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Entretien sport

samedi 30 novembre 2019

Entretien avec les deux Community Managers du Montpellier Hérault Sport Club (MHSC). 

lundi 25 novembre 2019

Dans le cadre du cours de Projet Professionnel Personnalisé, nous avons interviewé les deux CMs du MHSC : Clément POUYATOS et Amélie MORIN. Théo s’est occupé des questions introductives, Gustave des autres questions et de la gestion du temps, Nils et Khalil des relances.

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Théo : Bonjour à vous, pour commencer on va se présenter. Nous sommes 4 étudiants en L1 d’information-communication à la faculté de Paul Valéry. Dans le cadre de nos cours, il nous a été demandé d’interviewer un professionnel. Nous avons choisi le métier de Community Manager et nous sommes tourné vers vous. Encore merci  de nous accorder votre temps et pour votre réactivité. Acceptez vous que cet entretien soit enregistré et retranscrit ? Il vous sera envoyé par mail avant la publication. 

Amélie et Clément : Oui, bien sûr. 

Théo : Pour commencer pouvez vous vous présenter ? 

Amélie : Moi, c’est Amélie, ça fait 6 ans que je suis au club, je suis rentré en tant que stagiaire et j’ai commencé en tant que graphiste car à l’époque le club passait par une agence de pub et c’était plus arrangeant pour eux en interne d’avoir quelqu ‘un. Au fur et à mesure j’ai commencé à m’occuper des réseaux sociaux, petit à petit j’ai un peu pris cette deuxième casquette de community manager. Plus tard nous avons été rejoint par Clément.

Clément : Moi ça va faire trois ans et demi que je suis là, comme Amélie je suis rentré en stage en fin d’étude en L2, principalement sur un rôle de JRI : Journaliste Reporter d’Image. Je m’occupe maintenant de la vidéo pour les « féminines » dans le centre de formation et aussi des pros pour tout ce qui est digital. Je m’occupe aussi du coup du community management avec Amélie, on se partage les rôles. Elle est plutôt du côté des pros et moi des féminines. Il arrive aussi que moi j’aille travailler avec les pros et inversement. Ça m’arrive aussi de faire les déplacements avec les pros. 

Théo : Vous nous avez dit que vous étiez rentrés en stagiaire, pouvez vous nous parler un peu plus de votre parcours scolaire et professionnel ? 

Clément :  Moi j’ai commencé avec un DUT services et communication (MMI : métier du multimédia), ensuite j’ai fais une L3 métier du sport à la faculté de Toulouse, c’était un dérivé de STAPS mais axé sur les métiers lié au sport : communication, marketing, droit gestion etc.. Enfin j’ai fais M1/M2 à Bayonne « Gestion des organisations sportives professionnelles et management». J’ai donc fais mon stage de fin d’étude ici et à la fin j’ai été gardé.

Amélie :  Moi j’ai fais un BTS communication, après j’ai fais information communication à la fac. Je voulais travailler dans le sport, après avoir fait un stage dans une agence de pub, j’ai compris que ce qui m’intéressait c’était vraiment le sport.  J’ai voulu intégrer une formation marketing du sport en M2 mais je savais que pour y entrer, il fallait que j’ai un profil plus « sport » je suis donc allé une année de STAPS en M1 et j’ai donc fais mon M2 marketing du sport. J’ai trouvé ce M2 super intéressant car il y avait des intervenants professionnel  qui nous ont appris des choses du quotidien qu’on voit vraiment dans le travail. 

Nils : Est-ce un parcours de CM typique que vous avez suivi ? 

Amélie : Personnellement j’ai bifurqué.

Clément : Moi pas du tout, à la base j’avais un parcours assez général et quand on a commencé nos études, le métier de CM n’était pas reconnu, il n’y avait pas encore d ‘études liées à ça. Après dans notre génération, on a toujours connu les réseaux sociaux par exemple Amélie, quand on lui a dit qu’elle allait prendre les réseaux sociaux, personnellement elle devait déjà bien connaître les réseaux, on a pas eu de formation dedans. Après X années dans le métier, Amélie connaît pas mal de trucs, tout comme moi et vous aussi je suppose, de par votre âge. C’est plus de la pratique, il faut fouiner. De base j’ai pas du tout eu de cursus dans le community management pur. 

Amélie: Après, le milieu évolue tellement vite que ce qui était vrai il y a un an ne l’est plus forcément aujourd’hui. 

Théo : Qu’est ce qui vous a pousser à faire ce travail, à rentrer dans le community management ? 

Amélie : On est six dans le service, on a tous plusieurs casquettes, on est tous polyvalents mais c’est vrai qu’il n’y avait pas de stratégie de communication pour les réseaux sociaux. Petit à petit, j’avais un peu de temps et en parallèle du graphisme j’ai commencé à m’occuper plus que les autres de cette partie là, ça s’est fait un peu tout seul. En revanche quand j’ai commencé à m’occuper de ça je me suis rendue compte que je ne pouvais pas m’occuper et des pros et du centre de formation et des féminines, c’est pour ça qu’avant que Clément arrive, on cherchait quelqu’un avec son profil qui puisse gérer cette partie là et la partie « cameraman » en fait. 

Clément : Comme elle a dit, on a pas un CM qui fait que ça. Au PSG par exemple ils sont deux community manager qui ne font que ça. D’un côté Amélie s’occupe de la partie infographie qui prend beaucoup de temps et de mon côté j’ai la partie vidéo et la partie fond de dotation qu’on est trois à gérer. Mais on ne fait pas que du community management du matin  jusqu’au soir. On ne peut pas gérer le CM a plein temps en plus de l’infographie et la vidéo qui prennent énormément de temps. Donc au final on arrive bien à se partager ces rôles parce qu’on a chacun des casquettes différentes. 

Théo : Est ce que le métier de CM en lui-même correspond à vos attentes ? 

Clément :On peut pas trop répondre à cette question vu qu’on ne fait pas que du Community Management, on peut pas se mettre à la place d’une personne qui fait ça de 9h jusqu’à 18h. A côté on a d’autres tâches qui nous permettent d’avoir ce besoin de polyvalence. 

Amélie : Être tout le temps derrière un  écran c’est un peu lourd et c’est vrai qu’on a cet avantage là de pouvoir aller au terrain, s’aérer l’esprit -rires- enfin … s’aérer l’esprit ; à la base on y va pour le travail mais ça change. C’est bien d’avoir cette polyvalence dans notre boulot que tous les clubs n’ont pas. 

Clément : Ça dépends de la boîte dans laquelle tu travailles et dans le secteur, par exemple le CM d’un club pro, c’est sympa, on sort, on va au terrain, on filme l’entraînement on fait des « story » sur les réseaux. C’est plus ludique qu’être CM d’une boîte comme « Leroy-Merlin » par exemple où on doit plus rester derrière un ordinateur, c’est moins « fun ». Ça dépends du domaine, mais dans le sport en tout cas, là où Amélie prend le plus de plaisir c’est évidemment les jours de matchs ou d’entraînements. On travaille mais on voit pas forcément passer le temps. Maintenant c’est un métier ou toutes les grosses boites vont avoir un CM et nous on a un point de vu d’un club de sport pro, c’est très différent. Moi j’ai pas l’expérience dans d’autres entreprises. 

Amélie : Après, ces autres boîtes ont plus la problématique de comment animer les réseaux sociaux, quels jeux à mettre en place etc.. nous on a cette problématique là mais surtout on a les actualités du club, on se creuse moins la tête. On sait qu’en début de semaine on fait le planning, on sait que tel jour il y a entraînements des pros, tel jour des féminines, tel jour des jeunes, on fait un mix de tout ça. On sait que sur les réseaux sociaux il y a du contenu à partager de base tel que les « après-match », les opérations en cours etc.. on a donc peut être moins besoin d’être créatif que certains, on créer moins de contenu puisqu’on a nos actus. 

Clément : C’est le côté sportif et professionnel du football qui va nous créer notre contenu, évidemment quand on a du temps on peut créer des jeux concours, de l’engagement avec nos supporters, créer des vidéos etc…Mais c’est vrai qu’une semaine basique on a nos actus facilement.  

Gustave : Après m’être renseigné sur le métier de CM j’ai vu que souvent il n’y avait pas d’horaires fixes, que beaucoup faisaient du télétravail, qu’en est il pour vous ? 

Clément : Nous on est obligé d’être là, des fois même ça dépasse les horaires de travail. Par exemple lundi c’était férié, si on avait des actualités à poster, des choses importantes, il fallait le faire. Les réseaux sociaux ne s’arrêtent pas aux horaires de travail. 

Amélie :  Exactement, le match qu’on a eu dimanche (10/11/2019) est axé sur le bleuet de France qui est symbolique du 11 novembre, du coup le lundi, il a fallu faire un post Instagram par exemple. Et ce n’est pas des choses qu’on peut programmer  (bien que les réseaux offrent des outils de programmation) car on a du regarder par rapport aux photos du match. Autre exemple, ce soir Clément va au secours populaire.

Clément : Oui, ce soir on a une action avec le secours populaire, on va organiser une collecte avec le centre de formation et quelques joueurs. Une action comme ça dépasse le cadre du « 9h-18h », il arrive même que de chez nous on puisse gérer les réseaux. Nous on a des horaires fixes quand on est au club  mais les réseaux ne ferment pas à 18h. Soit on utilise un outil pour programmer et on programme soit ça nous arrive de fouiner. Je sais que ça m’arrive de traîner si il faut liker quelques trucs, si il faut commenter ou partager. Après on est pas un grand club français comme le PSG ou Lyon où je pense qu’il y a beaucoup plus d’actualités. Ils doivent limite trier en termes d’actus mais nous les choses intéressante avec les supporter ou quoi, on essaye de regarder. Moi j’ai un exemple pour Oxbow où je ne voit pas l’intérêt pour certaines boites d’être toujours à disponibilité.

Amélie : Après je pense que ça dépend vraiment du secteur d’activité. Par exemple en politique les community manager n’ont pas d’horaires fixe alors que community manager dans un magasin, en dehors de tout ce qui est événementiel, je pense que tu as une journée de travail normale. Il est aussi possible de programmer les portes avec de nouveaux outils mais on n’est plus obligé de rester devant un écran. Nous on l’use régulièrement car sinon on y serais encore tout les week-end.

Clément : Notre but quand on organise notre semaine c’est de faire une réunion pour étaler toutes les actus qu’on a sur la semaine. C’est à dire que si un match à eu lieu dimanche, nous allons mettre les actus principales lundi. Il ne faut pas qu’il y ai des actus lundi et mardi, que mercredi il y en ai moins et jeudi et vendredi plus rien. C’est aussi pour ça que l’on programme les week-end. Il faut que nos réseaux sociaux soient complet.

Khalil : Vous avez parlé plusieurs fois du fait qu’il faut porter plusieurs casquettes, qu’il y a plusieurs composantes qui rejoignent plusieurs autres métiers, en tout cas dans la manière de faire pouvez vous nous en dire plus ?

Amélie : Oui, Clément est caméraman, il monte des vidéos, il à cette capacité de faire, de créer tout ce qui est community management..

Clément : Comme j’ai beaucoup appris dans la vidéo, que je fais du contenu vidéo, c’est complémentaire au métier de community manager parce que je me crée moi même ce contenu que l’on partage ensuite avec Amélie. Comme Amélie est graphiste, elle sera plus sur du visuel fixe. Par exemple pour le match contre Nîmes, on a créé une petite campagne de com’ avec des visuel de joueur et des citations. On se crée aussi notre contenu. Je pense que quand tu es CM, soit tu travaille pour un grand club pro qui on leur graphistes, leur monteurs qui leur envoie le contenu et ils n’ont plus qu’à programmer, partager soit, tu travaille dans un club « normal » parce que je pense qu’il n’y en a pas beaucoup des clubs comme ça, et on se crée aussi nos contenus. Ici on a aussi quelqu’un qui s’occupe du site internet et qui fait du rédactionnel qui nous fournit beaucoup d’articles écrits que ça soit des interview, des portraits, des papiers que l’on partage aussi. Donc la au final on ne crée aucun contenu. C’est lui qui fait l’article, l’interview, il nous envoie les photos et on partage simplement.

Amélie : Vu que l’on est six dans le service (une directrice de communication, un attaché de presse, un web-designer et un JRI), quand vous voyez un post sur les réseaux sociaux, ce n’est pas forcément Clément ou moi. 70-80% du temps c’est nous deux, et parfois c’est les autres car on a tous des moments où on a plus de travail que d’autres moments. Du coup on leur demande de partager leur travail. C’est comme ça que l’on fonctionne, on se complète.

Clément : Après chaque club ou boite à sa gestion.

Amélie : On l’a vu car on avait un séminaire avec les autres clubs et on s’est rendu compte que tout les autres clubs fonctionnent différemment finalement car certains vont avoir trois community manager, d’autres qu’un seul et d’autres comme Nîmes qui ont qu’un chargé de com’ qui s’occupe d’absolument tout. Il y a d’autres club comme Lyon qui ont rassemblé le service marketing et communication.

Clément : Pour le fait d’avoir plusieurs casquettes, je pense qu’il faut déjà avoir un attrait pour le digital car il faut savoir chercher à droite à gauche. En termes de compétences il faut avoir un mixe de connaissance dans l’infographie et la vidéo. Je pense que c’est ce qu’il y a d’important. Par exemple je ne suis pas infographiste mais j’utilise Photoshop tous les jours que ça soit pour retoucher, recadrer ou créer des vignettes car sinon je passerais mon temps à demander ça à Amélie. Il faut être polyvalent. Après tout s’apprend, il n’y a pas besoin de savoir faire de très gros visuel comme une affiche de match. Amélie n’est pas capable non plus de savoir faire un reportage vidéo comme je le fait. Il y a aussi une question d’habitude, si je suis malade pendant trois-quatre mois et qu’elle doit me remplacer pour faire des vidéos, elle aura prit des compétences dans ce domaine. Si on te donne tout le contenu et que tu doit juste partager, tu te dis que tu à le rôle de community manager mais que tu as surtout le rôle de partager l’info. C’est moins intéressant.

Nils : C’est un métier très flexible mais es ce que vous êtes malgré tout soumis à des horaires de bureau ?

Amélie : Oui, nous on as nos horaires de bureau et en général ça coïncide bien sauf par exemple cet été avec la canicule où les pro s’entraînaient à 8h et à 18h sauf que nos horaires sont de 9h à 18h donc je venais un peu plus tôt et partais un peu plus tard. Pour Clément c’est plus avec les événements. Pour les match qui se déroulent les jours fériés ou les dimanches on a des jours de récupération.

Clément : Ça arrive aussi qu’il y ai des match en semaine soit à domicile soit à l’extérieur. Ont peux rentrer vers 23h-minuit.

Amélie : Et reprendre le lendemain à 9h.

Clément : Si les match se jouent à l’extérieur, le retour peut être vers 2-3h du matin. Donc Oui on as des horaires de bureau la semaine mais c’est rare que l’on fasse 35h dans une semaine car il y a souvent des match le week-end ou autre chose.

Gustave : Vous avez 360 000 followers sur Twitter, 147 000 sur Instagram, 319 000 mentions « j’aime » sur Facebook et 10 000 abonnés sur Youtube (et 30 000 sur Snapchat), est-ce que cela créer une forme de pression de communiquer à tous ces gens ?

Amélie : C’est vrai qu’au début il y a toujours une pression, c’est ce que beaucoup de personnes nous demandes. Je pense que le problème est quand on s’enlève cette pression car parfois on va trop vite et on poste sans se relire et on peux faire des fautes, on peut se tromper, ça m’est arrivé plusieurs fois, à Clément aussi. Oui ça nous met la pression, mais il arrive parfois qu’on poste quelque chose, qu’on se rende compte de la faute et qu’on supprime directement ou la corriger. Le plus embêtant c’est quand ça reste plusieurs heures.

Clément : Comme l’a dit Amélie, oui au début tu ne sais pas trop quoi écrire, tu tremble un peu mais après quand tu prend l’habitude elle redescend. Quand tu fais une erreur, ça arrive à tout le monde. Quand tu fais une faute sur un Live-Tweet, tu essayes de rebondir dessus ou de corriger. Au final les gens sont assez compréhensif.

Amélie : C’est quand tu te corriges qu’ils le sont, après c’est quand tu le remarque pas que tu te fais allumer.

Clément : Après ça dépend du contexte, si tu fais une faute après une défaite contre Nîmes par exemple, tu vas avoir des problèmes dans les commentaires. Mais en général on a pas trop eu de soucis avec les supporters. Après on est pas non plus un club avec des millions d’abonnés où si tu tweet un truc et que tu le supprime et qu’ils te renvoient 25 captures d’écrans de la faute.

Amélie : Moi ça m’est déjà arrivé de recevoir des captures d’écrans 30 secondes après. C’est ma responsabilité de me relire mais ça arrive. Le problème aussi c’est comme on est la tête dans le guidon ça nous arrive de ne pas voir nos erreurs, qu’on ne voit pas une faute d’orthographe ou qu’on se rende compte après que l’on s’est trompé dans la date.

Clément : Parfois on est aussi pas mal dans le rush. Pendant les jours de match ça enchaîne beaucoup, parfois on a pas mal de mission en même temps. Je pense pas qu’on ai une grosse pression mais ça arrive de faute des fautes comme par exemple un cuisinier qui va se couper.

Gustave : Par rapport à ces réseaux, toutes les missions sont uniques ou certaines se ressemble ?

Clément : Sur quasiment tous nos réseaux sociaux sauf Snapchat, ce sont de l’information d’abord. Par exemple si on sort une vidéo, on va la mettre sur Facebook, sur Twitter, sur instagram en story donc on met l’info de partout. Après Snapchat c’est que de la story donc on essaye de mettre que du live et pareil pour les story Instagram que l’on mixe avec de l’info. Quand on a créé le compte Snapchat, on l’a appelé Palladino MHSC car on a essayé de faire en sorte que ça soit Pailladinho (la mascotte du club) qui soit l’acteur du Snap. Ça arrive que parfois on se mette dans le jeu de Pailladinho et qu’on dise « voilà je suis avec mes potes ». On prend un ton un peu plus décalé sur Snapchat car c’est un réseau social qui le permet qu’on prend moins sur les autres réseaux sociaux.

Clément : Je pense snap c’est vraiment que du live, on partage rarement de l’actu ou de l’info ou du marketing, on est plus sur du live. Story Insta on fait un peu des 2 et sinon après Facebook et twitter c’est pareil c’est de l’info. Après twitter il y a une partie live qu’Amélie gère les jours de match mais que ces jours-là.

Amélie : Après on a des stratégies quand même assez différentes et c’est vrai que de plus en plus onpartage pas sur Facebook par exemple parce que ça a vraiment pris une tournure très différente ces dernières années, pareil Instagram il y a des trucs qu’on mettra en story mais qu’on mettra pas en carré, on a des stratégies vraiment différentes. Moi quand je vais faire les pros au terrain à l’entraînement, j’essaie de faire une story un peu différente sur Instagram et sur Snapchat même si il y a des fois j’ai pas le temps ou j’ai pas les moyens parce que quand par exemple on assiste à une opposition ben moi j’ai une malédiction c’est qu’à chaque fois que je me mets d’un côté, ils marquent plus ils marquent de l’autre côté et la semaine dernière on avait un stagiaire pendant 2 semaines il me croyait pas et il a vu qu’en effet à partir du moment où je me suis mis derrière Dimitry Bertaud (la gardien de but) il se prenait plus aucun but donc moi j’ai changé de cages je me suis mis derrière un autre gardien c’était l’inverse. Quand je voulais filmer des buts ben en gros je les avais plus du tout donc du coup il faut avoir de la matière et quand j’ai de la matière j’essaie de mettre des trucs différents sur snap et sur Instagram et quand j’ai pas le choix je mets la même chose.

Clément : Après ça reste le même contenu ça reste de l’entraînement.

Amélie : Après Clément l’avantage qu’il a avec les jeunes et les féminines c’est qu’il a moins de contraintes.

Clément : Oui c’est-à-dire que je peux faire ce que je veux en fait avec les féminines et les jeunes si je veux aller filmer les pieds du gardien pendant qu’il s’entraîne je peux y aller alors qu’avec les pros c’est plus délicat et il y a des trucs à respecter et on doit se mettre un peu plus loin donc des fois c’est un peu plus compliqué d’aller filmer les pros pendant l’entraînement parce que t’es un peu plus loin. Ou sinon il faut que Nicolas ait sa caméra et qu’il zoome. Après voilà, le but des stories c’est de partager le quotidien du club que ça soit les pros, les jeunes, le centre de formation, le fond de dotation c’est vraiment le contenu live brut c’est instantané. Et sur snap on a un ton plus décalé, moi par exemple je fais une chasse aux places chaque semaine de match à domicile on va cacher des places dans la ville donc on fait une chasse avec des indices sur Snapchat parce que c’est du direct, c’est du décalé, on pourrait pas trop le faire sur Facebook où c’est pas du tout le même angle comme réseau.

Gustave : D’accord. Alors vous nous avait dit aussi que justement vous bougez beaucoup, que vou êtes sur le terrain, que vous avez des horaires plus ou moins de bureau mais qui sont variables, mais la journée type d’un Community manager à quoi elle ressemble ?

Amélie : Alors le problème c’est que du coup c’est pas une journée type de Community manager qui fait que ça. Alors je vais raconter celle d’aujourd’hui. Bon du coup quand j’arrive à 9h, les missions qui sont en cours je m’en occupe, je réponds à mes mails. A 10h je vais au terrain, donc je filme l’entraînement et en général j’essaie de le filmer tout le long pour qu’il y ait aussi le moment où à la fin les joueurs vont remercier les supporters de venir à nos entraînements. Et voilà, l’idée c’est que je fasse des stories et en général quand je peux j’en mets aussi sur twitter, après il y a la contrainte de filmer en format largeur et filmer en format hauteur donc il faut que j’essaie d’avoir du contenu sur ces 2 formats là parce que twitter ça va être un format comme ça et en story ça va être un format hauteur. Donc en général l’entraînement il dure 1h30 –2h ça dépend des jours il y a des jours où c’est plus soft que d’autres. L’après-midi il y a toujours d’autres missions en cours, il y a programmer tout ce qu’il faut, tout dispatcher. En fait en début de semaine on fait une réunion avec un planning de la semaine avec tout ce qui va être partagé comme vous le disait Clément tout à l’heure, on va dispatcher le lundi il y aura ça, le mardi ça, mercredi etc. Et donc après on fait jour après jour c’est-à-dire que tout le monde sait que par exemple jeudi va falloir partager l’interview de tel joueur, va y avoir les statistiques, il va y avoir par exemple une interview avec (Philippe) Sers de tel ou telle personne du staff et du coup tout le monde va nous demander à quelle heure je la met donc après on fait la journée ben on va faire l’entraînement il est à 10h donc toi tu vas mettre ton interview à midi, toi tu vas mettre ton jeu à 14h, fin voilà on dispatche. Et après il y a tout ce qui est mission de graphisme par exemple là il faut que je fasse l’affiche d’Amiens donc quand vous serez repartis je vais commencer à me consacrer à ça.

Clément : Et moi ben par exemple là c’est tombé sur un jour où l’entraînement des pros et des filles c’était à la même heure donc moi j’ai pas fait de story je suis allé à l’entraînement des filles mais j’ai pas fait de story parce que l’entraînement était au même moment donc il y a pas forcément d’intérêt de publier en même temps 2 entraînements différents, les stories vont s’alterner les gens vont rien comprendre parce que là on privilégie quand même les pros. J’avais organisé une interview avec Philippe Sers c’est notre commentateur un peu c’est la voix du club, donc une interview avec lui qui posait des questions au préparateur physique et à l’entraîneur adjoint, c’est une petite interview de 6 minutes. Donc je suis allé à l’entraînement, j’ai filmé l’interview, je suis resté à l’entraînement pour faire des plans de l’entraînement pour ensuite en fin de matinée ou en début d’après-midi monter l’interview pour après la publier ou la programmer donc j’ai fini en fin de matinée j’ai tout bouclé donc ce matin c’était plus sûr de la vidéo mais au final t’as quand même une partie réseaux sociaux parce que tu crées ta vignette, tu partages ton contenu, tu trouves une accroche assez sympa, t’as quand même une partie Community Management. Ensuite j’ai programmé les postes parce que j’étais en retard sur la semaine entre vendredi et samedi parce que les filles jouent à l‘extérieur donc il y a un jour de match à programmer, il y a des programmations qui des fois c’est pas beaucoup ça prend pas beaucoup de temps mais il faut quand même t’y poser.

Amélie : Si vous voulez tout à l’heure avant de partir on vous montrera le bureau, comment on organise le tableau parce que c’est vrai que c’est un peu compliqué d’expliquer.

