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Entretien de Stéphane Thiallier, community manager chez DELL par Ambre MOULY, Laslo IDE et Blue ANDERSSON

dimanche 18 novembre 2018

Dans le cadre d’un travail à rendre, nous avons interviewé Stéphane Thiallier, community manager chez DELL à Montpellier. L’interview s’est déroulée le 6 novembre dans le bureau de l’interviewé. Il nous a d’abord fait visiter les locaux de l’entreprise avant de répondre à nos questions. 

Laslo : Merci d’avoir accepté notre interview, nous allons répéter le contrat déontologique, vous êtes bien d’accord que l’on enregistre vos réponses afin de les retranscrire et les publier sur un blog de la licence Info-Com?

Stéphane : Oui, bien sûr. Tout d’abord je tiens à préciser que je parle uniquement en mon nom et non en celui de Dell.

Laslo : Super. Tout d’abord, en quoi consiste votre métier?

Stéphane : Mon métier est intitulé « community manager ». Le but du community manager en tout cas chez Dell, car il peut y avoir plusieurs facettes du métier selon les entreprises, est de gérer une communauté. Plus particulièrement fournir de l’aide aux clients via les réseaux sociaux. Peu importe l’utilisateur qui va interagir avec nous sur les plateformes numériques, il faut quelqu’un derrière qui puisse répondre et aider les clients de la manière la plus transparente possible. Je suis en charge pour l’entreprise DELL de tout ce qui est relation online pour les professionnels francophones. Je dois faire en sorte qu’en fonction des différentes plateformes choisies (forums, Twitter…) qu’il y ait de l’activité, par la publication de contenu ou par l’interaction avec les utilisateurs. Je m’occupe également de l’animation des webinaires* qui sont des sessions de partage en ligne interactive durant une heure où un spécialiste va présenter un sujet et répondre en direct aux questions des clients présents sur la session.

Laslo : D’accord et ces séances en ligne avec les spécialistes et les clients, c’est suite à la demande d’un client qui va vouloir avoir des précisions sur un produit ou régler un problème en particulier ou ça va être plutôt une présentation générale?

Stéphane : Ces présentations sont ciblées, elles ont pour objectif de donner un maximum d’informations au client pour qu’il soit le plus autonome possible. L’autonomie fait qu’il va pouvoir trouver la réponse par lui même ou en tout cas, être plus efficace lorsqu’il appellera le support technique : cela va permettre d’aboutir plus rapidement à un diagnostic puis une résolution de la panne. Ces webinaires ne sont pas choisis au hasard, ils sont choisis sur deux critères : premièrement l’intérêt du client. On ne va pas faire des webinaires très techniques, il faut qu’un maximum d’utilisateurs s’identifient aux sujets proposés. La deuxième chose c’est qu’on va essayer d’analyser les différents types d’appel qu’on a au support technique afin d’identifier les problèmes récurrents. On focalisera alors les webinaires du trimestre suivant d’après les types de questions les plus fréquemment posées. Le but étant de réduire les appels, avec une quarantaine d’inscrits en moyenne par webinaire et une dizaine de webinaires proposés chaque trimestre, on va pouvoir toucher un maximum de public et former les clients. DELL Montpellier est un centre d’expertise. Nous faisons en sorte (au niveau de l’équipe Social Media) de fournir aux clients des informations pratiques afin que les problèmes les plus simples tel qu’un remplacement de disque puisse être effectué par eux-même. Cela laisse plus de disponibilité du support pour les cas les plus complexes.

Laslo : Est-ce l’idée que vous vous étiez faites de ce métier? Quelles ont été les raisons qui vous ont amené à faire ce métier ?

Stéphane :  Le métier de community manager ça m’est un peu tombé dessus. Je suis rentré chez DELL au support technique.J’ai été à ce poste pendant 3 ans. Il y a beaucoup de possibilités d’évolution chez DELL. Un jour un collègue est venu me voir pour me dire qu’un poste de Community Manager allait bientôt se libérer. J’ai donc été voir la personne en poste pour faire des vis ma vie afin de déterminer les compétences requises pour ce métier. Je savais que pour la partie orthographe et communication j’avais des facilités, de plus j’avais une solide expérience technique acquise pendant mes années au support. J’ai abordé ce recrutement en toute confiance, je l’ai bien préparé et j’ai été pris. C’est l’idée de ce métier que je me faisais sur certains points et pas sur d’autres, car ce que je fais aujourd’hui n’a rien avoir avec ce que j’ai fait quand j’ai commencé. Il y a 5 ans l’activité Social media était quelque chose de récent pour DELL, et les réseaux sociaux venaient d’émerger. Les objectifs n’étaient donc pas les mêmes au début. Le but était par exemple d’avoir un maximum de followers alors qu’on sait aujourd’hui que ce n’est pas le nombre de followers qui fait l’activité. On a donc fait évoluer le métier en même temps que nous : les webinaires ça n’existaient pas, on était focalisé principalement sur Twitter… alors que maintenant on travail sur un panel d’activité beaucoup plus large. La partie communication, échange avec le client c’est ce que à quoi je m’attendais mais je me suis rendu compte que c’était beaucoup plus que ça, il y a aussi une partie stratégique très importante dans ce métier. Quand j’ai démarré, la plupart des gens qui me croisaient me disaient « ça tweete » (rires) c’était très sectaire comme perception de mon métier, mais en 2 ans j’ai pu expliquer, montrer aux gens, que derrière l’usage de Twitter, ce n’était pas quelqu’un qui restait toute sa journée connecté à lire les tweets de son fil d’actualité. Il faut enlever cette fausse image du community qui est derrière son écran, sur Facebook &  Youtube toute la journée. Faut démystifier ça, faire comprendre en interne que c’est un travaille complexe et que l’ensemble des employés voient l’utilité de nos actions quotidiennes avec le client.

Laslo : C’est donc DELL qui oriente les postes en repérant vos qualités, vos prédispositions pour certaines tâches etc?

Stéphane : Oui bien sûr, ce qu’il faut savoir chez DELL, c’est que dans le monde, on doit être plus de 500 personnes qui travaillent uniquement sur cette spécialité du community management. On a donc bien évidemment  une gouvernance et des codes, on travaille en équipe globale. Tout d’abord on doit respecter les valeurs la marque, ne jamais la mettre en porte à faux. Quand il y a des sujet qui sont relatifs à l’actualité (comme les failles spectre & meldown liées aux processeurs Intel), on se doit en tant que community manager d’être vigilant et de ne communiquer dans ce cas précis que des informations validées par l’équipe de communication interne. C’est toujours dans un cadre de transparence, mais la réponse doit être la même dans chaque pays quand c’est un sujet sensible.

Laslo : Quelles études avez-vous faites ?

Stéphane : J’ai un parcours très atypique. Pour arriver au métier de community manager, je suis passé par l’informatique, ce qui a fait que je suis devenu community manager, c’est l’opportunité d’être dans une grande entreprise telle que DELL et d’avoir su exploiter mes capacités techniques et communicantes. Aujourd’hui on peu suivre une filière dans le marketing digital pour rentrer dans ces métiers-là. l’autre possibilité c’est de bien connaître le métier de l’entreprise pour dire « je suis la personne qui vais pouvoir défendre et représenter l’entreprise au mieux sur les réseaux sociaux ». J’ai fait un BTS en informatique de gestion puis un bac+4 en ingénierie des systèmes d’information. Si je suis community manager aujourd’hui c’est vraiment par opportunité interne, ce n’était pas quelque chose de prévu, ni la suite logique de mes études. Elles m’ont apporté un plus car je maîtrisais bien l’informatique et donneront peut-être lieu à une évolution car je suis le seul community manager francophone pour les professionnels sur le site DELL, je cultive donc ma différence.

Laslo : Comment vous sentez-vous au sein de l’entreprise au quotidien ? On a vu que c’était super lumineux, coloré…

Stéphane : Je me sens bien. L’idée de DELL c’est d’avoir des espaces café, des espaces de rencontres, on est beaucoup dans la communication entre les différents services. Quand je parle de community manager, je passe autant de temps à mon poste qu’à aller voir les gens a leur bureau pour leur demander de l’aide ou autour d’un café. C’est très important car c’est avec ces discussions informelles que les choses avancent. Vous avez aussi vu nos multiples salles de réunions qui nous permettent de travailler dans le calme. En tant que community manager je peux bénéficier d’un jour de télétravail* par semaine. C’est très appréciable pour l’équilibre famille-travail. Chez Dell, les employés peuvent également se retrouver au seins des différents ERG (Employees Ressource Group) cela permet de nous fédérer autour d’une thématique extra-entreprise comme l’écologie ou le handicap par exemple. Pendant nos heures de travail, nous pouvons nous retrouver entre nous pour discuter sur des thématiques qui font avancer des causes ou également faire du bénévolat.

Ambre : Depuis combien de temps exercez-vous cette profession?

Stéphane : Ça va faire 5 ans, c’est donc assez récent.

Ambre : Comment se déroule une journée type chez DELL?

Stéphane : En premier, j’ouvre ma boite mail. Il y a une telle volumétrie de demande aujourd’hui que je suis obligé d’organiser mon travail, de l’automatiser. Je mets un certain nombre de règles sur mon ordinateur : toutes les demandes qui sont arrivées la veille ou dans la journée ou la nuit sous forme de notifications vont être triées. Je vais pouvoir commencer à travailler sur chacune des demandes. J’échange d’abord avec mes clients qui ont des problématiques simples pour leur répondre rapidement. Ensuite, je vais pouvoir travailler sur les dossiers demandant plus d’expertise. J’ai des clients qui vont m’envoyer, pour une problématique donnée un zip contenant des fichiers que je vais devoir analyser pour comprendre leur problème. Ces échanges de données se font en privé, jamais sur les messages public pour respecter la confidentialité du client. Une fois l’analyse des logs faite, je vais pouvoir recontacter le client pour lui proposer un plan d’action qui inclura des mises à jour ou le remplacement de pièces défectueuses. Sur la partie projet de mon métier, les webinaires en font partie et sont à planifier sur le long terme : anticiper les sujets du prochain trimestre, sélectionner les experts qui vont participer, réserver les salles, envoyer des communications aux clients…. le métier est une bonne balance à trouver entre la partie réactive au jour le jour (réponses aux clients), et la partie proactive avec tous les projets annexes, comme l’étude de faisabilité sur le lancement d’une nouvelle plateforme par exemple. Enfin, mon agenda est complété par les réunions régulières avec mes homologues basés dans les différents pays tels que les Etats-Unis, l’Irlande, l’Ecosse et l’Allemagne pour essayer d’uniformiser, d’harmoniser, la façon dont on travaille et définir de nouveaux projets. Les réseaux sociaux sont extrêmement évolutifs donc on se doit de se réinventer chaque jour et s’adapter.

Ambre :  Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ?

Stéphane : Bonne question. Les avantages, j’en vois plein, aujourd’hui je fais un métier qui me plait, un métier dans lequel je vais vraiment aider le client de façon sincère et transparente. Je fais fournir des informations utiles aux clients qui me posent des questions et gérer également les clients mécontents qui utilisent les réseaux sociaux pour se plaindre. Le but c’est d’apporter une réponse en public, que le client donne suite où non afin de montrer que Dell est présent et attentif aux différentes sollicitations. Cette partie relationnelle est vraiment très riche. Je m’occupe aussi de certaines visites clients sur site pour leur présenter les outils en ligne disponibles pour eux et notre activité Social Media. Le fait de rencontrer les clients, on se rend compte de leurs contexte de travail. Pour des entreprise dans le secteur bancaire par exemple, je ne peut pas leur proposer Twitter car cela serait contraire à leur politique de sûreté. C’est à nous de réinventer la relation client, en proposant une plateforme en ligne adapté aux contraintes de chaque entreprise. Il faut les aider à adopter ces nouveaux outils qui leur feront gagner du temps. Sur les inconvénients je dirais qu’il n’y a pas une journée de travail qui se ressemble. On va se dire c’est bon j’ai tout planifié, et on se rend compte que 15 demandes arrivent en même temps : on doit alors changer rapidement son organisation. C’est assez contraignant, ça m’oblige à avoir le cerveau en ébullition constante, c’est très dur de se concentrer sur une tâche de long terme car on est toujours très sollicité : mails, réseaux sociaux, messagerie instantanée… Il faut savoir prendre du recul pour éviter d’absorber le stress lié à une hyper-connectivité propre à ce métier.

