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Interview De Cécile Guyez, journaliste à la Gazette de Montpellier .

mardi 20 novembre 2018

Dans le cadre d’un travail incluant l’interview d’un professionnel de l’information et de la  communication, nous avons constitué une équipe de trois étudiants, pour réaliser une interview avec une Journaliste, Cécile Guyer, qui nous a accordé dix minuit ( 10mn), dans les locaux de la Gazette de Montpellier, à 10H.

N= Nous ;    C= Cécile Guyez.

N= Bonjour Cécile, merci de nous recevoir, nous sommes étudiants en information et communication à l’université Paul Valéry de Montpellier. Dans un premier temps nous aimerions enregistrer cette interview afin de transcrire  si vous êtes d’accord évidemment et publier sur le blog de l’université.

C= Oui bien-sûr.

N : Tout d’abord  pouvez-vous vous présenter ?

C : Je suis Cécile Guyez, j’ai 36 ans et je travaille pour le groupe Gazette depuis 2009, je suis journaliste rédactrice au service culture, j’ai commencé par la Gazette de Sète en 2009 et ensuite je suis venue dans les locaux de la Gazette Montpellier en 2015, donc je m’occupe de la danse, du théâtre, de toutes les informations culturelles de Sète et du bassin autour (Mèze, Frontignan…).

N : En quoi consiste globalement votre métier?

C : Comme on est cinq au service culture, on recherche des infos sur les spectacles à présenter dans la semaine, notre objectif c’est de présenter au lecteur un spectacle pour l’ inciter à aller voir quelque chose qu’il n’a pas forcément l’habitude de voir autrement, on sert un peu de radar pour livrer les spectacles en l’occurrence en théâtre, ou alors s’il y a des artistes qui sont importants, les faire découvrir à nos lecteurs. Pour cela on fait des interviews, on rencontre des gens sur le terrain, des structures culturelles. Et après il y a toute la phase d’écriture qui est aussi une technique qu’on apprend à l’école, le contact avec d’autres journalistes. On est un hebdomadaire, on publie une fois par semaine, le jeudi et on boucle le mardi, c’est-à-dire qu’on finit tous les articles qu’on doit rendre après en maquettes, c’est noté et envoyé en imprimerie le mercredi.

N : Sur quels supports travaillez-vous ?

C : Nous on travaille ici que sur papier et de l’autre côté, on a un autre établissement ou il y a une rédaction comprenant  trois employés, à faire que du web.

N : Au niveau de votre parcours scolaire, quelles études avez-vous suivies ?

C : Je suis historienne, j’ai un Master 1 d’Histoire contemporaine et après j’ai passé un concours a l’ESJ (Ecole Supérieure de Journalisme) de Lille qui propose des contrats pros, en alternance pendant 2 ans.

N : Comment ce cursus est-il envisageable ?

C : Les formations c’est avec bac +3, c’est le diplôme minimum qu’on demande pour rentrer en école de journalisme.

: Suite à ces études, comment s’est passé votre insertion dans le monde du travail ?

C : Je travaillais ici en fait, à la fin des deux ans de formation en alternance il y avait un jury, et dans le jury il y avait le patron de la Gazette qui m’a rappelée trois jours après pour venir bosser. Ça a été super simple alors qu’on m’avait dit : « tu verras, tu vas galérer ça va être compliqué». Il se trouvait que dans le jury il y avait un patron de presse qui cherchait quel qu’un donc on s’est trouvés au bon moment, mon profil l’intéressait parce que j’avais envie de travailler dans la culture donc c’est bien tombé en fait.

N : D’accord. Quels avantages et inconvénients pouvez-vous attribuer au métier de journaliste ?

C : Alors, les avantages, en tout cas dans la culture, car c’est ce que je connais le mieux, on rencontre des gens très intéressants parce que Montpellier et Sète sont des villes qui bougent beaucoup, donc c’est vraiment passionnant de rencontrer les gens, à la base je suis quelqu’un de très timide et le fait de pouvoir aller sur le terrain aide à surmonter certains traits de caractère qui sont pas forcément évidents.

Après j’adore écrire donc c’est très agréable de pouvoir écrire chaque semaine et puis la curiosité, être toujours en train de découvrir des choses c’est super.

L’inconvénient c’est qu’on n’a pas toujours le temps de faire ce qu’on voudrait faire à fond, on peut être également en désaccord avec des décisions de la rédaction en chef, mais surtout le temps qui manque pour creuser les sujets.

N : A votre avis, quelles sont les compétences et qualités qui font un bon journaliste ?

C : La première, c’est la curiosité, il faut toujours rester curieux, ne pas se lasser et la rigueur.

C’est-à-dire qu’une information transmise au lecteur doit être vérifiée, il ne faut pas que ça soit un potin, il faut avoir interviewé les gens, s’être référé sur des archives etc.

N : Par rapport à la vision que vous aviez de votre métier avant d’exercer, quelle image en avez-vous aujourd’hui ?

C : Elle correspond à ce que je m’en étais fait comme idée parce que dans ma famille il y a des personnes qui bossent dans la presse donc j’étais assez au courant de ce qu’il se passait, après on habite dans un pays où il est quand meme compliqué d’exercer le journalisme, il y a une pression, les grands entrepreneurs rachètent les journaux, c’est assez politique donc c’est inquiétant, même ici, en local on ressent la pression parce qu’on a un service commercial et on vit de la pub, il y a parfois des zones de conflit ou il faut résister « ah il faut faire un article sur machin parce qu’il a pris de la pub… » Mais on peut résister c’est faisable. (sourire).

N : Plus personnellement, quel avenir envisagez-vous au niveau professionnel ?

: La radio m’intéresse, alors on a tout un système de formation qu’on devrait tous utiliser pour s’enrichir car il y aussi une étape d’écriture avant l’antenne donc c’est une autre forme de journalisme qui me plairait bien en effet.

N : Pour finir, que conseillerez-vous aux étudiants qui veulent devenir journalistes ?

C : Alors persévérer, comme dans tous les métiers, mais c’est vraiment passionnant. Par contre on ne fait pas ça pour s’enrichir, c’est vrai que c’est encore dur parce qu’en plus les rédactions sont de plus en plus réduites.  C’est vraiment un métier passionnant pour rencontrer les autres, c’est aussi un outil de la démocratie donc avec des articles on peut éveiller des consciences et c’est important.

N : Merci Cécile, et bonne continuation.

C : Merci à vous et bon courage.

 

A Montpellier, Jeudi 15 novembre 2018

 

Réalisé par : Diané Yamoussa /Bravais Victor/Diarra Fatoumata ( Groupe7 )

 

G7- Entretien avec Monsieur Dondina, chef de projet RP (event & digital) international au sein d’un grand groupe à Paris, France

lundi 25 novembre 2013

Introduction

Pour notre projet personnel personnalisé, nous avons choisi de nous intéresser à la communication évènementielle, dans le domaine du luxe, et plus particulièrement, ici, du parfum. Benjamin Dondina, chef de projet RP (event & digital) international au sein d’un grand groupe parisien -dont le nom ne pourra être cité sur le blog pour des raisons de confidentialité-, a accepté de nous rencontrer. Nous nous sommes retrouvés le samedi 02 novembre 2013 dans un café parisien, l’instant d’une heure, pour échanger et mener à bien cet entretien. Nous avons enregistré l’interview avec un dictaphone. Les rôles étaient clairement répartis. Margaux Guglielmi gérait le temps, et prenait des notes pour pouvoir être apte à prononcer la synthèse finale ; Sacha Louvel, avec l’aide d’Alexia Lombardo, menait l’entretien.

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Bonjour Monsieur Dondina, nous sommes étudiants en première année de licence information et communication au sein de l’Université de Paul Valéry à Montpellier. Nous devons, dans le cadre de notre projet professionnel personnalisé, mener un entretien avec un professionnel de la communication, afin de se familiariser avec l’exercice de l’entretien mais aussi dans le but d’en savoir davantage sur son métier et son parcours. Nous vous remercions d’avoir accepté ce rendez-vous. Comme convenu lors de notre entretien téléphonique, je vous demande une nouvelle fois votre accord : acceptez-vous l’enregistrement de cet entretien, ainsi que sa publication dans le blog de notre licence, blog public à des fins exclusivement pédagogiques ? Cet entretien sera également l’objet d’une soutenance orale en classe. Enfin, de combien de temps disposez-vous pour cet entretien ?

Bonjour. Je vous en prie. C’est toujours un plaisir de parler de mon métier. J’espère que cet entretien vous donnera envie de continuer votre parcours dans la communication. Pour ce qui est du temps, je dispose d’une heure, mais si l’entretien venait à déborder, ne vous inquiétez pas, je resterais davantage. Quant aux conditions, je vous rappelle seulement de ne pas citer le nom de mon entreprise dans la publication sur le blog, et ce, pour des raisons de confidentialité. Vous pourrez, bien entendu, la citer lors de votre soutenance.

Très bien, le nom de votre entreprise ne sera pas cité sur le blog. Cependant, sans la citer, pourriez-vous nous la présenter ?

Bien sûr. C’est une société qui s’occupe de la distribution, la production et la promotion de parfums de marques sous licence ou de marques qui nous appartiennent.

Je ne suis pas sûr de comprendre. Pourriez-vous nous expliquer la différence entre une marque sous licence et une marque qui vous appartient ?

Pour faire simple, nous avons des marques sous licence, avec un contrat de licence qui implique le droit d’exploitation du nom ainsi que des logos et tout ce qui concerne la marque et d’autres marques qui nous appartiennent en cela que nous les avons achetées.

Merci. Vous avez dit que votre entreprise s’occupe de la promotion de parfums. Quels moyens employez-vous pour mener à bien cette promotion ?

Au service presse, les moyens passent essentiellement par l’organisation d’évènements. On y intègre tout ce qui est lié au parfum, on y présente la campagne, les égéries, s’il y en a, on présente aussi le nez, celui qui l’a crée, mais également les personnes liées de près ou de loin au parfum, comme le designer de la marque, ou encore le directeur artistique d’une maison de joaillerie. Ce sont tous ces éléments qui nous permettent de présenter le nouveau projet.

En quoi consiste l’organisation d’un événement pour faire la promotion d’un parfum ?

Dans un premier temps, cela consiste à consulter les équipes marketing pour comprendre le processus qui a été mis en place dans la création du parfum, dans la création de son univers, et ce, par rapport à la marque.

Une fois que, nous, le service presse, avons compris et assimilé tout l’univers et tout le concept du parfum, on s’occupe de briefer une agence créative.

Après avoir briefé l’agence sur l’objectif du lancement, sur ce qu’on attend de ce lancement, et sur ce qu’on doit y retrouver, on commence à travailler, en collaboration avec les agences, sur la recherche de lieux, sur la scénographie, sur ce qu’on va développer autour du parfum. La cohérence est de rigueur, entre la marque, la ligne de parfum, et le parfum.

Pour ce qui est de votre rôle au sein de cette entreprise, quel est-il ?

Au sein de cette entreprise, je m’occupe à quatre-vingt pour cent de la création et la coordination France et international de tout ce qui est événementiel à la destination de la presse.  Le reste du temps, je m’occupe du digital et je crée des dossiers de presse.

Pensez-vous que ce métier a évolué?

Voilà maintenant six années que je fais ce métier. Et, oui, forcément, ça évolue. Ça évolue parce qu’il y a des modes à suivre, il y a des intentions qui changent avec le temps.

Des modes à suivre, et aussi, j’imagine, avec la rapidité de la technologie, des moyens nouveaux, toujours plus performants ?

C’est vrai que la technologie a contribué et contribue à une évolution de ce métier. Le digital fait partie intégrante des moyens de communication aujourd’hui. Pour ma part, on ne communique pas seulement à destination de la presse papier, on communique également à travers les bloggeurs, les e-journalistes et tous les influenceurs digitaux.

Les réseaux sociaux vous sont utiles ?

Oui, on communique beaucoup sur les réseaux sociaux, soit directement avec nos pages, soit indirectement via les bloggeurs avec qui nous travaillons.

Pour résumer, la promotion d’un parfum passe par l’organisation d’évènements promotionnels, mais aussi, et de plus en plus, par une promotion digitale.

Avez-vous eu des expériences professionnelles avant celle-ci ?

Oui, j’ai été chef de projet dans une agence d’événementiel, et ensuite directeur de la communication dans une autre. J’ai commencé à travailler dans la communication assez jeune, dès la fin de mes études – je fais référence à toutes ces reconversions professionnelles, cadres et autres qui se reconvertissent dans la communication-. Du coup, j’ai pu acquérir une certaine expérience professionnelle, avant d’être embauché par mon entreprise actuelle.

Vous avez commencé à travailler dans la communication assez jeune. Avez-vous toujours voulu travailler dans le domaine de la communication événementielle ?

Non. Mais l’avantage des études dans la communication, et surtout dans les écoles comme celle que j’ai pu faire, c’est la valorisation de l’expérience en stages. Ce sont les stages qui permettent de tester plusieurs domaines et de savoir, au final, ce qui est susceptible de nous intéresser.

Donc l’envie de vouloir travailler dans le domaine de la communication événementielle s’est imposée relativement tard ?

Relativement, oui. Pendant mes études supérieures.

Pourriez-vous nous dire ce que vous avez fait comme études supérieures ?

J’ai fait une école privée de communication et de marketing sur Paris, l’école supérieur de publicité. Et ensuite j’ai effectué un master à l’étranger.

