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ENTRETIEN avec Pascal DJEMAA journaliste pigiste au peuple libre

lundi 25 novembre 2019

Cet entretien s’est déroulé chez Pascal Djemaa à Romans-sur-Isère. On a commencé vers 16h après avoir fini de manger avec lui. Il a duré environ 45 minutes. Nous avons tous mis nos téléphones à différents endroits de la table pour ne pas rater un mot de l’interview. Tristan était chargé de faire l’introduction, Amandine était chargée de la première relance et Neg de la conclusion mais elle était stressée du coup Tristan s’en est occupé.

Ci joint vous trouverez un lien pour télécharger une forme plus lisible de cet entretien sous format PDF :https://www.univ-montp3.fr/infocom/wp-content/ENTRETIEN-PDF-avec-Pascal-DJEMAA-journaliste-pigiste-au-peuple-libre-7.pdf

Glossaire :

  • Pigiste : Ici on parle du journaliste payé selon son article.
  • Médiapart : Journal collaboratif notamment connu pour ses enquêtes tel que celle sur Rachida Dati en 2008.
  • D’après Wikipédia : L’écrivain public se définit comme « une personne qui rédige des lettres, des actes, pour ceux qui ne savent pas écrire ou qui maîtrisent mal l’écrit »

Entretien :

TRISTAN : On s’excuse pour nos deux camarades qui n’ont pas pu être présente aujourd’hui Est-ce que le temps d’environ 45 minutes vous convient toujours ? Le fait que cette conversation soit enregistrée puis retranscrite sur le blog de notre licence

PASCAL : Pas de soucis c’est comme on avait convenu. Come on !

TRISTAN : Bonjour Pascal Djemaa, vous êtes journaliste pigiste (1) au Peuple Libre. Vous écrivez des articles à propos des événements culturels de votre région. Vous avez aussi écrit des livres ; le dernier est Serge Gainsbourg – le génie multiforme aux éditions Maïa. Mais, quand avez-vous commencé à faire du journalisme et qu’est-ce qui vous a attiré ?

PASCAL : J’ai commencé à faire du journalisme à l’âge de… 30 ans à peu près, c’est-à-dire que j’avais exercé divers métiers, euh… mais ces métiers n’avaient rien à voir avec le journalisme. J’étais, euh, auxiliaire de vie pour des personnes âgées, j’ai été jardiner, réceptionniste dans un camping. Et après comme j’avais des connaissances (soupir), je n’étais pas un grand littéraire mais j’aimais beaucoup lire, j’aimais beaucoup écrire, et surtout je m’intéressais à l’histoire et à pas mal de choses encore. Je m’intéressais aux autres, donc, euh, il s’est trouvé que à l’âge de 30 ans, il y avait une opportunité qui s’est présentée, c’était un journal, euh, qui cherchait effectivement à… Il s’appelait Le Local, fin 99, j’ai commencé à la fin de l’année 1999. Donc euh dans un petit journal Le local, qui était dans la Drôme là. Et en 2000 j’ai commencé ma collaboration avec Peuple Libre, qui est un journal départemental Drômois qui a été fondé en 1947.

TRISTAN : D’accord.

PASCAL : Vous voulez que je développe plus ?

TRISTAN : Non c’est bon on verra peut-être après pour le journal.

PASCAL : C’est vrai.

AMANDINE : Et donc, euh, qu’est-ce qui vous attiré particulièrement, à part cette opportunité, qu’est-ce qui vous a attiré dans le journalisme, enfin pourquoi vous avez sauté sur… ?

PASCAL : Parce que je savais que… J’avais un plan bien précis. Mon plan était le suivant : je faisais, euh…, j’étais pigiste, j’étais correspondant de presse, comment je…. J’apprenais sur le tas mon métier puisque je ne sors pas d’une école, je précise, je ne sors pas d’une école de journalisme et je suis quelqu’un qui… je me suis formé tout seul… Enfin tout seul et avec l’aide de la rédaction du Grand Journal. Des personnes m’ont fait confiance et puis finalement le plan était le suivant : je faisais le correspondant et en parallèle j’écrivais des livres, je… pour une maison d’édition, et j’ai trouvé une collaboration toute suite en 2001 avec les éditions « Autres temps » avec lesquelles j’ai sorti 9 titres, c’était des biographies d’artistes de cinéma. Alors je publiais 1 livre tous les deux ans ou tous les ans en moyenne et j’écrivais mes articles en parallèle, je faisais mon petit boulot, donc ça faisait… On arrivait à faire un boulot à peu près complet si je puis dire pour euh…. Pour euh… voilà.

Mais avec le journalisme et l’écriture d’ouvrage, et en plus j’avais la chance d’avoir un éditeur à Marseille, « Entre temps », qui me faisait confiance pour pouvoir écrire sur des biographies d’artistes, de cinéma.

NEG : Vous avez parlez de pigiste. Du coup… Est-ce que, enfin ça consiste en quoi réellement ? Et est-ce que c’est plus dur ?

PASCAL : Bah… Au niveau du statut social c’est ça ? (Oui, voilà) Le pigiste c’est… Comment dirais-je… Je crois qu’il y a plusieurs statuts dans le journalisme… Mais moi ce que je retiens dans la presse papier, pour moi, c’est le correspondant en local, c’est-à-dire, c’est celui qui est effectivement dans un village, dans une ville et qui est embauché par le journal sans contrat, il n’y a pas de contrat. Euh… le pigiste, il y a le correspondant presse voilà, local, il y a le pigiste aussi. Le pigiste c’est pareil, c’est un correspondant presse local à la différence, c’est que moi je l’ai été mais j’avais plusieurs secteurs, plusieurs coins à faire. Donc je…c’est pareil mais on n’a pas de statut, on n’a pas de statut. Donc c’est vrai que c’est dur. Il n’y a pas de statut social, on peut être embauché, on est rémunéré avec des notes qui sont des notes de frais, des notes… des frais de prestations… Faut se justifier auprès de la sécurité sociale (pour exister ce qui est assez compliqué ouais). Ça a été, fini maintenant, c’est bon, je suis dans une machine bien huilée, donc ça fonctionne. Donc voilà ! C’est… Après il y a le journaliste et le journaliste il a un statut, bien protégé, il est salarié. Ce qui n’est pas mon cas.

TRISTAN : Euh…Euh… Vous avez du coup parlé de l’entreprise, est-ce que vous travaillez en équipe et y’a il y a des bonnes relations ?

PASCAL : Dans le journal Peuple Libre, ex Drôme Hebdo, parce que on s’est appelé Drôme Hebdo pendant un moment aussi, j’ai un très bon tandem, principalement un tandem mais il y a une équipe. Il y a 3 ou 4 journalistes à Valence, je crois, je ne voudrais pas me tromper parce qu’en fait on a fusionné avec l’hebdo de l’Ardèche, qui est notre frère jumeau. Donc les deux journaux sont basés au même endroit à Valence, au même siège. Et il s’est trouvé que là-bas mon travail consiste à recevoir des consignes toutes les semaines par mon chef, mon responsable, qui est journaliste. Je ne dirais pas mon rédacteur en chef, il ne l’est pas réellement, en tout cas mon responsable de secteur, journaliste donc, Cyril Léandre, il me donne des sujets à faire mais il y a aussi des initiatives et au fil des ans… Au début, quand j’ai commencé ce métier on me disait : « tu vas faire ça… », j’avais très peu d’initiatives, maintenant j’ai appris à prendre des initiatives et à faire des sujets. Alors, tout à l’heure vous disiez culturels, pas que culturels, je fais tout. Je fais même des papiers sportifs, un journaliste sportif… non un correspondant sportif, donc il m’arrive de faire papiers sur le sport aussi. Donc je fais un peu tout mais c’est sûr qu’il faut une bonne cohésion, ça c’est primordial. Si c’est pour travailler avec quelqu’un qui, avec qui ça ne passe pas, où on est tout le temps en train de se reprendre… Non faut vraiment que ça coule tout seul et c’est le cas actuellement.

NEG : Et du coup ce supérieur que vous avez…il vous donne des horaires de travail ou vous travaillez comme vous voulez chez vous ?

PASCAL : C’est très décousu, c’est un travail qui est très décousu la correspondance de presse. C’est pour ça qu’ils nous disent d’ailleurs : « vous n’êtes pas des salariés dans le journal et vous pouvez travailler ailleurs ». Parce que si vous avez un statut de salarié ailleurs, je pourrai être par exemple un employé dans une mairie en travaillant dans la com’ et là, avec un statut à temps partiel par exemple et à ce moment-là je dirai au journal : « excusez-moi, vous me donnez des rendez-vous à 8h, à 20h30 pour une réunion ou une assemblé générale ». Je ne peux pas y aller, enfin le soir si, en général mais s’il me donne un rendez-vous à 14h ou à 10h du matin, je ne peux pas forcément y aller parce que je suis employé, j’ai un travail et mon travail compte puisque en ayant un statut de salarié on ne fait pas ce qu’on veut, donc voilà. Mais j’arrive bien ; moi comme j’ai du temps, de la disponibilité, car je n’ai plus de maison d’édition malheureusement, je travaille ailleurs donc j’essaye de… En ce moment j’ai une mission ; on me demande de vendre des livres mais aussi j’en écris et je me bats en ce moment pour faire sortir… j’ai 4 manuscrits, bientôt 5 qui sont en attente.

TRISTAN : Et vous avez trouvez des éditeurs du coup ?

PASCAL : Non. Actuellement, il y a 4 livres, 4 sujets dont un livre sur Johnny Hallyday, acteur de cinéma. Et je n’arrive pas à le faire éditer celui-là. Alors que les 3 autres c’est Philippe Noiret, Marc Slainder, Michel Simon c’est des grands noms du cinéma mais c’est pour des cinéphiles. Au moins, le Johnny Hallyday, mais…. Même pas. Et le cinquième qui va… je raconte un peu mon parcours personnel, ce que je vous dis là, je le mets dans le bouquin actuellement.

TRISTAN : Ah c’est beau.

AMANDINE : Tout à l’heure vous avez dit que votre supérieur vous donnait des consignes chaque semaine… Il vous donne des sujets en particulier, sur lesquels travailler ou vous les choisissez par vous-même ?

PASCAL : Ah ! Il y a des obligations, en général, c’est-à-dire que c’est un peu comme un patron qui vous des ordres… enfin des consignes. Ça va être par exemple, tout à l’heure enfin, ce matin il m’a téléphoné, en général il y a toujours un point dans la semaine, pendant, il me tient au téléphone pendant 30 minutes et on fait le tour des sujets. En général j’écris 15 à 20 sujets par semaine, ce qui est pas mal pour un hebdo… ça prend du temps ! Car faire le sujet, donc s’y rendre, par exemple, prenez une assemblée générale ; ça fait une heure déjà, pour taper à l’assemblée générale ça fait 20 minutes, cela fait 1h20 au total rien que pour un sujet. Mais il me donne par exemple… c’est sûr… là, il m’a téléphoné et il me dit : « on va faire un sujet sur « les bourses aux jouets » et il me dit qu’il faut faire un sujet très décortiqué sur justement ces bourses aux jouets qui attirent du monde, parce qu’il y a un monde fou, faut voir ça ! Avec des files d’attente, le public, tout ça… et en général il n’y a presque plus rien le soir. Donc on va essayer de prendre… D’accord, notre boulot bon… ça après c’est la ligne du journal, parce qu’aujourd’hui je ne sais pas si vous allez l’aborder, le journal papier hein. Faut se battre pour le journal papier. Vous allez en parler certainement. Donc nous on essaye de faire le maximum pour faire des sujets percutants mais ça ne suffit pas. Il faut qu’on concerne les gens au maximum, enfin ça c’est autre chose.

TRISTAN : Et du coup vous êtes payé à l’article ?

PASCAL : Alors je suis… Oui on est payé à l’article. Je crois que le statut est pareil pour tout le monde il me semble. Alors à un certain moment il y avait un forfait, j’ai connu cette période durant laquelle 4 semaines c’était tant, 5 semaines c’était tant… Mais ça c’est valable pour, d’après les renseignements que j’ai pris, c’est valable pour presque tous les jours il me semble. C’est-à-dire qu’une demi-page c’est bien rémunéré, une page n’en parlons pas ! Mais bien sûr, si je fais un-huitième c’est autre chose, un quart de page c’est autre chose. Ça a son importance mais si on en a une c’est bon.

NEG : Et vous voyez des inconvénients à cela ou au contraire du positif ? Dans cette organisation ?

PASCAL : Ah non non non ! Moi je fais un boulot, je…, sincèrement je fais un boulot qui me plaît beaucoup et sincèrement je suis très bien dans ce que je fais parce que justement, ça m’enrichit en permanence. Donc en permanence vous avez l’esprit qui n’est pas, comment dirais-je, on en apprend tous les jours. Et même si des fois ça peut être, alors bien sûr, quand je refais les fêtes du mois de janvier ; ici on a des cérémonies de vœux, au mois de janvier, vous avez des fêtes, des fêtes qui reviennent, qui sont des fêtes locales. Bon les fêtes locales c’est toujours la même chose, c’est pas ce qui compte le plus mais il faut y aller parce qu’il y a des gens, il y a du monde… Et on relate ça. Mais c’est sûr que ce qu’on va me demander, c’est des sujets plus pointus. Mais il n’y a pas d’inconvénients, non non non. Non, franchement je, il n’y a pas un moment où je m’ennuie ! Voilà pour être clair.

