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l’enseignement des connaissances étudiées au niveau des fiches rec.

lundi 10 décembre 2018

Compte rendu de la séance du 07/12/2018 du groupe 7

 

Introduction:

En cette dernière semaine de cours, pour la deuxième fois du semestre nous avons dû nous auto évaluer en débutant la séance avec des Quizz en s’appuyant sur les différentes fiches rec dont le but était d’obtenir des points de bonus. Nous devions noter 3 éléments d’amélioration, des éléments de modalités qui devraient nous permettre de nous améliorer ou que nous pourrions intégrer au niveau des modalités, enfin nous nous sommes rendus sur Moodle afin d’effectuer  des critiques constructives sur les modalités, le but de cette action était de participer à l’amélioration des dispositifs d’enseignements individuelles.

  Objectif de la séance:

  • Faire des points sur les acquis
  • Evaluer de manière individuelle les modalités
  • Rendre les notes

Organisation et déroulée de la séance :

Etant donné que certains groupes n’avaient pas terminé leur passage à l’oral, nous avons commencé le cours avec un retard de quinze minutes. Le prof a commencé le cours en nous rappelant que c’était le dernier cours du semestre 1, ensuite il nous a donné les résultats sur le communiqué de presse et le groupe qui a été retenu dans notre classe pour obtenir les points de bonus sur le travail réalisé (clef information). Pour réaliser ce quizz, la classe fut répartie en 4 groupes composés de 6 chacun et un groupe de 7, une vingtaine de minutes a été donnée à chaque groupe pour choisir les 10 questions en fonction des fiches rec et de les numérotés de 1 à 10. La règle était qu’un groupe ne devait pas poser de questions sans connaître la réponse au risque d’avoir des points en moins.

Pendant que le groupe 4 et 2 attendaient à l’extérieur pour trois quart d’heure, le groupe 1 et 3 passaient le quizz Les réponses aux questions étaient données individuellement par chaque membre du groupe et nous avons eu droit à deux jokers par groupe. A la fin du questionnaire, le résultat fût donné et le groupe 3 et 4 ont été les gagnants pour l’obtention des points bonus sur la note finale. A la fin du quizz, les étudiants se parlaient ce qui a empêché le professeur de progresser dans ces explications. Pour avoir des propositions d’améliorations de l’enseignement, le professeur nous a autorisés à prendre des notes sur des bouts de papiers afin d’y écrire 3 éléments mais cela serait anonyme.

  • Améliorations:

Différentes améliorations ont été proposé par les étudiants qui portaient sur les modalités d’écriture des lettres professionnelles (pas assez d’explications, trop de fiches rec à imprimer, un blog assez désordonné avec  des difficultés à retrouver certaines fiches). Plus d’explications sur les cours théoriques seraient aussi appréciés. Concernant le confort dans la salle, avoir plus de prises électrique afin de pouvoir charger son ordinateur pour la prise de cours ainsi que l’accès aux ordinateurs. La création de petits groupes de travail serait prisée par les étudiants. Accéder au moodle et remplir le questionnaire a aussi été proposé.

La fin de la séance a été notée par la distribution des fiches de notes concernant la lettre professionnelle, le ppp, la grille d’évaluation et la retranscription. Elle a aussi été marquée par  une revendication de la moitié de la classe sur les notes reçues et la déception des étudiants liés à ces mauvais résultats.

Conclusion:

Cette dernière séance portant sur le Quizz nous a permis de travailler en équipe, avoir des notions sur l’ensemble des fiches rec et de faire part de nos remarques sur le cours en proposant certaines améliorations.

Ainsi prend fin pour le cours en MDT/PPP du semestre 1.

On vous souhaite à tous et à toutes un très bon début de semaine et une bonne révision.

 

Ce compte rendu a été réalisé par Bangoura Kadiatou et Alexandra Raymond

Entretien avec la Graphiste Claire DELCHER

jeudi 22 novembre 2018

Interview du 7 Novembre 2018 réalisé avec la Graphiste Claire DELCHER

Interview réalisée par : Marc GARCIA, Kévin MATEO, Abdallah DJABELKHIR. Pour réaliser cette interview nous avons contacté Claire DELCHER, graphiste free-lance depuis 2006. L’entretien s’est déroulé chez elle, durant lequel Marc GARCIA s’est chargé de poser les questions, Kévin MATEO s’est occupé de gérer l’enregistrement et Abdallah DKABELKHIR du timing. Après avoir présenté le contrat déontologique, nous avons commencé l’interview.

 

Lexique :

*Free-lance : Travailleur indépendant.

 

*Esquisse : Une esquisse est le premier jet d’une œuvre dessinée.

 

*CSS (Cascading Style Sheets) : Langage informatique qui décrit la présentation des documents HTML et XML. (Source : Wikipédia)

 

*Packaging : Enveloppe / emballage d’un produit.

 

Marc – Merci encore une fois d’avoir accepté de nous accorder cet entretien, qui durera environ une trentaine de minutes pour obtenir des informations sur le domaine du graphisme d’un point de vue professionnel. Nous avons pu voir que vous en étiez bientôt à 15 ans de métier et que vous étiez à votre compte et c’est pour cela que nous avons donc trouvé intéressant de vous contacter.

 

Oui, depuis 2006, je suis à mon compte. Je pense que vous allez avoir plusieurs réponses.

 

Marc – Oui ! Donc pour commencer, que pouvez-vous nous dire, de manière générale, sur le graphisme ?

 

C’est large (rires). J’ai des clients directs qui sont très variés qui viennent de toute la France. Des toutes petites entreprises qui se lancent, des entreprises culturelles, tout comme les mairies/territorial. Donc la demande est vraiment très différente entre une création d’identité et une identité qui est déjà présente ou la créativité un peu plus fermée on va dire. Il faut s’adapter.

 

Marc – Au niveau de la formation, il y a un parcours spécifique à effectuer ?

 

Normalement oui. Mais personnellement je n’ai pas fait la formation qu’il fallait pour être graphiste (rires). A la base, j’ai fait une formation sur le design produit et architecture d’intérieur à Nantes, c’est où j’ai fait mes études. Et quand je suis arrivée dans le Sud, le secteur du design produit n’était pas très recherché. Comme j’avais déjà fait du graphisme dans des précédent emplois, je me suis lancée là dedans sans avoir fait la formation adéquate pour cela.

 

Marc – Pourriez-vous nous dire quelles sont les qualités nécessaires pour réussir dans ce métier ?

Les qualités techniques, sont surtout la trilogie des logiciels : Photoshop, Illustrator et indesign entre autre. Après, les qualités humaines seraient la réactivité, la créativité, être fort de propositions et s’adapter au client en face qui a une demande spécifique.

 

Marc – Très bien, et qu’avez-vous comme types de clients ?

 

Comme je vous disais tout-à l’heure, j’ai eu des créateurs d’entreprises donc l’identité complete est a étudier. Pour les communautés de communes, mairies ou clients récurrents, on reprend des supports déjà créés pour faire des refontes, les adapter, les modifier, changer les pages… J’ai eu aussi des théâtres, ou des centres de danse.

 

Marc – Qu’est-ce qui vous a donc poussée à vous lancer dans tout ça, dans cette aventure ?

 

Le secteur qui est un peu plus porteur ici.

 

Marc – D’accord, parce que nous avions vu que vous faisiez aussi du design, de l’aménagement d’intérieur, que vous aviez réalisée l’aménagement intérieur du Louise sur la Place de la Comédie et on s’est demandés quel était le rapport avec le graphisme.

 

Le travail pour Louise a été proposé en tant que freelance par le biais d’une agence de communication. En fait, je suis à mon compte, je travaille pour mes clients et parfois en tant que free-lance*quand les agences ont un trop plein d’activité.

 

Marc – Une question que l’on s’est posée : y a-t-il un graphisme communicationnel, un graphisme artistique ? Dans le sens : est-ce qu’on peut se lancer dans le graphisme vraiment dans le sens de la communication ou peut-on faire du graphisme uniquement pour un côté artistique et dans ce cas-là, pourquoi avoir choisi le communicationnel plutôt que l’artistique ?

 

Sincèrement, je pense qu’il y a des personnes qui ont une identité graphique affirmée qui s’adaptera bien à des activités vraiment créatives comme les théâtres, des lieux ou milieux culturels, où la créativité peut être un peu plus libre. Moi je m’adapte vraiment au client, ce n’est pas « J’ai mon identité et j’en bougerai pas » donc voilà, du coup je ne peux pas te répondre, c’est les deux à la fois (rires). Si j’ai un client qui vient qui me dit « voilà, c’est carte blanche, vous faites ce que vous voulez », alors le coté artistique pourra plus s’affirmer et pousser plus loin.

 

Kévin – Dans ces cas-la, vous faites quoi quand ils vous disent ça, vous avez vraiment une idée en tête ?

 

Oui, en général  on a plusieurs idées en tête. On présente plusieurs pistes au client qui se dirigera vers une piste plus qu’une autre.

 

Marc – Et il y a quoi comme pistes du coup que vous pourriez présenter ?

 

En général, deux ou trois pistes. Si c’est un support qui s’ouvre, comme un catalogue, je présente une page de couverture puis une double-page pour chaque piste et les logos pareils, il faut décliner et proposer des angles différents.

 

Marc – Et comment réfléchissez-vous pour vous rapprocher le plus près de ce que souhaite le client ?

Je fonctionne beaucoup avec le dessin. Par esquisses*et ensuite sur ordinateur pour le rendu présenté au client. J’organise ma mise en page pour que ça soit clair et bien calé sur une grille puis, je pousse les différentes idées au maximum. Parce que le client, ça ne va pas lui parler un petit dessin dans le coin d’une feuille (rires).

 

Marc – Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’avoir un projet, de ne pas avoir d’idées et du coup de trouver quelque chose pour rebondir ?

 

C’est ce qu’il faut faire, oui. C’est rare mais quand ça arrive il faut essayer de creuser au maximum tout ce que le client aura dit pour essayer de trouver un élément, un mot, une thématique, une cible…sur laquelle rebondir et qui va déclencher la créativité. Il faut creuser dans ces cas-la.

 

Marc –Et donc vous en êtes depuis 2006 dans ce métier. Qu’est-ce qui vous pousse à continuer aujourd’hui ?

 

J’ai créée un site de vente en ligne complémentaire à mon activité de graphisme, sur lequel je mets mes créations en ligne de faire-part mariage, faire-part naissance donc je fais les deux en même temps. C’est www.faire-party.com

 

Marc – Pour vous, en quoi la communication graphique impacte le public désormais ?

 

Notre monde est visuel. Il y a des informations partout donc je pense que c’est incontournable. Idem pour le web, on est tout le temps sur les tablettes, on est entourés d’informations, d’affiches, de visuels travaillés.

 

Kévin – C’est vrai, même la publicité est de plus en plus présente, on ne peut pas sortir quelque part sans avoir de la publicité.

 

Il y en a partout, que ça soit des affiches, à la télévision. Et on finit par tout analyser aussi.

 

Marc – Même pour nous depuis que l’on est dans cette filière, que l’on a commencé les cours, on est beaucoup plus observateurs.

 

Oui, il faut observer aussi parce que je pense que ça évolue aussi le graphisme. Quand j’ai commencé mon activité et maintenant, le style à beaucoup évolué donc il faut toujours rester à la page et observer ce qui se fait. Ça fait évoluer.

 

Marc – Qu’avez-vous noté justement dans cette évolution ?

 

Je trouve que les couleurs sont un peu plus accentuées, contrastées. Les mises en pages plus épurées. Les typographies aussi, les polices sont beaucoup plus jolies maintenant et une majorité peuvent être utilisées sur le web désormais. C’est pareil pour le web, les sites internet étaient réalisés sous forme de tableaux maintenant on utilise des CSS*.

 

Marc – Au niveau des messages que l’on peut transmettre à travers ce graphisme, il y a une évolution ?

 

Je pense que les agences se sont toujours permises d’avoir des messages fort. Je ne pense pas que ça ait évolué.

 

Marc – Donc nous avons pu voir sur votre site que vous faisiez de l’illustration,  du packaging*, du web commerce, du design, de la décoration. Est-ce que l’on retrouve des points communs entre tous ces différents domaines ? A première vue, même si les deux partagent un coté dessin, une illustration pour un catalogue de Noël et un logo pour une entreprise présentent des différences. Est-ce qu’on retrouve des méthodes de travail, ou techniques, similaires permettant de trouver des points communs entre les deux ?

 

Je pense que le seul point commun qu’il y ait c’est de passer par l’esquisse*mais  je sais pas s’il y a vraiment un point commun entre toutes les activités si ce n’est que le gout de la création. Je suis polyvalente,  j’aime tout ce qui attrait à l’artistique donc je touche un peu a tout.

 

Marc – Est-ce qu’entre tous vos travaux on peut trouver une identité qui vous est propre. En voyant tel logo ou telle illustration on sait que ça vient de vous. Est-ce que vous avez une sorte de marque, quelque chose qui permet de vous reconnaître ?

 

Je pense qu’en illustration j’ai un style qui m’est propre. C’est le cas également lors des premières ébauches et propositions au client. Le style peut se perdre lors des échanges ou allers/retours avec le client, il arrive que je m’écarte de l’identité du départ.

 

Marc – Vous avez donc dit que vous vous êtes lancée à votre compte en 2006 et qu’avant vous étiez en entreprise ?

 

Oui, avant j’étais en entreprise, en agence de communication dans laquelle je faisais du graphisme et de l’aménagement d’intérieur. Encore avant j’étais designer mobilier dans une entreprise de meuble.

 

Marc – D’accord. Et qu’est-ce qui vous a poussée a vous lancer à votre compte ?

 

L’agence de com’ avait mis la clé sous la porte donc je me suis dis que « c’était le moment ou jamais ». ça a été un mal pour un bien, et je suis très contente d’avoir passé ce cap.

 

Marc – Comment vous pensez que ce domaine de la communication, le graphisme, visuel va évoluer encore dans les années à venir ?

 

C’est la question que je me pose aussi (rires). Sincèrement, j’en parlais ce week-end encore avec un ami graphiste aussi. Comment va évoluer le graphisme et secteur de la communication avec l’intelligence artificielle qui va arriver, allons nous être encore être utile ? Comment ? Voilà, je me la pose aussi donc si vous trouvez la solution je suis preneuse (rires). Mais je pense qu’il faut se poser cette question.

 

Marc – Au niveau de vos objectifs a court et a long terme, qu’est-ce que vous avez prévu ?

A court terme, c’est de continuer comme ça avec ces deux activités et a long terme, peut être compléter avec du design produit.

 

Marc – D’accord. Vous vous lancez beaucoup plus sur ce que vous faisiez à la base.

 

A la base, oui.

 

Marc – Qu’est ce qui vous plaît dans chacun de ces domaines ?

 

Ce qui me manque actuellement et que je retrouve dans le design c’est le volume, la 3D et les textures, matières. Ce ne sont que des projets.

 

Marc – Et donc hormis Louise, vous avez fait d’autres projets, que ce soit en aménagement, design, décoration etc ?

 

Quand j’étais designer produit, je créais du mobilier contemporain : salon, chambre, séjour. J’ai aussi fait des installations de stand pour des banques pour des foires professionnelles.

 

Marc – Est-ce que l’on trouve dans votre travail une part de photographie ?

 

Oui, je faisais le suivi des prises de vue photo lorsque je travaillais dans le mobilier. Je m’occupais du suivit des prises de vue, décidait de l’angle de vue, du stylisme, des éclairages, et du rendu de la photo. Il fallait que le rendu soit validé. Donc je suivais tout. C’était très enrichissant.

 

Marc – La photo du coup a une part importante dans votre travail en soi ?

 

Je n’ai pas de formation professionnelle mais j’aime beaucoup la photo. Je n’ai pas d’équipement pro donc j’en fais pour mon loisir personnel.

 

Marc – Dans ce métier, on peut rencontrer quel type d’obstacle ?

 

Je pense que le principal obstacle est la concurrence.  Il y a de plus en plus de sites qui proposent des logos a vingt euros, ce qui cassent les prix de notre travail. Il faudrait que les clients soient plus en recherche de qualité que de tarifs.

 

Marc – Prenons un projet du début à la fin : donc au début vous prenez rendez-vous avec le client, vous faites des esquisses… Au niveau des logiciels lesquels sont le plus utilisés ?

 

Les trois principaux qui sont à maîtriser : Illustrator, Photoshop, inDesign.

 

Marc – Donc ensuite, vous dessinez, vous présentez au client : à ce niveau-là, comment cela se passe-t-il avec le client ?

 

Dans le meilleur des cas, le client choisit une piste et après, on la décline sur les pages ou sur les supports à décliner afin de garder la charte graphique. Si besoin on retravaille une des pistes et on refait une proposition et puis en général ça fonctionne.

 

Marc – Combien de fois voyez-vous votre client ?

 

Deux fois max mais je ne les vois pas toujours. Avec internet et mail, les déplacements ne sont pas toujours utiles.

 

Marc – Et une fois le projet fini : c’est vous qui vous occupez de l’impression, de la distribution ?

 

En général le client travaille avec son imprimeur.  Le statut auto-entrepreneur permet de facturer l’impression mais pas celui de la maison des artistes.

 

Marc – Quelle est la différence entre les deux ?

