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Interview de Marie-Loup Faggioli qui travaille comme manager en régie publicitaire chez Eleni Gatsou Bureau, dans le troisième arrondissement de Paris

lundi 25 novembre 2019

Nous avons rencontré la sœur d’Alice Faggioli à la Panacée l’après-midi du dimanche 10 novembre. L’entretien a duré environ 25 minutes, nous l’avons enregistré à l’aide du dictaphone de notre téléphone et nous nous sommes servies d’une feuille de questions écrites au préalable. Notre équipe était composée d’Alice Faggioli qui s’est occupée du discours introductif, de Marie Guillermin qui surveillait la durée de l’entretien, de Cléo Bougleux qui a fait la synthèse et de Camille Dalessandro qui a enregistré l’interview. Marie-Loup travaille chez Eleni Gatsou Bureau, qui est une agence internationale qui s’occupe de faire la publicité de marques de haute-couture dans des magazines de haut standing.

Au fil de l’interview, Marie-Loup nous a donné quelques termes techniques ou liés au domaine de la haute couture. Elle a mentionné plusieurs fois le « print », qui est un terme anglais pour désigner la presse écrite telle que les journaux ou les magazines. Elle a aussi parlé du groupe « LVMH » (Moët Hennessy Louis Vuitton), qui est un groupe français d’entreprises aujourd’hui chef de file mondial de l’industrie du luxe en termes de chiffre d’affaire. Enfin, Marie-Loup a mentionné les soft skills, qui peut être traduit par les « compétences douces ». Il s’agit de l’intelligence relationnelle, des capacités de communication, du caractère, des aptitudes interpersonnelles… Tout ce qui s’oppose aux hard skills (les capacités qui s’apprennent et se mesurent telles que les diplômes ou les langues parlées).

  • « Alice : Bonjour Marie-Loup, nous sommes élèves à la fac de Paul Valéry. Voici Camille, Marie et Cléo. Nous allons t’interviewer aujourd’hui dans le cadre de notre cours de Projet professionnel personnalisé afin d’en apprendre plus sur les métiers de la communication. Nous aimerions connaître ton parcours et découvrir ton métier. Pour commencer combien de temps aurais-tu à nous accorder ?

Marie-Loup (ML) : Salut les filles. J’ai une demi-heure devant moi, vous pourrez me poser les questions que vous voulez.

  • Alice : Super merci. Avant tout, est-ce que ça te pose problème si l’entretien est enregistré et publié sur le blog pédagogique de la licence Info-com ?

ML : Non pas de soucis ! »

  • Marie : Bon alors, tu pourrais nous présenter ta boîte et le poste que tu y occupes ?

ML : Je travaille chez Eleni Gatsou Bureau, c’est une petite entreprise puisqu’on est quatre. La créatrice qui est Eleni Gatsou donc, et qui supervise un peu tout, a surtout les contacts et la connaissance. Ça a été créé il y a neuf ans. On a donc dans l’organigramme Eleni Gatsu qui est en haut, la créatrice ; ensuite il y a Marine ma collègue qui est cadre et qui supervise un peu, et on a Camille et moi. Donc globalement il n’y a pas d’organigramme précis à part notre n+1 donc c’est Eleni, mais on n’a pas de dynamisme de hiérarchie parce qu’on n’est vraiment pas beaucoup ; on travaille toutes ensembles, on est toutes les quatre dans le même bureau. On se répartit en fait le travail par magazine donc en fait nous notre travail expliqué simplement, enfin la mission de ce bureau, c’est de placer des pubs dans des magazines.

  • Alice : Ah super, tu pourrais nous expliquer comment ça marche ?

ML : Donc en fait on commence parce qu’on a des magazines partenaires, donc qui sont là tout le temps ; et nous par saison, on sait qu’on a des pages de pub et on s’occupe d’un marché donc par exemple la France. La plupart du temps c’est des magazines étrangers qui sont aussi sur le marché français, qui nous sollicitent que pour une partie de la publicité ; on fait pas toute la publicité. Il peut y en avoir par des agences mais globalement ça marche par territoire parce que les entreprises qui font de la pub dans les magazines elles, elles allouent le budget par territoire la plupart du temps. Voilà donc nous ce qu’on fait c’est qu’on se répartit les publications et du coup par saison on bosse chacune sur un magazine.

  • Marie : Et du coup c’est quel genre d’entreprise qui vous contacte ? Comment ça se passe avec vos partenaires et vos collaborateurs ?

ML : Alors en fait nous on travaille, nos partenaires c’est exclusivement, enfin pas exclusivement, la plupart de nos partenaires ce sont des magazines bi-annuels donc qui travaillent sur deux saisons, sur les mêmes saisons que la haute-couture.

  • Cléo : Tu as dit que tu travaillais avec des magazines bi-annuels, du coup tu as affaire à quel type de clients ?

ML : En fait c’est pas des clients difficiles, c’est des clients qui ont des magazines qui ont un certain standing. Un magazine qui marche bien pour nous il y a 80 000 copies, pas plus. C’est pas de gros magazines qui sont distribués à grande échelle. C’est des beaux magazines, le prix en général c’est entre 15 et 20 euros. On est presque au niveau du livre, la plupart de nos magazines font plus de mille pages.

  • Camille : Tu peux nous donner des exemples de magazines ?

ML : Ouais alors on fait des magazines et on a quelques plateformes digitales donc on fait aussi du placement de pub sur Internet sur des sites. Le plus connu qu’on a sur le marché français c’est Self-Service, c’est un magazine féminin de mode très connu parce que dirigé par Ezra Petronio qui est un gros photographe. C’est des magazines qui ont vraiment un haut standing. Les gens qui achètent les magazines en général ont assez les moyens, c’est une cible assez qualifiée pour la haute-couture. Donc nous on fait pas mal de pubs de grandes marques sur le segment du luxe ; nos clients c’est plutôt ça.

  • Alice : Et du coup vous visez quel genre de public ?

ML : Le lectorat de ces magazines il est assez âgé, ça dépend desquels mais en général c’est plus autour des 30 ans que des 20 et c’est des gens qui ont un bon pouvoir d’achat. Donc nous voilà on tourne vers des marques comme Cartier, Hermès, Vuitton, Gucci, Valentino… ceux qui font de la pub à ce moment-là.

  • Camille : C’est quoi les missions que te confie ton entreprise ?

ML : Bah alors moi je gère les magazines Marfamily et la plateforme digitale Nowness, c’est une plateforme qui a été fondée par LVMH il y a quelques années. Donc en fait on travaille par saison donc on doit se raccorder au rythme de nos partenaires c’est-à dire qu’ils ont un calendrier éditorial qu’ils vont devoir respecter plus ou moins en disant « voilà notre magazine sort de 10 février » du coup il faut qu’un mois avant ils aient tous les visuels. Donc tu vends une pub aboutie, il faut que tu récupères le visuel avant le 10 janvier sinon ils ne vont pas pouvoir les mettre. Donc t’as une deadline pour les magazines et t’as une deadline pour les clients donc tu dois être capable de dire trois mois avant la sortie du magazine « voilà on a tant de clients là, là et là ». Nous on leur fourni un plan de page parce que c’est pas les magazines qui vont choisir où va être placée la publicité ; c’est nous qui choisissons.

  • Marie : Et donc du coup comment vous choisissez la manière de placer la publicité dans le magazine ?

ML : Bah en fait c’est très politique. Nous notre année elle est divisée en deux saisons ; donc la saison commence par une prise de rendez-vous pour leur montrer les magazines, même ceux avec lesquels on travaille déjà souvent on va les voir, on leur file les magazines on leur dit « voilà, votre pub elle est là, est-ce que vous voulez recommencer ? » et on démarche de nouveaux clients pour voir s’ils ont le budget, s’ils ont envie de mettre une pub… On vend le truc, c’est vraiment le côté commercial. Donc notre rôle aussi c’est de voir les bons profils, c’est-à-dire est-ce que le magazine va bien matcher avec la marque. Parce que souvent il y a des magazines où tu peux intégrer la mode dans le truc ; si la marque plaît au magazine, ça va être très naturelle la collaboration. Et nous notre boulot c’est ça aussi, c’est de dire « ah mais vous vous iriez trop bien dans le truc… » pour que tout soit le plus naturel possible parce que c’est le plus arrangeant pour les marques et le magazine. Ensuite une fois qu’on a ça on peut leur faire des propositions, on peut leur proposer une double page à 10 000 par exemple.

  • Cléo : Ah mais de quoi va dépendre le prix de la page ?

ML : Bah ça dépend beaucoup de la marque, de la taille de la pub et d’où elle est placée dans le magazine.

  • Alice : Et plus particulièrement en ce moment qu’est-ce que tu fais au travail ?