Ambre : Avez-vous des conseils ou des recommandations pour nous, qui sommes intéressés par ce métier ?

Stéphane : Pour être community manager, pour moi, il n’y a pas une seule façon de l’être, il faut s’intéresser à l’entreprise, dans le domaine dans lequel on voudrait être community manager, être « une référence » comme le font les youtubeurs par exemple, pour moi ils ont tout compris : ils sont leur propre community manager, ils gèrent leur communauté, leur image de marque, ils sont spécialistes dans un domaine, et non dans plusieurs. Ils choisissent leur domaine et sont hyper communiquant. Il faut aussi avoir une orthographe impeccable évidemment, être le plus convaincant possible, savoir se vendre.

Ambre : Selon vous, quelles qualités doit-on avoir pour être un bon community manager ?

Stéphane : L’empathie, car quand une personne tape du texte derrière son ordinateur, on sait pas si au fond elle est neutre, en colère, triste ou ironique. Si elle met un smiley çà peut nous aider mais c’est rarement le cas. Il faut avoir du recul pour essayer de comprendre ce que la personne veut vraiment. Il faut aussi être bon communicant, essayer vraiment d’être le plus transparent possible pour autant si on ne peut pas aider le client, on ne va pas lui mentir. C’est essayer vraiment d’aider de manière neutre et professionnelle. Je me suis déjà fait insulter sur les réseaux sociaux, il faut prendre du recul par rapport à ça, dire « monsieur vous n’avez pas fait à agir comme ça. Pour autant, s’il a besoin d’aide je reste disponible. Faut savoir recadrer les gens mais en douceur, de manière correcte, car on représente une marque. La personne n’est pas énervée après nous mais après la marque, il faut vraiment faire cette part des choses. Pour moi les qualités essentielles sont le sang-froid, l’empathie, et le bon sens.

Ambre : Il y a quelques années ce métier n’existait pas. Comment pensez-vous qu’il va évoluer dans le temps ?

Stéphane : Je pense que le métier de community manager va devenir une norme, c’est à dire que qu’il ne faut plus se poser la question si on va sur les réseaux sociaux ou non, il faut y être. Pour moi c’est un métier multi-facette, on peut avoir un community manager qui va avoir comme mission uniquement de publier du contenu. Sur mon poste en tout cas, je suis polyvalent : je réponds et je fais de la publication. Pour autant, on peut segmenter les rôles : un community manager qui fait que répondre et un autre qui fait que publier, un community qui fait que de l’infographie, tout dépend de la taille de l’entreprise, tout dépend de l’investissement que souhaite mettre l’entreprise dans le community management. DELL est une grande entreprise, il y a donc plusieurs employés qui sont dédiés au community management. Selon les pays la taille des équipes va différer : là où je suis le seul pour la partie francophone pour les pro, sur la Chine ils sont par exemple 120 ou 140 à répondre à « Wechat » pour les particuliers. Selon les pays nous ne sommes pas présents sur les mêmes réseaux sociaux. 
Le poste de community manager c’est un ensemble de mission variées, mais il faudra voir quels sont les besoins de chaque entreprise par rapport à ça, on peut utiliser une facette ou plusieurs facettes, pour moi ce métier est un « couteau-suisse ».

Ambre : Quels type de logiciels et de technologies utilisez-vous pour votre travail ?

Stéphane : On va utiliser un logiciel qui interconnecte tous les réseaux sociaux. Pourquoi ? Ce logiciel va permettre d’abord d’avoir une notion de répartition de charges c’est à dire que si un client me pose une question sur Twitter alors que je suis parti en pause déjeuner, il faut que mon collègue puisse lui répondre. Il y a donc un système automatisé qui va faire en sorte que la demande qu’elle soit publique ou privée va arriver à mon collègue qui est connecté si moi je ne le suis pas. Ces outils-là, on va les connecter sur Facebook, Twitter, Linkedin, le forum communautaire… L’objectif c’est aussi de mesurer les temps de réponses. Chez DELL on se donne maximum 1h pour répondre sur la partie Twitter, Facebook, on essaye de répondre aux clients dans l’heure qui suit, ça ça demande également une logistique humaine, On fait cela parce que si l’utilisateur trouve une réponse plus rapide sur les réseaux sociaux, ce qui est aujourd’hui la norme, il va privilégier ce canal et réduire ses appels au support. Si on propose au client de venir sur Twitter et qu’on répond au bout de 4 jours les gens vont naturellement abandonner ce service. C’est important, quand on met en place une plateforme qu’il y est une qualité de service derrière, même si c’est gratuit. De manière indirecte le client a déjà payé car son équipement est sous garantie, il a donc accès à ces services-là de façon transparente. Le logiciel que l’on utilise s’appelle Sprinkler. Nous utilisons aussi bien entendu les outils bureautiques, mais Sprinkler c’est vraiment celui qu’on utilise en priorité, il permet de tout planifier, et de mettre toute l’activité social-media sur la même interface.

Laslo : Et j’avais une dernière question, est-ce que l’activité aide au référencement ? Par exemple si vous êtes plus ou moins actifs sur les réseaux sociaux, ça va influencer votre référencement, par exemple de pages Facebook ou autres ? Il me semblait que c’était avéré.

Stéphane : Très bonne question. C’est toujours la question entre le SEO et le SMO, le SEO c’est Search Engine Optimization, c’est comment faire en sorte que Google connaisse toutes mes pages et que je sois sur la première page de Google. Le SMO c’est comment faire en sorte de réaliser une communication omnichannel* : quand je fais un webinaire je vais faire une communication sur Twitter, et dire « attention on a le webinaire qui arrive dans une semaine » et à la fin de ce webinaire dire « si vous voulez retrouver la présentation allez sur le forum communautaire pour la télécharger ». Le but étant que le client utilise un maximum de plateformes, pas une seule, il ne doit pas être captif. C’est le client qui va choisir tel ou tel plateforme selon son profil, typiquement pour les professionnels je n’ai jamais de demandes sur Facebook, pourquoi ? je suppose que les clients pros n’ont pas envie de mélanger vie privée et activité professionnelle. Le grand public lui utilise majoritairement Facebook. Ce que j’essaie de faire sur la partie forum,  quand je communique avec un client, je réponds de façon détaillée, comme cela j’anticipe d’autres problèmes éventuels et j’ai un meilleur référencement de ma réponse. Le bénéfice indirect est que n’importe quel client qui va venir sur le sujet du premier client va pouvoir solutionner son problème sans même me poser la question. En faisant cela je vais potentiellement répondre à 100, 200 autres clients ; ce qu’on appelle le one-to-many. Aujourd’hui Google nous apporte 90% du trafic sur nos articles de base de connaissances alors que les réseaux sociaux seulement 2 à 3%. C’est un bon complément, ça nous permet d’acquérir des contacts supplémentaires en plus du référencement naturel de google. Youtube, est le deuxième moteur de recherche après Google il est donc indispensable pour nous d’animer également un canal vidéo comme DellVousAide, pour publier des vidéos d’assistance . Cela nous permet d’analyser combien de fois elles sont vues, quelles sont les thématiques les plus regardées… il y a un énorme travail de statistiques dans ce métier.

 Ambre : Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à ces questions.

Stéphane : Merci à vous!

 

LEXIQUE :

webinaire : webinaire est un mot-valise associant les mots web et séminaire, créé pour désigner toutes les formes de réunions interactives de type séminaire faites via internetgénéralement dans un but de travail collaboratif ou d’enseignement à distance.

télétravail : activité professionnelle exercée à distance (d’une entreprise), grâce aux outils de télécommunication.

omnichannel : omnichannel est une stratégie de contenu multicanal utilisée par les organisations pour améliorer l’expérience de leurs utilisateurs. Plutôt que de travailler en parallèle, les canaux de communication et leurs ressources auxiliaires sont conçus et orchestrés pour coopérer.

Nous remercions encore Stéphane Thiallier pour son professionnalisme, et d’avoir pris le temps de répondre à nos questions sur ses heures de travail, ce fut une expérience très enrichissante.

MOULY Ambre, IDE Laslo, ANDERSSON Blue G3

Entretiens avec Amélie Morin et Clément Pouyatos community manager au Montpellier Hérault Sport Club

dimanche 18 novembre 2018

Interview de Amélie Morin et Clément Pouyatos, Community Manager au Montpelier Hérault Sport Club (MHSC), au 2733 Avenue Albert Einstein à Montpellier.

Nous avons interviewé Amélie Morin et Clément Pouyatos dans l’objectif du cours Pratique et Projet Professionnel, cela s’est déroulé au siège sociale du club, l’interview a duré précisément 59m30s. L’entretien se passe le lendemain d’une victoire de l’équipe professionnelle masculine contre l’Olympique de Marseille.

(AM : Amélie Morin/ CP : Clément Pouyatos/ ML : Maxime Lessene/ WD : Walid Dehili/ IM : Issam Mahmouch)

Nous souhaitons tout d’abord, remercier Amélie Morin et Clément Pouyatos de nous avoir accordé 1h de leurs temps ainsi qu’au Montpelier Hérault Sport Club de nous avoir accueillis dans leurs bureaux.

Toutes légendes seront adjacentes au mot qu’elle explique dans le texte pour une meilleure compréhension.

WD : Je vous remercie tout d’abord de nous consacrer du temps.

IM : Merci.

AM : C’est avec plaisir

 

ML : Alors on va commencer par vous demander de vous présenter, votre parcours, votre métier.

 

CP : Tu commences ?

AM : Allez, du coup moi c’est Amélie, Amélie Morin, ça fait à peu près 5 ans et demi que je suis au club, donc j’ai fait un parcours communication et en master j’ai décidé de me réorienter un petit peu, de me cibler vraiment dans le domaine du sport parce que c’était là-dedans que je voulais travailler. Donc je suis allé à STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) et pour 1 an. Et après j’ai fait un master de marketing du sport à Richter, donc il y avait des cours aussi à STAPS et j’avais un stage de fin d’étude, donc j’ai postulé ici, j’ai été prise et donc à l’issu de mon stage, j’ai été embauché donc en tant que graphiste; ils n’avaient pas de graphiste, ils traitaient avec un agence de publicité à l’époque et ils m’ont embauché et petit à petit j’ai commencé un petit peu à m’occuper des réseaux sociaux, faut savoir qu’on a un service un petit peu polyvalent, on est 6 et on est tous polyvalent. On fait tous plusieurs métiers on va dire et en plus d’être graphiste j’ai commencé notamment à m’occuper un peu plus que les autres des réseaux sociaux et c’est comme ça que je suis devenu community manager attitré on va dire, c’était il y a quoi ? Il y a à peu près 2 ans donc voilà et puis Clément nous a rejoints, je te laisse te présenter [rire].

