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« CRÉER L’ ÉVÉNEMENT »

samedi 17 novembre 2018

« CRÉER L’EVÉNEMENT »

L’entretien avec Madame Marie-France Allamel, responsable de communication, à la Casa Musicale de Perpignan, s’est déroulé le 26 octobre 2018 à 15 heures 30. Notre équipe est composée de Brunette MBIE, Pénda M’BAYE et Pablo TESTANIER. Avant de réaliser cette interview, nous avions correspondu avec Madame Allamel afin d’obtenir l’autorisation de publier la retranscription écrite de l’entretien après validation sur le blog Info/info et de fixer les modalités pratiques (durée et accord pour l’enregistrement).

Pablo Testanier :  Bonjour et merci de nous accueillir au sein de la Casa Musicale. Étudiants en première année de licence information et communication à l’université Du Guesclin de Béziers, nous faisons une étude sur les métiers de la communication et plus particulièrement sur la communication événementielle. Alors, tout d’abord, en quoi consiste votre profession ?

Marie-France Allamel :  Je suis responsable de la communication de la Casa Musicale dans son ensemble. Donc, je suis effectivement responsable de communication événementielle puisque mon travail couvre l’organisation des nombreux événements de la Casa Musicale comme par exemple le festival « Ida y Vuelta » qui en est à sa 22ième édition, mais je suis également responsable de la communication de la structure à savoir les différents stages et opérations qui y sont organisées, mais aussi les activités récurrentes comme les ateliers hebdomadaires, les workshops (peut se traduire par atelier collaboratif, une variante de la réunion de travaille à la différence prés que tout le monde participe activement),  les résidences d’artistes… En fait, mon travail consiste à communiquer sur l’intégralité des activités et des événements de la Casa Musicale.

Testanier : D’accord, donc vous êtes au cœur du quotidien mais aussi de tous les événements de la Casa

M-F Allamel : Voilà, c’est exactement cela ! 

Testanier : Et du coup, quels sont les compétences requises et les qualités personnelles que nécessite ce travail ?

M-F Allamel : Alors… c’est toujours un peu compliqué de répondre à ce type de question parce que chaque structure a des besoins particuliers. Les compétences requises diffèrent en fonction de la structure pour laquelle on travaille. La Casa Musicale n’étant pas un lieu de diffusion, même s’il nous arrive de programmer des concerts ou des restitutions de résidence en partenariat avec d’autres opérateurs, le travail de la communication est alors spécifique car ce que l’on produit est gratuit ; Nous ne sommes pas dans un créneau « marchand ». Ainsi, les compétences en communication sont moins liées au « marketing » et plus aux « relations publiques ». J’entends par « relations publiques », les relations avec les différents opérateurs régionaux, avec les nombreux partenaires financiers et bien sûr les relations avec le public cible qui vient aux différents événements ou opérations.

Cependant, il y a des compétences comme la maîtrise a minima des réseaux sociaux qui semblent indispensables. De bonnes qualités rédactionnelles et d’expression orale sont également incontournables. Ces qualités se retrouvent dans d’autres compétences comme savoir rédiger un dossier de presse, un communiqué de presse, savoir adapter sa communication aux différents types de médias parce que la communication presse n’est pas la même que celle des réseaux sociaux. 

Testanier : Mais vous, qu’est-ce qui vous plait le plus dans l’événementielle ?

M-F Allamel Ouf …Alors là aussi c’est une question très large…Mais, je dirai que la réponse est comprise dans l’intitulé « événementielle » :  c’est créer l’événement ! Donc, ce n’est jamais monotone. On a affaire à des personnes différentes, des activités différentes, des esthétiques musicales différentes. Cela signifie qu’il faut se tenir au courant de l’actualité musicale, lire, aller à des concerts…Pour moi, ce sont cette nécessaire ouverture d’esprit, cette curiosité qui sont vraiment intéressantes. Ce qui me plait le plus c’est que ce métier doit être fait avec un minimum de passion. Bon, bien sûr même si ce n’est pas un sacerdoce…. (Rires) Il faut être curieux et en alerte tout le temps, sinon ça ne fonctionne pas… et c’est ce que j’aime…

Testanier : Pas de routine, pas de monotonie…Existe-t-il des difficultés qui en découlent ?

M-F Allamel : Et oui ! (Rires). Les difficultés sont liées aux avantages… Effectivement, parfois ce n’est pas facile…il faut savoir prioriser les choses, c’est ce qui est compliqué. Il ne faut pas se laisser déborder car cela peut aller très vite…  Il faut alors avoir deux qualités essentielles : à savoir il faut être à la fois curieux et à la fois rigoureux ! 

Testanier : Depuis quand travaillez –vous à la Casa Musicale ? 

M-F Allamel : Alors, j’ai connu la Casa Musicale à son tout début alors que j’étais en reconversion professionnelle et que je faisais une formation à Paris. J’ai vu un article dans le Monde en 1996 …ça date … (Rires) Les Projets Culturels de Quartier étaient mis en place, par Douste-Blazy, alors Ministre de la Culture : 25 initiatives étaient créées en France dont la Casa Musicale à Perpignan… Le projet était de monter une structure multi-activités principalement en direction des publics issus des quartiers ciblés par les dispositifs d’insertion et d’aide. Cette structure qui se mettait en place à Perpignan correspondait réellement à ce que je voulais faire. Et, comme pour la formation que je suivais il fallait une période de stage longue, je me suis donc mise en contact avec l’équipe qui montait le projet. Par la suite, j’ai travaillé de manière ponctuelle à la Casa et parallèlement je travaillais dans des structures culturelles à Perpignan. Puis, j’y ai travaillé à temps plein.

Testanier : Et ce projet a été une belle réussite, et ça vous a réussi

M-F Allamel : Oui je suis toujours là ! (Rires) Le projet m’intéresse toujours autant : Mixité des publics et des esthétiques. A la Casa Musicale, on ne fait pas POUR les gens, on fait AVEC les gens …

Testanier Vous nous avez-dit que le principal événement  de la Casa Musicale était le festival « Ida Y Vuelta ». Pouvez-vous nous expliquer les actions de communication que vous réalisez pour un tel événement ?

M-F Allamel : Tout d’abord, on met en place un rétro-planning à partir de janvier pour ce festival qui a lieu en juin. Ce qui permet d’établir des échéances de travail. Par exemple,quelle sera la date de sortie de la communication papier : les affiches, le programme… Ensuite, il faut prendre contact avec les différents prestataires : graphiste, imprimeur, webmaster, vidéaste, photographe…, faire établir des devis et faire un budget prévisionnel. Puis on doit mettre en place les conférences de presse, les interviews, alimenter les réseaux sociaux, gérer les invitations…

Testanier : Quels autres événements organisez-vous pour la Casa Musicale ?

M-F Allamel Pas mal événements sont organisés… Tout d’abord, 3 ou 4 concerts par an de groupes émergents, les « Emergencia » en partenariat avec le département Musiques Actuelles du conservatoire de Perpignan, puis les soirées « Soul train », le « Happy Battle » c’est un Battle de dance avec un jury, les concerts « So What jazz club », l’événement « Peña Flamenca » avec les groupes de la Casa et les groupes professionnels flamenco de chant et de danse, c’est une véritable fête flamenca ! Et il y a aussi le fameux « Balance ton 16 », un mercredi par mois, il y a des jeunes rappeurs et un artiste invité qui font du free style. Puis tous les ans, on accueille « un max de bruit contre le Sida », des concerts de la saison « Jazz Zèbre », on a des partenariats avec pas mal d’opérateurs de la région.

Testanier :  Quels médias et supports de communication utilisez-vous pour organiser tous ces événements ?  Peut-on dire qu’il y a une réelle évolution du métier vers le digital ?

M-F Allamel : Si on veut être efficace, il faut réfléchir à quel public on s’adresse pour savoir quel medium va le plus le toucher. Pour une communication généraliste ou grand public, on sollicite souvent les médias locaux :  pour la presse, l’Indépendant, puis la radio, France Bleu Roussillon est la radio la plus écoutée. On ne peut pas faire l’économie d’un site internet. Et en fonction de l’événement, il y a des affiches et des flyers disposés dans des lieux ciblés. L’affichage est très important pour le festival Ida y Vuelta, mais n’a aucun intérêt pour « Balance ton 16 » en direction d’un public « de niche » comme celui des rappeurs… ! Là ce sera plutôt une communication digitale (Facebook et Instagram) …

Testanier :  Donc, en ce sens, on peut dire que vous avez des fonctions de « community manager » également ?  

M-F Allamel : Oui tout à fait ! En attendant d’avoir une assistante…

Testanier :  Ah vous allez recruter quelqu’un ? 

M-F Allamel : Oui car pour les réseaux sociaux, si l’on veut que l’impact soit efficace, il faut que ça vive, il est nécessaire d’être très réactif … Et, c’est très chronophage… Alors, en ce qui concerne l’évolution du métier vers le digital, C’est une évidence ! (Rires) Après, c’est toujours pareil, tout dépend de la structure dans laquelle on travaille et du public que l’on veut cibler … Les stratégies de communication événementielle de la Casa Musicale, qui est une association plutôt protéiforme, ne seront pas les mêmes que celles d’une SMAC, d’un théâtre ou encore d’une structure dédiée à un festival unique …

Testanier : Donc, dans l’événementiel, la stratégie dépend de la structure et de la cible …

M-F Allamel : C’est tout à fait cela ! Il faut s’adapter pour communiquer le mieux possible.

Testanier : Alors, quels autres conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se destiner à la communication événementielle ?

M-F Allamel : (silence…) Pour avoir le plus de chance possible de trouver un emploi ? C’est le sens de votre question, non ?

Pablo Testanier : Oui ! (Rires) 

MF Allamel Alors, j’aurais tendance à dire, un Bac+ 5, c’est bien…Et surtout des stages, c’est extrêmement important. Cela permet d’avoir une vision large des différents aspects du métier, cela permet de se positionner sur ce que l’on a envie de faire ou de ne pas faire, vers quel type de structure, vers quel type d’événement on aimerait se diriger… L’événementiel c’est très large. Dans l’événementiel, on voit le résultat. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment on arrive à ce résultat. Et pour, cela il faut se confronter à la réalité de toutes les facettes du métier, à l’envers du décor … 

Pablo Testanier : Merci pour ces précieux conseils et merci de nous avoir fait partager votre expérience.

Pour en savoir plus : La casa musicale   http://www.casamusicale.net/   et le festival « Ida y Vuelta »            http://www.idayvuelta-festival.fr/

 

Brunette MBIE, Penda M’BAYE et Pablo TESTANIER

Interview de Julie DECKER, attachée de presse du FC Metz

samedi 17 novembre 2018

Bonjour, nous allons donc vous interviewer dans le cadre d’un projet scolaire de licence information et communication.

 

  • Tout d’abord pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Bonjour, je m’appelle Julie DECKER, j’ai 28 ans, j’ai fait un bac ES et ensuite une licence Information et Communication à Metz. J’ai fait mon stage de fin de licence au FC Metz. Ensuite j’ai continué sur un master dans une école de commerce à Paris, c’était l’école AMOS, « Ecole de Commerce du Sport Business ». L’école n’est pas forcement très reconnu mais je l’ai choisi parce qu’elle proposait une formation en alternance et j’ai eu la chance d’être gardée au FC Metz pour continuer mon alternance. J’ai d’abord été embauchée à la fin de mon master comme chargée de communication, au bout de 3 ou 4 ans je suis passée responsable de communication et cet été je suis devenue directrice de communication.

