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Interview professionnel de la communication : le graphiste

samedi 12 novembre 2016
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Deux étudiantes en 1ère année de Licence Information et Communication, ont effectuées le mercredi 2 novembre à 14 heure, un entretien avec un graphiste qui a duré 39 minutes et 30 secondes.
 
Interviewée : Marie-Pierre BAUDUIN (Graphiste indépendante)
Interviewer : Mélissande FELS (étudiante)

M. Fels : « Bonjour à tous, bienvenue à l’entretien d’un professionnel de la communication réalisé par Veselina TONKOVA et moi-même, Mélissande FELS. Nous allons nous intéresser au métier de graphiste avec madame Marie-Pierre BAUDUIN, graphiste indépendante à Montpellier, c’est bien cela ?

M.P. Bauduin : Oui c’est une entreprise indépendante.

M. Fels : D’accord. Nous vous remercions d’avoir accepté notre invitation et d’être présente à cet entretien. Notre objectif est d’approfondir nos connaissances sur le métier de graphiste. Je rappelle que cet entretien sera enregistré, retranscrit et publié sur notre blog d’Information-communication, et que, par conséquent, vous auriez le droit de modifier cette retranscription avant sa publication. Normalement, cet entretien ne devrait pas excéder 40 minutes.

M.P. Bauduin : Alors, je ne sais pas si j’ai 40 minutes de choses à dire. Il risque d’y avoir des blancs. Il risque d’y avoir des questions auxquelles je vais demander de réfléchir un peu plus parce que je n’ai pas de réponse, là, tout de suite, éventuellement.

M. Fels : Oui..

M.P. Bauduin : Peut-être cela aurait été intéressant d’avoir les questions avant.

M. Fels : Nous allons aborder 3 thèmes aujourd’hui. Le premier sur votre point de vue sur le domaine du graphisme, ensuite, on va parler de votre métier, et, sur les formations et les compétences à acquérir pour devenir graphiste. Je vais commencer à aborder les questions. Ma première question elle est – enfin, ce sont toutes des questions personnelles – mais celle-là est, on va dire, une question large d’ouverture où c’est votre avis qui nous intéresse : qu’est-ce-que vous pensez du graphisme ?

M.P. Bauduin : (réflexion)… large question. Cela aurait été bien de l’avoir avant. J’aurais pu réfléchir à ma réponse. La raison d’être du graphisme, c’est d’être au service du message. Donc, déjà, c’est une position assez professionnelle et humble, qui peut-être à contre-courant d’un mouvement de « graphistes semi-artistes» – qui va plus vers l’art – et qui « communique pour des graphistes ». Je répète : la raison d’être initiale c’est servir le message, servir les objectifs de communication.

M. Fels : Donc ce serait les objectifs du graphiste ?

M.P. Bauduin : Oui, il n’a pas d’autres raisons d’être là.

M. Fels : D’accord. Concernant le premier thème : ici, nous allons parler de votre point de vue. La question large d’ouverture fait partie du premier thème aussi. Donc, comment êtes-vous devenu graphiste ?

M.P. Bauduin : Alors, c’est d’abord une fascination depuis l’enfance. Pour ce qui est imprimé, pour les images, les illustrations, la typographie, je pouvais rester bloquée devant un autocollant.

M. Fels : Donc, c’est quelque chose qui vous vient depuis l’enfance ? Quelque chose que vous aviez envie de faire ?

M.P. Bauduin : Oui. Ensuite, ma formation est le design industriel. En premier, je suis entrée dans un atelier préparatoire aux concours des écoles d’arts. Ensuite, je suis entrée dans une école de design industriel. Le graphisme étant compris dans le design industriel puisqu’on édite en série et tout ce qui est fabriqué et édité en série est du domaine du design industriel. Et c’est une espèce de « méthodologie commune » qui peut s’appliquer au design d’objet, au design d’espace, au design graphique, etc.

M. Fels : D’accord. Et qu’appelez-vous « design industriel » exactement ?

M.P Bauduin : Ce que je veux dire c’est : tout ce qui doit être produit en série. Vous voyez ? Des objets – de la petite cuillère au mobilier – Dans les boutiques franchisées, il y a quelqu’un : un designer d’espace qui est intervenu pour que ce soit « charté » en quelque sorte sur l’ensemble des boutiques, et dans le design graphique, on édite. L’artiste édite 1, 7 ou 30 exemplaires. Le graphiste va éditer sur le web ou en print, en beaucoup d’exemplaires. C’est destiné à la diffusion donc, cela passe par un processus industriel.

M. Fels : Où il y a des sous-traitants et… ?

M.P Bauduin : A un moment donné, cela passe par des fabricants. Il y a un processus pour que cela puisse être diffusé, et que ce soit du mobilier, du produit ou du graphisme, que ce soit diffusé en série.

M. Fels : Oui. La deuxième question : comment cherchez-vous vos inspirations ?

M.P Bauduin : Principal outil : la curiosité. Il n’y a pas de limites. Cela peut venir en écoutant de la musique ; la musique, les couleurs et les formes, il y a quelque chose qui parle là-dedans. Je regarde beaucoup de choses : des expos, pas mal de photos, de l’illustration, beaucoup de typo ; je dois passer facilement, 10 % de mon temps dans la semaine à observer, à regarder. Je regarde les affiches dans la rue, je regarde les magazines et la mise en page, etc.

M. Fels : Oui. C’est de la curiosité surtout !?

M.P Bauduin : Voilà. Ce n’est pas une « corvée ».

M. Fels : Oui, c’est un plaisir.

M.P Bauduin : Absolument.

M. Fels : D’accord. La troisième question ce serait quelle est votre procédure (ou méthode) de création ?

M.P Bauduin : La procédure idéale ? D’abord, des bonnes relations avec le commanditaire qui seront plutôt que sur le mode « je suis le commanditaire, voici mon cahier des charges, voici mon brief, je vous laisse exécuter » – c’est plutôt sur le mode de la conversation. C’est-à-dire qu’on va discuter du cahier des charges et ensuite, dans le cahier des charges, du « brief créatif » proprement dit. Cela permet d’être tout de suite d’accord sur les objectifs qu’on veut atteindre, sur la façon dont on veut les atteindre et sur quel ton on va communiquer. En fait, la qualité de la collaboration impacte énormément sur la qualité du résultat. Donc, de bonnes relations avec le commanditaire où on travaille, en parallèle, ensemble, avec les mêmes objectifs, c’est très important. Il y a des commanditaires qui ne connaissent pas les tenants et aboutissants de la communication et qui sont capables d’être contre-productifs par rapport à leurs objectifs de communication. Ils peuvent saboter, eux-mêmes, un travail parce qu’ils manquent de cette culture-là, parce qu’ils ne font pas confiance, parce que c’est leurs « bébés », ils ne veulent pas les lâcher…

M. Fels : Et dans ce cas-là, vous devez, tout le temps, développer votre travail, argumenter… ?

M.P Bauduin : Je dois faire énormément de pédagogie. Sauf quand j’ai des Chargés de Communication en face de moi – dans ce cas, ce sont déjà des personnes averties – sinon, quand ce sont des petits clients (trop petits pour se permettre d’avoir un chargé de com’), je dois faire énormément de pédagogie, et c’est un peu peine perdue parce qu’il faut plus qu’une heure de pédagogie évidemment pour préparer quelqu’un à travailler sur un projet de communication. Donc, cela vous verrez sur les forums de graphistes, il y a des kilomètres de plaintes. Dans une procédure idéale donc, c’est que j’ai un Chargé de Communication en face de moi. Alors, là, déjà, ça va mieux. On parle le même langage, on a les mêmes objectifs.