NEG : On a vu que vous êtes très polyvalent, vous avez créé un journal j’ai vu sur la pétanque, sur euh… Oui, vous avez écrit un article sur la pétanque !

PASCAL : Ah ! Vous avez lu le…

NEG : Oui, oui ! Et aussi l’armée, j’ai vu aussi un article.

PASCAL : Ah bah, tout ce qui peut oui… Vous avez lu le dernier dernier ou quoi ?! (rires)

AMANDINE : On a regardé un peu les articles que vous avez fait, sur internet…

PASCAL : Ah mais tout ! Là, j’ai fait un médaillé au cimetière le 11 novembre, on a eu un médaillé. Euh… donc, un adjudant-chef, j’ai fait son portrait.

NEG : Voilà c’était ça.

PASCAL : Là je fais faire un portrait, euh… des portraits d’entreprise mais toujours concerné les gens. Toujours concerné les gens. Parce qu’aujourd’hui c’est vrai qu’on est face à des… Je suis sûr que vous allez m’en parlez.

AMANDINE : Fin’ sûrement (rires). Mais moi j’avais une question, euh par rapport au fait que vous fassiez, fin’ que vous touchez à autant de domaines et à autant de personnes… Est-ce que vous gardez de bons contacts… ?

PASCAL : C’est parce que justement, j’ai de bons contacts. C’est-à-dire à partir du moment où j’avais un mental… C’est pour ça d’ailleurs que j’ai fait ce boulot ; comme j’avais… il y a avait une opportunité à l’époque de faire correspondant presse en 1999/2000, c’est-à-dire que, moi j’ai ce… je pense vous avez dû vous apercevoir, j’ai quand même une certaine âme, un certain sens de… pour communiquer on va dire (Tristan : Vous allez vers les gens), je communique avec les gens. J’essaye de pas les… J’essaye de m’adapter surtout, ce qui est pas facile. Bien sûr que des fois c’est prise de tête, je veux dire c’est pas toujours évident ; vous avez des gens des fois qui ne vous respectent pas toujours mais il faut savoir… Je n ‘oublie pas que je représente un journal, c’est pour ça que je… faut pas faire de bêtises. Et faut éviter, voilà faut être présentable, si possible, il faut voilà et faut rendre service, parce qu’il y a des quantités de gens qui me connaissent à la longue, ça y fait hein. Mais attention, si on fait… si on boite, après ça pourrait se savoir donc il faut pas faire d’impairs…

TRISTAN : Et du coup ça vous aide les… d’avoir ces contacts euh… dans ce métier pour euh… ?

PASCAL : Oui, oui ! La preuve en est que, là ça a pas sonné mais des fois ça sonne, on m’envoie des messages pour me dire : « là il faut… ».

TRISTAN : Il faut écrire un article ou des choses comme ça ?

PASCAL : Bien sûr, là on me donne des initiatives. Bah la preuve vous m’avez contacté par exemple mais il y en a d’autres des fois qui me contactent… écoute, hier, c’est hier soir, c’était quelqu’un qui m’a contacté pour une troupe de théâtre, locale, qui a besoin de publicité encore en annonçant sa tournée. On le fait bien sûr. Il y a ça, et il y a puis d’autres choses, quelqu’un m’a appelé, il va faire… un monsieur qui fait un rallye humanitaire avec sa femme, avec leur véhicule tout terrain au Maroc, bah bien sûr qu’on le fait, c’est des choses, ça passe immédiatement ça.

NEG : Et du coup vous avez parlé du papier, journal papier. Donc vu qu’on sait qu’il y a une forte concurrence maintenant avec la télévision, la radio tout ça, vous, fin ça vous dirait pas de vous lancez, de… ?

PASCAL : Si c’est autre chose, c’est autre chose. Et puis c’est pas ça, c’est qu’il faut trouver ! Parce que moi je l’aime bien ce journal pour lequel je bosse là, moi je l’aime bien ce petit journal, je m’y suis fait. Bien sûr qu’on le sait on a été racheté, ont été racheté il y a 3 ans et pour dire la vérité on était en difficulté. Bon, j’espère que maintenant c’est derrière nous mais c’est très dur, je ne vous apprends rien. Aujourd’hui votre info, vous l’avez où votre info ? Elle est là, votre info, elle est euh… elle est dans la télé, je veux dire…. Le journal, acheter un journal de papier aujourd’hui c’est un acte citoyen. Je pense que c’est devenu ça, parce qu’on le voit bien, je veux dire, vos infos vous les avez là. Si vous dites avant, autrefois le journal papier à une époque c’était fabuleux ! Ça se vendait par pile et par pile ; le problème c’est qu’internet est passé par là… La télévision passe avant, c’est surtout internet parce qu’il y avait déjà la télévision à une certaine époque, il y avait la télévision (Tristan : Ouais, on vendait encore des journaux). Mais dans les années 80, les journaux, enfin, ça commençait déjà à prendre des coups. Mais maintenant c’est pire ! Parce qu’aujourd’hui, excusez-moi, votre info vous l’avez en 2 secondes (Clap !), en 2 secondes vous l’avez. En 2 secondes vous avez une info : SOS Disparition ou attentat ou vous avez ça en deux secondes. Alors nous on passe derrière, c’est pour ça qu’on… c’est pour ça que ça s’est corsé mais on essaye de réagir par rapport à ça et alors nous ce qu’on fait, moi j’ai suggéré au journal de contacter tous les gens qui sont dans le … qui paraissent dans le journal. Et quand le journal sort, alors moi je le fais pour mon secteur j’essaye de le faire aussi pour d’autres ; le problème c’est que c’est un journal qui fait 40 à 50 pages, alors c’est pas toujours facile mais je contacte les gens, j’envoie des messages sur Facebook. Les gens ils ont des Facebook en général ou j’ai des numéros, j’ai des mails et je leur dis, parfois sous une forme humoristique : « qu’est-ce que vous êtes beau… » et bien souvent ils réalisent : « ah mais oui et c’est où ?». Et c’est là qu’on voit que les gens ont plus l’habitude d’acheter des journaux, parce qu’ils me disent « comment je fais ?», alors des fois je leur explique comme à des bébés hein (ricanements) « vous allez euh là-bas… », comme un gosse « vous demandez au buraliste le journal et vous payez le buraliste ». Un jour c’était comme ça : « ah ouais ?», parce qu’ils avaient pas l’habitude (Tristan : ouais) … Mais ils y vont, et ils achètent les journaux et après on me le dit au bureau de tabac « tiens on a eu 2/3 personnes », bien sûr ! Il faut le faire ça, c’est une euh… Et je le fais, là je dois appeler encore 2 personnes aujourd’hui, parce que demain le numéro change et euh… Mais c’est des gens ou ils se lèvent et en général… Il y a très peu de gens qui vous disent « j’en ai rien à foutre » mais euh, en général ils sont concernés et ils y vont. Mais c’est un combat très décisif parce que la presse papier, aujourd’hui, c’est un… c’est dur hein. C’est très dur. La suivante ?

NEG : Et vous avez dit que…. vous aimez euh… beaucoup ce journal, tout ça… Et le titre

de ce journal il signifie quoi pour vous ? C’est quoi que vous reflétez ?

PASCAL : Bah c’est à dire que c’est un journal qui est proche des gens, et puis surtout c’est le dernier journal dans la Drôme je pense qui est assez… qui a une ambiance familiale à mon avis, enfin je pense ouais, il y a peut-être…. Ici dans le secteur Drôme-nord, il y a euh…. Le Do…, alors Le Dauphiné Libéré, c’est le grand quotidien, il y en a pas d’autres euh… quand les gens disent je l’ai lu dans le journal, il reste au moins celui-là. Bon, même celui-là il a pris aussi des coups, moins que nous mais il a pris des coups. Après il y a L’impartial ici, il y a un journal qui s’appelle L’impartial, qui est un journal familial, qui a été fondé en 1883 et qui tient le coup encore. Et puis il y a nous, en hebdo. Dans le sud, à Montélimar il y a La Tribune aussi qui est un journal… mais bon, il se développe… alors on essaye de faire les abonnements numériques aussi, puisque … on est pas sourd, on sait très bien qu’il faut basculer sur internet mais c’est toujours pareil ! Et je veux dire… même euh… le problème c’est la gratuité, si vous voulez… Vous avez de l’info gratuite… vous avez des journaux gratuits aussi, vous savez bien ce que sait ; vous avez à Paris par exemple, les journaux gratuits euh… Donc c’est toujours faire un acte citoyen que d’acheter un journal, même ceux… quelqu’un qui me dit il y a pas longtemps « ah oui, j’me suis abonné à la version numérique de ton journal », c’est bien, c’est formidable. Parce qu’il faut le faire, c’est l’acte, faut faut payer hein ! Voilà…

TRISTAN : Ouais oui c’est… C’est pas gratuit l’information, enfin c’est compliqué si on veut être journaliste.

PASCAL : Baaaaah… ça ça devrait, oui c’est beau… c’est bien dit mais le problème c’est que si malheureusement c’est gratuit puisque qu’on a tout sur le… Fin’ on a tous, si on veut lire de l’info… parce qu’il y a aussi un autre point qui faut soulever, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui lisent beaucoup moins qu’avant. Il y a ça aussi tout simplement, je le vois ; moi j’ai des collègues qui me disent qu’ils m’ont acheté des… mes livres et qui les ont toujours sur leur euh… dans leur euh… sur leur étagère hein (ricanements). Si vous l’avez pas lu « ah non, on te l’a acheté mais on parle toujours pas ». Bah ouais, parce que c’est… c’est le fait de lire. Je crois que la vie, c’est mon explication hein ; la vie défile tellement vite bah y’a des gens qui prennent pas le temps de lire. Alors que c’est bien de s’astreindre (?). Moi j’essaye de m’astreindre à lire une demi-heure à une heure par jour. En plus de mon boulot. C’est pas facile hein mais je le fais. Parce que c’est sûr devant un écran c’est mieux, puis on s’endort.

AMANDINE : Vous qui êtes tant attaché bah à la presse papier, euh… comment vous écrivez vos articles ? Vous l’écrivez à la main, sur un ordinateur… ?

PASCAL : A l’ordi, l’ordi, l’ordi, de toute façon à la main ce serait plus possible. (ricanements) J’ai connu, j’ai connu, quand j’ai commencé, les derniers articles à la machine. J’ai tapé des articles à la machine à écrire. (sourire) C’étaient les derniers, c’était… ça a duré quoi, un an ou deux j’crois. Déjà en début 2000 on était à… l’informatique mais on avait encore la possibilité de le faire nous les correspondants, pas les journalistes et alors moi je tape, c’était compliqué parce que moi je tapais mes articles, je développais… Ah oui ! Les photos étaient en argentique, il y avait pas de numérique… pour nous. Les premiers appareils numériques étaient vraiment pour les journalistes. Alors donc la pellicule. On faisait développer la pellicule au journal, ça nous coûtait rien. On coupait les euh négatifs, on les joignait avec l’article (rires) avec… Ouais fin’ on agrafait la photo au papier qui était tapé à la machine.

AMANDINE : Et ça vous manque cette façon de faire ?

PASCAL : Non, non, non faut accepter, faut vivre avec son temps (Neg : *rires*). Parce que là maintenant je tape sur un logiciel, c’est bon, je, j’ai un logiciel. Je veux bien, c’est joli l’argentique, pour faire de la photo, mais pas pour nous, il faut aller plus pratique hein. (AMANDINE : ah oui c’est sûr) Là, je pourrais faire des photos, je peux vous envoyer immédiatement hein (TRISTAN : hm) imaginez en argentique : sur la photo on ne sait pas ce qu’il y a, on va au bar / tabac, faut pas qu’il y ait trop de flou, il faut en faire un paquet pour pas qu’il y en ait… Non non, mais c’est un métier tellement passionnant.

TRISTAN : Mais du coup vous écrivez vos articles ici ou vous allez plus tôt au bureau pour travailler ?

PASCAL : Alors je le faisais au début, au tout début je le faisais au bureau et puis maintenant je le fais directement ici, maintenant j’ai ce qu’il faut, j’ai un logiciel, on est venu me l’installer donc je travaille ici, directement j’envoie, j’envoie… En vrai je travaille à distance, mais je vais de temps en temps au journal, il faut quand même avoir ce contact avec les gens (TRISTAN : ouais) c’est bien beau par téléphone mais de temps en temps ça fait du bien de montrer sa figure et d’aller voir celle des autres. 

NEG : ‘Fin vous avez l’air hyper passionné par le métier et tout ça, mais aujourd’hui on entend souvent dire que c’est très compliqué, rentrer dans ce milieu tout ça, du coup vous nous avez aussi dit tout à l’heure que vous nous avez parlez sur votre parcours professionnel, que c’est grâce à des contacts…

PASCAL : Hm, c’est toujours comme ça en général, c’est grâce à des contacts hein. Oh excuse-moi, je-

NEG : Mais c’est pas grave ! Et donc du coup, enfin vous, quels conseils vous pouvez donner-

PASCAL : A des jeunes ?

NEG : Oui à des jeunes, par exemple qui peuvent être démotivés par ce qu’ils entendent sur le journalisme et tout ça ?

