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lundi 25 novembre 2013
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Interview de Pascal Lebrun-Cordier
        Directeur artistique

Montpellier

Contextualisation

Pour notre formation en information-communication nous avons dû réaliser une interview avec un professionnel évoluant dans le domaine de l’évènementiel, plus précisément le métier de DA.
Pascal Lebrun-Corbier, DA de la ZAT a accepté de nous accorder cette interview. Nous nous sommes rencontrés le 08 novembre au café « Art Café » place des beaux arts à Montpellier. L’heure du rendez-vous était fixée à 09h30. Nous disposions d’une caméra, d’un dictaphone et d’un ordinateur. Nous avons distribué les rôles de telle sorte que deux personnes s’occupaient exclusivement de l’interview (Sabrina et Cassandre) et que la troisième personne s’occupait de la caméra, de la prise de note sur ordinateur et d’interviewer éventuellement selon l’opportunité (Tomy).

L’interview aura duré 33 minutes.

Légende

DA = Directeur Artistique ZAT = Zone Artistique Temporaire

Discours introductif

« Bonjour Monsieur,
Nous allons tout d’abord nous présenter, voici Cassandre, Tomy et Sabrina, nous sommes élèves en L1 Information-Communication à l’université de Montpellier. Dans le cadre de nos études nous devons effectuer un entretien avec un professionnel dans le secteur d’activité où il nous plairait d’évoluer plus tard. C’est donc pour cela que nous vous sollicitons aujourd’hui, afin que vous répondiez à nos questions pour que nous en sachions plus sur ce métier. Notre entretien durera 45min comme nous l’avions prévu lors de notre entretien téléphonique si cela vous convient toujours. »

Sabrina : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

PLC : Mon nom est Pascal le Brun-Cordier , je suis le directeur artistique des ZAT à Montpellier .

Cassandre : Qu’est ce que la ZAT concrètement?

PLC : C’est une Zone Artistique Temporaire , c’est un projet de dix ans entre 2010 et 2020 porté par la ville de Montpellier dont l’objectif est d’explorer la ville , l’imaginaire urbain par l’organisation , deux fois par an jamais au même endroit. Une ZAT c’est deux à trois

jours de spectacle et de surprises urbaines ( c’est a dire des arts vivants , visuels et des performances ) dans l’espace public gratuitement et ouvert a tous, dans une zone de la ville .La programmation artistique d’une ZAT est toujours en écho avec le quartier où elle a lieu , c’est une programmation contextuelle et pluridisciplinaire qui vise à raconter la ville autrement .

Sabrina: Au bout des 10 ans, que sera la ZAT? Existera t-elle encore ?

PLC : Oui c’est un projet qui va s’arrêter en 2020 l’idée est que pendant dix ans toute la ville de Montpellier soit découverte sous toutes ses coutures , tous les quartiers , toutes les zones de la ville , je pense que dans dix ans on aura terminé, ainsi d’autres projets apparaîtront.

Cassandre: Pour quelles raisons avez vous choisi un métier dans l’événementiel ?

PLC : Je n’ai pas choisi un métier dans l’événementiel, ce n’est pas ce qui m’a déterminé à faire ce travail, ce qui m’intéresse c’est l’art et la culture, les projets artistiques dans l’espace public.
C’est ce qui m’intéresse vraiment : l’espace public, la ville, les lieux non conventionnels où l’on ne trouve pas habituellement de spectacles et ses installations artistiques, des lieux à explorer. Ce que je cherche à faire c’est de proposer à la population et à des publics qui s’intéressent déjà à l’art, des spectacles et des performances, non pas les initier mais leur faire découvrir des projets artistiques forts qui rentrent en relation avec le contexte, avec l’environnement urbain, avec la ville. zappez-zat-1439853-616x380

Alors en effet il se trouve que la ZAT a une dimension événementielle car c’est un gros événement qui rassemble plusieurs dizaines de milliers de personnes et demande l’implication de nombreuses équipes. Il y a 40 projets artistique et 100 rendez-vous, mais ce n’est pas que ça c’est aussi au fur et à mesure une histoire qui s’installe, une identité et surtout quelque chose qui se sédimente ; c’est ce qui fait qu’on n’est pas juste dans l’événement qui apparaît, qui disparaît mais quelque chose se trame dans la ville, se tisse et constitue une sorte de mémoire collective. Il y a ces deux dimensions dans la ZAT : il y a la dimension événementielle, la dimension verticale du rendez- vous qui apparaît, qui surgit c’est une grande surprise avec énormément de projets, et la deuxième dimension qui est la dimension horizontale, celle de l’action culturelle, du temps long, du rapport au territoire, d’une inscription dans une histoire, dans une géographie et dans la durée surtout. C’est très important de comprendre ces deux dimensions, ce n’est pas juste un événement, c’est un événement qui s’installe dans la longueur.

Sabrina : Quel fut votre parcours scolaire ?

PLC : Alors jusqu’au lycée j’étais en Bretagne , ensuite j’ai fait des études de sciences politiques à bordeaux pendant trois ans puis à paris où j’ai étudié la philosophie à la Sorbonne pendant plusieurs années, l’ esthétique une branche de la philosophie qui s’intéresse a l’art , au jugement du goût , j’ai fait de la sociologie également a l’université à paris V. A coté j’ai toujours travaillé essayé de mener des projets , créé des projets quand j’étais étudiant.

Cassandre : Via des associations ?

PLC : oui , via des associations dont j’étais président , ou simplement membre , j’ai toujours mené des actions et des projets , quand on a envie de faire les choses on les fait tout simplement, c’est d’ailleurs le thème de la ZAT , Do It Yourself , c’est ce que l’on fait , quand on agit sans attendre , quand on construit des projets, quand on s’engage .

Sabrina : Est-il facile de trouver un emploi dans votre domaine ?

PLC : Je n’utiliserais pas le terme emploi c’est plus une mission, une fonction, de fait c’est un travail , je gagne ma vie comme cela , mais c’est un peu un travail que l’on se crée soit même. On propose ses services pour organiser, pour programmer, pour diriger artistiquement.

Sabrina : selon-vous quelles sont les qualités attendues pour exercer le métier de directeur artistique ?

PLC : C’est une activité qui peut prendre des formes très différentes selon le secteur, directeur artistique c’est un terme qu’on utilise dans beaucoup de secteurs, dans le domaine de la mode , du spectacle , de l’audiovisuel , de la culture . Dans le cas présent je suis directeur artistique d’une manifestation culturelle qui se déroule dans l’espace public organisée par une ville . Je pense qu’il faut être curieux, créatif, très investit.. ce sont les principales qualités.

Cassandre :Quelles sont vos sources d’inspiration au quotidien , quand vous êtes amené à développer un nouveau projet ?

PLC : Ecoutez, j’ai tout le temps des idées, j’ai toujours un petit carnet où je prends mes notes , tout m’intéresse , tout m’inspire , tout me donne des idées , mes sources d’inspirations son multiples .
Ca vient un peu tout le temps , encore plus sachant que je travaille dans l’espace public , et que je cherche à développer des projets contextuels ; C’est a dire qui rentre en dialogue avec un contexte , donc il est vrai que j’imagine assez facilement quand je vois un quartier , une rue , une situation j’ai souvent beaucoup d’idées dont les neuf/dixième sont très mauvaises, je m’en rends compte assez vite, soit elles ne sont pas réalistes ,soit elles ne sont pas si intéressantes que je le pensais ou encore ont déjà été produites auparavant. La plupart des idées je les abandonne en cours de route, mais il y en a une de temps en temps quand je prends un peu de recul je me dis : là on peut faire quelque chose avec ça.

Je garde des traces pour ne pas perdre mes idées, si c’est une bonne idée ce serait dommage de la perdre.

Tomy : Combien de temps peut vous prendre un projet à créer ?

PLC : Une ZAT c’est 40 projets artistiques, comme c’est une programmation contextuelle j’ai fait un travail d’enquête dans le quartier de boutonnet et des beaux arts qui a commencé il y a plus de six

mois. Pendant trois mois j’ai rencontré des gens, je me suis promené, j’ai discuté, fait des lectures, regardé des films, pour m’imprégner pour devenir une éponge, une sorte de sourcier. C’est une phase où je cherchais des idées ça a duré trois, quatre mois. Ensuite j’ai déterminé un thème : Do It Yourself, car ça raconte un peu le quartier, qui est un quartier d’initiatives citoyennes, il y a des associations, des personnes qui font beaucoup de choses dans le quartier, qui créent des festivals, des projets dans les rues, c’est un quartier très dynamique et

donc Do It Yourself c’est une bonne manière de le mettre en valeur… De là j’ai commencé à raconter des idées, parler de spectacles, d’artiste que j’avais vue, que je pensais être intéressants pour cette programmation.Une ZAT ça commence six mois avant et parfois un à deux ans avant.

Cassandre :Comment vous est venue cette idée de projet : la ZAT ?

PLC : Au départ c’est la ville de Montpellier qui voulait créer un nouveau projet il y a quatre ans dans l’espace public. La direction de la culture de la ville a donc commencé à réfléchir pendant plusieurs mois, ils ont ensuite fait appel à des professionnels, dont moi pour nourrir ce cahier des charges, j’y ai par la suite apporté des idées. Au début nous étions huit professionnels de la culture, j’ai proposé un projet à la ville sur la base de ce qui avait été posé.

Sabrina : Quel est le projet dont vous êtes le plus fier ?

PLC : Dans le cadre des ZAT vous voulez dire ?

Sabrina : En général depuis que vous faites ce métier de DA ?

PLC : Ecoutez le projet dont je suis le plus fier ce sont mes filles (Rires), voila car je suis jeune papa, elles ont 18mois dans quelques jours, deux jumelles Eloïse et Sofia.

(Tommy, Cassandre et Sabrina : Félicitations)

PLC : Alors au delà de ce premier projet nous avons fait 200 projets dans le cadre des ZAT, à peu près 200 projets artistique, dont un auquel je pense spontanément car il était très fort : c’est l’artiste Yohan Bourgeois (c’est la compagnie pas moi qui ait fait le spectacle bien évidemment) mais lorsque je l’ai 19590_787_ZAT-7découvert le projet n’était pas vraiment connu et l’artiste non plus. Nous l’avons donc monté ici à Montpellier dans un très bel endroit (une grande prairie) et ça a été un grand succès auprès du public , des centaines, des milliers de personnes l’ont vu et ont été très émues… Je vous invite d’ailleurs à regarder la vidéo (Yohan Bourgeois Meric ZAT) ça dure 5 minutes c’est très court. Donc voilà je pense tout de suite à ce projet ci mais sur les 200 il y en a beaucoup que je trouve assez réussis. Mais vraiment aussi les ZAT car une ZAT regroupe 20 a 40 projets, il y a certaines ZAT que je trouve plus abouties, ou plus fortes que d’autres.

Cassandre : Avez-vous eu des bons retours au niveau du public au lancement des premières ZAT ?

PLC : Oui alors écoutez au début on ne savait pas du tout ce que cela allait donner, vous le comprendrez quand vous lancerez vos propres projets car c’était tout nouveau, il y a une sorte d’attente d’inconnue. Donc si vous voulez la première édition de la ZAT était en novembre 2010 à Antigone. Nouveau projet, c’est pas exactement un festival, les gens ne savaient pas ce que c’était, le nom la ZAT est un peu bizarre, et nous on ne savait pas non plus si le public répondrait car c’est un projet d’un nouveau genre. Ca a finalement été un immense succès , il y a eu beaucoup de monde, donc grande satisfaction d’autant plus que les gens ont apprécié et ont compris ce que nous voulions faire (raconter la ville d’une certaine manière, la décaler, la révéler et explorer l’imaginaire). Le public a finalement suivi chaque édition même quand cela se passait un peu loin du centre ou quand il fallait aller dans des lieux que personne ne connaissait. C’est arrivé déjà 2 ou 3 fois pour la dernière édition à la Paillade : c’est un grand quartier de Montpellier ou beaucoup de montpelliérains ne vont pas forcément car c’est un quartier qui est un peu stigmatisé, qui n’a pas forcément une bonne image or cette ZAT qui a eu lieu au mois d’avril a été , peut être, la plus grande belle ZAT d’après la presse il y avait énormément de monde, des gens de toute la ville, de tous les quartier de tous les âges .

Cassandre : C’est donc un événement qui fédère tous les genres et toutes les générations confondus ?

PLC : Exactement, j’accorde beaucoup d’importance à cela, c’est un événement qui fédère comme vous l’avez dit c’est-à-dire qu’on a à faire à une population très diversifiée en terme d’âges, d’origines sociales, d’origine territoriales donc si vous voulez on fabrique l’espace public en

quelque sorte, on le fabrique en un espace commun et une mémoire collective, ce qui n’est pas très fréquent.. En général les événements rassemblent beaucoup de personnes mais c’est très ciblé sur un genre/type de personne, nous ce n’est pas le cas on arrive à toucher des pré-ados, des ados, des personnes plus âgées, des hommes, des femmes, des familles,

des personnes s’intéressant déjà à l’art et la culture et d’autres pas du tout.. donc cette diversité est précieuse et surtout aujourd’hui où parfois il y a des enfermements communautaires, les gens se mélangent assez peu, ça permet donc de faire des rencontres, d’ouvrir l’esprit et d’être soi même un peu différent du fait de cette diversité .

Tomy : Les artistes se produisant lors des ZAT, comment les recrutez vous ? C’est eux qui viennent a vous ou vous qui allez les solliciter ?

PLC : Alors effectivement il y a deux cas de figure : je reçois des dossier, des projet, des vidéos tous les jours donc je regarde attentivement quand les artistessont montpelliérains je vais toujours à leur rencontre, j’ai toujours un ou plusieurs entretiens et puis sinon je passe mon temps à voir

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des spectacles, dans des festival, à voir des expos à rencontrer des artistes de partout en France et autant que possible a l’étranger aussi car l’art dans l’espace public est un genre très particulier. Il faut en voir beaucoup pour en programmer entre 60 et 80 par an il faut en voir 4 ou 5 fois plus .

Cassandre : Une idée un concept que vous aimeriez mettre en place prochainement ?

PLC : Déjà les ZAT me prennent beaucoup de temps c’est un projet qui demande beaucoup d’énergie et beaucoup de temps donc je suis totalement investi dans ce projet mais j’ai beaucoup d’idées pour plus tard.

Tomy : La ZAT peut-elle éventuellement être prolongée si cela a toujours autant de succès ?

PLC : La ZAT est organisée par la ville de Montpellier donc le budget est celui de la ville de Montpellier, moi même je travaille pour la ville de Montpellier et au final ce sont les élus qui décident c’est à dire le maire de Montpellier et ses adjoints ainsi que le conseil municipal. Quand on a créé cette manifestation on a dit que ça durerait 10 ans mais au fond ce sont les élus qui décideront quoi qu’il arrive. Pour l’instant c’est un très grand succès et je pense que ça continuera ainsi mais il est important que ça s’arrête aussi pour faire place à autre chose. Certains projets durent 20, 30, 40 ans c’est bien mais je pense que le fait d’annoncer un terme est intéressant car je suis attaché au fait de créer une intensité particulière .

Sabrina : Quelles sont les difficultés que nous pouvons rencontrer dans ce métier ?

PLC : Alors dans mon travail de DA pour la ZAT il n’y a pas vraiment de difficultés, ce sont plus des contraintes qui sont stimulantes. Travailler dans l’espace public c’est très particulier car rien n’est prévu pour faire des spectacles ou des installations artistiques. Il faut en permanence tout organiser et négocier avec des gens, avec ceux qui travaillent, ceux qui habitent dans le quartier et ceux qui traversent la ville car l’espace public est partagé par pleins de gens et c’est donc un espace de négociation, de discussions. Les contraintes sont toujours très intéressantes par contre on rage un peu parce qu’ il y a des difficultés auxquelles on ne s’attend pas ou qui compliquent le travail. Pour tout vous dire c’est toujours compliqué et c’est normal donc je pourrais vous donner des centaines d’exemples car ça arrive tout le temps, notamment le temps qui est à prendre en compte même si il est possible de maintenir des événement avec de la neige ou de la pluie mais ça peut devenir un réel un problème. Le vent peut nous faire annuler un événement dans certains cas par exemple si on veut tirer un feu d’artifice ou lâcher des lanternes magique .

Cassandre : Et dans ces cas là prévoyez- vous autre chose ?

PLC : Non c’est une organisation très rigoureuse avec la ville et avec le directeur technique Philipe

Machenal, qui travaille dans la rue et qui est très précis et organisé

Casssandre : Favorisez vous le travail en groupe ou individuel ?

PLC : Le travail est forcément collectif puisque nous travaillons dans l’espace public, la ZAT est un projet très complexe. Il y a un coordinateur de la manifestation qui s’appelle Frantz Delplanque qui travaille au sein de la Direction de la culture et du patrimoine de Montpellier, qui est chef de manifestations culturelles et qui coordonne l’ensemble de la manifestation, il y a la partie direction artistique que j’occupe et la direction technique, beaucoup de personnes nous aident. En revanche ce n’est pas tout le temps un travail d’équipe, lorsque que je prépare une ZAT, je suis seul, je rencontre quand même un tas de gens, mais je travaille seul pendant plusieurs mois.

Tomy : Faîtes vous appel à des entreprises extérieures pour monter des spectacles, monter une scène ect… ?

PLC : Oui, par exemple l’équipe technique qui est en train de tout installer depuis ce matin, il y a des camions, des semi remorques, des fenwick etc.. La direction technique travaille avec beaucoup d’entreprises qui font de la location de matériel sons, qui installent des scènes, qui travaillent avec des techniciens.. La ZAT travaille avec beaucoup de monde, c’est un très gros projet comme souvent dans l’évènementiel où l’on fait appel à beaucoup de professionnels, cela demande beaucoup de précision, il faut être rigoureux, précis, organisé, tout est extrêmement planifié. D’ailleurs on me dit souvent que j’ai l’air très zen les jours précédent la manifestation, mais tout est tellement fait en amont par toutes les équipes, le directeur technique, le coordinateur et par moi, au final on a juste des RDV que l’on enchaîne tranquillement sauf catastrophes de dernière minute.

Sabrina : Etant assez nombreux n’est-ce pas souvent trop difficile de toujours travailler en groupe ?

PLC : En effet c’est assez infernal de travailler en groupe, vous même vous savez en préparant cet entretien…Mais non, on a tous un objectif commun, nous partageons un même intérêt, on sait tous ce que l’on veut faire (la ZAT), il peut y avoir des tensions comme toujours dans tout groupe c’est certain mais au final on a tous choisi de faire ça, c’est ça qui est important. Après ça demande beaucoup d’adaptation, d’écoute les uns les autres, de rigueur..

Tomy : Pourriez vous nous décrire une journée type, ou bien elles se ressemblent toutes ?

PLC : C’est assez différent d’un jour à l’autre, ça dépend des semaines, les journées ne se ressemblent vraiment pas.

Tomy : Les horaires varient donc également ?

PLC : Ecoutez je me suis couché à 4h ce matin (rires) mais je vous rassure ce n’est pas toujours le cas, ça dépend vraiment d’une journée à l’autre.

Tomy : Justement dans ce métier on a l’impression que ça empiète pas mal sur la vie privée, cela vous affecte t-il ?

PLC : Oui ça m’affecte mais pas au sens négatif du terme, c’est à dire qu’il y a des affects tout le temps lorsque l’on est directeur artistique car je pense tout le temps à mes projets, tout
m’intéresse, ça m’occupe en permanence, c’est pas vraiment un emploi (cf début de l’interview) c’est une passion et ça m’occupe tout le temps. Il n’y a pas de frontière avec la vie privée en quelques sortes, mais ce n’est pas un problème car mes amis sont nombreux à travailler dans le domaine de l’art et de la culture, pratiquement tous les soirs je vois des spectacles, des films, des expos.. Donc je ne dirais pas que ça empiète sur ma vie privée mais plutôt que ma vie est consacrée aux projets artistiques.

Ce qui m’intéresse c’est d’être transporté, intrigué, bouleversé, surpris, d’être dans cette intensité la.

Cassandre : Etes vous souvent amenés à effectuer des déplacements professionnels ? A l’étranger également ?

PLC : Je voyage beaucoup oui, c’est nécessaire, pour voir des spectacles..

Tomy : Seriez vous d’accord pour nous donner une fourchette sur votre salaire moyen à peu près ?

PLC : Il n’y a pas vraiment de règles, dans le milieu du spectacle cela dit il existe un barème
syndical, qui a été établit par le SYNDEAC (Syndicat National Des Entreprises Artistiques et

Culturelles) qui est un syndicat d’employeurs, qui réunit des spectacles vivants essentiellement.
Vous trouverez sur le site du syndicat une grille de salaire qui est appliquée, en tout cas à tous ceux qui adhèrent à ce syndicat. Lorsque l’on regarde la ligne directeur artistique, je crois me souvenir que ça démarre à 2800€ et que ça peut monter jusque 4000€ à titre indicatif car cela dépend de l’expérience et de pleins de paramètres. En dehors de ce secteur, il n’y a absolument pas de règles, je dirais que ça dépend, c’est un peu la loi de l’offre et la demande, c’est à dire que si quelqu’un est très recherché, logiquement il va y avoir une négociation de la part des gens qui veulent travailler avec lui et donc lui proposerons donc un salaire conséquent. Il y a aussi les gens qui ne sont pas guidés par l’argent mais qui le sont par autre chose, cela dépend aussi du contexte, on peut travailler pour pas beaucoup d’argent. Si on rapporte la rémunération au taux/horaire, cela n’est pas forcément très élevé, ce qui est mon cas : je travaille beaucoup –je gagne très bien ma vie- mais le taux/horaire n’est pas forcément respecté mais ce n’est pas un problème car je pourrais travailler moins mais comme c’est une passion.. C’est essentiel dans ma
vie.

Cassandre : Y aurait-il des villes en France où il vous intéresserait d’élaborer de nouveaux projets ? Car vous êtes sur Montpellier avec la ZAT pendant encore 10ans.. Ou souhaiteriez vous aller ensuite ?

PLC : Je ne sais pas si je serai encore là dans 10ans, en tout cas je la fait là ainsi que la prochaine
ensuite on verra.. la vie est faite de surprises, j’ai beaucoup d’idées et d’envies donc je ne sais pas

encore..

Tomy : Montpellier, était-ce par hasard ou êtes vous originaire d’ici ?

PLC : Non je suis Breton, mais je connais cette ville depuis longtemps, j’aime cette ville et son énergie.

Cassandre : En arrivant sur Montpellier, vous êtes-vous senti comme le précurseur d’un nouvel élan avec des projets comme la ZAT ?

PLC : Les journalistes ont fait le portrait de plusieurs artistes et DA, dont je faisais parti. Il était annoncé je me souviens : Nouvelle génération, nouveaux projets.. Je ne suis pas tout jeune mais on m’a identifié comme tel, après oui c’est vrai avec la ZAT c’est un petit peu nouveau c’est sûr car c’est un format qui n’existe pas vraiment ailleurs, la programmation que je développe notamment, parce qu’elle mêle art vivant, art visuel, street art et performance et cette programmation on ne la retrouve pas ailleurs..

Cassandre : Ou à petite échelle

PLC : Oui à petite échelle vous avez raison de le préciser car ça existe ailleurs mais pas sur une grande manifestation. Après ce qui m’intéresse ce n’est pas faire du nouveau pour du nouveau mais c’est d’être pertinent, dans un rapport juste à un contexte, cela m’intéresse que les gens découvrent les beaux arts et que la programmation artistique justement raconte le quartier de façon décalée, que ce soit nouveau ou pas pour moi c’est un point de vue secondaire. Il y a eu un culte du nouveau, de la modernité pendant une époque, qui pour moi n’est pas intéressant en soit. Après dans le système culturel, c’est un système qui est un peu rouillé, toujours avec le même public. Je pense qu’il faut quand même inventer d’autres choses pour toucher un public plus large plus diversifié. On parle toujours aux mêmes lorsque l’on voit les festivals, les musées, les institutions culturelles classiques c’est toujours le même public et il y a une partie des gens qui ne vont pas dans les musées, dans
les théâtres, alors parfois parce qu’ils n’ont pas d’argent ou bien tout simplement parce qu’ils n’ont pas envie ou que ça ne leur parle pas.

Cassandre : Ils se sentent un peu exclus ?

PLC : Soit parce qu’ils se sentent exclus ou parce qu’ils n’ont pas de désir, pourquoi ? en partie parce que ces institutions culturelles s’adressent à leur public et ne cherchent pas à être désirables auprès d’un autre public, d’une autre population.
Donc nous ce n’est clairement pas notre position, on cherche à être désirables auprès d’un public assez large.

Tomy : C’est donc l’éclectisme qui vous intéresse ?

PLC : D’une part ce qui m’intéresse c’est toucher la population dans sa diversité : sociale, territoriale et générationnelle, d’autre part, bouleverser les gens. Ce que je voudrais – comme pour zat-riders-35

moi même – c’est provoquer des chocs artistiques, avoir des émotions poétique profondes, être ému.. Se sentir en vie plus intensément, comme vous je pense, que ce soit en tombant amoureux de quelqu’un que ce soit en vivant des passions sportives, par la musique, la littérature, le cinéma, ce que l’on cherche tous c’est nous sentir vivant. Moi je le fais de différentes manières dans ma vie, en particulier avec des projets artistiques, c’est vrai qu’avec la ZAT il y a une intensité particulière dans cette manifestation : vécue individuellement par lesgens mais vécue collectivement par la ville.

Sabrina : Qu’avez vous entrepris professionnellement avant la ZAT ?

PLC : J’ai fait beaucoup de choses très différentes…

Sabrina : Toujours dans le domaine de l’art et la culture ?

PLC : Oui toujours, j’ai fait de la radio, de la formation, j’ai enseigné et j’enseigne toujours d’ailleurs, j’ai eu beaucoup d’activités.

Cassandre : Quels conseils pourriez vous donner à des étudiants comme nous ?

PLC : Mon seul conseil serait : Do It Yourself, c’est le conseil de la ZAT… Faîtes des choses, faîtes ce que vous avez envie de faire, je dirais surtout qu’il ne faut pas que vous perdiez de vue vos rêves, comme disait Folkner un écrivain américain « il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue » il faut réaliser ses rêves, aller vers les gens qui nous intéressent… Et puis faire les choses surtout, avec ce que l’on a, là, maintenant. Ne jamais se décourager et trouver les moyens de ses ambitions.

L’entretien prit fin, nous avons ensuite chaleureusement remercié M.Lebrun-Cordier de nous avoir accordé du temps et de nous avoir permis de réaliser cette interview.

En résumé

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Mr Le Brun Cordier directeur artistique des ZAT à Montpellier, en recherche constante d’idées et d’innovations artistique dans l’espace public a proposé suite à une demande de la mairie un projet se développant sur dix ans appelé ZAT qui est par définition une Zone Artistique Temporaire. Sa mission : fairevivre les quartiers de Montpellier et laisser une histoire derrière chaque événement. Les projets artistiques qu’il crée et développe demandent une implication quotidienne dans l’art et la culture et requiert une coordination avec de nombreuses équipes.

