Articles avec le tag ‘communication’

Entretien avec un professionnel de la communication : Nessim AÏDA, community manager chez Social Pirate, à Montpellier

lundi 19 novembre 2018

Nous avons réalisé un entretien avec Nessim Aïda, qui est Community manager et qui codirige l’agence de communication Social Pirate, basée à Montpellier. Cet entretien a été réalisé le mardi 13 Novembre. Nous lui avons donné rendez-vous à 14h45, dans un café du centre-ville de Montpellier. Malgré son emploi du temps chargé, l’interviewé a pu nous accorder environ une demi heure.

Nous nous sommes départagé le travail et les rôles. L’une a prononcé le discours introductif et s’est occupé des clarifications et des rebondissements, une seconde s’est occupée de poser les questions et de prononcer les remerciements, et la troisième s’est chargée de la prise de notes, ainsi que de l’enregistrement vocal de l’entretien.

– Bonjour, donc tout d’abord merci d’accepter de nous rencontrer, nous sommes donc étudiantes en première année de licence Information – communication, à l’université Paul Valéry. Nous avons souhaiter vous rencontrer dans le but de mener un entretien avec un professionnel de la communication, afin d’en apprendre davantage sur un métier de ce secteur qui pourrait nous intéresser pour notre avenir professionnel.

Avant de débuter l’entretien, nous vous rappelons que nous vous ferons parvenir le contenu de la retranscription avant toute publication sur le blog universitaire, pour que vous puissiez nous donner votre autorisation, et que vous puissiez le modifier, si nécessaire. Est-il possible de procéder à un enregistrement audio de l’entretien ?

Oui bien sûr, et vous pouvez me tutoyer aussi. 

– D’accord merci, alors avant tout, pourrais-tu nous parler de ton activité professionnelle, de manière générale ? 

Alors au quotidien, je travaille avec mon frère, comme je vous ai dis. Donc lui c’est vraiment toute la partie marketing. En fait, il a un parcours marketing, il a fait une école de commerce Sup de Co à Montpellier, et moi j’ai fais une licence en communication mais c’était vraiment de la communication, c’était abstrait, c’était de la sociologie, de la psychologie sociale, de la linguistique, et après, au moment de m’orienter sur le master, je me suis mis en auto-entrepreneur, donc j’ai arrêté les études. Et donc moi, j’ai vraiment un parcours communication, lui il a un parcours marketing. On bosse ensemble sur ce sujet là, et après on bosse avec nos clients. 

– De ce fait, mis à part ton frère, qui est aussi ton collaborateur, tu ne travailles donc pas avec d’autres entreprises, en partenariat ou autre ?

Non, on ne fait pas vraiment de partenariats, on a un petit réseau d’entrepreneurs à côté, des startuper ou des gens qui travaille dans le marketing, donc on se consulte, on réfléchi ensemble à certaines choses, mais professionnellement, on ne travaille pas vraiment ensemble, ce ne sont pas des partenariats professionnels.

 – Et comment répartis-tu ton temps de travail ?

Alors, notre temps de travail, bon on est un peu freestyle justement, c’est pour ça qu’on s’est mis en indépendant. En début de journée, ou en début de contrat déjà, à la base, on se reparti les tâches qu’on a à faire, on sait exactement qui doit faire quoi, vu qu’on a chacun notre domaine bien définit, on sait qui doit bosser sur quoi exactement. La stratégie en amont, elle nous permet vraiment de bien établir ce que chacun doit faire, et on répartit notre temps en fonction de ça.

 – Parallèlement à la gestion de ton temps, quelles sont tes conditions de travail ?

Cela fait un peu plus de deux ans que l’on bosse ensemble, qu’on a l’agence, donc sur la quasi totalité du temps, on bossait chacun à domicile. Pendant un moment où on a eu pas mal de travail, avec pas mal de clients, on était obligé de se coordonner toute la journée, on était obligé d’être au téléphone et de s’envoyer des mails, des messages toute la journée, donc on a pris un bureau, pendant 2-3 mois ensemble, mais sinon la quasi totalité du temps, on est chacun à domicile et on travaille chacun sur le même client mais sur des projets différents. 

– Et avec quel type de clientèle, d’entreprises travailles-tu? 

Au début, moi quand j’ai démarré en auto-entrepreneur, j’étais purement Community manager, donc j’étais pas trop sur les aspects stratégiques, j’étais un petit peu sur la création de contenu mais pas trop, j’étais vraiment dans le Community management pur, et j’ai commencé à travailler, pendant les deux premières années, avec des médias. Donc le premier c’était une petite chaîne de télé sur Paris, qui démarrait, qui avait un peu de difficultés, et après j’ai embrayé sur une application de streaming de futsal, tout ce qui est football un peu annexe, et donc du coup vu qu’on s’est lancés dans les médias, on a continués là dedans, et en vrai, 80 % de nos clients, sont des médias, à côté on peut avoir, par exemple, l’année dernière on a travaillés avec un fabricant de chocolat, mais notre cible principale, c’est surtout les médias, et les sites, blogs, les sites de culture, musique…

 – D’après toi, quelles sont les compétences requises pour exercer ton métier ?

Je dirais la créativité, parce que c’est vrai qu’il y à eu des périodes, notamment quand on travaille avec plusieurs clients, qui sont bien différents les uns des autres, et qui partage du contenu sur les réseaux sociaux, qui sont complètement différents les uns des autres, il faut savoir inventer et imaginer des concepts, plusieurs concepts par jour, pendant des semaines, voir des mois, et donc je pense qu’il faut être pas mal créatif. Après il faut être un minimum organisé, c’est pas du tout mon point fort à la base, mais j’ai été obligé de m’organiser, parce qu’au début où j’étais complètement en freestyle, c’était compliqué, mais quand on commence à se structurer et qu’on veut devenir un peu professionnel, il faut un minimum d’organisation. Après quand il y à du travail, faut pas avoir peur de faire plus que ses heures. Mais le principal truc que je dirais franchement, c’est la créativité. La créativité, c’est quelque chose je pense, dans les métiers de la communication qui est obligatoire, faut vraiment kiffer le truc. Faut pouvoir se mettre à jour, surtout dans les réseaux sociaux et dans la communication, tous les jours il y à des nouveaux outils, tous les jours il y à des nouvelles manières de communiquer, et si on kiffe pas, si c’est pas une petite passion, on va pas pouvoir se mettre à jour quotidiennement de manière naturelle, pendant des semaines on va rater des choses, et après on va devoir et être obligé de se remettre à jour, on va se forcer quoi, et quand c’est du forcing, c’est pas aussi naturel, c’est pas aussi efficace. 

– Et quelle formation as-tu suivi pour en arriver là?

J’ai fais un bac STMG option marketing… bon je l’ai fais vraiment parce que on m’a obligé à le faire… ensuite j’ai fais quelques mois en licence LEA anglais et arabe littéraire, et ça aussi je l’ai fait parce que je me suis dis « je suis bon en langues, donc je vais faire ça » mais il y avait pas de projet derrière et c’est pour ça que j’ai arrêté au bout de trois mois. Ensuit j’ai bossé pendant un an/ un an et demi en centre de loisir. Et quand j’ai repris, c’est là que je me suis dis « il faut que je fasse un truc qui m’intéresse vraiment » et j’ai commencé sciences du langage à Paul Valéry et ça faisait la jonction entre deux trucs que je kiffais à savoir la communication et l’aspect sociologique avec l’étude des masses et tout ça. Donc j’ai fais ma licence dans cette filière. Et ça m’a apporté beaucoup de connaissances théoriques et de méthodes. En faite ça m’a appris à comment analyser les gens, comment analyser les masses, les cibles, comment leur parler en fonction de la différence entre les groupes de gens. Donc après cette licence là, j’ai passé le concours d’entrée en master à Sup de Com à Euro médecine et il me restait 2/3 mois pour trouver une alternance et évidemment je l’ai pas trouvé ! et vers la fin de cette période j’ai un cousin qui travaillait sur Paris qui m’a appelé et m’a dit qu’il cherché un Community manager et qu’ils étaient en galère car ils en avait déjà vu plusieurs qui avait clairement pas le niveau et eux leur objectif était un jeune qui comprenne les réseaux sociaux et les gens qui utilise ces réseaux sociaux. Donc moi je suis monté à Paris dans l’optique de faire mon alternance avec eux et une fois arrivé là bas ils m’ont dis que pour eux c’était pas intéressant de me prendre en alternance parce que du coup ça allait être que du mi temps et m’ont demandé si ça m’intéresser de me mettre en auto-entrepreneur. Donc déjà le salaire était le triple et j’étais pas forcément attaché au fait de faire un master absolument, j’avais ma licence, j’avais mes connaissances, j’ai commencé à bossé avec eux, à leur faire des audit de leur situation et je leur ai proposer des solutions en entretien d’embauche et ils avaient bien kiffé mon profil donc je m’y suis mis directement et j’ai fais 2 ans la bas…Donc après ça part en professionnelle, donc j’ai fais 2 ans dans cette chaîne de télé ou j’ai beaucoup appris en pratique. Justement ce qui est intéressant c’est que mon parcours scolaire c’était très intéressant mais c’était vraiment que de la théorie et à partir de la ça a embrayer directement sur la pratique c’est là que j’ai appris Photoshop, le montage vidéo, les effets spéciaux sur vidéos donc c’est la que j’ai appris tout ça et que j’ai perfectionner justement mon Community management parce qu’au final j’en avait jamais vraiment fait avant. J’avais ma pratique à moi des réseaux sociaux parce que j’avais 20 ans et que j’étais sur les réseaux toutes la journée mais ça m’a permis vraiment de me professionnaliser et donc c’est deux ans la ont été une très bonne formation. Par la suite j’ai embrayé directement sur des nouveaux clients quasi temps pleins et au bout de 2 ans et demi / 3 ans sur Paris c’est la qu’on s’est arrangé avec mon frère qui était sur Montpellier et qui venait de finir ses études en marketing pour mettre nos compétences en commun pour agrandir nos palettes de services et du coup je suis redescendu sur Montpellier et on a crée notre agence de communication. 

– Est-ce que c’est possible de continuer à se former en travaillant dans ce secteur ?

Oui, justement vu que c’est une passion, le truc il est tellement naturel, qu’en même temps qu’on travaille, nous ce qu’on faisait pendant un long moment, c’est que quand on avait assez de travail, justement pour pouvoir s’organiser comme ça, tous les matins on faisait une sorte de veille, où on consultait les articles sur la communication et on lisait des trucs, on se prenait genre une heure ou deux tous les matins en se levant, pour pouvoir se tenir au courant de l’actualité des réseaux, de l’actualité des nouvelles mises à jour, et après on se mettait au boulot, parce que justement ça fait partie intégrante du boulot. Un communicant, surtout dans la communication digitale, qui se tient pas au courant quotidiennement de ce qu’il se passe, il va être perdu au bout de pas longtemps.

– En partant du métier de Community manager, penses-tu qu’il est possible d’évoluer vers d’autres métiers ?

Oui, moi j’ai commencé en tant que Community manager, et le Community management à la base, à l’époque, il y à 4-5 ans, c’était vraiment juste poster du contenu sur Facebook. Et au fur et à mesure du temps ça a évolué, et maintenant pour devenir un bon Community manager, t’es obligé, à un moment donné, d’acquérir de nouvelles compétences, ne serait ce que parce que la génération d’aujourd’hui, les plus jeunes ils ont une meilleure pratique des réseaux sociaux et une meilleure connaissance des réseaux sociaux, donc du coup pour que la concurrence soit équitable, on est obligé d’acquérir des nouveaux trucs, et les nouvelles compétences que moi j’ai acquises, par exemple c’est la création graphique, Photoshop, le montage vidéo… et donc toute cette sphère là, elle permet après d’évoluer vers d’autres métiers. J’ai eu des moments où j’étais quasiment que créateur graphique, où je faisais pas beaucoup de Community management, ou du moins le minimum, et où j’étais concentré sur de la création vidéo, de la photo… et ça, j’ai été obligé de m’y former en début de parcours, et donc du coup cette formation là, je pense qu’elle permet à un moment donné de mettre de côté certains aspects du boulot, pour se concentrer sur d’autres et même devenir créateur graphique, c’est possible.

– Y a-t-il des stages ou des emplois intermédiaires qui facilite une insertion dans ce secteur ? 

Des stages oui, il y en a surtout à Paris, en sortie d’école en général, c’est soit en master ou en BTS en alternance donc ils sont déjà liés à des entreprises et par la suite ils entrent en contrat normal dans cette entreprise là, soit les gens font tout en initial en fac ou en école et dès qu’ils sortent ils sont obligés d’enchaîner quelques stages pour pouvoir se familiariser avec le travail en entreprise.

– Quelles sont tes principales satisfactions par rapport à ton métier ? 

Alors franchement un truc que je me suis découvert en plus dans ce métier, c’est la création et c’est vraiment ce que j’aime le plus et qui est le plus gratifiant, de créer quelque chose de toutes pièces de le présenter à un client et que le client aime aussi et dise « c’est exactement ça que je voulais, super, on le poste » et si en plus quand on le poste sur les réseaux sociaux et qu’on le communique, ça fonctionne, c’est le top et c’est vraiment quelque chose que je prend plaisir à faire. 

– Existe-t-il des contraintes particulières liées à ton métier ?

Alors les contraintes il y en a pas mal, dans la communication digital et surtout le Community management, je dirais que la première contrainte c’est l’incompréhension des entreprises de l’importance des réseaux sociaux. Le cauchemar de tous les Community managers, c’est les clients qui sortent la phrase classique « ma nièce elle va le faire » ou « c’est bon je connais quelqu’un qui connaît un peu les réseaux sociaux » et qui se rendent pas compte que c’est un vrai métier avec un aspect stratégique en amont. Il y a des connaissances et une pratique à avoir et c’est pas juste quelqu’un qui connaît un peu Facebook ou Instagram qui peut gérer une communauté ou gérer l’identité d’une marque. Donc ça c’est la première contrainte. Après il y a aussi les contraintes de prix, où en fonction de la taille de l’entreprise du clients il y a des prix qui vont totalement être acceptable pour certaines entreprises et d’autres qui vont dire « nous on pose pas plus de 500€ » et à partir de ce moment là, nous on est obligé de se positionner par rapport à notre offre, sur ce qu’on va lui apporter au vue de ce que lui peut dépenser. Après pour les autres contraintes, c’est pas forcément inhérent à la communication, mais quand on est indépendant, c’est l’organisation, se donner des dates limites à respecter. Voilà je pense que c’est les trois principales contraintes. 

– Et du coup, face à ses nombreuses contraintes notamment vis-à-vis de ta clientèle, quelle est ta principale motivation à continuer dans ce métier ?

Bah moi franchement c’est mon délire, et je pense que c’est le cas de la plupart des personnes qui travail dans ce domaine, c’est que même avant de me mettre dans la communication digital professionnellement, mon parcours à la fac et même mon parcours d’avant j’ai toujours été attiré par la communication au sens large du terme : par le fait de communiquer avec les gens, par la linguistique, la sociologie, l’anthropologie, la compréhension de l’esprit des gens, de ce qu’ils veulent et de ce qu’ils demandent et du coup j’ai essayer de le transposer dans mon métier, et c’est clairement mon domaine. Donc je me vois pas trop faire autre chose.

– Et bien parfait, merci beaucoup de nous avoir accorder du temps, pour répondre à nos questions, tu nous as appris pleins de choses intéressantes. Tu nous as parlé de ton agence de communication, de son fonctionnement et de ton organisation. Ensuite, nous avons abordé les formations possibles et les compétences requises pour devenir Community manager. Et enfin nous avons évoqué les possibles évolutions dans ce domaines, ainsi que les contraintes et avantages. Nous t’enverrons la retranscription par mail le plus rapidement possible.

C’est bien ça, c’était un plaisir.

Entretien réalisé par Dinah Aïda, Anissa El Mahzoum et Manon Deguilhem.

 

Entretien avec Élodie Spagnuolo, responsable du service communication de la Carsat Languedoc Roussillon par I. Di Chiappari et M. Naassens

lundi 19 novembre 2018

 

Inès : Bonjour, nous sommes deux étudiantes en première année de licence Information et communication. Cette interview est menée dans le cadre de notre projet professionnel personnalisé. Nous souhaitons tout d’abord vous remercier du temps que vous nous accordez, cela sera très enrichissant pour nous deux. Avant de commencer, j’ai quelques questions à vous poser. Tout d’abord, vous êtes bien disponible pendant 1h?

Élodie Spagnuolo : Oui c’est ça, pas de problèmes. 

Inès : Très bien, acceptez-vous d’être enregistrée ? Nos questions ne sont pas intrusives, ne vous en faites pas, et cela nous aidera beaucoup au moment de la retranscription de l’entretien. 

Élodie Spaguolo : Ça ne me dérange absolument pas, je comprends ! 

Inès : Super ! Et pour terminer, au niveau de la publication de nos écrits, souhaitez-vous qu’ils apparaissent en public ou en privé sur le blog de notre licence ? 

Élodie Spaguolo : Peu m’importe, cela dépends des questions posées lors de l’entretien, mais je suppose qu’il n’y aura pas de soucis !  

Inès : Très bien, nous pouvons commencer. Alors est-ce que tout d’abord vous pouvez vous présenter et présenter votre entreprise ? 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr ; je suis Élodie Spaguolo, la responsable communication de cette structure, la Carsat Languedoc Roussillon. J’ai ce poste depuis peu, depuis début octobre, auparavant, je travaillais aussi à la Carsat , dans la communication, mais dans le département des risques professionnels. 

Inès : D’accord, je vois !

Élodie Spagnuolo : C’est quand même un changement car aujourd’hui j’ai vraiment en charge la communication de toute les branches qui constituent la Carsat. En effet, la Carsat est un organisme qui a une mission de service public, et dans ces missions il y a trois grands champs, il y a tout ce qui relève de la retraite, tout ce qui est action sociale et tout ce qui est prévention des risques au travail. 

Je ne sais pas si vous connaissez la sécurité sociale ? Il y a différentes branches…

Margot et Inès : Oui , oui !

Élodie Spagnuolo : … Donc nous avons la branche maladie, la branche vieillesse, et la branche risques professionnels. La Carsat travaille autour de ces trois grandes thématiques. Du coup, mon travail va être justement de voir comment au mieux accompagner ces trois grandes missions de la Carsat. 

Inès : Merci, c’est parfait. Nous allons commencer l’interview sur la catégorie « métier », pour bien définir la fonction occupée, et les différentes missions à votre charge. 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr !

Inès : Donc pour commencer, quelles sont les principales missions et activités dont vous avez la charge ?

Élodie Spagnuolo : Alors, les principales missions dont j’ai la charge.. Tout d’abord , ça va être d’animer une équipe, je ne travaille pas toute seule, j’ai une équipe. Actuellement nous sommes 7 personnes, alors je peux les citer : il y a 2 personnes à l’infographie, 1 web master, 3 chargées de communication. 

Elles vont vraiment gérer le projet de A à Z, par exemple, nous allons recevoir des demandes de différents services de la Carsat, elles vont traiter la demande, aller vers l’infographiste ou le web master par exemple ! Oh, et j’ai oublié de citer un métier très important : le vidéaste. 

Inès : Ah c’est intéressant !

Élodie Spagnuolo : Oui en effet ce n’est pas courant dans la Carsat. Parfois nous pouvons faire appel à un vidéaste pour réaliser toute sortes de films. Nous avons cette chance, car c’est un atout pour ce que nous pouvons réaliser en interne. 

Alors ma charge va bien sûr être de prendre en charge cette équipe, de l’animer, la gérer, organiser le travail avec eux au quotidien. Ensuite, une des choses très importante ; c’est de vraiment arriver à déterminer un plan de communication chaque année, voir même une stratégie de communication en amont, en lien avec toutes les stratégies qui proviennent, des différentes branches et services. 

Nous avons donc des directives qui descendent, il  faut bâtir des stratégies, accompagner au mieux, car nous avons des publics différents. Ce plan de communication n’est pas simple à trouver car, forcément, vous prévoyez quelque chose pour l’année et il y a quelques fois des aléas ou des choses qui surprennent, des nouvelles demandes, par exemple. 

Du coup, même en étant bousculés il faut arriver à tenir notre plan et intégrer de nouvelles choses et ce n’est pas toujours facile !

Inès : En effet, je comprends, vous avez donc beaucoup de responsabilités !

Élodie Spagnuolo : Ah oui ! Mais je suis épaulée car j’ai mon équipe !

Inès : Oui , voilà, l’équipe est donc essentielle si je comprends bien. 

Élodie Spagnuolo : Elle est très très importante oui , il faut qu’on arrive à bien s’entendre, être efficace et mener à bien ce plan de communication sur l’année. Il y a toujours aussi force de proposition, car c’est très attendu par notre direction, ce qui est normal. Il faut que nous ayons des idées, on ne peut pas constamment attendre les demandes, il faut prendre des initiatives, être dynamique et.. 

Inès : Polyvalent ! 

Élodie Spagnuolo : Exactement, polyvalent !

Inès : Ça doit demander beaucoup d’énergie. 

Élodie Spagnuolo : (rires) Ah oui , mais ça rends le travail super intéressant. 

Inès : J’imagine bien ! Alors, si vous acceptez de nous en parler bien sûr, y’a-t-il une mission en particulier qui vous à marquée positivement ou au contraire négativement ?

Élodie Spagnuolo : Bien sûr. Je viens d’arriver sur ce poste là, donc c’est assez récent. Pour l’expérience positive, déjà, j’ai retrouvé une équipe, que je connaissais par ailleurs, mais avec laquelle je travaille différemment, de manière beaucoup plus proche et continue. Donc il y a un point très positif, c’est que l’équipe est super dynamique et motivée, toujours pleine d’idées ! Et ça c’est très appréciable  en tant que responsable d’avoir une équipe qui vous soutient. Ça, ça pourrait être une expérience positive!

Inès : Oui totalement, comme c’est un nouveau poste pour vous !  

Élodie Spagnuolo : Après, je n’aime pas utiliser le terme « négative » , je dirai plutôt « points à améliorer », mais par exemple, comme je viens d’arriver, je reprends ce poste, il y a certaines choses à réorganiser, tout n’est pas parfait, enfin, pas comme je le souhaiterai, donc ça prends du temps. 

Il faut que je mette en place un certain nombre de choses pour avoir une bonne organisation, pour réussir à vraiment travailler main dans la main avec les autres services, car ce sont nos clients. Il faut donc mieux articuler tout ça, ce qui n’est pas encore très fluide, mais ce n’est pas grave, nous tous ensemble sur le sujet. C’est donc un point à améliorer aujourd’hui. 

Inès : Très bien, je vois.  Alors, pouvez-vous à peu près nous expliquer une journée type, enfin, une de vos journées types ?

Élodie Spagnuolo : Alors une de mes journées types… Donc, vous avez besoin des horaires ?

Inès : Non, par forcément ! 

Élodie Spagnuolo : Une journée type c’est beaucoup de réunions, car nous sommes forcément demandés de tous les côtés. Après ce ne sont pas forcément des réunions pour faire des réunions, c’est vraiment pour mieux comprendre les demandes qui nous sont proposées, pour les affiner, nous avons besoin de nous poser ensemble.

