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Entretien avec le fondateur de l’agence de communication éditoriale « Le Mas Média » et Concepteur-Rédacteur, Pierre Bruynooghe

mardi 26 novembre 2019

Entretien avec le fondateur de l’agence de communication éditoriale « Le Mas Média » et Concepteur-Rédacteur, Pierre Bruynooghe

Nous avons réalisés un entretien avec le fondateur de l’agence de communication éditoriale « Le Mas Média » exerçant la profession de Concepteur-Rédacteur, Pierre Bruynooghe à son domicile à Montpellier. Cet entretien s’est déroulé le Vendredi 22 Novembre à 11h35. Il a duré 2 heures et 6 minutes. Nous avons décidés de faire l’enregistrement de l’entretien avec trois téléphones portable. Nous nous sommes répartis les tâches de la manière suivante : Nathalia s’est occupé de faire notre présentation, Nathalia et Henri ont posés les questions au cours de l’entretien et Célia était chargé de prendre des notes de l’entretien.

Nathalia : Bonjour, Je me présente Nathalia Daniel Thomas. Je vous présente mes camarades de classe Henri Rousset et Célia Mimboui. Nous sommes étudiant en première année de licence Information-Communication à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Merci d’avoir pris le temps de nous recevoir. Je tiens à vous rappeler que cet entretien devrait durer environ une heure ou deux. Il faudrait que vous soyez disponible environ une heure voire plus pour pouvoir réaliser cet entretien. Cet entretien sera enregistré et il y aura une retranscription sur le blog de la Licence Information-Communication de notre Université. Avant la publication de la retranscription de cet entretien sur le blog de la Licence nous vous l’enverrons pour que vous puissiez en vérifier les informations.

Henri : Dans un premier temps, est-ce que vous pourriez vous présenter ? S’il vous plaît.

Pierre : Je fais de la Com, j’ai ma propre boîte qui s’appelle « Le Mas Média ». On dit agence en général. On est plusieurs à Montpellier a être installé comme ça sous forme de société en étant indépendant. C’est vrai que dans notre métier, la communication écrite pour faire simple … Dans mon métier, qui relève de l’écrit en faite exclusivement. On peut très bien travailler seul et faire appel à d’autres prestataires au besoin c’est à dire quand on a une grosse commande et que l’on voit que l’on ne pourra pas la tomber tout seule dans les temps qui nous sont imparti. Donc, on fonctionne souvent en « poul » avec d’autres rédacteurs, en faite c’est notre nom. On est tous ancien journaliste d’ailleurs. Et moi je fonctionne avec un certain nombre de personnes ici, pas qu’ici, aussi à Toulouse, en Aveyron, etc … qui peuvent venir m’épauler au besoin dans les commandes qui vont nous êtres passées.

Alors, c’est quoi les commandes qui vont nous être passées ? Puisqu’on se dit qu’un rédacteur ça écrit comme les journaux. Enfaite, c’est vrai et c’est faux. Ça peut écrire dans les journaux, ce sont les journalistes. On ne l’est plus, pour être journaliste il faut que l’essentiel de nos revenus soit issue de publication dans les médias qui disposent d’un numéro de commission paritaire indiquant qu’effectivement là on a affaire à un média officiel, vendu en kiosque, etc … Nous ce n’est pas le cas, on travaille pour beaucoup d’institutions que ça soit des collectivités ou des entreprises directement, des structures associatives. En faite, en réalité, depuis que le digital s’est développé, les besoins en rédaction sont énorme puisque finalement on a encore plus à dire aujourd’hui qu’hier. Hier, on était limité aux seuls journaux, au titre papier, à l’imprimé et puis on avait la radio et la télévision. Maintenant Internet s’est considérablement développé. Moi, je fonctionne avec Internet depuis quasiment le début. Ce n’est pas très vieux finalement. Vous vous êtes jeunes, vous pensez que ça a toujours existé. Moi, je me rappelle d’une époque, 1995 ou 1996 ou on était content quand on réussissait à ouvrir trois pages d’affilé sur notre ordinateur, trois pages de site web. C’est pas très vieux. Donc, moi, mon premier ordinateur, il devait peser 25 kilos je crois. On se logger et tout était en écran noir. On travaillait qu’en écran noir. Ça n’existait pas le bureaux, il n’y avait pas de corbeille, l’arrivée de la corbeille ça a été une révolution, un peu comme la télévision couleur. Et c’est assez récent finalement tout ça ! On va dire que c’est après 2005 tout s’est accéléré. Donc je referme cette parenthèse pour dire que aujourd’hui, il n’y a plus personne qui peut imaginer d’aller chercher de l’information ailleurs que sur Internet. C’est le premier réflexe que tout le monde va avoir. Et donc, du coup, il y a de vrai besoin de contenus sur internet aussi ce qui relance en même temps le papier. Donc, c’est ça, ce qu’il y a de très drôle. Donc le contenu, malgré la « digitalisation de la société », l’écrit continue à bien fonctionner et des besoins restent important.

Pour ma part, je travaille, moi ma boîte est assez récente, elle a 4 ans. La première année, je ne la compte pas. Donc je suis toujours quand même entrain de la conforter puisqu’on gagne des clients et on en perd mais dans mes gros clients, il y a mes clients réguliers, ce qui me font travailler absolument tout le temps. Il y a AD’OCC c’est l’agence de développement économique régionale de la région Occitanie. Voilà, là ou j’ai les 13 départements de la région. Tarbes fait partie de notre territoire. Donc, ce n’est pas franchement à côté, ce n’est pas moi qui vais m’y rendre si il y a des choses à faire. Bien souvent, on passe un coup de fil et ça suffit. Mais donc, pour autant, j’ai une équipe de gens avec moi dans mon marché. Il y a deux journalistes qui sont toujours journaliste d’ailleurs mais qui travaille en Com’ pour moi à Toulouse. J’ai une autre rédactrice ici et j’en ai quelques uns répartis, dispatchés sur l’ensemble de la région. Ça c’est pour AD’OCC. Donc, ça c’est un marché sur 3 an, c’est un marché sur appel d’offre.

Après il y a Eminence, la société. Je ne sais pas si vous la connaissez ? La société de sous-vêtements.

Henri : Oui, je la connais

Pierre : Qui est une des dernière entreprise de fabrication de sous-vêtements en France. Parce que en faite, le textile a quasiment disparu maintenant tout est sous-traité ou délocalisé dans les pays types la Chine ou quelques pays du Maghreb et ailleurs. Partout ou ça coûte un peu moins chère à la fabrication qu’en France.

Il y a aussi une association, de décideur. Parce que en faite, il y a des chefs d’entreprise. Ça c’est mon troisième gros client qui s’appelle le cercle Mozart et il est constitué d’à peu près 300 membres principalement des décideurs, pas de politique, pas d’élus mais des gens qui ont une importance dans le fonctionnement de la société que ce soit sur le plan de l’économie ou des services de l’état ou il y a pas mal de général, ce genre de chose. Après des grands patrons. Donc, je fais leurs lettres. Pour Eminence, comme pour le cercle Mozart, je fais leurs lettres et je m’occupe de la photo. Parce que moi, j’ai toujours beaucoup aimé la photo.

En démarrant dans le Journalisme, j’ai bossé 30 ans dans ce métier là. A l’époque on prenait nos photos nous mêmes et on les développait nous même dans un petit laboratoire avec du révélateur. Ça n’existe plus ça. On avait des pellicules, même des fois on ouvrait le boîtier sans faire exprès, ça solisarisait tout et on n’avait plus de photos. C’était assez folklo. Il n’y avait pas Internet au tout début. Donc on courait jusqu’au train tout le temps sauf quand on était près du siège du journal. Mais dans les petites locales, quand on était loin du siège, il fallait impérativement que la production qu’on avait pondu le jour même on l’amène au train pour que ce soit amenée au journal. Mais maintenant, on fait tout par Internet. On envoie tout par Internet. A l’époque, on courrait comme des fous. Si on loupait le train. Il fallait l’apporter directement. On faisait 200 bornes. Sinon, il n’y avait pas de journal pour nous le lendemain. C’était assez rigolo.

Après on peut travailler dans les choses assez récente : AIPALS, la médecine du travail. Vous n’êtes pas encore confronté à ça. Ça viendra un jour je vous souhaite le plus vite possible. Et ça voudra dire que vous êtes intégré dans une structure. Donc les salariés sont suivis par un médecin du travail qui s’occupe de leur santé, qui regarde si ils vont bien. On a des visites médicales régulières. Des médecines du travail on en trouve un peu partout. Ici, il y en a plusieurs. Il y en a une qui s’appelle l’AIPALS, l’autre qui s’appelle l’AMETRA. Je crois que ce sont les deux principales. Ces structures là, qui sont des structures paritaires font le magazine qu’elle diffuse auprès des entreprises qui adhèrent à leurs services. Donc, elles ont aussi des besoins de communication. Donc il faut remplir le magazine. Elles font des conférences de presse, etc … Donc là, j’ai fais dans le dernier magazine sur l’AIPALS, le dossier sur le risque chimique dans les entreprises. Alors ça paraît tout bête le « risque chimique ». Le « risque chimique » c’est même l’eau de javel. Le risque chimique il va loin. Donc tout le monde y est confronté. Et eux veulent faire de la sensibilisation auprès de ça parce qu’en faite les entreprises doivent prendre des mesures et sont assujettis à des réglementations qui sont assez sévère sur la gestion, le stockage de tout les produits chimiques que l’on peut trouver au sein d’une entreprise. On imagine pas effectivement qu’une bombe aérosol, une bombe de peinture, ça peut être un produit chimique, c’est assimilé. Donc il fallait sensibiliser les adhérents de la médecine du travail à ces obligations là. Donc là, on va faire un dossier et eux ont besoin que le dossier soit un vrai dossier comme on le lirait dans un magazine professionnel, un magazine économique, donc il font appel à des gens qui savent écrire, à des gens qui savent faire des articles. Donc, en faite, ce que l’on nous demande toujours à nous. Les rédacteurs, même ceux qui ne sont plus journaliste, ont leur demande des articles exactement les mêmes que ceux que l’on faisait lorsqu’on était journaliste. Évidemment, la grande différence en Communication, c’est que l’on ne traite que ce qui plaît à l’entreprise, ce qui la flatte, ce qui la met en valeur. Ce qui est logique. Le journaliste, lui, il peut aller au delà et émettre des critiques. D’ailleurs ce n’est pas le journaliste qui les émet mais ce sont les gens a qui il donne la parole qui les émettent. Nous, en Communication, on met en valeur l’image de l’entreprise. Ça c’est un travail. Ils vont bientôt organiser une conférence de presse pour annoncer quelque chose dans je ne peut pas vous parler, il y a pleins de choses que l’on ne peut pas dire. On est aussi attaché à de la confidentialité. Mais en prévision de cette conférence de presse ou ils vont affronter des questions de journaliste, qui ne sont pas toujours des questions très plaisante. Les gens de l’AIPALS ou d’une autre médecine de travail ont besoin d’être préparé. Un peu comme les hommes politiques sans que l’on ne le sache trop. Préparés aux questions les plus « vachardes », aux questions les plus basiques aussi pour pas qu’ils oublient l’essentiel du discours qu’ils ont a faire passer pendant leur conférence de presse, du message.

Et donc, on va organiser pour eux un médiatraining, c’est moi qui ferait le journaliste « vachard » en prévision de la conférence de presse pour les préparer. En gros, il faut que je sois le pire des journalistes qu’ils vont devoir rencontrer de manière a être armé le jour ou ils devront affronter un parterre de journaliste qui vont forcément leurs poser des questions et dans le lot il y aura forcément des questions « vacharde ». Ils vont donc s’y préparer. Ça fait partie du boulot aussi.

Hier, il y avait une soirée Midi Libre. Midi Libre sort un magazine. Du coup, ils continuent à faire appel. Moi, j’ai travaillé 15 ans à Midi Libre. Je continue à faire les papiers pour eux quand ils en ont besoin. Il y a pas que des papiers de moi. Il y en a 5,6. Là, en revanche, il y a un vrai « papier » de journaliste mais je ne le suis plus. Ça c’est un vrai dossier publi-rédactionnel à côté. Donc, il faut vraiment qu’on les distinguent.

Henri : Est-ce que vous vous occupez aussi de la mise en page des articles que vous rédigez ?

Pierre : Oui, je fais ça aussi. Mais j’y viendrai. Mais ça c’est en plus.

Alors ça, ça sort aujourd’hui, mais il y a aussi ça qui sort aujourd’hui. Donc, pour fêter les 75 ans de Midi Libre, là pour le coup je n’ai pas fait qu’un seul « papier ».

Mais en revanche, pour Eminence qui est un client, j’ai fais ça.

Parce que en faite Eminence a aussi 75 ans, il a été créé en même temps que Midi Libre.

Plutôt classe. Voici mes photos et mes textes. C’est plutôt jolie. En revanche, on ne fait pas la diffèrence. Souvent la communication se contente de ce que je viens de montrer à l’instant.

Henri : Donc, quel est le statut de votre agence de communication ? Si nous avons bien compris, vous êtes auto-entrepreneur ?

Pierre : Non, l’auto-entreprise c’est un gros problème. En tout cas, au moment ou j’ai créé ma boîte, l’auto-entreprise ne nous permettait pas d’avoir un chiffre d’affaire supérieur à 30 000 euros. 30 000 euros c’est impossible. Donc en faite, l’auto-entreprise à l’époque, c’était en 2016 permettait juste un complément de revenu pour quelqu’un qui avait déjà une activité à côté. Quand on monte une entreprise, 30 000 euros on fait rien, on va pas loin. Donc il fallait que je me constitue en société. On a tous un statut diffèrent. Ma collègue avec laquelle je travaille, elle elle est en profession libérale, statut adopté par toutes les professions libérales, les indépendants. Un collègue est en SARL. Un autre est en SAS comme moi. SAS c’est Société par Action Simplifié. Ou la on est assujetti à toutes les règles traditionnelles de l’entreprise avec un avantage par rapport à la SARL mais qui depuis que je l’ai créé est un peu moins amoindri, c’est que la SARL relevait du RSI, qui a été absorbé désormais par l’URSSAF. Et la SAS permettait d’avoir le statut de salarié URSSAF. En tant que journaliste, j’ai toujours eu le statut de salarié, ça ne me paraissait pas déconnant de conserver un statut et de rester à l’URSSAF pour ne pas arriver au moment de la retraite avec quinze systèmes de cotisations différentes.

Henri : En quoi consiste votre métier de « concepteur-rédacteur » ?

Pierre : D’Ecrire

Henri : Est-ce que vous faîtes la mise en page ?

Pierre : Oui, ça peu mais ce n’est pas une obligation non plus.

Oui, c’est vrai je n’en ai pas pris d’exemplaire. Mais, je suis en mesure de faire un magazine quasiment complet. Il faut que l’on puisse maîtriser dans ce métier, au delà de l’écriture, un certain nombre d’autres techniques. Donc je pense que la mise en page, la maquette, c’est un point qui ne doit pas échapper, qui ne devrait pas échapper au rédacteur.

La grande évolution, c’est qu’aujourd’hui on est dans un monde qui s’est globalisé. Donc, sur le digital, il faut que l’on prenne des photos, il faut que l’on mette de l’image, du texte, etc … Et de plus en plus, il faut pouvoir répondre à toutes ces demandes en même temps et même éventuellement faire de la vidéo. Ça relève toujours de notre métier de raconter une histoire.

Finalement, nous notre métier à la base ce n’est pas forcément le stylo, c’est de raconter des histoires. On pourrait très bien le faire sans écrire quoi que ce soit. En Afrique, on appelle ça les « Griot », ils transmettent. Le journaliste en quelque part, il transmet. Ce serait le conteur. Il va rapporter de village en village les nouvelles des autres ce que faisait le « griot », ce qu’ils font toujours d’ailleurs. Donc, si nos outils pour communiquer se développe, il faut que l’on suive nous. Donc il faut être en mesure de savoir faire des photos, de maquetter, de mettre en page sur Internet, de réussir à détourer une image, à l’habiller, etc … Un gros avantage, si on maîtrise cette technique là, on maîtrise l’imagerie, la mise en scène de nos textes, ce qui est important aussi. On dit toujours qu’il faut accrocher avec un titre, avec une belle photo. Mais il faut accrocher aussi avec une belle mise en page pour accrocher le lecteur avec quelque chose qui soit beau. Moi, je suis très fier de ce que je viens de vous montrer parce que je trouve que c’est très simple, très propre, aéré, le texte n’est pas trop long, les photos sont plutôt sympas. Évidemment, il a fallu que je les retouchent un peu parce que le ciel est bleu. Mais il faut le rendre plus éclatant. Donc le rendre plus éclatant, ça veut dire utiliser Photoshop. Donc dans mon métier, on utilise Lightroom, on utilise pas mal de logiciel d’Adobe, InDesign, A mon avis, dans ce qui vous concerne, qui apprenez la Com. C’est très difficile de passer à côté de InDesign.

Henri : A quoi sert InDesign ? Est-ce qu’il sert à faire la mise en page ?

Pierre : Oui, c’est pour faire la mise en page. C’est pour cadrer des photos. D’abord parce que ça cadre notre façon de travailler. Quand on écrit et quand on communique à un moment, il y a une fin. La fin c’est le cadre de la page. Donc, quand on sait l’espace que l’on va occuper, il ne faut pas que les textes soient trop long. Et donc quand on maquette, on maquette en fonction de ses propres besoins, on maquette en fonction des règles de communication. Pour le journalisme et pour la Com, ce sont les mêmes. Il faut que l’on produise quelque chose d’agréable à lire et à voir. Donc tout ces logiciels sont utiles pour que l’on puisse travailler dans de bonnes conditions. Le rédacteur s’il maîtrise cette technique là, c’est le roi. Il peut imaginer l’ambiance, le climat qu’il va mettre. Un texte c’est comme une musique, il faut qu’il y ait un rythme. Que l’on rentre dedans. Il y’a du suspens. C’est comme une série télévisé, ça finit toujours par un suspens. Nous on doit maintenir l’intention du lecteur jusqu’au bout. Donc, il faut que l’on applique l’ensemble de ces règles là à l’ensemble. En faite, on invite quelqu’un à découvrir quelque chose qu’on soit journaliste ou communicant. Donc Photoshop, Indesign, Lightroom, Word, si possible la suite Office. Il faut maîtriser aussi Excell. Il faut savoir écrire un devis.

Nathalia : Vous avez beaucoup de choses à faire, à maîtriser.

Pierre : Oui. On va passer beaucoup de temps non-productif a essayer de gagner un marché, que l’on ne va peut être pas gagner. Tu vas passer 3 jours en communication à travailler sur un dossier, sur lequel tu ne vas absolument rien gagner.

Tout à l’heure, je parlais de la Médecine du Travail, C’est très utile de lire les « papiers » de canard satirique pour alimenter l’agressivité dans mes questions pour le média-training, pour l’appel d’offre. Ça fait pas mal de logiciel. Plus la photos. Je ne travaille qu’en manuel avec mon appareil photo. Ça veut dire que tu dois pouvoir faire d’assez jolie photos, une production qui puisse être pro et de te démarquer des autres.

Pour Eminence, qui est une marque nationale distribuée partout, j’ai construit leur base photos de leur atelier de fabrication pour que comme ça ils puissent répondre aux demandes spécifiques des journaux qui vont leur demander des images sur la dessus, la dessus.

Il faut aussi maîtriser toutes les techniques photos.

Henri : Concernant Eminence, Est-ce qu’ils ont un studio photos ? Est-ce que vous faisiez les photos qu’ils ont dans leurs catalogues ?

Pierre : Non, ça c’est de la photos studios. Je fais de la photos presse. Non, je ne prend pas encore en photos les mannequins. Ça serait possible. Mais je n’ai pas non plus l’appareil photo et les objectifs. Après, on va acheter un appareil photo et ses objectifs en fonction de ses besoins. Moi, j’ai plutôt un gros appareil Nikon, mais le mien je l’ai pris pour des raisons, c’est le Nikon le plus utilisé par les reporters et dans les métiers de la presse. Je n’ai pas besoin de studio. J’ai un pied, j’ai les objectifs qui vont bien. Le studio c’est moi, avec le matériel que j’ai et tout rentre dans un sac à dos. Ma boîte est dans un sac à dos que je transporte partout.

Henri : Par rapport à votre métier, le fait de faire des photos c’est nécessaire ou c’est une valeur ajoutée à l’heure actuelle ?

Pierre : Bien sûr, C’est un plus. Mais je pense que par contre vous vous n’y écharperez pas. C’est à dire qu’aujourd’hui tout ces métiers là s’agrège, aujourd’hui on demande à quelqu’un de savoir à peu près tout faire si possible, en faite tu dois être un couteau suisse. Encore plus dans le métier de journaliste que dans le métier de concepteur-rédacteur. C’est toute la difficulté du journalisme aujourd’hui. C’est un manque de moyen et de temps pour pouvoir former les gens à ça.

Nathalia : Combien de temps est-ce que cela prend pour faire un magazine en entier ?

Pierre : Ça dépend du nombre de page, ça dépend de la taille de police, de la maquette, de la difficulté des informations a remonter.Je ne peux pas donner de temps minimum, ça dépend des logiques.Il peut y avoir des gens a rencontrer a 50 km que l’on doit prendre en photo.Il n’y a pas de règle et cela dépend aussi de ta rapidité à travailler.Cette question ne peut recevoir comme réponse qu’une série de question. Mes en revanche elles sont quand même utile. Ce sont toutes les questions qu’on se pose pour bâtir un magazine.

Henri : Pourquoi avez-vous choisi cette profession ? C’est à dire d’avoir créé votre propre agence de communication éditoriale après avoir été journaliste ?

Pierre : Ça faisait 15 ans que j’étais reporter a Midi Libre.Je commençais a m’ennuyer. J’ai un peu fait le tour.Le journal se portait mal. Il a été racheté par la dépêche du midi.Moi j’ai quasiment commencé ma carrière à la dépêche. J’avais l’impression de plus avancer et en plus de régresser. Deuxièmement je ne savait pas les intentions de la dépêche.Il avait ramener la rédaction d’alos. Donc il allé « tailler » dans les effectif.Là je me suis dit dans 5 ans premier plan sociale. Un DRH la première chose qu’il fait c’est regarder la pyramide des âge.On va considérer que tu es un vieux qui ne saura pas comprendre les enjeux.Donc est-ce que c’est pas le moment de se tirer ? Troisièmement les journaliste disposent de privilège législatif accordé par la loi. Celui de pouvoir démissionner quand ton journal est racheté .Et être considéré comme licencié économique avec une prime.Cela me permettait de démarrer sur totalement autre chose.En plus j’ai fais pas mal de chose ,grand reporter. J’ai écris des titre divers. J’avais envie de passer a autre chose. Je voyais que la page du journalisme était en train de s’étioler.

Henri : Pouvez-vous nous décrire une journée quotidienne de travail ?

Pierre : Je peux t’en décrire plusieurs d’affilée. La première c’est la pire.Celle ou tu te réveil dans la nuit avec les yeux comme des phare de voiture.En se disant que je n’ai rien a faire demain. ça y ai je vais m’effondrer. Tu ne dors plus.On fonctionne sur commande c’est tout le problème de l’indépendant.Il n’est pas non plus salarié du client.Il est payé sur ce qu’il fait. Le lot commun d’un indépendant dans la communication.A l’opposé tu a du boulot jusque-là. Les personnes commandent tous en même temps.Tu n’as plus de week-end, tu n’as plus de soirée.La pareil tu ne dors pas de la nuit, le matin a 6 heure il faut que tu t’y remettes. Tu ne sais pas qui tu as au téléphone car tu as quatre commande en même temps.Donc tu passe de l’angoisse à l’angoisse.Et enfin, il y a la journée merveilleuse ou tu passe d’une commande à l’autre, c’est simple.

Henri : Quels sont les souvenirs qui vous ont marqué dans votre carrière ? Que ça soit les bons ou les mauvais souvenirs.

Pierre : En Bosnie c’était mon premier grand reportage de guerre c’était équivalent de la Syrie aujourd’hui.C’était la première fois qu’on a entendu parle de sniper et de journaliste qui se faisait tuer par de tireur embusquer. On avance, on peut pas passer.On négocie un cessez le feu.Pour traverser ou il se tirait dessus. On s’est retrouvé bloqué entre deux feu. Après on tombe sur des bosniaque qui propose de nous héberger.La caserne se fait attaquer les personnes sont toutes bourrés. Dans la panique les bosniaque nous planquent dans leur arsenal et nous disent vous dormez là.J’ai eu la trouille de ma vie.A l’époque, il n’y avait pas internet. On ne savait pas si tu étais vivant.

Le passage à l’euro.On passe à l’euro dans la nuit du 31décembre. Et qu’est ce qu’on va écrire sur ce truc, le sujet chiant.Avec le photographe on a une idée.Le seul bar qui est ouvert tout les jours à Montpellier c’est Le Lion.On va faire le passage à l’euro des gens tous pété.On s’est fendu la gueule, les mec torchés.Le serveur il voyait les gens qui ne savait plus compter, il recomptait la monnaie. Et le serveur a dit : « Ah ! mais le passage à l’euro c’est pas possible ! c’est la mort des pour-boire ! ». Et j’ai rebondis sur cette phrase en titre.Moi je trouvais que c’était drôle. Comment on traite un sujet « chiant » avec une idée saugrenue.

Henri : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien ?

Pierre : Les difficultés pour moi, ne sont pas des difficultés mais des aléas de travail, des fois il y a beaucoup de travail et d’autres fois il n’y en a pas. La principale difficulté c’est de gérer plusieurs demande au même moment. Aussi écrire des sujets qui ne nous plaise pas forcément, parce qu’on n’écrit pas que ce qui nous plaît, ce qu’on n’aime, il arrive aussi de sécher sur un sujet ; ne pas savoir comment l’aborder. Il existe des sujets extrêmement compliqués à traduire ce qu’il faudrait c’est du talent d’analogie. Et il se trouve que j’ai comme atout de savoir expliquer les choses les plus difficiles avec des mots simples. C’est un savoir faire qui ne s’apprend pas à l’école, en plus d’avoir l’écriture aisé. Essayer de mettre du dynamisme, du tonus à un sujet qui ne t’intéresse pas

Henri : Quelles sont les compétences, les qualités qu’il faudrait avoir pour exercer le métier de Concepteur-Rédacteur ?

Pierre : Il faut aimer lire, aimer l’écriture, les phrases. Il faut avoir un vocabulaire fluide. Il faudrait aussi donner un rythme à chaque mot. Aimer raconter est le premier point, aimer transmettre c’est fondamentale et tout ceci entraîne la curiosité. Avoir une curiosité globale vis à vis de tout ce qui t’entoure. Poser des questions qu’un enfant peut poser à un adulte, des questions inattendues, avoir un bon esprit de synthèse, improvisé quand il le faut, être poète de temps en temps et avoir de l’empathie. Il faut avoir un bon esprit de synthèse. Si en plus, tu as un petit talent de poète, un petit talent d’artiste, tu peux glisser des phrases sympas. Il faut avoir aussi un petit sens du jeu de mot, de la création. Il faut beaucoup d’empathie.

Nathalia : Tout à l’heure, vous avez dit que vous avez traité plusieurs types de sujet. Est-ce qu’il y a un sujet que vous avez préféré faire plus qu’un autre ?

Pierre : D’abord, j’ai toujours fais de l’économie. A l’époque, il y avait le bac B, c’était le bac économie. Ça a disparu depuis. Après, j’ai fais du droit et j’ai continué à faire de l’économie. Et puis, on est dans un pays qui a beaucoup de mal à comprendre l’économie donc en tant que journaliste ou même communicant, qui aime transmettre, expliquer, etc … le faire sur un sujet ou les français ne sont pas à l’aise. Un pays sans économie, il ne se passe rien. On meurt. L’économie, il faut savoir expliquer et de donner aux gens le « mood » de comprendre ce que c’est, savoir comment ça fonctionne, quels en sont les acteurs. Je me suis pas mal intéressé à l’économie, parce que c’est un domaine sur lequel les journalistes ne sont pas très à l’aise, les communicants pas forcément d’avantage. Il ne l’était pas. Maintenant, ça commence à l’être un peu plus. Le premier truc que l’on retient quand on parle d’économie, c’est les « Start Up ». On doit lutter contre l’imagerie que l’on se fait des choses. L’homme a une tendance a tout résumer ce qu’il a autour de lui de manière simpliste pour évoluer dans un cadre qu’il comprend. On évolue dans un cadre qui est vraiment difficile. Et les besoins en explication de l’économie sont encore plus nécessaire aujourd’hui qu’hier parce que il y a des questions nouvelles qui se posent. L’économie est un vrai sujet intéressant. Oui, donc l’économie.

Nathalia : Pensez vous que la communication dans ses débuts par rapport à maintenant a radicalement changé ?

Pierre : Oui c’est vrai que je n’ai pas connu la communication d’autrefois , mais oui ça a changé il y a l’évolution entre la réclame que vous n’avez pas connu et la publicité. La communication s’est vraiment affiné. Aujourd’hui les journaux donnent tout, avec un journal tu as accès à toutes les informations possible.

Henri : Quelles sont les aspects positifs et négatifs du métier en tant que Concepteur-Rédacteur ?

Pierre : J’aime écrire et raconter, je m’y retrouve. Le point positif est que je continue d’apprendre vu que j’aime découvrir même si ce sont les choses que je n’apprécie pas. J’apprend ce qu’il faut.

Concernant les points négatifs, il n’y en a pas, des difficultés il y en a dans tout les métiers. Mais pour moi dans le cadre de mon travail de rédacteur je n’en vois pas, il n’y a que des points positifs.

Henri : Que pensez vous des perspectives d’avenir de votre métier ? C’est à dire par rapport à l’évolution des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ?

Pierre : Je parle de « digitalisation de la société ». Le besoin en écrit, il est encore plus important qu’il ne l’était du temps de l’imprimerie, du papier parce que maintenant de l’écrit il y en a partout. Vous créez un site internet, mais sur ton site internet tu y met quoi dessus ? Tu vas sur un réseau social, tu y met quoi ? Si tu veux intéresser les gens, tu dois mettre du contenu. Un site Internet, ça se créé. Le plus long dans un site internet, ce n’est pas d’aller chercher un blog clé en main, que tu vas mettre en ligne. C’est que ensuite, tu vas devoir mettre du contenu dessus. Il faut mettre de l’écrit. La force de l’écrit a été décuplé par le digital. Il n’y a pas de site ou il n’y a que des images. L’avenir de l’écrit est radieux parce que justement si aujourd’hui les journaux en souffre, parce que l’offre de contenu elle est partout maintenant. Gros avantage, ceux qui n’était pas détenteur du droit d’écrire, qui n’était pas journaliste, aujourd’hui, ils tiennent un blog, pour peu que le blog soit pertinent. La même personne en question peut même gagner sa vie avec. C’est très nouveau, ça permet à plein de gens de s’exprimer.

Henri : De qu’elle manière travaillez vous avec vos clients ?

Pierre : Cela dépend du client et de ce qu’il veut. Chacun à sa demande particulière et je m adapte a ce qu’il attend, je ne peux pas donner de technique la dessus. Et aussi ce que le client attend c’est que tu exprime bien ses dires. Savoir ce qu’il veut et bien l’expliquer, savoir écouter aussi prime beaucoup dans le métier de la communication en gros c’est un principe, pas une méthode.

Henri : Quel est la place des réseaux sociaux dans votre travail ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

Pierre : Pour moi, faible. Les réseaux sociaux n’ont pas un impact fort sur mon travail à moi.

Si, les réseaux sociaux vont m’intéresser pour savoir ce que les gens ont pensé sur les gens sur lesquels j’écris et je vais tenir compte de ça pour adapter des réponses. De savoir, ce que l’on ne pouvait pas apprendre avant. C’est un truc génial pour la démocratie. Les réseaux sociaux ont permis des révolutions en Tunisie. Ce sont des outils merveilleux pour la démocratie. Dans notre champs à nous, il faut en tenir compte comme des outils d’influence sur l’image d’un client.

Henri : Est-ce que vous pourriez revenir sur votre parcours professionnel ?