Sabrina BENARBIA Tomy BAUDRAT Cassandre FLAHAUT

Interview de Valentin de Vécsey, organisateur indépendant de soirées chics. Réalisée par Naomi Charpiot et Cindy Lapaire.

lundi 25 novembre 2013

Nous nous sommes présentées, avons expliqué la raison de cet entretien et nous avons présenté le contrat déontologique.

Vous organisez des événements, sur quoi est basé votre métier ?

Tout est basé autour des fêtes, des événements. Je propose une panoplie de services qu’il faut proposer, sinon vous n’êtes pas compétitif ou si vous ne proposez pas de boissons les gens vont aller ailleurs car un autre organisateur propose ces services, donc en fin de compte il faut tout proposer en même temps.

Quels sont les services que vous proposez ?

Je propose une sélection de produits de luxe, et à chaque fois je met en avant la vodka Olaxkaya .Je peux m’occuper de la recherche du lieu, de la location de limousines, de chapiteaux, de la sécurité, des barmaids, je travaille avec des traiteurs, j’ai mes DJ sélectionnés que je connais depuis des années et divers artistes que je peux emmener pour rehausser un peu la soirée. Car les gens aiment bien voir des gens un peu connus. Avec tout cela j’organise des soirées privées et des événements pour le lancement d’établissements. Quand quelqu’un ouvre une boite de nuit ou un restaurant je lui donne un coup de main car j’ai un carnet d’adresse d’environ 1500 personnes que je connais. Elles viennent souvent faire la fête avec nous, et j’ai toute la panoplie de chanteuses, danseuses, magiciens et ventriloques plus ou moins connus, donc on peut créer une soirée dîner-spectacle par exemple.

Quels sont les produits que vous proposez ?

Il y a la vodka, du vin et du champagne. Le nouveau produit c’est la vodka gold, qui va sortir le 7 décembre au Bal de Paris, c’est un produit juste pour faire la fête, donc il y a des paillettes d’or dedans, c’est très festif. En fin de compte il faut tout inventer pour faire un événement qui va marquer, qui va plaire à des gens. On propose le caviar, on donne des conseils de dégustation.

Vous nous avez parlé d’artistes connus, qui sont-ils ?

On a organisé quelques soirées privées comme le bal de Paris et le Secours Populaire. Il y avait des personnalités comme Chico, Jean-Luc Lahaye, Massimo Gargia, Jean Dujardin, Anthony Gomes. On a également organisé la soirée d’une princesse russe.

Depuis quand faites vous ce métier ?

J’ai une certaine activité depuis 12 ans, avant j’avais un night club mais j’ai arrêté, je n’organise plus que des soirées plus ou moins privées. J’ai créé un « club » qui s’appelle « Mathias Rex Club » et je prend divers produits, et la vodka est venue en premier lieu et après je me suis associé dans la commercialisation des productions. Ce qui est important c’est créer les événements.

En général, où les organisez-vous ?

J’ai fais quelques lieux assez connus à Paris comme le club Etoile qui s’appelle maintenant Arc, le VIP Room, Galion, et Paris Bodega. J’en ai aussi organisé à St Tropez et à Ibiza.

Comment voyez-vous votre métier ?

En fin de compte c’est un travail d’abord de psychologue je dirai. Il faut analyser le client. Par exemple cet été il y a un russe qui est venu me voir et qui m’a dit qu’il voulait faire une grande fête sur un bateau. Il faut connaitre ce qu’aime un russe, ce n’est pas pareil si c’est un anglais qui vient me voir pour faire la même fête avec un bateau. Déjà ça ne sera pas le même bateau, parce qu’un anglais préférera un voilier à l’ancienne et un russe préfère un yacht assez bling-bling. Alors il faut être très psychologue et comprendre, même si il ne vous le dit pas, ce qu’il veut exactement. Donc quelle boisson pour un anglais ? Ce n’est pas forcément bien de proposer de la vodka parce que eux ils sont plutôt whisky, mais un russe là on hésite pas c’est champagne et vodka. Le champagne il passe partout, mais peut-être pas la vodka. Alors déjà il faut déterminer ce qu’il veut et après il faut savoir proposer et créer des éléments qui sont accrocheurs pour lui. Donc pour un russe il y aura des danseuses super belles parce qu’il appréciera. Peut être qu’un couple qui organise son 50ème anniversaire de mariage n’appréciera pas autant avec leurs amis qui ont 70 ans des danseuses à moitié nues. Donc tout ça c’est un travail de création et il faut que ça soit un maximum adapté aux besoins des clients.

Arrivez-vous toujours à déterminer les besoins et les goûts de vos clients ?

Pour moi c’est relativement facile parce que ce que j’organise en général c’est pour une certaine catégorie de gens de Paris et de la Côte d’Azur qui sont plus ou moins connus, qui veulent faire la fête. Et puis c’est un peu bling-bling mais moitié bling-bling, moitié m’as-tu-vu, moitié faire la fête, il y a tout dedans. Après il y a une dame qui m’a consultée, malheureusement je n’ai pas eut le contrat, pour faire une série de soirées à Rihanna, là c’est différent, pour Rihanna il faut faire un autre style que pour un couple qui fête son 50ème anniversaire de mariage, donc c’est pas la même chose. Alors maintenant c’est vrai qu’il faut essayer, pour faire un événement d’être connu, c’est pour ça qu’il faut travailler avec des gens un peu connus, en tout cas en France. Le plus important c’est de comprendre ce que le commanditaire veut. Au niveau de la musique, de l’alcool, des petits canapés. Faire attention à la tranche d’âge, le type de clientèle, qui ne sera pas la même à Paris, dans le Sud ou à Perpignan, le type de nourriture, de déco, de musique, de spectacle. Tu ne peux pas présenter à des clients de 50 ou 60 ans des DJ qui vous balancent de la techno, ils ne vont pas trop aimer. C’est donc très important de comprendre le besoin du client et après vous composez sa demande. Il faut que votre proposition soit bien parce qu’il y a de plus en plus d’agence d’événementielle.

Qu’est-ce qui est important pour qu’une soirée soit réussie ?

Ce qui est important c’est ma panoplie de gens qui interviennent car il faut répondre à toutes les demandes, je peux créer un mariage, je peux créer une soirées d’enterrement de vie de garçon, enfin je peux faire ce que vous voulez. Donc par exemple il y a toujours des éléments qui plaisent à des hommes comme des belles jeunes filles qui servent la vodka. Ce qui est aussi important c’est de toujours donner un cadre assez élégant, assez mouvementé et assez amusant. Il faut être polyvalent, en plus d’être psychologue, il faut s’y connaître en cuisine, pas que de la nourriture française mais des autres aussi, si quelqu’un vous demande un repas russe, il faut que vous vous y connaissiez à peu près, il faut avoir un bon goût, il faut être décorateur, parce qu’il faut savoir bien décorer, il faut être spécialiste dans la lumière, parce que si la lumière est nulle, ca fait rater votre soirée, il faut être spécialiste dans la sono, si la musique est trop forte c’est pas bon, si elle n’est pas assez puissante ça fait des discussions c’est pas bon non plus parce qu’on ne peut pas danser, l faut connaître les boissons, il faut connaître les vins donc il faut être en quelque sorte un sommelier. Oui, il faut savoir avec quel plat, quel vin, enfin voilà, c’est un métier assez compliqué. Il faut travailler avec des intervenants de qualité aussi, je sais que pour trouver les DJ, j’ai dut en écouter 10 dans mon club avant d’en choisir deux. Et quand j’ai arrêté le night-club, pour mes soirées privée je sais que j’ai ces deux là qui sont intéressants.

C’est vous qui choisissez tout alors, le vin, les canapés, vous n’avez pas des partenaires, des associés pour s’occuper de ce genre de détail ?

Au début j’en avais oui, mais maintenant je n’en ai pas besoin. J’avais un copain qui avait 2 étoiles guide Michelin, il avait un restaurant dans le temps, après j’en avait un autre, un sommelier français donc il m’a appris avec tel fromage, tel vin, telle année etc… Sinon vous embauchez un traiteur, il saura choisir, mais si vous discutez avec le client et que vous ne pouvez pas répondre, et vous dites qu’avec les blinis au caviars on sert un verre de Sauternes qui va plutôt avec le foie gras, il va vous rire au nez tout de suite et se dire que celui là n’y connais rien. Donc il faut connaître tout ces métiers autour et il faut avoir bon goût aussi, mais ça vous n’en manquerez pas ! (rire)

Quelles sont vos astuces pour que les gens viennent à vos soirées ?

Petit à petit, vous faites votre carnet d’adresses, au niveau des gens qui veulent bien faire la fête, qui veulent bien venir à vos soirées et au niveau des intervenants. Quand vous créez des événements il faut se démarquer, il faut que ça soit intéressant, par exemple on peut faire un sorbet avec la vodka ou faire des soirées gold. Après on propose toujours le service limousine et le spectacle qu’on a créé avec mon partenaire. Pour faire la publicité, il faut aussi mettre à jour la page facebook. J’ai 5000 contacts, avant c’était plus mais maintenant on est limité à 5000 alors on a viré des gens. Grâce à facebook, on peut faire la publicité d’un événement en allant dans « créer un événement ». Si j’envoie 1500 invitations il y a toujours 100 ou 200 personnes qui viennent. Aussi, il faut trouver des partenaires, des sponsors. En fin de compte, il faut trouver beaucoup de sponsoring car si vous trouver un sponsor dans le champagne qui vous offre autant de champagne que vous pouvez en boire, là vous vendez facilement votre soirée. Mais si le client doit tout payer, du buffet dînatoire au champagne, il faut compter entre 100 et 200 euros par personne, c’est pas donné.

Quelle est votre secret pour faire de vos soirées un moment unique ?

Il faut apporter une touche originale, une fois, j’avais un chameau à l’entrée, au nouvel an j’avais un charmeur de serpent, qui a fait un malheur, une autre fois j’ai passé ma soirée avec un furet albinos que j’utilisais comme une cravate, je l’avais toujours autour de moi, ou comme une écharpe. Les gens l’ont adoré. Il faut ajouter quelque chose de spécial. Une fois j’ai mixer avec mes pieds, lorsque j’avais assez bu, parce que mixer c’est facile, mais mixer avec ses pieds… Bon il faut avoir assez bu quoi ! Oui voilà, il faut faire le show. Savoir apporter une bonne ambiance, et savoir bien recevoir.

Quel est l’événement qui vous a le plus plu à organiser ?

Celui qui m’a le plus amusé ou celui où j’ai gagné le plus ? (rires) Parce que plus on s’amuse, moins on gagne, ça c’est vrai. NickyBeach j’aimais bien, St Tropez et à Paris il y avait des soirées à Madre mais bon, je n’ai pratiquement rien gagné parce que la moitié des boissons étaient offertes et l’autre moitié a été redistribuée. Surtout, dans ce genre de soirée, il y a beaucoup de pique assiette, et il y a plus de pique assiette que de personne qui consomme. Donc voilà, je m’amusais le mieux à NickyBeach et à Madre.

Et du coup, celui où vous avez le plus gagné ?

Là où je gagnais le plus, et jamais je n’aurais pensé que ça marcherait autant, c’était pour des jeunes jockeys. Les garçons, ils mesuraient 1m50, étaient fins comme mon petit doigt, mais sont capables de boire deux bouteilles de vodka chacun. J’avais emmené dans mon camion le triple de quantité de boisson. Ils ont tout pris, tout achetés, et ils ont gueulés encore après pourquoi il n’y avait pas plus de boisson. Il en avait rien à foutre de combien ça peut coûter. La fois d’après, parce qu’ils font ça tout les ans, j’ai emmené le triple que j’avais emmené la première fois et encore ils gueulaient qu’il n’y avait pas assez d’alcool. (rires)

Vous est-il déjà arrivé d’organiser une soirée qui finisse en carnage ?

Ah oui alors là ça arrive. J’ai réussi à avoir une bonne surprise grâce à des copains de mes enfants parce qu’ils ont déclarés une bagarre. Mais avec une certaine catégorie de clientèle. Pour Halloween, ça a très bien commencé, mais il y a des gens qui ont trop bu et qui ont fait la bagarre, du coup tout le monde s’en va parce qu’il n’y a pas une bonne ambiance et alors là tout nous reste sur les bras. Une fois aussi, j’ai loué une péniche en forme de bateau de pirate à Paris, le Galion, pour organiser une soirée dîner-spectacle de St Valentin. Il y avait 180 places assises et à peu près 180 réservations vocales ou écrites, et sur les 180 réservations, il n’y a que 60 ou 65 personnes qui sont venus. Nous on a préparé la nourriture, le dîner, tout. Ça c’était une catastrophe, j’ai perdu beaucoup. Cette soirée là m’a coûté au moins 9000 €. Parce que les gens n’ont pas tenue leur parole. C’est à ce moment que j’ai appris à faire payer la réservation.

Quelles sont vos soirées préférées ?

Moi j’aime bien les soirées déguisées, ça donne un thème. On a fait un bal avec des lapins coquins, on a fait Halloween, on a fait l’anniversaire d’une princesse Russe, on fait souvent les nouvel an avec la vodka.

Combien de temps vous faut il, en général pour organiser vos soirées ?

Il faut minimum 1 mois, le mieux c’est 2 mois comme ça les gens peuvent prévoir mais il ne faut pas oublier à prendre l’argent avant. Comme ça, même si l’invité est malade il vient ! Regardez, dans l’onglet « événement » sur facebook, j’ai créé l’événement du bal de Paris pour le 7 décembre, bon, c’est pas moi qui l’organise intégralement mais je suis sponsor avec la vodka. Mais regardez, j’ai déjà envoyé à peut près 1000 invitations, il m’en reste encore à envoyer. Je l’ai créé il y a une heure et il y a déjà quelques personnes qui ont dit que peut-être ils viendraient. Donc là vous voyez, je leur écrit que c’est le samedi 7 décembre, que le lieu est encore tenu secret jusqu’au dernier moment, que c’est le bal de Paris, à quelle table vous voulez être etc… Et en pièce jointe il y a une feuille d’inscription avec le compte bancaire pour payer préalablement… Donc là par exemple, ça dépend il y a des moments où facebook marche vachement bien, vous envoyez 2000 invitations et il y en a 900 qui viennent. Ça dépend du lieu, de combien ça coûte… Puis parfois vous en envoyez 5000 et il y en a seulement 50 qui répondent.

Avant que facebook n’existe, comment faisiez-vous pour inviter toutes ces personnes ?

Je faisais beaucoup de mail, j’ai énormément de contacts sur ma boite de messagerie, peut être 3000, je ne sais pas.

Facebook reste donc votre moyen de communication le plus efficace ?

Non. Non c’est mes connaissances personnelles. C’est à dire que sur mes 3000 contacts sur mon adresse de messagerie, j’en connais peut être 1500 personnellement. Sur facebook, j’ai 5000 contacts, mais je n’en connais pas 5000. Quand j’envoie des mails, l’avantage c’est que je les connais tous, plus ou moins. Donc ils viennent plus facilement. Mais attention, parce que vous pouvez faire des soirées supers, 10 soirées supers ou 30, vous allez gagner en notoriété et vos invités viendront mais si vous faites une seule soirée nulle, c’est pas bon. Il faut tout faire, mettre en ligne les vidéos, les photos, comme ça les gens peuvent piocher dedans et ça ils aiment bien.

Vous êtes donc spécialisé dans l’organisation d’événements luxueux, vous est-il déjà arrivé d’organiser des événements à but non lucratif ?

J’ai aussi organiser des événements un peu plus populaire, une ou trois quatre fois j’ai organisé des journées Garden de Loy dans un château avec une piscine de 20m de long, avec 1m d’eau et on a mis de la mousse dedans. C’était intéressant aussi, je me suis bien amusé, il y avait beaucoup d’intervenant, RedBull.

Tout à l’heure, vous nous parliez de soirées organisées à Ibiza, vous travaillez souvent à l’étranger ?

J’ai travaillé à Budapest, à Ibiza parce que j’aime bien travailler là bas, mais la prochaine destination que je voudrais faire c’est une à Monaco, une à Cannes après et une a Marabya, rien que pour la vodka. Mais ça dépend, moi j’aime bien me déplacer, là il y avait un projet à Palmbeach mais pour importer les cartons de vodka là bas, c’est 19 pages à remplir, c’est 45 attestations, il faut trouver un partenaires là bas qui se porte garant, c’est un vrai bins. Mais ça peut en effet être envisageable.

Quelles sont vos attentes aujourd’hui ?

Aujourd’hui, ce que j’attends c’est m’étendre vers l’Amérique. J’ai quelques contacts déjà donc si je pouvais mettre un pied dedans, c’est ce que je voudrais. Mais ce n’est pas la même chose. En Amérique, si vous organisez une soirée de bienfaisance qui coûte 5000$, les gens qui payent ces 5000$ ne sont pas des fous furieux parce que c’est déductible à 100% sur leurs impôts, puisque c’est une soirée de bienfaisance. Donc c’est très intéressant, vous gagnez très bien votre vie. Surtout si vous travaillez pour des sociétés qui organisent ce genre de soirées, comme les comités d’entreprises.

Un conseil, pour nous ?

Si vous voulez travailler pour des sociétés, que ce soit dans le privée ou le public, c’est de travailler dans les comités d’entreprises. C’est très intéressant parce que en fin de compte, il n’y a plus de problèmes de prix parce que 50 à 80% du prix de l’événement est pris en charge par le comité d’entreprise.

Nous l’avons finalement remercié et avons pris congé.

Interview de Jean-Michel DUMAS, professionnel de la communication, réalisé par Valentine DUMAS, Charlotte HILAIRE et Sandrine MERINO

lundi 25 novembre 2013

Dans le cadre de nos cours de projet personnel personnalisé, Valentine, Sandrine et moi, toutes trois étudiantes en Information et Communication, avons réalisé un entretien avec un professionnel de la Communication. Curieuses du métier de journaliste, nous avons choisi d’en interroger un afin de comprendre réellement en quoi ce métier consistait. Nous avons dès lors pris contact avec Jean-Michel DUMAS, 55 ans, journaliste à Var-Matin.

Journaliste – Qu’est-ce que la presse écrite selon vous et quel futur lui attribueriez-vous ?

Jean-Michel DUMAS – Tant que la presse est libre, elle est le garant de la démocratie et de la Liberté en général. La liberté d’informer va de pair avec la liberté de savoir, de la part du citoyen. Dans les dictatures, ce sont les médias qui sont bâillonnés en premier ! C’est valable pour la presse écrite et pour tous les médias en général (radio, TV…).

En France, la presse généraliste et la presse quotidienne régionale (PQR) en particulier est condamnée à s’adapter ou à mourir.

On voit bien que la diffusion baisse régulièrement depuis des années. Autrefois, les gens achetaient systématiquement le journal ou le lisaient avec leur café au bistrot du coin. Désormais, comme pour tout le reste, on reste chez soi et on attend que le monde vienne à nous. Ce phénomène se retrouve partout : livraisons de courses à domicile, gens scotchés à leurs portables nuit et jour, mails ou SMS qui remplacent les lettres manuscrites, librairies désertées au profit des achats en ligne sur Amazon ou la FNAC, au risque de perdre la notion de l’orthographe et, plus grave, celle du contact humain…

Alors, c’est sûr, la presse papier, le journal en tant qu’objet est mort. Ou mourant. Dans 10 ans, tout au plus, toute la presse sera « en ligne ». J’ignore s’il faut le déplorer ou s’en réjouir, mais c’est comme ça. Les articles paraissent à présent sur le web et sont commentés (parfois sans modération !) par les lecteurs. Il y aura toujours, je veux le croire, des journalistes sur le terrain, avec de l’expérience, un respect pour l’être humain et un souci de respecter les barrières de la déontologie. A moins que les journaux du futur ne soient entièrement fabriqués par les lecteurs eux-mêmes, qui balanceront des infos sur le net sans vérifier leur véracité. Et on peut observer que cela a déjà commencé, d’ailleurs en partie par la faute des médias eux-mêmes qui appellent de plus en plus souvent le public à envoyer aux journaux leurs photos, leurs vidéos, leurs témoignages. Regardez les offres d’emploi pour les jeunes journalistes. On demande des « web-rédacteurs » dans 99% des cas, c’est-à-dire essentiellement des journalistes qui passeront leurs journées les fesses collées à leur siège, les yeux rivés à l’écran et dont la tâche principale consistera à mettre en ligne des dépêches pré-mâchées. Je veux espérer qu’il restera des journalistes de terrain. Qui conserveront l’enthousiasme de faire de belles rencontres, de rendre compte des drames humains pour les faire partager au reste du monde. Quittes à mourir sous les balles pour ça.

Journaliste -En quoi consiste votre métier ? Pourriez-vous nous indiquer la hiérarchie professionnelle de Var-Matin ?

Jean-Michel DUMAS – En tant que salarié d’un journal de la presse quotidienne régionale (PQR), je suis polyvalent. A l’exception du sport, auquel un spécialiste est affecté, j’effectue des reportages de terrain et les publie à la fois sur l’édition web du journal et sur le « print » (édition papier). Mon travail comprend une gamme très large de tâches. Cela peut être la couverture d’un procès devant la cour d’assises (ces 3 derniers jours, j’ai couvert la comparution d’un couple accusé d’avoir secoué son bébé à Toulon, l’enfant est handicapé à vie et les parents ont été condamné, surtout le père, à 15 ans de réclusion criminelle), le suivi d’un conseil municipal, l’interview du responsable d’une association, un reportage sur une manifestation de rue, la sortie d’un nouveau jeu vidéo, un concert… Et puis, bien sûr, les faits divers, qui sont la priorité absolue de l’actualité.

La hiérarchie ? Grosso modo, une agence est constituée de rédacteurs et de photographes. Sans oublier les secrétaires et les secrétaires de rédaction. Ces derniers sont des journalistes à part entière, à l’exception des reportages de terrain. Leur travail consiste à mettre en page par informatique les textes et photos qui leur sont envoyés. Tous ces personnels sont dirigés localement par un chef d’agence. Chaque édition (Draguignan et sa région en ce qui me concerne) est sous la responsabilité d’un chef, basé à notre siège varois à Toulon ou à Nice. Au-dessus, on trouve le directeur des rédactions, le directeur général, le PDG et, encore au-dessus, le propriétaire du journal, en l’occurrence, pour Var-matin, Corse-matin et Nice-matin le groupe Hersant Média (GHM). L’actualité quotidienne est également alimentée par des correspondants dans les localités. Ils sont payés à l’article (contrairement aux journalistes professionnels, salariés et titulaires de la carte professionnelle des journalistes) et couvrent l’actualité courante de leurs communes, à l’exception des sujets importants pour lesquels les professionnels se déplacent (faits divers, élections importantes, enquêtes de fond…). Les correspondants ne peuvent pas vivre de leurs articles, que l’on appelle des « piges », ce sont souvent des retraités ou des gens qui ont un autre travail et arrondissent leurs fins de mois en réalisant des reportages. Ils n’ont ni l’expérience ni la compétence des journalistes professionnels, mais ils sont importants car ils constituent une représentation importante du journal dans les villages et entretiennent des relations de proximité avec les habitants.

Journaliste – Quelles sont vos sources, comment passez-vous du « scoop » à l’article?

Jean-Michel DUMAS – Mes sources sont diverses. Très souvent, nous sommes sollicités par les gens qui aimeraient que l’on parle d’eux (un écrivain qui a besoin d’un peu de promotion pour son livre, une association qui souhaite qu’on parle de ses actions…). Sinon, c’est à chaque journaliste de trouver les sujets qui l’inspirent et de suivre l’actualité locale ou régionale. Pour les faits divers, c’est un peu différent. Nous avons de bonnes relations de confiance avec la police, la gendarmerie, les pompiers, les magistrats. Ils nous informent des affaires en cours et savent qu’ils peuvent nous confier des informations que nous ne publierons pas s’ils nous le demandent. Nous ne publierons jamais un article sur une enquête policière si le commandant de police nous demande d’attendre pour publier l’info. Nous ne devons pas entraver le déroulement d’une enquête en publiant des informations qui pourraient nuire à leurs investigations. En fait, notre source principale, c’est un carnet d’adresses (et de téléphones !) bien rempli, pour savoir directement qui appeler en fonction des besoins de l’information que nous recherchons. Nous avons aussi, évidemment, des « informateurs », comme la police, de bons copains dans les commissariats, dans les mairies ou chez les pompiers qui nous appellent : « Je te signale qu’il s’est passé ça, mais je ne t’ai rien dit ! »

Le scoop, c’est un truc un peu spécial. Il ne peut évidemment se concevoir qu’en zone de concurrence entre deux ou plusieurs organes de presse, ce qui n’est plus le cas dans notre région puisqu’il n’existe plus qu’un même gros groupe. Le scoop peut éventuellement être sorti au plan local et repris par nos confrères de la presse nationale. En zone de concurrence, la recherche du scoop, le plaisir d’être le 1er à sortir une information importante (politique, faits-divers…) sont très valorisants, c’est une bouffée d’adrénaline et bien sûr, quand on voit dans le journal, le lendemain, qu’on est seul à avoir l’info importante, c’est du vrai bonheur, une fierté. Bien sûr, ça flatte aussi notre petit ego, mais c’est extrêmement stimulant. Surtout quand on reçoit le lendemain une note de notre directeur de la rédaction pour nous féliciter !

Au-delà du scoop, il reste quand même, bien sûr, le plaisir de réaliser un bon reportage, avec des informations intéressantes, cela peut être aussi motivant que de décrocher une information exclusive.

Journaliste – Décrivez-nous une de vos journées type.

Jean Michel DUMAS – Par définition, un journaliste n’a pas de journée type. Ni d’horaires fixes. Nous dépendons de l’actualité. Si, comme tout le monde, notre temps de travail théorique et légal est de 35 heures hebdomadaires, on ne peut pas regarder sa montre à 19 heures et laisser tomber une actualité en disant : « désolé, on ferme » ! Si un fait divers ou un événement important se produit à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, nous devons le couvrir. Cela peut être un accident grave ou une importante inondation à 3 heures du matin ou le verdict d’un procès d’assises qui est rendu par les jurés à 2 heures. On doit être là où il y a l’info, quand elle se déroule. Nous ne sommes pas payés davantage pour autant, même si on a une (toute) petite prime pour les reportages après minuit. Sinon, la journée type est fixée, en concertation avec le rédacteur, par le chef d’agence qui désigne tel ou tel journaliste pour couvrir telle ou telle manifestation. Notre liberté est contrebalancée par les contraintes du métier. Personne ne me reprochera de venir travailler à 10 heures et de rentrer chez moi à 17 heures s’il n’y a rien de spécial à faire, mais à l’opposé, je dois pouvoir me rendre disponible 24 heures sur 24 si l’actualité l’exige, ce qui n’est pas toujours facile à gérer au regard de la vie familiale ou personnelle.

Journaliste – Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce métier ?