Vous voyez, les demandes nous arrivent aujourd’hui par une boîte mail, et parfois, un mail ne suffit pas, il faut se rencontrer, faire des brain storming, réfléchir ensemble pour décider de la manière dont nous allons traiter la demande. Ces réunions prennent beaucoup de temps. 

Après, c’est difficile car je ne peux pas toujours être en réunion, il faut aussi à un moment donné, trouver du temps pour soi : lire des choses, rédiger. Il faut donc réussir à se dégager un peu de temps pour vraiment travailler de manière plus profonde. 

Alors ça c’est aussi quelque chose sur lequel on travaille, c’est une problématique qui revient souvent dans les entreprises, on a beaucoup de mails, on a plusieurs outils, on reçoit beaucoup d’informations à traiter, donc ça fait beaucoup d’outils à consulter, ce qui nous fait perdre du temps. Donc là on essaye d’alléger tout ça et gagner en efficacité. 

Inès : D’accord !

Élodie Spagnuolo : Nous avons un réseau social d’entreprise, ça marche bien car nous pouvons travailler différemment car le mail c’est parfois, comment dire.. Ce n’est pas toujours le meilleur moyen pour communiquer au sein d’une équipe ou même entre les services. On essaye de trouver d’autres manières de communiquer donc par exemple le réseau social de l’entreprise est quelque chose qu’on creuse. Il y a aussi par exemple Skype, pour tenter de faire différemment, ça demande beaucoup de temps mais c’est très intéressant. 

Bon ! Je ne sais pas si ça réponds à la journée type mais pour résumer c’est beaucoup de réunions, beaucoup de mails, beaucoup de réponses, nous sommes tout le temps occupés. 

Inès : Et vous réussissez tout de même à trouver du temps pour travailler seule?

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est compliqué pour moi de libérer du temps mais j’essaye tant bien que mal, j’en ai forcément besoin. 

Inès : D’accord, c’est vrai que c’est essentiel pour vous j’imagine. Alors, selon vous, quels sont les services avec qui vous travaillez le plus ?

Élodie Spagnuolo : Alors, on travaille beaucoup avec le service achat, quand bien sûr on a un événement à organiser en interne ou en externe. Nous aurons besoin, par exemple de trouver un lieu, un traiteur, un prestataire… Tout ça veut dire faire des devis, acheter, donc le service achat va beaucoup nous aider, nous proposer des choses. Ainsi nous pourrons décider sur quoi nous partons pour notre événement. 

Ensuite, le service communication et très proche du cabinet de la direction, nous travaillons très étroitement , car il y a beaucoup de choses à valider, parfois, nous faisons des propositions et nous ne savons pas trop, nous avons besoin de l’aval de la directrice et de son cabinet. 

Après, comme nous sommes un service support de la Carsat nous allons forcément travailler régulièrement avec tous les autres services, la direction retraite, risques professionnels, par exemple, car ce sont eux les clients ! Par exemple, ils peuvent nous demander d’organiser des événements, de créer des brochures, un film… L’année est donc ponctuée par ces demandes en interne.

Inès : D’accord, donc vous travaillez avec une clientèle qui est seulement basée dans l’entreprise ou il y a des clients extérieurs ?

Élodie Spagnuolo : Alors, quand je dis clients extérieurs, ça reste l’entreprise mais ils sont basés à l’extérieur. Tous les gens qui travaillent à la Carsat ne sont pas basés sur ce siège, il y en a qui sont basés un peu partout, dans des agences du département. 

Inès : D’accord. Alors désormais, nous allons parler des réseaux sociaux. Selon vous, c’est un avantage que votre profession évolue autour des réseaux sociaux , ou est-ce que ça peut faire peur avec la place que ça prends dans notre société actuelle ?

Élodie Spagnuolo : La question n’est pas évidente, j’ai envie de dire un peu les deux. Il est vrai que nous avons besoin des réseaux sociaux pour communiquer, notamment Twitter pour tout ce qui est côté presse, et je trouve que c’est important que nous soyons présent sur ce réseau là. 

Nous avons aussi testé des réseaux un peu plus professionnels, comme Viadeo par exemple. 

Bon, ça marche et ça marche pas, on va tout de même tenter de creuser le truc. On attends de voir si c’est pertinent ou pas, mais je pense que nous n’avons pas le choix. 

Nous avons aussi un réseau social d’entreprise pour communiquer, et ce n’est pas évident. En effet, ça change la manière de travailler, de mentalité, de culture.. Il y a quelques personnes assez réticentes en interne, qui préfèrent des moyens de communications plus traditionnels comme le mail ou le téléphone par exemple. 

Cependant, une fois que ces personnes ont compris que ces réseaux étaient là pour nous faciliter notre travail, nous rapprocher des gens, tout prends son sens et ça rentre enfin dans les mœurs. 

Pour ce qui est de l’externe, je pense qu’on peut encore faire des efforts, et accentuer notre présence sur ces réseaux sociaux. On y va doucement mais sûrement, ça devrait évoluer. 

Inès : Très bien. J’imagine que ça prends beaucoup de temps. Désormais j’ai quelques questions sur la structure de l’entreprise. Au niveau de la clientèle, même si vous avez déjà apporté quelques indications. Pouvez-vous nous apporter quelques indications supplémentaires ?

Élodie Spagnuolo : Alors ça c’est une chose sur laquelle nous travaillons beaucoup en effet, pour mieux échanger avec les services demandeurs. En fait, avant mon arrivée nous avons demandé aux différents services d’établir leur propre plans de communication, ils devaient mettre par écrit ce qu’ils souhaitaient réaliser pour l’année. Nous travaillons à partir de ces plans, nous essayons de synthétiser tout ça afin de faire un plan de communication global. Ce qui est compliqué, c’est d’adapter les demandes des autres services mais aussi nos propres actions, nous sommes force de proposition. Cela va même nous permettre de créer un réel planning de l’année pour mes équipes, et ainsi éviter les blocages au cours de l’année. 

Inès : C’est une sacrée organisation !

Élodie Spagnuolo : Oui (rires). C’est tout de même assez complexe, il y a beaucoup de missions, des cibles et des acteurs complètement différents.  Ainsi qui dit cible différente, dit message différent et enfin action de communication adaptée ! Cependant ça reste tout à fait passionnant car c’est très diversifié. 

Inès : Merci pour tout, c’est bon pour moi, je laisse la parole à Margot pour la suite de l’interview.

Margot : Nous allons maintenant parlé du parcours, des connaissances ou qualités nécessaires pour occuper cette fonction. 

Élodie Spagnuolo : Oui allons-y !

Margot : Alors tout d’abord quel est votre parcours professionnel pour en être arrivé a ce métier ? 

Élodie Spagnuolo : J’ai fais un école de commerce, ce qui reste assez général surtout lors de la première année on touche a pleins de métiers (finances, comptabilité, en passant par la communication, le marketing). Ce qui m’a permis de découvrir que j’avais une sensibilité plus développée pour la communication. Je me suis donc ensuite spécialisé dans ce domaine lors de ma deuxième et troisième année. Cependant ce n’étais, je pense, pas si précis que votre formation, ma formation était plus généraliste. Ensuite c’est l’expérience qui m’a réellement formé, je suis passée par plusieurs entreprise en occupant toujours des profils dans le marketing et la communication. Selon moi, c’est comme ça que l’on apprend le mieux. Il y a également les formations d’entreprise qui m’ont énormément apprises, ce qui est une chance d’apprendre toute au long de sa vie professionnelle. 

Margot : Très bien merci, et selon vous quel est le parcours type pour accéder a un poste comme le votre ? 

Élodie Spagnuolo : Pour moi des écoles de commerce et de communication me semble parfaites pour entrer dans ce type de poste. Mais je pense que cependant l’entreprise regarde évidemment la formation mais c’est surtout les expériences que vous avez eu, ce que vous avez pu développer comme compétences car c’est ce qui est important. Il y a des compétences nécessaires pour occuper le poste de communicant que l’on ne peut développer dans d’autre métier. Voulez vous que l’on développe sur les compétences ? 

Margot : Justement c’est la question suivante, quelles sont les qualités nécessaires pour être communicant ? 

Élodie Spagnuolo : Alors pour moi ce qui est double c’est que je suis communicante ainsi que manager. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Être manager ça demande des compétences sociales : être a l’aise avec le fait d’animer une équipe, être motivée continuellement car si l’on ne l’est pas on ne peut pas motiver ses équipes, savoir être pédagogue et a l’écoute. Il faut prendre le temps, et cela ne s’apprend pas vraiment. Je dirais que c’est quelque chose que l’on a en nous est que l’on développe tous les jours. Ceci demande énormément d’énergie car il faut être capable d’être a l’écoute mais également savoir prendre des décisions quand il le faut. 

Ensuite pour le cote communicant, il faut je pense avoir une fibre créative, être curieux et avoir envie de valoriser et de promouvoir quelque chose. C’est presque similaire au métier de commercial, car l’on veut « vendre » si je puis dire quelque chose. Mais les qualités varient selon les postes dans la communication. Par exemple, pour un info graphiste ou web master il faut avoir des compétences sur les logiciels, de créativité, mais aussi des qualités rédactionnelles. Celui qui va s’occuper des relations presse va devoir être très a l’aise et avoir un réseau important. Il y a donc toutes ses compétences qui doivent être réunies mais elles différent selon le poste occupé, car le terme de communicant est très large. 

Margot : D’accord.

Élodie Spagnuolo : Mais sur mon poste, je pense que c’est bénéfique d’être passé par les phases précédentes de mon parcours car j’étais chargé de communication. J’ai donc vécu ce que vivent les membres de mon équipe, ce qui m’aide aujourd’hui dans mon poste de manager car je sais ce que c’est, ce qui me permet de prendre plus de recul et je me rend compte des problématiques qu’ils peuvent rencontrer car je les ai moi même rencontrées. 

Margot : C’est bien car cela permet d’anticiper les événements. 

Élodie Spagnuolo : Exactement. 

Margot : Maintenant nous allons, si vous le voulez bien, parler des intérêts et de contraintes du métier. Tout d’abord quelles sont vont conditions de travail dans cette entreprise ? (les horaires, le rythme de travail …) 

Élodie Spagnuolo : en ce qui concerne le rythme, nous sommes dans une entreprise ou il c’est agréable de travailler car on s’occupe notamment de la Santé au travail donc nous appliquons ce que nous demandons a l’extérieur aux entreprises. Les horaires sont confortables et nous avons a notre disposition tout ce dont nous avons besoin. Mais en tant que communicant et service support, nous sommes très demandés donc il faut être très disponible. 

Margot : Il y a donc une certaine cadence a tenir ? 

Élodie Spagnuolo : Voila ! L’année est rythmée par des pics, il faut avoir beaucoup d’énergie et de motivation pour tenir toute l’année. Et ce qui peut être comme un inconvénient c’est que lorsque l’on organise des événements internes a l’entreprise ou l’on est organisateurs mais également salariés. Comme par exemple lors de la journée CARSAT avec tous les employés en janvier, donc nous sommes salariés mais nous sommes également organisateurs et ce statut est très particulier. Cette journée nous l’avons donc vécus de deux manière car nous sommes comme les autres mais d’autre part nous travaillons encore. Donc on en profite différemment et on ne s’arrête jamais en quelque sorte mais il faut l’accepter et on le fait avec envie, on est fier aussi de faire ce métier. 

Et je vais rajouter aussi que ce qui n’est pas toujours facile a entendre c’est lorsqu’il y a des remarques, malgré quelles soient constructives, en interne sur les événements organisés. Mais cela nous permet d’avancer et de nous améliorer. C’est parfois délicat mais cela fait parti du métier on le sait. 

Margot : C’est un risque a prendre. 

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est le jeu. 

Margot : Par le biais de votre réponse, vous avez répondue a la question suivante. Qui était qu’elles sont vos motivations ? (rires) 

Élodie Spagnuolo : Pardon (rires).

Margot et Ines : Pas de soucis, c’est très bien ! Votre développement était très bien. 

Parlons alors maintenant de l’évolution possible. Ma question est donc : l’emploi dans lequel vous êtes, est il un aboutissement pour vous ou est ce seulement une étape dans votre parcours professionnel ? 

Élodie Spagnuolo : Alors, premièrement je peux dire que j’ai déjà évolué car pendant 4 ans j’ai été au département des risques professionnels en tant que chargé de communication mais aussi manager d’une équipe. Actuellement j’occupe le poste de responsable de communication CARSAT qui est beaucoup plus important. Donc cette évolution me convient entièrement, cependant l’évolution a venir, malgré le fait que je viens d’arriver a ce poste et que selon moi il a énormément a faire et a developper, au niveau de l’entreprise dans le domaine de communicant elle est moindre. Au niveau nationale une évolution est possible par mutation par exemple, mais cela engage un déménagement et une nouvelle vie. Sinon le changement d’entreprise est également une évolution possible. 

Margot : Très bien, maintenant comment imagineriez vous votre métier dans 10 ans? Alors vous en tant que personne (votre poste) et ensuite le métier de communicant en lui même ? 

Élodie Spagnuolo : C’est une question peu évidente mais pertinente (rires). Alors moi même, je me dis que notre génération, est ce que l’on reste vraiment dans la même entreprise ? Je n’ai pas l’impression. En tout cas ce n’est pas ma vision des choses, pour moi il faut essayer et vivre de nouvelles choses. Je n’exclue donc aucunes possibilité d’évolution et je pose moi même la question de l’endroit ou je serais dans 10 ans et j’aime avoir cette ouverture. 

Margot : Tout est possible ?

Élodie Spagnuolo : C’est ce que j’aime me dire ! 

En ce qui concerne le métier maintenant de responsable de communication, je pense tout d’abord a tous les nouveaux outils qui vont nous parvenir et qui vont nous permettre de travailler différemment. Tout a l’heure je vous parlé déjà du réseaux social interne a l’entreprise. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Ceci nous permet de faire des échanges etc. Je pense que la façon de travailler va complètement changer, c’est a dire que le mail va être selon moi complètement désuet. Nous réfléchissons a des projets plus collaboratifs sur la créativité. Je pense que le travail va s’effectuer de manière décloisonnée. 

Inès : D’accord. 

Élodie Spagnuolo : C’est la façon dont je l’imagine, et je vois les changements s’accélérer. Et je pense que nous en avons besoin. 

Margot : Super. Pour finir quels conseils donneriez vous pour accéder à ce type de métier ?

Élodie Spagnuolo : A vous par exemple ? (rires) 

Margot : Oui, ou d’autres personnes souhaitant évoluer. 

Élodie Spagnuolo : Il faut toujours être motivé et positif et ne jamais baisser les bras. Après c’est une question de bons moments, il faut toujours être en alerte sur ce qu’il se passe et être a l’écoute. Il ne faut pas avoir peur d’aller de l’avant, il faut oser ! Et surtout essayez d’adapter votre offre en fonction de la demande, de la personne en face de vous, de l’employeur. Enfin il faut que vous cherchiez a acquérir de l’expérience, n’hésitez a demander des stages par exemple. Il faut montrer votre motivation, c’est ce qui fera toute la différence. 

Margot : Merci beaucoup ! 

Est ce que l’entretien c’est bien déroulé pour vous et si les questions vous ont sembles pertinentes ? Est ce que tous les points importants pour vous ont étaient abordées ? 

Élodie Spagnuolo : Oui oui, je pense. Ça me parait complet. C’est surtout vous, est ce que vous avez tout ce dont vous avez besoin pour votre projet ? 

Margot et Inès : Cela nous semble très bien, vous avez répondu a toutes les questions et même d’avantage c’est super. Merci de nous avons reçu et d’avoir pris le temps de nous répondre. C’était très intéressant pour notre projet mais également pour nous.

Une copie de la retranscription de l’interview a était envoyée et validée par la suite à Madame Spagnuolo.

Interview de Disaster par GEA Geoffrey et MAISONNEUVE Maximilien

lundi 19 novembre 2018

Nous avons contacté un jeune community manager (Florian), créateur de la marque Disaster et manager de l’artiste Zamdane.

Il a tout de suite accepté de nous accorder une interview.

F : Florian

G : Geoffrey

M : Maximilien

 

G : Peux tu te présenter professionnellement pour les personnes qui ne te connaissent pas ?

 

F : Je m’appelle Florian Ressegaire, j’ai 21 ans, j’ai d’abord eu un BTS communication, pour l’avoir j’ai du réaliser un projet professionnel, où j’ai travaillé avec l’artiste Jarod. Déjà ce qui a été intéressant ça a été la prise de contact avec lui.

 

G : En quelle année ?

 

F : 2015, donc j’ai travaillé avec lui, dans le milieu de la musique, et du coup démarcher auprès de plusieurs intervenants, au final c’est tombé avec lui et ça a été le premier projet de communication que j’ai mené indépendamment de l’école, vraiment seul.

Ça a été une stratégie de communication, de conception, de direction artistique, pas musicale mais vraiment sur la communication, notamment sur la couverture de l’album. C’était vraiment un premier projet, qui manquait même peut-être de professionnalisme sur leur démarche de travail.

Par la suite j’ai terminé le projet, j’ai eu mon BTS et je suis rentré en Licence.

 

G : Est ce que c’est suite à ce projet que tu t’es dis « oui c’est ce que j’ai envie de faire » ?

 

F : Ouais, le premier projet a fait que toutes les choses que tu voyais de l’extérieur là tu les voyais de l’intérieur et que tu comprenais comment ça fonctionne. C’est ça qui a été attirant.

Après par la suite ça a été la création et entrepreneuriat qui m’a parlé, quand en troisième année j’ai décidé de créer la marque d’habits. De base c’était un passe-temps avec des chaussures, mais ensuite c’est devenu la volonté de créer un truc dans le prêt à porter. Ça me semblait allié la rencontre entre la communication, la création, l’artistique, la volonté d’entreprendre, une manière de gagner de l’argent aussi même si c’est rien de fou, mais c’est ce qui permet de toucher un peu des sommes et de mettre un petit billet de côté.

Et voilà je crois que je me suis un peu perdu sur la question par contre.

 

*rires*

 

G : Est-ce que tu peux nous présenter Disaster, concrètement pour toi Disaster c’est quoi ?

 

F : Disaster, Disaster.. C’est compliqué à définir, je pense que c’est dans la finalité que tu pourra vraiment voir ce que ça a été du moins. Quand t’es dedans c’est un peu dur à voir.

 

G : Le jour où tu as créer Disaster, tu voulais que ça soit quoi ?

 

F : En vrai à la base je voulais que ce soit une marque de vêtements, uniquement, puis après c’est en grandissant, en apprenant d’autres choses, en apprenant d’autres business, en apprenant qu’on tout rassembler sur un truc, c’est la volonté de créer un univers notamment comme peuvent faire d’autres personnes aujourd’hui, qui peuvent créer leur marque d’habits qui peuvent développer un label de musique via cette identité graphique.

Pour moi aujourd’hui une marque pour exister elle a besoin de tout une robe à côté qui habille toute sa facette, que ce soit pas qu’une marque d’habits, qu’il y ai un pôle d’habits, un pôle de musique.

L’idée de base était sur le vêtement, puis en apprenant et en démarchant le vêtement ce qui s’est transformé ça a été la volonté de rester sur le vêtement mais pousser le vêtement et de le développer, notamment via la musique car c’est là où j’ai vraiment eu ma première expérience professionnelle, donc j’ai voulu pousser le vêtement avec la musique.

 

G : Comment a commencée l’aventure Disaster ?

 

F : Quand j’ai eu le déclic, le premier truc ça a été comment trouver des t-shirt, où on doit les acheter. Une fois que ça a été réglé il a fallu trouver comment imprimer un truc sur un t-shirt parce que de base je savais même pas comment faire, j’ai appris que j’avais un ami à moi qui avait une imprimerie, du coup lui m’a appris comment imprimer, je payais pour qu’il m’imprime mes vêtements. Et une fois que t’as le produit, tu dois trouver comment le vendre, trouver la structure où le vendre. Et une fois que tu as la structure, ton produit, et toute ta chaîne de production et ton schéma de A à Z, et bah tu développes un peu comme dans un jeu, tu passes le niveau 1 de livraison en niveau 2, le niveau 2 en niveau 3, t’essaies de monter petit à petit tu vois. T’essaies de trouver un juste milieu et il faut travailler.

 

M : Quel a été ton parcours scolaire ?

 

F : Si je devais faire un récap, ça serait : Bac ES, BTS Communication, Licence 3 en communication et création digitale, et maintenant Master 1 en création et communication digitale.

 

M : Tu comptes arrêter après le Master ?

 

F : Non, je ferai un Master 2 en alternance, et après j’arrêterai.

 

M : A part Disaster, est ce que tu as d’autres activités en rapport avec la communication ? Tu nous parlais de la musique notamment.

 

F : Oui la musique, ça a été… Bon après pas que la musique mais c’est a principale.

 

M : En communication tu te développes comment dans le secteur de la musique ?

 

F : Bah c’était le truc du premier stage avec Jarod on a vraiment travailler la communication, comme je te dis y’avait pas de directeur artistique.

Un an après j’ai fait un stage à Los Angeles où là j’étais directeur artistique dans un studio, donc il y avait le côté musical et communication.

Ce qui m’a amené à travailler là bas ça a été la volonté de déjà plus petit, partir là-bas, même pas forcément pour la musique. Et la musique c’est ce qui m’a toujours fait bouger, c’est ce qui m’a amené là où je voulais aller.

Après c’était mon objectif aussi donc j’ai travaillé pour, et quand je suis parti là-bas c’était de la D.A pure et simple.

Une formation, c’était axé sur une ligne directrice artistique définie, ça a été une expérience en studio, tu vois comment ça marche, comment ça sonne, comment travailler un morceau, comment le vendre, comment y réfléchir , etc..

Et justement connaître comment on va le vendre et comment le créer c’est le truc qui te permet d’allier la com et la musique le mieux, c’est ça qui m’a plu dans la musique et qui continue encore avec maintenant un artiste que je développe, Zamdane.

 

G : Tu as un rapport amical avec lui c’est aussi un avantage ?

 

F : Oui, mais c’est un avantage qui peut devenir un désavantage des fois, ça dépend de la situation et des problèmes à gérer, mais ouais. Quand tu commences un truc, t’as le droit de te planter, de tout faire, l’important c’est de pas refaire les conneries que t’as déjà fait. C’est comme ça que t’apprends.

 

M : Quel est ton quotidien professionnel ? par exemple une journée type pour toi ?

 

F : Une journée type… je sais pas, en gros je vais à l’école, en général tu vois je regarde s’il y a des commandes à livrer ou a géré, après une fois que je fais ça j’essaie de check ce que je vais publier sur les réseaux sociaux prochainement, ou ce soir pour la marque. Je gère les cours en parallèles, ensuite je gère si il y a un un concert qui arrive, un organisateur à contacter, un billet de train réservé, s’il y a un papier à rendre un mail à envoyer, je sais pas peut-être un AirBnB à réserver…

G : D’accord je vois en gros tout ce qui touche à l’organisation ou la préparation.

 

F : Fin tu vois des trucs à programmer, ensuite je retourne à l’école, j’alterne les deux, peut-être entre temps moi j’avais « ça » ou « ça » à envoyer..  