 

Au début, les cotisations étaient différentes. Maintenant c’est à peu près pareil donc je vous conseillerai plutôt auto-entrepreneur, ça laisse plus le champ libre pour facturer l’impression, et moins de paperasse également. C’est plus pratique. Vous pouvez faire ça a coté le week-end, il y en a qui commence comme ça.

 

Marc – Comment vous attirez des clients ?

 

Du démarchage, contact en direct et je fais des appels d’offres aussi sur internet.

 

Marc – D’accord. Donc ça peut arriver de bouche à oreilles aussi ?

 

Oui, un peu mais pas le principal, en général les clients reviennent dès qu’ils ont un nouveau projet.

 

Marc – Vous avez donc le design et dans le design qu’est-ce que vous préférez faire ?

 

L’illustration d’un catalogue de Noël, j’adore.

 

Kévin – Si vous avez un client qui vous demande un projet mais que vous n’avez pas d’idée dessus, comment ça se passe ?

 

C’est ce que je disais tout-a l’heure. Lors du RDV on prend des notes, et des mots clés ressortent,. Si vraiment on n’a pas d’idée, il peut être bon de pousser ces mots-là plu loin, avec des synonymes, des images, comme un brainstorming. A un moment ça se décoince.

 

Kévin – D’accord mais vous n’avez jamais vraiment bloquée sur quelque chose ?

Non. (rires)

 

Kévin – D’accord, en fait je demande ça parce que de base j’ai travaillé sur quelques projets photographiques, des conceptions de plans et ça m’est arrivé de manquer d’idées donc je me posais la question.

 

Des plans techniques ?

 

Kévin – Des plans en 3D, des vues de dessus, de coté etc.

 

Je peux savoir sur quoi ?

 

Kévin – Je les faisais à la main et des fois avec Paint (rires)

 

D’accord. C’est parce que je suis en train d’étudier un logiciel de plans et vues 3D, c’est pour ça que je pose la question.

 

Marc – Et du coup, la créativité, vous pensez que c’est quelque chose qu’on gagne avec les années ?

 

Non, en général on l’a dès le départ je pense. Dans mon cas je créé depuis que je suis petite, toujours un crayon a la main, c’était une évidence. La créativité peut aussi se travailler. Je connais des gens qui n’étaient peut-être pas forcément très créatifs mais qui se créent des dossiers d’identités, de choses qui fonctionnent, qui sont jolies etc … puis dès qu’il y a un projet ils vont piocher dedans pour avoir des idées donc c’est une démarche différente.

 

 

Abdallah – Et vous parliez de la concurrence, c’est quoi les choses qui vous démarquent des concurrents ?

 

Ce qui me démarque ? La réactivité je pense. Parce qu’en général je suis assez réactive, comme vous l’avez vu. (rires) Et ce qui me démarque niveau identité, je pense que c’est plus à l’appréciation de chacun, c’est difficile de te répondre la dessus.

 

Abdallah – Vous faites quoi pour combattre la concurrence ?

 

Je ne peut pas casser les prix. Je me positionne donc sur des entreprises avec du budget, en recherche de qualité plutôt que de petits prix.

 

Kévin – Donc du coup, vous travaillez vraiment qu’avec les particuliers ?

 

Le plus souvent de petites structures, de petites entreprises ou alors les mairies aussi, ça marche bien enfin dans cet esprit là.

 

Kévin – Et vous recevez souvent des demandes de mairies ?

Oui, ça revient assez régulièrement

 

Kévin –  Pour quel type de projet généralement ?

 

Des guides, du tourisme, des dépliants ou catalogues.

 

Marc – Est-ce que vous avez un projet dont vous êtes particulièrement fière ?

Le catalogue de Noël Sauramps me plaisait beaucoup, car j’aime l’univers de l’enfant, mon style d’illustration étant assez enfantine. Après, j’ai aussi eu des amis qui lançaient une entreprise et j’avais carte blanche. Je leur ai fait un logo, je crois qu’il y est sur le site.

 

Marc – Il y a un projet que vous aimeriez vraiment réaliser ?

 

J’en ai oublié un, c’était pour une entreprise qui se lançait dans les soins esthétiques pour femmes. Les clients ont ouvert une boutique physique pour laquelle j’ai créé l’implantation et la signalétique, l’enseigne. Ensuite ils ont lancés leur gamme de soins dont j’ai créé le packaging, les étiquettes et biensur la création du logo. Il y a eu aussi un journal qui paraissait tout les trois mois a créé, ou niveau typographie je pouvais pousser plus loin. J’étais vraiment libre de choix. Donc c’était vraiment un gros et beau projet.

 

Kévin & Marc– Quelles sont les principales étapes pour la création un site web ? Au niveau de l’idée, de la conception… Est-ce que vous suivez le même parcours que quand vous faites un logo avec le client ou est-ce que vous l’abordez différemment ?

 

Je pense que la démarche est toujours à peu près pareille.

 

Kévin – D’accord. Et ça vous est déjà arrivé de travailler sur un projet que vous n’appréciez pas ?

 

Oui, ça c’est arrivé mais dans ce cas on essaye de trouver quelque chose qu’on aime même dans le projet qui nous plaît pas. Heureusement c’est rare !

 

Marc – Je pense que vous avez répondu à tout ce que nous voulions savoir, merci beaucoup !

 

Ps : Nous remercions particulièrement Mme Claire Delcher pour nous avoir accordée du temps afin de mener cet entretien et pour sa sympathie.

Interview avec une auto-entrepreneuse en infographie et community-manager

mardi 20 novembre 2018

Après avoir contactée une auto-entrepreneuse en infographie, nous l’avons interviewée sur son travail au sein de l’entreprise Performance Vélo (vente de vélo est accessoire pour sport )voici les questions que nous lui avons posée.

QUESTIONS :

Hasna : Bonjour pouvez vous nous dire a quoi consiste votre métier d’infographie et community- manager ?

Professionnel : Bonjour cela consiste à créer différents visuel à la fois en version web et en version papier, mais aussi Charger de l’animation des réseaux sociaux (Facebook,Instagram,Twitter,Youtube…), Et poster des vidéos pour rendre le site web attractif. Organiser différents jeux concours,et rédiger des articles pour le blog du site et pour finir monter des vidéos afin d’animer la chaîne Youtube.

Khloé : Quel est votre statut professionnel ?

Professionnel :Je suis Travailleuse indépendante.

Asma: Quel est la taille de votre entreprise ?

Professionnel : C’est une micro entreprise.

Hasna : Dans quel environnement travailler vous ?

Professionnel : Je travaille dans un bureau au sein d’un entrepôt.

Khloé : Au cour de votre travaille y-a t-il des déplacements ?

Professionnel : Je n’ai pratiquement aucun déplacement à faire mais il se peut que je me déplace pour les événements auxquels participe l’entreprise.

Asma : Travailler vous en équipe ou seulement seul ?

Professionnel : Mon travaille ce fait en équipe avec le développeur Web qui est chargé de la communication de l’entreprise et d’un stagiaire qui agit sur la partie développement.

Khloé : Depuis quand êtes vous dans l’entreprise ?

Professionnel : J‘ai intégré l’entreprise en Juin 2017

Asma : Qu’est-ce que ce métier exige pour l’exercer ?

Professionnel : Il exige soit un DUT,BTS ou LICENCE en communication.

Hasna : Quel sont les qualités psychologiques ? Y-a t-il des contres indication médicale ?

Professionnel : Pour les qualités psychologique, il faut une bonne résistance au stress, et savoir s’adapter face aux clients . Il n’y a pas de contre-indication médicale.

Asma : Y-a t-il une évolution de carrière au sein de l’entreprise si oui dans quel domaine ?

Professionnel : Oui il y’a une évolution de carrière elles sont multiples dans ce genre d’emploi et il est possible d’exercer des métiers très différents.

Khloé :Pouvez-vous nous dire quel est le salaire de départ ?

Professionnel :Au début le salaire et celui du SMIC et puis avec l’évolution cela dépend de la structure dans laquelle on travaille, le Salaire peut varier selon les déplacement et les événements aussi.

Hasna : Quel forme de communication interne ou externe utilisée vous au sein de l’entreprise ?

Professionnel : Nous avons notre site internet, Une page Facebook et YouTube

Khloé : Merci de nous avoir donner le temps de répondre à nos questions.

Asma : Bonne journée.

Hasna ,Asma,Khloé G2 Info-com Béziers

Entretien Chargé de Communication à l’iut de nîmes par Mimsy Gomes et Zoé Chanteperdrix

mardi 20 novembre 2018

Pour réaliser l’entretien professionnel, nous avons décidé d’interviewer une proche qui est chargée de communication à l’Iut de Nîmes où nous avons pu nous entretenir le samedi 10 novembre 2018, elle a tout de suite accepté de répondre à nos questions.

VV: Véronique Vosgien

ZC: Zoé Chanteperdrix

MG: Mimsy Gomes

MG : Bonjour, tu es chargée de communication à l’iut de Nîmes, nous avons quelques questions à te poser dans le cadre de nos études d’information – communication à l’université Paul Valéry à Montpellier.

ZC : On aimerait en savoir plus sur ton rôle au sein de l’Iut de Nîmes, quel est ton poste et depuis quand l’occupes-tu?

VV : Je suis chargée de communication depuis septembre 2017. J’occupais auparavant le même poste à l’IUT de Nancy-Charlemagne.

MG : Et quelle formation as-tu suivi pour faire ce métier?

VV : A la base je n’avais pas de formation spécifique en communication. J’ai beaucoup appris sur le terrain, puis j’ai fait valider mon expérience et j’ai repris des études, j’ai obtenu le master 1 « pragmatique de la communication » à l’Université Paul Valéry de Montpellier

ZC : Exerces-tu seule tes missions ou bien tu es amenée à travailler avec d’autres équipes/ personnes occupant un poste différent ?

VV : Je suis responsable du service communication, et je travaille avec un adjoint administratif et un technicien vidéo. Je travaille en étroite collaboration avec le service relation entreprises et régulièrement avec les équipes enseignantes. Sur la partie évènementielle, je travaille avec les équipes logistiques, le service sécurité. Beaucoup des actions menées m’amènent à gérer des projets transversaux, qui impliquent les autres services de l’IUT.

MG : Et donc qu’est-ce qui t’as motivé dans le choix de ce domaine de travail ?

VV : J’aime particulièrement la communication digitale, le graphisme et l’aspect rédactionnel. Travailler dans la communication au sein d’un IUT permet de toucher à tous les aspects de ce métier : évènementiel, web, relations publiques, travail sur les logiciels de PAO. J’apprécie la variété des activités liées à mes missions.

ZC : Comment décrirais-tu ton rôle ? Quelles sont tes missions ?

VV : Mon rôle est à la fois stratégique et opérationnel. Stratégique parce qu’il nécessite de mettre en place des projets ou des actions qui sont en cohérence avec la politique de l’établissement, opérationnel dans le sens où mon travail est très concret, je dois répondre à des demandes précises et rapides.

Mes missions principales sont :

  • la mise en œuvre des actions de communication et de diffusion de l’information en cohérence avec les objectifs fixés par la direction
  • la réalisation des outils et supports de communication destiné à promouvoir l’IUT et ses formations (site internet, réseaux sociaux, plaquettes, flyers, etc..)
  • La mise en œuvre de toutes les manifestations : salons, portes ouvertes, etc..

MG : Face à toutes ces responsabilités et missions, pourrais tu nous dire comment tu envisages ton futur professionnel ? Penses-tu par exemple à devenir indépendante ?

VV : Pour l’instant la communication au sein d’un établissement d’enseignement supérieur répond à mes attentes. Je souhaiterai peut-être travailler dans un service communication plus conséquent en terme de moyens humains et financiers. Je n’envisage pas d’être indépendante.

ZC : Dans le cadre de ton travail à l’Iut , est ce qu’il t’arrives de travailler avec des agences de communication ?

VV : Oui, j’ai régulièrement fait appel à des agences de communication. Notamment pour la réalisation de maquettes de plaquettes de promotion, ou récemment pour la refonte de notre logo. C’est une expérience enrichissante, car elle permet d’ouvrir sur des méthodes de travail spécifiques.

MG : Quelles sont les principales compétences requises pour exercer ton métier ?

VV : En terme de savoir, il faut une connaissance générale des sciences de l’information communication, des techniques et outils, des techniques de rédaction web, des techniques journalistiques et multimédia, et en ce qui me concerne une connaissance du fonctionnement de l’enseignement supérieur. D’une manière plus générale, il faut être capable d’écouter, de conseiller et de jouer un rôle d’aide à la décision. Il faut s’adapter aux différents publics, savoir travailler en équipe et mener des réunions. Le respect des délais et la définition des priorités est primordial pour mener à bien un projet. Il est important également d’être curieux et d’avoir une bonne capacité d’adaptation.

D’autre part il est nécessaire de se former régulièrement, et d’assurer une veille permanente.

ZC : Tu nous disais que tu as étudié la communication à l’université Paul Valéry, que penses-tu de la formation que tu as suivie ? Est-ce qu’aujourd’hui tu met quotidiennement en application ce que tu as appris ?

VV : En ce qui concerne le master, cela m’a appris à gérer des projets, à fixer des objectifs et ainsi à mieux définir les moyens de les atteindre. Toutefois cette formation très théorique ne me sert pas dans mes activités quotidiennes. J’ai suivi des formations sur les logiciels de PAO, les techniques journalistiques, qui sont beaucoup plus concrètes et qui me servent au quotidien.

MG : J’ai vu que l’Iut avait une page instagram et facebook, comment tu gères ces pages ? Quel est le contenu publié ?

 

VV : C’est moi qui suis responsable de la page facebook et du compte Instagram de l’IUT. Je les gère au quotidien, je dispose également d’un téléphone professionnel qui me permet de suivre également soirs et week end ce qui s’y passe. Le contenu est majoritairement de l’information pour les étudiants : vie de l’établissement, vie étudiante sur Nîmes et Montpellier, photos des manifestations qui ont lieu à l’IUT. J’essaie de catégoriser les informations. Sur Instagram c’est de la photo, et la cible est diversifiée, il s’agit des autres IUT, des partenaires sur la ville de Nîmes.

 

ZC : Pour toi, publier du contenu sur les réseaux sociaux, ça fait partie de ta mission de chargé de communication ?

 

VV : Bien sûr, les réseaux sociaux font partie de la stratégie de communication de l’IUT. En 2018 et depuis plusieurs années, c’est quasiment obligatoire.

 

MG : Quels sont les objectifs attendus quant à l’utilisation de ces réseaux ?

 

VV : Ils sont multiples, tout d’abord développer un sentiment d’appartenance pour les étudiants, puis générer du trafic vers notre site internet et développer notre notoriété.

 

ZC : Tu nous à dit que tu gérais les réseaux sociaux au quotidien, pourrais-tu ainsi nous décrire une journée – type en tant que chargé de communication ? As tu une sorte de routine ? Comment s’organisent tes  journées ?

 

VV : Je n’ai pas réellement de journée type, car mes missions sont variées. Toutefois, je gère en effet tous les jours les réseaux sociaux, l’affichage et la communication vers les étudiants. Je gère également quotidiennement les mails.

Après, je peux passer une journée complète à créer des visuels de communication, à faire des mises à jour sur le site internet.

Je travaille également à la demande, s’il y a des informations importantes que l’on me donne.

En période de manifestations importantes, je consacre beaucoup de mon temps à la préparation.

J’ai constamment une liste de tâches que j’effectue au fil des jours, en fonction des délais.

 

MG : Certaines personnes pensent que la communication est un métier qui n’en est pas vraiment un, que tout le monde peut en faire sans avoir fait d’études, qu’en pensez-tu?

 

VV : Beaucoup de personnes pensent cela car elles n’ont pas de vision globale. C’est ce que je disais dans ma précédente réponse, la communication est peu intégrée dans les stratégies. Les gens pensent que l’on fait de la communication au coup par coup, sans réelle réflexion. Il est vrai que certaines activités relèvent parfois uniquement du bon sens, mais créer un site internet, faire du graphisme, rédiger des articles, s’adapter à des publics différents nécessitent de réelles compétences qui s’acquièrent par des formations. La communication, c’est avant toute chose une réflexion sur les objectifs, les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. Ensuite seulement on agit et on réalise des outils, des supports,

 

ZC : Pour conclure, quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut devenir chargé de communication ?

 

VV : Il faut s’attendre à répondre à des demandes variées, dans des délais souvent très courts. Malheureusement, le service communication est souvent sollicité tardivement et peu impliqué dans les décisions qui ont lieu en amont. Il faut donc souvent être réactif, patient et savoir s’adapter aux situations.

 

MG : Merci de nous avoir accordé ton temps et ton attention, je te souhaite une bonne continuation dans ce métier qui à l’air de t’épanouir.

ZC : Merci encore pour tes réponses.

VV : Merci à vous pour votre intérêt et bonne chance dans la poursuite de vos études!

Sergio Torelli, directeur du planning stratégique dans une agence de Com en Bolivie

mardi 20 novembre 2018

     Nous avons contacté Monsieur Sergio Torelli, directeur du planning stratégique dans l’agence Blue Design situé à Santa Cruz en Bolivie. Nous avons eu la chance qu’il nous accorde un entretien vidéo (via Skype) car il se trouve que c’est une personne proche d’un membre de notre groupe. Nous nous sommes partagés le travail. Une s’est occupée d’écrire les questions et de faire la reformulation en français, un de nos collègues parle couramment espagnole, lui s’est chargé de poser les questions et de traduire les réponses car l’entretien c’est déroulé uniquement en espagnole. Et enfin le dernier membre du groupe s’est chargé d’enregistré l’entretien et de le retranscrire.

