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Entretien avec un professionnel de l’événementiel : Gérant et Organizer de Acme Affinity Agency

dimanche 16 novembre 2014

 

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Nom du professionnel : Sora LAZARE

Lieu de l’interview : Le Verd’ici (Bar. (1 Bis Rue de Verdun, 34000 Montpellier, à côté du Monoprix Place de la Comédie) → on vous conseille d’y aller !)

Date de l’interview : Vendredi 24 Octobre 2014, 19h.

 

Avant de nous rencontrer, nous avons d’abord pris contact avec notre professionnel, Sora Lazare, via Facebook (cette personne étant une connaissance d’une de nous). Sora Lazare est Gérant et Organizer de son entreprise, Acme Affinity Agency. Nous lui avons expliqué que nous étions en première année d’Info Com à l’Université Paul Valéry et que nous devions faire un entretien avec un professionnel de la communication. Après avoir accepté de nous rencontrer, il nous a alors donné rendez-vous sur son lieu de travail (Le Verd’ici) à 19h pour faire l’interview. A la suite de brefs échanges et des présentations, l’entretien a commencé. Celui-ci a duré 45 minutes.

 

Interviewer : Déjà, on voudrait savoir, c’est quoi exactement ton métier, quel est l’intitulé exact de ton métier ?
Interviewé : À la base, c’est organisateur de soirées. Sinon, j’ai fondé une entreprise qui s’appelle Acme Affinity Agency. Je fais des rajouts sur l’entreprise, donc, c’est-à-dire que j’ai d’autres fonctions. Donc je suis dans événementiel et on m’engage par exemple pour booster des lieux ou pour faire du management d’artiste. Voilà, à la base.

D’accord (silence puis rires). C’est quoi les activités qui caractérisent le mieux ton métier en fait ?
L’organisation de soirées, donc c’est-à-dire organiser des soirées en discothèque la plupart du temps comme l’Antirouille, le Rock Store, la Villa Rouge qui sont plus dans mon créneau électro bass music. Et surtout le management d’artistes, c’est-à-dire que j’ai des artistes, il faut que je les gère, leur apprenne à se gérer eux-mêmes et à gérer leur image surtout, ce qui est le plus important.

Donc en fait, tu t’occupes plus des artistes en soi ou de l’événement des artistes ?
En gros, je vais organiser des événements pour me faire de l’argent… Mais pour organiser de longs événements, il faut de gros artistes, donc un thème, c’est cool, mais ça ne va pas faire venir les gens, c’est la bonne musique qui va faire venir les gens et donc je dois trouver des artistes qui ont du talent et après, quand ils ont le talent, ils n’ont pas forcément ce qui va avec, c’est-à-dire la bonne image ou une bonne corrélation de tout ça. C’est-à-dire que des fois, y en a un, il est super bon, mais c’est une grosse diva. Il va se mettre à faire pipi partout, enfin, on ne sait jamais quoi. Il y a des fous dans les artistes.

En gros, t’es genre comme un agent d’artiste…
C’est ça, un agent oui exactement.

Ok. Et qu’est-ce qui te plait ou pas dans ton métier ?
Le relationnel. C’est vrai que j’ai affaire à pas mal de monde tout le temps et c’est assez cool parce que je peux côtoyer du coup mes idoles, parce que par exemple, j’ai côtoyé Skrillex, ou Guilon Francis, Kavinsky, et d’autres artistes dans le genre. Dernièrement, la semaine dernière, Frédéric Beigbeder qui m’a tapé sa petite soirée au Fizz et au Rock Store, c’était assez sympa.

D’accord, donc c’est vraiment le côté relationnel en fait, avec les gens…
Ouais qui est super sympa. Après t’es toujours fier quand t’as organisé ton événement, que tout se passe bien et que tout le monde s’éclate quoi.

D’accord, et… Est-ce que pour toi, tu vois des désavantages aussi dans ton métier ?
Alors, ouais. C’est que quand tu rencontres plein de monde, tu rencontres aussi plein de gens qui peuvent être horribles et que tu dois supporter. Tu rencontres surtout un type de personne qui est assez horrible dans le métier, c’est les gens qui te font « écoute moi, j’ai 30 ans d’expérience, t’as pas à me dire quoi que ce soit vu ton âge » et moi, je lui dis à ce moment-là « Bah ça fait 30 ans que t’en aies au même point, ça fait 30 ans que t’es… Une merde », excusez-moi du terme. Et voilà, la plupart des jeunes n’ont pas, n’arrivent pas à faire leur place ici.

Est-ce qu’il y a des trucs qui sont répétitifs dans ton métier ? Genre que tu fais tout le temps la même chose ou que c’est totalement différent ?
Certaines choses sont répétitives comme les papiers, enfin l’administratif. Faut pas croire qu’en restant dans l’événementiel, c’est faire de l’événement. Il y a énormément de papiers à faire : des autorisations, des papiers d’entreprise, faut faire la comptabilité… Ça, c’est répétitif parce que c’est tout le temps la même chose alors que dans l’événement, ce n’est pas tout le temps la même chose. Un événement ne se ressemble jamais.

Donc oui, du coup, tu changes beaucoup d’endroits, tu rencontres beaucoup de personnes différentes…
C’est ça, exactement ouais.

C’est intéressant alors.
Oui, c’est vraiment intéressant

Du coup, il n’y a pas vraiment de routine.
Ouais, il n’y a pas vraiment de routine sauf quand tu restes chez toi en fait. C’est un métier qui se fait aussi bien sur le terrain que chez toi sur un ordinateur où tu fais de la communication. Parce que si tu ne parles pas de ton évènement, personne ne va venir. Si tu ne fais pas ton flyer, si tu ne veux pas engueuler ton infographiste parce qu’il a fait une erreur sur le flyer, tu vas avoir une faute, tout le monde va le remarquer.

Du coup, on t’a demandé ce qui variait dans ton métier : tu changes beaucoup d’endroits, t’es pas tout le temps au même endroit en fait à chaque fois.
Non jamais : Antirouille, Rock Store, ça peut être… J’ai tourné des clips pour des artistes à l’hôtel Sabatier d’Espeyran. J’ai dû contacter Montpellier Agglomération, la ville de Montpellier, pour qu’ils m’autorisent à le faire sachant que chaque objet coûte 500 euros. Là, c’était un groupe de rock… Mais bon, finalement, ça s’est bien passé, ils m’ont autorisé à le faire donc voilà.

Depuis combien de temps, tu fais ça ?
Ça fait trois ans environ.

Trois ans ?
Oui.

Et du coup, tu l’as fondé quand ton entreprise ?
À mes 21 ans, en février.

Pas mal, bravo félicitations.
Merci ! (sourires, rires)

Parce que du coup, c’est ton entreprise, c’est ça ?
C’est mon entreprise oui. Il n’y a pas d’associés, quoi que ce soit…

Donc t’es tout seul en fait ?
Ouais. Après, je fais appel à des prestataires. C’est ce qu’on fait actuellement pour des entreprises, c’est plus simple. Chacun fonde son auto-entreprise, ils ont chacun leurs capacités…

Donc oui, tu fais appel à d’autres entreprises ?
C’est ça. Il ne faut jamais partager le pouvoir, parce qu’à chaque fois que tu partages le pouvoir, il y a toujours des conflits. Et la plupart des gens qui ont le même âge que moi, qui ont fait la même chose que moi, bah, ils ont fermé. Comme THC, ils étaient plusieurs à avoir le pouvoir et ça a foutu la merde.

Je ne sais pas si on a posé la question sur le nom complet de l’entreprise...
Avec l’explication : le nom de mon entreprise, c’est Acme Affinity Agency : triple A. Pourquoi Acme Affinity Agency ? Parce qu’Acme Affinity ça veut dire « Affinité avec l’Apogée », c’était pour ne pas être prétentieux : on va s’entendre avec le sommet, mais sans être le sommet parce que quand t’es le sommet, tu ne peux que retomber et ça faisait aussi un indice pour parler de mon passé parce qu’à la base, j’ai fait des études de sciences et pas de commerce. Et le triple A sur mon logo, ça fait l’ADN en fait. Le bleu un peu cyan ça fait vraiment scientifique quoi.

Juste, pardon, le troisième mot du nom de ton entreprise, c’est quoi ?
Agency. Pour le nom de l’agence… Après sur l’une de mes brochures, trois A ça fait comme trois montagnes donc c’est comme si tu voyais des montagnes sur la brochure : l’idée de sommet, montagne…

Donc le logo peut représenter plusieurs choses.
Exactement.

C’est super symbolique en fait ?
Voilà. Après il fallait que ce soit simple et que ce ne soit pas trop. Parce que par exemple, THC, si je compare à une autre [entreprise], ça fait penser à ce que tu fumes : le THC. Et forcément, tu ne peux pas aller faire des événements avec la ville de Montpellier si tu t’appelles THC quoi. La ville ne va pas s’associer avec ça. Alors qu’Acme Affinity, ça sonne plutôt propre.

Et est-ce que tu pourrais nous définir une journée type ou il n’y a pas vraiment de journée type dans ton travail ?
Juste, j’ai oublié quelque chose. Le triple A, c’est le signe de l’excellence et c’est aussi pour ça que j’ai voulu faire ça.

D’accord. (rires)
Reviens sur ta question, excuse-moi. Une journée type ?

Oui, est-ce que t’as des journées types ou …
Oui, si on parle de journée type genre routine, même si ça n’en est pas vraiment. Donc ma journée commence à 17h. À 17h, soit je viens ici dans le bar où je travaille, parce qu’il y a toujours un bar où je travaille qui fait mon salaire de base, c’est-à-dire que c’est un lieu que je vais booster, où je vais engager des gens… Donc j’arrive, ma journée hop, les préparations, on parle de ce qu’on va faire sur la semaine ou sur la soirée donc qui va jouer. Ensuite, on fait la soirée. Quand j’arrive chez moi, on a pris des photos dans la soirée donc, quand j’arrive chez moi, je mets toutes les photos sur mon ordinateur, je dis à quelle heure on va les poster, j’envoie un message en commun à tous les employés et à tous ceux qui font de la promotion. Le lendemain on commence à 10h du mat’ et là on commence la promotion flyers et affiches en ville. L’emailing aussi parce qu’on a des e-mails à envoyer pour avoir des artistes internationaux et parler avec les agences, ou les partenariats. Et à 18h, c’est là où on fait la promotion. Parce que de 18h à 21h, c’est là où tout le monde est connecté sur les réseaux sociaux donc c’est là où on partage en masse. Voilà, et ça, c’est une journée de base.

Donc ouais, il y a un côté stratégique un peu…
Pour tout ouais. Et comme je vous ai dit, ma journée commence à 17h, mais là, je vous ai dit que je finissais à 18h parce qu’en fait ici à 18h normalement, j’ai fini mes partages et là, je commence une journée. (silence)

Tu nous as dit que tu travaillais avec d’autres personnes, et par exemple, tu pourrais nous donner des exemples de personnes avec qui tu travailles ?
Pour un événement, il me faut un ingé son pour régler le son, un ingé… Un éclairagiste, parce qu’on ne dit pas un ingé lumière, qui nous fait des lumières qui soient dynamiques avec le son, c’est très important. Parce que tu ne peux pas faire ça n’importe comment, faut que ce soit vivant. Ensuite t’as le mec qui fait le mapping, c’est-à-dire que tu as un fond blanc derrière les artistes et ça va donner les images, ça va donner une ambiance. T’as le décorateur, t’as les artistes, les DJ’s, t’as le mec qui va s’occuper du V.I.P, c’est-à-dire, des artistes, des loges, qui va s’occuper d’eux, qui va être à leur écoute. T’as le lieu avec qui je travaille, donc tout le staff : les barmans, la directrice, le propriétaire du lieu. Le propriétaire, c’est celui qui dit oui ou non à nos soirées, ou qui dit oui aux artistes. Ensuite, il y a le mec qui va coller les affiches, les filles qui vont me distribuer mes flyers. Plus souvent, on va engager des filles, c’est un peu de la discrimination positive. Qu’est-ce qu’il y a d’autres ? Les patrons des bars, ou les bars en général quand on faire de la promotion de soirée. Ce qu’on a de particuliers avec l’entreprise, c’est qu’on a le droit de flyer sur tous les bars alors qu’il y en a qui ne peuvent pas flyer sur certains bars, sur les terrasses…

Mais du coup, c’est quoi ton rôle par rapport à ses personnes ?
En fait, organisateur, ce n’est pas qu’organiser une soirée, c’est organiser les gens entre eux, c’est-à-dire que tu donnes les rôles à tout le monde, et le meilleur organisateur c’est celui qui est là, qui croise les bras et tout est en train de se dérouler. Et il y a du monde. Et j’ai formé tout le monde à son poste parce qu’ils n’ont pas forcément les diplômes ou ceux qui sont diplômés pour ça, ils n’ont pas forcément envie de faire ça, et tout ça quoi…

Et quand tu dis que tu les as formé, pourtant ce n’est pas tes employés, donc je ne comprends pas…
Si il y en a, c’est des prestataires, il y en a bah…Comme le DJ ici, ils ont un statut SACEM, ce n’est pas pareil en fait, et il faut que tu les formes à faire leur propre promotion. Et quand ils font leur promotion, t’as pas besoin d’engager quelqu’un pour le faire parce qu’ils font de la promotion donc tu vas lui dire « on va faire les flyers » à la place de telle personne, pour investir moins d’argent. Ça, c’est très important parce que faut que tu calcules ta rentabilité. T’as un budget précis, tu dois amener tant de monde, et t’as un point d’équilibre. S’il t’amène au moins 100 personnes, tu dépenses cette somme-là et tu te dis pas que tu vas blinder le lieu, même si c’est ton objectif, tu vas miser le chiffre moyen.

Je ne sais pas comment formuler cette question, mais… Est-ce que ton métier subit une évolution technologique ? Par rapport aux nouvelles technologies, avec internet et tout…
Ah oui forcément ! En trois ans, les réseaux sociaux ont vachement évolué donc on est capable de plus de choses, on est beaucoup plus « viral » parce que tout ce qui est promotion, on cherche à faire du viral, du buzz. Par exemple, il y a les nouvelles applications comme Snapchat, ou les QR Code qui te permettent d’être plus viral. Y a quoi d’autres… Bah le QR code on peut le mettre sur le flyer par exemple ou il y a des pushs : quand tu prends une application par exemple « Acme Affinity », tu la télécharges et tu reçois un push à chaque fois qu’il y a une nouvelle soirée. Y’a les sites internet mais ça je trouve que ce n’est pas très efficace pour l’instant.

Donc c’est surtout les réseaux sociaux qui font vraiment connaitre tous les trucs ?
C’est ça. Après, je ne sais pas si c’est intéressant que je vous le dise mais on fait de la publicité sur les journaux, la télévision. On fait aussi la météo : on cite la météo sur France 3 et ensuite, on parle de notre soirée, ce qu’on n’entend pas d’habitude, mais on fait ça aussi…

D’accord. Est-ce que c’est toi qui prends les initiatives ? T’es autonome dans ton truc ?
Oui, c’est ça. On va dire que là, c’est particulier parce que selon les « crews » c’est différent. Mais dans mon « crew », c’est moi qui ai les idées à la base à chaque fois. Disons que je suis inventif par rapport à certains, mais là, il y a le barman qui est mon coloc qui va devenir prestataire et qui me donne tout le temps des idées. Après, non franchement, ça va être que de mon côté, et je ne pense pas que je puisse faire autrement pour l’instant tant que je n’ai pas trouvé quelqu’un d’efficace. Parce que j’avais essayé avec quelqu’un avant, je ne sais pas si je dois vous le dire mais ça a pas du tout marché, et le mec a tapé une crise d’angoisse limite tellement il y avait de stress pour lui.

Ah oui… (étonnement)
Il faut voir le métier un peu plus cool et vraiment pas être stressé sinon tu peux pas tenir quoi.

Tu l’avais engagé pour travailler avec toi, c’est ça ?
Oui voilà c’est ça, et il a pas du tout tenu parce que c’est un métier tu vois, t’as de l’alcool, de la drogue, t’as plein de choses… Moi je ne fume pas, je ne bois pas ou alors si je bois de temps en temps, ça veut dire le samedi soir et je fais du sport. Lui le mec, il ne faisait pas de sport, il fumait, il buvait… Le mec, il avait trop de travail, il a fini par craquer quoi…

Il n’a pas géré du tout…
Ah non, il n’a pas du tout géré… Surtout qu’on travaille surtout la nuit… Il faut casser ton rythme de sommeil pour pouvoir dormir quand tu veux et te réveiller quand tu veux ! Ça, c’est du travail aussi.

Donc ça demande pas mal de capacités physiques assez importantes, enfin pas mal physiques ?
Ça te demande d’avoir un rythme… D’avoir un planning et d’être assez sérieux avec ta santé quoi. Donc ça, ça peut être un désavantage. Mais si t’es sérieux, c’est un avantage au final pour ta vie de tous les jours.

Est-ce qu’il y a vraiment des consignes à respecter sur le lieu où tu travailles ?
Alors, tous les gens qui travaillent avec moi je leur demande, je les oblige à ne pas boire, à ne pas se droguer. Et bon, là, j’essaye avec le petit dernier de ne pas le faire fumer mais on n’arrive pas à le faire arrêter la clope… Mais sinon ouais, toute personne qui travaille ne doit pas boire, c’est comme ça… T’es bourré, tu ne bois pas… Euh ! Tu travailles, tu ne bois pas. (rires)

Et après est-ce que tu leur demandes qu’ils s’habillent d’une certaine façon ?
Oui, par exemple, chaque DJ qui doit mixer au bar doit mettre une chemise. Le barman doit être un peu plus cool, il met un t-shirt, mais ils doivent venir sérieusement, ils doivent se raser, pas comme moi aujourd’hui, donc être présentable à chaque fois. Moi, je me le permets, j’ai le pouvoir, je suis un tyran (rires).

Et au niveau de l’attitude et du comportement aussi, tu leur demandes…
Ils doivent arriver à l’heure, ils ne doivent pas manquer de respect, on est potes dans la vraie vie mais quand c’est au travail… Il y’en a un qui parle tout le temps mais faut qu’il arrête de discuter, on lui met des tatanes mais ça faut pas le dire je crois… (rires). Et ouais pas d’insultes, rien. Puis parler correctement. Même au niveau sms ou e-mails, on interdit les sms. Tout est bien écrit, pas le droit aux fautes.

Oui, quand tu dis SMS, c’est le langage SMS en fait ?
Oui, le langage SMS.

Et du coup, tes horaires, forcément, sont souvent irréguliers ?
Oui, ça change franchement tout le temps. T’as les horaires du bar, mais même le bar, je n’y travaille pas tous les jours ou même des fois, j’ai deux trois rendez-vous. Par exemple, j’avais placé des DJ à l’Australian, je ne sais pas si vous connaissez c’est à côté du Café Oz. C’est le bar qui a le plus de chiffres au mètre carré. Ils m’ont demandé des artistes donc j’en ai placé et je suis allé vérifier s’ils faisaient ce qu’il fallait. Parce que le premier n’a pas fait ce qu’il fallait donc j’ai changé, j’en ai mis un autre et là, il a choppé sa résidence hier donc plutôt cool pour lui.

Et du coup y a des jours où tu vas avoir rien à faire ou tu auras tout le temps des choses à faire quand même ?
Alors pour certaines personnes, ils peuvent avoir des jours où ils font avoir rien à faire, mais si tu as une entreprise et que tu es entrepreneur, tu n’as jamais rien à faire. Si t’as rien à faire, c’est que ça ne va pas. Faut que tu fasses quelques choses pour grandir et pour faire grandir les gens autour de toi. Enfin quand tu es Manager en tout cas…

Du coup, ça fait beaucoup de travail en dehors de tes horaires normaux ?
Si tu veux la vie sociale, je la mêle directement avec ma vie professionnelle. Donc si ma famille, je dois la voir, je vais la voir pendant un évènement ou durant un cocktail, un truc dans le genre. Ou si je dois voir des amis : « Venez ici, carrément, ça va être plus simple ! ». Je leur paye la tournée, ils sont contents et puis je les vois quoi. Et ouais bah, je travaille tout le temps et je suis content de le faire.

Oui, ça te plait vraiment quoi.
Ouais ça me plait vraiment. Si tu n’as pas de feeling avec ton travail, tu ne peux pas tenir.

Mais tu dis que tu mêles vie professionnelle et vie privée pendant ton travail mais des fois ce n’est pas difficile de mélanger les deux ?
Disons que ça dépend de la personne. Mais dans mon cas franchement, j’y arrive facilement. Que ce soit au niveau relationnel avec ma copine, ou au niveau du travail avec mes amis, tout se croise très bien.

