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Interview Montpellier Danse

lundi 25 novembre 2019

Interview de Nathalie Becquet, Responsable de l’information à Montpellier Danse

Dans le cadre de notre projet professionnel personnalisé, nous avons interviewé Mme Nathalie Becquet qui est Responsable de l’information à Montpellier Danse. Avec l’accord de madame Becquet, l’interview s’est déroulée dans son bureau à Montpellier Danse, le vendredi 8 novembre et a duré 48 minutes.

Dans la pièce ci-jointe : https://www.univ-montp3.fr/infocom/wp-content/Retranscritpion-MTP-danse.pdf vous retrouverez la retranscription de notre entretient sous format PDF afin de vous offrir une meilleure lisibilité.

  • Lucas : Premièrement bonjour, et merci d’avoir prit de votre temps pour nous accueillir tout les trois, donc nous sommes étudiants à l’université Paul Valéry en info com, en licence 1, je suis en compagnie de BAROUDI Mehdi, BARBIERO Elsa et moi même TOSELLO-PACE Lucas, et donc nous allons vous interviewer et enregistrer afin de publier notre entretien sur le blog universitaire donc êtes-vous d’accord ?
  • Nathalie Becquet (responsable de l’information) : Je suis tout à fait d’accord.
  • D’accord, donc je vais passer la parole à Elsa. Elsa : Alors bon pour commencer, nous savons que vous êtes responsable de l’information à Montpellier Danse et donc quelles sont vous responsabilités précisément ? Et avez vous plusieurs rôles ?
  • Quel est mon poste en fait ?
  • Oui.
  • Euh, moi je suis sous la tutelle du directeur général, euh je suis en charge de la communication de manière globale, j’en gère les budgets, je fais des propositions, en terme d’image, en terme de plan de communication et de fléchage, d’aiguillage, c’est à dire le Print, le digital, Emma qui est derrière vous est ma poignée, elle est attachée à la communication digitale de manière très large, tout ce qui touche au web et donc voilà tout ce qui touche à la communication. On est une toute petite équipe, on est trois, il y a la responsable de la presse qui normalement est dans le bureau en face du mien, elle est pas là aujourd’hui, Emma et moi.
  • D’accord, ensuite euh parmi toutes ces activités, vos rôles, lequel préférez-vous ?
  • Lequel je préfère ? Euh je crois que c’est le moment où on est en ce moment, le moment où on met en place le plan de communication, c’est à dire on décide ce qu’on va faire dans les six mois qui arrivent. Parce qu’on a une période où on flèche c’est à dire on a plein de propositions, on a plein d’idées et ces idées on les met en forme, en cohérence pour avoir un plan de communication qui soit justement cohérent, ensuite c’est l’exécution donc c’est la phase de préparation voilà.
  • D’accord, et quelles formation avez-vous faites pour en arriver ici ?
  • Alors, j’ai fais au siècle dernier on va dire (rire), l’équivalent de votre master, pas en info com, ça s’appelait une maîtrise à l’époque, dans un IUP, l’équivalent d’un master maintenant, c’était juste avant le master, ça préfigurait le master, IUP (Institue Universitaire Professionnelle), voilà en Ingénieure Culturelle. Donc j’ai eu une formation très généraliste dans le milieu de la culture voilà, moi je voulais travailler dans la danse, après pas forcément dans la communication, la communication c’était une des matière qu’on abordait pendant nos études et il se trouve que la vie a fait que je parte plutôt dans ce chemin là, donc plutôt une formation en communication de terrain.
  • D’accord, et du coup pouvez-vous nous décrire votre parcours professionnel depuis la fin de vos études ?
  • Alors pendant mes études j’ai fais pas mal de stages, c’était l’équivalent de ce master où il y avait beaucoup de stage à faire et beaucoup d’étude de terrain, déjà beaucoup sur le terrain pendant ces trois années à l’IUP, j’ai fais énormément de terrain, c’est à dire qu’on travaillait avec les institutions ça, ça a beaucoup compté dans ma formation, vu que c’était déjà une formation de terrain et je suis arrivée directement ici à Montpellier Danse, avec mon stage de fin d’étude, mon stage de maîtrise.
  • Quelles étaient ces institutions ?
  • Alors, euh à l’époque une institue qui n’existe plus maintenant, qui dépendait de la région, c’était à Lille et on préparait une rencontre professionnelle internationale qui s’appelle L’IETM qui existe encore aujourd’hui, tous les professionnels du monde entier se regroupent dans ce grand forum , voilà et nous dans le cas de nos études on a participé à l’organisation de cette chose là, voilà donc ça c’est un des exemples, à côté de ça, j’ai fais un stage dans une scène conventionnée à côté de Lille, on a fait des études de terrain dans les scènes nationales, voilà donc il y avait beaucoup de choses, déjà dans le cadre des études, on était très engagés sur le terrain et on travaillait vraiment de manière très proche avec tous les gens qui touchent de près la culture dans la ville, c’était vraiment un cas Lillois apparemment à Montpellier ça se fait beaucoup moins, et donc du coup plusieurs stages et je suis arrivée à Montpellier Danse en stage de fin d’année, six mois à l’issue duquel un poste s’est libéré et que j’ai pris.
  • Du coup vous avez fait cinq ans d’études.
  • Quatre ans équivalent à cinq.
  • D’accord et vous avez direct était prit à Montpellier Danse.
  • Oui tout de suite pendant mon stage.
  • D’accord.
  • Mais pas tout de suite à la communication, j’ai d’abord été embauché pour assistante polyvalente
  • Oui on avait vu sur votre profil professionnel internet.
  • Voilà, donc beaucoup de choses, j’ai organisé l’accueil des compagnies, j’ai été assistante du directeur, j’ai été assistante com, presse, j’ai fais un peu de relations publiques, j’ai fais de la billetterie et il se trouve que la responsable de communication est partie et je l’ai de plus en plus remplacé puis j’ai pris le poste au bout d’un moment.
  • Donc vous avez appris sur le terrain ?
  • J’ai appris sur le terrain ouais, c’est la meilleure école (rire)
  • Est-ce que vous avez rencontré des difficultés au commencement de votre carrière ?
  • Ouais bah c’est jamais simple de démarrer une carrière voilà, des difficultés rien d’insurmontable, oui bien-sûr des difficultés, tout est une histoire d’envie,d’engagement, d’organisation, de manière de voir les choses et quand on est optimiste on essai de voir les choses du bon côté et on peut apprendre de tout donc j’étais plutôt dans cet esprit là et donc oui beaucoup de difficultés mais c’est justement en les surmontant qu’on apprend et qu’on grandit et que quelques années après on a un poste et voilà.
  • D’accord et avez vous recours aux compétences que vous avez acquises lors de vos formations, dans votre travail aujourd’hui ?
  • Forcément, pas forcément en terme de communication, c’était très théorique
  • Oui nous aussi nos cours sont très théoriques.
  • Voilà, hyper théoriques, mais oui oui il y a des choses qu’on apprend comme le Storytelling, on l’applique pas forcément, on l’a à l’esprit et du Storytelling en même temps on en fait sans le vouloir après on met des mots dessus.
  • ça devient une obligation en fait.
  • C’est pas une obligation c’est que si on veut bien faire les choses, le Storytelling c’est en terme de communication quelque chose d’important, on l’utilise surtout sur les réseaux sociaux, on fait quand même de la danse contemporaine, ce qui est pas simple, et faut amener le public à aller voir des choses et donc du coup il faut aussi lui raconter une espèce d’histoire, c’est pas un conte de fée hein mais voilà c’est leur raconter le parcours d’un chorégraphe, comment il est arrivé à faire ce spectacle qu’on va leur montrer un peu plus tard. On est vraiment dans l’acte de création nous, donc ce Storytelling est très important pour nous.
  • Vous avez même mis en place une retranscription audio pour les non voyants j’ai vu.
  • Ça c’est Sophie chez nous qui travaille là dessus, qui est de l’autre côté du bureau, euh oui ça ça fait deux trois ans, on est sponsorisé par la Matmut pour faire ça et ça fait trois ans qu’on accueille les personnes non voyantes pour assister à des spectacles de danse, qui sont des visites tactiles, ils touchent les décors, les costumes avant, rencontrent les chorégraphes, ils font même des ateliers de danse pour ressentir la danse et ensuite ils sont au premier rang, ils ont un casque et ils vivent l’expérience du spectacle.
  • D’accord. Et qu’est ce que qui vous a donné l’envie de vous diriger vers Montpellier Danse ?
  • Euh bah je crois que j’ai commencé à danser avant de savoir marcher donc voilà (rire). Je suis une passionnée de danse depuis que je suis toute gamine et que Montpellier Danse étant en France et en Europe le festival de référence donc c’était « the place to be », fin vraiment c’est l’endroit ou il fallait être, donc j’ai tenté ma chance et puis j’ai eu de la chance, je suis tombée au bon endroit au bon moment.
  • Oui c’est super ! Je vais passer la parole à Mehdi.
  • Mehdi :Quelles sont les relations professionnelles indispensables dans le milieu de communication ?
  • Vous voulez parler de nos prestataires, les gens qui influencent ?
  • Oui.
  • Alors il y a plusieurs chapitres à ça, on est assez libres quand même, on a un choix mais malgré tout, on est quand même largement financé par la métropole de Montpellier donc même si ils ne demandent pas le droit de regard, on a toujours à l’esprit qu’on est a un festival, une institution l’Agora qui travaille avec de l’argent public qui vient de l’impôt des montpelliérains, c’est très important de ce qu’on a à l’esprit tout le temps et qui faut pas oublié, qu’il faut en tenir compte donc il faut que les montpelliérains soient fiers de leur festival, visuellement en terme de communication c’est très important, il y a le festival, il y a des drapeaux partout dans la rue, l’affiche est très travaillée pour qu’elle donne justement une histoire ou une idée ou voilà que ça soit esthétique, que ça rende la ville plus belle même si c’est pas déterminant dans le choix. On l’a toujours à l’esprit malgré tout, politiquement faut que ça passe, après on travaille avec des artistes qui présentent des créations, qui sont des artistes importants voilà, il y a toujours un festival qui a un sujet, donc on en tient compte aussi et on travaille avec des prestataires qui sont des graphistes qui habitent à Montpellier, Paris, les derniers c’est des graphistes qui habitent à Lille, on aime beaucoup le côté très européen, très international, très ouvert voilà, niveau graphismes en tout cas, de ce côté là du territoire ils font sans arrêts des allés-retours entre la Belgique, l’Allemagne, la France et on sent beaucoup ça, ça existe moins du côté de l’Espagne, il y a peut-être moins de passage je sais pas, mais en tous cas on aime beaucoup leur travail, et avant de voir de là où ils viennent, on regarde beaucoup leur travail, on se dit « Ah tient ils habitent là » donc voilà, pour la saison on travaille avec une graphiste qui habite à Montpellier parce que aussi l’implantation dans un territoire est très important. Donc Montpellier Danse c’est un festival qui est crée à Montpellier pour les montpelliérains avec une dimension internationale, différemment des festivals comme à Avignon qui ont 76 ans, nous on va « seulement » fêter notre quarantième anniversaire donc il y a deux générations de festivals, la première c’est une génération crée par les parisiens sur la côte et avant le bureau du festival d’Avignon était à Paris et se déplaçait à Avignon quinze jours avant le festival alors que nous on a vraiment était crée à Montpellier pour les montpelliérains mais pour faire rayonner la ville à l’internationale donc voilà la portée est là, 80% notre public qui rempli nos salles habitent dans cette région donc relations politiques très importantes.
  • D’accord et en général travaillez-vous le plus souvent en équipe ou individuellement ?
  • Ah non on travaille beaucoup en équipe, surtout différemment de certain endroit, je pense surtout au festival de Shayou, nous on est treize, quatorze dans notre équipe, donc on est trois dans le service com, presse, trois au RP, une personne à la compta, les postes de dirigeants artistiques c’est deux personnes, on est une toute petite équipe et on travaille tous ensemble, on discute énormément, tout est toujours posé au centre, on fait des réunions de services toutes les semaines pour mettre en cohérence les choses, ce qui nous permet par le dialogue d’avancer tout ensemble, on est des missions assez larges, c’est hyper intéressant.
  • D’accord, est-ce que Montpellier Danse vous laisse une autonomie concernant vos choix de communication ?
  • Alors, on a un directeur général, Jean-Paul Montanari qui dirige Montpellier Danse depuis 1983, qui est une figure dans la ville, il dirige tout, la com, les RP, la presse, après nous on lui fait des propositions, il les accepte ou il les refuse, on lui amène des idées, on travaille tous ensemble mais au final c’est lui qui a le mot de la fin.
  • D’accord, merci beaucoup. Vous avez quand même une grande liberté concernant vos projets ?
  • Oui je peux faire toutes les propositions que je veux, après il décide ou pas de les accepter , il nous donne aussi une ligne directrice, c’est un des rôle du directeur générale de nous donner des lignes vers lesquelles avancer et dans ces direction la on peut soumettre toutes les propositions qu’on souhaite , c’est plus ou moins large selon les années , par exemple en terme de digitale on est assez libre , l’élaboration du visuel , on est en étroite collaboration avec lui , il est là à chaque étape .
  • Comment ce compose votre équipe de travail ?
  • Alors notre équipe de travail dans le sens large ou bien juste com ?
  • Hmm Large.
  • Alors c’est assez pyramidale chez nous il y a Mr JP Montanari directeur général qui donne des lignes directives dans chaque direction de Montpellier Danse épaulé par Gisèle Dépucho qui est directrice adjointe, directrice artistique adjointe car elle travail beaucoup sur l’artistique Mireil Jovené qui est administratrice directrice financière , Didier Estrade qui est Directeur technique qui s’occupe de toute la technique du spectacle , Anne Sophie Amote qui est secrétaire générale qui s’occupe de toute la programmation de l’Agora en terme artistique qui est aussi responsable des relations publiques ou il y a Sophie Lucher qui s’occupe des associations des écoles de Danse et de Montpellier Danse dans la Métropole tous les spectacles décentralisés.
  • Vous travaillez beaucoup avec eux ?
  • Ah oui oui , sans arrêts.
  • Vous ne communiquez pas uniquement avec votre équipe ?
  • A non on communique avec tout le monde, c’est des dialogues sans arrêt et des allers retours.
  • Énormément j’imagine.
  • Oui beaucoup, plusieurs fois par jour. Donc il y a Sophie, il y a Alexis Ruiz qui s’occupe des étudiants et des plus jeunes, après il y a le Pôle communication où je suis responsable de la communication Emawane Rambaud responsable de la presse et des professionnels et Emma Poignet qui est attachée à la communication digitale Jean Gabrielle qui est derrière vous est à l’accueil des compagnies et il assiste Anne Sophie sur plein de dossier également Naomi en bas fait la billetterie et Victor que vous avez vue en arrivant qui est aussi à la billetterie.
  • D’accord vous avez du monde ?
  • Oui nous sommes nombreux.
  • Très bien , donc quelles sont vos méthodes de travail ?
  • Alors , c’est en fonction des directions données , d’abord je crée un plan de communication globale , car avant tout on me donne une direction et un budget il faut tout faire avec ce qu’on nous donne , je place tous mes incontournables c’est à dire nos affiches, notre programme nos flyers, la diffusion du flyers sur le site internet etc on y place la base puis les plus car à l’intérieur de ce budget on essai de faire rentrer les choses, après les négociations, les partenariats, on a des partenaires privilégiés en affichage comme Médias Fiche qui travaille avec nous et nous offre plusieurs réseaux d’affichage, on cherche aussi des mécènes. Ma méthode de travail à l’intérieur de ce budget c’est nos incontournables qu’est-ce que j’ai besoin de dire, comment je le dis et à qui je le dis , on a la chance d’avoir un fichier ici développé par les services de relation publique qui est très très bon, on a par exemple l’envoie de Newsletter, c’est à 25 000 personnes qui aime la danse, 15 000 noms à Montpellier. C’est énorme en tout cas pour notre type de structure, on a des fichiers qui sont très bien ficelés c’est pour ça que le rapport et très bien , il parle tous le temps au public et puis moi aussi je leur parle du mieux ou d’une autre manière.
  • Comment ça se passe justement au niveau de ça, la communication au public ?
  • Elle se fait par plusieurs manière elle se fait d’une part en envoyant le programme chez eux en leur envoyant des Newsletters via le site internet, on parlait de pédagogie de Storytelling sur notre site internet on a un espace magazine on leur donne plus d’informations sur les entretiens avec les artistes, il y a les réseaux sociaux aussi qui leur permettent de leur parler sans arrêt, les RP vont dans les comités d’entreprises , dans les associations. Les écoles de danse vont sur le terrain pour parler directement au gens soit via un écran soit une brochure il y a toujours un filtre, ils sont en direct avec les gens .Il faut être présent sur l’ensemble des canaux . Et ne pas leur lâcher la main.Il faut leur parler tous le temps.
  • D’accord , être constant, présent, sur les réseaux sociaux.
  • Être constant , présent, rappeler, faire coucou gentiment, constamment.
  • OK très bien, quels sont les différents services proposés par votre agence de communication ?
  • Nous ne somme pas une agence de communication je travaille essentiellement avec des graphistes de communication ce n’est pas une agence de com, c’est vraiment une agence de graphisme c’est à dire qu’il me propose d’une part un visuel duquel décline toute la communication .
  • Vous travaillez surtout sur le visuel ?
  • En premier le visuel qui doit correspondre à une envie, à un thème, on travaille ce visuel et décline un programme donc une programmation , des spectacles, de choses autour, d’ateliers de relation publique, de ce visuel s’écoule des affiches des newsletters, etc…
  • Ça se voit que ça a été bien travaillé.
  • On a l’habitude (rire) , donc voilà de ce travail on obtient ce type de documents, les panneaux à l’entrée, les affiches.
  • Tout a été fait par l’agence de graphisme ?
  • Oui, on est vraiment en lien avec eux on leur dit «je voudrais cela» dans ce délai, je fournis l’ensemble des textes, j’en écris , c’est moi qui ais écris tous les textes du programme . Et on conçoit tous ça on est vraiment en relation avec eux.
  • L’imagination des visuels c’est vous qui le prenez en compte ?
  • On travaille vraiment avec eux donc on leur dis «je voudrais ça» sur cette saison, on est sur un format plus petit car on a deux temps sur la saison d’octobre à mars et un festival international en juillet qui est annoncé en mars, donc sur la saison on est vraiment sur quelque chose de local vraiment pour les Montpelliérains à 100% qui n’a pas de visée forcément internationale qui est un temps de l’année où on fait vivre l’Agora, on communique beaucoup avec la population plus locale , si je prend ça, c’est le festival dernier, le format et bien plus grand il est beaucoup plus visuel et travaillé de manière différente.
  • Les visuels sont disponibles ?
  • En téléchargement oui il y a un espace pour les avoir, vous allez chercher dans mémoires. Donc ça a une visée internationale il faut savoir que dans ces formats si vous mettez à côté le festival d’Avignon, le festival d’automne qui sont deux grands événements, on est a peu près dans un format Standard International en terme de format, de papier, de mise en page , on est sur quelque chose de très classieux, très ouvert.
  • Très bien designer.
  • Très bien designer mais le design est différent on est sur quelque chose de plus épuré vous voyez ?
  • Oui, c’est vrai ?
  • Là on est sur deux colonnes pas sur une, en terme de design c’est très important. Celui là tous les directeurs de théâtre du monde entier l’ont dans les mains, tous les journalistes du monde entier l’ont dans les mains , même les ministres, ça part à la régie de Macron, celui là non .
  • Très bien, c’est très impressionnant , je vais donc passer la parole à Lucas. Lucas : Quel est l’âge moyen de votre clientèle ?
  • Elle rajeunit (rire) , l’âge moyen de ma clientèle , on aime pas trop parler de clientèle chez nous c’est surtout les spectateurs, la relation marchande existe mais nos spectateurs sont surtout des femmes qui ont entre 40 et 50 ans.
  • Ok, d’accord. À quel moment de l’année votre clientèle est la plus nombreuse ?
  • elle est tout le temps nombreuse , mais c’est différent sur la saison d’octobre à mars la programmation en volume est sensiblement égale à celle du festival, sauf qu’on est d’octobre à mars et le festival il est du 22 juin au 6 juillet donc sur 10 jours , sur un festival en gros on a 35000 spectateurs sur une saison mais ça se compte différemment car il y a beaucoup de choses gratuites mais on est aux alentours de 30 000 , sur un volume entre 50 et 60 000 spectateurs que ce soit pour des spectacles , on fait des films, mais aussi des conférences et pleins d’autres choses .
  • Très bien donc quelle est la période de l’année ou vos événements sont les plus fréquents.
  • Pendant le festival il peut y avoir jusqu’à huit voir dix événements dans la journée.
  • C’est beaucoup !
  • Oui c’est chouette , c’est de la danse c’est un vrai festival qui commence le matin par une grande leçon de danse gratuite au gens dans la rue , ça commence par ça .
  • Vous aller vraiment toucher votre publique en dehors ?
  • Ah oui, on rentre dans la métropole, on va faire des spectacles gratuit dans la rue sur les places des rues ou sur les places des villes aussi. On fait des projecstion gratuites, il y a plein de choses gratuite jusqu’à peu près 18h. Quand le 1er spectacle commence 1er temps de spectacle : il peut y en avoir un ou deux en même temps, 18h, 20h, 22h, on a 3 temps de spectacles avec parfois 2 par temps ici au théâtre de l’agora.
  • Vous passez donc par toute la métropole ?
  • Oui dans toute la métropole et même toute la ville, on passe d’un théâtre à l’autre , on est au théâtre de la Vignette car il est chez vous a l’université Paul Valéry , n’hésitez pas à le fréquenter car c’est vraiment un super théâtre. On est au théâtre des 13 vents, on est au Domaine D’O , on est partout , nous sommes dans toute la ville et toute l’année.
  • C’est ce qui vous permet de toucher le plus de monde possible ?
  • Pas uniquement c’est aussi car il y a plusieurs taille de salle différentes que selon les œuvres, car une œuvre est bien dans telle ou telle salles, et une salle répond aussi a un public. Le choix de la salle n’est pas anodin , autant sur la saison les spectacle existe, sur le festival c’est ce qui est vraiment notre particularité, en terme de communication ce n’est pas anodin on est sur un festival chorégraphique c’est a dire que avant le jour de la programmation le spectacle n’existe pas. La toute 1er représentation a lieu chez nous parfois ça a jouer une fois ou deux très loin comme en Allemagne mais du coup la pièce est retravailler : je communique sur des choses qui n’existe pas qui sont uniquement dans la tête de l’artiste donc jusqu’au lieux du spectacles on part de l’idée que le théâtre est choisis avec l’artiste qui pense que son œuvre se pose mieux dans cette endroits.
  • Donc vous êtes vraiment en relation avec les artistes ?
  • On accompagne oui, de manière très très proche même en terme de communication parce que c’est lui qui sais ce qu’il veut faire (l’artiste) et personne n’a vu ou connaît tout son travail ou ce qu’il a fait avant c’est pas un problème l’avenir on ne le connais pas. Donc sa prochaine pièce même si on a un dossier, même si on a des choses on le fais parler, par exemple avec Emma dès la semaine prochaine on commence à rencontrer des artistes qui sont en résidence ici qui travaille leur spectacle dans les studios ici, après ils travaillent dans d’autres studio comme à New-york, Singapour un peu partout. Ils travaillent dans plein d’endroits puis il reviennent ici dans le théâtre pour faire la première représentation donc les textes qui sont écris c’est après les entretiens avec eux, par exemple imaginez qu’ aujourd’hui je suis entrain de leur demander, donc aujourd’hui 7 novembre pour le spectacle qu’il vont créer le 20 juin je leur demande des photos, des extraits vidéos, des extraits de dossiers, des textes, il a juste une idée lui donc c’est très compliqué en terme de communication, c’est très intéressant mais c’est aussi hyper complexe car c’est pas une création c’est 15 dialogue différents avec des artistes.
  • Il y a 15 artistes ?
  • Il y en a beaucoup plus que ça, et sont généralement ne vingtaine d’artistes mais 15 d’entre eux montrent leur tout nouveau spectacle. Donc c’est un enjeu parce que dans la salle de leur première représentation il y ‘a tout le métier donc si ils se plantent, tout le monde le sait… Il y a la presse etc, donc c’est vraiment un endroit où on sent une certaine tension. En terme de COM même jusqu’à la date de la première jusqu’au programme de salle, c’est toujours très compliqué ! Ou parfois simple mais c’est rare. Voilà, et c’était quoi la question déjà ? Je me suis évadé.
  • Quel est la période de l’année où les événements sont les plus fréquents ?
  • Bien évidemment le festival, clairement.
  • Quels sont les gros projets auxquels vous avez participé ? Pouvez-vous nous en citer un ?
  • Donc l’un des très gros projets pour moi, c’est en 2010 pour les 30 ans, on a sorti un livre avec Actes Sud la maison d’édition. Donc c’est du travail d’archives sur 30 ans d’histoires, des texte, de l’iconographie de Montpellier danse.
  • Donc depuis le début ?
  • Exactement. Donc c’est l’un des plus gros projets auquel j’ai participé.
  • Donc c’est celui qui vous as le plus marqué ?
  • Ah oui, bien entendu. Si vous avez l’occasion de sortir un livre tous les an ! C’est énormément de travail et puis c’est une belle fierté. Et c’est du concret. Puis c’est Actes Sud, c’est pas n’importe qu’elle maison d’édition non plus et puis voilà donc c’était un très gros projet.
  • Ensuite, concernant les réseaux sociaux, lesquelles utilisez-vous afin de promouvoir Montpellier danse ?
  • Alors nos réseaux sociaux sont Facebook, on a deux pages : Montpellier danse et Montpellier danse pour les étudiants qui est plus compliqué à gérer car les étudiants étant étudiants, il ne le reste pas toutes leur vie, heureusement pour eux et surtout ils bougent, parfois ils sont à Montpellier, parfois ils ne le sont pas, ça s’abonne, ça se désabonne donc c’est compliqué à gérer. Et donc la page Montpellier danse qui marche assez bien avec environ 10 300 abonnés, ça commence être pas mal. Puis instagram, Twitter et Vimeo. Pour mieux vous en parlez, tu as quelque chose à dire Emma ? Emma (Resp. Com. digitale): Non, non j’écoute ahahah ! Donc Emma travaille très sérieusement depuis Septembre sur les réseaux sociaux, c’est le domaine que l’on essaie de développer donc du coup elle a commencé il y a 1 mois et demi. Oui, oui donc vous êtes à Paul Valéry ?
  • C’est bien ça, oui.
  • Donc j’ai fais mon Master 1 et mon Master 2 à Paul Valéry et donc j’avais fais mon stage de Master 1 ici à Montpellier danse puis en alternance de Master 2 ici et je suis partit faire un CDD à l’opéra de Montpellier et je suis revenu depuis septembre ici.
  • D’accord, c’est un beau parcours.
  • Nathalie Becquet : Et voilà donc les réseaux sociaux c’est particulier car n’importe quel Community manager nous dira que Twitter est différent d’Instagram et Instagram différent de Facbook donc ça c’est de la technique.
  • D’accord, avez-vous déjà rencontré des problèmes lié à ces réseaux comme de clients mécontents ?
  • Non, en général ils sont bienveillants. Dans ce domaine la, « on ne donne pas bâton pour se faire battre » donc quelqu’un qui n’aime pas un spectacle pourrait mettre de très mauvais commentaires mais ils ne le font pas. C’est… Comme on disait on travaillait beaucoup sur le respect des gens qui habite là, je pense que ça doit se sentir comme une espèce de fierté du festival qui est peut être plus connu dans le monde entier qu’à Montpellier même. Les élus quand ils voyagent quand ont leur dit « Montpellier » ils parlent de Montpellier danse donc c’est vraiment une vraie reconnaissance.
  • Ça à une portée internationale ?
  • Oui la portée internationale est vraiment importante. Mais voilà, il y a cette fierté là, je ne sais pas si c’est pour ça mais en tout cas il y a une vraie bienveillance. On a connu aucun problèmes. Pourvu que ça dure ahahah.
  • Avez-vous déjà assistez à quelques représentations à Montpellier danse ?
  • Et bien heureusement ! C’est notre métier donc les représentations ont les voient toutes donc d’une part quitte à y être, comme je vous ai dis, nous sommes une petite équipe, lors d’un spectacle sur place, les billets il faut les donner aux clients donc bien être derrière les guichets. On a personne qui s’occupe du guichet le soir, c’est nous. Donc on est itinérant. On consolide une petite équipe et c’est ça qui est à la fois fatiguant et passionnant. On est là tout le temps à toutes les étapes donc c’est génial donc on est à la billetterie et quitte à y être, autant regarder le spectacle. Voilà, donc on va voir tous les spectacles. Après lors du festival, lorsqu’il y en a deux dans la même heures et huit par jour, on bosse en même temps donc on ne peut pas forcément tous les voir mais on en vois 90% et certains arrive à tout voir, c’est rare car il y en a toujours 1 où 2 qui passe à la trappe mais malheureusement car on ne peut pas tout faire. Mais quand même, on voit beaucoup de choses. Puis ça fait surtout partit du métier car en terme de communication quand vous devez parler de l’œuvre d’un artiste, il faut quand même la voir et quand vous êtes en amont en amont en plus de la communication sur sa création comme c’est le cas pour le festival, vous avez suivis toutes les étapes du travail. Là on a un chorégraphe qui s’appelle Emanuel Gat, qu’ont suis depuis 10 ou 12 ans et là il va faire une création mondiale en ouverture du quarantième festival Montpellier danse qui est énorme, il va faire ça au Corum. Et il est en résidant, on le connaît bien depuis 10 ans , on a vu toutes ses pièces et on connaît ses danseurs personnellement. Donc il est là et va venir tous les mois en résidence ici et va faire suivre sont œuvre et l’a montrer au publique entrain de se faire lors des studios ouverts, tous les mois donc proche du publique à voir ses répétitions et ça l’accompagne jusqu’à la création finale le 20 juin. Donc le 20 juin, on pourra pas faire autrement qu’être dans cette salle et pas parce que on est obligé d’y aller mais parce qu’on a envie d’y être. C’est comme si vous voyez quelqu’un accompagnait quelqu’un faire un gâteau et toutes les étapes, les œufs tout ça et on lui dit nous tu goûtes pas ahahah. Donc voilà, c’est un peu ça puis c’est notre métier, on aime ça et puis pour pouvoir parler il faut se dire que techniquement c’est mieux d’avoir vu donc il faut connaître la matière qu’on travaille. C’est mieux et même important mais après on peut se former au regard mais c’est important de savoir de quoi on parle pour pouvoir justement retranscrire car l’artiste nous parle et nous parlons au public. Il ne faut pas dénaturé et savoir régler certaine chose pour pouvoir mieux mettre en lumière cette chose.
  • Il faut comprendre l’artiste ?
  • Il faut comprendre l’artiste, savoir voir ce qu’il veut dire pour pouvoir retranscrire auprès du public ce qu’il est capable d’entendre.
  • Et bien pour finir, comment vous voyez-vous dans cinq ans au niveau professionnel ?
  • J’en sais rien, vous m’auriez posé la questions il y a cinq ans j’aurais pu répondre mais là je ne sais pas. Au mieux, professionnellement… Si je suis encore ici, j’espère qu’on aura développé à fond ce qui est digitale et qu’on aura bien réussis notre transition écologiques entre guillemets. Donc j’espère qu’on aura réussi car on est en train de travailler ça aussi donc c’est important. L’année dernière on a quand même fait une journée de festival où il faisait 46°C à l’ombre donc les danseurs ne dansent pas donc voilà on s’est rendu compte vraiment ce jour-là que notre métier n’était pas possible dans ces conditions. Donc on en avait conscience mais maintenant on veut agir.
  • Et que faites-vous pour agir en général ?
  • Si on repense à toutes nos manières… Par exemple : imprimé un programme, ça paraît rien, c’est du papier et c’est dissolvant. Donc imprimé un programme d’accord avec du papier recyclable, les encres sont solvant (végétales) donc en imprimer d’accord mais ne pas en imprimer trop, le nombre juste et c’est-à-dire ne pas en jeter puis que chaque document trouve sa cible donc ne pas en imprimer trop et avoir une cible juste c’est-à-dire ne pas diffuser à tout vas comme ça se fait beaucoup dans la musique où ils font deux cent milles flyers. Nous non, on en fait 40 000 et ça on le sort à dix milles exemplaires mais on sait exactement où sont les dix milles. On sait où on les as posé et qui les as eu donc voilà. On est sur quelque chose de très précis donc ça c’est que sur le programme par exemple. Après, développer avec les moyens informatiques. On imprime plus nos programmes de salles. On les mets sur l’application et on développe d’autres manières de transmettre les infos donc ça j’espère que c’est quelque chose qui sera développé. Et puis l’incertitude, il est vrai que mon patron à 72 ans donc dans cinq ans et ce que ce sera toujours lui ? Si c’est quelqu’un d’autre ça aura forcément évolué et moi personnellement je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait, voilà. Donc je peux juste espérer développer encore…
  • Mais cela ne vous dérangerais pas de rester 5 ans de plus à Montpellier danse ?
  • Je suis passionné de danse ahahah, j’aime beaucoup mon métier, un métier du spectacle c’est des métiers « vocation » un peu. Il ne faut pas hésiter à y passer du temps parce que on travail quand les autres travail et on travail aussi quand les autres travail pas comme tous les métiers de loisirs vu que les spectacles ont lieu le soir. On peut avoir des journées qui commence à 9h se terminant à 1h du matin mais il y a pire que nos métiers aussi car d’un côté on voit des spectacles.
  • Et d’un côté, vous aimez ce que vous voyez.
  • Et oui, on aime ce qu’on voit et on n’aime pas, des fois j’aime pas les spectacles car on ne peut pas tout aimer et heureusement mais on va le voir quand même car c’est important.
  • Vous avez travailler dessus donc c’est compréhensible.
  • Oui et puis c’est aussi important de savoir ce qu’on aime pas. Le pourquoi on a aimé, pourquoi on a pas aimé après on peut ne pas aimé un spectacle en reconnaissant la qualité, la recherche…
  • La créativité ?
  • Oui voilà, c’est ça après il y a déjà eu un spectacle où je suis ressortis complètement énervée et avec la sensation d’avoir détesté alors que je pensais avoir détesté sauf que je ne l’ai pas détesté, c’est le message qu’il transportait que je n’aimais pas et c’est un de mes top 10. C’est important de les voir aussi et de ne pas aimer. Peut-être que ça a bousculé quelque chose. C’est le rôle de l’artiste. Donc voilà. Je compte 46 minutes, on est bien.
  • Et bien merci beaucoup, c’était super en tout cas.
  • Ah bah, je sais pas ahah !
  • Cela nous as permis d’en savoir plus sur votre métier et votre parcours professionnel ainsi que sur le rôle de communiquant.
  • Oui, c’est une grande question.
  • Votre rôle est très ouvert je trouve, et très polyvalent.
  • Mon poste, oui et c’est ça qui est très intéressant, les petites équipes c’est que… C’est la polyvalence, tout le monde touche un petit peu à tout. La polyvalence quand on regarde un jour d’ouverture de location quand on lance la saison ou le festival, le matin on est à la conférence de presse donc on a fait sortir tous les documents et nous répondons aux journalistes. Ensuite arrive ici, on vérifie que le site internet est bien, que tout soit en ligne et rien ne nous empêche à un moment donné lors d’un coup de bourre d’aller donner un coup de main pour mettre en place les présentations du soir et une fois qu’on a présenté tout ça, on se lave les mains, on prend le micro et on va présenter au public.
  • D’accord, vous faites pleins de choses.
  • Pleins de choses, c’est hyper varié donc on ne s’ennuie pas , c’est pour ça que ça fait 20 ans que je suis là mais je m’ennuie pas car ce n’est jamais la même chose donc c’est pour ça que être là dans 5 ans, je ne sais pas. Si ça bouge encore, si on peut développer des choses, c’est ça qui est important dans un métier je pense, d’être en constante évolution.
  • Nous 3 : Et bien merci à vous, merci de nous avoir reçus et d’avoir pris le temps de nous écouter.
  • Avec plaisir, n’hésitez pas si vous avez d’autres questions.

Signature :

TOSELLO-PACE Lucas

BARBIERO Elsa

BAROUDI Mehdi

Merci encore milles fois à Nathalie Becquet et toute son équipe de nous avoir accueilli afin de passer un excellent entretien.

ENTRETIEN avec Pascal DJEMAA journaliste pigiste au peuple libre

lundi 25 novembre 2019

Cet entretien s’est déroulé chez Pascal Djemaa à Romans-sur-Isère. On a commencé vers 16h après avoir fini de manger avec lui. Il a duré environ 45 minutes. Nous avons tous mis nos téléphones à différents endroits de la table pour ne pas rater un mot de l’interview. Tristan était chargé de faire l’introduction, Amandine était chargée de la première relance et Neg de la conclusion mais elle était stressée du coup Tristan s’en est occupé.

