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COMPTE RENDU de la séance SASCO du 15/02/18 – GR1 MTP

mardi 20 février 2018

Introduction

Lucie a effectué son stage au sein de l’association sportive Hérault Sport à Montpellier. Elle a travaillé avec Monsieur Éric Bosc, son tuteur de stage, chargé de transformation numérique. Durant son stage elle a dû réaliser des contenues photos, vidéos et textes pour la page Facebook. C’est à travers cette demande qu’elle a pu observer une situation de communication problématique.

Phase 1 : Situation de communication

 J’ai réalisé mon stage à Hérault Sport. C’est une association sportive créée en 1980, qui propose des activités en cogestion avec des partenaires sportifs.

Pour vous situer le contexte, Hérault Sport propose une aide logistique, humaine (avec des éducateurs sportifs) et financière à ses partenaires sportifs. Ils n’organisent pas eux-mêmes les évènements, mais viennent en soutien des manifestations, sur demande.

Hérault Sport est composé d’une direction, d’un secrétariat, d’un service d’administration et de gestion, d’un service opérationnel d’animation divisé en 4 secteurs différents : « Vie Fédérale », « Scolaire », « Société Solidarité », « Sport de Nature » et d’une cellule communication composée de 5 personnes. Les missions de ces dernières sont essentiellement de faire des communiqués de presse. Ils ne touchent pas vraiment le côté digital de la communication.

Le site internet est uniquement un site vitrine (une page unique statique) qui n’est pas entretenu. Ils ne sont pas sur les réseaux sociaux.

La situation de communication que j’ai rencontrée se déroule avec Monsieur Éric Bosc, mon tuteur de stage, qui a reçu il y a deux ans une mission par la direction. Il doit faire la transformation numérique d’Hérault sport. C’est-à-dire qu’il doit réussir à faire monter en compétence numérique tout le côté support mais aussi le personnel. Il a alors commencé à remplir un cahier des charges où ils expliquent toutes les démarches et les étapes de cette transformation numérique. Il s’est associé au service communication, mais celui-ci ne semble pas très intéressé.

Il y a deux ans, Monsieur Bosc a alors proposé à la direction de mettre en place une page Facebook officielle d’Hérault sport. Après deux ans de réflexion, son projet a été enfin accepté.

Ainsi, lors d’une réunion Monsieur Bosc a présenté un planning détaillé des contenus qui seront publiés par jour pour le mois de Janvier et réalisés par le service communication. Ce planning a été accepté par la direction et la page a été ouverte début janvier.

Cependant, lors de cette réunion, le service communication s’est posé des questions sur le fonctionnement de cette page car ils sont conscients qu’il faut faire du contenu et ils ne pensent pas avoir les compétences pour faire du « bon contenu ».

Le service communication a alors préparé quelques statuts pour le début de la page, mais ils n’ont pas envie de prolonger sur le long terme en tant que community manager, ils préfèrent l’utilisation des communiqués de presse papier.

Les chargés du service communication ont alors proposé d’engager une personne supplémentaire pour s’occuper de la page Facebook. La direction n’a pas accepté cette demande car elle souhaite que cela se fasse en interne et que tout le monde ait accès à cette page pour la gérer. La direction souhaite avoir une page Facebook peu importe son contenu car elle pense que c’est incontournable de nos jours. Il faut en effet rester moderne.

Cependant Monsieur Bosc, administrateur de la page, estime qu’il faut que cette dernière reste professionnelle et protégée. Il a alors fait une réunion d’information sur l’ouverture de cette page dans le but de présenter le fonctionnement de Facebook. Et après maintes discussions avec l’ensemble du personnel d’Hérault Sport, y compris le service communication, il s’est rendu compte que plus de la moitié des personnes ne connaissent pas Facebook ou n’ont même pas de compte personnel.

 Les employés veulent prendre en charge cette page Facebook seulement si leur rémunération mensuelle augmente. En effet, leur poste est modifié, leur formation également, ils demandent donc une compensation financière.

 

Phase 2 : Exploration de la situation

  • Combien y a-t-il de salariés ?

Il y a 140 salariés dans l’association.

  • Et aucun n’a les capacités pour s’occuper de la page ?

Ce n’est surtout qu’aucun n’en voit l’intérêt, ils ne s’y intéressent pas.

  • La page a donc été créée ?

Oui, elle a ouvert en janvier.

  • Quelle est la moyenne d’âge de l’association ?

La moyenne d’âge est d’environ 40 ans.

  • Et il n’y a pas de remise en question de la part des employés ?

Non, malheureusement.

  • Pourquoi l’association n’embauche-t-elle pas de jeunes ?

Parce que les employés ont environ 40 ans en moyenne, l’association fonctionne malheureusement à l’ancien temps, ils ne veulent pas sortir de leur zone de confort, c’est souvent le cas dans la fonction publique.

  • Et la direction n’a pas peur que de ne pas embaucher de jeunes ait un impact sur l’entreprise ?

Si, la direction en est consciente mais elle aimerait tout de même moderniser l’organisation seulement en interne, sans embaucher, c’est pour cela que le directeur a donné cette mission de transformation numérique.

  • Le problème est-il seulement financier ?

Non, le problème concerne avant tout l’investissement des employés envers l’association ainsi que la communication interne entre les hiérarchies.

  • Quel était ton rôle de stagiaire ?

Mon rôle de stagiaire était le suivant :

– Filmer les activités Hérault sport dans différents secteurs (scolaire, et social).

– Réaliser les différents montages vidéo.

– Créer du contenu pour la page Facebook pour qu’il puisse l’utiliser après mon départ.

– Aider le service communication à se former ainsi que les initier au numérique.

  • Quelle place dans la société ton tuteur avait-il ?

Dans un premier temps, il est chef de projet numérique et éducateur sportif, mais cela fait deux ans qu’il a mis son travail de côté pour se préoccuper de cette mission (faire évoluer la page Facebook d’Hérault sport). Il est dans le secteur vie fédérale.

  • Comment ça se fait qu’une stagiaire en communication fasse un stage dans le pôle fédéral ?

Car Éric est un homme d’une trentaine d’années, jeune, qui a des enfants qui lui ont parlé du numérique, il est donc moderne, conscient du changement, sociable et il est aimé dans la société.

Tandis que le service communication est davantage fermé d’esprit et ils n’avaient donc pas grand-chose à m’apporter.

  • Comment sont-ils équipés en ce qui concerne le numérique ?

Il y a un ordinateur par personne fourni avec les logiciels de base à l’intérieur (Word, Excel, boite mail). Ils n’ont pas d’appareil photo, ni de logiciels professionnels à disposition tels que Photoshop, InDesign ou iMovie.

  • Ils n’ont rien publié de nouveau sur la page Facebook depuis que tu es partie ?

Non, pratiquement rien, seulement des publications d’anciens communiqués de presse. Ils se contentent de vieux sujets faciles à traiter, il n’y pas de nouveaux contenus créés.

  • Quelles sont les relations internes ?

Les relations internes sont assez bonnes malgré le fait qu’ils n’organisent que des « réunions de cafétéria », des déplacements entre les bureaux pour communiquer, ou bien par mail. Ils ont tout de même créé un logiciel métier : Goliath. Il permet quand même de communiquer en interne.

  • Sont-ils subventionnés par le département ?

Oui, ils sont financés à 90% par le département mais ils possèdent tout de même le statut d’association.

  • Est-ce que les directeurs dépendent de l’association ?

Tout à fait, les directeurs dépendent de l’association. Il y a une présidente puis en dessous la direction.

  • Y a-t-il des réunions en interne ?

Oui mais seulement entre les directeurs et chefs de secteurs une fois par semaine, le mardi matin. Ces réunions servent à discuter du planning des activités à mettre en place durant la semaine.

  • Ils n’embauchent pas mais ils prennent facilement en stage ?

Oui car un stagiaire de moins de deux mois n’est pas rémunéré et réalise tout de même du bon travail. Un stagiaire apporte de la fraicheur et de nouvelles techniques de communication à l’entreprise ainsi que de nouvelles idées.

  • Ils savent qu’ils doivent s’adapter au numérique dans ce cas, pourquoi ne le font-ils pas ?

La direction a demandé une adaptation au numérique mais il faut trouver les bonnes personnes ainsi qu’une équipe investie à 100% pour réaliser un bon travail. Malheureusement, le manque de matériel ne pousse aucun employé à prendre la responsabilité de ce nouveau projet. De plus, les chargés de communication demandent une compensation financière par rapport à ce changement de mission. Si leur travail change, ils veulent que leur salaire suive.

  • Ont-ils ressenti la démarche d’Éric Bosc comme une intrusion ?

Je pense que le service communication a ressenti la démarche d’Éric Bosc comme une intrusion. En effet, ce dernier n’a pas fait une demande au pôle communication, il a directement fait sa demande à la hiérarchie sans se concerter avec les chargés de communication. Ces derniers se sont surement sentis délaissés de leur travail et par conséquent inutiles dans l’entreprise.

  • Quelles sont les compétences du service communication ?

Ils sont cinq et réalisent tous des communiqués de presse, que ce soit des petits, des moyens ou des grands. Parmi eux se trouve une jeune fille de 25 ans qui aurait les compétences pour prendre en charge la page Facebook, mais elle n’en a malheureusement pas l’envie. Elle ne veut pas sortir de sa zone de confort et choisit la facilité à l’évolution.

  • Ils créent des communiqués de presse tous les jours ?

Oui, ils sont en partenariat avec de nombreux journaux de la région depuis des années, ils ont donc leur carnet d’adresse, la sécurité, et se contentent seulement de cela.

  • Les salariés ont-ils immédiatement demandé une augmentation s’ils s’occupaient de la page Facebook ?

Non, ils n’ont fait aucune demande officielle, cela s’est passé seulement en interne, entre eux et pas avec la direction. C’était plus comme des discussions de couloir et l’information n’est donc pas remontée à la hiérarchie ou en réunion. Ils préfèrent dire qu’ils n’ont pas les compétences plutôt que de communiquer.

  • Bosc ne s’est pas plaint à la direction du manque de capacités du service communication ?

Non car Éric n’est pas qualifié pour juger les compétences du service communication. Son objectif est de les persuader en interne et non de mêler la direction à cela, il ne veut pas engendrer quelconques pressions.

  • Quelles étaient tes relations avec le service communication ?

Mes relations avec le service communication étaient bonnes. En effet, je leur ai proposé plusieurs de mes idées, ils m’envoyaient des mails avec leurs demandes et je leur renvoyais mes vidéos finies qui répondaient à leur précédente demande. Mais je n’étais pas localisée dans les mêmes locaux, je travaillais dans le bureau de M.Bosc.

  • Sont-ils intéressés seulement par les contenus numériques ?

Oui, ils n’étaient malheureusement intéressés que par mes contenus numériques. Je pense qu’ils se sont servis de mes compétences pour créer beaucoup de contenus et pour ensuite pouvoir s’en service, même après mon départ, pour créer des publications sur la page Facebook.

  • Pour les communiqués de presses ils se déplacent ?

Non, ou alors très peu. Les clients ou partenaires leur envoient les informations que doit contenir le communiqué ainsi que les photos qu’ils aimeraient publiées avec l’article et la plupart du temps ça s’arrête là.

  • L’association fonctionne-t-elle quand même malgré leur stratégie ?

Oui car ils n’ont pas forcément besoin d’un plus large public. En effet, l’association est présente depuis des années, elle possède des clubs fidèles et touche donc un grand public tel que le secteur scolaire et social. Ils organisent les mêmes activités d’année en année et n’ont donc pas besoin de toucher un public différent. Les évènements créés le sont de façon répétitive.

  • Ils n’essaient pas de toucher un plus large public ?

Non malheureusement car leur public est déjà acquis et ils s’en contentent.

  • Il n’y a donc pas de concurrence ?

Non, c’est la seule association sportive dans le département qui propose d’aider les clubs que ce soit financièrement parlant, humainement ou matériellement. Hérault Sport est la seule association publique en France financée par son département.

  • Il n’y a pas de discussion sur le site web ?

Non, mais moi j’en ai parlé à mon tuteur car c’est la première idée que j’ai eue. J’ai proposé que le site web soit plus pertinent, c’est-à-dire plus adapté en termes de cible, de public, d’objectifs ou même du message qui doit être passé.

  • Quel est le rôle de l’informaticien ?

L’informaticien s’occupe exclusivement du logiciel métier Goliath qui est une boite mail entre employés pour gérer les sorties et entrées des stocks, activités, animations par jour, plannings, réunions, informations importantes.

  • Le site a été créé par une agence extérieure ?

Oui, il y a des années maintenant.

  • Ont-ils demandé à avoir davantage de matériel informatique ?

Oui, en tout cas mon tuteur Éric a fait cette demande. Il aimerait principalement des ordinateurs portables pour les employés et du matériel pour faire de bonnes photos ainsi que des logiciels de retouche pour le service communication entre autres.

  • L’entreprise fonctionne-t-elle avec un matériel ancien ? Ils n’ont pas de logiciel adapté ?

Oui l’entreprise fonctionne même si elle utilise encore exclusivement le papier. Ce doit être les publics qui font la demande par papier pour demander un financement à Hérault Sport par exemple. Mais ils sont en train de mettre en place un logiciel pour moderniser cette procédure de demande.

  • Pourquoi n’ont-ils pas tenté d’être payés plus ?

Car les employés n’osent pas demander une augmentation. En effet, la procédure est apparemment trop longue, c’est les mauvais côtés du système public.

  • En clair, quel est le but de la page Facebook ?

Le but de cette page Facebook est de :

– Communiquer sur les activités d’Hérault Sport telles que les journées d’animations, les manifestations sportives, les différentes expositions… avec comme support des photos et des vidéos.

– Il y aurait des posts d’invitation à différents évènements.

– Faire de la publicité pour leurs partenaires.

– Faire davantage connaitre Hérault Sport dans le département.

En bref, il y a une volonté de la part de la direction d’être présent sur les réseaux sociaux comme les autres associations. Ils veulent réaliser ce projet même s’il n’a pas forcément d’utilité par rapport à leurs cibles ou leurs publics.

  • Tu as vu les plannings des prochains mois ?

Non, seulement celui de janvier car ils les font un mois à l’avance et ils sont validés par la direction en réunion.

 

Phase 3 : Hypothèses interprétatives

Le groupe a eu un temps d’analyse pour discuter entre eux de cette situation de communication. Ainsi diverses hypothèses sont ressorties de la discussion.

La première hypothèse qui est ressortie du groupe est que la page Facebook est une mode, une envie soudaine de la direction. Qu’aujourd’hui c’est une nécessité dans les entreprises publiques d’avoir Facebook et de faire comme les autres.

Puis, la deuxième hypothèse qui a été émise par le groupe, est que la page Facebook à un problème pour se développer, car il y a un manque de matériel pour le service communication, qui n’a pas le matériel, donc ne peut pas développer ses compétences.

Ensuite, la troisième hypothèse était qu’il y avait un problème de communication interne, qui engendre des problèmes de communication externe. Qu’il y avait un manque d’implication du personnel dans la prise des décisions. Cela entrainant un manque de confiance entre la direction et les salariés.

La quatrième hypothèse était aussi liée à un problème de communication interne, car le groupe à estimer que le refus du service communication sur l’investissement de la page Facebook est aussi dû, au fait que la décision n’ait pas passé par eux. Il y a eu d’abord une demande de transformation numérique de la direction vers Monsieur Bosc, puis celui-ci à proposer de créer une page Facebook à la direction. Le service communication ne devait qu’appliquer une mission dont ils n’ont pas été libres de décider.

Enfin, la cinquième hypothèse parlée de l’utilité et des raisons de la création de cette page Facebook. Que les objectifs de la page, n’ont pas était présenté à l’ensemble des salariés. Ils ne savent pas pourquoi elle a été créée et qu’est-ce qu’elle peut leur apporter. Ils ont fait la page avant de les persuader de son utilité et de ses objectifs.

Phase 4 : Retour de la narratrice

Lucie a d’abord rappelé qu’elle avait énoncé la situation de communication, qu’il y avait eu un moment de question/réponse.

Elle a estimé qu’il y avait des questions qui auraient pu être posé mais qui on était manquante, que le groupe n’a pas forcement pensé. Lucie à signaler qu’il aurait été pertinent de poser la question de la formation, car comme elle l’a expliqué, au sein d’Hérault Sport il y a un service formation, qui propose des formations sur demande du personnel ou imposées par la direction. Les employés d’Hérault Sport ont le droit à un quota de formation payer par l’association par an.

Cela aurait été intéressant de proposer au service communication une formation sur le numérique pour compléter ou enrichir leurs connaissances. Cela permettrait à la page Facebook d’être correctement alimentée et de rester en interne comme le souhaite la direction.

Ensuite, Lucie est revenue sur des différentes hypothèses et en à retirer les éléments pertinents qui lui ont permis de mener sa propre analyse et de répondre à la problématique.

Lucie a fait un retour sur la première hypothèse en parlant du site internet, qui aurait dû être, selon elle, le premier moyen numérique à mettre en place, avant la page Facebook. Elle a expliqué que de nos jours, les utilisateurs du numérique cherchent d’abord leurs informations sur les sites internet et que pour Hérault Sport, qui ne vend rien et qui n’a pas de clientèle, il est plus important de renseigner les publics sur le fonctionnement et les activités d’Hérault Sport grâce à un site internet.

Ensuite, Lucie à fait un retour en validant la deuxième hypothèse car elle pense qu’en effet, le manque de matériel est un frein dans l’investissement du service communication sur le page Facebook. Il est important que dans le service de communication on leur mette à disposition des appareils photos, des ordinateurs avec des logiciels de retouches et de montages adaptés… De plus, le service de communication devrait suivre des journées de formations qui leurs permettraient de plus communiquer sur le web et moins par les communiqués de presse.

Par la suite, Lucie a validé la troisième hypothèse car elle pense qu’on ne demande pas assez l’avis du personnel sur le fonctionnement et sur les décisions de l’association. Une meilleure communication interne favorise le bien être des employés et par conséquent le bon fonctionnement de l’association. S’il y avait une bonne communication interne, le service communication serait aller demander à la direction de modifier leurs salaires si leurs missions changées. Cependant ce n’est pas le cas.

Concernant la quatrième hypothèse, Lucie a expliqué que cette hypothèse était correcte car l’association Hérault Sport fonctionne avec un système de décision pyramidale. C’est-à-dire que le pouvoir est vertical. En effet, le fait qu’Éric Bosc a contourné ce fonctionnement, sans consulter le service communication, cela les a contraints à se mettre en retrait et à être réfractaire envers la page Facebook. Alors que comme l’a expliqué Lucie, il y a au sein de ce service une femme de 25 ans qui n’est pas ignorante du monde numérique et qui pourrait très bien s’occuper de la page Facebook. Le contournement du service communication a engendré un blocage venant de leurs parts sur leurs investissements et leurs motivations.

Enfin, pour la dernière hypothèse Lucie a expliqué, qu’elle pensait qu’il était important de faire une réunion du personnel, pour parler de cette page Facebook. De présenter à tout le monde son utilité, ce qu’elle apporterait à l’association autant du côté externe mais aussi interne.

Ils auraient dû présenter la page comme un moyen de renforcer les équipes, de communiquer sur ce que font les personnes des différents secteurs et avoir des objectifs à atteindre grâce à cette page. Il faudrait que les employés s’investissent et leur donnée envie de participer à cette construction numérique d’Hérault Sport. Il faut leur permettre de contribuer à l’émergence de leurs associations sur les réseaux sociaux.

Ainsi, Lucie était d’accord sur le fait qu’Hérault Sport est une bureaucratie professionnelle, car les employés ont des compétences pour travailler à Hérault sport autant les éducateurs sportifs, que les chefs de service, que l’administration.

Elle était d’accord sur le fait que c’est une structure sous forme pyramidale verticale, qui empêche les employés de s’exprimer et cela favorise des réfractaires, le manque d’investissement et d’implication venant du service communication.

Phase 5 : Retour du rapporteur

Suite aux questions posées afin de mieux comprendre cette situation, les membres du groupe ont d’abord évoqué un problème de stratégie dans le leadership. Ils ont opté pour un leadership démissionnaire.

Ils ont en effet mis en avant le réel problème concernant l’ouverture de l’association aux jeunes professionnels, qui pourraient amener de la fraicheur dans les locaux. Ils ont ensuite analysé les soucis de communication interne comme externe qui sont nombreux.

Ils se sont alors dirigés sur une analyse de Mintzberg, plus précisément sur une bureaucratie professionnelle. Car en effet, dans ce type d’entreprise, il y a un important refus d’avancer qui est présent, aussi, le service communication est coordonné par la standardisation des tâches et des procédés.

Les membres du groupe sont tombés d’accord sur le fait qu’une association devrait plutôt correspondre à une adhocratie car elle demande beaucoup de complémentarité.

Dans ce cas présent, la bureaucratie en question devrait avoir un fonctionnement plus souple pour plus de rapidité et donc d’efficacité.

Malheureusement, le groupe a réalisé que ces genres de problèmes de communication interne étaient très fréquents dans les organisations publiques. En effet, s’il n’y a pas de remontées à la hiérarchie, il ne peut pas y avoir des solutions proposées.

Finalement, c’est l’analyse stratégique qui s’est avérée être la plus juste d’après l’ensemble du groupe. Le fait qu’il y ait une absence d’analyse communicationnelle par rapport à l’objectif de la page Facebook montre clairement le problème d’une bureaucratie.

Effectivement, l’importance stratégique de la communication n’est pas prise en compte, il s’agirait donc d’une bureaucratie professionnelle et mécanique. De ce fait, il y a un gros manque d’investissements de la part des employés à cause de la standardisation des procédés.

L’incompétence numérique est une zone d’incertitude qu’ils exploitent et c’est une stratégie dévalorisante.

Enfin, les employés ont peu de marge de manœuvre dût à l’ancienneté de l’association car ils refusent de s’adapter à l’évolution de la communication.

Les membres du groupe ont donc conclu que le principal problème de l’organisation est dû à la mauvaise communication interne. Le manque d’incompétence, de moyens et d’envie remet totalement en cause la stratégie de l’association.

Phase 6 : Retour de l’observatrice

Lors de la narration, Lucie la narratrice commence par croiser ses mains et jambes, de plus celle-ci parle énormément avec les mains. Lors du récit de Lucie, je remarque quelques jambes croisées venant du groupe ainsi qu’une manipulation et « mâchouillage » de stylo général des participants.

Le discours de la narratrice est clair et audible malgré quelques difficultés à cause d’une toux persistante, pendant cela les participants prennent quelques notes et les regards sont dans l’ensemble tous rivés sur la narratrice avec une posture ouverture, pas de bras croisés et une posture en avant, signe d’attention.

Durant le déroulement de la phase de questionnement, le discours est fluide et beaucoup de participants prennent la parole. En effet, je remarque principalement 3 leaders pendant le débat. Lors des questions, Lucie a maintenant les jambes décroisées, mais manipule toujours ses mains, joue avec ses bagues et touche aussi son matériel tel que sa trousse et prend en main son stylo qu’elle ne lâchera plus.

Tous les participants sont attentifs aux réponses de Lucie et je ne remarque pas de réel geste d’auto-contact, mais toujours cette présence d’avoir besoin de quelque chose en main telle que le stylo notamment et des gestes qui accompagnent leurs mots.

Dans l’ensemble la phase de questionnement a été très fluide avec une multitude de participation dans l’ensemble qualitative, de plus certains échanges se faisaient entre étudiants de manière assez discrète de façon à ne pas perturber le débat.

Lors de la phase d’analyse interprétative, je remarque certaines jambes tremblantes chez quelques participants et une posture plus détendue de la part de la narratrice. Lorsqu’un individu prend la parole, que cela soit un étudiant ou Mme De Lavergne, chacun est écouté attentivement et attend son tour pour prendre la parole même si quelques fois deux personnes prennent la parole en même temps par erreur et se mette donc d’accord pour qu’un seul poursuive.

