Archive pour la catégorie ‘2016-2017 Arch L1’

DIAPO Entretien Sonia-Roxanne-Ludivine

mardi 22 novembre 2016

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Interview de Chloé Danillon, chargée de communication

lundi 21 novembre 2016

Le groupe était constitué à la base de Thoueni Soidafia, Yasmine Khemsi et Mohamed Bellarbi. Nous avions décidé d’interviewer quelqu’un qui travaillait dans les relations avec la presse et/ou la communication politique, ou du moins dans une institution publique. Ainsi, nous avons pris contact avec Chloé Danillon, qui travaille à mi-temps comme chargée de communication à la mairie de Villemoustaussou, petite commune située au nord de Carcassonne dans l’Aude, et à mi-temps comme chargée de communication politique au cabinet du président de l’agglomération de Carcassonne. Seulement, un membre du groupe nous a prévenu qu’il ne pouvait plus venir à l’université pour des raisons personnelles, et nous avons dû continuer le travail à deux. Ainsi, nous avions pris rendez-vous pour le mardi 08 novembre 2016 à Carcassonne, mais n’avons pu faire la rencontre, étant donné qu’une réunion importante à l’heure de notre rencontre s’est intercalée avec notre rendez-vous. Nous avons, avec chance, pu être prévenus dans la journée, et avons donc pu s’organiser pour un entretien téléphonique, qui s’est déroulé le jour même, et qui a duré 30 minutes, ce qui nous a permis de poser l’ensemble des questions utiles à la compréhension et l’apprentissage des deux métiers de l’interviewée.
Les questions ont été rédigées par un travail en commun entre Thoueni et Mohamed, et l’interview menée par ce dernier, Thoueni s’occupant donc de la retranscription et des détails, aidée par Mohamed. En gras, les questions posées par Mohamed, et les réponses en-dessous données par Chloé Danillon.

 

Bonjour, et merci de nous accorder une partie de votre temps. Cette interview s’inscrit dans le cadre d’un de nos cours, et a pour but l’approfondissement de nos connaissances sur un métier en particulier, ici chargée de communication.
Pas de problème. Mais vous pouvez me tutoyer, surtout qu’on se connaît pour toi.

 

Oui. On peut donc commencer maintenant si ça te convient ?

 

Niquel. Je t’écoute.

 

En quoi consistent donc tes deux métiers ?

 

Alors du coup je fais deux mi-temps, le premier est à la mairie de Villemoustaussou, commune d’environ 4000 habitants située au nord de Carcassonne, ou je suis chargée de la communication, et travaille toute seule en fait, à gérer toute la communication de la mairie. Et je travaille donc aussi à mi-temps à l’agglomération de Carcassonne, nommée Carcassonne Agglo, où je suis donc chargée de mission auprès du président de l’institution, Régis Banquet, au cabinet, et en tant que chargée de communication politique.

 

Comment se traduisent-ils en terme de travail ?

 

Alors pour la mairie j’ai un côté assez important qui est aussi le cabinet du président, qui se trouve aussi être le maire d’une commune à côté de Carcassonne, et je travaille donc avec les élus, donc je me charge des rendez-vous, j’écris des mails pour eux, des lettres, etc… D’ailleurs ça n’a pas forcément un lien direct avec la comm mais ça fait parti du métier parce qu’aujourd’hui ils n’ont pas assez d’argent pour engager d’autres communicants, notamment un qui fait le cabinet du président et un autre la communication de l’agglomération. Et pour ce qui est proprement de la communication, notamment à Villemoustaussou, tout ce qui est produit l’est en interne. Des fois il y a des communes qui peuvent faire appel à une boite de communication ou une boite d’impression pour faire tout de la PAO (publication assistée par ordinateur) à la rédaction du contenu soit tout ce qui est du maquettage, création de document … donc on fait par exemple tous les trois mois comme un espèce de magazine de la mairie, ou on crée les articles, on fait des éditos, on prend les photos. Après on fait les affiches par exemple, ou des flyers sur des événements qui sont organisés par la collectivité territoriale. On fait aussi de l’aide auprès des associations, par moments, donc ça c’est pas dans nos compétences, mais des fois elles viennent nous demander une affiche, ou de les aider à construire un tract. Après on fait aussi beaucoup de communication numérique ; on a un site internet qui est régulièrement mis à jour, et où il y a donc des articles qui sont écrits. Il y a aussi une application qui est reliée au site internet, où du coup on y retrouve un agenda, les actualités, on peut mettre des alertes, des infos … On a aussi un panneau d’information qui est un moyen de prévenir et informer la population qui est assez chouette, c’est un panneau numérique qu’il y a à l’entrée de ville, donc ça aussi il faut faire les visuels, organiser ce qu’on y met dedans. Aussi on travaille avec la presse, donc je la reçois, je leur fais part de ce qu’il se passe, et après je peux aussi travailler avec les services, si des fois ils ont besoin d’un dossier avec une jolie couverture, ou si la bibliothèque par exemple a fait un truc pas mal et qu’ils ont besoin d’une affiche. Après je fais de la communication temporaire auprès de la population. Par exemple en ce moment on fait de grands travaux, donc on a fait une lettre pour expliquer le but et notre démarche, et je fais aussi le côté organisation, par exemple si on fait une réception, c’est moi qui vais gérer la mise en place, je serai en lien avec ceux qui font l’apéritif.
À l’agglomération pour le coup c’est vraiment plus porté sur le côté politique. Il y a un service communication qui fait toute la communication institutionnelle, un peu comme je le fais à la mairie, qui fait des affiches, des courriers, des communiqués de presse, qui fait des tracts, qui met à jour le site, et moi je gère la communication politique, donc mon but est que mon président et les élus de l’agglomération soient connus, et qu’on comprenne que derrière ce qu’ils font il y a de la politique. Donc du coup je m’occupe des réseaux sociaux du président, et bientôt de ceux de l’agglomération, j’écris ses discours, je fais ses éléments de langage aussi. Donc par exemple dès qu’il va dans un endroit je demande au service à ce qu’il m’envoie des notes, et moi je lui tourne le message avec un contexte et dans lequel je donne des propositions politiques sur lesquelles il peut intervenir. J’écris ses éditos, et je fais en sorte que beaucoup paraissent, et je discute avec lui de la manière dont il peut faire des conférences de presse, ou pas, et de la manière dont il présente toute sa stratégie un peu politique : on a un problème, comment le tourner à notre avantage, ou à l’inverse, quand on veut communiquer sur quelque chose, on le fait à quel moment, etc… Enfin voilà. C’est très varié à l’agglomération, plus que sur une mairie où c’est assez structuré.

 

Quel parcours scolaire as-tu suivi ?

 

Alors, on parle du Bac ?
Oui on a qu’à commencer par ça.

 

Du coup j’ai fait un Bac S sciences de l’ingénieur à Carcassonne. Après j’ai fait un BTS communication à Perpignan, qui s’appelait « Communication des entreprises », qui il me semple s’appelle désormais juste « communication ». Ensuite j’ai fait une L2 et une L3 à Paul Valéry qui s’appelait « Communication, nouveaux médias et médiation culturelle et numérique » je crois, en tout cas c’était quelque chose dans ce style. Et donc après j’ai fait un master en sciences politiques à l’université Montpellier 1, donc à la fac de droit, où j’ai fait ma M1 en science po, c’était général, et j’ai fait mon master pro, donc mon M2, c’était « Métiers des études et du conseil ». Donc c’était « études », avec une grosse partie sondage, et « conseils en communication » auprès des collectivités.

 

As-tu déjà eu des expériences, comme des stages, avant tes métiers ?

 

Oui, alors en BTS j’ai fait des stages mais c’était assez « petit » tout compte fait, quand je vois ce que j’ai pu faire après. Donc j’en ai fait un au comité départemental du tourisme, qui maintenant s’appelle l’agence départementale du tourisme. Après j’en ai fait un au théâtre de Narbonne aussi, au service communication. Ensuite j’ai fait un stage en permanence parlementaire, auprès de Jean-Claude Perez, Député de la première circonscription de l’Aude, mais c’était relativement court, quelque chose comme trois semaines ou un mois je ne sais plus trop bien. Et après par contre j’ai fait un gros stage de six mois, c’était mon stage de fin d’étude, dans une agence de comm à Arles, qui était une agence spécialisée qui travaille beaucoup avec les petites communes. L’esprit de la boîte était que toutes les collectivités ont besoin de communiquer, le problème c’est que les grosses agences un peu Parisiennes sont hors de prix, et que les communes pensent qu’elles ne peuvent pas se les payer, et que du coup ce n’est pas pour elles alors que c’est faux. Donc elle, elle travaille beaucoup avec les petites communes dans les milieux ruraux et elle montre qu’avec 500€ tu peux avoir un document, avec les frais d’impression compris, et qui est monté intelligemment. Donc on a fait tout ce côté là, et quand j’y étais c’était la période des élections municipales, donc on a fait pas mal de campagnes municipales dans des petits villages de 1000 habitants, voir moins.

 

Qu’est-ce qui t’as donné envie de travailler dans ce domaine là ?

 

Alors quand je suis arrivé en BTS en fait, je voulais faire plutôt de l’événementiel. Je voulais organiser des concerts, faire de la comm vraiment culturelle, ce qui me plaisait, donc j’étais plutôt partie pour faire cette chose là, sauf qu’entre temps je me suis beaucoup intéressée à la politique, je me suis engagée, et du coup c’est venu assez naturellement, je me suis intéressé à la façon dont on communique et on peut faire de la politique en même temps. Et en fait ce que j’ai trouvé et que je trouve super intéressant c’est que tu peux avoir deux villes identiques, qui mettent en place deux actions identiques par exemple, et la manière dont tu vas l’expliquer aux citoyens sera différente. Et donc tu peux avoir une ville où ça va être super bien accueilli, parce que tu vas bien leur expliquer pourquoi c’est bien, et tu vas avoir une ville ou il n’y aura pas beaucoup de pédagogie avec une comm qui ne sera pas très bien organisée, et les gens vont trouver ça totalement nul, et pourtant c’est le même projet et le même but, et c’est ça que je trouve fou, et je me dis que c’est utile.

 

Tu m’as dit tout à l’heure que tu travailles seule à la mairie. Es-tu autonome dans ton travail ?

 

Oui, à la mairie je bosse seule mais il y a un élu qui est chargé de la communication qui est très présent, ce qui n’est pas tout le temps le cas, mais du coup il travaille beaucoup avec moi, il passe au moins tous les deux jours, il passe une heure ou deux pour voir qu’est-ce que j’ai pu faire, et donc ça m’aide beaucoup.
Et donc à l’agglo je bosse toute seule mais je suis en lien avec les autres membres du cabinet, avec le service comm, pour pleins de choses. Par exemple si j’ai besoin de photos je vais aller voir le service et leur dire « j’ai besoin d’un photographe pour faire des clichés sur cet événement là », ou si j’ai besoin d’infos sur l’eau parce que le président doit intervenir sur ce thème, moi ce n’est pas ma spécialité donc je vais aller voir le chargé de mission qui s’occupe notamment de l’eau et vais lui dire « qu’est-ce vous avez à me dire sur l’eau, sur quoi faut-il faire attention… ? ». Donc je suis toute seule à mon poste mais je suis souvent amenée à travailler avec d’autres personnes.

 

Tes deux métiers font partie du même domaine, mais existe-t-il des similarités ainsi que des différences entre les deux ?

 

Oui, il y a des choses qui se rejoignent, parce qu’il y a toujours le même but, cette démarche d’explication aux citoyens, mais pas au même niveau. Une mairie c’est assez petit donc t’as une manière de communiquer qui est assez différente. Moi des fois j’aimerai faire vraiment un truc très très politique, et des fois je suis freinée parce qu’à un niveau si petit les élus ont un peu peur de dire « mais non, il ne faut pas embêter les gens avec de la politique », alors que l’agglo c’est plus simple, c’est différent. Et après il y a aussi les élus avec qui je travaille. Le maire de Villemoustaussou il est pas du tout pareil que le président de l’agglomération. Par exemple je m’en rend compte quand je leur écris les discours, ils sont totalement différents, parce que je sais qu’ils ne pensent pas tout le temps forcément pareil, c’est pas les mêmes mots, et c’est aussi s’adapter à chaque fois à la personne pour qui tu travailles. Même si les supports sont les mêmes, et aussi pour les dispositifs mis en place, mais ils ont à chaque fois une essence qui est différente.

 

Comment s’est déroulée la transition entre la sortie du circuit scolaire et l’entrée sur le marché du travail ?

 

Après avoir fini mes études j’ai directement travaillé à Paris dans une organisation politique. Par la suite, j’ai passé 8 mois sans travailler. À l’époque je n’avais pas forcément le temps, c’était un peu compliqué en plus étant donné que j’ai été élue conseillère départementale à ce moment là, donc je me consacrais plus à mon travail d’élue. Donc finalement ma transition s’est plutôt bien faite, j’ai eu de la chance.
Mais dans l’ensemble j’ai eu pas mal de gens dans ma classe qui ont eu une transition qui s’est bien faite. Tout ceux qui sont partis dans les sondages et les études, et qui étaient pris à quitter leurs villes, n’ont pas eu de soucis de ce côté là.

 

As-tu des projets sur du court, moyen ou long terme dans ton travail ?

Question reformulée en : Est-ce que tes projets sont préparés à l’avance ou cela vient-il au compte-gouttes ?

 

Pour la mairie oui, j’ai des projets que je prévois au long terme, comme l’application. Mais après c’est un peu particulier parce que bientôt je vais passer à temps plein à l’agglomération donc avant de partir je veux boucler tout ce qui a besoin de l’être. Donc par exemple là je travaille déjà sur le document de mi-mandat qui est prévu pour mars 2017, mais il est déjà presque bouclé ; le côté maquettage est fait, j’ai déjà commencé à rencontrer les élus pour faire leurs bilans avec eux, et rédiger pas mal de pages, j’ai déjà demandé au maire les questions qu’il voulait abordé… donc ça par exemple c’est quelque chose qui se fait, du moins qui est prévu, comme les magazines de la mairie ou je sais que j’en ai un chaque trois mois qui sort, ce qui veut dire que je dois réfléchir à ce que je veux y mettre dedans, prendre contact avec l’imprimeur… Après il y a des choses qui sont imprévues, style demain je peux avoir un élu qui va me dire « Dans trois semaines j’organise une réunion avec une assoc et il faut communiquer là-dessus. » Donc pour ça il faut que tu arrives à te caler parce que c’est de l’imprévu.
Et à l’agglomération c’est un peu pareil. On est quand même un peu portés par l’agenda politique, on est en conseil d’agglo donc ça veut dire que les sujets sur lesquels on communique ça tourne à peu près sur ce qui va être voter en conseil. On a aussi une vision … enfin on a une feuille de route, et je sais très bien qu’aujourd’hui c’est un certain nombre de choses à faire. Donc pour l’instant je fais ce qui doit être fait au jour le jour, et pour plus tard je sais qu’il va falloir que je mette en place par exemple mes trois articles de presse par semaine dans les petits villages qui parlent de l’agglomération. Pour l’instant ce n’est pas fait parce que je n’ai pas le temps de rentrer en contact avec tous les correspondants mais ça sera un projet sur lequel je compte travailler dans les futurs mois. Donc à l’agglo on a l’impression qu’on voit peut-être moins loin, ce qui est peut-être signe que ce n’est pas si bien géré que ça. C’est-à-dire qu’aujourd’hui par exemple je suis en train de travailler sur un retroplanning et c’est pas bon, parce qu’on devrait pas se dire chaque mois « Bon le mois prochain sur quoi on communique ? ». Aujourd’hui c’est le cas et en fait il faudrait qu’on arrive à se dire que dès janvier voilà on sache ce qu’on fait sur l’année, ce mois-ci par exemple on travaille sur les énergies renouvelables, le mois d’après sur notre rentrée culturelle …

 

Quels sont les aspects positifs et les inconvénients des deux métiers ?

 

Alors je pense que ça va assez se rejoindre. Pour les aspects positifs … je trouve que c’est assez changeant, parce que ce qui est chouette c’est que tu fais jamais les mêmes choses, et ça t’oblige en plus à te renseigner et apprendre pleins de choses sur des sujets divers. Par exemple sur l’agglomération la dernière fois j’ai dû faire une note sur le BTP parce que je devais rédiger la note pour savoir ce qu’il y avait à dire là-dessus. Et moi sur le BTP j’y connaissais rien, du coup ça t’apprend pleins de choses, c’est jamais pareil. Ou à la mairie j’ai dû écrire des articles sur le PLU, le plan local d’urbanisme qui est en train d’être révisé, et moi j’y connaissais rien du tout, je savais pas qu’est-ce que c’était et en quoi ça consistait, et maintenant je suis au point sur le sujet.
Après il y a aussi le fait que tu collabores avec des gens, donc c’est chouette, parce que tu te sens rarement seule. Les inconvénients c’est aussi que tu travailles avec des gens et que des fois il faut que tu te fasses violence pour être gentil avec eux même s’ils t’énervent, que tu as d’autres choses à faire, et c’est pas toujours facile, parce que tu peux pas leur dire « laissez-moi réfléchir, laissez-moi écrire et laissez-moi faire mon métier ». Et après y a aussi un autre truc qui pour moi est dur c’est qu’il faut accepter souvent de travailler dans l’urgence, ce qui veut dire qu’il faut accepter de se dire que ton document il n’est pas parfait. Je prends mon exemple quand j’ai travaillé dans mon organisation politique, où j’étais responsable de la communication, j’avais une heure pour écrire un communiqué de presse et réagir sur une actualité, et tu sais dans ces moments là qu’il n’est pas parfait ton texte. Mais faut se dire à un moment « bon écoute c’est pas possible de tout bien réussir, le plus important c’est que mon message soit là, et que même si ça pourrait être dit plus joliment ou plus clairement, il faut le faire partir ». C’est un peu comme ça sur beaucoup de choses.

 

Et enfin quels conseils donnerais-tu à des étudiants en communication ?