M. Fels : C’est le mieux. D’accord. Et donc…

M.P Bauduin : Après, le processus de création, c’est faire une immersion dans le sujet. C’est cela aussi qui est intéressant dans ce métier, c’est que j’aborde des tas de sujets que je ne connais pas, donc, je dois d’abord me documenter là-dessus, me documenter sur la façon dont communique la concurrence, identifier si le client n’a pas de problématiques de communication et voir comment on va les résoudre. Et j’ai quelques techniques de recherches créatives pour trouver des idées si elles ne viennent pas. Mais à partir du moment où on suit ce processus, en général – qui peut prendre du temps par contre – si on identifie le problème, on trouve la solution.

M. Fels : Vous avez des logiciels en particulier lorsque vous créez des visuels ?

M.P Bauduin : A part dans la phase créative (papier et crayon), oui. J’ai la suite Adobe classique (Illustrator, Photoshop, In design, Acrobat…).

M. Fels : Ce sont ces logiciels qui englobent le travail de graphiste ?

M.P Bauduin : Oui. Dans la suite Adobe, il y a tout. Il y a au moins 15 logiciels. Moi, je fais plus du print que du web. Donc, ce sont les logiciels minimums pour le print ; j’utilise pas mal d’agrégateurs d’images sur le Net aussi. Et pour revenir sur la suite Adobe, c’est imposé parce que ce sont des logiciels très très bien faits (et chers). Alors, comme les agences fonctionnent avec la suite Adobe, les indépendants, du coup, fonctionnent aussi avec, et les imprimeurs aussi. Donc, toute la chaîne graphique fonctionne avec la suite Adobe. A savoir, quand même, qu’il y a l’équivalent de cette suite en logiciel libre. Après, l’éventuelle difficulté c’est d’arriver à produire des fichiers exploitables par votre imprimeur.

M. Fels : D’accord. Donc, la dernière question de ce premier thème est comment définirais-vous votre style ?

M.P Bauduin : Si j’ai un style c’est que je me positionne comme une artiste. Oui, la frontière entre graphisme et art est poreuse mais, je répète, la raison d’être du graphiste, c’est de se mettre au service du message donc, si à un moment donné, j’ai un message qui nécessite un style particulier, je vais l’adopter. Je ne dois pas imposer de style particulier sinon je suis peintre. Alors, une fois que j’ai dit cela, mon style de prédilection c’est le style moderniste, le style « suisse », dit style typographique international parce que j’estime qu’il sert bien le message de manière générale.

M. Fels : D’accord. Et qu’entendez-vous par le « style typographique international » ?

M.P Bauduin : Le style typographique international, c’est un style qui est revenu totalement à la mode. On va partir des constructivistes russes, donc, à peu près au moment de la révolution russe. On arrive ensuite au Bauhaus qui est une école allemande dont la devise est « la fonction crée la forme ». On arrête toute les fioritures, on arrête les choses inutiles. On ne crée que ce qui va servir fonctionnellement. Donc, c’est une belle idée, assez démocratique, de produire de belles choses très fonctionnelles, en série, peu chères, abordables pour tout le monde. Dans cette école, il y avait du produit, de l’architecture, du graphisme, de la peinture, des coloristes, etc. De là, on aboutit au style typographique international, à peu près dans les années 50’-70’ qui est caractérisé par, d’abord, la hiérarchie de l’information, pas de fioritures, pas d’effets de style, un graphisme assez rigide et très minimaliste. On met ce dont on a besoin. Et pourquoi en faire plus ? Il y a toujours cette notion d’humilité au service du message. Et c’est un style très rigoureux qui a une esthétique- quand on est sensible à la rigueur et à la sobriété, moi, je me pâme ! (rires).

M. Fels : (rires) D’accord. Et du coup, vous dites qu’on peut créer quelque chose de simple mais qui soit vraiment – comment dire…

M.P Bauduin : Le maître mot c’est « Less is More ». C’est quelqu’un du Bauhaus (Mies van der Rohe) qui a dit cela et ça a été repris par pas mal de gens. On va partir de l’exemple des logos. Un logo doit être mémorisable rapidement. Plus il est simple et unique, mieux il est mémorisable, plus il est mémorisable. Au début du web dans les années 90’, on a essayé de faire des logos réalistes – alors, vous êtes jeune pour vous rappeler de cela – mais on avait des effets de chrome avec tous les reflets ; c’était l’anti-simplicité, ça ressemblait à nos objets de la vie réelle, ce n’était pas reproductible en petit format, et c’est « l’anti-lessismore ». Donc, plus il y avait de détails, plus cela finissait par être une illustration. Et cela a raté son objectif complètement. De plus, c’était tout à fait démodable alors que quand un logo est simple, il n’est pas démodable. Voilà l’intérêt de la chose.

M. Fels : D’accord. Donc, on a vu votre point de vue dans le domaine du graphisme – enfin, c’était les quatre questions de cette première partie – concernant votre métier maintenant. Qu’aimez-vous dans votre travail ?

M.P Bauduin : Alors, dans l’ordre chronologique, m’immerger dans des domaines que je ne connais pas. Cela dépend lesquels évidemment. C’est toujours intéressant d’aller voir ailleurs. Et la phase de recherche de solutions est vraiment intéressante.

M. Fels : « Solution » cela veut dire ?

M.P Bauduin : De solution graphique. Par exemple, un commanditaire peut arriver et dire « Voilà, j’ai besoin d’un flyer qui va être déposé partout parce que j’ai besoin de visibilité et j’ai besoin de toucher beaucoup de gens pour avoir beaucoup de coups de téléphone, de rendez-vous et de retours. J’ai déjà fait cela par le passé et cela n’a pas très bien marché. Qu’est-ce-qui ne va pas ? ».

Donc, déjà, on analyse pour lever les freins : qu’est-ce-qui a freiné dans ce flyer, visuellement ? Pourquoi les gens n’ont pas appelé, n’ont pas pris contact. Ils n’ont même pas attrapé le flyer pour le lire. Donc, déjà, on identifie la problématique, ensuite, on cherche des solutions pour y répondre. Mais vraiment, on commence par identifier la problématique et les attentes, évidemment, du commanditaire. Donc, cette phase-là est intellectuellement intéressante, et puis après, on passe à la phase « comment je vais représenter cela graphiquement ? ». Là, quels sont les codes graphiques de ce secteur ? quels sont les codes graphiques du public auquel cela est destiné ? Là, c’est du papier et crayon, on cherche.

M. Fels : Et quand vous parlez de « codes graphiques », cela veut dire la police ? Les couleurs ? Ou c’est par rapport au commanditaire ?…

M.P Bauduin : Oui, si je communique pour une banque ou si je communique pour une boîte de nuit, ce n’est pas les mêmes codes graphiques. Le secteur bancaire a des codes graphiques assez définis – qu’est-ce-que j’ai dit ? Boîte de nuit ?

M. Fels : Oui.

M.P Bauduin : C’est très codé aussi. Leurs publics respectifs ont leurs propres codes graphiques.

M. Fels : Il y en aura un qui sera un peu plus sérieux et l’autre un peu moins !?

M.P Bauduin : Oui. Et quelles couleurs j’utilise ? Quels types de formes ? Et les polices de caractères sont des formes puisqu’elles sont dessinées. On a, comme outils, la couleur, les formes – y compris la police de caractères – et l’organisation de l’espace, autrement dit, la mise en page. Ce sont les trois principaux outils avec lesquels on travaille.