La phase d’analyse est aussi très fluide sans coupure, j’ai seulement remarqué un certain silence à un moment donné, silence qui a été très vite oublié par l’intervention d’un participant très actif. La parole est diffuse, nous avons 3 leaders qui sont dispersés et non dans le même secteur ce qui permet une passation de parole plus cohérente et que la parole ne reste pas seulement dans un coin de la table. La phase d’analyse se termine et la professeure indique la fin du débat et nous laisse 10 minutes pour rédiger notre débriefing.

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            Narratrice : Lucie PLAGNIOL

Rédactrice : Maurine ROCHETTE

Observatrice : Gaëlle AMOROS

COMPTE RENDU DE LA SEANCE DE SASCO DU 15/02/2018

vendredi 16 février 2018

CONTEXTE

« Bonjour, je m’appelle Julie, et j’ai fait mon stage dans une association d’événementiel : « ComTogether » qui est passée au statut d’agence durant mon stage. Cette agence est spécialisée dans l’événementiel pour étudiants et le « all inclusive », c’est à dire que l’agence répond à une demande par une offre où tout est compris. Le commanditaire a juste à signer le contrat final.

Durant mon stage, pour l’organisation de soirées étudiantes, nous avions rendez-vous avec un chargé d’événementiel de boîte de nuit, dans la boîte en question.

Les présentations se font, le chargé s’intéresse aux événements que veut organiser mon maître de stage. Il y avait deux types de soirées différentes. Il pose des questions sur les activités proposées, les horaires, les lieux, la communication et le nombre de participants envisagé. Puis vient le moment de parler de rémunération. Je ne me suis pas du tout sentie à ma place. Le chargé d’événementiel a proposé deux types de rémunérations différentes adaptées selon lui aux événements. Mon maître de stage était clairement perdant sur l’une des propositions. Il ne s’en est pas rendu compte Je n’ai pas osé, en tant que stagiaire, le lui faire remarquer (l’autre stagiaire non plus).

Je pense que je n’avais pas ma place dans cette réunion. Et je me suis sentie gênée face à la situation. »

QUESTIONS

  • Quel est le poste du maître de stage ?

Le maître de stage est le directeur de la société.

  • Penses-tu qu’un maître de stage a pu ne pas analyser sa perte financière ?

Je pense qu’il n’a pas analysé sa perte d’argent, c’est, selon moi, une erreur de parcours.

  • Sur quoi vous êtes-vous appuyées pour savoir qu’il s’était fait arnaquer ?

C’était un simple calcul mathématique, le chargé d’événementiel lui proposait deux modes de paiement différents, dont l’un était plus avantageux que l’autre.

  • Quelle solution financière aurait été avantageuse ?

La première était clairement la plus avantageuse, mais il ne lui a pas laissé le choix.

  • Lui as-tu fait comprendre ?

Non, je n’ai pas osé.

  • En quoi ce mode de paiement aurait-il été mieux ?

Le chargé d’événementiel lui a proposé deux modes de paiement :

2€ par personne qui entre dans l’établissement.
150€ s’il remplissait le bas / 300€ s’il remplissait le haut et le bas.

La boîte pouvait accueillir bien plus de 75 personnes en bas, (75×2=150)

  • Pourquoi ne pas lui avoir dit ?

Je n’ai pas osé en tant que stagiaire lui faire comprendre. Je ne me suis pas sentie à ma place, et ni à même de lui faire comprendre.

  • Cela faisait longtemps que tu y étais ?

Non je venais d’arriver il y a quelques semaines

  • A-t-il d’autres associés ?

Oui, mais je ne les ai jamais vraiment rencontrés, seulement une fois pour l’entretien et pour une soirée

  • N’a-t-il peut être pas calculé son coup, en pensant être gagnant ?

Je ne sais pas, la perte d’argent me paraît tellement évidente, je pense qu’il ne s’en est pas rendu compte. S’il avait une stratégie particulière, il ne m’en a pas fait part.

  • A-t-il déjà travaillé avec cette boîte? Cela avait bien marché ?

Il avait déjà travaillé avec cette boîte, puisque, quand nous sommes arrivées mon maître de stage a dit au chargé d’événementiel qu’il ne lui demanderait pas d’argent pour la soirée précédente car il n’avait pas ramené beaucoup de monde.

  • Le rendez-vous était-il préparé ?

Non pas du tout, nous ne savions pas de quoi exactement le rendez-vous allait retourner. Je pensais que c’était seulement pour fixer une date et des tarifs préférentiels pour lesétudiants.

  • La soirée s’est-elle déroulée correctement ? A-t-il gagné de l’argent ?

La première non, puisqu’il pleuvait et peu de monde s’est déplacé pour participer à la soirée. La seconde je ne sais pas, je n’étais plus en stage. Je ne sais pas s’il a gagné de l’argent, je n’ai eu aucun retour.

  • Y avait-il une grosse communication prévue pour cette soirée ?

La communication était exclusivement sur les réseaux sociaux, mais elle était conséquente.

  • Etais-tu la seule à penser qu’il avait été arnaqué ?

Non, les trois stagiaires l’ont pensé.

  • A-t-il fini par s’en rendre compte ?

Non.

  • Quel jour était-ce ? Soirée étudiante ? Quel complexe ?

Les deux soirées étaient des jeudis, c’était dans soirées étudiantes, au Cargo.

  • Le client travaille-t-il au cargo ?

Le chargé d’évènementiel travaille au Cargo. Mon maître de stage est l’un de ses clients puisqu’il organise des soirées pour les étudiants.

  • Après cette faille « dans la confiance » de votre maitre de stage, comment l’avez-vous perçu ?

Je me suis dit que cela peut arriver de faire des erreurs. C’était tellement évident pour moi, que cela m’a un peu choquée. J’ai fait confiance à mon maître de stage, mais je suis tout de même restée sur mes gardes.

  • Après quelques semaines t’es-tu permise de lui dire ?

Non, les faits étaient passés donc je n’ai pas osé.

  • Quels sont les rapports interpersonnels, que tu entretiens avec ton maître de stage ?

Nous avions de bons rapports, il avait confiance en moi, et était toujours disponible pour la moindre question.

  • Lui as-tu demandé pourquoi a-t-il fait ce choix ?

Non.

  • Si c’était a refaire, le referais-tu ?

Non, je lui aurait dit ce que je pensais.

  • Avec la formule « salle remplie » combien a-t-il touché ?

S’il remplissait la salle entière, il touchait 150€ s’il remplissait le bas et 300€ s’il remplissait le bas et le haut.

  • Combien de personnes sont allées à la soirée ?

Je ne sais pas, je n’ai pas eu de retour sur cette soirée, mais je ne pense pas que beaucoup y soient allées.

  • Est ce que toutes les personnes qui rentraient été comptabilisées dans le paiement ?

Pour être payé, mon maître de stage devait faire rentrer des étudiants portant un bracelet exprès pour la soirée.

  • Toute la promotion a-t-elle était faite sur les réseaux sociaux ?

Oui.

  • Cela fait-il longtemps qu’il fait ce genre d’activités ? Cela fonctionne bien depuis qu’il est passé d’association à société ?

Cela fait deux ans qu’il fait ses activités, il est passé en société il y a très peu, selon mon maître de stage ce statut le crédibilise encore plus. Je n’ai pas vu de différence entre les deux.

  • Quel est le cursus de ton maître de stage ?

un DUT tech de co, une licence ingemedia et un master en Ingmédia à Toulouse.

  • Est-il le seul à travailler ? Paie-t-il ses collaborateurs ?

Il n’est pas le seul à travailler, il a des collaborateurs, je ne sais pas s’il les paie. Il m’a avouée un jour, ne pas pouvoir se verser de salaire.

  • Pourquoi s’être mis au statut de société ?

Je n’en ai aucune idée, c’était une fierté pour lui de passer en société, mais je ne sais pas pour quelles raisons, il ne m’en a pas parlée.

  • A-t-il fondé seul sa société ?

Il a fondé l’association avec plusieurs de ses amis, l’équipe s’est vite dissoute. Il a recréé une équipe par la suite avec des membres qui sont selon lui motivés et compétents. Il est seul à la tête de la société, qu’il a fondé seul.

  • Quelles autres activités organise-t-il ? Est ce que ça fonctionne ?

Il organise principalement des soirées étudiantes, des soirées avec les BDE, pour les étudiants, des galas, pool party etc.

  • Le chargé d’évènementiel lui a-t-il imposé un mode de paiement ?

Oui, il lui a imposé un mode de paiement précis par soirée.

  • As-tu participé à d’autres événements de ce type ?

Nous avons participé à d’autres réunions de ce type, avec d’autres personnes. Notamment avec un commercial d’entreprise et une personne qui nous a fait visiter un domaine. Mon maître de stage avait toujours l’air très à l’aise et professionnel, jamais pris au dépourvu par une question.

  • Comment as-tu senti ton maitre de stage face à son client ?

Mon maître de stage face au chargé d’événementiel avait l’air relativement à l’aise, mais je pense avoir senti une pointe de gêne dans l’échange. Dès qu’il est question d’argent, on peut très vite percevoir des tensions.

  • Comment était-il placé dans la pièce ?

Nous étions dans la boite de nuit, sur des tables hautes, assis sur des tabourets, tous au même rang.

  • N’était-ce pas bien vu par le maître de stage que vous posiez des questions ?

Je ne sais pas, il n’a été question que d’argent, je ne me suis pas sentie en position de poser des questions.

  • Comment vous a-t-il parlé de ce rendez-vous ?

De vive voix, « nous avons rendez-vous au Cargo la semaine prochaine à 15h »

  • Etait-il confiant par rapport à ses soirées?

Oui assez.

  • A quoi t’attendais-tu face à ce rendez-vous ? Selon toi, de quoi alliez-vous parler ?

Je pensais que nous allions poser des dates pour les événements et parler des tarifs préférentiels.

HYPOTHESES

Hypothèse 1 : Mon maître de stage est dépendant du chargé d’événementiel de par sa position, son statut et le fait qu’il lui soit imposé deux modes de rémunération différents sans laisser place à la négociation. Lors du rendez-vous, le maitre de stage s’est retrouvé face à quelqu’un d’imposant qui ne lui laissait pas le choix. Il était donc en position de faiblesse avec aucune marge de manoeuvre.

Hypothèse 2 : Etant donné que mon maître de stage est en activité depuis deux ans seulement, il a voulu sauver ce contrat en acceptant totalement l’offre même s’il se rendait compte qu’il était perdant. Ce n’était peut être pas une si mauvaise stratégie pour gagner la confiance du client. Ses soirées du passé n’avaient peut-être pas fonctionné. Le maître de stage manque de compétences et ne s’est pas rendu compte qu’il était perdant dans cette situation, et ne s’en est toujours pas rendu compte. C’est peut-être une erreur de parcours ou tout simplement un manque d’expérience.

Hypothèse 3 : Mon maître de stage et le chargé d’événementiel entretiennent des relations amicales, et la situation à laquelle j’ai assisté est une situation banale. Ce rendez-vous s’est peut-être déroulé ainsi à cause des relations interpersonnelles existant entre le chargé d’événementiel et le maître de stage.

Hypothèse 4 : Le rendez-vous s’est déroulé dans de mauvaises conditions de par le lieu de rencontre et les personnes présentes. Avec trois stagiaires autour de la table, il s’est peut-être adapté à la situation.  C’était donc à double tranchant, dans la mesure où le maitre de stage devait garder une bonne attitude face à ses stagiaires, qui, elles, ont compris l’arnaque.

RETOUR DU NARRATEUR

Après avoir exposé la situation de communication durant mon stage, les élèves du groupe ont posé des questions. Selon moi, il en manquait. Notamment des questions sur les relations qu’entretenaient mon maître de stage avec ses stagiaires. Les élèves auraient pu demander comment étaient les relations entre le chargé d’événementiel et mon maître de stage. Il aurait pu être demandé également, le type de leadership et les compétences de mon maître de stage. J’aurais également pu être interrogée sur la façon dont se comportait mon maître de stage dans d’autres réunions et d’autres activités.

Au vu de la situation, il est clair que le chargé d’événementiel avait complètement la main mise sur la situation. Mon maître de stage était dépendant du chargé d’événementiel et n’a aucunement pu discuter de ces modes de rémunération imposés. De plus, ils entretenaient des relations amicales et joviales, nous l’avons vu plusieurs fois durant le stage, il s’est avéré très amical à chaque rencontre et même curieux de nos activités, en tant que stagiaires ainsi qu’en tant qu’étudiantes. Je ne pense pas non plus que mon maître de stage manque de compétences. Nous avons fait plusieurs rencontres avec différents professionnels, notamment des commerciaux, des gérants de salles, ou des chargés d’événementiels. Il a su à chaque fois poser les bonnes questions et rester professionnel. Lorsque j’ai eu des questions, il m’a répondue très clairement. Je pense qu’il ne s’est pas rendu compte de la situation et qu’il faisait simplement une erreur de parcours. N’ayant eu d’explications, je pense qu’il est possible qu’il ait accepté ces modes de rémunération afin de garder le contrat. Car, effectivement, la soirée précédente n’ayant pas très bien fonctionné, il se devait de proposer de nouvelles soirées, en ramenant du monde afin de se rattraper. Je pense qu’il n’a pas osé négocier la rémunération par manque de confiance en lui et au possible fait que ses futures soirées ne ramènent que peu de monde dans cette boîte de nuit.

Je n’ai pas participé aux soirées que l’on a organisées dans cette boîte de nuit. La première soirée qui était prévue s’est déroulée par temps de pluie, je sais que très peu de personnes se sont rendues dans la boîte de nuit pour cette raison. Nous avions organisé un « Barathon » qui devait se terminer dans ce club. Nous avons passé une partie de la nuit sous la pluie, donc une grande partie des participants ne sont pas restés jusqu’à la fin.

Pour ce qui est de la seconde soirée, elle s’est déroulée après la fin de mon stage. Nous n’avons donc fait aucun debrief après cette dernière, je ne sais pas combien il y a eu de participants.

ANALYSE DU RAPPORTEUR

Suite aux questions posées afin de mieux comprendre cette situation,

Les membres du groupe ont choisi une analyse par les mondes de la justification, en particulier le monde marchand. En effet, le chef d’entreprise voudrait à tout prix sauver le contrat qu’il a avec ce client étant donné qu’il a une antériorité avec lui et est amené à organiser d’autres événements.
Ils se sont également tournés vers le monde de l’opinion, dans la mesure où le maître de stage a peut-être adapté son comportement face à cette situation où ses stagiaires étaient présentes.

Ensuite, concernant l’analyse stratégique, ils ont observé une faible marge de manoeuvre du maître de stage. Il n’a pas choisi son mode de paiement, il était donc dépendant du chargé d’événementiel.

Les membres du groupe se sont également demandés pourquoi le chef d’entreprise a transformé son association en société en sachant que cela ne fonctionnait pas.
Puis, ils se sont questionnés sur le leadership de « laisser-faire » du maître de stage, ainsi que sur ses compétences. En effet, grâce à ces informations, nous aurions pu en déduire si ce problème était une erreur de parcours ou non.
Enfin, ils ont tenté de comprendre si les conditions de rendez-vous étaient optimales ou propices à un accord commun.

ANALYSE DE L’OBSERVATEUR

Durant toute l’activité, nous avons pu remarquer différents types de gestes non-verbaux de type rythmiques ainsi que des gestes d’auto-contacts.

Dans un premier temps, lorsque Julie présentait son problème de communication, elle avait les mains sous la table, tous les regards étaient rivés sur elle, symbolisant un intérêt de tous.

Lors de la deuxième phase, les visages des membres du groupe ont exprimé de l’étonnement, ils avaient tous le corps en avant, tourné vers la narratrice, ce qui traduit un intérêt au cas présenté. Pendant cette phase, il y a eu une très bonne dynamique de groupe, les questions étaient fluides, mais il y a eu cependant deux blancs, très courts, à ce moment les regards se cherchaient, et les bras se croisaient, cela peut se traduire d’un moment de réflexion.

Tout le monde sans exception, touchait son stylo, et bougeait son pied ou sa jambe, nous pouvons les catégoriser comme des gestes d’auto-contacts. Les gestes rythmiques étaient présents lors des interventions de chacun.

Concernant la proxémie, au cours de la troisième phase, nous avons pu observer des échanges triangulaires aux extrémités de la table. La plupart des membres du groupe ont pris part à la discussion, même si trois personnes se sont démarquées du reste du groupe, de par l’abondance de leurs interventions (schéma illustrant la proxémie ci-dessous)

plan de paroleCroix rouges :

élèves effectuant leur présentation orale.

Croix noires :

ensemble des membres du groupe + enseignante

Triangle bleu :

échanges principaux entre les membres du groupe


Julie BRUGIER : Narrateur

Eva PAYET : Rapporteur

Manon VAGH WEINMANN : Observateur

Interview de Cédric Planès, chargé de com’ événementielle au Conseil Départemental de l’Hérault, Montpellier

jeudi 9 novembre 2017

Nous avons eu le plaisir d’interviewer Cédric Planès, chargé de communication événementielle au sein du Conseil Départemental de l’Hérault. Cet interview s’est déroulé le mercredi 11 Octobre lors de la 69ème édition de la Foire Internationale de Montpellier, sur le stand du Conseil Départemental. Léa était chargée de mener l’entretien mais Clémence et Marème pouvaient à tout moment relancer si elles le désiraient. Nous nous sommes servies d’un téléphone pour enregistrer oralement l’entretien et disposions chacune de notre grille d’entretien. L’interview a duré 41 minutes sans prendre en compte notre présentation au début de l’entretien. En effet avant de débuter l’entretien, nous nous sommes présentées, ainsi que notre filière et pourquoi nous étions là. 

C. P. : Cédric Planès 

L. L.–F. : Léa Lacroix–Fraslin

C. G. : Clémence Gerber

M. G. : Marème Gaye

L. L.–F. : Bonjour à vous, merci de nous recevoir ici lors de cette Foire Internationale. Donc, si vous êtes toujours d’accord nous allons l’enregistrer vocalement. Ensuite, on en fera une retranscription mot à mot sur le blog de notre licence, cela restera donc dans un cadre professionnel. Ça va durer entre 30 et 40 minutes, si c’est bon pour vous on va commencer.

C. P. : Allez, on y va !

L. L.–F. : Pouvez-vous nous parler de votre métier en général ? 

C. P. : Moi, au sein de la direction de la communication au département de l’Hérault, je m’occupe des opérations événementielles qui sont globalisées sur l’ensemble du projet politique qu’on amène. Donc, en fait je suis l’extension grand public et réelle des projets qu’on mène. On va avoir plusieurs thématiques qui correspondent à nos projets politiques et aux compétences du département ; on va pouvoir avoir à la fois du travail auprès des publics sociaux, qui sont une des priorités et une des compétences principales. On va avoir des salons professionnels dans ces matières là et après on va avoir des salons grand public sur des compétences que le président crée grâce à son projet politique, notamment ce qu’on a sur le stand de la foire de Montpellier. L’environnement et le patrimoine sont des axes majeurs du projet politique du président mais on a aussi une partie dégustation, rencontre avec des producteurs, qui est la partie soutien aux filières sur laquelle on s’attache à travailler. On mélange aussi les thématiques. Quand on parle d’un stand environnement on étend aussi aux sports de nature comme par exemple le sport libre et on a une rencontre avec certains professionnels qui viennent sur le salon. L’idée et l’identité de nos projets événementiels font qu’on veut vraiment à chaque fois faire toucher au public ceux pourquoi nous travaillons. L’idée c’est : on a dans l’Hérault des richesses, profitez-en. L’idée c’est ça, c’est de donner ce message au grand public, c’est de profiter de l’Hérault, mais profiter dans tout point. On est là pour vous aider au quotidien, on a des services d’administration qui sont compétents : maison des handicapés,  services sociaux, les services des collèges : ça c’est la partie professionnelle. On travaille beaucoup avec les professionnels mais on a aussi une interface avec des familles, avec les gens qui ont besoin de nos services. Et après on a toutes les parties un peu plus loisir, ce que je vous disais ; plus ou moins 4 compétences donc avec l’environnement, avec le patrimoine, le sport de nature, le soutien aux filières, donc viticoles, producteurs et artisans. Ça c’est une partie qu’on va retrouver la plupart du temps sur nos stands et sur nos animations.

L. L.–F. : On va retracer un petit peu votre parcours. Par quel chemin êtes-vous passé pour devenir chargé de communication aujourd’hui ? 

C. P. : En fait, je suis un pur produit de la fac. J’ai fait une orientation au départ : un bac ES. Puis j’ai fait AES pendant 4 ans, jusqu’à une maîtrise généraliste ainsi qu’une spécialisation après un passage en professionnel en DESS administration territoriale, qui était ici à Montpellier, sur la fac de droit à l’époque.

L. L.–F. : Avant d’être embauché au conseil départemental par quelles autres entreprises et stages êtes vous passé ?

C. P. : J’ai bossé pour EDF pendant deux ans. En fait j’ai eu la chance de rentrer stagiaire au département, à la direction de la communication en 2002. J’ai fait un stage de 6 mois chez eux et à la fin du stage ils m’ont proposé de faire des remplacements, d’être là pas forcément en tant que contrat actuel mais de rester pendant une période donnée et ça a débouché après sur un contrat. Ensuite ils m’ont proposé une titularisation dans le cadre de la fonction publique donc je suis resté. Ça fait maintenant longtemps que je suis chez eux. J’ai fait un passage en administration, j’ai travaillé en culture et je suis revenu après sur la partie direction de la com et cabinet.

L. L.–F. : Pensez vous que cette expérience en entreprise vous a apporté dans ce que vous faites aujourd’hui ? 

C. P. : Alors l’expérience, elle a été courte. J’ai travaillé au sein d’un groupement EDF, c’est ça qui a permis de déclencher le déclic de reprendre mes études. J’ai coupé après la maîtrise, j’ai bossé et grâce à l’expérience professionnelle que je prenais dans le service EDF avec qui je travaillais, je me suis aperçu qu’il y avait besoin de repartir quelque temps à l’école et de me re-spécialiser autrement. Donc l’idée c’est l’administration ; le DESS administration territoriale est un prolongement des études que j’avais fait. Et ils avaient un module communication qui était intéressant et que je voulais également prolonger. C’est pour ça que mon choix était déterminant là dessus car il y avait aussi la notion de service publique que je voulais garder. Je voulais faire de la com publique à un moment donné donc le choix s’est orienté là dessus. Et après le choix professionnel département il s’est glissé tout seul parce que c’était un stage, c’était une rencontre avec eux.

L. L.–F. : Selon vous quel est le meilleur chemin pour faire ce métier ?

C. P. : Je vous dirai la voie professionnelle et les études. La partie étude on va dire qu’elle vous donne la connaissance générale, je sais pas trop après sur les sections que vous avez mais elle va vous donner une connaissance très définie. Elle ne va pas vous donner le côté pratique, en tout cas pas souvent. En plus en généraliste ou à la fac on ne vous impose pas forcément un passage par le stage, à mon époque du moins, peut être un peu plus maintenant. Mais l’idée c’est de privilégier le passage professionnel, c’est-à dire qu’il faut aller travailler dans les services de com, de pub etc. Il faut avoir une expérience pour construire votre parcours professionnel derrière. C’est ça qui va être le déclic pour savoir déjà si vous êtes fait pour ça et c’est ça qui va vous faire toucher du bois, voilà le côté pro, organisationnel et tout ce qui s’en suit. Moi je préconiserai ça, le passage par la voie professionnelle en plus de votre côté études.