 

  • En quoi consiste votre métier ?

Il est assez vaste, car lorsqu’on est dans un club qui est « assez petit » en termes de nombre de salariés on est tous sur plusieurs postes. C’est le contraire d’un grand club par exemple si je compare à Lille, nous à Metz, au service communication on est 3 tandis qu’à Lille ils sont une bonne dizaine. Moi par exemple, je gère une équipe, c’est-à-dire un graphiste et une personne ayant une formation journalistique pour produire des contenus. Je produis moi-même aussi des contenus pour sites internet et réseaux sociaux. Je gère aussi toutes les campagnes de communications et partenariats médias. Je m’occupe aussi de la RSE, soit la Responsabilité Sociétale des Entreprises, par exemple tout ce qui est attractions sociales comme l’organisation du forum de l’emploi chaque saison. Je m’occupe de pas mal d’événements internes ou externes, comme par exemple la journée des enfants qui sont abonnés au FC Metz, le noël du club pour les salariés et j’ai toute la partie attachée de presse.

 

  • Quels sont d’après vous les qualités requise pour ce métier ?

Je pense qu’il faut être déjà diplomate mais aussi avoir de la poigne, parce que c’est vrai qu’on fait l’intermédiaire entre deux entités qui ont chacun leurs impératifs, par exemple, moi dans mon cas, le sportif aimerait parler le moins possible. Les journalistes, eux, vont vouloir interviewer le coach et les joueurs, néanmoins ces personnes voudraient plus se concentrer sur le sportif et n’ont pas forcément le temps et l’envie de parler aux médias. Il faut donc trouver un juste milieu qui convient à tout le monde. En sois-je dirais donc que tu dois être assez ferme pour ne pas non plus se laisser imposer tout et n’importe quoi par les journalistes. Mais en même temps il faut être aussi conciliant parce qu’il faut comprendre les besoins de chacun. Il faut être assez organisé et disponible parce que les journalistes appellent tout le temps, c’est-à-dire qu’eux ils travaillent les jours fériés et moi je n’ai pas mon emploi du temps calqué sur le leur, donc quand je suis en vacances ils continuent de m’appeler. Et conciliante dans le sens où il faut toujours trouver un compromis, c’est-à-dire que je ne peux pas me permettre de dire à un journaliste « non tu n’auras pas d’interview de ce joueur-là » il faut toujours proposer quelque chose d’autre pour que le journaliste ne soit pas frustré et qu’il évite d’écrire des choses méchantes sur la personne qui a refusé l’interview ou sur l’entité que l’on défend.

  • Quels postes avez-vous effectué avant celui-ci ?

Du coup moi j’ai toujours travaillé au FC Metz, mais je touche à plusieurs postes en même temps, chose que je ne pourrais pas faire dans un plus grand club. Donc j’ai été chargé de communication, responsable de communication et directrice de communication tout en restant dans le même club.

 

  • Pourquoi avoir choisi le domaine du football ?

Lorsque j’étais au lycée, j’étais déjà passionnée de sport et surtout de football. Depuis petite je voulais être journaliste sportive et j’avais fais un stage à 18 ans dans la presse locale à Metz ce qui ne m’avais d’ailleurs pas réellement plu. Je m’étais alors dit que la communication pouvait être un bon compris parce qu’au final il faut écrire des articles mais il y a aussi pleins d’autres choses à côté.

 

  • Comment peut-ont qualifié votre place au sein de la direction de communication du club ?

Disons que cela dépend, selon les clubs, le directeur de communication a plus ou moins d’influence, moi je n’ai pas un poste très influent, je n’ai pas un poste de haut décisionnaire, mais après c’est un poste qui a l’avantage dans un club d’être en lien avec tout les composantes d’un club, c’est-à-dire que je pense être dans le seul service au club qui a un lien aussi bien avec les supporters, les sportifs, le coach, le staff, les partenaires, le centre de formation, l’équipe féminine et les autres salariés. C’est assez vaste, on peut vraiment échanger avec beaucoup de monde et quand on aime échanger c’est plutôt agréable.

 

  • Si vous pouviez citer 2 actions de communication qui vous ont marqué depuis votre arrivée au club, quelles seraient-elles ?

Ce n’est pas très original car il y a beaucoup de clubs qui le font, mais je dirais déjà le forum de l’emploi parce que contrairement à beaucoup de clubs, nous c’est vraiment le club qui l’organise, ce n’est pas notre partenaire Pôle Emploi qui organise un forum chez nous, c’est le club qui l’organise. C’est d’ailleurs quelque chose qui me prend beaucoup de temps chaque année, c’est un événement hors sportif qui fait du bien dans tous les cas, parce que c’est vrai qu’au FC Metz dans tous les cas on a toujours changé de division, donc il y a des années où c’est sportivement très agréable et d’autres où c’est très dur comme lorsqu’on est dernier de Ligue 1 toute la saison. Cela permet donc d’avoir une petite soupape de communiquer sur autre chose que du sportif et de montrer que le FC Metz s’investit auprès des gens, surtout en lorraine où on est quand même une région où le taux de chômage est assez élevé. Et sinon encore en positif cette saison c’est qu’on a créé une mascotte. Comme on refuse de faire trop d’humour avec les comptes institutionnels comme Twitter ou Instagram, comme le font certains clubs, on a lancé une mascotte cet été et des comptes internet de la mascotte, on se permet de faire plus d’humour là-dessus, et ça passe plutôt bien auprès des supporters. Mais d’une manière générale, je dirais que tout ce que les clubs peuvent faire dans le domaine social comme aller voir des enfants dans les hôpitaux, soutenir des associations et toutes ces choses-là, je pense que ce sont que des bonnes choses que l’on peut faire.

 

  • Vous nous avez parlé des réseaux sociaux et nous avions remarqué que vous étiez présents sur ces derniers, mais quels sont les objectifs attendus à travers l’utilisation de ces réseaux sociaux ?

C’est avant tout de pouvoir créer un lien avec nos supporters pour former une vraie communauté, pouvoir échanger avec eux et leur répondre, ça c’était l’objectif quand on a lancé les réseaux. C’est vrai qu’après on s’est vite retrouvé avec beaucoup de monde et de demandes et cela demandait énormément de temps pour répondre à tout le monde. Donc maintenant je dirais que c’est plus pour pouvoir fournir un maximum d’informations mais il y a toujours ce côté lien qu’on entretiens, on essaie de passer du temps à répondre au questions et messages sur Twitter, surtout sur les comptes de la mascotte, mais je dirais que sur les réseaux sociaux c’est surtout pour transmettre de l’information en temps réel, faire vivre au public les coulisses et toutes les choses que l’on ne peut pas voir du club et sur le site on sera plus sur des informations plus détaillées, des vidéos plus longues.

 

  • Dans le domaine du sport, à quoi servent les conférences de presse ?

C’est le moment obligatoire avant les matchs, notamment pour le coach, cela permet de réunir tous les journalistes qui le souhaitent, 48h ou 24h avant le match, cela dépend de ce que souhaite l’entraineur pour faire un point sur le match, le groupe, les blessés. L’idée de faire ça, c’est qu’il y a tellement de demandes qu’aujourd’hui on est obligé de regrouper les journalistes ensembles sinon les coachs pourraient passer 3h avec chaque journaliste pour redire la même chose, ce qui est quand même très compliqué quand on sait que les coachs sont très concentrés sur le sportif, ils ont beaucoup de travail, que ce soit dans l’analyse de l’adversaire, préparer leur équipe… Donc l’idée c’est de faire ça une seule fois, de centraliser toutes les questions qui sont à peu près les mêmes et de pouvoir y répondre avant les matchs et pareil après les matchs car en général tous les médias veulent une réaction de l’entraineur. L’idée est de centraliser pour éviter que le coach passe trop de temps à donner une même interview à des médias différents.

 

  • Du coup, avec quels médias travaillez-vous principalement ?

Cela dépend si on est en Ligue 1 ou en Ligue 2. Quand on est en Ligue 2 comme nous, on travaille surtout avec la presse locale, que ce soit radio ou presse écrite, et très ponctuellement avec les médias nationaux comme l’Equipe, France Football… C’est beaucoup moins important que lorsqu’on est en Ligue 1. Nous travaillons aussi très régulièrement avec les diffuseurs, que ce soit Bein ou Canal, ils ont toujours besoin d’interview avant et pendant les matchs, ils ont des émissions en direct donc ils ont toujours besoin de monde ou de venir tourner des émissions dans la semaine pour venir animer leurs émissions d’avant match. Tandis que quand on est en Ligue 1 il y a toujours la presse locale qui est très demandeuse et on a beaucoup plus de demandes de médias nationaux.

 

  • Donc vous trouvez qu’entre la Ligue 1 et la Ligue 2 il y a une grande différence de médiatisation ?

Oui il y a une très grande différence de médiatisation, déjà quand on regarde l’Equipe, qui es le journal de référence pour les gens qui aiment le football ou en tout cas le sport et dans chaque quotidien, il n’y a qu’une page sur la Ligue 2 le vendredi et le samedi je crois. Alors que sur l’Equipe d’aujourd’hui il doit y avoir 8 pages sur la Ligue 1, une page sur la Ligue 2 et le reste sur les autres sports « mineurs ». Donc il y a vraiment une grosse différence au niveau de la couverture national. Après ce qui change vraiment aussi en Ligue 2 c’est qu’il y a beaucoup de site internet qui nous sollicitent, donc ce n’est pas forcément des médias aussi prestigieux que les journaux, mais quelque part sur internet ça peut vite avoir une certaine résonance.

 

  • Est-ce que d’autres clubs de football vous inspirent-ils en matière de communication, si oui lesquels ?

D’une manière générale on regarde beaucoup les autres clubs, surtout les clubs de Ligue 1, même si c’est difficilement comparable parce que ce sont des équipes de communication plus importante, par exemple je sais qu’à Saint-Etienne ils sont 7 ou 8, au Losc (Lille) ils sont 10 donc on peut difficilement produire autant de contenu qu’eux. Mais j’aime bien regarder et m’inspirer un petit peu de tout ce qu’il se fait aux Etats-Unis et en Premier League.

 

  • Comment s’organise une journée type, s’il en existe réellement une ?

En fait il est difficile d’avoir une journée type. Disons que quand j’arrive le matin au travail j’essaie de me fixer une journée mais ça arrive très rarement qu’elle reste comme je l’imaginais. Mais quand j’arrive le matin, je traite mes mails et en général j’ai déjà le téléphone qui commence à sonner, que ce soit des journalistes, des commerciaux ou mes collègues. Ensuite j’essaie de faire un point avec mes collègues, surtout avec le chargé d’image et surtout avec la personne qui est chargé de la production des contenus, il est important de faire le point avec lui pour voir ce qu’on va mettre aujourd’hui sur le site, sur les réseaux sociaux, regarder s’il y a une actualité particulière. Après en générale j’ai beaucoup de réunions, et vers 12h il y a les interviews Je finis la matinée par aller au stade pour mettre en relation les journalistes avec les joueurs, je reste là pendant les interviews car aucune interview n’est réalisée sans un membre du club, sauf le coach s’il connait le journaliste et qu’il veut la faire par téléphone. L’après-midi cela dépend surtout de ce qu’il s’est passé la matinée.