Pierre : Oui. Bac Eco, Maîtrise de Droit. J’ai tout de suite démarré le lendemain de mon examen de maîtrise à Ouest France, après j’ai eu une période de vide et je suis parti à la Dépêche du Midi. De la Dépêche du Midi, je suis parti à la Voix du Nord lorsque mon contrat s’est terminé. Là, j’ai toujours démissionné à partir de ce moment-là. Ils me proposaient autre chose, mais je n’ai pas voulu. A la Voix du Nord, j’ai démissionné deux ans après. En Décembre 1989, je démissionne de la Voix du Nord pour arriver à Montpellier dans une agence de presse qui s’appelle « Jeanne  » qui faisait de la correspondance nationale sur le Languedoc-Roussillon. En 1994, je démissionne de « Jeanne » pour rentrer à la Lettre M, qui est une lettre économique d’information hebdomadaire. Je deviens rédacteur en chef. En 1999, je démissionne pour partir à Midi Libre. Je deviens conseiller du président du groupe. Quand le président est viré, je suis réintégré à la rédaction régionale de Midi Libre en 2 000. J’y reste jusqu’en 2015, ou je démissionne pour créer ma « boîte ». Et parallèlement à ce parcours, de 1992 à 2001, je suis correspondant du Figaro économique. Et de 2002 à 2003-2004, je fais des « papiers » dans Le Monde en parallèle au Midi Libre.

Nathalia : Vous avez répondu à toutes nos questions. Moi, j’ai trouvé ça, très intéressant. Merci de nous avoir reçu.

Henri : Merci d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Propos recueillis par Henri Rousset, Nathalia Daniel Thomas et Célia Mimboui du Groupe 7 à Montpellier.

Entretien avec un médiateur culturel de l’association Uni’son et coordinateur général du festival Arabesque, Elias Belassal.

mardi 26 novembre 2019

Entretien avec un médiateur culturel de l’association Uni’son et coordinateur général du festival Arabesque, Elias Belassal.

Après avoir pris contact avec Monsieur Elias Belassal quelques jours auparavant, un rendez-vous a été mis en place. Nous avons eu l’occasion d’interviewer Monsieur Belassal dans son bureau au cœur de l’association Uni’son, l’association qui « vise l’accès à la culture pour tous ». Cette interview a eu lieu le 14 Novembre 2019 à 15h30, elle a duré 56 minutes et nous avons utilisé deux portables pour pouvoir enregistrer l’interview. Après avoir discuté un petit peu avec Monsieur Belassal nous commençons l’interview…

Baptiste : Bonjour, alors je vais d’abord nous présenter, moi je m’appelle Baptiste, je vais mener l’entretien, à côté de moi c’est Lucy elle va aussi participer à l’entretien. Puis en face il y a Imène et Rhiannon qui vont être principalement à l’écoute. Nous sommes donc 4 étudiants en Licence Information et Communication à Paul Valéry. Le contrat d’anthologie comme nous vous l’avons dit est dans un cadre purement scolaire et il y aura une retranscription qui sera publiée sur le blog de la licence infocom. Voilà, vous avez le droit de noter des choses sur la retranscription.

Élias : D’accord, pas de problème.

Lucy : On fait cet entretien dans le biais de rencontrer un professionnel dans le domaine qui nous intéresse le plus, pour peut-être pouvoir répondre à nos questions par rapport au métier, pour se faire une idée de votre quotidien, du parcours que vous avez effectué, mais aussi pour réaliser une interview, prendre la parole, être plus à l’aise à l’oral. Donc voilà c’est un peu le but du projet.

Élias : D’accord, bon c’est… très clair.

Baptiste : On va commencer, du coup est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Élias : Oui, alors moi je suis Élias Belassal, je travaille pour la structure Uni’sons maintenant depuis 2008, ça fait plus de 10 ans maintenant, ça va faire plus de 11 ans même. En fait, j’ai différentes casquettes, parce qu’il faut savoir qu’on est une association, on n’est pas une structure événementielle, on est vraiment une association culturelle. Et moi, mes fonctions sur cette structure qui est Uni’sons sont… Alors je suis médiateur culturel sur l’association, mais je suis aussi responsable d’une action qui s’appelle « Renc’Art ». C’est une action qui nous permet d’organiser des rencontres artistiques, c’est-à-dire faire venir des artistes à la rencontre de jeunes, des jeunes scolaires. Faire intervenir l’artiste dans un établissement scolaire, faire des rencontres publiques. Vous allez un peu plus comprendre au cours de l’interview. Mais faut savoir qu’en parallèle nous avons pas mal d’actions, on touche pas mal de publics, des publics en difficultés mais aussi des publics qui ne le sont pas. Alors ma mission en temps que médiateur culturel c’est de faire le lien entre différents publics que la structure touche. Avec les partenaires associatifs, les scolaires c’est-à-dire les établissements scolaires et les référents culturels des établissements, et les lieux culturels, des lieux qui peuvent accueillir des spectacles ou concerts. J’ai une autre casquette qui cible une action bien précise de la structure qui est le festival Arabesque. Alors là on rentre plus dans l’événementiel. Petite parenthèse, ce que j’ai oublié de dire c’est que notre structure à pour but de favoriser l’accès à la culture pour tous. Oui donc, moi mon rôle sur Arabesque qui est quand même un festival maintenant qui va sur sa 15ème édition l’an prochain, je suis coordinateur général du festival. Alors coordinateur général ça veut tout et rien dire en même temps, il y a pas mal de sous-casquettes à travers ce titre là. Ces sous-casquettes sont responsables d’implantation du site, c’est-à-dire l’aménagement et les stands, tout ce qui est montage et démontage des prestataires. Et bien, c’est ceux qui gèrent les plannings, les arrivées, la sécurité du montage mais aussi les équipes de montage. Il faut du personnel et des moyens humains pour monter certaines choses. Puis je suis responsable des bénévoles, on a à peu près 150 bénévoles sur le festival. Je suis sur le recrutement des bénévoles, sur le lien avec eux et sur leurs dispersions sur les différentes tâches du festival. C’est un peu de management mais beaucoup de liens avec ces équipes là. Je m’occupe également du parc automobile du festival, parce qu’il faut savoir qu’un festival comme Arabesque nous demande pas moins de 14 véhicules pour pouvoir aller chercher des artistes que ce soit dans les différents aéroports/gares quand ils arrivent, les allers/retours aux hôtels pour les déposer sur les différentes scènes. On a aussi des véhicules de technique. C’est moi qui est en lien avec les loueurs pour les quantités de véhicules et les dates avec les états des lieux. Voilà un peu moi mes missions sur Uni’sons et Arabesque.

Baptiste : D’accord merci, alors est-ce que vous pouvez nous parler de l’équipe d’Uni’sons ?

Élias : Oui bien sûr, alors nous on est 12 à plein temps sur la structure. Alors je vais nommer les différents postes qu’occupent les salariés d’Uni’sons. On a une direction que vous avez pu voir Abib, qui est directeur est fondateur de l’association. On a une directrice adjointe qui s’occupe un peu plus du côté administratif. On a deux administratrices, une qui est plus sur le côté financier avec les factures et les dépenses, la deuxième qui est plus sur l’écriture des projets, elle monte les dossiers de subventions et de mécénats. Vu que l’on est une association on vit avec des subventions, mais depuis quelques années on a eu pas mal de baisses. Alors on est partis chercher de l’argent privé donc tout ce qui est mécénat. Elle écrit les projets pour ensuite pouvoir les présenter à nos partenaires institutionnels ou à nos partenaires privés. Puis, on a une chargée de communication qui elle s’occupe de toute la partie de communication avec un graphiste qui n’est pas encore salarié mais en service civique, il va être embauché chez nous pour gérer tout le côté graphisme. On a aussi deux animateurs qui eux s’occupent des ateliers d’écriture mais des ateliers d’écriture dans un but éducatif et des MAO (Musique Assistée par Ordinateur) autour du hip-hop. On travaille avec différents publics : des centres pour des jeunes handicapés, des ITEP (Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique), des PJJ (la Protection Judiciaire de la Jeunesse) c’est les jeunes mineurs placés par la justice, et bien sûr les jeunes du quartier. On a un public qui est autour d’Uni’son, et on travaille avec des publics en dehors du quartier parce que pour nous ce qui est important c’est la mixité que ce soit sexe, social, culturel. Le but est de pouvoir travailler avec le plus de monde possible et de pouvoir les mélanger. C’est vrai que c’est très large on est dans le culturel mais là on arrive petit à petit sur le côté social. On a aussi un éducateur spécialisé, qui accompagne les jeunes qui sont en difficulté. Pendant plusieurs années on s’est rendu compte que nous à travers nos actions on touchait des jeunes qui étaient en difficulté. Et les animateurs et moi-même nous essayons de les aider comme on le pouvait, puisque l’on se trouvait avec des jeunes qui étaient à la recherche d’emplois mais ça pouvait aller plus loin. Certains étaient virés de chez eux et vivaient dehors alors, on essayait comme on pouvait de leur donner un coup de main en les dirigeant vers d’autres structures qui étaient plus adaptées que nous pour pouvoir les aider. Mais, c’était pas facile puisque nous, à travers nos actions on a crée des liens avec ces jeunes et il est difficile de les renvoyer dans d’autres structures parce qu’ils n’avaient pas la même confiance. On s’est rendu compte qu’on pouvait faire ce travail nous en interne en embauchant un éducateur spécialisé pour pouvoir les accompagner en parallèle. Il faut savoir aussi que l’on est situés au cœur d’un quartier prioritaire qui est la Paillade, c’est un quartier un peu abandonné par les institutions. On est la seule qui existe sur ce quartier de 15 000 habitants qui n’est pas rien quand même, c’est plus d’une ville quasiment. Et le fait que nous sommes la seule institution implantée sur le quartier les gens viennent nous voir parce qu’ils sont à la recherche d’un appartement, ou bien pour des problèmes quelconques parce que voilà ils ne savent pas où aller alors ils viennent nous voir, et il a fallu que l’on puisse répondre à ces attentes là. C’est pour cette raison qu’on a embauché un éducateur spécialisé. Ensuite, on a une assistante de programmation sur le festival Arabesque qui assiste notre directeur, elle s’occupe que du festival, de la programmation. Ils sont à la recherche de groupes pour pouvoir les faire venir sur notre festival. Puis j’ai fait tout le monde je crois.

Baptiste : D’accord, et vous avez des projets pour l’avenir de l’association ?

Élias : J’espère bien oui parce que déjà nous fêtons nos 20 ans l’an prochain, et on aimerait bien créer un événement pour l’anniversaire de l’association. Mais déjà pour nous ce qui est important c’est de solidifier les actions que l’on mène à présent. On fait beaucoup de choses, je vais vous nommer nos différentes actions. On a le festival Arabesque qui promeut les arts Arabes à travers un festival. On a la caravane d’Arabesque qui est une action liée avec le festival, qui bouge un peu partout dans la région et c’est des actions que l’on mène en partenariat avec d’autres programmateurs de festivals, avec d’autres programmateurs de salles ou de directeurs de théâtre, pour but de pouvoir amener la culture Arabe dans leurs programmations. On a aussi les ateliers d’écriture dont je vous ai parlé avec nos deux animateurs avec de la MAO. On a les « Renc’Arts » les rencontres artistiques dont je vous ai parlé tout à l’heure. On a « les coulisses solidaires » qui est l’action de notre éducateur spécialisé pour pouvoir remobiliser les jeunes qu’on repère à travers le quartier et à travers les métiers que la culture peut proposer. On monte des chantiers éducatifs, sur notre festival mais aussi sur des festivals en partenariat, je prends l’exemple du Cinemed sur Montpellier, des festivals même à l’international, on a la chance aujourd’hui, à travers le festival Arabesque, d’avoir mené pas mal de partenariats à travers le monde : le Canada, le Maroc, l’Espagne. Le but c’est de monter des chantiers éducatifs pour ces jeunes là, dans ces pays là, pour qu’ils puissent voir un peu ce que proposent ces festivals là, de pouvoir aller voir ce qu’il se passe ailleurs, la mobilité internationale quoi. Chaque action a son référent, je vous ai parlé des coulisses solidaires, c’est plus pour Nacer, Lionel et Mario sont sur les ateliers. Et pour revenir à ta question qui était ?

Baptiste : Les projets d’avenir…

Élias : Ah oui voilà, alors on a beaucoup d’actions qui existent déjà, ça nous prend énormément de temps, notamment le festival Arabesque qui est une grosse grosse machine, qui prend un an d’organisation. On fait pas mal de choses et déjà si on arrive à solidifier un peu ce qu’on fait ça sera déjà bien, c’est un peu notre objectif. C’est vrai que depuis 3 ans on travaille un peu dans l’urgence parce qu’on a beaucoup beaucoup d’actions, beaucoup de choses qui se font, et on essaye nous déjà en interne de se ré-organiser pour pouvoir anticiper pas mal de choses, pour pouvoir travailler plus simplement et ne pas toujours être dans l’urgence. Mais vraiment, je vous l’ai dit avec un sourire tout à l’heure, l’événement des 20 ans d’Uni’sons nous tient vraiment à cœur, cette année 2020 va être très importante pour nous parce qu’on fête les 20 ans de l’association mais aussi les 15 ans du festival. On veut peut-être essayer de travailler un projet autour de cette année un peu spéciale pour nous.

Baptiste : D’accord, comme pour le festival Arabesque, est ce que vous pouvez nous parler des gens que ça attire, du public ?

Élias : : Bien sûr, alors comme je vous l’ai dit tout à l’heure, nous notre objectif à travers notre association c’est l’accès à la culture pour tous, notamment à travers notre festival. Nous on est très à cheval sur la mixité du public. Avec le festival Arabesque on réunit des gens qui sont passionnés de culture, qui viennent à nous. Par contre nous notre boulot et moi en tant que médiateur c’est aussi d’aller chercher ces gens là qui n’ont pas accès à des spectacles ou à des festivals ou à des lieux culturels, nous notre boulot aussi c’est d’aller les chercher par de la médiation, par des liens, par le partenariat qu’on peut faire avec des associations qui elles touchent aussi des publics qui sont éloignés de la culture pour les faire venir sur le festival. Pour pouvoir les amener on travaille autour d’actions, autour de politiques tarifaires. Parce qu’il faut savoir que beaucoup de gens pensent que la seule barrière pour ne pas venir c’est l’argent, alors nous directement on lève cette barrière là. Mais il n’y a pas que ça, il y a des gens qui ont les moyens de venir sur les spectacles mais ils sont dans une auto censure de se dire « voilà ça c’est pas pour nous », et nous le but c’est de pouvoir lever toutes ces barrières là. Alors si on a la barrière du prix on va mener une politique tarifaire pour ces gens là, si il y a une auto censure, ça sera une autre action. Et ça marche parce que quand on vient voir des spectacles sur Arabesque, ça illustre un peu la France quoi, c’est vraiment la mixité on a des gens qui viennent de tous bords. Le but c’est ça, c’est qu’on puisse mélanger tout le monde autour d’un concert, d’un spectacle.

Baptiste : Vous savez à peu près combien de personnes viennent sur le festival ?

Élias : Oui, j’ai pas les chiffres en tête, je peux regarder mais je crois que cette année sur les spectacles payants on était à 25 000 personnes. Après on a beaucoup d’actions gratuites aussi, et si on réunit les actions gratuites avec les actions payantes on est a peu près à 200 000 personnes.

Voilà parce qu’on a notre festival qui a lieu dans le domaine d’O  qui est un lieu culturel mais aussi on amène le festival Arabesque chez les gens. Notamment dans les établissements scolaires où on organise des concerts surprises pendant les temps de récréations, là il y a aucune personne qui est informée sauf le référent culturel ou le chef d’établissement. Le but c’est de transformer le moment de récréation en moment culturel. Ça nous est déjà arrivé aussi de faire des événements au théâtre Jean Villar à la Paillade, à Victoire Saint Jean de Védas, voilà on a aussi pendant la semaine du festival un petit festival « hors les murs » quoi.

Baptiste : D’accord, et vous pensez quoi de la place de la culture arabe en France ?

Élias : C’est une bonne question. Moi je pense que c’est peut être une question qui faudrait poser au directeur, celui qui a créé le festival. Si je dois répondre par ma position personnelle, c’est que je trouve que la culture arabe est mal connue, beaucoup de gens pensent connaître la culture arabe par le biais de personnes qui connaissent. Mais ce qu’ils ne savent pas c’est que cette culture est très très large même moi qui suis français d’origine marocaine, j’étais à 5% de connaître ce que la culture arabe pouvait proposer. Faut savoir que la culture arabe est très large, en prenant l’exemple du Maroc, il y a différentes cultures, avec les berbères notamment dans ces berbères il y a différentes tribus. Et voilà chaque pays a culture peut être qui se ressemble mais qui est différente.

Baptiste : Pour venir à vous, est ce qu’on peut parler de votre parcours scolaire ?

Élias : Rigolez pas, parce que moi mon parcours scolaire il a rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui. En fait moi j’ai fait des études de commerce et je suis passé par une branche professionnelle. J’ai eu mon bac pro commerce mais en étant étudiant j’ai été bénévole dans différentes structures notamment dans des structures associatives mais aussi culturelles dont Uni’sons. Le lien que j’ai eu avec Uni’sons c’était lors de la création. Alors j’ai d’abord bénéficié en tant que jeune et après en tant que bénévole. En ayant mon bac j’ai commencé un BTS NRC, j’ai fait quelques semaines et je me suis vite rendu compte que le commerce n’était pas fait pour moi, alors j’ai arrêté mes études, en arrêtant mes études je ne faisais rien. J’ai commencé à avoir beaucoup de temps libre, ça m’a permis de donner un peu plus de temps à Uni’sons et je me suis rendu un peu indispensable, et quand j’ai commencé à re bosser un peu en parallèle, il y avait un manque à travers l’association qui n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. Quand je vous parle de ce moment là c’était en 2006, mon premier contrat a été signé en 2008, il y avait 3 salariés à ce moment là et moi quand je faisais des petits boulots qui me ne plaisaient pas et que en plus je manquais à l’association, c’est à ce moment là qu’on m’a proposé de m’embaucher avec un petit contrat. Et au fur et à mesure du temps je me suis formé, j’ai commencé en tant que gestionnaire de lieu. J’ai fait le lien entre les jeunes du quartier et l’association en gérant ce lieu. J’ai ensuite fait quelques formations, notamment pour la médiation culturelle, le bénévolat, la régie et avec le temps j’ai pris des responsabilités dans la structure, ce qui m’a mené à occuper mon poste.

Baptiste : Et ce serait quoi votre meilleur souvenir en tant que membre de l’association ?

Élias : Il y en a tellement, et il faut savoir que quand on travaille dans une association comme Uni’sons c’est quand même une conviction, on ne peut pas travailler dans un association comme Uni’sons si on le fait pas par des convictions parce que on est payés, mais le salaire ne suit pas par rapport au privé. Moi qui suit un jeune du quartier qui travaille maintenant à Uni’sons aujourd’hui quand je rentre chez moi on me voit toujours comme le médiateur culturel d’Unissons. Quand je suis chez moi je suis toujours en lien avec les habitants c’est un travail pratiquement 24h/24 7 jours sur 7, ça fait que je suis en lien avec beaucoup de monde et c’est vrai que ça amène pas mal de belles situations. Je pense que ce n’est pas un moment ça serait plus ce que je suis fier aujourd’hui c’est la conviction qu’Uni’sons m’a transmis. C’est plus ça qui me donne envie de continuer. Si je dois choisir un moment ce serait trahir les autres qui sont aussi bien, c’est la conviction que l’association m’a donné et tous les moments de partage, les rencontres qu’on a pu faire a travers Uni’sons et le festival. Je peux vous donner quelques anecdotes. Après chaque festival on fait une petite soirée qui est consacrée au staff c’est-à-dire aux bénévoles, au personnel d’Uni’sons et chaque année c’est un moment magique. On a travaillé dur pendant ces longs mois, les bénévoles ont donné de leur temps pendant plusieurs jours sur la période du festival et c’est vrai que de se retrouver tous ensemble un peu plus décontractés, c’est des bons moments et ces moments là sont très très riches.

Lucy : L’idée de créer un festival comme arabesque est partie de quoi ? Qu’est ce qui vous a donné envie ?

Élias :Alors ça c’est une question plus à poser à Abib qui a créé le festival mais moi aussi je me suis posé la question. Abib qui est fondateur de l’association et qui a créé le festival en 2006 faisait partie d’un groupe de rap, il était musicien et artiste dans un groupe de rap qui avait signé dans une grande maison de disque à l’époque qui s’appelait BMP qui est aujourd’hui SONY, et cette signature leur a permis de créer un album. Cet album leur a permis de faire une tournée, une mini tournée avec quelques dates en France, en Espagne, au Maroc et en Palestine. Et quand ils sont allés en Palestine qui en fait est un lieu très culturel, ils se sont rendus compte qu’il y avait, dans chaque quartier, dans chaque ville, mais ça se faisait naturellement car c’est quelque chose de très encré chez eux, des moments de joies à travers la musique, le partage et c’est à ce moment là qu’ils ont eu l’idée de pourquoi pas créer un festival qui permettrait aujourd’hui en France et en Europe, car on est considéré comme le festival le plus gros d’Europe à travers les arts du monde arabe, de pouvoir donner la réelle identité de la culture arabe en France et en Europe. L’idée est venue de là : un voyage entre amis qui a permis d’avoir cette idée là mais c’est aussi la passion de la musique qui a permis de lier tout ça, les origines de ce groupe là car ils avaient tous des origines différentes mais le fait de se retrouver en Palestine pour des concerts, une tournée et de voir ces événements ils se sont dit que ce serait une bonne idée de créer un petit festival, car ce n’était qu’une journée à la base sur Montpellier et 15 ans après on est sur 2 semaines avec quasiment 200 000 spectateurs ça fait du chemin.

Imene :Et vous en tant que professionnel vous pensez quoi des événements proposés à Montpellier ?

Élias :Alors personnellement Montpellier c’est une ville qui est riche culturellement, quand on voit ce qu’il se passe en termes de festival, en termes aussi de salle de spectacle, de théâtre je trouve que c’est très large et c’est bien car ça permet à chacun de s’épanouir culturellement. Il faut savoir que la culture est très importante dans la vie de tous les jours ça permet de se rencontrer, de partager de bon moment, de se lier à d’autres personnes et d’aller à la découverte. Et c’est aussi ce que l’on veut inculquer aux jeunes qu’on touche nous, de dire vous avez votre espace culturel ! La plupart du temps c’est des jeunes qui sont autour du hip-hop, qui aiment bien le rap qui écoutent ça et le but c’est de les ouvrir un peu plus et c’est vrai qu’on a la chance à Montpellier d’avoir des lieux et des événements qui proposent des choses de qualités.

Imene : Pour revenir à l’organisation du festival arabesque comme vous avez un rôle essentiel est-ce que vous pouvez nous en parler un peu plus?

Élias :Oui bien sûr, alors le poste que j’occupe, qui est coordinateur général c’est un peu la pièce centrale. C’est-à-dire que je suis lié avec tout le monde, la seule personne qui connaît tout le monde c’est moi. Les 150 bénévoles je pourrais les nommer un par un, les techniciens, les prestataires qui viennent sur le festival c’est vraiment l’avantage que j’ai, de pouvoir connaître humainement tout le monde parce qu’il y a quand même 250 personnes qui travaillent sur le festival en comptant les bénévoles, les salariés les intermittents du spectacle et il faut savoir que le festival n’est pas une structure d’événementiel, on a pas de salle de spectacle et au début quand on a proposé le festival arabesque il y a le département qui nous a suivi. Il nous a donné un jour au domaine d’O mais par contre pas plus que ça. On avait une enveloppe pour la programmation mais tout ce qui était en termes d’organisation il fallait qu’on se débrouille et ça c’est fait avec les moyens du bord c’est-à-dire avec les amis qui étaient là, la famille et surtout les gens qui étaient liés à l’association. Et au fur à mesure du temps, on a commencé avec 15 bénévoles maintenant on en a 150, et c’est vraiment le moteur du festival c’est vraiment ce qui a permis au festival de se développer parce qu’on n’aurait jamais réussi à avoir le budget d’engager le personnel à travers les différentes missions que les bénévoles sont amenés à réaliser sur le festival, ce qui n’est pas rien : accueil des artistes, du public, transport c’est-à-dire aller chercher les artistes. À chaque fois on a des bénévoles qui sont sur les différentes animations de l’espace médinas (qui est l’espace où le public peut venir se promener) et aujourd’hui le festival, si il en est où il en est et qu’il va sur ses 15 ans, c’est garce à cet engagement des bénévoles. Moi mon rôle dans ça c’est le lien que je peux avoir avec toutes ces personnes là et j’ai tout dit c’est vraiment grâce à cette implication de ces gens là qui s’engagent. Après sur la partie un peu plus organisation moi mon rôle c’est un peu le chef d’orchestre : je prends les premiers contacts avec les prestataires, quand je parle d’organisation je parle vraiment d’implantation, défragmentent, je prends le premier contact avec les prestataires quand les devis sont validés par la direction. C’est moi qui met en place les plannings, c’est moi qui lie et il faut savoir que chaque prestataires est lié avec les autres, car il faut comprendre qu’il y a des choses qui se font avant d’autres. Je prends l’exemple que les tentes doivent être montées après que la personne qui vient installer les bungalows soit venue. Il y a quand même une chronologie des choses qui doivent être réalisées et ça c’est la réalisation du coordinateur général. C’est pour ça que je parle d’orchestre il faut savoir au bon moment qui doit venir, à quel moment il faut les refaire partir et de pouvoir gérer un peu tout ça.

Imene : Vous nous avez parlé des artistes, est-ce que c’est difficile de les faire venir ?

Élias :Alors aujourd’hui on n’a pas trop de difficultés car on est devenu un festival qui est renommé. Maintenant, quand on dit festival arabesque ça parle tout seul, mais c’est vrai que au début c’était un peu difficile mais la chance qu’on avait c’est que, je vous ai parlé de l’historique de la création de l’association du groupe de rap, en signant dans une maison de disque il y a un réseau qui s’est créé et c’est ce réseau la sur lequel on a pu s’appuyer pour débuter et au fur à mesure du temps, plus les années sont passées plus le festival a pris de l’ampleur, plus notre notoriété s’est faite et on est rentrés dans une catégorie de festival « sûr », de festival où les gens veulent venir jouer. On est passés d’un festival un peu de « bricolage » à un festival où les artistes veulent venir jouer sur arabesque. Juste une anecdote : sur la première édition qui a existé c’est que comme je vous l’ai dit c’était sur une journée et on avait programmé une artiste qui s’appelait Cheikha Remitti qui était une grande artiste algérienne et qui était programmée. C’était la tête d’affiche et à deux mois du festival elle est décédée. Ça veut dire que la grosse tête d’affiche qui aurait du nous ramener du monde n’a pas pu, malheureusement, être là. Mais la chance qu’on a eu c’est que parmi notre réseau on finalement réussi à avoir Idir qui est un grand artiste aussi, kabyle et quand on lui a expliqué l’objectif du festival, le but de promouvoir les arts du monde arabe mais surtout qu’on était une association de quartier ça l’a touché le fait de l’origine de la création du festival mais aussi il était un grand fan de Cheikha Remitti et c’était un honneur pour lui aussi de venir la remplacer sur la programmation. Et voilà il y a des petits trucs comme ça qui auraient pu changer le destin. Et Idir est venu gentiment jouer à la place de Cheikha Remitti en urgence on refait la com et comme c’est un peu le même public de Cheikha Remitti et Idir cela a permis de goupiller la chose et de faire notre première édition. Et quelques années plus tard on a réinvité Idir en vrai tête d’affiche en honneur parce que là il était venu pour remplacer Cheikha Remitti mais il fallait qu’on lui retourne l’ascenseur et lui dire que cette année on va vraiment communiquer sur toi, c’est toi qu’on a voulu vraiment inviter.

Mais aujourd’hui on a la chance de d’avoir une marque maintenant qui est reconnue que ce soit par les artistes, par les bookeurs, par les tourneurs, par le monde professionnel et culturel et cela facilite les choses.

Rhiannon : Vous nous avez parlé de chronologie du festival, par où vous commencez pour organiser chaque édition ?

Élias :Bien sur il y a une chronologie, quand je dis un an c’est pas un an sur le terrain. Il y a tout d’abord la programmation. C’est travaillé autour de la programmation. Quand je dis un an c’est parfois avant car la réflexion de dire, par exemple là on va sur notre édition de 2020 on essaie d’avoir des artistes mais ils nous disent que finalement ils seront pas disponibles en 2020 mais en 2021 on 2022. On essaie d’anticiper sur plusieurs années. La première grosse étape c’est la programmation, créer la programmation pour avoir une programmation finalisée dans les lieux car le festival a lieu au domaine d’O mais il peut avoir lieu dans différentes salles dans la ville. C’est ce qui va nous amener à rentrer dans l’organisation pure et dure c’est-à-dire l’implantation, le site, la sécurité, la technique, les équipes. Voila première étape la programmation, après la deuxième grosse étape c’est vraiment l’organisation concrète du festival sur le terrain. Et à travers cette deuxième étape d’organisation il y a différentes étapes : première étape c’est reprendre contact avec les prestataires, là on est que sur de la prise de contact, les bénévoles, prendre leur disponibilités puis après il y a le moment où il faut planifier les plannings sur le montage le démontage, le dispatche des bénévoles, leur planning. Puis après arrive une autre étape qui est « l’avant concret », quand je dis le concret c’est les jours de festival. L’avant concret c’est des réunions qui vont nous permettre d’organiser sur le terrain le jour J des dates. C’est a dire les réunions avec les bénévoles, les réunions avec les équipes, les réunions avec la sécurité, réunions avec les techniciens et puis après l’avant dernière étape c’est les jours de spectacles, les jours J de festival où là il faut que tout le monde soit en poste, que tout le monde marche, il faut que l’ampoule soit éclairée, que la batterie tourne là on est sur le jour J. La dernière étape c’est l’après festival : c’est le démontage, le rangement, refaire partir les tentes, les chapiteaux, la technique, tout ce qu’on a loué. Il y a tout un travail qui est fait après. Et après c’est un éternel recommencement : on repart à zéro pour remonter la montagne.

Rhiannon : Quand vous nous parlez de technique vous avez des régisseurs ? Est-ce que d’année en année vous êtes en partenariat avec des agences ?

Élias :Comme notre festival a lieu dans des lieux culturels chaque lieu a son propre régisseur. C’est-à-dire que nous on s’appuie sur le personnel des lieux qui nous accueille, en interne il faut qu’on fasse le lien entre Arabesque et les artistes et en même temps avec les différentes salles, mais les artistes ne font jamais le lien avec les salles c’est vraiment nous les interlocuteurs à travers les artistes et à travers les lieux qui vont nous accueillir, on fait la passerelle entre les deux et en interne il faut qu’on ait quand même une organisation pour pouvoir faire passer les informations, là on a un intermittent du spectacle qui est un régisseur technique qui lui, va s’occuper seulement de pouvoir lire les fiches techniques qui vont nous être envoyées par les techniciens des groupes et qui va les récolter, les remettre aux différentes salles qui vont nous accueillir. À savoir après qu’il y a un budget, à un moment donné le son on ne le trouve pas comme ça il faut le louer. Ensuite la salle va nous dire « nous on a ça et ça », on va vous les mettre à disposition, ça va faire le coût de telle somme et notre régisseur technique son boulot c’est ça, de faire le lien, de pouvoir négocier sur les devis. Il faut pouvoir aller louer du matériel, des micros, des enceintes, des consoles de la lumière, parce que chaque artiste vient avec une fiche technique bien détaillée par rapport à son spectacle, chaque artiste à sa propre fiche technique, aucune fiche ne ressemble à une autre. Il y a aussi le moment de changement de plateau même si c’est sur deux jours, si il y a tel concert un jour et tel concert un autre jour, il faudra démonter ce plateau là pour remonter le plateau technique, et donc nous nous avons un intermittent du spectacle qui nous permet de faire ce lien. Et ce lien là est complètement basé sur la technique car il faut avoir aussi un certain vocabulaire, il faut tout connaître, donc il y a une certaine formation à avoir, il y a un vocabulaire que seuls les techniciens peuvent comprendre.

Imene :Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer dans l’événementiel ?