Ci joint vous trouverez un lien pour télécharger une forme plus lisible de cet entretien sous format PDF :https://www.univ-montp3.fr/infocom/wp-content/ENTRETIEN-PDF-avec-Pascal-DJEMAA-journaliste-pigiste-au-peuple-libre-7.pdf

Glossaire :

  • Pigiste : Ici on parle du journaliste payé selon son article.
  • Médiapart : Journal collaboratif notamment connu pour ses enquêtes tel que celle sur Rachida Dati en 2008.
  • D’après Wikipédia : L’écrivain public se définit comme « une personne qui rédige des lettres, des actes, pour ceux qui ne savent pas écrire ou qui maîtrisent mal l’écrit »

Entretien :

TRISTAN : On s’excuse pour nos deux camarades qui n’ont pas pu être présente aujourd’hui Est-ce que le temps d’environ 45 minutes vous convient toujours ? Le fait que cette conversation soit enregistrée puis retranscrite sur le blog de notre licence

PASCAL : Pas de soucis c’est comme on avait convenu. Come on !

TRISTAN : Bonjour Pascal Djemaa, vous êtes journaliste pigiste (1) au Peuple Libre. Vous écrivez des articles à propos des événements culturels de votre région. Vous avez aussi écrit des livres ; le dernier est Serge Gainsbourg – le génie multiforme aux éditions Maïa. Mais, quand avez-vous commencé à faire du journalisme et qu’est-ce qui vous a attiré ?

PASCAL : J’ai commencé à faire du journalisme à l’âge de… 30 ans à peu près, c’est-à-dire que j’avais exercé divers métiers, euh… mais ces métiers n’avaient rien à voir avec le journalisme. J’étais, euh, auxiliaire de vie pour des personnes âgées, j’ai été jardiner, réceptionniste dans un camping. Et après comme j’avais des connaissances (soupir), je n’étais pas un grand littéraire mais j’aimais beaucoup lire, j’aimais beaucoup écrire, et surtout je m’intéressais à l’histoire et à pas mal de choses encore. Je m’intéressais aux autres, donc, euh, il s’est trouvé que à l’âge de 30 ans, il y avait une opportunité qui s’est présentée, c’était un journal, euh, qui cherchait effectivement à… Il s’appelait Le Local, fin 99, j’ai commencé à la fin de l’année 1999. Donc euh dans un petit journal Le local, qui était dans la Drôme là. Et en 2000 j’ai commencé ma collaboration avec Peuple Libre, qui est un journal départemental Drômois qui a été fondé en 1947.

TRISTAN : D’accord.

PASCAL : Vous voulez que je développe plus ?

TRISTAN : Non c’est bon on verra peut-être après pour le journal.

PASCAL : C’est vrai.

AMANDINE : Et donc, euh, qu’est-ce qui vous attiré particulièrement, à part cette opportunité, qu’est-ce qui vous a attiré dans le journalisme, enfin pourquoi vous avez sauté sur… ?

PASCAL : Parce que je savais que… J’avais un plan bien précis. Mon plan était le suivant : je faisais, euh…, j’étais pigiste, j’étais correspondant de presse, comment je…. J’apprenais sur le tas mon métier puisque je ne sors pas d’une école, je précise, je ne sors pas d’une école de journalisme et je suis quelqu’un qui… je me suis formé tout seul… Enfin tout seul et avec l’aide de la rédaction du Grand Journal. Des personnes m’ont fait confiance et puis finalement le plan était le suivant : je faisais le correspondant et en parallèle j’écrivais des livres, je… pour une maison d’édition, et j’ai trouvé une collaboration toute suite en 2001 avec les éditions « Autres temps » avec lesquelles j’ai sorti 9 titres, c’était des biographies d’artistes de cinéma. Alors je publiais 1 livre tous les deux ans ou tous les ans en moyenne et j’écrivais mes articles en parallèle, je faisais mon petit boulot, donc ça faisait… On arrivait à faire un boulot à peu près complet si je puis dire pour euh…. Pour euh… voilà.

Mais avec le journalisme et l’écriture d’ouvrage, et en plus j’avais la chance d’avoir un éditeur à Marseille, « Entre temps », qui me faisait confiance pour pouvoir écrire sur des biographies d’artistes, de cinéma.

NEG : Vous avez parlez de pigiste. Du coup… Est-ce que, enfin ça consiste en quoi réellement ? Et est-ce que c’est plus dur ?

PASCAL : Bah… Au niveau du statut social c’est ça ? (Oui, voilà) Le pigiste c’est… Comment dirais-je… Je crois qu’il y a plusieurs statuts dans le journalisme… Mais moi ce que je retiens dans la presse papier, pour moi, c’est le correspondant en local, c’est-à-dire, c’est celui qui est effectivement dans un village, dans une ville et qui est embauché par le journal sans contrat, il n’y a pas de contrat. Euh… le pigiste, il y a le correspondant presse voilà, local, il y a le pigiste aussi. Le pigiste c’est pareil, c’est un correspondant presse local à la différence, c’est que moi je l’ai été mais j’avais plusieurs secteurs, plusieurs coins à faire. Donc je…c’est pareil mais on n’a pas de statut, on n’a pas de statut. Donc c’est vrai que c’est dur. Il n’y a pas de statut social, on peut être embauché, on est rémunéré avec des notes qui sont des notes de frais, des notes… des frais de prestations… Faut se justifier auprès de la sécurité sociale (pour exister ce qui est assez compliqué ouais). Ça a été, fini maintenant, c’est bon, je suis dans une machine bien huilée, donc ça fonctionne. Donc voilà ! C’est… Après il y a le journaliste et le journaliste il a un statut, bien protégé, il est salarié. Ce qui n’est pas mon cas.

TRISTAN : Euh…Euh… Vous avez du coup parlé de l’entreprise, est-ce que vous travaillez en équipe et y’a il y a des bonnes relations ?

PASCAL : Dans le journal Peuple Libre, ex Drôme Hebdo, parce que on s’est appelé Drôme Hebdo pendant un moment aussi, j’ai un très bon tandem, principalement un tandem mais il y a une équipe. Il y a 3 ou 4 journalistes à Valence, je crois, je ne voudrais pas me tromper parce qu’en fait on a fusionné avec l’hebdo de l’Ardèche, qui est notre frère jumeau. Donc les deux journaux sont basés au même endroit à Valence, au même siège. Et il s’est trouvé que là-bas mon travail consiste à recevoir des consignes toutes les semaines par mon chef, mon responsable, qui est journaliste. Je ne dirais pas mon rédacteur en chef, il ne l’est pas réellement, en tout cas mon responsable de secteur, journaliste donc, Cyril Léandre, il me donne des sujets à faire mais il y a aussi des initiatives et au fil des ans… Au début, quand j’ai commencé ce métier on me disait : « tu vas faire ça… », j’avais très peu d’initiatives, maintenant j’ai appris à prendre des initiatives et à faire des sujets. Alors, tout à l’heure vous disiez culturels, pas que culturels, je fais tout. Je fais même des papiers sportifs, un journaliste sportif… non un correspondant sportif, donc il m’arrive de faire papiers sur le sport aussi. Donc je fais un peu tout mais c’est sûr qu’il faut une bonne cohésion, ça c’est primordial. Si c’est pour travailler avec quelqu’un qui, avec qui ça ne passe pas, où on est tout le temps en train de se reprendre… Non faut vraiment que ça coule tout seul et c’est le cas actuellement.

NEG : Et du coup ce supérieur que vous avez…il vous donne des horaires de travail ou vous travaillez comme vous voulez chez vous ?

PASCAL : C’est très décousu, c’est un travail qui est très décousu la correspondance de presse. C’est pour ça qu’ils nous disent d’ailleurs : « vous n’êtes pas des salariés dans le journal et vous pouvez travailler ailleurs ». Parce que si vous avez un statut de salarié ailleurs, je pourrai être par exemple un employé dans une mairie en travaillant dans la com’ et là, avec un statut à temps partiel par exemple et à ce moment-là je dirai au journal : « excusez-moi, vous me donnez des rendez-vous à 8h, à 20h30 pour une réunion ou une assemblé générale ». Je ne peux pas y aller, enfin le soir si, en général mais s’il me donne un rendez-vous à 14h ou à 10h du matin, je ne peux pas forcément y aller parce que je suis employé, j’ai un travail et mon travail compte puisque en ayant un statut de salarié on ne fait pas ce qu’on veut, donc voilà. Mais j’arrive bien ; moi comme j’ai du temps, de la disponibilité, car je n’ai plus de maison d’édition malheureusement, je travaille ailleurs donc j’essaye de… En ce moment j’ai une mission ; on me demande de vendre des livres mais aussi j’en écris et je me bats en ce moment pour faire sortir… j’ai 4 manuscrits, bientôt 5 qui sont en attente.

TRISTAN : Et vous avez trouvez des éditeurs du coup ?

PASCAL : Non. Actuellement, il y a 4 livres, 4 sujets dont un livre sur Johnny Hallyday, acteur de cinéma. Et je n’arrive pas à le faire éditer celui-là. Alors que les 3 autres c’est Philippe Noiret, Marc Slainder, Michel Simon c’est des grands noms du cinéma mais c’est pour des cinéphiles. Au moins, le Johnny Hallyday, mais…. Même pas. Et le cinquième qui va… je raconte un peu mon parcours personnel, ce que je vous dis là, je le mets dans le bouquin actuellement.

TRISTAN : Ah c’est beau.

AMANDINE : Tout à l’heure vous avez dit que votre supérieur vous donnait des consignes chaque semaine… Il vous donne des sujets en particulier, sur lesquels travailler ou vous les choisissez par vous-même ?

PASCAL : Ah ! Il y a des obligations, en général, c’est-à-dire que c’est un peu comme un patron qui vous des ordres… enfin des consignes. Ça va être par exemple, tout à l’heure enfin, ce matin il m’a téléphoné, en général il y a toujours un point dans la semaine, pendant, il me tient au téléphone pendant 30 minutes et on fait le tour des sujets. En général j’écris 15 à 20 sujets par semaine, ce qui est pas mal pour un hebdo… ça prend du temps ! Car faire le sujet, donc s’y rendre, par exemple, prenez une assemblée générale ; ça fait une heure déjà, pour taper à l’assemblée générale ça fait 20 minutes, cela fait 1h20 au total rien que pour un sujet. Mais il me donne par exemple… c’est sûr… là, il m’a téléphoné et il me dit : « on va faire un sujet sur « les bourses aux jouets » et il me dit qu’il faut faire un sujet très décortiqué sur justement ces bourses aux jouets qui attirent du monde, parce qu’il y a un monde fou, faut voir ça ! Avec des files d’attente, le public, tout ça… et en général il n’y a presque plus rien le soir. Donc on va essayer de prendre… D’accord, notre boulot bon… ça après c’est la ligne du journal, parce qu’aujourd’hui je ne sais pas si vous allez l’aborder, le journal papier hein. Faut se battre pour le journal papier. Vous allez en parler certainement. Donc nous on essaye de faire le maximum pour faire des sujets percutants mais ça ne suffit pas. Il faut qu’on concerne les gens au maximum, enfin ça c’est autre chose.

TRISTAN : Et du coup vous êtes payé à l’article ?

PASCAL : Alors je suis… Oui on est payé à l’article. Je crois que le statut est pareil pour tout le monde il me semble. Alors à un certain moment il y avait un forfait, j’ai connu cette période durant laquelle 4 semaines c’était tant, 5 semaines c’était tant… Mais ça c’est valable pour, d’après les renseignements que j’ai pris, c’est valable pour presque tous les jours il me semble. C’est-à-dire qu’une demi-page c’est bien rémunéré, une page n’en parlons pas ! Mais bien sûr, si je fais un-huitième c’est autre chose, un quart de page c’est autre chose. Ça a son importance mais si on en a une c’est bon.

NEG : Et vous voyez des inconvénients à cela ou au contraire du positif ? Dans cette organisation ?

PASCAL : Ah non non non ! Moi je fais un boulot, je…, sincèrement je fais un boulot qui me plaît beaucoup et sincèrement je suis très bien dans ce que je fais parce que justement, ça m’enrichit en permanence. Donc en permanence vous avez l’esprit qui n’est pas, comment dirais-je, on en apprend tous les jours. Et même si des fois ça peut être, alors bien sûr, quand je refais les fêtes du mois de janvier ; ici on a des cérémonies de vœux, au mois de janvier, vous avez des fêtes, des fêtes qui reviennent, qui sont des fêtes locales. Bon les fêtes locales c’est toujours la même chose, c’est pas ce qui compte le plus mais il faut y aller parce qu’il y a des gens, il y a du monde… Et on relate ça. Mais c’est sûr que ce qu’on va me demander, c’est des sujets plus pointus. Mais il n’y a pas d’inconvénients, non non non. Non, franchement je, il n’y a pas un moment où je m’ennuie ! Voilà pour être clair.

NEG : On a vu que vous êtes très polyvalent, vous avez créé un journal j’ai vu sur la pétanque, sur euh… Oui, vous avez écrit un article sur la pétanque !

PASCAL : Ah ! Vous avez lu le…

NEG : Oui, oui ! Et aussi l’armée, j’ai vu aussi un article.

PASCAL : Ah bah, tout ce qui peut oui… Vous avez lu le dernier dernier ou quoi ?! (rires)

AMANDINE : On a regardé un peu les articles que vous avez fait, sur internet…

PASCAL : Ah mais tout ! Là, j’ai fait un médaillé au cimetière le 11 novembre, on a eu un médaillé. Euh… donc, un adjudant-chef, j’ai fait son portrait.

NEG : Voilà c’était ça.

PASCAL : Là je fais faire un portrait, euh… des portraits d’entreprise mais toujours concerné les gens. Toujours concerné les gens. Parce qu’aujourd’hui c’est vrai qu’on est face à des… Je suis sûr que vous allez m’en parlez.

AMANDINE : Fin’ sûrement (rires). Mais moi j’avais une question, euh par rapport au fait que vous fassiez, fin’ que vous touchez à autant de domaines et à autant de personnes… Est-ce que vous gardez de bons contacts… ?

PASCAL : C’est parce que justement, j’ai de bons contacts. C’est-à-dire à partir du moment où j’avais un mental… C’est pour ça d’ailleurs que j’ai fait ce boulot ; comme j’avais… il y a avait une opportunité à l’époque de faire correspondant presse en 1999/2000, c’est-à-dire que, moi j’ai ce… je pense vous avez dû vous apercevoir, j’ai quand même une certaine âme, un certain sens de… pour communiquer on va dire (Tristan : Vous allez vers les gens), je communique avec les gens. J’essaye de pas les… J’essaye de m’adapter surtout, ce qui est pas facile. Bien sûr que des fois c’est prise de tête, je veux dire c’est pas toujours évident ; vous avez des gens des fois qui ne vous respectent pas toujours mais il faut savoir… Je n ‘oublie pas que je représente un journal, c’est pour ça que je… faut pas faire de bêtises. Et faut éviter, voilà faut être présentable, si possible, il faut voilà et faut rendre service, parce qu’il y a des quantités de gens qui me connaissent à la longue, ça y fait hein. Mais attention, si on fait… si on boite, après ça pourrait se savoir donc il faut pas faire d’impairs…

TRISTAN : Et du coup ça vous aide les… d’avoir ces contacts euh… dans ce métier pour euh… ?

PASCAL : Oui, oui ! La preuve en est que, là ça a pas sonné mais des fois ça sonne, on m’envoie des messages pour me dire : « là il faut… ».

TRISTAN : Il faut écrire un article ou des choses comme ça ?

PASCAL : Bien sûr, là on me donne des initiatives. Bah la preuve vous m’avez contacté par exemple mais il y en a d’autres des fois qui me contactent… écoute, hier, c’est hier soir, c’était quelqu’un qui m’a contacté pour une troupe de théâtre, locale, qui a besoin de publicité encore en annonçant sa tournée. On le fait bien sûr. Il y a ça, et il y a puis d’autres choses, quelqu’un m’a appelé, il va faire… un monsieur qui fait un rallye humanitaire avec sa femme, avec leur véhicule tout terrain au Maroc, bah bien sûr qu’on le fait, c’est des choses, ça passe immédiatement ça.

NEG : Et du coup vous avez parlé du papier, journal papier. Donc vu qu’on sait qu’il y a une forte concurrence maintenant avec la télévision, la radio tout ça, vous, fin ça vous dirait pas de vous lancez, de… ?

PASCAL : Si c’est autre chose, c’est autre chose. Et puis c’est pas ça, c’est qu’il faut trouver ! Parce que moi je l’aime bien ce journal pour lequel je bosse là, moi je l’aime bien ce petit journal, je m’y suis fait. Bien sûr qu’on le sait on a été racheté, ont été racheté il y a 3 ans et pour dire la vérité on était en difficulté. Bon, j’espère que maintenant c’est derrière nous mais c’est très dur, je ne vous apprends rien. Aujourd’hui votre info, vous l’avez où votre info ? Elle est là, votre info, elle est euh… elle est dans la télé, je veux dire…. Le journal, acheter un journal de papier aujourd’hui c’est un acte citoyen. Je pense que c’est devenu ça, parce qu’on le voit bien, je veux dire, vos infos vous les avez là. Si vous dites avant, autrefois le journal papier à une époque c’était fabuleux ! Ça se vendait par pile et par pile ; le problème c’est qu’internet est passé par là… La télévision passe avant, c’est surtout internet parce qu’il y avait déjà la télévision à une certaine époque, il y avait la télévision (Tristan : Ouais, on vendait encore des journaux). Mais dans les années 80, les journaux, enfin, ça commençait déjà à prendre des coups. Mais maintenant c’est pire ! Parce qu’aujourd’hui, excusez-moi, votre info vous l’avez en 2 secondes (Clap !), en 2 secondes vous l’avez. En 2 secondes vous avez une info : SOS Disparition ou attentat ou vous avez ça en deux secondes. Alors nous on passe derrière, c’est pour ça qu’on… c’est pour ça que ça s’est corsé mais on essaye de réagir par rapport à ça et alors nous ce qu’on fait, moi j’ai suggéré au journal de contacter tous les gens qui sont dans le … qui paraissent dans le journal. Et quand le journal sort, alors moi je le fais pour mon secteur j’essaye de le faire aussi pour d’autres ; le problème c’est que c’est un journal qui fait 40 à 50 pages, alors c’est pas toujours facile mais je contacte les gens, j’envoie des messages sur Facebook. Les gens ils ont des Facebook en général ou j’ai des numéros, j’ai des mails et je leur dis, parfois sous une forme humoristique : « qu’est-ce que vous êtes beau… » et bien souvent ils réalisent : « ah mais oui et c’est où ?». Et c’est là qu’on voit que les gens ont plus l’habitude d’acheter des journaux, parce qu’ils me disent « comment je fais ?», alors des fois je leur explique comme à des bébés hein (ricanements) « vous allez euh là-bas… », comme un gosse « vous demandez au buraliste le journal et vous payez le buraliste ». Un jour c’était comme ça : « ah ouais ?», parce qu’ils avaient pas l’habitude (Tristan : ouais) … Mais ils y vont, et ils achètent les journaux et après on me le dit au bureau de tabac « tiens on a eu 2/3 personnes », bien sûr ! Il faut le faire ça, c’est une euh… Et je le fais, là je dois appeler encore 2 personnes aujourd’hui, parce que demain le numéro change et euh… Mais c’est des gens ou ils se lèvent et en général… Il y a très peu de gens qui vous disent « j’en ai rien à foutre » mais euh, en général ils sont concernés et ils y vont. Mais c’est un combat très décisif parce que la presse papier, aujourd’hui, c’est un… c’est dur hein. C’est très dur. La suivante ?

NEG : Et vous avez dit que…. vous aimez euh… beaucoup ce journal, tout ça… Et le titre

de ce journal il signifie quoi pour vous ? C’est quoi que vous reflétez ?

PASCAL : Bah c’est à dire que c’est un journal qui est proche des gens, et puis surtout c’est le dernier journal dans la Drôme je pense qui est assez… qui a une ambiance familiale à mon avis, enfin je pense ouais, il y a peut-être…. Ici dans le secteur Drôme-nord, il y a euh…. Le Do…, alors Le Dauphiné Libéré, c’est le grand quotidien, il y en a pas d’autres euh… quand les gens disent je l’ai lu dans le journal, il reste au moins celui-là. Bon, même celui-là il a pris aussi des coups, moins que nous mais il a pris des coups. Après il y a L’impartial ici, il y a un journal qui s’appelle L’impartial, qui est un journal familial, qui a été fondé en 1883 et qui tient le coup encore. Et puis il y a nous, en hebdo. Dans le sud, à Montélimar il y a La Tribune aussi qui est un journal… mais bon, il se développe… alors on essaye de faire les abonnements numériques aussi, puisque … on est pas sourd, on sait très bien qu’il faut basculer sur internet mais c’est toujours pareil ! Et je veux dire… même euh… le problème c’est la gratuité, si vous voulez… Vous avez de l’info gratuite… vous avez des journaux gratuits aussi, vous savez bien ce que sait ; vous avez à Paris par exemple, les journaux gratuits euh… Donc c’est toujours faire un acte citoyen que d’acheter un journal, même ceux… quelqu’un qui me dit il y a pas longtemps « ah oui, j’me suis abonné à la version numérique de ton journal », c’est bien, c’est formidable. Parce qu’il faut le faire, c’est l’acte, faut faut payer hein ! Voilà…

TRISTAN : Ouais oui c’est… C’est pas gratuit l’information, enfin c’est compliqué si on veut être journaliste.

PASCAL : Baaaaah… ça ça devrait, oui c’est beau… c’est bien dit mais le problème c’est que si malheureusement c’est gratuit puisque qu’on a tout sur le… Fin’ on a tous, si on veut lire de l’info… parce qu’il y a aussi un autre point qui faut soulever, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui lisent beaucoup moins qu’avant. Il y a ça aussi tout simplement, je le vois ; moi j’ai des collègues qui me disent qu’ils m’ont acheté des… mes livres et qui les ont toujours sur leur euh… dans leur euh… sur leur étagère hein (ricanements). Si vous l’avez pas lu « ah non, on te l’a acheté mais on parle toujours pas ». Bah ouais, parce que c’est… c’est le fait de lire. Je crois que la vie, c’est mon explication hein ; la vie défile tellement vite bah y’a des gens qui prennent pas le temps de lire. Alors que c’est bien de s’astreindre (?). Moi j’essaye de m’astreindre à lire une demi-heure à une heure par jour. En plus de mon boulot. C’est pas facile hein mais je le fais. Parce que c’est sûr devant un écran c’est mieux, puis on s’endort.

AMANDINE : Vous qui êtes tant attaché bah à la presse papier, euh… comment vous écrivez vos articles ? Vous l’écrivez à la main, sur un ordinateur… ?

PASCAL : A l’ordi, l’ordi, l’ordi, de toute façon à la main ce serait plus possible. (ricanements) J’ai connu, j’ai connu, quand j’ai commencé, les derniers articles à la machine. J’ai tapé des articles à la machine à écrire. (sourire) C’étaient les derniers, c’était… ça a duré quoi, un an ou deux j’crois. Déjà en début 2000 on était à… l’informatique mais on avait encore la possibilité de le faire nous les correspondants, pas les journalistes et alors moi je tape, c’était compliqué parce que moi je tapais mes articles, je développais… Ah oui ! Les photos étaient en argentique, il y avait pas de numérique… pour nous. Les premiers appareils numériques étaient vraiment pour les journalistes. Alors donc la pellicule. On faisait développer la pellicule au journal, ça nous coûtait rien. On coupait les euh négatifs, on les joignait avec l’article (rires) avec… Ouais fin’ on agrafait la photo au papier qui était tapé à la machine.

AMANDINE : Et ça vous manque cette façon de faire ?

PASCAL : Non, non, non faut accepter, faut vivre avec son temps (Neg : *rires*). Parce que là maintenant je tape sur un logiciel, c’est bon, je, j’ai un logiciel. Je veux bien, c’est joli l’argentique, pour faire de la photo, mais pas pour nous, il faut aller plus pratique hein. (AMANDINE : ah oui c’est sûr) Là, je pourrais faire des photos, je peux vous envoyer immédiatement hein (TRISTAN : hm) imaginez en argentique : sur la photo on ne sait pas ce qu’il y a, on va au bar / tabac, faut pas qu’il y ait trop de flou, il faut en faire un paquet pour pas qu’il y en ait… Non non, mais c’est un métier tellement passionnant.

TRISTAN : Mais du coup vous écrivez vos articles ici ou vous allez plus tôt au bureau pour travailler ?

PASCAL : Alors je le faisais au début, au tout début je le faisais au bureau et puis maintenant je le fais directement ici, maintenant j’ai ce qu’il faut, j’ai un logiciel, on est venu me l’installer donc je travaille ici, directement j’envoie, j’envoie… En vrai je travaille à distance, mais je vais de temps en temps au journal, il faut quand même avoir ce contact avec les gens (TRISTAN : ouais) c’est bien beau par téléphone mais de temps en temps ça fait du bien de montrer sa figure et d’aller voir celle des autres. 

NEG : ‘Fin vous avez l’air hyper passionné par le métier et tout ça, mais aujourd’hui on entend souvent dire que c’est très compliqué, rentrer dans ce milieu tout ça, du coup vous nous avez aussi dit tout à l’heure que vous nous avez parlez sur votre parcours professionnel, que c’est grâce à des contacts…

PASCAL : Hm, c’est toujours comme ça en général, c’est grâce à des contacts hein. Oh excuse-moi, je-

NEG : Mais c’est pas grave ! Et donc du coup, enfin vous, quels conseils vous pouvez donner-

PASCAL : A des jeunes ?

NEG : Oui à des jeunes, par exemple qui peuvent être démotivés par ce qu’ils entendent sur le journalisme et tout ça ?

PASCAL : Moi j’ai des réserves, je peux pas dire, j’ai pas le droit de vous dire à des jeunes, j’ai pas le droit de dire à des jeunes, surtout à vous “Oh, allez-y, foncez dans le journal papier” parce que je ne sais pas quel avenir va être réservé dans les années… Parce qu’excusez-moi mais la génération qui arrive là, c’est des jeunes comme vous, excusez-moi mais ce ne sont pas des adeptes du journal papier, au bout d’un moment ‘fin il va en y avoir… Mais si c’est pour avoir une personne sur dix mille, ça va être un peu difficile… Mais euuuuh il reste la presse parlée, la presse radiophonique, il reste… voilà, il reste ça, c’est à dire aujourd’hui il y a une quantité de chaînes de voilà, je veux dire voilà c’est ça, des chaînes télévisées il y a des bouquets, il y a tout ce qu’on veut, donc je crois que ça s’orientera plus là-dessus. Attention je ne dis pas qu’elle est morte hein, la presse papier, mais ça va être réservé à une élite, ou alors il faut être comme Médiapart (2), il faut être très fort, sortir des dossiers bétons, et avoir un site et avoir décroché des abonnements numériques à la pelle parce qu’ils sont…

TRISTAN : Mais ouais, quand on regarde le Médiapart par exemple, vous pensez pas il y a un avenir dans le journal numérique justement ?

PASCAL : Mais bien sûr, bien sûr, je ne dis pas mieux, je ne dis pas mieux Tristan, c’est à dire qu’effectivement il n’y a plus que ça, euh enfin il n’y a plus que ça, ce sera difficile, on va lutter, mais moi je le vois. Récemment j’ai vu une personne qui n’a pas renouvelé son abonnement, que je connaissais, alors moi j’ai fait des abonnements de temps en temps mais c’est très dur. Pourtant ce n’est pas énorme, on n’est pas un quotidien nous, on est un hebdo’, on va demander 50 euros, 60 pour l’année ! Ce n’est pas énorme, c’est pas le Dauphiné, le Dauphiné numérique il s’en tire à 1€10 par jour, c’est du 300 et quelques euros par an, même s’ils font des prix hein. (TRISTAN : hm) Mais bon… Un quotidien se vendra toujours, j’espère un peu… En tout cas, une chose est sûre, c’est qu’on essaye de se battre, moi je, j’ai pas le droit de – d’être pessimiste, de vous dire “Oh là c’est mort”, j’ai pas le droit de vous dire ça, mais c’est vrai que c’est sûr. Voilà, pour le papier, c’est tragique, voilà, mais je devrais pas vous dire ces mots. 

AMANDINE : Et vous, vous être entré dans le journalisme, justement, sans venir d’une école, vous pensez que maintenant, nous à l’heure d’aujourd’hui, c’est obligé qu’on y passe ?

PASCAL : Non, ah ben à moins que… Pour le papier je pense, par contre pour une radio ou pour une télé il n’y a pas besoin de niveau hein. (Amandine: Oui) Je veux dire si vous êtes quelqu’un de doué, qui a des références, qui écrit, qui est repéré, qui est remarqué, vous pouvez très bien faire quelques premiers pas en balbutiant, sur une chaîne, peut-être pas sur une émission de grande écoute hein (Amandine: hm) mais j’allais dire comme ça, parler, être pas mal repéré, et puis si vous avez des choses intéressantes à dire ou des dossiers à présenter, bah vous pouvez entrer dans l’essai. Il y a des quantités, il y a même des chaînes privées. Vous avez bien vu, il y a des quantités de chaînes de télévision qui se créent (Amandine oui) donc voilà. Mais bon, reste à savoir est-ce que ça fait vivre… Vous savez, les pigistes sont utilisés même dans la presse, même hein… même chez TF1, il y a des pigistes hein. Il y en a qui travaillent de temps en temps et puis après bon, c’est fini. Non, c’est des métiers précaires. Mais si on est passionné, si on est passionné on dépasse le… on ne pense pas à son statut social, c’est sûr que si moi je pensais à mon statut social j’aurais plié ça en 6 mois d’essai, quand ils m’ont mis à l’essai les premiers temps, et puis après on en parlait plus hein. 

NEG : Et si je peux me permettre, on peut avoir du coup une fourchette, de – du salaire ?

PASCAL : Oh je vais vous le dire, moi je touche, moi je suis très transparent entre la moyenne… Ça fait un gros temps partiel pour moi le pigiste, c’est pour ça que j’avais ça qui compte (ndlr : ses livres invendus, entreposés dans son salon), mais bon il n’y a plus de, de l’ouvrage, il n’y a plus d’ouvrage. Je tourne entre 700 et 850 par mois.

AMANDINE : Mais, mais c’est très peu par rapport à tout le travail que vous accomplissez.

PASCAL: Ah, oui si on me donnait une prime c’est sûr que je pourrais acheter une Smart (groupe: *rires*) Euh, oui non mais parce que, oui mais au moins on pourra pas dire que je vole qui que ce soit, déjà d’une part, on pourra pas me dire, si quelqu’un vient me dire “Ouais euh, ça rapporte…”, non ça rapporte pas formidablement bien, sinon je vous aurais peut-être pas reçu là-dedans (*rires*), et euh voilà. Non, c’est, oui c’est… Il y en a d’autres, vous savez je connais des pigistes à Paris, c’est pareil hein, des derniers journaux papiers, là aujourd’hui en France, les mecs, Figaro, ils pigent hein les gars. Mais en même temps ça dépend, parce que… Ecoutez, moi j’ai été, j’ai eu la chance d’avoir un minime, c’est un bon minimum. Bien sûr c’est pas énorme, bien sûr, c’est un bon minimum. Et ça pourrait être pire. 

AMANDINE : Oui c’est sur aussi. Mais après vous êtes, vous avez l’air tellement dévoué à ça que c’est dommage que ce ne soit pas autant connu, que-

PASCAL : C’est pour ça j’achète de temps en temps quelques Black Jack en pensant “et si je gagnais un peu d’argent”, ou j’achète le millionnaire, et puis si je décroche une grosse somme je dirais “Tiens, bah ça correspond à ce que je vais pas toucher au journal.” 

NEG : Mais, on a pu voir que vous avez quand même rencontré des célébrités. Par exemple (PASCAL : ça va me faire plaisir ça), le premier ministre, donc c’est quand même bénéfique.

PASCAL : Oh oui, mais c’est à condition qu’il y ait un échange, parce que là c’est très dur… Pareil, quand j’ai fait quand j’ai commencé ce boulot, c’est vrai que j’avais besoin des célébrités parce que j’écrivais des livres sur le cinéma, le spectacle, donc j’essayais de rencontrer du monde. Euh, oui, je vais vous dire, je vais parler du premier ministre. Moi j’ai rencontré Emmanuel Macron en 2015, quand il était ministre d’état, des finances, de la France. Mais c’était pendant une visite ministérielle, mon chef ne pouvait pas y aller, il m’a dit “je te confie cette mission, vas-y”. Normalement c’est pas les correspondants c’est le journaliste, c’est c’est…-

TRISTAN : Ah oui, donc il vous fait confiance quand même.

PASCAL : Oui parce qu’il fallait… Bon Emmanuel Macron, moi j’veux dire, déjà à l’époque hein, il y avait déjà – toute la rue était fermée, de la police, il n’y avait pas des militaires mais il y avait de la police, des CRS. Bon, j’y suis arrivé à ça. C’est ce qu’on appelle – oui effectivement, c’était intéressant. Visite ministérielle, on fait le parcours dans l’usine, on prend des photos, et à la fin on fait un selfie parce qu’effectivement on rencontre monsieur Macron. J’ai bien fait parce que quand il est venu à Bourg-de-Péage pour le débat, j’ai pas pu y aller. J’ai pas pu y aller, alors l’attaché de, comment dirais-je, de… Didier Guillaume, enfin la source, pour eux, enfin son chef de cabinet, m’avait dit “mais si, tu aurais dû demander”. Ouais, j’ai demandé, la police avait des consignes très strictes et j’ai pas pu passer. Ils ont fait un grand débat ici, il y a pas longtemps, à Bourg-de-Péage, malheureusement j’ai pas pu voir Emmanuel Macron. Mais je l’ai vu en 2015, c’est encore plus original.

NEG : En avant-première !

PASCAL : En avant-première, il était ministre d’état à l’époque.

TRISTAN : Et vous avez eu l’occasion de parler avec les célébrités que vous avez rencontrées ?

PASCAL :  Oui, oui, alors pas toutes parce que le problème… Tiens, ce soir il y a Francis Huster qui vient jouer une pièce de théâtre avec Fanny Cottençon, eum, bon on va échanger un petit peu, Francis Huster a lu un de mes livres un jour. Et il m’avait dit, il était venu faire une séance de signatures, il m’a dit “je t’ai écrit tu as pas reçu la lettre ?”. Alors je veux dire, quand il y a un échange c’est bien, mais j’aime dire, moi j’ai rencontré des célébrités en coup de vent. Je veux dire, par exemple, Nolwenn Leroy, ça a été devant un hôtel, je suis comme un admirateur ou un chasseur d’autographe, c’est la même chose. Je suis devant, “bonjour”, on fait une photo. Par contre, j’ai fait un article bien sûr, mais sur son spectacle. Mais je veux dire, faire une photo c’est pour garder un souvenir. Alors ça, c’est ce que j’appelle l’avantage en nature. Mais par contre, je vous dis une chose, c’est plus un laisser passer journaliste. A une époque, c’était “je suis journaliste…” on y allait, “oh bah vous allez recevoir…” je m’en rappelle, Pascal Obispo, on l’avait eu au début que je commençais. On a eu un point presse, c’est à dire qu’on m’a appelé de Paris, on m’a dit “vous êtes attendu à 17h dans la loge de Pascal Obispo”. C’est très rare, ça s’est très peu renouvelé dans ma… Je veux dire, il y a eu très peu d’occasions comme ça, il faut se battre, c’est… Faut pas croire, mais là il y avait un mec qui était super sympa, qui faisait son boulot, et voilà.  

NEG : Vous parlez beaucoup de Paris. Et du coup est ce que vous pensez que la réussite, enfin pour réussir il faut habiter à Paris, ou on peut réussir au sud par exemple aussi ?

PASCAL : Pour réussir la presse, et que parlée, il faut être à Paris à mon avis

NEG : Ah.

PASCAL : Ah oui moi je pense que oui. Sincèrement, si on veut réussir c’est, oui oui, tout à fait.

AMANDINE : Moi j’aurais aimé savoir, est-ce que vous parlez d’autres langues dans cadre de votre métier ?

PASCAL :  Oh, je parle un peu l’anglais, un peu l’allemand.

AMANDINE : D’accord.

PASCAL : Continue, continue, je vous écoute.

TRISTAN :  Euh, aussi, du coup on a regardé votre blog. Vous l’avez créé pour partager avec les gens ?

Pascal : Il est mort actuellement

Tristan : Oui, on a vu qu’il n’y avait plus trop de publications

Pascal : Oui à l’époque c’était, maintenant j’utilise Facebook

Tristan : Oui, ça revient au même Facebook, c’est votre blog

Pascal : Oui mais c’est surtout comment dirais-je, Facebook, pour moi c’est quand même vachement important, oui, oui c’est mon blog. Et ça me permet d’échanger des choses, alors il faut bien sûr que j’invite au débat des fois, je dis : regardez un peu ce que je fais, des fois j’invite au débat ça peut être de la prise de position mais j’évite, j’en ai fait quelques-unes récemment mais j’évite de prendre position, y en a qui le font mais après on est militant, vous comprenez ce que je veux dire. Si moi je prends position contre Éric Zemmour eh bien je suis un militant voyez ?  Si je dis non au réchauffement climatique même si bon c’est du politiquement correct évidement mais moi je ne préfère pas je préfère que les gens comment dirais-je, je préfère être neutre, je suis un peu à l’ancienne. Mais je crois que c’est ce qu’il y a de mieux c’est d’être neutre et ça c’est vachement bien.

Tristan : Vous n’êtes pas pour le journalisme militant ?

