute pas (rire général). Souvent j’essaie quand même de dire « est ce que t’en a parlé avec machin, est ce que… »

A : Veiller à ce que tout le monde soit au courant de ce qu’il se passe ?

D : Oui parce que même si on est une petite équipe à un moment donné on peut rester sur un truc très fermé et je sais que j’ai tendance à dire « va parler, va dire le truc à machin » « est ce qu’on ferait pas une note pour cette info »… La com souvent ça peut être aussi très proche de la direction, du secrétaire général parce que c’est un peu en combinaison.

M : Effectivement c’est quand même un métier qui dépend vraiment de la structure parce que être chargé de com pour un théâtre ou une banque on peut imaginer que c’est différent.

D : Oui dans tous les domaines c’est totalement différent. Aussi selon les objectifs, par exemple quand j’étais au festival Arabesque là il y a un objectif sur une semaine donc on travaille aussi différemment. On travaille toute l’année pour une semaine de festival. Ici on fait des mini-événements toutes les semaines quasiment donc il y a une temporalité très différente. Oui je pense que quand on est en formation il faut vraiment se poser la question dans quel milieu on souhaite se voir évoluer et aller voir les spécificités des postes dans ce milieu. Je pense que c’est intéressant aussi, ça a été ma chance à la Vignette, ils savaient que me spécificité c’était l’image, la photo, la vidéo, on a donc aussi crée un peu le poste en fonction de ça.

A : De vos compétences ?

D : Oui de mes compétences et après il y a quand même un objectif de répondre à une nécessité de ma structure. C’est qu’il faut vous poser la question, vous adorez l’art de la rue par exemple il faut commencer à voir comment ils fonctionnent, faire un stage là dedans, voir quelle est leur temporalité, les temps forts qu’il y a dans ce milieu. Moi j’ai du avoir une grande curiosité de savoir un peu quels sont les autres théâtres comment fonctionne ce milieu, connaître les noms, c’est quand même mieux de savoir de quoi on parle, de s’imprégner. C’est là peut être le côté universitaire qui est une grande force je pense, car il existe de plus en plus d’écoles, de bts etc de com, je ne dis pas que c’est pas bien, mais le côté universitaire c’est vraiment penser les contextes, penser l’environnement pour pas juste faire de la com… Ici la chance ça a été aussi qu’on a toujours pu penser la com.

A : Oui ce n’est pas juste faire de la com « bête et méchante »…

D : Oui c’est vraiment penser la stratégie de la communication globale de la structure et la mettre en application avec les moyens qu’on a. C’est ça le fil conducteur. Nous on est une théâtre contemporain de recherche au sein d’une fac notre spécificité c’est d’être à la foi à la fac et ouvert à l’extérieur. On se dit on est classés recherche un peu indé alternatif du coup on l’assomme jusqu’au bout, on fait une com qui est un peu, très classique en fait, mais qui apparaît pour certaines personnes alternative. Le truc qui leur semble un peu bizarre nous on l’assume. Ca fait partie de notre stratégie globale. On se dit on est à l’université on travaille avec les universitaires pour les textes…

A : Oui c’est avoir une intelligence.

D : Après selon les structures, Arabesque par exemple c’était un autre milieu, en plus c’était une structure qui était au sein de la Paillade à Montpellier donc l’asso travaillait aussi beaucoup avec le public sur place, son contexte de difficulté sociale, on orientait la com vers des choses plus adaptées, plus fraiches, plus jeunes. Donc vraiment penser son contexte, avoir cette intelligence (silence) sinon on prend pas plaisir ! (silence) Après parfois on a pas le choix : c’est là aussi ou la com c’est un métier très précis qui peut être très technique. L’avantage c’est que c’est un métier qui existe dans tous les domaines, donc à un moment on peut dire « j’en ai ras le bol de telle structure je vais proposer mes compétences à… bah justement une banque parce que je veux plus galérer je veux plus me prendre la tête le soir, je veux un boulot en entre 9 heures et 17 heures ». Parce que c’est vrai que la spécificité dans ce genre de structure culturelle c’est qu’il risque d’y avoir des plages horaires qui vont au delà de 17 heures. Nous c’est sur qu’on tourne mais on a chacun une soirée où on est d’astreinte, il faut qu’on soit là… en même temps c’est même pas qu’il faut c’est juste normal qu’on soit présent quand les artistes arrivent.

A : Et puis d’un côté j’imagine que ça vous plait?

D : Ah ben oui ! (souriant) Au delà de ça cette semaine j’ai déjà vu trois spectacles, alors qu’on a un spectacle la semaine prochaine. Après on demande évidemment pas ça dans une fiche de poste mais je pense qu’on est plus à l’aise, ça fait partie de sa pratique. Il faut s’attendre aussi si vous allez vers le milieu culturel, à cette contrainte là.

A : (amusée) Écumer les vernissages (rire général)

D : Oui et puis être face à des artistes desquels on aimera pas nécessairement le travail. Il faut avoir une capacité à s’adapter. Mais ça après c’est avec le temps qu’on apprend… je me souviens à l’époque je me disais « comment je vais faire après le spectacle si j’ai pas aimé et que je dois leur parler » (rires) voilà on apprend à parler et on passe à autre chose (rire général puis silence)

 

A : Du coup maintenant je pense qu’on peut parler un peu du Centre Culturel. On l’a dit vous avez un poste très important…

D : Il est très important car on est très peu dans l’équipe (rires)

A : Oui la com de toute façon ça touche à tout. (déstabilisée) Oui donc aussi vous vous occupez du musée et de l’orchestre d’après ce que j’ai compris pouvez vous nous en parler ?

D : Oui en fait le centre culturel ça remplace le SCAC mais vous ne l’avez pas connu c’était le Service Commun des Actions Culturelles. Ça a été éliminé et l’université à décidé de créer un centre culturel universitaire, qui est la même chose mais qui s’appelle autrement et ils ont décidé de réunir les activités culturelles, avec un objectif de mutualisation, pour que ce soit plus clair pour les institutions et pour les personnes extérieurs à l’université pour qu’ils aient en fait une seule interface quand ils veulent avoir des interlocuteurs dans le domaine de la culture de l’université… c’est une sorte d’agence en fait. L’idée est de créer une entité claire qui englobe donc le Musée des Moulages, l’orchestre et le théâtre qui sont trois projets différents, portés par des responsables différents. Après dans les faits, le musée fonctionne avec une personne qui gère l’administration du musée et une prof qui est celle qui organise un peu, mène le projet et puis deux vacataires, des étudiants, qui tiennent le musée. Et après nous le centre culturel on s’occupe de faire le suivi, par exemple l’administratrice du centre culturel s’occupe de faire le suivi des contrats liés à l’orchestre et au musée, ou pour les demandes de financement. Au niveau de la com nous on vient en aide logistique au musée par exemple c’est aussi pour ça qu’on a mis en place le site internet qui regroupe tout.

A : Très bien (silence)

D : Donc oui en gros c’est clarifier…

A : Oui tout réunir pour faire une unité et une cohérence dans les activités culturelles. Du coup, comme vous le savez moi je participe au projet Street Art avec Ghassen organisé par le centre, est ce que vous pouvez nous en parler un peu ?

D : Comme on a lancé cette année le nouveau centre culturel avec le nouveau site en septembre, on a commencé à communiquer dessus avec la newsletter. L’idée d’un centre culturel c’est aussi proposer des ateliers, des activités et aider des porteurs de projets au niveau logistique et financier. Pour l’instant on a un très petit budget donc on offre plutôt une aide ponctuelle sur une partie des projets. En fait c’est souvent des porteurs qui existent déjà, universitaires, personnel, étudiant ou prof. Par exemple sur Ciné Campus c’est quelque chose qui existe, organisé par le département de cinéma fait avec les étudiants dans le cadre d’un TD, ils font une programmation, nous on est donc en partenariat avec le cinéma Utopia pour ce projet. Ici je fais le suivi des étudiants au niveau de la com et je vais m’occuper d’imprimer les affiches et les programmes : donc là on les aide au niveau financier en imprimant. C’est notre directeur qui rencontre les porteurs et décide de les aider dans les moyens du possible parce qu’on ne peut malheureusement pas aider tout le monde, donc ça devient une sélection. Après l’idée c’était quand même de proposer au moins 2 ateliers au lancement du centre culturel, donc il y a l’atelier Tango avec un chorégraphe professionnel qui tous les lundi propose un cours ouvert à tout le monde, pour la fac et l’extérieur, le centre culturel paye cette personne et on demande une très petite contribution aux participants. Et l’atelier avec Sunra pareil, au départ c’est un projet qui est venu de l’université, pour le lancement de quelque chose qui n’a finalement pas abouti ils voulaient faire un événement autour du Street art, donc leur événement à eux est tombé à l’eau, mais entre temps on avait déjà commencé à parler d’un artiste : on aimait bien le travail de Sunra. Comme leur projet a été annulé on a décidé de le continuer mais sous une autre forme en organisant un atelier de Street art qui est une pratique qui se développe, notamment à Montpellier il y a plein d’expo, on sent qu’il a vraiment une sorte d’intérêt grandissant pour cet art. En plus moi Ghassen je le connaissais de la fac on avait été un an ensemble ici en art du spectacle à Paul Valéry (souriant)

A : Oui il m’en avait parlé

D : Donc on s’est dit « allé on le fait » Sur un volume de 30 heures d’atelier et avec cette idée de se dire que ça va être visible, donc une première petite pierre qui va montrer le centre culturel. C’est un atelier mais en même temps avec une finalité concrète si tout va bien. Un parcours artistique qui en plus permettra de faire une visite de l’université. On s’est dit que c’était un projet vraiment parfait qui pouvait répondre au type de projet qu’on aimerait développer ici avec le centre d’avantage si on a un peu plus de moyens humain et financier. C’est une sorte d’échantillon de ce que qu’un centre culturel devrait faire. Donc j’espère qu’on pourra…

A : Continuer dans ce sens ?

D : Continuer dans ce sens là parce qu’après on a des idées de faire des cours de son, de dessin… c’est vrai que le volet atelier c’est quelque chose… là le problème c’est qu’on a pas de lieu…

M : C’est quelque chose que vous aimeriez développer ?

D : Oui, vraiment avoir au moins un lieu qui peut servir de salle d’exposition, de conférence, de culture. Pour le moment on fait avec les moyens des entités existantes. C’est encore un peu compliqué mais on essaie d’être positif. (sourires)

A : Il faut ! Du coup nous qui somment en com, on aimerait peut être travailler dans un centre culturel, quel conseil pouvez vous nous donner ?

D : … vous êtes en première année c’est ça ?

A : Oui en première année.

D : Mon conseil c’est de faire des stages, de vous plonger, même si c’est que de l’observation. En fait c’est un milieu qui est hyper intéressant mais qui peut être ingrat dans le sens où y a beaucoup de demande et il faut donner beaucoup de temps et beaucoup de soi mais la reconnaissance est longue (rire). Il faut se dire que c’est un vrai travail de réseau qui se fait que si vraiment c’est un milieu qui vous plait. Moi je sais que par exemple jeudi soir j’étais à un spectacle, mercredi pareil, et je ne le vis pas pour autant mal. Après c’est mon avis mais votre vie se mélange à votre pratique, à votre métier. En tout cas dans ce milieu là. Je le vois avec mes collègues, on sent que le tissage du réseau est important. Faire des stages, détecter le domaine qui vous intéresse, ça peut prendre des années, mais pratiquer le métier à votre niveau. Savoir aussi si vous voulez travailler rester dans la région, c’est compliqué, après c’est une région qui s’agrandit mais…

O : Il faut s’intéresser à tous types de cultures ?

D : Oui et dans l’idée s’orienter ensuite. Dans l’idéal moi j’aurai par exemple adorer travailler dans une galerie de photo, il y a notamment une galerie à Paris qui fait rencontre, bibliothèque, bar…

A : Intéressant effectivement…

D : Oui mais après je ne regrette pas du tout j’adore ce que je fais là. C’est parce que j’ai fait un choix de rester ici à Montpellier. C’est une région qui malheureusement pour l’instant n’est pas très art visuel même si il y a quelques lieux, le Pavillon Populaire…

A : Le FRAC, le CRAC…

D : Oui le FRAC qui est minuscule, le CRAC qui est super mais qui est plutôt sur le dessin…bon ils font aussi un peu la photo c’est vrai c’est pas mal mais bon…

M : En France c’est aussi beaucoup centré à Paris de toute façon.

D : Oui si j’étais montée à Paris j’y travaillerais peut être. C’est aussi être conscient des choix personnels qu’on fait parce que ça a forcément une répercussion.

A : Mais justement est ce que pour vous ce serait pas une envie d’évolution pour votre carrière professionnelle admettons d’ouvrir un centre d’art par exemple ou…

D : Oui après c’est chacun, y a des personnes qui ont parfois l’ambition de devenir directeur ou directrice, moi pour l’instant j’ai pas encore envie d’être directrice de quelque chose. Ça va peut être venir un jour je ne sais pas mais une chose est sûre c’est que quand on est directeur ou directrice c’est du non stop dans ce milieu, tout se mélange, il faut le vouloir… donc pourquoi pas. C’est pour ça aussi que l’associatif peut être intéressant. J’en connais beaucoup qui bossent en associatif qui sont exténués ça leur prend toute leur vie.

M : Il y a des évolutions de carrière aussi : on peut faire une chose un temps puis une autre…

D : C’est un milieu qui est peut être un peu bouché ici mais quand on arrive à se faire de l’expérience, malgré tout à avancer, il y a quand même un certain nombre d’offre au niveau national. Après il y a aussi, c’est un truc que j’aurai fait, mais bon j’ai passé l’âge. Mais avant les 30 ans y a les trucs de partir à l’étranger…

A : Les programmes Erasmus ?

D : Oui et les « trucs » civils…

A : Le service civique !

D : Oui c’est ça ! Ça par exemple si j’étais là en formation à l’heure actuelle c’est le genre de chose que je tenterais. Parce que je sais qu’il y a une fille au centre chorégraphie de Montpellier pendant un an elle a fait ça mais maintenant elle a été embauchée grâce au service civique.