Vous avez choisi un pays étranger pour votre master. Lequel et pourquoi l’avoir effectué à l’étranger ?

J’ai choisi d’effectuer mon master aux Etats-Unis, à New York pour être exact. Pourquoi à l’étranger ? Trois raisons : m’ouvrir culturellement, élargir mon réseau, et perfectionner mon anglais.

Perfectionner votre anglais… J’imagine que cela vous a aidé pour le métier que vous exercez aujourd’hui ?

Partir à l’étranger au moins une année, ça me paraît être une étape incontournable pour celles et ceux qui souhaitent travailler à l’international.

Pour les raisons que vous venez de citer ?

Oui, effectivement. Ce métier requiert certes un très bon niveau d’anglais, mais il nécessite aussi une certaine ouverture d’esprit, puisqu’on est souvent confronté à des cultures différentes de la notre quand on travaille à l’international. L’étranger est une bonne formation pour acquérir l’ouverture d’esprit dont je vous parle.

D’ailleurs, votre métier demande une grande organisation pour gérer toute la logistique dans les évènements, mais n’est-ce pas encore plus compliqué de les organiser à l’international ?

À l’international, ce qu’il faut savoir, c’est qu’ils ont une sorte d’obligation tacite de respecter notre concept, c’est en cela qu’on est des référents pour eux. Leur demander de reproduire quelque chose à l’identique c’est une chose, mais il faut aussi parfois comprendre qu’ils ont des impératifs liés à leur culture, on ne peut pas non plus être totalement fermés, c’est vrai que parfois ça demande des petites adaptations culturelles. C’est de cette ouverture d’esprit que je vous parlais à l’instant.

Oui, j’imagine que la culture asiatique est complétement différente de la culture européenne par exemple… Ce travail nécessite donc une certaine capacité d’adaptation ?

Il faut faire preuve d’adaptation et d’ouverture, oui, tout en respectant le fil conducteur et la base du projet.

Ouverture d’esprit, adaptation et bilinguisme. Telles sont les qualités qui d’après vous paraissent indispensables pour ce métier. Y en aurait –il d’autres ?

Il ne peut être nié qu’une certaine ouverture d’esprit et un très bon niveau en anglais sont de réels atouts dans le domaine de la communication évènementielle – surtout à l’international-. Comme autres qualités, je dirais l’assiduité et la créativité.

La créativité. Il est vrai que votre métier semble demander beaucoup d’imagination et d’inventivité. Mais ces dernières vous viennent-elles à chaque fois ? Vous arrive-t-il de vous retrouver dans une impasse ?

Alors, être créatif dans notre métier, c’est une chose, mais on n’est pas créatif au sens propre, on n’est pas là pour ça, on est pas là pour dessiner, ni faire de belles images pour des scénographies ; on est là pour garder et respecter un message. Chaque personne a un métier, et chaque personne doit respecter son poste. Nous, on est là pour donner des impulsions créatives, mais on est pas là pour les, comment dire, pour les représenter ou pour faire qu’elles soient réelles ou visuelles. C’est pour ça qu’on fait appel à des agences, à des personnes dont c’est leur métier. Donc, non, l’impasse créative est rare. D’autant que derrière chaque projet, il y a aussi une marque qui est pleine de ressources.

Puisqu’on parle de projets, en avez-vous en cours en ce moment ? Pourriez-vous nous en parler ?

Oui, oui, on a toujours des projets en cours ; par contre de vous en parler, c’est toujours un peu compliqué.

Connaissez-vous déjà les prochains projets ? Quels sont-ils ?

Oui je les connais, et je peux vous dire que vous allez les adorer !

Je n’insiste pas sur vos projets actuels ou futurs au sein de votre entreprise, dont la confidentialité semble être de rigueur. Peut-être, pourriez-vous me parler de vos projets réalisés au sein de vos anciennes entreprises ?

Avec plaisir.

Quel a été votre projet favori et celui qui vous a le plus marqué ?

Mon projet favori a été le lancement de la gamme cosmétique de chez Mugler. Celui qui m’a le plus marqué, c’était le projet de « amfAR » au festival de Cannes, que j’ai fait pendant deux années.

Pourriez-vous nous dire pourquoi ?

Mugler, parce que c’était un univers qui était totalement féérique et magique et assez impressionnant puisque c’était au début de ma carrière. Quant au projet de « amfAR », c’est un projet à but caritatif qui récolte des fonds pour lutter contre le sida. C’est plutôt une belle cause et, de surcroît, en terme d’évènementiel, il génère un travail assez colossal, peu importe le poste qu’on occupe d’ailleurs, donc c’était assez marquant.

À vous écouter, on comprend que vous avez travaillé sur différents types de projets. Aimeriez-vous vous focaliser sur un type particulier de projet ?

Chaque marque apporte son univers singulier au projet. De fait, tous les projets sont différents, chaque projet est unique. Ce qui est sûr, c’est que je compte rester dans le même secteur, à savoir le luxe et la cosmétique, dans lequel je me complais.

« Dans lequel je me complais… » Vous semblez vraiment aimer votre métier. Que vous apporte-t-il au quotidien ?

Un enrichissement personnel, c’est indéniable ! En effet, mon métier m’oblige à être et à rester informé des dernières tendances et des dernières actualités. On est impliqué dans des projets mondiaux donc, forcément, travailler à l’international est également un enrichissement personnel constant. Enfin, travailler dans une entreprise telle que la mienne, dans un grand groupe dira-t-on, c’est aussi une expérience positive et enrichissante.

Quels sont vos projets professionnels ? Voudriez-vous continuer à travailler dans le domaine de la communication événementielle ?

Tout le monde a envie d’évoluer, donc, effectivement, mon ambition est forcément d’évoluer à court, moyen ou long terme, mais j’accentuerais bien ma carrière sur l’international.

Votre poste n’est-il pas déjà axé sur l’international ?

Si. Mais pourquoi pas partir travailler dans un autre pays que la France.

Je vois. Donc davantage à l’international, mais toujours dans la communication événementielle ?

C’est ça.

Enfin, quels conseils donneriez-vous aux étudiants en information et communication, futurs communicants ?

De s’accrocher. D’être bilingue. De faire un maximum de stages. Et aussi de faire les bons choix en terme d’études, parce que malgré tout, même si dans notre domaine ce sont les stages et l’expérience qui priment, cela reste important.

Vous semblez particulièrement engagé sur ce point. Que nous conseillerez vous en terme d’études ?

Voyagez ! Si vous pouvez voyager après vos études, ou faire une partie de vos études à l’étranger, faites-le, c’est une « école » très enrichissante, surtout pour la communication.

Nous allons maintenant reprendre l’essentiel des divers points abordés depuis le début de l’entretien, sous forme d’une synthèse, qui sera l’occasion de m’assurer que je n’ai pas trahi vos dires ! Votre société, dont on ne citera le nom, gère la promotion de parfums de marques sous licence ou de marques qui lui appartiennent, et ce, à travers des évènements. Ces événements sont la base de votre métier- mais vous gérez aussi toute la partie digitale- que vous exercez depuis maintenant six années. Vous avez fait une école privée de communication à Paris, l’école supérieure de publicité, puis effectué un master à New York. Cette parenthèse à l’étranger a été d’une grande utilité pour le métier que vous exercez aujourd’hui, en cela qu’elle vous a permis d’acquérir une certaine ouverture d’esprit et un très bon niveau en anglais. Deux qualités que vous qualifiez d’indispensables pour travailler dans le domaine de la communication événementielle à l’international, et auxquelles vous ajoutez l’assiduité et la créativité. Vous semblez vous complaire dans votre métier, dans la communication évènementielle et dans le domaine du luxe, mais vous êtes désireux d’accentuer le caractère international de votre métier, l’idée même de partir travailler dans un autre pays que la France semble vous attirer. Je m’arrêterai ici, auriez-vous quelque chose à ajouter ou à infirmer ?

Je n’aurais pas fait mieux.

Nous vous remercions une nouvelle fois d’avoir accepté ce rendez-vous ; nous vous enverrons la retranscription de cet entretien avant le 09 novembre par courriel. Nous vous rappelons que cet entretien ne sera publié sans votre validation de son exactitude.

Je vous en prie. Pour ce qui est de ma validation, elle vous sera communiquée dans les plus brefs délais, après réception.

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Groupe 7

Margaux Guglielmi

Alexia Lombardo

Sacha Louvel

Découvrir le métier de directeur artistique infographiste.

mercredi 23 novembre 2011

Découvrir le métier de directeur artistique infographiste.

Interviewer : Luc Casagrande, directeur artistique infographiste au service communication de la mairie d’Albi

Légende:
Albi-mag : quotidien d’information de la ville d’Albi
Atlantis : piscine municipale de la commune d’Albi
La cité : La cité épiscopale de la ville
UNESCO : classement au patrimoine mondial de l’humanité
C2A : communauté d’agglomération de l’Albigeois

Bonjour je m’appelle Naowelle Tocchio, je suis élève de première année à la faculté Paul ValeRy, en information et communication. Dans le cadre d’un projet professionnel on nous a demandé de faire une interview d’un professionnel de la communication. Ici Luc Casagrande, directeur artistique infographiste au service communication de la mairie d’Albi. Alors est-ce que le délai de 30 min voire 45 min pour l’interview vous convient ?

Tout à fait.

Est-ce que le fait d’être filmé et que l’interview soit retranscrite sur un blog, sur le blog de notre licence ne vous dérange pas ?

Non en aucun cas

Donc nous pouvons commencer l’interview. J’aimerais commencer par cette première question : en quoi consiste votre travail ?

Alors, c’est assez vaste.

C’est assez vaste je me doute bien…

Donc je suis principalement infographiste, donc c’est tout ce qui concerne la communication écrite, donc tout ce qui est papier, après il y a d’autres personnes qui font la communication web, mais moi c’est tout ce qui concerne le papier, les affiches, le magazine de la ville, le magazine interne de la ville. Toutes les campagnes de communications, affiches flayers, programmes…

D’accord, c’est tout ce qui est communication visuelle en fait.

Oui et imprimé.

Et imprimé d’accord, mais comment en êtes vous arrivez là ?

Alors c’est un peu attique comme parcours en fait j’aie fait des études de comptabilité gestion et de ventes et comme je ne voulais pas faire le service militaire j’ai cherché un moyen de faire le service militaire différemment donc je me suis retrouvé pendant un an au service communication de la mairie d’Albi en tant que militaire et comme il n’y avait pas d’infographiste et que j’étais un peu musicien, je faisais quelques pochettes de disque et j’avais quelques affinités avec ces métiers là. Donc c’est naturellement que je me suis auto formé pendant mon service militaire et à la fin de mon service ils m’ont proposé de rester comme infographiste.

Ca n’a pas été trop dur d’apprendre à utiliser les différents logiciels ?

Non parce que j’ai certaines facilités avec les logiciels donc ça vient plus ou moins naturellement. Et puis Il y a peu de choses à savoir en terme technique, il y à quelques règles de bases, une foi qu’on les connaît qu’on sait comment ça marche après c’est la créativité et ça ça ne s’apprend pas, c’est du travail mais ça ne s’apprend pas

Non effectivement soit on l’a soit on ne l’a pas, d’ailleurs en parlant de créativité j’imagine que pour être créatif il faut être dans un environnement propice, qui doit vous convenir, et ce que ça vous avez des préférences ?

Ca dépend avec le temps ça évolue au début c’est un peu un flux continue, c’est obsédant, ça vous prend la nuit, tout le temps donc c’est facile mais après il y a certaines situations qui font qu’on se mette en situation de création ou pas selon l’humeur celons les sujets aussi.

Tout à fait il doit y avoir des sujets qui doivent être plus difficiles que d’autres.

Il y a des sujets qui sont pas trop ma tasse de thé tout ce qui est artistique culturel ça me vient plus facilement, tout ce qui est à caractère social ou …

Ou bien défini ?

Oui ou bien défini (hochement de tête) ou côté carnaval et tout ça. Enfin je fais aussi le programme du carnaval mais ça c’est un vrai défit tous les ans d’arriver à faire quelque chose.

Pourquoi ?

Parce que je n’aime pas ça et parce que tout ce qui est un peu heu…

Un petit peu fête, festif…

Un petit peu fête, festif enfin tout ce qui est coté populaire au sens lourd du truc c’est pas… moi je suis plutôt dans les choses rigoureuses, bon c’est pas non plus austère mais je préfère ce qui est un peu plus classieux.

Oui alors que là il faut être plutôt festif, plutôt joyeux.

Oui c’est plutôt à l’opposé de ce que je ferai.

Mais vous y arrivez quand même, comment faites vous dans ces cas-là ?

Je regarde ce qui se fait, j’essaye de voir aussi en fonction de à qui je le destine et même si ca ne me plaît pas à moi je sais que ça plaît à un certain public. C’est aussi ça être un professionnel. Infographiste c’est toujours à mi chemin entre le créatif, l’artiste et le comment dire, le communicant. Je ne me lève pas le matin en me disant je vais faire une belle affiche juste pour le plaisir de faire une belle affiche, si je le fais c’est parce que quelqu’un m’a commandé de faire une affiche et qu’il y a d’abord un message à passer. C’est pas juste ce que j’ai envie de transmettre comme émotion .

Oui vous devez vous adapter à ce qu’on vous demande .