ML : En ce moment on est dans la phase de rendez-vous donc on envoie des mails. Moi je les contacte et j’essaie d’avoir des rendez-vous pour leur présenter mes médias. Donc je vais en rendez-vous, je leur présente mes trucs et ça c’est une bonne partie de l’année parce que c’est le démarchage client en fait. Mais après des fois les marques elles savent avec quels médias tu travailles donc elles viennent directement te voir. Une fois que t’as fait ton rendez-vous, selon la réaction du client tu lui envoies une proposition ; et lui il va te dire s’il signe ou pas, et après tu peux le rentrer dans ton plan de page et t’as ta pub.

  • Alice : Donc on peut s’imaginer que t’as des périodes plus chargées que d’autres ?

ML : Oui en fait c’est périodique, là c’est la période du démarchage donc c’est un peu la pire, après on est plus tranquille, on récolte des visuels. Et il y a aussi le fait qu’on essaie de boucler les pubs le plus tôt possible parce qu’en fait si t’as une pub dans le magazine les stylistes ils vont faire des efforts pour shooter ta collection. Parce qu’en fait ce que les marques veulent dans les magazines c’est avoir des crédits.

  • Marie : C’est-à-dire ? Tu peux nous donner un exemple ?

ML : Tu vois quand tu regardes un magazine sur les photos il y a marqué par exemple « manteau Prada ». Donc Prada par exemple, enfin pas que Prada, ils veulent que leur nom soit cité dans le magazine ; eux c’est ça qu’ils cherchent. Sauf que tu peux pas payer et dire « ouais je veux du crédit », ça se fait pas. Mais en gros s’ils ont payé pour avoir six pages de pub dans le magazine tu vas dire au styliste « fait un petit effort ». Parce qu’après il y a des marques qui se vexent et qui veulent plus travailler avec toi parce que « je prends des pubs tout le temps mais il shoot jamais mes fringues ».

  • Marie : Donc tu dois acquérir pas mal de compétences techniques pour gérer ces situations ?

ML :  C’est beaucoup de compétences naturelles et de soft skills, et aussi beaucoup dans le relationnel. Et en fait c’est aussi la manière d’être, c’est réussir à être conciliant, diplomate tout ça parce que pour toi le but c’est que ça se passe bien entre le client et le partenaire, c’est-à-dire le client, et la marque.

  • Alice : Donc en plus des compétences vous devez sûrement mobiliser beaucoup de moyens ?

ML : Ouais, et après au niveau des compétences globalement faut que tu aies une petite base en maths et tout ça parce que tu fais les devis. Faut aussi savoir parler anglais vu qu’on travaille qu’avec des clients internationaux.

  • Alice : Et du coup, est-ce qu’il y a des connaissances techniques et spécifique à ton métier que tu aimerais nous faire partager ?

ML : Ça tombe bien que tu poses cette question parce que la pub c’est hyper codifié ; surtout dans le monde du print, dans le digital c’est un peu plus simple parce que c’est flexible tu vois, tu vas dire « on va mettre une pub avant la vidéo, on va faire ça on va faire ça », tu vois. Le print c’est très codifié c’est-à-dire que quand tu ouvres un magazine tu vas voir la première double page, c’est une des positions les plus convoitées donc c’est la plus chère. Nous on classe les positions mais c’est plutôt des termes anglais.

  • Marie : Oui donc vous avez une stratégie visuelle super importante ?

ML : En fait c’est même pas visuel c’est par rapport au positionnement, c’est vraiment politique tu vois. Par exemple il y a des marques qui ne mettront jamais une pub au début, Hermès par exemple, ils préfèrent être isolés. Nous notre but c’est de concilier toutes les stratégies de marques pour optimiser le placement des pubs de manière à ce qu’il y en ait le plus possible. Il y a aussi des stratégies de groupe comme LVMH, Louis Vuitton qui ont une hiérarchie ; donc c’est Louis Vitton qui est le plus important. Donc nous on propose à Louis Vitton d’être en premier dans le magazine. Il faut faire un travail interne dans le groupe et un travail entre les groupes ; donc ça c’est le plus dur vu que tu l’apprends par l’expérience.

  • Marie : Ah ok donc c’est des trucs que tu apprends sur le tas, tu connais pas forcément les stratégies de groupe au début.

ML : Bah ouais parce que sinon après tu peux pas savoir les stratégies de groupe. Le prix d’une page dépend de l’audience du magazine, souvent du nombre de copies et puis aussi la qualité du magazine, de sa renommée. Donc une page sur Self-Service coûte plus chère qu’une page dans Pop par exemple.

  • Camille : Du coup on pourrait s’imaginer que le salaire n’est pas fixe puisque c’est un travail périodique ?

ML : Si le salaire est fixe après on est commissionné sur les nouveaux clients qu’on rapporte donc les nouvelles marques qui vont travailler avec nous.

  • Marie : Et comment tu repère de nouveaux clients ?

ML : Bah c’est un travail de chacal, tu te dis « bah tiens cette marque elle irait bien dans le magazine », ça match bien, donc tu en parles à tes collègues et vous parlez de budget, donc après tu vas sur LinkedIn, tu cherches les gens importants dans la boîte (donc souvent c’est la responsable communication marketing de la marque). Tu dois essayer de chopper ce contact et de trouver l’adresse mail pour le contacter. Après on rencontre aussi des gens dans les événements qu’on organise ou auxquels on est invité.

  • Alice : Du coup voilà vous essayez de séduire les marques qui vous intéressent ?

ML : Ouais c’est ça, c’est vraiment le côté travail du commercial. Bon et du coup vous voulez qu’on passe à mon parcours scolaire ?

  • Cléo : Oui avec plaisir !

ML : Moi à la base sans trop d’idée précise je suis arrivée en prépa ECS (j’avais fait un bac S) et je me suis retrouvée en école de commerce parce que c’était la suite logique et c’est là que je me suis spécialisée un peu plus dans le marketing et la communication. Donc moi j’ai fait un majeur dans le marketing ; ensuite du coup j’ai fait des stages dans la com qui ont un peu confirmé mon envie de travailler là-dedans. Avec les stages et tout ça j’ai pu affiner mon orientation, donc après un majeur en marketing on a une spécialisation qui est l’option professionnel en master et là j’ai choisi de travailler dans le luxe donc c’était marketing du luxe. Donc voilà c’est un parcours en anglais, une fois que j’ai confirmé l’envie du domaine dans lequel j’allais travailler, donc la communication et le marketing, il fallait choisir un secteur et moi l’objectif c’était plutôt le domaine du luxe. Ça diffère un peu de la communication classique parce que les marques de luxe ne communiquent pas de la même façon, enfin vous avez remarqué, que les marques bas-de-gamme ou milieu de gamme.

  • Alice : Et du coup comment tu t’es retrouvée à travailler chez Eleni Gatsou ?

ML : En fait Eleni Gatsou m’a repéré parce que j’ai travaillé pour le festival de la mode et de la photo à la Villa Noaille à Hyères. Je communiquais beaucoup avec des marques qui étaient des partenaires et via ces marques Eleni Gatsou a entendu parler de moi et m’a contacté pour que je vienne travailler avec elle.

  • Marie : Et aujourd’hui ça fait combien de temps que tu travailles avec elle ?

ML : C’est tout frais puisque j’ai commencé il y a un mois et demi. J’ai embauché un CDD pour le moment et en fait c’est mon premier emploi après diplôme. Je suis payée environ 2 000 euros brut. C’est assez classique d’avoir un CDD d’un an pour commencer. Mes collègues sont un peu mieux payés mais c’est pas là que tu gagnes le plus, parce que la presse on va dire que c’est pas le secteur de l’avenir… Le print c’est un peu mort.

  • Alice : Du coup t’as énormément de possibilités d’évolution ?

ML : C’est ça. Alors il va falloir voir aussi ce qu’on me propose à la fin de mon CDD. Moi je pense pas faire carrière là-dedans parce que justement c’est un métier qui est trop commercial pour moi et pas assez dans la com, justement j’aimerai bien revenir justement sur l’image de la marque. Après ça fait pas longtemps que j’ai commencé donc je peux pas vraiment savoir pour le moment mais voilà, la com me manque un peu.

  • Marie : Donc ton but là ça serait plutôt de changer, de retourner vers la communication et le marketing ?

ML : Oui c’est ça mais là en fait c’est un bon exercice parce que en fait quand tu vois la com et les visuels de toutes les marques, que tu travailles avec eux, que tu travailles avec les magazines, en fait tu vois vraiment les deux côtés de l’histoire, t’apprends des deux côtés et après c’’est des connaissances qui te servent beaucoup quand tu te remets dans un côté tu vois. Et donc c’est enrichissant d’avoir les deux côtés parce qu’après tu peux t’adapter et faire en sorte que ça se passe bien tu vois.

  • Alice : Ouais donc ça te permettra vraiment d’évoluer vers le métier que tu veux faire et de prendre de l’expérience dans ce milieu-là.