En vrai c’est que de la mémoire la journée et après le soir on s’amuse, on s’amuse très bien par contre c’est important. *rires*

 

M : Si tu devais décrire ta marque et ce qu’elle représente que dirais tu ? Pour Disaster en gros ça serait quoi le message?

 

F : Non en vrai c’était… Ce que j’aime, la volonté pour moi c’était de faire ce que j’aime moi, et ce que je porterais, le faire porter par d’autres personnes, La base c’est ça artistiquement parlant après…

 

G : Oui voilà avant tout faire des choses qui te plaise.  

 

F : En terme de valeur éthique tu vois, c’est trop tôt je pense pour le définir ou alors ce serait fondé sur 6 mois… ca aurait aucun sens, ca change tout le temps en vrai on adapte.

En vrai les valeurs éthiques de la marque c’est la volonté que ce soit les miennes tu vois ce que je veux dire donc c’est juste le temps qui permettra de vraiment l’afficher mais là pour l’instant c’est tôt pour affirmer un truc.  

 

G : D’accord, et du coup qu’est ce que tu aimes le plus dans ton activité ? Quel sont les points qui font que ton activité te plait aujourd’hui ?

 

F : En vrai c’est faire des trucs…

 

M : Justement faire pleins d’activités différentes ?

 

F : Ouais faire différents trucs c’est ça que j’aime, être toujours occupé, par exemple tu te lèves t’es occupé, tu vas prendre un billet tu vois quand tu travailles c’est sûr tu prends de l’argent mais c’est le fait de faire un truc, de gérer, « boum bam boum » allié, tu vois ce que je veux dire, connaître si tu as besoin d’un truc « boum boum » tu sais comment faire pour l’avoir.

 

G : Oui voilà le fait d’être dégourdie ?

 

F : Oui c’est vraiment le fait d’être toujours occupé, stimulé.

 

G : Ok, et avec Disaster quels sont tes objectifs à court et long terme ?

 

Pour le court terme ça serait dans un premier temps de bien structurer la marque, le vêtement en lui même. Je pense qu’il y ’a encore un cap à passer en terme de coupe des produits, la qualité des produits qu’il y ’a encore un pallier à passer.. C’est vraiment ce que l’on travaille au court terme et une fois que vraiment tous les produits seront bien, avec les bonne matières etc… Ça augmente de jours en jours sur le design ça évolue sur la coupe ça évolue mais le jours ou tout sera vraiment clean, on passera aux objectifs long terme qui sont de développer tous les aspect à côté de la musique, vraiment passer le cap de la musique pour au final sortir un grand et vrai projet une sorte d’EP un 8 titres autour de Disaster.

Comme je te disais au plus tu avances dans la musique au plus tu rencontres des gens donc tu peux monter des plus gros projets et tu peux pousser plus loin, Parce-que aussi à terme le but serait d’être dans l’humanitaire, le côté environnemental, protéger la planète c’est ça aussi l’image que l’on voudrait donner à la marque Disaster, l’idée ça serait de reverser les droits de projets à une association qui défend une cause que nous on aura ciblé, on aura agit aussi en terme de com et de production de produits.

Notamment on pourrait sortir des titres avec par exemple 8 clips, et avec en fond une catastrophe qui s’est passée histoire de dire l’histoire, la raconter en la montrant de manière imagée, même pas en écrivant du texte, sans donner de leçon ni moraliser.

M : Qu’est ce qui t’a motivé pour créer disaster ?

 

F : C’est la volonté de faire des articles que je voulais et que je trouvais pas en magasin, j’avais des idées je me disais «Vas y je vais faire mes trucs» et au final ça a eu un compliment, deux compliments, on me demandait pourquoi je les vendais pas.

Au final j’ai commencé à les vendre, c’est la curiosité qui te mène à ça.

 

M : Et est-ce que tu travailles seul dans ce projet ?

 

F : Non, tu peux pas travailler seul, j’ai quelqu’un qui gère tout ce qui est création de contenu, tout ce qui est montage photo. Avant je travaillais avec une imprimerie, t’es obligé d’avoir des personnes qui savent faire des choses que tu sais pas faire et qui t’aident pour te pousser. Tout seul y’a un point de non retour où tu peux plus avancer.

 

G : Quels seraient tes conseils pour un jeune community manager qui souhaite se lancer ?

 

F : En vrai, il faut avoir une vision à long terme, dans le sens où il faut toujours que tu saches le contenu que tu veux, le contenu dont tu disposes et celui qui te manque, pour pouvoir t’organiser et te structurer.

Et après je pense que la meilleure qualité d’un community manager c’est la régularité, parce qu’être connecté tel jour à 18 heures, y penser tous les jours, tout le temps. C’est pas simple.

M : D’après toi quelles sont les qualités indispensables pour exercer ton activité ?

 

F : Faut être passionné, si t’es pas passionné tu le fais pas. Tout le monde peut aimer, quand tu le vois de l’extérieur, il gère un artiste, il créer une marque d’habits, il part à Los Angeles pendant 6 mois, tu vois ce que je veux dire ? La vie elle est belle, mais si t’es pas passionné tu fais pas tout ça.

 

G : Qu’a tu pensé de cette interview ?

 

F : C’était cool, surtout si c’est pour l’école c’est encore mieux.

 

Nous remercions Florian de nous avoir accordé l’interview.

GEA Geoffrey, MAISONNEUVE Maximilien, G2 L1 INFOCOM

Interview de Robin EMBRY jeune freelance en graphisme à Montpellier, réalisée par Coline BEAUREGARD et Luna DEMESTRE.

samedi 17 novembre 2018

Nous avons décidé d’interviewer dans le cadre du projet professionnel personnalisé Robin EMBRY, jeune freelance de 21 ans en graphisme à Montpellier.

                Après le refus de nombreuses agences, R.EMBRY nous a favorablement répondu et nous étions enchantées de pouvoir échanger avec lui. Le domaine du graphisme est une branche de la communication, et nous étions curieuses ma binôme et moi de savoir quel est la mission du graphiste dans son rôle de communicant.

L’entretien s’est déroulé le soir du jeudi 15 novembre, dans un bar de Montpellier pendant un peu plus d’1h. Nous étions toutes les deux dans un rôle d’intervieweur.

Voici à présent le discours introductif que nous avons tenu à notre interlocuteur avant que l’entretien ne commence :

            “ Merci encore d’avoir accepté ! Je le répète mais étant en 1er année de licence information et communication nous devons faire une interview d’un professionnel afin de nous renseigner de manière plus approfondie sur ce qu’est vraiment le métier de communicant. C’est dans le cadre d’un projet professionnel personnalisé. Il sera publié sur un blog et présenté à notre classe par la suite lors d’un exposé. D’ailleurs nous vous enverrons la retranscription afin que vous puissiez valider vos propos. Si cela ne vous gêne pas nous allons vous enregistrer mais cet enregistrement restera dans un contexte personnel. ”

*Il valide nos dires et souhaite qu’on le tutoie pour le reste de l’interview*

Légende

→ L.D : Luna Demestre

→ C.B : Coline Beauregard

→ R.E : Robin Embry

→ CMM : Communication Média Médiation

Ainsi l’interview commence…

L.D : Très bien, alors on va commencer par une première question introductive, quel a été ton parcours scolaire?

R.E : Alors, j’ai fais un bac professionnel en communication visuelle plurimédia à Lattes au lycée Champollion qui a duré trois ans, ça s’est plutôt bien passé, j’ai ensuite commencé la fac en première année d’histoire de l’art, et n’ai pas vraiment réussi. Donc je me suis réorienté en communication média médiation, à Paul Valéry. Et là je suis actuellement en deuxième année de CMM.

L.D : Qu’entends-tu par “je n’ai pas vraiment réussi” ? La filière ne te plaisait pas ?

R.E : Non, les cours enseignés en histoire de l’art sont vraiment intéressants mais c’est une filière où il faut être vraiment passionné par la théorie. C’est beaucoup d’informations et ce n’était malheureusement pas fait pour moi, je n’ai pas réussi à suivre.

L.D : (Hochement de tête) Et tu sens que ta réorientation en CMM te permet d’être sur une meilleure voie pour ton futur ?

R.E : C’est mieux, je me rapproche plus de ce que je veux faire et j’ai en plus un emploi du temps plus léger ce qui me permet de développer ma boite en freelance, ça se passe donc plutôt bien.

L.D : “Développer ma boite”, c’est à dire : quand est-ce que tu as commencé ce projet?

R.E : Alors en 2011 j’ai ouvert mon premier logiciel de design, à partir de là j’ai commencé à faire quelques petites choses pour le plaisir, petit à petit ça s’est un peu plus développé. Des personnes venaient me contacter, ils me payaient un peu, cinquante euros par-ci par-là, et au fur et à mesure beaucoup plus de personnes venaient me contacter. Puis j’ai décidé de me déclarer pour vraiment faire ça sérieusement. C’est-à-dire de démarcher des clients mais cela s’est fait sur du très long terme.

L.D : Tu dis que c’est les clients qui venaient à toi, mais quand on est jeune entrepreneur c’est assez difficile de se faire connaître non? Comment s’est donc faite la communication entre ta boite et le client?

R.E : C’est beaucoup de bouche-à-oreille et beaucoup de réseaux sociaux aussi. En 2015 j’ai commencé à publier mon travail sur Instagram, et à partir de là, ça va très vite, je repense à mon premier client, un jeune rappeur, « AfterJune » qui voulait faire sa pochette d’album il y a trois ans. Ça m’a permis de me faire connaître grâce au bouche-à-oreille, et là tu te rends compte que t’es connu par plein de monde qui au final vient vers toi pour des projets, c’est super intéressant puisque tu travailles avec des personnes différentes, mais qui sont quand même principalement des artistes.

L.D : Tu parles d’artistes ce qui me permet de rebondir sur le fait qu’on a vu sur ton Instagram que tu avais mis “artiste” comme activité, mais tu étudies la communication, alors est ce que tu te sens comme un communicant avec ton métier de graphiste ou comme un artiste ?

R.E : C’est une question piège (rires). Quand tu fais du graphisme tu fais de la communication visuelle, ça dépend si tu fais du graphisme pour communiquer ou si c’est simplement esthétique. Si c’est un graphisme pour communiquer c’est pour faire passer un message, comme de la publicité ou il faut vendre quelque chose, ce n’est pas simplement esthétique. La publicité c’est rarement esthétique à part Apple par exemple, où là on montre juste ce qu’on a. Tout ce qui s’approche de la création c’est plus mon truc, plus l’esthétique, même si la communication m’intéresse énormément. Pour ce qui est de mon book Instagram je ne le considère pas comme “art”, c’est difficile de considérer de l’art en soi, je considère ça plus comme de la création que je développe par imagination. Mais quand c’est pour un client je dois respecter ce qu’il veut, ce n’est donc pas vraiment de l’art.

C.B : Justement le graphisme va allier la stratégie et le marketing pour mettre en avant tes créations, et est-ce que le fait de ne pas avoir fait d’études de commerce te bloque ?

R.E : Je travaille pas pour ce genre de client, par exemple TF1 ont mis 3 mois à refaire leur nouveau logo avec un gros budget parce que leur but c’est de toucher le maximum de personnes, là il y a vraiment une étude marketing. C’est différent puisque au final je suis juste technicien, on me donne les ordres et j’exécute, je suis exécutant voilà. Et après quand tu commences à devenir un directeur artistique ou à être plus élevé dans les échelons, tu vas commencer à faire des recherches sur la clientèle, donc pas besoin forcément d’études commerce. Cependant il faut bien connaître le milieu et savoir cibler les personnes que tu veux toucher.

C.B : Tu parles de directeur artistique, t’aimerais bien évoluer vers ça plus tard ?

R.E : Carrément ! Mais d’abord j’ai envie de travailler en tant que technicien pour découvrir et apprendre de nouvelles choses et ainsi me développer. Mais bon je suis pas quelqu’un qui aime donner des ordres donc dans ce genre de métier il faut réussir à être super pédagogue. Cette qualification demande énormément de recul et d’être toujours à jour, niveau design tout change, ça évolue rapidement, donc oui tout ça me plairait énormément mais pas tout de suite, peut-être à quarante ans.

L.D : Cette idée d’être grapheur t’est venue comment? Peut-être il y a eu des gens qui t’ont inspiré?

R.E : Oui en 2011 un ami youtubeur m’a demandé de lui faire sa bannière Youtube pour son profil, ça m’a intéressé j’ai donc regarder des vidéos pour apprendre. Petit à petit il en a parlé à d’autres youtubeurs et petit à petit j’ai commencé à en faire d’autres pour le plaisir, pour d’autres personnes. Avant de faire mon bac professionnel en communication visuelle je faisais ça par plaisir et une fois dans cette filière je me suis rendu compte d’une passion pour le graphisme.

L.D : Et tu peux relever des points négatifs et positifs dans ton métier?

R.E : Il y a pas de points négatifs, c’est trop bien ! (rires). Comme je suis mon propre patron et que je suis en freelance il y a énormément d’avantages, c’est moi qui choisis mes horaires. Je me gère moi-même et c’est aussi le point négatif puisque je fais ce que je veux et je n’ai pas forcément un rythme régulier, mais aussi il peut y avoir des mois où tu manges pas, j’ai des clients que j’essaie de relancer une fois par mois mais voilà ça dépend pas de moi, c’est aléatoire.

C.B : Et sur internet on a vu que tu as créé ta société, comment t’as fait pour arriver à cela ? Les démarches, c’est pas compliqué ?

R.E : C’est vraiment pas compliqué, un appel et un formulaire renvoyé à l’URSSAF, et c’est tout. (rires)

L.D : (rires) Et alors quand tu fais tes graphismes quel est le support qui te plaît le plus ? Sur lequel tu préfères travailler? Par exemple les pubs, la télé, les affiches ?

R.E : J’adorerais faire des pubs télé ! Mais c’est plus pour les publicitaires moins pour les graphistes ça relève plus du format vidéo. Je pense que moi je préfère le textile, de voir les gens porter le truc, même si c’est dur à travailler. Il y a plein de trucs à gérer mais le final est toujours super.

C.B : Et tu as déjà eu l’occasion de le travailler ?

R.E : Je travaille actuellement sur du textile, sur une marque qui va sortir dans quelques mois. Et généralement la clientèle pour le textile c’est plutôt des jeunes, des petits artistes, créateurs, ce qui te permet d’apprendre de tout le monde, c’est cool.

L.D : Tu parlais tout à l’heure de Youtube, est-ce que c’est encore un support de travail qui t’intéresse ?

R.E : Non, plus du tout, c’est du tape à l’œil maintenant, alors que le graphisme c’est beaucoup plus sobre, ça tape à l’œil mais de manière plus raffinée et simple. C’est ce raffinement que je cherche, ça m’intéresse beaucoup plus que Youtube.

C.B : Pour arriver à ce raffinement, cette simplicité tu penses qu’un graphiste doit avoir quelles qualités ?

R.E : Déjà il faut être bricoleur pas dans le sens manuel, mais dans le sens informatique, sur les logiciels il y a souvent des problèmes il faut savoir régler tes soucis par toi-même. Il faut aussi être super intéressé parce que quand un client te demande ce que tu sais pas faire tu vas regarder des tutoriels en russe toute la journée (rires) et donc être passionné, c’est la passion qui te pousse à avoir cette envie de faire tes recherches, de développer. Il faut toujours être à jour, faire des expos, moi je passe beaucoup de temps sur Instagram pour voir les nouveautés. Je dirais donc d’être vraiment passionné et patient. Patient avec les clients “chiants”, il faut savoir rester calme, mais aussi dans le sens où c’est aléatoire, où tu peux ne pas avoir de client pendant un mois. A partir du moment où t’es passionné il n’y a pas de prérequis pour faire ce travail.

C.B : Parce que là tu vas finir tes études et après est ce que tu souhaites rester à temps plein en freelance ?

R.E : Je prépare mon diplôme d’enseignant professionnel, j’essaie aussi de développer ma boite. Soit je finis mes études et je fais mon master en enseignant pro, je serai en capacité d’enseigner et j’irai travailler. Soit la deuxième option, je travaille directement dans une entreprise et je finis mes études plus tard. Dans ces formations tu peux reprendre tes études plus tard, tout est possible.

C.B : Est ce que tu veux rester freelance toute ta vie ou ça ne te dérangerait pas d’être employé dans une entreprise ?

R.E : C’est vrai que j’aimerais rester à mon compte. On va dire qu’il y a 1 graphiste sur 3, voire 1 graphiste sur 4 qui arrive à survivre en étant freelance. Quand je regarde ceux qui arrivent seuls ils sont vraiment dans la création, l’art en lui-même, plus seulement du graphisme. Après ils se font contacter par des grosses marques. C’est l’objectif de tout indépendant de se démarquer pour être vu. Si je fais de la création oui, pas de problème, je pourrais entrer dans une boite et bosser pour eux.

C.B : On sait que les graphistes travaillent le plus souvent sur du numérique, est-ce que tu travailles sur d’autres supports ?

R.E : Il m’arrive de travailler quand je fais des réalisations de logos ou si c’est des projets typographies un peu manuscrit je fais d’abord sur papier, et après je le retravaille en post-production, je le redessine sur l’ordinateur. Après il y a énormément de travail manuscrit, travail à la main mais que je finis toujours par le mettre sur numérique.

C.B : On a cherché les formations dites classiques pour être graphiste, il y a par exemple un BTS design numérique, tu penses que c’est nécessaire ?

R.E : Non pas du tout, il y a de très grands artistes, des graphistes, des designers qui ont fait vraiment aucune étude, ils avaient un style et des jolies créations et qui ont réussi à percer. Par exemple je peux citer « Nychos » qui a bossé avec Vans, ou aussi « Macbess » qui est un illustrateur français, « MightyShort » avec ces dessins qui sont devenus emblématiques. En Amérique aussi il y a beaucoup de gens dans la création qui viennent retaper des voitures, des travaux de design et qui sans la moindre heure de cours arrivent à faire un travail reconnu.

C.B : Je remarque que tu parles aussi beaucoup de métier dans la création, tu aimes créer ?

R.E : Oui, je préfère créer plutôt qu’être seulement un exécutant. J’avais un projet de retaper une voiture avec un ami, après ça reste délicat de travailler sur des modèles aussi coûteux, c’est un investissement en terme de temps et d’argent, donc ça reste à voir mais oui c’est vrai que j’aimerais beaucoup, ce serait aussi de l’ordre créatif effectivement. Faut commencer obligatoirement par être exécutant mais je veux avancer vers de la création.

C.B : Les graphistes peuvent être reconnus aussi pour leur design propre à eux alors?

R.E : Oui, c’est plus seulement, voilà, tu sors d’une bonne école comme « Les Gobelins » et direct tu es pris. Ça se démocratise, la créativité se démocratise, on a plus de recul, une meilleure appréhension de l’art. Quand j’étais en communication visuelle je faisais pas seulement du design, je travaillais aussi sur des planches, des études existentielles, des choses que j’aurais pas forcément vu sans avoir fait d’études mais c’est pas indispensable. Après c’est toujours bon à prendre.

C.B : Tu peux nous parler de tes projets, ou un des projets que tu as particulièrement apprécié ?

R.E : Je pense que le plus gros projet c’est celui sur lequel je suis maintenant, c’est une marque qui va sortir l’année prochaine et ça fait 6 mois qu’on est dessus avec deux amis. Ça nous prend énormément de temps. C’est un projet personnel donc sans date butoir, et où on peut faire un truc qui nous ressemble, être minutieux et faire des choses qui nous plaisent vraiment. Mon client, qui est aussi mon pote, à énormément de budget donc on a la chance de pouvoir recevoir pleins de prototypes et de vraiment peaufiner le travail, on peut mettre des mois pour une pièce et ça fait plaisir à la fin de recevoir un prototype qui est bien fait, qui met en valeur le travail fourni. Je vois que mon travail rend bien sur du textile et c’est top.

J’ai aussi bossé pour une marque de fringues, avec le directeur artistique de la marque. On était dans une maison de campagne à Pau pendant 1 semaine pour travailler dans une super bonne ambiance. C’était une marque jeune, de rider, donc on voulait se rapprocher de la nature et finalement on a été plus productif que si on avait été dans un bureau avec la pression, et j’ai passé un très bon moment. C’est ça que j’aime dans ce métier, un travail en équipe avec des gens qui s’intéressent à ton travail et qui partagent cette même passion du design et du graphisme.

C.B : Justement pour parler avec ses clients, comment ça se passe ?

R.E : Là par exemple ce même client à la base c’était par Instagram. Le premier gros client que j’ai eu c’était par mail. Il avait demandé d’envoyer un email avec un book pour être recruté. Puis j’ai été contacté par téléphone pour la confirmation.

Avec mon client actuel, donc oui je disais, par Instagram puis par Facebook pour parler. Comme on a des projets chacun de notre côté on se fait des visioconférences toutes les semaines pour mettre en commun nos idées, pour montrer les prototypes qu’on a reçus. C’est ça qui est bien, cette liberté.

C.B : La ville de Montpellier pour avoir cette liberté ça te convient? Tu voudrais bouger dans une plus grande ville ?

R.E : Quand tu travailles en freelance c’est pas vraiment important d’avoir de la distance avec son client, tu fais des trucs qui sont immatériels, tu peux envoyer par mail etc.. Ça fait 5/6 ans que je suis à Montpellier et je trouve que c’est une ville dynamique et jeune, ça bouge, même dans le domaine artistique, il y a beaucoup de créateurs, c’est un bon délire. On verra plus tard pour Paris quand j’aurais pris la grosse tête (rires).

C.B : (rires) Quand tu crées des graphismes pour quelqu’un, tu es crédité ? Comment tu es reconnu ?

R.E : C’est compliqué, par exemple il y a des clients qui sont prêts à te payer aussi pour ne pas avoir à te créditer. Par bonne conscience tu crédites quand même. T’as aussi ceux qui demandent de payer en crédit et là il faut pas accepter.

C.B : Oui, il y a une polémique sur des youtubeurs qui « paient» de jeunes graphistes en visibilité.

R.E : Oui voilà, moi justement mes deux gros clients c’est des youtubeurs en ce moment là, ils payent très bien, pas juste en visibilité, donc c’est cool. Si je te parle de Nike, là tu travailles avec eux t’as plus besoin de bosser de l’année (rires). De gros graphistes qui se font repérer par des grosses boites, ils ont énormément de vécus, c’est devenu des artistes, ils ont un bon réseau.

C.B : C’est long à mettre un place un bon réseau ?

R.E : L’objectif c’est de se démarquer et c’est long à mettre en place. C’est très difficile de se démarquer, quand tu bosses avec des clients. C’est difficile de faire des choses perso, de faire preuve de créativité et d’expérimenter quand on te demande juste d’exécuter. Ils sont pas forcément ouverts. Ça arrivera, sinon je bosserai pour des sociétés en faisant des pubs pour Décathlon (rires). De toute façon ces corps de métier, de création, ça va devenir banal dans les prochaines années, ça va se démocratiser.

C.B : Oui, tu penses d’ailleurs que c’est un secteur qui va être vite bouché comme ça se démocratise ?

R.E : Je rebondis sur ça encore, faut se démarquer. C’est pour ça en fait si tu te démarques pas tu restes avec les graphistes débutants. Après aujourd’hui, tout le monde est graphiste avec Photoshop, Instagram et tout ça! Tout le monde peut le faire mais faut faire des efforts pour se démarquer.

