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Compte rendu SASCO Groupe 4 du 04/04/2019

mardi 9 avril 2019

INTRODUCTION SÉANCE SASCO

Date de la séance : 04 Avril 2019
Lieu de la séance : Préfa 3.2
Durée de la séance : 56 minutes
Animateur : Grégoire Niehaus
Participants : 18

Narratrice : Valentine Chanu
Observatrice : Mélissa D’acunto
Rapporteur : Yacine Yoldi

TITRE DU COMPTE RENDU : Compte rendu SASCO Groupe 4 du 04/04/2019

Le récit de Valentine lors de la séance SASCO d’aujourd’hui nous a permis d’identifier différents problèmes communicationnels. L’objectif est d’apporter des éléments de réponses tout en mobilisant un apport théorique. Pour ce faire, nous avons suivis plusieurs étapes :

  • Énoncé de la situation de communication
  • Questions / réponses entre étudiants et narrateur
  • Hypothèses et analyses des étudiants
  • Retour narrateur et observateur

Situation de communication

Pour vous restituer le contexte de mon stage, j’ai travaillé dans une star up, qui s’appelle Français&Food, qui gère donc une application de référencement de restaurants et de lieux de bouches en France, à destination des touristes étrangers. Grâce à un système de question/réponse avec les commerçants, les touristes peuvent accéder à des leçons de français sur l’application. J’étais en télétravail, je n’avais pas réellement d’horaires de travail, et je ne voyais que très rarement ma tutrice, l’entreprise est géré par trois associées, deux Russes et une femme enceinte, marié Agnès, ma responsable. Le reste de l’entreprise est très flou, et ils ont beaucoup de stagiaires/alternants, au moment où j’y travaillaient, nous étions en tout 5 stagiaires, dont trois alternants. La startup n’avait pas tellement de bureaux, seulement un espace de coworking dédié aux startups dans des locaux à Nîmes, ou je me suis rendue seulement trois fois. Tout au long de mon stage, je me suis rendu compte que les tâches demandées n’étaient pas réellement celles annoncées, mais surtout, à deux semaines de la fin de mon stage, même si j’avais déjà effectué mes 140 heures minimums pour la validation, Marie-Agnès nous réunit dans un café à Montpellier, avec un alternant arrivé deux semaines plus tôt, que la boîte ferme. Sans nous proposer d’alternative derrière. Nous laissant presque en plan sans aucune solution.

Phase de questions

Question – Tu sais pourquoi ça à fermer ou pas du tout ?

Réponse – En fait si, ma tutrice était enceinte de 6 mois et avec 2 ans d’anciennetés sans entrée d’argent, elle (la tutrice) et ses deux associées ont décidé de la liquidation économique de la boîte.

Q – Tu n’en as pas entendu parler avant ?

R : Non j’ai été prévenu à la dernière minute. Elle nous a donné rendez-vous dans un café et c’est à ce moment-là qu’elle nous l’a annoncé à l’autre stagiaire et moi. En sachant tout de même que quelque semaine auparavant elle avait engagé pas mal de stagiaire dont certains en alternance.

Q : Comment justifier le nombre important de stagiaire ?
Est-ce qu’il y avait beaucoup de travail ?

R : On était trois stagiaire sur Montpellier, notre principale tâche était de trouver des partenariat et la mailling. Mais il n’était pas nécessaire d’embaucher trois stagiaire pour ça en sachant qu’on alterner pas mal ensemble. C’était largement faisable à deux.

Q : Les autres stagiaires étaient au courant que la Start up était sur le point de fermer ?

R : Pas du tout, y’avait un stagiaire qui était là pour un an et le second est arrivé quasiment en même temps que moi et avait signé pour six mois.

Q : Quels étaient les missions des trois collaborateurs ?

R : Ils s’occupaient de tout ce qui était administratif et il faut savoir que les 2 Russes gèrent une entreprise à côté dans le domaine de la restauration. C’est une sorte France’N’food mais en Russie, elles faisaient donc les aller-retours entre la France et la Russie.

Q : Comment payait-il les alternants sans fond ?

R : Je n’ai pas de détails à ce sujet, ça ne me concernait pas en tant que stagiaire, j’ai pas eu accès à ces infos. Par contre y’a le fait qu’elles payaient l’écoles des alternants, les stagiaires pour longue durée et les employés (web developer)

Q : Combien y’avait-il de poste fixe ?

R : Les trois associées, un webmarketer les autres travaillaient sur Paris du coup je n’ai aucune information à leurs sujets.

Q : Qui se charger du recrutement ?

R : J’ai passé mon entretien avec Marie-Agnès, la collaboratrice française, qui m’a fait remplir les papiers en directe avec elle, je suppose qu’elle n’a pas demandé l’accord des autres collaboratrices.

Q : Ta tutrice voyait les autres stagiaires ou pas du tout ?

R : Je pense que c’est du pareil au même avec tous ceux qui sont sur la régions parce qu’il y en avait un autre alternant sur Paris mais à ma connaissance elle voyait à part égal tous les stagiaires et alternants qui étaient dans la régions, il y en avait une à Nîmes qu’elle a du moins voir à cause de la distance.

Q : Les rendez-vous avec ta tutrice étaient-ils fréquents ?

R : Sur un mois et demi donc six semaines environ je l’ai vue quatre fois.

Q : Dans quelles conditions se sont quittée les collaboratrices ?

R : Tout c’est très bien passé apparemment. La fermeture s’est décidée
d’un accord commun entre elles. Les seuls retours que j’ai eu à ce niveau-là c’était avec Marie-Agnès étant donnée que je n’ai jamais eu de contacts avec les deux femmes Russes. Une seule fois par mail elle m’a donnée une mission mais c’est le seul contact que j’ai eu avec elle.

Q : Pense-tu qu’ils avaient pour stratégies d’embaucher des stagiaires pour réduire leurs coûts ?

R : Je pense, ils cherchaient essentiellement des stagiaires pour une durée inférieure à deux mois, ils ont pris des alternants parce qu’ils avaient quand même besoin d’avoir un suivi à l’année mais en ce qui concerne les stagiaires à une convention inférieure à deux mois l’objectif c’était d’avoir plus de masse salarial et à moindre coût.

Q : Que faisais tu pendant ton stage ?

R : Beaucoup de la mailling, beaucoup de balade dans Montpellier pour démarcher (offre d’un service payant, gratuit au début), j’ai fait de la rédaction d’article pour des restaurant partenaire avec l’application France’N’Food et je me suis rendu au salon « Millésime Bio » pour faire du démarchage.

Q : Tes démarchages ont-ils abouti à quelque chose ?

R : Certains oui, d’autre non, ça c’est avéré très compliqué. Ce n’était pas facile du tout parce qu’on devait vendre. C’était très différent de ce qu’on m’avait vendu lors de mon entretien, j’étais surprise de devoir faire ça. Je ne m’y attendais pas.

Q : As-tu appris en terme communication ?

R : Au sens propre de la communication ça m’a appris à parler plus facilement aux gens. Après professionnellement c’était enrichissant, j’ai appris à mieux m’organiser dans mon travail, on était en total autonomie. Au fur et à mesure du stage qui se faisait de chez moi du coup, je me lever de plus en plus tôt, je sais qu’au début je me lever après 10h mais vers la fin j’ai appris à mieux gérer mon temps en vue du travail que j’avais à effectuer je ne pouvais pas me lever à 10h tous les matins (rires). J’ai plus appris sur le plan personnel que professionnelle.

Q : As-tu eu des retours sur ton travail ?

R : Oui, j’étais bien accompagnée, elle était reconnaissante du travail qu’ont effectué. On communiquer souvent, surtout pas téléphone (texto et mail)

Q : As-tu eu un retour de la part des autres stagiaires ?

R : Seulement du second stagiaire qui est arrivé juste avant moi, il avait signé une convention pour six mois et du jour au lendemain il se retrouve sans rien. Il a dû recommencer les recherches de stage. Moi je l’ai pris plus sereinement étant donné que c’était quasiment la fin de mon stage. Par contre elle ne lui a apporté aucune solution je trouve ça dommage.

Q : Comment te l’a-t-elle annoncé ?

R : Elle était gênée, elle a justifié la fermeture de sa start-up par le fait qu’elle était enceinte et que ça complique sa tâche et qu’il n’y avait plus d’entré d’argent.

Q : Quelle a été ta réaction ?

R : Sans voix, c’est délicat comme situation je ne me suis pas sentie de dire quoi que ce soit. J’ai juste subi la décision

intervention d’un étudiant sur la situation qui semble étrange. Valentine fait une mise au point sur l’identité des associées : Marie-Agnès LAURENT (la tutrice), Mariaya Romanova, et Yana Yakushenko, les deux associés Russe.

Q : Est-ce seulement la boîte française qui a subi ?

R: Je ne sais pas, j’avoue je me suis pas intéressé à tout ce qui tournais autour de l’entreprise. J’ai aucune idée de ce qui s’est passé ailleurs

Q : On-t-il fermer juste après leur annonce ?

R : Non, ils sont entrés en procédure pour fermer dans les jours qui ont suivis mais ils n’avaient plus de travaille pour moi

Q : Sur quel modèle économique se basent-ils ?

R : Ils généraient leurs bénéfices grâce aux partenariats et à l’application particulièrement.

Q : La relation avec ta tutrice était strictement pro ?

R : Oui, on ne parler que des missions à effectuer

Q :Y’a-t-il eu une annonce publique de leur fermeture ?

R : J’en ai aucune idée, parce que je vois que l’entreprise est encore active sur les réseaux sociaux.

L’intervention d’une étudiante nous a permis de confirmer l’hypothèse que la start-up soit encore ouverte, en effet celle-ci reste encore actif sur les réseaux sociaux.

Q : Les a tu recontacter ?

R : Oui pour leur demander les papiers concernant la convention et l’organigramme de l’entreprise, pas plus, ce sont les seuls échanges

Q : Les commerçants continuent à payer l’appli ?

R : Quand le commerçant souscris il paie tout directement, peut-être qu’ils paient parfois mensuellement. Je ne sais pas.

Q : Comment ce sont-elles rencontrées ?

R : Grâce à l’agence de voyage qui appartient à Maria pour laquelle à postuler Marie Agnès

Q : Qu’est ce qui advient des autres stagiaires ?

R : Pas de nouvelles de la plupart sauf un qui semble encore à la recherche de stage

Q : Est-ce qu’il y avait un employé fixe en communication ?

R : Non les alternants s’en occupe principalement et sinon Marie Agnès.

Q : Comment as-tu trouvé ton stage ?

R : C’est une amie à moi l’a trouver durant un salon pour trouver des stages du coup elle m’a donné le numéro et j’ai appelé Marie-Agnès pour l’offre en expliquant comment j’avais eu le numéro et si l’offre était d’actualité et de là j’ai eu un rendez-vous et c’était signé.

Q : Y a quand même eu un démarchage actif ?

R : Oui, oui en plus ils étaient à ce salon.

Q : As-tu eu vent de tes missions ?

R : Oui, mais elle m’en a parlé elle avait dit que je ferais de la recherche de partenariat avec des influenceurs étrangers pour mettre en avant l’application, des trucs sympas. Au final c’était pas ça, elle m’a vendue ca comme du partenariat comme avec le BDE, mais quand je suis arrivée et que j’ai vue la réalité, que c’était du démarchage commercial pur et dur. La rédaction d’article je le savais et j’étais contente car j’aime le faire aussi mais j’en ai fait un unique.

Q : C’est bizarre que tu sois stagiaire en communication mais que, comment vous communiquer ?

R : On avait un groupe Whats app avec Marie-Agnès ceux de Montpellier. Surtout pour faire le point et après je parlais particulièrement avec Thomas par texto et sms pour se donner rendez-vous et faire le tour de Montpellier à pieds et aller dans les villages.

Q : Par rapport à cette question, comme il y avait des gens à Paris et à Montpellier, comment vous communiquez à l’interne ?

R : On avait un boîte mail commune c’était bizarre, on avait tous accès avec la même adresse on changeait la signature et c’est tout. On avait pas de plateforme c’était juste texto mail etc.

Q: Ca marchait bien comme communication ?

R : Après on pouvait s’appeler mais après on était pas tous au courant de qui avait fait quoi entre les villes à part les associées.

Q : tu n’avais pas d’appréhension avant de commencer le stage ?

R : Aucune sur le coup, moi elle m’a dit on est une start up on a pas de bureau, j’avais pas de soucis avec ca. Et je pouvais pas faire la difficile. Le premier jour, je suis allée les voir sur Nimes. Mais donc non pas spécialement d’appréhension

Hypothèses et analyses

À l’issue des questions, des problèmes et des hypothèses concernant la fermeture de la structure ont été évoqués… Ceux-ci concernaient en particulier la communication mais aussi la transparence et la hiérarchie de la start-up.

Problème de structure

Le problème de structure physique à été évoqué et remis en question par les participants. Car elle ne permettait pas d’avoir la place d’un leader physique pour s’occuper clairement de celle-ci et pour aider à la communication mais aussi à la communication interne de l’entreprise. En effet, la répartition en télétravail sur plusieurs villes ne permet pas de transmettre les infos ou d’instaurer un réel leader. En outre, les informations basiques comme l’organigramme n’ont pas été transmises, il n’y a donc pas d’information réelle sur la taille de celle-ci ou encore les actions réelles et les liens de la boîte. Chaque secteur est plus ou moins isolé et très peu en lien avec le reste, la question de la connaissance des limites des missions à réaliser sur le marché par chaque secteur géographique à d’ailleurs été évoqué.
De plus, un problème communicationnel à aussi été mis en avant avec le fait d’avoir une structure sans réel leader ou responsable mais surtout des stagiaires et des alternants. Le problème de structure non matérialisé à cependant été remis en doute car il ne justifierait pas les problèmes rencontrés.

Problème de transparence / relation

Un problème de transparence à aussi été évoqué notamment par le manque d’informations sur l’état de l’entreprise et sa fermeture, qui à été annoncée aux stagiaires et aux alternants sans qu’ils aient été préparés. Un autre problème concernant la transparence des missions effectuées par les stagiaires a aussi été mis en lumière car la fiche de poste ne correspondait pas aux missions réelles.
La transparence envers les stagiaires par rapport à la fermeture a été remise en question pour les raisons économiques de la startup qui ont pu induire se problème. En effet, les chiffres annuels étant publiés en début d’année auraient empêché l’entreprise de prévoir cette situation de mise en liquidation économique spontanée et sans communication au sein de la boîte.
Une autre raison a aussi été mise en lumière, le fait que ce manque de communication ait été volontaire afin d’éviter de perdre de l’activité avant la fermeture. Cependant, malgré une communication interne sur la fermeture et une action auprès des stagiaires, la société reste active sur les réseaux sociaux sans avoir communiqué sur le bilan réel de l’entreprise aux stagiaires.

La question de comment mieux préparer la fermeture et son annonce a été évoquée, mais aussi de ce qu’ils auraient pu faire pour aider les stagiaires et alternants face au problème de la fermeture.

Problème communicationnel

Un problème communicationnel au sein de l’entreprise évident à été mis en avant par un manque de plateforme de communication mais aussi par un manque de responsable de communication. Il aurait été nécessaire d’avoir une personne responsable de la communication en interne de cette startup avec une plateforme de communication pour faire face au manque de structure physique. Le fait que la fermeture ait été annoncée sans les acteurs principaux peut aussi montrer un problème relationnel au sein de la hiérarchie.

Retours

Retour de la narratrice

Valentine, la narratrice était aussi perplexe que son auditoire. Elle n’a pas plus d’éléments de réponse à apporter que ceux qui ont déjà été donnés puisque aucune information n’a été donnée en plus depuis l’annonce de la fermeture qui a été subite.

Retour de l’observatrice :

Pour commencer, la salle était disposée en rectangle de manière à ce que tout le monde se fasse face avec l’animateur situé à l’extérieur du rectangle. La narratrice était située sur une largeur de manière à voir une grande partie des participants.
Lors de la première phase d’explication, Valentine avait l’air détendue et concentrée dans sa narration. Pour commencer avec une observation non verbale, elle avait les mains croisées au début puis les a utilisés pour accompagner son récit avec des gestes ainsi que des mimiques. Elle avait une élocution et un intonation forte ce qui montrait son implication dans son récit. Pendant son explication, l’auditoire était silencieux et avait l’air d’être réellement intéressé en prenant des notes concernant sa narration.
La phase de questions s’est faite de manière fluide, les participants ont enchaîné les questions sans se couper la parole en utilisant leurs notes. Lors de cette phase de questions, environ 8 élèves ont posé plusieurs questions. Ils avaient pour la plupart l’air plutôt à l’aise avec des gestes accompagnants leurs questions. Globalement la parole s’est répartie sur l’ensemble du rectangle et pas uniquement sur une partie de celui-ci. Les personnes ne posant pas de questions étaient tout de même à l’écoute et suivaient les différents échanges du regard. La narratrice a gardé le même ton que lors de la première phase avec une attitude toujours décontractée face aux questions.
Lors de la troisième phase qui concernait les hypothèses, et les analyses, le débat était plus animé. En effet, les intervenants parlaient parfois en même temps mais laissant G.Niehaus réagir afin d’écouter son opinion et de pouvoir réagir en conséquence.

COMPTE RENDU SASCO – 03/04/2018 – ABSO

dimanche 8 avril 2018

Compte-rendu du groupe d’Adrien Trouche et Malik Septier

Situation de communication d’Adrien

I – Le Contexte

 

La situation de communication se déroule chez ABSO, une entreprise innovante située à Béziers et composée de 3 personnes : le patron, un technicien et une secrétaire. L’entreprise a mis au point, en 2013, le 220 Absoplug, qui est une prise électrique permettant de désactiver les ondes électromagnétiques dans un logement, grâce à un système complexe installé dans la prise. En 2016, l’entreprise met au point une version améliorée du produit, appelé Absoplug Alpha, et vend ce produit auprès d’un réseau de revendeurs essentiellement français, mais aussi espagnols et allemands, qui s’occupent de la distribution à travers leurs propres sites web et leurs boutiques physiques. Adrien a effectué son stage auprès d’ABSO afin de les aider sur la communication de leur produit Absoplug Alpha.

    En effet, dû à la complexité technique du produit, les clients et prospects, mais aussi les revendeurs, ont du mal à comprendre exactement le produit et à répondre aux questions des clients, voire même des internautes. Les revendeurs, par exemple, n’affichaient pas tous, sur leurs sites respectifs, la même description du produit. Certains avaient une description proche mais certains mots assez techniques n’étaient pas forcément les mêmes et c’est donc la confusion qui s’installait chez certains clients et prospects. De plus, sur Internet et les forums, il y a des internautes qui débattent sur les effets du produit, ne sachant pas exactement de quoi ils parlent. Ce qui a mené à plusieurs interrogations auprès des clients s’adressant aux revendeurs mais aussi à des chercheurs et autres professionnels auprès du fabricant. La mission du stagiaire constituait alors essentiellement à construire une communication unique, comme une ligne directrice, à faire suivre par tous les revendeurs.

 

    Le problème de communication fut le suivant : un client s’est plaint, sur un forum, de l’entreprise Absoplug car celle-ci ne lui aurait pas répondu correctement concernant des détails sur le produit. Le fait est qu’un des revendeurs, situé dans la même ville que le fabricant, à Béziers, a créé un site web, une page Facebook et une chaîne YouTube au nom de « Absoplug Alpha ». Il communique au nom du produit et non pas en son propre nom de revendeur, ce qui crée la confusion auprès des clients, pensant s’adresser au fabricant. De plus, chaque revendeur est tenu d’informer le fabricant lorsqu’ils rencontrent des problèmes trop techniques pour eux afin, qu’ils puissent fournir une réponse correcte à leurs clients. Ce que ne fait pas ce revendeur situé à Béziers. Le fabricant du produit a contacté cette personne qui, sur un forum destiné au bio, se plaignait du service client de l’entreprise, afin de savoir à quelle personne de l’entreprise elle a eu affaire. C’est là qu’il s’est rendu compte que ce fameux revendeur était derrière tout ça. Le patron d’Absoplug a alors contacté ce revendeur afin de trouver une solution à ce problème. Le rendez-vous a eu lieu après qu’Adrien ait fini son stage et ne sait pas encore où en est la situation aujourd’hui.

II – Les questions :

 

Martin – Est-ce que les revendeurs remontaient les problèmes au fabricant ?

Adrien – Tous les revendeurs sont censés contacter le fabricant quand il y a un souci, car ils ne sont pas forcément aptes à répondre.

 

Claire – Avez-vous contacté par la suite ce revendeur qui a posé problème ?

Adrien – Oui, après le stage, un rendez-vous a été pris mais ca ne s’est pas bien passé.

 

Marine – L’information de défaillance de communication venait du revendeur ?

Adrien – Non c’est un client qui s’était plaint de la réponse du revendeur en pensant qu’il s’agissait du fabricant hors ce n’est pas le cas.

 

Anastazia – Le revendeur faisait comme si c’était lui le fabricant ?

Adrien – Oui c’est ça, en plus le revendeur vient de Béziers tout comme le fabricant donc il y a confusion entre les deux.

 

Anastazia – Cette usurpation n’a pas poussé le fabricant à mener une action en justice ou porter plainte ?

Adrien – Le fabricant a un contrat avec les revendeurs, et ces derniers doivent appliquer ce qui est mentionné, donc il faut voir en interne et si ça va trop loin, peut être.

 

Clémentine – D’autres revendeurs ont eu ce genre problème ?

Adrien – Non pas particulièrement, c’est le seul dans ce cas de figure à ne pas respecter les consignes transmises par le fabricant.

 

Claire – Le patron a-t’il donné des consignes aux revendeurs  sur comment agir dans ce genre de situation ?

Adrien – J’ai pisté sur internet les retours des clients, les sites des revendeurs, afin d’adopter une ligne directrice. Cette dernière a été transmise à tous.

 

Claire – Et ce revendeur ne l’a pas respecté ?

Adrien – Toujours pas, il n’a pas changé ça.

 

Rania – Est-ce que cet incident porte préjudice aux autres revendeurs ? ou leur donne une mauvaise image ?

Adrien – Pas spécialement, il est déjà arrivé qu’un autre revendeur contacte ce revendeur en pensant joindre le fabricant, mais ce dernier a été redirigé. Mais pour l’image oui, le commentaire du client va clairement dans ce sens.

 

Martin – D’après ce que j’ai compris, il y avait d’autres revendeurs qui avait du mal à répondre non ?

Adrien – L’inconvénient c’est que c’est très technique, le revendeur ne connaît pas toutes les spécificités du produit et certains clients connaisseurs posent des questions bien particulières. Dans ce cas les revendeurs contactent le fabricant.

 

Martin – Par rapport à ça, il n’y a pas SAV mis en place ?

Adrien – Les revendeurs répondent directement aux clients et si c’est trop compliqué, ils font appel au fabricant. Il n’y a pas de véritable SAV mis en place car il s’agit d’une petite structure de 3 personnes.

 

Océane – Les revendeurs ne peuvent pas passer le fabricant directement au client pour que ce soit plus clair ?

Adrien – C’est pas évident, car le patron ne peut pas tout gérer. Il a fait ça dans un premier temps mais après il ne pouvait pas suivre.

 

Rania – Par la suite, vous avez contacté le client mécontent ?

Adrien – L’entreprise l’a contacté pour régulariser cette situation, en lui expliquant qu’il n’avait pas eu affaire au fabricant mais à un revendeur et que pour toute question, il peut contacter directement la personne compétente.

 

Claire – Les ventes du produit ont chuté suite à cela ?

Adrien – Non

 

Clémentine – Après la réunion entre le fabricant et le revendeur, il y a eu du changement depuis ?

Adrien – C’est assez récent, je n’ai pas eu encore de retour détaillé sur ce rendez-vous.

 

Anastazia – Après la réunion, il a supprimé son site ?

Adrien – Actuellement je ne sais pas. Mais logiquement, il devrait le faire puisque ça fait partie du problème.

 

Claire – Les éléments inscrits sur la fiche technique ne suffisaient pas ?

Adrien – Si pour les autres revendeurs, il n ‘y a eu aucun problème mi à part un petit temps d’adaptation, mais celui qui pose problème n’a pas appliqué les directives.

 

Clémentine – Depuis combien de temps ce revendeur travaille avec ABSO ?

Adrien – Un an et demi environ.

 

  1. Brunel – Depuis quand le produit existe t’il ?

Adrien – L’ancien produit existe depuis 2013 et il était uniquement disponible en vente directe, le second datant de 2016 est distribué à l’aide de ce réseau de revendeur.

 

Claire – Le fabricant connaissait-il le revendeur avant de travailler avec lui ?

Adrien – Ils n’avaient jamais travaillé ensemble auparavant mais je ne sais pas comment il se sont connus.

 

Rania – Il y eu qu’un seul client mécontent ?

Adrien – Il semblerait qu’il y en ait plusieurs mais c’est le seul à avoir été remarqué sur internet notamment sur un forum de discussion. Car le revendeur ne faisait jamais de retour des plaintes.

 

Rania – Y a t’il eu la perte de fidélité de certains clients ?

Adrien – Non pas du tout. Justement si on peut parler de ça, les clients sont de très gros ambassadeurs de la marque, d’après le patron en moyenne, un client permet d’obtenir 3 nouveaux clients. Ca marche beaucoup avec le bouche à oreille.

 

Rania – La mission du stagiaire au sein de l’entreprise était de mieux informer les revendeurs ?

Adrien – C’était avant tout de revoir la communication même de l’entreprise, le site du fabricant, afin de vulgariser l’information car les gens étaient dans l’incompréhension dû à la complexité du produit. Rien que la mise en rayon du produit posait problème entre le domaine électrique et électromagnétique.

 

Claire – Comment fonctionne le produit ?

Adrien – Pour faire simple, dans un logement le circuit électrique agit sur certaines fréquences, entre 50Hz et 60Hz, et beaucoup de produits électriques ont un rayonnement. Un champs électromagnétique se créé, l’objectif de l’appareil d’ABSO est de désactiver les ondes électromagnétiques en envoyant une autre fréquence et de neutraliser celles émises par les différents objets branchés au réseau.

 

Claire – Parmi les autres commentaires de clients, y a-t’il des préjugés sur ce produit ?

Adrien – Ce secteur propose de nombreuses solutions plus ou moins efficaces, par exemple les patchs pour baisser les ondes électromagnétiques d’un téléphone, ce dernier s’il capte mal va émettre encore plus d’ondes donc ça rend le produit inutile voire pire.Il y a pleins de croyances sur ça, c’est assez compliqué de faire comprendre aux gens.

il y a de nombreux commentaires doutant de l’efficacité du produit, car le fonctionnement n’est pas expliqué ou complètement déformé.

 

Martin – Pendant le stage, il y a eu des remontées de client ?
Adrien – Oui, que du positif.

 

  1. Brunel – Donc il y a quand même des remontées au fabricant.

Adrien – Oui, le fabricant utilise un système de newsletter pour sensibiliser, et parler des avancées sur la prise de conscience par rapport aux ondes électro-magnétiques. Beaucoup de clients se sont abonnés à cette newsletter, et ils font pas mal de retour, donnent des nouvelles, etc. Ca aide également le fabricant à découvrir d’autres avantages du produit auquel il n’avait pas réfléchi, notamment les effets sur l’eau par exemple.

 

Claire – Quelles sont les cibles de ces produits ?

Adrien – Elle n’est pas clairement définie car les clients viennent de tout horizon grâce au bouche à oreille en grande partie, le seul critère notable, ce sont les gens qui sont sensibilisés par rapport au danger liés aux ondes électromagnétiques et qui s’intéressent au bio.

 

  1. Brunel – Combien de revendeurs travaillent avec le fabricant ?

Adrien – Environ une dizaine, notamment 7 en France, en Espagne et en Allemagne peut-être mais pas sûr.

 

  1. BrunelQuel est le secteur des revendeurs, ils vendent quoi d’autre comme genre de produit ?

Adrien – Il s’agit surtout de revendeurs spécialisés dans le domaine, ou encore des boutiques dans le secteur des produits biologiques et d’origine naturelle.

 

  1. Brunel – Le revendeur qui a posé problème dans cette situation de communication était un revendeur de produit biologique ?

Adrien – Oui, ce revendeur dispose d’une boutique dans les allées marchandes du Géant Casino à Béziers.

 

  1. Brunel – Le forum où a été identifié le client mécontent, est lié à l’entreprise ou autre ?

Adrien – C’est un forum de discussion indépendant qui rassemble une communauté qui porte un certain intérêt pour la consommation des produits naturels, et sensibilisés par tout type de pollution.