 

Alors moi vous voyez je ne l’ai pas fait, mais peut-être si vous avez le temps, d’intégrer des associations qui vous plaisent ou de travailler sur la comm, sur des petits projets, je pense que ça peut vous montrer déjà une idée de ce que ça peut être. Après je pense aussi que c’est de pas se laisser influencer par les grandes boîtes de comm et l’envie absolue d’aller vers ce genre d’agences privées ou de gros centre de communication, parce que tout compte fait tu pourras avoir peut-être un salaire moins élevé mais tu auras plus de libertés, tu seras plus dans des structures qui seront plus petites et peut-être moins tape à l’œil, moins reconnues, mais qui te permettront de mieux travailler, autant pour ton entreprise que dans ton travail, avec certaines de tes conditions.
Et aussi s’intéresser à l’actualité, suivre. Il y a pleins de campagnes de comm chouettes qui sortent et voir. Moi par exemple je m’intéresse à la communication territoriale donc je suis de près une agence qui montre ce que les collectivités peuvent faire en terme de comm innovante, etc… Donc je pense qu’aujourd’hui il y a pleins de moyens pour s’informer. Et après je sais toujours pas si tous les auteurs qu’on m’a fait étudier me servent aujourd’hui mais j’ai l’impression que si. Par là j’entends que j’ai toujours pas trouver le chemin qui fait que toutes les grandes théories qu’on a pu apprendre sur la sociologie, la manière dont se comportent les gens ou dont ils reçoivent les messages, ça me paraissait très obscur quand je les étudiais, et tout compte fait maintenant je dirai qu’avec mes mots à moi et mes idées à moi je le comprends, et je pense que ça m’aide. Enfin tu vois j’ai l’impression que ce qui me paraît logique, il y a des gens qui sont loin de tout ça. Je sais pas, ils sont loin de réfléchir à la manière dont le message est apporté, et à mon avis c’est parce qu’on a dû me l’apprendre.

 

Très bien. Merci beaucoup Chloé pour ton interview complète. On t’enverra le résultat écrit et travaillé le plus vite possible.




 

Ça marche. Bonne soirée à vous.

 

Interview réalisée par Thoueni Soidafia et Mohamed Bellarbi.

Interview de Camille Jaunin, rédacteur en chef à Radio Campus Montpellier, réalisée par Guillaume Jouglard

mardi 15 novembre 2016

radio-campus-montpellierTout d’abord, merci de nous accorder de votre temps pour cette interview. Et nous sommes donc des étudiants en Licence1 Information Communication à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Cette interview s’inscrit dans le cadre d’un cours et d’un projet personnel personnalisé. Nous interviewons donc Camille Jaunin, rédacteur en chef à Radio Campus Montpellier.

Avant de démarrer cette interview, donnez-vous nous l’accord d’enregistrer cette interview et la retranscrire sur un blog?

Je suis tout à fait d’accord.

Parfait, alors l’interview peut commencer.

Dans un premier temps, pouvez vous vous présenter ?

Tout à fait, écoutez je m’appelle Camille Jaunin et je suis le chargé de rédaction de Radio Campus Montpellier.

Est-ce que vous pouvez également nous présenter Radio Campus ?

Bien sûr, alors Radio Campus Montpellier, donc comme on l’entend fait partie du réseau « Campus France », c’est une radio associative, qui brasse à peu près 120 bénévoles par an, donc qui se renouvèlent chaque année entre ceux qui restent et ceux qui partent, et six salariés, dont je fais parti. Radio Campus c’est donc une radio qui a une visée étudiante évidemment par le fait que ça soit Radio Campus Montpellier, donc de s’intéresser aux Campus, aux UM, et aux différents choses qui relèvent du monde étudiant, après c’est une radio qui est assez réputé pour sa qualité musicale aussi, qui est uniquement indépendante,en ne diffusant aucune publicité, mis à part les bandes annonces de nos propres émissions, avec une majorité de Rock, mais aussi du Hip-Hop, du Rap, on à même une émission de musique classique, du moment que c’est indépendant. On ne passe du Lady Gaga par exemple. Et nous avons donc des émissions assez variées, toutes tenues par des bénévoles, à part moi qui suit salariés et en service civique ici, mais toutes les autres émissions sont tenues par des bénévoles, que ce soit des émissions de sport, des émissions de musique, et pleins d’autres choses. De plus nous on émet 24h/24 sur le 102.2, avec donc 24h d’antenne.

Vous êtes donc chargé de la rédaction, pouvez vous nous expliquer en détail en quoi cela consiste et quel est vraiment votre rôle au sein de cette radio ?

Alors, chargé de communication ici, c’est une autre manière de dire rédacteur en chef, et chargé de rédaction c’est le titre exact inscrit sur mon contrat avec Radio Campus. Et donc le chargé de rédaction a pour but de tenir une émission quotidienne à l’année, qui est la matinale, qui se déroule de 8h à 9h en direct tous les jours, et en fait de faire en sorte que cette émission tienne debout ; c’est-à-dire recruter une équipe de bénévoles, parce que toutes les équipes sont bénévoles, avec une équipe différente chaque jour. La matinale se déroule du lundi au vendredi, parce que le week-end c’est repos faut pas déconner (rire). Mais il faut donc tenir une émission d’une heure avec du contenu, c’est-à-dire du reportage, de l’interview, de l’information, des chroniques, de la musique aussi et en fait de gérer cette émission c’est son travail principal. Le reste est qu’il travaille aussi pour la radio donc, former les gens aussi principalement que ce soit au journalisme, donc à la chronique, ou à l’interview, ou même au flash info, mais aussi former des gens en technique , c’est-à-dire leur apprendre comment on réalise une émission et après de gérer les différents partenaires de la radio, les gens avec qui on est en contact, que ce soit de l’événementielle ou que ça soit même des groupes de musique, ou d’autres personnes, etc. Donc ce qui fait, en fait que, mon rôle exact c’est que je lève tous les matins à 6h, à 8h je fais l’émission d’une heure en direct, je gère les chroniqueurs, leurs chroniques, leurs flash infos, leurs interviews, je suis là en fait pour regarder avec eux que tout ce passe bien, et j’écris moi aussi, je choisis la playlist, je choisis l’invité, et on mène l’interview ensemble. Bref je gère mon équipe simplement, et la ligne éditoriale de l’émission et ensuite le reste de la journée je travail pour mettre en place le reste de la semaine, ou l’émission du lendemain et ce genre de chose.

D’accord. Alors je vais rebondir sur ce que vous avez dis tout à l’heure sur le fait que Radio Campus soit une radio indépendante. Aujourd’hui on accuse les grandes radios, de passer seulement ce que les Majors leurs donnent et de passer du « commercial» ,et donc de mettre de côté les artistes indépendants. Donc vous, vous êtes basés que sur des artistes indépendants ?

À Radio Campus on est basée que sur des artistes indépendants, les radios on va dire commerciales, comme tu l’as très bien dit, eux, ont des contrats, ce qui leur permet aussi d’avoir des salaires plus élevés, et en soit tant mieux pour eux, ce sont des contrats avec les Majors, qui sont ceux qui contrôlent vraiment la musique et qui décident de ce qui passe. C’est vrai que dans des radios professionnelles par exemple un animateur n’a pas le contrôle de la musique qu’il passe, il y a des programmateurs musicaux qui sont prévus pour ça, et qui disent « tu vas passer ça ou ça, parce qu’on a des contrats avec eux, parce que c’est l’artiste qu’on veut promouvoir à ce moment là ». Nous en tant que Radio associative, on a cette chance, qui est pour moi absolument fabuleuse, de pouvoir vraiment choisir de ce qu’on passe, on a quelqu’un qui est engagé pour ça, qui est notre programmateur musical, qui lui est engagé pour écouter vingt albums par jour, il est complètement épuisé mais il fait quand même un boulot génial, et de passer absolument ce dont il a envie. Moi même dans mon émission c’est moi qui choisis la musique, même si, oui, il faut que ça rentre dans la ligne de la radio, et je vais justement pas passer quelque chose de commerciale, sous peine de me faire arracher les yeux par le programmateur musicale, mais on a cette chance là de pouvoir mettre en avant ce que, nous, on juge bon. On est pas tenu par des contrats quelconques, de passer certains artistes. On reçoit beaucoup d’albums, de petits labels indépendants en disant « Bonjour on aimerai promouvoir ça, est-ce que ça vous plait ? ». On passe, vraiment, ce qui, nous, nous semble bon. Ce qui correspond à notre antenne, qui à couleur maintenant depuis un sacré moment. À titre personnel, moi ça m’a permit de tripler ma bibliothèque musicale en un an, et de découvrir énormément de choses. Et ça, pour moi, c’est aujourd’hui très important, et malheureusement c’est vrai qu’aujourd’hui les Grandes radios, pour x et x raisons ; et on peut râler, on peut dire que c’est pas juste, mais en même temps c’est aussi comme ça qu’ils se font de l’argent, n’ont pas cette chance là, c’est vrai.

Mais alors est-ce que pour vous, le fait de ne pas passer de musiques indépendantes, c’est faire de la mauvaise radio ?

Alors, est-ce que c’est de la mauvaise radio ? Oui et non. D’un point de vue personnel, de mes goûts, je vais vous dire oui c’est mauvais, parce que ça ne me plaît pas, c’est de la soupe et que c’est de la musique créée pour moi, que c’est de l’artificielle, il n’y a pas vraiment d’implications artistiques, il n’y a pas de recherches, il y a juste quelque chose qui a été fait par des gens qui ce sont se sont dit « qu’est-ce qui marche bien en ce moment ? », donc il vont créer un espèce d’hybride absolument parfait. Après à savoir si c’est de la mauvaise radio, ou pas, on est malheureusement dans un système qui est un peu contraint par ce genre de choses, contraint par l’argent aussi notamment et on est dans un système où les artistes ne sont pas forcément rémunérés à leur juste valeur puisque c’est les Majors qui s’en mettent pleins de poches, et on les embrasse très fort d’ailleurs, mais j’ai pas vraiment envie de dire que c’est de la mauvaise radio, parce qu’ils ont plus vraiment le choix aujourd’hui. C’est un système que d’autres ont mit en place et maintenant pour le changer c’est très compliqué. Je pense que n’importe quelle personne qui est engagée dans une radio avec un tout petit peu de conviction se fait très très vite écraser. Donc c’est pas de la mauvaise radio, c’est la système en général de la radio qui est un petit peu mauvais, en tout cas celui de la radio professionnelle, je pense.

Très bien. Et donc aujourd’hui quelle est réellement la ligne éditoriale de Radio Campus ? Quels sont ses objectifs ? Au niveau de la programmation musicale et des émissions ?

Alors d’un point de vue musical, c’est vraiment de pouvoir faire découvrir des artistes et de passer seulement de la bonne musique, alors après la bonne musique c’est très subjectif mais en tout cas de la musique que nous on considère bonne et qu’on espère, nos auditeurs apprécient. Mais de pouvoir essayer de découvrir un maximum de chose, de quelqu’un qui fait 20 vues sur Youtube mais qui est excellent, on va justement le programmer puis le passer pour que un ou deux ou trois ou quatre ou on ne sait pas combien, se disent « Tiens c’est cool ça, c’est quoi ? » et ce mettent à l’écouter. Après d’un point de vue émission, le but, comme on est une radio associative, entre guillemets on a pas spécialement de contrats, à la différence des radios professionnelles. Par exemple France Info, doit faire de l’info, donc tous les quarts d’heures il y a un flash info parce que c’est dans leur contrats. Nous on choisit un petit peu notre but et notre but c’est de donner la chance à des gens qui ont simplement envie de faire de la radio, d’ouvrir les portes pour qu’ils puissent apprendre, soit à mener une émission, soit à faire une chronique, soit à parler aussi de quelque chose qui leur tient à coeur, que ça soit une émission de sport, ou de musique, comme je disais, ou même une émission de politique, on va leur donner cette chance là pour pouvoir constituer une antenne qui est à la fois, le niveau le plus haut possible dans l’associatif, mais aussi la formation vraiment de ce genre de personnes. Après notre but général, ça serait de pouvoir devenir une vrai radio privée on va dire, mais pour ça, à part si un millionaire vient nous voir et nous dit « C’est super ce que vous faites, je vais vous subventionner », et il en existe des radios qui ont réussit comme ça et notamment aux Etats-Unis et qui peuvent passer ce qu’elles veulent comme musiques, justement, parce qu’elles sont soutenus, mais notre but c’est de se professionnalisé un maximum, arce qu’il y a beaucoup de radios associative dans notamment dans l’Hérault, et donc de on essaye de pouvoir être une bonne antenne, une antenne qu’on a envie d’écouter, que ce soit à la fois pour la qualité des programmes, ou la qualité de la musique, tout en ce disant, que, ce ne sont pas des gens qui sont payés pour faire ça. Ce qui emmène aussi pour moi un plaisir, complètement différent, à l’écoute j’entends. Dans le sens où quand tu écoutes des émissions d’une autre radio, les types c’est leurs boulot, et ils le font très bien c’est pas la question, mais nous c’est du plaisir qu’on transforme en travail. Et à l’antenne, en tout cas pour moi c’est radicalement différent.

Et en France des radios privées et indépendantes, du moins n’étant pas aux crochets des majors ça n’existe pas ?

Si ça existe. il y en a quelques unes. Mais elle s’en sortent comme elles peuvent. Dans le sens où c’est pas du tout qu’elles font du mauvais contenu, très loin de là, il y a énormément de radio privées et associatives qui font du très bon contenu. C’est juste que, on se débrouille un peu comme on peut pour survivre. Nous on est un association qui a six salariés. C’est énorme pour ce genre d’association et on est extrêmement content, parce qu’on s’en sort bien. Mais voilà, parce qu’on est soutenu, du fait qu’on soit du réseau Campus, les UM nous soutiennent aussi, financièrement. Ce qui nous permet d’acheter du matériel. Ce qui nous permet de rémunérer nos salariés. Et du coup si on a des salariés, ça nous permet d’avoir un travail mieux fournit. Parce que, si je reprend le travail de notre programmateur musical qui lui est en CUI-CAE, donc pas encore en CDI, mais lui tout le travail qu’il abat, pour rien c’est pas possible. Ça lui prend toute la journée, ça lui prend la vie quoi, c’est son travail. Donc si on rémunère nos salariés ils vont pouvoir faire leur travail. Il en existe pleins de radios privées, mais il y en a une qui ferme tous les ans, si c’est pas plus, parce que malheureusement, ça ne tient qu’à une chose et c’est l’argent, et c’est un peu triste à dire, parce qu’il peut y avoir le meilleur contenu du monde, sauf qui si il y a personne derrière pour soutenir derrière, les auditeurs sont très contents, mais les auditeurs vont pas payer, c’est pas le but. Donc c’est un peu compliqué.

Et est-ce que vous pouvez faire le rapprochement entre le développement d’internet et le fait que les radios indépendantes, et même les radios privées, n’ont plus autant d’impact, et qu’aujourd’hui des nouvelles radios n’arrivent plus à exploser ?

Alors je pense que en général, tous les médias dit un peu classique, télé, radio, journaux, etc, ont complètement loupés le coche d’internet, quand ça explosé, quand il y a eu l’explosion de la bulle d’internet en 2006-2008 enfin pour moi en tout cas, ils ont complètement loupés le coche parce qu’ils se sont dit « c’est quoi ce machin, nous on s’en fiche, on est installé, on est bien on est tranquille » , notamment la télévision qui avait un pouvoir vraiment incroyable et qui n’a pas vu ce contre pouvoir se lever. Après, aujourd’hui ces médias se rattrapent comme ils peuvent, nous on émet sur fréquence 102.2 aux alentours de Montpellier, mais grâce à internet on émet dans le monde entier, si on a envie on va voir le streaming. Je peux comprendre après que ce soit pas le réflexe logique, parce qu’il faut pas oublier que sur internet, pour moi, on a tout ce qu’on veut à la demande. Tu cherches un groupe ? Tu le trouves. Sur Youtube, Deezer, etc, tu le trouves sans problème. La radio c’est autre chose, tu vas écouter des choses, et il y a peut-être des choses qui vont pas te plaire, tu vas peut-être entendre des choses et tu vas te dire «Non ça ça me fait chier, j’ai pas envie d’écouter ça». Il faut être dans une volonté de découverte. Et internet à emmené une volonté de découvrir, parce que tu peux tout découvrir sur internet maintenant, notamment pour la musique c’est génial, mais d’une autre manière. Spotify s’en sort bien par exemple parce qu’elle te propose des choses en accord avec tes goûts, parce qu’elle a regardé tes goûts, elle te dit « Ah tu as écouté ça, alors écoute ça, ça pourrait te plaire », quelque chose que nous on peut pas faire par exemple ou que les radios peuvent pas faire. Donc pourquoi ça explose pas ? Je pense que les demandes qu’on peut faire sur internet sont radicalement différentes de, nous, ce qu’on peut proposer. Mais il faut être dans cette envie là. Moi avant de faire de la radio j’écoutais énormément Radio Fip, pour découvrir aussi des trucs, puis il y avait trois morceaux qui passaientt, je m’en tapais, puis j’en écoutais un je me disais « C’est cool ça, c’est chouette » puis après j’allais voir sur Youtube, mais je pense que le rapport est que, voilà, radicalement les médias classique ont loupé le coche, essayent de se rattraper comme il peuvent mais ont ratés l’opportunité de s’adresser aux personnes qui apprécient internet, et même les nouvelles personnes qui découvrent internet aujourd’hui, tout le monde qui se connecte pour la première fois que t’ai deux, trois, six ans, onze ans, douze ans j’en sais rien, n’ont pas ce rapport là parce que je pense qu’il y a aussi un côté un peu, et c’est triste à dire, mais un côté un petit peu vieillot du truc. Internet, c’est beau, c’est nouveau tu trouves tout ce que tu veux, comme tu veux tu arrêtes quand t’as envie. C’est pas la même chose avec un média classique. Il faudrait qu’on se renouvelle complètement, mais personne n’as encore trouvé comment faire. Quand on regarde aujourd’hui la télé, par rapport à internet, ça c’est complètement cassé la gueule (figure) parce qu’il y a aussi des nouvelles choses qui arrivent. Pour la télé, tu as par exemple Netflix qui a remplacé les MyTF1.vidéo.com mes couilles sur ton nez je ne sais pas quoi, bref, on a pas encore trouvé et il y énormément de gens intelligents et de créateurs qui font des choses fantastiques sur internet, pour justement remplacer des médias qui étaient un petit peu, c’est vrai ,poussiéreux. Et qui avaient surtout un pouvoir absolu. Et plus la télé que la radio.

