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Entretien avec un professionnel de la communication : Nessim AÏDA, community manager chez Social Pirate, à Montpellier

lundi 19 novembre 2018

Nous avons réalisé un entretien avec Nessim Aïda, qui est Community manager et qui codirige l’agence de communication Social Pirate, basée à Montpellier. Cet entretien a été réalisé le mardi 13 Novembre. Nous lui avons donné rendez-vous à 14h45, dans un café du centre-ville de Montpellier. Malgré son emploi du temps chargé, l’interviewé a pu nous accorder environ une demi heure.

Nous nous sommes départagé le travail et les rôles. L’une a prononcé le discours introductif et s’est occupé des clarifications et des rebondissements, une seconde s’est occupée de poser les questions et de prononcer les remerciements, et la troisième s’est chargée de la prise de notes, ainsi que de l’enregistrement vocal de l’entretien.

– Bonjour, donc tout d’abord merci d’accepter de nous rencontrer, nous sommes donc étudiantes en première année de licence Information – communication, à l’université Paul Valéry. Nous avons souhaiter vous rencontrer dans le but de mener un entretien avec un professionnel de la communication, afin d’en apprendre davantage sur un métier de ce secteur qui pourrait nous intéresser pour notre avenir professionnel.

Avant de débuter l’entretien, nous vous rappelons que nous vous ferons parvenir le contenu de la retranscription avant toute publication sur le blog universitaire, pour que vous puissiez nous donner votre autorisation, et que vous puissiez le modifier, si nécessaire. Est-il possible de procéder à un enregistrement audio de l’entretien ?

Oui bien sûr, et vous pouvez me tutoyer aussi. 

– D’accord merci, alors avant tout, pourrais-tu nous parler de ton activité professionnelle, de manière générale ? 

Alors au quotidien, je travaille avec mon frère, comme je vous ai dis. Donc lui c’est vraiment toute la partie marketing. En fait, il a un parcours marketing, il a fait une école de commerce Sup de Co à Montpellier, et moi j’ai fais une licence en communication mais c’était vraiment de la communication, c’était abstrait, c’était de la sociologie, de la psychologie sociale, de la linguistique, et après, au moment de m’orienter sur le master, je me suis mis en auto-entrepreneur, donc j’ai arrêté les études. Et donc moi, j’ai vraiment un parcours communication, lui il a un parcours marketing. On bosse ensemble sur ce sujet là, et après on bosse avec nos clients. 

– De ce fait, mis à part ton frère, qui est aussi ton collaborateur, tu ne travailles donc pas avec d’autres entreprises, en partenariat ou autre ?

Non, on ne fait pas vraiment de partenariats, on a un petit réseau d’entrepreneurs à côté, des startuper ou des gens qui travaille dans le marketing, donc on se consulte, on réfléchi ensemble à certaines choses, mais professionnellement, on ne travaille pas vraiment ensemble, ce ne sont pas des partenariats professionnels.

 – Et comment répartis-tu ton temps de travail ?

Alors, notre temps de travail, bon on est un peu freestyle justement, c’est pour ça qu’on s’est mis en indépendant. En début de journée, ou en début de contrat déjà, à la base, on se reparti les tâches qu’on a à faire, on sait exactement qui doit faire quoi, vu qu’on a chacun notre domaine bien définit, on sait qui doit bosser sur quoi exactement. La stratégie en amont, elle nous permet vraiment de bien établir ce que chacun doit faire, et on répartit notre temps en fonction de ça.

 – Parallèlement à la gestion de ton temps, quelles sont tes conditions de travail ?

Cela fait un peu plus de deux ans que l’on bosse ensemble, qu’on a l’agence, donc sur la quasi totalité du temps, on bossait chacun à domicile. Pendant un moment où on a eu pas mal de travail, avec pas mal de clients, on était obligé de se coordonner toute la journée, on était obligé d’être au téléphone et de s’envoyer des mails, des messages toute la journée, donc on a pris un bureau, pendant 2-3 mois ensemble, mais sinon la quasi totalité du temps, on est chacun à domicile et on travaille chacun sur le même client mais sur des projets différents. 

– Et avec quel type de clientèle, d’entreprises travailles-tu? 

Au début, moi quand j’ai démarré en auto-entrepreneur, j’étais purement Community manager, donc j’étais pas trop sur les aspects stratégiques, j’étais un petit peu sur la création de contenu mais pas trop, j’étais vraiment dans le Community management pur, et j’ai commencé à travailler, pendant les deux premières années, avec des médias. Donc le premier c’était une petite chaîne de télé sur Paris, qui démarrait, qui avait un peu de difficultés, et après j’ai embrayé sur une application de streaming de futsal, tout ce qui est football un peu annexe, et donc du coup vu qu’on s’est lancés dans les médias, on a continués là dedans, et en vrai, 80 % de nos clients, sont des médias, à côté on peut avoir, par exemple, l’année dernière on a travaillés avec un fabricant de chocolat, mais notre cible principale, c’est surtout les médias, et les sites, blogs, les sites de culture, musique…

 – D’après toi, quelles sont les compétences requises pour exercer ton métier ?

Je dirais la créativité, parce que c’est vrai qu’il y à eu des périodes, notamment quand on travaille avec plusieurs clients, qui sont bien différents les uns des autres, et qui partage du contenu sur les réseaux sociaux, qui sont complètement différents les uns des autres, il faut savoir inventer et imaginer des concepts, plusieurs concepts par jour, pendant des semaines, voir des mois, et donc je pense qu’il faut être pas mal créatif. Après il faut être un minimum organisé, c’est pas du tout mon point fort à la base, mais j’ai été obligé de m’organiser, parce qu’au début où j’étais complètement en freestyle, c’était compliqué, mais quand on commence à se structurer et qu’on veut devenir un peu professionnel, il faut un minimum d’organisation. Après quand il y à du travail, faut pas avoir peur de faire plus que ses heures. Mais le principal truc que je dirais franchement, c’est la créativité. La créativité, c’est quelque chose je pense, dans les métiers de la communication qui est obligatoire, faut vraiment kiffer le truc. Faut pouvoir se mettre à jour, surtout dans les réseaux sociaux et dans la communication, tous les jours il y à des nouveaux outils, tous les jours il y à des nouvelles manières de communiquer, et si on kiffe pas, si c’est pas une petite passion, on va pas pouvoir se mettre à jour quotidiennement de manière naturelle, pendant des semaines on va rater des choses, et après on va devoir et être obligé de se remettre à jour, on va se forcer quoi, et quand c’est du forcing, c’est pas aussi naturel, c’est pas aussi efficace. 

– Et quelle formation as-tu suivi pour en arriver là?

J’ai fais un bac STMG option marketing… bon je l’ai fais vraiment parce que on m’a obligé à le faire… ensuite j’ai fais quelques mois en licence LEA anglais et arabe littéraire, et ça aussi je l’ai fait parce que je me suis dis « je suis bon en langues, donc je vais faire ça » mais il y avait pas de projet derrière et c’est pour ça que j’ai arrêté au bout de trois mois. Ensuit j’ai bossé pendant un an/ un an et demi en centre de loisir. Et quand j’ai repris, c’est là que je me suis dis « il faut que je fasse un truc qui m’intéresse vraiment » et j’ai commencé sciences du langage à Paul Valéry et ça faisait la jonction entre deux trucs que je kiffais à savoir la communication et l’aspect sociologique avec l’étude des masses et tout ça. Donc j’ai fais ma licence dans cette filière. Et ça m’a apporté beaucoup de connaissances théoriques et de méthodes. En faite ça m’a appris à comment analyser les gens, comment analyser les masses, les cibles, comment leur parler en fonction de la différence entre les groupes de gens. Donc après cette licence là, j’ai passé le concours d’entrée en master à Sup de Com à Euro médecine et il me restait 2/3 mois pour trouver une alternance et évidemment je l’ai pas trouvé ! et vers la fin de cette période j’ai un cousin qui travaillait sur Paris qui m’a appelé et m’a dit qu’il cherché un Community manager et qu’ils étaient en galère car ils en avait déjà vu plusieurs qui avait clairement pas le niveau et eux leur objectif était un jeune qui comprenne les réseaux sociaux et les gens qui utilise ces réseaux sociaux. Donc moi je suis monté à Paris dans l’optique de faire mon alternance avec eux et une fois arrivé là bas ils m’ont dis que pour eux c’était pas intéressant de me prendre en alternance parce que du coup ça allait être que du mi temps et m’ont demandé si ça m’intéresser de me mettre en auto-entrepreneur. Donc déjà le salaire était le triple et j’étais pas forcément attaché au fait de faire un master absolument, j’avais ma licence, j’avais mes connaissances, j’ai commencé à bossé avec eux, à leur faire des audit de leur situation et je leur ai proposer des solutions en entretien d’embauche et ils avaient bien kiffé mon profil donc je m’y suis mis directement et j’ai fais 2 ans la bas…Donc après ça part en professionnelle, donc j’ai fais 2 ans dans cette chaîne de télé ou j’ai beaucoup appris en pratique. Justement ce qui est intéressant c’est que mon parcours scolaire c’était très intéressant mais c’était vraiment que de la théorie et à partir de la ça a embrayer directement sur la pratique c’est là que j’ai appris Photoshop, le montage vidéo, les effets spéciaux sur vidéos donc c’est la que j’ai appris tout ça et que j’ai perfectionner justement mon Community management parce qu’au final j’en avait jamais vraiment fait avant. J’avais ma pratique à moi des réseaux sociaux parce que j’avais 20 ans et que j’étais sur les réseaux toutes la journée mais ça m’a permis vraiment de me professionnaliser et donc c’est deux ans la ont été une très bonne formation. Par la suite j’ai embrayé directement sur des nouveaux clients quasi temps pleins et au bout de 2 ans et demi / 3 ans sur Paris c’est la qu’on s’est arrangé avec mon frère qui était sur Montpellier et qui venait de finir ses études en marketing pour mettre nos compétences en commun pour agrandir nos palettes de services et du coup je suis redescendu sur Montpellier et on a crée notre agence de communication. 

– Est-ce que c’est possible de continuer à se former en travaillant dans ce secteur ?

Oui, justement vu que c’est une passion, le truc il est tellement naturel, qu’en même temps qu’on travaille, nous ce qu’on faisait pendant un long moment, c’est que quand on avait assez de travail, justement pour pouvoir s’organiser comme ça, tous les matins on faisait une sorte de veille, où on consultait les articles sur la communication et on lisait des trucs, on se prenait genre une heure ou deux tous les matins en se levant, pour pouvoir se tenir au courant de l’actualité des réseaux, de l’actualité des nouvelles mises à jour, et après on se mettait au boulot, parce que justement ça fait partie intégrante du boulot. Un communicant, surtout dans la communication digitale, qui se tient pas au courant quotidiennement de ce qu’il se passe, il va être perdu au bout de pas longtemps.

– En partant du métier de Community manager, penses-tu qu’il est possible d’évoluer vers d’autres métiers ?

Oui, moi j’ai commencé en tant que Community manager, et le Community management à la base, à l’époque, il y à 4-5 ans, c’était vraiment juste poster du contenu sur Facebook. Et au fur et à mesure du temps ça a évolué, et maintenant pour devenir un bon Community manager, t’es obligé, à un moment donné, d’acquérir de nouvelles compétences, ne serait ce que parce que la génération d’aujourd’hui, les plus jeunes ils ont une meilleure pratique des réseaux sociaux et une meilleure connaissance des réseaux sociaux, donc du coup pour que la concurrence soit équitable, on est obligé d’acquérir des nouveaux trucs, et les nouvelles compétences que moi j’ai acquises, par exemple c’est la création graphique, Photoshop, le montage vidéo… et donc toute cette sphère là, elle permet après d’évoluer vers d’autres métiers. J’ai eu des moments où j’étais quasiment que créateur graphique, où je faisais pas beaucoup de Community management, ou du moins le minimum, et où j’étais concentré sur de la création vidéo, de la photo… et ça, j’ai été obligé de m’y former en début de parcours, et donc du coup cette formation là, je pense qu’elle permet à un moment donné de mettre de côté certains aspects du boulot, pour se concentrer sur d’autres et même devenir créateur graphique, c’est possible.

– Y a-t-il des stages ou des emplois intermédiaires qui facilite une insertion dans ce secteur ? 

Des stages oui, il y en a surtout à Paris, en sortie d’école en général, c’est soit en master ou en BTS en alternance donc ils sont déjà liés à des entreprises et par la suite ils entrent en contrat normal dans cette entreprise là, soit les gens font tout en initial en fac ou en école et dès qu’ils sortent ils sont obligés d’enchaîner quelques stages pour pouvoir se familiariser avec le travail en entreprise.

– Quelles sont tes principales satisfactions par rapport à ton métier ? 

Alors franchement un truc que je me suis découvert en plus dans ce métier, c’est la création et c’est vraiment ce que j’aime le plus et qui est le plus gratifiant, de créer quelque chose de toutes pièces de le présenter à un client et que le client aime aussi et dise « c’est exactement ça que je voulais, super, on le poste » et si en plus quand on le poste sur les réseaux sociaux et qu’on le communique, ça fonctionne, c’est le top et c’est vraiment quelque chose que je prend plaisir à faire. 

– Existe-t-il des contraintes particulières liées à ton métier ?

Alors les contraintes il y en a pas mal, dans la communication digital et surtout le Community management, je dirais que la première contrainte c’est l’incompréhension des entreprises de l’importance des réseaux sociaux. Le cauchemar de tous les Community managers, c’est les clients qui sortent la phrase classique « ma nièce elle va le faire » ou « c’est bon je connais quelqu’un qui connaît un peu les réseaux sociaux » et qui se rendent pas compte que c’est un vrai métier avec un aspect stratégique en amont. Il y a des connaissances et une pratique à avoir et c’est pas juste quelqu’un qui connaît un peu Facebook ou Instagram qui peut gérer une communauté ou gérer l’identité d’une marque. Donc ça c’est la première contrainte. Après il y a aussi les contraintes de prix, où en fonction de la taille de l’entreprise du clients il y a des prix qui vont totalement être acceptable pour certaines entreprises et d’autres qui vont dire « nous on pose pas plus de 500€ » et à partir de ce moment là, nous on est obligé de se positionner par rapport à notre offre, sur ce qu’on va lui apporter au vue de ce que lui peut dépenser. Après pour les autres contraintes, c’est pas forcément inhérent à la communication, mais quand on est indépendant, c’est l’organisation, se donner des dates limites à respecter. Voilà je pense que c’est les trois principales contraintes. 

– Et du coup, face à ses nombreuses contraintes notamment vis-à-vis de ta clientèle, quelle est ta principale motivation à continuer dans ce métier ?

Bah moi franchement c’est mon délire, et je pense que c’est le cas de la plupart des personnes qui travail dans ce domaine, c’est que même avant de me mettre dans la communication digital professionnellement, mon parcours à la fac et même mon parcours d’avant j’ai toujours été attiré par la communication au sens large du terme : par le fait de communiquer avec les gens, par la linguistique, la sociologie, l’anthropologie, la compréhension de l’esprit des gens, de ce qu’ils veulent et de ce qu’ils demandent et du coup j’ai essayer de le transposer dans mon métier, et c’est clairement mon domaine. Donc je me vois pas trop faire autre chose.

– Et bien parfait, merci beaucoup de nous avoir accorder du temps, pour répondre à nos questions, tu nous as appris pleins de choses intéressantes. Tu nous as parlé de ton agence de communication, de son fonctionnement et de ton organisation. Ensuite, nous avons abordé les formations possibles et les compétences requises pour devenir Community manager. Et enfin nous avons évoqué les possibles évolutions dans ce domaines, ainsi que les contraintes et avantages. Nous t’enverrons la retranscription par mail le plus rapidement possible.

C’est bien ça, c’était un plaisir.

Entretien réalisé par Dinah Aïda, Anissa El Mahzoum et Manon Deguilhem.

 

Entretien avec Élodie Spagnuolo, responsable du service communication de la Carsat Languedoc Roussillon par I. Di Chiappari et M. Naassens

lundi 19 novembre 2018

 

Inès : Bonjour, nous sommes deux étudiantes en première année de licence Information et communication. Cette interview est menée dans le cadre de notre projet professionnel personnalisé. Nous souhaitons tout d’abord vous remercier du temps que vous nous accordez, cela sera très enrichissant pour nous deux. Avant de commencer, j’ai quelques questions à vous poser. Tout d’abord, vous êtes bien disponible pendant 1h?

Élodie Spagnuolo : Oui c’est ça, pas de problèmes. 

Inès : Très bien, acceptez-vous d’être enregistrée ? Nos questions ne sont pas intrusives, ne vous en faites pas, et cela nous aidera beaucoup au moment de la retranscription de l’entretien. 

Élodie Spaguolo : Ça ne me dérange absolument pas, je comprends ! 

Inès : Super ! Et pour terminer, au niveau de la publication de nos écrits, souhaitez-vous qu’ils apparaissent en public ou en privé sur le blog de notre licence ? 

Élodie Spaguolo : Peu m’importe, cela dépends des questions posées lors de l’entretien, mais je suppose qu’il n’y aura pas de soucis !  

Inès : Très bien, nous pouvons commencer. Alors est-ce que tout d’abord vous pouvez vous présenter et présenter votre entreprise ? 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr ; je suis Élodie Spaguolo, la responsable communication de cette structure, la Carsat Languedoc Roussillon. J’ai ce poste depuis peu, depuis début octobre, auparavant, je travaillais aussi à la Carsat , dans la communication, mais dans le département des risques professionnels. 

Inès : D’accord, je vois !

Élodie Spagnuolo : C’est quand même un changement car aujourd’hui j’ai vraiment en charge la communication de toute les branches qui constituent la Carsat. En effet, la Carsat est un organisme qui a une mission de service public, et dans ces missions il y a trois grands champs, il y a tout ce qui relève de la retraite, tout ce qui est action sociale et tout ce qui est prévention des risques au travail. 

Je ne sais pas si vous connaissez la sécurité sociale ? Il y a différentes branches…

Margot et Inès : Oui , oui !

Élodie Spagnuolo : … Donc nous avons la branche maladie, la branche vieillesse, et la branche risques professionnels. La Carsat travaille autour de ces trois grandes thématiques. Du coup, mon travail va être justement de voir comment au mieux accompagner ces trois grandes missions de la Carsat. 

Inès : Merci, c’est parfait. Nous allons commencer l’interview sur la catégorie « métier », pour bien définir la fonction occupée, et les différentes missions à votre charge. 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr !

Inès : Donc pour commencer, quelles sont les principales missions et activités dont vous avez la charge ?

Élodie Spagnuolo : Alors, les principales missions dont j’ai la charge.. Tout d’abord , ça va être d’animer une équipe, je ne travaille pas toute seule, j’ai une équipe. Actuellement nous sommes 7 personnes, alors je peux les citer : il y a 2 personnes à l’infographie, 1 web master, 3 chargées de communication. 

Elles vont vraiment gérer le projet de A à Z, par exemple, nous allons recevoir des demandes de différents services de la Carsat, elles vont traiter la demande, aller vers l’infographiste ou le web master par exemple ! Oh, et j’ai oublié de citer un métier très important : le vidéaste. 

Inès : Ah c’est intéressant !

Élodie Spagnuolo : Oui en effet ce n’est pas courant dans la Carsat. Parfois nous pouvons faire appel à un vidéaste pour réaliser toute sortes de films. Nous avons cette chance, car c’est un atout pour ce que nous pouvons réaliser en interne. 

Alors ma charge va bien sûr être de prendre en charge cette équipe, de l’animer, la gérer, organiser le travail avec eux au quotidien. Ensuite, une des choses très importante ; c’est de vraiment arriver à déterminer un plan de communication chaque année, voir même une stratégie de communication en amont, en lien avec toutes les stratégies qui proviennent, des différentes branches et services. 