Avant de débuter l’entretien, nous lui avons rappelez le contexte de cet appel vidéo :

  •  Je nous présente, nous sommes trois étudiant de première année, en licence information et communication à l’université Paul Valéry III de Montpellier. Nous vous ferons parvenir le contenu de la retranscription de l’entretient avant toute publication sur le blog pédagogique, pour que vous puissiez nous donner votre autorisation, et que vous puissiez le modifier, si nécessaire. Est-il possible de procéder à un enregistrement audio de l’entretien ?

Bien entendu je vous le conseil même cela vous facilitera la tâche.

  • Merci beaucoup alors nous pouvons donc commencer par la première question. Quel est votre rôle au sein de l’agence Blue Design ?

J’ai toujours été directeur du planning stratégique.

  • Pouvez vous nous dire en quoi consiste précisément ce métier ?

Alors moi je vais plutôt m’occuper de la tendance des consommateurs, étudier ce qu’il recherche ce qui va me permettre d’élaborer des recommandations stratégiques à l’équipe créative. Je suis une sorte d’interface entre la création et le commerce.

  • Quel a été votre cursus d’étude pour occuper ce poste?

J’ai suis allé étudier aux États-Unis passer ma licence à l’université Felician pour étudier le journalisme. Puis je suis retourné en Bolivie, retrouver ma famille et chercher un job.

  • Le travail d’un directeur du planning stratégique est basé sur l’inspiration ou plus sur les techniques de communication?

C’est une combinaison d’inspiration et de techniques de communication, mais le plus important est d’être dans la rue et d’écouter les gens. Avoir un point de vue similaire à celui des personnes, s’identifier à eux pour qu’ils puissent s’identifier à ton spot publicitaire.

  • Selon vous qu’est-ce que la publicité ?

La publicité pour moi est la science qui incite les gens à acheter un produit ou un service. En fait c’est créer différentes subtilités pour attirer l’attention des autres, la publicité évolue à tous moment à cause de l’indifférence des personnes. Chaque fois qu’une pub ne produit pas l’effet attendus on doit changer sa technique.

  • Le storytelling est une technique publicitaire plutôt forte ou surestimée d’après vous ?

Je crois que c’est plus qu’une technique, c’est une autre approche pour parler aux gens. Ce n’est pas le spot publicitaire typique qui vend un produit, c’est plutôt vendre un sentiment, une manière de vivre. Le storytelling est efficace mais dangereux, c’est-à-dire que si tu transmets mal le sentiment ou le mode de vie voulu sa n’auras aucun effet envers les personnes.

  • Quel a été votre plus gros projet au sein de l’agence Blue Design?

Un des plus importants et passionnants projets auquel j’ai pu participé fut travailler pour une campagne politique, ici, à Santa Cruz. Après j’ai travaillé pour des entreprises connues mondialement comme Marlboro si vous voulez un exemple.

  • Existe-t-il une amélioration / évolution de la publicité, avec de nouvelles méthodes de communication disponible mondialement tel que Instagram ou Facebook?

Bien sûr, il y a une amélioration avec les réseaux sociaux qui vous obligent à penser plus et à savoir adapter les messages transmis. On est dans une époque de sur-exploitation d’information. Le message doit être plus court et plus efficace. Capté l’attention des passants sur le spot.

  • Il y a pour vous des controverses morales de faire une publicité ?

Je n’ai jamais pensé qu’une publicité pouvais complètement changer ta manière de penser au moment de prendre une décision, même la meilleur des pubs ne peut influencer ta décision, la pub accompagne la manière de penser des créateurs et de leurs visions des choses.

  • Qu’elles sont les principales qualités d’un communicant professionnel ?

Comme dit écouter les gens, mais aussi connaître l’actualité du monde. Ne rien laisser passé, savoir comment pensent les jeunes ainsi que les moins jeunes comme moi (riant).

  • Et bien encore merci du temps et de la bienveillance que vous avez eu à notre égard, nous vous souhaitons une bonne continuation. Nous vous enverrons la retranscription dans la semaine.

C’était un plaisir de répondre à toutes vos questions.

 

Entretien réalisé par Joaquin Molina, Agathe Nou et Kadiatou Bangoura, groupe 7 Montpellier.

Interview MDT PPP G7

mardi 20 novembre 2018

Mehdi, Yohan et moi avons questionné durant une dizaine de minute un chef d’entreprise commerciale en Martinique. Voici le script de l’enregistrement de l’interview ci-dessous.

Après de brèves présentations l’interview commence :

« Tout d’abord en quoi consiste votre métier ?

C’est l’achat et la revente des débroussailleurs, tondeuses, tronçonneurs, ce dont on a besoin pour le jardinage.
On achète et on revend pour la clientèle en Martinique.

Ok, très bien…Vous êtes chef d’entreprise si j’ai bien compris et c’est donc vous qui organisez tout ça ?

Pas que moi, c’est à nous d’organiser le circuit, d’établir et organiser un portefeuille client. Nous devons chercher la clientèle en Martinique, que ce soit les particulier ou les associations…les différentes personnes qui sont susceptible d’acheter du matériel de jardin.

Je vois…et comment vous vendez votre entreprise pour obtenir ces liens commerciaux, je veux dire : Quel outil de communication utilisez-vous pour que cela se fasse ?

Et bien…on utilise différents supports, on peut considérer la presse parlé qui est la radio par le biais de la publicité. On fait donc une bande-annonce, une bande sonore que l’on passe où l’on cite les différentes marques ou on choisit une marque bien précise dont on fait une promotion dessus pour essayer d’attirer la clientèle
Deuxièmement nous avons aussi des vendeurs sur site qui sont amené à conseiller le client et à mettre en valeur les produit pour lui montrer la nécessité d’acheter une machine chez nous et non chez le concurrent. C’est-à-dire qu’on met en valeur la qualité de nos produits.

Du coup…si votre entreprise devait recruter un expert en communication, quelles seraient les qualités que vous souhaiteriez qu’il ait pour mettre en valeur votre entreprise ?

Pour commencer, il faudrait déjà qu’il connaisse le terrain, la consommation, qui peut acheter notre matériel et donc qu’il sache faire une étude de marché. Ensuite, il faut que ce soit quelqu’un de dynamique qui ait une bonne connaissance des consommateurs sur le Département de la Martinique car chaque département a des besoins bien spécifique. Le consommateur de Métropole de réagit pas comme le consommateur des Antilles. On choisit donc sa clientèle en fonction du pays où l’on se trouve d’où la nécessité de bien connaitre le paysage du pays où l’on exerce.

Je vois…par contre, vous avez notifié que la personne devait être dynamique, qu’entendez-vous par « dynamique » ?

Dynamique, c’est quelqu’un qui en veut, qui a du punch, qui insiste, quelqu’un qui ne se repli pas ou qui refuse à la première réponse négative, au premier rejet…par ce qu’un client peut bien dire « je ne veux pas d’un tel produit » mais c’est en lui créant le besoin et en lui montrant la nécessité d’avoir ce produit qui lui permet de gagner du temps, de gagner de l’argent ce qui peut éveiller la nécessité d’acheter le produit. Quelqu’un de dynamique, c’est quelqu’un qui ne lâche pas le morceau, c’est quelqu’un qui se bat jusqu’à ce que le bon de commande ou la facture soit signé.

Très intéressant, du coup cela relève vraiment de la personnalité de la personne si je comprends bien.

Ah oui ! Il faut le bon tempérament et même de la personnalité. Il faut que cette personne soit très débrouillarde, qu’elle ait de l’imagination et arrive à développer un sujet en intéressant le client.

Et selon vous, est-ce que cette personnalité, qui vous conviendrait, serait à même de prendre une part plus importante dans votre choix que le coté qualificatif justifié par des diplômes ?

C’est-à-dire que…on peut avoir des diplômes, c’est une chose, mais c’est à force d’être sur le terrain, à force de prospecter ou de côtoyer différents types de client qu’il aura la capacité de bon commerciale. Le plus important est à faire sur le terrain, à développer ses capacités et ses ressentis vis-à-vis du client, qu’il soit grincheux, dépensier ou difficile. C’est quelque chose qui s’acquiert au fils de l’expérience.

Cela fait donc une grande partie consacrée à l’expérience en tout cas…
En parlant d’expérience, en ce qui concerne votre parcours il nous est intéressant de savoir, qu’en tant que chef d’entreprise : comment êtes-vous arrivé là ?

C’est-à-dire, au départ, j’ai dû faire une étude de marché. Il faut se demander qui a besoin de tel produit. C’est-à-dire déjà regarder son environnement, connaitre la faisabilité de son produit ou de ce que l’on va exposer. Et, à partir du moment où l’on a des éléments qui nous permette de savoir si c’est un produit qui est adapté au pays, qui n’est pas trop chère ou qui va être utile au consommateur,  on fait des phase de test pour à un moment avancer petit à petit.
En somme c’est l’étude de marché qui va nous dire si un produit peut être lancé ou pas.

Très bien…Et il vous est arrivé d’avoir des cours de communication durant votre parcours ?

Ah oui, à la base il faut avoir un minimum de formation. En ce qui me concerne, j’en ai eu quand je passais mon Bac G3 qui portait en quelque sorte sur la commercialisation et la communication.
Mais dans mon cas j’ai surtout acquis des connaissances en mécanique ou électrique puisque je vends des machines à explosion.

Ok ok…Voilà que nous dépassons les 10 minutes, je vous remercie de votre patience et de votre temps pour avoir répondu à nos questions.

Au plaisir. Tout le plaisir a été pour moi.

Il n’y a pas de quoi. »

 

Interview pour MDT PPP                   Steeven – Mehdi – Yohan

INTERVIEW CHARGEE DE COMMUNICATION-ASSOCIATION ATTITUDE

mardi 20 novembre 2018

Interview

Rencontre avec Nicolas Spanoudis, un journaliste talentueux et passionné

mardi 20 novembre 2018

Dans le cadre de notre cours méthode de travail à l’université, nous devions aller à la rencontre d’un professionnel pratiquant un métier qui nous plaisait. Le vendredi 16 novembre 2018 à Paris, Jules ROMAN, Thomas MESSAOUDINE, ainsi que moi même Kelly NGUYEN, avons eu l’opportunité d’interviewer Nicolas SPANOUDIS, journaliste spectacle travaillant chez M6. Il a accepté de répondre à nos questions et de nous offrir son temps tout en étant enregistré. Notre collègue Merouane MEDOUAR n’ayant pas pu se rendre à Paris avec nous, a tout de même participé à la préparation de l’entretien. Rencontre avec un professionnel passionné par son métier.

Jules : Nous allons commencer par vos débuts, quelles études avez-vous effectuées ?

Nicolas Spanoudis : Alors ce qui est assez paradoxal c’est que je n’ai pas fais d’études de journalisme, j’ai une licence d’histoire géographie. Ça m’intéressait énormément, les relations internationales, ainsi que le passé parce qu’on apprend beaucoup du passé pour l’avenir et pour le présent surtout, celui qui connaît le passé connaît souvent le présent.

Jules : Quel est votre parcours professionnel jusqu’ici ?

Nicolas Spanoudis : Ah ! Ça va être long puisque je suis un vieux monsieur. (rires) Je suis sorti de mes études parce que de mon temps il y avait le service militaire. Étant passionné d’histoire, je voulais être à l’origine professeur d’histoire, j’ai donc effectué mon année de service militaire obligatoire. En revenant je suis rentré dans une boîte de production qui s’occupait de jeunes comiques, c’est à ce moment que j’ai commencé à travailler notamment avec Jean-Marie Bigard, Pierre Palmade et Didier Gustin. Ce fut mes premiers jobs, j’étais un jeune assistant qui accompagnait ces artistes sur leurs lieux de spectacle et il y avait vraiment quelque chose qui m’intéressait chez eux, c’était tout le côté presse autour. Par la suite je suis rentré chez Warner Music, j’ai pu m’occuper des artistes pendant environ 4 ans et demi en tant qu’attaché de presse. J’effectuais le lien entre les artistes et les journalistes et par la suite je suis entré dans le groupe M6, c’est là que j’ai commencé à faire des interviews d’artistes pour « Plus vite que la musique » « M6 Music », je m’occupais aussi des émissions comme « Canapé Rouge »  « Flash » ainsi que d’autres émissions semblables. Aujourd’hui je travaille à la publicité de M6 où je m’occupe des émissions musicales, de programmes courts ainsi que de leur rédaction qui peuvent porter sur des produits publicitaires et sur des artistes.

Kelly : C’est très impressionnant. Avez-vous effectué des stages ou des formations et que vous ont-ils apportés ?

Nicolas Spanoudis : À mon époque réaliser des stages n’était pas automatique. Ça existait mais on rentrait dans les sociétés puis on se formait sur le tas tout en étant payé. L’organisation n’était pas la même qu’aujourd’hui, c’était à la fois une chance pour ceux qui savaient la saisir et à la fois un peu compliqué. Tout le monde n’avait pas les bonnes opportunités… Personnellement j’ai eu la chance de toujours entrer dans des sociétés intéressantes telles que France 2, TF1, Canal +, M6, mais il est vrai qu’à l’époque on se formait plus sur le tas qu’en faisant des stages.

Thomas : Très bien. Parlez-vous plusieurs langues ?

Nicolas Spanoudis : Dans ce métier il est important de parler plusieurs langues. Pour ma part, ma mère est égyptienne et mon père est grec donc par mes origines je parle déjà des langues étrangères. À l’école, j’ai appris l’espagnol ainsi que l’anglais et bien évidemment la langue internationale des médias reste langlais. C’est indéniable, mais si vous avez envie de vous former plus spécifiquement il y a des langues qui peuvent s’avérer très utiles comme l’espagnol ou même le français qui est en perpétuelle gestation puisqu’une grosse partie du continent africain ainsi que les gouvernements du Moyen-Orient le parlent. Donc oui, les langues étrangères sont très importantes dans la communication.

Thomas : Du coup, pensez-vous que ne pas maitriser plusieurs langues puisse être une barrière dans ce métier ?

Nicolas Spanoudis : Je dirais que parler plusieurs langues est un plus, ne pas les parler ce n’est pas forcément un problème. Il suffit d’aller s’immerger dans le pays, et ne pas voir cela comme une vraie barrière. Je pense que ce n’est pas compliqué d’apprendre une langue, il faut se rendre sur place ! Apprendre l’anglais en France par exemple c’est difficile, car peu de gens le parle. Il suffit de s’immerger seulement 6 mois dans un pays anglophone afin d’apprendre la langue, surtout que nous sommes baignés dans cette culture à travers les séries, le cinéma Donc je pense que c’est très important en effet mais cela ne constitue pas une barrière.

Jules : En parlant de pays étrangers, votre métier vous a-t-il fait voyager ?

Nicolas Spanoudis : Mon métier m’a énormément fait voyager. J’ai accompagné beaucoup d’artistes français en France, en Suisse, au Canada, en Belgique, mais mon métier m’a surtout fait voyager dans le but apprendre de nouvelles techniques parce que j’ai travaillé dans la publicité donc il était primordial d’apprendre de nouvelles techniques de marketing et de publicité. Effectivement mon métier m’a beaucoup fait voyager et je pense que les voyages forment la jeunesse.

Jules : Il est dit que le contact avec les gens change par rapport au pays, qu’en pensez-vous ?

Nicolas Spanoudis : La culture de chaque pays fait que les rapports avec les gens ne sont pas les mêmes. Mais nous restons tous humain. C’est comme la musique par exemple: quand on arrive dans un pays et qu’on sait en jouer, on se comprend tous. Le journalisme c’est pareil, qu’on soit égyptien, français ou canadien, peu importe l’origine, nous avons les mêmes tics et les mêmes façons de penser ! C’est assez étonnant, on peut dire que le journalisme est universel.

Jules : De ce fait, avez-vous des contacts avec des journalistes étrangers ?

Nicolas Spanoudis : Oui bien sur j’ai des contacts avec des journalistes étrangers. Encore une fois c’est toujours dans la culture; je me suis occupé de théâtre, d’artistes étrangers majoritairement au Canada puisque j’étais chargé d’un festival situé à Bourges dans lequel on retrouvait énormément de journalistes canadiens, africains et noirs africains qui sont passionnants, très drôles, toujours de bonne humeur ! Je vous conseille vivement d’aller rencontrer des journalistes étrangers, on apprend beaucoup de ces gens. Nous on arrive avec notre matériel mais par exemple un journaliste africain qui possède beaucoup moins de moyens arrive tout de même à nous sortir de belles choses par leur création, c’est incroyable.

Kelly : Quelles sont les principales qualités requises pour être journaliste ?

Nicolas Spanoudis : Avant tout, une ouverture absolue. Une ouverture sur le monde, sur les cultures, sur les façons de faire, sur le temps, parce que tout évolue constamment. Comme vous pouvez le remarquer il y a 10 ans existaient encore énormément de journaux ainsi que de presse écrite. Aujourd’hui la quasi-totalité de cette presse est numéralisée, les journaux d’antan changent, Le Figaro, Le Monde, etc ont une édition numérique plus importante. C’est pour cela qu’il faut avoir des qualités d’ouverture, d’adaptation mais également la possibilité d’apprendre d’autres métiers, être polyvalent dans la technique, acquérir des techniques d’enregistrement, savoir filmer…

Kelly : Et quelles sont les aptitudes physiques et/ou psychologiques essentielles ?