Donc pour vous la radio ne pourra jamais rattraper ce retard ?

Je ne pense pas, enfin si je pense qu’elle peut rattraper ce retard à mon avis, je pense qu’il y a des choses qui peuvent plus, genre la télé, c’est bon, c’est mort, c’est finit, c’est plié et ça vraiment mourir dans pas longtemps. Mais on a dit souvent, par exemple que le fait de pouvoir lire de bouquins sur internet, ça tuerai le livre. Ça n’est jamais arrivé. Et je pense que la radio ça la tuera pas, mais est-ce qu’elle peut rattraper ce retard ? Je pense. Après c’est tellement beaucoup du hasard, quelqu’un qui écoute une radio, voilà, qui apprécie vraiment (qui kff sa race), va partager à ses copains, qui vont partager à ses copains, qui vont partager à ses copains. Mais pour moi c’est comme mettre une vidéo sur Youtube, enfin du moins créer du contenu sur Youtube, et non pas mettre une vidéo sans interêt (à la con), mais essayer de créer un bon truc. Tu as une chance sur douze mille que ça marche, mais si ça marche c’est fantastique. Je pense qu’il y a moyen de rattraper et sur beaucoup de choses, mais de donner un contenu de qualité, ça ne suffit plus. Il faudrait trouver quelque chose de complètement nouveau. Mais si je l’avais trouvé, je serai déjà riche, et ça serait bien (rire).

Très bien. Nous allons donc plus nous intéresser à vous désormais et à votre parcours, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous êtes arrivé à ce poste de rédacteur en chef ?

Tout simplement j’étais étudiant à Paul Valéry aussi, en théâtre, donc aucun rapport hein, sur le principe et j’avais une amie de ma promo qui m’a dit « Je suis présidente de la radio, tu devrais faire un tour, tu t’y amuserais bien », parce que ça faisait un moment que j’écrivais aussi déjà, sachant que j’ai mes deux parents aussi qui sont dans le journalisme, donc c’est un métier qui me tient énormément à coeur et que je connais plus d’un côté familiale que d’un côté travail. Et voilà, donc mon amie qui me dit « viens faire un tour », donc je viens faire un tour, et parce que c’est à peu près ça pour quasiment tout le monde dans cette radio, c’est qu’on leur a dit « viens voir » ou qu’ils sont venu et que la porte était ouverte et « coucou j’aimerai bien faire des trucs », ouais viens, on va voir ce qu’on peut faire. Et du coup je me suis d’abord retrouvé chroniqueur dans les matinales à écrire un texte, une chronique satirique et humour noir, toutes les semaines. (J’ai surkiffé ma race)J’ai vraiment adoré ça, du coup j’ai voulu rester, j’ai voulu faire plus, j’ai voulu m’investir un peu plus dans la vie de cette radio, donc j’ai commencé à connaître tout le monde, à connaître l’équipe, à parler avec eux, à sortir avec eux, à boire des coups avec eux aussi. Finalement l’année dernière j’ai voulu tenter ce poste de nouveau pour prendre le poste de chargé de rédaction, ça a été donné à un autre qui était là depuis plus longtemps que moi et qui est un excellent journaliste aujourd’hui. Du coup je suis resté mais comme j’avais envie de faire plus, j’ai dis je tiens une quotidienne, une midinale, tous les jours, complètement bénévolement, où là je faisais n’importe quoi, parce que j’étais pas payé, j’étais bénévole donc je faisais ce que je voulais, où c’était très délirant. Et en fait au début, je faisais ça uniquement parce que ça me plaisait, parce que je me marrais, parce que j’adore et j’adorais cet endroit, j’adorais l’ambiance de la radio et les gens qui y étaient. Parce que voilà, j’ai triplé ma bibliothèque musicale comme je disais, et déjà rien que ça c’est fantastique. T’as un programmateur qui te dit « Je vais t’envoyer quinze albums» ou, voilà, un autre rédacteur en chef qui te dit « on a ça », « on a vu ça en interview », « on va partir là » et il t’apprennent vraiment des choses, et c’est là, la différence pour moi de la FAC, qui n’est pas du tout une mauvaise chose, c’est juste une expérience complètement différente. Et du coup, en fait, ça m’a tellement plu, que j’ai voulu prendre plus de responsabilités et l’année dernière je suis devenu vice-président de la radio et donc je gérais un petit peu, pas dans l’ombre, mais les choses un peu plus contraignantes (chiantes), comme le budget, et j’ai aussi appris comment gérer une association, ce qui était aussi très intéressant. Et puis cette année j’ai retenté le poste et du coup je l’ai eu, parce que j’avais envie de faire plus, et j’avais aussi envie d’être payé. Alors bon très peu, parce que c’est aussi un service civique, mais j’avais aussi envie d’être payé pour mon travail et j’avais envie de faire parti de cette équipe de salarié, parce que j’avais juste envie de faire plus pour cette radio. Je pense qu’il y a un truc qui est très très important, alors qui ne se retrouve pas dans toutes les radios associatives, mais en tout cas, pour moi, celle là ici(c’est le cas ici), c’est que la plupart des personnes qui sont là, et qui sont là souvent, qui soit gèrent une émission, soit sont chroniqueurs, mais qui reste là en plus, qui tourne, avec qui on fume des clopes, etc, ce sont des gens qui sont tombés amoureux de cette radio. Et moi c’est clairement ce qu’il c’est passé, je suis tombé fou amoureux de cette radio, de ce qu’elle pouvait me proposer, de ce qu’elle pouvait m’apporter, de ce qu’elle diffusait, des gens qui y étaient, des gens qu’elle rassemblait, et c’était ça aussi qui était intéressant, il y avait des gens qui, voilà, moi j’étais en théâtre, il y avait ici des gens en communication, normalement on aurait jamais dû se rencontrer. Et on se retrouve un peu autour d’une passion commune et surtout c’est intéressant de faire avancer un projet aussi grand que ça, un truc qui nous dépasse tous complètement, et tout d’un coup, toi t’es étudiant, tu démènes comme tu peux pour manger et on te dit « il faut aller voir le CROUS parce qu’il faut renouveler leurs subventions » et à côté on te dit « tiens il y a ce concert, il faut que tu partes en interview, puis on a des places à faire gagner si tu veux y aller au Rockstore, c’est gratuit en plus » ou « il y a tel homme politique qui va être là, si tu veux être là, dans la régi, si tu veux regarder », enfin tous ces trucs qui sont absolument incroyable et qui te tombent dessus, et en plus ici les gens sont super, parce qu’on est surtout une bande de pote qui travaille ensemble aussi, même si on est des salariés, voilà, après le soir on va boire des bières, etc, et tout ça, ça m’a juste donné envie de rester ici et d’en faire d’autant plus. Il y a le côté, j’ai envie de gagner des sous, et de gagner ma vie avec ça, en tout cas d’essayer, et il y le côté, juste, j’adore être là, c’est génial et j’adore faire ce travail, même si je me lève tous les matins à six heures (bordel de merde).

Donc avant Radio Campus, vous n’aviez jamais touché à la radio ?

Jamais, jamais, jamais, en tout cas j’étais jamais passé derrière le micro, même si je connais un peu le monde de part mes parents journalistes entre guillemets mais de très loin. Je n’étais jamais passé sur un plateau, j’étais jamais passé derrière un micro, rien du tout.

Alors qu’est-ce qui vous a poussez à rester dans cette branche là ?

Parce que, moi le journalisme, c’est toujours un domaine qui m’a toujours énormément plu, enfin c’est un métier qui m’a toujours plus par le fait de mes parents qui me l’ont apprit. C’est juste que mon père qui est journaliste depuis quarante ans, et il m’a dit « vas-t-en, fais pas ça, parce qu’on est tous en train de mourir, laisse tomber, il n’y a plus aucune éthique, il n’y a plus aucune morale », et c’est son avis, mais j’ai voulu rester parce que oui c’est quelque chose qui m’intéresse pour mon avenir professionnel, mais aussi parce que je pense ne pas être trop mauvais là-dedans, et c’est plaisant (kiffant) de se dire « tiens il y a quelque chose dans lequel je suis pas trop mauvais », comme dans tout autre métier ou activité qu’on aime. Par exemple t’es bon en sport, bon voilà, tu vas faire du sport. C’est pas mon cas (rire). Et je pense, comme je l’ai dis, c’était tout ça mélangé au fait aussi que j’adore cet endroit et j’envie simplement envie d’y passer mes journées. Avant j’y passais mes journées parce que j’adorais être là, maintenant j’y passe mes journées parce que je travaille ici, concrètement. Et c’est ça qui m’a réellement donné envie. Après, le plaisir la première fois que je suis passé derrière le micro, la première fois que j’ai dis un de mes textes, je suis arrivé, j’ai dis «Bonjour,  je peux dire ce que je veux dans le micro ? » on m’a dit « ouais ouais essaye vas-y », et c’était plaisant. Puis moi j’aime aussi beaucoup écrire, et ça m’a aussi donné d’avoir la possibilité d’avoir un rythme de travail dans l’écriture, de faire une chronique par semaine, c’est énormément de travail, on s’en rend pas forcément compte, en plus moi je faisais de l’humour, mais d’autres personnes qui ont des choses très sérieuses comme des flash infos, ou autres, c’est un sacré travail, et ça te donne un rythme de travail qu’on a pas dans d’autres formations. Par exemple, quand tu es à la fac, et que tu as un devoir à rendre, que tu ne fais pas parce que tu as la flemme, et c’est bien légitime, mais donc du coup, voilà, tu fais autre chose, parce que ça ne te passionne pas, et si ça te passionne tant mieux. Mais là c’était quelque chose qui était profondément passionnant et géniale, et qui en plus me demandait des efforts. Et trouver du plaisir dans son travail, malheureusement, tout le monde n’a pas cette chance là aujourd’hui, et moi j’adorais faire ça, je me suis dis que j’aillais faire ça, tout simplement.

Vous aimez autant l’écriture derrière le micro qu’être animateur dans votre propre chronique ?

C‘est un plaisir différent. Gérer une émission c’est radicalement différent parce qu’il y a tout à gérer. Il y a l’équipe, il y a l’invité, il y a le machin. Parce que, quand tu gères ta chronique, tu fais ça, pas tout seul, parce que tu es avec l’équipe en plateau, mais voilà. Tu as « ta chronique ». Moi en ce moment je dois gérer les chroniques de tous le monde parce que je suis là pour les rattraper, je suis là pour leur donner des conseils, je suis là pour.. Pas pour leur dire « c’est nul se que tu écris », mais pour leur dire « c’était pas mal, par contre fais attention, là tu as eu une longueur, là machin », enfin.. ce matin encore j’avais une chronique d’un de mes chroniqueurs où on a fait un retour après et où je lui ai dis « attention, tu as perdu le rythme, là t’étais pas clair du coup l’auditeur t’as perdu etc. » Donc gérer les chroniques de tous le monde, gérer l’émission, gérer, comme je le disais la playlist, gérer toutes les intempéries qui peuvent arriver parce que, il y a un truc qui déconne, c’est toi qui doit le gérer, t’es en retard, tu as tout d’un coup un micro qui ne marche plus, tu as l’invité qui est pas là, donc tu as un quart d’heure de l’émission qui saute , donc il faut savoir quoi faire. C’est un plaisir complètement différent. C’est un plaisir qui est beaucoup plus stressant, et c’est de l’adrénaline presque. Je sais pas très bien comment l’expliquer mais il y a un côté vraiment.. Je sais pas. C‘est vraiment un plaisir, mais ce n’est pas la même chose que d’écrire, et de faire vraiment une chronique, et de prendre le temps d’écrire un texte, de le dire, de pas buter à l’antenne etc. C’est peut être le même plaisir du direct par contre, parce que les matinales se font en direct la plupart du temps. Enfin non. Tous le temps. Mais pas toutes les émissions, ici se font en direct. Il y en a qui se font en différées. Et le plaisir du direct est un petit peu pareil.

Est-ce que, dans dix ans, vous vous voyez toujours travailler dans la radio. Peut-être pas forcement Radio Campus, mais où vous vous voyez dans dix ans?

Ça fait loin. Travailler dans la radio, pourquoi pas. Ça sera plus une question d’ouverture. Moi, mon rêve, ça serait soit de mener une émission comme je l’entend mais ça c’est très compliqué, soit être payé pour écrire des bêtises de nouveau tu vois? Pour écrire un texte. Vraiment, comme il y a beaucoup de chroniqueurs qui le font aujourd’hui, bien ou mal, ça, c’est les goûts de chacun. Mais disons que le rêve c’est que dans dix ans, oui, j’aimerais bien être chroniqueur quelque part ou j’aimerais bien animer quelque chose, en tout cas dans le journalisme. Après dans la radio je sais pas. La radio c’est un endroit qui me plait énormément et un média que j’aime beaucoup, et je pense, sans penser qu’il ai un avenir faramineux, je pense qu’il est très loin d’être mort et qu’il ne mourra pas de si tôt. Ça tiendra le coup, ce ne sera pas le truc dominant mais ça tiendra le coup, et pourquoi pas, dans dix ans, travailler encore, en tout cas dans le journalisme, et dans l’écriture, ça c’est des choses, oui, je me vois bien faire ça dans dix ans, mais sur la radio, ou peut être sur un autre média, qu’il soit papier, qu’il soit, peut être internet, justement, ou en tout cas filmé. Pas télévisuel, parce que ça, ça va mourir.

Mais vous nous dites que vous voulez vraiment continuer à écrire. Est-que, pour qu’on comprenne mieux, vous pouvez nous dire qui sont vos influences, qui vous a influencé pour arriver jusque là, quand vous écrivez ?

Pour l’écriture? Moi j’ai toujours été un très grand admirateur de Pierre Desproges. Ça reste mon modèle. J’ai des souvenirs de quand j’avais onze ans, on faisait de grands « road trip » avec mon père, il mettait des CDs dans la voitures, parce qu’à l’époque on avait des CDs, il me mettait les CDs du « réquisitoire des flagrants délires », je les écoutais en boucle, je les apprenais par coeur parce que je trouvais ça tellement bien écrit. Donc en terme d’écriture en plus radiophonique, pour moi, c’était Pierre Desproges qui était, et qui est encore au dessus de tout. Après, les influences viennent de partout je pense. J’ai toujours aimé les « Monty Python », et là encore c’est que des trucs qui ont quarante ou trente ans. Aujourd’hui il y a énormément de gens, de choses que j’aime, j’aime beaucoup Gaspard Proust, je trouve qu’il écrit plutôt bien. Qu’est-ce qu’il y a encore ? Après, moi, je regarde beaucoup de choses sur internet parce que je trouve que les créateurs sont, maintenant, sur internet. Je trouve que Mathieu Sommet, par exemple écrit extrêmement bien sur « Salut Les Geeks ». Pas mal de trucs américains aussi que j’aime beaucoup et qui tournent aussi autour du jeu vidéo. C’est un peu dur de dire ses influences comme ça en fait je me rend compte, mais disons que, voilà, il y avait vraiment Desproges au dessus de toutes choses parce que moi j’adore la belle écriture. J’adore quand c’est bien fait, que c’est à mourir de rire. J’adore l’absurde, j’adore le noir, j’adore le cynique. J’ai toujours aimé ça. J’ai regardé, il n’y a pas longtemps, le spectacle de Jeremy Ferrari. J’étais pas très fan de Jeremy Ferrari à la base, puisque, « On ne demande qu’à en rire » ça m’ennuyait, et j’ai regardé son spectacle, j’ai été très surpris. Je me suis dit « en fait c’est pas mal se qu’il fait. Il écrit bien. » J’ai pas vraiment répondu à la question. Je suis désolé, je me suis un peu perdu.

Mais quand vous êtes en radio, est-ce que, dans les grands noms de la radio, il y a des influences ?

Aujourd’hui, pas vraiment. Aujourd’hui, pas des masses, il n’y a pas quelqu’un que je considère comme au dessus, un animateur phare. Moi, malheureusement, c’est que j’ai, en tout cas dans le monde du journalisme où de l’émission, j’ai plutôt des tendances d’il y a trente ou quarante ans. J’adorais les émissions de Bernard Pivot que je trouvais absolument fantastique, où tu avais Bukowski qui était complètement bourré en fumant sa cigarette, bref. Parce qu’il y avait cette liberté que j’aimais beaucoup. « Le tribunal du flagrant délire », « Le petit rapporteur », je trouvais ça fantastique. Aujourd’hui, malheureusement, pas vraiment parce que, pour moi, il y a une liberté qui s’est complètement perdu, maintenant tout est engoncé comme c’est pas possible, Il n’y a pas longtemps, on dînait avec Jean Pierre Coffe avec mon père, et il racontait à quel point lui, il avait fait beaucoup de télé, et beaucoup de radio, et il avait notamment fait un reportage sur la nourriture dans les prisons, et à l’époque, Najat Vallaud-Belkacem, qui s’occupait de ça, a écouté le reportage avant et a dit « non. ça, tu le passes pas ». Lui a répondu « déjà je t’emmerde, et je le passe ». Il l’a passé, et il s’est fait virer juste ensuite donc qu’on ne me parle pas de liberté de la presse. Et il n’y a plus ça aujourd’hui. J’ai l’impression qu’il n’y a plus ce côté . Maintenant il faut être très consensuel, il faut rentrer dans des cases pour que ça plaise à tout le monde, pour que ça soit « family friendly » comme on dit, et il n’y a plus le risque. On ne prend plus le risque. On ne fait que des choses qui sont sûres et certaines, et du coup, aujourd’hui, j’ai aucun exemple parce que, pour moi, il n’y a personne qui tient debout. En tout cas dans les grands médias généraux. Sur internet, il y a plein de gens qui tiennent debout et qui font, parce qu’ils sont plus libre. En tout cas pour l’instant. On espère que ça va durer, mais malheureusement, en radio, ou en télé, non. Non, aujourd’hui, il n’y a pas grand chose. Il y a des choses bien, mais il n’y a rien où je me dis « C’est génial! »

La radio et la télé c’était mieux avant ?