M. Fels : D’accord. Donc, vous m’aviez dit, tout à l’heure, que vous êtes dans un marché concurrentiel. Alors, comment vous distinguez-vous par rapport à la concurrence ?

M.P Bauduin : Comment je me vois ou comment je me distingue commercialement ?

M. Fels : Oui. Les deux en fait.

M.P Bauduin : Commercialement, j’essaie de mettre en avant mon expérience parce que je ne suis pas toute jeune – autant que cela serve – et comment je me vois ? Comme une bonne professionnelle. Mais par ailleurs il y a une beaucoup de gens qui ont « décidé » d’être graphistes. C’est un métier de l’image ; cela attire énormément de gens ; c’est assez fun et sexy comme boulot ; « aller, je vais faire cela, Je crack un logiciel et j’achète un ordinateur, je suis graphiste ». Ce sont les gens responsables de toute la laideur qui nous environne, d’une casse des prix dans la profession, qui se ressent à Montpellier.

M. Fels : Oui, parce que on dit que c’est une ville « jeune » et tout !?

M.P Bauduin : Voilà, attirante. Il n’y en a pas mal qui arrivent et qui restent 6 mois, 1 an et qui repartent par ce qu’ils ont vu qu’ici les tarifs sont misérables et qu’il y a vraiment beaucoup de graphistes. Donc, moi, je ne peux pas me battre contre les gens qui ont « décidé » d’être graphistes. Et même, à la limite j’ai rien contre s’ils se documenté. C’est pas grave de ne pas avoir fait d’école mais, au moins, il faut travailler 1 an dans une agence, apprendre le métier. Il faut se documenter sur la théorie de la communication, un minimum ; se faire une culture visuelle, un minimum. Voilà. Dans ces conditions, moi, ça m’est égal qu’on soit graphiste diplômé ou pas. Mais quand on est rien de tout cela et qu’on se met sur le marché, cela donne ces logos, ces enseignes, ces magazines, qui sont mal faits, pas lisibles, qui ne remplissent pas leurs objectifs et qui nous enlaidissent la vie, pour le commanditaire et le public, parce que les images sont vues par tout le monde. Donc, c’est mon cheval de bataille en tant qu’enseignante. C’est former des Chargés de Communication pour qu’ils aient le minimum de culture visuelle et de connaissances de la théorie de la communication visuelle, pour qu’ils nous évitent toutes ces catastrophes visuelles autour de nous.

M. Fels : D’accord. Vous m’aviez parlé des inconvénients dans cette réponse. Et maintenant, quels sont les avantages dans le métier que vous exercez ?

M.P Bauduin : Toucher à pleins de domaines différents. Je ne pense pas que ce soit un métier que l’on puisse faire sans passion et pour moi, la passion, forcément, est quelque chose qui vient de la petite enfance. L’avantage c’est que moi j’adore cela. Je suis toujours aussi passionnée. Je n’ai pas de problème à venir travailler. Et s’il faut travailler, à un moment donné, un week-end, cela m’embête si je dois – comment dire – au lieu de faire mes hobbies, je travaille. C’est embêtant mais, ce n’est pas la même chose que d’être sur un métier non créatif ou pénible.

M. Fels : Vous aimez votre métier ? Il vous touche ?

M.P Bauduin : Et bien là, je n’ai pas l’impression de travailler. Je me régale.

M. Fels : D’accord. Et tout à l’heure, vous m’aviez parlé « d’enseignante ». Dans quel domaine vous donnez vos formations en fait ?

M.P Bauduin : Alors, soit dans des postes de formation ou des services de communication, dans diverses structures. Donc, c’est l’initiation au b.a-ba de la théorie de la communication visuelle et l’application en petite PAO – on va dire petite communication, pour qu’ils aient un minimum d’autonomie. C’est la même chose qu’une formation normale, sur les trois logiciels (In design, Illustrator, Photoshop). Voilà. Un petit kit pour qu’un service de communication puisse se débrouiller sans avoir besoin de faire appel à un graphiste pour une petite lettre d’information par exemple.

M. Fels : Donc, la PAO, c’est ce que l’on appelle la Production Assistée par Ordinateur ?

M.P Bauduin : La Publication Assistée par Ordinateur.

M. Fels : Ah, d’accord.

M.P Bauduin : Et sinon, c’est à la FAC avec des Licences 3 et depuis l’année dernière, avec des Masters 2. Il y a un cours qui s’appelle « Design graphique et mise en page » avec des applications sur In design, et, un autre cours qui s’appelle « Création graphique » avec des applications sur Illustrator. En Master 2, c’est sur l’identité visuelle.

M. Fels : Oui. On va passer, maintenant, au dernier thème parce que vous avez, complètement, répondu à toutes les autres questions précédentes. Alors, concernant les formations et les compétences. Quelles sont, pour vous, les compétences et les qualités nécessaires pour entrer dans ce métier ? Vous aviez dit la curiosité, …

M.P Bauduin : Oui, curiosité – bon, c’est un mot bateau mais je ne sais pas – passion, … On n’est pas tout le temps en production. Vous buvez un verre en terrasse et vous voyez un truc passer, puis, vous réfléchissez « Tiens ! cela me donne une idée pour… ? », et chercher de nouvelles solutions graphiques, aussi, parce que pour lutter contre l’uniformisation, il ne faut pas être paresseux dans ce métier. Il faut être rigoureux et exigeant. Il y a une autre qualité essentielle : c’est avoir un minimum – sauf si on est salarié dans une agence – si on veut être indépendant, il faut avoir un minimum de petits talents commerciaux et du bagout, de tchatche. C’est ce qui fait défaut à beaucoup – y compris moi – du coup, c’est plus compliqué.

M. Fels : Vous voulez dire, au niveau relationnel, c’est important ?

M.P Bauduin : Oui. Je ne me ferais pas de souci pour ceux qui ont un talent, de la rigueur, de la curiosité et l’envie de bosser, s’ils ont ce talent commercial. Là, je ne me fais aucun souci pour eux. S’ils sont, tous, sans talent commercial ; les débuts vont être durs s’ils veulent s’installer en tant qu’indépendants.

M. Fels : D’accord. C’est une question qui nous concerne, particulièrement, mon amie et moi. Quel diplôme (ou formation), pour vous, est exigé pour pratiquer ce métier ?

M.P Bauduin : Je vous ai un peu répondu avant !?

M. Fels : Oui. Sur le fait que ce n’est pas une obligation d’avoir un diplôme et que ce serait plus de la passion ou…

M.P Bauduin : Oui, ce n’est pas un métier réglementé. Il n’y a pas d’obligations. Vous pouvez dire que vous êtes graphiste demain et personne ne viendra vous dire le contraire. Peu importe la formation. Du moment qu’elle comprend du dessin, de la culture graphique et de la théorie de la communication (générale et visuelle). Cela change tout si on a ce bagage de connaissances ou pas.

M. Fels : Donc, il faut savoir dessiner ? Aimer dessiner et tout ? …

M.P Bauduin : Oui et dessiner, cela s’apprend en faisant un dessin par jour. j’ai vu en atelier Prépa des gens qui sont arrivés et qui ne savaient même pas faire un cercle et, à la fin de l’année, ils étaient excellents dessinateurs.