Nicolas Spanoudis : Aptitudes physiques ? Être un beau gosse ! Je plaisante, dans l’absolu il faut avoir une tête bien faite, c’est une vraie aptitude. Evidemment je pense qu’un reporter dans un pays en guerre par exemple, doit être un minimum conditionné physiquement. Outre cela, ce métier est tellement vaste, par ceux qui écrivent, filment, enregistrent, ceux qui sont sur les plateaux de télévision, de radios, le journalisme est très large. Cependant il n’est pas nécessaire d’être un athlète de haut niveau pour être journaliste, je pense seulement qu’il faut avoir une tête bien faite.

Kelly : Très bien, et concernant les aptitudes psychologiques ?

Nicolas Sanoudis : Les aptitudes psychologiques c’est à peu près similaires, c’est très large. Il ne faut pas avoir d’aptitudes psychologiques particulières, comme je l’ai dis précédemment il faut avoir une tête bien faite, c’est à dire raisonner et savoir s’ouvrir afin d’effectuer correctement son travail.

Thomas : Vous préférez travailler seul ou en équipe ?

Nicolas Spanoudis: Le travail de journaliste nécessite forcément de travailler en équipe. Même quand on travaille seul, on a toujours besoin soit d’un technicien avec nous, soit de quelqu’un qui va rédiger ce que vous cherchez comme information. Le journaliste est là pour apporter une information, du monde autour de lui est donc nécessaire. Personnellement j’adore travailler en équipe car on rigole bien, à certain moment on se trompe, nous ne sommes pas toujours dans la vérité. Par conséquent une équipe est utile pour nous remettre sur les rails. C’est un métier d’humilité, il faut rester dans l’humilité constamment pour faire correctement ce travail.

Thomas : Alors selon vous, le travail collectif permet-il de travailler plus efficacement ?

Nicolas Spanoudis : Travailler en équipe c’est efficace lorsque les bases sont bien instaurées, lorsque le travail d’équipe est bien organisé. Mais ça peut être un frein énorme; parfois cela n’avance pas quand on est plusieurs et d’autres fois c’est bien d’avoir des équipes très légères c’est à dire deux ou trois personnes, là on avance vite et c’est super. On a alors la possibilité d’avoir une rapidité dans le geste et dans le propos. De plus, c’est pratique de pouvoir se reposer sur des assistants, sur des gens qui vont faire les tâches un petit peu plus ingrates.

Thomas : Est ce que vous avez voulu vous démarquer à un moment donné des autres ou avez-vous eu besoin de le faire ?

Nicolas Spanoudis : J’écris des articles bien entendu, je fais des interviews d’artistes, etc… mais ce qui m’intéresse vraiment c’est d’écrire des fictions. Donc j’écris que ce soit dans le théâtre, dans le cinéma ou pour la télévision. Se démarquer pour moi était plus intéressant au niveau de l’écriture. Je n’ai pas eu besoin de me démarquer dans le journalisme, ce n’était pas mon angle d’attaque pour me faire un nom. De plus je pense que se démarquer en journalisme, est presque contre nature. Normalement le journaliste doit s’effacer derrière l’information, du moins c’est ce que je pense. Evidemment il y a des stars du journalisme, telles que des animateurs télé, radio, que je ne citerais pas mais la grande masse des journalistes, en général, ne se démarque pas vraiment.

Thomas : Être journaliste doit vous prendre beaucoup de temps, alors comment organisez-vous votre emploi du temps ?

Nicolas Spanoudis : Je ne fais que travailler. Avec ma petite équipe on travaille presque 7 jours sur 7. C’est une passion, le journalisme, l’écriture, l’information, il faut que ce soit une passion. On travaille le jour et la nuit, c’est un peu comme un travail d’artiste. Un bon journaliste est un peu comme un artiste, c’est à dire qu’il n’a pas vraiment d’horaires. Il peut tout à coup se dire que pendant deux mois il ne va rien faire, ou aller écrire sur une affaire particulière, par exemple. Je connais de nombreux journalistes qui ont fait une très belle carrière d’écrivain par la suite parce qu’ils avaient eu une vie de journaliste intense. Il n’y a donc pas vraiment d’organisation du travail. Alors attention, il existe des journalistes qui exercent dans des chaînes par exemple, ou des radios et qui sont salariés. Ils ont des jobs tout à fait carrés avec des horaires. Après vous avez la possibilité d’avoir une vie plus trépidante et vous verrez par la suite vous-même. (rires)

Thomas : On l’espère ! Comment articulez-vous vie professionnelle et vie privée ?

Nicolas Spanoudis : Alors je n’ai pas de vie privée ! (rires) Si, en fait vous êtes un peu obligé quand vous êtes père de famille avec des enfants. Aujourd’hui j’ai deux ados qui demandent du temps. En effet, ma vie professionnelle s’est articulée de deux façons différentes, avant ma vie familiale je n’avais pas d’horaires, je travaillais de jour et de nuit. Et depuis que j’ai des enfants, j’essaye d’être plus organisé. Je suis très sollicité sur les tournages, parfois le soir, le week-end. Mais je fais en sorte d’être présent à la maison.

Jules : Comment votre métier vous a t-il fait évoluer personnellement ?

Nicolas Spanoudis : Je dirais que mon métier m’a fait évoluer tout court. C’est à dire que lorsqu’on sort de l’école, on a beau avoir un savoir important, voire très important, il reste théorique même si à l’école on fait des travaux pratiques, des stages, etc.. Le monde du travail vous apprend tout, vous voyez de suite la vie autrement; premièrement parce qu’il est nécessaire de gagner sa vie et deuxièmement parce qu’il y a une éthique qui se forme puis qui vous oblige à faire de votre vie quelque chose de différent. Donc, le métier forme et déforme notre vie.

Jules : À vos débuts quelle vision aviez vous de votre métier, et aujourd’hui cette vision a t-elle évoluée ?

Nicolas Spanoudis : Ma vision du métier était totalement galvaudée, c’est à dire qu’au départ on a l’impression que c’est assez rose, que l’on va se « défoncer » et donc voir tout le monde ravi de notre travail… mais non. En réalité cela ne se passe pas du tout comme ça, non seulement il faut faire ses preuves mais il faut aussi pouvoir naviguer, on va dire, dans un métier qui est compliqué et qui a énormément de concurrence. Quand j’ai débuté, la concurrence était nationale tandis qu’aujourd’hui elle est internationale. Puis il existe aussi une concurrence dans les âges. Aujourd’hui je trouve que les jeunes sont très talentueux, très bien formés, vous arrivez sur le marché et connaissez déjà le métier, je trouve ça extrêmement intéressant. Ce qui fait qu’on apprend de vous, que vous apprenez de nous, c’est très enrichissant. C’est formidable et je vous dis bienvenue.

Kelly : Merci beaucoup. De ce fait, avez vous remarqué une évolution ou un développement du métier de journaliste durant votre carrière ? Cette question rejoint ce que vous avez dit précédemment.

Nicolas Spanoudis: Oui effectivement. Le monde a changé, il est beaucoup plus numérique. Aujourd’hui nous obtenons l’information sur notre smartphone alors qu’auparavant je me levais le matin et j’achetais le journal que je lisais dans le RER. A présent je suis abonné à Mediapart, Le Monde et d’autres applications que je consulte sur mon téléphone. Le monde a changé et malgré tout faire de l’information, reste la même chose. Alors il faut être attentif à rester le plus honnête possible ! Ce qui a énormément changé c’est aussi cette rapidité avec laquelle on peut lire un article. Avant pour lire un article de Le Monde en entier, nous avions besoin de 20 minutes. Dorénavant, quand on regarde certain média où le principe consiste à dire un mot puis que la personne interviewée réponde à son tour par un mot, cela reste de l’information mais malgré tout, c’est là où l’information a changé, c’est à dire que pour évoquer une information, on va très vite. J’en suis un peu désolé car on ne peut pas tout dire en si peu de mots. Il faut tout de même rentrer dans les détails et approfondir les choses.

Kelly : Comme vous l’avez énoncé auparavant une concurrence est présente, peut-on alors dire que ce métier est difficile d’accès ?

Nicolas Spanoudis : On va dire que tous les métiers de nos jours sont difficiles d’accès quand on voit 10% de chômage en France. Je crois que, comme tout, quand on est passionné tout est possible. Pour devenir journaliste, il y a énormément d’école, de façon d’aborder le métier. Une bonne formation est requise, et avant tout cette passion du métier, vraiment être motivé, mise à part cela je ne vois pas de raison de ne pas réussir.

Kelly : Donc est-ce important de se créer un réseau dans ce métier et de connaître des gens ?

Nicolas Spanoudis : En ce qui me concerne je n’ai pas eu besoin de réseau, ou comme on pourrait dire, de piston pour rentrer dans ce métier. Je suis arrivé ici seul et ça ne m’a pas empêché de travailler. En revanche, le réseau est très important par la suite. Je dirais même qu’il est primordial dans tous les métiers, que l’on désire être journaliste, normalien, ingénieur. Le réseau est important parce qu’on travaille en équipe, puis c’est presque naturel d’avoir envie de travailler avec les personnes qu’on connaît. Après on parle de piston, mais je ne suis pas tout à fait d’accord concernant ce sujet car même si ça existe, quand on est vraiment mauvais on a du mal à devenir directeur général par exemple. Les grands patrons que je connais aujourd’hui sont des personnes extrêmement talentueuses. Je prends l’exemple de Nicolas Taverneau qui est le président de M6, c’est quelqu’un qui a beaucoup de talent. Lorsqu’il a créé M6 avec Jean Drucker ils étaient 10, aujourd’hui la chaine compte 5000 personnes et c’est devenu le groupe de média n°2 en France ainsi qu’en Europe. Donc ce n’est pas rien, on ne peut pas monter un empire comme celui-ci en étant seulement pistonné, il faut être talentueux et travailler sans relâche. Mais le réseau reste important.

Kelly : Selon vous, quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

Nicolas Spanoudis : Les avantages de ce métier ? Je vais commencer par le positif. On peut considérer que les avantages de ce métier sont tout ce qui attrait à l’information, cela peut être des informations très truculentes, « chaudes », des infos qu’on sait avant tout le monde. Il y a des journalistes d’investigation par exemple, qui font des enquêtes comme des policiers. Et ça, je suppose que c’est passionnant. Certains journalistes d’investigations font à la fois des émissions d’investigation, du journalisme et un travail d’auteur de fiction. Tout ça c’est passionnant. Être journaliste c’est être en cœur pour moi. Puis, ce n’est pas pour rien qu’on appelle ça le troisième pouvoir en France ou même dans le monde. C’est un vrai pouvoir, et un métier de passion. Après, un peu comme beaucoup de métiers qui sont au cœur de notre société, il y a la difficulté d’y accéder, de se faire une place, des horaires souvent compliquées. On ne fait pas 35 heures quand on est journaliste, en tout cas journaliste sur le terrain. Les salaires ne sont pas forcément mirobolants, du moins quand on commence. Il y a des stars qui gagnent très bien leur vie puis il y a des pigistes qui font des articles dans de petits journaux de province. Je ne dénigre pas les journaux de province, ils sont extrêmement bien faits mais les pigistes peuvent avoir du mal à jongler avec les factures donc c’est pas toujours très simple. Néanmoins je reste sur le positif, le journalisme est un métier passionnant.

Kelly : Et quelle source de satisfactions tirez-vous de votre travail ?

Nicolas Spanoudis : Ça rejoint un peu ce que je vient de dire, les satisfactions dans ce travail sont d’être au cœur de l’information, d’apprendre de nouvelles choses tous les jours parce qu’il est vrai que j’apprends à utiliser différents outils tels qu’une caméra, un enregistreur. Bien évidemment, les rencontres. On rencontre des personnes qui ont des opinions sur tout, on a même parfois des relations privilégiés avec certains artistes, des politiques. Et c’est assez paradoxal de prendre parti parce qu’on va faire un article sur des artistes qu’on aime bien mais on apprécie pas forcément ce qu’ils viennent de sortir. Donc c’est compliqué, il faut toujours être honnête et à a la fois ce sont des contreparties intéressantes.

Thomas : Maintenant on va rentrer dans votre spécialité qui est le spectacle. De quels types d’évènements êtes-vous chargé ?

Nicolas Spanoudis : Je suis journaliste pour le spectacle et pour les artistes qui sortent des nouveaux albums, etc… et la spécificité c’est surtout l’interview. Je les interviewe sur leur actualité, leur passé, et même sur leur regard qu’ils portent envers la société parce que souvent les gens sont très intéressés par ce que pense un artiste. Il représente à la fois quelqu’un qui nous fait partir, qui nous fait découvrir de nouvelles choses, que ce soit en musique, en théâtre, ou en cinéma. On est aussi très intéressé par ce qu’ils pensent de la société et souvent c’est important. Donc c’est mon rôle de leur faire partager leurs opinions, leurs sentiments, parler sur ce qu’il se passe dans le monde. Parfois cela peut représenter un piège pour eux, il y a alors des artistes qui s’en sortent bien et d’autres qui s’en sortent moins bien. C’est un peu mon boulot de faire ça.

Thomas : Quelle préparation effectuez-vous avant chaque évènement ?

Nicolas Spanoudis : Avant chaque événement le plus important est d’aller lire la biographie de l’artiste. C’est évident, je ne les connais pas tous et je ne connais pas toute l’actualité. La première chose à faire est donc d’aller voir ce qu’ils ont fait. Quand ce sont des musiciens, d’aller écouter leurs albums, quand ce sont des écrivains, d’aller lire quelques romans, quelques pièces de théâtre ou autre. S’intéresser en tout cas à ce qu’ils ont effectué puis s’intéresser à leur actualité présente, ce qu’ils sont en train de sortir comme nouvel album, leur ressenti par rapport au public, leur ressenti aussi par rapport à l’actualité du monde qui les entoure. Et ça c’est mon travail préparatoire.

Thomas : Il y a donc plusieurs façons de les aborder ?

Nicolas Spanoudis : Oui, effectivement il y en a plusieurs. Cela peut être très intimiste, tout dépend du media qui va diffuser. Moi, je travaille énormément sur l’émission « Plus vite que la musique » qui dure une minute, dans ce cas il faut rester assez général. C’est à dire quelques mots sur ce qu’il a fait. S’il s’agit d’artiste installé rappeler son parcours, si c’est un jeune artiste, lui demander comment il a commencé, depuis quand, quand a t-il rencontré son alter ego ou les musiciens qui l’accompagne. En revanche, si c’est dans le cadre d’une émission plus longue ou pour un article de journal comme « Rock and Folk », il faut rentrer dans les détails, interroger l’artiste sur sa manière de travailler, de quelle façon il aborde son travail justement. Tout dépend du média qui est derrière, c’est ça qui importe.

Jules : Durant votre carrière avez vous eu certains sujets sensibles a traiter?

Nicolas Spanoudis : Il m’est arrivé de travailler avec Dieudonné. À cet instant cest compliqué de poser des questions… Beaucoup de gens trouvent quil est talentueux, d’autres ne l’apprécient pas du tout, c’est une situation délicate mais il est important de rester honnête quand on fait une interview ou un article. Evidemment il existe une certaine presse qui rentre dans des détails croustillants dans le but de faire chuter les artistes, ce que je ne trouve pas très beau. Du moins ce n’est pas du tout ce qui m’intéresse, j’essaye d’être le plus honnête possible, c’est mon métier qui veut ça.

Jules : Et avez vous avez été victime de censure ?

Nicolas Spanoudis : Alors non je n’ai jamais été victime de censure parce que jai toujours travaillé avec des médias télé où il y avait un montage derrière. Il y a toujours un chef pour nous indiquer ce qui peut apparaitre, donc à moment-là oui on peut dire qu’il y a censure dans le sens où ça ne passe à l’antenne. Hormis cela il n’y a jamais censure une fois passé à l’antenne, c’est traité avant, on se dit « ça peut passer à l’antenne ou bien ah non ça cest pas possible ». Jai travaillé avec des comiques, j’ai évoqué des sujets un peu sensibles, alors au moment de passer mon sujet on m’indique ce qui peut paraitre ou non. Lorsque l’on travaille avec une chaîne de télé grand public on ne peut pas forcément mélanger l’information avec le spectacle. Ce sont les seules censures que jai eu à essuyer.

Jules : Par conséquent, on peut se poser quelques questions sur la liberté d’expression. Justement, quel regard avez vous à ce sujet?

Nicolas Spanoudis : La liberté d’expression cest quelque chose à laquelle je suis extrêmement attaché. Oui on a le droit de tout dire, de tout faire, je le pense en tous cas mais dans la presse cest extrêmement important de ne pas le faire n’importe comment. Prenons l’exemple de Charlie Hebdo; j’étais dans la rue le lendemain des attentats, j’ai manifesté car c’était une cause importante à mes yeux. Et malgré tout je pense quil faut être vigilant à ne pas choquer et ne pas blesser. Toujours essayer dexpliquer. Jai été un fervent lecteur de Charlie Hebdo auparavant, puis ces dernières années je l’ai moins été, cela nempêche que lon ne peut pas tuer pour une idée ou une image. Cest pas possible, absolument pas. Donc je reste extrêmement attaché à la liberté d’expression.

Jules : Quelles sont les limites qui vous sont imposées s’il y en a ?