L. L.–F. : Pensez vous qu’il y a pas mal d’embauche dans ce domaine là aujourd’hui ?

C. P. : Alors nous, au niveau de la com publique on embauche la plupart du temps. Mais au niveau de la direction de la com qui est rattachée au cabinet du président ou un DGS c’est plus compliqué parce que les équipes se constituent au moment des changements de mandat. Après vous pouvez les intégrer comme stagiaire. À un moment donné, faire ce que j’ai fait ce n’est pas forcément rentrer par le côté politique mais le côté apprentissage, après on vous intègre aux équipes si vous correspondez au profil du poste. Mais il faut du temps pour se faire accepter là dedans et rentrer. Après niveau com publique vous avez beaucoup d’intercommunalités qui se sont développées, donc il y a une richesse d’offre et de demande aussi au niveau des employeurs car beaucoup d’entre eux n’ont pas de chargé de com ou d’équipe ; c’est l’avantage de rentrer comme ça. Quand vous rentrez par un petit poste de chargé de com, vous apprenez petit à petit et vous montez progressivement. Vous passez d’une commune ou d’un petit syndicat à passer les filières. C’est comme ça que vous rencontrez des gens. L’idée c’est de tisser son réseau et ça se fait petit à petit.

L. L.–F. : Vous venez de nous parler de profil, selon vous quelles sont les compétences nécessaires pour exercer ce métier ? 

C. P. : La vraie compétence, c’est la souplesse. Après il y a vraiment un distinguo à faire. Moi je connais vraiment la com publique donc qui est rattachée forcément à un milieu politique. Vous avez déjà une neutralité à avoir de par les institutions avec qui vous travaillez et ça c’est les grands principes de neutralité quelque soit l’institution avec qui vous allez bosser. Par contre, après il y a la notion de service public, la notion d’information publique dans laquelle il faut vraiment rentrer. Que ce soit de la presse, que ce soit de la communication vers le public, que ce soit du temps de l’opération événementielle, l’idée c’est de rendre compte de ce que l’on fait. C’est pas forcément le mot à mot de ce qu’on va faire mais comme je disais, moi sur un salon, mon rôle c’est d’expliquer aux gens ce qu’on a fait pour eux ; pour qu’ils puissent profiter d’un territoire. L’idée c’est d’avoir en tête cette notion de travailler pour ensuite rendre compte.

M. G. : C’est essentiel pour vous la politique comme compétence ? 

C. P. : La notion politique elle vient après, avant, on choisit un petit peu déjà les élus avec qui on veut travailler, de par nos sensibilités politiques. Vous allez vers un élu pour qui vous voulez travailler, pour qui vous allez vouloir valoriser son discours et son action, un élu qui correspond à vos idées personnelles. Il faut que vous adhériez en partie avec l’élu et l’esprit qu’il veut donner. Après, il faut s’entendre avec l’équipe qu’il a autour de lui, donc effectivement la notion de politique elle est sous-jacente. Après on n’est pas contraint, moi c’est ce que j’apprécie chez nous, c’est qu’on n’a pas d’étiquetage. Nous en terme de personne on ne nous demande pas d’avoir une carte politique et d’adhérer à un parti. On travaille pour une institution qui valorise le travail d’un exécutif. Nous on est indépendant de nos choix politiques. Mais par contre on travaille, on valorise l’image d’un élu, l’image d’un territoire donc ça fait qu’on a de gros aprioris positifs pour les gens avec qui nous travaillons.

M. G. : Ça a déjà été un problème les différents avis politiques dans un groupe ?

C. P. : Non, parce que je pense qu’on est tous à peu près dans la même mouvance de toute façon. On a tous notre libre arbitre mais une fois qu’on travaille ensemble et qu’on a tous adhéré à un projet, on s’investit sur ce projet là. C’est pour ça que l’intérêt c’est que le projet en amont il vous plaise et que l’homme politique vous plaise aussi. C’est indéniable.

L. L.–F. : Vous venez de nous parler de choix politique, ce qui n’est donc pas forcément une contrainte pour vous alors qu’elles sont justement les contraintes dans ce métier ?

C. P. : Être souple, être réactif. On travaille pour un groupe d’élus, pour un président. C’est forcément à un moment donné une disponibilité assez importante. C’est à la fois une contrainte et un avantage, c’est notre métier. Moi ça fait parti de mon métier d’être là pour eux et de travailler pour l’institution. D’être réactif, de pouvoir répondre à une question, pas immédiatement mais après avoir posé le problème, après avoir posé les contraintes qui s’imposent à nous, c’est de donner une solution à notre groupe d’élus. Donc c’est à la fois une contrainte et un enjeu professionnel. Mais je pense qu’il y a que ces contraintes là qui s’imposent à nous, c’est pouvoir réagir, d’avoir cette notion de réaction rapide tout en étant mesuré, tout en étant réfléchi. On ne veut pas prendre de mauvaises décisions et pas les faire prendre non plus à nos élus. On est toujours garant de toute façon de cette image, de l’image à la fois de l’institution et de l’élu qu’on représente.

M. G. : Vous nous avez dit que la souplesse était une compétence mais aussi une contrainte…

C. P. : Les deux sont mélangés, je veux dire on peut avoir à ré-intervenir sur une opération, sur une impression, sur un document. Il est jamais finalisé jusqu’au moment où il passe en presse. On peut avoir des modifications de dernières minutes, on peut avoir des retraits d’articles pour les personnes qui travaillent en éditorial. Ça fait parti du métier et il faut avoir cette souplesse de réactivité, se dire « bon ben OK on change ». Au travail, il faut savoir anticiper aussi, notamment pour les gens qui travaillent en édition ; une possibilité de remplir différemment votre article, de remplir différemment votre journal, parce qu’on va retirer un article au dernier moment, parce qu’il y a une loi qui vient de passer et qu’elle contredit ce qu’on voulait avancer. Tout ça, ça se fait souvent très très vite.

C. G. : Vous avez travaillé chez EDF en tant qu’entreprise et au Conseil Départemental en tant qu’institution, qu’est-ce que vous notez comme grandes différences entre les deux ?

C. P. : Chez EDF, ils ont une notion économique mais il y a quand même une grosse notion de service public. En travaillant dedans, on n’est pas très loin de cette notion d’apport au public, il n’y a pas le politique mais il y a quand même une notion de prévention, une notion de bienveillance par rapport à leurs clients. Moi, en fait je n’étais pas sur du commercial, j’étais sur de la fabrication et de la prévention. Donc j’étais sur un groupement de barrages et je travaillais sur une mission de communication au près des jeunes publics et des publics de touristes sur les risques d’inondations. Donc j’avais des agriculteurs aussi comme public, qui étaient liés à la production d’électricité. C’était une mission de service public et de prévention, il n’y avait pas de logique économique, là il y avait vraiment une logique de prévention, de bienveillance et de service aux populations qui sont dépendantes des lieux où l’électricité est produite.

L. L.–F. : On parle beaucoup de la notion de public, selon vous qu’est-ce que votre métier apporte aujourd’hui au public ?

C. P. : Alors il y a, comme je vous disais, cette partie administration, la partie un peu loisir et les compétences premières donc : solidarité, collèges, qui sont on va dire l’effervescence de notre travail et de l’institution. On a une communication beaucoup plus professionnelle donc on va s’adresser aux directeurs d’établissements, aux responsables de cuisines pour les collèges, on va s’adresser aux personnes qui s’occupent des personnes âgées dans les EHPAD [NDLR : Établissements d’hébergements pour les personnes âgées dépendantes]. Donc tout ça, c’est le fond du service public et c’est du service qu’on va apporter aux familles, aux enseignants, aux élèves. C’est un public fermé mais notre action au quotidien permet leur bien être au quotidien. Par exemple, notre travail sur les collèges est de rendre facile l’enseignement aux professeurs en équipant les établissements au niveau technologique et politique, ce qui donne des collèges qui sont à basse consommation d’énergie pour avoir un impact limité sur l’environnement. Tout ça c’est notre travail sur ces publics là. Après, je parlais de la partie loisir et de la partie patrimoine, prévention et soutien aux filières. Sur le soutien aux filières, on a en terme de soutien des opérations qu’on a labellisé, comme par exemple « Vincoeurs et Saveurs », donc c’est un soutien aux filières de production et d’artisanat avec des partenaires. Il s’agit de promouvoir les produits et les productions 100% héraultaises qui se profilent dans l’idée de promouvoir le territoire et les acteurs du territoire : des gens qui travaillent ici, qui produisent ici, et pareil pour les gens du local donc on reste sur du circuit court. On reste sur de la production de marché, de personnes qui vont acheter un légume frais, qui pousse dans le département et qu’ils vont consommer ici. L’idée c’est de promouvoir toute notre action et toutes les actions qu’ont les héraultais pour les autres héraultais. Pareil sur le patrimoine, sur le loisir, c’est consommer le territoire, c’est consommer les actions qu’on promeut : le sport de plein air, les offreurs de loisirs de plein air. Tout ça c’est une partie de notre public, l’idée c’est que tout le monde en tire un bénéfice, que notre action soit une action positive pour que les gens puissent consommer l’Hérault au maximum.

M. G. : Pouvez-vous nous donner un exemple d’action que vous avez faite ?

C. P. : Par exemple l’action « Vincoeurs et Saveurs ». C’est la promotion des filières, c’est le soutien aux producteurs locaux, donc, sur le stand notamment, on promeut nos actions auprès de l’environnement et la protection de l’environnement. Il y a ce que nous allons faire mais il y a aussi tous nos partenaires. Par exemple sur le stand, vous avez une vingtaine de partenaires environnementaux qui viennent intervenir et qu’on aide, nous, au quotidien dans leurs actions.  Ils viennent ici expliquer au public ce qu’ils font, eux, au quotidien pour préserver la ressource en eau par exemple dans le département, pour préserver la richesse, la bio-diversité et pour qu’il y ait un équilibre pour les cultures. Donc tout le monde a une interaction. Je vous dis qu’on a une promotion auprès des filières quand nos partenaires environnementaux vont proposer de poser des abris à chauves-souris dans des vignes ; vous avez un mélange entre le soutien aux vignerons mais aussi une protection de l’environnement. Tout se croise à un moment donné. Si vous n’avez pas de chauves-souris, par exemple, vous avez des insectes qui viennent sur les vignes et donc ces chauves-souris si on ne les héberge pas, pas loin des lieux de production, on a un équilibre qui se casse. L’idée c’est donc qu’en aidant de multiples acteurs on arrive à faire vivre le territoire et à le préserver.

L. L.–F. : Racontez nous une journée type au sein du Conseil Départemental ?

C. P. : Je bois un café déjà. Donc il y a le café déjà qui est essentiel, après la plupart du temps on est divisé. On a des sous-équipes, on est en direction de la com. On a la directrice de la communication qui prend ses commandes du cabinet donc du directeur de cabinet et du président. Le directeur de cabinet étant là pour faire le relais de la voix du président, la plupart du temps quand on n’a pas le temps de le voir. Elle nous confie des missions à chacun, nous sommes divisés en trois pôles. Il y a un pôle information qui travaille sur le magazine, sur les réseaux sociaux et sur la communication avec la presse. Ensuite, on a un pôle de communication qui lui va s’occuper de la partie éditoriale et édition donc de toutes les plaquettes, tout ce que vous voyez en terme de communication papier sur nos stands mais aussi dans des points relais et sur nos agences. Cette partie là, il y a trois personnes qui s’en occupent. Enfin, vous avez le pôle dont moi je dépends qui est un pôle événementiel et signalétique. Il s’occupe des opérations de terrain et de leur valorisation  auprès de nos publics ainsi que la partie signalétique qui s’occupe du travail sur toute la représentation du département sur nos bâtiments et sur nos chantiers pour signaler les actions qu’on mène au quotidien. Les chantiers sont sur les bâtiments qui dépendent de nos compétences, notamment les collèges, mais aussi sur les routes qui sont une grosse compétence du département. Ça va de la création à l’entretien des routes départementales, à la sécurisation des voies et à l’entretien des bords de routes. Pour travailler en information auprès du public, il faut qu’on développe des réseaux d’affichages et des panneaux de chantiers. Tout ça c’est la deuxième partie de mon pôle et de mon action qui permet de signaler aux personnes la sécurisation d’une voie ou un chantier qui intervient. Par exemple, quand on a des gros travaux comme on a eu sur la RD qui contourne Montpellier, quand on a des travaux qui durent pendant six mois, un an, on a besoin de travailler avec les riverains, avec ceux qui vont passer par les routes au quotidien et ceux qui vivent autour du chantier. Il faut qu’on leur fasse des étapes, les moments où ils vont être gênés, les moments où il va y avoir des déviations et tout ça, ça fait parti de l’information au public donc ça sort du côté stand ludique et ça rentre dans l’information. Ce que je disais, c’est rendre compte qu’on a une action pour vous mais qu’elle va causer des nuisances, elle va causer des retards et des gênes pour votre vie quotidienne. Pendant la durée du chantier, il faut qu’on soit présent auprès des riverains et des gens qui sont impactés pour leur rendre compte de l’action. Donc quand le chantier démarre il y a une déviation mise en place et il faut qu’on donne une information aux personnes qui vont subir les problèmes de déviation. Le chantier continue et on donne tout pour qu’à chaque fois une information arrive au public.

L.L.–F. : Vous parlez d’opération sur le terrain, quelle est votre mobilité par rapport à ça ?

C. P : Alors moi je suis un de ceux qui se baladent pas mal, ceux qui couvrent le territoire. Sachant donc que notre territoire il s’arrête vers Pégairolles-de-l’Escalette, vers l’Aveyron, on a St.Pons de Thomières ; la limite avec l’Aude et de l’autre coté, coté Est, il y a la limite avec Lunel et le Gard. On a un gros gros territoire avec plus d’un million d’habitants donc ça veut dire autant de possibilités de représentations du département sachant qu’on agit auprès des communes, auprès des clubs sportifs, des associations etc. Ces associations de partenaires quand on a des actions communes il faut se déplacer avec eux, il faut aller les accompagner. Après, on a une action au niveau sportif donc forcément on va accompagner les tournois, des trails, des compétitions sportives… on va aider à la logistique, on a forcément des partenariats avec les clubs locaux donc il faut être sur place avec eux et en même temps ça permet aussi dans ces points là d’avoir des relais. Les jours où on est sur des opérations, quand on a des services à donner au public et qu’on est à l’autre bout du département, l’idée c’est de leur expliquer ces services qu’on peut leur rendre au quotidien et d’avoir cette présence permanente. Dès qu’on peut on essaie de travailler de toute façon avec nos publics.

M. G. : Comment entrez-vous en contact avec ces partenaires ?

C. P. : Alors les partenariats soit on les tisse au fil du temps, soit ils viennent. Il y a des partenariats qui se découvrent entre deux événements par exemple. L’évènement c’est utile à ça, notamment pour « Vincoeurs et Saveurs », on a un partenariat avec les Toques Blanches de l’Hérault, qui sont un rassemblement de chefs. Donc ces gens là, on les a rencontré au départ sur une opération, le partenariat est né du fait que l’opération s’est bien passée et qu’ils ont les mêmes envies que nous ; de promouvoir les produits, de promouvoir le territoire. On va tous dans le même sens. L’idée c’est de faire monter tout le monde dans le même train, que eux ne fassent pas leurs opérations dans leur coin et nous non plus, c’est d’avoir une grosse caravane pour avoir plus de poids ensemble. Donc quand on se déplace on fait des opérations, par exemple dans un marché avec des producteurs du pays, on a des cuisiniers et on a un sommelier qui va faire découvrir les vins. On a donc les partenaires de la chambre d’agriculture qui nous suivent, qui amènent les producteurs. Donc plus on est nombreux, plus on est visible et on a une unité de discours aussi, on a tous plus au moins le même discours donc l’idée c’est de promouvoir notre terroire et notre département.

C. G. : Comment arrivez vous à gérer toutes ces relations entre les partenaires sociaux? Entre les clients, les fournisseurs et les partenariats?

C. P. : Si on prend l’exemple de « Vincoeurs et Saveurs », on a un groupe de partenaires depuis le début. Il s’est constitué dès les premières opérations, on est parti avec quatre-cinq partenaires ; les premiers volontaires, et on a agrégé des gens qui ont demandé de nous joindre sur des opérations, comme par exemple les chefs qui se sont associés à nous. L’idée c’est qu’après avoir travaillé avec ce groupe et une fois que vous avez constitué votre groupe de travail, à chaque fois que vous montez une opération vous les rassemblez, on se parle, on fait des réunions ensemble et on vérifie les territoires où on veut aller travailler ensemble. En même temps il y a une totale liberté dans le groupe, donc quand par exemple si on décide de créer un marché de producteurs sur un lieu, on le fait la plupart du temps en coordination avec la commune ou la communauté de commune locale et après ce sont nos partenaires qui vont investir le lieu. Nous on va donner la boîte, par exemple la chambre d’agriculture va nous amener leurs acteurs à eux pour qu’ils viennent nourrir le projet. Ça part comme ça, ça part d’un jour décider d’un événement et à partir de là, qui correspond à ce qu’on s’est fixé tous ensemble. Eux après utilisent l’installation et nous on va travailler la partie valorisation-communication. Ils vont être des échos à notre communication. C’est ce que je disais, plus on est nombreux, plus on a de réseau en étoile. L’idée c’est que nous allons émettre une communication et eux vont la répercuter vers leur public. Alors effectivement, on a des publics qui se mélangent mais après on a chacun un public spécifique. Nous on va travailler sur le notre et eux vont travailler sur le leur, donc ça veut dire qu’avec cinq lanceurs de message on se retrouve avec 2000 personnes touchées et 2000 personnes qui viennent à votre événement. Mais ça, ça marche parce qu’on a nos propres réseaux chacun et comme je disais on s’agrège ensemble, on se fait tous bénéficier du réseau des uns et des autres. C’est pas l’un qui est meilleur que l’autre.

M. G. : Racontez nous un événement qui vous a marqué ?

C. P. : Alors si on fait le mandat depuis 2015, on est vraiment sur la thématique « Vincoeurs et Saveurs », le soutien aux filières etc… Tout cela fait parti d’un sujet qui me touche bien déjà. C’est quand on adhère aux projets politiques que le soutien aux filières devient intéressant et super valorisant dans le sens où on travaille avec des gens qui travaillent dans le territoire et qu’on ne connaît pas forcément au départ. C’est là qu’on se rend compte qu’il y a une multitude de talents. Par exemple, vous rencontrez des boulangers passionnés, vous rencontrez des meuniers passionnés qui s’attachent à avoir une farine locale, qui s’attachent à avoir des céréales qui sont produites dans la région, vous rencontrez des gens qui se battent pour des vrais produits et alors l’événement devient une aventure humaine plus qu’autre chose. On dépasse le rôle de partenaires, il y a vraiment un groupe. Et par exemple, avec ce groupe « Vincoeurs et Saveurs », on a un vrai attachement les uns aux autres par rapport, nous, aux axes politiques qu’on s’est fixé mais qui correspondent eux à leur quotidien. Pour en avoir discuté avec certains, ils sont ravis qu’une institution s’occupe d’eux et soit à leur côté physiquement. Il y a le coté partenariat financier dans certains cas mais les institutions n’accompagnent pas forcément au quotidien et nous ce qu’on fait c’est vraiment ça. Quand on crée un marché avec eux c’est pour les mettre en avant : eux, leurs métiers, leurs talents et leur savoir-faire. Donc l’idée c’est qu’au jour d’aujourd’hui on est à peu près 400 producteurs, qu’on a touché, qu’on a accueilli sur des marchés et des événements. Ils nous disent qu’ils sont contents d’avoir physiquement des élus qui les comprennent, qui les accompagnent et qui mettent à disposition des installations et des événements pour les mettre en avant et quand tu arrives à ça tu as vraiment le côté « j’ai fait mon job ». Donc il y a le côté saveur mais pas que, par exemple sur la rentrée scolaire on a participé à « Antigone des Associations » qui est un gros événement des associations montpelliéraines et on a travaillé sur le public montpelliérain de la métropole. Ce sont des héraultais aussi et c’est ce public là qui était ravi qu’on vienne à leur rencontre. On leur a amené des services, des directeurs d’état qui travaillent pour les personnes âgées, des personnes qui travaillent sur le secteur social, sur les agences sociales de Montpellier, sur la maison des handicapés… donc tout ça vous permet de rencontrer des familles qui n’osent pas pousser votre porte et qui n’osent pas pousser la porte d’une agence sociale, qui ne savent pas où aller la trouver. Et le fait de les rencontrer dans des endroits qui sont atypiques : une foire, un salon, ça permet de créer un dialogue. Et on se rend compte qu’on a eu beaucoup de contact et les opérateurs sociaux nous ont dit que sur ce salon là et sur cette foire là, c’est une foire où normalement vous allez chercher du loisir et vous allez rencontrer énormément de gens avec des demandes d’aide qui n’osaient pas ou ne savaient pas à qui s’adresser. Le fait d’être présent dans des endroits comme ça, le fait d’amener un service au public c’est valorisant dans votre action quotidienne, de dire « l’institution a rendu son service ». Quand je vous disais que je voulais faire de la communication publique c’est pour ça, c’est pour pouvoir rendre service aux gens et leur amener la connaissance de telle ou telle possibilité qu’ils méconnaissent, parce que le rôle des institutions et les compétences de chacun sont souvent méconnus du grand public donc les gens ne savent pas vraiment à qui s’adresser. Donc quand vous arrivez à toucher ça, même si vous avez qu’un petit pourcentage à la fin qui peut bénéficier de quelque chose et qui ne le savait pas, ça fait plaisir.

L.L.–F. : Après avoir fait un peu le tour de votre métier, comment vous voyez-vous dans 10 ans?

C. P. : Alors je continuerai ce métier mais pour qui et où, je ne sais pas. Alors le fait d’être fonctionnaire fait que forcément je serai dans une institution, que ce soit celle ci ou une autre, mais après cela dépend des projets politiques qui arriveront, est ce qu’on s’inscrit dedans ou pas, est ce qu’on adhère ou pas, est ce que je rencontre peut-être un autre projet qui peut être intéressant et qu’on a envie d’aller mener ailleurs. Après effectivement je resterai dans la communication publique, peut-être pas forcément l’événementiel. Si il y a également un conseil que je peux vous donner c’est qu’il faut changer, il faut bouger, il faut évoluer. Donc pour nous la richesse de l’institutionnel et notamment dans les grosses institutions comme le département c’est de toucher à pleins de secteurs, par exemple dans la même semaine je vais travailler sur un salon de loisir et sur un salon du handicap ou de l’emploi. Il y a une richesse de contact et de gens qui viennent de tout univers et c’est pour ça que la lassitude pour l’instant je ne l’ai pas dans le sens où d’un mois à l’autre on bascule avec des secteurs complètement différents. Après le jour où il y a autre chose, où il y a d’autres propositions ça peut être intéressant aussi pour rechercher à toujours s’enrichir professionnellement.

L.L.–F. : Je pense que vous avez répondu à toutes nos questions sur votre métier. En tout cas merci beaucoup de nous avoir accordé votre temps et de nous avoir reçu ici. On vous souhaite une bonne continuation et une bonne journée.

C. P. : Merci à vous aussi, le plus dur reste à faire pour vous.

Nous remercions encore Cédric Planès du temps qu’il nous a accordé.  

Entretien réalisé par Léa Lacroix–Fraslin, Clémence Gerber et Marème Gaye

Compte rendu SASCO : Séance du 14 Mars 2017 – Hugo MALIBRERA et Stacy DREYER

mardi 21 mars 2017

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PHASE 1 – PRÉSENTATION DE LA SITUATION DE COMMUNICATION

J’ai réalisé mon stage au sein de l’entreprise SAVE, petite entreprise de 13 personnes spécialisée dans l’installation de caméras de surveillance et d’alarmes. A sa tête Christophe, qui est le directeur général. Cette entreprise compte aussi Sylvain, qui est le directeur commercial, une comptable qui est aussi tutrice de Marie et Julia, alternantes en ressources humaines, ainsi que les techniciens. Cette entreprise a été racheté en Septembre par Christophe suite au départ à la retraite des anciens propriétaires.