 

  • Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

Ce qu’il me plaît le plus c’est l’avantage que j’ai en étant dans un petit club, c’est-à-dire que je touche un peu à tout. Si j’avais été au PSG ou au Losc, je serais cantonnée qu’à un seul métier, seulement attachée de presse, rédacteur ou Community Manager alors que là j’ai la chance de pouvoir faire un peu de tout. C’est impossible que je m’ennuie pendant une journée au boulot. J’ai tout le temps plein de choses à faire et je travaille dans un univers passionnant. C’est sûr que travailler dans le domaine du foot c’est différent que de se lever tous les matins pour aller à l’usine pour travailler à la chaine. On sait qu’on a une chance inouïe.

 

  • Que pensez-vous de l’évolution de la médiatisation du football féminin ?

Justement comme je m’occupe aussi des demandes presses des féminines je trouve qu’on est encore très loin du football masculin, déjà moi ce qui me choque, c’est qu’on emploi à chaque fois le terme de « football féminin », alors que quand on parle de tennis ou de handball par exemple on ne va pas dire « je vais voir du tennis féminin » ou du « handball féminin », on va dire « je vais voir l’équipe de hand », après qu’il soit féminin ou masculin c’est encore autre chose. Alors je pense que déjà dans l’esprit des gens il y a beaucoup de travail à faire mais après la médiatisation du foot féminin c’est vrai que c’est très compliqué. Je vois même chez nous s’est compliqué d’attirer des gens au stade même quand on fait des matchs gratuits. Après c’est vrai que maintenant on a Canal+ qui diffuse quand même tous les matchs féminins, mais je suis persuadé qu’après la coupe du monde de cet été, en plus si la France fait un beau parcours je suis sûre que cela va se développer, mais après de là à rattraper le football masculin, cela n’arrivera jamais mais en tout cas on ne peut que s’améliorer.

 

  • Avez-vous des projets à venir pour Metz ?

Là on a plus pour projet de développer nos actions de communication pour attirer plus de monde au stade parce qu’on se rend compte qu’en Ligue 2 c’est un peu plus difficile d’attirer les gens au stade, même en étant leader au classement. Là je travaille beaucoup en ce moment avec le service billetterie pour voir comment le FC Metz peut-être plus présent en ville et mieux s’afficher, par exemple aujourd’hui j’étais en rendez-vous avec tout les McDonald’s de Moselle pour trouver quel type de jeu concours on pourrait mettre en place pour faire gagner des cadeaux du FC Metz tout en ayant de la visibilité dans tout les McDonald’s de Moselle et tout ça en essayant de dépenser le moins d’argent possible, parce que c’est toujours la contrainte quand on est en Ligue 2, les budgets sont très serrés. Donc voilà, c’est le grand projet du FC Metz de cette saison, le rendre plus visible et essayer d’attirer un maximum de personnes au stade à moindre coup en développant des actions de communications original et efficace.

 

  • Pouvez-vous donner un conseil pour les étudiants qui voudrait avoir un parcours similaire au votre ?

Le conseil que je donne souvent, c’est déjà de ne pas se cantonner à ce qu’on nous enseigne à la Fac c’est-à-dire d’essayer de se développer des compétences à côté. Par exemple moi je sais que quand j’étais à la Fac en première année j’avais eu la chance d’être prise en stage à la presse locale et par la suite on m’avait proposé un poste de correspondante sportive, cela m’avait permis pendant deux ans d’avoir une expérience un peu significative en tant que rédactrice, de développer mes compétences rédactionnelles et quand j’ai recherché un stage j’ai pu prouver que je savais écrire un article par exemple. J’essaie aussi d’être bénévole sur des événements sportifs comme le marathon qui est organisé à Metz, je faisais aussi hôtesse les jours de matchs au FC Metz, j’écrivais sur un site de foot du PSG parce que j’aime beaucoup le PSG, donc j’écrivais de temps en temps un article bénévolement mais cela m’avait permis quand je cherchais un stage de montrer que j’avais certes des jobs d’été mais surtout que j’essayais aussi de développer des qualités en lien avec le métier que je voulais faire. Aujourd’hui il y a tellement d’étudiants qui font les filières de communication, après moi ce que je vois souvent ce sont des étudiants qui veulent être Community Manager mais qui n’ont pas d’expériences particulières. Donc je dis toujours de développer un quelques compétences à côté, alors après si vous êtes plus branchés Photoshop, c’est de regarder des tutos sur YouTube, comment essayer de développer un peu votre créativité, ça peut-être si c’est plutôt la vidéos, de faire des petits films, si c’est plus les réseaux sociaux, c’est aller toquer à la porte du club de foot d’à coté et leur proposer vos services pour s’occuper de leurs réseaux sociaux enfin c’est faire des choses en plus pour que le jour où vous cherchez un stage ou un emploi vous montriez que vous êtes bosseur, que vous avez envie et qu’en plus vous avez essayé de développer vous-même des compétences en plus de ce que l’école vous apprend parce qu’aujourd’hui il y a de plus en plus de personnes qui entre sur le marché du travail avec un Bac+5 et clairement ce sont les petites expériences qui vont faire la différence.

 

  • Êtes-vous (vous ainsi que tout le reste du personnel) satisfait de votre nouvel entraineur ?

 

Bien sûr, moi quand j’ai appris que c’était monsieur Frédéric Antonetti qui venait entrainer le club, j’étais un peu choquée parce que c’était la première fois que je voyais un si grand entraineur. Quand on a un grand nom du football français, c’est sûr qu’on se place en favoris directement, la preuve depuis le début de saison on est premier du classement et presque invaincu. C’est quelque chose de très important, surtout pour démarrer cette saison car on venait tout juste de descendre de Ligue 1, donc c’est un passage très compliqué, les joueurs sont démotivés, il y a une perte de productivité et de confiance, alors le fait d’avoir un grand nom comme ça et d’être aussi bien placé au classement cela influe sur tout le groupe, que ce soit les joueurs, le staff ou les salariés, cela remotive beaucoup. Cette remotivation entraîne une bonne ambiance que ce soit entre les joueurs, le coach, le staff, enfin toutes les personnes du FC Metz. Les joueurs se donnent à fond pour rester à cette place donc cela demande un acharnement qui finit toujours par payer. Notre nouvel entraineur a rapporté une forme de confiance entre tout le monde, ce qui manquait avant.

 

  • Pensez-vous qu’il y a des différences homme/femme au sein de votre métier ?

Oui c’est sûr qu’il y a des différences, mais cela apporte des avantages et des inconvénients. Par exemple pour une femme, c’est très difficile parce qu’il faut faire attention à l’image que l’on dégage, déjà dans l’habillement, il ne faut pas s’habiller d’une certaine façon pour ne pas dépasser certaines limites, il faut aussi faire attention à la place que l’on a avec les joueurs, d’un côté on ne peut pas avoir un rôle de mère à les protéger ou autre, mais il ne faut pas non plus passer à une relation de copine ou de séduction, car cela reste un lien professionnel, il faut donc savoir doser. Néanmoins il y a quelques avantages, par exemple pour une femme, si on demande bien poliment quelque chose, c’est plus rare que l’on nous le refuse.

 

  • Avez-vous rencontré de mauvaises expériences depuis votre arrivée ?

Oui j’ai eu beaucoup de mauvaises expériences, par exemple il m’est arrivé que les joueurs s’en prennent à moi parce que le coach les a placés dans le groupe des remplaçant, et comme je suis la première personne qui été là et qu’ils ne peuvent pas s’en prendre au coach, c’est sur moi qu’ils ont exprimé leur mécontentement par exemple en me refusant d’aller aux interviews, ce qui me met moi dans l’embarrât. Il m’est aussi arrivé d’être en conflit avec un joueur parce que selon la culture de chacun, le statut de la femme est différent, par exemple pour les joueurs d’origine africaine ou magrébine, une femme qui donne un ordre c’est inadmissible, c’est pourquoi je dois aussi m’adapter à la religion de chacun, même si eux aussi font des efforts pour s’adapter à notre culture. Maintenant cela va mieux car chacun fait des efforts, le plus difficile ce sont les débuts.

 

Nous vous remercions du temps que vous nous avez accordé pour la réalisation de cette interview.

 

Notre interview c’est déroulé par téléphone le 19 Octobre 2018, cette dernière à durée 35 minutes.

 

BONVIN Paola

CHABIN Sélène

Interview de Nadia Gagliardi, journaliste libérale et vice-directrice de l’agence de presse World Press International à Bologne en Italie

dimanche 16 novembre 2014

Contextualisation :

Nous avons réalisé notre interview en vidéo-conférence sur Skype, sur l’un de nos ordinateurs le vingt trois octobre aux alentours de dix-huit heures. Notre interview a duré 1h21. Nous avons utilisé  des supports numériques (deux téléphones portables : l’un pour un enregistrement audio et l’autre pour filmer).

Anna-Mauriscka Epee s’est chargée de filmer et d’introduire l’interview, tandis que Juliette Limouzin s’est occupée de l’enregistrement audio. Toutes deux ont questionné l’interviewé et ont ajouté des relances aux moments propices. Marie Mussot, quant à elle, avait pour tâche de prendre des notes et d’observer le langage non-verbal.

 

Légende :

WPI : Word Press International

FIAS : Fondation Internationale d’Assistance Sociale

RAI : Radio télévision italienne

NOGM : Contraction de « no » et de « ogm » (ou organisme génétiquement modifié)

En vert : Questions préparées (à l’avance)

En italique : Questions de relance et de reformulation (au moment de l’entretien)

 

Entretien :

« Interviewer – Bonjour nous sommes trois étudiantes en première année d’Information et Communication à l’université Paul Valéry Montpellier 3. Nous sommes ici dans le cadre d’un travail d’interview à réaliser auprès d’un professionnel dans le domaine du journalisme afin de mieux connaître votre métier. Nous vous rappelons que cette interview sera entièrement filmée puis retranscrite sur le blog de la licence, selon le contrat déontologique, après votre accord positif.

Interviewé  Oui, évidement ça ne me pose aucun problème. Je vais suivre vos questions, mais je vous ai envoyé par mail un résumé de certains documents en lien avec ce dont je vais vous parler. Vous pourrez les utiliser pour approfondir votre travail, je vous ai envoyé des liens internet, avec les différents services et articles. Quelques liens de sites qui montrent mes collaborations, cela peut vous aider pour votre travail. (voir Annexe Multimédia en pied de page)

1. Racontez-nous votre cursus scolaire à partir du moment où le journalisme vous a intéressée.

J’ai une formation pratiquement humaniste, c’est à dire en langue et littérature puisque j’étais dans un lycée international de langues. Les langues faisaient partie de mes intérêts et c’est dans ce lycée que j’ai pu en apprendre différentes. J’ai du ensuite choisir de me spécialiser dans un domaine et pour répondre à mes attentes, j’ai effectué une formation juridique, mais générale, parce que le diplôme de jurisprudence donnait à l’époque une préparation plutôt complète. J’ai choisi de faire la faculté de jurisprudence, qui m’a permis d’avoir un diplôme en droit, plus précisément en droit international. Ensuite, j’ai obtenu un autre diplôme de sciences politiques, en faisant plusieurs examens pour poursuivre mes études universitaires. J’étais attirée par le domaine des sciences politiques et sociales, donc l’obtention de ce diplôme m’a donnée au niveau personnel, la possibilité d’approfondir un parcours qui complétait mes intérêts et mon parcours professionnel. Avec cette préparation, et l’intérêt que je portais à la culture, la littérature et le tourisme, j’ai choisi de compléter mon parcours par une formation dans le domaine du journalisme. J’ai fréquenté une école spécialisée en communication, dans la branche du journalisme culturel. Ce choix m’a donnée la possibilité de développer mes intérêts dans des domaines différents, au niveau personnel autant que professionnel.