PASCAL : Moi j’ai des réserves, je peux pas dire, j’ai pas le droit de vous dire à des jeunes, j’ai pas le droit de dire à des jeunes, surtout à vous “Oh, allez-y, foncez dans le journal papier” parce que je ne sais pas quel avenir va être réservé dans les années… Parce qu’excusez-moi mais la génération qui arrive là, c’est des jeunes comme vous, excusez-moi mais ce ne sont pas des adeptes du journal papier, au bout d’un moment ‘fin il va en y avoir… Mais si c’est pour avoir une personne sur dix mille, ça va être un peu difficile… Mais euuuuh il reste la presse parlée, la presse radiophonique, il reste… voilà, il reste ça, c’est à dire aujourd’hui il y a une quantité de chaînes de voilà, je veux dire voilà c’est ça, des chaînes télévisées il y a des bouquets, il y a tout ce qu’on veut, donc je crois que ça s’orientera plus là-dessus. Attention je ne dis pas qu’elle est morte hein, la presse papier, mais ça va être réservé à une élite, ou alors il faut être comme Médiapart (2), il faut être très fort, sortir des dossiers bétons, et avoir un site et avoir décroché des abonnements numériques à la pelle parce qu’ils sont…

TRISTAN : Mais ouais, quand on regarde le Médiapart par exemple, vous pensez pas il y a un avenir dans le journal numérique justement ?

PASCAL : Mais bien sûr, bien sûr, je ne dis pas mieux, je ne dis pas mieux Tristan, c’est à dire qu’effectivement il n’y a plus que ça, euh enfin il n’y a plus que ça, ce sera difficile, on va lutter, mais moi je le vois. Récemment j’ai vu une personne qui n’a pas renouvelé son abonnement, que je connaissais, alors moi j’ai fait des abonnements de temps en temps mais c’est très dur. Pourtant ce n’est pas énorme, on n’est pas un quotidien nous, on est un hebdo’, on va demander 50 euros, 60 pour l’année ! Ce n’est pas énorme, c’est pas le Dauphiné, le Dauphiné numérique il s’en tire à 1€10 par jour, c’est du 300 et quelques euros par an, même s’ils font des prix hein. (TRISTAN : hm) Mais bon… Un quotidien se vendra toujours, j’espère un peu… En tout cas, une chose est sûre, c’est qu’on essaye de se battre, moi je, j’ai pas le droit de – d’être pessimiste, de vous dire “Oh là c’est mort”, j’ai pas le droit de vous dire ça, mais c’est vrai que c’est sûr. Voilà, pour le papier, c’est tragique, voilà, mais je devrais pas vous dire ces mots. 

AMANDINE : Et vous, vous être entré dans le journalisme, justement, sans venir d’une école, vous pensez que maintenant, nous à l’heure d’aujourd’hui, c’est obligé qu’on y passe ?

PASCAL : Non, ah ben à moins que… Pour le papier je pense, par contre pour une radio ou pour une télé il n’y a pas besoin de niveau hein. (Amandine: Oui) Je veux dire si vous êtes quelqu’un de doué, qui a des références, qui écrit, qui est repéré, qui est remarqué, vous pouvez très bien faire quelques premiers pas en balbutiant, sur une chaîne, peut-être pas sur une émission de grande écoute hein (Amandine: hm) mais j’allais dire comme ça, parler, être pas mal repéré, et puis si vous avez des choses intéressantes à dire ou des dossiers à présenter, bah vous pouvez entrer dans l’essai. Il y a des quantités, il y a même des chaînes privées. Vous avez bien vu, il y a des quantités de chaînes de télévision qui se créent (Amandine oui) donc voilà. Mais bon, reste à savoir est-ce que ça fait vivre… Vous savez, les pigistes sont utilisés même dans la presse, même hein… même chez TF1, il y a des pigistes hein. Il y en a qui travaillent de temps en temps et puis après bon, c’est fini. Non, c’est des métiers précaires. Mais si on est passionné, si on est passionné on dépasse le… on ne pense pas à son statut social, c’est sûr que si moi je pensais à mon statut social j’aurais plié ça en 6 mois d’essai, quand ils m’ont mis à l’essai les premiers temps, et puis après on en parlait plus hein. 

NEG : Et si je peux me permettre, on peut avoir du coup une fourchette, de – du salaire ?

PASCAL : Oh je vais vous le dire, moi je touche, moi je suis très transparent entre la moyenne… Ça fait un gros temps partiel pour moi le pigiste, c’est pour ça que j’avais ça qui compte (ndlr : ses livres invendus, entreposés dans son salon), mais bon il n’y a plus de, de l’ouvrage, il n’y a plus d’ouvrage. Je tourne entre 700 et 850 par mois.

AMANDINE : Mais, mais c’est très peu par rapport à tout le travail que vous accomplissez.

PASCAL: Ah, oui si on me donnait une prime c’est sûr que je pourrais acheter une Smart (groupe: *rires*) Euh, oui non mais parce que, oui mais au moins on pourra pas dire que je vole qui que ce soit, déjà d’une part, on pourra pas me dire, si quelqu’un vient me dire “Ouais euh, ça rapporte…”, non ça rapporte pas formidablement bien, sinon je vous aurais peut-être pas reçu là-dedans (*rires*), et euh voilà. Non, c’est, oui c’est… Il y en a d’autres, vous savez je connais des pigistes à Paris, c’est pareil hein, des derniers journaux papiers, là aujourd’hui en France, les mecs, Figaro, ils pigent hein les gars. Mais en même temps ça dépend, parce que… Ecoutez, moi j’ai été, j’ai eu la chance d’avoir un minime, c’est un bon minimum. Bien sûr c’est pas énorme, bien sûr, c’est un bon minimum. Et ça pourrait être pire. 

AMANDINE : Oui c’est sur aussi. Mais après vous êtes, vous avez l’air tellement dévoué à ça que c’est dommage que ce ne soit pas autant connu, que-

PASCAL : C’est pour ça j’achète de temps en temps quelques Black Jack en pensant “et si je gagnais un peu d’argent”, ou j’achète le millionnaire, et puis si je décroche une grosse somme je dirais “Tiens, bah ça correspond à ce que je vais pas toucher au journal.” 

NEG : Mais, on a pu voir que vous avez quand même rencontré des célébrités. Par exemple (PASCAL : ça va me faire plaisir ça), le premier ministre, donc c’est quand même bénéfique.

PASCAL : Oh oui, mais c’est à condition qu’il y ait un échange, parce que là c’est très dur… Pareil, quand j’ai fait quand j’ai commencé ce boulot, c’est vrai que j’avais besoin des célébrités parce que j’écrivais des livres sur le cinéma, le spectacle, donc j’essayais de rencontrer du monde. Euh, oui, je vais vous dire, je vais parler du premier ministre. Moi j’ai rencontré Emmanuel Macron en 2015, quand il était ministre d’état, des finances, de la France. Mais c’était pendant une visite ministérielle, mon chef ne pouvait pas y aller, il m’a dit “je te confie cette mission, vas-y”. Normalement c’est pas les correspondants c’est le journaliste, c’est c’est…-

TRISTAN : Ah oui, donc il vous fait confiance quand même.

PASCAL : Oui parce qu’il fallait… Bon Emmanuel Macron, moi j’veux dire, déjà à l’époque hein, il y avait déjà – toute la rue était fermée, de la police, il n’y avait pas des militaires mais il y avait de la police, des CRS. Bon, j’y suis arrivé à ça. C’est ce qu’on appelle – oui effectivement, c’était intéressant. Visite ministérielle, on fait le parcours dans l’usine, on prend des photos, et à la fin on fait un selfie parce qu’effectivement on rencontre monsieur Macron. J’ai bien fait parce que quand il est venu à Bourg-de-Péage pour le débat, j’ai pas pu y aller. J’ai pas pu y aller, alors l’attaché de, comment dirais-je, de… Didier Guillaume, enfin la source, pour eux, enfin son chef de cabinet, m’avait dit “mais si, tu aurais dû demander”. Ouais, j’ai demandé, la police avait des consignes très strictes et j’ai pas pu passer. Ils ont fait un grand débat ici, il y a pas longtemps, à Bourg-de-Péage, malheureusement j’ai pas pu voir Emmanuel Macron. Mais je l’ai vu en 2015, c’est encore plus original.

NEG : En avant-première !

PASCAL : En avant-première, il était ministre d’état à l’époque.

TRISTAN : Et vous avez eu l’occasion de parler avec les célébrités que vous avez rencontrées ?

PASCAL :  Oui, oui, alors pas toutes parce que le problème… Tiens, ce soir il y a Francis Huster qui vient jouer une pièce de théâtre avec Fanny Cottençon, eum, bon on va échanger un petit peu, Francis Huster a lu un de mes livres un jour. Et il m’avait dit, il était venu faire une séance de signatures, il m’a dit “je t’ai écrit tu as pas reçu la lettre ?”. Alors je veux dire, quand il y a un échange c’est bien, mais j’aime dire, moi j’ai rencontré des célébrités en coup de vent. Je veux dire, par exemple, Nolwenn Leroy, ça a été devant un hôtel, je suis comme un admirateur ou un chasseur d’autographe, c’est la même chose. Je suis devant, “bonjour”, on fait une photo. Par contre, j’ai fait un article bien sûr, mais sur son spectacle. Mais je veux dire, faire une photo c’est pour garder un souvenir. Alors ça, c’est ce que j’appelle l’avantage en nature. Mais par contre, je vous dis une chose, c’est plus un laisser passer journaliste. A une époque, c’était “je suis journaliste…” on y allait, “oh bah vous allez recevoir…” je m’en rappelle, Pascal Obispo, on l’avait eu au début que je commençais. On a eu un point presse, c’est à dire qu’on m’a appelé de Paris, on m’a dit “vous êtes attendu à 17h dans la loge de Pascal Obispo”. C’est très rare, ça s’est très peu renouvelé dans ma… Je veux dire, il y a eu très peu d’occasions comme ça, il faut se battre, c’est… Faut pas croire, mais là il y avait un mec qui était super sympa, qui faisait son boulot, et voilà.  

NEG : Vous parlez beaucoup de Paris. Et du coup est ce que vous pensez que la réussite, enfin pour réussir il faut habiter à Paris, ou on peut réussir au sud par exemple aussi ?

PASCAL : Pour réussir la presse, et que parlée, il faut être à Paris à mon avis

NEG : Ah.

PASCAL : Ah oui moi je pense que oui. Sincèrement, si on veut réussir c’est, oui oui, tout à fait.

AMANDINE : Moi j’aurais aimé savoir, est-ce que vous parlez d’autres langues dans cadre de votre métier ?

PASCAL :  Oh, je parle un peu l’anglais, un peu l’allemand.

AMANDINE : D’accord.

PASCAL : Continue, continue, je vous écoute.

TRISTAN :  Euh, aussi, du coup on a regardé votre blog. Vous l’avez créé pour partager avec les gens ?

Pascal : Il est mort actuellement

Tristan : Oui, on a vu qu’il n’y avait plus trop de publications

Pascal : Oui à l’époque c’était, maintenant j’utilise Facebook

Tristan : Oui, ça revient au même Facebook, c’est votre blog

Pascal : Oui mais c’est surtout comment dirais-je, Facebook, pour moi c’est quand même vachement important, oui, oui c’est mon blog. Et ça me permet d’échanger des choses, alors il faut bien sûr que j’invite au débat des fois, je dis : regardez un peu ce que je fais, des fois j’invite au débat ça peut être de la prise de position mais j’évite, j’en ai fait quelques-unes récemment mais j’évite de prendre position, y en a qui le font mais après on est militant, vous comprenez ce que je veux dire. Si moi je prends position contre Éric Zemmour eh bien je suis un militant voyez ?  Si je dis non au réchauffement climatique même si bon c’est du politiquement correct évidement mais moi je ne préfère pas je préfère que les gens comment dirais-je, je préfère être neutre, je suis un peu à l’ancienne. Mais je crois que c’est ce qu’il y a de mieux c’est d’être neutre et ça c’est vachement bien.

Tristan : Vous n’êtes pas pour le journalisme militant ?

Pascal : C’est autre chose ça, faudrait écrire à « l’humanité « par exemple, « l’humanité » qui est le journal communiste ou à « Libé » à Libé on a des journalistes qui sont plutôt à gauche. Ou alors au Figaro qui sont à droite aussi. Mais non ce ne serait pas trop mon truc parce que y’a un côté un peu trop militant.

Amandine : Vous pensez que votre vie professionnelle rythme votre vie personnelle ?

Pascal : Je pense oui par la force des choses, oui par la force des choses.

Tristan : Par exemple vous pouvez être appelé à n’importe quel moment et du coup vous êtes obligé

Pascal : J’y vais, j’y vais quand il faut, des fois c’est le soir, on n’a pas de vie privée.

Amandine : Et c’est quelque chose que vous avez fini par accepter ?

Pascal : Oh j’ai fini par accepter oui, avec le temps non mais c’est justement c’est passionnant comme boulot, comme c’est passionnant, ça ne me dérange pas.

Tristan : Vous dites que c’est passionnant et ça se voit vous êtes passionné par le métier, qu’est-ce que ça vous apporté ? Est-ce que par exemple, vous aimez rencontrer les gens, ça vous apporte quoi ?