M. Fels : Il y a des formations « exprès » pour le dessin ?

M.P Bauduin : Alors, la filière classique c’est un atelier préparatoire au concours des écoles d’art. Donc, c’est une petite Prépa au bout de laquelle vous passez les concours des grandes écoles d’art. Après, vous faites votre école qui, normalement, doit fournir des savoirs sur les logiciels, la culture visuelle et la théorie.

M. Fels : Et est-ce-que vous pensez qu’une personne qui, par exemple, utilise un logiciel et qui sait créer des visuels mais qui ne sait pas forcément dessiner, peut-être un blocage dans ce métier futur ?

M.P Bauduin : On acquiert une finesse d’observation et d’acuité visuelle. Vous avez besoin d’avoir un œil – mais cela se fait aussi avec de l’expérience – qui détecte les qualités et les défauts d’un visuel, ne serait-ce que quand vous, vous êtes en train de le faire. Et cela s’acquiert, au départ, par le dessin. C’est vraiment un gros gros plus de savoir dessiner. Il y en a des gens qui ont « décidé d’être graphistes » et qui ne savent pas dessiner (rires). Du coup, on voit des défauts de conception. Leur œil n’est pas assez aigu. Donc, ce n’est pas « il faut » mais ma position serait de dire que c’est nécessaire. Cependant, dans la pratique, il y en a qui s’en passent.

M. Fels : Pour la fibre artistique, c’est important ?

M.P Bauduin : Pour l’acuité de l’œil. Oui.

M. Fels : D’accord. Eh bien, vous avez répondu à toutes les questions. C’est la fin de l’interview et pour finir, la toute dernière question est avez-vous des conseils à donner pour les futurs graphistes ? Enfin, si on décide de devenir graphiste.

M.P Bauduin : A votre avis ? Tout ce que j’ai dit (rires)…

M. Fels : Oui (rires).

M.P Bauduin : Curiosité, curiosité, curiosité. C’est tout. Voir, voir, voir. Se faire un bagage visuel solide.

M. Fels : Donc, il y aurait la curiosité, le côté commercial, la fibre artistique – enfin, c’est ce qui est nécessaire en fait ?

M.P Bauduin : Voilà. Après si vous n’avez pas la fibre commerciale, vous pouvez intégrer une agence et ce n’est pas vous qui ferez la partie commerciale. Par contre, le bagage visuel. Vous devez savoir toutes les connotations de chaque forme, de chaque couleur. En fait, c’est de l’histoire de l’art et le graphisme a toujours été parallèle à l’histoire de l’art, il y a toujours une influence – donc, qui est mineur par rapport à l’histoire de l’art, évidemment – mais, cela a toujours déteint. Donc, déjà, vous pouvez évoquer une époque avec juste un détail, un style de forme. Il faut savoir le dire, savoir le décoder. Et puis, l’histoire de l’art continue de se faire encore maintenant, il faut suivre les influences.

M. Fels : D’accord. Eh bien, nous avons fini cet entretien. En tout cas, je vous remercie, madame Bauduin, de nous avoir accordé cet interview. Merci et je vous souhaite un bon après-midi.

M.P Bauduin : Merci. »

Veselina TONKOVA

Mélissande FELS

Rencontre avec Didier GASC, cadre supérieur commercial à la SNCF de Montpellier

dimanche 24 novembre 2013

 

 

 

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Interview de Monsieur Didier GASC, cadre supérieur commercial à la SNCF de Montpellier

Le  vendredi 8 novembre 2013

 

       Dans le cadre de notre cours PPP, nous avons contacté Monsieur Didier GASC, cadre supérieur commercial à la SNCF de Montpellier dans l’objectif de l’interviewer. Nous avons privilégié l’entretien semi-directif pour cette rencontre.

         Avant même d’entamer cet entretien, nous avons expliqué à Monsieur GASC le but de cet interview et ce qu’il nous apportera au sein de notre cursus scolaire.

        « Monsieur GASC, tout d’abord nous vous remercions de nous recevoir. Cet interview a pour nous une très grande importance, car il va nous apprendre à mener un entretien avec un professionnel de la communication et de l’information.

          Étant en filière information-communication, notre objectif premier est donc d’intégrer, dans les années à venir, une grande agence de communication, et de ce fait nous nous devons de développer notre sens du relationnel ainsi que notre aptitude à communiquer.

Nous vous proposons de commencer l’entretien. »

 

Depuis combien de temps êtes-vous cadre à la SNCF ?

Je suis à la SNCF depuis 35 ans, et cadre depuis 10 ans.

 

Quelles sont les étapes de recrutement chez la SNCF ?

Actuellement, une grande partie du recrutement est réalisée via la site SNCF.fr, mais des recrutements se font aussi à la sortie des grandes écoles. La SNCF est engagée dans l’égalité des chances, mais recrute également lors de rencontres dans les zones en difficulté et au travers des emplois d’avenir.

 

Quels sont les échelons que vous avez gravis afin d’accéder à ce poste ?

Pour ma part, les échelons à gravir on été l’accession au collège cadre et le fruit du concours interne et de tenue de poste de maîtrise dans les domaines managériaux et fonctionnels.

 

Qu’est ce que le collège cadre ?

Lorsque le nombre des ingénieurs, chefs de service et cadres administratifs est au moins égal à 25, ces catégories constituent un collège spécial, le collège cadre, appelé aussi le troisième collège.

 

En quoi consistent exactement vos fonctions de cadre au sein de cette société ?

La fonction de cadre SNCF est extrêmement variée au regard des 150 métiers existants dans l’entreprise. Dans mon cas, je suis cadre commercial. Ma fonction consiste entre autre à mettre en place, sur la région de Montpellier, la stratégie et les moyens définis au niveau national.

 

Quels sont les avantages dont vous bénéficiez en tant que cadre ?

Pas d’avantages particuliers, si ce n’est les outils de communication tels que iPhone et ordinateur portable.

 

Comment qualifiez vous les inconvénients de la SNCF ? (retards, certains tarifs élevés) Quelles seraient les solutions pour y remédier ?

Vous me parlez d’inconvénients (retards, tarifs…) : les retards sont souvent le fruit de causes externes comme des accidents de personne, des vols de câble… Pour les causes internes, nous analysons ces causes pour apporter des solutions et « muscler » notre production. Pour les tarifs, la gamme des prix permet, avec une anticipation à l’achat, de bénéficier de petits prix, des trains tels que OUIGO sont des offres permanentes à petits prix. Pour d’autres gammes, les services associés (souplesse des échanges, remboursement…), sont d’un coût différent.

 

Pourquoi avoir choisi Montpellier plutôt que Béziers, ou une autre ville ?

Montpellier n’est pas un choix à proprement parler, il est lieu de situation de ma fonction.

 

Êtes-vous appelé à vous déplacer dans d’autres villes, voire dans d’autres pays ?

Oui, les déplacements sont fréquents dans les villes du Languedoc-Roussillon, ainsi que vers Lyon et Paris. En revanche, pas de déplacement à l’étranger.

 

Êtes-vous en contact avec les autres gares SNCF de France ?

Pas forcément en contact direct avec les gares d’autres régions, mais avec les directeurs commerciaux et leurs régions, oui.

 

Et quelles sont vos relations ? Établissez vous des projets communs ?

Effectivement, nous travaillons sur des projets communs et partageons nos expériences sur les difficultés rencontrées. C’est un gain de temps et une démarche de progrès.

 

La communication et la diffusion d’information sont-elles simples au sein de la SNCF ?