M : Avec le service civique on peut faire quelque chose dans le culturel ?

D : Oui et je vois de plus en plus de demandes, comme il y a des problèmes de – il faut le dire clairement – de moyens et d’argents ça permet d’engager, c’est comme des contrats aidés, on forme une personne pendant une année entière ça fait de l’expérience.

A : C’est vrai mais c‘est quand même très peu payé, à côté de ça on a pas le statut étudiant non plus donc pas d’aides du coup c’est un peu compliqué.

D : Oui c’est compliqué, mais bon les stages ça je pense qu’il y a assez d’endroits qui acceptent encore des stagiaires. Après c’est créer son propre réseau, si vous aimez le milieu culturel il faut le pratiquer, être dedans.

M : En L1 c’est difficile d’avoir des stages autre chose qu’en observateur mais bon c’est déjà bien de commencer par là.

D : Ou sinon créer, par exemple l’association Carbone 14 ils sont en études de conservation du XXème siècle en histoire de l’art, il y a cette association qui est crée et chaque année reprise par les nouveaux master. Et là ils ont organisé de façon hyper chiadée je trouve deux expositions sur deux thématiques dans deux galeries professionnelles du centre vile de Montpellier. Ils ont un page Facebook, le vernissage j’ai vu les photos il y avait du monde, (riant) parce que parfois t’organise un truc y a pas grand monde, là on sent qu’ils se sont insérés dans le milieu quoi. Ils ont quand même réussi à créer ça. C’est par des actions comme ça, d’en parler, de les prendre en compte aussi dans votre CV, de se dire voilà ce sont des choses… être actif quoi. Moi je trouve que c’est un milieu où il faut que ce soit une passion. Si on traine des pieds pour aller voir une expo ou un spectacle c’est pas épanouissant.

A : Tout à fait. Pour conclure, la culture dans la région, du coup, vous êtes plutôt optimiste ou pessimiste ?

D : (rire) Moi je suis une optimiste pessimiste (rire). Je pense que c’est très compliqué, ça aussi c’est un outil de com de connaître un peu le contexte politique de sa structure et de sa région, la stratégie de com c’est aussi lié à la politique. Moi ce que j’en pense c’est que c’est très compliqué et ça va être très compliqué. C’est pour ça que la création de lieux alternatifs ou de lieux… (hésitante)… oui en fait de recréer des choses va être un enjeu important. Parce que les institutionnels vont donner de moins en moins et aux plus gros, mais en même temps ça peut être très excitant car ça remet les cartes en jeu en fait. C’est retrouver des nouvelles façons de faire de l’art, de le faire vivre autrement. Profiter de ce grand changement qui est lié à une crise, mais une crise surtout de la pensée culturelle, alors que c’est tellement important pour l’épanouissement et la joie au quotidien des gens. Je pense que les hommes politiques ils valorisent pas assez ça… et le désintérêt total de la politique, la les prochaines élections je veux même pas savoir ce que ça va devenir. Je pense qu’il y a plein de lieux qui vont sauter. A Montpellier il y a déjà deux théâtres publics qui ont fermé. A Villeneuve les Maguelones, c’était une scène conventionnée jeune public ils ont décidé de fermer du jour ou lendemain le théâtre, maintenant c’est devenu un théâtre pluridisciplinaire où il y a de tout et de rien. Après il y en avait un autre ici un petit théâtre de quartier à Boutonnet qui a été maintenant récupéré par le conservatoire, alors qu’ils auraient pu recréer un nouveau lieu ou faire quelque chose d’alternatif ça n’a pas été le cas, ça n’a pas été fait. Mais bon après dans les arts visuels il y a plein de petites galeries qui se créent dans des lieux minuscules.

A : Oui et ça marche bien !

D : Oui ça marche bien et c’est pour ça je pense qu’il faut recréer et repenser. Oui j’ai un peu une vision négative du côté institutionnel, je leur fait pas trop confiance mais après le projet par exemple de La Vignette si on s’était tenu que aux sous qu’on nous donnait on en serait pas du tout où on en est.

A : C’est de la « débrouillardise » un peu ?

D : Oui c’est ça et beaucoup d’investissement des personnes qui ont travaillé dans ce théâtre malgré les mauvaises conditions, il faut le dire, qu’on a eu chacun… mais a un moment la sauce elle prend (enthousiaste) et c’est là qu’on se dit qu’il faut continuer, c’est là ou il faut être militant ! (rire général)

A : Merci beaucoup je crois qu’on a fait le tour…

D : N’hésitez pas à revenir vers moi quand vous le voulez.

A : Merci c’était très intéressant, cet entretien on va le retranscrire et le mettre en forme puis je vous l’envoi pour valider ce sera publié sur le blog de notre cours et puis on en fera une présentation comme je vous l’avais expliqué.

D : Oui pas de problème et merci d’avoir relancé c’est vrai que j’étais occupée et j’avais oublié et puis je vous tiendrai au courant pour le lancement du blog on va faire des appels, on vous le fera savoir…

 


Nous avons arrêté ici l’enregistrement et continué la discussion en sortant du bureau. Nous avons notamment parlé du Pass Culture du CROUS qui donne accès à des réductions pour les activités culturelles dans l’agglo et du théâtre et sa programmation.

Allison Guiraud, Maïna Boutmin, Olivia Trallero.

Interview de Clément Bolano, Photo-reporter.

mardi 17 novembre 2015

Nous avons eu le 15 novembre 2015 un entretien avec Clément Bolano jeune photo reporter travaillant comme pigiste pour l’agence COM’Presse. Il nous a reçus dans une ambiance détendue chez lui, l’interview s’est faite en plein air dans son jardin et a duré une trentaine de minutes.
Aucun moment ne nous a paru gênant ou agaçant ni pour l’interviewé ni pour nous. Clément nous a directement tutoyés, et ce, malgré nous vouvoiement lors des premières questions, ce qui nous a mis en confiance pour le reste de l’interview.

 

->Quels ont étés vos études et les diplômes que vous avez obtenus ?

J’ai passé un Bac ES en 2012, j’ai continué sur une année de fac en musicologie que j’ai lâchée au bout de deux mois. Pendant cette année, j’ai cherché ce qui pouvait m’intéresser, et le premier truc que j’ai trouvé, c’était le journalisme, j’ai voulus faire un DUT info-com et j’y aie donc postulé ainsi qu’a un BTS Com et je l’ai eu début 2015.

->Dans quelle ville avez-vous fait vos études ?

Le BAC, je l’ai passé à Sète et le BTS a Nîmes au lycée CCI.

->Et vous recommandez le BTS ?

Oui, je pense vraiment que c’est un bon choix au sortir du bac, ça dépend des gens, mais pour ceux qui ont du mal a vraiment travailler en autonomie comme ce qui est demandé a la fac, c’est bien un BTS, car il y a toujours un esprit lycée avec des profs derrière toi qui te motivent et qui t’aides a travailler. Donc si t’es motivé c’est pas trop dur et en plus de ça, tu fais souvent des stages donc je pense que c’est mieux de sortir de deux ans de BTS où tu as eux plusieurs expériences professionnelles et un diplôme donc si tu arrêtes là, tu peux déjà essayer de travailler. Alors qu’au bout de deux ans de FAC sans vouloir critiquer, tu n’as généralement pas l’expérience de ce que tu as appris. Donc je recommande.

->Donc tu trouves que le BTS t’a bien adapté a la vie professionnelle ?

Oui, le fait qu’il y ai beaucoup de stages dans mon cas ça m’a mené dans pleins de situations professionnelles, car du coup, j’ai bossé dans plusieurs entreprises et ça te permet réellement d’appliquer ce que tu apprend pendant l’année.

->Et donc au niveau de la communication qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Là où j’ai le plus appris, c’est en commercial, et sur le web, les réseaux sociaux. Dans les matières théoriques de la communication, j’étais moins à l’aise.

->Et maintenant, quel métiers pratique tu aujourd’hui ?

Donc après le BTS une connaissance que j’ai eue pendant un stage m’a proposer de faire du photojournalisme pour des magasines qui sont tenus par une certaine boite. J’ai donc eu une promesse d’embauche pour la boite. J’ai donc commencé à faire des reportages, le problème du métier de pigiste, c’est que si tu n’as pas de contrat, tu es payé a la commission, tu fais ton reportage, ton reportage, il est pris t’es payé, s’il n’est pas pris t’a un peu fait ça pour rien. J’ai donc commencé à faire ça en même temps qu’un boulot saisonnier. Le problème, c’est que j’ai commencé à faire ça a fond depuis début septembre, j’ai dus faire entre 25 et 30, mais pour le moment, il y en a qu’un qui m’a étais payé et 11 autre sélectionnés en attente de publication et qui seront ensuite payé. Ce qui veut dire que le milieu est très précarisant de plus que la promesse d’embauche n’a pas étais tenus, car la boite est en train de perdre son plus gros client. C’est une boite qui sous-traite les magasine de presse, la rédaction d’un magasine peut délégué a une agence de presse avec d’autres journaliste la création d’un magasine, ce qui fait que je fait partis de leurs équipe mais en tant que pigiste, je suis pas reconnus comme salarié et aujourd’hui vus qu’ils perdent leurs plus gros magasines, ils ont plus beaucoup de reportages a me donné. Donc mon travail actuel, c’est pigiste, mais c’est pas vraiment rémunérateur tant que tu travaille pas pour plusieurs agences de presse en même temps.

->Peux-tu nous décrire ta journée type lors d’un reportage ?

Ça dépendra toujours de ton reportage, si tu fais un seul reportage ça peut durer un jour ou une semaine, d’abord, tu dois contacter les personnes sur qui tu voudrais faire le reportage. Tu te présentes, tu donnes ton organisme de presse et le type de reportage que tu comptes faire ça peut être un reportage photo, vidéo, écris… T’expliques bien la démarche dans laquelle tu te lance puis tu te rends sur le lieu du reportage s’ils acceptent. Par exemple pour moi, ça à pu être la récolte du riz en Camargue. Je suis allé voir un producteur de riz dans les rizières, là-bas, tu prends des photos, tu te documentes, tu prends des notes. Ensuite quand je rentre des reportages, je décharge les photos sur mon PC, je trie et je traite les images s’il y a besoin puis je les envoie à l’organisme de presse qui valide mon reportage.

->Et il y a-t-il des galères ou problèmes type ?

Alors là oui quand tu arrives en stage la plupart du temps t’es perdus, car tout ce qu’on t’a appris, c’est des informations théoriques, on t’a appris à écrire à faire des communiqués, mais tu ne sais pas quand en faire en fait, tu ne sais pas comment aller au contact, vu que tu as jamais fait ça t’es un peu perdus au début. Après au niveau du savoir être, c’est sensé t’apprendre à chercher du travail, mais le problème, c’est qu’on t’apprend a te comporter comme quelqu’un qui vas travailler, mais au final en sortant d’un BTS, c’est compliquer de trouver un boulot, t’a BAC+2 ton niveau d’étude, il est insuffisant tes connaissances et expériences ne sont pas vraiment importante et ton réseau n’est pas non plus très étendus.

->Tu nous dis que l’organisme de presse doit valider ton reportage du coup il n’y a-t-il pas un dilemme entre les attentes en terme de communication de la boite et tes envies artistique personnelles ?

Alors si justement il y a des magasines qui recherche une esthétique précise sur les photos, je pense à un magasine pour lequel je travaille, qui est le leader dans leur secteur, c’est a dire la déco et le jardin et le problème, c’est qu’on te demande des photos trop conventionnelles du coup, il m’est arrivé d’envoyer des images et qu’ils me disent « oui, mais ce n’est pas assez haut de gamme », et le problème, c’est que toi quand tu fais des photos, tu y vas avec ton œil, ton expérience et les images que tu vas donner, c’est forcément des choses que tu auras vus et tu ne peux pas forcément trop maquiller les choses non plus. Donc ça peut arriver que dés fois, je rage contre la boite, car il me refuse des reportages pour des raisons que je trouve pas légitimes.

->Et tu as eu des activités antérieures à ce travail de pigiste ?

Alors oui déjà en première année de BTS il y a eu 7 semaines de stage, ça a été le stage le plus formateur que j’ai eu. J’étais à COM’Presse, donc la boite où je travaille actuellement. Mais là, j’étais dans le service communication et on s’est occupés de plusieurs projets de com, ça s’est plutôt bien passé, on gérais 2 pages Facebook dont une avec plus de 10 000 fans, je gérais 2 comptes Twitter et c’est intéressant, car ça c’est le métier de community manager, t’est tout le temps en train de chercher des infos de les repiquer, traiter l’information et la reformuler. C’est assez intéressant, on a organisé un événement également. Donc ça c’était une expérience bien sympa, on a fait beaucoup de web et de nos jours la com c’est que du web donc c’était vraiment formateur. Juste après ça l’été 2014, j’ai travaillé 2 mois au service com de la mairie de Sète, j’étais photographe et parmi les missions que j’avais, c’était les photos de concerts, les reportages de la ville donc c’était vraiment sympa et ce qui était formateur, c’était de bien choisir ce que j’allais publier sur le site et les réseaux sociaux de la ville comme photos, car quand tu es dans une ville où il y a plus 60 000 habitant et l’été 120 000 personnes en tout, c’est super important de bien choisir ce que tu vas publier, car il y a forcément pleins de gens qui vont tomber dessus et si tu veut maintenir une certaine image, tu peut pas mettre de tout en termes de photos. Ensuite, il y a eu commercial chez midi-libre, je vendais de l’espace publicitaire et c’était ultra formateur mais ça apprend plus sur le savoir être en entreprise que sur la presse et la communication en elle-même mais ça sert beaucoup. Ensuite, un stage a la direction régionale de l’environnement, l’aménagement et du logement en Languedoc-Roussillon. C’est en gros l’administration qui s’occupe d’appliquer les lois en rapport avec le ministère de l’Écologie. J’étais chargé de com interne et là, j’ai plus vus les problèmes de management, comment régler des problèmes de management par la com interne, c’était intéressant aussi.

