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Entretien retranscription de M.Operti, infographiste.

lundi 19 novembre 2018

Contextualisation : Cet entretien a eu lieu dans l’entreprise Illimited Edition à Saint-Jean-De-Védas. Pendant l’entretien, un étudiant s’occupait de veiller au bon fonctionnement du matériel (utilisation de l’application dictaphone sur un smartphone) et de la prise de note (retranscription sous forme écrite de certains points clés de l’entretien) ; puis un autre étudiant était chargé de poser les questions au professionnel.

Entretien retranscription :

Étudiant : Bonsoir monsieur, nous sommes deux étudiants de la fac de lettre de Paul Valéry, à Montpellier. Nous avons un devoir qui consiste à avoir un entretien avec un professionnel de l’information et de la communication. Étant intéressés par votre métier, nous nous sommes naturellement tournés vers vous. Je vais d’abord vous demandez de vous présenter : votre nom, et quel est votre métier ?

Professionnel : Alors, je m’appelle Laurent Operti et je suis infographiste.

Étudiant : D’accord, et en quoi consiste votre métier ? Quel est votre rôle au sein de votre entreprise ?

Professionnel : Alors, mon métier est assez vaste. Nous créons, fabriquons et installons tout ce qui peut être de la communication en passant de l’enseigne à la signalétique, au marquage de véhicule. Tout ce que vous pouvez voir en marquage de signalétique en extérieur. On le crée, on le fabrique et ici je suis gérant de mon entreprise…

Étudiant : (hochement de tête.)

Professionnel : Donc, c’est à dire que je suis graphiste aussi, je fais de la création mais nous faisons aussi de la production, de la fabrication.

Étudiant : D’accord c’est intéressant et qu’est ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

Professionnel : Quand j’étais petit, mon rêve c’était de faire comme les anciens faisaient. C’est à dire peindre sur les murs les vieilles publicités, c’était un vrai métier d’art où on avait un maître, on apprenait les techniques et je rêvais de faire ça parce que tout le monde le voyait. C’était vraiment le métier que je voulais faire.

Étudiant : J’en conclus que vous avez réalisé votre rêve d’enfant en quelques sortes, mais pour accéder à ce métier, quelle formation faut-il suivre ?

Professionnel : De nos jours, je pense qu’il y a quelques formations mais de mon époque, il n’y avait pas grand chose. C’était juste des bts ou des cap. Initialement, c’était des cap de peintre en lettre et ensuite on avait un bac pro et un bts. Ils appelaient ça publiciste ou de maquettiste.

Étudiant : Très bien, c’est bon à savoir pour nous qui voulons faire ce métier plus tard de voir les formations qui se proposent à nous. Mais vous, est-ce que c’est ce parcours que vous avez suivi ?

Professionnel: J’ai fait un bac commerce, après je me suis inscrit dans une école privée pour faire un bts de communication avec option visuelle. Je crois que c’était comme ça que ça s’appelait… Mais la première année, vu que je m’embêtais , j’ai passé le cap et après j’ai eu mon bts.

Étudiant : D’accord et par où avez-vous commencé dans votre carrière d’infographiste/graphiste ?

Professionnel : A la base je suis dessinateur. Je faisais les dessins pour la bande dessinée Sonic où un épisode représente 400 dessins, soit 24 dessins par seconde. C’était pas très connu à l’époque et je vivais chez mes parents. Je gagnais environ 400 euros par mois. Je dessinais tout le temps, de jour comme de nuit. Je vous avoue que mes débuts étaient difficiles (rires), puis j’ai été employé et j’ai fini par me mettre à mon compte.

Étudiant : C’est respectable. Et qu’est-ce qui vous a motivé à faire votre propre entreprise du coup ?

Professionnel : (rire) C’est une grosse question ça.

Étudiant : (rire).

Professionnel : Qu’est ce qui m’a motivé à faire ma propre entreprise ? J’ai été papa.

Étudiant : Je comprends mieux.

Professionnel : Et, quand j’ai été papa, je me suis dit soit je le fais maintenant quand ma fille est petite, soit je ne le ferai jamais. Là je peux tenter le coup et essayer de voir si ça marche.

Étudiant : On peut dire que c’est courageux. Pourriez-vous me parler un peu plus de votre entreprise ? Vous êtes plutôt une grosse entreprise ou est-ce que vous travaillez en petit comité si je peux me permettre ?

Professionnel : Non, on est une petite société.

Étudiant : Ok très bien. Quelle est votre relation avec vos employés, l’ambiance au sein de l’entreprise ?

Professionnel : Je les déteste (rire). Non, en réalité, j’ai toujours voulu que notre entreprise soit comme une petite tribu. Ma femme travaille avec moi, je travaille avec mes amis tout le temps et on connaît les conjoints et enfants de tout le monde. Moi j’aime bien travailler comme dans une famille.

Étudiant : C’est un bel état d’esprit. Je vais changer un peu de sujet. Avec quels outils travaillez-vous ?

Professionnel : Informatique ?

Étudiant : Oui ou autre !

Professionnel : On a des macs parce que les macs ont été créé par nos pères, pour notre métier au départ et les logiciels qu’on utilise sont « Photoshop », « Illustrator » essentiellement et « In design » aussi pour tout ce qui est création.

Étudiant : Pourquoi utiliser ces produits et pas d’autres ?

Professionnel: Si on utilise ces produits, c’est parce que ce sont des dessinateurs au départ qui les ont créé parce qu’au départ, nous sommes dessinateurs. Donc, c’est pour ça que c’est assez fluide de passer du crayon à l’informatique.

Étudiant : Intéressant. Votre travail se fait-il plutôt collectivement ou individuellement ?

Professionnel: Ça dépend de la facette du travail.

Étudiant: C’est à dire ?

Professionnel: C’est à dire que pour ce qui est création pure, c’est assez individuel.

Étudiant : D’accord.

