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Entretien avec Élodie Spagnuolo, responsable du service communication de la Carsat Languedoc Roussillon par I. Di Chiappari et M. Naassens

lundi 19 novembre 2018

 

Inès : Bonjour, nous sommes deux étudiantes en première année de licence Information et communication. Cette interview est menée dans le cadre de notre projet professionnel personnalisé. Nous souhaitons tout d’abord vous remercier du temps que vous nous accordez, cela sera très enrichissant pour nous deux. Avant de commencer, j’ai quelques questions à vous poser. Tout d’abord, vous êtes bien disponible pendant 1h?

Élodie Spagnuolo : Oui c’est ça, pas de problèmes. 

Inès : Très bien, acceptez-vous d’être enregistrée ? Nos questions ne sont pas intrusives, ne vous en faites pas, et cela nous aidera beaucoup au moment de la retranscription de l’entretien. 

Élodie Spaguolo : Ça ne me dérange absolument pas, je comprends ! 

Inès : Super ! Et pour terminer, au niveau de la publication de nos écrits, souhaitez-vous qu’ils apparaissent en public ou en privé sur le blog de notre licence ? 

Élodie Spaguolo : Peu m’importe, cela dépends des questions posées lors de l’entretien, mais je suppose qu’il n’y aura pas de soucis !  

Inès : Très bien, nous pouvons commencer. Alors est-ce que tout d’abord vous pouvez vous présenter et présenter votre entreprise ? 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr ; je suis Élodie Spaguolo, la responsable communication de cette structure, la Carsat Languedoc Roussillon. J’ai ce poste depuis peu, depuis début octobre, auparavant, je travaillais aussi à la Carsat , dans la communication, mais dans le département des risques professionnels. 

Inès : D’accord, je vois !

Élodie Spagnuolo : C’est quand même un changement car aujourd’hui j’ai vraiment en charge la communication de toute les branches qui constituent la Carsat. En effet, la Carsat est un organisme qui a une mission de service public, et dans ces missions il y a trois grands champs, il y a tout ce qui relève de la retraite, tout ce qui est action sociale et tout ce qui est prévention des risques au travail. 

Je ne sais pas si vous connaissez la sécurité sociale ? Il y a différentes branches…

Margot et Inès : Oui , oui !

Élodie Spagnuolo : … Donc nous avons la branche maladie, la branche vieillesse, et la branche risques professionnels. La Carsat travaille autour de ces trois grandes thématiques. Du coup, mon travail va être justement de voir comment au mieux accompagner ces trois grandes missions de la Carsat. 

Inès : Merci, c’est parfait. Nous allons commencer l’interview sur la catégorie « métier », pour bien définir la fonction occupée, et les différentes missions à votre charge. 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr !

Inès : Donc pour commencer, quelles sont les principales missions et activités dont vous avez la charge ?

Élodie Spagnuolo : Alors, les principales missions dont j’ai la charge.. Tout d’abord , ça va être d’animer une équipe, je ne travaille pas toute seule, j’ai une équipe. Actuellement nous sommes 7 personnes, alors je peux les citer : il y a 2 personnes à l’infographie, 1 web master, 3 chargées de communication. 

Elles vont vraiment gérer le projet de A à Z, par exemple, nous allons recevoir des demandes de différents services de la Carsat, elles vont traiter la demande, aller vers l’infographiste ou le web master par exemple ! Oh, et j’ai oublié de citer un métier très important : le vidéaste. 

Inès : Ah c’est intéressant !

Élodie Spagnuolo : Oui en effet ce n’est pas courant dans la Carsat. Parfois nous pouvons faire appel à un vidéaste pour réaliser toute sortes de films. Nous avons cette chance, car c’est un atout pour ce que nous pouvons réaliser en interne. 

Alors ma charge va bien sûr être de prendre en charge cette équipe, de l’animer, la gérer, organiser le travail avec eux au quotidien. Ensuite, une des choses très importante ; c’est de vraiment arriver à déterminer un plan de communication chaque année, voir même une stratégie de communication en amont, en lien avec toutes les stratégies qui proviennent, des différentes branches et services. 

Nous avons donc des directives qui descendent, il  faut bâtir des stratégies, accompagner au mieux, car nous avons des publics différents. Ce plan de communication n’est pas simple à trouver car, forcément, vous prévoyez quelque chose pour l’année et il y a quelques fois des aléas ou des choses qui surprennent, des nouvelles demandes, par exemple. 

Du coup, même en étant bousculés il faut arriver à tenir notre plan et intégrer de nouvelles choses et ce n’est pas toujours facile !

Inès : En effet, je comprends, vous avez donc beaucoup de responsabilités !

Élodie Spagnuolo : Ah oui ! Mais je suis épaulée car j’ai mon équipe !

Inès : Oui , voilà, l’équipe est donc essentielle si je comprends bien. 

Élodie Spagnuolo : Elle est très très importante oui , il faut qu’on arrive à bien s’entendre, être efficace et mener à bien ce plan de communication sur l’année. Il y a toujours aussi force de proposition, car c’est très attendu par notre direction, ce qui est normal. Il faut que nous ayons des idées, on ne peut pas constamment attendre les demandes, il faut prendre des initiatives, être dynamique et.. 

Inès : Polyvalent ! 

Élodie Spagnuolo : Exactement, polyvalent !

Inès : Ça doit demander beaucoup d’énergie. 

Élodie Spagnuolo : (rires) Ah oui , mais ça rends le travail super intéressant. 

Inès : J’imagine bien ! Alors, si vous acceptez de nous en parler bien sûr, y’a-t-il une mission en particulier qui vous à marquée positivement ou au contraire négativement ?

Élodie Spagnuolo : Bien sûr. Je viens d’arriver sur ce poste là, donc c’est assez récent. Pour l’expérience positive, déjà, j’ai retrouvé une équipe, que je connaissais par ailleurs, mais avec laquelle je travaille différemment, de manière beaucoup plus proche et continue. Donc il y a un point très positif, c’est que l’équipe est super dynamique et motivée, toujours pleine d’idées ! Et ça c’est très appréciable  en tant que responsable d’avoir une équipe qui vous soutient. Ça, ça pourrait être une expérience positive!

Inès : Oui totalement, comme c’est un nouveau poste pour vous !  

Élodie Spagnuolo : Après, je n’aime pas utiliser le terme « négative » , je dirai plutôt « points à améliorer », mais par exemple, comme je viens d’arriver, je reprends ce poste, il y a certaines choses à réorganiser, tout n’est pas parfait, enfin, pas comme je le souhaiterai, donc ça prends du temps. 

Il faut que je mette en place un certain nombre de choses pour avoir une bonne organisation, pour réussir à vraiment travailler main dans la main avec les autres services, car ce sont nos clients. Il faut donc mieux articuler tout ça, ce qui n’est pas encore très fluide, mais ce n’est pas grave, nous tous ensemble sur le sujet. C’est donc un point à améliorer aujourd’hui. 

Inès : Très bien, je vois.  Alors, pouvez-vous à peu près nous expliquer une journée type, enfin, une de vos journées types ?

Élodie Spagnuolo : Alors une de mes journées types… Donc, vous avez besoin des horaires ?

Inès : Non, par forcément ! 

Élodie Spagnuolo : Une journée type c’est beaucoup de réunions, car nous sommes forcément demandés de tous les côtés. Après ce ne sont pas forcément des réunions pour faire des réunions, c’est vraiment pour mieux comprendre les demandes qui nous sont proposées, pour les affiner, nous avons besoin de nous poser ensemble.

Vous voyez, les demandes nous arrivent aujourd’hui par une boîte mail, et parfois, un mail ne suffit pas, il faut se rencontrer, faire des brain storming, réfléchir ensemble pour décider de la manière dont nous allons traiter la demande. Ces réunions prennent beaucoup de temps. 

Après, c’est difficile car je ne peux pas toujours être en réunion, il faut aussi à un moment donné, trouver du temps pour soi : lire des choses, rédiger. Il faut donc réussir à se dégager un peu de temps pour vraiment travailler de manière plus profonde. 

Alors ça c’est aussi quelque chose sur lequel on travaille, c’est une problématique qui revient souvent dans les entreprises, on a beaucoup de mails, on a plusieurs outils, on reçoit beaucoup d’informations à traiter, donc ça fait beaucoup d’outils à consulter, ce qui nous fait perdre du temps. Donc là on essaye d’alléger tout ça et gagner en efficacité. 

Inès : D’accord !

Élodie Spagnuolo : Nous avons un réseau social d’entreprise, ça marche bien car nous pouvons travailler différemment car le mail c’est parfois, comment dire.. Ce n’est pas toujours le meilleur moyen pour communiquer au sein d’une équipe ou même entre les services. On essaye de trouver d’autres manières de communiquer donc par exemple le réseau social de l’entreprise est quelque chose qu’on creuse. Il y a aussi par exemple Skype, pour tenter de faire différemment, ça demande beaucoup de temps mais c’est très intéressant. 

Bon ! Je ne sais pas si ça réponds à la journée type mais pour résumer c’est beaucoup de réunions, beaucoup de mails, beaucoup de réponses, nous sommes tout le temps occupés. 

Inès : Et vous réussissez tout de même à trouver du temps pour travailler seule?

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est compliqué pour moi de libérer du temps mais j’essaye tant bien que mal, j’en ai forcément besoin. 

Inès : D’accord, c’est vrai que c’est essentiel pour vous j’imagine. Alors, selon vous, quels sont les services avec qui vous travaillez le plus ?

Élodie Spagnuolo : Alors, on travaille beaucoup avec le service achat, quand bien sûr on a un événement à organiser en interne ou en externe. Nous aurons besoin, par exemple de trouver un lieu, un traiteur, un prestataire… Tout ça veut dire faire des devis, acheter, donc le service achat va beaucoup nous aider, nous proposer des choses. Ainsi nous pourrons décider sur quoi nous partons pour notre événement. 

Ensuite, le service communication et très proche du cabinet de la direction, nous travaillons très étroitement , car il y a beaucoup de choses à valider, parfois, nous faisons des propositions et nous ne savons pas trop, nous avons besoin de l’aval de la directrice et de son cabinet. 

Après, comme nous sommes un service support de la Carsat nous allons forcément travailler régulièrement avec tous les autres services, la direction retraite, risques professionnels, par exemple, car ce sont eux les clients ! Par exemple, ils peuvent nous demander d’organiser des événements, de créer des brochures, un film… L’année est donc ponctuée par ces demandes en interne.