L.D ; C.B: Très bien, super, je pense qu’on a fait le tour (rires), tu nous as bien aidé, et on a appris pleins de choses. Merci infiniment.

*Nous avons tenté de créer une fin d’interview. Mais le contact étant bien passé nous avons continué à échanger, hors interview.*

Cet entretien professionnel nous a permis de cerner les qualités et les compétences nécessaire à ce métier. En effet de bons conseils nous ont été donnés. En résumé il faut être passionné, minutieux et patients.

On remercie encore une fois Robin EMBRY qui nous a gentiment accordé de son temps pour répondre à nos questions.

BEAUREGARD Coline

DEMESTRE Luna

Licence Info – Com, Mtp,G2.

Interview de Philippe Montay : ancien chef d’entreprise d’une entreprise d’événementiel et animateur à France Bleu Hérault

samedi 17 novembre 2018

Notre interview a été convenue pour le mardi 12 novembre, entre 10h et 11h, soit une entrevue d’une heure dans les locaux de France Bleu Hérault.

Notre équipe avait décidé de se retrouver une heure plus tôt, afin de finaliser certains détails de l’interview.

Nous sommes arrivées dans les locaux de France Bleu avec 1/4 d’heure d’avance.

Nous avions convenu au préalable les rôles de chacune :

– L’une de nous avait pour devoir, de poser le discours introductif et les questions à l’interviewé.

– La deuxième devait synthétiser l’entretien et demander une clarification, ou éventuellement rebondir sur certains propos.

– La troisième s’occupait de la partie technique, dont l’enregistrement, l’analyse para-verbale et non verbale de l’interlocuteur, et la bonne gestion du temps imparti.

A notre arrivée, la standardiste Delphine nous a accueillis en nous demandant de patienter.

Monsieur MONTAY est venu à notre rencontre vers 9h55.

Nous nous sommes salués et afin d’être plus au calme, il nous a emmenés dans un studio d’enregistrement radiophonique en rénovation.

Avant de commencer, il nous a aimablement proposé quelque chose à boire.

Nous avons débuté avec notre discours introductif.

Nous lui avons indiqué que nous étions des étudiantes en première année d’information et de communication à l’université de Paul Valéry, et que dans le but d’un projet universitaire, nous devions interviewer un professionnel de la communication dans le domaine qui suscite notre intérêt pour l’avenir.

Pour nous, il s’agit des métiers de l’événementiel et nous souhaitions aborder ce sujet avec lui.

Il nous a précisé, qu’il a été chef d’entreprise d’une boîte d’événementiel, mais qu’aujourd’hui il est animateur de radio et de télévision.

Nous lui avons demandé la possibilité d’enregistrer notre entretien afin de faciliter notre retranscription.

Monsieur MONTAY a souhaité faire différemment pour plusieurs raisons. Il a précisé qu’il a une obligation contractuelle, mentionnant une clause de confidentialité avec France Bleu, et surtout, pour lui le travail d’écriture est très important et doit être mis en valeur, du fait qu’il permet un travail de synthèse et une plus grande écoute des propos de l’interviewé.

Nous nous sommes adaptées à son souhait, et toutes les trois, nous avons pris des notes tout au long de l’interview.

Avant de commencer l’interview, nous lui avons également indiqué que nous lui ferions suivre le contenu de la retranscription avant toute publication sur le blog d’information-communication de Paul Valéry, dans le but d’obtenir son autorisation de publication, et également s’il le souhaite, apporter certaines modifications.

Nous lui avons demandé si nous pouvions commencer, il a répondu par l’affirmative et nous avons commencé…

1) Quels ont été vos parcours scolaire et professionnel ?

– J’ai suivi un parcours scolaire classique, et obtenu mon Bac G (économique et gestion).

Parallèlement à mon cursus scolaire, je jouais dans un club de foot (Valenciennes) car je désirais être footballeur professionnel, ce que je suis parvenu à faire, mais suite à un accident, j’ai dû abandonner.

Vers la fin des années 70, je suis entré dans une grande Société d’Hypermarchés et j’ai trouvé mon premier job dans le secteur du disque. Ce premier emploi, m’a permis par la suite d’intégrer une maison de disque et de devenir directeur commercial de celle-ci.

Cinq ans après, vers les années 80, j’ai ouvert ma propre entreprise d’événementiel.

En 1999, j’ai intégré France Bleu et d’ailleurs cela fait 20 ans que je suis dans la plus grande radio de France.

2) Vous avez occupé plusieurs fonctions chef d’entreprise dans l’événementiel, vous avez été directeur commercial dans la musique et animateur, quels sont les points communs entre ces fonctions ?

– C’est tout d’abord le travail en équipe. Diriger une équipe avec une culture générale, cela est très important. Il faut savoir analyser, faire des choix, prendre des décisions, avoir une très bonne connaissance du domaine dans lequel on se trouve.

3) Quelles ont été vos tâches quotidiennes que vous aviez à réaliser lorsque que vous étiez chef d’entreprise d’une entreprise d’événementiel ?

– Lorsque vous êtes chef d’entreprise, vous devez être capable de tout faire : gérer l’administratif, le commercial, la communication, la logistique, l’installation, le recrutement… Quand on est chef d’entreprise, on doit avoir un œil sur tout.

4) Quelles étaient les difficultés que vous deviez affronter au quotidien ?

– Il existe de nombreuses difficultés en tant que chef d’entreprise comme des livraisons en retard, ne pas trouver un prestataire de service, remplacer au pied levé une absence d’un collaborateur, gérer une annulation de contrat en dernière minute, etc.

5) Quelles sont pour vous les qualités requises pour être un chef d’entreprise dans le secteur de l’événementiel ?

Il faut avant tout être dans l’air de son temps, sentir les choses et même les pré-sentir, créer le buzz, surprendre, jouer le contre-pied….

A l’époque, je me souviens que j’organisais des événements sur l’époque médiévale, aujourd’hui je ne le ferais pas, je créerais des événements sur les mangas, les cosplays, les écoles de cinéma, etc.

Par exemple emmener les salariés d’une entreprise dans le désert pendant quelques jours pour un séminaire avec un objectif de resserrement des liens professionnels, de créer un esprit de groupe face à des situations imprévues, de mieux se faire connaître ceux qui travaillent ensemble pour un même objectif mais avant cela il faut créer le projet, en fixer les objectifs, les modalités voir si c’est réalisable, l’organiser…et enfin le présenter à l’entreprise.

L’événementiel, c’est innover, créer, c’est un changement perpétuel en fonction de l’époque, de la génération.

6) Comment aviez-vous constitué vos relations professionnelles?

– Dans l’événementiel, les relations se construisent au fur et à mesure. Quand on fait de l’événementiel, avant de trouver qui pourrait acheter son événement, il faut avoir quelque chose à proposer.

Avant d’aborder, des clients potentiels, vous devez avoir un projet défini et construit, vous entourer de partenaires qui sont liés à ce projet.

7) Comment vous gérez les situations conflictuelles ?

– Pour résoudre un conflit, vous devez d’abord jouer l’apaisement, la médiation pour que celui ci ne prenne pas d’ampleur.

Ensuite, il faut comprendre les causes du conflit donc écouter les parties chacune de leur côté.

Après vous devez essayer de le résoudre donc jouer un rôle de médiateur, car chaque problème à sa solution et cela part tout d’abord du bon vouloir des individus.

8) Quels sentiments ou émotions vous a procuré le fait d’être chef d’entreprise ?

Si on a la capacité personnelle de créer une entreprise et de la pérénniser c’est un sentiment de fierté, de réussite pour soi-même et pour ses collaborateurs.

9) Quel est l’aspect que vous préfériez dans l’événementiel et au contraire celui qui vous dérangeait le plus ?

– Ce qui me plaît le plus dans l’événementiel, c’est comme je vous l’ai dit, l’innovation, créer quelque chose qui n’a pas encore été créé, mais parfois on peut se heurter à un échec.

– Ce qui est par contre dérangeant c’est l’incertitude d’atteindre son objectif.

10) D’ailleurs comment vos rebondissez en cas d’échec ?

– Des échecs nous en avons toute notre vie « Ce ne sont pas les succès qui font avancer dans la vie ce sont les échecs ». Se remettre à l’ouvrage, retrouvez d’autres motivations, créer de nouveaux projets, corriger ses erreurs en analysant son échec

11) Racontez-nous dans toute votre carrière professionnelle confondue la situation la plus marquante que vous ayez vécu ?

– Le moment, le plus marquant de ma vie n’est pas dans l’événementiel, mais dans la radio lors des inondations de 2003. Lorsque vous êtes à l’antenne et que vous vous dites que vous apportez du soutien à des auditeurs qui vivent des moments tragiques cela n’a pas de prix. Cela trahit une formidable envie de solidarité, d’entraide.

12) Et dans l’événementiel quel a été l’événement le plus original que vous ayez à organiser ?

– Je ne sais pas, car cela fait longtemps, il y en a beaucoup, je retiendrais une quinzaine d’événements qui ont été marquant.

13) Quelles ont été les différences que vous avez perçu entre la vision première que vous aviez d’être chef d’entreprise dans l’événementiel et la réalité de ce métier?

La réalité est toujours plus compliquée que le projet, elle est parfois d’une grande déception par rapport au rêve. Dès qu’on déclare une entreprise, on fait face à des obstacles à franchir. De plus, dans l’événementiel, on ne rentre pas d’argent au départ, et il faut parfois 1 ou 2 ans pour rentabiliser son projet.

La création d’une entreprise est à la fois l’accomplissement, le résultat de quelque chose mais aussi le début d’une nouvelle histoire.

14) Même si maintenant vous n’êtes plus chef d’entreprise dans une boîte d’événementiel, avez-vous remarquez des évolutions entre vos débuts dans ce domaine et quand vous avez arrêté celui-ci ?

– Le monde change. À l’époque, où j’exerçais, il y avait très peu de boîtes d’événementiel aujourd’hui ce nombre a considérablement augmenté.

(Parenthèse sur nos rêves)

Philippe MONTAY, nous a interrogés sur nos rêves et nos ambitions futures dans le domaine de l’événementiel.

Il nous a ensuite expliqué qu’il faut valoriser ses compétences et ses atouts, dans une entreprise, un patron n’a pas forcément besoin d’un collaborateur qui sait tout faire, mais parfois d’un employé qui lui apporte quelque chose, une singularité, un dynamisme, un esprit d’équipe, une motivation supplémentaire…

15) Quels seraient vos conseils pour une personne qui débute dans le domaine de l’événementiel ?

– Écouter, regarder, s’informer ! Avant d’agir, il faut comprendre. Il faut attendre le bon moment, il ne faut surtout pas arriver en disant “j’ai une super idée !!” parce qu’on va vous répondre “oui et alors comment vous la mettez en place”. Vous devez agir avec humilité car vous êtes là pour découvrir, apprendre, vous former et ensuite apporter vos propres compétences.

16 ) Quels conseils nous donneriez-vous pour nous améliorer en tant qu’intervieweuse?

– Il faut mettre de l’ordre dans vos esprits, faire attention à l’utilisation des mots, une meilleure documentation. Dites vous, que si un professionnel accepte un rendez-vous avec vous, c’est qu’il est prêt et ouvert à l’échange, il ne faut pas en faire trop. J’ai un emploi du temps très chargé mais je vous accorde une heure de mon temps, car j’aime aider et transmettre auprès des jeunes.

Nous sommes venus avec des questions bien rédigées et des consignes données, cependant au contact de Monsieur MONTAY, notre interview a débordé du sujet initial pour un véritable échange non seulement sur l’événementiel avec des exemples concrets mais aussi sur le monde professionnel en général.

Monsieur MONTAY nous a donné de nombreux conseils qui nous serviront dans notre carrière dans la communication et dans notre vie en générale.

Nous l’avons remercié de nous avoir consacré cette interview et nous avons pris congés.

Je tiens aussi à remercier Mme PIVOT et M. TURON pour nous avoir facilité l’accès à cette interview.

Propos recueillis par :

BABOOTARIE Anaïs, LAM MY Duyen, SIMIC Doriane

Compte rendu SASCO – 8 mars 2018

lundi 12 mars 2018

______________________________

LA SITUATION DE COMMUNICATION
_____________________________


“J’ai fait mon stage dans une agence de wedding planner qui se trouve à St-Jean-de-Védas, Pink Event. Il y avait le patron, une employée qui s’occupe de faire tout ce qui est devis, comptabilité. Il y avait moi en stagiaire et il y avait aussi le webdesigner, celui qui s’occupait de faire le site internet et ensuite il y avait un autre employé qui s’occupe des mariages et qui fait l’animation dans les mariages donc l’hiver il n’est pas très présents car les mariages c’est surtout l’été. 
Mon rôle était de refaire le site internet puisque quand je suis arrivée ils étaient en plein dedans, ils ont refait totalement le site donc je travaillais avec le webdesigner qui m’expliquait comment faire et ce qu’il fallait faire. Le patron me donnait également des tâches car il voulait son site d’une certaine façon, il était beaucoup investi la dedans. j’ai remarqué qu’il y avait un problème entre le webdesigner et mon patron. Ils ne communiquaient pas entre eux en fait donc je devais écouter les arguments de l’un et de l’autre et c’est vrai que c’était difficile d’être entre le deux, parce que je devais des choses complétement différentes pour les deux à chaque fois. C’était dur de se positionner là-dessus. L’employée qui s’occupe des devis devait reprendre la gestion du site après mon départ donc elle était investi dessus mais elle était aussi dans le même positionnement que moi, elle était entre les deux, elle essayait de faire tampon entre les deux. C’était une situation assez compliquée à gérer.”

Acteurs de la situation de communication :

• Le patron
• 
Le webdesigner
• 
L’employée
• 
La stagiaire

__________________

PHASE DE QUESTIONS
__________________


La place du webdesigner dans l’entreprise :

Mais il fait parti de l’entreprise ou il est là pour une durée déterminée ?
Alors il fait parti de l’entreprise oui puisqu’il est payé pour faire le site, mais il ne travaille pas dans l’entreprise, il travaille de chez lui.

Il travaille de chez lui en tant que sous-traitant ou est-ce qu’il travaille de chez lui en tant que membre de l’entreprise ?
Il va quitter l’entreprise, il devait refaire le site et après ils vont payer un réel sous traitant donc il ne fera plus parti de l’entreprise. Parce qu’il faisait parti de l’entreprise car il travaillait exclusivement pour eux.

Et pourquoi il ne va plus faire partie de l’entreprise, c’est par rapport à ses relations ?
Parce que justement il y a eu des soucis et ça ne marche pas bien avec le patron.

C’est une toute petite entreprise, ils avaient à temps plein un webdesigner avant ?
Oui parce qu’ils sont amis avec et ils le sont toujours. Ils ne s’entendent pas au niveau professionnel, mais au niveau amical ça va, ils arrivent à mettre ça de côté.

Il ne fait que ce travail, alors pourquoi le site n’avance pas ?
Oui. Et il a eu un prix d’ami sur la prestation du webdesigner, car le site coûtait très cher. ils sont amis donc ils se rendent des services mutuels.

L’entreprise et sa structure :

 C’est un open-space ou c’est des bureaux séparés ?
L’employée et le patron sont dans un bureau ensemble et l’autre pièce est un showroom pour les clients pour les mariages. Mais c’est juste un petit bureau.

Et toi tu étais avec le patron ?
Moi j’étais dans le showroom toute seule.

Et donc là où tu travailles il n’y avait pas une pièce toute seule où il y a un bureau ?
Non, enfin au fond de l’entrepôt il y avait un petit bureau mais ce n’était pas adapté donc il m’a dit ‘Met toi dans le showroom’. Donc j’était mieux, et c’est plus joli le showroom.

Sur l’historique de l’entreprise qui l’a créé et depuis combien de temps ?
Alors c’est très compliqué parce que lui à la base il n’est pas du tout dans l’univers du mariage il était dans l’univers de la restauration. C’est une amie à lui qui a montré l’entreprise en 2006 et en fait ça commençait un peu à couler. Lui est assez touche à tout et il s’intéresse à tout, il a décidé de la racheter et de s’associer avec elle puis au final elle est partie et puis il y a eu une autre associés puis elle est partie. Puis après sa femme est arrivée et depuis ça marche bien comme ça.

Sa femme est aussi son associée au final ?
Non, c’est son employée. Mais ils se sont connus en dehors de l’entreprise.

Du coup elle est venue dans l’entreprise après qu’ils se soient rencontrés ?
Oui c’est ça.

Et tu sais pourquoi ses associées ont quitté l’entreprise ?
En fait c’est compliqué parce que dans le Wedding, il y a deux sortes de personnes : celles qui font ça par passion et qui vont s’occuper d’un mariage spécifique et qui vont s’y consacrer à fond et il y a ceux comme mon patron qui voient le côté financier, la rentabilité et qui font des mariages à la chaîne en fait. Lui c’est en faire le plus possible pour gagner le plus d’argent ce qui est normal. Et c’est vrai que toutes ses associées elles faisaient ça par passion, elles aimaient prendre le temps alors que lui ne le prend pas, il fait à la chaîne. Il essaie bien sûr de s’occuper de ses clients mais en étant moins sur eux. Du coup c’est pour ca que ca ne fonctionnait pas.

Du coup sa femme elle faisait quoi, c’était quoi sa place exactement dans l’entreprise ?
Comme ils ne sont que 2, elle faisait tout ce qui était devis pour les clients ou pour les événements professionnels, elle s’occupait aussi un peu du site avec moi, elle essayait de commencer à comprendre car c’est elle qui va gérer le contenu à l’intérieur. Après elle s’occupait aussi un peu des rendez-vous, elle faisait un peu de tout.

Donc elle n’a pas vraiment de poste fixe ?
Non elle n’a pas un rôle précis dans l’entreprise.

Ils font quels types d’événements ton entreprise ?
Alors ils sont experts dans le mariage, mais comme le mariage ce n’est que l’été, ils décident un peu de s’ouvrir aux événements d’entreprises, les arbres de Noël, ou alors même la décoration ballon dans les supermarchés pendant les fêtes. Enfin ils touchent un peu à tout, dans tout ce qui est événementiel, pour se diversifier.

Et « ils essaient » ça veut dire qu’ils sont est train de développer ça ? 
Oui c’est ça ils sont en train de le développer.

Depuis combien de temps ?
Ça doit faire une année qu’ils sont bien dedans.

Est ce que l’entreprise fonctionne bien ? Il n’y a pas de problème ?
Oui, de ce que j’ai vu ça fonctionne très bien, ils n’ont pas de problème financier ou autre. Non tout fonctionne bien en soit.

Le relationnel au sein de l’entreprise :

Du coup qui prend les décisions pour le site ? Est-ce que c’est vraiment le patron ou est-ce que c’est le webdesigner ?
Le patron s’est inspiré d’un site internet qui existe déjà et il a voulu le même. Donc le webdesigner a mis en application ce qu’il a voulu et c’est vrai que le patron change souvent d’avis. Il passe du coq à l’âne. Donc le webdesigner ne pouvait pas suivre toutes ses demandes et comme ils ne communiquaient pas, c’était à l’employée ou à moi de faire le lien donc ce n’était pas facile.

Et comment tu as géré ces deux pôles informationnels et comment tu as réagis face à ça ?
Le problème, c’est que le patron ne s’y connait pas du tout du coup en webdesign ni sur les sites internet donc c’est vrai que parfois il avait des demandes un peu compliquées. Je ne pouvais pas les mettre en application ou même sur WordPress, on ne pouvait pas le faire. De ce fait pour la partie technique je me référais au webdesigner et je lui demandais ce qui était possible de faire. S’il me disait ‘non c’est comme ca qu’il faut faire’, j’essayais de l’expliquer au patron. J’étais entre les deux mais c’est dur de dire non au patron.

Donc tu n’as pas pu dire clairement les choses ?
Après c’est vrai qu’il y a tout de suite eu une bonne entente. Il est très franc, il dit ce qu’il pense que ça fasse plaisir ou pas, il le dit.  Je suis comme ca aussi, quand ca ne me plait pas, ça ne me plait pas donc j’avais tendance à lui dire que sa façon de voir les choses n’était pas la mienne et que j’aurais fait d’une autre manière. Il avait tendance à m’écouter. Donc parfois j’arrivais à le cheminer vers quelque chose de faisable. J’essayais de dire les choses dans les règles de l’art, de rester polie.

Pourquoi toi il t’écoutait ? A quel sorte d’argument était-il sensible ?
Comme il ne s’y connait pas du tout au bout d’un moment il était bien obligé de se faire à l’idée que ce n’était pas faisable et qu’au niveau technique il valait mieux écouter le webdesigner ou moi. Donc quand je lui expliquais calmement la situation, il comprenait mais c’est vrai que vu qu’il y a avait des tensions entre les deux il n’était pas content. Il voulait vraiment avoir ce qu’il voulait et pas autres choses.

Comment s’exprimaient les tensions entre le webdesigner et ton patron ?
Et bien justement, l’un comme l’autre savaient qu’il y a des tensions, mais comme ils ne se parlaient pas du coup c’était ‘Bon et bien envoie lui un texto et dit lui que je veux ça et ça pour demain’. Donc j’écrivais le texto, il le relisait et après je faisais passer les informations donc les tensions on ne peut pas les voir parce qu’ils ne se voyaient pas et ne se parlaient pas. Mais il le critiquait ouvertement devant moi quoi.

Du coup ils n’ont pas fait de charte graphique pour le site ?
Non en fait ils ont tout repris à zéro. Enfin le logo n’a pas changé seulement la couleur. Mais quand je suis arrivée, j’ai demandé la charte graphique, il n’existait pas et ils n’ont pas voulu en faire.

Et est ce qu’ils ont décidé le cahier des charges au début ou est ce qu’il n’y avait rien ?
Comme je l’ai dit, le patron avait trouvé un site internet qui lui plaisait beaucoup donc ils ont racheté la même template, la même base sur WordPress. Parce que comme il était fait sur WordPress on peut racheter la même template et après le remplir à sa façon. Donc en fait à la base il devait partir de ça et après s’adapter aux quelques demandes.

Je voudrais savoir comment tu t’es entendu avec le patron, l’employée enfin tous les autres ?
Je m’entendais très bien avec eux. En réalité la 2ème employée est sa femme. Je m’entendais très bien avec le couple en soit. Et c’est un couple avec qui je m’entends toujours très bien. Donc avec eux deux ça passait bien, l’humour passait bien, tout passait bien et avec le webdesigner ça se passait très bien aussi parce que c’est un ami de sa femme aussi, l’entente s’est faite naturellement entre tous.

Est ce que tu sais pourquoi son départ a était prévu mais ils l’ont quand même gardé pour refaire le site ?
D’après ce que j’ai compris, sur le coup quand je suis arrivée et que j’ai eu mon entretien avec le patron il m’a dit ‘Tu tombes bien, on va refaire le site, est ce que tu gères ?’ J’ai répondu que oui. Donc je pensais que c’était le commencement de la refonte du site et par la suite je me suis rendu compte que pas du tout. Ca fait un an que le webdesigner doit le refaire et ca fait un an qu’il travail chez lui. Je suis allée chez lui, il a une très très belle maison donc je pense qu’il prend le temps qu’il veut. Et comme ils sont amis…

Tu as dis qu’il ne s’entendait pas vraiment sur le plan professionnel donc ils ne se parlaient pas vraiment ?
Non, ils ne se parlaient pas.