Clément : C’est pas la partie la plus intéressante pour nous de programmer parce que souvent tu t’y mets pendant 1h, moi je programme tous les trucs qu’il faut que je fasse et c’est souvent là que tu fais des erreurs parce qu’il y a des gens qui parlent à côté, il y a des gens qui viennent te voir et qui te coupent et quand tu reprends tu te trompes facilement d’heure, de jour, donc voilà. On est dans un open space aussi. Du coup cet après-midi je continue une vidéo que j’ai commencé une vidéo un peu digitale où j’ai fait un quiz club avec nos joueurs donc c’est quelque chose que j’ai tourné la semaine dernière et que je continue à monter là, c’est quelque chose qui est intemporel on peut le partager quand on veut. C’est ce que je vous disais tout à l’heure quand on crée notre contenu, là c’est un contenu digital sympa rigolo voilà on pose des questions sur le club, ils y répondent y a un buzzer un peu question pour un champion sur le club qu’on postera quand on aura pas trop d’actus et là comme l’a dit Amélie tout à l’heure à 17h je vais au centre de formation pour faire la collecte du secours populaire là je vais avoir un rôle plus de CM mais sur le fond de dotation parce qu’on a un compte sur le fond de dotation et un compte pour le club donc là c’est de l’actu pour la fondation et je vais faire quelques photos et vidéos. Donc c’est ce que je disais qu’il faut être assez polyvalent parce que c’est bête mais sur une opération comme ça je vais devoir filmer, prendre des photos et en même temps je vais devoir faire des tweets, des stories. Donc faut pas se bloquer et se dire voilà je vais être CM je vais être derrière mon ordi et je vais faire des stories et c’est tout parce que derrière ça dépasse quand même un certain truc.

Khalil : Au niveau des compétences et qualités requises pour ce métier, je viens d’y penser, c’est un métier qui demande une certaine autonomie mais est-ce-que ça vous permet aussi de parfois travailler en collaboration avec des gens de votre boîte ou ailleurs ?

Clément et Amélie : Oui oui ça arrive souvent même.

Clément : Après en terme de qualités il faut être organisé je pense, faut être ouvert d’esprit fouiner un peu tout le temps, polyvalent et sinon après créatif.

Amélie : Oui créatif, enfin je vous dis ça mais on a des phases aussi où on l’est pas ou, on ne l’est plus.

Clément : Oui c’est vrai faut être créatif que ça soit pour tout parce qu’au final les entraînements par exemple c’est bête mais quand on va filmer c’est un peu toujours les mêmes donc au final c’est quand on va mettre une story ce qu’on va écrire dessus, si tu vas l’animer avec des gifs avec des petits textes c’est ça qui va te faire un peu changer, c’est bête mais une story voilà tu peux être créatif dessus, sur une vidéo tu peux être créatif. C’est important d’avoir ce côté-là, Amélie l’a parce qu’elle est dans l’infographie. Dans l’infographie t’as un côté créatif et moi dans la vidéo tu le développes aussi parce que quand t’es là-dedans tu cherches à faire des beaux plans à faire des trucs un peu plus sympa donc t’as ce côté un peu créatif. Et après chez certains CM de certains clubs t’as aussi l’humour.

Amélie : Oui après il y a une ligne de conduite on va dire, nous on a une ligne assez neutre. Après il y a des clubs qui font du décalé, il y a Nîmes, il y a Lyon ils sont même des fois dans la provoque.

Clément : T’as des clubs ils sont dans la provoque, dans l’humour, t’en as qui sont un peu lisse, nous on est lisse mais des fois ça arrive qu’on fasse un petit truc de temps en temps et sinon dans la politique on est quand même assez lisse on est pas comme un club comme Lyon ou des fois ça arrive Bordeaux qui aime bien piquer, aller tacler c’est la politique du club qui est comme ça.

Amélie : Nous on rigole entre nous on se raconte à chaque fois les vannes les postes et tout on aime bien.

Clément : Peut-être qu’un jour on nous dira faîtes ce que vous voulez carte blanche voilà.

Nils : Ça vous plaît du coup cette ligne de conduite ou vous aimeriez plus de liberté justement sur les réseaux ?

Amélie : Oui ça dépend. En fait le problème c’est que d’avoir plus de liberté c’est aussi avoir plus de responsabilité et avoir de l’humour fin quand tu regardes le CM de Winamax c’est génial ce qu’il fait moi je me dis j’arriverai jamais à faire ce qu’il fait quoi à trouver ce truc-là.

Clément : Et c’est plus facile de faire de l’humour ou un truc comme ça d’attaquer quand t’es une entité au final qui a rien derrière t’as pas de résultats t’as pas de supporters t’as pas cet attachement. Par exemple nous, je dis n’importe quoi, mais si on fait de l’humour pendant un match à 0-0 et qu’à la fin tu perds 4-0 le match et ben on va te remonter ton tweet et on va le retweet et on va te dire voilà t’as fais le malin et on a prit 4 buts. Il y a ce côté aussi que derrière il faut faire attention t’as une certaine pression du résultat. Le CM du PSG, il essaie d’être assez lisse parce qu’au final au moindre truc qui va faire il se fait lyncher par les commentaires. Cet été par exemple quand il y avait le mercato ils attendaient juste des recrues ben il pouvait poster n’importe quoi. Dans les commentaires c’était « annonce-ci, annonce-ça on veut les joueurs ».

Amélie : Nous aussi on a eu ça on a eu « annonce SAVANIER » pendant je sais pas combien de temps, à chaque fois qu’on mettait un poste c’était ça après c’était « Annonce FERRI ». Donc voilà après ça reste des responsabilités quand même et on sait que de toute façon l’humour c’est toujours 50/50, il y a 50% des gens qui vont adorer qui vont liker ce que t’as fait et il y en a 50 qui vont te mettre supprimé et compagnie. Il n’y a pas de CM parfait en fait.

Clément : Puis après nous je pense que c’est aussi compliqué parce que quand tu dis on va faire de l’humour tu vois c’est bête mais on est deux donc avoir toujours après la même ligne directrice je pense que c’est compliqué, tandis que sur le côté un peu lisse au final tu vas sur notre Twitter aujourd’hui tu vas pas savoir qui a tweeté par exemple parce que c’est possible que ça soit moi, que ça soit Amélie, que ça soit quelqu’un d’autre, on a une ligne directrice assez fixe après c’est vrai que sur les live tweets nous on aimerait bien avec Amélie des fois qu’on puisse faire vraiment ce qu’on veut mais bon voilà.

Amélie: C’est pas facile aussi, bah moi je sais que dernièrement, je vais pas donner l’exemple précis, mais sur un live j’ai voulu faire un peu d’humour, mais les réactions c’est toujours pareil, il y a toujours énormément de commentaires négatifs mais aussi plus de retweet, de like que sur un poste ou tu met un truc neutre. Donc voilà c’est à toi de voir ce que tu veux faire. Après nous, comme dit on est quand même assez limités, on sait qu’on ne peut pas mettre tout ce qu’on veut, sinon on peut se prendre des réflexions ce qui peut aussi être logique, c’est l’image du club qui est en jeux.

Khalil : vous avez parlez plusieurs fois de créativité dans ce métier, vous avez des personnalités, que ce soit sur les réseaux ou dans votre métier qui vous inspirent ? De la manière dont ils jouent des codes ou autre ? Le CM de Winamax par exemple.

Amélie: Oui je l’aime bien, après on ne peut pas dire qu’on se calque sur lui, parce qu’on a rien à voir avec lui, mais moi il me fait très rire.

Clément: Oui, il est très drôle, d’ailleurs il peut se le permettre car au final, il n’y a personne derrière ; ils vont trouver ça drôle, parce que c’est drôle, il a le droit d’attaquer, Aulas etc, nous on ne peut pas se permettre de faire ça parce que tu vas créer des conflits et c’est l’image du club donc tu dois être quand même assez…. Donc la politique aussi, tu dois éviter de faire des vagues sur certains trucs, après en France…

Amélie : Moi j’aime bien Nantes.

Clément : Oui, Nantes, il était des fois un peu piquant, des fois un peu trop, mais je trouvais qu’il avait une bonne répartie, même si quand  il joue contre toi il est lourd (rires) mais sinon, non , il a des fois une certaine subtilité.

Amélie : Après c’est ça, des fois ou on nous lance des piques et toi le problème c’est que tu sais pas si tu peux répondre ou pas parce que ça peut partir en vrille, ça part tellement facilement en vrille sur les réseaux que, ouais y’a des fois où on nous lance des piques, bah on dit rien.
Je me souviens d’une époque où Lyon, qui est beaucoup dans la provoque, et qui avait eu une embrouille, je sais pas si vous aviez suivi, entre les joueurs Jourdren et Tolisso du coup ils se moquent de nous là dessus et j’avais qu’une envie et c’était de lui répondre, mais on ne pouvait pas, on avait pas l’autorisation et la dernière fois qu’on avait fait un séminaire avec tous les cm de ligue un, je me suis retrouvé à côté d’un mec, je lui ai demandé « t’es le cm de quel club ? » « Lyon » et là je l’ai regardé et je me suis dis purée le gars, il a une tête de nounours et tout, et je lui dis c’est toi qui nous avait mis la photos du joueur de Reims comme ça, et il me répond « ouais c’est moi » je lui dis que j’avais pas trop apprécié, mais  bon après ça reste  professionnel faut pas le prendre personnellement mais c’est vrai que nous on est limités, on peut pas forcément se permettre de faire tout ce qu’on veut.

Khalil : Et sinon sur l’aspect purement création vidéo pour Clément et graphisme pour vous, vous avez peut être des modèles ?

Clément : Moi je regarde beaucoup de chaînes YouTube. Pas forcément dans le sport, pour m’inspirer des plans des transitions, des cis, surtout des chaînes anglaises, je regarde, mais après en terme de clubs pro, j’aime bien ce que fait Marseille en terme de reportages vidéos supporter, ils font vraiment un truc en inside et sinon y a aussi le psg, mais c’est différent, parce que ce sont des boîtes de prod’, c’est des moyens complètement différents, c’est pas le GRI du PSG qui va faire ça, ils paient une boîte de pros qui va leur faire un truc de malade, ou des trucs de fous, mais sinon non je pense que quand même en terme de vidéo, de photographie, on est quand même bons.

Amélie : Après moi pour tout ce qui est graphisme je regarde énormément ce que font les autres clubs, dans le sport en général, dans le foot en particulier, je regarde aussi en particulier tout ce qui est football américain, basket et compagnie, parce qu’ils font toujours des beaux trucs, après je suis énormément les sites spécialisés dans le graphisme. Il y a un site qui s’appelle « Beyence » après si vous êtes pas forcément dans le graphisme vous connaissez peut-être pas, il y a un réseau social qui s’appelle Pinterest aussi, je regarde énormément ce qu’ils font. Sinon dans le foot, il y a les comptes  ligue 1 conforma, qui ont embauché un graphiste dernièrement qui fait vraiment de supers trucs, je regarde beaucoup ce qu’il fait, après y a Paris forcément, qui fait de beaux visuels, il y a Nantes, Marseille, même Toulouse j’aime bien. Après on essaie de changer la charte graphique chaque année, c’est des styles différents, donc ouais j’ai quelques clubs que je suis en terme de graphisme, même si on fait des trucs différents, par exemple cette année, les visuels pour ce qui est promo de match, on met plusieurs photos en fait, donc ça j’avais trouvé l’inspiration sur beyence, c’était pour un club de basket aux États-Unis, ils avaient fait des affiches comme ça, j’avais trouvé ça sympa, je m’en suis un peu inspiré. La problématique c’est de trouver des belles photos, par exemple l’affiche de Paris que j’avais faite, j’étais contente, j’ai montré le visuel à Clément qui m’a dit « enlève cette photo elle est horrible ».

Clément : Ça reste dans le domaine du goût.

Amélie: C’est jamais objectif en fait… C’est à peu près tout.

Clément : Après comme je t’ai dit il faut être assez ouvert, regarder un peu partout, je sais que je m’inspire de tout, dès que j’ai une minute sur YouTube, je vais regarder des vidéos de personne, de clubs, d’autres univers. Je regarde le basket et la NBA et ils sont très, très loin. Parfois même le basket français, je trouve qu’ils font pas mal de bons trucs. Il y a eu la coupe du monde il y a trois/ quatre mois et ils ont sorti une web série en inside dans l’équipe. Ils sont en avance je trouve, même sur le foot ou autres clubs. C’est très sympa. Donc voilà en traînant sur certains trucs, en fouinant tu découvres certains bons trucs pourtant il n’y a pas beaucoup d’abonnés, pas beaucoup de vues. Faut être ouvert à tout.

Gustave : Pour revenir sur un sujet un peu plus général, vous nous disiez que justement il y a certains avantages comme le fait de ne pas être cloisonnés dans un bureau toute la journée, de pouvoir sortir mais aussi d’autres désavantages ,comme de rentrer tard lors d’un match en extérieur , est ce que vous avez peut-être d’autres anecdotes, avantages ou inconvénients qu’il y aurait dans votre métier ?

Amélie : L’une des problématiques que j’ai lorsque je vais au le terrain c’est que comme je disais tout à l’heure c’est qu’il faut de la matière et des fois il faut des images devant le but et il y a des jours sans. Il y a des jours où ils plantent quasiment pas ou alors le gardien essaie de faire des arrêts et c’est un échec total. Enfin voilà il y a cette problématique d’avoir du contenu quand il n’y pas de bon résultats c’est pas évident parce que c’est ce qu’il y a de plus important finalement. Bah là forcément, on a gagné 3 à 0 contre Toulouse dimanche donc on a pas du tout les mêmes retombées derrière que quand on a perdu, on va en faire plus forcément. Clément nous exporte les buts commentés par Philippe Cerces, il les met sur tous les réseaux, ça augmente le nombre de vues, d’engagement, on est vraiment dépendants des résultats. Toujours faire attention à ce que l’on publie. C’est pareil on a des joueurs que je ne nommerai pas qui, quand ils ne cadrent pas des frappes, ce qu’ils disent à voix haute n’est pas diffusable donc on est obligé de couper. On est obligé d’écouter ce qu’ils disent, donc il faut faire attention au contenu en lui-même.

Clément : Sinon en avantage de notre côté, t’as le fait d’appartenir à une entité, d’appartenir au Montpellier Hérault c’est bête mais quand tu vas sur le terrain, qu’il y a une victoire et que tu vas dire bonjour à tout le monde, tu sens que t’appartiens à un club quoi ! Tu vis les matchs, je pense que c’est important.

Amélie: A l’inverse, quand t’as perdu c’est pas la même ambiance.

Clément : C’est sûr. Sinon en terme d’inconvénient, nous des fois on a quelques soucis parce que moi je m’occupe des filles, et Amélie des garçons et c’est bête mais par exemple elle ne peut pas aller dans les vestiaires des hommes et moi ceux des filles.

Amélie : C’est vrai que c’est pas logique que lui s’occupe des filles et moi des pros, mais je suis arrivé en premier donc… *rires* c’est moi qui avait la ligue un.

Clément : Sinon après t’as pas trop de… d’inconvénients. Des fois l’ambiance comme Amélie a dit, mais quand tu sors d’une grosse défaite.

Amélie : Après je ne pense pas qu’on est un des clubs qui en souffre, on reste un club familial, enfin c’est vraiment ce côté-là. Après moi les soirs des matchs, la lourdeur du wifi au stade, ça c’est…
Mais bon ça va mieux depuis quelques matchs mais c’est vrai que quand tu fais du direct et que tu peux rien poster c’est très stressant et je l’ai vécu au derby à Nîmes aussi. Quand tu as tes supporter qui sont pas sur place et que tu es censé faire un live qui va être suivi par plus de monde que d’habitude et que t’as pas le WiFi c’est un petit peu embêtant. Ou alors le téléphone qui s’éteint parce qu’il fait trop froid ou trop chaud ça m’est déjà arrivé en pleine canicule.

Clément : Ah si un dernier truc ça arrive que comme moi on ait du mal à couper. C’est à dire que -ne dénigrons pas ce métier- mais si tu es caissier tu fais ton travail de 8h à 16 tu rentres chez toi, tu penses plus à rien. Alors que nous, tu fais ton travail, tu rentres chez toi t’as encore -enfin moi- j’ai encore la tête au club. Je vais traîner sur Twitter, sur l’Instagram des fois le soir, sur Facebook. Des fois, même en vacances ça arrive d’être dedans, je sais pas si c’est parce que je suis là depuis pas longtemps au club mais des fois j’arrive pas à couper. Parfois t’es en week-end, des fois tu travail pas, t’as pas de missions et des fois tu vas fouiller, regarder et tu n’arrives pas à te détacher de ce rôle qui fait partie de ton métier aussi. (à Amélie : ) Je pense que toi aussi des fois ça doit t’arriver ?

Amélie : Ah oui, oui, oui c’est clair !

Gustave : Pour la dernière question, si vous deviez peut-être changer quelque chose au sein du club ou de votre métier en général, pour vous quelle serait cette chose là en particulier ? Si vous deviez changer une chose, que ce soit en bien ou en mal ?

Amélie: Moi ce serait peut-être la barrière que j’ai, d’être une fille dans un « sport d’hommes ». Même si le foot féminin se développe, il y a quand même quelque chose. Après personne ne me le fait ressentir. Quand on est une fille dans ce milieu-là, c’est pas évident.

Clément : Je pense qu’elle le ressent moins que quand moi ça m’arrive, je suis déjà rentré dans les vestiaires et voilà, qu’il y ait une joueuse en sous-vêtements…*rires* Après, cette situation c’est moins gênant pour moi que pour Amélie. Elle, elle peut être la cible de quelques moqueries pendant X temps. Il y a un côté plus… macho dans le foot.

Amélie: Voilà, je voulais pas dire le terme macho. Bon après il faut cadrer. Ce que je fais.

Clément : Après ça évolue je pense. Par exemple ça lui arrive de faire des déplacements avec les filles, moi j’ai pas le droit de faire les déplacements avec les hommes.
Après ça dépend des clubs, il y des clubs qui l’autorise. Après un truc à changer, c’est peut-être qu’on ait un peu plus de liberté quand on  va travailler avec les pros, par exemple, si elle a envie…

Amélie : De filmer des pieds…

Clément : *rires* Oui, voilà, elle vient faire son travail. Si elle veut aller filmer les pieds des joueurs, de les filmer en musculation, ou alors si le coach parle au vestiaire, si elle veut y aller, qu’elle puisse et pas qu’on la regarde les yeux grand ouverts. Mais aussi plus de contenus en « inside ». Dans certains clubs c’est le cas. Même dans certains grand clubs, où je t’ai parlé des clubs de basket à la coupe du monde ; le caméraman filmait. Il était à côté du coach et des joueurs de basket même à la mi-temps. Des trucs auquel on a pas accès.

Nils : Bon, je pense qu’on a fait le tour. C’est intéressant de voir le fonctionnement en interne, ça change du métier de CM tel qu’on le voyait. D’ailleurs c’est aussi intéressant de noter que même selon les différents clubs le métier et ses missions ne sont pas exactement les mêmes. Merci encore pour avoir été aussi réactif et de nous avoir accordé cette heure de votre temps. La retranscription vous sera envoyé par mail dans les 10 jours et publiée en ligne aux alentours du 20 novembre. 

Nils POILVÉ

Théo RAHIL KELLER

Khalil WALZ

Gustave LECOMTE

L’entretien de Véronique Coll Journaliste à La Lettre M

lundi 25 novembre 2019

Dans le contexte de notre cours, nous devions interviewer un professionnel de la communication. Nous avons pour cela eu le plaisir de poser quelques questions à Véronique Coll une Journaliste de la Lettre M. Celle-ci s’est déroulé le jeudi 21 novembre à 18h. Malgré un emploi du temps chargé elle à accepter de nous accorder 20 min.

Dans le cadre de ce travail, nous nous sommes réparties les tâches de la manière suivante : deux étaient chargées de la rédaction des questions, l’autre de poser les questions à l’interlocutrice. Avant toute chose nous nous sommes assurées que cela ne la dérangeait pas d’être enregistrée et publiée sur le blog de l’université.

Gras : l’étudiant

Italique : le professionnel

  • Bonjour nous sommes Axelle, Siyu et Anaïs étudiantes à l’université Paul Valéry. Nous aimerions vous poser quelques questions pour en savoir plus sur votre formation et votre métier. Est-ce que cela vous dérange si on enregistre l’interview et qu’on la publie. Selon vous quel parcours il nous faut faire pour devenir journaliste ?

Idéalement, les écoles de journalisme sont les plus adaptées pour être recruté par les organes de presse, car elles constituent un réseau des anciens et un fichier de recrutement pour les supports de presse, mais je suis la preuve que je n’étant pas issue d’une école de journalisme, on peut quand même devenir journaliste. Il y a aussi d’autres cas où on vient au journalisme soit par hasard, soit par passion, cela est un choix professionnel et surtout un choix de vie.

  • Quelles ont étés vos principales motivations pour faire ce métier ?

Moi, j´ai commencé mon parcours en sciences-éco options finances et assurances et quand je suis sortie de la fac, les banques ne recrutaient pas du tout d’universitaires, mais recrutaient des jeunes en contrat de qualifications pour développer des métiers de commerciaux, du coup, j’étais un peu exclu des recrutements. C’est une rencontre fortuite avec un enseignant issue de l’université qui par le biais d’un stage m’a fait découvrir l’univers de la presse. J’y ai mis le pied à l’étrier et ça fait 20ans et je ne l’ai jamais quitté, mais malgré tout, ça m’a demandé de suivre des formations spécifiques sur l’écriture. En fonction des supports pour lesquels vous travaillez et c’est encore plus vrai aujourd’hui avec le développement des sites web, d’Internet, de la vidéo, etc. On n’écrit pas dans LE MONDE comme on écrit dans LA LETTRE M, on ne fait pas des reportages ou des films à France 3 comme à TF1, même si les formats sont courts, il y a une approche technique qui semble pour le téléspectateur moyen la même chose sauf qu’en fait non parce que les moyens sont totalement différents. Moi, je travaille pour un organe de presse très spécifique et spécialisé en économie donc là je reboot sur ma formation initiale. Ce qui m’a fait quand même gagner du temps parce que je suis en presse spécialisée, donc pour moi, c’était un avantage sur mes « petits copains » issus de l’école de journalisme qui eux avaient un profil généraliste. Il a fallu que moi, je rattrape un certain retard sur la capacité d’écriture entre les différents exercices que sont : l’interview, la réalisation d’enquêtes, de dossiers, écrire court pour être lu. Il y a eu des étapes qui ont étés un peu plus complexes pour moi. Alors que les aspects purement technique de la sphère économique, je la maîtrisais, mais on apprend toujours malgré tout, parce qu’après je me suis spécialisé dans les secteurs du bâtiment, de l’eau des énergies renouvelable. Après, il faut vivre avec l’évolution de la société, mais enfin voilà. J’ai un parcours un peu atypique.

  • Précédemment, vous avez parlé de nouveaux médias, j’aimerais savoir ce que vous pensez des réseaux sociaux et des nouvelles techniques de communication ?

Alors, ça, c’est le gros problème de la presse aujourd’hui, elle a du mal à trouver un modèle économique viable pour développer le web. Alors elle y arrive par des stratagèmes un peu complexes et stratégique en développant du chiffre d’affaire, en organisant par exemple de plus en plus d’événementiel, ça, c’est un exemple concret qu’on peut mesurer au jour le jour. Je prends pour exemple midi libre ou encore La Tribune à Montpellier, la dépêche à Toulouse qui ont développés une agence de communication, une agence d’événementiel pour un peu générer du chiffre d’affaires et pallier le manque de revenus issus du web. Parallèlement à ça, ça demande au journaliste de produire des écrits au format web qui est différent d’un écrit format papier, de développer une appétence, une compétence pour la vidéo et le montage, donc ça, c’est un fait. Sauf que, moi je le vis en ce moment et en s’en rend compte aujourd’hui que ce soit par le biais de sites internet ou par celui-ci des réseaux sociaux, une collectivité, une entreprise, une association, un particulier est aujourd’hui son propre média par le biais des réseaux sociaux ; donc les scoops, ce que je, j’appelle moi les scoops des années 80 exclusifs, ça n’a plus trop de sens. Moi, j’ai le sentiment, que l’avenir de la presse que ce soit sur le web ou sur le papier a de l’avenir à la seule condition qu’on développe de plus en plus de papiers d’explications, du pourquoi du comment les choses se passent. On revient donc aux fondamentaux du métier de journaliste avec les 5 W, qui, quoi, où, quand et pourquoi, parce que le lecteur, l’internaute, l’auditeur, le téléspectateur reçoivent aujourd’hui des informations qui vient de tous les directions et par tous les médias. Ils vont donc avoir besoin dès aujourd’hui et dans les temps futurs qu’on lui explique le pourquoi du comment, parce que sa détruit la compréhension des phénomènes de société, de l’actu, comment se déploie l’économique comment les secteurs évoluent, on va se dire oui ça évolue comme ça, oui, mais pourquoi ? Donc ça va être ça la difficulté.

  • Comment voyez-vous le métier de journaliste d’ici 20-30 ans ?

Là je ne sais pas je serai à la retraite, mais c’est très difficile entre le moment où j’ai commencé dans les années 90 et aujourd’hui le métier il a énormément évolué par le multicanal, donc moi je suis passé du papier à de l’info internet et maintenant je suis à du papier à de l’information internet et de la newsletter quotidienne donc nous à LA LETTRE M on publie en format papier en rythme hebdomadaire mais on sort quotidiennement une newsletter et en plus on publie des magazines tous les deux ou trois mois donc ça demande à avoir une équipe qui soit hyper polyvalente et aguerrie au diverses formes de pratiques d’écritures.