Professionnel : Après, ça nous empêche pas de demander un petit peu à tout le monde ce qu’ils en pensent, demander des avis ect, mais la création se fait tout seul normalement.

Étudiant : D’accord. Bien que vous aimiez votre métier, du moins c’est ce que vous dégagez, est-ce que vous avez pu relever des points négatifs, si oui lesquels ?

Professionnel: Oui, le plus gros inconvénient que l’on a dans notre métier c’est qu’on est pas reconnu en tant que réel métier. Alors ça c’est pour l’enseigne entre autre. Pour le graphiste, si ça existe. Mais nous, on est une tranche du graphisme qui est plus sur de la signalétique. Donc les graphistes d’aujourd’hui sont tous sur des sites web et des réseaux sociaux en création. Quand nous on l’a fait, c’était plus du papier initialement ou du physique pas du virtuel. (rire) Je parle comme un vieux mais le virtuel n’existait pas, il n’y avait pas de site web quand on faisait nos études donc on a appris à travailler sur des supports physiques. Ce métier là n’existe pas…

Étudiant: Excusez-moi si je vous coupe, mais quand vous dites qu’il n’existe pas, c’est à dire ? Je ne comprend pas très bien…

Professionnel: Et bien c’est dire qu’il n’est pas référencé à la chambre de commerce ni à la chambre de métier. Donc, ça veut dire que n’importe qui, qui veut s’installer, faire notre métier, peut le faire.

Étudiant : Donc si je comprends bien, ça veut dire qu’il n’y a pas besoin de faire de formations spécifiques au final ?

Professionnel : A l’inverse d’un coiffeur qui a besoin d’un cap coiffure , une personne qui veut faire notre métier sans passer par un cursus scolaire, on va dire, non du tout. Un graphiste aujourd’hui peut se dire graphiste s’il fait un stage de deux mois à Pôle emploi.

Étudiant: Ça doit être « révoltant » pour vous, non ?

Professionnel: Oui, carrément et le pire c’est qu’il y en a de plus en plus qui font ça !

Étudiant : Et du coup pour vous, quelles sont les compétences requises qu’un vrai graphiste/ infographiste doit avoir ?

Professionnel : (rire) Pour moi, il faut savoir plus regarder qu’appliquer parce qu’on invente rien, on s’inspire tout le temps , on lit beaucoup , on regarde des images. Ce qui nous plaît on essaye de le refaire, et quand on essaie de refaire une image qui nous plaît, on y met notre petite pâte puis on réessaye une deuxième fois, puis une troisième fois et on fait sa propre création. On peut pas inventer, ça n’existe pas d’inventer. Faut toujours s’abreuver d’images, de visuel et en fonction de tout ce qu’on voit, on se nourrit et on arrive à ressortir quelque chose.

Étudiant : Du coup ça demande d’avoir une certaine culture générale, on doit être curieux ?

Professionnel : Énormément, énormément, énormément parce que si un graphiste ne se tient pas au goût du jour, il va encore faire des lettres comme on faisait il y a deux ans, donc du coup ça ne va pas plaire. Par exemple un boulanger à l’époque, c’était une écriture jaune sur un fond beige avec des écritures à l’ancienne, puis aujourd’hui vous avez PAUL qui a un fond noir avec des écritures blanches, ce qui était inconcevable à l’époque. Avant on avait des moulures en bois, maintenant on veut des choses très lisses, modernes et si on ne regarde pas, on continue à faire ce qui se faisait il y a 20 ans et on ne vend plus rien.

Étudiant : Je ne pensais pas que ce métier demandait autant d’implication personnelle… Juste avant, je vous demandais ce qu’étaient les compétences requises pour ce métier, à l’inverse quelles sont les défauts à ne surtout pas avoir pour ce métier ?

Professionnel : Il y a énormément de graphistes qui sont orgueilleux.

Étudiant: C’est à dire ?

Professionnel: Disons qu’ils savent juste se servir d’un ordinateur, ils arrivent à faire une jolie image et ils se prennent pour « des stars ».

Étudiant et professionnel: rires

Professionnel : Non mais c’est vrai, ils se prennent pour des lumières… Je dirai que c’est le gros défaut du graphiste. S’ils font une publicité pour de la télé, rapidement ils deviennent orgueilleux.

Étudiant : D’après ce que vous me dites, j’en conclu qu’il faut garder les pieds sur terre.

Professionnel: oui, en effet oui.

Étudiant: Et pour vous, quelle est « la recette », si je peux me permettre, pour se faire connaître et être reconnu dans le milieu ? Comment avez-vous fait pour pouvoir être reconnu en tant que tel ?

Professionnel: Il est très difficile de nos jours de se faire connaître dans ce milieu, il est donc nécessaire, et moi j’ai du passer par là, de se faire un réseau social qui n’est pas virtuel. Il faut par exemple aller dans des soirées mondaines. Il faut sortir du lot, avoir sa touche personnelle et son style. Je travaille 12 à 15h par jour, c’est un travail qui demande beaucoup de temps et c’est difficile de vivre exclusivement du graphisme. Disons que ce n’est pas un long fleuve tranquille et que pour sortir du lot, il faut être vraiment fort et pouvoir se déplacer énormément. Ils sont vraiment très peut à être reconnu dans le métier d’infographiste et graphiste, pour ma part, je n’en connais qu’un qui a vraiment réussi. Il vit sur Marseille, il a confectionné plusieurs pochettes d’albums notamment de Iam et Massilla Sound System.

Étudiant: Le parcours d’un infographiste n’a pas l’air d’être un long fleuve tranquille en effet, est-il vraiment possible de vivre de ce métier au final ?

Professionnel : c’est un métier où il est dur de se faire reconnaître, moi en tant qu’infographiste, je ne suis pas reconnu. Si j’arrive à nourrir ma famille et celles de mes employés, c’est parce qu’on vend du physique.