Inès : D’accord, donc vous travaillez avec une clientèle qui est seulement basée dans l’entreprise ou il y a des clients extérieurs ?

Élodie Spagnuolo : Alors, quand je dis clients extérieurs, ça reste l’entreprise mais ils sont basés à l’extérieur. Tous les gens qui travaillent à la Carsat ne sont pas basés sur ce siège, il y en a qui sont basés un peu partout, dans des agences du département. 

Inès : D’accord. Alors désormais, nous allons parler des réseaux sociaux. Selon vous, c’est un avantage que votre profession évolue autour des réseaux sociaux , ou est-ce que ça peut faire peur avec la place que ça prends dans notre société actuelle ?

Élodie Spagnuolo : La question n’est pas évidente, j’ai envie de dire un peu les deux. Il est vrai que nous avons besoin des réseaux sociaux pour communiquer, notamment Twitter pour tout ce qui est côté presse, et je trouve que c’est important que nous soyons présent sur ce réseau là. 

Nous avons aussi testé des réseaux un peu plus professionnels, comme Viadeo par exemple. 

Bon, ça marche et ça marche pas, on va tout de même tenter de creuser le truc. On attends de voir si c’est pertinent ou pas, mais je pense que nous n’avons pas le choix. 

Nous avons aussi un réseau social d’entreprise pour communiquer, et ce n’est pas évident. En effet, ça change la manière de travailler, de mentalité, de culture.. Il y a quelques personnes assez réticentes en interne, qui préfèrent des moyens de communications plus traditionnels comme le mail ou le téléphone par exemple. 

Cependant, une fois que ces personnes ont compris que ces réseaux étaient là pour nous faciliter notre travail, nous rapprocher des gens, tout prends son sens et ça rentre enfin dans les mœurs. 

Pour ce qui est de l’externe, je pense qu’on peut encore faire des efforts, et accentuer notre présence sur ces réseaux sociaux. On y va doucement mais sûrement, ça devrait évoluer. 

Inès : Très bien. J’imagine que ça prends beaucoup de temps. Désormais j’ai quelques questions sur la structure de l’entreprise. Au niveau de la clientèle, même si vous avez déjà apporté quelques indications. Pouvez-vous nous apporter quelques indications supplémentaires ?

Élodie Spagnuolo : Alors ça c’est une chose sur laquelle nous travaillons beaucoup en effet, pour mieux échanger avec les services demandeurs. En fait, avant mon arrivée nous avons demandé aux différents services d’établir leur propre plans de communication, ils devaient mettre par écrit ce qu’ils souhaitaient réaliser pour l’année. Nous travaillons à partir de ces plans, nous essayons de synthétiser tout ça afin de faire un plan de communication global. Ce qui est compliqué, c’est d’adapter les demandes des autres services mais aussi nos propres actions, nous sommes force de proposition. Cela va même nous permettre de créer un réel planning de l’année pour mes équipes, et ainsi éviter les blocages au cours de l’année. 

Inès : C’est une sacrée organisation !

Élodie Spagnuolo : Oui (rires). C’est tout de même assez complexe, il y a beaucoup de missions, des cibles et des acteurs complètement différents.  Ainsi qui dit cible différente, dit message différent et enfin action de communication adaptée ! Cependant ça reste tout à fait passionnant car c’est très diversifié. 

Inès : Merci pour tout, c’est bon pour moi, je laisse la parole à Margot pour la suite de l’interview.

Margot : Nous allons maintenant parlé du parcours, des connaissances ou qualités nécessaires pour occuper cette fonction. 

Élodie Spagnuolo : Oui allons-y !

Margot : Alors tout d’abord quel est votre parcours professionnel pour en être arrivé a ce métier ? 

Élodie Spagnuolo : J’ai fais un école de commerce, ce qui reste assez général surtout lors de la première année on touche a pleins de métiers (finances, comptabilité, en passant par la communication, le marketing). Ce qui m’a permis de découvrir que j’avais une sensibilité plus développée pour la communication. Je me suis donc ensuite spécialisé dans ce domaine lors de ma deuxième et troisième année. Cependant ce n’étais, je pense, pas si précis que votre formation, ma formation était plus généraliste. Ensuite c’est l’expérience qui m’a réellement formé, je suis passée par plusieurs entreprise en occupant toujours des profils dans le marketing et la communication. Selon moi, c’est comme ça que l’on apprend le mieux. Il y a également les formations d’entreprise qui m’ont énormément apprises, ce qui est une chance d’apprendre toute au long de sa vie professionnelle. 

Margot : Très bien merci, et selon vous quel est le parcours type pour accéder a un poste comme le votre ? 

Élodie Spagnuolo : Pour moi des écoles de commerce et de communication me semble parfaites pour entrer dans ce type de poste. Mais je pense que cependant l’entreprise regarde évidemment la formation mais c’est surtout les expériences que vous avez eu, ce que vous avez pu développer comme compétences car c’est ce qui est important. Il y a des compétences nécessaires pour occuper le poste de communicant que l’on ne peut développer dans d’autre métier. Voulez vous que l’on développe sur les compétences ? 

Margot : Justement c’est la question suivante, quelles sont les qualités nécessaires pour être communicant ? 

Élodie Spagnuolo : Alors pour moi ce qui est double c’est que je suis communicante ainsi que manager. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Être manager ça demande des compétences sociales : être a l’aise avec le fait d’animer une équipe, être motivée continuellement car si l’on ne l’est pas on ne peut pas motiver ses équipes, savoir être pédagogue et a l’écoute. Il faut prendre le temps, et cela ne s’apprend pas vraiment. Je dirais que c’est quelque chose que l’on a en nous est que l’on développe tous les jours. Ceci demande énormément d’énergie car il faut être capable d’être a l’écoute mais également savoir prendre des décisions quand il le faut. 

Ensuite pour le cote communicant, il faut je pense avoir une fibre créative, être curieux et avoir envie de valoriser et de promouvoir quelque chose. C’est presque similaire au métier de commercial, car l’on veut « vendre » si je puis dire quelque chose. Mais les qualités varient selon les postes dans la communication. Par exemple, pour un info graphiste ou web master il faut avoir des compétences sur les logiciels, de créativité, mais aussi des qualités rédactionnelles. Celui qui va s’occuper des relations presse va devoir être très a l’aise et avoir un réseau important. Il y a donc toutes ses compétences qui doivent être réunies mais elles différent selon le poste occupé, car le terme de communicant est très large. 

Margot : D’accord.

Élodie Spagnuolo : Mais sur mon poste, je pense que c’est bénéfique d’être passé par les phases précédentes de mon parcours car j’étais chargé de communication. J’ai donc vécu ce que vivent les membres de mon équipe, ce qui m’aide aujourd’hui dans mon poste de manager car je sais ce que c’est, ce qui me permet de prendre plus de recul et je me rend compte des problématiques qu’ils peuvent rencontrer car je les ai moi même rencontrées. 

Margot : C’est bien car cela permet d’anticiper les événements. 

Élodie Spagnuolo : Exactement. 

Margot : Maintenant nous allons, si vous le voulez bien, parler des intérêts et de contraintes du métier. Tout d’abord quelles sont vont conditions de travail dans cette entreprise ? (les horaires, le rythme de travail …) 

Élodie Spagnuolo : en ce qui concerne le rythme, nous sommes dans une entreprise ou il c’est agréable de travailler car on s’occupe notamment de la Santé au travail donc nous appliquons ce que nous demandons a l’extérieur aux entreprises. Les horaires sont confortables et nous avons a notre disposition tout ce dont nous avons besoin. Mais en tant que communicant et service support, nous sommes très demandés donc il faut être très disponible. 

Margot : Il y a donc une certaine cadence a tenir ? 

Élodie Spagnuolo : Voila ! L’année est rythmée par des pics, il faut avoir beaucoup d’énergie et de motivation pour tenir toute l’année. Et ce qui peut être comme un inconvénient c’est que lorsque l’on organise des événements internes a l’entreprise ou l’on est organisateurs mais également salariés. Comme par exemple lors de la journée CARSAT avec tous les employés en janvier, donc nous sommes salariés mais nous sommes également organisateurs et ce statut est très particulier. Cette journée nous l’avons donc vécus de deux manière car nous sommes comme les autres mais d’autre part nous travaillons encore. Donc on en profite différemment et on ne s’arrête jamais en quelque sorte mais il faut l’accepter et on le fait avec envie, on est fier aussi de faire ce métier. 

Et je vais rajouter aussi que ce qui n’est pas toujours facile a entendre c’est lorsqu’il y a des remarques, malgré quelles soient constructives, en interne sur les événements organisés. Mais cela nous permet d’avancer et de nous améliorer. C’est parfois délicat mais cela fait parti du métier on le sait. 

Margot : C’est un risque a prendre. 

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est le jeu. 

Margot : Par le biais de votre réponse, vous avez répondue a la question suivante. Qui était qu’elles sont vos motivations ? (rires) 

Élodie Spagnuolo : Pardon (rires).

Margot et Ines : Pas de soucis, c’est très bien ! Votre développement était très bien. 

Parlons alors maintenant de l’évolution possible. Ma question est donc : l’emploi dans lequel vous êtes, est il un aboutissement pour vous ou est ce seulement une étape dans votre parcours professionnel ? 

Élodie Spagnuolo : Alors, premièrement je peux dire que j’ai déjà évolué car pendant 4 ans j’ai été au département des risques professionnels en tant que chargé de communication mais aussi manager d’une équipe. Actuellement j’occupe le poste de responsable de communication CARSAT qui est beaucoup plus important. Donc cette évolution me convient entièrement, cependant l’évolution a venir, malgré le fait que je viens d’arriver a ce poste et que selon moi il a énormément a faire et a developper, au niveau de l’entreprise dans le domaine de communicant elle est moindre. Au niveau nationale une évolution est possible par mutation par exemple, mais cela engage un déménagement et une nouvelle vie. Sinon le changement d’entreprise est également une évolution possible. 

Margot : Très bien, maintenant comment imagineriez vous votre métier dans 10 ans? Alors vous en tant que personne (votre poste) et ensuite le métier de communicant en lui même ? 

Élodie Spagnuolo : C’est une question peu évidente mais pertinente (rires). Alors moi même, je me dis que notre génération, est ce que l’on reste vraiment dans la même entreprise ? Je n’ai pas l’impression. En tout cas ce n’est pas ma vision des choses, pour moi il faut essayer et vivre de nouvelles choses. Je n’exclue donc aucunes possibilité d’évolution et je pose moi même la question de l’endroit ou je serais dans 10 ans et j’aime avoir cette ouverture. 