->Pour l’avenir, tu penses a quoi ? Tu veux continuer dans le photojournalisme ?

J’ai envie de me tourner vers les métiers de la presse web en particulier des magazines comme Konbini ou Vice, c’est des nouveau médias qui émergent et c’est intéressant, car on a l’habitude d’une information qui est relativement la même sur tous les supports médias donc c’est bien de voir des trucs comme Konbini débarquer et c’est des journaliste jeunes qui sont souvent indépendant et ils vont s’intéresser à un sujet qui eux leur plaisent et du coup souvent quand tu vois des articles qui débarquent, tu te dis a, mais jamais je trouverais ça sur Le Monde et pour le coup, c’est des sujets que tu aurais jamais pensé a regarder çà et là, tu t’intéresses au sujet, et ça, je trouve ça cool comme journalisme ça apporte un peu de fraîcheur, c’est sympa pour la culture générale et vus que ça peut s’allier avec la photo aussi vus qu’il y a pleins de photo-documentaires indépendants, je pense me tourner vers ça.

->Et tu penses que le BTS Com était un bon chemin pour te rapprocher de ces métiers ?

Non mais c’est ce que j’ai trouvé après mon année de fac, mais je me rends compte que ce que je préfère, c’est vraiment le journalisme et pas la communication non plus en elle-même. Mais ça m’a apporté pleins de choses. Ça m’a apporté un réseau des connaissances et au final, tu peux te reconvertir une fois que t’es partis dans un truc, le plus important, c’est de toujours faire ce que tu fais en sachant que ça va t’apporter quelque chose.

->Au final, c’est peut-être cette erreur de trajet qui fait que maintenant, tu sais où tu vas.

C’est exactement ça, c’est, car je me suis rendu compte que je préférais le journalisme que j’ai envie d’en faire. Alors que si j’avais fait une école de journalisme direct, il y aurait peut-être des trucs que j’aurais vus en premier qui m’aurais moins plus que la réalité, on n’y pense pas, mais souvent en cours, on n’apprend pas les choses tels qu’elles sont clairement, et quand tu arrive sur le terrain en vrai et t’es pas a l’aise. En cours la com ça m’avais l’air plus simple en vrai, c’est autre chose, Il y a des trucs qui m’ont plus aussi, communnity manager, c’est cool, c’est un métier ouvert et complexe au final.

->Un conseil pour l’avenir des étudiants en communication ?

Si j’ai un conseil, c’est de faire des stages, car si tu ne fais pas de stage et que tu ne te fais pas un bon réseau t’es foutus quoi, je veux pas être pessimiste mais dans la com sans un bon réseau c’est presque impossible de trouver un travail, il y a des étudiants qui sorte de grandes écoles de com comme la CELSA donc la concurrence est dure et même avec une licence sans réseau tu iras pas loin. Du coup essayé de vous faire un bon réseau et surtout ne pas lâcher les études trop tôt. Essayer d’avoir au moins une licence après un BTS, et même plus si possible avant d’entrer dans le monde du travail. Et cela vaut pour tous les étudiants même en licence.

 

Interview réalisée par Adam Guiraud, Alice Musa et Clémentine Ostan.

Interview Hinde Hoummani, RAMILIJAONA Claris, THIERY Florian, RAKOTOMAMONJY John

mardi 17 novembre 2015

 

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Interview d’Hinde Hoummani, community manager à l’Université Paul Valery.

 

Tout d’abord bonjour,

Bonjour

Merci de nous accorder un peu de temps pour cette interview sur le métier de community manager. Nous allons nous présenter brièvement, nous sommes trois étudiants de l’université de Paul Valery en ITIC information communication. Dans le but de nous orienter dans notre avenir professionnel et dans un cadre pédagogique, nous avons pour objectif de vous poser quelques questions sur votre métier de community manager. Tout d’abord avant de commencer nous aimerions savoir si vous accepteriez que l’on enregistre cette conversation.

(Rire) Je ne sais pas, j’ai changé d’avis je crois… Oui j’accepte d’être enregistrée.

Alors, commençons l’interview. Pouvez-vous nous parler de votre métier en général ?

En général ?

Oui en général.

Alors, le métier de community manager, en tout cas ici à l’université de Paul Valéry, consiste pour moi, à animer la page Facebook de l’université Montpellier III, de gérer les comptes Twitter et Instagram, et la page « éducation » qu’il y a sur LinkedIn. Voilà.

D’accord très bien. De quelle manière êtes-vous parvenue à devenir community manager ?

En fait c’était dans mon job d’avant. Je travaillais à l’école d’ingénieur de Sup Agro où j’étais chargée de la communication internationale et cela devenait évident qu’il fallait que l’école se place sur les réseaux sociaux puisque qu’ils devenaient le nouveau média utilisé par les jeunes. J’ai donc eu le droit de suivre quelques formations et on a décidé de faire une stratégie de communication digitale et de se placer sur certains réseaux sociaux et pros, c’est comme ça que je suis tombée dedans.

D’accord, et donc pourquoi avoir choisi cette orientation professionnelle ?

Parce que dans le cadre de l’enseignement supérieur et donc dans la vie universitaire (ou école d’ingénieur), j’aimais beaucoup le dialogue qu’il pouvait y avoir entre une institution et ses étudiants. J’aime beaucoup le fait de pouvoir échanger d’une nouvelle manière, d’être un peu moins institutionnelle et un peu plus proche de la communauté, et voilà dans ce cadre-là, ça me plaisait bien de changer de direction dans ma carrière.

Très bien, est ce qu’il existe un parcours type pour devenir community manager ?

Malheureusement. (Rire) Bon, c’est enregistré, je suis trop vielle, (rire) mais à l’époque il n’y avait pas les réseaux sociaux quand j’étais étudiante à l’université de Montpellier. En gros, j’ai fait un master pro chef de projets multimédias, et à partir de là j’ai eu pas mal d’expériences différentes, mais plus dans la programmation et l’écriture web. J’ai travaillé dans beaucoup de boites en tant que Webmaster à la base, ensuite Web Editeur, mais plus dans le contenu. J’ai fait aussi de l’infographie, ensuite j’ai basculé dans le marketing, plus précisément du E-marketing : du marketing que sur le Web. Puis j’ai fait de la communication internationale parce que je suis bilingue en anglais, donc quand je suis revenue en France, j’ai pu intégrer le poste de chargée de communication internationale, je m’occupais de tout ce qui était support de communication en anglais et stratégie à l’internationale.

Puis il y a eu les réseaux sociaux qui ont pris leurs places et j’ai décidé d’intégrer ça, avec ma responsable de l’époque qui était plutôt ok. Enfin, je suis arrivée à l’université en tant que community manager. Je m’occupe aussi d’un autre projet sur les anciens diplômés.

En fait la communication, c’est un peu une passion depuis quelques années, aux vues de ce que vous nous dites, vous avez été Webmaster etc…

Oui, travailler sur les ordinateurs à l’époque, c’était assez chouette, de découvrir les différents logiciels : Dreamweaver, Photoshop, Quark… C’est plus pour de la mise en page de publication. Mais oui, c’est quelque chose qui me plaît, il y avait un certain challenge dans la programmation de site web à l’époque mais je ne fais plus ça du tout maintenant, je suis complètement larguée !

Donc vous avez fait une formation en HTLM ?

Oui c’était indispensable pour être chef de projet multimédias, il fallait à la base aussi connaître les différents outils pour pouvoir gérer une équipe : un infographiste, un développeur et avant de se positionner en chef de projet il faut quand même mettre la main à la pâte : c’est le meilleur moyen d’apprendre le métier et d’avoir une certaine marge de manœuvre car quand on a une équipe si l’on ne sait pas de quoi on parle, on perd un peu en crédibilité.

Quels sont selon vous les avantages et les inconvénients de ce métier ?

Alors, les avantages, c’est d’être plus proche de la communauté, j’ai la chance de rencontrer certains groupes d’étudiants qui se sentent appartenir à l’université et qui veulent apporter une valeur ajoutée à la vie étudiante de Paul Va. Du coup, il y a quelque chose humainement, même si c’est à travers un ordinateur il y a quelque chose d’humain.

C’est vraiment le côté humain et relationnel qui vous attire ?

Oui c’est ça. Après les mauvais côtés ce sont les Trolls (rire), ceux qui seront toujours là pour se plaindre, pour aller à contre sens et poster des choses qui peuvent être blessantes pour l’université.

Oui, ce n’est pas forcément correct…

Après c’est un point de vue, ils ont le droit d’avoir leur propre point de vue mais c’est le rôle du community manager justement de retourner la situation, de répondre à des problématiques, ou de trouver une solution à un commentaire qu’on estime négatif. Ce n’est pas toujours évident.

Oui c’est ce qu’on voit parfois sur internet, avec les community de SNCF, de Mc Donald et de France Télécom par exemple, qui reçoivent pas mal de Trolls…

Oui mais je ne suis pas encore arrivée à ce point-là, on ne m’a pas encore envoyé une insulte (rire) mais si ça arrive je pense que je vais tomber de ma chaise (rire).

C’est ça, le plus dur c’est de prendre du recul et de savoir rester professionnel.

Des fois oui, c’est dur de rester professionnel. On y est obligé en tout cas, dans l’institution publique. Je ne peux pas juste répondre du tac au tac, m’énerver sur le coup parce que je sais que je ne vais pas dire des choses objectives sur le moment, et après on perd le côté professionnel donc il faut toujours attendre, une demie heure, une heure, voire le lendemain pour trouver la bonne façonde répondre à la personne.

Donc vous n’avez pas les mêmes marges de manœuvre qu’une personne travaillant dans le secteur privé par exemple ?

Non, enfin si on est un peu plus libre quand même. Ma responsable me laisse la main, après pour ce qui est des boîtes privées… Je n’ai jamais vraiment travaillé dans le privé pour le community management, je ne sais pas trop si on les contrôle ou pas mais, c’est quand même plus structuré qu’à l’université je pense. C’est vraiment de grosses équipes de communication, ils ne sont pas tout seuls. SFR et d’autres ont même des comptes SAV donc je pense qu’ils sont au moins une quinzaine rien que pour Twitter dans l’équipe. Ils sont très nombreux, donc c’est différent, là je suis toute seule.

D’après vous, quel rôle jouez-vous au sein de l’université ?

Alors, mon rôle dans l’université est d’informer la communauté, de l’informer de tout ce qui se passe, de certains événements. Sur leurs mails, les étudiants ont plus le temps de regarder les événements et c’est vrai qu’ils ont plus tendance à être sur les réseaux sociaux donc on peut plus facilement les interpeller, les informer sur les conditions d’inscription, sur les partiels qui arrivent, sur les trucs qui font partie du quotidien de l’étudiant. Cela permet en même temps donner une image positive de l’université via des actions : mettre en avant les étudiants qui font des projets extraordinaires, c’est magnifique ! Mettre en avant les étudiants et tout ce qu’ils peuvent produire, que ce soit des magazines en ligne, des films, des créations artistiques, des jeux vidéo en 3D… Il se passe beaucoup de choses dans l’université. Vraiment c’est assez chouette qu’après un passage à Paul Valery il y ait des personnes qui soient passionnées et qui s’investissent ou se réunissent. On met tout ça en avant parce que c’est la valeur ajoutée de l’université je trouve.

C’est même motivant pour vous cette envie créée autour de tout cela, non ?

Oui, très !

Vous semblez avancer comme en symbiose avec les étudiants dans vos différents projets.

Oui, enfin en symbiose, quand je trouve des choses, parce qu’il y a beaucoup de veille qui est faite sur le web. Des fois il y a des étudiants qui sont faits interviewer par un journal local, on reçoit une notification, on regarde ce que c’est, s’ils sont de chez nous… Il y a beaucoup de travail de veille. Après, soit il y a des étudiants qui viennent d’eux même, qui écrivent sur la page Facebook par exemple, « On fait ça, est ce que vous pouvez le mettre en avant ?» soit c’est un enseignant qui vient nous voir, soit un service ou une composante… Des informations il y en a un peu partout. On va en chercher quand il n’y en a pas mais c’est rare, il y en a toujours.

Considérez-vous ce rôle comme primordial ?

Aujourd’hui, Oui. (Rire) Enfin, après ce n’est peut-être pas l’avis de tout le monde. Avec notre communauté étudiante et même enseignante ça commence à décoller, sur Twitter on commence à avoir un peu plus de monde qui nous suivent… Oui c’est important pour moi. Je pense que le fait qu’on soit sur les réseaux sociaux, une façon nouvelle de communiquer avec les personnes autour d’une entreprise ou d’une institution, c’est aussi une façon supplémentaire d’informer car c’est rare aujourd’hui que les tracts version papier soient suffisants pour informer sur quelque chose. Après il y a des personnes qui ne pensent pas la même chose.

Donc vous n’irez pas jusqu’à dire que c’est essentiel ?

Il y a des grandes boîtes qui y arrivent sans réseaux sociaux, Primark par exemple, je ne sais pas si vous connaissez…

Le magasin, si bien sûr.

Il n’a aucun compte Facebook, aucun compte Twitter et que dès qu’il y a une ouverture ils sont surs d’avoir des milliers de personnes qui vont venir.

Donc ils jouent un petit peu sur l’image de marque.

C’est surtout parce qu’ils cassent les prix tout simplement, c’est s’habiller à la mode pour trois fois rien.

C’est vrai !

Donc eux, ils n’ont pas besoins d’être sur les réseaux sociaux, ils font plus de bénéfices avec très peu de communication que H&M ou Zara qui eux sont partout par exemple.

Par quel moyen rendez-vous cette communication attrayante et pertinente aux yeux des étudiants ?