 

Claire – Il n’y a pas eu de vraie rencontre entre le revendeur et le patron ?

Adrien – Si un rendez-vous, et avant dès qu’il y a un revendeur potentiel qui pense vendre le produit, le patron passe une journée avec lui pour le former et faire des démonstrations. Le patron a également créé un produit électrique pour tester les prises et voir si le produit marche bien, et ce produit de test est possédé par tous les revendeurs.

 

  1. Brunel – Comment le fabricant prend contact avec des nouveaux revendeurs ?

Adrien – Lorsque la commercialisation du produit a débuté, le fabricant disposait déjà de son réseau personnel qui portait à intérêt pour la pollution des ondes électromagnétiques. Son réseau s’est élargi grâce au bouche à oreille, jusqu’au moment où d’autres revendeurs supplémentaires ont été intéressés par le produit

 

  1. Brunel – A priori, le revendeur qui pose problème a contacté le fabricant par le biais des retours clients ?

Adrien – Oui, c’est ça.

 

  1. Brunel – Sur le produit, c’est marqué qu’il est fabriqué à Béziers ?

Adrien – Sur le site internet, on sait que le siège est à Béziers, mais sinon le produit il y a une partie qui est fabriqué en chine et eux font les finitions ici en France. Je me rappelle plus où est-ce que c’est fabriqué, si c’est précisé mais si jamais c’est marqué ça serait fabriqué en France.

 

  1. Brunel – Sur le produit il y a l’adresse du fabricant ou ce genre de chose ?

Adrien – Oui il y a la boite avec les étiquettes dessus, ainsi qu’à l’intérieur de la boite avec la notice.

 

  1. Brunel – Avant votre arrivée, c’était une pratique régulière pour le fabricant de regarder l’image dégagée de son produit sur internet ?

Adrien – Il y avait un peu de veille qui était faite, d’abord pour voir ce qui se disait, mais aucune analyse n’était vraiment approfondie.

 

  1. Brunel – Vos missions c’était de faire de la veille et prendre des mesures pour mettre en place une communication à destination des revendeurs ?

Adrien – Et des revendeurs et du site, et aussi des vidéos YouTube de démonstration par rapport à certains cas de figure, c’est plus destiné à un large public et pas forcément à but premier de vendre le produit.

 

  1. Brunel – Avant d’intervenir, est ce que les deux parties ont identifié un certain nombre de questions auquel, soit le revendeur peut répondre directement ou renvoyer vers le fabricant ?

Adrien – Ca s’est fait au fur et à mesure, le patron essayait de donner des petits conseils et préconisations à adopter mais souvent, c’était les revendeurs qui prenaient l’initiative, et c’était source de problème car d’un site à un autre, la description produit n’était pas la même.

 

Claire – Est ce qu’il garde un contact régulier avec les revendeurs ?

Adrien – Oui, justement les revendeurs le contactent et puis durant les commandes de stock, il y a des retours. Je sais pas si c’est important de le préciser aussi, mais le revendeur de Béziers est le seul qui a du mal à vendre le produit .

 

Anastazia – Il a peut être pas bien compris le fonctionnement du produit ?

Adrien – Non, je sais pas, mais en tout cas il applique mal les directives depuis le début

 

Martin – Les relations entre le fabricant et ce revendeur se sont elles améliorées ?

Adrien – A la base ça allait, mais au fur et à mesure, il y avait pas mal de tensions et depuis la réunion c’est encore pire.

 

Rania – Le fabricant a t’il eu de remontées négatives concernant ce revendeur ?

Adrien – Après les soucis qu’il y a eu, le patron a eu d’autres échos par rapport à ce revendeur qui disaient qu’il n’était pas trop honnête.

 

Clémentine – Le patron a-t-il envoyé un client mystère pour analyser sa manière de communiquer sur le produit ?

Adrien – Non je ne crois pas.

 

Marine – Comment le fabricant et le revendeur se contactent, mail, téléphone ?

Adrien – Bonne question, le fabricant l’a contacté directement par téléphone et quand il y a pas mal d’informations à remonter, il écrit un mail afin de conserver une trace écrite si nécessaire.

 

  1. Brunel – C’est le seul revendeur à avoir des ventes vraiment en dessous des autres ?

Adrien – Oui, il y a un fossé assez énorme entre lui et les autres revendeurs.

 

  1. Brunel – Y a-t-il d’autre(s) revendeur(s) dans la zone de chalandise ?

Adrien – Un revendeur est situé dans la commune de Pézenas, il n’est pas touché par les difficultés rencontrées par le revendeur posant problème. Surtout qu’il a créé son propre site et sa page Facebook.

 

  1. Brunel – Le revendeur a créé ses propres outils de communication pour promouvoir le produit ?

Adrien – C’est ça, il a créé un site sur l’absoplug ainsi qu’une page Facebook dédiée. Et ces outils sont mal fichus, la photo est floue, les textes débordent, c’est pas vendeur.

 

  1. Brunel – Le fabricant n’a fait aucune démarche à son encontre ?

Adrien – Au début non, le patron ne trouvait pas que ça posait problème, il ne voulait pas s’embêter avec ça puis il pensait que c’était bien la page Facebook. Une fois que je suis arrivé, je lui ai fait comprendre que c’était problématique pour l’image de la boîte.

 

Rania – Le revendeur n’a pas averti le fabricant de la création de ces outils de communication ?

Adrien – Non, le fabricant l’a découvert à ses dépends, pour justifier ses actions le revendeur a dit que c’était pour aider et faire gagner du temps.

 

  1. Brunel – Et malgré ça, c’est celui qui vend le moins de produit ?

Adrien – Oui.

 

Claire – Elle est comment la page Facebook ?

Adrien – Elle est horrible, il n’y a pas d’autre mot.

 

Claire – Le fabricant n’a pas demandé à changer le contenu de la page Facebook ?

Adrien – Du coup moi j’en ai crée une nouvelle s’appelant “Absoplug Officiel” pour le fabricant.

 

Rania – Mais du coup quand celle-ci a été créée, le revendeur a supprimé la sienne ?

Adrien – J’ai dit au fabricant qu’il devait lui dire de la supprimer et la réunion prévue avec lui portait sur tout ça.

 

Anastazia – Donc il y avait 2 pages facebook avec le même nom ?

Adrien – Pas exactement, parce que la page du revendeur s’appelle “Absoplug Alpha France” et le fabricant c’est “Absoplug Officiel”.

 

Anastazia – Elles ont le même logo ?

Adrien – Justement, le revendeur n’utilisait pas de logo, il prenait le produit en photo, l’image était zoomée et c’était flou. La page du fabricant dispose du logo d’Absoplug.

III – L’analyse

 

Martin – Pour ce cas on pourrait utiliser l’analyse sémiotique situationnelle pour évaluer la qualité de la relation  du revendeur en question et aussi de voir le positionnement du revendeur par rapport à son chiffre d’affaires. Il y a aussi la question de temporalité qui rentre en compte

 

Rania – Ca serait pertinent de mettre en place un audit de communication pour analyser les outils et les acteurs, leur problème de communication, et ensuite faire le constat de tout ce qui ne va pas, les points forts et les points faibles.

 

Claire – Il y a déjà eu un gros problème avec la fiche technique qui n’a pas été faite, donc pas de transparence au niveau du produit. Adrien a expliqué que sur les différents sites, il n’y a pas les mêmes informations sur le produit.

 

  1. Brunel – Moi ce que j’ai compris c’est surtout les réponses des revendeurs qui ne sont pas les mêmes, c’est pas le produit en tant que tel, c’est plutôt les explications techniques durant l’échange. On a une proposition d’analyse et une proposition de piste de résolution, l’audit de communication pour mettre en place une procédure car finalement l’entreprise est en train de le faire avec Adrien.

 

Martin – En point saillant, il y a la communication entre le revendeur et le fabricant, et en terme de résolution, si l’entreprise se porte bien, il faudrait mettre en place un service après vente plus poussé du côté du fabricant.

 

Rania – Je trouve qu’en point saillant, il n’y a pas que la communication entre le revendeur et le patron, mais les revendeurs car ça peut arrivé avec un nouveau ou plus tard. Donc en fait, faudrait que le patron explique mieux les choses.

 

Martin – Oui, qu’il ait un suivi plus régulier.

 

  1. Brunel – Ce que vous voulez dire, c’est créer une procédure normée entre le fabricant et ses revendeurs, pour éviter que ça se reproduise.

 

Rania – Oui qu’il s’adresse à tout le monde et pas qu’une personne.

 

Claire – Celui qui a crée une page Facebook, c’est qu’il avait trop de liberté.

 

  1. Brunel – Pour être sûr que la proposition de piste de résolution que vous préconiserez n’était pas vaine, quel type d’analyse on peut proposer en amont ? Qu’est-ce qu’il faudrait faire d’autre pour aller dans le sens des procédures normées. ?

 

Martin – Voir les différents types d’organisation avec Mintzberg ?

 

Claire – L’école de la traduction non ?

 

Rania – L’analyse stratégique peut être appropriée pour mieux comprendre l’environnement.

 

M.Brunel – Qu’est-ce que vous voulez dire pour mettre en place les procédures normées, le but c’est quoi ?

 

  1. Brunel – Il faudrait mettre également le contexte spatial, c’est un élément d’analyse dans la mesure où le fabricant est aussi à Béziers, il y a un jeu de perturbation voire d’usurpation d’identité, il y a une analyse sémiotique situationnelle par rapport à ça. Comment finalement les contextes sont manipulés pour arriver à ce qui pourrait ressembler à une usurpation d’identité avec, finalement, le revendeur qui se fait passer pour le fabricant. Il créé une page Facebook, un site internet, qui plus est il est basé à Béziers, c’est une première piste qui n’et pas forcément une résolution mais qui permet de savoir comment ça en est arrivé là. Ca serait intéressant de les résoudre en amont pour pas que ça vous plombe. C’est la première analyse qui porte sur le fabricant et ce revendeur en particulier.

 

Clémentine – On pourrait utiliser l’analyse systémique pour comprendre les échanges entre les différents acteurs.

 

  1. Brunel – On perçoit de ce qu’on sait de la situation, tout s’est fait au fil du temps, il n’y a pas eu de stratégie initiale très claire ni sur le recrutement des revendeurs ni sur ce qu’ils  doivent faire, donc il y a un vrai intérêt aujourd’hui, de positionner l’ensemble des acteurs qui interviennent essentiellement le fabricant, les revendeurs et les clients. Mais pas que, on se rend bien compte que il y a une chaine youtube, donc il y a une communication qui n’est pas uniquement dans le but de prospecter, mais on peut considérer aussi de la part du fabricant qu’il y a une envie de sensibiliser de faire prendre conscience aux consommateurs/ citoyens d’un certain nombre d’éléments qui viennent perturber notre environnement. On est pas uniquement dans une démarche commerciale, donc il faut arriver à identifier les types de relation qui existent entre le fabricant, les clients, le client prospect, le consommateur éclairé aux problématiques de la perturbation électromagnétique, etc, en gros, il n’y a pas un seul type de client, Donc il faut l’intégrer pour réfléchir après au type de procédure à mettre en oeuvre dans la relation avec les revendeurs mais aussi avec les clients et l’analyse systémique doit nous permettre de faire ça, en essayant de caractériser les choses, repositionner chacun à sa juste place pour permettre de régler la situation en tant que tel. Sans oublier la puissance publique, puisqu’apparemment l’objet étant innovant, il n’est pas encore cerné correctement par les institutions spécialisées.

 

En plus des procédures normées pour les revendeurs, il faut mettre en place une stratégie de communication spécifique en fonction des cibles qu’il faut bien réussir à identifier, on sait que les utilisateurs du produits sont divers, Si on fait une chaîne youtube, on sait qu’il y a une cible qui n’est pas le client potentiel, parce que le produit coûte relativement cher.

 

IV – Retour du narrateur Adrien :

Adrien – Ce qui est sûr dans tout ce qui a été dit, c’est qu’il n’y a pas vraiment de procédure normée pour les revendeurs, donc je pense que oui, il faudrait établir une procédure pour que tout le monde respecte les directives et éviter que cette situation se reproduise. Pour tout ce qui est des cibles, c’est très compliqués et hyper diversifiés, surtout que les clients sont de gros ambassadeurs.

 

  1. Brunel – C’est important dans l’analyse systémique d’intégrer les clients ambassadeurs car on est pas que dans des relations directes entre revendeur-client, revendeur-fabricant, il y a des vraies relations entre client et client. Ce qui n’est pas toujours le cas dans les commerces, ils ne connaissent pas toujours les clients ambassadeurs, car il y a un phénomène de communauté derrière.

 

Adrien – Sinon pour le SAV, c’est compliqué à mettre en place, il n’y a que trois employés avec le patron qui gère tout ce qui est technique, le technicien qui fait les finitions des produits et l’autre employé qui est plus pour l’administratif. En plus le patron fait autre chose comme activité, donc ça lui prend pas mal de temps. Dans son entreprise il est plus dans l’optique d’une sensibilisation. Donc il peut pas faire du cas par cas, d’où l’intérêt de créer des fiches qui vulgarisent l’information, des vidéos qui font office de démonstration du produit.

 

  1. Brunel – Il faut que ce soit beaucoup plus normé en amont pour que les revendeurs et la communauté, pour le partage des rôles et que la communauté créent en quelque sorte ce service après vente, pas matériel mais qui aide à la compréhension pour les clients potentiellement intéressés.

Adrien – Il y a un problème au niveau public aussi, car les agences nationales ne sont parfois pas compétentes et le revendeur a plus de compétence, du coup ça participe à l’incompréhension. A chaque fois que le fabricant se rend compte de ces choses la, il communique par le biais de sa newsletter, il fait part de ses recherches à sa communauté, il continue les vidéos youtube et réfléchit à d’autres produits.

 

V – Retour du rapporteur Malik :

Il y a eu plusieurs propositions, la première étant l’analyse sémiotique situationnelle afin d’étudier le positionnement du revendeur défaillant, et étudier la qualité des relations. Et d’un point de vue spatial, le fait que le revendeur habite dans la même ville que le fabricant et qu’il dispose de ses propres outils de communication avec la page Facebook et le site internet. Donc ça créé une confusion, on croit que le revendeur est le fabricant alors que ce n’est pas le cas et comme M. Brunel l’a dit, ça se rapproche d’une usurpation d’identité. Ca serait pertinent de mettre en place un audit de communication pour analyser les outils en place, voir les points forts et points faibles, Ainsi que l’application de procédures normées, vu qu’ils ne sont pas nombreux, ça serait beaucoup plus simple et rapide de communiquer ainsi avec une information unique auprès des revendeurs.

Il faudrait également identifier tous les acteurs et leurs échanges avec l’analyse systémique, puisqu’ils sont plus nombreux que ce qu’on pourrait penser , il y a le fabricant, les revendeurs, les clients ambassadeurs, les clients et le public très large visé par la chaîne youtube. En les identifiant, on pourrait mettre en place une stratégie de communication pertinente , car au départ il n’y avait rien d’établi et tout s’est fait au fur et à mesure.

COMPTE RENDU SASCO – 03/04/2018

dimanche 8 avril 2018

Introduction

Dans le cadre de notre cours intitulé « SASCO », nous avons du présenter une situation de communication qui a posé problème, rencontrée au cours de notre stage. Le but de cet exercice était que le groupe présent lors de la séance mène une analyse sur cette situation et essaie de faire émerger des préconisations. Le rôle du narrateur fut interprété par Océane Onesti et celui du rapporteur par Adeline Nicou.

Présentation du stage

J’ai réalisé mon stage au Démocrate Indépendant de Bergerac, c’est un journal hebdomadaire. Le parution se fait donc tous les jeudis matins, une fois par semaine. Il est situé dans le département de la Dordogne, dans la ville de Bergerac. Les sujets traités concernent Bergerac et les villes aux alentours, c’est donc un journal local. On retrouve des sujets d’actualité, économiques, culturels, sportifs, etc.

Mes missions réalisées lors de mon stage ont été de trouver des sujets, de contacter les personnes, de prendre rendez-vous, de mener les interviews, de prendre les photographies et de rédiger les articles.

La situation de communication

On a eu une semaine de « spécial formation », c’est-à-dire qu’on a rédigé des articles pour un TAP, un magasine tiré à part, sur les écoles et les centres de formations du département. J’ai du contacté la directrice de l’école des Métiers du Bien-être et de l’Esthétique afin d’établir d’un rendez-vous. La particularité du TAP, est qu’il a des articles basiques dont nous choisissons les sujets et des publi-reportages. Ces derniers sont payés par le commanditaire, ici la directrice de l’école, dans l’objectif que le journal face de la publicité à l’école. L’avantage qu’elle a en le payant, c’est qu’on rédige l’article et on lui envoie après pour qu’elle le relise, apporte des modifications si nécessaire et le valide par la suite. On est donc obligé de lui envoyer car elle achète l’article.

Je me suis donc rendue au rendez-vous, j’ai mené mon interview, dans un premier temps, avec la directrice au sujet de l’école, ce qu’elle propose comme formations, les nouveautés, etc. Et ensuite j’ai interviewé l’apprentie, choisie par la directrice, au sujet de son parcours, ce qu’elle aime dans l’apprentissage, son projet professionnel, etc. A la fin du rendez-vous, la directrice est revenue et m’a expliqué pourquoi son choix s’était tourné vers cette apprentie. Elle m’a dit que ce qu’elle avait aimé dans le parcours de la jeune fille, c’était qu’avec sa première entreprise ça ne s’était pas très bien passé (à cause de la mauvaise entente avec son patron, elle ne se sentait pas intégrée…), elle a donc du retrouver une nouvelle entreprise, les recherches ont duré plusieurs mois, mais cette dernière n’a rien lâché. Et c’est cette détermination que la directrice avait aimé chez elle.

Après ça, je suis rentrée, j’ai rédigé l’article avec une première partie sur l’école en elle-même et une seconde sur le témoignage de l’apprentie. On l’a ensuite envoyé à la directrice, cette dernière a appelé la personne chargée de la communication du journal deux jours après en disant : « oui, alors là ça ne va pas du tout, c’est inadmissible, on ne peut pas dire qu’elle ne s’entendait pas avec son patron et que c’est la raison pour laquelle elle a changé d’entreprise parce que ça va me faire perdre des clients, c’est pas possible ! » C’était légitime de sa part de vouloir modifier l’article mais ce qu’elle voulait qu’on fasse, c’était modifier l’article en disant que l’apprentie avait changé d’entreprise pour d’autres raisons et qu’il n’y avait pas de problème avec son ancien patron, que tout se passait bien, etc. Mais le problème c’est que ce n’était pas la vérité donc on a pas voulu tenir des propos faux. On a donc finalement trouvé un compromis, on a enlevé la partie qui déplaisait à la directrice, au sujet de l’ancienne entreprise, mais sans ajouter du contenu inventé.

Après ce qui aurait été judicieux de me préciser à la fin du rendez-vous, c’est qu’elle ne voulait pas que cet aspect de l’histoire apparaisse dans l’article car quand la chargée de communication m’a fait remonter le problème moi je n’étais pas au courant que la directrice ne souhaitait pas parlé de ça. J’ai rédigé l’article sous forme de témoignage pour vraiment montrer que c’était l’apprentie qui parlait.

Éclaircissement de la situation

Quand la chargé de communication a fait le retour, c’était sous forme de remontrances ? (Marine)

Non, pas du tout, en plus la directrice au téléphone elle a mis ‘accent sur son apprentie en disant qu’elle ne comprenait pas pourquoi elle avait dit ça et qu’elle aurait du se dire que ça allait porter préjudice à l’école. Et les personnes du journal m’ont simplement dit que c’était normal car je ne pouvais pas savoir mais vu que c’est une publicité il faut essayer de mettre que des éléments positifs dans l’article. Mais il n’y a pas eu de problème, après avec un autre journaliste on a repris l’article et modifié ce qu’il fallait pour l’envoyer à la directrice.

Avant que tu rédiges l’article, ils ne t’avaient pas dit, en amont, de trier les informations et d’enlever celles qui étaient négatives ? (Adrien)

Non, on m’a simplement dit que le publi-reportage c’était une publicité et que je devais l’envoyer à l’établissement par la suite. Mais on ne m’a pas mentionné qu’il fallait mettre que les aspects positifs. Après ça paraît logique dit comme ça mais j’ai rédigé d’autres articles pour des écoles différentes et j’ai donc fait d’autres témoignages d’apprentis où je n’ai pas mis que les aspects positifs, j’ai vraiment raconté toute leur histoire.

Donc c’était vraiment au yeux de la directrice que ça n’allait pas ? (Adrien)

Je pense que vu que c’était une publicité, elle voulait vraiment montrer que les côtés positifs de son école. Mais c’est normal vu qu’elle paye pour l’article, elle voulait montrer une bonne image et elle nous a dit que ça aurait pu lui faire perdre des clients. Mais après elle aurait pu me le dire ou même une personne dans le journal.

La modification de l’article a-t-il dérangé l’apprentie ? (Rania)

Non, je n’ai pas eu de contact avec l’apprentie et je n’ai pas eu de retour de la directrice sur le ressenti de son apprentie. Après on a fait en sorte de ne pas modifier ce qu’elle avait dit et vécu, on a juste supprimé le passage qui dérangeait la directrice.

L’article il a été directement envoyé à la directrice ou il a été validé avant par le tuteur ? (Clémentine)

Non, j’ai envoyé l’article à la chargé de communication, Laurie, qui s’est chargée de l’envoyer à la directrice par la suite. Mon tuteur de stage vérifiait mes articles avant la diffusion car le mercredi à midi le journal était envoyé à l’édition, mais durant la semaine du « spécial formation », les articles devait être mis en page par le web designer et mon tuteur ne les relisait donc pas, je les envoyais directement au web designer. Il n’y avait donc pas vraiment de relecture pour le TAP.

L’entreprise a-t-elle été cité dans l’article ? (Malik)

Non, aucune entreprise n’a été cité. Et puis l’apprentie n’a pas mentionné de nom, je n’ai pas demandé non plus, ce n’était pas ce qui importait dans l’article.

Mais c’est l’entreprise qui est mise en cause pas l’école alors ? (Malik)

Oui, mais c’est la directrice qui recherche des entreprises pour les proposer à ses apprentis. Et je pense que ça lui aurait fait perdre des clients, ici j’entends les entreprises, car il y aurait eu une mauvaise publicité.

Tu as eu un retour de l’article ensuite ? (Marine)

Oui, le journaliste a eu la directrice au téléphone après qu’on ait apporté les modifications pour qu’ils valident l’article ensemble.

Tu sais comment ça se passe quand une école ou une entreprise veut faire de la publicité ? Elle contacte le journal ou c’est le journal qui va la chercher ? (Adrien)

Je ne sais pas qui contacte qui en premier, mais je sais que Laurie a beaucoup de rendez-vous avec des clients et c’est elle qui propose la publicité et négocie avec le client (Que voulez-vous ? On peut vous proposez ça ou ça.) Après avec le web designer, ils créent la publicité ensemble en respectant les demandes des clients.

Ton interview tu l’as réalisée seule ? (Clémentine)

Oui, j’ai réalisé toutes mes interviews seule hormis la première où mon tuteur m’a accompagné.

Dans le spécial formation, il y en avait un seul de publi-reportage ou plusieurs ? (Rémi)

Il y en avait deux que j’ai rédigé moi-même. Mais je n’ai pas rédigé tous les article du TAP car il y a aussi des correspondants.

Qu’ont pensé tes collègues de cette situation ? (Rania)

Ils ne voulaient pas mentir non plus, mais il est vrai qu’ils pensaient qu’il ne fallait pas descendre l’entreprise. Mais moi en écrivant mon article je ne pensais pas descendre l’entreprise mais plutôt valoriser l’apprentie et montrer qu’elle était vraiment investie.

Qui est-ce qui a pris la décision d’enlever cette partie de l’article ? (Rémi)

C’est le journaliste avec qui j’ai revu l’article. Mais on avait pas le choix car c’est la directrice qui décide vu qu’elle paye on doit modifier les passages qui ne lui conviennent pas.

Vous savez si elle a fat supprimer d’autres passages d’articles ? (M. Brunel)

Non elle a changé seulement celui-ci car c’était le seul article pour son école dans le TAP. C’est un article par établissement, qui peut faire une page ou une demi-page.

Et les autres années du coup ? (M. Brunel)

Je ne sais pas du tout, je n’ai pas demandé.

Après suppression du passage, la directrice était satisfaite ? (Rania)

Oui, on lui a envoyé après les dernières modifications et elle a validé.

Quand ce n’est pas une publicité, vous écrivez l’article et vous n’envoyez pas pour vérification ? (Adrien)

Oui c’est bien ça, pour quasiment tous les autres articles on a fonctionné comme ça. J’ai écris l’article et ils ont pu le voir quand il a été diffusé.

Tu as eu des retours sur les articles précédents ? (Clémentine)

Je n’ai pas eu tellement de retours et quand c’était le cas c’était généralement des retours assez positifs.

Il a-t-il un contrat qui a été signé ? (Adrien)

Je ne sais pas, c’est possible, c’est la personne chargée de la communication qui s’occupe de cela et fait donc le lien entre le journal et les clients.

Les autres employés ne sont pas dérangé par le «droit de censure» ? (Malik)

Je ne sais pas vraiment, ils sont assez libres je pense, il n’y a pas beaucoup d’articles payants. Les publi-reportages sont seulement dans les TAP. Notamment dans le journal il n’y en a aucun, seulement quelques encarts de publicité et là ils choisissent toujours leurs sujets eux-mêmes.

Combien y-a-t-il de TAP dans l’année ? (M. Brunel)

Je ne sais pas, il doit y en avoir entre 7 et 10 je dirais.

La directrice avait-elle des exigences avant la rédaction de l’article ? (Martin)

Sûrement mais elle ne les a pas mentionnées en tout cas pendant l’interview. Je lui ai demandé ce qu’elle voulait mettre en avant mais elle ne m’a pas dit précisément ce qu’elle voulait alors qu’elle avait la possibilité de m’en parler à ce moment.

Est-ce qu’il y eu d’autres problèmes similaires sur d’autres articles ? (Malik)

Non, pas pour ma part, je n’ai fais que deux publi-reportages mais c’est possible que ça arrive régulièrement sur ce type d’article. Après il suffit d’envoyer l’article et la personne concernée modifie ce qu’elle souhaite.

Cela a-t-il généré des tensions particulières ? (M. Brunel)

Non pas forcément car le journaliste avec qui j’ai modifié l’article s’entendait très bien avec la directrice. Peut-être un peu entre la chargée de communication et la directrice qui n’avaient pas les mêmes rapports et se connaissaient moins, au moment où elles se sont entretenues au téléphone la directrice n’a pas été très cordiale avec Laurie car elle a réagi à chaud je pense.

L’échange avec la directrice s’est fait au téléphone mais il n’y a pas eu de traces écrites des potentielles modifications ? (Adrien)

Non, l’ensemble des contacts se sont faits uniquement par téléphone. Mais on lui a envoyé l’article pour la validation après ça.

L’apprentie a-t-elle été mise au courant des modifications faites sur l’article ? (Claire)

Je ne sais vraiment pas, on n’a pas été en contact avec l’apprentie seulement avec la directrice.

Analyse de la situation

Clémentine : « Là c’est surtout un problème de communication qui se pose dans le sens où on lui a dit quelque chose pendant l’entretien donc ça aurait pu paraître logique de le retranscrire sur l’article et elle n’était pas au courant que la directrice ne voulait pas que ça apparaisse ».

Adrien : « Je pense que la directrice a peut être réagi à chaud en disant que c’était inadmissible, elle aurait pu simplement dire d’enlever ce passage s’en vraiment en faire des tonnes ».

Rania : « La directrice a réagi comme si c’était dramatique alors que l’article n’était pas encore publié. Alors oui il y avait des erreurs à corriger qui pour elle paraissaient évidentes mais si elle ne le précise pas on ne peut pas le savoir non plus. Et puis après le rôle principal du journaliste c’est de « dire la vérité » finalement ».

Rémi : « Aussi peut-être qu’elle a réagi comme ça parce qu’elle s’est dit c’est un journal, c’est peut-être mieux que je leurs mette la pression comme ça je leurs fais un peu peur et ils vont le changer. Mais vu qu’elle a payé, je pense que c’est quelque chose qui arrive souvent lorsqu’une entreprise fait appel à un publicitaire pour une publicité. C’est l’entreprise qui choisit et son objectif c’est de se mettre en valeur, ça doit arriver souvent qu’il y ait des modifications à faire ».