CP : Clément Pouyatos, donc moi je vais vous dire d’abord un peu mon parcours, j’ai fait un DUT (Diplôme Universitaire Technologique) service et réseaux de communication à Tarbes, qui s’appelle maintenant MMI (Métiers du Multimédia et de l’Internet) qui est du multimédia. Ensuite j’ai fait une Licence 3, un peu un dérivé de Staps, c’est Staps mais sans avoir fait le cursus Staps à Toulouse donc ça s’appelait Métier du Sport, donc tu voyais un peu tout, c’était pareil assez général un peu toute la communication le marketing le droit tout ça et toujours orienté sport et ensuite j’ai fait mon M1 et mon M2 à Bayonne, c’était un Master Métier dans le Sport juste dans la communication le management le marketing et c’est surtout dans les clubs professionnels. Donc on voyait à chaque fois un peu je pense quand même comme on a vu Amélie dans le marketing sport sauf que moi c’était orienté club professionnel et j’ai fait du coup mon stage de fin d’étude ici à Montpellier, c’était plus dans la vidéo, reportage vidéo et à la fin de mon stage c’est pareil, j’ai étais embauché en tant que JRI et assistant de communication donc c’est Journaliste Reporter d’Image en gros je film et je monte mes reportages et c’était plus le centre de formation et les féminines et après j’ai dépanné quelques fois sur les pros donc j’ai fait 6 mois comme ça et ensuite à la fin du stage j’ai été embauché en tant que assistant de communication et JRI et on se partage un peu les rôles du Community Management avec Amélie, on va dire que c’est la chef Community Manager [rire] et je l’aide un peu sur tout, sur tout le reste.

AM : Après Clément il a un côté vachement, dans son sens, il a un côté assez créatif et du coup on est vachement complémentaire au final, fin pour moi il y a pas forcément de hiérarchie c’est vrai que du fait que j’étais là avant lui forcément j’ai peut-être un peu plus un rôle de cadre à ce niveau-là mais au final on se complète vachement et notamment je sais pas si vous nous suivez sur les réseaux sociaux, j’espère que vous nous suivez sur les réseaux sociaux, tout ce qui est  »chasses aux places », les trois quart du temps c’est lui c’est sur Snapchat alors j’explique un peu pour l’entretien c’est pour faire gagner des places pour le match qui va venir donc via à une « chasse au place » à un coté vraiment ludique, un coté jeu c’est lui qui s’en occupe et souvent quand il y a des petits trucs un peu décalés c’est vrai que c’est plus Clément qui le fait ça c’est un peu plus son truc ça nous permet d’être un peu complémentaire au niveau des profils aussi.

 

ML : J’aimerai savoir comment les rôles sont répartis dans toute l’équipe ? Est-ce que il y en a un qui doit gérer, par exemple Twitter, l’autre Instagram ou c’est vraiment selon les besoins du moment ?

 

AM : Alors il y a les 2, c’est à dire que normalement comme vous l’a dit Clément, il s’occupe un petit peu plus de tout ce qui est féminine et centre de formation peu importe les réseaux en fait sur tout, après moi c’est un peu plus de tous ce qui est pro ou ouais ou quoi tu as le fond de dotation

CP : je travaille aussi sur le fond de dotation, c’est la fondation, on va dire.

AM : On a des sujets attitrés après quand il n’est pas là ou quand il en a un qui est dans le jus, on se dispache les tâches mais c’est vrai qu’on a un petit peu des rôles plus défini, on s’occupe de tous les réseaux

CP : Après quand on parle de réseaux sociaux, on ne sépare pas Twitter Snapchat Instagram c’est à dire que par exemple je dis : je vais faire les réseaux sociaux de telle équipe, c’est tous les réseaux sociaux de telle équipe à ce moment-là.

AM : C’est vrai par contre il y a des choses des sujets qu’on décide de partager sur certains réseaux et pas sur d’autres ce qui fait partie de la stratégie des réseaux sociaux. Il y a des informations par exemple on ne va pas les mettre sur Snapchat, Snapchat c’est quand même un rôle un peu différent des autres réseaux, Facebook c’est pareil, c’est vrai que ça dépend…

CP : Ouais, on va dire que sur Facebook on est plus sur de l’information c’est à dire qu’on donne l’information on relie un peu ce qu’il y a sur le site internet, tout ce qui est Twitter on est un peu plus sur de l’info mais aussi sur du live c’est à dire que quand on a un bon truc en live à mettre on va mettre une belle photo une belle vidéo montrer que c’est de l’actu on va dire et tout ce qui est Snapchat, stories Snaptchat et stories Instagram, on est sur du format verticale, que des stories que du live et sur le mur c’est mettre des jolies photos avec de l’information mais c’est surtout visuel et ensuite juste sur le service parce qu’on leur a pas dit…

AM : Ah oui le…

CP : La globalité du service donc il y a Amélie Info graphiste et Community Management, moi JRI les filles et Community Management et aussi sur le fond de dotation et aussi il y a Nicolas qui est comme moi mais que avec les pro, c’est à dire JRI que sur les pro, il gère les déplacements, il fait des films il fait, Teddy qui est Attaché de Presse qui gère aussi le fond de dotation, donc il organise les opérations avec les écoles, les enfants dans les hôpitaux, c’est lui qui gère ça, Éric, « il a une grande casquette » [sourire] qui est…

AM : Web Master

CP : Web Master, Rédacteur et maquettiste qui fait aussi l’écho de la Mosson, c’est le programme d’avant match, il gère tout ce qui est sur le site internet tous les articles et il fait d’autres…

AM : Oui, après Éric c’est vrai qu’il est, à la base il a fait des études de journaliste donc il s’occupe de tout ce qui est rédactionnel, en effet il est webmaster. Après on a un programme de management gratuit pour les filles et pour les garçons c’est lui qui le fait à chaque fois.

CP : Ensuite il y a Kathia qui est dans la communication qui gère le service.

 

WD : Pour vous quelles sont les qualités nécessaires à votre profession de Community Manager ?

 

AM : Je pense il y a le côté créatif comme je disais tout à l’heure, le coté curieux

CP : Oui, il faut regarder souvent, quand on a du temps libre, on va regarder ce que font les autres ce qui font dans d’autres pays, dans d’autres sport, voir si on peut s’inspirer, si on peut le détourner si on peut … en fait il faut à chaque fois renouveler, si tu mets toujours pareil, toujours pareil, au final les gens ça ne les surprend pas, ça reste des trucs…

AM : Le Community Management ça va très vite donc en effet, comme il dit, après peut-être le coté organisé aussi un minimum, à la base moi je suis pas du tout organisé c’est vrai que j’ai appris à l’être. Quand on m’a donné le poste de Community Manager, officiellement on va dire, au début j’ai mis du temps à, comment dire,  vraiment prendre le rôle, justement j’étais pas organisé et maintenant on se fait vraiment un planning, donc ça c’est vraiment important surtout quand on est plusieurs dans un service, que chacun à quelque chose à publier à une heure précise et qu’on ait pas toutes les infos qui arrivent en même temps.

CP : Il faut oser aussi, je pense, je pense que nous on ne le fait peut-être pas assez mais sur certains réseaux sociaux tu peux plus oser sur Twitter, sur Snaptchat, en story, tu peux chercher des fois le côté décalé mais après on dépend aussi du sportif, c’est-à-dire que là, on fait une bonne saison donc on va dire qu’on peut faire des trucs un peu plus décalé, on peut oser, on peut aussi si on veut chambrer, charrier, on peut tandis que si t’es sur une saison ou t’es pas bien, là tu vas la jouer profil bas, ça dépend un peu du sportif, c’est ce qui nous dirige un peu.

 

ML : D’accord, et du coup, quand vous dites faut oser, mais vous avez carte blanche pour faire ce que vous voulez ?

 

AM : Non, on n’a pas carte blanche, dans l’ensemble, on n’est pas tout le temps derrière notre dos, comment dire, c’est vrai que il y a certains clubs qui ont une communication, clairement on voit que le Community Manager a carte blanche. Nous on a une direction qui n’est pas forcément justement dans la provocation ce genre de choses, donc on sait qu’il faut qu’on fasse quand même attention à ce qu’on va mettre. On ne va pas être du style à chambrer par exemple y a 2 jours, on avait la journée de la Gentillesse, moi j’avais envie de chambrer le Nîmes Olympique, c’était moi personnellement, bien évidement on l’a pas fait au final, on a été plus axé sur le fond de dotation en mettant que c’est la journée de la Gentillesse, on a mis des photos où nos joueurs et nos joueuses offraient des cadeaux aux petits. Je sais que il y a 2 ou 3 ans j’avais vu passer un poste de Saint-Etienne qui m’avait beaucoup plus où il mettait : « c’est la journée de la Gentillesse, coucou OL », avec je ne sais pas, ils avaient mis une photo qui allait bien avec le truc, on s’efforce de garder ce positionnement là de notre direction.

CP: Après tu peux jouer sur du décalé sans être méchant, il y a des clubs ils sont méchants, qui cherchent à attaquer pour faire du buzz, nous on va dire qu’on n’a pas encore l’autorisation.

AM : Oui après on n’est pas tout le temps sur notre dos mais c’est vrai que on connait un petit peu les limites qu’on a. Ca n’empêche pas quand tu fais un live ou quoi, de temps en temps de faire un petit décalé on va dire mais on a des limites qu’on essaie de respecter puis de temps en temps on fait valider aussi, quand on a des idées un peu osé on les fait valider en amont par la direction.

 

ML : D’accord, je me demandais aussi, j’ai été voir un peu tout les réseaux, j’ai remarqué vous avez quand même une grosse communauté et je me demandais comment on pouvait gérer une si grosse communauté, savoir comment ils vont réagir, comment on gère justement ?

 

CP : En faite on a une grosse communauté, par rapport à nos réseaux sociaux et le nombre d’abonnés mais on n’a pas non plus un gros engagement comme d’autres clubs. Donc on se pose peut être pas la question, c’est à dire quand on a pensé à un truc, on va pas avoir dix milles retweet comme c’est le cas dans d’autres clubs de Ligue 1, ou dans d’autres clubs européen, on se pose pas forcément la question, c’est à dire que nous on est sur notre stratégie de communication, on sait ce qu’on fait, on se dit pas ça va être bien pris, mal pris, et des fois on regarde pas forcément les commentaires parce qu’on sait qu’on va avoir certains retour, quand on va communiquer certains infos on sait que ça va être du retour négatif, mais t’es obligé de la publier, l’info. Là tu ne vas pas regarder les commentaires savoir si ils ont bien réagi ou mal réagi.

AM : Après moi je sais que personnellement, si ça tenait qu’à moi, je passerai un petit peu au-dessus parce que t’as toujours des commentaires négatifs et d’ailleurs t’as plus souvent des commentaires négatifs que positifs, enfin ça dépend des périodes parce que c’est vrai qu’en ce moment c’est que positif [rire] mais c’est vrai que il y a des fois quand on se parle beaucoup, on est dans un Open Space dans le bureau, il y a des fois quand un soumet une idée de temps en temps y’en a qui nous refrène, en disant on va se faire « déglinguer » si on met ça.

CP : Ça fait partie du truc en fait, comme dans la vie faut savoir passer au-dessus, ça fait partie des réseaux sociaux, dès qu’il y a un truc, c’est de suite le côté négatif, les gens qu’ils sont sur leurs ordinateurs, leurs téléphones, c’est de suite essayer de tailler, essayer de descendre donc ça fait partie du truc, faut passer au-dessus.