Nous avons donc des directives qui descendent, il  faut bâtir des stratégies, accompagner au mieux, car nous avons des publics différents. Ce plan de communication n’est pas simple à trouver car, forcément, vous prévoyez quelque chose pour l’année et il y a quelques fois des aléas ou des choses qui surprennent, des nouvelles demandes, par exemple. 

Du coup, même en étant bousculés il faut arriver à tenir notre plan et intégrer de nouvelles choses et ce n’est pas toujours facile !

Inès : En effet, je comprends, vous avez donc beaucoup de responsabilités !

Élodie Spagnuolo : Ah oui ! Mais je suis épaulée car j’ai mon équipe !

Inès : Oui , voilà, l’équipe est donc essentielle si je comprends bien. 

Élodie Spagnuolo : Elle est très très importante oui , il faut qu’on arrive à bien s’entendre, être efficace et mener à bien ce plan de communication sur l’année. Il y a toujours aussi force de proposition, car c’est très attendu par notre direction, ce qui est normal. Il faut que nous ayons des idées, on ne peut pas constamment attendre les demandes, il faut prendre des initiatives, être dynamique et.. 

Inès : Polyvalent ! 

Élodie Spagnuolo : Exactement, polyvalent !

Inès : Ça doit demander beaucoup d’énergie. 

Élodie Spagnuolo : (rires) Ah oui , mais ça rends le travail super intéressant. 

Inès : J’imagine bien ! Alors, si vous acceptez de nous en parler bien sûr, y’a-t-il une mission en particulier qui vous à marquée positivement ou au contraire négativement ?

Élodie Spagnuolo : Bien sûr. Je viens d’arriver sur ce poste là, donc c’est assez récent. Pour l’expérience positive, déjà, j’ai retrouvé une équipe, que je connaissais par ailleurs, mais avec laquelle je travaille différemment, de manière beaucoup plus proche et continue. Donc il y a un point très positif, c’est que l’équipe est super dynamique et motivée, toujours pleine d’idées ! Et ça c’est très appréciable  en tant que responsable d’avoir une équipe qui vous soutient. Ça, ça pourrait être une expérience positive!

Inès : Oui totalement, comme c’est un nouveau poste pour vous !  

Élodie Spagnuolo : Après, je n’aime pas utiliser le terme « négative » , je dirai plutôt « points à améliorer », mais par exemple, comme je viens d’arriver, je reprends ce poste, il y a certaines choses à réorganiser, tout n’est pas parfait, enfin, pas comme je le souhaiterai, donc ça prends du temps. 

Il faut que je mette en place un certain nombre de choses pour avoir une bonne organisation, pour réussir à vraiment travailler main dans la main avec les autres services, car ce sont nos clients. Il faut donc mieux articuler tout ça, ce qui n’est pas encore très fluide, mais ce n’est pas grave, nous tous ensemble sur le sujet. C’est donc un point à améliorer aujourd’hui. 

Inès : Très bien, je vois.  Alors, pouvez-vous à peu près nous expliquer une journée type, enfin, une de vos journées types ?

Élodie Spagnuolo : Alors une de mes journées types… Donc, vous avez besoin des horaires ?

Inès : Non, par forcément ! 

Élodie Spagnuolo : Une journée type c’est beaucoup de réunions, car nous sommes forcément demandés de tous les côtés. Après ce ne sont pas forcément des réunions pour faire des réunions, c’est vraiment pour mieux comprendre les demandes qui nous sont proposées, pour les affiner, nous avons besoin de nous poser ensemble.

Vous voyez, les demandes nous arrivent aujourd’hui par une boîte mail, et parfois, un mail ne suffit pas, il faut se rencontrer, faire des brain storming, réfléchir ensemble pour décider de la manière dont nous allons traiter la demande. Ces réunions prennent beaucoup de temps. 

Après, c’est difficile car je ne peux pas toujours être en réunion, il faut aussi à un moment donné, trouver du temps pour soi : lire des choses, rédiger. Il faut donc réussir à se dégager un peu de temps pour vraiment travailler de manière plus profonde. 

Alors ça c’est aussi quelque chose sur lequel on travaille, c’est une problématique qui revient souvent dans les entreprises, on a beaucoup de mails, on a plusieurs outils, on reçoit beaucoup d’informations à traiter, donc ça fait beaucoup d’outils à consulter, ce qui nous fait perdre du temps. Donc là on essaye d’alléger tout ça et gagner en efficacité. 

Inès : D’accord !

Élodie Spagnuolo : Nous avons un réseau social d’entreprise, ça marche bien car nous pouvons travailler différemment car le mail c’est parfois, comment dire.. Ce n’est pas toujours le meilleur moyen pour communiquer au sein d’une équipe ou même entre les services. On essaye de trouver d’autres manières de communiquer donc par exemple le réseau social de l’entreprise est quelque chose qu’on creuse. Il y a aussi par exemple Skype, pour tenter de faire différemment, ça demande beaucoup de temps mais c’est très intéressant. 

Bon ! Je ne sais pas si ça réponds à la journée type mais pour résumer c’est beaucoup de réunions, beaucoup de mails, beaucoup de réponses, nous sommes tout le temps occupés. 

Inès : Et vous réussissez tout de même à trouver du temps pour travailler seule?

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est compliqué pour moi de libérer du temps mais j’essaye tant bien que mal, j’en ai forcément besoin. 

Inès : D’accord, c’est vrai que c’est essentiel pour vous j’imagine. Alors, selon vous, quels sont les services avec qui vous travaillez le plus ?

Élodie Spagnuolo : Alors, on travaille beaucoup avec le service achat, quand bien sûr on a un événement à organiser en interne ou en externe. Nous aurons besoin, par exemple de trouver un lieu, un traiteur, un prestataire… Tout ça veut dire faire des devis, acheter, donc le service achat va beaucoup nous aider, nous proposer des choses. Ainsi nous pourrons décider sur quoi nous partons pour notre événement. 

Ensuite, le service communication et très proche du cabinet de la direction, nous travaillons très étroitement , car il y a beaucoup de choses à valider, parfois, nous faisons des propositions et nous ne savons pas trop, nous avons besoin de l’aval de la directrice et de son cabinet. 

Après, comme nous sommes un service support de la Carsat nous allons forcément travailler régulièrement avec tous les autres services, la direction retraite, risques professionnels, par exemple, car ce sont eux les clients ! Par exemple, ils peuvent nous demander d’organiser des événements, de créer des brochures, un film… L’année est donc ponctuée par ces demandes en interne.

Inès : D’accord, donc vous travaillez avec une clientèle qui est seulement basée dans l’entreprise ou il y a des clients extérieurs ?

Élodie Spagnuolo : Alors, quand je dis clients extérieurs, ça reste l’entreprise mais ils sont basés à l’extérieur. Tous les gens qui travaillent à la Carsat ne sont pas basés sur ce siège, il y en a qui sont basés un peu partout, dans des agences du département. 

Inès : D’accord. Alors désormais, nous allons parler des réseaux sociaux. Selon vous, c’est un avantage que votre profession évolue autour des réseaux sociaux , ou est-ce que ça peut faire peur avec la place que ça prends dans notre société actuelle ?

Élodie Spagnuolo : La question n’est pas évidente, j’ai envie de dire un peu les deux. Il est vrai que nous avons besoin des réseaux sociaux pour communiquer, notamment Twitter pour tout ce qui est côté presse, et je trouve que c’est important que nous soyons présent sur ce réseau là. 

Nous avons aussi testé des réseaux un peu plus professionnels, comme Viadeo par exemple. 

Bon, ça marche et ça marche pas, on va tout de même tenter de creuser le truc. On attends de voir si c’est pertinent ou pas, mais je pense que nous n’avons pas le choix. 

Nous avons aussi un réseau social d’entreprise pour communiquer, et ce n’est pas évident. En effet, ça change la manière de travailler, de mentalité, de culture.. Il y a quelques personnes assez réticentes en interne, qui préfèrent des moyens de communications plus traditionnels comme le mail ou le téléphone par exemple. 

Cependant, une fois que ces personnes ont compris que ces réseaux étaient là pour nous faciliter notre travail, nous rapprocher des gens, tout prends son sens et ça rentre enfin dans les mœurs. 

Pour ce qui est de l’externe, je pense qu’on peut encore faire des efforts, et accentuer notre présence sur ces réseaux sociaux. On y va doucement mais sûrement, ça devrait évoluer. 

Inès : Très bien. J’imagine que ça prends beaucoup de temps. Désormais j’ai quelques questions sur la structure de l’entreprise. Au niveau de la clientèle, même si vous avez déjà apporté quelques indications. Pouvez-vous nous apporter quelques indications supplémentaires ?

Élodie Spagnuolo : Alors ça c’est une chose sur laquelle nous travaillons beaucoup en effet, pour mieux échanger avec les services demandeurs. En fait, avant mon arrivée nous avons demandé aux différents services d’établir leur propre plans de communication, ils devaient mettre par écrit ce qu’ils souhaitaient réaliser pour l’année. Nous travaillons à partir de ces plans, nous essayons de synthétiser tout ça afin de faire un plan de communication global. Ce qui est compliqué, c’est d’adapter les demandes des autres services mais aussi nos propres actions, nous sommes force de proposition. Cela va même nous permettre de créer un réel planning de l’année pour mes équipes, et ainsi éviter les blocages au cours de l’année. 

Inès : C’est une sacrée organisation !

Élodie Spagnuolo : Oui (rires). C’est tout de même assez complexe, il y a beaucoup de missions, des cibles et des acteurs complètement différents.  Ainsi qui dit cible différente, dit message différent et enfin action de communication adaptée ! Cependant ça reste tout à fait passionnant car c’est très diversifié. 

Inès : Merci pour tout, c’est bon pour moi, je laisse la parole à Margot pour la suite de l’interview.

Margot : Nous allons maintenant parlé du parcours, des connaissances ou qualités nécessaires pour occuper cette fonction. 

Élodie Spagnuolo : Oui allons-y !

Margot : Alors tout d’abord quel est votre parcours professionnel pour en être arrivé a ce métier ? 

Élodie Spagnuolo : J’ai fais un école de commerce, ce qui reste assez général surtout lors de la première année on touche a pleins de métiers (finances, comptabilité, en passant par la communication, le marketing). Ce qui m’a permis de découvrir que j’avais une sensibilité plus développée pour la communication. Je me suis donc ensuite spécialisé dans ce domaine lors de ma deuxième et troisième année. Cependant ce n’étais, je pense, pas si précis que votre formation, ma formation était plus généraliste. Ensuite c’est l’expérience qui m’a réellement formé, je suis passée par plusieurs entreprise en occupant toujours des profils dans le marketing et la communication. Selon moi, c’est comme ça que l’on apprend le mieux. Il y a également les formations d’entreprise qui m’ont énormément apprises, ce qui est une chance d’apprendre toute au long de sa vie professionnelle. 

Margot : Très bien merci, et selon vous quel est le parcours type pour accéder a un poste comme le votre ? 

Élodie Spagnuolo : Pour moi des écoles de commerce et de communication me semble parfaites pour entrer dans ce type de poste. Mais je pense que cependant l’entreprise regarde évidemment la formation mais c’est surtout les expériences que vous avez eu, ce que vous avez pu développer comme compétences car c’est ce qui est important. Il y a des compétences nécessaires pour occuper le poste de communicant que l’on ne peut développer dans d’autre métier. Voulez vous que l’on développe sur les compétences ? 

Margot : Justement c’est la question suivante, quelles sont les qualités nécessaires pour être communicant ? 

Élodie Spagnuolo : Alors pour moi ce qui est double c’est que je suis communicante ainsi que manager. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Être manager ça demande des compétences sociales : être a l’aise avec le fait d’animer une équipe, être motivée continuellement car si l’on ne l’est pas on ne peut pas motiver ses équipes, savoir être pédagogue et a l’écoute. Il faut prendre le temps, et cela ne s’apprend pas vraiment. Je dirais que c’est quelque chose que l’on a en nous est que l’on développe tous les jours. Ceci demande énormément d’énergie car il faut être capable d’être a l’écoute mais également savoir prendre des décisions quand il le faut. 

Ensuite pour le cote communicant, il faut je pense avoir une fibre créative, être curieux et avoir envie de valoriser et de promouvoir quelque chose. C’est presque similaire au métier de commercial, car l’on veut « vendre » si je puis dire quelque chose. Mais les qualités varient selon les postes dans la communication. Par exemple, pour un info graphiste ou web master il faut avoir des compétences sur les logiciels, de créativité, mais aussi des qualités rédactionnelles. Celui qui va s’occuper des relations presse va devoir être très a l’aise et avoir un réseau important. Il y a donc toutes ses compétences qui doivent être réunies mais elles différent selon le poste occupé, car le terme de communicant est très large. 

Margot : D’accord.

Élodie Spagnuolo : Mais sur mon poste, je pense que c’est bénéfique d’être passé par les phases précédentes de mon parcours car j’étais chargé de communication. J’ai donc vécu ce que vivent les membres de mon équipe, ce qui m’aide aujourd’hui dans mon poste de manager car je sais ce que c’est, ce qui me permet de prendre plus de recul et je me rend compte des problématiques qu’ils peuvent rencontrer car je les ai moi même rencontrées. 

Margot : C’est bien car cela permet d’anticiper les événements. 

Élodie Spagnuolo : Exactement. 

Margot : Maintenant nous allons, si vous le voulez bien, parler des intérêts et de contraintes du métier. Tout d’abord quelles sont vont conditions de travail dans cette entreprise ? (les horaires, le rythme de travail …) 

Élodie Spagnuolo : en ce qui concerne le rythme, nous sommes dans une entreprise ou il c’est agréable de travailler car on s’occupe notamment de la Santé au travail donc nous appliquons ce que nous demandons a l’extérieur aux entreprises. Les horaires sont confortables et nous avons a notre disposition tout ce dont nous avons besoin. Mais en tant que communicant et service support, nous sommes très demandés donc il faut être très disponible. 

Margot : Il y a donc une certaine cadence a tenir ? 

Élodie Spagnuolo : Voila ! L’année est rythmée par des pics, il faut avoir beaucoup d’énergie et de motivation pour tenir toute l’année. Et ce qui peut être comme un inconvénient c’est que lorsque l’on organise des événements internes a l’entreprise ou l’on est organisateurs mais également salariés. Comme par exemple lors de la journée CARSAT avec tous les employés en janvier, donc nous sommes salariés mais nous sommes également organisateurs et ce statut est très particulier. Cette journée nous l’avons donc vécus de deux manière car nous sommes comme les autres mais d’autre part nous travaillons encore. Donc on en profite différemment et on ne s’arrête jamais en quelque sorte mais il faut l’accepter et on le fait avec envie, on est fier aussi de faire ce métier. 

Et je vais rajouter aussi que ce qui n’est pas toujours facile a entendre c’est lorsqu’il y a des remarques, malgré quelles soient constructives, en interne sur les événements organisés. Mais cela nous permet d’avancer et de nous améliorer. C’est parfois délicat mais cela fait parti du métier on le sait. 

Margot : C’est un risque a prendre. 

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est le jeu. 

Margot : Par le biais de votre réponse, vous avez répondue a la question suivante. Qui était qu’elles sont vos motivations ? (rires) 

Élodie Spagnuolo : Pardon (rires).

Margot et Ines : Pas de soucis, c’est très bien ! Votre développement était très bien. 

Parlons alors maintenant de l’évolution possible. Ma question est donc : l’emploi dans lequel vous êtes, est il un aboutissement pour vous ou est ce seulement une étape dans votre parcours professionnel ? 

Élodie Spagnuolo : Alors, premièrement je peux dire que j’ai déjà évolué car pendant 4 ans j’ai été au département des risques professionnels en tant que chargé de communication mais aussi manager d’une équipe. Actuellement j’occupe le poste de responsable de communication CARSAT qui est beaucoup plus important. Donc cette évolution me convient entièrement, cependant l’évolution a venir, malgré le fait que je viens d’arriver a ce poste et que selon moi il a énormément a faire et a developper, au niveau de l’entreprise dans le domaine de communicant elle est moindre. Au niveau nationale une évolution est possible par mutation par exemple, mais cela engage un déménagement et une nouvelle vie. Sinon le changement d’entreprise est également une évolution possible. 

Margot : Très bien, maintenant comment imagineriez vous votre métier dans 10 ans? Alors vous en tant que personne (votre poste) et ensuite le métier de communicant en lui même ? 

Élodie Spagnuolo : C’est une question peu évidente mais pertinente (rires). Alors moi même, je me dis que notre génération, est ce que l’on reste vraiment dans la même entreprise ? Je n’ai pas l’impression. En tout cas ce n’est pas ma vision des choses, pour moi il faut essayer et vivre de nouvelles choses. Je n’exclue donc aucunes possibilité d’évolution et je pose moi même la question de l’endroit ou je serais dans 10 ans et j’aime avoir cette ouverture. 

Margot : Tout est possible ?

Élodie Spagnuolo : C’est ce que j’aime me dire ! 

En ce qui concerne le métier maintenant de responsable de communication, je pense tout d’abord a tous les nouveaux outils qui vont nous parvenir et qui vont nous permettre de travailler différemment. Tout a l’heure je vous parlé déjà du réseaux social interne a l’entreprise. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Ceci nous permet de faire des échanges etc. Je pense que la façon de travailler va complètement changer, c’est a dire que le mail va être selon moi complètement désuet. Nous réfléchissons a des projets plus collaboratifs sur la créativité. Je pense que le travail va s’effectuer de manière décloisonnée. 

Inès : D’accord. 

Élodie Spagnuolo : C’est la façon dont je l’imagine, et je vois les changements s’accélérer. Et je pense que nous en avons besoin. 

Margot : Super. Pour finir quels conseils donneriez vous pour accéder à ce type de métier ?

Élodie Spagnuolo : A vous par exemple ? (rires) 

Margot : Oui, ou d’autres personnes souhaitant évoluer. 

Élodie Spagnuolo : Il faut toujours être motivé et positif et ne jamais baisser les bras. Après c’est une question de bons moments, il faut toujours être en alerte sur ce qu’il se passe et être a l’écoute. Il ne faut pas avoir peur d’aller de l’avant, il faut oser ! Et surtout essayez d’adapter votre offre en fonction de la demande, de la personne en face de vous, de l’employeur. Enfin il faut que vous cherchiez a acquérir de l’expérience, n’hésitez a demander des stages par exemple. Il faut montrer votre motivation, c’est ce qui fera toute la différence. 

Margot : Merci beaucoup ! 

Est ce que l’entretien c’est bien déroulé pour vous et si les questions vous ont sembles pertinentes ? Est ce que tous les points importants pour vous ont étaient abordées ? 

Élodie Spagnuolo : Oui oui, je pense. Ça me parait complet. C’est surtout vous, est ce que vous avez tout ce dont vous avez besoin pour votre projet ? 

Margot et Inès : Cela nous semble très bien, vous avez répondu a toutes les questions et même d’avantage c’est super. Merci de nous avons reçu et d’avoir pris le temps de nous répondre. C’était très intéressant pour notre projet mais également pour nous.

Une copie de la retranscription de l’interview a était envoyée et validée par la suite à Madame Spagnuolo.

Interview de Robin EMBRY jeune freelance en graphisme à Montpellier, réalisée par Coline BEAUREGARD et Luna DEMESTRE.

samedi 17 novembre 2018

Nous avons décidé d’interviewer dans le cadre du projet professionnel personnalisé Robin EMBRY, jeune freelance de 21 ans en graphisme à Montpellier.

                Après le refus de nombreuses agences, R.EMBRY nous a favorablement répondu et nous étions enchantées de pouvoir échanger avec lui. Le domaine du graphisme est une branche de la communication, et nous étions curieuses ma binôme et moi de savoir quel est la mission du graphiste dans son rôle de communicant.

L’entretien s’est déroulé le soir du jeudi 15 novembre, dans un bar de Montpellier pendant un peu plus d’1h. Nous étions toutes les deux dans un rôle d’intervieweur.