Jean-Michel DUMAS – Je ne peux pas dire que cela procède d’une vocation. Je n’en rêvais pas tout petit dans mon bac à sable ! Après le lycée (section A5, littéraire et 3 langues), j’ai fait des études de droit qui ont lamentablement échoué. Je détestais ça. Il a bien fallu, alors, que je cherche du travail. J’habitais alors à Bordeaux. Comme j’aimais écrire, j’ai pensé au journalisme. Déjà à l’époque, les emplois dans la presse n’étaient pas très fréquents. On me répondait que je n’avais ni expérience, ni diplômes de journalisme. J’ai toutefois trouvé un emploi de rédacteur et photographe dans un hebdomadaire catholique, le « Courrier français », dans le Berry. De Bordeaux à Bourges, j’ai dû traverser la France ! Au bout de 6 mois, je posais déjà d’autres candidatures dans des quotidiens et j’ai été embauché à Var-matin, en 1984. J’ai donc déménagé à nouveau, du centre de la France, jusqu’en Provence et je ne m’en suis pas plaint ! Finalement, c’est la nécessité de trouver un boulot qui m’a poussé au journalisme, presque le hasard. La situation actuelle est très différente pour un jeune journaliste qui débute actuellement, la presse est en crise et licencie plus qu’elle embauche. Jusqu’aux années quatre-vingt, avec de la motivation et un peu de chance, on pouvait encore se faire embaucher sans diplôme et sans expérience. Désormais, les places sont chères mais les candidats à l’embauche doivent toujours conserver en tête cette règle de la mobilité géographique ! Il faut aller là où il y a un travail et ne pas limiter ses recherches au territoire de sa région de domicile. Si besoin, un jeune qui habite à Brest doit être prêt à faire ses valises si une opportunité se présente en Nouvelle Calédonie !

Journaliste- Quel a été votre parcours professionnel ?

Jean-Michel DUMAS – J’ai véritablement débuté comme rédacteur en 1984 à Saint-Raphaël, dans le Var. Ça me changeait des brumes du Berry ! Ensuite, j’ai occupé, toujours dans le Var, différents postes, au siège du journal à Ollioules (près de Toulon), puis à Draguignan et de nouveau à Saint-Raphaël avant de me stabiliser à Draguignan dans les années 90. Je n’ai plus quitté Draguignan depuis. J’ai occupé un moment le poste de chef d’agence adjoint, mais cette fonction, trop administrative et de gestion m’ennuyait, je préférais le journalisme de terrain. Je suis donc redevenu rédacteur. A l’époque, nous étions en concurrence avec un autre journal, Nice-matin. Il n’y avait pas de grosses différences dans le traitement de l’info entre les deux journaux, même si Var-matin était politiquement considéré plus à gauche que Nice-matin. En 2 000, les deux journaux ont fusionné et les deux anciens concurrents sont devenus amis. Mes ex- « ennemis » de terrain sont devenus mes collègues !

Journaliste – Qu’est-ce qui vous plaît/déplaît dans ce métier ?

Jean-Michel DUMAS – Je n’ai aucune spécialité, même si mes goûts personnels me portent plutôt vers le portrait, les interviews, les situations sociales des gens qui me touchent beaucoup. Les causes généreuses me passionnent et notamment le travail de bénévolat de tous ceux qui œuvrent dans des actions humanitaires au plus proche des bénéficiaires : Restos du Cœur, Croix-Rouge, Secours populaire, accompagnateurs de malades. Je n’apprécie pas spécialement les faits divers, mais ça fait partie de mon boulot. Accidents de la route, meurtres, viols, personnes noyées ou disparues, crashes d’avions, cambriolages, c’est le quotidien de tous les journalistes. On doit les couvrir, mais on ne peut pas se blinder face à ces drames. Je dois avoir le recul nécessaire pour rester objectif et relater les faits, sans forcer l’émotion, mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir touché par la détresse des gens, des proches des victimes. Contrairement à ce que beaucoup de gens disent, les journalistes ne sont pas des charognards ! Je n’aime pas relater les drames. Si on le fait, on doit en tout cas le faire avec empathie et respect pour les victimes et leurs proches. On entre souvent dans la vie intime des gens et chaque journaliste doit savoir jusqu’où il peut aller, connaître ses limites personnelles et respecter la déontologie. Dans les enquêtes, nous ne devons pas nous substituer à la police, nous sommes des enquêteurs, si nous travaillons avec la police ou la gendarmerie pour avoir des infos, nous ne devons jamais publier des choses qui pourraient nuire aux personnes concernées et tout ce que nous apprenons lors des enquêtes n’est pas forcément publiable. En ce qui concerne par exemple les enfants mineurs, nous ne publions pas les noms et nous respectons l’anonymat des gens que nous interrogeons s’ils le souhaitent. Certains journaux n’ont pas cette pudeur ! Je ne citerai pas de noms, mais la presse people ou la presse à sensation, ce n’est pas ma conception du métier. Pour ce qui est de la politique, mon opinion personnelle ne doit pas entrer en ligne de compte dans les articles, même si certains extrêmes me hérissent. Mais je pense que le journaliste est un être humain comme un autre et peut-être mon opinion personnelle transparait-elle à travers mes lignes. Pour ça, il faudrait demander aux lecteurs de mes articles ce qu’ils en pensent !

C’est ainsi que Monsieur Dumas a répondu à nos diverses questions en nous donnant un point de vue personnel. L’échange entre ce journaliste et nous-même a été dynamique et les réponses qu’il nous a apportées nous semblent complètes. C’est donc satisfaites que nous avons remercié le journaliste pour le temps qu’il nous avait consacré.

Interview réalisée par Valentine DUMAS, Charlotte HILAIRE et Sandrine MERINO.

Interview d’un journaliste radio.

lundi 25 novembre 2013

Groupe : Bonjour, tout d’abord nous tenons à rappeler pourquoi nous sommes ici,  nous avons un projet scolaire qui nous a été attribué à notre faculté, qui est d’avoir un entretien avec un professionnel qui exerce le métier que l’on aimerait faire !
Pour commencer, quelles ont été vos études afin de devenir journaliste à la radio ?
JPB : J’ai passé un bac littéraire, un bac « A » à l’époque, avant de faire l’IUT de journalisme de Bordeaux, ce qui remonte à quelques années car je suis sorti diplômé en 1983. Il se trouve que j’ai redoublé et donc j’ai fait trois années au lieu de deux. Déjà à l’époque le concours était compliqué, je me rappelle de mon sujet qui était : « les successeurs de Tito à la tête de la Yougoslavie », mais maintenant le concours est encore plus compliqué à obtenir car il y a énormément de candidat et il y a de moins en moins de gens qui arrivent directement du bac, la plupart des personnes passent par des prépas. J’en suis donc sorti à 21 ans et j’ai commencé à travailler car l’IUT permet de faire des stages. J’ai fait un peu de stages en presse écrite à Midi Libre, même si c’était déjà la radio qui m’intéressait, donc j’ai fait un stage à Radio France Toulouse, ça c’est bien passé, l’équipe et le rédacteur en chef m’ont trouvé sympa et efficace. Donc j’ai commencé à bosser tout de suite à la sortie de l’IUT : premier contrat à durée déterminée, première période de chômage, deuxième contrat, deuxième période de chômage… et j’ai tourné comme ça pendant à peu près 8 ans.
Groupe : D’accord, et pendant tes stages tu faisais quoi la plupart du temps ?
JPB : Durant les premiers stages, j’étais en observation, j’avais déjà une petite idée avec l’IUT mais j’ai appris à me servir du magnéto, faire du montage car à l’époque on faisait ça avec des bandes magnétiques et une paire de ciseaux, c’était plus manuel que maintenant où tout se fait par ordinateur. Plus précis également, car le coup de ciseau au mauvais endroit, il était donné… Par la suite premier reportage, avec le dernier stage de l’IUT, tu es comme un journaliste débutant : on t’envoie sur les reportages, tu vas interviewé les gens, tu fais le montage, le texte qui va avec… J’ai fait mes premières présentations de journaux pour la radio dépêche du Midi de Toulouse, c’était terrifiant, je donne le tiercé en donnant l’impression que le glas était en train de sonner… (rires). Puis je me suis rapidement à gagner ma vie, 8 ans de CDD, j’ai bossé à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Montpellier, Périgueux, Laval, Paris, Nice…
Groupe : Ah tu as bien bougé pendant les premières années ! Et durant ces 8 années, tu réalisais le même type de travail à chaque fois ?
JPB : Non, car soit j’étais en contrat à durée déterminée, soit en piges, ou pour un contrat à durée déterminée où j’ai du remplacer une fille qui a eu une grossesse difficile par exemple.
Groupe : Si je ne me trompe être pigiste signifie que l’on est appelés quand la rédaction a besoin d’un journaliste en plus ?
JPB : exactement, c’est à la journée, quand la rédaction à besoin. Un pigiste est payé à la pige, et il est soit payé à la tâche, soit à la journée de travail. Si j’étais pigiste et que la rédaction me dit « demain tu ne travailles pas » mais que le lendemain ils se rendent compte à 8h du matin qu’ils ont besoin de moi ils m’appellent et il faut que je sois la. Un pigiste est vraiment un journaliste indépendant. Lors de mes premières années j’ai été pigiste permanent à Montpellier pendant 1 an. Mais désormais ce n’est plus possible car les budgets sont beaucoup plus restreints, donc il n’y a plus de pigistes permanents, ce qui fait qu’ils sont obligés de jongler entre plusieurs rédactions.
Groupe : Oui je vois. Aujourd’hui tu n’es donc plus pigiste mais au fil des années as tu gardé plus ou moins le même poste ou il y a eu une évolution possible ?
JPB : Oui car en gros il y a deux filières chez nous : la filière reportage et la filière présentation. À un moment de ta carrière tu choisis soit d’être reporter soit d’être présentateur. Mais dans les radios locales on fait un peu de tout, et le pigiste sera appelé pour faire ce que les journalistes ne veulent pas faire, c’est à dire présenter les matinales, les week-ends, faire des reportages tard… Donc pour revenir à une évolution possible, globalement le métier reste le même du début à la fin de ta carrière car tu as une réunion le matin,  tu pars en reportage, tu interview les gens, tu reviens pour faire le montage, le texte et tu donnes tout ça à la personne qui fait la présentation. Ou alors tu es de présentation et tu recueilles ce que te donnes les reporters, tu le réécris à ta sauce et tu vas le présenter.
Groupe : D’accord, donc l’évolution ne se jauge pas réellement sur une échelle sociale avec des grades, mais plus dans l’autonomie que tu vas acquérir au fil des années ?
JPB : Effectivement, l’évolution se fait dans le changement des sujets que l’on va te donner, on va te faire de plus en plus confiance si tu fournis du bon travail. Après il y a aussi des évolutions possibles au niveau des grades comme tu le dis, avec des augmentations de salaires au fur et à mesure de ta carrière, lorsque tu passes en CDI et donc que tu deviens titulaire du poste. Mais après c’est plus au niveau de la responsabilité qu’il y a une réelle évolution, on ne va pas tout de suite te faire faire les matinales de semaine qui sont le plus écoutées ou t’envoyer sur une interview politique compliquée. Il  faut que tu connaisses assez bien le sujet, que tu aies assez d’expérience pour être à l’aise, puis surtout qu’on te fasse assez confiance pour savoir que tu vas bien le faire. Donc l’évolution se voit plus dans la maîtrise de l’outil effectivement.
Groupe : Si l’on résume, tout se jauge sur la confiance, donc selon toi quelles sont les qualités requises pour être un « bon journaliste », en qui une rédaction aurait pleinement confiance ?
JPB : Tout d’abord il faut être éveillé, curieux, toujours être prêt à « sauter dans tes bottes ». Il y a une qualité très importante mais que tout le monde n’a pas c’est l’humilité, car on ne fait pas l’actualité, on est des témoins.
Groupe : Oui vous donnez à voir aux gens…
JPB : Oui, nous allons voir ce qui se passe et nous en rendons compte car tout le monde ne peut pas y aller. Donc nous ne faisons pas l’actualité contrairement à ce que certains pensent.
Pour revenir aux qualités requises, il faut de la rigueur, répondre aux cinq questions de bases : qui, quoi, ou, comment et pourquoi ? Et cette rigueur t’oblige aussi à vérifier tes infos.
Groupe : Exact, ce qui est de moins en moins fait de nos jours… Tu dis qu’il faut être humble car vous ne faites pas l’information, mais est-ce qu’il n’y en a pas qui justement, eux, font l’information ?
JPB : Comme je l’ai dit on ne fait pas l’actualité, elle se fait toute seule. Nous, nous allons chercher dans l’actualité ce qui nous intéresse et ce que nous choisissons de traiter. Donc à partir de ce choix, nous faisons l’information en quelques sortes.
Groupe : Effectivement ! Mais ceux que je voulais viser c’est plus précisément les présentateurs des journaux télévisés…
JPB : Oui, c’est évident que des personnes qui se trouvent tout en haut de la pyramide, comme Pujadas par exemple, font l’information. Quelque part Pujadas fait l’actualité tellement qu’il est influent  sur la façon de pensée des gens, dans le choix des sujets, par le nombre de personnes qui l’écoutent… C’est pour cela qu’il est manipulateur mais également manipulé, et nous les journalistes nous sommes tous un peu manipulés. Mais pour Pujadas par exemple, c’est à une plus grande échelle. Si un présentateur de journal télévisé est de droite, il va choisir une information de droite, en piochant une information arrangeante parmi d’autres ou en créant un écran de fumée pour cacher une information qui pourrait gêner les opinions défendues et les gens pour qui ils travaillent. Pujadas par exemple va manger avec des gens très puissants, et ensemble ils vont décider de l’actualité qu’il va faire.
Groupe : Alors peut-on qualifier les présentateurs de journaux télévisés de « vrais journalistes » si l’on connaît toute la manipulation qui se cache derrière ?
JPB : Je ne sais pas, mis à part le fait qu’il a sa carte de presse. Mais sinon, même moi parfois je suis mené à donner des informations avec les quelles je ne suis pas forcément d’accord. Si l’on fait une interview du patron d’Areva qui dit que les centrales nucléaires sont sans aucun danger, le boulot c’est d’aller chercher l’association qui dit le contraire, même si nous avons pas tout le temps l’opportunité de le faire car par exemple nous n’avons pas le « droit de suite » sur une affaire, il n’y a pas assez de reporters disponibles, etc.
Groupe : Votre avis passe en quelques sortes par les différentes interviews que vous allez réaliser ?
JPB : Voilà, on va essayer de contrebalancer une information avec certaines choses mais comme je l’ai dit ce n’est pas toujours possible.
Groupe : Et donc peut-on être un « bon journaliste » en restant soi même, en faisant plus ou moins les sujets qui nous intéressent ou faut il se cantonner à des sujets plus banal qui conviennent à tout le monde ?
JPB : Tout d’abord, je ne travaille pas seul mais en équipe, sous la direction d’un rédacteur en chef, qui lui même est placé sous une direction de l’information. Donc le matin on décide en équipe, il y a un débat, on est pas forcément d’accord, on donne nos opinions et en fin de compte nous prenons une décision. Je ne suis pas toujours d’accord avec la décision mais à partir du moment qu’elle a été prise en commun ou que le chef à dit que c’était comme ça et non autrement, tu le fais ou tu t’en vas. Dans la mesure ou tu l’acceptes, tu essaies de traiter le sujet en essayant de mettre le contrepoint qui va permettre d’avoir un avis différent de l’avis qu’on donne. Après, par exemple, la dernière fois j’ai couvert l’expulsion d’une sorte groupe d’alter-mondialiste qui squatter dans une maison qui appartient à l’état pour protester contre un projet régional. Ils étaient 5 à l’intérieur et le préfet à envoyer 100 policiers pour les déloger…. Donc dans le traitement de mon article, j’ai essayé d’ironiser sur certaines choses dans le ton, le choix des mots… de faire comprendre au gens que 100 policiers pour 5 personnes, c’était peut-être un peu disproportionné. Donc j’arrive à donner mon opinion de cette manière. Dans ma façon de traiter le boulot, je m’oblige à rester honnête vis-à-vis de moi même.
Groupe : Mais au niveau du choix des sujets il y a une pression exercée par la direction ?
JPB : Oui, de plus en plus. Tu vas proposer un sujet, le chef n’en veut pas et va m’envoyer sur un sujet plus important à son goût. On va débattre un peu mais il y a de fortes chances que sa proposition soit retenue et la mienne mise de côté.
Groupe : Mais du coup, est ce que les journaux radios l’occurrence, ne sont pas amenés à couvrir exactement les mêmes titres ?
JPB : Alors ça c’est la difficulté. Nous, les radios locales, nous sommes censées faire de l’information locale. À une certaine époque, on faisait que de l’information locale, puis à 13h et 19h on reprenait les deux gros journaux de notre radio nationale que l’on diffusait. De ce fait, on avait la possibilité de faire une information qui correspond à notre auditoire local, car nous savions que la grosse information serait lâchée après. Donc  par exemple lorsque j’étais dans un milieu rural, je parlais beaucoup d’agriculture, je ne choisissais donc pas l’information nationale qui dans tous les cas serait parue dans l’édition nationale. Ors, maintenant, avec l’internet et l’intranet, on est obligés de choisir des informations qui sont présélectionnées par le média dominant, à Paris. On ne peut plus s’en écarter. Lorsque j’étais en Roumanie lorsque il y a eu la révolution roumaine en 1989, j’ai fait mon boulot de reporter, de journaliste de base, mais en parallèle j’ai également fait des sujets sur la société roumaine, les femmes et l’agriculture. Je suis donc revenu avec des sujets sur l’agriculture car mes auditeurs à l’époque étaient des paysans, je me suis donc dit que ça les intéresseraient de savoir comment les paysans roumains vivent.
Si j’ai bien compris, tu es journaliste depuis un moment, cela veut dire que tu as connu l’arrivée d’Internet, comment l’as tu vécu ? Internet, sa rapidité et sa facilité d’accès ont-ils réellement changé ton métier ?
Moi j’ai commencé dans les années 80, donc j’ai connu la révolution numérique au niveau des outils mais aussi du média. Et maintenant, nous vivons avec Twitter, Facebook, etc. Une info donnée sur Twitter elle est balancée aussitôt, elle n’est pas vérifiée. Mais la base du journalisme, c’est de vérifier l’info, et déjà qu’à la radio c’est rapide (car l’information que tu donnes le matin, le midi elle est plus trop à la mode et le soir c’est carrément démodé…), maintenant, avec internet, c’est minute par minute toute la journée. Et il faut fournir, le site d’un concurrent va donner une info et toi tu vas courir pour aller en donner une autre, et du coup il y a une sorte de course qui fait qu’on ne prend plus temps de se poser, réfléchir, enquêter… Car il faut tout de suite sortir l’information. Et je pense que c’est le vrai problème en ce moment, il faut adapter la pratique à l’outil, il faut évoluer, c’est certain. Nous par exemple en radio ils ont ouvert un site internet, je fais déjà ma journée de présentateur radio, mais en plus de cela il faut déjà que je prenne du temps pour rédiger un article en ligne, prendre des photos ou des vidéos pour alimenter le site… Ça demande du boulot en plus, il n’y a pas de moyens pour le faire, donc tu fais moins de radio et plus de web, et c’est ce qu’on me demande, mais moi ma formation est portée sur la radio et non sur le web… Donc il y a un vrai problème qui est également lié à la crise et aux moyens. Si on engage pas des gens pour réaliser ces tâches, je ne vois pas comment ça peut marcher car si je fais moins de radio j’aurai moins de matière pour alimenter le site de la radio…
Groupe : Et c’est de cette façon que la radio arrive à faire face aux nombreux sites d’informations en ligne comme Mediapart, en créant leurs site web ?
JPB : Oui, c’est pour s’adapter, mais nous ne consommons plus la radio de la même façon. Soit tu l’écoutes en mettant ta radio, la il y a le côté fugace des choses, ou alors tu vas sur le site, tu vas réécouter l’information, l’émission. Il faut s’adapter à ce nouveau mode de fonctionnement, personnellement je ne suis pas fan car j’aime bien le côté authentique.
Mais il faut se donner les moyens de s’adapter : des sous, des formations, des jeunes journalistes qui rentreraient dans les rédactions, des postes destinés à mettre à jour le site, le modérer etc…  Car pour le moment nous nous occupons de tout, en plus de la partie radio.
Groupe : La radio utilise donc internet comme un outil, mais penses-tu que dans quelques années, internet fera partie intégrante de la radio, c’est à dire que nous ne pourrions plus imaginer la radio sans internet ?
JPB : Déjà maintenant ce n’est presque plus possible pour certains, mais il y a des web radios qui se créent, qui commencent à tenir la route. Il n’y a pas d’émetteurs radios, c’est très intéressant, cela prouve que nous pouvons travailler de manière différente. Donc effectivement je pense que nous pouvons encore évoluer.
Groupe : De toute façon, à la vitesse ou vont les choses actuellement, il faut s’adapter aux dépens de certaines conceptions que l’on peut se faire de la radio.
JPB : Oui, je pense que l’adaptation va se faire avec douleur, parfois avec des trucs géniaux. C’est une période de transition qui est très intéressante. Je n’ai rien vu pour le moment de fondamentalement nouveau, mais dans les prochaines années, avec les nouvelles générations comme la votre, il y a des choses très sympas qui vont pouvoir se faire. Mais la question que je me pose toujours avec ces nouvelles technologies, c’est le coût en énergie, en pollution… Car pour faire marcher toutes ces machines, tous ces ordinateurs, ces réseaux… Il faut beaucoup de courant. Dans ce domaine, il y a également une évolution à apporter.
Groupe : Oui c’est évident. Pour changer de sujet, à propos de l’international, car c’est aussi cela qui nous intéresse, on a question « technique » : est-ce que lorsque vous allez à l’étranger, vous écrivez les faits sur le moment à chaud ou tu vois ce qui se passe et c’est le soir en rentrant que vous vous mettez à écrire ?
JPB : Cela dépend, lorsque je suis parti en Roumanie, je téléphonais tous les jours pour rendre compte de la situation « au jour j », et en parallèle je faisais des interviews et des reportages que j’ai rapportés et que j’ai pris le temps de monter derrière. C’est plus un travail ou tu prends le temps de travailler le fond, la forme, d’aller voir les gens… Après que ce soit en local ou en international, c’est la même chose. Tu vas sur une actualité chaude, tu écris tout de suite un papier et tu le balances aussitôt.
Groupe : Donc pour toi le « balancer » c’est le dire à la radio ?
JPB : Oui, j’appelle ma radio, on me passe à la radio et je lis les bribes que je viens d’écrire, avec une partie improvisée. Petite remarque, faire de l’international ne signifie pas forcément partir à l’étranger… Petit exemple, j’étais à Nice, il y avait une colonie de vacances de petits Libanais, j’ai fait un reportage sur eux, c’était lors de la guerre du Liban, c’est passé sur Radio France International, c’est donc devenu un reportage international et des gens du Liban m’ont téléphoné pour dire que c’était super car ils avaient entendu leurs enfants.
Groupe : Ah d’accord, donc l’international peut aussi se faire de l’intérieur.
JPB : Exactement, tu peux faire une pige pour la BBC car il y a un événement qui va les intéresser ici. Après pour parler de l’international, il y a les envoyés spéciaux permanents, leur rédaction leurs paient un appartement ou ils ont un petit studio d’enregistrement, tous les matins ils ont une réunion avec leurs collègues et leur chef mais par téléphone et ils vont couvrir toutes sortes d’évènement, que le chef va bien sur décider de diffuser ou non et va dire ce qui est le mieux ou pas. Donc il se peut qu’il y ait des jours ou il ne fait rien car rien ne se passe d’assez important pour le diffuser en France.
Et il y a les envoyés spéciaux pas permanents, par exemple en ce moment aux Philippines il n’y a que des envoyés spéciaux, beaucoup de rédactions en ont envoyés. Celui ci d’envoyé spécial, il vit chez lui, dans son pays. Le matin il va tranquillement être chez lui, mais au lieu d’aller prendre l’apéro, on lui dit à la dernière minute qu’il doit partir d’urgence aux Philippines. Il a tout ce qu’il faut dans son tiroir, on lui file du cash et il part. Et le soir il est aux Philippines au lieu de rentrer chez lui comme c’était prévu le matin même.
Il faut aimer toujours être sur le départ, mais l’autre chose importante à souligner, c’est que ce sont des gens qui sont pratiquement tout le temps sur les points chauds, c’est à dire les mauvaises nouvelles : les morts, les drames, les catastrophes naturelles…
Comme type de journaliste il y a aussi les indépendants, ils s’installent dans un pays et  appellent des rédactions pour dire qu’ils sont présents si les rédactions ont besoin de lui lors d’évènement particulier. Donc il est payé à la pige.
Groupe : D’accord, pour finir, nous aimerions revenir sur un sujet que nous avons déjà traité : que penses tu des journaux télévisés qui utilisent en gros titres « le beau temps » par exemple, en montrant que tout le monde est content… Et le pire, c’est que tous les journaux télévisés vont titrer la même chose. Donc penses tu que c’est de la vraie information ?
JPB : Ça m’agace prodigieusement, je pense surtout que c’est un processus de décérébralisation. Pourquoi pas traiter ce sujet, mais dire que tout le monde est heureux de la chaleur lorsque il fait 43° et que les terres sont sèches, je ne trouve pas ça malin. On peut en parler, dans la météo, mais de la à ouvrir le journal dessus… S’interroger dessus en se demandant les conséquences que cela pourrait avoir sur les vendanges, si va ça décaler les orages cévenols, dire que l’on est dans un décalage climatique par rapport aux 15 dernières années, etc. c’est une bonne idée. Mais le reste du pipot… Si le journal dure 25 minutes et que tu consacres 7 minutes à ce thème, tu ne peux pas te consacrer à des informations plus importantes ou des enquêtes… Mais c’est ce que ma rédaction me demande de faire. Mais moi si j’ai signé dans une radio locale du service public c’est essentiellement car je pouvais être loin de la maison maire à Paris. Il n’y avait que le téléphone et le minitel pour communiquer. Donc si tu restais tranquille et qu’on ne t’entendait pas à Paris, tu pouvais faire ton petit truc en toute conscience et honnêteté. Aujourd’hui les liens sont plus serrés avec internet et intranet, à Paris ils ont la main sur mon ordinateur, donc ils peuvent m’envoyer de plus en plus d’informations. Il y a des étapes intermédiaires qui ont été crées avec des directions régionales et des maillages plus forts. On me demande de mettre du « gras » ou de la « gourmandise » pour que ce soit sympathique… Donc c’est ça : parler de la météo, dire que c’est formidable… Mais avec ça, j’ai du mal, car pour moi ce n’est pas un vrai boulot de journaliste.
Groupe : D’ou la question du vrai journaliste…
JPB : Un journaliste doit donner des éléments de réflexion, le truc c’est que maintenant on nous en donne de moins en moins…
Groupe : Ce qui est choquant, c’est la différence qu’il y a entre le journal télévisé d’Arte par exemple, et celui de TF1. Celui d’Arte est très riche, rempli d’informations importantes, mondiales mais surtout chaque soir. En comparaison à celui de TF1 qui est… vide !
JPB : Absolument, ils donnent de l’information internationale mais pas vu que du point de vu français comme TF1 le fait, car les journaux télévisés de ces chaînes ne s’intéressent qu’à une partie du monde.
Groupe : c’est vrai que lorsque l’on regarde le journal on a l’impression d’assister à une discussion entre deux mamies sur un banc.
JPB : C’est exactement ce qu’on nous demande de faire. On nous demande de vider le sois disant répondeur de l’information où les gens téléphonent pour dire tout et n’importe quoi. Il faut qu’on l’écoute, qu’on en fasse des montages et de le présenter à l’antenne. Donc ils s’écoutent eux mêmes, ils sont très contents, mais à part ça je trouve que c’est du populisme… Que les gens donnent leur avis, c’est très bien, mais notre boulot c’est de leur donner des éléments de réflexion pour qu’ils donnent leur avis après avoir été éclairé. La, ça n’est pas ça.
Groupe : Leur avis fait l’information…
JPB : Voilà, mais moi je me fous de ce que pense Paulette du quartier X, qu’elle soit choquée car une Mamie s’est faite agressée, je suis tout à fait d’accord avec elle. Mais ça n’a rien à faire dans le journal. D’autant plus, parfois ils se basent sur des rumeurs. Et maintenant notre boulot c’est ça, des notes de services passent pour nous l’ordonner.
C’est pas mon boulot…
Groupe : C’est évident… Merci beaucoup de nous avoir accordé tout ce temps. Nous t’enverrons par mail la retranscription comme prévu !
JPB : Avec plaisir !