Margot : Tout est possible ?

Élodie Spagnuolo : C’est ce que j’aime me dire ! 

En ce qui concerne le métier maintenant de responsable de communication, je pense tout d’abord a tous les nouveaux outils qui vont nous parvenir et qui vont nous permettre de travailler différemment. Tout a l’heure je vous parlé déjà du réseaux social interne a l’entreprise. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Ceci nous permet de faire des échanges etc. Je pense que la façon de travailler va complètement changer, c’est a dire que le mail va être selon moi complètement désuet. Nous réfléchissons a des projets plus collaboratifs sur la créativité. Je pense que le travail va s’effectuer de manière décloisonnée. 

Inès : D’accord. 

Élodie Spagnuolo : C’est la façon dont je l’imagine, et je vois les changements s’accélérer. Et je pense que nous en avons besoin. 

Margot : Super. Pour finir quels conseils donneriez vous pour accéder à ce type de métier ?

Élodie Spagnuolo : A vous par exemple ? (rires) 

Margot : Oui, ou d’autres personnes souhaitant évoluer. 

Élodie Spagnuolo : Il faut toujours être motivé et positif et ne jamais baisser les bras. Après c’est une question de bons moments, il faut toujours être en alerte sur ce qu’il se passe et être a l’écoute. Il ne faut pas avoir peur d’aller de l’avant, il faut oser ! Et surtout essayez d’adapter votre offre en fonction de la demande, de la personne en face de vous, de l’employeur. Enfin il faut que vous cherchiez a acquérir de l’expérience, n’hésitez a demander des stages par exemple. Il faut montrer votre motivation, c’est ce qui fera toute la différence. 

Margot : Merci beaucoup ! 

Est ce que l’entretien c’est bien déroulé pour vous et si les questions vous ont sembles pertinentes ? Est ce que tous les points importants pour vous ont étaient abordées ? 

Élodie Spagnuolo : Oui oui, je pense. Ça me parait complet. C’est surtout vous, est ce que vous avez tout ce dont vous avez besoin pour votre projet ? 

Margot et Inès : Cela nous semble très bien, vous avez répondu a toutes les questions et même d’avantage c’est super. Merci de nous avons reçu et d’avoir pris le temps de nous répondre. C’était très intéressant pour notre projet mais également pour nous.

Une copie de la retranscription de l’interview a était envoyée et validée par la suite à Madame Spagnuolo.

Compte rendu séance du 8 mars 2018 : BALLES ANTI-STRESS

mardi 13 mars 2018

Phase 1 : la situation de communication

Solenn a effectué son stage dans une start-up qui travaille en relation avec des experts comptables. Elle s’occupait de leur communication et a donc proposé pour marquer le coup de la nouvelle année (la vraie première de l’entreprise) d’envoyer à ces partenaires financiers un objet publicitaire accompagné d’un mot personnalisé.  Les experts comptables connaissent à chaque début d’année deux mois stressants et compliqués et il a donc été décidé de leur envoyer une balle anti-stress marquée du logo de la start-up. Cette balle devait être bleue, la couleur du logo originel, et le logo transposé devait être blanc. Au moment de passer la commande, le fournisseur a expliqué ne plus en avoir en stock et a donc proposé de plutôt prendre des balles oranges. Le commercial en charge de passer la commande a donc accepté, ce qui a créé une situation de mécontentement auprès de l’autre gérant de l’entreprise qui n’a pas compris et accepté ce choix.
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Phase 2 : exploration de la situation

  • Quel était ton rôle dans la structure ?

J’étais chargée de communication.

  • Combien de personnes y travaillaient ?

Seulement deux.

  • Quelle est l’activité de la start-up ?

Ils font du courtage en crédits professionnels : de la mise en relation entre des professionnels qui recherchent un prêt et les banques, via la plateforme qu’ils ont développée. Les dirigeants appuient les dossiers des professionnels avec l’aide d’experts comptables partenaires.

  • Comment as-tu trouvé ce stage ?

J’ai répondu à une offre de stage.

  • Qui a créé la start-up ?

Ils sont trois à l’avoir créée : les deux qui y travaillent et le papa de l’un d’eux.

  • Quelle est sa date de création ?

Environ un an.

  • Quelles sont les relations entre les créateurs de la start-up ? Ils sont amis ou juste collègues ?

Sur les trois, deux sont de la même famille (le père et le fils). Le troisième a été recruté par les deux premiers pour compléter l’équipe.

  • Où s’est effectué ton stage ?

À Montpellier.

  • Quelles ont été tes missions précises ?

Développer la communication et la notoriété de la start-up.

  • Avant ce conflit, les relations entre les deux dirigeants étaient-elles bonnes ?

Les relations sont plutôt bonnes et cordiales en général, ils s’entendent bien. Mais il y a déjà eu des non-dits entre eux.

  • Avez-vous discuté de ce conflit où est-ce resté un « non-dit » ?

On en a discuté directement, au moment où le commercial nous a dit qu’il avait passé la commande en orange quand même.

  • Le commercial ne vous a donc pas consulté avant de passer la commande ?

Exactement, il a pris cette décision seul, sans concertation.

  • Avez-vous bénéficié d’un tarif plus bas pour les balles orange ?

Non, le prix a été le même que si les balles avaient été bleues.

  • Est-ce qu’il y a un leader parmi les deux dirigeants ?

Non, étant une start-up, il n’y a pas de leader. Ils travaillent plutôt en collaboration.

  • Les relations se sont-elles apaisées après ce conflit ?

Les relations n’étaient pas mauvaises et ne l’ont jamais été mais cela a créé un mécontentement/tension sur le moment.

  • T’es-tu sentie concernée ?

Oui car je suis à l’origine de la proposition de l’objet publicitaire.

  • Y a-t-il souvent des conflits comme celui-ci ?

Oui, par la suite j’ai appris qu’il y avait eu un conflit entre eux plus important.

  • Qui était ton maître de stage ?

Mon maître de stage n’était pas le commercial mais l’autre dirigeant qui s’occupait plutôt de l’aspect financier de la start-up.

  • Quel était le délai d’attente si vous aviez commandé les balles bleues ?

Une ou deux semaines de plus.

  • Qui a préconisé les balles bleues ? Vous avez choisi ensemble ?

Je suis à l’origine de la proposition mais la validation s’est faite tous ensemble.

  • Il n’y avait pas d’autres prestataires pour ces balles ?

Si mais celui-ci proposait les tarifs et délais les plus intéressants.

  • La start-up avait-elle l’habitude de travailler avec ce prestataire ?

Pas du tout, c’était la première fois.

  • Pourquoi avez-vous opté pour des balles bleues ?

Le choix de cette couleur a été assez évident car l’ensemble de leur charte graphique tourne autour du bleu : leur logo est bleu et en forme de P, il comporte plusieurs nuance de bleu et un peu de blanc d’où le choix d’une balle bleue sur laquelle on appose le logo de la start-up en blanc.

  • Sur la balle orange, dans quelle couleur avez-vous mis le logo de la start-up ?

On a laissé le logo de la start-up en blanc comme ce qui était prévu pour la balle bleue.

  • Si le commercial vous avait consulté avant de passer la commande, auriez-vous tout de même commandé la balle en orange ?

Non nous aurions changé de fournisseur.

  • Qui a été le plus mécontent ?

Étant donné qu’ils sont seulement deux, le plus mécontent était mon maître de stage donc le deuxième dirigeant, celui qui n’est pas commercial.

  • Comment s’est manifesté ce mécontentement ?

Mon maître de stage et moi étions en train de travailler ensemble lorsque le commercial nous a annoncé qu’il avait finalement commandé les balles en orange. Mon maître de stage lui a alors dit qu’il aurait dû prendre le temps de la réflexion et d’en parler avec nous plutôt que prendre cette décision seul.

  • À quel moment de ton stage a eu lieu cette situation ?

Elle a eu lieu à peu près au milieu de ma période de stage.

  • Avez-vous quand même distribué ces balles ?

Oui nous les avons tout de même diffusées.

  • Avez-vous eu des retours sur ces balles ?

Pas sur la couleur en tout cas.

 

Phase 3 : hypothèses interprétatives

Le débat a mis un peu de temps à démarrer lors de cette phase, certainement le temps de laisser la réflexion à chacun sur la situation énoncée afin de formuler des hypothèses pertinentes.

Ces dernières se sont essentiellement articulées autour de trois thèmes :

  1. Des missions non clairement définies entre les deux dirigeants
  2. Un manque de compétence du commercial qui n’a pas saisi les enjeux concernant l’identité visuelle de la start-up car les compétences d’un commercial sont différentes des compétences d’un communicant
  3. Une concurrence informelle entre les deux qui a poussé le commercial à prendre la décision seul

 

Globalement, les hypothèses ont été que :

  •  Le commercial aurait dû opter pour une concertation et une prise de décision commune avant de donner son aval au fournisseur.
  • Certains pensent que cet incident est révélateur de tensions entre les deux dirigeants. D’autres supposent qu’il a peut-être pris cette décision seul car les autres n’étaient pas présents au moment donné ou qu’ils n’étaient pas joignables.
  • Peut-être que l’attente n’était pas si grande pour pouvoir obtenir l’effet escompté. Le commercial a peut-être pensé que l’attente serait plus importante chez un autre prestataire et n’a pas souhaité prendre de risque, estimant que le respect des délais était plus important pour leur image de marque que la couleur de la balle. De plus, peut-être n’avait-il pas saisi l’importance du choix de cette couleur parce que les explications données n’étaient pas assez claires, voire même inexistantes.
  • On observe également une mauvaise évaluation de la notion d’importance et d’urgence de la part du commercial. Cette décision s’apparente à un processus de décision ad-hoc qui implique une prise de décision rapide dans une situation imprévue. Dans ce cas de figure, il n’y a pas forcément de procédure expliquant comment s’y prendre et cette prise de décision ad-hoc ne suit pas les circuits de prise de décision classique.
  • Cependant, étant leur première commande chez ce fournisseur, il n’y avait aucun lien affectif entre eux et ils auraient très bien pu changer de prestataire et éventuellement augmenter leur budget si besoin. Une question se pose alors : pourquoi le deuxième dirigeant n’a-t-il pas annulé la commande ? Il aurait pu expliquer au prestataire qu’il y avait des enjeux visuels derrière le choix de cette couleur et qu’il y avait eu un malentendu avec son commercial. On relève alors que de la prise d’une microdécision a un impact sur toute la chaîne.
  • Cette situation nous montre alors comment on peut, d’une démarche qui vise à renforcer la communication, aboutir à une contre communication. On remarque également que la structure de cette start-up est une adhocratie à deux têtes, pourtant l’ajustement mutuel n’a pas fonctionné et la situation dégénère alors que ce fonctionnement est normalement facilité par la proximité et un petit nombre d’acteur. Enfin, dans ce genre de situation, un phénomène de supervision directe peut également émerger si l’un des deux dirigeants à plus de part dans la start-up que l’autre.