J’ai partagé plusieurs repas le midi avec Marie et Julia, et celles-ci se plaignaient de Sylvain qui les malmenait. Marie et Julia doivent s’occuper, entre autres, des devis. Dans un premier temps, il faut que Sylvain leur communique les informations nécessaires à leurs réalisations, afin qu’elles puissent les transmette à leur tutrice, la comptable, afin de les faire valider. Cependant, Sylvain est mécontent car les alternantes mettent du temps à lui transmettre les devis, malgré le fait qu’il envoie au dernier moment les informations nécessaires à la réalisation des devis. Un jour Marie a demandé à Christophe, le directeur général, de faire un réunion avec Sylvain, Julia, la comptable et elle-même afin de parler des conflits avec Sylvain. Cependant, la réunion ne s’est pas bien passée. Sylvain avançait pour argument que Julia et Marie n’était plus à l’école mais en entreprise, et qu’il est donc normal d’écouter les personnes ayant un statut plus important. Julia a ensuite quitté la réunion en pleurant et en criant qu’elle en avait marre et qu’elle « se cassait », avant de s’enfermer dans son bureau et que la réunion cesse. Pendant la journée, Christophe n’est pas allé la voir, et Julia est retournée à l’école. Lorsqu’elle est revenue, les relations avec Sylvain étaient froides, et Julia et Marie étaient insolantes.

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Organigramme de l’entreprise SAVE

PHASE 2 – PHASE DE QUESTIONNEMENT

Q: Est-ce que la femme de Christophe travaille dans l’entreprise ?

R : En fait, sa femme est attachée de presse à son compte, mais elle a suivi son mari lors du rachat de l’entreprise.

Q : Est-ce que sa femme s’est prononcée sur la situation?

R : Non pas vraiment, elle ne s’occupe pas vraiment des salariés vu son statut.

Q : Donc sa femme est à son compte, mais elle travaille aussi dans l’entreprise de son mari?

R : Elle a juste son bureau dans l’entreprise.

Q : Le bureau est vraiment au sein de l’entreprise ou est-ce qu’il est dissocié?

R : Non il est vraiment dans l’entreprise, il est même relié au bureau de son mari.

Q : En fait, c’est comme si il y avait deux entreprises dans une seule et même entreprise, non?

R : Oui.

Q : Et toi, tu faisais parti de quelle entreprise?

R : Ma tutrice c’était Ira, l’attachée de presse, mais je faisais aussi la communication.

Q : Et Sylvain, il en pensait quoi des alternantes qui étaient insolentes avec lui? Tu as pu entendre ce qu’il disait sur elles?

R : Il disait rien, ils se parlaient d’un bureau à l’autre en criant, et il n’intervenait pas.

Q : Quand tu dis qu’ils se parlaient d’un bureau à l’autre, tu veux dire Sylvain et les alternantes?

R : Oui c’est ça, Julia et Marie.

Q : Tu peux nous rappeler qui était présent lors de la réunion?

R : Sylvain, Julia, Marie, la comptable et le directeur.

Q : Et Sylvain, il a quel poste?

R : Il est directeur commercial.

Q : Et quels rôles elles avaient les deux alternantes dans cette réunion? Elles avaient aussi des soucis avec Sylvain?

R : Oui, la réunion était basée sur la relation tendue entre Sylvain et les deux alternantes.

Q : Et la comptable dans tout cela?

R : C’était la tutrice de Marie et Julia.

Q : C’était la première fois qu’il y avait des alternantes dans cette entreprise?

R : Au poste de ressources humaines, oui. Sinon ils ont des alternants techniciens.

Q : Et ça se passe bien avec eux?

R : Oui.

Q : Et le directeur a pris une décision à l’issue de la réunion?

R : Non, rien du tout.

Q :  Tu as pu parler avec Julia lorsqu’elle est sortie en pleurant?

R : Non, on en a pas trop parlé.

Q : C’était quoi l’élément déclencheur pour que Julia se retire de la réunion en pleurant? Est-ce que c’était une accumulation?

R : Oui aussi mais c’est surtout lorsqu’il leur a dit qu’elles n’étaient plus à l’école.

Q : Est-ce qu’il y a souvent des disputes dans l’entreprise?

R : Il y a souvent des accrochages entre Marie, Julia et Sylvain.

Q : Si tu devais te positionner dans cette histoire, tu te mettrais du coté de Sylvain ou du coté des filles?

R : Peut-être plus du coté des filles car j’ai l’impression qu’elles travaillent vraiment bien. Sylvain mettait vraiment du temps à leur transmettre des informations.

Q : Il leur reprochait de ne pas faire les tâches qu’on leur attribuait?

R : En fait, lui, il est directeur commercial, donc c’est à lui que revenait tous les chiffres, et il mettait du temps à les transmettre alors que c’était censé être rapide. Les alternantes ne pouvaient pas continuer sans ces informations.

Q : En fait, l’un ne peut pas travailler sans l’autre?

R : Oui.

Q : Tu étais à cette réunion?

R : Non.

Q : Est-ce que tu sais comment cela s’est présenté? Est-ce qu’ils ont laissé la parole aux filles en premier? Puis à Sylvain?

R : J’entendais à peine la réunion, je sais pas mais en tout cas tout le monde parlait.

Q : Elles étaient conscientes que le problème venait donc de Sylvain, vu son retard?

R : Oui.

Q : Et à ce moment là, qu’est-ce qu’il a dit Sylvain?

R : Qu’il fallait qu’elles se bougent quoi.

Q : Et Christophe ?

R : Je sais pas, il n’a pas trop pris parti.

Q : De ce que tu as entendu, tu l’as trouvé passif?

R : Oui, quand il est sorti elle étaient encore en pleurs. Elle venait de crier « Ça me saoule, je me casse ».

Q : La réunion, elle était à l’initiative de qui?

R : Des filles, de Marie plus particulièrement.

Q : Elles l’ont demandé au directeur?

R : Oui.

Q : Est-ce que tu connais les rapports entre Christophe et Sylvain?

R : Je sais pas vraiment car tous les jours, on fait une pause à 10h pour prendre café, et tout le monde venait sauf Sylvain. Je trouve qu’il est en retrait quand même, il reste dans son coin et je ne l’ai pas beaucoup vu. Je voyais même plus souvent les techniciens que lui.

Q : Et tu sais pas pourquoi Christophe n’a pas pris parti justement?

R : Non je sais pas.

Q : Tu sais si Sylvain a déjà eu d’autres antécédents de conflits? Avec des alternantes ou autres salariés?

R : Non. Un midi, j’ai juste entendu un technicien dire qu’il ne lui dirait plus bonjour.

Q : Il n’a pas de supers rapports avec les autres membres de l’entreprise?

R : Non, il est distant quand même.

Q : Qui a pris l’initiative de prendre des alternantes dans l’entreprise?

R : C’était les anciens propriétaires de l’entreprise.

Q : Marie et Julia étaient déjà en alternance avant que les propriétaires changent?

R : Oui, les nouveaux propriétaires sont arrivés en septembre, et Marie ça faisait trois ans et Julia un an.

Q : Et avant ce changement, est-ce que tu sais si les rapports entre Sylvain et les alternantes était le même?

R : Au début de mon stage, on voyait qu’il y avait quelque chose entre eux, mais ça ne s’était pas encore vraiment dégradé. C’était plus une accumulation je pense.

Q : Quelle est la relation entre Sylvain et la comptable?

R : Je sais pas trop, mais ils doivent travailler ensemble je pense.

Q : Marie et Julia peuvent donc passer, sans l’accord de la comptable, par Sylvain?

R : C’est Sylvain qui doit transmettre des informations à Marie et Julia, puis elles doivent faire vérifier à la comptable afin de les transmettre à Sylvain.

Q : Sylvain ne pouvait pas passer directement par la comptable?

R : Non, elle faisait travailler les filles.

Q : Est-ce que tu pourrais nous décrire le comportement du directeur au sein de l’entreprise?

R : Il est très gentil, proche de ses salariés. Il était là à toutes les pauses café.

Q : Est-ce que tu penses que le fait que le directeur soit cool avec ses employés explique le comportement de Sylvain?

R : Oui, je pense que ça y joue, peut-être qu’il profite du nouveau statut de Christophe.

Q : Et toi avec Sylvain, tu as été en contact avec lui ou pas du tout?

R : Non pas souvent.

Q : Donc c’était un peu tendu?

R : Oui, c’était pas terrible quand même. Il venait dans le bureau, il disait bonjour qu’à Ira parfois.

Q : Tu penses que c’est à cause de ton statut de stagiaire?

R : Oui je pense. Il se sent peut-être supérieur.

Q : Il a peut-être mal vécu le changement de propriétaire?

R : Oui. En fait, c’est les anciens directeurs qui ont ouvert la boite il y a 30 ans, et Sylvain ainsi que d’autres techniciens étaient déjà dans l’entreprise.

Q : Est-ce que Sylvain a des salariés à sa charge?

R : Je ne sais pas, surement des techniciens.

Q : Mais ils font quoi exactement ces techniciens?

R : Ils vont dans des maisons pour installer des caméras de surveillances ou des alarmes.

Q : Et il n’y a pas de chef des techniciens?

R : Non.

Q : Donc il les dirige car il est un peu autoritaire avec eux? Il leur donne des ordres?

R : Je peux pas trop répondre, je ne sais pas…

Q : Donc c’est Sylvain qui fait les devis, qui dit aux techniciens où aller?

R : Non ça c’est Marie et Julia, c’est elles qui placent les techniciens.

Q : Marie et Julia ont plus qu’un rôle de comptable non?

R : Elles sont aux ressources humaines.

Q : Donc elles ont une place importante malgré leur rôle d’alternante?

R : Ils les considèrent un peu comme des secrétaires.

Q : Et elles passent beaucoup de temps dans l’entreprise?

R : Oui, Julia c’est un jour sur deux. Marie elle est là une semaine, puis trois jours à l’école, ainsi de suite.

Q : Est-ce que tu connais le détail de leurs missions à Marie et Julia?

R : Prises de rendez-vous, devis…

Q : Est-ce que la comptable protégeait ses alternantes par rapport à la situation?

R : Elle jouait un rôle de maman un peu, elle leur disait de passer au-dessus de la situation. Mais elle ne prenait pas tant parti.

Q : Est-ce que tu sais si Sylvain aurait aimé prendre la succession de l’entreprise ou si il y a de la jalousie envers Christophe?

R : Aucune idée.

Q : C’était le même organigramme avant le rachat de l’entreprise?

R : Oui, personne de nouveau.

Q : Et donc lui, c’est lui qui trouve les clients?

R : Oui

Q : Est-ce qu’il est efficace dans son travail?

R : Oui il est compétent.

Q : Est-ce que c’est pour cela qu’il se sent obligé de donner des directives aux techniciens?

R : Oui possible

Q : Est-ce que tu l’as déjà vu en contact avec des clients?

R : Non

Q : Tu penses que c’est que dans l’entreprise qu’il se sent pas bien?

R : Oui, mais les clients ne viennent pas dans l’entreprise, c’est les salariés qui se déplacent.

Q : Tu trouves Sylvain plus directif que le directeur général ?

R : Oui

Q : Est-ce que Sylvain a déjà eu des retours de clients mécontents? Peut-être par rapport aux délais qui n’étaient pas respectés par exemples?

R : Non

Q : Est-ce que tu penses que Christophe a sa vrai place de directeur?

R : Oui il sait gérer. Il était déjà directeur d’une autre entreprise avant celle-là.

Q : Est-ce que tu es au courant des salaires dans l’entreprise?

R : Marie et Julia ne sont pas trop payées vu qu’elles sont en alternances. Après je sais pas, je pense que Sylvain l’est.

Q : Est-ce que tu as pu voir comment il travaillait?

R : Je n’ai travaillé qu’une seule fois avec lui, je l’ai trouvé intimident.

Q : Tu as dis que Christophe avait une autre boite avant?

R : Il était déjà D.G mais dans une entreprise qu’il ne possédait pas.

Q : Quand il a racheté l’entreprise, est-ce qu’il a changé le nom ou autre chose?

R : Non

Q : Est-ce que tu sais si les salariés ont ressenti ce changement de propriétaire?

R : Non c’était positif car les anciens propriétaires ont accompagné le changement de direction, progressivement.

Q : Est-ce que tu sais pourquoi ils sont parti?

R : Retraite

Q : Comment ça se passait entre les anciens propriétaires et les alternantes?

R : Elles m’ont dit que ça se passait très bien.

Q : Sylvain il a quelle formation?

R : Je ne sais pas.

Q : Il a quel âge Sylvain?

R : 45, 50 ans je pense

Q : Et Christophe?

R : Pareil

Q : Et les devis, ils mettaient vraiment de temps à être fait?

R : Non, il abusait un peu.

Q : Et ta tutrice, elle en pensait quoi de Sylvain? Elle avait un avis sur lui?

R : Elle ne m’en parlait pas trop. Je pense qu’elle ne pouvait pas trop se permettre de donner son avis.

Q : Est-ce que tu penses que Sylvain jouait du fait qu’il soit intimidant?

R : Un petit peu je pense.

Q : Il faisait quoi quand il ne venait pas en pause?

R : Il était dans son bureau.

Q : Il est exclu?

R : Je pense que c’est lui qui s’exclut tout seul. Quand il passait dans mon bureau, il ne parlait qu’à Ira.

Q : Et personne ne sait pourquoi il ne venait pas?

R : Quand on allait en pause, on passait dans son bureau mais il ne venait pas.

Q : Il n’avait peut-être pas envie de se mélanger?

R : Peut-être. Marie a son bureau à l’entrée, peut-être qu’il ne voulait pas la voir.

Q : Pendant les pauses, est-ce que parliez de lui?

R : Le midi quand j’étais avec les alternantes et la comptable oui.

Q : Et quand tu étais avec elles, vous en parliez en bien quand même?

R : Beaucoup en mal quand même.

Q : Il avait d’autres rapports avec les filles que de crier dessus?

R : Ils se parlaient mais juste pour le boulot. Mais de chaque coté c’était tendu…

Q : La situation de Sylvain, elle est comment?

R : Il a une femme je crois (rire)

Q : Tu peux nous dire ce qu’ils se disaient exactement quand ils criaient de bureau à bureau?

R : Sylvain demandait les devis, et c’était Marie qui s’emportait le plus.

Q : Et elle disait quoi?

R : « Je le fais, j’ai pas que ça à faire de mes journée ! », des trucs comme ça

Q : Et quand ils se parlaient de bureau à bureau, le directeur ne disait rien?

R : Non, je ne l’ai jamais vu sortir pour intervenir en tout cas.

Q : Ils se parlaient d’une autre manière quand même?

R : Au téléphone..

Q : Et Sylvain répondait quoi quand Marie disait qu’elle n’avait pas que ça à faire?

R : Il répondait pas trop, il disait qu’elles devaient être plus rapides.

Q : Il leur demandait comment? Avec un ton agressif déjà?

R : Oui un peu quand même.

Q : Et il était agressif avec les deux?

R : Davantage Marie car elle est plus souvent là. Julia est plus sensible.

Q : Est-ce que tu penses que si les deux alternantes avaient un statut d’employé, la situation serait la même?

R : Possible, peut-être qu’il en profite

Q : Est-ce que tu penses qu’elles sont légitimes de remettre en cause l’autorité, de par leur statut d’alternantes?

R : Non. Ok, il est dur à vivre, mais je pense pas que cela soit une raison. Car il y avait vraiment de l’insolence dans le comportement de Marie.

Q : Cette insolence est peut-être une réponse au comportement de Sylvain?

R : Oui

Q : Et leur tutrice, elle disait quoi par rapport à la situation?

R : Pas grand chose, elle disait rien. Marie et Julia sont vraiment gentilles avec elle, et elle voulait pas entrer dans cette dispute.

Q : C’est déjà arrivé que les devis arrivent en temps et en heure?

R : Oui la plupart du temps, c’est surtout Sylvain qui mettait la pression quand même.

Q : Il y a des moments où il est satisfait?

R: Oui quand même !

Q : Et des remarques gentilles?

R : Ah non ! Ou très rarement.

Q : Les alternantes étaient insolantes qu’avec Sylvain?

R : Oui

Q : Et la tutrice, elle n’a jamais essayé de faire l’intermédiaire entre les deux?

R : Elle était à la réunion, mais elle n’a pas parlé.

Q : La situation est identique quand il n’y a qu’une seule alternante?

R : Elles étaient tout le temps avec Marie

Q : Et quand Marie était toute seule avec Sylvain, c’était la même situation?

R : Ah oui oui

Q : Il n’y avait pas une situation de rapport de force quand elles étaient toutes les deux?

R : Peut-être qu’elle se sentait plus forte quand il y avait Julia oui, mais même seule son comportement était identique.

Q : Quand tu dis qu’elles étaient insolentes, est-ce que c’est depuis le début? Ou il y a eu un élément déclencheur?

R : J’ai quand même vu une évolution durant mon stage. C’était vers l’avant-dernière semaine qu’il y a eu la réunion. Mais au début du stage, ça allait.

Q : Et tu était présente à la réunion?

R : Non j’étais juste à coté, et j’attendais car leur porte était ouverte. J’entendais tout.

Q : Tu sais si, suite à ça, les alternantes ont bâclé des devis pour embêter Sylvain?

R : Non elles sont restées professionnelles quand même.

Q : Et elles font des études en quoi?

R : Marie est en troisième année de ressources humaines, et Julia est en première année.

Q : Est-ce que ça arrivait qu’ils se retrouvent à l’extérieur de l’entreprise?

R : Les techniciens mangent ensemble le midi, mais après je sais pas.

Q : Et est-ce que Christophe a déjà pris d’autres initiatives pour ce genre de situation?

R : Non c’était la première fois qu’il faisait ce genre de réunion.

PHASE 3 – ANALYSES ET INTERPRÉTATIONS

Pendant cette phase, l’analyse et l’interprétation ont été majoritairement centrées sur la relation entre Sylvain, Julia et Marie.

Suite aux questions posées afin de mieux comprendre cette situation, les autres membres du groupe ont tout d’abord essayé de qualifier le type de leader présent dans l’organisation.

> Tous sont d’accord pour dire que Christophe est un leader formel laisser-faire, démissionnaire car celui-ci ne s’occupe pas des conflits et de l’entreprise.
> Suite à ce style de leader, ils ont pu constater deux leaders informels. Pour commencer, Sylvain avec un leadership autoritaire par sa relation avec Julia et Marie et sa place dans l’entreprise et la comptable avec un leadership démissionnaire car celle-ci n’ose pas prendre partie entre ses alternantes et Sylvain.

A ce stade, les étudiants ont fait le rapprochement avec l’analyse des 13 jeux de pouvoir selon Mintzberg.

Le premier jeu à avoir été énoncé est celui de la construction d’empire
Joueur : Sylvain
Moyen : se joue individuellement.
Ce jeu est développé par un individu isolé qui cherche à étendre son pouvoir sur d’autres membres de l’organisation en dehors de son champs de compétence ou de responsabilité. Cette recherche du pouvoir s’accompagne de la volonté de contrôle sur différentes unités de l’organisation. Ici, Sylvain cherche donc à étendre son pouvoir et à prendre contrôle sur Julia et Marie en ne fournissant pas les informations nécessaires à la réalisation des devis.

Le second jeu qui, pour les étudiants, semble correspondre à la situation est la construction d’alliance.
Joueurs : Julia, Marie et Sylvain

Moyen : il consiste à mettre en place des contrats implicites de soutiens mutuels.
Ici, il est noté que Julia et Marie se liguent contre Sylvain.

Enfin, le jeu de rivalité entre deux camps.
Joueurs : Julia, Marie et Sylvain.

Moyen : jeu en deux temps ; un premier temps construction d’empires et d’alliances. Un second temps d’affrontements. L’objectif est de prendre le contrôle du pouvoir de l’autre camp.
Sylvain a réussi à construire un empire informel. Cependant, une alliance a été créée entre Julia et Marie. De plus, la réunion a été réalisée à la demande de Marie afin de prendre le contrôle sur le camp de Sylvain. Cependant, pendant celle-ci, Sylvain a pris le contrôle sur le camp adverse car la réunion s’est arrêtée suite à la fuite de Julia.

Tous les étudiants étaient d’accord pour utiliser l’analyse stratégique de Crozier et Friedberg qui, selon eux, collait parfaitement à la situation de communication étudiée.

Les étudiants ont constaté une forte marge de manoeuvre de Sylvain. En étant le directeur informel et étant présent dans l’entreprise depuis plus longtemps que Christophe, celui-ci considère qu’il s’y connait mieux que quiconque. Il maitrise aussi la zone d’incertitude des compétences : en étant directeur commercial, c’est lui qui « ramène » les clients. La communication – qui est une zone d’incertitude – est aussi maitrisée par Sylvain, car il ne partage pas les informations nécessaires à Julia et Marie, ce qui lui confère une marge de manoeuvre plus conséquente au sein de l’organisation.

Ensuite, les étudiants ont essayé de comprendre les relations au sein de l’entreprise avec l’analyse transactionnelle.

Dans la situation observée, les étudiants sont d’accord sur la relation parent-enfant entre les alternantes et Sylvain. En effet, Sylvain se comporte en parent en donnant des ordres à Julia et Marie qui elles, se comportent en enfant en étant rebelles et insolantes. Elles ont tout de même essayé de se comporter en adulte en décidant d’organiser une réunion mais en vain, puisque Julia est sortie de la réunion en pleurant. Il a été ajouté qu’un rôle de « maman » était aussi présent avec la comptable, qui protège ses deux alternantes. Celle-ci est la « maman cool » alors que Sylvain à le rôle du « papa sévère ».

L’analyse sémiotique situationnelle a été évoquée brièvement. Les élèves se sont intéressés à plusieurs contextes. Tout d’abord le contexte spatial, car il y a deux entreprises différentes dans un même bâtiment : SAVE, et celle d’Ira. Le contexte temporel est important car la situation a lieu peu de temps après le rachat de l’entreprise par Christophe. Il est donc nécessaire de prendre en compte ce point. Puis le dernier contexte évoqué est celui du positionnement, où nous retrouvons Sylvain de par son ancienneté au sein de l’entreprise.

Afin de mieux comprendre ces relations, les élèves ont jugé intéressant d’étudier et de comprendre la structure de l’organisation au travers de l’analyse organisationnelle de Mintzberg. Ils ont constaté qu’il s’agissait d’une structure simple. C’est davantage la répartition des tâches et l’organigramme informel qui sont la cause des difficultés des relations. En effet, pour commencer, Julia et Marie n’occupent pas un poste de RH mais de secrétaire. Ensuite, le directeur et la comptable, n’osant pas affirmer leur autorité, sont effacés. Il reste donc Sylvain, qui prend le pouvoir, et Julia et Marie qui sont les seules a résister.

Enfin, d’après les théories de l’école de Palo Alto, les étudiants ont reconnu ici une relation symétrique complémentaire. En effet, Sylvain adopte une relation basse et Julia et Marie, en étant insolantes, tentent de se placer en relation haute. Au niveau de la communication, il a été noté qu’il y avait un dysfonctionnement entre le contenu et la relation. En effet, prenons en exemple : Sylvain qui dit «  Fais moi un devis » et Marie qui rétorque « Je n’ai pas que ça à faire » . Dans cette situation, Marie pensait que ce n’était pas à Sylvain de lui donner des ordres. Paradoxalement, le conflit se situe sur la relation, alors qu’il devrait se situer sur le contenu.

PHASE 4 : RETOUR DE LA NARRATRICE

Lors de la phase d’analyse et d’interprétation, je suis d’accord avec les différentes analyses choisies, qui semblent appropriées à cette situation.

Il est vrai que l’organigramme est bien réalisé et que le problème concerne davantage la répartition des tâches. La place de Julia et Marie n’est pas bien définie. Cependant, je trouve que la comptable adopte bien son rôle de tutrice, de par son expérience dans les ressources humaines et dans la comptabilité. De plus, il est nécessaire de revoir la place de Sylvain qui, dans l’organigramme, ne devrait pas être en lien avec les deux alternantes.