ML : Oui exactement.

  • Marie : Et juste, par rapport à tes horaires, c’est plutôt flexible ?

ML : Ouais bah nous on a un bureau franchement c’est sympa. Je fais 10h-18h avec une pause entre midi et deux. On est dans un appartement dans le troisième ; on travaille dans un appartement donc parce qu’on est une petite boîte et c’est un espace qu’on partage avec deux autres entreprises. Donc voilà on fait 10h-18h parce que la créatrice de la boîte a des enfants et qu’elle trouve que c’est bien de respecter des horaires un petit peu donc voilà. Après pour les vacances c’est pas euh… comme je t’ai dit on travaille avec la périodicité des magazines donc on prend des vacances quand il se passe rien tu vois. Donc en gros on ferme quand les autres ils travaillent plus. Donc j’ai pas le choix dans la date.

  • Cléo : D’accord donc pour synthétiser un peu on peut dire que ton travail est très complet. Il te permet d’évoluer vers de nouvelles possibilités professionnelles, en plus de te donner de la visibilité dans ton milieu, vu que tu rencontres beaucoup de monde. On a aussi vu que c’est un métier qui dépend des marques et de leurs disponibilités, ce qui le rend un peu aléatoire.

ML : Oui tout à fait.

  • Alice : Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions et de nous avoir donné de ton temps. C’était super intéressant d’en apprendre plus sur un métier assez sélectif dans le milieu de la mode et de la photo. Bonne continuation et bonne soirée !

Propos recueillis par :

Alice FAGGIOLI, Marie GUILLERMIN, Camille DALESSANDRO, Cléo BOUGLEUX

Quelques exemples de magazines avec lesquels travaille Eleni Gatsou Bureau :

Interview Community Manager Freelance

lundi 25 novembre 2019

Dans le cadre du cours de Projet Professionnel Personnalisé, qui est proposé aux étudiants de première année de licence Information – Communication à l’université Paul Valéry de Montpellier, nous avons dû réaliser une interview avec un professionnel. Nous avons eu l’opportunité de rencontrer un community manager qui a la chance de travailler en freelance. N’ayant de bureau fixe, nous avons donc effectué cette rencontre dans un café de Montpellier le 2 novembre 2019.

Vous trouverez en gras les questions et prises de paroles des intervieweurs.

A.F : Bonjour, nous sommes en première année de la licence Information – Communication à l’université Paul Valéry de Montpellier. Nous réalisons cet entretien dans le cadre de notre cours intitulé Projet Professionnel Personnalisé. Etes vous toujours d’accord pour que nous puissions enregistrer cet entretien afin de le retranscrire à l’écrit avant de vous l’envoyer pour obtenir votre approbation pour pouvoir le publier sur le blog de notre formation ? Nous pourrons toujours le modifier selon vos exigences.

Oui bien sur, et n’hésitez surtout pas si vous avez des questions ou besoin de clarifications sur certains points après coup.


M.R : Très bien, alors euuh, pour commencer, pouvez vous nous dire en quoi consiste votre métier ?

Alors, comme son nom le laisse penser, le community manager est celui qui gère une communauté liée à une entreprise, un marque, un club de sport, etc… Je m’occupe principalement des réseaux sociaux des entreprises par lesquelles je suis employé afin de faire vivre et d’animer la communauté qui suit mon client sur les différents réseaux tels que Twitter, Pinterest, LinkedIn, Instagram, etc…

Mon but est d’aider mon employeur à raconter des histoires autour de ses produits, créer et organiser des jeux concours ou des expériences collectives qui peuvent fédérer sa communauté ou bien tout simplement relayer des informations sur les divers évènements à venir comme des rencontres sportives, des offres et réductions sur certains produits, la création de nouvelles boutiques, etc…

M.R : Mmm, d’accord, maintenant, pouvez vous nous parler de votre parcours scolaire pour arriver à ce métier ?

Alors, mmmh, j’ai passé un Bac ES avant de me lancer dans un BTS MUC, management des unités commerciales, mais ça me plaisait pas vraiment. Je suis donc partie sur une licence en informatique que j’ai complétée avec un formation en communication qui était sous forme de stage et que j’ai réalisé en Belgique. C’est un parcours un peu atypique mais comme je suis mon propre patron je n’ai pas eu de problèmes à me recruter moi-même (rires). Plus sérieusement après cette formation j’ai beaucoup appris sur le tas, c’est là que j’ai acquis le plus de qualités et de compétences.

C.A : Puisque vous en parlez, pensez vous qu’il y ait euuh, des qualités indispensables pour exercer votre métier ?

Il y en a plusieurs. Comme vous vous en doutez sûrement il faut bien évidemment une très bonne connaissance d’internet, des différents outils mis à disposition par l’entreprise, ce qui ne m’affecte pas personnellement puisque je ne travaille pas directement dans leurs bureaux, mais également une bonne culture générale et un intérêt aigu pour l’actualité. Il faut donc regarder les informations ou au moins se tenir au courant des actualités, lire, s’intéresser à tous les sujets et évidemment passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux afin de savoir ce qui se dit, ce qui est apprécié, bien vu, bien reçu, etc… et pouvoir proposer du contenu novateur et original tout au long de l’année.

C.A : D’accord, je suppose que vos outils sont variés du coup. Sur quels supports travaillez vous en général ?

La plupart du temps, je travaille avec mon ordinateur portable. Ça me permet d’être souple et de pouvoir travailler n’importe où, que ce soit dans un parc ou dans un train… De plus, si j’ai besoin d’enregistrer des documents, la mémoire de mon ordinateur portable m’aide bien. Il m’aide également dans la conception de visuel ou de texte pour des posts ou publications sur les réseaux sociaux. Mais je gardes aussi mon téléphone sur moi. Je le regarde presque aussi souvent que mon ordinateur portable, et les réponses sont un plus rapides avec. C’est pourquoi j’utilise mon téléphone pour envoyer des messages et informations complémentaires aux clients qui le souhaitent.

Mon téléphone me permet aussi de suivre l’actualité sur les réseaux.

C.A :Je vois. Et ça vous convient?

Eh bien oui… ça me convient ! Plus sérieusement, ce sont mes outils de travail et je m’en sert depuis que j’ai commencé alors, je sais bien m’en servir et je suis bien servi avec ces supports. 

A.F : Apprenez-vous encore de votre métier ? 

Je ne pense pas avoir la prétention de tout connaître mais je pense avoir appris et vécu la plus grande partie de mon travail, c’est pour ça que j’aime travailler en freelance, je suis ouvert à toutes les propositions, et travailler avec des domaines différents me permet de découvrir de nouvelles choses tous les jours.

A.F : Avez vous déjà rencontré des difficultés ou problèmes importants ?

La principale difficulté que j’ai rencontrée est la gestion de mon temps. j’ai tendance à être relativement dispersé et ce malgré une bonne organisation. En plus, comme je travaille en free-lance, j’ai tendance à avoir du mal à faire la part des choses entre mon activité professionnelle et personnelle sur les réseaux. Je passe tellement de temps sur Twitter par exemple qu’il faut que je fasse attention à ma façon de m’exprimer, d’agir et de réagir en ligne afin de rester professionnel et impartial quand j’interagis dans le cadre du travail. Je ne peux pas me permettre d’exprimer un avis trop personnel lorsque je m’exprime au nom de mon commanditaire.

A.F : Mmm, vous avez parlé de difficultés à faire la part des choses. Est-ce que ça a déjà eu un impact négatif sur vous ?

Alors, c’est un sujet assez intéressant et un aspect de mon métier trop négligé à mon goût, il est difficile à aborder et un peu tabou pour certains mais je pense qu’il est important d’en parler, vous faites bien de me poser la question. Pour revenir à votre question, ça n’a jamais eu un impact directement sur moi, mais c’est vrai que lors d’une de mes missions, j’ai été amené à travailler avec une équipe dans laquelle il y avait d’autres community managers. L’un d’eux, qui venait d’intégrer l’équipe et qui voulait toujours en faire plus pour satisfaire son employeur, n’avait pas réussi à trouver le bon équilibre, il ne savait plus quand s’arrêter et prendre du repos, il a finit par faire un burn-out et a dû être arrêté quelques temps.

M.R : Vous travaillez plus souvent seul ou en groupe ?

Eh bien, comme je suis en freelance, je travaille la plupart du temps seul, par moi même. Mais j’ai déjà travaillé en équipe lors de certaines missions.

A.F : Ah, c’est intéressant, vous avez parler de free-lance, c’est quoi?

Pour faire simple ça veut dire que je suis indépendant, je travaille à mon compte. En fait c’est quelque chose que j’adore et dont j’ai toujours rêvé, ça me permet de travailler d’où je veux vu que je suis directement salarié d’une entreprise. J’ai aussi plus de liberté en termes de lieu et d’horaires de travail. Même si je dois publier à certains horaires je peux faire le travail préparatoire en pleine nuit si je veux. Mais ça implique aussi que je dois savoir me gérer en autonomie et que personne ne va être derrière moi pour me pousser à travailler. Soit je fais ça bien, soit je suis au chômage (rires). 