La communication de l’entreprise est de deux natures : externe et interne. Elle est définie au niveau national et relayée dans les régions. Des communications plus orientées vers les métiers existent aussi.

 

Pour finir Monsieur, quelle est pour vous la compétence indispensable qui définit un cadre commercial ? 

Il existe plusieurs domaines dans lesquels un cadre peut exercer ses compétences. Il y a des managers, des experts… Dans tous les cas, il droit porter la stratégie de son entreprise, savoir la faire partager pour permettre d’atteindre les objectifs fixés, donner une vision de l’avenir au personnel, donner du sens, et avoir une capacité de synthèse et d’analyse.

 

          « Nous vous remercions pour cet entretien, Monsieur, il nous aura été d’une aide précieuse, aussi bien pour notre année scolaire que pour notre avenir de professionnels de la communication.

Mais ce fût avec plaisir, n’hésitez pas si vous avez d’autres questions ou besoin de plus amples renseignements.

Nous n’hésiterons pas. » 

 

Cet entretien a été réalisé par Mallaury GASC et Maryline INESTA

L1 G1 Béziers INFOCOM

 

Interview de Monsieur Romain Davignon, co-fondateur de 100% Made in France et directeur général du Groupe Alternative à Montpellier, France.

samedi 23 novembre 2013

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Le lundi 4 novembre 2013, nous nous sommes rendues à l’agence du Groupe Alternative, qui se trouve à Montpellier, pour réaliser notre entretien avec Monsieur Romain Davignon, le directeur général de cette agence de communication. Il nous a reçu dans une salle à part et a répondu à toutes nos questions avec intérêt, enthousiasme, et parfois même humour, pendant près d’une demi-heure.

Bonjour Monsieur Davignon, nous sommes étudiantes en première année de licence Infocom à l’université Paul Valéry, dans le cadre de notre cours de Projet Professionnel Personnalisé nous devons réaliser un entretien avec un professionnel de la communication. Le but de cet entretien est que vous nous présentiez votre métier, les différentes structures au sein desquelles vous travaillez ainsi que le domaine de la communication en général. Nous devrons retranscrire cet entretien sur le blog avant le 25 novembre. Est-ce que nous pouvons filmer pour faciliter la retranscription? Nous aurons également une présentation orale, est-ce que vous nous autorisez à passer certains passages de cet entretien devant la classe ?

Si j’avais su que j’étais filmé, je me serais fait beau ! (il rit)

Monsieur Davignon, vous êtes directeur général chez Groupe Alternative, co-gérant  chez Understand, co-gérant chez Résocom, co-gérant chez Ministry Event et co-fondateur de 100% Made in France, quel a été votre parcours pour en arriver là ?

J’ai passé un BTS de communication des entreprises, après un bac action co et après j’ai eu un passage dans le monde du syndicalisme patronal. Je m’occupais de l’UNOSTRA, le syndicat des transporteurs routiers, et ensuite de la Confédération générale des petites entreprises, dans laquelle nous avons monté un programme d’aide à la reprise d’entreprises. Une société de communication s’est présentée dans ce processus-là, et du coup, ça a été une opportunité pour moi de racheter une entreprise.

Quelle a été la première entreprise que vous avez rachetée ?

C’était FMC Communication, et je suis parti il y a maintenant… quatre ans, pour créer le Groupe Alternative.

Donc ça a été votre premier emploi ?

Non non puisque j’ai d’abord été secrétaire général de l’UNOSTRA.

Quelles compétences acquises durant vos études réutilisez-vous aujourd’hui dans votre vie professionnelle ?

( Il rit) Il va falloir couper là je crois ! Euh… Compta et gestion, mine de rien c’est des bases qui sont importantes, après la créativité, en tout cas en ce qui concerne le monde de la communication, je ne suis pas tout à fait sûr qu’elle s’acquiert à l’école… après il faut être créatif et imaginatif, là, je pense que c’est plutôt de naissance en tout cas, et il faut également une culture générale globale à la base.

La créativité, pour moi, elle s’acquiert au fur et à mesure des sujets et des opportunités qu’on a à gérer et puis surtout, de l’attitude du client qu’on rencontre, puisque vous avez des clients qui vous permettent d’être créatifs et d’autres, au contraire, avec qui il faut rester vraiment dans le cadre qui est prédéfini. Donc ça, ce sont des matières qu’on n’apprend pas vraiment à l’école.

Après, en ce qui concerne les matières qui me servent aujourd’hui, il y a l’économie, qui permet, je pense, d’avoir une vision un petit peu plus macro de l’environnement économique dans lequel on vit… Et puis c’est à peu près tout. Le reste s’apprend pas mal sur le tas je pense.

Vous dites « sur le tas », avez-vous justement pratiqué des stages dans des entreprises, durant vos études, qui vous ont permis d’acquérir justement ces compétences ?

Oui, j’ai fait des études en alternance. Pour moi en tout cas, c’est un très très bon moyen d’être confronté déjà rapidement à une réalité du travail et du monde économique, et ça permet en parallèle d’avoir un cursus scolaire qui continue de donner certaines bases.

Quel est votre rôle exactement au sein des différentes agences dans lesquelles vous travaillez ?

Alors le gérant est un peu polyvalent, on doit être aussi bien présent dans des postes tels que le social, la comptabilité et la gestion, que la création, le commercial, qui est aussi une partie importante. Donc il faut être polyvalent en tant que gérant. Mon travail au quotidien, c’est un peu de chapeauter différents postes, qu’ils soient sociaux administratifs, comptables ou commerciaux.

Aujourd’hui on est deux associés sur le groupe Alternative. Morgan GRIFFON, qui est mon associé, gère vraiment toute la partie commerciale et développement, et c’est moi qui gère plus la partie compta gestion ainsi que la partie créativité, création.

D’accord, et quelle partie préférez vous donc entre la partie compta-gestion et la partie créativité création ?

Les deux sont agréables… le regret que j’ai aujourd’hui sur la partie commerciale, puisqu’on travaille en B to B* quand on est en agence, c’est ce rapport à l’argent et au prix, et malheureusement le contexte économique fait que du coup, on ne vous juge plus vraiment sur la créativité.

*Le commerce B to B (business to business) ou commerce inter-entreprises désigne les échanges de biens et de services réalisés entre les entreprises.

Donc quand vous avez acheté cette entreprise, Groupe Alternative, vous l’avez fait avec votre associé ?

Non je ne l’ai pas acheté avec mon associé, je l’ai créé tout seul. Ensuite Morgan m’a rejoint, en tant qu’associé, et on a procédé à ce qu’on appelle une « augmentation de capital » pour qu’il puisse avoir un certain nombre de parts au sein du capital social.

Tout à l’heure, vous avez cité un certain nombre de structures, aujourd’hui, on est en train de les absorber au fur et à mesure sur le groupe, donc à terme il n’y aura que deux structures qui continueront à exister, qui est « Groupe Alternative » et « 100 % Made in France ». Pour la seule bonne raison que nous sommes des PME, qu’à la base on était partis sur ce système à plusieurs structures spécialisées dans chaque domaine et que le coût de vie d’une entreprise, quand vous additionnez les frais bancaires, des assurances, de comptabilité et de gestion, sur une multitude de petites structures, au final, vous ne bénéficiez pas du tout d’économie d’échelle*, et aujourd’hui la logique la plus intéressante est de tout recentrer sur Groupe Alternative, garder 100% Made in France indépendante, parce que c’est vraiment une activité un peu à part, et puis parce que j’ai des convictions personnelles. Du coup voilà, en gros, on recentre tout sur Groupe Alternative. Pour être plus fort, pour avoir plus de chiffre d’affaire sur la structure, pour avoir des bilans plus costauds quoi.