Voici à présent le discours introductif que nous avons tenu à notre interlocuteur avant que l’entretien ne commence :

            “ Merci encore d’avoir accepté ! Je le répète mais étant en 1er année de licence information et communication nous devons faire une interview d’un professionnel afin de nous renseigner de manière plus approfondie sur ce qu’est vraiment le métier de communicant. C’est dans le cadre d’un projet professionnel personnalisé. Il sera publié sur un blog et présenté à notre classe par la suite lors d’un exposé. D’ailleurs nous vous enverrons la retranscription afin que vous puissiez valider vos propos. Si cela ne vous gêne pas nous allons vous enregistrer mais cet enregistrement restera dans un contexte personnel. ”

*Il valide nos dires et souhaite qu’on le tutoie pour le reste de l’interview*

Légende

→ L.D : Luna Demestre

→ C.B : Coline Beauregard

→ R.E : Robin Embry

→ CMM : Communication Média Médiation

Ainsi l’interview commence…

L.D : Très bien, alors on va commencer par une première question introductive, quel a été ton parcours scolaire?

R.E : Alors, j’ai fais un bac professionnel en communication visuelle plurimédia à Lattes au lycée Champollion qui a duré trois ans, ça s’est plutôt bien passé, j’ai ensuite commencé la fac en première année d’histoire de l’art, et n’ai pas vraiment réussi. Donc je me suis réorienté en communication média médiation, à Paul Valéry. Et là je suis actuellement en deuxième année de CMM.

L.D : Qu’entends-tu par “je n’ai pas vraiment réussi” ? La filière ne te plaisait pas ?

R.E : Non, les cours enseignés en histoire de l’art sont vraiment intéressants mais c’est une filière où il faut être vraiment passionné par la théorie. C’est beaucoup d’informations et ce n’était malheureusement pas fait pour moi, je n’ai pas réussi à suivre.

L.D : (Hochement de tête) Et tu sens que ta réorientation en CMM te permet d’être sur une meilleure voie pour ton futur ?

R.E : C’est mieux, je me rapproche plus de ce que je veux faire et j’ai en plus un emploi du temps plus léger ce qui me permet de développer ma boite en freelance, ça se passe donc plutôt bien.

L.D : “Développer ma boite”, c’est à dire : quand est-ce que tu as commencé ce projet?

R.E : Alors en 2011 j’ai ouvert mon premier logiciel de design, à partir de là j’ai commencé à faire quelques petites choses pour le plaisir, petit à petit ça s’est un peu plus développé. Des personnes venaient me contacter, ils me payaient un peu, cinquante euros par-ci par-là, et au fur et à mesure beaucoup plus de personnes venaient me contacter. Puis j’ai décidé de me déclarer pour vraiment faire ça sérieusement. C’est-à-dire de démarcher des clients mais cela s’est fait sur du très long terme.

L.D : Tu dis que c’est les clients qui venaient à toi, mais quand on est jeune entrepreneur c’est assez difficile de se faire connaître non? Comment s’est donc faite la communication entre ta boite et le client?

R.E : C’est beaucoup de bouche-à-oreille et beaucoup de réseaux sociaux aussi. En 2015 j’ai commencé à publier mon travail sur Instagram, et à partir de là, ça va très vite, je repense à mon premier client, un jeune rappeur, « AfterJune » qui voulait faire sa pochette d’album il y a trois ans. Ça m’a permis de me faire connaître grâce au bouche-à-oreille, et là tu te rends compte que t’es connu par plein de monde qui au final vient vers toi pour des projets, c’est super intéressant puisque tu travailles avec des personnes différentes, mais qui sont quand même principalement des artistes.

L.D : Tu parles d’artistes ce qui me permet de rebondir sur le fait qu’on a vu sur ton Instagram que tu avais mis “artiste” comme activité, mais tu étudies la communication, alors est ce que tu te sens comme un communicant avec ton métier de graphiste ou comme un artiste ?

R.E : C’est une question piège (rires). Quand tu fais du graphisme tu fais de la communication visuelle, ça dépend si tu fais du graphisme pour communiquer ou si c’est simplement esthétique. Si c’est un graphisme pour communiquer c’est pour faire passer un message, comme de la publicité ou il faut vendre quelque chose, ce n’est pas simplement esthétique. La publicité c’est rarement esthétique à part Apple par exemple, où là on montre juste ce qu’on a. Tout ce qui s’approche de la création c’est plus mon truc, plus l’esthétique, même si la communication m’intéresse énormément. Pour ce qui est de mon book Instagram je ne le considère pas comme “art”, c’est difficile de considérer de l’art en soi, je considère ça plus comme de la création que je développe par imagination. Mais quand c’est pour un client je dois respecter ce qu’il veut, ce n’est donc pas vraiment de l’art.

C.B : Justement le graphisme va allier la stratégie et le marketing pour mettre en avant tes créations, et est-ce que le fait de ne pas avoir fait d’études de commerce te bloque ?

R.E : Je travaille pas pour ce genre de client, par exemple TF1 ont mis 3 mois à refaire leur nouveau logo avec un gros budget parce que leur but c’est de toucher le maximum de personnes, là il y a vraiment une étude marketing. C’est différent puisque au final je suis juste technicien, on me donne les ordres et j’exécute, je suis exécutant voilà. Et après quand tu commences à devenir un directeur artistique ou à être plus élevé dans les échelons, tu vas commencer à faire des recherches sur la clientèle, donc pas besoin forcément d’études commerce. Cependant il faut bien connaître le milieu et savoir cibler les personnes que tu veux toucher.

C.B : Tu parles de directeur artistique, t’aimerais bien évoluer vers ça plus tard ?

R.E : Carrément ! Mais d’abord j’ai envie de travailler en tant que technicien pour découvrir et apprendre de nouvelles choses et ainsi me développer. Mais bon je suis pas quelqu’un qui aime donner des ordres donc dans ce genre de métier il faut réussir à être super pédagogue. Cette qualification demande énormément de recul et d’être toujours à jour, niveau design tout change, ça évolue rapidement, donc oui tout ça me plairait énormément mais pas tout de suite, peut-être à quarante ans.

L.D : Cette idée d’être grapheur t’est venue comment? Peut-être il y a eu des gens qui t’ont inspiré?

R.E : Oui en 2011 un ami youtubeur m’a demandé de lui faire sa bannière Youtube pour son profil, ça m’a intéressé j’ai donc regarder des vidéos pour apprendre. Petit à petit il en a parlé à d’autres youtubeurs et petit à petit j’ai commencé à en faire d’autres pour le plaisir, pour d’autres personnes. Avant de faire mon bac professionnel en communication visuelle je faisais ça par plaisir et une fois dans cette filière je me suis rendu compte d’une passion pour le graphisme.

L.D : Et tu peux relever des points négatifs et positifs dans ton métier?

R.E : Il y a pas de points négatifs, c’est trop bien ! (rires). Comme je suis mon propre patron et que je suis en freelance il y a énormément d’avantages, c’est moi qui choisis mes horaires. Je me gère moi-même et c’est aussi le point négatif puisque je fais ce que je veux et je n’ai pas forcément un rythme régulier, mais aussi il peut y avoir des mois où tu manges pas, j’ai des clients que j’essaie de relancer une fois par mois mais voilà ça dépend pas de moi, c’est aléatoire.

C.B : Et sur internet on a vu que tu as créé ta société, comment t’as fait pour arriver à cela ? Les démarches, c’est pas compliqué ?

R.E : C’est vraiment pas compliqué, un appel et un formulaire renvoyé à l’URSSAF, et c’est tout. (rires)

L.D : (rires) Et alors quand tu fais tes graphismes quel est le support qui te plaît le plus ? Sur lequel tu préfères travailler? Par exemple les pubs, la télé, les affiches ?

R.E : J’adorerais faire des pubs télé ! Mais c’est plus pour les publicitaires moins pour les graphistes ça relève plus du format vidéo. Je pense que moi je préfère le textile, de voir les gens porter le truc, même si c’est dur à travailler. Il y a plein de trucs à gérer mais le final est toujours super.

C.B : Et tu as déjà eu l’occasion de le travailler ?

R.E : Je travaille actuellement sur du textile, sur une marque qui va sortir dans quelques mois. Et généralement la clientèle pour le textile c’est plutôt des jeunes, des petits artistes, créateurs, ce qui te permet d’apprendre de tout le monde, c’est cool.

L.D : Tu parlais tout à l’heure de Youtube, est-ce que c’est encore un support de travail qui t’intéresse ?

R.E : Non, plus du tout, c’est du tape à l’œil maintenant, alors que le graphisme c’est beaucoup plus sobre, ça tape à l’œil mais de manière plus raffinée et simple. C’est ce raffinement que je cherche, ça m’intéresse beaucoup plus que Youtube.

C.B : Pour arriver à ce raffinement, cette simplicité tu penses qu’un graphiste doit avoir quelles qualités ?

R.E : Déjà il faut être bricoleur pas dans le sens manuel, mais dans le sens informatique, sur les logiciels il y a souvent des problèmes il faut savoir régler tes soucis par toi-même. Il faut aussi être super intéressé parce que quand un client te demande ce que tu sais pas faire tu vas regarder des tutoriels en russe toute la journée (rires) et donc être passionné, c’est la passion qui te pousse à avoir cette envie de faire tes recherches, de développer. Il faut toujours être à jour, faire des expos, moi je passe beaucoup de temps sur Instagram pour voir les nouveautés. Je dirais donc d’être vraiment passionné et patient. Patient avec les clients “chiants”, il faut savoir rester calme, mais aussi dans le sens où c’est aléatoire, où tu peux ne pas avoir de client pendant un mois. A partir du moment où t’es passionné il n’y a pas de prérequis pour faire ce travail.

C.B : Parce que là tu vas finir tes études et après est ce que tu souhaites rester à temps plein en freelance ?

R.E : Je prépare mon diplôme d’enseignant professionnel, j’essaie aussi de développer ma boite. Soit je finis mes études et je fais mon master en enseignant pro, je serai en capacité d’enseigner et j’irai travailler. Soit la deuxième option, je travaille directement dans une entreprise et je finis mes études plus tard. Dans ces formations tu peux reprendre tes études plus tard, tout est possible.

C.B : Est ce que tu veux rester freelance toute ta vie ou ça ne te dérangerait pas d’être employé dans une entreprise ?

R.E : C’est vrai que j’aimerais rester à mon compte. On va dire qu’il y a 1 graphiste sur 3, voire 1 graphiste sur 4 qui arrive à survivre en étant freelance. Quand je regarde ceux qui arrivent seuls ils sont vraiment dans la création, l’art en lui-même, plus seulement du graphisme. Après ils se font contacter par des grosses marques. C’est l’objectif de tout indépendant de se démarquer pour être vu. Si je fais de la création oui, pas de problème, je pourrais entrer dans une boite et bosser pour eux.

C.B : On sait que les graphistes travaillent le plus souvent sur du numérique, est-ce que tu travailles sur d’autres supports ?

R.E : Il m’arrive de travailler quand je fais des réalisations de logos ou si c’est des projets typographies un peu manuscrit je fais d’abord sur papier, et après je le retravaille en post-production, je le redessine sur l’ordinateur. Après il y a énormément de travail manuscrit, travail à la main mais que je finis toujours par le mettre sur numérique.

C.B : On a cherché les formations dites classiques pour être graphiste, il y a par exemple un BTS design numérique, tu penses que c’est nécessaire ?

R.E : Non pas du tout, il y a de très grands artistes, des graphistes, des designers qui ont fait vraiment aucune étude, ils avaient un style et des jolies créations et qui ont réussi à percer. Par exemple je peux citer « Nychos » qui a bossé avec Vans, ou aussi « Macbess » qui est un illustrateur français, « MightyShort » avec ces dessins qui sont devenus emblématiques. En Amérique aussi il y a beaucoup de gens dans la création qui viennent retaper des voitures, des travaux de design et qui sans la moindre heure de cours arrivent à faire un travail reconnu.

C.B : Je remarque que tu parles aussi beaucoup de métier dans la création, tu aimes créer ?

R.E : Oui, je préfère créer plutôt qu’être seulement un exécutant. J’avais un projet de retaper une voiture avec un ami, après ça reste délicat de travailler sur des modèles aussi coûteux, c’est un investissement en terme de temps et d’argent, donc ça reste à voir mais oui c’est vrai que j’aimerais beaucoup, ce serait aussi de l’ordre créatif effectivement. Faut commencer obligatoirement par être exécutant mais je veux avancer vers de la création.

C.B : Les graphistes peuvent être reconnus aussi pour leur design propre à eux alors?

R.E : Oui, c’est plus seulement, voilà, tu sors d’une bonne école comme « Les Gobelins » et direct tu es pris. Ça se démocratise, la créativité se démocratise, on a plus de recul, une meilleure appréhension de l’art. Quand j’étais en communication visuelle je faisais pas seulement du design, je travaillais aussi sur des planches, des études existentielles, des choses que j’aurais pas forcément vu sans avoir fait d’études mais c’est pas indispensable. Après c’est toujours bon à prendre.

C.B : Tu peux nous parler de tes projets, ou un des projets que tu as particulièrement apprécié ?

R.E : Je pense que le plus gros projet c’est celui sur lequel je suis maintenant, c’est une marque qui va sortir l’année prochaine et ça fait 6 mois qu’on est dessus avec deux amis. Ça nous prend énormément de temps. C’est un projet personnel donc sans date butoir, et où on peut faire un truc qui nous ressemble, être minutieux et faire des choses qui nous plaisent vraiment. Mon client, qui est aussi mon pote, à énormément de budget donc on a la chance de pouvoir recevoir pleins de prototypes et de vraiment peaufiner le travail, on peut mettre des mois pour une pièce et ça fait plaisir à la fin de recevoir un prototype qui est bien fait, qui met en valeur le travail fourni. Je vois que mon travail rend bien sur du textile et c’est top.

J’ai aussi bossé pour une marque de fringues, avec le directeur artistique de la marque. On était dans une maison de campagne à Pau pendant 1 semaine pour travailler dans une super bonne ambiance. C’était une marque jeune, de rider, donc on voulait se rapprocher de la nature et finalement on a été plus productif que si on avait été dans un bureau avec la pression, et j’ai passé un très bon moment. C’est ça que j’aime dans ce métier, un travail en équipe avec des gens qui s’intéressent à ton travail et qui partagent cette même passion du design et du graphisme.

C.B : Justement pour parler avec ses clients, comment ça se passe ?

R.E : Là par exemple ce même client à la base c’était par Instagram. Le premier gros client que j’ai eu c’était par mail. Il avait demandé d’envoyer un email avec un book pour être recruté. Puis j’ai été contacté par téléphone pour la confirmation.

Avec mon client actuel, donc oui je disais, par Instagram puis par Facebook pour parler. Comme on a des projets chacun de notre côté on se fait des visioconférences toutes les semaines pour mettre en commun nos idées, pour montrer les prototypes qu’on a reçus. C’est ça qui est bien, cette liberté.

C.B : La ville de Montpellier pour avoir cette liberté ça te convient? Tu voudrais bouger dans une plus grande ville ?

R.E : Quand tu travailles en freelance c’est pas vraiment important d’avoir de la distance avec son client, tu fais des trucs qui sont immatériels, tu peux envoyer par mail etc.. Ça fait 5/6 ans que je suis à Montpellier et je trouve que c’est une ville dynamique et jeune, ça bouge, même dans le domaine artistique, il y a beaucoup de créateurs, c’est un bon délire. On verra plus tard pour Paris quand j’aurais pris la grosse tête (rires).

C.B : (rires) Quand tu crées des graphismes pour quelqu’un, tu es crédité ? Comment tu es reconnu ?

R.E : C’est compliqué, par exemple il y a des clients qui sont prêts à te payer aussi pour ne pas avoir à te créditer. Par bonne conscience tu crédites quand même. T’as aussi ceux qui demandent de payer en crédit et là il faut pas accepter.

C.B : Oui, il y a une polémique sur des youtubeurs qui « paient» de jeunes graphistes en visibilité.

R.E : Oui voilà, moi justement mes deux gros clients c’est des youtubeurs en ce moment là, ils payent très bien, pas juste en visibilité, donc c’est cool. Si je te parle de Nike, là tu travailles avec eux t’as plus besoin de bosser de l’année (rires). De gros graphistes qui se font repérer par des grosses boites, ils ont énormément de vécus, c’est devenu des artistes, ils ont un bon réseau.

C.B : C’est long à mettre un place un bon réseau ?

R.E : L’objectif c’est de se démarquer et c’est long à mettre en place. C’est très difficile de se démarquer, quand tu bosses avec des clients. C’est difficile de faire des choses perso, de faire preuve de créativité et d’expérimenter quand on te demande juste d’exécuter. Ils sont pas forcément ouverts. Ça arrivera, sinon je bosserai pour des sociétés en faisant des pubs pour Décathlon (rires). De toute façon ces corps de métier, de création, ça va devenir banal dans les prochaines années, ça va se démocratiser.

C.B : Oui, tu penses d’ailleurs que c’est un secteur qui va être vite bouché comme ça se démocratise ?

R.E : Je rebondis sur ça encore, faut se démarquer. C’est pour ça en fait si tu te démarques pas tu restes avec les graphistes débutants. Après aujourd’hui, tout le monde est graphiste avec Photoshop, Instagram et tout ça! Tout le monde peut le faire mais faut faire des efforts pour se démarquer.

L.D ; C.B: Très bien, super, je pense qu’on a fait le tour (rires), tu nous as bien aidé, et on a appris pleins de choses. Merci infiniment.

*Nous avons tenté de créer une fin d’interview. Mais le contact étant bien passé nous avons continué à échanger, hors interview.*

Cet entretien professionnel nous a permis de cerner les qualités et les compétences nécessaire à ce métier. En effet de bons conseils nous ont été donnés. En résumé il faut être passionné, minutieux et patients.

On remercie encore une fois Robin EMBRY qui nous a gentiment accordé de son temps pour répondre à nos questions.

BEAUREGARD Coline

DEMESTRE Luna

Licence Info – Com, Mtp,G2.

Compte-rendu 5ème SASCO G2, séance du 06 Avril 2017 – Laurie ESCLARMONDE et Justine VARLET

mardi 11 avril 2017

Le jeudi 06 avril 2017 a eu lieu le 5ème séminaire d’analyse des situations de communication dirigé par Mme V. Méliani.
Pour la 2ème situation présentée ce jour-là, l’étudiante Justine Varlet avait le rôle de la narratrice et a présenté une situation de communication problématique vécue lors de son stage en entreprise. L’étudiante Laurie Esclarmonde, avec qui elle présentait sa situation, avait le rôle de l’observatrice et rapportrice du séminaire. Cette situation a duré 1 heure environ.
Il y avait ce jour-là dix-huit participants (animatrice compris) et une absente.

Plan SASCO G2 Laurie Esclarmonde Justine Varlet

Sommaire :

1ère phase : Phase de présentation
La présentation de la situation de communication

2ème phase : Phase de questionnement
L’exploration de la situation 

3ème phase : Phase d’analyse
Les hypothèses interprétatives 

4ème phase : Phase de retour
Le retour de l’équipe


1ère phase :  Phase de présentation
Présentation de la situation de communication

Justine a effectué son stage au sein du service de communication du GIP-FCIP de Lille. C’est un groupement d’intérêts publics qui existe et travaille pour le réseau des GRETA du Nord Pas-de-Calais. Le GRETA est un organisme de formation continue pour adultes. Le lieu du stage présentait donc une structure plutôt complexe.
Le service communication où Justine effectuait son stage existe depuis 1 an. Au sein de ce service, il y a Mathieu, le chargé de communication qui est là depuis un an,  François, l’infographiste présent depuis plus longtemps qui avait son propre service avant jusqu’à ce qu’ils fusionnent communication et infographie, et Laurine l’apprentie infographiste. Ces 3 personnes travaillent dans le même grand bureau. Justine a effectué son stage au côté de Mathieu.
Chaque service du GIP-FCIP pouvait venir demander une aide, un support, un service au service communication. 