Mais ils réussissent à être amis en dehors ?
Oui d’après ce que j’ai compris. Donc mon patron à un très gros caractère, s’il a quelque chose à dire il ne passe pas par quatre chemins. Mais ils faisaient des repas à l’extérieur parce que j’entendais les conversations téléphoniques avec sa femme qui lui disait ‘Bon bhein ce soir on voit Bernard’ (le webdesigner). D’après ce que j’ai compris la soirée se passait bien parce qu’il y avait d’autres gens autour, ils n’étaient pas que tous les trois. Il y avait des petits pics tout de même dans la soirée. Il ne le laissait pas tout à fait tranquille.

Donc ça influe sur leur amitié ?
Oui, ca influe un peu je pense. Mais après je n’étais pas dans les soirées.

Pourquoi il ne travaille pas dans l’agence ?
Ça je ne sais pas. Surement parce que comme c’est un ami ils se sont dit ‘je le laisse faire comme il le sent au final’, je ne sais pas. Il ne se déplace pas non plus dans l’agence.

Et au travail il n’y avait pas de soucis entre lui et sa femme ?
Si, c’est un couple donc forcément, ils sont ensemble 24/24H. C’est arrivé qu’il y ait des petites disputes et qu’on me prenne à parti en me demandant qui a raison. Quand c’est comme ca je dis ‘c’est peut être un peu lui’ puis je quitte la pièce et je les laisse se disputer tout seul. Pas le choix.

Pourquoi tu as pris le choix de prendre parti ?
Et bien comme je l’ai dit c’est vrai qu’on s’entendait très bien, on était assez honnête les uns envers les autres et puis quand ton patron te regarde et te dit ‘C’est qui qui a raison ?’ Tu peux pas dire ‘ Bon je m’en vais’, tu es obligé de répondre, tu ne peux pas rester comme ça…

Est ce que vu que tu t’es super bien entendu avec tout le monde est ce que toi tu les vois à l’extérieur ? Tu les as vu ?
Je ne les voie pas à l’extérieur mais on a un projet professionnel ensemble, oui, pour plus tard.

Et les disputes entre le mari et sa femme c’était professionnel ou c’était privé ?
Oui c’était toujours professionnel.

C’était sur quel sujet ?
Comme je vous ai dit, il s’éparpille beaucoup donc il avait tendance à demander des choses divers et variées, donc ce n’est pas facile de tout retenir. C’est vrai que parfois elle faisait quelque chose d’une façon, dont elle elle le voyait mais pas lui. Donc ca ne lui plaisait pas…Soit elle oubliait parce qu’il a trop de choses à faire d’un coup, du coup elle oubliait certains détails et ça ne lui plaisait pas. Du coup c’était ‘je ne lui avait pas demandé de le faire ça ?’

Du coup ça allait toujours dans le sens patron employée ?
Oui souvent.

_______________

PHASE D’ANALYSE
_______________


En dépit des tensions entre le patron et le webdesigner, ainsi qu’entre le patron et sa femme, les tensions arriveraient même s’il n’y avait aucun lien entre les acteurs. Le problème vient d’ailleurs.

• Les problèmes peuvent venir du fait que le patron implique trop la stagiaire dans ces problèmes personnels.

• Les tensions que rencontre l’entreprise peuvent venir des problèmes privés du couple, c’est donc le mélange de la sphère privée et de la sphère professionnelle qui engendre des tensions au sein de l’entreprise.

• Les tensions sont dues à l’enjeu affectif qui persiste au sein de l’entreprise.

• Le patron est trop autoritaire, cela pourrait engendrer un effet contre productif. En référence à l’analyse du type de leader. De plus, il impose ses choix en webdesign alors que ça n’est pas son domaine, ni son rôle.`

• Le patron ainsi que le webdesigner se sont laissés une marge de manoeuvre, afin d’y retrouver leur compte. Le patron peut imposer ses choix et le webdesigner peut prendre son temps pour mettre en place le site web et travailler de chez lui.`

• Le patron est trop focalisé sur ses finances et tout ce qui résulte du bénéfice de l’entreprise.

• Le webdesigner a trop de liberté, étant donné qu’il est ami avec le patron, c’est pour cela que le site web n’avance pas.

• Le web designer a peut être un autre projet plus important en dehors de l’entreprise.

• Le patron change trop souvent d’avis, ce qui ralentit le projet.

• Le webdesigner n’a pas mis en place de charte graphique, ce qui n’est pas professionnel. Cela entre en cause dans le bon déroulement du site web.

• Il n’y a pas de cadre normatif, ni de planning ainsi que d’échéance. Les procédures se font de manière non officiel.

• Il n’y a pas de culture professionnelle car c’est un groupe d’amis.

• Le webdesigner a du pouvoir sur le patron et il ne travaille pas sous pression. En travaillant sous pression, le travail avancerait plus vite.

• L’employée n’a pas de formation dans le domaine du webdesign, elle ne s’est pas impliquée. Cela pose aussi problème au niveau du site web, car c’est elle qui devra s’en occuper par la suite.

• En partant de l’analyse sémiotique, l’entreprise se base sur des normes familiales et non des normes professionnelles.

• Les PME rencontrent souvent des problèmes, car bien souvent elles sont gérées par des familles, ce qui engendre des problèmes d’ordre privés, au sein de la sphère professionnelle.

• La place du pouvoir n’est pas définie.

• Contradiction entre l’ordre affectif et le côté budgétaire.

• Le patron ne voit pas l’utilité directe du site web, car il est centré sur les chiffres.

schéma

 

Schéma de la disposition de la salle 

 

Légende :

Points noirs : Participantes
Point rouge : Narratrice
Point bleu : Rapporteuse
Point vert : Observatrice

 _______________________

RETOUR DE LA NARRATRICE
_______________________

  1. Cette entreprise est réellement tournée vers le côté affectif de ce fait tous les enjeux tournent autour de ça.
  2. Le patron connaît réellement les enjeux du site internet et de l’importance de ce dernier. C’est d’ailleurs pour cela que ça ne se passe pas bien avec e webesigner parce qu’il voit l’argent perdu et investit. De plus, en ce qui concerne les mariages, c’est la saison où les mariés effectuent des recherches donc cela ne l’enchante pas que le site soit en suspend. Il perd des clients.
    Il a imposé des échéances au webdesigner qui n’ont pas été respectées. Le site aurait d’être fini en mars 2017.
  3. Il est vrai que le rôle de la deuxième employée n’est pas bien définie et que cela complique la situation. Cependant, elle est totalement investit dans la vie d’entreprise et elle effectue son travail avec envie. Il est vrai que le patron est son mari et que, de ce fait, elle prend ses aises sur certains points mais elle n’est pas passive, bien au contraire.
  4. Le webdesigner sait qu’ils sont amis et que de toute façon ca ne changera pas grand chose à leur amitié donc du coup ça ne lui met pas forcément de pression dans sa façon d’être aussi.
  5. Le contenu du site sera gérer par sa femme et tout ce qui concerne le référencement se sera une entreprise extérieure qui s’en occupera.
  6. Il n’y a pas de cadre professionnel définit. Les échanges par textos et l’absence de cahier des charges montrent le manque de professionnalisme et l’aspect affectif. Les attitudes ne sont pas professionnels. Il est vrai que prendre à parti une stagiaire pour savoir qui a commis une faute n’est pas quelque chose de professionnel. Cela fait ressortir l’aspect privé du couple et leurs disputes dans le cadre de l’organisation, même si leur couple est très heureux en ménage.  

Conclusion :
Il est vrai qu’il y a des enjeux égoïstes de toutes parts. Le patron voit quasiment que le profit de son entreprise, sa femme n’a sans doute pas envie de gérer le site internet donc le fait qu’il ne soit pas fini n’est pas un problème et enfin le webdesigner profite de son amitié pour prendre tout le temps qui lui faut. Donc, il n’y a pas d’esprit collectif.

 ________________________

RETOUR DE LA RAPPORTEUSE 
_________________________

Passons maintenant au rapport. Audrey a raconté son histoire. Dans un premier temps beaucoup de questions ont été posées sur le webdesigner, ceci a pris un certain temps. Les questions étaient basées sur le statut du webdesigner dans l’entreprise, sur sa place dans l’entreprise, sur son lieu de travail. Aussi, les étudiants se sont demandés pourquoi une si petite entreprise avait pris un webdesigner pendant autant de temps et pourquoi le site n’avançait pas. Le débat s’est aussi porté sur les prises de décision quant au site internet, la place du pouvoir n’était pas claire. Il s’agissait de savoir aussi si le  site était en open space ou non.

Ensuite beaucoup de questions ont été posées sur les locaux et notamment le lieu de travail d’Audrey, la stagiaire.
Également sur son ressenti dans l’entreprise face à la situation et par rapport aux deux pôles informationnels. Notamment sur les relations entre le patron et sa femme, entre le patron et Audrey et entre la femme du patron et Audrey. Audrey a répondu que l’entente était très bonne. Dans la continuité des questions ont été posées sur la place d’Audrey, sur ce qu’elle faisait et en quoi le patron écoutait Audrey. De plus, il a été dit que les problèmes relevant de la sphère publique se mélangeaient avec ce qui résulte de la sphère privée. C’est pourquoi des tensions apparaissent au sein de l’entreprise. Audrey a pris parti dans l’entreprise car elle avait une bonne entente avec les membres.

Par la suite il y a eu beaucoup de questions sur la charte graphique, ce point ne paraissait pas clair, notamment au niveau formel/informel. Il était question de se demander pourquoi une entreprise n’a pas de cahier des charges.

De ce fait le débat s’est de nouveau tourné vers le webdesigner qui a eu une grande place dans le débat. Les étudiants se sont demandé pourquoi est-ce qu’un professionnel n’avait pas de cahier des charges. A ce moment des précisions sur le site ont étaient faites, il s’agissait d’un site acheté. Tout au long de la phase d’analyse le webdesigner est au coeur du débat, plus que les autres membres de l’entreprise. Le débat a aussi beaucoup tourné autour de l’historique de l’entreprise et de la place de la femme du patron dans celle-ci. La question était de savoir si son poste était celui de secrétaire.

Dans un autre temps le patron a aussi été au coeur de beaucoup de questionnements et les étudiants l’ont qualifié d’autoritaire et de personne exigeante. Même si d’un autre côté ils en sont venu à la conclusion qu’il ne donnait pas vraiment d’ordre. Même s’il est exigeant il n’y a pas de cadrage normatif et tout ce monde travaille entre amis.

Le webdesigner est revenue dans le débat, les étudiants ont constaté qu’il avait une énorme marge de manœuvre et que ceci lui donnait beaucoup de pouvoir, notamment dans ce schéma amical qui empêche l’employé et le patron d’avoir une relation sérieuse, de travail. Ensuite les étudiants se sont rendu compte qu’il y avait eu trop d’associés.

Finalement il a été mis en lumière que ce que veut le patron c’est l’argent. Comme le webdesigner, il a été émis comme hypothèse qu’ils recherchaient tous deux, l‘argent et la facilité.

Et donc en conclusion dans cette entreprise il a été dit que tout se fait de manière non officielle et informelle dans une culture non professionnelle, sans dynamique d’entreprise.

__________________________

RETOUR DE L’OBSERVATRICE
__________________________

En ce qui concerne les observations tout le monde a été très attentif lorsque la narratrice a raconté la situation dans son entreprise. Il y a eu des prises de notes et des regards tournés vers elle.

En ce qui concerne la narratrice, Audrey fait beaucoup de gestes quand elle parle, avec ses mains. J’ai aussi remarqué qu’elle ne regardait pas vraiment les intervenants dans les yeux lorsqu’elle répondait à leurs questions, elle était très concentrée et regardait plutôt un point fixe, dans le vide. Ensuite par rapport aux tics de langage il y a eu beaucoup de «euh» de «voilà», « enfin », « en fait ».

La phase de question a commencé directement et très rapidement. Il y a eu des prises de paroles par plusieurs personnes en même temps. Les questions ont fusé, l’attention était à son comble. Les réactions collectives étaient nombreuses, notamment des « Ahh » collectifs après des réponses à des questions, des hochements de tête. Il n’y a pas eu de blanc. Il y a eu donc beaucoup d’interaction et d’intérêt pour le sujet. L’ambiance quant à elle était détendue et nous avons eu droit à quelques moment de rires.

Ensuite en ce qui concerne la phase d’analyse il y a eu un réel échange entre les étudiants. Même s’ils parlaient très souvent en même temps, ca ne durait qu’un temps et tout le monde finissait par s’écouter. Nous avons assisté à un réel débat, tout le monde a donné son avis.

Par rapport au paralangage y a eu beaucoup de gestes de main, et de tic de langage “enfin”, “voila” par tout le monde.

Ce débat a suscité une réactivité certaine et les étudiants se sont souvent positionnés en juge de l’histoire.

______________________

Nous tenons à remercier les étudiantes présentes ce jour-là pour leurs participations.

______________________

Narratrice : Audrey Fraissenet
Rapporteuse : Clémence Mangeot
Observatrice : Salomé Robert

Interview de Christophe André, chef d’entreprise de l’agence SEDICOM

dimanche 12 novembre 2017

Etudiantes en licence 1 d’information et de communication, nous avons dû, dans le cadre d’un cours de Projet Professionnel Personnalisé, mener un entretien avec un professionnel de l’information et/ou de la communication. Le 3 novembre à Lattes, nous avons donc interviewé Christophe André, chef d’entreprise de l’agence de communication SEDICOM.
Dans cet entretien Hasna El Fadil et Lauryn Azcarraga étaient chargées d’interviewer Christophe André, et Maryam Anejdam, quant à elle, était chargée de filmer, enregistrer et observer le comportement de ce dernier, ainsi que de gérer le temps de l’interview. Cet entretien aura duré 50 minutes.

C.A = Christophe André

Monsieur André bonjour, tout d’abord nous vous remercions de nous accorder un peu de votre temps. Nous sommes donc étudiantes en première année de licence Information et Communication à l’université Paul Valéry de Montpellier. Je vous présente mes collègues: Lauryn Azcarraga et Maryam Anejdam.
Dans le cadre de cette interview, il s’agira de vous interroger sur votre profession, ainsi que sur l’environnement que vous côtoyez. Nous vous rappelons que cet entretien est filmé et que la retranscription sera visible sur le blog de notre licence, puis, qu’une soutenance de cette interview aura lieu en classe.
Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ?

C.A: Je suis Christophe André, j’ai créé et je dirige SEDICOM depuis trente ans, depuis ma sortie de la fac. Donc comme vous, je suis allé à l’université mais à la faculté d’économie. Je suis sorti avec un Master 1 gestion des entreprises. Depuis, je dirige SEDICOM qui est plutôt une entreprise spécialisée dans le conseil en communication, dans le domaine institutionnel et touristique. Nous collaborons avec pas mal de collectivités, de villes, de communautés d’agglomérations et d’offices du tourisme, mais également avec des clients privés. Nous travaillons à l’aide de deux grands pôles qui sont : le pôle de documents imprimés, qui est le pôle un peu traditionnel et sur lequel SEDICOM s’est développé pendant une quinzaine-vingtaine d’années. Et depuis, nous sommes plus orientés vers le pôle qui englobe tout le développement du digital, c’est-à-dire ; site internet, application mobile, e-marketing. Je vous parle des outils, mais il y a toute la démarche préalable. C’est à dire la démarche en terme de stratégie, de création mais aussi la réalisation des outils de communication. Nous avons pour cela, moi-même qui s’occupe du développement du démarchage du commerciale, une personne qui m’assiste sur le volet stratégie, qui est la directrice de création, on a également une conceptrice rédactrice, deux graphistes, une directrice de création, une chef de pub et une assistante administrative. Autour de cette équipe de six personnes, viennent s’agréger des personnes en complément en terme de régis publicitaire : ingénieur informaticien, personnes dans le domaine de la direction artistique, du graphisme ou d’autres personnes en fonction des besoins de la structure. Ca fait une dizaine de personnes qui gravitent, autour de l’agence.

Donc aujourd’hui vous travaillez plus dans le domaine du numérique ?

C.A : Alors, on utilise les deux aspects : la communication imprimée, c’est-à-dire tout ce qui concerne les magazines, journaux, affiches, documents, dépliants, informations dans les collectivités. Mais également la communication digitale, sur les réseaux sociaux, web ou supports de mobilités, qui peut se faire via la conception de sites et qui vont être diffusées de façon virale sur les réseaux sociaux. Par exemple on travaille en ce moment sur la création des emailings ou on a la même base de création graphique, on utilise des techniciens qui vont nous envoyer les emailings avec les bonnes plateformes de sorte à ce qu’ils n’arrivent pas en spam puis on travaille sur les fichiers… Donc là il y a les deux aspects ; le premier aspect qu’on appelle le print, donc la communication imprimer et la communication digitale, qui viennent à un certain moment se croiser.

D’accord, vous êtes donc directeur associé de l’agence SEDICOM, pourriez-vous nous expliquer en détail en quoi cela consiste et quel est votre rôle au sein de cette agence ?

C.A : Donc moi je suis chargé du développement, du commercial pour être clair. Mon métier c’est ça mais c’est aussi gérer l’agence, mettre en place des tableaux de bord de façon à surveiller les frais fixes et les rentrées. Nous, nous avons des rentrées qui sont bien particulières c’est-à-dire qu’on a pas mal de sous-traitance, beaucoup moins ces dernières années. Avant, on faisait un million de chiffre d’affaire et on avait 500 000 euros de sous-traitance. Maintenant on fait 700 000 euros de chiffre d’affaire mais on va avoir 150-200 000 euros de sous-traitance. Ce que moi je calcule sur les tableaux de bord, c’est la marge brut, c’est sur la production réel de l’agence, de façon à ce que cela corresponde aux frais fixes et que ça soit légèrement supérieur à notre bénéfice. Donc ça c’est moi qui gère et qui fait attention à cela. Et je choisis également vis à vis des nouveaux clients, les appels d’offres sur lesquels on se positionne, quels sont les contacts qui font du relationnel avec certains clients, pour nous faire valoir et nous faire rentrer dans des compétitions.

Selon-vous, donc en tant que gérant d’entreprise, quelles compétences requièrent votre poste ?

C.A : Alors forcément de la créativité, de l’imagination, de la rigueur, donc l’un ne va pas sans l’autre. Il faut une capacité à surmonter les coups durs. Il ne faut pas tarder à réagir lors de difficultés au sein d’une entreprises, car derrière il y a toute une équipe à manager, à relancer. Même si ça va mal à l’intérieur, à l’extérieur il faut être capable montrer une autre image. Il faut connaître ses propres capacités. Après ça s’acquiert, je ne réagis pas de la même façon aujourd’hui que lorsque j’avais votre âge. Et puis il y a le volet gestion comptable qui est très important et ou je suis beaucoup plus rigoureux qu’il y a quelques années, et c’est d’ailleurs c’est ce qui nous a permis de perdurer durant ces quelques années qui ont été difficiles pour la structure.

Très bien, par conséquent quelles ont été vos motivations et pourquoi avoir choisi ce métier ?

C.A : Et bien… Le hasard ! Moi j’étais en faculté, j’étais président de la corporation en science économique, j’ai été trésorier national, puis j’ai été battu aux élections municipales, et puis je me suis retrouvé inscrit à l’agrégation. Plusieurs de mes amis avaient créé SEDICOM six mois avant, donc quand je dis que j’ai créé l’agence… Du coup je suis rentré dans la boîte en faisant un stage non rémunéré. Mais très rapidement, je me suis aperçu que plus personne ne s’entendait au sein de la structure, et que moi, en trois mois, j’ai réussi à faire tourner et redémarrer quelque chose. Donc au bout de quatre-cinq mois j’étais gérant. Je n’ai pas rejoint l’entreprise au tout début, j’avais terminé mon année de Master 1 et eux avaient lancé la boîte au cours de leurs études, et c’est donc moi qui l’ai reprise très rapidement. Voilà, ça a été le hasard, rien ne me destinait à ça. Si je n’avais pas été battu aux élections municipales, peut être que j’aurais été professeur d’économie, ou autre.

Mais lorsque vous avez commencé vos études, vous n’aviez pas une idée de ce que vous vouliez faire en dehors de professeur d’économie ?

C.A : Alors professeur d’économie pas forcément, parce que je voyais que je n’étais pas dans le haut du panier sur les enseignements d’économie, mais l’enseignement me plaisait. Et après, oui j’avais quelques idées en tête par rapport à la communication. Je m’occupais des associations étudiantes, donc j’étais amené à communiquer. Je rencontrais d’autres personnes, je voyais que ça me plaisait et que j’avais des capacités là-dedans. Mais c’est vrai que dans ma vie étudiante je faisais des affiches, j’envoyais des e-mails, j’avais déjà une petite expérience de faite de ma vie étudiante. Je m’investissais également dans ma ville par le biais d’associations, maisons de jeunes, ce genre de choses.

Vous nous avez un peu parlé de votre parcours professionnel mais également de votre parcours en tant qu’étudiant, vous avez donc vécu certains échecs mais également plusieurs « rebondissements »… Comment qualifieriez-vous vos débuts, votre parcours professionnel ?

C.A : Je pense que je devais être dyslexique étant plus jeune, je faisais beaucoup de fautes d’orthographes. J’avais ce handicap mais j’écrivais et j’avais beaucoup d’imagination donc j’étais un élève qui passait beaucoup de temps à faire des dictées, etc. Une fois sorti du b.a.-ba… Les premières années de fac ont été très difficile, j’ai dû beaucoup travailler car je venais de l’équivalent de ES et pour intégrer la filière économique, il fallait que je rattrape le retard au niveau mathématique. Mais ensuite à partir de la troisième-quatrième année lorsqu’on a été beaucoup plus sur de l’analyse, ça m’a beaucoup plus correspondu et c’est là que j’ai eu beaucoup plus de facilité. Après, j’ai toujours fait beaucoup de choses à côté : A mes quinze ans j’ai organisé mon premier concert, j’ai monté des projets humanitaires. Donc entre mes quinze et vingt-cinq ans et y compris après, avec mon rôle de chef d’entreprise, j’ai continué à m’investir dans des associations, dans de l’humanitaire. J’ai été élu adjoint municipal, je suis aujourd’hui conseiller municipal d’opposition. Donc j’ai une certaine ouverture d’esprit qui n’est pas une obligation absolue que d’autres réussissent absolument sans le faire mais ça c’est ce qui me correspond, cette volonté à toucher pas mal d’activités et à m’investir socialement sur le plan humain, sur des choses qui vont au-delà de mon propre métier, sachant que mon métier, la communication, contribue à tout ça. Il y en a qui choisisse un métier, pour avoir du lien avec les gens, pour avoir des attitudes comportementales qui permettent d’avancer dans le bon sens, et qui permette aux sociétés d’évoluer dans le sens qui est mon idéal.