L’analyse transactionnelle est vraiment pertinente car celle-ci illustre la posture d’enfant de Julia et Marie, qui ont du mal à s’en détacher. Sylvain, quant à lui, a véritablement le statut de « père autoritaire » dans cette relation.

Dans l’analyse situationnelle, je pense que le contexte temporel et le contexte de positionnement sont les plus importants et qu’ils jouent un rôle déterminant dans notre situation de communication.

Hugo MALIBRERA
Stacy DREYER
G1 SASCO – ITIC UPV

Entretien avec Pierre-Jean Pluvy, rédacteur en chef de la radio France-bleu, à Montpellier

dimanche 16 novembre 2014

pluvy-140

 

 

 

 

 

 

Dans le cadre du projet professionnel personnalisé, nous avons interviewé Pierre-Jean Pluvy, rédacteur en chef de la radio France-bleu à Montpellier. L’entretien s’est déroulé le 3 novembre 2014 au studio de la radio. Avant que ne débutent les premières questions, nous nous sommes présentés et nous lui avons précisé le contrat déontologique qui consistait à enregistrer notre entretien afin de le retranscrire et de le publier sur le blog universitaire. Après réception de l’accord de l’interviewé, nous avons pu commencer.

 

-Bonjour Mr. Pierre-Jean Pluvy, d’abord merci d’avoir accepté cet entretien.

 
-Avec plaisir.

 
-Tout d’abord, pouvez-vous vous présentez en quelques mots.

 
-Je m’appelle Pierre-Jean Pluvy, j’ai 46 ans je suis rédacteur en chef de France Bleu Hérault, ici à Montpellier. J’ai commencé par rentrer à radio France en 1990 et c’est là que j’ai eu le déclic du métier que je voulais faire lors de mon stage, dans l’une des 44 radios locales de radio France, situé à Grenoble ,après avoir fait des études d’histoire/ géographie et après avoir terminé mon cursus par l’Institut d’études politiques de Grenoble.

 
– Suite à cette présentation, est-ce que vous pourriez nous expliquer en quoi consiste ce métier, de rédacteur en chef.

 
-Alors, c’est tout d’abord un métier de journalisme. C’est l’une des facettes du métier de rédacteur n chef. Quand on est rédacteur en chef ça veut dire qu’on gère une équipe de journalistes. Qu’est-ce que ça veut dire. Vous avez deux versants à ce métier. Vous avez d’abord l’éditorial, vous êtes garant de la lignée éditoriale de la station, c’est tout le travail autour du choix des sujets… d’abord de la construction de la grille. Tous les ans on construit une grille d’informations, correspondant au premier travail, et puis, tout le travail éditorial se fait autour du choix du sujet.
Tous les matins on choisit des sujets selon des critères bien précis. C’est le travail éditorial puis vous avez aussi bien sûr à gérer et apprécier le rendu. Il est important de voir si évidemment le résultat correspond à ce qu’on voulait.
Il faut aussi diriger les reporters dans un sens plutôt que dans l’autre, travailler avec eux sur les éléments forts, sur leurs forces, leurs faiblesses, sur leur écriture. Cela correspond au travail éditorial. Puis il y a le travail administratif, pour organiser la vie de la rédaction. Il passe par des tas de services : une rédaction fonctionne 7j/7j et 24h/24h.
Il faut organiser le tableau de service, c’est-à-dire, les vacances, les RTT et j’en passe et des meilleurs. Un petit travail de RH (ressources humaines) car on est évidemment à l’écoute des journalistes, de leurs difficultés, comme de n’importe quel salarié, des difficultés qui peuvent rencontrer dans leur vie professionnelle, on est donc là dans l’accompagnement. On trouve ainsi un versant administratif (RH) et un versant éditorial à ce métier.

 

– Quelles sont les compétences requises, les qualités et aptitudes à adopter dans ce métier ?

 
– Dans ce métier, de rédacteur en chef, il faut être à l’écoute des journalistes, c’est quelque chose de très important. Il faut savoir mener une ligne éditoriale donc bien avoir la ligne éditoriale en tête. Ce n’est pas le plus difficile mais ça reste quelque chose d’assez essentiel. Dans le métier de rédacteur en chef il faut savoir à qui on parle. Il est bien évident que sur France Bleu Hérault on s’adresse plutôt à une tranche d’âge de 40/60, la deuxième partie de la vie active plutôt qu’aux ados de 15 ans. Les sujets vont découler aussi de ça. On va plus faire des sujets en rapport avec cette tranche d’âge-là plutôt que sur le dernier jeu vidéo à la mode qui sort, et qui intéressera un peu moins notre public ou alors, qui pourra intéresser les enfants de notre public. Voilà une définition de la ligne éditoriale qui correspond à ce qui fait notre quotidien. Après il faut savoir écouter les gens, dire là où ça va, dire là où ça va pas, encadrer…
Il y a un travail d’encadrement des salariés à faire.

 
-En plus des compétences que vous nous avez dites, vous devez aussi avoir une culture générale assez étoffé pour faire ce métier.

 
-C’est en fait le métier de journaliste pas le métier de rédacteur en chef. Si vous voulez être journaliste et que vous n’avez pas de culture générale, ça va très vite poser problème. Donc la culture, là, c’est autre chose, là c’est le travail de journaliste mais de toute façon quand vous êtes rédacteur en chef, vous êtes journaliste.
Mais évidemment vous devez avoir une très grande culture générale quand vous êtes journaliste. Nous, nous ne sommes pas spécialisés, nous sommes capables de tout traiter. Un matin vous pouvez partir sur un sujet politique, le lendemain sur un sujet éco, le lendemain sur je ne sais pas quoi, c’est d’ailleurs ce qui fait l’intérêt de ce métier. La culture générale, j’allais dire, s’acquière naturellement, en tout cas si vous avez l’envie de faire ce métier. Si vous avez envie de faire ce métier, c’est que vous êtes un minimum curieux.
Ça veut dire que vous vous informez, vous essayez de comprendre les choses. Moi, l’un de mes moteurs, est d’essayer de comprendre le monde dans lequel je vis. J’ai voulu faire ce métier pour comprendre le monde dans lequel je vivais. On est des observateurs privilégiés, parce qu’on est payé pour être des observateurs du monde dans lequel on vit, et finalement c’est ça qui est passionnant. Donc cette culture générale vous l’avez déjà, presque, vous devez l’acquérir naturellement.

 
-Est-ce que vous pourriez nous décrire une journée type de travail ?

 
-Alors une journée type pour moi. Je prends en charge l’invité du matin donc j’arrive à 7h30 et à 7h50 on accueille l’invité, c’est 5 minutes d’interview, politique le plus souvent. A partir de là, quand j’ai terminé mon interview, je parcours un peu la presse. Après je regarde un peu ce que j’ai travaillé la vieille, c’est-à-dire les prévisions de la journée. On va plutôt faire ça, on va plutôt travailler pour ça. Et je prépare la conférence de rédaction. Donc elle a lieu à 9h30 tous les matins et c’est le moment crucial où on va définir ce que vont être les matinales du lendemain. Les matinales qui sont vraiment essentielles, c’est notre prime time.
Je vais ensuite définir le squelette des matinales. Alors évidemment, il peut se passer des choses dans la journée. Donc je mène la conférence où l’on discute des sujets puis on arrête une liste de sujet qu’on va faire pour le lendemain puis on affecte les sujets aux reporters et les reporters travaillent dessus. Après quoi je peux me livrer à d’autres tâches. Dernièrement j’envoie le menu, programme du lendemain, au chef national puisque l’on est un groupe. Avec Radio France, France inter, France music, France culture.
Et donc j’envoie au rédacteur en chef du jour, mon menu. Ensuite je travaille sur des tâches administratives ou d’une façon générale je peux faire un tableau de service, je peux avoir des réunions de cadre avec la direction ou bien je vais travailler sur les prévisions du lendemain ou un peu plus loin. Tous les jeudis on a une conférence prévisionnelle, on fait les conférences de la semaine. Essentiellement, mon travail est un travail de prévisions.

 
-Vous êtes beaucoup centré sur le département de l’Hérault donc lorsque vous avez de grandes nouvelles internationales, nationales, politiques, comment faites-vous ?

 

-Je dirais que votre question revient à poser la question de l’info de proximité. Qu’est-ce que c’est qu’une info locale, qu’est-ce que c’est qu’une info de proximité. On y apporte deux définitions, d’abord la proximité que l’on appelle géographique. Autrement dit ce qui se passe dans la zone sur laquelle on est, en l’occurrence le département de l’Hérault (faits divers du département), l’information de notre département qui est donc la proximité géographique. Puis nous avons la deuxième notion, le deuxième critère sur lequel on travaille beaucoup, qui est la proximité affective. La proximité affective c’est quelque chose de beaucoup plus subjectif mais de très important. Par exemple, le jour où l’on a appris la mort de Mickaël Jackson, c’est une info locale. Ça peut vous parâtre bizarre mais c’est une info locale parce que ce chanteur a une telle aura mondiale que le jour où il meurt, il est bien évident que tout le monde va parler de ça, y compris Place de la Comédie. Pourquoi les montpelliérains ne parleraient pas de la mort de Mickaël Jackson. Finalement c’est quoi une info locale. C’est une info dont tout le monde parle. Pour moi, la mort de Mickaël Jackson est une info locale. Comprenez-bien que le lendemain à 6h, c’est quand même difficile d’aller dire aux gens, par exemple, qu’il y a un licenciement dans une entreprise… « Puis nous avons oubliez de vous dire, mais Mickaël Jackson est mort ». Il y a une hiérarchie de l’information qui fait que ça devient une information locale. Pour traiter ça, soit on prend des éléments qui nous viennent de notre rédaction nationale sur le sujet. Soit, on va faire un micro trottoir pour que les gens puissent dire ce qu’ils en pensent. Mickaël Jackson, il se trouve que ça parle à tout le monde. Ses disques parlent à tout le monde. Cette proximité-là est affective. Je prends des sujets extrêmes tel la mort de Mickaël Jackson mais ça peut-être aussi la mort du Pape, ou même autres choses que les décès, des choses extrêmement importantes au niveau nationale. Par exemple, le gouvernement qui décide d’augmenter les impôts c’est une info locale, au sens géographique. C’est une info qui va nous concerner. Nous appelons cela réagir global et local.

 
– Vous voulez dire que vous-êtes rédacteur en chef aussi au niveau nationale ?

 
– Je suis rédacteur en chef locale, mais ce n’est pas parce que je suis rédacteur en chef au niveau locale que je ne m’intéresse qu’à l’actualité de l’Hérault. Je suis certes d’abord journaliste, ici à Montpellier. Je m’intéresse à l’ensemble de l’info tel quel soi. C’est la culture générale, c’est très important. Ignorer ce qui se passe dans le monde pour un journaliste ce serait quand même gênant. Alors c’est vrai que par exemple ce qui se passe au Burkina-Faso, on va un peu moins en parler sur France bleu Hérault car la proximité est assez différente. Sauf, qu’il se trouve que la femme veuve de l’ancien président du Burkina-Faso Mr. Sankara, habite Montpellier. C’est un hasard bien sûr mais du coup nous sommes allé la voir et demain nous allons sortir une interview, dans laquelle elle nous dit tout le bien qu’elle pense de l’ancien président. Par contre si vous ne savez pas qu’il y a des soucis au Burkina-Faso, vous pouvez louper une info, raison pour laquelle il faut tout savoir. Nous sommes dans l’actualité globale, nous n’allons pas juste parler de La Place de la Comédie et Antigone à Montpellier.

 
-De par votre profession, qu’elles sont les spécificités requises ?

 
-Alors je n’ai jamais était rédacteur en chef en presse écrite ou en télé donc j’aurais bien du mal à vous décrire les spécificités. Au niveau de la radio, qui est un média bien particulier, qu’on a l’habitude de dire que c’est le média de l’immédiat, en tout cas avant l’apparition de twitter. Sa particularité vient du fait qu’on intervient tout le temps à la radio. Il y a des flashes toutes les heures, dès qu’on a une info on la donne. On est un média rapide. C’est notre spécificité. Vous savez on dit la radio annonce, la télé montre et la presse écrite explique. Il faudrait faire rentrer dans cette catégorie, aujourd’hui, le multimédia bien évidemment. Par exemple le Figaro, il y a une édition quotidienne, même si la presse écrite à beaucoup changer de par les sites internet avec une info disponible à tout moment. Nous, tout peut changer très vite, il y a une rapidité d’intervention extrêmement forte. Il nous suffit d’appeler quelqu’un avec un téléphone et vous avez un direct, pas besoin de caméra.

 

-Justement comme vous travaillez dans un média de l’immédiat, sentez-vous que la radio peut être menacée ?

 

-Alors on l’a tellement dit que l’on est relativement tranquille, je ne lis pas dans des marres de café ce qui va advenir de ce média. Mais quand la télévision est apparue, en France on a dit : « ça y est c’est fini, la radio est morte et enterrée, la télévision va supprimer la radio » La télévision est apparue il y a quand même un certain temps et on s’aperçoit que la radio a toujours une audience. Quand Internet est arrivé, on s’est dit la radio c’est du passé, c’est plus récent mais enfin on ne constate pas de baisse d’écoute de la radio, les français globalement, les français et dans le monde, on écoute toujours autant la radio, à qui on accorde une assez grande crédibilité. Alors que la classe journalistique est assez malmenée et les gens sont de plus en plus méfiants par rapport aux institutions quelles qu’elles soient. Donc je pense, je vais dire quelque chose d’un peu bateau, c’est vrai lorsque Twitter, à part Facebook qui est un peu différent parce que l’outil des journalistes c’est quand même beaucoup plus Twitter, je pense que Twitter est un élément un peu complémentaire. C’est complémentaire parce que la radio c’est rapide, un papier c’est assez court, mais Twitter c’est quand même 140 signes, donc en 140 signes vous ne dites quand même pas grand-chose, vous donnez l’info, certes, et c’est en ça que c’est intéressant, mais si vous voulez en savoir un peu plus vous allez écouter la radio. Et d’ailleurs aujourd’hui il y a quelque chose de très important, on écoute beaucoup moins la radio comme avant, c’est le podcast, si quelque chose va vous intéresser vous allez le podcaster. Aujourd’hui des gens qui disent « ha la la il est 18h, je vais mettre, je vais tourner le bouton du poste parce que je vais écouter le journal de France Bleu Hérault » je pense qu’il n’y en a plus beaucoup. On écoute France Bleu Hérault, et dans le flux on a les infos, on tape un sujet sur Google qui nous intéresse et à nous d’avoir le bon référencement de façon à paraître. Vous savez notre site internet, 80% des arrivées sur notre site internet se fait par Google, ne se fait pas parce qu’on va sur le site de France Bleu, 20% parce qu’on va sur le site de France Bleu et 80% parce qu’il y a un moteur de recherche et vous cherchez un thème, vous ne cherchez pas à aller sur France Bleu, vous cherchez un thème traité. Donc je pense que nous sommes complémentaires.

 

-Donc on peut dire que vous êtes complémentaire avec Twitter, mais avez-vous des collaborateurs, des partenaires avec votre radio ?

 

-euh.

 

-Travaillez-vous avec d’autres radio, d’autres médias ? Sur Internet ?

 

-Ponctuellement, je parle de la rédaction, on travaille avec la presse écrite, avec la télé, ça nous arrive pour des campagnes électorales. Par exemple on avait fait un débat pour les municipales à Montpellier, on avait fait un débat avec France 3, on s’est associés. On avait fait un beau débat sur France 3 retransmis à la radio, donc voilà. Ponctuellement on peut travailler avec Midi Libre, ça nous est déjà arrivé à plusieurs reprises. Mais pas avec d’autre radio, il y a là l’exclusivité. Les journalistes sont d’ailleurs sous contrat d’exclusivité, je n’ai pas le droit de travailler pour une autre radio.

 

-Et quelles sont les principales difficultés qu’on rencontre dans ce métier ?

 

-En tant que rédacteur ?

 

-Oui

 

-C’est vaste, les principales difficultés, moi je trouve que les principales difficultés ne sont pas reliées au métier lui-même mais à la gestion humaine d’une équipe. Mais ça ce n’est pas particulier aux journalistes. Voilà, c’est compliqué de gérer de l’humain, c’est pas des mathématiques. Les envies des uns, les « pas envies » des autres, ça ce n’est pas toujours très simple à gérer, à transmettre aux collaborateurs la stratégie d’une entreprise alors que, eux peuvent penser autrement, ou ont des réticences, ça ce sont des choses compliquées, mais c’est du management, c’est le management qui est compliqué. En gros notre métier de journaliste on le connaît par cœur donc on est plus ou moins bon la dessus, mais moi je trouve que les plus grandes difficultés sont liées à l’humain et à la gestion humaine.

 

-Et comment on peut créer une bonne dynamique de groupe en équipe ?

 

-Bonne question !

 

-(Rire)

 

-En parlant beaucoup, après chacun à son… D’abord en étant proche des gens, en étant proche, en discutant beaucoup avec les gens, en leur expliquant les choses. Faut pas, la pédagogie c’est aussi, le terme ne va pas mais c’est le fait de faire passer des choses, comme ça, c’est beaucoup de discussion, donc il faut, malgré tout ce qu’on a à faire en plus, beaucoup discuter avec les gens pour essayer de faire adhérer à une stratégie en tout cas qu’ils la comprennent. Être au milieu de l’équipe, moi je ne suis pas au-dessus de mon équipe, je suis avec mon équipe, je suis avec eux. Même si j’ai mon rôle, je me cache pas, mais je suis en tout cas au milieu, avec eux, dans les moments difficiles je suis toujours là. Les moments difficiles, ce sont les moments où il y a beaucoup d’actualité, les inondations, là , typiquement vous devez être là, si dans ces moment-là vous n’êtes pas là, pourquoi ne pas aller faire un autre métier(?). Donc d’être avec eux, d’être là pour les accompagner et finalement de créer les conditions avec ce que vous avez, les contraintes qu’on a ce n’est pas toujours facile. Créer les conditions du bon fonctionnement de leur boulot, finalement qu’ils puissent travailler correctement dans les meilleurs conditions, ça c’est fondamental.

 

-Enfin pouvez-vous donner des conseils pour les futurs journalistes ?

 

-Et bien il faut que ce soit une passion. C’est un métier difficile… C’est un métier qui n’a jamais été autant critiqué et il n’y a jamais eu autant de gens qui ont voulu le faire. C’est paradoxal mais c’est comme ça. Donc les écoles se multiplient, on en est aujourd’hui, à je crois 14 écoles reconnues par la profession, c’est quand même assez considérable, qui plus ou moins toutes ont des filières radios, voilà, et les postes de journaliste radio il n’y en a pas tant que ça, donc c’est vrai que le web a amené un appel d’air vraiment considérable dans ce métier. Donc c’est un métier où les places sont chères. Donc si vous n’êtes pas passionné par ça à 200% vous pouvez tout de suite oublier. Je crois que le secret de ce métier c’est, voilà, ça tient quand même beaucoup à la passion, on ne peut pas faire ce métier par hasard, en tout cas on peut se dire « pourquoi pas », mais on ne continue pas par hasard. Parce que c’est aussi un métier qui demande beaucoup d’investissement personnel, on travaille beaucoup, on ne pousse tout de même pas des wagonnets au fond de la mine, je vous rassure, mais c’est un métier où on peut travailler, où l’investissement en temps est important. Vous voyez quand vous êtes (…) vous pouvez être appelé, les journées sont longues, donc si vous n’aimez pas ça à 200%. Donc moi je mets ça, c’est très important, si vous ne savez pas trop, vous hésitez, « pourquoi pas ça ou autre chose » je vous mets en garde, danger. Après journaliste c’est un thème tellement générique, ça peut dire tellement de chose, il y a tellement de possibilité différente aujourd’hui, que vous pouvez faire journaliste et ne pas faire d’actu, voilà vous pouvez travailler dans un magazine. Donc c’est complètement différent vous voyez, après oui il faut aimer ça, il faut être passionné, il faut être curieux. Moi je pense que c’est quand même la curiosité et la rigueur qui me semblent être les deux phases du journaliste, s’il vous en manque une c’est difficile, ça s’apprend, la curiosité ça ne s’apprend pas. Mais la curiosité du monde, la curiosité de l’autre quel qu’il soit, c’est à dire une certaine ouverture de l’esprit quand même, ça me semble essentiel au métier. Voilà après il y en a qui ont d’autre motivation, mais en tout cas ce sont les miennes, et ça me semble être des qualités vraiment très importantes, alors après oui culture générale ça, évidement.

 

-Il faut aussi se tenir au courant des actualités…

 

-Oui puis quand vous vous tenez au courant de l’actualité tout est notable, ça c’est un préalable, ce n’est pas: on devient journaliste et puis donc parce qu’on devient journaliste qu’on écoute on lit la presse, c’est on lit la presse avant, quand je dis lire la presse de toute façon, lire la presse aujourd’hui, l’information. Si déjà vous ne vous tenez pas extrêmement informé tous les matins en écoutant une radio, en lisant un ou deux journaux et cætera. Après c’est une démarche personnelle, mais il faut aimer ça, il ne faut pas que ce soit une corvée non plus, moi quand je suis en vacances le premier truc que, je ne le fais pas parce que je suis journaliste et donc je dois le faire, le premier truc c’est que je vais aller acheter le journal, il faut que ça me plaise parce que j’adore lire mon journal en buvant mon café tranquillement, je le fais tous les matins quand je travaille, mais pendant les vacances je le fais aussi mais parce que j’aime ça. Il ne faut pas exagérer des fois, il m’arrive le week-end de ne pas acheter Le Canard, mais ça me manque et puis j’aime bien, c’est un plaisir.

 

-Et par rapport à vos études, vous avez dit que vous aviez fait de l’histoire géo, qu’est-ce que ça vous a apporté ?

 

–L’histoire c’est une passion personnelle, qui existe toujours. L’histoire vous apporte un recul sur les choses, qui est assez intéressante que vous avez un peu le nez dans le guidon, dans l’actualité c’est, on va dire, un historien du présent, et en fait vous avez souvent le nez dans le guidon et vous ne savez pas déceler ce que plus tard décèlera l’historien, c’est à dire de l’anecdote de la tendance lourde, je ne sais pas si vous voyez, mais on a des faits qui arrivent toute la journée, mais qu’est-ce qu’on va faire de tout ça, qu’est ce qui sera important, qu’est-ce que retiendra l’histoire, voilà, on ne se pose pas la question tous les matins, mais je trouve que l’histoire, l’étude de l’histoire apporte un recul, c’est très proche et en même temps un peu opposé, et je trouve que c’est assez intéressant d’avoir ce recul-là, d’avoir travaillé sur des textes anciens, et de voir ce flot d’actualité, et aujourd’hui se demander si ça se retiendra, je trouve ça assez intéressant. Après ça permet un certain recul dans l’histoire. Après la géographie c’est toujours quelque chose d’important, ça ne fait jamais de mal, c’est comme le droit, on perd jamais son temps quand on fait du droit. Et bien l’histoire moi ça m’a beaucoup apporté dans mon boulot. Après science-po c’est différent, mais l’histoire ça m’a beaucoup apporté et j’ai beaucoup aimé l’université. Ça n’apprend pas un métier l’université, c’est ce qu’on reproche aux universités, après j’aurais pu être professeur d’histoire, mais en tout cas moi j’ai rencontré des profs extraordinaires à l’université, voilà ça donne une formation, un niveau.

 

-Est ce que c’est possible de savoir comment en êtes-vous arrivé à devenir rédacteur en chef ?