C.A : Si ça vous dérange pas j’aimerais revenir sur ce que vous avez dit un peu plus tôt. Vous avez dit qu’il vous arrivait pour certaines missions de travailler en équipe. Avez vous des conseils pour être performant lors de ce genre de tâches ?

En effet ça m’arrive de temps en temps même si j’ai tendance à éviter ce genre de projet. Mais dans tous les cas ils est important de ne pas trop s’isoler et se renfermer sur soi, etc, c’est pratique pour se concentrer d’être dans sa bulle mais c’est pas le but d’une collaboration. Il faut donc rester en lien constant avec le reste de l’équipe pour pouvoir avancer correctement parce que mon travail n’est qu’une partie de la communication et dans ce genre de travail de groupe il n’est pas suffisant au bon déroulement de la mission.

C.A : Oh ! Et… ça impacte votre travail personnel?

Hum… Pas vraiment. Je me sens mieux seul qu’avec une équipe autour de moi. Je suis plus à même de prendre des décisions claires et précises. Enfin, je me sens plus efficace donc… au final, on peut dire que oui ça impacte mon travail.

A.F : Quels conseils peut-on donner à quelqu’un qui aimerait devenir Community Manager ?

D’aller directement sur le terrain, je veux dire, c’est bien de s’informer et de se renseigner là dessus, mais il faut faire des stages dans des entreprises voir comment ça se passe là-bas ou même tenir un blog pourquoi pas, ce sera toujours un plus à rajouter sur votre CV. Et d’être souvent présent sur les réseaux même hors horaires de travail. 

M.R : Vous pouvez nous donner un exemple de refus ?

Oui bien sur. Mmm…récemment j’ai décliné une proposition qui venait d’une boite qui vend des produits liés à la sexualité pour ne pas entrer dans les détails. L’offre était plutôt intéressante financièrement parlant, mais on me demandait de m’occuper de publications sur Twitter et Instagram principalement avec des images relativement explicites sans compter une sorte de démarchage par mail à l’aveugle. J’entends par là sans connaître les destinataires. Autant, même si j’estime que ça n’a rien à faire sur les réseaux, certains contenus peuvent être soumis à une limite d’âge. Je n’aurais jamais accepté de publier un tel contenu, mais le fait de devoir démarcher par mail des inconnus en risquant de contacter des mineurs m’a carrément choqué. En refusant la mission je leur ai conseillé de ne pas avoir recours à ce genre de pratique mais je n’ai jamais eu de réponse. 

A.F : Vous avez parlé juste avant de la présence d’une audience de plus en plus jeune sur les réseaux sociaux. Avec votre expérience et votre statut lié à votre métier, que pensez vous de cette présence et vous sentez vous encore plus responsabilisé par rapport à ce que vous postez ?

En effet on observe que la communauté présente sur internet à tendance à arriver de plus en plus tôt, à se rajeunir et ça peut faire peur. C’est vrai que, même si je n’ai moi même pas encore d’enfants, je me sens relativement responsable de ces jeunes qui pourraient être comme mes petits frères ou mes petites sœurs. Ce n’est pas à moi de leur autoriser ou non la présence sur les réseaux, je ne voudrais pas par exemple que mon enfant, si j’en avais un, se promène dès 10-12 ans sur des réseaux comme Twitter où on peut voir et lire des choses horribles. Cependant j’essaie de vraiment faire attention à tout ce que je fais, ma façon de m’exprimer, d’interagir, etc… J’ai refusé certaines propositions de travail justement car je ne pensais pas pouvoir bien faire tout en respectant mes valeurs personnelles.

C.A : Comment imaginez vous votre activité évoluer dans les 5-10 ans à venir ?

Et bien comme je travaille à mon compte j’espère surtout que je serai toujours mon propre patron (rires). Plus sérieusement j’espère en effet que j’aurai plus de propositions afin de pouvoir réellement choisir les contrats qui me plaisent le plus et qui sont les plus excitants. Je veux vraiment pouvoir éviter de travailler pour certains grands groupes qui ne m’intéressent pas comme la grande distribution ou d’autres magasins comme ceux de sport ou de vêtements même s’ils peuvent pour l’instant me proposer des contrats intéressant en terme de salaire. Je vais continuer à les accepter dans les années à venir pour continuer à m’améliorer et pouvoir augmenter mon capital mais je veux vraiment faire seulement ce qui me plaît à terme. Je pense que je me suis un peu éloigné du sujet de base de votre question non ?

A.F : Un petit peu mais c’est intéressant aussi, les anecdotes et les ressentis personnels nous parlent plus que l’aspect technique, ça permet de se faire une idée plus concrète.

Bien sur, c’est plus vivant et facile pour vous imaginer mon quotidien et mes façons de faire et de penser. Vous voulez bien me rappeler votre question ?

A.F : Oui tout à fait. On voulait savoir comment votre métier va changer, évoluer à l’avenir dans son aspect technique et technologique.

Je ne suis pas visionnaire mais j’imagine que les réseaux sociaux vont continuer à prendre de plus en plus de place dans nos vies et qu’ils seront donc encore plus importants et utilisés par les entreprises. On trouve de plus en plus de choses sur internet, même les coiffeurs, les médecins etc, permettent de prendre rendez vous ou de laissez des avis en ligne. Ça ne m’étonnerait pas que tous les professionnels indépendants, quel que soit leur secteur d’activité, finissent par se retrouver sur les réseaux sociaux afin d’être plus proche et présent pour leurs clients à n’importe quel moment. On en est encore loin mais on peut très bien imaginer qu’un boucher, un boulanger ou autre mette en avant ses offres spéciales ou des conseils sur les réseaux par exemple. Les commerces de proximité pourraient alors être encore plus proche de leurs clients. Après reste à voir s’ils embaucheront professionnels du community management où s’ils décideront de faire des heures supplémentaires pour économiser un peu d’argent quitte à moins bien faire.

Sinon je suis sur que les entreprises déjà présentent sur les réseaux vont continuer à augmenter leur influence tout en continuant à faire évoluer leurs techniques de communication afin de vendre toujours plus. Donc on aura peut être droit à des innovations notamment grâce à des nouveaux outils pour faciliter le travail des community managers ou les obligeant à acquérir de nouvelles compétences.

A.F : Des nouvelles compétences ? En lien avec la communication ?

Pas forcément. Évidemment les techniques de communications vont continuer à évoluer, à s’améliorer, à s’adapter, mais si elles changent c’est qu’elles doivent être en accord avec la société et les mentalités. Notre société n’est pas parfaite donc je ne vois pas comment on pourrait être de parfait communicant, on a tous des failles. C’est pour ça que je pense que les community managers vont pouvoir être mieux guider par des outils statistiques par exemple. Si nous sommes formés et que nous développons de nouvelles compétences techniques et de compréhension informatique ou mathématiques, statistiques, des outils pourraient nous aider à comprendre, prédire et voir émerger des tendances vers lesquelles nous diriger ou analyser quels sont les méthodes qui fonctionnent le mieux. Il faudrait que l’on soit capables d’analyser quels méthodes mettre en œuvre, quels sont les moments les plus propices pour publier du contenu etc, ce qui peut varier en fonction du publique, et ce indépendamment, sans avoir besoin d’une équipe spécialisée.

C.A : En parlant d’équipe, vous pensez embaucher à l’avenir ? Pour augmenter votre nombre de client, vous remplacer pendant les vacances ou autres ?

Vous voulez passer un entretien d’embauche tout de suite ? (rires)

Honnêtement j’y pense fortement. Je pense que je ne suis pas encore prêt à accueillir et accompagner des employés. J’estime que j’ai besoin d’encore un peu d’expérience pour pouvoir embaucher des collaborateurs dans les meilleurs conditions possibles. J’espère que dans quelques années je serai dans la capacité de déléguer mon travail en effet. J’aime mon métier comme je le pratique actuellement, mais c’est vrai que si je dois m’imaginer une évolution plaisante je me vois bien diriger plutôt qu’agir directement. Si je peux continuer à vivre en faisant ce que j’aime mais en me libérant du temps pour ma famille et ma vie personnelle c’est que du bonus. Je suis aussi intéressé par le fait d’avoir des avis différents du mien, c’est forcément enrichissant et pour mon travail c’est important d’être ouvert d’esprit donc j’aimerais beaucoup former une équipe très diversifiée, multiculturelle mais aussi multigénérationnelle si possible.

A.F : On arrive au bout du temps que vous avez bien voulu nous accorder gentiment. Y a-t-il un sujet que nous aurions pu oublier et que vous voudriez aborder pour finir cet entretien ?