AM : Pour moi, justement un Community Manager doit passer au-dessus, enfin dans la limite du raisonnable aussi, il y a des sujets auxquels il ne faut pas toucher [rire] ou alors faut bien manier l’humour aussi quoi. Vous prenez des clubs comme non pas des clubs, vous prenez des Compte comme Winamax ou autres enfin moi je suis fanatique d’eux, après pour sortir du sport, même l’autre fois je montrai à Clément, il y a Netflix, j’aime bien ils font toujours un peu de décalé c’était quoi ?

CP : Innocent.

AM : Innocent, c’est une marque de Smoothie alors, c’est très basique mais ils arrivent à faire le buzz parce qu’ils sont tout le temps dans l’humour.

CP : Oui, dans l’humour, dans le décalé

AM : Moi je trouve ça génial et puis je trouve que ça fait partie de la communication, c’est se faire remarquer par l’humour et ça marche.

 

ML : Comment vous êtes arrivez là, pourquoi ici et qu’est-ce qui vous a vraiment attiré ici et même dans le métier en général ?

 

AM : Alors Clément je te laisse commencer. [rire]

CP : Alors moi je voulais travailler à la fin de mes études pour trouver mon stage, je voulais travailler forcément dans un club pro donc moi je me suis pas limité à un seul club, j’ai cherché un peu partout j’ai eu un entretien à Montpellier et dans un autre club de Ligue 1 et ça c’est très bien passé ici, dès l’entretien. D’ailleurs c’est elle qui m’a fait passer l’entretien. [rire] 

AM : J’ai été dur, mais il a réussi. [rire]

CP : C’était plus une discussion et un échange plutôt qu’un entretien banal et puis pendant mon stage ça s’est bien passé, le club est sympa donc moi je suis resté ici.

AM : C’est vrai que Clément il est vraiment venu, c’est un expatrié, il est venu de Toulouse, ici et bon d’ailleurs on a vu qu’il était quand même motivé de venir d’aussi loin. Moi je suis venu faire mes études à Montpellier et du coup j’avais toujours dans un coin de ma tête, j’avais toujours aimé le foot et je me suis rendu compte en faisant des études dans la communication que je voulais pas bosser dans une agence de pub et que je me sentais beaucoup plus motivé en faisant quelque chose qui me motivé en l’occurrence le foot, après pour tous mes amis à Montpellier je leur parlé du MHSC, ils me disaient : « Tu connais pas, tu connais pas la famille Nicollin, t’as pas de contact au MHSC » et je me suis dit il faut toujours tenter et je me suis renseigné sur qui était le Directeur de Communication, je lui ai envoyé un CV, je voulais vraiment venir ici, en habitant à Montpellier j’avais pas mal de potes qui était pour Montpellier et c’est un club que j’avais fini vraiment par apprécier et puis il y avait ce côté, cette mentalité familiale et quand on arrive au club on se rend compte que c’est pas que de l’extérieur quand on parle de la famille Nicollin du coté chaleureux enfin moi je suis arrivée, c’était vraiment ça quoi je me souviens les premières rencontres avec Laurent Nicollin, c’était vraiment familiale, chaleureux, ils sont pas du tout dans le côté très, enfin le costard, froid et tout , c’est vraiment, il tape sur l’épaule et compagnie.

CP : Après je pense que déjà travaillé, mettre un pied dans un club de Ligue 1 c’est quand même une chance, c’est quand même compliqué, t’as 20 clubs pro en Ligue 1, à chaque saisons ça changent un peu les clubs mais c’est une chance d’y être donc quand tu y es t’essaie de faire du bon travail, essayer d’y rester quoi, même si c’est qu’un stage, même si c’est que ça, le fait d’y être, de mettre un pieds dedans c’est déjà bien parce que tu vois un monde c’est assez fermé le monde du foot à la base.

AM : C’est ça.

 

ML : Et vous étiez intéressés vraiment, par le sport en général, et vous vous sentiez vraiment porté par le foot plus que d’autres sports, ou vous étiez aussi intéressé par d’autres sports ?

 

AM : Alors moi le foot, ça reste mon sport préférée, je sais plus si j’ai postulé dans un autre sport, dans d’autres clubs, je sais qu’avant de travailler, je sais pas si vous êtes de Montpellier mais avant de travailler au MHSC, je travaillais au MUC, donc le MUC c’est Omnisport, après c’est vrai que le foot ça toujours été le sport qui m’intéressait plus, je me suis mis à aimer le rugby, forcément Béziers mais voilà ça restait quand même mes émotions les plus fortes dans le sport je les aient eu dans le j’avais vraiment envie de travailler plus là-dedans après c’est vrai que comme disait Clément, il y avait aussi ce côté qu’on a plus de moyens quand on travaille dans le foot que quand on travaille dans le volley ou le hand. Ah ! D’ailleurs j’ai fait un stage de 1 mois dans le volley, c’est pareil on avait pas du tout les mêmes moyens, quand je suis arrivée ici et que j’ai vu qu’on avait un budget qui était quand même beaucoup plus élevé, c’est quand même un bonheur quand t’as galéré, quand t’as travaillé dans des associations, d’avoir un vrai budget, de se dire je peux faire une affiche, elle va être diffusé sur les abris bus, on va avoir des emplacements plutôt que de faire du « flying » gratuit , d’essayer de demander aux commerçants d’afficher gratuitement c’est pas pareil quoi.

CP : Moi à la base j’ai fait du basket pendant 12 ans donc j’étais plus dans le basket pdt mes études j’ai fait mon stage à l’Elan Béarnais Pau-Orthez et à la ligue des Pyrénées de basketball et quand tu vois, quand t’es dedans tu vois la différence de moyen. A l’Elan Béarnais qui est un grand club quand tu vois que t’es tout seul à la ligue c’est des bénévoles qui viennent, c’est une association, c’est différent. Comme a dit Amélie je voulais vraiment bosser dans le foot par rapport au moyen et aussi parce que c’est le sport numéro 1 en France donc il y aussi ce côté où il y a plus d’engouement donc j’ai voulu, j’ai toujours voulu bosser dans le foot donc quand j’ai envoyé mes CV sur peut-être 50demandes, il y en a 40 dans le foot. Après il faut pas se limiter à que les clubs pros, enfin nous on a eu peut être la chance d’être rentré assez tôt dans un club pro mais moi je sais que j’avais envoyé sur des clubs de ligue 2, des clubs de nationale enfin tu rentres pas de suite dans un club pro, enfin je penses c’est une chance ton CV tombe au bon moment dans les bonnes mains, moi il y avait besoin de vidéo, elle elle avait besoin d’infographie et c’est voilà quoi…

AM : Oui après moi personnellement et Clément aussi on a roulé un peu notre bosse avant d’arriver dans un club pro, moi j’ai travaillé au MUC (club de sport omnisport de Montpellier) après j’ai été au Volley je me souviens… franchement j’ai une mémoire, je me souviens plus de tous les petits stages ou les trucs dans le sport que j’ai fait mais c’est vrai faut être patient c’est quand même exceptionnelle de se dire que je vais arriver direct, je vais aller dans un club de Ligue 1.

CP : Moi je sais que j’ai eu la chance à la sortie de mes études d’avoir mon stage de 6mois dans un club de foot alors que dans a tête il faut X année d’expérience  pour pouvoir y renter il y a un part de chance une part d’un peu de tout.

 

IM : Dans votre métier j’aimerais savoir s’il y une journée type ou une sorte de routine ?

 

AM : Alors enfaites en début de semaine on fait une réunion globale avec tout le service, comme je vous disais on est en open space alors donc c’est assez pratique, et du coup on se répartie le travail, on se fait le planning de la semaine en faites. Qui doit partager, quoi, quand, qui a quoi à partager à tel moment. En gros même si nous on est community-manager chacun va avoir quand même des projets dans son métiers…

CP : du contenu personnel a apporté, Nico ça va être de la vidéo, nous ça va être des réseaux sociaux sur un entrainement, des reportages, Teddy il va avoir une opération avec le fond de dotation. On ne peut pas dire qu’il y a une journée type, il y a une semaine type mais cette semaine elle change tout le temps on jamais le même jour ou la même semaine.

AM : C’est vrai que le Lundi on fait une réunion et ce matin on avait énormément d’actu pour vous donner un exemple atypique on avait tellement d’actu sur le match d’hier qu’aujourd’hui on a fait une réunion juste pour aujourd’hui et en fin de journée on va faire une réunion pour tout le reste de la semaine on avait tellement de chose à partager que du coup on a pas eu le temps et qu’on y a passé pas mal de temps et on avait beaucoup de boulot à coté après sinon oui le lundi c’est on répartie le planning de la semaine. Toi t’as fait une interview de Gaëtan Laborde, on va la placer mardi parce qu’on a un creux à ce niveau-là, mercredi il y a une opération avec le fond de dotation, il y a des joueurs qui font un coach MHSC (c’est un entrainement avec des jeunes d’un club amateur), okay ça sera mercredi après-midi, et enfaite à chaque fois on bloque les créneaux. Comme dis Clément on a pas de journée type, ça dépend des entrainements, ça dépend de…

CP : si t’as un match à domicile le week-end si t’as un match à l’extérieur, ça dépende un peu de tout si t’as des bons résultats, si t’as de moins bons résultats tu va voir des actus un peu différentes…

AM : On va avoir plus de contenu quand on a des bons résultats, là par exemple aujourd’hui on a partagé les 3 buts d’hier on les réparties sur la journée c’est vrais que quand t’as fait une défaite tu fais un peu plus profile bas, tu le mets pas quoi… [rire]

 

WD : A propos de vos réunions, c’est plus des réunions bilans ou des réunions prévisionnelles ?

 

AM : Oui, c’est plus prévisionnelle, les réunions bilans on en fait pas trop…

CP : On n’en fait pas beaucoup mais comme on est dans un open-space c’est-à-dire c’est plus des discussions des trucs comme ça.

AM : Oui c’est plus des discussions informelles ce n’est pas…

CP : Ce n’est pas réunion bilan, c’est genre on va parler « Ah ça, ça s’est bien passé pendant le match, ça ça a pas été ».

AM : Oui, il y a des fois on fait des feeds backs sur des événements, des matchs.

 

ML : Alors comment se passe vos horaires ?

 

CP : On va dire que sur les jours normaux on fait 9h-12h, 14h-18h mais après ça se peut que des fois on déborde, des fois on va avoir des opérations entre midi et deux, c’est-à-dire qu’on a des horaires officielles mais ça arrive qu’on dépasse et les jours de match…

AM : Les jours de match, on est mobilisé avant et après le match forcément. On va avoir derrières des récups.

CP : Il faut savoir quand on travaille dans le sport il faut déjà te mettre dans ta tête que le week-end tu vas travailler, si t’es dans ta tête moi je veux avoir tous mes week-ends, faut pas bosser dans le sport que ce soit pro amateur ou n’importe quoi les matchs c’est le week-end dans tous les cas.

AM : Après Clément, par exemple demain il part  en Turquie avec les U19…

CP : qui jouent la youth league là c’est pareil on a rendez-vous à 5h pour le départ et tu vas rentrer pour minuit, 1h donc ça fait partie du métier de des fois dépasser mais tu récupères derrières des jours… C’est ça aussi qui excitant dans le métier c’est que chaque semaine c’est différent, chaque matin c’est différent

AM : Oui la routine elle n’est pas trop présente on va dire.

CP : Oui voilà c’est le mot parfait on ne sent pas la routine, lundi c’est ça, mardi ça… c’est jamais pareil.

 

IM : Je souhaiterais savoir aussi, ce qui cous prend le plus de temps, le plus long à faire ?

 

AM : Les dépêches, non je rigole ça c’est pour Éric (rire), c’est mon collègue à chaque fois il dit « Les dépêches ça me prend trop de temps. ». Ce qui nous prend le plus de temps dans les tâches ?