Élias :Alors le conseil que je peux donner, c’est déjà de pouvoir faire du bénévolat, un stage, ou un service civique, pour voir vraiment si ça lui plaît, parce qu’il faut savoir que le travail d’événementiel c’est très très difficile, il faut travailler très tard, se lever très tôt le matin, travailler le samedi, le dimanche, celui qui veut une vie de famille tranquille je pense que ce n’est pas le bon métier. Mais si c’est vraiment ça, c’est de pouvoir bien se former parce que ce qui est important dans l’événementiel c’est d’avoir connaissance de tout ce qui est lié à l’événement, c’est à dire la sécurité, la technique, beaucoup de management. Il y a beaucoup de choses qu’il faut savoir manipuler et gérer c’est donc pouvoir se former un maximum et engranger de l’expérience parce qu’il n’y a pas mieux que l’expérience. Moi aujourd’hui si je fais ce que je fais, c’est grâce à l’expérience que j’ai eu, c’est par le terrain. Moi quand j’ai commencé à gérer les bénévoles j’avais aucune formation et j’ai vite vu que j’étais limité, alors j’ai commencé les formations, et quand j’ai commencé à travailler sur la régie générale, j’étais aussi limité parce qu’on me parlait de sécurité, de termes que je ne comprenais pas du tout, et qu’il fallait vraiment que je gère, donc c’est par la formation que j’ai pu rattraper un peu mes lacunes.

Donc voilà, vraiment de voir si c’est vraiment ce qu’il vous plaît, parce qu’on ne s’en rend pas compte mais c’est vraiment un travail qui n’est pas facile, mais très passionnant, si on a vraiment cette passion là, on est très content de se lever le matin même si c’est pas toujours facile, on est très heureux d’aller travailler parce qu’on sait qu’on va faire ce qu’on aime. Après le réseau c’est très important en faisant des stages, des formations, et des services civiques, ça va engranger du réseau parce qu’il y a beaucoup de gens qui travaillent dans l’événementiel et qui sont aussi intermittents du spectacle. Pour avoir le statut d’intermittent c’est pas facile, il faut avoir un certain nombre de cachets, la première année pour pouvoir profiter du statut, je ne sais pas si vous savez ce que c’est le statut d’intermittent du spectacle mais c’est un statut qui permet à des personnes qui travaillent dans le domaine de l’événementiel ou culturel mais pas que, de pouvoir pendant les périodes où ils ne travaillent pas, de toucher une allocation chômage plus facilement, c’est un complément de salaire, et pour pouvoir avoir ce statut là, il faut avoir un nombre d’heures travaillées à l’année, en fait il faut environ autour de 500 heures par an, et la première année pour pouvoir avoir ce statut là et pouvoir bénéficier de ces allocations là, quand on ne travaille pas « il faut aller au charbon » comme on dit, c’est de faire des cachets, c’est à dire des heures pour pouvoir engranger ce quota là qui va permettre de rentrer dans ce statut là qui protège un peu ce métier là. Puisque c’est quand même un métier qui n’est pas sur tout le temps, il y a des moments où il y a du boulot, des moments où il n’y en a pas, mais ça permet d’avoir un salaire tout le long. Il faut savoir aussi que c’est un statut qui existe surtout en France, c’est pour qu’on a la chance en France d’avoir une richesse cultuelle on est en avance sur d’autres pays. Ce statut là a permis de développer le monde de la culture et à certaines personnes de bosser plus facilement à travers ce métier culturel, mais c’est comme un peu partout si ça plait, si on est sûr qu’on veut faire ça, il faut se lancer avec un minimum d’expérience, c’est pour ça que le service civique peut être quelque chose d’important pour acquérir de l’expérience et du réseau.

Imene : Que pensez-vous du développement du secteur de l’événementiel en France ?

Élias :Je n’ai pas vraiment de réponse parce que je n’ai pas fait d’études dessus mais j’ai l’impression que c’est un travail en pleine expansion aujourd’hui. Moi je suis dans l’événementiel culturel à travers les festivals, les spectacles, mais il y a aussi l’événementiel autour des mariages où ça se développe énormément. Il y a aussi l’événementiel à travers les salons où il y a de plus en plus de salons qui se créent, des foires. Donc oui c’est un secteur qui est en développement, et je pense qui a de l’avenir devant lui parce qu’aujourd’hui il y a beaucoup de choses qui sont devenues professionnalisées. En parlant des mariages avant c’était vraiment des personnes qui faisaient ça parce que c’était de la passion et qu’elles étaient « fans » de mariages mais aujourd’hui c’est devenu des vrais métiers, les gens font ça tout au long de l’année, et ils gagnent leurs vies grâce à ça. Je trouve qu’il y a vraiment un bel avenir dans ce secteur la, même économiquement, quand on voit aujourd’hui ce que coûte un mariage ou le montage d’un salon il y a quand même pas mal d’argent.

Rhiannon : Alors pour nous c’est parfait, nous avons toutes les informations nécessaires. Je vais juste faire une courte synthèse. Nous venons d’avoir le grand plaisir d’interviewer Monsieur Elias Belassal, médiateur culturel de l’association Uni’Sons mais aussi, coordinateur général du festival Arabesque. Il touche de nombreuses autres actions tel que les « Renc’Arts » qui consiste à effectuer des rencontres artistiques avec des jeunes. Il est aussi très présent avec les jeunes en conditions difficiles pour les aider et être là pour eux. Pour débriffer les deux grands acteurs dont nous avons parlé : Uni’sons une association qui vise à l’accès à la culture pour tous et pour aider les jeunes avec des actions culturelles mais aussi éducatives. Puis Arabesque, un festival qui diffuse la culture Arabe de diverses façons.

Réalisé par Baptiste LAVILLE , Lucy MAGNIERE , Imene OMANI , Rhiannon ACE G7

« Je prends l’événementiel comme un jeu, et pas comme du travail » Rencontre avec Laetitia Fite Gonnet, étudiante et professionnelle de l’événementiel.

lundi 25 novembre 2019

Le vendredi 22 Novembre, nous nous sommes rendues à l’école d’hôtellerie Vatel, située à Nîmes, afin de rencontrer Laetitia FITE GONNET, étudiante en cinquième année à l’école Vatel, et responsable de développement pour l’entreprise d’événementiel LP Events. Eva BOURGADE et Maeva SEEMANN ont posé les questions, tandis qu’Eléa YO prenait des notes. Notre entretien a duré une trentaine de minutes. Vous pouvez trouver ci-dessous la retranscription de celui-ci.

Maeva : Bonjour, nous venons vous rencontrer dans le cadre d’un projet universitaire pour l’université Paul Valéry Montpellier III. Nous sommes Maeva Seemann, Eléa Yo et Eva Bourgade et nous sommes en 1ère année de licence information-communication. Nous allons vous poser quelques questions, est-ce que cela vous dérange si cet entretien est enregistré ?

Laetitia : Non, pas du tout.

Maeva : D’accord. Nous devons aussi faire une retranscription sur le blog dédié à notre licence. Est-ce que cela vous dérange si l’on retranscrit vos propos sur le blog ?

Laetitia : Absolument pas.

Maeva : Nous allons donc commencer avec les questions. Est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement ?

Laetitia : Alors, je m’appelle Laetitia Fite Gonnet. Je travaille avec Pierrick depuis quasiment un an maintenant, dans l’agence LP Events. Pierrick est le patron, je travaille avec lui en tant que commerciale, et en tant que responsable du développement de la société, en parallèle de mes études d’événementiel. Donc je fais les deux en même temps.

Maeva : D’accord, et quelle formation vous a permis d’accéder à ce poste ?

Laetitia : Alors, j’ai fait un bachelor à l’école Vatel, qui est une école de management hôtelier, et ensuite je me suis dirigée vers la spécialisation dans l’événementiel, donc en cinquième année. Je suis actuellement en train de passer mon master, et en même temps je travaille avec Monsieur Laupies sur l’agence.

Maeva : Est-ce que ce n’est pas trop difficile, de faire vos études et en même temps, de travailler ?

Laetitia : Non, ça va. En fait, je prends l’événementiel comme un jeu, et pas comme du travail. C’est très agréable, et c’est quelque chose qui me plaît énormément, donc je n’ai jamais l’impression de travailler. Donc oui, c’est une charge de responsabilités, de choses à faire qui est importante, mais vu que ça me plaît, ce n’est pas « de trop ».

Maeva : D’accord, et qu’est ce qui vous plaît spécifiquement dans ce travail ?

Laetitia : Alors, ce qui est bien dans l’événementiel, c’est que tous les jours sont différents. Il n’y a jamais rien qui se passe exactement comme on voudrait, c’est toujours très dynamique, c’est toujours des clients avec des demandes très différentes. On peut être sur un mariage un samedi, et le samedi soir d’après en boîte de nuit sur du placement de produit, et le jour d’après sur du lancement de véhicule. On a des clients très variés, avec des demandes très variées. C’est toujours très créatif, il y a plein d’aspects différents au travail, et c’est ce qui fait que ce n’est jamais la même chose.

Maeva : D’accord. Et est-ce que vous avez eu d’autres expériences avant dans le domaine de l’événementiel, ou alors c’est vraiment votre première fois ?

Laetitia : Alors, de façon « non officielle » à Vatel ça fait cinq ans que je suis au Bureau des Étudiants, et on a organisé plusieurs gros galas. Quand on parle de galas, on est sur des gros galas, avec jusqu’à cinq cent invités en général. On fait des week-end d’intégration, et nous partons demain sur notre huitième week-end d’intégration. On part sur des groupes qu’on amène à droite à gauche, là on part en Espagne, le mois dernier on était à Paris. Donc on part sur des week-end entiers avec cent personnes à gérer avec des cultures différentes, des âges différents, donc des contraintes à chaque fois, qui sont différentes à chaque fois. Donc ça, ça m’a un peu lancé dans le truc. Et après on a en plus du master des projets à créer. Avec deux collègues on est sur un projet associatif, qui s’appelle « Louise », et c’est une association de lutte contre les féminicides, contre les femmes battues. Et donc on fait des expositions photo sur ce genre de sujet. Donc voilà, je suis sur plusieurs terrains à la fois, ça fait plusieurs expériences différentes qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. Beaucoup d’associatif. En fait monsieur Laupies m’a pris en stage au début puis après je suis restée avec lui, en tant que commerciale. On développe la société géographiquement et on l’étend aussi.

Maeva : D’accord, et en fait c’est le fait d’avoir travaillé d’abord au Bureau des Étudiants qui vous a donné envie de…

Laetitia : Tout à fait. En fait à la base quand je suis arrivée ici, je voulais faire de l’hôtellerie, hébergement, enfin le truc classique de conciergerie, réception, directeur d’hôtel, ou des trucs comme ça, et j’ai vraiment trouvé ma voix parce que justement j’ai travaillé au Bureau des Étudiants , et que ça m’a appris et fait rencontrer des gens, et que c’étaient vraiment des expériences géniales.

Maeva : D’accord. Et vous, précisément, c’est quoi votre rôle au sein de l’agence ?

Laetitia : Moi je fais beaucoup tout ce qui est administratif, je fais tout ce qui est traitement et création de devis, les facturations, ce genre de choses… Parce que Pierrick est plus sur le terrain, parce que moi je fais encore mes études etc, donc je suis beaucoup plus derrière mon ordinateur… C’est plus simple pour moi parce que je peux travailler un peu de partout, et Pierrick va toujours être sur les événements sur place, je l’assiste de temps en temps, quand il ne peut pas, quand on a deux événements en même temps, on se dédouble ; il y en a un qui va à droite, l’autre qui va à gauche. Je peux être capable de faire un devis comme je peux monter du matériel d’effet sonore, ou d’effet lumière. Je peux gérer une prestation de mariage… On fait vraiment de tout, en fait. La société est articulée de telle sorte qu’on peut juste faire de la location, par exemple de canon à confetti, de sparkular, ce genre de choses. On peut aller de la simple location de produit jusqu’à la création d’événement ; le client nous dit « Je voudrais ça, allez-y faites la déco, les réservations de traiteur »… Tout de A à Z.

Maeva : Et tout ça, c’est des choses que vous avez appris sur le terrain ou c’est des choses pour lesquelles vous avez reçu des formations ?

Laetitia : Alors, moi j’ai fait un peu l’inverse (rires). J’ai appris d’abord sur le terrain et après j’ai fait la formation. Parce que les choses se sont faites comme ça ; en fait je voulais aller dans mon master avec des connaissances, c’est pour ça que j’ai fait mon stage d’abord, avec Pierrick, et de là j’ai fait la formation, et je retourne avec encore plus de connaissances, du coup j’ai fait un peu les choses à l’envers.

Maeva : Oui, et du coup c’est vous qui avez pris l’initiative de faire ça ?

Laetita : Oui, normalement on a un stage de fin d’études, en cinquième année à Vatel, et donc là je suis sur une autre entreprise, qui s’appelle Spice Up. Donc là par contre j’arrêterai de travailler avec LP events parce que je ne peux pas gérer deux sociétés en même temps. Et donc voilà, j’ai fait d’abord un stage chez LP events, après j’ai fait mon master, et après je reprends un stage.

Maeva : Très bien, alors on va partir sur la seconde partie de l’entretien, qui est consacrée à l’entreprise.

Laetitia : Oui.

Eva : Alors, vous avez déjà un peu présenté l’agence, mais est ce que vous pouvez nous la présenter plus en détail, avec les autres acteurs qu’il pourraient y avoir, à part vous et Pierrick ?

Laetitia : Alors en fait on est deux, donc ça va être relativement… (rires). Enfin, deux… Pierrick, donc monsieur Laupies, il a crée la société, il la gère, donc voilà, c’est sa société. Après, il n’y a que moi qui vient l’aider en tant que LP events. Après bien sûr on travaille avec d’autres prestataires, tout ce qui va être set up de DJ, location de matériel… Enfin, on a notre propre matériel maintenant donc on loue notre matériel à nous… Mais on peut être amenés à faire appel à d’autres acteurs, si on réserve un saxophoniste par exemple, on a pas toutes les compétences non plus, donc on ne va pas aller faire du saxophone, mais on a une palette de choix qui est très très large, ce qui fait que la société en elle-même est divisée. Alors c’est un peu complexe. L’agence s’appelle LP Events Agency, et il y a quatre grands pôles ; donc il y a LP mobilier, tout ce qui est location pure et dure, de matériel, de ce que l’on appelle de « show effect », donc des sparkulars, des machines à bulles, des lanceurs de flammes, enfin ce genre de choses. Après il y a la partie DJ set up, donc on va booker des DJ avec certains événements ; il y a la partie « prestation clés en main », où on prend l’événement du client et on en fait ce qu’il en a envie, avec nos connaissances à nous. Et il y a une partie qui s’appelle La Bulle, qui est une structure unique dans le sud de la France. C’est une énorme structure gonflable carrée, dans laquelle on peut accueillir jusqu’à cent cinquante personnes pour celle qu’on a actuellement, et on fait des soirées à l’intérieur de ça. En fait, ça se gonfle et ça se module comme vous voulez. On peut y mettre des « mange debout » par exemple, on peut y mettre un DJ, mais on peut aussi faire un truc assis. Donc voilà, ça prend toutes les formes que l’on a envie que ça prenne.

Eva : Et, de toutes ces activités, est-ce qu’il y en une principale, sur laquelle vous vous concentrez particulièrement, ou c’est vraiment tout le temps en alternance ?

Laetitia : Ça dépend des périodes. Dans l’événementiel il y a toujours plus ou moins de vagues, de périodes. Il y a la période mai-juin-juillet, ça va être beaucoup de mariages, jusqu’au mois d’août. La saison de l’été c’est beaucoup de clubs, on travaille avec des boîtes de nuit, comme le Marina, ce genre de boîtes… On a travaillé avec eux pour l’Electrobeach. L’hiver, ça va être différent; ce soir on a une prestation sur le Beaujolais Nouveau. On travaille beaucoup sur Alès vu que la société est basée là-bas. C’est la ville natale de Pierrick, donc il travaille beaucoup là-bas. Il y a les lancements de produits en début d’année, donc des lancements de véhicule ; on travaille avec BMW. Ça ressemble des fois à du saisonnier, il y a des creux d’activité de temps en temps, parce que l’activité est comme ça, on sait que les mois de septembre, octobre, ce n’est jamais des mois très florissants parce que c’est la rentrée, les gens sont sur autre chose que de l’événement. Mais globalement, c’est très varié, il n’y a pas vraiment de spécialisation à proprement parler.

Eva : Et de votre point de vue, est-ce qu’il y a des types d’événements qui vous attirent plus, ou sur lesquels vous préférez travailler ?

Laetita : Moi je préfère monter des événements « clés en main »,c’est à dire créer tout de A à Z pour le client. Faire de la location mobilier, c’est sympa, mais c’est plus un gagne-pain qu’un moment créatif, et qu’un moment qu’on partage avec le client. Le client peut nous dire j’ai besoin de cinquante canons à confettis et de quatre gun à CO², et bien on va rester sur ça, on va livrer, faire la prestation, mais il ne va pas il y avoir comme il pourrait y avoir pour un mariage, un lancement de véhicule, ou pour un événement d’entreprise où le client va nous dire  » Je ne connais rien du tout à l’événementiel, ce n’est pas mon métier, conseillez-moi, aidez-moi, donnez-moi des idées « … et là on pourra discuter avec le client, répondre à ses attentes. On a fait au mois de juillet les quarante ans d’un cabinet d’experts comptables, donc ce sont des gens à qui ce n’est pas du tout le métier. Ils ont cent cinquante invités, qu’est ce qu’on peut faire ? C’est à nous de leur dire « on peut vous monter des tentes ici, on peut vous amener un saxophoniste ici, on peut mettre un traiteur, on peut vous proposer ça. » Et c’est là que ça devient intéressant, c’est quand on monte tout de A à Z. Après il y a des événements que LP events crée lui-même, c’est à dire les sorties de La Bulle, ce genre de choses, en partenariat avec d’autres établissements, par exemple. Donc voilà, c’est toujours plus intéressant d’avoir à dialoguer avec un client que de faire simplement du transport de matériel, à mon sens, même si après c’est intéressant pour se faire connaître d’avoir aussi cette partie show effect.

Eva : Oui, il y a plus de relation, de liberté pour pouvoir apporter sa touche.

Laetitia : Exactement.

Eva : Et est-ce qu’il y a un événement pour lequel il vous a tenu à cœur de travailler ? Par exemple, l’événement dont vous nous avez parlé à propos des féminicides …

Laetitia : Alors, on va prendre sur trois grosses branches, je vais vous donner trois réponses différentes. Avec LP events, à proprement parler, ce que j’ai préféré faire c’était au Marina, l’opening de l’Electrobeach. Je ne sais pas si vous connaissez le Marina à Perpignan, ou plutôt à Port-Barcarès . Il y a l’Electrobeach, et il y a une énorme boîte de nuit à ciel ouvert, dans laquelle il y a trois piscines, donc c’est très grand, c’est une des plus grosses boîtes de nuit d’Europe. Et c’est vraiment un univers à part entière. Donc, pour l’Electrobeach, ça se passe en journée, donc la boîte est ouverte la journée. C’est des gens qui dansent dans les piscines, ça sort, ça rentre, ça bouge de partout, la musique est excellente, les DJ s’enchaînent les uns après les autres… Nous on joue avec le CO², avec les effets de fumées, les geysers… C’est une très bonne expérience, ça amène du travail puisqu’il faut brancher du matériel sur une structure qui est très grande. C’est très amusant, honnêtement. Après plus, personnellement, je vous ai parlé du Bureau des Étudiants ; je travaille en binôme… En fait on est deux présidents et on travaille en binôme. On a monté deux galas, et celui de l’année dernière on l’a monté tous les deux. Enfin, tous les deux avec l’équipe, j’entends, on est pas tous seuls, on est à chaque fois une quinzaine, un vingtaine à travailler là-dessus. C’est très satisfaisant, de se dire qu’on a monté quelque chose que tous les étudiants qu’on côtoie tous les jours, les professeurs, toute la direction, est satisfaite, est fière… Tout le monde est heureux, tout le monde passe une bonne soirée. C’est notre petit bébé, on travaille dessus pendant quatre mois, on sort tout de terre et franchement c’est très agréable. Et en ce qui concerne l’association de « Louise », c’est encore autre chose, on est partis de rien du tout, donc on a du collecter les fonds, on a du prendre les photos, puisqu’on fait ça sous forme d’exposition photo. Il a fallu lancer la communication… On est partis de rien, on a crée l’association nous-mêmes, donc c’est quelque chose qui existe réellement. L’événement a pas encore eu lieu puisque l’on fait ça le cinq décembre, à l’espace Schuller au centre ville de Nîmes. C’est encore autre chose, et ça nous tient vraiment à cœur dans le sens où c’est notre dernier projet scolaire, et c’est une cause qui est très belle et qui doit être défendue. On a touché beaucoup de gens… les gens nous écrivent, nous disent « C’est génial, ce que vous faîtes, c’est vraiment bien de sensibiliser » Voilà, c’est vraiment trois événements qui marquent mais qui sont totalement différents et dans des structures différentes.

Eva : Donc en général, il y a vraiment le sentiment d’avoir accompli quelque chose, et d’avoir fait un bon travail.

Laetitia : Exactement, je trouve qu’il y a un sentiment de satisfaction dans l’événementiel qu’il y a rarement quand on quitte le bureau. On prépare, on prépare, puis le jour de l’événement arrive, et il va se passer comme il va se passer, avec les problèmes qu’il y a, parce qu’il y a toujours un problème. Donc oui, il va se passer avec les problèmes qu’il y a et qui sont gérés comme ils le sont. Et quand les clients et les gens qui étaient à l’événement sont satisfaits, là on peut être fier de soit en se disant « Tu as fait du bon travail ».

Eva : Et est-ce que vous pouvez nous raconter de manière générale la ligne de conduite de la création d’un événement ?

Laetitia : Alors, ça varie selon les événements. Avec LP, on a deux cas de figure, soit on reçoit une demande d’un client, soit on va chercher à répondre à ce qu’on appelle un appel d’offre. Donc dans les deux cas, en fonction de la demande du client, on lui établit un devis en fonction de ce dont il a envie, ce qu’il est possible de faire ou non en fonction, de je ne sais pas… des lois, de la capacité de l’entreprise, des contraintes du client. Donc dans les deux cas on répond à cela. Une fois que le client a choisi ce qu’il veut exactement, il y a certains aspects qui vont être en deadline, il y a certaines choses qui méritent d’être faites très à l’avance, comme par exemple réserver un traiteur, ce n’est pas quelque chose que l’on fait la veille pour le lendemain, parce qu’il faut décider du menu avec le client… Ensuite, il va y avoir tout ce qui est réservation du mobilier, il ne s’agit pas de louer cent cinquante chaises à deux clients différents si l’on en a que deux cent, et que au final ça ne marchera pas, parce qu’on en a pas plus que ce l’on a en stock. Après, tout se joue vraiment la semaine avant. La semaine avant, on vérifie que tout est bon avec le client, on valide tout, et le jour J, en fonction de ce qu’on doit monter comme matériel, on vient un jour avant, ou deux jours avant. En fonction de la salle aussi, il est possible qu’ils louent qu’un jour avant, donc on monte la prestation, etc, on crée tout. La prestation se passe, on est toujours sur le site pour veiller à ce que tout se passe comme prévu. Si jamais ce n’est pas le cas, pour pouvoir intervenir, trouver une solution. Si on a vendu à une cliente un saxophoniste pour son mariage et que les saxophoniste appelle à dix sept heures pour nous dire « A dix huit heures je ne peux pas être là parce que je suis malade », la cliente a payé un saxophoniste, donc il faut trouver une solution de repli vite, parce que c’est son mariage, on ne peut pas se permettre de gâcher le mariage d’une cliente, ni quelque autre prestation que ce soit. Et après, il y a toujours « l’après » de la prestation, donc il faut la ranger. Si on a installé du matériel pendant deux heures, alors il faut démonter pendant deux heures, même si ça va en général un peu plus vite, mais il faut le prendre en compte. On rentre,on décharge tout, on voit avec le client, on le recontacte « est-ce que ça s’est bien passé ? Qu’est ce que vous en pensez ? » … On cherche à connaître la satisfaction du client pour nous, apprendre de nos erreurs, et lui, éventuellement le fidéliser si besoin est. Voilà, globalement dans la grande ligne c’est relativement simple, sur le papier, c’est facile. (rires)

Maeva : En fait vous établissez une relation avec le client au fur et à mesure de la création du projet.

Laetitia : On essaie. Surtout sur des projets « clés en mains », on va essayer de connaître le client pour savoir ce qu’il va vouloir, les caractères étant tous différents, on va toujours essayer d’aller dans le sens du client, pour lui donner la satisfaction de son moment. Après, il y a des choses qu’il est impossible de faire, qui ne sont pas réalisables, parce que le lieu que le client a choisi ne pourra pas accueillir en capacité, ou pour quelque raison que ce soit. On avait voulu faire décoller un drone, je crois que c’était au Mas Merlet, pour faire une vidéo depuis le ciel sauf que le Mas Merlet est sur une zone militaire, donc on ne peut pas faire décoller un drone. C’est aussi à nous de penser au fait que l’on ne peut pas vendre un drone un drone à une cliente, alors que dans ce secteur là, ça ne marchera pas. Mais on essaie toujours de garder avec le client ce lien, qui fait qu’il nous fait confiance, et qui qu’il sait qu’il peut compter sur nous à n’importe quel moment. S’il a une inquiétude a j-2 du mariage, et qu’il nous dit « j’ai complètement oublié ça », on lui dit « ne vous inquiétez pas, on gère ». Il faut que lui, il puisse avoir une totale confiance en nous, pour que cela se passe bien, et que éventuellement, il revienne.

Maeva : Et ce genre d’imprévu, comment vous les gérez au sein de l’entreprise ?

Laetitia : C’est pour ça qu’il y a toujours ou Pierrick ou moi sur place, pour pouvoir gérer au cas où, ça dépend des cas de figures. Le coup du drone, par exemple, on avait pas vérifié. On a demandé l’autorisation le jour J, et on ne l’a pas eue. Du coup on a du dire à la cliente « Je suis désolé, il n’y aura pas ce type de vidéo ». Évidemment, on enlève du devis, mais on ne peut rien faire de plus. Le saxophoniste est malade, et bien on va prendre la liste des contacts que l’on peut avoir, on appelle tout le monde, et s’il n’y a pas de saxophoniste, on essaie un violoniste, s’il n’y a pas de violoniste, on essaie un pianiste, etc. Et il faut toujours trouver une solution à un problème, sinon, par définition, ce n’est pas un problème (rires).

Eva : Il faut toujours être réactif dans n’importe quelle situation.

Laetitia : Oui, il faut tout le temps être sur le qui-vive. Dans l’événementiel, il faut toujours être sur le qui-vive, dans le moment, et avoir la capacité de réfléchir très très vite, et à se dire « OK, comment je gère ça en cinq minutes ? ». Il faut vraiment avoir cette capacité à aller très très vite, et surtout de faire le bon choix, parce que ce n’est pas parce que l’on va vite que l’on fait le bon choix. Quand on a fait – je vous parle du BDE, pas avec l’agence – le gala, à un moment donné il y a eu une bagarre. Voilà, il y avait des étudiants, il y a eu une bagarre, et très vite, les agents de sécurité ont demandé « Qu’est-ce qu’on fait de ce jeune homme ? Est-ce qu’il reste ? Est-ce qu’il sort ? » C’est à nous de prendre la décision, est-ce qu’on le fait sortir, malgré le fait que c’est qu’un quelqu’un qui a payé sa place ? Est-ce qu’il est fautif, car on a pas vu comment ça s’est passé. Quels sont les risques s’il reste ? Ce choix doit être fait en cinq seconde, parce que l’agent de sécurité attend une réponse.

Maeva : Et cette capacité à être très réactive, vous l’avez apprise sur le terrain aussi ?

Laetitia : Ça se forme avec l’expérience, puisque les idées viennent avec l’expérience. Pierrick aura toujours cent fois plus d’idées que moi pour résoudre un problème. Moi la première, quand il y a quelque chose que je ne sais pas, la première chose que je fais c’est de l’appeler. Je lui dis « J’ai ça, qu’est ce que je fais ? » Il a la réponse 99,9 % du temps. Il y a toujours une solution. Oui, ça s’apprend sur le terrain, le premier problème, ça fait très peur, je crois que sur le premier gala que j’avais fait – les soirées étudiantes, c’est souvent ça, des histoires de bagarres et des trucs comme ça. – On m’appelait au talkie, « Laetitia, Laetitia, il y a un problème, il faut que tu viennes ». Je suis venue, mais c’était la première fois, je ne savais pas quoi faire. Du coup j’ai appelé la personne qui travaillait avec moi, je lui ai dit « écoute, qu’est ce que tu en penses ? » et voilà, à deux, il y a toujours quelqu’un sur qui s’appuyer. On travaille rarement seul, donc, en général il y a toujours un truc à faire. Après, il arrive qu’on prenne la mauvaise décision, et voilà, on fait tous des erreurs (rires), donc on apprend.

Maeva : Du coup ça vous permet d’apprendre de vos erreurs.

Laetitia : C’est ça, on évite de faire la même boulette.

Eva : On a fait le tour, donc on va faire une synthèse rapidement si ça ne vous dérange pas ?

Laetitia : Pas de soucis.

Eva : Alors, vous nous avez parlé de vos études et donc du fait que vous faisiez vos études en même temps que votre travail avec LP Agency, mais que même si ça vous fait des charges en plus, ça ne vous gêne pas car vous prenez votre travail comme un jeu. Vous nous avez aussi dit quelle rôle vous jouez dans l’agence, donc c’est plusieurs rôles assez différents, qui vont de l’installation de matériel jusqu’au travail administratif. Après, vous nous avez dit que ce vous préfériez dans l’événementiel c’est que chaque jour est différent, et que c’est un travail très varié puisque vous faites plusieurs activités différentes. Vous nous avez dit quel type de projet vous préférez faire, donc les projets « clés en mains », et vous nous avez dit quels événements vous ont beaucoup tenu à cœur. Et à la fin, vous nous avez parlé de comment il faut s’adapter aux imprévus.

Laetita : Oui, c’est plus ou moins ça.

Maeva : Alors on va pouvoir terminer l’entretien. Nous vous remercions de nous avoir accordé cet entretien. Avant de publier la retranscription sur le blog, nous vous l’enverrons par mail pour que vous puissiez nous dire s’il y a des choses à modifier.

Entretien avec Melissa CANE, jeune journaliste et organisatrice chez ONTV

lundi 25 novembre 2019


Nous nous sommes entretenus avec Mélissa CANE le 20 novembre 2019 dans un endroit calme place de la comédie. Pendant qu’Amalia JORGE prenait des notes, Roxane GAUTHIER posait les questions. L’entretien a duré 35 mins. Vous trouverez en gras, nos questions posés et en italique les réponses de notre journaliste.

Tout d’abord merci d’avoir accepter de vous entretenir avec nous. Dans le cadre de nos études d’informations-communication nous allons vous poser plusieurs questions concernant votre métier.

C’est un plaisir pour moi de répondre à vos questions les filles. D’habitude c’est moi qui interview les autres. *rires*

Alors, pouvez-vous vous présenter s’il vous plait ?

Je m’appelle Melissa Cane, j’ai 25 ans, je vis à Montpellier et je travaille pour la toute jeune société ONTV.

ONTV, qu’est-ce que c’est ?

On fait des reportages, des interviews, pas mal de choses dans le domaine de la communication et de l’évènementielle. On propose aux enseignes de leur faire de la promotion et de la communication. De revoir leur stratégie de communication pour atteindre un plus large public. On organise aussi pas mal d’évènements comme on a pu le faire pour Miss Élégance.

Dans quel secteur travaillez-vous ?

Dans le secteur évènementielle, secteur privé.

Qu’organisez-vous comme événement ?

On est en train de reprendre quelques comités de Miss Elégance, on a repris celui de PACA, et du coup Miss Languedoc, mon responsable président c’est sa deuxième promotion qu’il gère. Sinon après oui on fait d’autres évènements comme des concerts ou des spectacles, mais on est en train de monter tout ça, c’est une toute jeune entreprise.

Est-ce que vous avez des supérieurs ?