 

Phase 4 : Retour de la narratrice

Le retour de la narratrice s’est effectué sur les 3 gros points pour des questions de temps :

  • A propos des missions de chacun : en effet les missions ne sont pas clairement distinctes puisqu’il s’agit d’une start-up et que de ce fait, pour des raisons budgétaires et d’effectif, « tout le monde touche à tout ». Cependant c’est un point qui a été abordé un peu plus tard pendant le stage avec une redéfinition des parts de chacun.
  • Concernant les enjeux potentiellement mal saisis par le commercial, elle pense qu’il s’agit davantage d’un problème d’égo. Très sûr de lui, il ne s’est probablement pas posé la question de savoir « qu’est-ce que décideraient les autres ? ». C’est un point qui s’est manifesté plusieurs fois pendant le stage d’ailleurs. Et pour info, il était là pendant les explications du choix de l’objet, de la couleur et du message : il avait donc pris connaissance du contexte et de son importance.
  • En ce qui concerne une potentielle concurrence informelle entre les deux qui aurait poussé le commercial à prendre la décision seul, elle pense qu’il s’agit plutôt comme ils l’avaient bien fait remarquer dans les hypothèses, d’une « mauvaise appréciation de l’urgence » qui a mené à la prise d’une mauvaise décision. Mais elle ne réfute pas l’existence d’une potentielle concurrence informelle.

 

Phase 5 : retour de l’observateur

-> A propos de la phase de narration

Durant cette phase, certaines personnes écoutaient attentivement la narratrice en la fixant du regard, tandis que d’autres prenais des notes, préparant leurs questions. D’autres regardaient  « dans le vague » vers le sol manifestant un manque d’intérêt ou, à contrario, une écoute attentive où on repose le regard pour concentrer entièrement son attention sur ce que l’on écoute.

 

Beaucoup de gestes d’autocontact sont apparus lors de cette phase, comme par exemple jouer avec les cheveux, notamment pour les filles. Pour d’autres, ils se tenaient la tête, jouaient avec leur stylo, ou encore réajustaient leurs lunettes.

 

On a pu relever également beaucoup d’expressions faciales, évoquant souvent une bonne compréhension de ce que la narratrice racontait par des gestes de « oui » de la tête, ou au contraire une incompréhension avec des froncements de sourcils ou bien avec des yeux qui se plissent.

 

Au niveau de la posture, on retrouve des personnes avec jambes et/ou bras croisé, avec un mouvement de la jambe qui est surélevé. D’autre se penchaient vers l’avant, montrant un intérêt particulier à ce que disait la narratrice, et encore d’autres étaient plus en « retrait » avec une posture décontractée.

 

Pour ce qui est de la narratrice, elle est restée droite durant tout son monologue. Aussi, elle avait énormément de gestes rythmiques pour appuyer ses propos, accentuant ce qui est important et aussi pour mieux se faire comprendre. Son regard portait essentiellement en face d’elle et un peu sur les côtés, mais très peu sur les extrémités.

 

-> A propos de la phase de questionnement

En plus de ce qui a été dit précédemment, on retrouve de nouveaux gestes d’autocontact, notamment le frottement des mains qui apparaît avant et pendant une prise de parole. Là encore on retrouve beaucoup de gestes rythmiques.

 

On remarque sans arrêt un besoin de bouger et/ou de toucher quelque chose, que l’on parle ou non.

 

Concernant l’ambiance générale du groupe, étant le deuxième groupe à passer, la prise de parole s’est effectuée plus rapidement que la première fois. Le groupe était plus détendu, moins timide bien que certaines personnes soient restées en retrait et/ou communiquaient seulement avec leur voisin.

 

On a pu relever 6 leaders, un sur la table de gauche, trois sur la table d’en face (avec un qui avait plus de présence que les deux autres), une sur la table de droite, et enfin une dernière sur la même table que la narratrice, à sa droite.

La narratrice était très à l’écoute pour pouvoir au mieux répondre aux questions. Des expressions faciales comme le mouvement de tête signifiant le « oui » accentuait une bonne compréhension de sa part lorsqu’elle discutait avec son interlocuteur.

 

 

Participants :

– Participants actifs : environ 6

– Participants modérés : environ 5

– Non participants : environ 9

Leaders :

– Tables du milieu : Trois avec un qui avait plus de présence que les deux autres

– Table de droite : Un leader

– Table de gauche : Pas de leader

– Table de la narratrice : Un leader

 

 

-> A propos de la phase d’hypothèses

Au départ, un « blanc » se fait sentir, une phase ou personne ne parle. La communication durant cette phase là ce fait par le regard. En effet, tout le monde se regardaient pour savoir qui allait parler. Ce fut ici un moment de gêne car personne ne savait quoi dire ou quoi faire.

 

A ce moment-là, en plus des regards, énormément de gestes d’autocontact sont apparus, les mêmes que ceux évoqués précédemment, mais également des sourires gênés du fait de ce silence.

 

C’est uniquement lorsque le leader de la table de gauche a commencé à parler que l’ambiance globale est redevenue comme avant, c’est-à-dire détendue, avec des postures plus à l’aise sur la chaise ou sur la table. Sans compter les rires et sourire montrant une bonne compréhension de ce qui est dit et une bonne cohésion de groupe.

 

Le débat, commençant à être long, une certaine dissipation s’installe avec des postures de plus en plus décontractées, des discussions avec les voisins de plus en plus fréquentes, etc.

La fin du débat sur les hypothèses approche étant donné le grand silence qui règne dans la salle.

 

D’autres gestes d’autocontact sont apparus juste avant la fin de cette dernière phase à savoir le rongement des ongles, signifiant souvent le stress, ou l’impatience. Une personne également qui ne parlait pas beaucoup, se balançait sur la chaise pour s’occuper.

 

En tant qu’observateur, je me suis également senti observé. En effet, j’ai constaté qu’à peu près tout le monde m’a au moins regardé une fois pour savoir si je n’étais pas en train de les observer. Le fait de savoir que je les observais avait surement une influence sur leur comportement, ils n’étaient surement pas à l’aise ou encore pas naturel (pour certain).

Participants :

– Actifs : environ 9

– Modérés : environ 3

– Inactifs : environ 7

Leaders :
Pareil que lors de la phase de questionnement

 

 

 
Merci d’avoir pris le temps de lire ce compte-rendu que nous avons souhaité détaillé, afin que vous puissiez être immergé dans notre séance qui a été très appréciable grâce à la participation de nos camarades et de la professeur. En attendant vos retours et réactions, bonne semaine !

 

Solenn Lhotellier, NARRATRICE
Flavie Ancelot, RAPPORTEUSE
Mourad Ahamout, OBSERVATEUR

Retranscription de l’Entretien professionnel avec une Chargée de Communication événementiel – G2 – Marie TRICOLI, Roby BOYER, Rafaëlle STAVISKY

lundi 17 novembre 2014

Légende 

  • Partie violette R: Questions posées par Rafaëlle Stavisky
  • S-G : Réponses de l’interviewée
  • Mots en italique : Mots sur lesquels l’interviewée à appuyé de manière visuelle ou auditive
  • Mots entre parenthèses : attitude de l’interviewée

Entretien

« Tout d’abord merci de nous accueillir et de nous prendre sur votre temps. Nous vous avons choisie pour mener à bien notre entretien demandé par notre cours de Projet Professionnel Personnalisé parce que nous sommes tous les trois intéressés par le domaine et le métier que vous pratiquez.

R: Pour commencer pouvez-vous vous présenter? Pouvez-vous nous parler un peu de vous?
S-G : J’ai 35 ans et je suis directrice de la communication et des affaires publiques d’une société cotée spécialisée en nano médecine, et travaille sur des technologies visant à lutter plus efficacement contre le cancer.

R: Et votre métier exactement en quoi est-ce qu’il consiste ?
S-G: Mes responsabilités recouvrent plusieurs volets de la communication de l’entreprise. En premier lieu, la communication extérieure, générale, à l’égard de tous les publics. Ensuite, la communication interne a l’égard des membres de l’entreprise et des partenaires. Enfin, la communication financière qui est un peu plus particulière parce que comme notre société est cotée nous devons avoir une communication ciblée à l’égard de nos actionnaires. J’ ai aussi le volet affaires publiques qui recouvre nos relations extérieures, notamment à l’égard des pouvoirs publics. Je ne parle pas là de nos interactions avec les agences réglementaires.

R: Très bien, maintenant nous aimerions savoir ce qui vous a poussé dans le passé à vous orienter dans ce domaine de la communication?
S-G: (pause) Cela va être difficile pour moi de répondre parce que je ne faisais pas exactement ce métier avant. C’est la rencontre avec les dirigeants de la société et l’objet de la société qui m’a donné envie de relever ce challenge.

R: D’accord, du coup les études que vous avez faites dans le passé ont-ils un rapport avec la communication ?
S-G: Non, pas directement. J’ai fait des études en deux parties. De prime abord pour devenir avocate du droit privé des affaires. Ensuite je suis entrée directement dans le monde du travail. J’ai repris mes études plus tard pour faire un 3ème cycle de droit de la vie politique à l’Université à Nanterre et je suis entrée en cabinet ministériel en 2005 par la suite. J’ai travaillé à chaque fois dans l’équipe réduite autour du ministre. Donc je m’occupais de la communication mais pas de la communication générale c’est à dire pas directement a l’égard des médias par exemple. Mais je m’occupais de la communication à l’égard de tous les élus qu’ils soient des élus locaux (des maires, des conseillers généraux, des présidents d’exécutif locaux), ou des parlementaires français ou européens. Ainsi tous les élus qui pouvaient avoir une interaction avec le périmètre de mes différents ministres. J’étais chargée de la communication à leur égard.