IM : Oui dans vos tâches

CP : On a nos taches assez précises ce qui nous prend du temps c’est nos tâches personnelles après voilà on est assez polyvalent si Amélie est dans le jus, je vais lui proposer, si moi je suis assez tranquille, de l’aider. Après on est tous très polyvalent, si quelqu’un est dans le jus on s’aide. Mais pour moi ce qui me prend le plus de temps c’est les vidéos, quand je vais faire un montage vidéo, là par exemple je vais partir en Turquie, je sais que ma journée de jeudi ça va être un montage vidéo toute la journée.

AM : Moi c’est vrai qu’au final je pense que je fais plus de graphisme en termes de proportion, je passe plus de temps à faire du graphisme que les réseaux sociaux. C’est si je devais faire un pourcentage je dirais entre 60% et 70% de graphisme et 30% de réseaux sociaux.

CP : C’est super long tout ce qui est Photoshop tout ça…  Moi sur les vidéos elle sur les illustrations.

 

ML : Du coup c’est quoi comme logiciel comme pour le graphisme ou les vidéos ? Quels sont les outils ?

 

AM : Alors le graphisme moi je travaille sur Photoshop, Illustrator et In Design, il y a ces trois logiciels qui sont assez différents, Photoshop c’est plus pour tout ce qui est montage photo, In Design c’est plus pour tout ce qui va être plaquette, catalogue ce genre de chose, Illustrator ça va être pour les très gros fichiers, les logos, ce qui va être dessin tout ce qui est, par exemple, covering quand vous allez aller au stade et que vous allez voir une immense bâche MHSC je vais la faire avec Illustrator, et Clément…

CP : Moi c’est avec Adobe Premier Pro les vidéos c’est sur ça après j’utilise un peu Photoshop mais pas sur de a création moi ça va être plus sur des petits visuels qu’on va mettre sur les réseaux sociaux ou des fois pour dépanner Amélie mais moi je ne fais pas de création d’affiche ou quoique se soit ça c’est Amélie qui fait tout.

 

WD : Pour vous, qu’est-ce qui est important pour faire vivre une communauté de supporter, l’animer ?

 

AM : Alors ça Clément est plus fort là-dessus que moi, mais c’est justement d’interpeller les supporters, la communauté…

CP : Enfaite si t’es que sur de l’information les gens se lassent et forcément t’as pas d’interaction, de commentaire, de retweets sur Twitter, de likes les gens ils voient juste passer l’info ils le lisent et descendent, tandis que des fois si tu mets des trucs un peu plus décalés qui interpellent la personne ou des jeux concours ou quelque chose c’est ça qui va te faire créer du trafic de la communauté. Une vidéo, un but, une émotion c’est ça qu’on essaie de mettre sur un visuel, là par exemple Amélie elle a mis un visuel de Gaétan Laborde sur le dernier but juste il court et il fait sa célébration de but rien que ça juste l’émotion on a des retweets juste avec cette photo sans forcément un jeu, des trucs à gagner le but c’est d’essayer de transmettre ce petit truc, le truc qui change l’ordinaire.

 

IM : Justement, arrivez-vous à trouver des moments comme celui-là dans des périodes plus compliqué pour le club ?

 

AM : C’est plus dur clairement.

 

WD : Du coup comment faites-vous pour interpeller ?

 

AM : On essaie de jouer sur la carte « supporter vous êtes à nos côtés dans les bons moments mais vous êtes aussi censé être avec nous dans les mauvais. ». On essaie de jouer la carte du soutient, on essaie de jouer la carte du « Quand on aime son club c’est irrationnelles, ce n’est pas que pour les bons moments », de jouer la carte on a besoin de votre soutient même si on n’est pas bien et justement parce que on n’est pas bien et justement parce qu’on n’est pas bien on a besoin de vous. Après oui ce n’est pas évident.

CP : Après oui c’est beaucoup plus compliqué quand on a de mauvais résultats, que quand t’as des bons résultats sur comment communiquer comment transmettre les choses. De suite tu vas te prendre un bâche quoi que tu mettes, avec « t’as fait un mauvais résultat, t’as perdu [je dis n’importe quoi] contre Nîmes » que tu mettes un truc bien, un truc mauvais t’aura toujours dans les commentaires « t’as perdu contre Nîmes, t’as perdu contre Nîmes, t’as perdu contre Nîmes… » [rire]. Des fois ils s’en-foutent de l’actu ils sont toujours là à mettre leur petit truc. Alors oui c’est vrai qu’on dépend beaucoup du sportif, là pour l’instant cette année on fait un peu ce qu’on veut, tout marche bien on a de bons résultats, de bons retours, une bonne ambiance au stade les supporters sont contents, là on le ressent vraiment sur les réseaux-sociaux, moi je sais que je regarde pas mal en ce moment, les supporters sont contents, ils nous remercient, on sait que si on perd le prochain match tu vas pas te faire tailler parce qu’en ce moment ils sont dans une bonne…

AM : on est dans une bonne dynamique donc ça va.

CP : Je pense que ça les surprends, ils s’attendaient pas qu’on fasse une saison comme ça en début de saison.

 

ML : Justement vous parliez de retour, est-ce que dans ces moments vous avez des retours des joueurs ou joueuses, des demandes par rapport à votre communication ?

 

AM : Alors cette année on a eu une perle à ce niveau-là, c’est Andy Delort (joueur professionnel du club), qui lui est très là-dedans, qui adore, il a demandé à Clément qui organise la chasse aux places, en allant le voir de lui-même en demandant d’organiser une chasse aux maillots, deux maillots qu’il offrira de sa poche mais franchement c’est très rare, moi depuis 5ans et demi que je suis au club c’est assez rare mais ça arrive ou il y a des fois les joueurs demandent ou même des joueuses…

CP : Il y a Paul Lasne qui demande d’aller dans les hôpitaux, lui ils aiment bien il y a certains joueurs… On fait des opérations dans des hôpitaux et je sais qu’on a deux ou trois joueurs qui aiment bien prendre de leur temps, et c’est eux qui viennent d’eux-mêmes dans les hôpitaux avec nous dans les opérations. Après c’est rare.

AM : Après c’est quand ils ont un message à faire passer. Quand il y a eu l’histoire justement avec Andy Delort quand il a eu ces problèmes qui sont apparus dans la presse, il nous a demandé aussi si on pouvait un peu l’accompagner à ce niveau-là et on a été là c’est aussi notre rôle d’être là, ça veut pas dire qu’on le ferait en toutes circonstances mais là l’occurrence ça a été le cas et je sais que Riyad Boudebouz quand il était là, c’est pareil quand il s’était blessé il nous avais demandé de relayer un petit peu au niveau communication, ça arrive, mais c’est pas…

CP : Après souvent ils nous demandent beaucoup de photo (rire), donc on va dire qu’on leur offre du contenu pour que ce soit pour Instagram pour Twitter tout ça, les trois quarts de leurs photos sont…

AM : Surtout les filles. [rire]

CP : Oui, surtout les filles elles demandent beaucoup de photos sinon au niveau de la communication sur Instagram on les tags assez souvent, pour essayer d’avoir un lien entre eux et nous quand eux ils nous tags on essaie de reposter en story quand on les tags direct ils repostent tout ça sinon c’est le seul lien c’est plus sur Instagram que sur les autres réseaux.

AM : Oui, ils sont plus sur Instagram que sur les autres.

CP : Je sais que dans d’autres clubs, on voit qu’il y a un plus gros lien par exemple sur Twitter, tu vois le Paris Saint-Germain souvent ils interpellent leurs joueurs ils se retweet, ils ont des petites discussions, ils ont… oui ça anime le truc et ça les supporters ils aiment bien. Après sur Twitter on n’a pas beaucoup de joueurs très actif à part Andy et encore.

 

WD : Du coup vous êtes plus dans l’improvisation des infos, la planification des infos ou un mélange des deux ?

 

AM : On est quand même plus dans la planification, après oui l’improvisation ça nous arrive et puis bon c’est vrai que quand tu te bases sur les résultats forcément t’as une part d’inconnue donc t’es obligé d’improviser à un moment donné. Tu vas gagner un match tu vas avoir des idées qui vont te venir il y a un joueur qui va faire une célébration, tu vas aller le voir à la fin en demandant pourquoi il a fait ça, mais c’est vrais que 90% du temps on est plus dans la planification.

CP : Quand il se passe quelques choses, quand il y a un but ou quelque chose qui sort de l’ordinaire, c’est l’instant T qui prime, si tu le mets pas de suite c’est repris par un autre journaliste ou même un autre joueur sur ça on essaie d’être dans l’instant T.  Pareil Amélie c’est elle qui fait les ‘’live-tweets’’ c’est-à-dire les tweets en direct qui décrit les actions tout ça, là t’es vraiment dans l’instant T, le seul truc que tu programme c’est le début de match, la mi-temps, et la fin du match que t’as tes postes un peu type…

AM : Ils sont pratiquement prêts.

CP : Après les buts, les actions, les célébrations ce que tu veux mettre c’est de l’improvisation pur. Ça c’est très dur parce que ça va vraiment vite, des fois quand t’as un œil externe tu te dis que c’est facile de tweeter un match mais quand t’y est, tu tweets toute suite après t’as une autre action et ensuite t’as un changement qui se met, un but, un ci…

AM : Il y a des fois où on maudit le coach [rire], où on se dit « mais pourquoi il a fait un changement alors qu’il y a eu un carton jaune, et que… » Mais bon.

CP : Après c’est l’habitude.

 

ML : Avec ces difficultés, quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite devenir community manager ?

 

AM : [réfléchi]  C’est une bonne question [rire], après ça serait quels conseils pour gérer le quotidien, ou pour se lancer là-dedans ?

ML : Les deux [rire]

AM : Après ce n’est pas un conseil qui se limite au métier de community manager après je pense que c’est un métier qui est tendance actuellement, après moi je sais que j’ai pas écoutés tous les gens autour de moi qui m’ont un peu refreinés même quand j’ai voulu postuler au MHSC en me disant ouais mais nan attend c’est bouché et tout, c’est quand on veut faire quelque chose c’est d’aller au bout kit à passer par d’autres étapes qui vont peut-être être un peu moins attirante, ça fait partie aussi du jeu. Après quand on est vraiment dans le quotidien du community manager, il faut rester curieux rester à l’affut, de faire attention aux fautes d’orthographes aussi.

CP : Nous on se relie dix fois avant de poster un truc.

AM : Des fois ça nous empêche pas de faire des fautes, moi hier j’ai tapé tellement vite à un moment j’ai tapé « Amati » au lieu de « Amavi » un joueur de Marseille, c’est un pote qui me l’a envoyé et j’ai vu qu’il y avait eu deux ou trois commentaires mais bon ça arrive il faut aussi être indulgent de temps en temps avec soit même. On fait tous des erreurs malheureusement c’est un métier où les erreurs sont visibles, donc quand je fais des fautes parfois c’est des autres collègues de d’autres services qui me le disent donc ça arrive. Après, oui d’être à l’affut d’être… Je ne sais pas Clément ?

CP : Après nous on fait pas ça à plein temps, c’est-à-dire qu’on n’est pas que community manager donc on peut peut-être pas avoir cet œil que comme d’autres clubs, je sais pas je dis n’importe, comme au PSG, à Marseille ou à Lyon je pense que le mec qui est community manager il est que community manager, Amélie va toucher beaucoup à l’infographie et à d’autres trucs à coté, moi je vais faire des vidéos je vais organiser des petits évènements pour le fond de dotation à coté donc on peut pas avoir que ce regard.