Est-ce qu’il y a des dangers ou des risques dans ton métier ?
Ouais. Ça aussi je ne suis pas sensé vous dire mais il y a la mafia. Elle est là, on le sait, on ne va pas le prouver mais en tout cas elle est là. Et il y a des gens aussi des autres bars, des autres discothèques, des autres organisateurs qui sont des gens drogués, malsains, ou alors t’as de la clientèle qui est bourrée, dangereuse. T’as des gens mêmes dans la rue, comme par exemple les sans-abris qui ont des fois un couteau, qui veulent t’agresser pour une pièce ou pour une cigarette. Donc ouais, c’est un métier dangereux et c’est un métier où il y a beaucoup de jaloux. Plus tu es jeune et plus tu as d’idée, plus t’es une cible. Surtout si tu fais gagner de l’argent.

Est-ce qu’il y a vraiment des qualités psychologiques vraiment à avoir pour exercer le métier que tu fais ?
Ouais, bah si tu te mets à pleurer c’est que tu es quelqu’un d’humain mais si tu te mets à pleurer c’est que ce n’est pas un métier pour toi et si tu craques, c’est tout le monde que tu vas toucher, t’as pas le droit de craquer. Donc ouais faut être fort mentalement, faut être organisé et le sommeil ça joue sur ton mental. Donc vraiment avoir un moral, être joyeux même si quelqu’un t’a jeté un verre d’eau dessus parce qu’il n’est pas content parce que tu lui as fait payer un truc trop cher ou le truc était pas bon pour lui. Faut pas que tu craques, faut pas que tu te fasses marcher non plus hein. Si le client se comporte mal, tu vas lui dire « tu t’en vas ». Mais faut pas que tu te mettes à le frapper, y a un portier pour ça, c’est son métier.

Il faut trouver le juste milieu en fait.
Ouais, faut rester calme, avoir du recul.

Après, c’est surtout des capacités psychologiques qu’il faut, pas forcément des capacités physiques ou si ?
Non franchement, j’ai vu des mecs minces, forts, faibles. Des filles qui te paraissent très simples, mais qui sont extraordinaires et elles te gèrent des mecs comme ça (geste évoquant des hommes très musclés, très larges). Par exemple, à l’Australian, y avait une femme qui s’appelait Laura Lascène ou un truc comme ça, elle gérait que les bartenders qui sont tous carrés, à l’Australienne, qui sont forts, qui choppent pleins de filles et tout. Et elle, elle les tenait au carré et simplement avec sa personnalité quoi. Mais n’importe qui peut le faire, je pense. C’est juste une question de moral, de mental, faut le vouloir.

Et du coup est-ce que tu as l’impression que ton métier a eu un impact ou a un impact sur toi ? Est-ce qu’il t’a fait changer ?
Ouais. Il m’a fait mûrir sur pleins de sujets parce que comme c’est relationnel, forcément, j’ai eu pas mal de contacts humains et j’ai vu souvent les travers des gens et du coup à travers eux, je voyais mes propres travers en soirée. Dans les coulisses, c’est jamais pareil en évènement et du coup, je me suis corrigé sur plein de choses : je ne demande pas de verre gratuit au barman, je ne vais pas draguer comme un gros lourdaud, je ne vais pas voler… Enfin moi je ne volais pas mais y a des gens qui volent et ils se rendent pas compte de ce qu’ils volent. Par exemple tu voles un tabouret à un bar ou tu voles un verre bah tu te rends pas compte que ça a un impact et que tu peux faire virer des gens. Ou quand tu pousses une poubelle devant un bar, ça a un impact aussi. Donc ouais, ça m’a fait mûrir.

Tu parlais de « travers » mais qu’est-ce que tu entends par « travers » ?
La perversité, dans toutes ses formes parce qu’il y a des gens qui sont méchants gratuitement.

Ils ne s’en rendent pas forcément compte quand ils sont bourrés par exemple…
Exactement, ouais ils ne s’en rendent pas compte. Même, t’es étudiant, tu travailles tous les jours, tu vois ta famille, et y’a pas quelqu’un qui dans ta classe… Enfin ce que je veux dire c’est que, tu parles avec tes potes et tout ça mais au final t’as pas forcément un modèle ou un patron qui vient qui te remet à ta place. Le prof, on le respecte mais aujourd’hui les profs sont pas très respectés et il te remet jamais à ta place au final, il te met une heure de colle pas plus quoi. Là, t’as un patron, si tu fais de la merde, il te vire, et ta vie, elle est foutue. Donc ouais, c’est sûr que ça te fait vachement mûrir ça.

Du coup, t’es plus consciencieux sur certaines choses.
T’es plus conscient carrément.

Oui pardon…
Non mais non ! C’est les deux ! T’es carrément plus conscient de ce qu’il se passe autour de toi : tu vois les erreurs des autres par exemple. C’est surtout ça en fait.

Tu te dis qu’il ne faut pas que tu les reproduises ?
Exactement. Y avait un mec en plus avec qui je travaillais, Bad Twins, c’est celui qui fait les Skins, les Skandalizer. C’était le mec qui gérait sa communication et qui devait le remplacer sur la région. Le mec, j’ai vu toutes ses erreurs : il se « cokait » à mort, il se bourrait la gueule, il traitait mal ses artistes, et pourtant lui il fait des évènements à 2500 personnes mais au final il a une mauvaise réputation et les gens le détestent, le traitent de pédophile parce que le mec draguait des filles mineurs, le truc vraiment horrible quoi… ! Et moi, je travaillais pour lui et il me disait « Ouais, ramène-moi des filles et des jeunes ». J’étais là « oh ». Et il me disait « si tu m’en ramènes pas, je te vire ». Et il m’a viré 4 fois et il m’a réengagé à chaque fois. Et j’acceptais parce que c’était bien payé, c’était le début de ma carrière, mais par contre, au bout d’un moment, dès que j’ai eu assez de ce qu’il fallait, je me suis cassé. Et là, j’ai fait des choses mieux que lui, sans se lancer de fleurs, et lui là, il descend parce qu’il a un mauvais comportement, il est coquet. Les gens qui sont coquets ils ont confiance en eux mais ils ne se rendent pas compte de ce qu’il se passe dans leur vie en fait.

Ouais… Est-ce que tu trouves que ton métier, c’est un métier qui est bouché ? Enfin où pas beaucoup de personnes peuvent y accéder ou où c’est difficile de trouver… Je ne sais pas comment dire…
Des opportunités de travail ?

Oui voilà.
Dans la théorie, je te dirais que ce n’est pas possible de rentrer dans le milieu normalement ou alors c’est que du piston, du contact, surtout dans cette ville en tout cas. Après je vais te le dire parce que c’est mon expérience : franchement, n’importe qui pourrait faire des soirées, mais il faut juste se bouger le cul et aller à la rencontre des gens, des patrons et venir avec des idées. Et tu crées ton auto-entreprise, c’est pratiquement gratuit et tout le monde peut le faire. Donc si tu crées ton propre travail, c’est facile à faire.

Et bon, du coup, c’est un peu bizarre comme question parce que tu es toi-même le chef et l’employé du coup donc la question est un peu bizarre…
Mais vas-y pose la question, on sait jamais.

Est-ce que tu as l’impression en général que les employeurs recherchent plus des jeunes ?
Bah non, j’ai des employeurs aussi parce que regarde ici c’est un grand patron qu’il y a, je ne suis pas le patron je suis juste le gérant. Et alors les gérants… En fait, ça dépend. Tu vois la plupart des professionnels que j’ai rencontré cherchaient plus des personnes d’une trentaine d’années avec une expérience et pas des gens qui sont forcément meilleurs qu’eux, mais plus jeunes, tu vois. L’âge ne voulait pas forcément dire quelque chose, c’était surtout l’expérience et après t’as beaucoup de gens qui ont ce souci-là, qui ne font pas confiance aux jeunes, mais vraiment, ils ne font pas confiance. Même si t’es là, que tu as des idées. Mais c’est normal hein ! C’est qu’il y a beaucoup de jeunes qui font de la merde hein… Autant vous le dire, ils sont nombreux. Mais il y en a pleins qui méritent aussi ! Je les connais, il y en a qui travaillent avec moi et que j’ai pris parce qu’ils le méritaient mais on leur donner leur chance nulle part quoi… Mais bon, t’es un employeur, t’as des risques, t’as des sous, tu risques ton entreprise, tu risques ta vie quoi donc c’est normal que t’aies pas envie d’engager quelqu’un dont t’es pas sûr de ses capacités quoi. Il y’en a qui on pas forcément le feeling pour avoir ça ou ce n’est pas des chasseurs de têtes.

Bon, tu n’es pas obligé de répondre à cette question, parce que normalement, on ne parle pas trop d’argent, mais est-ce que ton salaire est variable et c’est en fonction de quoi s’il l’est ?
Je vais vous en parler et il y a des choses que je ne vais pas vous dire. Alors, mon salaire il est variable effectivement, ça dépend si je travaille ou si je ne travaille pas. Si je fais deux ou trois métiers en même temps dans mon entreprise, c’est-à-dire, je gère un bar, j’organise des soirées, je fais de la promotion pour Virgin Radio, ça me fait un gros salaire à ce moment-là, tu vois ? Je peux toucher jusqu’à 4 000 5 000 euros… Aller, à 15 000 avec un festival et encore plus encore plus, on peut atteindre des millions si l’on veut. Mais tu peux aussi sur un mois ne rien toucher ou toucher que 200 euros parce que t’as pas fait venir de monde, parce que du coup t’as organisé une soirée donc t’as fait appel à des gens, donc tu dois les payer et si t’as pas fait de monde, tu dois quand même les payer et donc tu t’es endetté. Et si tu fais un festival et que tu le rates, alors là, tu peux t’endetter à 40 000 euros (étonnement) et pas d’assurance… T’as une assurance mais t’as pas d’assurance parce que t’as pas fait venir de monde. Donc vaut mieux qu’il pleuve ce jour-là. Et donc ce que je ne vous dirais pas, c’est combien tu gagnes dans chaque lieu et en fonction de quoi, de quel artiste, ça je ne peux pas vous le dire.

Bon et du coup, cette question est inutile parce que c’est les études et les formations nécessaires.
Moi, j’ai quand même fait quelque chose. À la base, j’ai fait des études de sciences, mais ma mère qui a fait prof à l’Idrac, je lui ai demandé si je voulais ouvrir mon entreprise, qu’est-ce qu’il fallait faire. J’ai déjà les idées pour l’événementiel, mais au final, les idées de soirées, c’est assez facile d’en avoir et les groupes musicaux, il suffit juste d’avoir un répertoire. Bon et elle m’a dit « tu peux faire merchandising et coaching des entreprises », pour savoir comment gérer une entreprise pour relever celles qui ne fonctionnent pas, ce qui me permet de voir les défauts des autres en fait, comme le relationnel. « Et c’est 5 ans, un master ! ». Je lui ai dit que ça n’allait pas être possible, je ne peux pas faire ça… Et elle m’a dit que je pouvais passer comme une prépa et passer l’examen en 6 mois mais t’as pas le droit de faire une erreur. Donc j’ai fait marchand/coach en 6 mois et je n’ai pas fait une erreur mais j’en ai chié et j’ai eu mon diplôme mais ça servait à rien le diplôme, c’était juste pour dire que je l’ai pour me dire que je suis capable de gérer une entreprise. Mais après, tout s’est fait sur le terrain, donc après, c’est toujours bien d’avoir un diplôme dans le commerce.

Donc ça sera toujours mieux vu d’avoir un diplôme…
Effectivement. Et indispensable dans ce métier : parler anglais. Surtout en France où on ne parle pas beaucoup anglais, c’est vraiment très bête.

(silence)

Est-ce que tu penses qu’exercer ce métier, c’est utile aux autres ?
Alors, c’est la question que je me suis posé, sachant que tu vois, je ne prône pas trop l’alcool, même si j’en bois tu vois, et en soirée les gens se droguent, on se le cache pas en France, tout le monde a fumé de la beuh. Et bah, je me demandais si c’était utile et je me suis rendu compte que c’était le métier qu’il y aura toujours. Les gens qu’est-ce qu’ils font quand ils ont de l’argent, quand ils ont un métier, quand ils fêtent quelque chose ? Puis là, je ne sais pas si vous avez Snapchat mais si tu regardes, à New Delhi ils sont en train de faire la fête partout et tu te dis « ces gens sont pauvres » et pourtant tu regardes, il y a de l’événementiel. L’événementiel est partout. Donc ouais, c’est utile.

Il suffit juste d’une bonne idée et après…
C’est ça. Et l’événementiel a changé le monde, a sauvé des vies. Michael Jackson avec sa chanson, tu sais où il parle du monde et où il a réuni toutes les stars…

Oh oui… Hum… « We are the world ».
Oui voilà, c’est ça. Ça fait partie de l’événementiel au final. Il a fait aussi des concerts, il donnait tout l’argent à des associations. L’événementiel sert toujours. Nous on donne par exemple sur l’Antirouille 10% de notre recette à chaque fois à une association. Plus les soirées en discothèque, parce qu’en bar, on ne peut pas se le permettre. Mais tout le monde a une utilité au final. Chaque métier, je pense, mais l’événementiel… Ouais, je pense que ça a vraiment sa place. Surtout à Montpellier en tout cas. 60 000 étudiants, ils ont besoin de se décompresser à mort (rires). Les entreprises aussi…

Même il y a pas mal de culture, j’ai l’impression à Montpellier.
Musicalement, ouais ça c’est sûr. Mais même de la culture, ouais, il y en a.

Et est-ce que ça t’es arrivé de travailler avec l’étranger ou avec des étrangers ?
Ouais, et je travaille aussi actuellement avec l’étranger donc là, des pays d’Afrique qui on fait de l’échange d’artistes : l’Algérie, la Suisse, et Malte. Qu’est-ce qu’il y a d’autres… Là on a envoyé un artiste en Angleterre, mais on ne sait pas encore ce qu’il se passe de son côté mais on sait qu’il veut jouer à Ministry of Sound…

À quoi ?
(Il tousse) Excusez-moi, je vais me chercher un verre d’eau… ! (Il revient). Donc Ministry of Sound, c’est une des plus grosses discothèques de ce monde qui est située à Londres, il y a tous les plus gros artistes du monde. Sinon, après, on travaille sur des réseaux sociaux aussi parce que les artistes, ils sont internationaux donc forcément, on travaille avec les agences. Par exemple, le Canada : les Black Tiger Sex Machine c’est un groupe de musique qui a joué pour Bad Twins, je me suis occupé d’eux et donc ils ont pu créer une agence et ils ont pas mal d’artistes et du coup, je leur prends des artistes pour la France.

Ok ! Et du coup, ça t’es déjà arrivé de faire des déplacements à l’étranger pour ton travail ?
Oui : Suisse, Angleterre, et Algérie.

Et c’était pour rechercher des artistes ?
Non, les artistes, on les connait via internet en écoutant de la musique. Sur SoundCloud surtout. Mais sinon non, quand je me déplace, c’est surtout pour parler contrat ou c’est du relationnel en fait. L’organisateur de là-bas t’invite, t’y vas, tu fais acte de présence, tu écoutes le musicien là-bas, et même si tu l’as déjà écouté avant, ce n’est pas grave, c’est cool ! Et après tu reviens et puis c’est tout. Et lui il va venir en France pareil, tout simplement.

Donc du coup, tu y vas plus en fait pour aller voir d’autres évènements en fait ? Participer à d’autres événements ?
Ouais. Tu vois, je vais regarder comment ça se passe, quelles idées ils ont à l’étranger. C’est super intéressant ce qu’ils font. Par exemple, il y a le Boiler Room, enfin ce n’est pas arrivé encore en France. Mais en fait, le Boiler Room, c’est un DJ qui est au milieu de tout le monde qui mixe. Tu peux le toucher, tu peux le faire chier et tout… Mais bon, faut éviter ! (rires). Et en ce moment, c’est partout à l’étranger et là, ça vient d’arriver à Paris, c’est un évènement. T’as un gros artistes et tout le monde y a accès : c’est génial ! C’est conceptuel. Tu peux toucher une de tes idoles quoi.

(rires) Oui, c’est vrai que c’est cool !
« Selfie », bim. (rires)

Et est-ce qu’il y a déjà des entreprises à l’étranger qui t’ont demandé d’organiser des choses pour elles ?
À Malte, ils m’ont demandé des artistes et… Pas plus. Mais on a échangé quelques idées de soirées. Après à l’étranger, ils sont… Enfin avec tous les pays avec qui je converse, ils sont toujours un peu mieux qu’en France pour l’instant. En France, on est en retard pour l’instant par rapport à l’Europe, musicalement. Par exemple, le « I love Techno » de Montpellier ne vaut absolument rien par rapport au « I love Techno » de Belgique qui est bien supérieur. Y a plus d’artistes, ils sont en live, ils font du DJ set. « Live », c’est-à-dire que le gars, il te crée le son, directement. Alors qu’en set, il te passe les musiques qu’il a déjà faites hier ou y a 3 ans. Voilà voilà.

Ok… Bon et bien voilà, je crois qu’on a fini.
C’est bon ?

Oui, c’est bon ! Les filles, pas d’autres questions ?
Non, c’est bon. Après si on a d’autres questions qui nous viennent, est-ce qu’on peut te recontacter ?
Vous pouvez m’envoyer des messages, je vous répondrai. Via Facebook ou autres.

Par contre, on est sensé te montrer avant de publier.
Oui donc je t’enverrai la retranscription. Il faudra juste que tu donnes ton accord, c’est tout.
Oui il n’y a pas de soucis ! Comme la dernière fois… Enfin la dernière fois, ils ont fait des fautes, mais après si vous faites des fautes, je m’en fous, c’est votre truc à vous. (rires)

Parce qu’il y a déjà des étudiants qui t’ont demandé de faire…
Oui, l’année dernière. Trois fois d’ailleurs ! Après on n’est pas beaucoup d’organisateurs dans le coin, donc c’est normal…

Ok. Bon ben merci beaucoup en tout cas de nous avoir accordé ton temps.
Je vous en prie, il y a pas de soucis, c’est normal. Peut-être à bientôt… Dans un événement ! (rires)
Oui merci beaucoup!

Je vous en prie… Au revoir !

 

(La retranscription a été faite au mot près afin de préserver le côté naturel et très simple de l’entretien.)

 

 

 

MAGHOLIAN Stéphanie
DUMAS Alice
RABEAU Alicia

Entretien avec Marc-Henri Rossignol, cofondateur de La Gazette de Montpellier

samedi 15 novembre 2014

lagazette

 

Nous avons choisi d’interviewer le co-fondateur de La Gazette de Montpellier, Marc-Henri Rossignol. L’entretien s’est déroulé le 7 Novembre dans son bureau et a duré un peu plus d’un heure. Avant que ne débutent les premières questions, nous nous sommes présentés, et nous lui avons expliqué le cadre de cet entretien, nos études… Nous lui avons, bien entendu, demandé son accord pour pouvoir l’enregistrer à l’aide de nos smartphones. 

Quelles ont été vos motivations:

Il n’y a pas vraiment de motivation. Ce genre de métier, tu sens que tu vas le faire. Petit, je savais que je voulais faire ça même si je ne savais pas vraiment le nom. Très vite, tu sais que tu aimes bien raconter. Moi je ne lisais pas de livre, car j’associais trop les livres à l’école. Par contre, je lisais beaucoup les journaux. Je me plongeais dans des lectures de journaux de mes parents, grands parents etc. Je me souviens que quand j’étais petit, j’avais un grenier où il y avait des piles de journaux illustrés, et ça m’a de suite parlé. Après, on a besoin de témoigner, d’être là, et de dire. C’est une motivation essentielle très profonde. Après, Il y a d’autres motivations, mais surtout pas aimer écrire. Il faut que vous sachiez que les journalistes ne sont pas des écrivains, ce sont quand même deux métiers différents, bien que l’on puisse être les deux.

Quel est votre support préféré?

J’ai essayé beaucoup de chose. Bien évidement la presse écrite, un peu la radio et la télévision, et aussi le web car nous avons un site. Moi mon truc, c’est surtout la presse écrite, même si l’expérience web que nous avons eu fût très intéressante. J’ai très peu travaillé en quotidien, beaucoup en hebdomadaire et en mensuel, voir en magazines, et publications qui ne paraissent qu’une fois par an. Vous savez, l’immédiateté est très importante dans le journalisme, pouvoir témoigner assez rapidement sans dire de bêtises est fondamental. Quand nous avons glissé des images géré sur notre site pendant un an, nous avions de petites caméras, et nous devions intervenir très très vite! Je connaissais mal le montage mais je pouvais m’en sortir avec les photos et le texte. J’ai aimé cette expérience, même si la presse écrite reste mon terrain favori.