Marine : « Après ils ont quand même réussi à trouver un compromis dans le sens où la directrice voulait au début tenir des propos qui n’étaient pas la réalité mais qu’ils ont finalement trouvé un terrain d’entente sur ce qui devait être dit ou pas ».

Martin : « Le problème c’est qu’il y avait un commanditaire et il n’y a pas eu de critères précisément définis en amont. Pour une publicité, il faut établir des critères afin de pouvoir la développer et présenter ton entreprise au public ».

Adrien : « Après ce n’est pas juste une publicité comme tu pourrais avoir dans le journal avec ton logo ou une image. Là c’était vraiment une interview donc je pense que c’était plus délicat ».

Rémi : « Oui, elle n’aurait pas pu le prévoir ».

Adrien : « Oui c’est ça, dire « je veux qu’il ait ça ou ça » c’est après que ça se fait ».

Clémentine : « Aussi le problème vient peut-être du journal qui n’a pas formé Océane sur la rédaction de ce type d’article, c’est-à-dire qu’il faut mettre en avant que le positif ».

Adrien : « Je rebondis sur ça, je pense que ça fait partie du processus de stage d’apprendre et de voir au fur et à mesure le type de problèmes que tu peux rencontrer. Si tu fais une liste de tous les problèmes que tu risques de rencontrer tu n’en finis pas ».

Malik : « Il y a aussi des relations différentes, de ce qu’on a pu voir, avec Laurie et puis Franck. Avec ce dernier par exemple ça se passe bien mais par contre avec Laurie, la directrice a directement été agressive. Elle aurait pu tout simplement dire, « voilà on retire ça ». Est-ce qu’elle aurait réagi de la même manière avec Franck ? J’ai l’impression qu’il y a un problème à ce niveau, on voit bien qu’il y a un traitement de faveur ».

Adrien : « Je pense que c’est difficile d’appliquer une analyse en particulier car ce sont des relations en externe, ça ne se passe pas en interne. Ce serait compliqué ».

M. Brunel : « La question c’est de savoir qu’est-ce qu’il est pertinent de faire ? »

Rania : « Ce qu’on pourrait préconiser en interne, c’est le côté supérieur qui ne forme pas à ce genre de situation. Eux sont habitués à ce type de situation, mais il aurait été pertinent qu’ils préparent Océane à ce genre de commande ou d’article, en précisant qu’il fallait sortir du cadre un peu journalistique et entrer dans un cadre un peu plus publicitaire ».

Marine : « Océane ne pouvait pas vraiment être formée sur ce problème là, c’est un problème de point de vue, pour elle c’était une bonne idée, c’était dans la logique de raconter son histoire. Tandis qu’après c’est la directrice qui voyait les choses autrement. C’est pas une erreur qui arrive souvent et on ne peut pas quand elle arrive en stage lui dire il faut que tu fasses attention à ça parce que ça ne fait pas partie d’un problème de communication en général ».

Clémentine : « Peut-être aussi que quelqu’un aurait du relire l’article d’Océane car pour une personne qui a l’habitude de ce genre d’article, elle aurait pu voir et donc lui dire que ça n’aurait peut-être pas collé ».

Claire : « C’est vrai qu’il y avait des buts différents entre Océane, la directrice et l’apprentie. L’apprentie, elle racontait simplement son histoire, la directrice c’était vraiment pour la vitrine de son école et Océane elle a juste voulu tenir son rôle de journaliste ».

M.Brunel : « Si on va dans le sens de l’idéal type, on va considérer que le rôle du journaliste c’est de faire un article qui relate de la vérité des faits rapportés, constatés ou enquêtés. La publicité, son idéal type, c’est de mettre en valeur le produit que l’on souhaite vendre sous ses traits caractéristiques les plus attrayants.

Là on est dans une sorte d’entre deux, on fait quelque chose de très particulier en journalisme, c’est le publi-reportage. C’est quelque chose qui se donne l’apparence d’un article de presse mais qui est en fait une commande publicitaire, c’est en réalité entre l’article de presse et la publicité.

Cet objet particulier fait que les relations entre la personne interviewée, le journaliste et le responsable du journal se modifient. Ces personnes jouent un rôle différent par rapport à d’habitude. A la base le journaliste fait son travail d’enquête et n’a de compte à rendre qu’au média.

Ce qui est intéressant ici, c’est que le publi-reportage vient perturber tout cela, le journaliste se retrouve avec un article de commande à faire valider par la directrice, ce qui crée des relations un peu particulières.

Après, il n’y a objectivement pas de raison que la directrice véhicule ses propos de manière dure et conflictuelle. Mais peut-être est-ce du au fait que chacun est dans un rôle nouveau, qu’il n’a pas l’habitude d’exercer et qu’il ne maîtrise pas complètement. Ici, il n’y a pas de raison d’avoir des relations conflictuelles car on permet de faire relire l’article avant la diffusion. La situation ne reste cependant pas conflictuelle longtemps d’autant plus qu’un compromis est trouvé.

La posture que l’on a face au média, est que quelque part on n’est plus maître de sa parole quand on écrit un article sur nous, mais dans ce cas là, la directrice en est presque totalement maître grâce au publi-reportage. Le journaliste, lui, fait un travail quelque peu ambivalent, il effectue d’une part le travail de journaliste à proprement parlé et d’autre part un travail de communicant au sens publicitaire du terme.

Le compromis permet ici à chacun de rester sur ses positions de départ, d’être lié à ses propres normes. Le journaliste reste journaliste, on ne modifie l’article que dans la limite du respectable et du raisonnable, c’est-à-dire qu’on ne travestit pas la réalité mais on ne va cependant pas tout dire non plus.

Au contraire du journalisme, quand on fait de la publicité, on peut omettre certaines choses mais aussi vanter les mérites d’un produit sans qu’il y ait un lien direct et précis avec la réalité constatée.

Dans la situation, les acteurs ont des positions particulières liées à leur statut avec des objectifs particuliers. Dans ce cadre là, la situation est redéfinie et les rôles changent (la directrice est commanditaire, le journaliste n’est plus réellement journaliste). Les relations entre les différents acteurs sont donc reconstruites tout en essayant de conserver le positionnement professionnel de départ.

Le publi-reportage joue donc avec cette ambivalence entre information et communication. Ce qui est intéressant, ici, c’est de voir comment un objet à un instant T vient reconsidérer les relations entre acteurs au sein d’une situation ainsi que la manière dont on arrive à un compromis qui permet à chacun de garder son positionnement.

En termes d’analyse, on peut retrouver des éléments de l’analyse sémiotique situationnelle et de l’analyse systémique. Le schéma des relations entre tous les acteurs du système se reconstruit, on peut opposer le type de relations qu’on retrouve habituellement dans ce genre de situation et le type de relations entretenues dans la situation présentée dans le cas.

Il n’y a pas de solution à proprement parlé, ici, la stagiaire n’est pas dans le cadre professionnel habituel du journaliste. On pourrait simplement, pour éviter que la situation se reproduise, formuler précisément quelles sont les attentes de la rédaction d’un publi-reportage, c’est-à-dire un traitement de l’information différent d’un article journaliste classique ».

Retour du narrateur

Océane : « Moi, je suis globalement d’accord avec tout ce que vous avez évoquer. En effet, il n’y a pas vraiment eu de conflit parce qu’elle a simplement réagi à chaud quand elle a vu l’article, elle s’est un peu énervée mais finalement ça s’est calmé. Ensuite, je pense que ce qui aurait pu aider, c’est qu’il y ait une relecture après la rédaction de l’article, car un des journalistes, en connaissant son travail, aurait pu remarquer le passage gênant pour la directrice. Et ça aurait pu donc éviter qu’il y ait ce petit problème.

Après, en ce qui concerne la formation, je ne suis pas entièrement d’accord car je voyais mal les journalistes me faire une formation en amont alors qu’ils ne pouvaient pas vraiment le prévoir. Ils m’ont expliqué après mais ce n’est pas une chose qu’ils auraient pu anticiper.

Il est vrai que la directrice aurait pu me donner des critères lors de notre rendez-vous et me préciser distinctement les éléments qu’elle ne voulait pas voir apparaître dans l’article. C’est ce que l’école EPSECO, l’autre publi-reportage que j’ai réalisé, a d’ailleurs fait. La personne que j’ai rencontrée m’a expliqué très précisément ce qu’elle attendait de mon article et le sujet de l’article était également bien défini. Il n’y a donc pas eu de problème avec cet article, cela dépend alors vraiment des personnes et de leur manière de fonctionner.

Et enfin, je rejoins l’argument au sujet du publi-reportage, je l’ai remarqué aussi, ça ressemble beaucoup à un article de presse classique. Sur le magasine qu’on a publié par exemple, on constate que la majeure partie se compose d’articles de presse et pour le reste ce sont des publi-reportages, mais on ne voit vraiment pas la différence ».

Conclusion du rapporteur

Adeline : « Alors, pour résumer, il n’y avait effectivement pas de raison que la directive entre dans un conflit et qu’elle emploie des propos un peu agressifs. Ensuite, comme il a été dit, une relecture aurait peut-être était nécessaire avant l’envoie de l’article à la directrice ».

M. Brunel : « En terme d’analyse, il faut retenir que le fait de travailler sur un publi-reportage, cela vient structurer différemment les relations qui existent entre les différentes acteurs du système. Il y a donc à partir de là, une reconfiguration des relations habituelles liées à des normes. Le rôle du journaliste est donc légèrement modifié dans cette situation particulière du publi-reportage.

Là où c’est intéressant, c’est que dans le compromis, le journaliste arrive tout de même à maintenir son rôle de journaliste dans le sens où il n’écrit pas totalement ce qu’il souhaite mais il n’écrit pas non plus quelque chose qui ne relève pas de la vérité et des propos récoltés ».

Adeline NICOU – Océane ONESTI

Licence 3 Information – Communication

Centre Du Guesclin Béziers

COMPTE RENDU SASCO – 13/03/18

dimanche 18 mars 2018

Introduction 

Date : 13/02/18 

Heure : 11h – 12h 

Salle : 303

Dans une matière qui se nomme SASCO, nous avons expliqué notre situation de communication à l’ensemble de notre classe, afin qu’elle mène une analyse de manière stratégique pour résoudre un problème communicationnel. Le rôle de rapporteur était assuré par Rania SAMLAL et le rôle de narrateur par Anastazia MAUNGA. Le groupe était composé de : Olivia TRALLERO-ANDRIEU, Jordan ARNSEK, Anais ZURITA, Paul AVIGNON, Dylan LAURENCE, Rémi PALISSER, Camille TAMBELLINI, Claire WENDLANDT et Martin PAQUES. Le professeur Monsieur BRUNEL était aussi présent. 

Partie 1 : La situation 

Bon parfumeur est une start up créée il y a un an et demi. Elle produit des parfums de niche et se positionne comme une marque de luxe.

Le directeur et créateur de la marque est Ludovic Bonneton. C’est un entrepreneur qui a déjà crée des start-up auparavant qui ont prospéré. Il décrit Bon parfumeur comme une entreprise, je cite, « cool ».

Ludovic Bonneton a crée son équipe tout d’abord avec des stagiaires puis il a embauché en premier Elizabeth en tant que community developer senior. Elizabeth est une femme d’expérience dans ce domaine qui a auparavant était dans une grande entreprise. Elle a un bac + 5 et parle couramment anglais et espagnol.

Puis quelques mois plus tard, Ludovic a embauché Sophie pour gérer les partenaires, les stagiaires, les fournisseurs et les budgets puis Juliette et Claire comme community developer junior.

Plusieurs stagiaires ont défilé au cours des mois. Pendant mon stage, nous étions 4 stagiaires.

Avant mon stage, Elizabeth a été interdite de travailler au bureau avec tout le monde et doit désormais travailler de chez elle.

Des tensions antérieures étaient présentes : Claire, Sophie, Juliette contre Elizabeth. Nous, stagiaires, nous avions rencontré Elizabeth  seulement le premier jour de notre stage pour la galette des rois qu’elle avait apporté et nous n’avions aucun a priori particulier.

Durant mon stage, Elizabeth envoyé beaucoup de mails désobligeants à ces collègues, en fait elle les harcelait de mails demandant tout le temps une chose en plusieurs mails hors qu’elle aurait pu récapituler.

Il faut savoir que Juliette et Claire était en période d’essai de 6 mois et qu’elle allait bientôt avoir leurs évaluations. Claire et Juliette sont des éléments très importants dans l’entreprise car elles trouvent tout les clients et gèrent à peu près tout. Certains clients ne désirent plus travailler avec Elisabeth. Il faut aussi savoir que les filles ont des primes sur le chiffre réalisé. Elisabeth s’occupe des grands groupes et Juliette et Claire des boutiques, concept store etc. Sauf qu’Elisabeth au lieu de s’occuper des grands groupes, s’occupe des tâches de Claire et Juliette ce qui les énervent fortement. Le sujet principal au bureau est donc devenu Elisabeth, tout ce qu’elle fait tout ce qu’elle a fait nous était raconté jusqu’à ce que nous même stagiaire soyons dans une position difficile lorsque Elisabeth nous parlait.

Claire et Juliette ont commencé à chercher d’autres emplois. Il y a eu une grosse réunion avec Ludovic car il ne peut se passer de Claire car elle est très compétente, professionnelle, gentille et elle permet a l’entreprise de se développer sur le marché asiatique car Claire parle anglais japonais et coréen. Ils se sont donc expliqués, le ton est monté et Elisabeth a été interdite d’envoyer des mails. sauf que ce n’est pas la première fois que cela se produit mais après quelques temps passé les tensions recommencent toujours. Ludovic essaye tant bien que mal de tempérer les échanges mais c’est difficile. Par exemple, il y avait un salon de mode auxquels Elizabeth participait à Londres et elle devait passer au bureau prendre des affaires du coup Claire et Juliette ne sont pas venues travailler pendant 3 jours par peur de la croiser. Nous sommes toutes dans le même bureau nous entendons donc à peu près tout et nous ressentions vraiment la colère de Claire et Juliette, Sophie étant dans un autre bureau mais elle est aussi de nature plus calme. Mon problème est donc les grosses tensions récurrentes entre Claire juliette Sophie versus Elisabeth, le bureau étant devenu le clan qui soutient les filles et Elizabeth seul avec Ludovic qui ne sait plus quoi faire pour gérer leurs comportement. Il a accepté de finaliser le contrat de Claire et Juliette, une augmentation de salaire a même été envisagée mais je ne sais pas si elle a été réalisée.

Partie 2 : Le problème 

Les problèmes qu’elle a rencontré lors de son expérience sont les tensions permanentes, ainsi que les différents clans entre ses collègues (Sophie, Juliette, Claire) et Elisabeth, la plus ancienne des salariés.

Partie 3 : Compréhension de l’environnement et des ses acteurs 

Jordan : Quels âges ont Elisabeth, Juliette et Claire ?
A : Elisabeth a 42 ans, Juliette 26 et Claire 24.

Claire : Pourquoi ont-ils gardé Elisabeth ?

A : C’est une start up avec peu d’employés, sachant qu’Elisabeth est la plus ancienne des salariés, le directeur ne peut donc pas se permettre de la virer.

Camille : Tu as dis que plusieurs partenaires n’aimaient pas travailler avec elle, pourquoi ?
A : Elisabeth est très crue, tandis que Claire est très joyeuse et pédagogue. Ils préfèrent donc travailler avec elle.

Martin : Elisabeth était donc la première dans la Startup ?
A : Non, Ludovic, le directeur avait commencé par embaucher des stagiaires, mais Elisabeth est la première salariée.

Martin : Avec les soucis de communication, ses interdictions d’envoyer des emails à ses collègues et de se présenter au bureau, Elisabeth ne travaille plus ?
A : Si, elle travaille de chez elle, du coup elle transmet son travail à Ludovic par email, bien que parfois elle ne pouvait pas s’empêcher de contacter ses collègues.

Dylan : Est ce qu’une personne a-t-elle réellement essayé de régler ces problèmes ?

A : Non, il n’y a que Ludovic qui essayait de gérer tout ça mais quand trois personnes se retrouvent à en détester une, la situation devient compliquée.

Martin : Qu’est ce que Ludovic aurait préconisé à part interdire Elisabeth de travailler sur le terrain ?
A : Il flatte beaucoup Claire et Juliette pour qu’elles restent. Elles sont très proches dans la vie personnelle, Ludovic sait que si l’une quitte, l’autre suivra. Sinon, il empêche tout contact entre Elisabeth et elles.

Dylan : Alors pour Ludovic, c’est une solution ?
A : Oui, il pense que ça marche plutôt bien, mais d’un côté il ne sait pas quoi faire de plus parce qu’il sait pertinemment que cette histoire est sans retour à cause de l’ancienneté des tensions.

Camille : Les clients sont-ils au courant des problèmes en interne et du fait qu’Elisabeth travaille de chez elle ?
A : Non pas du tout, ils ne sont pas au courant mais je pense que si cela persiste ça finira bien par se savoir.

Martin : Tout ces problèmes ont-ils eu un impact sur ton stage ?
A : Non car Elisabeth n’était déjà plus là lorsque je suis venue. On m’a fait savoir qu’avant mon arrivée, elle avait déjà humilié et fait pleuré des stagiaires.

Claire : Ludovic ne lui avait jamais demandé de changer son comportement ?
A : Pas vraiment, non. En fait, elle ne se remet jamais en question, et d’après les propos qu’elle a pu tenir envers les stagiaires, c’est elle la meilleure, et personne n’est comme elle.

Olivia : Vu les avertissements répétitifs que Ludovic lui avait fait, il ne pouvait pas la virer au final ?

A : C’est celle qui connaît le mieux la boîte, et la plus expérimentée. Pour le moment, il est obligé de la garder mais je pense que si il a l’occasion de la remplacer par quelqu’un d’autre, il le fera. Après, je ne connais pas vraiment leur relation en dehors du cadre professionnel.

Dylan : Le directeur Ludovic, a-t-il déjà essayé d’organiser une réunion pour apaiser les choses ?

A : Bien sûr. Il avait déjà mis au point des réunions à ce sujet, mais à force, le cumul à fait que c’est devenu un cercle vicieux sans fin.

Martin : Du coup au niveau de l’entreprise Elisabeth est indispensable c’est ça ?
A : Oui, bien que ça bloque au niveau relationnel. 

Martin : Où travaillait-elle avant ?

A : Je sais qu’elle avait démissionné de son ancien travail, mais personne n’en connaît les raisons exactes. Elle n’a jamais voulu s’exprimer à ce sujet.

Rémi : As-tu déjà eu un contact avec Elisabeth ? Elle a été gentille avec toi ?
A : Oui, je l’avais vu à l’occasion de la galette des rois. Elle essaye de rallier les nouvelles stagiaires à sa cause, du coup elle avait été très gentille avec moi .

Rémi : Est ce qu’elle a déjà essayée de te parler de la situation ?
A : Non, jamais.

Martin : Du coup, même par email elle était gentille avec toi ?
A : En effet, oui.

Claire : Qu’est-ce que les filles lui reprochaient le plus ?
A : Elle envoyait des emails à tout le monde à la dernière minute, même quand il y avait énormément de travail, elle prévenait au dernier moment, et aussi, au lieu de tout regrouper dans un seul courriel, elle en envoyait plusieurs pour faire passer une seule information.

Olivia : Ce n’était pas un jeu ? Elle ne testerait pas les stagiaires par hasard?
A : Je ne sais pas.

Martin : Elisabeth était seule à se rendre aux Salons ?
A : Non, il y avait deux salons au même moment, donc Elisabeth s’est rendu à un et Juliette et Claire à l’autre. Durant ces salons simultanés, Claire et Juliette ont fait un meilleur chiffre.

Jordan : Juliette et Claire sont-elles du genre à parler dans le dos des autres ?
A : Non, pas du tout, ce sont des filles très gentilles. D’ailleurs, elles ont beaucoup encaissé sans rien dire, c’est surement pour cela qu’aujourd’hui elles sont très en colère de la situation.

Dylan : Peux-tu nous donner quelques unes de tes tâches ?
A : La communication sur les réseaux sociaux, faire de la prospection, m’occuper des commandes sur Internet et améliorer le site web au niveau du contenu.

Dylan : Tu devais aussi t’occuper des shots ?
A : Oui, vu que c’est une start up, nous devions tout faire car ils ne sont pas encore industrialisés.

Claire : Ludovic était-il satisfait des résultats de l’entreprise ?
A : Je pense que oui, sachant qu’il est très cool, il faut savoir qu’il n’était jamais au bureau, il travaillait essentiellement dans un café qui se trouvait en bas de l’entreprise. Donc je pense que si les chiffres étaient bons, les problèmes internes lui importaient moins.


Martin : Les filles comptent-elles rester ?

A : Juliette a eu plusieurs offres d’emploi, je pense que si la situation ne s’arrange pas, elle risque de partir, et Claire aussi étant donné qu’elles sont très proches.

Claire : Ludovic est-il un leader laisser-faire ?
A : Oui, l’équipe est très autonome, il peut se permettre le laisser-faire mais il doit quand même trouver des solutions à ces problèmes.

Martin : Tu ne pense pas qu’il est « un peu trop laisser-faire » ?
A : Si, justement, vu qu’il n’arrête pas de répéter que ça finira par s’arranger, mais qu’au final ça ne peut pas s’arranger tout seul. 

Martin : Il est plus du côté des filles ou d’Elisabeth ?
A : Des filles, il sait pertinemment que si l’une part, l’autre aussi.

Dylan : Concernant Ludovic, ça ne lui pose aucun problème de travailler dehors ?
A : Je ne pense pas étant donné que les bureaux sont petits, il n’y a pas vraiment de place pour tout le monde. Il cherche de nouveaux bureaux mais ce n’est pas vraiment sa priorité pour le moment.

Camille : S’il vire Elisabeth, Ludovic n’aurait pas peur qu’elle puisse l’attaquer au prud’hommes ?
A : Je ne sais pas du tout.

Camille : Avez-vous organiser d’autres événements à part la galette des rois ?

A : Non, sauf la veille de mon départ, nous étions tous sorti boire un verre mais sans Elisabeth.

Camille : Vu qu’Elisabeth est plus âgée, et qu’elle a plus d’expérience, tu ne crois pas qu’elle en profite ?
A : Si, parce qu’elle met sans cesse en avant ses études, plus précisément son Bac+5, et vu qu’elle est community developer senior, et les filles junior, elle pense qu’elle a le droit de donner des ordres. 

Dylan : Ludovic a-t-il essayé de faire appel à une personne en externe pour régler les tensions ?
A : Pas à ce que je sache, mais je sais que son but est d’agrandir l’entreprise, il néglige alors la situation.

Claire : Font-ils de bons chiffres ?
A : Oui, ils ont 200 points de ventes à l’international, et Ludovic veut en avoir 1000 d’ici la fin de l’année 2018.

Mr. Brunel : Comment le conflit entre les différents acteurs a-t-il commencé ?
A : C’est un cumul, plusieurs petits problèmes…comme le fait qu’Elisabeth poussait les stagiaires à bout par exemple…Claire et Juliette, quant à elles, essayaient de s’expliquer avec Elisabeth mais la conversation ne donnait jamais aucun résultat.

Mr. Brunel : C’est toujours Claire et Juliette qui parlaient de ce qui n’allait pas à Elisabeth ? Jamais Ludovic ?
A : Si mais au début, elles préféraient s’entretenir entre collègues sans avoir à mêler le directeur dans ce genre d’histoires.

Dylan: Comment les employés et les stagiaires voient Ludovic ?
A : Comme je vous l’ai dis plus tôt, ils le voient vraiment comme une personne cool.

Dylan : Très cool non ?
A : Oui , très gentil même. Après, comme on le voyait pas très souvent, on ne peut pas vraiment avoir une idée précise à son sujet. En tout cas, il adore Juliette et de ce que l’on peut entendre, tout le monde l’apprécie. 

Mr. Brunel : Vous avez dit tout à l’heure, que Ludovic avait organisé de nombreuses réunions de crises, c’était avec ou sans Elisabeth ?
A : Quand j’y étais, elles avaient lieu sans sa présence. D’abord un entretien avec Claire seule, puis Juliette à son tour. Mais avant mon arrivée, ils s’étaient déjà entretenus à quatre.  

Dylan : Elisabeth ne se sent pas un peu mise de côté ?

A : Je sais qu’elle souffre de la situation, elle se sent mal mais elle ne veut pas changer et continu d’agir de la même manière.

Dylan : Y a-t-il eu des preuves récentes de ses agissements ?
A : Non, mis à part les emails mais je n’ai pas eu l’opportunité de les lire.

Dylan : Es-tu persuadée que Ludovic les a lu ?

A : Oui oui, car Elisabeth mettait toujours Ludovic en copie, même si le contenu était pas très correct, elle tenait à ce qu’il y ai des preuves au cas où quelqu’un pourrait déformer ses paroles. Elle se dit qu’au moins, elle pourrait retourner la situation à son avantage, et expliquer les choses avec sa version. 

Partie 4 : Analyses et remarques   

Mr. Brunel : En essayant de prendre de la distance vis-à-vis de la situation, qu’est ce que nous pouvons en dire globalement ?

Claire : La situation s’est un peu envenimée, on peut penser au triangle de KARPMAN où chacun se positionne dans différents rôles : la victime,le  sauveur, puis le persécuteur. Il y a aussi un problème venant de la direction où le leader devrait être beaucoup moins laisser-faire.

Martin : Il y a clairement un problème de leadership, mais aussi au niveau des incertitudes. Vu qu’Elisabeth est mise à l’écart, elle n’a aucun moyen de communiquer. Chacun est dans son coin, donc l’idée d’un médiateur pourrait être très intéressante, afin que chaque partie soit bien réglée et pouvoir trouver une solution convenable.

Jordan : Je pense que le fait qu’un community developer soit mis à l’écart est problématique dans l’entreprise. Elisabeth a moins de moyens de communication avec ses collègues, du coup elle communique par email. A noter que virtuellement, c’est un peu plus difficile de connaître le ton avec lequel les choses sont dîtes, mais au vu de sa réputation, c’est possible que certains emails aient été mal interprétés alors qu’ils n’étaient pas forcément méchants. Globalement, je pense que cette distance entre collègues pose un réel problème au niveau de la cohésion d’équipe, et de la communication interne.

Dylan :  Je suis assez d’accord avec Jordan, le directeur se penche un peu trop du côté des jugements de Claire et Juliette, et ne se fait pas sa propre idée de la situation. Il vaudrait mieux qu’il se forge un jugement personnel et neutre.

Camille : Il serait peut-être pertinent de faire des exercices de dynamique de groupe pour permettre à tous d’apprendre à travailler ensemble et sortir du cadre « Perso ». A force d’accumuler les tensions, ils en ont oublier les objectifs principaux de l’entreprise, et du travail. C’est donc dommage de mettre en avant les éléments personnels, car ils devraient plutôt se concentrer sur les ventes, les clients et les résultats que cherche l’entreprise.

Jordan : Je pense que c’est un peu trop tard pour la dynamique de groupe, parce que le problème est déjà ancré. Le but de la dynamique de groupe est de renforcer les liens, ici, le problème est plus compliqué par rapport aux tensions déjà existantes ainsi que les deux clans formés. Le risque c’est qu’Elisabeth ne soit pas impliquée dans ce type d’exercices.

Paul : Je pense que cela doit être fait en repartant de zéro, sans prendre compte le passé.

Camille : Je pense que le fait d’avoir créer des clans, Elisabeth se retrouve seule, bien qu’elle ai ses torts, je pense qu’elle n’est pas la seule fautive. En fait, ses collègues ont renforcé ses torts, ont aggravé le désaccord existant, et lui ont fait ressentir le sentiment « elle ne fait pas parti de l’entreprise ». Je pense qu’au contraire, il faut prendre un certain recul, parce que personne ne l’a fait, même pas Ludovic qui ne leur rappel pas non plus qu’ils sont une équipe. Interdire Elisabeth sur le terrain en la laissant chez elle n’est pas correct. Comme a pu le dire Anastazia, il n’y a pas vraiment d’impact sur l’entreprise mais au final cela resurgira et les clients en seront informés. Elle pourrait un jour, par vengeance en parler et nuire à l’image de l’entreprise.

Paul : Ludovic devrait « rafraîchir » l’ambiance de travail. Peut-être en recrutant quelqu’un.

Martin :
Ludovic ne veut pas forcément engager quelqu’un selon les paroles d’Anastazia.