AM : C’est aussi ce qui fais que j’aime ce que je fais, franchement je pense que je ne pourrais pas être Community Manager à 100%, c’est bien mais il y a une part ingrate, être tout le temps derrière un écran c’est un peu agaçant. Etre Community Manager c’est aussi être sur le terrain, filmer les entraînements, ça fais sortir du bureau c’est très bien mais de faire tout le temps ça, moi personnellement je sais que je ne pourrais pas. Je sais que mon homologue de Nantes, lui il fait tout le temps ça, il aime ça tant mieux pour lui.

CP : Il faut être curieux, gérer vraiment tous les réseaux sociaux, d’un point de vue personnel, je pense qu’aujourd’hui c’est un métier de jeunes, on a eu des réunions Twitter et Facebook et on n’a pas vu un Communtiy Manager qui était vieux donc je pense qu’il faut le gérer perso il faut avoir Facebook Snapchat etc… faut voir ce qui se fait ailleurs. Nous on s’inspire des grands clubs européens mais le mieux c’est la NBA, c’est ce qui se passe aux USA. Tu compares ce que fais un club de basket ou de hockey sur un live match et un club de football français ce n’est pas pareil, tu te dis le mec n’est pas tout seul ce n’est pas possible.

AM : Puis ils ont des gros moyens, les Miami Dolphins (franchise de football américain) quand ils avaient montrés, ils avaient fait un séminaire à Paris chez Facebook, ils nous montraient un petit peu pour nous donner des idées ce que font les clubs de football américain, c’est pas du tout les mêmes moyens que nous on peut avoir, c’est vraiment impressionnant. Moi je pense qu’il faut être curieux, d’essayer d’être créatif, de regarder autre part et puis d’être persévérant si c’est ce que vous souhaitaient faire.

CP : Vous êtes dans la communication, quelle branche vous voulez ?

ML : Moi c’est le sport.

IM : Sport aussi.

WD : Moi c’est les documentaires sur la nature, tout ce qui est lié à la nature.

AM : D’accord, il faudra donc persévérer et s’accrocher, moi j’en ai bavé franchement j’en ai vraiment bavé. En plus, ici au début ça devait se faire, ensuite il y avait des moments où ça ne se faisait pas. Je trouve que c’est quelque chose lorsqu’on est étudiant qu’on ne nous dit pas assez, que cela ne va pas être facile et il faut se préparer à ça. Il y a aussi des gens qui veulent travailler dans un secteur où ça embauche énormément et tant mieux pour eux c’est génial mais bon si ce n’est pas votre cas.

CP : Je pense qu’il faut aller dans la branche qui vous correspond, si c’est le sport essaye vraiment d’aller au sport, pareil pour la nature. Je sais que nous quand on arrive le matin au bureau, on est content, on est dans un secteur qui nous plaît. Si vraiment t’es fan de sport, si en plus t’es fan de football et si en plus le Community Management ça te plaît, ou la vidéo ça te plaît ou l’infographie ça te plaît. Je pense qu’il faut vraiment aller dans le secteur qui te correspond après ça ne va pas être facile.

AM : Comme disait Clément faut voir large, faut jamais postuler à un seul endroit il faut toujours avoir des plans B et peut-être que justement c’est une petite ligne sur le CV qui va vous ouvrir la porte. J’avais un pote à la fac, il voulait entrer en tant que Community Manager au PSG et grâce à un stage à Béziers dans une petite agence de publicité qui cherchait quelqu’un justement pour gérer les réseaux sociaux mais le truc vraiment pommé c’était un mec qui avait ouvert sa boîte et je ne suis même pas sûre qu’elle existe encore aujourd’hui mais c’est cette ligne-là qui lui a permis de rentrer au PSG. C’était la première année d’Ibrahimovic, c’est quand même pas mal, ils étaient quand même assez demandé.

 

WD : Après avoir parlé des points positifs du métier, quelles sont les points négatifs ?

 

AM : Justement la visibilité, comme on disait, dès que tu fais une erreur il y a tout le monde qui est au courant donc il y a une petite pression. Après la pression c’est vrai qu’au début elle est assez énorme puisqu’on se dit je vais publier quelque chose sur Facebook et pleins de personnes vont le voir.

CP : Tu relis 10 fois ton post

 

WD : Et du coup ça créer une sorte de stress ?

 

AM : Au début oui, après on est plus assez vigilant sa devient une habitude et il y a des fois on publie un truc à la va vite et on se dit mince je me suis trompé ce n’est pas un truc à la 10ème journée c’est à la 12ème oui cela arrive.

CP : SI tu travail dans le football, contrairement à ce que beaucoup pensent les paillettes et tout ce n’est pas notre quotidien, c’est seulement le jour du match.

AM : Il y a des fois on ne peut pas partir en week-end parce que demain il y a une énorme journée ensuite t’es fatigué et c’est ce qu’il faut savoir quand on boss dans le rugby ou dans le sport pro en général faut savoir que c’est le rythme de travail tu sais que tu vas avoir des jours où tu vas plus travailler que d’autres par exemple nous notre attaché de presse des fois il va recevoir des demandes de presses le soir, des fois le week-end, des fois quand il est en vacances. C’est un métier très prenant et tu t’en détache pas trop c’est-à-dire même quand t’es en vacances c’est dur de couper, il faut vraiment couper ton téléphone ou t’es mails.

AM : C’est un peu difficile de le faire, Clément qui était en congés un jour la semaine dernière à Barcelone a reçu un coup de fil parce qu’on n’arrivait pas à faire fonctionner le live Facebook de la conférence de presse. Donc ouais il y a des désavantages, dans tous les métiers il y en a. Après le côté d’être tout le temps connecté, on nous dit tout le temps que c’est nocif mais malheureusement quand t’es Community Manager c’est difficile d’y échapper parce que tu dois être à l’affût à longueur de journée et t’es un petit peu obligé de voir les hashtag tendances, t’es obligée de voir ce qu’il se fait ailleurs donc tu ne peux pas trop déconnecter.

CP : Après ce côté qu’on a dit négatif, moi personnellement c’est aussi ce que j’aime dans le métier c’est-à-dire que les saisons passent vite, moi ça fait 1an et demi que je suis là et c’est passé super vite. T’as toujours quelque chose à faire et ce qu’il fait que les journées passent vites, que les semaines passent vites, que les saisons passent vite même si des fois t’as des petites périodes creuses, des fois quand il y a moins d’actualité on s’ennuie et on se langui vite que ça reprenne

AM : C’est le côté rush du métier.

CP : Et il y est dans toute notre branche, c’est-à-dire qu’Éric sur les échos de la Mosson il va y avoir des moments où ça va être le rush, des moments un peu plus calmes c’est toujours comme ça. Après on a de la chance d’avoir un service assez polyvalent, on s’entraide.

AM : Sur les réseaux sociaux c’est quand même plus facile, si Clément veut faire une vidéo je ne peux pas l’aider personnellement mais c’est quelque chose que tout le monde gère dans le service ça c’est pas mal. Et si Clément il n’est pas dans le bureau et que moi je suis en congés ou quoi bah nos collègues sont totalement capables. Et d’ailleurs nos collègues publient aussi de temps en temps leurs propres interviews, vidéos et tant mieux d’ailleurs parce que si on devait tout publier nous, ça serait un peu difficile à gérer niveau timing.

CP : Après ça c’est de l’organisation, Amélie à envoyer par exemple à Éric qui fait tous les articles, elle envoi des postes types pour qu’il ait juste à adapter le poste Facebook ou Twitter à son article, qu’il n’ait pas lui a posté quelque chose qui n’a pas d’émoticône, qui n’a pas de hashtags. Il faut que nos Tweets soient préparés avec des émoticônes etc…

 

ML : Et j’aimerais savoir aussi si vous pensez qu’en France généralement la communication est sous-estimée par rapport au rôle qu’elle peut avoir que ce soit dans le sport ou même autre part ?

 

AM : Je me suis jamais vraiment posée cette question mais clairement je pense que oui, fin oui et non ça dépend des contextes et des entreprises, ils y en a qui estiment qu’ils n’ont pas de budget pour la communication sauf qu’en fait, pour créer ta notoriété, t’es obligé de communiquer. Pour moi ça a une place très importante et je pense que pour réussir il faut avoir conscience quand même de l’importance de la communication. Après est-ce qu’elle est sous-estimée dans notre pays en particulier, franchement je ne saurais pas te dire.

CP : Dans le football, non elle n’est pas sous-estimée parce que si tu regardes dans les 20 clubs pro de ligue 1 et tu peux compter les 40 clubs de ligue 2, tous ont un service de communication, tout le monde met un budget dans la communication. Après elle est différente, si tu prends le PSG, ils vont être 20 à gérer la communication mais si tu prends un petit club de ligue 2, ils vont être 2 à gérer. Il y a cette différence de budget dans la communication après je ne pense pas qu’elle soit sous-estimée en tout cas dans le football. Après elle peut être sous-estimée pour la portée qu’elle a, c’est-à-dire que nous quand on va faire des postes Facebook, Twitter ou Instagram on pourrait les monétiser parce qu’ils ont une telle valeur, elle est peut-être sous-estimée sur ce point de vu là. C’est-à-dire ce qu’on fait pour l’instant c’est de la gratuité, on pourrait le monétiser.

 

WD : Avez-vous pensez également à mettre des moments détente après les journées chargées pour justement soulager ce stress ?

 

AM : Non mais ce qui est bien c’est qu’on peut sortir du bureau pour aller prendre l’air ou aller faire 2 ou 3 repas dans la journée. Personnellement mes moments détente c’est quand je sors du bureau et quand je vais au terrain c’est tout bête mais en général une fois par semaine je fais les réseaux sociaux, je vais à l’entrainement voir les pros, l’équipe masculine qui s’entraine. Et de sortir du bureau de voir d’autres personnes, de parler avec les supporters, avec les agents de sécurité, de mettre la tête dehors moi c’est mon moment de détente.

CP : C’est ça quand tu sors du bureau, tu vas faire une galerie photo, une vidéo à l’entrainement, ça te coupe on va dire ta semaine, ton rush et après au bureau il y a quand même une très bonne ambiance on est là à se titiller, à rigoler. Quand on veut bosser souvent on s’isole, des fois on se met des écouteurs quand on est vraiment dans le rush, on le montre.

WD : Ca créer du coup une vraie communication, c’est très familiale comme vous l’avez dit.

CP : Heureusement que tout le monde s’entend bien qu’il n’y ait pas de conflits sinon on ne peut pas bien travailler puisqu’on a besoin d’échanger tout le temps. Sinon non il n’y a pas de journée détente.

AM : Mais c’est une bonne idée on va la soumettre ! [rire]

CP : Mais ça arrive qu’après le travail on aille boire un verre avec tout le monde ou des fois à 2 ou à 3. Ca dépend on ne fait pas toujours tous ensemble c’est comme partout

 

WD : Dernière question, où vous voyez-vous dans 5 ou 10 ans ?

 

AM : Ça c’est la question horrible ! [rire]

CP : Je la connais cette question c’est moi qui la posait il y a deux ans ! [rire] Je pense toujours être ici, après on est dans le sport c’est-à-dire là tu fais une bonne saison, l’an prochain tu finis 16ème l’année d’après tu fini 19ème, t’es peut-être plus ici. Dans le monde professionnel si t’a une rétrogradation, t’as un budget qui est divisé par 4 voir plus, t’as une réduction des effectifs. Si les résultats continuent à être bons comme ça et que les gens sont contents du service. Il peut y avoir une restructuration, on ne peut pas trop savoir comment ça va finir.

AM : Mais toi tu projettes ici dans 5ans, dans 10ans ?

CP : Ouais !