 

-Bah il y a un moment, moi j’ai été journaliste pendant longtemps, puis il y a un moment où je pense, c’est que je vous disais tout à l’heure, c’est que vous avez envie de construire une grille, vous avez envie d’avoir un pouvoir de décision, de gérer une radio, de se dire qu’est-ce qui serait bien de faire, de mettre votre pâte dans une radio. Mais de l’adapter, l’adapter ça c’est très intéressant, ça permet de se renouveler, moi je ne sais pas tout, je ne serais pas rédacteur en chef toute ma vie, moi mon métier de base c’est journaliste, je reste journaliste, pour l’instant je suis rédacteur en chef, ça ne me poserait aucun problème de redevenir journaliste, je le suis resté. Mais en tout cas ça permet d’apprendre beaucoup, justement le management ça en apprend beaucoup sur vous-même, parce qu’on est moins formé pour ça. Voilà devenir manager ça c’est passionnant, c’est dur, franchement c’est dur mais vous en apprenez beaucoup sur les autres mais d’abord sur vous même, ça c’est très enrichissant, on ne s’en rend pas toujours compte sur le moment, mais c’est très enrichissant.

 

-Ainsi nous pouvons en conclure que pour être rédacteur en chef, il faut être curieux du monde qui nous entoure, être à l’écoute des idées de chacun, cela, afin d’arriver à un résultat qui plaira au public ciblée. Ce métier promet un grand enrichissement !
Voilà, nous en avons donc fini avec cette interview, merci pour votre participation et votre accueil au sein de votre structure. Nous vous enverrons la retranscription, dès qu’elle sera finie.
Ce fut très intéressant et ça nous permettra d’avoir une connaissance plus approfondie sur le métier de journaliste et celui de rédacteur en chef.

 

-Bon courage à vous si vous voulez être journaliste!

 

Interview réalisée par Donova Doroteya, Agboton Galatée, Moiny Amélie et Abdallah Meryla.

Compte rendu G1 équipe 5, un RDV téléphonique étonnant

lundi 24 février 2014

Equipe 5:

Franck Moilier : Narrateur

Stanley Reimonenq : Observateur

Kevin Maillet: Rapporteur

Séance du: 20/02/14

Début: 9h45

Fin: 11h03

Situation

J’ai (Franck) effectué mon stage dans l’organisation MaVilleSports, l’entreprise est la fondatrice de 23 sites internet relatant l’ensemble des événements sportifs de chaque ville dont-il porte le nom. Dans ces 23 sites, il est important de spécifier que tous hormis « Montpelliersports.fr » ont été « lancés » durant la première semaine de Janvier 2014. Ces sites étant des sites participatifs, le leitmotiv de l’organisation est de faire oublier le côté monotone du journalisme pour acquérir une vision passionnée et ainsi faire passer un individu de « Supporter à Reporter ».

Ayant comme mission d’écrire des articles mais aussi de réaliser des recherches de partenariat avec les sportifs professionnels (afin qu’ils deviennent chroniqueurs mensuel) ainsi qu’avec les clubs professionnels (pour un échange de visibilité) c’est lors de ces recherches que s’est déroulée la « situation problématique ». En effet, après une consultation avec mon collègue chargé de partenariat afin d’éviter les doublons lors du démarchage, il m’a confié la recherche auprès des clubs de Handball, de Roller-Derby mais aussi de Basket correspondant aux 22 sites n’ayant pas encore de partenariat. Après avoir eu des échanges avec certains représentants de club, c’est celui de la JSF Nanterre qui à été le plus problématique.

Effectivement, après un échange de mail courtois s’expliquant mutuellement les prestations de services disponible dans le cadre d’un partenariat, il me transmet son envie d’un rendez-vous téléphonique aux alentours du dixième mails échangé. Ayant expliqué parfaitement les prestations disponibles et le jeune âge du site « Parisidfsports.fr » créant le peu de contenu, j’avais préparé le rendez-vous par mail en lui signifiant aussi de se fier au site le plus abouti du groupe étant donné qu’il était le seul « valable » vu son age (environs 1 an et demi). A ma grande surprise, cet homme de son poste « Responsable Marketing » n’avait absolument pas préparé notre rendez-vous téléphonique. Cependant, malgré le fait qu’il n’avait prit le temps de visiter les sites que je lui avais fourni, je relançais sans cesse la conversation faute d’un réel retour/intérêt de sa part.

Ce rendez-vous assez atypique, m’a surpris car son poste aurait dû le porter dans une démarche informative plus poussée que durant nos échanges par mail. Aussi, le fait d’avoir été contacté par un grand actionnaire majoritaire (d’un autre club sportif) pour un partenariat au travers des réseaux-sociaux sans même l’avoir démarché à accentué ma surprise puisqu’il y avait eu avec cet homme un long échange ainsi qu’une demande de sa part.

Questions & Réponses

A quoi à abouti la situation ? A absolument rien, après le rendez vous, nous (mes collègues et moi même) avons décidé de ne pas le relancer malgré qu’il ne rappelait pas comme prévu initialement.

Où le stage s’est-t-il déroulé ? Et où est le siège ? => les bureaux du siège se situent à Lunel. C’est également là-bas que j’ai effectué mon stage.

L’entretien s’est-il bien passé ? y avait-il des tensions ? => L’entretien était assez froid car j’avais la réelle impression de parler dans le vide et sa démarche presque « je m’enfoutiste » m’a surprise vu l’intérêt affiché durant nos échanges

Qu’est-ce que le responsable marketing attendait de ce partenariat ? => Ce qu’il attendait je ne sais pas, mais durant les mails, nous avions décidé d’un échange non financier de prestations de services qui lui convenait très bien.

Est-ce que tu as tout le temps interagi avec lui ? => Alors, j’ai contacté à la base une adresse mail trouvé sur leur site, puis lui m’a répondu en me disant avoir été dirigé par une de ses collègues qui avait reçu le mail. Alors oui j’ai toujours eu que lui durant les échanges.

Dans le milieu du sport, c’est reconnu ? => Non l’entreprise est jeune, c’est une start-up. Maintenant, malgré cela le site de Montpellier étant le plus abouti l’organisation à déjà d’importants partenariats.

Il s’est excusé ? => Absolument pas, il a fallu le pousser un peu pour qu’il dise ne pas avoir visité les liens fournis puis même en lui re-fournissant je pense pas qu’il ai pris le temps après le rendez-vous pour les consulter.

Y a-t-il eu rupture au niveau des relations ? => Je pense pas qu’on puisse parler de rupture, en effet par mail il a toujours été courtois et porté un intérêt. Au téléphone j’ai bien senti dès la première minute qu’il n’était pas vraiment dans le rendez-vous donc c’était froid dès les premières secondes.

Quelle est son rôle dans l’organisation ? => Son poste est d’être responsable marketing à la JSF Nanterre qui est donc un club de « première division » de Basket, localisé en Ile de France il est le champion de France en titre.

Il y avait déjà eu des partenariats avec eux ? => Non absolument pas, le site est jeune donc nous avions misé sur eux, mais il n’est pas le seul en ile de France à être important et donc d’autres ont aboutis.

les sites qu’il devait regarder, tu lui avais envoyé par mail ? Et il t’a donné un retour à cela ? => Effectivement, étant donné qu’il se trouve en Ile de France je lui avais envoyé un lien vers le site « ParisIDFsports.fr » puis un vers « MontpellierSports.fr » puisque c’est le site du groupe le plus abouti car c’est celui qui à lancé l’organisation. Pour les retours, il ne m’avait rien dit hormis qu’il visiterait avant notre rendez-vous.

T’as eu un debrief avec tes supérieur ? => Très bref avec mon collègue chargé des partenariat, il m’a dit que la situation se présentait régulièrement car les gens ne prennent vraiment pas le temps malgré leur intérêt.

Le marché est-il concurrentiel ? => Non, nous sommes les seuls sur ce marché de sites participatifs mettant en avant la passion et pouvant évoluer comme plateforme pour les futurs journalistes.

Existait-il des elément financier en jeux ? => Non aucun, juste de l’echange de prestations de services

C’est tes supérieurs qui t’ont dit comment faire ? => Au début c’est moi seul et certain partenariat ont aboutis, mais pour celui-ci et pleins d’autres je me suis dirigé vers mon superieur pour détenir des mails type car j’avais un peu « peur » d’oublier des informations.

Tu t’es présenté comme stagiaire ? => Non, mes collègues et donc supérieur m’ont dit de me presenter comme assistant communication MaVilleSports

Et le RM vous à recontacté ? => jamais, à la fin il m’a dit : “je consulte les liens (que je lui avait re fourni) et je vous recontacte”, mais plus de nouvelle alors on a lâché l’affaire. On s’est tourné vers d’autres clubs parisiens car il n’y a pas que la JSFN en Ile de France.

Au niveau de l’offre, comment l’as tu présenté ? => sur le mail type : phrase d’accroche et l’offre détaillée point par point par téléphone j’ai essayé de reproduire la même démarche points par points

Donc vous avez été claire au téléphone ? => Oui, enfin normalement puisqu’il n’y avait rien de nouveau par rapport aux mails échangés et qu’il savait tout.

Avais-tu déjà assister à ce genre d’entretien téléphonique ? => Alors oui, avec le MHR où tout c’était bien passer et ou le partenariat à abouti.

L’entretien a duré longtemps ? => Je sais pas trop, environs 10 minutes

Vous aviez prévu le rendez vous téléphonique ? Oui, un rendez-téléphonique prévu et réclamé par ce responsable marketing

Tous les entretiens se font par téléphone ? => Alors çà, ça dépend ! Pour ceux se localisant dans la région on se déplace, pour les autres villes un peu éloignées c’est soit par rendez-vous téléphonique ou bien par visio-conférence skype

C’était un de vos prospects favoris ? => Sur le principe oui, enfin il y à plusieurs grands clubs en Ile de France, mais en terme de basket son titre aurait apporté. Après, l’organisation aime promouvoir et mettre en avant les « petits » sports. Ainsi ne pas l’avoir ne dessert pas au site et de multiples disciplines méconnues deviendront partenaires pour le plus grand plaisir du tous.

Hypothèses proposées:

Après la phase de questionnement, l’ensemble du groupe à soumis des hypothèses à cette situation afin d’ouvrir le sujet sur des possibles causes à ce rendez-vous étonnant.

  • Peut être qu’il n’était pas vraiment intéressé par mail, juste gentil malgré qu’il ai demandé l’entretien téléphonique.

  • Entre-temps il a peut être trouvé un autre partenariat

  • Peut être qu’il a checker les liens et vu qu’il y avait pas d’intérêt financier il a abandonné

  • Le site était récent et donc avait pas beaucoup de contenu alors bon… On peut se demander si le site avait été plus alimenter si sa aurait influencé le RM

  • C’est possible aussi qu’il ai pas compris qu’il y avait un échange de service… L’offre n’a peut être pas été présenté pareil par téléphone et par mail

  • Imaginons qu’il soit débordé et qu’il ai pas le temps de vérifier les liens

  • Il aurait pu donner un autre rendez vous

  • Mais peut être qu’après le dernier mail il a eu des occupations mais il aurait pu reporter le Rendez-vous.

  • Surtout avec le statut qu’il a, il a déjà du avoir des imprévus… je pense pas qu’il est vraiment pas eu le temps…

  • Peut etre qu’ils ont calculé qu’ils allaient perdre trop de temps avec ce partenariat

  • Ou peut être que c’était pas lui non plus qui répondait. Sa secrétaire par exemple

  • Peut être qu’un stagiaire a répondu aux mails et que le RM a eu le rendez vous téléphonique

  • Peut être que vu qu’il n’y avait rien à gagner pour le club…

  • Si franck avait rappelé, on aurait pu savoir pourquoi il n’a pas accepté, possibilité de négociation….

Hyphothèses retenues et non retenues:

Au travers des hypothèses soumises mais aussi des théories relevées, nous avons décidé de retenir trois hypothèses possible.

Effectivement, le fait que le site soit récent sans un contenu réel à probablement joué en la défaveur de l’organisme MaVilleSports. Aussi, un rendez-vous téléphonique est surement moins efficace et productif qu’un rendez-vous physique et cela à surement aussi joué en la défaveur de l’organisation. Dernièrement, à la suite de l’échange téléphonique, Franck aurait pu recontacter le responsable marketing afin d’avoir un éclaircissement sur son changement d’attitude et sur le fait qu’il n’ait pas rappelé comme convenu au terme du premier rendez-vous. Cependant, malgré ces bonnes idées, nous avons décliné de multiple hypothèses nous semblant peu probable comme le fait qu’il ait été contacté par des concurrents étant donné qu’ils n’en existent pas dans ce domaine mais aussi sur le fait que la différence de taille des organisations respectives à joué contre MaVilleSports étant donné qu’un partenariat est bon à prendre quelque soit l’organisation et cela qui plus est lorsqu’il n’y a pas d’échange financier entre les deux parties.

Synthèse

Au final, l’idée générale qui ressort de la séance est le fait que le Responsable Marketing de JSF Nanterre a manqué soit de motivation tout d’abord, ou bien qu’il a été prit par le temps et n’a donc pas pu examiner vraiment les avantages d’un partenariat avec MaVilleSport. On observe que dans cette situation, il y a des non-dit, de la part du Responsable Marketing à partir du moment ou il n’a probablement pas osé prévenir de la non observation des liens fournis. Ces non-dits font que nous sommes en présence d’une communication engageante, dans laquelle, le Responsable Marketing s’est posté défensivement dans la situation. De plus, afin d’analyser au mieux la situation nous pouvons sortir deux théories possible avec les analyses systémique et stratégique.

En effet, L’analyse systémique est présente sous forme de Communication analogique et digitale : tout d’abord analogique concernant la relation entre Franck et le responsable Anthony Marques mais aussi sur la façon dont les informations ont été transmises ainsi que la façon de les présenter. Par la suite de manière digitale par rapport au contenu de l’offre de partenariat qui avait été présenté par mail. Après cette analyse systémique, nous voyons que dans l’analyse stratégique il y a la présence de deux types de comportements.

Effectivement, Franck semble avoir eu un comportement offensif étant donné qu’il à relancer tout au long de la conversation mais aussi défensif pour Anthony Marques qui lui a été passif dans l’échange se contentant seulement d’approuver l’ensemble des propos de Franck.

Les théories en tableau:

Offensive

Défensive

Analogique

Digital

Analyse Systémique

Franck relancer tout le temps

d’Anthony Marques qui était passif dans l’échange

Sur la relation et sur la façon dont les infos ont été transmises ainsi que la façon de les présenter

Sur le contenu de l’offre de partenariat

Analyse Stratégique

ANALYSE des réseaux entre les idées

Au travers des échanges effectué dans la salle nous avons remarqué que la disposition des tables à permis une relation entre tous. En effet, se répondant les uns des autres les participants ont pu enchaîner les idées proposées en fonction des questions et hypothèses précédentes afin d’obtenir une suite logique au sein de l’échange. De ce fait, nous avons pu voir que les individus proposant une idée ont été suivi par d’autre créant aussi une conversation informelle appuyant sur le dynamisme de la séance.

Impression de Franck

La parole à été répartie équitablement autour du rectangle mis en place, nous avons repéré des réseaux entre les idées faisant que les questions étaient regroupées par « intérêt ». Aussi, comme à chaque présentation nous notons bien entendu qu’une fois la prise de parole « osée » la personne n’hésite plus à parler et enchaîne les questions. Pour les questions, j’ai noté une abondance durant les premières minutes puis logiquement un déclin par la suite et de même durant les hypothèses mais en moins intense. Aussi, il est dommage qu’un groupe de personne n’ose parler mais çà viendra je pense avec le temps. Pour ce qui à été soumis, je pense vrai le fait qu’un rendez-vous physique serait plus productif qu’un rendez-vous téléphonique et que j’aurais pu le relancer par la suite en voyant qu’il ne nous recontactait pas. Cependant, je ne pense pas qu’il se soit dit qu’une perte de temps serait là en « cherchant le partenariat ». Aussi je ne pense pas que des concurrents soit passés avant puisqu’il n’en existe pas.

Observation de Stanley

Dans l’ensemble, les étudiants présents étaient tous attentifs et écoutaient ce que Franck disait. Lorsque la phase des questions à commencée, il y a eu une forte participation, les questions s’enchaînaient, la discussion était fluide. Au fur et à mesure, les questions sont devenus de moins en moins présentes, amenant des blancs accompagnés de sourires gênés à l’attention de Franck. Celui-ci offrait des réponses claires, permettant aux étudiants de comprendre plus facilement la situation tout en accompagnant ce qu’il disait de gestes rythmiques.

Durant la phase d’analyse, la participation a de nouveau été accrue, les échanges étaient fluides. Les étudiants ayant le plus participé durant la phase des questions étaient tout aussi présent. Au niveau du non verbal, ceux qui participaient étaient souvent en avant, les mains posées sur la table porté vers une attitude ouverte tandis que ceux qui avaient du mal à participer restaient en retrait, adoptant une position fermée (bras croisés, regard fuyant). De plus, cette phase a suivie le même schéma que la phase des questions, une forte participation au début qui s’essouffle sur la fin. Aussi nous pouvons dire que sur les 16 participants à la séance, 10 d’entre-eux ont participé, posant des questions et proposant par la suite leur hypothèse sur la situation.

Conclusion :

Pour conclure, nous pouvons dires que la séance c’est parfaitement bien passée. La fluidité des échanges entre les participants et le narrateur a créé un ensemble cohérent et dynamique afin que tous comprennent au mieux l’ensemble de la situation. Aussi, avec des interactions accrue il nous a été possible de faire le tri afin de retenir des hypothèses soumises et ainsi d’en tirer les analyses vues au préalable durant notre cursus. Nous avons aussi observé que les échanges se déroulaient en réseaux créant une suite logique d’idées et permettant à tous d’accroître son « envie » de prendre la parole afin de faire évoluer la séance.

Compte rendu de la séance G1 du jeudi 13 février 2014

mardi 18 février 2014

Voici le compte-rendu de la séance SASCO du jeudi 13 février 2014, de 10 heures 15 à 12 heures 45, réalisée par le groupe 6.  Le narrateur est Yoann Civel, la rapporteuse est Elisa Cayuela, et Léa Rolland remplace l’observatrice. Les noms des personnes ayant interagi dans cette situation de communication ont été modifié dans un souci de respect de l’anonymat.

I. La situation de communication

« J’ai effectué mon stage au sein du  journal régional Sud-Ouest, qui est le second journal le plus vendu en France. Ce journal se compose des pages communes faites par le pôle régional à Bordeaux ou à Paris, mais aussi de pages locales réalisées par vingt-et-une agences situées dans huit départements différents du Sud-Ouest.

J’étais dans l’agence locale de Pau. Elle comprenait dix-huit personnes : il y a le service DESK (six personnes chargées de faire la mise en page), les huit journalistes spécialisés (sport, politique, faits divers), les trois photographes et les deux secrétaires.

Comme toute la presse écrite, le journal  Sud-Ouest subit une baisse de ses ventes, ce qui a poussé les responsables du journal de mettre en place un plan de licenciement afin de réaliser des économies budgétaires. Ce plan a vu le jour il y a plus d’un an pour l’agence locale de Pau. La crainte de voir l’édition béarnaise disparaître a vu le jour, mais cette idée a été écartée, au profit du plan de licenciement.

Malgré le fait que huit personnes devront quitter l’entreprise à la fin du mois de janvier, l’ambiance entre les employés est restée bonne.

Une première réunion au milieu du mois de janvier a été effectuée en présence des acteurs décisionnels du journal à l’agence de Pau, afin de négocier les détails du plan de licenciement, réunion pendant laquelle le rédacteur en chef était en première ligne.

Une seconde réunion, plus informelle, avec le numéro trois du journal, monsieur Martin, a été réalisée le jeudi 23 janvier. Il nous a demandé de rester sur nos postes de travail. Cette réunion avait pour but d’informer les employés restant dans l’entreprise  de la nouvelle organisation du travail : ils devront produire autant de travaux avec moins de salariés. Il a expliqué que les journalistes sportifs devront à l’avenir aussi s’occuper des faits divers, certains week-ends seulement deux journalistes seront au bureau pour faire tourner le journal.

Il a également mentionné l’avenir professionnel des personnes dont le contrat n’a pas été renouvelé. Monsieur Martin leur disait de ne pas baisser les bras, les ressources humaines savent parfaitement qui ils sont. Il a aussi confirmé que l’agence de Pau n’allait en aucun cas disparaître. Au cours de cette réunion, le rédacteur en chef utilisait son téléphone ostensiblement, comme pour montrer son désaccord et sa déception.

Monsieur Martin quant à lui n’avait rien préparé concernant son discours. Il était mal préparé, il se répétait, et cette attitude n’était pas conforme avec ces départs. La réunion a duré environ 30 minutes, il acceptait de recevoir individuellement les employés qui avaient des questions.

Au final, huit personnes étaient concernées par ces départs, soit une secrétaire, un photographe, un journaliste fait divers et cinq personnes du DESK, sur un total de dix-huit employés. A partir du lundi 3 février, seulement dix personnes travaillent pour le quotidien local Sud-Ouest. »

II. Les questions des participants

Qu’a dit le directeur à chaque personne ?

« Il a orienté son discours cas par cas, il a voulu rassurer les personnes, même si certaines de ces personnes savaient qu’elles n’auraient pas de plan B. Pendant la réunion, monsieur Martin, qui est un ancien journaliste sportif, s’est aussi adressé aux personnes qui vont rester, et spécialement aux journalistes, en leur disant qu’ils allaient devoir se diversifier dans leurs spécialisations, par exemple les journalistes sportifs devront aussi faire des articles faits divers. »

A ceux qui partaient, il leur a dit quoi ?

« Il a voulu les rassurer, en sortant des phrases banales telles que bonne chance, ne vous inquiétez pas, on sait qui vous êtes et le travail que vous avez fourni ou encore il faut être patient, attendre qu’un poste se libère. Ensuite, il a expliqué que dans le monde de la presse, il y a beaucoup de demande par rapport à l’offre d’emploi possible. »

Aucun CDD ne sera renouvelé ?

« Pas à Pau en tout cas, à Bayonne peut-être, je ne suis pas trop au courant de ce qui se passe là-bas, mais ce que je sais c’est que de toute manière ne sont que des CDD de 2 mois. »

L’agence de Pau est-elle soumise à la fermeture ?

« Non je ne pense pas, il a bien spécifié lors de son discours que Pau devra effectuer le même travail avec huit personnes en moins, mais ne fermera pas. »

Est-ce qu’il y a une plateforme web ?

« Non c’est à Bordeaux que se passe la création du site web et des articles en lignes. A Pau, ils ont un web designer, mais maintenant c’est à Bayonne que va se gérer l’édition de Pau et du Pays Basque. En bref, ce sont les personnes du DESK de Bayonne qui vont « faire le boulot » de l’ancien DESK de Pau. »

Pendant la réunion, les salariés se sont-ils exprimés ?

« Non, ils étaient au courant depuis longtemps, car le plan de licenciement a été mis en place il y a un an. Mais ce qui m’a interpellé c’est la réaction qu’a eu le directeur de l’agence de Pau. Il a donné l’air de ne pas être intéressé, il écoutait sans vraiment être présent, il jouait avec son portable. Je pense qu’il ne savait pas comment réagir. »

Sachant que les CDD ne sont pas renouvelés, la qualité n’était pas mise de côté ?

« Non, ils sont obligés de faire du bon boulot, de plus ils se sont dit que s’ils bâclaient leur boulot, cela n’allait pas les aider à en trouver un autre. »

L’entreprise va-t-elle les aider à retrouver du boulot ? Y a-t-il un suivi ?

« Je ne suis pas au courant, je ne pense pas. Si jamais un poste se libère je pense que oui, l’agence va forcément prendre quelqu’un qui a déjà travaillé avec eux. »

Sur quels critères ont été faits les choix de licenciement ?

« Sur les contrats ! La plupart des CDD n’ont pas était renouvelé. Il faut savoir qu’il n’y a pas beaucoup de CDI. »

Durant la période du stage, tu sentais des tensions ?

« Pas entre nous, entre collègues il y avait vraiment une bonne ambiance, si personne ne m’avait parlé de ce plan de licenciement, je n’aurais pas du tout deviné la situation. Les concernés avait juste peur de la fin du moi, car ils ne savaient pas où aller. »

Est-ce que les employés disaient du mal de monsieur Martin ?