R: Ah oui en effet! Et comme vous travaillez avec des communicants européens, avez vous eu une expérience internationale ?
S-G: Oui de deux façons. (pause) Mais avant de vous parler de ça j’aimerais juste dire que quand je travaillais dans un cabinet ministériel j’ai travaillé pour des ministères chargés de l’Education
nationale, de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur et également pour une ministre de la santé. Donc cela veut dire que même si je n’ai aucune formation scientifique, j’ai toujours travaillé directement ou indirectement avec des chercheurs ou des médecins. Cela m’a sans doute préparée au métier que je fais aujourd’hui. Donc pour revenir à mon expérience internationale, j’ai été assistante parlementaire au parlement européen auprès d’un parlementaire pas du tout spécialisé dans les domaines de la santé mais plutôt les sujets liés aux droits de l’homme et à la lutte
contre le racisme. Donc j’ai aperçu le fonctionnement du parlement européen à travers cette première mais assez courte expérience. Ensuite dans mes différents postes, j’ai eu à suivre l’actualité politique européenne. J’espère que ce que je dis est clair car c’est assez compliqué à expliquer.

R: Oui il n’y a pas de problème de ce coté là. Et du coup qu’est-ce qui vous a poussez a partir de ce domaine pour aller vers la santé ?
S-G: J’ai toujours eu une sensibilité très forte à l’égard des sujets santé. Ce qui m’a intéressée, avant l’objet direct de la société dans laquelle je travaille aujourd’hui, c’est que j’ai toujours travaillé pour faire respecter des valeurs et des engagements auxquels je croyais. Ma première expérience professionnelle a été consacrée à la lutte contre le racisme par exemple. Ensuite j’ai travaillé en politique pour des personnes dont je croyais fortement que leur politique pouvait changer les choses pour l’ensemble des français et qui portaient des valeurs humanistes qui me sont chères. Par conséquent, travailler dans la santé était quelque chose pour moi de très cohérent. Je ne travaille plus uniquement pour le bien des Français mais pour tout ceux éventuellement qui pourront être soignés par les produits que l’on développe ! Donc il y a un lien, la chose qui a toujours guidé mes choix, c’est l’intérêt général.

R: Oui, c’est dans la suite des choses. Pour revenir un peu au niveau des études est-ce que vous avez eu des difficultés à rentrer dans le monde actif ?
S-G: Non parce que j’ai toujours commencé par des stages et que je n’ai jamais eu peur de repartir de zéro. Quand j’ai repris mes études, alors que j’étais directrice d’un service juridique, je n’ai pas hésité à repartir comme stagiaire après avoir validé mon 3ème cycle alors que j’aurais pu avoir un contrat. Mais comme les offres ne m’ont pas plû, j’ai préféré faire quelque chose de plus intéressant en cabinet ministériel, même en rentrant par la petite porte en stage. Et finalement ça m’a été bénéfique puisqu’ils m’ont offert un contrat à l’issue de mon stage. Donc je crois que les stages c’est véritablement la clé de voûte pour rentrer dans la vie active.

R: D’accord donc, ce serait ça votre bon conseil à donner aux étudiants ?
S-G: Absolument, de ne pas avoir peur de faire des stages, d’être exigent sur ses stages, de ne pas faire n’importe quoi et de ne pas choisir n’importe quel stage. Mais aussi de profiter à fond (rire) parce que c’est un moment bénit où les gens sont la pour vous aider, où vous pouvez faire des erreurs parce qu’en tant que stagiaire on n’attend pas de vous que vous soyez aussi performants qu’un salarié. Mais c’est l’opportunité de voir pleins de métiers différents même avec une seule expérience et de voir ce que font les collègues, d’apprendre énormément de choses. Et surtout ce qui est très important dans les stages c’est qu’on apprend à travailler. Car on peut engranger plein de connaissances à la fac ou dans ses études mais ce qui est important c’est d’apprendre à travailler. Et par apprendre à travailler j’entends travailler en équipe, apprendre à voir les priorités dans les choses que l’on a à faire et mettre l’accent sur ce qui nous semble pertinent, apprendre à demander du travail aussi, apprendre à chercher au delà de ce que l’on nous donne. Parce que dans un stage on a le périmètre qu’on arrive à conquérir. Plus vous proposez de faire des choses et plus vous les faites de façon qualitative avec la meilleure volonté possible plus on vous laisse faire des choses.

R: Oui je comprends votre vision des choses. Et après cela, votre expérience professionnelle a t-elle toujours été comme vous le souhaitiez ?
S-G: Oui car je me suis donné les moyens, j’ai accepté de tout remettre à plat deux fois, parce que je n’ai pas peur de m’ennuyer, mais je veux faire des choses intellectuellement stimulantes. Donc en une douzaine d’années j’ai changé deux fois d’orientation, c’est resté cohérent, mais à chaque fois avec le souci de faire quelque chose qui intellectuellement me satisfaisait .

R: Avez vous des projets pour l’avenir actuellement ?
S-G: (pause) Alors là, on est au tout début d’une magnifique aventure (rire), donc je ne me projette pas ailleurs que la où je suis. Je veux accompagner la progression de mon entreprise et je veux à titre personnel grandir avec mon poste.

R: Très bien. En parlant de progression, nous avons appris que votre société s’entendait à l’international, est-ce que vous allez faire partie de cette nouvelle équipe ?
S-G: Je ne m’interdis pas de partir à l’étranger si un nouveau challenge se présente dans l’entreprise, que c’est cohérent et que ça me plait. Mais à vrai dire pour le moment ce n’est pas mon intention peut être dans deux ans mais non pas pour l’instant.

R: D’accord. Pour parler un peu plus de votre métier en soit, pouvez vous nous raconter une journée type dans votre métier?
S-G: (pause, soupire) Alors véritablement non car elles sont très différentes, mais il y a quand même des grands standards. Donc je ne veux pas que ce soit considéré comme une journée type mais plutôt comme de grands standards. Le grand standard c’est de regarder, parce qu’on travaille avec l’étranger, tous les mails qui sont arrivés pendant la nuit et de faire une priorité pour ceux auxquels je dois répondre, ceux qui me semblent importants, et donc que je dois signaler à mon patron ou à des collègues dans l’entreprise, et ceux que je dois envoyer à mon équipe par exemple en leur demandant de les traiter. Ce qui est important quand on fait ça et qu’on donne des consignes à son équipe c’est aussi de leur donner une « deadline ». Pour la bonne gestion de l’équipe il faut toujours donner des délais clairs parce que sinon c’est très déstabilisant pour les équipes de recevoir une consigne et de ne pas savoir ce qui est prioritaire et ce qui ne l’est pas. Ensuite on a toujours plusieurs dossiers et plusieurs projets en cours et en fonction de l’urgence on avance sur les uns et les autres. On mène de front plusieurs dossiers. J’ai parfois des rendez-vous avec soit des journalistes seuls ou avec le président du directoire de mon entreprise.Sinon je vais également à la rencontre de prestataires c’est a dire des gens qui travaillent avec nous pour nous aider dans nos différents projets. Cela peut être des agences de communication avec lesquelles on travaille ou des graphistes à qui j’ai demandé d’étudier des travaux pour nous ou bien des imprimeurs. On a comme cela des partenaires, avec lesquels on travaille et que j’ai besoin de voir régulièrement. Le plus important c’est de faire avancer les dossiers en fonction des priorités. Je vous parle peut être un peu vaguement mais c’est parce que concrètement tout les jours cela change et que je n’ai pas deux journées qui se ressemblent.

R : Comme aucune journée ne se ressemble vous n’avez pas d’horaires précises chaque jour, si ?
S-G:Alors je n’ai pas d’horaire précis, mais j’ai des moyennes. Je suis au bureau entre 9h/9h30  je repars vers 19h sachant que je travaille de chez moi quand c’est nécessaire et que je conserve mon portable professionnel allumé tout le temps pour ne pas rater une urgence. C’est une habitude, quelque chose que je garde de mon ancienne vie professionnelle et qui est très pratique parce que, quand on est chef d’un département, on ne peut pas se permettre de rater une urgence et de ne pas donner suite quand on est sollicité. Mais cela reste rare.

R: Justement par rapport à cet emploi du temps vous dites que vous pouvez aussi travailler à la maison, est-ce que ce n’est pas difficile de concilier famille et monde professionnel ?
S-G: Alors je ne peux parler qu’à titre personnel, et donc pour moi pas du tout mais parce que je n’ai jamais fait autrement. Cela n’est pas du tout pesant parce que ce que l’on fait est tellement exaltant et intéressant que cela ne peut pas l’être. Ce serait comme demander à un chanteur de ne pas chanter ou de ne pas faire des vocalises à la maison le soir : ce n’est pas une contrainte. (rire)

R: Pouvez-vous nous donner un peu de précisions sur l’ambiance dans votre entreprise ?
S-G: L’ambiance est excellente. Je pense que le recrutement se fait autant sur les compétences et les expertises que sur les qualités humaines, parce qu’il y a vraiment une homogénéité et un plaisir des uns et des autres à venir qui est vraiment remarquable. Moi je l’ai comparé à mes expériences professionnelles antérieures: c’est incomparable. Mais je pense aussi qu’au delà de la bonne ambiance avec les collègues, nous sommes tous réunis avec des expertises très différentes. On a des profils très différents mais on se lève tous les matins avec la même palpitation au ventre parce qu’on sait que ce que l’on fait est vraiment hors normes et on est hyper heureux d’être embarqués dans l’aventure. Du coup il y a une ambiance je pense qui est vraiment liée à notre activité.

R: Et vos conditions de travail comment-sont elles ?
S-G: Au niveau du bureau et des locaux c’est très agréable. (pause) Je n’ai rien de spécial à dire parce que les locaux sont classiques pas neufs mais pas anciens, ils sont très fonctionnels très bien pensés. Il y à des endroits pour partager des moments de convivialité. On est répartis sur deux étages, et à chaque étage il y a des endroits dédiés à ces moments de convivialité très agréables. Il y a plusieurs salles de réunion si on veut faire un aparté. On a plusieurs « open space » très agréables et moi j’ai un bureau seul très fonctionnel et très agréable. En résumé les locaux sont très agréables et bien pensés. Par exemple aux 3ème étage nous avons une salle de repos avec une télévision et des jeux vidéo, tout est fait pour que l’on puisse travailler mais également se détendre.

R: En se qui concerne le matériel utilisé vous nous avez dit que vous aviez toujours votre portable sur vous, vous avez aussi votre ordinateur ou autre chose toujours à porté de main ?
S-G: Alors oui moi mes outils sont mon téléphone, mon ordinateur, et un cahier.

R: Un cahier pourquoi faire ?
S-G: Pour prendre des notes dès que j’ai une idée, dès que mon patron ou qu’un collaborateur à une idée que je ne veux pas oublier, dès que je veux prendre des notes quand j’assiste à une réunion. J’ai un cahier qui ne me quitte pas. (pause) C’est l’annexe de mon cerveau.