Camille : Le patron veut embaucher personne, rien régler, donc c’est sur qu’en partant de ce constat là, il n’y aura pas de multiples possibilités. Il devrait faire des préconisations et prendre du recul. J’ai l’impression qu’il porte une double casquette, car il fait en sorte que le bateau reste en équilibre mais un jour ou l’autre il finira pas tanguer. Soit tout le monde tombera à l’eau, soit certains tomberont tandis que seul quelques uns resteront. Ludovic devrait lui même faire une formation afin de mieux apprendre à gérer ce genre de situations dès le début.

Paul : Faire une formation pour apprendre à régler les problèmes, je ne pense pas que ce soit la solution.

Martin : Le côté formation pourrait régler certaines choses, si tout le monde y mettait du sien.

Paul : Apprendre à quoi ? Communiquer ?

Camille : Il existe des formations de gestion de la colère, de communication en interne etc. Je pense qu’Elisabeth doit améliorer son caractère sinon la situation restera toujours telle qu’elle est. Bien évidemment, elle ne doit pas se former seule, ils doivent y aller en équipe.

Mr. Brunel : D’autres remarques ?

Au départ, cette situation était presque un piège parce que c’est typiquement le genre de situation vers laquelle on peut facilement faire porter le chapeau à une seule personne en se disant qu’on ne peut rien y faire à part que celle-ci change ou soit remplacée. Au-delà des préconisations que vous avez proposé, ce qui est intéressant c’est d’être capable de prendre un peu de distance et se décentrer de la situation. Nous avons recadré la situation (Réf: Palo ALTO). A part le fait de se concentrer seulement sur Elisabeth, vous avez réussi à vous interroger sur le rôle et la place de leader de Ludovic, les responsabilités réciproques, et à intégrer les autres participants en plus d’elle. Il faut toujours se poser les bonnes questions, au lieu de remettre en cause la psychologie de l’individu. Votre analyse a été bonne, car il est important d’analyser les torts de chacun, comme par exemple le directeur, qui devrait normalement être le moteur de la résolution de ce genre de problème. C’est sa responsabilité dans le sens organisationnel, de comprendre le comportement d’Elisabeth, : à quoi est-il dû ?  D’où vient la source du problème ?  ainsi que de faire, aussi, l’analyse du comportement des autres. L’exemple du bateau de Camille est bien, parce qu’effectivement, à un moment cet équilibre sera très précaire et le bateau se renversera soit en détériorant complètement les relations interpersonnelles, soit en mettant en cause la survit de l’entreprise.
Peut-être que le triangle de KARPMAN peut aider, c’est un outil d’analyse certes, mais cela fait parti de ces jeux. Avec les différents rôles du jeu, on se rend compte et on comprend le fonctionnement grâce à ces 3 mêmes pôles. Notre comportement conduit à parfois générer chez les autres ce type de comportement, c’est un peu le but de l’approche KARPMAN. Cela participe du même courant de pensée donc de la psycho-sociologie, mais il y a de toute façon cette nécessité de se décentrer, de recadrer, de résoudre, grâce à un accompagnement plutôt qu’une formation du chef, également de la gestion du conflit, la gestion des relations interprofessionnelles et interpersonnelles. Il faut donc recadrer, et avoir un point de vue général. Souvent, soit on arrive à effectuer un travail psychologique très fin sur un long terme, soit il faut se poser des questions organisationnelles.

En contre partie, on se retrouve confronter à ce genre de situations présentées ici, bien que je n’ai jamais eu à faire à ce genre de problèmes. C’est problématique le fait de ne plus pouvoir partager la même pièce de travail, il est vrai que  nous n’avons pas tous les éléments, il est donc possible qu’il y ai eu des événements ultérieurs qui en sont le déclencheur. Cependant « Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout »

On est dans la stratégie d’accommodements, on s’accommode à une situation  qui ne convient à personne mais qui permet quand même à l’entreprise de « fonctionner ». La résolution reste large mais c’est important d’avoir bien interprété cette communication de crise. Il est indispensable de recréer du dialogue, de la confiance, en pointant du doigt les emails par exemple, s’ils ne sont pas rédigés de la manière appropriée. Dans l’échange, on passe soit par la communication analogique, soit par la communication digital. Le digital, donc le virtuel, dissimule l’expression du visage, le ton, le comportement de l’individu etc. Le premier avantage : Le digital possède des émoticônes, de la ponctuation etc. qui permettent de faire comprendre et ressentir le ton du message envoyé, donc en cas de non utilisation ou d’oubli d’un de ses outils, le message risque d’être mal interprété et peut générer un conflit. Le deuxième avantage : Les emails permettent de créer une communication plus rapide, il y a donc un travail d’accompagnement à faire qui permettra de recadrer la situation.

Partie 5 : Le retour du Narrateur (Anastazia) 

Anastazia n’avait pas de remarques particulières à faire car les propos de ses camarades lui paraissaient véridiques, et les analyses mobilisées pertinentes. Anastazia a reconnu sa prise de partie (involontaire) face à la situation.

Il est important de noter que Mr. Brunel, avait peur que l’ensemble de la classe se rallie à la cause de Claire, Juliette et Sophie, et prenne partie. Hors ce n’était pas le cas. La classe a su se détacher pour mener à bien la séance.

Partie 6 : Le retour du rapporteur (Rania)

Après qu’Anastazia ai présenté sa situation de crise, nous avons pu remarquer un long silence. Par la suite, les étudiants ont commencé à poser des questions diverses concernant l’environnement ainsi que tous les acteurs concernés. Les questions ont essentiellement porté sur les relations entre Elisabeth et ses collègues, et le comportement « laisser-faire » de Ludovic, le directeur. Par la suite, la situation a été évoquée comme étant semblable au triangle de Karpman, et le jeu des trois rôles (victime,sauveur,persécuteur). Il a aussi été relevé que pour mieux analyser une situation conflictuelle, il était préconisé d’utiliser la méthode du recadrage et explorer tous les angles du problème (Palo Alto). Cette situation reflète donc un manque de communication interne, un conflit existant depuis un long moment sans actions immédiates de la part du directeur. Nous constatons une accumulation qui a fait que la résolution du problème n’est même pas envisageable pour les personnes concernées.

Durant certaines explications d’Anastazia, le groupe émettait des sons d’étonnement et des rires face aux agissement relatés.  

La narratrice était assise devant son ordinateur où elle avait préalablement rédigé sa situation. Anastazia était légèrement tendue au début mais au fur et à mesure que les questions étaient posées, elle répondait de manière détendue et spontanée ainsi le langage paraverbal d’Anastazia n’était pas très prononcé, son ton était calme et éloquent. Les étudiants quant à eux étaient tous à l’écoute, et ont globalement tous participé à la situation d’Anastazia.  

MAUNGA Anastazia et Rania SAMLAL

Compte rendu SASCO du 13/03/18 – Dylan Laurence –

dimanche 18 mars 2018

Situation : Les réunions du mardi et du jeudi après-midi qui pouvaient prendre tout l’après-midi de 13h à 17h30 ou toute la journée de 9h à 17h30 et parfois des réunions le vendredi. Ces réunions ont empêché l’avancée du projet de refonte du site web. Dylan et son maître de stage n’étaient pas écoutés par la hiérarchie.

1 ) Les questions

Paul: Est ce que quand t’es arrivé en stage tu as fait évolué le projet ?

J’ai proposé des idées pour la refonte du site web, qui ont été acceptées par mon maître de stage.

Martin: Vous avez pas voulu arrêter les réunions au bout d’un moment ?

Oui et non, les réunions étaient tout de même utiles pour se tenir au courant de l’avancée de divers projets au sein de l’entreprise. C’est important pour toute la partie comunity management. On pouvait aussi exposer les soucis rencontrés sur le web etc.

Jordan: Quelle était ta mission ?

J’étais en charge du community management des pages Facebook, Twitter et Instagram de Kana. Je m’occupais aussi du web marketing, j’ai fait quelques visuels promotionnels pour des futures sorties de mangas.

Anastazia: Qu’entends-tu lorsque tu dis « on ne nous écoutait pas », qui est ce « on » ?

On ne nous écoutait pas dans le sens où on avait beau parler de l’avancée du projet, faire des préconisations etc.,nous n’avions jamais de retour de la part du PDG de l’entreprise et de son second, le chef marketing.

Paul: Quelqu’un a-t-il remis en question l’utilité de ces réunions ?

Officiellement, non. Par contre, officieusement tout le monde a remis en question l’utilité de ces réunions. Elles sont utiles, mais pourraient être beaucoup plus courtes.

Paul: Y a-t-il une personne hiérarchique en dessous du PDG ?

Oui, Nicolas qui a a peu près le même profil et il ne prenait pas en compte les avis de autres aussi.

Paul: Est-ce que cela peut avoir un impact sur le travail de tes collègues ?

Au niveau éditorial non, mais dans le web oui car ça fait 7 mois que le projet est en stand-by même si nous avons essayé de relancer l’intérêt.

Jordan: Quand ils t’ont embauché ont-ils parlé du projet de refonte du site ?

Oui c’était dans les missions qui m’ont été données, je le savais dès le départ.

Claire: Tous tes collègues redoutaient le PDG ? peur de perdre le boulot ? 

Oui il la redoutaient, mais pas de peur de perdre leur travail, juste de se faire engueuler

Claire: Ils ont quel âge le PDG et Nicolas ?

Le PDG a environs 45 ans et Nicolas… Je dirais 35 ans.

Claire: Est-ce que tu penses que le site web n’a pas d’utilité pour le reste de l’équipe?

Le reste de l’équipe trouvait ça très pertinent c’est vraiment au niveau du chef que ça bloquer

Paul: Qui a initié le projet du site ?

Le chef, on avait un projet avec un invité qui nous a pris beaucoup de temps et qui peut expliquer une partie du stand-by

Paul: Il y a d’autre projet dans le même cas ?

Il y a un mini-site qui va être réalisé pour promouvoir un manga il est resté en stand-by pendant… Moins d’un mois

Jordan: Combien y a-t-il d’employé ? Le PDG gère Dargaud Lombard ou Kana ?

Il gère les deux, il y a donc environ 40 personnes. Il préfère donc tout gérer, il ne délègue pas beaucoup. Il faut savoir que Naruto représentait près de 6% des parts de marché de Kana, mais la sérialisation de Naruto est terminée en France. Le chiffre d’affaire de Kana est donc en baisse.

Jordan: Il y a des directives qui viennent de plus haut ?

Oui mais j’étais au courant de tout ce qui se passait. Pour les employés le sommet hiérarchique se situe au PDG de Kana. Mais le PDG a des supérieurs dont nous n’avons jamais entendu parlé.

Martin: Est-ce que ça t’a dérangé dans ton travail ce stand-by de refonte ?

Non ça ne m’a pas gêné comme j’étais stagiaire. Mon maître de stage, lui a été très freiné par cet évènement.

Claire: Ça fait combien de temps qu’il exerce ?
Près de 4 ans.

Claire: Comment est né le projet ? 

C’était une initiative du PDG et de Nicolas car ils se sont rendus compte que le site n’était pas responsive. C’est mon maître de stage qui a fait des préconisations, contacté des personnes et c’est tout ce que je sais.

M. Brunel: Il n’y avait pas de refonte sur le contenu ?

Non que quelques petits détails mais rien de conséquent.

M. Brunel: Comment se déroulait vos réunions ?

Elle était animée par Nicolas. Toutes les veilles de réunions un point était envoyé par mail pour nous indiquer ce dont on devait parler. Le problème de ces réunions c’est qu’elle n’étaient pas très bien cadrées. L’ordre du jour se trouvait souvent dérivé, ce qui nous prenait 2-3 heures. A cause de la chef qui détournait notre sujet en faisant des blagues, etc.

Claire: Elle manque d’organisation (Le PDG) ?

Non, c’est un jugement mais je pense qu’elle aime beaucoup s’écouter.

Jordan: Combien de temps duraient les réunions ?

Celle du mardi durait 2 h. Celle du jeudi entre 4 et 8 heures

M. Brunel: Celle du mardi c’était juste l’équipe web ? qu’est ce que vous y faisiez ? 

Oui, on s’occupait de tous les sujets de community management… On parlait aussi des teasers, des trailers etc. Pour le coup il n’y avait pas de dérive ça allait vite. On tentait de parler de la refonte mais on ne nous écoutait toujours pas. Par exemple, nous avons vécu la nouvelle MAJ de Facebook qui est un problème pour nous et cela a été un point très important pour tout le monde mais Nicolas s’est permis de se moquer de mon maître de stage. « Tu rêves si tu veux avoir un collègue en community management ».

Paul: Ils t’ont pas proposé de revenir ?

Mon maître de stage m’a dit que si un jour, il y avait une place, il m’appellerait directement. Après, ce ne sont que des paroles et ce n’est pas mon maître de stage qui décide.

Martin: La partie marketing est sur Paris ?

Oui.

Martin: D’autres responsable de Paris venaient comme Nicolas ?

Non que Nicolas qui était en visioconférence le mardi. En présentiel, le jeudi, il y avait d’autres employés qui se déplacaient.

M. Brunel: Ton stage se situe ou ?

A Bruxelles.

M. Brunel: La visioconférence fonctionnait-t-elle-bien ?

Oui, mieux que en présentiel, il y avait moins de dérive

M. Brunel: Comment se déroulait les réunions du jeudi ?

On parlait de tous les plan de communication, les approbations au niveau du Japon, beaucoup de questions sur des festivals (festival d’Angoulême, Japan Expo etc), cela revient sur le tapis toutes les semaines car c’est une organisation qui prend beaucoup de temps. Il y a une politique de diversification qui prend toute les réunions du jeudi La grande question était « comment faire pour que Kana sorte la tête de l’eau après la fin de Naruto ? » Ils font pleins de goodies qu’ils distribuent et on en parlait lors de la réunion. Quelque chose que l’on aurait pu faire en 3h prenait 4 à 8h

Camille: Les personnes de Paris venait chaque jeudi ?

Oui il faisait l’aller-retour et les frais étaient pris en charge.

Jordan: Est-ce que l’entreprise ont beaucoup de fond ?

Oui, énormément.

Jordan: Est-ce que pendant les réunions il y avait des pauses ?

Il n’y avait pas de pause officielle, on pouvait pas sortir sauf pour aller aux toilettes.

Camille: La hiérarchie au dessus de ta PDG c’est les actionnaires ?

Non c’est vraiment le PDG de média participation, c’est lui qui fait les rachats d’entreprise.

M. Brunel: Ce sont des entreprise du secteurs de l’édition ?

Oui, BD, Mangas, Comics, encyclopédies « geek », etc.

Paul: Au niveau des réunions il y avait des comptes-rendus ?

Oui des mails envoyés à toute l’équipe.

Paul: Est-t-il lu ? Vous le trouviez bien ?

Oui même si ça ne servait pas à grand chose étant donné que tout le monde était la. Enfin, ça permettait de se souvenir de la réunion.

M. Brunel: Hormis la refonte web y a t il d’autres projets en souffrance ? 

A part le mini-site, non.

M. Brunel: En matière de com, l’intérêt porter sur la communication au niveau du site web vous le qualifierez comment ?

Le PDG était très content car il y avait de bons chiffres.

Camille: Lors de leur événements font-il des stand avec les livres vendu sur internet ?

Oui et ils en profitent pour vendre les goodies.

Camille: Est-ce que ça les stresse ces événements ?

Oui, il faut que ça marche, car ça leur prend beaucoup de temps et d’argent. Souvent il y a des invités japonais qui sont très strictes ce qui pourrait conduire à la fin d’un contrat si tout ne se passe pas bien…

Jordan: Pour l’édition d’un manga comment ça se passe ?

C’est les chefs éditoriaux qui lisent constamment des mangas, Ils repèrent les séries qui peuvent être intéressantes et en font un retour aux réunions. Ils font un plan de communication, contactent les maisons d’édition japonaises pour essayer d’éditer leurs mangas en France. Ils ne sont pas seuls, il y a des concurrents et ça se joue en fonction du plan de communication et budget mis pour le manga. Mais le budget n’a pas obligatoirement un impact sur la décision des japonais c’est vraiment le plan de communication qui est important.

Jordan: Qui décide de vous vendre le manga ?

Les maisons d’édition Japonaises prennent la décision finale.

Jordan: Y a que des mangas japonais ?

Non il y en a aussi des Français et c’est Timothée qui s’occupe de cela et qui détermine si le projet est intéressant et mérité d’être édité.

Jordan: Est ce que la différence de culture est un facteur de stress ?

Oui car il faut toujours s’adapter au mangaka et surtout à la maison d’édition qui sont tous différents. Encore une fois si le contact et la communication se passent mal ça peut découler sur une rupture de contrat.

Claire: Les priorités de l’entreprise sont plus concentrées sur les événements que le site ?

Ils sont concentrés vraiment sur l’édition, ce qui est logique. En deuxième point oui ça serait vraiment les événements. Moi aussi je trouve que l’évènementiel est très important car il permet des ventes et un recrutement inégalable. Par exemple, la Japan expo représente 300 000 visiteurs en 5 jours, si je me trompe pas.

Camille: Ils vont pas en Asie ? 

Si, le PDG, Timothée et Yuki y vont pour garder un contact cordial avec les maisons d’édition japonaise.

M. Brunel: Le web fait-il partie du plan de communication ? De la part du chef éditorial il n’y avait pas d’exigences sur ce sujet ?

Oui, il en fait totalement partie et pour le chef éditorial c’était très important. Le soucis c’est que tout se base sur la confiance des mangakas et de la maison d’édition japonaise. Ils ont une culture du travail totalement différentes de la notre, une erreur pourrait être dramatique pour Kana.

Jordan: Est-ce que tu penses que le déroulement de ces réunions qui dérivent, ne soit pas en inadéquation avec le modèle japonais ?

Si je pense que si, mais ce genre de réunion… Ils ne sont pas au courant de tout ça au Japon. Même si c’est très contre-productif. A cause du jeudi on prend du retard sur la journée du vendredi qui dure déjà moins longtemps que les autres journée on a donc une heure en moins pour faire le triple de travail. En plus du community management basique, créer des articles etc., on répondait aux MP. On était un peu le service aprèsvente de Kana.

Jordan: Comment marchent les mangas en France ?

La France est deuxième consommateur de mangas au monde

Jordan: Il peuvent donc être plus conciliant ?

Non car il n’ont pas besoin de nous pour fonctionner

Remarque de Dylan

Quand on acquiert une série, le budget est un budget en terme d’impression :admettons qu’on mette 190 000 euros pour acquérir une série, il faudra imprimer pour 190 000 euros de tomes 1. Si les ventes ne sont pas à la hauteur, que l’on vend pour 160 000 euros, le reste reste sur les bras de Kana, qui sera en déficit de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Un manga qui coûte 7 euros coûtera à l’impression 2 euros, sans compter les divers intermédiaires (transporteur, libraire…).

2. Les analyses / les remarques

Claire:  Je pense que les priorités ne sont pas les mêmes à tous les niveaux. Je pense que l’âge est un facteur qui influe. Il faudrait parler de la théorie de la traduction, il faudrait un intermédiaire entre le PDG et les employés pour mettre en avant la partie web

M. Brunel: Donc il y a un problème de compréhension des enjeux.

Camille: Je pense qu’il faudrait faire en audit interne pour faire un états des lieux et explorer des pistes d’amélioration, avoir des phases d’entretien pour connaître les sentiments du personnel, analyser le PDG et faire un constat pour mener des préconisations.

Martin: On peut analyser les jeux de pouvoir avec l’analyse stratégique.

Jordan: Il est important de repenser le format des réunions, des études ont prouvé que n‘importe quelle personne a une capacité de concentration qui ne va pas durer le temps des réunions faites ici. Allouer des pauses, pour remettre ses idées en place ou alors changer le cadre de la réunion.

Paul: Toute l’équipe dans une seule réunion est un frein car tous les dossiers ne vont pas concerner tout le monde, il vaudrait mieux faire plusieurs petites réunions segmentées par secteurs pour que le vendredi ne soit pas si chargé et que la productivité soit augmentée.

Camille: Pas d’accord car va permettre à toute l’équipe de connaître les problèmes rencontrés et d’avoir un avis extérieur, un recul. Certes il y a un soucis d’horaires mais il faut qu’il y ait tout le monde et a un rythme régulier. Hors une segmentation posera problème sur la distribution de l’information.

Martin: Pas forcément, le fait de segmenter peut amener a plus de productivité.

Camille: Il faudrait vraiment un animateur qui cadre, qui gère le temps.

 

Jordan: La différence de culture entre les maisons d’édition japonaises et françaises / belges peut être un facteur de stress. Mais je pense que si la mentalité était la même des deux cotés, ça serait plus simple pour la maison d’édition, Il faudrait que quelqu’un fasse la traduction entre les deux maisons d’édition et puisse permettre un peu de sérénité.

M. Brunel: Je pense clairement qu’il y a deux analyses a conduire. La première liée à l’organisation du travail et la deuxième liée a la problématique du non avancement de la refonte du site web. Les deux sont liées même si elles sont indépendantes. Pour revenir sur la réunion, il est intéressant de revenir sur la dynamique de groupe.

Pour la cohésion de groupe deux éléments sont essentiels : se centrer sur la tâche et se centrer sur le fonctionnement du groupe en lui-même. Une réunion a deux objectifs : permettre d’atteindre un certain nombre de but et maintenir la cohésion de groupe. Si seulement un des deux est réalisé nous nous retrouvons dans une situation difficilement gérable. Si on mise que sur l’objectif, la réunion n’a plus vraiment d’intérêt. Si elle est uniquement centrée sur la tache, ça peut générer de la frustration. Inversement, fixé uniquement sur la cohésion de groupe, le résultat sera proche de 0. C’est pourquoi cette situation est intéressante car on sent qu’il y a une recherche de tenir les deux bouts.

La façon dont la réunion est faite respecte plus ou moins les phases (une réunion commence avant et continue après avoir eu lieu). Les cinq étapes traditionnelles sont respectées mais en même temps il y a une insatisfaction dans la façon dont la réunion s’organise qui est liée au point particulier du site web. Vous avez raison sur le fait qu’il faudrait mettre une méthodologie au point. Cependant faire des réunions qui ne concernent pas les autres en les faisant participer ce n’est jamais négatif. Au delà d’un ordre du jour il faudrait fixer un temps qui permet de cadrer la réunion tout en aménagent des espaces d’échanges informels. Comment repenser la réunion dans un processus de travail?

Centré tâches et centré cohésion, plus les 5 étapes fondamentales (1 étapes avant la réunions – 3 étapes pendant la réunion : ouverture / rappel de l’ordre du jour et du temps / compte rendu, retour sur ce que la réunion a permis de faire avancer – 1 étape après la réunion : compte-rendu envoyé à l’ensemble des participants -> même si ils ont tous été présents cela permet d’avoir une note commune, d’avoir une base partagée, et permet de vérifier que ce qui a été dis est compris et validé par tous.)

Martin: Ils ont essayé de présenter le site web mais peut être que cela ne fonctionne pas pour le PDG et qu’il attend qu’il trouve d’autre piste. Il y a peut être des non-dits.

M. Brunel: Ca semble être une interprétation ce que tu dis là Martin.
Claire: Il y a une contradiction au niveau des instructions car le PDG demande de travailler dessus pour par la suite laisser tomber. Ce qui mène a des incompréhensions et des dysfonctionnements au niveau du travail

M. Brunel: On est typiquement dans quelque chose qui relève de l’injonction paradoxale. Ce sont des concepts qui viennent de l’analyse systémique, de l’école de Palo-Alto etc. L’exemple typique de la double contrainte est la mère qui s’adresse à son enfant en lui disant « viens vers nous » et au lieu de lui ouvrir les bras elle lui tourne le dos.

La communication paradoxale consiste a envoyer une information et en même temps générer une contradiction avec une autre information envoyée.

Ici, il y a une injonction paradoxale organisationnelle. Le PDG ferme la porte à toute avancée du projet web lors des réunions et en même temps souhaite que le projet avance ce qui est un paradoxe / une contrainte.
L’école de la traduction a été popularisée par Bruno Latour et consiste à dire que l’innovation ne se suffit pas à elle-même, elle doit se réaliser en plusieurs étapes pour qu’elle soit pleinement introduite dans le processus. Il faut accompagner l’implantation d’une innovation qui nécessite un dispositif pour que chacun parle le même langage.

On a des problématiques d’enjeux. Ici, quand on pose les enjeux cela ne rend pas plus compréhensible le non avancement de la refonte car il est financièrement intéressant. Logiquement les enjeux du chef editorial et du PDG devraient se rejoindre pour que le projet aille au bout assez rapidement mais pourtant cela ne marche pas, quel est le blocage ? (Au de la de la problématique des réunions.) Qui pourrait expliquer cette situation a votre avis ?

Claire: Les qualifications des employés sont différentes de celles des PDG. Les employés travaillent sur le web donc ils voient directement les bénéfices du site web hors les PDG ne s’occupent pas de ça. Ils prennent plus contact avec les partenaires ce qui explique qu’ils mettent l’accent sur l’événementiel.

Martin: Il y a un manque de combativité de la part de l’équipe web, au bout d’un moment l’équipe se fatigue et n’apporte plus de propositions d’amélioration car l’attente est trop longue.

M. Brunel: Dans cette situation, ce serait de l’interprétation. La refonte du site web est liée a de l’évolution technologique donc à l’adaptation à de nouveaux standards du web et finalement cet enjeu n’a pas l’air d’être partagé par le PDG (il faudrait faire des interviews pour le savoir). Pourquoi l’enjeu de l’événementiel est plus important ? Il faut faire venir des invités du coup il y a plus de stress que le site web donc plus de difficulté ce qui génère une plus grosse implication.

Claire: Je pense que repérer les zones d’incertitude serait intéressant car elle sont portées sur les maisons d’éditions japonaises.

Retour de Dylan: Pas grand chose a rajouter, je suis assez d’accord avec vous, le problème c’est qu’ils se satisfont des ventes faites sur le site et la refonte n’est donc pas une priorité. Il y a un problème au niveau du relationnel à cause de ces réunions qui plombent le moral de tout le monde. Les problèmes relationnels sont exclusivement entre les employés et le PDG, les employés entre eux sont très agréables, toujours de bonne humeur. Il y a une grosse barrière entre le PDG et les employés et cette barrière ne fait que se renforcer.

M. Brunel: Il faudrait réussir a faire partager les enjeux des employés et du PDG. Ce qui plaiderait la cause de la refonte c’est que le pourcentage d’utilisation de l’ordinateur de bureau diminue au profit des tablettes et des smartphones.

Compte-rendu par Anastazia MAUNGA.
Correction et mise en page par Dylan LAURENCE.

Compte Rendu SASCO, du 8 mars 2018

mardi 13 mars 2018

LE CHASSEUR FRANÇAIS

LE CONTEXTE

Pour mon stage, j’ai travaillé dans un magazine de chasse et du coup faut savoir que dans ce magazine on pouvait repérer deux groupes, donc, euh, deux groupes qui sont un peu séparés et pour essayer de rassembler, l’entreprise a organisé un week-end, qu’elle organise de temps en temps, pendant l’année. Pendant ce week-end, il y a juste un groupe qui y est partie, un groupe assez haut placé avec le rédacteur en chef, les directeurs artistiques et les rédacteurs généraux et les autres sont restés pour travailler.
Il faut savoir que pendant ce week-end, un des rédacteurs a critiqué le travail de l’iconographe, en disant qu’elle avait publié à plusieurs reprises des photos, car le travail de l’iconographe c’est de choisir des photos et de les publier dans le magazine. Donc, du coup elle avait choisi des photos de photographes qui se disent anti-chasse. Et donc, du coup, ça a fait une polémique. Et l’iconographe a appris d’une tierce personne, qu’on avait parlé d’elle ce qui a créé des tensions au sein du magazine sachant qu’il y a l’écart entre les deux groupes et qu’il s’est encore plus creusé, et l’iconographe qui souhaite à présent faire le stricte minimum, car elle ne se sent pas, en tout cas, valorisé et apprécié. Voilà.

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LES QUESTIONS

C.DE LAVERGNE: Merci beaucoup. On va passer tout de suite aux questions.

MOURAD: Elle est comment l’ambiance dans cette entreprise?
MARC ANTOINE: Euh, alors, elle est assez… bah en fait c’est sympa, il y a beaucoup de non-dits mais c’est dans un même local. Donc, une grande pièce où tout le monde est ensemble et tout le monde parle, tout le monde rigole, mais il y a des non-dits, des petites zones de froids.

EVA: Il y a peu près combien de personnes?
MARC ANTOINE: Euh… une petite dizaine.

SOLENN: Alors, j’ai pas compris, c’est pendant le week-end que la personne a critiqué?
MARC ANTOINE: Oui, c’est pendant le week-end que la personne a critiqué l’iconographe, qui était resté travaillé, car elle faisait partie de l’autre groupe et le rédacteur a critiqué auprès de tout le monde son travail.

