Articles avec le tag ‘infocom’

Entretien retranscription de M.Operti, infographiste.

lundi 19 novembre 2018

Contextualisation : Cet entretien a eu lieu dans l’entreprise Illimited Edition à Saint-Jean-De-Védas. Pendant l’entretien, un étudiant s’occupait de veiller au bon fonctionnement du matériel (utilisation de l’application dictaphone sur un smartphone) et de la prise de note (retranscription sous forme écrite de certains points clés de l’entretien) ; puis un autre étudiant était chargé de poser les questions au professionnel.

Entretien retranscription :

Étudiant : Bonsoir monsieur, nous sommes deux étudiants de la fac de lettre de Paul Valéry, à Montpellier. Nous avons un devoir qui consiste à avoir un entretien avec un professionnel de l’information et de la communication. Étant intéressés par votre métier, nous nous sommes naturellement tournés vers vous. Je vais d’abord vous demandez de vous présenter : votre nom, et quel est votre métier ?

Professionnel : Alors, je m’appelle Laurent Operti et je suis infographiste.

Étudiant : D’accord, et en quoi consiste votre métier ? Quel est votre rôle au sein de votre entreprise ?

Professionnel : Alors, mon métier est assez vaste. Nous créons, fabriquons et installons tout ce qui peut être de la communication en passant de l’enseigne à la signalétique, au marquage de véhicule. Tout ce que vous pouvez voir en marquage de signalétique en extérieur. On le crée, on le fabrique et ici je suis gérant de mon entreprise…

Étudiant : (hochement de tête.)

Professionnel : Donc, c’est à dire que je suis graphiste aussi, je fais de la création mais nous faisons aussi de la production, de la fabrication.

Étudiant : D’accord c’est intéressant et qu’est ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

Professionnel : Quand j’étais petit, mon rêve c’était de faire comme les anciens faisaient. C’est à dire peindre sur les murs les vieilles publicités, c’était un vrai métier d’art où on avait un maître, on apprenait les techniques et je rêvais de faire ça parce que tout le monde le voyait. C’était vraiment le métier que je voulais faire.

Étudiant : J’en conclus que vous avez réalisé votre rêve d’enfant en quelques sortes, mais pour accéder à ce métier, quelle formation faut-il suivre ?

Professionnel : De nos jours, je pense qu’il y a quelques formations mais de mon époque, il n’y avait pas grand chose. C’était juste des bts ou des cap. Initialement, c’était des cap de peintre en lettre et ensuite on avait un bac pro et un bts. Ils appelaient ça publiciste ou de maquettiste.

Étudiant : Très bien, c’est bon à savoir pour nous qui voulons faire ce métier plus tard de voir les formations qui se proposent à nous. Mais vous, est-ce que c’est ce parcours que vous avez suivi ?

Professionnel: J’ai fait un bac commerce, après je me suis inscrit dans une école privée pour faire un bts de communication avec option visuelle. Je crois que c’était comme ça que ça s’appelait… Mais la première année, vu que je m’embêtais , j’ai passé le cap et après j’ai eu mon bts.

Étudiant : D’accord et par où avez-vous commencé dans votre carrière d’infographiste/graphiste ?

Professionnel : A la base je suis dessinateur. Je faisais les dessins pour la bande dessinée Sonic où un épisode représente 400 dessins, soit 24 dessins par seconde. C’était pas très connu à l’époque et je vivais chez mes parents. Je gagnais environ 400 euros par mois. Je dessinais tout le temps, de jour comme de nuit. Je vous avoue que mes débuts étaient difficiles (rires), puis j’ai été employé et j’ai fini par me mettre à mon compte.

Étudiant : C’est respectable. Et qu’est-ce qui vous a motivé à faire votre propre entreprise du coup ?

Professionnel : (rire) C’est une grosse question ça.

Étudiant : (rire).

Professionnel : Qu’est ce qui m’a motivé à faire ma propre entreprise ? J’ai été papa.

Étudiant : Je comprends mieux.

Professionnel : Et, quand j’ai été papa, je me suis dit soit je le fais maintenant quand ma fille est petite, soit je ne le ferai jamais. Là je peux tenter le coup et essayer de voir si ça marche.

Étudiant : On peut dire que c’est courageux. Pourriez-vous me parler un peu plus de votre entreprise ? Vous êtes plutôt une grosse entreprise ou est-ce que vous travaillez en petit comité si je peux me permettre ?

Professionnel : Non, on est une petite société.

Étudiant : Ok très bien. Quelle est votre relation avec vos employés, l’ambiance au sein de l’entreprise ?

Professionnel : Je les déteste (rire). Non, en réalité, j’ai toujours voulu que notre entreprise soit comme une petite tribu. Ma femme travaille avec moi, je travaille avec mes amis tout le temps et on connaît les conjoints et enfants de tout le monde. Moi j’aime bien travailler comme dans une famille.

Étudiant : C’est un bel état d’esprit. Je vais changer un peu de sujet. Avec quels outils travaillez-vous ?

Professionnel : Informatique ?

Étudiant : Oui ou autre !

Professionnel : On a des macs parce que les macs ont été créé par nos pères, pour notre métier au départ et les logiciels qu’on utilise sont « Photoshop », « Illustrator » essentiellement et « In design » aussi pour tout ce qui est création.

Étudiant : Pourquoi utiliser ces produits et pas d’autres ?

Professionnel: Si on utilise ces produits, c’est parce que ce sont des dessinateurs au départ qui les ont créé parce qu’au départ, nous sommes dessinateurs. Donc, c’est pour ça que c’est assez fluide de passer du crayon à l’informatique.

Étudiant : Intéressant. Votre travail se fait-il plutôt collectivement ou individuellement ?

Professionnel: Ça dépend de la facette du travail.

Étudiant: C’est à dire ?

Professionnel: C’est à dire que pour ce qui est création pure, c’est assez individuel.

Étudiant : D’accord.

Professionnel : Après, ça nous empêche pas de demander un petit peu à tout le monde ce qu’ils en pensent, demander des avis ect, mais la création se fait tout seul normalement.

Étudiant : D’accord. Bien que vous aimiez votre métier, du moins c’est ce que vous dégagez, est-ce que vous avez pu relever des points négatifs, si oui lesquels ?

Professionnel: Oui, le plus gros inconvénient que l’on a dans notre métier c’est qu’on est pas reconnu en tant que réel métier. Alors ça c’est pour l’enseigne entre autre. Pour le graphiste, si ça existe. Mais nous, on est une tranche du graphisme qui est plus sur de la signalétique. Donc les graphistes d’aujourd’hui sont tous sur des sites web et des réseaux sociaux en création. Quand nous on l’a fait, c’était plus du papier initialement ou du physique pas du virtuel. (rire) Je parle comme un vieux mais le virtuel n’existait pas, il n’y avait pas de site web quand on faisait nos études donc on a appris à travailler sur des supports physiques. Ce métier là n’existe pas…

Étudiant: Excusez-moi si je vous coupe, mais quand vous dites qu’il n’existe pas, c’est à dire ? Je ne comprend pas très bien…

Professionnel: Et bien c’est dire qu’il n’est pas référencé à la chambre de commerce ni à la chambre de métier. Donc, ça veut dire que n’importe qui, qui veut s’installer, faire notre métier, peut le faire.

Étudiant : Donc si je comprends bien, ça veut dire qu’il n’y a pas besoin de faire de formations spécifiques au final ?

Professionnel : A l’inverse d’un coiffeur qui a besoin d’un cap coiffure , une personne qui veut faire notre métier sans passer par un cursus scolaire, on va dire, non du tout. Un graphiste aujourd’hui peut se dire graphiste s’il fait un stage de deux mois à Pôle emploi.

Étudiant: Ça doit être « révoltant » pour vous, non ?

Professionnel: Oui, carrément et le pire c’est qu’il y en a de plus en plus qui font ça !

Étudiant : Et du coup pour vous, quelles sont les compétences requises qu’un vrai graphiste/ infographiste doit avoir ?

Professionnel : (rire) Pour moi, il faut savoir plus regarder qu’appliquer parce qu’on invente rien, on s’inspire tout le temps , on lit beaucoup , on regarde des images. Ce qui nous plaît on essaye de le refaire, et quand on essaie de refaire une image qui nous plaît, on y met notre petite pâte puis on réessaye une deuxième fois, puis une troisième fois et on fait sa propre création. On peut pas inventer, ça n’existe pas d’inventer. Faut toujours s’abreuver d’images, de visuel et en fonction de tout ce qu’on voit, on se nourrit et on arrive à ressortir quelque chose.

Étudiant : Du coup ça demande d’avoir une certaine culture générale, on doit être curieux ?

Professionnel : Énormément, énormément, énormément parce que si un graphiste ne se tient pas au goût du jour, il va encore faire des lettres comme on faisait il y a deux ans, donc du coup ça ne va pas plaire. Par exemple un boulanger à l’époque, c’était une écriture jaune sur un fond beige avec des écritures à l’ancienne, puis aujourd’hui vous avez PAUL qui a un fond noir avec des écritures blanches, ce qui était inconcevable à l’époque. Avant on avait des moulures en bois, maintenant on veut des choses très lisses, modernes et si on ne regarde pas, on continue à faire ce qui se faisait il y a 20 ans et on ne vend plus rien.

Étudiant : Je ne pensais pas que ce métier demandait autant d’implication personnelle… Juste avant, je vous demandais ce qu’étaient les compétences requises pour ce métier, à l’inverse quelles sont les défauts à ne surtout pas avoir pour ce métier ?

Professionnel : Il y a énormément de graphistes qui sont orgueilleux.

Étudiant: C’est à dire ?

Professionnel: Disons qu’ils savent juste se servir d’un ordinateur, ils arrivent à faire une jolie image et ils se prennent pour « des stars ».

Étudiant et professionnel: rires

Professionnel : Non mais c’est vrai, ils se prennent pour des lumières… Je dirai que c’est le gros défaut du graphiste. S’ils font une publicité pour de la télé, rapidement ils deviennent orgueilleux.

Étudiant : D’après ce que vous me dites, j’en conclu qu’il faut garder les pieds sur terre.

Professionnel: oui, en effet oui.

Étudiant: Et pour vous, quelle est « la recette », si je peux me permettre, pour se faire connaître et être reconnu dans le milieu ? Comment avez-vous fait pour pouvoir être reconnu en tant que tel ?

Professionnel: Il est très difficile de nos jours de se faire connaître dans ce milieu, il est donc nécessaire, et moi j’ai du passer par là, de se faire un réseau social qui n’est pas virtuel. Il faut par exemple aller dans des soirées mondaines. Il faut sortir du lot, avoir sa touche personnelle et son style. Je travaille 12 à 15h par jour, c’est un travail qui demande beaucoup de temps et c’est difficile de vivre exclusivement du graphisme. Disons que ce n’est pas un long fleuve tranquille et que pour sortir du lot, il faut être vraiment fort et pouvoir se déplacer énormément. Ils sont vraiment très peut à être reconnu dans le métier d’infographiste et graphiste, pour ma part, je n’en connais qu’un qui a vraiment réussi. Il vit sur Marseille, il a confectionné plusieurs pochettes d’albums notamment de Iam et Massilla Sound System.

Étudiant: Le parcours d’un infographiste n’a pas l’air d’être un long fleuve tranquille en effet, est-il vraiment possible de vivre de ce métier au final ?

Professionnel : c’est un métier où il est dur de se faire reconnaître, moi en tant qu’infographiste, je ne suis pas reconnu. Si j’arrive à nourrir ma famille et celles de mes employés, c’est parce qu’on vend du physique.

Étudiant : Qu’entendez-vous par du physique ?

Professionnel: C’est à dire des panneaux, enseignes, véhicules ou encore déco. Mais on vit difficilement du graphisme, infographisme.

Étudiant :On a vu que dans votre métier, grâce à vous et sur des sites internet, qu’ il fallait vraiment suivre « les dernières tendances ». Qu’est-ce qui est « à la mode » actuellement (rire) ?

Professionnel: (Rire) On va dire que notre métier est en train de régresser positivement, on revient aux fondamentaux : on va peindre un logo en faisant de jolies lettres à la main, c’était la mode il y a 20 ans. C’est aussi valable pour la communication où avant il y avait beaucoup d’images, maintenant c’est plus épuré, et c’est beaucoup plus difficile à faire : le plus dur est de faire simple. Je vais vous donner un exemple pour que vous compreniez mieux : les marques de luxe n’ont pas de logo extravagants et le plus souvent ils sont très simplistes, et pourtant, ce sont celles qui attirent le plus le regard, par exemple Chanel.

Étudiant : Je comprends que dans la communication et dans l’infographie ce sont les fondamentaux, comme vous dites qui reviennent à la mode, mais en général, est-ce que vous avez pu remarquer une évolution dans le domaine de l’infocom ?

Professionnel : Je remarque qu’il y a de plus en plus de demandes concernant les métiers de l’infocom. La concurrence est très importante dans ce milieu, ce qui nous pousse à nous surpasser.

Étudiant: Auriez-vous un conseil à nous donner ?

Professionnel : Il faut produire des logos à bas prix. Avant d’être reconnu, il faut passer par différents obstacles au cours de sa carrière, comme quand je vous expliquais mon histoire : qu’avant je vivais chez mes parents et je travaillais pour la bande dessinée Sonic et cette histoire là est valable pour de la communication. C’est un métier qui est dur, où la concurrence est dure. Il est préférable d’aller dans des grandes villes si vous voulez percer dans ce métier, domaine.

Étudiant: Je finirai l’entretien par cette question, comme envisagez-vous votre futur professionnellement parlant ?

Professionnel : On va gagné au loto bientôt

Étudiant et professionnel : rires.

Professionnel : Non je pense que notre entreprise va plus s’orienter vers des travaux plus manuels, juste, voir haut de gamme ou du très bas de gamme

Étudiant : C’est à dire bas de gamme/ haut de gamme?

Professionnel : Bas de gamme pour nous, dans notre métier c’est un panneau collé contre un mur et haut de gamme c’est une enseigne lumineuse avec un certain système pour qu’on ne voit pas la façon dont on l’a fabriqué. Pour l’infographie maintenant, ça va être un peu pareil. C’est à dire qu’on peut acheter des logos bas de gamme à petit prix , environ 3 euros directement tout fait, et après si on veut un travail haut de gamme ça sera un prix conséquent qui est fait par un artiste . Il n’y aura plus d’intermédiaire, c’est ça que je veux dire. Et pour en revenir sur l’infographie, tout va encore plus se digitaliser, et le graphisme quant à lui va disparaître parce que maintenant les gens vont sur le net, ils ne lisent plus les journaux.

Étudiant : D’accord, c’était très intéressant et constructif pour nous. L’entretien est à présent terminé, nous vous remercions de nous avoir accordé de votre temps. Merci beaucoup !

Professionnel : Mais c’était avec plaisir !

 

Une copie de cet entretien a été envoyée à M.Operti qui a validé la publication de l’entretien.

Lou WOJCIK & Quentin BOUHIER.

L1 infocom, groupe 2.

 

 

A la rencontre de Barbara Pastre, directrice com. de l’agence Vu d’en Face Production.

lundi 19 novembre 2018

barbara 1barbara2

Le jeudi 15 novembre 2018, dans le cadre de la discipline PPP (Projet Professionnel Personnalisé), nous sommes allés à la rencontre de Barbara Pastre, directrice com. et fondatrice de l’agence spécialisée dans l’événementiel Vue d’en Face Production. Cette interview, effectuée dans les locaux de l’agence située à Montpellier, a été réalisée par Maxime Eon de Palmas et Florent Parachou et a durée au total 45 minutes.

barbara3

Retranscription écrite de l’entretien :

Maxime :

Bonjour Barbara, tout d’abord merci de nous recevoir dans tes locaux. Avant de commencer je tiens à préciser que cette interview sera retranscrite sur le blog de notre promotion et que nous serons amenés à utiliser des photos relatives à toi et ton agence afin d’illustrer nos propos, es-tu d’accord avec ça ?

Barbara :

Aucun problème, vous pouvez y aller !

Maxime :

Nous allons commencer par une première question, quels étaient tes motivations et quel parcours as-tu effectué ? Et selon toi quelles sont les compétences nécessaires pour ce métier ?

Barbara :

J’ai fait une école hôtelière, l’institut Vatel, j’ai aussi fait un BTS à Paris et je ne pensais pas faire ce métier tout de suite donc pendant 5 ans, j’ai fait de la restauration et de l’hôtellerie mais cela se rapproche un peu de ce que je fais maintenant puisque j’ai fait quand même des banquets, des séminaires, etc… Ensuite, j’ai eu la chance de rentrer à Bercy, la grande salle de concert mais aussi dans un ensemble de bâtiments destinés à faire de l’événementiel et c’est là ou j’ai appris mon métier.

Pour ce qui est des compétences, il faut être super porté sur l’humain, dans le sens où la relation humaine dans ce métier est primordial. Il faut aussi avoir un grand sens de l’écoute. Quand ton client vient te chercher pour faire un événement ou pour faire une campagne de communication, il faut vraiment être à l’écoute.  Ensuite, il faut être créatif, et surtout comprendre le désir du client, le refléter, c’est d’ailleurs pour ça que ma société s’appelle Vue d’en Face Production, parce que je me mets en face de mon client et j’essaye de répondre à sa problématique ou à son envie. Il faut être ponctuel, c’est super important, par exemple quand on organise un coloc où tu as des personnalités qui arrivent c’est vraiment un timing, par exemple 10h04 : intervention du président, 10h12… parce qu’il y a plusieurs corps de métier dans l’événementiel et quand on est « dir. com. » comme moi on est un peu comme un chef d’orchestre, tu gères aussi bien le traiteur, que les hôtesses, la technique, la sonorisation, cela peut être aussi du direct, en vidéo projection.

Maxime :

C’est un vrai travail de logistique en fin de compte.

Barbara :

Tout à fait, c’est de la logistique, et avant c’est aussi du commercial, moi quand je fais un événement, j’ai aussi besoin de le vendre. Il s’agit vraiment d’être chef d’orchestre et savoir bien s’entourer de prestataires.

Florent :

D’accord, Peux-tu nous parler de l’évolution de ta perception du métier ? Comment tu le percevais avant, maintenant…

Barbara :

Avant tu avais une agence de communication qui ne faisait par exemple que des affiches, que des logos, ou une autre qui faisait que du site internet, que des relations publiques ou des relations presses. Maintenant, de plus en plus d’agence offre une communication globale, elle va prendre son client, par exemple : Gaumont, et elle va lui proposer de tout faire pour elle et même maintenant de l’événementiel. Ce qui nous, petite agence, nous nuit un peu, car c’est maintenant des offres à 360 degrés, et cela nous oblige à faire pareil. Dans mon cas, avant je ne faisais pas de communication, je ne faisais pas d’impressions, car ce n’était pas mon métier. Pour répondre à ses attentes, les problématiques du client, je suis obligé de m’entourer de gens compétents qui m’aident.

Maxime :

Donc c’est cette évolution qui t’amène à te diversifier en tant qu’agence ?

Barbara :

En effet, nous sommes obligés, surtout avec les nouvelles technologies, il s’agit d’un métier où tu es obligé de connaître les nouvelles technologies. Par exemple, dans mon métier, il y a un gros salon sur Paris qui s’appelle Event, je n’y suis pas allé cette année, et c’est dommage car j’ai raté par exemple tout ce qui était maping, etc….

D’ailleurs, c’est un petit peu ce que fait Montpellier, Cœur de ville en lumière, ça fait longtemps que nous connaissons, mais c’était très cher avant. Maintenant on a la possibilité d’en faire pour moins cher, par exemple avant c’était 25 000 euros de budget.

Aujourd’hui on peut en trouver à 2000, 3000 euros car nous avons des jeunes très doués qui sont graphistes, il suffit de louer un super vidéo projecteur et nous pouvons faire quelque chose de qualitatif.

Aussi, avec les réseaux sociaux, Il faut être au point, j’ai personnellement même eu des anciens élèves qui ont fait un parcours classique à l’Iscom, des études de communication, et qui après se sont spécialiser dans le Community management, car c’est un métier à part entière aujourd’hui.

Personnellement, par rapport à mon magazine pour enfant, Nine, souvent mes clients me disent : « Est-ce qu’on ne pourrait pas faire du digitale plutôt que du papier » Or le principe même c’est de renouer les enfants avec le papier.

Florent :

Donc c’est un métier qui te demande de te réactualiser en permanence, si j’ai bien compris ?

Barbara :

Complètement, actuellement je travaille avec une agence de communication qui s’appelle M’Enfin, avant c’était que du papier, du « print », et maintenant il se forme pour faire des petites publicités sur internet. Dans le genre de ce qu’on voit sur YouTube aujourd’hui, vous connaissez les petits vidéos clips Konbini ?