J’essaie d’être humoristique mais des fois c’est des fails (rire) ça marche pas tout le temps. (Rire) J’essaie d’adopter le langage des jeunes, par exemple sur Facebook nous avons Insyte grâce à quoi, on peut voir quelle est notre communauté. C’est comme une espèce de graphique avec différentes informations : d’où viennent les fans, l’âge qu’ils ont… La communauté est assez jeune, entre 17 et 26 ans donc il faut adopter un langage qui leur parle, bien que des fois il faut trouver l’équilibre parce que si on est trop humoristique certains vont dire « c’est une université ça devrait être plus institutionnel » mais si c’est trop institutionnel ça n’intéresse pas, et la publication peut ne pas ou être lue par les personnes. Tous les jours c’est un challenge. Hier je n’ai pas réussi à trouver de lien avec « retour vers le futur », je n’ai rien posté dessus mais pourtant j’ai passé une heure avec un collègue à essayer de trouver un truc qui serait en lien avec l’université. (Rire) L’idée ce n’est pas de faire de la communication pour faire de la communication, il faut qu’il y est un lien avec l’université donc s’il n’y en a pas, tant pis.

C’est vrai qu’il y avait pas mal de choses sur internet.

Oui, mais c’étaient souvent les magazines qui postaient, il y a eu l’université de Montréal qui a réussi à faire un lien puisqu’ils ont des étudiants qui ont créé un jeu vidéo auquel on joue avec tout le corps et tout ça est en lien avec un passage du film, du coup forcément ils ont joué là-dessus.

Du coup c’était plus simple pour créer un lien.

Oui, je voulais me prendre en photo et faire un montage avec un overboard (rire) mais non.

Abordons maintenant vos journées quotidiennes, pouvez-vous nous décrire une journée type en tant que community manager ?

Une journée type, même en dehors des heures de boulot ? (rire)

C’est vous qui voyez (rire).

Alors je me lève le matin, je prends mon café (rire) je me connecte sur Facebook puis après sur Twitter, ensuite j’arrive au travail et je refais la même chose pour répondre aux plus de messages possibles parce que Facebook a eu l’idée de mettre une nouvelle fonctionnalité : elle indique le temps que l’on met pour répondre aux messages privés. C’est à dire, si on répond à tous les messages et en combien de temps. Le but, ce serait d’avoir un bouton qui se crée quand on répond à 90/100% des messages en moins de 5 minutes sur 7 jours d’affilé.

Sur tous les messages ?

C’est un peu impossible parce qu’il y a le weekend end (rire) Revenons sur les grandes entreprises privées qui ont des personnes 24h/24h qui répondent aux messages et forcément nous sommes limités par nos heures de boulot même si je consulte pendant le week-end. Je m’occupe aussi de regarder un peu ce qu’il se fait : je fais de la veille une partie de mon temps. Je contrôle ce qu’il se passe sur la twittosphère, au niveau de l’enseignement supérieur, de la recherche, de la vie étudiante… Du coup, faire toutes cette collecte d’informations et savoir ce que je vais dispatcher : les événements qui vont se dérouler dans le futur qu’il va falloir que je programme pour d’autres jours de la semaine dans les réseaux sociaux. Je dois aussi me demander sur quel réseaux sociaux et pro les poster, parce que sur LinkedIn par exemple, on peut poster seulement une ou deux publications sur la page d’éducation…

Il faut vraiment analyser.

Oui c’est ça, il y a beaucoup moins d’informations donc il faut que ça soit une information pertinente qui touche aussi le côté professionnel et étudiant sur cette plateforme-là donc ce n’est pas pareil que Facebook ou Twitter où l’on peut twitter à la minute. Il y a eu un événement la semaine dernière qui a été lancé par Twitter en France qui s’appelait «#educationday » où l’on devait mettre en avant la vie du campus, la recherche sur les formations… Donc j’ai passé une journée entière juste sur Twitter ou à chercher le Tweet qui mettra en avant l’université et après le rentrer en 140 caractères, en essayant d’ajouter un lien, une photo, en taguant les personnes qui sont les plus susceptibles de repartager l’information… Enfin c’est tout ça le travail de community manager, ce n’est pas juste « Ah ouais, j’ai envie de mettre ça, c’est cool »

Donc il ne faut pas chercher à faire le buzz non plus mais il faut quand même atteindre un maximum de personne.

Voilà. Il faut essayer d’atteindre les personnes sans forcément faire le buzz, oui. Après on réfléchit à quel post on va écrire parce qu’on sait que si on poste telle ou telle chose, on va forcément avoir des retours, des commentaires qui peuvent être négatifs, donc il y a un gros travail d’animation à faire. Hier j’ai posté une vidéo où je demandais en trois mots de décrire le campus et j’ai eu droit à

« Smoke weed everyday »

Pourtant on a quand même un grand campus…

Oui mais je savais qu’il y allait avoir des commentaires un peu… Et à ce moment-là quand on poste ça, on est obligé de faire la police mais j’ai caché juste avant. On a cet avantage, pouvoir cacher des commentaires, c’est à dire que la personne qui a commenté et ses amis peuvent le voir mais tout le reste de la communauté non. C’est un avantage puis je ne vais pas effacer, c’est drôle. Enfin drôle, disons que c’est une réalité, mais ce n’est pas l’image que l’on veut faire passer de l’établissement.

C’est le côté marketing du métier où l’on doit montrer que le côté positif.

Et l’on ne peut pas vraiment supprimer les commentaires des autres sinon on bloque un peu l’expression des jeunes…

Oui, parce qu’il y a une liberté d’expression c’est sûr, mais on arrive à une époque où l’on juge une fonction, on regarde si on accepte ou pas les commentaires. Quand on pense qu’il y a une vraie opinion même si on n’est pas d’accord avec on la laisse. Evidemment ce n’était pas méchant mais pour l’image de l’établissement on ne peut pas se permettre de laisser ce genre de commentaires et de toute façon je n’ai pas trouvé quoi lui répondre. (Rires)

Concernant vos opérations commerciales (au niveau des publications et méthodes), est-ce qu’elles sont plutôt diversifiées ou similaires les unes des autres ?

Financièrement on est assez limité, on ne fait pas de gros coups de pub sur les réseaux sociaux, on n’a clairement pas les moyens. Le seul exemple que j’aurais peut-être c’était lors de la fête internationale. On a pensé plutôt que de faire une publication normale créer un évènement pour savoir à peu près combien il y aurait d’étudiants, pour pouvoir poster des informations au fur et à mesure que l’évènement se préparer. C’était assez intéressant, on a pu poster des images en temps réel (installation des chapiteaux etc..) dans l’évènement sans polluer la page Facebook. Ceux qui suivaient pouvaient donc voir l’évolution autour de cette fête. Après on est une université publique, on n’est pas là pour vendre, on n’a pas un but de vendre un produit ou des formations chez nous, ne travaille pas comme dans le privé c’est ouvert à tous, normalement. (Rires) Donc ce qui nous importe c’est surtout l’image, on est là pour redorer l’image, fédérer la communauté, ce sont les objectifs premiers de notre présence sur les réseaux sociaux.

Donc si j’ai bien compris, la diversification dépend des évènements qui se passent dans l’université ?

Oui c’est ça, si y’a des événements importants auxquels on a vraiment besoin de faire venir du monde.

Sinon au final, les tâches se ressemblent un peu chaque jour ?

Plus ou moins, mais il y a une sélection, si vous allez voir sur la page Facebook, vous verrez 2 ou 3 publications dans une journée mais pas plus, des fois, aucune. Il se passe des choses tous les jours dans l’université mais on ne peut pas tout mettre, rien qu’au théâtre La vignette, il se passe plein de choses, à la maison des étudiants… Et on ne peut pas passer tout notre temps à partager ces évènements sinon on polluerait la page. C’est une stratégie, on ne peut pas se permettre de polluer les comptes de nos « fans » sinon ils nous vireraient de leur notification, et ne nous suivraient plus.

D’accord et parmi ces « opérations » laquelle vous a le plus marquée ?

Celle qui m’a le plus marquée… Je sais plus… (Rires). Par exemple, je crois que c’était des étudiants en infocom, c’était très rigolo. Ils ont fait une vidéo de l’université en mode Mario Bross mais tout pixélisé, à l’époque. L’histoire du jeu tourne autour d’une petite étudiante qui rentre dans le campus et qui passe différente étapes : traverser la pelouse de la fac, trouver le secrétariat, savoiroù se passent les examens etc… J’ai décidé de mettre la vidéo sur les réseaux sociaux. Ça a bien marché sur Twitter, on a eu un retour très positif. Ca a moins bien marché sur Facebook, il y a eu une espèce de bagarre, de « fight » de commentaires entre les étudiants. Parce que il y a eu un passage où elle traverse la pelouse et elle se retrouve face à un personnage hippie et au moment où elle choisit quel pouvoir elle va utiliser pour se débarrasser du hippie elle choisit du savon. (Rires) C’était de l’humour mais jusqu’où va l’humour ? Donc certains l’ont mal pris: Ils ne comprenaient pas que l’université décide de poster ce genre de choses, surtout d’anciens étudiants en fait. J’ai dû retirer le post, et j’e n’ai pas lu tous les commentaires car je ne voulais pas non plus gâcher mon week-end (rires). On ne peut pas satisfaire tout le monde malheureusement. Ça c’était un gros coup mais j’en garde un bon souvenir quand même. C’était un travail formidable, juste en termes de réalisation : faire un scénario, créer les jeux vidéo etc…

Ensuite, pensez-vous qu’il est nécessaire d’avoir certaines caractéristiques clés pour exercer ce métier ? Et si oui, à quelle personne ne conseilleriez-vous pas cette orientation professionnelle ?

Déjà la personnalité clé, c’est qu’il faut être passionnée par les réseaux sociaux c’est à dire que si on n’aime pas se connecter, si on déteste les nouvelles technologies, si on pense que cela bouffe notre vie et que ce n’est pas une façon de vivre aujourd’hui, ça ne sert à rien. Il faut vraiment que ce soit une passion, être intéressé par les outils, il faut être utilisateur, curieux des différentes générations : se demander comment les jeunes discutent, comment les 25-30 ans discutent, et de même, comment les adultes discutent. On a un public des personnels et des chercheurs qui se situent disons dans les 35 ans. Il faut être intéressé par les différents discours qui peuvent exister sur les réseaux sociaux et voilà. Après n’importe qui peut être community manager, il n’y a pas, je crois, de limite d’âge. Le vice-président de la faculté est à fond sur Twitter, il tweet 20h par jour !

Cela le rajeunie du coup d’être sur Twitter, et de faire partie de cette génération qui tweet tous les jours…

Oui, bien-sûr. Après, je pense que lui il tweet beaucoup pour les journalistes, ses homologues. Notre université n’est pas sur les réseaux sociaux mais oui, il communique avec les présidents de Paris 13, de Cergy pontoise… Ils sont tous sur Twitter déjà. Ils portent la voix de leur université ou d’une institution. Les maires de ville font pareil, les politiques aussi… Il n’y a pas vraiment d’âge.

Tout à l’heure, nous disions que l’on ne pouvait pas satisfaire tout le monde. Faut-il avoir un certain caractère ou… ?

Il faut plutôt être ouvert socialement, il ne faut pas être nerveux ou quelqu’un qui démarre au quart de tour et qui pourrait perdre son sang-froid. Il faut garder son sang-froid parce qu’on va forcément tomber sur des commentaires de troll à peu près une fois par semaine. Cela dit, il peut aussi y avoir des conflits avec le personnel, notamment ceux qui demandent  » pourquoi avoir posté ça ? » etc… Mais sinon ça va, ça va faire bientôt un an que je suis-là, je tiens le coup (rires). Je sais ce que je fais, je ne suis pas susceptible et j’essaie de m’adapter selon la situation, quitte à me remettre en question, mais s’il faut supprimer quelque chose je le fais et voilà. Si c’est légitime il n’a pas de soucis, je ne suis pas là pour faire la guerre.

Vous savez prendre le recul nécessaire…

Il faut de toute façon, parfois. En même temps, je ne suis qu’employée ici.

Oui je comprends. Nous savons que les nouvelles technologies sont le centre de votre métier, quelles sont leurs effets sur la communication ?

Brièvement, elles permettent d’apporter l’information sur un plateau aux personnes qui nous suivent. Sur le web 2.0 comme ils aiment à l’appeler, beaucoup d’utilisateurs sont assez passifs, et ne sont plus du tout à la recherche de l’information comme c’était le cas avant. Ils attendent que l’info vienne à eux. Donc, on leur sert toute ces informations. Après, pour ce qui est du futur de ces technologies, on n’en discute pas vraiment. Parfois on parle d’applications mobiles en rapport avec la l’universitaire et qui pourraient être crées, on verra. Dans quelques années peut être que l’on s’inscrira via une application, finie la paperasse à rapporter… Il y a déjà eu quelques avancées avec le C.R.O.U.S notamment : les bases de données du CROUS qui sont maintenant connectées avec celles de l’université. Du coup il n’y a plus besoin de la fameuse notification de bourse à déposer dans la boîte aux lettres administrative. Ce sont des évolutions technologiques, ce n’est pas que les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux sont juste un média, un volet de la communication.

Pensez-vous qu’une connaissance basique des réseaux sociaux suffit à exercer ce métier ?

Oui et non: Il faut savoir utiliser l’outil en lui-même, comment il fonctionne, il faut savoir partager une info, mentionner quelqu’un dans une publication, utiliser des hashtags (sur Twitter). Tout cela représente la base sur les réseaux sociaux, c’est un début. Après, pour une entreprise que ce soit privée ou publique, il faut aussi s’imprégner de la philosophie, de l’image de cette entreprise et connaître aussi sa clientèle, on ne tweete pas juste comme ça une information, il faut aussi connaître son public. Donc il y a de tout dans ce travail, de la mise en contexte…

Vous pensez que c’est spécifique ?