Pascal : Ça vous, c’est un peu comme la lecture de rencontrer de gens c’est-à-dire quand vous rencontrez des gens ça vous affine le goût et ça vous développe le sens critique. C’est ce que je dis souvent moi, c’est-à-dire que rencontrer du monde, rencontrer des personnalités et même des gens de tous les jours hein. Et puis vous en apprenez tout le temps, tout le temps, tout le temps. Vous allez faire un papier sur un apiculteur, l’apiculture c’est la culture des ruches, enfin les abeilles, les ruches, bon c’est quelque chose qui est tout à fait intéressant et puis après le lendemain je vais être au collège de l’Europe et on va me parler de nourriture bio, je vais avoir un producteur qui va me parler de ses cultures on en apprend tout le temps

Amandine : donc pour vous le journalisme c’est quelque chose de bénéfique ?

Pascal : Bien sûr bien sûr. A bah c’est …Je ne sais pas combien de temps ça va durer encore mais en tout cas c’est sûr que c’est très bénéfique, et c’est vrai que même l’écriture c’est bénéfique, c’est une thérapie l’écriture pour moi et même pour les ouvrages ? je me vois mal ne pas écrire un ouvrage, même si je dois écrire lentement maintenant. Je veux dire l’écriture c’est vital.

Tristan : Pourquoi vous écrivez plus lentement maintenant ?

Pascal : Ba c’est-à-dire, je veux dire si je ne trouve pas d’éditeur ? entasser les manuscrits c’est bien beau mais faut pouvoir être édité. C’est comme vendre des livres c’est bien beau mais faut pas garder non plus des ouvrages en pagaille voilà. Et c’est vrai qu’aujourd’hui c’est plus dur le monde de l’édition ça s’est corsé. Moi j’ai eu de la chance d’être édité à Marseille par un Monsieur qui était formidable Gérard Blua, les éditions «Autres temps » on a fait 9 titres, on était parti pour en faire 10, 11 et puis malheureusement  la maison d’édition s’est cassé la gueule, dépôt de bilan 2016c’était fini, je rachète le stock , 5000 exemplaires que j’ai racheté et là il y en a plus que 3700, 5000 exemplaires et puis là y’a le dernier Gainsbourg , il en reste quelque exemplaires là-haut alors c’est les éditions Maïa à Paris m’ont repris celui-là mais ils ne m’ont pas repris le Philippe Noiret, le Johnny Halliday, ils se font un peu tirer l’oreille, mais par contre ça m’a rapporté une émission télé chez Delahousse, le Gainsbourg j’ai fait « un jour un destin » je suis intervenu quoi une minute mais bon c’est sympa, ça m’a peu rapporté. Le Luron m’a permis un passage chez Drucker, le livre sur Thierry Le Luron mais les médias, c’est ouais de temps en temps.

Amandine : Votre domaine de prédilection ce serait plutôt l’écriture de livre que le journal.

Pascal : Oui et surtout rendre hommage aux gens. Je pourrais un jour s’il n’y avait plus le journal je pense que je pourrais faire écrivain public (3) mais biographe c’est-à-dire faire des livres, raconter, je suis à même de pouvoir enregistrer ce que me dit une personne et de faire sa vie. Je pense que je serais quelqu’un qui n’oublierait pas. D’ailleurs ça a été le cas en 2001 je n’ai pas fait le livre hein quand je commençais à écrire à Drôme Hebdo parce que j’écrivais déjà depuis un an, j’ai fait les mémoires de Jean mais je n’ai pas fait le bouquin. Jean Cherlian c’était un acteur romanais qui avait décroché, qui avait juste 70 ans qui avait fait un parcours déjà dans le cinéma et beh tu vois j’ai 15 à 20 cassettes qui sont là, oh dit à l’époque on tournait encore avec des cassettes et il m’a raconté toute sa vie, faut dire qu’il avait fait ça comme il faut, il avait tout mis comme il faut année par année voilà. Mais bon, c’est vrai, un particulier qui n’a pas fait de spectacle il faudrait qu’il se souvienne de tout et qu’il me raconte tout mais bon ça peut se faire. Mais bon, il faut être édité moi je voudrais quand même que mes livres sortent maintenant les prochains et puis que ceux-là partent aussi.

Amandine : Mais vous n’avez jamais pensé à faire une autobiographie ?

Pascal : Beh c’est ce que je suis en train de faire. Le 20-ème livre c’est mon autobiographie. J’ai fait 20 ans de journalisme et j’ai fait 20 bouquins si ça passe, si dieu le veut, on aura un 20-ème l’année prochaine. Et c’est là où je raconte mon autobiographie, alors là vous en saurez des choses sur moi, parcours…

Tristan : Oui, parce que vous avez un parcours atypique quand même.

Pascal : Oh oui pour le moins mon cher ami, pour le moins. Localement je suis un phénomène local, je suis un produit local. C’est pour ça que je fais une autobiographie parce que j’aurais pu faire, j’avais un projet de faire un bouquin sur Eddy Mitchell, je voulais sur Jamel Debbouze tout ça, je me suis dit : fais plutôt quelque chose de local, tu es local. D’ailleurs les livres qui ont marché pour moi, c’est les livres qui ne sont pas forcément ici, mais y’en a plus là, c’est les trois romans historiques puisque j’ai fait 15 ouvrages publiés donc y’en a dix sur les vedettes, y’en a même onze sur les vedettes du cinéma et y’a trois romans historiques et un essai que j’avais fait sur la cigarette donc les trois romans historiques, ils se passent pendant la seconde guerre mondiale et après sur Romans et la région et ça marchait du feu du dieu.

Amandine : Et ça touche mieux les gens

Pascal : Bien sûr et j’en ai vendu plus qu’un de Funès qui était sorti sur tout le territoire voilà pour faire clair j’ai dû vendre 2000 exemplaires de ces 3 livres tout tranquillement ici, tout tranquillement.

Tristan : Ah ouais !

Pascal : A bah localement faut le faire, alors que de Funès on l’avait sorti à 3000 exemplaires j’en ai encore 500 ou 600 on a en vendu à peine 2000 sur le territoire plus internet hein d’ailleurs et sans internet ici tout tranquillement je les vends alors une autobiographie ça partira.

Neg : Et vous avez pu faire de la pub à vos livres dans le journal pour lequel vous travaillez ?

Pascal : Oh oui je fais surtout, la meilleure pub c’est les gens que je rencontre les yeux dans les yeux. C’est-à-dire je rencontre des gens je leur dis : est-ce que ça vous intéresse voilà. C’est vrai oui que c’est un peu dur là le challenge était, là y’en avait 5000 y’en a plus que 3700, 1300 vendu en 2 ans. C’est vrai que l’on devrait vendre ça plus vite sinon dans cinq ans vous pouvez revenir manger y’en aura encore.

Amandine : Sur tous les articles que vous avez fait durant votre carrière de journaliste est ce que y’en a un en particulier qui vous a le plus marquer, qui vous a le plus intéressé

Pascal : Dans les articles ?

Amandine : Ouais

Pascal : Oh les articles non, dans les livres oui. Mais dans les articles non, dans les livres oui. Mais le livre qui m’intéresse le plus justement c’est celui que je fais là parce que c’est une autobiographie. Mais non dans les articles y’a … vous voulez dire prendre le plus de plaisir ?

Neg :et Amandine : Oui

Pascal : Avec les comptes rendus de spectacle, parce que c’est mon truc ! Mais je n’en fais pas trop, on annonce les spectacles souvent ça c’est actuel annoncer les spectacles, les gens veulent l’info avant. Y’en a qui le font encore puisque ça se fait dans les grands journaux parisiens, ça se fait encore, on a vu une pièce, on a vu un film. Moi les critiques de film, j’ai fait un petit peu, ah oui parce que j’ai pigé un peu pour « l’impartial » avant d’être définitivement à Drôme Hebdo enfin j’étais déjà à Drôme Hebdo, j’avais pigé à « l’impartial » et je faisais des critiques de films.

Neg : Bien du coup on vous remercie encore une fois c’était vraiment un plaisir, on a pu découvrir les métiers du journalisme sous un autre aspect, avec la presse écrite

Pascal : Est-ce que tout est en ordre, est ce qu’il vous faut autre chose ou pas ?

Neg : Donc maintenant une petite photo si possible et ce seras parfait

Pascal : A eu on va se prendre en photo, alors attendez.

Tristan : Donc du coup, juste pour récapituler ce que l’on a dit : Vous avez commencé le journalisme à 30 ans avec notamment Drôme Hebdo.

Pascal : 30, 31 ouais

Tristan : 31

Pascal : Ah parce que vous êtes obligé de faire une synthèse c’est ça ?

Tristan : Oui une synthèse.

Neg : Oui je l’ai oublié.

Tristan : Vous avez dit qu’il n’y a pas vraiment d’inconvénients, vous aimez vraiment votre métier, rencontrer les gens et c’est pour ça que vous faites votre métier.

Pascal : Mais sinon il faut faire autre chose comme métier. Celui qui y va à reculons ce n’est pas la peine.

Tristan : Pour vous il faut vraiment la passion

Pascal : On en a vu des gars qui faisait ça comme ça, qui cherchaient de l’argent, je veux dire non, si on y va pour chercher du fric ce n’est pas la peine.

Tristan : Et voilà je pense que l’on a fini merci à vous.

Cet entretien a été préparé et réalisé par :

Sarah Soudani

Defne Topuzoglu

Neg Andoni

Amandine Fontaine

Tristan Olive

Merci à Pascal Djemaa de nous avoir reçu chez lui d’avoir pris du temps pour répondre à nos questions et de nous avoir cuisiné des pâtes à la bolognaise.


				

Interview community manager : Mireille PIHA, chargé de communication interne et externe dans une agence d’assurance pour les motards : « agence mutuelle pour motard »; en France, à Montpellier.

jeudi 21 novembre 2013

Nous avons demandé l’accord de la professionnelle, pour pouvoir enregistrer l’interview en respectant la charte déontologique. Nous lui avons précisé que l’interview se passe dans le cadre du projet professionnel personnalisé organisé par l’université Paul Valéry et qu’elle serait publiée sur le blog de la licence « information et communication » et qu’elle serait vue par les étudiants et les enseignants de l’université. Nous sommes dans la boulangerie à côté de l’université. Nous allons interviewer Mireille PIHA, qui travaille en Communication interne et externe dans une agence d’assurance pour les motards. Il est environ treize heures quand l’interview commence. L’entretien a eu lieu le onze octobre deux-mille treize et à duré vingt-sept minute. Nous avons utilisé nos téléphones pour enregistrer l’entretien. Nous nous sommes partagé les rôles Dorilys posait les questions, Léa et Valentine prenaient des notes.

Dorilys : Bonjour, je suis Dorilys.

Mireille : Bonjour, Mireille, enchantée.

D : Pour commencer, pouvez-vous me décrire le rôle de Community Manager dans l’entreprise ?

M : C’est une excellente question car, aujourd’hui, il n’y en a pas. Effectivement, on a développé beaucoup de supports en ligne, on a un site internet, on a un facebook, un twitter, on a différentes pages sur des manifestations particulières, mais c’est plutôt la communication externe qui s’en occupe ; et par ailleurs on a un intranet, ce qui est plus mon domaine, parce que je m’occupe de la communication interne.

D : En quoi consiste la communication interne ?

M : C’est un très grand sujet, disons que les objectifs ambitieux c’est de participer à fédérer les collaborateurs autour de la culture d’entreprise, de faire vivre cette culture d’entreprise, évidemment de diffuser de l’information et de l’accompagner pour faciliter l’appropriation et donner du sens à l’activité de chacun. L’entreprise a des grands objectifs, elle mène des projets, on se demande comment naissent les projets, comment chacun va y contribuer pour que les collaborateurs, dans son métier propre, puissent s’y retrouver, bien comprendre où on va, pourquoi on le fait.

Donc, la communication interne ne fait pas ça seule parce qu’il y a l’intervention des managers qui est importante. On utilise différents outils, on a des outils comme l’intranet, qui est important, car il est très réactif ce qui nous permet de diffuser de l’information presque en temps réel, on a des supports dédiés aux managers qui sont des lettres d’informations qui leur permettent de relayer avec leurs équipes en leur donnant un peu plus de matière.

Ensuite on a tout un système d’animation avec des réunions qui sont, soit ponctuelles, soit plus régulières. L’actualité c’était une très grosse manifestation interne car, vendredi dernier, on fêtait les 30 ans de l’entreprise, donc on a réuni l’ensemble des collaborateurs, il y avait plus de 450 personnes sachant que le siège social est à Montpellier.

On a un public spécifique, on a une mutuelle et on a des gens qui sont bénévoles qui sont engagés dans les projets de l’entreprise, qui s’intéressent à la moto, ils sont assurés chez nous, ils ont envie d’en faire un peu plus, en particulier sur le registre de la prévention. On a des communications qui sont générales, de l’accompagnement manager et des supports dédiés.

D : Quelles sont les caractéristiques de votre métier ?

M : Il y a différentes choses : il y a les compétences qui nous sont nécessaires et le savoir être qui contribue à la bonne conduite de la mission. C’est-à-dire qu’en terme de compétence on a une grosse activité rédactionnelle, on fait de l’animation dans un certain nombre de réunion. Ce qui est important c’est d’assurer la circulation de la communication, ce qu’on souhaite c’est de ne pas se limiter à la communication descendante, mais aussi organiser des aller-retour entre les collaborateurs et nous, de manière à ce qu’on puisse travailler dessus et puis organiser de la communication transversale, puisque toutes les équipes mènent des projets différents, pour que chacun puisse avoir une vision du projet de l’équipe voisine.

D : C’est plutôt un travail collectif ?