Ça reste quand même deux terrains bien différents.

Oui, c’est surtout deux approches et écritures différentes, mais le métier reste le même en soi. Ce qui peut se révéler frustrant lorsqu’on travaille en hebdomadaire, c’est justement que l’un des sels de notre métier, c’est de ne pas pouvoir témoigner rapidement. Ça me manquait sans doute un peu, même si  car cette expérience d’immédiateté fut très enrichissante. Malheureusement il est difficile de financer un site et de le promouvoir, donc nous avons été obligé de l’arrêter. Il existe toujours, mais il n’y a plus les caméras, les films, les photos, moins d’images filmées etc.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer le processus d’élaboration d’un article?

On va parler pour un hebdomadaire, car La Gazette est un journal publié chaque semaine. L’idéal serait de vous donner un cas précis: la mort de Manitas De Plata. D’abord, nous avons eu l’information, puis nous avons du la donner. Soit on fait quelque chose de court avec le plan  en répondant uniquement aux questions « Qui? Quoi? Où? Quand? etc », et donc rien de plus qu’un quotidien, ou alors soit on essaie de proposer quelque chose d’autre. L’hebdomadaire essaie d’aller plus loin, en approfondissant le sujet, et en se posant comme questions « Pourquoi et comment? ». Très vite arrive la notion d’angle, qui est en gros le point de vue. On commence à trouver l’angle avant même d’avoir commencé à enquêter, avant même d’avoir des nouvelles informations. Cet angle s’attrape facilement et est concrétisé par un titre. En quatre mots, nous avons la synthèse de l’article. A partir de là, nous avons une réunion de rédaction, on discute des sujets, et on choisit lesquels traiter. On essaie de faire quelque chose de différent du quotidien, en parlant par exemple de ses fortes dépenses d’argent par excès de générosité. A partir de là, un journaliste va commencer à enquêter et il s’aperçoit que finalement, il n’a pas été si généreux que ça car il a oublié sa famille, donc ça se complique. L’angle de départ n’est pas forcement celui d’arrivée. Une fois le titre définitif, et donc l’angle définitif trouvé, le journaliste trouve un plan pour structurer son article. On se pose aussi la question de l’iconographie, quelles photos on va mettre, ou bien si on met plutôt une infographie. En général, l’écriture de l’article est assez rapide, ce qui permet au journaliste d’en discuter avec d’autre membres de la rédaction. Après un processus de lecture et de relecture, l’article sera imprimé et inséré dans le journal.

Finalement, on peut dire que lorsque nous travaillons dans un hebdomadaire, on abandonne l’excitation de l’immédiateté que l’on peut avoir lorsque nous travaillons dans un quotidien au détriment de proposer quelque chose de différent.

Tout à fait, et tu as raison. On peut dire l’excitation car c’est le piment de notre métier, d’aller dans l’immédiateté. Il y a un coté un peu frustrant de travailler dans un hebdomadaire, car on perd cette excitation. Mais nous avons une autre excitation qu’est celle de « Qu’est-ce que nous allons rajouter par rapport aux autres? », et c’est là l’essentiel de notre métier. Le quotidien apporte l’information relativement brute, nous on se doit d’informer, mais aussi de faire comprendre, et parfois de faire réfléchir, et c’est encore mieux! Donc c’est pas la même forme d’excitation, mais cela nous permet d’aller au delà de ce qui a déjà été traité par les quotidiens. Mais je reconnais que lorsque j’ai « taté » à l’immédiateté, c’était très agréable. Vous savez, il y a beaucoup de manière de faire du journalisme. Nous ici on est localiée, et relativement généraliste, notamment car tout nos journalistes ont une sorte de spécialisation. Par exemple, certains sont spécialisés dans le cinéma, d’autres dans la politique etc., ce qui nous permet de traiter de sujets larges et variés.

Pourquoi la presse écrite et ne pas avoir fait plus de radio ou de télé?

C’est quelque chose qu’on ressent assez vite. Quand j’étais petit, j’aurais aimé faire de la radio, mais on se dit rapidement qu’on est peut-être pas fait pour ça. Donc on se redirige rapidement vers ce où se sent le plus compétant, et puis ce coté hebdomadaire m’a toujours plus aussi, le fait de pouvoir longuement réfléchir avant de publier quoi que ce soit. Lorsque je faisais de la radio, je n’avais pas appris le coté technique avec les magnétophones etc, et il m’arrivait des problèmes techniques qui mettaient en péril le bon déroulement de l’interview. Il m’est arrivé un jour de devoir allé acheter des piles en plein interview (rires)! Quant à la télévision, je n’ai pas été dans l’immédiateté, mais le coté technique m’ennuyait un peu, c’était lourd! Donc tu le sens, moi je me sentais et je me sens toujours bien avec la presse écrite.

Pourquoi avoir choisit l’actualité comme domaine?

Car l’actualité en général est ce qui motive le plus les journalistes, d’emmener quelque chose de nouveau et de faire comprendre quelque chose de nouveau à ses lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Après, on fait quand même des magazines qui sortent peut être deux fois par an, et qui ne traitent pas forcement de l’actualité. Bien sur on suit l’actualité des saisons, mais ça n’a rien à voir. On peut se permettre d’écrire des articles sur des faits qui datent. Le lecteur n’attend pas d’un magazine qu’il achète une fois par an ce qu’il attend d’un quotidien ou d’un hebdomadaire. C’est autre chose, mais tout aussi intéressant.

Vous êtes donc le cofondateur de La Gazette de Montpellier, de Nîmes et de Sètes. Pourquoi ce nom?

Au départ, quand on crée un journal, il faut savoir à qui il va s’adresser. Nous c’était aux montpelliérains. Mais à partir de là c’est plus compliqué, car auxquels montpelliérains? On savait auparavant que les hommes lisaient plus le journal que les femmes selon de vieilles études dépassées aujourd’hui. On a donc voulu faire un journal qui puisse tout aussi bien être lu par les femmes que par les hommes. Déjà ça te donne une idée sur la manière dont tu vas concevoir ton journal, et ça va influencer ton titre. Ensuite, on avait deux titres possibles : «La Gazette », car ça montrait bien qu’on était assez simples, c’est plutôt féminin comme consonance, et historiquement cela a un rapport avec Montpellier. En effet, le premier journal de France s’appelait La Gazette, et il a été crée par Théophraste Renaudot, qui a fait ses études de médecine à Montpellier. La deuxième possibilité était un journal qui s’appelle le « Mercredi ». Pourquoi? Parce qu’on paraissait avant le Mercredi, et c’était important pour nous car c’était le jour des enfants. Et souvent, les femmes prenaient leur mercredi pour s’occuper de leurs enfants. Le mercredi est aussi le jour de la sortie des films aux cinémas! Donc pour vous dire qu’on était aussi un journal pratique, qui s’occupait de la vie quotidienne, de la vie des femmes et des sorties c’était pertinent. On a fait un rapide sondage sur la place de la Comédie, et le titre La Gazette a remporté le duel! Mais heureusement que nous nous sommes pas appelé « Mercredi » car nous aurions eu quelques ennuis. Très vite, on s’est rendu compte que le rythme était très difficile, et on a changé la date de parution pour le vendredi. Imaginez alors un journal qui s’intitule le Mercredi et qui sort le vendredi (rires)!

Êtes vous satisfait de l’évolution de La Gazette?

Oui, parce qu’elle vit encore! Plus sérieusement, oui car elle a un peu plus de cinquante salariés. même si c’est en même temps lié au rythme. Mais on va vite, avant même que le journal sorte, son successeur est déjà sur les rails. On n’a pas le temps de se retourner et de se dire « Tiens on va écrire un livre », ni même de prendre un peu de recul par rapport à ce qui se fait. C’est une entreprise qui marche bien, mais on a tenu à ce qu’elle soit une entreprise différente. C’est assez rare que des entreprises de presse soit encore détenues par des journalistes. Nous sommes deux journalistes à s’être investis dans le capital de cette entreprise, à avoir des actions, sans compter une autre partie du capital étant détenue par la Dépêche du Midi, qui possède 33% des actions. On est assez satisfaits de cela, car quand ce sont simplement des financiers qui détiennent un journal, ça peut être différent, ils n’ont pas forcement la fibre journalistique. De plus, à La Gazette, l’écart de salaire est de 2,5. C’est à dire que le plus haut salaire est 2,5 fois plus élevé que le plus bas salaire, et c’est assez rare. C’est une volonté de départ, et nous en sommes fiers.

Est-ce que vous avez un autre rôle, mis à part rédacteur en chef?

Oui, d’autant plus que je participe à toutes les réunions de stratégies, de bilan, y compris si je n’ai pas un rôle moteur car il ne vaut mieux pas que je m’occupe des finances ou de l’administration. Mais j’ai toujours mon mot à dire, ne serait-ce qu’en tant que cofondateur. Comme j’ai un peu de recul par rapport à tout ça, je me permets doucement d’amener ma pierre, mon écho à la partie administrative, à la partie stratégique même si ça ne concerne pas forcément la rédaction. Oui, j’ai un rôle, on pourrait dire que 90% de mon temps est lié à la rédaction et que les 10% autres sont liés à la stratégie, au domaine publicitaire, commerciale et puis au domaine administratif. Ça fait pas beaucoup.

Après, nous avons vu qu’il y avait aussi La Gazette du Campus et La Gazette des Pitchounes, est ce que c’est justement une stratégie pour élargir le public ?

Oui, oui, oui, ce sont des magazines dont je m’occupe et qui sont édités une à deux fois par an. C’est pour élargir le public, et pour être franc, c’est pour élargir la proposition commerciale. Qu’est-ce que ça veut dire? Il s’agit à la fois de toucher des lecteurs différents, on donne des choses différentes aux lecteurs et on touche aussi des annonceurs différents. Donc c’est des annuels, et non des mensuels. Il y en a un qui parait une fois chaque mois, mais en général c’est plutôt des magazines qui paraissent une fois à deux fois par an, c’est un peu particulier.

Nous avons vus que cela faisait 25 ans que La Gazette a été créée..

26 27 ans en automne.

26  27 ans, pardon! J’ai lu un article qui disait que pour les 26 ans du journal, il y avait eu des changements par rapport au prix, à la forme et nous voulons en savoir plus.

Oui, on dit qu’un journal doit changer tous les 3 ans, ça serait l’idéal. Si vous vous intéressez à la presse, vous regardez Le Nouvel Observateur qu’on appelle maintenant L’Obs. D’un seul coup il a changé de nom, il a fait comme on dit en terme journalistique un Lifting. Mais en ce qui nous concerne, là c’est plus qu’un lifting, c’est quasiment une révolution de formule. Il y a beaucoup de chose qui sur le fond et sur la forme ont changé. Et nous c’est pareil, quand on dit 3 ans, c’est à peu près ça. Bon en général, une formule dure 4- 5 ans parce que ça coûte de l’énergie, de l’argent. Nos premiers numéros étaient très différents, c’était moins cher qu’actuellement. Le premier numéro devait avoir trente-deux pages à peine, il était en noir et blanc, et il y avait relativement peu de photo parce que ça coûtait quelque chose. Au départ on est fier de faire un journal, mais on est aussi fier de faire un journal qui fonctionne, qui dure un certain temps. On peut très bien faire un bon journal qui marche pendant un mois, c’est arrivé. Il y a eu des formules magnifiques notamment à Marseille, une formule, je ne sais plus comment ça s’appelait, qui a duré trois mois. Ils ont dépensé des centaines de millions de francs à l’époque. Et puis, ça s’est arrêté. C’est un feu d’artifice mais ce n’était pas notre idée. Donc on a commencé par les premiers pas, tout petit, tout petit et puis tout a commencé et puis voilà. Concernant la formule tout a changé en fait, sauf le fond, le fond qui est : on veut faire un hebdomadaire généraliste, un hebdomadaire où il y aura de l’information pratique, un hebdomadaire où il y aura un résumé de l’information. Et puis des infos pratiques, quelque chose qui s’adressera aussi au lectorat féminin pour ne pas le mettre de côté. Et ça, ça n’a pas bougé. La couleur est arrivée, le nombre de page, le jour de parution et le prix ont changé. On a commencé on était 2, puis 2 et demi, puis 4 à la rédaction. Et maintenant à la rédaction ils sont quasiment 14, donc beaucoup de choses ont changées. Et sur les formules, on dit « on prend un temps T, on décide de faire une nouvelle formule, on espère que le lecteur accepte cette nouvelle formule, qu’il s’y identifie ». On dit qu’il faut deux ans à peu près pour qu’un lecteur se sente bien dans la nouvelle formule. A partir de là, il faut commencer à réfléchir, voir qu’est ce qui marche, qu’est ce qui ne marche pas etc. Pour nous aider, on a fait des réunions de lecteurs, moins en ce moment. On favorise les sondages: est-ce qu’on est en adéquation avec les désirs du lecteur? Alors c’est entre les deux, c’est à la fois donner au lecteur ce qu’il veut et qu’il comprend, et puis toujours lui donner des choses différentes, sinon on avance pas.

Vous allez à la source.

Oui, et puis proposer sans cesse quelque chose de nouveau, voir si ça fonctionne ou pas.

Est-ce que selon vous avec l’avènement d’internet, des blogs, est ce que vous pensez que tout le monde peut s’auto-proclamer journaliste ?

Non, mais c’est une bonne question. Il y a un intérêt pour l’actualité, et c’est ce qui est extraordinaire dans notre époque. On disait il y a 6-7 ans « Ah les jeunes, les jeunes, les jeunes », « Les jeunes s’intéressent pas à la politique, les jeunes ne s’intéressent pas à la culture, les jeunes ne s’intéressent pas au sport, les jeunes s’intéressent pas à l’actualité. Ce qu’ils veulent c’est danser, fumer du shit et boire du coca cola, voilà, et manger des hamburgers. » Non pas du tout, c’est pas vrai, c’était une connerie de plus. Et quand on vieillit, on dit qu’« on devient vieux con ». Non la preuve aujourd’hui! Les jeunes, et plus tôt qu’avant, s’intéressent à l’actualité, et aussi à l’immédiateté. Des fois pour des bêtises, mais ça a toujours été. Donc il y a un intérêt énorme pour ce qui bouge, d’être présent, de témoigner. Ce que je vois, c’est qu’il y a un intérêt énorme lié aux réseaux sociaux. On peut quand on a vraiment la fibre journalistique, on a déjà un peu les techniques, se sentir journaliste. On le devient vraiment en se formant, on les affine peu à peu sur le terrain, par la formation permanente, ou comme la plupart à la fac ou dans les grandes écoles. Mais l’important, c’est la déontologie. Il y a des manières de faire, il y a des règles à respecter qui font qu’on est journaliste ou non. En règle générale, c’est très rare et ça pose problème quand un reportage, une enquête, un papier est fait et que la personne qui l’a écrit ne dise pas « Je suis journaliste ». On ne montre pas sans cesse notre carte de presse, mais le mot de passe c’est quand même « je suis journaliste. » . Ca veut tout dire, ça veut dire que tout ce que vous écoutez, tout ce que vous entendez peut être reproduit. Ça veut dire que la personne en face ou les personnes en face savent que ça peut être reproduit. On le dit pas toujours et il y a des fois où on ne peut pas le dire. Mais en règle général, c’est important et c’est l’une des règles, mais ce n’est pas la seule règle éthique. Je ne dis pas que les bloggeurs n’ont pas d’éthique, ou que les gens qui travaillent sur internet n’ont pas d’éthique mais il y a un certain nombre de chose qui font qu’ils ne sont pas journalistes. Ça ne veut pas dire que leurs informations ne sont pas intéressantes, ça ne veut pas dire que leurs analyses ne sont pas intéressantes, mais ça veut dire qu’ils ne peuvent pas se revendiquer journalistes. Donc c’est un peu difficile mais je pense que c’est au niveau de l’éthique tout simplement que ça se passe notamment.

Et est-ce qu’avec Internet, on assiste justement pas à une surinformation selon vous?

Oh oui !

Vous pensez que c’est néfaste ?

Néfaste non, pas du tout, mais c’est là où le journaliste a un rôle essentiel. On revient sur le côté information et pédagogie, cette notion est essentielle aujourd’hui. Et dans la profusion d’informations, c’est vrai qu’on n’y arrive pas, je peux vous le dire. Je fais chaque matin une revue de presse. Au départ, je le faisais pour la rédaction. Je lis et je feuillette, c’est deux notions différentes. Je lis à fond les journaux locaux Midi Libre, L’Hérault du jour, et puis on va dire Libération, et je feuillette Le Monde et d’autres journaux nationaux. J’écoute 3- 4 radios en même temps, presque parce que je zappe : France info, France bleue Hérault ou RTL, France culture et parfois un peu RMC et Europe 1. Parce que je sais à peu près quand il y a des choses, et ça j’essaie à la fois de tirer l’essentiel pour les journalistes et de leur donner l’essentiel hiérarchisé. En disant bien « voilà des informations locales », « voilà des informations nationales », « voilà des informations internationales » et en premier je mets les informations essentielles. En règle générale je n’ai pas du tout la même hiérarchie que Midi Libre, les Echos etc, pourquoi ? Parce que souvent je privilégie quelques informations politiques et économiques. Il me semble qu’aujourd’hui, tout ce qui se passe à Bruxelles est plus essentiel que ce qui se passe, souvent malheureusement, à Paris. Donc le journaliste il sert aussi à ça, c’est-à-dire à hiérarchiser, à synthétiser, à essayer d’expliquer, à mieux aiguiller le lecteur. Les journaux télévisés sont vraiment très bien faits maintenant et de plus en plus. Mais pas que les journaux télévisés, les journaux presses n’ont rien à voir avec ce qu’il se faisait avant. Avant en France, on avait tendance à mélanger fait et commentaire. C’est la grande différence avec la presse anglo-saxonne, pour qui le fait est absolument sacré.

Pour en revenir à la hiérarchisation, j’ai l’impression que dans les journaux télévisés, par exemple sur TF1, ils vont parler pendant un quart d’heure d’information et d’actualités géo-politiques, et que le reste est consacré aux éleveurs dans le Lot, par exemple. J’ai l’impression qu’ils ne disent pas l’essentiel, qu’ils dévient toujours par des sujets qui sont pas peu important, mais secondaires.

Chaque média a ses priorités, et notamment en fonction de la première question dont je vous ai parlé « à qui voulez-vous vous adresser ? » On ne peut pas faire un journal sans s’être posé la question, parce que de là, tout découle. TF1 arrose très large, on va dire que c’est la chaîne la plus large. Pour la regarder un peu quand même, je partage ton avis. Mais les chaines et les radios peuvent se permettre de hiérarchiser comme bon il leur semble. On peut commencer par la Palestine, comme on peut commencer sur les éleveurs de veaux dans le Lot, ça arrive des fois. J’imagine que lorsque les médias le font c’est pour aussi capter et dire, voilà on desserre un peu l’étau, et puis on est capable de dire autre chose. Je sais que c’est quasiment un passage obligé, que tous le font, à la radio aussi je dois t’avouer. Si on prend la Gazette, car je peux vous en parler, c’est une histoire de bon sens. Il ne faut pas non plus s’éloigner complètement du bon sens. Il ne faut pas être trop loin des préoccupations des gens. N’oubliez pas que derrière il y a un mec qu’a vu l’information, qui veut savoir quand est ce que ça va se dérouler, quand est ce que la route va être fermée ? C’est bien de parler du budget, des routes au niveau nationale, de dire « bon telle route ne va pas se faire » , oui mais à quelle heure ? Donc il faut sans cesse naviguer dessus. Après, tout dépend, parce que l’information pratique, c’est quelque chose d’essentiel et qu’on a pas mal à traiter au niveau local à La Gazette. On a même apporté, on va dire, ses lettres de noblesse à l’information pratique locale.

Est-ce que vous, en tant que journaliste, vous pensez qu’on a le droit de tout dénoncer ? Est-ce qu’il n’y a rien qui va justement venir vous dire qu’il y a des limites, qu’il y a des sujets sensibles, politiques ?