Alors oui, mon responsable qui gère toute sa clientèle et ses partenariats et moi je suis en renfort comme commerciale avec lui.

Comment avez-vous fait pour intégrer cette entreprise ?

Le responsable, le patron c’est un ami à moi, on s’est connu il y a 4 ans, à l’époque il avait Montpellier ONTV, il m’avait proposé de venir travailler avec lui mais moi j’étais sur Grenoble, et là l’opportunité de venir vivre à Montpellier c’est présenter à moi. Donc je lui ai dit que ça me plairait beaucoup de venir bosser avec lui et me voilà chez ONTV.

Depuis combien de temps vous y travailler ?

Ça fait depuis septembre, c’est vraiment tout récent.

Et combien de temps comptez-vous rester dans cet emploi ?

Alors je ne sais pas vraiment, on est en train de voir la avec mes collègues pour faire quelque chose de plus gros, monter une entreprise encore plus conséquente. Toujours dans le même domaine mais de faire un peu à notre manière, en plus de ça on aimerait intégrer des clips vidéo, par ce que mes collègues sont à leur compte et ils tournent des clips, donc c’est quelque chose qu’on ferait en plus dans la société.

Est-ce que vous travaillez seule ou en équipe ?

On travaille en équipe. Après moi de mon côté il y a un travail qui nécessite d’être seule, le démarchage, la prospection de nouveaux clients. Par exemple appeler une agence immobilière, là on a fait une vidéo pour une nouvelle agence immobilière, c’est moi qui me suis occupée de les démarcher.

Comment vous sentez vous dans votre entreprise ?

Tout se passe bien, on est jeunes et soudés, y’a une très bonne entente, on est amis au-delà d’être collègue. Je suis très contente d’avoir une bonne équipe et un bon patron. Je serais beaucoup moins productive si j’allais au travail la boule au ventre et si je ne m’entendais pas avec mes collègues.

Quel est l’événement que vous avez préféré superviser ?

C’était celui de Miss Élégance, j’ai adoré, et encore, je ne suis pas satisfaite de moi, j’aurai aimé que ce soit plus cadré, encore plus agencé comme je l’imaginais mais ça demande tellement d’investissement, de personnel pour gérer tout ça, ce n’est pas évident mais en tout cas j’ai adoré et je pense que je continuerai.

Quelles études avez-vous faites ? Et quels sont les diplômes qui préparent à ce métier ?

Alors moi ça n’a rien à voir ce que j’ai fait comme études, j’ai fait un BEP Sanitaire et Social et ensuite j’ai eu ma fille très jeune, à 19 ans, donc je me suis occupé d’elle, ensuite j’ai repris les études pour un diplôme d’accès aux études universitaires, et enfin j’ai repris un BTS d’assistant manager que j’ai arrêté en cours d’année, du coup voilà ce n’était pas ma voix le journalisme, puis j’ai eu la chance de pouvoir me lancer dedans et je ne regrette absolument pas, ça me plait beaucoup. Pour les diplômes je pense qu’il a plusieurs voie, par exemple j’ai une amie qui est en école de journalisme, et il me semble que c’est sur 2 ans.

Quelles sont les qualités requises pour ce travail ?

Pour ma part, sur le terrain, il faut vraiment être prêt à l’improvisation parce que l’on ne nous prévient pas forcément, parfois je sais qu’on va sur un lieu pour interviewer et on nous dit « tiens finalement il faut que tu interviews cette personne aussi » et je ne sais pas du coup qui est cette personne, alors je vais lui poser des questions au feeling. Alors pour le moment ce n’est pas du direct ce qu’on fait. En revanche l’autre fois j’étais sur le plateau de France Bleu, à la foire de Montpellier, j’avais le droit à une seule prise, alors là pour le coup le stress, la pression, ça demande beaucoup de rigueur. C’était la première fois que je faisais ça, c‘était une toute nouvelle expérience, mais c’est très bien, ça m’entraine pour le terrain.

Et du coup, vous faites comment pour surmonter les imprévus ?

On prend sur soi, c’est le stress et la pression mais surtout on essaie de ne pas perdre ses moyens, on prend une grande respiration et on improvise. Mais c’est vraiment formateur, c’est la bonne école.

Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ?

Les horaires ne sont jamais fixes, on est tout le temps surpris par ce que l’on nous propose, ce n’est jamais routinier, c’est un travail qui est tout le temps aléatoire, on rencontre tout le temps de nouvelles personnes, c’est vraiment plein d’avantages comme cela. Après, comme je vous ai dit, heureusement que j’ai une bonne équipe, ça facilite de travailler avec des personnes avec qui on s’entend bien.

Pour les inconvénients c’est surtout le fait d’être pris au dépourvu et de devoir improviser, c’est très stressant, moi je préfère préparer.

Que pensez-vous de votre métier ?

Je pense que c’est un métier très prometteur, humainement parlant ça permet d’évoluer, de rencontrer du monde, de se forger. Professionnellement parlant, d’ouvrir des portes à différentes enseignes, même au niveau commercial, ça peut leur permettre de toucher plus de personnes lorsqu’on leur fait des vidéos de promotions par exemple. La communication audiovisuel c’est quelque chose qui marque les esprits. Surtout avec notre génération, on est beaucoup sur les réseaux sociaux, on peut sponsoriser du contenu sur Facebook et Instagram, c’est beaucoup plus simple.

Est-ce vous devez vous déplacer dans votre travail ? Avec votre propre véhicule ?

Oui, je ne suis jamais fixe, par exemple le plus loin ou je suis allée c’est Caissargues, à une heure d’ici et on a fait un reportage présentation d’un spectacle dans une écurie pour un centre équestre, ils ont fait un spectacle avec des chevaux, des cavaliers, tout un spectacle artistique et une mise en scène et donc moi après j’ai interviewé les responsables et c’était super. Pour Miss Élégance c’était à Pérols, et on a fait aussi celui de PACA, alors je ne sais pas si on va reprendre le flambeau, c’est le président de PACA qui pourra nous le dire mais si c’est le cas il faudra qu’on se redéplace oui. Donc voilà je suis amené à me déplacer un peu partout. Alors je dois passer le permis rapidement pour cette entreprise, mais ça va pour le moment je me déplace avec les transports en communs ou mes collègues me véhiculent. C’est l’avantage à Montpellier d’être bien desservi par les transports en communs.

Justement, est ce qu’il y’a plus de monde dans les grandes villes comme Montpellier ?

Certainement oui, ça dépend aussi des évènements, par exemple à Pérols on a fait venir des personnes de partout, les familles des candidates, puis mon patron a des partenariats un peu partout sur Montpellier et les alentours, donc ils étaient également présents et encore il en manquait. Je pense après qu’à partir du moment où on fidélise les gens, les partenariats, les sponsors, ils viennent, ils nous suivent dans les évènements. C’est un rapport de confiance et de satisfaction.

Combien d’heure travaillez-vous ?

Je suis à une base de 35h par semaines, mais après ce n’est jamais fixe, parfois je fais moins, parfois je rattrape avec les week end, on peut avoir une interview de dernière minute, on m’appelle on me dit « aller samedi on est attendu a telle endroit » c’est génial. Après c’est aussi difficile pour la vie de famille, avec ma fille, elle est encore jeune, et pour gérer mon temps ou prévoir quelque chose ce n’est facile.

Justement, quelle est l’influence de votre métier sur votre vie privée ?

Il faut toujours se rendre disponible, toujours trouver quelqu’un pour garder la petite, mais en soit je m’en sors très bien pour l’instant, je suis vraiment contente. C’est un métier que j’aime, il faut savoir faire des sacrifices.

Votre salaire est‐il variable ou fixe ? Pouvez‐vous percevoir des primes ?

J’ai un salaire fixe, et des primes d’objectifs. La par exemple pour Miss Élégance on avait besoin de partenariats, de sponsors en plus et j’avais une commission sur les partenaires que je trouvais.

Est-ce que vous avez un bureau ou vous travaillez à domicile ?

Alors moi je travaille de chez moi, mais après avec mes collègues en ce moment on voit pour louer un espace de co-working, le co-working c’est un grand bureau ou y’a plusieurs petits bureaux dedans et ils louent des espaces individuels pour les entreprises, les auto-entrepreneurs. D’ailleurs c’est ce que je voulais faire avant, ouvrir mon entreprise de co-working, ça reste dans un coin de ma tête par ce que j’ai plein de projets.

Quels sont donc vos projets ?

Continuer dans ce milieu pour le moment, j’aime beaucoup, que ce soit l’évènementielle ou le journalisme et après à coter j’aimerai aussi ouvrir ma propre entreprise de co-working comme je vous ai dit. J’y réfléchis, je suis encore jeune.

Avez-vous un conseil à donner aux élèves qui décident de se diriger vers ce métier ?

S’entourer de bonnes personnes, c’est très important, avoir confiance en soi surtout, tout est possible, à partir du moment où on a envie d’évoluer, de communiquer il faut se lancer. C’est un métier qui a de l’avenir, qui touche un public très large. Donc voilà, s’entourer de personnes honnêtes, sincères aussi, de personnes qui ont déjà de l’expérience, qui peuvent vous guider. Et puis avec de la volonté on peut faire plein de chose.

Le journalisme et l’organisation d’évènements demandent donc beaucoup de rigueur et beaucoup de travail. Ce sont des métiers qui permettent de se dépasser, mais également de faire de nouvelles rencontres, et surtout de ne jamais s’ennuyer dû à l’absence de routine. Il faut faire face aux imprévus, savoir gérer son stresse et être organiser.

Tout à fait, j’aurai pas mieux résumé.

Merci de nous avoir accorder de votre temps et merci beaucoup pour vos réponses.

C’était un plaisir et si vous avez d’autres questions n’hésitez surtout pas, on reste en contact !

JORGE Amalia et GAUTHIER Roxane, G7, Montpellier.

Interview de Nathalie Bobbé, consultante externalisée en marketing et communication

lundi 25 novembre 2019

Dans le cadre de notre cours Projet Professionnel Personnalisé, nous avons interviewé Nathalie Bobée, consultante externalisée en marketing et en communication

Elève: Bonjour Nathalie, merci de nous avoir accordé de votre temps afin de réaliser cet entretient. Nous sommes en première année d’information et communication et dans le cadre de notre cours intitulé « projet professionnel personnalisé » nous devons réaliser une interview d’une personne travaillant dans le domaine de la communication. Nous nous intéressons particulièrement à l’événementiel, ce qui nous a conduit à vous. Je suis Maëlys Clare D’ambra et voici ma camarade de classe Maëlys Le Délézir. Nous avons séparé cet entretien en trois grandes parties, la première étant votre parcours professionnel, deuxièmement, ce qui vous à poussé a faire ce métier et ce qui vous plait dedans et troisièmement votre place au sein de l’entreprise vos taches, missions.

Elève: tout d’abord quel est votre métier?

Nathalie: Donc je suis experte en stratégie commerciale et marketing avec une spécialisation trade  marketing et communication visuelle. J’ai créé ma propre entreprise, ECLECKTIC il y a maintenant 7 ans et je peux tout autant travailler avec des petites entreprises qu’avec des multinationales, ce qui me permet de voir les différents modes de fonctionnement d’une entreprise. Par exemple, ce qui est bien en travaillant avec les petites entreprises c’est que les prises de décisions sont extrêmement rapides alors qu’avec les grosses entreprises il faut passer par la France, les Etats-Unis donc avant d’avoir une réponse il peut s’écouler 1 mois, et c’est compliqué d’avancer.  Mon travail se résume au commercial, au marketing et à la communication en temps partagé, c’est à dire que je contacte une entreprise et je suis la directrice marketing, directrice de la communication ou directrice commerciale externalisée ou alors les trois, j’ai une vision sur l’ensemble des 3 domaines. 

Elève: Quel parcours professionnel vous a conduit jusque là?

Nathalie: Donc j’ai fait l’Iscom et un bts action commercial puis une maîtrise et j’ai donc un bac+4 en communication, marketing et management, j’adore le management!! 

Elève : D’accord, et concernant votre parcours scolaire? 

Nathalie: Je sors d’un bac G3 enfaite, c’était commerce à l’époque, ça doit correspondre à la STMG de maintenant, c’est ce qu’on appelait les bacs poubelles, mais bon comme quoi tu t’en sors dans la vie du moment que tu bosses et que t’es motivé parce que la motivation c’est la clé de tout. Une fois ma maitrise terminée, je voulais absolument travailler dans la musique, c’était mon truc et je suis rentrée dans une chaine de magasin qui s’appelait Maddison nuggets, cela n’existe plus, c’était le concurrent de la FNAC et je m’occupais de promotionner tous les nouveaux albums d’artistes qui sortaient au sein des 280 magasins qu’il y avait en France.  J’étais en relation avec toutes les maisons de disque tels que SONNY, UNNIVERSAL, WARNER etc, et mon rôle était d’aller aux concerts, de dire que cet artiste a du potentiel et j’ai fait ça pendant 6 ans puis j’ai pris le poste de responsable marketing communication pendant 7 ans pour une grosse boîte de jeux vidéos.

Elève: Pourquoi avoir quitté le milieu de la musique? 

Nathalie: Parce que j’en avais marre, j’ai fait 6 ans dans la musique c’est un marché qui était en déclin, du coup je suis partie dans les jeux vidéos, chez Activision Blizzard, c’était en fait l’éditeur numéro un des jeux et ça n’a toujours pas changé je crois et là je suis partie sur une fonction plus commerciale c’est bien d’avoir quand on évolue dans sa carrière plusieurs cordes à son arc, c’est à dire de comprendre comment fonctionne le commerciale pour pouvoir mettre en place les bonnes actions de communication derrière pour l’entreprise. 

Elève: En quoi consistait votre travail en tant que responsable marketing communication par la suite?

Nathalie: J’allais vendre les jeux vidéos chez carrefour par exemple, donc t’as ton jeux vidéo qui sort, on dit chez carrefour c’est un AAA, donc type block Buster et on en met un million en place en France et si la part de marché de carrefour est de 14%, on en met environ 100 000 dans les magasins. Et tu fais ta négociation avec le client, tu négocies les têtes de gondole, le prix, la durée etc.

Elève: Donc vous avez fait 6 ans dans la musique et 7 ans dans le commerciale c’est bien ça?

Nathalie: Exact, au début je ne voulais absolument pas le poste de commerciale, la première fois d’ailleurs j’ai refusé le poste une fois net, la deuxième fois ils sont venus me chercher et j’ai dis oui et ça m’a du coup permis d’avoir une autre vue de l’entreprise. Là c’est une multi-nationale  du coup tu as d’autres outils, d’autres façons de travailler, il y a des processus et c’est très hiérarchisé et très organisé, la France est un tout petit pays par rapport au reste du monde donc tu ne décides rien, tu dois passer par l’Angleterre, puis l’Angleterre qui fait passer après les États-Unis. 

Elève: Pourquoi vous ne vouliez pas vous plonger dans le coté commerciale alors que de ce que nous avons pu comprendre cela vous a appris d’autres manières de travailler, de fonctionner?

Nathalie: Je n’aimais pas le commerciale par définition.  Pour moi le commerciale c’était un pauvre VRP (ndlt: Voyageur, représentant et placier) qui était avec sa voiture en train de vendre ses produits, j’avais une vision très négative du commercial alors qu’il s’agit de quelque chose de très intéressant en réalité, je me suis révélée là dedans, j’adore ça au final. Et quand tu es sur des grosses entreprises comme ça, oui tu mets en place ton produit, ta fonction première est de vendre ton produit mais après c’est comment je fais pour qu’il sorte, pour que les gens l’achètent et là tu mets en place ce qu’on appelle du trend marketing, c’est des opérations qui te permettent d’accélérer les ventes et à ce moment là tu retombes sur de la communication du coup; les deux sont étroitement liés plus tu grandis plus t’apprends et plus tu as un poste qui mène à l’ensemble de ses métiers. En générale dans les entreprises tu as un directeur marketing et un directeur commercial et c’est souvent la guerre entre les deux, c’est celui qui aura le plus de pouvoir et c’est l’un des deux qui a le lead mais quoi qu’il en soit, les deux métiers sont liés et l’un ne va pas sans l’autre que se soit dans un groupe comme Pierre Fabre : un lancement d’une crème chez Galenic ne va pas sans savoir quelle quantité, chez qui on la sort, comment, et comment on en fait la promotion (télé, pub, magazine, plv pour les parapharmacies)

Elève: Pourquoi avoir voulu vous mettre à votre compte? 

Nathalie: Je me suis mise à mon compte car j’ai 20 ans d’expérience et que se mettre à son compte c’est bien mais il faut pouvoir se vendre et pour se vendre il faut de l’expérience et tout cela s’apprend. Lorsque j’ai quitté Paris, ne connaissant pas le secteur d’activité de la région je me suis mise à mon compte, j’avais la chance d’avoir déjà un beau portefeuille client avec qui je travaillais bien et je me suis dis j’allais me mettre à mon compte et faire mon métier en étant externalisé. Pendant deux ans j’ai gardé tous mes clients sur Paris et puis au bout de deux ans j’en ai eu assez de faire des allers retours Paris-Avignon donc j’ai commencé à m’intéresser aux entreprises qu’il y avait dans la région mais  c’est difficile quand tu ne connais personne car ce qui te fais aujourd’hui entrer en tant que prestataire dans une entreprise c’est le réseau. Le réseau est très important et connaitre la bonne personne va te permettre d’avoir le bon rendez vous 

Elève: Vous pensez que le réseau est la clé de la communication?

Nathalie: Le réseau oui, et de plus en plus. Le commercial comme on l’entendait avant qui vient toquer en disant je suis telle entreprise, je voudrais un rdv et ou on avait un rdv immédiat n’existe plus. On travaille beaucoup par email, ne serait-ce qu’à mon compte je reçois une centaine d’emails par jours, alors une grosse entreprise doit en recevoir environ 300 tu fais un filtre du coup.

Elève: On a vécu l’expérience sur un autre  projet, effectivement ce n’est pas facile lorsque l’on personne dans ce milieu. 

Nathalie: Eh oui, tu n’y arrives pas tout simplement, personne ne répond, ils s’en fichent. Donc au final je me suis mise a mon compte.

Elève: Quel est le but de votre entreprise?

Nathalie: Je suis une experte en stratégie commerciale et marketing avec une spécialisation marketing et communication. Je travaille en temps partagé entre le commercial, le marketing et la communication. Je contacte une entreprise et je suis une sorte de directeur marketing ou de communication externalisée. Si on prend l’exemple de Splash word, le parc aquatique à Monteux (à 10 minutes d’Avignon), qui a ouvert en 2015, c’était un gros investissement de 35 millions d’euros mais une petite structure, donc on a pas les moyens de recruter un directeur commercial un directeur de communication et un directeur marketing. Je suis arrivée pour avoir une vision sur l’ensemble de ses trois grands secteurs et ce sont des missions de trois ans, la première année j’étais là pour monter le marketing, la deuxième année, le service commercial et la troisième année, toute la communication. Et ces missions sont renouvelées ou pas en fonction des besoins de l’entreprise. Après j’ai mis en place les équipes, j’ai fait le recrutement des responsables, et une fois que tout est en place, mon travail est fini et je m’en vais, c’est d’ailleurs pas toujours très facile car on s’attache énormément aux gens mais voila, c’est le métier. Après j’interviens aussi lorsque les équipes ne fonctionnent pas bien, lorsque les gens ne comprennent pas ce qu’ils doivent faire au sein de l’entreprise. Mes valeurs sont que je fais énormément attention à l’humain, à faire en sorte que les équipes montent en compétence et qu’elles ne restent pas 15 ans à la même place. J’ai une bonne analyse des besoin des clients et c’est ce qui est nécéssaire pour ce métier.  

Elève: Faites vous appelle à d’autres agents de la communication pour vous aider à mener à bien vos missions? 

Nathalie: Je travaille en synergie de compétence, mes domaines d’activités sont le marketing et la stratégie de communication. Mais aujourd’hui si tu me demandes de gérer des réseaux sociaux je ne sais pas faire, ce n’est pas mon métier, alors je m’entoure lorsque c’est nécessaire et j’ai deux-trois Community manager avec qui je travaille, j’ai plusieurs graphistes avec qui je travaille lorsque j’ai besoin de faire un beau visuel, j’ai une attachée de presse extraordinaire sur Avignon et puis j’ai des experts informatiques, en web design. Donc à chaque fois que je travaille en générale avec une entreprise ou sur une mission j’amène aussi mes équipes même si se ne sont pas mes salariés ce sont des gens avec qui je travaille, qui travailleront en prestataire. Ce sont des gens que je conseille et après l’entreprise décide de les prendre ou pas mais si ils n’ont pas les compétences nécessaires en interne moi je leur apporte. Mon autre point fort c’est le partenariat avec Mac Prod, ça c’est quand tu as monté ta stratégie commerciale ou marketing, derrière il faut la mettre en oeuvre et tu as besoins d’outils pour ça, que ce soit des flyers, des affiches, un visuel, il faut des outils.Pour ça je suis partenaire de Mac Prod qui est une société basée a Annecy et qui est leader dans le domaine de l’impression numérique et de la signalétique depuis 1994. Donc je développe toute la partie commerciale pour la société Mac Prod et je m’en sert pour quand j’ai un client, pour créer les outils avec elle.

Elève: Qu’est ce que vous vous imaginiez lorsqu’on vous parlait de votre métier avant de le pratiquer? 

Nathalie: Tout s’est développé au fur et à mesure. Quand j’ai commencé, je voulais absolument travailler dans la communication et la pub mais dans le secteur de la musique, pourquoi, je ne sais pas mais c’était mon truc.J’ai tout fait pour réaliser ce que je voulais faire.Et j’ai surtout appris sur le tard car c’est bien de faire des écoles mais il faut de la pratique, et c’est là que tu te rends compte que tu préfère faire de l’événementiel plutôt que de l’achat d’espaces pur et dur alors qu’il y en a qui adorent ça, ou d’autres aiment créer des concepts. Quoi qu’il en soit je ne m’imaginais pas être à mon compte aujourd’hui lorsque j’ai commencé.

Elève: Les entreprises vous aident-elles à vous développer lorsque vous débutez?  

Nathalie: J’ai eu la chance de tomber dans de bonnes entreprises et d’être bien accompagnée car, quand tu as 24-25 ans et que tu démarres dans la vie tu es encore un bébé, et j’ai eu la chance d’avoir toujours de bon directeurs. J’ai énormément travaillé, je suis tombée dans des sociétés qui étaient très exigeantes en termes de travail où j’y allais le samedi même si j’étais pas payée après il y avait des avantages, j’allais à trois concerts par semaine et a deux cocktails dans la semaine, je me couchais toujours très tard et j’étais la dernière a arriver au bureau le matin mais c’est un milieu qui me passionnait tellement que de faire 70 heures par semaine ce n’était réellement pas un problème pour moi. Quand t’es passionnée et que tu apprends en plus, ce n’est pas grave. Et c’est là que je me suis rendue compte que le commercial avait besoin du marketing et de la communication pour avancer. Un commercial qui va en rendez-vous vendre ses produits et qui a même pas de présentation produits ça ne passe pas. Le tout est lié et c’est important. Le plus important je pense c’est de toujours resté ouvert à d’autres métiers et d’autres processus. Passer 13 ans dans la même entreprise te permet d’être très à l’aise à la fin, tu sais quoi faire, comment tout fonctionne et sortir de cette zone de confort c’est se mettre un peu en danger aussi et se dire « est- ce que je vais y arriver?» et au final voir qu’on arrive à relever le défi c’est toujours bien.

Elève: Pourquoi avez-vous choisi ce métier?

Nathalie: Par passion j’ai envie de dire. Par envie même, j’ai jamais choisi un métier sans avoir envie de le faire. J’ai eu de la chance d’avoir déjà des parents qui m’ont toujours laissé faire ce dont j’avais envie, que je sois coiffeuse ou RH c’était pas un soucis pour ma mère du moment que je travaillais et que j’avais un objectif quelque part.

Elève: Ça vous arrive de regretter à l’heure actuelle?

Nathalie: Pas du tout, j’ai fait de belles rencontres, des gens qui t’apprennent des choses, qui t’éduquent dans ton métier et ça c’est super  important.

Elève: Qu’est ce que vous recherchiez en vous lançant dans la communication? 

Nathalie: ce n’est pas tant dans la communication, c’est plus la satisfaction de créer une opération, de répondre au besoin de ton client avec des outils que je choisis et que je maitrise mais d’y répondre avec intelligence et de lui apporter une solution pour qu’il puisse se développer 

Elève: Et comment arrivez vous à toujours être inspiré pour répondre au besoin du client? 

Nathalie: il faut beaucoup y réfléchir mais personnellement je lis beaucoup, je m’ouvre sur toutes choses, et je suis très curieuse et au final c’est ça qui te nourrit parce que tu te dis «mais pourquoi je ferai pas ça chez un client?» 

Elève: Êtes vous libre d’agir comme vous l’entendez? 

Nathalie: Oui, c’est moi qui choisit les clients, et les entreprises me prennent en tant qu’agence pour leur monter un événement. Après je fais des validations avec elle, je fais une note d’intention, c’est un peu comme un descriptif et après l’entreprise accepte ou non. Mais moi avec le budget qu’ils me donnent je dois tout construire autour de leur demande. 

Elève: Comment les clients ou les entreprises viennent-elles à vous?

Nathalie: Ça fait 7 ans maintenant, donc j’ai des clients qui viennent vers moi directement, parce que je suis recommandée mais il y a encore une grosse phase de prospection. Nous sommes dans une petite zone, une petite région donc il n’y à pas beaucoup d’entreprises qui peuvent se permettre qu’il y ait des besoins d’agences purs et durs comme de l’évènementiel mais sinon ma mission principale reste le management de transition et il y a très peu d’entreprises qui peuvent se permettre de se payer un directeur marketing externalisée 

Elève: Quelles sont les contraintes à avoir sa propre entreprise? 

Nathalie: Ce qu’il faut dans une entreprise comme la mienne, c’est d’avoir la notion de gestion. Avec les budgets qu’on me donne, je dois payer l’influenceuse, le graphiste si j’en ai besoin, mon informaticien. Après je garde ma marge de consulting pur et dur mais c’est pas ce que je gagne. Donc c’est hyper important d’avoir la notion de gestion, de calcul et de rentabilité et ne pas exploser le budget, même en communication, de calcul et de rentabilité. C’est plutôt du bon sens et c’est super important de le savoir. 

Elève: Merci Nathalie de nous avoir accordé de votre temps, et d’avoir répondu à nos questions, cela va nous être très utile pour notre projet. A bientôt! 

Clare D’Ambra Maelys et Le Délézir Maelys

« On ne devient pas journaliste, on naît journaliste »

lundi 25 novembre 2019

Nous avons interviewé Henri-Marc Rossignol, co-fondateur et directeur de la rédaction du journal La Gazette à Montpellier. Notre interview s’est déroulé le 22 novembre 2019 et a duré une heure et trente minutes.

LOU –  Bonjour, nous nous présentons, nous sommes Lou Hertz, Romane Deperrois et Samuel Claxton. Nous sommes étudiants en première année de licence information et communication à l’université Paul Valéry de Montpellier. Nous allons vous interviewer aujourd’hui dans le cadre d’un projet universitaire, qui consiste à découvrir, en apprendre plus, sur un métier dans le domaine de l’information et la communication, c’est pourquoi nous nous sommes tournés vers le journalisme et plus particulièrement vers le journal La Gazette.

Acceptez-vous d’être enregistré? Nos questions ne seront pas intrusives, ne vous en faites pas, et cela nous aidera beaucoup lors de notre retranscription de l’interview. 

HENRI-MARC : Oui, bien évidement c’est quelques chose que je comprends tout à fait. 

LOU : D’ailleurs, cette retranscription fera l’objet d’une publication sur le blog de notre licence, cela ne vous pose t’il pas de problème ? 

HENRI-MARC : Non, il n’y a pas de problème

LOU : Très bien, nous pouvons commencer. Dans un premier temps, pourriez vous, nous présenter votre métier ? 

HENRI-MARC : Oui, c’est un métier essentiel aujourd’hui dans une démocratie, il n’y a pas de liberté de la presse sans démocratie et vice-versa, il faut en être conscient tous les jours. Quand on est journaliste, on a une carte de presse, elle est précieuse et essentielle et symbolique. 

Elle nous montre tous les jours qu’on a un rôle à jouer et que nous avons des droits, mais aussi des devoirs. Les journalistes ont des avantages, on a en ce qui concerne les impôts, on paye 30 % en moins de ce que l’on gagne, même si c’est un avantage qui disparaîtra puisqu’il était lié en principe au déplacement, des choses comme ça, il n’est pas moral cet avantage. 

C’est à mon sens le plus beau métier du monde, c’est aussi simple que ça, c’est-à-dire : vous êtes quelque part et vous devez témoigner absolument, on ne peut pas avoir envie de faire ce métier sans avoir envie de témoigner, sans être au milieu, ça veut pas dire qu’on est pas acteur, mais c’est pas nous les acteurs principaux, nous sommes acteurs secondaires, c’est à dire nous sommes là comme médiateur tout simplement entre quelque chose qui se passe, une action, une actualité et, le lecteur, le téléspectateur, l’auditeur. C’est déjà quelque chose d’essentiel, la deuxième chose essentiel pour dire que c’est le plus beau métier du monde, c’est que l’actualité elle est partout combien même vous êtes spécialisé en sport, cinéma, culture, vous êtes avant tout journaliste. Il a la même formation qu’il soit ici localisé à Montpellier ou qu’il soit grand reporter à TF1. C’est la même formation, c’est à dire que l’idée est de pouvoir être généraliste, reconnaître l’information partout, cela peut commencer le matin, quand j’arrive à 7h 15, il y a des matins ou dès 7h 15, la machine à témoigner, elle fonctionne, j’envoie tout de suite des informations sur d’autres sites et puis ça dure jusqu’à temps que je suis là, et quand bien même quand je rentre en, voiture chez moi vers 20h 30 à peu près, il y a toujours quelques choses : un embouteillage ou autre sur lequel on doit témoigner. Cela n’arrête pas, ça va de la Place de la Comédie à la Préfecture en passant par un bidonville. Je suis directeur de rédaction, je suis amené, hier soir j’étais au Conseil municipal, à me déplacer, c’est le sens de notre vie de journaliste : le terrain. Ce sont donc les deux raisons pour lesquelles c’est le plus beau métier du monde. Mais aussi un métier essentiel, je vous l’ai dit, un des piller de notre démocratie et car on est là pour témoigner pour les autres et par ce qu’il ne s’arrête pas, il est varié, voilà. 

LOU – D’accord, et donc pour en arriver à ce statut aujourd’hui, quel a été votre parcours scolaire et professionnel ?

HENRI-MARC : Scolaire chaotique, et universitaire chaotique, mais je voulais tellement être depuis tout petit journaliste que je le suis devenu. Quand on raconte aujourd’hui que c’est plus difficile, bien sûr que c’est plus difficile, mais cela l’a toujours été, il y avait beaucoup de moins de médias auparavant, c’était des médias différents. J’ai fait ce qu’on appelle le centre de perfectionnement des journaliste qui dépendait de l’école de la rue du Louvre, c’est la voie de la formation permanente. J’avais préparé des concours mais je n’étais pas assez scolaire, donc j’ai préféré vadrouiller plutôt que partir à droite, à gauche, passer des concours, puis j’ai passé cette formation permanente. Puis tout de suite, avec la personne avec qui je travaille depuis 40 ans maintenant, on a créé des journaux, lui étant à la fois le sérieux, celui qui s’occupe de la gestion, mais aussi un excellent journaliste et qui à des idée sur ce qu’on peut créer et moi je suis surtout journaliste voilà. 

ROMANE : Comment en êtes-vous venu à vous diriger plutôt vers la presse écrite plutôt qu’une autre presse ?

HENRI-MARC : J’aurai bien aimé faire de la radio je pense, puisque j’étais fan de radio étant petit, mais j’étais encore plus fan d’un journal que vous connaissez qui est le quotidien sportif l’Equipe que je lis depuis presque sans interruption depuis l’âge de 8 ans. Donc c’était assez naturel, non pas que j’étais très à l’aise à l’écrit, cela s’est fait naturellement tout simplement , le coté technique primait moins à mon sens, puis comme j’ai pas mal voyagé, j’écrivais beaucoup, je faisais des interview, des récits de voyage, pour moi-même qui donné un sens à mes voyages. Donc c’était vraiment naturel, ça a toujours été comme ça depuis mes 16 ans je pense, donc c’était naturel. 