Ça fait un peu vieux jeu de dire ça, puis en plus c’est des époques que j’ai même pas connu. J’ai regardé ça en DVD, ou autre, ou en téléchargement complètement légal sur internet. Mais, je ne sais pas si c’était mieux avant, mais en tout cas il y avait plus de liberté avant. je reprend l’exemple des « Monty Python ». Quand ils ont fait se qu’ils faisaient à la télé, « Flying Circus », qui était fantastique. Une demi heure d’absurdité avant qu’ils fassent les films. Bon, on les connait beaucoup pour les films, il y a une interview d’eux, qui est à mourir de rire, où John Cleese, le grand dadais raconte que, quand ils voulaient faire leur émission, ils sont aller dans les bureaux de la BBC tous ensemble, ils ont été voir le programmateur, et ils ont dit « bon maintenant on veut faire une émission ». Puis le programmateur les a regardé, et il leur a dit « bon d’accord mais ça va durer combien de temps? -Oh ça on sait pas. On va voir. -Bon alors d’accord, mais est-ce qu’il y aura de la musique? -De la musique? On y a pas pensé. Peut être. -D’accord, mais ça va s’appeler comment? -Je sais pas. On en sait rien. » Donc c’était plus ou moins le pire interview, enfin le pire entretien d’embauche du monde, et le mec, à la fin, leur a dit « bon. Je vous donne treize épisodes, mais pas plus. » Il n’y a plus ça aujourd’hui. Personne ne va faire ça. Personne ne va voir des gens qui sont hilarant et va dire « Vous ne savez pas se que vous voulez faire mais… » Il n’y a plus ça. Donc, en même temps, je ne sais pas si c’était mieux avant mais, en tout cas, avant, il y avait une sacré liberté qu’on a carrément perdu. Oui, ça c’est clair et net.

Mais est-ce que vous la retrouvez un peu, à Radio Campus?

Ici oui. Ici c’est clair parce qu’on est pas tenu par des politiques. Déjà, nous on est une radio apolitique. C’est vrai que ça, je ne l’ai pas précisé. On est une radio apolitique, on est pas là pour dire « ce candidat il est bien » ou « ça, c’est bien ». Chacun a ses convictions, et chacun à le droit d’avoir ses convictions en plateau, et c’est d’ailleurs beaucoup plus intéressant quand il y a des convictions différentes, mais on est pas là pour promouvoir quelque chose, donc on a pas de pressions politiques, on a pas de pression de quelconque groupes qui pourraient nous contrôler, Bouygues, machin, tout ce que tu veux, on s’en moque. Et du coup, on est pas beaucoup payé, mais on s’éclate. C’est ça le truc. La liberté, pour moi, oui, elle est ici, c’est justement pour ça que j’en profite ces années là parce que je sais très bien que si je vais me diriger vers le journalisme, il y a un moment où je l’aurais plus. Et il y a un moment où je serais bien obligé de faire « bon d’accord. Je peux pas dire ça? Ah bon, mince ». Ici on est libre, et ça c’est bien.

Et est-ce que vous avez déjà eu l’occasion d’interviewer des « grands noms » ici, à Radio Campus ?

Alors oui, des grands noms? Par exemple, lors des élections, notre émission politique, qui s’appelle « parlons vrai », on avait reçu tous les candidats, un par un, les uns après les autres, dont Philippe Saurel, du coup, bien évidemment. Chaque semaine, on avait reçu un candidat, et finalement, on avait reçu tous les candidats en plateau, ce qui était assez génial, assez coloré aussi, c’était assez rigolo. Nous on était en régi, on se marrait comme des enfants. Moi, après, personnellement, comme grands noms, pas des grands noms que j’ai cité avant, mais j’ai des bons souvenirs, Chinese Man, c’était très agréable, je me suis fait pote avec un mec qui fait du webcomic que j’aime beaucoup, qui s’appel « Paka » qui habite à Montpellier, et qui est venu plusieurs fois en plateau. Grace à lui, j’ai pu avoir des youtubeurs que j’aimais bien, Sadpanda, Ginger, Ganesh2 aussi, enfin David Chabant, qui sont venu en plateau. Je crois que je me suis jamais autant marré de ma vie. Après, en tant que groupe, moi j’ai rencontré les Fatals Picards, j’ai interviewer les Fatals Picards, j’adorais ça quand j’avais quinze ans c’était assez chouette, moins maintenant mais les goûts ça évolue, MarK Lanegan qui est la meilleure découverte musicale que j’ai faite l’année dernière, qu’on a pu avoir en interview. Après, quand on est parti aussi, on était au « This is not a love song » à Paloma qui est un festival de musique où il y a plein de nouveaux artistes. Il y avait plein d’artistes que j’ai découvert, que j’ai reçu après en interview. Bon ça voilà. C’est des découvertes, mais pour moi c’est des grands noms parce que c’est des gens qui font de la très bonne musique, ou du très bon contenu, et que j’adore donc ça c’était des trucs absolument fantastiques parce que tu te retrouves devant des gens qui, qu’ils soient connu ou pas on s’en moque. C’est juste qu’ils font un travail que toi tu respectes. Tu te dis « ces mecs font quelque chose de génial, que ça soit en musique, que ça soit en humour, que ça soit même dans leurs convictions. Ils font un truc que moi j’adore. Et du coup je vais les rencontrer et leur demander comment ça se passe. Je vais leur demander à l’antenne d’une manière très « Oui.. alors.. comment vous en êtes arrivé là », puis après je vais aller fumer des cigarettes avec eux, et ça va être cool, puis on va discuter. Ça m’a permit de rencontrer ces gens là, et de pouvoir discuter avec eux. Et ça c’est génial.

Vous avez dit être passionné d’écriture mais est-ce que vous êtes également passionné par la musique ?

Ah oui. Complètement. La musique c’est une partie très importante de ma vie. C’est pour ça que j’adore cette radio. Parce que je ne peux pas être dans une radio où la qualité musicale ne me plait pas, à moins que je soit très bien payé. Mais oui la musique a toujours été plus ou moins très importante dans ma vie.

Vous pouvez nous donner quelques noms?

J’ai des accointances, je suis très classique rock, la base, les Rolling Stones, les Clash, et puis, ce qui est génial avec cette radio, c’est que j’ai pu découvrir pleins de nouvelles choses qui sortent aujourd’hui que personne ne connait vraiment parce que c’est pas les grands noms aujourd’hui. Là, dernièrement, j’ai acheté les derniers vinyles de Stupeflip, parce qu’avoir ça en vinyle, c’est quand même assez cool. Après Pink Floyd, ou les vieilles choses comme ça. Après, aujourd’hui, des grands noms, comme je vous disais, Mark Lanegan, qui est pour moi le meilleur album qui est sorti l’année dernière avec « Phantom Radio », « Cult Of Youth ». Qu’est-ce qu’il y a de bien? Dernièrement, les nouveautés, « Clutch », c’était vachement chouette, « Zombie » c’est cool aussi, mais voilà. Après, moi, j’essaye de passer de tout dans mon émission, qui est très éclectique. Ça me plait toujours, j’ai jamais passé un morceaux qui m’ennui. J’adore aussi, justement, manier l’écriture et la musique. J’adore les beaux textes Français ; Bashung, Arthur H, Brel. Bon, j’ai rarement passé du Brel parce que ça passe moyen à l’antenne. Stupeflip si on veut parler de beaux textes. Et voilà. Je m’intéresse à tout. A l’électro, avec Ratatat, même si le dernier album n’est pas terrible pour moi, je trouve. Rock, électro, j’aime tout. Bon, j’ai du mal avec la dubstep, ça par contre, c’est pas mon truc. Le reggae aussi. Mais sinon le Rap, le Hip-hop, plein de choses comme ça, et, ouais il y a plein de noms que je pourrais citer parce que moi aussi mon rôle c’est de passer quatre musiques tous les matins. Il y a quatre pauses musicales, et je n’ai pas envie de me répéter parce que ça serait nul, à contrario des radios professionnel qui, elles, sont obligés de passer plusieurs fois le dernier titre de Katy Perry, ou je sais pas qui. Moi, j’essaye de ne pas me répéter, donc quatre morceaux par jour. On a un petit contrat avec mon programmateur musicale, tous les lundi, lui, il m’envoie quinze albums que lui, il a trouvé vraiment très bons et qui vont peut être passer à l’antenne, il me les envois, puis moi après je prend ce que je veux, mais je découvre. L’un de mes travails, c’est vrai que je l’ai pas précisé parce que je considère ça comme du plaisir, mais c’est aussi mon travail, c’est d’écouter beaucoup, beaucoup, beaucoup de musiques.

Si vous deviez donner quelques conseils à un lycéen, ou un étudiant, ou même un collégien, qui souhaite se lancer dans la radio plus tard, qu’est-ce que vous lui conseilleriez ?

Alors, moi, je lui conseillerais d’aller voir les radios associatives. Pas forcement nous. N’importe qui. Une radio qu’il aime. Ça pourrait être, là, à Montpellier par exemple il y a Viva, il y a Langadoc, il y a l’écho des Garigues. Une radio qu’il aime, lui, déjà d’aller voir, parce qu’avec les radios professionnels il va se faire jeter à grand coups de pieds donc il ne faut pas y aller, pour l’instant. Mais aller voir une radio associative en disant « j’adore la radio, est-ce qu‘il y a moyen que je fasse quelque chose ». On verra, si ça se trouve il va tomber sur des imbéciles, j’espère pas, mais la plupart du temps les radios associatives sont ouvertes et on envie de ça. On envie d’avoir des gens qui viennent pour le plaisir. Parce qu’on est bien d’accord que tous les bénévoles qui travaillent dans les radios associatives, se sont des bénévoles. Donc les radios sont friandes de ça, de dire « t’as envie de faire un truc, t’es motivé? Alors franchement viens on va te trouver un truc ». Et d’arriver soit en disant « j’écris » ou « j’adore la musique », ou « j’adore le flash info » ou des choses comme ça. « j’ai envie d’apprendre » et qu’il vienne après, s’il est un peu timide, parce que ça peu arriver. Ce que je lui conseillerais de faire c’est de voir un petit peu plus loin que ce qu’on nous propose aujourd’hui. Qu’il aille rechercher ce qui a été fait. Ça veut pas dire « se concentrer uniquement sur le passé », mais pour mieux comprendre comment on en est arrivé là aujourd’hui, je pense que le but ce serait qu’il regarde un petit peu l’histoire de la radio en général et qu’il trouve aussi, lui, ce qui l’intéresse, si ça se trouve, Desproges, ça va l’ennuyer. Et il aimera quelque chose de différent, mais je pense qu’il faut avoir une culture. Pas une culture du genre « oui je connais », ou « j’ai lu », « j’ai vu » etc, mais il faut apprendre de se qu’on voit, de se qu’on écoute pour pouvoir créer quelque chose de nouveau. Donc de voir se qu’il se fait aujourd’hui, d’écouter tout se qu’il se fait aujourd’hui, de voir se qui lui plait, et se qui lui plait, qu’il fonce. Ecris un texte, envoie le, enregistre le. Va faire quelque chose. Ça t’intéresse de faire de l’info, de faire du reportage, vas là bas. Vas leur dire « moi, ça ça m’intéresse », mais qu’il se bouge en fait. Ça fait un peu vieux de dire ça, mais qu‘il se bouge vraiment et il va trouver un truc. Alors ça ne sera pas professionnel, ce ne sera pas payé au début, mais c’est comme ça qu’on va commencer, et à un moment il y aura des gens qui vont lui dire « tu veux essayer? Ok on va essayer ensemble. »

Parce qu’à la radio il y a quand même beaucoup de débouchés en France?

Alors du débouché pour du professionnel, je pense qu’il y en a. Oui. Parce que de toute façon tu passes par la radio, forcément, après tu peux envisager la télé, tu peux envisager internet. Tu vas apprendre des choses qui, de toute façon, te seront utiles, parce que tu vas apprendre à gérer l’information. Même pas en fait, tu vas apprendre simplement à être réactif sur l’info. Du coup, à écouter l’info tous les jours si c’est ça qui t’intéresse, à écrire, à t’intéresser à d’autres choses, à voir ce qu’il se passe. Tu vas de toute façon apprendre. Et après, quoi que t’es envie de faire, que ça soit un blog ou autre chose, ça va de toute façon t’aider. Ça va de toute façon t’emmener une expérience. Moi, je pensais pas que ça allait m’emmener autant en fait. A la base, je me disais « je vais aller me marrer là bas. » Je me trompais. ça t’emmène une énorme expérience. Après, des débouchés, c’est pas parce que moi j’ai un poste ici que forcément, l’année prochaine, je suis journaliste quelque part et que je serai payer. Donc c’est aussi le tout de jouer entre plaisir, entre chance, entre culot aussi, et se qu’on a envie de faire un peu plus tard.

Si on devait un peu résumer cette interview, radio campus c’est donc une radio totalement indépendante, contrairement aux grandes radios commerciales, qui sont aux crochets des majors. Vous avez une totale liberté, il y a quelques salariés mais énormément de bénévoles. C’est totalement basé sur le bénévolat. Vous, vous êtes arrivé ici par hasard. Vous aimez l’écriture comme vous aimez la musique, donc c’est un peu les deux critères parfait pour la radio.

Est-ce que vous avez quelque chose à rajouter?

Non pas spécialement, je crois que tu l’as dit en général, c’est ça. Radio complètement indépendante et libre, ça c’est chouette, et, comme je le disais pour d’autres radios aussi, ou même pour d’autres médias, il y a pleins de gens qui sont passionnés d’autres choses, dont nous on est pas passionné ici, qui font du très bon travail, si jamais voilà ça intéresse qui que ce soit, qu’il y aille au culot parce que c’est comme ça que ça marche aujourd’hui. Mais nous, ici, on est cool. C’est cool ici, on est bien. Moi, ici, ce que j’ai trouvé c’est un travail, enfin c’était un rythme d’écriture, travail d’écriture, donc de me pousser dans mon écriture, d’avoir des retours aussi de personnes. Ça c’est vrais, je ne l’ai pas précisé, mais voilà, un rédacteur en chef à l’époque qui me disait « ça j’ai bien aimé, ça moins, etc ». Un plaisir de faire juste du direct, de juste faire de l’antenne, de gérer une émission. Un travail hyper stressant et qui demande énormément d’efforts mais qui est génial, et ça c’est rare pour moi, vraiment, qu’on arrive à mêler tout ça ensemble. Et alors une bibliothèque musicale, j’ai l’impression de nager dedans, j’ai même pas le temps de tout écouter tout ce que je reçois, et voilà. Et c’est vrai que je suis arrivé complètement par hasard ici, et finalement je me suis retrouvé rédacteur en chef parce que j’ai adoré ça, et je pense que n’importe qui, avec de la volonté, et du travail, peut le faire.

Très bien. On vous remercie encore.

Merci à vous

interview journaliste sportif MDT/PPP groupe 05

mardi 15 novembre 2016

Interview journaliste sportif MDT/PPP

Groupe : 05

 

Ventura Iago

Martin Hugo

Larousse Jolan

 

Nous avons pris contact avec un journaliste sportif indépendant de la région qui se nomme Alexis Martella afin de lui demander les clefs et les fonctions de son métier . Avant de le rencontrer nous avons préparés une liste de question sur le métier de journaliste et sur ses aventures en tant que tel. Nous nous somme entretenu par visio-conférence étant donné la distance géographique. Notre interview a duré au alentours dans 30 minutes. Ci dessous nous avons retranscit le dialogue entre le journaliste et nous.

 

Comment vous êtes venu l’envie du journalisme ?

J’ai baigné dans le milieu du football puis du basket de ce faite un jour j’ai croisé le journaliste qui entraînait l’équipe que je suivais et il m’as donné envie de faire ce métier, en fait j’ai toujours voulu écrire dans la vie , j’ai écrit un article puis deux puis trois et après j’ai continué et aujourd’hui ça fait la 20e année que je fais ça .

Avez-vous fait des études de journalisme?

Non , en fait j’ai commencé comme beaucoup commence , comme pigiste , c’est-à-dire on te paye en fonction de l’article  que tu écris .

Le souci c’est que ca n’est basé que sur vos compétences et vous êtes pas sûre que chaque mois vous aurez la même paye exact ?

Complètement et c’est pour ça que je fais les deux en même temps j’ai un travail et je suis aussi journaliste à côté .

Quel est votre travail sans être indiscret ?

Je travaille dans les gouttières en plastique pour redresser les dents.

Et du coup c’est quand même deux formations totalement différentes ?

En fait j’ai fait un an d’école de journalisme, et pour d’autres raisons j’ai abandonné ces études parce que je faisais plein de choses à côté  et c’était pas possible pour moi de continuer. Ce qu’il faut pour être journaliste c’est s’ intéressé à l’actualité , à ce qui se passe dans la région pour mon cas est au sport parce que j’aime le sport aussi, avoir de la culture générale et bien écrire, dans le sens de ne pas faire de fautes d’orthographe .
Par ce que si par exemple je couvre un match de foot et que je commence à faire des fautes d’orthographe ou même des fautes dans mes paroles  c’est pas très correct .