Mmm…je ne peux que vous conseiller de continuer à apprendre le plus possible, à vous former au mieux et à rester curieux. Si vous restez intéressés par le métier de community manager n’hésitez pas à me recontacter si vous avez besoin d’un stage, de conseils ou quoi que ce soit. Mais surtout persévérez et foncez, les métiers qui sont liés à internet et surtout aux réseaux sociaux sont encore mal représentés et parfois mal considérés, mais les mentalités sont en train de changer et c’est un domaine en pleine expansion dans lequel il ne faut plus avoir peur de s’engager car il y a de plus en plus de postes à pourvoir et que leur place ne peut que devenir plus importante.

A.F : Très bien, merci d’avoir bien voulu nous accorder un peu de votre temps et d’avoir répondu à nos questions avec honnêteté et bienveillance. On vous enverra la retranscription de cet entretien afin que vous puissiez la valider et nous indiquer si vous souhaitez qu’on y apporte des modifications.

Avec plaisir, merci beaucoup à vous d’être venu à ma rencontre avec un bon esprit, un vrai intérêt et une réelle envie de découvrir mon métier. Bonne journée à vous, à bientôt.

Au revoir.

N.B: 

Suite à l’envoi de la retranscription intégrale de notre entretien, le professionnel a souhaité rester anonyme car il n’était pas à l’aise avec le fait de partager autant d’anecdotes personnelles en son nom, par peur de porter atteinte à son image. Il voulait cependant que l’on puisse les garder afin de conserver l’authenticité de cet entretien et son intérêt. Pour respecter sa demande nous avons donc supprimé son nom partout où il était cité.

Entretien réalisé par Carla ATTARD, Mandinika RALAMBOTIANA et Alexandre FRUCTUOSO

Entretien avec Maxime OKOYE, consultant en Web Marketing et en publicité numérique pour Le Web Hurleur, à Montpellier

dimanche 24 novembre 2019
Portrait de Maxime Okoye

Dans le cadre de notre projet professionnel personnalisé, nous avions à mener un entretien avec un professionnel dans le domaine de la publicité et du marketing. Maxime OKOYE, consultant en Web Marketing et en publicité numérique, nous a reçu très aimablement et chaleureusement dans les locaux de Com N’ Work à Montpellier centre, le jeudi 21 novembre 2019, à 15h30. Sous son accord, nous avons pu enregistrer l’interview grâce à un dictaphone sur téléphone. Cela a duré vingt-huit minutes. 
Tous les membres du groupe étaient présents. Étant quatre, nous avons réparti les rôles de la manière suivante : 
Une élève était chargée d’introduire l’entretien, d’en rappeler le contrat déontologique et de conclure l’entretien. Elle participait également en posant des questions ; dans la retranscription, nous l’appellerons E1.
Deux élèves étaient chargés de questionner l’interviewé : nous les appellerons E2 et E3.
Enfin, la quatrième élève était chargée de prendre des notes sur ordinateur, et de faire la synthèse de l’entretien. Nous l’appellerons E4.

E1 : Bonjour, merci de nous recevoir et d’avoir accepté notre proposition. Donc avant toute chose, je vais vous rappeler brièvement la raison pour laquelle nous sommes ici. Comme vous l’avez dit à l’instant, nous sommes quatre étudiants en Information-Communication à la faculté Paul Valéry, et comme vous le savez, nous devons mener un entretien avec un professionnel dans le cadre de notre projet professionnel personnalisé, afin de présenter à notre classe le métier que nous avons choisi…

M.O : D’accord.

E1 : … Et je tiens aussi à préciser que nous vous enregistrons pour retranscrire l’interview, car l’entretien sera publié sur le blog universitaire, afin que l’ensemble des élèves puissent le lire. 

M.O : D’accord.

E1 : Je vais donc laisser la parole à mes camarades.

E2 : Pouvez-vous vous présenter ?

M.O : Oui, je m’appelle Maxime OKOYE. En fait, je suis consultant en Web Marketing, en publicité numérique, c’est-à-dire que j’aide les entreprises qui cherchent à communiquer sur Internet, sur le Web. Ok ? 
Vous m’arrêtez si vous avez des questions, si je ne suis pas clair. 
Donc je travaille avec quelques marques que vous pouvez connaître, comme Little Marcel, Celio, Athena la marque des sous-vêtements, vous voyez, des marques comme ça, et je travaille aussi avec des petits commerçants que je forme à la publicité en ligne…Et j’ai vingt-huit ans. 

E3 : D’accord. Donc c’est uniquement sur Internet la communication ? Ce n’est pas…

M.O : Oui. Je suis spécialisé Internet. 

E3 : Je vois. Suite à cela, est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours professionnel ? Et des études que vous avez suivies ? 

M.O : Oui, alors moi j’ai étudié en Angleterre pendant quelques années. Dans une université de Warwick, qui est une université là-bas. Et ensuite, je suis arrivé à Montpellier où j’ai fait un an à Paul-Va. 

(Surprise des élèves)

MO : Oui, j’étais en AES…Donc…Bon, un peu pour rien, ça ne sert pas à grand-chose.

(Rires)

M.O : Et ensuite j’ai fait un double master : un master à l’IAE, et un à l’ISEM. 

E3 : En ayant étudié à l’étranger, qu’est-ce que cela vous apporte en plus ? 

M.O : Déjà la langue. Parler anglais et ensuite c’est une culture différente. Les Anglais ont une façon de travailler qui est différente, ils ont des profs qui sont complètement dingues. (Rires) Qui vous parlent comme si vous vous connaissiez depuis dix ans, qui veulent vous faire travailler tout de suite… C’est vraiment un rapport aux études qui est différent ; ce n’est pas mieux ou moins bien, mais c’est différent. 

E2 : Et actuellement, maintenant que vous vous êtes lancé, vous travaillez seul ou avec d’autres entreprises ? 

M.O : Alors, dans ma structure, je suis seul. Il m’arrive d’avoir des stagiaires ou des alternants. Moi en fait j’ai un métier qui est assez ciblé. Donc parfois les entreprises elles ont besoin d’une personne qui fait des photos ou vidéos, donc c’est moi qui vais tout géré ; et je bosse avec un réalisateur, un photographe, une personne qui fait d’autres choses comme écrire des mails par exemple. Je coordonne un peu tout ça. Et il se peut que j’arrive dans une entreprise où la boîte a des soucis au niveau de son marketing, donc elle fait appel à moi pour que je fasse ce que l’on appelle un audit. Vous voyez ce que c’est un audit ?

E1 : Non, justement, est-ce que vous pouvez… 

M.O : Oui, un audit, c’est en gros un état des lieux de leur fonctionnement. Par exemple, je ne sais pas… On va dire que tu as des mauvaises notes à l’école, ok ? (Désignant E1) C’est un exemple. (Rires) Et tes parents vont appeler une personne qui va faire un audit sur ta façon de travailler. Cela veut dire qu’ils vont appeler un professeur qui va venir regarder comment tu travailles, comment tu révises, comment tu prends tes notes, et à la fin, il va te dire. « Si tu prends des notes, si tu travailles plus le matin que le soir, ou si tu prends des notes plutôt sur ordinateur qu’à l’écrit, ça va mieux marcher. » C’est un exemple ; donc moi je fais ça pour des grosses sociétés souvent qui ont des difficultés dans leur marketing et qui ont besoin d’une personne qui va regarder ce qui ne va pas. Voilà.

E3 :  Et par rapport à votre clientèle ? Quel est le profil de clients que vous recherchez ? Ou qu’elles sont les personnes qui vous démarchent ?

M.O : Comme je te disais, il y a un peu de tout. Il y a les grosses sociétés, c’est-à-dire plus de cinquante salariés, et les petits commerçants. Vous voyez ce que c’est un commerçant ? Quelqu’un qui a des boutiques en ville, une bijouterie… Un restaurateur. Moi je préfère les gros clients, car c’est bien d’en avoir dans mon activité, pour être plus stable financièrement, pour que l’entreprise puisse tourner… Mais les petits clients en taille, apportent quelque chose d’autre. Il y a un rapport différent. Tu peux te permettre d’être plus proche d’eux, de mieux les suivre… Ils sont souvent aussi plus à l’écoute. Voilà. 

E1 : Vous auriez donc plus une préférence à travailler avec les petits commerçants ?

M.O : C’est bien d’avoir un mélange des deux…

E1 : … Un mélange des deux, oui c’est sûr. 

M.O : Je préfère le rapport humain, l’impact que je vais avoir dans les petites structures. Mais des grosses structures c’est intéressant aussi, ça va plus vite.

E1 :  Mais en général, on fait appel à vous, ou est-ce l’inverse ? Cela dépend ? 