Étudiant : Qu’entendez-vous par du physique ?

Professionnel: C’est à dire des panneaux, enseignes, véhicules ou encore déco. Mais on vit difficilement du graphisme, infographisme.

Étudiant :On a vu que dans votre métier, grâce à vous et sur des sites internet, qu’ il fallait vraiment suivre « les dernières tendances ». Qu’est-ce qui est « à la mode » actuellement (rire) ?

Professionnel: (Rire) On va dire que notre métier est en train de régresser positivement, on revient aux fondamentaux : on va peindre un logo en faisant de jolies lettres à la main, c’était la mode il y a 20 ans. C’est aussi valable pour la communication où avant il y avait beaucoup d’images, maintenant c’est plus épuré, et c’est beaucoup plus difficile à faire : le plus dur est de faire simple. Je vais vous donner un exemple pour que vous compreniez mieux : les marques de luxe n’ont pas de logo extravagants et le plus souvent ils sont très simplistes, et pourtant, ce sont celles qui attirent le plus le regard, par exemple Chanel.

Étudiant : Je comprends que dans la communication et dans l’infographie ce sont les fondamentaux, comme vous dites qui reviennent à la mode, mais en général, est-ce que vous avez pu remarquer une évolution dans le domaine de l’infocom ?

Professionnel : Je remarque qu’il y a de plus en plus de demandes concernant les métiers de l’infocom. La concurrence est très importante dans ce milieu, ce qui nous pousse à nous surpasser.

Étudiant: Auriez-vous un conseil à nous donner ?

Professionnel : Il faut produire des logos à bas prix. Avant d’être reconnu, il faut passer par différents obstacles au cours de sa carrière, comme quand je vous expliquais mon histoire : qu’avant je vivais chez mes parents et je travaillais pour la bande dessinée Sonic et cette histoire là est valable pour de la communication. C’est un métier qui est dur, où la concurrence est dure. Il est préférable d’aller dans des grandes villes si vous voulez percer dans ce métier, domaine.

Étudiant: Je finirai l’entretien par cette question, comme envisagez-vous votre futur professionnellement parlant ?

Professionnel : On va gagné au loto bientôt

Étudiant et professionnel : rires.

Professionnel : Non je pense que notre entreprise va plus s’orienter vers des travaux plus manuels, juste, voir haut de gamme ou du très bas de gamme

Étudiant : C’est à dire bas de gamme/ haut de gamme?

Professionnel : Bas de gamme pour nous, dans notre métier c’est un panneau collé contre un mur et haut de gamme c’est une enseigne lumineuse avec un certain système pour qu’on ne voit pas la façon dont on l’a fabriqué. Pour l’infographie maintenant, ça va être un peu pareil. C’est à dire qu’on peut acheter des logos bas de gamme à petit prix , environ 3 euros directement tout fait, et après si on veut un travail haut de gamme ça sera un prix conséquent qui est fait par un artiste . Il n’y aura plus d’intermédiaire, c’est ça que je veux dire. Et pour en revenir sur l’infographie, tout va encore plus se digitaliser, et le graphisme quant à lui va disparaître parce que maintenant les gens vont sur le net, ils ne lisent plus les journaux.

Étudiant : D’accord, c’était très intéressant et constructif pour nous. L’entretien est à présent terminé, nous vous remercions de nous avoir accordé de votre temps. Merci beaucoup !

Professionnel : Mais c’était avec plaisir !

 

Une copie de cet entretien a été envoyée à M.Operti qui a validé la publication de l’entretien.

Lou WOJCIK & Quentin BOUHIER.

L1 infocom, groupe 2.

 

 

Entretien professionnel avec une infographiste par Léa Moriarty, Laurena Proust et Soufiane Sairafy.

dimanche 13 novembre 2016

Nous avons réalisé notre entretien professionnel avec Stéphanie Moriarty, infographiste dans une entreprise de produit d’entretien «  Elidis » située à Lézignan. Cet entretien s’est réalisé à son domicile situé dans un village à proximité de Narbonne. L’entretien s’est déroulé le Samedi 15 Octobre, il a duré environ 50 minutes.
Avant de commencer l’interview, nous nous sommes présentés, puis nous lui avons expliqués les objectifs de cet entretien.

Pouvez vous nous expliquer en quoi consiste votre métier d’infographiste ?

– Alors, infographiste dépend tout d’abord de ce qu’il y a dans la boite, s’il n’y a qu’un infographiste ou aussi des créas. S’il n’y a qu’un infographiste c’est bien simple, il faut faire de la mise en page, de la retouche de photo, du dessin… A travers ces trois domaines, tu pourras réaliser soit des documents en print, soit du web, soit des films, soit de l’audio. Moi je suis spécialisée en print uniquement, donc c’est à dire que je fais que de l’impression, j’ai fais des sites web aussi mais c’est pas trop ma tasse de thé. C’est quoi la question déjà ? (…..) (on répète)
Alors le mien de métier, je vais vous parler de ce que je connais le mieux, donc je travaille dans une boite qui fabrique des produits d’entretien donc des produits chimiques et je réalise tout ce qui est étiquettes , fiches techniques, catalogues, insertions publicitaires dans des magasines spécialisés, c’est également tout ce qui est promo pour nos vendeurs. En règle générale pour tout ce qui est imprimé et qui donne matière à communication, donc ça peut être préparer les powerpoint pour les réunions, essayer de faire comprendre aux gens qu’est ce que la chimie, c’est essayer de simplifier les choses au maximum.

Pourquoi avez vous choisis ce métier?