Oui, je pense que même quand il y’a des offres d’emplois, on demande à ce que les personnes soient quand même passionnées. On a une ancienne étudiante d’infocom qui a été aussi recrutée en tant que community manager chez Ubisoft à Montpellier. Elle était à fond dans les mangas, les jeux vidéo, elle était passionne et c’est une valeur ajoutée je pense, pour le recrutement, en plus de sa formation à Montpellier III. Il y a certaines structures où l’on peut s’adapter plus ou moins vite : moi, j’ai été étudiante ici donc cela a était facile, mais quand j’étais chez Supagro, il fallait que je m’imprègne des sciences agronomiques et je ne connaissais rien à ce domaine. Donc oui, il y’a un gros travail et un important effort personnel à fournir avant de communiquer dessus.

Nous vous suivons sur les réseaux sociaux, Twitter, Instagram et Facebook, ce qui nous force à penser que vous cherchez à toucher un maximum de personnes comme nous en avons parlé juste avant. Est-ce que vous avez un outil informatique spécifique pour être en direct sur les réseaux sociaux, gérer les interfaces simultanément ?

J’ai utilisé « Outsout » à Supagro, je ne l’ai pas mis en place ici parce que premièrement, c’est payant et je gère beaucoup d’autres pages sur les réseaux sociaux, il n’y a pas que l’université, il y’a aussi l’IEFE (institut de langue de la fac), la future page des Alumni, Campus Mag LR, qui est un autrevolet… Avec outsout je pourrais mettre les comptes Facebook, Twitter, LinkedIn etc. Mais je crois qu’on est limité à 5 comptes, et je n’aime pas être limitée, donc pour l’instant, on n’a pas pris de forfait dessus. Par contre j’utilise « Tweetdeck » pour Twitter parce que cela permet de programmer des publications. Surtout parce qu’il y a des informations importantes que je tweete, des fois la journée et on se rend compte très vite qu’il est part aux oubliettes parce qu’il a une durée de vie de deux heures, voire de deux minutes sauf s’il est retweeté, dans ce cas, il peut vivre un peu plus longtemps. Du coup si l’on tweete au mauvais moment de la journée, ce tweet n’est pas lu tout simplement, sachant que les gens regardent twitter entre 7h30 et 8h30 le matin, entre midi et deux et après 20 heures. Donc c’est vraiment important de partager l’information à des horaires très stratégiques. Il y’a aussi une fenêtre sur les « trendings », les activités autour de l’enseignement supérieur. Par exemple, on peut aussi tweeter des informations qui ne touchent pas directement l’université : on peut faire de la publicité pour un partenaire ou partager une information qui serait intéressante pour notre public.

Oui parce que j’ai vu que vous partagiez des événements qui n’ont rien à voir avec ce que j’ai vu sur twitter…

Oui, car on a pas mal de chercheurs, de doctorants sur twitter. Par exemple quand il y a un appel, par exemple sur une bourse doctorale ou autre, un colloque en sciences humaines, même si ce n’est pas Paul Va’ qui l’organise cela peut intéresser notre communauté. C’est pour ça que l’on poste ce genre d’informations.

Ensuite, pouvez-vous nous citer quelques trucs et astuces pour avoir une meilleure maitrise des réseaux sociaux ?

C’est-à-dire en tant que community manager ?

Oui, ou en tant qu’utilisateur « lambda » des réseaux sociaux…

Partagez mes publications ! Commentez ! (Rires)

Dès ce soir… (Rires)

Je ne mords pas. (Rires) Vous pouvait éclairez la vie de quelqu’un de notre côté, comme ça je me dis « Ah, j’ai passé une bonne journée. » (Rires) Ça donne un sens à ce que je fais en fait…

Donc se serait ça l’astuce pour vous ?

Moi je crois vraiment à cette idée de communauté, cette idée d’interagir avec la communauté. La fac est énorme il y a environ 20000 personnes, c’est plus grand qu’un village et quand on arrive à connecter beaucoup de gens, à échanger, à partager des idées, oui, c’est génial je trouve de pouvoir être plus proches comme ça. Je reçois beaucoup de messages privés, qui ne passeront jamais sur le fil d’actualité : des étudiants qui demandent des choses, qui sont perdus ou peu importe, des étudiants qui ont envie d’échanger. Il y a énormément de réactivité et c’est génial d’apporter une aide à ce niveau-là. Donc oui, interagissez, c’est tout ce que je peux dire mais sachez vous déconnecter quand il le faut.

Très bien. Comment imaginez-vous l’évolution de votre métier ?

À court terme ou à long terme ?

À court terme, pas forcément à « très » court termes disons, pas au-delà de 3 ans.

L’évolution de mon métier ?… Il va y avoir de nouvelles plateformes surement à investir. Je n’arrive pas encore à voir si…

On vous demande l’imaginer…

Oui, je comprends… Je ne sais pas… A court terme, ce serait bien d’être sur Snapchat mais comment, pourquoi et dans quel but ? C’est encore toute une problématique…

Oui, et il faudrait être mobile dans l’université…

Oui exactement, tout cela, ça manque beaucoup, je ne peux pas être présente à tous les évènements. (Sauf quand il y a du champagne…oh pardon) (Rires) Je ne profite même pas de ça, enfin si, des fois ! (Rires) Je mentirais si je disais que je n’en profite pas un peu quand même (rires). Mais oui, investir d’avantage dans certaines plateformes… Mais je n’aurais jamais le temps de tout faire sachant que je suis censée travailler à 50% sur les réseaux sociaux et j’ai un autre projet en cours : un site sur les anciens diplômés, ce qui veut dire un site avec le lancement niveau com’, avec l’animation de cette plateforme, avec l’animation des réseaux sociaux qui seront autour de cette thématique donc sa fait déjà beaucoup de boulot. Donc à court terme, j’espère arriver à tout mener de front, et jusqu’au bout, ce serait déjà pas mal ! (Rires)

On l’espère pour vous aussi !

Et à long terme, je ne sais pas, j’aimerais travailler pour Innocent ou pour une agence de com’ où on délire bien, Mikado ou Oasis Be Fruits mais là il faut travailler pour une grande agence de com’…

Effectivement, ce ne sont pas de petites entreprises…

Bah… Il y a de l’argent…

Oui, elles ont des gros moyens financiers…

Oui c’est ça et elles mènent des grandes actions commerciales. Quand j’ai vu que Be Fruits, à la sortie du fil des Minions, ils ont négocié avec Dreamworks un partenariat. Ils ont fait des mini vidéos entre les Minions et les Be Fruits. C’est juste génial quand tu travailles sur une seule action avec un budget de « ouf », c’est sûr qu’avec tous ces moyens le coté créatif est beaucoup plus sollicité, je ne veux pas dire qu’ici il n’existe pas, mais il est limité par le manque d’argent.

Donc c’est un peu le budget qui participe à la créativité ?

(Soupire) Est-ce que j’ai le droit de dire ça, pas forcément on peut être créatif avec trois fois rien, mais disons que des fois oui, cela limite… Disons que l’avantage avec l’université des lettres est que l’on peut solliciter la créativité des étudiants. On a des filières d’arts, d’Infocom, ils ont pleins d’idées et de ressource. Vous ne coûtez rien en plus… (Rires). Non je rigole, je n’ai pas de vacataires étudiants, pas encore, je négocie ça… (Rires)

Nous savons à présent que vous exercez dans le cadre d’une université. Cela nécessite-t-il d’être à jour, au courant des tendances actuelles afin d’attirer l’attention des étudiants ? Donc d’être à « la mode au jour le jour », suivre les tendances…

J’ai envie de croire que je suis encore jeune, que je suis encore en plein dans la tendance moi- même. (Rires) Non, je ne sais pas. Peut-être que si j’avais fait un truc sur Retour vers le futur j’aurais perdu beaucoup d’étudiants parce que ils ne connaissent peut être pas tous…non ?

Possible, vu l’impact que ça a eu sur les réseaux sociaux…

Ah oui ?

Je pense oui…

Ah d’accord… Ça va, je ne suis pas encore larguée alors (rires). Non mais je ne sais pas, après, je regarde un peu ce que font les jeunes, comment ils discutent, je regarde d’autres grandes marques qui sont beaucoup plus ouverts à des publics encore entre 13 et 17 ans, pour voir un peu comment ils échangent et lire les commentaires. Je m’adapte. Un jour je ne pourrai plus m’adapter, quand l’écriture aura vraiment changée, quand je ne comprendrais plus ce qu’il y a d’écrit sur un tweet d’adolescent…

Je pense que, quand on est sur les réseaux sociaux, on reste toujours dans la tendance, on voit toujours quotidiennement l’évolution des personnes, comment ils communiquent…

Oui, mais on ne pourra jamais… là en tout cas en tant qu’institution, on ne pourra jamais écrire comme un jeune, on a une image à respecter, « quand même » on ne va pas l’écrire « kom même »…

Oui, il n’y a pas d’abrégé…

On abrège un peu, j’essaie un peu, parce que des fois c’est vraiment trop long…

Oui, surtout sur Tweeter avec les 140 caractères…

(Rires) Oui, des fois on ne peut pas tout mettre, parfois je m’offre le luxe, si on peut dire ça comme ça, d’écrire « des » « d ». Voilà il y a des trucs que l’on peut se permettre, on ne m’a jamais fait de réflexion…

Oui ça c’est vraiment sur Tweeter, c’est spécifique à Tweeter…

Oui, c’est vraiment spécifique à Tweeter

C’est ce que font souvent les grandes marques…

Oui, j’ai vu d’autres le faire en fait, j’avais tellement peur de le faire, la première fois et c’est bizarre ! (Rires) surtout que le Vice-président voit tous mes Tweets, mais il n’a rien dit. Mais il faut s’adapter. Après, on a tous nos limites.

Vous utilisez les « Top Tweets », les Tweets du moment ?

On ne peut pas le faire si ça n’a pas de lien avec l’université. Il faut que ça ait un lien avec l’enseignement supérieur, la recherche. Par exemple, on a la chance d’avoir un groupe de chercheurs qui travaille sur les sms, les smileys et tout ça. C’est une thématique assez intéressante, jeune sur laquelle on peut tweeter ou informer. Bon, après, il y a d’autres thématiques qui ne toucheraient pas toute la communauté c’est sûr. On peut cibler…

D’accord…

Oui je n’en ai pas parlé mais on peut cibler sur Facebook. C’est long non ? On parle beaucoup, faites attention. (Rires) J’espère que vous n’avez pas de limite à respecter…

Non, normalement il n’y a pas de soucis, il nous reste juste deux trois petites questions. (Rires)

Ok, ok… (Rires)

Alors, nous allons parler des conditions de travail brièvement…

Tout va bien. (Rires)

Concernant l’entente entre collègues, résumez en quelques mots…

Écoutez, j’ai la chance d’avoir une responsable extraordinaire, je tiens à le dire…

Elle est derrière la porte ? (Rires)

(Rires) Non elle n’est est même pas là… Elle fait confiance à son équipe, elle est plutôt dans du management moderne j’ai envie de dire, comme celui que j’ai connu quand j’ai travaillée à Londres. C’est-à-dire qu’elle nous fait confiance, elle donne les choses à faire puis elle n’est pas là derrière, elle ne fait pas la police, elle n’est pas dans le management « Old style »…

Avec un style directif…

Oui voilà, elle sait dire quand tout va bien et quand tout va mal. Elle est assez optimiste je trouve dans le travail, il n’y a jamais de problèmes que des solutions, donc c’est assez chouette, ce n’est pas toujours comme ça j’imagine. Après, l’environnement au-delà de du relationnel, c’est assez… c’est grand la fac je ne connais pas tout le monde, je suis là depuis janvier et je ne connais pas toutes les personnes. Je rencontre des fois, mais rarement, les personnes avec qui j’échange. C’est dommage quand on est sur un métier où on doit être proche de l’humain. Mais tout se passe bien de façon générale.

Dernière question, subissez-vous certaines pressions liées aux différents objectifs à atteindre ?

Encore une fois… si je travaillais dans le privé, oui je pense que j’aurais cette pression de faire du chiffre, d’engendrer du « like », de partager. Mais on n’a pas de produits à vendre, mis à part faire des analyses sur « Quel est la réputation de l’université sur le web ? » Les objectifs concretss’arrêtent là. Je n’ai pas cette pression de me dire « il faut que je vende au maximum un produit sur son lancement. »

C’est vrai que l’avantage de l’université c’est que vous pouvez favoriser le côté humain plutôt que le coté commerciale…

Oui, mais le stress peut être utile, des fois.

Le stress positif oui, mais le stress négatif, quand il est mal géré ce n’est pas ?

Apres tout cela dépend de ton manager quelque part, du management qu’il y a autour de l’équipe, autour d’une action. J’ai dit que dans le privé, il y avait beaucoup de pression mais quand tu es bien managé, tout se passe bien. Si il y a un truc qui ne marche pas, ce n’est pas grave on passe à autre chose. On se remet vachement en question, on change nos méthodologies et puis cela nous tire vers le haut en fait. Par exemple, des fois, quand on n’a pas d’objectif, on peut presque se dire « bon et bien… ça n’a pas marché mais ce n’est pas grave on passe à autre chose. » (Rires). Et ce n’est pas cool des fois parce que en fait c’est intéressant pour un être humain de se lever un peu plus vers le haut d’essayer de se donner des challenges en fait…

Essayer de repousser ses limites…

Oui, j’aime bien, c’est mon challenge, si je poste une photo de Yoda, que va-t-il se passer ? (Rires) Voilà ce sont les moments de la journée où je suis là : « waouh ! »…

De folie. (Rires)

Oui, « crazy » !

Bien nous n’allons pas vous retenir plus longtemps, c’était super et merci de nous avoir accordé de votre temps et d’avoir répondu à nos questions.

De rien, j’espère que vous aurez une bonne note… (Rires)

On l’espère aussi ! En tout cas encore un grand merci pour votre temps et votre implication pour cette interview.