La situation : 

Justine travaillait avec Mathieu ce jour-là sur le site internet du GRETA Nord Pas-de-Calais, et Yvonne, une cheffe de projet, s’est présentée dans le bureau avec une demande. Elle souhaitait que Mathieu retravaille un schéma, plutôt complexe, qu’ils avaient créé ensemble pour le présenter lors du prochain séminaire, afin qu’il soit plus bref et présentable.
Mathieu a alors demandé à Justine de se mettre avec eux pour repenser ce schéma. Yvonne, tout au long du travail, était très enthousiaste et validait toutes les idées qui lui étaient proposées.
Mathieu, à chaque proposition, lui faisait un schéma sur papier, pour appuyer ses propos et permettre à Yvonne de se rendre compte du rendu et valider ou non. Une fois le schéma sur papier terminé et validé par Yvonne, Justine et Mathieu se sont mis sur l’ordinateur pendant environ 2 heures afin de finir ce schéma et l’envoyer par e-mail à Yvonne. 

Quelques jours plus tard, Yvonne a croisé Mathieu dans le couloir devant le bureau de la communication, énervée en lui expliquant qu’elle avait présenté le schéma à son groupe-projet et que le schéma ne convenait pas à ce qu’elle avait demandé. Le groupe-projet avait invalidé le schéma et Yvonne a alors dit que Mathieu et Justine n’avaient pas respecté ce qu’elle avait demandé.
Mathieu l’a alors plutôt mal pris, et l’a amené dans le bureau afin d’avoir des témoins de la situation, et pouvoir lui montrer les schémas qu’il lui avait fait et qu’elle avait validé ; schémas qu’il est alors allé récupérer dans la corbeille de recyclage.
Mathieu a fait remarquer à Yvonne qu’elle lui avait fait perdre 2 heures de travail et qu’il ne referait pas le schéma étant donné qu’elle ne savait pas ce qu’elle souhaitait réellement.
C’est alors qu’Yvonne a pris à parti Justine, en lui demandant si elle pouvait, elle, lui refaire son schéma, et s’est comportée d’une manière beaucoup moins agressive. Mathieu a alors refusé que Justine refasse ce schéma, étant donné qu’elle était lancée sur une autre tâche et que le schéma resterait comme ça. Yvonne a alors quitté le bureau vexée et en colère.

Le lendemain, Mathieu était malade et le directeur du GIP-FCIP est passé dans le bureau. François, l’infographiste, a raconté le conflit qu’il y avait eu entre Mathieu et Yvonne. Le directeur est alors allé dans le sens de Mathieu, en approuvant la réaction qu’il avait eue. Cependant, ni Yvonne ni Mathieu n’ont eu de retour de la part du directeur et cette histoire s’est tassée avec le temps. 

Yvonne qui avait souvent besoin de Mathieu pour ses réalisations est revenue quelques jours plus tard afin de demander de l’aide et a fait comme si cette histoire n’avait jamais eu lieu. 


2ème phase : Phase de questionnement
Exploration de la situation

1. Cléa : Est-ce qu’il y avait déjà eu des conflits comme celui-là sur des petits lapses de temps ?

Justine : Quand mathieu a eu son poste, donc ça je l’ai appris au tout début du stage quand ils m’ont présenté cette dame (Yvonne). Apparemment, elle a essayé de mettre des bâtons dans les roues à Mathieu car avant il n’y avait de service de communication, et elle est assez âgée donc la communication pour elle c’est quelque chose de très abstrait et le fait qu’il n’y est qu’une seule personne pour s’occuper de cela, ça ne lui a pas vraiment plu donc toutes les idées que Mathieu essayait de mettre en place, elle essayait de les contrer. Yvonne est cheffe de projet donc je ne sais pas si elle a plus de poids que Mathieu mais a toujours essayé de le freiner dans son travail. C’est vrai qu’il y a déjà eu cette situation de conflit auparavant.

2. Noéline : Est-ce que malgré le fait que ce ne soit pas toi qui est refusé de faire ça, elle t’en a tenue rigueur par la suite, est-ce que tu as ressenti une animosité par rapport toi ?

Justine : Non absolument pas, parce qu’elle sait très bien que quand elle nous l’a demandé, Mathieu a directement répondu que c’était hors de question, elle savait que ce n’était pas ma faute, du coup non elle s’est montrée très gentille avec moi par la suite. 

3. Tom : Est-ce que ça a été le seul moment conflictuel durant ta période de stage ? 

Justine : Avec cette personne ? Oui ça a été le seul moment.

4. Willow : Est-ce qu’Yvonne vous a dit ce qui n’allait pas dans le schéma ? 

Justine : La deuxième fois non. En fait elle est arrivée en nous disant que ça ne plaisait pas au groupe-projet. L’idée de transformer le schéma, ce n’était pas possible, au final elle voulait que l’on retravaille sans savoir elle-même ce qu’il fallait que l’on mette, c’était très abstrait. Même elle, elle ne savait pas ce qui avait à faire sur ce schéma. 

5. Gabrielle : Il consistait en quoi ce schéma exactement ?

Justine : C’était une présentation des formations proposées par le GRETA, quand une personne appelait un GRETA, c’est-à-dire quelqu’un qui voulait rentrer en formation alors la personne était renvoyée soit sur le site web, soit il était renvoyé vers une personne qui lui proposait des formations. C’était un schéma très long, on aurait dit un poster. Nous on devait le réaliser sous un format beaucoup plus petit mais c’est vrai que c’était un schéma assez complexe. 

6. Léa : Quand elle vous a demandé de refaire le schéma, elle était d’accord avec ce que vous proposiez comme idée ?

Justine : Oui, dès le départ en fait j’ai émis l’idée de pourquoi pas faire un diaporama avec des zooms avec chaque partie du schéma, puis là, elle a de suite été très enthousiaste en disant « Ah oui c’est génial, c’est super, on part là-dessus ! ». On lui a donc fait des schémas pour qu’elle se rende compte et elle a totalement adhéré à l’idée. 

7. Manon : Tu as dit qu’elle est cheffe de projet, du coup est-ce que vous étiez en contact avec les autres secteurs ? 

Justine : Il faut savoir que le service de communication, il est au rez-de-chaussée. C’était assez rigolo puisque tout le monde passait devant le bureau, du coup on était tout le temps en relations avec les personnes des étages supérieurs. On était en relations avec Yvonne uniquement quand elle avait quelque chose à nous demander par rapport à la production de support de communication, elle venait immédiatement nous voir.

8. Alyssia : Le schéma a-t-il était repris ou alors vous avez pris l’ancien ? 

Justine : Le jour du séminaire, ce fameux schéma a été involontairement oublié par Mathieu (rire des participants). Je ne sais pas si c’était un acte manqué de la part de Mathieu, mais on avait énormément de choses à imprimer et Yvonne nous avez aussi demandé d’imprimer le schéma.
Ce schéma du coup il est resté tel quel et en plus de ça le jour-J, elle est arrivée en nous demandant ou était son schéma et on l’avait oublié… J’ai dû alors pendant la pause déjeuner retourner au bureau l’imprimer rapidement et revenir avec son schéma.

9. Lyla : Qu’est-ce qui lui a fait changé d’avis, à partir du moment où elle était d’accord avec  votre schéma et qu’elle revenue et qu’elle n’était plus d’accord ?

Justine : Ils ont un groupe-projet, par contre je ne sais pas de combien de personnes étaient composées ce groupe, mais je pense qu’ils lui ont dit que ça n’allait pas car on ne voyait pas le global puisque c’était des zooms sur chaque partie du schéma. Je pense que le groupe-projet n’est pas tombé d’accord et je pense qu’elle croyait que mathieu allait bien vouloir le refaire rapidement. 

10. Cléa : Tu as parlé du directeur de l’agence et lui, il a eu vent de l’actualité mais il n’a pas réagi ?

Justine : C’était dans le bureau où l’infographiste lui a raconté la situation. Le directeur a fait sous-entendre qu’Yvonne était assez embêtante et a dit « de toute façon Mathieu a bien fait de la remettre à sa place ».

Cléa : Et pourquoi il a pris cette position ?

Justine : Parce qu’en fait c’est une dame qui est là depuis très longtemps dans l’organisation et faut savoir que c’est une fonctionnaire (rire des participants) qui avant était conseillère en formation continue et quand elle est arrivée ici elle n’était plus vraiment dans son rôle de formation initiale. Je ne sais pas si elle est frustrée mais je sais qu’elle a déjà eu plusieurs conflits dans l’entreprise et qu’elle n’est pas forcément aimée dans l’entreprise.

11. Tom : Le schéma était destiné à quel type de public, ça devait rester en interne ? 

Justine : C’était en interne, oui.

12. Willow : Est-ce qu’il y avait une bonne ambiance pendant ton stage en dehors de cette histoire ?

Justine : Oui, il y avait une très bonne ambiance, dans le bureau. François et Mathieu s’entendent très bien, l’apprentie infographiste aussi est jeune et très gentille. C’est vrai que c’est un bureau assez jeune à part François qui est un peu plus âgé et qui faisait un peu le rôle du papa entre nous c’était assez marrant.

13. Bénédicte : Au niveau de la hiérarchie, où se positionne Yvonne ? 

Justine : Yvonne n’est pas au dessus, ils ne sont pas sur le même secteur du coup elle n’est pas supérieure a lui. 

14. Manon : Tu as dit qu’elle était d’accord avec vous et que le lendemain elle était très en colère, à ton avis il s’est passé autre chose ou elle a un caractère très lunatique et est-ce qu’elle change d’humeur très rapidement ?

Justine : Je ne pense pas qu’il se soit passé autre chose, je pense seulement que c’est le fait qu’elle n’aimait pas beaucoup Mathieu. 

15. Gabrielle : Est-ce que tu as été déstabilisé par rapport à son comportement ?

Justine : Pas forcément, je travaillais déjà sur une tâche et quand elle est arrivée, elle est directement allée sur Mathieu pour lui expliquer le problème. Moi j’étais très concentrée sur ce que je faisais et je n’ai pas fait attention. Puis, j’ai vu Mathieu se diriger vers la poubelle, alors je me suis dit : « Mais pourquoi il va chercher quelque chose dans la poubelle ?». C’est comme ça que j’ai levé un peu les yeux de l’ordinateur, mais sinon je n’ai pas été déstabilisé. 

16. Léa : Mathieu a déjà eu des problèmes avec Yvonne ? 

Justine : Oui, dès qu’il est arrivé et qu’il a pris son poste, elle a un peu essayé de lui mettre des bâtons dans les roues. 

17. Cléa : Ce directeur, tu l’as vu souvent ou est-ce qu’il passait par intermittence ?

Justine : Je l’ai vu de temps en temps, en fait il est à la fois dans GIP-FCIP mais aussi à la DAFCO. C’est assez compliqué, c’est une autre structure où il y travaille et c’est vrai qu’il joue entre deux grosses structures donc on le voit de temps en temps. 

18. Clémentine : Est-ce que cette situation tu l’as revécu plusieurs fois pendant ton stage ou est-ce que c’était la seule ?

Justine : Conflictuelle comme celle-ci, ce serait la seule après le jour où Mathieu a oublié le schéma je pense qu’elle lui en a voulu, mais elle ne s’est pas permis de lui dire quoique ce soit. 

19. Léo : Il y avait des tensions entre Yvonne et Mathieu ? 

Justine : Mathieu et Yvonne savent faire la part des choses en plus de ça ils se tiennent assez loin l’un de l’autre. Quand ils doivent travailler ensemble ils le font, mais sinon ils s’évitent.

20. Stacy : Est-ce que tu en as parlé avec les autres membres de l’entreprise pour leur de demander si c’était une situation qui s’était déjà passée ? 

Justine : Oui, c’est déjà arrivé dans l’entreprise qu’elle est quelque chose à demander et que la première proposition qui vient c’est la bonne et puis après une fois qu‘elle réfléchit, qu’elle en parle avec quelqu’un d’autre, de suite la première proposition ne lui plaît plus. Alors est-ce qu’il y a eu un conflit à chaque fois je ne sais pas, mais en tout cas je sais que c’est déjà arrivé et qu’ils en ont un peu marre de son comportement.

21. Noéline : Tu nous as expliqué que le schéma avait été oublié pour la présentation, quelle a été sa réaction par rapport à ça ?

Justine : Elle a réagi en allant se plaindre au directeur, enfin elle a fait la remarque au directeur que le schéma avait été oublié par Mathieu, elle a juste été vexée.

Noeline : Qu’est-ce qui a découlé de la plainte au directeur ? 

Justine : Rien, il est juste aller voir Mathieu en lui demandant si c’était possible d’imprimer le schéma, mais le directeur n’avait jamais vu le schéma, il ne savait pas trop de quoi on parlait.

22. Cléa : Est-ce qu’Yvonne a était au courant que le directeur connaissait le conflit ? 

Justine : Ça s’est passé dans son dos. Je pense qu’elle n’a été au courant de rien du tout.

23. Gabrielle : Tu sais s’il y avait des tensions entre le directeur et Yvonne ?

Justine : Non, je pense que le directeur sait prendre du recul. Il sait qu’Yvonne est là depuis très longtemps dans l’entreprise, il sait comment elle fonctionne. Je ne pense pas qu’il y ait des tensions entre eux car il sait la gérer.

24. Ayoub : Comment tu as su concrètement que Yvonne a été frustré du fait que Mathieu lui avait pris sa place ? 

Justine : En fait c’est eux qui me l’ont raconté. Quand Yvonne s’est présentée dans le bureau, dès qu’elle est sortie, ils m’ont dit : « C’est elle la fameuse Yvonne », je leur ai demandé « Comment ça, la fameuse Yvonne ? ». C’est là qu’ils m’ont expliqué les problèmes que Mathieu avait eu quand il a pris son poste.

25. Tom : Comme tout se fait dans le dos d’Yvonne, est-ce que tu sais si quelqu’un lui as dit en face ?

Justine : Je sais que le directeur la prend à part et lui fait des réflexions en lui disant : « Maintenant, ça suffit ces comportements. » mais après je ne sais pas si d’autres personnes osent lui dire quelque chose.

26. Alyssia : Ce schéma était-il vraiment important ?

Justine : Je pense que pour elle il était important, car pour ce séminaire c’était le seul travail d’elle qu’elle pouvait montrer à tout le monde. Sinon sans ce schéma elle n’avait rien à présenter. Je pense que pour l’entreprise ce n’était pas très important mais pour elle oui. 

27. Willow : Tu t’entendais bien avec Yvonne, où est-ce qu’elle te faisait des réflexions par rapport à ton travail ? 

Justine : Non elle ne m’a jamais fait de réflexion, après je ne l’ai pas rencontré souvent, mais elle a toujours été très gentille après la différence d’âge que j’avais avec elle faisait qu’on ne pouvait pas vraiment être proche. 

28. Quelle place avait Yvonne au sein du projet, du séminaire ?

Justine : Je sais qu’elle devait intervenir à une table ronde mais comme il n’y avait pas ce schéma elle n’est pas intervenue et à un moment on s’est même aperçu qu’elle dormait enfin elle fermait les yeux. Ça donnait vraiment l’impression du « je boude, je ne suis pas contente et du coup je refuse de participer ».

29. Mme Méliani : Vous avez dit qu’on vous avait envoyé imprimer ce schéma ? 

Justine : Oui.

A-t-il était présenté ? 

Justine : Oui dans l’après-midi, il y avait des ateliers autour de chaque groupe donc dans le groupe communication c’est là que le schéma a vraiment été présenté.

C’est elle qui l’a présenté ?

Justine : Oui.

Et qu’est-ce que les autres en on pensait ? 

Justine : Alors je n’étais pas présente, mais je crois qu’il n’a pas vraiment eu de retour sur ça. Je sais qu’il a été présenté assez brièvement et que les personnes avaient tellement de papiers qu’il est un peu passé à la trappe. 

30. Willow : Quand Yvonne t’a demandé de retravailler sur le schéma, tu n’as pas eu le temps de répondre que Mathieu a réagis ? 

Justine : Oui voilà, moi je me suis retournée pour écouter sa demande et Mathieu lui a dit « Non non non ». Je ne sais même pas si elle a eu le temps de finir sa phrase qu’il a dit que je ne travaillerai pas pour elle. 

31. Mme Méliani : C’était combien de jours après qu’elle vous a dit que ça n’allait pas ? 

Justine : Quelques jours après, le temps de le montrer à son groupe-projet.

Et les papiers étaient toujours dans la poubelle ?

Justine : Oui, en fait on a une grosse corbeille de papier et ils étaient posés sur le dessus.


3ème phase : Phase d’analyse
Hypothèses interprétatives

Les participants ont trouvé qu’il y avait un manque de communication en interne et un manque de cohésion de groupe. Selon eux, cette situation de conflit a été crée de part l’écart générationnel qui existe entre Mathieu et Yvonne.
Afin de résoudre ce problème, il faudrait instaurer une discussion entre Mathieu et Yvonne grâce à une réunion, où le directeur serait présent afin de tempérer et permettre le dialogue.

Une hypothèse a été émise sur le fait qu’il faudrait former Yvonne afin de lui faire prendre conscience de ce qu’est la communication et de son utilité.

Alyssia a émis l’hypothèse qu’Yvonne aurait pu faire le schéma avec Justine et Mathieu afin de le modifier à sa façon et donc éviter ce conflit par la suite.

Clémentine a proposée de faire une session avec les membres du groupe-projet pour qu’ils puissent donner leurs idées dans le but de faciliter le travail de Justine et Mathieu, ce à quoi Mme Méliani a émis le problème de la place et du rôle du chef de projet dans cette situation.
Une solution a été proposé pour restaurer la dynamique de groupe et permettre la discussion entre les deux protagonistes : instaurer des rapporteurs ou médiateurs sur chaque projet. Ceci permettrait donc d’accompagner Yvonne et de créer le dialogue.

De nombreuses hypothèses se sont tournées vers le comportement d’Yvonne et de son rôle au sein de l’organisation.
Les participants ont donc émis l’hypothèse qu’Yvonne était mise à l’écart du fait de son âge. Elle essaierait donc de se donner du pouvoir face à Mathieu qui lui est plus jeune. Yvonne serait donc quelqu’un d’impulsif et qui essaierait dans cette situation de prendre le rôle du leader en donnant des directives. Si Yvonne est impulsive et agressive ce serait peut-être dû à son âge et le fait d’avoir moins besoin d’elle, elle est donc sur ses gardes.

Un autre trait de caractère serait ressorti chez Yvonne : le fait qu’elle soit facilement influençable notamment au sein de son groupe-projet.
Elle n’assume donc pas ses responsabilités de cheffe de projet et a un problème d’influence. Elle n’assume pas correctement sa fonction.

Gabrielle a proposé une analyse systémique  puisqu’il y a une redondance du conflit entre Mathieu et Yvonne. 

Tom a quant à lui proposé une analyse transactionnelle. Il pense que la situation est paradoxale parce qu’Yvonne est plus âgée que Mathieu, pourtant il a l’impression qu’elle tient le rôle de l’enfant du fait qu’elle cherche le conflit avec Mathieu, elle cherche à le freiner dans son travail pour faire prévaloir le sien. Yvonne apparaît comme un enfant qui essaye de se faire prévaloir auprès de l’instituteur ou d’un parent. Il y a donc un paradoxe entre son âge et son comportement. 

Mme Méliani a énoncé l’analyse sémiotique situationnelle pour comprendre la situation.
3 contextes rentreraient donc en jeu : le contexte physique, le contexte relationnel et le contexte de positionnement. C’est notamment quand Mathieu est allé chercher le schéma dans la poubelle pour lui montrer la preuve qu’elle avait validé le schéma. Ici, ce papier se place comme un élément symbolique important dans la relation.
Le contexte physique est aussi très marquant à un autre moment : lorsque  Mathieu oublie le papier pour la réunion. Il va alors chercher le schéma dans la poubelle pour au final l’oublier le jour J. Et cette situation a affecté Yvonne puisqu’elle s’est effacée de la réunion. Ces 3 contextes créent alors une signification importante dans la situation. 