Donc vous avez fait de la politique sociale ?

Non, j’ai un diplôme en sciences politiques, avec une spécialisation en sociologie. Tous ces éléments m’ont permis de construire un profil à adapter à une carrière de journalisme où la culture est conçue de façon transversale et interdisciplinaire.

Vous voulez dire que vous avez choisi un domaine large pour ensuite vous spécialiser dans le journalisme ?

Le choix d’un cursus d’étude amène à une spécialisation qui dans mon cas, a concerné la sociologie, grâce à mes intérêts pour les politiques sociales. D’ailleurs, dans mon cours de droit j’ai choisi la spécialisation en droit international bien que le concept d’Europe était encore loin de ce qu’il est devenu aujourd’hui. Donc les sujets développés au niveau de mes spécialisations m’ont permis d’enrichir mon activité dans le domaine du journalisme.

2. Parlez-nous de votre parcours professionnel.

Le parcours professionnel continue dans la direction que je viens d’énoncer, cela veut dire que j’ai commencé à collaborer avec des journaux en écrivant des articles dans le domaine du tourisme, qui était mon intérêt de base. J’ai commencé également dans la culture et dans le cinéma, à écrire et collaborer avec des journaux et des revues spécialisées. J’ai participé à un projet très important, c’était un projet de reprise d’une ancienne revue de cinéma, née à Bologne. Cette revue, a été fondée par un professeur universitaire qui enseignait le cinéma et les arts. C’était une revue très importante qui s’appelait « Fuorivista » «  Hors de vue » en français. Cette revue était quelque chose de particulier dans le sens où, ce n’était pas une simple revue de critique cinématographique, mais elle cherchait à analyser, comparer, et se référait beaucoup à la théorie française des Cahiers du cinéma d’Alain Bergala, qui posait le cinéma au centre de la didactique et de la pédagogie. Les étudiants, même les plus jeunes, pouvaient s’accrocher au cinéma comme à un art. En Italie, il n’était pas tout à fait naturel de penser au cinéma comme un art. Donc il fallait l’enseigner et le proposer aux enfants. Le cinéma c’est l’histoire, la culture, la société qui passe à travers l’art, c’est donc une expression artistique importante. C’était éducatif pour les étudiants, bien que jeunes, de faire un parcours qui amenait à acquérir les valeurs de l’art du cinéma. D’autant qu’en Italie le cinéma était reconnu internationalement : cette nouvelle façon de concevoir la critique cinématographique avait beaucoup stimulé et intéressé les italiens, et tout particulièrement ce professeur de faculté, qui a décidé de fonder la revue. Celle-ci a très bien démarré, jusqu’à la mort du professeur qui l’avait fondée. Elle est donc restée abandonnée, car il n’y avait plus la force, les moyens, et les ressources pour continuer cette expérience au niveau universitaire. Après des années, un rédacteur de l’époque, a décidé de proposer de nouveau ce projet et mon association culturelle « Caracult », a proposé de faire renaître cette revue, et la relancer. Nous avons donc repris ce projet et republié la revue. La publication a été un grand succès, j’ai collaboré pendant des années en tant que rédactrice, membre du comité scientifique, responsable dans les relations internationales et de coordination de traduction. Cette revue a des extraits qui sont traduits dans différentes langues (français, anglais, etc) donc il y a une équipe qui, dans la rédaction, s’occupe de traduire. Cette expérience a été très intéressante et cette revue nous a permis de suivre le domaine du cinéma d’une façon très spéciale au niveau des critiques cinématographiques. Mais pour suivre les lignes que je vous ai dites, à propos de l’inspiration française, notre travail était de comparer des extraits de différents films en les faisant observer et analyser par les étudiants.

Demandiez-vous aux étudiants de faire des critiques de cinéma?

Non, c’était de l’analyse qui était demandé aux étudiants, pour bien comprendre et focaliser la motivation et la raison qui ont fait naître cette œuvre comme un art. On leur demandait de faire abstraction du sujet, les élèves devaient développer la capacité critique d’observation et d’analyse à l’égard d’un chef d’œuvre. J’ai donc consacré presque quinze ans de ma vie à ces projets professionnels (Voir Annexe Multimédia, liens 1 à 7)En ce qui concerne les politiques sociales, je me suis dédiée à une fondation qui s’appelle FIAS: elle a fait des projets très intéressants et se propose comme une œuvre sociale importante. C’est une organisation italienne qui a fait un projet pour aider les personnes, des classes plus faibles ou des sociétés qui ont besoin d’aide par exemple. C’est un projet national et international, qui cherche à être une réponse aux besoins des classes sociales faibles surtout, mais pas seulement. En fait, les fonds qu’ils recueillent sont distribués aux classes faibles, mais aussi pour la créativité des jeunes, qui auraient des projets à réaliser. L’organisation s’engage à ça et à faire en sorte que les jeunes puissent réaliser leurs rêves. Le comité juge l’importance et la finalité sociale du projet et peut lui aussi donner des fonds économiques pour le réaliser. Il y a un troisième fond qui vient en aide (c’est un cas particulier) aux familles en difficulté ou aux entreprises. C’était donc un projet qui méritait pour moi d’avoir tout l’appui possible et surtout une communication très forte sur le marché italien mais aussi international. Mon bureau de presse WPI a décidé d’apporter son aide à cette cause, et d’aider le projet, l’organisation, à communiquer cette information au niveau national et international. Notre rôle de journalistes dans ce cadre social est sans doute innovateur. Le social c’est important car aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de soutenir les personnes en difficulté. (Voir Annexe Multimédia, liens 8-9) 

Votre rôle a été de diffuser l’information, avec votre agence de presse, sous forme d’articles de presse ?

Oui exactement, WPI est une agence, un site en ligne, une page facebook aussi et il représente différentes situations. Dans ces situations, nous représentons la FIAS en cherchant à donner de la visibilité aux informations de la fondation. (en lien conférence nationale en Italie à la chambre des députés italienne, où l’on explique ce qu’on a fait, qu’est-ce que ce projet à permis de faire, avec la presse et les personnalités institutionnelles présentes.) Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il était important d’organiser un événement autour de ce projet, de présenter une conférence de presse près de la chambre des députés pour donner une forte visibilité au projet. C’est grâce à ça que nous avons organisé cet événement important, en la présence de personnalités, exposants de la RAI présents pour assister à la présentation du projet. En ce qui concerne le tourisme, je traite en général les sujets culturels. J’évoque aussi les projets culturels liés au marketing des territoires. La connaissance du territoire, la tradition alimentaire, de produits, de la culture, de la santé, de l’environnement, tout ça je le traite avec mon agence et mon bureau de presse. WPI est le bureau de presse officiel de l’association NOGM qui soutient et défend les questions de l’environnent et la santé. (Voir Annexe Multimédia, liens 10 à 19)

3. Quelles difficultés avez-vous rencontré durant votre parcours professionnel ?

Les difficultés font partie de n’importe quel parcours, c’est rare que nous n’en rencontrions pas. C’est normal, nous devons comprendre notre parcours. Moi, j’étais assez déterminée dans mon but c’est vrai, ce que je peux dire à des jeunes qui vont faire ce travail c’est d’être très déterminé et d’avoir conscience de ce qu’ils veulent faire, en être sûr.

4. Nous imaginons que ce sont souvent des gens passionnés qui exercent ce métier : qu’en pensez-vous ?

La passion est la première chose qui te permet de comprendre ton chemin. Ta détermination est aussi un élément important, comprendre ce que l’on veut être, en pensant au futur, et en sachant que ce n’est pas toujours simple à accomplir. Il faut prendre en compte les difficultés mais aussi le sacrifice d’un travail, il n’y a rien que l’on peut atteindre facilement dans la vie. Dans le cadre d’une profession, pour avoir des résultats bien solides, il faut faire un trajet. Et ce trajet sera forcément difficile, mais ces difficultés amèneront sûrement a des résultats. Donc, oui, les difficultés sont présentes. Je pense que cela a été plus facile pour moi parce que j’étais très déterminée. Ça m’a beaucoup aidée, parce que les difficultés permettent de comprendre la destination que l’on veut donner à notre parcours. Ma situation est complexe donc forcément je l’ai construite au fur et à mesure et à travers différentes expériences.

Avez-vous rencontré des difficultés à la fin de votre parcours professionnel, pour vous vendre et vous faire connaître ? Pour trouver votre place dans le milieu du journalisme ?

Bien sûr, il est difficile de s’imposer. Mais peut-être qu’hier c’était plus facile qu’aujourd’hui, je ne sais pas. Gagner tout de suite, ce n’est pas simple, il faut d’abord avoir de l’expérience, on demande des personnes expertes, mais on permet seulement aux experts d’essayer, alors ce n’est pas facile. La vérité c’est qu’il faut se sacrifier un peu et faire du chemin, se contenter de certaines choses et expériences sans arriver directement au but car ce n’est pas possible. Et avec la modestie, la conscience de devoir apprendre, on peut toucher la sensibilité de certains professionnels qui ont décidé, dans mon cas par exemple, de me donner la possibilité d’essayer. Et ça fait partie d’une des règles pour ceux qui veulent s’adresser à la carrière de journalisme. Faire des expériences. L’expérience, c’est écrire, écrire sans arrêt, pour se faire connaître, même pour un journal local afin de grandir, se développer, et rencontrer les bonnes personnes. Il faut faire des expériences. On se prépare et aujourd’hui on dit qu’il ne faut pas que de la préparation mais beaucoup de chance. Je ne le crois pas, il faut surtout se préparer, l’expérience et la détermination sont les choses les plus importantes.

5. Selon vous, est-il important d’avoir un bon carnet d’adresses ?

Disons qu’un des instruments de notre métier, c’est d’avoir un bon relationnel, un bon « data base ». A vrai dire, c’est ce qu’on peut appeler un patrimoine de contacts, de connaissances, de relations. Mais c’est un répertoire qui se constitue jour après jour. Ce qui est important, c’est d’arriver à maintenir ces relations sur le long terme, parce que ces relations peuvent à l’avenir devenir précieuses. On va profiter de ces relations pour que les connaissances que nous avons, nous aident à développer notre travail. Le travail d’un journaliste se base beaucoup sur les relations et nous avons souvent besoin de coopérer, de collaborer, et d’avoir un soutient, un support. Pouvoir échanger des avis, particulièrement dans une période comme celle d’aujourd’hui, où la presse aussi est en crise, de part ses moyens traditionnels. On va donc tenter de s’unir, d’être plus fort ensemble et de construire quelque chose à partager pour que ces périodes puissent passer sans trop de problèmes. La force, la collaboration et la coopération rendent plus fort, surtout quand il y a des liens constructifs, et c’est d’ailleurs d’autant plus intéressant sur le profil professionnel.