Pascal : C’est autre chose ça, faudrait écrire à « l’humanité « par exemple, « l’humanité » qui est le journal communiste ou à « Libé » à Libé on a des journalistes qui sont plutôt à gauche. Ou alors au Figaro qui sont à droite aussi. Mais non ce ne serait pas trop mon truc parce que y’a un côté un peu trop militant.

Amandine : Vous pensez que votre vie professionnelle rythme votre vie personnelle ?

Pascal : Je pense oui par la force des choses, oui par la force des choses.

Tristan : Par exemple vous pouvez être appelé à n’importe quel moment et du coup vous êtes obligé

Pascal : J’y vais, j’y vais quand il faut, des fois c’est le soir, on n’a pas de vie privée.

Amandine : Et c’est quelque chose que vous avez fini par accepter ?

Pascal : Oh j’ai fini par accepter oui, avec le temps non mais c’est justement c’est passionnant comme boulot, comme c’est passionnant, ça ne me dérange pas.

Tristan : Vous dites que c’est passionnant et ça se voit vous êtes passionné par le métier, qu’est-ce que ça vous apporté ? Est-ce que par exemple, vous aimez rencontrer les gens, ça vous apporte quoi ?

Pascal : Ça vous, c’est un peu comme la lecture de rencontrer de gens c’est-à-dire quand vous rencontrez des gens ça vous affine le goût et ça vous développe le sens critique. C’est ce que je dis souvent moi, c’est-à-dire que rencontrer du monde, rencontrer des personnalités et même des gens de tous les jours hein. Et puis vous en apprenez tout le temps, tout le temps, tout le temps. Vous allez faire un papier sur un apiculteur, l’apiculture c’est la culture des ruches, enfin les abeilles, les ruches, bon c’est quelque chose qui est tout à fait intéressant et puis après le lendemain je vais être au collège de l’Europe et on va me parler de nourriture bio, je vais avoir un producteur qui va me parler de ses cultures on en apprend tout le temps

Amandine : donc pour vous le journalisme c’est quelque chose de bénéfique ?

Pascal : Bien sûr bien sûr. A bah c’est …Je ne sais pas combien de temps ça va durer encore mais en tout cas c’est sûr que c’est très bénéfique, et c’est vrai que même l’écriture c’est bénéfique, c’est une thérapie l’écriture pour moi et même pour les ouvrages ? je me vois mal ne pas écrire un ouvrage, même si je dois écrire lentement maintenant. Je veux dire l’écriture c’est vital.

Tristan : Pourquoi vous écrivez plus lentement maintenant ?

Pascal : Ba c’est-à-dire, je veux dire si je ne trouve pas d’éditeur ? entasser les manuscrits c’est bien beau mais faut pouvoir être édité. C’est comme vendre des livres c’est bien beau mais faut pas garder non plus des ouvrages en pagaille voilà. Et c’est vrai qu’aujourd’hui c’est plus dur le monde de l’édition ça s’est corsé. Moi j’ai eu de la chance d’être édité à Marseille par un Monsieur qui était formidable Gérard Blua, les éditions «Autres temps » on a fait 9 titres, on était parti pour en faire 10, 11 et puis malheureusement  la maison d’édition s’est cassé la gueule, dépôt de bilan 2016c’était fini, je rachète le stock , 5000 exemplaires que j’ai racheté et là il y en a plus que 3700, 5000 exemplaires et puis là y’a le dernier Gainsbourg , il en reste quelque exemplaires là-haut alors c’est les éditions Maïa à Paris m’ont repris celui-là mais ils ne m’ont pas repris le Philippe Noiret, le Johnny Halliday, ils se font un peu tirer l’oreille, mais par contre ça m’a rapporté une émission télé chez Delahousse, le Gainsbourg j’ai fait « un jour un destin » je suis intervenu quoi une minute mais bon c’est sympa, ça m’a peu rapporté. Le Luron m’a permis un passage chez Drucker, le livre sur Thierry Le Luron mais les médias, c’est ouais de temps en temps.

Amandine : Votre domaine de prédilection ce serait plutôt l’écriture de livre que le journal.

Pascal : Oui et surtout rendre hommage aux gens. Je pourrais un jour s’il n’y avait plus le journal je pense que je pourrais faire écrivain public (3) mais biographe c’est-à-dire faire des livres, raconter, je suis à même de pouvoir enregistrer ce que me dit une personne et de faire sa vie. Je pense que je serais quelqu’un qui n’oublierait pas. D’ailleurs ça a été le cas en 2001 je n’ai pas fait le livre hein quand je commençais à écrire à Drôme Hebdo parce que j’écrivais déjà depuis un an, j’ai fait les mémoires de Jean mais je n’ai pas fait le bouquin. Jean Cherlian c’était un acteur romanais qui avait décroché, qui avait juste 70 ans qui avait fait un parcours déjà dans le cinéma et beh tu vois j’ai 15 à 20 cassettes qui sont là, oh dit à l’époque on tournait encore avec des cassettes et il m’a raconté toute sa vie, faut dire qu’il avait fait ça comme il faut, il avait tout mis comme il faut année par année voilà. Mais bon, c’est vrai, un particulier qui n’a pas fait de spectacle il faudrait qu’il se souvienne de tout et qu’il me raconte tout mais bon ça peut se faire. Mais bon, il faut être édité moi je voudrais quand même que mes livres sortent maintenant les prochains et puis que ceux-là partent aussi.

Amandine : Mais vous n’avez jamais pensé à faire une autobiographie ?

Pascal : Beh c’est ce que je suis en train de faire. Le 20-ème livre c’est mon autobiographie. J’ai fait 20 ans de journalisme et j’ai fait 20 bouquins si ça passe, si dieu le veut, on aura un 20-ème l’année prochaine. Et c’est là où je raconte mon autobiographie, alors là vous en saurez des choses sur moi, parcours…

Tristan : Oui, parce que vous avez un parcours atypique quand même.

Pascal : Oh oui pour le moins mon cher ami, pour le moins. Localement je suis un phénomène local, je suis un produit local. C’est pour ça que je fais une autobiographie parce que j’aurais pu faire, j’avais un projet de faire un bouquin sur Eddy Mitchell, je voulais sur Jamel Debbouze tout ça, je me suis dit : fais plutôt quelque chose de local, tu es local. D’ailleurs les livres qui ont marché pour moi, c’est les livres qui ne sont pas forcément ici, mais y’en a plus là, c’est les trois romans historiques puisque j’ai fait 15 ouvrages publiés donc y’en a dix sur les vedettes, y’en a même onze sur les vedettes du cinéma et y’a trois romans historiques et un essai que j’avais fait sur la cigarette donc les trois romans historiques, ils se passent pendant la seconde guerre mondiale et après sur Romans et la région et ça marchait du feu du dieu.

Amandine : Et ça touche mieux les gens

Pascal : Bien sûr et j’en ai vendu plus qu’un de Funès qui était sorti sur tout le territoire voilà pour faire clair j’ai dû vendre 2000 exemplaires de ces 3 livres tout tranquillement ici, tout tranquillement.

Tristan : Ah ouais !

Pascal : A bah localement faut le faire, alors que de Funès on l’avait sorti à 3000 exemplaires j’en ai encore 500 ou 600 on a en vendu à peine 2000 sur le territoire plus internet hein d’ailleurs et sans internet ici tout tranquillement je les vends alors une autobiographie ça partira.

Neg : Et vous avez pu faire de la pub à vos livres dans le journal pour lequel vous travaillez ?

Pascal : Oh oui je fais surtout, la meilleure pub c’est les gens que je rencontre les yeux dans les yeux. C’est-à-dire je rencontre des gens je leur dis : est-ce que ça vous intéresse voilà. C’est vrai oui que c’est un peu dur là le challenge était, là y’en avait 5000 y’en a plus que 3700, 1300 vendu en 2 ans. C’est vrai que l’on devrait vendre ça plus vite sinon dans cinq ans vous pouvez revenir manger y’en aura encore.

Amandine : Sur tous les articles que vous avez fait durant votre carrière de journaliste est ce que y’en a un en particulier qui vous a le plus marquer, qui vous a le plus intéressé

Pascal : Dans les articles ?

Amandine : Ouais

Pascal : Oh les articles non, dans les livres oui. Mais dans les articles non, dans les livres oui. Mais le livre qui m’intéresse le plus justement c’est celui que je fais là parce que c’est une autobiographie. Mais non dans les articles y’a … vous voulez dire prendre le plus de plaisir ?

Neg :et Amandine : Oui

Pascal : Avec les comptes rendus de spectacle, parce que c’est mon truc ! Mais je n’en fais pas trop, on annonce les spectacles souvent ça c’est actuel annoncer les spectacles, les gens veulent l’info avant. Y’en a qui le font encore puisque ça se fait dans les grands journaux parisiens, ça se fait encore, on a vu une pièce, on a vu un film. Moi les critiques de film, j’ai fait un petit peu, ah oui parce que j’ai pigé un peu pour « l’impartial » avant d’être définitivement à Drôme Hebdo enfin j’étais déjà à Drôme Hebdo, j’avais pigé à « l’impartial » et je faisais des critiques de films.

Neg : Bien du coup on vous remercie encore une fois c’était vraiment un plaisir, on a pu découvrir les métiers du journalisme sous un autre aspect, avec la presse écrite

Pascal : Est-ce que tout est en ordre, est ce qu’il vous faut autre chose ou pas ?

Neg : Donc maintenant une petite photo si possible et ce seras parfait

Pascal : A eu on va se prendre en photo, alors attendez.

Tristan : Donc du coup, juste pour récapituler ce que l’on a dit : Vous avez commencé le journalisme à 30 ans avec notamment Drôme Hebdo.

Pascal : 30, 31 ouais

Tristan : 31

Pascal : Ah parce que vous êtes obligé de faire une synthèse c’est ça ?

Tristan : Oui une synthèse.

Neg : Oui je l’ai oublié.

Tristan : Vous avez dit qu’il n’y a pas vraiment d’inconvénients, vous aimez vraiment votre métier, rencontrer les gens et c’est pour ça que vous faites votre métier.

Pascal : Mais sinon il faut faire autre chose comme métier. Celui qui y va à reculons ce n’est pas la peine.

Tristan : Pour vous il faut vraiment la passion

Pascal : On en a vu des gars qui faisait ça comme ça, qui cherchaient de l’argent, je veux dire non, si on y va pour chercher du fric ce n’est pas la peine.

Tristan : Et voilà je pense que l’on a fini merci à vous.

Cet entretien a été préparé et réalisé par :

Sarah Soudani

Defne Topuzoglu

Neg Andoni

Amandine Fontaine

Tristan Olive

Merci à Pascal Djemaa de nous avoir reçu chez lui d’avoir pris du temps pour répondre à nos questions et de nous avoir cuisiné des pâtes à la bolognaise.


				

Interview de Marie-Loup Faggioli qui travaille comme manager en régie publicitaire chez Eleni Gatsou Bureau, dans le troisième arrondissement de Paris

lundi 25 novembre 2019

Nous avons rencontré la sœur d’Alice Faggioli à la Panacée l’après-midi du dimanche 10 novembre. L’entretien a duré environ 25 minutes, nous l’avons enregistré à l’aide du dictaphone de notre téléphone et nous nous sommes servies d’une feuille de questions écrites au préalable. Notre équipe était composée d’Alice Faggioli qui s’est occupée du discours introductif, de Marie Guillermin qui surveillait la durée de l’entretien, de Cléo Bougleux qui a fait la synthèse et de Camille Dalessandro qui a enregistré l’interview. Marie-Loup travaille chez Eleni Gatsou Bureau, qui est une agence internationale qui s’occupe de faire la publicité de marques de haute-couture dans des magazines de haut standing.

Au fil de l’interview, Marie-Loup nous a donné quelques termes techniques ou liés au domaine de la haute couture. Elle a mentionné plusieurs fois le « print », qui est un terme anglais pour désigner la presse écrite telle que les journaux ou les magazines. Elle a aussi parlé du groupe « LVMH » (Moët Hennessy Louis Vuitton), qui est un groupe français d’entreprises aujourd’hui chef de file mondial de l’industrie du luxe en termes de chiffre d’affaire. Enfin, Marie-Loup a mentionné les soft skills, qui peut être traduit par les « compétences douces ». Il s’agit de l’intelligence relationnelle, des capacités de communication, du caractère, des aptitudes interpersonnelles… Tout ce qui s’oppose aux hard skills (les capacités qui s’apprennent et se mesurent telles que les diplômes ou les langues parlées).

  • « Alice : Bonjour Marie-Loup, nous sommes élèves à la fac de Paul Valéry. Voici Camille, Marie et Cléo. Nous allons t’interviewer aujourd’hui dans le cadre de notre cours de Projet professionnel personnalisé afin d’en apprendre plus sur les métiers de la communication. Nous aimerions connaître ton parcours et découvrir ton métier. Pour commencer combien de temps aurais-tu à nous accorder ?

Marie-Loup (ML) : Salut les filles. J’ai une demi-heure devant moi, vous pourrez me poser les questions que vous voulez.

  • Alice : Super merci. Avant tout, est-ce que ça te pose problème si l’entretien est enregistré et publié sur le blog pédagogique de la licence Info-com ?

ML : Non pas de soucis ! »

  • Marie : Bon alors, tu pourrais nous présenter ta boîte et le poste que tu y occupes ?

ML : Je travaille chez Eleni Gatsou Bureau, c’est une petite entreprise puisqu’on est quatre. La créatrice qui est Eleni Gatsou donc, et qui supervise un peu tout, a surtout les contacts et la connaissance. Ça a été créé il y a neuf ans. On a donc dans l’organigramme Eleni Gatsu qui est en haut, la créatrice ; ensuite il y a Marine ma collègue qui est cadre et qui supervise un peu, et on a Camille et moi. Donc globalement il n’y a pas d’organigramme précis à part notre n+1 donc c’est Eleni, mais on n’a pas de dynamisme de hiérarchie parce qu’on n’est vraiment pas beaucoup ; on travaille toutes ensembles, on est toutes les quatre dans le même bureau. On se répartit en fait le travail par magazine donc en fait nous notre travail expliqué simplement, enfin la mission de ce bureau, c’est de placer des pubs dans des magazines.

  • Alice : Ah super, tu pourrais nous expliquer comment ça marche ?

ML : Donc en fait on commence parce qu’on a des magazines partenaires, donc qui sont là tout le temps ; et nous par saison, on sait qu’on a des pages de pub et on s’occupe d’un marché donc par exemple la France. La plupart du temps c’est des magazines étrangers qui sont aussi sur le marché français, qui nous sollicitent que pour une partie de la publicité ; on fait pas toute la publicité. Il peut y en avoir par des agences mais globalement ça marche par territoire parce que les entreprises qui font de la pub dans les magazines elles, elles allouent le budget par territoire la plupart du temps. Voilà donc nous ce qu’on fait c’est qu’on se répartit les publications et du coup par saison on bosse chacune sur un magazine.

  • Marie : Et du coup c’est quel genre d’entreprise qui vous contacte ? Comment ça se passe avec vos partenaires et vos collaborateurs ?

ML : Alors en fait nous on travaille, nos partenaires c’est exclusivement, enfin pas exclusivement, la plupart de nos partenaires ce sont des magazines bi-annuels donc qui travaillent sur deux saisons, sur les mêmes saisons que la haute-couture.

  • Cléo : Tu as dit que tu travaillais avec des magazines bi-annuels, du coup tu as affaire à quel type de clients ?

ML : En fait c’est pas des clients difficiles, c’est des clients qui ont des magazines qui ont un certain standing. Un magazine qui marche bien pour nous il y a 80 000 copies, pas plus. C’est pas de gros magazines qui sont distribués à grande échelle. C’est des beaux magazines, le prix en général c’est entre 15 et 20 euros. On est presque au niveau du livre, la plupart de nos magazines font plus de mille pages.

  • Camille : Tu peux nous donner des exemples de magazines ?

ML : Ouais alors on fait des magazines et on a quelques plateformes digitales donc on fait aussi du placement de pub sur Internet sur des sites. Le plus connu qu’on a sur le marché français c’est Self-Service, c’est un magazine féminin de mode très connu parce que dirigé par Ezra Petronio qui est un gros photographe. C’est des magazines qui ont vraiment un haut standing. Les gens qui achètent les magazines en général ont assez les moyens, c’est une cible assez qualifiée pour la haute-couture. Donc nous on fait pas mal de pubs de grandes marques sur le segment du luxe ; nos clients c’est plutôt ça.

  • Alice : Et du coup vous visez quel genre de public ?

ML : Le lectorat de ces magazines il est assez âgé, ça dépend desquels mais en général c’est plus autour des 30 ans que des 20 et c’est des gens qui ont un bon pouvoir d’achat. Donc nous voilà on tourne vers des marques comme Cartier, Hermès, Vuitton, Gucci, Valentino… ceux qui font de la pub à ce moment-là.

  • Camille : C’est quoi les missions que te confie ton entreprise ?

ML : Bah alors moi je gère les magazines Marfamily et la plateforme digitale Nowness, c’est une plateforme qui a été fondée par LVMH il y a quelques années. Donc en fait on travaille par saison donc on doit se raccorder au rythme de nos partenaires c’est-à dire qu’ils ont un calendrier éditorial qu’ils vont devoir respecter plus ou moins en disant « voilà notre magazine sort de 10 février » du coup il faut qu’un mois avant ils aient tous les visuels. Donc tu vends une pub aboutie, il faut que tu récupères le visuel avant le 10 janvier sinon ils ne vont pas pouvoir les mettre. Donc t’as une deadline pour les magazines et t’as une deadline pour les clients donc tu dois être capable de dire trois mois avant la sortie du magazine « voilà on a tant de clients là, là et là ». Nous on leur fourni un plan de page parce que c’est pas les magazines qui vont choisir où va être placée la publicité ; c’est nous qui choisissons.

  • Marie : Et donc du coup comment vous choisissez la manière de placer la publicité dans le magazine ?

ML : Bah en fait c’est très politique. Nous notre année elle est divisée en deux saisons ; donc la saison commence par une prise de rendez-vous pour leur montrer les magazines, même ceux avec lesquels on travaille déjà souvent on va les voir, on leur file les magazines on leur dit « voilà, votre pub elle est là, est-ce que vous voulez recommencer ? » et on démarche de nouveaux clients pour voir s’ils ont le budget, s’ils ont envie de mettre une pub… On vend le truc, c’est vraiment le côté commercial. Donc notre rôle aussi c’est de voir les bons profils, c’est-à-dire est-ce que le magazine va bien matcher avec la marque. Parce que souvent il y a des magazines où tu peux intégrer la mode dans le truc ; si la marque plaît au magazine, ça va être très naturelle la collaboration. Et nous notre boulot c’est ça aussi, c’est de dire « ah mais vous vous iriez trop bien dans le truc… » pour que tout soit le plus naturel possible parce que c’est le plus arrangeant pour les marques et le magazine. Ensuite une fois qu’on a ça on peut leur faire des propositions, on peut leur proposer une double page à 10 000 par exemple.

  • Cléo : Ah mais de quoi va dépendre le prix de la page ?

ML : Bah ça dépend beaucoup de la marque, de la taille de la pub et d’où elle est placée dans le magazine.

  • Alice : Et plus particulièrement en ce moment qu’est-ce que tu fais au travail ?

ML : En ce moment on est dans la phase de rendez-vous donc on envoie des mails. Moi je les contacte et j’essaie d’avoir des rendez-vous pour leur présenter mes médias. Donc je vais en rendez-vous, je leur présente mes trucs et ça c’est une bonne partie de l’année parce que c’est le démarchage client en fait. Mais après des fois les marques elles savent avec quels médias tu travailles donc elles viennent directement te voir. Une fois que t’as fait ton rendez-vous, selon la réaction du client tu lui envoies une proposition ; et lui il va te dire s’il signe ou pas, et après tu peux le rentrer dans ton plan de page et t’as ta pub.

  • Alice : Donc on peut s’imaginer que t’as des périodes plus chargées que d’autres ?

ML : Oui en fait c’est périodique, là c’est la période du démarchage donc c’est un peu la pire, après on est plus tranquille, on récolte des visuels. Et il y a aussi le fait qu’on essaie de boucler les pubs le plus tôt possible parce qu’en fait si t’as une pub dans le magazine les stylistes ils vont faire des efforts pour shooter ta collection. Parce qu’en fait ce que les marques veulent dans les magazines c’est avoir des crédits.

  • Marie : C’est-à-dire ? Tu peux nous donner un exemple ?

ML : Tu vois quand tu regardes un magazine sur les photos il y a marqué par exemple « manteau Prada ». Donc Prada par exemple, enfin pas que Prada, ils veulent que leur nom soit cité dans le magazine ; eux c’est ça qu’ils cherchent. Sauf que tu peux pas payer et dire « ouais je veux du crédit », ça se fait pas. Mais en gros s’ils ont payé pour avoir six pages de pub dans le magazine tu vas dire au styliste « fait un petit effort ». Parce qu’après il y a des marques qui se vexent et qui veulent plus travailler avec toi parce que « je prends des pubs tout le temps mais il shoot jamais mes fringues ».

  • Marie : Donc tu dois acquérir pas mal de compétences techniques pour gérer ces situations ?

ML :  C’est beaucoup de compétences naturelles et de soft skills, et aussi beaucoup dans le relationnel. Et en fait c’est aussi la manière d’être, c’est réussir à être conciliant, diplomate tout ça parce que pour toi le but c’est que ça se passe bien entre le client et le partenaire, c’est-à-dire le client, et la marque.

  • Alice : Donc en plus des compétences vous devez sûrement mobiliser beaucoup de moyens ?

ML : Ouais, et après au niveau des compétences globalement faut que tu aies une petite base en maths et tout ça parce que tu fais les devis. Faut aussi savoir parler anglais vu qu’on travaille qu’avec des clients internationaux.

  • Alice : Et du coup, est-ce qu’il y a des connaissances techniques et spécifique à ton métier que tu aimerais nous faire partager ?

ML : Ça tombe bien que tu poses cette question parce que la pub c’est hyper codifié ; surtout dans le monde du print, dans le digital c’est un peu plus simple parce que c’est flexible tu vois, tu vas dire « on va mettre une pub avant la vidéo, on va faire ça on va faire ça », tu vois. Le print c’est très codifié c’est-à-dire que quand tu ouvres un magazine tu vas voir la première double page, c’est une des positions les plus convoitées donc c’est la plus chère. Nous on classe les positions mais c’est plutôt des termes anglais.

  • Marie : Oui donc vous avez une stratégie visuelle super importante ?

ML : En fait c’est même pas visuel c’est par rapport au positionnement, c’est vraiment politique tu vois. Par exemple il y a des marques qui ne mettront jamais une pub au début, Hermès par exemple, ils préfèrent être isolés. Nous notre but c’est de concilier toutes les stratégies de marques pour optimiser le placement des pubs de manière à ce qu’il y en ait le plus possible. Il y a aussi des stratégies de groupe comme LVMH, Louis Vuitton qui ont une hiérarchie ; donc c’est Louis Vitton qui est le plus important. Donc nous on propose à Louis Vitton d’être en premier dans le magazine. Il faut faire un travail interne dans le groupe et un travail entre les groupes ; donc ça c’est le plus dur vu que tu l’apprends par l’expérience.

  • Marie : Ah ok donc c’est des trucs que tu apprends sur le tas, tu connais pas forcément les stratégies de groupe au début.

ML : Bah ouais parce que sinon après tu peux pas savoir les stratégies de groupe. Le prix d’une page dépend de l’audience du magazine, souvent du nombre de copies et puis aussi la qualité du magazine, de sa renommée. Donc une page sur Self-Service coûte plus chère qu’une page dans Pop par exemple.

  • Camille : Du coup on pourrait s’imaginer que le salaire n’est pas fixe puisque c’est un travail périodique ?

ML : Si le salaire est fixe après on est commissionné sur les nouveaux clients qu’on rapporte donc les nouvelles marques qui vont travailler avec nous.

  • Marie : Et comment tu repère de nouveaux clients ?

ML : Bah c’est un travail de chacal, tu te dis « bah tiens cette marque elle irait bien dans le magazine », ça match bien, donc tu en parles à tes collègues et vous parlez de budget, donc après tu vas sur LinkedIn, tu cherches les gens importants dans la boîte (donc souvent c’est la responsable communication marketing de la marque). Tu dois essayer de chopper ce contact et de trouver l’adresse mail pour le contacter. Après on rencontre aussi des gens dans les événements qu’on organise ou auxquels on est invité.

  • Alice : Du coup voilà vous essayez de séduire les marques qui vous intéressent ?

ML : Ouais c’est ça, c’est vraiment le côté travail du commercial. Bon et du coup vous voulez qu’on passe à mon parcours scolaire ?

  • Cléo : Oui avec plaisir !

ML : Moi à la base sans trop d’idée précise je suis arrivée en prépa ECS (j’avais fait un bac S) et je me suis retrouvée en école de commerce parce que c’était la suite logique et c’est là que je me suis spécialisée un peu plus dans le marketing et la communication. Donc moi j’ai fait un majeur dans le marketing ; ensuite du coup j’ai fait des stages dans la com qui ont un peu confirmé mon envie de travailler là-dedans. Avec les stages et tout ça j’ai pu affiner mon orientation, donc après un majeur en marketing on a une spécialisation qui est l’option professionnel en master et là j’ai choisi de travailler dans le luxe donc c’était marketing du luxe. Donc voilà c’est un parcours en anglais, une fois que j’ai confirmé l’envie du domaine dans lequel j’allais travailler, donc la communication et le marketing, il fallait choisir un secteur et moi l’objectif c’était plutôt le domaine du luxe. Ça diffère un peu de la communication classique parce que les marques de luxe ne communiquent pas de la même façon, enfin vous avez remarqué, que les marques bas-de-gamme ou milieu de gamme.

  • Alice : Et du coup comment tu t’es retrouvée à travailler chez Eleni Gatsou ?

ML : En fait Eleni Gatsou m’a repéré parce que j’ai travaillé pour le festival de la mode et de la photo à la Villa Noaille à Hyères. Je communiquais beaucoup avec des marques qui étaient des partenaires et via ces marques Eleni Gatsou a entendu parler de moi et m’a contacté pour que je vienne travailler avec elle.

  • Marie : Et aujourd’hui ça fait combien de temps que tu travailles avec elle ?

ML : C’est tout frais puisque j’ai commencé il y a un mois et demi. J’ai embauché un CDD pour le moment et en fait c’est mon premier emploi après diplôme. Je suis payée environ 2 000 euros brut. C’est assez classique d’avoir un CDD d’un an pour commencer. Mes collègues sont un peu mieux payés mais c’est pas là que tu gagnes le plus, parce que la presse on va dire que c’est pas le secteur de l’avenir… Le print c’est un peu mort.

  • Alice : Du coup t’as énormément de possibilités d’évolution ?

ML : C’est ça. Alors il va falloir voir aussi ce qu’on me propose à la fin de mon CDD. Moi je pense pas faire carrière là-dedans parce que justement c’est un métier qui est trop commercial pour moi et pas assez dans la com, justement j’aimerai bien revenir justement sur l’image de la marque. Après ça fait pas longtemps que j’ai commencé donc je peux pas vraiment savoir pour le moment mais voilà, la com me manque un peu.

  • Marie : Donc ton but là ça serait plutôt de changer, de retourner vers la communication et le marketing ?

ML : Oui c’est ça mais là en fait c’est un bon exercice parce que en fait quand tu vois la com et les visuels de toutes les marques, que tu travailles avec eux, que tu travailles avec les magazines, en fait tu vois vraiment les deux côtés de l’histoire, t’apprends des deux côtés et après c’’est des connaissances qui te servent beaucoup quand tu te remets dans un côté tu vois. Et donc c’est enrichissant d’avoir les deux côtés parce qu’après tu peux t’adapter et faire en sorte que ça se passe bien tu vois.

  • Alice : Ouais donc ça te permettra vraiment d’évoluer vers le métier que tu veux faire et de prendre de l’expérience dans ce milieu-là.

ML : Oui exactement.

  • Marie : Et juste, par rapport à tes horaires, c’est plutôt flexible ?

ML : Ouais bah nous on a un bureau franchement c’est sympa. Je fais 10h-18h avec une pause entre midi et deux. On est dans un appartement dans le troisième ; on travaille dans un appartement donc parce qu’on est une petite boîte et c’est un espace qu’on partage avec deux autres entreprises. Donc voilà on fait 10h-18h parce que la créatrice de la boîte a des enfants et qu’elle trouve que c’est bien de respecter des horaires un petit peu donc voilà. Après pour les vacances c’est pas euh… comme je t’ai dit on travaille avec la périodicité des magazines donc on prend des vacances quand il se passe rien tu vois. Donc en gros on ferme quand les autres ils travaillent plus. Donc j’ai pas le choix dans la date.

  • Cléo : D’accord donc pour synthétiser un peu on peut dire que ton travail est très complet. Il te permet d’évoluer vers de nouvelles possibilités professionnelles, en plus de te donner de la visibilité dans ton milieu, vu que tu rencontres beaucoup de monde. On a aussi vu que c’est un métier qui dépend des marques et de leurs disponibilités, ce qui le rend un peu aléatoire.

ML : Oui tout à fait.

  • Alice : Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions et de nous avoir donné de ton temps. C’était super intéressant d’en apprendre plus sur un métier assez sélectif dans le milieu de la mode et de la photo. Bonne continuation et bonne soirée !

Propos recueillis par :

Alice FAGGIOLI, Marie GUILLERMIN, Camille DALESSANDRO, Cléo BOUGLEUX

Quelques exemples de magazines avec lesquels travaille Eleni Gatsou Bureau :

Interview Community Manager Freelance

lundi 25 novembre 2019

Dans le cadre du cours de Projet Professionnel Personnalisé, qui est proposé aux étudiants de première année de licence Information – Communication à l’université Paul Valéry de Montpellier, nous avons dû réaliser une interview avec un professionnel. Nous avons eu l’opportunité de rencontrer un community manager qui a la chance de travailler en freelance. N’ayant de bureau fixe, nous avons donc effectué cette rencontre dans un café de Montpellier le 2 novembre 2019.

Vous trouverez en gras les questions et prises de paroles des intervieweurs.

A.F : Bonjour, nous sommes en première année de la licence Information – Communication à l’université Paul Valéry de Montpellier. Nous réalisons cet entretien dans le cadre de notre cours intitulé Projet Professionnel Personnalisé. Etes vous toujours d’accord pour que nous puissions enregistrer cet entretien afin de le retranscrire à l’écrit avant de vous l’envoyer pour obtenir votre approbation pour pouvoir le publier sur le blog de notre formation ? Nous pourrons toujours le modifier selon vos exigences.

Oui bien sur, et n’hésitez surtout pas si vous avez des questions ou besoin de clarifications sur certains points après coup.


M.R : Très bien, alors euuh, pour commencer, pouvez vous nous dire en quoi consiste votre métier ?

Alors, comme son nom le laisse penser, le community manager est celui qui gère une communauté liée à une entreprise, un marque, un club de sport, etc… Je m’occupe principalement des réseaux sociaux des entreprises par lesquelles je suis employé afin de faire vivre et d’animer la communauté qui suit mon client sur les différents réseaux tels que Twitter, Pinterest, LinkedIn, Instagram, etc…

Mon but est d’aider mon employeur à raconter des histoires autour de ses produits, créer et organiser des jeux concours ou des expériences collectives qui peuvent fédérer sa communauté ou bien tout simplement relayer des informations sur les divers évènements à venir comme des rencontres sportives, des offres et réductions sur certains produits, la création de nouvelles boutiques, etc…

M.R : Mmm, d’accord, maintenant, pouvez vous nous parler de votre parcours scolaire pour arriver à ce métier ?

Alors, mmmh, j’ai passé un Bac ES avant de me lancer dans un BTS MUC, management des unités commerciales, mais ça me plaisait pas vraiment. Je suis donc partie sur une licence en informatique que j’ai complétée avec un formation en communication qui était sous forme de stage et que j’ai réalisé en Belgique. C’est un parcours un peu atypique mais comme je suis mon propre patron je n’ai pas eu de problèmes à me recruter moi-même (rires). Plus sérieusement après cette formation j’ai beaucoup appris sur le tas, c’est là que j’ai acquis le plus de qualités et de compétences.

C.A : Puisque vous en parlez, pensez vous qu’il y ait euuh, des qualités indispensables pour exercer votre métier ?

Il y en a plusieurs. Comme vous vous en doutez sûrement il faut bien évidemment une très bonne connaissance d’internet, des différents outils mis à disposition par l’entreprise, ce qui ne m’affecte pas personnellement puisque je ne travaille pas directement dans leurs bureaux, mais également une bonne culture générale et un intérêt aigu pour l’actualité. Il faut donc regarder les informations ou au moins se tenir au courant des actualités, lire, s’intéresser à tous les sujets et évidemment passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux afin de savoir ce qui se dit, ce qui est apprécié, bien vu, bien reçu, etc… et pouvoir proposer du contenu novateur et original tout au long de l’année.

C.A : D’accord, je suppose que vos outils sont variés du coup. Sur quels supports travaillez vous en général ?

La plupart du temps, je travaille avec mon ordinateur portable. Ça me permet d’être souple et de pouvoir travailler n’importe où, que ce soit dans un parc ou dans un train… De plus, si j’ai besoin d’enregistrer des documents, la mémoire de mon ordinateur portable m’aide bien. Il m’aide également dans la conception de visuel ou de texte pour des posts ou publications sur les réseaux sociaux. Mais je gardes aussi mon téléphone sur moi. Je le regarde presque aussi souvent que mon ordinateur portable, et les réponses sont un plus rapides avec. C’est pourquoi j’utilise mon téléphone pour envoyer des messages et informations complémentaires aux clients qui le souhaitent.

Mon téléphone me permet aussi de suivre l’actualité sur les réseaux.

C.A :Je vois. Et ça vous convient?

Eh bien oui… ça me convient ! Plus sérieusement, ce sont mes outils de travail et je m’en sert depuis que j’ai commencé alors, je sais bien m’en servir et je suis bien servi avec ces supports. 

A.F : Apprenez-vous encore de votre métier ? 

Je ne pense pas avoir la prétention de tout connaître mais je pense avoir appris et vécu la plus grande partie de mon travail, c’est pour ça que j’aime travailler en freelance, je suis ouvert à toutes les propositions, et travailler avec des domaines différents me permet de découvrir de nouvelles choses tous les jours.

A.F : Avez vous déjà rencontré des difficultés ou problèmes importants ?

La principale difficulté que j’ai rencontrée est la gestion de mon temps. j’ai tendance à être relativement dispersé et ce malgré une bonne organisation. En plus, comme je travaille en free-lance, j’ai tendance à avoir du mal à faire la part des choses entre mon activité professionnelle et personnelle sur les réseaux. Je passe tellement de temps sur Twitter par exemple qu’il faut que je fasse attention à ma façon de m’exprimer, d’agir et de réagir en ligne afin de rester professionnel et impartial quand j’interagis dans le cadre du travail. Je ne peux pas me permettre d’exprimer un avis trop personnel lorsque je m’exprime au nom de mon commanditaire.

A.F : Mmm, vous avez parlé de difficultés à faire la part des choses. Est-ce que ça a déjà eu un impact négatif sur vous ?

Alors, c’est un sujet assez intéressant et un aspect de mon métier trop négligé à mon goût, il est difficile à aborder et un peu tabou pour certains mais je pense qu’il est important d’en parler, vous faites bien de me poser la question. Pour revenir à votre question, ça n’a jamais eu un impact directement sur moi, mais c’est vrai que lors d’une de mes missions, j’ai été amené à travailler avec une équipe dans laquelle il y avait d’autres community managers. L’un d’eux, qui venait d’intégrer l’équipe et qui voulait toujours en faire plus pour satisfaire son employeur, n’avait pas réussi à trouver le bon équilibre, il ne savait plus quand s’arrêter et prendre du repos, il a finit par faire un burn-out et a dû être arrêté quelques temps.

M.R : Vous travaillez plus souvent seul ou en groupe ?

Eh bien, comme je suis en freelance, je travaille la plupart du temps seul, par moi même. Mais j’ai déjà travaillé en équipe lors de certaines missions.

A.F : Ah, c’est intéressant, vous avez parler de free-lance, c’est quoi?

Pour faire simple ça veut dire que je suis indépendant, je travaille à mon compte. En fait c’est quelque chose que j’adore et dont j’ai toujours rêvé, ça me permet de travailler d’où je veux vu que je suis directement salarié d’une entreprise. J’ai aussi plus de liberté en termes de lieu et d’horaires de travail. Même si je dois publier à certains horaires je peux faire le travail préparatoire en pleine nuit si je veux. Mais ça implique aussi que je dois savoir me gérer en autonomie et que personne ne va être derrière moi pour me pousser à travailler. Soit je fais ça bien, soit je suis au chômage (rires). 

C.A : Si ça vous dérange pas j’aimerais revenir sur ce que vous avez dit un peu plus tôt. Vous avez dit qu’il vous arrivait pour certaines missions de travailler en équipe. Avez vous des conseils pour être performant lors de ce genre de tâches ?