Est-ce que ça été plus compliqué de s’insérer dans le métier de journaliste vu que vous avez commencé comme ça?
Non pas du tout , parce que au départ j’ai couvert pas mal d’articles de sport comme le foot le handball le basketball mais au fur et à mesure j’ai couvert des articles de la vie locale .

Quel a été votre réaction lors ce que vous avez publié votre premier article  dans la presse ?

Pour vous dire la vérité j’étais fier de moi j’étais fier de me  voir dans le journal .

Ça doit être une grosse satisfaction personnel de savoir que son travail il est apprécié .

Vous êtes vous déjà fait refuser un article ?

Non , modifier des articles oui mais pas refuser jamais , pour te dire 80 % des articles que je fais il me sont commandées , cela veut dire que mon supérieur va me dire dimanche tu vas suivre la DH  FCSB (football club salon bel air) et tu vas les suivre et commenter le match .
Et les 20 % restant ,bon c’est le week-end et c’est des articles ou je vais parler de sujet que j’ai choisi .
Je propose  mon article et neuf fois sur dix il est validé et quand il n’est pas validé il y a deux raisons où il n’y a plus de place dans le journal ou ce n’est pas le moment de publier cela .
Et est-ce qu’il y a des entreprises spécialisées qui  sont chargés de recueillir vos écrits où vous vous adressez plutôt directement au journal par lequel vous souhaiteriez être publié ?

Non en fait  je travaille pour des journaux comme la Provence, le Régional, ainsi qu’à  trois journaux qui s’appellent le journal des Alpes le journal, le Journal Burons, et le journal du Pays Salone. Je travaille avec des maisons d’édition,  des journaux déjà établi.
Suite à cela est-ce que vous faites face a une concurrence puisqu’il doit évidemment y avoir plusieurs personnes qui travaillent sur les mêmes articles que vous ?

Évidemment,  mais lorsque   je sollicite les journaux, ils me font part de l’article de  l’événement qu’il souhaiterait  publier, et je me met du coup de suite au travail.
Par exemple la Provence des sports : L’année dernière j’avais le foot et puis cette année ils m’ont proposé de suivre le foot ainsi que le basket, cette année je couvre donc le football et le basketball. Le foot pour  l’équipe du FCSB qui joue en national 3.
Est-ce que du coup lors ce que vous faites des déplacements sur les terrains ou lorsque vous devez courir des événements vous êtes remboursé ou alors les charges sont à vos frais ?
Voilà comment se décompose la rémunération : tu es payé à la ligne, mais en général lorsque c’est un article commandé par le journal, ils vous disent par exemple voilà tu as 2800 caractères, ce qui revient à  peu près à une vingtaine de lignes,  plus le déplacement. Lorsque tu deviens journaliste professionnel les pigistes sont payés de la même façon c’est-à-dire payé à l’article payé à la photo ainsi que les frais de déplacement.

Est-ce que lorsque vous faites des déplacements pour des événements, des matchs, vous voyager seul ou avec les équipes?

 

Cela c’est un choix si je décide de voyager avec l’équipe en question, je contacte les dirigeants et leur explique que je suis responsable de couvrir l’évènement et écrire l’article et leur demande si je peux faire le déplacement avec eux, en général toutes les équipes acceptent. C’est un plus puisque tu discutes avec les I équipes,  les entraîneurs. Récemment je me suis déplacé avec les maires du pays Salomé, pour écrire un article sur les maires. Ce qui est intéressant c’est que pendant le voyage on peut discuter avec eux, recueillir leurs impressions ce que tu peux écrire dans ton article, cela c’est libre choix du correspondant.

Le fait de se déplacer avec le groupe  créer certainement plus de liens, Cela doit sûrement permettre d’écrire des articles plus concrets?

Oui parce qu’un lien de confiance s’instaure, les gens disent plus de choses, ils se confient  plus facilement à toi,  lorsque l’on leur demande de nous appeler ce soir pour qu’ils nous donnent le résultat ou par exemple nous donner une composition d’équipe avant un match, les interlocuteurs se mettent donc à votre disposition pour répondre à vos questions.

Y-a-t-il quelque chose que vous aimeriez voir changer ou s’améliorer dans votre métier?

Pas forcément pour moi, j’adore ça.  Rencontrer pleins de gens différents, faire pleins d’articles différents, moi j’adore ça, et puis dans le milieu du sport tu rencontres pleins de sportifs,  que ce soit des sportifs de haut niveau comme des sportifs pas forcément de niveau, j’ai personnellement accès au terrain et au vestiaire avec ma carte, non, comme ça, ça me convient.

Est-ce que suite à cela vous avez pu avoir des discussions avec des sportifs de haut niveau?

Puisqu’il qu’il  m’est arrivé de couvrir des matchs comme ceux de l’O.M. l’Olympique de Marseille, pour le journal du pays Salomé, il m’est arrivé de couvrir des champions de France d’athlétisme, il se trouve que 80 % des personnes que vous allez interviewer ça leur plait d’être interviewé, donc les interlocuteurs sont très contents de vous recevoir,  et savent vous recevoir vraiment bien.

Y a-t-il dans d’autres domaines sportifs comme le ski par exemple qui vous intéresserai ? 

Oui ça m’intéresserait mais je ne suis pas dans la bonne région, c’est-à-dire que dans la région (Bouche du Rhône) où j’habite il n’y a pas de possibilité d’écrire sur ce sujet.

Personnellement dans ma région je couvre le rugby et le basket le foot mais aussi le squash ou des sports populaire.

Avez vous une équipe particulière dans le domaine sportif pour laquelle vous aimeriez écrire des articles ?

Alors oui sur le rugby l’équipe du RC Toulon que j’apprécie énormément pour moi c’est l’un des meilleurs clubs de rugby en France, dans le monde. Et si j’ai l’occasion d’écrire un article dessus j’irai en courant.

Est-ce que vous avez des conseils à donner pour les jeunes qui veulent devenir journaliste ?

Tout à fait, j’en ai qu’un et c’est un vrai conseil allez-y foncé ! Mais vraiment je ne dis pas ça à tout le monde enfin à ce qui me demander des conseils mais le métier de journalisme c’est passionnant si c’est vraiment ton but de devenir journaliste il faut prendre en compte deux paramètres essentiel. Tout d’abord tu fais des rencontres extraordinaires et deuxièmement selon pour qui tu travailles c’est quand même un métier plaisant où on est souvent accueilli dans des banquets, des réceptions ou encore des soirées assez souvent. De plus le bon journaliste gagne bien sa vie, je parle en connaissance de cause car je ne suis pas journaliste professionnel mais ce qui consacre leur vie sont bien payé.

En revanche il faut faire attention, nous nous trouvons dans une région où un journaliste sportif ou qu’elle qu’il soit gagne bien sa vie pour cela il faudra sûrement que le journaliste en question bouge c’est à dire changer de région car le gros des journaux qu’ils soient spécialisés ou nationaux se localise à 90-95 % sur Paris. Toutefois il y a des avantages si tu possède une carte de journaliste sportif professionnel tu peux avoir accès à tous les évènement sportifs. Tu ne rencontres que du beau monde c’est ce pourquoi ce métier est passionnant. Cependant il y a des risques à devenir journaliste professionnel par exemple tu écris un article sur un match où ton article peux provoquer chez les joueurs un certain mépris. Je parle en connaissance de cause, il m’est déjà arrivé que quelques uns des joueurs dont j’ai pu choquer dans mes propos mais après avoir eu l’occasion de les rencontrer nous nous sommes expliqué et ainsi resté en bon terme. En conclusion pour moi ce métier c’est de la folie.

Pour finir, qu’elle est la nature même de votre métier ?

Mon poste exacte est journaliste itinérant. C’est-à-dire que je ne fais pas partie d’un journal bien précis, je fais des articles dans plusieurs journaux, et plusieurs rubriques différentes Ça peut aller des articles de sport à des articles sur la vie locale d’une ville. C’est un métier plein de rebondissements et de nouveautés.

Nous vous remercions d’avoir pris du temps pour répondre a nos questions. Nous vous souhaitons une agréable soirée.

Interview de Marie-Pierre DREISKI, PDG de Studio B, studio de graphisme

mardi 15 novembre 2016

Dans le cadre d’un projet professionnel nous avons eu l’occasion de rencontrer une professionnelle de la communication; nous avons choisi de nous tourner vers une agence de graphisme. Nous avons pu interviewer Marie Pierre Dreiski la PDG de la société Studio B à Montpellier, le 9 novembre 2016. Nous nous sommes rencontrés dans son bureau, l’interview a duré une demi heure et chacun notre tour avons posé les questions suivantes.

Bonjour.

Bonjour.

Alors, tout d’abord, nous aimerions savoir en quoi consiste votre métier ?

Eh bien j’ai un studio de graphisme. C’est différent d’une agence de publicité : parce qu’une agence de publicité va faire beaucoup de conseils, elle va faire des  »plans médias »… Moi j’interviens plus sur l’image ; c’est a dire qu’au début où on a monté cette société nous étions un studio de graphisme, comme on est aujourd’hui. Nous faisions des logos, des plaquettes, des catalogues, des affiches, selon un brief du client relativement précis. Puis nous avons évolué, nous sommes devenus une  »agence de com »,moi c’était ma formation. Donc nous avons fait du conseil, du plan média ; nous montions des plans de communication pour les clients. Et depuis 2008, la crise nous a posé des problèmes, et bien que nous n’ayons jamais été une grosse société ( deux membres au début puis jusqu’à cinq ) je suis aujourd’hui seule, et toute la partie graphique se fait par des « free-lance ».

C’est a dire ?

Les free-lance ce sont des graphistes qui travaillent à leur compte, et au lieu d’être salariés chez moi, elles travaillent chez elles et elles me font une facture de leur prestations en fin de mois. Comme ça quand je n’ai pas beaucoup de travail, je n’ai pas les frais que j’aurais eu si j’avais des salariés. Donc jusqu’en 2008 tout allait bien, nous avons prospéré et nous étions une agence.. et puis après, beaucoup moins de travail, les clients ont beaucoup moins de budget donc ils faisaient leurs plans de communication tout seuls, d’ailleurs plus ça va plus les clients se débrouillent tout seuls, bientôt ils n’auront même plus besoin de nous. Donc voilà, nous sommes redevenus un studio graphique, j’avais deux graphistes, puis une d’elle s’est mise a son compte et je l’ai fait travaillé en free-lance ; et depuis l’été 2015 la deuxième s’est mise aussi a son compte et donc je ne travaille plus qu’avec des free-lance indépendants. Donc mon métier ça reste quand même le travail des images hein, des plaquettes techniques, des roll up pour les salons, beaucoup de catalogues, on fait pas mal d’édition, etc. Mais essentiellement tout ce qui est « print ».

C’est à dire print ?

C’est tout ce qui est impression, à contrario avec le web : le web moi ça ne m’intéresse pas -et j’ai tort- (rires). Et là j’ai mon fils qui a votre âge, qui est en BTS communication en alternance ici, et il aimerait prendre le relais de la boite et développer tout ce côté multimédia, internet, etc. (suite…)

Interview avec le Journaliste Sportif, Dominique Mercadier

lundi 14 novembre 2016
Dans le cadre du projet , donné dans le cours de Méthode De Travail, dont l’objectif est d’interviewer un professionnel de l’information et de la communication, notre groupe composé de Sacha LINDRON, Ryana MATURAFI et Valentin DEMEYER, est allé à la rencontre de ce professionnel qui, après nous avoir présenté son lieu de travail , nous a conduit dans son bureau dans lequel l’interview a pu se dérouler dans des conditions favorables. Nous avons retranscrit cet entretien en préservant une certaine authenticité pour dénaturer les propos tenus par la personne interviewée.

«  – Bonjour Dominique Mercadier, vous êtes journaliste sportif au midi libre, qui est un journal régional du Languedoc et de l’Aveyron. Nous allons vous interviewer aujourd’hui autour de sujets qui sont votre parcours, votre métier et votre expérience dans le journalisme,nous allons commencer autour du parcours, tout d’abord quelle études avait vous réalisées?

– D’abord, il y a autant de journalistes que de moyens d’arriver à être journaliste, il y a une filière qui est traditionnelle et qui augmente vos chances d’être journaliste, c’est à dire avoir votre bac, éventuellement faire une PREPA ou sciences politiques derrière et ensuite intégrer une école de journalisme que ce soit celle de Paris, Lille, Strasbourg, Bordeaux qui sont les plus réputées, c’est la filière je dirais traditionnelle, que la plupart des jeunes qui veulent faire ce métier intègre.

Moi c’est totalement différent, je me destinais à une carrière de sportif, j’ai passé mon baccalauréat, j’ai fait des études d’histoire, je voulais être journaliste à un moment donné et j’ai été embauché dans un club de football, je travaillais aussi pour un club de tennis et j’avais vraiment perdu de vue cette carrière et je me suis blessé, j’ai eu deux ruptures des ligaments des deux genoux et donc ma carrière s’est arrêtée là.

En revanche le journaliste de Midi Libre qui travaillait à l’époque, qui écrivait des articles sur mon club et un petit peu sur moi de temps en temps, m’a dit «Écoute Dominique j’aimerais bien que tu viennes le week-end nous donner un coup de main pour écrire des petits articles, pour être correspondant sportif, est ce que ça t’intéresse? »j’ai dit que oui.  Je ne peux pas jouer donc autant que j’aille sur les terrains et que je fasse des articles et j’ai commencé comme ça, comme simple correspondant sportif, mon premier papier c’était une course pédestre un dimanche matin. Puis petit à petit j’ai fait, j’ai travaillé le samedi et dimanche, puis tous les jours, après j’ai commencé à faire du sport mais pas seulement, je faisais ce qu’on appelle de la locale, c’est à dire je balayais tous les sujets dans la rédaction dans laquelle j’étais. Puis à un moment donné, je suis passé un peu par tous les statuts : correspondant, correspondant numérique, travailleur indépendant, pigiste professionnel et puis un jour j’ai été embauché définitivement, en CDD d’abord, puis CDI ensuite à midi libre et je ne travaillais plus en sport, c’est à dire je faisais tout sauf le sport et donc je suis devenu ce qu’on appelle un simple localier et un adjoint dans une agence, j’étais le numéro 2 de l’agence, j’ai été chef d’agence, et après avoir été chef d’agence dans une locale, c’était à Milhaud, j’ai été muté ici au service des sports, où je travaille depuis 3 ans. Voilà mon parcours et ce n’est pas un parcours qui est exceptionnel dans le sens où il y a beaucoup de journalistes comme moi qui ont ce parcours là, qui sont un peu rentrés par la fenêtre et par hasard, qui avait ça en eux, moi je suis resté 6 ans à des statuts un peu compliqués où je travaillais 365 jours sur 365 jours donc il fallait se battre, à partir du moment où on est dans le truc il ne faut pas lâcher, voila ça serait mon mot d’ordre, mais si vous avez la possibilité, le mieux c’est le baccalauréat, si possible avec mention, derrière prépa ou sciences politiques ou une maîtrise d’histoire , d’économie ou ce que vous voulez, et puis après vous enchaînez sur une école de journalisme, à choisir, si vous avez la possibilité Paris, Lille, Strasbourg c’est vraiment les 3 les plus importantes.

– Donc vous avez eu un parcours pas non plus original puisque vu qu’apparemment c’est assez commun dans le métier mais…

– Je dirais pas que c’est commun disons que c’est pas classique, c’est pas académique mais je suis pas tout seul dans ce cas là, ça l’est moins maintenant, vu la situation économique, vu la situation des journaux , la baisse des ventes, c’est plus compliqué aujourd’hui pour un jeune de faire ce que moi j’ai fait

– D’accord. Donc on va enchaîner sur votre fonction en tant que journaliste, quelles sont les différentes tâches que comporte votre profession ?

– Donc moi je travaille au service des sports de midi libre, j’ai en charge plusieurs rubriques, c’est à dire,  je suis numéro 1 de handball, 2 de football et 3 de sports olympiques donc à ce titre je suis plusieurs clubs comme Montpellier Hérault en football et en handball et puis pour les sports olympiques je fais tous les championnats de France et j’ai fait les jeux olympiques à Rio par exemple, je vais aussi faire les championnats d’athlétisme à Londres l’été prochain, donc qu’est ce que ça comporte? ça veut dire le suivi des clubs, des articles quotidiens sur les clubs, sur ses disciplines, un suivi de la discipline mais ce n’est pas que ça, notre rôle n’est pas que d’écrire des papiers c’est aussi récupérer les papiers des autres les mettre en page, les relire, on a aussi un travail de mise en page et relecture et cela fait partie de notre travail sachant qu’ avec le début d’internet, on est amené aussi à travailler sur le net, que ça soit en écrivant, la vidéo ou la photo, voilà globalement.

  – Donc vous touchez pas mal de choses quand même, du coup votre métier consiste à aller chercher l’information et quel moyen utilisez vous pour aller la chercher cette information ?

– Journaliste c’est être curieux, c’est la base. Après quand on suit un club on est à proximité des sportifs, d’événements, donc là l’information on l’a à portée de main, après il faut être en mesure d’enrichir cette info auprès des athlètes, des entraîneurs, de faire attention quand un joueur signe dans un club d’être au courant, il faut que le relationnel soit fort avec les athlètes, avec le club, avec les gens qu’on côtoie tous les jours, ce qui ne veut pas dire être proche des athlètes que si ils font une mauvaise performance ou s’ils font n’importe quoi, que dans le papier on ne doit pas l’écrire, ça n’a rien à voir, ce sont deux choses différentes.

          – Oui c’est être objectif en fait? 

– Alors je ne dirais pas objectif, car on est tous un peu subjectif quand on écrit même dans le sport, dans tous les domaines donc je crois qu’il faut être juste, je ne sais plus qui disais ça mais «l’information est sacrée, le commentaire est libre» voila c’est ça.

– C’est plus l’interprétation de l’information…

– C’est pas l’interprétation, c’est que par exemple tu vas pas dire s’il y a un match qui s’est terminé à 2-0 qu’il s’est terminé à 3-0 tu vois, quand je dis que l’information est sacré ça signifie qu’il faut dire ce que tu vois, en revanche toi derrière tu peux commenter, tu peux donner ton ressenti, tu peux donner à comprendre aussi aux gens car des fois dans une information il se cache pleins de choses derrière.