Maxime :

Oui, tu veux dire de l’info-divertissement en fait ?

Barbara :

Oui, ça cartonne. De plus en plus, par exemple Midi Libre qui le fait maintenant alors qu’avant il ne le faisait pas, ou encore la Gazette qui le fait et qui ne le faisait pas. Tout le monde est obligé de le faire. Là, il y a un réseau social qui vient de se créer qui s’appelle CLAAP, qui s’est spécialisé dans cela. Maintenant, il faut que ça aille vite, on a de l’information qui arrive de partout, il faut que ce soit rapide et efficace.

Maxime :

D’accord, super. Ensuite, quelle est la partie que tu préfères dans ton métier ?

Barbara :

La logistique, j’adore le jour même. J’adore la Montpellier Reine, l’organiser, etc… mais le moment que je préfère, c’est le jour J, c’est le plus stressant mais j’adore. Le montage de l’événement aussi, c’est-à-dire monter l’événement un peu avant que ça se passe. Mais vraiment le jour J, c’est une concrétisation du travail que tu as effectué pendant des mois, de ton bébé, comme Abracadabra, etc.. En bref, le montage, la déco, la logistique, travailler avec les autres, monter les stands, j’adore ce qui est technique.

Maxime:

Cela m’amène à une autre question, puisque tu m’as parlé de l’événement en live. Justement lors de ces évènements, qu’est-ce qui est source de stress ou de difficultés pour toi ?

 

Barbara :

La météo, quand c’est en extérieur. Tout ce qui est mouvement de grève, ça c’est stressant, par exemple, ce 17 novembre là, toutes les personnes qu’organise des événements comme la Battle of the year, moi ça serait mon événement, ça serait une grosse difficulté. Personnellement, l’année dernière à la Montpellier Reine c’était tous les mouvements étudiants, ils nous ont pourris l’événement, on a été obligés de fermer les grilles à clé, d’appeler la police en raison des casseurs. En soi, l’actualité est source de stress.

Ensuite, que tes prestataires ne soient pas là, qu’ils t’oublient. Une fois, à la Montpellier Reine, le matin, une personne devait m’installer mes tentes, et il n’est pas venu. Aussi, que ton client soit trop stressé, qu’il te donne son stress alors que tu ne dois pas l’avoir, et d’avoir une équipe qui stress à cause de ce client. Personnellement, j’essaye de temporiser tout le temps entre mon client et mes prestataires car le client est généralement très stressé. Souvent cela arrive quand j’organise un mariage. Avant, j’était trop stressé, mais maintenant avec un travail au fil des années, j’ai appris à ne plus l’être. C’est le métier le plus passionnant de la terre.

Florent :

Je crois comprendre que tu es amenée à rencontrer différents types de clients grâce à ton métier, peux-tu nous dire lesquels ?

Barbara :

Tout types, j’ai de l’institutionnel, ce qui est mairie, métropole, chambre de commerce, etc… Des entreprises privées, comme le Gaumont, Odysseum, d’ailleurs je vais préparer Noël à Odysseum. Du particulier, et enfin des associations avec qui je travaille.

Florent :

D’accord, maintenant j’aimerais savoir, par rapport à ce que tu évoquais plus tôt,  quels sont tes ressentis concernant le fait de gérer une équipe ?

Barbara :

Diriger une équipe, c’est très compliqué, moi, j’ai énormément confiance dans les personnes avec qui je travaille. Parce que sans confiance, c’est plus dur, donc je m’entoure de supers prestataires et j’ai une qualité c’est que je suis super fidèle. Tous les prestataires avec qui je travaille, ça fait 10 ans ou même 15 ans que je travaille avec eux. Comme je suis toute seule dans ma boîte, même si j’ai des petites stagiaires qui viennent, si je n’ai pas confiance en mes prestataires je ne peux rien faire toute seule. Je travaille avec 2 ou 3 traiteurs, avec 2 boîtes de sonorisation, avec deux imprimeurs, toujours les mêmes. Comme ça quand j’en ai un qui ne peut pas être présent, l’autre est là. Aussi, je m’intéresse beaucoup à leur métier, je vais les voir dans leurs ateliers, je ne leur demande jamais de rétrocession d’argent, alors que beaucoup d’agence font cela. Par exemple, une agence qui travaille avec un traiteur va accepter de travailler avec lui uniquement s’il touche 8% de marge derrière. Personnellement je sais que les marges sont très difficiles, je ne fais jamais ça, ce qui fait que les gens aiment travailler avec moi. Après c’est à moi de bien me vendre auprès de mon client, mais je ne demande pas à mes prestataires une rétrocession d’argent.

Maxime :

Pourrais-tu nous expliquer plus précisément ta façon de procéder ?

Barbara :

J’ai un prix. En fonction de mon prix horaire, mon prix journalier est de 800 euros, donc je multiplie par le nombre de jours passés sur un événement. Par exemple, Odysseum, je leur ai fait un contrat à 3000 euros, car je pensais y passer 3 jours. Aussi, on va faire une soirée au Marriott, je demande 2000 euros, parce que je sais que ça va me prendre 2 jours d’organisation, à penser, etc…

Après, je peux marger sur mon prestataire, par exemple, mon prestataire va me vendre un repas 20 euros, personnellement je n’ai pas le droit de le revendre 20 euros, donc je vais le revendre 22 euros. Je gagne alors 2 euros de plus par personne. Mais je n’exagère jamais trop sur les marges.

Maxime :

Aurais-tu un exemple d’événement qui a été particulièrement difficile à mettre en œuvre ?

Barbara :

Abracadabra, un festival pour enfant que j’ai monté, où ça a été très compliqué de trouver le lieu, car je voulais un lieu avec beaucoup de nature pour que les enfants puissent s’amuser dehors et courir. Mais il fallait qu’il soit très sécurisé, pour que les enfants ne se perdent pas. Ensuite, j’ai dû faire des stands, car l’objectif de ce festival était de sortir les jeunes du digital, et leur apprendre à faire une cabane par exemple, à se servir de leur bras, de leur tête, ou encore de les faire participer à des chasses au trésor, des gouters, un boom… C’était difficile de trouver des stands qui comprennent mes valeurs. Le challenge était aussi de faire venir du public, car c’est un premier événement, je ne savais pas si j’allais avoir 6 personnes, 10 personnes, on a quand même réussi à faire 1000 personnes. Et pourtant, je me suis trompée dans la cible, je pensais que les enfants auraient entre 8 et 10 ans, et j’avais fait la gratuité en dessous de 5 ans, mais je me suis aperçue que tous les enfants qui venaient avait entre 2 ans et 5 ans. J’ai eu donc 700 enfants qui sont passés gratuitement.

Ce festival était particulièrement dur à mettre en place, avec un lieu très compliqué à agencer, car c’était dans un château et le client n’avait pas l’habitude de faire des événements et il a donc été très angoissant pour moi. Au final, c’était quand même un plaisir de me dire que j’ai réussi ce projet, car cela faisait 4 ans que je l’attendais.

Maxime :

Depuis cet évènement as-tu mis en place des méthodes pour ne plus te tromper de cible ?

Barbara :

Ce qui est compliqué pour moi, c’est que je suis seul, quand vous êtes à deux, vous pouvez communiquer, échanger vos pensées. Puisque je suis seule, ça m’arrive de me tromper. Il faudrait que j’ai la possibilité d’échanger avec quelqu’un, avant j’avais une collaboratrice, mais elle était très jeune et elle allait tout le temps dans mon sens, et ce que je recherchais c’était une opposition, un échange.

Florent :

D’accord. Peux-tu nous dire comment tu envisages ton futur professionnel à présent ?

Barbara :

J’adore mon métier, mais je pense l’arrêter un jour, d’ici quelques années. Mon rêve est de tenir une librairie, mais je ferais de l’événementiel quand même (rires), je ferais venir des auteurs… Je voudrais faire une librairie qui n’ait pas trop de stock, mais avec le mois de la bande dessiné, le mois du thriller, je commanderais quelques livres,  mon but serait de créer quelque chose entre Amazon et une librairie indépendante. Je ferais aussi beaucoup de rencontres avec des écrivains. C’est mon rêve.

Maxime :

On espère pour toi que ça va marcher un jour. (Rires)

Travailler dans événementiel permet-il d’allier convictions personnelles et vie professionnelle selon toi ?

Barbara :

Complètement, j’ai toujours voulu mettre à profit mes compétences pour une bonne cause, je m’étais toujours dit qu’un jour je ferais quelque chose avec mes compétences et mon expertise pour des associations, des bonnes causes comme la Montpellier Reine où je suis bénévole. La seule chose que je n’avais pas mesuré non plus, parce que tout s’apprend avec l’expérience, c’est que je ne pensais pas que ça me prendrait autant de temps. Je m’étais dit que ça me prendrait 2 mois de l’année. Le problème c’est que ça me prend 7 mois, et c’est énorme, c’est un festival de plus de 1500 personnes. Cela me prend énormément de temps. Aussi, je n’avais pas mesuré que j’aurais autant de jeunes, ce n’est pas une course de vieilles. Il y a beaucoup d’étudiants qui viennent.

Maxime :

Donc c’est cette grosse charge de travail qui t’amène à prendre des stagiaires ?

Barbara :

Oui tout à fait sinon le reste du temps je suis toute seule, en fait c’est vraiment la Montpellier Reine qui me demande d’avoir des stagiaires.

Florent :

Aurais-tu des conseils pour un étudiant en communication ?

Barbara :

Oui, faites vous votre réseau parce que le réseau est très important dés la première année, je vous demande pas d’être pote avec tous vos copains  mais soyez bienveillants avec eux, gardez les comme contacts. Moi par exemple je travaille encore avec des gens que j’ai connu il y a 15 ans, 16 ans … et même maintenant, parce que je pense que j’étais une « prof » cool, du moins une maitre de stage cool, mes anciens élèves et mes anciens stagiaires travaillent avec moi, ils me font bosser sur des projets. Car maintenant ils ont obtenu certains postes, par exemple j’en ai une qui était mon élève et ma stagiaire il y a 10 ans et qui vient de prendre la direction de la communication de la PEF et qui m’a envoyé un message hier pour me proposer de déjeuner avec moi et de travailler ensemble sur la Montpellier Reine, etc.…  le réseau c’est super important en communication.

Et je vous dirais aussi, soyez créatifs, soyez curieux, regarder tout ce qui se passe autour de vous et quand vous serez en stage ne soyez pas un stagiaire lambda, c’est-à-dire qu’il ne faut pas hésiter à y aller, soyez source de propositions sans être non plus trop envahissants si vous voyez qu’ils sont occupés. Mais voilà intéressez vous à leur entreprise, il ya rien de mieux qu’un entrepreneur qui a des stagiaires qui soient investis, c’est vraiment le top !

Et enfin je dirais qu’il ne faut pas penser qu’à l’argent, l’humain c’est le plus important, ça apporte tout et c’est primordial dans notre métier. Même si il faut quand même le garder à l’esprit parce que l’humain ce n’est pas ce qui fait vivre ! (rires)

Maxime :

Très bien, on comprend donc que le réseau est un élément  essentiel pour toi, ce qui m’amène à une autre question, quels sont les meilleures façons de se constituer un réseau selon toi ?

Barbara :

Alors, je dirai qu’il faut faire des stages, aller à des soirées, par exemple pour vous il va bientôt  y a voir la nuit de la presse, allez-y ! C’est l’endroit parfait pour rencontrer des journalistes ou des directeurs de com. comme moi. C’est le club de la presse, ça se trouve juste derrière le Polygone et il y a tous les « dir.com. », tous les journalistes, les agences de com., etc… et comme ça tu rencontres des gens  et tu peux trouver des stages intéressants.

Et alors quand vous devez faire un stage, s’il vous plait, choisissez celui dont vous rêvez ! Vraiment ne vous contentez pas de faire un petit stage que vous choisirez au dernier moment. Si vous rêvez d’un stage, allez-y, faites la démarche tout de suite en début d’année. Moi un jeune qui me contacte au dernier moment parce qu’il n’a pas de stage je n’ai pas envie de le prendre. Alors qu’un stagiaire qui m’appelle en Septembre pour un stage en Janvier, là je sais que c’est quelqu’un de motivé et j’ai envie de le prendre. Ca c’est vraiment super important.

Moi tu vois par exemple, je tenais absolument à avoir certains partenaires pour mes événements et souvent ils m’ont dit non mais ça ne m’a pas empêché de persister et finalement j’ai réussi à les avoir. Ce que vous devez comprendre c’est que le « non » n’est pas un frein, ne vous arrêtez pas à un non.

Moi dans mon agence, je dois recevoir au moins une centaine de demandes de stages chaque année et je vais vous dire comment je fais le tri. Déjà ma première sélection, elle se fait au niveau des fautes d’orthographe, si j’en trouve une seule en commençant à lire son mail, je ne cherche pas à comprendre, je supprime directement. Parce que je suis obligé d’effectuer une sélection comme ça. Ensuite, si je ne réponds pas au premier message parce que je suis prise par un événement et que la personne ne m’appelle plus jamais alors j’oublie aussi.

Finalement ceux à qui je donnerais le stage, ce sont ceux qui m’auront rappelé et qui m’auront prouvé qu’ils tiennent vraiment à l’obtenir par leur persistance et l’intérêt qu’ils portent à l’agence.

Maxime :

Tu nous parlais des partenaires, justement comment fais tu pour acquérir des sponsors et les renouveler ?

Barbara :

Alors je fais toujours par rapport à ma cible, la Montpellier Reine je voulais que ce soit du sportif mais aussi qu’il y ait un vrai intérêt. J’avais besoin de t-shirts, donc les t-shirts je ne pouvais pas les acheter sinon ça allait me couter 40 000 € (rires) donc je devais trouver quelqu’un qui fait des t-shirts. Tout de suite j’ai pensé Décathlon, donc je les ai harcelés. (Rires)

Ensuite il me fallait des pommes donc j’ai pensé Pink Lady parce que ça collait bien avec le thème : cœur, rose etc… donc je les ai soulé aussi, jusqu’à ce que j’y arrive. J’avais aussi besoin de bouteilles d’eau, et tout ça en restant toujours dans le bassin méditerranéen, en me disant qu’il fallait aller chercher des gens qui sont d’ici car le but était de faire du local, à l’image de la Montpellier Reine qui est une course locale et dont les bénéfices sont redistribués localement.

Le MHSC, Laurent Nicollin, j’ai mis 4 ans à l’avoir mais je l’ai eu. A un moment  je l’ai tellement relancé qu’il m’a dit c’est bon on va le faire votre projet.

Ensuite pour le festival Abracadabra, j’ai procédé de la même manière. Je me suis dit je vais aller chercher des partenaires qui sont intéressés par la famille, donc je suis allé chercher du côté des mutuelles, chez Cultura qui fait du loisir créatif, de la lecture, de la musique et qui se caractérise avant tout par le côté familial. Alors bien sûr, ça ne fonctionne pas tout le temps mais avec de la persistance en général ça marche.

 

Maxime :

Donc c’est tout le temps toi qui va démarcher ces entreprises ou bien arrive-t-il que ce soit l’inverse ?

Barbara :

A la base, c’est toujours moi qui suis à l’initiative mais depuis le succès qu’a rencontré la Montpellier Reine, ce sont les partenaires qui viennent me voir et moi je ne vais pas en chercher de nouveaux car j’arrive à bien équilibrer mon budget. En fait avec la Montpellier Reine je suis bénévole, donc tout ce que je reçois je le reverse en intégralité et d’une année à l’autre je repars à zéro et en renvoyant à tous les partenaires les dossiers de partenariats.

Alors de temps en temps, il y en a qui arrête,  là par exemple il y a une marque de cosmétiques dont on était partenaires qui a décidé de ne pas renouveler, non pas parce qu’elle n’aime pas la Montpellier Reine mais parce que la direction a changé et donc je vais devoir retrouver un autre partenaire du même genre.

Maxime :

Peux-tu nous parler d’un récent projet pour lequel tu as eu un intérêt particulier ?

Barbara :

Oui, là en ce moment on est entrain d’organiser une soirée au Marriott Hôtel dont le thème tournera autour de l’idée du voyage. Donc on réfléchit sur le thème du voyage, ce qu’on pourrait faire comme animations et comme déco. Ca c’est super intéressant, c’est vraiment le côté créatif, mais j’ai toujours cette impression de ne pas être à la page sur les nouveautés. Alors c’est vrai que moi je suis trop dans la perfection alors qu’ici les évènements sont un peu toujours les mêmes. Mais moi je veux que mon client soit super content, que l’on mette à profit tous les sens. Pour moi un évènement qui marche c’est un évènement qui joue sur tous les sens, que tout sente bon, que tout soit beau, que l’on mange bien, c’est indispensable pour faire un évènement réussi.

Donc là par exemple pour le Marriott sur le thème du voyage, on a pensé à faire l’invitation sous forme de billet d’avion pour que ça sorte de l’ordinaire.  On va aussi jouer sur les 5 continents, c’est-à-dire qu’il y aura un buffet par continent, une décoration spécifique, pour le continent américain on va faire un atelier initiation au Poker, pour l’Afrique il y aura des photos de la Savane, etc…

Maxime :

Une dernière question pour terminer cet entretien. Pourrais-tu nous expliquer précisément comme se déroule le processus complet d’un évènement, à partir du premier contact avec le client jusqu’au jour J ?

Barbara :

Alors pour parler d’un cas concret on va prendre l’exemple des 20 ans d’une société que je devais organiser récemment. Ca se déroule comme ça : Tout d’abord la cliente m’a contacté, on a pris un rendez-vous et elle m’a fait le briefing en me disant : « On sera 100 personnes, je voudrais un joli endroit dans lequel il faut des chambres sachant que j’ai des clients parisiens qui viennent et je veux les héberger. » Ok « Je voudrais quelque chose de raffiné mais qui ne fasse pas trop riche, pour pouvoir inviter mes salariés et mes clients, moyenne d’âge 30 ans. L’après-midi j’aimerais bien faire un événement avec mon équipe et le soir une jolie réception. ». Donc moi je suis parti avec ça en me disant : c’est une entreprise pharmaceutique, ce sont des chercheurs et j’ai organisé un « escape game » car je trouvais que ça collait bien au thème de la recherche.

Ensuite j’ai loué un bus pour aller les chercher dans leur entreprise, les emmener à « l’escape game » rue d’Alger et les ramener dans leur entreprise. Ils ont adorés ! Comme je ne les connaissais pas je les ai mélangés dans plusieurs groupes de 5 pour justement créer du lien et les faire sortir de leurs relations habituelles.

Après j’ai loué un endroit magnifique où on a tiré un feu d’artifice, ce qui ne se fait jamais, mais je voulais marquer le coup. J’avais peur de voir se créer deux bandes distinctes entre les employés et les clients alors je me suis fixer pour objectif de faire que tout le monde se mélange. Pour ça j’ai fait appel à un magicien, qui allait de table en table et qui faisait du « close-up ». Après j’ai préparé un cadeau d’entreprise pour remercier tout le monde d’être venu, là c’était une boule à neige avec marqué 20 ans et le logo de l’entreprise et en petit plus j’ai fait poser le logo de l’entreprise sur des MnM’s qu’on a distribué aux invités. Et aussi, pour que les gens n’aient pas froid en sortant regarder le feu d’artifice, j’ai fait faire des plaids personnalisés que les gens ont ramenés chez eux.

Pour la cliente, je lui ai proposé de faire la une d’un magazine dans lequel elle pourrait raconter l’histoire de son entreprise, le parcours qu’elle a accompli en 20 ans et la fête organisé à cette occasion. L’idée lui a beaucoup plu, elle a donc accepté et j’ai récupéré 100 exemplaires du magazine pour les distribuer aux invités.

 

Bien sûr, entre le moment du briefing et la réalisation du projet, il y a eu beaucoup d’autres idées, notamment par rapport aux lieux dans lesquels j’ai été avec elle pour voir ce qui correspondait le plus à ses attentes. Ce qui représente une grosse partie du métier car on a visité des endroits allant de la Camargue jusqu’à Montpellier en passant par Nîmes.

Une fois le lieu validé, je suis allé chercher mes prestataires et je lui ai fait un devis qu’elle valide ou non en revenant sur certains points et une fois le devis validé, j’ai passé mes commandes.

C’est là que commence la partie purement logistique, la préparation,  c’est-à-dire que je suis allé sur le lieu l’après-midi avec ma collègue, on a tout décoré mais comme le lieu était déjà magnifique je n’ai pas demandé à la cliente un gros budget pour la décoration, on a préféré rester sobre.  Comme je le disais tout à l’heure je préfère favoriser la gastronomie plutôt que la décoration. Allouer un plus petit budget à la déco, ça permet d’obtenir un meilleur traiteur, de meilleurs vins et du meilleur champagne, et ça, c’est ce dont les clients se rappelleront.