C.DE LAVERGNE: Pourquoi y en a qui ne sont pas allés ?
MARC ANTOINE: Pourquoi y en a qui ne sont pas partis? Alors, du coup, c’est un week-end qui est ouvert à tous, sauf que comme je l’ai dit y a deux groupes et il faut savoir, du coup, que en général, il y a un groupe assez haut placé: le rédacteur en chef, le directeur artistique, quelques photographes et du coup un autre groupe. Eux ont décidé de ne pas partir, parce qu’ils ne se sentent pas les bienvenues, en fait. Déjà, ce sont des personnes qui ne pratiquent pas la chasse et du coup il y a vraiment une séparation entre ceux qui font de la chasse et ceux qui ne font pas de la chasse.

[RIRE]

MARC ANTOINE: Voilà.

JULIEN: C’était un week-end qui était censé rassembler?
MARC ANTOINE: C’est censé rassembler parce que c’est dans un grand groupe, qui possède plusieurs magazines et qui organisent des week-ends par magazine. [C.DE LA VERGNE: Ah!]. Voilà, qui organise des week-ends par magazines, du coup ce magazine là avait son propre week-end.

JULIEN: Ils étaient du même magazine ou sur un autre?
MARC ANTOINE: Ils étaient du même magazine, mais du coup ils sont restés travailler, car c’était un week-end de 3 jours, qui comprend le vendredi et donc ceux qui partaient en week-end ne travaillaient pas et ceux qui ne partaient pas rester travailler.

FLAVIE: Mais du coup c’était un choix de leur part, de ne pas participer au week-end ?
MARC ANTOINE: Oui, c’était un choix de leur part, ils auraient pu venir mais ils ne se sentaient pas à leur place.

SOLENN: Et, pendant les autres week-ends, parce que c’est pas le premier qui se fait. Pendant les autres week-ends c’était pareil, les mêmes qui partent ?
MARC ANTOINE: Oui, c’est les mêmes qui partent.

ENZO: Et toi, tu es resté travailler ou tu y es allé?
MARC ANTOINE: Non, je suis resté travailler, moi.
ENZO: D’accord.

FLAVIE: Pourquoi t’es resté travailler?
MARC ANTOINE: Euh, bah, j’ai pas été invité, déjà, premièrement. [RIRE] Ensuite, je suis pas chasseur, non plus. Donc euh, je me voyais pas partir là-bas.

C.DE LAVERGNE: Ah, c’était un week-end chasse ?
MARC ANTOINE: Oui.

MARINE: C’est des chasseurs en même temps?
MARC ANTOINE: Alors dans le magazine y a que deux seules personnes qui chassent. Les autres ne chassent pas, certaines personnes se sont mises à la chasse pour participer à ce week-end. Parce que vu que c’est les haut placés, et du coup, participer à ce week-end ça fait des relations et avoir des relations c’est pouvoir faire plus de travail.

ENZO: L’entreprise est récente ?
MARC ANTOINE: Euh.. alors le magazine en lui-même est vieux il a plus de 130 ans, c’est un des plus vieux magazines de France. L’entreprise, parce que c’est une entreprise qui a racheté ce magazine, qui n’est pas récente non plus, vu qu’elle a une centaine d’années, après le rachat s’est fait en 2000, et du coup, l’équipe est assez récente, on va dire, ‘fin, ça dépend, c’est-à-dire, il y en a qui sont quand même là depuis 15 ans mais c’est le maximum.

EVA: Et, l’iconographe, elle a d’autres problèmes avec des personnes de l’entreprise?
MARC ANTOINE: Alors, l’iconographe elle a des problèmes avec personne. En fait, à l’origine, elle, elle fait partie du groupe des non-chasseurs, donc eux, ils ont souvent tendance à se faire critiquer pour leur travail par, du coup, les plus haut placés. Et du coup, elle entretenait des relations cordiales avec tout le monde, sauf que du coup maintenant, elle dit: “je fais plus d’efforts, le stricte minimum”. Et voilà.

FLAVIE: Parce que, du coup, on lui a rapporté ce qui avait été dit sur elle.
MARC ANTOINE: Oui, c’est une autre personne, qui est situé entre les deux. C’est une personne qui a participé au week-end chasse, qui est ensuite venue pour le dire mais qui lui n’est pas chasseur, il est un peu allé comme ça et au final il est revenu car il ne se sentait pas à sa place.

[PLUSIEURS QUESTIONS EN MÊME TEMPS]

MARC ANTOINE: A qui je répond du coup ?

JULIE: Est-ce que le magazine a une grande notoriété?
MARC ANTOINE: Oui, c’est le plus grand magazine de chasse de France.

MOURAD: Il s’appelle comment?
MARC ANTOINE: Le Chasseur Français. Après, c’est pas connu pour les non-chasseurs.

ENZO: Et toi, tu faisais quoi ?
MARC ANTOINE: Moi, j’étais maquettiste, ‘fin du coup, j’étais le stagiaire du directeur artistique. Du coup, j’ai fait de la maquette.

LOÏC: Est-ce que tu t’es positionné face à ce problème ou t’es resté extérieur?
MARC ANTOINE: Alors, moi, je suis resté extérieur parce que je me suis pas permis de me positionner après c’est vrai que j’ai toujours été avec les non-chasseurs, c’est eux qui m’ont accueillis, c’est-à-dire, que même si mon [RIRE], non mais c’est vrai qu’il y avait vraiment des groupes, parce que même si par exemple, mon tuteur c’est le directeur artistique, lui qui fait partie du groupe des “chasseurs” bah, il a pas essayé de m’inclure. C’est-à-dire, qu’au début, il me parlait même pas, pendant la pause repas, il est partie sans prévenir, c’est les autres qui ont dit “bah viens, mange avec nous, on va te montrer comment ça se passe en interne, l’organisation”, tout ça.

EVA: Et du coup qu’est-ce qui a été dit sur l’iconographe?
MARC ANTOINE: Bah du coup, qu’elle faisait mal son travail, parce qu’elle choisissait exprès des photos de personnes anti-chasse, sauf que ça se faisait pas parce que vu que c’était un magazine de chasse, donner de l’argent à des gens qui ne pensent pas de la même façon, ça ne se fait pas.

C.DE LAVERGNE: Quand tu dis les “non-chasseurs”, c’est toi qui les appelle comme ça ou ils se sont auto-désignés?
MARC ANTOINE: Alors, ils ne chassent pas. Ils s’auto-désignent comme des “non-chasseurs” parce qu’ils ne chassent pas, ils aiment pas la chasse, ça les dégoûtes.

[TOUT LE MONDE PARLE]

MARC ANTOINE: Ils le disent tout haut.

C.DE LAVERGNE: Ouvertement?
MARC ANTOINE: Oui, ouvertement.

C.DE LAVERGNE: Est-ce qu’ils le disent devant la direction?
MARC ANTOINE: Oui, oui parce que de toute façon c’est une petite salle, la salle est plus petite que celle-ci et que tout le monde entend tout le monde. Tout le monde le sait qu’ils chassent pas, comme tout le monde sait qui chasse et qui chasse pas.

LOIC: Quel est l’intérêt de travailler dans un magazine de chasse?
MARC ANTOINE: Euh, l’argent. C’est-à-dire que, ça dépend vu que c’est un groupe qui possède plusieurs magazines dès fois ils ont été un peu transférer. Et puis pour d’autres, c’est venu comme ça, par exemple, l’iconographe, à l’origine, c’est parce qu’elle adorait les photos animalières. Parce qu’il faut savoir, que dans un magazine de chasse c’est pas que des animaux morts, y a 10 pages de chasses mais [TOUT LE MONDE PARLE]. Bref, donc là c’est parce qu’elle aimait les photos, après la secrétaire bah, c’est venu comme ça, le maquettiste de base il travaillait dans l’automobile, ‘fin dans les magazines d’automobile, il a été transféré.

C.DE LAVERGNE: Mais y a une personne qui chasse, tu nous as dit ?
MARC ANTOINE: Il y a deux personnes qui chassent réellement, c’est le rédacteur de la partie chasse et pêche et après l’autre personne qui chasse c’est le directeur artistique, qui lui s’y est mit depuis peu alors que ça fait 15 ans qu’il est dans le magazine et il s’y est mit que depuis deux / trois ans, à peu près, pour participer à ces week-ends.

ENZO: S’appeler les “non-chasseurs” c’est un peu humoristique ou sérieux?
MARC ANTOINE: Alors, c’est les deux, je dirais, parce que déjà ils se revendiquent non-chasseurs, ils aiment pas la chasse et se moquent en partie des chasseurs.

[TOUT LE MONDE PARLE]

C.DE LAVERGNE: Et les chasseurs ils disent quoi, alors ?
MARC ANTOINE: Bah les chasseurs se moquent pas des non-chasseurs mais les chasseurs, ce sont eux qui les haut placés et ils ont tendance à bien critiquer le travail des non-chasseurs, donc ils se vengent un petit peu à leur manière.

EVA: Et le PDG de l’entreprise?
MARC ANTOINE: Alors le PDG déjà, vu que c’est une grande entreprise, il s’en fiche complètement c’est-à-dire que lui tout ce qu’il voit c’est les chiffres, est-ce que le magazine est vendu ou pas?, après sinon celui qui s’occupe vraiment de, qui est censé s’occuper de la com’ interne, des relations, c’est le rédacteur en chef, mais lui, on le connaît pour être très peu présent, très peu travailleur, assez opportuniste et du coup il est pas très respecté. Tout le monde s’en fiche un petit peu.

SOLENN: La personne qui a “balancé”, du coup, elle est bien vu ?
MARC ANTOINE: Elle, elle est bien vu par tout le monde. Parce qu’elle fait pas partie du magazine en lui-même, elle s’occupe du budget. Du coup, elle est dans un autre étage, l’étage des comptables, tout ça. Mais elle a des bonnes relations avec tout le monde, bon après, est-ce que c’est faux ou pas, je peux pas me permettre de le dire.

MARINE: Est-ce qu’il y a eu une réunion, quelque chose pour en parler, pour essayer d’apaiser les conflits avec cette personne ou pas ?
MARC ANTOINE: Non.

MARINE: …Vu qu’elle a décidé de ne plus trop travailler?
MARC ANTOINE: Non, bah ça ça devrait être le rôle du rédacteur en chef, mais il n’est même pas au courant, parce qu’il s’en fiche un petit peu.

FLAVIE: Mais du coup y a qu’une seule personne qui a critiqué l’iconographe, c’est partie d’une personne?
MARC ANTOINE: Oui, c’est partie d’une personne.

FLAVIE: Les autres ont participé ?
MARC ANTOINE: Les autres ont dit, “on est d’accord ça se fait pas”, mais sans beaucoup plus entrer dans les détails.

SOLENN: Au niveau de la com’ interne, est-ce qu’il y a une bonne com’ interne?
MARC ANTOINE: En fait, elle est inexistante dans le sens où… enfin… au sein du magazine, vu que c’est dans un même local, une même salle, tout le monde se parle, donc c’est du genre, ils vont parler en criant, pour que tout le monde entende, donc du coup, y a pas de mails. C’est informel.

C.DE LAVERGNE: Donc, les non-chasseurs ils ont dit que l’iconographe n’aurait pas dû faire ça?
MARC ANTOINE: C’est le chasseurs qui ont dit que l’iconographe n’aurait pas dû faire ça.

C.DE LAVERGNE: Les non-chasseurs ils ont dit quoi ?
MARC ANTOINE: Les non-chasseurs, ils ont pas dit, bah que toute façon, c’était … ça a été approuvé par la direction, c’est-à-dire que, elle son rôle c’est de trouver les photos, mais après les photos passent par le directeur artistique et le maquettiste qui mettent en page et ensuite une fois que la maquette est faite ça passe au rédacteur en chef qui valide ou pas. Et donc, du coup, vu que c’est des crédits, elle, elle s’occupe d’acheter les photos, le rédacteur en chef est au courant de tout, donc il est au courant de qui prend les photos et il a laissé passer. Donc, les non-chasseurs disaient que vu qu’il est au courant pourquoi on la critique, alors que ça été toléré.

C.DE LAVERGNE: Le rédacteur en chef est chasseur?
MARC ANTOINE: Oui, il est chasseur.

JULIEN: Du coup, j’ai une question sur le week-end, qui organise le week-end, quel est le but concret de ce week-end, c’est un week-end entre potes, c’est informel?
MARC ANTOINE: Alors, c’est formel, c’est organisé par l’entreprise, c’est payé par l’entreprise en tout cas pour tout ce qui est des locaux, c’est-à-dire, c’était dans un gîte, je crois, si je dis pas de bêtises. Et après, par contre, tout ce qui est matériel, nourriture, c’est eux qui le paye. Et c’est censé, du coup, le but, c’est censé de réunir, parce que c’est ce que l’entreprise fait pour tous, tous les magazines.

JULIEN: C’est clairement donné comme ça?
MARC ANTOINE: Oui, voilà, c’est donné, à peu près 3 fois dans l’année. Ce qui veulent y aller ils y vont et c’est pour souder un petit peu les magazines, ‘fin.

MARINE: Et au final, ils y vont par clans, ça rassemble pas ?
MARC ANTOINE: Oui, mais ça du coup l’entreprise ne le sait pas, ne sait pas qui y va, qu’il y a des clans.

JULIEN: Qui choisit le thème, comment se passe le week-end, parce que du coup, c’est un week-end chasse en sachant qu’il y a des non-chasseurs?
MARC ANTOINE: Alors, c’est le rédacteur en chef, qui est chasseur, qui choisit le lieu. En général près de Paris, vu qu’il faut qu’ils se déplacent.

SOLENN: Est-ce que y a quelqu’un qui fait un rapport ? Après ce week-end, quelqu’un explique à la direction ?
MARC ANTOINE: Non.

SOLENN: Y a pas de retour sur le week-end?
MARC ANTOINE: Non, il y a pas de retour. Dans le sens, où, les personnes plus haut placé que le rédacteur en chef, ne se chargent que de s’occuper des magazines, d’en supprimer, de voir les ventes, de couper dans le budget. A part le côté bénéfices, tout ce qui est humain, com’ interne tout ça, ils s’en fichent en fait.

C.DE LAVERGNE: Il y a trois personnes qui sont allées avec les chasseurs, c’est ça ?
MARC ANTOINE: Ils étaient plusieurs à partir.

C.DE LAVERGNE: Est-ce qu’ils sont un petit peu moins anti-chasse que les autres ?
MARC ANTOINE: Du coup, il y a eu, en fait, il y a eu plusieurs personnes, des photographes qui sont pour la chasse, le rédacteur en chef, qui est pour la chasse, il y a eu également, le rédacteur du pôle chasse et pêche, qui est pour, il y a eu le directeur artistique, qui n’était pas pour la chasse mais qui s’y est mis pour des relations. Et il y a également le rédacteur du pôle nature et pays qui lui aussi, s’est également mis à la chasse il y a peu pour pouvoir assister à ces week-ends. Et c’est lui, qui a “dénoncé” l’iconographe.

C.DE LAVERGNE: Ah, donc il y a des chasseurs qui ont basculé.
MARC ANTOINE: Y en a qui ont basculé mais qui se disent non-chasseurs, mais qui chassent que pour ce week-end là, ils y vont que pour le week-end.

FLAVIE: Du coup, ils font des événements que de chasse ?
MARC ANTOINE: Que de chasse, ils ne font pas des événements, choisit par le rédacteur et c’est que de la chasse.

FLAVIE: Que de la chasse ? Pas de repas…
SOLENN: Dans le week-end il se passe quoi ?

MARC ANTOINE: Il y a déjà des repas mais c’est vraiment tous les magazines tous ensemble et c’est par exemple une petite galette. Par exemple, il y a eu la galette des rois, mais ça dure 5 minutes, c’est pas un événement.

JULIE: Ils choisissent leur sortie ou elle leur est imposée ?
MARC ANTOINE: Ah bah dans le sens où elle est imposée, c’est ce week-end, soit ils veulent y aller soit ils veulent pas y aller.

EVA: Mais le thème ?
MARC ANTOINE: C’est choisie par le rédacteur en chef.

-: Ils donnent le choix à personne ?
MARC ANTOINE: Non.

ENZO: Tu dis que c’est le directeur artistique qui est venu pour faire des relations, c’est ça ?
MARC ANTOINE: Il est venu pour les relations, oui.

ENZO: Et c’est dit officiellement ou c’est des gens qui savent parce que ?
MARC ANTOINE: Alors c’est informel, vu que ceux qui sont contre la chasse ils le disent dans le sens où ce week-end apporte des relations et dans le milieu des magazines tout se fait par les relations et donc c’est pour se faire bien voir du rédacteur en chef, car le rédacteur en chef c’est lui qui choisit, par exemple, pour donner plus ou moins de responsabilités, par exemple, prochainement il va y avoir un hors-série et c’est dirigé par une seule personne, et donc du coup c’est le rédacteur en chef qui va choisir qui va rédiger ce hors-série.

EVA: Et toi, ton positionnement dans la société ? T’as été vachement influencé, t’as choisi dès le départ… ‘fin, t’as été accueillis par les non-chasseurs?
MARC ANTOINE: Euh, influencé, je sais pas, dans le sens où je suis resté neutre dès le début, en fait. Je suis arrivée sans a priori moi je suis pas chasseur mais je me suis dit “bon bah ils m’accueillent, on va voir”. Et c’est vrai que j’ai appris pas mal de chose sur la chasse que je ne connaissais pas non plus, mais après étant donné que tous ceux qui étaient chasseurs me parlaient pas, me disaient pas bonjour, et que ceux qui me disaient bonjour, c’était les non-chasseurs, ceux qui m’accueillait c’était les non-chasseurs forcément je me suis plus positionné vers eux, parce que c’était ceux qui étaient les plus aimables.

EVA: Oui, mais si t’avais été accueilli par les chasseurs ?
MARC ANTOINE: Bah, si j’avais été accueillis par les non-chasseurs, je sais pas comment ça se serait passé dans le sens où j’ai essayé de rester le plus neutre possible quand il y avait des petites discussions ou des critiques sur les chasseurs que les non-chasseurs faisaient, moi je restait en retrait, donc je pense que j’aurai fais pareil à l’inverse et après je peux pas savoir.

C.DE LAVERGNE: On t’a demandé si t’étais chasseur ?
MARC ANTOINE: On m’a demandé si j’étais chasseur. On m’a demandé dès le début, si j’étais chasseur.

MOURAD: C’est sûrement ça qui a …
C.DE LAVERGNE: Pas avant de signer la convention ?

MARC ANTOINE: Non pas avant de signer la convention. Quand je suis arrivé, ‘fin, c’est un peu compliqué la manière dont j’ai intégré ce stage, parce que, c’est moi qui ait fait la demande auprès de plusieurs magazines, c’est le seul qui m’a répondu. Et du coup, de base je devais faire mon stage avec un maquettiste qui était non-chasseur qui a fait un AVC donc j’étais quasiment sur le point de remplir les papiers, on avait tout, il manquait plus que de signer la convention, c’était pas fait. Et c’est la secrétaire qui a un peu cherché auprès de tout le monde et qui m’a imposé, on va dire ça comme ça, au directeur artistique. Donc à l’origine, lui il me connaissait pas on avait jamais parlé et il voulait même pas de stagiaire. Et donc, du coup, je suis arrivé comme ça, personne me connaissait et on m’a demandé est-ce que tu chasses, bah du coup j’ai dis non. Et voilà.

MOURAD: C’est peut-être ça qui a créé …
C.DE LAVERGNE: On passe dans l’interprétation.


ENZO: Je voulais revenir sur le directeur artistique. Lui, il a pas dit officiellement qu’il cherchait des relations?
MARC ANTOINE: Non, il a pas dit, mais ça s’est vu. Parce que… ‘fin, ça s’est vu par les non-chasseurs parce qu’il s’y était mis depuis peu d’années, alors qu’avant il critiquait la chasse et qu’il s’y est mis depuis peu d’année. A l’époque, où le poste de rédacteur en chef était disponible, donc du coup il s’y est mis à cette époque là, il a intégré les week-ends et après le poste a été pris par quelqu’un d’autre et il a continué les week-ends quand même.

ENZO: Il y a uniquement les non-chasseurs qui pensent ça ?
MARC ANTOINE: Oui, c’est pas une information formel. Lui, il a jamais dit. Voilà.

C.DE LAVERGNE: Le rédacteur en chef dirige seulement ce journal là ?
MARC ANTOINE: Alors, c’est compliqué. Il est rédacteur du pôle chasse, qui a 3 magazines de chasses et le rédacteur en chef est rédacteur de ces trois magazines, le directeur artistique est directeur artistique des trois magazines, mais après par exemple, pour le rédacteur du pôle nature et pays c’est que Chasseur Français. Pour le rédacteur de chasse et pêche c’est que Chasseur Français et la secrétaire c’est que Chasseur Français. L’iconographe c’est que Chasseur Français, ‘fin c’est un peu compliqué, mais les plus haut placé s’occupent de plusieurs magazines et ceux qui sont un peu en dessous s’occupent que d’un seul.

VINCENT: T’as dit au début que l’ambiance était sympathique dans la boîte. Au final c’est quand même …
MARC ANTOINE: Ouais c’est assez faux. Alors en fait, il y a quand même une ambiance sympathique entre les non-chasseurs. C’est-à-dire que, les non-chasseurs sont vraiment amis, ils se voient en dehors, ils se font des repas entre eux, ils mangent ensemble le midi. Ensuite, entre les chasseurs, c’est faux, parce que, enfin, je sais pas si c’est faux, mais en tout cas, ils vont beaucoup parler entre eux, rigoler mais après ça ils vont pas se voir en dehors, ils vont pas avoir de relations extérieurs. Et ensuite, entre les non-chasseurs et les chasseurs, bah, ça va rigoler, ça va se taquiner un petit peu mais pareil ils vont pas se voir à l’extérieur.

JULIE: Il y a une fausse bonne ambiance?
MARC ANTOINE: Voilà, une fausse bonne ambiance.

JULIEN: Si j’ai bien compris, oui, le rédacteur en chef il a le même bureau que tout le monde.
MARC ANTOINE: Alors le rédacteur en chef, lui, il est un peu à l’écart, c’est-à-dire qu’il y a une grande salle et il y a une petite cloison en plexiglas et il est dans son bureau. Après tout le reste est ensemble.

JULIEN: Il a conscience des chasseurs / non-chasseurs ?
MARC ANTOINE: Oui, il en a conscience, oui.

C.DE LAVERGNE: Tous les autres sont ensemble?
MARC ANTOINE: Tout le monde est ensemble sauf le rédacteur en chef qui a son petit bureau.

ENZO: Et tu l’as vu le grand grand patron ?
MARC ANTOINE: Non, non parce que le grand grand patron, déjà, il… Alors déjà de base, il y a le Chasseur Français qui appartient à un pôle chasse. Le pôle chasse qui appartient à Mondadori France. Le siège de Mondadori France, il y a celui qui s’occupe de… un petit peu des magazines, et Mondadori France appartient à Mondadori Global qui se situe en Italie. Donc du coup voilà.

C. DE LAVERGNE: D’autres questions ? On passe à la phase suivante. Les interprétations et les hypothèses.

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L’ANALYSE

MOURAD: Il ya un gros problème, enfin je trouve à l’intérieur de l’entreprise. Il y a carrément une division en faite : il y a les non-chasseurs et les chasseurs. Ils font semblants de rigoler en ensemble mais après ils se parlent dans le dos des uns et des autres. Et concernant ce que t’avais dit “ouais les chasseurs ils ne m’ont pas bien accueilli” c’est parce que c’est sûrement cette question qui a été décidé: est ce que t’es chasseurs ? non, okay allez hop. Et voilà je pense que c’est ça qui a définit ton intégration.

SOLENN: c’est peut être aussi une question de com’ interne, qu’il y ait pas forcément de com’ interne formelle ou en dehors de ce weekend là, qui du coup divise plus qu’il ne rassemble à la base et du coup, il manque une communication interne qui rassemble.

FLAVIE: Je pense que le rédacteur aussi il prend pas du tout partie et il devrait peut-être s’impliquer et pour essayer de rassembler son équipe.

MOURAD: Le mot est peut être un peu fort, mais en fait il y a une sorte de discrimination; les chasseurs,vraiment, vis à vis des non-chasseurs et peut-être inversement. On boycott presque les non-chasseurs en faisant des weekend chasses. Alors pourquoi pas faire un weekend où tout le monde peut venir quoi…

ENZO: Après c’est un magazine spéciale chasse donc euh …

MOURAD: Oui, mais proposer un truc avec les animaux et tout.

ENZO: Je pense pas que ce soit une discrimination, mais [trous] que les chasseurs sont chasseurs, c’est une manière de travailler, au final les non-chasseurs sont contents, car ils travaillent ensemble entre non-chasseurs et au final il y a des histoires etc, mais je pense que c’est meilleur de travailler comme ça. Parce que vu que c’est un magazine de chasse, je pense pas qu’ils devraient laisser dire délibérément qu’il y a un groupe de non-chasseurs. Je pense que c’est fait exprès et il faut qu’il y ait quelqu’un qui… qu’il y ait des méchants.

MOURAD: Ouais, même si c’est un peu triste …

FLAVIE: En même temps je pense qu’on prenne pas forcément quelqu’un parce qu’il est chasseurs et il peut être chasseur et pas avoir de compétences dans son domaine. Il peut être très bon commerciale et pas forcément être chasseur.

MOURAD: Et être chasseur que de nom ouais.

ENZO: Et si tu vends une voiture et que tu dis “ah non je déteste ça, je sais pas conduire”.

FLAVIE: Non, mais je pense qu’on peut s’intéresser à un secteur sans pour autant travailler dans le milieu culturel.

C.DE LAVERGNE: Attention hein, c’est quand même un magazine de chasse, la valeur culturelle de l’entreprise c’est quand même celle-là.

JULIE: Oui, mais on est pas obligé de chasser pour s’intéresser au secteur.

C.DE LAVERGNE: Même si c’est pas obligatoire d’être chasseur on peut, on est censé quand même plus ou moins adhérer aux valeurs de l’organisation pour laquelle on travaille ou au moins faire preuve de “neutralité”. Donc là, il faut creuser cette affaire. Les chasseurs là se déclarent officiellement, enfin tout haut, pas en chuchotant “non-chasseurs” et il y a autre chose, c’est que avant les chasseurs n’étaient pas chasseurs et deviennent chasseurs pour se faire des relations et monter en grade donc, là on peut pas dire seulement que si … derrière il faut creuser. Est ce qu’on a seulement à faire a une opposition de chasseurs / non-chasseurs et il l’a dit même qu’il y a ce qui le sont ….

SOLENN: Oui, peut être qu’il y a une question de hiérarchie aussi, ouais.

ENZO: Pour séparer et au final les chasseurs sont les dirigeants et les non-chasseurs, ça reste des salariés de bases et que si jamais ils veulent grimper dans la société, il faut devenir chasseur. C’est peut-être pour ça que le directeur artistique a décidé d’aimer la chasse à ce moment là.

MOURAD: Et ouais, même ….

C.DE LAVERGNE: Donc, déjà une règle informelle, fonctionnement informelle donc, là on rentre dans la partie d’analyse stratégique oui, que dans cette organisation si tu veux faire évoluer ta carrière et, bien tu dois pas manifester ton hostilité à la chasse et tu dois petit à petit te “pénétrer” de la culture de l’entreprise. Alors, par contre juste moi ce qui m’a intrigué que j’ai noté car j’ai trouvé ça intéressant c’est : sur le circuit de validation par rapport à l’iconographe. Alors, le circuit de validation, ça, ça vous a fait penser à quoi ? Il a dit “ah mais toute façon elle a choisi ces photos » mais c’était pas pas à elle de vérifier que c’était des photos faite par des photographes anti chasse, parce qu’il y avait un circuit de validation par le rédac’ chef et le directeur artistique.

JULIEN: Oui, ce qui était reproché c’est que le rédacteur en chef n’ai pas remarqué qu’il y avait eu des photos… c’est pour ça que je trouve qu’il y avait des rôles importants, car finalement il fait des week-ends chasse, alors qu’il sait qu’il y a une séparation entre chasseur et non-chasseurs donc moi [toux] neutre pour rassembler, pour éviter la confrontation et au final c’est ce qu’il y a eu. Ça peut créer des tensions avec des personnes apaisantes et des personnes qui sont un peu plus posées que les autres et d’un côté, voilà, il laisse passer certaines choses tout en marquant une séparation dans des sorties comme ça, alors qu’ils auraient pus faire une sortie nature avec des animaux vivants et ils auraient été contents, chasseurs, non-chasseurs.