Oui aussi, c’est une question intéressante et délicate. On a reçu et on reçoit encore des lettres anonymes. On a reçu une lettre anonyme il y a une vingtaine d’année, qui mettait en cause précisément une personnalité politique, qui est encore dans la politique dans le grand Montpellier, disant que cet homme est un pédophile… On a même pas voulu enquêter. Le problème, c’est que la même information est sortie par quelqu’un qui a dit « mais oui vous pouvez le dire, moi je le sais. » On l’a pas traité, je ne sais pas si c’était une erreur. On a été très ennuyé sachant que, localement, vous allez rencontrer la personne dont vous avez parlé. Dans ta question, il y avait la notion de vie privée et vie public. On a été sans cesse confronté à ça. En France on trace une ligne, une frontière entre la vie publique et vie privée, et on a tort. Vous savez que les anglo-saxons ne le font pas et ils ont raison. Pourquoi ? Prenons un exemple national, ce qui est arrivé entre Valéry Trierweiler et François Hollande, quoi qu’on en pense, a dû avoir des répercussions dans le comportement de François Hollande au niveau national. Si on va plus loin, quelque chose que vous connaissez moins, le président Mitterrand avait une fille cachée, et il faisait notamment garder et surveiller sa fille par des gens qui étaient payés avec les données deniers de l’État. Nous on a tracé une ligne, mais je pense qu’au niveau de l’information, on a parfois tort, mais pas toujours. Vous voyez je ne suis pas très à l’aise là-dedans. Tout n’est pas bon à dire mais en même temps on devrait pouvoir tout dire, en essayant de mesurer si on parle, par exemple, de ce qu’il s’est passé entre François Hollande et Valéry Trierweiler. Ca n’a aucun intérêt du point de vue humain, le fait qu’il connaisse cette femme, ça n’a pas tellement d’intérêt. Si ça a des répercussions pour la vie publique ça devient important. Personne n’a démontré que ce qu’il s’est passé entre lui et Valéry Trierweiler avait eu des répercussions. Mais si on lisait son livre, si quelqu’un se mettait à enquêter, il verrait bien que tel jour ou à tel moment, Hollande a eu des problèmes et peut être que c’était un moment où il aurait fallu qu’il n’en ait pas. Donc c’est difficile. En gros, les anglo-saxons sont plus nets que nous, plus pragmatiques que nous. A partir du moment où vous êtes un personnage public, vous n’avez plus de vie privée. C’est simple. Terminé.

C’est la triste répercussion de la célébrité. Mais en France, le contexte est différent que celui en Angleterre non?

Non pas du tout, il est le même. Mais il faut se méfier, il y a le côté croustillant qui fait qu’on s’intéresse à Valéry Trierweiler. Et ça il faut s’en méfier, c’est quelque chose de complexe. Mais ce qui est arrivé à Bill Clinton avec sa stagiaire (Monica Lewinsky, ndlr), cela a eu de lourdes conséquences. C’est un peu caricatural mais je ne sais pas si c’est déjà arrivé en France : un personnage public qui prend des positions contre l’homosexualité, et on s’aperçoit deux ans après qu’il a un amant, et qu’il est père de famille. C’est de l’ordre du privé, et, localement, on est confronté à ça et on est mal à l’aise.

Bon, nous sommes arrivés au bout de l’heure. Nous vous remercions en tout cas de nous avoir accordé un peu de votre temps!

Hugo Malibrera
Lou Ledrut
G6

Entretien avec Fabrice Wroclawski

mercredi 23 novembre 2011

Interview de Fabrice Wroclawski : Appui Communication à l’Unité Réseau Electricité du Languedoc Roussillon ERDF.

Contextualisation

L’interview s’est déroulée dans les locaux d’ERDF le vendredi 18 Novembre 2011. Nous ne pouvions pas filmer l’interviewé, nous l’avons donc enregistré à l’aide d’un dictaphone. L’interview a duré une heure.

Interviewer : Jeremy Larroux, Léa Besson, Sabrina Rouichi

Légende

CCI : Chambre de Commerce et de l’Industrie

L’encadrement intermédiaire : représente l’ensemble des salariés qui ont une fonction managériale. L’encadrement intermédiaire se situe hiérarchiquement en dessous de l’encadrement.

Le Compteur Linky : C’est le nom donné au nouveau compteur communiquant dit « compteur intelligent » permettant un contrôle et une maîtrise des consommations de l’énergie plus facile pour le consommateur.

Les réseaux intelligents : Ils représentent les réseaux de production et distribution de l’énergie électrique intégrant de nouvelles technologies de l’information. Ils doivent permettre de maîtriser la consommation d’électricité, les émissions de CO2 et la production des ressources. Ils sont donc à la croisée de trois secteurs : l’énergie, les systèmes d’information et les télécoms. Par exemple, Linky fait parti des réseaux intelligents.

Cabinet : Le cabinet est constitué d’une ou plusieurs personnes qui assistent et conseillent le Directeur (ou le ministre) dans sa mission de direction et dans sa communication avec l’extérieur.

Ingénierie : Activité qui consiste en la définition, la conception et l’étude de projets d’ouvrage.

Retranscription de l’Interview

Interviewé : Alors il se peut qu’à un moment donné, il y ait des questions où l’entreprise entre en jeu, et à ce moment là, je serai obligé de vous dire stop. Mais ça dépend, si on est sur un terme de management de la communication, dès que ça rentre sur le cadre de l’entreprise, je ne pourrais plus être pareil. C’est à dire qu’à un moment donné, il y a un risque au niveau de l’entreprise, vous comprenez bien, et je ne pourrais pas vous donner le feu vert. C’est pour ça qu’il y aura des parties qui seront validées et d’autres qui pourront ne pas l’être, au cas ou …

Aucun souci, n’hésitez pas à nous arrêter. Nous avons tout de même essayé de centrer les questions sur votre fonction.

Nous allons tout d’abord parler de votre parcours. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu votre parcours, de vos études à votre arrivée chez ERDF ?

D’accord. Eh bien écoutez le parcours a été universitaire au niveau d’une licence en Droit. J’ai fait à la fois Droit et Administration Economique et Sociale.

Les deux en même temps?

Oui. En fait au départ j’avais commencé l’Ecole Nationale de Procédure de Paris et à ce moment là il fallait avoir un stage dans l’académie et j’ai commencé. Tout se passait bien jusqu’au jour où l’étude m’a dit « Nous n’avons plus besoin de vous ». J’ai donc du changer mon orientation.

Avant votre entrée chez ERDF vous avez donc connu d’autres entreprises …

Oui effectivement. Il y a eu d’autres parcours dans la grande distribution, dans les études juridiques notamment.

Et qu’est-ce qui vous a amené chez ERDF? Etait-ce le hasard ?

Oui ça a été effectivement un peu le fruit du hasard dans le sens que, globalement il y avait une publication, une recherche de poste qui correspondait à mon profil.  Je me suis présenté à l’entretien comme on pourrait le faire sur d’autres postes. Là, l’entreprise m’intéressait, en terme d’image, d’importance, ce qu’elle représentait. Donc à partir de là je me suis porté candidat à ce poste qui demandait le diplôme que j’avais à cette époque.

Et justement quel est votre poste au sein de cette entreprise, en quoi consiste t’il ?

Aujourd’hui je suis en charge de la communication interne pour la région Languedoc-Roussillon pour le métier réseau-électricité. Et j’ai en charge également la communication externe pour le département du Gard. A l’heure actuelle car tout ça va évoluer dans un avenir très proche où j’aurai en charge l’ensemble de la direction régionale mais pour d’autres métiers supplémentaires.

Pouvez-vous nous parler de vos missions et de vos tâches au sein de ERDF?

Globalement quand on est en charge de la communication interne, en premier lieu il y a de la communication, mais il y a aussi tout l’accompagnement du changement de l’entreprise. En fait, c’est faire en sorte que, puisque nous sommes une entreprise nationale, la communication nationale soit répercutée au niveau local, et donc tous les axes stratégiques qui sont définis au niveau national sont repris et déclinés localement.

(Problème technique : il nous manque une petite partie de l’interview à notre plus grand regret)

(…) Mon assistante est en train de mettre en forme tout ce document. Donc en fait tout seul je peux pas coiffer toute cette région en étant partout c’est impossible donc globalement même si je vais en déplacement, j’ai beaucoup de relais et je considère que chacun est un relais de communication dans cette entreprise. Et c’est ça qui fait la réussite de la communication dans un service à savoir que chacun se sente investit quelque part de faire remonter comme faire descendre aussi un certain nombre d’informations qui sont d’ordres stratégiques, qui sont d’ordres de suivie de notre plan d’action etc. Mais globalement après toute la valorisation passe par ces relais qui sont de Perpignan jusqu’à Le Vigan, jusqu’à Montpellier, Béziers ou Narbonne.

Est-ce qu’on pourrait dire que vous êtes une sorte de tampon entre la direction et les salariés, et vice versa ?

Euh tampon ? Je vais dire globalement il est vrai qu’on peut arriver à une masse incontrôlable d’informations, ça c’est clair, donc le but il est bien de filtrer aussi cette information pour juger de la pertinence parce que en fait vous avez l’information, mais à quoi elle sert ? Qu’es-ce qu’elle va rapporter derrière ? Quel est l’intérêt ? Parce que tout le monde a envie effectivement de dire « tiens, ça c’est important », et tout pourrait être important. Je ne dis pas que certaines choses ne sont pas importantes. En revanche, il faut bien canaliser sinon après on peut plus s’en sortir et le message il est comment dirais-je, complètement « dilué »  donc on prend effectivement tel chantier parce qu’il est digne d’intérêt et qu’il répond bien à l’axe stratégique qui est définit en amont. Il va permettre d’illustrer par la preuve un petit peu ce qu’on a définit stratégiquement à un moment donné. C’est compréhensible ? Oui bien sûr. Ca va vous suivez ? Je ne parle pas trop ? Non, au contraire, c’est très bien pour nous, vous nous apportez un maximum d’informations, c’est très bien.

En fait, c’est ça, c’est de faire en sorte parce que sinon vous savez tout le monde veut que l’on communique dans son service, tout le monde veut qu’on parle de ceci et cela. Sauf que oui, mais à ce moment là on s’y noie et donc à partir de là il n’y a plus d’intérêt, le système se bloque à un moment donné, il ne peut plus faire face.

Il faut filtrer …

Oui exactement il faut filtrer. Il faut assurer la pertinence de l’information, « à quoi elle va servir », « à qui elle va servir ? », parce que les cibles sont diverses et variées, c’est l’équipe de Direction, c’est le Management, c’est l’encadrement intermédiaire, c’est les salariés. Après vis à vis de l’externe, c’est aussi les médias, c’est les élus, c’est les instances telles que les CCI, le Conseil Générale, les agglomérations, etc. etc.

Le fait que l’information soit parfois diluée serait un aspect négatif de votre travail ?

L’aspect négatif c’est qu’il faut bien établir parce que vous avez plein de donneurs d’ordres en quelque sorte et donc ça il faut arriver à canaliser. Si on n’arrive pas à canaliser, on se noie donc là c’est une obligation de finir très clairement et de savoir dire non à un moment donné.

Qu’est-ce que vous appelé « donneurs d’ordres » ?

Et bien c’est les responsables de services, certains directeur, toutes ces personnes considèrent que l’information qu’ils nous donnent est fondamentale et que effectivement c’est le plus important dans l’entreprise car chacun à son égo etc. donc ça non il faut lutter aussi contre ça et il faut savoir dire non parce que à un moment donné ok, on communique sur tel sujet mais pourquoi ? Vers qui ? Dans quel but ? Et à quoi se rattache cette volonté de communiquer. Si c’est pour se faire plaisir ce n’est pas la peine alors effectivement il y a toujours une bonne raison, c’est de bonne volonté. Sauf qu’à un moment donné tout le monde peut s’inventer aussi communiquant quelque part. Alors à ce moment là, bah oui allez pourquoi pas, mais ce n’est plus de la communication, c’est de l’information.

Et ça pourrait saturer le réseau…

Exactement, complètement. L’information n’est pas communication et communication n’est pas information. Il faut bien faire la différence entre les deux, ça je crois aussi que c’est fondamentale.

Nous aimerions savoir sur quel projet travaillez-vous en ce moment ?

En ce moment, sur le volet externe, je travail sur le salon ENERGAIA donc le salon des énergies renouvelables qui aura lieu à Montpellier les 7, 8 et 9 décembre, donc ERDF sera présent à ce salon. Là c’est bien évidemment le stand en lui même, la création de ce stand, les thématiques que l’on va retenir de ce stand, « Quel est le message que l’on veut délivrer ? », puis en annexe, il y a aussi toute la partie conférence sur des thématiques données, notamment sur les réseaux intelligents, également sur le compteur Linky qui est donc la brique des réseaux intelligents et c’est une conférence qui aura lieu en marge du salon avec conférences de presse, etc. Il y a tout l’aspect média aussi à organiser donc c’est un énorme travail sur l’aspect. En même temps je n’ai pas que ça, c’est seulement une des actions, il y en a bien d’autres. Notamment sur la réalisation d’un journal que l’on fait à destination des élus qui s’appelle « ERDF et Vous » et donc qui veut donner un petit peu un retour aux élus et leur donner aussi la parole quelque part, donc là on a eu trois jours d’intempéries. Vous avez connu aussi sur Montpellier, mais on les a eu aussi ailleurs et notamment dans le Gard et à partir de là, mon but c’était aussi d’être très réactif et de sortir ce journal sur « Retour sur les intempéries ». Globalement, on leur parle de ce qui a été fait et on donne la parole aux élus parce que le but c’est aussi de savoir comment la relation s’est passée et qu’ils s’expriment, qu’ils puissent s’exprimer en disant « ça s’est bien passé, ça s’est moins bien passé, on a rencontré telles difficultés etc. ». A partir de là, je dis construisons la relation de proximité avec ces élus mais avançons progressivement avec les éléments qui vont être mis en évidence sur le fait que telle chose a fonctionné mais d’un autre côté, peut-être il faudrait l’améliorer et comment on pourrait l’améliorer. Donc ça c’est ce journal, il y en a aussi un autre qui devrait sortir indépendamment des intempéries. A l’interne il y a bientôt une réunion d’encadrement qui va être faite dans un nouveau maillage, il y a donc deux directions qui vont accoster en quelque sorte sur les métiers réseaux et  sur les métiers clientèles. De ce fait il y a une nouvelle maille. C’est une première réunion à cette nouvelle maille quelque part au niveau de l’encadrement.

Nous allons maintenant basculer sur des questions un peu plus globales. Pouvez-vous nous apporter des précisions sur votre ancienneté chez ERDF?

Je suis rentré tout récemment, c’était en 1981 (rires).

Et avec une telle expérience… Non, « une expérience » dirons-nous, je ne sais pas si elle est excellente ou pas, ce n’est pas moi qui vais juger. Si vous jugez qu’elle est bonne, je prends.

Alors avec cette expérience, avez-vous ressenti une évolution dans votre métier, votre fonction ?

Je vais vous dire tout de suite, c’est que je suis rentré effectivement il y a longtemps. En revanche, je n’ai pas occupé depuis ce temps ce poste. En fait j’ai parcouru différents services dans l’entreprise. J’ai donc commencé au départ dans un service commercial mais l’entreprise m’a permis de balayer toutes les fourchettes, à savoir le juridique, le service RH mais aussi des métiers techniques du commercial. Ensuite ma carrière a été axée sur la clientèle globalement. Donc ça été essentiellement une très grosse partie clientèle et ensuite j’ai rejoins les Dom Tom et ensuite je suis parti à l’international.

Qu’est-ce qui vous a attiré vers la communication ?

Je n’ai pas franchement de réponse, sauf qu’à un moment donné vous avez un concours de circonstances qui fait en sorte que vous êtes sur le départ sur un poste puis d’un seul coup voilà on vous propose ce poste et puis vous dites « bah oui pourquoi pas » quelque part, parce que vous avez qu’une vie, parce que le poste vous intéresse, parce que c’est divers et varié, parce que vous avez la connaissance un petit peu de l’entreprise dans sa globalité et que les attentes vous les connaissez parce que vous étiez aussi à un moment donné en attente de quelque chose et vous dite « bah tiens pourquoi pas », c’est aussi un défi. Je pense que au fil d’une carrière, même si l’on reste dans une même entreprise pendant un certain temps, je pense qu’il est bon aussi de passer à autre chose et de se remettre en cause en permanence. La pire des choses c’est la routine, donc globalement, avoir cette vision transverse et d’arriver après à un poste telle que la responsabilité au niveau de la communication c’est aussi d’avoir une vision globale et stratégique à un moment donné. Donc voilà le pourquoi, je ne suis pas depuis si longtemps dans la communication.

Et quelle image avez-vous de la communication à l’heure actuelle ?

Dans notre entreprise ou d’une manière plus générale ?

Plutôt d’une manière plus générale…

Alors la communication aujourd’hui … Je pense que globalement, j’ai l’impression que la communication n’est pas aussi importante que ça. L’information, le système d’information a traversé une évolution très importante à travers toute la technologie. C’est à dire qu’aujourd’hui, vous arrivez avec une information à l’instant T et dans la seconde, si elle est partie de New-York, elle arrive à Taïwan ou à Shanghai ou a Vladivostok aussi vite que ça en fait. En revanche,  je pense que la communication s’est peut-être dégradée à certains endroits ou dans certaines entreprises parce qu’on considère que Information c’est Communication, on mélange les deux. Pour moi la communication c’est l’échange, c’est le partage et je crois qu’il y a une vigilance à avoir à l’heure actuelle. Globalement l’outil a remplacé le contact et le lien social et globalement le mail, je pense que c’est une calamité à l’heure actuelle dans les entreprises. Aujourd’hui, tout le monde est derrière son micro, son mail etc. sans se parler pour autant et Hop « Enter » c’est parti, je suis débarrassé de mon problème, Ouf c’est bon j’ai envoyé mon mail, il est 22h30 je vais pouvoir rentrer chez moi, dormir, etc. Ca c’est une catastrophe pour moi, je pense que ça inonde et ça pollue tellement parce que les gens n’ont pas de discipline et donc on croit que dès qu’on a envoyé un mail, on a fait son travail. Non, moi je dis Non ! La meilleure solution c’est qu’il y a quand même l’échange et le partage et je pense que la machine ne va pas remplacer l’humain, jamais. Donc pour moi, à mon avis, information, système d’information, effectivement il y a une progression vertigineuse vers Internet etc. Facebook etc. Sauf que moi pour, ça ce n’est pas de la communication. La preuve en est c’est que « qu’est-ce qu’on raconte devant Facebook ? » il y a de telles banalités que ça en est même affligeant pour la société, pour la jeunesse actuelle. Enfin bon, c’est une idée très personnelle, mais ça je suis convaincu que globalement l’être humain a besoin de relations sociales, il ne peut pas faire autrement, c’est humain, les gens ont besoin de se voir, de se parler, de s’entendre, d’échanger, de pleurer, de rigoler ensemble, ils doivent partager. La réussite c’est aussi le partage parce que dans chacun de vous trois, vous êtes tous différents dans votre tête et la façon d’aborder un problème ne peut être résolue que si vous communiquez entre vous, parce que sinon c’est impossible, à un moment donné on a une vision toute personnelle et le problème n’avance pas si on ne s’entend pas, si on ne s’écoute pas et si on n’échange pas. Donc je dis « Pitié, réunissez-vous ! » Faites ce que vous voulez, parlez vous, essayez de vous comprendre. Effectivement, à un moment donné tout l’monde a des avis très personnels, c’est vrai, ça peut être intéressant. Sauf qu’il faut décoder aussi à un moment donné, je crois que l’échange le permet à l’heure actuelle et le mail ne le permet pas forcément.

D’après vous, quelles sont les clés d’une communication efficace ?

Je pense que la communication doit accompagner la stratégie de l’entreprise mais elle doit être humaine quelque part. C’est à dire, qu’elle ne doit en aucune façon oublier l’humain. Si vous oubliez l’humain, alors là c’est perdu. Je crois que bien au contraire, l’entreprise peut réussir tout autant où elle met en exerce ses salariés. Je crois et d’ailleurs je le vois puisque depuis peu de temps on a lancé un document qui s’appelle « Portrait ». Ce document met en exergue un salarié chaque mois par rapport à son métier et donc on lui demande « Quelle est sa mission ? Quelles sont ses relations avec les autres services ? ». On redonne un peu de visibilité parce que à un moment donné, les organisations dans les entreprises évoluent très rapidement. Vous évoluez, vous évoluez etc., mais plus personne ne sait « Qui fait quoi ? », ça devient ingérable. A partir de là il faut en permanence, même si le propre d’une entreprise c’est d’évoluer bien évidemment mais il ne faut pas oublier que derrière il y a des salariés et que ces salariés n’assimilent pas toujours à la même vitesse ces réformes, ces évolutions même si elles sont nécessaires. Je crois que l’on peut réussir que si on entraine tout le monde dans une entreprise. Si vous n’entrainez pas tout le monde, si c’est simplement la tête pensante qui avance mais que le corps n’avance pas, je dirais que c’est perdu. C’est pourquoi il faut entrainer tout le monde et la meilleure façon d’entrainer tout l’monde c’est de faire en sorte que les salariés soient embarqués. Pour les embarquer, il faut aussi les valoriser à un moment donné. L’humain a besoin de reconnaissance quelque part, donc quand le salarié se retrouve dans les communications qui sont aussi par rapport à des points stratégiques, mais lorsqu’on remet ça en évidence, en image à travers les salariés, on rentre dans l’humain et l’humain s’y retrouve donc ça c’est aussi important pour que la communication soit réussie. Ensuite, après toutes ces actions, il faut mesurer le dossier, « Quel est le retour ? », parce que sinon on peut partir faire une communication tous les jours, bien cadrée, on peut faire le plus beau slide, le plus beau film, mais globalement « qu’est-ce qu’il en reste ? ». Si vous ne faites pas attention, vous pouvez être parfois en décalage entre la communication que vous dispensez et le ressenti des personnes.