-Ça part de loin haha. Après le bac, à Paul Valéry à Montpellier, il y avait une section à l’époque qui s’appelait ISAV ( image spectacle et audiovisuel), et moi, j’avais pris arts plastiques. Une fois que j’ai eu ma licence je me suis dis et maintenant quoi ? Parce que au final je ne savais rien faire. Donc je ne savais pas trop vers quoi me diriger, donc je suis reparti vers un BTS qui s’appelle « communication et actions publicitaires », c’était à Jean Monnet à Montpellier, mais ça c’est plutôt pour faire des plans média tout ça, mais c’était pas trop ma tasse de thé car il n’y avait pas le côté artistique que je recherchais. Ce BTS ne me correspondait pas vraiment, j’aurais du faire un BTS infographie mais pour le coup je ne savais pas, donc j’ai été engagée dans une boite de pub et il y avait une infographiste. J’ai discuté avec elle et tous ça et puis j’ai été amené à faire une formation sur des logiciels spécifiques en infographie. Après j’avais déjà toutes les connaissances en analyse d’image, savoir pourquoi il faut mettre telle couleur plutôt qu’une autre, comment organiser une image, par où le regard est attiré, bref tout ça je l’avais déjà. Donc avec simplement la connaissance des logiciels qui me manquait, je me suis formée sur indesign, photoshop et illustrator et avec ça j’ai trouvé le boulot ou je suis maintenant depuis 15ans.

La licence que vous avez faite a donc été un complément à votre formation ?

-Bah c’est à dire que avec une licence de mon temps, c’était très théorique, bien que j’étais en arts plastiques, que j’avais des heures de pratiques assez intense, mais t’apprend pas un métier réellement. Avec un BTS t’apprends un métier, même si ça n’a rien a voir avec la réalité. Mais tu apprends, techniquement tu peux à la sortie d’un BTS et prétendre à avoir un boulot même si t’apprend tout un tas de chose que les gens qui t’embauchent n’ont jamais appris et dont ils se foutent royalement, ils font ça plus au feeling qu’autre chose. Mais je te parle de ça il y a plus de 20 ans quoi ! C’est toute une vie pour vous ! Donc en fait, ma licence m’a apporté des connaissances très théoriques mais importantes aussi. Cela m’a appris à savoir construire une image, un discours, à pouvoir avec le dessin arrivé à dire ce que tu as envie. Après des fois, c’est de la masturbation intellectuelle, il faut le savoir hein c’est vraiment dire pourquoi ta utiliser ça plutôt que ça, en général les gens qui reçoivent ce que tu a fabriquer s’en foutent royalement et ne le voient même pas, donc c’est beaucoup de travail en amont mais qui ne doit pas se voir et ça je l’ai appris à la licence.

Selon vous quelles sont les qualités à avoir pour faire ce métier?

-Je pense qu’il faut avoir un œil, c’est très instinctif en fait, il y a des choses que seul ton œil pourra te dire, par exemple avec des mises en page, les proportions… tout vient de l’œil. Il faut être patient aussi, c’est un métier qui va très vite, et il ne faut pas s’énerver quand les choses ne vont pas comme on veut sinon on perd tous ses moyens, voilà il faut être assez zen parce que sinon ça marche pas.

Vous avez un temps limite pour les projets c’est ça ?

-Oui, c’est à dire que par exemple, dernièrement j’ai réalisé un catalogue, mon patron m’a dit voilà on a les réunions de rentrée en septembre, il faut que ton catalogue soit prêt en septembre. J’ai commencé à y travailler en décembre et après tu attends toujours des décisions de ton boss, du service recherche et développement, en fait quand tu es infographiste tu reçois énormément d’informations de services différents qui n’ont pas les mêmes impératifs que toi, et en général comme tu es le dernier en bout de chaîne , ça prend le temps que ça prend ! Mais toi tu as une deadline, donc toi faut que tu te débrouilles pour avoir toutes les infos en temps et en heure en plus du travail que tu dois réaliser.

Donc c’est vous qui bouclez le travail collectif ?

-Voila c’est ça, et donc après j’ai des relectures, quand tu fais un catalogue c’est beaucoup d’info ou il faut éviter les coquilles, les copier/coller malheureux… Le catalogue qui viens de sortir a pas mal de coquilles malgré tous ça, je vous montrerais les coquilles qu’il y a, elles sont merveilleuses. Il faut être patient parce que sinon tout le monde est en ébullition.

Cela vous est déjà arriver d’être en retard?

-Chaque fois.

Et que l’objectif change en cours ?

-15 fois par jour, c’est à dire qu’on va te dire par exemple pour les étiquettes, il y a des données obligatoires, les pictogrammes de dangers etc, tout ça tu es obligé de le mettre d’autant plus que c’est des produits dangereux, tous ça c’est des contraintes techniques. Je ne peux faire autrement que de les mettre, les étiquettes c’est pas grand , et donc plus ça va plus il faut rajouter des choses incroyables sur des petites étiquettes, donc voila tu as des contraintes et malgré ça il faut arriver à faire un graphisme attrayant, il faut donner envie d’acheter, et en cour de route il se peut que les législations changent et qu’on doive changer tout le texte, ça arrive fréquemment.

Cela doit être stressant ?

-Il faut que ça te glisse dessus sinon tu peux pas, après voila ça fait quelques année que je fais ce métier donc voila tu jettes un petit peu de la poudre aux yeux et ça passe.

Depuis combien de temps que faites vous ce métier ?

-La dans cette boite 15 ans, sinon 20 ans.

Vous avez donc fait plusieurs boites ?

-Oui avant ça je travaillais en agence de pub, mais ça ne me plaisait pas, parce que là vraiment on te presse comme un citron, et puis tu travailles pour pleins de clients différents. Après c’est intéressant, les chartes graphiques sont pas les mêmes, les projets non plus, c’est beaucoup moins monotone. Alors que là je bosse pour un seul patron, l’avantage c’est que la charte graphique c’est moi qui la dessine c’est moi qui la fait, bien sûr mon patron valide ou non.

Votre ancien travail était plus intense ?

-Oui plus intense et pas toujours compatible avec une vie de famille, c’est ça aussi, après c’est un choix.

Celui la vous convient mieux ?