R: D’accord, je vois merci.Et pour vous, quelles seraient les possibilités d’évolution de carrière dans le métier que vous exercez ?
S-G: Alors au sein de mon entreprise ou au-delà ?

R: Plutôt au-delà ?
S-G: Et bien ça serait faire la même chose dans une entreprise plus grande (rire). Mais comme j’ai l’ambition que l’entreprise grandisse, pour l’instant j’ai envie de faire la même chose dans mon entreprise quand elle grandira.

R: Oui et à propos de ça comment êtes-vous rentré dans cette entreprise?
S-G: Alors, j’ai appelé une amie quand je cherchais du travail et elle-même était en train de sélectionner des candidats à présenter pour mon poste, car elle est recruteuse, et elle avait pensé à moi pour ce travail. Donc quand je l’ai appelée, je suis tombée à point nommé, car elle s’apprêtait à me proposer de candidater.

R: D’accord. Et aviez-vous fait des stages chez eux auparavant ?
S-G: Non, car les stages doivent être fait au début de la carrière professionnelle et que je les connais depuis peu.

R:Oui je comprends. Et ça fait combien de temps que vous exercez ce métier globalement ?
S-G: Globalement, sans compter ma première expérience de juriste, vous voulez dire? Que je fais de la communication au sens large?

R: Oui exactement, voila.
S-G: 9 ans environ.

R: Et ça vous plait toujours autant?
S-G: Oui, de plus en plus, car j’apprends des choses nouvelles tout le temps.

R : Est ce que vous pouvez donc dire que votre métier vous apporte quelque chose d’enrichissant ?
S-G : Oui c’est très enrichissant, parce que dans le métier de la communication il faut aller soi-même vers les autres pour faire passer nos idées, nos messages, notre enthousiasme. C’est un métier de communication donc un métier de contact et il est important de ne rien faire à contre cœur. On ne peut pas exercer un métier de communication si on n’est pas déjà fière des messages et des réalisations de son entreprise. On devient, comme chacun des salariés, le porte-parole de son entreprise à l’égard des différents contacts. Ces contacts peuvent être autant des médecins, des journalistes, que des personnes du grand public, des patients donc il faut faire attention à l’image que l’on reflète et croire aux messages que l’on fait passer où ils seront mal interprétés.

R : Très bien et aimeriez-vous revenir en arrière?
S-G : Non, ni mon métier de juriste, ni mon métier de communication dans le milieu politique.

R : Pouvez-vous nous dire pourquoi ?
S-G : Parce qu’en arrivant dans le privé j’ai découvert des nouveaux challenges et que je pouvais mettre mon talent et mon travail au service de ma communauté et même audelà de celle-ci, puisqu’on tente d’améliorer la vie et parfois la survie de patients dans le monde entier. C’est un challenge tellement stimulant qu’il me serait difficile de trouver une activité pouvant m’enthousiasmer autant à l’avenir.

R : Je vois et qu’est-ce qu’il y a de différent entre ce que vous avez fait auparavant et ce que vous faites maintenant ?
S-G : Le bénéfice apporté au grand public est multiplié de façon exponentielle. L’intérêt général est encore plus servi qu’auparavant.

R : Donc vous voulez vraiment aider la communauté dans tous les sens possibles au niveau international?
S-G: (pause) Plus exactement ce que je veux c’est donner un sens à ce que je fais.

R : Ah d’accord. Et selon vous quelles seraient donc les qualités indéniables à avoir pour faire ce métier ?
S-G : Tout d’abord il faut savoir écouter parce qu’ici je n’invente pas les messages (rire), j’apprends tous les jours de tous les gens de l’entreprise pour comprendre quelles sont leurs problématiques ou quels sont les enjeux pour les traduire et les porter à l’extérieur. Il faut donc savoir écouter et être humble, savoir apprendre et absorber comme une éponge les informations. Il faut aussi avoir un esprit synthétique pour pouvoir travailler, reformuler et utiliser les informations récoltées. Bien sûr il faut être enthousiaste mais ce n’est pas une qualité, plutôt un état d’esprit. Et il faut aimer les gens. Par exemple j’ai un contact professionnel qui m’a été très utile et j’ai découvert que c’était quelqu’un avec qui j’avais discuté de façon informelle lors d’une conférence et qui s’était souvenue que j’avais pris le temps de la présenter au président de l’entreprise sans intérêt autre que le plaisir de parler avec quelqu’un qui est intéressé par nos produits et il s’est avéré quelques mois plus tard que cette personne nous a aidé sur un dossier parce que le dossier était bon mais aussi parce qu’elle s’était souvenue qu’on avait très volontiers partagé un moment d’échange sur notre activité. C’est cet état d’esprit qui marque les gens et cela joue sur la façon dont ils travaillent avec nous.

R : Et en ce qui concerne les défauts à ne surtout pas avoir ?
S-G : Ne pas avoir peur de son ombre ! (rire) Il ne faut pas s’enfermer et croire qu’on a tout juste et essayer d’imposer ses idées aux autres. Ne pas plaquer des théories toutes faites sur une situation de communication, il faut de la souplesse intellectuelle, écouter et savoir changer d’avis. Ne pas être pétrie de certitudes.

R: Très bien merci, et pour revenir à notre projet professionnel qui se concentre sur la communication des événements, avez-vous été amené à en faire ?
S-G : Oui nous avons eu plusieurs événements. et j’ai été amenée à en organiser. Nous avons organisé une conférence pour le Nano World Cancer Day. C’est un événement qui a lieu une fois par an pour la journée contre le cancer et l’ETPN (plateforme européenne de nano médecine) organise une conférence de presse en même temps dans chaque pays européens membres de l’ETPN pour faire connaitre tout ce que la nano médecine propose pour lutter contre le cancer. Il y a donc dans chaque pays des invités différents et cette année nous avons fait un film diffusé simultanément dans tous les pays d’Europe en ouverture de cette conférence de presse et selon les pays il y avait différents intervenants. En France nous avions 2 représentants de sociétés et un grand professeur de médecine chercheur pour commenter les nouveautés de la Recherche. Le public était composé de journalistes spécialisés dans les sujets d’innovation (pas seulement dans la santé) mais aussi de journalistes spécialisés sur la santé en général ou encore de journalistes qui suivent précisément les sujets cancérologie. Pour cela j’ai eu 2 prestataires. Le premier étant une entreprise audiovisuelle qui a fait les différentes interviews avec montage des films et les sous titrages. Le deuxième étant une agence de communication qui connaissait très bien les différents journalistes à inviter, avec lesquels ont à fait un communiqué de presse spécial qui n’a été envoyé qu’aux journalistes pour leur expliquer quelle est la nature de l’événement, quel est le concept, quelles sont les personnes qui vont prendre la parole. On les invite aussi à venir assister pour prendre des informations et à poser des questions aux différents orateurs à la fin de leur présentation. Et ceci s’est très bien passé parce que le petit film à été transmis dans plusieurs pays et qu’il était de très bonne qualité. Le deuxième prestataire a parfaitement rempli son engagement, on a eu en effet une salle remplie de journalistes très motivés et très intéressés qui étaient déjà « brieffés » sur le sujet et qui ont pu recevoir des informations sur le sujet général qui ici n’était pas notre entreprise mais les progrès de la nano médecine contre le cancer.

R: Et quel a été votre rôle dans l’organisation de cet événement ?
S-G: Avec mon équipe nous avons conçu le déroulé. Nous avons eu l’idée de faire la vidéo. Nous avons écrit un projet, nous avons proposé à tout les membres de suivre ce modèle là et ils ont accepté. Quand tous les membre ont accepté nous avons fait la sélection du prestataire vidéo, ensuite nous avons fait une sélection des personnes qui allaient être interviewés et des messages délivrés, ça c’est pour la partie vidéo. Et ensuite nous avons fait une sélection des gens qui allaient prendre la parole et les sujets qui allaient être abordés durant la conférence en France. Et puis nous avons décidé de l’endroit, de la date la plus opportune, etc. Et enfin nous avons fait de la documentation pour les journalistes présents le jour même, et un communiqué de presse. Un dossier de presse c’est un dossier dans lequel les journalistes retrouvent des informations importantes comme par exemple la présentation de chaque orateur avec sa biographie mais aussi des informations développées durant la conférence, pour rappel, pour qu’il n’y ait pas d’erreur et de perte d’information en ligne. On a fait autant la conception de l’événement, que les messages à passer, que l’organisation très concrète à savoir le lieu et la documentation à distribuer. Il faut donc avoir des compétences très variées.

R: Oui en effet. Et pour la dernière question, vous nous avez parlé d’une équipe, combien  êtes vous exactement ?
S-G: Alors (pause) je ne peux pas vous communiquer la taille mais je peux simplement vous dire que nous sommes une petite équipe très soudée! (rire)

R: Oui très bien je comprends. Et bien nous vous remercions tous pour le temps que vous nous avez accordé, nous vous enverrons la retranscription pour être sûr que tout ce qui sera dis ne vous pose pas de problème. A très bientôt.
S-G: De rien c’était un plaisir, au revoir. »

Interview de Sylvie Merhet, consultante formatrice en communication, anciennement chargée de communication. Entreprise Step By Step à Mauguio.

lundi 22 novembre 2010

step by step

L’entretien eut lieu dans le bureau de Sylvie Merhet le dimanche 14 novembre à 17h00. Il dura 26 minutes. Nous avions décidé de filmer l’entrevue : Lucie s’entretint avec Madame Merhet, Hajar prit des notes et veilla au bon fonctionnement de l’enregistrement de la vidéo. Voici la retranscription de notre interview :

(caractères en gras : paroles de Lucie

caractères en couleur : paroles de Sylvie Merhet)

Bonjour, je m’appelle Lucie Duzon et je suis accompagnée d’Hajar Diab. En tant qu’étudiantes en licence InfoCom nous venons effectuer une interview d’un professionnel de la communication. Vous avez exercé le métier de chargée de communication : nous sommes particulièrement intéressées par ce métier et souhaitons avoir un aperçu du métier ainsi que des conseils pour notre future vie professionnelle.

Combien de temps avez-vous à nous accorder ?

Le temps qu’il vous faudra

Vous nous donnez donc votre accord pour filmer, utiliser et diffuser l’entretien dans un but pédagogique.

Oui, bien sûr.

Pouvons-nous vous demander de vous présenter en quelques mots ?