M : Alors, il y a les deux, ça peut être informel car on discute avec les gens, tout simplement, soit on participe à un projet et du coup on est autour de la table pour recueillir les innovations qui arrivent, les ressentis, les interrogations que ça peut susciter, ou alors on a des formats très cadrés, des réunions où on a plus d’échanges.

On a eu à un moment un journal interne, où là on avait un comité de rédaction qui associait des membres de différents services y compris de nos bureaux dans le réseau, donc ça c’était purement collectif. On était tous autour de la table, on définissait tout ensemble, aujourd’hui on a encore ce type de collaboration mais de manière un peu moins formelle sur les supports de communication interne et pour l’externe, pour le journal qu’on adresse aux sociétaires on a des collaborateurs qui font partie du comité de rédaction du journal. Donc il y a du collectif et il y a des informations qu’on a à traiter en propre et à diffuser.

Moi j’ai une particularité c’est que je travaille aussi sur la diffusion de l’information dans l’entreprise. C’est-à-dire qu’on a un service de documentation qui fait de la vieille presse, qui établit un panorama de presse sur notre entreprise, on a fait des actions, on a diffusé un communiqué de presse, on a besoin de recueillir les échos dans la presse sur notre environnement, pour nous c’est le secteur de l’assurance, et notre environnement motard. Ma mission particulière c’est d’adresser ces articles aux personnes qui sont directement concernées : je sais que telle personne travaille sur tel projet et que cette information va lui apporter de la matière donc je lui envoie en propre. On ne fait pas une diffusion générale de tout parce que ça ferait trop, on fait une sorte de pré-lecture et moi je suis chargée de cibler les destinataires.

D : Quelles sont les compétences exigées dans ce métier ?

M : Les compétences relationnelles sont importantes, les compétences rédactionnelles, une certaine capacité d’analyse de manière à bien comprendre ce qui arrive, qui ça peut impacter, ça nous aide à construire des plans de communications qui va accompagner l’action, le projet, car à chaque fois qu’on intervient on a un plan de communication avec différentes étapes en fonction des publics. Parfois on a une communication qui est unique car elle concerne tous les collaborateurs du même bureau, parfois on a une communication à plusieurs entrées d’abord par les managers et il y a un rebond sur l’intranet qui est un registre un petit peu plus différent, donc on choisit nos angles quand on a ce genre de communication. Au manager on va lui donner tels éléments afin qu’il puisse répondre aux questions particulières de l’interlocuteur donc on lui donne de la matière. Je pense que si on a un bon relationnel, un bon rédactionnel, une bonne capacité d’analyse et un peu de rigueur… Et quand même de la fantaisie parce que c’est bien aussi de faire passer des choses très sérieuses de manière ludique. Je pense à la réunion de vendredi où on a travaillé sur les valeurs de l’entreprise, on l’a fait de manière très festive.

D : Quelle a été votre formation pour faire ce métier ?

M : J’ai fait un parcours un peu atypique, j’ai fait une maîtrise d’économie du tourisme donc là j’ai travaillé dans différentes structures. On était très orienté marketing et communication, je me suis vite intéressée à la communication et quand j’ai atteint des structures un peu plus importantes, je me suis recentrée plus sur la communication interne, parce que c’est ce qui m’intéresse le plus d’être au contact des gens avec qui on partage nos quotidiens, avec qui on mène des projets, et leur apporter de la matière. Au bout de quelques années, j’ai demandé un projet individuel de formation et j’ai fait une maîtrise d’information-communication, ici. C’était une espèce de rebond pour se donner un peu plus d’outils, un peu plus de matière, regarder ce qu’on a appris sur le terrain et ce qu’on fait au quotidien. Ça donne une approche de l’université très différente, quand on y va en tant que professionnel, on a des attentes très concrètes derrière, mais on a aussi tout un passé à utiliser.

D : Est-ce que vous pensez que vous allez rester dans votre entreprise ou vous souhaitez évoluer ?

M : L’idéal c’est d’évoluer dans cette entreprise parce qu’elle me plait beaucoup, j’ai beaucoup changé d’entreprise tout le long de mon parcours parce que c’était un moment où c’était plus simple de le faire, en région parisienne. Dès l’instant où j’ai senti que je n’apprenais plus ou que je n’avais pas de possibilité d’évoluer, j’ai changé facilement, sauf que quand je suis arrivée dans cette entreprise et que j’ai découvert l’univers de l’économie sociale et secondaire, ce n’est pas quelque chose qu’on étudie beaucoup, ce n’est pas quelque chose que je connaissais bien, mais je m’y suis complètement retrouvée. La caractéristique c’est de mettre l’humain au centre de l’organisation, on ne rémunère pas d’actionnaire, donc ce qui se fait se fait au bénéfice de nos assurés et du développement de l’entreprise. Ça a l’air de pas grand-chose, mais c’est énorme, ça fait toute la différence et donc, c’est un contexte qui me plait bien, donc j’ai eu la chance d’évoluer dans cette entreprise pas à pas car j’y suis rentrée par une toute petite porte, j’ai eu la chance de très vite rejoindre le service communication, en quelques mois, au sein de la communication, j’ai évolué dans le cadre de la communication interne.

D : Et quelle était la « petite porte » par laquelle vous êtes rentrée ?

M : Alors, c’est une toute petite porte, en fait, j’étais dans une entreprise touristique qui a fermé et donc là, j’ai commencé, comme tout le monde, j’ai cherché du travail. Ce qui était pas si simple dans la région de Montpellier, même il y a quelques années. Et on est motards par ailleurs, et au cours d’un rallye on a rencontré des gens de la mutuelle qui nous ont parlé. J’étais assurée là-bas, on connaissait moyennement bien, finalement, et moi, je voulais travailler, quoi qu’il arrive, je me suis dis que le tourisme c’était un secteur de service, l’assurance aussi. Je me suis dit « pourquoi pas ». C’était le siège social, c’était une entreprise en plein développement, j’ai vu l’opportunité et quelques semaines après ce rallye, une femme que j‘avais rencontrée m‘a appelée en me disant : « écoute, il y a un poste, c’est pas exactement le niveau de ce que tu cherches mais c’est une manière de découvrir » donc j’ai commencé par être télé-conseiller, à donner des tarifs d‘assurance. Je l’ai fait pendant 3 mois, les choses ont été assez vite, j’ai été assez chanceuse, mais je regrette absolument pas, parce que ça m’a permis de vivre le quotidien des gens qui travaillent sur la diffusion de nos produits, d’être en contact téléphonique avec les motards et des années c‘est une expérience qui me sert, elle m‘a beaucoup appris sur ce secteur que je ne connaissais pas du tout, c’était pas du tout mon cœur de métier. Je suis pas spécialiste des produits d’assurance mais j’ai une idée de ce que c’est un produit d’assurance, sur les différents niveaux de garanties qu‘on proposait, des attentes des gens qui nous appellent, donc c’était une petite porte mais très utile. Alors, après, c’est aussi un concours de circonstances c’est aussi de l‘envie. Moi, je suis rentrée par cette porte, mais je pense que j’ai fait savoir de la cave au grenier que ce qui m’intéressait, c’est la communication. Voilà, ça été entendu, ça été relevé, on s‘est rencontré et ça a fonctionné ; ça, c’est la part de chance, j’ai été plutôt chanceuse.

D : Qu’est-ce qui vous a, à part la communication, attirée dans ce métier ?

M : C’est-à-dire que je passe mes journées à communiquer, globalement, c’est quand même l’élément majeur, j’ai parlé des compétences rédactionnelles, moi, c’est quelque chose que j’aime, j‘ai atteint une bonne maîtrise, mais en plus, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. Ecrire me plait énormément et échanger avec les gens, être à leur écoute, essayer de leur apporter des réponses quand ils sont en demande, entendre leurs propositions, c’est une entreprise où on a la possibilité d’être très « force de propositions » donc c’est très motivant. C’est ces deux aspects-là qui sont prioritaires, enfin les trois : la relation humaine, la rédaction et puis l‘innovation, la capacité à développer des produits originaux, maintenant, ça fait 18 ans que je suis dans la même entreprise, c’est un record toutes catégories, que je ne battrai pas parce qu’il faut que je travaille trop longtemps, et on a fait des choses vraiment super. On a monté des événements extraordinaires, pour nous, à vivre, c‘était vraiment très fort. On vient de fêter le 30éme anniversaire mais avant on a fêté le 15éme, on a organisé un voyage en Corse, parce que c‘est là que le premier bureau s‘est ouvert, on a organisé les 25 ans sur un circuit moto avec beaucoup d‘animations autour, enfin, ça c‘est les gros points forts. On a crée un journal d’entreprise, moi, j’ai participé à la création de l‘Intranet qu‘on a aujourd’hui et qu‘il faut faire évoluer parce qu‘on a commencé très tôt, qu‘on été plutôt en avance. Après il faut mettre du moyen un peu partout, et pas que sur la communication, donc ça va être son tour d‘évoluer, parce que c‘est devenu nécessaire. Mais c’est très varié, on a le sentiment d’avancer régulièrement, tant qu’on continue à avancer, tant qu‘on se sent bien dans sa fonction, qu’on a l‘impression que les choses peuvent encore évoluer, c‘est toujours intéressant.

Ca veut pas dire que j’irai jamais ailleurs, mais je pense que ça, c‘est une chose un peu spécifique, qu‘on est nombreux à partager dans l‘entreprise et qu‘on se dit que si on s‘en va, peut être c’est pour un projet personnel. On a l’impression que trouver une entreprise qui nous offre une telle attitude, là il y en a pas énormément. Très attachée aux valeurs qui sont défendues, au projet qui est donné. Donc quelque chose de personnel c’est possible…un jour. (rires).

D : Et vous pensez que la communication, elle va évoluer comment dans le futur ?

M : Là, on vit une mutation super importante, enfin tout ce qui est réseaux sociaux a pris une place de plus en plus large et je pense que le fait qu’aujourd’hui on recrute un community manager c‘est très symptomatique, parce que il y a eu une première génération avec les réseaux sociaux, tout le monde y est allé, y compris les entreprises y sont allées relativement rapidement, ça nécessite maintenant de travailler sur la structuration des messages, les forums tournent énormément, c’est une source d’échange y compris avec nos assurés, mais aussi avec nos prospect aussi. Il faut arriver à maîtriser un peu mieux les messages, à organiser au sein de l’entreprise qui prend la main, sur tel type de sujets. Je pense que, de plus en plus, ça prendra de la place, mais structuré différemment d’aujourd’hui, plus encadré que ça ne l‘est. Aujourd’hui sur le facebook on a des collaborateurs qui sont identifiés pour intervenir au titre de l’entreprise, il y en a donc qui interviennent en nom propre, ce n‘est pas du tout interdit. A un moment, il faut qu’on arrive à harmoniser un peu nos messages pour pas perdre les gens qui nous lisent, donc je pense que ce sera un gros travail de community manager, de gérer la coordination des messages, et puis l‘animation, parce que sur les forums, il se passe énormément de choses, et là, on a pas assez de bras pour le faire, très objectivement, on relève certains points, on intervient parfois mais pas de manière aussi large que ce qu‘il faudrait aujourd‘hui. Donc ça c’est un point très important ça ne doit pas faire perdre la proximité-terrain, on fait énormément d’actions sur le terrain en termes de salons, de portes ouvertes motocistes, de manifestations diverses et variées qui tournent autour de notre communication de métier, les assurés ont envie de ça, ils viennent nombreux quand ils sont présents, même s’ils sont déjà assurés, ils viennent dire bonjour parce qu‘ils ont envie de voir leur assureur, le contact est important à garder. Parallèlement au numérique, il faut continuer à garder le contact, ça me semble extrêmement important.

D : Quelles sont vos conditions de travail ?

M: Je pense qu’on est assez privilégié, très honnêtement. On est assez privilégié au niveau des locaux et des conditions matérielles qui me sont apportées, après, ça reste un service de communication, ça fonctionne sur des éléments récurrents qui sont prévisibles, et puis sur des coups de feu, et parfois beaucoup de coups de feu, donc il faut un peu de résistance à ça, ça se travaille. Il y a ce qui relève vraiment de l‘imprévu : il y a un nouveau texte réglementaire qui touche à la pratique qui sort, et qu’il faut accompagner, c‘est tout de suite. Il y a une déclaration qui touche à l’entreprise, il faut pouvoir réagir, ce sont des choses comme ça qu‘on ne peut pas anticiper, par contre, on est en train de travailler au sein de notre service à planifier, à anticiper un petit peu plus pour que le quotidien soit plus souple parce que de ce côté-là, ça reste complexe.

D : Donc, ce qui reste à régler comme problème c’est l’imprévu ?

M: En fait, l’imprévu vient bousculer les dossiers qui sont prévus, il faut qu’on arrive à planifier suffisamment d‘espace libre pour réagir à l’imprévu sans bousculer le reste. Parce que réagir à l’imprévu, on le fait mais quitte à se mettre parfois en retard, ou juste sur des choses qui étaient planifiées. Ca c‘est pas satisfaisant pour nous, c‘est pas forcément satisfaisant pour notre interlocuteur, on a pas mal de travail à faire là-dessus. Et puis à bien harmoniser nos actions de communication entre l‘interne et l‘externe, parce que dans le service où je travaille, on touche à l‘interne et à l‘externe, aussi au multimédia ,donc, il est essentiel, de mon point de vue, qu’une information qui touche l‘entreprise, elle soit communiquée en interne avant l‘externe. Il arrive que le feu crée de petits décalages donc ça fait partie des choses sur lesquelles on doit absolument progresser, c‘est jamais agréable pour un collaborateur, y compris pour nous, parfois, de découvrir dans la presse que l’entreprise a lancé une nouvelle initiative. Ca peut arriver, ça arrive rarement, mais c’est des choses auxquelles on est extrêmement attentifs.