  • Sachant que vous avez un parcours assez atypique, qu’est-ce que vous auriez aimé savoir dès vos débuts ?

Qu’on était mal payer. Moi ce qui m’a séduit c’est rencontrer les gens, découvrir des métiers, des entreprises, rencontrer des élus, connaître leur vision à court, moyen ou long terme, les enjeux politique, il y a énormément de choses, ça vous nourrit et ça vous porte sauf qu’au final, c’est beaucoup d’heures passées sur le terrain, alors c’est peut-être un peu moins vrai pour les nouvelles générations donc ça je le mets entre guillemets, sauf que ça fait beaucoup d’heures passées sur le terrain pour se nourrir et faire son carnet d’adresse, ça se fait pas tout seul. Ça j’aurai aimé le savoir parce qu’au début, j’étais prise en me disant « bon voilà t’as pas fait d’école de journalisme », j’ai accepté beaucoup de choses, j’ai mis du temps à avoir ma carte de presse ; parce que c’est un milieu qui n’est pas très cool, pas très honnête parfois donc faut être hyper vigilant, faut faire attention, c’est un choix de vie. Après, on peut être soit journaliste salarié soit pigiste ou indépendant, mais voilà, il faut être conscients que pour en vivre ça devient compliqué dans la société actuelle. Ce n’est pas des horaires de bureau, 8h-12h/14h-18h, nous c’est tous les jours comme je le dis souvent à mon entourage « je sais tous les jours à quelle heure je commence mais l’heure à laquelle je termine c’est un point d’interrogation ».

  • Et aujourd’hui qu’est-ce qui vous donne envie de continuer dans ce métier ?

C’est toujours les rencontres, les échanges, l’enrichissement personnel qui me porte mais la source se tarie, voilà, j’arrive à un moment de ma carrière où j’ai un peu de mal à voir l’horizon, c’est pour ça je vous ai fait une petite boutade tout à l’heure sur votre question « dans 10-20 ans comment va évoluer le métier ». Je ne sais pas, mais on ne sait pas non plus par mon expérience et mes rencontres quels vont être les nouveaux métiers de demain, peut être que dans la presse, il y aura de nouveaux métiers. Aujourd’hui on voit que l’imprimerie a beaucoup évolué, il y a aussi énormément de métiers qui ont disparus, il y a aussi d’autres métiers qui sont arrivés La presse va aussi vivre ses mutations professionnelles comme tous les autres secteurs d’activités parce qu’aujourd’hui on parle de médias multicanal, mais peut être que demain on aura des infos dans nos lunettes, sur votre montre c’est déjà le cas. Enfin bon les nouvelles technologies vont tellement vite que ça devient un peu compliqué d’avoir une vision prospective sur le secteur et sur le métier. Après je pense malgré tout que les fondamentaux resteront les mêmes, mais il faudra développer une agilité professionnelle et personnelle pour rebondir.

  • Par rapport à votre formation de base, quelles qualités avez-vous pu acquérir. Qui vous facilitez la tâche aujourd’hui dans le métier de journaliste ?

La partie maîtrisée les bases des notions de l’économie, savoir lire un bilan, parler de haut de bilan, de chiffres d’affaires, de fusions, d’acquisition, c’était pour moi des éléments que certains de mes confrères n’avaient pas et après, j’avais pris aussi une option financé publiques donc je sais lire et interpréter et les bilans des collectivités locales donc ça, c’est un avantage que j’avais sur les autres confrères qui étaient eux plus généralistes.

  • Par rapport au fait que vous sachiez à quelle heure vous commencez, mais pas à quelle heure vous finissez, on aimerait savoir comment cela impact votre vie ?

C’est très compliqué. Il faut avoir un cerveau branché sur la logistique familiale. Moi, j’ai beaucoup d’amis journalistes dont la cellule familiale a explosé ou alors il faut vivre avec un journaliste, on mène un peu une vie de patachon, quand on est jeune ça passe, mais après en vieillissant, il peut y avoir quelques déboires. Après, c’est dans tous les métiers, ce n’est pas propre au métier de journaliste parce qu’il y a des métiers de personnes qui travaillent entre huit, ce n’est pas évident non plus pour elles. Après faut pas voir les choses en noires, les choses compliquées, c’est qu’on peut vous envoyez à suivre ce soir un conseiller municipal on sait qu’il va démarrer à 18 h mais selon les débats il peut finir entre 19 et 23 heures, et là vous faites comment si vous avez des enfants à gérer, vous êtes divorcé, vous faites comment ? Alors on peut le suivre sur Internet le conseiller municipal, mais bon quand vous avez des enfants en bas âges, c’est quand même un peu compliqué de suivre le conseiller municipal en live sur Internet donc ça vous décale d’autant plus la rédaction et le rendu du papier et vous avez quand même au-dessus de vous des rédacteurs en chef qui vous demandent un rendu de papiers dans des temps déterminés pour des bouclages il y aussi, ça on n’en a pas parlé, mais il y a quand même aussi des règles à respecter qui sont quand même contraignantes, voilà on fait pas un papier une fois qui vous tombe un sujet on doit quand même fournir de manière assez conséquente parce que multiplicité des supports, pour le papier, pour l’Internet pour la newsletter, pour le flux RSS et puis on nous en sort tous les jours, je dis souvent moi, la tête est occupée, mes doigts sont occupés sur le clavier, il me reste que les pieds pour réfléchir encore mais c’est tout. Mais j’ai souvent moi mon bureau délocalisé dans ma voiture, quand je pars en reportage sur le terrain, on a l’ordinateur cheviller au corps, on tape nos sujets directement dans la voiture, on les met sur une base et on les envoie sur internet direct et les photos pareilles.

  • Sachant que vous avez fait des études en économie et qu’aujourd’hui vous êtes journaliste spécialisé, on aimerait savoir quels rapports vous entretenez avec les autres journalistes ?

On a des rapports cordiaux mais de concurrence, c’est assez particulier parce qu’on se côtoie, il y a avec certain de l’entraide et ce n’est pas forcément avec tout le monde après il y a les affinités personnelles qui font que, mais dans la difficulté on se soutien. J’ai encore des souvenirs assez sympas pendant des élections municipales dans certaines villes où mes confrères m’ont aidé à y voir plus clair, à avoir une analyse plus fine parce qu’ils étaient sur le territoire depuis plus longtemps que moi et connaissaient des élus. Enfin bon, c’est à la fois une concurrence, mais aussi un moyen de glaner un peu de ressources pour améliorer son contenu.

  • Auriez-vous quelques anecdotes à nous raconter sur votre métier ?

Non là comme ça… Il aurait fallu que j’y réfléchisse, mais par exemple ce que je vous ai dit sur les élections municipales après comme anecdotes. Moi ce qui me passionne, c’est d’aller visiter les chantiers immobiliers, les usines, voilà, je n’ai pas peur de mettre le casque de chantier sur la tête, d’aller voir les chantiers euh voilà. J’ai essayé de gros engins et aussi un truc qui m’a marqué quand même dans ma vie, c’est les visites présidentielles lors de la construction du nouvel hôpital de Carcassonne par le président Sarkozy, j’avais été impressionné par l’organisation, la sécurité, etc…on était un peu parqués comme des animaux nous les journalistes on avait un bus et après une autre chose c’est que j’ai assisté à l’ouverture du tunnel du Perthus ou passé le train à grande vitesse qui relie la France à l’Espagne et ça c’était à l’époque en présence du ministre Jean-Louis Borloo, c’était un moment un peu historique on perçait les albères dans les Pyrénées orientales pour que le train puisse passer à grande vitesse dans ce tunnel. C’est ce qui me revient le mieux.

  • Concernant votre métier, auriez-vous quelques conseils, sachant que vous avez un parcours atypique à de jeunes journalistes ?

C’est un métier dans lequel il faut y aller par conviction et passion et il ne faut jamais perdre la foi et toujours essayer de garder son âme d’enfant et d’avoir un esprit ouvert et essayer de comprendre les choses et de s’intéresser au plus grand nombre de choses.

·       Nous vous remercions d’avoir répondu à toutes nos questions et de nous avoir permis d’en apprendre plus sur votre métier de Journaliste.

Pour conclure, nous avons rencontré plusieurs difficultés pour la réalisation de cette interview, nous avons d’abord contacté quelques journalistes, qui ne nous ont pas répondues. Après de longues recherches, nous avons fini par trouver une journaliste qui a bien voulue nous donner rendez-vous. Heureusement pour nous l’interview ces biens déroulés et sans plus de difficulté.

Propos recueillis par Siyu Ren, Mel Eg, Mboumbou Sickout Anaïs, Groupe 3, Montpellier

Interview avec le chargé des relations publiques du MHSC : Guy ELFASSY

dimanche 24 novembre 2019

Nous avons interviewé Mr Guy Elfassy, chargé des relations publiques au sein du club de football de Montpellier (MHSC). Avant de commencer à lui poser nos questions, il nous a rapidement expliquer ce qu’était vraiment l’événementiel, et l’envers de son décor : « Il faut toujours se placer derrière la vitre pour se mettre à la place du consommateur et améliorer ce qu’on peut : être Monsieur Lambda pour voir son événement d’une manière différente que lorsqu’on l’organise. Ceci est un point primordial du métier, il faut toujours chercher à s’améliorer. Pour ce qu’il en est de la promotion (qu’il ne faut pas confondre avec la publicité) naturellement, importe beaucoup, mais il faut également s’investir car nous sommes le relais de la publicité : notre rôle est de relancer le client, ainsi que les partenaires, pour être sûr de leur présence à l’événement, on doit les suivre entre guillemets et toujours assurer le contact avec eux, pour qu’ils se sentent importants. »

  1. Qu’avez-vous fait comme études ?

« J’ai passé un bac que je n’ai pas obtenu, ensuite j’ai arrêté. Je m’en suis sorti par moi-même. Comme j’ai toujours dit, ce que je fais, dans ce milieu, ça ne s’apprend pas : comme être à l’aise avec les gens, c’est quelque chose de naturel qu’on ne peut pas apprendre. Ce n’est pas une question d’études, je connais des gens avec des niveaux d’études excellents, mais qui n’arrive pas à faire ce que je fais. Au début, c’est difficile, mais c’est dès votre âge qu’il faut commencer, il faut se forcer et s’entraîner à entrer en contact avec les personnes. »

  1. Quel poste occupez-vous actuellement au sein de l’entreprise ?

« Je suis dans les relations publiques, tout simplement, je peux le dire, personne au club n’a les mêmes relations que moi. Je m’occupe notamment des relations avec les partenaires, pas des joueurs. »

  1. Comment avez-vous accéder à ce poste ?

« Par relations au club tout simplement, je connaissais le club depuis très longtemps, quand j’ai fini de travailler (car je suis actuellement bénévole avec un statut de salarié…), c’était vite vu. Le président, Louis Nicollin, ne m’a pas refusé la place. Il était au courant de mon parcours déjà, il connaissait mes capacités et mon travail, sinon il n’aurait pas accepter. Cela fait plus de 12ans maintenant que j’y suis, si je n’avais pas été bon, on m’aurait viré depuis longtemps. »

  1. Quelles sont les qualités requises pour exercer votre profession ?

« Selon moi, il faut tout d’abord être à l’aise avec les gens et savoir leur parler. Regardez, par exemple, il y a un mois j’ai rencontré un responsable d’une grosse société de Montpellier, on s’est parlé, je ne le connaissais pas mais en conversant normalement entre personne égale on a créé un lien. Son poste m’intéressait pour le club et désormais il ne me lâche plus. Je suis rentré dans son jeu et ça a marché, maintenant il m’adore. Dans le relationnel il faut avoir confiance en soi, et savoir se mettre au même niveau que son interlocuteur, il ne faut pas avoir peur. Quand tu demandes quelque chose on te dit souvent non, mais il faut demander pourquoi, puis négocier et ensuite on te dira oui. Le plus important c’est le premier contact avec la personne, il faut lui faire comprendre qu’il est gagnant et il t’ouvrira les bras. Il ne faut pas se tromper, et  taper à la bonne porte. Cela ne dure pas longtemps, il faut lui rentrer dedans directement et lui expliquer ce que tu veux faire, exposer tes moyens, vendre ton projet et c’est gagné. 

Un autre exemple, il y a quelques années les loges (pendant les matchs) étaient fermées, mais moi j’y rentrais, je lançais une blague, ils se détendaient puis t’acceptaient. Il faut sortir ces gens de leur intimité, tout en restant courtois bien sûr. Tu ne peux pas dire n’importe quoi à n’importe qui. Mais il faut être à l’aise, c’est tout. Si tu es à l’aise avec toi même, tu es à l’aise avec les autres. »

  1. Pouvez-vous nous décrire votre parcours professionnel ? Et votre évolution ?

« J’ai d’abord commencé à travailler à Paris. Mais vivre à Paris, cela va un temps, au bout d’un moment, on a qu’une seule envie : c’est de partir. J’ai profité un maximum là-bas, une maison de disque m’a proposé une place de commerciale, que j’ai accepté sans hésiter. J’y ai tout appris, j’ai ensuite évolué vers l’événementiel car j’avais une vision qui leur plaisait. J’aurai pu y travailler plus, mais j’ai préféré prendre ma retraite, car comme j’ai dis, Paris cela ne va qu’un temps. Puis arrivé à Montpellier vous connaissez la suite. »

  1. Quelle a été votre plus grande difficulté/satisfaction ?

« Si tu prépares bien ton événement et ta promotion, il n’y a pas de difficultés. Par contre il y a toujours des imprévus dans la vie, ça arrive, il faut faire avec; c’est pour cela qu’il faut toujours prévoir un plan B. Ma plus grosse angoisse c’est d’être envahit par le stress le jour j, mais c’est le jeu, je me demande toujours si ça va marcher. 

On est satisfait à la fin de chacun des événements qu’on organise, si cela s’est bien passé et que tout réussit, on est toujours content. »

  1. Si vous pouviez résumer votre métier en un seul mot, quel serai-t-il ?

« Je dirai satisfaction pour le coup, comme je l’ai expliqué avant. Ma plus grande satisfaction est la réussite des événements que j’organise, c’est ce qui m’importe le plus. »

  1. Comment établissez vous des relations avec vos clients?

Il y a beaucoup de chose à faire pour fidéliser les clients. Moi par exemple je fais des photos, ça me plait, j’aime bien. Je les fait tirer puis les gens viennent les chercher si ils le veulent. Mais 70 % ne viennent pas les prendre. Alors moi je les récupère et je leur envoie avec un petit mot. Les gens s’en rendre compte, ça les rend heureux, ils s’en rappellent. Il faut les suivre, le suivie c’est un mot essentiel, ils se sentent privilégié, c’est important. Il faut toujours suivre ce qu’on fait. Quand je vais les voir après pour signer un bon de commande ils diront pas non.

  1. Pouvez-vous nous décrire une journée type de travail ?

« Il n’y a pas de journée type. Simplement, lorsque qu’on a finit d’organiser un événement, il faut penser au prochain mais étant donné qu’aucun événement ne se ressemble, aucune journée de travail non plus. Le challenge c’est de sentir le bon moment, bien choisir ses opérations et aux moments propices. Il faut travailler en amont, là par exemple j’organise un événement, tout est déjà prévu, je cherche juste la date opportune et propice à la réussite de l’événement.»

  1. Travaillez vous plutôt seul ou en équipe ?

« On est plusieurs, chacun jour un rôle, on a tous une tâche. On en parle entre nous et on s’entraide. Mais par contre quand je monte une opération «de prestige», je m’en occupe seul. »

Quels événements organisez-vous exactement ?

« La dernière fois j’ai fais une soirée avec un des meilleurs écailleurs, les huitres Tarbouriech. Je suis allé discuter avec lui car j’avais en tête de faire une dégustation au stade. Du coup je les ai fais venir, et j’ai organisé un événement autour de ça. On a mis 4/6 mois à l’organiser, on a eu beaucoup de rendez-vous… Je leur ai proposé ce que je voulais et ils m’ont livré un millier d’huitres. Je l’ai fais également avec les boucheries de l’Aveyron, des expositions photos ou encore un barbier qui s’est installé dans le salon durant un match et pendant la mi-temps taillait la barbe et coiffait gratuitement. Des joueurs connus sont venus, cela lui a fait de la promo. »

  1. Que représente le MHSC pour vous ?

« Je n’ai pas de mots, c’est de la passion sinon je n’y serais plus. Il faut tout faire par passion, ça doit pas être juste un travail comme ça. Il faut y croire, il faut vivre avec. Même en étant retraité, je passe plus de temps au club que chez moi. C’est une famille que j’ai adopté. Il faut toujours faire ce qu’on a envie, quand tu y crois au bout d’un certain temps tu y arrives, il ne faut pas lâcher. Quand j’étais à Paris j’en est bavé, au début ici aussi mais il faut jamais lâcher. »

  1. Quels sont les privilèges que vous offre votre poste ?

« J’ai pu rencontrer des personnes importantes. Ce qui est important c’est que les gens ne t’aiment pas seulement pour ton poste, et que même quand tu changes de métier, tu reste en contact avec eux. »

  1. Comment avez-vous construit votre carnet d’adresses ?

« Le carnet d’adresse était déjà construit, ils connaissaient déjà la société. Le MHSC a déjà ses clients. Comme le fichier existe déjà, c’est à toi d’établir le contact, c’est à toi à te présenter, te faire connaître puis d’essayer d’ajouter des nouveaux contacts. »

Les promotions sont faites uniquement par email ou vous utilisez les réseaux ?

« Je suis contre les réseaux sociaux, je suis plus email, la personne se sent plus concernée. Les réseaux servent plus pour les annonces, la promotion en général passe par les mails, notre réseau est déjà bien établi; même si on informe aussi via les réseaux sociaux. »

  1. Quels sont vos projets futurs ?

« Quand j’ai arrêté de travailler chez Sony, on m’avait dit qu’il fallait préparer sa retraite. Dès que j’ai arrêté j’ai été élu à la mairie au conseil municipal, j’ai été élu président du club de tennis de Pérols… Je m’occupais entre autre, ça m’a fait connaître tous les collectifs de la région. Par exemple, aux matchs, je rentre aisément dans la loge de la mairie, des collectifs, de la région, etc, les autres n’en n’ont pas l’audace. Mes seuls projets sont d’assurer ma retraite. »

  1. Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui a envie de suivre votre voix ?

« Ce que je dis aux jeunes c’est tout d’abord d’être curieux, il faut poser des questions. Il y a une chose très importante que j’ai appris à l’armée : j’ai appris qu’un aumônier a le même grade que la personne avec laquelle il parle. Et de cela, j’en ai tiré une leçon, j’ai appris de cette personne, je me met au même niveau que la personne avec qui je parle. Et c’est quand tu te met à sa place que automatiquement la personne s’abaisse et se comporte naturellement avec toi. Il faut parler comme lui, ne pas avoir de complexes, tu es aussi intelligent que lui, il est comme toi alors il faut être comme lui. »

  1. Une anecdote à nous raconter ?

« À l’époque quand je travaillais dans une maison de disque au service de presse, on m’avait demandé d’aller à un repas et avant le show business c’était très rock and roll et moi j’étais tout penaud. Et quand j’allais voir les stars et les programmateurs je toquais tout le temps à la porte, six mois après on m’avait mis dans les relations publiques (attaché de presse), parce que les stars ont appelé pour leur dire que j’étais poli, que j’étais bien et qu’il fallait m’augmenter. J’ai fais ce métier pendant 3 ans. Donc il faut être osé mais être poli, c’est essentiel. »

Laurie Crouzet, Emma Descas, Delhia Prothon et Charifa Raari G3

Entretien avec Daniel Mutel, responsable de communication chez France 3 Occitanie

dimanche 24 novembre 2019

Retranscription de l’interview de Daniel Mutel, Responsable de communication pour France 3 Occitanie Dans le cadre de notre cours Projet Professionnel personnalisé, nous devions interviewer un professionnel de la communication. Daniel MUTEL, responsable de communication pour France 3 Occitanie, a accepté de nous recevoir sur son lieu de travail: son bureau dans les locaux de Montpellier de France 3 Occitanie. L’interview a eu lieu le Mercredi 20 Novembre et a duré une demi-heure.

Interviewer 1 : Bonjour Madame Mutel, vous avez accepté de nous recevoir, je vous rappelle donc cette interview est réalisée dans le cadre d’un de nos cours, du fait que l’on suit une licence d’information et de communication, l’interview va durer une quarantaine de minutes. Elle sera enregistré pour une retranscription, et cette retranscription sera postée sur le blog de notre licence, donc c’est toujours bon pour vous ?

Mme Mutel : Toujours, oui, très bien

Interviewer 1 : Très bien, commençons ; Quel est votre rôle au sein de France 3?

Mme Mutel : Alors je suis responsable de communication pour France3 Occitanie mais nous sommes une équipe de 3 pour toute la région et moi je m’occupe particulièrement du territoire ex-Languedoc-Roussillon. J’assure la communication externe sur nos programmes et la communication interne sur les stratégies de l’entreprise et de la communication auprès des personnels

Interviewer 1 : On va rentrer un peu plus sur le passé, par rapport à votre parcours scolaire

Mme Mutel : Alors là j’ai un parcours scolaire complètement atypique, je n’ai pas le bac. J’ai voulu rentrer rapidement dans la vie active parce que je suis issue d’une famille nombreuse. Je suis vite rentrée dans la vie active en tant qu’assistante commerciale dans une entreprise anglaise, à Rouen, où j’ai pu évoluer au sein de l’entreprise grâce à des formations et des cours d’anglais. Le personnel bénéficiait de cours toute l’année. J’ai commencé comme assistante au service commerciale, puis au service export et ensuite au service ressources humaines. Après une dizaine d’années, j’ai commencé à m’ennuyer. J’ai profité de l’arrivée d’un 3ème enfant pour prendre un congé parental et profiter de ce temps pour réfléchir à mon avenir. Et un jour on m’a appelé, une amie travaillant à France 3 Normandie m’a appelée en me proposant d’assurer des remplacements ponctuels en contrat CDD. J’ai vu là l’occasion de découvrir un nouvel univers, celui de la télévision et je n’en suis jamais sortie. A France 3 Normandie, j’ai débuté comme assistante de rédaction auprès du rédacteur en chef. Je traitais les demandes de reportage, la gestion administrative des journalistes (frais de mission, contrat CDD, facture etc.. J’ai rapidement été sollicitée pour assurer les remplacements de l’assistante de direction. Après 8 ans de travail à ce poste, j’ai voulu évoluer. Je suis partie à France 3 Sud à Toulouse pour un poste d’assistante de direction. Dans mes missions, il y avait de la communication interne et des actions de communication externe à gérer avec l’équipe du service communication. En 2010, une restructuration a fait disparaitre le poste d’assistante de direction. Un service communication à Montpellier a été ouvert et j’ai eu ce poste.

Interviewer 1 : Donc ça fait combien de temps que vous êtes …?

Mme Mutel : Ça va faire presque 10 ans.

Interviewer 1 : d’accord…Donc vous avez beaucoup changé de poste…

Mme Mutel : Oui

Interviewer 1 : …est-ce que pour des adaptations vous avez suivis des formations?

Mme Mutel : Pas dans un premier temps. J’ai appris sur le tas et avec beaucoup de bon sens. Je suis arrivée à la limite de l’exercice et j’ai donc utilisé mon CIF (congés individuel de formation) pour me former à ce métier avec le CFPJ à Paris. (cf formations sur le cv) pour compléter si besoin Être à l’écoute de l’autre m’a beaucoup aidé, et je pense que cela, je l’ai en moi, j’aime bien transmettre, j’aime bien expliquer, j’aime bien prendre le temps de le faire, et, en général, j’aime les gens. Nous avons la chance aujourd’hui d’avoir des outils qui facilitent ce travail : les réseaux sociaux, le web, le digital, qui maintenant font partie prenante voire totale de notre activité.

Interviewer 1 : Est-ce que vous pourriez nous présenter une journée type que vous faîtes?

Mme Mutel : Alors, honnêtement, très honnêtement, il n’y en a pas. C’est à dire qu’en règle générale, je commence la journée avec une liste de choses à faire qu’on me demande et en règle générale je repars le soir en ayant pas fait le dixième de ma liste car j’ai dû répondre à des demandes imprévues ! Lundi dernier, par exemple, j’avais planifié ma journée. Tout était prévu, sauf l’imprévu ! : Une mauvaise nouvelle. Un salarié qui avait quitté l’entreprise depuis peu qui était décédé, donc stop, on arrête tout, on prépare une communication interne pour prévenir l’ensemble du personnel de la disparition de notre collègue, donc j’ai fait ça avant de partir à ma conférence de presse à Nîmes à laquelle je devais assister car on est partenaires avec le Flamenco de Nîmes. , Tout ça fait partie des aléas de notre métier.

Interviewer 1 : Donc une journée type est une journée remplie d’imprévus?

Mme Mutel : C’est ça, en communication, c’est souvent ça. Interviewer 1 : Et du coup, par rapport à votre choix de carrière, c’était un peu aléatoire, mais c’est quelque chose que vous avez en vous, au niveau de votre personnalité?