Nicolas Spanoudis : Les limites quon nous imposent sont celles liées au médias. Si l’on travaille pour Charlie Hebdo, finalement les limites n’existent pas, elles appartiennent à l’artiste. Mais si on travaille pour une chaîne grand public où il y a des enfants, les limites sont importantes car on ne pourra pas mélanger politique et spectacle par exemple. Finalement ça n’est pas important dans mon cas parce que je dois donner des informations sur les artistes, sur la musique, donc je nai pas besoin daller au delà.

Kelly : Qu’est ce qui vous a motivé à vous spécialiser dans ce domaine ?

Nicolas Spanoudis : Ma spécialisation dans le domaine des artistes est due à ma proximité avec ce monde qui les entoure parce que je suis moi même auteur, j’écris des pièces de théâtre, pour la télé, j’ai écris par exemple pour « un gars, une fille » ou encore « scène de ménage ». Donc ma proximité avec les artistes fait que je suis naturellement attiré par eux, je voulais les interviewer. Et finalement je pense bien le faire puisqu’on me garde dans ce poste. (rires)

Kelly : Et du coup, quelle est votre meilleure expérience ?

Nicolas Spanoudis : Ma plus belle expérience, c’est quand j’ai interviewé deux immenses artistes. Je vais dire un homme. J’ai interviewé Prince. Seulement quelques questions mais c’était assez incroyable car les grandes stars internationales quand on les interviewe, on se retrouve à 15 journalistes derrière une porte, ils nous font rentrer un par un puis nous avons seulement 3 questions à poser. Et lorsque l’artiste est ennuyé, il ne répond plus aux questions, il dit que ça ne l’intéresse pas. J’ai été très touché car j’ai pu poser 4 questions. La première était très importante puisqu’elle portait sur sa guitare préférée parmi toutes celles qu’il possède. Il a répondu très longuement en rentrant dans les détails de chacune de ces guitares tout en parlant très technique. Je vous passe le reste. De plus j’étais fan. J’ai aussi interviewé longuement une extraordinaire chanteuse anglaise qui s’appelle Joss Stone. J’adore cette artiste alors quand on m’a annoncé que je devais l’interviewer j’étais comme un dingue, comme un petit garçon intimidé alors qu’elle est beaucoup plus jeune que moi. Ce fut également une expérience formidable. J’en garde vraiment un super souvenir.

Kelly : Et à contrario, quelle a été la pire ?

Nicolas Spanoudis : Je ne vais pas citer de nom mais je devais interviewer une artiste française que j’aime bien par ailleurs, c’est étonnant. C’est une jeune artiste qui est comédienne et chanteuse. J’avais pour consigne de venir dans un superbetel de luxe, et de l’interviewer. Je demande à mes équipes de faire un beau cadre, comme je suis J.R.I (journaliste reporter d’image) je réalise cette tâche avec mon chef des opérations, donc nous prenons notre temps puisqu’elle n’était pas à l’heure. Elle arrive et me dit qu’elle n’a pas déjeuné donc nous l’attendons pendant son repas. Après une heure et demi de retard, elle se place devant ma caméra et me dit que le cadre ne lui plaît pas. On change alors de cadre après qu’elle ait insisté tout en lui disant que ça ne se faisait pas. On réalise donc l’interview, et lorsque j’arrive au bureau on me dit que finalement, elle ne passera pas à l’antenne parce l’artiste en question n’était pas du tout à l’aise alors que j’ai l’aptitude de mettre tout le monde à l’aise. Ce fut ma plus mauvaise expérience.

Thomas : En effet, ça ne devait pas être plaisant. On va maintenant parler des outils de travail que vous utilisez. Quels sont-ils ?

Nicolas Spanoudis : Je ne sais pas si je vais répondre à plusieurs questions en même temps mais ça fait maintenant 25 ans que je suis dans ce métier et les techniques ainsi que le matériel ont énormément changé. On utilisait à l’époque des grosses caméras qui étaient assez lourdes pour la télé tandis qu’aujourd’hui on arrive à faire des interviews avec des petits micros branchés sur des smartphones. On peut donc dire que le matériel a énormément changé. Ce que j’utilise en général ce sont les appareils Sunday mark IV de la marque Canon. Ça fait de très jolies images et on peut tourner en 4k (haute définition) avec un son qui est plutôt clean. Mais quand on travaille à la télé on utilise encore de grosses caméras, plus sophistiquées évidemment.

Thomas : Et comment menez-vous une recherche d’informations ?

Nicolas Spanoudis : Par rapport aux artistes, c’est un peu ce que je disais, les recherches d’informations sont liées à une biographie. Plus généralement, un journaliste a un travail assez important a effectué avant car il doit maitriser son sujet. Cela dit, ça arrive qu’un journaliste pose une question à un artiste sans le connaître. D’ailleurs j’ai vu une fois à la télé un journaliste qui s’est fait envoyé balader par un artiste car il n’avait pas vu son film et lui a demandé s’il pouvait tout de même l’interroger sur le film. C’est impossible ça. Donc les sources d’informations sont très importantes. Certains journalistes font des enquêtes même avant d’aborder l’article qu’ils vont écrire. Je reviens même en 1898, quand Zola a écrit « Jaccuse », il avait mené une enquête énorme alors qu’à l’origine il n’était pas avec Dreyfus, mais quand il s’est plongé dans toute cette source d’information qu’il y avait sur l’affaire, il s’est dit que quelque chose était faux, qu’on menait tout le monde en bateau. Il a donc écrit cet article qui est une référence aujourd’hui dans le journalisme, grâce à l’enquête qu’il a menée. Je pense que chaque journaliste doit faire ce travail préliminaire avant d’engager quoique ce soit. C’est évident.

Thomas : Quels sont les éléments nécessaires pour rédiger un bon article ?

Nicolas Spanoudis : Avoir un bon stylo (rires). C’est compliqué de répondre à cette question. Je dirais que tout dépend du journaliste encore une fois. C’est assez compliqué parce qu’il y a des journalistes extrêmement talentueux par la plume, qui vont écrire un très bon article mais vide de sens. Je pense qu’un bon article doit être profond, aller au fond des choses. Parler de la guerre en Syrie ou de l’extrême droite en Italie, si l’on n’est pas profond dans ses propos, on va survoler le thème donc pour moi c’est avant tout le fond puis la forme. Il y aura beaucoup de gens qui diront d’un article qu’il est mal écrit, ce qui peut être le cas, mais si le fond est présent, c’est l’essentiel. Attention quand même, il ne faut pas que l’article soit plein de fautes.

Thomas : Quel a été votre ressenti lorsque vous avez publié votre premier article ?

Nicolas Spanoudis : Je dirais que mon ressenti après avoir été publié c’est wow ! (rires). Depuis j’ai eu des pièces qui ont été édité par des auteurs, ça a été encore plus fort. Oui c’est chouette d’être journaliste, de voir son nom à la télé, mais je dirais que ce n’est pas le plus important. Ce qui l’est, cest de faire plaisir à la fois au public et à la fois à l’artiste. Je trouve que c’est encore plus important car un artiste qui vous appelle et qui vous dit que l’interview était géniale, ça, c’est vraiment gratifiant. Concernant les clients c’est pareil. Parfois c’est dans le journal, parfois c’est la télé, parfois on fait des émissions ou des pubs pour des clients. Et les savoir ravis, ça c’est extrêmement gratifiant !

Kelly : Avez vous effectué un travail dont vous êtes particulièrement fier ou qui vous a tenu à cœur ?

Nicolas Spanoudis : Il y a un travail hyper gratifiant que j’ai réalisé. On devait faire une émission avec des enfants, tout le monde avait peur car les enfants sont difficiles à canaliser, ils peuvent vite perdre leur concentration. Il y avait 5 enfants et jen ai finalement gardé un magnifique souvenir parce que je devais réussir à sortir des mots clés et jy suis parvenu en faisant des jeux. Par la suite ils ont réussi à oublier la caméra, le client était ravi, je l’étais aussi. On a chanté des chansons, on a joué, rigolé, j’en ai également oublié la caméra, cest pour vous dire.

Kelly : Cependant avez vous déjà eu un retour négatif sur un travail dont vous avez été l’auteur ?

Nicolas Spanoudis : J’ai eu des dizaines dexpériences malheureuses pour plusieurs raisons. Ce métier est assez ingrat car nous ne sommes pas sur la même longueur donde de tout le monde. Parfois on pense avoir fait un super travail mais on reçoit un retour catastrophique parce que ce n’est pas de cette manière qu’il fallait faire, parce quil ne fallait pas dire ça… Je pense quil faut rester droit et être sure de ce que lon fait. Cest un élément très important dans ce métier la confiance en soi et à la fois très dur a obtenir car il faut avoir de lexpérience pour garder cette confiance. Mais ça m’est arrivé plusieurs fois de me faire allumer par la chaîne, le journal, ou un client.

Kelly : Et vous navez pas perdu confiance à la suite de ces expériences ?

Nicolas Spanoudis : Non, car tout ce qui nous tue pas nous raffermis. Cest important de garder espoir et également de faire plein de choses. Faire de limage, d’écrire, du son. Il faut être réaliste dans ce métier, apprendre le plus de choses possibles, être à la fois technicien, auteur, etc. Cest très important car il y aura toujours quelque chose parmi ces différents domaines qui vont vous aider à remonter la pente quand vous avez eu une mauvaise expérience.

Jules : Quels conseils donneriez-vous pour réussir dans ce métier ?

Nicolas Spanoudis : Alors, je dirais aux jeunes de rester comme vous êtes. Vous êtes curieux de tout ce quil se passe sur cette Terre et cest génial. Restez honnêtes puis soyez réalistes, apprenez des choses, faites des stages, cest très important.

Thomas : Merci pour vos recommandations Nicolas. Pour terminer, nous avons trouvé une citation de source anonyme: « je suis journaliste, je suis partout, j’écoute tout, j’écris tout ce que jentends et jinvente ce que jentends pas » quen pensez vous?

Nicolas Spanoudis : Il y a presque des contradictions dans cette phrase. Le journalisme cest avant tout la liberté. Vous donnez une information parce que vous voulez que le monde reste libre, le journalisme cest ça avant tout. Donc je ne suis pas partout non, je suis là ou je peux être car je suis un humain. Un média qui prétend être partout, cest dangereux parce que ça voudrait dire quil a la science infuse et un avis sur tout. Mais ce nest pas possible, il y a des individualités, Le Monde par exemple, il a des articles sur des auteurs, des écrivains, des journalistes, des politiques. Un vrai journal « libertaire » c’est avant tout un journal qui a une pluralité de plumes. Dans le monde il peut exister une Marine Le Pen qui sexprime, quimporte, ce qui compte cest quil y ait une pluralité de voix. « J’invente ce que je nentends pas » cela me dérange beaucoup. Ça signifierait que je suis au courant de rien mais que jai quelque chose à dire. Avant d’avancer quoique ce soit il faut faire des recherches et si on trouve des réponses, à partir de ce moment nous pouvons donner un avis. Cest très important. Donc si je reprends l’intégralité de la phrase je ne suis pas daccord. Je suis un humble citoyen dune démocratie, jai des choses à dire mais avant je me renseigne et une fois que je lai fait profondément, là je dis ce que j’en pense. J’ai le droit davoir une couleur politique par exemple, mais même avec cela, je reste libre dans ma tête, j’exprime mon avis librement et honnêtement !

Tout le monde : Merci de nous avoir accordé votre temps et votre expérience Nicolas, ce fut très enrichissant.

NGUYEN Kelly, MESSAOUDINE Thomas, ROMAN Jules, MEDOUAR Merouane, groupe 2 Béziers

L’association Clubbing Hero, une nouveauté dans le secteur Montpelliérain

mardi 20 novembre 2018

Retranscription de l’entretien avec L’équipe de l’association Clubbing Hero

 

L’association Clubbing Hero, une nouveauté dans le secteur Montpelliérain

Ludivine, Laurent et Anthony font partie de l’équipe de l’association clubbing hero spécialisé en événementiel dans le secteur de Montpellier nous avons donc décidés de les interroger pour en savoir un peu plus sur cet organisme…

Anaïs: Bonjour aujourd’hui nous sommes en présence de Ludivine, de Laurent et de Anthony. Ludivine occupe le poste de présidente de Clubbing Hero, Laurent est le directeur artistique, et Anthony est le trésorier de l’association. Clubbing Hero est donc une association spécialisée dans le domaine de l’événementiel. Nous vous rappelons que cette interview est enregistrée et sera retranscrite à l’écrit pour le blog de l’université Paul Valéry et sera visible par tous les étudiants ainsi que leurs professeurs. Ceci est un projet encadré par des professionnels de la communication, et cet entretien sera composé d’une dizaine de questions. Est-ce que cela vous convient?

Ludivine, Laurent, Anthony: Oui!

Séréna: Nous allons donc débuter avec la première question! Alors quelles ont été les envies qui vous ont pousser à vous diriger vers le domaine de l’événementiel?

Ludivine: Alors au tout début nous étions un groupe d’amis, c’est d’ailleurs mon meilleur ami qui a créer l’association, car lui même faisait partie d’une association et c’est alors qu’il a eu le projet de créer la sienne. Après être rentré en Martinique il m’a donc laissée la présidence de l’association et cela fait à peu près deux ans et demi que j’occupe ce poste. Mais les motivations primaires ont été que nous étions un groupe d’amis qui aimaient faire la fête et donc partager ce que l’on aimés tous ensemble.

Anaïs: Très bien! Et du coup est ce que le domaine de l’événementiel est un domaine que vous côtoyez tous les jours? Si la réponse est négative pouvez vous nous en dire plus?

Ludivine: Alors tous les jours, oui c’est quand même quelque chose qui se réalise à plein temps, parce que même si nous avons des dates fixés, des projets, ou des artistes qu’on peut nous proposer, on en parle tous les jours on créer de nouveaux concept, tous les jours de nouvelles collaborations qui peuvent se faire. C’est quand même quelque chose qui prend du temps, même si ce n’est pas le métier principal de chacun.

Séréna: Et comment arrivez-vous à gérer votre vie personnelle et le stress de ce domaine?

Ludivine: La vie personnelle n’est pas un problème, il faut juste savoir s’adapter et s’organiser. Par exemple si nous avons du retard on arrive toujours à s’organiser en fonction, on pars des fois un peu plus tôt, les amis nous aident énormément, nos proches nous entourent. Comme nous sommes sur de l’événementiel c’est généralement des soirées, des after qui personnellement nous motivent et ne sont pas un problème qui touche notre vie personnelle.

Séréna: Et vous Anthony dans votre place en tant que trésorier?

Anthony: En tant que trésorier, il faut qu’on gère les compte au mieux pour pouvoir organiser les soirées et faire d’autres événements. Donc on est obligé de prendre tout ça en compte et cela provoque un certain stress mais généralement ça se passe bien et on n’a pas de soucis par rapport à ça.

Laurent: Puis à force d’organiser des événements on arrive plus facilement à anticipé donc forcément on accumule moins de stress. L’association existe depuis sept ans moi ça fais dix ans que je suis dans l’événementiel donc avec le temps et l’expérience le stress diminue.

Anaïs: D’accord très bien! Et pouvez vous nous dire quel type de public touche principalement clubbing hero?

Laurent: Nous sommes principalement axé sur la communauté antillaise et toutes les personnes qui apprécient l’ambiance tropicale.

Anaïs: Et c’est principalement des jeunes?

Laurent: Oui et en majorité des étudiants et des jeunes artistes.

Ludivine: autant il y aura une population antillaise, autant d’Amérique du Sud, d’Afrique ou même de l’Océan Indien, voilà nos soirées sont assez larges. Au début nous avons plus travaillé avec l’Océan Indien et au fur et à mesure on s’est diversifiés avec tout ce qui était antillais. Du coup cela a emmené un public beaucoup plus large et donc moins ciblé, même si ça reste encore des soirées caribéenne.

Séréna: D’accord! Et comment avez vous accédez à ce domaine de l’événementiel pour chacun d’entre vous?

Ludivine: Moi c’est simple, au début il faut toujours un jolie visage pour communiquer, et donc mes amis m’ont proposer de distribuer des flyers pour cette association et au fur et à mesure je me suis intégrer et maintenant j’en suis arrivée où je suis.

Laurent: Alors moi j’ai de la famille dans l’événementiel, et donc j’ai été mis dans le bain très jeune en fait.

Anthony: Alors moi c’est grâce à des amis, en leurs donnant des coups de mains durant les soirées et les événements, et bien j’ai intégré l’association.

Anaïs: Et pourquoi n’avez vous pas envisager de créer un projet d’événementiel aux Antilles?

Ludivine: En fait, oui les projets sont là, c’est pas ce qui manque, les idées on les a. On a peut-être pas le temps, l’occasion et surtout les fonds parce que si dans le cas où on devraient développer un événement, un concept ou un festival faudrait qu’on puisse payer le billet d’avion à tout le monde, faudrait qu’on puisse aussi avoir les autorisations concernant certaines plages ou certains lieux. Ces autorisations en France qui sont plus simples à avoir, beaucoup plus rapides. Je pense qu’on a un peu un manque de maturité pour l’instant et de fonds qui nous ne le permet pas peut-être. Mais les projets et les idées sont quand même là.

Séréna: Quelles étapes avez vous rencontrés pour arriver au grade de présidente de l’association?

Ludivine: J’étais très réactive, après je me suis beaucoup occupé des vestiaires et des caisses durant les événements. Puis c’est surtout selon le tempérament et le fait que nous étions un groupe d’amis et que ça coller bien. Surtout que mon meilleur ami devait partir, alors tout naturellement il m’a léguer sa place car une certaine confiance s’était installée entre nous.