D : Pour finir, quels sont vos conseils par rapport à nous, quel parcours est le meilleur pour accéder a ce métier ?

M : C’est une question difficile, parce que je trouve qu’il n’y a pas une voie, parce que dans l’équipe dans laquelle je travaille en communication, nous sommes une dizaine, deux et demi sur la communication interne, et le reste sur d‘autres secteurs, il n’y en a pas un qui ont le même parcours en fait, donc, il n’y a pas une voie royale. Moi je pense qu’il faut être curieux, il faut pas hésiter à multiplier les expériences, même courtes, je crois qu‘il faut, dans un premier temps, en tout cas, avoir un peu d‘humilité c’est-à-dire accepter d‘apprendre, y compris quand on a terminé ses études et qu’on rentre dans l’entreprise, il y a encore beaucoup de choses à acquérir. C’est indispensable de bien comprendre le fonctionnement d‘une entreprise, quelle qu’elle soit, pour être efficace, par exemple en communication interne, parce que les gens qui arrivent chez nous, y compris avec de l’expérience ,il y a forcément un temps d’adaptation qui peut durer 2 mois, 6 mois. On a une structure qui est un peu spécifique, avec un conseil d’ administration qui est élue, une force politique essentielle donne les grandes lignes du développement, après, c’est mis en œuvre par la direction générale et tous les services. Il faut bien comprendre d‘où ça part, comment ça s‘achemine et le fait de s‘approprier.

Aujourd’hui, de votre âge, à peu prés, on a dans l’équipe notre demi communication interne qui est en fait en contrat professionnalisation c’est-à-dire qu’elle est un peu à l’école et un peu avec nous. Elle était avec nous l’an dernier, il a fallu qu’elle fasse ce chemin-là. Elle reste avec nous cette année, pour la deuxième année, elle observe beaucoup de choses, parce qu’elle commence à bien connaître l‘entreprise et les interlocuteurs, donc ça va beaucoup plus vite, voilà il faut ne pas hésiter à multiplier les expériences, et prendre le temps d’apprendre.

Le diplôme je crois qu‘il faut être méfiant, c’est pas quelque chose qu’on dit à la fac, moi je me permets de le dire, parce que quand je suis sortie de ma première maîtrise, je voulais être directeur général, et c’est pas comme ça que ça marche. On sur-valorise un peu trop. Moi, je dis qu’il faut le temps d’apprendre l‘entreprise et ses particularités. Et, à chaque entreprise il y aura un temps d’adaptation, même si on a fait 10 ans dans la même boite et qu’on change, on arrive avec un bagage d’expérience mais aussi avec la nécessité d’apprendre de nouveau, d‘apprendre à connaître les gens, on travaille quand même beaucoup en relation avec les gens et c‘est pas comme dans la vie, il faut faire connaissance avec leurs métiers propres, leurs caractéristiques, avec leurs personnalités aussi, on ne travaille pas de la même manière avec tout le monde.

D : Est-ce que vous pensez que pendant la formation en Information-Communication, il faut faire des stages à côté, ça peut apporter plus, ou plutôt après ?

M : Moi je pense que les stages apportent beaucoup. Alors il faut bien choisir ses stages, parce que, nous, on prend pas énormément de stagiaires, mais quand on en prend un, on s’engage à l’accompagner, c’est pas quelqu’un qui prend la place de quelqu’un qui serai pas recruté, c’est un échange donnant-donnant, c’est-à-dire qu’il va apprendre et il va participer activement, il est pas en retrait. Il faut être d’accord avec les conditions dans lesquelles on rentre en stage. Il y a un projet de spécification, un stage ça peut être une découverte globale, ça peut être le suivi d’un projet spécifique, ça dépend du temps qu’on a à consacrer. Il faut bien être d’accord sur les conditions et s‘assurer de votre motivation. Si le secteur d’activité nous convient, parce qu’on fait de la communication interne dans toutes les entreprises, mais il y a des secteurs où, peut être, ils sont moins à l’aise.

D : Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions et d’avoir pris du temps pour nous.

Dorylis DEPOOT, Léa HUGUET, Valentine SEGUIN.

Entretien de Romane FAVERJON, Marie GOVAERT, Marie MUTEL

mercredi 23 novembre 2011

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Nous avons rencontré Laurent COLIN, directeur de l’agence de publicité Big Family et concepteur rédacteur. Nous avons eu rendez-vous, le vendredi 18 Novembre, à Lattes au Carrefour Grand Sud, chez l’un de ses client. M. COLIN nous a accordé trente minutes pour répondre à nos questions. Avant de commencer, nous lui avons demandé si comme convenu il était d’accord pour que l’on enregistre l’entretien et, ensuite, qu’on le retranscrive par écrit afin qu’il soit publié sur le blog de notre classe.

Tout d’abord, nous aimerions savoir quel est votre rôle au sein de l’entreprise Big Family?

Mon rôle est multiple, c’est le principe des petites structures. En fait on fait tout, à peu près… Je suis directeur d’agence à Montpellier mais j’ai plusieurs casquettes. Mon vrai métier à la base, c’est concepteur rédacteur, ça consiste à concevoir des textes publicitaires, des accroches publicitaires ou des articles journalistiques, c’est un travail de rédaction. Mais donc en plus de cette casquette de créatif, j’ai la casquette du chef d’entreprise avec la relation auprès des clients, auprès des fournisseurs, que ce soient les imprimeurs, photographes etc. Et après j’ai l’animation de l’agence, c’est-à-dire faire en sorte que toutes les personnes qui travaillent se sentent bien dans l’entreprise, que l’on réponde bien tous ensemble à la problématique de l’entreprise. Enfin j’ai la casquette du «stratège», essayer de projeter l’entreprise dans l’avenir, essayer de faire les bons choix, de prospecter les bons clients… Ça fait beaucoup de choses, c’est l’avantage parce qu’on touche à tout et on rencontre un maximum de gens et l’inconvénient c’est que le mercredi soir, les trente-cinq heures sont déjà faites…

D’accord, pouvez vous nous dire quels postes vous avez occupé avant d’être directeur d’agence?

J’ai un bac +3, j’ai fait un DUT pub marketing, ensuite j’ai fait une école de marketing direct à Paris et tout de suite j’ai été concepteur rédacteur, j’ai écrit tout de suite dans des agences de pub, après en freelance pendant dix ans et aujourd’hui je suis toujours concepteur rédacteur mais je suis aussi chef d’entreprise en plus.

Nous aimerions savoir quelles sont les différentes étapes d’un projet publicitaire, à partir d’un exemple?

On va partir de la demande du client, on va partir de Grand Sud puisqu’on gère la publicité du centre commercial, l’association des commerçants. Il y a un an et demi ils ont fait un appel d’offre, l’objectif était de trouver un partenaire, une agence qui leur permette de communiquer mieux que ce qu’ils faisaient jusqu’à présent. Notre rôle a été de leur proposer une stratégie de communication. Définir à quel moment de l’année on va prendre la parole, est-ce qu’il est plus opportun de prendre la parole pendant les soldes, la fête des mères… Les périodes où tout le monde parle en même temps et on entend plus rien parce que tout le monde communique. Leur proposer une stratégie, après leur proposer une nouvelle identité visuelle, essayer de les positionner par rapport aux concurrents et trouver quelque chose que toute l’année les gens vont repérer. C’est à dire communiquer toujours à peu près de la même manière pour que les gens identifient les messages à Grand Sud. L’idée était de se dire que l’on n’a pas les moyens de communiquer de la même façon que les concurrents, donc il fallait trouver une parade, quelque chose d’intelligent. On a donc pensé à communiquer autour de la famille avec des messages plus authentiques, sur de vraies valeurs. Trouver des opérations ou on «chouchoute» les clients toute l’année. Ça c’était le projet, on leur a présenté un plan de communication, une stratégie et une identité visuelle et après on a défini un calendrier. Ils ont choisit l’agence et ont validé le calendrier qu’on leur a proposé et donc tous les deux mois on recrée quelque chose pour communiquer aux clients et leurs montrer que Grand Sud leur amène des attentions particulières. Ça c’est le projet, une fois qu’on a validé la stratégie, le plan de communication, on rentre dans le concret.

Combien de temps faut-il pour élaborer un plan de communication?

Un mois… Le temps d’avoir les premières idées, de les confronter, de voir si on peu décliner toute l’année cette idée, oui il faut un mois. Et la finaliser concrètement avec les maquettes chiffrées, parce qu’il faut s’en tenir au budget des clients c’est important.

Ensuite quels sont les différents supports publicitaires que vous utilisez?

En fait on fait beaucoup d’édition, comme le dépliant, la plaquette, le catalogue, on fait du web, de l’animation de page Facebook, là on est plus sur le multimédia, on fait du hors média, beaucoup de marketing direct, ça c’est ce qu’on trouve dans les boites aux lettres. Les courriers adressés à votre nom ou les courriers dans toutes boites aux lettres. Ce sont les supports principaux. Après on fait des supports non palpables comme la radio…

…Vous ne faites donc pas d’audiovisuel?

Non on ne fait pas de cinéma ni de télé encore. J’en ai fait il y a longtemps dans les grosses agences mais aujourd’hui on est petit, pour l’instant on chouchoute nos clients et on va grandir tranquillement, j’espère!

Tout à l’heure vous nous disiez que vous préférez «chouchouter» vos clients, donc pour la plupart ils sont réguliers?

Oui pour l’instant nous sommes quatre à l’agence de Montpellier. Big Family emploie quinze personnes en tout. Donc la société est toute petite, pour l’instant, le but n’est pas d’accumuler les clients parce qu’après le service sera de moins bonne qualité. On préfère avoir cinq, six clients pour bien les servir, leur proposer des choses auxquelles ils n’ont pas forcement pensé. Oui c’est vraiment les «chouchouter» et leur donner les bons produits au bon moment, et ne pas les pénaliser avec du retard.

Comment est organisé Big Family, les trois agences sont-elles toutes autonomes?

Elles sont toutes autonomes, enfin Strasbourg et Lyon ont le même gérant. Mais généralement elles sont toutes indépendantes. A part sur des gros projets, par exemple récemment on a travaillé sur la foire européenne à Strasbourg ou je leur ai donné un coup de main pour construire la stratégie. Par exemple, le graphiste de Strasbourg va venir nous aider sur un projet car notre directrice artistique ne peut pas absorber toute la masse de travail selon l’importance des projets. Pour l’instant c’est la course, on n’a pas trop le temps de développer les synergies, mais on espère qu’avec le temps on pourra développer plus de choses en réseau.

D’un point de vue personnel, quel moment préférez vous lors de la réalisation d’un projet?

Le moment préféré, ce n’est pas tellement dans la production, le plus excitant c’est quand même quand on cherche la bonne idée qui va être l’idée unique pour un client. Pour Carrefour Grand Sud, on est parti sur une labélisation d’évènements qui mettait en relief le coté «grand», afin qu’il y ait une assimilation, que les clients mémorisent plus facilement, donc ça c’est le plus sympa. Odysseum à un budget de communication de 500000 euros par an, d’où sa réputation. C’est pour cela qu’il faut trouver l’idée qui fera parler de Carrefour Grand Sud avec un budget moins important.

Il faut trouver des astuces graphiques et dans les mots pour que les gens arrivent a mémoriser avec moins de moyens. Donc ça c’était une de nos parades. Notre dernière campagne qui est toujours dans la déclinaison de «grand» qui est ici Grand Cadeaux, le mois dernier c’était grand confort qui faisait gagner un voyage au Maroc. On est toujours dans le service, le confort et les attentions. Donc oui le plus intéressant c’est de trouver l’idée qui va faire «tilt», enfin c’est notre plus-value. Aussi ce qui est motivant c’est de trouver un nouveau client, de déceler ses attentes, de comprendre qui il est, et de ce qu’il attend, même s’il n’arrive pas à nous l’exprimer et c’est à nous d’arriver avec un projet et qu’il se dise «c’est exactement ce que je voulais», là on se dit qu’on a rempli notre mission.

L’agence n’est pas sectorisée, on ne travaille pas que dans l’industrie, on travaille aussi dans l’agroalimentaire, le tourisme etc. On a un parcours, ça fait vingt, vingt deux ans qu’on travaille dans cette agence, on a touché un peu à tout, on a eu autant de contrats avec Adidas qu’avec Europcar etc. On n’a pas la volonté d’aller sur de petits ou gros clients, on évitera d’ailleurs d’aller sur de trop grands clients parce que toutes les agences veulent travailler pour ces clients vitrines. Ils reçoivent quinze appels d’agences qui veulent travailler avec eux tout les ans. La concurrence est toujours présente, ils remettent en compétition, en challenge tout le temps, et on n’a pas envie de ça.

Vous comptez rester en France ou vous développer à l’étranger?

Notre volonté pour l’instant c’est de rester dans nos bassins d’activités, Strasbourg région, Lyon région, Montpellier région, de temps en temps on a des missions à Paris mais on préfère rester dans la proximité. C’est plus sympa d’être à côté de nos clients, de pouvoir les voir plus facilement, que de devoir faire trois heures en train, même si ça m’arrive d’aller à Paris ou à Lyon, mais on passe notre journée dans les transports et on ne produit pas.