AM : Moi je ne sais pas, je suis bien ici après je ne sais pas

CP : Après 10 ans ça fais loin donc tu ne sais pas ce que va être ta vie dans 10ans.

AM : Je ne sais pas dans le sens où le boulot évolue, moi j’étais que graphiste au début après Community Manager c’est bien mais pour la vie de famille ce n’est pas très évident et c’est vrai que c’est là-dessus que je ne sais pas.

CP : C’est sûr que être pris tous les week-ends ça peut poser problème quand t’as des enfants donc si t’as pas la famille dans les alentours c’est compliqué. Moi par exemple je suis seul ici je n’ai pas mes parents donc si j’ai un enfant et que je travaille le week-end j’ai personne pour le faire garder.

 

ML : Vous n’avez pas d’aménagement de travail ?

 

AM : En fait, on est obligé de faire les horaires fixes la semaine, après les week-ends quand y’a match on est censé être là mais on a des récups si on en a besoin une fois de temps en temps il y a pas de soucis après c’est vrai qu’on ne peut pas toujours quand on veut et c’est aussi une contrainte forcément quand il y a un gros match dans la semaine ou quand il y a beaucoup de boulot bah on ne peut pas, je veux dire qu’on est dépendant du calendrier ça c’est clair. Dans deux semaines il y a la trêve internationale du coup tout le monde part en vacances. Sauf qui ? [rire] Non c’est parce que j’ai eu des vacances à d’autres moments. Les matchs à domicile par exemple, moi qui travaille sur les pros je suis obligé d’être là à tous les matchs.

CP : Moi ça a été le cas ce week-end, il y avait le pont, j’avais posé mon vendredi donc je suis allé à Barcelone mais comme il y avait match le samedi bah j’ai dû rentrer, c’est ton job tu dois aussi assurer après des fois ça nous arrive qu’on se dépanne de temps en temps, exemple un samedi où je n’ai pas pu être là, l’attaché de presse m’avait remplacé sur des missions. Si Amélie a vraiment une urgence sur tel week-end ou tel match si c’est vraiment important je vais la dépanner.

AM : Comme le mariage de mon meilleur ami l’année dernière on m’a remplacé, voilà ça fait partie des contraintes et ça c’est très bien passé même, trop bien donc je n’en prendrais plus de congé pendant les matchs parce qu’il va me voler mon poste [rire]. En dehors de ça il n’y a pas d’aménagement, quand on doit aller chez le garagiste ou chez le dentiste on peut demander à partir plus tôt si c’est dans la limite du raisonnable sinon on pose une demi-journée.

ML : Merci de nous avoir accordé de votre temps.

WD : Merci.

AM : On s’excuse pour la retranscription parce que vous allez vous régaler ! [rire]

Maxime LESSENE

Walid DEHILI

Issam MAHMOUCH

Interview de Julie DECKER, attachée de presse du FC Metz

samedi 17 novembre 2018

Bonjour, nous allons donc vous interviewer dans le cadre d’un projet scolaire de licence information et communication.

 

  • Tout d’abord pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Bonjour, je m’appelle Julie DECKER, j’ai 28 ans, j’ai fait un bac ES et ensuite une licence Information et Communication à Metz. J’ai fait mon stage de fin de licence au FC Metz. Ensuite j’ai continué sur un master dans une école de commerce à Paris, c’était l’école AMOS, « Ecole de Commerce du Sport Business ». L’école n’est pas forcement très reconnu mais je l’ai choisi parce qu’elle proposait une formation en alternance et j’ai eu la chance d’être gardée au FC Metz pour continuer mon alternance. J’ai d’abord été embauchée à la fin de mon master comme chargée de communication, au bout de 3 ou 4 ans je suis passée responsable de communication et cet été je suis devenue directrice de communication.

 

  • En quoi consiste votre métier ?

Il est assez vaste, car lorsqu’on est dans un club qui est « assez petit » en termes de nombre de salariés on est tous sur plusieurs postes. C’est le contraire d’un grand club par exemple si je compare à Lille, nous à Metz, au service communication on est 3 tandis qu’à Lille ils sont une bonne dizaine. Moi par exemple, je gère une équipe, c’est-à-dire un graphiste et une personne ayant une formation journalistique pour produire des contenus. Je produis moi-même aussi des contenus pour sites internet et réseaux sociaux. Je gère aussi toutes les campagnes de communications et partenariats médias. Je m’occupe aussi de la RSE, soit la Responsabilité Sociétale des Entreprises, par exemple tout ce qui est attractions sociales comme l’organisation du forum de l’emploi chaque saison. Je m’occupe de pas mal d’événements internes ou externes, comme par exemple la journée des enfants qui sont abonnés au FC Metz, le noël du club pour les salariés et j’ai toute la partie attachée de presse.

 

  • Quels sont d’après vous les qualités requise pour ce métier ?

Je pense qu’il faut être déjà diplomate mais aussi avoir de la poigne, parce que c’est vrai qu’on fait l’intermédiaire entre deux entités qui ont chacun leurs impératifs, par exemple, moi dans mon cas, le sportif aimerait parler le moins possible. Les journalistes, eux, vont vouloir interviewer le coach et les joueurs, néanmoins ces personnes voudraient plus se concentrer sur le sportif et n’ont pas forcément le temps et l’envie de parler aux médias. Il faut donc trouver un juste milieu qui convient à tout le monde. En sois-je dirais donc que tu dois être assez ferme pour ne pas non plus se laisser imposer tout et n’importe quoi par les journalistes. Mais en même temps il faut être aussi conciliant parce qu’il faut comprendre les besoins de chacun. Il faut être assez organisé et disponible parce que les journalistes appellent tout le temps, c’est-à-dire qu’eux ils travaillent les jours fériés et moi je n’ai pas mon emploi du temps calqué sur le leur, donc quand je suis en vacances ils continuent de m’appeler. Et conciliante dans le sens où il faut toujours trouver un compromis, c’est-à-dire que je ne peux pas me permettre de dire à un journaliste « non tu n’auras pas d’interview de ce joueur-là » il faut toujours proposer quelque chose d’autre pour que le journaliste ne soit pas frustré et qu’il évite d’écrire des choses méchantes sur la personne qui a refusé l’interview ou sur l’entité que l’on défend.

  • Quels postes avez-vous effectué avant celui-ci ?

Du coup moi j’ai toujours travaillé au FC Metz, mais je touche à plusieurs postes en même temps, chose que je ne pourrais pas faire dans un plus grand club. Donc j’ai été chargé de communication, responsable de communication et directrice de communication tout en restant dans le même club.

 

  • Pourquoi avoir choisi le domaine du football ?

Lorsque j’étais au lycée, j’étais déjà passionnée de sport et surtout de football. Depuis petite je voulais être journaliste sportive et j’avais fais un stage à 18 ans dans la presse locale à Metz ce qui ne m’avais d’ailleurs pas réellement plu. Je m’étais alors dit que la communication pouvait être un bon compris parce qu’au final il faut écrire des articles mais il y a aussi pleins d’autres choses à côté.

 

  • Comment peut-ont qualifié votre place au sein de la direction de communication du club ?

Disons que cela dépend, selon les clubs, le directeur de communication a plus ou moins d’influence, moi je n’ai pas un poste très influent, je n’ai pas un poste de haut décisionnaire, mais après c’est un poste qui a l’avantage dans un club d’être en lien avec tout les composantes d’un club, c’est-à-dire que je pense être dans le seul service au club qui a un lien aussi bien avec les supporters, les sportifs, le coach, le staff, les partenaires, le centre de formation, l’équipe féminine et les autres salariés. C’est assez vaste, on peut vraiment échanger avec beaucoup de monde et quand on aime échanger c’est plutôt agréable.

 

  • Si vous pouviez citer 2 actions de communication qui vous ont marqué depuis votre arrivée au club, quelles seraient-elles ?

Ce n’est pas très original car il y a beaucoup de clubs qui le font, mais je dirais déjà le forum de l’emploi parce que contrairement à beaucoup de clubs, nous c’est vraiment le club qui l’organise, ce n’est pas notre partenaire Pôle Emploi qui organise un forum chez nous, c’est le club qui l’organise. C’est d’ailleurs quelque chose qui me prend beaucoup de temps chaque année, c’est un événement hors sportif qui fait du bien dans tous les cas, parce que c’est vrai qu’au FC Metz dans tous les cas on a toujours changé de division, donc il y a des années où c’est sportivement très agréable et d’autres où c’est très dur comme lorsqu’on est dernier de Ligue 1 toute la saison. Cela permet donc d’avoir une petite soupape de communiquer sur autre chose que du sportif et de montrer que le FC Metz s’investit auprès des gens, surtout en lorraine où on est quand même une région où le taux de chômage est assez élevé. Et sinon encore en positif cette saison c’est qu’on a créé une mascotte. Comme on refuse de faire trop d’humour avec les comptes institutionnels comme Twitter ou Instagram, comme le font certains clubs, on a lancé une mascotte cet été et des comptes internet de la mascotte, on se permet de faire plus d’humour là-dessus, et ça passe plutôt bien auprès des supporters. Mais d’une manière générale, je dirais que tout ce que les clubs peuvent faire dans le domaine social comme aller voir des enfants dans les hôpitaux, soutenir des associations et toutes ces choses-là, je pense que ce sont que des bonnes choses que l’on peut faire.

 

  • Vous nous avez parlé des réseaux sociaux et nous avions remarqué que vous étiez présents sur ces derniers, mais quels sont les objectifs attendus à travers l’utilisation de ces réseaux sociaux ?

C’est avant tout de pouvoir créer un lien avec nos supporters pour former une vraie communauté, pouvoir échanger avec eux et leur répondre, ça c’était l’objectif quand on a lancé les réseaux. C’est vrai qu’après on s’est vite retrouvé avec beaucoup de monde et de demandes et cela demandait énormément de temps pour répondre à tout le monde. Donc maintenant je dirais que c’est plus pour pouvoir fournir un maximum d’informations mais il y a toujours ce côté lien qu’on entretiens, on essaie de passer du temps à répondre au questions et messages sur Twitter, surtout sur les comptes de la mascotte, mais je dirais que sur les réseaux sociaux c’est surtout pour transmettre de l’information en temps réel, faire vivre au public les coulisses et toutes les choses que l’on ne peut pas voir du club et sur le site on sera plus sur des informations plus détaillées, des vidéos plus longues.

 

  • Dans le domaine du sport, à quoi servent les conférences de presse ?

C’est le moment obligatoire avant les matchs, notamment pour le coach, cela permet de réunir tous les journalistes qui le souhaitent, 48h ou 24h avant le match, cela dépend de ce que souhaite l’entraineur pour faire un point sur le match, le groupe, les blessés. L’idée de faire ça, c’est qu’il y a tellement de demandes qu’aujourd’hui on est obligé de regrouper les journalistes ensembles sinon les coachs pourraient passer 3h avec chaque journaliste pour redire la même chose, ce qui est quand même très compliqué quand on sait que les coachs sont très concentrés sur le sportif, ils ont beaucoup de travail, que ce soit dans l’analyse de l’adversaire, préparer leur équipe… Donc l’idée c’est de faire ça une seule fois, de centraliser toutes les questions qui sont à peu près les mêmes et de pouvoir y répondre avant les matchs et pareil après les matchs car en général tous les médias veulent une réaction de l’entraineur. L’idée est de centraliser pour éviter que le coach passe trop de temps à donner une même interview à des médias différents.

 

  • Du coup, avec quels médias travaillez-vous principalement ?