Je suis actuellement dirigeante d’une société qui s’appelle Step By Step que j’ai constituée il y a à peu près une petite année, et qui je dirais va m’amener à travailler toutes les compétences que j’ai pu acquérir dans les 20-25 dernières années de mon métier. Cette société s’occupe essentiellement des PME et des PMI du Languedoc Roussillon, et PACA, sur ce qui va être le développement. Le développement commercial bien sûr, et leur développement en terme de chiffre d’affaire. Donc, qui dit développement dit image, dit communiquer, dit organiser, et donc avoir plusieurs types de compétences. La partie communication bien entendu c’est quand même beaucoup de choses, mais aujourd’hui j’exploite différentes pistes. Et dans cette société, je fais de l’information également sur tout ce qui va être organisationnel et communication dans les entreprises.

Donc en quelque sorte vous accompagnez les entreprises…

Absolument

…les PME & PMI à renforcer leur image et à communiquer.

A renforcer leur image, oui, en partie, mais il n’y a pas que ça. Ça peut être par exemple une entreprise qui a une problématique de développement et on va se rendre compte une fois qu’on aura fait un diagnostic que par exemple le positionnement marketing n’est pas bon. Donc, on va se retrouver devant une problématique : « je veux vendre à des clients mais je ne veux pas vendre ce que je dois vendre, enfin, je veux vendre quelque chose parce que moi j’ai décidé que le produit était bon, sans me préoccuper, en quelque sorte, de l’accueil du public ». Donc, c’est aussi faire naître des besoins, c’est-à-dire avoir cette partie « j’ai un produit qui va rendre un service au client, mais le client ne le sait pas encore » et c’est là où la communication va être importante. C’est : « comment j’amène un produit où il n’y a pas de besoin particulier reconnu ? comment on va l’amener par la communication à le faire désirer par le client, et donc l’acheter, et donc augmenter le volume des ventes ? ».

Donc, les entreprises qui s’adressent à vous sont avant tout des entreprises commerciales qui vendent des produits, mais également des services ?

Des services et des produits. Et ça pourrait même être de l’institutionnel, mais ça c’est un volet que je n’exploite pas parce que l’institutionnel est quelque chose d’un petit peu plus lourd justement et puis ça n’a pas de valeur économique dans le monde dans lequel on vit. Mais une institution, une association, une fac, a besoin de cela.

Et vous avez déjà eu affaire à ce genre d’institution ?

Oui, j’ai travaillé avec les CNIDF qui étaient les centres d’information féminins, où là on ne travaillait qu’à destination des femmes. Des femmes soit avec une problématique de recherche d’emploi ou encore avec l’objectif de créer une entreprise. Donc c’était sur la voie de la création que je travaillai avec elles. Donc on communique, tout communique, on communique comme on respire, par le vêtement, par l’attitude, par les mots mais déjà par l’apparence.

Donc pour vous, votre travail consiste à montrer à ces personnes comment elles doivent aborder les choses en matière de communication..

Valoriser leur image. Je dis toujours, c’est un peu comme l’ingénieur qui va avoir inventé quelque chose d’extrêmement pertinent ; je pense par exemple à celui qui a inventé les essuie-glaces à intermittence, c’est un ingénieur, c’est un technicien, mais une fois qu’il va avoir son produit, qu’est ce qu’il fait ? Alors il va toquer aux portes des fabricants, et il se fait piquer son idée, et souvent c’est le cas. Ça a été son cas d’ailleurs. Voilà, on amène, à partir d’un projet (c’est pour ça que je fais de l’accompagnement de projet) à le commercialiser par la communication. Pas seulement bien entendu, j’ai dis tout à leur qu’il y avait une partie marketing, une partie analyse du marché et une partie présentation du produit. Aujourd’hui, même une petite entreprise est obligée d’avoir un site web : et qu’est ce qu’elle met sur son site web ? Allez vous balader sur certains sites de petites entreprises, vous prendrez peur : on sent que c’est de l’artisanat. Et c’est là qu’on voit que c’est un métier de communiquer : même si on est des êtres communicants par nature, c’est un métier que de communiquer.

Quel genre de conseils donnez-vous aux entreprises ?

C’est vaste ; on va tout simplement déjà regarder sa charte graphique, on va regarder comment il communique à l’extérieur vis-à-vis de ses clients, vis-à-vis de ses fournisseurs, quelle est son image. Quelqu’un qui va utiliser un graphisme un petit peu « vieillot », ça veut dire quelque chose. Donc on va lui faire prendre conscience que peut-être cela n’est pas en lien direct avec l’image qu’il veut véhiculer.

Vous proposez donc quelque chose de plus moderne..

On fait des propositions. On travaille sur la charte graphique, c’est déjà énorme : « comment je communique vis-à-vis de l’extérieur ? »

Communication visuelle..

Communication visuelle. Après, c’est comment je communique à destination de mes fournisseurs, mes partenaires, mais aussi comment je communique à destination de mes clients ? Et tout ça bien entendu doit être, comment dire..

Homogène ?

Cohérent. Et puis il y a la communication en interne également. Ce qu’on va dire à l’extérieur, il ne faudrait pas qu’à l’intérieur ce soit différent. Bien souvent ça l’est. Mais à l’intérieur, un chargé de com’ peut très bien aussi communiquer auprès des salariés, des directives de l’entreprise, mais de communiquer de manière favorable, positive. Imaginons, il y a un produit à sortir, on fait travailler tout le monde le samedi pendant un mois : c’est le chargé de com’ qui va devoir communiquer, ou du moins utiliser, choisir un moyen de communication qui va permettre aux salariés de comprendre l‘intérêt. Donc c’est faire adhérer à une cause aussi.

Donc vous travaillez surtout avec des chargés de communication, dans les grandes entreprises ?

Oui. Quand il y en a, parce ce que le problème de ce métier, c’est que dans les PME & PMI il n’y a pas de chargé de communication. Qui fait la communication ? Le commercial, le marketing, et le gérant. Je parle du tissu économique du coin, du Languedoc Roussillon : ce sont 95% de petites entreprises. Vous allez avoir des gens qui pensent savoir communiquer, mais qui n’ont pas vraiment le métier, les compétences de chargé de communication. Donc moi ma porte d’entrée dans mon cursus, ça a été le marketing et la vente. Parce qu’à partir du moment où on va vendre un produit, on a besoin de support de communication. Si je devais vendre un produit et que je n’avais pas de support à laisser à un client, ça ne conviendrait pas. Et cela pose le même problème en interne. Et c’est comme ça que j’en suis venue à la communication. De par mon goût : c’est comme ça que je suis arrivée là. En me disant « on ne peut pas laisser à un client quelque chose avec des fautes d’orthographe, ni une image qui ne correspond pas à ce que l’on veut faire, etc. ».

Donc avant vous travailliez dans le commerce, c’est ça?

J’ai fait du commerce, pendant une dizaine d’années.

Et à ce propos vous pouvez peut-être nous parler de votre cursus professionnel et universitaire ?

Alors, moi j’ai voulu travailler très vite. Je ne voyais pas trop l’intérêt des études dans la mesure où j’avais envie de travailler, de toucher de près le marché du travail. J’ai démarré comme commerciale dans une société qui vendait des produits pétroliers. Donc j’allais de porte en porte, vendre du fioul domestique à des particuliers. J’avais 19 ans. Quelques années plus tard, et c’est là justement que j’ai touché au domaine de l’information et de la communication car je me suis occupée du réseau des stations services. Une station service, on doit la voir, on doit communiquer ; c’est là que j’ai commencé à travailler avec la direction sur la charte graphique : ce qu’on y met, comment on le fait, quel est le service. C’est créer une ambiance. Qu’est ce que j’ai fais ensuite ? J’y ai travaillé pas mal de temps, je m’y suis un peu ennuyée à vrai dire, au bout d’un certain temps.

Vous y avez travaillé combien de temps ?

Huit ans. Donc au bout d’un moment on a envie d’avoir un petit peu plus..

Un petit peu plus de changement ?

Un petit peu de changement, un petit peu de choses comme ça. Et donc là par exemple je suis partie de Paris et j’ai dû travailler en province. Et c’est là que j’ai vu le grand changement : à Paris on est quand même dans une activité effrénée, et là effectivement c’était un peu différent. Ensuite, j’ai vendu de la fourniture de bureau en B to B. J’avais une équipe de commerciaux et j’étais chef des ventes. Mais je travaillais étroitement avec le marketing, puisque nous, on faisait remonter du terrain les informations client. « J’achète des produits à forte valeur ajoutée, il faut que le vendeur les vende. Au milieu, il y a le marketing et la vente ». Donc j’ai fait ça pendant six ans et puis après, avec un grand désir de théoriser ma pratique je me suis dis « maintenant que je n’ai plus grand-chose à apprendre dans tout ce qui est marketing & vente, j’aimerai transférer mes compétences ». Donc j’ai fait un bilan de compétences et on m’a dit clairement « Madame, faites quelque chose dans la communication, c’est votre crédo ». Et c’est quelque chose que je sentais. Donc c’est là que j’ai fait deux ans à la fac de Lyon, où j’ai fait un master en ingénierie de la formation.  Donc je suis ingénieure de formation. Mais, il n’y a pas de communication claire et précise, et c’est dans ce cadre là que j’ai intégré pendant un an le CIF (le centre d’information féminin) qui est une institution reconnue d’utilité publique et qui s’occupe principalement des femmes, soit sur des aspects juridiques, soit psychologiques. Et on avait ouvert un département création, parce qu’on s’était rendu compte que les femmes avaient des désirs de création. Et là, j’ai fait tout un travail de benchmarking pour aller voir un peu toutes les institutions sur lesquelles elles pouvaient s’appuyer : j’étais un petit peu le relais qui permettait de communiquer dans ces institutions pour pouvoir leur ramener du public et auprès des femmes. Chargé de communication c’est ça : pour moi il ne peut y avoir de communication sans support. C’est-à-dire qu’il y a un produit, un service, et quelque chose qui va permettre de soit exprimer à l’extérieur quelque chose, soit en intérieur. Typiquement c’était ça. On a une problématique quelle qu’elle soit, commerciale ou encore une problématique d’image. Il s’agissait de faire connaître l’institution, en rentrant en contact avec les gens. On dit ce que l’on fait, comment on le fait, vers quoi on veut tendre, etc.

C’est là que vous avez vraiment pris goût à la communication ?

Eh bien j’ai toujours aimé ça, de toute façon.

Comme vous disiez tout à leur, vous le sentiez, même avant qu’on vous dise que vous étiez faite pour cela.