-Oui ça me va parfaitement.

Vous êtes toute seul vous n’êtes pas en équipe?

-Oui je suis seule, donc je fais tout les boulots, la créa et l’infographie, alors qu’en agence de pub soit tu es créa soit infographiste, tu fais pas les deux ou rarement, donc voila c’est l’avantage de pouvoir tout faire, je suis seule maître à bord.

Mais c’est plus de pression aussi non ?

-Oui c’est plus de pression mais si tu te plantes tu peux t’en prendre qu’a toi.

Oui et puis ça doit être plus facile de gérer ?

-Oui je m’engueule très rarement,je me dispute pas moi même ça se passe plutôt bien, c’est vrai que de temps en temps un coup de main ne serait pas de refus mais bon ça va.

Quels genres de relation avez vous avec vos collaborateurs ? (imprimeur…)

-Moi ma politique c’est d’être sympa avec tout le monde, quand on est sympa avec tout le monde les gens ont plus de mal à être mauvais avec toi. Comme ça si tu demande quelque chose d’un peu borderline à ton imprimeur et que tu sais qu’il a beaucoup de boulot, si tu lui demande de faire au plus vite et que tu as été sympa, il le fait et ça se passe bien, mais si tu as été cassant, directif… c’est plus compliqué, pour moi y a aucune raison de ne pas garder de bonne relation avec les imprimeurs, et l’un comme l’autre si je trouve un imprimeur détestable je ne lui donne plus de travail donc il perd aussi.

Vous changez souvent de collaborateurs ?

-J’essaye d’établir des bonnes relations de travail et d’avoir des partenaires stables et fiables. C’est tout un équilibre à avoir pour pouvoir avoir une bonne collaboration, donc des fois je change quand mon imprimeur ne sait pas faire ce que je lui demande, mais généralement j’essaye de garder les mêmes

Vous avez déjà eu des stagiaires ?

-Non c’est très rare, en général les gens pensent à aller voir les agences de com mais pas des infographistes dans des petites boites comme moi. Alors que souvent les gens ont peut-être plus de temps ou de sympathie pour les étudiants, du coup quand on en a on les chouchoute.

Est ce que vous pouvez nous raconter un événement qui vous a marquer dans votre carrière ?

-Alors par exemple j’ai un catalogue à faire tout les deux ans, c’est du boulot, c’est long, fastidieux, et lorsqu’il est fini c’est comme un bébé qui vient de naître, je suis plutôt angoissée car c’est important, et la cette année j’ai changé d’imprimeur car mon imprimeur ne savait pas faire ce que je voulais, et conclusion j’ai eu des fautes monstrueuses, avec des grosses boulettes, je vous montrerais.

Mais vous n’avez pas pu le faire refaire ?

-Non car il y en a quand même pour 20 000 euros, c’est cher donc on ne peut pas se permettre de foirer ça, bon après je vous rassure les boulettes personnes de les a vu, mais moi je vois que ça.

Votre pire et meilleur souvenir?

-Mon meilleur souvenir c’est quand chaque fin d’année j’attaque les cartes de vœux, je m’éclate. Je vais farfouiller dans les papiers de l’imprimeur voir ce qu’il a comme nouveauté. J’adore le papier, il y a des papiers magnifiques, c’est des œuvres d’art juste à eux seul. Et mon pire souvenir, mon pire souvenir c’est quand j’ai du faire des agendas personnalisés. Quand j’ai reçu les calendriers j’ai oublié de marquer les adresses dessus, et c’était le premier job que j’ai fait et voila c’était une catastrophe. C’est mon pire souvenir et maintenant ça me sers de leçon je vérifie les BAT !

Qu’est ce que c’est ?

-C’est les bons a tirer, c’est à dire que quand t’envoie ton fichier informatique à ton imprimeur lui il te renvoie un bon à tirer. C’est à dire une épreuve de contrôle pour voir si tu n’as pas fais de fautes, que tout est là où c’est supposé être, que les couleurs sont ok. Je vous jure, que quand vous avez un BAT devant le nez, il peut y avoir une faute monstrueuse et personne ne la verra alors qu’elle est énorme et puis un jour quelqu’un te dira : « regardes là, t’as mis trois « m » » et personne l’a vue. C’est très important les BAT, il faut être très précautionneux, il faut vraiment s’attacher à tous les détails c’est pas évident du tout. Donc voila c’est mon pire cauchemar que ça ne se reproduise pas d’ailleurs.

Du coup cela vous a servis ?

-Oui, mais comme toutes les erreurs dans la vie ça sert. Il faut se planter, parce que si tu ne te plantes pas t’avances pas et les gens parfaits ça n’existe pas.

Vous avez fait beaucoup de formation pour le poste que vous occupez ?

-Oui, et je continue à en faire, par exemple je vais partir en formation au mois de novembre parce que les logiciels évoluent et faut rester toujours au top. Donc de temps en temps j’aime bien me faire une petite piqûre de rappel voila, tu as droit à des formations autant s’en servir.

Quelle genre de clientèle avez vous?

-Alors c’est surtout des professionnels, par exemples restaurateurs, collectivités, hôpitaux, tout ce qui ont besoin de désinfection.

Vous ne vendez rien aux grandes surfaces ?

-Non car les conditions pour y rentrer sont très particulières. C’est un milieu de requins c’est terrible. Et donc la politique de l’entreprise c’est de ne pas y entrer. Moi ça ne me derange pas, d’autant plus que vendre ces produits au grand public entraîne des législations encore plus lourdes que ce que l’on a là donc on évite c’est vraiment pour les professionnels.

Il y a plus d’inconvénients que d’avantages ?

-C’est surtout qu’on est pas équipé pour ça, on fais des bidon de 5 litres par exemple et vendre ça au supermarché ça passe moyen. On pourrait le faire sur les petits trucs comme les liquides vaisselle mais bon.

Cela n’en vaux pas la peine ?