– Oui un résultat peut par exemple cacher d’autres choses ?

– Oui, mais il peut y avoir des choses derrière une information et nous on est là pour ça c’est à dire que l’on est là pour décrypter l’événement et pour dire aux gens « vous voyez il y a cela mais vous voyez derrière ce n’est pas que ça » voila c’est ça notre rôle.

  – Du coup est-ce que vous avez une organisation particulière pour tous cela dans votre travail ?

– Alors quand tu entends une organisation c’est-à- dire ?! Comment tu entends ça ?

– C’est-à-dire, est-ce que vous organisez beaucoup de contact avec des sportifs ?

– Alors nous on y est en permanence. Si tu veux, on a toutes les semaines des conférences de presse, on est sur les matchs, sur les grands événements, on va dans les grands entraînements. Nous même on se déplace, on est vraiment présent. L’organisation c’est « là où il faut vraiment être », en permanence, être en lien avec toutes les personnes avec qui on est amené à travailler, sur lesquelles on écrit. Moi, par exemple, j’étais ce matin à une conférence de presse du hand’ d’un club , demain je vais être sur leur match .

– Il y a une sorte de suite logique ?

– Disons que quand on suit un club c’est quelque chose de récurrent. Et après sur un événement ? par exemple, je vais couvrir le championnat du monde de handball, je vais préparer en amont tout un tas d’articles, je vais récupérer la matière pour des articles que j’écrirai pendant le mondial. C’est-à-dire, je te donne un exemple, la dernière fois que le mondial de handball était en France, c’était en 2001. La France avait été sacrée championne du monde, c’était avec Daniel Costantini à la tête de l’équipe de France. Moi j’avais déjà un rendez-vous avec lui pour faire son interview, pour l’avoir et pour la donner pendant le mondial mais je ne savais pas à quel moment moi je la donnerai. Mais voilà c’est aussi ça l’organisation, je dois anticiper les événements, c’est-à-dire que quand je suis parti aux jeux olympiques à Rio, j’étais tout seul pour le journal, du coup je couvrais à la fois des athlètes régionaux et puis tous ce qui ce passait à Rio et je devais aussi écrire des articles un peu plus décalé, en marge du sport. Et après si tu pars sans avoir préparé ton affaire, sans avoir quelques éléments, sans avoir rencontré des athlètes avant.. C’est impossible. Tu te plantes c’est-à-dire que l’événement lui même est si grand que tu vas te retrouver à courir partout du coup c’est pas possible.

– Vous rencontrez beaucoup de difficultés dans votre travail ? Dans la recherche d’informations ?

– Oui bien sûr, d’ailleurs il y a de plus en plus de difficultés parce que tu sais avant le journal c’était l’un des médias les plus importants. Un club sans le journal local avait du mal à fonctionner, aujourd’hui c’est plus vraiment le cas c’est-à-dire qu’aujourd’hui tous les athlètes, tous les joueurs ont un compte Facebook, un compte Twitter. Ils communiquent tous seuls, pour les clubs c’est pareil ils communiquent seuls, enfin voilà. Tout le monde veut communiquer mais ça c’est pas du journalisme. Si tu veux comme tous ces gens veulent faire leur propre salade nous parfois il est difficile d’obtenir des informations qu’eux on posté sans réfléchir comme ça sur leur compte et en règle générale maintenant les athlètes balancent tout sur le net avant d’appeler un journaliste donc c’est compliqué mais bon là c’est le métier qui change et avant si tu veux on nous appelait pour nous donner des informations mais maintenant c’est plus le cas.

– Internet a un si gros impact sur votre professions?

– Disons qu’Internet c’est le bon dieu et le diable à la fois c’est-à-dire que c’est un truc exceptionnel et fabuleux. Vous baignez là dedans depuis que vous êtes nés. Voilà on ne peut pas vivre autrement. Moi qui ait commencé ma carrière avec une machine à écrire… Oui j’ai commencé ma carrière avec une machine à écrire, comme il n’y avait pas d’ordinateur et quand je faisais une faute je prenais mon correcteur et j’effaçais. Internet c’est formidable mais c’est aussi un danger parce que que tous le monde crois que les articles sur Internet sont vrais mais c’est tout le contraire, c’est-à- dire que c’est notre travail. Que c’est à nous faire en sorte de vérifier l’information, ça c’est notre rôle, c’est-à-dire même une information qui paraît vrai et qui est sur tout les sites Internet est parfois totalement fausse. On s’occupe alors de la démentir parcequ’on va vérifier l’information car sur le web personne ne fait quoique ce soit à part les médias, les journaux, les médias d’information ou sinon le reste ne font rien. Oui c’est compliqué…

      – On va prendre un peu de recul sur votre profession. Donc vous qui êtes journaliste dans le journal du Midi Libre, est-ce que vous côtoyez souvent d’autres professionnels dans l’information ou communication ? Par exemple des journalistes ou des consultants ?

– Oui, disons qu’on se retrouve sur chaque événements et on croise beaucoup de journalistes, des agents, on croise aussi des consultants, l’entourage des athlètes. Oui oui, c’est des choses quotidiennes.

– D’accord, ensuite, qu’est-ce que le fait d’être journaliste dans le Midi Libre vous apporte ? Le fait d’être dans le Midi Libre vous offre des opportunités ou au contraire des pressions supplémentaires ?

– C’est ce que je vous ait expliqué un tout petit peu avant. Dans le passé,
le Midi Libre c’était une marque incontournable dans la région enfin voilà… Aujourd’hui ça l’est un tout petit peu moins avec tout ces réseaux, tout ces médias de l’Internet où l’information va extrêmement vite. Si vous voulez aujourd’hui on est obligé de donner l’information sur le net puisqu’on ne peut pas attendre de la donner le lendemain sur papier. Après ce que ça m’apporte c’est mon travail, c’est un salaire mais moi si vous voulez que ça soit au Midi Libre ou ailleurs, j’ai la chance de faire le métier que j’ai toujours voulu faire donc voilà. Moi c’est tout les matins, je me lève avec un sourire parce que je fais ce que j’ai envie de faire. Donc c’est incontestable car c’est une satisfaction personnelle mais bon ce que je vis tout le monde ne le vit pas parce qu’on est dans une situation difficile où le journal perd des ventes, des électeurs donc tous le monde n’est pas dans cet état d’esprit et c’est normal. Tout le monde n’a pas cette chance que moi je peux avoir de faire des grands événements, de suivre les grandes compétitions, d’être sur le terrain en permanence.

– Ensuite, quel degré d’investissement personnel nécessite votre métier ? Par exemple , pendant votre temps libre parce que vous n’avez pas forcément d’emploi du temps fixe.

– Si, on a tous des emplois du temps fixes on sait que tel jour on va travailler et tel jour on ne travaille pas, on a des jours de repos comme tout le monde et même des vacances mais quand tu es au repos ou en vacances tu ne t’arrêtes pas d’être un journaliste, tu es toujours en éveil ça ne s’arrête jamais.

– Voyez-vous tout ce qui vous entoure comme de l’information ?

– Oui, on est toujours voilà… Je lis toujours le journal, j’essaie de m’informer, on ne sait jamais ce qui peut arriver, c’est-à-dire, qu’il peut tomber une grosse information à tout moment, par exemple, si demain Louis Nicollin [(Président du club de football de Montpellier)] décède subitement je ne vais pas rester chez moi. Je vais arriver rapidement au journal parce que je sais qu’on va faire un cahier spécial avec plusieurs pages et que ça va nécessiter que tout le monde soit présent.

– Ensuite, à travers votre expérience sur le métier, selon vous, quelles sont les qualités requises pour être un journaliste performant ?

– C’est ce que j’ai dis un peu avant en préambule, qu’il faut être curieux de tout, s’intéresser à tout, ne pas s’arrêter à l’écume de l’information : il faut aller la vérifier. C’est ce que je vous disais « L’information est sacrée, le commentaire est libre » c’est ça notre métier ,c’est-à-dire qu’on n’a pas le droit de tromper le lecteur mais ça ne nous empêche pas d’avoir notre avis sur la question même si cela dérange la personne sur laquelle on écrit et même si cela dérange le lecteur, des élus, un pouvoir, un président de club.

          – D’accord…

– Mais dans la presse écrite l’idéal est de savoir rédiger évidemment, c’est la base on va dire. Mais dans le journalisme il n’y a pas que la presse écrite, mais si vous voulez écrire des articles c’est bien d’avoir le goût de l’écriture en vous, d’aimer écrire, d’aimer raconter des histoires, ça passe par là.

– Dans votre jeunesse vous étiez performant en rédaction ?

– Moi honnêtement j’étais un fainéant, enfin adolescent, je n’ai pas pas fait de grandes études je me contentais du strict minimum mais honnêtement l’écriture, le récit, raconter des histoires ou inventer ça je savais le faire…et très bien le faire.

– Pouvez vous nous en dire plus sur ce qui vous motive dans ce métier ?

– Raconter des histoires toujours et de ce dire que tous les matins on va écrire quelque chose de différent, qu’on va raconter aussi toutes les rencontres intéressantes que l’on fait. Oui moi j’ai eu la chance de croiser des gens exceptionnels.

– Comme qui par exemple ? Vous avez une personne qui vous a marqué ? Un moment spécial ?

– Oui, par exemple si on reste sur les jeux Olympiques, un sportif comme Teddy Riner c’est quelqu’un d’exceptionnel. Que tu sois un simple journaliste au Midi Libre de Montpellier ou un grand reporteur pour un journal télévisé, il ne fait pas la différence, il te considère comme un journaliste. Et même si ta question a peu d’intérêt il va te répondre et sans aucun problème. Lui c’est quelqu’un d’exceptionnel. Alors que tu as d’autres sportifs qui très souvent choisissent un peu avec qui ils veulent parler, qui ne sont pas très sympathiques en dehors des stades, des bassins ou de la piste d’athlétisme. Et puis il y a les stars internationales, c’est sûr que quand tu croises [Usain] Bolt c’est quelque chose de formidable. Mais la rencontre ce n’est pas seulement avec le grand champion, ça peut aussi être avec le petit gars du coin de la rue qui fait un exploit en coupe de France. Ça aussi c’est la belle histoire, elle est là au coin de la rue. C’est pas parce qu’on va aller à l’autre bout du monde que l’on va écrire des supers articles. D’ailleurs on écrit plus de choses ici à proximité avec les gens de chez nous.

– Intéressant, pouvez-vous nous dire de quelle manière envisagez-vous votre avenir ? Toujours en tant que journaliste sportif ou avez-vous d’autres ambitions ?

– Disons que moi si tu veux mon ambition je l’ai assouvie puisque je suis devenu journaliste. Je l’ai doublement assouvie parce que je suis devenu journaliste sportif et que je couvre les grands événements. Et moi ce que j’ai envie c’est de continuer de partager ça avec une équipe, parce le service sportif c’est une équipe, c’est quelque chose de vivant, on est tous passionné à la fois par ce qu’on fait, par le sport et par le journalisme et donc je veux continuer à partager ça et puis aussi le partager avec des jeunes comme vous. J’ai déjà la cinquantaine ça veut dire que dans dix ou quinze ans je vais devoir prendre ma retraite et d’ici là c’est à vous les jeunes de prendre le relais.

– Vous avez le temps d’ici là, rassurez-vous.

– Oui mais ça va très vite… Oui oui croyez moi ça va très vite.

– D’accord, merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions et nous vous souhaitons une bonne continuation. »

MATURAFI Ryana, LINDRON Sacha, DEMEYER Valentin

« Interview de Marie, chef de publicité dans l’agence cible publicité à Montpellier »

lundi 14 novembre 2016

« Nous sommes trois étudiantes en première année de Licence Information et Communication, et dans le cadre d’un Projet Professionnel Personnalisé, nous avons choisi d’interviewer Madame Marie, correspondant particulièrement bien à notre requête, puisqu’elle exerce précisément la profession qui nous tient à cœur : chef de publicité. »

L’entretien s’est déroulé, le mercredi 2 novembre 2016 à 14 heure sur le lieu de travail de notre interviewé, et plus précisément dans son bureau, puisqu’elle nous y a gentiment invités pour que nous puissions nous trouver dans son contexte de travail. Dans l’ensemble, l’entretien s’est bien passé, il y avait une bonne ambiance, elle a su nous mettre à l’aise directement. Elle nous a même proposé de boire quelque chose ( eau ou boisson). 

Ilham s’est chargée d’observer le déroulement de cette conversation ainsi d’enregistrer l’interview avec son téléphone pour qu’elle puisse le retranscrire par écrit. Elle a aussi prévu de prendre des notes pour compléter sa retranscription. Fatiha et Naouelle se sont occupées de interviewer Marie de manière équitable pour que chacune prenne la parole. L’interviewé a d’autre part fait gage d’une disponibilité, puisque l’entretien qu’elle nous a livré a duré 10 minute.

L’interview qui va suivre est donc mené de façon non-directive, car nous voulions que l’interviewé se livre en parlant de notre sujet, sans retenue, et sans être limité par des questions préparées. Nous préférions le « lancer » sur notre sujet par une question d’ouverture, puis improviser, en le « suivant » sur les pistes qu’il emprunterait.

L’entretien commence :

Fatiha, interviewer 1 : Bonjour Madame, tout d’abord comment définirez-vous le métier de chef de publicité ?

Marie : Bonjour, le chef de publicité c’est l’interface entre l’annonceur et l’équipe créative de l’agence. Il gère toutes les étapes d’une campagne de publicité : depuis le briefing jusqu’à l’exécution créative finale. Il participe aux réflexions en amont avec le client sur le projet, la marque. Il rédige des notes de réflexion, des recommandations stratégiques et définit la stratégie de communication. Puis il briefe les créatifs en interne dans l’agence. Et supervise la production du film télé, du spot radio, de l’affiche… Il est également garant du suivi budgétaire.

Fatiha, interviewer 1 : D’accord et quelle formation mène à cette fonction ?

Marie: En principe un chef de publicité peut avoir une formation bac + 2 (BTS publicité ou communication) ou bac + 5. Dans les faits on voit de plus en plus de bac + 5 à ces postes là, issus d’écoles de commerce, du Celsa, des IEP ou diplômés d’un master en communication, marketing. Ils peuvent intégrer l’agence comme chef de publicité junior dès la sortie de l’école.

Naouelle, interviewer 2 : Quel a été votre cursus scolaire pour accéder à ce poste ?

Marie : J’ai d’abord obtenu un BAC ES, puis, je me suis orientée vers un IUT, pour passer un DUT (Diplôme Universitaire Technique) techniques de commercialisation. Après ça, je suis partie en Angleterre, et je me suis inscrite en BA. C’est une équivalence de Licence en France, mais l’avantage, c’est qu’il est possible de choisir les matières que l’on souhaite étudier. Mes choix se sont portés, entre autres, sur des matières comme le comportement des consommateurs, l’économie, l’espagnol et bien sûr, l’anglais. Durant cette année, j’ai envoyé des dossiers pour pouvoir passer les concours d’entrée de différentes écoles et notamment, pour un Magister de Marketing Direct (DESS), ce que je rêvais de faire depuis toujours. A mon retour d’Angleterre, j’étais prise dans plusieurs établissements, dont celui où je pouvais passer ce Magister. Je n’ai donc pas hésité une seule seconde.

Naouelle, interviewer 2 : Et durant votre scolarité, avez-vous dû effectuer des stages ?

Marie : Oui, plusieurs. D’abord, en première année d’IUT, j’ai effectué un stage où ma mission était de développer les ruches d’entreprises, notamment, comme celle qui se trouve à Villeneuve-d’Ascq. En seconde année, j’ai aussi dû en faire un, mais en revanche, je ne parviens pas à me souvenir de ce que c’était. Ensuite, lorsque j’étais en Magister, j’ai réalisé deux stages. Le premier, chez Meura, une agence de Marketing Direct. Et le second, au sein de la société Tréma, où je m’occupais de l’achat d’espaces médias. Ce n’était pas de l’achat d’espaces classiques, comme de l’affichage ou des plages horaires radio ou télé, mais sur des supports de Marketing Direct.

Fatiha, interviewer 1 : Et après le Magister… ?

Marie : En fait, je venais d’obtenir mon diplôme, et cela faisait quelques jours que j’étais à la recherche d’un emploi, quand l’agence Meura m’a contactée, pour me proposer un poste de chef de publicité. C’était inespéré et j’ai évidemment accepté. Ça va fait deux ans que je travaillais là-bas. Aujourd’hui, je suis actuellement sur Montpellier dans l’agence cible publicité.

Naouelle, interviewer 2 : D’accord et en quoi consiste votre travail exactement ?

Marie : Il faut savoir que le métier de chef de publicité dans une agence de Marketing Direct, n’est pas tout à fait le même que dans une agence de publicité « classique ». Mon rôle est celui d’interface entre l’agence et les clients. Une fois que le directeur de clientèle a défini la stratégie qui correspond à la demande du client, je m’occupe de tout ce qui est opérationnel. Par exemple, si notre client a une problématique de recrutement, il va en faire la recommandation au directeur de clientèle. Ce dernier va alors briefer le créatif, qui va faire une proposition au client. En tant que chef de publicité, je vais être chargée de faire la « navette » entre l’agence et le client, de rechercher les prestataires pour les fournitures, et de suivre l’évolution du travail. Sachant que si tout se passe bien, c’est ton boulot, donc, tu n’es pas remerciée, mais si le moindre problème survient, alors, c’est toi qui prends. Ce n’est donc pas toujours très gratifiant. Mais ce que j’aime dans cette profession, c’est que les problématiques auxquelles on va être confronté sont toujours différentes d’un client à l’autre. C’est un métier extrêmement riche où il n’y a pas de routine et où tu ne t’ennuies jamais.