Ce que je dis toujours c’est qu’un créatif, ou un graphiste pour avoir la paix il faut que les gens pensent que c’est artiste comme ça ils disent c’est un artiste il fait ce qu’il veut on en fera rien mais il ne faut surtout pas se prendre pour un artiste parce que sinon on est malheureux.

D’accord je comprend, donc en fait il faut être créatif tout en respectant ce qu’on vous demande.

Il faut être créatif parce que c’est ce qu’on nous demande.

Tout à fait.

Mais après il faut pas se prendre pour un artiste et il ne faut pas faire sa crise parce que c’est pas comme ça qu’on voyait le bleu, après il y a les contraintes .Et puis une affiche quand on fait une affiche, au début, on à tendance à faire son malin en disant mais si t’inquiète pas c’est lisible et puis après en passant en voiture devant on s’aperçoit qu’on ne lis rien, et là on se dit bon d’accord l’affiche est très jolie mais personne ne la lis et personne ne la comprend. Mais c’est l’expérience qui fait ça.

C’est quelque chose qui s’acquière avec le temps.

Tout le ans je fait parti d’un jury dans une école de graphisme à bordeaux ou les élevés ont comme sujet une affiche pour une exposition qui se passe à Albi et donc on va à trois quatre personne de la communication albigeoise, un photographe un graphiste, un directeur de com et on va las bas pour voir ce qu’ils s-ont fait et tout les ans on se rend compte qu’ils ont des idées géniales, ils sont beaucoup plus créatif que nous mais ils n’ont pas encore ces règles ils n’ont pas la rigueur nécessaire encore mais ils sont super créatif donc après ça se travail. Quand on voit les affiches on leur dit mais ton affiche elle est jolie mais recule de deux mètres et tu verra bien que tu lira pas. Donc ils disent ouai heu mais « gnagnagna », on essai de diriger et c’est la que rentre on compte mon travail de directeur artistique. Parce que en fait je fais pas directeur artistique pour d’autre puisqu’en fait je suis le seul graphiste à la mairie donc je m’auto dirige mais je dirige surtout les autres agences comme je n’ai pas le temps de faire tout, je fais à peu près quatre-vingt quatre-vingt-dix pour-cent de toute l’activité , il y a certaine foi ou j’ai des dossiers plus importants et je ne peux pas tout assurer

Vous déléguez en fait une partie de votre travail ?

On délègue en fait une partie de notre travail à une agence et l’agence travail, je veux dire en principe d’autres leur font un brif et après en fonction de ce qu’ils ont fait eux moi je sais à peu pres ce qu’on veut donc je reprend ce qu’ils on fait et je dis ca va plutôt par ici ca va plutôt par la

Donc en fait vous déléguez une partie et ensuite vous, comment dire, vous reprenez en mettant bien en place, en vérifiant que tout est ok ?

(hochement de tête) oui que tout soit ok, je fais aller dans le sens de ce qu’aurai fait la collectivité. Il y a un style graphique que j’ai, enfin j’ai pris un chemin graphique depuis 10 ans enfin depuis 12ans que je suis là donc j’essaie que le tout soit homogène.

Je comprend, Est ce par hasard qu’il y a des projets qu’on vous a donnez qui vous ont donné vraiment plus de difficulté que d’autre mis à part le carnaval ? Par exemple quand on vous donne un slogan et que vous devez vous y adapter ?

Oui il y a quelques trucs comme ça des cartes de vœux ou sait qu’il y a une idée très précises et puis après il faut s’adapter au truc.

Il me semble avoir vu je croie une affiche que vous aviez fait pour la piscine Atlantis…

Ah oui ! alors ça par exemple, ça a été un truc assez compliqué parce qu’en fait, ils sont parti de l’idée qu’il fallait faire les 10ans d’Atlantis et en cours de création ils se sont dit « ah mais les 10ans d’Atlantis c’est Atlantis voit la vie en rose » .

Atlantis étant une piscine municipale, rose …

C’est clair, une piscine c’était plutôt bleu. A la base j’étais parti sur un truc, je sais plus ce que c’était j’ai du faire une dizaine d’affiche pour ce truc et ça a durer un moi et demi à deux moi. C’était un casse tête sans nom. En plus je suis pas le graphiste de la structure qui met en place ça.

Oui c’est la communauté agglomération le C2…

Oui c’est le C2A pour lequel je travail aussi mais une partie de mon temps, c’est à dire que la collectivité à donner de la ressource de personnel à l’autre collectivité, on est trois personne dans le service communication et on doit assurer à trois à plein temps par moi ,après c’est en fonction de l’activité et là ils avaient plus besoin du graphiste. Donc moi j’ai une direction à la mairie et eux il y a encore une direction donc il y a un service communication aussi à la C2A.

Et pourquoi ils ont fait appel à vos service ?

Ils ont pas de graphiste en fait .

Ah ?

Donc c’est important, en plus eux ils ont une façon de travailler et nous on a encore une autre façon de travailler nous on a des automatismes parce que ça fait 10 ans qu’on travail ensemble et eux ils sont que deux donc ils ont pas les même moyens donc c’est plus compliqué de dialoguer avec eux. Mais ils étaient très content au final, moi je trouve ça affreux mais bon ça marche ça plaît, ça a attiré du monde c’est l’essentiel. Et puis on se lève pas le matin avec l’idée à 8h en arrivent au bureau . Ca vient quand ça vient après on peut forcer les choses après on a des automatismes on a des habitudes on a des raccourcis on sait que si on fait ça plus ça ça marche après c’est peut être pas une question d’être créatif mais une question de goût d’esthétisme et de rigueur .

Et pour réaliser tout ça quel logiciels utilisez vous exactement ?

Alors il y a deux ou trois logiciels imposé quasiment par la profession. Il y a Photoshop qui est de la retouche d’image, donc retoucher les photos retoucher les images retoucher la couleur, tout le travail autour de l’image. Puis Ilustrator qui est un logiciel vectoriel qui sert surtout à faire tout ce qui est logos en fait c’est du dessin virtuel.

Ah, vous utilisez une tablette graphique pour le faire ?

Oui j’utilise une tablette graphique (montrant celle ci du doigt) mais tout ces logiciels ont plein d’autres fonctions dans l’infographie, dans le cadre classique de l’imprimerie on se sert plutôt d’illustrator pour tout ce qui est logos, tout ce qui est plan ect après il y en a qui s’en serve pour des dessins animés pour faire des BD il y a plein plein de ..

Oui ça a plein d’utilité.

Plein d’utilité, Après il y a un autre logiciel enfin deux logiciels, moi je suis considéré comme de la vielle école après toute la nouvelle génération qui à moins de 25ans utilise plus ce logiciel là mais il y a un logiciel qui s’appel Xpress c’est ca en fait (montre l’écran d’ordinateur) qui est un espèce de bureau ou on regroupe en fait tout ce qu’on à fait dans les autres logiciels. C’est un logiciel de mise en page. C’est ce qu’on va envoyer à l’imprimeur, enfin on peut faire ca avec photoshop ou illustrator sauf que eux ils savent pas gérer autant de pages qu’ Xpress.

D’accord donc en fait Xpress ça permet de directement d’envoyé si j’ai bien compris les pages dans le bon format avec exactement là ou les images doivent être placés, la mise en page en quelque sorte.

(faisant oui de la tête) on importe les photos qu’on a retravailler sur photoshop on importe des petits trucs sur lesquels on a travailler avec illustrator. En fait c’est comme si on avait un bureau et qu’on dit ben tien la je met une image, là on met un texte (illustrant ses propos avec les objets se trouvant sur le bureau) C’est un peu un logiciel moins proffesionel c’est l’equivalant de …. ce style de logiciel droo ou heu ….

Je ne le connaissait pas du tout en fait ce logiciel là .

C’est parce que c’est vraiment les vieux de la vielle qui utilisent ca, c’est le tout premier logiciel qui est sorti en terme d’imprimerie et c’est un logiciel qui a fait date, maintenant il y a même son concurrent qui s’appel In design qui est à peu près la même chose mais qui est beaucoup plus créatif parce qu’on peut faire plein de truc en plus, qu’on fait faire avec photoshop ou avec illustrator mais là on peut tout faire directement avec in design . Alors que la on est obligé à chaque foi de repartir sur d’autre logiciels pour réimporter ce que l’on à fait.

Une foie que vous avez finit tout ce qui est mise en page, travail de l’image ect.. Vous envoyez tout à l’imprimeur si j’ai bien compris il l’imprime et de là est ce qu’il y a une autre vérification qui se fait après ?

En fait en terme de ce que je fais dans les magazines on est trois à travailler il y a un journaliste qui lui écrit, il y a un photographe qui fait les photos et puis moi je collecte tout, je met en page et je me sert de leur bases.

En fait votre travail consiste à récupérer toutes les sources d’information et à tout condenser ?

(hochant la tête) Je suis toujours en bout de chaine. Après il y a l’imprimeur qui est encore plus en bout de chaîne que moi puisqu’il est le dernier , mais un graphiste intervient aussi sur les fichiers. Puisque moi je lui envoie les fichiers avec les images brutes (en montrant son écran), et lui il corrige les couleurs. Parce que dans l’infographie il y a plein plein de sous métiers : y’a le graphisme, le créatif…graphisme chez un imprimeur c’est pas la même chose que graphisme dans une agence de co. Parce qu’un graphiste chez l’imprimeur il est plus la pour vérifier les fichiers que le clients lui envoie, contrôler que tout marche bien qu’il y a pas une police qui ne marche pas. Parce qu’en fait, quand on envoie, on envoie tout. La page c’est un peu comme une page web, ça appel des liens (en soutenant ses paroles de gestes rythmiques), les images elles ne sont pas dans le fichiers, elles sont indépendante dans d’autres dossiers, les polices c’est pareil, donc on envoi tout, on envoie les polices, le texte qui est mis en forme et on envoie aussi les images.

D’accord, votre travail en fait est totalement différent d’un infographiste comme vous l’avez dit tout à l’heure d’une imprimerie, lui son travail si j’ai bien compris, ce serai juste de retravailler l’image , alors que vous c’est vraiment de condenser l’image.

Ben oui et non , enfin lui il est surtout là pour contrôler. Après on se traite une partie qui est la photogravure, c’est le travail de revalorisation de l’image. Par ce qu’on prend une image d’un appareil photo numérique, on prend l’image et on la met là, mais les couleurs elles sont ternes, alors que eux ils vont retravailler les couleurs les mettre..enfin c’est très très technique.

Donc par exemple quand le photographe prend les photos, pour par exemple les plaquettes, c’est vous qui vous occupez de les coloriser ?

Bah lui il fait une première correction, ce qui lui semble bien à l’écran moi je retouche peut etre un petit peu plus techniquement, si je vois qu’il a trop de noir ou si il y a trop de truc, et après y’a encore une personne derrière moi, enfin sur le magasine en touts cas, qui lui corrige encore plus techniquement, c’est a dire qu’il vérifie toutes les valeurs de la photo. Et une photo à l’imprimerie elle est imprimée en quatre couleurs : CMJN, cyan, magenta, jaune et noir ; et c’est avec ces quatre couleurs qu’on recréer toutes les couleurs.

Mais pour avoir une belle photo, c’est plus qu’une belle photo à l’écran. C’est qu’il y a des valeurs technique, on sais que dans le noir il faut pas mettre plus de jaune et de truc ; et c’est très très très technique, là il faut un travail de l’œil et à la fois un travail de..pas mathématique mais pas loin.

D’accord. Vous avez appris tout ça petit à petit ?

Et bien en traînant chez les autres graphistes, en traînant chez les imprimeurs. Comme au tout début de mon activité je venais d’arriver donc il y avait pas forcément une nécessité d’un graphiste, donc j’ai eu beaucoup de temps pour faire mes fichiers partir chez les imprimeurs vérifier, enfin travailler avec eux les couleurs, regarder sur l’imprimerie , enfin sur la presse, en disant « j aimerais que tu mette un peu plus de jaune un peu plus de bleu», et donc j’ai appris le métier en fait sur le tas et sur le terrain ;

Ok. Est-ce que vous vous qualifierais comme passionné par votre métier ?

Oui, (rires) enfin on n’en arrive pas là si on n’est pas passionné, on ne se destine pas à ça, donc oui.

J’aurais encore quelques petites questions à vous poser, quel a été votre rôle au classement d’Albi au patrimoine mondial ?

Alors mon rôle en fait ça a été toute la mise en page du dossier, qui fait à peut près, enfin il ya deux tomes là. Y’a le tome 1 qui est toute la partie historique, qui doit faire 500 ou 600 pages. Et le tome 2, qui est toute la partie de gestion des biens, c’est ce qu’on va faire pour que la cité Épiscopale, reste telle qu’elle est et pour l’améliorer et la faire réparer, et pour la valoriser, et pour la faire exister. Et donc ça a été…enfin y’avait déjà la première agence qui avais travaillé sur le premier dossier, y’a une dizaine d’années ; mais on n’a pas été classé la première fois. Et donc on a pris la décision de retenter notre chance, et donc on a refait le dossier en intégralité, on a repris les bases existantes, donc j’ai pas fais la maquette en fait. J’ai gardé la maquette mais je l’ ai valorisé. En fait ils avaient fait un dossier assez technique, ils avaient fait un dossier j’ai gardé la même maquette, la même structure, mais j’ai essayé de le rendre un peu plus sexy. Parce qu’ils avaient fait un truc très technique avec des photos en vitesse, et moi j’ai essayé de faire des photos pleine page, des photos sur 2 pages.