Donc le poids de l’humain est très lourd dans la communication

Complètement. Le poids de l’humain est essentiel et j’ose espérer qu’il le sera tout le temps parce que ça ne sera absolument pas la machine qui pourra y répondre en tout cas.

Et quelles sont les évolutions possibles ? Vos perspectives d’avenir dans le métier ?

Vous savez, aujourd’hui la communication n’est pas seulement communication, enfin pour ce que je connais. Elle est communication mais elle est aussi cabinet, vis à vis d’un directeur donc il y a aussi des actions de cabinet mais il y a aussi tout ce qui concerne l’accompagnement du changement, c’est à dire la transformation d’une entreprise et c’est le rôle de la communication par certains côtés d’être en conseil vis à vis d’une équipe dirigeante, vis à vis du directeur, vis à vis d’un manager, de l’expertise au conseil parce que à un moment donné, chacun organise aussi dans son service un certain nombre d’opérations. Il faut donc accompagner, comment la communication peut être en appuie justement par rapport à ce manager pour mener à bien son projet. Dans le cadre d’une transformation, dans une évolution d’une organisation, dans le rapprochement de services etc. Tout ça c’est de l’accompagnement du changement donc il y a la communication mais en permanence il y a aussi à droite et à gauche des sujets tels que le cabinet par exemple, sur des opérations particulières, ponctuels, etc. Cependant, il y a aussi tout ce qui est transformation et évolution de l’entreprise à un moment donné. Je crois que la communication a son rôle parce que c’est sûr qu’on ne peut pas décliner en haut comme ça cette stratégie sans prendre en compte tout l’aspect communication vis à vis des salariés. « Comment on va faire ? Comment on va déployer ? Vers qui ? A quel rythme ? » etc.

Avez-vous déjà pensé à vous réorienter et changer de voie complètement ?

Ah mais oui 36 000 fois, bien sûr, tout le temps. C’est une remise en cause permanente parce que à un moment donné, ça passe par des hauts, par des bas, parce qu’il y a des moments qui sont très agréables, et il y a des moments aussi très difficiles. Quand il faut gérer dans l’urgence, vous êtes à la fois sur l’opérationnel, puis d’un seul coup il vous tombe une catastrophe climatique et vous devez gérer en permanence l’interne, l’externe, les médias, etc. C’est vrai que ça fait beaucoup et c’est extrêmement difficile à gérer, mais bon on le fait. Ca vous met un cou d’adrénaline plus que la normale, vous en avez tous les jours mais d’un seul coup il y a un pic, donc ça des fois vous vous dites « bon stop quoi ! », j’ai envie de tout laisser, mais vous le faites jamais évidemment parce que la communication ça vous tiens, c’est quelque chose qui vous prend dans les tripes et à mon avis vous ne pouvez pas vous en défaire comme ça car il y a des enjeux très importants et vous vous rendez compte que l’ensemble de l’entreprise a besoin de communiquer, de faire en sorte d’être présent. Plus vous rentrez dans l’humain, plus les gens sont adeptes de communication, à un moment c’est la boucle et toute l’entreprise est en harmonie et ça c’est extraordinaire. Voir que tout l’monde reconnaît l’importance de la communication et puis y contribue, et ça à mon avis on peut dire qu’on a passé un cap. Ca n’a pas toujours été le cas, forcément et globalement c’est vrai que je vois que même entre les services qui travaillent pour les collectivités locales en charge des élus, des partis prenants tels que le conseil général, l’agglo etc., puis par exemple à l’interne, les services ingénierie où il y a d’un côté, l’un ingénierie, technique et l’autre qui est tourné relation vers l’externe alors qu’au final notre entreprise c’est être au service des clients, répondre à l’attente du client. A certains moments, c’est vrai que les deux ont du mal à cohabiter et bien la communication entre en jeu, fait son jeu et à partir de là elle relie les gens entre eux pour qu’ils s’écoutent, se comprennent et puissent travailler ensemble. On peut y arriver, je vous donne ma parole, je l’ai fait et ça a fonctionné et ça c’est un vrai plaisir à la fin pour mettre tout cette entreprise avec des personnalités, des métiers très différents. Parfois il faut faire le chef d’orchestre pour que la partition ne déraille pas.

C’est une belle image

C’est une belle image, oui c’est vrai (rire gêné)

Ca nous semble être un métier très attachant avec tout ce côté humain qui prédomine

C’est plus qu’attachant. A mon avis, c’est quelque chose de passionnant parce que vous ne pouvez pas aussi rester sur du rituel, la routine, surtout pas. En communication c’est impossible. D’un seul coup vous avez des tours, des usines « mais qu’est-ce qui se passe ? », mais « mon pauvre monsieur, réveillez-vous, ouvrez vos volets tout grands ». Faite en sorte que la routine ne s’installe pas dans votre communication.

Quelles qualités vous semblent primordiales pour exercer ce métier ?

L’humain ! A part ça, je pense qu’il faut être très à l’écoute, perspicace, il faut être créatif, inventif, et ça c’est aussi les domaines qui sont importants. Il faut avoir aussi beaucoup de dynamisme, on ne peut pas s’endormir. Le système veut ça, mais dans une entreprise telle que je la connais, chez moi, on ne peut pas s’ennuyer. Ailleurs non plus, très certainement, mais globalement là il y a une telle diversité, une telle palette. Il faut donc être aussi très réactif, en permanence. Il faut aussi savoir se poser en parallèle, il doit y avoir des moments où il faut savoir se poser. C’est peut être difficile, mais il faut se l’imposer c’est à dire qu’à un moment donné, il faut être capable de dire « j’arrête tout, je me pose, je prend un peu de hauteur, et là je regarde ce qu’il se passe », parce que sinon vous êtes emportés par un tsunami. Parce que tout le monde s’agite, il faut faire ceci, il faut faire cela. Stop ! On se pose et on revient sur l’essentiel, revenons sur notre message « Quel message ? Pour qui ? Quand ? Comment ? Qu’est ce que ça va apporter ? Est ce qu’on ne pourrait pas faire autrement ? » Parce que parfois, on se dit on fait ça, mais on pourrait peut-être le faire différemment, mieux, plus simplement et puis avec une meilleure efficacité aussi.

D’accord, donc ce sont les conseils que vous donnez aux étudiants.

Les conseils … Vous savez, je ne suis pas le gourou de la communication. C’est juste une expérience personnelle, à travers ce que je vis. Après, chacun est diffèrent et adaptera. Je crois qu’il y a une capacité d’adaptation très forte. Aujourd’hui je suis dans telle entreprise, demain si je vais dans une autre entreprise, à mon avis, la problématique se posera très certainement différemment parce qu’on ne sera pas au même stade, parce que la finalité ne sera pas la même. Donc à partir de là il faut être capable de s’adapter en permanence, là où l’on va travailler… et de bien comprendre les finesses de cette entreprise et de son histoire. A mon avis, on ne peut pas débarquer, sortir le bulldozer et hop,  j’avance. Non, à mon avis ça c’est une grosse erreur. Il faut comprendre le passé pour préparer l’avenir.

C’est d’ailleurs pour cela que vous êtes chez ERDF depuis longtemps. Maintenant que vous êtes chargé de la communication, vous avez vu justement le passé de l’entreprise en ayant occupé différents postes.

Oui c’est vrai. Je pense que ça aide à comprendre certaines choses, certains comportements aussi chez les salariés, et savoir comment on s’adapte en permanence suivant les situations. C’est vrai qu’il y a dans l’entreprise une culture d’entreprise qui est très forte chez les salariés, qui est partagée. Toute cette notion de service public, ce n’est pas une simple valeur. Non, c’est encré dans l’entreprise, dans le travail et dans le comportement du salarié. Et ça, c’est l’histoire de l’entreprise qui fait ça. Et ça je pense que, effectivement toute entreprise n’a pas le même historique, il n’y a pas de solution miracle, mais je crois qu’il faut comprendre là où l’on est pour pouvoir avancer. Effectivement. Et ça, ça aide énormément, absolument. Parce qu’on a aussi traversé des périodes avec des échecs, il faut aussi les reconnaître et à partir de là on les analyse et on fait en sorte que demain, on réadapte en permanence. C’est pour ça que la routine n’a pas de place dans ce métier. On doit en permanence surprendre les salariés. A l’interne en tout cas, il faut les surprendre.

Je pense que nous avons fait le tour de nos questions. Nous avions trois grands thèmes ; nous avons abordé votre parcours, votre fonction et votre expérience personnelle. Si vous voulez ajouter quelque chose n’hésitez pas.

Alors je voudrais ajouter quelque chose : globalement j’ai un parcours qui a sillonné la France en passant par l’ile de la Réunion, ensuite un passage à l’international etc. Donc culturellement et en plus étant un grand voyageur, la culture des différents pays donne une ouverture d’esprit. Je crois qu’il faut être ouvert sur le monde et sur toute chose. Je pense qu’il faut être capable de parler de stratégie à un moment donné, mais il faut être capable, aussi, de parler à un humain et à un salarié de ce qui ne va pas chez lui, sans pour autant rentrer dans l’indiscrétion mais il faut deviner les moments où le salarié n’est pas bien, parce que je pense que ça aussi c’est important. Parce qu’il faut être en mesure d’accompagner aussi, le manager doit accompagner le salarié quand ça va bien, mais quand ça va mal aussi. Parce que c’est la réussite de tout un corps de ne pas laisser en rade quelqu’un. Je crois que ce sont des valeurs que l’on a, et c’est un point sur lequel je suis attaché aussi. Et puis faire en sorte que, les gens sont très abruptes parfois, il faut donc niveler pour que globalement, non pas de rendre tout rose, mais faire en sorte que les gens finissent par travailler ensemble dans la même finalité … Parce que c’est la réussite de l’entreprise. Et je pense que, notre entreprise d’ERDF, cette culture a fait en sorte que nous avons pu traverser des périodes « mouvementées », on va dire, de part des évolutions d’organisation très lourdes, où nous avons implosé, avec les évoluions législatives et notamment l’évolution à Bruxelles et toutes les lois qui ont contribuées à faire en sorte que l’on devait se mettre en ordre de bataille. Et toutes ces évolutions et cette implosion à terme font en sorte que ça déstabilise tout le corps social. Donc ça, il faut aussi ne pas l’oublier à un moment donné, il y a aussi cet accompagnement.

Vous êtes en quelque sorte à l’affut de tous les aléas …

Tout a fait, oui. Il ne faut pas croire que la communication c’est : je diffuse tel message parce qu’il doit être diffusé. Il faut être en veille. Tout ce que je ressens dans cette entreprise à travers les rencontres, à travers les réunions etc., je dois le partager avec mes collègues, avec le service des Ressources Humaines, avec le Directeur, avec un manager, avec un salarié aussi pour le rassurer, pour faire le tampon des fois, un relai. Je crois que c’est ça aussi et c’est pour ça que cette notion d’humain elle rentre dans ce côté « un peu partout dans l’entreprise ». Parce que ce sont les petits vaisseaux vous voyez. Les petits vaisseaux font les veines, et on va dire les grandes rivières après quelque part. Ca il ne faut pas l’oublier, ce n’est pas quelque chose qui se décline comme ça, ça ne fonctionne pas. D’ailleurs la preuve pour donner un exemple, lorsque je suis parti travailler à l’étranger, c’était au Proche-Orient, à Beyrouth. On avait en charge l’amélioration des finances d’électricité du Liban. On devait reprendre toute les banlieues de Beyrouth, on était « l’après Guerre », et donc on ne connaissait plus leurs  clients parce que ça a été l’anarchie à un moment donné, comme tout le monde a construit des immeubles. On est partit de rien du tout. Quand on a voulu décliner notre système informatique pour gérer toute la clientèle, ça n’a pas fonctionné. Il a fallut  recommencer pour réadapter localement quelque chose qui a été accepté après. Donc vous voyez, en disant « nous sommes les bien pensants, vous allez voir on a de meilleurs systèmes etc. » Eh bien non, ça ne marche pas. En permanence il faut réadapter pour coller à la réalité du terrain. Ca, ça a été aussi une leçon quelque part.

Vous êtes resté longtemps au Proche-Orient?

5ans.

5ans ! Un peu nostalgique en rentrant peut-être?

Enormément. C’est là où j’ai trouvé une société qui été justement encore privilégiée dans ses relations sociales. Ca c’est quelque chose qui est vraiment extraordinaire. Où les gens se parlent, où les gens ne laissent pas l’individu seul. Moi qui suis arrivé là-bas, tout de suite j’ai été aspiré dans la société libanaise. Quand on revient, effectivement, ça fait une douche froid,  en ayant les meilleurs systèmes … Vous avez Facebook, vous avez l’email, vous avez votre iPad, votre iPod, tout ce que vous voulez mais pour autant ce n’est pas ça qui rend l’être humain heureux. Parce que moi j’ai connu durant cette période, les tremblements de terre, les bombardements etc. Donc j’ai été privé d’eau etc. ,mais globalement ce que j’en retiens, c’est que, peu importe, ce n’était pas ça qui été important, mais la relation avec l’autre, ça c’était fondamental. Et c’est ce qui me reste comme plus beau souvenir.

Bon, et bien, il ne nous reste plus qu’à vous remercier pour le temps que vous nous avez accordé.

Ca a été?

Très bien pour nous, c’était très enrichissant. Et pour vous, nous n’avons pas abordé de questions trop indiscrètes sur l’entreprise?

Pas du tout. Très bien.

Jeremy Larroux, Léa Besson, Sabrina Rouichi

Interview de P.Provencel, Directeur de l’Agence de Publicité Sens Inédit à Montpellier.

mercredi 23 novembre 2011

Circonstances de l’entretien : Nous avons contacté l’agence Sens Inédit et Coralie (membre de l’agence) nous a donné rendez-vous le Mercredi 16 Novembre à 14h30. Nous avons été accueilli par Pascal Provencel, publicitaire et directeur de l’agence, qui nous a emmené dans son bureau. Il a pu nous accorder deux heures de son temps dont 1h d’interview.

Matériel : Matériel d’enregistrement et appareil photo.

Rôle de chaque membre : Chacune a posé des questions lorsqu’une occasion de relance se présentait à elle. Nous avons réparti la retranscription en durées égales.

Bonjour. Pour commencer merci de nous accorder cette interview. Nous sommes ici dans le cadre de notre Licence Information et Communication à Paul Valéry et nous souhaiterions en savoir plus sur votre profession.

Loi Evin : toute publicité donnant une image attrayante de l’alcool et débordant les limites posées par le législateur, demeure sanctionnée par les juges.

DEBUT DE L’ENTRETIEN

Pascal Provencel : Vous êtes allées sur mon blog ?

Elèves : oui, on a vu vos vidéos, tout ça.

Vous avez vu ma vidéo sur la pub’, « business et publicité » ?

Elèves : oui, on les a toutes regardées

Donc vous avez compris que c’est du vent, le vent qui fait tourner les moulins

Elèves : Oui c’est exactement ce que vous aviez dit

Qu’est ce que vous voulez savoir ?

Elèves : déjà Vous avez combien de temps à nous accorder ?

Je sais pas. Ca dépend si vous me faites chier ou pas  (rires).

Elèves : Bon ba on va être gentilles. Déjà on va commencer par vous faire signer ça, pour avoir votre autorisation de vous enregistrer, prendre en photo et de publier cet entretien sur le blog.

Bien sur.

Elèves : Déjà, on va vous poser des questions par rapport à  l’agence, à votre métier. Donc est ce que vous pouvez nous parler de l’agence proprement dit, de la philosophie  de votre agence parce qu’on a vu que vous cherchiez un peu la différence, c’est ce qu’on a compris dans votre présentation sur le blog.

La différence, ça ne se décrète pas. Pourquoi créer la différence ? Ça veut dire quoi créer la différence ?

Elèves : Parce que vous aviez dit une publicité plus proche de la vie. Qu’elle est votre philosophie en fait ?

L’agence qui parle comme dans la vie, voila. Parce qu’aujourd’hui, faut mettre le citoyen, les consommateurs au cœur des campagnes, si on parle pas de vous je vais pas vous intéresser.

Elèves : Oui c’est sur.

Tenez Carrefour, very important pirate, c’est ça. Le slogan va changer d’ailleurs, la signature, ça va plus être « l’agence qui parle comme dans la vie » mais « Parlons comme dans la vie », c’est un peu plus… facebookien (rires).

Elèves : Oui, on a vu que vous travailliez avec les réseaux sociaux, dont Facebook qui est…

On a un docteur en sociologie oui, à l’intérieur de l’agence, qui a fait sa thèse su les réseaux sociaux, il l’a passé en 2009. C’est un précurseur, Yann H. Quand je l’ai recruté il avait pas de boulot, personne ne voulait de lui.

Elèves: et justement le rôle qu’il a c’est de…

Ca fait deux ans et puis aujourd’hui on lui court après mais…trop tard.

Elèves: Et donc son rôle oui c’est ça c’est de chercher les attentes des clients?

La pub c’est pas ça, tenez moi je suis un ancien graffeur.

Elèves: Oui on a pu voir ça dans vos informations sur le blog qu’on a bien regardé, on a vu que vous aviez fait du graff, de la peinture aussi un peu…

Oui a New York oui.

Elèves : Et ça vous a beaucoup aidé pour faire dans la pub après?

Quand j’avais 14-15 ans j’ai commencé, j’étais publicitaire déjà, parce que j’écrivais sur les murs « Giscard comme un pétard », et bien c’était des messages, ça commence par là.

Elèves: Et donc ce serait un peu comme un don que vous avez?

Il n’y a pas de don non non, l’œil s’éduque.
Si vous mettez quelqu’un au milieu de Picasso, de Braque, il va forcément avoir un œil averti. Il n’y a pas de grand peintre qui n’ait pas de culture, ça n’existe pas dans l’histoire de l’art. Donc ça prouve bien que l’œil s’éduque aussi, et qu’on peut se nourrir que de ça, comme un graffeur, par ce qu’il y a des connaissances incommensurable dans l’histoire de l’art.

Elèves: Et donc ce qui vous attire le plus en publicité, ce qui vous plait le plus ce serait ce coté créatif?

Il y a des créateurs, dans la publicité on est des créatifs pas des créateurs. La différence entre les créateurs et les créatifs c’est qu’il y a… en tant que créateur je suis humble, je crée mes tableaux je les ai peints, comme un sculpteur on les met dans une galerie et nous (en publicité), on part dans une demande du client avec des axes d’objectifs et une stratégie à développer, on va créer un concept, c’est de la créativité c’est pas de la création. Et il faudrait que certains publicitaires redescendent sur Terre. Les créateurs ils crèvent de faim.

Elèves: Et tout à l’heure vous nous avez dit que vous aviez commencé comme graffeur, vous avez fait des études spéciales, pour arriver jusqu’ici?

Non, j’ai failli ramasser les poubelles. Par contre j’ai lu près de 1200 bouquins peut être en moins de 5 ans.

Elèves: C’est beaucoup de connaissances personnelles alors…?

Beaucoup de voyages, je suis parti en Amérique centrale.

Elèves: …l’expérience qui joue?

Non…C’est juste que je suis très perméable à ce qui m’entoure, c’est ça, voila donc, vous voyez j’écoute de la musique toute la journée, je m’intéresse… c’est une certaine curiosité, regardez peut être qu’a la prochaine publicité il y aura un morceau de ce CD, d’ailleurs vous m’avez dérangé j’allais écouter … Enfin voila c’est ça, tu regardes les inrocks, le CB news, enfin voila…

Elèves: Donc vous jouez beaucoup sur…

Je joue pas, je suis comme je suis, « je pense, donc je suis ».

Elèves: Et donc comment vous en êtes arrivé à créer votre propre agence?