 

Maxime et Florent :

Très bien, merci beaucoup pour cette interview très informative et pour ton temps.

Barbara :

De rien les jeunes, j’espère vous recroiser bientôt dans le métier !

 

Maxime Eon de Palmas et Florent Parachou.

Photothèque :

barbara7

barbara6

barbara5

barbara 4

Interview de Philippe Montay : ancien chef d’entreprise d’une entreprise d’événementiel et animateur à France Bleu Hérault

samedi 17 novembre 2018

Notre interview a été convenue pour le mardi 12 novembre, entre 10h et 11h, soit une entrevue d’une heure dans les locaux de France Bleu Hérault.

Notre équipe avait décidé de se retrouver une heure plus tôt, afin de finaliser certains détails de l’interview.

Nous sommes arrivées dans les locaux de France Bleu avec 1/4 d’heure d’avance.

Nous avions convenu au préalable les rôles de chacune :

– L’une de nous avait pour devoir, de poser le discours introductif et les questions à l’interviewé.

– La deuxième devait synthétiser l’entretien et demander une clarification, ou éventuellement rebondir sur certains propos.

– La troisième s’occupait de la partie technique, dont l’enregistrement, l’analyse para-verbale et non verbale de l’interlocuteur, et la bonne gestion du temps imparti.

A notre arrivée, la standardiste Delphine nous a accueillis en nous demandant de patienter.

Monsieur MONTAY est venu à notre rencontre vers 9h55.

Nous nous sommes salués et afin d’être plus au calme, il nous a emmenés dans un studio d’enregistrement radiophonique en rénovation.

Avant de commencer, il nous a aimablement proposé quelque chose à boire.

Nous avons débuté avec notre discours introductif.

Nous lui avons indiqué que nous étions des étudiantes en première année d’information et de communication à l’université de Paul Valéry, et que dans le but d’un projet universitaire, nous devions interviewer un professionnel de la communication dans le domaine qui suscite notre intérêt pour l’avenir.

Pour nous, il s’agit des métiers de l’événementiel et nous souhaitions aborder ce sujet avec lui.

Il nous a précisé, qu’il a été chef d’entreprise d’une boîte d’événementiel, mais qu’aujourd’hui il est animateur de radio et de télévision.

Nous lui avons demandé la possibilité d’enregistrer notre entretien afin de faciliter notre retranscription.

Monsieur MONTAY a souhaité faire différemment pour plusieurs raisons. Il a précisé qu’il a une obligation contractuelle, mentionnant une clause de confidentialité avec France Bleu, et surtout, pour lui le travail d’écriture est très important et doit être mis en valeur, du fait qu’il permet un travail de synthèse et une plus grande écoute des propos de l’interviewé.

Nous nous sommes adaptées à son souhait, et toutes les trois, nous avons pris des notes tout au long de l’interview.

Avant de commencer l’interview, nous lui avons également indiqué que nous lui ferions suivre le contenu de la retranscription avant toute publication sur le blog d’information-communication de Paul Valéry, dans le but d’obtenir son autorisation de publication, et également s’il le souhaite, apporter certaines modifications.

Nous lui avons demandé si nous pouvions commencer, il a répondu par l’affirmative et nous avons commencé…

1) Quels ont été vos parcours scolaire et professionnel ?

– J’ai suivi un parcours scolaire classique, et obtenu mon Bac G (économique et gestion).

Parallèlement à mon cursus scolaire, je jouais dans un club de foot (Valenciennes) car je désirais être footballeur professionnel, ce que je suis parvenu à faire, mais suite à un accident, j’ai dû abandonner.

Vers la fin des années 70, je suis entré dans une grande Société d’Hypermarchés et j’ai trouvé mon premier job dans le secteur du disque. Ce premier emploi, m’a permis par la suite d’intégrer une maison de disque et de devenir directeur commercial de celle-ci.

Cinq ans après, vers les années 80, j’ai ouvert ma propre entreprise d’événementiel.

En 1999, j’ai intégré France Bleu et d’ailleurs cela fait 20 ans que je suis dans la plus grande radio de France.

2) Vous avez occupé plusieurs fonctions chef d’entreprise dans l’événementiel, vous avez été directeur commercial dans la musique et animateur, quels sont les points communs entre ces fonctions ?

– C’est tout d’abord le travail en équipe. Diriger une équipe avec une culture générale, cela est très important. Il faut savoir analyser, faire des choix, prendre des décisions, avoir une très bonne connaissance du domaine dans lequel on se trouve.

3) Quelles ont été vos tâches quotidiennes que vous aviez à réaliser lorsque que vous étiez chef d’entreprise d’une entreprise d’événementiel ?

– Lorsque vous êtes chef d’entreprise, vous devez être capable de tout faire : gérer l’administratif, le commercial, la communication, la logistique, l’installation, le recrutement… Quand on est chef d’entreprise, on doit avoir un œil sur tout.

4) Quelles étaient les difficultés que vous deviez affronter au quotidien ?

– Il existe de nombreuses difficultés en tant que chef d’entreprise comme des livraisons en retard, ne pas trouver un prestataire de service, remplacer au pied levé une absence d’un collaborateur, gérer une annulation de contrat en dernière minute, etc.

5) Quelles sont pour vous les qualités requises pour être un chef d’entreprise dans le secteur de l’événementiel ?

Il faut avant tout être dans l’air de son temps, sentir les choses et même les pré-sentir, créer le buzz, surprendre, jouer le contre-pied….

A l’époque, je me souviens que j’organisais des événements sur l’époque médiévale, aujourd’hui je ne le ferais pas, je créerais des événements sur les mangas, les cosplays, les écoles de cinéma, etc.

Par exemple emmener les salariés d’une entreprise dans le désert pendant quelques jours pour un séminaire avec un objectif de resserrement des liens professionnels, de créer un esprit de groupe face à des situations imprévues, de mieux se faire connaître ceux qui travaillent ensemble pour un même objectif mais avant cela il faut créer le projet, en fixer les objectifs, les modalités voir si c’est réalisable, l’organiser…et enfin le présenter à l’entreprise.

L’événementiel, c’est innover, créer, c’est un changement perpétuel en fonction de l’époque, de la génération.

6) Comment aviez-vous constitué vos relations professionnelles?

– Dans l’événementiel, les relations se construisent au fur et à mesure. Quand on fait de l’événementiel, avant de trouver qui pourrait acheter son événement, il faut avoir quelque chose à proposer.

Avant d’aborder, des clients potentiels, vous devez avoir un projet défini et construit, vous entourer de partenaires qui sont liés à ce projet.

7) Comment vous gérez les situations conflictuelles ?

– Pour résoudre un conflit, vous devez d’abord jouer l’apaisement, la médiation pour que celui ci ne prenne pas d’ampleur.

Ensuite, il faut comprendre les causes du conflit donc écouter les parties chacune de leur côté.

Après vous devez essayer de le résoudre donc jouer un rôle de médiateur, car chaque problème à sa solution et cela part tout d’abord du bon vouloir des individus.

8) Quels sentiments ou émotions vous a procuré le fait d’être chef d’entreprise ?

Si on a la capacité personnelle de créer une entreprise et de la pérénniser c’est un sentiment de fierté, de réussite pour soi-même et pour ses collaborateurs.

9) Quel est l’aspect que vous préfériez dans l’événementiel et au contraire celui qui vous dérangeait le plus ?

– Ce qui me plaît le plus dans l’événementiel, c’est comme je vous l’ai dit, l’innovation, créer quelque chose qui n’a pas encore été créé, mais parfois on peut se heurter à un échec.

– Ce qui est par contre dérangeant c’est l’incertitude d’atteindre son objectif.

10) D’ailleurs comment vos rebondissez en cas d’échec ?

– Des échecs nous en avons toute notre vie « Ce ne sont pas les succès qui font avancer dans la vie ce sont les échecs ». Se remettre à l’ouvrage, retrouvez d’autres motivations, créer de nouveaux projets, corriger ses erreurs en analysant son échec

11) Racontez-nous dans toute votre carrière professionnelle confondue la situation la plus marquante que vous ayez vécu ?

– Le moment, le plus marquant de ma vie n’est pas dans l’événementiel, mais dans la radio lors des inondations de 2003. Lorsque vous êtes à l’antenne et que vous vous dites que vous apportez du soutien à des auditeurs qui vivent des moments tragiques cela n’a pas de prix. Cela trahit une formidable envie de solidarité, d’entraide.

12) Et dans l’événementiel quel a été l’événement le plus original que vous ayez à organiser ?

– Je ne sais pas, car cela fait longtemps, il y en a beaucoup, je retiendrais une quinzaine d’événements qui ont été marquant.

13) Quelles ont été les différences que vous avez perçu entre la vision première que vous aviez d’être chef d’entreprise dans l’événementiel et la réalité de ce métier?

La réalité est toujours plus compliquée que le projet, elle est parfois d’une grande déception par rapport au rêve. Dès qu’on déclare une entreprise, on fait face à des obstacles à franchir. De plus, dans l’événementiel, on ne rentre pas d’argent au départ, et il faut parfois 1 ou 2 ans pour rentabiliser son projet.

La création d’une entreprise est à la fois l’accomplissement, le résultat de quelque chose mais aussi le début d’une nouvelle histoire.

14) Même si maintenant vous n’êtes plus chef d’entreprise dans une boîte d’événementiel, avez-vous remarquez des évolutions entre vos débuts dans ce domaine et quand vous avez arrêté celui-ci ?

– Le monde change. À l’époque, où j’exerçais, il y avait très peu de boîtes d’événementiel aujourd’hui ce nombre a considérablement augmenté.

(Parenthèse sur nos rêves)

Philippe MONTAY, nous a interrogés sur nos rêves et nos ambitions futures dans le domaine de l’événementiel.

Il nous a ensuite expliqué qu’il faut valoriser ses compétences et ses atouts, dans une entreprise, un patron n’a pas forcément besoin d’un collaborateur qui sait tout faire, mais parfois d’un employé qui lui apporte quelque chose, une singularité, un dynamisme, un esprit d’équipe, une motivation supplémentaire…

15) Quels seraient vos conseils pour une personne qui débute dans le domaine de l’événementiel ?

– Écouter, regarder, s’informer ! Avant d’agir, il faut comprendre. Il faut attendre le bon moment, il ne faut surtout pas arriver en disant “j’ai une super idée !!” parce qu’on va vous répondre “oui et alors comment vous la mettez en place”. Vous devez agir avec humilité car vous êtes là pour découvrir, apprendre, vous former et ensuite apporter vos propres compétences.

16 ) Quels conseils nous donneriez-vous pour nous améliorer en tant qu’intervieweuse?

– Il faut mettre de l’ordre dans vos esprits, faire attention à l’utilisation des mots, une meilleure documentation. Dites vous, que si un professionnel accepte un rendez-vous avec vous, c’est qu’il est prêt et ouvert à l’échange, il ne faut pas en faire trop. J’ai un emploi du temps très chargé mais je vous accorde une heure de mon temps, car j’aime aider et transmettre auprès des jeunes.

Nous sommes venus avec des questions bien rédigées et des consignes données, cependant au contact de Monsieur MONTAY, notre interview a débordé du sujet initial pour un véritable échange non seulement sur l’événementiel avec des exemples concrets mais aussi sur le monde professionnel en général.

Monsieur MONTAY nous a donné de nombreux conseils qui nous serviront dans notre carrière dans la communication et dans notre vie en générale.

Nous l’avons remercié de nous avoir consacré cette interview et nous avons pris congés.

Je tiens aussi à remercier Mme PIVOT et M. TURON pour nous avoir facilité l’accès à cette interview.

Propos recueillis par :

BABOOTARIE Anaïs, LAM MY Duyen, SIMIC Doriane

Compte-rendu de SASCO du 06/03/2018 – BÉZIERS

dimanche 11 mars 2018

Narrateur de la séance: Jordan Arnsek

Observatrice: Olivia Trallero-Andrieu

Animateur: M. Brunel

PHASE UNE:  présentation de la situation ayant pu poser problème durant le stage. 

     Jordan a effectué son stage dans l’entreprise Décathlon Béziers. Entreprise dans laquelle il travaille déjà depuis plus d’un an, en contrat étudiant, équivalent à 20h par semaine. Le magasin de Béziers est dans une nouvelle  dynamique actuellement, en effet des travaux sont en cours, un nouveau magasin, situé à Villeneuve-Les-Béziers, va ouvrir ses portes en novembre, rassemblant ainsi les deux coques actuelles. Dans cette perspective là, le rôle de Jordan était de travailler sur la mise en place du futur plan de communication de l’entreprise, travailler sur des possibles moyens de communication afin d’aborder la re-localisation auprès de la communauté. Les missions de Jordan ont donc été clairement définies avec M.D. la tutrice de Jordan, sur son lieu de stage. Il s’agit également de sa responsable hors période de stage. Le contrat de Jordan pendant sa période de stage était le suivant: contrat 20h pour travailler sur la communication, et 15h en caisse/accueil. Jordan parle d’espaces dédiés pour travailler, des bureaux, un open space où il pouvait se rendre pour travailler dans le calme, en ayant tous les outils à disposition. Quand il a annoncé qu’il allait faire son stage en communication dans l’entreprise, des demandes ont apparues, chacun tenait à le solliciter pour des actions bien précises. Jordan a commencé a accepté des petites tâches, par ci, par là. Des petites tâches le décentrant de son objectif principal.

     La situation qui a ici, posé problème, est la demande d’un collègue de Jordan, ancien dans l’entreprise, puisqu’il y travaille depuis sa création Il s’agit de quelqu’un d’assez directif. Y.C. a donc demandé à Jordan de réalisé un assemblage/ montage vidéo, demandant d’interroger de nombreux collaborateurs. Une vidéo qui devait servir de support lors d’une soirée sur le thème de l’actionnariat chez Decathlon. Jordan devait demander l’avis des collaborateurs, puis les filmer, seul à seul. Les collaborateurs pouvaient également poser des questions afin que Y.C. réponde lors de la soirée. Cette vidéo a demandé beaucoup de temps et d’investissement à Jordan, qui perdait donc du temps sur sa tâche principale. Le premier résultat ne convenant pas à Y.C. Jordan a encore du la retravailler.

     Le problème rencontré par Jordan est donc l’extension d’usage à laquelle il a du faire face.

PHASE DEUX: Questions des étudiants

Clémentine: As-tu eu des reproches par rapport au retard que tu as pu prendre?

Jordan: Non, je gérais mon planning en autonomie, mais j’ai accumulé du retard, que je devais rattraper.

Adeline: M.D. était-elle au courant de ce qu’Y.C. t’avais demandé?

Jordan: Vaguement, mais pas vraiment de l’ampleur du travail que ça représentait.

Rania: Pour le fait de refuser le travail à Y.C. de quoi avais-tu peur? Des représailles?

Jordan: Non, le travail a été réalisé sans plaintes, mais une certaine « peur » qu’il se plaigne à M.D.

Anastazia: As-tu réussi à accomplir les tâches que tu avais à faire durant ton stage?

Jordan: Oui.

Marine: Quel retours as-tu eu?

Jordan: M.D. était contente, de bons retours.

Rania: Lors du retour de congés de M.D. as-tu évoqué ton stage en général? Que tu avais été sollicité etc. ?

Jordan: Elle en aviat conscience, elle m’avait d’ailleurs prévenu à ce sujet.

Rania: Elle ne s’est pas interposé?

Jordan: Quand ils venaient me solliciter à l’Open Space si. Mais lorsque c’était par mail non puisqu’elle n’en avait pas conscience.

Adeline: Il t’a demandé de réaliser la vidéo dans un délais imparti?

Jordan: La soirée avait lieu le 2 février oui.

Marine: Donc tu as fais de la communication graphique, de la communication externe, quoi d’autre?

Jordan: Alors, j’ai analysé les outils de communication interne (l’intranet, les mails…) J’ai également réalisé des questionnaires pour cibler ce qui plaisait ou pas, ainsi que les besoins en informations. J’ai réalisé un Audit. Puis beaucoup de community Management, je gérais totalement la page Facebook.

Clémentine: Tu n’as pas pu refuser de faire cette vidéo?

Jordan: (en souriant) Avec Y.C. tu n’as pas vraiment le choix…

Anastazia: Suite à la soirée du 2 février, tu as eu des retours sur ta vidéo? Les retours t’ont ils valorisé auprès de M.D. ?

Jordan: Oui, les collaborateurs m’ont dit qu’elle était cool. Je pense que oui.

Marine: Admettons que tu ai eu le choix de le faire, ou non, l’aurais-tu fais?

Jordan: Oui… Je ne suis pas contrariant j’ai tendance à dire oui.

Rania: Si j’ai bien compris, l’entreprise devait rassembler les deux magasins et avait besoin d’une personne pour la communication? Tu es le seul à t’en occuper?

Jordan: Oui, ce n’est pas très développé. Normalement, les responsables service client sont censé s’en occuper aussi, mais il faut dire qu’ils ont beaucoup d’autres tâches, et de plus ne sont pas forcément maîtrisants dans le domaine.

Anastazia: Qui est Y.C.?

Jordan: Il s’agit du responsable SAV.

Adeline: Hiérarchiquement M.D. est-elle plus haute que Y.C. ?

Jordan: Oui.

Marine: Tout le monde le trouve-t-il charismatique?

Jordan: Non…

Anastazia: Tu as évoqué qu’une dizaine de personnes étaient là depuis la création, toutes ont-elles cette autorité?

Jordan: Non, d’autres sont d’un tempérament plus posé, mais plusieurs sont directifs oui.

Rania: Si dès le début, tu avais refusé, penses-tu qu’Y.C. t’aurais demandé?

Jordan: Oui car j’avais parlé de mon stage, et communiqué à l’ensemble du magasin que j’étais dispo pour réaliser des tâches selon les besoins. J’avoue c’est un peu ma faute haha.

Rania: Donc en matière de communication tu étais le plus expérimenté. Les tâches étaient-elles pesantes?

Jordan: Pas vraiment, parfois chronophages. Je devais trouver des idées à mettre en place pour la future communication de la relocalisation, tout en m’inspirant de la communication France, de laquelle je ne devais pas trop m’éloigner.

Marine: Vu que tu y travailles, as-tu pu voir si tes préconisations ont été appliquées?

Jordan: Oui car j’ai exercé une veille, et nous avons appliqué mes préconisations par la suite.

Rania: Vu que tu as exercé ton stage, réalisé d’autres travaux en parallèle, étais-tu rémunéré?

Jordan: Oui.

PHASE TROIS: Jordan est tenu au silence, dès cet instant, les étudiants parlent de leur point de vue, et proposent d’éventuelles solutions.

Marine: Je pense que, vu qu’il travaille là bas, il n’a pas eu de marche de manoeuvre, s’est senti obligé. Ça aurait pu lui être reproché.

Clémentine: Yves a utilisé sa position de force pour demandé à Jordan, il ne pouvait qu’accepter.

Clémentine: Vu qu’il a accepté d’autres missions, il était bloqué, et devait accepter celle là.

Rania: Vu qu’il faisait son stage dans ce pôle là, tout le monde en a profité, tant qu’il était là pour ça.

M. Brunel: Les gens n’intègrent pas le temps réel passé, lorsqu’on travaille en communication, pour eux vous avez les compétences, vous savez faire, ça en devient rapide, facile, c’est évident.

Rania propose l’analyse stratégique de Michel Crozier et Erhard Friedberg.

Clémentine, quant à elle, propose l’analyse stratégique, afin de comprendre la position des acteurs. En prenant en compte la position de Y.C. par rapport aux individus de Decathlon, Jordan y compris.

Marine: Il faudrait analyser les différents acteurs, apparement Y.C. considère différemment les jeunes et les caissiers/caissières des autres collaborateurs…

Clémentine: Ensuite, si Jordan a tendance à dire oui, c’est un idée qui a du se répandre.

M. Brunel: Essayons de comprendre les éléments qui auraient pu être un difficulté professionnelle, les jeux de pouvoir par exemple.

Jade évoque la possibilité que le stage, ai des répercussions sur le travail de Jordan, hors stage.

Monsieur Brunel, l’animateur, fait, à ce moment là, émerger deux problématiques.

1. Quel type d’analyse nous permettrait d’avoir une analyse plus complète? 

2. Il y a pourtant quelque chose dans la situation qui pourrait faire émerger une réflexion. 

Il est aussi revenu sur l’évocation a plusieurs reprises de la situation d’influence le poussant à accepter les tâches.

Océane: Vu que la tâche était plus longue dans le temps, il aurait pu consulter M.D. afin qu’elle « améliore » la situation.