Oui c’est plus attractif.

Que ce soit plus un catalogue qu’on ai plaisir à feuilleter, sans pour autant le lire, alors que bon ce qui est important c’est quand même ce qu’il il y a écrit dedans (rires), mais essayer de faire un contenu un peu plus…

Agréable à regarder ?

Agréable à regarder, parce que l’ UNESCO ne classe pas la beauté de qu’ils voient, ils classent la valeur unique. Ils ne classent pas la cathédrale parce qu’elle est belle, ils la classent parce qu’elle est unique au monde. Et elle pourrai être moche se serait pareil. Si on peut prouver qu’elle est unique au monde qu’il n’ y en a pas deux comme ça, c’est ce qui fait la valeur de la chose. Mais comme c’est beau, comme jme suis dit, d’avoir une photo du jugement dernier en double page, avec des belles couleurs et des belles impressions, ça fait quand même…enfin le gars quand il s’est passé 60 pages à lire les supers technique quand il arrive sur une belle photo ça lui fait plaisir.

Je pense aussi. Il prendra plus de plaisir à lire et découvrir.

En fait le fond compte plus que la forme mais moi je considère que c’est un tout. Et le gros gros travail là dessus ça a été tout le travail sur la photo. J’ai fais une grosse partie des photos, le photographe en a fait une grande partie, mais j’ai été euh… en fait j’avais travaillé sur le premier dossier déjà, en tant que photographe, j’avais pas saisie la, la… subtilité de la chose et la…et la…En fait on avait fait ça moi et un ancien photographe, on avait fait ça comme un travaille de photographe normal, mais on n’avait pas senti tout le poids des photos qu’on donnait. Donc….A la 2ème version j’avais intégré tout ça, et donc j’ai pris la tête au photographe véritablement, en disant « ta photo elle est pas au bon endroit » et donc on est allée refaire 10, 15 fois la même photo pour avoir la photo parfaite.

Oui c’est vraiment…

(en reprenant) ben oui parce que j’ai vraiment compris, lui il avait pas compris de suite, parce que jdi « bon on fait des photos, elle est jolie ta photo mais … », je vous avouerais que c’est très compliqué si y’a pas la lumière c’est pas bon ! On aura beau faire tout ce qu’on veut retoucher tout ce qu’on veut, mais si la lumière elle est pas comme il faut à la bonne heure….

Ca n’ira pas ?

Ben pour moi ça ne va pas. J’ai l’air d’être un peu intransigeant là-dessus un peu….

Un peu perfectionniste ?

(sourire) Un peu perfectionniste mais….Et pareil sur le dossier on a pris un relecteur professionnel pour relire le dossier, pour qu’il n’y ai pas de fautes, mais pour pas non plus de fautes de typographie. Ça aussi c’est encore un autre métier le relecteur. C’est à dire en typographie, y’a des règles, on met par exemple un espace après un point, et ça c’est des choses à respecter, en l’exposant d’une certaine façon et pas d’une autre, et donc tout ça, parce que comme c’est des scientifiques, et qu’ils vont lire ça ; eux ont cette culture là et donc si elle va à ce niveau de détails, en fait on est encore plus au sérieux, parce qu’ils se disent « ha ! Ils se sont donné du mal sur les photos ils se sont donné du mal sur les fond, ils se sont donné du mal sur le texte, ils se sont aussi donné du mal sur la mise en forme technique du dossier, en terme la typographie.

Hmm d’accord, donc vous êtes pris plus au sérieux en fait.

Ha bah oui là… il y a des trucs très con euh… mais en français on met pas les guillemets d’une certaine façon mais d’une autre façon. J’ai passé des heures et des heures, bon après j’ai des logiciels qui font ça, à changer tous les guillemets de tout le document, changer tous les points pour que ce soit tel point et pas tel autre point…

Ça a du vous prend pas mal de temps quand même ?

C’était un travail intense de….3 à 4 mois, où c’était à peut près…euh pfff, 8h du matin 2h du matin pendant, euh… weekend et jours fériés pendant au moins 2 mois.

Ça a fonctionné quand même au final !

Oui ça a fonctionné, après on part avec un peu avec une dépression de malade à la fin, mais au final ça a marché, mais oui c’était un gros travail intense, bah c’est ce qui fait aussi l’intérêt du métier de la com c’est que y’a pas d’heure et ya pas de…si je parts à 10h…

C’est flexible au niveau de l’emploi du temps ?

Moi oui, enfin le service est assez flexible c’est assez paradoxal dans une marie où c’est que tout le monde fait à peu près comme il le sent, après tout le monde est là à des heures normales hein, mais si on arrive à 9h ou si on arrive à 10h, ya personne qui va dire (montrant sa montre) « oh c’est pas 8h, qu’est ce tu fais ? » C’est parce qu’on est partis plus tard, ou parce que l’activité fait que t’as un bouclage de 2 gros dossiers, donc on est là le weekend, mais si lundi, enfin quand j’aurais bouclé mon truc si je viens pas d’une journée ou d’une matinée, personne ne va chercher où je suis.

Oui du coup vous vous organisez en fonction du travail que vous avez à faire ?

Ben en fonction…en fait si il y a du travail il y a du travail, et si y’a pas de travail tout le monde se fou de savoir si t’es là ou si t’es pas là. Enfin faut qu’on soit là mais ils vont pas pinailler à la minute, à la demi heure ou à l’heure.

Oui je comprend. Vous faites combien de projets à peu près par an ? Parce que vous avez déjà l’Albimag…

C’est assez variable. Il y a eu des périodes où je remplissait mon book, j’ai acheté 3 lutins par an, et là depuis que je fais l’Albimag c’est plus régulier parce que je sais que j’ai à peut près une quinzaine de jours où je vais faire quasiment que ça. Ça me prend pas 15 jours complets, ça me prend 2 jours pour monter une cinquantaine de pages. Mais après il y a tout le travail de relecture, de…oui dans l’Albimag il y a encore une partie qui est la partie culturelle, donc ça fait 2 magasines à compter dans le même. Mais après non, je suis moins sur le coté, ce qui était mon métier préféré, c’est à dire l’affiche. Je fais beaucoup beaucoup moins d’affiche, avant j’en faisait une cinquantaine par an, aujourd’hui on doit être à 10. Il y a plus vraiment de pure création, il y a plus vraiment le côté, enfin il y a toujours mais c’est moins.., et puis aussi parce que la créativité ça part comme ça en premier (en faisant des gestes de mouvements) puis ça fait ça, puis ça revient, puis ça repart, puis ça revient, puis ça repart (donnant le rythme avec son stylo). Par contre au début ça monte en flèche, on est meilleur, de mieux en mieux, de mieux en mieux, puis on s’essouffle, on retombe puis on se fatigue et puis c’est souvent les mêmes sujets qui reviennent. Donc quand on a fait 10 fois l’affiche des maisons fleuries, euh pffff…(rire)

C’est dur de trouver… (L.C. surenchérit)

C’est dur d’en refaire une autre ! Et c’est dur de trouver.

Vous avez des techniques, pour trouver de l’inspiration ?

Il y a postérieures techniques ! Il y a la technique « boum boum » ; c’est à dire où j’écoute de la musique très forte et j’esquive tout le monde et je m’enferme dans ma bulle et y’a quelque chose qui sort. il y a la technique facilité aussi aujourd’hui euh..avant je prenais plus de temps, parce que j’avais plus de temps de faire moi même les photos et de mes créations. Comme je suis aussi un peu photographe j’aime bien travailler beaucoup à base de photo. En fait c’est souvent dans la photo qu’est l’affiche. Après c’est juste histoire d’intégrer le texte le plus élégamment possible, mais l’idée vient d’abord d’une image. Après y’a d’autres graphistes qui font différemment ; yen a qui dessinent, moi aussi je sais un peu dessiner, mais ça prend des heures, le résultat n’est pas satisfaisant, donc je préfère partir de l’image et d’un photo. Avant je passait si je voulais faire une affiche de fleur j’allais chez le fleuriste, j’allais choisir ma fleur, j’allais choisir mon légume pour aller avec la fleur, et je passait des heures à découper les truc et à les mettre en scène et à faire des photos. Aujourd’hui ça dépend de l’image, ya des images relatives peu cher, enfin relativement peu cher, et donc on peut acheter une image, donc…ça reste de la création, mais à un degrés moindre parce que je sais que si je veux un physalis, je tape « physalis » (mimant de taper sur un clavier), je vais avoir 60 mille physalis qui tombent (sourire), et donc j’ai plus qu’à choisir la photo qui me plaît en fait et à l’adapter.

Oui effectivement.

Donc c’est des techniques pour aller plus vite, parce que ça coûte beaucoup moins cher. Enfin je peux faire beaucoup plus de choses, si je passe moins de temps, si je passe pas 2 jours à faire une photo, l’affiche en 2h, elle est faite.

En effet c’est fait plus rapidement. Ça doit être difficile d’être tout le temps de la créativité comme ça ?

Bah il y a des moyens aujourd’hui d’être créatif sans l’être vraiment. Il suffit d’avoir du goût de savoir marier 2, 3 trucs en même temps, enfin de se servir un peu du mixe. On se retrouve à mixer, on vois une image pour faire une affiche d’un festival, c’est un festival des cultures urbaines, on trouve une base d’affiche, on trouve un skater, on trouve un bmx on trouve un gaffer, et on sais que ces 3 images elles vont marcher en même temps,on les mélange et on trouve une typo sympa pour faire le titre et hop en 2h et ½ l’affiche est faite…à la base.

Il y a des sujets qui doivent vous prendre plus de temps et d’autres moins, c’est aléatoire ?

Tout dépend des exigences qu’on se donne. Ça a pu m’ arriver de faire une affiche, qui a pu durer 30min et d’autres affiches qui ont pu durer 15 jours parce que je suis à un degrés de finitions, où je me suis imposé des choses, parce que j’ai repris et repris, parce que j’avais du temps.

Ça dépend aussi de ce que je vous inspire le sujet ?

Oui et du temps que j’ai. De ce que j’ai envie de donner. Avec le temps on prend des raccourcis. On est moins à chercher la petite bête parce qu’on sait que y’aura que nous qui le verrons de toute façon, et les 3, 4 graphistes, on décide d’aller un peu plus vite.

D’accord. J’aimerais vous poser encore une dernière question. En dehors de votre travail, est-ce que vous utilisez votre créativité pour autre chose, est-ce que vous avez des projets ?

Eh bien quand ça me laisse du temps oui. Mais moi je suis aussi musicien et je fais des concerts….

De l’orgue je crois ?

Je suis d’abord musicien de musique classique, puisque j’ai fait du piano pendant 7, 8 ans. Et j’ai rencontré un jour un DJ, qui m’a dit « tiens.. (parce que j’avais acheté plein de synthétiseurs et je faisais de la musique de film enfin ce genre de choses), faudrait faire de la musique électronique avec tous tes trucs » et donc je me suis intéressé à cette partie là et puis par ce biais là j’ai rencontré encore une autre personne avec qui j’ai noué plus d’affinité, donc on a commencé à faire des choses sans vraiment aboutir à rien du tout. Et un jour j’étais dans la cathédrale à un concert et je me suis dit « houa, ça serait génial que je fasse un concert de musique d’orgue avec de la musique électronique. ». Et comme je travaille à la mairie euh…j’avais plus facilement les entrées pour arriver à faire ça, et j’en ai parlé à une personne qui m’a dit « bof n’importe quoi c’est infaisable ». Bon. Et il est arrivé le thème de la journée du patrimoine qui était de faire de la musique dans des lieux inhabituels de façon intellectuelle. J’ai dit « tient au fait ton truc là, y’a ça ». Donc j’ai appelé mon pote, je lui ai dit « tu me suis » il m’a dit « oui ». On est parti sans trop réfléchir à ce qu’on allait faire, on a dit ok on le fait et puis … est arrivé le moment où on devait le faire et on a pas eu d’autres choix que de le faire donc on l’a fait

Vous pensez que ça à bien conclut quand même ?

Avec le recul je dirai que je ne suis pas satisfait de ce qu’on à fait mais il fallait être assez fou pour ce lancer dans cette aventure sans maitriser l’orge sans maitriser rien du tout en fait

Pourtant vous avez fait du piano ?

Oui, mais après c’est très technique parce que réussir à varier de la musique électronique avec de la musique jouée ça déjà ça encore ça se passe mais faire jouer de la musique électronique avec un orge qui est pas accordé pareil que les autres instruments et avec une technique de jeux particulière et avec peu de personnes qui peuvent jouer dessus, parce que moi, comme certain je me pointe on me prête pas un orge

D’accord ça demande une autorisation spéciale.

Oui et puis faire un concert avec des éclairages avec des vidéoprojections

Surtout dans la cathédrale d’Albi.