MOURAD: En faite, je pense qu’ils s’en foutent c’est genre: “on est un magazine de chasse que ça plaise ou que ça plaise pas”, bah voilà.

JULIEN: Il sait que tout le monde n’aime pas la chasse, donc après euh… est ce qu’il pourrait un peu atténuer pour éviter un peu qu’il y est conflit ouvert ?

MOURAD: Ça ,c’est quand tu veut vraiment rassembler mais quand tu t’en fou …

JULIEN: Ou alors il veut que tout le monde soit chasseur.

[TOUT LE MONDE PARLE]

JULIEN: C’est ou ça ou ça mais le problème c’est que ça fait des tensions.

C.DE LAVERGNE: Pour lui, il faut adhérer au valeur de la chasse.

[TOUT LE MONDE PARLE]

C.DE LAVERGNE: Bon, alors, cette histoire de responsabilité et de circuit de validation ça vous fait penser à quoi ? Ce qui a permis à l’iconographe de se justifier et qu’ils la soutiennent.

[BLANC]

C.DE LAVERGNE: Bon allez,

MOURAD: Je comprend pas la question.

[RIRE COLLECTIF]

C.DE LAVERGNE: L’iconographe, elle a été accusé d’avoir utilisé des photos prisent par des photographes qui sont anti-chasse et ce qui a été dit , alors, là je me souviens plus très bien si c’est par elle ou si c’est par ceux qui la soutiennent. C’est que de toute façon, c’est pas elle qui était responsable puisque les photos qu’elle choisissait devaient être validées par le directeur artistique et le rédacteur en chef.

SOLENN: Peut-être lui aurait peut être pu aussi … c’est ça que vous voulez dire ?

C.DE LAVERGNE: Le processus, là, de justification.

[RIRE COLLECTIF]

C.DE LAVERGNE: Si on t’accuse on te dit t’as fait une faute professionnelle et que toi tu dis:”bah c’est pas moi qui suis responsable parce que de toute façon il y a un processus de vérification, moi, je suis qu’un exécutant, en gros, mais la décision finale elle appartient aux personnes qui sont au dessus de moi” tu mobilises quoi là ?

: Une marge de manœuvre.

C.DE LAVERGNE: Oui, quelle marge de manœuvre ? Quelles zones d’incertitudes qui sont mobilisées, là, car il s’agit bien sûr d’une analyse stratégique.

EVA: Elle donne du pouvoir aux autres, dans le sens, où elle repousse ses responsabilités sur les autres.

C.DE LAVERGNE: Elle repousse ses responsabilités sur un fonctionnement, un processus de validation. Mobilisation de la zone d’incertitude des règles. Ce qui permet du coût de justifier ….

[TOUT LE MONDE PARLE]

C.DE LAVERGNE: Alors, derrière cette histoire de chasseur et de non-chasseurs, c’est ça qui est intéressant c’est la complexité qu’il y a derrière. Parce qu’il y a les … ceux qui ne sont pas vraiment chasseurs mais qu’ils virent plus pour, parce que effectivement ils veulent monter en grade ou avoir des possibilités d’évolution. Et puis, il y a ceux qui se déclarent officiellement non-chasseurs. Donc, finalement au lieu de dire nous on est peu opposé à la direction, c‘est une façon de dire aussi : nous on va pas rentrer dans ce jeu là quoi, en gros hein. Donc, ça pose aussi tout la question de la culture de l’entreprise. Vous savez que la culture de l’entreprise quelquefois elle doit être extrêmement forte. Je parle pas seulement des cultures de start up style google etc, enfin de start up … Dès fois, aussi on a des cultures très fortes. Mais là, c’est pas parce que c’est des valeurs traditionnelles qu’elles soient pas, voilà … Et donc, c’est vrai que là du coup, on est quand même très étonné que y’en ait qui ose se déclarer non-chasseurs finalement. Et que ce soit pas une condition même de recrutement moi je dirai presque même. Au niveau des entretiens d’embauche “est ce que vous êtes favorable à la chasse ou non ?

ENZO: Ils acceptent leurs conditions, c’est-à-dire que s’ils se disent non-chasseurs, ils se plaignent d’un côté de l’attitude des chasseurs qui n’est pas forcément correcte, mais personne ne part. Ils restent. Bon c’est sûr que partir de son travail c’est pas forcément… Mais s’ils ne se sentent pas bien en tant que non-chasseurs… S’ils acceptent leurs conditions en tant que non- chasseurs, c’est pas…

: Ça dépends de leur métier aussi, par exemple comptable, que ce soit de la chasse ou de la pêche… Enfin pour moi c’est pas forcément sur la légitimité ou non de travailler. Je pense pas que ce soit une obligation.

C.DE LAVERGNE: Alors, ça c’est très intéressant ce que tu dis parce que, effectivement là du coup ça fait référence à… est-ce que ces valeurs, en gros, moi, je m’en fiche un peu. Je suis pas spécialement attiré par la chasse mais ça m’est égal que des gens chassent, pourquoi pas. Ou bien, finalement, mes valeurs ne sont pas favorables à la chasse voire elles sont opposées au fait de chasser.

: Après, oui c’est les valeurs de l’entreprise… elle est scindé en deux quoi..

C.DE LAVERGNE: On arrive à ça qui est intéressant, c’est que on arrive à faire s’affronter presque des valeurs à partir du moment où elles sont revendiquées dans l’espace public. En gros, on dirait comme ça en conversation non formelle: “bon ben moi la chasse tu sais j’aime pas ça” mais ça se dirait entre deux collègues. Mais, là ça se dit dans l’espace public où des personnes travaillent et dans ça, ça semble quand même…

Mais les non-chasseurs ils sont pas forcément anti-chasse.

: Oui voilà, il a pas forcément dit que … juste ils savent qu’ils sont non-chasseurs, mais c’est pas forcément… moi je pense qu’il…

[TOUT LE MONDE PARLE]

C.DE LAVERGNE: Il y en a qui sont chasseurs, mais il y en a qui ne veulent surtout pas le devenir, apparement d’après ce qu’on [TOUT LE MONDE PARLE]. Mais qui revendiquent une identité de résistance, moi je dirais presque, à cette domination.
Je dirais que c’est une forme d’expression de résistance ou de désobéissance.. Vous voyez?
Après, vous avez raison, ils ne sont pas forcément hostile, hostile. Mais, le fait de l’exprimer comme ça c’est quand même un fait important. C’est quand même assez énorme quoi..

[CHUCHOTEMENTS]

C.DE LAVERGNE: Et effectivement, par contre ils … Rien fait pour essayer d’apaiser ce …
Par contre ce que l’on ne sait pas c’est si vraiment la personne qui a choisit les photos, si vraiment elle a pas fait exprès du tout ou si elle l’a fait exprès.

: Peut être qu’elle avait l’intention de le faire.

C.DE LAVERGNE: Voilà on sait pas. On sait pas du tout, si après tout elle s’est dit c’est des belles photos d’animaux, si elle s’occupait pas de savoir qui les a faites. Mais, elle est, quand même, iconographe, elle connait son métier ou bien, si c’est un petit acte de résistance. Du style… de contre culture.

[TOUT LE MONDE PARLE]

: Moi je pense que elle, elle savait que c’était des photos anti-chasse.

[TOUT LE MONDE PARLE]

ENZO: Après je pense que si Marc-Antoine le sait, elle, elle est censée le savoir aussi.

: Mais oui, c’est son travail.

[TOUT LE MONDE PARLE]

C.DE LAVERGNE: Oui, c’est son métier.

[TOUT LE MONDE PARLE]

C.DE LAVERGNE: Alors après on a aussi… Tout à l’heure on était dans la contre communication. On a aussi la contre communication d’un événement censé être un team building, etc. Il y a que la moitié qui y va et l’autre moitié reste travailler. C’est… Bon… Et entretenir la culture d’entreprise, là, c’est pareil. Au contraire ça fait que la renforcer.

JULIEN: C’est pour ça qu’ils devraient avoir le choix. Voter. Choisir ensemble la sortie. Qu’ils aient plusieurs choix et…

: Oui, mais tout ceux qui sont pour la chasse choisiraient la chasse.

JULIEN: Une sortie avec des animaux.

: Les chasseurs purs et durs je pense pas que ce soit…

: Sans compromis, c’est pas possible de le faire.

: Normalement la chasse c’est le dimanche matin à 5H.

[RIRE COLLECTIF]

: Un week-end avec plusieurs activités, qu’il y ait un peu de chasse, de pêche…

: Genre week-end chasse et ajouter à ça…

C.DE LAVERGNE: Ce qui est intéressant là dedans, c’est aussi l’ambiance qui a l’air assez adhocratique, mis à part la direction directe du rédacteur en chef, donc euh… en tout cas, justement mutuel entre les autres, qui sont dans le même espace de travail et dans la bonne ambiance apparente. Puis derrière, voilà quoi… Les jeux de … En fait, il n’y a pas que deux groupes. Moi je dirais presque qu’il y en a au moins trois. Il y a les chasseurs purs et durs, il y a ceux qui rejoignent les chasseurs et les opposants.

: Après, il y a un détails, mais il a pas été invité et on peut se poser la question, est ce que c’est parce qu’il est stagiaire. Moi je sais que en stage, moi j’ai été convié spontanément à tout ce qui s’est fait.

MOURAD: Est ce que parce que tu es non-chasseur?

: Si c’est ça ça prouve bien que le rédacteur en chef fait chasseurs contre non-chasseurs. Les chasseurs c’est ceux qui sont en haut de la ligne hiérarchique. Et les autres…

C.DE LAVERGNE: Alors, il y a quand même deux choses. Il y a ça et il vous a expliqué que finalement c’est à travers la secrétaire, etc, qu’on a un peu imposé son stage auprès du directeur artistique. D’ailleurs, c’est ce qu’il a expliquer, c’est que parfois le directeur artistique s’occupait pas de lui.

: On sait pas si il y avait d’autres stagiaires ou pas.

: C’est une grande structure.

C.DE LAVERGNE: On va s’arrêter là.

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EXPLICATIONS

NARRATEUR

Nous avons pu remarquer lors de l’analyse, que le débat s’orientait vers différentes parties :

Nous pouvons alors différencier, une prise de position sur la communication interne de l’entreprise et la contre communication du week-end, l’organisation au sein de l’entreprise puis les valeurs de celle-ci. Le tout abordant surtout la création de groupes en interne.

En effet, au sein du magazine, nous pouvons observer trois groupes. Les personnes pratiquant la chasse, les chasseurs, ceux qui ne la pratiquent pas, les non-chasseurs et enfin ceux qui ne la pratiquaient pas mais qui commencent afin de participer à des événements.

La communication interne

Un vrai questionnement se posait sur la mise en place d’une communication interne. Or, dans les faits, celle-ci est censée exister. Le rédacteur en chef, le plus haut placé dans le magazine a également pour but de créer une cohésion entre les employés. Seulement cela ne se fait pas. Le leadership très laisser-faire de ce dernier crée des formes de communication informelle où tout se fait par le bouche à oreille, les non-dits et les discussions dans la salle de travail. Aucun mail ou courriel n’est mis en place. De même, la formation de groupe ne semble pas déranger le rédacteur en chef. Personne ne peut donc prendre place en tant que communiquant pour apaiser les tensions, car ce serait jouer un rôle qui est déjà défini pour une autre personne.

La contre communication du week-end

Ce week-end étant censé réunir et non divisé est clairement en contradiction avec ses objectifs. Il a alors été proposé de mettre en place un vote ou bien de changer le thème du séjour en proposant des activités moins tournées vers la chasse. Ce à quoi se confronte l’idée d’identité culturelle du magazine.

Les valeurs du magazine

Avant tout, il faut savoir que ce magazine, bien que portant sur des sujets telles que la chasse ou encore la pêche ne traite pas que de cela. En effet, plus que centenaire, il a souvent abordé des sujets culturelles, des petites annonces, des conseils de cuisines et autre.. Ce qu’il fait encore aujourd’hui. Seulement 20 pages sur 150 abordent le thème de la chasse et de la pêche.

Il a, alors, été soulevé que le fait que le magazine soit un magazine de chasse, ainsi, tout le monde devrait adhérer à ces valeurs. Les non-chasseurs devraient, alors, accepter les autres. Seulement, l’exclusion ne vient pas d’eux, mais de l’ensemble du personnel et des groupes.
De même, certains se sont demandés pourquoi une sélection n’avait pas été faite en amont, lors des entretiens d’embauches et pourquoi le fait d’être chasseur n’était pas un critère de sélection. Tout simplement, car ce magazine est censé parler de divers sujets, pas seulement de la chasse. De plus, étant un milieu où les relations sont très importantes, la plupart des employés n’ont pas passé d’entretiens.

Les relations/groupes

Dans ce monde de relations, faire partie des chasseurs est d’accéder à une « élite » au sein de l’entreprise. On peut alors se demander si se déclarer non-chasseurs est une forme de résistance à la culture de l’entreprise. Une façon de dire qu’ils ne vont pas rentrer dans ce jeu là, et changer les valeurs qui sont les leurs afin d’être mieux perçu.
En soit, être chasseur n’est pas une obligation. De plus, les non-chasseurs sont favorables à la chasse, ils ne la pratiquent juste pas.
Toujours dans cette idée de « résistance », le débat s’est tourné vers l’iconographe. Une question s’est alors posée, a-t-elle délibérément choisi une photographie anti-chasse ou était-ce une erreur ?
La plupart se sont alors mis d’accord sur le fait que de par son métier, elle devait le savoir et donc a choisit cette photo de son propre chef. S’en dégage ensuite une nouvelle question, l’a-t-elle fait sans arrière pensées ou souhaitait-elle placer des photographies anti-chasse?

L’organisation au sein de l’entreprise

Devant la polémique, elle s’est justifiée en disant qu’elle avait choisi cette photographie en sachant que le photographe était anti-chasse, mais ne pensait pas que cela serait un problème. Ceux à quoi ses collègues ont ajouté que toutes les décisions ont été confirmées par le rédacteur en chef. Il y a, alors, clairement une justification par la zone d’incertitude et une défense faite par le fait qu’un processus de vérification est mis en place. De manière stratégique, on observe alors qu’il y a un report de ses responsabilités par le processus de validation.

Le débat s’est, enfin, conclu sur le fait qu’une personne doive diriger: le rédacteur en chef, on retrouve une ambiance adhocratique, où les non-dits et les zones d’incertitudes favorisent la séparation des employés en plusieurs groupes.

OBSERVATRICE

Partie narration

Pendant que Marc-Antoine narre son histoire. Tout le monde est absorbé par le sujet. J’ai pu observer beaucoup de signes d’étonnement sur le visage des participants. A la suite de cette étonnement, ils montrent des signes d’intérêt envers l’interlocuteur avec des gestes d’auto-contact comme se frotter le main au menton, acquiescer de la tête ou froncer les sourcils. Puis, les participants ont rigolé collectivement. On peut, donc, dire que durant ce moment de narration, il y a eu 3 phases : étonnement, intérêt, rire.

Partie question

Il y a eu 9 personnes sur 20 participants qui sont intervenues durant cette phase (sans compter le groupe qui passent : narrateur, rapporteur, observateur).
Les questions ont émergé de suite après la fin de la narration, il n’y a pas eu d’instant d’hésitation. On ressent que les personnes présentes portent de l’intérêt à la situation évoquée par Marc Antoine.
Il y a eu des bavardages entre les participants qui montraient de l’étonnement face aux réponses à leur questions.

Ici, aussi, il y a eu beaucoup d’auto-contact, hochement de la tête, froncement de sourcils, frottement au visage, encore des signes qui montrent l’intérêt que porte les participants à la discussion.
De plus, les personnes qui sont intervenues ont eu tendance à adopter une gestuelle rythmique pour accompagner leur paroles, leurs gestes étaient pour la plupart des gestes vers l’extérieur ou qui ponctuaient leurs phrases ou les mots sur lesquels ils voulaient insister.
On peut constater une ambiance conviviale, il y a eu de nombreux rire collectif.
Concernant les leaders, ils étaient en triangle, deux leaders dans un coins et deux autres réparties dans deux autres coins différents.
Arrive la fin de la phase de questions, quelques personnes décrochent mais c’est temporaire ils sont relativement intéressés par les faits.

Partie hypothèse

Toujours 9 personnes sur 20 participants qui sont intervenues, ce sont exactement les mêmes que dans la partie question.
Les premières hypothèses sont arrivées de suite, il n y a pas eu de creux avant le commencement de cette nouvelle partie.
Les leaders sont restés les mêmes que dans la phase précédente.
Cependant l’ambiance était différente, elle était conviviale au début puis est devenue plus agressive, en effet, des désaccords entre les participants sont arrivés, certains d’entre eux ont adopté un ton plus agressif, le ton est monté parfois entre certains d’entre eux.

Arrive la fin de la phase hypothèse, on ressent de la fatigue auprès des participants, beaucoup d’entre eux décrochent, ils dessinent sont sur leurs téléphones ou bavardent, s’allongent sur la table…

RAPPORTEURE

La partie question s’est faite en croissance, on remarque d’abord les questions sur l’entreprise et son ambiance en général pour pouvoir mieux comprendre le problème, ainsi que la formation des deux groupes chasseurs et non-chasseurs mais aussi sur l’histoire de l’entreprise.
Les questions, par la suite, se focalisent plus le problème: l’iconographe a été critiqué lors d’un des week-ends chasse et les conséquences qui met en relief les problèmes de communication et des tensions entre les deux groupes dans la boîte.
Pour finir, les questions se sont recentrées sur la stagiaire, Marc Antoine, son ressenti et comment il a géré sa position dans l’entreprise.

Lors de la partie hypothèse / réflexion, les échanges ont été vif et rapide. Il y a eu rapidement des interprétations, notamment sur la place du stagiaire mais également des propositions pour résoudre le/les problème/s de l’entreprise. Ensuite, les participants à l’échange se sont impliqués dans un débat sur la légitimité à travailler dans un magazine de chasse en étant non-chasseur ou contre la chasse.

Les réflexions et les hypothèses ont pu faire ressortir une crise dans l’identité culturelle de l’entreprise. En effet, la création de deux groupes distincts montre que les employés du groupe des non-chasseurs se rebellent face à l’image de l’entreprise ainsi qu’à ses dirigeants.
La création des week-ends informels, “team building”, montre que c’est tout le contraire. Les week-ends “chasse” ne soudent pas l’entreprise mais bien à l’opposé creuse l’écart entre les deux groupes. C’est une contre-communication.
Une proposition d’un troisième groupe a aussi été faite, montrant que dans l’entreprise il n y a pas que les chasseurs, d’un côté et les non-chasseurs, de l’autre, mais qu’entre les deux un troisième groupe existe dont la racine est de faire évoluer sa carrière quitte à participer aux week-ends chasse, même si l’on est contre.

On remarque aussi l’absence d’un leader, le rédacteur en chef, pour essayer de dissoudre et de rassembler l’entreprise, ce qui laisse place à un manque de communication interne.
Une analyse stratégique a été faites et à soulever le fait que certains employés se mettent à la chasse pour pouvoir participer aux week-ends mais aussi se faire des relations et ainsi monter en grade.
Les principales hypothèses qui sont ressorties sont:

  • Le manque de communication interne
  • La discrimination en entreprise: la mise à l’écart du stagiaire par le groupe des “chasseurs” reflète-t-elle l’ambiance de l’entreprise et l’hostilité des chasseurs face aux non-chasseurs.
  • L’Identité culturelle de l’entreprise
  • La résistance dans l’entreprise
  • La contre-communication: le team building, le week-end “chasse”

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Marc-Antoine VANNI: narrateur –
Mélissa PELUS: observatrice –
Sophie DEFRANCHI: rapporteure

Compte rendu séance du 8 mars 2018 : BALLES ANTI-STRESS

mardi 13 mars 2018

Phase 1 : la situation de communication

Solenn a effectué son stage dans une start-up qui travaille en relation avec des experts comptables. Elle s’occupait de leur communication et a donc proposé pour marquer le coup de la nouvelle année (la vraie première de l’entreprise) d’envoyer à ces partenaires financiers un objet publicitaire accompagné d’un mot personnalisé.  Les experts comptables connaissent à chaque début d’année deux mois stressants et compliqués et il a donc été décidé de leur envoyer une balle anti-stress marquée du logo de la start-up. Cette balle devait être bleue, la couleur du logo originel, et le logo transposé devait être blanc. Au moment de passer la commande, le fournisseur a expliqué ne plus en avoir en stock et a donc proposé de plutôt prendre des balles oranges. Le commercial en charge de passer la commande a donc accepté, ce qui a créé une situation de mécontentement auprès de l’autre gérant de l’entreprise qui n’a pas compris et accepté ce choix.
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Phase 2 : exploration de la situation

  • Quel était ton rôle dans la structure ?

J’étais chargée de communication.

  • Combien de personnes y travaillaient ?

Seulement deux.

  • Quelle est l’activité de la start-up ?

Ils font du courtage en crédits professionnels : de la mise en relation entre des professionnels qui recherchent un prêt et les banques, via la plateforme qu’ils ont développée. Les dirigeants appuient les dossiers des professionnels avec l’aide d’experts comptables partenaires.

  • Comment as-tu trouvé ce stage ?

J’ai répondu à une offre de stage.

  • Qui a créé la start-up ?

Ils sont trois à l’avoir créée : les deux qui y travaillent et le papa de l’un d’eux.

  • Quelle est sa date de création ?

Environ un an.

  • Quelles sont les relations entre les créateurs de la start-up ? Ils sont amis ou juste collègues ?

Sur les trois, deux sont de la même famille (le père et le fils). Le troisième a été recruté par les deux premiers pour compléter l’équipe.

  • Où s’est effectué ton stage ?

À Montpellier.

  • Quelles ont été tes missions précises ?

Développer la communication et la notoriété de la start-up.

  • Avant ce conflit, les relations entre les deux dirigeants étaient-elles bonnes ?

Les relations sont plutôt bonnes et cordiales en général, ils s’entendent bien. Mais il y a déjà eu des non-dits entre eux.

  • Avez-vous discuté de ce conflit où est-ce resté un « non-dit » ?

On en a discuté directement, au moment où le commercial nous a dit qu’il avait passé la commande en orange quand même.

  • Le commercial ne vous a donc pas consulté avant de passer la commande ?

Exactement, il a pris cette décision seul, sans concertation.

  • Avez-vous bénéficié d’un tarif plus bas pour les balles orange ?

Non, le prix a été le même que si les balles avaient été bleues.

  • Est-ce qu’il y a un leader parmi les deux dirigeants ?

Non, étant une start-up, il n’y a pas de leader. Ils travaillent plutôt en collaboration.

  • Les relations se sont-elles apaisées après ce conflit ?

Les relations n’étaient pas mauvaises et ne l’ont jamais été mais cela a créé un mécontentement/tension sur le moment.

  • T’es-tu sentie concernée ?

Oui car je suis à l’origine de la proposition de l’objet publicitaire.

  • Y a-t-il souvent des conflits comme celui-ci ?

Oui, par la suite j’ai appris qu’il y avait eu un conflit entre eux plus important.

  • Qui était ton maître de stage ?

Mon maître de stage n’était pas le commercial mais l’autre dirigeant qui s’occupait plutôt de l’aspect financier de la start-up.

  • Quel était le délai d’attente si vous aviez commandé les balles bleues ?

Une ou deux semaines de plus.

  • Qui a préconisé les balles bleues ? Vous avez choisi ensemble ?

Je suis à l’origine de la proposition mais la validation s’est faite tous ensemble.

  • Il n’y avait pas d’autres prestataires pour ces balles ?

Si mais celui-ci proposait les tarifs et délais les plus intéressants.

  • La start-up avait-elle l’habitude de travailler avec ce prestataire ?

Pas du tout, c’était la première fois.

  • Pourquoi avez-vous opté pour des balles bleues ?

Le choix de cette couleur a été assez évident car l’ensemble de leur charte graphique tourne autour du bleu : leur logo est bleu et en forme de P, il comporte plusieurs nuance de bleu et un peu de blanc d’où le choix d’une balle bleue sur laquelle on appose le logo de la start-up en blanc.

  • Sur la balle orange, dans quelle couleur avez-vous mis le logo de la start-up ?

On a laissé le logo de la start-up en blanc comme ce qui était prévu pour la balle bleue.

  • Si le commercial vous avait consulté avant de passer la commande, auriez-vous tout de même commandé la balle en orange ?

Non nous aurions changé de fournisseur.

  • Qui a été le plus mécontent ?

Étant donné qu’ils sont seulement deux, le plus mécontent était mon maître de stage donc le deuxième dirigeant, celui qui n’est pas commercial.

  • Comment s’est manifesté ce mécontentement ?

Mon maître de stage et moi étions en train de travailler ensemble lorsque le commercial nous a annoncé qu’il avait finalement commandé les balles en orange. Mon maître de stage lui a alors dit qu’il aurait dû prendre le temps de la réflexion et d’en parler avec nous plutôt que prendre cette décision seul.

  • À quel moment de ton stage a eu lieu cette situation ?

Elle a eu lieu à peu près au milieu de ma période de stage.

  • Avez-vous quand même distribué ces balles ?

Oui nous les avons tout de même diffusées.

  • Avez-vous eu des retours sur ces balles ?

Pas sur la couleur en tout cas.

 

Phase 3 : hypothèses interprétatives

Le débat a mis un peu de temps à démarrer lors de cette phase, certainement le temps de laisser la réflexion à chacun sur la situation énoncée afin de formuler des hypothèses pertinentes.

Ces dernières se sont essentiellement articulées autour de trois thèmes :

  1. Des missions non clairement définies entre les deux dirigeants
  2. Un manque de compétence du commercial qui n’a pas saisi les enjeux concernant l’identité visuelle de la start-up car les compétences d’un commercial sont différentes des compétences d’un communicant
  3. Une concurrence informelle entre les deux qui a poussé le commercial à prendre la décision seul

 

Globalement, les hypothèses ont été que :

  •  Le commercial aurait dû opter pour une concertation et une prise de décision commune avant de donner son aval au fournisseur.
  • Certains pensent que cet incident est révélateur de tensions entre les deux dirigeants. D’autres supposent qu’il a peut-être pris cette décision seul car les autres n’étaient pas présents au moment donné ou qu’ils n’étaient pas joignables.
  • Peut-être que l’attente n’était pas si grande pour pouvoir obtenir l’effet escompté. Le commercial a peut-être pensé que l’attente serait plus importante chez un autre prestataire et n’a pas souhaité prendre de risque, estimant que le respect des délais était plus important pour leur image de marque que la couleur de la balle. De plus, peut-être n’avait-il pas saisi l’importance du choix de cette couleur parce que les explications données n’étaient pas assez claires, voire même inexistantes.
  • On observe également une mauvaise évaluation de la notion d’importance et d’urgence de la part du commercial. Cette décision s’apparente à un processus de décision ad-hoc qui implique une prise de décision rapide dans une situation imprévue. Dans ce cas de figure, il n’y a pas forcément de procédure expliquant comment s’y prendre et cette prise de décision ad-hoc ne suit pas les circuits de prise de décision classique.
  • Cependant, étant leur première commande chez ce fournisseur, il n’y avait aucun lien affectif entre eux et ils auraient très bien pu changer de prestataire et éventuellement augmenter leur budget si besoin. Une question se pose alors : pourquoi le deuxième dirigeant n’a-t-il pas annulé la commande ? Il aurait pu expliquer au prestataire qu’il y avait des enjeux visuels derrière le choix de cette couleur et qu’il y avait eu un malentendu avec son commercial. On relève alors que de la prise d’une microdécision a un impact sur toute la chaîne.
  • Cette situation nous montre alors comment on peut, d’une démarche qui vise à renforcer la communication, aboutir à une contre communication. On remarque également que la structure de cette start-up est une adhocratie à deux têtes, pourtant l’ajustement mutuel n’a pas fonctionné et la situation dégénère alors que ce fonctionnement est normalement facilité par la proximité et un petit nombre d’acteur. Enfin, dans ce genre de situation, un phénomène de supervision directe peut également émerger si l’un des deux dirigeants à plus de part dans la start-up que l’autre.