« Oui car c’est un chef, un journaliste, mais pendant la réunion il n’a pas pu s’exprimer correctement, De plus, c’était vraiment une petite réunion d’une demie heure, on était assis à nos bureaux, c’était assez spécial comme réunion. »

Comment s’est passé la suite de la journée ?

« A 17 heures, on fait un debrief, mais vu que c’est un travail du jour au lendemain, ils devaient finir leur boulot. Ils étaient fatigués. »

Penses-tu que la direction avait d’autres solutions ?

« Pas vraiment, la presse écrite n’a pas encore trouvé son système économique payant. Comme le journal  L’Equipe, Sud-Ouest a voulu mettre en place un système d’articles payants sur le web, mais ce n’est pas encore très bien mis en place. »

Le rédacteur en chef s’est-il battu lors de cette annonce de licenciement ?

« Il y a eu une première réunion, je n’ai pas pu assister à celle-ci, elle était dédiée à  tous les CDI et la direction de la communication. Mais d’après les dires de mes collègues, notre rédacteur en chef s’est battu pour garder le maximum de CDD. »

Et l’équipe ? Personne n’a proposé une solution du genre « je perds 10% de mon salaire pour que les personnes restent … » ?

« Non ce n’est pas comme ça que ça marche, je pense qu’ils ont même pas le droit de faire ça. Mais c’est vrai que ça aurait était un beau geste de solidarité. »

A combien s’élevaient leurs salaires ?

« Les CDD, vu qu’ils n’avaient pas de vacances, je sais qu’ils touchaient plus de 1 500€. »

La mise en place des articles payants sauverait-elle l’emploi ?

« Non il y a plein de bugs, l’interface et l’ergonomie sur le site sont compliqués. Ils n’ont pas encore assez bien investi le web. Je pense qu’ils éprouvent une certaine peur de prendre une initiative. »

Revenons sur la question des critères de licenciement ?

« Oui, ce sont les journalistes en CDD qui ne sont pas renouvelés, et ceux qui bossent pour la mise en page. Ce ne sont pas vraiment des critères de compétences. C’est vraiment ciblé pour faire des économies, car les CDD sont ceux qui au final leur coûtent le plus cher, les DESK peut se faire à Bayonne et donc pour eux n’est pas indispensable à Pau. »

Que pensent ceux qui restent ?

« Ils sont triste humainement, c’était vraiment comme une grande famille. Je pense qu’il n’y aura plus jamais la même ambiance. »

Ils n’ont pas envie de partir ?

« Oui et non, je ne leur ai pas vraiment demandé, ils préfèrent la situation d’avant ça c’est sûr. Mais en même temps, ils ne vont pas lâcher leur emploi pour autant, ils aiment ce qu’ils font, et vu que c’est de plus en plus dur pour un journaliste de faire ce qu’il aime, je pense qu’ils ne partiront pas. »

III. Les hypothèses des participants

Les participants soulignent qu’il y a dans ce cas deux situations de communication :

Situation longue :

Plan de licenciement

Situation courte :

Réunion de M. Martin

La direction du journal souhaite innover en se dirigeant vers le web

Au lieu de se spécialiser, le métier de journaliste se « déspécialise » car le journaliste doit traiter tous les sujets, et être polyvalents (photographie, mise en page)

La meilleure manière d’aborder le sujet et de mieux expliquer cette situation de crise est de faire des entretiens individuels pour ceux qui partent, plus un groupé pour ceux qui restent.

Deux discours sont mis en place :

  • Un pour motiver ceux qui restent.
  • Un pour ceux qui partent : il ne faut pas leur dire des paroles « bateau » mais agir avec des lettres de recommandation ou en faisant jouer ses relations.

Les participants soulignent que les journaux de la presse régionale sont visiblement ceux qui se mettent le plus tardivement au web. Ils se demandent si les dirigeants du journal sont prêts à innover. Le modèle de la presse en ligne est participatif, et a du mal à fonctionner seul, il n’y a que Mediapart qui présente des résultats corrects. Le métier de journaliste est en évolution, particulièrement avec l’avènement d’internet comme outil de communication. L’information est devenue accessible 24h/24 sur les réseaux sociaux. Les journalistes doivent devenir plus polyvalents car l’industrie de la presse sur papier souffre d’une réduction du personnel suite à une baisse de son activité, c’est pourquoi le métier se « déspécialise ».

Pour ce qui est de la réunion, les participants se demandent si elle aurait pu se dérouler autrement. Le fait que monsieur Martin soit journaliste est un point positif car il connait le métier. Le rédacteur en chef a fait mine de ne pas être impliqué. Monsieur Martin s’est adressé à chaque personne en leur disant des paroles « bateau ». Ce comportement n’est pas correct, il aurait été préférable de remotiver les employés sur le départ en les recommandant à certains contacts. Cette situation de communication est difficile car il y a d’un côté les employés qui restent, et de l’autre ceux qui partent, et le discours doit s’intéresser aux deux. C’est délicat car il faut expliquer la situation de crise aux employés licenciés en leur disant que l’entreprise n’est plus viable, tout en motivant les employés qui restent, en leur expliquant qu’ils vont devoir être plus productifs.

Peut-être faut-il aller à la rencontre des lecteurs, faire une étude pour connaitre les raisons pour lesquelles ils ne lisent plus la presse écrite, afin de mieux comprendre la demande.

IV. Analyses de la situation de communication

Suite à ces hypothèses, les membres du groupe ont choisi plusieurs analyses pour mieux comprendre cette situation de communication.

Pour commencer, ils ont abordé l’analyse institutionnelle en relevant qu’au niveau de la société, il y a une dynamique qui vise à changer les choses, à innover ; il y a une lutte entre instituant et institué. Il y a un contexte socio-technologique (web), un macrocontexte qui n’est pas encore mis en place. L’innovation s’oppose à ce qui est déjà là, elle lutte contre l’institué jusqu’à ce qu’un nouveau modèle se mette en place.

Ensuite, le groupe a évoqué le style de leadership de monsieur Martin et du rédacteur en chef. Si l’on se réfère aux styles de leadership selon Kurt Lewin, on peut dire que monsieur Martin est un leader autoritaire (directif) puisqu’il vient appliquer une décision, il fait un discours pour expliquer aux employés la situation sans faire appel à une quelconque coopération. Quant au rédacteur en chef, il use ici d’un leadership non directif (laisser-faire) car il ne s’implique pas du tout dans la situation, il ne fait preuve d’aucune compassion et n’appuie pas non plus monsieur Martin.

Pour ce qui est des relations de pouvoir, les membres du groupe se sont servis de l’analyse d’Henry Mintzberg sur le fonctionnement en organisation par la coordination (dans « Structure et Dynamique de l’organisation »). Il apparait que dans cette entreprise, le mécanisme de coordination dominant est l’ajustement mutuel entre les employés car il y a une bonne entente entre les employés et que la structure de l’antenne de Pau est relativement simple. La structure du journal ressemble à une adhocratie.

Pour mieux comprendre l’environnement dans lequel travaillent les employés, les membres du groupe ont utilisé L’analyse par les mondes de la justification de Luc Boltansky. Il en ressort que deux mondes cohabitent : d’une part le monde marchant, avec la toute-puissance de l’argent et des lois du marché qui a causé le licenciement de plusieurs employés, et d’autre part le monde civique, dans lequel l’intérêt collectif passe avant l’intérêt individuel : les employés, moins nombreux, vont devoir fournir une charge de travail conséquente pour que le journal continue de fonctionner correctement.

Enfin, les participants ont mis en exergue la différence entre la situation vécue par les employés qui restent au sein de l’entreprise et ceux qui se font licencier. Selon la sémiotique situationnelle d’Alex Mucchielli, on remarque que tous les employés se trouvent dans un même contexte spatial et temporel (ils travaillent sur le même lieu et ont une expérience commune). Cependant, les licenciés sont dans un contexte de positionnement particulier car ils changent de statut au sein de l’entreprise. Les employés qui restent dans l’entreprise sont plutôt dans un contexte d’enjeux car leurs missions au sein de l’entreprise vont être modifiées, ils vont devoir être plus productifs et polyvalents.

V. Observations

Pendant la description de la situation de communication, Yoann était assez à l’aise, il accompagnait sa parole en faisant des gestes avec ses bras.

Lors de cette séance, les membres du groupe ayant participé sont pour la plupart ceux ayant beaucoup participé lors de la première séance. Nous avons remarqué qu’une majorité des participants était des garçons.

Compte-rendu réalisé par Cayuela Elisa (rapporteur), Civel Yoann (narrateur) et Merat Sylvanie

Situation de communication au siège de l’ARS (Agence Régionale de la Santé) Languedoc-Roussillon à Montpellier

lundi 17 février 2014

Analyse de communications et projet professionnel

Groupe de TD n°1, équipe 1

Séance du vendredi 13 février

Début : 10h35

Fin : 11h45

Narrateur : Hanane MINKHAR

Rapporteur : Audrey LE HELLOCO

Observateur : Manon VANDENHOECK


Étape 1 : Le contexte de la situation de communication au siège de l’ARS

La situation de communication se déroule au siège de l’ARS Languedoc-Roussillon (Agence Régionale de la Santé) à Montpellier. Durant un mois, j’ai travaillé dans le service communication de l’agence qui est structuré de cette manière :

-la responsable de la communication interne, Marion, qui est mon maître de stage,

-le responsable de la communication externe, Sébastien.

Les deux responsables ont chacun leur bureau. Un troisième bureau se situe juste à côté et se constitue de :

-l’assistante de communication, Jacquie

-le webdesigner et infographiste, Christophe

-moi-même.

Je remarque très rapidement qu’une ambiance pesante règne dans notre bureau lorsque Marion et Sébastien y sont au même moment. Jacquie et Christophe m’expliquent très rapidement que les deux responsables ne se supportent pas et qu’ils s’adressent la parole seulement lorsqu’ils n’ont pas le choix. Je leur demande, « Pourquoi une telle situation ? » et ils m’expliquent que c’est comme ça depuis le début de la création de l’ARS, en 2010.

En effet, avant, chacun avait son propre service communication, l’un à l’ACRAM et l’autre à la DASS. Quand l’ARS fut créée, la direction générale a mis deux responsables pour une seule cellule communication.

Durant le stage, une de mes missions fût de réaliser les organigrammes de chacune des cellules. Une fois réalisé, j’ai envoyé mon travail à mon maître de stage, Marion. Elle m’a rapidement fait comprendre que l’organigramme ne reflétait pas la réalité. En effet, pour la cellule communication qui se compose de deux responsables, Marion m’a demandé de mettre en avant son statut qui est « responsable de la communication interne et chef de groupe », en insistant sur le terme « chef de groupe ». Hiérarchiquement, Marion est au-dessus de Sébastien. La responsable de Jacquie et Christophe est  Marion, mais 20% des tâches qu’ils exécutent rentrent dans la catégorie de la communication externe, c’est-à-dire dans celle de Sébastien. Ils sont donc, en contact permanent avec ces deux communicants.

Pour Jacquie et Christophe, la situation est devenue invivable car d’un côté, ils ont Marion comme supérieure hiérarchique et de l’autre, Sébastien, leur collègue avec qui ils s’entendent mieux.

Par exemple, lorsque Marion leur parle, ils doivent faire très attention à ne pas parler de Sébastien ou de son travail au risque d’énerver Marion. D’un autre côté, lorsque Sébastien critique Marion, Jacquie ou Christophe se sentent mal à l’aise.

Un autre exemple de cette situation : le service de communication interne a gardé des bouteilles de vins qu’il restait d’un évènement passé, la cérémonie des vœux, l’assistante de direction avait connaissance de ces bouteilles non utilisées. Pour un évènement en externe (sous la direction de Sébastien), l’assistante s’est permis de prendre ces bouteilles pour l’évènement qu’elle préparait avec Sébastien. Lorsque Marion l’a su, elle voulait obtenir des informations auprès de l’assistante de direction pour savoir pourquoi ces bouteilles ont atterries dans les mains de la communication externe. Elle a par la suite, réclamé les bouteilles car pour elle, ces dernières appartenaient à la communication interne. Sachant que Sébastien fait parti de la communication externe, il n’avait donc aucun droit dessus.

Une phrase de Jacquie synthétise parfaitement la situation :

« J’ai l’impression de faire face à un couple divorcé et que Christophe et moi, on est leurs enfants ».

Étape 2 : Questions / Réponses

Durant la période de ton stage as-tu assisté à un conflit ouvert ?

Non, car Marion et Sébastien ne se parlent pas et sans communication il ne peut y avoir de conflit ouvert.

Est-ce-que la direction est au courant ?

Oui, elle est au courant depuis le début. Aujourd’hui, la direction ne se mêle pas de leurs conflits et laisse faire les choses.

Est-ce-que Jacquie et Christophe ont déjà essayé d’aller parler de ces conflits directement à la direction de la boîte, plutôt que d’aller en parler à Marion ?

Non, pour éviter justement que ça se répercute sur leur responsable, et de toute manière, tout le monde connaît la situation, mais pour eux, ils ne peuvent rien y faire.

Vous ne faites pas de réunion ?

Ils s’arrangent pour ne pas faire de réunion ensemble. Il y a une réunion en communication interne, ces réunions se déroulent une fois par semaine. Il n’y en a pas en communication externe.

Le matin, Marion et Sébastien se disent « bonjour » ?

Non, ils ne se disent pas « bonjour », ce qui est facilité par le fait qu’ils ne sont pas dans le même bureau et que le siège est constitué de deux cents salariés. Leur ignorance l’un envers l’autre passe quasiment inaperçue. Ils ne se disent pas « bonjour » le matin et ils ne se parlent pas durant la journée. Par exemple, quand Marion et Jacquie discutent dans le bureau de Jacquie, si Sébastien entre dans la même pièce, Marion se tait et elle arrête de parler.

Au niveau hiérarchique Sébastien a-t-il le même statut que Marion?

Dans la cellule communication de cet organisme, la communication à deux responsables, la responsable communication interne qui est Marion et le responsable communication externe, Sébastien. Mais lors de mon stage, j’ai dû faire des organigrammes, pour moi, ces deux responsables avaient le même statut. Or, Marion a bien insisté pour que, sur les organigrammes, en plus d’être responsable de la communication interne, elle soit aussi chef de groupe. C’est-à-dire que les deux personnes qui travaillent dans la cellule communication, l’assistante communication, Jacquie, et le web designer/infographiste, Christophe,  dépendent de Marion. J’avais demandé à Jacquie de m’en dire un peu plus et elle m’a dit pour me donner une idée, qu’en terme de temps, 80% du temps est consacré à ce que demande Marion et 20% du temps est consacré aux demandes de Sébastien. Je dirai donc que les deux sont responsables mais que c’est Marion la responsable des deux employés.

Mais Sébastien, n’a-t-il pas de compte à rendre à Marion?

Non pas du tout. Il n’a aucun compte à rendre à Marion. Normalement, ils sont supposés travailler ensemble, mais ils s’arrangent pour ne pas le faire. Elle a sa politique en terme de communication interne et lui a sa politique en terme de communication externe.

Tu penses que ça dégrade la qualité de leur travail ?

Je ne suis pas restée assez longtemps pour le voir. Mais, en effet, je pense que cette situation dégrade la qualité de leur travail pour toute la cellule communication, cela influence aussi la qualité de leurs échanges et de leurs relations. Ils sont supposés être des communicants, mais ils n’arrivent pas à communiquer entre eux.

Surtout que Marion c’est son rôle la communication interne !

Oui. C’est sa responsabilité justement si il y a une mauvaise ambiance, c’est à elle de prendre l’initiative pour que ça se déroule autrement.

Au niveau de l’organigramme, du coup tu as placé Marion au dessus ?

Non. A l’ARS, les personnes aiment que leur statut soit bien défini et qu’il n’y ait aucune faute sur les organigrammes. Ils ont tel ou tel statut, et sachant qu’il est difficile de hiérarchiser les salariés puisqu’ils ont des postes très différents et pour éviter de créer des tensions supplémentaires, depuis 2011 l’organigramme est réalisé par ordre alphabétique. Quand j’ai dû présenter la cellule communication Sébastien était au dessus de Marion parce que son nom de famille était au dessus dans l’alphabet.

Donc, il n’y a pas de représentation visuelle des liens d’autorité dans cet organigramme ?

Non, pas dans la cellule communication car ils sont tous les deux indépendants. Ils dépendent directement de la direction générale. Sébastien ne dépend  pas de Marion et inversement,  Marion ne dépend pas de Sébastien. Par contre, l’assistante de direction et le web designer/infographiste, dépendent tous les deux de Marion.

Comment sont disposés les bureaux ?

Les trois bureaux sont côte à côte. Il y a le bureau de Marion, à côté, celui de Sébastien et ensuite il y a le bureau où nous étions tous les trois, Jacquie, Christophe et moi.

Sébastien n’est-il pas exclu ?

Non, il était souvent dans notre bureau car comme je le disais il s’entend très bien avec les deux autres employés. Sébastien va parfois passer 10 fois par jour dans le bureau alors que Marion n’y passera que 3.

As-tu pris parti pour quelqu’un ?

Non pas du tout, parce que d’un côté j’avais mon maître de stage et d’un autre coté je m’entendais très bien avec Sébastien qui est originaire de la même ville que moi. La situation étant déjà assez compliquée je n’ai pas du tout pris parti.

Elle ne t’en a pas voulu Marion de bien t’entendre avec Sébastien ?

Non, elle ne me reprochait en rien de bien m’entendre avec Sébastien, parce que je me suis bien entendu avec elle aussi. Après, chacun de leur côté, lorsqu’ils peuvent se critiquer mutuellement, ils n’hésitent pas à le faire devant moi et à critiquer le travail de l’un comme de l’autre.

Il n’y a jamais eu de problèmes au sein de l’entreprise à cause de ça ?

Je ne parlerais pas de problème mais on ressent de fortes tentions au niveau de l’ambiance surtout pour Jacquie et Christophe. Je pense que tout le monde a compris qu’ils ne s’entendent pas mais malgré les efforts des employés, aucune solution n’a encore été trouvée.

Que faisaient Jacquie et Christophe pour apaiser les tensions ?

Ils ont essayé d’en parler au début, mais ils se disent que ce ne sont en rien leurs histoires donc que ça ne les regardait pas. Ca n’a donc rien changé et ça continu.

Ils en parlent directement ou indirectement ?

Ils leur parlent directement, par exemple quand Marion va aller trop loin, ils vont lui dire que ça ne les regarde pas.

Quelle est la réaction de Marion dans ces cas là ?

Elle s’en rend compte, mais elle a quand même besoin de critiquer tout ce que fait Sébastien.

Comment décrirais-tu les relations entre Marion, Jacquie et Christophe ?

Ce sont des relations strictement professionnelles.

Marion et Sébastien ont-ils le même salaire?

Non, la structure de l’ARS est un peu compliqué parce qu’elle se divise entre les fonctionnaires et les contractuels. Entre les deux c’était un peu la guerre au début parce que les uns avaient des primes et pas les autres, etc. C’était donc déjà compliqué dès le début. Jacquie, Sébastien et Christophe sont des contractuels et Marion est une fonctionnaire. J’ai entendu, en aparté, que si Marion était là aujourd’hui c’est parce qu’elle est fonctionnaire. J’ai pu en parler avec Jacquie et elle explique les choses par le fait que peut être Marion aurait peur que Sébastien lui pique sa place.

Quelles sont les formations de Marion et de Sébastien ?

Marion a étudié au CELSA et Sébastien a fait une Licence L.E.A anglais/espagnol puis un Master « Commerce international ».

Au niveau de l’usage des technologies info/com, Marion et Sébastien les utilisent ?

Non, ils passent par Christophe. In Design, Photoshop, Illustrator, c’est Christophe qui s’en occupe. Ils dépendent clairement de lui, j’ai pu le voir car il s’est absenté une semaine pour raisons personnelles et pendant une semaine c’était la « pagaille ». Il fait beaucoup d’affiches, beaucoup d’illustrations. Au niveau de l’intranet, c’est la communication interne qui s’en occupe. La newsletter aussi, lorsque des gens appellent pour avoir des informations, c’est Jacquie qui s’en occupe.

Marion fait vraiment l’interface entre la cellule communication et la direction, et Sébastien fait l’interface entre le monde extérieur et l’organisation.

Au niveau des compétences de chacun, est ce que ces différences se perçoivent ?

Je n’ai pas eu l’impression non.

Comment se fait la répartition de ces fameux 20% et 80% ? Marion et Sébastien leur demandent-ils du travail en même temps ?

Ca arrive, mais Marion est prioritaire. C’est surtout concernant les compétences de Christophe que cela se ressent, il s’occupe des affiches, des plaquettes, etc. Donc, c’est surtout à lui qu’on va demander le plus de travail. Si Marion et Sébastien demandent une tâche à Christophe, la tâche de Marion sera réalisée en premier. En terme d’organisation, j’ai l’impression qu’ils gèrent bien leur temps.

Combien d’année ont-ils d’écart ?

Je dirais 5 ou 10 ans, elle est plus âgée.

Ont-ils déjà fait appel à un médiateur ?

Non.

Et concernant les 20% de Sébastien, il s’est déjà plaint ?

Non, parce qu’il est souvent en déplacement et quand il a besoin de Christophe ou de Jacquie, c’est uniquement pour envoyer des mails, récupérer un numéro de téléphone ou faire des affiches. Sinon, pour tout le reste, il s’en occupe lui même.

Il n’a jamais demandé une équipe ?

Non jamais. Et sincèrement, je pense qu’il n’en aurait pas de toute façon étant donné que c’est l’assurance maladie qui finance l’ARS, ils ne pourront jamais se le permettre.

Est-ce-que c’est un conflit instinctif ? Un d’entre eux est-il en faute?

Non, c’est vraiment instinctif. Marion est quelqu’un qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Dès le début ils étaient en conflit, à partir du moment où on les a mis ensemble sans leur demander leur avis. Je pense que le relationnel joue, mais la première chose qui fait que ça c’est mal passé c’est qu’ils n’ont pas bien fait les choses lors de la fusion des deux organismes. Personne ne leur a demandé la permission, l’organigramme et le statut de chacun était déjà prédéfini… Par exemple, les fonctionnaires n’avaient pas du tout le choix, les contractuels eux, c’était soit ça, soit ils pouvaient aller trouver un autre travail.

Aucun des deux ne compte partir ?

Non, ils aiment ce qu’ils font et où ils sont.

Ils n’ont rien eu à dire sur leurs affectations ? Pourquoi Marion a pris la partie communication interne et Sébastien la partie communication externe ?

Je ne leur ai jamais demandé, je n’en ai aucune idée.

Sont-ils arrivés en même temps ?

Oui en 2010, tout le monde est arrivé le 1er avril 2010 à la création de l’ARS.

Étape 3 : Les hypothèses proposées

Différentes hypothèses nous ont été proposées, voici les hypothèses retenues.

1)    La direction générale n’a pas nommé Marion responsable de la communication interne et Sébastien responsable de la communication externe par hasard. Le choix a été réfléchi et choisi en fonction des aptitudes de chacun.

2)    Le problème entre Marion et Sébastien a commencé par le fait qu’ils n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. Lors de la création de l’ARS, on leur a imposé de travailler ensemble, ce qui a fait naître un sentiment de frustration.

3)    C’est une bonne chose que les deux responsables soient dans des bureaux différents.

4)    Afin de tenir le coup dans ce conflit, Sébastien et Marion utilisent leur force. Pour Marion, c’est son poste et son statut. Pour Sébastien, c’est son amitié avec ses collègues et son relationnel.

Étape 4 : Analyse de la situation de communication, les approches mobilisées.

Afin de nous aider à mieux comprendre la situation de communication, nous allons utiliser différentes approches théoriques. Tout d’abord et pour mieux comprendre Marion et Sébastien en tant que responsable, nous utiliserons les approches du leader et du leadership. Ensuite, pour mieux appréhender ce conflit et afin de mettre en évidence les jeux relationnels, nous nous baserons sur l’analyse systémique. Enfin, l’analyse stratégique nous sera utile pour connaître le pouvoir de chacun ainsi que sa marche de manœuvre.