A la cathédrale, ça se fait pas. Enfin avec la mairie ça à été un peu plus facilement mais on l’a fait à Albi et on a dû trouver des arrangements au dernier moment parce que tout ce qu’on avait préparé en studio en fait quand ça a été confronté avec l’orgue on avait pas tout intégré donc il a fallut faire des coupes franches dans la partition pour arriver à jouer. Et de là il y avait des gens d’un autre festival de Toulouse qui était dans la sale du festival Toulouse les orgues qui nous ont dit tiens c’est rigolo leur truc on pourrait le faire à notre festival. Donc on l’a rejoué à Toulouse dans un grand festival d’orgues pour le coup, donc là pour le coup on a vraiment réfléchi à ce que l’on à fait, on à beaucoup réécrit on s’est mis dans un grand festival de musique classique, donc on à poussé la partition plus loin dans le coté classique qui nous intéresser enfin moi surtout ça m’a intéressé en plus travailler avec un DJ sur de la musique classique c’est quand même pas gagner à la base. Bon l’organiste est très.. lui c’est un vrai musicien de musique classique donc là j’ai pris une chanteuse lyrique donc là on à essayé de faire quelque chose d’un peu plus …

D’un peu plus construit ?

Un peu plus construit un peu plus.. enfin moins électronique mais au final les gens auraient attendu de nous justement qu’on soit un peu plus électronique .

Et bien je pense que nous avons fait le tour, vous nous avez expliqué en quoi consister votre métier, comment ça fonctionne, comment vous en êtes arrivé là. Je vous suis très reconnaissante du temps que vous m’avez accordé, c’est vraiment très gentil à vous d’avoir accepter.

Mais de rien.

Nous vous transmettrons la transcription de l’entretien par mail dans le courant de la semaine prochaine. Encore merci à vous.

Céline Cappe

Kais Wadie

Tocchio naowelle

Entretien avec un Concepteur Rédacteur Web

mercredi 23 novembre 2011

Durée de l’entretien : 42 minutes

IntervieweursLudivine, Kajouachab, Arnaud

Olivier Hirt est actuellement concepteur rédacteur web / webmestre pour l’UM1.  Il a accepté de répondre à nos questions…

Intervieweur : Qu’est ce qui vous a poussé à vous orienter vers le secteur de la communication ? En tant que concepteur rédacteur, on peut admettre que vous avez un talent d’écriture, qu’est ce qui a fait que vous avez voulu mettre ce talent au service de la communication ?

Olivier HIRT : Le talent d’écriture? (rire) Je ne suis pas parti du talent d’écriture au démarrage, ce qui m’a intéressé c’est surtout les outils, proposer certaines interfaces entre l’homme et la machine (il boit une gorgé de coca-cola). Et après, tout ce qui était d’adapter le plus possible le média en fonction du client, et du commanditaire avec les différentes contraintes, proposer une interface entre les deux pour qu’ils puissent s’y retrouver le plus possible.

Intervieweur : Il est donc possible d’admettre que vous faites le lien entre les deux…

Olivier HIRT : Voilà, c’est de ça dont je suis parti au début, après le talent d’écriture c’est tout autre chose… Apparemment vous êtes allé voir mon site perso où je lie l’écriture et la photographie, qui ne sont pas forcément intégrés dans le cadre de mon travail puisque c’est une tout autre démarche. Après je suppose que l’on peut le retrouver dans mon travail de webmestre, notamment dans mes relations que je peux avoir au boulot. Mes rapports statistiques sont plus littéraire, plus poétique et du coup ça fait sourire et c’est bien parce que la communauté de contributeurs est vraiment entière (il s’abreuve à nouveau).

Intervieweur : D’accord, donc cet outil, le web, comment l’utilisez vous au quotidien ? Si vous aviez à nous décrire une journée de travail ordinaire…

Olivier HIRT : Dans notre institution UM1, on a un gros site vitrine, un gros site institutionnel, avec des problématiques & des cibles qui sont essentiellement : des étudiants extérieurs, le public extérieur. Ce n’est pas forcément notre personnel ni nos étudiants. Nos étudiants ont très peu d’autres lieux d’informations sur lesquels on peut leur communiquer quelque chose. On a la partie institutionnelle qui est vraiment la partie éditoriale, rédactionnelle, mise en ligne de contenu de l’information pour communiquer l’information. Il y a aussi le travail des communiqués de presse : comment on va retravailler un communiqué de presse pour pouvoir le mettre sur le web parce que ça ne sera pas le même que celui qu’on va envoyer aux médias, à la presse ; et ensuite toutes les pages qui sont pérennes seront à remettre à jour. Autour de ce site là, c’est un travail d’animation de 80 personnes, mais seulement 30 sont très actives, et les autres viennent participer quelques fois par semaine. Là on vient de mètre a jour une nouvelle version, quelque chose de très technique et qui me plait un petit peu plus, c’est tout ce qui est design. Donc là, ce matin, on vient de sortir la nouvelle version avec un nouveau design. Le site de l’UM1, à la base  il était à l’image du commanditaire, c’est a dire quelques chose de très sérieux… au final c’est passé à très austère donc on a réussi a avoir quelques choses d’un peu plus intéressant, ça prend du temps, il y a de la négociation. « Ne pas lâcher le mollet » …. (il boit à nouveau).

Intervieweur : Vous parliez de changer le design du site : le fait d’innover apparaît comme l’une de vos responsabilités, pouvez vous nous en dire plus ?

Olivier HIRT : Oui,  là le site a complètement changé. Mais le but n’est pas de changer tout le temps. Là, le site datait de 2007. A priori sur un site web un design va durer 2/3 ans. On était à une durée de 5ans, maintenant c’est 3 ans. On va pas tarder à tomber à 2 ans en gardant toujours la même trame mais en y réfléchissant régulièrement. Donc là on est quand même dans un cas exceptionnel de l’administration française, qui ne s’est pas remise à jour au bout de 3 ans.

Intervieweur : Justement, je voulais faire un lien avec les « 29 autres collaborateurs actifs » : comment se passe cette collaboration avec des professionnels de « l’extérieur » ?

Olivier HIRT : Ah oui, le poster de web master est transversal, à partir du moment où je suis au service communication, je ne suis pas à la DSI (service informatique). Le service com., c’est complément transversal. Je vais rencontrer des gens qui sont répartis sur les différents UFR : médecine, Richter, STAPS, ce qui veut dire que je rencontre des personnes qui sont en administratif pur dans les service centraux, qui vont avoir un langage particulier, où il va falloir aussi traduire ce qu’ils nous demandent : quelle est la vraie demande ? Comment on va la traduire en termes de besoins effectifs ?etc. Puis après on peut rencontrer des scolarités, des enseignants, bosser avec certains étudiants : parce qu’il y a des sites étudiants qui sont là pour se faire la main, ça fait parti de leur master, il y a beaucoup de possibilités (il boit une gorgée pour signaler la fin de sa réponse).

Intervieweur : Ainsi, comment pouvez-vous évaluer l’impact de vos travaux aboutis ? Comme par exemple le design du site que vous avez mis en place ce matin, dont vous parliez… Avez-vous des retours, comment savoir si vous avez suivi le bon cheminement ?

Olivier HIRT : Oui, on a plusieurs types de retour, les retours robots & les retours humains. Les retours humains « internes », donc les personnes qui l’utilisent, comme la communauté des contributeurs, qui eux vont un petit peu plus loin. Ils vont pouvoir dire immédiatement si ils peuvent mieux l’utiliser, si ils arrivent à l’utiliser. Donc là on a des retours qui sont vraiment immédiats et sur du « fonctionnel ». Ensuite on a des retours qui peuvent être de n’importe qui au niveau de l’établissement : « c’est beaucoup plus joli », ça fait plaisir mais on ne s’y attache pas trop, parce que ce soit plus joli à la rigueur on s’en moque (sourire aux lèvres), c’est pas spécialement intéressant. Par contre, quelqu’un qui va nous retourner un problème qu’on avait pas repéré sur un type d’affichage particulier, nous faire remarquer qu’à tel endroit il y a un bug… ça c’est des retours qu’on a immédiatement, c’est les plus intéressants j’ai envie de dire, enfin ceux qui font évoluer le plus. Après, ceux qui sont les plus difficiles à traquer, c’est au niveau des utilisateurs : on a presque aucun moyen d’échange. Ils vont pas s’amuser à nous envoyer un mail en disant « super tu as fais un joli site » (sourire plus gestuel de quelqu’un qui tape sur un clavier). Donc à partir de là on a que les robots.

Intervieweur : L’impact est-il plus évaluable au niveau de vos projets personnels ? Est-ce que c’est source de plus d’investissement de votre part ?

Olivier HIRT : Mon site perso ne sert qu’à pouvoir tester les dernières technos qui sont sorties, c’est a dire que là je suis sur du HTML5  (petit silence).  A l’époque où je l’ai sorti, il y a quelques mois, tous les navigateurs ne savaient pas l’utiliser. Là sur une institution comme Montpellier 1, on peut pas se permettre d’avoir … je ne sais pas, 10% des utilisateurs qui n’arriveraient pas à l’utiliser. Donc on est obligés de les prendre en compte. Ca veut dire qu’en fait, moi, j’ai quelque sites où je teste les nouvelles technos qui sortent, je regarde comment ça marche, je suis aussi sur une communauté de webmestres qu’on a constitué de tout l’enseignement supérieur.

Intervieweur : Ces innovations dont vous parlez, ont-elles fait évoluer votre travail ? Quels sont les avantages qu’apportent ces outils ?

Olivier HIRT : Dans ce métier, on évolue de plus en plus vers l’utilisateur qui « existe vraiment », on est de moins en moins vers des méthodes de « bricolage », vers une conception biaisée. On est de plus en plus vers des méthodes de développement, et de plus en plus on prend en compte les tests évaluateurs qualitatifs dans la construction du site.

Intervieweur : Toujours dans le cadre de cette évolution, qu’est-ce que l’apparition de ces nouveaux outils favorise t-elle ?

Olivier HIRT : Ca donne déjà plus de vie, il y a moins de « découpage ». On a eu une époque où tout le monde voulait, de A à Z, maîtriser la construction de site : construction de type « bricolage ». On se retrouvait avec des sites vraiment pas fonctionnels, mais où le constructeur maîtrisait  quelque part tout de A à Z. Ensuite, les pros se sont lancés sur le marché, notamment les graphistes,  qui existaient de puis très  longtemps, d’où l’apparition des infographistes qui ont voulu prendre leur part du marché, et qui disaient « le web, c’est moche, c’est horrible, on va faire du design ». Problème : ça a dichotomisé la chose, eux ont voulu avoir la compétence web : par exemple ma collègue infographiste a tenté de faire webmestre, elle en veut pas, c’est insupportable, C’est-à-dire que ça évolue, l’interface n’est pas figée.

Intervieweur : Et on peut prendre l’exemple du site de l’UM3, qui a une présentation assez classique… Pouvez-vous créer librement ou êtes-vous encadré par un cahier des charges, qui millimètre la taille du logo, etc. ?

Olivier HIRT : Le cahier des charges n’est pas à ce niveau là, on a des obligations, ça parait évident, maintenant la charte graphique impose des normes de police, etc. Mais on peut par exemple créer des personnages assez sympathiques, sans forcément tomber dans le loufoque, mais c’est plus parce que d’un point de vue politique, l’université doit avoir l’air sérieuse et doit rassurer les parents, etc.

Intervieweur : La possibilité de « créer librement » vous est elle plus offerte dans vos projets personnels ?

Olivier HIRT : En terme de « créa », je dessine très mal. Je peux dessiner un squelette à la rigueur, ou un bonhomme de neige (rire général).

Intervieweur : Pouvez-vous nous parler de votre équipe & des différents pros ?

Olivier HIRT : Oui, Caro s’occupe de toute la partie « créa/design », moi de toute la partie web/ intégration d’informations, & après pour toute la partie « rédac » il y a une chargée de communication qui s’occupe de faire du relation presse : on a une rédactrice pour le journal interne de l’université. Après on tri les informations à diffuser.

Intervieweur : Alors, dans le sens où les tâches sont réparties entre vous, n’existe-t-il tout de même pas le risque « d’empiéter » sur le métier de l’autre par moments ?

Olivier HIRT : Oui, vu que l’on arrive tous à des failles de saturation, cependant ça tourne pas mal. Caro sur la partie graphisme tourne énormément, elle est « ultrabookée » (il illustre son discours avec ses mains) : « tiens, elles sont pas mal finalement ses affiches ! » (il appuie ce qu’il dit avec sa gestuelle) quand quelqu’un est compétent, on le bourre de travail au maximum. Sur la partie rédac du journal interne, il n’y a pas de risques d’empiétement, Anne est seule, elle est au courant des événements, elle prend des photos, elle récolte de l’info toute seule, il n’y a pas de problème. Après sur la partie web, personne ne veut faire ce que je fais, donc il n’y a personne qui empiète dessus (rire général). Non, la difficulté ce n’est pas tant au sein du service, c’est plus les sites qui sont annexes.  Quand je suis arrivé en 2007, le problème c’est que ce n’était pas structuré. C’était les enseignants essentiellement, puisque c’est eux qui avaient ce besoin, qui créaient un site à l’extérieur, donc qui prenaient  un hébergement perso. Ils avaient un étudiant dans la promo qui était plutôt pas mauvais, qui leur montait un site web : qu’il marche, qu’il marche pas, peu importe « il a très peu de chances de marcher mais si il marche tant mieux » ; mais au bout de deux ans, l’étudiant n’est plus là, si les profs ont les accès du site, ils n’ont peut être pas les compétences pour entretenir le site, pour mettre à jour les informations etc. Et là l’université se dit « chouette, on va prendre un prestataire qui va nous faire banquer pour chaque prestation alors que ça va lui prendre 5 secondes ». Ce n’est pas une solution viable. C’est pour ça qu’on a proposé une plateforme où ils partent avec une base, avec une alternance. Petit à petit on arrive à avoir quelque chose de cohérent. Pour rebondir avec ce que vous disiez tout à l’heure, l’impacte il est simple, si ce que l’on propose, c’est « à chier », personne ne va nous demander de faire quoi que ce soit. Quand la demande explose, qu’on commence à avoir 5/6 demandes de sites par mois, c’est que le bouche à oreille fonctionne. Sur ces sites, qui sont récents, on a le lancement, et ensuite « l’effet retour » : si on a des demandes c’est uniquement par le bouche à oreille. On laisse le réseau se faire comme ça, et ensuite on fera des campagnes. En tout cas ça répond vraiment à une demande.