En effet ça m’arrive de temps en temps même si j’ai tendance à éviter ce genre de projet. Mais dans tous les cas ils est important de ne pas trop s’isoler et se renfermer sur soi, etc, c’est pratique pour se concentrer d’être dans sa bulle mais c’est pas le but d’une collaboration. Il faut donc rester en lien constant avec le reste de l’équipe pour pouvoir avancer correctement parce que mon travail n’est qu’une partie de la communication et dans ce genre de travail de groupe il n’est pas suffisant au bon déroulement de la mission.

C.A : Oh ! Et… ça impacte votre travail personnel?

Hum… Pas vraiment. Je me sens mieux seul qu’avec une équipe autour de moi. Je suis plus à même de prendre des décisions claires et précises. Enfin, je me sens plus efficace donc… au final, on peut dire que oui ça impacte mon travail.

A.F : Quels conseils peut-on donner à quelqu’un qui aimerait devenir Community Manager ?

D’aller directement sur le terrain, je veux dire, c’est bien de s’informer et de se renseigner là dessus, mais il faut faire des stages dans des entreprises voir comment ça se passe là-bas ou même tenir un blog pourquoi pas, ce sera toujours un plus à rajouter sur votre CV. Et d’être souvent présent sur les réseaux même hors horaires de travail. 

M.R : Vous pouvez nous donner un exemple de refus ?

Oui bien sur. Mmm…récemment j’ai décliné une proposition qui venait d’une boite qui vend des produits liés à la sexualité pour ne pas entrer dans les détails. L’offre était plutôt intéressante financièrement parlant, mais on me demandait de m’occuper de publications sur Twitter et Instagram principalement avec des images relativement explicites sans compter une sorte de démarchage par mail à l’aveugle. J’entends par là sans connaître les destinataires. Autant, même si j’estime que ça n’a rien à faire sur les réseaux, certains contenus peuvent être soumis à une limite d’âge. Je n’aurais jamais accepté de publier un tel contenu, mais le fait de devoir démarcher par mail des inconnus en risquant de contacter des mineurs m’a carrément choqué. En refusant la mission je leur ai conseillé de ne pas avoir recours à ce genre de pratique mais je n’ai jamais eu de réponse. 

A.F : Vous avez parlé juste avant de la présence d’une audience de plus en plus jeune sur les réseaux sociaux. Avec votre expérience et votre statut lié à votre métier, que pensez vous de cette présence et vous sentez vous encore plus responsabilisé par rapport à ce que vous postez ?

En effet on observe que la communauté présente sur internet à tendance à arriver de plus en plus tôt, à se rajeunir et ça peut faire peur. C’est vrai que, même si je n’ai moi même pas encore d’enfants, je me sens relativement responsable de ces jeunes qui pourraient être comme mes petits frères ou mes petites sœurs. Ce n’est pas à moi de leur autoriser ou non la présence sur les réseaux, je ne voudrais pas par exemple que mon enfant, si j’en avais un, se promène dès 10-12 ans sur des réseaux comme Twitter où on peut voir et lire des choses horribles. Cependant j’essaie de vraiment faire attention à tout ce que je fais, ma façon de m’exprimer, d’interagir, etc… J’ai refusé certaines propositions de travail justement car je ne pensais pas pouvoir bien faire tout en respectant mes valeurs personnelles.

C.A : Comment imaginez vous votre activité évoluer dans les 5-10 ans à venir ?

Et bien comme je travaille à mon compte j’espère surtout que je serai toujours mon propre patron (rires). Plus sérieusement j’espère en effet que j’aurai plus de propositions afin de pouvoir réellement choisir les contrats qui me plaisent le plus et qui sont les plus excitants. Je veux vraiment pouvoir éviter de travailler pour certains grands groupes qui ne m’intéressent pas comme la grande distribution ou d’autres magasins comme ceux de sport ou de vêtements même s’ils peuvent pour l’instant me proposer des contrats intéressant en terme de salaire. Je vais continuer à les accepter dans les années à venir pour continuer à m’améliorer et pouvoir augmenter mon capital mais je veux vraiment faire seulement ce qui me plaît à terme. Je pense que je me suis un peu éloigné du sujet de base de votre question non ?

A.F : Un petit peu mais c’est intéressant aussi, les anecdotes et les ressentis personnels nous parlent plus que l’aspect technique, ça permet de se faire une idée plus concrète.

Bien sur, c’est plus vivant et facile pour vous imaginer mon quotidien et mes façons de faire et de penser. Vous voulez bien me rappeler votre question ?

A.F : Oui tout à fait. On voulait savoir comment votre métier va changer, évoluer à l’avenir dans son aspect technique et technologique.

Je ne suis pas visionnaire mais j’imagine que les réseaux sociaux vont continuer à prendre de plus en plus de place dans nos vies et qu’ils seront donc encore plus importants et utilisés par les entreprises. On trouve de plus en plus de choses sur internet, même les coiffeurs, les médecins etc, permettent de prendre rendez vous ou de laissez des avis en ligne. Ça ne m’étonnerait pas que tous les professionnels indépendants, quel que soit leur secteur d’activité, finissent par se retrouver sur les réseaux sociaux afin d’être plus proche et présent pour leurs clients à n’importe quel moment. On en est encore loin mais on peut très bien imaginer qu’un boucher, un boulanger ou autre mette en avant ses offres spéciales ou des conseils sur les réseaux par exemple. Les commerces de proximité pourraient alors être encore plus proche de leurs clients. Après reste à voir s’ils embaucheront professionnels du community management où s’ils décideront de faire des heures supplémentaires pour économiser un peu d’argent quitte à moins bien faire.

Sinon je suis sur que les entreprises déjà présentent sur les réseaux vont continuer à augmenter leur influence tout en continuant à faire évoluer leurs techniques de communication afin de vendre toujours plus. Donc on aura peut être droit à des innovations notamment grâce à des nouveaux outils pour faciliter le travail des community managers ou les obligeant à acquérir de nouvelles compétences.

A.F : Des nouvelles compétences ? En lien avec la communication ?

Pas forcément. Évidemment les techniques de communications vont continuer à évoluer, à s’améliorer, à s’adapter, mais si elles changent c’est qu’elles doivent être en accord avec la société et les mentalités. Notre société n’est pas parfaite donc je ne vois pas comment on pourrait être de parfait communicant, on a tous des failles. C’est pour ça que je pense que les community managers vont pouvoir être mieux guider par des outils statistiques par exemple. Si nous sommes formés et que nous développons de nouvelles compétences techniques et de compréhension informatique ou mathématiques, statistiques, des outils pourraient nous aider à comprendre, prédire et voir émerger des tendances vers lesquelles nous diriger ou analyser quels sont les méthodes qui fonctionnent le mieux. Il faudrait que l’on soit capables d’analyser quels méthodes mettre en œuvre, quels sont les moments les plus propices pour publier du contenu etc, ce qui peut varier en fonction du publique, et ce indépendamment, sans avoir besoin d’une équipe spécialisée.

C.A : En parlant d’équipe, vous pensez embaucher à l’avenir ? Pour augmenter votre nombre de client, vous remplacer pendant les vacances ou autres ?

Vous voulez passer un entretien d’embauche tout de suite ? (rires)

Honnêtement j’y pense fortement. Je pense que je ne suis pas encore prêt à accueillir et accompagner des employés. J’estime que j’ai besoin d’encore un peu d’expérience pour pouvoir embaucher des collaborateurs dans les meilleurs conditions possibles. J’espère que dans quelques années je serai dans la capacité de déléguer mon travail en effet. J’aime mon métier comme je le pratique actuellement, mais c’est vrai que si je dois m’imaginer une évolution plaisante je me vois bien diriger plutôt qu’agir directement. Si je peux continuer à vivre en faisant ce que j’aime mais en me libérant du temps pour ma famille et ma vie personnelle c’est que du bonus. Je suis aussi intéressé par le fait d’avoir des avis différents du mien, c’est forcément enrichissant et pour mon travail c’est important d’être ouvert d’esprit donc j’aimerais beaucoup former une équipe très diversifiée, multiculturelle mais aussi multigénérationnelle si possible.

A.F : On arrive au bout du temps que vous avez bien voulu nous accorder gentiment. Y a-t-il un sujet que nous aurions pu oublier et que vous voudriez aborder pour finir cet entretien ?

Mmm…je ne peux que vous conseiller de continuer à apprendre le plus possible, à vous former au mieux et à rester curieux. Si vous restez intéressés par le métier de community manager n’hésitez pas à me recontacter si vous avez besoin d’un stage, de conseils ou quoi que ce soit. Mais surtout persévérez et foncez, les métiers qui sont liés à internet et surtout aux réseaux sociaux sont encore mal représentés et parfois mal considérés, mais les mentalités sont en train de changer et c’est un domaine en pleine expansion dans lequel il ne faut plus avoir peur de s’engager car il y a de plus en plus de postes à pourvoir et que leur place ne peut que devenir plus importante.

A.F : Très bien, merci d’avoir bien voulu nous accorder un peu de votre temps et d’avoir répondu à nos questions avec honnêteté et bienveillance. On vous enverra la retranscription de cet entretien afin que vous puissiez la valider et nous indiquer si vous souhaitez qu’on y apporte des modifications.

Avec plaisir, merci beaucoup à vous d’être venu à ma rencontre avec un bon esprit, un vrai intérêt et une réelle envie de découvrir mon métier. Bonne journée à vous, à bientôt.

Au revoir.

N.B: 

Suite à l’envoi de la retranscription intégrale de notre entretien, le professionnel a souhaité rester anonyme car il n’était pas à l’aise avec le fait de partager autant d’anecdotes personnelles en son nom, par peur de porter atteinte à son image. Il voulait cependant que l’on puisse les garder afin de conserver l’authenticité de cet entretien et son intérêt. Pour respecter sa demande nous avons donc supprimé son nom partout où il était cité.

Entretien réalisé par Carla ATTARD, Mandinika RALAMBOTIANA et Alexandre FRUCTUOSO

Entretien avec Samuel Arnal, responsable commercial

lundi 25 novembre 2019
Stratton Marketing

Retranscription de l’entretien avec
Samuel Arnal
Responsable commercial chez Stratton Marketing à Montpellier

« L’argent appelle l’argent »


Notre entretien a eu lieu au restaurant Tchoutchou à Montpellier le jeudi 21 novembre. Il a duré environ 1 heure entre 12h30 et 13h30. Nous nous sommes servies de deux de nos téléphones pour enregistrer : un devant Samuel et un devant nous pour palier au bruit environnant. Samuel nous a très vite mises à l’aise, il n’a que 20 ans alors la discussion avec lui était assez naturelle.

Loane s’occupait de contrôler que les enregistrements marchent bien tout au long de l’entretien, de gérer le temps afin de nous faire comprendre quand il fallait conclure ou même pour nous faire comprendre qu’il fallait passer à un autre sujet.

Romy prenait des notes et s’occupait de proposer la synthèse à la fin de l’entretien.

Sarah a ouvert la discussion avec le discours introductif.

  Code :
P : professionnel
L : Loane
S : Sarah
R : Romy

Petit lexique :
ecommerce : commerce électronique, échange de biens, de services et d’informations par le biais d’Internet ou des réseaux informatiques en général.
HT : hors taxes
DEUST : Diplôme d’Enseignement Universitaire Scientifique et Technologique
GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft
Drop shipping : c’est l’expédition directe : le consommateur passe commande au distributeur et c’est le fournisseur qui gère toute la livraison et les stocks


     S : Bonjour Samuel, déjà, merci d’avoir accepté de nous rencontrer.
P : Avec grand plaisir, bonjour.
     S : Alors moi c’est Sarah et je suis avec Loane et Romy. On est en première année d’info com et on est là pour en savoir plus sur ton métier.
Combien de temps avons nous pour cet entretien ?
P : Il n’y a pas de problème pour ça, on prendra autant de temps qu’il vous faudra.
     S : Super, tu es toujours d’accord qu’on enregistre notre conversation pour qu’on puisse la retranscrire et la publier sur le blog de notre licence?
P : Bien sur !

     L : Alors pourquoi as-tu choisi de faire ce métier ?
P : J’ai commencé le e-commerce il y a 2 ans par le biais d’un ami que j’ai rencontré durant mes études qui s’appelle Thomas Castano et qui est aujourd’hui mon patron, d’accord ? On a commencé à vendre et à importer des produits chinois qu’on vendait sur le marché français à travers le biais des influenceurs Instagram donc on travaillait avec
Shauna Events la plus grande agence française qui répertoriait plus de 250 influenceurs. Ensuite on a travaillé avec toutes les agences françaises et on a fait en cumulé plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires, ok ?
Là aujourd’hui, mon patron c’est Thomas Castano qui est à l’initiation de ce projet. Il a créé la société qui s’appelle Stratton Marketing qui est basée à Montpellier, quartier Prés d’Arènes.

     R : En quoi consiste la société aujourd’hui ?
P : On a trois pôles. Le premier pôle est la création de sites web, donc on propose des sites clés en main en notre client, que ce soit e-commerçant ou entreprise physique

Deuxième pôle, on fait des séances de coaching individualisées et personnalisées en fonction de chaque profil, et la
majorité de nos demandes sont entrantes car on a fait un partenariat avec Yomi Denzel qui est à 21 ans le cador du e-commerce au niveau mondial qui en 24h arrive à faire un million d’euros de chiffre d’affaires à travers des sites hyper « brandés », c’est-à-dire avec une grosse image de marque. Mais toujours sans stock ! On a jamais de stocks, ça c’est un gros avantage, ça veut dire qu’on n’a pas à investir beaucoup d’argent en matières premières, en fait on fait des contrats avec les fournisseurs, les fabricants asiatiques, et eux envoient directement les commandes aux clients.

     S : Mais comment vous arrivez à promouvoir vos sites et vos produits ?
P : A travers des influenceurs Instagram. Et là j’en viens au troisième pôle. On a donc des influenceurs Instagram qui travaillent avec nous dans l’agence et ce sont nous qui vendons leurs placements de produits aux marques ou aux e-commerçants. Et donc on a cinq profils : Benji Samat, des Marseillais vs le reste du monde, on a Alix Dmx, sa copine, on a Camille Froment, Mélanie Orl et Clara Morgane. Clara Morgane a un profil différent donc elle fait 3 placements par mois, et elle en l’occurrence c’est plus de la vraie marque, d’accord ?

     R : Du coup, toi, parmi tous ces pôles quel est ton poste ?
P : Je m’occupe de toute la partie commerciale donc là on est encore en
train d’embaucher encore des nouvelles personnes. La société a débuté en septembre, on a déjà fait plus de 300 000€ de chiffre d’affaires en l’espace de deux mois et demi. A savoir que chaque jour, je ramène, en moyenne, par le biais de demandes entrantes auxquelles je réponds au téléphone, j’essaie bien sur de vendre aux clients le maximum de prestations possible, au minimum 750€ HT story snapchat + instagram pour Mélanie et 3500€ pour Benji et Alix. Et avant ça, en amont, on met des séances de coaching pour préparer la promotion et maximiser les profits le jour de celle ci.

     R : Tu as fait quoi comme études pour pouvoir faire ce travail ?
P : J’ai fait un bac+2: un DEUST, à la fac de Staps de Montpellier, et c’était axé sur l’économie du sport, donc on faisait tout ce qui est marketing sportif et événementiel sportif, communication, publication, gestion de l’entreprise.

     R : Du coup ça c’est ton premier métier ?
P : Oui c’est mon premier métier. Ensuite à côté de ça, moi je fais de la
formation sur Amazon. Donc ça c’est vraiment ce qui me prend le plus de temps, donc ça veut dire que je me lève à peu près vers 7h30, donc c’est pas forcément très tôt, il y en a qui se lèvent à 5h dans ce milieu. J’arrive au boulot à 9h, et là les appels s’enchaînent toute la journée, à raison d’un appel par heure. A savoir que j’ai mon fichier client à tenir à jour: envoyer des messages, les relancer pour de nouvelles promotions…

     L : Quel lien vous avez avec vos clients ? Comment vous arrivez autant à vous démarquer ?
P : C’est vrai, on a un contact avec nos clients qui est vraiment rapproché, on a des liens assez proches parce qu’on leur fait gagner de l’argent et sans nous ils en gagneraient moins. Donc les mecs ils sont accros à l’argent, aujourd’hui on est dans un siècle hyper superficiel. C’est l’argent qui règne donc ils envoient des messages toute la journée, même à 23h pour demander des promotions, des séances de coaching…

     S : Et justement donc, par rapport au temps : donc en fait vous travaillez tous les jours ? Genre même le week-end ?
P : Alors le week-end je ne travaille pas parce que sinon ma copine me
défonce ! Donc non, après je réponds aux clients les plus importants, donc quand on a des devis et des contrats qui dépassent les 15000€, là je réponds. Parce que c’est des clients qui sont quand même assez privilégiés, donc forcément je vais leur porter un peu plus d’intérêt qu’aux clients qui nous versent que 600€ dans la boite. Donc c’est vraiment mon métier qui me prend le plus de temps.
Pour Amazon, c’est de la formation que je fais à titre personnel, ça n’a rien à voir avec Stratton Marketing. Donc je vends de la formation en ligne, à savoir que ça se vend environ 50€, c’est un format PDF classique où il y a toutes les explications. C’est quelque chose qu’on fait qu’une fois, le PDF se crée une seule fois, mais on peut le multiplier tous les jours et en vendre à l’infini, donc ça c’est l’avantage.

Et le dernier pôle, c’est un projet commun avec Joséphine (sa copine) qui nous réunit tous les deux. On a un site web de cosmétiques où on
commercialise des produits make up.

     L : Justement en ce moment sur les réseaux sociaux, les sponsors, on en voit de plus en plus alors comment vous faites pour vous démarquer des autres?
P : Alors pour se démarquer des marques qui vendent sur Internet, il y a plusieurs possibilités. Il y a plusieurs réseaux sociaux qui tournent
énormément aujourd’hui. Je crois que Instagram c’est 1,6 milliards de
connexions par jour, c’est juste énorme. Il y a en permanence de nouveaux clients, de nouveaux abonnés s’abonnant à nos influenceurs et c’est à ce moment là que les ventes se génèrent automatiquement.
Donc, on a ces cinq profils, et nous on s’en sert pour commercialiser les produits, tout simplement à travers des promotions « digitales », durant
celles ci on est souvent amené à donner des codes promo à leurs abonnés. Mais toute cette stratégie de communication et de marketing sur les influenceurs ça peut se passer avec vraiment une obligation. Et cette obligation c’est quoi ? C’est d’avoir une communauté qui soit engagée avec l’influenceur. Et c’est la difficulté aujourd’hui des réseaux sociaux parce que ça va très vite, il y a un flux d’informations permanent, on a énormément d’influenceurs montants, en pleine ascension. Notamment Mélanie Orl qui a gagné plus de 60 000 abonnés en 25 jours, et là on est sur des profils où la communauté est en train de grossir, grâce aux apparitions sur la télé-réalité. Mais en gros pour vous dire que nous on utilise Instagram parce que c’est le plus rémunérateur et le plus rapide. Ça veut dire qu’on peut être amené à faire 80 000€ de chiffre d’affaires en 24h, avec une marge en moyenne à 50 %, donc on peut se faire environ 50 000€ de bénéfices dans notre poche en 24h.

     R : Donc en gros, l’évolution des réseaux sociaux, c’est ça qui fait
évoluer l’entreprise ?
P : Donc en fait c’est l’évolution des réseaux sociaux qui nous fait grandir au quotidien parce qu’on mise énormément sur nos influenceurs, et derrière eux il y a un agent qui les briefe au quotidien sur les posts qu’ils doivent mettre, tout est vraiment manipulé, et sur leurs apparitions à la télé, tout est programmé à l’avance. Donc si Mélanie élimine Alix et Benji, c’est que c’est programmé parce qu’on a pour objectif, d’en l’optique de faire croître la communauté de Mélanie donc on va la vendre plus cher parce qu’elle est plus rentable et c’est pourquoi aujourd’hui elle s’applique énormément sur ses placements de produit, elle fait des placements de 3 minutes et qu’un par jour. Donc les marques sont rentables, le prix de l’influenceuse augmente, et là bien sur elle est rémunérée à hauteur de ses prestations.

     S: Mais justement, si un influenceur sur lequel vous avez misé perd en abonnés etc, qu’est ce que vous faites ?
P : Ça c’est un peu la loi d’Instagram. Si l’influenceuse n’est pas rentable, on va baisser son tarif. Par exemple Camille Froment a fait une émission vraiment pas top du tout, elle a fait n’importe quoi elle a pas eu une attitude, elle était à 1500€ au début du mois, la semaine dernière elle est passée à 1200€, donc on a baissé le prix parce que les clients n’étaient pas rentables avec elle, et là aujourd’hui depuis hier elle est à 900€ HT. En fait le prix est en chute libre et autant vous dire que si ça continue comme ça, elle va dégager de la société. Donc c’est un peu sans foi ni loi, c’est l’argent qui domine quoi.

     L : Mais justement, Instagram met toujours de nouveaux algorithmes par rapport à l’apparition des personnalités qu’il y a sur Instagram, mais comment vous arrivez à gérer ces fluctuations ? Parce que des fois je sais que ça désavantage certaines personnes.
P : Oui, alors tu me parles d’algorithme, et ça c’est très bien. L’algorithme sur Instagram avec les influenceurs, avec les placements de produit, nous on n’en a pas besoin. C’est pas quelque chose qui va impacter nos promotions parce qu’on garde le côté humain et c’est justement ça qui nous intéresse à travers les placements de produit avec les influenceurs, parce que justement il n’y a pas de machine, il n’y a pas d’algorithme qui vient impacter notre promotion. Donc après, bien sur, les communautés peuvent grandir, croître, ou au contraire baisser, mais ça à la rigueur je vous en ai parlé avant c’est pas le problème.
Après, je comprends le système d’algorithme, quoique il change au quotidien notamment sur Facebook et pour en venir sur Facebook, ça c’est un réseau social qui nous rapporte énormément de trafic. Parce que la publicité Facebook est très rémunératrice également. Par contre les tarifs sont beaucoup plus élevés. Et les algorithmes évoluent en permanence, donc si on ne travaille pas chez Google, fin chez les GAFAM tout simplement, on ne peut pas avoir vraiment la main sur les
algorithmes et on aura toujours un temps de retard. Donc c’est pour ça
que nous notre business est basé sur les influenceurs. Alors on est conscient que, potentiellement à l’avenir ça sera moins rémunérateur qu’à l’heure actuelle et durant les deux années précédentes, par contre aujourd’hui encore ça rapporte énormément d’argent et tant que ça rapportera il y aura des marques qui seront présents dessus.
Il y a, je parle énormément mais c’est qu’il y a beaucoup, c’est vaste,
il y a quelque chose qui est en pleine croissance au niveau d’Instagram,
ce sont les nano influenceurs. Donc il y a des marques qui mettent en
place de l’affiliation pour toucher un maximum de clients, pour impacter la plus grande communauté possible, par contre, ça prend plus de temps. Nous avec les influenceurs en 24h l’histoire elle est pliée. Tu vois ? Tu poses 3500€, tu récupères 50 000, on peut faire jusqu’à du x30 ou x40 en retour sur investissement.

     R : Mais du coup, toi personnellement et pour les autres membres, ça rapporte bien ?
P : Ça rapporte très bien, ça rapporte très bien. Là la société elle est à peu près à plus de 300 000€ de chiffre d’affaires. A savoir que c’est que la société, la société tourne sur des coachings, la création de sites et les
placements de produit. Nous on prend des commissions sur chaque
placement de produit, qui s’élèvent à hauteur de 10/15 %. Après bien sur, des fois on gonfle les tarifs sur des ventes aux enchères par exemple le black friday, c’est le 29 novembre, la date pour Benji se vend actuellement à 3500€ HT story snapchat + instagram. Pourquoi ce pack ? Parce qu’on ne sait jamais quel réseau va nous apporter le plus de trafic ce jour là. La date est à 3500€, pour le jour du black friday les marques ont enchéri jusqu’à 6500€ sur Benji.

     S : Dans ton entreprise est ce que c’est vous qui choisissez vos
influenceurs où il y a des influenceurs qui peuvent venir à vous ?
P: Non, enfin, on a des influenceurs qui nous ont contacté parce qu’ils savent qu’on a un fichier client de marques qui est énorme donc ils ont envie de travailler. Plus ils vont faire de placements de produits, plus ils vont gagner de l’argent, donc c’est dans leur intérêt à eux aussi de contacter les agences. Mais beaucoup sont en indépendant donc ils gèrent leur truc de leur côté, ils ont chacun leur société. A savoir que les influenceurs ont tous plus où moins un site à eux et du coup ils ne paientpas leur publicité puisqu’ils la promeuvent individuellement. Nous on refuse des influenceurs, on a refusé pas mal d’influenceurs comme Julien Bert, parce que le but ce n’est pas de devenir une usine à gaz comme Shauna Events et de faire 4-5 placements de produit par jour, on sait que le schéma a une certaine durée.

     S : C’est à dire ?
P: Ça veut dire que si on noie la communauté des influenceurs par des
promotions trop fréquentes les gens en ont marre. On est harcelé en permanence par les publicités et c’est pour ça qu’on a mis en place ce schéma d’un placement de produit par jour sur chaque influenceur, pour que ce soit plus naturel.

     R: Et qu’est ce qu’en pensent les influenceurs ?
P: Bah au final, Benji et Alix se font 100 000 euros par mois en faisant 3
minutes de vidéo donc tout le monde y est gagnant. Alors certes ils pourraient faire 500 000€ mais c’est déjà très bien et ils ont une situation plus pérenne. Benji est très sportif, Alix s’entretient bien, ils vont peut-être se nicher. On parle de niches maintenant, c’est super intéressant et rémunérateur pour les marques. Ça veut dire que les influenceurs se spécialisent, au lieu de rester généraux comme tous ceux de la télé-réalité. Comme ça, les clients sauront qui regarder pour avoir quelle promotion. L’agent, son but dans le long terme c’est de mettre l’influenceur dans une niche bien précise. Pour Benji par exemple ce sera du sport, il va se mettre à faire des coachings etc. Donc sa communauté va s’adapter à ce qu’il propose comme contenu lui, et là il devient un influenceur plutôt niché, mais ça c’est plus dans le moyen voire long terme, d’ici peut être 3-4 ans.

     L: Justement, tu parles de long terme, tout à l’heure tu nous à dit que dans le futur vous ferez peut-être moins d’argent avec instagram,
comment tu vois l’évolution de ton travail par rapport à celle des réseaux sociaux et de leurs communautés, notamment sur instagram ?
P : Alors, pour être honnête, nous on ne la reçoit pas forcément parce que les influenceurs de télé-réalité ont toujours été plus ou moins rentables. En plus on ne la ressent pas trop par ce qu’on prend toujours les meilleurs, donc ils sont toujours rentables. Mais c’est totalement vrai que quand un influenceur sort du cursus « télé-réalité », qu’il n’apparaît plus à la télévision, sa communauté est moins attentive à ce qu’il propose comme contenu donc les marques sont moins rentables donc l’influenceur sort de sa communauté.

     L : Quelles sont les répercutions pour toi quand ça se passe ?
P: Tu prends par exemple Kim Glow des Marseillais, elle est dépassée, tu vas peut-être la payer 2000€ parce qu’elle a toujours 2 millions d’abonnés en sachant que parmi eux il y a un fléau qui touche énormément de personnes en ce moment , c’est les faux abonnés donc elle a peut-être 500 000 faux comptes qui la suivent. Donc nous on doit faire attention à ça et prendre en compte toutes ces données là. Pour ça on a des logiciels gratuits accessibles librement sur internet.

     R : Et comment vous gérez la concurrence quand il y a des gros
événements, par exemple en ce moment avec Milla, vous devez être
beaucoup d’entreprises à vouloir travailler avec la personne parce qu’elle va rapporter beaucoup ?
P: Alors, le problème c’est que Milla elle est déjà dans une agence et à ce niveau là, c’est comme dans toute entreprise qui génère beaucoup
d’argent, les influenceurs ne sont pas payés qu’à la commission sur le
placement de produit. Tu vas la payer 2500€, tu vas donner dans ces
2500€ 300€ à l’agence en commission et Milla va prendre le reste, et sur
des gros coups comme a fait Milla « y’a le mec à Milla ! », là les marques vont être super rentables. Par exemple Kevin et Carla, quand Carla a accouché de son enfant Kevin a fait 6 millions de vues, or l’agence ne
s’était pas préparée à ça. Un site a fait un placement de produit ce jour là avec Kevin, le site a planté parce qu’il y avait 180 000 utilisateurs en
même temps sur le site, d’où l’intérêt de la préparation et l’anticipation nécessaire à l’agence, face aux événements qui peuvent arriver aux
influenceurs.

     R : Donc ça c’est quelque chose qui est dur à gérer, est-ce qu’il y a
d’autres choses qui sont plus difficiles encore à gérer dans le métier ?
P: Oui, les « bad Buzz », c’est dur à gérer. Alors, nous j’avoue qu’on les
gère plutôt bien, on en fait une force. Par exemple, Alix est une personne très appréciée de la télé-réalité, Mélanie était toute nouvelle sur les Marseillais, elle a éliminé Alix. Mélanie a reçu une multitude de messages insultants à son égard parce qu’elle avait enlevé de la télé l’influenceuse préférée des français qui est Alix.

     S : Qu’est ce que vous avez fait à ce moment là ?
P: On a mis Mélanie en compte privé, les gens par curiosité se sont
abonnés, une semaine après, nous l’avons remise en public et les gens
oublient de se désabonner, tombent sur ses storys et achètent potentiellement le produit, ils vont potentiellement faire grossir le chiffre d’affaires et la machine est lancée, c’est une stratégie, les « bad Buzz » c’est prévu. Pour Milla par exemple Shauna Events l’avait prévu, après ce n’est pas pour autant qu’ils ont augmenté son salaire.

     L : Et a contrario, comment tu réalises un buzz positif ?
P: Pour faire justement du buzz, et que les communautés des influenceurs soient au top niveau en permanence, le maître mot c’est l’argent, donc pour que l’argent arrive et que les marques soient rentables, il faut des personnes engagées auprès des influenceurs. C’est ça un peu le dilemme de chaque entreprise, c’est d’avoir des influenceurs avec des taux d’engagement dans leur communauté au minimum de 5 %. Aujourd’hui, Alix, qui a 1 million d’abonnés, a un taux d’engagement de 14 %, donc 14 % de personnes qui likent, qui commentent et qui partagent ses photos et surtout qui regardent ses storys. Hyper important, les marques demandent toujours le nombre d’impressions. D’où l’intérêt d’être présent sur tous les réseaux sociaux. Je sais pas si vous avez vu, Sam Zirah qui a fait une vidéo sur Alix et Benji sur Youtube, elle a été visionnée plus de 2,5 millions de fois.

     L : Quel rôle ça joue dans ta profession un tel succès ?
P : C’est hyper important, parce que des gens qui sont présents sur
Youtube et qui ne le sont pas sur Instagram peuvent tomber sur cette vidéo grâce aux suggestions, et de par justement l’algorithme qui va
proposer du contenu en adéquation avec ce que les utilisateurs regardent et consomment comme contenu. Ça nous fait gagner des abonnés sur nos influenceurs ce qui nous fait gagner de la visibilité. Les gens sont accros à ces gens là, et c’est presque maladif, il faut faire attention justement, c’est un fléau qui est de plus en plus présent aujourd’hui aussi, c’est que les jeunes s’identifient à partir de 15-16 ans et de plus en plus tôt, à des personnes « célèbres » et sont prêts à tout pour ressembler à ces personnes là et c’est là où ça peut devenir dangereux et où nous les marques et les agences de communication, on a le travail de vérifier les produits, on ne peut pas faire importer des produits venant de Chine si il n’y a pas des normes européennes sur les produits. C’est hyper important si on préserve la communauté des influenceurs.

     L : Et comment vous arrivez à gérer la situation si jamais il y a tout de même un mauvais retour sur le produit pour garder une bonne image et la confiance des acheteurs ?
P : Alors nous on met une pression à la marque déjà, qui va rembourser automatiquement le client parce qu’on ne veut pas que ça nuise à la notoriété, à l’image et au trafic que génère notre influenceur, sinon c’est pas bon pour notre business. En plus, on est vraiment attentif au suivi client, aujourd’hui on travaille avec des agents chinois qui fournissent des délais de livraison entre 3 et 7 jours, avant c’était 3 semaines 1 mois. On a eu beaucoup d’arnaques avant, il y a 2-3 ans de cela. Il y a beaucoup d’arnaques en drop-shipping, il ne faut pas utiliser les réseaux sociaux à mauvais escient et faire n’importe quoi, au risque d’en perdre toute sa valeur et toute sa puissance, ça serait vraiment dommage.

     S : Comme tu l’as dit précédemment, au début c’était différent, comment tu as fait pour évoluer et pour avoir des influenceurs comme Benji par exemple ?
P: Alors pour nous, l’évolution elle a été tellement rapide, c’est à dire
qu’en une semaine on avait déjà fait 20 000 euros de chiffre d’affaires. Donc en terme de communication, il n’y en a pas vraiment eu, à part peut-être le fait de fidéliser la communauté de l’influenceur sur plusieurs placements de produits voire sur une exclusivité pour que la marque soit la seule à proposer ce genre de produit sur cet influenceur. En terme d’évolution de métier, moi j’en ai pas forcément eu, ne serait-ce que de par notre notoriété à l’heure actuelle et de par la qualité de notre travail vraiment, en toute franchise et en toute humilité, les demandes affluent de façon énorme. Donc en fait c’est juste la quantité de travail qui augmente, mais la qualité reste la même. Bien sur, c’est plus compliqué à gérer, plus on a de demande, plus c’est rentable pour les marques, plus nous on a de difficultés à suivre mais on s’adapte et c’est pourquoi on vient d’embaucher, tout simplement.

     S : Et quand tu es arrivé dans l’entreprise, elle était déjà en plein essor? Il y avait déjà des influenceurs ?
P: En fait non, au début on était parti sur un contrat avec Shauna Events tenu par le groupe Banijay géré par Magalie Verda sauf qu’elle a vendu la majorité de ses parts à Cyril Hanouna. Nous, connaissant le milieu de la télé, on voulait pas tremper dans quoi que ce soit, donc on a décider de s’orienter vers un agent qui s’appelle Sébastien Jaillard et c’est lui qui est en charge de ces 5 profils là. On s’est directement dirigé vers lui au bout d’une semaine parce qu’il avait un protocole à tenir et nous c’est ce qui nous intéressait, on ne voulait pas faire d’usine à gaz comme Shauna Events où l’on sait très bien que dans 2 ans c’est fini. Même si ils ont des footballers, des chanteurs comme Maître Gims etc, nous on ne veut pas travailler avec ces personnes là.

     L : Pourquoi tu pense que votre méthode vous gagne?
P: Parce qu’ils sont en train d’épuiser financièrement et moralement les abonnés. Les gens en ont marre de voir constamment des promotions dans la journée, c’est une saturation totale donc les personnes vont venir s’abonner à nous. Étant donné qu’on fait qu’un seul placement par jour, dans la tête de l’abonné, il se dit plutôt : « qu’est ce qui va être le bon plan de la journée, qu’est ce qu’on va me proposer de bien à acheter pas cher ?». Donc nous sur l’aspect long terme, on est gagnant, du moins on l’espère et pour le moment on ne se trompe pas.
Sur 5 influenceurs, dont Clara Morgane qui ne fait que 3 placements par mois, sur un an on a généré 1 million d’euros de chiffre d’affaire, Shauna Events sur 250 influenceurs ils ont généré 5 millions. Parce que les communautés de ces influenceurs en ont marre, donc les marques sont moins rentables donc les prix baissent. Tout ça c’est lié en fait, nous pourquoi on arrive à faire autant de chiffre d’affaires avec 5 influenceurs, c’est parce que nos marques sont rentables, donc on fait augmenter le prix de nos influenceurs, il est là l’enjeu aussi.

     L : Depuis le début tu parles beaucoup d’Instagram ou encore de
Snapchat, est ce que ce sont les seuls réseaux sociaux que vous utilisez
pour promouvoir les marques avec lesquelles vous travaillez ?
P : Absolument pas, il est très important que nos influenceurs soient
présents sur tous les réseaux sociaux pour toucher un maximum de personnes. Par exemple, une personne qui a un compte sur Youtube n’a
pas forcément Instagram ou Snapchat et peut tomber sur une vidéo d’un de nos influenceurs. L’algorithme qui propose du contenu en adéquation avec ce que les utilisateurs regardent et consomment va leur en proposer encore d’autre du même genre. On augmente alors la possibilité de susciter leur intérêt et de gagner de nouveaux abonnés pour nos influenceurs et donc gagner de la visibilité.

     R : Comment a évolué l’entreprise?
P : Je dirai que ce qui a évolué c’est notre notoriété et la qualité de notre travail. Les demandes affluent de façon juste énorme et du coup c’est devenu plus rentable pour nous et les marques avec qui on travaille donc il y a encore plus de marques qui nous contactent. On a donc notre quantité de travail qui a augmenté. Au début nous avons eu des difficultés pour assumer cette charge de travail soudaine, car l’évolution a été tellement rapide pour nous, c’est à dire que en seulement une semaine nous avions déjà fait 20 000€ de chiffre d’affaires.