*Economie d’échelle : Une économie d’échelle correspond à la baisse du coût unitaire d’un produit qu’obtient une entreprise en accroissant la quantité de sa production. On parlera ainsi d’économie d’échelle si chaque bien produit coûte moins cher à produire lorsque les quantités produites ou vendues augmentent.

Donc c’est le prix que vous envoyez à la fin qui compte ?

Et bien de plus en plus ! Le prix final est important, donc si on veut avoir des bons prix, il faut penser à avoir des structures qui sont le plus économique possible, et si vous multipliez les structures vous multipliez les coûts vous diminuez vos chances d’être compétitifs.

Que pouvez-vous nous dire de plus au sujet du Groupe Alternative ? Au niveau de l’activité, de la structure, du nombre d’employés…

Alors, Groupe Alternative c’est une société qui est en plein développement, qui devrait atteindre les neuf cent mille euros cette année de chiffre d’affaire, avec une petite équipe d’une dizaine de personnes. Chacun a des compétences, des qualités différentes, et il y a un grand développement sur la partie stand et agencement, qu’on avait peut être un peu moins avant, et on continue toujours à développer l’événementiel qui est un secteur sur lequel on est assez connus, et puis la partie com-créa qui continue de se développer gentiment, je dis gentiment car, sur la partie design notamment, il y a aujourd’hui un marché qui est saturé de Free-lance* et de créatifs en design qui fait que les prix pratiqués, ne permettent plus vraiment d’être compétitif en agence.

*Free-lance : personne qui exerce sa profession de manière indépendante.

Qu’entendez-vous pas « ne permet plus d’être compétitif en agence » ?

Vous avez aujourd’hui un jeu de l’offre et de la demande qui est inversé, vous avez beaucoup plus d’offres de designer free-lance qui sont dans leur coin ou qui travaillent en groupe ou qui se sous-traitent auprès d’agences et donc qui vous permettent de moins en moins d’avoir des salariés et de pratiquer des prix compétitifs. Aujourd’hui les conditions font qu’un salarié que vous allez rémunérer mille-cinq, mille-six ou mille-sept en euros en fonction de ses compétences nettes, c’est quelqu’un qui va vous en compter le double. Aujourd’hui il y a tellement de graphistes free-lance qui démarchent les clients qu’avant de rendre rentable un graphiste en interne ça devient compliqué.

Donc en fait, le secteur de la pub est saturé ?

Le secteur de la pub n’est pas forcément saturé, le secteur de la pub, comme beaucoup de secteurs, est un secteur qui évolue et auquel il faut s’adapter. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, peut-être l’une des solutions est d’avoir cinq, six créa en interne et trois, quatre ou cinq free-lances qui vont avoir des pâtes artistiques différentes et qui vont pouvoir mieux s’adapter aux attentes du client. Donc, c’est vraiment une phase qu’on est en train de prendre et, aujourd’hui, pour un client qui veut un prix et une exécution rapide, on a des free-lance qui correspondent à ça, pour un client qui veut une recherche plus créative, partir sur des pistes un peu manga, on a des free-lances un peu plus spécialisés là-dedans… donc on va aller piocher les compétences et la créativité là où elles sont.

Donc vous préférez tout avoir ?

Disons que si on a tout, on est plus tout petit.

En effet… Quel est votre point de vue sur le futur des métiers de la communication ?

(Il regarde en l’air, hésite) C’est une bonne question ça ! Euh … alors, il y a une logique mais c’est pas celle qui est de mon point de vue, en tout cas, on essaye de se battre un petit peu contre ça, notamment avec 100% Made In France, puisque moi je pars du principe que si je veux pouvoir manger à la fin du mois, il faut que les gens avec qui je travaille aient moyen de consommer chez moi. Pour qu’ils aient moyen de consommer chez moi, il faut qu’ils créent des emplois, qu’ils travaillent sur le territoire français et malheureusement aujourd’hui on arrive aussi bien dans le développement web, que dans le stand, que dans le design, à avoir des sous-traitants de Bagdad ou des sous-traitants turcs, tunisiens qui travaillent à 300 euros par mois… Donc peut-être qu’une des solutions aujourd’hui, c’est de faire appel à ces pays-là sur demande de sous-traitance de travail, à des prix défiants toute concurrence, donc ça en France on ne peut pas assumer à cent pour cent. Moi je reste convaincu qu’aujourd’hui, c’est pas une solution d’aller sous-traiter à l’étranger. Le made in France et le côté qualitatif, à mon avis, ont encore un peu d’avenir devant eux, et on va privilégier peut-être moins la quantité mais plus la qualité à des prix d’un bon rapport qualité prix.

Aujourd’hui, il y a quand même une mutation qui est en train de se passer, c’est que de très grosses agences se voient avec des budgets réduits donc pour arriver à maintenir leurs petites affaires ça devient compliqué, et les plus petites agences comme les nôtres, les agences à tailles humaines, commencent à avoir des demandes de prix de la part des grosses structures, pour réduire leurs coûts elles aussi. Donc voilà, je pense qu’il faut maîtriser la créativité en interne et appliquer une politique de tarifs relativement cohérente.

Est-ce qu’il y a de la demande pour 100% Made in France ?

Alors 100% Made in France n’est pas une agence de com’, c’est un média qui nous permet de communiquer sur les entreprises qui fabriquent en France. Donc il faut différencier le média de l’agence de pub, l’agence de pub est là pour créer, le média est là pour diffuser. Donc nous, 100% Made in France, c’est clair que c’est devenu un outil lobbying qui nous permet, en seul en clic, de toucher soixante à soixante-dix mille internautes tous les mois sur le site Internet.

« Soixante à soixante-dix mille internautes tous les mois », cela signifie-t-il que les gens sont de plus en plus intéressés par les produits français ?

Alors là on sort du contexte du marché de la com’, si on parle de l’économie en général, je pense effectivement que les gens ont enfin compris qu’il faut consommer local s’ils veulent garder un certain pouvoir d’achat et s’ils veulent préserver leur emploi. Moi, les gens qui, à un moment donné m’ont donné envie de créer 100% Made in France, ce sont les cgtistes comme Bernard Thibaut que je voyais manifester dans la rue contre la délocalisation et qui sont habillés chinois de la tête aux pieds… donc à un moment donné, ces gens là, il faut qu’ils se posent les bonnes questions. Ce n’est pas en voulant toujours acheter moins cher que l’on augmente le pouvoir d’achat, au contraire, c’est en achetant moins cher que l’on détruit le pouvoir d’achat.

Effectivement… Donc vous nous avez parlé de votre parcours, du Groupe Alternative, de 100% Made in France et des motivations qui vous ont conduit à créer ce média, à présent, pouvez-vous nous faire une petite présentation de Réseau’Com s’il vous plaît ?

Alors, Réseau’Com c’est une société qui est complètement absorbée par Groupe Alternative, et qui, aujourd’hui, n’a plus de statut social à cent pour cent. Le travail de Réseau’Com est de vendre de l’espace publicitaire sur des médias. Donc aujourd’hui on travaille sur deux médias, sur le média 100% Made In France, qui nous appartient à cent pour cent, et on travaille sur un média qui relève de la CAPEB qui est une lettre  d’informations patronale liée aux métiers de l’artisanat. Voilà, donc là notre travail c’est de mettre à disposition de nos clients, qui sont des éditeurs, une force commerciale qui prospecte et qui lance des espaces publicitaires, ou qui négocie des partenariats, ou ce genre de choses. Donc c’est une force commerciale qu’on met à disposition du monde de la communication et de l’édition.