Quand vous dites avoir participé à de l’humanitaire, c’est dans les grandes entreprises d’ONG ? (Organisation non gouvernemental)

C.A : Non, au contraire, nous en avons monté. Ça fait un moment que j’ai commencé, j’ai monté des actions militantes sur le Liban, la Pologne quand j’avais une quinzaine d’années ou l’on versait l’argent à des associations. Nous avons ensuite monté un groupe d’étudiants européens, une trentaine de personnes étaient mobilisés en l’espace de deux mois. Donc en hiver 1992, on était partit à Sarajevo, nous avons réussi à passer à travers les lignes. La ville en guerre, nous avons réussi à témoigner de notre condition d’européen à l’époque. Six mois après nous avons réunis 250 jeunes européens, dont des espagnols avec qui nous avons travaillé en Espagne et de français, là nous n’avons pas réussis à passer les lignes de front, nous avons témoigné à notre façon là-bas. Ça c’était les grosses actions humanitaires que nous avons faites. Là, par exemple nous nous sommes rapprochés d’Equilibre, une structure humanitaire comme l’Unicef en moins importante mais qui était basé à Lyon pour tout le relais logistique.

D’accord ! Vous avez donc un parcours de vie assez riche quand même !

C.A : Oui, oui, puis bon, cela a été complété par pleins d’autres choses, j’ai monté une filiale de Sedicom aux Etats Unis, cela nous aidé à avoir une expérience dans l’international.

Vous avez donc également une filiale à New-York?

C.A : Oui, là je suis en train de voir comment la fermer et d’envisager des coopérations à partir de la France. Je l’avais monté parce que j’ai vécu là-bas, j’avais besoin d’un visa, il fallait avoir de la structure là-bas mais sinon il n’y a plus rien qui le justifie.

D’accord, et quelles sont les conditions de votre métier ? Au niveau des horaires, des déplacements, du stress, etc…

C.A : L’avantage c’est qu’on a la liberté, la liberté complète, à part avec le banquier ! Après c’est une liberté qui est très contrôlée, parce qu’on est quand même obligé de respecter un certain rythme. Nous aujourd’hui, on a des horaires qui vont de 9 heures à 12h30 et on finit tard, 18 heures 30… Après je peux faire ce que je veux dans la journée. Si je veux aller courir entre 2 heures et 4 heures, je peux le faire. Mais après le soir je ne regarde pas la télé, je me remets sur des dossiers que je reprends, je lis des revues de presse, je collecte des informations, tout en ciblant des choses qui peuvent être utile à mon activité. Mais il est vrai qu’avec la dématérialisation des supports de communications, je me permets de prendre beaucoup plus de congés qu’avant, cinq à six semaines, alors qu’avant j’en prenais une ou deux. Par contre je suis tout le temps connecté, même pendant mes congés. Donc c’est vrai que mon travail demande une gestion du temps qui est assez rigoureuse.

Sans indiscrétion, pourriez-vous nous communiquer votre niveau de rémunération ?

C.A : Oui, il n’y a pas de soucis. Je gagne trois milles euros par mois. Voilà, après ce n’est pas quelque chose d’énorme par rapport à d’autre chef d’entreprise, mais pour moi ça correspond à peu près à l’éthique de l’entreprise. Et puis je me paie mes frais de déplacements et j’ai maintenant mes locaux qui m’appartiennent. Ce qui me permet de vivre très correctement.

D’accord.
Venons-en maintenant à votre entreprise, quelles sont les spécialités de votre agence, vos principales missions ?

C.A : Comme je vous le disais tout à l’heure, nous sommes spécialisés dans l’institutionnel donc plus précisément les collectivités. On travaillait aujourd’hui pour l’Agglomération des Pays de l’Or, c’est à dire Mauguio, La Grande Motte, Palavas toutes ces villes-là. On a remporté l’appel d’offre pour la conception graphique d’une nouvelle identité visuelle pour Sète Agglo Pôle Méditerranée. On travaille pour l’agglomération Méditerranée dans le secteur des éditions touristiques. On a également travaillé pour l’agglomération de Perpignan, de Narbonne, de Nîmes. Au niveau des villes, nous avons les budgets de la Grande Motte, de la ville de Pézenas, de la ville de Sète… Nous avons aussi un certain nombre de clients privés qui sont moins importants. Le rapport est de 70-80% pour le public, 20-30% pour le privé.

Cela concerne aussi bien les particuliers que les professionnels ?

C.A : Non, les particuliers c’est très rare, on ne va pas vous faire un logo, on ne va pas vous faire un site internet en tant que particulier… On reste sur le secteur institutionnel communication publique. Nous passons plutôt par les appels d’offres, nous travaillons pour une dizaine de collectivités, c’est ce qui fait la force de notre entreprise.

Nous avons pu voir par le biais de votre site, que vos collaborations étaient très diversifiées et variées. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C.A : Dans le tourisme par exemple. On va aussi travailler pour la fédération de l’hôtellerie en plein air. Nous avons travaillé pour le comité départemental du tourisme, j’ai lancé aussi en 2004 le Journal des Plages en collaboration avec Media Sud, un support gratuit, distribué dans toutes les plages du Languedoc-Roussillon. L’année d’après, c’était toutes les plages de la Méditerranée, puis celles d’après c’était toutes celles de France. Et là, la presse gratuite s’est un peu cassée la figure progressivement… On était rapatrié sur de moins en moins de plage. Puis là, nous sommes revenus sur les plages de l’ex Languedoc-Roussillon.

Et quels sont vos projets à venir ?

C.A : La vente des locaux, le robot commun avec le groupe Media du Sud. Eventuellement se regrouper avec une agence Niçoise pour voir ce que ça donne. Comme c’est difficile de faire de la croissance interne, peut-être nous racheter une structure pour faire de la croissance externe. En même temps je me suis engagé dans la politique, j’ai aussi ma vie privée, il faut que je dégage du temps et j’ai tout cela à gérer. Je dois aussi faire attention à ne pas me remettre de mes projets professionnels qui m’empêche de tenir mes autres engagements.

Pour finir, vous qui êtes aujourd’hui gérant et créateur d’entreprises, quelles seraient vos recommandations pour nous étudiantes voulant évoluer dans la communication ? Et comment réussir à se démarquer dans un univers concurrentiel ?

C.A : De vous confronter un peu aux grandes entreprises et petites, vous allez devoir faire des stages donc venir dans des entreprises comme les nôtres, dans les grandes entreprises. Si vous avez la possibilité, partez à l’étranger aussi, vous ne réussirez pas dans ce métier si vous ne parlez pas anglais, tout est en anglais. Je ne maîtrise pas super bien l’anglais mais j’ai été obligé de m’y mettre. Vous qui êtes notamment en fac vous avez cette possibilité-là, de voir ce qui se passe dans le monde extérieur, si vous avez un peu de temps. Vous avez un handicap par rapport à ceux qui sont dans les écoles qui ont essentiellement un carnet d’adresse ! Beaucoup d’étudiants vont vers la faculté parce que c’est 200 euros de frais d’inscription, ce n’est pas 10 000 euros pour une première année comme dans une école de commerce. Nous sommes aussi bons qu’eux dans les plans scolaires, nous avons le droit d’avoir les mêmes possibilités de débouchés. Ils n’ont pas les meilleurs enseignements, par contre ils sont plus pratiques que nous. Ils gardent contact avec des professionnels, ils connaissent déjà d’autres personnes pour les pistons. Pourquoi on ne serait pas capable de faire ça aussi à la sortie de la fac ? On se disperse et on ne reste pas en réseau, mais faisons la même chose qu’eux ! On aura les mêmes atouts au moins sur cet aspect. Comme on est mieux formé que sur des connaissances générales, on sera peut-être plus capable de voir l’évolution dans le monde même si ils sont plus pratiques. Il suffira de s’y faire et au bout de trois ans nous aurons acquis les mêmes capacités qu’eux. En Master 2 vous avez l’obligation de faire un stage de six mois, vous avez quand même des passerelles. Si j’ai des conseils à vous donner, c’est déjà de vous mettre en réseau au niveau de la fac et avec d’autres étudiants ça pourra vous aider pour plus tard. Puis il y a aussi l’orthographe, la maîtrise du français, savoir s’exprimer, dans la communication c’est important. Ce n’est pas faire des fautes seulement, c’est aussi avoir un style. Mais là vu que la communication est très écrite, quand j’écris je suis automatiquement corrigé au niveau des fautes de grammaire, d’orthographe, j’ai plutôt un bon style dans ma façon d’écrire, la communication écrite je la maîtrise bien. Donc ça c’est un sujet important, il faut saisir des opportunités. Donc ne vous en faites pas, je me suis construit sur des échecs et j’en suis là aujourd’hui.

Monsieur André, merci beaucoup de nous avoir accordé votre temps et merci également pour vos précieux conseils.

 

Lauryn AZCARRAGA, Maryam ANEJDAM, Hasna EL FADIL.

Interview professionnel de la communication : le graphiste

samedi 12 novembre 2016
header_mpb-980px
 
Deux étudiantes en 1ère année de Licence Information et Communication, ont effectuées le mercredi 2 novembre à 14 heure, un entretien avec un graphiste qui a duré 39 minutes et 30 secondes.
 
Interviewée : Marie-Pierre BAUDUIN (Graphiste indépendante)
Interviewer : Mélissande FELS (étudiante)

M. Fels : « Bonjour à tous, bienvenue à l’entretien d’un professionnel de la communication réalisé par Veselina TONKOVA et moi-même, Mélissande FELS. Nous allons nous intéresser au métier de graphiste avec madame Marie-Pierre BAUDUIN, graphiste indépendante à Montpellier, c’est bien cela ?

M.P. Bauduin : Oui c’est une entreprise indépendante.

M. Fels : D’accord. Nous vous remercions d’avoir accepté notre invitation et d’être présente à cet entretien. Notre objectif est d’approfondir nos connaissances sur le métier de graphiste. Je rappelle que cet entretien sera enregistré, retranscrit et publié sur notre blog d’Information-communication, et que, par conséquent, vous auriez le droit de modifier cette retranscription avant sa publication. Normalement, cet entretien ne devrait pas excéder 40 minutes.

M.P. Bauduin : Alors, je ne sais pas si j’ai 40 minutes de choses à dire. Il risque d’y avoir des blancs. Il risque d’y avoir des questions auxquelles je vais demander de réfléchir un peu plus parce que je n’ai pas de réponse, là, tout de suite, éventuellement.

M. Fels : Oui..

M.P. Bauduin : Peut-être cela aurait été intéressant d’avoir les questions avant.

M. Fels : Nous allons aborder 3 thèmes aujourd’hui. Le premier sur votre point de vue sur le domaine du graphisme, ensuite, on va parler de votre métier, et, sur les formations et les compétences à acquérir pour devenir graphiste. Je vais commencer à aborder les questions. Ma première question elle est – enfin, ce sont toutes des questions personnelles – mais celle-là est, on va dire, une question large d’ouverture où c’est votre avis qui nous intéresse : qu’est-ce-que vous pensez du graphisme ?

M.P. Bauduin : (réflexion)… large question. Cela aurait été bien de l’avoir avant. J’aurais pu réfléchir à ma réponse. La raison d’être du graphisme, c’est d’être au service du message. Donc, déjà, c’est une position assez professionnelle et humble, qui peut-être à contre-courant d’un mouvement de « graphistes semi-artistes» – qui va plus vers l’art – et qui « communique pour des graphistes ». Je répète : la raison d’être initiale c’est servir le message, servir les objectifs de communication.

M. Fels : Donc ce serait les objectifs du graphiste ?

M.P. Bauduin : Oui, il n’a pas d’autres raisons d’être là.

M. Fels : D’accord. Concernant le premier thème : ici, nous allons parler de votre point de vue. La question large d’ouverture fait partie du premier thème aussi. Donc, comment êtes-vous devenu graphiste ?

M.P. Bauduin : Alors, c’est d’abord une fascination depuis l’enfance. Pour ce qui est imprimé, pour les images, les illustrations, la typographie, je pouvais rester bloquée devant un autocollant.

M. Fels : Donc, c’est quelque chose qui vous vient depuis l’enfance ? Quelque chose que vous aviez envie de faire ?

M.P. Bauduin : Oui. Ensuite, ma formation est le design industriel. En premier, je suis entrée dans un atelier préparatoire aux concours des écoles d’arts. Ensuite, je suis entrée dans une école de design industriel. Le graphisme étant compris dans le design industriel puisqu’on édite en série et tout ce qui est fabriqué et édité en série est du domaine du design industriel. Et c’est une espèce de « méthodologie commune » qui peut s’appliquer au design d’objet, au design d’espace, au design graphique, etc.

M. Fels : D’accord. Et qu’appelez-vous « design industriel » exactement ?

M.P Bauduin : Ce que je veux dire c’est : tout ce qui doit être produit en série. Vous voyez ? Des objets – de la petite cuillère au mobilier – Dans les boutiques franchisées, il y a quelqu’un : un designer d’espace qui est intervenu pour que ce soit « charté » en quelque sorte sur l’ensemble des boutiques, et dans le design graphique, on édite. L’artiste édite 1, 7 ou 30 exemplaires. Le graphiste va éditer sur le web ou en print, en beaucoup d’exemplaires. C’est destiné à la diffusion donc, cela passe par un processus industriel.

M. Fels : Où il y a des sous-traitants et… ?

M.P Bauduin : A un moment donné, cela passe par des fabricants. Il y a un processus pour que cela puisse être diffusé, et que ce soit du mobilier, du produit ou du graphisme, que ce soit diffusé en série.

M. Fels : Oui. La deuxième question : comment cherchez-vous vos inspirations ?

M.P Bauduin : Principal outil : la curiosité. Il n’y a pas de limites. Cela peut venir en écoutant de la musique ; la musique, les couleurs et les formes, il y a quelque chose qui parle là-dedans. Je regarde beaucoup de choses : des expos, pas mal de photos, de l’illustration, beaucoup de typo ; je dois passer facilement, 10 % de mon temps dans la semaine à observer, à regarder. Je regarde les affiches dans la rue, je regarde les magazines et la mise en page, etc.

M. Fels : Oui. C’est de la curiosité surtout !?

M.P Bauduin : Voilà. Ce n’est pas une « corvée ».

M. Fels : Oui, c’est un plaisir.

M.P Bauduin : Absolument.

M. Fels : D’accord. La troisième question ce serait quelle est votre procédure (ou méthode) de création ?

M.P Bauduin : La procédure idéale ? D’abord, des bonnes relations avec le commanditaire qui seront plutôt que sur le mode « je suis le commanditaire, voici mon cahier des charges, voici mon brief, je vous laisse exécuter » – c’est plutôt sur le mode de la conversation. C’est-à-dire qu’on va discuter du cahier des charges et ensuite, dans le cahier des charges, du « brief créatif » proprement dit. Cela permet d’être tout de suite d’accord sur les objectifs qu’on veut atteindre, sur la façon dont on veut les atteindre et sur quel ton on va communiquer. En fait, la qualité de la collaboration impacte énormément sur la qualité du résultat. Donc, de bonnes relations avec le commanditaire où on travaille, en parallèle, ensemble, avec les mêmes objectifs, c’est très important. Il y a des commanditaires qui ne connaissent pas les tenants et aboutissants de la communication et qui sont capables d’être contre-productifs par rapport à leurs objectifs de communication. Ils peuvent saboter, eux-mêmes, un travail parce qu’ils manquent de cette culture-là, parce qu’ils ne font pas confiance, parce que c’est leurs « bébés », ils ne veulent pas les lâcher…

M. Fels : Et dans ce cas-là, vous devez, tout le temps, développer votre travail, argumenter… ?

M.P Bauduin : Je dois faire énormément de pédagogie. Sauf quand j’ai des Chargés de Communication en face de moi – dans ce cas, ce sont déjà des personnes averties – sinon, quand ce sont des petits clients (trop petits pour se permettre d’avoir un chargé de com’), je dois faire énormément de pédagogie, et c’est un peu peine perdue parce qu’il faut plus qu’une heure de pédagogie évidemment pour préparer quelqu’un à travailler sur un projet de communication. Donc, cela vous verrez sur les forums de graphistes, il y a des kilomètres de plaintes. Dans une procédure idéale donc, c’est que j’ai un Chargé de Communication en face de moi. Alors, là, déjà, ça va mieux. On parle le même langage, on a les mêmes objectifs.

M. Fels : C’est le mieux. D’accord. Et donc…

M.P Bauduin : Après, le processus de création, c’est faire une immersion dans le sujet. C’est cela aussi qui est intéressant dans ce métier, c’est que j’aborde des tas de sujets que je ne connais pas, donc, je dois d’abord me documenter là-dessus, me documenter sur la façon dont communique la concurrence, identifier si le client n’a pas de problématiques de communication et voir comment on va les résoudre. Et j’ai quelques techniques de recherches créatives pour trouver des idées si elles ne viennent pas. Mais à partir du moment où on suit ce processus, en général – qui peut prendre du temps par contre – si on identifie le problème, on trouve la solution.

M. Fels : Vous avez des logiciels en particulier lorsque vous créez des visuels ?

M.P Bauduin : A part dans la phase créative (papier et crayon), oui. J’ai la suite Adobe classique (Illustrator, Photoshop, In design, Acrobat…).

M. Fels : Ce sont ces logiciels qui englobent le travail de graphiste ?

M.P Bauduin : Oui. Dans la suite Adobe, il y a tout. Il y a au moins 15 logiciels. Moi, je fais plus du print que du web. Donc, ce sont les logiciels minimums pour le print ; j’utilise pas mal d’agrégateurs d’images sur le Net aussi. Et pour revenir sur la suite Adobe, c’est imposé parce que ce sont des logiciels très très bien faits (et chers). Alors, comme les agences fonctionnent avec la suite Adobe, les indépendants, du coup, fonctionnent aussi avec, et les imprimeurs aussi. Donc, toute la chaîne graphique fonctionne avec la suite Adobe. A savoir, quand même, qu’il y a l’équivalent de cette suite en logiciel libre. Après, l’éventuelle difficulté c’est d’arriver à produire des fichiers exploitables par votre imprimeur.

M. Fels : D’accord. Donc, la dernière question de ce premier thème est comment définirais-vous votre style ?

M.P Bauduin : Si j’ai un style c’est que je me positionne comme une artiste. Oui, la frontière entre graphisme et art est poreuse mais, je répète, la raison d’être du graphiste, c’est de se mettre au service du message donc, si à un moment donné, j’ai un message qui nécessite un style particulier, je vais l’adopter. Je ne dois pas imposer de style particulier sinon je suis peintre. Alors, une fois que j’ai dit cela, mon style de prédilection c’est le style moderniste, le style « suisse », dit style typographique international parce que j’estime qu’il sert bien le message de manière générale.

M. Fels : D’accord. Et qu’entendez-vous par le « style typographique international » ?

M.P Bauduin : Le style typographique international, c’est un style qui est revenu totalement à la mode. On va partir des constructivistes russes, donc, à peu près au moment de la révolution russe. On arrive ensuite au Bauhaus qui est une école allemande dont la devise est « la fonction crée la forme ». On arrête toute les fioritures, on arrête les choses inutiles. On ne crée que ce qui va servir fonctionnellement. Donc, c’est une belle idée, assez démocratique, de produire de belles choses très fonctionnelles, en série, peu chères, abordables pour tout le monde. Dans cette école, il y avait du produit, de l’architecture, du graphisme, de la peinture, des coloristes, etc. De là, on aboutit au style typographique international, à peu près dans les années 50’-70’ qui est caractérisé par, d’abord, la hiérarchie de l’information, pas de fioritures, pas d’effets de style, un graphisme assez rigide et très minimaliste. On met ce dont on a besoin. Et pourquoi en faire plus ? Il y a toujours cette notion d’humilité au service du message. Et c’est un style très rigoureux qui a une esthétique- quand on est sensible à la rigueur et à la sobriété, moi, je me pâme ! (rires).

M. Fels : (rires) D’accord. Et du coup, vous dites qu’on peut créer quelque chose de simple mais qui soit vraiment – comment dire…

M.P Bauduin : Le maître mot c’est « Less is More ». C’est quelqu’un du Bauhaus (Mies van der Rohe) qui a dit cela et ça a été repris par pas mal de gens. On va partir de l’exemple des logos. Un logo doit être mémorisable rapidement. Plus il est simple et unique, mieux il est mémorisable, plus il est mémorisable. Au début du web dans les années 90’, on a essayé de faire des logos réalistes – alors, vous êtes jeune pour vous rappeler de cela – mais on avait des effets de chrome avec tous les reflets ; c’était l’anti-simplicité, ça ressemblait à nos objets de la vie réelle, ce n’était pas reproductible en petit format, et c’est « l’anti-lessismore ». Donc, plus il y avait de détails, plus cela finissait par être une illustration. Et cela a raté son objectif complètement. De plus, c’était tout à fait démodable alors que quand un logo est simple, il n’est pas démodable. Voilà l’intérêt de la chose.

M. Fels : D’accord. Donc, on a vu votre point de vue dans le domaine du graphisme – enfin, c’était les quatre questions de cette première partie – concernant votre métier maintenant. Qu’aimez-vous dans votre travail ?

M.P Bauduin : Alors, dans l’ordre chronologique, m’immerger dans des domaines que je ne connais pas. Cela dépend lesquels évidemment. C’est toujours intéressant d’aller voir ailleurs. Et la phase de recherche de solutions est vraiment intéressante.

M. Fels : « Solution » cela veut dire ?

M.P Bauduin : De solution graphique. Par exemple, un commanditaire peut arriver et dire « Voilà, j’ai besoin d’un flyer qui va être déposé partout parce que j’ai besoin de visibilité et j’ai besoin de toucher beaucoup de gens pour avoir beaucoup de coups de téléphone, de rendez-vous et de retours. J’ai déjà fait cela par le passé et cela n’a pas très bien marché. Qu’est-ce-qui ne va pas ? ».

Donc, déjà, on analyse pour lever les freins : qu’est-ce-qui a freiné dans ce flyer, visuellement ? Pourquoi les gens n’ont pas appelé, n’ont pas pris contact. Ils n’ont même pas attrapé le flyer pour le lire. Donc, déjà, on identifie la problématique, ensuite, on cherche des solutions pour y répondre. Mais vraiment, on commence par identifier la problématique et les attentes, évidemment, du commanditaire. Donc, cette phase-là est intellectuellement intéressante, et puis après, on passe à la phase « comment je vais représenter cela graphiquement ? ». Là, quels sont les codes graphiques de ce secteur ? quels sont les codes graphiques du public auquel cela est destiné ? Là, c’est du papier et crayon, on cherche.

M. Fels : Et quand vous parlez de « codes graphiques », cela veut dire la police ? Les couleurs ? Ou c’est par rapport au commanditaire ?…

M.P Bauduin : Oui, si je communique pour une banque ou si je communique pour une boîte de nuit, ce n’est pas les mêmes codes graphiques. Le secteur bancaire a des codes graphiques assez définis – qu’est-ce-que j’ai dit ? Boîte de nuit ?

M. Fels : Oui.

M.P Bauduin : C’est très codé aussi. Leurs publics respectifs ont leurs propres codes graphiques.

M. Fels : Il y en aura un qui sera un peu plus sérieux et l’autre un peu moins !?

M.P Bauduin : Oui. Et quelles couleurs j’utilise ? Quels types de formes ? Et les polices de caractères sont des formes puisqu’elles sont dessinées. On a, comme outils, la couleur, les formes – y compris la police de caractères – et l’organisation de l’espace, autrement dit, la mise en page. Ce sont les trois principaux outils avec lesquels on travaille.