 

Phase 4 : Retour de la narratrice

Le retour de la narratrice s’est effectué sur les 3 gros points pour des questions de temps :

  • A propos des missions de chacun : en effet les missions ne sont pas clairement distinctes puisqu’il s’agit d’une start-up et que de ce fait, pour des raisons budgétaires et d’effectif, « tout le monde touche à tout ». Cependant c’est un point qui a été abordé un peu plus tard pendant le stage avec une redéfinition des parts de chacun.
  • Concernant les enjeux potentiellement mal saisis par le commercial, elle pense qu’il s’agit davantage d’un problème d’égo. Très sûr de lui, il ne s’est probablement pas posé la question de savoir « qu’est-ce que décideraient les autres ? ». C’est un point qui s’est manifesté plusieurs fois pendant le stage d’ailleurs. Et pour info, il était là pendant les explications du choix de l’objet, de la couleur et du message : il avait donc pris connaissance du contexte et de son importance.
  • En ce qui concerne une potentielle concurrence informelle entre les deux qui aurait poussé le commercial à prendre la décision seul, elle pense qu’il s’agit plutôt comme ils l’avaient bien fait remarquer dans les hypothèses, d’une « mauvaise appréciation de l’urgence » qui a mené à la prise d’une mauvaise décision. Mais elle ne réfute pas l’existence d’une potentielle concurrence informelle.

 

Phase 5 : retour de l’observateur

-> A propos de la phase de narration

Durant cette phase, certaines personnes écoutaient attentivement la narratrice en la fixant du regard, tandis que d’autres prenais des notes, préparant leurs questions. D’autres regardaient  « dans le vague » vers le sol manifestant un manque d’intérêt ou, à contrario, une écoute attentive où on repose le regard pour concentrer entièrement son attention sur ce que l’on écoute.

 

Beaucoup de gestes d’autocontact sont apparus lors de cette phase, comme par exemple jouer avec les cheveux, notamment pour les filles. Pour d’autres, ils se tenaient la tête, jouaient avec leur stylo, ou encore réajustaient leurs lunettes.

 

On a pu relever également beaucoup d’expressions faciales, évoquant souvent une bonne compréhension de ce que la narratrice racontait par des gestes de « oui » de la tête, ou au contraire une incompréhension avec des froncements de sourcils ou bien avec des yeux qui se plissent.

 

Au niveau de la posture, on retrouve des personnes avec jambes et/ou bras croisé, avec un mouvement de la jambe qui est surélevé. D’autre se penchaient vers l’avant, montrant un intérêt particulier à ce que disait la narratrice, et encore d’autres étaient plus en « retrait » avec une posture décontractée.

 

Pour ce qui est de la narratrice, elle est restée droite durant tout son monologue. Aussi, elle avait énormément de gestes rythmiques pour appuyer ses propos, accentuant ce qui est important et aussi pour mieux se faire comprendre. Son regard portait essentiellement en face d’elle et un peu sur les côtés, mais très peu sur les extrémités.

 

-> A propos de la phase de questionnement

En plus de ce qui a été dit précédemment, on retrouve de nouveaux gestes d’autocontact, notamment le frottement des mains qui apparaît avant et pendant une prise de parole. Là encore on retrouve beaucoup de gestes rythmiques.

 

On remarque sans arrêt un besoin de bouger et/ou de toucher quelque chose, que l’on parle ou non.

 

Concernant l’ambiance générale du groupe, étant le deuxième groupe à passer, la prise de parole s’est effectuée plus rapidement que la première fois. Le groupe était plus détendu, moins timide bien que certaines personnes soient restées en retrait et/ou communiquaient seulement avec leur voisin.

 

On a pu relever 6 leaders, un sur la table de gauche, trois sur la table d’en face (avec un qui avait plus de présence que les deux autres), une sur la table de droite, et enfin une dernière sur la même table que la narratrice, à sa droite.

La narratrice était très à l’écoute pour pouvoir au mieux répondre aux questions. Des expressions faciales comme le mouvement de tête signifiant le « oui » accentuait une bonne compréhension de sa part lorsqu’elle discutait avec son interlocuteur.

 

 

Participants :

– Participants actifs : environ 6

– Participants modérés : environ 5

– Non participants : environ 9

Leaders :

– Tables du milieu : Trois avec un qui avait plus de présence que les deux autres

– Table de droite : Un leader

– Table de gauche : Pas de leader

– Table de la narratrice : Un leader

 

 

-> A propos de la phase d’hypothèses

Au départ, un « blanc » se fait sentir, une phase ou personne ne parle. La communication durant cette phase là ce fait par le regard. En effet, tout le monde se regardaient pour savoir qui allait parler. Ce fut ici un moment de gêne car personne ne savait quoi dire ou quoi faire.

 

A ce moment-là, en plus des regards, énormément de gestes d’autocontact sont apparus, les mêmes que ceux évoqués précédemment, mais également des sourires gênés du fait de ce silence.

 

C’est uniquement lorsque le leader de la table de gauche a commencé à parler que l’ambiance globale est redevenue comme avant, c’est-à-dire détendue, avec des postures plus à l’aise sur la chaise ou sur la table. Sans compter les rires et sourire montrant une bonne compréhension de ce qui est dit et une bonne cohésion de groupe.

 

Le débat, commençant à être long, une certaine dissipation s’installe avec des postures de plus en plus décontractées, des discussions avec les voisins de plus en plus fréquentes, etc.

La fin du débat sur les hypothèses approche étant donné le grand silence qui règne dans la salle.

 

D’autres gestes d’autocontact sont apparus juste avant la fin de cette dernière phase à savoir le rongement des ongles, signifiant souvent le stress, ou l’impatience. Une personne également qui ne parlait pas beaucoup, se balançait sur la chaise pour s’occuper.

 

En tant qu’observateur, je me suis également senti observé. En effet, j’ai constaté qu’à peu près tout le monde m’a au moins regardé une fois pour savoir si je n’étais pas en train de les observer. Le fait de savoir que je les observais avait surement une influence sur leur comportement, ils n’étaient surement pas à l’aise ou encore pas naturel (pour certain).

Participants :

– Actifs : environ 9

– Modérés : environ 3

– Inactifs : environ 7

Leaders :
Pareil que lors de la phase de questionnement

 

 

 
Merci d’avoir pris le temps de lire ce compte-rendu que nous avons souhaité détaillé, afin que vous puissiez être immergé dans notre séance qui a été très appréciable grâce à la participation de nos camarades et de la professeur. En attendant vos retours et réactions, bonne semaine !

 

Solenn Lhotellier, NARRATRICE
Flavie Ancelot, RAPPORTEUSE
Mourad Ahamout, OBSERVATEUR

Séance Sasco du 8 mars : un stage qui tourne mal (compte rendu)

mardi 13 mars 2018

Narrateur : Enzo Léardi

Rapporteur : Axelle Jacob

Observateur : Loïc Navarro


Introduction

Enzo nous a fait part de sa situation de communication problématique à laquelle il a dû faire face durant sa période de stage. Cette expérience fut pour le moins inédite dans la mesure où il s’est retrouvé forcé de rompre sa première convention pour trouver une seconde entreprise dans laquelle aboutir son stage.

En voici le compte rendu exact. 

PHASE 1 : Présentation de la situation de communication

Enzo : « Pour mon stage de 3e année, je me suis retrouvé dans deux agences différentes. En fait, dans la première agence, j’ai eu des différents avec la patronne parce qu’il y avait des soucis avec ma convention, on était pas d’accord sur différents points, et nous avons eut des désaccords. Puis, j’ai découvert et vraiment commencé mon stage durant mon deuxième stage effectué dans la deuxième agence. »

Voici quelques échanges de questions qui ont permis d’éclaircir la situation, sans donner d’hypothèse pour le moment :

Participant : – C’était une agence de quoi ?

Enzo

« De création site web. »

Participant

– Combien de temps es-tu resté dans cette agence ?

Enzo

« J’y suis resté un mois. »

Participant

– C’était une grande structure ?

« Il y avait 6 personnes qui travaillaient dans l’agence. »

– Ton stage s’est terminé froidement, c’est-à-dire ?

« Déjà, il était noté sur ma convention que je devais faire 35 heures alors que j’en faisais 39. Ensuite, j’ai eut une semaine de vacances, mais celle-ci n’était pas prévue, elle m’a prévenue au dernier moment, j’ai donc passé Noël tout seul. Et j’ai fait un travail qui n’avait complètement rien à voir avec ce qui était prévu. »

– As-tu fait quelque chose pour changer les choses ?

« Oui, mais personne ne m’écoutait, alors j’ai exprimé mon mécontentement au moment de mon départ seulement. »

– Quel a été l’élément déclencheur pour que tu décides de quitter ton premier stage ?

« Le patron de Zoé m’a proposé de poursuivre mon stage chez lui, j’y suis donc allé. »

– Combien de temps as-tu fait dans la deuxième agence ?

« Au total, j’ai fais 60 heures. »

– Ton maître de stage est-ce que c’était le patron ?

« Non. »

– Est-ce que tu as fait un entretien physique ou bien téléphonique ?

« J’ai fais un entretien téléphonique avec une personne qui est parti par la suite, car il avait terminé son contrat. »

– Est-ce que tout le monde était au courant de ce que tu avais dit au téléphone ?

« Oui et la convention était signée par les deux personnes. »

– Y avait-il des tensions identiques avec les autres membres de l’agence ?

« Personne osait parler à la patronne en fait, tout le monde râlait, mais personne ne lui disait rien en face, sauf mon maître de stage qui lui était fan de ma patronne. »

– Est-ce que vous faisiez des réunions ?

« Non. »

– Qui te donnait le travail ?

« Au début mon c’était maitre de stage, et ensuite c’était la patronne directement. »

– Est-ce que c’était une petite agence ?

« Oui toute petite. »

– La patronne savait que tu avais les compétences nécessaires pour développer etc… ?

« Oui car tout était marqué sur mon CV, et je leur avaient aussi envoyé mes réalisations. »

– Les autres étudiants étaient traité comme toi ?

« Oui. »

– Est-ce qu’elle était surprise quand tu est parti ?

« Ça ne lui a pas plu, car comme j’allais atteindre mes heures, elle disait que j’étais pas cool car je ne pensais pas à l’entreprise. »

– Du coup, ça s’est bien passé dans la deuxième agence ?

« Oui, j’ai vraiment appris des choses, j’ai fais du référencement ect… »

– Que faisais-tu exactement ?

« De l’e-reputation et du référencement gratuit. De plus, j’ai suivi des cours Google pour ??? »

– Ta première agence était récente ?

« De base elle était de 2002, et elle ma patronne a racheté en 2009. »

– As-tu demandé de faire autre chose ?

« Oui mais elle voulait que je travail pour elle, elle voulait que je le fasse rapidement, et elle ne voulait pas que je fasse autre chose, elle me disait oui tu fera autre chose mais plus tard, tu dois terminé ça impérativement…»

– Tu a suivis des cours sur quoi exactement ?

« Je devais chercher des infos sur Linkedin, Google… C’était intéressant mais lassant. »

– Et pour ta convention ?

« Elle n’a jamais signé l’avenant, prétendant qu’elle était en vacances et qu’elle ne pouvait pas le faire. »

– T’a pas essayé de retourner à l’agence pour t’expliquer avec eux ?

« Non je n’aurais pas de notes sur ce stage de toute façon, donc qu’elle signe ou pas ça n’a aucun intérêt pour moi. »

– C’était un appel d’offre ?

« Non c’est moi qui les aient contacté. »

PHASE 2 : Hypothèses, pistes et compréhension de la situation par les participants

– On est d’accord que c’est de la mauvaise foi, j’aurai eut la même réaction qu’Enzo, je serais parti. Mais de là à réagir comme ça ou de parler de la sorte, c’est vraiment la patronne ici qui me choque.

– Je suis d’accord pour la patronne, après pour le travail. Est ce qu’il avait vraiment du travail à faire, ils n’avaient peut-être rien à lui donner étant donné que c’est une petite entreprise ?

– En même temps, il ne fallait pas qu’elle prenne un stagiaire s’il n’y a pas de travail à faire.

– C’est un stagiaire donc on lui donne le sale boulot comme d’habitude, ce n’est pas étonnant.

– Le souci pour moi, c’est la personne que tu as eut au téléphone, la patronne n’était pas au courant du travail qu’il t’avait dit que tu allais avoir à faire.

– Oui, il y a eut un problème de communication entre la patronne et son maître de stage, c’est certain.

– Ils auraient dû en parler, surtout concernant tes tâches qu’Enzo allé effectuer.

– C’est clair que dans les entreprises ça parle en fourbe.

– Après, de ce que j’ai compris, d’après les 6 personnes dans l’agence, je pense qu’il s profitent un peu des contrat jeunes, étudiants, ça à l’air d’être un peu la politique de l’entreprise.

– La directrice, n’a sûrement pas l’habitude qu’on lui tienne tête, donc ça ne lui posait pas de problème de donner n’importe quel travail à Enzo.

_____

Hypothèses retenues

     • La charge de travail et les tâches d’Enzo ne sont pas a la hauteur de ses attentes

     • La nature des activités faites par chaque membre de l’entreprise

     • Le problème de communication entre la patronne de l’entreprise et le maître de stage a abouti a cette situation

     • Les relations avec les alternants et la hiérarchie ne sont pas exemplaires

     • Une supervision directe ou une adhocratie avec un ajustement mutuel ? Quel est le genre de l’organisation au juste ?

     • Contradiction entre un leadership autoritaire et un leadership « laisser faire »

_____

L’enseignante

« Selon Mintzberg, c’est une patronne autoritaire.

Soit c’est une supervision directe, soit une adhocratie… Là on ne sait pas trop mais l’adhocratie apparaît souvent dans les petites entreprises. La patronne a dit non mais est-ce qu’elle a donné des arguments ? L’agence est peut-être dans une phase de « creux » concernant son activité.

Qu’est-ce que vous préconiseriez pour éviter cela ? »

Les participants

– Qui ai déjà eut en amont un entretien avec la patronne et celui qui avait fait faire le premier entretien à Enzo pour mettre les choses au clair directement.

– Faire une réunion en fin de chaque semaine, pour faire le point avec lui sur les tâches données.

L’enseignante

« Heureusement qu’il a pu trouver un autre stage. On ne sait pas si la patronne l’a aidé, il a quand même appris des choses durant ce stage. »

Participant

– Ce qui est paradoxal, c’est que le leader est autoritaire et en même temps, il laisse faire son stagiaire.

Enseignante

– C’est quelque chose qui arrive très souvent entre leadership autoritaire et laisser faire… Autorité et en même temps, il n’y a pas d’appui.

Participant

– Elle est autoritaire ou juste sévère ?

– Elle fait peur aux autres.

– Justement, vu qu’il y a beaucoup d’alternants faut pas trop qu’ils l’ouvrent, donc elle a l’habitude d’être écoutée.

PHASE D’ANALYSE

           Grâce à ces six hypothèses, le groupe a réussi à faire ressortir deux analyses intéressantes. La première étant le questionnement sur le style de structure de cette entreprise : une structure simple avec une supervision directe ou bien une adhocratie avec un ajustement mutuel. La seconde étant les deux genres de leadership adoptés par la directrice de l’entreprise.

En effet, selon Mintzberg, une structure simple se traduirait par une seule personne qui, au sein de l’entreprise, investie une totale responsabilité au travail des membres de son équipe. Alors qu’une adhocratie, selon lui, part d’une communication informelle. Dans notre cas, on parlera d’adhocratie, car il y a un réel problème de communication et une grande décrédibilisation des rôles au sein de l’agence, dans la mesure où, la directrice n’est pas au courant de ce qu’avait convenu Enzo avec la personne qu’il a eut au téléphone et son maître de stage concernant les tâches qu’il aller effectuer et les autres détails au sujet de son stage. De plus, par la suite de son stage, ce n’est même plus son maître de stage qui lui donnait du travail, mais bien la directrice elle-même malgré qu’elle ne soit pas au courant de ce pour quoi Enzo était venu faire son stage à la base. Ainsi, la directrice n’est pas celle qui prend toutes les responsabilités de chaque membre de son équipe dans la mesure où elle ne se tient pas au courant et ne se met pas d’accord clairement avec ses salariés.

Concernant la deuxième analyse, et selon les approches du leader et du leadership, la directrice de cette entreprise adopte deux styles de leadership en même temps. Dans un premier temps, c’est un leadership autoritaire, car elle fait « peur » à ses salariés, bien que plus de la moitié soit en contrat d’alternance. C’est sans doute cela qui la rend si autoritaire : le fait qu’elle n’engage que des alternants qui n’ont pas leur mot à dire face à elle, car ils ont peu d’expérience ou sont trop jeunes. Puis, dans un second temps, elle adopte un style de leadership laisser-faire sachant qu’elle ne se tient au courant de rien, qu’au début où Enzo était là elle ne s’en occupait pas et qu’elle ne communique pas avec ses salariés en général, c’est un leader informel. La communication informelle, suivie de non-dits dans une entreprise est souvent mêlée à des problèmes de communication sur le long terme.

Voici le schéma de la structure en question :

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PHASE 3 : Synthèses des membres du groupe 

SYNTHESE DU NARRATEUR (Enzo)

Les propos avancés durant cet échange reflètent correctement la situation, puisqu’en effet, concernant les tâches qui m’ont été données, il s’agissait globalement des missions dont personne ne voulait, ne respectant pas au passage la convention en ne me donnant que peu de travail en rapport avec mon stage, sur le plan personnel, je n’allais rien apprendre de bien enrichissant.

La relation que la patronne et mon maître de stage avaient étaient d’une part différentes de celles qu’ils avaient avec les alternants et d’autres part cela a décrédibilisé l’autorité de mon maître de stage.

Leur mode de fonctionnement ne peut aboutir à une bonne entente commune de l’équipe.

SYNTHESE DE L’OBSERVATEUR (Loïc)

Cette séance fut intéressante et enrichissante pour l’ensemble des personnes présentes, la situation énoncée par le narrateur Enzo était pour le moins insolite et a suscitée beaucoup d’interrogations et de surprise auprès de l’assemblée.

Dans la première partie de la narration, les participants ont fait preuve de beaucoup de surprise, des expressions faciales non-verbales évocatrices de cette émotion ont pu être observées : des gestes d’incompréhension vis-à-vis de leurs voisins ou bien des expressions de visage telles que des bouches ouvertes ou des yeux grand ouvert pour montrer cette sensation de surprise voire de révolte face à la situation. Quant à Enzo, il s’exprimait beaucoup avec ses mains, comme pour poser les fondations de ce qu’il raconte, cela complète son débit de paroles qui était assez rapide.

Concernant la position, à cette étape de la narration, les participants témoignent d’un fort intérêt, d’une part de curiosité même avec une position droite, parfois les bras croisés et le regard fixe vers Enzo, comme pour lui exprimer leur compassion et leur soutien. Les positions fermées se sont peut à peu déliées afin de s’ouvrir au narrateur, le rapporteur et moi-même.

Le para-verbal tient une place importante dans l’observation d’un tel séminaire, c’est pourquoi les tics de langage, le rythme de la voix, l’intensité et autres attributs se doivent d’être analysé.Le para-verbal tient une place importante dans l’observation d’un tel séminaire, c’est pourquoi les tics de langage, le rythme de la voix, l’intensité et autres attributs se doivent d’être analysé.

Les échanges ont été courtois, parfois composés de « révolte » face à la situation pour le moins problématique d’Enzo, les participant ont échangé dans un schéma que je qualifierais de triangulaire, entre les leaders du groupe. Ces leaders comptent parmi ceux qui ont plus de 5 participations. Il y a une écoute générale et tout le monde semble d’accord bien qu’une personne s’est démarquée en cherchant à comprendre le comportement de la patronne d’Enzo.

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 SYNTHESE DU RAPPORTEUR (Axelle)

Dans un premier temps, Enzo devait faire un résumé de sa situation de communication à tous les élèves. Cela était un exercice assez difficile pour débuter, dans la mesure où il voulait expliquer entièrement sa situation pour qu’elle ne soit comprise pas tous. Par la suite de ce résumé, les élèves devaient lui poser des questions détaillées afin d’éclaircir la situation sans pour autant rentrer dans des hypothèses concrètes. Ici, les élèves ont posé beaucoup de questions pour essayer de comprendre pourquoi Enzo avait quitté son premier stage. Ils se sont donc questionnés sur la taille de l’entreprise, le rôle de son maître de stage, la directrice de l’agence, le nombre de salariés, les désaccords qu’il a pu avoir avec les membres de l’équipe, les tâches qu’il a dû effectuer ainsi que l’ancienneté de l’entreprise. C’est lors de la deuxième phase que la situation devenait un peu plus intéressante. En effet, il s’agit de la phase de compréhension de la situation, c’est à ce moment-là que les élèves doivent émettre des hypothèses pour essayer de comprendre pourquoi ce problème de communication a eut lieu. Pour rappel, lors de cette phase, Enzo ne peut pas leur répondre, il n’a donc pas le droit à la parole.

Ainsi, plusieurs hypothèses concrètes sont ressorties de cette situation, concernant notamment : la charge de travail et les tâches qu’Enzo devait effectuer ; la nature des activités de chaque membre de l’entreprise ; le problème de communication entre la directrice et le maître de stage d’Enzo ; les relations avec les alternants de l’entreprise ; la contradiction entre un leadership autoritaire et un leadership « laisser faire » ; ainsi que la question du genre de l’organisation : une supervision directe ou plutôt une adhocratie.

Grâce à ces différentes phases, les élèves ont pu poser pas mal de questions, et ils ont réussi à mettre en place des hypothèses qui les ont menés à deux analyses : la première étant le genre de structure de l’organisation, et la deuxième étant le style de leadership que mène la directrice au sein de l’agence. C’est ainsi que nous pouvons comprendre la raison pour laquelle Enzo ne voulait pas continuer d’effectuer son stage dans cette entreprise, car dans un premier temps, la directrice effectuait un style de management particulier puisque qu’elle se trouvait entre deux styles de leaderships. Puis dans un second temps, il y a un gros problème de communication entre les agents censés prendre en charge Enzo lors de son stage, les rôles de chacun sont alors remis en question ainsi que le style de structure de l’organisation.


Nous remercions l’ensemble des participants du séminaire pour leur intérêt et leur participation aux nombreux questionnements qui ont émergés de cette situation.

JACOB Axelle

LEARDI Enzo

NAVARRO Loïc

Compte rendu Sasco du 8 mars 2018

lundi 12 mars 2018

L’entreprise Goolfy 

I-La situation de communication

Manon a effectué son stage dans une entreprise nommée Goolfy. C’est un principe de minigolf en intérieur. Il s’agit du seul minigolf présent à Montpellier. Il n’y a donc pas de concurrence directe. L’entreprise est une franchise, mais l’enseigne ayant fait faillite, Carolyn, la gérante détient un pouvoir décisionnel unanime sur l’enseigne. En termes de communication externe, ils sont essentiellement centrés sur le principe du moindre coût et de la gratuité. En service depuis 5 ans, l’entreprise Goolfy propose différents services : un service de snacking (vente de restauration rapide, boissons et alcool…), un service de location de salle et d’organisations de tous types d’évènements (anniversaires, repas d’entreprise…) et un service dédié à l’activité avec le minigolf.

Carolyn est la gérante des lieux et Sandrine la seule employée. Il s’agit d’une entreprise familiale : Carolyn fait intervenir son entourage et sa famille pour le service, la vente ou encore la préparation d’événements. (ce qui évite le surmenage). Autrement, pour les services plus spécifiques, l’entreprise fait appel à des prestataires. Notamment pour le service de buffet (traiteur), pour les animations (événements, animateur), mais aussi pour le site internet.

Il faut savoir que la logistique est entièrement gérée par Carolyn. Les réservations, les confirmations, les sorties scolaires ou autres sont gérées par la patronne. Sandrine, présente sur les lieux tous les jours, se retrouve souvent dans l’incapacité de s’organiser ou de prévoir ses journées de travail car Carolyn ne transmet les informations nécessaires que le jour même. L’information étant reçue au dernier moment, Sandrine se retrouvait souvent dans l’embarras d’un point de vue organisationnel. En interne, la transmission d’informations ne se fait que le jour même.

 

II-Les questions : Approfondissement de la situation

Pour commencer, le groupe s’est posé des questions à propos des tensions entre Sandrine et Carolyn, et notamment sur leur nature. Elles semblent venir de la mauvaise transmission d’informations de la part de Carolyn qui met constamment Sandrine dans une situation compliquée et stressante en ne lui communiquant les informations qu’au dernier moment et par message. Une précision quant à savoir qui détient les informations s’impose alors; c’est bien Carolyn qui est en contact avec les clients et qui devrait donc communiquer les bonnes directives à son employée.

Sandrine est censée s’occuper du client et de la vente, mais elle gère à elle toute seule, les anniversaires, le service snacking, le nettoyage et encore l’équipement des clients. Elle reçoit des consignes le plus souvent via des sms ou par des messages écrits sur le bureau. Seule Carolyn à un agenda / planning et comme elle n’est jamais sur les lieux, Sandrine n’y a pas accès. Carolyn est la gérante de l’établissement qui supervise Sandrine et lui donne des directives. À propos de la relation entre les deux, on apprend qu’elles sont amies et se connaissaient avant de travailler ensemble. Étant seule pour tout gérer, Sandrine s’est souvent faite aider par les stagiaires.

Il n’y a pas de bureau ou d’espace de travail, l’employée travaille donc dans la salle commune, celle dans laquelle elle accueille les clients, constituée de tables et d’un bar. Il n’y a pas de bureau, car malgré le fait que l’entreprise marche bien, le chiffre d’affaires n’est pas si élevé que ça. Il y a pourtant un débarras à l’étage qui pourrait être transformé en bureau.

Carolyn prend très souvent des stagiaires, à la fois pour les aider mais aussi car cela l’arrange. Concernant la gestion des stagiaires, celles-ci travaillent également dans la salle commune et reçoivent les directives de Carolyn via Sandrine, donc au dernier moment. Il n’y a pas eu d’autres tensions, si ce n’est que les stagiaires ont eu un peu de mal à s’intégrer à cause de l’esprit très familial de l’entreprise.

En effet, Carolyn fait très souvent appel à sa famille pour minimiser les dépenses : réparations, restauration, service… Il y a une ambiance presque trop “famille”. La famille de Carolyn ne semble pas au courant des tensions entre les deux femmes et entretiennent de bons rapports avec l’une comme avec l’autre. Quand Carolyn et Sandrine sont ensembles sur les lieux, Carolyn est plus sur la réserve et tente de lui faire comprendre ses erreurs de manière détournée et Sandrine ne parle pas de ses problèmes d’organisation. Les deux ont une approche très différente du contact client; Sandrine est beaucoup plus dans l’esprit de vente contrairement à Carolyn, davantage sociable et laxiste. Du fait qu’elles se connaissent en dehors, les deux femmes se permettent des arrangements comme partir plus tôt pour Sandrine ou demander plus d’heure de travail à cette dernière pour Carolyn. La situation est la même depuis 5 ans et les deux femmes ne se disent rien car elles n’ont pas la même vision des choses. De plus, Sandrine considère qu’elle n’a rien à dire en tant qu’employée car elle se sent redevable d’avoir du travail grâce à son amie. Carolyn a travaillé 20 ans chez McDonalds et Sandrine dans la vente. Cette dernière avait un autre travaille à côté, ambassadrice de produit de beauté, qu’elle a arrêté pour travailler à plein temps chez Goolfy. Sandrine préfère travailler chez Goolfy car elle est mieux payée. L’entreprise ne fait que très peu d’entrées en semaine, 250 à 300 le week-end et beaucoup pendant les vacances.

Il est déjà arrivé que des clients partent insatisfaits. Il est arrivé que leur demande n’ait pas été respectée, car l’information n’est pas arrivée jusqu’à Sandrine. Sandrine ne le reproche pas à Carolyn car elle s’estime heureuse d’avoir du travail et Carolyn reproche à Sandrine son côté froid et distant avec les clients. Les deux restent toujours en contact en cas de problème; si quelque chose arrive, Carolyn appelle les clients pour s’excuser.

Des questions se posent sur le rôle de Carolyn. Elle travaille la plupart du temps depuis chez elle et reçoit ses clients dans la grande salle de réception. Elle se charge aussi de réapprovisionner le bar et de faire les courses et va acheter elle même les produits pour son entreprise. Au niveau des prestataires, il y a différents traiteurs (sucré et salé), et un web designer; elles font le reste des tâches à deux et parfois avec l’entourage de Carolyn.

La salle de réception fait 200 mètres carré et la salle de jeux en fait à peu près 400 mètres carré. C’est Sandrine qui se charge du nettoyage, parfois avec l’aide de Carolyn et de ses enfants.

Le groupe se pose des questions sur la franchise Goolfy et des protocoles qui y sont liés. Les seuls éléments qui doivent être préservés sont l’enseigne, la marque, le concept fluo et du mini-golf. Pour le reste c’est le gérant qui décide. La marque n’a aucun autre contrôle sur l’entreprise.