Interview de JPB, journaliste dans une radio locale de service public. Interview réalisé le 9 novembre 2013 à 17h30. Celle-ci s’est déroulée à son chaleureux domicile, sur son canapé, dans une ambiance très détendue car un des membres des groupes connaissait JPB. Ce dernier n’a pas souhaité dévoiler son nom, par simple pudeur pour ne pas que ses convictions personnelles soient diffusées sur internet, mais aussi afin d’éviter que ces propos envers sa direction ne lui cause des ennuis, ce que nous avons parfaitement compris. Après le rappel du contrat déontologique, JPB donne son accord pour que nous enregistrions l’entretien à l’aide d’ un dictaphone et que nous publions et présentons devant un jury cet entretien.

L’entretien débute.

Groupe : Tout d’abord nous tenons à rappeler pourquoi nous sommes ici,  nous avons un projet scolaire qui nous a été attribué à notre faculté, qui est d’avoir un entretien avec un professionnel qui exerce le métier que l’on aimerait faire, journaliste en l’occurence !

Pour commencer, quelles ont été tes études afin de devenir journaliste à la radio ?

JPB : J’ai passé un bac littéraire, un bac « A » à l’époque, avant de faire l’IUT de journalisme de Bordeaux, ce qui remonte à quelques années car je suis sorti diplômé en 1983. Il se trouve que j’ai redoublé et donc j’ai fait trois années au lieu de deux. Déjà à l’époque le concours était compliqué, je me rappelle de mon sujet qui était : « les successeurs de Tito à la tête de la Yougoslavie », mais maintenant le concours est encore plus compliqué à obtenir car il y a énormément de candidat et il y a de moins en moins de gens qui arrivent directement du bac, la plupart des personnes passent par des prépas. J’en suis donc sorti à 21 ans et j’ai commencé à travailler car l’IUT permet de faire des stages. J’ai fait un peu de stages en presse écrite à Midi Libre, même si c’était déjà la radio qui m’intéressait, donc j’ai fait un stage à Radio France Toulouse, ça c’est bien passé, l’équipe et le rédacteur en chef m’ont trouvé sympa et efficace. Donc j’ai commencé à bosser tout de suite à la sortie de l’IUT : premier contrat à durée déterminée, première période de chômage, deuxième contrat, deuxième période de chômage… et j’ai tourné comme ça pendant à peu près 8 ans.

Groupe : D’accord, et pendant tes stages tu faisais quoi la plupart du temps ?

JPB : Durant les premiers stages, j’étais en observation, j’avais déjà une petite idée avec l’IUT mais j’ai appris à me servir du magnéto, faire du montage car à l’époque on faisait ça avec des bandes magnétiques et une paire de ciseaux, c’était plus manuel que maintenant où tout se fait par ordinateur. Plus précis également, car le coup de ciseau au mauvais endroit, il était donné… Par la suite premier reportage, avec le dernier stage de l’IUT, tu es comme un journaliste débutant : on t’envoie sur les reportages, tu vas interviewé les gens, tu fais le montage, le texte qui va avec… J’ai fait mes premières présentations de journaux pour la radio dépêche du Midi de Toulouse, c’était terrifiant, je donne le tiercé en donnant l’impression que le glas était en train de sonner… (rires). Puis je me suis rapidement à gagner ma vie, 8 ans de CDD, j’ai bossé à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Montpellier, Périgueux, Laval, Paris, Nice…

Groupe : Ah tu as bien bougé pendant les premières années ! Et durant ces 8 années, tu réalisais le même type de travail à chaque fois ?

JPB : Non, car soit j’étais en contrat à durée déterminée, soit en piges, ou pour un contrat à durée déterminée où j’ai du remplacer une fille qui a eu une grossesse difficile par exemple.

Groupe : Si je ne me trompe être pigiste signifie que l’on est appelés quand la rédaction a besoin d’un journaliste en plus ?

JPB : exactement, c’est à la journée, quand la rédaction à besoin. Un pigiste est payé à la pige, et il est soit payé à la tâche, soit à la journée de travail. Si j’étais pigiste et que la rédaction me dit « demain tu ne travailles pas » mais que le lendemain ils se rendent compte à 8h du matin qu’ils ont besoin de moi ils m’appellent et il faut que je sois la. Un pigiste est vraiment un journaliste indépendant. Lors de mes premières années j’ai été pigiste permanent à Montpellier pendant 1 an. Mais désormais ce n’est plus possible car les budgets sont beaucoup plus restreints, donc il n’y a plus de pigistes permanents, ce qui fait qu’ils sont obligés de jongler entre plusieurs rédactions.

Groupe : Oui je vois. Aujourd’hui tu n’es donc plus pigiste mais au fil des années as tu gardé plus ou moins le même poste ou il y a eu une évolution possible ?

JPB : Oui car en gros il y a deux filières chez nous : la filière reportage et la filière présentation. À un moment de ta carrière tu choisis soit d’être reporter soit d’être présentateur. Mais dans les radios locales on fait un peu de tout, et le pigiste sera appelé pour faire ce que les journalistes ne veulent pas faire, c’est à dire présenter les matinales, les week-ends, faire des reportages tard… Donc pour revenir à une évolution possible, globalement le métier reste le même du début à la fin de ta carrière car tu as une réunion le matin,  tu pars en reportage, tu interview les gens, tu reviens pour faire le montage, le texte et tu donnes tout ça à la personne qui fait la présentation. Ou alors tu es de présentation et tu recueilles ce que te donnes les reporters, tu le réécris à ta sauce et tu vas le présenter.

Groupe : D’accord, donc l’évolution ne se jauge pas réellement sur une échelle sociale avec des grades, mais plus dans l’autonomie que tu vas acquérir au fil des années ?

JPB : Effectivement, l’évolution se fait dans le changement des sujets que l’on va te donner, on va te faire de plus en plus confiance si tu fournis du bon travail. Après il y a aussi des évolutions possibles au niveau des grades comme tu le dis, avec des augmentations de salaires au fur et à mesure de ta carrière, lorsque tu passes en CDI et donc que tu deviens titulaire du poste. Mais après c’est plus au niveau de la responsabilité qu’il y a une réelle évolution, on ne va pas tout de suite te faire faire les matinales de semaine qui sont le plus écoutées ou t’envoyer sur une interview politique compliquée. Il  faut que tu connaisses assez bien le sujet, que tu aies assez d’expérience pour être à l’aise, puis surtout qu’on te fasse assez confiance pour savoir que tu vas bien le faire. Donc l’évolution se voit plus dans la maîtrise de l’outil effectivement.

Groupe : Si l’on résume, tout se jauge sur la confiance, donc selon toi quelles sont les qualités requises pour être un « bon journaliste », en qui une rédaction aurait pleinement confiance ?

JPB : Tout d’abord il faut être éveillé, curieux, toujours être prêt à « sauter dans tes bottes ». Il y a une qualité très importante mais que tout le monde n’a pas c’est l’humilité, car on ne fait pas l’actualité, on est des témoins.

Groupe : Oui vous donnez à voir aux gens…

JPB : Oui, nous allons voir ce qui se passe et nous en rendons compte car tout le monde ne peut pas y aller. Donc nous ne faisons pas l’actualité contrairement à ce que certains pensent. Pour revenir aux qualités requises, il faut de la rigueur, répondre aux cinq questions de bases : qui, quoi, ou, comment et pourquoi ? Et cette rigueur t’oblige aussi à vérifier tes infos.

Groupe : Exact, ce qui est de moins en moins fait de nos jours… Tu dis qu’il faut être humble car vous ne faites pas l’information, mais est-ce qu’il n’y en a pas qui justement, eux, font l’information ?

JPB : Comme je l’ai dit on ne fait pas l’actualité, elle se fait toute seule. Nous, nous allons chercher dans l’actualité ce qui nous intéresse et ce que nous choisissons de traiter. Donc à partir de ce choix, nous faisons l’information en quelques sortes.

Groupe : Effectivement ! Mais ceux que je voulais viser c’est plus précisément les présentateurs des journaux télévisés…

JPB : Oui, c’est évident que des personnes qui se trouvent tout en haut de la pyramide, comme Pujadas par exemple, font l’information. Quelque part Pujadas fait l’actualité tellement qu’il est influent  sur la façon de pensée des gens, dans le choix des sujets, par le nombre de personnes qui l’écoutent… C’est pour cela qu’il est manipulateur mais également manipulé, et nous les journalistes nous sommes tous un peu manipulés. Mais pour Pujadas par exemple, c’est à une plus grande échelle. Si un présentateur de journal télévisé est de droite, il va choisir une information de droite, en piochant une information arrangeante parmi d’autres ou en créant un écran de fumée pour cacher une information qui pourrait gêner les opinions défendues et les gens pour qui ils travaillent. Pujadas par exemple va manger avec des gens très puissants, et ensemble ils vont décider de l’actualité qu’il va faire.

Groupe : Alors peut-on qualifier les présentateurs de journaux télévisés de « vrais journalistes » si l’on connaît toute la manipulation qui se cache derrière ?

JPB : Je ne sais pas, mis à part le fait qu’il a sa carte de presse. Mais sinon, même moi parfois je suis mené à donner des informations avec les quelles je ne suis pas forcément d’accord. Si l’on fait une interview du patron d’Areva qui dit que les centrales nucléaires sont sans aucun danger, le boulot c’est d’aller chercher l’association qui dit le contraire, même si nous avons pas tout le temps l’opportunité de le faire car par exemple nous n’avons pas le « droit de suite » sur une affaire, il n’y a pas assez de reporters disponibles, etc.

Groupe : Ton avis passe en quelques sortes par les différentes interviews que vous allez réaliser ?

JPB : Voilà, on va essayer de contrebalancer une information avec certaines choses mais comme je l’ai dit ce n’est pas toujours possible.

Groupe : Et donc peut-on être un « bon journaliste » en restant soi même, en faisant plus ou moins les sujets qui nous intéressent ou faut il se cantonner à des sujets plus banal qui conviennent à tout le monde ?

JPB : Tout d’abord, je ne travaille pas seul mais en équipe, sous la direction d’un rédacteur en chef, qui lui même est placé sous une direction de l’information. Donc le matin on décide en équipe, il y a un débat, on est pas forcément d’accord, on donne nos opinions et en fin de compte nous prenons une décision. Je ne suis pas toujours d’accord avec la décision mais à partir du moment qu’elle a été prise en commun ou que le chef à dit que c’était comme ça et non autrement, tu le fais ou tu t’en vas. Dans la mesure ou tu l’acceptes, tu essaies de traiter le sujet en essayant de mettre le contrepoint qui va permettre d’avoir un avis différent de l’avis qu’on donne. Après, par exemple, la dernière fois j’ai couvert l’expulsion d’une sorte groupe d’alter-mondialiste qui squatter dans une maison qui appartient à l’état pour protester contre un projet régional. Ils étaient 5 à l’intérieur et le préfet à envoyer 100 policiers pour les déloger…. Donc dans le traitement de mon article, j’ai essayé d’ironiser sur certaines choses dans le ton, le choix des mots… de faire comprendre au gens que 100 policiers pour 5 personnes, c’était peut-être un peu disproportionné. Donc j’arrive à donner mon opinion de cette manière. Dans ma façon de traiter le boulot, je m’oblige à rester honnête vis-à-vis de moi même.

Groupe : Mais au niveau du choix des sujets il y a une pression exercée par la direction ?

JPB : Oui, de plus en plus. Tu vas proposer un sujet, le chef n’en veut pas et va m’envoyer sur un sujet plus important à son goût. On va débattre un peu mais il y a de fortes chances que sa proposition soit retenue et la mienne mise de côté.

Groupe : Mais du coup, est ce que les journaux radios l’occurrence, ne sont pas amenés à couvrir exactement les mêmes titres ?

JPB : Alors ça c’est la difficulté. Nous, les radios locales, nous sommes censées faire de l’information locale. À une certaine époque, on faisait que de l’information locale, puis à 13h et 19h on reprenait les deux gros journaux de notre radio nationale que l’on diffusait. De ce fait, on avait la possibilité de faire une information qui correspond à notre auditoire local, car nous savions que la grosse information serait lâchée après. Donc  par exemple lorsque j’étais dans un milieu rural, je parlais beaucoup d’agriculture, je ne choisissais donc pas l’information nationale qui dans tous les cas serait parue dans l’édition nationale. Ors, maintenant, avec l’internet et l’intranet, on est obligés de choisir des informations qui sont présélectionnées par le média dominant, à Paris. On ne peut plus s’en écarter. Lorsque j’étais en Roumanie lorsque il y a eu la révolution roumaine en 1989, j’ai fait mon boulot de reporter, de journaliste de base, mais en parallèle j’ai également fait des sujets sur la société roumaine, les femmes et l’agriculture. Je suis donc revenu avec des sujets sur l’agriculture car mes auditeurs à l’époque étaient des paysans, je me suis donc dit que ça les intéresseraient de savoir comment les paysans roumains vivent.

Groupe : Si j’ai bien compris, tu es journaliste depuis un moment, cela veut dire que tu as connu l’arrivée d’Internet, comment l’as tu vécu ? Internet, sa rapidité et sa facilité d’accès ont-ils réellement changé ton métier ?

JPB : Moi j’ai commencé dans les années 80, donc j’ai connu la révolution numérique au niveau des outils mais aussi du média. Et maintenant, nous vivons avec Twitter, Facebook, etc. Une info donnée sur Twitter elle est balancée aussitôt, elle n’est pas vérifiée. Mais la base du journalisme, c’est de vérifier l’info, et déjà qu’à la radio c’est rapide (car l’information que tu donnes le matin, le midi elle est plus trop à la mode et le soir c’est carrément démodé…), maintenant, avec internet, c’est minute par minute toute la journée. Et il faut fournir, le site d’un concurrent va donner une info et toi tu vas courir pour aller en donner une autre, et du coup il y a une sorte de course qui fait qu’on ne prend plus temps de se poser, réfléchir, enquêter… Car il faut tout de suite sortir l’information. Et je pense que c’est le vrai problème en ce moment, il faut adapter la pratique à l’outil, il faut évoluer, c’est certain. Nous par exemple en radio ils ont ouvert un site internet, je fais déjà ma journée de présentateur radio, mais en plus de cela il faut déjà que je prenne du temps pour rédiger un article en ligne, prendre des photos ou des vidéos pour alimenter le site… Ça demande du boulot en plus, il n’y a pas de moyens pour le faire, donc tu fais moins de radio et plus de web, et c’est ce qu’on me demande, mais moi ma formation est portée sur la radio et non sur le web… Donc il y a un vrai problème qui est également lié à la crise et aux moyens. Si on engage pas des gens pour réaliser ces tâches, je ne vois pas comment ça peut marcher car si je fais moins de radio j’aurai moins de matière pour alimenter le site de la radio…

Groupe : Et c’est de cette façon que la radio arrive à faire face aux nombreux sites d’informations en ligne comme Mediapart, en créant leurs site web ?

JPB : Oui, c’est pour s’adapter, mais nous ne consommons plus la radio de la même façon. Soit tu l’écoutes en mettant ta radio, la il y a le côté fugace des choses, ou alors tu vas sur le site, tu vas réécouter l’information, l’émission. Il faut s’adapter à ce nouveau mode de fonctionnement, personnellement je ne suis pas fan car j’aime bien le côté authentique.

Mais il faut se donner les moyens de s’adapter : des sous, des formations, des jeunes journalistes qui rentreraient dans les rédactions, des postes destinés à mettre à jour le site, le modérer etc…  Car pour le moment nous nous occupons de tout, en plus de la partie radio.

Groupe : La radio utilise donc internet comme un outil, mais penses-tu que dans quelques années, internet fera partie intégrante de la radio, c’est à dire que nous ne pourrions plus imaginer la radio sans internet ?

JPB : Déjà maintenant ce n’est presque plus possible pour certains, mais il y a des web radios qui se créent, qui commencent à tenir la route. Il n’y a pas d’émetteurs radios, c’est très intéressant, cela prouve que nous pouvons travailler de manière différente. Donc effectivement je pense que nous pouvons encore évoluer.

Groupe : De toute façon, à la vitesse ou vont les choses actuellement, il faut s’adapter aux dépens de certaines conceptions que l’on peut se faire de la radio.

JPB : Oui, je pense que l’adaptation va se faire avec douleur, parfois avec des trucs géniaux. C’est une période de transition qui est très intéressante. Je n’ai rien vu pour le moment de fondamentalement nouveau, mais dans les prochaines années, avec les nouvelles générations comme la votre, il y a des choses très sympas qui vont pouvoir se faire. Mais la question que je me pose toujours avec ces nouvelles technologies, c’est le coût en énergie, en pollution… Car pour faire marcher toutes ces machines, tous ces ordinateurs, ces réseaux… Il faut beaucoup de courant. Dans ce domaine, il y a également une évolution à apporter.

Groupe : Oui c’est évident. Pour changer de sujet, à propos de l’international, car c’est aussi cela qui nous intéresse, on a question « technique » : est-ce que lorsque vous allez à l’étranger, vous écrivez les faits sur le moment à chaud ou tu vois ce qui se passe et c’est le soir en rentrant que vous vous mettez à écrire ?

JPB : Cela dépend, lorsque je suis parti en Roumanie, je téléphonais tous les jours pour rendre compte de la situation « au jour j », et en parallèle je faisais des interviews et des reportages que j’ai rapportés et que j’ai pris le temps de monter derrière. C’est plus un travail ou tu prends le temps de travailler le fond, la forme, d’aller voir les gens… Après que ce soit en local ou en international, c’est la même chose. Tu vas sur une actualité chaude, tu écris tout de suite un papier et tu le balances aussitôt.

Groupe : Donc pour toi le « balancer » c’est le dire à la radio ?

JPB : Oui, j’appelle ma radio, on me passe à la radio et je lis les bribes que je viens d’écrire, avec une partie improvisée. Petite remarque, faire de l’international ne signifie pas forcément partir à l’étranger… Petit exemple, j’étais à Nice, il y avait une colonie de vacances de petits Libanais, j’ai fait un reportage sur eux, c’était lors de la guerre du Liban, c’est passé sur Radio France International, c’est donc devenu un reportage international et des gens du Liban m’ont téléphoné pour dire que c’était super car ils avaient entendu leurs enfants.

Groupe : Ah d’accord, donc l’international peut aussi se faire de l’intérieur.

JPB : Exactement, tu peux faire une pige pour la BBC car il y a un événement qui va les intéresser ici. Après pour parler de l’international, il y a les envoyés spéciaux permanents, leur rédaction leurs paient un appartement ou ils ont un petit studio d’enregistrement, tous les matins ils ont une réunion avec leurs collègues et leur chef mais par téléphone et ils vont couvrir toutes sortes d’évènement, que le chef va bien sur décider de diffuser ou non et va dire ce qui est le mieux ou pas. Donc il se peut qu’il y ait des jours ou il ne fait rien car rien ne se passe d’assez important pour le diffuser en France.

Et il y a les envoyés spéciaux pas permanents, par exemple en ce moment aux Philippines il n’y a que des envoyés spéciaux, beaucoup de rédactions en ont envoyés. Celui ci d’envoyé spécial, il vit chez lui, dans son pays. Le matin il va tranquillement être chez lui, mais au lieu d’aller prendre l’apéro, on lui dit à la dernière minute qu’il doit partir d’urgence aux Philippines. Il a tout ce qu’il faut dans son tiroir, on lui file du cash et il part. Et le soir il est aux Philippines au lieu de rentrer chez lui comme c’était prévu le matin même.

Il faut aimer toujours être sur le départ, mais l’autre chose importante à souligner, c’est que ce sont des gens qui sont pratiquement tout le temps sur les points chauds, c’est à dire les mauvaises nouvelles : les morts, les drames, les catastrophes naturelles…

Comme type de journaliste il y a aussi les indépendants, ils s’installent dans un pays et  appellent des rédactions pour dire qu’ils sont présents si les rédactions ont besoin de lui lors d’évènement particulier. Donc il est payé à la pige.

Groupe : D’accord, pour finir, nous aimerions revenir sur un sujet que nous avons déjà traité : que penses tu des journaux télévisés qui utilisent en gros titres « le beau temps » par exemple, en montrant que tout le monde est content… Et le pire, c’est que tous les journaux télévisés vont titrer la même chose. Donc penses tu que c’est de la vraie information ?

JPB : Ça m’agace prodigieusement, je pense surtout que c’est un processus de décérébralisation. Pourquoi pas traiter ce sujet, mais dire que tout le monde est heureux de la chaleur lorsque il fait 43° et que les terres sont sèches, je ne trouve pas ça malin. On peut en parler, dans la météo, mais de la à ouvrir le journal dessus… S’interroger dessus en se demandant les conséquences que cela pourrait avoir sur les vendanges, si va ça décaler les orages cévenols, dire que l’on est dans un décalage climatique par rapport aux 15 dernières années, etc. c’est une bonne idée. Mais le reste du pipot… Si le journal dure 25 minutes et que tu consacres 7 minutes à ce thème, tu ne peux pas te consacrer à des informations plus importantes ou des enquêtes… Mais c’est ce que ma rédaction me demande de faire. Mais moi si j’ai signé dans une radio locale du service public c’est essentiellement car je pouvais être loin de la maison maire à Paris. Il n’y avait que le téléphone et le minitel pour communiquer. Donc si tu restais tranquille et qu’on ne t’entendait pas à Paris, tu pouvais faire ton petit truc en toute conscience et honnêteté. Aujourd’hui les liens sont plus serrés avec internet et intranet, à Paris ils ont la main sur mon ordinateur, donc ils peuvent m’envoyer de plus en plus d’informations. Il y a des étapes intermédiaires qui ont été crées avec des directions régionales et des maillages plus forts. On me demande de mettre du « gras » ou de la « gourmandise » pour que ce soit sympathique… Donc c’est ça : parler de la météo, dire que c’est formidable… Mais avec ça, j’ai du mal, car pour moi ce n’est pas un vrai boulot de journaliste.

Groupe : D’ou la question du vrai journaliste…

JPB : Un journaliste doit donner des éléments de réflexion, le truc c’est que maintenant on nous en donne de moins en moins…

Groupe : Ce qui est choquant, c’est la différence qu’il y a entre le journal télévisé d’Arte par exemple, et celui de TF1. Celui d’Arte est très riche, rempli d’informations importantes, mondiales mais surtout chaque soir. En comparaison à celui de TF1 qui est… vide !

JPB : Absolument, ils donnent de l’information internationale mais pas vu que du point de vu français comme TF1 le fait, car les journaux télévisés de ces chaînes ne s’intéressent qu’à une partie du monde.

Groupe : c’est vrai que lorsque l’on regarde le journal on a l’impression d’assister à une discussion entre deux mamies sur un banc.

JPB : C’est exactement ce qu’on nous demande de faire. On nous demande de vider le sois disant répondeur de l’information où les gens téléphonent pour dire tout et n’importe quoi. Il faut qu’on l’écoute, qu’on en fasse des montages et de le présenter à l’antenne. Donc ils s’écoutent eux mêmes, ils sont très contents, mais à part ça je trouve que c’est du populisme… Que les gens donnent leur avis, c’est très bien, mais notre boulot c’est de leur donner des éléments de réflexion pour qu’ils donnent leur avis après avoir été éclairé. La, ça n’est pas ça.

Groupe : Leur avis fait l’information…

JPB : Voilà, mais moi je me fous de ce que pense Paulette du quartier X, qu’elle soit choquée car une Mamie s’est faite agressée, je suis tout à fait d’accord avec elle. Mais ça n’a rien à faire dans le journal. D’autant plus, parfois ils se basent sur des rumeurs. Et maintenant notre boulot c’est ça, des notes de services passent pour nous l’ordonner.

C’est pas mon boulot…

Groupe : C’est évident… Si  nous avons bien compris, le journalisme qui est donc parfois mal en point comme nous l’avons vu,  doit  évoluer mais doit surtout s’en donner les moyens.

JPB : Voilà, c’est cela pour faire court.

Groupe : Merci beaucoup de nous avoir accordé tout ce temps. Nous t’enverrons par mail la retranscription comme prévu !

JPB : Ce fut avec plaisir !

L’interview se termine alors, dans une ambiance détendue. La discussion continue quelques minutes autour des sujets évoqués, il fait nuit dehors, il est 18h30, nous remercions JPB encore une fois en partant, réjouis par cet entretien qui s’est bien déroulé.

Interview réalisée par Antoine Kopp, Morgan Levesque et Pierre-Luc Maron. (groupe 4 de MDT)

Entretien avec M. Benoît DURASNEL, ancien Attaché de Presse et Directeur de DP NEWS par Saïda ZOUGOULA, Naomie MENCE et Annabelle HILAIRE.

lundi 25 novembre 2013

Dans le cadre de notre Projet Professionnel Personnalisé, nous avons choisi le domaine de la publicité. N’ayant pu obtenir de rendez-vous avec un concepteur-rédacteur, nous avons du choisir un autre professionnel. C’est ainsi, que par échange de mails nous avons pu obtenir notre interview avec M. Benoît DURASNEL, ancien Chargé de Presse et Directeur de DP NEWS. L’entretien a donc eu lieu dans les locaux de l’Agence DP News, le Vendredi 22 Novembre à 08h30. Celui-ci aura duré une vingtaine de minutes.


site-dpnews (2)

Bonjour Monsieur, mes collègues et moi-même sommes étudiantes en 1ère année de Licence d’Information et Communication à l’Université de Paul Valéry. Après avoir pris connaissance et signé le contrat déontologique, nous pourrons commencer.

Benoît DURASNEL : D’accord. Pas de problèmes. Voilà.

Nous : Merci. Nous pouvons donc commencer si vous le souhaitez.