     S : Comment avez vous, dès le lancement de l’entreprise, réussi à
travailler avec des influenceurs ?
P : Au début nous étions partis sur un contrat avec une agence qui
détenait beaucoup d’influenceurs sauf que la personne avec qui nous
devions conclure le contrat avait vendu la majorité de ses parts à un autre groupe. Nous nous sommes donc redirigés vers un autre agent qui s’appelle Sébastien Jaillard. C’est grâce à lui que nous avons nos
influenceurs aujourd’hui et la collaboration se passe très bien. Grâce à lui au bout d’une semaine d’ouverture de société nous avons pu travailler avec des influenceurs.

      R : Qu’est ce qui vous différencie, selon toi, de vos concurrents ?
P : Je pense que c’est notre manière de faire. Pour nous il y avait un protocole à tenir, nous ne voulons pas faire « d’usine à gaz » comme certaines agences, c’est à dire faire plusieurs placements de produits par jour avec le même influenceur, selon nous cette méthode ne tiendra pas longtemps.

     S : Qu’est ce qui te fait dire cela?
P : Et bien parce qu’au final, les abonnés ne regardent même plus les
placements de produits, ils sont en train d’épuiser financièrement et aussi mentalement les abonnés, c’est à dire qu’ils vont finir par les saturer et les rendre insensibles. Il y a des agences qui demandent à leurs influenceurs de faire jusqu’à 4 ou 5 publicités dans la même journée, c’est beaucoup trop. Quand les gens en ont assez ils se désabonnent. C’est la raison pour laquelle nous faisons seulement un placement produit par jour et par influenceur. C’est beaucoup mieux selon nous, car les gens prennent plus de temps pour regarder la promotion de la journée et ils sont donc plus susceptibles d’acheter. De plus sur un aspect long terme, nous sommes gagnants, du moins on l’espère, mais pour le moment on ne se trompe pas. Grâce à cette technique de vente, sur un an, nous avons généré 1 million d’euros de chiffre d’affaires, et ce, avec seulement 5 influenceurs, alors que l’une de nos agences concurrentes détient 250 influenceurs et n’a pourtant généré que 5 millions d’euros. L’explication réside, d’après moi, dans le fait qu’elle impose plusieurs publicités par jour et par influenceur. Les communautés de leurs influenceurs se lassent et deviennent donc moins assidus. De ce fait, ils achètent moins, les marques deviennent alors moins rentables et les prix des influenceurs baissent. Tout est lié. Si notre société arrive aujourd’hui à atteindre ce chiffre d’affaire avec 5 influenceurs, c’est parce que nos méthodes sont rentables, ce qui a pour effet de faire augmenter le prix de nos influenceurs. Tout l’enjeu est là.

     L : Qu’est ce qui, selon toi, caractérise un bon communicant ?
P : Pour moi c’est son pouvoir d’influence. Un bon communicant doit savoir faire de la communication vraiment active, son but est de générer de l’argent pour la marque, dans le cas contraire, il est perdant. Le but c’est d’utiliser son pouvoir de persuasion sur sa communauté et la fidélité de ses abonnés. Cela représente une force d’influence énorme. Par exemple, si demain Cristiano Ronaldo achète des Nike vertes, tous ses fans voudront acheter les mêmes Nike vertes. On ne se rend pas compte à quel point le pouvoir d’influencer et important dans le commerce, parce qu’effectivement, la communication est liée au marketing et le marketing est lié au résultat d’une entreprise. Pourquoi fait-on de la communication? Pourquoi fait-on du marketing? Tout simplement pour valoriser l’image d’un produit, générer du chiffre d’affaires, et augmenter le trafic d’une marque et d’un site web.

     L : Comment penses-tu que va évoluer ton travail plus tard ?
     S : Oui, c’est une question que l’on se pose car les réseaux sociaux, internet, etc.. ne cessent de s’imposer dans nos vies de tous les jours, c’est plutôt bon signe pour toi…
P : Oui c’est sur mon travail va fluctuer en fonction de l’évolution des réseaux sociaux, aujourd’hui le fait que tout le monde utilise les réseaux est à l’avantage des marques mais peut être qu’un jour les réseaux seront plus axés sur les utilisateurs, c’est d’ailleurs ce qu’essaie de faire aujourd’hui Facebook : ils tentent de modifier leurs algorithmes afin de brider les publicités et de vraiment proposer un contenu qui correspond à l’utilisateur, donc oui il y aura des évolutions mais on ne sait pas vraiment lesquelles, nous n’avons pas la main là dessus, en tout cas, on s’adaptera à ces évolutions.

     L : Mais du coup, en quoi est-ce important pour les marques de faire
appel à des agents pour avoir des influenceurs qui sont là pour s’occuper de leur image?
P : Alors en fait, l’agent va s’occuper de faire un sorte que les influenceurs soient toujours dans la lumière en les faisant participer à des shows télévisés ou radios, qu’ils soient présents sur les réseaux et autres, ceci afin de toucher un public le plus large possible. L’influenceur a tout intérêt à avoir un agent pour s’occuper de ça car il a beaucoup à gérer aussi ; répondre à ses messages, avoir un contact avec sa communauté et faire attention à ce qu’il fait pour son image, gérer son emploi du temps, sa vie privée, la pression de sa notoriété mais aussi et surtout, la pression de l’argent. C’est l’argent qui gouverne, ça a toujours été le nerf de la guerre, mais sur les réseaux sociaux ça se ressent particulièrement…

     R : Et toi, qu’est ce qui te plait dans ce travail?
P : Ce que je préfère, c’est le côté humain : la communication avec mes
clients, les agents et les représentants des marques. J’adore entretenir des relations avec eux. Ça devient parfois des relations presque amicales, parce qu’on les voit régulièrement.

     R : Tu nous as parlé des nombreuses activités que tu exerces, tu penses rester dans cette entrprise longtemps? Comment tu vois ton avenir professionnel?
P : Alors, il faut savoir que je suis l’un des meilleurs amis à mon patron, Thomas, et la collaboration se passe très bien, il va même bientôt me vendre des parts de sa société donc je compte rester dans cette boite encore un long moment. Je pense, du moins, tant qu’elle marchera et que l’on gagnera de l’argent. Mais je ne crois pas que ça s’arrête maintenant, ou même dans les trois années à venir, parce qu’on travaille avec plus de 500 marques aujourd’hui et ça se passe très bien. Pourtant, un jour je verrai sûrement le e-commerce sous un autre angle et je monterai vraiment une société à moi et un site avec ma marque, grâce à l’expérience que j’aurai acquise .

     R : D’accord, et de ce que tu as vécu chez Stratton Marketing, est ce que tu as des petites anecdotes à nous raconter ?
P : Hmm… et bien oui, on a un investisseur de 71 ans qui c’est donc mis au e-commerce et qui s’en sort super bien. Il a un compte Instagram et un compte Facebook. Aujourd’hui il gagne sa vie grâce aux placements de produits faits par nos influenceurs sur les réseaux sociaux. Il y a encore un an, il ne savait pas utiliser correctement internet et du coup je trouve ça génial. Ce qui prouve bien que ce n’est pas réservé seulement à la nouvelle génération. Tout le monde peut faire du e-commerce, il n’y a pas d’âge.

     S : Donc si moi demain je veux gagner ma vie avec le e-commerce,
comment dois-je m’y prendre ?
P : Et bien pour ça il n’y a pas vraiment d’école, il n’y a pas de diplôme qui s’appelle «gagner de l’argent», si tu veux faire du e-commerce tu peux te former grâce à des formations en ligne. Ces formations peuvent être payantes. D’ailleurs il faut toujours se méfier car il y aura toujours des arnaques. On a déjà eu des clients qui nous ont confié avoir payé des coaching en e-commerce qui s’avéraient être des arnaques. Il faut bien choisir sa formation, moi je conseille pour commencer et pour
comprendre ce qu’est le e-commerce, d’aller regarder les vidéos Youtube de Yomi Denzel qui est un jeune homme qui n’a pas de diplôme à la base et qui aujourd’hui est un vrai businessman dans l’âme. Donc je dirai que oui, bien sur tu peux y arriver, mais je ne vais pas te mentir, il y a pas mal de barrières, ça demande du temps, de l’abnégation.
Il ne faut jamais lâcher prise car parfois on fait des placements de produits qui ne marchent pas. Tu peux perdre de l’argent autant que tu
peux en gagner. C’est la raison pour laquelle, beaucoup de gens qui se
lancent dans le e-commerce finissent par abandonner. Je pense qu’avant de se lancer dans ce genre d’investissement il faut un minimum de moyens financiers. Méfiez vous des titres aguicheurs du style « devenez riche avec seulement 200€ », comme on peut en voir parfois sur Youtube. Cependant, l’avantage du e-commerce reste qu’il n’y a pas de stock dans lequel investir. On investit juste dans nos connaissances, donc comme je vous le disais, payez vous une bonne formation. Nous proposons aussi ce genre de services de coaching.

     L : Quels sont les bons côtés du e-commerce pour toi?
P : La liberté financière et géographique, c’est d’ailleurs ce qui attire tous les e-commerçants.

     S : Et les côtés négatifs du e-commerce?
P : Ça demande beaucoup de temps, on doit toujours être prêt à répondre à notre téléphone, c’est un métier à plein temps. On est souvent collé à notre ordinateur et on a parfois du mal à décrocher.

     L : Si tu devais retenir une chose de ton expérience professionnelle
qu’est-ce que ce serait?
P : Que l’argent appelle l’argent.


      R : Bon j’ai pris quelques notes pendant l’entretien, est ce que pour
synthétiser, on pourrait dire que ton métier consiste au quotidien à être en relation avec du monde, que ce soit directement ou indirectement, et de mettre en place des stratégies pour se démarquer des autres agences et pour faire grandir votre société ?
P : C’est exactement ça oui!

     R : Bon et bien merci d’avoir pris le temps de nous rencontrer et
d’avoir répondu à nos questions.
P : Avec plaisir !

     R : On t’enverra samedi la retranscription pour que tu la valides par
mail !
P :Ça marche je vous fais confiance.

CALAS Romy
MARBOEUF Loane
MILLA Sarah


lundi 25 novembre 2019

INTERVIEW D’UN PROFESSIONNEL DANS LA DIRECTION ARTISTIQUE ET LE GRAPHISME

Dans le cadre du cours de Méthodes De Travail et de Projet Professionnel Personnalisé, nous avons du réaliser un entretien avec un professionnel qui exerce le métier que nous envisageons à l’avenir .

Monsieur Antoine Vivier , directeur artistique et graphiste indépendant a été interrogé par Vincent Frégence, Enzo Vincentini , Nicolas Engelhardt et Sarah Vigy, le 12 novembre 2019 à son domicile montpelliérain. Pendant une cinquantaine de minutes, Monsieur Vivier nous a reçu pour parler travail, passions et vision du futur .

Vincent : Alors déjà bonjour Monsieur Vivier , donc nous sommes des étudiants L1 en Info-com à l’Université Paul Valéry. Nous souhaitons vous interroger dans l’objectif d’en apprendre plus sur vos professions de directeur artistique et de graphiste. Êtes-vous toujours d’accord pour être enregistré ?

Antoine Vivier : Aucun problème ! Juste pour savoir, à quoi va servir l’enregistrement ?

Vincent : C’est pour faciliter la retranscription de l’interview et éventuellement pour le transmettre à notre professeur .

Sarah : Mais il n’aura pas d’autre usage .

Vincent : Est ce que vous pouvez peut-être rapidement expliquer ce que vous faites en général ?

Antoine Vivier : Oui alors cela tiens en un mot, je suis graphiste et je fais un peu de direction artistique dans le graphisme.Tout les graphistes ne sont pas forcément directeur artistique et comme vous le savez tout les directeurs artistiques ne sont pas forcément graphiste. Il y a de la direction artistique en musique,dans pleins d’autres domaines….
Donc moi je fais du graphisme , c’est assez proche de la pub, c’est à dire que je vais m’occuper de la création en matière de pub. C’est à dire que je vais m’occuper de la création de logo, d’affiches, de brochures, flyers… Je fais également pas mal de web design, donc je m’occupe de la création ,de l’ergonomie des sites web. C’est à dire que je ne suis pas développeur, je m’occupe simplement du look du site, et j’ai des collaborateurs qui font en sorte que tout ça fonctionne. Moi je m’occupe de la carrosserie et eux du moteur , voilà .

Sarah : Quel est votre parcours ? Comment vous en êtes arrivez là en fait ?

Antoine Vivier : J’ai toujours beaucoup dessiner et peint quand j’étais plus jeune, mais je viens d’un milieu où on envisageait pas ça comme un futur, comme un métier possible.
Donc j’ai pas mal airer en fac, avant de trouver ma voie ; j’ai fait une fac de sport , j’ai fait une fac de droit avant de me rendre compte que c’était vraiment ce qui me plaisait la création artistique. J’ai bifurqué de toutes ces facs pour faire un IUT qui s’appelait « Services et Réseaux de Communication » , voilà c’est complexe mais c’était Internet, les début d’internet et c’est comme ça que j’ai touché à l’infographie, et là j’ai bifurqué totalement dans l’infographie et dans le graphisme pour faire une école à Bordeaux qui s’appelle  « les Arcques » , qui est vraiment dédié au graphisme . J’ai fait un BTS  «  Communication Visuelle » là bas . Ce qui est un petit diplôme hein,et j’ai tout de suite eu après la volonté de me lancer en indépendant, parce que j’ai vraiment ça dans le sang et vraiment j’ai toujours eu du mal avec les patrons donc, je me suis lancé seul…. Donc j’ai eu mon BTS en 2002 je crois, si mes souvenirs sont bons,je suis arrivé dans le coin en 2003,2004 , j’ai monté ma boite tout de suite et ça fait une quinzaine d’années que je vis ici et que je vis de ce que je fais.

Vincent : D’accord.

Antoine Vivier: Il y a eu des années difficiles , j’ai un petit peu galérer pendant deux, trois ans mais en même temps cela fait une bonne dizaine d’années que ça roule.

Vincent : Ok , d’accord. Alors moi du coup j’ai peut être notamment une question, donc est ce que le freelance,ce que vous faites actuellement, ça vous va et ça vous convient, ou justement pour cet aspect sans patron,est ce que peut être plus tard vous aimeriez évoluer sur une entreprise directement , c’est envisageable ?

Antoine Vivier :Alors,oui , mais je ne pourrais pas retourner dans le salariat en tout cas pas avec ce que je fais aujourd’hui. Parce qu’aujourd’hui, je pense , j’estime que j’ai une expertise , donc si je me lançais en entreprise maintenant, c’est plutôt moi qui la créerait qu’ intégrer une équipe,après cela dépendrait du poste,il faudrait que ce soit pas moins qu’un poste de direction artistique ou plus vraisemblablement, ce qui me plairait d’avantage, poste de directeur de création qui est voilà, un peu au dessus. Et puis, sinon j’envisage aussi de bifurquer, parce que ça fait quinze ans que je fais ça ,ça marche mais c’est un métier qui est difficile. J’ai quarante deux ans , c’est un métier qui est très lié à celui de graphiste , qui est très lié à la musique, à la mode, à tout en fait , à l’art contemporain et le risque, passer un certain age je pense , c’est de ne plus être en phase avec l’époque. En gros d’être has-been quoi,et j’ai un peu cette hantise là, et à ce moment là je pense que je bifurquerai dans d’autre métiers de la création, mais toujours dans des métiers de la création car j’ai vraiment ça dans le sang, mais dans l’artisanat ..je ne sais pas encore .

Sarah : Vous nous avez dit que vous ne veniez pas d’un milieu où les métiers de la création , de la communication était bien vu , ça veut dire que l’on a déjà essayer de vous décourager face à ça ou par rapport à vos études ?

AV : Non, parce que j’ai des parents qui sont intelligents quand même, donc ils ont jamais vraiment essayer de me décourager mais ils m’ont pas encourager non plus.

Sarah : D’accord , je vois . C’était pas la première carrière qu’il avait en vision pour vous en gros ?

Antoine Vivier :Non , non, non. Je pense qu’ils ne savaient même pas que c’était un métier possible celui de faire des affiches ou dessiner des logos,c’était pas un métier possible quoi …

Sarah: Je vois .

Antoine Vivier : Voilà, mais vu que j’avais besoin d’être assez rassuré,parce que j’étais un adolescent un peu timide , j’avais besoin d’être un peu rassuré, je pense que si j’avais été un peu plus costaud, je leurs aurai dit « C’est comme ça c’est pas autre chose », mais encore faut-il pouvoir quoi .

Sarah: Oui , bien sûr .

Vincent  : D’accord, très bien . Moi je vais peut être vous poser une question , je me suis renseigné , j’appelle peut être ça votre passion, j’ai vu que depuis l’année dernière vous écriviez un petit peu , en tout cas des articles, est ce que peut être vous pouvez nous parler de ça? Parce que justement vous avez aussi à un moment évoquer le fait que , le terme « has-been », si cela ne vous convenait plus , est ce que c’est peut être un autre domaine artistique qui vous intéresse ?

Antoine Vivier: Absolument , oui,oui!J’ai commencé à écrire en même temps que mes premiers essais en peinture , j’ai toujours beaucoup lu. Voyez la bibliothèque (il nous la montre) , c’est une petite partie de ce que j’ai dans les autres pièces après. Donc j’ai toujours beaucoup lu,et j’ai toujours été beaucoup plus fort en français qu’en maths, j’ai toujours été à l’aise là dedans … Donc j’aimerai bien écrire mais je ne sais pas encore sous quelle forme ça pourrait répondre. j’ai un vieux rêve qui est d’écrire un roman , mais c’est extrêmement difficile, c’est très long, il faut vraiment être fait pour ça, il faut vraiment une hargne, une envie. Donc là j’ai commencé une collaboration avec un site de critique musicale qui s’appelle Mono qui est un ancien magasine, qui s’est reconvertis au débout des années 2000 et qui maintenant full web, qui est seulement on line. Et voilà,j’ai toujours aussi beaucoup aimé la musique donc je me suis dit que cela pourrait être un moyen de jumeler ces deux passions ,d’écrire à propos de la musique. Et après c’est vraiment , je me suis rendu un peu compte en le faisant , c’est vraiment une manière d’écrire , c’est très différent du roman ou de l’écriture ..

Sarah :Oui c’est particulier quand même

Antoine Vivier : Ah oui oui, c’est vraiment , c’est quelque chose de très… Vous devez le savoir si vous faîtes des interviews , vous écrivez sans doute , comme vous devez avoir des cours d’écritures journalistiques, vous savez que c’est très ..


Sarah : Pas encore , mais surtout, oui quand on voit par rapport sur les magasines, quand on lit juste c’est vraiment une écriture particulière par rapport à une écriture vraiment sur la littérature.

Antoine Vivier  : Ah ouais c’est un exercice qui est très précis, et moi à terme j’aimerai bien écrire plutôt pour l’art,voilà, les arts plastiques et graphiques, qui sont plus en phase avec mon travail.

Vincent: forcément

Antoine Vivier : Là je me suis rendu compte que j’avais certaines lacunes, je pensais être bon en musique mais ..

Vincent : Ah ouais ?

Antoine Vivier  : Ouais. (rires)

Sarah : C’est un domaine compliqué quand même.

Antoine Vivier : J’ai peut être été un petit peu présomptueux sur le sujet , ouais ouais .

Vincent  : D’accord, donc vous allez peut être pas continuer à en sortir sur cette plateforme , en tout cas plus sur la musique ?

Antoine Vivier  : Ouais , ouais , ouais, je me rends compte que je suis pas tout à fait à ma place , je mets énormément de temps à pondre dix malheureuses lignes, donc à un moment donner il faut stopper.

Vincent : Et du coup, même en faisant des articles, vous avez déjà songé à peut être passer sur d’autres plateformes peut être de médias un peu plus papier , où rester en ligne , qu’est ce qui vous correspond le plus ?

Antoine Vivier: J’aimerai bien , après voilà , j’ai commencé cette collaboration avec Mono à une époque où vous savez, les métiers artistiques comme le mien ,même si ça fait dix ans que je bosse ,y’a des hauts et des bas , et j’ai eu un gros bas , c’était fin 2017 et début 2018 , où il a fallut que je bouge, que j’envisage d’autres choses , d’autres collaborations et c’est à ce moment là que je me suis dis «  Tiens ça serait bien d’envisager une collaboration avec des magasines, que ce soit dans le milieu de l’art , dans le milieu de la musique.. Or, là ça va plutôt bien niveau graphisme , je bosse depuis un an , un an et demi je bosse beaucoup . De nouveaux clients , de gros clients , donc ça me laisse beaucoup moins de temps pour envisager d’écrire que ce soit pour moi ou pour un magazine. En plus , je suis quelqu’un de très lent et j’ai du mal à courir plusieurs lièvres en même temps, donc voilà en ce moment c’est graphisme, graphisme.

Vincent: Ok , et bien justement peut être que cela peut faire la transition pour qu’on passe sur le graphisme . Vous avez parlez de clients , est ce que vous avez la possibilité de nous en parler un peu ?

Antoine Vivier  : Bien sur , oui oui oui , il n’ y a pas de secrets. En ce moment je bosse beaucoup pour la Banque Populaire Du Sud , donc toutes les agences Banques Populaires du Sud .Alors je sais pas si l’un de vous est à la Banque Populaire …

Sarah : Présent ! (rires)

Antoine Vivier  : Alors peut être que tu vas voir mes créations !

Sarah : Je penserai à vous ! (rires)

Antoine Vivier: D’ailleurs il y a l’Agence Banque Populaire des Arceaux , j’ai fait des vitrophanies , peut être que cela vous parles ,la vitrophanie c’est les décos qu’on peut voir sur les vitres,alors que ce soit l’intérieur des agences, soit intérieur et extérieur .
Donc là ils m’ont contacté , ça faisait plusieurs mois que je bossais pour eux, là en ce moment on est sur un livre ,une série de livres de témoignages d’entrepreneurs qui sont suivis et soutenus par la Banque Populaire du Sud. Donc le premier ouvrage qu’on avait fait c’était sur les start-ups, et donc là on sort un ouvrage sur l’entreprenariat social et solidaire , ce sont des entreprises qui sont financées et soutenues par la Banque Populaire dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Donc là , en ce moment je travaille pour la Banque Populaire du Sud , je travaille pour un opticien , donc ce qui n’ a rien à voir .Un opticien qui intègre le marché français. Ils sont français mais ils sont basés à la Réunion , ils ont vingt cinq boutiques à la Réunion . ( s’adresse à Vincent) J’ai l’impression que cela te parle la Réunion ?

Vincent : Oui j’ai un rapport particulier à la Réunion.

Antoine Vivier : Et donc voila, ils intègrent le marché français, ça marche plutôt bien. Avant ils étaient suivis par une agence de com et ils voulaient changer, ils voulaient essayer un indépendant,parce que on a un rapport plus …

Sarah: Privé ?

Antoine Vivier : Avec les clients qui est plus privé, qui est plus amical. En plus là, ils savent quand ils font appel à un indépendant, qui fait le boulot . Forcément je suis tout seul, ils sont sur que ce n’est pas le stagiaire. Donc voilà, je travaille pour la Banque Populaire, je travaille pour Manéo: c’est le nom de l’opticien, je travaille pour un label de musique électronique qui s’appelle Pléiade Productionet le label s’appelle“Intention”J’ai réalisé l’identité visuelle du label et en ce moment je travaille pour un domaine viticole aussi . Entre le domaine viticole,l’opticien,la banque et le label de musique …

Sarah: Ça fait des clients variés ! (rires)

Antoine Vivier : Après c’est un peu ma particularité, énormément de graphistes ont une niche, moi je pense que ça m’emmerderai de toujours travailler dans le même domaine.

Sarah : Oui, ça serait un ennui à la fin.

Antoine Vivier : Ouais, ouais. Je pense qu’on vient me voir parce que j’ai une patte, j’ai un style que j’essaie de décliner après en fonction des clients.

Nicolas : Oui et aussi de faire autrement, de se faire connaître dans plusieurs domaines … 

Antoine Vivier : Ouais, absolument, même si je vous avouerai que c’est quand même le secteur culturel qui m’intéresse le plus. Donc j’aimerai travailler d’avantage dans des salles de concerts, des musées …

Nicolas : Tout ce qui est “événementiel” ?

Antoine Vivier : J’aime bien ça ouais, après tout les graphistes aiment l’art et la culture et tout les graphistes ont envie de travailler pour ça. Puis vous savez qu’on est dans un pays très centralisé, et la culture c’est à Paris, dans quelques grandes villes encore mais si on veux être graphiste et travailler pour les clients qui compte il faut être à Paris dans le milieu de la culture.

Vincent : Et justement, ça vous le ressentez justement le fait d’être a Montpellier , d’être vraiment éloigné par rapport a ça,la culture, l’accès a la culture ? 

Antoine Vivier : Dans le milieu de la culture oui, oui parce que l’offre culturel à Paris est pléthorique par rapport à ce qu’elle peut être dans les autres grandes villes françaises ,voilà.C’est pas faire preuve de parisianisme que je le dise, c’est que c’est vrai.

Sarah : ( acquiesce) C’est vrai.

Vincent : Malheureusement.

Antoine Vivier : Et donc voilà, quand on est intéressé par ce secteur là, c’est quand même là-bas que ça se passe mais après je m’amuse beaucoup avec mon opticien, mes banques. Je dis ça mais peut être que si j’étais dans une niche culturelle, même si je pense que ça m’embêterai aussi à la longue. Et puis voilà aussi, c’est des clients en dehors de Paris,c’est des clients qui n’ont pas énormément d’argent et c’est difficile de se faire payer le prix qu’on vaut , ça m’arrive de travailler pour des compagnies de théâtre ou des salles de spectacle, et ici elles en sont à économiser le moindre sous et …. C’est un milieu particulier aussi le milieu de la culture.

Vincent : D’accord, mais justement moi j’aimerai peut-être rebondir sur ça, un moment vous avez parlé d’identité visuelle notamment c’était pour l’électro ? la musique électronique?studio de musique ?

Antoine Vivier : Le label ?

Vincent : Label de musique! Voilà exactement!Combien de temps en général ça vous prend pour faire une identité visuelle, est ce que c’est quelque chose qui prend pas mal de temps ?

Antoine Vivier : Alors c’est vrai que ça dépend de pleins de choses, ça dépend de l’identité visuelle, ça dépend de la taille du client, l’identité visuelle ça part tout le temps du logo, alors ça peut-être une création de logo dans le cas d’une création d’une marque, donc une marque qui se créée qui a besoin d’un logo. Donc là on part d’une page blanche, parfois le client n’a même pas de nom pour sa boite donc on peut aussi venir me voir pour ça, ça s’appelle le “naming”,et soit il a un nom et je vais créer un logo autour de ce nom, soit je peux faire des propositions pour trouver un nom, et créer un logo autour de ce nom qu’on aura trouvé ensemble, ou alors il peut s’agir d’une refonte d’une identité visuelle existante, quand une marque change le logo, voilà. Donc ça moi je part toujours du logo, c’est a dire que c’est la base de l’identité visuelle, après du logo on va décliner tout ce dont l’entreprise a besoin, c’est a dire: carte de visite, papier en tête, site web, brochure, stand, stylo. Tout ce qu’elle veut faire qui parle d’elle. Et donc c’est la création de logo en elle même, ça prend toujours a peu près autant de temps. Vous voyez moi j’aime toujours avoir une quinzaine de jours.

Vincent: D’accord.

Antoine Vivier: Non pas qu’il faille quinze jours pour faire un logo, ça peut prendre au final trente secondes. Mais un logo c’est une idée et les idées ça tombe pas forcément tout cuit, tout cru, ça se travaille, donc il faut y réfléchir et c’est pour ça qu’un logo coûte si cher, les gens sont hallucinés. Alors évidemment je vous parle même pas des grandes agences parisiennes qui peuvent facturer des logos, des identités visuelles hein, c’est pas uniquement le logo. Les gens voient le logo et se disent “Ah c’est ça que j’ai payé 50 000 euros ? ”,mais non c’est le tout. Mais oui, moi je facture un logo, je peux vous facturer trois traits chers. Mais pour arriver à ces trois traits …

Sarah : Ça a pris du temps ?

Antoine Vivier : Ça a prit énormément de temps, de démarches, et je suis capable d’expliquer pourquoi ces trois traits. Voilà, ça part de là, moi il faut une quinzaine de jours entre les premières réflexions, les premières esquisses, les pistes, je ne fais pas parti des graphistes qui proposent trop de pistes. En général, j’en propose trois,ça peut-être quatre, ça peut-être deux. Ça dépend des idées que j’aurai. Il y a des graphistes qui proposent dix , vingt, trente pistes, moi je ne pense pas qu’on peut avoir dix,vingt,trente bonnes idées sur un sujet. Donc moi je propose deux ou trois pistes, je suis a peu près sûr des pistes que je présente, je sais que c’est bien. Je sais que ça marche quoi, je sais pas si c’est bien mais en tout cas pour moi ça répond à la demande. Donc voilà entre les premières pistes, les esquisses, le retour du client et le fignolage,il faut a peu près une quinzaine de jours. Après les déclinaisons ça peut aller beaucoup plus vite, parce que les bases sont posées. Une fois que les bases sont posées, qu’on a plus à réfléchir, qu’il n’y a plus qu’à décliner, ça peut aller assez vite, après si il y a des brochures de quatre-vingts pages à faire… Forcément ça prend un peu plus de temps, ou un site web ..

Vincent : D’accord.

Sarah: Moi j’avais une question, sur le graphisme, plus artistique.Vous nous avez dit que vous avez une patte et que vous avez vraiment un style bien à vous. Est ce que…

Antoine Vivier: C’est ce qu’on me dit .

Sarah: Ça se remarque, j’ai vu un certain nombre de vos travaux et c’est vrai que vous avez un style.

Antoine Vivier : Il paraît.

Sarah : Ce style est ce que vous penser que ça vient d’autres artistes que vous aimez ?

Antoine Vivier: Bien sûr !

Sarah:  Est ce que vous pouvez dire certains noms qui vous ont inspirés ?

Antoine Vivier : Alors moi je n’ai pas été inspiré par beaucoup de graphiste, c’est pas les graphistes qui m’ont inspiré, c’est plutôt des peintres, sculpteurs. Oui, j’aime Francis Bacon et puis parmi les street artistes j’aime beaucoup Banksy, j’aime beaucoup Jean Michel Basquar et puis sorti de là, il ne faut pas oublier que je fais de la pub quand même, je pense que je suis très curieux et la raison pour laquelle j’aime bien les livres, les disques c’est qu’à chaque fois il y a un visuel.

Sarah: Une identité.

Antoine Vivier : Depuis que j’ai une collectionnite aiguë de disques et de livres, autant pour ce qu’il y a dedans que pour l’objet ,parce que j’adore les visuels et je boude les visuels depuis que je suis petit et j’aime bien ça. Après là, je vous sors des grandes références, Basquar, Bacon tout ça, mais c’est aussi tout un tas de pubs que j’ai mangé, des pubs pour Oasis…

(rires)

Antoine Vivier :  Et ouais c’est ce qui s’appelle de la culture pop quoi. C’est ce qu’on fait, les graphistes font de l’art populaire et jetable.

Vincent : Si moi, j’ai une question à propos de tout à l’heure, vous aviez dit que ça peut-être compliqué de travailler sur plusieurs projets en même temps. Est ce que sur plusieurs projets graphiques vous travaillez pour un seul et même client,ou vous pouvez avoir plusieurs clients en même temps ? Est ce que c’est compliqué a gérer parfois ?

Antoine Vivier : C’est compliqué à gérer parce que il faut être très organisé selon le temps que prend tel ou tel projet. Je peux avoir jusqu’à trois ou quatre clients en même temps,mais c’est sur des délais qu’on a le temps.pour un client je vais avoir une échéance à la semaine suivante et pour le deuxième client que j’ai et pour qui je suis entrain de réfléchir, je vais avoir une échéance de deux ou trois mois, dans le cas d’un gros bouquin ou d’un gros site web. Donc il faut réussir à gérer les temps courts et les temps longs, donc voilà c’est un peu difficile et puis ce qui est difficile aussi  c’est de gérer le travail de création du travail d’exécution.Le travail de création c’est tout ce que j’adore.Ce que je préfère dans ce boulot c’est tout le travail de recherche ou l’on recherche des idées, on a un logo à pondre pour une marque de fringues ou autre chose et on fait des esquisses, on cherche,on cherche et ça c’est un travail que je trouve passionnant. Et donc j’ai tendance à privilégier ça par rapport aux autres, quand l’idée est trouvée a la limite ça m’intéresse plus.

(rires)


Antoine Vivier : Mais j’ai des factures à payer, si j’ai un bouquin de cent pages à faire,à rendre pour dans quelques semaines,il faut que les dix pages soient faites, et que je décline les dix pages et que je laisse de temps en temps le travail de création de côté, que je préfère, pour être sûr que mon client aura ce qu’il veut.

Vincent: D’accord très bien, du coup si quelqu’un veut peut-être…

Sarah: Moi j’ai une question. Par rapport au fait qu’on soit dans des temps modernes vraiment, où la technologie prime, est-ce que c’est vraiment un avantage pour vous ? Ou ça peut être un frein parfois ?

Antoine Vivier : Est-ce que vous pouvez reformuler, je suis pas certain d’avoir compris ?

Sarah: En gros, aujourd’hui c’est vrai que la technologie ne fait qu’avancer, est-ce que pour vous vraiment la technologie c’est un avantage ? Et vous adorez ça, ça vous aide vraiment ou est-ce que ça peut composer un frein parfois à votre travail ?

Vincent: Le fait que tout avance vite.

Antoine Vivier : Oui c’est vrai, mais alors c’est un avantage indéniable dans mon métier quand même, je pourrais pas faire le métier que je fais aujourd’hui sans ordinateur, sans tablette graphique. Mais ça a tendance à être la solution de facilité parfois. Et ses outils là, aussi rapide, efficace et pratique qu’ils soient, sont des outils et reste limités. Et ce qui fait la différence pour les créations graphiques, que j’ai tendance à préférer, sont celles où le créateur s’est écarté des outils de création graphique traditionnels que sont Photoshop, Illustrator, la tablette graphique.
Moi j’adore les créateurs, donc les graphistes ,qui laissent de côté l’ordinateur de temps en temps pour faire des logos à la main, qui scanne, où on perçoit un travail manuel. Parce que le trait sur Photoshop, Illustrator qui sont les outils de création graphique, le trait est toujours le même, après il y a quand même une petite patte. Mais à la main c’est vraiment différent, la main a une vrai identité, une vraie spécificité , le trait n’est pas du tout le même.

Nicolas: Et on sent aussi l’implication du graphiste sur le logo.

Antoine Vivier: Oui, après le travail du logo en lui même, un logo ne peut pas être fait à la main, la base peut être faite à la main mais au final ça sera forcement un fichier numérique. Un logo il faut qu’il puisse être décliner en tout petit, sur une carte de visite et en quatre mètres par trois dans des stands. C’est ce qu’on appelle un fichier vectoriel, il peut être agrandi et rétréci à l’infini, et ça on ne peut pas avec des dessins. Mais pour tout ce qui est affiches ou visuels de disque, les choses qui sont à un format bien défini et qui ne bougera pas, il est bien si on peut s’écarter des outils informatiques pour retrouver la base du métier: les pinceaux, les crayons… Alors moi c’est ce que j’aimerais bien faire plus, mais il faut du temps.

Vincent : Plus par manque du temps, alors du coup.. ?

Antoine Vivier: C’est par manque de temps et aussi par manque de clients qui serait susceptible d’être intéressé par ça. C’est pour ça que j’aimerais toucher le milieu culturel davantage, qui est plus ouvert…

Sarah : A l’aspect manuel ?

Antoine Vivier: Ouais, qui est plus ouvert aux folies qui peuvent éventuellement sortir de la tête des artistes (rires). Je travaille pour la Banque Populaire du Sud, même si je les adore, je sais pas où est votre… 

Nicolas: Il est ici (pointe le micro et ri)

Antoine Vivier: ( S’approche du micro) Je vous aime beaucoup ! Mais ça reste des banquiers. (rires)

Sarah: Ça reste figé un peu ?

Antoine Vivier: En même temps c’est normal, ça reste leur corps de métier. On s’adresse pas à …. 

Sarah: A des gens qui sont en recherche d’art pur. Qui cherche vraiment un esprit…

Antoine Vivier: Oui voilà, oui je vous parle de Frost,Bacon et Banksy mais vous imaginez que j’ai peu l’occasion de faire des visuels comme ça quand je travaille pour un banquier. Mais ça reste intéressant, celui qui aime le graphisme aime forcément tout les graphismes, la réponse qu’on peut apporter à un banquier n’est pas moins intéressante que celle qu’on peut apporter à un musée ou la belle musique électronique. Quand je dis souvent à mes amis, qui me demande comme vous, sur quoi je bosse en ce moment, je leurs dit ‘’un banquier’’, ils me font: “Ah ouais dur, un banquier !” Et en fait c’est con, parce que ça peut être très intéressant, moi c’est la réponse à une problématique qui m’intéresse.

Sarah: Et il y a vraiment un défi derrière, l’art d’être restreint ça apporte quelque chose.

Antoine Vivier : C’est très intéressant de bosser pour un banquier, justement mon rôle à moi c’est de les rendre moins chiants (rires). Et voilà c’est un peu un défi, c’est ça.