ROMANE : Votre entrée dans le vie professionnel dans le domaine du journalisme, comment cela s’est passé ?

HENRI-MARC : Premièrement, par un stage de deux semaines à TF1 grâce à mon père, je dis merci à mon père d’ailleurs. Très intéressant, puisque c’était le journal du soir, les journalistes avaient un peu plus de temps, même si moi, je me sentais tout petit dans ce milieu, j’ai pu discuter avec certains d’entre eux. Ensuite c’est une expérience d’un stage d’une journée, ce n’est pas beaucoup vous voyez, mais très enrichissante à Europe 1 où j’ai rencontré Eugène Saccomano qui était à l’époque non pas directeur mais journaliste sportif, qui m’avait bien parlé de son métier. J’avais également rencontré Frédéric Pottecher, qui était le grand journaliste des faits divers de la télévision de l’ORTF qui s’était fait viré en 1968 et qui s’est donc retrouvé à Europe 1, lui aussi, très obligeamment m’avait reçu et on avait beaucoup parlé, journée très très riche. C’était les premiers contacts, ensuite je suis repartie me balader, et puis quand mon copain, Pierre Serre, avait fait le CFG, lui c’est un bon élève quelqu’un de très brillant, a voulu créer un journal ici à Montpellier qui s’appelait le Journal de Montpellier et bien je me suis agrégé tout naturellement à son projet. Puis après nous avons créer d’autres journaux.

LOU : Si on l’on comprends bien ces stages ont été déterminants pour vous ?

HENRI-MARC : Totalement, ces deux-là, pourtant, ils ont été courts : deux semaines pour l’un et une journée pour l’autre, mais essentiel car par exemple, quelque chose qu’on vous apprends même à la fac mais qui nous paraît pas essentiel à la fac mais qui ensuite est un pilier de la communication c’est la synthèse, pouvoir sélectionner une idée et l’enrichir avec un minimum de mots, d’adjectifs et de verbes c’est tout simplement, peut être que vous connaissais son nom, Patrice Duhammel qui m’as fait un cours particulier un soir là dessus, et je n’ai jamais oublié.

LOU : Comment êtes-vous passé de journaliste à directeur de rédaction?

HENRI-MARC : Quand vous créez les journaux ça va vite, si vous êtes à l’origine d’un journal très vite c’est vous qui avez les idées, vous êtes au four et au moulin et donc vous cherchez les personnes qui vont travailler à ce journal et très vite vous devenez le chef quoi enfaite par ce que c’est vous qui avez les idées, qui avait eu l’envie de créer donc j’ai été rédacteur en chef très vite, dès le troisième journal auquel j’ai participé puisque c’est moi qui est crée la Gazette avec Pierre Serre. En général, avec l’âge on devient chef mais cela dans tous les métiers, car l’expérience est essentiel et ne s’acquiert qu’avec les années, et peu à peu tout ce qui vous semblez difficile devient tellement facile et même évident que c’est le moment de répercuter votre savoir et surtout quand c’est au service d’un média que vous avez créé c’est bien comme ça.

Mais c’est vrai, que certains veulent rester journaliste, j’ai étais animateur ici à à l’école de journalisme et j’avais reçu Patricia Allemonière, grande reportrice, on va dire ça comme ça, à TF1et je l’avais rencontré à l’époque, cela fais presque 20 ans, elle était déjà reporteur et elle voulait se former à la caméra, donc on avait pas mal discuté et moi j’anime le stage, et voila cette dernière est toujours reporteurs, elle est pas chef, ni chef de direction, ou chef de rédaction, elle est toujours reportrice

LOU : Elle a toujours voulu rester dans cette zone là

H-M : Bien sur! Elle est toujours sur le terrain. Donc voila en gros ce n’est pas, fin si on m’avait dit que j’allais être chef, j’aurai dit non, car c’est journaliste qui me plaît mais quand vous créez votre média vous n’avez pas le choix. Mais chef ça signifie de bon coté de pédagogie, de voir que planter une graine dans le cursus de quelqu’un et de voir qu’il fleuri peu à peu, c’est pas toujours le cas, il y a beaucoup de déception aussi, mais c’est enthousiasmant c’est vrai. Puis il y a de moins bon coté comme l’administratif, parfois de pourvoir dans une rédaction qui est normal dans toute collectivité mais qui est moins intéressant, si on m’avais dis j’aurai dis « non, ce n’est pas ce que je veux faire moi, je veux aller sur le terrain, je veux rencontré des personnes et raconté leurs histoires et c’est tout ça qui est interessant. 

ROMANE : Et aujourd’hui en tant que directeur de la rédaction, cela vous arrive-t-il encore d’écrire des articles ?

Oui, mais peu et ça m’arrive encore de me tromper en plus, encore cette semaine, je me suis trompé dans des dates d’ailleurs. Mais en tout cas rarement pour mon plaisir, tout me fait plaisir dans ce métier, mais je me dis rarement « tiens je vais me mettre à une enquête », ça arrive une fois ou deux par an, mais c’est plutôt dans le cadre de prendre quelque chose d’assez précis, aller voir 2 ou 3 personnes et se servir d’internet, par ce qu’o. Peut se servir d’internet, des livres, c’est du journalisme comme on dirait plutôt en chambre mais c’est quand même intéressant, parce qu’à nouveau il faut dégager un message principal et faire une synthèse. Par exemple, vous savez on a un site ce qu’on appelle le Live aujourd’hui, qui a besoin d’être abreuvé très régulièrement, et c’est encore très intéressant car c’est une écriture différente.

ROMANE- Vous êtes co- fondateur du journal La Gazette, est ce que vous pourriez nous raconter comment ce projet est né ?

HENRI-MARC : Moi ma vie c’est le journalisme, c’est comme je vous l’ai dit d’être là, de témoigner et de rapporter. Pierre Serre, mon collègue, ami et patron, lui a la fibre créatrice, il a d’ailleurs créé entre temps le Café Gazette auquel j’ai un tout petit peu participé. Il aime créer des choses. 

On était d’accord tous les deux, on voulait travailler ensemble, on voulait travailler à Montpellier qui est une ville, vous vous en rendez pas forcement compte mais, étonnante et puis on voulait faire du journalisme, ce sont trois données essentielles. A l’époque Midi Libre avait tenté de m’embaucher, et puis j’ai refusé car on a préféré créer dans un premier temps la Lettre M qui est une lettre d’information économique qui est juste à côté la, puis on a crée d’autres journaux. Mais pour en revenir à la Gazette, on estime que cette ville valait plus qu’un seul quotidien, à l’époque il n’y avait que Midi Libre, après il y a eu un peu la radio comme Radio France, il y avait aussi France 3, il y avait peu de radios libres, il n’y avait pas tous les médias que nous avons aujourd’hui. L’idée était de créer une concurrence, on allait pas le faire en indépendant car nous n’avions pas beaucoup de moyens, on a consacré le peu de moyen qu’on avait, moi j’avais déjà 3 enfants donc fallait donner les sous à ce média, très vite on était d’accord sur le fait que c’était un média de ville : un city magazine. Qu’es-ce que cela voulait dire? Ça voulait dire que le centre de nos occupations était Montpellier, le coeur de la vie, c’est Montpellier. Il y a quatre pieds à ce journal qui est un hebdomadaire, ça veut dire que c’est moins cher, qu’un quotidien et qu’on peut enfin exercer notre métier tel que l’on l’aime nous c’est à dire par la synthèse et en répondant aux questions : Qui ? Quoi ? Quand ? Où? Et puis, le journaliste de l’hebdomadaire qui à un peu plus de temps il répond aux questions : mais pourquoi? Et comment? 

Donc nous, ça nous passionné de rester à Montpellier, de faire du journalisme de synthèse et surtout on va dire de réflexion, mais c’est pas du tout jeter la pierre à ce qui ne le font pas c’est surtout à cause du manque de temps. Donc je disais un média posé sur quatre pieds : l’actualité résumée (une des essences de l’hebdomadaire), l’actualité pratique (nous l’avons introduit au niveau local, car cela ne se faisait pas, c’est-à-dire qu’une information pratique peut être intéressante et développer, ne serai-ce que sur le temps, la météo, par exemple aujourd’hui c’est une alerte orange, mais qu’es-ce-que ça signifie? Que vous ne devez pas sortir, quels sont les numéros intéressant à appeler? Es ce que ce sera dangereux à Palavas? Etc etc.. on peut développer, ça devient un véritable genre journalistique. Ce qui n’a pas trop pris en France. Pourquoi? par ce  qu’on associe ça à, on dis que derrière la pratique il peut y avoir des annonceurs et donc de la publicité etc.. ce qui est idiot, mais enfin bon. 

Donc je reviens sur les deux piliers, donc on a l’information chaude, ce qu’on amène nous, ce qu’on appelle aujourd’hui l’interaction. On a créé ce journal en 1987, on était déjà issu un peu politiquement de cette vogue qui voulait prendre la parole et qui voulait aussi la redonner. Donc ça signifie quoi? Ça peut passer par quoi? Cela peut passer par le courrier des lecteurs, c’est ce qu’on essaie de faire depuis maintenant 31 ans, on consacre quatre ou cinq pages aux lettres, bien souvent les gens nous ont dit qu’on pourrait faire un hebdomadaire que de courriers des lecteurs. 

Le courrier est libre, mais nous ne passons pas les courriers anonymes, les insultes, ceux à caractère raciste, antisémite ou anti LGBTQ+. Nous permettons parfois de répondre quand il semble y avoir un besoin de réponse ou quand le courrier nous semble un peu partial et partiel. On a participé assez vite aux réunions de lecteurs, on a toujours essayé d’aider les gens qui voulaient faire des médias, de les réaliser. Avec la Gazette Café, une autre chose s’est concrétisée, celle de pouvoir rencontrer nos lecteurs, pouvoir leur proposer des prolongements ou des avant-papiers, c’est ce que nous faisons avec la Gazette café. L’interaction je l’ai mis en quatre pieds de la chaise Gazette mais on aurait pu le mettre en première, car c’était à l’époque le plus innovant avec l’actualité pratique.

Sur le local et pratique, vous voyez, on a eu du mal à imposer cette idée, au départ moi j’ai travaillé avec la rédactrice adjointe de Femme actuelle qui aujourd’hui est un hebdomadaire féminin qui avait était lancé par un Allemand, par la branche française d’un éditeur allemand et par un patron Allemand : Axel Ganz, et ce truc qu’on considérer pas, pas du papier très très chic, pas d’article ronflant à tout de suite atteint un million d’exemplaires de vente en à peine 2 ans. Pourquoi? Mais par ce qu’il avait des recettes simples d’écoute, de ces lectrices et lecteurs. Aujourd’hui, c’est facile car à l’époque on avait du mal à mesurer ce qui intéresser nos lecteurs, aujourd’hui c’est plus facile avec les site, vous le savez bien on peut savoir tout de suite, le lendemain, et même en temps réel. On revient donc souvent sur les faits d’hivers, la circulation, la météo. Alors oui, en général on préfère dire qu’on s’intéresse plus à la révolution à Bangkok qu’au bouchon avenue de Palavas, malheureusement dans notre vie quotidienne, c’est l’inverse en fait. C’est pas malheureusement d’ailleurs! En actualité c’est aussi ce qui nous intéresse directement, ce qui influence nos vies, pas que nos pensées mais nos vies, es ce qu’on va pouvoir rentré chez soi ce soir. Donc ça, on l’a compris au dépens de ça mais on l’a bien réalisé je crois, on a essayé d’y consacrer beaucoup de place et de temps et de réflexion. Coupez-moi par ce que je parle beaucoup! « Rires », 

LOU – Non non c’est très intéressant ! « rires »

HENRI-MARC :Je voulais aussi vous demander, dans le journalisme, comment on fait pour être sûr que l’information est vraie ? Et si un article est publié contenant une ou plusieurs informations erronées, fausses ou des « fake news », quelles sont les conséquences ? 

C’est une question essentielle bien sûr, surtout aujourd’hui dans le débat lié aux « fakes news » aujourd’hui, au fait que tout le monde peut se prétendre journaliste. Alors, on va essayer de prendre tout ça par le bon bout. 

Un, l’objectivité n’existe pas, ça il faut bien le savoir ça, pourquoi ? Dans un premier temps chez les journalistes, dans la communication il y a un message essentiel en essayant une hiérarchisation de l’informations, donc si vous sélectionnez un message essentiel c’est que vous enlevez tous les autres messages, en tout cas ils viendront secondairement. 

Ce message se traduit traduit par un titre. Un titre qui fait 3/4/5 mots et la vous êtes déjà très partial, pas forcement partiel mais partial, subjectif, et c’est comme ça, c’est la vie qui veut ça

Par contre, le traitement peut être un peu plus objectif, c’est à dire, c’est simple moi j’essais toujours de dire aux jeunes, mais c’est pas la peine de se compliquer la vie, admettons, on prend sur un article que l’on a publié cette semaine, vous savez il y a un projet à Montpellier sur les anciens terrains de l’école d’infanterie vers l’avenue de Toulouse, un parc de plus de 20 hectares et à coté un quartier entier d’habitations qui comprends les anciennes casernes. 

La ville a un projet, elle le présente, dit qu’elle va préserver le parc, planté des arbres, et puis sur la partie bâtie on construire telle chose, mais tout en préservant le reste. Et il y a une association de riverains, qui dit que cela n’est pas vrai, qu’ils ont bien vu les documents etc.. 

Plusieurs traitements possibles, en tout cas déjà il y a un traitement qui est évident pour un journaliste : on donne la parole à la ville, on donne la parole aux opposants, c’est simple, c’est simple. Et nous, là-dessus on essaye de faire une synthèse, mais le lecteur au moins, même s’il lit la synthèse et se dit que l’on penche plus d’un coté ou de l’autre, il aura toutes les données. Donc voilà ça c’est une règle. 

Après j’en viens directement à votre question, comment l’on sait que l’information est vraie, il faut recouper ses informations, une fois, deux fois, trois fois, mais cela n’est pas suffisant, la preuve vous avez entendu parler de l’affaire Dupont de Ligonnès, vous avez vu ce qu’il s’est passé il y à a peine un mois et demi? 

C’est l’une des affaires non élucidé française qui passionne le plus l’opinion. Une famille est décimée, apparemment par le père, deux enfants, une femme, tout aller bien etc, ils sont morts et on ne retrouve pas le corps du père. 

On suppose que c’est le père qui a tué. On le recherche, ça fais combien ? Plus de 8 ans, 10 ans! On le trouve pas. Et donc, une information arrive, et moi qui suis pas spécialement fait d’hiver je m’accroche, et là une information arrive, on nous dit que cet homme aurait été arrêté en Ecosse. Quelques heures plus tard on commence à dire que d’après nos sources, qui sont des sources policières, juridiques, qui sont donc des sources très fiables comme le disent tous les médias. Le lendemain matin, ces mêmes médias nous disent que leurs sources étaient très faibles mais que ce sont les courses écossaises qui ne l’étaient pas, et que les policiers s’étaient trompés. Les journalistes se sont donc faits avoir, c’est peut être une des premières fois où les médias ont dit qu’ils s’étaient trompés mais ils n’ont pas dit que c’était de leur faute. Et la dernière étape c’est, « on jure que ça ne se reproduira pas ». Alors moi, j’ai une histoires qui m’ont beaucoup marqué, vous étiez sans doute trop jeune au moment de ce que l’on a appeler la Révolution Roumaine, la révolution « presque » de « velours », pas tout à fait par ce qu’il y à quand même, fin, on à eu des exactions, il y avait un tyran à l’époque, soit disant communiste, et puis je connaissais la Roumanie à l’époque par ce que j’y allais en tant qu’étudiants, j’ai étudier la géographie, à Paul Valéry, et de la géographie urbaine surtout et donc je connaissais bien la ville et notamment celle de Timisoara et voila, après le dictateur est renversé. Deux jours après, on découvre un charnier à Timisoara. Deux semaines plus tard il s’est avérer que ce n’étais pas du tout un charnier mais un cimetière un peu laisser à l’abandon, mais pas du tout un charnier lié au dictateur. Et tous les médias français été tombé dans le panneau en vérifiant évidemment et en recoupant.

Je pense que l’on ne fait pas assez de cas dans les écoles, les formations, du rôle que doit jouer un journaliste qui a des droits et des devoirs. On insiste également pas assez, lorsqu’il y a un emballement médiatique, ce que veut le rédacteur en chef c’est de l’information et encore de l’information, évidemment cela amène à certains débordements. J’ai du parfois, dans certains cas, freiner les journalistes, on dit toujours qu’il faut recouper, mais cela ne fait pas des sources. 

L’éthique des journalistes, on l’a ou on ne l’a pas, c’est vrai que l’on peut l’enseigner, insister, n’empêche le cœur de notre métier de journaliste est notre lecteur, auditeur, téléspectateur, on n’a pas envie de lui dire n’importe quoi, oui bien sûr on a envie de le faire réagir, le faire vibrer, l’intéresser, le rendre plus bienveillant mais cela ne passe pas par des informations fausses. Donc cela doit être une ligne éthique infranchissable, inviolable, c’est faire attention à la manière dont l’on enquête et l’on écrit. C’est un peu ce qui différencie d’un blogueur et encore, un blogueur peut avoir une éthique, ce n’est pas la carte journaliste qui fait le journaliste, moi j’étais journaliste et j’avais une éthique avant d’avoir la carte, j’en suis fier mais voila quoi. Tout est question d’éthique et on l’acquiert plutôt avec un certain sens civique, avec son rôle dans la société.

LOU : Vous avez évoqué les devoirs du journaliste, quels sont-ils ?

HENRI-MARC : Il doit diffuser des informations vérifiées, alors des informations véritables, qu’es ce que ça veut dire? Ça veut rien dire vérifié vous voyez? Il ne doit pas mentir, lorsqu’on fait une bêtise il faut le dire, ce n’est pas facile mais nous devons le faire. Le devoir c’est celui ci , on est en plein dans le débat, celui de devoir au lecteur des informations vérifiées, c’est celui essentiel et simple. Les autres devoirs vous les connaissaient, vous devez toujours vous présenter en tant que journaliste, cela veut dire si quelqu’un sait que vous êtes journaliste, il sait que sa parole va être réutilisée, enregistrée, diffusée. Dans 99% du temps, il faut que les gens qui soient en face de vous, sache que vous êtes journaliste. Et c’est bien connu, il y a une phrase qui dit que les journalistes n’on pas beaucoup d’amis, c’est un peu vrai. C’est à dire que le samedi soir quand vous allez chez des amis, c’est pour une info, tout est pour une info. L’information est partout, vous êtes toujours journaliste, même dans votre sommeil (« rires »), tout peut être utilisé donc à un moment donné il vaut mieux qu’ils le sachent. 

ROMANE : En tant que directeur de la rédaction, qui est un poste important au sein d’un journal, comment gérez-vous la pression, les responsabilités qui en découlent ?

HENRI-MARC : J’ai l’impression que la pression est déjà forte sur un journaliste qui a de l’éthique, forcément car il se demande toujours si il a bien fait ou non, s’il à pas bien fais ça le ronge, ça le mine. La pression fait parti du métier, je crois que c’est un stress, mais qu’il faut savoir gérer. Il y a plusieurs niveaux de stress : l’information de nos jours est partout et changeant tout le temps, ce qui nous donne envie non pas de tout savoir, mais de tout répercuter vite même quand l’on travaille dans un hebdomadaire donc c’est un premier stress. Un deuxième stress, effectivement

il y a la responsabilité non pas de l’éditeur mais d’une personne qui gère une équipe et qui a envie qu’il y ai un rythme à celle ci et qu’il y ait une éthique. Je crois que c’est un combat de tous les jours, de toutes les secondes, mais c’est vrai pour toutes les entreprises. Moi si j’étais chef dans une boucherie, ce serait pareil j’aurai des règles à faire respecter, par rapport à nos consommateurs etc.. Donc, il n’y a pas une seconde ou si on me soumet un problème, je le traite en terme d’étique, en terme de professionnalisme journalisme, et peu à peu les gens qui travaillent avec vous sont prennent les réflexes, mais ça peut revenir toujours. 

Moi-même parfois même je me surprends à une faciliter, pourquoi? Par ce que je suis sûr. J’avais assisté à une leçon de journaliste de Bruno Frappat, c’est un excellent journaliste. Il avait commencé sa leçon en disant : le journaliste doit SURTOUT se méfier de l’information dont il est sûr. Bon et ben ça m’arrive à moi aussi de déraper. Mais c’est pour ça qu’il faut tous les jours se redire, est ce l’on fait bien, est ce que l’ont réponds bien à notre mission. Donc oui c’est stressant mais nous en avons tous finalement. Pour vous citer un exemple mon associé, patron est très exigeant à tous les niveaux, même s’il y a des degrés d’exigence plus ou moins forts, je crois répercuter cette exigence. Ici vous avez le rédacteur en chef adjoint, la directrice en chef adjointe qui répercutent sur leurs équipes composés d’une quarantaine de personnes cette exigence aussi.


LOU :  Vous nous avez dits précédemment « Montpellier est une ville étonnante », pour quelles raisons ? Pourquoi avoir choisi Montpellier et pas une autre ville ?

HENRI-MARC : Le journal a d’abord été créé à Montpellier puis à Nîmes et on en a fait par la suite un essai à Sète, aujourd’hui ce dernier est un trimestriel un peu particulier qui paraît tous les quatre mois, donc c’est un quadrimestriel qui va remplacer le trimestriel. Si l’on devait caractériser Montpellier d’un seul mot je dirais : Énergie. 

Si l’on fait un peu d’histoire, la ville de Montpellier est neuve, il a un peu plus de 1000 ans, nous avons fêté le millénaire en 1984 je crois, et très vite elle devient une ville commerçante, elle se tourne aussi très vite vers l’enseignement, on va même fêter en 2020 le cinq-centième anniversaire de la création de la face de médecine. C’est l’une des plus vieilles facultés du monde encore en exercice. 

Cela veut dire qu’il y a un monde d’effervescence intellectuelle, des personnes venant de tout horizon. Dans les années 60, Montpellier est comme certains dirait une ville endormie, mais il y a un maire qui est plutôt de centre droit et qui est contre l’indépendance de l’Algérie, il est l’un des rares maires en France à dire aux pieds noirs « Venez je vais vous accueillir à Montpellier », non pas en versant de l’argent mais en favorisant la promotion immobilière privée, des quartiers sont créés comme Saint Martin, le petit bar, la paillade et d’autres quartiers sont crée à cette époque la.  Cela provoque l’arrivée de 25 000 personnes en à peine 10 ans, c’est énorme, et pas n’importe quelle population ce sont des personnes qui après avoir subi un coup de massue terrible ont envie de recréer quelque chose ici, donc ils s’investissent énormément : c’est un premier coup de fouet pour Montpellier. 

Le deuxième survient au moment de grands travaux, notamment la création de stations touristiques et plutôt populaires pour donner envie au français qui vont en Espagne notamment, de rester ici. C’est ce qui est fait, une station dont la plus connue : La Grande Motte, ou le Cap d’Agde par exemple. C’est un autre coup de fouet, y’en a tout un tas d’autres, comme l’arriver d’IBM. On peut voir un certain nombre de choses de cette sorte, et en résultat cela donne une effervescence, une croissance exponentielle de la population. Montpellier devient la ville de France qui grossit le plus, qui entre 60 et 80 double sa population (on va dire de 100 000 à 200 000), et ça c’est un exemple unique, c’est une croissance à la « chinoise » . George Frêche , qui lui est à gauche, est surtout très vite quelqu’un qui est fou amoureux de Montpellier, qui est Toulousain, donc l’archétype du montpelliérain que vous êtes, vous ne venez pas de Montpellier.  La caractéristique de Montpellier est d’avoir un passé mais surtout un futur avec des personnes qui arrivent d’ailleurs. 

Je reviens sur votre question, pourquoi avoir choisi Montpellier pour notre journal, tout d’abord il y avait qu’un seul média comme je vous l’ai dis celui de Midi Libre, deuxièmement cette ville était une ville intellectuelle avec aujourd’hui 74 000 étudiants environ, on a pas forcément pensé aux étudiants, car à l’époque ils ne lisaient déjà pas trop le journal mais plutôt à tout ce qui pourrait se faire autour d’eux, c’est une ville qui bouge et qui manquait d’informations y compris pratiques.

ROMANE : Si l’on parle un peu d’avenir, avec l’arrivée de l’ère numérique, d’internet, des réseaux sociaux, comment voyez-vous l’avenir de la presse écrite ?

HENRI-MARC : Je peux vous citer un exemple, quand j’étais petit on mesurait le bonheur économique avec un des critères qui était l’acier, et bien aujourd’hui il n’y a pas plus d’acier en France, c’est quelque chose qui a disparu, alors je sais pas s’il reste 2/3 entreprises qui fabrique de l’acier, alors ça été long hein! Ça a mit à peu près 30 ans à mourir, mais c’est mort. La presse ce sera pareil, pas complètement. Les hebdomadaires continueront de sortir, quelques quotidien peut être, c’est possible. Mais tout cela est difficile, on a du mal à le croire tout ça. 

L’un des problèmes auquel on s’affronte est que les français lisent de moins en moins les journaux, qui est un problème essentiel.

Le deuxième problème concerne les rentrés publicitaires, sont moins importantes et à part le Canard Enchainé et quelques médias indépendants en France, il n’y en a pas beaucoup qui vivent des simples abonnements, des simples ventes. Pour avoir un journal de qualité, il faut des journalistes, pour avoir des journalistes de qualité il faut les payer c’est normal donc il faut de l’argent. 

Y a moins de publicité, car il y a moins de lecteurs, c’est lié. Alors, on dit que l’on va se diversifier, investir dans le numérique mais l’un des problèmes est que la publicité dans le numérique se vend moins chère, plus spécifiquement sur les sites d’information. Donc on ne peut pas maintenir son niveau de vie en ne faisant que les sites.Beaucoup de grands journaux maintenant se lancent dans la lecture du journal numérique, je ne sais donc pas si la publicité qui apparaît sur le journal numérique se vends pareil, si elle est vue de la même façon.

On va perdre des lecteurs mais moins qu’on ne le pensait avec la roue de secours qui est le numérique mais l’on sait que cela ne sera plus comme avant. Je vous évoquais tout à l’heure le mot diversification, en effet il y a plusieurs diversifications possible comme par exemple la création de café où les lecteurs peuvent rencontrer les journalistes, faire des débats et ainsi de suite. Il y a tout un écosystème qui fait que l’on peut diversifier la Gazette par exemple, à la fois dans le cœur de métier, il y a tout un tas de choses à inventer mais aussi à l’extérieur du cœur de métier également. Donc oui la presse, telle qu’est est aujourd’hui, va disparaître, c’est une évidence. Est ce que c’est triste ? Non parce que la vie continue et qu’il y aura autre chose et parce qu’internet est passionnant.

ROMANE – Et l’avenir de votre journal La Gazette vous le voyez comment ?

HENRI-MARC : Ah ça c’est une bonne question aussi, pour ma part, je suis trop papillon pour me soucier de l’avenir et notamment de La Gazette, c’est le présent qui m’intéresse, les prochaines semaines, les prochains mois. Heureusement que Pierre dont je vous ai parlé à d’autres qualités, avant moi je faisais tout j’étais journaliste, rédacteur en chef, lui a passé le pas et m’a dit « Tu ne peux pas laisser la place à des jeunes ? » et c’est difficile au début je ne voyais pas où était le problème, et c’est vrai que les jeunes ont leurs idées, leurs caractères, sont plus rapides en numérique notamment. Il faut donc accepter aussi qu’ils soient meilleurs que vous : meilleurs journalistes, meilleurs chefs et de leurs faire une place. Aujourd’hui La Gazette, 33 % de son capital appartient à la Dépêche, le reste appartient aux journalistes dont Pierre et sa famille ainsi que moi-même. Alors, on va trouver un système, l’important est que lorsque l’on va s’arrêter ou mourir au travail, on a pas envie de prendre la retraite ni l’un ni l’autre, il faudra que la Gazette perdure avec la même fraîcheur, la même pertinence. La question est vitale.

LOU – Pouvez nous parler des principales techniques de communication, qui est important dans le métier de journaliste ?

HENRI-MARC : Oui, cela fait parti du grand paquet de la communication, cela irrite parfois les journalistes, alors oui on ne fait pas le même métier que quelqu’un qui fait de la publicité ou qui est dans le renseignement au sein de la police. Il y a toujours une règle essentielle, on travaille avec des angles, c’est à dire qu’on a une idée que l’on va développer alors oui parfois c’est partiel et partial qui se résument en quatre cinq mots et cela est un message publicitaire, c’est pareil.

Il faut pour tout, quand vous voulez communiquer à votre parent, à votre mari, à vos enfants etc.. souvent on se lâche et on dit n’importe quoi, souvent c’est une thérapie de parler, ouais mais non, nous on est pas dans la thérapie, moi chui pas la pour soigner des journalistes en tout cas. Donc je suis la pour mon lecteur, donc il veut savoir, connaître ce qui va ou s’est passé aujourd’hui. 

Quand on était môme, on nous disait « recherche des idées, et plan ». C’était comme ça les devoirs, fallait faire des rédactions, il fallait une recherche des idées, (on dit tout ce qui nous passe par la tête), on a aussi le plan de constat (c’est l’information essentielle exemple Laura démissionne), cause (pourquoi?) Conséquences? (de nouvelles élections). C’est simple, je dis toujours que le journalisme est un métier de simplicité et de technique et on les éprouve peu à peu. C’est un beau métier ! Pour moi la meilleure manière d’aider la société par exemple avec les gens qui sont dans la rue, c’est de témoigner. 

ROMANE : Si vous deviez donner un conseil à une personne voulant se lancer dans le journalisme, que lui diriez-vous ?

HENRI-MARC : J’aurai du mal, car presque on naît journaliste, il ne faut pas se tromper c’est à dire que par exemple à mon époque il y avait une certaine euphorie autour des médias de télévision etc.. 

Il faut paradoxalement aimer les autres c’est essentielle, j’ai plusieurs fois interviewé Monsieur Le Pen et j’ai été obligé de l’aimer même si je savais que je le contredisais, que j’allais avoir des questions un peu difficiles, et surtout j’aime encore plus mes lecteurs donc il fallait que je témoigne. 

Mais le coté aimé le monde et la société, doit vous inspirer, vous donnez envie de vous intéresser, tout est enthousiasmant, il faut être dans l’empathie y compris avec des gens malveillants. 

Il faut aussi être dans un rôle comme je le disais au début de cette interview, de médiateur, c’est à dire que l’information je ne dois pas uniquement la garder pour moi mais la donner et le mieux possible afin d’informer et même de faire réfléchir. Tout cela on le sent en nous, moi comme je vous l’ai dis je l’ai su assez tôt, je ne pouvais pas vivre sans papier, sans journaux. Il faut être passionné.

LOU : Pouvez-vous nous raconter la plus belles expérience de votre carrière ? 

HENRI-MARC : La plus… étonnante on va dire ou la plus drôle, c’est en 1988, donc la Gazette à a peine 1 ans, Francois Mitterand viens faire à Montpellier, organiser le premier sommet franco-espagnol avec à l’époque le premier ministre socialiste espagnol. Nous ne savions pas trop de ce que allons faire, par ce que c’est une informations nationales, tout le monde débarque, les télés, les journalistes, tout. Au dernier moment on savais pas ce que l’on allais faire, on était mardi, jour de bouclage, j’avais une très bonne copine à midi libre qui avait voulu m’embaucher qui m’invite à la préfecture. J’ai pu rentrer trace à ma carte de presse. Et donc on rentre, j’arrive dans le grand salon de la préfecture, je me retrouve il y avait Mitterand, Frech à coté de moi. Je discute donc, et Frech et l’opposant commence à s’engueuler, Mitterand me fais des regards, me pose encore des questions. Je rentre vite à la Gazette, je raconte tout ça. Des gens me parle encore de cet article. 

LOU : Avant de clôturer cette interview, pensez-vous que l’on vous à poser les questions nécessaires ou bien avez-vous des choses à rajouter ?