Benoît DURASNEL : Allez-y !

Interviewer : Pour débuter, pouvez-vous nous en dire plus sur votre métier ?

Benoît DURASNEL : J’ai toujours deux questions quand on me pose celle-ci ! Mon métier à l’origine ou mon métier actuel, en tant que chef d’entreprise ?

Interviewer : Votre métier à l’origine.

Benoît DURASNEL : A l’origine, je suis Attaché de Presse ! C’est un professionnel de la communication chargé de faire le lien entre médias, organismes, personnes physiques et journalistes. C’est un communicant médiatisant les événements ou actualités. Celui-ci doit s’occuper d’une branche assez précise des relations publiques qui sont en fait, les relations de presse. Ce métier est plutôt complexe.

Interviewer : Pourquoi être devenu un attaché de presse ?

Benoît DURASNEL : Sincèrement, je le suis devenu un peu part hasard, parce que j’en ai eu l’occasion. Au tout début, je n’avais pas spécialement envie d’être attaché de presse. Je ne connaissais pas vraiment le métier ! Ce n’était donc pas ma volonté première.

Interviewer : En tant qu’ancien attaché de presse, selon vous, quelles sont les compétences requises pour exercer ce métier?

Benoît DURASNEL : Alors, quelles sont les compétences requises ? D’une part, les compétences qui s’apprennent à l’école, en tout cas à l’Université. Une certaine rigueur tant au niveau de l’écrit que la relation que vous allez pouvoir mettre en place avec les autres. Tout d’abord de l’écrit, car quand on essaie de faire passer un message à des journalistes. Pour cela, on va avoir plusieurs outils à notre disposition, notamment la rédaction de communiqué de presse, de dossiers de presse. Il est vrai qu’il faut apporter un soin précis au message qu’on veut faire passer, aux idées qu’on veut transmettre et la hiérarchie qu’on veut mettre à ses idées. Pour ainsi, essayer de faire passer un message, de convaincre un journaliste, et ses lecteurs. Ensuite, la rigueur au niveau des relations qu’on va mettre en place avec les autres. Par exemple, si je suis amené à communiquer sur un événement pour lequel je dois solliciter une trentaine de médias, je suis amené à suivre 30 à 50 personnes. C’est une rigueur à avoir en terme de relance. Cette gestion humaine est à prendre en compte. Il faut donc s’adapter en tenant compte des différents besoins des personnes sollicités. En ajoutant le fait qu’on ne communique jamais sur un seul événement à la fois mais plusieurs, on peut être en même temps entrain de relancer 30 journalistes économiques et d’un autre côté, relancer 15 journalistes culturels sur un autre sujet, faire la revue de presse des évènements précédents, préparer une stratégie pour un événement qui vient … C’est alors une gestion très rigoureuse du métier. Principalement la rigueur, savoir écrire, être plus ou moins à l’aise, mais cela s’apprend avec le temps et l’expérience ! Voilà, selon moi les principales compétences nécessaires.

Interviewer : Vous parlez de compétences apprises principalement à la Fac, d’aisance au niveau de l’écrit .. Pouvez-vous nous en dire d’avantage sur votre parcours ? En nous renseignant sur vous et votre entreprise, nous avons pu constater que vous avez suivi une Licence de Droit.

Benoît DURASNEL : Oui, alors je n’ai pas un parcours classique de communicant comme vous avez pu le voir. Je n’ai pas suivi la filière Infocom, même s’il s’avère que j’enseigne en Licence 3, à Paul Valéry. Je ne viens pas du tout du monde de la communication à l’origine. J’ai effectivement fait du droit jusqu’à la Licence et terminé mon cursus par de la comptabilité, n’ayant rien à voir avec le commencement de mes études. Néanmoins, c’est ce cursus, beaucoup plus administratif qui m’a permis de rentrer au club de La Presse en 2003 entant que chargé de développement. Ce premier poste, très administratif qui m’a permis de dévier progressivement vers le domaine de la communication. J’étais donc en contact avec de journalistes et des communicants assez souvent. Mon rôle étant de les renseigner sur leur métier, sur d’éventuelles questions qu’ils pouvaient se poser, de les aider à retrouver des postes en région par exemple. Maintenant, je suis à la tête de DP News, entreprise que j’ai crée depuis 2007.

Interviewer : En faite, d’une branche très administrative vous êtes devenu un communicant pour au final être chef d’entreprise depuis environ 6 ans ..

Benoît DURASNEL : Oui, c’est exact !

Interviewer : Pouvez-vous nous en dire plus sur la fonction que vous exercez actuellement ?

Benoît DURASNEL : Ma fonction aujourd’hui ? Il est vrai que j’ai moins de fonction à « l’opérationnel ». Je m’occupe plus de faire fonctionner l’entreprise que de travailler au quotidien dans la réalisation des opérations de communication que nous mettons en place. Cependant, ce n‘est pas tout à fait juste dans le sens où DP News est une petite et jeune agence. Ainsi, je m’occupe encore, au sein de l’agence, de toute la partie « relation presse ». Pour ce faire, je suis éventuellement épaulé d’un stagiaire en fonction des périodes de stages et des missions que nous avons à mener. Sinon, mon rôle est donc de faire en sorte que l’entreprise fonctionne tant au niveau administratif, comptable que commercial. Ma fonction est donc variée.

Interviewer : Etre à la tête d’une entreprise n’est pas de tout repos ! Vous exercez une fonction plutôt diversifiée, nous avons pu le comprendre. Alors, a votre avis, quelles sont les difficultés pour faire fonctionner l’entreprise ?

Benoît DURASNEL : Alors déjà, elles sont nombreuses ! Pour faire fonctionner l’entreprise, il y a tout d’abord le problème de région. Le Languedoc-Roussillon est l’une des régions les moins riches de France ! Il y a donc forcément des difficultés dans le sens où le basin économique est assez faible comparé à d’autres régions. Cela entraîne des difficultés économiques pour pouvoir vivre correctement son métier, proposer des actions significatives à nos clients ect. Cela n’est pas toujours évident dans la mesure où le budget est sûrement beaucoup plus réduit que dans d’autres régions. Il est donc nécessaire de s’adapter, faire en sorte de pouvoir leur proposer des solutions viables et intéressantes en termes de communication, sachant que les budgets vont être moins élevés.
Les autres difficultés sont liées au contexte actuel qui n’est pas forcément le plus facile au niveau économique. Cela touche forcément nos annonceurs qui ont en retour un impact sur nous. Ainsi, les budgets vont la plus part du temps être réduits et nous devons nous adapter à tout cela.
Il y a également les difficultés quotidiennes d’une gestion d’entreprise classique. Mais, il est évident, qu’aujourd’hui, économiquement, c’est peut-être un petit peut plus difficile ! Voilà, tout fonctionne bien, mais c’est vrai qu’il faut aller au turbin chaque jour pour y arriver ! (rires)

Interviewer : Les difficultés sont donc multiples et varient en fonction du contexte et de la région.

Benoît DURASNEL : Tout à fait.

Interviewer : Etant particulièrement intéressées par la partie publicité de votre entreprise, pourriez-vous nous expliquer brièvement le processus de création ?

Benoît DURASNEL : Effectivement, la publicité n’est qu’une partie de l’agence. Nous faisons énormément de travaux publicitaires. Il est à noter qu’il y a divers métiers dans la publicité. Vous avez, dans une agence classique, en sommet de l’échelle, le Directeur de Création. Celui-ci va chapoter tout le processus créatif et ainsi lancer les grands axes du travail.
En dessous, il y a le Copywriter, c’est le rédacteur publicitaire, celui qui écrit les slogans, baselines et crée une signature dans le but de donner l’impulsion à une marque. Leurs rôles étant de mettre en écrit l’idée et le brief du client venu lui présenter son produit (caractéristiques…). Ainsi le communicant détermine le public visé, les avantages du produit et du marché. C’est donc toute une stratégie à mettre en place en fonction du produit. Un dossier conséquent est alors mit en place. On y trouve l’étude de la cible, les études marketing, la mise en place des outils de communications qui permettront de communiquer sur le projet en cours.
La partie création graphique rentre ensuite en ligne de compte. Le Directeur artistique avec les différents créateurs vont mettre en forme les écrits, la baseline, la signature. Les créateurs donnent donc une image aux écrits et décline le concept sur des supports tels qu’une affiche, une vidéo, une publicité radio ou encore un encart publicitaire.
En partant d’un processus de rendez vous avec le client on arrive a un projet que le client valide et demande de décliner sur différent supports. Plusieurs professionnels se mettent alors en coordination. Pour la production audiovisuelle, on a besoin d’un cameraman et d’un réalisateur, des graphistes. Pour un site internet, il peut y avoir un développeur, un intégrateur… C’est beaucoup de métiers.

Interviewer : Quelles sont selon vous, les contraintes ? Relations avec les clients par exemple ?

Benoît DURASNEL : Des contraintes ? Il y a en a toujours ! La relation avec le(s) client(s) est de toujours faire en sorte, en tant que professionnel, de pouvoir leur rendre le meilleur service. Les contraintes sont d’une part de nature budgétaire. Le client va avoir un budget pour une mission définie. Cette contrainte financière il faut la respecter afin de lui proposer le meilleur service et les actions avec le plus fort taux de retour sur l’investissement.
D’autre part, il existe la contrainte humaine qui est, d’arriver à nouer une relation de confiance avec le client. Cela n’est pas évident car il faut que le client vous fasse confiance, qu’il accepte le projet, qu’il comprenne pourquoi vous voulez l’orienter sur cette voie etc.
En bref, il existe de nombreuses contraintes comme l’actualité, c’est le cas de l’histoire de Total avec l’Erika par exemple.

Interviewer : Ces contraintes peuvent donc être internes ou externes à l’entreprise. Elles peuvent venir de n’importe où, et même du client !

Benoît DURASNEL : Oui. Exact.

Interviewer : Sur votre site, nous avons pu noter que vous avez une trentaine de clients, comment faîtes-vous pour tout gérer ?

Benoît DURASNEL : Alors, ils ne le sont pas forcément tous en même temps ! C’est vrai, on doit en avoir une trentaine voire un peu plus, tous les ans. Ça peut être des clients pour qui on fait très peu de choses comme une petite opération de relation de presse ou simplement la création d’un logo. Il y en a d’autres avec qui on va faire beaucoup plus de choses. On va les accompagner sur la mise en place de la stratégie, la mise en place de tous les outils à créer. Ou, si c’est une entreprise qui se crée, qui a un budget, on va commencé par créer son logo, sa signature, ses cartes de visites, ses cartons de correspondances, ses plaquettes, son site internet, son compte Facebook. Donc, 30 clients ce n’est pas forcément 30 clients à temps plein et en même temps. Il est vrai qu’il y a des périodes de rush où tous les clients à des périodes précises de l’année ont besoin de communiquer. Par exemple, à la rentrée des classes ou les fêtes de fin d’année, beaucoup de nos clients auront besoin de cartes de vœux. Ainsi, on va devoir travailler pour beaucoup de clients en même temps, veiller à ce que tout le monde soit satisfait et que tous aient une création originale, puisque c’est ce qu’ils recherchent en nous contactant. C’est donc très divers, il peut donc y avoir des moments où l’on est assez disponible comme d’autres où c’est très difficile

Interviewer : Pour nous étudiants en communication, quels conseils pouvez-vous nous donner ?

Benoît DURASNEL : Déjà, dès aujourd’hui, vous qui êtes en 1ère année, commencez à vous insérer dans votre future vie professionnelle. Forcément, cela ne veut pas dire grand-chose pour vous qui venez d’obtenir le BAC ou venez d’autres études, de vous dire que vous êtes déjà des futurs professionnels. Par exemple, l’été prochain vous aurez 3 mois de vacances durant lesquels vous aimeriez faire un petit boulot. Pensez plutôt à votre expérience professionnel, faîtes un stage ! Commencez par une première expérience, car arriver en 3ème ou 5ème année si vous avez très peu d’expérience, ceux qui en auront posséderont un énorme avantage concurrentiel, sachant aussi qu’il y a très peu de postes s’ouvrant en région. Je ne vous dis pas d’être forcément le meilleur, mais être doué, avoir un réseau, du piston, de la chance, de l’expérience et se donner les moyens est très important. Je vous conseille de vous inscrire au Club de la Presse de Montpellier. Ca ne coûte que 30€ par an pour les jeunes comme vous. Même si cela représente quand même un budget quand on est étudiant. Ainsi, vous pourriez être invité à de nombreuses manifestations, faire des rencontres qui vous permettront de commencer à créer votre réseau, véritable plus pour la recherche de stage ou encore de travail.

Interviewer : Si cela ne vous dérange pas, pouvez-vous nous parler des salaires ?

Benoît DURASNEL : C’est assez délicat, je vais vous en parler par région. Alors, les salaires sont forcément plus bas que ce que vous allez trouver par ailleurs. Des conventions collectives existent telles que les conventions collectives de la publicité imposant les minimums salariaux en fonction de vos postes. Les chiffres je ne les possède pas en tête car ce sont des salaires plus élevés que ce que l’on peut trouver en région. Quand votre entreprise choisie de se baser sur la convention de la publicité, on lui impose de respecter une grille tarifaire. Pour vous donner une idée, ça peut être pour un attaché de presse débutant en région, 1400 ou 1500 euros. Cependant, la plupart des entreprises ne sont pas forcément soumises à ces contraintes, donc là, dans la plupart des cas pour quelqu’un qui va commencer en tant qu’attaché de presse ou attaché de communication, la plupart du temps il va trouver un poste au SMIC. Je lui conseillerais, si il me le demande, de le saisir et ce, même si il est mal payé ! En effet, souvent, se sont des boulots payer au SMIC ou un petit peu plus ; les salaires sont bas. Pour commencer, que vous sortiez avec un BAC+2, +3 ou +5, vous risquez de commencer dans le privé, sur ce type de rémunération. Cela est assez brut mais c’est la réalité du marché. Après, tout dépendra de vos compétences, de l’entreprise dans laquelle vous rentrerez, de votre capacité à vous rendre incontournable au sein de l’entreprise. Lorsqu’une personne se rendant incontournable, fonctionnant bien, appréciée de tous, rendant d’importants services demande une augmentation, son employeur ne peut qu’accepter. Alors, effectivement, par la suite, les salaires peuvent évoluer.

Interviewer : D’accord, les salaires sont donc plutôt bas dans un premier temps, mais évoluent progressivement. Pour terminer, quelles sont vos perspectives d’avenir ? Une nouvelle agence peut être ?

Benoît DURASNEL : Alors non pas forcément implanter d’autres agences, mais il ne faut pas dire fontaine non plus ! Continuer à grossir petit à petit, devenir peut-être une agence reconnue de la région serait déjà une belle ambition ! Je n’ai pas d’ambition démesurée pour l’agence. L’important c’est de faire ce qui nous plaît, pour effectivement gagner de l’argent. Cela est impératif pour une entreprise, gagner de l’argent pour pouvoir être pérenne, donc continuer à faire en sorte de bien travailler, pour que les clients continuent à nous faire confiance, d’évoluer petit à petit, faire de plus en plus de choses et donc récupérer des budgets pour proposer des services plus importants. En bref, pas d’ambitions démesurées, mais des ambitions justes ! (Rires)

Nous : Nous vous remercions de nous avoir accordé votre temps mais surtout d’avoir répondu avec tant d’intérêt à nos questions. Nous vous enverrons la retranscription de l’entretien ce weekend dans les plus brefs délais. Ainsi, vous pourrez la validez pour que nous puissions la publier sur notre blog pédagogique comme prévu. Encore merci et au revoir.

Benoît DURASNEL : Avec plaisir !

Entretien avec Philippe Sansot, concepteur-rédacteur indépendant. (Mathilde Jouas, Marvin Vesir et Owendo Joachim-Tran)

lundi 25 novembre 2013

Mardi 12 novembre en début d’après-midi  nous avons interviewé à son domicile M. Philippe Sansot, qui est un concepteur-rédacteur indépendant.

« Nous sommes étudiants en première année de licence Information- Communication à l’Université Paul Valéry, nous sommes Mathilde, Marvin et Owendo. Nous allons vous interviewer sur votre domaine d’activité, c’est-à-dire la conception-rédaction publicitaire. Etes-vous toujours d’accord pour une interview d’une trentaine de minutes et pour que nous retranscrivions vos propos ? Nous vous en enverrons une copie. »

« Alors pour commencer, quelles sont selon vous les qualités essentielles pour concevoir et rédiger un message publicitaire ? »

C’est sans doute avoir des connaissances vraiment très larges dans tous les domaines pour pouvoir intervenir dans n’importe quel secteur d’activité et pouvoir après s’intégrer dans ce domaine. Il ne faut pas être spécialisé, disons qu’on devient vrai spécialiste à l’occasion de chaque intervention. Le principe c’est d’arriver à faire une synthèse, être concis puisque concepteur-rédacteur c’est trouver 2 ou 3 mots, un slogan. Donc il faut savoir faire des synthèses et avoir une connaissance générale du monde. Quelqu’un qui serait trop spécialisé dans un secteur n’aurait pas le temps d’aller butiner à droite et à gauche, or là il faut être ouvert à tous les domaines puisque l’on peut intervenir pour des collectivités locales, pour du vin, pour n’importe quoi, pour des sites pornographiques. Je n’en ai jamais fait je vous rassure.

(Rire général)

« D’accord donc il faut une bonne culture générale pour ce métier ? »

Oui, être ouvert, un peu curieux dans tous les domaines. Par exemple moi j’aime beaucoup le rugby à 15 et un peu moins le jeu à 13 mais quand on m’a demandé de faire une publicité pour le jeu à 13 j’ai été obligé de m’immerger, c’était plus délicat, alors que si l’on s’y connait un peu dans tout c’est plus facile.

« Pensez-vous que l’on acquiert ces qualités pendant les études ou pendant la pratique du métier en lui-même ? »

Forcément les deux, mais moi par exemple avant d’être concepteur-rédacteur je voulais être docteur, instituteur, facteur, inspecteur, surtout des noms en « -eur », en fait c’était un leurre  tous ces métiers, pour que je devienne concepteur-rédacteur. Mais disons que faire toutes ces études transversales  m’a permis d’avoir une ouverture d’esprit qui est nécessaire, et après c’est sûr que par la pratique, d’abord avec les stages puis les premières années, on s’améliore beaucoup. On va plus vite disons, on a moins de créativité et d’enthousiasme puisqu’on s’épuise mais on a l’expérience. On s’égare moins.

«  Pouvez-vous nous expliquer les différentes étapes lorsque vous concevez et rédigez une publicité ? »

Oui,  ça se passe d’abord avec les commerciaux, qui font un cahier des charges, ce qu’il faut dire, à qui il faut le dire, dans quel style il faut le dire, et l’étape principale c’est arriver à savoir exactement ce que l’on veut dire avant de trouver la formule publicitaire. « Quand c’est trop c’est tropico » je ne sais pas si vous connaissez c’est une vieille publicité.

(Rires)

Qu’est- ce qu’il y a d’aujourd’hui ? (réfléchit) « Demandez plus à votre argent avec LCL » ça c’est d’aujourd’hui. Ca  parait simple, évident, ils ont trouvés la petite formule alors qu’il y a un cahier des charges que les créatifs, donc concepteur-rédacteur et directeur artistique qui travaillent ensemble, doivent prendre en compte. Il faut vraiment savoir ce que l’on veut dire avant de trouver le slogan. Il faut trouver des mots qui suscitent des images, des images qui suscitent des mots, après c’est un travail créatif.

« Quelle est la publicité dont vous êtes le plus fier ? »

Il y en a plein mais je dirai que c’est une publicité pour une marque de feuilles à rouler, je vais vous montrer quelques publicités que j’ai faite (va chercher ses plaquettes de publicités et il nous en montre quelques-unes pendant une dizaine de minutes).

« Pourquoi avoir choisi d’être concepteur-rédacteur indépendant plutôt que de travailler en agence ? »

Pendant longtemps j’ai travaillé en agence à Paris, à Toulouse et à Montpellier. A l’époque j’habitais à Montpellier et il aurait fallu que j’aille m’installer à Toulouse donc j’ai préféré devenir indépendant. Finalement ca m’allait bien, c’est vrai qu’à un certain âge il y a une certaine lassitude, en étant indépendant on travaille pour soi, c’est plus facile disons. Même si à l’époque quand j’ai commencé ce métier les horaires étaient souples, on était un peu les rois de la discipline donc on allait au travail quand on voulait, on sortait comme on voulait, on pouvait faire la sieste, on avait des canapés. Mais maintenant tout ça a bien changé.

L’un de vous se destine à être concepteur-rédacteur ?

–          (Marvin) : Oui, c’est un métier qui nous intéresse tous les trois.

C’est un très beau métier, moi je suis un concepteur-rédacteur ancien, maintenant avec tous les nouveaux médias le métier a changé, je pense que maintenant il faut être jeune pour ça, avec tous ces nouveaux médias  que je connais mais bon je ne suis pas né avec.

« C’est un atout vous pensez pour les métiers publicitaires ? »

Ce sont des jouets pour une génération qui n’est pas la mienne mais oui, je vous encourage à être concepteur-rédacteur même si c’est difficile, il y a beaucoup de prétendants, peu d’élus. En plus à mon époque il n’y avait pas la crise donc les annonceurs acceptaient de payer cher des créations. Maintenant ils sont plus regardants, on fait moins appel à des concepteurs-rédacteurs. Des fois ils prennent des formules simples qu’ils trouvent entre eux, ils acceptent de payer des gens pour les graphismes mais pour les mots beaucoup moins, mais ceci dit il reste des places.

« Hormis ceci, quelles sont les principales difficultés que l’on peut rencontrer dans ce métier ? »

La principale difficulté c’est que pour un projet on présente une dizaine de versions et on s’attache à une ou deux versions que l’on présente puis c’est malheureusement souvent les plus basiques qui sont retenues. Il faut choisir des publicités qui touchent le plus de personnes, on pousse les gens à consommer, mais on voit de moins en moins de publicités créatives, c’est plus du matraquage maintenant. Au niveau du visuel encore un peu mais au niveau des mots plus trop.

« La concurrence est-elle très présente dans cette profession ? »

Oui, en étant indépendant il faut trouver des marchés, les garder, les conquérir, mais en agence aussi lorsque il y a des propositions il y a 5 ou 6 agences en concurrence. A l’intérieur même des agences il y a plusieurs équipes créatives en concurrence.

« (Marvin) : Je me suis renseigné un peu sur les études possibles pour exercer ce métier, et c’est apparemment accessible par des études d’information-communication, avez-vous fait des études similaires ? »

Non moi je suis passé par des études de médecine, de droit, de sociologie, puis après j’ai fait à Paris une école de marketing et de publicité donc là je me suis spécialisé, j’ai été en relation avec des professionnels de Paris. C’était une école privée sur 2 ans.

« De nos jours il n’est pas facile de se faire remarquer au milieu de milliers de messages publicitaires.  La publicité tente donc de provoquer pour mieux se graver dans les esprits.

À Los Angeles, le 6novembre dernier  une publicité géante montre depuis quelques jours un soldat américain enlaçant une femme portant le niqab et une alliance au doigt. Il s’agit donc d’un couple marié. « Pour vous garder ensemble », affirme le slogan de la marque qui vend des produits anti-ronflement. Cette publicité a  choquée énormément de personnes et principalement  la communauté musulmane.



Pensez-vous que  les publicités soient obligées d’arriver à de tels extrêmes  pour marquer les esprits ? »

La preuve oui puisqu’ils le font, le but c’est de faire le buzz, tous les moyens sont bons mais moi je suis pour une publicité plus soft. Mais c’est sûr que si l’on veut être vu il faut créer la discorde, les interrogations.

« Vous trouvez que quelquefois cela va trop loin ? »

Après c’est selon un point de vue moral, mais quand on est concepteur-rédacteur vous savez on n’a pas trop de moral, on vend des bonbons, des aliments gras, qui vont rendre des enfants obèses, si on commence à se poser ces questions on s’en sort plus. Il faut pas se poser de questions mais il ne faut pas faire de choses qui nous choquent nous-même, il faut garder l’intégrité de soi, mais si on commence à avoir des problèmes d’éthiques en vendant un produit on s’en sort plus.

« Donc le principe c’est de ne pas aller à l’encontre de nos convictions ? »

Exactement, oui.

« D’accord, en effectuant des recherches sur les dérives de la publicité, je suis tombé sur une citation de Georges Bernanos, écrivain français,  qui a retenu mon attention. Il a affirmé que les moteurs de choix de la publicité sont tout simplement les sept péchés capitaux, pour la raison qu’il est « beaucoup plus facile de s’appuyer sur les vices de l’homme que sur ses besoins ».Qu’en pensez-vous ? »

Je pense que c’est vrai, on peut balancer un peu de vertu, d’éthique dans les mots, mais c’est sûr que c’est plus facile de tenter le consommateur, de faire appel au vice, c’est un peu malsain, mais c’est plus facile que de leur demander d’élever leur âme. De toute façon les publicités maintenant sont des parodies des publicités elles-mêmes, elles sont décodées, à l’époque les publicités étaient comme du pain béni.

Et vous comment l’avez-vous interprétée cette publicité ? (montre l’image)

–          (Mathilde) : Je n’ai pas trouvé ça nécessaire moi d’afficher la religion de la femme et le statut de militaire de l’homme pour une pub qui vise les couples en général, ça n’aide pas à se sentir concerné car peu de couples sont formés d’une musulmane pratiquante et d’un soldat. Et puis sachant que ça allait choquer et provoquer des manifestations je n’ai pas trouvé cela utile.

Connaissez-vous d’autres publicités choquantes ?

–          (Owendo) : Oui, en faisant des recherches avec Marvin nous avons visités un site internet qui rassemble plusieurs publicités choquantes et censurés.

–          (Marvin) : Ah oui, il y avait la publicité contre la pédophilie avec une petite fille représentée avec une robe de mains, elle a été censurée, la créativité est donc délicate quand ça concerne des sujets sensibles, on ne peut pas tout montrer dans des publicités.

Exactement, je connais cette publicité. C’était délicat mais il était dit ce qui devait être dit, c’était un message fort, c’est de la provocation mais c’était une bonne publicité.

« Donc vous pensez que si les publicités sur le code de la route par exemple étaient moins choquantes les automobilistes seraient moins prudents sur la route ? »

J’avais fait une publicité choquante moi pour le code de la route parce qu’on pensait qu’il fallait vraiment brutaliser les gens, réveiller les consciences pour que la campagne ait un effet. Il faut sensibiliser les conducteurs en montrant ce qui peut leur arriver, il parait que ça fonctionne mieux. Mais il faut passer d’un extrême à l’autre, équilibrer entre publicités choquantes et douces parce que si l’on voit que des publicités chocs on s’habitue et ça n’a plus d’effet.

« Nous vous remercions pour cet entretien et le temps que vous nous avez accordé. Nous vous enverrons une copie de la retranscription afin que vous puissiez émettre votre accord pour la publication sur le blog de l’université infocom. »

Après l’interview, Philippe Sansot nous a proposé de nous montrer quelques plaquettes qu’il a réalisé au cours de sa carrière.