M.O : Ça arrive. Par exemple au début, quand je me suis lancé c’était compliqué. J’ai vécu longtemps avec deux-trois clients seulement, et puis petit à petit, le « bouche à oreille » se fait un petit peu. Et si jamais vraiment tu veux passer dans une autre dimension entre guillemets, là il faudrait faire de la pub. Toi. Plus de contacts, il ne faut plus te contenter du « bouche à oreille. » Donc en fait, ce que je mets en place pour le client, je le mets aussi en place pour moi afin de trouver plus de clients.

E1 : D’accord… Et quand un client, un restaurateur par exemple, vous contacte…Comment faites-vous pour travailler, pour communiquer… ? Est-ce qu’il vous donne des consignes précises, des idées… ?

M.O : Oui, généralement il a une idée de ce qu’il veut. Le client peut dire : « Voilà, mon chiffre d’affaires baisse, je suis prêt à investir, qu’est-ce qu’il faudrait faire ? » Je peux lui répondre qu’il faudrait une belle vidéo, on va échanger, on va discuter par rapport au budget, combien peut-il mettre etc. Et c’est tout. Si tu veux, le restaurateur aura une idée du style : « Ouais, tu peux me filmer en train de faire ça », mais elles sont nulles ses idées, ce n’est pas son métier. (Rires) Ce n’est pas vrai, je caricature bien sûr, j’exagère. 
Lui aura sa vision, il va échanger ; mais ce qu’il attend de moi par contre, c’est que je sois capable de lui fournir un script, un scénario, une vidéo… Et de dire que la vidéo doit être en tel format, parce qu’aujourd’hui, les personnes regardent les vidéos sur téléphone ; que certains les regardent sans sons donc il faut les sous-titrer ; qu’elles doivent être de format carré car dans vos fils d’actualité, dans vos accueils, c’est comme ça. Qu’il faudrait aussi une version sur Snapchat, donc une version plus courte, car sur Snap c’est entre des stories : il faut que ça impulse tout de suite. 

E1 : D’accord, donc vous échangez assez fréquemment avec le client finalement ? 

M.O : Ça dépend des clients, mais oui.  On va se voir une première fois où on va échanger pendant une heure, deux heures. C’est ce qu’on appelle le brief en quelque sorte. Moi derrière je vais commencer à travailler, et ensuite, en fonction, soit on peut se revoir, soit je peux commencer à travailler seul. 

E1 : Comment présentez-vous l’aspect final de votre projet ? Sous forme de maquette ? 

M.O : Moi non. C’est plutôt les agences qui fonctionnent comme ça. Parce que par exemple, si vous allez les voir pour faire un site Internet, un site qui va coûter cher, ils vont écouter ce que vous voulez et ensuite ils vont vous présenter une maquette. Que vous devez valider, et derrière ils vont commencer. Moi, je ne fonctionne pas comme ça. Dans ce que je fais, ça n’a pas tellement de sens. Mes clients attendent plus un chiffre d’affaires à la fin. Ils veulent que j’aille cibler des gens comme vous avec des publicités, parce qu’ils veulent que les gens achètent derrière. Ils ne vont pas me faire valider des maquettes ; ils vont juste me dire « Il y a tant, voici le budget, qu’est-ce que l’on peut faire avec ? ». 

E2 : Quelles seraient donc les avantages à faire ce métier ? 

M.O : Les avantages à faire ce métier ? Plus de souplesse, je travaille comme je veux, où je veux. Là par exemple, j’étais chez le coiffeur quand vous m’avez appelé. (Rires) Il n’y a pas de… Si jamais vous êtes salarié, vous reprenez à quatorze heures ; c’est neuf heures – dix-huit heures et c’est fini. Là je fais comme je veux. Demain si je n’ai pas envie de me lever je ne me lève pas… Après il faut travailler le week-end ! (Rires) Mais la souplesse qu’on a, pour moi, la liberté qu’on a entre guillemets, n’a pas de prix. Voilà. Je peux voyager pas mal. Je peux travailler n’importe où avec un ordinateur, des choses comme ça. 

E3 : Donc pour vous, c’est vraiment un avantage de travailler seul finalement ?

M.O : Oui. 

E3 : Et vous pensez qu’il y a aussi des inconvénients dans votre métier ?

M.O :  Bien sûr. Oui bien sûr, c’est compliqué. Il faut… C’est compliqué parce que tu ne vis que de ce que tu gagnes. C’est-à-dire que si demain je n’ai plus de clients pour des raisons X ou Y, je n’aurais plus de quoi payer mes factures. Donc ça fait partie des risques, il faut trouver une bonne activité où il y a de la demande.

E3 : Et selon vous, quelles sont les compétences requises pour faire ce métier ? 

M.O : Il faut être curieux, aimer travailler. Beaucoup. En quantité. Il faut… être motivé, et après… Franchement, qualités particulières… (Rires) Il n’y en a pas vraiment. Il faut être à l’aise avec Internet, un minimum. Parce que tu passes ta journée dessus. 

E3 : D’accord. Pouvez-vous nous présenter un exemple d’une journée type ? 

M.O : Oui, alors ma journée type. J’arrive ici à huit heures à peu près ; le matin je vais rester concentrer sur du travail qui demandent beaucoup d’attention. Donc… Bon après ça va vous paraître technique, ça ne va pas trop vous parler. Mais disons que je vais travailler sur des campagnes de publicités, sur Facebook, sur Instagram. Je vais regarder les chiffres pour voir ce que ça donne. Je vais consulter mes mails généralement vers midi, midi et demi. Puis midi et demi – treize heures, je lis, je fais autre chose. 
Généralement après je vais manger, ensuite je reviens là l’après-midi et c’est à partir de ce moment-là que je fais plus de rendez-vous. Comme avec vous par exemple, ou bien je passe des appels téléphoniques, je vais voir des clients… J’essaye de structurer ma journée comme ça. Après, il y a des jours où je n’en ai pas envie alors je structure ma journée différemment. Mais sinon, c’est comme ça. 

E3 : Cela fait combien de temps que vous exercez le métier ? 

MO : 4 ans. 

(Silence) 

M.O : En fait, si ça vous intéresse, je me suis… Quand j’étais en master, donc j’étais à la fac de sciences à côté ; j’ai ouvert un blog sur le marketing. Donc j’avais un petit blog, où j’écrivais ce que je pensais sur le marketing en général. C’était un peu nul, très honnêtement. (Rires) Mais j’avais un de mes professeurs qui est tombé dessus, qui l’a lu, et ça lui a plu. Et donc il m’a dit : « Qu’est-ce que tu fais après ton master ? Est-ce que tu veux travailler en… Est-ce que tu cherches un travail ? » Je lui ai dit : « Je ne sais pas encore. », alors il m’a dit : « Viens avec moi. Ne te mets pas en CDI, ne te mets pas en salariat, mets-toi à ton compte, et moi je te fais bosser sur six mois. » Il avait une agence de marketing et il me disait qu’il avait besoin de quelqu’un comme moi. Je me suis lancé comme ça, avec ce prof. Et après, de là, en travaillant avec lui, eh bien tu travailles avec d’autres clients qui m’ont gardé par la suite. 

E2 : Pensez-vous continuer à exercer ce métier ? Ou du moins aviez-vous envisagé de changer de métier ?

M.O : Alors, je ne ferais pas exactement le métier que je fais là, mais je resterais là-dedans. En fait, quand j’ai commencé, je ne faisais pas que de l’Internet. J’étais consultant marketing tout court. C’est-à-dire que je conseillais au début, des petits restaurants, parce que c’est ce qu’il y a de plus facile à démarcher, et je leur demandais : « Vous me donnez huit mille euros par mois, cinq cents euros par mois… et moi en échange, je gère votre marketing. » Ils me disaient OK, et je m’occupais donc à faire des flyers avec eux, de gérer leur page Facebook, tout ça. Et petit à petit, je me suis rendu compte que la grosse demande était plutôt sur Facebook, Instagram. Il y a beaucoup d’entreprises qui ne comprenaient pas comment ça marchait, et moi, comme je suis « né » avec, c’était facile. Je me suis vraiment spécialisé, j’ai passé des certifications, j’ai travaillé avec Facebook France, au siège, pour vraiment apprendre ; pareil avec Instagram. Et je me suis spécialisé. En tant que spécialiste ça veut dire qu’on… Par exemple, quand un client m’appelle et me dit « J’ai besoin de quelqu’un pour faire tout mon marketing », je dis « Non, je ne sais pas faire. Par contre, je sais faire ça. » Donc ça permet de vraiment rassurer l’entreprise qui se dit : « OK, lui il sait faire ça, ça veut dire qu’il est vraiment bon là-dedans. » Et… Je ne sais plus pourquoi je disais ça… Oui, du coup, mon métier il a déjà un peu changé. Aujourd’hui je fais Facebook, Instagram, Linkedin, Snapchat… Mais ces réseaux ne seront pas là tout le temps. Est-ce que vous êtes sur Facebook vous ?