Plusieurs participants ont émis l’analyse du leader, et se sont entendus pour dire que le directeur était un leader de type « laisser-faire ».
Les participants ont voulu analyser et comprendre le rôle du directeur au sein de l’entreprise. Beaucoup de personnes se sont entendues sur le fait que le directeur devrait intervenir et mettre les choses au clair dans ce genre de situation afin d’apaiser le conflit. Deux personnes sont tombées d’accord sur le fait d’expliquer et redéfinir les rôles de chacun, notamment d’Yvonne et de Mathieu.
Il en est ressorti que le directeur avait des efforts de management à faire, puisqu’un directeur au courant d’un conflit entre ses salariés ne devrait pas faire comme s’il ne savait rien. Il aurait donc dû se placer en médiateur entre les deux protagonistes afin de calmer le conflit. 

Lila a proposé une analyse de la structure en parlant d’une structure hiérarchique assez complexe où elle pensait qu’Yvonne était supérieure à de nombreuses personnes dans l’entreprise dont Mathieu. Or, avec une question, elle s’est aperçue qu’elle n’était pas supérieure à lui mais qu’elle essayait de s’accaparer le rôle du leader de par son ancienneté.

Enfin, les participants se sont penchés sur le comportement de Mathieu notamment lorsqu’il a oublié le papier pour le séminaire. L’hypothèse a été de dire que ça aurait été fait consciemment afin de continuer la guerre qu’il y a entre eux, comme une petite vengeance. Il se cacherait alors derrière le fait qu’il avait beaucoup de choses à faire et créerait presque cette situation. 


4ème phase : Phase de retour
Retour de l’équipe 

1. Rapport du narrateur

Justine a trouvé que le groupe s’était beaucoup axé sur Yvonne et son comportement. Elle a été d’accord avec le fait qu’Yvonne était mise à l’écart au sein de l’entreprise du fait de l’âge majoritairement ce qui ne facilite pas la dynamique de groupe. Elle a approuvé le fait qu’Yvonne cherchait souvent à avoir le rôle du leader et avait besoin de se mettre en avant pour faire valoir son travail. 
Justine a confirmé le fait qu’Yvonne était une personne facilement influençable et qu’elle ne prenait pas ses responsabilités au sein de son groupe-projet ni avec le groupe communication. Donc elle était tout à fait d’accord avec le fait qu’elle n’assumait pas sa fonction. 

Justine a validé l’idée de faire une réunion pour mettre les choses à plat entre Yvonne et Mathieu mais avec la présence obligatoire du directeur car c’est son rôle d’assister et de clarifier la situation. 

Pour ce qui est d’expliquer les rôles de chacun, la narratrice a confirmé de chacun connaissait bien son rôle au sein de l’entreprise donc ce ne serait pas nécessaire. Par contre, mettre au courant Yvonne du rôle de Mathieu et la former à la communication, Justine a trouvé ça plutôt pertinent car Yvonne en est très écartée. Plusieurs personnes au sein de l’entreprise auraient besoin d’une formation de ce genre selon elle. Ça permettrait à l’entreprise d’être plus productive et efficace. 

L’analyse systémique proposée par Gabrielle était cohérente puisque c’est une situation récurrente.

Justine était tout à fait d’accord avec l’hypothèse de Tom quant à l’analyse transactionnelle. Yvonne s’est placée en tant qu’enfant en provoquant le conflit, malgré son âge pourtant. Du coup, Justine s’est posée la question de savoir si Mathieu ne s’était pas posé lui aussi en enfant en oubliant le schéma et continuant donc le conflit. 

Justine a admis que la structure hiérarchique du GIP-FCIP était complexe du fait que plusieurs structures soient en lien et que dans la structure du stage il y avait de nombreux services. 

La narratrice est d’accord pour dire que dans cette situation le directeur avait été de type « laisser-faire ». Le fait qu’il soit dans deux structures n’aide pas à son implication et il aurait dû intervenir lorsqu’il a été mis au courant de la situation. Donc il a en effet des efforts à faire en terme de management. Justine pense qu’il a tendance à laisser faire certes, mais Yvonne a déjà été reprise quelques fois par le directeur donc il sait parfois tenir son rôle.

Pour ce qui serait de mettre en place des rapporteurs pour les projets, cette organisation est déjà complexe, ils sont très nombreux et Justine a estimé qu’il serait difficile de mettre en place une telle organisation bien que l’idée soit bonne et pertinente pour ce cas. 

Pour la proposition qu’Yvonne travaille avec Mathieu et Justine sur le schéma, elle l’a fait sur le papier et Justine a estimé que ça n’aurait pas été utile qu’elle reste pour le faire sur l’ordinateur, elle pense que ça n’aurait rien changé. 

Justine a approuvé l’analyse sémiotique situationnelle avec les contextes physique, relationnel et de positionnement qui sont rentrés en compte à deux reprises et qui donne une large signification à la situation. 

Enfin, Justine n’a pas vraiment été d’accord avec Cléa lorsqu’elle a dit que Mathieu avait peut-être oublié consciemment le schéma puisqu’il avait vraiment énormément de choses à faire, dont mettre en place tout l’événement et ce assez rapidement. 

2. Rapport du rapporteur – observateur  

Suite au rapport de Justine, Laurie a pris la parole pour faire le bilan de ses observations. Elle a découpé son rapport en fonction des 3 phases : 

  • 1ère phase : Justine raconte sa situation de communication en présentant la structure où elle a effectué son stage. Laurie explique que Justine a en suite exposée le conflit qui avait eu lieu entre Yvonne et Mathieu et elle qui était prise à parti.
    Laurie remarque alors que tous les participants étaient attentifs, certains prenaient des notes et tout le monde regardait Justine lorsqu’elle expliquait sa situation. 
  • 2ème phase : Laurie a remarqué que beaucoup de questions ont été posées sur le relationnel entre Mathieu et Yvonne, entre le directeur et Mathieu et le directeur et Yvonne. Quelques questions se sont centrées sur le travail qu’avait à effectuer Justine et Mathieu et peu de questions ont été posées sur l’organisation, la structure en elle-même.
    Quelques questions ont aussi été posées sur la situation de conflit. Lors de cette phase, chaque participant levait la main pour prendre la parole et attendait que l’animatrice, Mme Meliani, la leur donne. Le débat a été assez fluide et il n’y a jamais eu de temps d’arrêt. Chacun a respecté la parole de l’autre et le questionnement s’est déroulé facilement. 

    Aucun leader ne s’est formé lors de cette phase, cependant certains participants n’ont pas pris la parole. Enfin, les personnes posant des questions avaient tendance à prendre des notes dès que la réponse arrivait, et avaient des gestes d’auto contact lorsqu’il la posait : les filles se touchaient les cheveux par exemple, et les garçons jouaient avec leur stylo. 
  • 3ème phase : Lors de la 3ème phase, Justine n’a plus eu la parole et Cléa a ouvert le débat.
    Lors de cette phase, moins de personnes ont participé et l’animatrice est parfois venue compléter certains propos ou aiguiller les participants pour développer en profondeur leur raisonnement. Le débat était assez dynamique car souvent une personne venait compléter les propos énoncés par la personne d’avant. 

    Certaines personnes ont été distantes lors de cette phase, puis un duo a rigolé ce qui a clôturé la séance. 

Laurie Esclarmonde & Justine Varlet – SASCO Groupe 2 / Mme Méliani

Compte rendu SASCO – Séance du 23 mars 2017 – Alexia BERTOLLI (narrateur), Mellie LAPEYSSONNIE (rapporteur), Tyana TON THAT (observateur)

mardi 28 mars 2017

Ce jeudi 23 mars 2017, pendant le cours de SASCO (Séminaire d’Analyse des Situations de Communication) notre équipe a présenté une situation de communication rencontrée le stage de validation de la licence Information et Communication.

Alexia Bertolli avait le rôle de narrateur, c’est donc elle qui a raconté une situation de communication problématique rencontré durant son stage. Mellie Lapeyssonnie avait le rôle de rapporteur, elle était donc en charge de restituer l’ensemble des échanges qui ont eu lieu durant notre SASCO, en se focalisant sur le contenu. Enfin, avec le rôle d’observateur, Tyana Tonthat devait observer les comportements non verbaux et paraverbaux de l’ensemble des participants ainsi que la dynamique de groupe.

Les séances SASCO s’articulent autour de différentes phases que nous avons tenté de restituer le plus fidèlement possible à travers le plan suivant :

  • PHASE 1 : PRESENTATION DE LA SITUATION DE COMMUNICATION
  • PHASE 2 : EXPLORATION DE LA SITUATION
  • PHASE 3 : HYPOTHESES INTERPRETATIVES
  • PHASE 4 : RETOURS DE L’EQUIPE

PHASE 1 : PRÉSENTATION DE LA SITUATION DE COMMUNICATION

J’ai effectué mon stage à l’association « Tout à Fond » de Montpellier. C’est une association spécialisée dans la musique rock de Montpellier et des alentours. Il y a différentes activités autour de cette association. Le président est propriétaire d’une salle de concert « la Secret Place », d’un magazine « Le Tafeur » et d’un label « Be Fast ». Lors de mon entretien avec le président pour obtenir un stage, nous avons convenu que je m’occuperai du label. J’allais promouvoir leurs artistes sur les réseaux sociaux, faire des démarchages aux journaux pour obtenir des chroniques, gérer les envois de CDs. Au niveau du lieu, nous étions une dizaine dans le même bureau. Il y avait le président de l’association, une graphiste, une chargée de communication, une régisseuse de la Secret Place qui occupe un poste polyvalent, et 4 autres stagiaires avec moi. Une des stagiaires est en L3 information-communication aussi, et les trois autres sont en deuxième année de BTS communication. La situation qui a retenu mon attention concerne deux des trois stagiaires en BTS communication. C’était lors du début de leur troisième semaine de stage, elles ont fait part au président de l’association de leur envie de diversifier leurs tâches afin de valider certaines compétences. En effet, depuis leur arrivée elles n’ont eu qu’une même tâche à effectuer : contacter de nombreuses enseignes par téléphone afin de leur vendre une page de pub dans le magazine « Le Tafeur ». Le président a été surpris par cette demande et a essayé de se justifier en trouvant des compétences déjà validées par les appels téléphoniques. Au fil de la conversation, voyant que les deux filles insistaient pour avoir d’autres choses à faire, le ton est un peu monté. Il commençait un peu à s’énerver et en est venu à dire qu’il ne les voulait plus en stage, qu’il ne voulait plus travailler avec eux et stopper la convention. Au final, la pression est redescendue après quelques minutes et les stagiaires ont même pu finir leur stage, mais sur le moment cela a laissé un froid et une ambiance pas très agréable.

PHASE 2 : EXPLORATION DE LA SITUATION

Q : Les stagiaires en ont-ils parlé aux profs référents ?

R : La professeur référente est venue voir à l’association pour voir comment se passait le stage. Elle s’est entretenue avec le président de l’association à propos de l’altercation. Il n’y a pas eu de mise au point après cette altercation. 

Q : Et après ça, il y a eu d’autres altercations ?

R : Non du tout, ils étaient tous amis et personne n’avait de problèmes. Il n’y avait pas de relations amicales entre les deux stagiaires et les membres de l’association mais ça allait quand même. Il n’y a pas eu de tensions au sein du groupe, le 3e stagiaire en bts communication ne se plaignait pas trop. Il faisait ce qu’on lui demandait. Leur stage durait 5 semaines et c’est arrivé au bout de la 3e semaine. C’était très répétitif.

Q : Avez-vous parlé entre vous de la situation ? Entre stagiaires ?

R : Oui on en discuté ils en avaient marre de toujours faire la même chose. Ils étaient lassés et ne s’attendait pas à faire toujours la même chose au sein de l’association.

Q : Du coup elles ont eu d’autres choses à faire après l’altercation ?

R : Pas forcément. Elles sont toujours restées dans le domaine de la téléprospection. Elles ont dû faire des bilans, des choses comme ça.

Q : Vous étiez combien au total déjà ?

R : On était 6 stagiaires. Comme c’était une association il y avait souvent des bénévoles qui venaient pour travailler, donc on se retrouvait sans ordinateur et c’était parfois compliqué.

Q : Quel âge avait le président ?

R : Il avait environ dans la quarantaine je pense.

Q : Que faisais tu exactement au sein de l’association?

R : Je travaillais tout le temps sur la promotion des artistes. J’amener les colis à la poste le plus souvent. Les colis permettaient de vendre des CD, des tee-shirts, etc…

 Q : Où as eu lieu l’altercation ?

R : En face du bureau du président.

Q : Avait-il parlé des missions que les stagiaires devaient faire pendant le stage ?

R : Je pense ou mais elles ne s’attendaient pas à faire que ça. Il y a surement eu un malentendu lors de l’entretien.  Après ils prennent souvent des bénévoles ou des stagiaires.

 Q : Comment vous êtes-vous comporté face à l’altercation? Tu as vu les autres réagir ?

R : Moi j’étais sur le côté, donc j’entendais ce qu’ils disaient mais j’ai pas vu comment les autres réagissaient. J’étais dans une pièce à part, je n’ai pas bien pu voir. Au début ça me faisait un peu rire, mais l’ambiance était assez pesante après. Leur tutrice restait externe aux choses. Elle n’était pas présente sur place.

Q : Le président était le tuteur de tous les stagiaires ?

R : Ce n’était que mon tuteur et pas des autres stagiaires. Mais il était souvent absent donc je donnais mon travail à la régisseuse.

Q : Le président s’adressait-il différemment aux stagiaires du BTS plutôt qu’à vous (Alexia et Tyana) qui étiez en Licence ?

R : Je pense que oui car il a vu le niveau d’implication entre nous et les autres. Les stagiaires de BTS ne mettait aucune volonté, et faisait leur boulot par obligation si on peut dire. Nous on adorait ce qu’on faisait donc on était tout de suite plus motivées.

Q : Ont-ils essayé de tisser des liens avec les stagiaires ?

R : Je ne trouve pas qu’ils aient essayé de nous intégrer au groupe. On voit la démarcation entre les deux. C’est-à-dire qu’il y avait le noyau dur de l’association d’un côté et les stagiaires d’un autre. Ils étaient très gentils avec nous, mais ils ne cherchaient pas plus que ça à nous intégrer.

Q : Le président demandait-il des comptes rendus ?

R : Tous les vendredis ils devaient en faire en fonction de ce qu’ils faisaient pendant la semaine, ce qu’ils avaient réussi à faire ou pas, qui ils avaient appelé, etc.

 Q : Comment voyait-il leur implication dans le travail?

R : Il ne savait pas vraiment ce qu’ils faisaient au fond. Il leur faisait confiance et ne vérifiait pas forcément.

Q : En ont-elles parlé avec la tutrice de stage ?

R : Non je ne pense pas, car quand la professeur référente est venue elle s’est directement adressée au président et elle n’est pas passée par la tutrice.

 Q : Mais que faisait le président au sein de l’association exactement ?

R : Le président était le directeur artistique, il s’occupait vraiment de tout et superviser tous les projets. Il faisait la promotion des artistes, s’occupait du label, de la salle, des événements. Il devait déléguer les tâches aux salariés car il gère tout. Il faisait en quelque sorte les mêmes missions que ses salariés ce qui est normal. Il superviser tout le monde et donc devait vérifier ce qui se passait dans son association.On ne le voyait pas car il avait des rendez-vous le matin et il arrivait vers 14h. Il se mettait sur son ordinateur et on ne voyait pas ce qu’il faisait.

 Q : Quel est votre point de vue à propos de la situation ?

R : Je comprends que pour les stagiaires ça doit être dur de vivre ça, et de tout le temps faire la même chose. Le président de l’association pensait qu’elle ne prenait pas au sérieux le travail qu’elles avaient à faire.

 

PHASE 3 : HYPOTHÈSES INTERPRÉTATIVES

Le premier problème soulevé a été le suivant : Les tâches n’ont pas été bien définies. Dès le départ, les stagiaires n’ont pas compris que les tâches ne correspondaient pas à leurs objectifs à relever. Même si le président a plus ou moins défini les tâches, les stagiaires ont peut-être voulu entendre ce qu’elles voulaient entendre. Le stage a peut-être, était réalisé par dépit: dans l’obligation de devoir trouver un stage,  elles ont pris la première offre qui s’offrait à elles.

Les participants ont soulevé le problème de leadership. Dans un premier temps le leadership laisser faire (Marie) a été énoncé, car le président avait donné des tâches à faire, mais les stagiaires étaient ensuite livrées à elles même. C’est alors que le leadership autoritaire (Stacy/ Giulia) fût plus mis en avant. Dans cette situation,  c’est le président qui décide des tâches que les stagiaires avaient à faire. Elles ne faisaient pas ce qu’elles voulaient. Même si elles étaient livrées à elles-mêmes. Il veut avoir l’emprise sur le travail car il ne connait pas les compétences des travailleurs, il ne se s’intéresse pas à l’individu. La tutrice à côté de ça, a été effacée face à la situation. Lors de l’altercation elle n’était pas présente, et c’est ce pourquoi, les stagiaires se sont directement adressées au président.
Il a été relevé qu’il n’y avait pas d’implication, un manque de motivation, et un manque de considération dû à la mise à l’écart dans une autre pièce : elles s’attendaient à être accompagner lors de leur stage, mais ça n’a pas été le cas. Le président avait besoin de stagiaires faisant de la téléprospection mais les stagiaires voulaient faire autre chose : Il ne voulait pas prendre le risque de proposer d’autres tâches à réaliser seulement pour satisfaire les stagiaires. Il y a eu un manque de professionnalisme de la part du président : n’étant pas sûre de leurs compétences et de leur niveau d’implication, il a préféré s’occuper des autres stagiaires, peut-être plus compétents pour lui. Les appels téléphoniques peuvent être pris comme une tâche ingrate, les stagiaires l’ont peut-être dénigré, mais c’est l’une des tâches importantes dans la promotion d’évènements, dans la communication et la publicité.

Les participants se sont posés de nombreuses questions à propos de la structure l’association. Dû à cette dernière, il y a beaucoup de stagiaires : il est donc difficile de trouver sa place… Il a été difficile pour les stagiaires d’être motivées car elles ne se sentaient pas importantes dans cette association. S’il y a beaucoup de turn over, le directeur va plus faire confiance à ceux qui sont plus qualifiés. Il y a donc une projection positive sur l’attente des besoins.

Une analyse est donc évoquée : l’analyse sémiotique des contextes.

  • Contexte géographique :

Il y a peut-être moins de choses à faire pour un label montpelliérain, plutôt que pour un label parisien par exemple. Il y n’a peut-être pas autant de travail qu’espéré.

Ensuite toujours dans le contexte géographique : Il y a deux salles différentes : une pour les stagiaires et une pour les salariés. On revient donc sur la question de la mise à l’écart des stagiaires, et la difficulté de se sentir intégrer.

  • Contexte de positionnement :

Président embellit la réalité des tâches pour correspondre aux envies des stagiaires, mais en réalité, ça ne convenait pas aux stagiaires. Il a l’art oratoire de manipulation.

  • Contexte des enjeux :

Les stagiaires sont en position basse, alors que le président est en position haute. Le contexte est démotivant pour les stagiaires

Puis l’analyse systémique des communications vient aussi à être citée. Il est question de comprendre les jeux de pouvoirs entre les relations.

Les échanges sont toujours très informels. L’association est comme une famille. Ils font toujours la même chose au sein de l’association. Il y a un manque de sérieux et un manque de motivation : ça fonctionne toujours pareil, c’est très répétitif. Par exemple, ils vont créer des médisances s’il y a un problème au sein de l’association. Les salariés, noyau dur de l’association, vont en parler entre eux, plutôt que d’évoquer le problème avec tout le monde, en réunion par exemple.