Nous remercions M.Sansot de nous avoir accueilli chez lui et accordé cette interview, qui fut agréable et enrichissante !

Retranscription d’un entretien avec un professionnel de la communication

lundi 25 novembre 2013

C’est à Montélimar, qu’Iona STEFANI nous a ouvert les portes de sa maison. Parce qu’en tant qu’organisatrice événementielle indépendante, elle a institué son bureau à domicile. Singulière, franche et spontanée, elle s’est annoncée par son prénom. Et bien qu’accueillies avec cordialité, ce n’est pas non intimidées que nous nous sommes présentées à notre tour. Après avoir expliqué le but de l’entretien et passé le contrat déontologique, l’interview a pu démarrer dans les conditions à la hauteur de nos espérances.

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour un organisateur événementiel ?

« Un organisateur événementiel doit savoir travailler individuellement puisqu’il est seul toute la journée, et en profession libérale, nous n’avons pas de boss. Cette profession nécessite bien souvent de travailler chez soi car en général, c’est un métier qui n’est pas assez rentable pour pouvoir s’équiper d’un local. Il faut donc savoir séparer la vie de famille et la vie professionnelle. Il faut également connaître un peu de notions en gestion et en marketing, il faut savoir être commercial, être comptable. En bref, une seule personne doit être capable de gérer tous les corps de métiers nécessaires à une agence. »

Et si vous deviez résumer en 5 mots les qualités requises ?
« Je dirais qu’il faut être autonome, polyvalent, commercial, savoir se gérer seul, être soi-même, avec ses tripes. Je n’essaye pas d’imaginer que je suis quelqu’un d’autre, c’est important de vouloir se livrer soi. C’est trop personnel, on va rentrer dans la vie des gens, vendre son produit en étant persuadé que ce soit le bon. C’est très difficile de travailler avec des clients qui m’exaspèrent. »

Il y a des organisateurs événementiels qui travaillent dans des agences, est-ce que les qualités requises sont les mêmes ?

« Non, car une agence n’a pas le côté personnel et humain, puisqu’on y fait un lancement de produit. Ils ont besoin d’avoir un bon marketing, une bonne communication. Ils n’ont pas besoin de se gérer tout seul parce qu’ils ont les agences de publicité. Seulement, ces agences ont eu tendance à se casser la figure pour l’organisation de mariages, car ces événements devenaient des lancements de produit. Le lendemain de leur mariage, les mariés me rappelaient pour me dire que c’était parfait, mais qu’ils ont assisté à un événement qui n’était pas le leur. Ils faisaient partie du lancement de produit, alors que c’était un moment important de leur vie. Ils n’ont eu aucun droit de regard ni de décision. Selon moi, on ne peut pas mélanger organisation de mariage et événement car ce sont deux événements complètement différents. On s’adresse à des êtres humains, pour un moment important dans leur vie. »

Vous organisez autre chose que des mariages ?

« Oui, j’ai fait des anniversaires, mais ces événements demandent autant de temps, de travail et d’énergie, alors que l’on on est payé deux fois moins, car ce n’est qu’un anniversaire et les gens sont hallucinés quand je leur demande le même prix. On a même plus de travail car on va faire les courses tout seul. »

Du coup, on a compris que vous étiez travailleuse à votre compte. Vous n’avez pas de patron, mais est-ce que ça vous arrive de prendre des salariés ou des stagiaires occasionnellement ?

« Oui, je prends des personne ponctuellement pour l’organisation du mariage, je n’en ai pas besoin pendant, mais le jour du mariage. J’ai besoin de quelqu’un pour gérer les 200 personnes qui sont au mariage, soit pour faire des trajets en voiture la nuit, pour raccompagner les invités à leur hôtel, soit pour gérer les imprévus, comme aller chercher quelqu’un à la gare, un enfant blessé… Au niveau de la décoration de salle, il faut également être plusieurs. »

Est-ce que vous êtes financée par un organisme ?

« Mon mari (rires), mais sinon, non. Par exemple, la mairie m’a envoyé son logo que j’ai mis sur mes affiches lors du salon du mariage, mais j’ai payé mes affiches et je n’ai pas touché un seul sou de leur part. »

Est ce que vous pouvez nous décrire les étapes de la proposition d’un projet jusqu’à sa réalisation ?

« Je reçois par téléphone une demande pour un mariage : « Bonjour, je m’appelle madame X, et je voudrais avoir des renseignements sur une organisation de mariage ou sur une décoration de salle ». Car je fais de plus en plus de décorations de salle. Par exemple, j’ai reçu deux messages aujourd’hui de deux futur mariées. La première veut organiser son mariage dans un lieu hors du commun, car elle trouve les salles des fêtes trop ordinaires. La deuxième veut organiser son mariage dans une salle des fêtes. Quand je vais les rappeler, la première, je vais lui dire que les lieux originaux c’est génial, et qu’il ne faut surtout pas le faire dans une salle des fêtes, parce que c’est trop quelconque, alors que je vais dire exactement le contraire à la deuxième. Il va juste falloir que je ne me trompe pas entre les deux sinon je perds deux contrats. Ensuite, il est important de se rencontrer, de voir physiquement la personne et le lieu dans lequel elle vit pour cerner sa personnalité, ses goûts… et pouvoir échanger avec elle. A la fin de cette conversation, on va pouvoir faire un semblant de devis, « cela va prendre tant de temps » etc. C’est moi qui fais  les courses car je connais mes fournisseurs et  je répondrai mieux à leur demande. Dans les deux jours, la personne rappelle, signe le devis et envoie un , soit 30% du prix si c’est un mariage. Si c’est de la décoration de salle c’est 50%, car il y a plus de choses à acheter. Tous les mois précédant le mariage, je lance aux mariés quelques petites choses à faire sans trop les stresser. S’ils m’ont prise, c’est pour pouvoir être tranquilles et pouvoir se reposer sur moi. La veille du mariage, on installe la salle. »

Combien de temps peut-il y avoir entre la proposition de projet et sa réalisation ?

« Cela prend deux ans, sauf s’ils veulent vraiment vite se marier. Mais il faut tout de même un délai de 6 mois au minimum. »

Est-ce que c’est gérable quand ils demandent un délai beaucoup plus court ?

« Oui, j’ai eu des délais très courts comme par exemple mai pour août cela s’est fait et c’était bien, mais le lieu de réception était chez eux. Quelque fois, on me dit « On vous prend à la dernière minute, vous nous faites un prix ? ». Je leur dis, non, au contraire, c’est 30% plus cher, vous imaginez l’été que je vais passer ?, je ne vais pas arrêter ! Alors non, en général je ne leur fais pas plus cher mais je ne leur fais pas de prix non plus. »

Et c’est quoi l’étape que vous préférez ?

« J’adore l’hiver quand je suis avec mes bottes et que j’arpente tous les vieux châteaux du quartier. Je suis dans le jardin, dans les parcs avec la boue et le propriétaire me raconte sa vie. C’est à ce moment-là que l’on voit les gens comme ils sont. J’adore aussi être derrière mon ordinateur, à faire des tableaux. Je fais mon tableau, j’ai tout dedans : ce qu’on a fait et ce que nous n’avons pas fait. J’essaye de créer de nouveaux tableaux. J’adore aussi présenter des lieux aux fiancés et j’aime découvrir avec eux l’endroit qu’ils ont envie pour leur mariage. Chaque saison apporte ses plaisirs. La rencontre avec les belle-mères, c’est également un événement puisque ce sont vraiment des monuments. J’essaye de les mettre en valeur et de leur donner toute l’autorité lors du mariage. Le jour J, je dis aux invités d’aller voir les mamans, je donne tout le mérite aux mamans. A contrario, le jour du mariage est un beau jour, souvent émouvant mais pas à chaque fois, donc ce n’est pas ce que je préfère ! C’est cafard comme journée, car je ne verrai plus mes mariés. C’est là que commence le  »wedding blues ». »

Est-ce que vous travaillez plus la semaine ou le plus week-end ?

« Je travaille la semaine et aussi le week-end entre septembre et décembre. J’ai tous les weekends un salon du mariage donc je crapahute entre Paris et Marseille. Ensuite, je fais toutes les visites des fiancés et prestataires. De mars à juin, je fais, avec les mariés, un planning de tout ce qui reste à faire. L’été je travaille le weekend pour les mariages. »

Vos journées ont l’air complètement différentes, mais est-ce que vous auriez un exemple de journée type ?

« Je me lève à 7h, je lis mes mails, j’essaye de prendre mon petit déjeuner sans allumer mon téléphone,  je vais à la messe. A 9h, je vais voir des fournisseurs ou clients. J’ai plusieurs rendez-vous dans la matinée, je déjeune et l’après-midi je bosse sur mon ordinateur. A 17h, j’ai des rendez-vous avec des clients. J’essaye également de me tenir en forme car je suis dans ma voiture ou sur une chaise toute la journée. En général, mes journée se terminent vers 18h. »

C’est un mélange entre vie personnel et vie professionnelle ?

« La journée est totalement réservée au professionnel jusqu’à 17h ou 18h. A partir de là, j’arrive à faire quelque chose de personnel. »

Quels sont les majeurs inconvénients de cette profession ?

« Aujourd’hui, en province, dans une petite ville, c’est financièrement difficile de survivre. Je n’ai pas assez de mariage. C’est embêtant, car c’est important de gagner sa vie. A Lyon, des agences ont fermé. Moi, je suis encore vivante, donc je me dis que je ne suis pas trop mal. »

Ça ne vous dérange pas que ça vous prenne autant de temps ?

« Non, j’adore ce que je fais, je ne suis pas quelqu’un de très immobile, et le fait de devoir faire mille choses à la fois, je trouve ça génial : j’aime autant d’être sur un tableau Excel, qu’aller visiter un château. Le rapport avec les gens et la relation à l’autre est très intéressante. »

Quelles sont les complications que vous pouvez rencontrer ?

« Le plus difficile, c’est lorsque je rencontre un couple indécis. Par exemple, j’ai un couple qui a visité 38 lieux de mariage avant de se décider, et à un moment je leur ai posé la question : « voulez-vous vraiment vous marier ? ». Ça ne leur a pas du tout plu (rires). »

On a parlé de la vie professionnelle et de la vie privée. Nous y revenons car c’est une question qui nous intéresse. Est-ce que vous arrivez vraiment à gérer les deux ?

« Au niveau de l’emploi du temps oui, mais au niveau du moral pas forcément. J’ai eu le salon du mariage et pendant un mois et demi, la maison a vécu au rythme du salon du mariage. J’essaye donc de travailler dans mon bureau, isolé et de ne pas m’installer dans les pièces communes comme le salon. Par contre, je réponds tout le temps au téléphone, même si ce n’est pas pendant mon temps de travail. Je ne peux pas me permettre financièrement de manquer un contrat. Le jour où je gagnerai 7000€/mois, je m’autoriserai à ne pas décrocher. Pour autant, il y a des contraintes. Par exemple, il y a les cartons de fourniture qui restent à la maison et qui peuvent envahir le salon. Quand je travaille, je parle à mon mari et à mes enfants comme à des gens qui travaillent pour moi. Ils font partie du staff comme les autres. Dans ces moments-là, ils s’adressent à moi comme à leur patron. »

Vous avez parlé plusieurs fois du salon du mariage et je voudrais savoir comment ça s’organise ?

« Il y a un salon du mariage qui devait être organisé à Montélimar mais qui a été abandonné. Quand j’ai appris ça, j’ai appelé l’organisatrice le lendemain en lui disant que je reprenais le dossier. Je l’ai rencontrée et elle m’a dit : « j’ai signé avec deux personnes, j’ai une salle ». Du coup, on a changé le nom de l’organisatrice et jour après jour, j’ai trouvé une trentaine de prestataires qui sont venus pour le salon et les choses se sont faites comme ça. J’ai appelé un copain qui m’a fait des flyers et des affiches. Ensuite j’ai appelé une entreprise qui s’occupe des grandes affiches à seulement 3 semaines du salon. Auparavant je n’avais pas l’argent pour payer. Il a tout de même fait mes affiches. »

Jusqu’où étendez-vous votre activité géographiquement ?

« Aujourd’hui, elle va de Lyon jusqu’à Paris mais je peux aller jusqu’à Toulon, Montélimar ou encore Bordeaux. Quand il s’agit d’endroits que je ne connais pas, je dis aux mariés de trouver le lieu, le traiteur, le DJ… Je n’ai pas envie de trouver sur Internet alors qu’eux, avec un réseau,  peuvent très bien se débrouiller. Tous les sites que je propose sont des sites que je connais ou alors, dont je connais les propriétaires. J’organise aussi à Londres, mais je préfère les lieux que je connais. Lorsque les mariages sont à Paris, j’organise tout à distance, il suffit juste de connaître les bons lieux et je me limite à seulement 2 aller-retour. »

Vous avez parlé des partenaires, est-ce que vous pouvez nous en dire plus à ce sujet ?

« Je ne travaille qu’avec des prestataires qui sont liés au mariage, comme les traiteurs, les lieux de réception, les magasins de robe de mariée, les coiffeurs, les esthéticiennes, les DJ… »

Ça fait une large liste de contact tout cela…

« J’ai commencé avec une douzaine de prestataires. J’en ai aujourd’hui 400, voire  450, mais on se rend compte qu’il y a eu un énorme « turn over », car quand je les ai rappelés récemment pour le salon du mariage, beaucoup ne m’ont pas répondu. C’est difficile de rester en vie de nos jours, c’est pour ça que je travaille à la maison, car si je prenais un bureau en ville, je fermerais dans 3 mois, parce que ce n’est pas rentable. Je dois limiter au maximum les frais. »

Comment les clients entrent-ils en contact avec vous lorsqu’ils sont loin ?

« Ils peuvent taper sur Internet : « organisation de mariage dans la Drôme » puisque j’apparais sur des sites Internet gratuits et donc accessibles à tous. »

Comment avez-vous créé votre réputation et vos contacts ?

« La réputation, je l’ai créée  en travaillant sur des mariages depuis 7 ans. Je suis un peu devenue la seconde maman des mariées, mais en aucun cas je me sens comme leur copine. Un jour, j’ai refusé deux personnes qui voulaient se marier pour des cadeaux et de l’argent. Moi, je me sentais incapable d’organiser un mariage comme ça. Je ne peux pas m’investir dans un mariage qui ne me touche pas. Ils m’ont fait une publicité énorme. Les gens ont vu que je m’engageais dans quelque chose qui me touchait. »

A part cette anecdote, comment avez-vous fait votre publicité ?

« J’avais un logo derrière ma voiture et je distribuais ma carte de visite dans tous les pots dans lesquels j’étais conviée. En complément, j’ai un site internet fait par un copain. Ce site est très modeste, mais mon entreprise existe toujours, contrairement à d’autres agences qui ont des sites Internet très sophistiqués. Pour finir, le bouche à oreille m’a  bien évidemment beaucoup aidée. Les traiteurs ou autres entreprises qui se souvenaient de moi,  m’ont conseillée auprès de fiancés. Je suis également inscrite sur des sites internet gratuits qui donnent le nom des agences de mariage. »

Depuis quand exercez-vous cette profession ?

« Je travaille officiellement depuis janvier 2007. J’avais commencé en septembre 2004 avec une amie. On a sillonné les routes de France pour connaître le marché. On est allé voir les gens. On s’est rendu compte qu’il y avait un réel besoin et une réelle demande. J’ai demandé à un couple qui allait se marier, s’ils avaient quelqu’un qui s’occupait de l’organisation de leur mariage. Ils m’ont dit que non. Plus tard, ils m’ont demandé de le faire, donc je suis allée m’inscrire à la chambre de commerce. »

Vous exercez ce métier depuis 7 ans mais que faisiez-vous avant ?

« J’étais secrétaire de direction. J’ai passé un bac de secrétaire, mais je n’ai pas passé mon bac puisque j’ai été virée un peu avant. Le problème c’est que sans le bac, on ne peut pas faire grand-chose. Je suis bilingue en Anglais mais je ne peux pas donner de cours d’anglais à des élèves de sixième, puisqu’une licence est nécessaire. Ensuite, je suis partie en Angleterre dans une grande entreprise, dans laquelle je m’occupais de tout ce qui était événementiel là-bas. J’étais au département  du marketing. J’invitais tous les ambassadeurs de l’Europe de l’Est à venir boire un pot, ou à aller à l’opéra. Ensuite j’ai été secrétaire de paroisse. Je m’occupais des dossiers mariages et baptêmes. J’ai trouvé ça très agréable. Arrivée à Montélimar, je suis devenue intervenante en Anglais. Mais une loi est passée disant qu’il fallait un certain statut. Une amie m’a dit que je convenais parfaitement au métier d’organisation des mariages, puisque j’avais déjà travaillé dans l’événementiel à Londres, j’aimais beaucoup les mariages puisque j’avais travaillé dans ce domaine à la paroisse. »

Pourquoi cette spécialisation dans les mariages ?

« J’aime le principe des gens qui se rassemblent. Le problème, c’est qu’à Montélimar, il n’y a pas beaucoup de gens qui se rassemblent. Les entreprises s’en occupent en interne. Donc, pourquoi pas travailler dans l’organisation de mariage puisque j’y avais travaillé à la paroisse. »

Vu que dans le secteur, il n’y a pas beaucoup de travail, pourquoi ne pas déménager ?

« Le problème c’est que j’ai  5 enfants et un mari, et ce n’est pas moi qui fais tourner la maison. Effectivement, c’est délirant que je sois à Montélimar, parce que je n’ai organisé qu’un seul mariage à Montélimar mais ça commence à venir. En général, ce sont des gens  dont leurs parents vivent dans la région et qui font donc leur mariage ici. Ils ont l’habitude de se faire servir, c’est-à-dire qu’ils vont au pressing déposer leurs affaires,ils ont une baby-sitter, qui ont une jeune fille qui les sert lors d’un repas avec des amis… Toutes ces personnes m’appellent et me disent qu’ils ont besoin de moi. »

Comment voyez-vous l’évolution de votre métier ?

« Par rapport à la crise, je vais avoir le droit à des budgets de plus en plus élevés, puisque le luxe est encore très peu touché. Le français moyen ne pourra plus faire appel à moi. Avant, j’avais plusieurs budgets mais plus maintenant. Je dois viser dans le haut de gamme. »

Est-ce que vous avez déjà envisagé de travailler pour une entreprise ?

« Oui, mais les entreprises ne veulent pas de moi. Je ne gagne pas énormément d’argent dans l’année, donc je vais chercher des missions ponctuelles parce que j’adore ça. Quand je me propose aux entreprises, je leur dis que s’ils me demandent de taper des lettres, je vais les taper et s’ils me demandent d’envoyer les lettres je vais les envoyer. C’est génial parce que c’est un peu se laisser porter. Toutes les réponses que j’ai eues à chaque fois sont: « je n’oserai jamais vous faire taper mon courrier ». Les gens me voient comme quelqu’un d’indépendant. Je ne peux pas passer inaperçue et les gens ont peur. Ils ont peur que je prenne la place d’une personne hautement placée dans une société. Alors que je voulais  seulement travailler un mois. C’est un travail basic mais qui me repose beaucoup. Dans les périodes de janvier à mars, je cherche du travail mais personne ne veut de moi. C’est hallucinant. »

Pouvez-vous nous citer des anecdotes qui vous ont marqués ?

« Je vous ai cité tellement d’anecdotes, donc je ne sais pas quoi vous dire. Lors d’un mariage, une grand-mère est partie chez le coiffeur, la sœur de la mariée devait aller la chercher. J’ai dit à mon mari qui allait faire les courses, d’acheter une boite de chocolat pour l’anniversaire du grand père qui avait lieu ce jour-là. J’avais prévu aussi d’aller chercher la grand-mère à 11h. A 10h45, on a reçu un coup de fil de la grand-mère disant que sa petite fille l’avait oubliée. Pas de problème, on y est allé. On est arrivé à 11h10 chez sa fille avec la boite de chocolat. Tout le monde était content. »

C’est par ces dernières anecdotes que l’entretien s’est clôturé. Iona a alors pris l’initiative de nous faire partager son ressenti sur l’interview : à l’aise, elle a trouvé l’échange dynamique, actif. Puis elle a avoué avoir ressenti de l’appréhension face à certaines relances, parce qu’emballée par le sujet, elle en venait parfois même à oublier ce qu’elle avait dit précédemment. Nous l’avons remercié pour le temps qu’elle nous a accordé, puis nous avons pris congé pour reprendre la route vers Montpellier ; trajet durant lequel nous avons échangé sur l’enrichissement que nous a valu cette expérience.

Loreleï Malésieux

Charlotte Gérard

Justine Rannou.

Interview PPP d’une directrice d’agence d’événementiel par Julia Mabileau, Maxime Terzi et Rachel Meccoci

lundi 25 novembre 2013

Nous avons choisi d’interviewer une professionnelle de l’événementiel, notre but étant de devenir chargé de communication ou assistant de production dans des événements de type festivals, soirées… L’entretien s’est déroulé dans un café à l’Odysseum vers 10h30 jeudi 21 novembre. Nous nous sommes présentés à notre directrice d’agence et lui avons exposé notre projet en nous assurant que la publication de ses propos ne la gênerait pas.

Concrètement, en quoi consiste votre métier ?

Je m’occupe tout d’abord de l’organisation d’événements, je réponds également aux problèmes d’entreprises ; je valorise leur image, je propose un thème de soirée… Je suis un peu plus spécialisée dans les endroits de nuit, je veille à augmenter le trafic clientèle d’un établissement, à lui donner une image tendance en bookant des artistes et en trouvant des thématiques etc.… J’ai aussi la partie communication, notamment via les réseaux sociaux comme facebook et compagnie. J’ai aussi la mise a jour et le référencement sur des sites spécialisés, souvent les personnes ne savent pas faire ce n’est pas leur domaine. Si quelqu’un prend un établissement par exemple un restaurant et va vouloir le faire connaitre il ne va pas forcément savoir comment faire, et je suis là pour répondre a ces problématiques. Je me suis également spécialisée dans le street marketing , tout ce qui est production de flyer, je fais tout le grand sud de la France : de Montpellier jusqu’à Avignon, Aix, Perpignan, Béziers, je peux sous traiter jusqu’à Toulouse. Quoi dire d’autre… Je suis aussi chargée des relations publiques, je l’ai été pour La Dune en 2008/2009, je l’ai été pour la plage de l’Ephémère aussi. Le but est de ramener du monde dans l’établissement, redorer un peu son image ou continuer à  observer de bonnes relations avec la clientèle, trouver de nouveaux clients etc… Actuellement je suis relation publique de La Paillotte Bambou à la Grande Motte. Ensuite… Bon  j’ai beaucoup de facette, il faut savoir que quand j’ai crée mon agence en 2008 et que j’ai fais mon business plan, j’ai été suivie… Bon je passe un peu du coq a l’âne mais je vous explique : j’ai été suivi par une cellule d’accompagnement pour les projets professionnels. Donc au départ ; j’avais proposé une multitude de choses des feux d’artifices privés par qu’on ne propose ça qu’aux festivals etc donc moi je le proposais aux particuliers. J’avais donc beaucoup de projets mais on m’a déconseillé de faire autant de choses. Ca c’était en 2008, avant la crise. Maintenant a ce jour, c’est très important d’être diversifié et de répondre a beaucoup de choses. Moi je suis seule, je n’ai pas d’employés je travaille avec des stagiaires et de pouvoir répondre a plusieurs demandes en fonction des saisons des activités ou du manque d’activité ca me permet de rebondir a chaque fois. Après ça, je suis aussi agent, pour des marques ou des concepts qui viennent d’Ibiza. Je représente ces marques dans le sud de la France. Quand des gens ou des clubs veulent faire une soirée avec cette marque ils passent par moi et moi je suis chargée de trouver des contrats dans des nouveaux lieux pour faire continuer de travailler la marque. Cinq ans auparavant j’étais agent d’artistes, de DJs. Mais j’ai arrêté c’est trop compliqué, c’est beaucoup beaucoup de travail jusqu’à temps que l’artiste soit connu et quand il est connu en général il reste pas avec vous parce que forcement y’a des gros label qui s’intéressent a lui et en général l’artiste cherche a avoir une bonne carrière donc il va vers le plus offrant. Donc ça m’est arrivé deux trois fois et ça ne me correspond pas. C’est beaucoup de travail pour pas beaucoup de retour. Quoi vous dire d’autre, au sein de ma société j’adore monter des concepts de soirée de A à Z avec un nom une image une identité visuelle, un contenu avec artistes musiciens ou show visuel etc… après je fais aussi pour les particuliers tout ce qui est anniversaire, cocktails, par contre je ne fais pas du tout les mariages, mais j’avais eu dans l’idée de faire les mariages gays.

Comment êtes vous entrée dans ce milieu ?

Alors j’ai commencé a l’âge de 19 ans, je faisais de la danse, le milieu de la fête et de la nuit m’a toujours attiré. Donc j’ai commencé a travailler dans un établissement qui était très réputé et avec la danse et mes études j’ai été amenée a habiter a Barcelone donc de là j’ai fais des spectacles de danse pour des marques de vêtements et du coup j’ai commencé a fréquenter les clubs, à aimer la musique électronique, les DJs tout ces concepts là et j’ai donc commencé a vouloir a mon tour faire de l’événementiel. Donc j’ai monté un festival de musique performances etc a l’âge de 20 ans sur Perpignan, j’avais fais quand même 3000 entrées c’était énorme, c’était la journée et le soir. A partir de là je me suis lancée dans l’événementiel. Il faut savoir que je n’ai pas du tout été a l’école pour ca je n’ai pas suivi de cours.

Donc vous n’avez pas eu de formation propre à l’événementiel ?

Pas de formation jusqu’ a l’âge de 22 ans, donc après quand j’ai bien compris que c’était ça que je voulais faire je me suis renseignée pour faire des formations en organisateur de spectacle et manager d’artistes. Donc j’ai fais ça dans un centre de formation spécialisé a Toulouse qui s’appelle Avant Mardi, j’étais encadrée par des professionnels qui eux-mêmes organisent les Eurockéennes etc… Donc à chaque fois on avait vraiment des choses concrètes. Et au fur et a mesure j’ai tout appris sur le tas. Je me suis créée des postes dans des établissements comme directrice artistique ou responsable de communication. J’ai fais ça pendant 10 ans et après ca j’ai créée ma boite. J’ai eu des gros contrats j’ai travaillé pour Dark Dog j’ai représenté leur image au festival de cannes pendant 15 jours, on a booké David Guetta dans des clubs qui n’arrivaient pas a le booker, j’ai travaillé avec une cellule de décoration super connue dans la région et on s’est aussi occupé du montage de la décoration de F*ck me i’m famous à Ibiza pour le lancement de la saison en 2008, la même année ou j’ai décroché le contrat de relation publique de La Dune et de l’Ephémère. Depuis que je suis a Montpellier je refais mon réseau et puis je change un peu il y a des choses que j’arrête de faire et des nouvelles choses  que je fais etc… Après pour vous dire au niveau de la rémunération quand on est a son compte c’est hyper irrégulier c’est un travail de tout les jours on ne compte pas les heures, moi je suis passionnée donc ca ne me fait pas peur. Quand je me lève le matin je suis tellement contente, j’ai la joie mais en même temps c’est dur on se pose des questions on se remet en questions. Y’a eu de moments ou je me suis demandée si j’étais dans la bonne voie, et je suis vraiment dans la bonne voie je fais ce que j’aime faire et ce que je sais faire naturellement. Quand on est fait pour quelque chose c’est naturel moi je l’ai fais naturellement donc c’est déjà un atout. Donc ce n’est pas facile il y a eu des périodes très difficiles ou je ne pouvais pas me sortir de salaire ou il a fallu taper dans les économies … A partir du moment ou on est a son compte c’est comme ca ca tombe pas tout les mois. Après moi je préfère avoir des moments difficiles financièrement et vivre de ce que j’aime que d’avoir la sécurité de l’emploi et me faire chier dans ma vie. Ca c’est un choix et ce choix je le fais et c’est comme ca.