Pour la société Gedal, leur but c’est vraiment l’esprit coopératif, ce n’est pas de communiquer pour eux, ce n’est pas un client qui va être démarché comme Adidas ou Andros. Donc typiquement c’est vraiment le genre de client qui nous intéresse, parce qu’on veut faire du bon «boulot». Il y a une relation de confiance qui s’installe, on arrive à se comprendre, on travaille vite. Avant, on sortait un catalogue en un mois et demi, maintenant on le sort en un mois. Ils ont mis les choses en place, on a vraiment compris leurs habitudes de travail et là typiquement on en est à notre seizième, dix-septième catalogue. Là, notre rôle c’est la mise en page mensuelle de tous ces produits et après de l’enrober. C’est à dire, au lieu de livrer un catalogue de type «Métro» où il y a des prix et des promotions de partout, faire quelque chose de qualitatif avec un vrai message, un concept publicitaire.

Pour résumer, vous êtes le directeur de l’agence Big Family de Montpellier, mais vous avez également la profession de concepteur rédacteur. Votre agence préfère entretenir des relations de proximité avec vos clients. Vous nous avez aussi parlé du déroulement d’un projet publicitaire, ainsi que de vos ressentis personnels.

Nous vous remercions de nous avoir accordé votre temps, et d’avoir répondu à nos questions.

Romane FAVERJON

Marie GOVAERT

Marie MUTEL.

Interview de Manon Vandenhoeck G5

mardi 22 novembre 2011

Interview de Manon Vandenhoeck G5

Le jeudi 10 Novembre 2011

ENTRETIEN AVEC UN PROFESSIONNEL DE LA COMMUNICATION : Pierre LACARRIERE

J’ai interviewé Pierre LACARRIERE le directeur Marketing et le responsable de la communication externe au sein de l’entreprise Power Plate France ce jeudi 10 Novembre 2011 durant une heure et vingt minutes. Notre entretien a eu lieu au siège de Power Plate France, Port Marina Baie des Anges – 06270 Villeneuve-Loubet.

powerplatelogopartenaire

Bonjour Pierre Lacarrière, je me présente, Manon Vandenhoeck, je suis actuellement étudiante en première année de licence d’Information et Communication à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Je me suis adressée à vous car je suis intéressée par la communication au sein des entreprises et mon but principal dans cette licence serait d’acquérir le plus de compétences possibles dans le domaine de la communication et du marketing dans l’objectif de devenir Directrice Marketing.

Vous m’avez informé préalablement que vous disposiez d’une heure et demie pour répondre à mes questions sur ce sujet. De plus, j’ai reçu de votre part, par téléphone, lors de la prise de rendez vous,  l’autorisation d’utiliser votre nom, de vous enregistrer et de publier notre entretien ainsi que des photos sur le blog http://www.univ-montp3.fr/infocom/.

Quelles ont été vos études ainsi que votre parcours professionnel?

Pierre Lacarrière : « Tout a commencé avec l’obtention de mon bac S, j’ai ensuite étudié à L’ESSCA, une école supérieure de commerce à Paris. Pour finir mes études j’ai fait le choix de faire un Master Marketing à Montréal. En ce qui concerne mon Parcours Professionnel, j’ai travaillé à LPG à Miami durant un an et demi en temps qu’assistant du directeur de la communication monde, ceci m’a ouvert certaines portes. J’ai ensuite travaillé en temps que chef de produit pendant trois ans pour Cellule M6. Par la suite, je supervisais le chef de produit, j’étais donc chef de gamme pendant deux ans. Ce début de parcours m’a permis de devenir responsable marketing dans l’entreprise où je me trouve aujourd’hui et, ma place aujourd’hui est : directeur marketing chez Power Plate France ainsi que responsable de la communication externe au sein de cette entreprise. »

– Au niveau de l’organisation de la société, quelles sont les activités de la société Power Plate ?

Pierre Lacarrière : « Power Plate regroupe les sociétés Life Sport et Anti Aging possédant l’exclusivité de distribution en France. »

– Quel est votre rôle au sein de l’entreprise Power Plate qui regroupe Life Sport et Anti Aging?

Pierre Lacarrière : « Mon rôle principal au sein de cette entreprise est de commercialiser des Power Plate à des Professionnels ainsi qu’à des particuliers. »

– Quelles sont concrètement vos activités au sein de la société ?

Pierre Lacarrière : « Etant directeur Marketing j’interviens avant, pendant et après une vente. Je suis responsable de l’image de marque de mes produits. Je me charge d’organiser des évènements tels que des salons… et j’agis également auprès du grand public pour générer un renouvellement du matériel chez les professionnels équipés. »

– Quelle est l’utilité d’internet pour l’image de marque de vos produits ? »

Pierre Lacarrière : « Internet, de nos jours, est très intéressant comme outil de travail et de communication. On se sert d’internet pour communiquer par email avec nos clients. On l’utilise, de plus, en interne CRM historique pour chacun de nos clients. Le site marketing de Power Plate regroupe deux intranets, deux boutiques en ligne et plus de 200 sites web pour nos clients. »

Quelles sont les compétences majeures nécessaire pour ce métier ?

Pierre Lacarrière : « Savoir écouter le marché, avoir du bon sens et s’adapter à la mentalité du pays dans lequel on commerce. Avoir de l’aisance relationnelle, et ne pas avoir peur d’imposer son opinion dans les choix de la société. »

Quelles sont les formations les plus appropriées selon vous pour occuper votre poste?

Pierre Lacarrière : « Je ne pense pas qu’il y est une formation précise. Une licence ou un master, que ce soit en communication ou en marketing est déjà un très bon bagage. Voyager à l’étranger est un plus indéniable. Il est important de développer un réseau de contacts dès le début des études. »

– En parlant de voyages, quelle est l’importance des conférences de presse et des voyages de presse?

Pierre Lacarrière : « Les conférences de presse sont très importantes et aussi fréquentes, pour te donner une petite idée, j’ai une conférence de presse jeudi prochain. Chez Power Plate nous publions en moyenne 600 articles par an, donc une bonne relation avec la presse est nécessaire. Pour ce faire, nous organisons des journées portes ouvertes, des conférences de presse ainsi que certains voyages de presse. »

– Pourriez vous me parler d’un voyage de presse auquel vous avez assisté en étant dans l’entreprise Power Plate?

Pierre Lacarrière : « Le dernier voyage fut en Israël, nous avions invité pendant trois jours une quinzaine de bons journalistes. Pendant ce séjour, les journalistes font des visites de sites classiques, logent dans de beaux hôtels… A la fin du voyage, une conférence de presse a eu lieu pour parler des produits de notre société. Grâce à cela, de beaux articles paraissent dans les magazines. Le seul inconvénient est le prix du voyage. »

– Comment sont définis les dépenses et les frais de la société ?

Pierre Lacarrière : « J’ai une certaine restriction à propos des dépenses et des frais. Je fais des propositions pour un plan marketing qui sera ou non validé par la direction. Une part de ce budget est prédéfinie à l’avance et en ce qui concerne Power Plate une part du budget est mise dans l’enveloppe des dépenses de la société pour l’utilisation en cours d’année. »

– Pourrais-je avoir des informations concernant votre rémunération mensuelle ?

Pierre Lacarrière : « Ceci est confidentielle… Tout ce que je peux dire, c’est que mon salaire est défini en début d’année par le directeur de l’entreprise. Mes commissions à l’année représentent un pourcentage du chiffre d’affaires. Celles ci varient entre 5% et 20% dépendant des sociétés. »

Quelles sont les éventuelles évolutions de carrière au sein de l’entreprise?

Pierre Lacarrière : « Au sein de Power Plate l’évolution est assez limitée, nous travaillons tous d’égal à égal la plupart du temps, et nous prenons les décisions ensemble. En ce qui me concerne si je devais évoluer au sein de l’entreprise je prendrai la place du Directeur France (rires) »

– Si vous aviez un conseil à me donner pour réussir en temps que Directrice Marketing, lequel serait-il ?

Pierre Lacarrière : « Je te dirai tout simplement d’essayer de comprendre au mieux l’état du marché actuel et futur. »

– Pour synthétiser notre entretien je commencerai par énoncer le fait que le simple bagage que m’apporterait ma licence en faculté pourrait être suffisant pour, comme vous réussir dans le domaine de la communication. D’une part, l’écoute et l’adaptation à la mentalité du pays avec lequel nous communiquons paraissent essentielles. Ces deux points sont dans la vie de tous les jours une façon remarquable d’avancer et d’évoluer. D’autre part, l’aisance relationnelle est importante dans la plupart des métiers mais elle est nécessaire dans un métier faisant intervenir la communication. J’ai enregistré notre conversation d’aujourd’hui pour qu’aucune information de notre entretien ne manque. D’après cette synthèse auriez vous des informations a ajouter pour enrichir mon entretien?

Pierre Lacarrière : « Je pense que tu as bien fais le tour sur le métier de directeur marketing et responsable de la communication externe d’une entreprise. »

– Je vous remercie pour cet entretien qui m’a beaucoup intéressé. Je vous enverrai la transcription d’aujourd’hui avant le 17 novembre par email à l’adresse suivante : placarriere@life-sport.com. Dès l’envoi, je vous préviendrai par message  sur votre téléphone portable au 06 18 50 30 55 pour que vous puissiez me confirmer la réception. Merci pour votre temps.

Pierre Lacarrière : « Merci pour ton intérêt. N’hésite surtout pas à me contacter pour des informations supplémentaires. A très bientôt Manon. »

mercredi 24 novembre 2010

Entretien avec Sacha Dumas-Delage

Responsable des interventions culturelles de la ville d’Arles

Chargé de la programmation Art de la rue


Nous avons interviewé Mr Sacha Dumas-Delage, technicien territorial chargé de la programmation des arts de la rue au sein du service culturel de la mairie de d’Arles. Notre choix pour l’interview s’est porté sur cette personne car un des membres de notre groupe connaît personnellement l’interviewé.

Il nous a reçu un lundi après-midi dans son bureau. Après nous avoir fait visionner des spectacles qu’il a organisés, nous avons commencé l’entretien.

Mr Dumas-Delage bonjour, merci de nous recevoir. Dans le cadre de notre licence information et communication nous devons réaliser un projet en relation avec des professionnels qui utilisent une forme de communication. Nous avons pensé à vous car vous êtes chargé d’organiser des évènements et vous utilisez donc la communication. Nous allons vous poser quelques questions pour en savoir plus sur votre métier.

Tout d’abord pouvez vous nous définir en quoi consiste votre métier ?

Je suis programmateur de spectacles. Je dois aller chercher des spectacles partout en France, et je dois les programmer sur deux périodes, la première c’est le carnaval au mois de mars ou d’avril, la seconde est noël pendant les vacances. On a un festival qui s’appelle « Drôles de Noëls ». C’est un festival multidisciplinaire, théâtre, art de la rue, marionnettes.

Je dois  picorer partout des spectacles de rue généralement, car ma mission est de travailler sur les lieux publics. Pour cela je vais dans d’autres festivals, voir des spectacles, en faire un concentré et les faire venir à Arles, voilà ma mission principale.

Mais j’ai une autre mission au service culturel qui est la coordination d’une équipe qui mène des actions sur le domaine public : art plastique, cinéma, musique et arts de la rue. Nous sommes  une équipe de six personnes ici.

D’accord, donc quel est votre lieu de travail finalement ?

Mon lieu de travail, le bureau c’est ici. Notre domaine d’intervention c’est la rue. On travaille sur le domaine public pour la ville, on fait des actions un peu partout sur la commune d’Arles qui est la plus grande commune de France en superficie, c’est plus grand que Paris…

Ah bon ??

Oui, pas en population, mais en superficie. Nous avons des villages qui sont à quarante kilomètres d’Arles mais qui appartiennent à la commune d’Arles. Je travaille aussi sur ces villages là. Nous menons aussi des actions sur les quartiers, un collègue s’occupe spécialement des actions culturelles sur les quartiers, et enfin nous avons tout le centre ville où on fait des actions autour des arts de la rue.

Nous programmons des spectacles directement sur le domaine public comme par exemple « Un été au cinéma » : il s’agit de projections en plein air dans différents quartiers de la ville, gratuites, projection d’un film choisi avec les habitants,

Mon intervention c’est le domaine public extérieur.

Comment organisez-vous un évènement particulier ?

On va prendre le cas de « Drôles de Noëls », puisque c’est le gros évènement: 150 représentations gratuites en 10 jours de festival.

C’est un travail d’un an, il commence à se préparer en janvier pour décembre.

Dans l’ordre, on part du budget: de quel montant pouvons-nous disposer, et en fonction, je fais des propositions aux élus et à un comité pour validation.

Je choisis les spectacles que j’ai vu l’année précédente, ou deux ans voire cinq ans auparavant. Spectacles que je n’arrivais pas à programmer à ce moment là.

Entre janvier et mars je fais une proposition de programmation, avec un budget global qui comporte la totalité de l’opération, pas uniquement le budget artistique mais on y ajoute le budget com., le budget transport et défraiement des artistes, le budget technique, le budget sécurité pour les spectacles (quelquefois on a des grues, ou des choses comme ça). Donc c’est un budget global.