Sarah: Moi j’avais une question, par e-mail on avait parlé du fait que vous étiez surtout quelqu’un qui travaillait en solitaire. Mais parfois, je pense que sur certains travaux vous êtes en équipe ? Est-ce que vous avez une équipe de préférence ou vous avez souvent les mêmes collaborateurs ?

Antoine Vivier : Oui, quand je travaille dans le web j’ai un développeur avec lequel je travaille depuis des années, qui est toujours le même,qui fait du très bon boulot, et qui comprend ou je veux en venir niveau artistique. Parce que les développeurs sont une espèce très intéressante mais qui sont souvent pas les plus artistes. C’est des codeurs, et c’est difficile de trouver des développeurs qui comprennent, pour les graphistes c’est pas évident. Comme c’est pas évident pour les développeurs de trouver des graphistes qui ont des notions de code et qui vont pas leur proposer n’importe quoi , des pages web qui vont être impossible à développer. Pour la collaboration graphiste-développeur, il faut que le graphiste soit un tout petit peu développeur et que le développeur soit un tout petit peu graphiste.

Vincent: Pour que ça matche !

Antoine Vivier: D’ailleurs on est au cœur de ce que c’est la direction artistique, il se doit de connaître tous les aspects du métier.

Sarah: Une certaine polyvalence du coup ?

Antoine Vivier :Oui, parce que dire à un photographe, fais-moi un dégradé fluo, si on ne sait pas le faire soi-même, il vaut mieux avoir des bases techniques et artistiques solides. 
Dans le web, je travaille toujours avec la même personne. Pour la photographie, le client vient avec son propre photographe. Ce qui est le cas en ce moment, avec la Banque Populaire du Sud.On travaille sur un livre, et j’ai des réunions par téléphone avec le photographe. Je lui ai montré les premières maquettes du livre, avec des photographies fictives que j’avais trouvé pour lui donner la teinte que je vois, et pour lui montrer dans quel sens je voulais qu’il aille au niveau de l’image. C’est vraiment un métier de direction artistique , je pars d’une base et je lui dis : pour ce livre, je verrais des photos avec telles ou telles teintes, prises sous cet angle-là.

Enzo : Est-ce que vos clients vous donnent carte blanche ? Ou est-ce qu’ils vous dirigent, ou vous dirigent trop ? 

Antoine Vivier: Le client rêvé, il n’est ni trop directif, ni trop laxiste. Il n’y a rien de plus insupportable qu’un client qui dit «  c’est bien ce titre, mais je le verrai bien en jaune, je le veux en jaune ». Si on vient vers un créateur, c’est pour lui faire confiance. Si c’est pour le brimer, autant le faire seul. Je peux tout à fait accepter qu’un client ne soit pas content de ce que j’ai fait, ou qu’il veuille changer des choses. Mais il est mieux qu’il me dise : ton titre, je sens qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Est-ce que tu peux nous proposer autre chose ? La solution, elle doit venir de moi ou en tout cas ensemble. Je ne peux pas être un exécutant. Je n’aime pas non plus un client qui ne sait pas ce qu’il veut car, au final, il va être souvent très directif. Il faut qu’il ait une petite vision de ses envies. Les contraintes favorisent la mise en œuvre. Cela réduit le champ des possibles. Cela fait gagner du temps. S’il ne sait rien de son projet ou qu’il n’a pas de mot pour en parler, ce n’est pas très bon. J’aime bien le faire parler. C’est forcément un travail en commun. 

Vincent : Quel conseil vous pourriez donner à un débutant ? 

Antoine Vivier :La curiosité. Les arts aujourd’hui sont de plus en plus interconnectés, je pense qu’il serait illusoire de vouloir faire du graphisme et de ne pas s’intéresser aux autres domaines artistiques. Si on veut faire de la mode, il faut s’intéresser à la musique. Et réciproquement. Mon métier de graphiste attrait à la pub, à la com. Je peux travailler pour un opticien, une banque etc, donc j’ai intérêt d’avoir la culture la plus étendue. Donc, la curiosité, il faut aller au musée, au ciné, il faut jouer aux jeux vidéo. Il y a un âge où cela devient difficile. Aujourd’hui, je viens d’avoir une petite fille, je sors aujourd’hui beaucoup moins. Je suis beaucoup moins bombardé de messages que je pouvais l’être avant. Il me faut cependant rester le plus à l’écoute possible. Après il y a des artistes qui n’ont jamais été has-been et qui ont fait toujours la même chose toute leur vie. Donc curiosité et ouverture . 

Sarah : Alors pour synthétiser l’entretien que nous venons d’avoir, on peut dire que vous avez un métier qui demande un esprit créatif et curieux, qui demande beaucoup de temps aussi. Vous aimeriez aussi voir professionnellement d’autres choses .

Vincent : Et bien nous vous remercions énormément pour nous avoir accorder cet entretien !

Sarah : Oui merci beaucoup !

Antoine Vivier : Et bien c’est moi-même qui vous remercie , vos questions étaient très pertinentes !

Ainsi s’est clos cet entretien qui au final aura duré environ quarante cinq minutes .

Quelques œuvres d’Antoine Vivier

le lien de son site web : http://antoine-vivier.com/

GLOSSAIRE

Pléthorique : Ce qui est en grande abondance , un surplus à la limite du trop.

Le ‘’naming’’ : Le fait de trouver un nom à une entreprise par exemple.

Un fichier vectoriel:C’est un fichier qui ne va pas perdre sa qualité lorsqu’il sera agrandit ou rétrécit

Francis Bacon : Peintre britannique du XX ème siècle , célèbre pour ses triptyques.

Bansky : Banksy est le pseudonyme d’un(e) artiste britannique connu pour son art urbain (ou street art) et également comme peintre et réalisateur.

Terry Frost : Peintre du XX ème siècle, se spécialisant dans l’art abstrait.

Sarah Vigy, Vincent Fregence , Enzo Vicentini, Nicolas Engelhardt

Entretien avec Fiona Pasquier, chef de projets

lundi 25 novembre 2019

Nous avons interviewé Fiona Pasquier, chef de projets dans l’entreprise COM’Event à Lattes. Nous avons fait les présentations dès notre arrivée.

Les raccourcissements:

F = Fiona PASQUIER (interviewé)

M = Mélissa TURBLIN (interviewer)

C = Carla CAMMAN (interviewer)

A = Anastasia DORLEAC (interviewer)

B = Bissultanym MANBAYEVA (interviewer)

N = nous toutes

Nous sommes 4 étudiantes au sein de l’université Paul Valéry et nous vous avons contacté dans le cadre d’un projet que nous devons réaliser pour notre première année de licence Information et Communication. Pour cela nous vous avons préalablement demandé s’il était possible de vous interviewer afin que nous puissions en apprendre plus sur vous et votre métier. Nous vous avons demandé un délai de 30 à 45 minutes, êtes-vous toujours d’accord pour cela? Si oui, nous aimerions vous enregistrer afin de retranscrire vos réponses et les publier sur notre blog universitaire. Il n’est pas obligatoire que votre nom et le nom de l’agence dans laquelle vous travaillez apparaissent, serait-il possible que nous puissions l’ajouter à notre production ? Nous pouvons à présent commencer l’entretien, mais nous tenons tout d’abord à vous remercier de nous accorder de votre temps.

F : Oui bien sûr, vous êtes en quelle année ?

N : Première année.

F : Et là c’est un format licence ?

M : Oui, en licence information-communication.

F : Et vous avez choisi de faire dans l’événementiel parce que ça vous intéresse ou parce que c’est votre projet qui vous demande de le faire ?

C : Ah non, non, on est en communication du coup beaucoup de domaines nous intéressent dont l’événementiel.

M : Et puis c’est vrai que l’événementiel c’est intéressant.

C : Oui moi je préfère ça que le journalisme.

M : Alors du coup on aimerait savoir ce que vous faites en priorité dans cette agence ?

F : Alors nous on est une agence d’événementiel professionnel, c’est-à-dire qu’on s’occupe des évènements que pour les professionnels donc tout ce qui est mariage, etc. pour les particuliers, nous on ne fait pas du tout. Donc pour entreprise, comité d’entreprise, collectivités etc., donc après tout ce qui sont des évènements professionnels, donc anniversaires entreprise, soirées d’entreprise, inaugurations, tout ça. Et on fait aussi du tourisme d’affaires : congrès, séminaires, team building toujours pour les entreprises vu qu’on s’occupe que des professionnels.

M : Donc dans votre métier vous vous occupez du projet toute seule ?

F : Oui chef de projet en soit c’est de gérer le projet de A à Z après bon nous on est 4, enfin 3 fixes avec une en alternance, donc c’est vrai qu’on est assez polyvalent, après le métier de chef de projets c’est de gérer l’événement de la demande jusqu’à la finalisation du projet. C’est-à-dire que le client vient vers vous, il vous explique ce dont il a envie, soit il a plus ou moins une idée en tête avec un lieu qu’il souhaite ou un traiteur qu’il souhaite et là on l’aide à construire. Soit il vient avec juste une idée de ce qu’il a envie et il veut faire une soirée d’anniversaire avec tant de personne… Il veut un truc comme ça ou un peu comme ça, et là on va être force de proposition et lui proposer un lieu et tout le packaging qui va avec… Donc oui, le chef de projets a le rôle de gérer le projet de A à Z. Donc ça fait intervenir plusieurs prestataires.

C : Et si par exemple le client n’est pas en accord avec ce que vous lui proposez ?

F : Alors ça peut arriver, en général le client nous fait un brief assez complet donc voilà, nous on va lui faire une proposition qui correspond; on lui envoie une première proposition et après lui va dire « Ça c’est plutôt ce que je veux », donc ça lui permet aussi d’affiner ce qu’il veut, et du coup on retravaille le dossier jusqu’à ce que ce soit finalisé à son goût.

C : Comment pouvez-vous nous expliquer vos débuts dans la profession ? Ça a été difficile ?

F : Moi j’ai eu un parcours… En fait j’ai fait mon stage d’école dans cette société. Je suis arrivée en alternance et ai terminé en cdi, donc j’avoue que j’ai eu un débouché pas mal, car j’ai carrément chiné l’école… Après c’est vrai que la com dans l’événementiel c’est un peu le métier à la mode. Il y a beaucoup d’entreprises qui se disent faire de l’événementiel maintenant, il y en a qui touchent à l’évènementiel et qui font que de la décoration de l’évènementiel en fait. Certes il y beaucoup d’entreprises, mais beaucoup veulent faire ce métier là, et les débouchés sont de plus en plus réduits.

M : Du coup au début vous aviez directement envisagé de faire de l’événementiel ?

F : Alors moi quand j’ai fait mon stage c’était en deuxième année de DUT en technique de commercialisation, et on a des anciens élèves qui sont venus nous présenter ce qu’ils faisaient. Puis moi j’ai mes parents dans l’évènementiel donc j’avoue que j’avais déjà suivi un peu la voie familiale. Et en fait quand mon collègue qui est là est venu me présenter ce qu’il faisait je me suis dit que c’était vraiment ce que je voulais faire et du coup c’est vrai que j’y suis allée naturellement et en faisant un stage je me suis rendue compte que ça me plaisait vraiment et que je voulais continuer là dedans en alternance, et puis en faisant l’alternance je me suis rendue compte que c’était vraiment ça que je voulais faire quoi.

C : Du coup comment, enfin pour vous est-ce qu’il y a eu des projets vraiment difficiles avec une énorme ampleur ?

F : Bah alors déjà quand on commence surtout là comme je vous disais, on est un petit effectif, on prend vite des responsabilités, et quand on a des responsabilités et qu’on ne connait pas, qu’on sort de l’école, toute façon chaque projet fait un peu peur parce qu’ils ont tous une ampleur importante mais après, oui on a eu des projets assez compliqués. Maintenant il ne faut pas hésiter à demander à ceux qui ont de l’expérience de l’aide. Voilà je sais que je peux demander à mon collègue, à mon responsable, après oui il y a toujours des projets qui paraissent plus ou moins d’envergure importante. Et puis il y a des demandes qui paraissent infaisables, et le but c’est que si un client se tourne vers une agence c’est qu’il ne peut pas réaliser son projet tout seul.

A : Et du coup, vous dites que vous avez des responsabilités. Est-ce que ce n’est pas difficile même avec l’expérience de les gérer ?

F : Bah de toute façon, à partir du moment où on gère le projet de quelqu’un on a des responsabilités. Donc après tout ne repose pas que sur nos épaules heureusement, le but d’être une agence c’est d’être une équipe donc on travaille en équipe. Après bah forcément on a un peu de pression parce que le but de ce métier c’est de vouloir créer du rêve, on crée un bon moment pour le client, donc on veut que tout soit parfait. Faut savoir que dans les coulisses ça ne se passe pas toujours comme on le voudrait. Forcément ça met toujours un peu de pression mais on s’y habitue, y’a des projets qui mettent plus de pression que d’autres etc… Maintenant comme je dis on travaille en équipe et ce n’est pas que la responsabilité d’une personne voilà c’est ce qui est bien aussi.

B : On a remarqué que c’était le quatorzième anniversaire de COM’Event il y a quelques mois, depuis quand travaillez-vous dans cette entreprise ?

F : Moi ça fait trois ans, mon responsable a monté lui-même il y a quatorze ans, mon collègue a été le premier et ça fait sept ans qu’il est là. Il a tenu l’entreprise tout seul, l’a développé et l’a propulsé vraiment seul et puis après moi ça fait trois ans que je suis là.

C : Par exemple si un client vous dit qu’il veut faire un gros projet et qu’il n’a pas d’idée, est-ce que vous êtes en mesure de lui proposer quelque chose ?

F : De toute façon, nous notre but c’est qu’on est avant tout une agence conseil. Donc le but c’est de partir sur du conseil comme si le client demande quelque chose totalement improbable ou pas cohérente avec ses valeurs, nous on se doit d’être agence conseil donc si un client arrive sans idées mais qu’il veut faire un événement, ça arrive, donc on propose des thèmes, on construit son projet avec lui. C’est aussi le but de se tourner vers une agence d’événementiel. Certes on fait le travail pour lui mais après on l’accompagne. Donc oui, d’ailleurs on s’appelle agence conseil stratégie événementiel.

M : Et du coup vous avez une anecdote peut-être sur un projet difficile avec un client ?

F : Une anecdote, une anecdote… En soi oui et non, tous les projets ont des anecdotes, il y a des projets plus difficiles que d’autres. Non, j’avoue que là je n’aurais pas d’idée en soi, mais il y a des projets qui sont plus ou moins compliqués où on doit réaliser des choses plus ou moins compliqués, où les choses ne se déroulent pas forcément comme on le voudrait et il ne faut pas que le client le voit… Mais sinon là non une anecdote j’avoue désolé mais… (Rires)

M : Ce n’est pas grave, merci.

C : Comme du coup vous êtes chef de projet, est-ce que vous avez un style de leadership ou pas pour mener à bien le projet ?

F : Non, j’avoue que, alors je ne sais pas peut-être dans les agences où ils sont 20-30, ils mettent quelque chose en place pour ça, nous c’est vrai qu’on arrive à être une agence qui marche bien dans la région mais on n’est pas beaucoup en terme d’effectif. Donc c’est vrai que nous c’est vraiment le travail en équipe, c’est-à-dire que voilà quelqu’un est sur un projet mais on peut

toujours demander de l’aide à l’autre qui va travailler sur une partie du projet etc… Il y a toujours en général un interlocuteur pour le client, mais après c’est vrai qu’on n’a pas de méthode particulière. Après c’est vrai qu’on a la chance de travailler quand même avec des clients fidèles qui viennent régulièrement faire des opérations aussi qui sont annuelles c’est-à-dire qu’on a des soirées qui reviennent chaque année. On travaille aussi beaucoup avec les promoteurs immobiliers donc du coup ils ont certains événements comme des poses de première pierre, des previsi, des choses comme ça, qui sont réguliers, donc on a le format, on sait ce que le client attend et on sait comment construire cette événement de A à Z, c’est plus de l’expérience et du travail d’équipe.

A : Du coup vous dites que vous avez des projets qui reviennent un peu chaque année, est-ce que vous avez plutôt des projets qui sont par exemple pour des événements et après vous n’avez plus à faire à ces clients, ou vous avez des projets qui sont plus…

F : Alors forcément on a des ponctuels qui font des gros événements. Par exemple un anniversaire : les 20 ans, les 30 ans, bah là c’est sûr on ne va pas faire 31 ans (Rires). Après c’est vrai qu’on a de la chance d’avoir quand même des clients fidèles, c’est-à-dire que nos nouveaux clients, on va voir qu’ils vont avoir tendance à nous redemander, alors peut-être pour des prestations plus petites, pour des conseils ou autre chose, mais on arrive quand même avoir des clients assez fidèles et travailler régulièrement avec les mêmes clients.

M : Et au niveau de votre clientèle du coup, qu’elle soit fidèle ou pas comment vous arrivez à communiquer avec elle, c’est elle directement qui vient vous contacter ?

F : Alors on a des clients qu’on a depuis longtemps. On a la chance aussi de pouvoir travailler avec le bouche-à-oreille. Voilà on a beaucoup de clients qui viennent à la promotion immobilière; on travaille beaucoup avec … On a des clients qui sont arrivés parce qu’ils ont vu ce qu’on avait pu faire avec d’autres clients et du coup ils nous ont contacté, après il faut savoir qu’on marche aussi dans les agences avec des appels d’offres. C’est-à-dire qu’il y a des entreprises, soit les publics, donc c’est-à-dire que tout ce qui est les collectivités, les mairies, les entreprises publiques qui font des appels d’offres pour leurs entreprises et plusieurs agences répondent et le meilleur projet est accepté du coup là on gagne l’appel d’offre. Il y a des entreprises privées qui font des consultations, donc envoient leur dossier à plusieurs entreprises qu’elles ont choisi et après selon les réponses ils choisissent aussi donc ça on y répond bien sûr, et puis après bah sinon c’est de la prospection on prospecte, on se présente, on essaye de se faire connaître. Après on a la chance aussi d’avoir un réseau de prestataires très lié, on est très lié avec nos prestataires, travaille toujours avec les mêmes, on crée une équipe vraiment soudée donc si on va avoir une demande pour quelque chose, en fait on va tous travailler en équipe et si mon prestataire technique a une demande par rapport à la technique mais qu’il voit qu’il y a une possibilité événementiel il va les renvoyer vers nous et nous de la même façon. Donc voilà c’est vraiment le bouche-à-oreille qui marche bien.

C : Dans le métier « chef de projet » vous pouvez être amené à vous déplacer, est-ce que c’est aussi le cas pour vous ?

F : Ah oui tout à fait. Alors on a une partie de travail au bureau puisqu’on construit l’événement, après oui, de toutes façon on est sur les événements à chaque fois, donc on fait beaucoup d’opérationnel et on est présent sur l’événement, que ça soit à Montpellier, ses alentours et puis tout ce qui est tourisme d’affaires, congrès, séminaires, on se déplace même au national. En fait pendant 3-5 jours où on va se déplacer au national. Ce n’est pas un métier fixe de bureau, enfin encore une fois peut-être que les agences où ils sont 20-30 il y a quelqu’un qui est vraiment à un poste fixe en bureau voilà… Nous, on est que 4, donc on est polyvalent, on fait tous les postes et donc oui on se déplace.

M : Et comment vous qualifierez ça, le fait de se déplacer comme un point négatif ou plutôt justement ça vous plait ?

F : Ah bah moi je sais que oui si je préfère, c’est un métier de terrain et puis bon c’est frustrant de monter un projet au bureau et de pas y assister quoi… Après il y a des gens qui aiment travailler au bureau et qui préfèrent rester. Nous ça permet d’avoir un travail qui n’est pas monotone. Fin on bouge enfin entre guillemets, aucune journée se ressemble quoi donc c’est pas mal après c’est vrai qu’il faut aimer, il faut le choisir puisque ce n’est pas non plus un métier où on fait des horaires fixes tous les jours et qu’on est calme mais il faut aimer et quand on aime c’est pas mal.

B : En troisième année de notre licence nous avons un stage obligatoire à faire et à votre avis quel stage on peut faire pour mieux nous transmettre ?

F : Dans la dedans bah vous pouvez faire un assistant de chef de projets, il faut consulter les sites. Soit vous avez une agence comme nous, après maintenant vous avez toutes les grosses entreprises qui sont aussi en pôle communication qui réalisent des événements en interne, toutes les entreprises le font aussi. Il faut savoir qu’une entreprise ne fait pas toujours appel à une agence événementielle puisque forcément ça a un coût, il faut que ça soit justifié pour un gros événement. Mais tout ce qui est « petits événements » en interne, ça les entreprises le font aussi eux avec leurs propres services donc vous pouvez très bien demander soit un stage en agence et là du coup vous verrez de tout. Là, par exemple, on a Julie qui est là. Elle est en stage chez nous donc elle travaille en plus sur notre site internet, elle va voir des événements, elle va travailler. Ça permet de voir plusieurs facettes du métier et sinon en entreprises, les grosses entreprises le font aussi.

C : Est-ce que vous avez déjà fait face à des imprévus de dernière minute avec vos projets ?

F : Oui tout le temps. (Rires)

C : Et ça ce passe comment dans ces cas-là ?

F : Il faut le gérer encore une fois comme… Enfin tout le temps, je suis une mauvaise langue parce que… Non mais c’est régulier enfin l’imprévu fait toujours partie du travail, soit un client change quelque chose à la dernière minute parce qu’il se rend compte que en fait il veut ça, donc il faut régler le problème sur la minute, soit il y a quelque chose qui ne marche plus au dernier moment et du coup voilà ça arrive. Après encore une fois l’avantage de travailler avec des prestataires qu’on connait bien, avec qui on travaille tout le temps, ça permet que tout le monde met la main à la pâte et euh.. réagisse dans l’urgence. C’est vrai qu’on n’est pas infaillible, il peut avoir qu’on oublie aussi quelque chose sur un événement, donc il faut repartir vite le chercher sauf que si on est dans un autre endroit, dans une autre ville en France, et il faut aller l’acheter enfin bon. C’est des imprévus, le but c’est que le client ne s’en rendent pas compte au maximum et de travailler après ça fait partie du métier. Fin on construit quelque chose de A à Z au bureau mais faut savoir que entre la théorie et la pratique il y a toujours des choses qui se passent différemment mais il faut improviser. C’est vrai que c’est un métier où il faut improviser, il ne faut pas rester sur des lignes droites et se dire il faut que ça se passe comme ça, comme ça, faut savoir improviser.

M : D’accord et on a vu du coup que vous aimez bien votre relation avec cette agence etc. Est-ce que vous envisagez de rester par exemple dans cette agence ou peut-être de changer ?

F : Pour l’instant oui j’envisage de rester, j’envisage pas de partir. Moi je sais qu’en plus j’ai un lien particulier puisque c’est l’agence qui m’a formé. On arrive quand même à être une bonne agence dans la région, on travaille bien, on a des clients fidèles, on a une manière de travailler qui correspond à nos valeurs et à mes valeurs. Enfin le fait de travailler en équipe, d’être fidèle avec nos prestataires et nos clients, donc moi, tant que j’apprend ici oui oui, je m’estime chanceuse d’être ici et donc il y a vraiment pas de soucis, je ne compte pas partir pour le moment, ça c’est sûr !

A : Tout à l’heure vous nous avez parlé de votre stagiaire qui travaille sur votre site internet. On voudrait savoir si vous communiquez aussi par le biais des réseaux sociaux, etc ?

F : Oui on a fait un travail… J’avoue que quand je suis arrivée ici je l’ai un peu travaillé parce qu’on était… Bon déjà notre site internet on le refait entièrement parce qu’il était ancien, donc là on retravaille. Après oui, on a développé énormément notre Facebook, on présente, on arrive à avoir une communauté quand même qui nous suit bien donc on présente tous les coulisses de notre agence, des événements qu’on réalise, ça permet aussi du coup de montrer ce qu’on sait faire, donc oui oui on utilise beaucoup les réseaux sociaux. Et là, depuis cette année on a lancé… Enfin on a Linkedin aussi et… Vous avez vu notre Linkedin ? Oui bon on commence aussi à la développer, le problème c’est que c’est moi qui le gère mais que déjà je ne suis pas community manager et en plus je fais ça en plus du reste donc c’est dur. J’ai lancé Instagram aussi donc j’avoue que là les postes il en faut plus mais on travaille beaucoup avec les stories aussi ça marche bien, ça permet aussi aux gens qui nous suivent de voir aussi un peu les coulisses, de voir un peu comment ça se passe derrière. Donc on a de la chance d’avoir… Alors on n’a pas une immense communauté par contre elle est vraiment présente et elle nous suit bien donc c’est pas mal puis c’est sympa ça fait un petit truc en plus pour l’agence quoi !

M : Et le fait de vous être développé sur ces nouveaux réseaux, ça vous a apporté des clients peut-être différents qui passent par ce réseau ?

F : Alors on n’a pas quantifié maintenant, comme je disais tout à heure, il y a des clients qui sont venus nous voir parce qu’ils avaient vu ce qu’on avait fait avec d’autres donc soit ils les ont vu via les réseaux des autres clients soit ils l’ont vu via nos réseaux, mais en tout cas, ça permet d’avoir une visibilité supplémentaire, après on n’a pas quantifié ce qui vient par tel ou tel canal mais voilà. Et puis, on a aussi des… parce que nous on est aussi producteur, on est une agence de production donc on produit des artistes, tous les groupes de musique qu’on a, c’est nous qui les produisons, donc on a aussi des gens qui viennent nous contacter via les réseaux sociaux pour nous montrer ce qu’il font eux aussi et pour qu’on créer une base de données où on rentre des nouveaux artistes, et voilà. Donc ça permet d’être un moyen d’échange quand même, si c’est pas mal !

B : Vous avez dit que d’être capable d’improviser peut aider, et à votre avis, quelles sont les autres compétences nécessaires ?

F : La polyvalence. Il faut faire de tout… Non, l’événementiel n’a pas besoin de « compétences particulières ». Oui, pour toucher de la com, il faut savoir faire des propositions fortes, etc. Après, je pense que c’est un métier, où on apprend beaucoup sur le tas. Après, la polyvalence – oui, parce que aujourd’hui je suis dans mon bureau, mais demain je vais être en train de charger un camion, et après je vais être en train de monter un événement, après je vais être en train de gérer des hôtels, etc… Donc, voilà, on est vraiment un touche-à-tout. Et après, ce qui nous plaît aussi dans ce métier, c’est que ça nous permet de ne pas avoir une journée typique. Après, c’est sûr encore une fois que c’est un métier où on n’a pas des horaires de bureau, sauf quand nous sommes au bureau, donc c’est sûr qu’on a besoin de faire d’investissement. Puis de relationnel, c’est sûr qu’on ne peut pas être dans son coin, il faut vraiment aller au devant, parce que quand on est sur un événement, on doit le gérer de A à Z. C’est aussi des compétences personnelles à développer pour pouvoir travailler dans ce milieu-là. C’est sûr que ce n’est pas le même que les médecins ou les avocats, là il faut vraiment apprendre. C’est un métier où on apprend beaucoup sur le tas.

C : D’accord. C’est une question un peu plus personnelle, mais avez-vous une préférence dans le style d’événement ou c’est vraiment la polyvalence qui vous plaît le plus ?

F : Moi, j’avoue que j’aime beaucoup la partie de tourisme d’affaire. Tout ce qui est congrès, les séminaires, parce que c’est agréable, on parle avec les clients. On a quand même des avantages dans le métier quand on participe aux animations des clients, on arrive de faire les choses sympa dans ce métier là. J’avoue que dans les soirées des gros événements c’est beau à voir, on est fiers de voir le rendu et voir que nous avons contribué à créer. Et le tourisme d’affaire, quand on part en congrès, séminaires, la gestion d’hôtellerie, la gestion des activités, des expositions, travailler avec les exposants, etc… C’est quelque chose qui me plaît bien.

M : D’accord. On a vu que vous avez fait le projet sur l’usine Carte Noire. Comment avez-vous géré ce projet ?

F : Oui, alors on a commencé à travailler avec la Carte Noire Lavazza pour le Noël l’année dernière. Et cette année il faisait 50 ans de l’usine. Voilà, c’est une manière de travailler particulière parce que l’usine était ici, mais le siège était en Italie. Il faut quand même travailler avec les italiens, ce sont eux qui prennent les décisions. On a vu ce que le client souhaitait, il voulait vraiment faire une journée dans l’usine. Donc, on a monté un projet en les proposant le style « garden party » avec plusieurs petits stands, je ne sais pas si vous avez vus les photos… On avait un plan B forcément en cas de pluie : on a monté un grand chapiteau, et tout ça passerait sous ce chapiteau. Heureusement pour nous, il n’a pas plu, parce que ça ne pourrait pas avoir du tout le même charme. Mais le fil rouge, c’était vraiment une journée « garden party » conviviale et surtout familiale, parce que c’était tous les salariés avec leurs familles qui venaient. Et après, on travaille ensemble et on propose de faire les stands comme ça pour que les gens puissent se repartir, aussi les buffets, plusieurs animations pour les enfants, pour que tout le monde puisse vraiment profiter de cette journée.

C : D’accord. Mais ça c’est passé…

F : C’était le 28 septembre.

C : Oui, et vous dites que c’est en Italie, mais…

F : Non, c’était en France. Oui, parce que c’était les 50 ans de l’usine. Et la Carte Noire est la partie de groupe « Lavazza », et du coup, le siège du groupe est en Italie, donc les décisionnaires sont en Italie.

M : Donc, au niveau de matériels que vous utilisez pour les chapiteaux, etc… Est-ce qu’ils vous appartiennent ou ce sont de vos partenaires ?

F : Tout ce qui sont les chapiteaux, les techniques, etc… On travaille avec les prestataires. Après on a tout un parc de mobilier, un garage, donc on fait des locations mobilières. Tout ce qui est mobilier sur événement, sauf les montées particuliers où quelqu’un veut quelque chose, ou sur les congrès, où il faut une quantité grosse, on travaille avec les prestataires. Mais sinon, en général, tout ce qui est mobilier, c’est à nous. Mais tout ce qui sont les techniques, prestations paysagères, chapiteaux, etc… Ce sont les prestataires qui interviennent.

C : Est-ce que vous aimeriez encore évoluer dans ce domaine, ou ça vous plaît totalement ce que vous faites maintenant ?

F : Oui, oui, ça me plaît, c’est sûr. Après, j’avoue que je ne me pose pas la question pour l’instant, encore une fois j’ai de la chance de toucher à tout, parce que j’ai arrêté le travail dans une grosse agence, où j’ai occupé un seul poste. L’agence comme celui de maintenant, permet de toucher à tout et donc d’apprendre tous les jours. Donc, pas forcément, maintenant j’ai 23 ans, donc j’espère évoluer quand même. Mais pour l’instant, j’estime qu’à l’âge que j’ai, le poste que j’ai, c’est bon. J’apprends beaucoup, la société évolue aussi, donc le but est d’évoluer avec la société pour le moment.

M : D’accord. Du coup, vous avez évolué en 3 ans dans cette agence. Comment ça vous a apparu ? Plutôt difficile, ou non ?

F : On était dans le bas (rires). J’avoue que je ne me suis pas « rendu compte » que c’était un métier très prenant, il faut penser d’un métier où on s’investi énormément. C’est sûr que nous à l’agence avons la vie personnelle simple, on n’a pas d’enfants, donc on arrive à s’investir que dans le travail, parce que il y a les temps, quand on part pour 3-5 jours, des soirs et les week-ends quand on reste à travailler. C’est vrai qu’on était très investi dedans, mais ça se passe naturellement. Plus ça va, plus on prend de responsabilités. Un jour on est capable de faire ce que hier on ne pouvait pas faire. Petit à petit, sur des petits événements on arrive à gérer tout seul, et c’est comme ça qu’on monte.

C : Je pense qu’on a posé toutes nos questions.

F : Ça va ? Vous n’avez pas toutes dégoûté de l’événementiel ? (Rires)

N : Non, au contraire. Nous sommes devenues encore plus intéressées dans ce métier.

F : Très bien. Ce n’est pas la même chose que l’événementiel avec les particuliers, où on gère les mariages, etc… C’est vraiment le travail avec les professionnels, les entreprises. Ce n’est pas la même façon de travailler. Il y a les agences qui essaient tout mélanger mais c’est… On ne travaille pas de la même manière avec les professionnels qu’avec les particuliers. Ils n’ont pas de mêmes attentes, de même budget, de même façon de travailler. C’est bien pour vous de faire les stages dans ce qui vous attire pour voir un peu ce qui vous plaît le plus dans l’événementiel. Nous travaillons avec des professionnels, donc on a trop de chance de ne pas travailler les week-ends parce que les entreprises préfèrent de faire les choses dans la semaine, etc…

N : Merci beaucoup !

F : Avec plaisir.

C : Vous voudrez qu’on vous envoie la retranscription par mail, par exemple ?

F : Oui, bien sûr. Envoyez-moi le lien. Est-ce que c’est le site de votre école ?

C : Oui, c’est en fait notre blog en communication où on poste les choses et publie les entretiens.

F : D’accord, c’est bon.

Entretien géré par Bissultanym MANBAYEVA, Carla CAMMAN, Anastasia DORLEAC, Mélissa TURBLIN.

Retranscription entretien, Raton, Nguyen, Caillot, Matter, Sassi

lundi 25 novembre 2019

Nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Camille Casteignau qui est le fondateur et chef de projet de l’association One-One. Cette association a été créée en avril 2014 dans le but d’élargir la visibilité de la culture urbaine dans l’Aude et les départements voisins en proposant divers cours et ateliers. 

L’entretien ne s’est pas déroulé dans des conditions les plus favorables: nous étions en extérieur sous une bâche qui nous protégeait de la pluie et non loin d’une route (nous étions donc soumis à certaines nuisances sonores). C’est pour cela que nous ne mettons pas l’enregistrement à votre disposition car le son est très mauvais. Cependant certains éléments ont rendu plus qu’appréciable ce moment : nous avons eu la chance d’assister à la composition d’une fresque par un graffeur. De plus, la disposition de chacun des membres de notre équipe ainsi que de l’interviewé nous a permi d’être « sans gêne » (autant pour nous que pour l’interviewé) puisque nous étions assis en cercle autour d’une table. Avant de commencer l’entretien nous avons pris soin de demander à Camille s’il était toujours d’accord pour qu’on l’enregistre et s’il était gênant de le tutoyer (Lisa étant l’élève de Camille, nous préférions poser la question). Le dialogue s’est alors avéré fluide et vivant. 

L’entretien a duré 45 minutes et s’est déroulé de la manière suivante : tout d’abord, trois téléphones disposés dans trois endroits différents, enregistraient l’entretien (pour que nous soyons sûrs de bien entendre chacune des paroles de chacune des personnes). Par la suite Camil introduit l’entretien, Lisa, Matthieu et Camil posent les questions et mènent à bien l’entrevue et enfin Ha Phuong conclut cette interview. 

Interview

Par contre, peut-être que, vu qu’il y a ça (la fresque) qui est en train de se faire et que j’ai des partenaires qui passent, peut-être qu’il y a des moment où je serais obligé de faire des mini pauses. 

(Lisa)Oui mais il y a pas de problème !

(Camil)Du coup, dans le cadre de notre projet de MDT nous sommes ici avec Camille de l’association One-One et nous allons passer un moment avec lui afin de connaître au mieux son métier. Donc du coup tu es passionné de culture urbaine, depuis quand tu la pratiques ? 

Alors, donc moi je suis passionné ouais de, on va dire la culture hip-hop depuis mes années collège donc depuis que j’ai quatorze ans, et j’en ai trente-deux aujourd’hui, donc voilà ça fait beaucoup. 

(Camil)Dix-sept ans c’est ça ? 

Ouais dix-sept/dix-huit un truc comme ça ouais, c’est ça. 

(Lisa)Et tu as commencé par quoi du coup ?

Alors moi j’ai commencé à essayer un petit peu le graff et la danse plus ou moins en même temps, parce quand j’étais au collège c’était surtout par le biais de la musique. Donc moi j’étais au collège de La Conte juste à côté donc au collège un peu ZEP et tout, et c’est vrai qu’aujourd’hui le rap c’est assez à la mode, tout le monde écoute du rap mais c’est vrai qu’à cette époque là il y avait vraiment le rock, le rap etc. Et donc moi j’écoutais du rap et dans les clips de l’époque c’est vrai qu’il y avait toujours du break, du graff etc. c’est vraiment un ensemble. Et donc du coup vu qu’à l’époque y’avait pas de cours de break ou de hip-hop sur Carcassonne moi j’ai commencé par le graff en essayant de recopier ce que je voyais à droite à gauche, c’était pas très beau mais voilà il faut un début à tout.

(Matthieu)D’accord, je vois ! Et est ce que tu pourrais nous présenter en quoi consiste ton métier ?

D’accord alors donc là ma fiche de poste, donc on va dire j’suis directeur de l’association One-One donc j’ai plusieurs casquettes c’est-à-dire que je vais avoir l’organisation d’événements, la recherche de financement pour la structure, la coordination de tous les bénévoles, les salariés, les intervenants artistiques de l’association et j’anime moi-même bah des cours, des ateliers, de danse hip-hop et de graff.  

(Lisa)Et du coup c’est quoi qui t’as donné envie de passer au-delà des cours de hip-hop, de danse et de graff ? 