Retranscription de l’interview de Franck Tanneau du 14/11/2015, chef de projet événementiel

mardi 17 novembre 2015
  1. Contextualisation de l’interview et indications

    L’interview s’est déroulée le samedi 14 novembre 2015 à Carcassonne (Aude), dans les locaux de l’association « 11 bouge ». Nous y avons rencontré Franck Tanneau, chef de projet dans l’événementiel culturel. L’entretien a duré environ une heure et nous avons eu le temps de poser toutes les questions prévues à notre interlocuteur. Nous avons opté pour un entretien semi-directif afin d’aborder les thèmes souhaités tout en laissant l’interviewé s’exprimer. Puisque nous n’étions que deux dans le groupe, la répartition des rôles a été simple : Ainhoa a mené l’interview, tandis qu’Aymeric a préparé les questions et plusieurs relances, et veillé au respect du temps et à au bout déroulement de l’enregistrement. Afin d’en faciliter la compréhension et la lecture, les propos de l’intervieweur seront proposés en gras dans la retranscription, et ceux de l’interviewé dans une police « normale ». Les attitudes et onomatopées pouvant aider à la compréhension seront retranscrites en italique.

 

  1. Retranscription de l’interview

 

Hors enregistrement

Intervieweur : Bonjour, nous sommes en 1ère année de licence Information et communication à l’Université Paul Valéry à Montpellier. Dans le cadre de la matière MDT-PPP, « méthode de travail » et « projet professionnel et personnalisé », nous devons interviewer un chef de projet dans l’événementiel. Nous avons donc pensé à l’Association « 11 bouge » à Carcassonne. Pouvons-nous vous enregistrer cet entretien ? Nous le retranscrirons ensuite à des fins universitaires, et il sera publié sur le blog pédagogique de notre licence et nous nous en servirons pour un exposé.

Interviewé, Franck Tanneau : Bien entendu, vous le pouvez. Merci beaucoup d’avoir pensé à 11 bouge.

 

D’accord, merci beaucoup, et merci de nous accorder une heure de votre temps.

 

Début de l’enregistrement

Dans un premier temps, est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots?

On peut se tutoyer directement car dans notre secteur culturel et associatif, on a le tutoiement facile si ça ne vous dérange pas Aymeric et Aïnhoa. Donc je suis Franck Tanneau, directeur de l’association 11 bouge .

 

C’est vrai que le tutoiement c’est plus pratique et plus agréable. Donc Franck, peux-tu nous parler un peu de ton parcours ?

Ça fait à peu près entre 15 et 20 ans que je travaille dans l’associatif. D’abord à Castelnaudary, je sortais du lycée et il y avait peu de concert, donc comme un adage le dit si bien « on est jamais mieux servi que par soi-même », j’ai donc créé une association « Au doigt et à l’œil » avec la première édition du festival du Chapiteuf il y a 15 ans. Après nous nous sommes posés la question de la professionnalisation. Nous avons commencé en amateur et puisqu’il y avait de plus en plus de monde à ces festivals, avec plus de 6000 personnes, on a créé des emplois fixes avec le but de rester dans l’éducation et la culture populaire. On a décidé de ne pas faire de la culture pour faire de la culture. A côté de ça je faisais des études.

 

Mais alors, es-tu passé par un schéma type pour travailler dans ce métier? Ou as-tu été directement sur le terrain ?

Je suis monté à Paris pour faire un DESS dans la culture. Ce que j’avais appris dans le milieu associatif m’aidait vachement, c’était plus pour le papier à présenter devant les organisations culturelles, pour avoir plus de crédibilité auprès d’elles.

 

Excuse-moi de te couper, qu’est-ce que c’est qu’un DESS ?

Alors c’est l’équivalent d’un Master, donc d’un bac + 5. Ce qui me faisait bizarre c’est que les personnes qui étaient premières de la classe, dès qu’on passait à la pratique et qu’on sortait du cadre théorique, elles étaient complètement larguées. Parce que la réalité enfin ce qu’on apprend sur le terrain c’est pas toujours ce qu’on apprend dans les livres. C’est toujours bien de mettre des mots, des définitions, des concepts mais il faut parfois savoir s’en détacher et connaître la réalité du terrain. A l’école, on t’apprend à faire grand 1, grand 2 grand 3 et conclusion, des fois sur le terrain tu dois faire le grand 3 avant le grand 1 et ce côté instinctif tu l’acquiers face à de multiples situations où tu dois agir avec débrouillardise. Donc non j’ai pas suivi un cursus scolaire classique.

 

 

Même si elles ont été longues, y’a-t-il quand même des aspects que tu as apprécié dans tes études ?

Bien sûr, ça m’a aussi beaucoup appris. J’ai fait un mémoire en Histoire sur les fêtes de villages dites populaires, j’habitais à Toulouse donc il y en avait un grand nombre. Je trouvais ça intéressant d’un point de vue sociologique et culturel. Je voulais voir l’évolution de ces fêtes au fil des siècles, des traditions qui se perpétuent ou pas. Par exemple avant les danses se faisaient en groupe. Les danses individuelles n’existaient pas. Toutes les générations vivaient ensemble dans la même maison. Aujourd’hui on est vachement individualisés même dans la danse. Et donc on peut voir que c’est un peu le reflet de notre époque même si tout de même les danses occitanes et farandoles reviennent à la mode. Les profs me prenaient pour un fou mais ils ont bien aimé le résultat final.

 

Pourquoi dans le domaine culturel et plus précisément dans la danse et le chant ?

Tout simplement parce que je me suis pas senti l’âme d’un banquier! (rires) Non plus sérieusement mes parents étaient dans l’associatif et comme les chiens ne font pas des chats, j’ai suivi cette voie. J’avais un groupe de musique et j’étais intéressé par l’art en général !

 

Tu peux nous en dire un peu plus sur ton métier de chef de projet événementiel culturel ? Et nous donner une journée ou une semaine type ?

Alors le chef c’est celui qui ouvre et celui qui ferme. Une semaine type c’est une semaine d’imprévus, de surprises. Il faut savoir gérer les urgences que l’on rencontre. S’adapter et savoir s’organiser, hiérarchiser les priorités. En ce moment nous sommes dans une situation complexe car avant nous étions six et maintenant je suis tout seul. Avant nous avions une équipe classique maintenant je joue le rôle de directeur de programmation, directeur budgétaire, directeur de ressources humaines, associatives. Il y avait une chargée de communication, un régisseur, un chargé d’actions culturelles avec un profil plutôt hip-hop, un chargé dans l’administration. Tout fonctionnait plutôt bien mais le nouveau maire de Carcassonne nous a expulsé de notre salle de concert, nous a coupé les subventions du coup financièrement c’était pas gérable d’avoir 7 postes. Et maintenant je travaille 7 jours sur 7 avec un conseil d’administration constitué de bénévoles. C’est une situation particulière, ce n’est pas normal. Le maire ne voulait pas investir dans la culture.

 

Ce ne doit pas être évident de devoir tout gérer, mais cela montre ta polyvalence ! D’ailleurs, quelles sont les qualités requises pour ton métier ?

C’est sûr ! (rires) Je pense qu’il faut avoir une vision globale des choses et qu’il faut être rigoureux dans son travail. Et je reviens en arrière mais il faut savoir s’adapter. Notre association est basée sur le respect et particulière sur l’accès à la culture pour tous. Il faut savoir parler avec des jeunes de quartiers, des élus à la mairie, des grands musiciens de jazz, des poètes, des paysans de village c’est-à-dire de s’adapter à son interlocuteur même si le message est le même, il faut savoir doser son discours. Il ne faut pas oublier que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise. Un bon directeur est aussi organisé, ce que je n’étais pas à la base mais que j’ai appris au fil du temps. Et vu la situation judiciaire, j’ai dû me renseigner sur l’ensemble des droits dont je disposais. Il faut aussi avoir conscience de ses faiblesses.

 

Très bien. Et quels sont les avantages, les points positifs dans ton métier?

Bah moi je me régale, hier j’en parlais avec Médine, un rappeur. Je suis à la jonction entre les élites (dans le sens reproduction des certaines échelles sociales). Les élus qui se transmettent le pouvoir de pères en fils, c’est le même moule. Mais sur le terrain on reste en galère. Moi j’essaie de ne pas opposer les deux. Moi j’essaie de mettre en place la palabre, de discuter pour ne pas rester dans le binaire. Il ne faut pas garder une vision manichéenne. Le matin je suis à la préfecture, l’après-midi avec des gamins, et après je suis avec des musiciens. Je passe du jazz au rap. Plus ça va, plus j’ai envie de faire de la politique, dans le sens d’assumer des responsabilités dans le sens collective. La vie est courte, j’ai des enfants et je n’ai pas envie de leur laisser un monde pourri, même s’il n’est jamais pourri mais bon. Je trouve qu’on est plus efficace dans ce qu’on fait, du moins en tout cas moi je m’épanouis dans ce que je fais même si on aimerait aller plus loin. Hier par exemple, je parlais à quelqu’un qui me disait que derrière le discours social, il n’y avait pas d’actes. Nous quand même, on est sur le terrain et je trouve ça très intéressant. Et puis, c’est toujours agréable de pouvoir prendre une bière quand on est en train de travailler. On travaille pas à la pioche. D’ailleurs, c’est l’avenir, et je vous plains.

 

Du coup, peux-tu nous parler aussi des inconvénients, puisqu’il doit y en avoir, d’un point de vue professionnel ou personnel ?

On l’a vu à Carcassonne. On est tributaires de l’argent public, mais ça reste un équilibre très fragile. D’autant plus que le pouvoir ne veut pas faire d’éducation populaire. Un peuple éduqué est ingouvernable, car il se rendra compte de l’inutilité des élites. Donc c’est un peu frustrant, on se rend vite compte de nos limites. Moi je fais 15h par jour, c’est exténuant. L’année dernière j’ai fini aux urgences, quand on a lutté contre la ville de Carcassonne. J’atteins des limites. Il faut relativiser, il y a le travail et la famille. Je ne me considère pas au travail mais en mission. C’est au-delà. Le travail renvoie étymologiquement renvoie à la souffrance d’après les origines du mot latin. Le travail est un asservissement. Après, il faut faire attention que la mission ne prenne pas tout le temps. Moi par exemple, je suis à fond dans cette organisation. Je viens d’avoir un troisième enfant et je sacrifie ma vie privée. Je le dis d’ailleurs, je viens pour m’occuper des gens, mais c’est au détriment de ma vie privée. Il faut trouver un équilibre dans ma vie, et le mien est ma famille. Hier soir j’étais en colère, mais en revenant, j’allais déjà mieux. Je suis en mission mais je sais aussi prendre du recul.

 

Parlons argent.

Il n’y en a plus (rires)

 

Et sans indiscrétion, quel est le montant de votre salaire ?

Les six premières années il était de 0. C’était six ans de bénévolat. Maintenant le projet tourne, il faut gagner les choses. Le premier salaire était à 800 euros. Puis, on est arrivés au chapeau rouge, où j’étais payé 1200 euros net. Trois ans après, comme les subventions ont triplées, on a pu avoir une politique salariale «normale ». A l’apogée du chapeau rouge, je gagnais 2600 euros par mois. C’est la convention collective qui décidé, qui vaut au-dessus du code du travail. C’est la CGT du travail qui en décide, ils sont très exigeants. Ils ont négociés une convention collective assez avantageuse qui met en place une grille salariale. J’avais donc le salaire minimum selon cette grille. En un an, tous les salaires ont doublé. On devait avoir un label d’État, et pour cela il fallait appliquer strictement la grille. Bon, j’étais un peu gêné mais quand on regarde, c’était du 4 euros de l’heure. Voilà, il faut relativiser. Donc pour conclure, je n’ai jamais touché 2600 euros, parce que les partenaires n’ont pas tenu parole, ils ont donné qu’une partie de l’argent. Donc en fait, je suis resté à 2300, et après les affaires avec la mairie, je suis descendu à 1200 par mois, et actuellement je suis à 1900 par mois au bout de 20 ans de travail et un investissement total. Bon je ne me plains pas pour autant, il y a pire. Ceci dit, je ne pense pas qu’il faille choisir l’associatif par rapport à l’argent.

 

Malgré les premières années difficiles, penses-tu que ton salaire aujourd’hui est à la hauteur du travail fourni et de tes espérances ?

Honnêtement je devrais travailler et toucher 1 million. Non, je blague, mais regarde les footballeurs, les intérêts de la dette aux banques à coût de milliards et l’évasion fiscale. Sur ces sommes là, on pourrait être payés 10 000 euros par mois. Il y a l’argent, mais il faut aller le chercher. Je ne me trouve pas assez payé, mais c’est affreux d’être payé 1000 euros pour les maçons. Ils devraient être payés 3000 et les employés de mairie 500. Enfin, ils finissent à 16h. Les salaires en France stagnent depuis dix ans, et en Grèce ils ont été divisés par deux. Il y a un mouvement vers le bas, c’est une catastrophe, il faut savoir redistribuer les richesses.

 

C’est vrai que les maçons ont des semaines plus longues que les joueurs de foot (rires) !

Mais ils n’ont pas d’aussi bons agents !

 

En parlant de communication, quelle place y accordes-tu dans ton métier ?

Le meilleur discours du monde, s’il n’a pas d’audience, il ne sert à rien. On s’adapte à notre temps. Bon j’ai un Facebook depuis 15 jours, je suis un peu rétrograde, mais j’ai déjà 1800 amis. Bon après, on a les outils classiques, les communications papiers. On a les réseaux sociaux. Je me rends compte que c’est vachement bien, c’est gratuit, c’est ciblé. On ne sait pas qui ramasse les papiers dans les magasins. Rien n’est jeté.

 

C’est sûr que c’est un tout autre type de communication, avec de nouvelles possibilités, par exemple pour les associations. D’ailleurs, peux-tu nous présenter ton association ? Et de quelle manière exerces-tu ton rôle au sein de 11bouge ?