Règle du jeu du système : Il y a beaucoup de récurrences : ça fonctionne de cette manière car c’est très informel : il y a beaucoup d’oral, et peu de traces écrites.  On ne sait pas forcément comment s’adresser aux membres permanents de l’association car ils sont tous très polyvalents, et peuvent tous réaliser la tâche de l’autre.
Il y a différents fonctionnements, différents systèmes d’échanges dans l’association. Il y a le président avec les salariés, les salariés avec les stagiaires, les stagiaires  avec le président, les salariés avec les bénévoles, et les bénévoles avec les stagiaires. Le roulement des stagiaires étant fréquent, les employés n’ont pas le désir de venir les aider. C’est un travail répétitif et en continu. Ils doivent à chaque fois réapprendre les mêmes choses aux stagiaires. Ils n’ont peut-être pas le temps ni l’envie. C’est une forme de lassitude.
Il y a un manque de lien, d’interaction, de communication, d’implication au sein de l’association. Il y a un manque de jeux collectifs : Il y a le cœur de l’association (Président, Graphiste, Chargé de Communication, Régisseuse), et les satellites (stagiaires, bénévoles).

PHASE 4 : RETOURS DE L’EQUIPE

  1. Le narrateur : Alexia

Après les différentes questions et les hypothèses interprétatives, j’ai fait quelques rappels pour éclaircir la situation : J’ai reprécisé que j’étais la seule à m’occuper du label et que les stagiaires en BTS communication s’occupaient des pubs pour le magazine. J’ai aussi précisé que les stagiaires étaient en deuxième année de BTS et que ce n’était pas leur premier stage.  Aussi, certaines personnes pensaient qu’il y avait une salle de travail pour les stagiaires et une différente pour les salariés. Si les stagiaires changeaient de salle, c’était seulement pour les appels téléphoniques mais ils revenaient au bureau quand ils avaient des choses à faire sur leur ordinateur.

Ensuite, les participants ont remarqué qu’il y avait un écart entre les stagiaires et les salariés. C’est vrai que, durant les questions, j’ai précisé que les salariés de l’association étaient presque comme une famille. Ils travaillent ensemble toute la journée mais sont aussi amis dans la vie. Ils se connaissent tous depuis longtemps et partagent plusieurs loisirs en dehors du travail. Il est donc difficile de s’intégrer à une équipe déjà très soudée.

Au cours de la phase d’hypothèses, il y a eu des divergences d’opinions sur le style de leadership du président. Pour certains, ce dernier exerce un leadership « laisser faire » car il donne les tâches au stagiaire pour les laisser ensuite faire leur travail indépendamment. Pour d’autres il a un leadership « autoritaire » car les stagiaires ont été cantonnés à leur tâche jusqu’à la fin du stage malgré les tentatives de négociation. C’est un peu confus, mais selon moi, bien que le président de l’association exerce habituellement un leadership laisser faire, dans cette situation je m’accorde plutôt avec l’hypothèse d’un leadership « autoritaire ».

Dans la même lignée, les étudiants ont pensé à l’analyse systémique pour mieux comprendre les jeux de pouvoir et les relations. Les rôles en général ne sont pas vraiment bien défini, à part pour la graphiste qui a un travail bien défini et des tâches précises, tout le monde fait un peu le travail de tout le monde et on se retrouve un peu perdu lorsque l’on veut demander un conseil. On a pu voir par exemple que la tutrice des stagiaires de BTS était très effacée, que les ordres venaient plutôt du président de l’association, mais lors de ses absences ils ne savaient pas forcément à qui s’adresser. En parallèle en tant que stagiaire, Tyana et moi-même étions davantage supervisées et intégrées dans l’équipe de travail. Comme le prévoit l’analyse systémique, on peut voir émerger des jeux de pouvoir sans doute lié à une sorte de favoritisme de la part du président de l’association. De ce fait, les stagiaires ont surement ressenti une sorte d’exclusion, ce qui a pu provoquer une diminution de leurs motivations et de leur implication.

Les participants ont également pensé à l’analyse des contextes, et on s’aperçoit effectivement qu’il y a un décalage au niveau des enjeux entre le stagiaires et le président puisqu’ils diffèrent totalement. Pour moi, vu le peu de salarié, le président veut des stagiaires pour faire face à une surcharge de travail, et donc réaliser des tâches bien précises, que lui et son équipe n’ont pas le temps de faire. Les stagiaires, de leur côté, font clairement ce stage pour valider des compétences précises et réussir à obtenir leur diplôme. De plus, le contexte temporel est également important dans cette situation puisque ce jour-là, le président avait des problèmes familiaux et était donc très irritable. Cela a donc pu influencer ses réactions, son humeur et son comportement face à l’attitude des stagiaires.

Si l’on fait une analyse sémiotique situationnelle, on peut relever un problème de négociation lors de l’entretien de stage et de la réalisation de la convention. En effet, les stagiaires n’étaient vraisemblablement pas au courant qu’ils allaient effectuer les mêmes tâches tout au long de la période de ce stage. Du côté du président, il ne semblait pas savoir que les stagiaires avaient des compétences précises à valider.

Au final, dans cette situation le plus gros problème aura été un problème de compréhension et de communication, que ce soit du côté des stagiaires ou du président. Il semble même que les tensions proviennent d’un manque d’information avant même que le stage débute. En effet, les stagiaires de BTS communication étant habitués à faire des stages et le président ayant l’habitude des stagiaires, il aurait été préférable de mieux définir les missions et les compétences à valider dès l’entretien de stage. De plus avec une meilleure valorisation des stagiaires de la part des salariés, ils auraient certainement fait preuve de plus d’implication dans la réalisation de leur tâches, aussi routinières soient elles.

  1. L’observateur : Tyana

En ce qui concerne le langage non verbal et paraverbal, de nombreux comportements ont été relevé. Dans l’ensemble, des phénomènes récurrents émergent avec notamment, des gestes d’auto-contact accompagnés d’une gestuelle très prononcée lors des prises de parole.

Durant la phase de présentation de la situation de communication, nous relevons une écoute active de l’ensemble des participants avec tous les regards tournés vers Alexia, la narratrice.  Les prises de notes sont nombreuses ce qui poussent les participants à une certaine concentration et à des rictus faciaux comme des froncement de sourcils ou des gestes d’auto-contact en signe de réflexion et de tentative de compréhension de la situation.

Dès le début de la phase de questions, les participations sont nombreuses, beaucoup de participants devant même soutenir leur main levée, avec leur bras en attendant d’être interrogé par l’animatrice, Madame Méliani. Avant la prise de parole d’un participant, on relève systématiquement des gestes d’auto-contact et des regards sur les notes comme pour se remémorer les idées, la situation, la question. On peut interpréter cela comme un signe de réflexion. En parallèle, deux ou trois participants sont plutôt en retrait, ils n’interviennent pas durant cette phase et semble s’ennuyer (appui de la tête sur la main, regards vides …). Cette phase se poursuit et les questions diminuent au fil de la compréhension de la situation. Enfin des bruits extérieurs à la salle provoquent une certaine déconcentration et clôture cette phase de question.

Au cours de la phase d’élaboration des hypothèses, des comportements similaires à la phase précédente ont été observés. Cela nous permet d’établir des constatations globales concernant les comportements des participants. En effet, nous avons pu distinguer deux catégories de comportements :

  • Lorsque les participants prenaient la parole: des gestes d’auto contact récurrents sont apparus (grattement, frottements de mains, caresses …) sans doute pour se rassurer ; des gestes explicatifs avec les mains, des hochements de tête, des bras croisés et bustes en avant en signe d’implication dans l’échange ; des manipulations d’objets (bracelets, ordinateur, stylos, feuille, bouteille, stylo dans la bouche…) ; des signes physiques (joues qui rougissent, tremblements …)
  • Lorsque les participants ne parlaient pas : des gestes d’auto contact qui différaient de la catégorie précédente (changements de position, touché de cheveux, mordillement de lèvres, main sur le menton…) ; quelques regards vides ; quelques utilisations du téléphone portable ; des manipulations d’objets ; tout cela certainement en signe d’attente et d’impatience.

En ce qui concerne la dynamique de groupe, nous avons pu constater une certaine cohésion, une homogénéité pendant toute la durée de notre SASCO. Tous les participants s’écoutaient activement, notamment lorsque le ton de voix des orateurs étaient très bas. Nous avons également pu affirmer cela puisque la majorité des regards se tournaient systématiquement vers la personne qui prenait la parole. De plus, de nombreux rebondissements dans les hypothèses sont apparus, ce qui prouve l’écoute de chacun.

Malgré quelques silences provoquant des sourires de gène et des regards fuyants chez les participants la dynamique de groupe était bonne et les échanges fluides. De plus, la répartition de la parole était équilibrée, aucun leader ou exclu ne s’est démarqué des autres participants. Nous pouvons même conclure ces observations avec le fait que sur seize participants, quinze d’entre eux ont pris la parole. C’est donc un SASCO riche et axé autour d’une bonne cohésion de groupe qui a été mené.

Retranscription de l’Entretien professionnel avec une Chargée de Communication événementiel – G2 – Marie TRICOLI, Roby BOYER, Rafaëlle STAVISKY

lundi 17 novembre 2014

Légende 

  • Partie violette R: Questions posées par Rafaëlle Stavisky
  • S-G : Réponses de l’interviewée
  • Mots en italique : Mots sur lesquels l’interviewée à appuyé de manière visuelle ou auditive
  • Mots entre parenthèses : attitude de l’interviewée

Entretien

« Tout d’abord merci de nous accueillir et de nous prendre sur votre temps. Nous vous avons choisie pour mener à bien notre entretien demandé par notre cours de Projet Professionnel Personnalisé parce que nous sommes tous les trois intéressés par le domaine et le métier que vous pratiquez.

R: Pour commencer pouvez-vous vous présenter? Pouvez-vous nous parler un peu de vous?
S-G : J’ai 35 ans et je suis directrice de la communication et des affaires publiques d’une société cotée spécialisée en nano médecine, et travaille sur des technologies visant à lutter plus efficacement contre le cancer.

R: Et votre métier exactement en quoi est-ce qu’il consiste ?
S-G: Mes responsabilités recouvrent plusieurs volets de la communication de l’entreprise. En premier lieu, la communication extérieure, générale, à l’égard de tous les publics. Ensuite, la communication interne a l’égard des membres de l’entreprise et des partenaires. Enfin, la communication financière qui est un peu plus particulière parce que comme notre société est cotée nous devons avoir une communication ciblée à l’égard de nos actionnaires. J’ ai aussi le volet affaires publiques qui recouvre nos relations extérieures, notamment à l’égard des pouvoirs publics. Je ne parle pas là de nos interactions avec les agences réglementaires.

R: Très bien, maintenant nous aimerions savoir ce qui vous a poussé dans le passé à vous orienter dans ce domaine de la communication?
S-G: (pause) Cela va être difficile pour moi de répondre parce que je ne faisais pas exactement ce métier avant. C’est la rencontre avec les dirigeants de la société et l’objet de la société qui m’a donné envie de relever ce challenge.

R: D’accord, du coup les études que vous avez faites dans le passé ont-ils un rapport avec la communication ?
S-G: Non, pas directement. J’ai fait des études en deux parties. De prime abord pour devenir avocate du droit privé des affaires. Ensuite je suis entrée directement dans le monde du travail. J’ai repris mes études plus tard pour faire un 3ème cycle de droit de la vie politique à l’Université à Nanterre et je suis entrée en cabinet ministériel en 2005 par la suite. J’ai travaillé à chaque fois dans l’équipe réduite autour du ministre. Donc je m’occupais de la communication mais pas de la communication générale c’est à dire pas directement a l’égard des médias par exemple. Mais je m’occupais de la communication à l’égard de tous les élus qu’ils soient des élus locaux (des maires, des conseillers généraux, des présidents d’exécutif locaux), ou des parlementaires français ou européens. Ainsi tous les élus qui pouvaient avoir une interaction avec le périmètre de mes différents ministres. J’étais chargée de la communication à leur égard.

R: Ah oui en effet! Et comme vous travaillez avec des communicants européens, avez vous eu une expérience internationale ?
S-G: Oui de deux façons. (pause) Mais avant de vous parler de ça j’aimerais juste dire que quand je travaillais dans un cabinet ministériel j’ai travaillé pour des ministères chargés de l’Education
nationale, de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur et également pour une ministre de la santé. Donc cela veut dire que même si je n’ai aucune formation scientifique, j’ai toujours travaillé directement ou indirectement avec des chercheurs ou des médecins. Cela m’a sans doute préparée au métier que je fais aujourd’hui. Donc pour revenir à mon expérience internationale, j’ai été assistante parlementaire au parlement européen auprès d’un parlementaire pas du tout spécialisé dans les domaines de la santé mais plutôt les sujets liés aux droits de l’homme et à la lutte
contre le racisme. Donc j’ai aperçu le fonctionnement du parlement européen à travers cette première mais assez courte expérience. Ensuite dans mes différents postes, j’ai eu à suivre l’actualité politique européenne. J’espère que ce que je dis est clair car c’est assez compliqué à expliquer.

R: Oui il n’y a pas de problème de ce coté là. Et du coup qu’est-ce qui vous a poussez a partir de ce domaine pour aller vers la santé ?
S-G: J’ai toujours eu une sensibilité très forte à l’égard des sujets santé. Ce qui m’a intéressée, avant l’objet direct de la société dans laquelle je travaille aujourd’hui, c’est que j’ai toujours travaillé pour faire respecter des valeurs et des engagements auxquels je croyais. Ma première expérience professionnelle a été consacrée à la lutte contre le racisme par exemple. Ensuite j’ai travaillé en politique pour des personnes dont je croyais fortement que leur politique pouvait changer les choses pour l’ensemble des français et qui portaient des valeurs humanistes qui me sont chères. Par conséquent, travailler dans la santé était quelque chose pour moi de très cohérent. Je ne travaille plus uniquement pour le bien des Français mais pour tout ceux éventuellement qui pourront être soignés par les produits que l’on développe ! Donc il y a un lien, la chose qui a toujours guidé mes choix, c’est l’intérêt général.

R: Oui, c’est dans la suite des choses. Pour revenir un peu au niveau des études est-ce que vous avez eu des difficultés à rentrer dans le monde actif ?
S-G: Non parce que j’ai toujours commencé par des stages et que je n’ai jamais eu peur de repartir de zéro. Quand j’ai repris mes études, alors que j’étais directrice d’un service juridique, je n’ai pas hésité à repartir comme stagiaire après avoir validé mon 3ème cycle alors que j’aurais pu avoir un contrat. Mais comme les offres ne m’ont pas plû, j’ai préféré faire quelque chose de plus intéressant en cabinet ministériel, même en rentrant par la petite porte en stage. Et finalement ça m’a été bénéfique puisqu’ils m’ont offert un contrat à l’issue de mon stage. Donc je crois que les stages c’est véritablement la clé de voûte pour rentrer dans la vie active.

R: D’accord donc, ce serait ça votre bon conseil à donner aux étudiants ?
S-G: Absolument, de ne pas avoir peur de faire des stages, d’être exigent sur ses stages, de ne pas faire n’importe quoi et de ne pas choisir n’importe quel stage. Mais aussi de profiter à fond (rire) parce que c’est un moment bénit où les gens sont la pour vous aider, où vous pouvez faire des erreurs parce qu’en tant que stagiaire on n’attend pas de vous que vous soyez aussi performants qu’un salarié. Mais c’est l’opportunité de voir pleins de métiers différents même avec une seule expérience et de voir ce que font les collègues, d’apprendre énormément de choses. Et surtout ce qui est très important dans les stages c’est qu’on apprend à travailler. Car on peut engranger plein de connaissances à la fac ou dans ses études mais ce qui est important c’est d’apprendre à travailler. Et par apprendre à travailler j’entends travailler en équipe, apprendre à voir les priorités dans les choses que l’on a à faire et mettre l’accent sur ce qui nous semble pertinent, apprendre à demander du travail aussi, apprendre à chercher au delà de ce que l’on nous donne. Parce que dans un stage on a le périmètre qu’on arrive à conquérir. Plus vous proposez de faire des choses et plus vous les faites de façon qualitative avec la meilleure volonté possible plus on vous laisse faire des choses.

R: Oui je comprends votre vision des choses. Et après cela, votre expérience professionnelle a t-elle toujours été comme vous le souhaitiez ?
S-G: Oui car je me suis donné les moyens, j’ai accepté de tout remettre à plat deux fois, parce que je n’ai pas peur de m’ennuyer, mais je veux faire des choses intellectuellement stimulantes. Donc en une douzaine d’années j’ai changé deux fois d’orientation, c’est resté cohérent, mais à chaque fois avec le souci de faire quelque chose qui intellectuellement me satisfaisait .

R: Avez vous des projets pour l’avenir actuellement ?
S-G: (pause) Alors là, on est au tout début d’une magnifique aventure (rire), donc je ne me projette pas ailleurs que la où je suis. Je veux accompagner la progression de mon entreprise et je veux à titre personnel grandir avec mon poste.

R: Très bien. En parlant de progression, nous avons appris que votre société s’entendait à l’international, est-ce que vous allez faire partie de cette nouvelle équipe ?
S-G: Je ne m’interdis pas de partir à l’étranger si un nouveau challenge se présente dans l’entreprise, que c’est cohérent et que ça me plait. Mais à vrai dire pour le moment ce n’est pas mon intention peut être dans deux ans mais non pas pour l’instant.

R: D’accord. Pour parler un peu plus de votre métier en soit, pouvez vous nous raconter une journée type dans votre métier?
S-G: (pause, soupire) Alors véritablement non car elles sont très différentes, mais il y a quand même des grands standards. Donc je ne veux pas que ce soit considéré comme une journée type mais plutôt comme de grands standards. Le grand standard c’est de regarder, parce qu’on travaille avec l’étranger, tous les mails qui sont arrivés pendant la nuit et de faire une priorité pour ceux auxquels je dois répondre, ceux qui me semblent importants, et donc que je dois signaler à mon patron ou à des collègues dans l’entreprise, et ceux que je dois envoyer à mon équipe par exemple en leur demandant de les traiter. Ce qui est important quand on fait ça et qu’on donne des consignes à son équipe c’est aussi de leur donner une « deadline ». Pour la bonne gestion de l’équipe il faut toujours donner des délais clairs parce que sinon c’est très déstabilisant pour les équipes de recevoir une consigne et de ne pas savoir ce qui est prioritaire et ce qui ne l’est pas. Ensuite on a toujours plusieurs dossiers et plusieurs projets en cours et en fonction de l’urgence on avance sur les uns et les autres. On mène de front plusieurs dossiers. J’ai parfois des rendez-vous avec soit des journalistes seuls ou avec le président du directoire de mon entreprise.Sinon je vais également à la rencontre de prestataires c’est a dire des gens qui travaillent avec nous pour nous aider dans nos différents projets. Cela peut être des agences de communication avec lesquelles on travaille ou des graphistes à qui j’ai demandé d’étudier des travaux pour nous ou bien des imprimeurs. On a comme cela des partenaires, avec lesquels on travaille et que j’ai besoin de voir régulièrement. Le plus important c’est de faire avancer les dossiers en fonction des priorités. Je vous parle peut être un peu vaguement mais c’est parce que concrètement tout les jours cela change et que je n’ai pas deux journées qui se ressemblent.

R : Comme aucune journée ne se ressemble vous n’avez pas d’horaires précises chaque jour, si ?
S-G:Alors je n’ai pas d’horaire précis, mais j’ai des moyennes. Je suis au bureau entre 9h/9h30  je repars vers 19h sachant que je travaille de chez moi quand c’est nécessaire et que je conserve mon portable professionnel allumé tout le temps pour ne pas rater une urgence. C’est une habitude, quelque chose que je garde de mon ancienne vie professionnelle et qui est très pratique parce que, quand on est chef d’un département, on ne peut pas se permettre de rater une urgence et de ne pas donner suite quand on est sollicité. Mais cela reste rare.