Mme Mutel : Tout à fait! Et j’ai découvert que j’aurai dû faire ce métier depuis le début, c’est ça que j’avais envie de faire. Mais je le savais pas, car on n’est pas toujours amené à découvrir des métiers, on n’avait pas à l’époque de stage en entreprise, on n’avait pas internet. On s’orientait vers les métiers connus : secrétaire, infirmière, instit, pour les femmes. Si vous n’êtes pas issue d’une famille de milieu intellectuel, vous restez dans un schéma classique de formations toutes tracées !

Interviewer 1 : Vous parliez de la télé, qu’on ne sait pas ce qu’il y a derrière, et du coup, il y a combien de personne derrière France 3 de manière générale?

Mme Mutel : Là le personnel en total, on est 300, il y a beaucoup de départs à la retraite, donc le chiffre est à confirmer mais on est environ 300 à 350 pour toute la partie Montpellier, Nîmes et Perpignan.

Interviewer 1 : Vous en parliez par rapport à la fusion de 2010 de l’ex Languedoc-Roussillon, au moment où il y a eu ce changement, comme l’avez-vous vécu?

Mme Mutel : Mal je l’avoue. Je ne comprenais pas pourquoi encore, il me fallait changer. Je travaillais avec une grande autonomie. La structure a changé avec la fusion des régions. Il m’a fallu m’adapter et apprendre à travailler avec d’autres responsables. Cela n’a pas été évident, je n’ai pas ressenti d’accompagnement. Il a fallu un temps d’adaptation. Un mode de fonctionnement a été trouvé et j’ai découvert le plaisir du travail en équipe. Interviewer 1 : Vous parlez de vos dossiers, donc c’est ce qui représente les projets?

Mme Mutel : Je monte des partenariats avec des acteurs culturels ou associatifs de la région autour de leurs événements. On propose une visibilité : Une visibilité sur le site internet de France 3 Occitanie et sur les réseaux sociaux. De leur côté, ils nous offrent une visibilité via le logo ou/et encart de pub de notre chaîne ou programme. Nous complétons par une sensibilisation de la rédaction ou/et notre émission matinale, ensemble c’est mieux. Nous sommes très précis sur ce sujet car il arrive que le partenaire attende de notre partenariat un reportage. Nous leur rappelons à chaque fois que la rédaction est totalement autonome.

Interviewer 1 : Un projet actuel, dont vous pourriez nous parler ?

Mme Mutel : Là actuellement, je travaille sur deux événements. Un qui se passe sur Montpellier au Parc Expo et s’appelle Xtrem, c’est une association centrée sur le modélisme de miniatures, c’est-à-dire des voitures, des drones, des avions, etc. Pourquoi on a accepté d’être partenaires avec eux ? C’est parce qu’ils travaillent avec des jeunes en partenariat avec l’ANPE. L’apprentissage des métiers autour du modélisme tel que l’électricité, l’électronique etc.., l’insertion des jeunes c’est un sujet qui nous touche. Nous sommes partenaire d’ne association dont les valeurs sont identiques à celles de notre chaine.

Interviewer 1 : Donc, il y a quand même une implication personnelle dans le choix de certains partenariats ?

Mme Mutel : On a tous nos sensibilités, il y a des partenariats qui nous plaisent plus que d’autres mais ce n’est franchement pas ce qui est décisionnaire. Il faut que ça corresponde aussi au niveau de l’antenne, aux orientations de France Télévisions. Exemple, France Télévisions veut donner une belle visibilité à la culture sur nos chaines. Pour répondre à cette orientation, en région nous engageons ce type de partenariat. Ex : le musée de la romanité de Nîmes qui a une expo temporaire, le musée de Lodève etc.. On est soucieux également d’une présence sur tout le territoire Occitanie

Interviewer 2 : Par rapport au fait que vous aviez eu votre 3ème enfant et tous ces imprévus qui arrivent dans votre emploi du temps, comment est-ce que vous arrivez à joindre votre vie professionnelle et votre vie personnelle?

Mme Mutel : Comme toutes les femmes qui travaillent, c’est-à-dire qu’on essaie de trouver un équilibre en tout. Ça a été compliqué pour moi parce que moi. Les programmes familiaux n’étaient pas aussi riches qu’aujourd’hui. J’ai trois enfants et j’ai continué à travailler à temps plein. J’ai pu compter sur mon entourage familial pour me rendre service quand mes enfants étaient malades ou que je devais travailler plus tard. Quand je suis arrivée à Toulouse, mes enfants étaient plus grands et ça m’est arrivé parfois de laisser mes enfants seuls pendant le travail car je ne connaissais pas grand monde. Ça encore ça passe, parce qu’on a des journées “enfants malades” mais parfois quand il y a une opération, on ne peut pas dire “Mon enfant est malade, je ne viens pas. J’y allais la boule au ventre avec la culpabilité en prime. Du coup, le 3ème tome d’Harry Potter a été un cadeau qui a consolé ma fille de mon absence à ses côtés. C’est mieux aujourd’hui dans ce domaine mais force est de constater que la charge repose beaucoup sur les mamans. J’ai une fille infirmière qui a pris un congé parentale sans solde parce qu’elle avait des problèmes de garde, son mari faisait des placements. Quand elle a repris le travail, on le lui a clairement reproché, alors qu’elle a pris un son solde, qu’elle n’a pas été rémunérée et qu’ils ont pu la remplacer. Son choix était motivé par le bien-être de ses collègues. Plutôt que des arrêts intempestifs, elle a préféré faire ce choix-là malgré tout en reprenant le travail, sa direction lui a clairement fait comprendre que c’était inacceptable. On a encore du chemin à faire..

Interviewer 2 : Sans transition, quel conseil pourriez-vous donner à quelqu’un qui a envie de travailler dans la communication plus tard ?

Mme Mutel : Ah, qu’est-ce que je pourrais vous dire ? Qu’il faut savoir une chose, c’est comme ça, c’est que les actions que vous allez mener, quand elles seront couronnées de succès, vous en entendrez peu parler. Mais en revanche en cas de couac. Il en est tout autrement.. C’est souvent ça, la communication. Ne pas vous offusquer quand après des jours de travail autour d’une opération, la seule chose dont vous entendrez parler : ‘’Super ton traiteur’’ ou ‘’franchement ce n’était pas bon’’. Ce dire que ce métier est un beau métier. Un autre conseil, le métier change et nous oblige à être devant un ordinateur toute la journée. Alors faites une pause, allez à la rencontre de vos collègues à la machine à café ! 1 – Histoire de garder un lien permanent et informel 2- C’est inouïe le nombre d’informations que l’on récolte à la cafeteria  Un dernier conseil : Restez à la pointe de l’évolution des métiers. J’ai débuté avec les mails et le print et aujourd’hui, vous devez être à l’aise avec le digital : Twitter, Facebook et tout ça. Qui sait de quoi sera fait demain ? Quels seront les nouveaux outils, process etc.. C’est vrai pour tous les métiers mais encore plus vrai dans les métiers de la communication. Interviewer 1 : Donc, c’est un métier qui est vraiment dans les réseaux sociaux ?

Mme Mutel : Oui, énormément. Si vous voulez, à la base, au début quand nous voulions communiquer sur nos programmes, on passait par les autres médias. Comme nous-mêmes nous sommes un média, les autres médias ne nous ouvrent pas leurs portes spontanément. Il faut vraiment que nous ayons un programme exceptionnel pour qu’ils parlent vraiment de nous. C’est un peu logique. Mais après, il faut bien réfléchir. Notre cible, ce n’est pas les médias, c’est le public. Pour qu’il nous regarde. Les réseaux sociaux nous ont permis de passer au-delà des médias et de toucher notre public. Donc ça a été une aubaine extraordinaire, il ne faut pas s’en priver. Facebook, Twitter, Instagram, tout ça… Snapchat. Les outils sont efficaces mais ne pas oublier de rester à l’écoute des comportements, des gens sur leur façon de regarder la télé, leur façon de s’informer. Quand je parle de la télé, je parle de la maison plus que du support, puisque maintenant la majorité des gens regardent le replay et les réseaux sociaux

Interviewer 1 : Nous avons vu que les locaux de F3 accueillent aussi ceux de France 2…

Mme Mutel : Nous avons effectivement une équipe de F2 qui est hébergée dans nos locaux. Ce sont des journalistes et des monteurs, mais c’est une équipe de France national.

Interviewer 1 : Pour finir, comment voyez-vous votre avenir au sein de F3?

Mme Mutel : Ouf ! J’ai 56 ans, mais j’ai encore un avenir. Jusqu’à la dernière heure, il ne faut pas se priver de faire autre chose. J’aimerais rentrer dans la formation, former des gens aux métiers de la communication, aux outils, aux stratégies de marketing et de communication. Oui j’aimerais vraiment, parce que je pense qu’à un moment il faut continuer à prendre mais il faut transmettre aussi. Je vous donner la primeur, je ne l’ai pas encore dit à mon chef de service ! Voilà, j’aimerais vraiment m’orienter dans le métier de formateur.

Interview 1 : C’est tout pour nous, merci beaucoup pour votre temps.

ITIC

Interview menée par : Lafuente Léa (Interviewer 1 ),
Doradoux Morgane ( Interviewer 2 )
et Lemaire Matthis

Lydie Célébrations, organisateur d’événement

dimanche 24 novembre 2019

«  Pour un jour sans pareil »

Le jeudi 14 novembre à Béziers, nous avons interviewé les membres d’une agence d’événementiel appelée Lydie célébrations. Elle est tenue par deux organisateurs d’événements, Gilles Cazaud et Lydie Cazaud. L’entretien a durée environ 29 minutes.

-Bonjour, nous sommes en première année de licence information-communication à l’Université Paul Valéry. Dans le cadre de notre projet, nous vous demandons si vous êtes toujours d’accord pour que l’on puisse enregistrer, retranscrire et poster sur le blog de notre filière l’interview qui va suivre. Avant de la publier nous vous l’enverrons afin que vous puissiez valider cette retranscription.

Mr et Mme Cazaud : oui oui, bien sûr.

– Tout d’abord, nous aimerions savoir quels parcours vous avez suivis ? 

Mr Cazaud : Pour ma part, j’ai été au lycée, j’ai eu mon bac, j’ai fais pharma mais je n’ai pas été jusqu’au bout. Après, j’ai fais un DUT de technique de commercialisation, ensuite, visiteur médicale à la faculté de Pharma. Après, j’ai été prestataire médical pendant quatre ans. Puis, j’ai monté ma boite dans le matériel médical. Pendant que je tenais le magasin, j’ai passé une licence information communication à Béziers. Cela fait maintenant 15 ans que j’ai ma boutique de matériel médical mais j’ai souhaité me lancer dans une activité de communication et donc l’événementiel. Voilà mon parcours en deux mots.

Mme Cazaud : En quelques mots oui. Donc on s’est formés tous les deux puisque moi aussi j’étais dans le domaine de la santé et je travaillais au sein du magasin. Après notre licence, on s’est formés dans une école spécialisée dans l’événementiel à Montpellier. 

Mr Cazaud : Et donc moi, quand j’étais étudiant, j’étais président de la corporation de la fédération des étudiants. J’organisais beaucoup de soirées étudiantes sur Béziers, et quelques unes sur Montpellier. Et après en tant que prestataire médical, je participais au centre de Pharmagora, centre de pharmacien à Paris. On organisait beaucoup de réunions avec les médecins, les infirmiers. Donc on a toujours eu un lien plus ou moins direct avec l’événementiel. Et après dans le privé aussi, on organise pas mal de choses pour tout le monde. Ça s’était pour nous, perso tout ce qui était weekends, soirées, anniversaires. 

Mme Cazaud : Parce que ça ne s’improvise pas quand même. Beaucoup, justement, s’improvisent organisateurs mais ça ne s’improvise pas. C’est beaucoup plus complexe qu’on ne peut le penser. 

Mr Cazaud : Voila, et au niveau du magasin aussi, de l’activité professionnelle, on participe à des salons et on organise aussi beaucoup de réunions sur la santé avec les infirmiers, médecins…et avec les fournisseurs. On a toujours un lien quand même, alors, ce n’était pas notre métier, mais on a toujours eu un lien direct avec l’événementiel. 

– Qu’est ce qui vous a attiré dans le domaine de l’événementiel ?

Mr Cazaud : Le fait que l’on doive repartir à zéro à chaque fois.

Mme Cazaud : C’est un nouveau challenge, à chaque fois de nouveaux défis à relever.  

Mr Cazaud : Autant dans le commerce classique, bon, il y a la clientèle et après c’est vrai qu’on est dans la routine. Mais là, c’est vrai que même si il y a une part de routine, chaque projet est nouveau. C’est pour un nouveau client, une nouvelle thématique, c’est un nouvel endroit. Et les demandes évoluent et puis c’est un domaine aussi qui touche à la technologie. Maintenant on rentre dans le digital, donc on suit aussi la nouvelle mode et tous ces phénomènes la. Aussi, on a affaire à une diversité de personnes tant par leurs goûts, mais on peut aussi organiser des soirées années 80, années 50 ou des soirées plus modernes. 

– Quel style d’événement prenez vous le plus plaisir à organiser ? 

Mme Cazaud : Alors pour le moment vu que l’on a ouvert l’agence uniquement depuis deux mois, c’est tout nouveau. On a une clientèle de professionnels et de particuliers. Pour l’instant on a eu surtout des demandes pour 2020. Donc, ce qui nous plait véritablement on ne peut pas encore le dire. Forcément de par nos métiers précédents, on a quand même une clientèle plus professionnelle pour le moment. On a beaucoup de demandes de professionnels. Concernant les particuliers, on a déjà fait deux événements mais c’était plutôt basé sur des anniversaires. 

Mr Cazaud : Il ne faut pas en oublier un, c’était un mariage. Il y avait quand même deux cents convives. 

Mme Cazaud : Mais bon, pour le moment vu que c’est le lancement, c’est compliqué. 

Mr Cazaud : Puis il faut dire qu’on a quand même deux profils différents. C’est à dire que moi j’ai plus l’orientation pro, alors que Lydie a plus l’orientation, bon même pro, mais particulier. Lydie est plus dans l’originalité, dans la création, dans la décoration. Alors que moi, je suis plus sur le côté commercial. C’est à dire qu’on fait de l’événement mais c’est plus pour capter des clients, pour fédérer des fournisseurs. Moi j’aime bien mettre cette touche commerciale dans l’événement. Il est vrai que pour ma part, les événements pour les professionnels sont ceux que je préfère. 

– D’accord, et donc à propos du métier d’organisateur en lui-même, comment pourriez- vous le définir ? 

Mr Cazaud : Alors c’est un métier très exigeant, pour lequel il faut en permanence être au courant de toutes les tendances. Il faut se remettre en cause régulièrement parce qu’il faut, quand même, suivre toujours l’actualité, suivre tout ce qui sort, les désirs des gens. 

Mme Cazaud : On a des abonnements à des revues d’événementiel, on va au salon Event à Paris là, fin novembre. Il faut tout le temps suivre ce qu’il se passe… 

Mr Cazaud : Il faut savoir à la fois ce que fait la concurrence mais aussi ce que propose tous les prestataires. Et après, on se base beaucoup sur les États-Unis, donc il faut essayer de voir ce qu’il se fait la bas. Indirectement, on sait qu’en cinq, dix ans, ça arrivera en France. Ça a toujours été comme ça. Et c’est là qu’on voit que l’on rentre dans un monde de digital, en terme d’animation et d’événementiel, de plus en plus. 

– Selon vous, quels pourraient êtres les avantages et inconvénients de cette profession ? 

Mr Cazaud : En avantage, je dirai qu’on est toujours dans un côté festif et joyeux. 

Mme Cazaud : On crée de l’émotion aussi. On aime avant tout voir les gens heureux, parce que c’est vrai qu’on vient d’un milieu, le médical, qui n’est pas très joyeux. C’est aussi une clientèle un peu toxique donc c’est pour ça que créer l’émotion, le bonheur, la joie c’est ce qui nous plait le plus avant toute chose. 

Mr Cazaud : Après le gros inconvénient par rapport à nos métiers précédents, c’est que l’on n’a pas le droit à l’erreur. On peut faire 10 événements qui se passent super bien et si on en loupe un c’est notre réputation qui en prend un coup. C’est l’inconvénient de la communication mais aussi de la restauration. On peut être excellent, il suffit qu’on se trompe 1 fois et tout ce qui à été fait en amont ne sert plus à rien. C’est un métier qui exige d’avoir une constance dans la qualité. Et c’est vrai qu’il y a beaucoup d’heures de travail aussi. Forcément, dans tout ce qui est projet direct, il faut gérer tous les problèmes de dernière minute, la météo, l’intervenant qui ne va pas venir, l’électricité qui se coupe… Tous les petits détails mais qui au final peuvent être de gros problèmes. Il faut beaucoup travailler en amont pour avoir le moins de casse possible le jour-J et aussi prévoir la météo, surtout chez nous, tout ce fait dehors l’été, la météo c’est une vraie catastrophe. 

Mme Cazaud : C’est assez stressant… 

– Quelles sont pour vous les qualités indispensables pour exercer et réussir dans l’évènementiel ? 

Mme Cazaud : La rigueur…

Mr Cazaud : Savoir se coucher tard et se lever tôt, être toujours de bonne humeur… 

– D’accord, pouvez vous brièvement expliquer la mise en place d’un évènement quel qu’il soit ? 

Mme Cazaud : La mise en place c’est surtout selon ce qu’on fait, ce qui a été demandé mais généralement que ce soit pour une inauguration ou pour un mariage la mise en place est la même. On va tout coordonner, déjà en amont, nous on aura tout préparé, on aura choisi les prestataires en fonction des demandes… Après le jour J, il faut vraiment coordonner le tout, la mise en place, la décoration, le traiteur, les animateurs et animations… 

Mr Cazaud : Déjà, nous l’objectif, c’est que le client nous dise, le plus en amont possible, la date de l’événement et ce qu’il souhaite pour que nous, on puisse sélectionner et prévenir nos prestataires… Et admettons, une semaine avant le jour J, on doit être sûrs que tout est OK. Et après, il faut refaire une grosse vérification la veille pour être sûr que tout soit prêt et qu’il n’y ait plus de problème etc… Ensuite, il y a tout le boulot du jour J. 

Mme Cazaud : On a vraiment un rétro planning. Il y a un gros travail en amont pour que tout soit parfait le jour-J. 

Mr Cazaud : Ce sont des grosses check-List qu’il faut vérifier jusqu’au jour-J et il faut avoir une grande confiance en nos prestataires. 

Mme Cazaud : D’où aussi l’intérêt d’avoir un bon réseau, dès le départ… Et notre métier de commerçants nous a grandement aidé pour cela. 

– Pourquoi avoir décidé de créer votre propre entreprise ? 

Mme Cazaud : En ce qui concerne l’événementiel, il n’y avait pas d’agence physique à Béziers,/ Nous sommes la seule agence physique ici, c’est une des raisons pour lesquelles nous l’avons créé. Vous pourrez trouver beaucoup de choses sur internet notamment des wedding-planers mais aucune agence physique. C’est ce pourquoi nous nous sommes lancés. Nous voulions impérativement avoir un endroit où les gens puissent venir nous rencontrer. Le métier dans la région est encore peu connu. 

Mr Cazaud : Disons qu’il y a beaucoup de wedding-planners, mais ce sont plus des personnes qui travaillent de chez elles et sont spécialisées pour le particulier. Concernant la clientèle de professionnelles, il n’y a, à Béziers, aucun organisateur d’événements. Il y avait quelques sociétés de communication classique qui organisaient des événements mais ça n’était pas du tout leur métier. D’ailleurs, souvent, ils sous-traitaient avec des sociétés de Montpellier ou de Toulouse. Il est vrai qu’à Béziers il n’y avait vraiment rien. La seconde raison, est que, comme nous avons été patron, il aurait été difficile de redevenir des salariés. 

Combien de temps cela prend-il de créer sa propre entreprise ? Est-ce que c’est compliqué, comment ça se passe ? 

Mr Cazaud : Si vous m’écoutiez, je vous dirai que non.. 

Mme Cazaud : Si vous voulez avoir deux avis et c’est pour cela que nous sommes très complémentaires ; monsieur a créé son entreprise comme il vous l’a expliqué il y a une quinzaine d’années. Pour ma part, j’ai toujours été salarié, donc lui, dira que ça n’est pas compliqué et moi je vous dirai que oui c’est compliqué de se lancer à son compte car ça ne se fait pas comme ça. Maintenant, il y a beaucoup d’organismes qui vous aident mais il faut quand même que le projet soit bien mûri, que vous l’ayez vraiment beaucoup travaillé en amont. Il faut penser au business plan, aux partenaires, au comptable, au banquier. Ça n’est donc pas si simple. 

Mr Cazaud : Disons que par expérience, il ne faut pas forcément écouter tout ce que l’on dit sur les aides. C’est vrai qu’il y en a, mais si déjà en se lançant, on n’est pas béton, la prise en charge des dossiers est compliquée. Il faut vraiment montrer sa motivation. En soi, ce n’est pas compliqué, c’est la partie administrative qui l’est. 

Mme Cazaud : À partir du moment où l’on y croit et l’on est convaincant ça va. Il faut y croire dès le départ à 200% et effectivement ne pas trop écouter ce que l’on peut vous dire ; car par exemple nous à la base, le magasin de matériel médical fonctionne encore très bien donc on pourrait se demander pourquoi nous nous lançons dans une nouvelle aventure. On quitte notre zone de confort pour repartir de zéro, même de rien, et c’est quelque chose qui n’est pas évident. Tous les deux nous sommes très complémentaires et on se régale dans notre métier. 

Mr Cazaud : Disons que si on écoute les banquiers, souvent on ne se met pas à son compte. Par exemple, il y a 15 ans, on me donnait 6 mois de vie, or sur Béziers, on est devenu un des principaux magasins de matériel médical. Un projet, il faut le réfléchir, le mûrir et puis se lancer. Il faut écouter les conseils car il y en a tout de même des bons mais quand on a un objectif il ne faut pas lâcher, et ça quelle que soit l’activité. 

Votre agence organise-t-elle tous les types d’événements ou bien vous êtes spécialisés dans un événement en particulier ou pas encore et est-ce que vous le prévoyez ? 

Mme Cazaud : Alors pour l’instant nous ne nous limitons pas, mais après, on va se limiter pour le particulier, aux mariages, anniversaires et on insiste aussi sur ce qu’on appelle les family meeting (réunion de famille) aussi appelées dans le sud les cousinades. Concernant les professionnels, on fait évidemment tout ce qui est inaugurations, journées portes ouvertes, soirées d’entreprises, arbres de noël… 

Mr Cazaud : En fait, on est généraliste pour l’instant et je pense qu’au bout d’un an, on va vraiment décider si on prend une orientation plus pour les professionnels ou plus pour les particuliers. On est quasiment sûrs de choisir les professionnels. 

Mme Cazaud : Avec les professionnels, ce sont les événements sur lesquels on se régale le plus. 

Mr Cazaud : Concernant le professionnel, on a un avantage, car c’est une clientèle qui fait régulièrement des événements et cela permet de fidéliser. Les mariages, à moins que les gens divorcent chaque année et se remarient, c’est assez occasionnel. Avec les professionnels, c’est vrai qu’il y a une redondance entre les arbres de noël, les réceptions, les anniversaires d’entreprises… On se spécialise aussi dans tout ce qui est organisation de réunions inter- 

entreprises pour regrouper pas mal de PME qui veulent des réunions en commun. Il est vrai que le secteur pro permet d’avoir une redondance régulière et ce sont des réseaux où le bouche à oreille va d’autant plus vite. En soi, le mariage aussi mais ça reste un événement plus rare. 

Pour rebondir là-dessus, comment avez-vous réussi à vous faire connaître, comment se crée-t-on un carnet de contact ? 

Mme Cazaud : Alors là aussi ça n’est pas évident, il faut énormément sortir, communiquer sur internet que ce soit sur les sites internet, Facebook, Instagram… 

Mr Cazaud : Moi qui n’étais pas très réseaux sociaux, je suis extrêmement surpris de Facebook. Autant, je pense que chez les jeunes c’est en train de diminuer mais nous, notre cible ce sont des personnes entre 30 et 60 ans. On a énormément de retours sur Facebook. LinkedIn, pour le secteur professionnel est vraiment un bon canal de communication, c’est impressionnant ! C’est d’ailleurs là où on a le plus de demandes, là où on capte le plus de monde, et sur notre site qui est en ligne depuis fin octobre. 

Comment mesurez-vous la réussite d’un événement ? 

Mme Cazaud : Tout simplement la réussite c’est déjà d’une : le retour de nos clients qui vont être satisfaits et puis les retours que l’on peut avoir. C’est-à-dire que si l’on est appelés par d’autres personnes qui étaient présentes à cet événement, c’est qu’eux aussi l’ont aimé et donc c’est une réussite pour nous. 

Mr Cazaud : C’est là aussi où le réseau de prestataires est important. Si on a de bons prestataires, avec qui on est en confiance et on travaille régulièrement pendant l’événement, tous ce qui est serveurs ou autres, ce sont des vecteurs de communication. Ils sont au milieu des gens et entendent toutes les réflexions. Le jour-J on peut avoir une tendance et généralement le lendemain, voir une semaine après, le ou les clients feront eux aussi des retours. En général quand ça s’est bien passé, le retour est très rapide. 