Donc avant de s’appeler 11 bouge, l’association portait le nom d’Alternateuf, c’était en 2004 et elle fête aujourd’hui ses 11 ans. Le mot n’a pas été choisi au hasard car cela renvoyait à « alternatif », c’est à dire faire la fête autrement, donc je reviens sur ce que je disais tout a l’heure : le but étant de revenir à des formes collectives de fête, et donc de se servir de la fête pour réunir les gens autour d’un même symbole, d’une même cause. On a organisé des stands d’info, des débats et il y a toujours eu l’idée de mélanger le plaisir et la conscience. Puis quand on est venus à Carcassonne en 2010, 11bouge a repris la suite car dans Alternateuf il y avait le mot teuf et les gens faisaient l’amalgame entre le mot teuf et le fait que l’on fasse de la techno. Ce qui nous donnait une image de drogués alors que dans nos soirées on ne prenait pas de drogue… enfin beaucoup moins que dans les soirées techno (rires). Donc dans 11bouge il y a 11, qui est le département de l’Aude. Et le mot bouge car il faut tout simplement se bouger pour faire des choses, c’est un peu la politique de l’association, c’est d’ailleurs ce que nous disons aux jeunes qui viennent nous voir. Donc comme je le disais tout à l’heure l’association a un conseil d’administration de 18 personnes avec un bureau qui lui comprend 6 personnes. Les personnes du conseil sont très différentes les unes des autres et je crois pouvoir dire que c’est une force, c’est ce qui nous fais avancer. Il y a donc un directeur de centre social, un directeur d’école, un artiste, un jeune de quartier, un musicien de jazz, le trésorier du club de foot de notre quartier. Et notre but est donc d’être dans une démarche participative où l’on va demander tout simplement aux gens du quartier leurs avis respectifs. Ce conseil nous permet de déterminer les grandes lignes du projet. Le bureau lui par contre est plutôt là pour gérer le quotidien, le suivi des salariés, des embauches, le procès contre la ville de Carcassonne, enfin le quotidien en quelque sorte. Après ce qui est un peu compliqué dans le milieu associatif c’est que c’est moi qui décide de beaucoup de choses alors que je ne suis pas employeur je suis employé. Je n’ai donc pas de responsabilités, enfin des responsabilités déléguées, mais juridiquement parlant, je ne suis pas censé prendre de décision. Ce qui fait que si il y a un problème quelconque c’est la présidente qui va en prison, ce qui n’est pas normal. Après, l’association tourne vraiment bien et avec une politique qui me convient, je reviens donc à la palabre, on est plus fort quand on se rassemble que lorsqu’on se divise.

 

Donc si je comprends bien, 11 bouge est basé sur une diversité des idées ainsi qu’une grande cohésion, une équipe solide et dynamique ?

Si je devais synthétiser, c’est exactement ça.

 

D’accord, et quels ont été les projets qui t’ont tenu le plus à cœur et pourquoi?

Il y en a un particulièrement qui était pour moi très symbolique, c’était l’opéra urbain, donc pendant un an on créait un spectacle, une comédie musicale, qui a été d’une très grande ampleur puisqu’on a été à l’Elysée voir le Président de la République. Pour que le projet aboutisse on partait totalement dans l’inconnu, on a donc demandé aux mamans de faire les costumes pour les enfants. Contre toute attente le projet a super bien marché. Et c’est grâce à cette coopération de tout le monde que cela a pu se faire et c’est pour ça que j’ai particulièrement adoré ce projet. Après je pars du principe que tous les projets que j’ai fait sont toujours positifs et m’enrichissent à chaque fois. Il y a eu aussi le tout premier concert que 11bouge a fait. Il y avait des touaregs qui venaient du Mali, et à part dans ce contexte j’aurais jamais rencontré de Touaregs de ma vie hein, ça c’est sûr. La soirée était vraiment super, en plus c’était leur dernière date en France, on a dansé avec eux toute la nuit, bon on n’a pas bu que de l’eau, tu t’en doutes bien mais c’était vraiment une expérience fabuleuse.

 

Ca devait être un moment spécial de jouer devant le Président ! Vous n’auriez donc jamais fais autant de rencontres artistiques, culturelles et humaines si vous n’aviez pas créé 11bouge?

C’est plus qu’évident, toutes ces rencontres enrichissent et quand je dis enrichir, c’est qu’elles m’ont apporté beaucoup dans ma vie de tous les jours et qu’elles continuent à m’en apporter aujourd’hui encore.

Et dans ces projets, tu as rencontré des difficultés particulières ?

Oui, alors pas plus tard qu’hier soir, avec des jeunes qui ont cassé encore un peu l’ambiance de la soirée que j’avais organisé … Donc oui à chaque événement il y a toujours des imprévus, que ce soit technique ou logistique. Après il ne faut pas se décourager et chercher une solution assez rapidement au problème qui nous est donné. Je dois dire que le plus gros problème est financier, parce que dans le domaine associatif, pour être franc avec toi, ça se casse la gueule complètement et c’est quelque chose qui est très difficile à gérer car on dépend totalement de ce système. Comme je le répète souvent à mes enfants, si on s’assoit et que l’on ne fait rien, les choses restent pareilles. Donc le plus gros problème c’est le combat permanent contre le financement de nos projets et dans un sens plus large, de l’idéologie de l’association. Enfin une idéologie modérée hein, on n’est pas Daech !

 

Je me permets de rebondir sur ce que tu viens de dire par rapport à Daech … Concernant les attentats qui ont eu lieu hier soir à Paris … Tu as l’intention d’organiser quelque chose par rapport à ça ? Un concert ou un autre événement ?

Non (d’un ton ferme). Alors je t’ai répondu très rapidement et sèchement parce que j’ai fait le parallèle avec Charlie Hebdo. Je me suis posé la question ce matin de mettre au moins quelque chose sur Facebook, et du coup j’ai rien fait, parce que après les attentats de Charlie Hebdo, et que j’ai vu les « Je suis Charlie » partout, je me suis senti mal à l’aise. Je trouve que ça pue la manipulation, comme si le logo a été fait avant les attentats … Je ne suis pas partisan de la théorie du complot mais plutôt dans l’esprit critique des choses. Moi je suis Charlie depuis 37 ans et je le serai encore demain. Je n’ai pas envie de créer d’événement sur ce genre de chose, je trouve ça presque malhonnête, ça permet de se faire de l’argent sur de l’émotionnel, en quelque sorte d’en profiter et je n’aime pas du tout ça … Si je dois faire quelque chose, ce sera plus sur la durée, dans les différents ateliers que l’on a, on en parlera avec les personnes qui ont envie d’en parler, qui veulent comprendre ces actes atroces ou qui ont besoins de se recueillir auprès de quelqu’un. Mais nous avec 11Bouge c’est plus sous cette forme que l’on préfère participer à tout ça.

 

Donc pas d’événement ponctuel mais plutôt dans le permanent, dans les événements que vous allez faire tout au long de l’année.

C’est ça.

 

 

Parenthèse fermée, est-ce que tu aurais comme une sorte de mode d’emploi pour réaliser correctement un projet dans l’événementiel ?

Alors premièrement il faut y mettre beaucoup de cœur, de conviction, de sincérité. Il faut trouver les bons partenaires, non pas financiers mais de projet. Après par exemple hier soir, on a eu un problème avec la date du futur projet que j’avais totalement zappé, donc il faut savoir bien s’entourer et apprendre à déléguer les choses aux bonnes personnes de manière à ce que tout se passe pour le mieux. Et je crois que la chose la plus importante, c’est d’avoir une bière de bonne qualité derrière le bar pour réussir un bon projet ! (rires)

 

(Rires) J’essaierai de ne pas l’oublier ! Alors est-ce que aujourd’hui, tu penses que ton association et les projets qu’elle a mis en place ont eu un impact sur Carcassonne ?

Eh bien je l’espère … Sur au moins une personne ce serait déjà bien (rires). Non sincèrement oui je le pense parce que il y a des conséquences très concrètes, moi j’ai rencontré ma femme en distribuant des flyers pour un projet il y a 15 ans. Je crois que ça a surtout permis une croissance de la natalité sur Carcassonne (rires). Pour être plus sérieux tous les projets ont toujours été faits avec plein d’amour. Les rencontres avec les artistes et le public sont géniales. Cette proximité entre «stars » et public plaît beaucoup, les jeunes ont l’occasion de faire des ateliers avec eux. Pour aller encore un peu plus loin, on va changer de locaux et s’installer dans 15 jours dans un quartier, disons, défavorisé, de Carcassonne pour aider les jeunes qui sont en difficulté et qui ont besoin d’aide. On crée aussi de l’emploi, pour les jeunes qui en ont besoin, comme par exemple prof de hip-hop. On a aussi aidé pas mal de jeunes à aller de l’avant dans leurs arts, en les inscrivant au Conservatoire comme pour le dernier en date. Même si ce n’est qu’une poignée de jeunes et que ce n’est pas beaucoup, on essaie à chaque fois que l’on a l’occasion. Donc voilà, 11Bouge reste toujours dans l’idée de donner de l’amour aux autres.

 

Et dans l’avenir, tu as des projets que tu aimerais monter ?

Alors tout d’abord refaire le monde (rires). Non, tout simplement continuer à faire ce qu’on fait du mieux que l’on peut, parce que je crois qu’en continuant à semer, on va continuer à s’aimer. Je vais l’écrire celle-là, je l’aime bien cette phrase (rires) … Et c’était quoi la question en fait, je m’en souviens plus … ?

 

(Sourire) Alors c’était : quels sont tes projets d’avenir ?

Alors, le projet à très court terme ça va être de s’installer dans ce quartier prioritaire suite à la décision de la nouvelle mairie, qui je le rappelle est dirigé par Gérard Larat , 74 ans, qui a été accusé de fraude électorale il y a six ans, je le rappelle hein ! (rires) Mais contre qui je n’ai bien évidemment aucune animosité (rires) Et donc le projet général, serait de pouvoir réconcilier les différentes populations entre elles, à travers la musique, et les arts. Car il y a un taux de racisme qui est important. Donc le but étant de prendre les gens de la campagne et de les emmener dans la cité et de prendre les gens de la cité et de les emmener à la campagne pour que l’échange des cultures se fasse et que les personnes arrêtent d’avoir une vision égoïste et égocentrique de la vie. Après si cela peut donner des idées a une plus grande échelle, on aura réussi notre coup, sinon on continuera jusqu’à la fin.

 

En règle générale, combien de temps à l’avance planifies-tu tes projets ?

Pas assez tôt, il faudrait qu’on anticipe beaucoup plus les choses. Nous on travaille au trimestre, donc on a une anticipation de 6 mois à peu près. Si je fais un concert en février, je le cale en octobre pour te donner une idée. Après il y a des projets comme celui de l’opéra urbain qu’on a travaillé pendant un an avant de le monter. Ça dépend vraiment des projets en fait.

 

Si tu devais nous donner une fourchette approximative, ça donnerait quoi ?

Si je devais donner une fourchette je dirais que l’on est sur une anticipation entre trois à quatre mois au plus court, sans compter le montage, la communication et le reste. Et ça peut aller jusqu’à un an voire même deux ans à l’avance parce qu’ils sont beaucoup plus complexes à réaliser en fonction des partenaires avec lesquels on travaille, et surtout du financement.

 

Par exemple pour l’Epopée du hip hop qui se passe actuellement, ça a pris combien de temps ? Ça a l’air d’être un projet assez conséquent ? Non ?

Par exemple pour la deuxième édition, qui a été la plus réussie et la mieux organisée, on a l’a fait d’une année à l’autre. Ce qui veut dire que la première édition a fini en février et que à partir d’avril on avait déjà commencé à le préparer pour l’année d’après.

 

L’association n’a pas chômé ! Et côté relations, comment contactes-tu les artistes pour les événements ?

C’est très simple, il y des producteurs qui s’occupent des artistes, en tout il doit y avoir une vingtaine de boites, qui ont une dizaine d’artiste chacune, donc il faut juste appeler le producteur qui s’occupe de l’artiste que tu veux et c’est lui qui s’arrange pour donner les disponibilités de l’artiste ainsi que tout le nécessaire. Après il y a des gens comme Médine qui se gère tout seul et là tu vois ça directement avec l’artiste lui-même.

 

L’heure d’entretien touche à sa fin et nous ne voulons pas te retenir trop longtemps … Mais avant nous avons une dernière question : quel conseil donnerais-tu à une personne qui voudrait devenir « chef de projet événementiel culturel » ?

Eh bien de changer de branche (rires) ! Non, de faire ça par passion, je crois que c’est essentiel, sans se laisser déborder, d’être curieux, d’être optimiste, ça c’est même une des première qualités à avoir, d’aimer discuter et s’intéresser aux autres, parce qu’il m’arrive de discuter avec une personne et qu’un projet se fasse par la suite. Et je pense que si j’avais pris que cinq minutes avec cette personne au lieu d’une heure, le projet ne se serait jamais fait. Je crois aussi qu’il faut savoir se diversifier, c’est important d’être ouvert à tout ce qui nous entoure, que ce soit culturellement parlant comme dans la vie de tous les jours.

 

Eh bien merci beaucoup pour cette interview, ce fut un réel plaisir de vous écouter ! Merci pour toutes les réponses et les éclairages que vous nous avez apporté. C’était très gentil de votre part et nous espérons que 11 bouge continuera à apporter un peu de chaleur humaine et de joie de vivre à Carcassonne.

 

Le plaisir est partagé, j’espère que votre note sera à la hauteur de vos espérances (rires) et je vous invite à venir voir notre prochain projet !

 

Comme nous te l’avions dit avant notre rencontre, nous t’enverrons la retranscription par mail la semaine prochaine. Si quelque chose te gêne dedans, nous pourrons le modifier. Merci encore !

 

Il n’y a pas d’urgence et je n’ai pas changé de numéro depuis ce midi ! A bientôt et bon retour.

 

(Rires)

 

Fin de l’enregistrement

 

Interview réalisée par : Aymeric SANCHEZ – Ainhoa GODOY-SOLARES

Interview de Nathan Gourdol, journaliste sportif

mardi 17 novembre 2015

Le 27 Octobre, nous sommes allés poser des questions à Nathan GOURDOL, pigiste pour L’Equipe, Le Parisien, RMC Sport et AFP Sport. L’interview s’est déroulée dans un café situé à côté de la station de métro « Mairie d’Issy » à Issy-les-Moulineaux pour une durée effective de deux heures.