HENRI-MARC : Non c’est complet, ce sont des questions que l’on se pose dans l’ère du temps. Vous avez ouvert des portes ouvertes comme on dit, il faut savoir ce qu’il a derrière ces portes. Vous m’avez posé des questions sur le numérique, ce qui est pas mal et vous m’avez également poser une question sur l’avenir de la Gazette, qui est intéressante et qu’on me pose rarement, mais elle est intéressante puisque nous sommes à la fois journalistes et chef d’entreprise. A vous de vous débrouiller maintenant pour faire passer un message essentiel, c’est très important.

LOU : Très bien, merci beaucoup pour vos réponses qui ont été très enrichissantes pour nous, mais aussi pour notre projet. Merci également du temps que vous nous avez consacré.

Entretien de Mme Murielle Rossignol, chargée de communication pour Illusion et Macadam.

dimanche 24 novembre 2019

Par Sethy Laleye, Wissem Benaibout et Alexandre Michaud / Groupe 7

Pour notre du Projet Professionnel Personnalisé, nous voulions interviewer une chargée de communication. Madame Rossignol nous répondit favorablement et rapidement. Elle est donc Chargée de communication pour Illusion et Macadam à la Halle Tropisme (mais pas que, à découvrir durant l’entretien) depuis 10 ans. L’entretien a commencé vers 14h00 et a durée 1h05, au café de la Halle Tropisme à Montpellier. Nous nous sommes préalablement répartis les questions,dans un format d’entretien semi-directif,et chacun faisant une partie spécifique. 3 enregistrements audio enregistré via nos smartphones sont disponibles

Madame Murielle ROSSIGNOL – Chargée de communication pour Illusion Macadam 
http://www.illusion-macadam.coop/cooperative/equipes/mrossignol


Pour une lecture plus facile, nous avons mis nos questions en bleue et gras, et pour les réponses de madame Rossignol, son nom est en gras et italique.


Introduction Wissem: Bonjour, tout d’abord merci de nous accueillir à la Halle Tropisme. 

Nous sommes trois étudiants de licence 1 en information et communication à Paul Valéry Montpellier 3. Avant de commencer, je tiens à vous rappeler que l’entretien se déroule dans le cadre d’un projet scolaire qui durera approximativement une heure, et qu’il sera enregistré en audio afin d’être retranscrit sur le blog de notre licence auquel des étudiants ont accès. Nous ferons une retranscription écrite, et celle-ci vous sera ensuite envoyée avant d’être publiée pour que vous puissiez avoir un droit de regard sur le travail. Cela vous convient-il toujours ? 
 
Madame Rossignol : Oui parfait merci.  
 
Alexandre : Pour la première partie, nous allons commencer en se concentrant sur vous. L’entretien sera surtout basé sur votre métier de chargée de communication au sein de la Halle Tropisme. 

Pouvez-vous nous présenter votre parcours scolaire s’il vous plaît ? 

Madame Rossignol: Alors j’ai un bac L histoire de l’art. A l’époque c’était tout nouveau, ce bac m’a donc plongée dans l’univers culturel. Ensuite j’ai fait une licence de lettre moderne donc rien avoir, je ne savais pas ce que je voulais faire en fait, car je viens d’une ville de 8000 habitants où il y a peu d’éléments culturelles, donc je ne savais pas quels métiers étaient en liens avec la culture. Je faisais tout de même beaucoup de musique donc c’était sympa. Et donc j’ai fait ma licence durant 3 ans, et à la fin de celle-ci j’ai découvert les festivals et j’ai fait 1 stage hors cursus dans un festival.

C’est là que j’ai commencé à découvrir les métiers, et que derrière y avait des métiers de coulisses derrière la scène et ça m’a de suite intéressé. Je me suis donc inscrite à un IUP à Nîmes qui n’existe plus aujourd’hui. Il s’appelait métiers des arts et de la culture. Cette formation de niveau master 1 était très généraliste et formait à peu près à tous les métiers du secteur culturel-vision à 360-. C’est là que je me suis découverte une appétence à la communication. Nous avions un stage par an et c’est là que ça m’a conforté dans mon choix de métier. Après ça j’ai fait mon dernier stage dans une association région qui s’appelle “Occitanie en scène”, ça m’a permis de rencontrer la personne qui m’a embauché ensuite (Sebastian Paul), le créateur d’Illusion et Macadam  

Après mon IUP j’ai passé quelques mois à chercher un boulot, et ensuite j’ai trouvé à Illusion et Macadam qui était une jeune association (crée en 2001) pour la création d’un poste en chargée de communication. J’ai appris beaucoup de choses sur le tas. 

Alexandre : Pourquoi n’avez-vous pas continué sur un master 2? 

Madame Rossignol : J’aurais pu continuer sur un master 2, mais j’avais envie de travailler, et de me confronter au milieu du travail. Bien que j’ai toujours été très confortable en université, j’ai toujours aimé apprendre, ce côté où l’on engrange du savoir et du contenu. Mais il fallait à un moment donné que je rentre dans le milieu du travail. Ce fut une suite d’opportunités. 

Alexandre : C’est donc durant votre stage que vous avez trouvé votre travail actuel? 

Madame Rossignol : Non c’était après. Mais mon stage à “Occitanie en scène” m’a permis de rencontrer beaucoup de monde via des réunions qui réunissaient 100 à 150 personnes pro. L’association était très active sur l’animation du réseau, ce qui m’a permis de rencontrer des gens là-haut. Même une fois le stage fini, j’ai continué à assister à ses réunions. 

Quelque temps après j’ai rencontré dans une de ces réunions Sébastien Paul qui était le directeur d’Illusion et Macadam et c’est comme ça que cela s’est fait. 

Alexandre : Votre travail actuel est donc votre premier emploi ? 

Madame Rossignol : Et oui effectivement le premier fut le bon, ça fait maintenant 10 ans que je suis en poste ici et je m’y sens bien.

Alexandre : Le poste vous satisfait-il ? Et si oui, quelles sont les facettes du métier qui vous plaisent spécialement ici ?

Madame Rossignol : Oui car c’est un projet multifacette, tous les 3 ans je change de métier, l’entreprise apportant tellement de changements au fil des ans.

Alexandre : Pourriez-vous nous parler du projet que vous avez créé avec Illusion et Macadam ? Pour conceptualiser la Halle Tropisme, car avant ça c’était sous une autre forme, me semble-t-il. 

Madame Rossignol : Effectivement ce n’est pas un projet qui vient de sortir de terre. Illusion et Macadam est une association crée en 2001 et qui existait sur constat que les petites et moyennes structures du spectacle sont souvent des associations très précaires en vivant des financements publics. Les postes sont en contrat aidé et donc beaucoup de turn-over. Car le contrat aidé est de 3 ans, avec une certaine précarité de salaire. 

Donc nous avons créé un service d’accompagnement des salaires. Donc, depuis 2001 nous gérons de la paie pour les employeurs du spectacle. Ça veut dire que les employeurs n’ont plus qu’à faire un chèque à la fin du mois. Aujourd’hui, on travaille avec 350-400 chefs d’entreprises, et nous avons aussi créé un centre de comptable. C’est vraiment notre mission principale d’accompagner le secteur culturel. 

Et nous avons une autre mission, qui est de produire et diffuser des œuvres et événements. Dans ce cadre-là nous avons des bureaux de productions. 

Alexandre: Et à partir de quand avez vous créé le Festival Tropisme, et quel but avez t’il pour vous?

Madame Rossignol: Nous l’avons créés en 2014 et il y a eu 4 éditions. C’est un festival qui a eu lieu les 3 premières années en autre à la Panacée et la 4eme à Victoire 2. Je dis entre autres car souvent c’était 10 lieux de la ville qui était mobilisés. Mais la grosse expo était à ces deux-là. 

Nous avons eu à imaginer le festival tropisme comme une vitrine de notre activité, et en même temps comme une sorte de laboratoire. En étant des accompagnateurs du secteur, on s’interroge sur : quelles seront les mutations qu’il rencontre, les nouveaux rapports au travail (coworking), il y a pleins de changements d’échelle dans le secteur, et donc nous en tant que professionnel du secteur ça nous semble important de s’interroger sur ces changements. 

Donc c’est un festival qui proposait, de l’artistique, des concerts des expos, et du professionnel (conférence, atelier..) au même titre que l’artistique. Et cela souvent gratuit. Ainsi que des formes innovantes de rendez-vous professionnels, qui nous permettaient toujours d’interroger ses thématiques : 

 Quelles sont les nouvelles économies ? C’est quoi le musicien du futur ? Comment on travaillera demain ?  
Le problème, c’est que s’interroger sur ça une fois par an, c’est bien, mais ça ne suffisait pas pour nous.  
 

Alexandre : Quelle fut la solution quant à cette contrainte de rendez-vous annuel ? 

Madame Rossignol : Avant même le festival nous avions envie de créér un lieu permanent mais quand en 2017 nous avons eu l’opportunité de créer la Halle Tropisme, c’est devenu de suite comme une continuité du festival, ou nous avons décidé que nous allions interroger ça au quotidien. La Halle est donc une continuité du festival, mais pas que. C’est beaucoup plus, c’est un vrai lieu. 

Le projet ne sort pas de terre, administrativement aussi puisque Illusion et Macadam est à l’origine une association, mais en 2011 soit 10 ans après sa création nous l’avons transformé en société Coopérative (on l’appelle CIC SARL), c’est une entreprise qui fait du bénéfice avec des sociétaires, mais sans bénéfices car nous reversons l’intégralité des bénéfices au projet, pas aux sociétaires, ils ne se font pas d’argent sur les parts social.

Donc c’est une entreprise surtout à dimension sociale. C’est dans cette continuité que la Halle Tropisme se situe parce que c’est un projet d’utilité social, qui est ouvert sur le quartier, qui accueille des réfugiés, qui imagine le culturel comme quelque chose de créateur de lien social. C’était un peu long comme résumé, mais c’est une belle histoire. Et nous avons donc ouvert la Halle en tant que telle en janvier 2019 
 

Alexandre : Et maintenant vous travaillez avec d’autres acteurs dans la Halle Tropisme ? Il n’y a plus qu’Illusion et Macadam ? 

Madame Rossignol : Effectivement, Illusion et Macadam est le porteur du projet et le créateur, c’est nous qui l’animons aussi. C’est nous qui programmons, mais par contre nous sommes aussi résidents comme les autres entreprises. C’est-à-dire que nous avons nos services à nous, de paie, de conseils, de formation, de compatibilité, qui sont dans la Halle au même titre que d’autres accompagnateurs du secteur. D’autres structures qui ont des services d’accompagnements complémentaires au notre, mais aussi parfois concurrents, c’est ça qui est intéressant, que l’on travaille en bonne intelligence. 
 
Alexandre : Parfait, merci pour vos réponses détaillées et précises, nous avons finis pour la première partie de l’entretien. Je laisse donc la parole à Wissem pour vous interroger sur la seconde qui sera plus centrée sur le métier en général.  
 

Wissem : Pourrais-je savoir en quoi consiste votre métier ? 

Madame Rossignol : Alors mon métier consiste à coordonner et appliquer la communication globale du projet. J’ai un profil ultra polyvalent, je fais un peu prêt tout : du web, du print, du graphique, de la vidéo, de la photo, du Community managements, ainsi que de la communication presse. Je peux vous fournir une fiche de poste qui détaille tout ce que je fais. 
 

Alors évidemment je ne fais pas tout toute seule, car aujourd’hui je suis seule pour gérer la communication d’Illusion et Macadam et de la Halle tropisme. C’est plutôt une problématique structurelle. On est une toute petite équipe qui porte un projet à bout de bras, et on est en train de changer d’échelle donc nous sommes en train d’embaucher pour Illusion et Macadam pour que je devienne chargée de communication de la Halle tropisme, mais pour l’instant en l’état je fais tout.

Les limites à tout ça c’est que je n’ai pas créer la chartre graphique de la Halle, on l’a pensé avec un graphiste qui a imaginé le concept de pictogrammes qui se décline et qui s’assemble, mais moi derrière j’en créer des nouveaux. J’ai créé des affiches et des maquettes qui sortent de la structure. Je gère aussi et j’anime les réseaux sociaux de la structure. Ainsi que beaucoup de photo, c’est ma petite botte secrète, car je suis photographe à côté. 
 

Donc je pense que c’est important dans le métier de la com d’avoir un petit “super pouvoir” qui peut être un plus et qui peut faire la différence, tel que du codage, de la photo, du graphisme… Car la photo ça coûte chère et que du coup, je constitue le fond photographique de la Halle. 

Alexandre : Si je comprends bien,pour vous il est important dans la communication d’arriver à apporter un “talent ”annexe à notre poste ? 

Madame Rossignol : Effectivement c’est vraiment un plus qui peut faire la différence et qui vous rend plus attractif que d’autre personnes sur un poste équivalent. 
 

Wissem : Est-ce qu’une journée type existe dans ce métier ? Et à quoi pourrait-elle ressembler ? 

Madame Rossignol : Alors ça peut exister, ce n’est pas tous les jours parce que, en réalité la journée type c’est surtout de courir après les urgences. Mais aujourd’hui une journée type de chargé de communication de mon gabarit pourrait être : Arriver au travail le matin, le petit rituel du café quand même est super important. Puis j’ouvre le logiciel de gestion des réseaux sociaux, donc je regarde un petit peu ce qui s’est dit sur nous.Je réponds aux questions, etc. Plutôt conversationnelle, je réponds beaucoup aux questions, je like les commentaires, on est quand même hyper réactif, donc ça c’est le truc que je fais le matin en arrivant, ensuite je fais la revue de presse sur le web avec les google alertes, sur le print, je lis Midi Libre, c’est un peu les petit trucs du matin pour me mettre en train, en réalité c’est pas tout les jours. Je dirais qu’ensuite j’ouvre un calendrier éditorial pour le Community management, calendrier qui dit tout ce qu’on post et tout ce qu’on va poster. C’est absolument nécessaire avec la quantité d’événements que l’on a. Donc je fais le point sur ce calendrier, je prépare des posts, je fais du maquettage aussi beaucoup et puis le reste de la journée je gère les urgences, les mails, les demandes, ça peut être de la mise en ligne d’événements ça peut être tout les deux mois c’est une semaine passé sur le programmes à venir ou là, le programme à venir veut dire maquetter le programme en quelque heures, maquetter des affiches, faires des newsletter, etc…

Alexandre: Du lundi au vendredi le rythme est le même?

Madame Rossignol: Le lundi, j’ai une journée un peu spécifique parce que je fais partir tout les lundis un communiqué de presse hebdomadaire à la presse locale qui récapitule tout les événements sur les dix jours à venir. C’est typiquement pour Midi Libre et la Gazette, car ils ont leurs réunions de rédaction le lundi, et que je pense qu’ils sont tous très intéressé qu’on leur rappelle des trucs à ne pas oublier. Et tous les mois je fais partir un communiqué de presse mensuel à tout mon fichier presse avec des temps forts, tout le programme à venir, etc. Voila c’est un peu difficile la journée type mais en tout cas il y a quelques rituels du matin et le petit rituel du soir c’est de, quand il n’y a pas d’événements, de faire le point sur « qu’est-ce que je vais avoir à faire le lendemain en terme d’urgence.Je passe beaucoup de temps en tant que chargée de com polyvalente à prendre tous les petits tiroirs avec des projets et à faire remonter les urgences, refaire descendre quelques urgences qu’ils le sont moins, etc.. L’organisation me prends beaucoup de temps.

Alexandre : Travaillez-vous directement avec d’autres personnes ? Quand vous dites faire remonter les urgences, c’est pour vous-même ? 

Madame Rossignol : Le poste de chargé de communication est un poste assez transversal dans une structure, pas que dans la nôtre. C’est-à-dire que c’est un métier où ont travail avec tout le monde, on travail avec la direction, on travaille avec tous les coordonnateurs de services.. Du coup tout le monde nous remontent les urgences, les besoins (la formation à besoin de telle relance sur une formation, la direction de la Halle Tropisme à besoin d’un dossier de subvention pour demain.Et du coup, il y a des gros chantier qu’on peut remonter, exemple notre site internet, on sait poser un cahier des charges, un calendrier mais y a des choses que l’on peut pas faire telle que, l’imprévu des modifications du dossier de 2020 qui jouxte le dossier de subvention par exemple. Ça c’est un truc que l’on peut pas toujours savoir six mois à l’avance à quel moment on va le faire.

Donc mon métier c’est aussi d’être très organisé, c’est d’avoir une TO DO list. Nous avons un logiciel interne pour gérer ça et en fait c’est comme un tableau numérique avec comme des post-It, et je remonte avec ma souris, je réorganise, je regarde mon calendrier, je regarde si ça rentre ou pas entre deux rendez-vous. Voilà, après il y a des réunions aussi, des réunions hebdomadaire avec l’équipe pour être bien au courant des choses parce que le métier de chargé de communication c’est aussi d’être au courant des choses et de trier ce qui doit être dit ou pas.

Wissem : Vous êtes chargée de communication et de relations presse, est-ce un double métier ou-est-ce que la communication et les relations presse sont-elles liées ? 

Madame Rossignol : Alors la relation presse est un vrai métier, et le community management c’est un vrai métier, le graphisme c’est un vrai métier, et la coordination de la communication c’est un vrai métier.Je crois que dans le secteur culturel il y a cette particularité où on n’a pas forcément les moyens d’embaucher quatre personnes pour gérer la communication d’un lieu. Donc forcément on fait un peu tout, mais on fait pas tout à 100 % , c’est-à-dire que si je ne faisais que des relations presse, je passerais mon temps à parler qu’avec des journalistes, à chercher des nouveaux contacts, à écrire des communiqués de presse très détaillés. Par exemple je ferais un communiqué de presse professionnel, un communiqué de presse pour la programmation enfant, un communiqué de presse pour la programmation culinaire, un communiqué de presse pour la programmation artistique, et voir même un communiqué de presse pour la programmation artistique (art contemporain, musique). Si vraiment c’était 100% de mon temps je qualifierais beaucoup mieux mes fichiers et je m’adresserais à chaque presse de manière extrêmement personnalisé.

Alexandre: Vu que vous n’avez pas le temps de tout faire, sur quoi vous focalisez-vous en tant que chargée de presse?

Madame Rossignol: Evidemment j’ai pas du tout ce temps là donc forcément je passe plus de temps avec la presse régionale. On les invites, on les rencontres, on fait ces choses-là donc forcément ils nous connaissent.

Avec la presse nationale, là par exemple on a un festival de documentaires pour les enfants, c’est le moment où je vais prendre mon téléphone et au culot appeler Milan Presse, et les magazines que j’admire comme, GEO Ado. Tous ces magazines-là qui ne sont pas du tout dans mon contact presse mais ou en passant par le standard, je peux peut-être remonter vers quelqu’un à la faveur de certains événements.. Voilà un peu les temps forts qu’on a, je vais agrémenter ce fichier mais je ne fais pas à 100% de relations presse, à 100% du community management. On fait des cautions, des bouts de missions que l’on organise, ce sont chacun des métiers mais le métier de chargé de communication peut joindre tous ces métiers-là.Tu vas pas passer ton temps sur les réseaux sociaux, tu vas faire un service minimum et donc ça demande de savoir prioriser, de savoir reconnaître qu’une action n’est pas assez efficace et que si on avait le temps, on la ferait.Mais vu que l’on ne la pas, elle ne rapporte pas assez de like ou de visibilité donc tant pis, on laisse tomber, c’est pas grave mais c’est dommage.

Wissem : Quelles sont les qualités que doivent posséder un chargé de communication ?

Madame Rossignol : L’organisation, la capacité à prioriser, des qualités humaines en interne (savoir travailler en équipe). Je pense qu’il ne faut pas un égo surdimensionné parce que dans une équipe, surtout dans le secteur culturel vous aurez toujours sur dix collègues, huit qui auront déjà fait de la communication, pour la même raison que vous, parce que un poste, dix missions et donc tout le monde a un avis different sur la communication. En même temps, il faut savoir, à la fois être ferme et dire : cette image ne te plaît pas, c’est pas grave parce que c’est moi qui choisis les images et que si je les ai choisis c’est qu’elles avaient du sens.

Mais en même temps être hyper à l’écoute parce que les collègues sont ceux qui gèrent l’activité donc ils ont eux aussi une vision, des fois ça fait pas plaisir, mais il faut entendre les choses et l’autres qualités. Ce serait, je dirais le culot… mais pas trop, ça va avec l’égo, mais pas trop, ça veut dire que : Moi aujourd’hui avec dix ans d’expériences je suis amenée parfois à remplacer, au pied levé, mon directeur à la radio, accueillir des journalistes à la place de ma direction parce que, ça dépend des projets mais ici c’est la direction qui représente le projet, notre directeur artistique, c’est un homme de radio et de médias donc il a l’habitude et le présente très bien. Mais quand il n’a pas le temps, faut aller au front, donc ça demande un peu de culot.

La relation presse aussi, appeler un standard, savoir faire passer un message et savoir passer la barre du standard ça demande un peu de culot, je pense que c’est important… Ainsi que de la créativité, faut pas avoir peur de sa créativité tout en maîtrisant bien le message parce que vous ne serez pas toujours amené à communiquer sur des choses que vous comprendrez-bien. Moi je communique sur des projets sociaux et solidaires, c’est hyper important que je sache comment fonctionne une coopérative donc il faut que je sois curieuse, que je sois capable de m’emparer d’un message qui n’est pas forcément mon projet à moi, cela demande beaucoup de curiosité.

Wissem : Quelles sont les missions en général d’un chargé de communication ? 

Madame Rossignol : Ça dépend du projet, je dirais que la mission de base c’est de savoir gérer les relations, de savoir gérer la chaîne graphique. Vous avez dû apprendre ce que c’était la chaîne graphique ? C’est donc de A à Z, quand tu veux faire un document en communication, c’est : Le brief, ce que tu veux, ce que ta direction veut, quel message elle veut faire passer, quel type d’image elle a envie d’avoir, etc… Gérer la relation avec le graphiste, quand il vous envoie des avant-projets, gérer la récolte du contenu auprès de différentes équipes, gérer la relation avec l’imprimeur etc. Donc voilà la chaine graphique c’est l’idée jusqu’à la réalisation du projet, jusqu’au moment ou ton affiche va être affichée sur les murs de ta ville.

Et entre tout ça il peut y avoir une quinzaine d’acteurs. Ça c’est quand même la mission de base d’un chargé de communication, après il peut faire du graphisme dès qu’il y a une charte graphique, il peut faire de la création de contenu pour le web, il peut faire du community management.

Voilà encore une fois je vous partagerai ma fiche de poste pour voir mais il ne faut pas prendre pour argent comptant, c’est-à-dire que selon la structure, les besoins seront différents. Si vous prenez une structure comme Paloma par exemple à Nîmes, il y a un chargé de communication spécialisé pour le web, il y a une direction de la communication, il y a quelqu’un qui s’occupe de l’action culturelle.. Donc ça c’est plutôt la médiation avec les lycées, collèges et compagnie… parfois un chargé de communication fait tout dans certaines structures, ça dépends des moyens, du cahiers des charges, tout ça.

Wissem : Quels sont les moyens et actions que vous faites aux quotidiens pour augmenter la visibilité de la Halle Tropisme ? 

Madame Rossignol : Il y a une action de communication, qui est à la fois une action de programmation mais aussi une grosse action de communication que l’on a fait avant l’ouverture de la Halle Tropisme. C’était l’organisation d’une saison 0 où là on a organisé, d’Avril à fin octobre 2018 des événements dans le chantier. De base il n’y avait rien, il y avait que le bâti, que des gravas partout et en fait on a organisé d’avril à octobre, une fois par mois des événements. C’était un tournoi de pétanque, une grosse rencontre professionnelle, une soirée privée, on avait fait venir un camion « fablab ». Ils y avaient plein de choses et tout le mois d’Octobre tout les mardis on a crée un restaurant éphémère dans cette pièce avec un mobilier que l’on a fabriqué nous-mêmes, c’était super de faire du Do It Yourself. C’était une action de programmation mais aussi une grosse action de communication parce qu’on a joué sur le fait que c’était un ancien site militaire fermé depuis 2011.

Et mis à pars les gens qui avaient fait le service militaire ou qui avaient fait la JAPD, personne ne savaient trop ce qu’il y avait derrière ces murs donc on a joué sur le faîtes de, « voilà, là vous êtes V.I.P parce qu’il y a 50 places, en venant vous allez pousser la portes de l’E.A.I, ce qu’il y a à l’intérieur, voir le projet en train de se construire parce qu’on a commencé les travaux l’été dernier ». Les gens venaient vraiment manger sur le chantier, c’était vraiment une très grosse action de communication parce que ça a permis de créer du désirs, du désire pour le projet.

Wissem : Vous aviez mis beaucoup de temps à planifier ce projet ? 

Madame Rossignol : Oui, toute l’année, d’ailleurs on n’avait pas fait d’édition du festival cette année, c’était en 2018. 

Ensuite on a eu une action de commercialisation, c’est à dire qu’on avait quelqu’un qui était dédié à ça. Où là moi en tant que chargée de com je lui montais les dossiers et elle, elle démarchait les entreprises pour créer le village entrepreneur.

Ça c’est une action qui n’était pas du tout publique, où la on a compter sur les réseaux. Il y avait des gens qui apprenait que ça existait, des gens qu’on allait démarcher pour constituer un village entrepreneur qui représente des compétences très complémentaires. Toujours culturelles parce qu’on montait déjà un projet où les gens vont collaborer ensemble.

Ça c’est une action de com aussi quelque part car même si c’était pas moi qui faisait le démarchage en créant les outils pour que ma collègue puisse faire le démarchage. On a ouvert à 80% plein, c’est près de 200 personnes qui au moment de communiquer sur l’inauguration disaient à tous leurs contacts « ça y est je suis à la Halle Tropisme ça ouvre, viens ».

Alexandre: La ville de Montpellier vous a aidé dans la création de la Halle Tropisme?

Madame Rossignol: Effectivement, en janvier on a fait un partenariat avec la Métropole donc il y a eu un gros plan d’affichage dans la métropole qui nous a fait connaître en étants présents partout.

Mais ça a été un énorme boulot, on s’est un peu épuisé à la tache avant l’inauguration, on a du créer à la fois tous les éléments de communication de l’inauguration et à la fois tous les éléments de communication régulier. C’est à dire qu’en même temps qu’on communiquait sur l’inauguration, on créait déjà le programme papier Février-Mars. Et on a enchaîné direct sur une programmation, donc il a fallu mettre en place la carte du café, les affichages, les affichages dans la rue, les grands panneaux, la signalétique… Enfin bon tous ces trucs en même temps c’était quand même un gros gros travail.

Wissem : Quel est votre point de vue sur l’évolution des techniques utilisées dans votre métier ?

Madame Rossignol : : Je ne sais pas trop quoi répondre à ça  

Wissem : Vu que c’est un métier qui évolue rapidement avec internet, y a t’il des changements à venir selon vous ?

Madame Rossignol : : Ah d’accord, je crois que j’ai une réponse. Je pense que ça c’est quelque chose que je conseille à mes étudiants, parce que j’interviens en Community Management à Paul Valéry.

En fait je leur apprends pas à savoir comment créer une page Facebook, je leur apprend pas à créer sur Facebook, je ne leur apprends pas à créer une story sur Instagram.

De toute façon là, les nouvelles générations de chargé de communication vous êtes tous « digital native ». Les réseaux sociaux n’ont pas vraiment de secret pur vous, enfin ça en a toujours en vrai. Mais ce que je leur apprends c’est à imaginer des stratégies, à être suffisamment curieux pour se tenir au courant.Quand Instagram a lancé les stories, j’ai commencé à faire les stories sur mon Instagram personnel, j’ai regardé comment ça marchait et j’ai vu que c’était vachement intéressant de faire ça pour la Halle Tropisme.

Alexandre: De votre point de vue, le numérique fait parti intégrante de l’avenir du métier?

Madame Rossignol: Donc moi mon point de vue c’est qu’il faut rester curieux, il ne faut pas avoir peur de tester des choses à partir du moment où ça reste en lien avec le publique que vous voulez toucher. Et vraiment ce qui est important c’est le pourquoi vous le faites, beaucoup plus que le comment. Parce que si le comment, si vous êtes un bon chargé de communication créatif vous aurez toujours le moyen de détourner des outils pour en faire des choses super intéressantes, mais si il n’y a pas le pourquoi on le fait si il n’y a pas le contenu, ce sera en vain. Ça sert à rien de faire des stories Instagram si votre publique est pas sur Instagram par exemple, vous voyez ce que je veux dire ?

Donc vraiment mon point de vue c’est qu’il faut être vraiment à la pointe, il y a trois ans on faisait des pubs sur Facebook d’une manière différente d’aujourd’hui parce que l’outil a complètement changé et que l’outil est super difficile à prendre en main. Ce qui est important c’est pas de savoir géré l’outil de 3 ans, ce qui est important c’est de chercher à savoir utiliser le nouvel outil.

Wissem: Comment faites-vous pour gérer les imprévus ?

Madame Rossignol :  : Je suis un couteau suisse donc je sais un peu tout faire, je sais que tel imprimeur pourra me faire un truc en 3 jours alors qu’untel pourra me le faire en une semaine. Je sais qu’avec untel je peux négocier, je sais que tel imprimeur livre ses programmes à un résident de la Halle donc il pourra me livrer gratuitement les miens. Les imprévus vous apprenez à les gérer avec l’expérience

Wissem: Pouvez-nous parler de l’importance des partenaires ?

Madame Rossignol : : Je pense que sans partenaires il n’y aurait pas de Halle Tropisme. Aujourd’hui la Halle Tropisme c’est un projet qui a zéro euro d’argent publique en fonctionnement. On travaille main dans la main avec la métropole pour ce projet mais on a pas d’argent de la métropole pour le budget de fonctionnement. Nous avons récolté 1,3 million de fond de l’économie sociale et solidaire. Et on a monté une association de mécénat qui s’appelle « mes philantropismes » dans laquelle il commence à avoir des partenaires qui injectent de l’argent. Il y a les sociétaires de la coopérative qui ont injectés de l’argent au moment de créer le projet. On a tous mis un peu d’argent, donc sans partenaire il n’y aurais pas de projet.

Alexandre: Le mécénat est-il différent de vous les sociétaires ?

Madame Rossignol : Oui ils jouent un rôle bien différent. 

Alexandre: Ils ont une image quand même ? Quelle est pour eux l’intérêt de devenir mécènes  ?

Madame Rossignol : Oui on est en train de le développer le mécénat, c’est tout neuf encore mais Station’Drop ‘Kids existe grâce au mécénat. On va avoir un mur de partenaire dans pas longtemps, on travaille dessus actuellement, donc ils seront récompensés en parti via le mur des mécennes.

Sethy: Comment voyez vous votre futur professionnel ?

Madame Rossignol: Ah c’est une question difficile ça. Moi mon futur professionnel je le vois dans un projet qui a du sens, comme celui d’aujourd’hui. Je me vois travailler avec des jeunes dans une complémentarité où moi j’ai l’expérience, l’expertise. Où les personnes plus jeunes ont la capacité d’adaptation parce que vous êtes une génération qui a une capacité d’adaptation assez impressionnante mais qui a tendance à perdre le fond un peu. Je généralise hein c’est pas le cas pour tout le monde mais vous grandissez dans un monde qui va très vite, beaucoup plus vite que celui dans lequel nous on a grandi et donc je vois mon avenir professionnel en collaboration avec les deux.

Sethy: Pour vous c’est quoi l’élément le plus important à maîtriser quand vous êtes chargé de communication ?

Madame Rossignol : Je pense c’est l’organisation, avec une bonne organisation on peut tout faire, plus qu’une compétence en particulier, parce que si on est bien organisé mais qu’on a aucune compétence en graphisme par exemple on peut gérer.

Sethy: Vous vous attendez à des évolutions particulières ?

Madame Rossignol : : Oui le métier change tout le temps mais comme tous les métiers en fait, je pense qu’il y a 10 ans on mettait beaucoup moins d’importance dans le web et en même temps on fantasmait sur un monde sans papiers et on y reviens vachement au papier. De la même manière que le monde du disque revient au vinyle.

Je sais pas trop dire comment va évoluer le métier, je sais pas si il évolue vers la spécialisation ou la pluridisciplinarité, je pense qu’il vaut mieux pas y répondre.