R: Justement par rapport à cet emploi du temps vous dites que vous pouvez aussi travailler à la maison, est-ce que ce n’est pas difficile de concilier famille et monde professionnel ?
S-G: Alors je ne peux parler qu’à titre personnel, et donc pour moi pas du tout mais parce que je n’ai jamais fait autrement. Cela n’est pas du tout pesant parce que ce que l’on fait est tellement exaltant et intéressant que cela ne peut pas l’être. Ce serait comme demander à un chanteur de ne pas chanter ou de ne pas faire des vocalises à la maison le soir : ce n’est pas une contrainte. (rire)

R: Pouvez-vous nous donner un peu de précisions sur l’ambiance dans votre entreprise ?
S-G: L’ambiance est excellente. Je pense que le recrutement se fait autant sur les compétences et les expertises que sur les qualités humaines, parce qu’il y a vraiment une homogénéité et un plaisir des uns et des autres à venir qui est vraiment remarquable. Moi je l’ai comparé à mes expériences professionnelles antérieures: c’est incomparable. Mais je pense aussi qu’au delà de la bonne ambiance avec les collègues, nous sommes tous réunis avec des expertises très différentes. On a des profils très différents mais on se lève tous les matins avec la même palpitation au ventre parce qu’on sait que ce que l’on fait est vraiment hors normes et on est hyper heureux d’être embarqués dans l’aventure. Du coup il y a une ambiance je pense qui est vraiment liée à notre activité.

R: Et vos conditions de travail comment-sont elles ?
S-G: Au niveau du bureau et des locaux c’est très agréable. (pause) Je n’ai rien de spécial à dire parce que les locaux sont classiques pas neufs mais pas anciens, ils sont très fonctionnels très bien pensés. Il y à des endroits pour partager des moments de convivialité. On est répartis sur deux étages, et à chaque étage il y a des endroits dédiés à ces moments de convivialité très agréables. Il y a plusieurs salles de réunion si on veut faire un aparté. On a plusieurs « open space » très agréables et moi j’ai un bureau seul très fonctionnel et très agréable. En résumé les locaux sont très agréables et bien pensés. Par exemple aux 3ème étage nous avons une salle de repos avec une télévision et des jeux vidéo, tout est fait pour que l’on puisse travailler mais également se détendre.

R: En se qui concerne le matériel utilisé vous nous avez dit que vous aviez toujours votre portable sur vous, vous avez aussi votre ordinateur ou autre chose toujours à porté de main ?
S-G: Alors oui moi mes outils sont mon téléphone, mon ordinateur, et un cahier.

R: Un cahier pourquoi faire ?
S-G: Pour prendre des notes dès que j’ai une idée, dès que mon patron ou qu’un collaborateur à une idée que je ne veux pas oublier, dès que je veux prendre des notes quand j’assiste à une réunion. J’ai un cahier qui ne me quitte pas. (pause) C’est l’annexe de mon cerveau.

R: D’accord, je vois merci.Et pour vous, quelles seraient les possibilités d’évolution de carrière dans le métier que vous exercez ?
S-G: Alors au sein de mon entreprise ou au-delà ?

R: Plutôt au-delà ?
S-G: Et bien ça serait faire la même chose dans une entreprise plus grande (rire). Mais comme j’ai l’ambition que l’entreprise grandisse, pour l’instant j’ai envie de faire la même chose dans mon entreprise quand elle grandira.

R: Oui et à propos de ça comment êtes-vous rentré dans cette entreprise?
S-G: Alors, j’ai appelé une amie quand je cherchais du travail et elle-même était en train de sélectionner des candidats à présenter pour mon poste, car elle est recruteuse, et elle avait pensé à moi pour ce travail. Donc quand je l’ai appelée, je suis tombée à point nommé, car elle s’apprêtait à me proposer de candidater.

R: D’accord. Et aviez-vous fait des stages chez eux auparavant ?
S-G: Non, car les stages doivent être fait au début de la carrière professionnelle et que je les connais depuis peu.

R:Oui je comprends. Et ça fait combien de temps que vous exercez ce métier globalement ?
S-G: Globalement, sans compter ma première expérience de juriste, vous voulez dire? Que je fais de la communication au sens large?

R: Oui exactement, voila.
S-G: 9 ans environ.

R: Et ça vous plait toujours autant?
S-G: Oui, de plus en plus, car j’apprends des choses nouvelles tout le temps.

R : Est ce que vous pouvez donc dire que votre métier vous apporte quelque chose d’enrichissant ?
S-G : Oui c’est très enrichissant, parce que dans le métier de la communication il faut aller soi-même vers les autres pour faire passer nos idées, nos messages, notre enthousiasme. C’est un métier de communication donc un métier de contact et il est important de ne rien faire à contre cœur. On ne peut pas exercer un métier de communication si on n’est pas déjà fière des messages et des réalisations de son entreprise. On devient, comme chacun des salariés, le porte-parole de son entreprise à l’égard des différents contacts. Ces contacts peuvent être autant des médecins, des journalistes, que des personnes du grand public, des patients donc il faut faire attention à l’image que l’on reflète et croire aux messages que l’on fait passer où ils seront mal interprétés.

R : Très bien et aimeriez-vous revenir en arrière?
S-G : Non, ni mon métier de juriste, ni mon métier de communication dans le milieu politique.

R : Pouvez-vous nous dire pourquoi ?
S-G : Parce qu’en arrivant dans le privé j’ai découvert des nouveaux challenges et que je pouvais mettre mon talent et mon travail au service de ma communauté et même audelà de celle-ci, puisqu’on tente d’améliorer la vie et parfois la survie de patients dans le monde entier. C’est un challenge tellement stimulant qu’il me serait difficile de trouver une activité pouvant m’enthousiasmer autant à l’avenir.

R : Je vois et qu’est-ce qu’il y a de différent entre ce que vous avez fait auparavant et ce que vous faites maintenant ?
S-G : Le bénéfice apporté au grand public est multiplié de façon exponentielle. L’intérêt général est encore plus servi qu’auparavant.

R : Donc vous voulez vraiment aider la communauté dans tous les sens possibles au niveau international?
S-G: (pause) Plus exactement ce que je veux c’est donner un sens à ce que je fais.

R : Ah d’accord. Et selon vous quelles seraient donc les qualités indéniables à avoir pour faire ce métier ?
S-G : Tout d’abord il faut savoir écouter parce qu’ici je n’invente pas les messages (rire), j’apprends tous les jours de tous les gens de l’entreprise pour comprendre quelles sont leurs problématiques ou quels sont les enjeux pour les traduire et les porter à l’extérieur. Il faut donc savoir écouter et être humble, savoir apprendre et absorber comme une éponge les informations. Il faut aussi avoir un esprit synthétique pour pouvoir travailler, reformuler et utiliser les informations récoltées. Bien sûr il faut être enthousiaste mais ce n’est pas une qualité, plutôt un état d’esprit. Et il faut aimer les gens. Par exemple j’ai un contact professionnel qui m’a été très utile et j’ai découvert que c’était quelqu’un avec qui j’avais discuté de façon informelle lors d’une conférence et qui s’était souvenue que j’avais pris le temps de la présenter au président de l’entreprise sans intérêt autre que le plaisir de parler avec quelqu’un qui est intéressé par nos produits et il s’est avéré quelques mois plus tard que cette personne nous a aidé sur un dossier parce que le dossier était bon mais aussi parce qu’elle s’était souvenue qu’on avait très volontiers partagé un moment d’échange sur notre activité. C’est cet état d’esprit qui marque les gens et cela joue sur la façon dont ils travaillent avec nous.

R : Et en ce qui concerne les défauts à ne surtout pas avoir ?
S-G : Ne pas avoir peur de son ombre ! (rire) Il ne faut pas s’enfermer et croire qu’on a tout juste et essayer d’imposer ses idées aux autres. Ne pas plaquer des théories toutes faites sur une situation de communication, il faut de la souplesse intellectuelle, écouter et savoir changer d’avis. Ne pas être pétrie de certitudes.

R: Très bien merci, et pour revenir à notre projet professionnel qui se concentre sur la communication des événements, avez-vous été amené à en faire ?
S-G : Oui nous avons eu plusieurs événements. et j’ai été amenée à en organiser. Nous avons organisé une conférence pour le Nano World Cancer Day. C’est un événement qui a lieu une fois par an pour la journée contre le cancer et l’ETPN (plateforme européenne de nano médecine) organise une conférence de presse en même temps dans chaque pays européens membres de l’ETPN pour faire connaitre tout ce que la nano médecine propose pour lutter contre le cancer. Il y a donc dans chaque pays des invités différents et cette année nous avons fait un film diffusé simultanément dans tous les pays d’Europe en ouverture de cette conférence de presse et selon les pays il y avait différents intervenants. En France nous avions 2 représentants de sociétés et un grand professeur de médecine chercheur pour commenter les nouveautés de la Recherche. Le public était composé de journalistes spécialisés dans les sujets d’innovation (pas seulement dans la santé) mais aussi de journalistes spécialisés sur la santé en général ou encore de journalistes qui suivent précisément les sujets cancérologie. Pour cela j’ai eu 2 prestataires. Le premier étant une entreprise audiovisuelle qui a fait les différentes interviews avec montage des films et les sous titrages. Le deuxième étant une agence de communication qui connaissait très bien les différents journalistes à inviter, avec lesquels ont à fait un communiqué de presse spécial qui n’a été envoyé qu’aux journalistes pour leur expliquer quelle est la nature de l’événement, quel est le concept, quelles sont les personnes qui vont prendre la parole. On les invite aussi à venir assister pour prendre des informations et à poser des questions aux différents orateurs à la fin de leur présentation. Et ceci s’est très bien passé parce que le petit film à été transmis dans plusieurs pays et qu’il était de très bonne qualité. Le deuxième prestataire a parfaitement rempli son engagement, on a eu en effet une salle remplie de journalistes très motivés et très intéressés qui étaient déjà « brieffés » sur le sujet et qui ont pu recevoir des informations sur le sujet général qui ici n’était pas notre entreprise mais les progrès de la nano médecine contre le cancer.

R: Et quel a été votre rôle dans l’organisation de cet événement ?
S-G: Avec mon équipe nous avons conçu le déroulé. Nous avons eu l’idée de faire la vidéo. Nous avons écrit un projet, nous avons proposé à tout les membres de suivre ce modèle là et ils ont accepté. Quand tous les membre ont accepté nous avons fait la sélection du prestataire vidéo, ensuite nous avons fait une sélection des personnes qui allaient être interviewés et des messages délivrés, ça c’est pour la partie vidéo. Et ensuite nous avons fait une sélection des gens qui allaient prendre la parole et les sujets qui allaient être abordés durant la conférence en France. Et puis nous avons décidé de l’endroit, de la date la plus opportune, etc. Et enfin nous avons fait de la documentation pour les journalistes présents le jour même, et un communiqué de presse. Un dossier de presse c’est un dossier dans lequel les journalistes retrouvent des informations importantes comme par exemple la présentation de chaque orateur avec sa biographie mais aussi des informations développées durant la conférence, pour rappel, pour qu’il n’y ait pas d’erreur et de perte d’information en ligne. On a fait autant la conception de l’événement, que les messages à passer, que l’organisation très concrète à savoir le lieu et la documentation à distribuer. Il faut donc avoir des compétences très variées.

R: Oui en effet. Et pour la dernière question, vous nous avez parlé d’une équipe, combien  êtes vous exactement ?
S-G: Alors (pause) je ne peux pas vous communiquer la taille mais je peux simplement vous dire que nous sommes une petite équipe très soudée! (rire)

R: Oui très bien je comprends. Et bien nous vous remercions tous pour le temps que vous nous avez accordé, nous vous enverrons la retranscription pour être sûr que tout ce qui sera dis ne vous pose pas de problème. A très bientôt.
S-G: De rien c’était un plaisir, au revoir. »

Interview de Monsieur Romain Davignon, co-fondateur de 100% Made in France et directeur général du Groupe Alternative à Montpellier, France.

samedi 23 novembre 2013

bandeau entretien bon

Le lundi 4 novembre 2013, nous nous sommes rendues à l’agence du Groupe Alternative, qui se trouve à Montpellier, pour réaliser notre entretien avec Monsieur Romain Davignon, le directeur général de cette agence de communication. Il nous a reçu dans une salle à part et a répondu à toutes nos questions avec intérêt, enthousiasme, et parfois même humour, pendant près d’une demi-heure.

Bonjour Monsieur Davignon, nous sommes étudiantes en première année de licence Infocom à l’université Paul Valéry, dans le cadre de notre cours de Projet Professionnel Personnalisé nous devons réaliser un entretien avec un professionnel de la communication. Le but de cet entretien est que vous nous présentiez votre métier, les différentes structures au sein desquelles vous travaillez ainsi que le domaine de la communication en général. Nous devrons retranscrire cet entretien sur le blog avant le 25 novembre. Est-ce que nous pouvons filmer pour faciliter la retranscription? Nous aurons également une présentation orale, est-ce que vous nous autorisez à passer certains passages de cet entretien devant la classe ?

Si j’avais su que j’étais filmé, je me serais fait beau ! (il rit)

Monsieur Davignon, vous êtes directeur général chez Groupe Alternative, co-gérant  chez Understand, co-gérant chez Résocom, co-gérant chez Ministry Event et co-fondateur de 100% Made in France, quel a été votre parcours pour en arriver là ?

J’ai passé un BTS de communication des entreprises, après un bac action co et après j’ai eu un passage dans le monde du syndicalisme patronal. Je m’occupais de l’UNOSTRA, le syndicat des transporteurs routiers, et ensuite de la Confédération générale des petites entreprises, dans laquelle nous avons monté un programme d’aide à la reprise d’entreprises. Une société de communication s’est présentée dans ce processus-là, et du coup, ça a été une opportunité pour moi de racheter une entreprise.

Quelle a été la première entreprise que vous avez rachetée ?

C’était FMC Communication, et je suis parti il y a maintenant… quatre ans, pour créer le Groupe Alternative.

Donc ça a été votre premier emploi ?

Non non puisque j’ai d’abord été secrétaire général de l’UNOSTRA.

Quelles compétences acquises durant vos études réutilisez-vous aujourd’hui dans votre vie professionnelle ?

( Il rit) Il va falloir couper là je crois ! Euh… Compta et gestion, mine de rien c’est des bases qui sont importantes, après la créativité, en tout cas en ce qui concerne le monde de la communication, je ne suis pas tout à fait sûr qu’elle s’acquiert à l’école… après il faut être créatif et imaginatif, là, je pense que c’est plutôt de naissance en tout cas, et il faut également une culture générale globale à la base.

La créativité, pour moi, elle s’acquiert au fur et à mesure des sujets et des opportunités qu’on a à gérer et puis surtout, de l’attitude du client qu’on rencontre, puisque vous avez des clients qui vous permettent d’être créatifs et d’autres, au contraire, avec qui il faut rester vraiment dans le cadre qui est prédéfini. Donc ça, ce sont des matières qu’on n’apprend pas vraiment à l’école.

Après, en ce qui concerne les matières qui me servent aujourd’hui, il y a l’économie, qui permet, je pense, d’avoir une vision un petit peu plus macro de l’environnement économique dans lequel on vit… Et puis c’est à peu près tout. Le reste s’apprend pas mal sur le tas je pense.

Vous dites « sur le tas », avez-vous justement pratiqué des stages dans des entreprises, durant vos études, qui vous ont permis d’acquérir justement ces compétences ?

Oui, j’ai fait des études en alternance. Pour moi en tout cas, c’est un très très bon moyen d’être confronté déjà rapidement à une réalité du travail et du monde économique, et ça permet en parallèle d’avoir un cursus scolaire qui continue de donner certaines bases.

Quel est votre rôle exactement au sein des différentes agences dans lesquelles vous travaillez ?

Alors le gérant est un peu polyvalent, on doit être aussi bien présent dans des postes tels que le social, la comptabilité et la gestion, que la création, le commercial, qui est aussi une partie importante. Donc il faut être polyvalent en tant que gérant. Mon travail au quotidien, c’est un peu de chapeauter différents postes, qu’ils soient sociaux administratifs, comptables ou commerciaux.

Aujourd’hui on est deux associés sur le groupe Alternative. Morgan GRIFFON, qui est mon associé, gère vraiment toute la partie commerciale et développement, et c’est moi qui gère plus la partie compta gestion ainsi que la partie créativité, création.

D’accord, et quelle partie préférez vous donc entre la partie compta-gestion et la partie créativité création ?

Les deux sont agréables… le regret que j’ai aujourd’hui sur la partie commerciale, puisqu’on travaille en B to B* quand on est en agence, c’est ce rapport à l’argent et au prix, et malheureusement le contexte économique fait que du coup, on ne vous juge plus vraiment sur la créativité.

*Le commerce B to B (business to business) ou commerce inter-entreprises désigne les échanges de biens et de services réalisés entre les entreprises.

Donc quand vous avez acheté cette entreprise, Groupe Alternative, vous l’avez fait avec votre associé ?

Non je ne l’ai pas acheté avec mon associé, je l’ai créé tout seul. Ensuite Morgan m’a rejoint, en tant qu’associé, et on a procédé à ce qu’on appelle une « augmentation de capital » pour qu’il puisse avoir un certain nombre de parts au sein du capital social.

Tout à l’heure, vous avez cité un certain nombre de structures, aujourd’hui, on est en train de les absorber au fur et à mesure sur le groupe, donc à terme il n’y aura que deux structures qui continueront à exister, qui est « Groupe Alternative » et « 100 % Made in France ». Pour la seule bonne raison que nous sommes des PME, qu’à la base on était partis sur ce système à plusieurs structures spécialisées dans chaque domaine et que le coût de vie d’une entreprise, quand vous additionnez les frais bancaires, des assurances, de comptabilité et de gestion, sur une multitude de petites structures, au final, vous ne bénéficiez pas du tout d’économie d’échelle*, et aujourd’hui la logique la plus intéressante est de tout recentrer sur Groupe Alternative, garder 100% Made in France indépendante, parce que c’est vraiment une activité un peu à part, et puis parce que j’ai des convictions personnelles. Du coup voilà, en gros, on recentre tout sur Groupe Alternative. Pour être plus fort, pour avoir plus de chiffre d’affaire sur la structure, pour avoir des bilans plus costauds quoi.

*Economie d’échelle : Une économie d’échelle correspond à la baisse du coût unitaire d’un produit qu’obtient une entreprise en accroissant la quantité de sa production. On parlera ainsi d’économie d’échelle si chaque bien produit coûte moins cher à produire lorsque les quantités produites ou vendues augmentent.

Donc c’est le prix que vous envoyez à la fin qui compte ?

Et bien de plus en plus ! Le prix final est important, donc si on veut avoir des bons prix, il faut penser à avoir des structures qui sont le plus économique possible, et si vous multipliez les structures vous multipliez les coûts vous diminuez vos chances d’être compétitifs.

Que pouvez-vous nous dire de plus au sujet du Groupe Alternative ? Au niveau de l’activité, de la structure, du nombre d’employés…

Alors, Groupe Alternative c’est une société qui est en plein développement, qui devrait atteindre les neuf cent mille euros cette année de chiffre d’affaire, avec une petite équipe d’une dizaine de personnes. Chacun a des compétences, des qualités différentes, et il y a un grand développement sur la partie stand et agencement, qu’on avait peut être un peu moins avant, et on continue toujours à développer l’événementiel qui est un secteur sur lequel on est assez connus, et puis la partie com-créa qui continue de se développer gentiment, je dis gentiment car, sur la partie design notamment, il y a aujourd’hui un marché qui est saturé de Free-lance* et de créatifs en design qui fait que les prix pratiqués, ne permettent plus vraiment d’être compétitif en agence.

*Free-lance : personne qui exerce sa profession de manière indépendante.

Qu’entendez-vous pas « ne permet plus d’être compétitif en agence » ?