E1/E2/E3/E4 : Oui. 

E3 : Mais de moins en moins.

M.O : De moins en moins ? Les jeunes, les vrais jeunes comme vous n’y sont plus. Ils ont vu… Enfin, ils ont vu leurs parents arriver, alors il se sont mis sur Insta, sur Snap, sur d’autres réseaux. Ils sont toujours sur Facebook mais c’est beaucoup moins qu’avant, tout ça va changer. Moi, dans cinq ans, dans dix ans… Je ne sais pas, peut-être qu’il y aura Tik Tok, je serais peut-être consultant sur Tik Tok, on ne sait pas. Aujourd’hui je fais beaucoup de conférences. Je pars à Abidjan pour donner une grosse conférence ; il y a beaucoup de demandes sur ça. Et c’est quelque chose qui me plaît : ça m’intéresse de pouvoir voyager un peu partout dans le monde, en parlant, en transmettant le peu de savoirs que j’ai sur mon domaine. Ça m’intéresse. Est-ce que je vais faire de plus en plus de choses comme ça et de moins en moins travailler derrière mon ordinateur… Peut-être ? Est-ce que dans dix ans, je ferais encore autres choses dans le marketing ? Peut-être aussi que je resterais dans la publicité en ligne, mais après, peut-être faire plus de conférences, des choses comme ça… C’était ça ta question ?

E2 : Oui, tout à fait. 

E1 : D’ailleurs, quand vous parlez de Facebook, Instagram… Parce que j’ai vu, vous avez un site Internet, Le Web Hurleur. 

M.O : Oui, c’est ça. 

E1 : Est-ce que vous pouvez en parler, le présenter ?

M.O : Qu’est-ce que tu veux savoir par exemple ?

E1 : Comme vous êtes seul, est-ce que c’est vous qui…

M.O : En fait Le Web Hurleur, c’est le nom commercial. 

E1 : Ah d’accord. 

M.O : Quand on s’est lancé on était deux. Si tu veux, je me suis dit : pour que ça fonctionne, il fallait que les gens pensent qu’on soit…Beaucoup. Donc on a choisi ce nom-là, et au début on travaillait, on faisait comme si on était une vraie agence. Ce qui n’était pas le cas puisqu’on était deux, puis après j’étais seul. Mais j’avais cette idée qui consistait à dire que : pour que des grosses entreprises travaillent avec moi, il fallait qu’elles pensent qu’on soit une équipe de vingt personnes, à travailler dans des supers locaux à Paris… Ce qui est faux, on n’a pas besoin de ça. J’ai gardé ce nom, Le Web Hurleur, car aujourd’hui beaucoup connaissent ce nom. Au contraire, c’est plus un désavantage de travailler sur le « côté agence. »

E1 : D’ailleurs sur le site Le Web Hurleur, j’ai vu que vous avez écrit un livre qui s’intitule La Méthode RIOA 

M.O : Oui, c’est bien ! Tu as fouillé. (Rires) Oui, j’ai sorti un livre qui est « ma » méthode pour faire de la publicité en ligne. Donc c’est un livre que je propose à mes clients, à des prospects… Vous savez ce que c’est ? 

E1/E2/E3/E4 : Non. 

M.O : Un prospect, c’est un client potentiel. Si je discute avec Nike par exemple, et que je vois que ça se passe bien, Nike devient un prospect. Avant qu’il ne devienne un client, c’est un prospect. Donc, je leur distribue le livre, et je le mets en vente aussi. 

E3 : En quoi cette méthode consiste-t-elle ? 

M.O : (Rires) OK, alors… Comment faire simple. 

(Silence)

M.O : Vous avez sûrement entendu parler du fait qu’il y avait de plus en plus de métiers qui sont remplacés aujourd’hui par des machines. C’est l’exemple du supermarché avec la caissière que l’on remplace par une machine, McDo pareil… Et ça, dans quelques années, la plupart des métiers que vous cuisin… de, que vous…(Rires) que vous connaissez, comme chef… C’est pour ça que j’ai bafouillé…(Rires) Ces métiers seront remplacés. Le comptable sera certainement remplacé, peut-être même les avocats… Dans la publicité, un des métiers qui sera remplacé, c’est le mien. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, ce que je fais, ça pourrait être mieux fait par un algorithme, une machine. Ce que je fais, c’est un client… C’est toi par exemple, tu vends des pommes. Tu m’appelles, tu me dis : « Maxime, je voudrais vendre des pommes dans tout Montpellier ; combien ça coûte ? Comment je fais ? » Moi, je vais aller « trifouiller » dans Facebook… J’ai une autre interface, je n’ai pas ce que vous voyez quand vous êtes dessus ou sur Instagram, j’ai une autre page. Donc je vais fouiller, et je vais penser : « OK, tous les gens qui pourraient acheter des pommes à Montpellier, je les vois, c’est eux. » Je vais prendre une photo de tes pommes et je vais leur diffuser. C’est pour ça que vous voyez des publicités sponsorisées sur Instagram, Facebook… C’est mon travail. J’aurais peut-être dû commencer par là en fait. (Rires)
Je réfléchis à qui tu veux cibler… Vous ne l’avez pas encore vu, cible, segment, marketing… ? Non pas encore ? Donc c’est ce qui s’appelle un segment ; tu me dis « Moi, mes pommes, c’est plutôt des pommes qui seront mangées par des femmes car ça a un goût un peu sucré. » Il y a un « segment femme » ; mais c’est aussi acheté par des familles parce que c’est bon pour les enfants… Donc j’ai un deuxième segment, qui est celui de la famille. Je vais regarder dans Facebook : qui des femmes dans Montpellier aiment bien en manger, quelles familles… ? Combien il y en a ? Et je vais leur montrer les publicités. C’est pour ça que souvent, vous voyez des publicités qui vous ressemblent un peu. Si vous écoutez de la musique, vous verrez des publicités sur ça. Si vous achetez tel type de produit, vous verrez des publicités sur ça. Parce que nous, notre travail, c’est de cibler les bonnes personnes. OK ? Donc ça typiquement, on pourrait imaginer que demain, il y ait un algorithme qui le fasse à ma place. Dans quelques années, certainement, mon métier, précisément comme ça, sera remplacé. La méthode RIOA en fait, ça veut dire : Retour sur Investissement par Optimisation de l’Algorithme. En gros, c’est de dire que l’algorithme de Facebook aujourd’hui est tellement performant, qu’il n’y a presque plus besoin de moi. Ce qu’il faut faire, c’est apprendre comment fonctionne cet algorithme pour le faire travailler un peu à la place du consultant. En gros, tout ce que je fais là, vous pourriez presque le faire avec l’algorithme. Et mon livre parle de ça. Je ne sais pas si c’est clair mais…

E1 : C’est technique.

M.O : Oui voilà, c’est technique. C’est sur la publicité en ligne, c’est sur mon métier, et l’idée, c’est vraiment de dire : « Comprenez comment fonctionne Facebook avec la pub » car c’est ultra simple, et que c’est ultra bien fait. Donc ça s’apprend. 

E3 : Auriez-vous donc des conseils à donner à des étudiants ou à des jeunes entrepreneurs qui voudraient se lancer ? 

M.O : Alors, pour des étudiants… Non. Travaillez bien. 

(Rires)

MO : Pour les jeunes entrepreneurs, pas vraiment. Il faut bosser, ne pas se mettre de limites sur ce que vous voudrez faire. Il ne faut pas tomber dans la victimisation : « Je ne sais pas faire, c’est difficile. » ; « Je n’ai pas d’argent. » ; « Je suis une fille. » ; « Je suis noir(e). » Des choses comme ça…Il n’y a pas de barrières. Sur le Web en tous cas, je parle de ce que je connais moi. Il n’y a pas de barrières, si vous êtes bons, si vous voulez travailler, il n’y a pas de souci. Il y a de la place pour tout le monde. Mais des conseils, je ne suis pas encore assez vieux pour en donner. 

(Rires)

E3 : Au fait, c’était juste pour savoir, là nous sommes dans les bureaux de Com N’ Work…

M.O : Oui, tu connais un peu ? 

E3 : Non justement, c’était pour savoir si vous travaillez avec eux ou… ?

M.O : Oui, en fait ici, c’est une espèce de co-working. C’est un grand lieu de travail où il y a plusieurs entreprises qui viennent travailler ensemble. On loue tous une partie des bureaux, par exemple moi j’ai la pièce de derrière ; là il y a une autre boîte, dans l’entrée vous avez vu des gens qui travaillent. C’est pareil, ce sont des indépendants qui bossent. J’ai mon bureau ici, mais oui je travaille aussi avec eux car ce sont des clients. 

E1 : Et l’ambiance générale ? 