M. Brunel: Effectivement, dans l’entreprise il n’y a pas de pôle communication, donc les acteurs n’ont ni d’attentes ni des modalités, vu qu’aucune expérience là dedans. Les modes de travail sont inexistants.

À partir de là, s’est dégagée la réflexion qu’effectivement, ne connaissant pas le champs des possibles ni le mode de travail, à partir du moment ou un service communication émerge: tout le monde se tourne vers la personne qui s’en occupe, et qui serait un moyen d’appliquer leur projet, comprendre leur pensée.

Rania: S’il y avait déjà un service de communication, ils auraient compris.

M. Brunel: Comment analysons-nous ce que nous avons dit?

     L’analyse systémique relationnelle a été évoquée par plusieurs élèves, elle introduit les jeux de pouvoirs, les relations interpersonnelle entre les acteurs, et permet surtout de relier un certain nombre de processus. Notamment le processus de positionnement qui permet de comprendre comment la situation s’est déroulée. Est également rentrée en compte le fait que Jordan restait dans l’entreprise à l’issue de son stage, les enjeux sont élevés.

     Suite à cette décision de choisir l’analyse systématique relationnelle, M. Brunel a évoqué la théorie de l’engagement, et notamment la technique du pied dans la porte. Technique que nous avions abordé en L1. Elle se résume au fait d’énoncer un problème ou une requête plus léger avant d’énoncer quelque chose de plus lourd, plus prenant. De fait, la seconde demande se révèle être plus couteuse et difficile à réaliser que la première. La personne sollicitée se sent engagée et se retrouve bloquée, ayant des difficultés à refuser.

     Jordan a rendu des petits services à plusieurs personnes, jusqu’à ce qu’il se trouve face à un service plus important, et plus difficile à réaliser, compte tenu du temps imparti, et de ses objectifs principaux.

PHASE QUATRE: Retour du narrateur, Jordan

    Je suis globalement d’accord avec ce qui a été dit. Il est vrai que j’ai accepté beaucoup voire trop de choses, j’ai donc ma part de responsabilité. Je suis également tout à fait d’accord avec ce que vous avez évoqué au sujet de l’échelle d’engagement, la technique du pied dans la porte, j’étais effectivement un petit peu bloqué.

PHASE CINQ: Compte rendu oral de l’observatrice

     À l’issue des différentes interventions, Olivia, l’observatrice a fait un résumé de ce qui avait pu être dit durant la séance, elle a mentionné les sujets fréquents, les jeux de pouvoirs, l’engrenage dans lequel Jordan était placé en acceptant les tâches, la position difficile dans laquelle il était placé. Elle a ensuite fait un retour sur les analyses proposées l’analyse stratégique, l’analyse systémique relationnelle… Puis conclue sur l’analyse finalement sélectionnée et correspondant davantage à la situation: L’analyse systémique relationnelle.

   La séance s’est déroulée  simplement, chacun des étudiants a pu prendre la parole, exprimant ses idées. Pendant qu’un étudiant parlait, les autres étaient attentifs, ils écoutaient. Certains ont pris des notes, d’autres recherchaient des solutions dans leurs fiches. Les tours de paroles étaient respectés.

Merci d’avoir lu le compte rendu jusqu’à la fin. Nous sommes à votre disposition si jamais vous avez des questions, ou si il y a des points à éclaircir.

COMPTE RENDU de la séance SASCO du 15/02/18 – GR1 MTP

mardi 20 février 2018

Introduction

Lucie a effectué son stage au sein de l’association sportive Hérault Sport à Montpellier. Elle a travaillé avec Monsieur Éric Bosc, son tuteur de stage, chargé de transformation numérique. Durant son stage elle a dû réaliser des contenues photos, vidéos et textes pour la page Facebook. C’est à travers cette demande qu’elle a pu observer une situation de communication problématique.

Phase 1 : Situation de communication

 J’ai réalisé mon stage à Hérault Sport. C’est une association sportive créée en 1980, qui propose des activités en cogestion avec des partenaires sportifs.

Pour vous situer le contexte, Hérault Sport propose une aide logistique, humaine (avec des éducateurs sportifs) et financière à ses partenaires sportifs. Ils n’organisent pas eux-mêmes les évènements, mais viennent en soutien des manifestations, sur demande.

Hérault Sport est composé d’une direction, d’un secrétariat, d’un service d’administration et de gestion, d’un service opérationnel d’animation divisé en 4 secteurs différents : « Vie Fédérale », « Scolaire », « Société Solidarité », « Sport de Nature » et d’une cellule communication composée de 5 personnes. Les missions de ces dernières sont essentiellement de faire des communiqués de presse. Ils ne touchent pas vraiment le côté digital de la communication.

Le site internet est uniquement un site vitrine (une page unique statique) qui n’est pas entretenu. Ils ne sont pas sur les réseaux sociaux.

La situation de communication que j’ai rencontrée se déroule avec Monsieur Éric Bosc, mon tuteur de stage, qui a reçu il y a deux ans une mission par la direction. Il doit faire la transformation numérique d’Hérault sport. C’est-à-dire qu’il doit réussir à faire monter en compétence numérique tout le côté support mais aussi le personnel. Il a alors commencé à remplir un cahier des charges où ils expliquent toutes les démarches et les étapes de cette transformation numérique. Il s’est associé au service communication, mais celui-ci ne semble pas très intéressé.

Il y a deux ans, Monsieur Bosc a alors proposé à la direction de mettre en place une page Facebook officielle d’Hérault sport. Après deux ans de réflexion, son projet a été enfin accepté.

Ainsi, lors d’une réunion Monsieur Bosc a présenté un planning détaillé des contenus qui seront publiés par jour pour le mois de Janvier et réalisés par le service communication. Ce planning a été accepté par la direction et la page a été ouverte début janvier.

Cependant, lors de cette réunion, le service communication s’est posé des questions sur le fonctionnement de cette page car ils sont conscients qu’il faut faire du contenu et ils ne pensent pas avoir les compétences pour faire du « bon contenu ».

Le service communication a alors préparé quelques statuts pour le début de la page, mais ils n’ont pas envie de prolonger sur le long terme en tant que community manager, ils préfèrent l’utilisation des communiqués de presse papier.

Les chargés du service communication ont alors proposé d’engager une personne supplémentaire pour s’occuper de la page Facebook. La direction n’a pas accepté cette demande car elle souhaite que cela se fasse en interne et que tout le monde ait accès à cette page pour la gérer. La direction souhaite avoir une page Facebook peu importe son contenu car elle pense que c’est incontournable de nos jours. Il faut en effet rester moderne.

Cependant Monsieur Bosc, administrateur de la page, estime qu’il faut que cette dernière reste professionnelle et protégée. Il a alors fait une réunion d’information sur l’ouverture de cette page dans le but de présenter le fonctionnement de Facebook. Et après maintes discussions avec l’ensemble du personnel d’Hérault Sport, y compris le service communication, il s’est rendu compte que plus de la moitié des personnes ne connaissent pas Facebook ou n’ont même pas de compte personnel.

 Les employés veulent prendre en charge cette page Facebook seulement si leur rémunération mensuelle augmente. En effet, leur poste est modifié, leur formation également, ils demandent donc une compensation financière.

 

Phase 2 : Exploration de la situation

  • Combien y a-t-il de salariés ?

Il y a 140 salariés dans l’association.

  • Et aucun n’a les capacités pour s’occuper de la page ?

Ce n’est surtout qu’aucun n’en voit l’intérêt, ils ne s’y intéressent pas.

  • La page a donc été créée ?

Oui, elle a ouvert en janvier.

  • Quelle est la moyenne d’âge de l’association ?

La moyenne d’âge est d’environ 40 ans.

  • Et il n’y a pas de remise en question de la part des employés ?

Non, malheureusement.

  • Pourquoi l’association n’embauche-t-elle pas de jeunes ?

Parce que les employés ont environ 40 ans en moyenne, l’association fonctionne malheureusement à l’ancien temps, ils ne veulent pas sortir de leur zone de confort, c’est souvent le cas dans la fonction publique.

  • Et la direction n’a pas peur que de ne pas embaucher de jeunes ait un impact sur l’entreprise ?

Si, la direction en est consciente mais elle aimerait tout de même moderniser l’organisation seulement en interne, sans embaucher, c’est pour cela que le directeur a donné cette mission de transformation numérique.

  • Le problème est-il seulement financier ?

Non, le problème concerne avant tout l’investissement des employés envers l’association ainsi que la communication interne entre les hiérarchies.

  • Quel était ton rôle de stagiaire ?

Mon rôle de stagiaire était le suivant :

– Filmer les activités Hérault sport dans différents secteurs (scolaire, et social).

– Réaliser les différents montages vidéo.

– Créer du contenu pour la page Facebook pour qu’il puisse l’utiliser après mon départ.

– Aider le service communication à se former ainsi que les initier au numérique.

  • Quelle place dans la société ton tuteur avait-il ?

Dans un premier temps, il est chef de projet numérique et éducateur sportif, mais cela fait deux ans qu’il a mis son travail de côté pour se préoccuper de cette mission (faire évoluer la page Facebook d’Hérault sport). Il est dans le secteur vie fédérale.

  • Comment ça se fait qu’une stagiaire en communication fasse un stage dans le pôle fédéral ?

Car Éric est un homme d’une trentaine d’années, jeune, qui a des enfants qui lui ont parlé du numérique, il est donc moderne, conscient du changement, sociable et il est aimé dans la société.

Tandis que le service communication est davantage fermé d’esprit et ils n’avaient donc pas grand-chose à m’apporter.

  • Comment sont-ils équipés en ce qui concerne le numérique ?

Il y a un ordinateur par personne fourni avec les logiciels de base à l’intérieur (Word, Excel, boite mail). Ils n’ont pas d’appareil photo, ni de logiciels professionnels à disposition tels que Photoshop, InDesign ou iMovie.

  • Ils n’ont rien publié de nouveau sur la page Facebook depuis que tu es partie ?

Non, pratiquement rien, seulement des publications d’anciens communiqués de presse. Ils se contentent de vieux sujets faciles à traiter, il n’y pas de nouveaux contenus créés.

  • Quelles sont les relations internes ?

Les relations internes sont assez bonnes malgré le fait qu’ils n’organisent que des « réunions de cafétéria », des déplacements entre les bureaux pour communiquer, ou bien par mail. Ils ont tout de même créé un logiciel métier : Goliath. Il permet quand même de communiquer en interne.

  • Sont-ils subventionnés par le département ?

Oui, ils sont financés à 90% par le département mais ils possèdent tout de même le statut d’association.

  • Est-ce que les directeurs dépendent de l’association ?

Tout à fait, les directeurs dépendent de l’association. Il y a une présidente puis en dessous la direction.

  • Y a-t-il des réunions en interne ?

Oui mais seulement entre les directeurs et chefs de secteurs une fois par semaine, le mardi matin. Ces réunions servent à discuter du planning des activités à mettre en place durant la semaine.

  • Ils n’embauchent pas mais ils prennent facilement en stage ?

Oui car un stagiaire de moins de deux mois n’est pas rémunéré et réalise tout de même du bon travail. Un stagiaire apporte de la fraicheur et de nouvelles techniques de communication à l’entreprise ainsi que de nouvelles idées.

  • Ils savent qu’ils doivent s’adapter au numérique dans ce cas, pourquoi ne le font-ils pas ?

La direction a demandé une adaptation au numérique mais il faut trouver les bonnes personnes ainsi qu’une équipe investie à 100% pour réaliser un bon travail. Malheureusement, le manque de matériel ne pousse aucun employé à prendre la responsabilité de ce nouveau projet. De plus, les chargés de communication demandent une compensation financière par rapport à ce changement de mission. Si leur travail change, ils veulent que leur salaire suive.

  • Ont-ils ressenti la démarche d’Éric Bosc comme une intrusion ?

Je pense que le service communication a ressenti la démarche d’Éric Bosc comme une intrusion. En effet, ce dernier n’a pas fait une demande au pôle communication, il a directement fait sa demande à la hiérarchie sans se concerter avec les chargés de communication. Ces derniers se sont surement sentis délaissés de leur travail et par conséquent inutiles dans l’entreprise.

  • Quelles sont les compétences du service communication ?

Ils sont cinq et réalisent tous des communiqués de presse, que ce soit des petits, des moyens ou des grands. Parmi eux se trouve une jeune fille de 25 ans qui aurait les compétences pour prendre en charge la page Facebook, mais elle n’en a malheureusement pas l’envie. Elle ne veut pas sortir de sa zone de confort et choisit la facilité à l’évolution.

  • Ils créent des communiqués de presse tous les jours ?

Oui, ils sont en partenariat avec de nombreux journaux de la région depuis des années, ils ont donc leur carnet d’adresse, la sécurité, et se contentent seulement de cela.

  • Les salariés ont-ils immédiatement demandé une augmentation s’ils s’occupaient de la page Facebook ?

Non, ils n’ont fait aucune demande officielle, cela s’est passé seulement en interne, entre eux et pas avec la direction. C’était plus comme des discussions de couloir et l’information n’est donc pas remontée à la hiérarchie ou en réunion. Ils préfèrent dire qu’ils n’ont pas les compétences plutôt que de communiquer.

  • Bosc ne s’est pas plaint à la direction du manque de capacités du service communication ?

Non car Éric n’est pas qualifié pour juger les compétences du service communication. Son objectif est de les persuader en interne et non de mêler la direction à cela, il ne veut pas engendrer quelconques pressions.

  • Quelles étaient tes relations avec le service communication ?

Mes relations avec le service communication étaient bonnes. En effet, je leur ai proposé plusieurs de mes idées, ils m’envoyaient des mails avec leurs demandes et je leur renvoyais mes vidéos finies qui répondaient à leur précédente demande. Mais je n’étais pas localisée dans les mêmes locaux, je travaillais dans le bureau de M.Bosc.

  • Sont-ils intéressés seulement par les contenus numériques ?

Oui, ils n’étaient malheureusement intéressés que par mes contenus numériques. Je pense qu’ils se sont servis de mes compétences pour créer beaucoup de contenus et pour ensuite pouvoir s’en service, même après mon départ, pour créer des publications sur la page Facebook.

  • Pour les communiqués de presses ils se déplacent ?

Non, ou alors très peu. Les clients ou partenaires leur envoient les informations que doit contenir le communiqué ainsi que les photos qu’ils aimeraient publiées avec l’article et la plupart du temps ça s’arrête là.

  • L’association fonctionne-t-elle quand même malgré leur stratégie ?

Oui car ils n’ont pas forcément besoin d’un plus large public. En effet, l’association est présente depuis des années, elle possède des clubs fidèles et touche donc un grand public tel que le secteur scolaire et social. Ils organisent les mêmes activités d’année en année et n’ont donc pas besoin de toucher un public différent. Les évènements créés le sont de façon répétitive.

  • Ils n’essaient pas de toucher un plus large public ?

Non malheureusement car leur public est déjà acquis et ils s’en contentent.

  • Il n’y a donc pas de concurrence ?

Non, c’est la seule association sportive dans le département qui propose d’aider les clubs que ce soit financièrement parlant, humainement ou matériellement. Hérault Sport est la seule association publique en France financée par son département.

  • Il n’y a pas de discussion sur le site web ?

Non, mais moi j’en ai parlé à mon tuteur car c’est la première idée que j’ai eue. J’ai proposé que le site web soit plus pertinent, c’est-à-dire plus adapté en termes de cible, de public, d’objectifs ou même du message qui doit être passé.

  • Quel est le rôle de l’informaticien ?

L’informaticien s’occupe exclusivement du logiciel métier Goliath qui est une boite mail entre employés pour gérer les sorties et entrées des stocks, activités, animations par jour, plannings, réunions, informations importantes.

  • Le site a été créé par une agence extérieure ?

Oui, il y a des années maintenant.

  • Ont-ils demandé à avoir davantage de matériel informatique ?

Oui, en tout cas mon tuteur Éric a fait cette demande. Il aimerait principalement des ordinateurs portables pour les employés et du matériel pour faire de bonnes photos ainsi que des logiciels de retouche pour le service communication entre autres.

  • L’entreprise fonctionne-t-elle avec un matériel ancien ? Ils n’ont pas de logiciel adapté ?

Oui l’entreprise fonctionne même si elle utilise encore exclusivement le papier. Ce doit être les publics qui font la demande par papier pour demander un financement à Hérault Sport par exemple. Mais ils sont en train de mettre en place un logiciel pour moderniser cette procédure de demande.

  • Pourquoi n’ont-ils pas tenté d’être payés plus ?

Car les employés n’osent pas demander une augmentation. En effet, la procédure est apparemment trop longue, c’est les mauvais côtés du système public.

  • En clair, quel est le but de la page Facebook ?

Le but de cette page Facebook est de :

– Communiquer sur les activités d’Hérault Sport telles que les journées d’animations, les manifestations sportives, les différentes expositions… avec comme support des photos et des vidéos.

– Il y aurait des posts d’invitation à différents évènements.

– Faire de la publicité pour leurs partenaires.

– Faire davantage connaitre Hérault Sport dans le département.

En bref, il y a une volonté de la part de la direction d’être présent sur les réseaux sociaux comme les autres associations. Ils veulent réaliser ce projet même s’il n’a pas forcément d’utilité par rapport à leurs cibles ou leurs publics.

  • Tu as vu les plannings des prochains mois ?

Non, seulement celui de janvier car ils les font un mois à l’avance et ils sont validés par la direction en réunion.

 

Phase 3 : Hypothèses interprétatives

Le groupe a eu un temps d’analyse pour discuter entre eux de cette situation de communication. Ainsi diverses hypothèses sont ressorties de la discussion.

La première hypothèse qui est ressortie du groupe est que la page Facebook est une mode, une envie soudaine de la direction. Qu’aujourd’hui c’est une nécessité dans les entreprises publiques d’avoir Facebook et de faire comme les autres.

Puis, la deuxième hypothèse qui a été émise par le groupe, est que la page Facebook à un problème pour se développer, car il y a un manque de matériel pour le service communication, qui n’a pas le matériel, donc ne peut pas développer ses compétences.

Ensuite, la troisième hypothèse était qu’il y avait un problème de communication interne, qui engendre des problèmes de communication externe. Qu’il y avait un manque d’implication du personnel dans la prise des décisions. Cela entrainant un manque de confiance entre la direction et les salariés.

La quatrième hypothèse était aussi liée à un problème de communication interne, car le groupe à estimer que le refus du service communication sur l’investissement de la page Facebook est aussi dû, au fait que la décision n’ait pas passé par eux. Il y a eu d’abord une demande de transformation numérique de la direction vers Monsieur Bosc, puis celui-ci à proposer de créer une page Facebook à la direction. Le service communication ne devait qu’appliquer une mission dont ils n’ont pas été libres de décider.

Enfin, la cinquième hypothèse parlée de l’utilité et des raisons de la création de cette page Facebook. Que les objectifs de la page, n’ont pas était présenté à l’ensemble des salariés. Ils ne savent pas pourquoi elle a été créée et qu’est-ce qu’elle peut leur apporter. Ils ont fait la page avant de les persuader de son utilité et de ses objectifs.

Phase 4 : Retour de la narratrice

Lucie a d’abord rappelé qu’elle avait énoncé la situation de communication, qu’il y avait eu un moment de question/réponse.

Elle a estimé qu’il y avait des questions qui auraient pu être posé mais qui on était manquante, que le groupe n’a pas forcement pensé. Lucie à signaler qu’il aurait été pertinent de poser la question de la formation, car comme elle l’a expliqué, au sein d’Hérault Sport il y a un service formation, qui propose des formations sur demande du personnel ou imposées par la direction. Les employés d’Hérault Sport ont le droit à un quota de formation payer par l’association par an.

Cela aurait été intéressant de proposer au service communication une formation sur le numérique pour compléter ou enrichir leurs connaissances. Cela permettrait à la page Facebook d’être correctement alimentée et de rester en interne comme le souhaite la direction.

Ensuite, Lucie est revenue sur des différentes hypothèses et en à retirer les éléments pertinents qui lui ont permis de mener sa propre analyse et de répondre à la problématique.

Lucie a fait un retour sur la première hypothèse en parlant du site internet, qui aurait dû être, selon elle, le premier moyen numérique à mettre en place, avant la page Facebook. Elle a expliqué que de nos jours, les utilisateurs du numérique cherchent d’abord leurs informations sur les sites internet et que pour Hérault Sport, qui ne vend rien et qui n’a pas de clientèle, il est plus important de renseigner les publics sur le fonctionnement et les activités d’Hérault Sport grâce à un site internet.

Ensuite, Lucie à fait un retour en validant la deuxième hypothèse car elle pense qu’en effet, le manque de matériel est un frein dans l’investissement du service communication sur le page Facebook. Il est important que dans le service de communication on leur mette à disposition des appareils photos, des ordinateurs avec des logiciels de retouches et de montages adaptés… De plus, le service de communication devrait suivre des journées de formations qui leurs permettraient de plus communiquer sur le web et moins par les communiqués de presse.