Dans un premier temps, nous pouvons mettre en évidence le fait que dans une même cellule, deux responsables la constituent. Il est donc évident que l’étude de ces deux responsables en tant que leader est primordiale.

Etudions Marion en tant que responsable. D’après les expériences de Lewin, Marion peut être considérée comme un leader démocratique. En effet, c’est une personne qui discute, qui demande l’avis de ces collègues, surtout l’avis de Christophe, l’infographiste. Lors des réunions, elle demande toujours le point de vue des autres mais lorsqu’il faut trancher ou faire un choix dans les décisions, ce sont ses idées qui sont mises en avant. En termes de climat, on voit clairement que les discussions et les échanges permettent une cohésion dans le travail et une bonne gestion du temps entre Marion, Jacquie et Christophe. Cela dit, en terme de productivité, on voit que pour toute la partie création, Marion dépend clairement de Christophe et lorsqu’il s’absente quelques semaines, cela se ressent fortement. Marion est une interface avec la direction générale, de plus, c’est elle qui prend les décisions. Concernant la production, c’est Christophe et Jacquie qui s’en occupent. Selon Tannebaum et Schmidt, Marion est positionnée au niveau trois de l’échelle car en tant que leader elle propose toujours ses idées mais elle demande aussi celles des autres.

Etudions Sébastien en tant que responsable, même s’il n’est pas officiellement responsable de Jacquie et Christophe, il reste un leader informel. D’après les expériences de Lewin, Sébastien est considéré, tout comme Marion, comme un leader démocratique. En effet, lorsqu’il travaille avec Christophe, il y a toujours une phase de partage et d’échange entre les deux. De plus, de part la relation particulière qu’il entretien avec Jacquie et Christophe, il est très apprécié et écouté par ses collègues. Encore une fois, en terme de productivité, Christophe joue un rôle prédominant. En effet, tout ce qui rime avec productivité passe par lui car dans cette cellule, il est le seul à gérer la plupart des logiciels. Cela dit, sur l’échelle de Tannebaul et de Schmidt, Sébastien se situe au niveau 7. En effet, n’étant pas directement le responsable de Jacquie et Christophe, il ne leur donne aucun ordre. Il laisse toujours Christophe gérer lui-même son temps, de plus, il aime et admire beaucoup sa créativité.

Si les deux responsables sont considérés comme des leaders démocratiques, on remarque que Marion et un leader formel alors que Sébastien est un leader informel. Cela se répercute sur leurs styles car si cette première partage et échange c’est elle qui prend toutes les décisions finales. Pour le second, le processus d’échange est poussé jusque dans les prises de décisions, il laisse aussi les autres décider.

Dans un deuxième temps, nous avons pu remarquer que la situation de communication que nous étudions est clairement un système d’homéostasie car c’est une boucle, il y a des récurrences dans les jeux interactionnels. Nous pouvons clairement comparer la situation à un système familial car comme le dit Jacquie : « J’ai l’impression de faire face à un couple divorcé et que Christophe et moi, on est leurs enfants ».

Jeux relationnels entre les acteurs

Dans un troisième temps, l’analyse stratégique va nous permettre de découvrir les pratiques des acteurs dans un espace d’action et la manière dont leurs pratiques forment un système afin de comprendre les contraintes et les limites des acteurs dans la cellule.

Acteur Missions et objectifs Enjeu Relations aux autres acteurs Position par rapport aux autres acteurs Stratégie prévisible / zones d’incertitudes
Marion Responsable de la communication interne et chef d’équipe. Interface entre la direction générale et les salariés. Se faire bien voir par la direction générale et garder son statut. Relation professionnelle de responsable à salariés. Supérieur hiérarchique (sauf pour Sébastien) Marion contrôle l’information et les règles.
Sébastien Responsable de la communication externe. Il a pour objectif de donner une image positive de l’agence. Rester à la tête de la communication externe et avoir des bonnes relations avec les autres salariés. Relation amicale et très cordiale avec les autres salariés. Semi-responsable (sauf pour Marion) Sébastien contrôle l’environnement.
Jacquie / Christophe Assistante de communication/ Infographiste Avoir une bonne ambiance et travaille sereinement. Relation professionnelle avec Marion. Relation professionnelle et amicale avec Sébastien. Sous l’autorité de Marion. Savoirs et savoirs-faires.

D’après ce tableau, on voit clairement que Marion détient plus de pouvoir que Sébastien, notamment en analysant les zones d’incertitude.

Étape 5 : Les observations de cette séance

Concernant les observations, dès le début on a pu percevoir une vraie dynamique de groupe qui a été facilité par la disposition de la salle, les tables ont été disposées préalablement en carré ce qui a permis de renforcer l’écoute et la concentration des étudiants. Les ordinateurs étaient rangés ce qui a laissé place à une dynamique de groupe intéressante. De plus, la mise en place de petits chevalets avec les prénoms de chacun nous on permit de mieux nous connaître.

Hanane a commencé par expliquer la situation de communication qu’elle a vécu durant son stage. A l’orale elle était très à l’aise, son regard portait sur la salle entière et durant son temps de parole, elle n’a exclut personne.

Par la suite, au moment des questions, personne n’a prit la parole immédiatement. Sachant que nous étions les premières à passer, je pense que cela n’a pas facilité l’échange et cela les a un peu perturbé. Au début de la partie des questions-réponses, nous avons pu observer que les étudiants prenaient la parole en levant la main. Par la suite, au bout de deux questions, nous avons réussi à obtenir un dialogue direct et clair grâce aux interactions et à l’absence de bavardages. Les étudiants étaient attentifs et intéressés tout au long de la séance.

La prise de parole était intéressante car nous communiquions avec une classe participative. En effet, différentes personnes ont pris la parole, sur vingt-et-un élèves, seul quatre n’ont pas participé. Ce qui fût très intéressant lors de la prise de parole c’était d’observer qu’une personne qui venait de prendre la parole, pose généralement plusieurs questions à la suite pour bien comprendre et pour avoir une réponse complète. Nous traduisons cela par un intérêt important qu’ils portent à la situation. Malgré le fait que nous n’avons pas entendu tous les étudiants, en effet ceux qui étaient placés dans les coins du carré étaient généralement plus silencieux, nous avons pu observer une écoute attentive de la part de tous.

Une gestuelle naturelle et une bonne ambiance se sont rapidement installées, suivies d’un respect mutuel des uns envers les autres.

Avec une situation de communication à la fois complexe et intrigante, la dynamique de groupe fut tout de suite bonne et intéressante.

Hanane MINKHAR, Audrey LE HELLOCO et Manon VANDENHOECK

Compte rendu SASCO 11 mai 2011

mercredi 11 mai 2011

Séance SASCO 11 mai 2011.

Narrateur : Priscilla Belck.

Observateur : Marina Garcia.

La situation de communication :

« Depuis octobre, je suis animatrice dans un parc de jeux pour enfants à Béziers. Chaque mois, l’entreprise organise une soirée pour enfants et adultes avec des animations prévues pour que tout le monde puisse s’amuser.

La situation se déroule pendant la soirée de Noël, il faut savoir que je suis depuis peu employée dans cette entreprise c’est donc la première soirée à laquelle je participe. Nous étions 5 animateurs à la soirée, moi y compris et trois autres animatrices qui avaient commencé peu de temps auparavant. Après notre journée de travail, on aménage la salle avant que la soirée commence et sans savoir comment celle-ci aller se dérouler. Puis peu de temps avant que les gens arrivent, le directeur nous donne le programme de la soirée. Je mettais proposer auparavant de me charger des photos et des vidéos de la soirée mais il fallait aussi que je trouve des animations à faire pour occuper les enfants. Chaque animatrice essaye de trouver une animation à faire mais les gens commencent à arriver et nous n’avons pas vraiment d’activité précise à faire. J’avais eu l’idée d’organiser une sorte de concours de danse pour les filles et puis un autre animateur occuperait les garçons  avec un match de foot. La soirée commence et l’idée du concours n’a pas trop de succès car les enfants vaguent à leurs occupations donc j’en profite pour prendre des photos et des vidéos pendant qu’une autre surveille les enfants dans la structure de jeux mais les deux autres animatrices ne savent pas quoi faire donc elles ne font pas grand-chose. Par la suite, le patron nous convoque dans son bureau et là le ton est rapidement monté, il nous reproche de ne rien faire, de lui faire perdre des bénéfices car  les gens passent une mauvaise soirée alors qu’à aucun moment il nous a précisé le travail à faire ou très vaguement. Tout le monde est énervé, les animatrices expriment leur mécontentement et deux d’entre elles parlent même de démissionner. A la fin de la soirée, il faut tout remettre en place et les employés se retrouvent seuls avec le directeur, une animatrice commence à avoir une conversation avec le directeur, l’animatrice et en vient à insulter le patron mais celui-ci reste calme la convoque à son bureau, j’en sais pas plus après à part qu’elle sort de son bureau en pleurant en claquant la porte. Après que la situation se soit calmée, l’animatrice en question est allée s’excuser auprès du directeur qui lui a expliqué que la confrontation s’adressait aux deux autres animatrices qui ne faisaient rien et qui restaient coller l’une à l’autre pendant la soirée. Les deux autres animatrices en question n’ont d’ailleurs pas voulu continuer à travailler après cette soirée. »

Les questions posées :

– L’animatrice qui a insulté le directeur est-elle restée dans l’entreprise ?

« Oui et ils ont d’ailleurs de très bons rapports. »

– Le directeur a dit que le problème venait des 2 animatrices, cela te concernait ?

« Non, ce sont les deux autres animatrices qui étaient concernées. »

– Comment elles ont su qu’elles étaient concernées ?

« Par l’animatrice qui a eu l’entretien avec le directeur. »

– Le directeur est allé les voir ?

« Non, il les a appelé pour savoir si elles allaient continuer à travailler dans l’entreprise. »

– Elles avaient déjà travaillé en tant qu’animatrice auparavant ?

« Non, c’était la première fois. »

– Et les parents comment ont-ils réagi ?

« Je n’ai pas eu de retours négatifs sur la soirée. »

– Comment ça se fait que vous n’ayez rien préparé ?

« On attendait d’avoir des directives de la part du directeur. »

– Quand vous avez réfléchi aux animations les 2 nouvelles avaient proposé quelque chose ?

« Non elle ne savaient pas quoi proposer. »

– Au moment du conflit, t’as eu l’impression qu’il parlait à vous quatre ou au 2 animatrices ?

« Non il parlait vraiment à nous quatre. »

– Tu as le droit de prendre l’initiative pour organiser une animation ?

« Totalement, c’est à nous de réfléchir à une animation précise. »

– Vous aviez des retours des parents ?

« Moi personnellement j’ai pas eu de retours. »

– Le travail du directeur est de prévoir le programme de la soirée et de gérer l’organisation ?

« Il prévoit les grandes étapes de la soirée mais sans vraiment participer à celle-ci par la suite. »

– Tu es l’une des plus anciennes alors?

« Oui c’est ça. »

– T’avais connu l’équipe précédente ?

« Oui j’ai connu deux anciens animateurs qui sont partis après. »

– Quel âge a le directeur ?

«  Il est jeune, il a 26, 27 ans. »

– C’est son premier centre d’animation ?

« Oui, il travaillait dans les banques avant. »

– Par la suite, il a changé son mode de fonctionnement ?

« Oui et les autres soirées se sont beaucoup mieux passées. »

L’analyse de la situation :

Pour analyser la situation nous avons convoqué plusieurs théories. Tout d’abord, nous avons fait appel aux analyses sur le leadership, on peut dire que le directeur a un leadership laisser-faire car il ne donne pas de directives ni de consignes précises. Il laisse le groupe d’animateurs s’organiser et se gérer tout seul et se tient à distance. Cela nous permet de faire le lien avec l’analyse sémiotique situationnelle. Elle met en évidence les enjeux des acteurs.  Le directeur veut satisfaire les parents et faire des bénéfices car si les parents sont satisfaits ils reviendront à la prochaine soirée. Le groupe d’animateur lui veut divertir et occuper les enfants en organisant des activités. De plus, ils attendent un leader davantage autocratique qui donne des instructions précises. Il y a donc une opposition entre les enjeux. En effet, le style de management du directeur, laisser-faire, n’est pas celui attendu par celui des animateurs qui eux préféreraient un programme détaillé des animations. Ainsi, on observe une différence entre le leadership appliqué et celui attendu. En ce qui concerne les positionnements dans la situation, on peut dire que le directeur est censé représenté la hiérarchie et l’autorité, les animateurs eux ne sont que les employés. De ce fait, les rapports sont complémentaires.

L’analyse stratégique est également pertinente dans cette situation, la zone d’incertitude est l’absence de programme mis en place. Le directeur ne sait pas quelles instructions donner aux animateurs et n’a aucune idée du type d’activité à leur conseiller. En temps normal, les animatrices auraient pu prendre le pouvoir et avoir une grande marge de manœuvre car elles ont une connaissance des animations, en effet c’est leur travail. Or, dans la situation elles n’ont pas profité de leur savoir et pris l’initiative de mettre en place des activités intéressantes.

Enfin, on peut conclure avec les mondes de la justification,  le directeur appartient à la cité marchande car il donne une place importante à la valeur pécuniaire et aux bénéfices. On suppose que les animateurs appartiennent à la cité domestique car ils attendent du directeur qu’il manifeste sa position hiérarchique. Ils sont dans le monde de la tradition et se basent sur des principes tels que le respect de la hiérarchie et l’obéissance aux directives. Leur manque d’initiative dans la situation est probablement dû au fait qu’ils attendent les consignes du directeur.

Groupe 1: Marina GARCIA et Priscilla BELCK.

Philippe Hammel – Directeur de Lo CIRDÒC Béziers

jeudi 18 novembre 2010

« La seule médiathèque de ce type au monde »

Cirdoc

Photo publiée avec l’autorisation du Cirdòc

Dans le cadre de la réalisation de l’interview demandée en Projet Professionnel Personnalisé (PPP), nous sommes entrés en contact avec le directeur de « Lo CIRDÒC », la Médiathèque Occitane de Béziers, monsieur Philippe Hammel. Assis dans les voluptueux sièges en cuirs de l’entrée de celle-ci en ce Vendredi 5 Novembre 2010, attendant patiemment notre heure stylo et bloc-notes à la main prêt à retranscrire, nous nous sommes vus convié à gravir les marches menant à l’étage supérieur. En haut de celles-ci se trouvait un homme, vêtu simplement, orné d’une cravate rouge, d’une moustache belle et bien taillée ainsi que d’un sourire en coin. Philippe Hammel était là, devant nous. Il nous a accueilli avec plaisir et simplicité dans son bureau situé dans les locaux de la médiathèque, et c’est offert à nous raconter cette histoire, qui lui prit 1h30 de son temps,et qu’on ne connaît que trop peu, celle de l’occitan et de sa médiathèque.

PHPhilippe Hammel

Photo tirée du site Internet de la médiathèque

Publiée avec l’autorisation de Monsieur Philippe Hammel

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Légende :

I.R : Pauline Bleschet, Quentin Boissinot, Laura Boulanger (Interviewers) …………………………………… P.H : Philippe Hammel (Interviewé) ……………………………………………………………………………. Ndlr : Note de la Rédaction

I.R: Tout d’abord, merci de nous recevoir et de nous consacrer un peu de votre temps pour cette interview. Comme nous vous l’avions dit lors de la prise de rendez-vous, je tiens à vous re-préciser que cette entretien sera publié sur notre blog universitaire dans le cadre de nos études et utilisé dans la soutenance correspondante, une copie vous sera transmise avant publication par nos soins pour que vous puissiez valider la retranscription de vos propos. Pour commencer, une question que beaucoup de personnes se posent, qu’est ce que Lo CIRDÒC ?

Philippe Hammel, Directeur du CIRDÒC : Lo CIRDÒC est le Centre Inter Régional de Développement de l’Occitan. Pour faire simple, c’est une Médiathèque ayant pour but de regrouper l’ensemble des œuvres en occitan, mais aussi dans d’autres langues. Lo CIRDÒC est un syndicat mixte géré par la région Languedoc-Roussillon et dont la ville de Béziers fait partie. Il est présidé par monsieur Marcel Maten, qui est Catalan. Actuellement, nous avons plus de 80 000 documents à disposition.

I.R: 80 000 documents, ça fait une sacrée bibliothèque, comment en êtes vous arrivé là ?

P.H : Et bien, tout commença en 1975 avec la création de la première association occitane, ayant pour objet de créer une bibliothèque, à l’initiative de trois biterrois, Yves Roquette, poète et écrivain en occitan, Jacques Boisgontier, professeur à l’université de Toulouse, ainsi que le Docteur Sirc, un amoureux de la culture occitane. Leur but premier fut le rassemblement de documents en occitan, but que nous poursuivons encore actuellement. En 1995, l’association compte cinq employés, mais va faire face à différentes difficultés, et sera au bord de la faillite. L’association va se plonger dans une situation inextricable, qui induira la reprise du projet par la région en 1997. En 1999 sera inauguré le centre que l’on connait actuellement, et nous poursuivons toujours cette politique d’accroissement des collections.

I.R: L’occitan est la langue régionale du Bassin Biterrois, mais elle n’est plus trop parlée, quel sentiment cela vous évoque-t-il ?

P.H : Laissez- moi vous raconter quelque chose. Le Français n’est devenu langue d’Etat que sous le régime de François 1er. En 1789, seulement 30% des français parlaient le Français. Les autres parlaient des langues régionales. La Déclaration des Droits de l’Homme a d’ailleurs été traduite dans ces langues régionales à l’époque. Les barrières linguistiques se sont enfin fragilisées avec l’arrivée des médias, notamment la télévision et la radio, qui ont apporté le Français dans les foyers. Malgré tout, ce que l’on désignait négativement sous le vocable de « patois » ont subsistés et existent toujours. Je ne suis pas inquiet, d’autant plus que l’occitan est toujours présent.

I.R: Vous dites que l’occitan est toujours présent, qu’entendez-vous par là ?

P.H : Et bien, on a vu par exemple en 1993 à la rentrée de Septembre, la mise en place d’un établissement supérieur d’enseignement de l’occitan, à la maison associative à proximité de la gare SNCF de Béziers. En Septembre 2010 a également été mis en place une classe d’Histoire et Géographie recevant ses cours en occitan dans un collège de Carcassonne. De plus, l’occitan est toujours enseigné dans les collèges, lycées et universités, notamment à Béziers ou on compte plusieurs Calandreta, des écoles primaires occitanes. L’occitan reste très présent et permet notamment à notre ville d’être une ville bien occitane. Puis l’occitan était langue co-officielle des jeux Olympiques d’hiver de Turin en 2006 ! (avec l’Anglais, le Français et l’Italien, ndlr)

I.R : Dans le cadre du développement de la médiathèque et du maintien de l’occitan, est-ce que vous organisez des événements particuliers ?

P.H : Oui bien sûr. Justement, nous organisons en ce moment des assises de l’image animée en occitan du 18 au 20 Novembre à la médiathèque. Pour faire simple, c’est un Festival du Film Occitan. Le 3 Décembre prochain nous organisons aussi une rencontre avec un auteur occitan, accessible à tout le monde. De temps à autre ont lieux des représentations théâtrales à la salle du Minautore, dans le centre de Béziers. Enfin, pendant la période estivale, de mai à septembre, sont organisées des portes ouvertes, notamment durant les férias, ainsi que la mise en place d’un « village occitan » pendant la féria de Béziers, afin de promouvoir plus facilement l’occitan d’un point de vue culturel. En Janvier 2011 aura lieu la dictée occitane dans l’amphithéâtre de la faculté de Béziers, et nous organisons aussi des « Baleti », à savoir des concerts dansants en occitan. Enfin, différentes rencontres et conférences sont mises en place tout au long de l’année.

I.R: Et ses événements vous apportent beaucoup de public ?

P.H : Je ne vous cache pas que nous avons un public régulier, et nous avons cette volonté de recherche de nouveaux publics. Cependant, nous avons peur de leur faire peur. J’ai effectivement constaté que certaines personnes n’osaient pas rentrer dans la médiathèque. D’un autre côté un certain nombre de personnes prennent l’avion et traversent le monde pour venir nous voir.

I.R: «Traversent le monde » ?

P.H : Oui, nous sommes la seule médiathèque de ce type au monde, et notre champ d’action passe maintenant principalement par Internet. Cette année nous avons ainsi accueilli des personnes de différentes régions du monde, du Japon aux Etats-Unis, en passant par diverses régions de l’Europe.

I.R: Excusez moi, vous avez dit « notre champ d’action passe maintenant principalement par Internet », qu’entendez vous par là ?

P.H : Ce que j’entends c’est que la majeure partie de notre communication passe par le réseau mondial Internet. Nous avons actuellement un site, couplé à un portail d’information et à un blog, qui est régulièrement mis à jour. Et on s’est rendu compte d’un intérêt mondial pour cette langue. On a des connexions qui proviennent de 87 pays à travers le monde, répartis sur l’ensemble des continents. Et ce qui nous a marqué, c’est que le Brésil fait parti des pays enregistrant un maximum de connexions, qu’on peu expliquer je pense par la proximité linguistique entre le Portugais et l’Occitan.

I.R: Et je suppose que vous comptez développer votre site Internet ?

P.H : Bien sûr ! Notre objectif d’ici à 20 ans, serait la mise en place d’une médiathèque en ligne. Nous publions déjà divers documents numérisés et comptes rendus sur le site. Des enregistrements sonores ainsi que des enregistrements vidéo sont à disposition des internautes. Nous avons notamment un projet en cours qui nous tient particulièrement à cœur, celui de numériser une collection entière de films biterrois des années 50. Nous publions aussi de façon régulière une Lettre d’Information, ou News Letter, qui informe sur les différents événements mis en place, ainsi que sur les nouveautés que nous accueillons au sein de notre établissement. Nous tablons sur un réel développement informatique, tout en poursuivant l’accueil du public à l’échelle locale.

I.R : A part Internet, comment communiquez-vous les différents événements que vous organisez ?

P.H : Tout d’abord nous utilisons beaucoup le circuit universitaire pour parler et faire parler de nos événements en envoyant des mails aux différentes universités avec qui nous sommes en contact. Nous envoyons également des courriers, prospectus et dossiers de presse aux divers organismes concernés, mais également à la mairie de Béziers et au département. Nous sommes également en relation avec plusieurs agences de journalisme à Barcelone (Espagne, ndlr) et en Italie, à qui nous envoyons régulièrement nos prospectus et différentes informations. Nous avons conscience que cela ne permet pas d’augmenter nos visiteurs à la médiathèque mais cela intéresse le public espagnol et italien qui se rend régulièrement sur notre site Internet car l’occitan suscite leur curiosité.

I.R : Pour conclure, y aurait-il quelque chose dont vous souhaiteriez nous parler ?

P.H : J’aimerai souligner le fait qu’il est important pour la diversification des cultures, de toutes les préserver quelles qu’elles soient. Chacune d’entre elles dépend du groupe social dont elle fait partie. Les cultures doivent pouvoir se mettre chacune en valeur tout en respectant les autres. On se doit de restituer la planète dans l’état dans lequel nous l’avons trouvée avec sa diversité culturelle, sa nature et tout ce qui fait sa beauté. Elle a été polluée par la génération d’après guerre en peu de temps. C’est pourquoi je pense que nous devons maintenant nous tourner vers l’écologie culturelle. Eviter la décadence vers une culture unique. C’est cette force d’opposition qui ensemence la culture d’aujourd’hui.

I.R : Puisse le monde entendre vos paroles. Merci beaucoup pour ce temps que vous nous avez accordé, et vos réponses à nos questions.

P.H : Avec plaisir.

Interview menée par :

Pauline Bleschet

Quentin Boissinot

Laura Boulanger