M. Fels : D’accord. Donc, vous m’aviez dit, tout à l’heure, que vous êtes dans un marché concurrentiel. Alors, comment vous distinguez-vous par rapport à la concurrence ?

M.P Bauduin : Comment je me vois ou comment je me distingue commercialement ?

M. Fels : Oui. Les deux en fait.

M.P Bauduin : Commercialement, j’essaie de mettre en avant mon expérience parce que je ne suis pas toute jeune – autant que cela serve – et comment je me vois ? Comme une bonne professionnelle. Mais par ailleurs il y a une beaucoup de gens qui ont « décidé » d’être graphistes. C’est un métier de l’image ; cela attire énormément de gens ; c’est assez fun et sexy comme boulot ; « aller, je vais faire cela, Je crack un logiciel et j’achète un ordinateur, je suis graphiste ». Ce sont les gens responsables de toute la laideur qui nous environne, d’une casse des prix dans la profession, qui se ressent à Montpellier.

M. Fels : Oui, parce que on dit que c’est une ville « jeune » et tout !?

M.P Bauduin : Voilà, attirante. Il n’y en a pas mal qui arrivent et qui restent 6 mois, 1 an et qui repartent par ce qu’ils ont vu qu’ici les tarifs sont misérables et qu’il y a vraiment beaucoup de graphistes. Donc, moi, je ne peux pas me battre contre les gens qui ont « décidé » d’être graphistes. Et même, à la limite j’ai rien contre s’ils se documenté. C’est pas grave de ne pas avoir fait d’école mais, au moins, il faut travailler 1 an dans une agence, apprendre le métier. Il faut se documenter sur la théorie de la communication, un minimum ; se faire une culture visuelle, un minimum. Voilà. Dans ces conditions, moi, ça m’est égal qu’on soit graphiste diplômé ou pas. Mais quand on est rien de tout cela et qu’on se met sur le marché, cela donne ces logos, ces enseignes, ces magazines, qui sont mal faits, pas lisibles, qui ne remplissent pas leurs objectifs et qui nous enlaidissent la vie, pour le commanditaire et le public, parce que les images sont vues par tout le monde. Donc, c’est mon cheval de bataille en tant qu’enseignante. C’est former des Chargés de Communication pour qu’ils aient le minimum de culture visuelle et de connaissances de la théorie de la communication visuelle, pour qu’ils nous évitent toutes ces catastrophes visuelles autour de nous.

M. Fels : D’accord. Vous m’aviez parlé des inconvénients dans cette réponse. Et maintenant, quels sont les avantages dans le métier que vous exercez ?

M.P Bauduin : Toucher à pleins de domaines différents. Je ne pense pas que ce soit un métier que l’on puisse faire sans passion et pour moi, la passion, forcément, est quelque chose qui vient de la petite enfance. L’avantage c’est que moi j’adore cela. Je suis toujours aussi passionnée. Je n’ai pas de problème à venir travailler. Et s’il faut travailler, à un moment donné, un week-end, cela m’embête si je dois – comment dire – au lieu de faire mes hobbies, je travaille. C’est embêtant mais, ce n’est pas la même chose que d’être sur un métier non créatif ou pénible.

M. Fels : Vous aimez votre métier ? Il vous touche ?

M.P Bauduin : Et bien là, je n’ai pas l’impression de travailler. Je me régale.

M. Fels : D’accord. Et tout à l’heure, vous m’aviez parlé « d’enseignante ». Dans quel domaine vous donnez vos formations en fait ?

M.P Bauduin : Alors, soit dans des postes de formation ou des services de communication, dans diverses structures. Donc, c’est l’initiation au b.a-ba de la théorie de la communication visuelle et l’application en petite PAO – on va dire petite communication, pour qu’ils aient un minimum d’autonomie. C’est la même chose qu’une formation normale, sur les trois logiciels (In design, Illustrator, Photoshop). Voilà. Un petit kit pour qu’un service de communication puisse se débrouiller sans avoir besoin de faire appel à un graphiste pour une petite lettre d’information par exemple.

M. Fels : Donc, la PAO, c’est ce que l’on appelle la Production Assistée par Ordinateur ?

M.P Bauduin : La Publication Assistée par Ordinateur.

M. Fels : Ah, d’accord.

M.P Bauduin : Et sinon, c’est à la FAC avec des Licences 3 et depuis l’année dernière, avec des Masters 2. Il y a un cours qui s’appelle « Design graphique et mise en page » avec des applications sur In design, et, un autre cours qui s’appelle « Création graphique » avec des applications sur Illustrator. En Master 2, c’est sur l’identité visuelle.

M. Fels : Oui. On va passer, maintenant, au dernier thème parce que vous avez, complètement, répondu à toutes les autres questions précédentes. Alors, concernant les formations et les compétences. Quelles sont, pour vous, les compétences et les qualités nécessaires pour entrer dans ce métier ? Vous aviez dit la curiosité, …

M.P Bauduin : Oui, curiosité – bon, c’est un mot bateau mais je ne sais pas – passion, … On n’est pas tout le temps en production. Vous buvez un verre en terrasse et vous voyez un truc passer, puis, vous réfléchissez « Tiens ! cela me donne une idée pour… ? », et chercher de nouvelles solutions graphiques, aussi, parce que pour lutter contre l’uniformisation, il ne faut pas être paresseux dans ce métier. Il faut être rigoureux et exigeant. Il y a une autre qualité essentielle : c’est avoir un minimum – sauf si on est salarié dans une agence – si on veut être indépendant, il faut avoir un minimum de petits talents commerciaux et du bagout, de tchatche. C’est ce qui fait défaut à beaucoup – y compris moi – du coup, c’est plus compliqué.

M. Fels : Vous voulez dire, au niveau relationnel, c’est important ?

M.P Bauduin : Oui. Je ne me ferais pas de souci pour ceux qui ont un talent, de la rigueur, de la curiosité et l’envie de bosser, s’ils ont ce talent commercial. Là, je ne me fais aucun souci pour eux. S’ils sont, tous, sans talent commercial ; les débuts vont être durs s’ils veulent s’installer en tant qu’indépendants.

M. Fels : D’accord. C’est une question qui nous concerne, particulièrement, mon amie et moi. Quel diplôme (ou formation), pour vous, est exigé pour pratiquer ce métier ?

M.P Bauduin : Je vous ai un peu répondu avant !?

M. Fels : Oui. Sur le fait que ce n’est pas une obligation d’avoir un diplôme et que ce serait plus de la passion ou…

M.P Bauduin : Oui, ce n’est pas un métier réglementé. Il n’y a pas d’obligations. Vous pouvez dire que vous êtes graphiste demain et personne ne viendra vous dire le contraire. Peu importe la formation. Du moment qu’elle comprend du dessin, de la culture graphique et de la théorie de la communication (générale et visuelle). Cela change tout si on a ce bagage de connaissances ou pas.

M. Fels : Donc, il faut savoir dessiner ? Aimer dessiner et tout ? …

M.P Bauduin : Oui et dessiner, cela s’apprend en faisant un dessin par jour. j’ai vu en atelier Prépa des gens qui sont arrivés et qui ne savaient même pas faire un cercle et, à la fin de l’année, ils étaient excellents dessinateurs.

M. Fels : Il y a des formations « exprès » pour le dessin ?

M.P Bauduin : Alors, la filière classique c’est un atelier préparatoire au concours des écoles d’art. Donc, c’est une petite Prépa au bout de laquelle vous passez les concours des grandes écoles d’art. Après, vous faites votre école qui, normalement, doit fournir des savoirs sur les logiciels, la culture visuelle et la théorie.

M. Fels : Et est-ce-que vous pensez qu’une personne qui, par exemple, utilise un logiciel et qui sait créer des visuels mais qui ne sait pas forcément dessiner, peut-être un blocage dans ce métier futur ?

M.P Bauduin : On acquiert une finesse d’observation et d’acuité visuelle. Vous avez besoin d’avoir un œil – mais cela se fait aussi avec de l’expérience – qui détecte les qualités et les défauts d’un visuel, ne serait-ce que quand vous, vous êtes en train de le faire. Et cela s’acquiert, au départ, par le dessin. C’est vraiment un gros gros plus de savoir dessiner. Il y en a des gens qui ont « décidé d’être graphistes » et qui ne savent pas dessiner (rires). Du coup, on voit des défauts de conception. Leur œil n’est pas assez aigu. Donc, ce n’est pas « il faut » mais ma position serait de dire que c’est nécessaire. Cependant, dans la pratique, il y en a qui s’en passent.

M. Fels : Pour la fibre artistique, c’est important ?

M.P Bauduin : Pour l’acuité de l’œil. Oui.

M. Fels : D’accord. Eh bien, vous avez répondu à toutes les questions. C’est la fin de l’interview et pour finir, la toute dernière question est avez-vous des conseils à donner pour les futurs graphistes ? Enfin, si on décide de devenir graphiste.

M.P Bauduin : A votre avis ? Tout ce que j’ai dit (rires)…

M. Fels : Oui (rires).

M.P Bauduin : Curiosité, curiosité, curiosité. C’est tout. Voir, voir, voir. Se faire un bagage visuel solide.

M. Fels : Donc, il y aurait la curiosité, le côté commercial, la fibre artistique – enfin, c’est ce qui est nécessaire en fait ?

M.P Bauduin : Voilà. Après si vous n’avez pas la fibre commerciale, vous pouvez intégrer une agence et ce n’est pas vous qui ferez la partie commerciale. Par contre, le bagage visuel. Vous devez savoir toutes les connotations de chaque forme, de chaque couleur. En fait, c’est de l’histoire de l’art et le graphisme a toujours été parallèle à l’histoire de l’art, il y a toujours une influence – donc, qui est mineur par rapport à l’histoire de l’art, évidemment – mais, cela a toujours déteint. Donc, déjà, vous pouvez évoquer une époque avec juste un détail, un style de forme. Il faut savoir le dire, savoir le décoder. Et puis, l’histoire de l’art continue de se faire encore maintenant, il faut suivre les influences.

M. Fels : D’accord. Eh bien, nous avons fini cet entretien. En tout cas, je vous remercie, madame Bauduin, de nous avoir accordé cet interview. Merci et je vous souhaite un bon après-midi.

M.P Bauduin : Merci. »

Veselina TONKOVA

Mélissande FELS

Compte rendu SASCO du 18/02/16- G1 de Montpellier – Equipe n°12

mardi 23 février 2016

Présentation

Bonjour à tous,

Voici le compte rendu de la séance de SASCO du jeudi 18/02/2016.
Mehdi avait le rôle du narrateur; il a exprimé son expérience personnelle aux élèves présents. Yosra était observatrice; elle s’est occupé d’analyser les différents aspects de la communication chez tous les participants. Milena était rapporteur; elle avait pour rôle de retranscrire toute la scène (les questions, les relances, les rebondissements, les transitions).
La scène était divisée en trois parties : le narrateur raconte sa situation de communication, ensuite les étudiants lui posent des questions et pour terminer ils interprètent entre eux sans l’intervention du groupe.

SOMMAIRE:
1. La phase de narration
2. La phase des questions
3. La phase d’interprétation
4. La phase d’observation

1. La phase de narration

« Le Stage s’est déroulé dans une petite entreprise de restauration « My wraps » située en centre-ville de Montpellier. Lors du stage la situation de l’entreprise a évolué, une deuxième boutique à l’Aréna a ouvert ses portes. Le stand est ouvert uniquement lors d’évènements se déroulant à l’Aréna. C’est dans ce contexte que la situation de communication a eu lieu.
Mon rôle durant le stage était de réaliser des flyers, affiches, cartes, ainsi que d’autres visuels pour l’entreprise.

Avec l’arrivée de la deuxième boutique je me suis concentré sur les visuels de celle-ci. Après la réalisation de ces visuels, je me suis rendu à la deuxième boutique où j’ai constaté qu’une ligne de la carte était barrée. Pensant avoir fait une erreur j’ai demandé à ma responsable pourquoi il y avait cette modification. Elle m’a répondu que non je n’avais pas fait d’erreur et qu’elle m’expliquerait une fois son compagnon parti. Un peu plus tard et une fois le compagnon parti elle m’expliqua qu’elle ne pouvait plus vendre de boisson excepté l’eau et qu’elle devait baisser le prix des hot-dogs. Je lui ai donc demandé pourquoi. Là elle me dit que pour respecter les accords de l’entreprise de son compagnon présente aussi à l’aréna elle ne pouvait plus vendre de boisson et devait baisser le prix des hot-dogs.
Le conjoint de la gérante travaille au sein de sa propre entreprise familiale tenue par ses parents. A première vue, la responsable du stand est en concurrence avec le dirigeant de l’Aréna qui possède le même genre de snack qu’elle, ainsi que son conjoint et beaux-parents, qui eux vendent déjà des boissons et d’autres produits similaires.
Le reste du stage j’ai pu ressentir une certaine tension entre la responsable et son compagnon qui m’a mis mal à l’aise lors de celui-ci. »

2. La phase des questions

Les étudiants ont demandé un développement de cette situation. Ils posèrent à tour de rôle diverses questions pour permettre une totale compréhension.
Brunehilde demanda une clarification des missions de Mehdi, celui-ci expliqua que son devoir était de rendre le stand plus visible en s’occupant de la communication externe. Il créa des flyers qu’il distribuait lui-même et des banderoles …
La question suivante portait sur les logiciels utilisés pour la conception des différents supports, il répondit : Indesisgn, illustrator et photoshop. Il manquait de connaissances sur certaines manipulations sur des logiciels, mais il a pu développer ses connaissances par le biais d’autres personnes.
On lui demanda d’exprimer son ressenti par rapport à son stage. Il déclara avoir été très à l’aise, il avait déjà travaillé dans cette entreprise ce qui lui avait permis de nouer des liens d’amitié avec son employeur.
En ce qui concerne ces tensions palpables lors du problème rencontré, il précisa que les échanges étaient tendus. Cela l’avait dérangé.
On lui demanda de présenter les membres de l’entreprise, il précisa que la patronne est seule mais bénéficie cependant de l’aide de son conjoint.
Un étudiant demanda des précisions sur le différend rencontré. Il développa pour essayer d’éclairer le contexte.
Les étudiants avaient du mal à visualiser. Ils ne comprenaient pas pourquoi après impression du support, on puisse le retoucher au stylo en rayant les inscriptions. Mehdi expliqua que sa responsable avait eu l’autorisation de vendre des boissons au départ mais que ce n’était plus possible excepté pour l’eau. Celle-ci n’avait pas l’air satisfaite non plus et hésitait à prendre en compte les nouvelles directives.
Mehdi a rencontré des complications. Il devait se plier à la demande de sa responsable. Elle apprécie que les réalisations soient faites à sa façon, selon ses goûts et ses choix. Les créations sont comme elle le souhaite. Mehdi était libre de créer mais contrôlé à la fois lors de ses tâches. Ils arrivaient cependant à avoir des compromis, ils s’entendaient généralement bien pour la conception des supports.

Les étudiants voulaient connaître la relation qu’il entretenait avec son compagnon. Mehdi expliqua que le conjoint venait aider et qu’il  a toujours été correct avec lui. Il ajouta que lors du stage ce n’était pas son rôle de s’occuper lui.
Jusqu’à présent la tutrice de Mehdi s’occupait elle-même de la communication de son restaurant, en ce qui concerne le graphisme, une relation de Paris s’en chargeait.
Suite à ces échanges, la classe rencontrait toujours un problème de compréhension. Ce qui enclencha des explications encore plus développées et approfondies de Mehdi.
Il commença avec le concept du stand, qu’il comparait à un snack. Le public vient acheter de la nourriture (uniquement de la nourriture et de l’eau). Les boissons sont en vente sur d’autres stands concurrents.
Le conjoint possède deux bars. Il était déjà implanté sur place. Il a donc des connaissances, comme le directeur. Il a permis à sa femme d’ouvrir son stand à elle mais avec certaines contraintes. Des directives lui ont été imposées.

La classe s’agitait, prouvant un mécontentement sur les faits « mal exprimés » de Medhi. Les étudiants réagissaient entre eux à cette situation qualifiée « d’injuste et égoïste »
Mehdi a été questionné sur le nombre de personnes qui travaillent dans l’entreprise. Il a répondu qu’elle était composée de trois salariés mais qu’il y en a sept au jour d’aujourd’hui.
Ensuite, la réaction des clients fût abordée. Ceux-ci étaient surpris lorsqu’ils demandaient des comptes. La gérante se justifiait comme elle pouvait.
Les participants parlaient d’un manque de communication dans le couple. Le conjoint était accusé d’avoir été au courant des consignes avant le jour J, qui est le jour de l’installation du nouveau stand.
Les échanges étaient très vivants, les questions ne suivaient pas forcément une suite logique, il y avait des relances, des rebondissements, des changements de sujet. Ce n’était pas très structuré.

Mehdi expliqua que l’ambiance était tendue mais il n’y a jamais eu de conflits direct avec lui. Il était plutôt spectateur.
Son activité consistait à la distribution de flyers, après avoir créé et installé les autres supports, mais il n’était pas libre d’aller où il le souhaitait. Il devait faire attention à ne pas marcher sur le territoire concurrent. Il prenait aussi contact avec des personnes pour des évènements futurs.
Le graphisme était le point principal du stage. Il échangeait avec les imprimeurs et prenait leurs conseils pour modifier les tâches. Cela qui soulageait sa responsable car il était sur place et pouvait travailler dans les temps. Il n’était pas considéré comme un stagiaire étant donné qu’il avait précisé s’être lié d’amitié avec sa responsable.
Une étudiante demanda si l’entreprise du conjoint est assez grande pour posséder un service de communication, ce à quoi Mehdi répondit « oui ».

Il avait la possibilité de travailler chez lui ou sur place. Il n’avait pas d’horaires fixes. Cette souplesse était agréable.
Les missions qu’il devait réaliser étaient discutées avec sa responsable, ils étaient complémentaires. Il se chargeait d’élaborer la communication sur les évènements à venir où la boutique serait présente.
Il a mentionné que cette entreprise est en développement. La cible visée de base était les étudiants, mais elle s’est élargie et englobe maintenant tout public.

Nous sommes revenus sur le conflit entre la responsable et son conjoint. Les étudiants voulaient savoir si les directives, d’abandonner la vente de boisson, avait été adoptée. Mehdi rétorqua qu’ils ne s’étaient toujours pas décidés et que pour le moment elle se contente de vendre de l’eau.
Il précisa que sans évènement, le stand reste fermé. Il n’y a pas de loyer à payer, l’Aréna prend un pourcentage du chiffre . Mais dès que l’Aréna ouvre, la boutique aussi. Par contre, le premier restaurant est toujours ouvert vers notre université.

3. La phase d’interprétation

Les points qui ressortent de la phase d’interprétation:

⇒ Réel problème: coté professionnel et coté privé qui se mêlent
⇒ Mauvaise communication interne
⇒ Il y a trois prestataires en jeux
⇒ Opportunité parce qu’elle ne paye pas le loyer, tout est à gagner. C’est par recommandation de réseau qu’on peut se procurer une place, ça ne peut fonctionner que par affinité (familiale, amitié). De ce fait, au moment de l’obtention du droit d’entrer, on ne peut pas se permettre de faire concurrence aux autres stands déjà placés, les contraintes ont été découvertes et communiquées plus tard après l’installation
⇒ Quel intérêt pour le compagnon de pistonner sa compagne pour ensuite lui mettre des barrières ? il savait ce qu’elle allait vendre (boisson et nourriture)
⇒ Il y a des normes sociales dans les marchés, il y a  des lois et des règles à respecter
⇒ Pas de concurrence acceptée
⇒ Ce sont les parents du conjoint qui n’étaient pas d’accord, ce n’est pas le conjoint
⇒ Il y toujours intérêt à démultiplier les points de vente
⇒ Pas de compréhension sur le fonctionnement du couple, pourquoi être en concurrence avec sa propre femme et lui imposer des contraintes ?
⇒ Il n’y a pas de concurrence. Il y a beaucoup d’intermédiaires, et un  tas de compromis. C’est une collaboration; on est dans une complémentarité.
⇒ Abus de pouvoir
⇒ Elle s’est faite pistonnée donc elle accepte de se faire dominer. Elle est encore gagnante parce que la nourriture rapporte plus que la boisson, le conjoint a surement voulu éviter des tensions familiales (ses parents et sa
Finalement ils se sont alliés
⇒ Avant d’ouvrir un commerce, normalement il y a une étude réalisée sur les produits vendus chez les concurrents
Concurrence déloyale
⇒ Quand on est un nouvel arrivant, on doit se plier aux règles existantes
⇒ Peut être qu’il y a eu d’autres facteurs qui ont joué

La situation a été difficile à comprendre, Mehdi à mal expliqué les faits. Tout le monde était dans l’incompréhension. Vous avez tous demandé d’approfondir et de développer l’histoire, certaines choses devaient être clarifiées. Les échanges étaient très actifs voir explosifs. Il y avait beaucoup de rebondissements.
Deux points principaux ont été relevé sur la situation : Le manque de communication interne et le mélange de la vie privée et professionnelle; ce qui a gêné le travail de Mehdi.

4. La phase d’observation

Pendant sa narration, le narrateur était très à l’aise. Il a beaucoup de gestuelle et ses bras occupent tout l’espace autour de lui. son discours est très appuyé par ses mouvements de tête et les expressions du visage. Mehdi était peut être un peu trop à l’aise car à un moment donné, il se basculait sur sa chaise.

Pendant les questions:

Au niveau des participants et de la dynamique de groupe, la phase des questions a débuté difficilement. Les participants avaient des postures qui suggéraient une indifférence de leur part. Nous pouvions remarquer des têtes posées sur la table,  ou la main posée sur le menton. Quelques participants étaient également adossés à leur chaise, occupés à manipuler un stylo.
Quand les premières questions furent posées, une bonne dynamique de groupe commençait à émerger.

Les questions des participants étaient très précises. Du fait qu’ils étaient tous dans l’incompréhension, tout le monde était à l’écoute quand le narrateur répondait à une d’entre elles.
Mais plus les questions avançaient, moins les participants comprenaient. cette difficulté à comprendre la situation de communication que le narrateur a énoncé a fait surgir la proximité des participants. En effet, nous pouvions remarquer des moments d’égard. Des binômes sont ressortis. Chaque participant commença à partager son incompréhension avec le voisin à côté. Nous pouvions comprendre que c’était sur l’incompréhension, car il y a eu des relèvements de sourcils, des regards perdus, et une gestuelle interrogative. Cette situation s’est amplifiée au moment où Mehdi, le narrateur, répondit à une question du professeur.
Pour finir sur l’observation des participants durant la phase des questions, le ton accompagnait beaucoup les questions. Ces dernières finissaient beaucoup par « non ? », ce qui montre une volonté de la part des participants d’être sûrs d’avoir compris la problématique.