6. Êtes-vous entièrement indépendante ou vous arrive-t-il de travailler en équipe ? L’équipe est-elle toujours la même ? Varie t-elle en fonction des projets ?

Moi je suis une « Freelance » : une journaliste indépendante qui a la possibilité de collaborer avec plusieurs journaux et de s’occuper de différents sujets dans différents domaines. J’ai une position personnelle disons, puisque je suis une journaliste indépendante dans le sens où je ne suis pas employée dans un journal. C’est un choix que j’ai fait et que je continue à faire parce que j’aime énormément l’indépendance, pouvoir suivre différents sujets dans différents domaines. Que fait ce bureau de presse ? Et bien c’est une agence qui se met à disposition des entreprises qui entreprennent des projets, des situations, de différents genres et cette agence cherche à donner son service, une visibilité : la communication, la divulgation, la diffusion des informations des projets et des réalités qu’elles veulent communiquer. WordPress International, l’agence de communication sociale intégrée, que je représente a son intérieur même, une division de bureaux de presse. N’ayant pas d’engagement avec un journal, ça me rends, moi, libre de pouvoir me dédier à certains projets qui me sont personnels. Mais je respecte parfaitement les personnes qui font des choix différents parce que ça veut dire que cela va parfaitement intégrer leurs exigences. Je voulais avoir la possibilité de choisir et mon choix est allé dans cette direction. Je travaille avec des équipes différentes de temps en temps parce que chaque journal avec lequel je collabore a sa rédaction, et je dois m’y adapter. La rédaction d’un journal de tourisme est différente de celle d’un journal de gastronomie, de culture ou d’autres sujets. Mais je compare, j’échange des avis. Je suis en collaboration avec d’autres équipes et en même temps j’ai mon équipe de la rédaction de Word Press International, dont je suis vice-directrice.

Donc c’est pour cela que vous avez choisi le double parcours professionnel, pour avoir une indépendance et un travail en équipe dans votre agence de presse ? Pour être libre de choisir ce qu’il vous plaît ?

Oui, c’est vrai que ce double parcours me donne la possibilité d’avoir des activités diversifiées. En tant que Freelance j’ai un espace d’actions à 360° de façon totalement autonome, tandis qu’avec mon bureau de presse j’ai la possibilité de me confronter avec mon équipe et d’enrichir l’aspect des relations interpersonnelles en travaillant sur des projets de fortes valeurs sociales (Voir Annexe Multimédia, liens 20 à 26).

7. Quelle est votre journée type ?

Alors, ma journée n’est pas monotone, c’est la raison pour laquelle je vous dis que mon travail est organisé, en traitant plusieurs sujets et celui-ci, il compte différents engagements. Ma journée type peut être très engagée (ce qui est souvent le cas), comme elle peut être moins engagée. Cela dépend des moments. Par exemple, il y a des périodes dans la publication où l’on travaille beaucoup, et il y a d’autres moments où je peux être engagée dans des conférences internationales. [ EXEMPLE : L’organisation NOGM, par exemple, a organisé il y a une semaine un appel au parlement européen, (je vous raconte un épisode pour vous faire comprendre qu’il peut y avoir des journées types mais que ce n’est pas vraiment tous les jours pareil) et ça c’était une journée très engagée. Pour vous expliquer, l’organisation NOGM est très engagée dans la défense de l’environnement, de l’alimentation et de l’agriculture. Cela veut dire qu’ils sont les auteurs de batailles très dures contre certaines situations qui existent malheureusement aujourd’hui, en Europe mais pas seulement. Cette organisation a vraiment dédié sa vie à défendre ses droits. Mon agence, avait pour but de soutenir la préparation d’un appel que l’on a adressé au parlement européen pour attirer l’attention. Cet appel a d’ailleurs rappelé l’intérêt et l’attention de tout parlementaire européen pour que la loi ne passe pas, loi qui est d’ailleurs épouvantable sous l’aspect de la défense de la santé surtout et de l’alimentation humaine. Nous avons donc fait beaucoup d’efforts pour arriver à temps à faire notre travail et essayer de finir avant que le parlement ne se réunisse. Nous avons travaillé jour et nuit, continuellement pour envoyer cet appel au parlement parce que les nouvelles sont arrivées au dernier moment et nous n’avons eu que très peu de temps pour faire cela. Mais c’est une exception, c’est vrai. On peut être aussi plus tranquille et avoir un travail qui ne se développe pas de cette façon. Il faut s’adapter aux situations d’urgences qui peuvent arriver. Dans ce cas, c’était un travail très important. On a fait tout une liste du parlementaire, on a envoyé ça au ministre européen de la culture, de la santé et de l’environnement, et ce sont ces circonstances qui ont fait que nous avons énormément travaillé.] Mais d’habitude on lit tous les jours. Ma journée type, c’est de lire les journaux. En général, je les compare, surtout ceux en rapport avec des sujets que je prépare. Les journaux qui traitent des sujets pour lesquels je travaille. J’ai un panorama de toutes les nouvelles du matin, nous contrôlons tous les e-mails qui arrivent, nous préparons des communiqués de presse. Là où il y a des exigences de publier des choses, nous écrivons des articles, nous faisons des conférences en ligne régulièrement et plusieurs heures, en Italie comme en Europe ou aux États-Unis, avec mes collègues. Nous faisons aussi des interviews, selon les sujets que l’on traite dans les articles du moment. C’est donc très différencié, diversifié : les journées peuvent être particulièrement engagées comme elles peuvent être calmes.

Nous avons une idée du journalisme qui est aussi un travail sur le terrain, est-ce que du coup, vous êtes plus régulièrement au bureau ?

Les collègues qui constituent ma rédaction sont chargés d’aller à des événements culturels. Moi aussi d’ailleurs, plusieurs fois, je me rends à des festivals de culture, de musique ou de littérature, à des événements de présentation de livres par exemple. J’ai donc aussi la possibilité et les occasions de participer directement à ces événements. Personnellement, je me déplace quand il y a quelque chose de particulièrement important sinon j’ai des collègues qui se chargent de le faire à ma place et de me ramener les informations. Ils me renseignent à propos de ce qu’il s’est passé dans la journée, publient ensuite les nouvelles et développent un article à propos de certains sujets. Nous voyons ensemble au sein de l’équipe ce qu’il faut faire et ce qui est le mieux pour une stratégie de communication, parce que tout dépend de la philosophie et de la stratégie de communication que l’on se pose, à l’intérieur de l’organisation.

8. Quel(s) type(s) de support(s) utilisez-vous ? Que préférez-vous ?

Comme je vous disais j’utilise beaucoup internet pour la simple raison que la plupart du travail se fait comme ça. Cela veut dire que notre site, notre page Facebook, le contrôle et la comparaison des articles se font sur internet. Nous recueillons les informations, les pages d’intérêts des journaux quotidiens de la semaine, du mois selon la publication et ça c’est un travail. Cela fait partie du travail d’un journaliste, de s’informer et de se renseigner sur les situations pour comprendre ce qui arrive. C’est la première chose que fait un journaliste : s’informer et se renseigner. Nous utilisons également la conférence-call, lorsque je suis en France ou à l’étranger. C’est le moyen que nous utilisons le plus, entre collègues, pour faire des réunions de rédaction. Nous faisons des réunions de rédaction en ligne, sur Skype, plutôt que d’une autre façon. Le but étant de se retrouver en ligne périodiquement parce que je ne suis pas là tout le temps. Lorsque je suis présente c’est différent, mais je travaille beaucoup de cette façon, en ligne. J’ai d’ailleurs pris des cours et je dois aussi finir des examens parce que l’autre côté important de notre travail est de participer à des stages de formation continue. Il est important de s’informer, mais aussi de se former. Nous ne nous arrêtons jamais de nous former parce que le domaine de journaliste, de la presse, c’est une évolution continue. Ces dernières années les journaux ont connu une révolution, vous le savez. Il faut remarquer que le monde du journalisme est en perpétuelle transformation. J’entends par là que les journaux, le papier, que ma génération avait l’habitude d’utiliser est malheureusement une valeur qui risque d’être perdue. Donc nous devons absolument nous développer dans une certaine direction tout en préservant la tradition. Ce ne serait pas juste et même une faute, selon moi et d’autres collègues, de laisser le journal papier pour les journaux on-line. Il ne faut pas mélanger les choses et bien comprendre qu’il doit y avoir un équilibre parce que le papier est une valeur à garder. Malgré cela le moyen opératif est surtout en ligne. Et donc oui, j’utilise beaucoup internet. Je viens de faire une formation de web-journalisme parce qu’aujourd’hui quand on parle de journalisme on parle de web-journalisme. Mais il ne faut pas oublier qu’avant d’être web-journaliste on doit être journaliste. En fait on est aujourd’hui journaliste et web journaliste. Je me suis préparée dans cette direction parce que j’avais besoin d’avoir une vision complète de la situation et de bien connaître les moyens qui sont à disposition des journalistes modernes : je peux dire qu’il était nécessaire de le faire et je suis contente de l’avoir fait. (Voir Annexe Multimédia, liens 27 à 33)

Pour revenir à ce que vous avez dit auparavant, vous dites qu’il faut toujours s’informer, trouver l’information, mais quelles méthodes utilisez-vous pour chercher et trouver les bonnes informations ? Est-ce que ces informations sont utilisées auprès d’autres journalistes qui vont diffuser cette information ou auprès des intéressés directement ?

Notre catégorie disons, professionnellement, a des références très fortes. Moi je me réfère à des personnages du journalisme, pour qui j’apporte toute ma considération. Ce sont un peu comme des maîtres ou des exemples à suivre, historiquement parlant. Ce sont des personnes qui ont beaucoup contribué à ma formation. Personnellement, je suis beaucoup les conseils et me laisse suggérer des parcours. Mais je fais aussi de la recherche directe, surtout au niveau international : ce que je viens de faire, ce cours de web-journalisme c’est une école américaine qui le proposait. J’ai pu assister aux leçons directement en Italie puis j’ai passé le premier examen à Milan (deux examens en tout). Ensuite j’ai suivi des leçons en ligne. Le reste du temps je dois rencontrer les gens et être présente. Je trouve que c’est important parce que on a besoin à certains moments de rencontrer les personnes et d’avoir des comparaisons directes avec elles, mais pour arriver à ces informations il faut être très attentif et surtout se laisser conseiller, avoir des références.

Comment faites-vous la différence entre la bonne et la mauvaise information ?

Aujourd’hui, on trouve tout et son contraire parce qu’avec les instruments que nous avons (tel qu’internet) tout le monde pense pouvoir écrire, tout le monde pense pouvoir documenter. Avec Youtube par exemple, nous avons des reportages entiers sur des situations, et souvent malheureusement ces situations ne sont pas parfaitement cohérentes avec la réalité. Faire du journalisme aujourd’hui, ça veut dire avoir un sens énorme de la responsabilité et avant d’écrire et de diffuser des informations, il faut vraiment bien les préparer et les vérifier. C’est la première règle lorsque l’on va diffuser des informations. La vérification c’est vraiment très important parce que l’on risque beaucoup à ce niveau. Il existe un nombre très important de mauvaises informations en général. La différence se fait par la sériosité d’un journal, ses références, son histoire, la rédaction et les personnes qui composent la rédaction. Aujourd’hui les journalistes sont protégés, on porte une certaine attention à ce que les journalistes écrivent dans un certain registre, on vérifie son parcours, qui il est et donc ses ressources et ses sources d’information. Et puis, il y a une question de base, très importante, qui fait la différence : aujourd’hui on parle très peu de déontologie et d’éthique. La déontologie, c’est-à-dire l’attitude correcte au sein de la profession et l’aptitude à vérifier ce que l’on écrit, avoir un respect envers ses collègues qui écrivent avec une opinion différente. Avoir un sens éthique de la réalité, de sa profession, c’est ne pas vouloir forcément faire les choses pour être connu ou pour faire parler de soi : il est mieux de faire un travail professionnellement correct, éthiquement correct, déontologiquement correct. C’est cela qui fait la différence.