-c’est surtout qu’on a à faire à d’autres entreprises qui sont énormes comme Unilever, tout ça c’est des multinationales, ils ont les reins hyper solides ils peuvent te baisser le liquide vaisselle a trois fois rien alors que nous on est une petite entreprise donc on fais pas assez de tonnage pour baisser les coûts donc faut être raisonnable aussi. On peut pas se battre à tous les niveaux. La on fonctionne bien, on est présent sur tout le grand sud après on a des revendeurs à Lille, dans les caraïbes. D’ailleurs j’attends qu’on me dise d’aller les voir mais tampis je reste là.

Quelles sont vos horaires ?

-Quand j’ai commencer à travailler pour cette boite j’avais déjà deux autres boulots, et ils avaient besoin de quelqu’un à mi-temps, du coup j’avais un boulot le lundi et un le mardi, et puis il a eut besoin de moi à plein temps donc j’ai pu lâcher celui du mardi mais pas celui du lundi, donc je faisais 35h sur 4 jours et puis après j’en pouvais plus du coup j’ai laissé tomber le boulot du lundi et j’ai gardé mon lundi pour moi, donc je fais 35h je fais 8h 18h, et je reste sur place pour manger.

Vous comptez finir votre carrière dans cette boite ?

-Je sais pas, on verra pour l’instant ça me va. Pourquoi pas mais je me suis pas posé la question. Mais c’est déjà énorme de faire un métier qui te plaît, d’aller tous les matins bosser sans avoir la boule au ventre et de se dire quel catastrophe va te tomber sur le coin de la figure. Là je suis contente, je suis contente quand ça s’arrête aussi mais voila quoi vraiment je trouve pas le besoin d’aller voir ailleurs.

Vous avez un projet en cours en ce moment?

-On a des projets récurrents, dés qu’il y a des nouveaux produits qui sortent, un tas de chose comme ça mais là on a une nouvelle gamme de produit qui va sortir, donc j’ai toute la charte graphique à faire voilà c’est ça mon gros projet du moment.

Qu’est ce que vous conseillerez à une personne intéressée pas l’infographie ?

-De s’amuser à faire des trucs chez soi, à vraiment pas négliger les cours sur les analyses d’images c’est vraiment fondamental et après c’est des connaissances de logiciels c’est tout c’est pas hyper compliquée après faut aimer ça et avoir ce côté un peu artistique. Regardez moi je ne serais pas capable d’être commerciale, je ne saurais pas vendre de l’eau a quelqu’un qui meurt de soif. Je suis pas faite pour ça donc faut vraiment voir si c’est fait pour vous.

Pour finir, un mot pour décrire votre métier ?

-Wow, elle est dure cette question… Je dirais ça bouge, c’est vivant.

Cette interview vous a plu ?

-Génial, j’ai beaucoup aimé parce que j’ai pas l’habitude que l’on s’intéresse à mon boulot donc c’est cool oui. D’ailleurs je vais vous chercher les catalogues que j’ai fait.

 

Pour terminer Stephanie Moriarty nous a montré ses différents catalogues, ainsi que les fameuses coquilles qu’ils contiennent, nous l’avons remercié de nous avoir accordé de son temps, elle nous a également remercié car elle n’a pas souvent l’occasion de partager son expérience.

 

 

Léa Morarty, Laurena Proust, Soufiane Sairafy

 

[ Philippe Grillères, infographiste, « Limitrophe », Bureaux Parc Euromédecine ]

lundi 22 novembre 2010

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carte limitrophe (2)

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+++Étant tout trois (Marion Lajous, Irwin Lannelongue, Joana Kempfer) attirés par la communication visuelle, nous avons décidé d’interviewer un infographiste, métier mettant en corrélation communication et graphisme. Après quelques recherches, l’entreprise « Limitrophe » répond à notre demande et son gérant, Philippe Grillères, accepte de nous recevoir dans ses locaux pour répondre à toutes sortes de questions ayant pour ultime but : nous éclaircir sur la profession qu’il exerce. Le rendez-vous est fixé au mercredi 27 octobre aux alentours de 14h30 à son lieu de travail, soit dans les bureaux du Parc Euromédecine.

+++C’est le grand jour, il est 14 heures et surtout l’heure d’y aller car aucun retard ne peut être toléré dans le monde professionnel ! C’est avec une aimable gentillesse que Philippe Grillères nous accueille dans ses locaux et nous propose avant de commencer de boire un café ; rien de mieux pour détendre l’atmosphère ! Marion, l’interviewer, sera face à lui quant à Joana et Irwin, l’une accompagnée de son ordinateur et l’autre d’une feuille pour prendre notes, seront placés plus en retrait.

+++Afin de bien comprendre la retranscription de l’entretien, une légende est mise à votre disposition :

PG : Philippe Grillères.

ML : Marion Lajous.

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« Chut, ça commence ! »

ML : Bonjour et surtout merci monsieur Philippe Grillères de nous recevoir dans vos locaux. Je me présente, Marion Lajous et mes deux camarades, Irwin Lannelongue et Joana Kempfer. Comme nous avons eu l’occasion de vous le dire par téléphone lors de la prise de rendez-vous, nous sommes actuellement tous trois étudiants en première année de licence « Information et Communication » à l’université Paul Valéry de Montpellier. Dans le cadre de nos études, nous devons réaliser une interview d’un professionnel de la communication et nous avons donc décidé de faire appel à vous, la profession que vous exercez nous intéressant. Cet entretien aura donc pour but d’en apprendre un peu plus sur votre profession. Avant de débuter, je vous rappelle que cet entretien sera retranscrit dans le but d’être diffusé sur le blog de notre section afin que notre professeur et autres camarades puissent voir notre travail ; bien sûr, nous vous enverrons sa retranscription finale par mail avant de la publier, donc n’hésitez pas à faire des critiques ou bien à relever des incohérences (par rapport à vos propos) quant à celle-ci.