D’accord, et au sujet de Ministry Event, que pouvez-vous nous dire ?

Ministry event c’est maintenant une marque du groupe spécialisée dans l’organisation d’événements. Événements uniquement professionnels, nous ne travaillons pas avec les particuliers. Le premier métier est vraiment de créer des événements liés à une cible, à des budgets, des contraintes données par le client. Nous allons aussi bien faire du street-marketing*, que des roadshows*, des organisations de séminaires, des anniversaires d’entreprises, des lancements de produits.

Nous avons une particularité par rapport à nos concurrents, c’est que nous sommes autonomes avec un parc matériel pouvant accueillir deux cents à trois cents personnes. C’est à dire qu’on possède nos propres structures en aluminium, nos propres spots, nos systèmes sons. Nous avons même notre propre dôme géant gonflable qui fait quatre cents cinquante m² au sol nous permettant d’avoir une salle de réception qu’on peut mettre à la disposition de nos clients.

    * Street-marketing : Le street marketing est une technique marketing qui utilise la rue et les lieux publics pour promouvoir un évènement, un produit ou une marque.

Le street marketing utilise généralement l’événementiel, de la distribution de tracts ou flyers ou différentes formes originales d’affichage.

    * Roadshow : Un roadshow est une suite de présentations de nature commerciale ou financière qui s’effectuent dans un nombre limité de grandes villes et auxquelles participent généralement des hauts dirigeants de l’entreprise concernée et des experts du domaine.

Comme pour le lancement de la nouvelle BMW ?

Oui, vous y étiez ?

Non nous avons seulement vu des vidéos sur Internet, mais nous aurions bien aimé y être. En général, combien faut-il de temps pour créer un événement comme celui-là ?

Dans l’idéal, il nous faut 3 mois, la réalité fait qu’on a deux mois. Cela peut aller très très vite, sur des événements comme ça où nous sommes complètement autonomes, il y a des délais incompressibles liés à l’envoi des invitations notamment. On ne peut pas vous donner des délais précis pour certains événements il vous faut trois mois, d’autres il faut trois jours… Il y a des clients qui nous appellent le lundi pour le jeudi. On arrive à booker des hôtesses, imprimer des flyers s’ils sont déjà conçus, faire quelques t-shirt ; ce sont des choses qui peuvent se faire rapidement.

Je ne peux donc pas vous donner un délai précis, en général plus le budget est gros, plus l’événement est lourd donc plus le délai est long. Aujourd’hui par exemple on travaille pour des événements qui vont avoir lieu au mois de mai, mi juin 2014.

Vous pouvez nous parler un peu des projets à venir ?

Oui, il y a un gros séminaire qui s’appelle le « Club élite » pour le groupe BERTO à Avignon. On réalise un séminaire pour deux cent personnes avec des animations et des réunions de travail.

Nous avons aussi un gros événement national pour Parmentier qui est sur le thème de la pomme de terre, avec un concours d’épluchage de pommes de terres.

Et puis on a des petites soirées, des plus petits séminaires et on va recommencer la saison des plages car nous travaillons pas mal avec des plages privées.

Une fois qu’un événement est fini, que ressentez-vous ?

Du soulagement ! (il rit) Non c’est vrai que l’événementiel ça a ce côté « live » qu’on ne retrouve pas dans les créations papier ou dans les sites internet. Un événement, vous l’imaginez, vous le schématisez, vous concevez des heures en amont, de A à Z, 24h/24. A l’instant D vous soufflez. C’est une libération, tout le monde s’amuse, tout le monde en profite, ça a un coté excitant…Mais quand c’est fini, il faut ranger. (rires)

Vous parliez de créativité par rapport au client, justement comment arrivez vous à cerner les attentes de vos clients ?

(du tac au tac) L’écoute. Je crois que l’écoute c’est la clé de tout. Si vous écoutez un client, c’est lui qui va donner les solutions au final dans beaucoup de cas. Mais l’écoute est très importante. D’ailleurs l’écoute que vous pratiquez, l’écoute active, c’est à dire que vous notez en même temps que je parle, c’est une des clés je pense pour ne pas se louper, parce que quand un chargé de projet est en rendez-vous avec un client, il va noter au fur et à mesure les attentes et les éventuelles remarques du client et cela va permettre en interne de pouvoir faire des offres adaptées. Si on retient tout dans la tête, quand on va retranscrire en réunion on va oublier la moitié des choses et si la personne ne note pas l’ensemble du contenu va elle aussi oublier des choses ce qui fait qu’à la fin vous arrivez à quelque chose qui est complètement hors sujet.

Donc l’écoute est une qualité requise dans ce métier, quelles sont les autres qualités nécessaires pour ce travail ?

(Il soupir et rit) Il faut plein de qualités. Effectivement l’écoute c’est important après vous avez aussi la raison qui est importante car si vous proposez des propositions que ce soit au niveaux des médias ou de la créativité qui sont complètement hors budget ou complètement provoc’ alors que quelqu’un veut quelque chose de plus institutionnel vous n’êtes pas bon dans votre métier.

Après, la rigueur, je pense que c’est super important car on travaille quand même avec des deadline* et des dates qu’il faut respecter. Si vous envoyez votre créa avec trois jours de retard, elle n’est pas dedans et c’est pas bon alors il faut de la rigueur.

* Deadline est un mot anglais pouvant signifier en français date limite, échéance, date de tombée (dans le monde des médias), date de clôture,

Et puis surtout, je pense qu’il faut arriver à trouver un bon mix de ça, et arriver à rester objectif. C’est à dire qu’il ne faut pas oublier qu’on ne communique pas pour faire plaisir à son client, mais pour faire plaisir à ses clients à lui. Et ne pas oublier que quand on présente quelque chose on ne le présente pas pour faire plaisir à la personne qui est en face de nous mais pour faire plaisir aux gens qui sont ses clients. Il faut réussir à se projeter et pour ça il faut savoir chercher les informations dans les bons endroits.

Très bien. Est ce que maintenant vous pouvez nous décrire une journée type ?

(Il sourit) Il n’y a pas trop de journée typique en fait. Non non, il y a des journées types, il y a quelque chose qui est hyper important. On va prendre une journée comme le lundi par exemple où nous ferons un point commercial, un point de gestion et un point de création. C’est à dire, que l’on fait un point avec les différentes équipes avec mon associé et notre comptable sur les entrées et les sorties financières qui sont à exécuter tous les mois. Et puis toute la partie administrative qui mine de rien dans une société comme la nôtre est relativement complète. Après, il y aussi un point à faire avec les pôles créatifs et les chargés de projet pour voir d’un côté où on en est sur le propositions en cours et d’un autre côté sur les propositions à signer ou à réaliser, donc ça c’est un point de production. Et puis, il y a un point commercial à faire avec les équipes de commercialisation, que l’on appelle chez nous, les « chefs de pub » pour voir où ils en sont pour le chiffre d’affaires, est ce qu’il y a des attentes client ou des remontées qui sont à prendre en compte. Donc ça c’est un point important le lundi matin.