Je sais pas. (Rires). En fait j’ai commencé par recruter un type qui était un punk, un copain à moi, et on avait pas d’argent alors on faisait les graffs avec des bombes et voila et maintenant on est 45 et on fait 15 millions d’euros de volume d’affaire, je suis le seul actionnaire et le seul fondateur.
Et j’embauche des jeunes, voila, on ira faire un tour après. On a 3 sites il y a Toulouse, Perpignan où il y a design, concept, tout ça et tout ce qui est vidéo, web et ici c’est tout ce qui est business, voila. Je suis the boss (rires) « you’re talking to me? »
Alors après?

Elèves: Et donc ce qui vous a amené ici ce sont des choses que vous avez vécu, des gens que vous avez rencontré?

Moi j’ai rencontré, à travers mes fantasmes, Picasso, Braque…je sais pas, des choses extraordinaires! Je voyage, après je sais pas, comment veux tu définir le talent?

Elèves: Non pas le talent mais comment arriver à…

Mais j’en ai pas de talent

Elèves: Mais alors comment arriver à…

Vous voulez du café? Du thé?

Elèves: Non merci. Quelles sont les missions dans votre agence?

Bah les missions dans l’agence c’est de faire de la pub, on fait ça à la télé, radio, affichages…On fait de l’argent.

Elèves: Et qu’est ce qui vous plait le plus dans ce métier?

La liberté, je me lève le matin, j’ai toujours la banane, je me dis que la vie est belle quoi. Même si après je me dis c’est quoi cette merde qu’on Elèves donne à voir? Mais j’ai de la chance peut être.
J’ai jamais cherché d’agence d’intérim, j’ai jamais travaillé pour personne, je suis considéré comme associable peut être. Je suis pas un homme libre mais je recherche la liberté.

Elèves: Et vous la recherchez justement à travers les publicités que vous faites?

Non.

Elèves: Parce que vous trouvez qu’il y a une grande marge de liberté dans la publicité?

La publicité est obligée de changer aujourd’hui parce qu’il y a une très grande partie de la population qui a moins de 30 ans, un très grand nombre de personnes sont sur facebook en France, une digitalisation, qui sera le prochain sujet du blog sur le web.
Aujourd’hui il y a des digitaux natifs dont surement vous faites partie, parce que vous avez quoi, 20 ans?

Elèves: Un peu moins.

Oui et c’est vous qui allez prendre le pouvoir, ce qui est bien c’est que vous allez prendre le pouvoir plus tôt parce qu’aujourd’hui c’est des caractères, des mecs comme moi qui ont le pouvoir, le fric c’est le pouvoir, c’est sur on peut dire ce qu’on veut, la décision est là et la pub, le digital s’est pas trop implanté dans la pub parce que les mecs qui ont crée la pub dans les années 80, je le dis d’ailleurs, je crois dans un blog, ils vont freiner, parce qu’il y a la peur de l’inconnu et la révolution internet n’est pas encore arrivée mais quand elle va arriver, ça va faire des dégâts.

Elèves: Alors peut être qu’il y a moins d’avenir dans la publicité télé, radio?

Non parce que dans le télévision, c’est démocratisé, tu prenais il y a 10 ans en arrière, un espace télé c’était impossible pour un annonceur de province, c’était  du niveau de TF1 mais même au niveau de TF1 on peut en prendre pour 17000 euros, c’est même pas la peine. Aujourd’hui, tu fais 50, 60 spots sur BFM moi j’ai des clients par exemple, 30 000 euros. Mais ça durera pas c’est toujours pareil, c’est l’audience qui fait bouger. Aujourd’hui on parle plus de public en publicité, d’ailleurs si votre prof vous dit ça vous pouvez lui dire que c’est faux, c’est pas  du public aujourd’hui ce sont des audiences. On résonne en  terme d’audience, prenez le ça. Si il vous parle de « public » c’est une erreur.
C’est quoi le public ? C’est une audience, quand tu balances quelque chose sur le web c’est une audience que t’as, t’as 2 ou 3 millions de personnes, les gars qui vont venir sur ton site, ils viennent d’horizons différents, maintenant on est plus dans les bobos on est dans les nonos: no marque, no system, no logo, et si tu mets pas le consommateur en consom-acteur et bah tu te plantes. Oubliez les publics c’est les audiences.

Elèves: On avait vu sur votre blog que vous avez fait un partenariat avec un festival de musique: K live.

Ca vous étonne maintenant que vous me connaissez?

Elèves: Non.

C’est l’aspect de culture pour moi c’est mes frères, c’est pas du snobisme c’est,  c’est dans la rue là ou on a éduqué le monde, et je pense que le monde l’a oublié ces derniers temps.

Elèves: Donc c’est votre façon de montrer…

C’est pas une façon de montrer, il y a une forme de responsabilité sociale, vous l’avez vue l’interview que je donne sur le K-live?

Elèves: Non on n’a pas vu cette vidéo sur le site, on a vu l’article par contre.

Et bien vous allez voir, ce sera plus simple. Continuez de poser vos questions je réponds.

Elèves: Est ce que vous avez travaillé dans d’autres entreprises ?

Non j’ai travaillé que pour moi, mais créer des boites de pub oui, « compare », « synthèse », « alternative » aussi. Mais ce sont des expériences avec des bons moments, des bonnes choses et des moins bonnes d’ailleurs. J’ai décidé d’être seul aujourd’hui parce que quand j’ai eu à travailler dans des associations ça a mal tourné.
En terme d’associations c’est soit tu montes ton affaire, soit tu t’associes avec quelqu’un et  les associations c’est comme les couples, ça marche un temps. Et comme avec un associé on va pas se réconcilier sur l’oreiller, c’est un peu plus complexe.
(Rires)

Elèves: Vous pensez qu’il y a des qualités requises pour faire votre métier?

Oui, éviter d’être un blaireau. Remarque il y a des blaireaux qui travaillent, plus qu’on le croit d’ailleurs.

Elèves: Vous rencontrez des gens agréables? D’autres non?

Il y en a partout, heureusement, il y a aussi beaucoup  de « cons », oui des vrais blaireaux

Elèves: Vous parlez de motivation? D’envie?

C’est à dire?

Élèves: Qu’est ce que le « blaireau » pour vous?

C’est un mec qui fait des concours de buts dans une cour de recréation. Pas aussi péjoratif qu’on peut le croire mais, bien placé je pense que ça régit beaucoup de choses non?

Elèves: Non je ne vois pas.

Moi je vois très bien, c’est mon avis je le partage. (Rires) Non ce que je veux dire c’est  que le blaireau c’est, je sais pas vous connaissez la définition du » blaireau » quand même non? Ou d’un « con »? D’un » bourrin »?

Élèves: Moi je vois ça dans la finesse, quelqu’un qui n’est pas, fin dans ce qu’il dit  et ce qu’il fait peut être, ses actes

Ça il y en a plus qu’on le croit.

Élèves: Donc c’est ça le « blaireau »?

Ouais, un peu lourdingue quoi. Vous en connaissez?

Élèves : (rires) Oui. Et du coup, votre personnel vous l’embauchez sur quels critères? Des critères spécifiques?

Sur quels critères? Il n’y en a pas.
Ca dépend à quel poste, si c’est un infographiste, faut qu’il sache faire tourner un logiciel par exemple. J’essaie de faire en sorte que les gens sont adéquats au profil de postes. Ce qui est intéressant c’est qu’il y a plein de métiers.
(La vidéo du K Live a finit de charger)
On vous invitera si vous voulez cette année, il y aura du très lourd, il y a Superbien vous connaissez?  Ils ont fait la pub a Marseille avec la projection, je vous montrerais.

Elèves: Au fait vous parliez de voyages à New York, toujours dans le cadre de votre travail? Vous faites beaucoup de déplacements?

Oui un peu oui, à Londres aussi, Amsterdam, Berlin.

Elèves : Vous souhaiter développer votre agence ailleurs?

On est déjà ailleurs, Perpignan, Toulouse. Mais oui j’aimerais bien aller à New York oui. Mais entre aimer bien et pouvoir le faire c’est différent.

Elèves: Et quels étaient vos projets la bas?

Et bien ce que je vais voir c’est le monde, comment il bouge. On parlait de culture générale tout à l’heure, si vous n’avez pas de culture générale vous ne pouvez pas faire ce métier, c’est impossible. On parle de faits sociétaux, si vous ne les comprenez pas, bye bye.

Elèves: Ce serait la qualité essentielle?

Oui, comprendre dans quel monde on vit oui. Comment vous pouvez capter le maximum d’audience si  vous ne savez pas à qui vous parlez? Même dans un sens général. Parce que tout le monde est différent. Quoi que aujourd’hui…

Elèves: C’est de moins en moins vrai.

De quoi?

Elèves: Que tout le monde est différent.

C’est ce que je dis oui, c’est tout à fait vrai.

Elèves: Et en ce moment quels sont vos projets?

En ce moment on est surtout sur de la stratégie de marque, beaucoup.

Elèves: et vous travaillez avec quelles marques?

Sud de France c’est nous par exemple, on est nommés au trophée de la com, meilleure campagne de pub 2011, on fait partis des 5 nominés pour euh… Vous étiez là cet été ?

Elèves : Non.

J’étais parmi les 5 nominés oui pour la campagne du d’oc je vais vous montrez.

Elèves : C’est vous qui avez fait cette affiche ? Elle est sur tous les arrêts de tram.

C’est des culs de bouteilles vous avez vu ? Et alors, je vais vous raconter l »histoire de cette publicité parce que ce n’était pas banal. Elle vous a marqué ? Elle a marqué beaucoup de monde. Ça le fait hein ?

Elèves : Oui (sourires).

Donc comment a commencé cette affaire c’est que, moi ça fait 25ans que je travaille ici et jamais j’avais voulu travailler pour le vin. Parce que c’est comme les jolies femmes, t’y mets le doigt tu te fais emporter. Et puis, y a un an de ça, ils ont fait une consultation d’agences régionales et j’étais pas dedans, ils devaient considérer que j’étais pas de la région. Et donc ils ont fait cet appel d’offres et ça a été infructueux donc ils ont rappelés trois agences dont moi, et quand je suis allé les voir à Narbonne, je leur ai dit « bah ils vous manquent donc la troisième multinationale ». Et donc je leur ai dis « moi je veux bien travailler pour vous mais vous n’allez pas me retenir parce que ça va décaper » (rires). Et quand je suis rentré à l’agence, puisque vous voulez savoir comment on est créatif, je me suis dis « être créatif sur le « pinard » avec la loi Evin et tout ça c’est complexe hein. » Et je me suis « ba voilà, quand le vin est bon il est comment ? Bah déjà quand il est bon tu le couches, tu le couches dans une cave. Et quand il est couché, qu’est ce que tu vois ? Tu vois que le cul de la bouteille. ». Ça commence à venir ? (approbation). Et je me suis dit bon Pays de d’Oc, et puis les mecs ils y ont pris cette pub et ils ont dit qu’ils la voulaient pas, et puis y a un mec d’inter-profession, il a dit oui votre com’ elle est géniale moi je vous l’achète si vous voulez je fais un gros truc. Comme j’ai pas le droit de refuser j’ai dis « ok, je vous la vends » je lui ai vite trouvé un fond couleur je lui ai fait sa campagne et maintenant elle est dans les 5 meilleures pub’ nationale de l’année.
Au départ c’est une créa que les clients ont voulu puis après ils l’ont plus voulue parce que ça exprime pas le terroir et tout ça, les trucs habituels quoi. Et puis y a un mec qui a eu plus de couilles que les autres et il m’a dit « bah moi j’y crois », il a mis beaucoup d’argent et il a fait une grosse campagne dessus.  Donc nous sommes des créatifs, c’est vrai que c’est une création vous pourriez me dire parce que… Et je suis content, pour cette histoire là pas pour moi mais on a eu en 2008 le CBNEWS là, le prix CBNEWS, il  y a des gens qui disent que c’est le César de la pub. On a aussi eu le meilleure affiche de France pour la foire de Montpellier sur l’Italie (NDLR : en 2006) : j’avais mis une tour de Pise, un fond noir et j’avais mis « renversant ».

Elèves : Il y a donc beaucoup d’humour dans vos pubs … (coupée)

Oui c’est l’humour c’est une preuve d’intelligence non ? Je suis pas intelligent mais j’ai de l’humour.

Elèves : Est-ce qu’il faudrait jouer le plus possible sur ça justement, sur l’humour ?

Oui mais l’humour ça peut très vite tourner à la dérision, c’est la perception, ça dépend ce qu’il y a derrière. C’est Desproges et c’est tout. C’est bien, mais à manier avec beaucoup de précautions.

Elèves : Il y a des sujets à éviter, des sujets où justement il faut éviter de rire et lesquels ?

Je crois qu’on peut rire de tout, y compris de soi-même, c’est pas plus mal non ? Mais bon c’est toujours pareil, je préfère le sourire que le rire moi, le sourire on est toujours dans une dynamique positive, pas dans le rire. Même si il peut y avoir un sourire entendu, narquois ou mesquin. Mais c’est toujours pareil, qu’est ce que j’attends, qu’est ce que je dois vendre, qu’est ce qu’il y a derrière, puis c’est très difficile de parler de soi. C’est à vous de juger. Je vois que devant un jury de 100 personnes qu’on a été parmi les 5 premiers donc quand je vois les réactions ça m’étonne pas. Qu’est ce qui vous a marqué dans cette pub ?

Elèves : Moi au début j’ai cru que c’était des pièces de monnaie mais en me rapprochant j’ai compris, on cherche à comprendre en fait. Justement c’est important pour vous ça, de savoir ce que l’audience a… (Coupée).

Bah c’est hyper important, c’est comme ça qu’on a des avis.

Elèves : Et comment vous l’avez cet avis justement ?

On fait des études d’impact puis on a tous un entourage qui est pas directement concerné. Tu vas entendre  » ah ça c’est bien », puis tu vas l’entendre 2 fois, 3 fois et sur des publics différents. Et nous on savait quand on a sorti cette campagne qu’il y avait un retour positif dessus. On nous disait qu’elle se démarque, qu’elle est différente des autres, qu’elle est pas différente pour être différente mais aussi structurée. Qu’est ce que vous voulez faire dans la pub vous ?

Elèves : Moi ce serait plus chef de projet junior.

Chef de pub donc. Vous allez faire des stages ?

Elèves : J’espère trouver pour l’été ou pour les vacances oui.

Il faudra venir ici.

Elèves : Moi ce serait plus concepteur-rédacteur.

Ah ça on cherche, ça c’est le nec-plus-ultra. Pourquoi vous écrivez ?

Elèves : Oui, moi c’est la création qui me tente plus, être créatif…

Oui mais d’accord mais est-ce que vous écrivez ?

Elèves : Oui j’écris.

Il faudra me montrer ça ! Je recherche des talents moi…

Élèves : Et donc si vous avez un conseil à donner aux étudiants ce serait quoi ?

De pas croire toutes les conneries qu’on leur raconte à la fac.

Elèves : C’est-à-dire ? Le coup du public par exemple ?

Ouais par exemple. Aujourd’hui j’espère que les stratégies digitales sont au cœur de l’enseignement, non ?

Elèves : Pas énormément non.

Bah justement ils ont tout faux. Après je vous montrerai le spot qu’à fait La Poste, vous allez voir que c’est important quoi. Je ne comprends pas qu’aujourd’hui à des jeunes de 20ans, des digitales natifs… Enfin je ne sais pas aujourd’hui 80% des entreprises sont sur Facebook quoi,  par exemple. C’est pas simplement un réseau social pour se faire des copains et des copines ou s’envoyer des photos de la teuf parce qu’on était complètement déchiré un soir et qu’on veut que ce soit sur le mur de la planète. Mais c’est autre chose, y a du business derrière, il faut que les profs entendent ça . Toutes les stratégies publicitaires que vous avez à faire, touts les conceptions rédactions et tout ça, aujourd’hui y a besoin que ce soit tourné vers un public interactif et non pas sur un public passif, captif. D’ailleurs j’ai souligné ça la dernière fois là sur « Stratégies », parce que c’est ça aussi mon métier : lecture de l’extrait.

C’est-à-dire que le digital lui il a pas la perception sensoriel du produit. Les gros travaux qui seront faits pour les publicitaires c’est « nous, comment on va montrer cette perception et comment combiner l’expérience digitale à l’expérience dans la vie physique. C’est ça les vraies problématiques aujourd’hui. Donc nous, la création publicitaire d’une façon générale… Y a une révolution qui est en train de se mettre en place et si c’est pas au cœur de votre enseignement vous allez perdre du temps parce que c’est primordial. C’est le présent, c’est l’avenir, c’est le futur.
Pays d’Oc tiens : on fait cette campagne, après ça, la première chose qu’ils nous demandent c’est « on veut être sur Facebook maintenant ». Parce qu’on veut alter-échanger et tout. Donc faut faire une stratégie digitale euh… Allez je vais vous lire un document confidentiel sur les collectivités publiques, ça fait rien.  (Il lit le document).

Une marque, c’est quoi une marque ? C’est un repère mental. C’est tout. Si ce que les américains appellent le « top of mind », la présence à l’esprit, si j’ai pas de repère mental sur une marque je vais la zapper. Il s’avère aujourd’hui, que les circuits classiques, affichage et tout ça, sont 10 à 20 fois plus onéreux que les circuits numériques et en plus ça rapporte moins parce que c’est plus dans les tendances de consommations aujourd’hui. Le vrai acteur de la marque c’est le consommateur. Moi j’ai des copains, des créateurs qui travaillent sur Nike et compagnie, ils présentent plus des planches, des skates, des surfs et des trucs comme ça, mais il faut des mecs dessus, des descentes de l’Himalaya, il y a un vrai savoir-être quoi. Si tu te contentes de dire tu fais le message pour vendre ta planche c’est fini quoi, tu mets pas des gens dessus t’es mort.

Elèves : C’est vraiment le consom-acteur donc ?

Ouais c’est le consom-acteur, ou si c’est un électeur, le consom-écteur. Voilà on est sur des bandes passantes qui sont assez étroites maintenant, la com c’est plus un vaste chantier où on peut aller et toucher à tout, maintenant il faut se recentrer sur des vrais supports, les supports ont changés et il va falloir faire avec. C’est ce que je disais sur le blog là, c’est que les mecs ont freiné quoi (ndlr : l’ascension de la publicité sur Internet) : t’imagines les enjeux de Chanel avec leur réseau d’affichage et compagnie. Regardes la PQR (ndlr : Presse Quotidienne Régionale) aujourd’hui, tu vas sur Montpellier, 45% de la population a moins de 30ans, ils vont pas acheter le Midi Libre hein, ils prennent du gratuit, sinon ils peuvent chercher l’information sur le web, ils vont pas se faire chier à filer 1€ au Midi Libre, qu’est ce qu’ils en ont à foutre. C’est que des trucs de vieux qu’ils y a dedans.

Elèves : Il faut s’adapter aux évolutions, c’est ça ?

Bah aujourd’hui, un publicitaire c’est quelqu’un qui accepte de voir la société telle qu’elle est, sans présupposés, c’est ça l’intérêt,  sinon y a aucun intérêt.

Elèves : Sans idées préconçues de ce qu’il va falloir faire, des moyens pour y arriver ?

Ba tiens la vidéo a chargé, si vous vouliez voir ce que c’est le K-Live, tenez (il nous tend son ordinateur).
http://vimeo.com/27590425
Voilà pourquoi on est sur le K-live, donc ça faisait partie de la responsabilité sociale, voilà, parce que…ben voilà c’est la rédactrice qui a souhaité qu’on soit le même sponsor, c’est une sorte d’hommage quoi (ça ne me rajeunit pas mais…) Maintenant je vais vous montrer ce qu’il va y avoir cette année, des potes qui vont venir. Vous avez du temps?

Elèves: oui

Pascal Provencel nous montre la vidéo de projection Adidas à Marseille par Superbien: http://www.youtube.com/watch?v=V_vOb2BCRVk

Elèves: En fait, ce que vous faites c’est vraiment surprendre, toujours chercher à aller plus loin et est-ce qu’on peut encore surprendre aujourd’hui ?

J’espère que oui…

Elèves: Alors c’est ça le secret ?  D’aller plus loin et …toujours chercher à surprendre ?

Oui, je pense oui c’est ça, c’est assez compliqué, parce que c’est une course, enfin c’est pas un sprint mais c’est une course de fond la pub. C’est un métier qui est très dur.

Elèves: En fait c’est un décalage à avoir ?

Un décalage … ouais.