Pendant l’interprétation:

Pendant la phase d’interprétation, il y a eu beaucoup d’échanges. Au départ, l’ambiance était détendue. Il y a eu beaucoup d’hypothèses qui en sont ressortis mais tout le monde n’était pas d’accord.
Pendant la phase d’interprétation, les échanges ont eu lieu sur tout l’ensemble de l’auditoire (face à face, diagonale et côte à côte).
Les avis divergeaient beaucoup et le ton commençait à monter. Plusieurs coupures de parole ont eu lieu. Les gestuelles devenaient plus fortes. Nous pouvions même remarquer que certains se retenaient de se lever de leur chaise pour exprimer leur point de vue.

A un moment donné, le débat s’est divisé en deux groupes: la ligne du fond, et le reste de la classe.
Nous pouvons donc dire qu’il y a eu une bonne dynamique de groupe et que les participants étaient vraiment intéressés par la situation. Nous pouvions apercevoir de la colère chez Charlotte par exemple.

Pour finir sur la phase d’interprétation, nous pouvons conclure qu’il y a eu beaucoup de désaccords et d’échanges, ce qui a construit une bonne dynamique de groupe.
Les participants étaient toujours dans l’incompréhension pendant la phase d’interprétation.

Compte rendu fait par Medhi CHENT (narrateur), Milena COIGNAT (rapporteur), Yosra BEN MAHMOUD (observateur)

Compte rendu de la séance SASCO du 18/02/16 – Valet Isa-Lys, Ramanadin Julie et Maamouche Isaac

lundi 22 février 2016

Compte rendu – SASCO – Situation de communication observée

L3 INFORMATION ET COMMUNICATION – Année 2015-2016

 

SOMMAIRE

I – PHASE DE NARRATION : LA SITUATION DE COMMUNICATION

1.1 Le contexte

1.2 La situation de communication

II – PHASE DE QUESTIONNEMENT

2.1 Questions sur la nature du stage, sur l’organisation Herbalife Nutrition

2.2 Questions sur les relations interpersonnelles

2.3 Questions sur la réunion

2.4 Questions sur les séances de sport

2.5 Questions sur l’équipe, la mutualisation

III – PHASE D’INTERPRÉTATION

3.1 Interprétations et avis globaux

3.2 Type d’organisation

3.3 Type de couplage

3.4 La concurrence

3.5 Zone d’incertitude, les règles, les rôles

VI – RETOUR DU RAPPORTEUR

4.1 La phase de questionnement

4.2 La phase d’interprétation

V – RETOUR DE L’OBSERVATRICE

5.1 Narration de la situation de communication

5.2 La phase de questionnement

5.3 La phase d’interprétation

 

 

I – PHASE DE NARRATION : LA SITUATION DE COMMUNICATION DE JULIE RAMANADIN

 

1.1 Le contexte

 

Cette situation fût observée lors de mon stage avec une vendeuse indépendante de produits Herbalife Nutrition.

Tout d’abord il est important de savoir qu’une des activités des vendeurs indépendants est de monter une équipe de vendeurs en recrutant d’autres personnes. Chacun étant indépendant, il n’y a pas de relation hiérarchique entre eux. Cependant, les recruteurs ont un devoir de transfert d’expérience et doivent se montrer présent pour leurs nouveaux membres s’ils ont besoin de conseil en matière de marketing.

Ma tutrice, Julie Le Douguet a une équipe de trois vendeurs indépendants sur la zone de Montpellier.

 

1.2 La situation de communication

 

Lors de ce stage, nous avons eu une réunion avec Julie et les deux autres vendeurs indépendants, Laurie et Jérémy, avec qui elle travaille et loue le club de nutrition, leur lieu de travail à tous. Cette réunion avait pour but de faire le point sur les méthodes de travail, le chiffre d’affaires, la fidélisation des clients etc.

 

Jérémy intervient pour évoquer un dysfonctionnement organisationnel des séances de sport offertes aux clients et prospects, mises en place il y a plusieurs mois par Julie. Depuis une dizaine de semaines, il est pratiquement le seul à s’occuper de cette séance de sport et souhaiterait instaurer un système de roulement entre eux trois pour répartir la charge de travail.

A cette information, Laurie avoue avoir délaissé son confrère et s’en excuse, mais en profite pour dire qu’elle traverse une situation personnelle compliquée et qu’elle souhaite en conséquence ralentir son activité professionnelle, dont la gestion de cette séance de sport.

Julie quant à elle avoue ne plus s’y intéresser car elle n’a plus de client qui y participent.

Jérémy persiste, il a besoin d’aide car il n’a plus assez de temps pour gérer une séance de sport hebdomadaire dont les participants ne sont ni ses clients ni ses prospects.

Julie est catégorique, elle ne veut absolument pas aider Jérémy et suggère donc d’arrêter dès ce jour les séances de sports.

Laurie et Jérémy désapprouvent cette idée qui selon eux n’est pas professionnelle :  ils préféraient trouver une alternative plutôt que de l’arrêter subitement et sans prévenir les participants.

Braquée, Julie préfère quitter la réunion et lâche « Et bien faites ce que vous voulez ! » avant de quitter le club.

 

Se retrouvant seuls, Jérémy et Laurie en profitent pour trouver rapidement une solution.

Ils décident donc de faire une dernière séance de sport tous ensemble, où à la fin ils pourront remercier leurs participants et leur expliquer pourquoi ils l’arrêtent.

 

Tenue au courant par SMS, Julie accepte de venir à la séance de sport pour dire au revoir aux participants mais refuse tout de même de l’animer avec Jérémy et Laurie. Elle intervient tout de même après les discours des participants pour conclure sur son discours à elle.

 

II – PHASE DE QUESTIONNEMENT

 

2.1 Questions sur la nature du stage, sur l’organisation Herbalife Nutrition

 

Mathilde : Tu faisais ton stage où exactement ?

Avec trois vendeurs indépendants de produits Herbalife Nutrition.

 

Jill : Quel était ton rôle durant ce stage ?

Je gérais la mise en place des séances de sports, je faisais du démarchage de clients et de la communication interne et externe.

 

Marie : Étais-tu toujours aux côtés de Julie ? Est-ce que tu avais une certaine autonomie de travail ?

Non je pouvais travailler au bureau du club ou depuis chez moi. J’avais beaucoup d’autonomie de travail, mais toujours avec un suivi régulier de la part de Julie.

 

Elena : Les trois vendeurs avaient donc un statut équivalent et toi tu étais la chargée de communication ?

Oui, c’est exact.

 

Professeur : Qu’en est-il du statut de cette équipe et cette marque Herbalife ?

Les vendeurs sont des indépendants mais ils ont formé cette petite équipe pour renforcer la portée de chacun. Herbalife est le fabricant des produits et passe par des vendeurs indépendant pour la distribution.

 

Charlène : Y avait-il un service de communication avant ton arrivée ?

Non, personne n’était qualifié au rôle de communicant dans l’équipe.

 

Jill : Est-ce qu’auparavant, ils avaient déjà eu des stagiaires en communication ?

Non, pas que je sache.

 

Jill : Comment faisaient-ils leur communication sans réel poste de chargée de communication ?

C’était principalement de la débrouillardise mais toujours dans une dynamique de travail d’équipe et donc les idées émanaient des trois lorsqu’il s’agissait de faire de la communication.

 

Jill : Est-ce que les apports de ta présence et de ton travail les ont motivés à développer leur communication ?

Oui, ils ont déjà réfléchi à plusieurs pistes pour s’améliorer et avoir une plus grande portée.

 

Marie : La marque apporte-t-elle un soutien aux vendeurs ?

Non, elle s’occupe uniquement de l’identité de la marque en elle-même.

 

Charlotte : Le démarchage de client se faisait au téléphone ou en porte à porte ?

C’était toujours des rencontres avec les clients parce qu’ils venaient à nous au club.

 

Mathilde : Est-ce qu’ils travaillent pour la marque ?

Non, ils sont vendeurs indépendants.

 

2.2 Questions sur les relations interpersonnelles

 

Marie : Vous connaissiez-vous avant, ton maître de stage et toi ?

Non, mais il y a eu une bonne entente dès le début.

 

Marion : Quelle est la place de Julie par rapport aux autres si elle n’est pas leur supérieure hiérarchique ?

Elle n’est pas leur supérieure mais elle assure un rôle informel de chef de par l’expérience qu’elle possède et l’aide qu’elle peut apporter aux deux autres membres dans leur travail.

 

Caroline : Qu’en est-il de leur relation à l’heure actuelle ?

Il n’y a plus aucune communication entre eux, ce qui ne gène en rien leur travail puisqu’ils sont à la base des vendeurs indépendants.

 

Charlotte : Ils ne se voient donc plus pour parler; mais gardent-ils contact par téléphone ?

Entre Julie et Laurie oui mais c’était occasionnel car il n’y a plus de réelle nécessité professionnelle de prendre contact.

 

Marina : Est-ce qu’il y avait déjà eu des problèmes au sein de l’équipe ?

Non, aucun problème auparavant, c’était leur premier conflit.

 

Marina : Est-ce que Jérémy et Laurie étaient énervés par le comportement de Julie ?

Oui, en quelque sorte. Ils n’aimaient pas qu’elle s’impose “chef” à donner des directives sans justification. Ils n’ont pas aimé qu’elle prenne la parole pour le discours de fin, après le leur, comme s’il ne s’agissait que d’elle.

 

Nikita : Y avait-il de la jalousie ou de la rivalité dans le groupe ?

Non, c’était principalement du travail d’équipe, toujours concentré sur le bien de tous, et tout ceci dans le respect des prospects de chacun.

 

2.3 Questions sur la réunion

 

Elena : Pourrait-on avoir plus de détail sur la réunion et son déroulement ?

Tout le monde était assis autour de la table.  Julie comme à son habitude demande où en est l’activité de chacun, etc… Puis après les questions générales, Jérémy a pris la parole et a parlé de ce problème de roulement. S’en est suivi la discussion sur ces séances et le départ de Julie.

 

Jill : Quelle a été la réaction des deux autres vendeurs lorsque Julie est partie de la réunion ?

Ils étaient choqués mais pas surpris car cela fait partie de sa personnalité et de sa façon d’être. Après son départ la solution a donc été réfléchie entre les deux.

Jill : C’était donc un mal pour un bien ?

Oui, c’est cela.

 

Justine : Quelle a été la réaction de Laurie face à ce problème et sa résolution ?

Elle était contente car elle ne voulait plus du tout animer ces séances.

 

Caroline : Attendait-il [Jérémy] la réunion pour parler de ce problème ?

Oui, pourtant il a tenté d’aborder ce sujet régulièrement.

 

Elena : Est-ce qu’il y a eu une discussion entre tous les membres après l’événement de la réunion ?

Non il n’y a eu aucun échange réel si ce n’est un échange par SMS pour prévenir de la décision de Laurie et Jéremy de faire une dernière séance de sport, avec l’heure de rendez-vous.

 

2.4 Questions sur les séances de sport

 

Charlotte : Où et quand se passaient ces séances de sport ?

Au Stade Phillippidès, tous les jeudi, à 19h45.

 

Caroline : Qui assistait aux séances de sport ?

Les prospects des deux vendeuses mais pas ceux de Jérémy qui pourtant continuait d’assurer les cours.

 

Charlotte : Est-ce que les vendeurs étaient habilité à donner des séances de sport ?

Non pas spécialement puisqu’il s’agissait plus de séance d’animation que de réel entraînement sportif, ils ne sont pas coachs sportifs mais coachs “bien-être”.

 

Nikita : Comment se décidait l’animation des séances de sport ?

Au départ tous devaient être présents et chacun animait tel ou tel exercice de la séance. Mais à force d’avoir ces désistements, Jérémy s’est finalement retrouvé seul.

 

Nayely : Est-ce qu’il y avait une programmation écrite des séances et de qui devait l’animer ?

Oui, il y avait toujours une trace écrite, la trame du déroulement de la séance exercice par exercice avec les animateurs associés à celle-ci.

 

Charlotte : Est-ce que ces séances avaient du succès ?

Oui, il y avait beaucoup de participants mais il y a avait un faible taux de conversion de prospect à client.

 

Nikita : Est-ce que tu avais des retours des participants concernant ces séances de sport ?

Oui, ils en étaient très content de manière générale.

 

Nayely : Ce problème de séances de sport avait déjà été évoqué auparavant ?

Oui, lors de chaque organisation des séances, la question se posait mais Julie et Laurie se désistaient à chaque fois.

 

Elena : Est-ce que Laurie le disait devant les autres qu’elle ne voulait pas animer ces séances ?

Non, elle ne me l’a dit que lors d’un échange informel en absence des deux autres, elle n’avait pas envie d’évoquer la nature complexe de sa situation personnelle.

 

Nikita : Y avait-il des raisons précises aux désistements des animateurs ?

Concernant Laurie, elle avait des raisons personnelles valables mais pour ce qui est de Julie, elle n’en avait simplement pas envie et ne ressentait pas le besoin de se justifier.

 

Caroline : Ont-ils abandonné les séances de sport ? Étaient-elles importantes, quelle en était la finalité ? Est-ce que ces séances sont terminées à jamais ?

Oui, la décision finale d’arrêter s’est faite à trois. C’est terminé pour l’instant mais l’idée de la réinstaurer reste

 

toujours une possibilité. Les séances de sport permettaient de proposer un programme nutritif et donc de vendre des produits Herbalifes aux participants présents, en complément de cette séance de sport, dans le but d’accroître son chiffre d’affaires et portefeuille clients.

 

Marie : De quoi à parlé le discours de ta tutrice à la séance finale ?

Elle a parlé de l’activité, des programmes nutritionnels, de son expérience personnelle en tant qu’utilisatrice de ceux-ci et de sa joie d’avoir partagé avec eux ces moments. Elle a en quelque sorte redit ce que les autres avaient dit, mais dans une optique “je fais le discours final”.

 

Professeur : As-tu animé des séances ?

Non mais dès le début j’ai voulu apporter mon soutien à Jérémy dans son problème.

 

2.5 Questions sur l’équipe, la mutualisation

 

Nikita : Combien de personne y avait-il au total  dans l’équipe ?

Seulement Julie, Laurie et Jérémy.

 

Justine : Le club était-il géré par les trois vendeurs ?

Oui, il était loué par les trois équitablement.

 

Mathilde : Le club était-il loué par les trois ?

Oui.

 

Marie : Est-ce que ça fait longtemps que leur collectif existe ?

Cela fait 5 mois qu’ils travaillaient ensemble.

 

Nikita : Pourquoi ont-ils ressenti la nécessité d’avoir un club, un local ?

Ils avaient beaucoup de clients, qu’ils recevaient à l’origine chez Julie qui avait aménagé un étage dédié à la réception des prospects et client. Rapidement le lieu était trop petit puisqu’ils ne pouvaient pas recevoir plus de deux clients à la fois. D’où le fait de chercher un local plus spacieux.

 

Charlotte : Est-ce qu’ils faisaient des réunions de mise au point de manière régulière ?

Oui, il y en avait toutes les deux semaines.

 

Nayely : Comment se faisait l’organisation au niveau des horaires de chacun ?

C’était libre, il n’y avait pas de quotas ou de plages horaire à respecter en particulier.

 

Caroline : Est-ce qu’être vendeur était leur seul travail de chacun ?

Julie est commerçante dans une entreprise d’énergie à mi-temps et les deux autres étaient vendeurs à plein temps.

 

Professeur : Est-ce que les vendeurs travaillaient par secteur pour le démarchage de leur client ?

Non, c’était libre mais ça restait à échelle locale, en faisant tout pour ne pas “voler” les prospects des uns ou des autres.

 

III – PHASE D’INTERPRÉTATION

Dans cette troisième phase, aucune hypothèse ni plan d’action à proprement parlé ont été suggérés. Cependant, nous relevons des pistes de réflexions intéressantes.

 

3.1 Interprétations et avis globaux

 

Mathilde : Je comprends Julie dans sa réaction. Elle a un second travail donc cela peut parfois être difficile d’assurer ces séances de sport, mais elle n’aurait pas dû partir durant la réunion. S’ils sont indépendants à la base, dès le départ ils n’auraient pas dû faire équipe.

 

Marie : Laurie aurait aussi dû discuter plutôt de ses problèmes personnels pour dégager une solution rapidement plutôt que d’abandonner le projet petit à petit.

 

Jill : Julie n’aurait pas dû se braquer le jour de la réunion et discuter, tout simplement.

 

Mathilde : Jérémy et Laurie auraient dû trouver un compromis pour assurer les séances vu que vendeur est leur seule activité professionnelle et qu’ils ont donc plus de temps que Julie.

 

Marie : Ce n’était qu’un problème de motivation, et c’est dommage de perdre ces séances.

 

Justine : Si on s’intéresse aux relations transactionnelles : Julie était “enfant” lors de la réunion, elle est partie au lieu d’assumer et de répondre en tant qu’adulte.

 

3.2 Type d’organisation

 

Professeur : Quel est le type d’organisation ?

 

Jill : Je pense que c’est une structure divisionnalisée car il y a de multiples vendeurs indépendants en France avec à la tête Herbalife en guise de sommet et d’englobement.

 

3.3 Type de couplage

 

Professeur : Quel est le type de couplage ?

 

Caroline : C’est un couplage de communauté.

 

Professeur : Exact. Un couplage de communauté présente des liens faibles, un intérêt à se regrouper en équipe et à mutualiser des ressources communes mais toujours dans un but de réussite personnelle. Il y a l’émergence d’une construction d’un collectif avec comme question : qui sommes nous et qu’allons nous faire ensemble ? La communication existe pour gérer ce genre de choses.

 

3.4 La concurrence

 

Mathilde : L’organisation est étrange puisqu’ils sont vendeurs indépendants, il y a forcément un esprit de concurrence non assumé.

 

Professeur : Ce sont des techniques qui marchent, elles sont adoptées par les dentistes ou les médecins par exemple.

 

Marion : L’esprit de concurrence est présent obligatoirement ne serait-ce qu’au niveau du partage des clients.

 

Mathilde : Ils restent des vendeurs indépendants qui cherchent des mêmes clients sur un même secteur.

 

Professeur : Il y a des situations intermédiaires existantes entre concurrence et association car c’est dans leur intérêt de s’associer et laisser de côté la concurrence, c’est un besoin pour leur existence propre. Et bien sûr se pose la question des normes d’équipe et d’organisation : qui est chef?, qui assume quoi?, etc.

 

3.5 Zone d’incertitude, les règles, les rôles

 

Nayely : Les rôles dans les relations ne sont pas définis et Julie a voulu faire son discours final comme si elle était au dessus. Ce qui accentue cette situation de trouble hiérarchique.

 

Jill : Il y a quand même un besoin de clarifier le rôle de chacun au sein de l’équipe; savoir qui est leader, etc ..

 

Nikita : Il y a un besoin de définir les rôles de chacun par rapport au collectif et en général dans l’autorigramme.

 

Professeur : Quelle est la zone d’incertitude exploitée ?

 

Marie : Les règles de l’organisation.

 

Professeur : Oui car les règles continueront à objectiver la manière d’être de chacun et prendra le pied sur leurs réactions.

 

Jill : Il est nécessaire que chacun ait un poste particulier dans le collectif.

 

Marie : Il leur faut définir les objectifs et les voies pour y arriver.

 

Jill : Peut-être avoir plus de communication entre les membres lors de situations comme celle de la réunion, pour éviter une potentielle source de conflit à l’avenir.

 

Professeur : Et si ce n’est pas fait, s’ils ne maîtrisent pas cette zone, quel est le piège ?

 

Marie : Que chacun face à sa manière et selon ses propres règles.

 

Professeur : Dans la communication, on travaille souvent sur du long terme et l’équipe se brise car chacun pense qu’il n’y aura aucun apport dans l’instant quant à revoir l’organisation de leur groupe.

 

Marie : Il devrait y avoir une trace écrite de tous les projets et leur objectifs pour clarifier les tâches et le fonctionnement de l’équipe dans son ensemble.

 

Professeur : Et ceci se fait par le partage du budget, humain et monétaire, selon les objectifs. Ce qui renvoie à la formalisation de leur organisation.

 

VI – RETOUR DU RAPPORTEUR – ISAAC MAAMOUCHE

 

4.1 La phase de questionnement

 

La phase de questionnement a été un peu brouillon. Il n’y a pas eu d’attardement sur des points en particulier mais plus une sorte de jonglerie : les questions passaient d’un sujet à l’autre, tantôt sur Julie, son rôle de stagiaire, ses apports et ses responsabilités et tantôt sur les séances de sport, source du problème.

Les questions ont beaucoup porté sur les séances en elles-mêmes (lieu, contenu des séances, etc) plus que sur le problème généré et les causes/conséquences de ce dernier.

Plus tard, les interviewers se sont recentrés et se sont intéressés aux relations qu’entretenaient les membres auparavant : depuis combien de temps travaillaient-ils ensemble?, sur leur mode de fonctionnement si particulier, et enfin sur leurs relations actuelles.

 

4.2 La phase d’interprétation

 

La phase d’interprétation a été un peu lente à démarrer avec tout d’abord, des énonciations d’avis personnels sur les trois vendeurs et la situation conflictuelle qu’ils ont rencontrée. S’en est suivi ensuite une intervention de notre professeur afin de donner des pistes d’analyses et de permettre d’orienter la discussion vers les hypothèses autour du type de relation transactionnelle et de couplage.

Pour terminer, les discussions se sont concentrées sur les besoins auxquels l’équipe de vendeurs devait à tout prix répondre afin de préserver la pérennité de leur association en vue de formaliser et consolider leur travail collectif :

  • La définition d’un autorigramme clair,
  • Une meilleure allocation du budget humain et monétaire,
  • Une meilleure répartition de tâches,
  • La définition précises des objectifs du groupe.

 

V – RETOUR DE L’OBSERVATRICE – ISA-LYS VALET

 

5.1 Narration de la situation de communication

 

Durant cette première phase, le public a les yeux rivés sur Julie.

Julie, quant à elle, adopte une posture dynamique, avec des gestes rythmiques au commencement de la narration (au dessus de la table) puis des gestes d’auto-contact (sous la table). Elle a une voix claire, d’une hauteur normale et une élocution plutôt hésitante; elle semble gênée.

 

5.2 La phase de questions

 

Durant la deuxième phase, absolument tout le monde a les jambes croisées. Les personnes posant des questions ont beaucoup de gestes d’auto-contact, soit en touchant leur visage, soit en jouant avec leur stylo.

Tout le monde est très attentif, chacun regarde la personne qui parle; ce qui construit un schéma solaire avec Julie en place centrale. Au fil du temps les participants deviennent de moins en moins attentifs aux questions et adoptent une posture de renfermement : la plupart ont soit les bras croisés, soit un bras qui touche l’autre. Petit à petit, les questions s’essoufflent et les interviewers sont ceux spatialement proches de nous (allées de gauche et de droite).

En ce qui concerne Julie, elle conserve ses gestes rythmiques et paraît de plus en plus à l’aise quand elle répond aux questions. Bien qu’elle regarde la personne quand celle-ci pose une question, elle à cependant le regard fuyant quand elle y répond.

 

5.3 La phase d’interprétation

 

Lors de cette troisième et dernière phase, les participants sont plus à l’aise pour parler que lors de la phase précédente. Ils adoptent des gestes référentiels et enchaînent très vite d’une question à une autre, se coupent presque la parole entre eux. Quand notre professeur parle ou questionne les participants, la moitié des personnes ont le regard soit ailleurs, soit fuyant et leurs pieds remuent.