Votre quotidien  a donc été beaucoup plus difficile par période ?

Ah oui j’ai connu des périodes très très difficiles…

Mais vous ne les regrettez pas comparé à ce que votre métier vous apporte ?

Non parce que j’ai eu la chance d’avoir des périodes difficiles et de toujours avoir eu la possibilité de rebondir ce qui ma permis de passer ces périodes la donc ca va, je pense que ce n’est pas donné a tout le monde non plus tout le monde n’a pas cette chance la non plus. Apres ce n’est pas que de la chance non plus il faut avoir que je suis quelqu’un de réactif, j’aime travailler, je me rends disponible. Aujourd’hui en étant chef d’entreprise on pourrait dire  qu’il y a des jobs que je ne devrais pas faire mais moi je les fais. Par exemple pour la distribution de flyer j’ai des équipes mais je distribue avec eux.  Je pourrais dire que je suis chef d’entreprise je n’ai pas besoin d’aller sur le terrain ais j’y vais quand même, c’est comme ca j’ai pas honte. Et justement le street marketing c’est un bon pourcentage au niveau de mon activité c’est ce qui me permet d’ailleurs a certaines périodes de l’année de continuer mon activité parce que parfois je n’ai que ca, que du street. Après c’est mon état d’esprit je ne me prends pas la tête je reste simple, on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Faut pas se prendre la tête et avoir les chevilles qui enflent parce que aujourd’hui tout va bien on est en haut et puis demain tout peut retomber. Il ne faut pas non plus oublier d’où on vient, je sais que j’ai commencé avec des petits clients a Perpignan, quand je me suis installée a Montpellier ces clients la on voulu me garder comme prestataire, et j’ai failli les envoyer bouler parce que j’avais des supers grands contrats des trucs plus intéressants et ca me faisais plus « kiffer » de perdre du temps pour faire des petites marges. Et puis au final quand il y a eu la crise ca m’a remis les pendules a l’heure quoi, heureusement qu’il y avait ces petits clients là qui me permettaient justement de facturer et de rentrer de la marge. Donc voilà, c’est une remise en question permanente. Il faut faire les bon choix, continuer avancer, se poser les bonnes questions. Après même si je travaille dans le monde de la nuit je vis le jour je me lève vers 7/8 heures, je fais mes journées j’ai des semaines chargées c’est comme au bureau quoi. Je suis au boulot toute la journée de 9 heures a 20h ou 21h, voila.

Et nous avions cru comprendre vous voyagez beaucoup c’est ça ?

Oui, alors un peu moins maintenant mais oui. Pendant un petit moment j’ai énormément entrepris des relations entre Barcelone et Ibiza. Justement en 2007/2008 j’ai lancé des voyages sur Ibiza, donc des gens voulaient aller a Ibiza et moi je m’occupais de faire des packs sur mesure en fonction du budget avec ou sans fête, parce qu’il n’y a pas que la fête la bas c’est une ile magnifique, donc j’ai fais ca pendant un petit moment. Puis ca s’est tellement démocratisé depuis deux ans que j’ai laissé tomber. Y’a des personnes qui continuent a m’appeler parce qu’elles sont satisfaites et qu’elles ont l’habitude de passer par moi depuis 5 ans. Mais au début ces packs ont été une bonne partie de mes prestations au niveau de l’agence, j’en faisais beaucoup. Je pouvais faire partir des groupes de 30 ou 40 personnes, j’avais un partenariat avec une agence de voyage parce que j’ai pas la licence de tourisme donc j’ai fais ce partenariat et ca s’est super bien passé.

L’agence de voyage a donc immédiatement adhérer a votre concept ?

Ah mais ils ont adoré ! Et puis après comme j’ai aussi géré la coordination, la logistique pour un gala de freefight au Maroc, j’ai travaillé avec cette agence pour organiser le transport l’hébergement etc pour ces sportifs. Donc après ca m’a aussi amené à développer d’autres contrats. J’adore voyager donc ca me va bien.

Pour en revenir a votre entreprise, est ce que vous pouvez nous expliquer son fonctionnement plus en détails ?

Alors je suis seule dans l’entreprise c’est une entreprise individuelle.

Donc vous n’avez pas d’employés « fixes » vous ne travaillez qu’avec des stagiaires ?

Voila, alors je pourrais en avoir des employés c’est juste qu’au niveau de la rémunération c’est pas facile et puis ca ne serait que des CDD et que pendant l’été, parce que de février a septembre c’est la période ou j’ai le plus gros de mon activité.

D’accord, et comment répartissez-vous le travail entre vos stagiaires, comment s’organise votre activité avec eux ?

Moi les stagiaires quand je les prends, c’est ce que je me dis et c’est ce qu’ils me disent aussi d’ailleurs quand ca leur arrivent, si je les prends c’est pas pour faire des photocopies, le café  ou le sale boulot. Mes stagiaires sont tous mes assistants en fait. On se repartit les taches et on fait tout pareil, mais je fais aussi en fonction des compétences et de la motivation du stagiaire mais ca on le remarque vite. Mais c’est vraiment pour m’aider, quand la personne vient on se repartit les taches en fonction des possibilités. C’est hyper intéressant parce que quand j’ai un nouveau dossier j’implique tout mes stagiaires dedans, ils appellent mes prestataires, les clients, ils envoient les devis les factures, on fait les recherches ensemble etc…

Y’a pas de  « hiérarchie » distincte avec des postes plus important que d’autre tout le monde est au même niveau en fait ?

Non, après ca reste des stagiaires ils sont plus jeunes ils ont moins de connaissances mais ils restent complètement impliqués.

D’accord, et à propos de vos événements ; comment l’idée, le concept d’une soirée vous vient ?

En fait, une idée en apporte une autre, donc parfois je pense à quelque chose et ça va me donner envie de le développer. Ou alors c’est en fonction de ce qui peut fonctionner sur un secteur. Ca fait 5 ans que je suis a Montpellier et j’ai mis du temps à comprendre comment fonctionnait la région, et maintenant je monte des concepts qui d’après moi manquent ou peuvent fonctionner dans cet endroit.

Et l’organisation d’une soirée type, avec vos stagiaires et vous comment ca se passe ?

Alors on va prendre un exemple concret : à Montpellier on monte aussi des pool party. Ca fonctionne super bien ca fait 3 ans qu’on en fait et là ca va être la quatrième année. Donc une pool party on sait qu’en juin ca va être la première date. En mars on commence la mise à jour du site internet, le référencement des DJs, des partenaires, on se donne chacun des étapes a gérer. Donc y’en a un qui va s’occuper de contacter les DJs, récupérer les bios, les photos etc et se mettre avec le webmaster pour s’occuper de ca. Y’en a un autre qui va s’occuper de relancer les partenaires pour savoir si ils sont ok pour rebosser avec nous, récupérer les contrats de partenariats, les faire signer et les renvoyer etc, faire les mises a jour sur le site internet aussi… Moi je m’occupe de tout ce qui est commandes des stocks contrats de location de l’établissement ou de l’hôtel ou on organise, du line up, des artistes, du thème de la journée, de contacter les décorateurs, voir ce qu’on va faire et si il faut acheter du matériel. Une fois que j’ai fais ça je vois avec le reste de mes stagiaires si il faut acheter du matériel, relancer le décorateur… Après on fait un retro planning de chaque poste, avec ce que chaque personne doit faire avant l’évènement avec les horaires etc. Ensuite on fait le retro planning de la journée en question pour chaque poste avec les horaires encore une fois et une fiche de contact pour chacun. Si par exemple le technicien n’est pas là à 8h alors qu’il devait venir à 7h30  tu l’appelle directement tu check tout directement. Et après l’évènement on fait un débrief, un feedback sur l’évènement, sur les points positifs et négatifs, et ce qu’il y a à améliorer. Et on repasse juste après au second évènement. Parfois on a plusieurs événements à gérer en com !

En fonction de quels critères choisissez-vous vos collaborateurs ?

Alors je les choisis surtout en fonction de leur professionnalisme. Je travaille beaucoup avec des espagnols car ce sont des performeurs visuels et de très bon danseurs. Ils sont très rigoureux dans leur préparation et dans leur esthétique. Par exemple leur maquillage va être parfait, les costumes sont très recherchés. Il y a vraiment une différence entre les artistes espagnols et les artistes français mais pour ma part je préfère les artistes espagnols car il concorde parfaitement avec le clubbing alors que les français vont, eux, être plus tournés vers les cabarets. Pour ce qui est des Dj’s je les choisis principalement en fonction de leur musique, de leur côte de notoriété car c’est principalement les plus connus qui attirent le plus de gens ! Mais je fais appel aussi à des Dj’s moins célèbre car leur musique peut concorder avec le style de soirée que je souhaite organiser.

Est ce que c’est vous en personne qui vous occupez du design des flyers ?

Non, pas personnellement mais nous faisons appel à des graphistes. Et en fonction de ce que je veux faire comme événement, je fais appel à un graphiste différent.  Par exemple, pour les pools party le flyer va essayer de toucher le plus grand nombre de personnes, pour les soirées electro je vais faire appel à un de nos graphistes plus underground qui est habitué à ce genre de soirée. Je fais appel à plusieurs personnes car je pense que la personnalité déteint sur le travail de la personne. Pour notre projet de festival, nous allons contacter une autre personne. Le flyer est le support de communication qui va toucher le public c’est donc pour cela qu’il faut qu’il soit séduisant. Je fais très attention à cet aspect de l’événementiel.

A présent, pouvez-vous nous parler de votre meilleure expérience dans votre carrière ?

C’est très difficile de répondre à cette question étant donné que j’en ai eu énormément. Celui qui me revient c’est passé à Ibiza. C’était une sorte de consécration pour moi, je me suis retrouvée à l’arrière d’un club, en pleine journée, à voir comment tout cela fonctionnait, à voir l’atelier de décoration et de costumes. J’ai pris conscience à quel point ils étaient professionnels. Je me suis retrouvée aussi au festival de Cannes, c’était vraiment très bien. Mais aussi j’adore quand je me retrouve dans un festival de musique où il y a 50 000 personnes, que je suis en train de gérer les artistes. Quand je créée un petit évènement et que je m’aperçois que les gens sont en train de s’amuser et que ces mêmes personnes viennent vous remercier parce qu’ils passent une super soirée. J’ai énormément de bons souvenirs et ces bons souvenirs me donnent envie de continuer dans ce que je fais. Je ne suis pas une artiste mais j’aurais un peu cette façon, qu’ont les artistes de faire c’est à dire qu’ils vont plus avoir tendance à défendre leur art que leur souper. Même si c’est parfois dur et très irrégulier, je peux rendre les gens heureux et c’est très important pour moi. Mais c’est un travail de longue haleine avec beaucoup de stress car nous sommes jugés par notre clientèle. Pour l’instant tout a bien mais le jour où ça ne va pas ils ne vous font pas de cadeaux car les soirées représentent un coût. Et c’est pour cela que tous ces gens me remercient car ils voient que je suis sérieuse dans mon travail et que je ne les prends pas pour des idiots. Moi aussi j’aime beaucoup sortir, j’aime faire la fête mais j’aime aussi en avoir pour mon argent.

Avez-vous connus de mauvais moments ?

Oui, comme lorsque les clients ne payent pas, ou quand ils te laissent tomber ca fait vraiment mal. Ou lorsqu’il y a de fortes intempéries lors d’un événement en plein air par exemple. L’événement se passe bien et tout d’un coup tout est gâché. C’est une expérience horrible. Devoir annuler un évènement ou tout est sold out ça c’est difficile.

Et de ces expériences, les bonnes comme les mauvaises, vous en tirez toujours une leçon ?

Ah complètement, en 15 ans de métier y’a encore des choses que j’apprends aujourd’hui, et d’être à son compte ca m’apprend d’année en année. J’ai appris que la partie administrative est aussi importante que la partie évènementielle, il ne faut rien négliger la dessus, les devis, le dossier, les accords… Tout est important. L’administratif est presque plus important que le déroulé.

Il faut s’y connaitre un peu pour pouvoir gérer cette partie juridique ?

Oui il y a quand même des notions a avoir, quand on produit des spectacles il faut faire attention a tout. De même quand on travaille avec des artistes, il faut avoir une licence d’organisateur de spectacle.

Pour conclure cette interview, pouvez-vous me citer les principales qualités pour faire votre métier ?

La disponibilité, la détermination sont les deux principales qualités à mon sens.

Et bien merci beaucoup pour toutes vos réponses et votre temps ! Et comme convenu nous vous ferons parvenir l’interview par mail pour la confirmation.

Julia Mabileau, Maxime Terzi & Rachel Meccoci, G5

Entretien M.BALIXA BC-34 Concept réception. G9 Manon JULIAN, Linda DIF, Marine AKGAZCIYAN, Noémie KONGO

lundi 25 novembre 2013

Retranscription de l’entretien de M. BALIXA : BC-34 Concept réception.

Nous avons eu la chance d’obtenir un rendez-vous avec M. BALIXA pour effectuer notre entretien.  M. BALIXA est le gérant de BC-34 Concept Réception, une agence qui s’occupe d’organiser de nombreux évènements dont des mariages.

Notre entretien s’est donc déroulé le mardi 12 novembre à 14h30, au sein même de l’agence qui se situe au 57 route de Lavérune 34070 MONTPELLIER.

_ Bonjour.

_ Bonjour, nous sommes les étudiantes en licence d’information et de communication qui vous on contacter dans le cadre d’un projet professionnel. Avant toute chose nous souhaitons vous demandez l’accord de vous enregistré afin de pouvoir retranscrire notre entretien et de le publier par la suite sur le blog de notre licence.

_ Oui, oui, vous pouvez enregistrer il n’y a pas de soucis.

_ Bonjour, je m’appelle Marine voici Manon, Noémie et Linda. Comme vous l’a dit Manon, on vient ici dans le cadre d’un projet professionnel car votre métier nous intéresse fortement. Donc on vous enregistre pour pouvoir retranscrire à l’écrit votre interview et de la publié sur notre blog si ça ne vous pose pas de problème.

_ Oui, il n’y a pas de soucis.

_Très bien, nous vous enverrons la retranscription afin que vous puissiez vérifier qu’il n’y a pas de déformations de propos ou autre.

_ D’accord.

_ Nous allons nous intéresser à vous, à votre parcours. Est-ce que vous pouvez nous décrire votre parcours du début à aujourd’hui ?

_ Alors j’ai à peu près 35 ans de restauration. J’ai fait un peu de tout en fait. J’ai fait de la restauration rapide, j’ai aussi fait de la restauration universitaire, de la restauration gastronomique. J’ai occupé des postes à responsabilités dans différents établissements dans la région.

Ca fait à peu près 8 ans que je suis dans la région, je suis d’Alsace.

Donc il y a 3 ans, ça faisait plusieurs années que j’avais le souhait de créer ma structure moi-même. Et à la base c’était destiné essentiellement pour offrir mes prestations ponctuellement à des traiteurs ou à des restaurateurs qui manquaient de personnels. Le problème qu’on a dans le secteur très souvent c’est qu’on a le restaurant qui est plein et à midi on a le serveur qui est malade ou autre. Donc  moi j’ai souhaité créer ma structure pour palier à ce genre de situations.

Mais je n’ai pas voulu faire que ça, parce que je ne sais pas faire que ça, du service. Donc j’ai greffé une dizaine de services liés aux événements et à la restauration. J’organise également des petits cocktails. Je ne suis pas traiteur, on est bien d’accord, mais j’organise des petits cocktails dans un secteur ou souvent les traiteurs ne font pas de prestations complètes. C’est-à-dire que j’interviens à partir de 15 personnes et j’offre une prestation complète. De A à Z, inclus le service, les canapés, du vin,  fabrication de cocktails en direct. Souvent, les traiteurs, pour 15 personnes ils vous posent les plateaux de canapés et vous disent qu’ils ne peuvent pas mettre à disposition un maître d’hôtel pendant deux heures juste pour 15 personnes. Moi c’est dans ce secteur que j’interviens essentiellement, 15, 20, 30, maximum 40, parce que je n’ai pas à vocation d’être traiteur. Au-dessus évidemment je prends le client mais je sous traite avec des traiteurs.

Donc ma première activité qui est celle que je souhaite le plus développer au jour d’aujourd’hui c’est l’activité d’organisateur d’événement tous types mais qui est essentiellement des mariages. Donc voilà le guide que j’ai fabriqué et qui vient de sortir, qui apporte une aide, des conseils aux futurs mariés. A quel moment il faut s’inscrire, comment choisir son traiteur, il y a pleins de petits conseils dedans et les coordonnées des partenaires avec lesquels je travail.

J’ai aussi organisé il y a 15 jours, je ne sais pas si vous en avez entendu parler, le premier salon du mariage pour tous.

_ Oui, on en a un peu entendu parler.

_ Donc c’est moi qui l’ai organisé à l’ancienne mairie de Montpellier, juste en face du polygone. On a eu à peu près 500 et quelques visiteurs en deux jours. C’est tout nouveau donc c’est déjà pas mal.

J’ai d’autres projets, essentiellement de salon pour 2014, j’étais d’ailleurs en train de travailler dessus juste avant que vous n’arriviez, sur Montpellier et sur Nîmes.

_ Très bien, donc vous avez travaillé dans la restauration précédemment, est-ce que aujourd’hui vous arrivez à concilier les deux, votre métier d’organisateurs d’événements et celui de restaurateur ?

_ Au jour d’aujourd’hui, je fais rarement de la prestation pour des restaurants en tant que serveur. J’en fais pratiquement plus, je vis essentiellement de mon activité. Je fournis des équipes, comme par exemple jeudi dernier, j’ai eu un client qui est Carrefour Lattes, qui m’a demandé de fournir toute une équipe pour servir, parce qu’il y avait tous les directeurs de tous les Carrefours aux alentour, directeurs numéro 2 et 3 du groupe, donc ils voulaient du personnel qualifié et j’ai emmené toute une équipe.

_ D’accord, et donc l’expérience que vous avez eu en tant que restaurateur vous a-t-elle servit, ou vous sert-elle encore aujourd’hui ?

_ Oui, oui, tout à fait. Je m’en sers encore. Tout est lié, moi ça fait plus de 30ans que je fais de la restauration, des mariages j’en ai fait. Je sais comment organiser donc c’est vrai que c’est un plus comparé à beaucoup d’organisateurs de mariages sur Montpellier ou c’est souvent des gens qui connaissent rien du tout à la restauration et qui malheureusement des fois demande beaucoup de choses qui ne sont pas réalisable.

Je suis aussi le seul wedding planner donc organisateur de mariage homme. C’est pratiquement que des femmes. Je pense que je suis le seul.

_ Oui c’est vrai que vous êtes le seul wedding planner homme que l’on ait trouvé dans les environs.

_ C’est que des femmes et c’est souvent des femmes qui étaient des anciennes fleuristes, décoratrices, qui se sont lancé là-dedans parce qu’on leur a souvent dit tu décores si bien, tu pourrai organiser des mariages. Mais bon, moi je pense que c’est deux métiers différents. Moi quand j’organise un mariage, je ne m’occupe pas de la décoration, je travaille avec des partenaires. Je pense que chaque partenaires à son secteur d’activité et ses compétences car vouloir tout faire ce n’est pas bon. Je sais ce que c’est de coordonner tous l’ensemble mais je sais très bien que je ne pourrai pas décorer ou animer ou prendre des photos. Coordonner l’ensemble  de l’événement, oui.

_ Et qu’est-ce qui vous a le plus plu dans ce métier ?

_ Déjà le contact avec le client. Lorsqu’on arrive dans un secteur de mariage c’est de voir les futurs mariés heureux, de les voir profiter pleinement de leur journée de mariage. Ça c’est déjà une très grosse satisfaction. Et puis après de voir les clients après la prestation, comme jeudi dernier, le directeur de Carrefour, venir nous remercier, de les entendre me dire « c’est super bien Monsieur Balixa », c’est une grande reconnaissance et c’est la reconnaissance de ce que l’on fait qui est importante.

_ Très bien, et quels sont selon vous, les avantages, les qualités qu’il faut pour pouvoir exercer ce métier ?

_ Etre à l’écoute des gens. Je pense vraiment qu’il faut être beaucoup à l’écoute des gens et de comprendre ce qu’ils souhaitent, de comprendre l’idée en se disant que c’est quand même le client qui décide de ce qu’il veut. Il faut garder en tête l’idée de l’accompagner tout au long de son projet.

_ Et en ce qui concerne l’organisation des mariages, quelles sont les étapes fondamentales ?

_ L’étape la plus fondamentale c’est le premier rendez-vous avec les futurs mariés et les parents, commencé par définir leur thème et leur budget.  Ça c’est la priorité, leur budget et après définir le thème de leur mariage parce que souvent au jour d’aujourd’hui, 90% des mariages ont un thème. A partir de cette orientation, j’essaye d’orienter les futurs mariés vers des prestataires qui sont apte à leur budget. Je ne vais pas proposer un prestataire qui fait du haut de gamme si derrière j’ai un budget qui est moyen. J’essaye de m’adapter surtout en fonction du budget.

_ Mais comment se déroule les différentes étapes ?

_ La première étape c’est déjà de définir un peu leur thème, leur budget, de définir un peu les rôles de ce qu’ils souhaitent que je leur apporte. Donc ça peut être du clé en main, ça peut être que deux ou trois prestataires, ça peut être juste la journée J, le jour J coordonner tout ça. Ca dépend en fait de la formule du client.

_ D’accord, et vous faites comment pour gérer les demandes ?

_ Je suis inscrit dans quelques sites de mariages, j’ai de temps en temps des demande de renseignements pour l’organisation de mariage, j’organise des salons, j’ai créé ce guide (http://fr.calameo.com/read/001660420c1c87d53c729 ) qui va être distribué prochainement dans beaucoup de comités d’entreprise qui seront offert aux futurs mariés qui travaillent dans les grosses comités d’entreprise pour les aider et pour s’ils le souhaitent faire appel à mes service.

_ Très bien, et quels sont les thèmes qui reviennent le plus souvent dans les mariages ?

_ Les îles, beaucoup. Après ça dépend, il y a souvent des mariages mixtes aussi, un mélange de français et d’oriental par exemple. Après le mariage devient un mélange de deux cultures.

_ Et quel type de clientèle vous avez habituellement ?

_ Ca dépend, la moyenne d’âge est de 25-30 ans, 35ans maximum. Après c’est vrai que l’on a de plus en plus de remariage mais là c’est généralement plus petit, ils se retrouvent entre 30, 40 invités. Et c’est vrai que l’on en retrouve de plus en plus et ce n’est pas le même travail.

_ Ce ne sont pas les mêmes demandes aussi ?

_ Tout à fait.

_ Et combien de mariages faites-vous par an en moyenne ?

_ L’an dernier, j’ai à peine démarré donc je n’en ai pas fait l’an dernier. La sur 2014, j’en suis quasiment à 4 ou 5 en sachant que ça n’est pas mon activité essentielle.

_ Pour les fournisseurs, les partenaires comment vous vous organisé ?

_ J’ai mis 2 ans, 2 ans et demi, à trouver mon réseau de prestataires avec lesquels je travaille. Donc ça va du DJ, au lieu… Après ça dépend de l’endroit où le mariage à lieu, où il est organisé. S’il a lieu à Béziers, à Nîmes, j’interviens sur tout le Languedoc, et ça m’est même déjà arrivé y a deux mois, d’organiser un mariage en tant que maître d’hôtel, au Mans.

_ D’accord et c’est vrai que le métier de wedding planner marche beaucoup par le bouche à oreille vous avez fait comment pour créer votre carnet d’adresse justement ?

_ Je connaissais déjà beaucoup de monde. J’ai eu un avantage en travaillant dans la restauration pendant un moment. J’ai travaillé en tant que maître d’hôtel pour certains traiteurs de la région donc j’ai eu la chance d’avoir une ouverture un peu plus importante et j’ai également eu la chance d’avoir côtoyé des DJ, des photographes pendant des soirées lorsque j’exerçais ma fonction de maître d’hôtel, ce qui m’a permis plus facilement peut-être de trouver mon réseau.

_ Très bien, et est-ce qu’à ce jour vous êtes en collaboration, êtes-vous plusieurs à travailler dans la même agence ?

_ Alors non, au jour d’aujourd’hui je suis tout seul. Il n’y a pas si longtemps encore j’ai démarré ma structure en tant qu’auto-entrepreneur et au mois de mai de cette année je suis passé au statut de société, en URL. Mais au jour d’aujourd’hui je suis tout seul.

_ D’accord, est-ce parce que vous préférez travailler individuellement ?

_ C’est surtout parce qu’au jour d’aujourd’hui, mon activité ne me permet malheureusement pas d’embaucher, à part quelques fois où j’ai quelques stagiaires. Je vais d’ailleurs faire une demande de stagiaire en communication pour 2014, pour les 2, 3 projets que j’ai en cours.

_ D’accord, donc vous prenez des stagiaires généralement pour combien de temps ?

_ En général, je prends des stagiaires pour une période de 4, 6 semaines et je travaille avec les stagiaires sur le projet sur ce qu’elles peuvent m’apporter et ce que je peux leur apporter.

_ Et quelles sont les principales missions des stagiaires justement ?

_ Ca dépend du projet. La par exemple si je prends une stagiaire ça sera surtout pour faire toute la présentation des dossiers de presse des salons que je prévois de faire en 2014, ce qui est déjà un travail conséquent, en sachant qu’il y a un projet qui est un très gros salon.

_ D’accord donc c’est un gros salon prévu pour 2014 ?

_ Oui pour 2014 tout à fait, je suis en train de travailler dessus, de négocier avec Montpellier Event’s donc c’est un gros projet dont je ne peux pas trop parler pour l’instant.

_ Très bien. Et quel est le budget moyen de vos clients ?

_ Alors il faut savoir qu’en moyenne en France, un mariage pour 100 invités demande un budget de 13 000€. Donc 130€ par personne c’est le budget moyen pour un mariage en  France. Dans le Languedoc on est au-dessus, parce que déjà les salles sont nettement plus cher que dans d’autres régions, et puis c’est vrai qu’en général tout est plus cher ici. Mais en moyen il faut compter 130, 150€ de budget moyen par personne.