Pour commencer pouvez-vous nous dire en quoi consiste précisément votre métier ?

PG : C’est difficile de répondre à cette question car au départ, j’étais parti sur l’idée de créer une entreprise en rapport avec ma formation de géographe – j’étais spécialisé dans la cartographie – mais la communication est très vite rentrée en ligne de compte. Je suis donc très vite passé à la pluriactivité.

Je me sens géographe de formation mais mon ouverture d’esprit, due entre autre aux différentes rencontres que j’ai pu faire, m’a conduit à m’adapter, à étendre mes compétences. En fait, mon métier est difficile à définir puisque j’en ai plusieurs à la fois !

Aujourd’hui, mon entreprise est fortement liée à la communication alors que, paradoxalement,  je n’ai jamais été formé pour cela !

ML : Avez-vous créé votre entreprise seul ?

PG : Oui, tout en travaillant en partenariat avec d’autres entreprises. Puis à travers les rencontres que j’ai pu faire, elle a évolué, si bien qu’aujourd’hui, afin de favoriser le partenariat, elle partage les locaux avec 2 autres entreprises. Celles-ci n’ont cependant rien à voir avec la mienne : l’une s’occupe de l’exportation de produits alimentaires vers les pays de l’est et l’autre de l’ingénierie et signalétique. Ainsi, je réalise des outils de communication (packaging, logos,…) pour la première et offre à la seconde mes services dans le domaine de signalétique.

A partir de 1996, l’entreprise s’est diversifiée et a ouvert, grâce à l’association d’une seconde personne, une branche formation en Commerce International, intervenant dans des écoles de commerce, à l’université et bien-sûr en entreprises. Limitrophe est devenu « organisme de formation agréé » à partir de là, représentant 40% environ du C.A.

ML : Quand avez vous créé votre entreprise ?

PG : J’ai effectué les premières démarches pour créer « Limitrophe » en 1988 mais juridiquement, elle existe depuis 1989.

ML : Pourquoi « limitrophe » ?

PG : C’est un terme qui renvoie à la géographie, car il se définit comme étant l’espace qui se situe entre deux territoires. Je voulais ainsi que le nom de mon entreprise reflète mon travail et que les gens aient une idée de ce que je faisais. Bref, ce terme résume assez bien mon activité professionnelle et en quelque sorte, ce que je veux être au regard des autres.

ML : Quel est votre statut aux yeux de la société ?

PG : Étant indépendant, j’exerce une profession libérale.

ML : D’accord, et avez-vous des possibilités d’évolution de carrière ?

PG : En principe non. Sinon, cela voudrait dire changer de statut juridique, devenir patron,… J’aurais pu mais je préférais utiliser l’outil de production moi même. Si j’avais monté une entreprise avec plusieurs employés, mon travail aurait plutôt été de diriger une équipe alors que ce qui m’intéresse principalement c’est de pouvoir créer et surtout d’être derrière mon ordinateur pour maitriser l’outil et les dossiers.

ML : Etant seul, avez-vous rencontré des difficultés depuis la création de votre entreprise ?

PG : Disons que c’était un choix de vie ! J’aurais très bien pu être embauché à Paris mais je voulais travailler ici, à Montpellier, et surtout à mon compte.

ML : Excusez-moi si la question est indiscrète mais, pourquoi à Montpellier ?

PG : Je me plais ici et j’avais surtout envie d’y tenter ma chance. Puis, une nouvelle fois, les rencontres ont fait que ! Elles m’ont été formatrices et m’ont également permis de prendre certains tournants qu’une entreprise se doit de tenter après s’être implantée.

ML : Quels sont vos principaux clients ?

PG : Mes principaux clients sont  les collectivités territoriales ainsi que les organismes associatifs qui travaillent avec elles, les agences privées, les entreprises particulières bien définies, et enfin, les entreprises hors collectivité territoriale.

ML : Vous nous avez dit que vous travaillez en partenariat pour constituer tous vos projets, avec quel genre de professionnels travaillez vous donc ?

PG : Généralement, je travaille en collaboration avec des spécialistes (graphiste, illustrateur, traducteur…). Nous travaillons souvent à plusieurs de façon à créer quelque chose de sérieux et surtout à la hauteur des attentes des clients.

Il m’est arrivé de participer à un concours qui consistait à réaliser un logo représentant la ville de Hyères les palmiers. J’ai donc monté ma propre équipe (nous étions quatre : un photographe, un graphiste, un spécialiste en communication et moi même) et nous avons ainsi tous ensemble élaborer  ce fameux projet. Pour se faire, il nous a également fallu constituer une charte graphique, en tenant compte des couleurs imposées ; et non, nous ne sommes pas libres de tout choisir. Notre travail fut en tout cas récompensé puisque nous avons gagné ce concours et le logo existe, bien sûr, encore aujourd’hui.

Le voilà : 100276_partenaire_1

D’autre part, en ce moment, je travaille sur un projet en collaboration avec trois autres personnes. Ce projet concerne le lac du Salagou. J’ai ainsi du réaliser la carte, la légende, la mise en page et ai également proposé les couleurs. Ce sont les collectivités territoriales qui nous permettent de réaliser ce genre de travaux.

ML : Et pour réaliser ce projet, combien de temps environ avez-vous mis ?

PG : Au départ, nous avons démarré le projet sur un panneau puis nous avons réalisé un dépliant ainsi que des petites cartes très locales. Mais, ce projet n’est pas encore terminé, aujourd’hui, cela fait environ un an que nous travaillons dessus !

ML : Et de manière générale, combien de temps mettez-vous pour réaliser un projet ?

PG : Pour les travaux de signalétique, cela peut durer plusieurs mois. En revanche, pour les packagings, le temps de réalisation est très divers car les entreprises sont soumises à différents délais. Les collectivités territoriales, elles, ont un budget défini et signalent le point d’arrêt généralement avant les périodes touristiques ; souvent, elles s’y prennent à l’avance pour nous contacter mais les prises de décision peuvent être tardives donc au final, il nous arrive de devoir renégocier le délai.