Bon, le lundi midi on mange avec mon associé, on en profite un peu pour faire un point du week-end et de ce qui va se passer le reste de la semaine. Et puis ensuite on est vraiment dans la partie production parce que l’après midi, on fait des brainstorming, c’est à dire que quand un dossier arrive on se réunit toujours à deux , trois ou quatre, ça dépend de la taille du dossier et des compétences qui sont à y intégrer, pour réfléchir à plusieurs sur les axes importants. Donc là, tout le monde jette ses idées, tout le monde discute du dossier et puis le chef de projet du dossier, une fois qu’on est sortis de cette réunion, prépare le brief* à réaliser.

*Brief : (ou briefing) Exposé précis, écrit ou oral, jetant les bases d’un problème ainsi que les objectifs à atteindre. Il peut éventuellement prendre la forme d’une réunion d’information, en vue d’échanger des idées.

Et d’après vous quels sont les inconvénients du métier ?

Il y a peu de visibilité financière, c’est à dire qu’il est rare qu’une agence de communication garde un client dix ans ou quinze ans. C’est encore plus rare que sur nos typologies d’entreprises on ait des contrats sur deux-trois ans d’un montant suffisamment élevé. On travaille pas mal avec des remises en concurrence régulières. Ce qui est logique, d’un côté parce que peut être plus on est immergé dans une entreprise, moins on devient créatif, puisqu’on à moins de recul. Donc ça c’est un des points que je trouve assez pénible… mais qui fait partie de la règle du jeu.

Après ce que je trouve un peu dommage, c’est cette trop grosse palette d’offres qui existe, on est vraiment nombreux dans ce métier et chaque entreprise dans le métier a une typologie différente. On peut partir de l’auto entrepreneur passant par le petit studio graphique comme des moyennes, des grosses ou des très grosses structures. Parfois les clients vous consultent mais ils ont consulté un free-lance et un très très gros donc il n’y a pas de prix exact, il n’y a pas de grilles de tarif. Il y a ce côté un peu flou qui peut parfois être fatigant.

Vous nous avez parlé des inconvénients, maintenant que pensez-vous des avantages de ce métier ?

En tant que chef d’entreprise, on organise nous journées comme on en a envie. Ensuite il y a un côté un peu « fun » dans la communication ou on peut se permettre de ne pas porter de cravate, porter un baggy… Voilà nous ne sommes pas jugés comme des fonctionnaires dans un bureau qui ont une tenue type. C’est ça que je trouve bien dans ce métier, c’est que chacun peut être qui il est et tu n’as pas de préjugés là-dessus, tu n’as pas de gêne.

Il y a un autre point aussi qui est cool, c’est qu’on peut être jeune. On peut être jeune et créatif. On peut être sérieux et obtenir des contrats, des marchés… tout en étant jeune et ce n’est pas un métier ou l’âge est une barrière.

Et puis la diversité, on travaille avec des gens qui sont autant dans le domaine médical que celui des plages privées, donc c’est quelque chose qui est sympa.

Quels sont vos projets futurs ?

Partir 10 ans en vacances (il rit) On a des projets de déménagement pour 2014 en Normandie, donc un peu de croissance. Comme je vous l’ai expliqué, absorber tout le groupe sous une seule et même structure pour éviter de multiplier les frais. Nos perspectives pour 2014 c’est aussi de commencer à travailler avec des marchés publics et des institutions. Donc on a commencé les démarches commerciales nécessaires en 2013 et j’espère qu’en 2014 on aura des contrats là-dessus.

On vous le souhaite en tout cas ! Pour conclure, si vous aviez un conseil à nous donner en tant qu’étudiantes en communication lequel serait – il ?

Un conseil à vous donner ? Restez vous même. Parce que déjà on ne change pas les gens et si vous êtes vous-même avec des idées qui plaisent et que vous arrivez à les faire passer, vous allez vous régaler. Ceux qui arrivent chefs de la com’ c’est ceux qui ont des personnalités différentes donc rester soi-même.

D’accord… je vais maintenant faire une synthèse des principaux points que nous avons abordé. A la fin de celle-ci, je vous redonnerai la parole pour m’assurer que je n’ai pas trahi vos propos.

Donc tout d’abord, concernant votre parcours, vous nous avez dit que vous avez fait BTS de communication des entreprises en alternance, après un bac action co et après vous avez eu un passage dans le monde du syndicalisme patronal. Votre premier emploi a été secrétaire général de l’UNOSTRA. Puis lorsque vous vous êtes occupé de la Confédération générale des petites entreprises l’opportunité de reprendre une entreprise s’est offerte à vous. Ainsi, vous avez racheté l’entreprise FMC Communication que vous avez quittée il y a quatre ans pour créer le Groupe Alternative.

Concernant le Groupe Alternative, vous l’avez créé tout seul, puis Morgan GRIFFON est devenu votre associé. Vous projetez aujourd’hui de tout recentrer sur Groupe Alternative et 100% Made in France, ainsi toutes les autres structures telles que Réso’Com, Ministry Event…, que vous nous avez présentées, vont être absorbées par le Groupe Alternative.

Au sujet de votre métier, vous nous avez cité les avantages, les inconvénients, les qualités requises comme l’écoute et la rigueur et décrit une journée type telle que le lundi. Vous nous avez également expliqué les motivations qui vous ont incité à créer le média 100% Made in France et donc vous nous avez clairement exposé votre opinion sur le fait qu’il est préférable de « consommer local » pour éviter la destruction du pouvoir d’achat.

Tout au long de l’entretien vous avez évoqué les différents secteurs de la communication en donnant certaines caractéristiques, comme le temps qu’il faut pour réaliser un événement tel que le lancement de la nouvelle BMW ou l’évolution perpétuelle du secteur de la pub. Enfin, vous avez conclu l’entretien en nous conseillant de « rester nous même » car selon vous, c’est la personnalité qui est importante en communication.

Voilà, avez-vous des remarques, des choses à ajouter ou à corriger ?

Non, c’est tout à fait ça, vous avez tout récapitulé.

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez accordé pour répondre à toutes nos questions avec autant d’intérêt. Nous vous enverrons la retranscription de cet entretien le mercredi 13 novembre pour que nous puissions le publier sur le blog avec votre validation. Pourriez-vous nous donner votre adresse mail s’il vous plaît?

Oui pas de problème, romain@ga-communication.com.

Cet entretien avec Monsieur Davignon s’est très bien déroulé. Nous avons les réponses aux questions que nous nous posions au sujet des différents secteurs de la communication comme l’événementiel, la pub ou le côté marketing de la com’. Il nous a également fait partager son avis sur les qualités requises pour travailler dans le secteur de la communication et donné certains conseils que nous écouterons et essayerons de mettre en pratique. L’intérêt qu’il a porté à nos questions et les réponses détaillées et riches d’informations qu’il nous a données ont favorisé notre attitude d’écoute, nous avons essayé de prendre en compte autant le contenu de ce qu’il nous a dit, que les attitudes, gestes et expressions du visages qui accompagnaient ces informations. Monsieur Davignon semblait détendu, il n’avait pas de mimique particulière qui pouvait traduire une certaine gêne ou un certain stress, il a gardé la même position tout le long de l’entretien, les mains posées sur la table. Cette interview a donc été très intéressante pour nous, autant au niveau théorique que pratique.

Cet entretien a été réalisé par Coline LACATENA, Natacha RICORDEL et Myriam BOUYKHAF, étudiantes en première année de licence information communication. Le 04-11-2013 à Montpellier.