Oui, je suis un être communicant, j’aime communiquer avec les gens. C’est ce qui fait que je vous regarde dans les yeux. La première communication pour moi c’est de se regarder.

Oui c’est vrai. C’est très important.

Il y a beaucoup de gens qui vous parlent et qui ne vous regardent pas : ils ne communiquent pas.

C’est très désagréable, oui.

Et moi je les regarde. C’est entrer en communication. Il y a des postures qui dévoilent si les gens aiment communiquer ou pas. Alors il y a une aptitude, une envie, et puis après il y a la professionnalisation. Car il ne faut pas non plus faire tout et n’importe quoi, il y a des théories de communication, voilà.

Oui, c’est en partie ce que l’on apprend à la fac.

Exactement.

Pouvez-vous nous parler du métier de chargé de communication?

Pour moi, le chargé de communication, c’est quelqu’un qui doit être totalement ouvert vers les autres tout en étant très à l’écoute. Il doit faire preuve d’une écoute active, c’est-à-dire qu’il doit entendre même ce que l’on ne nous dit pas. C’est le plus difficile.

Et ce que l’on voit aussi?

Exactement. Quand on nous dit quelque chose et que l’on s’aperçoit que l’environnement, la manière dont se tient la personne nous dit autre chose, on doit pouvoir réagir en conséquence. C’est pour cela que je pense que c’est un métier où il faut être extrêmement sensible, ouvert et très à l’écoute. Il faut surtout être très organisé, avoir une grande capacité d’organisation du fait de toutes les informations que l’on engrange. Par exemple, je m’occupe en ce moment d’une entreprise où tout est à revoir en terme de communication externe. Il faut entendre ce qu’est l’entreprise, effacer, gommer ce qui pourrait être non communicant et valoriser ce qui est le plus beau. Il faut toujours positionner les choses de manière positive.

Considérez-vous que cette capacité est un point fort pour un chargé de communication?

Oui, absolument.

Pensez-vous qu’il y a beaucoup de mauvais côtés dans ce métier?

C’est un métier prenant. Je ne connais pas de chargé de communication, ou du moins de personne qui travaille dans la communication, et qui n’est pas 24h/24 avec sa problématique. C’est de la matière grise qui travaille. Votre idée, la phrase qui va bien aller peut venir le dimanche en faisant votre ménage. C’est au quotidien. C’est un métier extrêmement prenant et qui vous prend bien la tête. Mais, je ne vois que ça.

Si on revient aux qualités, il faut être fort…

Oui. Il faut être bien dans sa tête. La difficulté, je pense, quand on est un jeune chargé de communication, c’est que l’on va s’appuyer, et c’est vrai dans tous les métiers, sur de la théorie apprise. Mais, on oublie de ce fait tout ce que l’on peut percevoir à partir de soi. Et puis, un chargé de communication doit forcément savoir écrire. Il doit avoir une plume. Il doit savoir trouver la bonne formule, avoir un esprit de synthèse et avoir ce positivisme. Donc, il y a du savoir-être dans tout ça.

Ce sont des choses que vous avez apprises avec l’expérience?

Oui, avec l’expérience et quelques gamelles. Quand vous présentez un projet persuadé que ça va marcher et qu’en face on vous renvoie que ça ne parle pas, c’est que vous avez raté quelque chose. On ne réussit pas à tous les coups. Mais souvent quand on ne réussit pas, il faut savoir se remettre en question. Parce que si vous êtes persuadé que ce que vous avez écrit dans le journal interne est excellent alors que ça provoque quelque chose, sa vient forcément de votre écrit, de la manière dont vous l’avez dit. L’écrit va faire que ça passe ou que ça ne passe pas.

Il faut, donc, être perfectionniste sur son propre travail…

Je dirais plutôt objectif c’est-à-dire avoir suffisamment de lucidité pour dire « ce que j’ai fait là, c’est mauvais ». Moi, je le considère comme un métier très dans la sensibilité et donc aussi dans l’écoute de soi. Je trouve mes meilleures idées à la plage ! Ça aussi c’est quelque chose qui est difficile à faire admettre à l’autre et c’est la difficulté de travailler comme chargé de communication dans une structure. personnellement, vous me mettez dans un bureau même sans horaires particuliers, je ne suis pas bonne. J’ai besoin de marcher, par exemple, pour trouver des idées. Allez marcher dans un bureau avec des gens! Vous ne pouvez pas. Après il y a la partie très organisationnelle où, une fois que vous avez reçu toute cette partie sensitive, il faut la formaliser. Il faut que ça devienne une page web par exemple. Il faut travailler avec des graphistes pour leur faire comprendre ce que vous voulez.

Il y a plusieurs étapes en quelque sorte…

Oui, il y a plusieurs étapes dans la création. Il faut être créatif. Il faut avoir une certaine culture aussi. Il faut s’informer, lire… Il faut s’appuyer sur des choses que les gens peuvent comprendre. On parle même au manutentionnaire au fond de son entrepôt.

Cette créativité vous l’avez acquise au fur et à mesure ou vous l’aviez déjà?

Je pense que la créativité, ça ne s’apprend pas.

C’est instinctif?

Je le pense. Après, on peut apprendre avec des méthodes. On se dit « bon, je ne sais pas dessiner, je vais apprendre les gestes ». N’empêche que la créativité de ce que vous allez dessiner c’est quand même bien vous, ça vient de votre esprit.

Il faut avoir de l’imagination?

Oui, beaucoup.

Merci pour vos conseils. Qu’est-ce que vous pensez de l’évolution de ce métier?

C’est une bonne question. Je n’avais pas réfléchi à ça. De quel point de vue? L’évolution du métier dans les entreprises, les structures ou bien dans la communication en générale?

L’évolution du métier dans l’entreprise.

C’est lié en même temps. Aujourd’hui, si vous ne communiquez pas, vous êtes mort. Une entreprise peut avoir le meilleur produit du monde, le meilleur service du monde, si elle ne communique pas, elle ne vend pas.

Du fait de la concurrence?

Non, la concurrence a toujours existé. C’est dû à la rapidité de la communication aujourd’hui avec Internet, Twitter, Facebook…  J’ai des clients qui sont sur Facebook et sur Twitter. Il faut être visible, il faut se rendre visible. Donc, l’évolution des technologies, les NTIC, a fait que le métier de chargé de communication aujourd’hui est différent de celui d’il y a 20 ans et que je pratiquais. Aujourd’hui, le premier souci d’une entreprise qui va se créer est « quelle est son image, sa carte de visite, son site web ? »

Il faut, donc, être présent partout ?

Il faut être présent tout le temps et partout. Sa va d’autant plus vite et tellement plus vite que parfois, je me dis que c’est peut-être en ralentissant le rythme que l’on va finir par se différencier. On cherche toujours la diversification, la différenciation. Si tout le monde fait pareil, où est-ce que l’on est visible ? Nulle part. Trop d’informations, trop de communication, ça nuit. Je me dis parfois que l’important n’est pas d’être toujours dans la course, d’être toujours de plus en plus visible et de s’appuyer sur les supports de communication tels qu’ils sont aujourd’hui (c’est-à-dire le Net, la communication par mail, téléphonique, etc.). Je suis partagée. Je me dis à la fois qu’il faut y être mais à un moment donné comment faire pour se diversifier les uns des autres ? Il me semble que ça ne sera pas différent d’il y a 50 ans quand il y avait plusieurs échoppes les unes à côté des autres et qui vendaient la même chose. J’ai un peu ce sentiment là. Donc, je me dis que le chargé de communication aujourd’hui a un grand challenge : être le plus créatif possible, être à la fois dans le vent et en même temps revenir à des valeurs sûres. Je ne sais pas. Parfois, je vois des supports de communication qui sont fait en papier recyclable avec quelque chose de très simple, de très fluide. On est à l’inverse d’il y a 10 ou 20 ans et que l’on mettait de la réclame, des couleurs. Je me demande si ce n’est pas ça, être à la fois dans le vent et à contre-courant. C’est là qu’est la difficulté.

Est-ce que vous pensez que toute cette technologie constitue une déshumanisation?

Moi, j’aimerais qu’au lieu de multiplier les outils de communication, on revienne à de la communication. Aujourd’hui, des gens se font virer par texto, par exemple. Ce sont des responsables de communication, des directeurs de communication qui font ça. Dans les liens humains, les relations humaines, on arrive à mettre un maximum d’outils. Mais qu’est-ce qu’on se dit? On ne se dit plus rien. La preuve, vous me faîtes une interview en face à face mais on aurait pu le faire par téléphone, vous auriez pu m’envoyer les questions par mail. Je vous aurais répondu, mais qu’est-ce que vous en auriez retiré?

Ce n’est pas enrichissant…

Je ne sais pas. C’est une bonne question. Je n’ai pas de réponses en ce qui concerne l’évolution du métier. La communication, on y est. Je pense qu’il y en aura toujours. Le meilleur sera peut-être celui qui aura compris qu’il faut être à l’écoute. Il y a des composites qui font que communiquer c’est entendre. Ca reste toujours un échange entre un émetteur et un récepteur. Parfois, il faut revenir aux fondamentaux qui sont « tu me parles, je t’écoute, tu me dis quelque chose, je t’ai entendu sur ce que tu ne m’as pas dit et avec tout ça on va essayer de se comprendre ». En fait, c’est cela essayer de se comprendre. On a un exemple politique qui est quand même assez faramineux aujourd’hui : le gouvernement actuel qui est dans l’hyper communication. En ce moment, il y a un remaniement ministériel dont on nous parle depuis six mois et ce n’est toujours pas fait. Sur le plan de la communication, c’est très fort. Comment trouver le moyen de parler d’autre chose que des vrais problèmes? En créant un buzz sur le remaniement éventuel. Attention, ça peut être très pervers. Il faut avoir une déontologie. On peut débattre pendant longtemps sur ce sujet. Après, comment je vois le métier? Je pense qu’il y aura toujours des directeurs de communication, des chargés de communication, des gens qui publieront des articles et qui seront publiés sur n’importe quel support. On n’a pas encore inventé le support virtuel qui va directement dans l’oreille des gens (rires). Mais, avec les nouvelles technologies ça change tout.

Synthèse: Nous avons pu avoir un aperçu plutôt complet de ce métier. Nous vous remercions de l’attention que vous nous avez accordée. Merci pour vos conseils et votre point de vue sur l’évolution de ce métier, pour nous avoir fait part des valeurs auxquelles vous tenez.

Nous vous enverrons la retranscription pour la validation.

Lucie Duzon & Hajar Diab.