Mme Cazaud : Pour tous les événements que l’on a fait jusqu’à présent, les retours sont quasiment immédiat. On crée l’émotion et les retours ne se font pas attendre. Même vis-à-vis des prestataires, des intervenants que l’ont fait venir, si eux aussi sont contents, c’est important. Ce n’est pas uniquement nous deux mais bien toute l’équipe qui a prit part à cet événement. Si les intervenants 

eux-mêmes sont contents alors ça veut dire que c’est réussi. Eux aussi, nous font une énorme pub après les événements. 

– Comment choisissez-vous vos prestataires ? 

Mme Cazaud : C’est en fonction de la demande, de ce que le client veut. Si admettons, il veut quelque chose de plus convivial, comme un cocktail dînatoire par exemple, et bien on va se baser sur tel ou tel traiteur ou si il veut quelque chose de plus classique. C’est vraiment du cas par cas. 

Mr Cazaud : Du fait aussi, que l’on avait une entreprise avant, on participait déjà à beaucoup de réunions et d’événements. Indirectement, il y avait aussi tous les prestataires que nous avions vu par le passé. Puis après, Béziers, c’est une petite ville donc un traiteur qui est mauvais ça se sait très vite aussi. 

Mme Cazaud : Après nous on privilégie du circuit court. Même pour les animations etc. Bon des fois c’est pas possible, ça dépend de ce qu’on nous demande aussi bien évidemment. Mais on préfère faire bosser ceux qui sont proches. 

Quels conseils pourriez-vous donner à des gens qui souhaitent monter leur propre entreprise comme vous ? 

Mr Cazaud : Du courage. Oui du courage il en faut. Après, toujours être de bonne humeur. 

Mme Cazaud : Le premier conseil, c’est de ne pas se lancer comme ça, à l’aventure, comme beaucoup. Je parle pour ce métier. Donc déjà, premièrement, il est nécessaire de se former, si on n’est pas formé par de vrais professionnels, si on sait pas ce qui nous attend, forcément on se loupe. 

Mr Cazaud : Même nous, qui maîtrisons l’organisation d’événements privés, on a quand même besoin de diplômes. En France, il y a une culture du diplôme, donc pour être plus crédible vis-à-vis de nos clients mais aussi pour nous ; parce que parfois, on peut avoir la pratique mais c’est bien aussi d’avoir une trame de théorie. On s’est formé tous les deux à l’EFCDE, à Montpellier, c’est une école française d’événementiel qui permet d’avoir quand même un cadre et aussi des enseignants qui sont des professionnels du métier.

Mme Cazaud : Dans l’événementiel c’est primordial de se former. 

Mr Cazaud : Cette école justement ne fait que ça. Parce que souvent, l’événementiel, c’est dans les écoles de commerce ou de communication et ce n’est qu’une option de diplôme. Alors qu’à l’EFCDE, ils ont un master que sur l’événementiel qui dure cinq ans. Ça permet d’avoir un bagage complet sur tous les domaines, le recensement des prestataires, la décoration, le commercial aussi. Il faut quand même se vendre, sans oublier le côté juridique, parce qu’on fait une activité très encadrée juridiquement, et ça, on ne peut pas y aller à l’aveugle. Sur un événement, c’est celui qui organise qui est responsable de tout, même du traiteur. Bien sûr, en cas de problème, on se retourne mais comme le client paye la facture à l’agence, il se retourne contre elle. Donc il y a beaucoup d’éléments à prendre en compte dans nos contrats, notamment en terme d’assurance. C’est surtout là dessus que c’est compliqué. Il faut connaître la théorie pour savoir comment on monte un contrat et être averti des responsabilités en cas de problème. Parce qu’un événement, en général, se passe toujours bien mais on ne sait jamais, un chapiteau qui tombe, enfin n’importe quoi, une bourrasque de vent, il peut vite y avoir un mort ou des blessés… Il y a aussi toute cette partie là où il faut que l’on soit blindé juridiquement parlant et en terme d’assurance. Et tout ça, ça s’apprend et ça se prévoit. 

Mme Cazaud : Motivation, formation, passion et communication. 

Mr Cazaud : C’est un métier où l’on communique en permanence, à la fois avec les clients mais aussi envers nos partenaires et nos prestataires. C’est un métier qui exige d’assister à beaucoup de réunions parce qu’il faut se montrer. 

Pouvez vous nous en dire un peu plus sur l’école dont vous avez parlé ?

Mr Cazaud : Alors c’est l’EFCDE, c’est deux femmes qui en sont à la tête. L’une, a une grosse agence de wedding planner, elle fait aussi du pro dans le luxe sur Aix en Provence. Et l’autre, organisait le tournoi de Roland Garros pendant des années. 

Mme Cazaud : Elle a fait de gros événements sur Paris. La formation est très enrichissante, on a affaire à des formatrices qui sont passionnées par ce qu’elles font et qui t’apprennent énormément. C’est pas une formation où tu t’ennuies, où tu grattes mais t’apprends rien, là c’est véritablement des passionnées. 

Et donc c’est une formation qui dure combien de temps ? 

Mr Cazaud : Elles proposent pas mal de formations qui durent entre 15 jours et 2 mois selon ce que vous voulez et après le master c’est 3 ans. Dans le master, il y a plusieurs options ; il y a événement culturel et tourisme d’affaire, événement sportif, wedding planner et designer, design événementiel et commercial. Après, je pense qu’il est préférable de maîtriser la communication avant. Je vois en tant que chef d’entreprise, on doit avoir des notions de graphisme et de communication. Parce qu’on a des demandes sur tout. C’est mon côté professionnel, mais j’insiste pas mal sur le fait que l’événementiel c’est une réelle stratégie commerciale. Ce n’est pas juste faire une soirée où on boit un coup, on mange un bout. Souvent, et c’est là où beaucoup d’entreprises se trompent, c’est qu’ils font la soirée juste pour leurs clients alors qu’ils devraient profiter de cet événement pour agrandir leur cercle et signer beaucoup plus de contrats au lieu de faire une pub sur Midi Libre par exemple. Et puis, sur Midi Libre, ça vaut facilement 3000 ou 4000 euros, alors qu’avec ce budget là on peut faire un événement d’entreprise, qui derrière, rapportera beaucoup plus de chiffre d’affaire. 

Très bien, je pense que vous avez répondu à toutes nos questions. Merci beaucoup pour ces informations et pour le temps accordé.

*EFCDE = École Française des Créateurs et Décorateurs de l’Événementiel

Les propos des organisateurs d’événements, Monsieur Cazaud et Madame Cazaud, ont été recueillis par Jade TIRAT, Romane LASSALLE, Lucie VERDU, et Sarah SAINT MARTIN.

Retranscription de l’interview avec Elizabeth Badinier, rédactrice en chef de France bleu Hérault.

dimanche 24 novembre 2019


Enzo : Bonjour madame Badinier,

E.B : Bonjour

Enzo : Nous allons réaliser cette interview dans le cadre de notre cours de Projet Professionnel Personnalisé, nous vous demandons donc si il est possible de vous enregistrer.

E.B : Il n’y a pas de soucis

Enzo : Cet entretien sera retranscrit sur le blog de la fac

E.B : Il n’y a pas de problème

Enzo : Donc je vais laisser la place à mes collègues qui vont commencer l’interview

Réda : Alors je vais être le premier à commencer, je vais aborder une partie qui sera plus axée sur votre carrière et ensuite mon collègue fera la seconde partie. Donc pour commencer pouvez-vous nous présenter le métier de rédacteur en chef ?

E.B : Le métier de rédacteur en chef c’est l’encadrement d’une équipe de journalistes à qui on confit quotidiennement des missions de reportages ou de présentation car dans la radio il y a deux métiers de journaliste assez différents : la présentation des journaux avec une personne qui vient faire les journaux très tôt puis dans la journée qui assure des entretiens d’information globalement environ toutes les heures et le deuxième métier c’est celui de reporter c’est à dire d’aller chercher l’info, de la vérifier et d’en faire un produit radio à la fin qui maintenant aussi a une déclinaison sur internet puisque tout nos reportages sont disponible sur notre site internet. Rédacteur en chef ça veut dire donc concrètement réunir tout le monde le matin, on essaye de débriefer la matinale qui est tout ce qui s’est passé de 6h à 9h qui est le pic d’audience de la radio car les gens écoutent la radio le matin c’est là que l’on concentre la majorité de nos informations et que l’on diffuse nos reportages. Donc le journaliste en charge de cette tranche matinale nous explique si il a eu tous les reportages pour faire la matinale, il nous dit si il a entendu des choses, ils nous explique ses choix, on parle parfois des reportages qu’on a bien aimé, qu’on a moins aimé, on peut évoquer des sujets qu’on a pas parlé, qu’on a oublié, et après une fois qu’on a débriefé la matinale on passe à la préparation de la journée et donc cette réunion qui s’appelle une conférence de rédaction c’est moi qui la mène en compagnie des autres journalistes présents ce jour là et on essaye de réfléchir aux reportages que l’on peut réaliser dans la journée. Donc ces reportages on fait des choix sur ce qu’il se passe à Montpellier, on est énormément sollicité par des conférences de presse d’élus, d’associations, d’institutions qui nous appellent pour présenter leurs projets par exemple en ce moment c’est les municipales ou alors on est invité dans des conférences, des colloques tout ça c’est très institutionnel et puis il y a tous les reportages non institutionnels que nous sommes amené à faire, cela peut nous arriver de recevoir des appels des auditeurs qui nous appellent pour nous signaler telle ou telle chose et après il y a les faits divers qui peuvent arriver des accidents, des incendies on a eu par exemple il y a 15 jours l’incendie d’une école dont vous avez peut être entendu parler qui a détruit l’école entièrement, un incendie criminel qui demande des journalistes sur le terrain, donc tout ça on en parle en conférence de rédaction et ensuite quand on en a discuté, débattu on fait les choix sur les reportages que les journalistes vont tourner, donc on a 2 ou 3 reporters par jour qui sont chargés d’un ou deux reportages par jour ça dépend de la charge de travail pour tourner dans la journée. Donc une fois que la réunion est terminée, je transmet le programme de la journée à tout le monde dans la radio que ce soit de la secrétaire à la chargée d’accueil ou la directriceparce que tout le monde doit être au courant des reportages que l’on doit tourner ça intéresse tout le monde, ça peut avoir une incidence sur le fonctionnement de l’ensemble de l’équipe, et puis ce programme est envoyé à Paris à un certain nombre de rédacteurs en chef du groupe radio France. Donc à Paris il y a déjà la maison mère du groupe France Bleu qui a aussi une rédaction nationale qui va traiter de l’actualité nationale pour nous et aussi pour des moments d’antennes où on a pas d’antenne spécifique, nous on a de l’antenne spécifique de 6h du matin à 20h le soir et de 20h à 6h du matin c’est de l’antenne nationale avec un programme fait par Paris où il y a aussi des rendez-vous d’informations et aussi des décrochages dans la journée fait par Paris de midi et demi à 14h et le soir à 19h où c’est un journal de France Bleu c’est-à-dire que ce n’est pas nous qui le faisons mais Paris donc la rédaction nationale de France Bleu elle est au courant comme ça des reportages qui vont être tourné chez nous, qu’on a fait pour alimenter notre propre antenne et puis on est un grand groupe, France Bleu fait partie du groupe Radio France qui comprend France Info, France Inter, France culture, France musique, Mou’v, et 44 radios locales de France Bleu. Et donc ces autres rédactions que ce soit France inter ou France Culture viennent se servir dans nos reportages car nous sommes la même maison et donc comme je vous le disais l’incendie de l’école à Béziers par exemple c’est sur ce genre d’actualité que se servent France info, France Inter ils vont pas forcément envoyer quelqu’un sur place ils estiment que nous avons fait le travail pour eux donc ils se servent de nos reportages donc ce programme que j’envoie tous les matins je l’envoie aussi à la rédaction parisienne après le fil de la journée c’est de vérifier que les reportages rentrent c’est-à-dire que les reporters rentrent des coups de fils et viennent nous voir en disant j’arrive pas à joindre telle personne je peux donner d’autres idées, on peut décider d’orienter sur d’autres reportages ou au contraire ils me disent c’est bon j’ai calé le reportage je sais à quelle heure j’y vais, puis il y a toute l’actualité qui va tomber tout au long de la journée qui était imprévue et il faudra donc réorganiser les choses, ensuite voilà dans la journée ça continue comme ça jusqu’au soir vers 18h30 une fois que la journée est à peu près bien avancée pour tout le monde on fait un point sur tous les reportages qui sont rentrés et on décide ce qu’on diffuse le lendemain matin pour la personne qui va arriver a 3h du matin pour préparer les journaux de 6h. Entre temps nous devons trouver un invité car tous les matins nous avons un invité présent sur 5 minutes donc là il y a un journaliste présent qui est dédié à cela et il y a également un débat à trouver où on sollicite nos auditeurs pour choisir ce débat donc là l’invité ou le débat j’ai un journaliste dédié à ça mais on travaille ensemble et tous les soirs on s’appelle car lui arrive très tôt le matin donc l’après-midi il n’est pas là et le soir il m’appelle pour savoir sur quel sujet d’actualité nous pouvons solliciter nos auditeurs, quel débat on peut mettre en place, ça c’est vraiment sur la partie purement éditoriale, ensuite il y a une partie administrative à faire qui est un peu rébarbative mais qui me revient à moi, je gère un budget pige, en plus de mes titulaires j’ai des pigistes c’est des gens qui viennent et qui sont payés à la journée pour faire des remplacements au coup par coup donc ce budget c’est moi qui le gère, savoir où j’en suis, savoir faire des plannings pour le travail de mes collaborateurs de la radio, elle fonctionne 7 jours sur 7 du lundi au dimanche et chaque journalistes ont droit à 2 jours de repos hebdomadaires donc ces 2 jours là faut les caler dans la semaine quand ils bossent le week-end donc c’est de l’organisation, c’est un travail de débriefing qui nécessite du temps notamment les jeunes journalistes qui débutent faut leur montrer leur travail, on a une fonction de formation importante pour les jeunes journalistes qui débutent dans nos équipes ont leur fait beaucoup de retour sur leur travail, on a aussi des personnes en alternance qui demandent beaucoup de travail, c’est la fonction de rédacteur en chef après il y a un travail plus général avec l’équipe de cadre de la radio ici à France Bleu il y a une directrice et 3 cadres intermédiaires le rédacteur en chef que je suis, le responsable des programmes qui est le chef des animateurs et le responsable technique qui est le chef des techniciens et on a au moins une réunion par semaine pour voir les opérations spéciales de la semaine ce qu’on va éventuellement montrer évoquer les problèmes qu’on a pu avoir pour parler de la vie de la radio, pour évoquer les problèmes qu’il y a pu avoir , à l’antenne, dans les équipes.. voilà vous avez à peu près fait le tour de ma mission.

Réda : d’accord merci beaucoup, et maintenant que vous êtes rédactrice en chef, on aimerait en savoir plus sur votre parcours pour devenir rédactrice en chef justement.

E.B : Euh mon parcours il est assez classique et il correspond au parcours de beaucoup de gens qui sont rentrés dans radio France. Moi j’ai fait une école de journalisme, l’école de journalisme de Lille, aujourd’hui il en existe une quinzaine d’écoles reconnues par la profession qui sont soit des écoles privées soit des écoles.. des formations universitaire ça dépend des statuts, vous en avez à Paris, à Tours, à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice, Lyon et j’en oublie sûrement encore Grenoble, enfin voilà toutes les grandes villes ont leur école de journalisme. Donc moi j’ai fait celle de Lille qui est l’une des plus vieille école de journalisme, à l’issue de cette école j’ai fait un stage de sortie d’école , pour valider le diplôme il faut faire un stage de sortie même si on en fait plein pendant la formation mais il y en a un spécifique de sortie, et celui là m’a ouvert les portes de radio France puisque je suis resté enfin j’avais déjà, pendant mes études, fait des piges a Radio France mais le stage école que j’ai fait m’a ouvert la porte vers des piges plus régulières, donc j’ai commencé comme ça à Lille je suis resté là ou je travaillais, où j’étais étudiante et après radio France c’est un peu le parcours classique on rentre comme pigiste ensuite on passe un concours alors moi à mon époque c’était pas aussi formel qu’aujourd’hui c’était pas un concours c’était « est ce qu’on a le niveau ou pas » et on rentrait ou pas, aujourd’hui c’est un vrai concours qui consiste a passer des épreuves de journalisme spécifique radio France, c’est radio France qui organise ce concours, et ceux qui réussissent ce concours ont le droit de devenir CDD, c’est pour vous dire que.. pour vous donner une idée de la précarité du métier c’est à dire qu’on passe un concours pour avoir le droit d’être CDD. Quand on est CDD ça veut dire qu’on est sur un planning et on fait des déplacements partout en France, ça peut être 15 jours a France info, 2 mois a France bleu Alsace à Strasbourg, deux jours a France bleu Hérault, 6 mois a France bleu à Nantes voilà, c’est très formateur et très fatiguant pour les jeunes qui font ça, et au bout de 3 – 4 ans ces jeunes peuvent espérer être titularisé en postulant sur des postes qui se libèrent, mais c’est pas tous les gens qui sont au planning qui vont avoir un poste, donc moi j’ai fait ce parcours là, je suis devenu pigiste puis après CDD, et après j’ai été embauché a France Bleu à Orléans comme journaliste, j’y suis resté une dizaine d’année après j’ai choisi de bouger je suis arrivé à Perpignan a France bleu Roussillon où je suis resté quelques années en tant que journaliste et j’ai gravi les échelons en interne où je suis devenu rédactrice en chef adjointe à Perpignan, puis rédactrice en chef tout court à Perpignan donc en tout je suis resté 14 ans à Perpignan et ensuite j’ai choisi de bouger je suis venu ici et ça fait 3 ans que je suis rédactrice en chef à France bleu Hérault. Le résumé.


Réda : Merci, pouvez vous peut être nous en dire plus sur les raisons du changement de Perpignan à Montpellier ?


E.B : Ah bah c’est parce que au bout d’un moment quand on est implanté dans une ville et en plus qui n’est pas très grande, on fini par… je vais pas dire s’ennuyer mais il y a quand même une petite routine qui s’installe et à Perpignan ça faisait 14 ans que j’y été je connaissais tout le monde, il ne pouvait rien se passer sans que je sois au courant et j’avais besoin de créer un nouveau challenge dans ma vie et on est venu me chercher, c’est le directeur, à l’époque c’était le directeur de France bleu Hérault, il avait besoin d’un rédacteur en chef et il a demandé que ce soit moi, et donc il est venu me proposer de postuler, donc c’est aussi ce qui ma motivé c’est qu’on est venu me chercher et que ça correspondait à un moment de ma vie où j’avais la possibilité de bouger, où mes enfants étaient grand j’avais plus d’attache, je ne faisais pas bouger toute ma famille j’ai bougé toute seule, c’est ces opportunités personnelles qui se sont conciliées avec des opportunités professionnelles.

Réda : Très bien, qu’est ce qui vous a attiré dans le métier de rédactrice en chef ?

E.B : Ce qui m’a d’abord attiré dans le métier c’est le journalisme, parce qu’avant d’être rédactrice en chef je suis d’abord avant tout journaliste. Donc le métier de journaliste c’est ….. moi j’ai découvert le métier vraiment…. parce que quand on est jeune on se fait une idée du métier qui est complètement la plupart du temps erronée surtout quand on a 15 ans, on imagine le grand reportage, les gens qui vont au bout du monde etc.. et en fait quand j’ai choisi de devenir journaliste je ne savais vraiment pas à quoi correspondait le métier ce qui m’attirait c’était sans doute un peu le prestige du métier, le fait qu’on rencontre beaucoup de gens et voilà la première idée c’était ça, et après j’ai découvert le métier vraiment au travers d’un stage que j’ai fait a France bleu a Clermont-Ferrand quand j’étais étudiante mais même pas encore à l’école de journalisme, et je me suis dis « c’est ça que je veux faire » , ça me paraissait vraiment heu … le métier, la manière d’exercer le métier qui me correspondait le mieux, à savoir du journalisme de proximité avec beaucoup de rencontres en tous genres, pas du journalisme d’investigation, pas du journalisme d’opinion, pas du journalisme « Parisien » avec tout ce que ça peut comprendre de péjoratif et aussi de positif, j’ai rien contre les journalistes parisiens, mais voilà, moi ce qui m’intéressait vraiment dans ce métier quand j’ai commencé à l’exercer, c’est d’aller gratter, rencontrer des gens des vrais gens, pas seulement être sur le perron de l’Élysée à attendre que les ministres sortent du conseil des ministres, mais vraiment aller chercher des histoires, des vraies histoires les histoires des vrais gens, et très rapidement c’est ça qui m’a intéressé dans ce métier. Et après je suis devenu rédactrice en chef parce que a un moment donné, sans doute que j’avais envie de créer un nouveau chemin, je pense que j’ai une nature un peu … je suis très très organisé, je suis quelqu’un de très très très très organisée, donc ça aide beaucoup dans le métier puisque ça exige vraiment de l’organisation, et ça me plaisait de donc cadrer .. voilà
Je me suis jamais vraiment posé la question directement de pourquoi j’ai voulu être rédactrice en chef, mais …. dans le travail d’organisation que nécessite ce métier, ce métier me correspond en tout cas c’est sûr.

Réda : D’accord, et maintenant que vous avez une bonne expérience dans le métier quels sont les points positifs, ou aspects positifs et les aspects négatifs que vous avez pu authentifier, remarquer dans ce corps de métier ?

E.B : Dans le journalisme ou la rédaction en chef ?

Réda : Dans le journalisme tout d’abord et puis dans la rédaction en chef par exemple.

E.B : Les aspects positifs .. c’est qu’on arrive le matin et on ne sait pas de quoi la journée sera faite, alors il y a des gens que ça peut déranger, des gens qui sont très angoissé, qui ont besoin d’avoir une vie très cadrée très canalisée, mais moi c’est ce qui m’intéresse dans ce métier c’est que quand j’arrive le matin je sais pas… je sais pas de quoi ma journée sera faite exactement, surtout quand je suis reporter je sais pas sur quel reportage je vais partir je ne sais pas ce que sera l’actualité.Il y a une grande satisfaction dans ce métier de journalisme de proximité c’est que mine de rien on aide les gens, mais pas une aide matérielle une aide.. en racontant des histoires en médiatisant des gens qui seraient pas médiatisés si nous n’étions pas là, il y a surtout une bienveillance générale permanente avec nos interlocuteurs, parce que nos auditeurs c’est une famille en fait, c’est des gens… on les connaît pas, ils sont derrière le poste mais il y a un lien de proximité avec eux qui n’existe pas sur une grande radio par exemple et on en a des retours tous les jours … y compris sur .. surtout quand on a par exemple des épisodes météo avec des routes coupées des gens qui sont dans la merde tout ça , on sait que les auditeurs s’entraident et qu’on est là pour faire le lien, voilà tout cet aspect là, qui m’a intéressé, évidemment informer les gens, et puis l’aspect positif c’est quand même que.. en voulant… notre métier ça consiste à vulgariser toutes les informations qui peuvent nous arriver, à nous de voir si elles peuvent intéresser les gens ou pas, mais à partir du moment où on a choisi de les médiatiser notre boulot c’est de les vulgariser, de les rendre accessibles, et du coup bon bah on apprend tous les jours des trucs, moi j’apprends tous les jours, tous les jours, tous les jours, j’apprends des choses, tous les jours. C’est passionnant. Alors je retiens pas tout hélas parce que avec l’âge on a plus autant de capacités dans la mémoire que vous, mais je rentre jamais le soir en me disant « aujourd’hui j’ai rien appris ». J’ai toujours appris quelque chose, de quelqu’un en lisant, en essayant de comprendre un sujet, en écoutant un reportage qu’un de mes journalistes a fait, voilà de ce point de vue là c’est passionnant. Et j’ajoute, puisqu’on est dans les aspects positifs, au métier de rédacteur en chef il y a la partie éditoriale qui est la même que celle des journalistes, apprendre rencontrer des gens etc… et il y a le choix aussi, le fait de pouvoir trancher….. comment dire…. l’aspect décision qui me revient à moi, il y a un côté grisant quelque part, même si je joue pas au petit chef et que j’espère que dans mon équipe il y a beaucoup de place au dialogue et au débat, a un moment donné si il faut trancher, ça va être moi qui vais trancher, donc cet aspect est un peu grisant par moment, pour l’ego notamment, voilà je vous le cache pas, même si c’est pas le moteur.
Après encadrer un équipe c’est un deuxième métier qu’on apprend sur le tas, moi j’ai pas été formé pour ça, même si après j’ai fait plein de stages de management, c’est pas mon métier premier, c’est pas d’être manager, mon métier premier c’est d’être journaliste. Je pense qu’un bon journaliste n’est pas forcément un bon rédacteur en chef et qu’un bon rédacteur en chef n’est pas forcement un bon journaliste non plus, c’est presque deux métiers différents et on a la chance de faire un peu les deux en un. Encadrer une équipe c’est aussi très très valorisant, il n’y a pas de routine, il y a un aspect humain que j’aime énormément c’est à dire en tirant le meilleur de chaque personne qui est dans son équipe en tenant compte de ses qualités, de ses forces, de ses faiblesses. On peut pas amener tout le monde au même endroit, ce n’est pas le but. Il faut prendre un petit peu de chacun et essayer, dans une équipe, que les gens se complètent aussi, voilà ça c’est passionnant. Les inconvénients c’est qu’en fait ça s’arrête jamais. On est pas journaliste de 9 heures du matin à 19 heures le soir, on est journaliste de 6 heures du matin à 6 heures le lendemain matin et ça recommence. C’est à dire que même dans notre vie privée, c’est malgré nous personne ne nous le demande, mais c’est dans nos gênes de professionnel, c’est qu’on est toujours journaliste en fait, on a du mal à s’affranchir complètement de notre métier et à se dire que quand on rentre chez soi le soir bah on peut couper. On va ne serait-ce qu’allumer la télé pour regarder une émission et on reste journaliste en regardant l’émission. On va décrypter la manière dont les gens ont tourné le reportage on va se dire « ah ouais ça c’est un sujet qu’on pourrait peut-être faire chez nous » et c’est inconscient, mais c’est fatiguant. Voilà. Et en plus on a des horaires de travail quand même assez larges, on fait pas 35 heures quoi, donc on le fait par passion mais par moment c’est bien quand ça s’arrête un peu. (rires) C’est le principal inconvénient pour moi à ce métier. Le deuxième c’est que c’est un métier en pleine mutation et c’est pas un inconvénient mais en tout cas c’est un challenge et il faut pas qu’on se loupe. Demain la radio elle existera plus. Vous, vous écoutez pas la radio par exemple, je suis sûr qu’aucun d’entre vous n’écoute la radio. Vos musiques vous les avez sur une playlist ou sur Deezer même Spotify et demain comment on va vous toucher vous. A part par internet, à part par nos sites éventuellement et encore ça sera que si nos articles sont partagés sur Facebook ou sur Instagram ou je sais pas quoi. Donc nos métiers sont en pleine mutation et moi des fois j’ai l’impression d’avoir loupé le coche, parce que je me sens déjà trop vieille. Ça va trop vite c’est un inconvénient, ça va trop vite on a pas le temps de se poser, on a pas le temps de réfléchir à comment on va faire notre métier demain. Il y a des modes de consommation qui décident à notre place et on est dépassé, moi je me sens dépassée.