_ Et donc selon vous quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon gestionnaire ? Quelles qualités faut-il avoir pour réussir à satisfaire les demandes avec différents budgets ?

_ Pour être un bon gestionnaire déjà il faut savoir négocier avec tous les prestataires au niveau des tarifs. Il faut savoir que dans mon métier il y a deux solutions, en général moi je suis payé par mes futurs mariés pour les aider à organiser leur mariage et je sais que j’ai d’autres confrères qui se font payer en commission par les prestataires, ça leur apportent un petit plus. Moi, ça n’est pas ma mentalité, je suis uniquement payé par mon client. Après chacun fait ce qu’il veut, moi, je pars du principe ou je me fais payer par mon client de manière à être totalement indépendant des prestataires que j’ai en face, de façon à ce que je ne sois pas lié à lui d’aucune manière. Après j’essaye de négocier au meilleur prix pour mon client et pour la même qualité. Je sais que déjà tous mes prestataires font des petites réductions lorsque l’on passe par moi. Si vous y allez seul vous aurez un tarif légèrement plus élevé, ce qui permet aux futurs mariés je dirai de compenser mes honoraires, pas entièrement, mais en bonne partie. Il faut savoir aussi que faire appel à un wedding planner comme moi c’est un gage de temps, de sérénité, les mariés gagnent du temps, ils sont moins stressés et je négocie vraiment tous les prix ce qui est, je pense, très important.

_ Et justement, en fonction des besoins des futurs mariés faites-vous différentes formules ?

_ Tout dépend de ce que veulent les clients. On peut me demander d’intervenir le jour J seulement, afin d’éviter de bloquer quelqu’un de la famille à faire toutes les vérifications, vérifier que le fleuriste est bien arrivé, que le vin est bien au frais… Là vous pouvez décharger une personne comme moi pour s’occuper de tout ça. Donc là c’est que sur la journée, c’est un forfait journée. Après vous pouvez aussi demander une prestation de A à Z et les tarifs seront forcément plus élevés et variera aussi en fonction du nombre de prestataires que l’on me demandera. Plus on me demandera de faire intervenir des prestataires et plus le prix sera élevé pour les futurs mariés car ça demande plus de travail. Si effectivement, il n’y a que 5 prestataires ça sera moins cher. Il faut savoir qu’il y a 7 prestataires principaux dans un mariage, dans les autres événements il y en a un peu moins. Il y a généralement, l’incontournable lieu, le traiteur, le DJ, le photographe, la décoratrice, et tous ce qui est dragées et faire-part. Après on peut aller avec un lâché de colombe en sortant de l’église, avec un chanteur connu, avec une limousine, on peut faire ce que l’on veut, après on peut même faire une cérémonie laïque au bord de la mer c’est de plus en plus à la mode d’ailleurs. Surtout maintenant que l’on attaque le mariage pour tous et qu’ils ne peuvent pas se marier à l’église, on a de plus en plus de demande de gens qui demandent une cérémonie laïque dans des lieux un peu atypique. Et puis ici, souvent, la région fait que ce lieu se traduit par le bord de mer même si c’est un peu complexe à gérer au niveau administratif.

Après en fonction du budget, ça dépend, il peut y avoir vraiment plusieurs formules. Il faut savoir qu’un wedding planner prend environ de 5 à 10% d’honoraire sur le budget global du mariage, en moyenne en France. Dans le Languedoc ils sont cependant plus près des 14, 15% que des 10% car tout est plus cher.

En moyenne, dans un mariage ou il y a une dizaine voir une quinzaine de prestataires, pour moi le minimum c’est 1500€ d’honoraires pour ce genre de prestations. En sachant que si la personne se débrouille bien elle vous fait économiser 50% de ses honoraires.

_ Oui, c’est vrai que les clients y gagnent quand même beaucoup.

_ Oui, ils y gagnent beaucoup en sérénité, en quiétude, ils ne courent pas dans tous les sens. Et puis, c’est vrai qu’aujourd’hui de plus en plus les gens se marient mais on déjà des jeunes enfants donc ils ont encore moins le temps de s’occuper de tous les préparatifs. Après je peux ne donner que des conseils, j’ai un taux horaire pour cela. Je peux également juste les mettre en relations avec quelques prestataires en leur disant que ça sera tant pour tel prestataire et sinon si c’est un clé en main ça sera en fonction du temps que je passerai à préparer le mariage. Enfin, si c’est juste pour le jour J, pour coordonner le tout et ne pas demander à quelqu’un, la copine, la sœur ou autre de s’occuper de tout afin que vraiment tous les invités puissent profiter du mariage, il y a un taux horaire, qui s’établit donc en fonction de ce que l’on me demande.

_ Oui, c’est tout à fait compréhensible. Et comment faites-vous pour vous différencier des autres agences de wedding planner ?

_ Eh bien déjà comme je vous l’ai dit je suis le seul wedding planner homme, c’est quelque chose que l’on peut déjà souligner. Et puis aussi, je pense être le seul à avoir suivi la formation hôtellerie/restauration.

_ Très bien. Il y a une agence à Castelnau Le Lez qui a participé à l’émission « 4 mariages pour 1 lune de miel » diffusé sur TF1, est-ce que c’est quelque chose qui vous intéresserai éventuellement ?

_ Je ne suis pas sur… J’ai été contacté à un moment mais ce n’est pas trop mon créneau.

_ Est-ce que c’est le concept de l’émission qui ne vous plait pas ou bien est-ce que c’est autre chose ?

_ Oui, c’est le concept qui ne m’inspire pas trop. Le fait de noter le mariage des autres, je trouve ça un peu délicat. Parce que là on s’attaque vraiment à des moments magiques pour les jeunes mariés… Mais bon ça marche, et puis je pense que les personnes qui participent à ce genre d’émissions on quand même de très bonnes retomber, forcément. Même si ce n’est pas une certitude.

La meilleure façon de se faire connaître, je pense, c’est vraiment de faire consciencieusement son mariage et si quelqu’un veut se marier et qu’il voit que vous avez bien fait votre travail, il viendra de lui-même vous contacter. Et c’est valable dans tous les secteurs d’activité pas seulement pour les mariages. A partir du moment où l’on fait bien son travail, on se souvient toujours de vous et on vous recommande à d’autres gens. Le directeur de Carrefour Lattes, m’a d’ailleurs contacté par l’intermédiaire d’un traiteur avec lequel j’ai déjà travaillé.

Après je n’ai pas dit que je dirai non, mais c’est vrai que ce n’est pas ce que je préfèrerai faire, juger le mariage d’un autre avec des notes et tout ça. Surtout que souvent ces gens-là ont fait leur mariage tout seul donc entendre les critiques après ce n’est pas ce qui est le plus facile.

_ Et est-ce que vous avez déjà travaillé avec de la clientèle étrangère ?

_ Ah non, non, ça je n’ai pas encore eu. Après je sais que ici dans le secteur, il y a de plus en plus de demande d’anglais. Etant donné que la liaison entre Montpellier et Londres est quand même bien faite. Et puis il faut dire qu’en général en Angleterre tout est très cher et les mariages sont vraiment très chers. Donc oui, c’est de plus en plus à la mode les anglais qui viennent se marier en France et puis il faut savoir que la France est le symbole de l’amour et du romantisme donc avec les avions maintenant, même s’ils prennent une cinquantaine de place d’avion à 50€ la place, c’est assez rentable pour eux. Cependant, c’est vrai que moi, je n’ai pas eu encore ce genre de demande.

_ Et ça vous intéresserai de vous en occuper un jour ?

_ Oui, tout à fait, je suis ouvert à tous. Ca dépend ou c’est, ça dépend de la situation, mais oui c’est vrai que ça m’intéresserai de m’occuper de personnes qui viennent ici pour se marier.

_ Les thèmes doivent changer, ça doit être une autre culture…

_ Je ne pense pas, par contre le budget oui. Après oui, c’est une autre culture mais les thèmes restent souvent les mêmes, ce qui doit vraiment changer je pense ça doit surtout être au niveau des repas peut-être. Il ne faut pas oublier qu’à la base, ce métier vient des pays anglo-saxons. Aux Etats-Unis ils se marient tous comme ça, par un wedding planner. Alors qu’en France ça fait moins de 10ans seulement que c’est arrivé. Et au jour d’aujourd’hui à part les écoles privées il n’y a pas de diplômes pour être wedding planner. Moi, j’ai fait une formation par le biais d’internet, avec des dossiers à rendre toutes les semaines.

_ On a vu qu’il y avait certains wedding planner qui former aussi les jeunes, et qu’il existait un diplôme reconnu par l’Etat, pouvez-vous nous en dire plus ?

_ Oui, ça c’est plutôt du côté de Paris et Lyon mais bon ça reste souvent des écoles privées assez chers.

_ Oui c’est vrai qu’elles sont généralement très chères !

_ Les jeunes s’intéressent de plus en plus au salon de mariage, qu’est-ce que vous en pensez ?

_ C’est vrai qu’il y a de plus en plus de personnes qui s’intéressent au salon et c’est vrai que c’est sympa même si quelque part je trouve que l’entrée des salons est tout de même de plus en plus coûteuse.

_ Et par rapport à votre dernier salon, qui était donc le salon du mariage pour tous, comment avez-vous ressenti cela, est-ce que ça a été à la hauteur de vos attentes ?

_ Je pensais qu’il y aurait eu plus de monde mais je pense qu’il faut du temps encore. Il faut savoir que le premier salon du mariage pour tous qui s’est déroulé 3 semaines après l’acceptation de la loi a été fait à Paris et il avait plus de 70 exposants mais n’ont eu que 150 visiteurs, un vrai fiasco.

_ Le nombre de visiteurs à votre salon est-il tout de même un peu plus réconfortant ?

_ Moi, j’ai fait un peu plus de 500 visiteurs. Je pense d’ailleurs que c’est l’un des premiers ou il y a eu autant de visiteurs.

_ A votre avis pourquoi le premier n’a pas bien fonctionné ?

_ Je pense que c’était trop tôt. Je pense vraiment, qu’il faut laisser encore du temps. Il faut un peu apaiser les choses avant.

_ Le premier mariage gay s’est déroulé à Montpellier, est-ce que vous avez eu l’occasion d’y assister, ou avez-vous peut être même pu aider à son organisation ?

_ Je les connais mais je n’ai pas assisté à leur mariage et je n’ai pas non plus aidé à sa réalisation.

_ C’est un mariage qui a été assez médiatisé.

_ Tout à fait, j’ai moi-même était pas mal médiatisé pour le salon du mariage pour tous que j’ai donc organisé récemment. Le mercredi soir avant le week-end du salon je suis passé sur la télévision sud Montpellier, j’ai eu 3 articles sur Midi Libre, j’ai eu France 3 le samedi soir en régional et la gazette, 20minutes, il y a eu pas mal d’articles là-dessus. C’est vrai que ça m’a aidé à me faire connaitre. Vraiment le gros point positif du salon, c’est qu’il m’a bien aidé à me faire connaitre.

_ Ça a été quand même une pression peut-être un peu plus importante ?

_ La pression oui, j’ai mis 6 mois à le mettre en place et je l’ai monté tout seul donc oui quand même. Après y a eu des petites erreurs qu’on apprend avec le temps et l’expérience. Mais bon, le point vraiment positif c’est que les médias ont vraiment bien suivi le jeu. Les gens peut-être pas encore mais les médias oui. Il faut dire que c’est quand même Madame La Maire en personne qui a inauguré le salon.

_ Au niveau des prestataires vous nous avez parlé de beaucoup d’entre eux, est-ce que vous pouvez nous donner un peu plus de détails, des noms ?

_ Oui, bien sûr,  il y en beaucoup. Traiteur Garrigue, c’est d’ailleurs ce traiteur qui a fait le repas du premier mariage gay en France. Il y a Traiteur Grand, il y a aussi La Galinière sur Béziers, il y a une location de véhicule Limousine, une location de taxis anglais, une agence de voyage, une bijouterie au Triangle. Je travaille avec des DJ, des photographes, il y a pas mal de noms en fait.

_ Est-ce que vous travaillez toujours avec les mêmes partenaires ?

_ Ce n’est pas forcément toujours les mêmes, ça dépend. Je ne propose pas un seul prestataire par secteur d’activité à mes clients au fait. Je propose toujours 2 ou 3 prestataires par secteur d’activité et au niveau des traiteurs j’en propose un peu plus pour avoir plus de marge et d’avoir l’assurance qu’en fonction du thème les futurs mariés aient exactement le repas qu’ils souhaitent.

_ Avez-vous déjà eu des échecs avec les clients ? Des clients déçues ou autre ?

_ Ça m’est déjà arrivé de m’être un peu fâché pendant une soirée avec l’un de mes prestataires dont je n’étais pas satisfait et avec qui je ne travaille plus d’ailleurs. Avec les clients ne s’en étaient pas tellement rendu compte. J’essaye au mieux de ne pas le faire paraitre quand il y a un souci et de régler les choses. Les clients en tout cas ont toujours été satisfaits. Après c’est vrai qu’il y a des personnes qui sont plus ou moins stressé et c’est sûr que si vous souhaiter faire ce métier il faut savoir être serein.

_ D’accord. Y a-t-il un souvenir particulier qui vous a davantage marqué dans votre carrière ?

_ Comme je n’ai pas encore eu l’occasion de faire beaucoup de mariage au jour d’aujourd’hui je n’en ai pas encore eu suffisamment. En restauration par contre oui j’en ai quelque uns.

_ Vous avez déjà travaillé avec des personnes célèbres ?

_  Oui, j’ai eu l’occasion de travailler avec quand même pas mal de personnes célèbres. Déjà Laurent Kerusoré dernièrement. Y a un an il y a eu Vincent Mc Doom, Magloire. J’ai eu l’occasion l’an dernier de faire l’élection de Miss Prestige avec Madame De Fontenay.

_ Et est-ce que les exigences sont un peu plus importantes lorsque vous travailler avec des célébrités ?

_ Pas forcément. Il y a eu des personnalités avec des attitudes un peu plus hautaines que d’autres.

_ Comment vous vous y prenez pour gérer les choses dans ce genre de situations ?

_ Je ne peux pas faire grand-chose, il faut prendre sur soi.

_ Est-ce qu’il y aurait des points que vous jugerez un peu négatifs dans le métier de wedding planner ?

_ Alors sur le métier de wedding planner au jour d’aujourd’hui non, après sur le métier de la restauration un peu. Y a quelques contraintes quand même au niveau des horaires et tout ça c’est un métier qu’on ne peut pas exercer si on ne l’apprécie pas. Après être toujours la souriant devant le client, le stress du service et se retrouver quelques fois face à des clients pas très sympas sans rien pouvoir dire ce n’est pas très évident. Mais bon c’est comme dans tous les métiers, le client est roi. Je pense qu’il faut savoir rassuré son client, lui montrer que je gère les choses. Il ne faut pas monter en tension au contraire, il faut montrer que l’on est très calme et expliquer à ses clients les choses plutôt que d’aller au conflit avec lui.

_ Très bien, alors vous nous avez d’abord informés sur votre parcours en premier lieu en tant que restaurateur, puis en tant que maître d’hôtel et wedding planner. Vous nous avez également renseignés sur votre manière de procéder au quotidien, sur vos différents partenariats. Vous avez eu la gentillesse de nous parler de vos collaborations, de vos moments marquants, de vos projets.

Grâce à vous, nous avons beaucoup appris aujourd’hui sur le métier que nous souhaiterions exercé à l’avenir. Vous nous avez apporté d’une part votre regard personnel sur la profession et d’autre part vous nous avez donné énormément de conseils.

Nous vous remercions vraiment de bien avoir voulu nous accorder du temps pour répondre à nos questions et nous vous remercions aussi très sincèrement d’avoir répondu à toutes nos questions avec autant de sincérité et de gentillesse.

Nous vous recontacterons très prochainement afin de vous transmettre une copie de la retranscription que nous allons faire de cette entretien afin que vous puissiez vous assurez qu’il n’y a pas eu de déformation et que l’on puisse la publier sur le blog de notre licence.

Encore une fois, merci beaucoup de vous être prêter au jeu et de nous avoir aidé dans notre projet professionnel. Au revoir et à très bientôt.


Pour plus d’information :

_ Vous pouvez vous rendre sur le site officiel de M. BALIXA :

http://www.bc34concept-reception.fr/

_ Vous pouvez également le joindre sur son adresse mail ou par téléphone:

bc34concept.reception@gmail.com

06 77 50 74 19

G9, Manon JULIAN, Linda DIF, Marine AKGAZCIYAN, Noémie KONGO.

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lundi 25 novembre 2013

Entretien Projet Professionnel Personnalisé


Le_Monde

Dans le cadre de notre entretien en Projet Professionnel Personnalisé, nous avons interviewé Brigitte Billiard, la directrice communication et promotion du journal Le Monde, le 25 octobre 2013. Cette derrière nous a accueilli dans son bureau, situé dans les locaux du journal, au 80 boulevard Auguste Blanqui, à Paris.

  • Tout d’abord, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le métier de directrice de communication ?

Au Monde, en tout cas, car je pense que les métiers sont totalement différents selon les secteurs d’activité, la taille des entreprises, le nombre de salariés, le chiffre d’affaire, l’importance stratégique d’un poste de communication, … Beaucoup de facteurs influent et je ne prétends pas incarner tout le secteur de  la communication. En ce qui me concerne,  je suis directrice communication et promotion. Je gère ce qui est communication, relation presse évènementiel et partenariat média mais également ce qu’on appelle la « communication publicitaire », c’est-à-dire l’achat ou l’échange média (presse, affichage radio, télévision, web, réseaux sociaux, …). La promotion est importante dans la presse, comme dans  tous les métiers ayant une partie point de vente, afin d’y mettre en avant nos titres. C’est ce qu’on appelle le « marchandising ». De plus, Le Monde est un groupe qui se compose de plusieurs filiales : Le Monde, LeMonde.fr, Télérama, La Vie, The Huffington Post. Pour Télérama et LeMonde.fr, il y a des employés en communication spécifiques pour le magazine et le site internet car il faut être très proche de la rédaction et suivre une certaine ligne éditoriale.

  • Quelles études avez-vous faites pour parvenir à occuper ce poste ?

J’ai passé ce qu’on qualifie aujourd’hui de « Bac ES » puis une prépa HEC avant d’intégrer l’école Sup de Co à Rouen, de laquelle je suis sortie diplômée en 1986.

  • Etes-vous d’avis qu’une grande école est plus professionnalisante que l’université ?

Personnellement, j’ai fait une école mais je pense que la formation universitaire peut-être tout aussi bien, voire mieux,  car les étudiants sont plus débrouillards, plus autonomes que les étudiants de classes préparatoires, qui sont très encadrés. De plus, l’institut universitaire s’est particulièrement développé ces dernières années. Il propose une plus large palette de disciplines et de formations plus professionnalisantes qu’auparavant. Néanmoins, les écoles permettent une multiplicité de stages en entreprises et disposent d’un important réseau, notamment à l’étranger.

  • Comment avez-vous vécu votre insertion professionnelle ?

Dans les années 1980, j’avais eu un cours portant sur la création d’entreprise donné par le PDG de l’Etudiant, qui m’a engagée par la suite. J’y ai débuté ma carrière en tant que commerciale et je suis montée au fil des années (j’ai monté mon propre service de télécommunication, j’ai notamment été l’une des premières à lancer la vente par téléphone avec des aveugles et ai donc participé au développement des claviers adaptés aux non-voyants).

  • Comment êtes-vous passée de l’Etudiant au Monde ?

Après avoir passée sept merveilleuses années chez l’Etudiant, qui était à l’époque une petite entreprise, j’ai travaillé deux ans pour le théâtre des Deux Rives à Rouen. Je m’occupais de leur campagne de communication, de leur recrutement d’abonnés etc… Je travaillais avec le secrétaire général. Voulant travailler dans le domaine de la culture, j’ai passé mon DESS de gestion et reprise culturelle à Paris-Dauphine ; j’ai été retenue à l’écrit mais pas à l’oral. De plus, le théâtre ne pouvant pas m’offrir de CDI pour raisons financières, j’ai décidé de poursuivre dans la presse. Ainsi, commença ma carrière au Monde.

  • Quelle est votre rôle au sein du journal ?

Je suis commerciale de nature. Je fais de la communication pour l’image du produit, mais je reste dans un esprit commercial. D’ailleurs, j’ai débuté par de la communication publicitaire. Actuellement, je suis la directrice de deux services qui ont fusés : d’une part, la promotion, c’est-à-dire la communication publicitaire, et d’autre part, la communication relation presse. J’essaie d’amener la communication à permettre d’avantage de bénéfices pour le journal bien que l’image soit très importante (il faut être cité) et que tout le travail de RP (Relation Presse) est selon moi essentiel. De plus, grâce à ma formation de gestionnaire, j’essaie de voire quels indicateurs je pourrai trouver sur ces activités, quels outils utiliser pour mesurer les performances, analyser les retombées. J’essaie d’amener mes compétences de management et d’organisatrice.

  • Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il est nécessaire d’être communiquant, collaboratif, dans le partage, dans l’écoute. Le métier de communiquant a évolué puisque qu’avant, celui-ci ne partageait pas ses sources, ses contacts, ce qui faisait sa force. Maintenant, il faut savoir s’adapter aux différents publics visés. Il y a aussi ce qui concerne les réseaux sociaux pour lesquels d’autres qualités sont nécessaires.

  • Avez-vous un service spécialisé dans les réseaux sociaux ?

Non, nous avons des Community Managers qui requièrent d’énormes qualités d’écriture mais ils restent dans la rédaction et l’éditorial. Les réseaux sociaux ne sont pas notre objectif premier. Nous essayons de créer une communauté à partir de laquelle nous pouvons communiquer sur nos salons, ou sur un produit jeune. Cela varie selon l’âge mais on n’oublie pas le point de vente.

  • Etant donné l’expansion d’internet, trouvez-vous que l’écrit papier perd de sa valeur ?

Oui, le papier vit une crise importante qui est amplement compensée voire même dépassée par la montée de l’audience sur internet. On compte actuellement plus de 10 millions de lecteurs, ce qui est beaucoup plus que lorsqu’on travaillait uniquement en format papier. Internet nous a permis de gagner énormément de lecteurs et en notoriété. Mais il y a une difficulté dans le fait de monétiser. Nous proposons donc des formules d’abonnement. Nos abonnés peuvent ouvrir un blog LeMonde.fr.

  • Quelle est la position du journal à l’international ?

On est le premier journal français à l’international avec une cinquantaine de correspondants à l’international. Il ne faut pas oublier que Le Monde est une grosse rédaction. On investit sur nos contenus, nos journalistes afin de rendre des titres de qualité. Il est bien d’avoir des journalistes qui habitent sur place. C’est d’ailleurs cela qui nous a permis de remporter notre prix de reportage de guerre en Syrie, par exemple. Le travail d’investigation est très important.
On essaye également de décentraliser l’impression. Aux Etats-Unis, par exemple, nous n’allons bientôt plus importer de journaux de France, ils seront imprimés sur place.

  • En tant que directrice, êtes-vous amenée à diriger une équipe ? Quels sont les avantages et les inconvénients de ce statut ?

Je pense qu’un chef de service possède un leadership naturel. J’ai envie d’organiser, d’entreprendre,  ce qui m’a permis de me faire remarquer et ainsi de monter en grade.
Dans mon équipe, nous sommes une dizaine mais nous avons souvent des vacataires et des stagiaires qui sont nombreux en communication. Pour manager, il faut une grande énergie afin de dynamiser son équipe et toujours se mettre au niveau dans un environnement en changement constant (ce qui peut être difficile pour certaines personnes). Aussi, pour occuper ce poste, il est nécessaire de faire preuve d’honnêteté, de confidentialité et de déontologie. Cependant, à mon niveau, et même si j’ai le statut de directrice communication du journal, je n’ai pas le pouvoir d’intervenir sur le salaire des membres de mon équipe. Ce poste a aussi une forte pression, à la fois des individus que l’on dirige et de nos supérieurs. Par la suite, j’aimerai intégrer le comité de direction.

  • Est-il possible que des entreprises de communication extérieures au journal interviennent sur vos évènements ?

Oui, nous travaillons avec des agences de publicité, des agences médias et des prestataires extérieurs.

  • Comment se place le journal dans l’évènementiel ?

L’évènementiel est co-piloté par la rédaction, la communication et la régie publicitaire. Tous trois fonctionnent en complémentarité. On est une entreprise de contenus. Nos événements sont donc des événements de contenus.

  • Pratiquez-vous une communication interne et/ou externe ?

Je ne fais pas de communication interne, seulement externe. Cela s’explique par le fait que nous ne sommes pas une entreprise comme les autres car les journalistes sont une population un peu spéciale. En effet, ils ne veulent pas être manipulés et ne désirent donc pas une communication trop construite mais plutôt une communication moins formelle.

  • En quoi la communication dans un journal est-elle différente de celle réalisée dans une agence de communication ?

Dans notre journal, la matière, le contenu m’intéresse beaucoup. Aussi, une bonne ambiance règne dans l’équipe. Les agences de communication sont également intéressantes mais c’est très différent, notamment au niveau du budget qui découle de plusieurs entreprises. De plus, le secteur des agences de communication est très large avec la publicité, et surtout, l’évènementiel, qui croît particulièrement.

  • Nous avons appris qu’au cours de l’année, vous avez présenté une soutenance en e-marketing sur le thème de l‘abonnement digital, serais-ce en vue d’une nouvelle perspective d’avenir ?

Je souhaitais avant tout me former au métier du web marketing car les frontières entre le métier sur le net et dans le journal sont de plus en plus poreuses. Cette soutenance m’a également permis de maitriser d’avantage les outils du web tels que le SIO, les campagnes en ligne, le search, les réseaux sociaux ou le e-mailing que je ne savais pas forcément bien aborder. Au cours de ce cursus, je devais faire un mémoire. J’en ai donc parlé au Monde.fr qui, au même moment, lançait la nouvelle édition du site pour abonnés. Ainsi, en préparant ma soutenance, je travaillais parallèlement sur ce lancement. Ce fut très bénéfique puisque cela m’a permis de travailler avec l’équipe du Monde.fr ainsi que d’en apprendre d’avantage sur un domaine que je ne maitrisais pas. En outre, concernant une éventuelle évolution dans l’entreprise, évidemment, je pourrais candidater pour un poste au Monde.fr.

  • Cette formation était-elle dédiée seulement aux personnes désirant évoluer professionnellement ?

Non, c’était de la formation continue. Le e-marketing est spécifique puisque, contrairement au marketing classique (règle des 4 « P » : Produit, Prix, Promotion, Place), celui-ci est plus accès sur le client, l’approche est très différente.  C’était vraiment très intéressant.

Enfin, je trouve qu’il est important de sans cesse se remettre à niveau, et de savoir se remettre en question. Cela ne peut que nous faire évoluer.

Après avoir remercié Madame Billiard de nous avoir consacré de son temps, nous avons pris quelques photos et pris congé. De plus, nous avons été étonnés par la diversité des services proposées par ce grand journal.

Lydia Bennasroune, Diane Curt & Romain Loison