Alors, donc en fait, moi au début j’ai commencé à donner des cours de danse hip-hop au début c’était vraiment… moi je voulais faire professeur donc c’était vraiment pas, c’était quelque chose que je faisais complètement en parallèle de mes études et puis à un moment j’ai fait un service civique à la MJC de Carcassonne où j’ai vu que ça pouvait être un métier. Le fait de monter des projets avec des jeunes tout ça, et donc moi au début j’suis parti là-dessus : essayer de monter des projets avec des jeunes et essayer de faire bouger un petit peu ma ville. C’est-à-dire que Carcassonne c’est pas une grande ville, le hip-hop c’était pas très développé pendant très longtemps et donc je me suis dit « bon j’vais peut-être essayer de commencer par donner des cours de danse puis faire venir des intervenant pour des stages », on va dire les gens que j’admirais un petit peu, les faire venir, et puis après je me suis retrouvé à travailler pour une association qui organisait des concerts. Dans le cadre de mon poste là-bas on m’a demandé de co-organiser un festival de battle de danse hip-hop, donc j’ai commencé comme ça et voilà, je me suis dis « ah en fait ça peut être un métier » et voilà. 

(Camil)Et du coup ton association a été créée en 2014, et quand tu l’as créée tu étais tout seul ou tu as eu d’autres personnes qui ont pu t’aider à la créer ou pas ?

Non, on était plusieurs. Après moi j’étais le plus motivé sur le projet parce que voilà c’est vrai que moi j’avais pas mal de potes avec qui on dansait, on graffait, j’avais des amis qui étaient photographes, d’autres qui faisaient de la vidéo, mais il y avait pas grand monde en fait qui voulait faire la partie un peu administrative, le côté démarchage, aller vendre le projet tout ça. Et donc du coup c’était on va dire moi qui bossait le plus dessus, mais après moi j’étais entouré par des personnes soit qui avaient une particularité artistique, soit qui avaient une compétence,  je sais pas moi sur de la comptabilité ou la communication par exemple, des corps de métier bien particuliers, donc voilà on était à plusieurs et c’est pour ça que j’ai fait une association et pas un statut d’auto entrepreneur. 

(Camil)Maintenant on est en 2019, ça fait donc 5 ans qu’elle a été créée, maintenant le travail d’équipe ça a changé ? Il y a plus de monde dans l’association ? Comment ça a évolué ? 

Ouais beaucoup plus. En fait on passe par des étapes c’est-à-dire dans un premier temps, bon faut savoir pendant un an, un an et demi, en fait je travaillais dans une MJC et à côté de ça, en plus de mon boulot, je donnais des cours à droite à gauche, je faisais des ateliers et des animations, pour faire entrer en fait de l’argent, de la trésorerie, dans les caisses de l’association. Donc voilà dans un premier temps, une première étape j’étais bénévole, ensuite au bout d’un an et demi, deux ans, j’ai pu commencé à me faire un petit salaire donc là on a commencé à passer à l’étape au dessus où j’ai pu organiser des événements, vraiment bosser à temps plein en fait sur mon projet associatif. Et ensuite la troisième étape on va dire c’est depuis, aller depuis l’année dernière, depuis 2018, voilà on a des événements pratiquement toute l’année au niveau local et international, on a des ateliers plutôt quartiers, on a des projets plutôt scolaires, etc. On fait vraiment beaucoup de choses et maintenant on est, au niveau du regard du public aussi, on est passé du statut de petite association qui fait des petits trucs sympas, à une association maintenant qui a une bonne réputation, sérieuse et tout, et du coup forcément ça draine aussi les gens qui sont professionnels et on voit ceux qui veulent continuer juste dans le bénévolat ou ceux qui veulent, voilà qui veulent bosser à fond dans le projet quoi. Je sais pas si ça répond à la question. 

(Camil)Si si, parfait. 

(Matthieu)Tu dis du coup que tu fais beaucoup de choses dans ton métier, notamment des cours, tu gères aussi l’association et est ce que, enfin comment tu te sens par rapport à ces responsabilités, de l’association, et le fait de devoir tout gérer tout seul, est ce que c’est difficile ? 

Bah alors enfait je dirais pas « tout gérer tout seul » mais c’est vrai que c’est plus que… Je suis obligé d’avoir un œil sur tout, c’est ça qui est un petit peu compliqué, c’est-à-dire que ça m’est déjà arriver de déléguer, c’est-à-dire on est plusieurs intervenants sur l’association, je suis pas le seul à donner des cours mais c’est vrai qu’il y a une différence entre voilà savoir danser, gagner des battles, etc. Et après vraiment bosser de manière professionnelle donc c’est vrai que très souvent il y a eu des jeunes que j’ai formé, qui ont donné des cours ensuite, je devais un petit peu vérifier derrière eux si le boulot était bien fait, rattraper des erreurs, tout ça tout ça. Donc c’est normal quand on est jeune, mais c’est vrai que des fois c’est un peu compliqué parce qu’on a l’impression de… On doit faire un choix, on peut pas s’investir partout, autant qu’on voudrait quoi donc c’est compliqué, c’est vrai qu’il y a des jeunes par exemple qui comprennent pas pourquoi je peux pas passer plus de temps à la salle avec eux à m’entraîner parce que voilà, je dois bosser sur d’autres trucs et c’est vrai que des fois c’est un peu frustrant.

(Lisa)C’est vrai qu’on te demande en fait un peu partout quoi. 

Ouais voilà c’est ça, et en plus des fois on m’engueule on me dit « ah ouais mais Camille il est partit, il fais chier » et je dis « ouais mais Camille faudrait qu’il se dédouble des fois » donc c’est vrai que c’est bien mais des fois c’est un peu frustrant aussi parce qu’en fait, vivre de sa passion c’est pas forcément pratiquer sa passion tout le temps quoi, des fois c’est un peu frustrant parce que je fais venir des mecs de fou et j’ai pas de temps à leur consacrer, je peux pas profiter du temps avec eux. 

(Lisa)Il faut aussi un peu se limiter par rapport aux autres, enfin pour les autres du coup ? 

Ouais c’est ça, on va dire on essaie de régaler tout le monde, de faire en sorte d’avoir un projet qui fédère et qui soit positif pour le plus grand nombre, mais des fois on peut pas en profiter donc voilà c’est un peu le revers de la médaille. 

(Camil)Et qu’est ce c’est ce qui t’a poussé à vraiment créer ton association parce que il y a une différence entre vraiment une passion, aimer danser et tout ça, et réussir à se dire « je vais en faire mon métier et je vais vivre de ça » comment cela t’es venu ? 

Bah clairement moi ça a été mes expériences professionnelles, c’est-à-dire que quand j’ai fini mes études comme j’ai dis j’ai fais un service civique dans une MJC donc déjà j’ai vu voilà, que ça pouvait être un petit boulot, enfin que ça pouvait être un boulot, et après quand je travaillais pour une autre association, qui gérait la salle de concert “Le Chapeau Rouge”, là j’ai vraiment compris on va dire les ficelles du métier c’est-à-dire plus juste le fait d’animer mais qu’après voilà si tu veux faire un projet un peu ambitieux bah il faut demander des subventions et les subventions ça se demande pas comme ça, il faut monter des projets, il faut rentrer dans le cadre en fait et faut apprendre aussi à expliquer ton projet aux gens qui connaissent pas du tout ta culture, qui s’en foutent un petit peu, mais leur dire, voilà leur montrer quand même les points positifs que ça peut avoir pour le public, pour le département, la ville, etc. Et donc moi c’est ça qui m’a donné envie déjà de travailler là dedans. Et après moi créer ma structure c’était plus pour être indépendant c’est-à-dire quand j’ai travailler pour des patrons avant, c’est vrai que des fois j’étais un peu frustré de me dire « ah ouais mais vous vous connaissez pas le hip-hop, moi je le connais et moi j’aurais peut-être pas fais les choses comme ça » et qu’au final on me présente comme « ouais c’est Camille l’animateur » et je me disais « putain vas-y c’est moi qui me suis tout tapé et tout », non j’ai envie de faire un peu plus que ça. 

(Lisa)Il faut savoir s’imposer aussi un peu devant tout le monde ? 

Ouais c’est ça, et c’est pas toujours facile, il faut apprendre à dire non et tout et ça c’est ouais, c’est une partie qui est assez difficile. 

(Matthieu)Pour le coup tu parlais de gros projets, je penses que tu parles d’événements, comment tu t’es lancé dans la création d’événements, qu’est ce qui t’as donné envie de créer des événements sur la ville ? 

Bah on va dire dans un premier temps il y avait un petit peu le côté un peu, presque groupie c’est-à-dire que tu te rends compte qu’en fait que tu peux créer un événements ou les mecs que tu regardes en vidéo pendant des années tu peux les faire venir dans ta ville et montrer ce qu’il font tu vois à tout le monde et tout quoi…

(Matthieu)C’est motivant ? 

Ouais dans un premier temps moi c’était vraiment faire venir mes idoles en vrai quoi et montrer…

(Lisa)…aux autres 

Ouais voilà parce que c’est vrai que faire changer un petit peu les mentalités chez moi, c’est-à-dire que le hip-hop c’était vraiment pas pris au sérieux, les mecs à chaque fois que je leur disais « ouais je fais du hip-hop » ils me disaient « ah oui ! Le truc de Sydney là ah oui où vous tournez sur le dos là sur les cartons, ah ouais sympa ! » donc non là l’idée c’est de montrer vraiment un gros truc, montrer ce que c’est et en même temps faire plaisir en touchant du doigts vraiment quelque chose qui paraissait complètement irréaliste, que je regardais de loin, dans les vidéos et tout et tout. 

(Lisa)Oui je vois, et du coup c’est quel type de public que tu vises ?

Bah justement moi je… vraiment tout type de public je penses c’est la force de la culture urbaine en fait , de la culture hip-hop, c’est que souvent dans l’imaginaire collectif on se dit « oui [le hip-hop] c’est pour les jeunes de quartier » alors que c’est loin de se limiter à ça, c’est-à-dire que moi justement ce que j’essaye de faire c’est d’attirer tous les publics et de les mélanger. Par exemple, bon moi il y a des trucs qui me gavent un petit peu quand je vois certains jeunes de quartiers qui ont des mentalités très fermées, qui sont pas très respectueux et tout, ça ça m’énerve d’un côté, mais d’un autre côté quand j’ai aussi des parents d’élèves ou quoi qui sont aussi assez fermés, qui ont des à priori sur les jeunes de quartiers, sur les maghrébins et tout et tout, et l’idée en fait c’est de faire changer un petit peu les mentalités, bah voilà en mixant ces publics, ils se rendent compte que « ah ouais en fait ils sont pas si méchants » et d’autres vont se dire « ah ouais en fait les petits blancs des quartiers… classe moyenne et tout c’est pas tous des cons » non plus donc voilà j’essaie vraiment de toucher tous les publics, y compris le public handicap, milieu carcéral, etc. 

(Lisa)Donc le but c’est vraiment de toucher tout le monde et enlever tous les à priori des gens ? 

Ouais c’est ça, même si on pouvait faire les petits vieux, enfin on va dire les maisons de retraites et tout ce serait rigolo franchement ce serait marrant et c’est les seuls qu’on a pas fait pour le moment.

(Camil)Ça serait intéressant en effet ! Et je me demandais, comme le rap avant, et même maintenant toujours, ça a toujours été mal vu même si par exemple le rap actuellement est la musique la plus écoutée en France, elle est toujours mal vue, est-ce que tu ressens la différence vu que c’est de plus en plus ouvert, ce domaine là, est ce que tu ressens la différence quand tu as crée l’association ou c’est toujours le même optique et les mêmes personnes… 

Le rap c’est un peu particulier, c’est vrai que nous sur l’association on propose des ateliers de rap mais c’est pas notre spécialité parce que c’est vrai que l’organisation de concerts…

(Camil)Attendez juste je me suis mal exprimé sur ma question, je parlais pas justement de rap où tu faisais rapper des personnes, je parlais juste que le rap… j’inclus la culture urbaine dans le rap, le tag et la danse, etc. qui a toujours été un peu mal vue, mais de plus en plus, même si plus le rap mais aussi la danse et aussi le tag, de plus en plus ouvert aux personnes, est ce que tu as ressenti ça avec l’association ou pas ? 

Bah alors en fait c’est assez bizarre c’est-à-dire que moi sur le rap, mois je suis honnête, c’est vrai que bah j’ai 32 ans, le rap qu’écoutent on va dire les jeunes de maintenant c’est pas forcément le même que j’écoutais avant, donc c’est vrai qu’il y avait toujours un petit message revendicatif tout ça, et maintenant c’est vrai qu’il y a des trucs qui ont complètement changés, le côté vocodeur, le fait de… y-en a beaucoup qui parlent un peu des mêmes choses, tout le temps et tout : le fric, le deal, tout ça tout ça et moi ce que j’ai ressenti surtout en fait c’est que ça s’est vraiment décrocher en fait des autres disciplines du hip-hop. C’est pas tout le temps le cas hein, mais c’est vrai que il y a beaucoup de jeunes par exemple qui rappent mais qui calculent pas du tout la danse, le djing, le beatbox, le graff, et voilà le rap je penses qu’il y a beaucoup d’argent qui a été injecté dedans en fait et ça a un petit peu changé les codes et les valeurs initiales quoi donc c’est tellement large le rap aujourd’hui, y’a pleins de styles différents, si tu prends un mec comme Lomepal, Jul ou quoi, c’est des grands écarts donc franchement c’est compliqué de donner une réponse carrée

(Lisa)Et ducoup t’organises tous tes événements par rapport à ce que demandent les gens aujourd’hui, par rapport à cette culture là ? 

Non, non pas vraiment. Pas vraiment, c’est-à-dire que il y a des fois effectivement je sens qu’il y a une demande, il y a une demande c’est « ah ouais on voudrait vraiment faire venir tel gars, tel danseur à Carcassonne », « on aimerait vraiment qu’il y ait un battle all style » parce que ça c’est pas fait, mais sinon après moi j’ai mes idées et des fois je vois ce qui a pas été encore proposé et je me dis « ah bah ça j’ai envie de le proposer par exemple », de faire découvrir des choses aux gens, comme par exemple la grosse fresque derrière, c’est une première à Carca’ et c’est vrai que voilà l’idée c’est proposer des nouvelles choses et faire changer les mentalités toujours quoi, essayer de surprendre. 

(Lisa)Et du coup cette idée là elle t’est venue comment de faire faire une fresque, en plus avec des grands graffeurs qui sont connus et ouais du coup comment ça t’est venue cette idée là, dans ce quartier là, est ce que c’est un choix spécial ? 

Alors, donc déjà en fait… Donc moi ce que je constate c’est que dans l’Aude, au niveau des mentalités, chez certains élus et bon chez la plupart des gens il y a quand même vraiment un à priori très négatif sur le graff, et donc du coup… maintenant qu’on voit, il y a la vague street art qui est arrivée, tout le monde dit “ah c’est pas du graff c’est du street art”, ça fait beaucoup plus classe et tout, et je me suis dis qu’on pouvait essayer de se servir de ça pour voilà frapper fort, et montrer, plutôt que de multiplier les actions comme on le fait et galérer à avoir des murs, etc. On s’est dit « si on leur ramène vraiment un beau projet avec des très grands noms du graff, ça peut faire peut-être bouger les mentalités et choquer un petit peu, et c’est vrai qu’on voit il y a ce qu’on appelle le courant néo-muraliste qui s’est développé ces dernières années, où le but voilà c’est de peindre des façades verticales immenses, je me suis dit que ça, ça pouvait être cool à Carcassonne, et après sur ce quartier… Bah parce que en fait y’a un… Là le but c’est vraiment de faire une fresque comme une sorte d’œuvre d’art à ciel ouvert en fait et qui permet de réunir, on va dire de rayonner aussi bien pour les publics du lycée, qui sont pas forcément du quartier, et les publics du quartier, essayer de s’en servir un peu pour mettre tout le monde d’accord parce que c’est vrai qu’il y a toujours eu beaucoup d’embrouilles, ici entre les jeunes du quartier et les jeunes du lycée et voilà, c’est pour essayer de faire en sorte qu’il y ait un petit point d’entente là-dessus quoi, et que même, les gens ils se disent plus « ah ouais c’est quartier La Conte, ah oui c’est là où ils brûlent les voitures » c’est que les gens se disent  « ah ouais le quartier là où il y a la fresque et tout » et que peut-être que les japonais, les russes et tout quand ils iront visiter la cité de Carcassonne, ils viendront aussi se prendre en photo et tout, donc voilà, ça peut être un peu naïf mais j’espère que ça va peut-être un peu changer l’image du quartier aussi quoi. 

(Lisa)Et du coup donc vous avez galéré à avoir le mur, il a fallu parler beaucoup ou… ?

Alors en fait ça fait deux ans qu’on prépare le projet donc c’est assez compliqué mais en fait le fait de montrer ce qui  avait déjà été fait avant dans les villes, notamment dans des bouquins, à ma présentation du projet je suis venu carrément avec un livre avec pleins de trucs comme ça, les gens ont fait « ah ouais effectivement ça pourrait être pas mal », et ensuite, le truc qui a été le plus galère, ça a été de trouver les financements et gratter parce que on a eu des financements mais ils sont pas énormes non plus, donc voilà on a dû essayer de convaincre Kiloutou (entreprise d’engins de chantier) enfin, là c’était Kiloutou qui nous a donné la nacelle gratuitement, mais sinon on a dû appeler je sais pas combien d’entreprises pour savoir si ils étaient OK pour nous faire une remise ou quoi parce que sinon ça éclatait complètement notre budget, ouais donc ça a été… Ouais ça fait deux ans qu’on prépare le projet en fait.

(Lisa)OK, donc vraiment c’est beaucoup de préparation.

Ouais c’est ça.

(Matthieu)On a vu que tu créais beaucoup d’événements avec l’association dans La Conte et Ozanam, qui sont des « cités » de Carcassonne, donc tu souhaites leur donner de la visibilité grâce à ces événements et est ce que justement il y a des valeurs que tu souhaites véhiculer à travers ton association et tes événements ? 

Ouais complètement, alors moi il y a une valeur que je voudrais vraiment transmettre aux jeunes c’est, ça va faire un peu le truc de vieux, mais un petit peu le goût du travail et la persévérance, parce que c’est vrai que maintenant on est vraiment la génération “réseaux sociaux”, Internet tout ça, où on a tout, tout de suite, l’info tout de suite, on veut briller tout de suite etc. On veut des likes et tout, mais derrière les gars, on va dire les artistes et tout que ce soit des danseurs, des graffeurs, des rappeurs, c’est des mecs qui ont bossé pendant des années qui se sont arrachés et tout, et pour devenir quelqu’un, pour être reconnu et tout faut vraiment bosser quoi, et c’est comme ça aussi que tu vas t’épanouir et que tu vas changer d’état d’esprit au lieu d’être juste frustré parce que tu es tout seul dans ton coin, que tu loose et tout et bah là si tu te bouges les fesses et que tu charbonnes et que voilà y’a que toi que tu peux féliciter dans ta réussite, au final bah t’es quelqu’un de vachement plus épanoui dans la vie de tous les jours. Et voilà donc c’est un peu les valeurs, on va dire le travail et la persévérance mais après bien-sûr c’est on va dire le côté respect et la tolérance, comme j’ai dit tout à l’heure, que ça soit de tous les côtés, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui sont super fermés d’esprit, qui sont pas tolérants avec les homos, avec la sexualité, avec la liberté des gens et d’un autre côté on a des gens qui veulent pas qu’il y ait une France métissée et tout donc là l’idée c’est de voilà : pleins de préjugés, pleins de mentalités, qui sont ultra fermées, ultra cloisonnées pour des raisons différentes, et l’idée c’est voilà, c’est d’ouvrir l’esprit et de faire changer un petit peu les mentalités. 

(Camil)Du coup tu nous parlais aussi des réseaux sociaux et votre association elle a une page Instagram et Facebook, c’est toi qui les gère ou c’est quelqu’un d’autre qui s’occupe justement de ça ? 

Alors c’est plutôt d’autres personnes qui s’en occupe, moi je poste aussi dessus mais là un de mes objectifs c’est vraiment d’essayer de m’en décharger un petit peu. Donc on est plusieurs à s’en occuper ouais. 

(Camil)Et du coup à l’époque actuelle où on vit justement, c’est l’ère des réseaux sociaux à fond, est-ce tu penses que ça te fais beaucoup plus de visibilité grâce aux réseaux sociaux ou c’est plus avec les événements comme avec la fresque que tu fais actuellement ? 

C’est un tout, c’est-à-dire que si on a pas d’événements bah on a rien à mettre sur les réseaux sociaux et les réseaux sociaux ça permet d’avoir une visibilité de suite, c’est vraiment beaucoup plus facile pour la communication que voilà, j’imagine il y a dix ans quand ils devaient faire de la com’ pour les événements où c’était juste de l’affichage et tout… Enfin voilà, moi je le vois quand je pose des questions, on fait des petits sondages en fait sur les événements, et on se rend compte que les trois quarts des gens les infos ils les ont par les réseaux sociaux quoi, on a beau flyer, mettre des affiches et tout, c’est surtout notre campagne sur les réseaux sociaux en fait qui permet de toucher les gens. 

(Camil)Et du coup actuellement la communication que tu fais sur les événements produits, c’est encore avec des affiches et des flyers ou c’est maintenant quasiment que des réseaux sociaux ? 

C’est beaucoup plus de réseaux sociaux, il y a toujours les affiches et flyers, et après c’est vrai que sur des gros événements qu’on a par exemple des encarts publicitaires, sur les abribus et tout ça permet de, on va dire de valider un petit peu la qualité de l’événement, ça fait un peu plus officiel comme truc, mais c’est surtout les réseaux sociaux quoi, c’est vraiment les réseaux sociaux.

(Matthieu)Du coup par rapport justement aux réseaux sociaux et à l’information rapide, est ce que tu te tiens au courant des tendances de la culture urbaine pour aider à attirer le public dans tes événements ? 

Ouais j’essaye, j’essaye… J’essaye ouais de suivre ce qui se fait puis bon naturellement ça m’intéresse mais après c’est vrai qu’il y a d’autre… bon par exemple on avait un service civique, Reda, donc on était pas d’accord sur tout, on avait pas forcément… On avait dix ans d’écart d’âge et c’est vrai qu’on avait pas forcément les mêmes visions de la culture urbaine, de la culture hip-hop, mais je me suis rendu compte que voilà il avait une vision qui était hyper pertinente par rapport à certaines choses qui moi m’intéressaient pas forcément et que du coup moi l’utilisation que je fais des réseaux sociaux et bah elle est pas forcément… On va dire les trentenaires, quadra’, etc, ils vont pas forcément se servir des réseaux sociaux pareil que les jeunes, les 25 ans et moins, voilà c’est vrai que les snaps, les stories, les machins, tout ça, moi j’étais pas du tout là dedans et je me suis rendu compte que pour toucher les jeunes et tout bah ça compte vachement. Et ouais pareil sur le, on va dire le rap etc, tout ça, il y a certains styles moi qui me parlent pas trop, il y a des styles de danses hip-hop qui moi me parlent un peu moins, mais qui pourtant plaisent énormément aux jeunes, limite plus que le break, donc ouais j’essaye quand même de me tenir au courant de ce qui se fait pour toujours rester à la page quand même. 

(Lisa)Et donc tu penses aujourd’hui que les réseaux sociaux sont indispensables pour tout ce qui est événements et tout ça ?

Ouais complètement, complètement. Et d’ailleurs je penses que Facebook a bien compris le pouvoir qu’ils avaient dans les événements, puisque maintenant ils ont limités le nombre d’invitation qu’on peut envoyer sur un événement par exemple et si tu veux plus il faut payer etc. Donc j’pense qu’eux aussi ils ont compris qu’ils avaient de l’argent à récupérer avec les boosts de publication ce genre de trucs, donc ouais ouais, c’est hyper important les réseaux sociaux.

(Camil)Du coup je voulais demander aussi juste par rapport à l’association et la région en général, qu’est ce qui a fait que ton association elle se démarque des autres et comment elle se différencie dans ce que tu fais ?

Alors, donc moi enfin je vois, par rapport aux retours que j’ai, de justement de partenaires qui sont hors de la région, d’artistes qui sont hors de la… Enfin hors de la région, hors du département, qui viennent, moi ce qu’on me fait remonter c’est que on est ultra carré, ultra sérieux et c’est vrai que sur les cultures urbaines souvent on a l’étiquette voilà on va dire branleurs, pas sérieux, etc, qui se réveillent pas le matin tout ça machin et qui viennent pas. Donc là c’est vrai que nous on essaie d’être ultra carré parce qu’on sait que pour être pris au sérieux il faut charbonner deux fois plus, donc voilà on essaie d’être ultra carré, ultra sérieux. Et après je dirais que ce qui se démarque aussi des autres associations… En fait il y a pas mal de structures qui sont montées autour d’une personne et on va dire qu’il faut toujours que, c’est pas tous les cas comme ça mais souvent, quand c’est monté par un artiste, un danseur, un champion, etc. Souvent il faut que ça mette en avant cette personne là, c’est-à-dire qu’il y a l’histoire de l’ego qui est toujours quand même présente, et moi j’essaye sur moi mon projet, j’essaye de m’effacer le plus possible pour vraiment que ça laisse de la place aux autres et qu’ils puissent s’approprier le projet. Donc moi je dirais que ouais, ça c’est le truc que j’essaie de faire et après dernière chose, c’est qu’on essaie vraiment d’être, il y a beaucoup d’association qui font ça, mais on essaie d’être pluridisciplinaire, c’est-à-dire qu’en général il y en a qui sont plus spécialisés que dans le rap, que dans la danse, que dans le graff, nous on essaye voilà de toucher un petit peu à tout, même si on est vraiment plus sur la danse et le graff mais on essaie de toucher un petit peu à tout donc je dirais que c’est ça qui fait notre ADN un petit peu. 

(Camil)Et comment tu fais pour des gens qui ne s’y connaissent pas du tout dans tout ce milieu là, pour réussir à ce qu’ils s’intéressent et qu’ils reviennent si un jour, tu fais un événement ou  ils ont envie de revenir, ou de commencer à danser, ou de commencer à graffer ? 

Bah alors c’est déjà avoir des supports de communication, c’est-à-dire que même si c’est pas ce qui a de mieux pour toucher le grand monde, quand tu as des gens vraiment intéressés, c’est bien de leur donner une plaquette, un flyer, une carte. Donc moi c’est comme ça que je les fais revenir et ouais voilà je dirais que c’est surtout ça quoi et avoir toujours trace quand il y a quelqu’un qui vient parler pour un stage, un cours, un truc d’essai, si il est intéressé avoir de quoi noter en fait ses coordonnées et ensuite on a des, -en fait j’vous donne toutes mes recettes- après on place ça dans une base de données, et donc voilà après on fait des mailing list et on envoie ça massivement ensuite, et voilà. 

(Lisa)Donc maintenant vous fonctionnez aussi par mail avec des recaps de tout ce qui va se passer…

Ouais voilà c’est ça, les newsletters, ouais c’est ça les newsletters. 

(Lisa)OK, donc c’est accessible à tout le monde ? 

Ouais c’est ça. 

(Lisa)Et du coup on a pensé qu’il y avait déjà eu des petites galères ou des choses avec par exemple les danseurs, les graffeurs, je pense que c’est des gens où il faut avoir toujours un second plan pour au cas où quoi, fin pour les artistes en général, du coup est ce que tu as une anecdote de galère ou une chose qui s’est très bien passée…

Ah oui oui, alors oui non non, mais en fait organiser des événements c’est plus gérer des galères et des imprévus que suivre le plan qui était prévu au départ donc moi je dirais que la pire galère que j’ai eu c’était… [Camille a été interrompu par un de ses collaborateurs, il poursuit ensuite] en fait c’est ça, c’est ce que voient pas les gens dans l’ombre, enfin ce que ne voient pas les gens c’est que dans l’ombre en fait c’est ça, organiser des événements, des projets, c’est plus gérer les imprévus, gérer les couacs, les problèmes, que organiser à l’avance après tout se déroule bien, non c’est pas du tout ça. Donc alors je dirais le top trois des pires galères que j’ai eu. Alors moi j’ai eu, bah la première année où on a vraiment organiser un battle à Carcassonne avec nos sous, on avait tout investi dedans. J’avais organisé un battle en fait, on va dire les deux danseurs les plus forts de la compétition c’était deux jeunes, c’était moins de quatorze ans, Kid Martin vice champion olympique de break aux JO de la jeunesse et son collègue. Le battle avait commencé, leur avion était pas encore partit, c’est-à-dire que le battle a commencé, on savait que les mecs allaient devoir danser à peu près une heure et demi et le battle a commencé et les mecs étaient pas encore parti de l’aéroport et tout donc ils sont arrivés -heureusement que c’étaient des jeunes- ils sont arrivés ils ont même pas eu le temps de s’échauffer, ils sont arriver direct sur scène et moi j’ai passé trois heures à appeler, appeler, appeler, appeler… Donc j’ai pas beaucoup profiter donc ouais et ça c’était, on va dire c’était une des pires galères que j’ai eu. Ensuite qu’est- ce que j’ai eu… bah il y a deux ans, deux semaines avant le One-One Battle, il y a eu les attentats de Trèbes donc du coup pareil, on s’est dit « bon bah peut-être que ça fait des mois qu’on bosse sur le truc, peut-être qu’on va avoir une interdiction de la préfecture de faire le battle » et puis c’est aussi  c’est pas bon, ça fait peur aux gens tout ça, donc ouais ça c’est nettement moins rigolo et voilà donc grosse galère. Et puis là la galère du moment bah c’est sur le projet graff, ça fait deux semaines qu’il pleut et donc Abys et Scaf (artistes qui ont fait la fresque) qui sont là, eux ils doivent partir vendredi au Mexique, donc y’a pas trop possibilité de reporter le projet donc voilà on va dire, trois exemples de bonnes galères quoi. 

-Petits rires de tout le monde-, (Lisa) ah ouais c’est compliqué. 

(Matthieu)Tu sais quand tu as réussi un événement ? Comment tu peux le savoir ? Comment tu le sens ? 

Alors, bah déjà on va dire en terme de fréquentation, c’est-à-dire que voilà si tu t’es fixé une jauge de départ et que tu as rempli, voir dépassé ta jauge, bah tu sais que déjà par rapport à ça c’est gagné. Ensuite, deuxième chose c’est quand, bah voilà tu as le retour des artistes, quand le retour est positif que tout le monde te dit que ça déchire bah c’est réussi. Et en trois, le retour des partenaires quoi, c’est-à-dire tous les gens avec qui tu as travaillé sur l’événement aussi qui te font des retours positifs. 

(Lisa)OK, et du coup on a vu que tu avais beaucoup de partenaires, est ce que dès le début tu avais beaucoup de partenaires ou est-ce que tu es parti vraiment de… Tu as réussi à avoir des partenaires rapidement ou il a fallu vraiment batailler pour en avoir ? 

Non, il faut essayer de convaincre petit à petit, c’est-à-dire que tu commences par faire des actions, tu as des gens qui viennent naturellement te voir et puis tu en a d’autres qui sont un peu plus durs à avoir, où il faut effectivement d’abord faire des actions et convaincre, et après… [après avoir été coupé, Camille reprend sa réponse sur la question concernant la réussite d’un événement] Mine de rien quand sur l’organisation de ce que tu avais prévu, que tu vois que ça roule bien, c’est-à-dire que des fois tu prévois des trucs mais tu te rends compte que c’était une très mauvaise idée, après quand tu te rends compte que ah ouais en fait tu as pas tellement d’imprévus que ça, que tu peux te reposer limite, ça c’est vraiment le top, tu te dis ah ton événement il est réussi, bah si tu as rien à faire en fait, tout roule quoi. 

(Camil)Et du coup moi j’me demandais, pour quelqu’un qui voudrait créer un événement c’est quoi les éléments capitaux pour pouvoir réussir à en créer un ? 

Alors moi je dirais la recette pour faire un événement c’est-à-dire qu’il faut essayer de faire un petit peu le plan à l’envers, c’est-à-dire tu t’imagines ton événement, tu te fais un petit peu une photo, une vidéo dans ta tête, tu t’imagines tout ce qu’il y a et tu te dis « OK pour avoir ça, qu’est-ce qu’il faut travailler en amont ? » c’est-à-dire par exemple tu te dis, je sais pas moi, tu as un concert, tu te dis « ah ouais cool avec le backstage, les mecs qui bouffent tout ça machin nanana, avec les mecs qui font ça ah ouais, et avec des jongleurs, des cracheurs de feu… » bref, ça tu dis « OK, ça qu’est-ce qu’il faut faire pour les autorisations pour le concert, les cachets des artistes, qui c’est qui va faire les bénévoles tout ça » donc voilà en fait il faut vraiment tout planifier c’est-à-dire que souvent il y en a qui font l’erreur en fait d’avoir une belle com’, des belles affiches et tout, ils misent tout sur la com’ mais après en fait ils ont pas d’équipe, ils ont pas, ils ont pas de gens sérieux et il y a des autorisations à avoir, c’est vrai que la France c’est un pays qui est cool sur certains points mais sur d’autres c’est super compliqué, il faut demander des autorisations pour tout, les normes de sécurité, il y a pleins de trucs que tu calcules vraiment pas au début en fait quand tu commences à faire des événements. 

(Matthieu)OK je vois ! Et les artistes, c’est des artistes qui viennent généralement bénévolement ou contre rémunération ? 

Ça dépend, franchement ça dépend. Les grands artistes enfin… A partir du moment où tu es un grand artiste souvent c’est ton métier, donc tu fais pas ça bénévolement et.. Donc non, souvent, quand tu as un vrai travail de qualité il faut les payer les gens, et sauf après si il y a des gens que tu connais vraiment très bien, c’est tes amis etc. ils peuvent venir et après quand tu bosses bien, que tu as une bonne réputation, soit tu te fais parrainer par d’autres grands noms et qui te permettent d’avoir d’autres artistes qui auraient pas fait de plan pour quelqu’un d’autre, tu vois… voilà. 

(Camil)Je voulais rebondir sur la question d’avant, je voulais savoir pour créer un événement, à peu près tu mets combien de temps entre l’idée pour créer l’événement et l’événement qui se passe ?

En fait, bon l’idée des fois ça peut prendre vraiment vraiment très très très très longtemps, moi par exemple je passe sur le One-One battle, donc qui est break et beatbox, donc c’est deux concepts mélangés, moi j’y avait pensé en 2010, en allant voir un événement qui était un petit peu dans ce même délire et je l’ai fait à peu près dix ans après. Et sinon après il y a des événements plus petits, plus petits formats où ça peut aller très vite genre six/huit mois voilà, mais toujours pareil, c’est-à-dire si tu veux des financements, enfin si tu veux un projet un peu ambitieux il te faut des financements et c’est ça qui prend vraiment du temps ouais. 

(Camil)Et, juste, je reviens sur ça, du coup le plus long à avoir c’est les financements ou c’est les autorisations pour pouvoir justement faire…

Non c’est les financements, c’est les financements c’est-à-dire que souvent il y a des gens qui crachent un petit peu sur les subventions, qui disent « ouais les subventions c’est de la triche et tout » sauf qu’en fait pour avoir les subventions faut pas juste remplir un dossier bien carré et l’envoyer, il te faut aussi rencontrer les personnes, les décisionnaires, c’est-à-dire les élus, les directeurs d’institutions, etc. et sans leur appuie bah tu vas pas loin, t’as pas tes subventions et tout. Et pour avoir leur aval ça veut dire qu’il faut plein de rendez-vous, puis bien en amont, il faut bien préparer tes rendez-vous avec des dossiers que tu as déjà fait avant, des trucs assez percutants et tout, donc c’est pfff… Pour avoir certains partenaires ça peut prendre des années quoi, ça peut prendre des années. Moi il y a certains partenaires il a fallu, aller trois ans, trois/quatre ans avant qu’ils se mettent à financer le projet parce que au début ils nous prenaient pas au sérieux quoi. 

(Lisa)Ouais c’est un peu long quand même. Donc faut être beaucoup organisé et du coup comment vous vous y prenez, vous faites des tableaux, des réunions, des…

Ouais c’est ça, il faut faire… Ouais c’est ça c’est-à-dire que déjà en amont tu prépare tes réunions, des trucs très simples, parce que souvent les gens ne lisent pas ce que tu leur imprimes, des trucs très simples, des tableaux synthétiques en version numérique, en version papier, avoir des gens à qui tu peux décharger des responsabilités parce que souvent l’erreur des orga’ c’est de, au début, c’est d’avoir tout sur tes épaules et ne pas oser déléguer mais en fait il faut t’entourer de gens de confiance auprès de qui tu peux déléguer sinon seul, le jour J tu peux pas tout gérer bien donc, notamment sur l’accueil des artistes et tout quand t’as 15000 trucs à faire bah tu es pas forcément très agréable, tu es stressé et tout, et tu prends pas les bonnes décisions quand tu es stressé, que tu es seul et tout donc ouais c’est des réunions avec les membres de ton équipe, et trouver le juste milieu entre des choses carrées et pas non plus trop de volume parce que souvent les gens perdent les feuilles, les lisent pas, truc… Ouais ça rend fou, ça rend vraiment fou. 