Anaïs: D’après nos recherches concernant Clubbing Hero, l’assiociation reflète des même ambitions que la WIF. Je rappelle que la WIF organise également des soirées sur Montpellier et sur toute la France ainsi que le carnaval Antillais. D’après vous pourquoi ce genre de soirées fonctionnent-elles?

Ludivine: Les soirées fonctionnent tout simplement parce que le public Antillais vont rechercher une ambiance que l’on retrouve qu’aux Antilles et ils n’en trouvent pas forcément ici c’est donc pour cela que Clubbing Hero et la WIF organise ce type d’événements. Et font même des soirées sur trois quatre jours. Et l’avantage c’est que nous sommes à trois heures de trains de Paris, à deux heures de Toulouse, c’est une ville qui reflète les vacances et c’est donc plus accessible pour tous le monde. Donc déjà la localisation géologique de Montpellier c’est un plus pour les soirées Antillaise, et puis le climat leurs fait rappeler leurs pays. Et puis à Montpellier les autorisations sont plus simples à avoir.

Séréna: Si nous avons bien compris, ce domaine n’est pas votre activité principale, et fait très souvent appel au bénévolat mais qu’est ce que cela vous apportent personnellement pour chacun d’entre vous?

Ludivine: Personnellement ça apporte tout, car s’improvise sur des choses qu’on avait pas l’habitude de faire du moins qu’on n’avait jamais faites. On se développe des habilités qu’on n’avait pas auparavant, et qu’on exerce sur le terrain mais qui quand même nous sert personnellement dans la vie de tous les jours.

Laurent: Cela nous permet de nous épanouir de rencontrer de nouvelles personnes, faire ce qu’on aime.

Anthony: Moi de base je suis comptable donc ça m’a appris aussi à faire des comptes associatif, et ça nous permet aussi de voir autre chose que ce qu’on voit dans la vie de tous les jours.

Ludivine: Chacun ramène quelque chose qu’il sait faire pour apporter du positif à l’association.

Anaïs: Selon vous y a t-il des qualités indissociables à cette profession?

Ludivine: Ah oui il faut être très diplomate, la diplomatie c’est la base de tout. Comment communiquer, l’image qu’on donne, ce qu’on va dire, quand, comment, à qui. C’est compliqué déjà dans notre équipe on est douze alors quand tous le monde a des idées c’est un peu compliqué de tout rassembler.

Séréna: Vous avez une anecdote à nous raconter?

Ludivine: Alors oui! C’était durant la création d’une soirée où toute l’équipe n’était pas d’accord sur le ton de couleur que l’on devait choisir. Et chaque personne voulait apporter sa touche de couleur alors que ce n’était pas possible, car il y a des codes de couleurs à respecter en terme de com.

Séréna: Et comment voyez vous Clubbing Hero dans cinq ans?

Ludivine: Dans cinq ans j’espère bien que cela évoluera, on essaye d’ailleurs de recruter la nouvelle génération de Clubbing Hero qui nous succédera. On aimerait agrandir nos projets pour qu’ils deviennent plus important, essayer de diversifier nos artistes nos soirées.

Anthony: Pourquoi pas créer des événements aux Antilles d’ici là!

Anaïs: Pouvez vous nous parler de vos perspectives d’avenir après Clubbing Hero, personnellement?

Ludivine: Bon après le classique, moi sincèrement si je pouvais ouvrir ma boîte de nuit je le ferais. J’aimerais toujours rester dans l’événementiel mais évoluer.

Laurent: Moi rester toujours dans l’événementiel!

Séréna: Avez vous essayer d’étendre Clubbing Hero vers d’autres destinations que Montpellier? Et si oui lesquelles?

Ludivine: Alors pour l’instant non, mais c’est vrai qu’on a des projets de partenariats sur Toulouse parce que c’est une ville qui est limitrophe, c’est pas très loin, puis c’est un public qui est assez similaire à celui de Montpellier, mais qui est plus grand car c’est une des plus grandes villes. Nous avons créer un concept à Montpellier cette année et peut être que l’année prochaine il se déroulera à Toulouse.

Séréna: Et comment se passe l’organisation des réunions avec le reste de l’équipe?

Ludivine: Et bien là c’est compliqué sur ce sujet là car on ne peut pas tous se réunir en même temps car tout le monde n’est pas disponible au même moment.

Séréna: Et comment faites vous pour organiser un événement?

Ludivine: alors déjà on regarde les dates optimales dans le calendrier, c’est à dire la bourse, la caf, pôle emploi, les longs week-end, les jours féries, les vacances, les examens. Et on va libérer un nombre de dates, avec cette liste de dates on va regarder les contrats concernant plusieurs artistes et on voit en fonctions de leurs disponibilités puis on bloquent les dates. C’est la clé pour un événement réussit!

Séréna: Et combien de temps cela vous prends pour l’organiser?

Ludivine: Ça dépend de l’événement. Par exemple la soirée Halloween on l’a prépare un an à l’avance et on réserve la salle un an à l’avance car on sait que c’est une fête qui marche et puis on a déjà la date optimale. Ce qui prends le plus de temps c’est la technique de com, faire la promotion, distribuer les flyers. On communique principalement sur les réseaux sociaux comme facebook, instagram, snapchat. Et on distribue les flyers devant les facs et tout les endroits que les jeunes actifs fréquentes.

Anaïs: Pouvez vous nous décrire une journée type avant un événement?

Ludivine: Alors déjà l’emploi du temps de tout le monde est fixé, généralement on fait un planning du déroulement de l’événement pour chacun d’entre nous. Puis si il reste des détails à peaufiner tout le monde se met à faire quelque chose. Après on vérifie les réseaux sociaux et ont communiques les dernières annonces et informations concernant l’événement.

Anaïs: Très bien! Et donc pour finir cet entretien que diriez-vous à un étudiant qui viendrait vous demander conseil sur le domaine de l’événementiel?

Ludivine: Alors premièrement il faut des fonds et des contacts, mais surtout des contacts car même si on a les fonds sans contact cela risque d’être compliqué. Mais si tu est une personne dynamique, avenante, motivée et très à l’aise avec les gens en général c’est déjà une bonne chose pour commencer et le reste suivra par la suite.

Laurent: Je dirais qu’il faut être prêt à faire des sacrifices!

Anthony: Moi je dirais la motivation! Car sans la motivation on peut pas y arriver.

Séréna: Nous vous remercions pour cet entretien qui fut fort intéressant et fort agréable, et qui de plus à pu nous en dire plus sur l’association Clubbing Hero, et sur les événements organisés par l’enseigne. Nous vous souhaitons une bonne continuation pour les futurs projets.

Masson Séréna

Bouam Anaïs

Retranscription de l’interview de Youcef RAFIK, journaliste sportif du journal Onze Mondial

mardi 20 novembre 2018

Le Journaliste sportif moderne

 

L’entretien avec le journaliste sportif Youcef RAFIK s’est déroulé à Paris, le 2 novembre 2018, dans les locaux de Onze mondial (Boulogne-Billancourt, 92), le magazine pour lequel il travaille. L’entretien a été enregistré et filmé avec l’accord de celui-ci. L’entretien a duré 52 minutes. Malheureusement, seuls deux membres du groupe ont pu mener et assister à cette interview: Illan Boucaut et Mohamed Diarra.

 

Illan: Bonjour, on se présente: je m’appelle Illan, voici Mohammed. Nous sommes étudiants en 1ère année de licence Information-Communication à l’Université Paul Valéry 3 à Montpellier. Aujourd’hui nous allons vous interviewer afin de faire découvrir à notre classe votre métier : journaliste sportif, un peu plus précisément que ce que l’on peut trouver sur internet ou dans les magazines, à travers votre expérience etc. Je tiens à vous préciser que cette interview sera filmée afin que l’on puisse observer nos langages paraverbaux. Il sera enregistré à l’aide d’un dictaphone afin que nous puissions retranscrire cette interview qui sera publiée sur un blog, sous votre accord.

 

Rafik Youcef :Pas de soucis, ça marche.  

 

Illan/Mohamed : Merci d’avoir accepté de nous recevoir. On va commencer par une première question : si vous pouviez vous présenter et nous présenter le journal ONZE MONDIAL.

 

Rafik Youcef : Je m’appelle Rafik Youcef, je suis journaliste pour le magazine Onze Mondial du coup. On a un magazine et un site internet. Le magazine Onze Mondial, c’est un magazine mensuel, c’est-à-dire qu’il sort tous les premiers jeudis du mois, c’est un magazine qui existe depuis plus de 40 ans, depuis 1976. Il y a eu une petite période où il est passé en trimestriel, il y a 3-4 ans mais ça fait déjà 3 ans qu’on est repassé en mensuel.

En principe, on peut dire que la ligne éditoriale du magazine tourne beaucoup autour de plusieurs axes : on a une partie qui va présenter les nouveaux talents de demain, qui s’appelle «TURFU». Ensuite, il y a la couverture du magazine qui est souvent faite d’un joueur, (« une star » ), un joueur important de notre championnat en France, ou un joueur important européen ; par exemple sur ce numéro là, on a Florian Thauvin, qui est le joueur phare de l’Olympique de Marseille. Le numéro d’avant, on avait Benjamin Mendy et Riyad Mahrez en “interview croisé”, qui sont deux bons joueurs de Manchester City.

Parfois il nous arrive de ne pas avoir de joueur en interview pour des raisons diverses comme l’emploi du temps, les trêves internationales, ou pleins de petites choses qui font que ce n’est pas possible. Du coup, comme sur le numéro précédent où on avait pas de joueur interviewé, on a fait un sujet autour de la Serie A et on a mis en avant le championnat à travers des petites photos et des trucs assez graphiques. En général, quand c’est un joueur qui est en couverture, c’est un shooting photo qui est réalisé par la rédaction Onze mondial, avec des photographes professionnels. Ensuite on peut retrouver aussi pas mal de voyages, c’est-à-dire que c’est des papiers (sic)  qui sont réalisés à travers le monde par nos journalistes pigistes. On a pu avoir dans ce numéro-ci, un sujet à Astana, c’est un club, si je ne me trompe pas, qui se trouve au Kazakhstan. C’est une personne, un envoyé spécial qui se trouve sur place et qui nous propose ses services : ces pigistes sont payés au papier. Donc, vu qu’il était au Kazakhstan et que Astana est un club un peu spécial dans cette région du monde, qui affronte en plus le Stade Rennais en Europa Ligue, il y avait un lien avec la France.

On peut aussi avoir un sujet en Argentine sur une présidente, qui est la première présidente élue dans un club. On a différents sujets, dans chaque numéro. On fait aussi un  « VIP », qui en général est un chanteur, rappeur un peu à la mode parce qu’on a une cible assez jeune et qui est située dans les 15-35 ans. Sur ce numéro, on a avait Soprano, sur celui d’avant, MHD.

On inteviewe des personnes qui touchent une cible un peu plus élargie: on ne s’arrête pas qu’au foot même si les questions tournent autour du foot. On a les interviews, les voyages à travers le monde et la rencontre avec des gens hors football comme Soprano. Voilà à quoi ressemble un peu notre magazine. Ces articles là, sont relayés sur nos réseaux sociaux et des extraits de ces articles sont publiés sur des sites internet pour attirer le lecteur. Aujourd’hui, Internet est un acteur très important pour la presse papier parce que les gens consomment de plus en plus sur internet. On est disponible sur les applications comme E-press, le Kiosque etc, qui permettent de lire le magazine en ligne, en PDF. Le magazine compte environ 15 000 abonnés, il est tiré entre 35 et 45 000 exemplaires, il est vendu 4,50€ en France, un peu en Belgique, en Espagne, au Portugal et Outre-Mer.

Illan : Je vais rebondir sur un des propos que vous avez eu : vous me dites que le magazine existe depuis les années 70 environ et qu’il y a 3-4ans, il est passé en trimestriel, pourquoi ce changement de mensuel à trimestriel ?

 

Rafik Youcef : Il y a eu ce changement parce qu’il y a eu des “racheteurs” qui voulaient tenter une nouvelle formule, c’est-à-dire : on est passés en trimestriel, et le magazine faisait entre 200 et 250 pages. Ils avaient l’idée de faire quelque chose de costaud et à la fois rare : lorsque tu passais en trimestriel, il y avait que 4 numéros par an, ils voulaient essayer quelque chose de différent, chose qui n’a pas forcément marché puisque quand on passe de mensuel à trimestriel, on est forcément moins présents dans les kiosques. On est présents que 4 fois par an, du coup, les gens nous voient moins et ils achètent moins. On a ensuite été rachetés une nouvelle fois par le groupe Horizon Média. Le nouveau propriétaire a voulu repasser en mensuel pour être plus présent. Quand on est présent 10 à 12 fois par an, il y a une grosse différence. La pagination s’est réduite et on est passés à 100 pages.

 

Illan : Le groupe Horizon Média dont vous parlez possède d’autres magazines ?

 

Rafik Youcef : On a pas d’autre magazines mais on possède un site de voiture : Auto-News,

on possède également un site Lifestyle: Mens’up.

 

Illan : Il y a un partenariat assez étroit entre le groupe de voiture, le lifestyle et le magazine ?

 

Rafik Youcef : Il y forcément des synergies. Dans le magazine, il y une ou deux pages dédiées aux voitures, écrites par la rédaction d’Auto-News, il y a 6 pages « lifestyle » écrites par la rédaction de Mens’up, où l’on décrypte le look des footballeurs, les tendances.

 

Illan : Cela permet donc d’élargir les cibles ?

 

Exactement, élargir les cibles et concerner toutes les rédactions qui appartiennent au groupe.

 

Mohamed : Comment vous êtes-vous dirigé vers cette voie et quelles sont vos motivations ?

 

Rafik Youcef : J’ai joué au foot jusqu’à mes 19-20 ans à un bon niveau. J’ai toujours voulu travailler dans le football. Au-delà de faire du journalisme, je voulais travailler dans le football.

Il y avait plusieurs possibilités sachant que j’ai réalisé que je pouvais pas jouer au niveau professionnel : devenir agent, travailler en tant que conseiller d’image, dans le marketing sportif, journaliste. J’avais plusieurs idées en tête. Comme j’ai joué pas mal d’années au foot, j’avais déjà pas mal de contacts ; cela s’est fait naturellement, j’étais toujours intéressé par le foot, je suivais toutes l’actualité, les petits championnats, en Grèce ou division inférieure.

Je me suis donc dit : « pourquoi pas devenir journaliste ? »

 

J’ai fait un BTS communication en alternance, à Audisport, un média web qui publie un journal par semaine et qui est devenu mensuel. J’y suis resté un an et demi, j’ai découvert le métier, j’ai pu faire mes premières interviews, j’ai pu apprendre à monter des vidéos, à écrire des articles, écrire tout simplement. Le contact avec des professionnels permet d’apprendre les bases : comment mener une interview ? Comment écrire un papier ? Quel temps utiliser ? Ne pas changer de temps quand on écrit un papier : quand on commence un papier avec le présent, il faut garder le même temps, il faut avoir une structure.

À la fin de mes 2 années, j’ai pu obtenir mon BTS communication. J’ai pris goût à être dans des rédactions, j’ai arrêté l’école. J’ai fait deux stages de 6 mois: en me mettant dans la situation, j’allais progresser plus rapidement. C’était un choix pour acquérir de l’expérience ,pouvoir avoir plusieurs lignes à mon CV.

Mon premier stage était à Foot 365 : c’est un site internet qui parle de l’actualité du football. À l’époque, il avait une assez grosse audience, il était très suivi. J’ai pu y découvrir les réseaux sociaux. Je m’occupais de Twitter et Facebook en tant que stagiaire. J’ai fait des petites interviews. Ils avaient une chaîne TV, j’ai pu apprendre comment se déroulait une émission, une régie, les lumières etc…

J’ai pu faire les fiches de certains présentateurs. Des petites choses qui étaient intéressantes. Après, j’ai fait un autre stage de six mois à Onze Mondial où c’était différent parce que, pour Foot 365, c’était un média web et TV, alors que là, c’était un média papier. J’ai pu découvrir le fonctionnement d’un magazine. « Un chemin de fer » est le corps du magazine. Avant chaque publication de magazine, on se réunit lors d’une conférence de rédaction et chaque journaliste présent donne une idée, un sujet, puis on débat sur la pertinence ou non de ces sujets et c’est le rédacteur qui va valider tel ou tel sujet.

Une fois que le rédacteur en chef donne son accord pour les sujets, il fait son chemin de fer, exemple : il va consacrer les premières pages aux publicités, au sommaire et à l’édito, puis les dix pages suivantes à Florian Thauvin, puis les pages suivantes seront destinées à Astana etc…

Cette procédure est faite sous forme d’Excel: il y aura 100 petites cases remplies de différents sujets. Voilà comment est tenu un magazine et les voyages.

Comment on organise une interview? Avant d’arriver à Onze mondial, je ne faisais que des interviews par téléphone. J’ai pu découvrir ce que c’était une interview face à face. Comme rappelé précédemment, on découvre comment la personne réagit. Au téléphone, on ne retrouve pas ce feeling, on n’a pas les expressions du visage et des mains.