9. Que pouvez-vous nous dire sur la concurrence entre les journaux et entre les journalistes ?

Mon domaine, ma situation, ma façon d’être journaliste font que je suis moins exposée à la concurrence. Elle touche énormément les journalistes d’actualité (qui cherchent le scoop, la nouvelle du jour qui va surprendre) ainsi que les journaux politiques, qui doivent également donner une information rapidement, avant les autres et d’une manière particulière. Dans le journalisme d’actualité c’est une vraie bataille, tant sur le plan de la vitesse que du professionnalisme et de la préparation : il faut être malin car la concurrence se fait bien souvent sur le thème de l’article. Mon domaine est un peu différent, la culture et le journalisme de situation n’ont pas un rapport direct avec l’actualité, la première place ne se remporte pas grâce à notre rapidité. Mes sujets sont tellement particuliers que je suis souvent seule sur les cas. La concurrence est bénéfique puisqu’elle donne une crédibilité à l’information : il faut donc la respecter. Mais encore une fois, pour ma part, la concurrence se vit tranquillement.

10. En tant qu’étudiantes nous entendons sans cesse que le journalisme est « bouché », qu’il est assez difficile d’accès : qu’en pensez-vous en tant que professionnelle ?

Bouché dans le sens où beaucoup de personnes veulent faire ce métier vous voulez dire ? C’est vrai. Ça a toujours été une profession qui attire beaucoup de jeunes mais je peux vous dire qu’il ne faut jamais renoncer car on peut se distinguer, faire un parcours intéressant même si c’est difficile. Il faut accepter cette situation car il y a beaucoup de concurrence entre toutes les personnes qui veulent faire ce métier. Malgré tout vous ne pouvez pas renoncer si c’est vraiment ce que vous voulez faire, c’est hors de question. Il faut avoir une conscience, une vocation et prendre connaissance du parcours et du métier. Il est nécessaire de beaucoup lire, étudier, comparer, écrire car ce n’est pas un parcours simple. Commencez par écrire sur des blogs, des forums afin de voir si le journalisme est votre voie ou non. Attention il y a des règles : lire les journaux constamment, pour vous familiariser avec le journalisme, s’entraîner à comparer les informations, avoir la constance et l’originalité au niveau des sujets pour ne pas écrire ce que tout le monde écrit. Avoir une culture générale est indispensable. Toutes les expériences sont bonnes à prendre, même à petite échelle car c’est cela qui forme les bons journalistes. Restez simples et modestes dans votre style d’écriture, pour dégager une information claire et compréhensible. On entend souvent qu’il faut avoir un style compliqué et recherché mais c’est faux. Il est impératif de ne pas, ni sous-évaluer ni sur-évaluer, la connaissance du lecteur. Cet équilibre est dur à atteindre mais c’est cela qui fait un bon journaliste. Il n’y a qu’une seule question à se poser : est-ce que c’est vraiment ce que je veux faire ? Si la réponse est oui alors il faut tout mettre en œuvre pour réussir.

11. Parlez nous de votre carrière à l’avenir.

Je vais continuer dans ma voie, je vais continuer à soutenir les projets qui me tiennent à cœur notamment dans le social et à propos de l’environnement car cela va dans l’intérêt de tous, ce sont des biens communs que l’on partage. Ces domaines touchent mon futur professionnel mais également mon futur personnel et c’est justement pour protéger ce futur que je m’engage dans tout ce que je suis entrain de faire.

12. Quels conseils pourriez-vous donner à des étudiants comme nous qui voulons nous lancer dans cette profession ?

Je suppose qu’il y a beaucoup de choses que vous ne savez pas par rapport à ce travail mais si je devais vous donner un tout dernier conseil : imaginez toujours le pire ! Beaucoup de travail, beaucoup de voyages dans des endroits pénibles, beaucoup de sacrifices. Car oui c’est un métier particulier : avec pleins d’avantages, d’expériences, riche en émotions et en relations mais il faut s’imaginer les choses les plus difficiles. Il faut apprendre à équilibrer les engagements personnels et professionnels et ce n’est pas donné à tout le monde. Soyez déterminés et exigeants avec vous-mêmes pour avoir un profil complet, pour être différents. Il faut cultiver sa créativité et toujours rechercher des sujets originaux et innovants.

 

Synthèse :

En guise de synthèse finale : vous avez une double casquette (journaliste libérale afin de garder votre indépendance, d’être sujet à plus d’opportunités et vice directrice d’un bureau de presse). Vous avez non seulement fait des études de langue, mais aussi de droit et de sciences politiques pour enfin vous tourner vers une école de journalisme. Vous avez commencé par reprendre une revue culturelle pour la remettre à flot car le concept vous a touché puis vous en êtes devenue la responsable. Ensuite vous avez engagé votre bureau de presse (Word Press International) dans la FIAS en tant que journaliste afin de la faire se développer. Au niveau des difficultés de votre parcours, elles ont essentiellement été d’apprendre la patience et de faire quelques sacrifices. Le carnet d’adresse se construit au fil du temps et doit être entretenu car il permet d’être plus fort et de se soutenir mutuellement face à la crise de la presse selon vous. Le journalisme est un métier qui fait coïncider travail en équipe et travail individuel, travail au bureau et travail sur le terrain, les journées ainsi que les tâches à effectuer sont très hétérogènes et c’est pour cela que c’est une profession attractive. Bien que le support papier soit nécessaire car traditionnel, on ne peut être journaliste sans être habile avec les nouvelles technologies de communication (blogs, vidéoconférences…), que ce soit un support d’écriture, un moyen de s’informer ou un moyen de communiquer avec ses collègues. Vous avez insisté sur le besoin de vérifier ses sources et ses informations. Au sujet de la concurrence, vous nous avez répondu qu’elle était forte dans des domaines comme l’actualité ou la politique mais que, dans votre domaine qui est la culture, elle était peu préoccupante. Enfin vous avez confirmé que le journalisme était un secteur très demandé mais cependant, qu’avec de la motivation, de l’entraînement, une bonne culture générale et de la simplicité il était obligatoire de ne pas baisser les bras.

 

Nous vous enverrons une retranscription de l’entretien sur votre adresse e-mail le mercredi 5 novembre afin que vous puissiez vérifier que toutes les informations que vous nous avez données sont cohérentes avec vos propos. Nous vous remercions de nouveau pour l’intérêt que vous avez apporté à notre travail, les réponses que vous nous avez fournies et le temps que vous nous avez accordées, au revoir. »

 

Annexe Multimédia (33 Liens) :

 

Fuorivista – La revue

lien 1 http://www.fuorivista.eu/

lien 2 https://www.facebook.com/fuorivista

lien 3 https://www.facebook.com/pages/Fuorivista-Cinema-del-caldo-cinema-del-freddo/259084640769823

Fuorivista – La leçon

lien 4 http://www.fuorivista.eu/?page_id=109

lien 5 http://www.fuorivista.eu/?p=450

lien 6 https://www.facebook.com/FuorivistaEducazioneCinemaMedia

lien 7 http://www.fuorivista.eu/?cat=13

F.i.a.s. Fondation Internationale Assistance Sociale

lien 8 http://www.fiasinternational.it/

lien 9 http://www.fiasinternational.it/index.php/chi-siamo/statuto

lien 10 https://www.youtube.com/watch?v=YDKvY4aej9I

WPI- Word Press International – Bureau de Presse Officiel F.i.a.s.

lien 11 http://www.wordpressinternational.it/

lien 12 https://www.facebook.com/wordpressinternational.redazione

lien 13 http://www.wordpressinternational.it/ult-not/continua-limpegno-della-f-i-a-s-nella-realizzazione-del-suo-innovativo-progetto-sociale/

lien 14 http://www.wordpressinternational.it/ult-not/un-centesimo-per-il-sociale-fias-poste-italiane-2/

lien 15 http://www.opinione.it/politica/2014/11/07/redazione_politica-07-11.aspx

lien 16 http://www.progettoitalianews.net/news/fondazione-fias-e-fare-sociale/

WPI- Word Press International – Bureau de Presse Officiel Association NOGM

lien 17 http://www.wordpressinternational.it/ult-not/wpi-ufficio-stampa-nazionale-dellassociazione-nogm-2/

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Exemples de Revues de Presse Internationales

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Exemples de Agences de Presse Internationales

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Anna-Mauriscka EPEE
Juliette LIMOUZIN
Marie MUSSOT

Situation de communication : Désaccords entre frère et soeur.

lundi 24 mars 2014

Situation de communication :

J’ai fais mon stage dans une entreprise familiale de peinture/décoration d’intérieur. On retrouve donc dans la même entreprise un magasin dit « le magasin d’en bas » pour la vente de peinture et un autre magasin c’est à dire « magasin du haut » qui lui regroupe le Showroom de la décoratrice d’intérieur ainsi qu’une partie vente de peinture également. Les deux magasins ne sont pas situés au même endroit mais à 30 minutes en voiture. Je travaillais donc avec Charlotte, la décoratrice. Comme je l’ai dit, l’entreprise est familiale. Le patron et la secrétaire sont frère et sœur. Au cours de la première semaine de stage, le patron étant satisfait me pose des questions sur le cursus que je voulais suivre l’an prochain et me propose une alternance, mais il doit d’abord en discuter avec sa sœur car elle a son mot à dire et il ne peut prendre les décisions sans elle. Sa sœur est une personne qui n’aime pas ouvrir son entreprise aux nouvelles personnes et qui préfère rester sur ce qui est déjà acquis sans voir plus loin. Alors elle ne trouve aucun intérêt à me prendre en alternance communication. Pour elle, l’entreprise fonctionne très bien comme ça.

Phase 1 : Les questions

  • Tu avais des rapports avec la sœur ?

Très peu, je la voyais le matin et le soir donc c’était bonjour / aurevoir rien de plus. Comme j’étais avec la décoratrice d’interieur on bougeait pas mal la journée et comme il y a deux magasins c’était assez rare que je la voie où que je passe des moments avec elle, donc j’ai crée aucuns liens avec.

  • Et donc il y avait une décoratrice d’intérieur mais elle avait pas son mot à dire ?

Non parce que son statut est inférieur à celui de la sœur et du frère. Elle, elle était plutôt pour cette idée d’alternance mais bon elle peut pas s’imposer face à elle.

  • Ils sont trois ?

Non il y a des vendeuses dans le magasin du bas, mais c’est entre tout les 3 que ca se décidait.

  • Les autres avaient de bons rapports avec la sœur ?

En apparence oui mais quand je les écoutais ca ne les surprennaient pas sa réaction, quand quelqu’un tente d’ouvrir un peu l’entreprise avec de nouvelles idées, elle freine.