Clément : Justement moi j’avais une question par rapport à l’avenir des médias. Comment vous pensez que ça va évoluer avec l’arrivée des réseaux sociaux et d’internet ?

E.B : Les réseaux sociaux et internet ça date pas d’aujourd’hui, ça fait un moment qu’on travaille avec. Moi je suis pas née avec, mais c’est sûr que j’ai connu le métier où on faisait des interviews avec les bandes magnétiques. Ça vous parle la bande magnétique ? Ça vous parle pas ? Au lieu d’avoir des magnétophones, enfin des enregistreurs numériques que ce soit téléphones ou autre, c’était un appareil avec de la bande magnétique et quand elle passait devant l’enregistreur ça enregistrait et ça retournait de l’autre côté. Peut-être un jour vous en verrez. Et aussi il y avait des cassettes, bah nous nos appareils c’était des petites cassettes grandeur nature, on travaillait avec ça. Donc évidemment le numérique a révolutionné notre métier mais en bien, c’est à dire qu’aujourd’hui on a gagné en confort de travail, on a plus des magnétophones qui pèsent 7 kilos, ça faisait 7 kilos. On a plus, quand on se trompe dans un montage, bah on peut recommencer parce que c’est du numérique. Avant quand on se trompait, on coupait nos bandes avec des ciseaux et on mettait du scotch dessus pour faire un montage. Je vous parle de ça, c’est pas si vieux que ça, parce que je suis un peu vieille mais le numérique est arrivé dans le métier en 2OOO. Alors évidemment vous étiez à peine nés mais pour nous c’est pas si vieux que ça. Donc le numérique a révolutionné notre façon de faire notre métier. Internet a révolutionné aussi parce que on trouve tout sur internet et puis il y a l’aspect négatif, c’est qu’aujourd’hui tout le monde peut être journaliste en tous cas, tout le monde croit qu’il peut l’être. Et ça c’est un vrai problème pour nous parce que c’est pas parce qu’une info circule sur internet qu’elle est vraie, et nous on doit sans cesse montrer que notre métier il s’apprend, que apprendre à vérifier une information c’est un métier et que tout ce que les apprentis journalistes font sur internet ça nous sali tous les jours. Et les fake news c’est un vrai souci pour nous parce que on est obligé de passer beaucoup de temps à les vérifier pour les démentir et avant on avait pas ça. Avant tout ce qu’on disait était pris pour argent content parce que ça provenait d’un métier qu’on avait appris, alors je dis pas que les journalistes se trompaient jamais et qu’il n’y avait pas des gens qui étaient un peu manipulé, ils pouvaient se tromper ça existait aussi mais aujourd’hui n’importe qui avec un téléphone il devient journaliste et c’est pas ça, c’est pas ça notre métier. Nous notre métier c’est d’être sur le terrain, de vérifier, d’appeler les bonnes personnes, d’avoir plusieurs sources et voilà donc je suis pas très très positive sur la manière dont les réseaux sociaux se sont emparés de notre métier, mais bon il faut faire avec.

Clément : Et du coup vous dîtes que vous par rapport aux personnes sur les réseaux sociaux vous vérifiez vos informations, comment vous faîtes pour les vérifier et être sûre de publier quelque chose qui est dans le vrai ?

E.B : Alors on est jamais sûr à 100 % mais on a quand même de par nos métiers de par nos expériences un certain nombre d’interlocuteurs qui sont plus fiables que les autres. Alors il y a un contre exemple majeur, c’est l’affaire Dupont de Ligonnès, ça vous parle à tous les quatre ?

Nous : Oui bien sûr.

E.B : Ça c’est le contre exemple majeur qui va nous faire du mal à nous journalistes professionnels pendant des années parce que les gens vont nous le ressortir pendant des années. C’est à dire qu’il y a des journalistes qui se sont fiés à des sources qui auraient dues être des sources fiables et qui, en l’occurrence, se sont trompé. Ça veut pas dire que les journalistes avaient raison mais en l’occurrence c’est des flics et sur une affaire comme ça quand les flics vous disent qu’on a retrouvé Dupont de Ligonnès, vous avez aucune raison de les mettre en doute. Quand des flics vous disent on a arrêté des gilets jaunes qui foutaient le bordel, bon bah gilets jaunes flics faut recouper. Quand c’est les flics qui vous annoncent qu’ils ont arrêté Dupont de Ligonnès et qu’en plus ça vient de quatre sources différentes ministère de l’intérieur, flics je ne sais plus procureur et compagnie, là normalement c’est béton. Or c’était pas béton parce que toute l’erreur venait des flics de Glasgow qui se sont trompé sur des empreintes digitales et cetera, je vous refais pas l’histoire peut-être vous l’étudierez dans vos cours pourquoi tous les journalistes se sont trompé sur l’affaire Dupont de Ligonnès. Maintenant, en dehors de cette histoire là, nous on a nos sources qui sont fiables et puis c’est surtout un travail de regroupement, si vous avez plusieurs personnes qui vous disent la même chose ça devient de plus en plus fiable et puis la première source qu’on a c’est nos yeux. Ça veut dire que nous on est des journalistes de terrain on va sur le terrain, si on a vu des flics frapper des gilets jaunes, on les a vu. Si c’est des gens sur les réseaux sociaux qui vous disent l’homme qui a vu l’homme, qui a vu l’homme, qui a vu l’homme. Puis il y a des gilets jaunes qui sont morts, au mois de mai on a des gilets jaunes qui sont soi-disant morts à Montpellier, il n’y a jamais eu de gilets jaunes qui sont morts. Mais ça a fait un buzz terrible sur les réseaux sociaux puis en plus les journalistes n’en parlaient pas parce que ils avaient pas le droit d’en parler donc vous voyez un peu la théorie du complot qui se met en place tout ça. C’est fatiguant, c’est vraiment fatiguant mais nous ça veut pas dire qu’on se trompe jamais mais on a un peu d’expérience sur la fiabilité de nos sources, on comprend avec l’expérience quels sont les intérêts des uns et des autres à nous manipuler ou pas, ou à nous dire la vérité ou pas. Puis après on fait la part des choses, mais on peut se tromper.

Réda : Quel est selon vous le meilleur support que ce soit presse écrite ou radio ?

E.B : Le meilleur support pour moi c’est qu’il y en a plusieurs, c’est la pluralité des supports. On est dans un pays démocratique, on a une presse libre, alléluia ! Hélas les gens ne s’informent que très rarement de plusieurs façons différentes mais globalement sans le savoir vous êtes informé de manières différentes, vous allez être informé sur Facebook et puis après par des liens que vous allez trouver puis peut-être que vous êtes abonné à des notifications donc au final vous finissez par être informé par plusieurs sources. Mais l’avantage de ce pays c’est qu’on a de la presse engagée, c’est la presse politique Libé, l’Humanité, le Figaro tout ça c’est des journaux qui sont engagés. On a de la presse populaire, populaire c’est pas un gros mot pour moi, comme le Parisien. On a des télés de service public comme France 2 ou France 3, on a des télés privées comme BFM ou TF1. Tout ça fait que c’est la pluralité de l’information, hélas il y a trop a mon sens de mimétisme entre journalisme : c’est a dire des journalistes qui interviewent quelqu’un et derrière le Parisien va décider de faire un reportage sur un tel ou tel sujet, puis derrière TF1 va décider de faire un reportage sur le même sujet, et RTL qui va faire le même sujet, et BFM, Le monde. C’est un peu dommage mais ça a toujours existé et ça existera toujours mais bon la meilleure source d’information reste d’en avoir plusieurs.

Clément : Et pour une personne qui aujourd’hui voudrait se lancer dans ce métier, qu’est ce que vous lui conseillerez de faire ?

E.B : C’est une métier qui est sinistré, donc je mettrais déjà en garde les gens qui veulent devenir journaliste, qu’ils sachent bien ou ils mettent les pieds. Il y a 20% de chômage, c’est un métier de très grande précarité jusqu’à 28, 29 ans c’est difficile d’en vivre bien je pense. Donc une fois que ce préalable est posé, c’est un métier passionnant donc je continuerai d’encourager les gens. Aujourd’hui je pense que les écoles de journalisme deviennent incontournables non pas parce que elle apprend le métier mais parce que elle ouvre des portes sur des médias sur des stages qui sont indispensables. Donc c’est pour ça que je trouve que l’école de journalisme est indispensable par les portes qu’elle ouvre et la meilleure formation pour moi est l’alternance. Alors là je signe dès demain, c’est le meilleur moyen de se former. Vous êtes à la fois à l’école pour avoir des cours un peu théorique ou pratique mais pas dans la réalité. Puis, toutes les 8 semaines, vous venez deux mois et demi en entreprise pour mettre en pratique tout ce que vous avez appris à l’école et hop vous repartez à l’école, et ça pendant deux ans. Et en sortant des deux années, il y a déjà un bagage intéressant. Après ceux qui voudraient devenir journaliste, je les invite à s’informer comme je le disais de manière plurielle, c’est à dire ne pas se contenter d’un média. J’estime que les journalistes qui veulent passer le concours doivent écouter la radio le matin, mais pas toujours la même, qu’ils regardent un 20h le soir et qu’ils lisent au moins un quotidien par jour. C’est indispensable pour s’informer et voir comment les journaux traitent différemment les mêmes sujets. Regarder un 20h de TF1, le lendemain regarder le 20h de France 2, écouter RTL, Europe 1, RMC, France Bleu, France inter, France info, essayer de se faire une idée sur la manière dont les journalistes traitent l’information d’un média à l’autre. Parfois c’est de la même manière, parfois c’est différent. Il faut se poser les bonnes questions. Voilà, il faut faire preuve de curiosité, et ceux qui rentrent en école ou même avant de rentrer dans les écoles, j’inviterai les jeunes qui veulent faire ce métier à essayer de trouver des stages, ne serrait-ce que pour se faire une vraie idée sur le métier, ne pas se tromper car comme je vous le disais parfois on se trompe un peu sur le métier.

Réda : Et nous avons une dernière question, qui est plus portée sur une anecdote. Est ce que vous avez peut être une anecdote sur un bon souvenir pour avoir une petite fin positive dans votre carrière ?

E.B : J’aime bien ta question, je trouve que vous avez posé de bonnes questions. J’ai déjà fait des entretiens comme ça, je fais une petite parenthèse et après je réponds à ta question. Donc j’ai déjà fait des entretiens avec des étudiants qui se déroulaient globalement de la même façon, je ne sais pas si c’était les mêmes directives, et j’ai trouvé que les jeunes étaient trop figés sur leurs questions et n’écoutaient pas forcément les réponses alors que vous, vous avez écouté les réponses et ça a généré d’autres questions que vous n’aviez peut être pas prévu et c’est très bien, et vous avez bien rebondi. J’ai fait trop d’entretiens où la troisième question j’y ai déjà répondu mais ils ne s’en aperçoivent même pas parce qu’ils sont figés, alors si c’est des gamins de troisième c’est pardonnable mais quand c’est des étudiants je trouve que c’est dommage. Là vous avez bien rebondi, ça vous a ouvert d’autres questions donc non non c’est bien. Alors des souvenirs positifs, j’ai plein d’anecdotes positives alors je vais en parler d’une. Je disais qu’on aidait les gens, qu’on avait un sentiment d’aider les gens en médiatisant leurs histoires. J’ai souvenir que l’année dernière, une femme qui est venu nous voir parce que son mari est mort dans un accident de moto, alors c’est pas très positif mais vous allez comprendre pourquoi je parle de ça. Et en plus c’était un cap vraiment particulier car il revenait de son travail, il était embauché dans un restaurant où on ne lui avait pas fait un contrat de travail normal, il faisait trop d’heures, il était fatigué, il s’est prit une voiture ce n’était pas de sa faute enfin bon, il y a eu tout un tas de choses accumulées, et un mois et demi après l’accident, elle n’avait toujours pas de nouvelles de l’enquête, elle était toute seule avec son deuil et était perdue. Elle est venu nous voir en désespoir de cause pour nous dire je ne comprends pas, ça avance pas, on ne me dit rien, on me ferme toutes les portes. Une fois que j’ai récupéré son témoignage, qui était très digne, émouvant mais très digne, j’ai fait mon travail de journaliste. Je suis allé voir la justice, la police pour savoir pourquoi ça n’avançait pas, et miraculeusement, tout s’est débloqué pour elle. L’employeur s’est tout a coup réveillé alors qu’il faisait le mort, tout un tas de choses qui se sont débloquées pour elle. Alors ça ne lui a pas rendu son mari soyons clair elle est toujours en deuil et ce sera très dur pour elle. Mais j’ai l’impression d’avoir apporté un petit peu d’espoir dans sa vie et j’ai pas fait grand chose, je l’ai juste écouté et derrière j’ai fait mon travail de journaliste. Des petites anecdotes comme ça, j’en ai tous les ans et je rentre le soir et je me dis que j’ai été utile a quelqu’un, je n’ai pas fait que du sensationnel comme on nous accuse de faire, et je me dis tant pis de ce que les gens pensent de mon métier moi j’ai un peu de conscience, d’humain, j’ai un peu d’âme et j’emporte ça avec moi le soir et ça me réconforte. J’aurais pu en citer d’autres, c’est celle là qui est venu spontanément. Puis après on fait des sujets positifs aussi on rencontre des belles personnes qu’on imaginait pas exister, même en tant que rédactrice en chef ça m’arrive de rencontrer des gens qui illuminent ma journée et je me dis waouw, ces gens on les fait sortir de l’ombre et ils ont quelque chose a donner et ils ont pas de fiches wikipédia mais ils sont bien quoi, ce sont des gens qu’on a à cœur de médiatiser parce que ils peuvent apporter quelque chose a tout le monde et quand on fait des petites rencontres comme ça, on est content. C’est un peu comme une maison de disque qui accepterait de rencontrer des artistes qui n’ont jamais produit puis tout a coup ils se disent « je suis là je vais en faire quelque chose ». Alors les maisons de disques c’est pour le pognon bien sûr mais nous on a pas d’argent derrière, mais il y a quand même un aspect positif à essayer de nous aussi faire de belles rencontres tous les jours.

Enzo : Merci beaucoup, vous avez répondu à toutes nos questions, merci de nous avoir accordé votre temps et d’avoir répondu a nos questions madame Badinier. On vous enverra la retranscription de l’interview pour que vous la validiez.

Interview réalisé par Réda Talbi, Clément Hubert, Alex Simon-Labric et Enzo Magnani.

Entretien avec la Community Manager de l’université Paul-Valéry.

vendredi 22 novembre 2019

Interview de Justine Castillo, Community Manager de l’université de Paul-Valéry Montpellier 3. Nous sommes quatre étudiantes en première année de licence information-communication à l’université Paul Valéry. Dans le cadre de notre cours projet professionnel personnalisé, nous avons interviewé une Community Manager le Jeudi 14 Novembre 2019.

Dans le cadre du contrat pédagogique est ce que vous êtes d’accord pour qu’on enregistre cette interview et qu’ensuite on la retranscrive pour la publier sur le blog de notre licence ?

– Oui je suis tout à fait d’accord.

Alors ma première question c’est qu’est-ce que le community management pour vous est ce que vous pouvez nous donner une définition ?

– Une définition précise du community management pour moi ?

Oui

– Alors le community management pour moi c’est la gestion de tout ce qui va toucher aux réseaux sociaux donc la gestion de communautés et des pages réseaux sociaux d’une enseigne, définir en fait quels sont les réseaux sociaux qui sont le plus utile pour l’entreprise ou l’institution pour laquelle on va travailler, définir des objectifs pour ces pages et ensuite l’animer à la fois dans tout ce qui est création de contenu donc contenu visuel et contenu textuel et après tout ce qui est animation de la communauté donc gérer les commentaires, être présent pour les gens quand ils ont des questions, répondre aux messages privés ce genre de chose. Donc pour moi le community management globalement c’est ça c’est tout ce qui va être gestion d’une page et de son utilité et créer son contenu et ensuite d’un autre coté s’occuper de la communauté qui va être rattachée à ces pages-là.

Quel parcours scolaire avez-vous entrepris ?

– Alors moi du coup j’ai fait un bac littéraire histoire des arts, ça n’a rien à voir avec la com numérique. Ensuite j’ai fait une licence de lettre moderne à l’université Paul-Valéry et à l’issue j’ai fait un master 1 recherche en lettre moderne, basé notamment sur la recherche sur tout ce qui touche à l’évolution du livre dans le secteur du numérique. Moi j’ai beaucoup travaillé sur ça pendant mon master 1. Et ensuite je me suis dirigée vers un master 2 professionnel « métier du livre de l’édition et de la médiation culturelle » toujours à Paul-Valéry à l’UFR1, et en fait ce qui – je ne sais pas si cela vous intéresse – ce qui m’a vraiment dirigé vers le community Management c’est mon stage de fin d’étude qui s’est fait dans une maison d’édition mais j’étais en web marketing, community management donc je m’occupais du community management d’une maison d’édition donc c’est là que le community management se rattache à ma formation qui est quand même un peu plus littéraire.

D’accord, qu’elle est selon vous le parcours idéal pour entrer dans le monde de la communication ?

– Du coup c’est drôle vu que je n’ai pas du tout fait un parcours adapté. Je pense que tout ce qui est filière de l’information de la communication donc par exemple à Paul-Valéry, l’ITIC, c’est des bonnes filières parce que la communication aujourd’hui, forcément, on va avoir des formations qui vont être plus dirigées vers le numérique parce que c’est quand même aujourd’hui ce qui fonctionne. Je pense qu’on peut avoir aussi tout ce qui est formation journalistique qui peuvent être utiles parce que par exemple, pour donner mon expérience, moi j’ai une formation très littéraire donc on m’a appris à faire des dissertations qui font 14 pages et quand on travaille sur des réseaux sociaux comme twitter avec 250 caractères, je ne peux pas faire une intro super longue. Donc tout ce qui est journalistique ça apprend des logiques de fonctionnement, d’accroche, qui sont utiles pour les réseaux sociaux. Donc je pense que ce genre de formation là ça peut être pertinent, des formations info com et je crois qu’aujourd’hui ça commence à se développer des formations community management pur après moi je n’en ai pas forcement entendu parler mais si ça existe, forcement tout ce qui va être ce genre de formation là axées communication numérique, marketing, web marketing etc…

A votre avis nous apprenons plus du métier à l’école, avec la théorie ou par l’expérience ?

– L’expérience ! Forcement moi c’est ce que je vais vous dire parce que mon expérience et mon cheminement à la fois universitaire et professionnel ont fait qu’en cours j’ai étudié toutes les théories en ce qui concerne le marketing et le marketing numérique, mais j’étais quand même dans une formation qui était beaucoup plus accès édition donc livres, ouvrages, valorisation des ouvrages mais pas forcément community management pure et dure. Et donc quand j’ai eu l’opportunité de faire ce stage dans une maison d’édition, je me suis retrouvée un peu au community Management et j’ai un peu appris sur le tas. C’est-à-dire que j’avais toutes les connaissances de la maison d’édition, la chaîne du livre donc vraiment tout ce qui pouvait m’aider à faire mon travail mais après vraiment les techniques de community management, la gestion de communauté … ça je ne savais pas faire parce que je ne l’ai pas appris en cours. Donc du coup, je pense forcement que l’expérience sur le terrain c’est beaucoup plus formateur de par mon expérience, parce qu’aussi elle est assez atypique. Peut-être que si vous rencontrez un autre community manager qui a fait une formation très accès communication, peut-être qu’il vous dira qu’il a beaucoup appris en cours et qu’en arrivant dans le monde du travail il s’est juste retrouvé à appliquer tout simplement ce qu’il avait appris en cours.

Est ce qu’il y a des différences entre un community manager d’entreprise et un community manager d’université ?

– Oui complètement ! Du coup ce qu’il faut savoir c’est que la plus grosse différence entre un community Manager d’entreprise et un community manager d’université c’est l’objectif de départ, l’objectif initial n’est pas le même. Par exemple, j’ai travaillé dans une entreprise donc je peux aussi faire part de mon expérience. En entreprise on cherche à vendre dans du privé, je travaillais dans le manga donc je cherchais à vendre des mangas. En version très grossière sur internet je disais « nouvelle sortie », « Naruto c’est trop génial venez acheter ce manga » alors qu’à l’université on n’a rien à vendre, on a des formations à valoriser, on a des travaux d’étudiants à valoriser, on a des travaux d’enseignant à valoriser donc on va surtout chercher à montrer aux gens ce que l’université fait et quand je dis l’université, ce sont les enseignants et les étudiants. Par exemple on a beaucoup d’associations étudiantes qui font pas mal d’événements en partenariat avec la maison des étudiants : la MDE, qui font des concerts, qui font des événements … Et donc nous, ce qu’on cherche, c’est de les soutenir aussi bien dans le service communication au sens général, parce que moi, je suis rattachée au service communication, et particulièrement sur les réseaux sociaux. Par exemple, il y a des étudiants qui vont entrer en contact avec moi et qui vont me dire « voilà, on a un concert, on aimerait bien essayer de faire un peu de pub mais nous, on n’a pas une grosse page Facebook » et moi je vais leur dire « Attendez, je vais voir. Le public cible, c’est plutôt des étudiants donc ça va être plutôt Insta, donc on va essayer de faire une story Insta etc… »  et on travaille ensemble. Alors que du coup, dans une entreprise, ça va vraiment être de chercher soit à vendre un produit, soit à rediriger vers un site internet. Donc on va compter les clics, le nombre de clic, la visibilité etc.… c’est des choses qui sont très importantes et c’est des statistiques qu’on étudie beaucoup et qu’on cherche développer c’est-à-dire que tous les mois on cherche à faire plus, faire plus pour faire plus de chiffre pour plus vendre. Alors qu’à l’université ça c’est pas important parce qu’on ne cherche pas à faire du chiffre, déjà on est dans une université publique donc on ne  va pas vendre une formation, c’est absolument pas l’objectif, l’objectif c’est vraiment de soutenir la recherche, soutenir les étudiants et le montrer sur les réseaux sociaux, ou alors valoriser des partenariats. Par exemple, quand il y a une conférence avec des enseignants internationaux, il va y avoir des partenariats avec pleins d’universités qui vont venir à Paul-Valéry. Là, l’objectif c’est de les contacter en amont, de discuter « moi, à telle date je vais faire un tweet, est-ce que vous comptez en faire ? Donnez-moi votre compte twitter je vais vous retweeter » et là c’est vraiment faire de l’échange, du partenariat et de montrer que à Paul-Valéry ça bouge, qu’on a des étudiants qui sont impliqués, qui travaillent, qu’on a des enseignants chercheurs qui sont intelligents et qui font des supers conférences … ce genre de chose.