Elèves : Très bien, en résumé : vous nous avez parlé de votre agence, de votre profession et des qualités requises pour l’exercer, de la publicité en générale, de vos travaux et de vos futurs projets. Vous voulez rajouter quelque chose ?

Non, je pense qu’on a fait le tour.

Elèves : D’accord, merci d’avoir pris de votre temps pour nous permettre de faire cette interview, cela a été très instructif. Nous vous enverrons la retranscription par mail le plus vite possible afin d’avoir votre accord pour la publier.

Par la suite, Mr Provencel nous a montré un livret avec ses toiles qui ont été exposées, nous a emmené visiter l’agence et nous a présenté l’ensemble de son équipe.

Alexandra DRAILLINE, Pauline BEYENS et Alexandra DIGOY.

Interview d’une chef de publicité de SYMAPS dans le cadre du Projet Personnel Professionnalisé

mercredi 23 novembre 2011

Nous avons pu interviewer une chef de publicité d’une agence de conseil en communication (Symaps) à Montpellier. Mehdi et Pauline se sont partagés les questions , car Lucine ne pouvait pas parler, elle a donc enregistré la conversation. Nous disposions d’une demi heure.

symaps

Interview réalisée le lundi 7 novembre, dans les bureaux de SYMAPS. Nous nous sommes d’abord présentés puis avons fait signer le contrat déontologique à Mme LEBLANC, l’interview a ensuite débuté.

Marie LEBLANC travaille depuis trois ans pour SYMAPS en tant que chef de publicité. Elle a accepté de nous recevoir afin de lui poser des questions sur son métier. Par Mehdi ZION, Lucine ROUIT et Pauline Verne.


  • 1) Pour commencer, pouvez-vous nous parler de votre parcours d’étude ?

« Mon parcours d’étude est un peu atypique. J’ai d’abord étudié le droit pendant quatre ans à Paris, à l’université Paris II Panthéon-Assas. Une fois ma maîtrise en poche, j’ai réalisé que je n’avais pas particulièrement envie d’évoluer dans la sphère juridique. C’est pourquoi j’ai décidé de me réorienter dans la communication d’entreprise, secteur d’activités qui me séduisait par bien des aspects. J’ai alors passé un concours pour entrer dans une école de commerce et y obtenir un 3ème cycle en communication-marketing. Je n’ai donc qu’un an de formation théorique en communication, j’ai essentiellement appris mon métier sur le terrain, grâce à mes expériences professionnelles. »

  • 2) Avez-vous rencontré des difficultés durant vos études ?

« Non, les études n’ont jamais été un souci pour moi, parce que j’ai toujours aimé ce que je faisais. Si j’ai choisi de me réorienter à l’issue de ma maîtrise, c’était un choix bien mûri qui n’a fait que renforcer ma motivation pour réussir ma dernière année d’études. Finalement, avec le recul, mes études de droit m’ont simplement semblé un peu longues, comparé à mes études en communication 😉 »

  • 3) Avez-vous fait des stages à la suite de vos études ?

« Oui, j’ai effectué un stage de fin d’études de 6 mois dans une agence de conseil en communication parisienne, en tant que chef de projet junior. Il est relativement aisé de trouver un stage de fin d’études quand on sort d’une école de commerce qui dispose d’un réseau d’entreprises partenaires, c’est une chance et une véritable opportunité à saisir. A l’issue de ce stage, j’ai été embauchée en CDD au poste de chef de projet pendant 1 an, ce qui m’a permis de développer mes connaissances et compétences professionnelles ainsi que de me constituer un réseau important de contacts dans le secteur. Cette première expérience a été un excellent tremplin pour moi ! »

  • 4) Donc c’est grâce à vos contacts que vous avez pu trouver du travail rapidement ?

« Oui, c’est grâce à mes contacts que j’ai trouvé rapidement une autre opportunité professionnelle à l’issue de mon premier contrat, un poste de chargée de communication chez l’annonceur cette fois. Idem pour mon troisième poste dans une grande agence de publicité parisienne, avant d’arriver à Montpellier où c’est l’unique fois où le réseau n’a vraiment joué aucun rôle. Travailler dans la communication (tout particulièrement à un poste commercial)requiert d’excellentes qualités relationnelles. Il faut bien être conscient que le réseau peut vous donner parfois un petit « coup de pouce » et que cet appui est non négligeable dans un contexte économique difficile. Et il ne suffit pas de le créer, ce réseau de contacts, il faut aussi savoir l’entretenir, c’est important. Tout au long de votre carrière, il vous sera utile pour trouver de nouvelles opportunités de postes ou pour rencontrer de nouveaux partenaires, clients ou fournisseurs et vice/versa pour vos contacts bien sûr… »

  • 5) Professionnellement vous avez essentiellement été à Montpellier ?

« Non. Je ne suis à Montpellier que depuis un peu plus de 3 ans maintenant. Je suis parisienne d’origine et j’ai donc commencé à travailler à Paris avant de quitter la capitale pour suivre mon conjoint qui a eu une opportunité professionnelle à Montpellier. A mon arrivée en septembre 2008, il n’a pas été aussi simple de retrouver rapidement un travail dans ma branche, car non seulement le contexte économique s’était durci par rapport à la période de mon entrée dans la vie active début 2004 mais le tissu d’entreprises locales n’est bien évidemment pas du tout le même qu’à Paris… J’ai donc traversé une « petite » période d’inactivité de près de 6 mois tout de même… Les offres d’emploi ne sont vraiment pas nombreuses dans la région et, même en candidatant de manière spontanée, les opportunités ne sont pas toujours au rendez-vous. Par chance me concernant, une opportunité intéressante de poste chez Symaps a fini par se présenter début 2009 et j’ai foncé ! J’y soufflerai bientôt ma 3ème bougie 😉 Comme quoi, il ne faut surtout pas se décourager ! Avec beaucoup de motivation, de la persévérance et un peu de patience, on y arrive toujours. »

  • 6) Surtout que ce métier est prisé…

« Oui, c’est sûr. Il faut dire que c’est un très beau métier, passionnant et enrichissant ! Beaucoup de jeunes suivent donc des études de communication ou de marketing mais il n’y a pas de postes garantis pour tous dans ce domaine… D’après mon expérience personnelle, une chose est certaine : les opportunités d’emploi sont bien plus nombreuses à Paris qu’en province. J’encouragerais donc les jeunes étudiants montpelliérains à se forger au moins une première expérience parisienne avant de tenter leur chance ici. Les postes ne sont pas nombreux et il ne faut pas oublier que le Sud attire beaucoup de monde, notamment des Parisiens (comme moi d’ailleurs), qui descendent pour diverses raisons et qui disposent bien souvent d’expériences variées, contrairement aux jeunes diplômés qui arrivent tout juste sur le marché du travail. En fait, tout dépend vraiment du profil que l’entreprise recherche. Tout le monde peut avoir sa chance mais la concurrence peut être très rude… Ajoutez à cela un contexte économique de plus en plus incertain, il est vrai que pour les jeunes étudiants il faut garder le moral et surtout une motivation à toute épreuve ! »

  • 7) Au niveau des déplacements, où sont-ils centrés ? Avez-vous été amenée à retourner sur Paris ?

« J’ai dû y retourner une ou deux fois, pas davantage, en tout cas professionnellement parlant 😉 L’agence Symaps a un rayon d’action régional et surtout local. Nous travaillons principalement pour des annonceurs basés dans le Languedoc-Roussillon et nous nous étendons aussi sur les régions Midi-Pyrénées et PACA, mais à un moindre degré. La proximité géographique avec les clients est bien souvent importante dans notre métier. »

  • 8 ) Quelles sont les compétences et les qualités requises pour exercer ce métier ?

« L’essentiel de la mission d’un(e) chef de projet en agence est de garantir la bonne marche de l’ensemble de ses dossiers en opérant un suivi de production « de A à Z » et en coordonnant tous les intervenants du projet. Nous sommes en quelque sorte des « chefs d’orchestre », garants de la qualité des productions de l’agence et du respect des délais et des budgets de nos clients dont nous sommes les interlocuteurs privilégiés au quotidien. Comme nous gérons bien souvent un certain nombre de dossiers et de clients en même temps, il faut avant tout, à mon sens, être rigoureux et très organisé. Savoir gérer les priorités, les équipes opérationnelles et créatives comme les clients et les prestataires de services et ne pas se laisser déborder par l’importante charge de travail. Il faut un bon sens de l’anticipation, une bonne capacité d’adaptation et une réactivité à toute épreuve. D’excellentes qualités relationnelles sont également indispensables selon moi, tout comme le sens de l’écoute et l’ouverture d’esprit. Pour finir, être curieux et disposer d’une sensibilité créative et artistique me paraissent des qualités fondamentales pour réussir à ce poste. »

  • 9) Donc il faut avoir une bonne relation avec l’équipe…

« Bien entendu ! C’est avant tout un travail d’équipe, il faut donc tout faire pour bien communiquer et bien s’entendre, dans la mesure du possible. Il est totalement normal de ne pas toujours être d’accord les uns avec les autres mais il faut privilégier les échanges,toujours constructifs pour réussir un projet. »

  • 10) Est-ce que vous avez besoin de vous intéresser aux médias ? Quels médias en particulier ?

« Oui, c’est une évidence ! Sans être nécessairement obligés de lire la presse sans faute tous les jours, il faut s’intéresser à l’ensemble des médias puisque nous préconisons parfois des plans médias à nos clients même si, aujourd’hui, ce sont bien souvent eux qui gèrent en direct l’achat d’espaces publicitaires… Nous nous devons d’être force de proposition en la matière, que ce soit sur les médias traditionnels (presse, radio, TV, affichage, cinéma) comme sur les nouveaux médias tels qu’internet (webmarketing) et ce qu’on appelle aujourd’hui le Web 2.0. L’avenir est de plus en plus au web et aux médias sociaux qui recouvrent différentes technologies (flux RSS, blogs, sites de partage de contenus comme YouTube ou Dailymotion, réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Viadeo…). Les marques doivent prendre le train en marche et, au-delà de disposer d’un site institutionnel classique ou d’un site d’ecommerce, créer du contenu web en collaboration avec le public internaute… J’espère que votre enseignement intègre bien toutes ces évolutions pour que vous soyez prêts à votre entrée dans la vie active. »

  • 11) Quelles sont les contraintes dans ce métier ?

« Pour moi, il n’y en a pas particulièrement, car lorsque l’on aime un métier, on n’y voit pas de contraintes. Ce que certains pourraient identifier comme une contrainte est effectivement qu’il faut savoir parfois adapter son emploi du temps et faire preuve de souplesse en fonction des urgences éventuelles. Par exemple, si vous devez rester plus tard au bureau pour travailler sur un dossier très important qui le nécessite, il faut savoir le faire car cela fait partie intégrante de notre travail. On ne compte pas ses heures dans la publicité 😉 Mieux vaut donc pouvoir être flexible au niveau de ses horaires. »

  • 12) Donc vous n’avez pas une moyenne d’heures précise ?

« Si, nous avons quand même une base qui est de 35 heures hebdomadaires, même s’il est rare qu’elle soit strictement respectée. Disons qu’on se situerait plutôt sur une moyenne de 39-40 heures par semaine, ce qui est loin d’être insurmontable ! Le rythme de travail à Paris est bien souvent supérieur. Pour avoir vécu les deux, je peux faire la différence. C’est le même métier mais il s’exerce dans un cadre bien plus stressant à Paris qu’à Montpellier. Ici, il y a moins d’agitation, si je peux m’exprimer ainsi, c’est plus agréable certes, mais parfois un peu moins « grisant » du coup. Mais c’est un point de vue très personnel… »

  • 13) Le fait qu’il y ait moins d’agences à Montpellier qu’à Paris, la concurrence est-elle la même entre les agences ?

« La concurrence reste la concurrence. Elle existe partout, mais c’est sûr qu’il y en a nettement moins à Montpellier qu’à Paris. Il se trouve que les agences de Montpellier sont souvent également concurrencées par des agences parisiennes, donc il faut être prêts à se battre ! Mais, justement, c’est une démarche très positive. C’est ce qui fait avancer, débattre, se renseigner sur les autres et notamment sur leurs réussites, c’est bien souvent ce qui fait qu’on se dépasse et qu’on arrive à proposer des dispositifs encore plus innovants…Heureusement qu’il y a de la concurrence, sinon on s’ennuierait, ce serait trop facile 😉 »

  • 14) Avez-vous un projet dont vous êtes le plus fière ?

« Pas particulièrement. J’ai des clients très différents, tant par leurs secteurs d’activités que par leurs cibles et leurs problématiques. Il y a toujours de nouvelles questions à se poser et de nouveaux challenges à relever. En gros, j’ai la chance de pouvoir un peu « toucher à tout » ce qui me procure une polyvalence intéressante et une motivation toujours renouvelée. Je n’ai donc pas plus de fierté pour un projet que pour un autre. Je suis globalement très satisfaite de tous les dossiers sur lesquels j’ai pu travailler, tellement les sujets et dispositifs mis en place étaient variés et enrichissants. C’est d’ailleurs essentiellement pour cette raison que j’aime tant ce métier ! »

  • 15) D’accord. Bien, pour finir, avez-vous un conseil à nous donner ? Pour notre parcours ?

« Pas vraiment, mais si je devais vous en donner un, ce serait de vous ouvrir un maximum au monde qui vous entoure, d’aller jusqu’au bout de vos ambitions sans jamais renoncer devant l’adversité. Le contexte qui s’annonce pour vous ne sera pas tout rose, alors restez motivés surtout, car ce sera le moteur de votre réussite ! »

  • 16) Donc les stages dans cette filière sont importants ?

« Très importants, je dirais même indispensables ! C’est un métier qui s’apprend en grande partie sur le terrain. Il faut évidemment une bonne base théorique, mais vous l’apprendrez surtout au travers de vos expériences professionnelles, et ce tous les jours de votre carrière. Cela fait maintenant plus de sept ans que je travaille dans la communication et j’apprends toujours, en permanence !… Et c’est vraiment ce qui est très agréable dans ce travail, c’est qu’on ne se lasse pour ainsi dire jamais… On se remet régulièrement en question, on se lance de nouveaux défis, on enrichit chaque jour sa culture générale…, bref c’est véritablement un métier-passion ! »

Merci beaucoup Mme LEBLANC de nous avoir accordé un peu de votre temps et de votre gentillesse, vos réponses étaient très intéressantes.

Animation tirée du site SYMAPS

Mehdi ZION

Lucine ROUIT

Pauline VERNE


Entretien avec un directeur d’agence de communication

mercredi 23 novembre 2011

Interview de Monsieur Duval Directeur de

« Satellite Communication Multimédia »

logo_satellite_multimedia

Nous nous sommes rendus à l’agence Satellite Multimédia, le vendredi 17 novembre 2011, nous avions rendez-vous avec le directeur. Après lui avoir expliqué le contrat déontologique et obtenu son accord pour l’enregistrement et la publication de l’échange sur le blog Internet de l’université, l’entretien a pu commencer et a duré environ une heure.

Interviewer : Bonjour, nous vous remercions de nous accorder un peu de votre temps. Nous sommes étudiants en 1ere année de licence Information-Communication à l’université Paul Valéry à Montpellier. Nous allons alors passer à l’interview si vous êtes prêt.

Interviewer : Pour commencer, pouvez-vous nous présenter de manière générale votre entreprise ?

M.Duval : Satellite Multimédia c’est une entreprise qui a plusieurs secteurs d’activités. Le premier secteur est l’audiovisuel, la production audiovisuelle donc la réalisation de films publicitaires, promotionnels. On est spécialisé en gestion de Web TV et associé à cela on a ASTAR Multimédia qui gère toute la gestion de développement de diffusion. Nous possédons aussi un pôle effets spéciaux/animation 3D.

Interviewer : Comment est organisée l’équipe ? Je veux dire hiérarchiquement ?

M.Duval : En fait nous travaillons sur un plan transversal, évidemment nous avons des rôles bien définis mais nous ne fonctionnons pas sur un plan pyramidal.

Interviewer : Vous êtes donc directeur. Vous avez monté vous-même cette entreprise ou en gravissant les échelons ?

M.Duval : Non, à la base c’est une PME issue de Montpellier, par de Montpelliérains qui s’est crée il y a 10 ans avec pour premier secteur d’activité l’audiovisuelle.

Interviewer : Quant à la concurrence, que pouvez-vous nous dire ?

M. Duval : On a une taille d’entreprise qui fait qu’on est concurrencé par des indépendants, des gens en microsociété. Mais finalement sur Montpellier, on a peu de concurrence parce qu’on travaille très peu ici. On fait 70% de notre chiffre d’affaire hors de notre région. De plus on a développé notre secteur parce qu’on a tout de suite essayé de travailler avec les « grands comptes », j’entends par là les Vinci, Bouygues, Castorama. Et donc on a tissé un réseau national de JRI (Journaliste Reporter d’Image), de réalisateurs qui nous permet d’intervenir partout en France. Et c’est ce qui a permis de séduire ces « grands comptes » et pour nous de développer un chiffre d’affaire important hors de notre région. Pour en revenir aux concurrents locaux, on les rencontre sur seulement 30% de notre chiffre d’affaire.

Interviewer: Si je comprends bien, vous déterminez vos types de clients.

M.Duval : Dans une entreprise il y a des clients qui sont dans un « portefeuille », qui crée une récurrence d’activité avec qui on travaille régulièrement. Et puis il y en a qu’on va chercher. En 2011, il ne suffit pas de tendre la main pour travailler, il faut aller chercher du boulot. Après, on n’est pas sans savoir que le Languedoc Roussillon est une des régions les plus pauvres de France. Il y’a peu de sièges sociaux de grandes entreprises. Du coup on est obligé de sortir de notre région si on veut développer notre activité. Qui plus est dans notre branche parce que c’est sur Paris qu’il y a les compétences. Aujourd’hui il y a un vrai problème de compétence, nous on s’en rend compte lorsqu’on recrute.

Interviewer : Et ces clients dont vous parlez, ils ont un message publicitaire à faire passer ?

M.Duval : Il n’y a pas d’objet de communication sans message. Donc oui. Ca relève d’une stratégie de communication qu’elle soit interne ou externe. On ne communique pas de la même manière quand on fait un film pour un salon ou un film de management. On a besoin d’avoir un message à faire passer et tout ça doit s’imbriquer dans une stratégie global, que se soit interne ou externe. Donc chaque communication a un message précis, chaque film, chaque site, chaque logo doit clairement véhiculer  les valeurs de la société.

Interviewer : Et quelle a été votre formation pour en arriver la ?

M.Duval : J’ai fait de la communication et de l’audiovisuelle. Et j’ai un associé qui lui est spécialisé dans tous ce qui est développement multimédia. Si vous voulez mes compétences ce sont rajoutées à d’autres compétences ; on est dans un métier qui est assez cloisonné, un monteur ne sait pas forcément cadrer et vice versa.

Interviewer: Vous avez dû rencontrer des obstacles pour en arriver là.

M.Duval : Des millions ! (rires) Un jeune entrepreneur il a besoin d’avoir des références, des compétences, de s’entourer, de se développer. Donc oui il y a pleins  de difficultés mais c’est ce qui est plaisant, il y a des challenges à relever tous les jours.

Interviewer : Y a-t-il un aspect que vous n’aimez pas particulièrement dans votre travail ?

M.Duval : Oui, l’administration. Je peux même dire que ça me fait c***r ! (rires) Parce que ça m’intéresse pas mais on est obligé de le faire ; ça fait partie du jeu. On ne peut pas avoir une entreprise sans « se taper » du budget pour savoir comment on va faire. Ca rentre dans les aspects stratégiques d’une entreprise. On a besoin de savoir si on peut investir ou pas, si on peut ajouter des salariés ou pas. Il faut savoir que l’audiovisuelle est un métier très administratif dans la mesure où il y a beaucoup d’inter mi-temps.

Interviewer : Donc vos salaires dépendent du nombre de clients que vous avez ?

M.Duval : Non pas exactement. Dans mon salaire il y a une part de fixe et une part qui est sur le résultat de l’entreprise. Aujourd’hui on fait parti de ces entrepreneurs qui n’ont pas forcément de gros salaires mais investissent dans leur entreprise. Nous ne sommes pas comme les commerciaux qui eux sont rémunérés par rapport à ce qu’ils vendent. On a un métier assez particulier, par exemple nous, on ne connait pas les 35 heures. On a souvent des « charrettes », et on finit à 22 heures, on travaille le samedi parce qu’on a un tournage. C’est particulier et ça a le mérite d’être récompensé.

Interviewer : Cela doit beaucoup jouer dans votre vie personnelle, il faut être constamment disponible.