Mon stage à Onze Mondial s’est d’ailleurs très bien déroulé mais malheureusement, il n’avait pas la possibilité de m’offrir un contrat parce qu’il était difficile d’offrir des contrats à quelqu’un qui sort de l’école. Dans le journaliste footballistique, il y a beaucoup de demande et très peu d’offre, c’est un secteur assez concurrentiel.

J’ai donc dû reprendre l’école après mes deux stages de 6 mois. J’ai fait une licence Information Communication à l’Université Paris 8 et durant les cours, j’ai à nouveau effectué un stage d’un an à Onze mondial, à mi-temps cette fois-ci: 3 jours de cours et 2 jours à Onze mondial, c’était une sorte d’alternance. Pendant toute l’année, j’ai pu découvrir de nouvelles choses en cours, qui ne m’intéressaient pas forcément, mais c’était agréable de découvrir la psychologie de la communication: c’était un petit bagage en plus.  Il y avait également des cours de sémiologie, pour comprendre l’origine des mots. En parallèle, je faisais mes interviews et voyages. J’ai obtenu ma licence; on a été rachetés à ce moment là. Les nouveaux “racheteurs” ont repris le magazine puis j’ai été engagé en CDI. Je suis en CDI à Onze mondial depuis 3 ans, et j’y suis depuis 4 ans.

 

Illan : Lorsque vous parliez de votre stage à Foot 365, vous avez dit que vous aviez gérer les réseaux sociaux. Est-ce que ça pourrait être comparable à une formation de Community Manager ?

 

Rafik Youcef: Exactement

 

Illan : Pensez-vous que vous auriez les capacités pour être un potentiel community manager, maintenant ?

 

Rafik Youcef : Oui, je pense pouvoir mais aujourd’hui, j’ai 25 ans, on est dans l’ère des réseaux sociaux, on a grandi avec, donc on sait un peu les manier, ce n’est pas quelque chose de très compliqué. Il faut juste savoir que l’on peut pas tout faire à la fois, cela prend du temps. Il faut être très impliqué dans sa tâche. On ne peut pas être à la fois journaliste et community manager, c’est un métier qui prend beaucoup de temps et qui demande beaucoup d’implication. Il faut être « à la page 24h/24 », puisque les événements se déroulent rapidement. Un post Twitter a une durée de vie de 30 minutes. Dans la time-line des gens, cela paraît très « speed » (sic), un post Instagram et un post Facebook sont un peu différents. Chaque réseau a sa spécificité, il faut savoir tous les maîtriser. Il faut être sur les réseaux à plein temps. En plus aujourd’hui, il faut ajouter Snapchat. Finalement ce n’est pas simple.

Parfois, dans certaines rédactions, comme j’ai connu à Onze mondial, il faut être journaliste et community manager, on devait nous même partager nos articles sur les réseaux sociaux. Puis, très rapidement, on s’est rendu compte que ce n’était pas viable à long terme. On avait besoin de quelqu’un qui s’occuperait de cette tâche au quotidien, parce que c’est un suivi au quotidien, minute par minute, heure par heure.

Finalement, nous avons recruté un community manager qui s’appelait Aya. Depuis son arrivée, nous avons gagné beaucoup de followers (sic) parce qu’il s’occupait de cette tâche à plein temps. Avant, on s’en occupait comme on le pouvait et par conséquence, le travail n’avançait pas. Aujourd’hui, pour qu’un article soit vu et relayé, c’est très important d’être présent sur les réseaux, de suivre le bon visuel qui correspond.

 

Illan : Concernant l’essor des nouvelles technologies, est-ce que vous, votre métier en tant que journaliste sportif a changé ?      

 

Rafik Youcef : Bien sur dans le sens où moi, je suis journaliste, sur le magazine et le site internet, c’est moi qui fait quasiment toutes les interviews, presque à 98%. Je fais toutes les interviews de tous les joueurs. Aujourd’hui, il faut toujours être « connecté », les joueurs sont très présents sur les réseaux. A l’époque, si tu n’avais pas le numéro des joueurs, tu ne pouvais pas travailler. Aujourd’hui, tu n’as quasiment pas besoin du numéro du joueur, on échange beaucoup sur Instagram , en messages.

Du coup il faut montrer que tu réalises des choses de qualité. Si on est amenés à solliciter un joueur sur les réseaux sociaux, il doit pouvoir voir la qualité de ton travail: on va prendre un exemple pour les jeunes. Claudio Gomes, qui sera intégré dans notre partie sur les jeunes qui s’appelle “Turfu”. Lorsque j’envoie un message à Claudio Gomes pour lui proposer une interview, il aura au préalable vu que trois de ses amis, comme Rafik Guitane, Aurélien Tchouameni ou Enzo Loiodice (4) ont déjà accepté et effectué une interview, il aura alors lui aussi l’envie de la faire. On crée de l’envie à travers les réseaux sociaux, avec des photos et du relais entre les gens. C’est important  de partager son travail sur les réseaux sociaux pour faire une auto-promotion. Une chose au départ que je n’avais pas trop l’habitude de faire parce que cela prenait un peu de temps et que c’était un peu « chiant » (sic). On m’a incité à le faire, et plus je le faisais, plus je me rendais compte de son importance.

 

Mohamed : Lorsqu’on devient journaliste, est-ce qu’on le devient directement après ses études ou on est obligé, comme vous, de faire des stages?  

Rafik Youcef : Après quand on est stagiaire (sic), quelque part on est aussi journaliste puisqu’on a une formation de journaliste, mais sans l’être pour autant. On ne peut pas dire « oui » je suis journaliste mais on peut déjà dire qu’on est apprenti journaliste dans le sens où, on est dans une rédaction: je  prend l’exemple de «Onze Mondial». Le stagiaire qui arrive a la même importance que moi, qui suis en CDI. Je veux dire que si le stagiaire est motivé, qu’il veut participer et réaliser des choses, il peut les faire. Par contre, si le stagiaire s’assoit et se contente de faire ce qu’on lui dit de faire, qu’il ne fait pas de propositions, qu’il n’apporte pas des idées et qu’il ne montre pas qu’il est là alors il va faire son stage tranquillement. On a un magazine qui sort tous les mois. On a un site internet, il y a un certain rythme. Parfois, on ne peut pas forcément s’occuper des stagiaires, comme un enfant, c’est le monde du travail. Il faut que le stagiaire, lorsqu’il arrive dans une rédaction, montre qu’il a envie, qu’il a « faim » (sic) et qu’il veut se faire sa place.

Moi, c’est ce que j’ai fait lorsque je suis arrivé en tant que stagiaire ici. La première conférence de rédaction, j’ai proposé différents sujets, j’avais plein d’idées et puis, au fil du temps, j’ai pu participer au magazine de manière importante. Donc oui, quand on sort des cours, on est tout de suite journaliste, même pendant les cours, on peut être tout de suite journaliste en s’intéressant et en écrivant des papiers. Comme en ce moment, lorsque votre professeur vous envoie en interview, vous êtes journalistes. Mais après, c’est sûr que dès que tu sors de l’école, tu n’auras pas de contrat, tu ne vas pas gagner énormément, tout ce que l’on raconte n’est pas vrai, surtout dans le foot. Pour obtenir un contrat, tu seras obligé d’être d’abord stagiaire, ensuite tu seras pigiste et ensuite si ta pige se déroule bien, tu auras un contrat. Après, si je parle de ça, c’est ce que j’ai connu. Maintenant, d’après ce que je vois au quotidien, les gens qui cherchent du travail, ne trouve pas un contrat directement mais peut être que pour toi, cela se passera bien. Mais en général c’est un stage, une pige et un contrat.

 

Illan : Pigiste, ça consiste à quoi en fait ?

 

Rafik Youcef : Un pigiste n’est pas relié à une rédaction. C’est vrai qu’il y a eu une petite partie où moi aussi j’ai été pigiste. J’ai pu faire des piges pour le site internet de «Téléfoot», pendant l’Euro 2016. En fait, tu es utilisé de manière ponctuelle pour une tâche donnée. Par exemple, quand j’étais en pige pour «Téléfoot»,  je devais venir pendant l’Euro 2016, à la rédaction et je n’étais pas rattaché à celle-ci, j’étais une personne extérieure qui proposait ses services. J’étais, entre guillemets, un auto-entrepreneur, donc je faisais des aller-retours à la rédaction. J’avais des horaires qui étaient de 9h à 17h.

Et de 9h à 17h, on me demandait d’écrire dix papiers de 1500 caractères autour de l’Euro 2016. C’était des résumés de matchs, soit c’était des présentations de joueurs, ou encore des portraits, présentations d’équipe, présentations d’entraîneurs, note des joueurs, des petites choses comme ça. Lorsque tu es pigiste, tu n’es pas sous contrat, c’est-à-dire que tu peux être pigiste à la fois à «Téléfoot», à «Canal+» et à  « Télé-loisirs » . C’est toi qui réalise ton emploi du temps. Si, un membre de «Téléfoot» a besoin de toi lundi, mardi et que le gars (sic) de «Télé-loisir» a besoin de toi le mercredi et que le gars de «Canal+» a besoin de toi jeudi et que le gars de «Picsou magazine» (sic) a besoin de toi vendredi, alors tu auras gagné tes semaines. En fait tu construis tes semaines comme t’en as envie et surtout comme eux en ont envie si ils font appel à toi.

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : Donc voilà grosso modo le métier de pigiste, c’est un métier de journaliste externe, c’est-à-dire que tu n’es pas sous contrat avec la rédaction mais t’es là pour des choses bien précises.

 

Mohamed : D’accord.

 

Illan : Alors moi je reviens sur la question précédente, alors on ressent beaucoup, de volonté dans vos paroles, beaucoup d’investissement quand vous dites que vous êtes arrivé ici et que vous vouliez vraiment décrocher votre job.

 

Rafik Youcef : Hum. (sic)

 

Illan : Vous n’avez pas fait d’école de journalisme c’est ça ?! Vous avez fait un BTS Com’ et une licence d’information-communication?

 

Rafik Youcef : Oui.

 

Illan : Vous considérez-vous défavorisé par rapport à quelqu’un qui sort d’une école de journalisme ?

 

Rafik Youcef : Non pas du tout, ce qu’il faut savoir c’est qu’il y a même des gens qui ont fait des licences en histoire ou autres choses, plein d’autres choses qui ont fait journaliste. « Journaliste » (sic), il ne faut pas forcément faire une école. Aujourd’hui, les écoles de journalisme, la plupart d’entre elles prennent un bac+3. Celles qui prennent à la sortie du baccalauréat sont des écoles payantes, ça représente 6 ou 7, 8000 euros l’année, ça veut dire que lorsqu’on fait trois années, au final, on s’en sort avec 24 000 euros. 24 000 euros c’est quand même une somme assez importante. Moi, je n’avais pas les moyens d’avancer de tels frais surtout si à la fin de ces trois années, où tu payes 24 000 euros, on termine avec une formation de journaliste mais on n’est pas sûr de devenir journaliste. Après, personnellement, je pars du principe que l’école en France, c’est gratuit. J’ai préféré faire un BTS et puis après une licence et entre guillemets, me «démerder» (sic) avec des stages, apprendre sur le terrain puisque je pense qu’il n’y a pas mieux que la pratique. Après c’est sûr, qu’au départ, il y avait des bases que je n’avais pas mais que j’ai appris en faisant des stages et en côtoyant des journalistes professionnels qui m’ont accompagné. Je les ai sollicité pour qu’ils m’accompagnent et pour qu’ils m’aident. Et il faut savoir que quand tu es demandeur et que tu montres de la volonté, en général, les gens peuvent t’aider. C’est pas obligé mais ils peuvent et c’est ce qu’il s’est passé tout simplement. Donc, j’ai plus appris sur le terrain.

 

Mohamed : D’accord mais du coup dans le métier de journaliste, il y a une insertion professionnelle qui est difficile quand même ?

 

Rafik Youcef : Ouais, je pense qu’elle est, elle est à la fois difficile et facile puisqu’elle est facile si on s’en donne les moyens…

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : …et difficile si on attend les choses. Mais je pense que ça c’est la même chose partout.

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : Si tu veux vraiment faire quelque chose, tu vas au bout et si tu penses que les choses vont venir vers toi, alors tu vas galérer jusqu’au jour où tu comprends qu’il faut y aller. Donc voilà tout simplement.

 

Illan : D’accord.

 

Mohamed : J’ai une autre question, par rapport au Onze Mondial, vu que je parle en conscience de moi-même, en cause de moi-même pardon (sic). J’aimerais bien m’inspirer de votre parcours, c’est-à-dire à faire des stages…

 

Rafik Youcef : Ouais ?

 

Mohamed :Et je me demande si, par exemple, je me lève et je me dis : «voilà, j’envisage de devenir journaliste, je vais aller proposer mes services à «11 Mondial», est-ce qu’ils acceptent les stagiaires ou il faut faire un recrutement ?

 

Rafik Youcef : Non, on prend. Pour ma part, je reçois beaucoup de messages sur les réseaux sociaux et je renvoie vers notre rédacteur en chef, et voilà ce qu’il se passe: il répond à tout le monde pour les stages, ensuite, on reçoit beaucoup de candidatures spontanées de personnes qui recherchent des contrats ou des contrats en alternance, ça c’est un peu plus compliqué à avoir…

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : … Puisque ça demande un peu plus de frais, et que ça demande du budget. Souvent on n’a pas de budget pour ça puisque l’équipe est déjà un peu définie depuis un moment et puis on est une équipe assez jeune. Du coup, les membres sont un peu sur leur faim et ils ne risquent pas d’arrêter tout de suite. Et donc on reçoit des demandes de stage et alors ce qu’il se passe, c’est qu’on peut les recevoir, le rédacteur en chef les reçoit, ils font un petit entretien rapide. La personne peut lui expliquer ce qu’elle veut faire, ensuite il se présente. Le stagiaire est laissé seul ici, dans la salle et il doit écrire un article avec un stylo et une feuille blanche. Pour savoir un petit peu comment il écrit, connaître son niveau. Bien sûr, pas sur un ordinateur parce que sur un ordinateur, il y a les correcteurs de fautes. En fait, c’est pour avoir une idée son niveau, l’orthographe est quand même important. Même si, lorsque je suis arrivé, je faisais énormément de fautes, on m’a laissé mais, on peut dire que j’ai eu de la chance sur ce coup là, je faisais énormément de fautes donc ce n’est pas non plus très grave au départ de faire des fautes. On s’améliore tous mais il ne faut pas non plus que ce soit trop catastrophique puisque que lorsque tu es pris en stage à «Onze Mondial», comme je te le disais, t’es un membre à part entière de la rédaction. C’est à dire que tu es sur le back-office du site internet. Les back-offices, vous savez ce que c’est? C’est l’endroit où tu rentres ton article pour qu’il soit publié sur le site internet. Pour faire un back office, il faut que tu rentres le titre, le chapeau, le synopsis de l’article..

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : …ensuite tu rentres ton article, la photo, ensuite tu dois mettre des liens dans l’article. Tu sais, il y a plein de petites choses à régler, à gérer. En général l’information sort d’un back-office dans une petite journée. On s’habitue à force de l’utiliser. Après, le stagiaire est tout seul face à son back-office et face à ses idées et donc il doit écrire ses articles. Ensuite, avant d’être écrit, sur les deux premières semaines, les articles sont relus et validés par le rédacteur en chef et juste au départ pour vérifier qu’il a bien compris le fonctionnement du back-office, comment publier un article. Et ensuite, le stagiaire est face à sa responsabilité. Lorsqu’il publie, il publie seul et il prend les responsabilités. Du coup, si on laisse un stagiaire seul sur l’article, sur le site internet et puis par la suite, il s’avère qu’il a écrit n’importe quoi, avec plein de fautes, c’est embêtant. C’est pour cette raison qu’en amont, on mène une sorte de mini entretien, on lui fait faire un petit article pour être sûr qu’il écrit bien.

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : Et oui, en général toutes les rédactions sont demandeurs de stagiaires parce qu’un stagiaire, comme je vous le disais, c’est un membre à part de la rédaction, il est là pour apprendre. C’est un jeune et on va se dire la vérité, au niveau des rédactions, il ne coûte pas cher. Et s’il a envie d’apprendre alors il va progresser et puis s’il fait ses preuves alors il va réussir à rester en pige ou sous contrat, c’est ainsi que ça se passe.

 

Illan : D’accord. Et du coup quel conseil donneriez-vous à un étudiant comme nous en licence Information Communication afin de réussir, que ce soit en stage ou ensuite, réussir dans votre voie de journaliste sportif ?

 

Rafik Youcef : Je dirais qu’il faut faire des stages, multiplier les expériences professionnelles, ne rien négliger et multiplier les rencontres. A part ça, on peut créer son réseau, ne pas hésiter à aller vers les gens aussi et si on est timide et qu’on reste dans son coin et bien, ça pose problème car on ne peut pas se faire connaître et se faire connaître, c’est un petit peu ce qu’il faut faire, c’est simple. C’est juste ne pas être timide, aller vers les gens et beaucoup lire aussi, des articles différents. Se créer un style d’écriture et beaucoup écrire aussi. Bien gérer les mises en situation lorsque les professeurs vous demandent d’écrire des papiers, des articles, aller vers le professeur. Voilà, parce que vous vous êtes encore à l’école, aller vers le professeur le, leur demander certaines méthodologies et bien les respecter…

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : …puis après quand vous êtes en stage, aller vers les journalistes qui sont dans la rédaction, leur demander des conseils, des astuces, des outils, se donner les moyens tout simplement . Mais à dire c’est pas compliqué, mais à faire souvent c’est plus dur et pourtant il ne faut pas hésiter à solliciter le journaliste. Des fois, on a l’impression qu’on dérange quand on va voir l’autre : «ouais, est-ce que tu peux m’aider sur ça » (sic) mais il faut y aller. Et même si il te dit, oui, on s’en occupe demain, il ne faut pas attendre sur sa chaise que le lendemain il revienne vers toi. Tu dois aller le solliciter à nouveau le lendemain et dire qu’aujourd’hui, tu as dit qu’on allait revoir ensemble l’article, que tu allais me donner des astuces. C’est ainsi que ça marche.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youssef : Mais si le gars il dit : «on voit ça demain» et si tu vois que le lendemain il n’est pas revenu vers toi et que toi tu dis «bon beh si il revient pas, normal, je reviens pas vers lui» alors c’est toi qui sera perdant au final, tu vois..