Fatiha, interviewer 1 : Quelles évolutions de carrières peut envisager un chef de publicité ?

Marie : Normalement, l’évolution logique serait de devenir responsable de clientèle. C’est ce qui est le plus répandu. Mais, lorsqu’on est chef de publicité dans une agence de Marketing Direct, on travaille avec tous types de clients, tu as une vision assez globale du secteur et tu touches un peu à tout. Aussi, il est possible de devenir ensuite responsable de communication ou chargé de projet.

Naouelle, interviewer 2 : Et quelles sont vos ambitions personnelles ?

Marie : Pour le moment, je suis bien en tant que chef de publicité, mais c’est un métier très contraignant, qui requiert une grande disponibilité au niveau des horaires de travail. Actuellement, ça me va car je n’ai pas encore d’enfant, mais je sais que je ne pourrai pas continuer lorsque j’en aurai…. Personnellement, ça me plairait assez de passer directrice de clientèle, ou, si ce n’est pas possible, d’aller voir chez l’annonceur comment cela se passe.

Fatiha, interviewer 1 : Pouvez-vous nous citer les qualités qui, pour vous, sont nécessaires lorsqu’on est chef de publicité ?

Marie : Il faut être rigoureux et avoir l’esprit clair. Savoir faire des cases dans sa tête, pour classer les tâches à réaliser dans la journée, car parfois, on a 50 trucs à faire en même temps, et si on n’est pas capable de s’organiser, on en oublie et le travail n’est pas bien fait. En tant qu’interface, entre le client et l’agence, on doit garder à l’esprit que l’on représente son agence et il faut donc disposer de bonnes capacités relationnelles. Le sens de l’écoute et l’esprit de synthèse sont également nécessaires pour interpréter convenablement les demandes des clients et être apte à les restituer au créatif de façon exacte. Enfin, la disponibilité compte aussi beaucoup, car les horaires sont souvent flexibles et il est rare de terminer sa journée à 17 heures.

Fatiha, interviewer 1 : Est-ce un métier sous pression ?

Marie : C’est un métier très impliquant. On travaille dans des délais très serrés, avec parfois une charge de travail importante. Du coup cela requiert une bonne résistance au stress, et une capacité à prendre du recul. Mais en même temps c’est un job passionnant car on est au cœur des équipes de créatifs. Cela permet de participer à la réflexion stratégique sur des produits de grandes marques…

Naouelle, interviewer 2 : Pour terminer, quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui souhaiteraient devenir chef de publicité ?

Marie : D’abord, d’effectuer une formation commerciale, car c’est une aptitude très importante pour les relations avec les clients. Ensuite, d’avoir un minimum de connaissances de la chaîne graphique et des techniques de l’édition. C’est un plus lorsqu’on exerce ce type de profession. Le mieux étant d’avoir réalisé, auparavant, des stages qui permettent d’avoir une vision globale du secteur. Et enfin, de faire preuve des qualités que je vous ai énoncées tout à l’heure et qui, selon moi, sont nécessaires si on souhaite faire ce métier.

Fatiha et Naouelle, les interviewer : Merci à vous de nous avoir accorder de votre temps pour nous parler de votre métier.

Marie : De rien avec plaisir et bonne contribution.

 

 

Cet entretien a été réalisé par Dahri Naouelle, ESSAID Fatiha et SOUDASSI Ilham du Groupe 2

Entretien avec Madame Mahé chargée de communication territoriale _ réalisé par Audrey RICHARD, Daphné Cureaux et Lorenza BHAGOUANDINE

lundi 14 novembre 2016

Entretien avec Madame Mahé chargée de communication territoriale et directrice adjointe d’une mairie d’une petite ville, elle à souhaité que nous évitions de nommé la ville en questions ainsi que son prénom afin de lui assurer un peu discrétion. Cet entretien à été réalisé par Audrey RICHARD, Daphné Cureaux et Lorenza BHAGOUANDINE se sont chargé de l’observation.

  • Audrey RICHARD : A
  • Mme Mahé : M

A : Bonjour, pouvez vous nous parler de votre parcours ?

M : Bonjour Audrey, après un bac littéraire je suis allée en classe préparatoire littéraire (hypokhâgne et khâgne) puis j’ai intégré la faculté des lettres de Nantes en 3ème année (licence) en lettre moderne et communication, j’ai poursuivi en maîtrise. Puis je suis devenu chef de rayon et pilote régional en grande distribution.

En arrivant dans l’Hérault en 1994, j’ai été recrutée comme chargée de communication dans la commune où je travaille toujours, j’assurais seule alors la communication et événementiel à partir de 1998, un agents a été recruté puis un second afin de créer un service communication à part entière et me dégager du temps sur la direction générale.

Aujourd’hui je suis directrice générale des service adjointe, et je supervise notamment les services communication et culture.

 

A : Concernant votre rôle dans la communication, quel sont vos missions ?

M : J’encadre le service communication, et le traitement direct de certaines informations sensibles, je m’occupe également d’organiser des cérémonies officielles, des manifestation culturelles ou festives. J’appuie aussi les différents services municipaux dans le cadre de leur communication externe : conception de flyers, d’affiche, d’articles

A : Sur quels supports travaillez vous ?

M : Je m’occupe du site internet géré directement par la ville, du journal communal conçu entièrement par la ville de la rédaction à la maquette (trimestriel), d’articles presse locale (Midi Libre), il m’arrive aussi de superviser la création de flyers, d’affiches, de panneaux d’affichages extérieurs.

A : La communication pour une collectivité a-t-elle des spécificités ?

M : Oui bien sûr, si elle a avant tout un aspect informatif pur, la communication d’une collectivité revêt immanquablement une dimension politique. Tout est une question de dosage, et cela varie selon l’événement à annoncer et à mettre en avant.

A : Quel type d’événement nécessite une attention particulière :

M : Tous, que ce soit un simple vide grenier, un concert ou une réunion publique. Mais il est certain que les cérémonies officielles et le protocole à respecter à ces occasions notamment lorsque des personnalités sont présentes, demande une attention particulière.

A : Avez vous un événement qui vous à particulièrement marquée ?

M : L’organisation il y a presque 20 ans maintenant d’un jumelage avec une ville d’Espagne, il fallait mettre en place des cérémonies officielles, mais également des manifestations très festives en France et en Espagne, tout cela en français et en espagnol avec des échanges très intéressants avec les personnalités de la commune espagnole.

Il a fallut organiser le déplacement de 60 personnes, l’intendance et intéresser toutes les strates de la population des 2 villages donc un public très varié. C’était très enrichissant, très intéressant et aussi très ludique. Un excellent souvenir. Les deux communes ont ensuite passé le relais aux associations qui se sont créées dans chaque ville pour faire vivre ce jumelage.

A : C’est très intéressant, il peut donc avoir une dimension internationale dans la communication territoriale. Votre métier semble avoir de lourdes responsabilités, pouvez vous me parlez des enjeux de votre poste ?

M : Ils sont nombreux compte tenu de la variétés des compétences d’une commune :

Il faut mettre en avant les projets de la ville, les réalisations en cours et à venir, mais aussi son action culturelle, les cérémonies officielles et les manifestations.

Il faut aussi être réactif pour les urgences ou les questions de sécurité, l’information doit être simple claire et rapidement compréhensible : Il faut réagir vite face à des événements comme les alertes intempéries notamment, une fermeture exceptionnelle d’une école, etc et dans ce cas l’information est relayée par affichage, information dans les boîtes aux lettres, affiches et site internet.
Le public est donc varié, et les supports comme les messages doivent être adaptés au public cible : tout public, ou jeunesse, ou personnes âgées, etc

A : Il y a t -il des risques plus spécifiques à la communication d’une collectivité ?

M : Oui, les risques juridiques sont plus importants. Il n’y a pas que les questions de droits concernant l’image ou les auteurs notamment quand dans le cadre du journal communal les associations ou services communaux nous transmettent des textes et des photos.

En effet, une partie de la communication a aussi un caractère administratif et juridique : sur le site nous relayons les annonces pour les marchés publics, les enquêtes publiques et toutes sortes d’informations officielles, avec des formes de diffusions et des délais de diffusion réglementaires. La mise en avant de certains projets peut parfois s’avérer sensible et il n’est pas rare que nous sollicitions l’avis d’un avocat avant diffusion de certains textes

A: Pour finir auriez vous des conseil à donner à un étudiant en communication souhaitant travailler en communication dans la fonction publique territoriale ?

M : Travailler en communication dans la fonction publique territoriale, c’est absolument passionnant tant le métier est varié. Toutefois celui-ci sera plus spécialisé et technique dans une grande collectivité (métropole, agglomération, grande ville, Département ou Région) : les enjeux, les besoins et les moyens sont plus conséquents. Dans une ville petite ou moyenne, les chargés de communication, tout comme les directeurs, sont en contact étroit avec les élus, la population, les différents publics et les différents contacts ; les échanges sont nombreux et de proximité. Il est plus facile de définir les besoins des élus, des services municipaux comme du public cible. Le retour, positif comme négatif, est d’ailleurs immédiat ou du moins très rapide ce qui permet de réagir vite. Dans tout les cas c’est un métier passionnant, sans cesse en renouvellement, il me passionne toujours autant.

A : Merci beaucoup de nous avoir accordé de votre temps, merci aussi pour votre témoignage, bonne continuation.

M : Merci aussi cela me fait plaisir de parler de mon métiers, bonne continuation pour vos études mesdemoiselles.

 

Les mimiques de l’interviewer étaient rares. Ses gestes étaient rythmiques et référentiels. De plus son regard était direct avec une intensité moyenne de même pour l’expressivité. Puis la posture de l’interviewer était décontractée, elle était à l’aise. Ensuite le volume de sa voix était claire, normale et assurée. Le débit de sa voix était normal, adapté avec une respiration souple. L’emploi des phatemes étaient adapté. Pour finir notre interviewer a bien fait usage du langage corporel et paraverbal. De plus elle a eu une attitude compréhensive et d’investigation lors de l’entretien.

Pendant l’entretien, l’interviewée laissait paraître des multiples réactions. Tout d’abord, concernant le langage corporel, l’interviewée avait quelques mimiques. Mais encore, ses gestes étaient explicatifs, elle bougeait ses bras en s’exprimant, ce qui signifie qu’elle voulait nous faire comprendre ses réponses. Ensuite, son regard était direct, l’interviewée nous regardée de manière claire et déterminée, ce qui nous a mis directement en confiance, elle nous a  » transmis » cette détermination qu’elle avait durant l’entretien. Sa posture « sûr d’elle » nous a aidé à comprendre la personne que nous avions en face de nous, c’est donc une femme qui est passionnée et intéressée par ce qu’elle fait. Concernant le langage paraverbal, la voix de l’interviewée était assez claire et normale. Son élocution était assurée, on ressentait sa confiance en elle, ce qui est nécessaire dans son métier. Son débit de parole était adapté , avec bien-sûr plusieurs pauses ce qui nous laissait le temps de faire des relances sur les réponses de l’interviewée. Les temps de réflexion de l’interviewée avant et pendant ses réponses étaient nombreux. De plus, par rapport aux réponses à nos questions, elles étaient approfondies, ce qui rendait l’entretien très intéressant. Les réactions de l’interviewée étaient très bien construites et explicatives.

Pour conclure, cet entretien était intéressant car il nous à permit de découvrir le parcours d’une professionnelle de l’information et de la communication, ce qui nous donne une idée sur nos objectifs. Enfin, cet entretien était constructif pour nous.

Audrey RICHARD, Daphné Cureaux et Lorenza BHAGOUANDINE

Interview de Patrick PARIS, chargé de com à l’Université de Paul Valéry 3

lundi 14 novembre 2016

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Dans le cadre de notre Projet Professionnel Personnalisé, nous avons interviewé monsieur Patrick PARIS, qui est chargé de communication à l’université de Paul Valéry Montpellier 3. Avec l’accord de monsieur PARIS, l’interview enregistré, s’est déroulé dans son bureau à la faculté de lettres, le mercredi 9 novembre 2016 et a duré une trentaine de minutes.

Nous remercions monsieur Patrick PARIS de nous avoir accordé de son temps pour cet interview.

Début de l’interview

 

« Bonjour monsieur PARIS, nous voudrions tout d’abord vous remercier de nous recevoir pour cet interview. Nous voudrions vous précisez que ce dernier, avec votre accord, sera retranscrit sur un blog (ouvert qu’aux étudiants de l’Université de Paul Valéry Montpellier 3). »

Bonjour, je suis ravi de vous partager mon expérience.

« Pouvez-vous nous parler de votre métier ? »

C’est un métier qui est tellement riche en différentes branches qu’il est difficile de le résumer en quelques mots parce qu’on traite toutes les questions. L’idée de mon métier c’est de garantir et de faire évoluer ou développer, l’image de l’université, que ce soit en interne auprès des publics étudiants, administratifs ou personnels enseignants chercheurs ; ou à l’extérieur en garantissant l’image de l’université. Ensuite mon métier se décline sous différents autres « sous métiers », qui relèvent des relations presses, des réseaux sociaux, du marketing direct ou indirect, de l’évènementielle etc.   C’est un métier qui est assez riche comme je vous l’ai dit.

« Et de votre parcours scolaire ? »

J’ai fait des études d’histoire qui dit comme cela n’a aucun rapport avec mon métier. Mais les directeurs de communication, par rapport à mes autres homologues, viennent de diverses disciplines. Ce qui est intéressant par rapport à cette diversité c’est de voir les différentes cultures générales, souvent très ouverte, comme en histoire dans laquelle nous avons essentiellement travaillé notre façon d’organiser notre pensée. C’est un élément essentiel et très complémentaire à mon métier.

« Avez-vous des partenaires, un travail en groupe ? »

Nous sommes une équipe de 6 personnes dont moi en tant que directeur, dans la direction de la communication à l’université. J’ai une collègue qui est chargée des relations publiques, au sens large qui relève des métiers du mécénat, de l’évènementiel et tout ce qui relève des relations au public, c’est-à-dire, du standard de l’université qu’on va devoir beaucoup travailler jusqu’à des éléments beaucoup plus large, qui sont des évènements comme exemple. Nous avons une community manager, qui gère tous les réseaux sociaux et la politique à « l’umni », c’est-à-dire, comment garder le lien avec nos anciens étudiants, nos diplômés, pour les mettre en contacte avec les étudiants actuels et les aider éventuellement pour mieux préparer leurs insertions professionnelles ou leurs donner des outils afin d’avoir du travail plus facilement. C’est très important pour nous, car une de nos missions est aussi de travailler sur le sentiment d’appartenance ; donc plus nous cultivons ce sentiment d’appartenance auprès de nos étudiants dès la première année de licence, plus l’attachement à leur université et au bien-être lié à leurs études sera grande une fois installé dans leur carrière professionnelle. Ainsi, plus « l’ancien » est attaché à son université, plus il sera facile pour lui de revenir à son université pour chercher un stagiaire. C’est donc un élément très important. Nous avons également un web master qui dépend de la direction de la communication. En fait toute la partie technique est gérée par la direction des systèmes d’informations, mais tout ce qui relève du web, c’est-à-dire, du métier du web master est lié à la politique éditoriale. C’est donc important que le web master fasse parti de la direction de communication ; c’est un élément moteur puisque c’est un des outils les plus utiles et faciles pour diffuser l’information. De plus, nous avons un chargé d’édition, qui lui travail sur les supports informatiques plus classiques comme par exemple le journal de l’université, qui est sous format magasine dans lequel nous faisons tout les 2 mois, un zoom sur une formation un peu spécifique ; des métiers un peu spécifique ; un zoom sur des sujets de recherches propres à nos domaines afin de mettre en avant nos points forts et nos richesses en matière scientifique ; des éléments culturels etc. Et finalement, nous avons une opératrice en graphisme, qui elle soutient des services dans la production de signalétique ; de certains livrets de papiers essentiellement print ou d’affiche pour telle ou telle opération évènementielle. Donc voilà en résumer toute l’équipe. Par ailleurs, nous travaillons en équipe de 6 pour une université de 20 000 étudiants et 1 600 personnes ce qui n’est pas énorme, mais nous travaillons aussi en réseau dans les services et les composantes qui sont en relation avec des correspondants, qui eux travaillent sur une communication plus spécifique sur leur faculté ; sur l’institut ou sur le centre culturel, comme par exemple une chargé de communication spécifique à la culture. Nous travaillons donc en liant avec ces derniers puisque ensemble, nous participons à l’image de notre établissement.

« Est-il facile de travailler en groupe ? »

Il y a des petits désaccords de temps en temps certes, mais mon travail est d’éviter ces derniers afin de trouver des compromis au sein de mon équipe. L’idée c’est d’avancer. Ensuite sur des thématiques en terme de communication, nous avons rarement des désaccords majeurs qui freinent notre avancée. Nous travaillons comme une agence de communication intégrée ; notre job n’est pas d’imposer une image, mais bien d’accompagner les chercheurs, les porteurs de projet dans leur communication. Cela relève donc du conseil à travers nos propositions, qui ne sont pas toujours approuvées. Dès lors, nous essayons de travailler avec eux afin d’améliorer la communication que nous faisons. Il y a rarement de conflits lorsqu’on travail en « bonne intelligence ».

« Quels seraient selon vous, les avantages et les inconvénients de ce métier ? »

Selon moi, les avantages seraient la diversité, c’est-à-dire, la multitude de fonction allant de la production d’un communiqué de presse à l’organisation d’un événement, en passant par le montage d’un site web etc. C’est tellement divers que c’est extrêmement intéressant !

« Diriez-vous que vous passez une partie de votre temps à apprendre de nouvelles choses ? »

Oui tout le temps ! Je pense que c’est le propre des métiers de la communication, c’est-à-dire, que si nous voulons avoir de l’impact sur un grand nombre de personnes, nous devons être innovent, souvent percutant, trouver de nouvelles idées en permanence afin justement de se démarquer des autres. De ce fait, c’est un métier qui nous permet de nous renouveler en continu.