Cela dépend si on est en Ligue 1 ou en Ligue 2. Quand on est en Ligue 2 comme nous, on travaille surtout avec la presse locale, que ce soit radio ou presse écrite, et très ponctuellement avec les médias nationaux comme l’Equipe, France Football… C’est beaucoup moins important que lorsqu’on est en Ligue 1. Nous travaillons aussi très régulièrement avec les diffuseurs, que ce soit Bein ou Canal, ils ont toujours besoin d’interview avant et pendant les matchs, ils ont des émissions en direct donc ils ont toujours besoin de monde ou de venir tourner des émissions dans la semaine pour venir animer leurs émissions d’avant match. Tandis que quand on est en Ligue 1 il y a toujours la presse locale qui est très demandeuse et on a beaucoup plus de demandes de médias nationaux.

 

  • Donc vous trouvez qu’entre la Ligue 1 et la Ligue 2 il y a une grande différence de médiatisation ?

Oui il y a une très grande différence de médiatisation, déjà quand on regarde l’Equipe, qui es le journal de référence pour les gens qui aiment le football ou en tout cas le sport et dans chaque quotidien, il n’y a qu’une page sur la Ligue 2 le vendredi et le samedi je crois. Alors que sur l’Equipe d’aujourd’hui il doit y avoir 8 pages sur la Ligue 1, une page sur la Ligue 2 et le reste sur les autres sports « mineurs ». Donc il y a vraiment une grosse différence au niveau de la couverture national. Après ce qui change vraiment aussi en Ligue 2 c’est qu’il y a beaucoup de site internet qui nous sollicitent, donc ce n’est pas forcément des médias aussi prestigieux que les journaux, mais quelque part sur internet ça peut vite avoir une certaine résonance.

 

  • Est-ce que d’autres clubs de football vous inspirent-ils en matière de communication, si oui lesquels ?

D’une manière générale on regarde beaucoup les autres clubs, surtout les clubs de Ligue 1, même si c’est difficilement comparable parce que ce sont des équipes de communication plus importante, par exemple je sais qu’à Saint-Etienne ils sont 7 ou 8, au Losc (Lille) ils sont 10 donc on peut difficilement produire autant de contenu qu’eux. Mais j’aime bien regarder et m’inspirer un petit peu de tout ce qu’il se fait aux Etats-Unis et en Premier League.

 

  • Comment s’organise une journée type, s’il en existe réellement une ?

En fait il est difficile d’avoir une journée type. Disons que quand j’arrive le matin au travail j’essaie de me fixer une journée mais ça arrive très rarement qu’elle reste comme je l’imaginais. Mais quand j’arrive le matin, je traite mes mails et en général j’ai déjà le téléphone qui commence à sonner, que ce soit des journalistes, des commerciaux ou mes collègues. Ensuite j’essaie de faire un point avec mes collègues, surtout avec le chargé d’image et surtout avec la personne qui est chargé de la production des contenus, il est important de faire le point avec lui pour voir ce qu’on va mettre aujourd’hui sur le site, sur les réseaux sociaux, regarder s’il y a une actualité particulière. Après en générale j’ai beaucoup de réunions, et vers 12h il y a les interviews Je finis la matinée par aller au stade pour mettre en relation les journalistes avec les joueurs, je reste là pendant les interviews car aucune interview n’est réalisée sans un membre du club, sauf le coach s’il connait le journaliste et qu’il veut la faire par téléphone. L’après-midi cela dépend surtout de ce qu’il s’est passé la matinée.

 

  • Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

Ce qu’il me plaît le plus c’est l’avantage que j’ai en étant dans un petit club, c’est-à-dire que je touche un peu à tout. Si j’avais été au PSG ou au Losc, je serais cantonnée qu’à un seul métier, seulement attachée de presse, rédacteur ou Community Manager alors que là j’ai la chance de pouvoir faire un peu de tout. C’est impossible que je m’ennuie pendant une journée au boulot. J’ai tout le temps plein de choses à faire et je travaille dans un univers passionnant. C’est sûr que travailler dans le domaine du foot c’est différent que de se lever tous les matins pour aller à l’usine pour travailler à la chaine. On sait qu’on a une chance inouïe.

 

  • Que pensez-vous de l’évolution de la médiatisation du football féminin ?

Justement comme je m’occupe aussi des demandes presses des féminines je trouve qu’on est encore très loin du football masculin, déjà moi ce qui me choque, c’est qu’on emploi à chaque fois le terme de « football féminin », alors que quand on parle de tennis ou de handball par exemple on ne va pas dire « je vais voir du tennis féminin » ou du « handball féminin », on va dire « je vais voir l’équipe de hand », après qu’il soit féminin ou masculin c’est encore autre chose. Alors je pense que déjà dans l’esprit des gens il y a beaucoup de travail à faire mais après la médiatisation du foot féminin c’est vrai que c’est très compliqué. Je vois même chez nous s’est compliqué d’attirer des gens au stade même quand on fait des matchs gratuits. Après c’est vrai que maintenant on a Canal+ qui diffuse quand même tous les matchs féminins, mais je suis persuadé qu’après la coupe du monde de cet été, en plus si la France fait un beau parcours je suis sûre que cela va se développer, mais après de là à rattraper le football masculin, cela n’arrivera jamais mais en tout cas on ne peut que s’améliorer.

 

  • Avez-vous des projets à venir pour Metz ?

Là on a plus pour projet de développer nos actions de communication pour attirer plus de monde au stade parce qu’on se rend compte qu’en Ligue 2 c’est un peu plus difficile d’attirer les gens au stade, même en étant leader au classement. Là je travaille beaucoup en ce moment avec le service billetterie pour voir comment le FC Metz peut-être plus présent en ville et mieux s’afficher, par exemple aujourd’hui j’étais en rendez-vous avec tout les McDonald’s de Moselle pour trouver quel type de jeu concours on pourrait mettre en place pour faire gagner des cadeaux du FC Metz tout en ayant de la visibilité dans tout les McDonald’s de Moselle et tout ça en essayant de dépenser le moins d’argent possible, parce que c’est toujours la contrainte quand on est en Ligue 2, les budgets sont très serrés. Donc voilà, c’est le grand projet du FC Metz de cette saison, le rendre plus visible et essayer d’attirer un maximum de personnes au stade à moindre coup en développant des actions de communications original et efficace.

 

  • Pouvez-vous donner un conseil pour les étudiants qui voudrait avoir un parcours similaire au votre ?

Le conseil que je donne souvent, c’est déjà de ne pas se cantonner à ce qu’on nous enseigne à la Fac c’est-à-dire d’essayer de se développer des compétences à côté. Par exemple moi je sais que quand j’étais à la Fac en première année j’avais eu la chance d’être prise en stage à la presse locale et par la suite on m’avait proposé un poste de correspondante sportive, cela m’avait permis pendant deux ans d’avoir une expérience un peu significative en tant que rédactrice, de développer mes compétences rédactionnelles et quand j’ai recherché un stage j’ai pu prouver que je savais écrire un article par exemple. J’essaie aussi d’être bénévole sur des événements sportifs comme le marathon qui est organisé à Metz, je faisais aussi hôtesse les jours de matchs au FC Metz, j’écrivais sur un site de foot du PSG parce que j’aime beaucoup le PSG, donc j’écrivais de temps en temps un article bénévolement mais cela m’avait permis quand je cherchais un stage de montrer que j’avais certes des jobs d’été mais surtout que j’essayais aussi de développer des qualités en lien avec le métier que je voulais faire. Aujourd’hui il y a tellement d’étudiants qui font les filières de communication, après moi ce que je vois souvent ce sont des étudiants qui veulent être Community Manager mais qui n’ont pas d’expériences particulières. Donc je dis toujours de développer un quelques compétences à côté, alors après si vous êtes plus branchés Photoshop, c’est de regarder des tutos sur YouTube, comment essayer de développer un peu votre créativité, ça peut-être si c’est plutôt la vidéos, de faire des petits films, si c’est plus les réseaux sociaux, c’est aller toquer à la porte du club de foot d’à coté et leur proposer vos services pour s’occuper de leurs réseaux sociaux enfin c’est faire des choses en plus pour que le jour où vous cherchez un stage ou un emploi vous montriez que vous êtes bosseur, que vous avez envie et qu’en plus vous avez essayé de développer vous-même des compétences en plus de ce que l’école vous apprend parce qu’aujourd’hui il y a de plus en plus de personnes qui entre sur le marché du travail avec un Bac+5 et clairement ce sont les petites expériences qui vont faire la différence.

 

  • Êtes-vous (vous ainsi que tout le reste du personnel) satisfait de votre nouvel entraineur ?

 

Bien sûr, moi quand j’ai appris que c’était monsieur Frédéric Antonetti qui venait entrainer le club, j’étais un peu choquée parce que c’était la première fois que je voyais un si grand entraineur. Quand on a un grand nom du football français, c’est sûr qu’on se place en favoris directement, la preuve depuis le début de saison on est premier du classement et presque invaincu. C’est quelque chose de très important, surtout pour démarrer cette saison car on venait tout juste de descendre de Ligue 1, donc c’est un passage très compliqué, les joueurs sont démotivés, il y a une perte de productivité et de confiance, alors le fait d’avoir un grand nom comme ça et d’être aussi bien placé au classement cela influe sur tout le groupe, que ce soit les joueurs, le staff ou les salariés, cela remotive beaucoup. Cette remotivation entraîne une bonne ambiance que ce soit entre les joueurs, le coach, le staff, enfin toutes les personnes du FC Metz. Les joueurs se donnent à fond pour rester à cette place donc cela demande un acharnement qui finit toujours par payer. Notre nouvel entraineur a rapporté une forme de confiance entre tout le monde, ce qui manquait avant.

 

  • Pensez-vous qu’il y a des différences homme/femme au sein de votre métier ?

Oui c’est sûr qu’il y a des différences, mais cela apporte des avantages et des inconvénients. Par exemple pour une femme, c’est très difficile parce qu’il faut faire attention à l’image que l’on dégage, déjà dans l’habillement, il ne faut pas s’habiller d’une certaine façon pour ne pas dépasser certaines limites, il faut aussi faire attention à la place que l’on a avec les joueurs, d’un côté on ne peut pas avoir un rôle de mère à les protéger ou autre, mais il ne faut pas non plus passer à une relation de copine ou de séduction, car cela reste un lien professionnel, il faut donc savoir doser. Néanmoins il y a quelques avantages, par exemple pour une femme, si on demande bien poliment quelque chose, c’est plus rare que l’on nous le refuse.

 

  • Avez-vous rencontré de mauvaises expériences depuis votre arrivée ?

Oui j’ai eu beaucoup de mauvaises expériences, par exemple il m’est arrivé que les joueurs s’en prennent à moi parce que le coach les a placés dans le groupe des remplaçant, et comme je suis la première personne qui été là et qu’ils ne peuvent pas s’en prendre au coach, c’est sur moi qu’ils ont exprimé leur mécontentement par exemple en me refusant d’aller aux interviews, ce qui me met moi dans l’embarrât. Il m’est aussi arrivé d’être en conflit avec un joueur parce que selon la culture de chacun, le statut de la femme est différent, par exemple pour les joueurs d’origine africaine ou magrébine, une femme qui donne un ordre c’est inadmissible, c’est pourquoi je dois aussi m’adapter à la religion de chacun, même si eux aussi font des efforts pour s’adapter à notre culture. Maintenant cela va mieux car chacun fait des efforts, le plus difficile ce sont les débuts.

 

Nous vous remercions du temps que vous nous avez accordé pour la réalisation de cette interview.

 

Notre interview c’est déroulé par téléphone le 19 Octobre 2018, cette dernière à durée 35 minutes.

 

BONVIN Paola

CHABIN Sélène