  • Elle a quelle age ?

Je dirai entre 45 et 50 ans.

  • C’est une vieille entreprise ?

Oui je pense car je sais que c’est le père qui l’a fondé et qui l’a ensuite légué à ses deux enfants.

  • Le deuxième endroit c’est le père qui l’a cré ?

Non c’est le frère qui l’a créée. Il lui a cré un magasin où elle a son showroom. Elle peut donc exposer. Quand à celui du bas c’est plus l’endroit où on vend la peinture et les vendeuses donnent un peu de conseil mais pas plus.

  • Pourquoi elle ne voulait pas suivre son frère dans son idée ?

Elle aime bien son coté tranquille « petite entreprise », on a pas besoin de faire plus. Mais la décoratrice est quelqu’un d’ambitieux qui a envie d’avoir plus de travaille et de ne pas s’arrêter à ce qui est déjà acquis.

  • Il y a que des décorateurs ?

Non il y aussi des vendeurs.

  • Tu étais la seule du service communication ?

Oui j’étais la seule, et grâce à ça j’ai pu mettre mes idées en place toute seule. J’ai pu proposé des choses qui me plaisaient à moi et avancer seule.

  • Du coup tu n’avais pas de supérieur ?

Si la décoratrice était ma maîtresse de stage, mais sinon non je n’avais pas de supérieur côté communication étant donné qu’il n’y avais pas de secteur communication.

  • Qu’est ce que tu as décidé de faire pour la com ?

J’ai repris les pages Facebook et Twitter, j’ai pris des photos pour le showroom. Après il y avait un panneau publicataire dans un golf où on mangeait régulièrement et  le patron a voulu une affiche pour ce panneau. En faite j’avais fait une affiche qui lui a vraiment plu donc il a voulu l’exposer mais la sœur l’a vu aussi et elle n’a pas trouvé d’intérêt à cela.

  • Il y a beaucoup de filles ?

Oui que des filles seul le patron est homme en dehors des hommes de chantier que je ne voyais jamais.

  • On dirait de la jalousie ?

Oui c’est un peu ça je pense, avant c’était elle qui s’occupait du coté décoration interieur, et le patron a ouvert un magasin pour la jeune décoratrice, du coup la sœur c’est retrouvé au magasin d’en bas à ne s’occupait plus que des devis, factures, commandes etc…

  • Le seule patron c’est le frère ?

Oui oui mais je pense qu’elle a autant de part que lui dans l’entreprise.

  • Tu as eu des retours sur les gens extérieur ?

Non pas du tout.

  • Est-ce que le faite qu’il veuille ouvrir l’entreprise ça aurait pu donné lieu à un poste pour toi ?

Oui, si ca c’était bien passé j’aurai pu m’occuper seule du secteur communication et en gros m’occuper des projets.

  • Tu avais déjà pensé a l’alternance ?

Non c’est lui qui m’a donné l’idée, je ne savais pas où je voulais aller l’an prochain et c’est vrai que du coup c’était difficile de chercher une alternance dans différentes villes à la fois. Mais maintenant oui c’est une idée qui s’est développée dans ma tête. C’est vrai que je me sentais super bien dans cet entreprise, je faisais de la communication mais pas que ça. Puis j’avais vraiment de très bon rapports avec la décoratrice d’intérieur.

  • Financièrement l’entreprise est en santé ?

Oui à ce que j’entendais, l’entreprise n’avait pas de gros soucis côté financier.

  • Et toi du coup tu as gardé contact avec eux ?

Oui durant les deux semaines de vacances je viens d’y retourner pour retravailler sur des projets avec la décoratrice d’intérieur. Mais quand je suis arrivée la sœur m’a demandé si je refaisais un stage ou pourquoi j’étais là. Elle n’avait pas trop l’air au courant de ma venue.

  • Tu as senti des tensions ?

Oui elle faisait un peu la tête je pense, mais elle était très gentille en apparence qund il fallait me dire bonjour ou au revoir.

  • C’était dans quelles villes ?

Alors le magasin du bas c’est dans un petit village qui s’appelle St Restitut et le magasin du haut se trouve à Montélimar. C’est juste à 30 minutes en voiture.

  • Elle se déplaçait ou pas ?

Non, elle ne se déplacait pas sauf si elle devait aller chercher de la peinture dans l’autre magasin ou pour des commandes.

  • Tu n’as jamais eu de discussions avec la sœur ?

Non, on parlait pas du tout du boulot ensemble. Je me souviens avoir plus eu des discussions personnelles comme sur un film qu’on avait été voir au cinéma toutes les deux, on se racontait ce genre de chose mais pas plus.

  • C’est arrivé quand ce repas ?

Au bout de ma première semaine de stage, c’était assez rapide et je pense que c’est pour ça que la sœur a dit non.

  • Et sa decision elle l’a prononcé quand ?

Après le restaurant c’est une idée qui est restée un peu entre nous trois pour voir déjà si ça aller nous convenir à tous. Puis il a décidé de lui en parlait à la dernière semaine de stage mais comme il y avait le salon de l’habitat à Paris, il a décidé de m’amener et pas elle. Donc du coup ça a mis un peu des tensions et du coup elle a dit que non elle ne voulait pas d’alternant en communication l’an prochain.

  • Est ce que tu penses que le frère aurait du faire différemment pour vendre ta « présence » ?

Je ne sais pas trop, sur le moment elle aurait dit non dans tous les cas parce que je pense que ça lui est tombé dessus comme ça.  Elle ne s’y attendait pas du tout, elle voyait que ça se passait bien avec moi mais pas de là à me prendre en alternance quoi. Puis comme elle était pas prête à me prendre, je pense qu’elle a joué du côté financier en lui rappelant qu’il devrait payer une école, me payer moi etc… Et du coup je pense que le frère a pris un peu peur face à tout ça.

  • Est-ce que tu avais l’impression que c’est elle qui gerait ?

Oui oui pour moi c’est elle qui dit oui, c’est elle qui non.

  • C’est la grande sœur ?

Oui il me semble que c’est elle la grande sœur.

  • Pourquoi c’est lui le patron ?

Je pense que c’est parce que c’est lui le garçon et que du coup ça c’est fait comme ça.

  • Comment il vous a présenté sa sœur ?

Je suis arrivée le premier matin et je pense qu’elle devait pas être au courant pour le stage parce qu’elle m’a un peu regardé bizarrement.  Il lui a dit que j’allais être la pendant 1 mois. Et puis elle elle m’a juste dit de me servir si j’avais besoin et qu’il fallait pas que j’aie de gêne.

  • Il vous a dit c’est ma sœur ?

Oui il m’a dit c’est ma sœur, mais tu ne la verras pas trop parce qu’elle s’occupe plus des devis, factures tout ça et puis que de toutes façon moi je serai plus avec la décoratrice d’intérieur durant le stage.

  • Ce que tu faisais pendant le stage elle s’en occupait avant ?

Non non vraiment le côté communication je suis la seule à y avoir toucher dans l’entreprise, c’est vraiment un domaine qu’ils ne maîtrisent pas du tout.

  • Le  côté décoration c’était le boulot de la femme avant ?

Oui un peu, mais maintenant c’est uniquement Charlotte qui s’en occupe. Maintenant c’est elle qui fait les présentations, les recherches etc, et la sœur n’a plus du tout ce côté là mais elle donne quand même des idées de temps en temps.

  • Elle s’entendent bien toutes les deux ?

En apparence oui, mais je pense que le côté trop traditionnel de la sœur dérange un peu Charlotte parce qu’elle a envie de développer son magasin et son activité encore plus.

  • Charlotte t’en a parlé ?

Oui un peu, puis quand lui m’a proposé l’alternance c’est vrai que Charlotte m’a dit de me méfier un peu parce que le patron est comme ça, il est très impulsif et il pense pas aux conséquences des choses. Pour lui c’est oui directement. Ils sont vraiment tous très complices dans l’entreprise, ils s’entendent tous bien mais bon voilà le patron il aime trop faire plaisir à tout le monde et c’est vrai que du coup il donne sans réfléchir à ce que ça peut engendrer derrière.

  • Comment tu as démarché l’entreprise ?

En faite je préférais faire un stage du côté de chez mes parents et comme mon père connaissait un peu le patron et l’entreprise je me suis lançée et ça à marcher. Je connaissais rien du tout à ce domaine et finalement ça m’a vraiment plus.

  • Il n’y a pas eu d’entretien avec lui ?

Non j’en ai pas eu avant le stage. En faite je l’ai vu dans un salon de l’habitat sur Montélimar, il m’a reconnu et du coup j’en ai profité.

  • Est que la sœur y était ?

Non non elle n’y était pas ce jour là.

  • Est-ce qu’avant elle était plus influente dans l’entreprise ?

En faite on m’a expliqué qu’elle avait eu du mal à s’ouvrir aux nouvelles tendances et à ne pas appliquer que ses goûts à elle. Alors que quand tu es décoratrice d’intérieur tu ne dois pas faire ce qui te plait à toi, mais plus ce qui plait aux clients. Donc tu dois t’écouter et proposer les tendances tout ça, ce qui te plait mais avant tout tu dois cerner le client et savoir ce qui va lui convenir ou pas. Et c’était un peu ça le problème avec la sœur, elle en faisait qu’à sa tête puis, c’était pas sa formation.

  • La soeur a fait des études là dedans ?

Non elle a fait un BTS MUC il me semble ou un équivalent.

  • Elle a été embauchée quand Charlotte ?

Il y a 5-6 ans je crois.

  • Elle est plus jeune que la sœur ?

Oui elle a que 30 ans.

  • Est-ce que tu pense que si elle est contre les idées de son frère c’est parce qu’elle a des craintes d’être encore plus fondue dans la masse ?

Je pense que oui un peu parce que Charlotte et le patron s’entendent vraiment très bien et ils ont vraiment des relations amicales plutôt que des relations professionnelles. Mais c’est vrai que le frère fait plus de choses avec Charlotte qu’avec sa sœur. Elle, elle va vraiment gérer que le côté financier, le magasin etc alors que Charlotte et le patron sont souvent en train de s’appeler pour savoir ce que l’autre pense de telles ou telles choses et du coup ils sont souvent en contact et prennent pas de décisions l’un sans l’autre. Donc oui, elle peut se sentir mise de côté et peut être qu’elle va dans la contradiction pour faire exprès.

  • Je reviens sur l’affiche, c’était pour quoi exactement ?

C’était une publicité pour le côté décoration, donc le magasin du haut pour Charlotte pour développer son activité. En faite le panneau publicitaire était situé dans un golf où il y avait pas mal de passage et du coup voilà il voulait toucher encore plus de monde. Il voulait quelque chose qui accroche et qui soit pertinent et il pensait que je pouvais le faire.

  • Donc c’était vraiment une publicité pour la décoration d’intérieur ?

Oui voilà c’est ça.

  • Et quand elle a dit ca sert a rien personne lui a dit c’est pour ramené des clients ?

Non personne a rien dit, mais il n’y avait pas Charlotte ce jour là. Mais c’est vrai que moi j’étais vraiment très contente de lui proposer quelque chose qui pour moi était bon et du coup quand elle m’a dit qu’elle n’en voyait pas l’intérêt son frère lui a demandé pourquoi etc mais sans la contredire. Donc du coup voilà mais quand elle est partie il m’a dit de ne pas m’inquiétait que c’était quand même quelques choses de très bon.