Sethy: Comment vous voyez vous évoluer au-sein de la Halle Tropisme?

Madame Rossignol : Avec Illusion et Macadam on se voit au sein de la cité créative. Ce que j’ai oublié de précisé c’est que la Halle Tropisme est le premier projet à ouvrir sur un lieu qui fait 48 hectares, et qui va être un vrai quartier dédié aux industries culturelles et créatives. Donc ça va être la cité créative qui est monté par le métropole de Montpellier et sur lequel il va y avoir le campus créatif qui réunira L’ESMA, l’école de journalisme, d’autres écoles.

Alexandre: Pouvez-vous nous en dire plus sur les projets à venir du quartier?

Madame Rossignol: Il y aura un cinéma, des entreprises du jeu vidéo et de cinéma d’animation. Ainsi un gros hub de radio, il y aura une crèche et deux écoles dont une école occitane. Donc voilà il y aura plein de choses dans le quartier, il y aura même le tram qui va passer au milieu.

Alexandre: D’accord, donc c’est un projet qui vise sur la durée, vous estimez cela à combien de temps?

Madame Rossignol: Effectivement, c’est un projet qui est étalé sur 11 ans. Nous on a un bail de 11 et demi ici, normalement le lieu est voué à la destruction, mais on sait pas ce qui peut se passer pendant 11 ans et demi..

Si il faut ce sera le nouveau poumon de la ville en fait on sait pas mais nous Illusion et Macadam on se projette surtout au sein de la cité créative et à terme on aura un rôle à jouer dans le montage de la cité créative. Je ne peux pas en dire plus parce que c’est pas encore tout à fait clarifié mais on aura un rôle à l’échelle du quartier.

Sethy: Ciblez-vous un type de populations particulier à travers vos projets ?

Madame Rossignol : Alors on a un public très varié, un public professionnel parce que Illusion et Macadam est une entreprise du secteur professionnel et on organise beaucoup de rendez vous professionnels donc il y a vraiment cette sphère là. Après au niveau grand publique je dirais qu’on a un lieu qui est ouvert sur son quartier surtout, parce qu’on arrive dans un quartier où il y a rien. Pas de commerce de proximité, il y a peu de restaurants, on a créé un marché là parce qu’il y a besoin de tout ça.

C’est pas juste parce qu’on avait envie d’avoir des légumes à domicile, il y a vraiment un besoin d’activité dans ce quartier, donc aujourd’hui le café tropisme qui est un peu le poumon sociale de ce collectif de la Halle accueille des voisins tous les jours. Il y a un pôle bien être, des voisins qui viennent faire des séances d’osthéo ici, enfin voilà il y a cette ouverture sur le quartier.

Alexandre: Comment faites vous pour la programmation des soirées à thème, ou bien des expositions avec un public si varié?

Madame Rossignol: Et en terme de public, c’est surtout la diversité de la programmation qui le touche. Exemple, le marché va toucher les voisins, le station’Drop’kids et la programmation du festival documentaire pour les enfants va toucher les familles, la programmation culinaire va toucher les gastronomes, la programmation professionnelle va toucher les professionnels, la programmation techno va toucher un publique plutôt électro, underground…

C’est un lieu qu’on veut vraiment multiformes et multi publics. C’est à dire que nous ce qui nous intéresse c’est d’avoir un jour une conférence avec Edgard Morin qui est un grand penseur de notre époque, et le lendemain on a une brasoucade géante.En même temps que tout ça on a une exposition d’art contemporain qui interroge le genre, c’est ça qu’on cherche et le lendemain on a une soirée où on invite des réfugiés en cuisine, du coup on a des migrants qui rencontrent des gens qui sont plutôt hipster.

Sethy: Vous prévoyez d’ouvrir d’autres sites de ce genre ?

Madame Rossignol : : Non, Illusion et Macadam se concentre surtout sur le quartier, mais la Halle Tropisme n’a pas à priori vocation à devenir la Halle Tropisme Montpellier, la Halle Tropisme Toulouse… C’est un lieu qui existe par son équipe,si demain la direction artistique change ce sera plus du tout le même projet.

C’est ce qui fait je pense le succès du lieu, la programmation de la Halle Tropisme c’est Vincent Cavaroc et c’est pas quelqu’un d’autre. Les équipes derrière la Halle Tropisme c’est Illusion et Macadam c’est pas quelqu’un d’autre. 

Alexandre: Donc sans l’un des membres fondateurs, pour vous le projet changerais d’horizon ?

Madame Rossignol : C’est un peu comme si vous faites un projet photo, vous changez le photographe c’est plus le même projet photo, on imprime quand même une patte très particulière à ce projet donc non je pense pas qu’il ait vocation à devenir une franchise si c’est ça la question. 

Alexandre: Je vais maintenant me permettre de faire une rapide synthèse de ce que vous nous avez précédemment dit, pour voir si nous avons bien saisies les points clés de l’entretien.

Au départ, vous n’étiez donc pas orientée vers se type d’emploi, c’est grâce à diverses opportunités que vous avez fini par devenir chargée de communication. Puis durant votre stage, vous avez rencontrer votre actuel patron, qui vous embaucha il y à 10 ans pour votre premier, et encore actuel emploi. Ensuite pour vous le métier de chargée de communication peut être aussi bien très centré sur une tache spécifique, ou selon la structure avoir pleins d’autres facettes. Il est aussi important de réussir à amener une petite « botte secrète », qui peut faire la différence, comme pour vous la photographie. Et en se qui concerne l’évolution du métier, et votre propre évolution, mis à part qu’indéniablement les nouvelles technologies vont faire parties totalement du métier de chargée de communication, vous ne savez pas trop qu’en pensez concernant votre futur, vue que vous remplissez bien plus de tache qu’une chargée de communication qui ne fais que cela.

Ai-je bien résumé, et voudriez-vous finir en rajoutant quelque-chose?

Madame Rossignol: Effectivement c’est tout à fait ça vous avez bien synthétisé les propos principaux dont nous venons de parler. Je penses avoir fait le tour du métier dans son ensemble, et je ne vois pas trop que rajouter d’autre.

Alexandre: D’accord, et bien merci beaucoup. Nous en avons finis avec les questions, c’était passionnant encore merci pour le temps que vous nous avez accordés. Une fois la retranscription faite d’ici 1 à 2 semaines, je vous l’enverrais sur le mail par lequel nous dialoguions pour que vous puissiez effectuer votre droit de regard, et ainsi avec l’autorisation de votre part pour la publier sur notre blog de licence. Excellente fin de journée, et à bientôt !

Sethy: On vous remercie pour votre temps.

Wissem: Merci d’avoir bien voulu nous accueillir, on vous souhaite une excellente continuation.

Pour en savoir plus sur la Halle Tropisme: -> http://www.tropisme.coop/

Sethy Laleye, Wissem Benaibout et Alexandre Michaud

Entrevue avec Simon Sauvetre, professionnel de la Communication

dimanche 24 novembre 2019

Nous avons rencontré Monsieur SAUVETRE à l’étage d’un café afin de pouvoir lui poser l’étendue de nos questions dans un cadre calme. Après nous être présentées toutes les trois, nous lui avons demandé s’il était possible de l’enregistrer pour pouvoir la retranscrire sur notre blog universitaire, en précisant que nous lui enverrons par mail avant de la publier. Là voici.


Tout d’abord, pourriez-vous nous parler de vos études ?

 Alors oui tout à fait, moi j’ai fait des études de marketing. Dans un premier temps, une école de commerce en marketing, pas du tout dans la communication. C’est après une première expérience professionnelle dans le marketing, qui ne me plaisait pas vraiment, que j’ai décidé de m’orienter vers la communication. Mais plutôt d’un point de vue technique puisque j’ai passé un diplôme de CNAM, à Montpellier, pour être webmaster, c’est à dire concevoir et administrer des sites web. Et c’est cette activité qui m’a donné, par extension, l’envie de plus approfondir dans la communication. J’ai développé en autodidacte des capacités et des compétences de graphiste, et voila, c’est comme ça que je suis arrivé dans la communication, pas en tout cas de manière directe mais plus dans un second temps.

C’est quoi le CNAM exactement ?

Alors le CNAM, c’est le conservatoire national des arts et métiers. Ca propose des formations, tout domaine confondu, mais des formations souvent en cours du soir pour les gens qui ont déjà un parcours scolaire, et en général des formations assez courtes.

D’accord, et pensez-vous que la communication est un secteur difficile d’accès dans ce genre de démarche non scolaire? Est ce qu’il est plus compliqué d’exercer ?

Je pense qu’aujourd’hui dans la communication, c’est difficile d’exercer. C’est un secteur qui est très attrayant de base, il y a beaucoup de gens, donc pour exercer il faut vraiment se faire connaître. Et je pense qu’en plus de se faire connaître, il faut vraiment être très ambitieux et persévérant pour pouvoir exercer dans la communication. Il y aussi beaucoup de gens, beaucoup d’acteurs sur le marché, beaucoup d’entreprises, donc pour pouvoir vivre de la communication, il faut je pense être persévérant et savoir se démarquer, proposer peut-être des services différents des autres entreprises ou d’autres personnes.

Actuellement vous êtes indépendant ?

Oui tout à fait, j’ai une activité salariale et je suis aussi indépendant. Mais la justement, je vais quitter mon travail salarié pour passer de mon mode indépendant à plein temps où j’ai une auto-entreprise, c’est à dire une petite entreprise en société, où j’aurai la possibilité, si tout se passe bien, de pouvoir recruter, embaucher des personnes.

Vous êtes en train de monter votre agence en fait ?

Oui, c’est tout à fait ça.

Lorsque vous êtes sorti de vos études, vous vous êtes directement mis indépendant ?

Une fois que j’ai été diplômé du CNAM, j’ai cherché d’abord du travail parce que c’était difficile de me faire connaître, il y a beaucoup de gens sur le marché et l’importance du réseau dans la communication est primordiale. Moi j’avais pas de réseau, donc pas de réseau, pas de projet. C’est-à-dire que moi je fais du graphisme et du web, et j’avais pas de sites à réaliser, pas d’identité graphique à concevoir par exemple. C’est pour ça que ce métier d’indépendant, je l’ai commencé juste après mon diplôme mais étant donné que j’en vivais pas, j’ai cherché un travail salarié qui m’a permis de vivre, tout simplement. Et au fur et à mesure mon activité indépendante, que je débutais et qui marchait pas, s’est développé. Mais je l’ai gardé de pair avec mon activité salariale, et aujourd’hui elle peut rouler toute seule. Donc après quand même sept ans en ayant exercé en tant que salarié, j’ai commencé à acquérir ce réseau, pour pouvoir m’exprimer pleinement dans la communication.

Et l’agence dans laquelle vous travaillez actuellement c’est l’agence Kréative c’est ça ?

Oui, tout à fait. C’est une agence où je suis tout seul pour l’instant, en freelance.

Je fais moi même la partie commerciale et la partie réalisation, production, en l’occurrence les sites web et le travail de graphisme. Mais quand j’ai des demandes spécifiques, par exemple sur des gens qui voudraient faire du référencement payant, et que je ne maîtrise pas, je peux faire travailler des prestataires.

Lorsque vous travaillez avec d’autres personnes, c’est de la collaboration ou de la sous-traitance ?

C’est en général de la sous-traitance, il peut y avoir de la collaboration aussi avec des chefs de projet, puisque je suis encore actuellement moi-même salarié. Après, pour moi les deux sont un petit peu quand même liés. On peut m’emmener un projet, je travaille avec des chefs de projet ou des personnes qui maîtrisent une partie du travail, là ce sera de la collaboration. Mais après il peut y avoir une partie que je délais complètement dans ce projet là. Là je vais lui facturer l’ensemble, mais après je vais refacturer la personne donc en fait les deux sont intimement liés.

D’accord et comment trouvez vous des projets ?

Alors les projets, je les ai tous par le bouche à oreilles. Aujourd’hui, je n’ai pas de démarches de prospection commerciale. C’est aussi pour ça que je sais que ça fonctionne un peu comme ça. Aujourd’hui si je me mets totalement en société, je ferai ça à plein temps, sans mon travail salarié. J’aurai alors la capacité aussi d’amener d’autres projets, mais il va falloir que je prospecte et que je ne me satisfasse pas uniquement du bouche à oreilles. Mais actuellement je fonctionne uniquement comme ça.

Pensez vous qu’il est possible de concurrencer les grosses agences de communication ?

 Je pense qu’il est difficile de concurrencer parce qu’en fait une entreprise qui commence à avoir une taille assez importante, va chercher, pour sa communication, une agence avec des compétences, et avec aussi un nombre de salariés et une capacité à répondre à son projet relativement rapide et relativement bien organisé. Etant tout seul en face, je ne pourrais pas forcement faire le poids, après tout est possible. Si derrière on a des sous-traitants, de très bons collaborateurs, on peut très bien ficeler un projet dans l’ensemble.  Je pense que c’est possible mais pas évident, pour répondre à votre question. Parce que derrière, une grosse entreprise va avoir, par rapport à son projet, un budget, des besoins, une attente à laquelle il sera difficile de répondre en étant uniquement tout seul. Alors ce n’est pas impossible mais compliqué.

D’accord. Et au fait, quelle profession exercez vous en tant que salarié ? Avez vous une journée type liant la freelance et votre métier en tant que salarié ?

Ma journée type aujourd’hui, elle se partage entre les deux. Je suis salarié, dans un ordre professionnel notamment l’ordre des experts comptables, et dans ce métier là je m’éloigne un petit peu de mon travail en freelance. Je suis responsable des outils numériques, c’est à dire que je m’occupe de la création des newsletter, de l’envoi de médiateur. Je fais aussi du graphisme, que j’exerce aussi en freelance. Alors ma journée-type, ça va être par exemple, l’élaboration d’une plaquette sur un événement. Je vais rentrer un peu plus dans la technique. Sur une plaquette par exemple, je vais faire un logo avec Illustrator, je vais l’intégrer à la plaquette, plusieurs phases que je vais élaborer avec Indesign. Toute cette recherche au niveau des pictos que je vais utiliser, au niveau de la police, au niveau du texte, soit qu’on me fournit soit que je vais écrire, au niveau des couleurs, de la charte graphique… ça va constituer un grand temps de ma journée, je vais y passer bien la moitié jusqu’à arriver à un produit fini qui devra être validé donc qui nécessitera des allés-retours entre moi et ma direction. On va dire que je vais passer la moitié de ma journée à faire de la création. Après je vais passer un autre temps à faire de l’envoi d’emailing, de l’inscription à des événements, là ça va être la newsletter que je vais créer.  Puis après on va dire qu’il y a une autre partie du temps où je vais m’occuper de mon travail en free-lance. Là ça va être du suivi sur le déroulement dans mes projets, ce que j’ai à faire. Ça reste en général assez varié, mais c’est régulier. J’ai un client pour lequel toutes les semaines, je vais faire des vidéos avec un référencement sur Youtube, ça va encore être une autre partie de ma journée. Aussi je vais m’occuper d’envoyer les factures à mes clients. Tout ça pourrait être une journée type.

  Et où travaillez vous ?

Je travaille à l’ordre des experts comptables, à Montpellier. C’est une institution avec ses codes et ma marge de manœuvre est assez limitée. Si je vous parle aujourd’hui d’un expert comptable, je pense que vous n’en avez pas une image très fracassante ou très funky. C’est pour ça qu’on doit coller à des codes, pas faire n’importe quoi, on peut pas aller trop loin dans ce qu’on veut proposer au niveau de la création et même aussi sur la manière de faire passer les messages. Mais je travaille à Montpellier dans cette institution, et pour mon travail en free-lance, j’exerce chez moi, j’habite à côté de Montpellier.

Alors j’imagine que niveau horaire c’est chargé ?

Oui tout à fait chargé c’est le mot. Je commence mon travail de salarié à 8h30 jusqu’à 17h, puis après on va dire que, régulièrement, je travaille deux heures après chez moi sur ma partie indépendante.

Si vous deviez nous donner les avantages et les inconvénients de votre métier en tant que salarié mais aussi en tant qu’indépendant, que seraient-ils ?

Là pour le coup, ce qui est intéressant pour vous, c’est que j’ai les deux visions. Quand on travaille en tant que salarié dans la communication pour une entreprise, une institution ce qui est mon cas, on a un salaire fixe et ça n’empêche pas de s’éclater. De travailler sur des identités visuelles, du graphisme, si c’est ce qu’on aime, sur de la rédaction, si on aime travailler les mots, travailler des concepts. Le travail de salarié permet donc d’avoir une certaine sécurité dans l’emploi tout en s’éclatant. Après, l’entreprise pour laquelle on travaille peut avoir des marges de manœuvre, on va dire un petit peu réduite, où il va falloir coller une identité précise. La partie « créa » sera, selon le secteur d’activité, peut-être moins développée. Dans la partie free-lance, on marche plus sur un fil puisque quand on a pas de projets, il faut aller les chercher. Elle nécessite plus d’indépendance, plus d’énergie, puisqu’il faut aller chercher les projets. Mais après on a la fierté de pouvoir tout gérer de A à Z, aller chercher son client, lui faire une proposition, avoir les retours directs… Et quand ça fonctionne bien, gagner aussi plus d’argent. C’est important, dans ce bas monde que de gagner sa vie.

C’est certain. Et préférez-vous travailler seul ou en équipe ?

En fait, j’aime bien les deux aspects. Le coté free-lance, que je développe plus, me permet d’avoir la validation directe du client pour lequel je travaille et réponds à la demande. C’est évidemment le client qui donne les ordres et qui valide, mais la proposition que je fais, elle colle à mes goûts, à ma sensibilité, à ma sensibilité graphique par exemple, et ça c’est vachement intéressant. Après, travailler en équipe, c’est toujours des additions de connaissances et aussi de perceptions, donc je pense que travailler en équipe est aussi très enrichissant.

Pourquoi avez-vous eu un intérêt particulier pour ce secteur ? Comment en êtes vous arriver à cela?

Je ne peux pas vraiment vous dire. J’ai fait des études, au début j’avais pas la « vocation », comme on dit, donc j’ai fait une école de commerce par défaut. Puis je me suis aperçue que j’étais vachement attaché à poser une identité, mettre en image, ou en tout cas en concept, une idée, une entreprise on va dire, une campagne… J’étais sensible à ça, à ce que je pouvais créer. C’est un petit peu comme ça que j’ai eu la vocation, dans l’idée que je pouvais passer du temps et arriver à sortir quelque chose de joli. C’est un goût pour ce qui est beau. Mais tout ce que je vous dis est très subjectif. En tout cas, moi, ce qui m’a poussé à aller vers ce secteur, c’est l’idée de pouvoir donner une identité, une vie, à un concept, à quelque chose de figer.

Et comment vous est venu l’idée de travailler dans le graphisme ?

C’est venu un peu de moi même, j’ai fait mon stage avec mon école de commerce dans une régie publicitaire à Paris à la Tribune. On me demandait de faire parler des audiences marketing. Je faisais des Powerpoint, puis j’ai commencé à faire un tableau, et je voulais qu’il soit joli, et là je me suis dit « Qu’est ce que tu fous? Faut pousser cette voie la parce que c’est ce que tu aimes faire ».

Comment vous vous êtes lancé dans le métier de graphiste réellement ?

Je me suis lancé, j’ai créé un petit site et j’ai essayé de vendre quelques petites choses. D’abord à mon entourage proche qui m’a fait confiance, puis après, de fil en aiguille, j’ai pu être recommandé par l’ami d’un ami qui avait une petite entreprise etc. Ça s’est fait un peu comme ça. Sinon grâce à ma formation mais j’ai surtout fait en ligne, avec des ressources en ligne, comme des tutos que j’ai pu suivre, et après je me suis beaucoup essayé. Au début, quand j’ai lancé mon site, il fallait que j’ai des références donc j’ai créé des logos fictifs un peu, sur des choses qui n’existaient pas pour avoir un port folio. Puis après les gens qui se sont intéressés à mon travail ont dit : « Ah ! C’est pas mal ça ! »

Pour nous, qui sommes étudiantes en communication, pensez-vous qu’il faut des qualités, des compétences à avoir pour faire de la communication ?

Oui, pour moi ce qui est vraiment important dans votre domaine à toutes les trois, c’est d’être curieuse. C’est très très important, parce qu’aujourd’hui la communication, la manière d’écrire un message en tout cas, de créer du graphisme, d’amener une stratégie, elle va chercher dans tout ce qu’on peut voir, tout ce qu’on peut vous emmener à voir. Ça peut être une exposition, ça peut être un film, une musique, l’actualité. Pour moi les qualités premières c’est la curiosité, l’intérêt pour ce qu’on ne connaît pas encore. Il faut vraiment dans notre domaine, la communication, qui est très concurrentielle et toujours en évolution, se tenir toujours au courant de tout ce qui se passe. Mais oui, la curiosité et la méthodologie me paraissent être deux qualités très importantes. Après de tout ce savoir, de toute cette observation que vous allez faire, il faut savoir choisir ce que vous allez pouvoir récupérer pour mettre dans votre travail, pour ce que vous allez faire, c’est très important.

Et alors vous, pour exercer votre métier, vous vous inspirez de quoi ?   

Je m’inspire de l’actualité surtout, mais je suis abonné à des blogs de sites référents dans mon domaine qui me permettent de m’ouvrir un peu sur ce qu’on peut faire. La création est très importante en communication et la création elle est quasiment sans limite donc je pense qu’on peut aller la chercher partout. Pour m’inspirer pour un projet, pour faire de la veille sur un projet, c’est la première partie. Lorsqu’on va me dire est ce que tu pourrais nous créer un logo, j’essaye de réfléchir à des couleurs, réfléchir à des formes, à mon identité, et pour tous ça par exemple, je consulte le site de Behance. C’est vraiment un site de référence, où il y a beaucoup de graphistes et même de designer qui publient des choses la, et ça, pour moi, c’est une belle source d’inspiration.

C’est un peu sur le fonctionnement de Pinterest ?

Oui, sauf que Pinterest il y a pas mal de liens derrière. Sur ces sites, ce sont vraiment les travaux exposés. Il peut y avoir quelques liens sur les sites des designers, mais la les travaux sont vraiment proposés et présentés avec une démarche. Le but est pas vraiment d’avoir un lien pour acheter quelque chose mais c’est surtout pour aiguiser son esprit.

A votre avis, pour travailler dans la communication, faut-il être né « communicant » ?

Je pense que c’est un plus d’avoir de l’aisance avec les gens, savoir communiquer, pas être trop réservé. Ce qui est important c’est de savoir écouter. Mais en réalité, je pense que le fait de ne pas avoir cette aisance n’est pas éliminatoire, ça se travaille. Je n’ai pas fait les Beaux Arts ou une école de communication visuelle de renom, pourtant j’arrive à séduire les clients, j’ai des très bons retours sur mon travail. Je me dis qu’il faut pas avoir peur de ça et que en tout cas, cela peut se développer. C’est comme la créativité, qui contrairement à ce qu’on pense, se travaille. Je pense que les grands artistes sont évidemment doués mais ils ne créaient pas comme ça, il y consacre aussi, je pense, du travail, de l’expérience et du temps à y passer, de la persévérance. Alors oui, je pense qu’avoir une aisance relationnelle de base aide ou une sensibilité, mais en tout cas tout ça se travaille donc je pense que si on a l’envie, c’est ce qui au bout du compte paie.

Comment qualifieriez vous le secteur de la communication ?

Je le qualifierai de toujours en pleine évolution, je pense que c’est un secteur qui ne va pas s’arrêter. Je parle aussi d’une partie digitale que je connais, on est vraiment en pleine digitalisation, ça va continuer encore, de plus en plus. On a besoins de gens qui communiquent, qui savent communiquer, qui savent adapter les messages, qui maîtrisent les technologies. Je me suis un petit peu emballé sur votre question, donc si je devais le qualifiez, je le qualifierai aussi d’assez multiples. Aujourd’hui on a beaucoup de choses dans la communication, on parle beaucoup des grands métiers. Mais aujourd’hui, il y a pleins de métiers dans la communication, il y a des gens qui vont être des professionnels uniquement du référencement, qui fait partie de la communication. D’autres personnes sont de très bons graphistes, d’autres qui sont des super community manager, d’autres qui seront là pour faire de la publicité, pour rédiger des messages… je pense qu’il y a beaucoup de métiers.

Vous pensez donc que la communication ne cessera d’évoluer et qu’elle est en totale expansion ?

Oui je pense, je pense qu’avec tous les outils qu’on a à disposition et qui continuent d’évoluer, les réseaux sociaux en sont quand même le frappant témoignage. Les plateformes Facebook du début et ce qu’elles sont devenus, les évolutions sur Instagram aussi par exemple… C’est des réseaux sociaux qui évoluent énormément et qui proposent toujours plus de fonctionnalités, donc derrière il faut des gens pour les faire vivre, pour maîtriser ces technologies. Je pense donc que le secteur va continuer à bien se porter.

Pensez vous que les réseaux sociaux/ l’informatique vont constituer l’intégralité des moyens de communication ?

Je pense que les rapports vont s’inverser. Enfin il y a déjà une grande partie digitale, je pense que le digitale va continuer de croître donc tous ce qui est numérique, mais je pense qu’il restera quand même une partie de communication  hors digitale, tout ce qui est print ou du moins je l’espère, parce que moi c’est ce que j’affectionne et ce que j’aime bien faire. Mais je pense que oui, le print va se réduire et le digital va continuer d’augmenter. Est ce qu’il y aura que du digital? Je ne le souhaite pas parce que le digital déshumanise aussi les choses, on a besoin de rencontrer les gens, peut-être de leur remettre un flyer, de leur remettre une plaquette. On a besoin de faire des réunions en présentiel aussi, pas que derrière son écran. Donc oui, je pense que le présentiel, ou en tout cas la partie matérialisée de la communication va subsister, mais peut être moins qu’aujourd’hui.

Pensez vous que le fait, justement, qu’il y est ce contact réel d’Homme à Homme, est ce que cela accentue la réussite du projet à mener ?

Je pense que ça joue tout à fait, parce qu’aujourd’hui vous pouvez très bien faire passer un message à une base de trente mille personnes. Envoyez un email, le taux de retour sera assez bas. En revanche si vous allez vous présenter, vous personnalisez la relation avec quelqu’un, vous cherchez à découvrir, à savoir vraiment qui il est, il se créé un affect et vous pouvez faire passer votre message, chose qui ne se fait pas par un email. La relation physique d’homme à homme, d’homme à femme, de femme à femme, comme vous la décrivez, est importante et est un plus.

Est ce que vous avez des craintes, des intuitions sur le futur de la communication ?

L’activité dans sa globalité, je ne peux pas vraiment répondre, moi j’en maîtrise certains aspects. Mais si je dois parler un petit peu des activités que je connais, comme par exemple la création de sites web, j’ai un petit peu des craintes vis-à-vis de ces plate-formes intelligentes qui proposent déjà des produits finis. Dessus on a juste quelques champs à remplir et on a déjà un site qui est livré, il n’y a pas de création la dedans, on ne fait pas de sur mesure. Et pour des gens qui ont envie de choses simples, ils peuvent aller vers ces plate-formes la au détriment de gens de webagency ou des gens qui contrôlent les sites internet. Ce mode de fonctionnement peut prendre des parts de marché aux personnes qui créaient des sites internet, qui les pensent. Aujourd’hui, je sais que l’intelligence artificielle sait créer des morceaux de musique. Est ce que dans quelques années elle sera créer du graphisme? J’espère que non.

Est ce que vous pensez que si un jour elle sait créer du graphisme, elle saura le faire mieux que les humains ?

Non, j’espère que non, votre remarque est assez belle. J’espère qu’on va aller dans ce sens la, comme je vous disais un petit peu, quelqu’un qui créer, quelqu’un qui communique se nourrit vraiment de beaucoup de choses, donc on peut espérer que la machine soit pas aussi sensible que l’Homme, et en tout cas qu’elle n’est pas toutes ses références pour créer quelque chose. Donc j’espère que non mais je peux pas vraiment savoir.

Est ce que c’est difficile de se démarquer parmi tous les graphistes et webdesigners qui sont en totale expansion aujourd’hui, d’avoir son propre style ?

Son propre style, ça c’est encore des gens qui prétendent à autre chose. Moi je pense qu’en tant que graphiste, aujourd’hui, j’ai de la créativité, je sais répondre à ce qu’on me demande. Est ce que j’ai un style? Pour moi se serait prétentieux de le dire. Mais après tous les gens qui, en plus d’être graphiste, ont un côté illustrateur, qui savent faire des choses vraiment spécifiques, ont un trait, oui ces gens là se démarquent, proposent des choses encore différentes. Ils vivent très bien car on va rechercher quelque chose qu’on voit nulle part. On peut très bien aller acheter des photos, ou même des vecteurs un peu sur les banques et les réadapter, mais on restera dans un schéma alors que quelqu’un qui a son style graphique se démarque réellement.

Une dernière question, travailler dans la communication vous a-t-il apporté quelque chose à un niveau personnel ? 

Oui, je pense. Dans un premier temps, quand on fait quelque chose qu’on aime, on est détendu, ouvert, ce qui est très important. Alors oui un épanouissement professionnel, et après vu que je sais l’importance, comme je vous disais de connaître les choses, d’être curieux, ça a pu me pousser justement à m’intéresser plus à des choses. Par exemple, j’aimais déjà beaucoup la musique, mais je me suis intéressé à la photo par le graphisme. Souvent, on utilise des photos, sur un site ça vaut mieux qu’un long discours. Je me suis intéressé à l’image, comment on peut la travailler. Maintenant je fais un peu de photographie, en amateur, et je pense que cette envie m’est venu par mon métier.

      Après avoir éteint le dictaphone, nous avons continué à discuter, de son métier mais aussi de nous et de nos ambitions. Grâce à cet entretien, nous avons pu découvrir la communication à travers deux aspects différents, et ce, par les dire d’un homme à la passion et l’humilité apparente. Nous tenons à remercier une fois de plus Monsieur SAUVETRE pour nous avoir accordé ce temps.

Rendez vous sur son site web pour découvrir son travail : https://www.kreative34.fr

par Léa REBUFFEL, Olga DOROVSZKAJA et Hannah BORTOLATO

Entretien avec Monsieur Nahoum, créateur de sites web/applications:

samedi 23 novembre 2019

« Je crois à la chance et je m’aperçois que, plus je travaille dur, plus j’en ai. » Thomas Jeffers

Cette citation exprime à la perfection la vision de notre interviewé.

Dans la matinée du 30 octobre à Montpellier 425 Rue Alfred Nobel. Afin d’effectuer un entretien avec Monsieur Philippe Nahoum, dans son agence CHOOSIT qui s’occupe de la création de sites web ainsi que d’applications. Durant cet entretien Estelle Gely accompagnée de Yasmine Bouziani posaient les questions, tandis que Léa Frattaruolo prenait des notes pour effectuer la synthèse de notre entretien. Iman Dolium s’est occupée de retranscrire l’entretien à l’écrit par la suite, pour cela elle a écouté l’enregistrement du téléphone d’Estelle afin de rédiger l’entretien. Notre entretien aura duré en tout 50 minutes.

Bonjour M. NAHOUM, je m’appelle Estelle GELY.

Je suis accompagnée de Léa FRATTARUOLO, Yasmine BOUZIANI et Iman DOLIUM. Nous sommes étudiantes en première année au sein de la faculté PAUL VALERY à Montpellier en Licence d’Information et de Communication. Nous sommes ici pour faire un entretien sur votre carrière dans la création de sites multimédias.

Tout a d’abord dans les premières questions, nous allons parlés de l’entreprise ainsi que de vous et ma première question sera :Pouvez-vous nous présenter l’entreprise CHOOSIT ?