Intervieweur : En parlant de demande, vous travaillez pour d’autres institutions ?

Olivier HIRT : Simplement pour l’UM1, j’ai bossé pour le rectorat en débutant avec qui j’ai commencé en freelance, et puis ils m’ont engagé. Le freelance permet d’être confronté à une demande tout à fait différente, de se réadapter à d’autres clients. Là j’anticipe, je sais à peu près ce qui va m’être demandé en fonction des lois qui sortent, après c’est intéressant d’avoir des clients différents, loin de mes valeurs, du commercial pur & dur. C’est bien aussi de rencontrer des clients qui ont envie de prendre des risques.

Intervieweur : Nous vous remercions du temps que vous nous avez consacré, en vous souhaitant une bonne journée.

Entretien Yann Voldoire, journaliste à la Gazette de Montpellier

mardi 22 novembre 2011

Nous avons réalisé notre entretien avec Yann Voldoire, journaliste à la Gazette de Montpellier le matin du jeudi 10 novembre. Il nous a reçu dans son bureau au sein de la Gazette, place de la Comédie, qu’il partage avec trois autres journalistes dont deux étaient présent ce jour-là; Gwenaël Cadoret, journaliste de l’actualité et Leslie Anagnostopoulo journaliste sportif. Avant de commencer notre entretien, monsieur Voldoire nous a fait visité les locaux du journal. L’entretien a duré 40 minutes que nous avons enregistré avec un téléphone portable. Tous les membres de l’équipe ont posé des questions et deux d’entre nous, Lina et Zoé, ont pris quelques notes.

Bonjour, nous sommes trois étudiants, Zoé Hardy, Lina Trabelsi et Rémi Couston, en première année de licence information et communication à l’université Paul Valéry à Montpellier. Nous vous avons contacté dans le cadre d’un travail pour l’université, plus précisément pour notre cours de Méthode de Travail et Projet Professionnel. Nous devons interviewer un professionnel de la communication, étant donné que nous souhaitons poursuivre nos études dans le domaine du journalisme, nous avons pensé à la Gazette de Montpellier ainsi qu’à ses journalistes.

Avant de commencer nous devons vous prévenir que cet entretien sera publié sur un blog de travail. Nous vous demandons donc votre accord pour être enregistré, pris en photo et retranscrit sur ce blog. Êtes-vous d’accord?

Oui bien sûr, il n’y a pas de problème.

Avez – vous toujours environ 45 minutes à nous accorder pour notre entretien?

Oui tout à fait, c’est pourquoi je vous ai donné ce créneau horaire.

Merci, nous allons pouvoir démarrer si vous êtes prêt.

Nous allons commencer par une question un peu générale, est-ce que vous pouvez vous présenter et présenter votre rôle au sein de la Gazette?

Je m’appelle Yann Voldoire, j’ai 34 ans, je suis journaliste à la Gazette depuis 2007. J’ai d’abords étais journaliste à Nîmes puis je suis arrivé à Montpellier il y a 2 ans. Je travaille dans la partie actualité du journal. Je ne sais pas si vous avez vu mais le journal est divisé en deux parties ; une partie culture, donc tout agenda des sorties, théâtre, concerts, etc. Et puis la partie actualité où on traite des sujets un peu «chaud» qui se passent en ville que ce soit des fais divers ou des nouveaux projets d’urbanisme, la politique, l’éducation, etc. Et moi je suis sur cette partie là  donc je peux aussi bien couvrir un fait divers, faire un article sur la nouvelle gare qui va voir le jour, elle est en travaux en ce moment et c’est partis pour 3 ans de travaux donc on a fait un gros papier là-dessus. Voilà c’est ce genre de choses que je suis amené à faire pour la Gazette.

Quand vous dites que vous êtes dans l’actualité, comment vous faites pour trouver vos sujets? Vous vous baladez comme ça et ça tombe un peu par hasard ou alors vous recherchez activement un peu partout dans la région?

Il y a plusieurs façon, il y a des gens qui nous appellent, qui nous écrivent. Il y a des actualités un peu imposées, par exemple ce week-end il y a l’inauguration d’une nouvelle mairie, on peut pas passer à côté. Il y a des choses qui nous interpellent dans la rue, on peut se dire «tiens»; là Gwenaël a fait un papier sur l’explosion des épiceries en ville, il y a de plus en plus de petites épiceries qui s’ouvrent. Donc ça c’est un sujet qu’on a trouvé en se promenant dans les rues de Montpellier. Donc il y a plusieurs façons de trouver des sujets.

On voudrait aussi surtout savoir en t’en que peut-être «futurs journalistes» quel a été votre parcours étudiants et quelles expériences professionnelles vous ont permis d’être à la Gazette aujourd’hui?

J’ai commencé par une fac d’histoire à Lyon, et puis après j’ai fais une école de journalisme à Bordeaux. J’ai travaillé un peu au quotidien lyonnais parce que je suis originaire de Lyon. J’ai multiplié les expériences avant d’arriver à Montpellier. Mais il y a pas de parcours tout fait pour être journaliste, la voie royale c’est de faire une treize écoles reconnues mais on peut devenir journaliste parce qu’on a vraiment envie de faire ce métier, qu’on s’accroche, qu’on est curieux. Il y a pleins de journalistes qui ont pas fait d’école. Des gens qui sont médecins qui se disent «tiens j’aimerais bien faire autre chose».

Donc c’est-à-dire qu’on a pas vraiment besoin de dons ou de faire de grandes études pour devenir journaliste?

Ça c’est la théorie. La voie royale c’est les écoles de journalisme après si tu as vraiment envie de devenir journaliste, si t’aimes ça, si tu t’accroches, si tu proposes des articles à des rédactions tu peux trouver du travail. C’est un des rares métiers où on a pas besoin d’avoir un diplôme pour exercer.

Vous nous avez dis que vous êtes allé à l’école de journalisme de Bordeaux, vous avez suivis quel parcours exactement?

J’ai d’abords fais un DEUG* d’histoire à Lyon et après je suis rentré en IUP* infocom. Et dans l’IUP infocom à Bordeaux il y avait une spécialité journalisme. Mais j’ai pas un parcours exemplaire. Leslie, par exemple, a fait droit et Sciences Po à la fac et Gwenaël a fait l’IUT de Tours.

Et dans votre parcours professionnel quelles sont les expériences qui vous ont le plus marquées?

La Gazette de Montpellier. J’aime bien la Gazette de Montpellier et j’aime bien mon métier.

D’accord, et vous envisagez pas de partir dans un autre média, dans une autre partie du journalisme comme la radio ou la télévision?

Ah moi je pense qu’il y a encore pleins de choses à apprendre en presse écrite. J’aime la presse écrite et je me sens pas spécialement compétent pour faire de la télé ou de la radio. C’est vraiment des médias à part, c’est des médias qui, moi je trouve, permettent de moins approfondir et j’aime bien la spécificité de la presse écrite et j’ai pas envie de changer. Et je sais pas si je saurais le faire, il faudrait refaire une formation, etc.

 [INAUDIBLE]

Et donc lundi ou mardi je vais aller avec une photographe du journal dans les tramway rencontrer le monsieur qui s’occupe de la sécurité savoir ce qu’il faisait…

Par rapport à ce qu’il s’est passé l’autre jour?

Par rapport à l’agression de la semaine dernière. Parce que cette semaine on a eu le temps de dire qu’il y avait eu une agression. Moi je suis allé rencontrer le chauffeur ma  is j’ai pas eu le temps de creuser la question et d’expliquer aux gens ce que la TAM fait contre les agressions. Parce qu’ils ont mis en place une police des transports, ils veulent installer des boîtiers pour que les chauffeurs puissent appeler en urgence la police si jamais il y a un problème, tout ça. On a pas eu le temps d’expliquer, donc c’est ce que je vais faire cette semaine. Donc le jeudi en gros je prends des rendez-vous, je lis le journal, je rencontre des étudiants. Voilà le jeudi ça commence doucement, le vendredi on continue doucement et puis le lundi et le mardi là ça accélère vraiment parce qu’on a doit remettre nos article le mardi soir. Donc le lundi on rencontre encore des gens, on fait des interviews puis le mardi on écrit nos articles.

Donc mardi soir ça doit être bouclé?

Mardi soir ça doit être bouclé et ça nous arrive de terminer tard le soir, 22h voire minuit. Parce qu’on a enquêté jusqu’au dernier moment pour avoir des infos. Le mercredi on termine un peu le journal avec des petites infos de dernières minutes le mercredi matin. Le mercredi midi ça part à l’imprimerie. Et le mercredi après-midi moi je travaille pas mais mes collègues font une réunion, ce qu’on appelle une conférence de rédaction, c’est-à-dire un réunion où il y a tous les journalistes du journal qui vont décider ce qui va apparaître dans le journal suivant.

Donc, quand vous nous décrivez une semaine comme ça d’un journaliste qui travaille dans un journal hebdomadaire, est-ce que vous pourriez envisager plus tard de vous lancer, toujours dans la presse écrite, dans un quotidien plutôt? Sachant que le rythme est beaucoup plus accéléré.

Ouais ça c’est autre chose. En fait c’est le même rythme dans un quotidien mais sur une journée. C’est-à-dire ils commencent doucement le matin, à 10h ils prennent un café puis après à partir de 14h ils commencent à «se speeder la tête» se disant «oulalalala» et ils terminent à 10h du soir et c’est tous les jours donc c’est un peu plus speed. Mais au niveau du rythme moi je prendrais l’image du mec qui se réveille le jeudi, qui se réveille doucement. Là on est dans la phase de réveille, on s’étire, hop on commence à s’habiller tranquille, machin et on fini la semaine le mardi en sprit total. C’est vraiment ça, là on est dans la phase où on va doucement, on commence à téléphoner à des gens. Et le mardi on est en transpiration.

Nous allons changer de sujet parce qu’on a une question, que la majorité des futurs journalistes se posent, qu’est-ce que vous pensez de l’évolution actuelle du journalisme? Comment vous envisagez l’avenir de la presse écrite surtout?

Ben moi je trouve ça plus excitant en fait, ça va vous paraître peut-être en contre courant de ce qu’il se dit. Tout le monde parle de la crise dans la presse, dans le local on le voit. A Midi Libre ils ont encore un plan social, etc. Mais en même temps moi je trouve que l’internet c’est vachement bien, que les tablettes iPad et iPhone moi je suis fan. Je trouve que c’est vachement bien. Et que le métier change mais qu’on va toujours avoir besoin de journalistes, on toujours avoir besoin de contenu. Et que c’est plutôt excitant, il faut trouver de nouvelles formes de presse. Moi je suis pas du tout «Ah les gens ils font de la presse c’est terrible!». Je trouve qu’il y a pleins de choses bien à faire. C’est ça qui est bien aussi aujourd’hui avec internet c’est que c’est pas cantonnait à France 2, France 3 ou TF1 ou la Gazette de Montpellier. Même ici, si tu trouves que la Gazette de Montpellier c’est trop «fraichiste» tu peux lire autre chose. Il y a Montpellier journal sur internet. Il y a une pluralité des médias, alors on peut reprocher à certains médias d’être trop si ou trop ça mais je pense qu’il y a pleins de façons de s’informer aujourd’hui et que la liberté d’expression elle existe.

Je sais pas pour vous mais moi quand je parle autour de moi que je dis que je veux travailler dans la presse écrite on me dit «oui tu trouveras jamais de métier»…

Oui, ça c’est autre chose.

Est-ce que c’est dur de trouver un travail dans la presse écrite?

Oui oui.

Justement on nous dit souvent qu’il n’y a plus beaucoup de débouchées dans la presse écrite et qu’ils se tournent plus vers le web média. J’aurai donc une question par rapport aux nouveaux médias dans le domaine du web. Vous ne pensez pas qu’il puisse y avoir une sorte de dérive sur le plan de l’info/intox, en matière de fiabilité de l’information?

Internet a un côté… Après je ne suis pas spécialiste, ça a un côté où l’on veut avoir l’information tout de suite et parfois cela peut être des informations non vérifiés qui circulent mais tant qu’il y a des journalistes qui travaillent sur l’information, qui la recoupent; à priori ça doit être fiable sur les deux médias, que ce soit presse écrite ou bien internet. Le problème d’internet c’est que l’on a envie d’aller très vite et on ne prend pas le temps… Après ça arrive, il y a des erreurs. Mais après, sur la possibilité de trouver du travail dans le journalisme, ça c’est une vraie question. Ici, à la gazette de Montpellier, à la rédaction, on est une dizaine de journalistes, il y en a trois qui sont en CDD. Je sais pas si vous avez entendu parler des Pigistes?