  • Et est qu’elle a été affiché ?

Non elle a pas été affiché parce que encore une fois lui il s’est emballé sans vraiment savoir le prix du panneau publicitaire. Puis quand lui il l’a su il s’est dit que c’était faisable. Et puis finalement elle l’a freiné en lui disant que c’était pas une bonne opération, ni une bonne affiche.

  • Il est un peu laxiste le patron ?

Je pense que c’est un patron très sympa et du coup il ne veut surtout pas d’ambiance tendu dans son entreprise. Il préfère que ça reste une ambiance conviviale.

  • Tu avais un bureau avec Charlotte ?

Non parce que avec Charlotte on a beaucoup bouger. Mais quand je devais me poser et faire mon boulot j’allais dans le bureau du patron il y avait une grande table où du coup on pouvait tout installer pour travailler avec Charlotte.

  • Le patron venait te voir souvent ?

Non il était curieux de savoir ce que je faisais mais il  ne me surveillait pas. Même moi j’allais vers lui voir ce qu’il en pensait parce que j’avais envie d’avoir un avis vu que j’étais toute seule.

  • Est qu’il t’as déjà dit « je veux ça dans l’affiche » et toi du coup tu as du réflechir pour le satisfaire ?

Il estimait que c’est ce que je savais faire donc il me disait nous c’est pas notre domaine, on te dira ce qu’on en pense à la fin mais pour lui les idées c’était à moi de les avoir du moment où on te dit « on veut une affiche pour tel magasin ». Puis en plus il voulait que je sois le « porte parole » au près de l’entreprise qui gère leur site et du coup en quelques sortes dire ce qu’il voulait quoi. Il me laissait vraiment faire ce que je voulais et j’avais pas mal de responsabilité donc ça j’aimais bien.

  • Il t’a demandé de revenir pour cet été ?

Je ne sais pas pour cet été encore mais vu que j’y étais pendanat les deux semaines de vacances on a un peu reparlé de l’alternance.

  • Et est ce que le discours a changé ?

Oui, le discours est plus positif parce que là déjà je suis arrivée avec l’admission d’une école, avec tous les papiers donc c’était plus concret. Puis du coup je suis allée dans son bureau, et je lui ai dit ce que je voulais et j’étais vraiment plus sûre de moi même si je savais que le problème viendrait pas trop de lui.  Puis du coup il m’a dit qu’il voulait faire pleins de choses, qu’il avait pleins de projets et que ça l’intéressait vraiment puis surtout qu’il voyait que je m’entendais vraiment bien avec la décoratrice d’intérieur. Mais qu’il fallait avant tout qu’il en discute avec sa sœur. Le lendemain quand je suis revenue il m’a dit sur un papier que c’était plutôt ok donc maintenant j’attends et on verra bien.

  • Est-ce que sur l’entreprise elle a un pouvoir reconnu ?

Oui vu que c’est une entreprise familiale que leur père leur a donné ils ont tous les deux des parts dessus. Après peut être que le frère à  51% et elle 49% pour pouvoir quand même avoir un majoritaire.

  • Dans toutes les décisions elle a son mot a dire ?

Oui oui sur les grandes décisions oui. Je pense que ça a été établit comme ça a la base. Y a pas de raisons que le frère soit le seul décideur alors que l’entreprise leur revient à tous les deux. Mais après sur les chantiers il prend seul les décisions vu que ça le concerne lui.

  • C’est essentiellement des produits de décoration ?

Alors en faite le magasin du bas vend essentiellement de la peinture et du papier peint. Le magasin du haut vend des objets vu qu’il y a le showroom de la décoratrice mais il y a aussi un côté peintures.

  • Vous touchez les professionnels et particuliers ?

Oui on touche aux deux.

  • Est-ce que le patron est aussi comme ça avec les autres salariés ?

Avec les gars de chantier je pense qu’il est ferme, il a pas trop le choix selon moi. Après avec les trois vendeuses quand quelque chose ne lui plait pas il va pas se géner pour leur faire savoir. Mais par contre avec Charlotte il l’a laisse plus faire ce qu’elle veut parce qu’il estime que ses idées sont bonnes et surtout il a toujours eu des bons retours sur son activité. Donc en faite il a aucunes raisons de la freiner puis il est souvent d’accord avec elle dont bon. Et vu qu’elle fait un bon chiffre d’affaire il peut pas lui enlever ça.

  • Est ce que tu as déjà vu des tensions entre lui et sa sœur ?

Non je pense qu’ils attendent d’être dans un autre contexte pour parler des choses qui les dérange. Mais des fois la sœur va s’absenter sans vraiment le prévenir et ça va l’enerver parce qu’il peut pas avoir ce qu’il veut sur le moment mais quand elle va rentrer il ne va rien lui dire, je pense qu’il préfère ne pas faire ça en public devant les employés.

  • Est ce tu sais quel âge a l’entreprise ?

Je ne sais pas du tout, je sais juste que c’est leur père qui l’a fondé.

  • A la base ils sont les 2 seules ?

Oui comme c’est le père leur a cédé l’entreprise.

  • Avant il y avait que le père ?

Je ne sais pas mais je sais que le père ne s’occupait que du côté peinture, le côté décoration est venu avec le fils et la fille.

  • Il n’y a pas de réunion ?

Non quand je suis arrivée il m’a dit qu’on devait se voir tous ensemble mais finalement il préfère convier tout le monde un midi au restaurant pour s’expliquer. Il n’y a pas de vraie réunion. Il reste dans un esprit de convivialité.

  • Est-ce que tu les voyais vraiment avoir une relation complémentaire ? tu penses qu’il avait besoin d’elle ?

Non je pense qu’ils sont comme ça, et que lui donne automatiquement la parole à sa sœur parce que c’est son côté moral. Ils ont l’entreprise à deux à la base, donc il prend en compte ce que sa sœur lui dit et il l’écoute. Donc oui c’est peut être une relation complémentaire mais ils sont comme ça depuis toujours je pense. Puis il faut dire que le père vient faire un tour dans le magasin du bas, tous les jours… Donc ça reste une entreprise de famille quoi qu’il arrive, malgré le développement.

  • Le père donne ses idées aussi ?

Oui mais uniquement sur le côté chantier, vu que c’est ce que lui faisait.

Phase 2 : l’analyse


Acteurs :

Patron : Patron de l’entreprise (le frère)

Cathy : Sœur du patron et aussi actionnaire de l’entreprise.

Charlotte : Décoratrice d’intérieur employée dans l’entreprise, tutrice de Léa.

Léa : Stagiaire.

  • Tout d’abord, le patron de l’entreprise a clairement un leadership de laissé faire. On voit que c’est Cathy qui prend la plupart des décisions. Le patron se réfère toujours à elle pour avoir son avis avant de prendre une décision. C’est elle qui pose le cadre de l’entreprise, puisqu’elle s’occupe de la comptabilité et elle cadre son frère également, qui lui n’a pas forcément le sens du business. En effet, il ne réfléchit pas forcément au coût quand il entreprend quelque chose. Ensuite on sent aussi que Cathy a besoin de reconnaissance, c’est en « s’opposant » à son frère lors de la prise de décisions qu’elle se sent exister dans l’entreprise.
  • Ce qui créer des tensions entre le frère et la sœur, est sûrement le faite que la sœur ne soit pas au courant de tout ce qui se passe, comme par exemple elle n’était pas au courant que Léa était en stage tout le mois de janvier. De plus elle va avoir un esprit de contradiction, ce qui fait qu’ils n’arrivent pas à avoir de dialogue, c’est pourquoi en disant « Non » aux décisions de son frère, elle montre qu’elle est présente dans l’entreprise.
  • En ce qui concerne le contexte temporel il est vrai que depuis l’arrivée de Charlotte, il y a 5 ans dans l’entreprise, Cathy a vu ses fonctions diminuer. Cathy se dit que Léa devrait faire ses preuves pour que son statut soit légitime au sein de l’entreprise.
  • D’après Mucchielli , nous sommes dans le contexte physique et sensoriel de la situation par un acteur, puisque lors d’un petit entretien pour parler de l’alternance de Léa dans l’entreprise, le patron a écrit sur un bout de papier que la réponse serait sûrement « oui ». Il a pris la décision d’écrire sur un bout de papier parce que le bureau de Cathy est juste à coté du sien donc elle entend ce qui se dit dans le bureau de son frère. Étant donné que Cathy était opposée à ce que Léa fasse son alternance, il n’a pas voulu prendre le risque qu’elle entende ce qui se disait.
  • Si l’on utilise l’analyse transactionnelle pour ce cas, Cathy a clairement l’état de « Parent » tandis que le patron a l’état « d’enfant ». La grande sœur aurait plus tendance à cadrer son frère, alors que ce dernier réagit comme un « enfant ». On peut le voir à travers le faite qu’il écrit sur un bout de papier pour que sa sœur ne l’entende pas.
  • Enfin, d’après l’analyse des mondes de la justification, le patron est plus dans le monde civique il cherche à satisfaire le bien commun, en organisant des repas au restaurant, ce qui sert aussi de réunion. Il cherche à avoir une ambiance conviviale au sein de l’entreprise. Mais aussi de l’inspiration puisqu’il est spontané.  Contrairement à  Cathy qui est dans le monde domestique, elle veut préserver l’entreprise familiale.

Phase 3 : Retour du narrateur

  • Léa semble d’accord avec l’analyse du groupe. Cependant elle souhaite ajouter que pour le coté parent/enfant de l’analyse transactionnelle, elle a pu rencontrer les parents du patron et de sa sœur Cathy, et d’après elle s’est le copier collé de ceux-ci. La mère ressemble à Cathy au niveau physique et caractère et de même pour le père et le patron.
  • Ensuite au niveau des mondes de la justification, le patron ne pense pas directement au niveau financier, mais dans l’heure qui suit il va tout de même y penser, donc il n’est pas totalement enfantin.
  • Pour finir, Léa nous expliquera qu’ils ne sont pas dans l’esprit de contradiction, mais qu’ils sont plutôt complémentaires. Même si ils ne sont pas toujours d’accord, l’un ne pourrait pas travailler sans l’autre. De plus il n’y a aucune jalousie entre le frère et la sœur, étant donné que le père a légué l’entreprise aux deux, même si la sœur a moins de part officiellement. Cependant, le frère prend en compte les opinions de sa sœur lors de grandes décisions.

Phase 4 : l’observation

  • Lors de la phase 1, le groupe était attentif. J’ai pu remarquer, en tant qu’observatrice que quelques uns prenaient des notes. Au niveau du langage non-verbal, j’ai pu noté que certains agissaient comme s’ils se posaient des questions, comme s’ils étaient perplexe face à la situation de communication que Léa présentait.
  • Lors de la phase 2, tout le groupe à participer, les questions se sont enchainées de manière fluide ce qui a laissé très peu de blanc voir même aucun moment de blanc.
  • Pour finir, durant la phase 3, certaines personnes qui n’avaient pas posé de question on prit la parole pour expliquer leur avis sur la situation ce qui a donné lieu à de nouvelles idées. De même que pour la phase 2, les analyses se sont enchainées et elles se complétaient entre elles. Il y a eu quelques petits désaccords entre les personnes mais qui se sont vite réglés lorsque chacun a expliqué son point de vu.

Charline BERT- Léa DAMIANI