Par la suite, Lucie a validé la troisième hypothèse car elle pense qu’on ne demande pas assez l’avis du personnel sur le fonctionnement et sur les décisions de l’association. Une meilleure communication interne favorise le bien être des employés et par conséquent le bon fonctionnement de l’association. S’il y avait une bonne communication interne, le service communication serait aller demander à la direction de modifier leurs salaires si leurs missions changées. Cependant ce n’est pas le cas.

Concernant la quatrième hypothèse, Lucie a expliqué que cette hypothèse était correcte car l’association Hérault Sport fonctionne avec un système de décision pyramidale. C’est-à-dire que le pouvoir est vertical. En effet, le fait qu’Éric Bosc a contourné ce fonctionnement, sans consulter le service communication, cela les a contraints à se mettre en retrait et à être réfractaire envers la page Facebook. Alors que comme l’a expliqué Lucie, il y a au sein de ce service une femme de 25 ans qui n’est pas ignorante du monde numérique et qui pourrait très bien s’occuper de la page Facebook. Le contournement du service communication a engendré un blocage venant de leurs parts sur leurs investissements et leurs motivations.

Enfin, pour la dernière hypothèse Lucie a expliqué, qu’elle pensait qu’il était important de faire une réunion du personnel, pour parler de cette page Facebook. De présenter à tout le monde son utilité, ce qu’elle apporterait à l’association autant du côté externe mais aussi interne.

Ils auraient dû présenter la page comme un moyen de renforcer les équipes, de communiquer sur ce que font les personnes des différents secteurs et avoir des objectifs à atteindre grâce à cette page. Il faudrait que les employés s’investissent et leur donnée envie de participer à cette construction numérique d’Hérault Sport. Il faut leur permettre de contribuer à l’émergence de leurs associations sur les réseaux sociaux.

Ainsi, Lucie était d’accord sur le fait qu’Hérault Sport est une bureaucratie professionnelle, car les employés ont des compétences pour travailler à Hérault sport autant les éducateurs sportifs, que les chefs de service, que l’administration.

Elle était d’accord sur le fait que c’est une structure sous forme pyramidale verticale, qui empêche les employés de s’exprimer et cela favorise des réfractaires, le manque d’investissement et d’implication venant du service communication.

Phase 5 : Retour du rapporteur

Suite aux questions posées afin de mieux comprendre cette situation, les membres du groupe ont d’abord évoqué un problème de stratégie dans le leadership. Ils ont opté pour un leadership démissionnaire.

Ils ont en effet mis en avant le réel problème concernant l’ouverture de l’association aux jeunes professionnels, qui pourraient amener de la fraicheur dans les locaux. Ils ont ensuite analysé les soucis de communication interne comme externe qui sont nombreux.

Ils se sont alors dirigés sur une analyse de Mintzberg, plus précisément sur une bureaucratie professionnelle. Car en effet, dans ce type d’entreprise, il y a un important refus d’avancer qui est présent, aussi, le service communication est coordonné par la standardisation des tâches et des procédés.

Les membres du groupe sont tombés d’accord sur le fait qu’une association devrait plutôt correspondre à une adhocratie car elle demande beaucoup de complémentarité.

Dans ce cas présent, la bureaucratie en question devrait avoir un fonctionnement plus souple pour plus de rapidité et donc d’efficacité.

Malheureusement, le groupe a réalisé que ces genres de problèmes de communication interne étaient très fréquents dans les organisations publiques. En effet, s’il n’y a pas de remontées à la hiérarchie, il ne peut pas y avoir des solutions proposées.

Finalement, c’est l’analyse stratégique qui s’est avérée être la plus juste d’après l’ensemble du groupe. Le fait qu’il y ait une absence d’analyse communicationnelle par rapport à l’objectif de la page Facebook montre clairement le problème d’une bureaucratie.

Effectivement, l’importance stratégique de la communication n’est pas prise en compte, il s’agirait donc d’une bureaucratie professionnelle et mécanique. De ce fait, il y a un gros manque d’investissements de la part des employés à cause de la standardisation des procédés.

L’incompétence numérique est une zone d’incertitude qu’ils exploitent et c’est une stratégie dévalorisante.

Enfin, les employés ont peu de marge de manœuvre dût à l’ancienneté de l’association car ils refusent de s’adapter à l’évolution de la communication.

Les membres du groupe ont donc conclu que le principal problème de l’organisation est dû à la mauvaise communication interne. Le manque d’incompétence, de moyens et d’envie remet totalement en cause la stratégie de l’association.

Phase 6 : Retour de l’observatrice

Lors de la narration, Lucie la narratrice commence par croiser ses mains et jambes, de plus celle-ci parle énormément avec les mains. Lors du récit de Lucie, je remarque quelques jambes croisées venant du groupe ainsi qu’une manipulation et « mâchouillage » de stylo général des participants.

Le discours de la narratrice est clair et audible malgré quelques difficultés à cause d’une toux persistante, pendant cela les participants prennent quelques notes et les regards sont dans l’ensemble tous rivés sur la narratrice avec une posture ouverture, pas de bras croisés et une posture en avant, signe d’attention.

Durant le déroulement de la phase de questionnement, le discours est fluide et beaucoup de participants prennent la parole. En effet, je remarque principalement 3 leaders pendant le débat. Lors des questions, Lucie a maintenant les jambes décroisées, mais manipule toujours ses mains, joue avec ses bagues et touche aussi son matériel tel que sa trousse et prend en main son stylo qu’elle ne lâchera plus.

Tous les participants sont attentifs aux réponses de Lucie et je ne remarque pas de réel geste d’auto-contact, mais toujours cette présence d’avoir besoin de quelque chose en main telle que le stylo notamment et des gestes qui accompagnent leurs mots.

Dans l’ensemble la phase de questionnement a été très fluide avec une multitude de participation dans l’ensemble qualitative, de plus certains échanges se faisaient entre étudiants de manière assez discrète de façon à ne pas perturber le débat.

Lors de la phase d’analyse interprétative, je remarque certaines jambes tremblantes chez quelques participants et une posture plus détendue de la part de la narratrice. Lorsqu’un individu prend la parole, que cela soit un étudiant ou Mme De Lavergne, chacun est écouté attentivement et attend son tour pour prendre la parole même si quelques fois deux personnes prennent la parole en même temps par erreur et se mette donc d’accord pour qu’un seul poursuive.

La phase d’analyse est aussi très fluide sans coupure, j’ai seulement remarqué un certain silence à un moment donné, silence qui a été très vite oublié par l’intervention d’un participant très actif. La parole est diffuse, nous avons 3 leaders qui sont dispersés et non dans le même secteur ce qui permet une passation de parole plus cohérente et que la parole ne reste pas seulement dans un coin de la table. La phase d’analyse se termine et la professeure indique la fin du débat et nous laisse 10 minutes pour rédiger notre débriefing.

 _______________________________________________________________________

            Narratrice : Lucie PLAGNIOL

Rédactrice : Maurine ROCHETTE

Observatrice : Gaëlle AMOROS

Compte-rendu de la séance SASCO du 15/02/18 – GR2 MTP

mardi 20 février 2018

Narratrice : Aurore CANDASSAMY

Présentation de la situation

« Bonjour à tous, alors pour vous expliquer le contexte, j’ai effectué mon stage dans une start-up qui s’appelle Bureaux&Co. Elle possède son propre bâtiment au Millénaire, en résumé l’organisation a divisé son bâtiment d’environ trois étages afin de créer une cinquantaine de bureaux qu’ils louent « clés en main ». Donc cela veut dire qu’un auto-entrepreneur ou une petite entreprise du secteur tertiaire par exemple va pouvoir louer un bureau, avoir accès à internet, faire domicilier son entreprise, recevoir son courrier, etc.. Il y a également la possibilité de louer une salle de réunion, de conférences, de séminaires. Là aussi, Bureaux&Co s’occupe de gérer diverses prestations telles que les petits-déjeuners lors des conférences, commande des repas, pauses café, etc.

En ce qui concerne les acteurs, Bureaux&Co est dirigé par deux co-directeurs : Nordine et Anne qui était ma tutrice de stage. À la base, ils avaient chacun leur entreprise dans le secteur de l’immobilier et ils se sont rencontrés comme cela. Ils ont décider de mettre en place ce concept un peu innovant puisqu’ils jouent aussi sur le côté co-working. Donc tout le rez-de-chaussée du bâtiment est décoré et composé comme un salon immense commun et accessible à tous les locataires. Il y a plusieurs grandes tables, des canapés et un espace cuisine. Ainsi, tous les locataires du bâtiment vont pouvoir descendre juste discuter, accueillir leur client, avoir leur rendez-vous en bas s’ils le souhaitent, etc. Le but est de favoriser la collaboration entre les personnes, que les différents locataires se rencontrent également entre eux. Par exemple au sein du bâtiment, il y a des conseillers en communication, des directeurs d’associations, des comptables, des ingénieurs, etc.

Je travaillais dans un grand bureau avec trois autres personnes : une chef de projet, un commercial et Morad, un employé, qui travaillait à ce moment-là sur le wordpress du site web. Anne avait son propre bureau, son rôle est de veiller au bon fonctionnement du bâtiment, au respect des règles pour tous les locataires, de gérer le planning des locations, des réunions, d’organiser les prestations supplémentaires, de recevoir les paiements, etc. Nordine représente l’organisation à l’externe. Il était toujours en déplacement afin de faire connaître leur concept à l’échelle nationale.

organigramme

Je vous explique maintenant la situation. Les trois premiers jours, au sein de l’équipe, j’avais déjà quasiment rencontré tous les locataires du bâtiment puisqu’ils venaient régulièrement dans notre bureau voir Morad, afin de lui demander divers services, des informations, régler leur loyer, ou parfois juste discuter. Dès qu’il se passait quelque chose au sein de l’organisation Morad était le premier prévenu, avant même Anne, la co-dirigeante. Du coup Morad, de nature joviale et dynamique, était toujours en train de répondre aux demandes des locataires parfois avec l’aide du commercial. J’ai rencontré Nordine le quatrième jour et j’ai remarqué une certaine proximité entre Morad, Nordine et le commercial. J’ai ensuite appris que tous trois étaient amis d’enfance, que leurs familles se côtoient et surtout que Morad et Nordine le second co-dirigeant étaient frères.

La question qui s’est ensuite posée à moi est : Qui dirige vraiment cette entreprise ? Qui a le plus de pouvoir ? Qui gère cette entreprise au quotidien ? »

Exploration de la situation

Les questions sur les acteurs de l’entreprise

Mais ils sont frères ou potes d’enfance ?
Le commercial est l’ami d’enfance de Morad et Nordine. Morad et Nordine sont frères.

Qui est qui ?
Nordine est un des co-dirigeants, il représente Bureaux&Co à l’externe, celui qui va aux rendez-vous. Morad est son frère, il n’a pas de rôle défini, on a l’impression qu’il s’occupe de tout. Il exécute les tâches qu’on lui a données, mais tous les locataires viennent le voir et il a des tâches supplémentaires à effectuer. Mais ce n’est pas lui qui prend les décisions. Les grosses décisions sont prises par Anne qui est la représentante sur site.
Mme Gallot intervient en suggérant que c’est le concierge.

Et du coup Anne a connu tout le monde en rencontrant le co-directeur ?
C’est cela. C’est par affinité que cela s’est fait, je crois qu’ils se sont rencontrés lors d’une conférence, ou un salon dans le domaine de l’immobilier. Ils ont accroché, ils ont monté leur concept

Et toi, tu faisais quoi comme mission ?
J’étais stagiaire graphiste. Je partageais le même bureau que le reste de l’équipe. J’ai dû faire tout ce qui est supports print corporate, du genre, papeterie, plaquette professionnelle pour que quand ils iront « pitcher », ils aient matière à montrer aux éventuels intéresses. Anne était ma tutrice de stage. Je lui montrais mon travail et elle se concertait avec Nordine. Parfois, j’avais une brève réunion avec Nordine et ce sont eux deux qui me validaient mon travail au final. Ce n’était pas du tout Morad.

Et Anne fait quoi exactement comme travail ?
Elle est co-directrice. Elle gère le bâtiment, elle établit le planning, elle accueille les nouveaux locataires, elle ouvre les lignes internet, elle prend les commandes des locataires lorsqu’il y a un événement ou un séminaire, une grosse réunion.

Elle est directrice clientèle ?
Elle est directrice tout court.

Et Morad alors ?
Quelques clients viennent régler leur loyer avec lui, donner leur chèque à Morad, ce qui n’est pas normal.

Ils ont quel âge ?
Ils ont la trentaine, sauf Morad qui a environ quarante ans.

relations

Les questions sur le mode de fonctionnement de l’organisation

Avant que tu arrives, qui s’occupait du travail graphique ?
Il y avait une personne qui était salariée et qui s’occupait de tout la communication de l’entreprise, mais elle est partie, je n’ai pas eu plus de détails, je ne peux pas vous dire si cela s’est mal passé ou pas. J’ai pris la relève en tant que stagiaire.

Comment ils font pour se transmettre les informations ? Il y a des réunions ?
C’était de bouche à oreille, cela restait informel, vu qu’ils se côtoient beaucoup, Anne n’avait qu’à venir dans notre bureau, nous informait par exemple que demain, il y avait tel ou tel événement, qu’il fallait préparer telle ou telle chose ou que quelqu’un allait venir

Tout le monde se partageait les tâches ?
C’est cela, même le commercial, qui démarche des potentiels clients, qui va chercher des entrepreneurs dans d’autres bâtiments afin de leur proposer nos tarifs et nos prestations, d’établir des contrats. Parfois, il se retrouvait à préparer les petits-déjeuners avec Morad pour la réunion du lendemain matin.

C’est dû à un manque de personnel ou une mauvaise répartition des tâches ?
Si je m’inclus, on était quatre et Anne. C’est quand même un gros bâtiment donc on peut dire que c’est peu, après cela fait aussi écho à l’esprit du bâtiment, tout le monde fait un peu de tout, il faut gérer ses propres tâches et en même temps filer un coup de main.

Mais ça marchait ?
Oui très bien, après on ne peut pas dire qu’on faisait preuve d’une grande organisation : il n’y avait pas de planning, beaucoup d’imprévus, mais leur réponse à cela, c’était : « Mais si on s’organisait, on serait trop fort ! »  ou « C’est sous pression qu’on fournit le meilleur de soi-même. »

Et les clients ne se sont jamais plaint de ce fonctionnement ?
Non pour eux, ce mode de fonctionnement est naturel puisque cela a toujours été comme ça.

Et les clients sont des connaissances de l’équipe ?
Non, je ne pense pas.

Les questions sur les relations entre les acteurs

Le commercial, le co-directeur et Morad sont de très grands amis, comment le vit Anne ta tutrice de stage ? Est ce que ça lui pose problème ou pas ?
Anne avait son propre bureau, elle ne le quittait quasiment jamais, elle ne venait pas souvent nous voir. Elle paraissait froide et distante, elle avait moins l’esprit de famille que les autres. Je ne saurai pas dire si elle se sent exclue, mais ce qui est clair, c’est qu‘elle est moins proche que les autres

Mais les décisions sont prises quand même à deux ?
Bien sûr, mais au niveau de la vie et de la gestion du bâtiment en général pour moi c’était elle qui était censé récupérer les loyers des locataires par exemple, ce n’est pas à Morad de les récupérer.

Mais elle faisait quoi du coup ? Elle ne fait rien de la journée ?
Comme je l’ai dit, elle restait seule à son bureau, je n’ai aucun moyen de savoir ce qu’elle faisait exactement. Parfois, je la voyais au téléphone, toujours derrière son écran d’ordinateur, elle recevait des personnes à son bureau.

Morad et Nordine aussi avaient l’impression qu’Anne travaillait moins ?
Entre Nordine et Anne, il y avait une bonne ambiance, ils sont quand même proches. Le soucis c’est qu’Anne n’est pas proche des autres comme Nordine l’est.

Et il y a des tensions ?
Non. Pas visibles en tout cas. Ce mode de fonctionnement est normal, personne n’est gêné par la situation. On déjeunait tous ensemble tous les jours : la chef de projet, le comercial, Morad et moi-même ; mais Anne ne déjeunait pas avec nous, elle était dans son bureau.

Tu sais s’ils se voyaient hors du boulot ?
Je suppose puisqu’ils parlaient un petit peu de leur vie privée donc ils se connaissent quand même bien, ils se demandent des nouvelles de leur famille, même avec Anne, il y a quand même un lien mais qui est différent.

Nordine et Anne prennent leurs décisions à parts égales ?
Oui, mais c’est particulier parce que je montrais par exemple ma maquette de plaquette à Anne, elle me disait déjà ce qu’elle, personnellement, pensait de ma production, puis il fallait que je l’envoie par mail à Nordine, qu’eux deux puisse se concerter et voir ensemble et enfin qu’ils me feraient un retour.

Tu sais comment ils faisaient pour se concerter ?
Par téléphone principalement et sinon par mail. Et de temps en temps entre deux rendez-vous Nordine passait rapidement et on faisait un petit brief Anne, lui et moi pour valider ou invalider certaines choses.

Est-ce qu’on ressentait quand même le fait qu’Anne soit la supérieure hiérarchique de Morad, du commercial et de la chef de projet ?
Je le ressentais bien sûr, parce que l’ambiance dans notre bureau était très conviviale, on se parlait beaucoup, parfois, on écoutait de la musique en même temps qu’on travaillait. Une fois qu’Anne entrait dans le bureau, c’était beaucoup plus calme, on évitait de faire des blagues.

Et il y avait ce même changement lorsque Nordine entrait dans le bureau ?
Je l’ai beaucoup moins ressenti ! Puisque Nordine, quand il entrait, il était le premier à faire des blagues, il rejoignait la conversation, il s’asseyait un moment avec nous, prenait de nos nouvelles, on ne changeait pas de comportement. Il venait brièvement au sein du bâtiment Bureaux&Co, mais il prenait toujours soin de venir nous voir, de rester un court instant discuter avec nous. Il allait bien sur voir Anne, mais il ne restait pas uniquement avec elle.

Quand tu faisais des réunions avec Anne et Nordine, est ce que tu sentais que l’un était supérieur à l’autre ?
Franchement non. Lorsqu’il y avait un désaccord, je devais prendre en compte les deux avis, trouver un compromis, mais en aucun cas la décision de l’un était supérieure à l’autre.  Mais cette situation n’est pas arrivée très souvent, en général, ils étaient plutôt d’accord et partageaient la même vision sur mon travail. C’est arrivé une seule fois je pense.

Madame Gallot est intervenue pour poser une question.
Sur quel point, ils n’étaient pas d’accord ?
C’était sur quelque chose de purement graphique. Je devais faire des boutons pour le site web qui devait représenter des secteurs de métiers. Anne souhaitait représenter les secteurs à l’aide de pictogrammes, plus flat design, Nordine, lui, souhaitait des photographies avec une personne qui représentait le secteur.

Hypothèses interprétatives (HI)

Madame Gallot annonce au groupe qu’on passe à l’étape de l’analyse et qu’il y a des évidences.

HI : Dans cette organisation, ils mélangent vie privée et vie professionnelle. Le fait que Nordine ait un frère et un ami d’enfance au sein de l’entreprise, les employés n’ont pas une vision traditionnelle de leur supérieur hiérarchique.

HI : Il y a deux co-directeurs, qui hiérarchiquement sont au même niveau, mais on note un changement de comportement lorsqu’Anne entre dans le bureau de l’équipe, mais pas de changement de comportement de l’équipe lorsque c’est Nordine qui entre.

HI : Il y a deux mondes qui cohabitent. Quand on passe d’Anne à Morad ou Nordine, on change de monde. Nordine amène avec lui une culture qui est celle des amis, de la famille. On peut faire appel à l’analyse par les mondes de la justification de Boltanski. On a d’un côté une cité qui est familiale représentée par Morad, Nordine et le commercial. Anne représente l’aspect gestionnaire, on pourrait la situer dans la cité domestique qui est stricte et hiérarchisée.

Madame Gallot nous explique que le cas des PME familiales sont très courants dans la région et que cela pose énormément de questions de gestion du personnel qui parfois se sent exclu. On peut également avoir des tensions lorsque ce sont le mari et la femme qui dirigent et qu’ils sont en train de divorcer par exemple.

Les participants ont également évoqué l’analyse stratégique de Crozier.
HI : Morad a énormément de marge de manoeuvre car tous les locataires viennent le voir. De plus, le fait qu’il soit le frère d’un des co-directeurs le rapproche du pouvoir.

Un débat sur le pouvoir prend place.
HI : Anne a le plus de pouvoir.