C’est des gens qui vont à des événements, qui rédigent des articles , qui ont des textes à proposer…

Oui c’est assez précaire, enfin tu vis pas quand t’es pigiste et à la presse on utilise beaucoup de pigistes. Donc, c’est difficile de trouver un CDI dans la presse, c’est réservé aux gens qui s’accrochent, il faut savoir que…ou vous avez un super piston et vous allez travailler dans les grands médias et c’est la voie royale et vous allez faire Sciences Po, ou alors il faut vous préparer à avoir une petite période de précarité où vous allez multiplier les piges, les CDD, et au bout du bout on gardera que ceux qui se sont accrochés.

Pour vous ça a été difficile?

Pour moi ça été ça , j’ai commencé à piger pour la Gazette , en fait le parcours c’est ça , on commence à faire des piges et puis après on a un CDD , un deuxième CDD , pour moi ça été le cas et puis après j’ai été pris en CDI. Mais y a des gens qui sont ici en CDD depuis deux ans, on leur arrête leur CDD, ils ont une période de vide pendant 2-3 mois après on les reprend en CDD . Enfin la presse aujourd’hui c’est la précarité , il y a un peu ça , il y a un peu de précarité quand même , et les salaires en presse écrite c’est pas non plus…C’est pas PPDA -Patrick Poivre d’Arvor- ni Claire Chazal, ni Laurence Ferrari.

Justement en parlant des salaires, est-ce que c’est le corps de métier qui fixe une fourchette de salaires?

Après on est payé sur 13 mois , c’est la convention collective…Mais on fait pas ce métier pour gagner du «fric», on fait pas ce métier pour avoir une situation confortable, si vous voulez gagner des sous il vaut mieux vous orienter direct vers la pub ou la communication ce à quoi vos formations vous préparent aussi , là y a plein de boulot , moi y a pas longtemps encore j’ai reçu une proposition et ça paye super bien ,mais c’est pas aussi intéressant en tout cas pour moi. Mais on a de plus gros apparts et de plus grosses voitures.

Et sinon votre avenir dans la communication vous l’envisagez comment, vous comptez rester à la Gazette jusqu’au bout?

Non, je ne sais pas, je ne me pose pas trop la question, jusqu’à maintenant j’ai beaucoup bougé… Lyon, Bordeaux, Montpellier, j’ai habité la Réunion aussi pendant 5 ans, ça fait du voyage mais pour l’instant je suis bien ici et ça dépend de ce qui va se passer après, moi je suis pas contre le fait de bouger. Après, au bout d’un moment, le local aussi on a peut être l’impression d’avoir un peu fait le tour de la question, Montpellier c’est petit, ça fait deux ans que je suis là ça fait pas trop longtemps donc ça me va, je rencontre encore du monde, y a des sujets nouveaux, etc… Pour quelqu’un qui est là depuis 10 ans il voit toujours les même têtes, c’est toujours un peu les même sujets, il faut changer.

Je reviens à votre parcours professionnel, est-ce que vous avez travaillé que dans des journaux hebdomadaires ou plutôt des quotidiens, ou des journaux mensuels?

J’ai travaillé aussi en presse institutionnelle, c’est-à-dire pour des journaux municipaux, mais au tout début. Vous voyez «Montpellier la ville», c’est là ou on dit ce que la mairie fait, donc moi j’ai travaillé un peu en banlieue lyonnaise aussi dans des journaux comme ça après j’ai travaillé dans la communication aussi, après je suis revenu au journalisme parce que c’est marrant quoi, c’est enrichissant, on apprend plein de chose, et puis on est au cœur de ce qu’il se passe… Je sais moi… Vous avez entendu parler de la prof’ qui s’est immolé par le feu à Béziers? C’est horrible mais c’est intéressant tu vois, ça alimente aussi heu… Ça pose plein de questions, etc, et en tant que journaliste bah t’es au premier rang quoi tu suis l’enquête, t’as des témoins direct… Voilà… La semaine dernière j’ai fais une enquête sur des affaires de pédophilie dans l’église et pourquoi monseigneur Carré ici à Montpellier n’a pas dénoncé les fais de pédophilie alors qu’il était au courant. Tu vois c’est des trucs, c’est des questions que je trouve… Des débats qui marque la société et toi t’es au premier rang, tu peux poser des questions aux acteurs enfin… Voilà quoi… Je trouve que c’est un métier vraiment … Je sais pas quelle était la question. (rire)

Justement, j’ai une question, c’est pas dérangeant, enfin dérangeant pas dans le sens où … C’est juste qu’on se sent pas d’aller voir la famille de la femme qui s’est suicidé, c’est pas un peu dur?

Justement, on est aller avec un photographe de la gazette dans le petit village dont était originaire la prof’, c’est un petit village de six cent habitants et les habitants nous regardaient comme des charognards ou quoi… Et en même temps on leur disait «c’est quand même énorme ce qu’il s’est passé, une prof’ qui s’immole dans la cours de récréation ça veut bien dire quelque chose on peut pas en rester là, on veut savoir qui est cette personne, pourquoi elle a fait ça, donc expliquait nous, dites nous qui elle était» et il y a des gens qui nous ont pourris quoi, je me suis fais incendié par le maire du village qui disait «mais vous en avez pas marre par rapport à ça» et puis en même temps je trouve que c’est notre devoir de dire cette prof’ elle avait fait ça, elle avait fait ça, elle venait de ce petit village, pourquoi elle en ai venue là, et d’ailleurs on a eu pas mal de retours très positifs alors oui, c’est pas facile, c’est le genre de truc qui te hante le week-end, je veux dire tu ferme ta porte tu tu sens mal, parce que t’oublies pas tout en quittant le travail. Et en même temps je trouve ça indispensable.

En parlant de ça, est-ce que après avoir vécu ce genre de chose vous ne pensez pas que certaines personnes donnent une mauvaise image du journaliste par rapport à … (se fait couper la parole)

Sur cette histoire là je trouve que si ils avaient une mauvaise image de nous… Après il y a des journalistes qui vont trop loin, avec l’affaire Océane… Je pense qu’on est toujours à la limite, faut pas aller trop loin, faut pas aller dans le jardin des parents d’Océane pour les faire chier, faut savoir s’arrêter à un moment. Et je pense qu’il y en a qui ne s’arrêtent pas. Ils doivent subirent une pression parce que leur rédaction leur dis de rendre le papier pour demain … Mais je comprends qu’il y ai des gens qui aient une mauvaise image du journaliste parce que tout le monde ne respect pas totalement ça.

Et ça vous arrive souvent ce genre de chose quand vous faites une enquête?

Non, après c’est souvent des gens qui ne lisent pas la presse … C’est paradoxal quand je vois ces gens qui lisent pas la presse, qui connaissent pas notre métier et qui ont une image un peu négative de nous sans nous connaître. Sinon moi je trouve qu’en règle général les gens sont plutôt ouverts et respectueux. Et d’ailleurs vous le voyez dans le journal, il y a plein de gens qui sont en photo, qui sont content que les journaux le disent.

Et sinon, vous avez pas des conseils pour nous, futur jeunes journalistes?

Moi ce qui me fait le plus halluciné, c’est … comment vous dire … Comme on reçois des stagiaires, et souvent je remarque qu’ils lisent peu, qu’ils ne lisent pas journaux, qu’ils ne connaissent pas de noms de journaux … Voilà et moi mon conseil c’est ça pour devenir journaliste il faut «bouffer de la presse», il faut lire les journaux, lire les magazines, même des journaux qui sont pas aussi «chiant» que le nouvel observateur, des journaux musique, ou télé, ou cinéma, mais faut lire quoi. Il faut en manger, et être curieux. C’est vraiment un métier où il faut s’accrocher, être sérieux, faut pas lâcher quoi. Et puis aimer ça hein. Voilà, c’est tout. J’ai l’impression d’être un grand-père… (rire).

En conclusion, pour pratiquer le métier de journaliste, comme vous nous l’avez expliqué, il faut être curieux, persévérant et accepter les contraintes du métier. Ce n’est pas un métier qui consiste à se «remplir les poches» mais qui permet plutôt un enrichissement personnel à travers les expériences diverses et les nombreuses personnes que nous sommes amenés à rencontrer.

Nous vous remercions d’avoir pris le temps de nous recevoir et d’avoir répondu à nos questions en tout honnêteté. Nous vous ferons parvenir la retranscription de l’entretien par mail afin d’avoir votre accord pour la publication. Nous acceptons toutes modifications de votre part.

 

Lina TRABELSI, Rémi COUSTON et Zoé HARDY

 

Légende

DEUG : Diplôme d’Études Universitaires Générales, équivalent de la deuxième année de licence aujourd’hui

IUP : Institut Universitaire Professionnalisé

Entretien avec Elodie Malatrait, à Marseille le 19/11/2011

lundi 21 novembre 2011

 Nous avons réalisé l’entretien avec Elodie Malatrait, professionnelle de la communication interne, externe et de l’événementiel. Elle nous a reçu à Marseille le matin du samedi 19 novembre sur les lieux de la préparation d’un événement organisé par le club sportif de l’ASPTT* se déroulant le lendemain. L’entretien a duré 54 minutes, nous l’avons enregistré avec deux magnétophones et chacune d’entre nous a posé des questions.

 -Bonjour, nous sommes étudiantes en information et communication à l’université Paul Valéry de Montpellier. Je suis Marie, voici Pascale et Stéphanie. Nous venons aujourd’hui dans le cadre d’un projet à réaliser pour l’univerté qui consiste à interviewer un professionnel de la communication. Votre métier touche à toute les différentes facettes de la communication c’est pourquoi notre choix c’est porté vers vous.

Nous devons vous prévenir que l’entretien sera publié sur un blog de travail, nous vous demandons donc votre accord pour tous enregistrements et photos postés sur ce blog.

Oui, il n’y a aucun problème.

 –Avez-vous toujours environ 1h a nous accorder pour cet entretien?

Oui je suis à vous pendant une heure avant de retourner à la préparation de la course.

-Merci, puisque les modalités sont réglés, nous pouvons maintenant commencer.

 –Nous savons que vous faites de la com’ interne, externe, de l’événementiel, des relations presses etc… Comment vous définissez vous dans votre métier?-

J’ai une agence de communication qui regroupe effectivement différents domaines qui sont la relation presse, les relations publiques, le conseil en communication, interne ou externe, et l’organisation d’évènement, ce que vous appelez évènementiel. Donc mon agence regroupe tout ça. J’ai également au niveau de la com’ interne une autre casquette qui est celle de chargé de communication de l’ASPTT de Marseille. C’est le club omnisports qui organise aujourd’hui cet événement-les 10 km de la Provence- sur lequel nous nous rencontrons aujourd’hui. Ce club regroupe 70 disciplines sportives divisées en sections. Et là, j’interviens en communication de marketing, relations publiques mais je fais beaucoup aussi de com’ interne qui s’adresse essentiellement aux adhérents, aux sections du club qui fonctionnent comme autant de services autonomes… et donc, sur ce versant, la com’ interne c’est de discuter avec eux avant, de travailler sur la communication à adopter pour pouvoir aller « vendre » notre discipline aux adhérents ou bien aux médias et au grand public.

Et pour ce qui concerne vos autres activités, relations presse, relations publiques et organisation d’événement?

Si l’on prend un événement comme l’Open 13*, j’y exerce toutes les palettes du métier. Je suis responsable des médias et des relations publiques mais j’interviens aussi dans l’organisation générale. Je fais partie de l’équipe restreinte qui va avoir son mot à dire sur le choix du village des partenaires, le thème, les animations autour des courts. A un moment donné, tout cela est lié à la communication. Il y a d’autres événements pour lesquels je ne fais que de la relation presse, exemple, le super cross de Marseille qui va avoir lieu au mois de janvier. Là, mon job est de promouvoir l’évènement auprès des journalistes: les faire venir à la conférence de presse, leur envoyer des communiqués de presse en amont et ensuite les accueillir sur l’évènement pour qu’ils répercutent la manifestation dans leurs journaux

Est ce que c’est aussi comme cela que vous travaillez avec l’Olympique de Marseille?.

Pour l’OM, je gère en premier lieu, les relations publiques du club. Par exemple les personnalités à accueillir en tribune présidentielle. Pour chaque match, l’OM reçoit un certain nombre de VIP dont l’image peut aussi servir celle du club. L’OM a ses propres demandes, mais je vais également être pro active dans le choix d’invités. Je suis l’actualité et en fonction des évènements sportifs, cinématographiques, culturels,économiques et politiques, je fais des propositions qui peuvent valoriser l’image du club. Je vais les contacter, eux ou leur boite de production ou leur secrétariat pour leur proposer d’assister au match. Je vais vous livrer un scoop, pour OM-PSG le 27 novembre à Marseille, je suis en relation avec Inna Modja. C’est une chanteuse très en vue en ce moment et j’ai lu dans un article qu’elle aime le foot. Je m’occupe aussi de la gestion des relations presses des médias de l’OM. Il y a beaucoup de médias à l’OM : le site internet, la télé (OMTV), le magazine OMmag, un tas de supports qu’il faut promouvoir parce qu’ils ont besoin de partenaires pour vivre. Plus on va parler des médias, des émissions, plus ça va être valorisant et les gens vont avoir envie d’imposer leur marque sur ces supports là.

Ces interventions supposent que vous pratiquez aussi avec eux le conseil en communication. De quoi s’agit-il?