Donc ce qui est vraiment différent c’est que à l’université comme c’est une institution on va pas du tout vendre quelque chose alors que dans une entreprise c’est l’objectif parce qu’il faut faire vivre l’entreprise.

Et du coup vous avez une préférence pour lequel ?

– C’est vraiment différent mais il y avait un côté très entertainment là où je travaillais donc j’avais des mangas, des figurines, j’avais des peluches partout autour de moi donc c’était très rigolo, on organisait des concours et moi je trouvais ça très intéressant de mettre en place des concours, des deadlines, d’avoir des gens qui repartageaient, qui faisaient des événements. Par exemple : faire un concours de dessin ou un concours vidéo donc on reçoit des choses, les gens créaient … moi je trouve ça très intéressant, on avait aussi beaucoup de partenariats avec des youtubeurs, donc forcément c’est très intéressant aussi d’être en contact avec eux, de discuter, de voir ce que l’on peut faire si on peut monétiser une vidéo, si on les paye pour qu’ils nous fassent de la pub. Moi, je trouvais ça très intéressant, mais je trouve ça aussi hyper intéressant d’être à l’université et d’avoir plein d’étudiants qui sont hyper motivés, qui ont envie de faire plein de choses, qui débordent d’idées mais qui ne savent pas faire, et donc je trouve ça hyper enrichissant aussi d’être capable d’accueillir les étudiants dans mon bureau et de leur dire « écoutez on va faire un plan de com, on va faire un rétro planning, je vais vous expliquer ce que c’est… » et après eux ils ont les clés et ils peuvent faire des choses et moi je trouve ça super cool de travailler dans une atmosphère un peu comme ça où il y a, je vais parler comme une vielle, mais il y a plein de jeunesse qui est super motivée et qui a envie de faire plein de trucs, et ça c’est cool. Alors qu’en contrepartie dans une entreprise, j’avais plutôt mes patrons qui étaient sur moi : les statistiques, les actionnaires, il faut rendre les chiffres etc…

Donc il n’y a pas vraiment de mieux ou moins bien ou de préférence c’est vraiment très différent. Après moi si je suis venue à Paul-Valéry c’est parce que j’ai fait mes études à Paul-Valéry, j’aime Paul-Valéry, que c’est une fac que je trouve vraiment bien, qui forme bien, et j’avais aussi envie de travailler pour défendre ça sur les réseaux.

Comment se passe l’organisation et la répartition des rôles de chacun?

– Justine : Alors des rôles de chacun?

Céleste : Dans l’établissement

– Justine : Pour le community management uniquement? ou plutôt à la com?

Céleste : A la com

– Justine : A la com parce que du coup pour le community management je suis toute seule, je me répartie mon travail toute seule. Donc, en fait à la communication, au service communication de l’université, vous avez le directeur de com qui est Fabrice CHOMARAT et qui gère une équipe de 8 personnes. Et donc chacun a des rôles distincts : vous allez avoir une responsable des relations presse qui va s’occuper des contacts avec les journalistes ; une responsable d’événementiel qui va s’occuper de tous les événements : festivals, concerts … Par exemple, s’il y a des étudiants qui ont besoin de goodies pour un événement, de petits stylo, etc … Elle s’occupe d’être en contact avec eux, de récupérer le nombre d’invités qu’il va y avoir, de préparer, de vérifier que la salle est prête s’il y a besoin de matériel, de tables, etc … ; on a une chargée de communication pour le projet Nexus. Y a le community manager, donc moi, qui m’occupe des réseaux sociaux ; y a aussi ma collègue qui s’occupe du graphisme pour tout ce qui est affiche, bannière, fascicule pour l’université ; on a aussi le responsable web master qui s’occupe du site internet ; et ensuite on a un responsable éditorial qui s’occupe de tout ce qui est rédaction de contenu, comme par exemple, il y a des universitaires qui veulent faire un fascicule pour une conférence, ils le contactent et travaillent donc ensemble sur le contenu. Globalement la répartition c’est ça et après la répartition community management c’est moi donc je m’en occupe seule.

Comment se passe la communication entre la direction et vous ? Par exemple, êtes-vous libre de vos publications ou avez-vous des obligations ou des contraintes ?

– Alors ça dépend. Pour tout ce qui va être événements en direct, par exemple il y a une conférence où on me demande d’être présente parce que celui qui dirige aimerait bien qu’un tweet soit fait tel jour, ça va être sur du direct donc je vais y aller, je vais tweeter ; Il y a un événement étudiant où les étudiants veulent faire un concert, ce n’est pas forcément quelque chose de problématique, je vais préparer, je vais être en contact avec les étudiants « Par rapport à la date de votre événement, moi je pense que telle date c’est bien, une semaine avant, je vais faire un petit rappel etc … », je vais préparer mes posts .. pas de problématique. Sur des choses un petit peu plus compliquées, par exemple, en ce moment vous avez vu qu’il y avait les orages, je ne me suis pas amusée à tweeter ce que j’avais envie en mode « orage, retweet, #c’est la pluie, etc … ». Pour cela, la direction (président de l’université) avec des météorologues, ou des gens d’une autre UFR qui s’occupent de la géographie, de l’urbanisme, etc …, y a des gens qui sont spécialisés entrent en contact (sans moi) et voient ensemble s’il pleut beaucoup, s’il y a un risque d’orage, ça risque d’être grave donc ils mettent en place une cellule de veille pour tout ce qui est urgence pour vérifier s’il ya des problématiques. Donc ce sont eux qui vont préparer les informations et ensuite, avec mon collègue qui s’occupe du site internet qui sommes en contact en direct, ils nous envoient un mail avec une notification en disant : « Orages, on va évacuer l’université ». Donc avec toutes ces informations, je vais préparer un petit visuel, un texte avec écrit : « Orages, l’université va être évacuée » et je l’envoie à mon directeur en lui demandant si cela convient bien parce que ici, dans cette situation, ça implique des décisions qui ne dépendent pas de moi, d’étudiants, de mes collègues ou de conférenciers … Ça dépend de la présidence, d’une cellule qui a été mise en place et donc c’est un petit peu plus complexe. Ça nécessite de vérifier que moi, derrière, je n’ai pas repris leur message pour le déformer ou l’exagérer, cela permet de vérifier que pour l’information qui m’a été donnée, je la rediffuse bien, en l’état et que ça correspond à ce qui été attendu . Une fois la validation accordée, je la poste.

Donc ça va dépendre de l’information et de qui elle vient. Comme je vous le disais au début, je suis là pour valoriser les éléments qui se passent à l’université. L’information, elle me vient, toujours, que ça soit de la part des étudiants ou des enseignants, ce sont les gens qui me contactent en disant « J’ai une information que je voudrais faire passer sur les réseaux sociaux ». Cette information, je ne la connais pas par cœur, je ne vais pas vous dire que je connais tout ce qu’il se passe à l’université, à quelle date etc … Donc j’ai souvent tendance à travailler avec les gens en leur disant « Voilà, moi j’ai préparé ça, est-ce que je ne me suis pas trompée ? est-ce que je n’ai pas déformé l’information parce que je l’aurais mal comprise ? » Globalement, je vérifie toujours les informations et j’ai toujours les étudiants, les enseignants, les directeurs de service qui vérifient, par exemple, quand il y a Parcoursup ou tout ce qui est inscription à l’université, je vais beaucoup travailler avec la scolarité, ils vont forcément vérifier ce que je fais et je vérifie toujours que l’on est bien d’accord et je ne vais pas poster n’importe quoi. Là dessus, je suis plutôt libre et je travaille avec les gens et après sur des choses un peu plus importantes ou officielles qui vont vraiment dépendre ou impacter l’université dans sa globalité, là, je vais avoir des validations.

Comment êtes-vous entrée ici ?

– Par une offre d’emploi, en CDD, par l’Université Paul-Valéry, en community manager. Comme je vous disais, j’ai fait mes études ici donc j’aimais bien cette fac, je trouve vraiment qu’elle est chouette, Alors que souvent, je trouve qu’elle est dévalorisée, on a souvent tendance à dire qu’à Paul-Valéry les gens ne font rien, tandis que moi, je ne suis pas d’accord, je trouve que j’ai été très bien formée. Avant même d’avoir fini mon diplôme, j’avais déjà trouvé du travail et ce n’est pas négligeable. Aujourd’hui, c’est quelque chose de difficile de trouver du travail parce que dans la boîte où j’étais, on m’a dit que j’étais bien formée, que j’étais compétente « t’as débarqué au bout de 2 semaines et tu savais déjà travailler ». Je trouve aussi que ce sont de bonnes formations, qu’on a de bons enseignants qui sont impliqués dans leur travail, qui sont passionnés. Aussi, on a des gens, que j’ai découvert en travaillant ici, qui sont célèbres comme Marc GABOLDE qui travaille au service archéologie, cet homme est célèbre dans son domaine et il travaille à Paul-Valéry, on a des enseignants en lettres, parce que j’ai fait mes études de lettre ici, qui sont hyper passionnés par leur travail, qui sont connus à l’international et je trouve ça super chouette. Je trouve que ce n’est pas assez valorisé donc quand j’ai vu l’offre d’emploi, « oui, community management, c’est ce que je sais faire, dans une université où j’ai fait mes études. Globalement, je connais quand même un petit peu, en plus que j’aime. J’ai envie de défendre les formations. Donc, du coup, travailler au service com, c’est une bonne idée ». J’ai donc passé les entretiens et j’ai été recrutée.

Et depuis combien de temps vous êtes ici ?

– Je suis arrivée en janvier de cette année et je suis donc en contractuel, en CDD pour 3 ans. Et à l’issue des 3 ans, si ça m’intéresse, on peut passer la titularisation pour devenir employé de l’université Paul-Valéry.

Quels sont les points positifs et négatifs de ce métier ?

– Du community management ?

Oui

– En positif, du point de vue personnel, j’aime bien les réseaux, donc forcément, être sur les réseaux toute la journée, je trouve ça hyper intéressant, hyper stimulant. C’est plus complexe à l’université parce qu’on est une institution donc je représente Paul-Valéry. Je ne peux pas m’amuser à faire n’importe quoi. Par exemple, en comparaison avec l’entreprise où j’étais avant, j’adorais faire de la gestion de communauté, donc avec des GIF, des sondages, envoyer des trolls, envoyer des memes à toute ma communauté et échanger avec eux quand il y en a un qui me disait : « ce que tu fais c’est nul » et moi je lui répondais par un petit troll, une petite blague etc … Je trouvais ça hyper stimulant, hyper fun, toujours être au top de l’actualité sur ce qu’il se fait sur les réseaux sociaux, sur internet, sur les memes, les blagues, tout ce genre de trucs, je trouve ça hyper stimulant. J’adore ça et je trouve ça très intéressant. J’adore aussi tout ce qui est aider les étudiants qui me contactent : « je suis perdu, j’ai pas réussi à faire ça … ». « On va travailler ensemble pour trouver le contact parce que je ne travaille qu’à la com, je n’ai pas l’information mais tu vas me donner les infos dont j’ai besoin et je vais voir si je peux entrer en contact etc … ». Avoir les étudiants, les aider, j’adore ça. Je trouve ça agréable quand l’étudiant il vient me dire merci et qu’il a réussi à régler son souci, je suis contente. J’aime défendre les choses que j’aime. Quand je travaillais dans l’entreprise dans laquelle j’étais avant, je ne vendais que des mangas. Du coup, je me disais qu’il y avait plein de collègues qui travaillaient dans les bureaux d’à côté mais qu’on ne voyait jamais : ceux qui fabriquent les mangas, ceux qui sont en contact avec les traducteurs, avec les maquettistes, avec les imprimeurs etc … Ils font leur job et s’il n’y a personne pour les valoriser, personne ne verra jamais. Et moi, j’adorais ça, j’adorais avoir un produit, croire dans mon produit et dire aux gens que c’est trop génial, que c’est trop cool, « vous allez avoir envie de l’acheter parce que je vais vous montrer pourquoi c’est trop génial », définir des plans de com, on va faire un concours dessus, il va y avoir un événement dessus donc en amont, je vais essayer de programmer ça, essayer d’avoir de la créativité pour être original, pour se démarquer. Je trouve que c’est hyper stimulant, il y a plein de choses à faire, il y a plein d’idées etc … Et à Paul-Valéry, comme je vous disais, j’aime Paul-Va, je trouve que c’est une chouette fac avec des étudiants plein d’entrain, plein de motivation, plein de choses culturelles, et à chaque fois qu’ils me contactent, je trouve ça vraiment chouette de faire de nouvelles choses, faire ci, faire ça avec eux. Après en point négatif, forcément, il y a tout ce qu’on appelle la minorité bruyante. Quand il y a, eu les orages, par exemple, des personnes n’étaient pas contentes et disaient « l’université aurait dû évacuer dès le début ou directement fermer et dire de ne pas venir demain » donc quand il y a des personnes qui ne sont pas contentes, on va les entendre sur les réseaux sociaux, c’est sûr et certains. Quand on est pas content, on le dit. Quand on est content, on ne le dit pas donc on se retrouve forcément avec une majorité qui est très silencieuse et une minorité qui est très bruyante. Quand on gère les réseaux sociaux, on se prend donc les gens qui ne sont pas contents et il faut être capable de faire la part des choses en se disant « Oui, bon, attendez, j’ai 21 000 étudiants, il n’y en a que 3 qui m’ont laissés un message pour dire qu’ils ne sont pas contents ». Donc quand on pèse dans la balance, globalement, la plupart des étudiants sont contents de ce qu’il s’est passé mais c’est dur à avoir ça en tête, surtout quand on commence à être community manager, parce qu’en fait, les gens qui sont contents ne nous le disent pas, tout ce qu’on voit directement, ce sont les gens qui ne sont pas contents. Quand on est community manager, on est les premiers à se prendre les commentaires négatifs en pleine face et ce n’est pas forcément agréable, surtout avec l’anonymat des réseaux sociaux où les gens se lâchent. J’adore aider les étudiants mais quand certains arrivent en message privé et qu’ils sont directement énervés, qu’ils ont juste décidé de se défouler, c’est facile parce qu’il y a l’anonymat de son pseudo, ce n’est pas forcément agréable, ça ne donne pas si envie que ça. Mais il faut garder en tête que ce genre de choses n’est qu’une petite partie minoritaire même si ce sont les choses que l’on a tendance à lire, il faut prendre en compte que ça reste vraiment minoritaire par rapport au nombre d’étudiants et aux gens qui voient la publication. Et enfin, je ne supporte pas les fautes d’orthographe, ça me pique les yeux, j’ai du mal, ça peut paraître bête, mais depuis que je suis community manager, je perds en qualité d’écriture parce que plus je lis les gens qui écrivent mal, plus j’enregistre les fautes d’orthographe comme étant actées et plus j’écris mal. Je déteste ça parce que lorsqu’on est community manager d’une institution et qu’on écrit les fautes d’orthographe, forcément on a des commentaires de personnes malveillantes qui nous disent qu’on ne sait pas écrire.

Est-ce que vous pouvez nous parler d’un projet que vous avez réalisé au sein de l’université et que vous avez aimé faire ?

– Oui, la rentrée, organiser la rentrée j’ai adoré cela. Je suis ici depuis janvier seulement, c’est ma première rentrée, forcément, c’est l’événement de l’année. J’ai aidé tout ce qu’on appelle les primo-entrants, ce sont les étudiants qui entrent pour la première fois à l’université, donc une majorité de L1 mais aussi, par exemple, des L2 qui viennent d’autres universités même s’ils sont assez minoritaires, on se concentre beaucoup plus sur les L1. J’ai adoré organiser tout ce qui est plan de communication, j’ai fait un énorme plan de communication, il faut se coordonner avec beaucoup de monde, il y a la scolarité qui s’occupe des inscriptions, le scuio-ip qui s’occupe de tout ce qui est aide pour les étudiants. Pendant la rentrée, il y a eu des petits stands d’accueils avec des gens qui ont été recrutés pour aiguiller et donner des informations aux nouveaux étudiants, il y a des plans qui ont été mis en place. Donc en fait, il y a beaucoup, beaucoup de gens, quasiment tous les services de l’université qui travaillent sur la rentrée. Nous, à la com, on essaye de coordonner un peu tout cela pour que cela ait un sens et une unité. Par exemple, le service des relations internationales qui ont organisé tout un événement pour l’arrivée des étudiants étrangers, c’est super chouette mais s’ils ne le disent à personne, on ne peut pas le savoir, donc nous on s’est occupé de faire des affiches, faire des annonces sur les réseaux sociaux, récupérer les informations, les coordonner et dire que tel service organise aussi ça en même temps donc on peut peut-être faire un truc ensemble. C’est tout ce que je vous disais sur la créativité, récupérer des informations, faire en sorte que cela ressemble à quelque chose, que ce soit digeste pour les étudiants. Déjà quand tu arrives à la fac, il faut que tu t’inscrives, faire la demande de CAF, éventuellement de bourse et de cité U, faire les emplois du temps, il y a un milliards d’UFR, tu ne sais pas auquel tu appartiens. Ensuite, il y a prépa-fac, une semaine d’intégration, d’autres choses qui ne te concernent pas parce que c’est l’ITIC. Voila, les étudiants sont complètement perdus et nous, du coup, on essaie de faire un truc le plus clair possible pour les étudiants qui débarquent à Paul Valéry. Tout cela, c’est notre job et c’est un projet que l’on a travaillé pendant plusieurs mois. J‘ai trouvé cela vraiment très enrichissant parce qu’on doit travailler avec plein de personnes, mettre pas mal de choses en place, et moi sur le community management, j’étais active sur tous mes réseaux, j’ai relancé Instagram qui était en pause avant que j’arrive, notamment les stories insta parce que les L1 sont plutôt jeunes, insta est mieux adapté pour les toucher. Ensuite, on propose les idées à la direction parce qu’on est sur des choses qui touchent toute l’université, comme je disais toute à l’heure, il faut faire valider aux différents services, par exemple, avec la scolarité, il faut vérifier les dates d’ouverture de l’inscription pédagogique, vérifier les éléments, faire des bannières, il y avait vraiment pleins de choses qui touchaient toute les parties du community management comme la création de contenu visuel et textuel, travailler pour faire des plans de communication, des rétro-planning avec tous les services et ensuite la gestion de la communauté avec les messages privés comme par exemple les « bonjour je viens de m’inscrire à Paul Valéry, je suis perdu pour mon inscription. » Donc il faut expliquer, transmettre les informations, renvoyer vers le site web où il y a des documents qui peuvent être utiles. Dans cette période là, j’avais plus de 150 demandes par jour, sur Facebook, c’est beaucoup de travail mais avoir des étudiants qui te disent « merci, j’ai réussi à m’inscrire » ça me fait vraiment plaisir.

Est-ce que vous auriez un projet que vous aimeriez réaliser à l’université ?

– Alors, ici à Paul Valéry, c’est un peu compliqué parce que, comme je vous disais tout à l’heure, je prends les infos, je ne vais pas créer des choses particulièrement, je vais prendre les infos et les rediffuser globalement. J’aimerais bien, à voir comment on peut le mettre en place, mais comme dans la boîte où j’étais avant, j’adorais faire des concours, les organiser. Ici, on a des petits trucs à faire gagner mais c’est compliqué parce qu’on est une institution. Notre objectif ce n’est pas de vendre des choses, il ne faut surtout pas que l’on donne l’impression d’être une entreprise parce que ce n’est pas du tout le cas, ce n’est pas du tout ce que l’on veut être. On veut être une université qui donne de bons enseignement aux étudiants tout simplement.

J’aimerais bien faire un concours mais, du coup, il faudrait réfléchir à la logique, pourquoi faire un concours si c’est juste pour faire un concours cela n’a aucun intérêt. Donc, je réfléchis, j’attends aussi de voir ce qu’on me propose, par exemple, si une association étudiante qui voudrait mettre en place quelque chose et qu’ils me contactent suffisamment à l’avance, parce que c’est aussi la problématique de prendre contact suffisamment tôt, donc si un jour j’ai l’opportunité, avec un enseignant pour un colloque ou des étudiants qui me contactent suffisamment en amont et si cela peut rentrer dans le cadre d’un concours, j’aimerais beaucoup en mettre en place un. Après, à voir si cela plaît aussi aux étudiants. Moi, j’aimais bien faire ça, je trouvais ça fun, aussi juste pour le plaisir de faire gagner des trucs mais le problème, ici c’est qu’il n’y a pas grand-chose on ne peut pas acheter des produits « l’Université Paul-Valéry vous fait gagner une PS4 » mais ce n’est pas possible. On a quand même des petits goodies Paul Valéry, il faudrait voir dans quel cadre on peut essayer de faire ça. En plus, je trouve qu’on a une université très accessible, très centrée sur les sciences humaines et sociales, tout ce qui est culture, musique et art donc pourquoi pas faire un concours qui pourrait toucher les étudiants et les inciter à faire preuve de créativité, de créer quelque chose, mais du coup, c’est demander à ta communauté de faire quelque chose pour toi donc c’est compliqué à mettre en place oui, c’est long mais c’est un truc que j’aimerais faire.

Dans le cadre de votre métier, quels sont les réseaux sociaux que vous utilisez ?


– Alors, à l’université quand je suis arrivée, ce n’est pas que je n’ai pas eu le choix, mais il y avait déjà eu des community manager avant moi, donc on avait déjà Facebook, Twitter, LinkedIn et un compte Instagram qui était en pause. Ce sont ces quatre réseaux là qu’on utilise, en sachant que ma direction est très ouverte à des propositions, si moi demain je leur dis je pense qu’il faut un WhatsApp pour Paul Valéry, on va étudier la question, voir si c’est pertinent et essayer de mettre en place un  WhatsApp, c’est un exemple je ne pense pas qu’un WhatsApp Paul-Valéry soit très utile mais c’est l’idée. Donc, à l’heure actuelle, on utilise ces 4 réseaux et ces 4 réseaux ont tous un objectif distincts, je ne les utilise pas tous en même temps, pas tout le temps. Par exemple, quand il y a eu les orages, j’ai tout utilisé parce que l’objectif était de diffuser l’information à tout le monde donc à ce moment-là on balance partout. Sinon en fonction, ils ont des utilités différentes, Twitter, par exemple, cela va beaucoup être de l’institutionnel car il va y avoir des journalistes, des structures, quand il y a des conférences avec d’autres universités partenaires, je vais beaucoup utiliser Twitter car souvent toutes les institutions, les universités sont sur Twitter. Par exemple, à la rentrée il y avait des L1, c’est plutôt des jeunes, donc j’étais plus sur Facebook ou Insta. Par exemple, pour tout ce qui est des Alumnis, ce sont les anciens étudiants de l’université qui ont été diplômés et qui travaillent, donc souvent pour essayer de rentrer en contact avec eux et pour partager des informations un peu plus pro, comme avec le scuio-ip qui met en place des activités liées à l’insertion professionnelle pour les jeunes diplômés qui peuvent avoir besoin d’aide pour leur CV, les entretiens et toutes les petites informations comme ça, je vais beaucoup les mettre sur LinkedIn car cela concerne beaucoup plus un monde professionnel avec souvent des anciens étudiants qui se sont abonnés à la page de Paul-Valéry, on peut donc leur donner des informations qui peuvent leur être utiles. Ou encore des informations plus sur les enseignements, la recherche, les colloques, les conférences, ce genre de chose, Linkedin est plus utile. On a donc ces 4 réseaux là et chacun a un usage et en fonction on l’adapte. Par exemple, toutes les semaines, on essaie de faire un portrait Alumni pour dire voilà tel étudiant était diplômé de ça et aujourd’hui il travaille dans ça, pour montrer aux étudiants actuel qu’il y a des débouchés, qu’il y a des possibilités d’emploi et ça par exemple on le fait sur Facebook et sur LinkedIn, c’est aussi en accord avec le scuio qui voulait surtout Facebook mais je leur ai dit que cela pourrait être intéressant sur LinkedIn également, donc on l’a fait sur les deux, en fonction je module.

Et du coup, quelle est votre préférence en réseaux sociaux ?

– C’est une question assez compliquée car cela dépend de ce que tu veux faire. J’avoue que, moi, j’aime un peu moins Twitter mais je pense que c’est parce que j’ai fait des études de lettres et que 250 caractères cela me frustre parce que souvent, il y a beaucoup d’information à donner, par exemple, quand il y a un colloque, pour expliquer que cela soit clair en 250 caractères, déjà rien que le nom du colloque s’il est un peu long, tu mets juste la date et l’heure et tu y arrives plus en fait donc cela c’est un peu compliqué. Mais, c’est très utile parce que du coup cela permet d’avoir des tweets en direct au moment des conférences, avoir des reportages avec les institutions donc cela à son usage en fait. Moi, ma préférence, j’aime bien Instagram parce que ça tend à être là où les gens sont, globalement les gens ont plus tendance à venir là et j’aime beaucoup fonctionner en story. Je trouve que cela est vraiment utile. Facebook j’aime bien, mais aujourd’hui si tu n’es pas sur Facebook, tu n’existes pas en fait, globalement c’est un peu l’idée donc c’est très important d’être sur Facebook. A l’heure actuelle, Facebook c’est notre plus grand réseau social, c’est celui où on a le plus de visibilité, mais on se retrouve toujours avec une masse de contenu et du coup sur Insta, la story c’est utile parce qu’on a l’info qui passe puis qui disparaît. Par exemple, avoir des informations sur l’orage de la dernière fois, vous avez eu l’info à ce moment donné avec la story et vous n’avez pas besoin de la retrouver plus tard ou alors vous faites une capture d’écran. Après, c’est vraiment différent selon les usages, j’aime beaucoup aussi LinkedIn parce qu’il y a les Alumnis, je peux rentrer en contact avec eux et c’est très pratique aussi.