 

III-L’analyse du groupe

Tout d’abord, le groupe a émis l’hypothèse d’un problème de reconnaissance de la part de Sandrine. L’étude de la reconnaissance a été réalisée par le psychologue Honneth avec la logique de la reconnaissance. Sandrine ne se sent pas apte à faire toutes les tâches données par Carolyn. Cependant, Sandrine est reconnaissante envers Carolyn de lui avoir fait confiance pour ce poste de gérante.

Ensuite, le groupe s’est intéressé à l’ancien métier de Carolyn la patronne. Celle-ci travaillait chez McDonald’s, la logique d’entreprise est celle des grosses entreprises, c’est-à-dire “marcher sur les employés”, leur donner une directive et les employés se débrouillent. Sandrine et Carolyn ont une culture professionnelle différente, Sandrine est moins organisée et Carolyn est plus stricte. Dans cette entreprise, Carolyn n’a que son amie Sandrine comme employé et donc elle ne s’embête pas trop pour la structure de son entreprise et tire des bénéfices facilement. L’enjeu principal de Carolyn est de faire des bénéfices. Ce statut sera difficile à garder pour le groupe.

Un problème de communication a été soulevé. En effet, Carolyn donne des directives à Sandrine, mais celles-ci communiquent peu et se voient peu. Sandrine a alors beaucoup de choses à gérer toute seule. La patronne ne réalise pas la charge de travail et Sandrine ne se plaint pas, le groupe a pensé qu’un arrangement doit être possible entre les deux personnes.

Un second problème a été soulevé, celui du contexte spatial. Il n’y a pas de bureau mais une grande pièce où tout le monde est entassé. La disposition de la pièce est difficile à agencer. Il est difficile de travailler au milieu des clients pour Sandrine et la stagiaire, sachant que la famille de Carolyn vient également aider. Cette intervention de la famille renforce le manque de cadrage et le non professionnalisme de l’entreprise. En effet, même les enfants aident.

Sandrine a une marge de manœuvre assez élevée, c’est elle qui détient les informations et est seule avec les clients dans l’entreprise. Carolyn a tendance à recadrer Sandrine quand elle s’éparpille un peu trop.

Le groupe est revenu sur l’affect qui lie Carolyn, la patronne, et Sandrine, l’employée qui est présente sur les lieux pour effectuer les tâches; étant toutes les deux amies c’est un arrangement qu’elles ont eu en travaillant ainsi. Quand Carolyn n’est pas là Sandrine gère comme elle veut. Puis la question de la sécurité au sein du lieu s’est posée. Sandrine est parfois seule à gérer des groupes d’enfants, des centres aérés et un accident peut vite arriver. Les clients se sont peut-être plaints. Le manque de normes et de sécurité est mis en avant par le groupe.

Un troisième problème a été soulevé, celui du planning. Il est inexistant, il n’y a aucun protocole puisque Carolyn donne les directives sur le tard, voire pas du tout.

L’analyse Systémique a été utilisée par le groupe. Carolyn insinue que Sandrine est incompétente et ne sait pas gérer l’entreprise. Si les problèmes remontent jusqu’à elle ou non. Si les problèmes ne remontent pas à Carolyn, celle-ci pense qu’il n’y en a pas.

Les problèmes relevés sont alors ; un problème de communication, de circulation de l’information et de management qui est plutôt démissionnaire.

 

IV-Le retour de l’observateur

Nous avons changé de salle juste avant notre intervention et la nouvelle disposition dans laquelle nous nous sommes trouvés a transformé la manière de débattre. Le U formé par les tables était plus serré et donc le débat et les voix plus calmes, plus posées et moins fortes. De plus, tout le monde avait une vue d’ensemble afin de se voir et échanger.

Manon a eu quelques gestes d’auto-contact et fait quelques répétitions mais ses explications étaient claires et précises. De plus, elle s’exprimait d’une voix forte et sûre d’elle.

Il y a eu quelques réactions. Certaines étaient surprises voire choquées quand Manon a donné des détails supplémentaires en fin de séance; notamment quant au fait que le nettoyage du sol et des tables était effectué avec le même chiffon.

Le débat a été assez animé, moins de silence que lors de la partie d’approfondissement où tout le monde réfléchit à des questions.

Lors du rapport de la rapporteuse et de l’observatrice, la fatigue se fait sentir, il y a un peu moins d’attention.

 


Narratrice: Manon Rechautier 

Rapporteuse: Chloé Réneteau

Observatrice: Audrey Bourricaud 

 

 

 

Compte rendu SASCO – 8 mars 2018

lundi 12 mars 2018

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LA SITUATION DE COMMUNICATION
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“J’ai fait mon stage dans une agence de wedding planner qui se trouve à St-Jean-de-Védas, Pink Event. Il y avait le patron, une employée qui s’occupe de faire tout ce qui est devis, comptabilité. Il y avait moi en stagiaire et il y avait aussi le webdesigner, celui qui s’occupait de faire le site internet et ensuite il y avait un autre employé qui s’occupe des mariages et qui fait l’animation dans les mariages donc l’hiver il n’est pas très présents car les mariages c’est surtout l’été. 
Mon rôle était de refaire le site internet puisque quand je suis arrivée ils étaient en plein dedans, ils ont refait totalement le site donc je travaillais avec le webdesigner qui m’expliquait comment faire et ce qu’il fallait faire. Le patron me donnait également des tâches car il voulait son site d’une certaine façon, il était beaucoup investi la dedans. j’ai remarqué qu’il y avait un problème entre le webdesigner et mon patron. Ils ne communiquaient pas entre eux en fait donc je devais écouter les arguments de l’un et de l’autre et c’est vrai que c’était difficile d’être entre le deux, parce que je devais des choses complétement différentes pour les deux à chaque fois. C’était dur de se positionner là-dessus. L’employée qui s’occupe des devis devait reprendre la gestion du site après mon départ donc elle était investi dessus mais elle était aussi dans le même positionnement que moi, elle était entre les deux, elle essayait de faire tampon entre les deux. C’était une situation assez compliquée à gérer.”

Acteurs de la situation de communication :

• Le patron
• 
Le webdesigner
• 
L’employée
• 
La stagiaire

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PHASE DE QUESTIONS
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La place du webdesigner dans l’entreprise :

Mais il fait parti de l’entreprise ou il est là pour une durée déterminée ?
Alors il fait parti de l’entreprise oui puisqu’il est payé pour faire le site, mais il ne travaille pas dans l’entreprise, il travaille de chez lui.

Il travaille de chez lui en tant que sous-traitant ou est-ce qu’il travaille de chez lui en tant que membre de l’entreprise ?
Il va quitter l’entreprise, il devait refaire le site et après ils vont payer un réel sous traitant donc il ne fera plus parti de l’entreprise. Parce qu’il faisait parti de l’entreprise car il travaillait exclusivement pour eux.

Et pourquoi il ne va plus faire partie de l’entreprise, c’est par rapport à ses relations ?
Parce que justement il y a eu des soucis et ça ne marche pas bien avec le patron.

C’est une toute petite entreprise, ils avaient à temps plein un webdesigner avant ?
Oui parce qu’ils sont amis avec et ils le sont toujours. Ils ne s’entendent pas au niveau professionnel, mais au niveau amical ça va, ils arrivent à mettre ça de côté.

Il ne fait que ce travail, alors pourquoi le site n’avance pas ?
Oui. Et il a eu un prix d’ami sur la prestation du webdesigner, car le site coûtait très cher. ils sont amis donc ils se rendent des services mutuels.

L’entreprise et sa structure :

 C’est un open-space ou c’est des bureaux séparés ?
L’employée et le patron sont dans un bureau ensemble et l’autre pièce est un showroom pour les clients pour les mariages. Mais c’est juste un petit bureau.

Et toi tu étais avec le patron ?
Moi j’étais dans le showroom toute seule.

Et donc là où tu travailles il n’y avait pas une pièce toute seule où il y a un bureau ?
Non, enfin au fond de l’entrepôt il y avait un petit bureau mais ce n’était pas adapté donc il m’a dit ‘Met toi dans le showroom’. Donc j’était mieux, et c’est plus joli le showroom.

Sur l’historique de l’entreprise qui l’a créé et depuis combien de temps ?
Alors c’est très compliqué parce que lui à la base il n’est pas du tout dans l’univers du mariage il était dans l’univers de la restauration. C’est une amie à lui qui a montré l’entreprise en 2006 et en fait ça commençait un peu à couler. Lui est assez touche à tout et il s’intéresse à tout, il a décidé de la racheter et de s’associer avec elle puis au final elle est partie et puis il y a eu une autre associés puis elle est partie. Puis après sa femme est arrivée et depuis ça marche bien comme ça.

Sa femme est aussi son associée au final ?
Non, c’est son employée. Mais ils se sont connus en dehors de l’entreprise.

Du coup elle est venue dans l’entreprise après qu’ils se soient rencontrés ?
Oui c’est ça.

Et tu sais pourquoi ses associées ont quitté l’entreprise ?
En fait c’est compliqué parce que dans le Wedding, il y a deux sortes de personnes : celles qui font ça par passion et qui vont s’occuper d’un mariage spécifique et qui vont s’y consacrer à fond et il y a ceux comme mon patron qui voient le côté financier, la rentabilité et qui font des mariages à la chaîne en fait. Lui c’est en faire le plus possible pour gagner le plus d’argent ce qui est normal. Et c’est vrai que toutes ses associées elles faisaient ça par passion, elles aimaient prendre le temps alors que lui ne le prend pas, il fait à la chaîne. Il essaie bien sûr de s’occuper de ses clients mais en étant moins sur eux. Du coup c’est pour ca que ca ne fonctionnait pas.

Du coup sa femme elle faisait quoi, c’était quoi sa place exactement dans l’entreprise ?
Comme ils ne sont que 2, elle faisait tout ce qui était devis pour les clients ou pour les événements professionnels, elle s’occupait aussi un peu du site avec moi, elle essayait de commencer à comprendre car c’est elle qui va gérer le contenu à l’intérieur. Après elle s’occupait aussi un peu des rendez-vous, elle faisait un peu de tout.

Donc elle n’a pas vraiment de poste fixe ?
Non elle n’a pas un rôle précis dans l’entreprise.

Ils font quels types d’événements ton entreprise ?
Alors ils sont experts dans le mariage, mais comme le mariage ce n’est que l’été, ils décident un peu de s’ouvrir aux événements d’entreprises, les arbres de Noël, ou alors même la décoration ballon dans les supermarchés pendant les fêtes. Enfin ils touchent un peu à tout, dans tout ce qui est événementiel, pour se diversifier.

Et « ils essaient » ça veut dire qu’ils sont est train de développer ça ? 
Oui c’est ça ils sont en train de le développer.

Depuis combien de temps ?
Ça doit faire une année qu’ils sont bien dedans.

Est ce que l’entreprise fonctionne bien ? Il n’y a pas de problème ?
Oui, de ce que j’ai vu ça fonctionne très bien, ils n’ont pas de problème financier ou autre. Non tout fonctionne bien en soit.

Le relationnel au sein de l’entreprise :

Du coup qui prend les décisions pour le site ? Est-ce que c’est vraiment le patron ou est-ce que c’est le webdesigner ?
Le patron s’est inspiré d’un site internet qui existe déjà et il a voulu le même. Donc le webdesigner a mis en application ce qu’il a voulu et c’est vrai que le patron change souvent d’avis. Il passe du coq à l’âne. Donc le webdesigner ne pouvait pas suivre toutes ses demandes et comme ils ne communiquaient pas, c’était à l’employée ou à moi de faire le lien donc ce n’était pas facile.

Et comment tu as géré ces deux pôles informationnels et comment tu as réagis face à ça ?
Le problème, c’est que le patron ne s’y connait pas du tout du coup en webdesign ni sur les sites internet donc c’est vrai que parfois il avait des demandes un peu compliquées. Je ne pouvais pas les mettre en application ou même sur WordPress, on ne pouvait pas le faire. De ce fait pour la partie technique je me référais au webdesigner et je lui demandais ce qui était possible de faire. S’il me disait ‘non c’est comme ca qu’il faut faire’, j’essayais de l’expliquer au patron. J’étais entre les deux mais c’est dur de dire non au patron.

Donc tu n’as pas pu dire clairement les choses ?
Après c’est vrai qu’il y a tout de suite eu une bonne entente. Il est très franc, il dit ce qu’il pense que ça fasse plaisir ou pas, il le dit.  Je suis comme ca aussi, quand ca ne me plait pas, ça ne me plait pas donc j’avais tendance à lui dire que sa façon de voir les choses n’était pas la mienne et que j’aurais fait d’une autre manière. Il avait tendance à m’écouter. Donc parfois j’arrivais à le cheminer vers quelque chose de faisable. J’essayais de dire les choses dans les règles de l’art, de rester polie.

Pourquoi toi il t’écoutait ? A quel sorte d’argument était-il sensible ?
Comme il ne s’y connait pas du tout au bout d’un moment il était bien obligé de se faire à l’idée que ce n’était pas faisable et qu’au niveau technique il valait mieux écouter le webdesigner ou moi. Donc quand je lui expliquais calmement la situation, il comprenait mais c’est vrai que vu qu’il y a avait des tensions entre les deux il n’était pas content. Il voulait vraiment avoir ce qu’il voulait et pas autres choses.

Comment s’exprimaient les tensions entre le webdesigner et ton patron ?
Et bien justement, l’un comme l’autre savaient qu’il y a des tensions, mais comme ils ne se parlaient pas du coup c’était ‘Bon et bien envoie lui un texto et dit lui que je veux ça et ça pour demain’. Donc j’écrivais le texto, il le relisait et après je faisais passer les informations donc les tensions on ne peut pas les voir parce qu’ils ne se voyaient pas et ne se parlaient pas. Mais il le critiquait ouvertement devant moi quoi.

Du coup ils n’ont pas fait de charte graphique pour le site ?
Non en fait ils ont tout repris à zéro. Enfin le logo n’a pas changé seulement la couleur. Mais quand je suis arrivée, j’ai demandé la charte graphique, il n’existait pas et ils n’ont pas voulu en faire.

Et est ce qu’ils ont décidé le cahier des charges au début ou est ce qu’il n’y avait rien ?
Comme je l’ai dit, le patron avait trouvé un site internet qui lui plaisait beaucoup donc ils ont racheté la même template, la même base sur WordPress. Parce que comme il était fait sur WordPress on peut racheter la même template et après le remplir à sa façon. Donc en fait à la base il devait partir de ça et après s’adapter aux quelques demandes.

Je voudrais savoir comment tu t’es entendu avec le patron, l’employée enfin tous les autres ?
Je m’entendais très bien avec eux. En réalité la 2ème employée est sa femme. Je m’entendais très bien avec le couple en soit. Et c’est un couple avec qui je m’entends toujours très bien. Donc avec eux deux ça passait bien, l’humour passait bien, tout passait bien et avec le webdesigner ça se passait très bien aussi parce que c’est un ami de sa femme aussi, l’entente s’est faite naturellement entre tous.

Est ce que tu sais pourquoi son départ a était prévu mais ils l’ont quand même gardé pour refaire le site ?
D’après ce que j’ai compris, sur le coup quand je suis arrivée et que j’ai eu mon entretien avec le patron il m’a dit ‘Tu tombes bien, on va refaire le site, est ce que tu gères ?’ J’ai répondu que oui. Donc je pensais que c’était le commencement de la refonte du site et par la suite je me suis rendu compte que pas du tout. Ca fait un an que le webdesigner doit le refaire et ca fait un an qu’il travail chez lui. Je suis allée chez lui, il a une très très belle maison donc je pense qu’il prend le temps qu’il veut. Et comme ils sont amis…

Tu as dis qu’il ne s’entendait pas vraiment sur le plan professionnel donc ils ne se parlaient pas vraiment ?
Non, ils ne se parlaient pas.

Mais ils réussissent à être amis en dehors ?
Oui d’après ce que j’ai compris. Donc mon patron à un très gros caractère, s’il a quelque chose à dire il ne passe pas par quatre chemins. Mais ils faisaient des repas à l’extérieur parce que j’entendais les conversations téléphoniques avec sa femme qui lui disait ‘Bon bhein ce soir on voit Bernard’ (le webdesigner). D’après ce que j’ai compris la soirée se passait bien parce qu’il y avait d’autres gens autour, ils n’étaient pas que tous les trois. Il y avait des petits pics tout de même dans la soirée. Il ne le laissait pas tout à fait tranquille.

Donc ça influe sur leur amitié ?
Oui, ca influe un peu je pense. Mais après je n’étais pas dans les soirées.

Pourquoi il ne travaille pas dans l’agence ?
Ça je ne sais pas. Surement parce que comme c’est un ami ils se sont dit ‘je le laisse faire comme il le sent au final’, je ne sais pas. Il ne se déplace pas non plus dans l’agence.

Et au travail il n’y avait pas de soucis entre lui et sa femme ?
Si, c’est un couple donc forcément, ils sont ensemble 24/24H. C’est arrivé qu’il y ait des petites disputes et qu’on me prenne à parti en me demandant qui a raison. Quand c’est comme ca je dis ‘c’est peut être un peu lui’ puis je quitte la pièce et je les laisse se disputer tout seul. Pas le choix.

Pourquoi tu as pris le choix de prendre parti ?
Et bien comme je l’ai dit c’est vrai qu’on s’entendait très bien, on était assez honnête les uns envers les autres et puis quand ton patron te regarde et te dit ‘C’est qui qui a raison ?’ Tu peux pas dire ‘ Bon je m’en vais’, tu es obligé de répondre, tu ne peux pas rester comme ça…

Est ce que vu que tu t’es super bien entendu avec tout le monde est ce que toi tu les vois à l’extérieur ? Tu les as vu ?
Je ne les voie pas à l’extérieur mais on a un projet professionnel ensemble, oui, pour plus tard.

Et les disputes entre le mari et sa femme c’était professionnel ou c’était privé ?
Oui c’était toujours professionnel.

C’était sur quel sujet ?
Comme je vous ai dit, il s’éparpille beaucoup donc il avait tendance à demander des choses divers et variées, donc ce n’est pas facile de tout retenir. C’est vrai que parfois elle faisait quelque chose d’une façon, dont elle elle le voyait mais pas lui. Donc ca ne lui plaisait pas…Soit elle oubliait parce qu’il a trop de choses à faire d’un coup, du coup elle oubliait certains détails et ça ne lui plaisait pas. Du coup c’était ‘je ne lui avait pas demandé de le faire ça ?’

Du coup ça allait toujours dans le sens patron employée ?
Oui souvent.

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PHASE D’ANALYSE
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En dépit des tensions entre le patron et le webdesigner, ainsi qu’entre le patron et sa femme, les tensions arriveraient même s’il n’y avait aucun lien entre les acteurs. Le problème vient d’ailleurs.

• Les problèmes peuvent venir du fait que le patron implique trop la stagiaire dans ces problèmes personnels.

• Les tensions que rencontre l’entreprise peuvent venir des problèmes privés du couple, c’est donc le mélange de la sphère privée et de la sphère professionnelle qui engendre des tensions au sein de l’entreprise.

• Les tensions sont dues à l’enjeu affectif qui persiste au sein de l’entreprise.

• Le patron est trop autoritaire, cela pourrait engendrer un effet contre productif. En référence à l’analyse du type de leader. De plus, il impose ses choix en webdesign alors que ça n’est pas son domaine, ni son rôle.`

• Le patron ainsi que le webdesigner se sont laissés une marge de manoeuvre, afin d’y retrouver leur compte. Le patron peut imposer ses choix et le webdesigner peut prendre son temps pour mettre en place le site web et travailler de chez lui.`

• Le patron est trop focalisé sur ses finances et tout ce qui résulte du bénéfice de l’entreprise.

• Le webdesigner a trop de liberté, étant donné qu’il est ami avec le patron, c’est pour cela que le site web n’avance pas.

• Le web designer a peut être un autre projet plus important en dehors de l’entreprise.

• Le patron change trop souvent d’avis, ce qui ralentit le projet.

• Le webdesigner n’a pas mis en place de charte graphique, ce qui n’est pas professionnel. Cela entre en cause dans le bon déroulement du site web.

• Il n’y a pas de cadre normatif, ni de planning ainsi que d’échéance. Les procédures se font de manière non officiel.

• Il n’y a pas de culture professionnelle car c’est un groupe d’amis.

• Le webdesigner a du pouvoir sur le patron et il ne travaille pas sous pression. En travaillant sous pression, le travail avancerait plus vite.

• L’employée n’a pas de formation dans le domaine du webdesign, elle ne s’est pas impliquée. Cela pose aussi problème au niveau du site web, car c’est elle qui devra s’en occuper par la suite.

• En partant de l’analyse sémiotique, l’entreprise se base sur des normes familiales et non des normes professionnelles.

• Les PME rencontrent souvent des problèmes, car bien souvent elles sont gérées par des familles, ce qui engendre des problèmes d’ordre privés, au sein de la sphère professionnelle.

• La place du pouvoir n’est pas définie.

• Contradiction entre l’ordre affectif et le côté budgétaire.

• Le patron ne voit pas l’utilité directe du site web, car il est centré sur les chiffres.

schéma

 

Schéma de la disposition de la salle 

 

Légende :

Points noirs : Participantes
Point rouge : Narratrice
Point bleu : Rapporteuse
Point vert : Observatrice

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RETOUR DE LA NARRATRICE
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  1. Cette entreprise est réellement tournée vers le côté affectif de ce fait tous les enjeux tournent autour de ça.
  2. Le patron connaît réellement les enjeux du site internet et de l’importance de ce dernier. C’est d’ailleurs pour cela que ça ne se passe pas bien avec e webesigner parce qu’il voit l’argent perdu et investit. De plus, en ce qui concerne les mariages, c’est la saison où les mariés effectuent des recherches donc cela ne l’enchante pas que le site soit en suspend. Il perd des clients.
    Il a imposé des échéances au webdesigner qui n’ont pas été respectées. Le site aurait d’être fini en mars 2017.
  3. Il est vrai que le rôle de la deuxième employée n’est pas bien définie et que cela complique la situation. Cependant, elle est totalement investit dans la vie d’entreprise et elle effectue son travail avec envie. Il est vrai que le patron est son mari et que, de ce fait, elle prend ses aises sur certains points mais elle n’est pas passive, bien au contraire.
  4. Le webdesigner sait qu’ils sont amis et que de toute façon ca ne changera pas grand chose à leur amitié donc du coup ça ne lui met pas forcément de pression dans sa façon d’être aussi.
  5. Le contenu du site sera gérer par sa femme et tout ce qui concerne le référencement se sera une entreprise extérieure qui s’en occupera.
  6. Il n’y a pas de cadre professionnel définit. Les échanges par textos et l’absence de cahier des charges montrent le manque de professionnalisme et l’aspect affectif. Les attitudes ne sont pas professionnels. Il est vrai que prendre à parti une stagiaire pour savoir qui a commis une faute n’est pas quelque chose de professionnel. Cela fait ressortir l’aspect privé du couple et leurs disputes dans le cadre de l’organisation, même si leur couple est très heureux en ménage.  

Conclusion :
Il est vrai qu’il y a des enjeux égoïstes de toutes parts. Le patron voit quasiment que le profit de son entreprise, sa femme n’a sans doute pas envie de gérer le site internet donc le fait qu’il ne soit pas fini n’est pas un problème et enfin le webdesigner profite de son amitié pour prendre tout le temps qui lui faut. Donc, il n’y a pas d’esprit collectif.

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RETOUR DE LA RAPPORTEUSE 
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Passons maintenant au rapport. Audrey a raconté son histoire. Dans un premier temps beaucoup de questions ont été posées sur le webdesigner, ceci a pris un certain temps. Les questions étaient basées sur le statut du webdesigner dans l’entreprise, sur sa place dans l’entreprise, sur son lieu de travail. Aussi, les étudiants se sont demandés pourquoi une si petite entreprise avait pris un webdesigner pendant autant de temps et pourquoi le site n’avançait pas. Le débat s’est aussi porté sur les prises de décision quant au site internet, la place du pouvoir n’était pas claire. Il s’agissait de savoir aussi si le  site était en open space ou non.

Ensuite beaucoup de questions ont été posées sur les locaux et notamment le lieu de travail d’Audrey, la stagiaire.
Également sur son ressenti dans l’entreprise face à la situation et par rapport aux deux pôles informationnels. Notamment sur les relations entre le patron et sa femme, entre le patron et Audrey et entre la femme du patron et Audrey. Audrey a répondu que l’entente était très bonne. Dans la continuité des questions ont été posées sur la place d’Audrey, sur ce qu’elle faisait et en quoi le patron écoutait Audrey. De plus, il a été dit que les problèmes relevant de la sphère publique se mélangeaient avec ce qui résulte de la sphère privée. C’est pourquoi des tensions apparaissent au sein de l’entreprise. Audrey a pris parti dans l’entreprise car elle avait une bonne entente avec les membres.

Par la suite il y a eu beaucoup de questions sur la charte graphique, ce point ne paraissait pas clair, notamment au niveau formel/informel. Il était question de se demander pourquoi une entreprise n’a pas de cahier des charges.

De ce fait le débat s’est de nouveau tourné vers le webdesigner qui a eu une grande place dans le débat. Les étudiants se sont demandé pourquoi est-ce qu’un professionnel n’avait pas de cahier des charges. A ce moment des précisions sur le site ont étaient faites, il s’agissait d’un site acheté. Tout au long de la phase d’analyse le webdesigner est au coeur du débat, plus que les autres membres de l’entreprise. Le débat a aussi beaucoup tourné autour de l’historique de l’entreprise et de la place de la femme du patron dans celle-ci. La question était de savoir si son poste était celui de secrétaire.

Dans un autre temps le patron a aussi été au coeur de beaucoup de questionnements et les étudiants l’ont qualifié d’autoritaire et de personne exigeante. Même si d’un autre côté ils en sont venu à la conclusion qu’il ne donnait pas vraiment d’ordre. Même s’il est exigeant il n’y a pas de cadrage normatif et tout ce monde travaille entre amis.

Le webdesigner est revenue dans le débat, les étudiants ont constaté qu’il avait une énorme marge de manœuvre et que ceci lui donnait beaucoup de pouvoir, notamment dans ce schéma amical qui empêche l’employé et le patron d’avoir une relation sérieuse, de travail. Ensuite les étudiants se sont rendu compte qu’il y avait eu trop d’associés.

Finalement il a été mis en lumière que ce que veut le patron c’est l’argent. Comme le webdesigner, il a été émis comme hypothèse qu’ils recherchaient tous deux, l‘argent et la facilité.

Et donc en conclusion dans cette entreprise il a été dit que tout se fait de manière non officielle et informelle dans une culture non professionnelle, sans dynamique d’entreprise.

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RETOUR DE L’OBSERVATRICE
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En ce qui concerne les observations tout le monde a été très attentif lorsque la narratrice a raconté la situation dans son entreprise. Il y a eu des prises de notes et des regards tournés vers elle.

En ce qui concerne la narratrice, Audrey fait beaucoup de gestes quand elle parle, avec ses mains. J’ai aussi remarqué qu’elle ne regardait pas vraiment les intervenants dans les yeux lorsqu’elle répondait à leurs questions, elle était très concentrée et regardait plutôt un point fixe, dans le vide. Ensuite par rapport aux tics de langage il y a eu beaucoup de «euh» de «voilà», « enfin », « en fait ».

La phase de question a commencé directement et très rapidement. Il y a eu des prises de paroles par plusieurs personnes en même temps. Les questions ont fusé, l’attention était à son comble. Les réactions collectives étaient nombreuses, notamment des « Ahh » collectifs après des réponses à des questions, des hochements de tête. Il n’y a pas eu de blanc. Il y a eu donc beaucoup d’interaction et d’intérêt pour le sujet. L’ambiance quant à elle était détendue et nous avons eu droit à quelques moment de rires.

Ensuite en ce qui concerne la phase d’analyse il y a eu un réel échange entre les étudiants. Même s’ils parlaient très souvent en même temps, ca ne durait qu’un temps et tout le monde finissait par s’écouter. Nous avons assisté à un réel débat, tout le monde a donné son avis.

Par rapport au paralangage y a eu beaucoup de gestes de main, et de tic de langage “enfin”, “voila” par tout le monde.

Ce débat a suscité une réactivité certaine et les étudiants se sont souvent positionnés en juge de l’histoire.

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Nous tenons à remercier les étudiantes présentes ce jour-là pour leurs participations.

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Narratrice : Audrey Fraissenet
Rapporteuse : Clémence Mangeot
Observatrice : Salomé Robert