Les participants précisent.
HI : Anne a le pouvoir formel.

HI : Anne a un pouvoir beaucoup plus grand que Nordine car il est moins présent. De ce fait, elle a plus son mot à dire sur les décisions, car elle est toujours présente.

Quelques participants invalident cette hypothèse.
HI : Nordine a autant son mot à dire, si quelque chose ne lui va pas, on a vu qu’il faut trouver des compromis qui conviennent aux deux. Donc, le pouvoir entre Anne et Nordine est réparti à parts égales.

D’autres membres du groupe invalident également cette hypothèse.
HI : Anne propose, émet les décisions à prendre et Nordine valide, parfois non. Donc Anne a un peu plus de pouvoir.

Madame Gallot intervient en précisant que c’est là que se situe le problème. Elle fait remarquer que certains défendent l’idée qu’Anne a le pouvoir, d’autres Nordine et elle soutient que c’est Morad.

Le débat s’oriente ensuite vers Morad.

HI : Morad a le plus de pouvoir, mais il est informel par sa proximité avec les autres locataires. Ils ont confiance en lui, se sentent à l’aise à ses côtés.

HI: Si Morad prend part aux décisions importantes de l’organisation alors c’est lui qui a le plus de pouvoir.

HI : Morad est aussi proche des locataires que de son frère.

Madame Gallot demande : « Qui sait tout dans l’entreprise ? » et rappelle qu’il s’agit d’un cas de base de management. Elle évoque la ou le secrétaire et le portier afin d’aiguiller les participants. Tous sont d’accord pour répondre que c’est Morad.

HI : Un client va se référer à Morad. Le coté informel est donc plus important dans cette entreprise.

HI : Aux yeux des clients, Morad est aussi l’un des dirigeants de l’organisation.

HI : Morad représente son frère lorsqu’il est en déplacement.

Madame Gallot évoque la structure du bâtiment, avec en haut les différents bureaux et au rez-de-chaussée l’espace de co-working. Il y a une culture de l’immeuble, une culture globale de tous les gens qui partagent le bâtiment qui est la même que celle des deux frères et qui n’est pas la même que celle d’Anne.

Le groupe formule quelques hypothèses concernant Anne.

HI : Anne est dans son bureau, car il y a un système qui fait qu’elle se met à part. Elle ferme sa porte et elle s’isole.

HI : Anne est gestionnaire, elle s’épanouit dans la culture professionnelle de la gestion.

HI : La culture professionnelle de la gestion d’Anne se confronte à la culture familiale des deux frères.

On revient ensuite sur le désaccord qui a eu lieu et qui traduit les états d’esprit. Le fait que Nordine préfère des photographies qui représentent la dimension sociale humaine par rapport à Anne qui préfère un style graphique plus froid confirme quelques hypothèses interprétatives.

Conclusion du groupe

  1. Le pouvoir a bougé et n’a rien à voir avec l’organigramme.
  2. Il y a une confrontation entre les valeurs partagées : Anne contre Nordine et Morad.
  3. Il existe au sein de l’organisation deux cultures différentes qui cohabitent : culture de l’immeuble contre culture de la gestion.
  4. Anne est hors des valeurs de la communauté.
  5. Le management se trouve chez Anne et le leadership appartient à Morad.

Préconisations (s’il y avait commande de la part de l’organisation)

  1. Il faudrait redéfinir les tâches et les missions de Morad.
  2. Informer les locataires que c’est à la co-dirigeante qu’il faut s’adresser.
  3. Envisager de mettre Anne dans le même bureau que les autres pour refaire basculer le pouvoir de son côté.

Retour du narrateur

  1. En ce qui concerne la proposition de réaménagement de l’espace, il faut savoir que les locataires passaient forcément devant le bureau d’Anne lorsqu’ils venaient au nôtre. Ils passaient consciemment devant son bureau et savaient tous que c’est Anne qui est la représentante de Bureaux&Co.
  2. Il est vrai qu’on change constamment de monde en fonction de la présence ou l’absence d’Anne. On passe d’un cadre très familial et convivial à un cadre plus formel et professionnel.
  3. Morad et Anne, ces deux personnes sont essentielles au bon fonctionnement de l’entreprise cependant il évident qu’il faut clairement revoir le positionnement de Morad et redéfinir ses tâches au sein de l’organisation.
  4. Morad ne se mêle pas du tout aux décisions des co-directeurs. Il n’est pas décisionnaire. Il ne cherche pas à avoir le pouvoir mais les locataires lui en confèrent.
  5. En ce qui concerne la culture globale du bâtiment, elle ressemble beaucoup à la culture partagée par Nordine, Morad et le commercial pendant leur enfance, puisqu’ils ont partagé le même immeuble dans leur jeunesse et avaient l’habitude de se retrouver au pied de l’immeuble pour jouer. Ils ont reconstruit cette culture à travers le bâtiment Bureaux&Co. Cette culture est fondamentalement opposée à celle d’Anne puisqu’elle venait très rarement dans notre bureau ou la salle de co-working.
  6. Les locataires savent que Nordine et Anne sont co-dirigeants, mais ils savent aussi que Morad est le frère de Nordine, c’est peut-être pour cela qu’instinctivement, voyant qu’Anne ne vient pas vraiment vers eux, se dirigent vers Morad qui est beaucoup plus accueillant. Dans la culture commune du bâtiment, Morad fait partie des personnes référentes.
  7. Anne est exclue par rapport au cadre de valeurs.
  8. Quand Morad possède une information, il en informe Anne, mais il se charge directement de la tâche à faire afin de soulager Anne. Cette dernière n’a plus à prendre d’initiative, elle laisse Morad s’en occuper seul. Donc, c’est peut-être son caractère dévoué et cette façon de prendre les choses qui ont entraîné cette situation. Il y aurait ainsi une analyse systémique sur les relations et le sens des relations à faire.

Retour du rapporteur

  1. Pendant ce séminaire, les participants ont beaucoup débattu sur la question du pouvoir. « Où est le pouvoir ? » , « Qui dirige vraiment cette organisation ? »
  2. Les participants n’ont pas assez creusé les relations entre les acteurs, il aurait peut-être fallu analyser les acteurs individuellement tout d’abord afin de dégager un système de relations plus pertinent.

Le rapporteur a ensuite évoqué la place de la chef de projet qui n’a pas du tout été évoquée. La narratrice a éclairci sa position, en révélant que cette dernière arrivée depuis une semaine, et se trouvant dans le même bureau que Morad et le commercial, avait tout naturellement rejoint la culture d’entreprise plus familiale.

Retour de l’observateur

  1. Beaucoup de sourires.
  2. Des tics de langage.
  3. Quelques mimétismes.
  4. Le narrateur jouait parfois avec son stylo.
  5. Beaucoup de prises de notes lorsque le narrateur donnait des informations factuelles.
  6. Les participants ont souvent levé la main avant de prendre la parole.

 


Je remercie Ismaël Guerrib et Romain Tavenard qui ont, à titre gracieux, endossé le rôle de rapporteur et d’observateur pendant cette première séance de SASCO.

Aurore CANDASSAMY

Entretien avec Bruno HUND, infographiste à Corneilhan, créateur de Com’unique action en 2017, par Maxime PATTE, Marion VINCENT et Marina SEGUIER

vendredi 10 novembre 2017

Cet entretien a été réalisé à Corneilhan, chez Bruno Hund, infographiste auto-entrepreneur le vendredi 27 octobre 2017 de 10h à 11h. Nous avons enregistré l’entretien avec un téléphone et un ordinateur puis  fait signer le contrat déontologique, nous accordant le droit d’utiliser et diffuser cet entretien. Nous nous sommes répartis les rôles dans l’équipe sur que nous devions faire durant l’entretien. Marina posait les questions, Marion faisait la synthèse de fin d’entretien et Maxime analysait le langage non verbal / paraverbal de l’interviewé et faisait le discours introductif et la prise de congé. (suite…)

Compte Rendu SASCO, séance du 20 Avril 2017. BECKER Jerome, BOJKOVIC Lidia et ROSSET Alexandre

mardi 25 avril 2017

Le jeudi 20 avril 2017 avait lieu le cinquième séminaire d’analyse des situations de communication (SASCO), encadré par Mme De Lavergne. Lors de cette cinquième séance, Jérôme Becker, narrateur, a présenté le problème de communication vécu au cours de son stage. A ses côtés se trouvaient Lidia Bojkovic, ayant le rôle de rapporteur, ainsi qu’Alexandre Rosset, étant, lui, l’observateur.

logo

Phase 1 : Présentation de la situation de communication

 

Cette séance a commencé par la première phase de situation, où Jérôme nous a fait part de son cas :

« J’ai fait un stage de deux mois au sein d’Headoo, une start-up de visual marketing, à Paris, au service marketing. Cette entreprise regroupe différentes branches : sales, financiers, techniques, marketeur et chef de projets. Nous travaillons en open-space, il y avait trois grandes pièces ouvertes entre elles. Une pour les développeurs, une autre pour les sales (les commerciaux), et une dernière regroupant la finance, le chef de projet, le marketing et le bureau de notre CEO (directeur), qui était très souvent en déplacement. Nous étions 3 stagiaires et un quatrième s’est rajouté au service marketing, que j’ai eu sous ma tutelle durant un mois.

Lors de ce stage, j’ai pu voir qu’un de nos sales était souvent en conflit avec le CFO (le directeur financier) car ils ne mettaient pas d’accord sur les investissements à faire : Alexandre, le CFO, et Franck, un sale (commercial), se sont disputés en haussant (très) fortement le ton, par rapport à la façon dont une partie de l’argent est investie.

L’entreprise ayant 5 ans, elle est toujours dans un cadre de start-up et est donc basée sur une hiérarchie horizontale. Le conflit concernait le fait qu’un vendeur souhaitait obtenir de l’argent pour l’investir dans une rampe (support de matériel photographique, lumineux et informatique) ainsi qu’un peu de matériel photographique, car il est arrivé que la rampe soit déjà présente sur un projet et qu’elle manque alors sur un deuxième projet.

Si l’on désire signer simultanément un autre contrat (soit deux dans la même période), il est alors nécessaire d’avoir deux rampes. Cette situation s’est déjà produite deux fois et on est donc passé à côté de deux contrats (nous avons validé deux projets au lieu de quatre) mais le CFO ne voulait pas dépenser et débloquer de l’argent. Par la suite, ils se sont à nouveau disputés deux autres fois pour la même raison. A mon départ, la situation n’avait pas évoluée, le CFO refusait toujours d’investir. Malgré la bonne ambiance dans l’entreprise, on pouvait ressentir une tension entre ces deux personnes. »

Cette description de la situation a donc débouché sur la deuxième phase de la séance, celle des questions.

Phase 2 : Questionnement

 

Question : A combien était-le prix de la rampe?

Jérôme : Aux alentours de 2 000€. Après, pour le matériel photographique, ça peut aller de 5 à 15 000€.

Q : Qu’est-ce qu’elle permettait de faire?

J : Des animations, de prendre une photo de manière animée grâce à un dispositif de plusieurs appareils photos qui s’enclenchent au même moment.

Q : Pourquoi n’ont-ils pas pu trouver un compromis, c’est-à-dire remettre l’investissement à plus tard?

J : Parce que le besoin d’avoir une autre rampe était instantané par rapport au contrat. Si on attendait, le contrat nous passait sous le nez.

Q : Au niveau hiérarchique, le directeur financier est au dessus du commercial?

J : Le directeur financier n’est pas au dessus, comme je l’ai dis plus haut, cette start-up, étant jeune, a une hiérarchie horizontale. Cependant, le CFO gère vraiment l’argent et ne demandait pas d’autres avis sur la gestion, il est le seul dans son service.

Q : Les fondateurs étaient-ils présents? Sont-ils au courant des conflits?

J : Un des deux fondateurs était présent mais il travaille avec les développeurs (qui sont souvent qu’entre eux et ont des horaires décalées). Quant à l’autre, notre CEO, il est très souvent en rendez-vous et donc absent.

Q : Comment sont disposés les bureaux en open space?

J : Comme je l’ai dis, il y avait trois grande pièces: Celle des sales, celle des développeurs, et enfin la pièce principale où nous étions nous, au service marketing, mais aussi avec le chef de projet, le service financier et le bureau du CEO. C’était un grand appartement Haussmanien, et les pièces étaient séparées par de grandes portes, toujours ouvertes.

Q : Pourquoi personne n’a tenté de mettre en place une organisation du matériel, comme un planning?

J : Parce que cela ne résoudrait rien, ce matériel est bien trop volumineux et trop compliqué à déplacer rapidement entre plusieurs contrats, surtout si c’est au même moment, on ne peut bien évidemment pas avoir le matériel à deux endroits différents. Par exemple avec Citröen (où il y avait déjà la rampe), il aurait fallu la déplacer pendant deux jours pour un autre contrat puis la retourner à Citröen, ce qui est assez difficile. De plus, il faut aussi s’arranger avec l’entreprise. La solution idéale est donc d’acheter le matériel en double.

Q : A combien s’élève le montant des contrats perdus?

J : Je dirais autour de 20/30 000€.

Q : Pour le directeur, sais-tu quelle est sa priorité concernant l’argent?

J : Oui, le directeur avait des factures impayées et attendait de l’argent. Il ne voulait donc pas dépenser tant qu’il y avait des trous.

Q : Combien y a-t-il de salariés?

J : Il y a sur Paris 10 salariés, sans compter les stagiaires présents.

Q : Il n’y a pas qu’à Paris que l’entreprise est présente?

J : Non il y a aussi un bureau à Londres et à Rio, mais le siège est à Paris.

Q : Pourquoi les salariés n’ont pas voté pour prendre une décision?

J : La dimension des conflits était assez violente, donc dès que c’était fini, on n’en reparlait plus.

Q : Le directeur faisait-il des réunions par rapport aux finances?

J : Non, le directeur prend en général les décisions seul. Lors de mon stage il n’a réalisé qu’une seule réunion, concernant le budget invalidé d’un projet.

Q : Les conflits étaient-ils réguliers?

J : Je dirais plutôt rares, et il y a quand même une bonne ambiance notamment dû à l’open-space.

Q : Les conflits ne se sont donc pas résolus?

J : Non, quand je suis parti le financement était toujours invalidé.

Q : Les employés ne prenaient vraiment pas parti?

J : Non, le sujet pouvait être évoqué mais il n’y avait aucune prise de parti. Même ma tutrice (qui était pour l’investissement) ne disait rien. Tout le monde voulait gardait une ambiance positive.

Q : Comment sont reconnues les compétences du directeur de financement?

J : Plutôt très bien, c’est quelqu’un qui a beaucoup d’expérience.

Les informations recueillies par les participants, à travers les réponses de Jérôme, nous ont donc permis de passer à la troisième phase de cette séance.

 

Phase 3 : Hypothèses et Interprétation

 

Tout d’abord, avec l’aide de Mme De Lavergne, nous avons identifié le statut de l’organisation, selon Mintzberg, comme se rapprochant le plus de l’adhocratie (dû notamment à son open-space, à la relation affective et assez forte entre les membres qui privilégient la tolérance et le relationnel). Hors, il manquait certaines informations pour pouvoir en être sûre, mais aussi pour être sûr que ce statut convient bien à cette entreprise. De ce fait, on a également pu parler de culture d’entreprise, via la valeur “bonne entente” au sein de l’entreprise. Les participants ont également tiré les avantages et inconvénients de travailler en open-space.

D’une part, cette organisation spatiale valorise l’ambiance générale et permet de créer des liens plus vite (les membres sont influents les uns sur les autres) car elle ouvre le dialogue. Il est donc difficile d’être en tensions de conflits dans un lieu tel quel.

D’autre part, elle se voit être une contrainte pour le vote d’opinions : il y a moins de cadrage, les membres n’ont pas besoin de demander leur opinion, il n’y a pas de réelles discussions ni de réunions) sur le sujet, l’ambiance influence cela.

Nous avons également parlé de l’analyse par les mondes de la justification qui a été approfondie. A première vue tout le monde était d’accord pour supposer que le commercial se situait dans un monde marchand, et que le directeur financier représentait les cités domestiques. Hors, il s’est avéré qu’il manquait trop d’informations (notamment sur le portefeuille d’activité de l’entreprise, sur les activités les plus fréquentes et rentables etc…) pour pouvoir confirmer cela, même si cela semblait  cohérent. Par la suite, les participants ont émis des hypothèses.

 

Première hypothèse : Le directeur financier jugeait cet investissement inutile.

Selon certains participants, le directeur pouvait penser que cet achat n’apporterait rien à l’entreprise et qu’il y avait des priorités plus importantes.

Deuxième hypothèse : Il y a un problème de trésorerie.

Ici est émis la probabilité que l’entreprise n’ait pas assez bien géré ses fonds pour pouvoir investir comme elle le souhaite.

Troisième hypothèse : Période creuse pour investir

Celle-ci sous-entend que l’entreprise était dans une période où il y avait moins de contrats, moins d’influence, et que pour cela elle n’avait pas les fonds nécessaires pour investir.

Quatrième hypothèse : Mauvaise perception de l’entreprise pour ces technologies.

Cette hypothèse expliquait qu’il était possible que l’entreprise trouve ces technologies obsolètes, dépassées. Il est probable qu’elle est sous-estimée la valeur de ce matériel.

Enfin, la cinquième et dernière hypothèse se basait sur l’anticipation du portefeuille d’activités de l’entreprise.

Cette dernière suggestion dénonce la forte probabilité que l’organisation soit victime d’une mauvaise gestion de ses fonds, d’une mauvaise anticipation des activités (achats, actions…) qu’elle se doit d’entreprendre et de ce fait, d’un frein provenant de sa trésorerie, l’empêchant d’investir davantage.

 

Toutes ces hypothèses ont été catégorisées en deux grandes :

  1. Celle du problème de trésorerie
  2. Celle de l’anticipation du portefeuille d’activités de l’entreprise

 

Validation

Phase 4 : Retours

     1. Retour du narrateur

 

Beaucoup de questions importantes ont été soulevées, mais en revanche certaines, importantes, n’ont pas pu été posées.

Les participants ont au début douté du statut du personnel (employé ou communauté d’auto-entrepreneurs) : il s’agit bien d’employés, cela a été confirmé en employant à plusieurs reprises le terme « d’employés » lorsque j’ai répondu aux premières questions, et quand j’ai présenté l’entreprise.

Il aurait été intéressant de parler des méthodes employées pour communiquer en interne, qui sont suffisantes (Slack, une plateforme en ligne de chat, discussion orale et réunion sur les projets en cours, bilan de la semaine) pour communiquer sur le travail mais qui ne permettent pas de manager l’équipe, et d’anticiper ou résoudre des conflits.

Mathilde a suggéré que ce n’était peut être pas une période où beaucoup de contrats étaient signés, il aurait était intéressant de développer davantage cette question car ce ne sont effectivement pas les périodes où il y a le plus de rentrées d’argent (contrairement à juin/juillet et en fin d’année), et d’en venir, par la même occasion, au financement de l’entreprise. J’aurais alors pu signaler qu’une levée de fonds est prévu en fin d‘année 2017.

Mehdi a posé une question très pertinente sur le poids de l’expérience de Franck (sale) et d’Alexandre (CFO). C’est vrai que l’expérience dans l‘entreprise, tout comme le parcours ainsi que l’âge, peuvent avoir un rôle important dans le rapport entre les individus. Cependant ici, les deux avaient un âge très proche et des expériences assez similaires. Il est donc important de le prendre en compte, afin de pouvoir écarter diverses hypothèses.

Il aurait été intéressant de parler de la technologie vendue, de ce qu’elle rapporte, et si d‘autres concurrents vendent quelque chose d’équivalent. Pour répondre, ce n’est pas ce qui rapporte le plus et ce n’est donc pas ce qui souhaite être mis en avant. Cela explique aussi peut être pourquoi le CFO refuse d’investir dedans.

Une autre question aurait été intéressante, celle de demander l’âge des différents services. Ainsi, on aurait pu savoir que le service marketing est tout récent (il a moins d’un an), et que le fait d’avoir un budget marketing pour la première fois pèse aussi dans la balance (côté dépense).

Il a été soulevé le fait qu’il y a une affection collective (bonne ambiance au sein de l’entreprise et nombreuses relations amicales), la question se pose donc : privilégier la bagarre, le conflit pour trouver une solution ou privilégier la tolérance et le relationnel, sans prise de parti des employés? Ne pas aller jusqu’au conflit pour garder la bonne ambiance au seins du groupe est une première piste intéressante, puisqu’elle colle assez à la situation et, est je pense, un facteur qui a joué un rôle.