Pour finir est-ce que vous pouvez nous vendre votre métier ?

– Vous vendre mon métier ? Mon métier à Paul-Valéry ou mon métier global ?

Les 2, si possible.

– Venez à Paul-Va, c’est trop cool ! Bon, alors, je vais essayer. Être community manager c’est bien, ça va peut-être être un cliché, mais je trouve ça vraiment dans l’air du temps. Aujourd’hui, forcément, on est très axé numérique, on est très axé social media, tout le monde récupère la plupart des informations par les réseaux, donc aujourd’hui vouloir être dans la com et ne pas vouloir être dans le numérique, ce n’est quand même pas très logique. Et par mon expérience, souvent, on est débordé en tant que community manager parce que tout le monde sait que c’est par là que va passer l’information, que c’est par là qu’on va toucher le plus grand monde et du coup, c’est hyper important d’avoir un community manager. Un community manager, aujourd’hui, c’est quelque chose qui va être recherché dans le monde du travail. Il faut avoir des compétences dans le community management parce que, j’avoue que quand je suis arrivée dans le métier, je pensais que tout le monde savait utiliser Facebook, donc que tout le monde peut être community manager, mais non, en fait non, il y a beaucoup plus de complexité, il y a les KPI, il y a le ROI, je pense que vous allez étudier cela en info-com, donc c’est plein de choses et plein d’informations, il faut savoir à quelle heure poster, savoir quelle plate-forme utiliser. C’est un savoir qu’il faut avoir et que finalement tout le monde n’a pas, finalement beaucoup de gens n’ont pas ces connaissances notamment dans des entreprises ou dans des institutions, ils ne savent pas forcément comment cela fonctionne mais on en a besoin en community management. Aujourd’hui, c’est quelqu’un qui va pouvoir trouver du travail facilement parce que le numérique ce n’est pas près de s’arrêter, les réseaux sociaux vont peut-être être changeant par la suite, on va peut-être se déplacer de plate-forme, peut-être que Facebook va fermer et qu’il va y avoir un nouveau réseau social, mais cela va toujours exister, c’est un métier qui se développe et qui est très riche. En fait, en fonction de l’entreprise dans laquelle vous allez être, cela va être très différent dans vos tâches et du coup c’est hyper enrichissant parce qu’être community manager ce n’est pas seulement « je fais un post, j’envoie un post, je réponds en MP » ce n’est pas juste ça, c’est beaucoup plus riche, c’est faire preuve à la fois de créativité et à la fois de technicité. Et après, moi je trouve ça super cool, ça me correspond vraiment très bien d’avoir ce côté créatif, d’avoir des idées de faire preuve de force de proposition en disant, on va faire ça, ça puis ça, on va répondre à la communauté comme ça, on va être imaginatif en faisant ça et en même temps faisant preuve de technicité : est-ce que je suis capable de récupérer mes statistiques, est-ce que je suis capable de faire la programmation de mes posts, de vérifier si le plan de communication que j’ai fait, a fonctionné et s’il y a eu un retour sur investissement et donc c’est un métier qui à la fois permet d’être créatif et qui à la fois permet de faire preuve de compétences sur lesquelles on peut s’appuyer techniquement parlant. Ce n’est pas juste des idées comme ça qu’on va lâcher un peu au hasard et ensuite on va voir comment ça fonctionne. Je trouve que c’est très riche et comme je vous disais, cela dépend vraiment en fonction de l’entreprise dans laquelle vous allez travailler, vous allez avoir plein de choses à faire. Par exemple, dans mon ancienne boite, je bossais avec Cyprien, et là maintenant, je bosse avec des enseignants internationaux de renommée, c’est vraiment très, très différent en fonction d’où vous êtes, en fonction des attentes que peuvent avoir vos patrons. Donc c’est très, très riche. Ce n’est pas forcément quelque chose à laquelle je m’attendais quand j’ai commencé ce travail. community manager, c’est un métier dans l’ère du temps et qui peut être très, très riche à la fois en compétence et en possibilités.

J’ai encore une question, vous nous conseillez de travailler en entreprise ou en université ?

– Ça va dépendre de vous, en fait. Moi, c’est peut-être bête ce que je vais dire, mais il faut qu’il y en ai pour tous les goûts. En université, c’est aussi une atmosphère, j’adore la fac, à la rentrée voir tous les étudiants qui arrivent, voir qu’il y a des associations qui vont se monter et qu’il y a des projets qui vont se créer. Et aussi, être en contact avec plein de gens différents, il faut se dire qu’à Paul-Valéry, je vais avoir les étudiants qui, chaque année, vont changer, les Alumnis, les services, les enseignants, on a pleins de gens différents, avec des projets différents avec qui il faut travailler de façon différente, c’est très enrichissant, à la fois d’avoir de la scolarité, d’avoir des conférences, des informations sur les étudiants étrangers, des relations internationales, enfin, il y a pleins, pleins, pleins de choses. Je trouve ça super cool d’avoir un panel de possibilité de travailler comme ça, en entreprise ce n’est pas forcément possible. En parallèle, dans une entreprise, il y a plus de moyen disponible parce que l’objectif n’est pas le même, on va vouloir vendre à tout prix quelque chose, on ne va pas travailler de la même façon, avec les mêmes personnes. Par contre, on va travailler avec une équipe restreinte, c’est-à-dire que dans l’ancienne boite où j’étais, je travaillais toujours avec les mêmes personnes, avec mon directeur marketing, ma chef de produit, mon collègue web-master. J’avais 5 personnes en réunion et on travaillait toujours ensemble. Ici, il n’y a déjà rien que 21000 étudiants, sans compter les enseignants et les autres.

Ça dépend vraiment de ce que vous voulez faire en fait, par exemple, moi, j’aime beaucoup travailler sur YouTube mais à l’université ce n’est pas quelque chose de réalisable, parce qu’on ne va pas vendre un produit, je ne vais pas contacter des youtubeurs pour leur dire « Vends Paul Valéry, c’est trop cool ! » Non, cela n’a aucun intérêt et ce n’est absolument pas l’objectif recherché, on n’a pas de produits à vendre mais juste des gens à valoriser et dire qu’ils sont trop géniaux.

On ne peut pas répondre à cette question, cela dépend vraiment de vous et de ce que vous voulez faire, si tu veux vendre des produits, avec des choses plus techniques, avec du retour sur l’investissement, ne travaille pas à l’université, si tu veux travailler avec plein de gens et d’avoir plein de projets différents, tu peux travailler à l’université.

Merci beaucoup de nous avoir accordé du temps et d’avoir répondu à nos questions, on vous enverra la retranscription dans les prochains jours.


Céleste TIPREZ
Elisa FABREGUES
Lisa LE BARS
Coline SOUDAY

Groupe 3

INTERVIEW AVEC UNE CHARGÉE DE PROJET ÉVÈNEMENTIEL

vendredi 22 novembre 2019

Dans le cadre de notre cours Projet professionnel personnalisé, nous avons interviewé Cécile Avsec sur son métier de chargée de projet événementiel au sein de l’entreprise Bastide Médical. Cette entreprise est basée à Caissargues.


Bonjour nous sommes étudiants en première année de Licence information et communication à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Nous allons vous interviewer sur votre métier de chargée de projet évènementiel. Comme nous l’avons dit précédemment cette interview sera enregistrée puis retranscrite sur un blog. Elle durera environ une quarantaine de minutes.

Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter et décrire votre rôle dans l’entreprise ?

Je m’appelle Cécile Avsec, j’ai 39 ans et je suis actuellement chargée de projet évènementiel pour une société de prestations médicales à domicile qui s’appelle Bastide Médical. Cela fait quatre ans que j’occupe le poste de chargée de projet événementiel. Mon rôle dans l’entreprise est d’organiser les évènements auxquels participe notre société qui consistent essentiellement à être représentés lors de salons professionnels spécifiques dans le domaine médical auquel participent des médecins. Notre présence sur ces événements permet de prendre contact avec de nouveaux médecins pour élargir notre clientèle et les bénéfices de la société.

Est-ce que vous pouvez nous parler un peu plus de l’entreprise dans laquelle vous travaillez ?

Cette entreprise existe depuis 1977. Son siège social est basé à Caissargues à coté de Nîmes. Elle a pour activité principale la prestation médicale à domicile et accompagne les patients malades ou atteints d’une pathologie en leur permettant d’être soignés chez eux plutôt qu’à l’hôpital. Il existe également une branche commerciale au travers de magasins ouverts aux particuliers qui vendent et louent du matériel médical pour améliorer leur quotidien.

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours professionnel ?

J’ai commencé mes études post Bac avec un DEUG Médiation culturelle et communication. La suite logique à l’époque était Info Com, j’ai fait plus ou moins les mêmes études que vous à partir de la Licence. J’ai fait deux années après le DEUG (bac +2) et j’ai obtenu la Maîtrise information communication. Suite à quoi, j’ai occupée des postes divers plutôt dans des domaines administratifs pas forcément orientés dans la communication dans divers domaines d’activité. Il y en a eu beaucoup, c’est passé de marques de luxe, à de la papeterie, à une ONG, etc. Très peu de temps après avoir commencé ma carrière professionnelle, j’ai eu l’opportunité de partir à Londres pour travailler. C’est à Londres que j’ai occupé différents postes administratifs dans différents domaines d’activité. J’y restée quatre ans notamment pour parfaire mon anglais. À mon retour de Londres, j’ai décidé de renforcer mes connaissances dans le domaine technique, c’est-à-dire que je connaissais bien les théories de la communication mais pour toute la partie graphique que j’avais l’opportunité de pratiquer dans mes derniers postes occupés à Londres, je n’avais pas forcément le bagage pour prétendre occuper un tel poste technique. J’ai repris mes études en revenant de Londres pour devenir graphiste. Mon cœur de métier à la base, et ce pour quoi j’ai été employée au départ dans la société où je travaille actuellement, c’est l’infographie. Ce métier consiste à mettre en page des documents, flyers, affiches, etc. Cela représente encore une grande partie de mon travail au quotidien. Finalement j’ai un poste à deux têtes.
Il y a la partie graphique qui est quelque chose de constant et étalé sur l’année et la partie événementielle qui est plus ponctuelle. Je travaille sur une dizaine d’évènements sur l’année pour lesquels je mobilise mes connaissances graphiques sur la conception de stands par exemple et il y a toute la partie logistique autour des évènements.

Vous nous avez dit que vous êtes partie à Londres pour approfondir votre anglais, est ce que cela vous a aidé dans votre métier ?

Cela m’aide ponctuellement, c’est toujours quelque chose en plus suivant le type d’interlocuteur que l’on peut avoir soit par mail soit par téléphone. J’assiste aussi mes collègues qui s’occupent des réservations d’hôtel car on participe à des congrès à l’étranger. De temps en temps il y a des problèmes à régler et ils font appel à moi pour gérer de ce côté-là. Après j’ai occupé des postes où c’était vraiment indispensable. Il y a des postes où mon cœur de métier c’était de savoir parler anglais, aujourd’hui ce n’est plus vraiment le cas mais ça aide toujours, c’est toujours un plus.

Pour vous quels sont les atouts clés pour être chargé de projet évènementiel ?

Pour commencer, je pense que la résistance au stress est un gros atout. Particulièrement ces jours-ci où je suis sur deux gros évènements qui ont lieu à une semaine d’intervalle. Il faut avoir un cerveau très développé et être bien organisé. Il faut être bien dans sa tête car il y a beaucoup de choses à penser. Il ne faut pas s’emmêler les pinceaux et surtout il y a des échéances à respecter plus ou moins courtes et différents projets en parallèle à gérer. Il faut de la résistance au stress, beaucoup d’organisation et aussi de la créativité. Par exemple, je travaille sur des salons auxquels on participe tous les ans, et ce, depuis des années. Il faut savoir se renouveler et se démarquer par rapport aux autres sociétés qui sont présentes. Se faire remarquer, sortir du lot et attirer le plus de monde possible. Cela peut passer par des animations, c’est à dire que souvent on organise des animations sans parler du traiteur et de ce genre de choses. Par exemple, sur le premier des deux évènements que l’on organise en ce moment il y aura un atelier massage. Les gens vont pouvoir s’inscrire. Le public visé, qui participe à ce salon, est constitué d’infirmières qui travaillent beaucoup. Elles vont venir à notre stand et on va leur proposer de faire un massage flash en 10 minutes pour se détendre entre les séances. Voilà, cela peut attirer du monde et créer des relations. Sur le deuxième congrès, l’animation est plus visuelle. On a fait appel à une société qui projette des visuels en 3D. C’est à dire qu’une hôtesse va déambuler dans tout le salon avec un système de projection qu’elle portera dans un sac à dos pour donner plus de visibilité à notre société et au message que l’on veut faire passer. On utilise cela pour sortir du lot et que les gens se disent « tient on a remarqué cette société on va peut-être aller voir ce qu’elle propose…». En résumé les atouts clés pour être chargé de projet évènementiel sont la créativité, l’organisation et la résistance au stress.

Au niveau de la concurrence à Nîmes, est-ce que vous trouvez que c’est assez développé et avez-vous beaucoup de concurrence dans la communication ?

On travaille dans un secteur d’activé très particulier mais néanmoins très concurrentiel parce qu’avec la maitrise des dépenses de l’assurance maladie, beaucoup de médecins et d’hôpitaux se tournent vers des sociétés comme la nôtre pour essayer d’alléger la charge de l’hôpital et des cliniques et développer le maintien à domicile des malades. Il y a énormément de sociétés qui sont sur ce marché là, mais la société dans laquelle je travaille est dans une phase de rachat de ces sociétés. Il existe beaucoup de petites structures qui proposent les mêmes services que nous et étant donné que je suis dans une société cotée en bourse et qui fonctionne bien, on intègre ces petites sociétés qui parfois gardent leur nom. Par conséquent, la concurrence existe mais on l’élimine au fur et à mesure. En nous intégrant, ces petites structures se gèrent elles-mêmes mais elles nous appartiennent. Une partie des bénéfices qu’elles produisent nous reviennent indirectement. C’est la stratégie actuelle du groupe.

Pouvez-vous nous présenter une journée type ?

Je ne me souviens pas avoir connu deux journées identiques. Je commence ma journée en regardant ma boîte mail pour voir ce qui est arrivé, en sachant déjà qu’il y a beaucoup de choses qui attendent. J’organise ma journée en entre les tâches en cours, les tâches en attente, les urgences, etc. La partie événementielle a beau être ponctuelle, elle prend souvent le dessus sur tout ce qui est en attente parce qu’il y a des échéances à respecter. Dans une journée sans gros événements ni échéances importantes qui arrivent, soit je termine un projet en cours soit j’en attaque un autre. Que ce soit la mise en page d’une plaquette ou d’un livret ou le démarchage de prestataires pour les stands pour les animations. Il y a des choses à déterminer pour des projets avec mon standiste, des détails. Souvent on part avec une idée, il nous propose quelque chose et on voit si c’est réalisable. C’est donc beaucoup d’échanges à ce sujet. Je travaille dans un service support, on est au service de la Direction également dans le Groupe. On est très sollicités pour des petites choses, cela peut être pour une signature mail ou pour un bandeau sur un document Word ou encore pour envoyer un logo tout simplement. Par exemple on a un commercial qui est sur la route il a besoin de mettre en page un document Word, il a un logo qui n’est pas de bonne qualité, il nous appelle pour qu’on lui en envoie un autre. On a donc beaucoup de relations avec l’extérieur et les équipes commerciales. On est à la croisée des chemins et on est très sollicités. Je travaille en binôme avec un autre graphiste. On est au service des sociétés et des équipes commerciales. C’est un boulot très prenant. On n’a pas beaucoup de temps morts.

Rencontrez-vous beaucoup de difficulté dans votre quotidien ?

Les difficultés sont toujours les mêmes, c’est d’arriver à faire tout ce qu’on a à faire dans le temps imparti. On fait des déçus ainsi que des impatients parce que forcément on ne peut pas répondre positivement à toutes les sollicitations en temps et en heure. On essaye d’expliquer aux personnes qu’on a des délais à respecter et que lorsqu’ils commandent une plaquette, un livret etc., cela ne peut pas se faire en deux jours et que l’on ne peut pas imprimer trois mille exemplaires en une après-midi. Pour imprimer on fait appel à des prestataires. Pour les prestataires aussi il y a des délais incompressibles et il faut qu’on explique aussi notre métier aux personnes qui nous sollicitent pour justement leur faire comprendre qu’on est à leur service mais qu’il y a des choses qui sont impossibles. On leur explique qu’il faut qu’ils anticipent leurs demandes. C’est ce qu’on est en train de mettre en place actuellement, de la gestion de projet. Ils doivent nous envoyer leurs demandes en bonne et due forme en ayant finalisé leurs documents, parce que souvent ils viennent avec une idée mais ils n’ont pas forcément de contenu ou d’idée prédéfini de ce qu’ils veulent exactement. Par conséquent on passe beaucoup plus de temps à préparer cela avec eux. Aujourd’hui on leur demande de finaliser leurs projets, qu’ils sachent exactement ce qu’ils veulent et nous on intervient à partir de la mise en page ou ce genre de choses.

Comment s’organise la répartition du travail avec vos collègues ?

Mon équipe est composée d’une chef de service qui dirige toute l’équipe. Elle gère un petit peu les projets et elle intervient un peu sur tout. J’ai deux autres collègues qui s’occupent de la réservation d’hôtels, l’organisation des déplacements des équipes commerciales, ainsi que l’organisation des petits événements parce qu’on participe aussi à de petits événements où il y a besoin juste d’un présentoir ou d’une nappe qui ne demande pas beaucoup d’organisation. J’ai un autre collègue qui s’occupe de la partie Web, du développement des sites institutionnels, des sites de nos filiales, tout ce qui est applications mobiles, etc. Il est tout seul pour le moment. Je travaille donc en binôme avec un autre infographiste qui lui est purement infographiste et qui fait également de la vidéo et du montage vidéo. On se répartit les tâches graphiques en fonction de nos disponibilités respectives et de l’ampleur de ma tâche de travail sur la partie événementielle. On est une petite équipe très complète avec beaucoup de compétences très différentes.

Quels sont vos clients habituels ?

Mes clients ne sont pas vraiment mes clients parce que je suis dans un service support. Je suis au service de la direction, des chefs de secteurs commerciaux c’est à dire que partout en France, quand ils ont un projet particulier ils font appel à nous. Des équipes commerciales, des équipes qui sont sur le terrain qui pour tel ou tel médecin voudraient un document, une présentation power-point ou autre chose mais qui n’ont pas forcément le temps, ni la capacité de le faire font appel à nous. Ce ne sont pas des clients qui vont nous donner de l’argent directement mais on est à leur service. C’est plus des clients internes ou des collaborateurs qui font appel à nous ce ne sont pas vraiment des clients.
Après pour la société en elle-même, nos clients ce sont les médecins qui vont envoyer des patients chez nous ou des particuliers qui vont acheter du matériel médical dans nos boutiques. Il y a vraiment deux activités vraiment très distinctes dans la même société.

Quels peuvent être vos partenaires et vos collaborateurs ?

Nos partenaires sont essentiellement des prestataires de services c’est-à-dire que par exemple pour la partie événementielle on a un standiste qui crée les projets en 3D et qui va fabriquer les stands pour nous à partir du projet sur lequel on s’est mis d’accord. Il stocke également notre matériel, tout ce qui est mobilier etc. C’est vraiment un travail en étroite collaboration. On a également tous les imprimeurs auxquels on fait appel pour nos différents supports à imprimer. Puis on a des prestataires internet, tout ce qui est mis en ligne et gestion de site internet.

Dans le cadre de notre entretien vous nous avez informé que vous travailliez sur deux projets, pouvez-vous nous donner davantage de précisions ?

Alors j’ai effectivement deux événements en attente, en cours de préparation. D’ailleurs, je me déplace demain chez le standiste pour lui livrer tout le matériel documentaire à amener sur les deux stands qui nous attendent. Le premier, c’est le congrès SFRMS ou Congrès du sommeil qui se déroule à Lille. Il rassemble des médecins autour des problématique liées au sommeil. Nous intervenons en tant que spécialistes de l’assistance respiratoire pour aider les patients en détresse respiratoire qui ont des problèmes de poumons, d’apnée du sommeil, etc. Ces scientifiques vont se retrouver, se rencontrer autour de cette thématique. Par conséquent différentes marques et prestataires seront présents avec nous. Le deuxième événement, ce sont les Journées Francophones de Nutrition, qui se déroulent à Nantes. Ici on est plus sur une partie technique qui concerne la nutrition à domicile, c’est-à-dire quand quelqu’un est malade ou qu’il a du mal à se nourrir, on met en place des pompes à nutrition qui lui permettront d’ingérer des aliments sous d’autres formes. On présente sur cet évènement ce que l’on peut apporter en matière de nutrition. L’un de ces projets se déroule à Lille, l’autre à Nantes. Je ne me déplace pas sur ces évènements, c’est notre standiste qui prend en charge toute l’installation et les équipes commerciales seront là-bas pour mettre en place la documentation, la machine à café, etc. et surtout prendre contact avec de potentiels nouveaux clients. Je n’interviens pas nécessairement sur tous les événements, je n’ai pas forcément besoin de me déplacer.

Pourquoi avez-vous choisi de travailler dans l’événementiel ?

C’est une bonne question. Disons que ce n’était pas prévu. Comme je le disais, au départ j’étais embauchée comme infographiste. À l’époque, j’avais une chef de projet pour laquelle je créais des maquettes de stands où je pouvais voir sa façon de travailler. Par la suite cette personne est partie et son rôle m’est revenu naturellement alors que c’était quelque chose que je ne maîtrisais pas forcément, ou que j’avais seulement approché au cours de mes études en médiation culturelle. Mais c’était très loin dans le temps etce n’était pas forcément quelque chose duquel j’étais familière. Mais ça c’est fait naturellement quand ma collègue est partie. J’ai repris le flambeau après elle et cela se passe bien. Après je connaissais déjà les prestataires, j’avais déjà été plus ou moins en relation avec eux de par le fait que c’est moi qui envoyais les maquettes pour les stands, etc. Elle m’a inculqué sa façon de faire et je l’applique encore aujourd’hui. Ce métier demande beaucoup d’organisation, il ne faut rien oublier. C’est la partie la plus difficile de ce métier.

Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier ?

Ce que je préfère, c’est de ne pas avoir deux jours qui se ressemblent. Je fais des choses très variées tous les jours, sur des projets complètement différents, que ce soit de la créativité pour la partie infographie ou pour la partie stand. Je me déplace régulièrement sur Montpellier et aux alentours pour rencontrer des prestataires etc. J’ai beaucoup d’interactions aussi avec l’extérieur et je ne m’ennuie pas. C’est la base de tout métier je pense de trouver une occupation au quotidien dans laquelle vous ne voyez pas le temps passer. C’est ça que je préfère.

Pour finir, qu’est-ce que vous pourriez dire à des personnes qui veulent travailler dans l’événementiel ? Avez-vous des conseils ?

D’abord, il faut être sûr de vouloir travailler dans ce secteur d’activité parce que c’est beaucoup de stress, même s’il y a beaucoup de choses intéressantes. Il faut savoir s’organiser, interagir avec différentes personnes, il y a des gens au fil du temps que vous allez finir par tutoyer et avec lesquels tout va très bien se passer. Mais il y a des gens avec lesquelles vous allez être obligés de travailler mais avec lesquels vous ne vous entendrez pas forcément. Il faut prendre en compte le côté très prenant et un petit peu stressant du poste, je ne me repose pas sur mes lauriers. On est dans l’action en permanence et on a toujours le cerveau en éveil. Il faut assurer parce que s’il manque la moindre chose, par exemple s’il manque la clé USB avec la vidéo qui va sur la télé qui est sur le stand. C’est un tout petit truc mais si vous l’oubliez ça peut avoir de graves conséquences. Quand c’est à l’autre bout de la France et que ça commence le lendemain et qu’on se rend compte qu’il y a un quelque chose qui ne marche pas bien, il faut trouver des solutions rapidement car il y a beaucoup de personnes qui vont passer sur votre stand. C’est beaucoup de responsabilité.

D’accord, merci beaucoup, c’est très gentil de votre part de nous avoir accordé du temps. Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions.

Je vous en prie. Si vous avez besoin de plus de précisions, n’hésitez pas à me rappeler ou à me contacter. Le poste et la société dans laquelle je travaille ont un fonctionnement assez complexe. Si ce n’est pas clair, vous pouvez me rappeler.

Interview réalisée par MARTIN Rémy et PEREDES Mélia.

MARTIN Rémy, PEREDES Mélia, ANDRE Capucine et GAURENNE Amandine.
Groupe 3

Entretiens du Groupe 3 de Montpellier

jeudi 21 novembre 2019

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