Vous avez aujourd’hui un jeu de l’offre et de la demande qui est inversé, vous avez beaucoup plus d’offres de designer free-lance qui sont dans leur coin ou qui travaillent en groupe ou qui se sous-traitent auprès d’agences et donc qui vous permettent de moins en moins d’avoir des salariés et de pratiquer des prix compétitifs. Aujourd’hui les conditions font qu’un salarié que vous allez rémunérer mille-cinq, mille-six ou mille-sept en euros en fonction de ses compétences nettes, c’est quelqu’un qui va vous en compter le double. Aujourd’hui il y a tellement de graphistes free-lance qui démarchent les clients qu’avant de rendre rentable un graphiste en interne ça devient compliqué.

Donc en fait, le secteur de la pub est saturé ?

Le secteur de la pub n’est pas forcément saturé, le secteur de la pub, comme beaucoup de secteurs, est un secteur qui évolue et auquel il faut s’adapter. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, peut-être l’une des solutions est d’avoir cinq, six créa en interne et trois, quatre ou cinq free-lances qui vont avoir des pâtes artistiques différentes et qui vont pouvoir mieux s’adapter aux attentes du client. Donc, c’est vraiment une phase qu’on est en train de prendre et, aujourd’hui, pour un client qui veut un prix et une exécution rapide, on a des free-lance qui correspondent à ça, pour un client qui veut une recherche plus créative, partir sur des pistes un peu manga, on a des free-lances un peu plus spécialisés là-dedans… donc on va aller piocher les compétences et la créativité là où elles sont.

Donc vous préférez tout avoir ?

Disons que si on a tout, on est plus tout petit.

En effet… Quel est votre point de vue sur le futur des métiers de la communication ?

(Il regarde en l’air, hésite) C’est une bonne question ça ! Euh … alors, il y a une logique mais c’est pas celle qui est de mon point de vue, en tout cas, on essaye de se battre un petit peu contre ça, notamment avec 100% Made In France, puisque moi je pars du principe que si je veux pouvoir manger à la fin du mois, il faut que les gens avec qui je travaille aient moyen de consommer chez moi. Pour qu’ils aient moyen de consommer chez moi, il faut qu’ils créent des emplois, qu’ils travaillent sur le territoire français et malheureusement aujourd’hui on arrive aussi bien dans le développement web, que dans le stand, que dans le design, à avoir des sous-traitants de Bagdad ou des sous-traitants turcs, tunisiens qui travaillent à 300 euros par mois… Donc peut-être qu’une des solutions aujourd’hui, c’est de faire appel à ces pays-là sur demande de sous-traitance de travail, à des prix défiants toute concurrence, donc ça en France on ne peut pas assumer à cent pour cent. Moi je reste convaincu qu’aujourd’hui, c’est pas une solution d’aller sous-traiter à l’étranger. Le made in France et le côté qualitatif, à mon avis, ont encore un peu d’avenir devant eux, et on va privilégier peut-être moins la quantité mais plus la qualité à des prix d’un bon rapport qualité prix.

Aujourd’hui, il y a quand même une mutation qui est en train de se passer, c’est que de très grosses agences se voient avec des budgets réduits donc pour arriver à maintenir leurs petites affaires ça devient compliqué, et les plus petites agences comme les nôtres, les agences à tailles humaines, commencent à avoir des demandes de prix de la part des grosses structures, pour réduire leurs coûts elles aussi. Donc voilà, je pense qu’il faut maîtriser la créativité en interne et appliquer une politique de tarifs relativement cohérente.

Est-ce qu’il y a de la demande pour 100% Made in France ?

Alors 100% Made in France n’est pas une agence de com’, c’est un média qui nous permet de communiquer sur les entreprises qui fabriquent en France. Donc il faut différencier le média de l’agence de pub, l’agence de pub est là pour créer, le média est là pour diffuser. Donc nous, 100% Made in France, c’est clair que c’est devenu un outil lobbying qui nous permet, en seul en clic, de toucher soixante à soixante-dix mille internautes tous les mois sur le site Internet.

« Soixante à soixante-dix mille internautes tous les mois », cela signifie-t-il que les gens sont de plus en plus intéressés par les produits français ?

Alors là on sort du contexte du marché de la com’, si on parle de l’économie en général, je pense effectivement que les gens ont enfin compris qu’il faut consommer local s’ils veulent garder un certain pouvoir d’achat et s’ils veulent préserver leur emploi. Moi, les gens qui, à un moment donné m’ont donné envie de créer 100% Made in France, ce sont les cgtistes comme Bernard Thibaut que je voyais manifester dans la rue contre la délocalisation et qui sont habillés chinois de la tête aux pieds… donc à un moment donné, ces gens là, il faut qu’ils se posent les bonnes questions. Ce n’est pas en voulant toujours acheter moins cher que l’on augmente le pouvoir d’achat, au contraire, c’est en achetant moins cher que l’on détruit le pouvoir d’achat.

Effectivement… Donc vous nous avez parlé de votre parcours, du Groupe Alternative, de 100% Made in France et des motivations qui vous ont conduit à créer ce média, à présent, pouvez-vous nous faire une petite présentation de Réseau’Com s’il vous plaît ?

Alors, Réseau’Com c’est une société qui est complètement absorbée par Groupe Alternative, et qui, aujourd’hui, n’a plus de statut social à cent pour cent. Le travail de Réseau’Com est de vendre de l’espace publicitaire sur des médias. Donc aujourd’hui on travaille sur deux médias, sur le média 100% Made In France, qui nous appartient à cent pour cent, et on travaille sur un média qui relève de la CAPEB qui est une lettre  d’informations patronale liée aux métiers de l’artisanat. Voilà, donc là notre travail c’est de mettre à disposition de nos clients, qui sont des éditeurs, une force commerciale qui prospecte et qui lance des espaces publicitaires, ou qui négocie des partenariats, ou ce genre de choses. Donc c’est une force commerciale qu’on met à disposition du monde de la communication et de l’édition.

D’accord, et au sujet de Ministry Event, que pouvez-vous nous dire ?

Ministry event c’est maintenant une marque du groupe spécialisée dans l’organisation d’événements. Événements uniquement professionnels, nous ne travaillons pas avec les particuliers. Le premier métier est vraiment de créer des événements liés à une cible, à des budgets, des contraintes données par le client. Nous allons aussi bien faire du street-marketing*, que des roadshows*, des organisations de séminaires, des anniversaires d’entreprises, des lancements de produits.

Nous avons une particularité par rapport à nos concurrents, c’est que nous sommes autonomes avec un parc matériel pouvant accueillir deux cents à trois cents personnes. C’est à dire qu’on possède nos propres structures en aluminium, nos propres spots, nos systèmes sons. Nous avons même notre propre dôme géant gonflable qui fait quatre cents cinquante m² au sol nous permettant d’avoir une salle de réception qu’on peut mettre à la disposition de nos clients.

    * Street-marketing : Le street marketing est une technique marketing qui utilise la rue et les lieux publics pour promouvoir un évènement, un produit ou une marque.

Le street marketing utilise généralement l’événementiel, de la distribution de tracts ou flyers ou différentes formes originales d’affichage.

    * Roadshow : Un roadshow est une suite de présentations de nature commerciale ou financière qui s’effectuent dans un nombre limité de grandes villes et auxquelles participent généralement des hauts dirigeants de l’entreprise concernée et des experts du domaine.

Comme pour le lancement de la nouvelle BMW ?

Oui, vous y étiez ?

Non nous avons seulement vu des vidéos sur Internet, mais nous aurions bien aimé y être. En général, combien faut-il de temps pour créer un événement comme celui-là ?

Dans l’idéal, il nous faut 3 mois, la réalité fait qu’on a deux mois. Cela peut aller très très vite, sur des événements comme ça où nous sommes complètement autonomes, il y a des délais incompressibles liés à l’envoi des invitations notamment. On ne peut pas vous donner des délais précis pour certains événements il vous faut trois mois, d’autres il faut trois jours… Il y a des clients qui nous appellent le lundi pour le jeudi. On arrive à booker des hôtesses, imprimer des flyers s’ils sont déjà conçus, faire quelques t-shirt ; ce sont des choses qui peuvent se faire rapidement.

Je ne peux donc pas vous donner un délai précis, en général plus le budget est gros, plus l’événement est lourd donc plus le délai est long. Aujourd’hui par exemple on travaille pour des événements qui vont avoir lieu au mois de mai, mi juin 2014.

Vous pouvez nous parler un peu des projets à venir ?

Oui, il y a un gros séminaire qui s’appelle le « Club élite » pour le groupe BERTO à Avignon. On réalise un séminaire pour deux cent personnes avec des animations et des réunions de travail.

Nous avons aussi un gros événement national pour Parmentier qui est sur le thème de la pomme de terre, avec un concours d’épluchage de pommes de terres.

Et puis on a des petites soirées, des plus petits séminaires et on va recommencer la saison des plages car nous travaillons pas mal avec des plages privées.

Une fois qu’un événement est fini, que ressentez-vous ?

Du soulagement ! (il rit) Non c’est vrai que l’événementiel ça a ce côté « live » qu’on ne retrouve pas dans les créations papier ou dans les sites internet. Un événement, vous l’imaginez, vous le schématisez, vous concevez des heures en amont, de A à Z, 24h/24. A l’instant D vous soufflez. C’est une libération, tout le monde s’amuse, tout le monde en profite, ça a un coté excitant…Mais quand c’est fini, il faut ranger. (rires)

Vous parliez de créativité par rapport au client, justement comment arrivez vous à cerner les attentes de vos clients ?

(du tac au tac) L’écoute. Je crois que l’écoute c’est la clé de tout. Si vous écoutez un client, c’est lui qui va donner les solutions au final dans beaucoup de cas. Mais l’écoute est très importante. D’ailleurs l’écoute que vous pratiquez, l’écoute active, c’est à dire que vous notez en même temps que je parle, c’est une des clés je pense pour ne pas se louper, parce que quand un chargé de projet est en rendez-vous avec un client, il va noter au fur et à mesure les attentes et les éventuelles remarques du client et cela va permettre en interne de pouvoir faire des offres adaptées. Si on retient tout dans la tête, quand on va retranscrire en réunion on va oublier la moitié des choses et si la personne ne note pas l’ensemble du contenu va elle aussi oublier des choses ce qui fait qu’à la fin vous arrivez à quelque chose qui est complètement hors sujet.

Donc l’écoute est une qualité requise dans ce métier, quelles sont les autres qualités nécessaires pour ce travail ?

(Il soupir et rit) Il faut plein de qualités. Effectivement l’écoute c’est important après vous avez aussi la raison qui est importante car si vous proposez des propositions que ce soit au niveaux des médias ou de la créativité qui sont complètement hors budget ou complètement provoc’ alors que quelqu’un veut quelque chose de plus institutionnel vous n’êtes pas bon dans votre métier.

Après, la rigueur, je pense que c’est super important car on travaille quand même avec des deadline* et des dates qu’il faut respecter. Si vous envoyez votre créa avec trois jours de retard, elle n’est pas dedans et c’est pas bon alors il faut de la rigueur.

* Deadline est un mot anglais pouvant signifier en français date limite, échéance, date de tombée (dans le monde des médias), date de clôture,

Et puis surtout, je pense qu’il faut arriver à trouver un bon mix de ça, et arriver à rester objectif. C’est à dire qu’il ne faut pas oublier qu’on ne communique pas pour faire plaisir à son client, mais pour faire plaisir à ses clients à lui. Et ne pas oublier que quand on présente quelque chose on ne le présente pas pour faire plaisir à la personne qui est en face de nous mais pour faire plaisir aux gens qui sont ses clients. Il faut réussir à se projeter et pour ça il faut savoir chercher les informations dans les bons endroits.

Très bien. Est ce que maintenant vous pouvez nous décrire une journée type ?

(Il sourit) Il n’y a pas trop de journée typique en fait. Non non, il y a des journées types, il y a quelque chose qui est hyper important. On va prendre une journée comme le lundi par exemple où nous ferons un point commercial, un point de gestion et un point de création. C’est à dire, que l’on fait un point avec les différentes équipes avec mon associé et notre comptable sur les entrées et les sorties financières qui sont à exécuter tous les mois. Et puis toute la partie administrative qui mine de rien dans une société comme la nôtre est relativement complète. Après, il y aussi un point à faire avec les pôles créatifs et les chargés de projet pour voir d’un côté où on en est sur le propositions en cours et d’un autre côté sur les propositions à signer ou à réaliser, donc ça c’est un point de production. Et puis, il y a un point commercial à faire avec les équipes de commercialisation, que l’on appelle chez nous, les « chefs de pub » pour voir où ils en sont pour le chiffre d’affaires, est ce qu’il y a des attentes client ou des remontées qui sont à prendre en compte. Donc ça c’est un point important le lundi matin.

Bon, le lundi midi on mange avec mon associé, on en profite un peu pour faire un point du week-end et de ce qui va se passer le reste de la semaine. Et puis ensuite on est vraiment dans la partie production parce que l’après midi, on fait des brainstorming, c’est à dire que quand un dossier arrive on se réunit toujours à deux , trois ou quatre, ça dépend de la taille du dossier et des compétences qui sont à y intégrer, pour réfléchir à plusieurs sur les axes importants. Donc là, tout le monde jette ses idées, tout le monde discute du dossier et puis le chef de projet du dossier, une fois qu’on est sortis de cette réunion, prépare le brief* à réaliser.

*Brief : (ou briefing) Exposé précis, écrit ou oral, jetant les bases d’un problème ainsi que les objectifs à atteindre. Il peut éventuellement prendre la forme d’une réunion d’information, en vue d’échanger des idées.

Et d’après vous quels sont les inconvénients du métier ?

Il y a peu de visibilité financière, c’est à dire qu’il est rare qu’une agence de communication garde un client dix ans ou quinze ans. C’est encore plus rare que sur nos typologies d’entreprises on ait des contrats sur deux-trois ans d’un montant suffisamment élevé. On travaille pas mal avec des remises en concurrence régulières. Ce qui est logique, d’un côté parce que peut être plus on est immergé dans une entreprise, moins on devient créatif, puisqu’on à moins de recul. Donc ça c’est un des points que je trouve assez pénible… mais qui fait partie de la règle du jeu.

Après ce que je trouve un peu dommage, c’est cette trop grosse palette d’offres qui existe, on est vraiment nombreux dans ce métier et chaque entreprise dans le métier a une typologie différente. On peut partir de l’auto entrepreneur passant par le petit studio graphique comme des moyennes, des grosses ou des très grosses structures. Parfois les clients vous consultent mais ils ont consulté un free-lance et un très très gros donc il n’y a pas de prix exact, il n’y a pas de grilles de tarif. Il y a ce côté un peu flou qui peut parfois être fatigant.

Vous nous avez parlé des inconvénients, maintenant que pensez-vous des avantages de ce métier ?

En tant que chef d’entreprise, on organise nous journées comme on en a envie. Ensuite il y a un côté un peu « fun » dans la communication ou on peut se permettre de ne pas porter de cravate, porter un baggy… Voilà nous ne sommes pas jugés comme des fonctionnaires dans un bureau qui ont une tenue type. C’est ça que je trouve bien dans ce métier, c’est que chacun peut être qui il est et tu n’as pas de préjugés là-dessus, tu n’as pas de gêne.

Il y a un autre point aussi qui est cool, c’est qu’on peut être jeune. On peut être jeune et créatif. On peut être sérieux et obtenir des contrats, des marchés… tout en étant jeune et ce n’est pas un métier ou l’âge est une barrière.

Et puis la diversité, on travaille avec des gens qui sont autant dans le domaine médical que celui des plages privées, donc c’est quelque chose qui est sympa.

Quels sont vos projets futurs ?

Partir 10 ans en vacances (il rit) On a des projets de déménagement pour 2014 en Normandie, donc un peu de croissance. Comme je vous l’ai expliqué, absorber tout le groupe sous une seule et même structure pour éviter de multiplier les frais. Nos perspectives pour 2014 c’est aussi de commencer à travailler avec des marchés publics et des institutions. Donc on a commencé les démarches commerciales nécessaires en 2013 et j’espère qu’en 2014 on aura des contrats là-dessus.

On vous le souhaite en tout cas ! Pour conclure, si vous aviez un conseil à nous donner en tant qu’étudiantes en communication lequel serait – il ?

Un conseil à vous donner ? Restez vous même. Parce que déjà on ne change pas les gens et si vous êtes vous-même avec des idées qui plaisent et que vous arrivez à les faire passer, vous allez vous régaler. Ceux qui arrivent chefs de la com’ c’est ceux qui ont des personnalités différentes donc rester soi-même.

D’accord… je vais maintenant faire une synthèse des principaux points que nous avons abordé. A la fin de celle-ci, je vous redonnerai la parole pour m’assurer que je n’ai pas trahi vos propos.

Donc tout d’abord, concernant votre parcours, vous nous avez dit que vous avez fait BTS de communication des entreprises en alternance, après un bac action co et après vous avez eu un passage dans le monde du syndicalisme patronal. Votre premier emploi a été secrétaire général de l’UNOSTRA. Puis lorsque vous vous êtes occupé de la Confédération générale des petites entreprises l’opportunité de reprendre une entreprise s’est offerte à vous. Ainsi, vous avez racheté l’entreprise FMC Communication que vous avez quittée il y a quatre ans pour créer le Groupe Alternative.

Concernant le Groupe Alternative, vous l’avez créé tout seul, puis Morgan GRIFFON est devenu votre associé. Vous projetez aujourd’hui de tout recentrer sur Groupe Alternative et 100% Made in France, ainsi toutes les autres structures telles que Réso’Com, Ministry Event…, que vous nous avez présentées, vont être absorbées par le Groupe Alternative.

Au sujet de votre métier, vous nous avez cité les avantages, les inconvénients, les qualités requises comme l’écoute et la rigueur et décrit une journée type telle que le lundi. Vous nous avez également expliqué les motivations qui vous ont incité à créer le média 100% Made in France et donc vous nous avez clairement exposé votre opinion sur le fait qu’il est préférable de « consommer local » pour éviter la destruction du pouvoir d’achat.

Tout au long de l’entretien vous avez évoqué les différents secteurs de la communication en donnant certaines caractéristiques, comme le temps qu’il faut pour réaliser un événement tel que le lancement de la nouvelle BMW ou l’évolution perpétuelle du secteur de la pub. Enfin, vous avez conclu l’entretien en nous conseillant de « rester nous même » car selon vous, c’est la personnalité qui est importante en communication.

Voilà, avez-vous des remarques, des choses à ajouter ou à corriger ?

Non, c’est tout à fait ça, vous avez tout récapitulé.

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez accordé pour répondre à toutes nos questions avec autant d’intérêt. Nous vous enverrons la retranscription de cet entretien le mercredi 13 novembre pour que nous puissions le publier sur le blog avec votre validation. Pourriez-vous nous donner votre adresse mail s’il vous plaît?

Oui pas de problème, romain@ga-communication.com.

Cet entretien avec Monsieur Davignon s’est très bien déroulé. Nous avons les réponses aux questions que nous nous posions au sujet des différents secteurs de la communication comme l’événementiel, la pub ou le côté marketing de la com’. Il nous a également fait partager son avis sur les qualités requises pour travailler dans le secteur de la communication et donné certains conseils que nous écouterons et essayerons de mettre en pratique. L’intérêt qu’il a porté à nos questions et les réponses détaillées et riches d’informations qu’il nous a données ont favorisé notre attitude d’écoute, nous avons essayé de prendre en compte autant le contenu de ce qu’il nous a dit, que les attitudes, gestes et expressions du visages qui accompagnaient ces informations. Monsieur Davignon semblait détendu, il n’avait pas de mimique particulière qui pouvait traduire une certaine gêne ou un certain stress, il a gardé la même position tout le long de l’entretien, les mains posées sur la table. Cette interview a donc été très intéressante pour nous, autant au niveau théorique que pratique.

Cet entretien a été réalisé par Coline LACATENA, Natacha RICORDEL et Myriam BOUYKHAF, étudiantes en première année de licence information communication. Le 04-11-2013 à Montpellier.