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Donc ne pas hésiter à solliciter les gens et ne pas hésiter à créer du contact et faire de nouvelles rencontres.

 

Illan : D’accord, une question ?

 

Mohamed : Vas-y.

 

Illan : Du coup, en plus d’avoir une bonne culture, attendez, je vais vous poser une première question déjà. Vous avez une bonne culture du coup logiquement, dans le monde du football mais avez-vous aussi une bonne culture sportive générale ou pas ? Enfin, est-il nécessaire d’avoir une bonne culture sportive générale afin de…

 

Rafik Youcef : Oui c’est nécessaire parce que tu peux être journaliste pour autre chose, pas que pour du foot. Après ça dépend si toi tu ne veux bosser que dans le foot toute ta vie alors tu te formes au foot et si tu trouves pas de contrat dans le foot, comment ça se passe, comment tu fais ? Tu arrêtes, c’est-à-dire tu travailles pas, soit tu arrêtes tu travailles pas et tu décides de faire vendeur chez Zara (sic), soit tu acceptes d’aller faire autre chose et d’être journaliste dans la moto ou dans le tennis ou même, un journaliste politique. Pour ma part, je sais que c’était journaliste sportif, pas autre chose. Comme, par exemple, je n’aurais pas pu me diriger vers des sujets comme la voiture.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : J’aurais pu aller intégrer la rédaction de «Téléfoot» en pige ou après, on voulait me garder en contrat mais il fallait que je sois journaliste à la fois «Téléfoot» et “Auto moto”, mais sauf que je ne voulais pas parce que je ne connaissais pas l’auto ni la moto, je ne voulais pas le faire. Alors je n’ai pas pu intégrer leur rédaction mais bon, ce n’était pas très grave, je m’en «foutais» (sic) mais c’est juste parce que je savais ce que je voulais faire mais d’autres, parfois n’ont pas le choix et sont obligés de rester à travailler. Exemple, tu vas rentrer chez l’Équipe, tu vas peut être t’occuper pendant “x” temps (sic) de la rubrique «ski » que tu n’aimes pas du tout mais t’es obligé de passer par là pour après intégrer la rubrique «Foot»…

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Donc plus ta palette est large, plus tu as de chance d’entrer dans les rédactions. Après, si tu veux te consacrer qu’au foot c’est risqué, c’est périlleux.

 

Illan: Je vois.

 

(…)

 

Mohamed : J’y vais ? Alors, est-ce que vous avez déjà voyagé afin d’acquérir de l’expérience ? Et, de rencontrer de nouvelles personnes afin d’acquérir de nouvelles techniques pour écrire ?

 

Rafik Youcef : Non, moi j’ai voyagé, après le bac. Je suis parti vivre neuf mois à Los Angeles, alors ça c’était plus pour travailler mon anglais mais c’est important dans le métier de journaliste. Après, voyager pour rencontrer des professionnels du métier, non mais voyager pour réaliser des interviews, aller chez les joueurs, aller dans les clubs, dans les stades, oui j’ai déjà fait un certain quota de pays, donc voilà.

 

Mohamed : Et, par rapport à la langue, c’est nécessaire de maîtriser plusieurs langues…

 

Rafik Youssef : Ouais, c’est…

 

Mohamed : …notamment l’anglais, vu que c’est une langue internationale.

 

Rafik Youcef : Bien sûr, quand tu gères l’anglais, l’espagnol, c’est mieux puisque forcément quand tu es dans le foot c’est important comme ça tu n’as pas de limites, tu peux échanger avec tout le monde. L’anglais c’est une langue universelle. Moi, je sais que personnellement, j’ai vécu neuf mois à Los Angeles mais je parle pas très bien anglais non plus. Mais pourtant je me débrouille et je suis capable d’aller faire une interview. J’ai déjà pu aller en Allemagne faire des interviews en anglais avec des joueurs allemands. C’est toujours mieux aussi de parler l’espagnol, si je dois aller faire une personne en Espagne qui parle que espagnol, le mieux c’est que tu parles espagnol sinon pour faire une interview avec un traducteur ce n’est pas très agréable.

 

Mohamed : D’accord. (…) T’as une question ?

 

Illan : Ensuite, j’ai une question à vous poser. Voulez-vous évoluer, ou comment évoluer lorsqu’on est journaliste sportif ?

 

Rafik Youcef : En exemple, quand on est journaliste, fin, à terme on peut devenir rédacteur en chef par exemple… Tu peux passer de journaliste presse papier à journaliste télé, aussi. Il y a plusieurs perspectives d’évolution. Il y a des perspectives d’évolution qui n’ont rien à voir: par exemple le rédacteur en chef du «Onze Mondial» est passé directeur de la communication à Strasbourg, et il y a un autre qui est passé attaché de presse à La Presse Monaco. Il y a plein de passerelles dans tous ces métiers bien sûr.

 

Illan : D’accord, donc vous avez quand même une palette assez large de…

 

Rafik Youcef : Après, on évolue quand, j’y reviens, l’exemple de nouveau directeur de communication de la Fédération Française de Football était il y a encore six mois un journaliste à L’Équipe et il est passé directeur de la communication parce qu’il s’occupait pendant plusieurs années de l’Équipe de France. Il a noué des liens avec la Fédération, la Fédération lui a proposé d’intégrer leur staff, voilà il y a plein de passerelles bien sûr. Après c’est des choses qui se font pas en un an, deux ans, il faut plusieurs années de travail mais oui c’est possible d’évoluer, bien sûr.

 

Illan : D’accord

 

Rafik Youcef : Voilà, il y a des journalistes qui sont devenus agents ce qui veut dire qu’il y a plein de possibilités d’évolution, bien sûr.

 

Illan : Ok, merci. Votre métier de journaliste sportif, je sais pas si c’est différent lorsqu’on  travaille pour un journal hebdomadaire ou mensuel mais, que considérez-vous comme inconvénient et comme avantage ?

 

Rafik Youcef : A priori, oui (…), contrairement à un mensuel ou à un hebdomadaire, à un quotidien, il y a des différences, c’est le rythme de travail. Même si dans tous les cas, il est très élevé parce que dès que tu postes celui de mercredi ou jeudi, on est déjà dans le prochain. Faut déjà trouver de nouveaux sujets, parfois on marche par anticipation mais parfois on ne peut pas anticiper et comme on a un magazine mensuel, il faut quand même que ça colle un peu avec l’actualité.

 

Illan/Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : C’est à dire que s’il y a deux mois, on avait prévu de mettre en couverture Samuel Umtiti et qu’entre-temps Samuel Umtiti s’est blessé alors il ne rentre plus dans l’actualité puisqu’il ne joue pas et qu’il n’est plus trop disposé à parler dans la presse. Du coup, faut trouver toujours un plan A, un plan B, un plan C, un plan D. Il faut avoir plusieurs plans ou il faut toujours être en contact avec tous les clubs pour caler les interviews, que ce soit avec les clubs, avec les agents, les joueurs, toujours faire de la prospection on appelle ça. Donc c’est important puisque tu peux prospecter et proposer une interview à quarante joueurs, tu peux avoir zéro réponses positives comme tu peux en avoir quarante de positives et qu’à partir de là, il faut savoir gérer. Comment on fait ? Alors sur quatre, qui en ce moment, veulent parler sauf que nous, on va dire entre guillemets, on peut en mettre que deux, ça veut dire savoir jongler, savoir leur expliquer qu’eux, c’est mieux pour eux le prochain, établir des plans etc. Donc oui, ce n’est pas simple, après les joueurs, en ce qui concerne le football, on sait tous que ce n’est pas facile d’échanger avec eux, qu’ils sont très sollicités. Il y en a même qui sont très méfiants, ils ont peur et du coup ils ne veulent pas s’ouvrir facilement. Et dans ce cas-là, il faut les mettre en confiance, il faut être disponible et ça c’est important, être disponible. Comme l’interview que j’ai pu faire avec Benjamin Mendy le mois dernier . L’interview était le dimanche, j’ai été mis au courant le samedi à 20h: ça montre bien qu’il faut avoir un emploi du temps qui peut s’adapter à toutes circonstances et à tout moment puisque ça évolue très vite et très souvent. L’interview, elle peut avoir été prévue depuis trois mois, un jour et puis le jour J, elle est annulée. Il y a plein de circonstances qui peuvent interférer dans les plannings des joueurs et dans nos plannings à nous. Ils se passent pleins de choses tout le temps et du coup, il faut vraiment suivre le truc au jour le jour parce que ce n’est vraiment pas simple.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Être tout le temps disponible, oui. Après si tu es quelqu’un qui est rigide et qui veut, entre guillemets, bosser comme un fonctionnaire tous les jours entre 8h et 17h. Alors tu es sûr que tu ne vas pas faire grand chose dans ce métier là puisque le foot ça évolue. Pour le foot je parle, ça évolue trop rapidement et tu peux être appelé à (…(sonnerie notification téléphone)…). Ça peut être, comment dire, tu peux être appelé à trois heures du matin, personnellement je sais que ça m’arrive souvent, trois heures du matin le mec il m’appelle : «ouais, vas-y viens on relie l’interview aujourd’hui de nos joueurs. Là je suis disponible», c’est l’agent qui t’appelle : «je suis que disponible entre 2h et demie, 3h et demie du matin», les gars ils sont comme ça et si toi tu ne veux pas être disponible et tu ne veux pas faire des efforts alors il ne fait pas l’interview avec toi, il va la faire avec un autre journaliste qui sera prêt à le faire (sic). Il y a aussi pas mal de choses comme ça qui ne sont pas simples. Après toi, il faut que tu t’adaptes, le lendemain tu n’as pas besoin d’aller au bureau, tu dors mais oui il faut être très disponible.

 

Illan : D’accord. D’ailleurs vous avez parlé de confiance avec les joueurs, avez-vous souvent fait face à des joueurs ou des agents qui étaient assez réticents du coup à être interviewé, dans ce manque de confiance ?

 

Rafik Youcef : Bien sûr, bien parce qu’ils veulent faire très attention aujourd’hui la communication, la communication pour un sportif de haut niveau, c’est très important. C’est-à-dire qu’ils savent tous que leurs faits et gestes sont épiés et qu’ils ne peuvent pas se tromper dans ce qu’ils font. C’est quand même des personnages publics assez importants, c’est à dire une heure de communication peut leur coûter cher, peut leur coûter un compte avec leur image, ou peut leur coûter la remontrance de leur club, de leur entraîneur. Donc ils font très attention, ils sont souvent très réticents et ils réfléchissent pas mal de fois avant de dire oui et ils mettent beaucoup de temps souvent avant de dire oui…

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Parce que souvent des fois il faut avoir l’accord du joueur. Ensuite, après avoir eu l’accord du joueur, il faut avoir l’accord du club. Ensuite après avoir eu l’accord du club, il faut aussi  l’accord de l’agent, l’accord de la famille, ça dépend de l’ordre mais il y a beaucoup d’interlocuteurs et beaucoup de personnes qui donnent leurs avis donc plus de gens donnent leurs avis, plus c’est compliqué à faire valider. Et du coup ce n’est vraiment pas simple. Après, pour dans certaines situations le club dit non, ils refusent pendant plusieurs semaines et plusieurs mois mais si le club, le joueur a vraiment envie et qu’il fait sans l’autorisation du club, il s’expose à des problèmes. Et par exemple c’est ce qu’il se passe avec Florent Tobin lors de l’Olympique de Marseille, son club ne voulait pas l’interview sauf que lui il avait ressenti un besoin de parler, et du coup il a décidé de le faire sans l’accord du club et de par lui-même, il avait un message à faire passer, qui a été repris dans tous les médias donc voilà, il est content, c’est passé mais oui il faut avoir du caractère pour pouvoir s’exprimer sans le consentement du club, ou autre.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Après tu as certains joueurs qui ne veulent pas prendre de risques et qui ne veulent que suivre ce que leur club leur dit et là c’est un peu plus compliqué, ou pas. Des fois ça simplifie les choses,  des fois ça les rend compliquées…

 

Illan : Je comprends.

 

Rafik Youcef  : Mais après ça dépend des cas de figure, des agents, des joueurs, après il y a des joueurs et des agents avec qui j’ai de très bons rapports et il y en a d’autres que je ne connais pas et du coup quand je les appelle, ils sont un petit peu réticents. Ensuite, tu leur fait un mail, tu leur envoie un exemple d’interview et après, une fois qu’ils ont un exemple d’interview, ils voient à quoi ressemble ton travail et puis après ils acceptent. Par exemple c’est ce qui m’est arrivé avec un joueur comme Ousmane Dembélé qui ne répond  pas à la presse, qui fait très peu d’interview. C’était un exemple en 2018, il a fait qu’une interview, ça remonte au Mondial. Pour ma part, ça faisait deux ans que je demandais une interview. Il voulait pas savoir, il ne répondait jamais ou quand il me voyait il me racontait une histoire, il me faisait tourner en rond etc. Donc quand tu parles avec le club, le club il dit : «nous on veut bien le faire mais le joueur il ne veut pas». Du coup tu es dans l’attente, tu es dans l’attente…

 

Illan : D’accord.

   

Rafik Youcef : …et là ce qui s’est passé, c’est que tu avais déjà pu faire un an auparavant, deux ans en 2016 Aubameyang, qui sont très copains, donc là quand c’est comme ça, t’essaye de faire jouer tes réseaux. J’ai appelé Aubameyang, j’ai demandé à Aubameyang de convaincre Ousmane Dembélé.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : ...puis après Aubameyang m’a dit «ok», je l’appelle tout de suite, il l’a appelé, il m’a rappelé, il m’a dit c’est bon Ousmane il est «ok» pour le faire, et là c’était «ok». Ensuite, entre temps Ousmane il te dit oui. Entre-temps c’est la fin de saison du coup, il devait vite aller en équipe de France, du coup on a dû reporter. Une deuxième fois, il y avait son transfert au Barça qui était en train de se jouer, on devait la faire, ça a été reporté. Une troisième fois, il s’est blessé, ça a été reporté. Quatrième fois, il s’est à nouveau blessé, c’était reporté. Et la cinquième fois, ça a été bon. Le truc c’est que ça a duré deux ans avant de le faire mais c’est comme ça…

 

Illan : Du coup, les contacts et la persévérance sont vraiment très importantes dans…

 

Rafik Youcef : Ah ouais, c’est vraiment très important, elles sont vraiment très importantes, faut être…

 

Illan : votre métier ?

 

Rafik Youcef : … très patient. Des fois, on a tous un égo, on a tous un caractère, alors des fois on veut se fâcher, les insulter, leur raccrocher au nez parce qu’on sent bien qu’ils ne veulent pas nous dire non mais ils nous font tourner en rond. Mais voilà, oui, il faut avoir de la patience, faut être très professionnel et, faut rester carré et à partir de là, les choses se font naturellement.

 

Illan : D’accord, ça marche.

 

Mohamed : Moi, j’ai pas d’autres questions.

 

Illan : Ok, du coup on fait un petit récapitulatif…

 

Mohamed : Oui, c’est ça.

 

Illan : … de tout ce qu’on a vu. Du coup, on a parlé tout premièrement du magazine «Onze Mondial» et de son partenaire, propriétaire. Ensuite on a retracé votre parcours scolaire, les stages que vous avez pu ensuite faire, stage professionnel et enfin, maintenant, votre CDI à «Onze Mondial». Et nous avons ,ensuite, exploité un peu plus profondément votre métier et avantages, et inconvénients de ce que représente le journalisme sportif et…

 

Mohamed : Et voilà,

 

Illan : C’est bon ça va ?

 

Mohamed : C’est bon.

 

Illan : Super, du coup nous tenons à vous remercier de nous avoir…

 

Rafik Youcef : Pas de problème.

 

Illan : …accueillie aujourd’hui et, je vous précise quand même que la retranscription on vous en enverra un exemplaire d’abord en PDF que vous aurez le droit de modifier si certaines choses ne vous plaisent pas et voilà, c’est tout.

 

Rafik Youcef : Y’a pas de soucis.

 

Illan : Donc merci beaucoup.

 

Mohamed : Merci.

 

Rafik Youcef : Merci à vous.

Nous remercions Rafik Youcef pour avoir pris le temps de nous recevoir et de répondre à nos questions. Suite à sa participation, nous avons pu recevoir des informations complètes concernant le métier de journalisme qui nous apportes une motivation à nous dirigés vers ce métier. L’entretien a été agréable, professionnel et enrichissant.

        

Illan Boucaut, Mohamed Diarra, Hakim Barnoussy, Malaurie Romero

Groupe 6