(Lisa)OK, et du coup  pour tout ce qui est bénévoles, qui viennent ducoup aux réunions aussi, est ce que c’est des personnes en qui tu donnes ta confiance pour justement leur donner certaines choses à faire, justement pour te décharger à toi, est ce que tu leur donne par rapport à ta confiance ou tu reste assez…

Alors moi pour rigoler j’aime bien dire que j’ai plusieurs classes de bénévoles, j’ai les bénévoles ceinture noire et les bénévoles ceinture jaune, et ceinture blanche, c’est-à-dire que tu as on va dire tu as des bénévoles sur qui tu peux vraiment compter, tu sais que t’as même pas besoin de les rappeler parce que même en cas de problème ils vont gérer le truc, ils vont prendre la bonne décision et tout. Tu as des bénévoles qui sont pleins de bonnes volontés mais qui sont pas forcément autonome et voilà voilà donc il faut être un peu derrière eux, il faut être disponible pour eux. Et tu as les bénévoles qui sont là parce que c’est sympa vu de l’extérieur, et que ça brille et tout et qui le jour J soit ne font rien, soit te font des problèmes en fait quoi, donc ouais l’idéal ce serait de pouvoir déléguer à tout le monde mais non en fait t’es obligé de sélectionner, d’avoir des petits groupes de travail et tout et tout quoi. 

(Camil)Du coup je me disais aussi, donc ton association elle a été créée en 2014, ça fait déjà cinq ans, je me demandais du coup dans dix ans tu te vois où ? Est ce que tu penses que l’évolution elle va continuer à monter comme ça ou ça va stagner ? 

Franchement je sais pas du tout, je sais pas du tout. Déjà moi je vise à moyen terme… Franchement le métier d’organisateur et tout c’est, d’organisateur, directeur de structure et tout, c’est beaucoup de boulot, c’est beaucoup de sacrifice, pour au final, bah voilà tu es pas souvent chez toi, voilà moi par exemple j’ai beaucoup moins de temps qu’avant pour m’entraîner, pour graffer et tout ça, pour la famille c’est un peu compliqué aussi, donc moi je me suis donné un objectif c’est que au bout de, déjà tenir 10 ans sur l’association, donc voir où on en sera bah dans 5 ans et si dans 5 ans je sens que j’ai pas évolué je pense peut être à une reconversion quoi. Mais déjà dans un premier temps j’avais pas mal d’objectifs en tête, déjà essayer d’atteindre ces objectifs là, et après on verra si la qualité de vie, si l’envie y est toujours et tout, j’ai pas envie non plus, il y en a certains au bout d’un moment ils visent que l’argent et courir après l’égo, c’est-à-dire vraiment qu’on entend parler de toi, que ton nom il revienne tout le temps et tout, machin, plus que par passion et tout donc j’me dis bon il faut voir, si j’arrive à gérer ça toute ma vie, à faire un métier qui me plaît, avoir quand même mine de rien un petit peu de temps pour pouvoir embaucher des gens. Ouais là ça peut durer longtemps, après si je vois que bah que c’est toujours le charbon, tout le temps dans encore cinq ans peut être je vais réfléchir à peut être lever un peu le pied enfin je sais pas. 

(Camil)OK ça doit être compliqué à gérer en effet. Donc du coup pour des étudiants là en ce moment qui voudrait travailler en événementiel, tu aurais des conseils à leur donner sur leurs début ? 

Le top en fait c’est si vous pouvez faire des stages dans des structures qui organisent des événements, ça permet de tout voir de l’intérieur, plutôt qu’aller tout seul au casse-pipe et organiser des trucs et voilà. Donc déjà ouais voir déjà être bénévole ou stagiaire dans un événement et après ouais tu peux faire des services civiques pour être un petit peu plus longtemps sur une structure et tout donc déjà ça te permet de voir un petit peu l’envers du décor et ouais, bon on va dire moi c’est vraiment ça, c’est sur le terrain. Et après il faut être prêt à se… Il y a un pas à franchir entre ce que tu t’imagines et la réalité en fait c’est-à-dire que souvent tu vois que le côté qui brille et tout mais tu vois pas toujours les galères qu’il y a derrière quoi, et donc voilà c’est vrai que bah quand on réalise des événements bah faut pas dire ça mais voilà on va dire voilà… Tu es pas toujours au top au niveau des trucs du droit du travail c’est-à-dire que normalement tu dois avoir du repos tu dois avoir deux jours de week-ends consécutifs, toute les semaines machin, et t’as des périodes où voilà tu bosses non-stop, tu dors très peu. Donc ouais c’est ça et puis ouais tu te payes pas trop et tout donc ouais voilà faut vraiment… Sinon faut juste faire bénévole quoi si tu veux juste kiffer, aller voir un événement, prendre une photo avec la star tout ça, il vaut mieux juste être bénévole et tout, il faut pas te dire « je vais organiser un événement pour briller » ou quoi enfin voilà, faut se poser des questions sur les motivations du truc quoi et faut être ouais voilà faut vraiment découvrir sur le terrain en étant dans des structures qui organisent des événements, voir pour comprendre un petit peu ce que c’est quoi, l’envers du décor. 

(Lisa)D’accord on note tout ça merci ! Bon bah du coup on a fini au niveau des questions, on va laisser Ha Phuong qui va faire la conclusion, tu te sens ? 

(Ha Phuong)Oui, merci de vos conseils, nous vous remercions pour avoir pris le temps de nous recevoir et aussi avoir répondu à nos questions. Grâce aux réponses, on peut avoir des informations complètes et intéressantes qui concernent les métiers événementiels et on peut connaître mieux comment vous et votre équipe vous organisez des événements, des projets, et pour aussi transmettre des valeurs positives avec une ouverture d’esprit pour tout le monde, toutes les personnes. Cet entretien est intéressant et enrichissant avec le contenu, merci à vous. 

Merci à vous aussi ! 

Fin de l’interview.

Matthieu Matter

Lisa Raton

Camil Sassi 

Emma Caillot  

Ha Phuong Nguyen

Groupe 5

Entretien avec Ruddy Canal, community manager à La Jungle Design de Montpellier.

lundi 25 novembre 2019


“Je n’allais même plus sur les réseaux sociaux chez moi, parce que je ne pouvais plus les voir. Quand on travaille toute la journée dessus, on ne prend même plus de plaisir “

Dans le cadre de notre cour Projet Professionnel Personnalisé où nous devions interroger un professionnel travaillant dans le domaine de la communication, nous avions interviewé Ruddy, community manager à la Jungle Design. 

Notre échange a eu lieu le 18 novembre et a duré 30 minutes. 

Grâce à cet entretien, nous avons pu recueillir le point de vue d’un professionnel et nous faire une idée sur le métier de community manager.

L’interview s’est déroulée au complet ; Maureen, Emilia, Cloé et Lilou étions les interviewers. Nous étions toutes responsables timing, technique et avons toutes participé à l’échange.

Pour l’enregistrement, nous avons utilisé un ordinateur et trois téléphones. 

NB : Au moment où nous avons passé cet entretien, M. CANAL ne travaillait plus à La Jungle Design. Vous ne trouverez donc dans cette retranscription de notre interview, uniquement des faits qui ont déjà eu lieu. 

Glossaire : 

Slack : Plateforme utilisée par certaines entreprises pour communiquer, collaborer et gérer les projets.

Parcours CNO : Master des Communications Numériques et des Organisations

Social media : Regroupe l’ensemble des réseaux sociaux et des médias sociaux.

ICOM : Institut de la Communication

GECI : Parcours Gestion Éditoriale et Communication Internet. 

Le wording : mots que l’on doit mettre dans une publication

Les intervieweuses seront annoncées par leurs initiales et leurs interventions en gras, tandis que leurs questions seront mises en couleur. La réponse de l’interviewé sera centrée.

Charte déontologique, énoncée par Cloé : Bonjour. Nous vous remercions pour votre temps. Je vous présente mes collègues ; Maureen, Emilia, Lilou et moi-même, Cloé. Acceptez-vous de participer à cet entretien enregistré, portant sur votre point de vue sur le métier de community manager et sur votre expérience, qui sera par la suite retranscrit à l’oral et publié sur le blog de notre licence ?

Oui.

E : Pour commencer, est-ce que vous avez toujours souhaité être community manager ?

Non, je voulais travailler dans la communication, mais, à la base je voulais être journaliste. Cependant les choses on fait que j’ai trouvé un poste en tant que community manager mais ce n’était pas forcément ce que je voulais faire. Vu le marché du travail, j’ai « pris ce qui avait ».

C : Depuis ça vous plait, vous souhaitez rester dans ce métier là ?

Dans le milieu de la communication, oui, mais pas en tant que community manager.

E : Vous avez découvert ce métier par hasard, par offre d’emploi comme dit précédemment ?

Je l’ai découvert au fil des formations, notamment en master ou nous avions des CM avec des cours de community management. Et en fait je pense que le community management est une des tâches que peut faire un chargé de communication. Voilà. Donc c’est l’un des différents métiers qu’on retrouve dans un chargé de communication.

E : Comment êtes-vous arrivez jusqu’à la « jungle design » ?

J’ai postulé, j’ai trouvé l’annonce sur internet, puis ils m’ont recruté. C’était très basique.

M : Le recrutement s’est bien passé ?

Oui oui. J’habite à Lyon en fait, donc j’ai fais beaucoup d’allers-retours. Ils m’ont fait passer différents exercices, des tests puis j’ai passé des entretiens par Skype. Ensuite je les ai vu en réel.

C : Donc, vous avez déménagé pour cette agence ?

En effet oui, j’ai déménagé pour eux à Montpellier, mais ce ne fut pas trop difficile car je connaissais la ville, c’est ici que j’ai fais mes études.

L : Et quelles études avez-vous faites ?

J’ai fait mes 3 ans de licence comme vous, en Info-Com à Montpellier puis j’ai aussi fait mon master à Montpellier. J’ai fais le parcours CNO et je suis parti à Madrid pendant 6 mois pour un semestre de césure, j’en avais un petit peu marre. Et ensuite j’ai fait mon master 2 à Lyon à l’ICOM en parcours Gestion Éditoriale et Communication Internet. 

C : Je reviens sur l’année de césure parce que c’est vrai que j’y pense beaucoup. Est-ce que ça vous a apporté beaucoup ?

D’un point de vue personnel ouai, d’un point de vue professionnelle non. Personnel ça m’a permis de rencontrer d’autres personnes de cultures différentes, de parler espagnol et de vivre dans un pays étranger donc je me suis dit “si je le fais pas maintenant je le ferai jamais”. Donc si vous avez l’occasion de le faire faite le parce que c’est top.

M : Si vous aviez l’occasion, vous pensez que vous irez vivre dans un autre pays pour faire ce métier ?

Non. Je pense que si je partais à l’étranger, ce serait pour faire toute autre chose. Après je suis bien en France aussi.

E : D’après vous en quoi consiste le métier de community manager ?

Je travaille pour des clients qui étaient la plupart dans le cinéma donc y avait Paramount Pictures, M6 videos, le Métropolitain aussi. Je devais élaborer leur plannings sur – généralement on faisait des campagnes de films. Par exemple sur Rambo, donc on y a travaillé pendant un mois et demi, on devait prévoir toutes les publications avec le wording plus le visuel, et ensuite c’était le pôle graphisme, à qui je donnais du travail, qui réalisait le visuel sous forme de petites vidéos généralement. Il y avait donc ça dans le poste de CM mais il fallait aussi répondre aux commentaires, aux messages perso, renseigner les gens. Je devais aussi organiser des jeux concours et donc m’occuper d’envoyer les lots gagnés. Il faut aussi suivre les chiffres, l’évolution, s’il y a plus ou moins d’abonnés.

L : Donc ça c’était seulement vos responsabilités à vous ou vous étiez plusieurs?

Non, j’étais seul.

M : Et du coup, vous avez dit que vous travaillez avec des grandes entreprises comme M6 ou MYTF1, est-ce que c’est vous qui les contactiez ou bien l’inverse ?

Non, c’est eux. En fait l’agence travaillait avec ces entreprises depuis plusieurs années donc après selon les films ils vont faire appel à plusieurs agences. Par exemple, pour Rambo ou Midway nous nous occupions du CM et une autre agence de communication qui s’occupait d’une autre partie. Par exemple pour Midway c’était une autre agence qui faisait les jeux concours.

L : J’ai vu aussi que l’agence était basée sur Paris ?

Oui ils ont ouvert à Paris au début, dans le Marais, et ils ont gardé l’adresse parce que la plupart de nos clients sont à Paris. C’est donc mieux pour l’agence et ça donne plus confiance aux gens d’avoir une adresse basée sur Paris. 

E : Êtes-vous en relation avec ceux qui travaillent à Paris ?

Personne ne travaille à Paris. Je crois qu’on travailel tous sur Montpellier. Le directeur est beaucoup en déplacement sur Paris. Moi, j’ai fais beaucoup de déplacement là-bas parce qu’on avait des avant-premières avec des influenceurs.

C : Étant donné que vous travaillez pour des entreprises internationales comme Universal, est-ce que vous vous déplacez à chaque fois pour les voir ?  

Non, moi qu’à Paris parce qu’après les entreprises Universals ou autres c’est des bureaux parisiens, des antennes françaises. Mais oui je me suis déjà déplacé à Métropolitain, M6 et Paramount Pictures.

M : Peut-on dire que la maîtrise de la langue est importante pour ce métier ?

Oui elle est importante parce qu’en fait, quand on a des visuels pour des films, ils arrivent en anglais et on doit les traduire. Par exemple des bandes annonces qu’on devait traduire en français. Mais après par rapport aux clients pas forcément parce que nos interlocuteurs sont français.

E : Je vais revenir sur le sujet de la publication. J’aimerais savoir d’après vous quelles sont les techniques pour se créer une bonne communauté d’internautes actifs sur les réseaux ?

La communauté était déjà bien ancrée, parce que quand je suis arrivé, beaucoup suivaient déjà nos pages. Mais c’est être régulièrement actif sur les pages presque quotidiennement puis répondre aussi le plus possible. En fait il faut montrer qu’on est présent pour les communautés. Puis après, faire des jeux concours c’est intéressant parce que ça va intéresser les gens. Mais il y a beaucoup de gens qui font seulement les concours et qui se moquent un peu de la page. 

L : Et pour les publications, vous devez demander l’accord pour publier ou c’est vous qui choisissez ? 

Oui. Alors en fait, quand on fait les publications, moi je propose tout mon planning sur un mois, généralement sur google drive, et les clients y ont accès. Et en fait, ils valident ou non les wordings, les visuels. Donc on modifie en fonction de ce qu’ils veulent. Généralement on a des retours par écrit sur google drive. Après il y a des clients qui aiment mieux appeler et d’autres avec qui ont correspond par slack. Je ne sais pas si j’ai répondu à votre question…

L : Si, parce que je voulais savoir si vous aviez un agenda pour la diffusion ? 

Oui oui, y’a un agenda. Obligé. Surtout lorsqu’on s’occupe de sept-huit clients, il faut, heu, il faut avoir des agendas, puis on programme tout en amont. Par exemple là, quand on fait des campagnes c’est prêt un mois avant, ça a été validé deux semaines avant. Moi j’ai préparé le planning un mois avant, les clients ont plus ou moins deux semaines de validées déjà. Voilà, donc dès que c’est validé, moi je programme.

L : Je ne savais pas du tout comment –

Ah oui oui. Il n’y a que sur les storys ou on est obligé de le faire en temps et en heure parce qu’il n’y a pas de logiciels pour pour programmer. Sur llinkelin on peut pas programmer. Enfin moi, sur les outils sur lesquels je travaille, on ne peut pas. Après oui, tout est programmé ; Facebook, Instagram…

M : Si par exemple une entreprise vient vous démarcher, vous travaillez seul ou vous êtes en équipe sur la demande ? 

Ben déjà, ça va être le directeur qui va s’occuper des demandes, et après c’est le directeur qui va me dire « on a un nouveau client, y’a ça à faire ». Mais après, c’est moi qui vais travailler directement avec le client. C’est moi qui vais être en contact direct avec lui. 

C : Donc vous êtes seul à vous occuper de ce client ? 

Voilà. Mais après c’est moi qui vais donner les directives au pôle graphisme. Ben, moi c’est vrai que ça me déplaisais un peu dans mon travail, parce que je n’avais pas de graphisme, et y’avait un pôle graphisme. J’avais ça en moins. Mais c’est aussi le job d’un CM de faire du graphisme. Ça me manquait un petit peu. Et donc c’est moi qui donne les directives aux graphistes. Voilà. 

E : Et du coup, pour un futur métier, vous allez en choisir un avec plus de graphismes  ?

Un métier avec plus de polyvalence, plus dans le chargée de com’, ou il va y avoir de la rédaction, de la mise en place de stratégies. Un peu de graphisme mais après ce n’est pas non plus mon domaine de prédilection, mais il faut savoir en faire un petit peu quand même. 

C : Je voulais savoir, y a t-il des difficultés particulières auxquelles il faut faire face dans ce métier ? 

Heu, ouai. Quand les clients répondent aux derniers moments pour des publications qui doivent être publiées le soir même, ou alors quand il y a des dernières modifs, ça, et les demandes de dernières minutes aussi. Par exemple «  ah ben non ça on veut le supprimer, finalement on voudrait ça ». Donc il faut que je mobilise le pôle graphisme encore une fois. Donc parfois c’est dix-sept heures mais on termine à dix-huit heures. Surtout des clients parisiens. En fait eux ils ont besoin – ils terminent beaucoup plus tard. Nous on terminent à dix-huit heures donc parfois il faut heu – 

C : S’adapter. 

Oui. Ça c’est un petit peu compliqué. Et après c’est un peu la redondance du travail. Enfin c’est assez redondant parce qu’on fait toujours la même chose au final. On programme toujours, même si les sujets sont différents, des posts avec wording, avec du visuel. C’est toujours pareil. Donc moi je pense qu’on à fait le tour du travail aussi. 

M : Du coup vos horaires sont fixes ou ça dépend des clients ? 

Oui, j’avais des horaires fixes quand même. Je faisais neuf heure trente – midi trente et quatorze heure – dix-huit heure.  Voilà, après parfois on prend un petit peu en fin de journée si on a des demandes. Mais généralement dix-huit heures. 

E : Et vous êtes indépendant, enfin vous travaillez dans un bureau ou vous travaillez de chez vous ? 

On est en open-space dans un bureau. 

L : Mais du coup pour les horaires, si jamais vous avez des personnes sur les réseaux sociaux qui vous envois des messages après, vous pouvez quand même leur répondre ou vous n’avez pas les codes ? 

Si si. Parce que j’avais tout sur mon téléphone. Après, c’est un petit peu dangereux ça aussi. Je n’allais même plus sur les réseaux sociaux chez moi, parce que je ne pouvais plus les voir. Quand on travaille toute la journée dessus, on prend même plus de plaisir enfin c’est mon avis, mais je ne prenais plus de plaisir à aller dessus. Donc non, j‘attendais le lendemain pour leur répondre, sauf si y’avait vraiment un truc urgent mais sinon non.

C : Et c’était sur quel réseau que vous étiez le plus actif, et suivant les clients aussi ? 

Hum, facebook. Instagram en second, mais Facebook. Enfin surtout pour le cinéma, parce qu’il y a beaucoup de bandes annonces, des choses comme ça, et Facebook est plus adapté qu’instagram. 

L : Et est ce que vous pensez que ça pourra évoluer ? Parce qu’instagram est beaucoup plus côtoyé en ce moment, est ce que ça pourrait changer ou pas du tout ? 

C’est à voir. Nous ne faisons pas la même chose sur Instagram ou Facebook. Pour le cinéma, Instagram n’est pas meilleur. Mais pour la mode, le tourisme et la gastronomie c’est vrai qu’Instagram est meilleur je pense. Tout dépend du domaine. 

M : Vous avez dit avoir plusieurs grands clients, quelle collaboration vous a le plus plu? 

C’est celle avec Paramount, parce que j’ai pu faire des avant-premières avec des influenceurs. C’était intéressant car c’était aussi de l’évènementiel. Et puis on a eu des places de cinéma offertes. Et ça me permettait de passer deux jours à Paris, ça change de la routine des CM.

E: Est ce que vous avez pu vous créer un réseau?

Oui mine de rien. Même si les personnes sont sur Paris, on échange quand même sur Linkedin.

C: Vous êtes d’avis que les réseaux sociaux sont primordiales à l’évolution d’une entreprise dans le community management?  

Oui ils sont primordiaux, ce sont nos outils. On est obligé de les utiliser. La question est un point de vu personnel ? 

C: Oui plus ou moins.

D’un point de vu personnel Linkedin oui, après j’ai un peu de mal avec ça encore. C’est trop dans “m’as-tu-vu j’ai un job de rêve, j’ai réussi dans ma vie”. C’est mon ressenti.

M: Vous n’avez pas peur qu’à force de travailler dans les réseaux sociaux vous vous en lassiez un peu?

Ah si je m’en suis lassé. 

E: Et quand vous étiez sur votre compte à vous, sur les réseaux sociaux, il vous arriviez d’utiliser des techniques de communication pour les marques mais inconsciemment ?

Non je ne suis pas influenceur, c’est juste pour mes amis. Mais c’est vrai que des fois quand j’allais sur mes réseaux, je voyais mes posts sponsorisés.

C: Je voulais faire une parenthèse avec l’actualité et vous demander votre avis sur l’influence des réseaux sociaux sur la jeunesse d’aujourd’hui, si vous avez un avis particulier ?

Les réseaux sociaux influencent vachement les jeunes selon moi.

C: Négativement ou positivement ?

Ça va dépendre des marques je pense, mais oui pour vendre ils font appel aux influenceurs. Ça influence totalement. À chaque fois qu’on fait appel à des influenceurs, on sait leur cible pour toucher le plus de monde possible. 

M: Est ce qu’on peut dire que influenceur et community manager c’est un peu la même chose? 

Non. L’influenceur va avoir une communauté assez importante et va être connu. Alors que le CM est derrière. On ne le voit pas et on ne sait pas qui s’est. Le CM sera plus dans la stratégie alors que l’influenceur a le travail un peu mâché on va lui dire « Il faut faire ça faire ci, ça” parfois il y aura même des textes qu’il devra répéter. 

L: Vous n’avez pas tellement de liberté pour poster, c’est les clients qui choisissent eux même ou vous avez une part de choix? 

Par rapport à quoi?

M: Est ce qu’ils vous donne une directive ?

Ça dépend des clients. Parfois ils nous laissent champ libre et parfois ils sont assez fermés. Par exemple j’ai travaillé pour un film M6 Vidéo, Tanguy 2. Les clients étaient assez carré, très exigeant pour un petit film. Il arrive que des petits clients soient plus exigeant que de gros clients. Pour Paramount, on était libre. Ils nous validaient mais on ne sait même pas si ils regardaient vraiment ce qu’on faisait. 

L: J’avais une question, est-ce que vos rémunérations dépendaient du nombre de vues, de likes et publications ou c’était fixe? 

Moi j’avais un salaire fixe, mais c’est le directeur qui fait les contrats. Je ne sais pas trop comment il organise ça. 

E : Vous nous avez dit avoir travailler avec des entreprises très différentes comme par exemple des chaînes de TV, des applications, des films mais encore la communauté de commune du Pic Saint Loup dernièrement. Est-ce qu’il y a une différence entre les films et la communauté de commune?

Alors oui, la Jungle design est une agence de com, mais enfaite elle fait des applications, des sites web et donc du social media. Pour le Pic Saint-Loup on leur a fait tout leur site mais moi je n’ai pas travailler avec eux directement. Voilà. par exemple il y avait Vinci.

M : Oui, totale j’ai vu aussi.

Oui voilà, McDonalds aussi en fait c’est juste qu’on leur a fait leur site, mais moi je me suis pas occupé du CM. Mais après je travaille aussi pour des petits clients, comme des laboratoires pharmaceutiques qui vendent des crèmes solaires à la Grande Motte. C’est des communautés qui sont beaucoup plus petites, assez locale mais c’est aussi intéressant.

M : Du coup votre travail est différents par rapport à la promotion d’un film, parce qu’un film on a déjà du contenu à vendre ?

Oui bien sur. Déjà ça prend beaucoup moins de temps de travailler pour un petit client parce que les prestations sont moins régulières. Après ça va dépendre aussi de son domaine d’activité. Là, les crèmes solaires c’était assez parlant, enfin je veux dire, ça allait mais j’ai travaillé pour une agence de formation professionnelle et par exemple j’ai pas trouvé ça très intéressant. Faut vraiment creuser pour  trouver des idées. Mais bon c’est le job, faut être ouvert à tous les domaines.

C : Est ce qu’il y a un secteur plus qu’un autre que vous avez préféré ?

Ben le cinéma. Après moi j’aurai beaucoup aimé travailler dans le domaine du tourisme et de la gastronomie parce que c’est des domaines qui me plaisent beaucoup. J’ai fait mon mémoire sur le numérique et le tourisme et c’est vrai que j’aimerai travailler dans ces domaines là si j’avais le choix.

L : Tout à l’heure vous avez dit que des fois vous voyez le contenu que vous faisiez, qui était Sponsorisé. Je voulais savoir, quand vous faites des publications y a-t-il un public que vous ciblez ?

Oui en fonction des clients. Ça va être soit une localisation en particulier, ça peut aussi être les âges, les sexes… Par exemple pour Rambo, on a plus visé les hommes de 15 à 55 ans et donc sur toute la france. Pour les laboratoires pharmaceutiques, on a visé les femmes de 25 à 65 ans et dans la région de Montpellier. Donc oui oui on cible notre public. 

E : Est-ce qu’il y a une technique pour ça?

Sur facebook on peut choisir tous ces critères, c’est assez simple en fait. Après il faut avoir une page facebook et savoir travailler dessus.

C : Vous avez eu la chance de travailler dans deux grandes villes assez attractives comme Montpellier et Lyon.

Oui, oui c’est vrai.

L : On a vu que vous travailliez sur la stratégie de communication de l’opéra de Montpellier ?

Oui, alors ça, ça c’est fait avant que j’arrive. Mais du coup je crois que c’était une application mobile pour réserver les places en ligne. Après je sais pas trop parce que c’était surtout les développeurs tout ça. En fait le pôle social média est assez récent au sein de la jungle donc on a pas eu beaucoup de client.

C : Si vous aviez un conseil à nous donner pour la réussite dans le métier de Community Manager ce serait quoi ?

Faut être passionné. Faut aimer les réseaux sociaux et faut être toujours force de proposition et pas avoir peur de s’ennuyer.

L : J’avais une question aussi par rapport à l’évolution du métier. Est ce que vous pensez qu’un jour un community manager s’occupera des publications par exemple des affiches qu’on voit dans la rue ou ça ne sera que réseaux sociaux ?

Community manager ce sera exclusivement réseaux sociaux. Après niveau évolution il n’y en a pas beaucoup. On peut être social média à la limite, c’est celui au dessus du community manager, parce qu’il prend plus de responsabilité. Mais il n’y a pas énormément d’évolution. C’est pour ca que je pense que chargé de communication est plus varié. Ça permet d’avoir plusieurs tâches comme je disais. Après oui, CM est bloqué, il n’y a pas beaucoup de possibilité d’évolution.

M : Pensez vous que c’est un métier d’avenir ?

Je pense oui que c’est un métier d’avenir parce que les réseaux sociaux ne font qu’évoluer. Mais il ne faudra pas être que CM. Il faudra avoir d’autres qualifications, d’autres qualités.

E : Je pense que nous avons fait le tour des questions que nous nous posions. Nous vous remercions pour le temps que vous nous avez accordé. Acceptez-vous toujours cet enregistrement, d’être retranscrit à l’écrit et d’être publié sur le blog de notre licence ? 

Oui, merci à vous ! 

Propos recueilli par Maureen Leclerc, Emilia Sernic, Cloé Chacon et Lilou PLantier, du groupe 5 du site de Montpellier.

INTERVIEW AVEC UN CHARGÉ DE COMMUNICATION DANS L’ÉVÉNEMENTIEL

lundi 25 novembre 2019

Dans le cadre de notre cours projet professionnel personnalisé nous avons interrogé lors d’un entretien d’une trentaine de minutes Farrah Takhallouft employé de l’entreprise BNP PARIBAS. Nous l’avons interrogé le mercredi 6 novembre 2019 au sein de sa société à Paris.

  • « Bonjour, nous sommes moi-même Sofia, Scander et Majda, étudiants en première année de licence information-communication à l’université Paul Valéry Montpellier 3. Tout d’abord nous tenons à vous remercier de nous accorder un peu de votre temps. Par ailleurs nous souhaitons également vous rappeler que l’interview avec votre accord bien sûr fera l’objet d’un enregistrement vocal afin de le publier sur le blog de notre classe et qu’il durera environ 30 minutes. Êtes-vous toujours d’accord ? »

Farrah Takhallouft – « Oui, bien sûr avec plaisir. Cela me fait énormément plaisir de contribuer à votre savoir-faire dans cette licence. »

  • « Merci encore, avant toute chose nous aimerions connaître votre parcours pour en arriver la ? »

Farrah Takhallouft – « Dans cette entreprise, je suis chargé de la publicité dans le domaine de l’événementiel. J’organise beaucoup d’événements avec les membres de l’entreprise entre soirées et réunions il faut dire que je ne m’arrête jamais. Mais c’est vrai que avant d’en arriver la j’ai effectué une longue période d’étude. On peut dire que j’ai eu un parcours assez atypique. J’ai d’abord été à la faculté de droit avant de me réorienter en communication. J’ai donc réalisé un BTS communication avec le CNED. Autodidacte j’ai toujours été passionnée par la retouche photo, le montage vidéo, la création de site et la rédaction de contenu. Ce BTS a été pour moi comme une évidence. J’ai ensuite été en licence professionnelle à l’IUT de Montreuil où j’ai réalisé mon alternance chez Orange. C’était une formation axée digital et gestion de projet. Le corps enseignant est génial. Je recommande leur formation qui a été pour moi très enrichissante et formatrice. Par la suite, car oui ce n’est pas finit (haha) j’ai fait un Master professionnel également à l’ECS Paris, école de communication et de publicité dans Paris et eu l’occasion de faire une alternance dans une nouvelle entreprise Amundi Asset Management et enfin chez BNP PARIBAS. Et pour finir j’ai intégré l’équipe RISK COMMUNICATION de BNP PARIBAS en tant que chargé de projet de communication en événementiel.

  • « Vous qui avez aujourd’hui assez d’expérience auriez vous un conseil à donner à un jeune qui a pour ambition de faire ce métier ? »

Farrah Takhallouft – « FORMATION ! Il est super important de se former aujourd’hui si l’on souhaite sortir du lot. Il y a pleins de formations accessibles gratuitement sur internet. Google propose des formations diplômantes reconnues par les entreprises et elles sont gratuites. Sur YouTube il y a des centaines de milliers de tutoriels pour les logiciels PAO. Donc vous avez l’occasion et les outils à porter de main pour vous former. Enfin, si vous en avez l’opportunité n’hésitez pas à faire de l’alternance. Pour moi l’alternance a vraiment été une étape clé car il m’a vite permis de voir ce qui me plaisait ou non. »

  • « Pour en rester sur vote expérience et vos débuts, comment ce sont passés vos débuts en tant que chargé de communication dans l’événementiel ? »

Farrah Takhallouft – « Mes débuts en tant que communicante se sont très bien passés au niveau professionnel. Mais niveau relationnel c’était un petit peut plus compliqué. Il faut savoir que l’univers de l’entreprise est totalement différents de tout ce que l’on a pu rencontrer auparavant. Il faut s’adapter à la culture de l’entreprise et de ses codes et quand on a des expériences courtes de mois de 6 mois il est difficile de se positionner. »

  • « Quand vous dites niveau relationnel vous sous entendez certaines rivalités avec les autres employés ? »

Farrah Takhallouft – « Oui il y a des rivalités avec les employés tout le monde se bat pour monter en grade quitte a écraser l’autre. Mais c’est quelque chose qui reste assez rare puis personnellement ce n’est pas sa qui va m’empêcher de faire ce que j’aime. »

  • « D’accord, et qu’est-ce-qui vous motive à mener à bien votre travail ? »

Farrah Takhallouft – « Ce sont mes missions, les challenges tous aussi différents les uns que les autres auxquels ce métier me confrontent chaque jour. Mais également pour être honnête il s’agit du salaire ainsi que de la montée en compétence dans le sens ou l’on peut évoluer dans ce domaine là »

  • « Alors justement, parlons-en quelles sont vos perspectives d’avenir ? »

Farrah Takhallouft – « Dans l’idéal j’aimerai partir faire un an voir plus à l’étranger dans le groupe BNP PARIBAS. Ce qui me permettrai de monter en compétences et de prouver mon niveau d’anglais. En effet je sais pertinemment que l’expérience à l’internationale est primordiale sur un CV de nos jours. »

  • « Tout à l’heure vous disiez que vous êtes souvent confronté a des missions différentes chaque jour, est-ce-que c’est cela qui fait que vous aimez particulièrement votre métier ? »

Farrah Takhallouft – « Oui, en effet mon poste demande beaucoup de polyvalence et de savoir jongler entre différents projets. J’ai un volet digital, un volet communication interne et un volet événementiel. Donc je ne fais jamais la même chose et pas de risque de s’ennuyer. Donc oui effectivement c’est cela qui me plaît la routine c’est pas pour moi. »

  • « On parle des points positifs mais y a-t-il des points négatifs dans votre métier que vous aimeriez changer ? » Farrah Takhallouft – « Oui, vous dire qu’il n’y en a pas serez vous mentir. On peut déjà aborder les horaires de travail, on ne les compte pas surtout lorsqu’on est événement. Je peux également parler de la cadence, c’est tout le temps le rush, faut être pro actif et réactif dans ce genre de métier. Toujours faire en sorte d’avoir un temps d’avance pour éviter de se retrouver débordé.»
  • « D’accord, du coup afin d’exercer le métier de chargé de communication la qualité voir le talent à avoir c’est la rapidité ainsi que la capacité d’être polyvalent ? »

Farrah Takhallouft – « Alors, oui mais pas que, selon moi il est primordial d’être curieux et d’avoir la soif d’apprendre. La communication est un domaine qui évolue énormément surtout à cause ou grâce tout dépend aux nouvelles technologies. Il ne faut pas avoir peur de mettre les mains à la pâtes. Et pour finir je pense que oui, effectivement la capacité à être polyvalent est également un critère à ne pas négliger.»

  • « Vous parlez des nouvelles technologies, quelles sont celles que vous utilisez dans votre métier au quotidien ? »

Farrah Takhallouft – « Alors si je devais toutes vous les citer on n’en finirai plus. Cependant je vais vous citer les plus importantes. Entre Outlook afin de communiquer avec les marques et les autres entreprises. Ensuite nous avons également les logiciels de retouche photos tel que photoshop, nous aidons aussi de IN DESIGN afin de faire nos mises en page. Enfin Skype entreprise est aussi très utile lorsque nous avons des réunions à faire mais que le collègue a du se rendre à l’autre bout du monde.

 - « Est-ce qu'il est difficile pour un débutant de se servir de tous ces outils ? Cela ne vous a    pas trop effrayer en arrivant pour la première fois ? » 

Farrah Takhallouft – « Je pense que c’est une habitude à prendre. Bien sur qu’en arrivant dans ce milieu la pour la première fois on ressent une sorte de peut car on se demande si on va être à la hauteur et si on va réussir mais au final si on suit bien les formations ça glisse comme sur des roulettes. »

  • « Quelle est le processus d’un projet de communication dans votre entreprise ? »

Farrah Takhallouft – « Alors, je vais me permettre de vous répondre en listant les étapes afin que ce soit plus clair pour vous. Tout d’abord nous faisons une réunion d’information avant
d’entamer la réunion brainstorming une réunion durant laquelle chaque membre va énoncée des idées qui lui viennent en tête pour le projet. Ensuite le chef de projet met en place une feuille de route avant d’attribuer les missions. Par la suite on va suivre le projet c’est-à-dire que l’on va lui apporte chaque fois un peu plus d’informations. Jusqu’à la réunion de suivi de projet avant de finaliser le projet et de le mettre en place. Et enfin on finit évidemment par l’évaluation et les retombés du projet. »

 – « Lors de l'évaluation du projet il y a le stress de savoir comment le projet s'est passé et si il a été utile ou pas ? »   

Farrah Takhallouft – « Oui, c’est l’adrénaline, et c’est ce que j’adore dans l’événementiel, les retours, apprendre que l’événement s’est bien déroulé, que les gens ont apprécié notre travail.»

  • « Auriez vous une anecdote concernant justement les retours des gens sur un de vos projets ? »

Farrah Takhallouft – « Pour la petite anecdote, quand je travaillais chez Amundi Asset Management, à la fin de chaque événement on récupérait les restes de bouteilles d’eau, chocolat, ballons de décoration et on distribuait tout cela à nos collègues ou d’autres collaborateurs du bâtiment. Recevoir du chocolat pour la sain valentin ça fait toujours plaisir et les gens se souviennent de nous.

  • « Quels mots clés choisiriez-vous afin de décrire votre métier ? »

Farrah Takhallouft – « Il y en a énormément mais les plus illustratif de ce métier sont Polyvalence, challenge, formation, rush, richesse des missions, gagner en compétences. »

  • « Et bien, nous avons terminés nous vous remercions encore énormément pour le temps et l’intérêt que vous avez apporté à notre projet. »
  • Farrah Takhallouft – « Tout le plaisir est pour moi.»