(L’interviewé a accepté de se faire tutoyer en raison de son jeune âge).

(En gras : nos commentaires et questions)

 

Bonjour Nathan, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Nous réalisons cela dans le cadre d’un travail universitaire comptant pour notre première année de licence Information Communication à Montpellier. Cet entretien sera publié sur le blog de notre licence avec ton accord et après un aperçu de la retranscription.

Bonjour, aucun problème. C’est flatteur que vous vous soyez déplacés.

Merci de nous accueillir, nous allons commencer l’interview.

Actuellement pigiste. Quelles sont les prochaines étapes ?

Je suis réaliste sur la situation. Tout d’abord, je veux garder mes activités actuelles et emmagasiner encore de l’expérience et du vécu. J’ai une motivation énorme, sinon j’aurais certainement abandonné avant. J’aime profondément mon travail, ma passion. Je suis bien sûr ambitieux, j’aimerais à terme devenir journaliste titulaire, même si ma situation de pigiste ne me dérange pas, et me permet de découvrir plusieurs univers. A l’avenir, j’aimerais faire plus de terrain, vivre des moments toujours plus forts. Suivre une équipe par exemple, à la manière d’un Vincent Duluc (L’Équipe) qui suit l’Olympique Lyonnais. (Écrire un livre ?) Pas pour le moment, mais pourquoi pas par la suite. Je pense que je n’ai pas assez de choses à raconter pour l’instant, ma carrière débute.

Vainqueur de la « Page d’or » l’Equipe 204. Cela a t-il été un accélérateur pour rentrer dans le métier ?

Accélérateur c’est le mot. Les personnes les plus jeunes à l’Equipe sont en général bien plus âgées que moi. J’ai 21 ans, je suis rentré à la rédaction à 19 ans. J’ai eu une grande chance de gagner ce concours. C’était un peu inattendu mais vraiment un formidable accélérateur. Grâce à ça, j’ai eu un CDD de 3 mois au journal l’Equipe. Tout s’est bien passé et à la fin du contrat, on m’a proposé de rester comme pigiste. Pour le concours, j’avais le choix entre faire un article sur le grand prix d’Australie à Melbourne ou sur le match de rugby France- Irlande (mars 2014). J’ai pris le sujet sur le rugby (http://unjouralabourselequipe.tumblr.com/). J’ai été sélectionné en « finale », pour passer un entretien avec Fabrice Jouhaud, alors directeur de la rédaction de L’Equipe. Il m’a testé lors de cet échange, m’a poussé dans mes derniers retranchements, pour voir comment je réagissais. Il faut croire que ça a été concluant…

Sur quel support es-tu le plus à l’aise (écrit, numérique,radio, télé…) ? As-tu envie de tester certains ?

Clairement en presse écrite, c’est là où je m’éclate, où je peux vraiment exercer ma passion. C’est aussi la formation que j’ai suivi. Sur le numérique également, où je travaille principalement et où les possibilités sont bien plus grandes, et donc plus intéressantes. J’aimerais bien tester la télé même si ce n’est pas là où j’ai été formé. Je sais qu’il y a des gens plus qualifiés que moi sur ce support. Il y a beaucoup de codes pour la télé que je ne maîtrise pas forcément.

Est-ce que le métier de pigiste te permet de vivre correctement ?

Actuellement oui. Je suis pigiste pour 4 médias : L’Equipe, Le Parisien, AFP Sport et RMC Sport. Je peux travailler pour différentes structures car je n’ai pas d’obligation envers eux. C’est un choix de ne pas travailler dans plus de médias, car derrière, c’est dur de tout gérer. Les médias te demandent tes disponibilités, et peuvent t’appeler à tout moment. Les pigistes doivent gérer eux-mêmes leur planning, ce qui n’est pas le plus facile. Je suis payé à la journée. Le train de vie est parfois soutenu, il arrive d’enchaîner deux piges, de travailler 10-15 jours sans break. En été surtout où les vacances sont quasi impossibles. Même quand on coupe, on n’est jamais vraiment déconnecté. Souvent l’hiver est un peu moins chargé, il faut savoir gérer les périodes creuses et pleines. Ça peut devenir compliqué pour une vie de famille, rien que pour une vie de couple il faut que la personne comprenne que c’est un travail permanent.

Quel est ton ressenti du monde autour de ce métier ?

Il n’y a pas vraiment de concurrence entre journalistes, comme certains le pensent. Les ambiances dans les rédactions sont globalement bonnes. Sur les gros événements, on sent une vraie émulation.

On est amené à rencontrer des personnages publics, qu’il faut considérer comme des personnes « normales ». Même si certaines fois ce sont des personnes qui ont pu vous faire rêver. Je me souviens de mon interview avec Enzo Scifo (Grand joueur belge des 80′ et 90′). Ma première interview avec un joueur comme ça ! Mais le côté professionnel prend le dessus. Ça n’empêche pas de bien s’entendre avec les gens de ce monde, et entre confrères. Il y a une saine rivalité entre certains médias (L’Équipe/RMC, Le Parisien/L’Equipe), mais je m’entends bien avec les personnes de toutes ces entreprises.

Pourquoi Journaliste ? Pourquoi dans le sport ?

C’est un rêve depuis tout petit. J’ai appris à lire dans les grosses encyclopédies de foot. Quand j’étais blessé et que je ne pouvait plus jouer au foot, je faisais des rapports, des comptes rendus des match de mon équipe. J’avais 7-8 ans. J’ai toujours aimé regarder et analyser des matches. De l’âge de 8 ans à 13 ans je faisais un article sur chaque match de Monaco, mon équipe préférée, parce que j’aime ça. Transmettre l’information. Je peux passer ma vie dessus, c’est ma passion. Mon rêve était d’être journaliste à l’Equipe. Juste après le bac j’ai regardé pour pouvoir entrer directement sur le marché, mais c’était impossible. Donc je suis parti à l’école de journalisme de Cannes.

Mais c’est avant que tout s’est accéléré. En classe de 3ème pour le stage d’une semaine en entreprise, j’ai choisi d’aller dans un journal local (La Tribune Montélimar). Tout s’est très bien passé, et on m’a proposé de rester en tant que correspondant. Un grand moment pour un gamin de 14 ans ! J’ai été guidé par Christine Tournigand, qui est en quelque sorte une « mère professionnelle » pour moi. A 14-15 ans, elle m’envoyait faire des articles, analyses, comptes rendus des événements sportifs de ma région, j’ai pu travailler sur le Tour de France, etc.

Elle m’a fait confiance, m’a confié des responsabilités, elle m’a traité comme un adulte, et c’est ce qui m’a le plus touché. Certains aléas ont fait que j’ai été amener à la suppléer à certains moment, une expérience unique à cet âge-là. C’est ça le véritable tremplin de ma carrière, pas autre chose. J’ai eu la chance de rencontrer cette personne, que le feeling passe, et aujourd’hui j’essaie de lui rendre au maximum. J’ai une reconnaissance absolue envers elle.

As-tu eu des idoles, des inspirations pour ce métier et dans le monde du sport ?

Pas vraiment. J’aime le sport et le foot en général. Le foot italien en particulier, pour le côté tactique, romantique du football. Je ne suis pas fan d’un journaliste en particulier. Je lis France Football et l’Equipe depuis que je suis tout petit. J’ai beaucoup lu le Dauphiné-Libéré également ou encore Onze-Mondial quand j’étais plus jeune.

Quelles sont tes études ? Quelles ont été leur importance, leur effet dans ta perception du métier ?

J’ai fait un DUT information communication option journalisme à Cannes. C’est la 14e école de journalisme à avoir été reconnue par la profession. La principale force de cette formation, c’est qu’elle apprend la « débrouillardise », à être autodidacte. Ils nous laissaient nous débrouiller, ils « lâchaient » un peu les étudiants. Ce qui peut être compliqué à appréhender, mais cela a été très formateur pour moi. J’ai appris à m’imposer pour faire mes sujets, à pousser des portes qui n’étaient pas ouvertes à des étudiants. C’est comme ça que fonctionne le métier ensuite.

As-tu déjà voyagé pour ton métier ?

Oui en France uniquement. Par exemple, j’ai suivi le match Montpellier-Lorient l’année dernière. J’avais du faire le compte rendu du match, les notes des joueurs, les interviews en zone mixte…

Mes sorties sont plus rares aujourd’hui et c’est une tendance générale, car avec la crise, les déplacements sont limités par rapport à avant.

As-tu des contacts avec d’autres journalistes travaillant à l’étranger ?

Oui en Espagne ou en Italie par exemple. Je n’étais pas très bon en langues mais j’ai appris à force de baigner dans le vocabulaire du football, qui est un peu le même partout. Je maîtrisais plutôt bien l’anglais et l’italien, j’arrive désormais à comprendre assez bien, l’espagnol, le portugais, et même l’allemand.

Quelle est ta journée type ?

Justement je n’ai pas de journée type et c’est ce qui me plaît dans ce métier. Je ne m’ennuie jamais, fonce vers l’inconnu chaque jour. C’est un train de vie qui peut déranger mais ce n’est pas mon cas. Il faut aimer bousculer les certitudes. C’est impossible de s’ennuyer quand on est heureux d’aller à son travail.

Sur quel sport travailles-tu ? As-tu le choix ?

Au début tu travailles sur n’importe quel sport, tu prends ce qui vient. Je suis un fan de sport à la base, même si j’ai une préférence pour le foot. C’est mon sport et même s’il y a parfois une sorte de « chasse gardée » sur certains sujets, j’ai quand même la chance de travailler essentiellement là-dessus.

Est-ce compliqué de rester impartial ? D’être objectif ?

Absolument pas. Il ne faut pas oublier que le devoir du journaliste c’est d’informer, de passer l’information aux gens. Pas de raconter le match à ses potes, ou de critiquer un joueur parce qu’on n’aime pas sa coupe de cheveux. Beaucoup de gens lisent les articles. Des milliers, voire des centaines de milliers. Nos paroles peuvent avoir une répercussion, donc automatiquement il faut faire attention, rester dans la réalité.

Quelle est l’importance d’une culture, d’une connaissance multi-sport pour ce métier ?

Elle est capitale. Il faut avoir une culture sportive très poussée, et savoir se dire qu’il y a toujours meilleur que soi. On ne peut pas non plus être spécialiste de tous les sports. Mais être journaliste de sport implique forcément une grande connaissance du domaine.

Par exemple, la génération actuelles dont vous êtes issus connaît le foot, mais rarement avant 2004-2005, alors que son histoire va bien au-delà. Il faut savoir regarder avant pour enrichir un sujet.

Lors de la bourse Jacques Goddet (« Page d’or l’Equipe »), un quiz avec des questions de niveau variable nous avait été donné. C’est justement pour tester les connaissances des candidats, mais aussi leur montrer qu’il n’est pas possible de tout savoir. Et puis, encore une fois il faut relativiser. Il ne suffit pas d’avoir une grosse culture sportive pour être un bon journaliste. Il faut savoir vulgariser, ne pas s’adresser à une niche de gens, en voulant étaler sa science.

Quelles ont été tes réactions quand tu as su que tu avais gagner « la page d’or » L’Équipe ?

Très impressionné. Étonné, même si une partie de moi y croyait. Ma philosophie c’était plus : « ne finit pas dernier du concours ». Il m’a fallu du temps pour réaliser et digérer. Je pense que j’ai eu un peu de chance, mais il en faut dans ces moments là. Je ne débarquais pas non plus de nul part, je ne pense pas avoir été une erreur de casting. J’ai pris conscience que j’avais réalisé mon rêve.

Comment se passe une intégration dans un nouveau journal comme l’Équipe ?

Il y a différentes phases, comme dans n’importe quelle entreprise. Il y a eu quelques réticences sur moi par rapport à mon age, j’ai moins de vécu mais cela m’empêche pas de faire mon travail sérieusement, ce qui joue en ma faveur. Mais globalement, tous les employés passent par une phase d’intégration, et pour moi cela s’est très bien passé. Je me souviens que lors de mes premiers jours, quelqu’un avait posé sur mon bureau la photo de Pierre Ménès dans sa jeunesse, lorsqu’il travaillait au journal. C’était en quelque sorte un message comme : «Il a connu ça aussi ». Aujourd’hui, je suis pleinement intégré dans toutes les rédactions pour lesquelles je collabore.

Les ventes de presse écrite chutent. Cela se ressent-il dans le domaine sportif ? Quel est ton avis par rapport à ça ?

Les ventes de presse écrite chutent depuis plusieurs années oui. Les gens vont plus sur le web ou plus facilement en tout cas. La presse écrite doit se réinventer pour renoncer à mourir.

Quel est ton rapport aux réseaux sociaux ?

J’utilise surtout Twitter. Aujourd’hui un compte Twitter est quasi indispensable pour un journaliste. L’info circule très rapidement sur ce réseau. Mais il faut faire attention aux bêtises qu’on peut y trouver. Twitter est une aide, rien de plus. Il ne faut pas tout prendre comme argent comptant. C’est aussi le rôle du journaliste en général : démêler le vrai du faux sur tous les sujets.

Pour finir, des conseils à donner pour des jeunes qui veulent faire ce métier ?

Un principalement : une motivation à toutes épreuves. Il faut avoir ça « dans le sang », être prêt à faire des sacrifices et bien se faire à l’idée que le chemin est très compliqué. Le droit à l’erreur existe, mais il est ultra réduit. Comme dans un jeu où l’on a une barre de points, il est facile de les perdre, et il faut garder son capital.

Merci pour le temps accordé à cette interview. Tu recevras la retranscription par mail sous peu pour ton approbation. Au revoir.

Pas de problème, au revoir à vous deux et bon retour chez vous.

 

Nous tenons à remercier Nathan de sa gentillesse et ses réponses très intéressantes. Nous sommes ressortis de cette interview avec une très bonne sensation. Malgré nos jeunes âges et notre relatif « amateurisme », il s’est montré compréhensif et nous a grandement aidé.

Corentin BATIGNE & Mattéo BIOTEAU