Mr Philippe NAHOUM :Bonjour, CHOOSIT est une agence de communication digitale que j’ai crée il y a 21 ans , en 1998, donc on est parti sur un constat simple et l’idée de dire que l’internet va se démocratiser, va se développer et donc il faut se remettre de l’époque d’il y a 21 ans, on sortait du monde du minitel et tout simplement internet était utilisé plutôt par le monde académique, universitaire, recherche et pas trop par les entreprises … donc l’objet de créer CHOOSIT c’était rendre accessible et facile d’accès la création de site internet. Du coup j’ai commencé a créer ma société en me positionnant sur des aspects beaucoup plus techniques qui était la création de sites marchands donc de catalogues en ligne et de sites de commerce, ce que l’on appelle maintenant du e-commerce mais aussi la création de sites, plaquettes, sites de présentation, … et depuis 21 ans, on s’est structuré, organisé, nous avons grandi puisque j’ai commencé seul et maintenant nous sommes 25 personnes a aborder tous les sujets. C’est pour cela que l’on se qualifie comme une agence de communication digitale et uniquement digitale car on ne fait pas tout ce qui est campagne média, support d’affiches, communications traditionnelles ni plaquettes. On est vraiment que sur le digital, ce que vous appelez multimédia, donc on va sur toute la partie roco, conseils, stratégies, donc très études d’agence sur un positionnement d’une entreprise qui veut communiquer, qui veut avoir une approche marketing, on est sur tout ce qui est identité visuelle, création graphique ( avec un studio et un directeur artistique) et on est sur toutes les parties plus techniques qui sont les créations, développement de sites et développement d’applications mobiles, hébergements aussi et après nous sommes sur une approche très web marketing qui constitue toutes les opérations de référencement ou de communications ( réseaux sociaux, e-mailing ) ou autres outils qui peuvent exister aujourd’hui pour générer du contact sur internet. Voila un petit peu CHOOSIT.

D’accord. Ma seconde question sera :En quoi consiste votre rôle dans l’agence ?

Mr NAHOUM :Au début j’étais et je suis toujours le fondateur, je suis à la base technicien donc j’ai développé dans les premiers temps une grande partie de ce que l’on faisait pour nos clients et il n’y a pas si longtemps, j’ai arrêté. Et donc en fait j’ai structuré l’entreprise pour obtenir toutes les compétences que moi je n’avais pas notamment sur les aspects télégraphiques, marketing et aujourd’hui mon rôle est plus sur, ce que l’on appelle dans notre jargon, du business développement, c’est-à-dire que je travaille beaucoup sur trouver des partenaires, trouver des clients en dehors de nos clients « évidents », c’est-à-dire « Le Grand Montpellier ». Donc comment je fais connaître CHOOSIT et notre savoir-faire sur des agences partenaires qui pourraient nous amener des clients en dehors de la région de Montpellier, mais j’assure toujours les fonctions de gestionnaire ou gestion de management par rapport aux équipes, car j’ai encore un noyau d’équipe de direction qui est bien structuré pour gérer l’intégralité des équipes et qui sont directement en contact avec les équipes de manière opérationnelle. J’ai plutôt un rôle de supervision sur les aspects financiers, les aspects administratifs, les aspects Ressources Humaines et autres …

Pouvez-vous donc nous expliquer la place de votre poste dans l’organigramme ?

Mr NAHOUM :L’organigramme est simple parce que je n’ai jamais voulu lui donner un aspect pyramidal donc dès le début nous sommes sur une approche très transversale. La seule chose c’est que moi depuis le début, je travaille directement même si bâtir un organigramme me met à la tête de l’organigramme, je travaille avec tout le monde. Maintenant il s’avère que sur des aspects dossiers donc projets clients, on ne peut pas travailler avec tout le monde, par exemple des fois il y a des dossiers où quatre personnes travaillent sur le même dossier. Donc il y a toujours une personne que l’on appelle, un chef de projet, donc nous dans notre métier dès le début même si cela ne se faisait pas trop, j’ai toujours structuré l’entreprise avec une logique de chef de projet donc il y a soit une approche très production technique, à ce moment là il y une personne qui se charge des compétences techniques donc qui en-dessous de moi et qui gère l’équipe et quand cette approche client dit commerciale ou suivi dossier, il y a une personne qui s’occupe de la relation client avec d’autres personnes et donc qui vont suivre les exécutions. Donc si vous voulez, il n’y a pas vraiment de logique pyramidale comme les entreprises traditionnelles. […]

Au tout début, j’étais vraiment sur une approche très transversale c’est-à-dire que tout le monde travaille avec tout le monde pas vraiment d’arborescence et aujourd’hui étant donné que je me suis un peu retiré de la partie très opérationnelle production, il y a un niveau de direction, c’est-à-dire qu’il y a une directrice commerciale qui s’occupe de l’aspect commercial, une directrice générale sur l’aspect fonctionnement, une personne qui est responsable de la production et qui s’occupe des équipes techniques et moi je me positionne au-dessus d’eux et après il y a le reste de l’équipe qui se constitue en 3 niveaux si on peut dire.

D’accord. Quels sont les genres de sites multimédias que vous créez ?

MR Philippe NAHOUM : Alors nous sommes généralistes, cela est une force comme ça peut être une faiblesse. Ça veut dire que l’on n’a pas de spécialité « métier », on ne travaille pas dans un secteur particulier. Nous sommes généralistes comme beaucoup d’agences de communication ou même des agences traditionnelles. Donc on fait tous types de sites, c’est-à-dire qu’on est à la fois sur des sites très « plaquettes » présentation de l’entreprise, des sites très institutionnels, des sites produits où on présente un service un produit et après on a des outils où nous sommes comme beaucoup de développements très techniques, où on voit qu’une toute petite partie de tout ce que l’on a développé parce qu’aujourd’hui il faut savoir que l’outil internet est un véritable environnement de développement « dy logiciel ». Il y a des clients qui nous confient le développement d’une gestion processus, d’une gestion clientèle, d’un suivi d’activité en plus il y a une émergence de startups, il y a beaucoup de nouveaux services qui existent et du coup il faut les développer en ligne.

Vous êtes, j’imagine, utilisatrices de pleins de services et ces services ce sont des gens qui les ont développés, pourtant ce n’est pas un outil de gestion, c’est un service nouveau et tout ça doit être développé. Et nous, nous développons aussi tout cela.

Pourquoi avez-vous choisi d’être généraliste et non pas de vous spécialiser dans un type de sites particuliers ?

Mr NAHOUM :Parce que tout simplement, la demande et faut savoir qu’aujourd’hui, la demande a été initiée il y a 20 ans. Les entreprises ne savaient pas trop ce qu’elles pouvaient faire d’internet alors si elles s’étaient spécialisées, il n’y aurait sûrement pas eut de clients. Donc c’est pour ça que nous sommes partis sur une logique généraliste et après nous avons été porté par la demande des clients. Faut savoir que depuis 20 ans CHOOSIT n’a pas eu d’approche très technique en terme de spécialisation parce que nous avons tout simplement suivi l’évolution d’internet et des clients. On s’est laissé porté sur la demande des clients et c’est donc pour ça que XXX n’a pas eu d’approche technique. Il s’avère que nous avons eut tout type de clients qui nous ont demandé tout types de services donc on est resté très généraliste.

Pouvez-vous nous décrire les différentes missions de CHOOSIT ?

Mr NAHOUM:Essentiellement c’est la création de sites internet mais aussi nous faisons des « rocos », des conseils et de la stratégie c’est-à-dire que pour certains nous pouvons dire « on pense que votre entreprise devrait se positionner sur tel secteur parce qu’en ligne, votre entreprise se positionne bien en ligne et malgré les autres acteurs ou concurrents et il y une place à prendre. », ça c’est plutôt pour la partie conseil. Après nous faisons aussi des identités visuelles c’est-à-dire qu’on travaille sur des sites existants que nous n’avons pas fait, les sociétés nous consultent juste pour relooker le site donc on intervient uniquement sur l’esprit graphique pas sur les aspects de développement, puis après on peut faire des opérations purement de web marketing c’est-à-dire que sur des sites existants, l’entreprise ne souhaite pas changer mais souhaite se dynamiser donc obtenir une meilleure action de web marketing et par la même occasion acquérir à de meilleurs services.

Comment ces entreprises viennent vous démarcher ?

Mr NAHOUM : Là aussi on s’appuie beaucoup sur notre expérience, notre existence depuis plus de 20 ans, donc on a une force qui peut être aussi une faiblesse, nous ne faisons aucune démarche commerciale. Aujourd’hui CHOOSIT est connu et on répond aux appels en cours. Les gens nous connaissent, le bouche à oreilles et les recommandations y sont pour beaucoup. Je dis que c’est une force parce qu’en effet on est tranquille, « on attend que le client arrive », alors après ils nous choisissent ou pas ça c’est leur choix, c’est eux qui viennent nous solliciter. Mais c’est aussi une faiblesse parce que depuis quelque temps mon principal job est d’aller chercher les clients ailleurs par rapport à ceux qui ne nous connaissent pas et là c’est plus compliqué parce que concrètement on se rend compte qu’aujourd’hui, il y a beaucoup d’entreprises qui ont ce qu’il faut donc quand on va les démarcher ils vont nous dire : « on ne vous connaît mais ce qu’on a nous va bien… », ou bien dans une zone d’entreprise qui est défaillante sur certains services ils vont nous dire : « c’est super, alléluia, … », c’est donc à ce niveau la que ça va être difficile. C’est aussi là notre faiblesse, parce que l’on a longtemps vécu avec les appels entrants, aujourd’hui j’ai envie d’aller chercher de nouveaux clients et parfois c’est compliqué.

D’accord ! Ensuite je vais vous poser des questions sur les différents acteurs. Et ma première question sera :Pouvez-vous nous parler des collaborateurs et des partenaires ?

Mr NAHOUM :Alors collaborateur c’est ce que l’on appelle collaborateur interne à l’entreprise. C’est ce que j’ai invoqué tout à l’heure, c’est une équipe de quatre personnes, la principale collaboratrice c’est Amandine qui est ma D.U.G, qui est un pur produit CHOOSIT on va dire, car elle est sortie de l’école et est arrivée directement à CHOOSIT il y a 12 ans, elle était donc assistante de projets, puis elle est devenue chef de projets et maintenant elle est D.U.G donc voila un pur produit CHOOSIT, qui est une personne je dirais « de grande qualité » et qui connaît bien tout ce que l’on fait parce qu’elle a managé des équipes de production, puisqu’elle a été en contact avec les clients donc elle a une très grande connaissance de notre métier et de notre activité et de CHOOSIT. Après il y a Karine qui est notre directrice commerciale donc elle gère l’équipe relation clients, qui est à même d’appréhender une demande client telle quelle soit pour la transformer en projet parce qu’il y a beaucoup de clients qui ne savent pas ce qu’ils veulent, ils veulent un site, ils veulent un service, … ils savent pas précisément ce qu’ils veulent donc voilà. Puis on a Thomas qui s’occupe de l’équipe de production donc là c’est comment on manage une équipe pour la production donc faut savoir qu’il y a des chefs de projets qui s’occupent des clients et après il faut quelqu’un qui s’occupe de la production. Donc il faut que tout cela « match » donc il faut qu’une expression d’un client soit assimilée à quelque chose d’assez précis pour pouvoir le réaliser […]. Il est or de question que le « projet » soit déformé ou pas qu’il n’y ait pas assez de précision pour la réalisation. Parce que vu qu’on est nombreux, que le client ne parle pas au développeur, le travail ne sera pas fait comme il faut et le client n’obtiendra pas ce qu’il voulait. Donc ça c’est par rapport aux équipes internes, des collaborateurs, des co-partenaires, il n’y en a pas beaucoup même si j’essaie. Il faut savoir que depuis 20 ans, on a qu’une place sur Montpellier qui est assez importante, là aussi on est la seule entreprise dans le digital, la plus grosse entreprise de communication digitale sur Montpellier depuis x années, donc il y a beaucoup de partenaires qui nous voient des concurrents parce qu’ils essaient d’avoir leurs clients et puis après il y a des entreprises beaucoup plus grosses que nous mais qui pour moi sont des sociétés de services c’est-à-dire qui n’ont pas la qualité agence, qui travaillent pour le développement informatique qui contrairement à nous qui le faisons que quand ça nous ait demandé.

Ce que je veux dire, des partenaires je veux bien en avoir mais il n’y en a pas énormément.

D’accord …

Mr NAHOUM :Chaque fois que j’ai été voir des entreprises au début ça se passait bien mais dans le temps ça se passait mal sur certains points.

Et pouvez-vous nous parler de vos clients ?

Mr Philippe NAHOUM :Alors nous avons tout types de clients, je ne sais pas qui nous n’aurions pas comme clients. Ça ne veut pas dire que nous avons tout le monde, on a quelques entreprises mais on a tous types de clients. Donc il peut y avoir des clients de profession libérale jusqu’à des plateformes très importantes, …, on travaille beaucoup avec des startups où on travaille beaucoup sur de nouveaux produits, de nouveaux services à développer. Après des PME traditionnelles, des PME historiquement anciennes. Nous n’avons pas de secteurs ni de typologies de clients particuliers et c’est bien car cela permet de ne pas se limiter comme avec des collectivités qui ont des modes de fonctionnements compliqués, de ne pas se limiter aux startups qui ont aussi un mode de fonctionnement compliqué […] Les professions libérales qui ont de petit budget. Donc voilà ça nous permet de ne pas nous limiter. C’est bien d’avoir tous types de clients.

Comment pouvez-vous expliquer cette diversité de clients ?

Mr Philippe NAHOUM :Là aussi nous ne l’avons pas choisi, ça c’est fait par les personnes qui te clapotent et parmi les gens qui te clapotent, il y a tous types de clients. Alors on sait dire non à certains clients qui ont des exigences trop importantes pour leur budget. C’est pour ça qu’on des clients qui viennent nous voir par rapport à la notoriété, après il y a des clients qui ont des demandes très spécifiques et nous, il faut que nous puissions y répondre et donc ça élimine certaines possibilités et puis si parfois certaines demandent ne peuvent pas se réaliser. Certaines sociétés viennent nous voir avec des demandes et des attentes beaucoup trop importantes pour leur budget. Par exemple une société qui vient nous voir avec une demande qui vaut 100 000 euros alors qu’ils n’ont que 50 000 euros et dans ce cas le travail ne peut se faire. Pourtant 50 000 ce n’est pas un petit budget mais pour tout ce qu’il y a faire nous, nous ne pouvons pas faire avec ce budget-là.

Pourquoi vous savez pas travailler avec certains budgets ?

Mr NAHOUM : Parce que nous avant tout, nous vendons du temps, pour réaliser un projet. Pour faire un projet il faut tant de temps donc tant de budget. Alors aujourd’hui on a des ratios très intéressants sur notre typologie de clients, aujourd’hui comme je vous l’ai dit les clients nous contactent, sur les clients qui nous contactent, sur les clients qui nous contactent il y’en a à nous disons non car ils ne savent pas ce qu’ils veulent, parce qu’ils n’ont pas le budget après sur la petite partie que l’on traite, alors là on fait de vrais dossiers, on fait une vraie roco alors on fait un dossier en disant : « voilà, nous ont a à peu près compris, on pense avoir compris, on pense que ce qu’il serait bien pour vous c’est de faire ça …, pour faire ça il va falloir dégager tant de temps , tant de personnes, donc ça fera tel budget ». Là après ce qui est intéressant c’est qu’on en signe à peu près 1 sur 2, actuellement nous avons environ un taux de réalisation de 53% ce qui est plutôt bien, ce qui veut dire que l’on a bien appréhendé le client et qu’on a proposé quelque chose de très intéressant. Après dans les 47% qui ne signent pas, il y a deux cas de figures soit on a pas été bon ou soit le client trouvait nos tarifs beaucoup trop élevés et dans ce cas il revient quelques années après, après avoir dépensé pas mal d’argent autre part, nous demander de réaliser le projet. Et malheureusement cela arrive très souvent. Ou alors il y a une possibilité rare c’est de revoir le projet à la basse mais généralement le client n’accepte pas cette solution.

Nous allons aborder les sujets concernant votre parcours, vos compétences et les qualités vous permettant d’exercer cette fonction. Donc pourquoi avoir choisi ce métier ?

Mr NAHOUM : Il s’avère que je suis un passionné, j’ai toujours été dans la technique, l’électronique et autres depuis tout petit. Je me souviens adolescent ma chambre était plus un atelier qu’une chambre, donc j’ai toujours été passionné par ça. Après très vite, j’ai créé ma première société à Montpellier et j’ai toujours été dedans, j’ai aujourd’hui 52 ans et j’ai créé ma première société à 22 ans qui était un centre savoirs militaire donc c’était le hasard des rencontres. J’aimais développer des choses pour les autres. A l’époque j’étais dans l’informatique à fond mais il faut savoir que l’informatique c’était je développe un logiciel qui par la suite doit être acheté par les autres et l’installe sur l’ordinateur et moi ce que je voulais c’était développer quelque chose que les gens semblaient connaître et pouvaient voir, ce qui est internet aujourd’hui mais avant il n’y avait pas ça donc c’était le but, avant c’était le minitel ce qui m’a plu, je me disais que les gens chez eux pour voir n’importe où, n’importe quand ce que j’ai développé, ce que fait et le concours de circonstances parce que j’avais 22 ans, c’est que je sortais beaucoup, comme les jeunes de mon âge. On était dans un monde la musique et j’ai eu les hasard de rencontre et dans les entreprises et dans la vie c’est souvent très important. Et en fait j’ai rencontré une société à Montpellier qui faisait du marchandising rock c’est-à-dire qu’il vendait tous produits dérivés des groupes de rock et de musique et qui en plus organisait les concerts à Montpellier. Alors cette personne m’a dit qu’on pourrait par minitel faire des choses, qu’on pourrait vendre tous les produits dérivés ( bagues, affiches, …) donc on a vu ensemble ce que l’on pouvait faire. A cette époque c’était les débuts de ma société donc je ne comptais pas mon temps, je travaillais jours et nuits et cette personne m’a mise en contact avec les organisateurs des concerts avec lesquels j’ai beaucoup travaillé. Ce qui me vaut aujourd’hui ce taux de réussite alors que j’aurais ou me tromper. Donc en faite c’était extraordinaire parce que je discutais directement avec les grands du rock tel que Indochine, c’est lui qui répondait au minitel, plus les gens utilisaient les minitels plus nous les prestataires gagnaient des sous.

En 1997, dans un garage j’ai installé en premier ou en deuxième, je me battrai pas pour savoir qui était le premier, des boîtiers permettant de se connecter à internet à l’époque. Ça je l’ai fait en prenant des étudiants de la fac, parce qu’il me fallait de la main d’œuvre, que c’était nouveau et qu’il n’y’ avait que des étudiants d’accord pour partir à l’aventure et à l’époque je les ai un peu abandonné car 9 mois après, les fameux boîtiers sous le nom de modem n’arrêtaient pas d’évoluer, fallait en acheter de nouveaux, en changer certains. A l’époque je vendais des forfaits internet en franc. Et donc au bout de ses 9 mois, avec l’arrivée des nouveaux sur le marché, ça ne me convenait plus du coup j’ai quitté les étudiants qui travaillait avec moi. Et c’est un des étudiants qui a repris la société. Et en 1998, j’ai créé CHOOSIT . Pour faire de l’internet mais pas en accès mais en service et donc pour développer des sites internet . Je l’ai fait parce que c’était ma passion. Alors je suis issu d’un monde peu conventionnel parce que j’étais que dans le technique, j’ai appris sur le tas à gérer une équipe, à faire du commercial. Mon parcours c’est que j’ai un diplôme d’ingénieur en informatique après j’ai fait une spécialisation en télécom et réseau et il y a peu de temps pour le plaisir j’ai fait un DU en cyber criminalité. Parce qu’en faite ça faisait un petit bout de temps que je travaillais, j’ai commencé très tôt et j’avais envie de m’aérer la tête donc du coup je me suis inscrit en fac. Et donc j’ai fait 1 an à la fac de droit à Montpellier. Aujourd’hui ça ne me sert pas spécialement mais j’étais content de l’avoir fait, d’avoir une carte étudiante pendant 1 an.

PETITS RIRES …

Ah … c’est intéressant ! Selon vous quelles sont les qualités importantes à ce poste ?

Mr NAHOUM :Aujourd’hui vu le métier qu’on fait c’est avant tout une écoute, une ouverture d’esprit, une façon de gérer les équipes. Je sais pas quel âge vous avez mais moi mes équipes ont entre 25 et 35 ans, du moins plus proche de 25-30, c’est moi le plus vieux. Parce que c’est ce qu’appel certaines personnes sur le management, c’est comment gérer le talent et je pense que les personnes présentes sont « bonnes », si on est dans une structuration d’entreprise où l’on doit imposer aux gens ce qu’il doivent faire ou non, je pense que quand on est dans une logique rigidité, de concepts établis, de règles ça ne peut pas bien marcher. Par contre en évoluant avec une mentalité de « je ne sais pas mais je vais apprendre », c’est beaucoup plus compliqué mais ça marche beaucoup mieux. Donc tant sur l’aspect client il faut écouter et agir avec le client « ensemble » et c’est pareil avec les équipes. Il n’y a pas de règles établies, on ne peut imposer à une équipe jeune des horaires par exemple. Selon moi c’est comment on manage les talents. Aujourd’hui il n’y a pas d’ « exécutant » au sein de l’entreprise. En compétence il faut du bon sens, de l’accueil client. Après il y a beaucoup de critiques, beaucoup pensent que nous ne sommes sûrement pas rentables car nous avons un pourcentage 93% de fidélisation client et oui nous sommes pas totalement rentables mais ça fait 21 ans que nous faisons ce métier et c’est un choix. Moi j’ai envie de me balader dans la rue et que mes clients me disent que c’est super ce que je fais.

Et concernant les recrutements, comment vous recruter les membres de votre agence ?

Mr NAHOUM : Ça c’est compliqué parce qu’aujourd’hui les bons sont en postes. Les futurs bons c’est dur de les identifier, alors nous avons eu des «sorties d’écoles » que nous avons formés mais le problème c’est qu’ils partent auprès de la concurrence. Je sais que sur la place de Montpellier beaucoup disent que si quelqu’un a travaillé chez CHOOSIT, c’est qu’il est bon. Après il y a des personnes que l’on fidélise. Il faut que les gens soit heureux dans leur vie personnelle mais aussi professionnelle. On peut travailler de chez soi, il faut facilité la vie des gens. On cultive la culture d’entreprise, pour dire qu’il faut que vous ayez envie de travailler chez CHOOSIT, « Aimer travailler chez CHOOSIT ». Après nous avons beaucoup de candidature spontanée, mais c’est compliqué, comment savoir si les personnes sont compétentes ou vont devenir et ça c’est beaucoup plus compliqué. Puis après on fait des particularités techniques, quand on cherche quelqu’un opérationnel dans tel domaine, avec tel langage, ou autre on fait appel à des sociétés de recrutement. Cependant ça coûte cher.

Comment arrivez-vous à choisir telle personne et pas une autre ?

Mr Philippe NAHOUM : Alors si c’était technique ça va assez vite parce que la personne on lui demande de faire quelque chose et on voit comment elle fait, comment elle appréhende, quoique il peut y avoir des gens très bons mais après qui stagnent parce que dans notre métier évolue en permanence, il faut donc évoluer en permanence. Il y a des personnes qui sont compétentes mais qui stagnent parce qu’elles ont atteint leurs limites et c’est comme ça, du coup il n’y pas de marge de progression. Aujourd’hui il y a vraiment 3 règles dans le recrutement : est-ce que la personne est opérationnelle ou pas, est-ce qu’elle a un bon état d’esprit et après qu’elle a une marge de progression. Moi aujourd’hui je préfère une personne qui n’est pas totalement opérationnelle mais qui a une marge de progression, plutôt que quelqu’un qui se prend pour le « roi du monde » et qui va travailler tout seul sans jamais progresser avec son équipe.

Quels sont les avantages et les contraintes du métier ?Vous nous avez parlez des contraintes dues au fait qu’il y avait des critères de recrutements, ou encore par rapport à vos équipes qui ont entre 25 et 30 ans. Du coup pouvez- vous nous en dire plus par rapport aux avantages et aux inconvénients du métier ?

Mr NAHOUM : Par rapport à leur métier ou … ?

Non par rapport à votre métier.

Mr Philippe NAHOUM : C’est ça, je vais me répéter un peu, c’est manager ces personnes qui sont un peu atypiques, qui ne sont pas des « sachants », ce sont des gens en devenir puisque oui il y a des gens qui savent plein de choses mais nous ce que l’on cherche ce sont des personnes qui vont savoir s’adapter à l’évolution du métier. Donc dans cette marge de progression, il va y avoir cette curiosité, cette envie d’apprendre des choses nouvelles, de rencontrer des choses nouvelles. C’est un peu comme pour les commerciaux avec les « challenges », de nouveaux challenges pour évoluer, pour ne pas s’ennuyer. Alors on va toujours chercher une manière de les stimuler, pas trop quand même, toujours avec des objectifs atteignables. La difficulté c’est impliqué nos équipes sans être sur un modèle trop économique. […] Notre rôle aussi c’est aussi conseiller le client, rentre son projet proportionnel à son budget. C’est-à-dire que si un client à un budget de 100 000 euros on ne va pas lui oui on prend sans avoir discuté au préalable avec lui, avoir regardé si son projet n’existe pas déjà et qu’il ne pas perdre de l’argent. On ne l’aura pas comme client mais il aura garder une bonne image de nous et qui sait nous ramènera sûrement d’autres clients.

Pourquoi avoir ce rôle de conseils auprès du client ?

Mr NAHOUM : Parce qu’on est sur un métier nouveau où les clients imaginent des choses nouvelles et que ce métier peut tout faire mais en même temps, ne peut rien faire. Parce qu’aujourd’hui, il faut savoir que vous avez un ordinateur, vous avez plein d’envies, vous allez voir quelqu’un et à mon avis lui dire : « je vais te faire une super plateforme pour développer quelque chose et la personne vous croit » et donc c’est super accessible de faire n’importe quoi mais on peut faire les choses bien au lieu de faire n’importe quoi. En faisant n’importe quoi, on détruit notre marché et donc nous on est acteur de ça. Et je pense qu’il y a des sociétés qui font n’importe quoi et c’est dommage. Et je dirais par rapport à une éthique que je ne peux pas faire n’importe quoi. A 22 ans je m’ « en foutais » de faire n’importe quoi, par exemple j’ai parlé du minitel que je n’ai pas fait dans les messageries roses ou autres parce que je ne le sentais pas et j’ai parié contre. Si demain quelqu’un me propose de vendre du « shit » en ligne, je ne le ferais pas parce que ça ne m’intéresse pas mais sûrement d’autres personnes le feraient et c’est selon moi c’est un marché qui n’a pas d’intelligence parce que comment peut-on travailler un business qui est illégal ? parce que du coup comment on accompagne nos clients, comme je vous ai dit tout à l’heure, nous on est face à face et on travaille ensemble, en mettant en place ce business je ne vais pas aller avec lui dans « le mur » tout en sachant qu’il est déjà dans « le mur ». Vu qu’on travaille ensemble, je ne veux pas aller dans « le mur » donc je lui conseille de ne pas y aller. Et il en d’autre qui dise : « j’y crois » mais il y a des limites. A ce moment on va faire un exercice où il va travailler à nous convaincre et s’il y arrive ça voudra dire que l’on s’est trompé dans notre diagnostic mais s’il n’y arrive pas cela veut dire que nous avions raison, soit-il est pas prêt . Parce qu’un dossier qui part mal, ce qu’il faut savoir c’est qu’à la fin il y a des dossiers qui ne sont pas supers, la réalisation est sûrement belle mais après c’est pas top alors on va l’aider, on va lui offrir certaines choses mais à la fin on ne pas gagner notre vie et lui n’y arrivera jamais alors je préfère un dossier plus raisonné qui se développe qu’un client entêté qui n’aboutit à rien. Quand je vous dis que nous avons 93% de fidélisation ça veut dire que chaque année le client nous commande quelque chose et pour qu’il puisse nous commander des choses faut qu’il fasse avancer son service, son produit, son site donc du coup il faut que ça marche donc il faut qu’il y ait quelque chose et c’est là que nous sommes gagnants.

Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Mr NAHOUM : Alors nos perspectives d’avenir, justement j’y travaille. Aujourd’hui c’est un peu compliqué parce que nous sommes un peu installé, c’est-à-dire un peu trop tranquille c’est une l’autocritique, on est établi et c’est dur de ce dire que : « comment on va faire pour évoluer » et pourtant ce que je souhaite c’est qu’on se développe en dehors du grand Montpellier, d’aller chercher le client ailleurs, ceux qui ne nous connaissent pas, c’est « comment on entame un développement commercial en dehors de ceux qui nous connaissent réellement bien » et c’est mon ambition celle d’avoir des clients en dehors de Montpellier. Parce que nous avons le savoir-faire mais nous n’avons pas ces clients.

Et comment comptez-vous attirer ses clients ?

Mr CHOOSIT : Si vous avez la réponse, je suis preneur …

petits rires …

Mr NAHOUM : Vous pouvez y réfléchir et venir me voir quand vous aurez une réponse. Je pense avec des accords, des liens avec d’autres sociétés qui ont déjà des clients qui nous intéresse mais qui ne font pas la même chose que nous donc ce serait complémentaire, les réseaux une personne qui connaît une autre … et puis je n’ai pas de recette miracle, ni d’actions bien définies, c’est un travail au quotidien mais je suis preneur de toutes bonnes idées.

Quels conseils donneriez-vous aux personnes souhaitant exercer le même métier que vous ?

Mr NAHOUM: C’est être à l’écoute client, ne pas vendre du « vent », trouver les bonnes personnes qui pourront travailler à vos côtés, de manière à ce que ça dure dans le temps. J’ai toujours été dans le « co construction » c’est-à-dire être avec le client, travailler ensemble.

Comment se créer « le réseau de bonnes personnes » ?

Mr Philippe NAHOUM: Alors-moi si vous voulez c’est qu’en dehors de tout ça j’ai toujours participé à plein de choses, j’ai toujours été dans ce que l’on appelle l’éco-système et autres qui m’ont permises d’en être. Ce sont des années de présence, rencontrer des gens, sortir, se faire connaître.

Pour clôturer cet entretien, je vais commencer par faire une petite synthèse de l’interview que nous venons de réaliser ensemble.

Donc tout d’abord vous être MR Philippe NAHOUM, vous avez commencé en tant que technicien, vous avez créer votre entreprise à 22 ans et maintenant au sein de votre entreprise vous vous occupez du business développement, vous trouvez des partenaires ainsi que des agences. Depuis jeune vous êtes un passionné et avez toujours aimé créer et développer pour les autres. Vos débuts ont été fulgurants en commençant dans le monde de la musique …

Mr NAHOUM :Ça aide si vous voulez et j’en suis conscient, c’est vrai que créer une entreprise, j’en ai crée plusieurs d’ailleurs, certaines ont marché comme d’autre non. Honnêtement une entreprise qui fonctionne dès le début ça aide. Je ne sais pas si j’aurais continué si ma première entreprise n’avait pas marché … je pense quand même que si. Même dans la vie de tous les jours les bonnes rencontres, les réussites, ça aide à avancer.

C’est vrai qu’au début vous avez eu de bonnes rencontres. Maintenant je vais parler de votre agence qui est une agence de communication digitale, qui a été créé il y a maintenant 21 ans et votre but est de rendre facilement accessible la création de sites internets, vous ne faites que du digital dont des identités visuelles et des créations de développement. Au niveau de la direction vous n’êtes que quatre personnes. Au niveau des recrutements c’est soit à la sortie d’école, au niveau de la fidélisation, des candidatures spontanées ou parfois vous pouvez faire appel à des sociétés de recrutement.

Les missions de votre entreprise sont la création, les stratégies, l’aspect graphique et le web marketing. Niveau clients, on peut dire que vous avez tous types de clients et votre relation avec votre clientèle se base la « co construction ». Votre perspective d’avenir et d’obtenir de nouveaux clients hors le secteur de Montpellier.

Je tiens à vous remercier de l’accueil que vous nous avez fait et du temps que vous nous avez accordé. Nous vous enverrons notre retranscription en fin de semaine. Et nous souhaitons obtenir vos coordonnées afin de poursuivre notre échange.

Nous vous remercions. Ce fut un plaisir.

Propos recueillis par Estelle Gely, Iman Dolium, Léa Frattaruolo et Yasmine Bouziani du groupe 7 à Montpellier.

Entretiens du Groupe 7 de Montpellier

jeudi 21 novembre 2019

Etudiants du groupe 7 de Montpellier, déposez vos entretiens dans cette catégorie ‘L1 Mtp entretiens G7’.