Ensuite, un problème récurrent dans les jeunes entreprises a été soulevé, celui de ne pas avoir assez de fonds de roulement. Selon moi, il s’agit d’un problème d’anticipation de l’entreprise, qui savait que c’était une période où elle ne pouvait sûrement pas investir (sachant qu’il n’y aurait pas beaucoup d’argent à cette période là). A noter aussi le fait que ce n’est pas la technologie qu’ils souhaitent le plus vendre. N’étant pas les seuls à le faire, ce n’est pas le plus rentable.

Toujours dans le but de ce fond de roulement, il aurait été intéressant d’apprendre qu’une levée de fonds est prévue fin 2017. Peut être aurait-il fallu mieux gérer, au préalable, les investissements à faire et le budget disponible pour cela. C’est en tout cas une piste intéressante, qui nous amène à une autre hypothèse :

Le problème de communication interne, qui apparaît pour moi comme l’hypothèse la plus importante. On a fait remarquer que notre CEO était souvent absent, ce qui peut amener d’une part à des conflits (manque d’un supérieur, d’un manager), mais aussi à un manque de communication en interne. Il devrait y avoir des discussions ou bien des réunions entre les directeurs et les commerciaux. Par ce manque d’une supervision directe, on oscille entre adhocratie et structure simple.

Il y a une communication interne, mais qui n’est pas assez développée et organisée. Il y a peut être aussi un jeu de pouvoir afin d’obtenir un poste stratégique. C’est pour cela qu’établir de vraies réunions peut permettre de résoudre les problèmes que l’entreprise rencontre, et ainsi de participer à la résolution de ce conflit.

En revanche, de mon point de vue personnel, l’hypothèse du monde marchand de notre commercial ne me paraît pas très adaptée car les deux personnes souhaitent vraiment le succès de la boite (et non pas uniquement de leur personne, ils n’ont jamais réagi uniquement par intérêt de pouvoir). Pour preuve, ils souhaitent acheter des parts et doivent donc, pour leur intérêt personnel, faire en sorte d’être productif.

     2. Le retour du rapporteur

 

Dans un premier temps, Jérôme a raconté sa situation de problème de communication, ayant assisté à plusieurs conflits liés à un désaccord pour l’investissement de matériel.

Les participants ont d’abord posé des questions sur l’entreprise en elle-même : son organisation spatiale, sa hiérarchie, son statut, son nombre de salariés etc… Par la suite les questions se sont orientées sur le conflit et la rentabilité de l’investissement. Des propositions de compromis ou d’organisation de matériel ont été déclinées, faute de faisabilité dans leur contexte.

Puis les questions concernaient le directeur (sa gestion du budget, sa manière de faire, ses compétences…) d’où il en est ressorti qu’il travaillait seul et qu’il était expérimenté.

Nous nous rendons vite compte, sur le reste des questions, que les membres de l’entreprise favorisent la bonne ambiance et ne prennent, de ce fait, aucune initiative relative au conflit (pas de prise de parti, pas d’opinion…). On fait référence ici à une culture d’entreprise.

A travers les informations recueillies, il est supposé que le directeur représente les cités domestiques et que le commercial est lié au monde marchand. Il est également émis, quant au statut de l’entreprise, qu’il s’agit d’une adhocratie.

Quant à la phase des hypothèses concernant ce refus d’investissement de la part du directeur financier, deux grandes en sont ressorties, évoquant un problème de trésorerie ou d’anticipation du portefeuille d’activités.

Cependant, aucune de ces hypothèses n’a pu être confirmée par manque d’informations. Les participants se sont rendus compte à ce moment qu’il leur manquait de nombreuses informations pour valider leurs dires.

Enfin, arrivant au bout de cette phase d’interprétation, nous avons conclu un problème de management (dû notamment à l’absence fréquente du directeur). Cette difficulté managériale se trouve au niveau stratégique des décisions à prendre (il y a donc une contradiction dans la hiérarchie et les statuts) : l’entreprise devrait être une structure simple mais il n’y a pas de supervision directe.

     3. Le retour de l’observateur

 

Jérôme expose la situation, pratiquement tout le monde croise les jambes. Très attentifs à l’écoute, les participants alternent les gestes d’auto-contact et prises de notes. Le narrateur utilise des gestes rythmiques, ce qui rend claire l’explication de la situation, d’ailleurs soulignée par de nombreux hochements de tête.

Lors de la phase de questionnement, tout le monde semble impliqué, très concentré. Les questions sont claires, soutenues par des gestes avec les mains. De même pour les réponses, ce qui rend la phase questions/réponses très dynamique. Lors de cette phase, le stylo de Jérôme est devenu inconsciemment l’instrument qui accorde sa parole, donc les participants voulant poser les questions en levant la main avaient tendance à regarder le stylo.

La majorité des personnes ont participé, puis la phase de questions est devenue davantage dynamique à partir du moment où il n’y a plus eu de mains levées pour demander la parole (le stylo perdant alors son pouvoir), les participants ont regardé d’avantage les yeux du narrateur, et ont relancé des questions, ce qui a eu pour effet de faire parler des personnes n’ayant pas beaucoup parlé (ce qui a instauré un climat de confiance).

Phase suivante, le narrateur et le rapporteur se focalisent sur leurs ordinateurs, et les signes de fatigue se font ressentir chez les autres. Plus de la moitié des participants se tiennent la tête. Un triangle d’interaction se crée entre Mathilde, Mehdi et Caroline, qui utilisent les gestes rythmiques, et le regard pour exprimer leurs hypothèses.

Les autres se sentent « exclus », n’osant pas prendre part à cet échange. Des rires apparaissent, vainquant les symptômes de la fin de journée. La dynamique reprend, des participants parlent entre eux sur le sujet mais sans prendre publiquement la parole. S’en suit alors quelques courts silences, silences souvent brisés par Mehdi et Mme De Lavergne, ce qui relance le débat ainsi que les échanges jusqu’à la fin. Le débat est clôturé à cause du manque de temps.

Compte rendu de la séance SASCO du 18/02/16 – Valet Isa-Lys, Ramanadin Julie et Maamouche Isaac

lundi 22 février 2016

Compte rendu – SASCO – Situation de communication observée

L3 INFORMATION ET COMMUNICATION – Année 2015-2016

 

SOMMAIRE

I – PHASE DE NARRATION : LA SITUATION DE COMMUNICATION

1.1 Le contexte

1.2 La situation de communication

II – PHASE DE QUESTIONNEMENT

2.1 Questions sur la nature du stage, sur l’organisation Herbalife Nutrition

2.2 Questions sur les relations interpersonnelles

2.3 Questions sur la réunion

2.4 Questions sur les séances de sport

2.5 Questions sur l’équipe, la mutualisation

III – PHASE D’INTERPRÉTATION

3.1 Interprétations et avis globaux

3.2 Type d’organisation

3.3 Type de couplage

3.4 La concurrence

3.5 Zone d’incertitude, les règles, les rôles

VI – RETOUR DU RAPPORTEUR

4.1 La phase de questionnement

4.2 La phase d’interprétation

V – RETOUR DE L’OBSERVATRICE

5.1 Narration de la situation de communication

5.2 La phase de questionnement

5.3 La phase d’interprétation

 

 

I – PHASE DE NARRATION : LA SITUATION DE COMMUNICATION DE JULIE RAMANADIN

 

1.1 Le contexte

 

Cette situation fût observée lors de mon stage avec une vendeuse indépendante de produits Herbalife Nutrition.

Tout d’abord il est important de savoir qu’une des activités des vendeurs indépendants est de monter une équipe de vendeurs en recrutant d’autres personnes. Chacun étant indépendant, il n’y a pas de relation hiérarchique entre eux. Cependant, les recruteurs ont un devoir de transfert d’expérience et doivent se montrer présent pour leurs nouveaux membres s’ils ont besoin de conseil en matière de marketing.

Ma tutrice, Julie Le Douguet a une équipe de trois vendeurs indépendants sur la zone de Montpellier.

 

1.2 La situation de communication

 

Lors de ce stage, nous avons eu une réunion avec Julie et les deux autres vendeurs indépendants, Laurie et Jérémy, avec qui elle travaille et loue le club de nutrition, leur lieu de travail à tous. Cette réunion avait pour but de faire le point sur les méthodes de travail, le chiffre d’affaires, la fidélisation des clients etc.

 

Jérémy intervient pour évoquer un dysfonctionnement organisationnel des séances de sport offertes aux clients et prospects, mises en place il y a plusieurs mois par Julie. Depuis une dizaine de semaines, il est pratiquement le seul à s’occuper de cette séance de sport et souhaiterait instaurer un système de roulement entre eux trois pour répartir la charge de travail.

A cette information, Laurie avoue avoir délaissé son confrère et s’en excuse, mais en profite pour dire qu’elle traverse une situation personnelle compliquée et qu’elle souhaite en conséquence ralentir son activité professionnelle, dont la gestion de cette séance de sport.

Julie quant à elle avoue ne plus s’y intéresser car elle n’a plus de client qui y participent.

Jérémy persiste, il a besoin d’aide car il n’a plus assez de temps pour gérer une séance de sport hebdomadaire dont les participants ne sont ni ses clients ni ses prospects.

Julie est catégorique, elle ne veut absolument pas aider Jérémy et suggère donc d’arrêter dès ce jour les séances de sports.

Laurie et Jérémy désapprouvent cette idée qui selon eux n’est pas professionnelle :  ils préféraient trouver une alternative plutôt que de l’arrêter subitement et sans prévenir les participants.

Braquée, Julie préfère quitter la réunion et lâche « Et bien faites ce que vous voulez ! » avant de quitter le club.

 

Se retrouvant seuls, Jérémy et Laurie en profitent pour trouver rapidement une solution.

Ils décident donc de faire une dernière séance de sport tous ensemble, où à la fin ils pourront remercier leurs participants et leur expliquer pourquoi ils l’arrêtent.

 

Tenue au courant par SMS, Julie accepte de venir à la séance de sport pour dire au revoir aux participants mais refuse tout de même de l’animer avec Jérémy et Laurie. Elle intervient tout de même après les discours des participants pour conclure sur son discours à elle.

 

II – PHASE DE QUESTIONNEMENT

 

2.1 Questions sur la nature du stage, sur l’organisation Herbalife Nutrition

 

Mathilde : Tu faisais ton stage où exactement ?

Avec trois vendeurs indépendants de produits Herbalife Nutrition.

 

Jill : Quel était ton rôle durant ce stage ?

Je gérais la mise en place des séances de sports, je faisais du démarchage de clients et de la communication interne et externe.

 

Marie : Étais-tu toujours aux côtés de Julie ? Est-ce que tu avais une certaine autonomie de travail ?

Non je pouvais travailler au bureau du club ou depuis chez moi. J’avais beaucoup d’autonomie de travail, mais toujours avec un suivi régulier de la part de Julie.

 

Elena : Les trois vendeurs avaient donc un statut équivalent et toi tu étais la chargée de communication ?

Oui, c’est exact.

 

Professeur : Qu’en est-il du statut de cette équipe et cette marque Herbalife ?

Les vendeurs sont des indépendants mais ils ont formé cette petite équipe pour renforcer la portée de chacun. Herbalife est le fabricant des produits et passe par des vendeurs indépendant pour la distribution.

 

Charlène : Y avait-il un service de communication avant ton arrivée ?

Non, personne n’était qualifié au rôle de communicant dans l’équipe.

 

Jill : Est-ce qu’auparavant, ils avaient déjà eu des stagiaires en communication ?

Non, pas que je sache.

 

Jill : Comment faisaient-ils leur communication sans réel poste de chargée de communication ?

C’était principalement de la débrouillardise mais toujours dans une dynamique de travail d’équipe et donc les idées émanaient des trois lorsqu’il s’agissait de faire de la communication.

 

Jill : Est-ce que les apports de ta présence et de ton travail les ont motivés à développer leur communication ?

Oui, ils ont déjà réfléchi à plusieurs pistes pour s’améliorer et avoir une plus grande portée.

 

Marie : La marque apporte-t-elle un soutien aux vendeurs ?

Non, elle s’occupe uniquement de l’identité de la marque en elle-même.

 

Charlotte : Le démarchage de client se faisait au téléphone ou en porte à porte ?

C’était toujours des rencontres avec les clients parce qu’ils venaient à nous au club.

 

Mathilde : Est-ce qu’ils travaillent pour la marque ?

Non, ils sont vendeurs indépendants.

 

2.2 Questions sur les relations interpersonnelles

 

Marie : Vous connaissiez-vous avant, ton maître de stage et toi ?

Non, mais il y a eu une bonne entente dès le début.

 

Marion : Quelle est la place de Julie par rapport aux autres si elle n’est pas leur supérieure hiérarchique ?

Elle n’est pas leur supérieure mais elle assure un rôle informel de chef de par l’expérience qu’elle possède et l’aide qu’elle peut apporter aux deux autres membres dans leur travail.

 

Caroline : Qu’en est-il de leur relation à l’heure actuelle ?

Il n’y a plus aucune communication entre eux, ce qui ne gène en rien leur travail puisqu’ils sont à la base des vendeurs indépendants.

 

Charlotte : Ils ne se voient donc plus pour parler; mais gardent-ils contact par téléphone ?

Entre Julie et Laurie oui mais c’était occasionnel car il n’y a plus de réelle nécessité professionnelle de prendre contact.

 

Marina : Est-ce qu’il y avait déjà eu des problèmes au sein de l’équipe ?

Non, aucun problème auparavant, c’était leur premier conflit.

 

Marina : Est-ce que Jérémy et Laurie étaient énervés par le comportement de Julie ?

Oui, en quelque sorte. Ils n’aimaient pas qu’elle s’impose “chef” à donner des directives sans justification. Ils n’ont pas aimé qu’elle prenne la parole pour le discours de fin, après le leur, comme s’il ne s’agissait que d’elle.

 

Nikita : Y avait-il de la jalousie ou de la rivalité dans le groupe ?

Non, c’était principalement du travail d’équipe, toujours concentré sur le bien de tous, et tout ceci dans le respect des prospects de chacun.

 

2.3 Questions sur la réunion

 

Elena : Pourrait-on avoir plus de détail sur la réunion et son déroulement ?

Tout le monde était assis autour de la table.  Julie comme à son habitude demande où en est l’activité de chacun, etc… Puis après les questions générales, Jérémy a pris la parole et a parlé de ce problème de roulement. S’en est suivi la discussion sur ces séances et le départ de Julie.

 

Jill : Quelle a été la réaction des deux autres vendeurs lorsque Julie est partie de la réunion ?

Ils étaient choqués mais pas surpris car cela fait partie de sa personnalité et de sa façon d’être. Après son départ la solution a donc été réfléchie entre les deux.

Jill : C’était donc un mal pour un bien ?

Oui, c’est cela.

 

Justine : Quelle a été la réaction de Laurie face à ce problème et sa résolution ?

Elle était contente car elle ne voulait plus du tout animer ces séances.

 

Caroline : Attendait-il [Jérémy] la réunion pour parler de ce problème ?

Oui, pourtant il a tenté d’aborder ce sujet régulièrement.

 

Elena : Est-ce qu’il y a eu une discussion entre tous les membres après l’événement de la réunion ?

Non il n’y a eu aucun échange réel si ce n’est un échange par SMS pour prévenir de la décision de Laurie et Jéremy de faire une dernière séance de sport, avec l’heure de rendez-vous.

 

2.4 Questions sur les séances de sport

 

Charlotte : Où et quand se passaient ces séances de sport ?

Au Stade Phillippidès, tous les jeudi, à 19h45.

 

Caroline : Qui assistait aux séances de sport ?

Les prospects des deux vendeuses mais pas ceux de Jérémy qui pourtant continuait d’assurer les cours.

 

Charlotte : Est-ce que les vendeurs étaient habilité à donner des séances de sport ?

Non pas spécialement puisqu’il s’agissait plus de séance d’animation que de réel entraînement sportif, ils ne sont pas coachs sportifs mais coachs “bien-être”.

 

Nikita : Comment se décidait l’animation des séances de sport ?

Au départ tous devaient être présents et chacun animait tel ou tel exercice de la séance. Mais à force d’avoir ces désistements, Jérémy s’est finalement retrouvé seul.

 

Nayely : Est-ce qu’il y avait une programmation écrite des séances et de qui devait l’animer ?

Oui, il y avait toujours une trace écrite, la trame du déroulement de la séance exercice par exercice avec les animateurs associés à celle-ci.

 

Charlotte : Est-ce que ces séances avaient du succès ?

Oui, il y avait beaucoup de participants mais il y a avait un faible taux de conversion de prospect à client.

 

Nikita : Est-ce que tu avais des retours des participants concernant ces séances de sport ?

Oui, ils en étaient très content de manière générale.

 

Nayely : Ce problème de séances de sport avait déjà été évoqué auparavant ?

Oui, lors de chaque organisation des séances, la question se posait mais Julie et Laurie se désistaient à chaque fois.

 

Elena : Est-ce que Laurie le disait devant les autres qu’elle ne voulait pas animer ces séances ?

Non, elle ne me l’a dit que lors d’un échange informel en absence des deux autres, elle n’avait pas envie d’évoquer la nature complexe de sa situation personnelle.

 

Nikita : Y avait-il des raisons précises aux désistements des animateurs ?

Concernant Laurie, elle avait des raisons personnelles valables mais pour ce qui est de Julie, elle n’en avait simplement pas envie et ne ressentait pas le besoin de se justifier.

 

Caroline : Ont-ils abandonné les séances de sport ? Étaient-elles importantes, quelle en était la finalité ? Est-ce que ces séances sont terminées à jamais ?

Oui, la décision finale d’arrêter s’est faite à trois. C’est terminé pour l’instant mais l’idée de la réinstaurer reste

 

toujours une possibilité. Les séances de sport permettaient de proposer un programme nutritif et donc de vendre des produits Herbalifes aux participants présents, en complément de cette séance de sport, dans le but d’accroître son chiffre d’affaires et portefeuille clients.

 

Marie : De quoi à parlé le discours de ta tutrice à la séance finale ?

Elle a parlé de l’activité, des programmes nutritionnels, de son expérience personnelle en tant qu’utilisatrice de ceux-ci et de sa joie d’avoir partagé avec eux ces moments. Elle a en quelque sorte redit ce que les autres avaient dit, mais dans une optique “je fais le discours final”.

 

Professeur : As-tu animé des séances ?

Non mais dès le début j’ai voulu apporter mon soutien à Jérémy dans son problème.

 

2.5 Questions sur l’équipe, la mutualisation

 

Nikita : Combien de personne y avait-il au total  dans l’équipe ?

Seulement Julie, Laurie et Jérémy.

 

Justine : Le club était-il géré par les trois vendeurs ?

Oui, il était loué par les trois équitablement.

 

Mathilde : Le club était-il loué par les trois ?

Oui.

 

Marie : Est-ce que ça fait longtemps que leur collectif existe ?

Cela fait 5 mois qu’ils travaillaient ensemble.

 

Nikita : Pourquoi ont-ils ressenti la nécessité d’avoir un club, un local ?

Ils avaient beaucoup de clients, qu’ils recevaient à l’origine chez Julie qui avait aménagé un étage dédié à la réception des prospects et client. Rapidement le lieu était trop petit puisqu’ils ne pouvaient pas recevoir plus de deux clients à la fois. D’où le fait de chercher un local plus spacieux.

 

Charlotte : Est-ce qu’ils faisaient des réunions de mise au point de manière régulière ?

Oui, il y en avait toutes les deux semaines.

 

Nayely : Comment se faisait l’organisation au niveau des horaires de chacun ?

C’était libre, il n’y avait pas de quotas ou de plages horaire à respecter en particulier.

 

Caroline : Est-ce qu’être vendeur était leur seul travail de chacun ?

Julie est commerçante dans une entreprise d’énergie à mi-temps et les deux autres étaient vendeurs à plein temps.

 

Professeur : Est-ce que les vendeurs travaillaient par secteur pour le démarchage de leur client ?

Non, c’était libre mais ça restait à échelle locale, en faisant tout pour ne pas “voler” les prospects des uns ou des autres.

 

III – PHASE D’INTERPRÉTATION

Dans cette troisième phase, aucune hypothèse ni plan d’action à proprement parlé ont été suggérés. Cependant, nous relevons des pistes de réflexions intéressantes.

 

3.1 Interprétations et avis globaux

 

Mathilde : Je comprends Julie dans sa réaction. Elle a un second travail donc cela peut parfois être difficile d’assurer ces séances de sport, mais elle n’aurait pas dû partir durant la réunion. S’ils sont indépendants à la base, dès le départ ils n’auraient pas dû faire équipe.

 

Marie : Laurie aurait aussi dû discuter plutôt de ses problèmes personnels pour dégager une solution rapidement plutôt que d’abandonner le projet petit à petit.

 

Jill : Julie n’aurait pas dû se braquer le jour de la réunion et discuter, tout simplement.