Ainsi de janvier jusqu’à juin, on construit l’ossature du programme, en juin c’est validé.

A partir du mois de juin-juillet on commence à travailler sur les supports de communication, le dossier de presse, le communiqué de presse, le programme.

En septembre on est vraiment sur la partie technique, la location, on affine vraiment la programmation et on finalise la communication.

A ce moment là on a vraiment le support papier, les programmes que l’on a travaillés. (Il nous présente le programme de cette année) Sur le festival pour cette année, on travaille avec un attaché de presse qui est extérieur à la ville qui a un réseau de journalistes, pour faire venir du monde sur cette opération là.

Voilà c’est un travail d’un an. On est une équipe qui est très mobilisée sur cette opération là car on n’est que six, aussi il faut tout prévoir longtemps en amont.

Comment savez-vous si l’évènement est réussi ?

On ne sait pas (rires), on est obligé de faire des bilans de toute façon. Alors comment savoir si c’est réussi…

Vous demandez des avis ?

L’année dernière, toujours sur Drôles de Noëls, nous avons élaboré un questionnaire afin de faire une étude des publics : origine du public, quelle tranche sociale, quelle catégorie, pourquoi ils venaient, comment ils avaient été informés.

Cette étude a permis de montrer que ce public avait été satisfait à 90%. Mais Il y a toujours des gens qui ne le sont pas, d’ailleurs c’est un peu subjectif, ça dépend des spectacles qui sont programmés, on peut aimer, ou pas, un spectacle. Après la satisfaction dépend aussi de l’organisation : est-ce qu’on est bien organisé ? Est-ce que le public est bien accueilli ? Est-ce qu’ils n’en attendent pas trop ?  Etc.

Il y a une multitude de critères de satisfaction. On fait des bilans, les élus ont des infos, les Arlésiens ne se gênent pas pour dire si c’était bien ou pas.

Mais généralement c’est une opération qui marche très bien. Ce sont des spectacles tout publics pour les familles. Il faut préciser aussi que ce sont des spectacles gratuits, et en plus  la ville prend en charge le stationnement gratuit du centre ville pour les fêtes.

Les spectacles proposés sont quand même des choses assez exceptionnelles. Il s’agit de grosses compagnies, par exemple « LES STUDIOS DE CIRQUE » : c’est une compagnie qui tourne dans le monde entier, on programmé « TRANS EXPRESS »  qui avait organisé le passage en 2000 sur les Champs Elysées.

Cette année on travaille avec le « GROUPE F » : c’est ceux qui ont fait l’éclairage de la tour Eiffel avec la pyrotechnie. Ce sont quand même des choses assez uniques et donc ça marque les Arlésiens.

On a montré aux Arlésiens qu’on était capable de programmer de grosses compagnies, de faire venir de grands artistes, c’est assez unique pour eux donc il y a une satisfaction mais après tout le monde n’est pas satisfait, de toute façon.

D’accord. Et est-ce que vous rencontrez souvent des difficultés ?

Tous les jours ! (rires)

C’est-à-dire, quel genre ?

Je vous l’ai dis, c’est une très grosse opération pour laquelle on gère tous les aspects.

Par exemple en communication on peut avoir des difficultés par rapport à l’impression, des documents qui n’arrivent pas assez tôt, en technique on a prévu une grue de 100 tonnes et il fallait 120 tonnes. Voila le type de difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

Après, nous en interne, comme on prépare un an à l’avance, on est assez rodés, on a assez organisé pour anticiper, et on est obligé de prévoir un journal d’opérations car on a environ 12 à 15 spectacles par jour qui tournent.

La ville embauche spécialement du personnel pour accueillir le public et si du jour au lendemain une personne est malade il faut trouver un remplaçant immédiatement. Ce sont des petites choses et, comme on organise longtemps à l’avance, on arrive à les surmonter.

Donc on n’a pas de grosses difficultés sur cette opération là, on a des inquiétudes mais c’est tout

Comme c’est une grosse organisation on prévient la police, les pompiers, la sous préfecture, on prend un service d’ordre, la croix rouge… car quand il y a de la foule il a forcément des problèmes de concentration.

Ah oui c’est impressionnant. Pouvez-vous nous dire quelles sont les compétences requises pour exercer ce métier ?

Il faut anticiper comme je vous l’ai dis, être très organisé et rigoureux…

Il faut résister au stress aussi non ?

Au stress, euh, oui Il y a du stress dans tout les travails de toute façon (rires) mais là c’est le stress du public, des élus parce qu’on nous demande des résultats quand même.

Il faut aussi savoir travailler en amont, être très rigoureux et voir la totalité du projet pas seulement l’aspect artistique.

L’accueil du public est important aussi car s’ils ne sont pas bien accueillis ils sont moins réceptifs.

Donc, en fait, il faut être rigoureux tout le temps et dans tous les aspects, en technique, en organisation, en sécurité, en communication, donner des supports propres, clairs. On a un site Internet aussi.

C’est vrai qu’il y a beaucoup de choses à gérer et la meilleure façon de diminuer le stress c’est anticiper et être très rigoureux.

Et faut savoir travailler en équipe donc ?

Oui, c’est important et sur ce genre d’opération là le travail en équipe est obligatoire : je ne pourrais pas tout faire tout seul : on se partage les tâches à six.

Moi je pilote la totalité du projet dans son ensemble. Ma collègue s’occupe plus particulièrement de la communication, des supports de com. Elle va les relire chez l’imprimeur. Un autre collègue s’occupe davantage de la technique. On a aussi un attaché de presse qui fait toute la relation avec la presse pour faire venir les TV et les interviews radio. Ainsi, au mois de décembre ; on a 35 interviews radio. C’est moi qui les fais mais c’est lui qui les a fait venir parce que je ne pourrais pas à la fois les organiser et les enregistrer. J’ai aussi un collègue qui ne s’occupe que des quartiers et de la décentralisation des spectacles.

Au total 22 services municipaux nous aident sur l’organisation et au moment de l’opération : service technique, service des jardins, service du nettoyage, service du protocole etc. le bureau du festival, le service informatique avec la nouvelle mise à disposition de bornes Internet où le public peut venir visiter le site spécialement créé pour l’occasion.

C’est une organisation et collaboration de très nombreux services, c’est pour ça qu’on prévoit un an avant, parce que c’est trop important. On ne peut pas tout gérer en 15 jours et de toute façon même pour les petits évènements il faut toujours anticiper. Et encore plus lorsqu’on travaille dans une collectivité.

Est-ce que vous avez l’habitude de travailler avec les mêmes collaborateurs ?

Dans mon équipe oui, ainsi que dans l’équipe du service culturel. Ce sont les mêmes personnes avec qui je travaille depuis une dizaine d’années. Deux nouvelles personnes arrivées plus récemment s’intègrent elles aussi à l’opération comme mon collègue du service technique qui travaille sur l’opération avec nous depuis 2 ans.

Mais en plus nous devons faire appel à des entreprises extérieures car la mairie n’a pas toutes les compétences en terme technique. Nous ne disposons pas non plus de tout le matériel pour des gros spectacles, par exemple des gros projecteurs donc il y a la location.

Il me faut assurer la coordination de tous ces prestataires de ce service aussi qui sont sur le terrain, qui participent au festival

En résumé je collabore avec la même équipe depuis 10 ans et s’il y a de nouveaux arrivants l’ossature reste la même et nous avons des habitudes de travail.

D’accord. Et faut-il avoir de l’expérience pour exercer ce métier ?

Oui faut de l’expérience pour les grosses formes mais l’expérience s’apprend sur le tas.

Quand je suis sorti de la fac je n’avais aucune expérience. J’ai fais une maitrise de conception de projet culturel et j’ai commencé par de petits projets au départ, sur des spectacles vivants. C’est avec les erreurs aussi qu’on arrive à progresser.

Chaque année le spectacle évolue et chaque année on acquière une nouvelle expérience.

« Drôles de Noëls » par exemple n’est pas le même maintenant que celui qu’on a fait il y a 7 ans. Le festival était plus petit, il avait un petit budget, c’était une opération un peu test pour voir comment les Arlésiens répondraient et comme ça a fonctionné, on a continué en grossissant pour l’améliorer.

Il faut un peu d’expérience mais le terrain est très formateur.

Chaque année les spectacles ne sont jamais les mêmes, les formes de spectacles non plus.

Une année on a fait venir une grue géante pour faire monter des artistes en l’air, l’année suivante on a fait une vidéo projection sur l’hôtel de ville, cette année on fait de la pyrotechnie.

On a fait des erreurs, on rectifie. Les choses qu’on ne connait pas forcement au début, on les apprend par la suite comme par exemple les dispositions en termes de sécurité.

Mais on est aidé. Le service culturel n’a pas la science infuse pour tout organiser. Cela fait 12 ans que je fais du spectacle vivant et mon travail a évolué depuis 12ans parce que je ne suis pas arrivé directement responsable du service mais voila on arrive à acquérir de l’expérience.

Donc comment fait-on pour évoluer, pour monter les grades ?

Alors dans la fonction publique ce n’est pas compliqué, il suffit de passer des concours.

Moi j’ai un parcours un peu particulier, je suis rentré ici en tant que stagiaire, 4 mois durant lesquels on m’avait demandé de faire une étude de faisabilité sur la ville : comment faire des spectacles vivants pour enfants car il y avait pas de théâtre ni aucune autre structure sur la ville.

Après ce stage, j’ai fais mon armée ici au service culturel que j’ai pu intégrer à la fin de mon service civil de 10 mois. J’étais toujours en charge du spectacle vivant jeune public. J’ai pu aller voir des spectacles, mettre en place l’étude que j’avais réalisée ici en tant que stagiaire.

Ensuite j’ai été embauché en tant que emploi jeune pour un contrat de 5 ans toujours sur le jeune public et les arts de la rue et quand j’ai fini mon emploi jeune j’ai été embauché dans la mairie agent du patrimoine, en bas de l’échelle puis j’ai passé des concours et j’ai réussi un concours de cadre B, c’est technicien supérieur territorial et tout ça en 12 ans.

D’accord, donc on ne peut pas accéder directement à votre poste ?

Si, on peut accéder directement à ce poste à condition d’avoir réussi un concours spécifique ou alors on peut y accéder sans concours mais avec un contrat CDD.

Ah d’accord ce qui n’est donc pas votre cas.

Voila moi je suis embauché dans la fonction publique territoriale mais dans tous les cas il faut avoir de l’expérience.

Pouvez-vous nous décrire une de vos journées type ?

Oui je vais vous montrez ce que c’est une journée type (il sort son agenda).

Alors une journée type pour le festival Drôles de Noël 2010  programmé du 11 au 24décembre 2010 :

Voilà le rétro planning de 19 pages : il commence à compter du 9 décembre et va jusqu’au 4 janvier car l’ossature démarre un mois à l’avance et se termine bien après la fin de la dernière représentation.  Et la plus grosse journée sera pour nous le samedi 18.

Le retro planning c’est l’endroit où on note tout : ce qu’on doit faire,  qui doit le faire et à quel moment.

Ainsi Le samedi 18 décembre on doit accueillir 12 spectacles qui vont se monter en même temps sur 12 lieux différents de la ville.

Donc il faut qu’on soit en capacité d’accueillir les spectacles, de leur dire où ils se s’installent, leur montrer où ils se branchent, leur fournir les éléments techniques dont ils ont besoin, comme des rallonges, des contre poids etc.

Il faut aussi que nous puissions accueillir les personnes qui vont accueillir le public car nous ne pouvons pas le faire, nous ne sommes pas assez nombreux. En gros on commence dès 8h pour un montage au théâtre, après il y a un nettoyage de la place donc ça c’est mon, collègue qui va s’en occuper, un vacataire qui va arriver pour la mise en place des loges car les artistes ont leur loge, avec des petits croissants, à manger, du café etc.

Ah oui comme des stars (rire).

Voila mais c’est très important de bien les accueillir les compagnies, comme on aimerait être accueillis chez eux, car ces compagnies viennent d’un peu partout de la France, et on essaye de bien les coucouner pour qu’ils soient à l’aise.

Oui en plus elles sont très connues.

Sur le planning nous avons très en détail, les horaires, les lieux, les tâches et les personnes qui doivent s’en occuper.

On commence dès 8h et on finira à 21h ce jour là. Et là c’est tous les spectacles qui s’enchainent.

Donc pour l’opération Drôle de Noël nous avons de très grosses journées.

Même si un spectacle commence à 14h, nous il faut qu’on soit en place dès 8h pour tout préparer.

Il y a beaucoup d’anticipation et ce qu’on voit sur le programme ce n’est qu’un dixième de ce que l’on fait réellement. Quand les spectacles sont lancés c’est bon, c’est fait, mais tout ce que nous avons fait avant ne se voit pas. (Il continue à nous montrer son planning en détail).

Ceci c’est que pour un seul évènement ?

Oui, ce rétro planning n’est que pour Drôle de Noël c’est notre plus gros évènement, il y a aussi le carnaval autre gros évènementiel mais concentré sur 3 jours seulement. Voilà.

Je pense que nous avons toutes les informations nécessaires pour rédiger notre devoir. Merci beaucoup de nous avoir accordé du temps et d’avoir répondu à nos questions avec autant de précisions, nous en avons beaucoup appris sur votre métier, ce fut enrichissant et très intéressant.

entretien réalisé par:

Ornella RICCARDI, Jennifer RAKOTONIRINA et Erica RATOVONIAINA