ML : Avez-vous besoin de faire des remises à niveau pour être en adéquation avec les demandes ?

PG : En informatique, oui ! Il faut dire que lorsque j’ai créé Limitrophe, les ordinateurs n’existaient pas ! Il a donc fallu que je me forme à quelques logiciels incontournables pour exercer mon métier, comme « CorelDRAW » (logiciel équivalant à « Illustrator »). J’ai démarré sur PC et pour des raisons de coût, je ne suis jamais passé au MAC. De plus, avec un PC, on peut monter sa propre machine en choisissant les éléments qui nous semblent les meilleures pour effectuer notre travail (comme choisir la carte graphique, le disque dur…). Le seul inconvénient reste la différence entre les deux mondes : « le monde PC » et « le monde Macintosh » étant donné qu’aujourd’hui, la plupart des entreprises de communication travaillent sur Macintosh.

Je me suis formé tout seul à l’informatique et aujourd’hui, je suis devenu formateur de mon propre logiciel. J’ai, par exemple, eu l’occasion de former du personnel d’Auchan afin qu’ils puissent gérer le côté événementiel de leur magasin en réalisant des banderoles, des panneaux,… Je vais d’ailleurs bientôt à Paris pour former un patron. Ca me plait de faire ça, j’aime enseigner.

ML : Vous pratiquez, en effet, un grand nombre d’activités différentes, et comment vous faites vous connaitre en tant que formateur ?

PG : Mon nom est dans un listing d’entreprises de formation qui sont soumises à des formateurs. Ils leur arrivent donc de faire appel à moi en tant que sous traitant. Enseigner ce logiciel me plait, c’est un moyen de faire passer un savoir. Puis, il faut dire, qu’avant Limitrophe, j’étais professeur de géographie dans un lycée agricole ; former des élèves à mon logiciel me rapproche de ce qui, pour moi, représente une vocation et me permet d’aborder sous un autre angle la communication.

ML : Et en tant qu’infographiste ?

PG : Mon nom est également répertorié dans un réseau de sous traitant. De plus, « Limitrophe » ayant été créée il y a, maintenant, plusieurs années, elle a su se faire sa place.

[ Joana fait un signe, en effet, l’interview commence à dépasser le temps limite. ]

PG : Ce n’est pas grave, je peux et veux bien vous accorder encore un peu de temps.

ML : Merci, nous avons de toute façon bientôt fait le tour de toutes les questions. Pour en revenir à votre métier, pouvez-vous nous dire quels sont ses avantages et ses inconvénients ?

PG : Pour la partie inconvénient, je vis dans l’incertitude, je ne sais jamais de quoi sera fait demain ! Il faut que je me remette sans cesse en question pour rester concurrentiel sur le marché et que je me demande constamment quelle sera ma prochaine affaire ? Il ne faut donc pas rester « assis » et tout faire pour garder sa place sur le marché car, en tant que gestionnaire, j’ai de nombreuses charges à payer… Et pour la partie avantage, ce qui me plait le plus dans ce métier, c’est le fait d’être maitre de mon temps et de travailler sans horaires fixes.

ML : Pouvez-vous nous dire combien de temps environ travaillez-vous par semaine ?

PG : Impossible à dire ! De mai à juin, je travaille énormément car les demandes sont multiples étant donné qu’elles sont souvent liées aux périodes touristiques. Il y a moins de production les mois qui suivent. Et sinon, je m’autorise, pour des raisons personnelles, à ne pas travailler certains jours et ne m’impose pas d’horaires fixes.

ML : Question fondamentale, qu’elles sont donc les compétences requises pour faire votre métier selon vous ?

PG : Il faut être organisé, il faut aimer créer, avoir de la créativité. Attention, je ne parle pas de créativité au sens artistique du terme, cela va au delà de ce que je peux faire car je conçois des projets utiles et non créatifs !

ML : Et le cursus type ?

PG : Je ne pense pas qu’il y ait de parcours type. Pour avoir les bases, je dirais qu’il est nécessaire de faire des études en communication, de participer à des stages pratiques et d’apprendre à utiliser les logiciels concernant la communication. En tout cas, j’engage fortement les gens à ne pas se contenter d’une seule voie professionnelle ainsi qu’à travailler en équipe, en partenariat, et surtout de ne rien faire seul.

ML : Pour finir, quelle est la chose que vous préférez faire dans votre métier ?

PG : Une seule chose ? C’est dur à dire, je n’ai jamais réfléchit à ça… Sinon ce serait la pluriactivité, vu que je fais plusieurs métiers à la fois. En fait, j’aime cette idée d’élargissement des connaissances qui est synonyme d’ouverture d’esprit.

ML : Je pense que nous pouvons nous arrêter là, cela fait déjà une heure que nous parlons et nous ne voudrions pas abuser plus longtemps de votre temps. En tout cas, un grand merci pour tous ces renseignements ainsi que pour votre accueil. Nous ne manquerons pas de vous envoyer d’ici une semaine la retranscription de cet entretien. Encore merci !

PG : De rien, c’est avec grand plaisir que j’ai pu répondre à vos questions !

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+++En réalité, nous dépasserons le pas de sa porte seulement une demi heure après avoir terminé l’entretien. En effet, cet ancien pédagogue nous a également présenté ainsi que copié sur clef usb certains de ses travaux afin que nous puissions enrichir et présenter au mieux notre entretien.

+++Voici 2 exemples de travaux qu’il a pu réaliser :

Une tablette de chocolat noir :

NapoleonNoir72

Une carte du Languedoc Roussillon :

CarteHeraultTourisme

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[ Marion LAJOUS, Irwin LANNELONGUE, Joana KEMPFER ]