 

Mathilde : Jérémy et Laurie auraient dû trouver un compromis pour assurer les séances vu que vendeur est leur seule activité professionnelle et qu’ils ont donc plus de temps que Julie.

 

Marie : Ce n’était qu’un problème de motivation, et c’est dommage de perdre ces séances.

 

Justine : Si on s’intéresse aux relations transactionnelles : Julie était “enfant” lors de la réunion, elle est partie au lieu d’assumer et de répondre en tant qu’adulte.

 

3.2 Type d’organisation

 

Professeur : Quel est le type d’organisation ?

 

Jill : Je pense que c’est une structure divisionnalisée car il y a de multiples vendeurs indépendants en France avec à la tête Herbalife en guise de sommet et d’englobement.

 

3.3 Type de couplage

 

Professeur : Quel est le type de couplage ?

 

Caroline : C’est un couplage de communauté.

 

Professeur : Exact. Un couplage de communauté présente des liens faibles, un intérêt à se regrouper en équipe et à mutualiser des ressources communes mais toujours dans un but de réussite personnelle. Il y a l’émergence d’une construction d’un collectif avec comme question : qui sommes nous et qu’allons nous faire ensemble ? La communication existe pour gérer ce genre de choses.

 

3.4 La concurrence

 

Mathilde : L’organisation est étrange puisqu’ils sont vendeurs indépendants, il y a forcément un esprit de concurrence non assumé.

 

Professeur : Ce sont des techniques qui marchent, elles sont adoptées par les dentistes ou les médecins par exemple.

 

Marion : L’esprit de concurrence est présent obligatoirement ne serait-ce qu’au niveau du partage des clients.

 

Mathilde : Ils restent des vendeurs indépendants qui cherchent des mêmes clients sur un même secteur.

 

Professeur : Il y a des situations intermédiaires existantes entre concurrence et association car c’est dans leur intérêt de s’associer et laisser de côté la concurrence, c’est un besoin pour leur existence propre. Et bien sûr se pose la question des normes d’équipe et d’organisation : qui est chef?, qui assume quoi?, etc.

 

3.5 Zone d’incertitude, les règles, les rôles

 

Nayely : Les rôles dans les relations ne sont pas définis et Julie a voulu faire son discours final comme si elle était au dessus. Ce qui accentue cette situation de trouble hiérarchique.

 

Jill : Il y a quand même un besoin de clarifier le rôle de chacun au sein de l’équipe; savoir qui est leader, etc ..

 

Nikita : Il y a un besoin de définir les rôles de chacun par rapport au collectif et en général dans l’autorigramme.

 

Professeur : Quelle est la zone d’incertitude exploitée ?

 

Marie : Les règles de l’organisation.

 

Professeur : Oui car les règles continueront à objectiver la manière d’être de chacun et prendra le pied sur leurs réactions.

 

Jill : Il est nécessaire que chacun ait un poste particulier dans le collectif.

 

Marie : Il leur faut définir les objectifs et les voies pour y arriver.

 

Jill : Peut-être avoir plus de communication entre les membres lors de situations comme celle de la réunion, pour éviter une potentielle source de conflit à l’avenir.

 

Professeur : Et si ce n’est pas fait, s’ils ne maîtrisent pas cette zone, quel est le piège ?

 

Marie : Que chacun face à sa manière et selon ses propres règles.

 

Professeur : Dans la communication, on travaille souvent sur du long terme et l’équipe se brise car chacun pense qu’il n’y aura aucun apport dans l’instant quant à revoir l’organisation de leur groupe.

 

Marie : Il devrait y avoir une trace écrite de tous les projets et leur objectifs pour clarifier les tâches et le fonctionnement de l’équipe dans son ensemble.

 

Professeur : Et ceci se fait par le partage du budget, humain et monétaire, selon les objectifs. Ce qui renvoie à la formalisation de leur organisation.

 

VI – RETOUR DU RAPPORTEUR – ISAAC MAAMOUCHE

 

4.1 La phase de questionnement

 

La phase de questionnement a été un peu brouillon. Il n’y a pas eu d’attardement sur des points en particulier mais plus une sorte de jonglerie : les questions passaient d’un sujet à l’autre, tantôt sur Julie, son rôle de stagiaire, ses apports et ses responsabilités et tantôt sur les séances de sport, source du problème.

Les questions ont beaucoup porté sur les séances en elles-mêmes (lieu, contenu des séances, etc) plus que sur le problème généré et les causes/conséquences de ce dernier.

Plus tard, les interviewers se sont recentrés et se sont intéressés aux relations qu’entretenaient les membres auparavant : depuis combien de temps travaillaient-ils ensemble?, sur leur mode de fonctionnement si particulier, et enfin sur leurs relations actuelles.

 

4.2 La phase d’interprétation

 

La phase d’interprétation a été un peu lente à démarrer avec tout d’abord, des énonciations d’avis personnels sur les trois vendeurs et la situation conflictuelle qu’ils ont rencontrée. S’en est suivi ensuite une intervention de notre professeur afin de donner des pistes d’analyses et de permettre d’orienter la discussion vers les hypothèses autour du type de relation transactionnelle et de couplage.

Pour terminer, les discussions se sont concentrées sur les besoins auxquels l’équipe de vendeurs devait à tout prix répondre afin de préserver la pérennité de leur association en vue de formaliser et consolider leur travail collectif :

  • La définition d’un autorigramme clair,
  • Une meilleure allocation du budget humain et monétaire,
  • Une meilleure répartition de tâches,
  • La définition précises des objectifs du groupe.

 

V – RETOUR DE L’OBSERVATRICE – ISA-LYS VALET

 

5.1 Narration de la situation de communication

 

Durant cette première phase, le public a les yeux rivés sur Julie.

Julie, quant à elle, adopte une posture dynamique, avec des gestes rythmiques au commencement de la narration (au dessus de la table) puis des gestes d’auto-contact (sous la table). Elle a une voix claire, d’une hauteur normale et une élocution plutôt hésitante; elle semble gênée.

 

5.2 La phase de questions

 

Durant la deuxième phase, absolument tout le monde a les jambes croisées. Les personnes posant des questions ont beaucoup de gestes d’auto-contact, soit en touchant leur visage, soit en jouant avec leur stylo.

Tout le monde est très attentif, chacun regarde la personne qui parle; ce qui construit un schéma solaire avec Julie en place centrale. Au fil du temps les participants deviennent de moins en moins attentifs aux questions et adoptent une posture de renfermement : la plupart ont soit les bras croisés, soit un bras qui touche l’autre. Petit à petit, les questions s’essoufflent et les interviewers sont ceux spatialement proches de nous (allées de gauche et de droite).

En ce qui concerne Julie, elle conserve ses gestes rythmiques et paraît de plus en plus à l’aise quand elle répond aux questions. Bien qu’elle regarde la personne quand celle-ci pose une question, elle à cependant le regard fuyant quand elle y répond.

 

5.3 La phase d’interprétation

 

Lors de cette troisième et dernière phase, les participants sont plus à l’aise pour parler que lors de la phase précédente. Ils adoptent des gestes référentiels et enchaînent très vite d’une question à une autre, se coupent presque la parole entre eux. Quand notre professeur parle ou questionne les participants, la moitié des personnes ont le regard soit ailleurs, soit fuyant et leurs pieds remuent.

Compte rendu SASCO du cas « Let’s Motiv » – 09/04

mardi 14 avril 2015

   I. Présentation de la situation

Alexandra a fait son stage au sein de l’entreprise Let’s Motiv Montpellier, une rédaction publique et gratuite portée sur la diffusion de l’actualité culturelle héraultaise.

 

Logo let's motiv

Logo de « Let’s Motiv »

 

« J’ai fait mon stage dans cette organisation qui existait précédemment sous le nom du Cocazine.  C’est un magazine trimestriel traitant de reportages de fond. Le but étant d’optimiser l’espace pub exploitable pour maximiser leurs revenus. Let’s Motiv est un réseau regroupant plusieurs structures indépendantes réparties dans le Nord, l’Ouest et Le Sud de la France. Let’s Motiv Méditerranée possède un bureau composé du Directeur de la Publication Laurent, de la Co-Redacrice en chef Céline et de la graphiste Agathe, ils sont constamment présent dans les locaux.L’équipe se constitue également du Responsable de l’Édition Ludovic , d’une dizaine de pigistes ponctuels et du livreur Arald. Ceci ne sont pas présents au bureau.

Le problème de communication que j’ai pu observer durant mon stage est récurrent. Un manque d’organisation, et de communication interne font que la tenue de la dead line du bouclage de l’agenda (mensuel) n’est quasiment jamais respecté. Les pigistes travaillent chez eux sur quelques articles qu’ils envoient accompagnés des visuels à Céline. Les articles sont ensuite relus, corrigés et transférés à Agathe. Celle-ci les met en forme et les insère dans la maquette.Ces articles arrivent au fur et à mesure, sans contraintes de temps.  Ludovic se caractérise par son absence constante, injoignable c’est Céline qui se charge de ses fonctions. Devant rédiger la quasi totalité des articles, effectuer les recherches de documentation et se rendre aux différents impératifs lié à son poste (conférence de presse, présentiel aux inaugurations, interviews, …), sa charge et son temps de travail mal répartis se répercutent sur toute la chaîne de montage de l’agenda.

Plan du bureau du magazine

Plan du bureau du magazine

Travaillant dans le rush, la quasi totalité du travail est effectuée les 2 dernières semaines du mois. Céline et Agathe ne respectent pas les horaires définis, restant bien plus tard en période de bouclage…Ce rythme a pour conséquence de fatiguer les filles, les 2 autres premières semaines du mois sont donc beaucoup moins productives. Céline et Agathe se permettent d’arriver après 10 heures, passant des journées à flâner sur le web… Le rendu étant constamment repoussé, Agathe se charge de contacter l’imprimeur pour décaler l’envoie de la maquette. Cette action met l’imprimeur dans une situation délicate puisque les jours dédiés à l’impression de l’agenda monopolisent l’ensemble des machines. L’imprimeur refuse des clients pour Let’s Motiv. Prévenu à la dernière minute, il se retrouve à réaliser des journées à blanc. Laurent n’impose pas de contraintes particulières à son équipe, il entretient avec l’équipe du bureau des relations complices.

De plus, des médisances envers les autres acteurs hors du bureau sont récurrents. Les relations entre les 3 salariés du bureau se sont construits autour de ces interactions informelles.Les tensions sous tendues entre Céline et Ludovic se répercute sur le magazine. Ludovic ne donne aucun ordre concernant la conception du rough, régulièrement modifié selon le bon vouloir de Céline, elle ne lui rend aucun compte. Agathe étant la dernière chaîne du maillon, elle doit adapter la construction de sa mise en page sur le moment, et non en fonction du rough. Travailler sans impératifs ni règles définie font que les articles sont parfois bâclés, de nombreuses coquilles échappent à la relecture, puisque superficielle. De plus,Céline et Ludovic ne s’y atèlent que le dernier mois de la dead line. Ces mois-ci, l’équipe éditoriale se retrouve à travailler sur 2 production en même temps.  Seulement 5 magazines ont étaient publiés depuis le rachat de l’organisation, la réputation de la nouvelle formule est encore à faire. « 

   2. Exploration de la situation 

Les premières questions posées concernaient le déroulement du stage d’Alexandra :

– Tu es restée combien de temps la bas ? 

J’ai fait mon stage du 23 janvier au 06 mars, je suis restée environ 2 mois. J’ai donc assisté au bouclage et j’ai vu que leur problème était plutôt récurrent et en Mars, en plus des bouclages des agendas mensuels, ils rééditaient le magazine et j’ai vu que le problème était le même sur le magazine.

– Qui est ton responsable direct ? 

 Mon tuteur ? C’était Céline, la co-rédactrice en chef.

 

Ensuite, les questions se sont rapidement tournées vers le rôle des pigistes :

– Comment ça se passait avec les pigistes ?

Au niveau du choix des articles c’était surtout Céline qui prenait ces décisions là, vu que c’est elle qui était présente au bureau c’est elle qui prenait toutes les décisions même si elle était en dessous de Ludovic. Avec les pigistes, c’était très informel, vu qu’il n’y avait pas vraiment de communication certains pigistes récurrents soumettaient des sujets.

– C’était juste des volontaires, ils sont pas employés ?

C’est pas vraiment des employés, ils sont rémunérés mais après c’est plus du bénévolat quand même. C’est assez mal géré. Ils sont pigistes volontaires.

– Si il y avait une date butoir pour la sortie du magazine, les pigistes avaient-ils une dead line ?

Oui, elle essayait de fixer des dead lines mais elle même n’arrivait pas à respecter les siennes. Du coup, les impressions étaient constamment repoussées.

 – Avaient-ils des consignes ? Un nombre de caractères à respecter ?

Ils ont le nombre de caractère à respecter mais c’est eux qui choisissent l’angle sous lequel ils veulent aborder le sujet.

 

Puis majoritairement sur l’organisation et ses membres :

– Est ce que ça existe depuis longtemps ? 

Oui, le magazine existait déjà depuis quelques temps mais sous un autre nom, il s’appelait « Cocazine » et il était dirigé par quelqu’un d’autre. Il a été racheté par Laurent depuis quelques années, moins de 5 ans je crois. De là, tout à été reformaté au niveau de la formule, de la mise en page… Le magazine n’existait pas non plus, il a été rajouté à la formule. Dans cette équipe, il y avait Céline et Ludovic qui faisaient déjà parti du « Cocazine ».

– Le grand patron tient une autre agence n’est ce pas ?

Oui, il tenait une agence de communication mais maintenant il est beaucoup plus présent à « Let’s motiv ». Le magazine est gratuit alors ses membres vivent de la pub. Ludovic s’occupe donc de démarcher les partenaires.

– Il a quand même un avis final lorsque tout est fini ?

Il donne un avis mais c’est très léger… C’est plutôt Céline qui a une forte influence sur le contenu final.

– Quand est publié l’agenda/ répertoire culturel ? 

Il n’y a pas vraiment de date fixe, par exemple pour l’agenda de Mars, l’équipe a essayé de le boucler fin février.

– Quel a été le plus gros retard ? 

Ce n’était pas pour l’agenda, mais pour le magazine ils l’ont souvent repoussé. A 3 jours du bouclage ils n’avaient que la moitié du magazine écrit.

– Pourquoi Céline ne mets pas la pression pour s’organiser ? 

Car elle-même ne respecte pas ses dead line, elle aime travailler dans le rush, elle sait travailler dans le rush.

– Vu que chacun avait une tâche, est ce que chacun avait une dead line par personne ou c’était une dead line précise ? 

Oui les pigistes avaient une dead line et les envoyaient par mail à Céline, ils ont un article à faire ils vont l’envoyer et c’est ceux qui respectaient plus souvent la dead line.

– Au final, c’est Agathe que ça dérangeait le plus ? Puisque c’était la dernière chaîne du maillon ?

 Oui, puisque Céline va récupérer tous les documents des pigistes, les relire et les corriger elle va ensuite les envoyer à Agathe qui va mettre en forme. Elle aussi reformate le contenu pour faire une bonne mise en page. En plus de boucler l’agenda et le magazine, elle a d’autres commandes de pub et de partenaires à réaliser donc elle est souvent sur plusieurs tâches en même temps.

– Comment arrivait-elle à gérer tout ces problèmes ?

Elle faisait des heures supplémentaires, elle travaillait aussi beaucoup dans le rush mais je disais toujours que c’était une magicienne car elle arrivait toujours à tout boucler.

   3. Hypothèses interprétatives

Cette phase a très vite suscité beaucoup de réactions et a commencé rapidement. L’incompréhension du groupe face à l’organisation de « Let’s Motiv » a été précurseur de cette phase interprétative. Le groupe a parlé des problèmes de chaque membre de l’équipe et de ce qu’ils engendraient autant en internet qu’en externe. Au début de cette phase, plusieurs personnes tentaient encore de comprendre l’organisation interne.

La première interprétation s’est tournée vers le leadership de Ludovic. C’est un leader laisser faire  car il s’implique peu dans l’organisation, ne donne pas de directives et l’équipe est livré a soit même. Ce problème de leadership entraîne un problème de productivité.

De longues discussions se sont enchaînées sur le manque d’organisation, l’hypocrisie présente dans l’organisation, les problèmes de management et des membres de l’équipe. Le groupe a relevé que Laurent devait imposer un rythme de travail et faire des réunions car hiérarchiquement il était le plus élevé dans le bureau.

Le groupe a également relevé la sémiotique situationnelle car il y avait des problèmes de contexte spatial (supérieur non présent au bureau), temporel avec les gros retards de publication, de positionnement car on ne sait pas qui fait quoi dans l’organisation, sur les enjeux, sur les relations à cause de l’hypocrisie des membres entre eux ainsi que  les normes, le fait de travailler dans l’agence constamment.

L’actionnisme a été également mis en avant car il y a un problème de définition des tâches. Ludovic ne s’en occupe pas vraiment car il s’occupe surtout de la communication externe. Finalement les tâches réalisées par chaque membre ne correspondent pas à leurs statuts, la maquettiste fait le travail d’une secrétaire de rédaction par exemple.

De plus, l’analyse stratégique a aussi été constatée car les pigistes disposaient d’une forte marge de manoeuvre. Globalement,les pigistes récurrents arrivaient à envoyer dans les temps leurs articles mais ce n’était cas le cas de tous les pigistes, ils décident eux-même du délai.

On note également l’ajustement mutuel car il y a un problème de standardisation des résultats. Les pigistes ne respectent pas forcément le nombre de caractères à écrire dans leur article.

4. Retour du narrateur

 « Il y a eu quelques mauvaises interprétations, normalement les pigistes respectent le nombre de caractère. C’est Céline qui ensuite reprend et ré-adapte le contenu pour la maquette. La structure de la mise en page est faite de façon assez aléatoire, il n’y a pas d’organisation dans la mise en page. Les magazines ne sont donc pas réguliers, le chemin de fer se modifie constamment.

Céline, qui est censée être uniquement rédactrice a tellement de casquette différentes qu’elle se perd un peu et n’arrive pas à s’organiser. Je pense qu’elle ne veut pas déléguer, elle n’a pas vraiment confiance.

Au niveau des pigistes, je me suis mal exprimée, il y a moins de 10 pigistes récurrents mais ils ne vont pas travailler tous les moins par exemple. Ils ne sont pas bénévoles mais payés au caractère. Ils respectent les règles. Le problème vient surtout du bureau. »

5. Retour du rapporteur

Paphoua a relevé que les premières questions se sont  posées à proximité de la narratrice. La plupart des questions posées réagissaient aux questions d’Alexandra et suite aux autres réponses. Il y a eu à un moment un jeu de question/réponse entre Sarah/Alexandra et Fatiha/Alexandra par exemple. La majorité des questions s’est tournée vers l’organisation du magazine, l’intérêt s’est essentiellement porté sur son fonctionnement. Les personnes qui souhaitaient parler étaient focalisée sur Alexandra, elles attendaient son approbation pour parler et par conséquent ne faisaient pas attention aux autres personnes qui souhaitaient prendre la parole. Pour la phase d’interprétation il y a eu une discussion entre quatre personnes du groupe, qui étaient tournées les unes vers les autres. Par la suite, les autres membres se sont mis à participer.

6. Retour de l’observateur

Mohmed, quant à lui a observé que  l’atmosphère était plutôt détendue, il y avait une bonne ambiance et une bonne dynamique de groupe. Le débat était fluide, la prise de parole aussi.Il n’y a eu quasiment aucun blanc entre les différentes prises de parole et entre les différentes phases, par contre la participation était très faible par rapport à l’ensemble des personnes présentes.

Il y avait plusieurs leaders,quasiment deux leaders sur chaque côté qui ont pris la parole tout au long du cas d’Alexandra. Lors de la première phase, l’écoute était très attentive et certains prenaient des notes.Les participants avaient pour la majorité d’entre eux les jambes serrées, certains touchaient des objets qu’ils avaient à proximité notamment des stylos et des bouteilles d’eau, d’autres consultaient leur smartphone. La prise de la parole se faisait surtout à droite d’Alexandra, en face et à gauche d’Alexandra, il y avait quelques prises parole. Cependant, dans la phase de questionnement, participation n’était pas si élevée, environ huit personnes ont pris la parole, il y’avait aussi beaucoup de gestes d’auto-contact notamment des bras croisés, quelques personnes se  touchaient les cheveux. Lors de la phase d’interprétation, l’écoute était également attentive et la plupart des étudiant faisaient des hochements de tête pour approuver les théories émises par les autres. Dans cette dernière phase, les participants se coupaient parfois la parole pour apporter une précision ou pour contester un argument.

Alexandra KEMPLIN

Momed YOUSSOUF

Paphoua YANG