« Est-ce cela qui vous a donnez envie de faire ce métier ? »

Au départ, c’est le côté créatif qui m’a attiré…

L’interview fut interrompu un cours instant, par un appel professionnel lié à un problème de dernière minute. Cela illustre parfaitement ce métier qui demande beaucoup de réactivité.

La grosse difficulté de ce métier est la gestion de l’urgence. En effet, nous sommes dans un métier dans lequel il faut être hyper réactif de part les réseaux sociaux, qui accélèrent la communication, nous confrontant en permanence à l’urgence. Il faut ainsi savoir s’organiser dans le but de répondre à cette urgence tout en continuant de faire avancer notre travail.

« Cela fait combien temps que vous pratiquez ce métier ? »

Trop longtemps (rire)… Cela fait 12 ans que je suis dans ce domaine. Je suis chargé de communication que depuis 8 mois, mais j’ai été directeur de cabinet de la présidente de l’université ; je m’occupais également des questions de communication à un autre niveau.

« Qu’avez-vous pratiqué d’autres ? »

J’ai été chargé de projet sur de grosses opérations comme par exemple l’Opération Campus : c’est de la communication de projet.  J’ai participé au montage de ce projet, qui a permis à Montpellier, d’obtenir 325 millions d’euros pour la réhabilitation des campus comme le bâtiment B sur notre campus, qui lui a été rénové il y a quelques années. C’est donc du « dobbing », un autre aspect de la communication. Nous montons un projet, nous communiquons dessus de manière efficiente dans les réseaux sociaux afin d’imposer le projet pour qu’il devienne une évidence. Nous partons donc d’un concept un peu vague vers du réel par l’intermédiaire du « dobbing ».

« Laquelle de vos opérations a eu le plus de succès ? »

Je prendrais l’exemple du Musée des Moulages au bâtiment M à l’entrée du campus. Ce musée est une pépite pour l’université puisque nous n’avons pas de patrimoine historique comme celle de la Faculté de Médecine. C’était un musée qui était un peu éteint, nous avons alors fait une grosse opération de réhabilitation ; nous avons restauré des œuvres ; nous avons refait une scénographie pour pouvoir l’ouvrir largement au public. Ainsi, tous ces aspects techniques sont liés à la communication, puisque que nous avons progressivement montée la pression sur le fait que nous allions rouvrir le musée afin de redonner goût à la communauté des personnels enseignants chercheurs. Cela a donc aboutit à une inauguration en fanfare avec quelques 600 personnes présentent alors qu’on attendait qu’une centaine de personnes. C’est une grosse opération qui s’est très bien passé et a donc promue l’image de marque de l’Université de Paul Valéry 3.

« Auriez-vous une anecdote à nous raconter sur votre métier ? »

En fait, c’est un peu tous les jours que nous paniquons, puisque que nous nous adressons à une communauté de 25 000 personnes. Lorsque nous publions un message sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Mail), nous nous posons toujours la question de « est-ce que nous avons poster le bon message ? » ; « est-ce que nous l’avons mal écrit ? » donnant ainsi naissance à une mal interprétation du public. C’est donc ici qu’intervient la maîtrise de l’écriture et de soi-même.

« Pour conclure, selon vous, quels seraient les qualités à avoir pour faire ce métier ? »

Selon moi, la créativité est indispensable. De plus, il faut en permanence savoir se remettre en question afin de pouvoir rebondir en proposant des choses nouvelles. Il faut également avoir une ouverture d’esprit et se documenter dans tout domaine afin d’être en pris par rapport à la société dans le but de proposer des messages, qui collent à la réalité.

Fin de l’interview

Grâce à cet entretien, mes collègues et moi-même avons pu connaître les différentes facettes de ce métier. En effet, le métier de chargé de communication demande de se donner à 100% avec une ouverture d’esprit qui doit continuellement réfléchir à de nouvelles idées.

SEBHAOUI Najoie

CAPET Jessica

SOULANGE Pierre-Yves

Interview de Ziane Bey , journaliste France 2 par Léonard ADNET , Pirouz MEHRAEIN et Guillaume SAUZE

lundi 14 novembre 2016

Ziane Bey , journaliste sportif travaillant pour France 2 et notamment pour l’émission Stade 2 , a gentiment accepté de nous accorder de son temps pour réaliser cet entretien. La date du rendez-vous a été fixée  le 29 octobre 2016 à Paris , et l’interview dura une quarantaine de minutes .

Léonard : Bonjour monsieur Ziane Bey , vous avez eu la gentillesse d’accepter cet entretien dans le cadre d’un projet universitaire , et je vous en remercie .

Ziane Bey : C’est un plaisir pour moi de répondre aux questions d’étudiants aspirant à découvrir le métier de journaliste sportif.

Léonard : Le plaisir est partagé , j’aimerai commencer par vous demander depuis combien de temps exercez-vous ce métier de journaliste sportif ?

Ziane Bey : Alors , j’exerce le métier de journaliste sportif depuis Mars 1993.

Léonard : Très bien . Et depuis quand pour France Télévision ? Avez vous travaillé pour d’autres groupes ?

Ziane Bey : J’ai débuté sur France Télévision en juin 1997. Et oui j’ai aussi travaillé pour Canal Plus, Khalifa TV, et le Groupe Sporever , qui était présidé à l’époque où j’y étais par l’actuel président de l’Olympique de Marseille : Jacques-Henri Eyraud.

Léonard : Qu’est ce qui vous a incité à travailler dans le journalisme sportif  ?

Ziane Bey : En fait, c’est arrivé assez jeune, je venais d’avoir 11 ans, et j’avais vécu ma première coupe du monde de football en 1982 à la télévision. L’équipe nationale d’Algérie et celle de France m’ont toutes les deux faites vibrer, rêver durant ce mondial qui se déroulait en Espagne . Ironie du sort, me sentant à la fois Français et dans le même temps Algérien de par mes origines, les deux nations s’en sont bien sortis toutes les deux mais ont eu des trajectoires différentes. En effet, la France fut éliminée en demi-finale par l’équipe d’Allemagne au bout d’un match époustouflant, et dans la même lignée, l’Algérie créait la surprise au 1er tour, en battant ce même ogre allemand 2-1. Pire, l’Allemagne, si elle ne s’était pas arrangée avec l’équipe d’Autriche, pour éliminer l’Algérie, aurait rencontré la France en 8e de finale. Juste après la finale du mondial 82, sur Stade 2, je tombe par hasard sur un reportage concernant l’équipe d’Algérie, présenté par Didier Roustan qui travaille pour L’Equipe 21 actuellement. J’étais l’homme le plus heureux du monde ! A partir de là, j’ai toujours rêvé de travailler un jour pour Stade 2, ce fut donc l’élément déclencheur dans mon aspiration à  un jour  devenir journaliste sportif.

Léonard :  Quelles sont les formations que vous aviez entreprises ?

Ziane Bey : J’ai un niveau BAC+2, et j’ai arrêté mes études par manque de motivation. Je suis alors monté sur Lille pour y passer un concours d’entrée à l’École supérieure de journalisme l’ESJ de Lille. Je n’étais pas mauvais en Français et en Anglais. Mais j’ai vite décroché une fois le concours réussi car il y avait foule, j’étais démotivé à l’idée de reprendre les cours, de perdre du temps à reprendre la plume. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et  je suis allé droit au but. Je suis allé au siège de Canal Plus, et j’ai demandé s’il m’était possible de rencontrer le présentateur TV de L’équipe du Dimanche, Pierre Sled. J’ai participé à plusieurs répétitions d’émission, puis j’ai obtenu un stage, et à partir de là, tout s’est enchaîné.

Léonard : Vous n’avez donc jamais voulu vous orienter vers une forme de journalisme autre que sportif ?

Ziane Bey : Non, je n’ai jamais souhaité m’orienter vers d’autres formes de journalisme. Je savais ce que je voulais dès le début, et j’ai tout mis en oeuvre pour y parvenir. Patience et audace ont été les fruits de ma réussite. Le sport était ma passion , pour certains c’est l’économie , la politique , pour moi c’est le sport .

Léonard : Avez vous observé une évolution dans ce métier de journaliste sportif , notamment avec l’arrivée d’Internet et des nouvelles technologies ?

Ziane Bey : Oui le journalisme a énormément évolué et il continuera encore de muer. En effet, le web, un terrain d’avenir, y a grandement contribué. Les gens vont butiner et aller sur différents sites d’informations. Les réseaux sociaux comme Twitter où Jean-Michel Aulas l’actuel président du club de football de Lyon , pour ne citer que lui, attirent de nombreux journalistes à l’affût du moindre post. Bref, là où la TV et la radio pardonnent plus facilement les bourdes, la mémoire d’Internet est quasiment sans limite. Un risque que certains sont pourtant prêts à prendre et qui reste la grande peur des communicants. Alors qu’à l’époque, on ne se posait pas ce genre de questions. Aujourd’hui, tout va vite, très vite, information ,désinformation. L’audience qui peut faire peur à certains journalistes, et la concurrence des autres médias ont fait évoluer le métier de journaliste, et pas toujours forcément dans le bon sens, donc plus de doutes sur la crédibilité qu’à l’époque où j’ai débuté. La recherche de gains, d’argent, de profits, de buzz, de coup de pubs, quitte à dénaturer l’information télévisuelle, est en première ligne aujourd’hui, au détriment de la déontologie du métier et de la liberté d’expression qui a donc beaucoup changé depuis l’arrivée d’internet et du développement de la technologie. Et ce n’est que le début !

Léonard : Le terme de journaliste sportif est un peu vague , pouvez vous préciser votre activité à travers les différents groupes pour lesquels vous avez travaillé ?

Ziane Bey : J’ai eu la chance d’avoir débuté comme assistant direct à un présentateur vedette d’une émission sportive, puis d’avoir beaucoup appris, évolué à ses côtés. Ce présentateur, fut Pierre Sled. C’est à lui que je dois tout. j’ai appris plusieurs métiers car j’étais avide connaissance. J’ai fait assistant réalisateur avecDidier Froehly, Fred Godart , archiviste pour 365 Sporever. Je fais des recherches d’informations inédites sur les sportifs que je joints à un dossier spécifique. Je répertorie tout cela sur mon ordinateur, je classe, je range, je mets à jour, suivant les dernières infos tombées à l’AFP, ou au relationnel privilégié d’un agenda assez bien garni, mais qui ne sera jamais à la hauteur, ni jamais plein. Le travail à effectuer est suivant le briefing du lundi matin pour la semaine ou les jours à venir, voire pour les grands événements. J ‘effectue un travail pour les présentateurs télé en général, où la demande comme pour Charles Biétry  qui est actuellement en convalescence et que je salue d ailleurs, Pierre Sled  3 7d’Or pour trois émissions différentes. C’est plus de la recherche d’informations écrite et mise à jour sur dossier, des résumés de matchs etc.

Léonard : Vous êtes donc un peu dans le travail d’ombre , celui que les téléspectateurs ne voient pas ? 

Ziane Bey : C’est du travail journalistique de l’ombre oui , un peu comme les écrivains qui font taper leur romans par des employés que l on appelle des « Nègres littéraires « . Parfois, il arrive que nos noms soient écrit dans le générique de fin, où dit de haute voix en direct lors d’un match de foot, où d’un résumé de match , mais il est vrai que nous ne sommes pas beaucoup mis en lumière comme les présentateurs qui sont devant la caméra par exemple . Mais ça me plaît comme cela !

Léonard : Avez-vous un pouvoir de décision sur les sujets abordés durant les émissions pour lesquelles vous travaillez ?

Ziane Bey : Je n’ai pas un pouvoir de décision car c’est au rédacteur en chef et au présentateur de l’émission surtout que reviennent ce pouvoir. Par contre, quand j’ai un avis à donner, ils écoutent, puis ils voient ou non la fiabilité de mon information, ça c’est sûr. Je n’ai pas trop à me plaindre de ce côté là, après c’est suivant l’importance et l’ordre de priorité à prendre en compte sur le sujet présenté, et s’il est d’actualité ou non.

Léonard : Comment sont payés les journalistes ?

Ziane Bey : Certains sont payés à la « pige », d’autres mensuellement, d’autres non car stagiaires, d’autres au forfait. Cela diffère en fonction des groupes , des contrats ,etc.

Léonard : La position de journaliste octroie-t-elle des « privilèges » ?

Ziane Bey : Oui je fais des déplacements, pour suivre des joueurs aux entraînements, essayer d’avoir la dernière news que d’autres n’ont pas, de remplir mon agenda téléphonique, de décrocher un rendez-vous pour une interview un match futur . Ces derniers temps je n’ai malheureusement pas couvert les derniers grands événements sportifs. Donc je pense aussi que cela dépend le « l’importance » du journaliste .

Léonard : Selon vous , quelles sont les qualités nécessaires pour être journaliste ?

Ziane BeyIl y en a plusieurs en fait. Être curieux , acharné au travail. Avoir un minimum de culture générale. Être passionné. Rester neutre, c’est-à-dire garder une certaine distance. Toujours vérifier la source de son information avant de la valider. Prendre toujours des notes. Être très attentif. Le feeling, mais ça ne se commande pas. Être dynamique, réactif,disponible. Avoir le goût du contact est indispensable. Être capable de négocier une interview, une autorisation de filmer. Être entreprenant, patient.Avoir une capacité d’adaptation à toutes les situations. Le coup d’œil, appuyé par l’imagination . Une conscience professionnelle. Et savoir provoquer des situations pour faire venir la chance de son côté, au bon moment et au bon endroit. Bien connaître son sujet bien évidemment et rester humble, malin, et souriant.

Léonard :  Le rythme de travail est-il élevé ?

Ziane Bey : Au début, je ne comptais pas les heures de travail, je bûchais. Aujourd’hui, je ne compte toujours pas les heures de travail, je bûche toujours. Quand on aime le métier qu’on fait, on ne calcule pas le temps passé au travail, mais celui passé auprès de sa famille et de ses proches. Donc je le vis assez bien à partir du moment où c’est bien réparti.

Léonard : Comment a évolué votre vision du métier au cours de votre carrière ?

Ziane Bey : En fait il faut s’adapter aux nouvelles technologies pour ne pas être vite dépassé. Etre à la page. J’aime la technologie, le progrès, donc personnellement cela ne me gêne guère. Le travail est même parfois moins fatigant qu’à l’époque, car on a tout à dispositions pour les recherches approfondies .

Léonard : Quels sont les avantages et les inconvénients au métier de journaliste ?

Ziane Bey : L’avantage c’est que tu as choisi ce boulot donc forcément tu l’aimes. Avec la carte de presse, tu as droit à des entrées gratuites aux musées, expos… Je peux rencontrer des stars de sports différents, assister aux matches, manger et boire gratuitement aux différentes soirées où je suis invité , on apprend chaque jour quelque chose de nouveau, on bouge beaucoup, et on paye moins d’impôts. L’inconvénient, c’est les heures de travail et la demande de grande disponibilité pour les week-ends surtout. L’avenir journalistique à la télévision reste bancal à cause du développement du web et des nouvelles technologies. On n’a pas le droit à l’erreur. La première chose qu ‘on m a appris et où je me suis fait hurler dessus, c’était lors d’un match de foot entre le Paris Saint Germain et l’Olympique Lyonnais au Parc des Princes. Je vais voir sur le banc de touche Lyonnais, Joel Bats. Je lui demande qui va rentrer sur le terrain en début de 2e mi temps , il m’annonce le n°3 dans 5 minutes avec un clin d’œil. J’annonce à l’oreillette du commentateur que le n°3 lyonnais va rentrer dans 5 minutes. Le commentateur l annonce en direct devant des millions de téléspectateurs. Au bout de 5 minutes , effectivement un lyonnais était entré, mais pas le n°3 , le n°7 ! C’était de l’intox de Joel Bats. J’ai pris une soufflante, avec cette phrase qui depuis me hante même dans ma vie perso, de la part du commentateur :  » Dans le doute, tu te tais ! « .

Léonard : Avez-vous des idées sur le futur de votre carrière ?

Ziane Bey : Je commence à prendre de l’âge, et je ne puis m’aventurer à partir sur une chaîne concurrente financièrement parlant. J’avais déjà quitté France 2 pour le Groupe Khelifa TV Sport, puis ça a fermé. Je me suis retrouvé sans emploi pendant un certain temps et c’était dur puisque je vivotais. Les sites internet ne sont pas encore totalement fiables et ancrés, la presse écrite à un avenir sombre, la radio est pleine de concurrents, et moi je suis bien où je suis. Pour l’instant.

Léonard : Et pour le futur du journalisme ?

Ziane Bey : Entre la sortie d’école et la signature du CDI, la durée s’allonge. Il faudra être audacieux, chanceux, très talentueux, ou très pistonné,il faut dire ce qui est , pour travailler à la télévision ou radio. Rien que sur Bein Sport, il y a deux ou trois journalistes professionnels pour une quinzaines d’intervenants qui sont des anciens sportifs professionnels ! C’est un combat pour devenir journaliste et le diplôme seul ne suffit pas pour trouver un job. Les jeunes n’ont pas de perspective d’évolution professionnelle très ouverte. Par contre, ce qui est positif, c’est la représentation grandissante des journalistes travaillant sur des supports numériques, au détriment de la presse écrite, qui sera un plus, ajouté à cela que le métier se féminise aussi. Le journaliste devra donc être formé en spécialité informatique / internet, adapter sa recherche de polyvalence du métier au web, et ainsi s’adapter aux nouvelles technologies pour y avoir un meilleur avenir que les différents gros médias classiques que sont la télé, la presse et la radio.

Léonard : Un petit mot pour la fin ?

Ziane Bey : Soyez audacieux ! L’audace est vraiment une des clés de la réussite .

Léonard : Merci encore de nous avoir accordé cet entretien . Au revoir .

Ziane Bey : Je répète que c’est une plaisir pour moi de répondre aux questions d’étudiants , au revoir .

Interview préparé par Guillaume SAUZE , Pirouz MEHRAEIN et Léonard ADNET

Et réalisé par Léonard ADNET