L’idée c’est de faire un plan de communication intelligent pour pouvoir arriver à promouvoir au mieux l’évènement. En fait, il faut faire un plan média, un plan de communication hors média (exemple l’affichage). Prenons un exemple:  votre événement a lieu le 15 juin. Nous sommes aujourd’hui le 19 novembre, j’établis un plan, et je le propose. au client. Je fais ce qu’on appelle un rétro planning et je prend des devis des budgets. C’est tout un travail de fond, un peu d’investigation, après on discute et là, je conseille. Si le client n’a pas les fonds nécessaires pour la réalisation du plan dans sa globalité, j’explique le minimum qu’il est indispensable de faire pour que l’annonce de l’évènement soit réussi .

Vous avez une vie professionnelle bien remplie, est-ce qu’il y a un cursus professionnel particulier pour en arriver à ce stade?

Aujourd’hui on ne peut plus apprendre ce métier sur le tas, comme c’était encore le cas il y a quelques années. Il faut avoir un minimum de bases pour comprendre les codes. Pour autant, l’important n’est pas le cursus mais ce que vous, vous allez en faire .Moi j’ai fait l’École Française des Attachés de Presse (EFAP), et j’ai adoré!, J’ai eu des bases mais aussi des stages intéressants. Mais il ne faut pas croire qu’on vous amène tout sur un plateau, mes stages je suis allée me les chercher toute seule. En même temps, on nous avait fait croire pleins de trucs, du style « vous pouvez être directeur de com’, avoir de hauts salaires etc ». En fait, on s’aperçoit que rien n’est vrai. S’il suffisait de sortir à 23ans d’une école et de prendre la place de n’importe qui, ça serait trop facile. Ceci dit, les cours c’est bien beau. On va vous expliquer comment faire un communiqué, comme on l’ a déjà expliqué à 150 millions d’autres personnes. Du coup, les communiqués qui arrivent dans les journaux sont tous les mêmes. Moi j’ai fait le choix d’aller faire un stage dans un journal, je voulais savoir comment ils travaillent pour pouvoir mieux travailler avec eux par la suite. Donc je suis allée faire un stage pendant les vacances, au service des sport dans un journal marseillais. Et quand j’ai eu mon diplôme en juin, il a fallu trouver du travail. J’ai envoyé plein de candidatures spontanées. Une seule agence de communication m’a répondu pour une mission de 6 mois sur un congrès de jeunes dirigeants d’entreprises à organiser. Le salaire était dérisoire. Je l’ai fait parce que ça m’intéressait de le faire. Dans le même temps, j’ai rencontré les gens de l’ASPTT de Marseille qui avaient envie en 1994 de créer un service de communication à mi-temps. J’ai accepté. Parallèlement, j’ai envoyé beaucoup de candidatures spontanées dans le domaine de l’évènementiel sportif parce que c’était quand même ce qui me plaisait. L’organisateur de L’Open 13 m’a appelé, je ne le connaissais pas, c’était la 4eme année de l’Open 13. Il voulait changer d’attachée de presse. Il m’a donc reçue et m’a demandé si ça m’intéressait, si je savais faire, si je connaissais du monde, j’ai répondu oui à tout mais en réalité, je ne connaissais personne. C’était horrible, j’ai perdu 5 kg dans la semaine. J’étais au Palais des Sports de 7h à 2h du matin. Cet événement a vraiment été mon école, ça a été fabuleux, j’ai galéré mais j’ai appris un tas de choses, j’ai compris ce que c’était que le terrain et j’ai surtout compris que c’était ce métier là que je voulais faire. Ça s’est super bien passé Et à partir de là, sont arrivés pleins d’autres évènements , le beach volley, le beach soccer, le Marseille-Cassis… Je me suis finalement fait ma place dans le milieu, et j’ai mon panel de clients.

On comprend, à vous entendre, à quel point les contacts sont importants…

Il y a deux choses capitales dans ce métier: les contacts et le réseau. C’est pour ça quand on vous dit que vous allez avoir un super job tout de suite, c’est pas vrai ! A moins que vous connaissiez déjà des gens et dans ce cas, tant mieux, profitez- en! Dans ce métier, on avance à petit pas. Tu connais telle personne, puis telle autre .. Vous voyez des gens, vous faites vos preuves, vous en rencontrez d’autres etc…c’est comme ça que se constitue un réseau.

Les relations avec les gens et en particulier avec les journalistes sont une part importante de ce métier. Comment ça se passe?

Les journalistes sont des gens spéciaux. Je le dis d’autant plus facilement que je suis mariée avec un journaliste. Pour vous faire respecter, il faut les respecter ! Je vois trop de consœurs ou de confrères parfois ne pas les respecter. A les prendre pour des imbéciles, tôt ou tard votre crédibilité en prend un coup. Certains pensent qu’on devient un grand attaché de presse en ne donnant pas d’ infos aux journalistes ou en les manipulant. C’est complètement faux !

Alors, justement, quelles sont les qualités indispensables dans ce métier ?

Pour moi , la qualité principale, c’est d’être fiable. c’est indispensable ! Il faut aussi être diplomate, ce qui n’est pas toujours facile. Quelquefois on a à faire à certains journalistes ou d’ autres communicants qui essaient de vous faire passer des vessies pour des lanternes ( rires ) donc il faut être diplomate parfois.. Quand vous avez des journalistes des petits supports qui se prennent pour des grands journalistes du 20 heures et qui vous méprisent, il faut être diplomate et pas les envoyer paître violemment. Il faut aussi être disponible. Un événement c’est pas 9h00 – midi, 14h00 – 17h00,il faut le savoir. C’est du non- stop , vous allez parfois être amené à travailler très tard le soir même la nuit. Il faut se taper des soirées où on n’a pas forcément envie d’aller, des cocktails chiants. Sur les 300 personnes présentes, il y en a deux que vous avez à voir et si vous les voyez à ce moment là ça peut faciliter votre travail. Donc voilà il faut savoir que c’est ça aussi le métier.

Et les défauts à éviter?

-Des défauts on en a tous donc il faut vraiment faire attention. Déjà il ne faut pas dire oui à tout . Et encore une fois le défaut principal pour moi, c’est d’être manipulateur.

Mais justement c’est une grande critique qu’on fait aux communicants, qu’en pensez vous?

Moi je ne suis pas d’accord avec ça. La communication, ce n’est pas de la manipulation .C’est de la négociation ! Ça c’est vrai , il faut négocier ! Quand tu vends un artiste , un sportif , ou un événement, là tu vends ! Donc tu négocies ! En ce moment je travaille sur le spectacle de Patrick Bosso. C’est nouveau pour moi , je bosse avec des journalistes différents, c’est un super exercice pour moi ! Ce qui m’intéresse, c’est d’obtenir quelque chose de différent de ce qui a déjà été fait sur Bosso. Je veux un article de fond. Donc il faut convaincre la journaliste en face de moi de me faire une page entière . Par exemple, je vais négocier pour que le papier sorte le jour OM/PSG parce que ce jour-là, tout le monde va acheter le journal Mais ça, c’est pas un défaut ! À la limite c’est une des qualités qu’il faut avoir, il faut négocier .Avant de téléphoner à un journaliste, je me fixe un objectif . Je suis très scolaire moi, par rapport à ça ! Je fais mon petit truc par écrit avant. Des fois ça marche , des fois ça marche pas. Et quand ça marche pas, j’y réfléchis et j’essaie d’y revenir différemment.

Justement,avez déjà vécu une communication de crise ?

Oui, plein de fois! À l’ASPTT de Marseille il y a deux ans il a fallu vendre notre complexe sportif parce qu’on avait plus d’argent pour payer le fonctionnement. Les adhérents qui étaient là depuis longtemps n’ont pas compris. Ils ont traité la direction d’ « assassins », « d’abandonneurs » . Il a fallu s’expliquer, et là, le discours de communication interne est hyper important. On a fait des tas de réunions, des tas de rencontres pour clarifier les choses et que personne ne se sente lésé. J’ai vécu aussi des situations difficiles comme un mort pendant la course de Marseille-Cassis. Un mort pendant un événement festif, c’est terrible. Et là,il faut communiquer, minimiser le fait; tout en respectant la gravité de la situation. Et puis il y a les trucs rigolos: sur l’Open 13 un joueur de tennis qui s’est fait voler ses raquettes. Et là on hésite, faut-il communiquer ou pas? Donc oui oui il y a eu pleins de petites choses comme ça et on les a gérés plus ou moins bien . Mais ça fait partie du truc , c’est sexy c’est rigolo !

Parlez nous de vos bonnes expériences…

Je n’ai que des bonnes expériences. Franchement. Je ne regrette absolument aucun événement. Il n’y en a aucun dont je me suis dit que je n’aurais pas dû le faire. J’ai toujours essayé de faire les événements que j’ai envie de faire. Du coup, je n’ai pas de regrets. J’ai vécu des événements formidables : la coupe du monde de hand où j’ai été responsable du site de Marseille en média presse,ou encore la coupe du monde de rugby à Marseille où j’ai été responsable du protocole, avec 700 personnes à gérer, l’arrivée des délégations internationales, la réception des présidents des Etats. C’est extraordinaire de préparer tout ça et qu’on te fasse confiance. C’est une responsabilité et après c’est une super satisfaction. Non franchement, je me régale.

Donc en fait dans ce métier, il y a des tas de responsabilités. Vous les définissez comment ?

Il y a la responsabilité de l’information que tu donnes. Dans les relations presse, tu ne peux pas dire n’importe quoi. Tu ne peux pas te contenter de l’à peu près. Tu as une responsabilité d’information. De la même façon que les journalistes, d’ailleurs. Toi tu crées l’information et eux ils sont là pour la relater. Pour l’embellir ou pour l’enlaidir, ça dépend des fois. Et puis après dans l’organisation, tu as une responsabilité de gestion de la sécurité etc.

Comment dans l’événement que vous êtes en train de préparer et qui se déroule demain. Quel est votre rôle ?

Cet événement, il s’agit des 10 km de la Provence, organisés par l »ASPTT Marseille. C’est une épreuve de course à pied, adultes et enfants qui va durer une demi journée sur les plages du Prado à Marseille. On a monté un village pour que les gens puissent venir s’inscrire, retirer leurs dossards… Moi sur cet événement là, mon job est très simple. Je participe à l’organisation. Ça veut dire que soit je cherche des partenaires, soit j’ai une relation avec les partenaires qui sont là, institutionnels ou privés. Je négocie avec eux les subventions, je travaille sur le budget. Et après, je travaille sur toutes les questions de protocole, les relations presse, je fais la promotion de l ‘événement, j’ai travaillé à l’élaboration de la plaquette de présentation, à l’affiche, au bulletin d’inscription en collaboration avec les personnes concernées. J’ai en charge aussi tout ce qui est animation. Par exemple on organise un échauffement public. On a été les premiers à faire ça, il y quelques années, déjà. Les gens arrivent et on leur propose de s’échauffer, donc faut trouver la prof, tout ça. J’ai créé aussi des animations pour les enfants. Demain, une association va venir pour maquiller les enfants, faire des jeux .J’ai cherché quelles étaient les meilleures associations et je suis en relation avec elles. Après j’ai un rôle d’accueil, pour les partenaires, les journalistes, les personnalités qui seront présentes, j’organise de la remise de récompenses. Mon rôle est multiple.

Pour finir, quel conseil donneriez vous à des étudiants ou des gens qui débutent dans ce métier?

Soyez, curieux, mais vraiment curieux. Je trouve par exemple inconcevable que des étudiants ou des stagiaires de 22 23 ans habitant Marseille connaissent à peine le nom du maire de la ville et peu de choses de ce qui se passe en politique aujourd’hui. Parce que tout est lié. Vous pourriez penser « son job c’est le sport, qu’est ce qu’elle en a à faire de la politique! ». Et bien non ! Les histoires politiques , j’y suis en plein milieu. L’Open 13 par exemple, son sponsor principal c’est le conseil général des Bouches du Rhône et en fonction de ce qui se passe en ce moment avec le président du conseil général, notre événement peut être à un moment donné, en péril. Il faut qu’on soit au courant de ce qui se passe. Je ne vous dis pas d’être une encyclopédie mais ce n’est pas parce que vous travaillez dans le sport que vous ne devez pas vous intéresser au reste. Il faut avoir un minimum de culture. Vous devez savoir ce qui se passe dans votre ville, dans l’endroit où vous vivez, quelles sont les personnes importantes à connaître ou simplement savoir qu’elles existent parce que vous allez peut-être être amenées à un moment donné à entendre parler de ces gens soit à être en contact avec eux. Ce métier de communication est fait de synergies.

Donc, nous pouvons retenir qu’il faut être disponible, fiable, curieux, mais aussi très travailleur, en bien sur passionné pour faire ce métier?

C’est exactement ca!

Nous vous remercions de nous avoir reçu, nous vous enverrons la retranscription de l’entretien ce ween end afin que vous puissez le valider. Merci de nous avoir accordé 1h de votre temps.

Stéphanie PRZYCHODNY, Pascale SIMONEAU, Marie ALLIONE

Légende :

ASPTT: Association Sportive des Postes et des Télécommunications. Club ominisports.

L’Open 13: tournoi de tennis masculin. Il se déroule sur dur en salle au Palais des Sports de Marseille. Le tournoi accueille 32 participants. La première édition remonte a 1993.