M.Duval : Oui assez, mais nous avons un planning. Mais on n’est pas à l’abri de recevoir un brief d’un client à 18h pour une voix off ou encore un scénario à rendre le lendemain matin et on se donne pas trop le choix  de le faire ou pas. Ce sont les aléas de ce métier et on essaie de les organiser.

Interviewer : C’est un métier que l’on fait avec passion je suppose.

M.Duval : Oui exactement. Je crois que quelque soit le métier, si on ne le fait pas avec passion ça va pas. C’est très subjectif mais si on s’ennuie dans son boulot faut pas le faire. Après je sais qu’aujourd’hui la conjoncture veut qu’il faut bosser, il faut gagner sa vie. Mais quand on ne fait pas les choses avec passion on les fait mal.

Interviewer : Et de nos jours, est-il de difficile de trouver un métier dans cette branche ?

M.Duval : A Montpellier, je crois que c’est difficile. A Paris, il y a un peu plus de place. Mais en vérité on a de la place quand on est bon, c’est toujours pareil.

Interviewer : Vous travaillez déjà à une échelle nationale. L’international vous intéresse-t-il ?

M. Duval : Aujourd’hui, je crois que notre secteur d’activité est particulier. Ouvrir une agence de communication ailleurs ça devra dire avoir le même staff et le dupliquer dans un autre pays. Je crois qu’on n’est pas à l’échelle de l’international mais si ça peut se faire pourquoi pas. On parlait du message toute à l’heure et l’intérêt de travailler internationalement c’est qu’il faut comprendre une autre culture et communiquer. De nos jours on reconnait facilement une publicité espagnole d’une publicité irlandaise. On a des codes différents. Nous notre objectif c’est d’avoir une aussi grande boîte à Paris qu’à Montpellier. Et dans notre métier, il faut passez par la capitale.

Interviewer : Cela doit impliquer beaucoup de déplacements.

M.Duval : Oui, nous sommes plusieurs à nous déplacer régulièrement pour allez à la rencontre de nos clients et entretenir des liens, ou encore développer des projets. Mais on travaille aussi beaucoup via internet et par téléphone. On a des outils qui nous permettes de valider un film en temps réelle, de créer des sites mais la relation humaine reste importante. Il y a des choses qui passent par autres choses qu’un mail.

Interviewer : Et si on vous demande ou vous voyez votre entreprise dans 10 ans ?

M.Duval : Si on arrive à atteindre nos objectifs, je crois qu’on ne travaillera que sur des projets qui nous font plaisirs. Après je sais que ça reste une utopie mais il y a des entreprises qui ont une politique de fuite en avant c’est-à-dire de développer, de gagner toujours plus d’argent, c’est un modèle économique assez répandu. On se demande régulièrement si d’avoir une reconnaissance sur certains domaines d’activités, certaines compétences, ne nous permettrait pas d’être pleinement dans ce que nous voulons faire. De ne pas devoir aller chercher des projets uniquement pour « bouffer ». Si on arrive à « bouffer » et se faire plaisir, le pari est gagné. (Rires)

Interviewer : Est-ce que vous auriez une anecdote particulière dans votre carrière qui vous a marqué ?

M.Duval : De manière globale, nous on se fait plaisir quand on gère des projets de manières global et que le client a un retour sur l’investissement financier mais nous on a un retour sur l’investissement intellectuelle parce qu’on a pensé à une campagne de pub, un film. Donc la on se fait plaisir étant donné qu’on conçoit tout de A à Z et que l’image du client passe entièrement entre nos mains et nos cerveaux. On s’éclate parfois à créer un film parce que ça nous a passionné ; il y avait une grue, un travelling, des acteurs, des effets spéciaux à réaliser et on est constamment en remise en question, « est-ce que ça le fait ? » ; « est-ce que ça va passer ? » et en général ça se passe bien. C’est le double challenge qui nous motive aussi, il faut que le client soit satisfait et nous à sortir de nouvelles idées et on essaie d’avoir un maximum de paramètres pour que ce soit une réussite.

Interviewer : Pour finir quels seraient les conseils que vous donneriez à un étudiant qui voudrait faire carrière dans la communication ?

M.Duval : Je ne sais pas si c’est un conseil, en tout cas c’est ce que je vois et qui me surprends parfois. C’est que j’ai des candidats que je reçois et je trouve leur culture générale assez faible. Je suis assez surpris de voir des postulants qui ont des lacunes énormes en art contemporain alors que c’est ce qui participe un peu à des idées créatives qu’on peut avoir et faire émerger sur un projet. Après je ne m’arrête pas à cela mais ce n’est pas négligeable. Ainsi que la culture cinématographique, elle change constamment et il faut être spectateur de cette évolution. Les films d’il ya 10 ans n’ont plus rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. Mais le plus choquant c’est de voir des gens qui n’ont pas de culture télévisuelle. Si on veut faire de l’audiovisuelle on a besoin d’avoir cette culture. Moi, parfois pour faire réagir les gens, je leurs dis que mes chaînes favorites sont TF1 et M6. Aujourd’hui, sur le plan conceptuel ces deux chaînes sont en avance. On n’est pas forcé d’apprécier, mais en tout cas la narration est exceptionnelle, il arrive à accrocher un téléspectateur et ne le lâche pas pendant 3 heures. Donc cultivez-vous !

Interviewer : Merci pour ce conseil. A présent, si on devait récapituler, vous avez créé l’agence il y a 10 ans ayant comme premier secteur d’activité l’audiovisuel puis vous vous êtes développé avec le temps. L’aspect le plus contraignant pour vous est celui de l’administration, mais appart cela vous exercer votre métier avec passion et c’est ce qui compte le plus pour vous. De plus on peut dire que le marché de la capitale est votre prochain objectif.

M. Duval : C’est tout à fait ça.

Interviewer : Merci de nous avoir accordé votre temps et de nous avoir répondu clairement à nos attentes, ce fut très enrichissant.

Laurélie Thiaw-Chu, Mohamed Benachour, Amélie Olivares

Publication de l’entretien du 15 novembre 2011 avec le commercial d’Orange

mardi 22 novembre 2011


Nom de l’interviewé : Laetitia Lopez

Profession : Commercial

Entreprise : Orange

Localisation : Polygone (Montpellier)


Contexte de l’entretien :


Circonstances de l’entretien : L’entretien s’est déroulé à l’entrée du magasin, nous étions debout.

Lieu : Dans le magasin

Moment : 15 novembre 2011 à 18h30

Durée : 30 minutes

Matériel utilisé : Appareil photo / Caméra / Bloc-notes

Rôle de chaque membres :

Linda → Chargée de la rédaction d’informations

Zahra → Chargée de prendre des photos et de filmer l’entretien

Lurline → Chargée de poser les questions à l’interviewé

Tristan → Chargé de poser les questions à l’interviewé


Discours introductif :

Bonjour, tout d’abord merci de nous accueillir au sein de votre entreprise. Nous allons dans un premier temps nous présenter. Nous sommes étudiants en première année de licence information communication à l’université Paul Valéry. Dans le cadre d’un projet pour la validation de notre semestre, nous souhaiterions nous entretenir avec vous pour découvrir de manière plus approfondi votre métier de commercial. Comme convenu, disposons-nous toujours des trente minutes d’entretien ?


Contrat déontologique :


ATTESTATION D’AUTORISATION

DE DIFFUSION D’INFORMATIONS


Je, soussigné(e) M. Mme______________________________,

Commercial de l’établissement___________________________,

autorise Mlle Achbab Zahra, Mlle Chung Lurline, Mlle Benaied Linda, et M. Mouz Tristan ; étudiants en L1 Infocom à l’Université Paul Valéry Montpellier III, à filmer, diffuser, retranscrire et publier sur un Blog Pédagogique l’entretien réalisé en date du_______________

A Montpellier,

Le________


Le Commercial,

M.__________


Retranscription de l’échange :


– Quelles sont vos missions au sein de l’organisation d’Orange ?

« Le commercial chez Orange est chargé de développer les ventes de son entreprise en respectant la politique commerciale mise en place. Il dispose généralement d’un portefeuille de clients situés sur une zone géographique plus ou moins étendue. Il établit un plan de prospection (déplacements physiques, échanges téléphoniques, mailing…) qui doit lui permettre d’atteindre les objectifs qui sont fixés par son supérieur hiérarchique. Il utilise des techniques de vente. Il commence par poser des questions pour déterminer les besoins du client et comprendre quel sera le produit le plus adapté à lui proposer. Il lui explique ensuite pourquoi tel produit ou service répond à ses besoins en développant un argumentaire précis. Le commercial est souvent en déplacement car dans la plupart des cas il doit augmenter son portefeuille avec de nouveaux clients, réaliser des ventes mais aussi assurer le suivi commercial et administratif de son secteur. »


– Comment sont-établies les primes lors des ventes réalisées ?

« Concernant les primes, notre entreprise n’a pas de plafond précis à atteindre au niveau du chiffres d’affaires. Par ailleurs il faut avoir un certain quotas de points en fonction des ventes réalisées pour en bénéficier. »


– Quelle genre de segmentation avez-vous mis en place ?

« Orange ne possède pas de segmentation spécifique puisque nous accueillons tout types de clients. Cependant nous connaissons nos clients et leurs attentes, pour pouvoir répondre au mieux à leurs besoins. »


– Quelles sont les attentes de vos clients ?

« Beaucoup de personnes sont intéressées par les mobiles et les offres internet, et d’autres chercherons juste à s’informer sur les différents forfaits existants. Nous sommes là pour les aider à trouver le forfait, le mobile ou l’offre internet qui s’adapte le plus à leurs attentes. »


– Quel est votre statut de commercial ?

« Je suis une commercial sédentaire. Notre rôle est de trouver de nouveaux clients, de les fidéliser, de préparer le terrain pour nos collègues itinérants. La différence majeure qu’il y a, c’est que nous restons au sein de l’entreprise. »


– Quelles sont les qualités requises pour devenir un commercial ?

« Autonomie et combativité sont les deux principales qualités d’un commercial pour pouvoir faire face à la concurrence des autres entreprises. Être à l’écoute de son client est aussi très important, ainsi qu’être technicien; c’est à dire bien connaître son produit, son offre et se tenir informer chaque jour de l’actualité pour réaliser de meilleures ventes. »


– Quels sont vos arguments pour assurer de bonnes ventes ?

« Orange a la meilleure couverture réseau de France, d’après le rapport d’ARCEP de novembre 2011. On retrouve également nos boutiques un peu partout a travers l’hexagone, et ont également un très bon service après-vente (par exemple: lorsqu’un mobile ne fonctionne plus, il est remplacé au bout de 48h et livré directement au domicile du client). »


– Quelles sont vos horaires quotidiennes ?

« Nous travaillons 35h par semaine en moyenne. Nous faisons de temps à autre des heures supplémentaires, suivant le flux de la clientèle, présente dans notre magasin. Il faut également savoir que nous devons nous adapter aux horaires du centre commercial. »


– Avez vous des remarques ou des anecdotes supplémentaires ?

« Pour exercer ce métier il faut être patient, ne pas avoir de préjugés sur le client et être à l’écoute. Notre objectif primaire, est la satisfaction du client. »


Synthèse de l’entretien :

Merci de nous avoir reçu et d’avoir pu vous libérer pour répondre à nos questions concernant votre métier de commercial, dans le but de notre entretien scolaire que nous devions réalisé. Après la saisie du compte rendu de cet entretien nous vous ferons parvenir par mail la retranscription. Veuillez vérifier que nous avons bien la bonne adresse de votre courriel afin de pouvoir vous recontactez si nous avons d’éventuelles questions que nous aurions omis.


Encore merci.


Achbab Zahra

Chung Lurline

Benaied Linda

Mouz Tristan

Interview du directeur de la société d’évènementielle « Pleins-Feux », Robert Maurel, par les journalistes Cécile SAINT-MARTIN et Rémy BELLIN

lundi 21 novembre 2011

pleins feux logohttp://www.pleins-feux.com/

Pour notre projet professionnel personnalisé, il nous a été demandé d’interviewer un professionnel de la communication. Comme nous sommes tous deux intéressés par les métiers de l’événementiel,  nous avons interviewé le directeur de la société « pleins-feux production », Robert Maurel, dont l’entreprise est basée sur Avignon. L’interview a été effectué le lundi 27 Octobre 2011 et a durée 45minutes.

Voici la retranscription de l’entretien :


  • Nous : Bonjour, nous sommes tout deux étudiants en licence d’information et communication à l’université de Paul Valéry et il nous a été demandé d’interviewer un professionnel de la communication. Comme nous sommes intéressés par les métiers de l’évènementiel, nous avons voulu passer cet entretien avec vous; Ainsi, nous vous remercions à nouveau de nous accorder un peu de votre temps.

Vous êtes le propriétaire de la société Pleins-feux basée sur l’évènementiel, en quoi consiste votre métier?

Robert Maurel : Mon métier consiste à découvrir de nouveaux talents dans le spectacle, à les enregistrer, les diffuser, et des talents confirmés également. Nous avons fait travailler le Grand orchestre René Coll, Patrick Sébastien, qu’on a beaucoup fait tourner cet été, on a également fait tourner Gérald Dahan, que vous pouvez écouter sur rire et chanson à 8h30 (rire), puis pleins d’autres artistes comme Douchka, qui est dans mon bureau pour le moment, et qui va ressortir des chansons de Disney.

  • Comment repérez-vous ces artistes? Viennent-ils à vous ou est-ce l’inverse?

Le flair. En fait c’est les deux. Ça peut être moi qui vais leur faire une proposition ou ça peut être eux qui m’envoient ce qu’il fait et son art. Et donc mon métier à moi, ici, est de diffuser.

  • Alors, ce n’est pas toujours des gens connus?

Ça peut être des inconnus qui ont beaucoup de talent. Ou des inconnus qui ont un concept de talent, comme par exemple quelqu’un qui pense pouvoir faire tel ou tel sosie etc…

  • Expliquez-nous, s’il vous plait, comment cette prise de contact se créée entre l’artiste et vous-même ?

C’est nous en principe qui contactons l’artiste. Nous avons 90% de démarche à faire et 10% de gens qui nous appelle.

  • Après la naissance de cette relation, quelles sont les étapes, qui suivent, dont vous vous occupez lors d’un évènement?

Voir si il y a le son, la lumière, voyage, hôtel, restaurant…puis mettre en place l’artiste pour la soirée, donc les musiciens, les danseurs, mais pour ça on a des régisseurs aussi.  On est beaucoup actifs !

  • A propos donc de dynamisme, quels sont les qualités requises pour faire votre métier?

Dynamisme, mais aussi être créatif, avoir la passion et l’envie.

  • A l’inverse, quels en sont les défauts/inconvénients?

Vous savez, il y en a dans tous les métiers. Si vous aimez le métier que vous faites les inconvénients vous les voyez moins.

  • C’est un métier demandant beaucoup de présence, dynamisme et d’investissement personnel, vous venez de nous le confier, n’est-il pas trop dur alors de gérer vie privée/vie professionnelle?

J’ai du monde qui travaille avec moi (il nous montre ses employés) et on gère très bien. Moi je rentre souvent chez moi, je gère bien vie privée et vie professionnelle, mes amis, mes animaux…tout va très bien.

  • En plus de vos employés, avez-vous des collaborateurs qui travaillent avec vous?

Bien sûr. On a des partenariats avec des entreprises, on travaille avec des agents, des producteurs. L’union fait la force. Également avec les radios, les télés, tout le monde.

  • Nous pouvons qualifier votre carrière comme nationale ou internationale?

Si j’ai un artiste internationale je m’occupe évidemment de lui, comme Laetitia Larusso. Avec elle, je suis allé à Los Angeles; on va de partout. Je suis nationale et aussi internationale comme dans ce cas.

  • De ce fait, il y a des créations d’évènements en dehors de la France?

Effectivement, si vous avez un artiste ou local ou international vous diffusez en rapport et pour les pays francophones.

  • Combien d’évènements par année organisez-vous environ?

On doit avoir entre 150 et 200 spectacles par an.

  • Quel est le plus gros spectacle que vous ayez conçu?

Il y en a plusieurs comme en l’an 2000 sur le port de Marseille avec un spectacle et des DJ, comme Superfunk. Mais moi, tous mes spectacles sont des grands spectacles. Très important, du plus petit budget au plus grand budget, il faut que ça soit un spectacle de qualité ou sinon il ne faut pas le faire.

  • Et votre meilleur souvenir?

Ce soir, demain. Je n’ai que de bons souvenirs. Mon meilleur souvenir c’est il y a quelques minutes avec Douchka où on a été filmé par Zone interdite (rire). Mais il y en aura encore d’autres.

  • A contrario, quels sont les imprévus que vous avez rencontrés dans la création d’un spectacle? Sont-ils fréquents?

Il y en a tout le temps. Il faut prévoir l’imprévu. Quand vous avez l’expérience, vous savez qu’il va se passer ça ou ça et qu’il faut remédier de suite au problème sur place, problème de son, lumière ou voyage, ça peut arriver. Il faut être très réactif de suite.

  • Avez-vous déjà fait face à des artistes « capricieux »?

Ça n’existe pas! (rire ironique)

  • Parfois, nous entendons parler de labels comme Mercury, quelles sont les différences entre ces labels et votre société ?

Plein feu est tourneur, Mercury est une maison de disques. Mercury produit des cd, dvd, films. Ma société est tourneur, entrepreneur de spectacles, producteur de spectacles.

  • Les labels ne produisent donc pas les spectacles?

Aujourd’hui, ça peut se faire. Moi aussi j’ai une société qui s’appelle EuroBenji qui produit des dvd, du cd etc…

  • Abordons maintenant, si vous le voulez bien, vos débuts dans ce métier. Comment avez-vous commencé?

Jeune! (rire) A l’âge de 11 ans. J’ai commencé à faire du théâtre avec une équipe qui s’appelait les Titimarseillais, et là on chantait, on dansait, on apprenait à jouer la comédie, après j’ai fait de l’animation, ma mère chantait aussi donc je viens du spectacle, et après avoir fait beaucoup beaucoup beaucoup de spectacles et animation j’ai créé ma boite de production.

  • Vous êtes donc passé du devant à l’arrière de la scène…

Oui mais en principe d’après moi, tous les producteurs sont des artistes loupés (rire).

  • Quelles études avez-vous fait?

J’ai fait de grandes études! Maths sup…(Rire) non non je n’ai pas fait d’études! Je suis arrivé du Brésil à l’âge de  10ans, et en arrivant je ne parlais que portugais, j’ai donc eu des difficultés concernant ce domaine, mais ça ne m’a pas gêné. Il faut être réveillé, volontaire. Maintenant, c’est indispensable évidemment, mais ce n’est pas parce que vous avez un bac+5 que vous serez plus fort que les autres. J’avais juste l’envie et la passion.

  • Comment avez-vous fait connaitre votre société?

Ce n’est pas encore assez connu. Tous les matins, j’ai l’impression de recommencé à zéro. Il faut travailler, téléphoner, se déplacer etc…

  • Quand on parle de l’évènementiel, souvent, on s’aperçoit qu’il n’y a pas beaucoup de débouchés, quel est votre avis?

Dans tous les métiers il y a des débouchés. Mais si vous n’êtes pas bon et que vous dormez il n’y a pas de débouchés! Bougez-vous, ayez la passion de votre métier. Dans n’importe quel métier, c’est vrai qu’il faut beaucoup bouger, chercher, se donner à fond, c’est pour ça que votre métier doit être en premier une passion.

  • Vous êtes votre propre patron, la question que l’on se pose c’est comment êtes-vous rémunéré…

Le client est toujours votre patron. Celui qui vous pait c’est le client.

  • L’expression « le client est roi » est donc bien respecté ?

Oui le client est roi et vous devez le respecter.

  • Afin de finir cet entretien, avez-vous un scoop à nous confier?

Douchka va réaliser un album de chansons de Disney!

Pour conclure, vous nous avez appris que pour reussir dans cette profession, il nous faut avant tout être dynamique et avoir la passion du métier. Que chaque jour est un nouveau jour où tout est à recommencer pour toujours faire mieux et evoluer. De même que le client est votre patron et que c’est de lui que dépend toute votre reussite. Vous nous avez eclairé sur les points qui étaient encore obscurs pour nous, et aujourd’hui  vous nous avez transmis votre passion pour se métier, qui nous plait encore plus à présent.

Vous avez saisi le principal sur ce métier, et j’espère vous avoir comme concurrent sur le marché du spéctacle.

Merci de votre attention et de votre disponibilité. Nous vous enverrons dans peu de temps la transcription de notre interview, afin d’avoir votre accord pour sa diffusion. Au revoir.

SAINT-MARTIN Cécile – BELLIN Rémy