M.O : Ici, très bonne. Très bonne car ce sont des jeunes, et que c’est surtout sur le Web. Donc on… 

E1 : Il y a des points en communs…

M.O : … Il y a des points en communs, on se donne beaucoup d’idées. Rien que ce matin, il y en avait un qui était là avec des petits yeux et qui me disait : « Regarde ce que j’ai trouvé ! » (Rires) Il y a toujours un peu d’émulation tu vois, qui est intéressante. Et puis même, il y a du business qui se fait entre nous. Ils ont des clients que moi je ne peux pas prendre, que je donne à quelqu’un d’autre… Des choses comme ça. 

E4 : D’accord… Donc pour résumé, si nous comprenons bien, vous faites globalement de la publicité pour Facebook et pour des entreprises ? 

M.O : Alors… En fait je travaille qu’avec des entreprises. Et pour elles, je mets des publicités sur Facebook, Instagram, Snapchat, et Linkedin. 

E4 : Très bien…Alors ce sera tout. 

M.O : J’ai été clair, vous avez bien compris ? 

E1/E2/E4 : Oui.

E3 : Oui, parfaitement.

E1 : Merci beaucoup, merci de nous avoir accueilli et de nous avoir accorder de votre temps. Dès que la retranscription sera faite, nous vous enverrons un exemplaire pour que vous puissiez la modifier et la valider. 

M.O : Très bien. 

E1/E2/E3/E4 : Merci. 

M.O : De rien. 

Le contact étant bien passé, nous avons pu échanger avec Maxime hors interview.  
Nous lui avons envoyé par la suite la retranscription de l’interview, suite à laquelle il a pu modifier certains passages et valider définitivement la retranscription. 
Nous le remercions une fois de plus pour son professionnalisme, sa gentillesse, qui a rendu l’entretien agréable et enrichissant. 

Ainati SAID-HALIDI, Guillaume GIBERT, Kamaria HAMZA, Chiara PHAM GIA

L1 Montpellier Entretien Groupe 2


INTERVIEW CHARGEE DE COMMUNICATION-ASSOCIATION ATTITUDE

mardi 20 novembre 2018

Interview

Retranscription de l’interview de Youcef RAFIK, journaliste sportif du journal Onze Mondial

mardi 20 novembre 2018

Le Journaliste sportif moderne

 

L’entretien avec le journaliste sportif Youcef RAFIK s’est déroulé à Paris, le 2 novembre 2018, dans les locaux de Onze mondial (Boulogne-Billancourt, 92), le magazine pour lequel il travaille. L’entretien a été enregistré et filmé avec l’accord de celui-ci. L’entretien a duré 52 minutes. Malheureusement, seuls deux membres du groupe ont pu mener et assister à cette interview: Illan Boucaut et Mohamed Diarra.

 

Illan: Bonjour, on se présente: je m’appelle Illan, voici Mohammed. Nous sommes étudiants en 1ère année de licence Information-Communication à l’Université Paul Valéry 3 à Montpellier. Aujourd’hui nous allons vous interviewer afin de faire découvrir à notre classe votre métier : journaliste sportif, un peu plus précisément que ce que l’on peut trouver sur internet ou dans les magazines, à travers votre expérience etc. Je tiens à vous préciser que cette interview sera filmée afin que l’on puisse observer nos langages paraverbaux. Il sera enregistré à l’aide d’un dictaphone afin que nous puissions retranscrire cette interview qui sera publiée sur un blog, sous votre accord.

 

Rafik Youcef :Pas de soucis, ça marche.  

 

Illan/Mohamed : Merci d’avoir accepté de nous recevoir. On va commencer par une première question : si vous pouviez vous présenter et nous présenter le journal ONZE MONDIAL.

 

Rafik Youcef : Je m’appelle Rafik Youcef, je suis journaliste pour le magazine Onze Mondial du coup. On a un magazine et un site internet. Le magazine Onze Mondial, c’est un magazine mensuel, c’est-à-dire qu’il sort tous les premiers jeudis du mois, c’est un magazine qui existe depuis plus de 40 ans, depuis 1976. Il y a eu une petite période où il est passé en trimestriel, il y a 3-4 ans mais ça fait déjà 3 ans qu’on est repassé en mensuel.

En principe, on peut dire que la ligne éditoriale du magazine tourne beaucoup autour de plusieurs axes : on a une partie qui va présenter les nouveaux talents de demain, qui s’appelle «TURFU». Ensuite, il y a la couverture du magazine qui est souvent faite d’un joueur, (« une star » ), un joueur important de notre championnat en France, ou un joueur important européen ; par exemple sur ce numéro là, on a Florian Thauvin, qui est le joueur phare de l’Olympique de Marseille. Le numéro d’avant, on avait Benjamin Mendy et Riyad Mahrez en “interview croisé”, qui sont deux bons joueurs de Manchester City.

Parfois il nous arrive de ne pas avoir de joueur en interview pour des raisons diverses comme l’emploi du temps, les trêves internationales, ou pleins de petites choses qui font que ce n’est pas possible. Du coup, comme sur le numéro précédent où on avait pas de joueur interviewé, on a fait un sujet autour de la Serie A et on a mis en avant le championnat à travers des petites photos et des trucs assez graphiques. En général, quand c’est un joueur qui est en couverture, c’est un shooting photo qui est réalisé par la rédaction Onze mondial, avec des photographes professionnels. Ensuite on peut retrouver aussi pas mal de voyages, c’est-à-dire que c’est des papiers (sic)  qui sont réalisés à travers le monde par nos journalistes pigistes. On a pu avoir dans ce numéro-ci, un sujet à Astana, c’est un club, si je ne me trompe pas, qui se trouve au Kazakhstan. C’est une personne, un envoyé spécial qui se trouve sur place et qui nous propose ses services : ces pigistes sont payés au papier. Donc, vu qu’il était au Kazakhstan et que Astana est un club un peu spécial dans cette région du monde, qui affronte en plus le Stade Rennais en Europa Ligue, il y avait un lien avec la France.

On peut aussi avoir un sujet en Argentine sur une présidente, qui est la première présidente élue dans un club. On a différents sujets, dans chaque numéro. On fait aussi un  « VIP », qui en général est un chanteur, rappeur un peu à la mode parce qu’on a une cible assez jeune et qui est située dans les 15-35 ans. Sur ce numéro, on a avait Soprano, sur celui d’avant, MHD.

On inteviewe des personnes qui touchent une cible un peu plus élargie: on ne s’arrête pas qu’au foot même si les questions tournent autour du foot. On a les interviews, les voyages à travers le monde et la rencontre avec des gens hors football comme Soprano. Voilà à quoi ressemble un peu notre magazine. Ces articles là, sont relayés sur nos réseaux sociaux et des extraits de ces articles sont publiés sur des sites internet pour attirer le lecteur. Aujourd’hui, Internet est un acteur très important pour la presse papier parce que les gens consomment de plus en plus sur internet. On est disponible sur les applications comme E-press, le Kiosque etc, qui permettent de lire le magazine en ligne, en PDF. Le magazine compte environ 15 000 abonnés, il est tiré entre 35 et 45 000 exemplaires, il est vendu 4,50€ en France, un peu en Belgique, en Espagne, au Portugal et Outre-Mer.

Illan : Je vais rebondir sur un des propos que vous avez eu : vous me dites que le magazine existe depuis les années 70 environ et qu’il y a 3-4ans, il est passé en trimestriel, pourquoi ce changement de mensuel à trimestriel ?

 

Rafik Youcef : Il y a eu ce changement parce qu’il y a eu des “racheteurs” qui voulaient tenter une nouvelle formule, c’est-à-dire : on est passés en trimestriel, et le magazine faisait entre 200 et 250 pages. Ils avaient l’idée de faire quelque chose de costaud et à la fois rare : lorsque tu passais en trimestriel, il y avait que 4 numéros par an, ils voulaient essayer quelque chose de différent, chose qui n’a pas forcément marché puisque quand on passe de mensuel à trimestriel, on est forcément moins présents dans les kiosques. On est présents que 4 fois par an, du coup, les gens nous voient moins et ils achètent moins. On a ensuite été rachetés une nouvelle fois par le groupe Horizon Média. Le nouveau propriétaire a voulu repasser en mensuel pour être plus présent. Quand on est présent 10 à 12 fois par an, il y a une grosse différence. La pagination s’est réduite et on est passés à 100 pages.

 

Illan : Le groupe Horizon Média dont vous parlez possède d’autres magazines ?

 

Rafik Youcef : On a pas d’autre magazines mais on possède un site de voiture : Auto-News,

on possède également un site Lifestyle: Mens’up.

 

Illan : Il y a un partenariat assez étroit entre le groupe de voiture, le lifestyle et le magazine ?

 

Rafik Youcef : Il y forcément des synergies. Dans le magazine, il y une ou deux pages dédiées aux voitures, écrites par la rédaction d’Auto-News, il y a 6 pages « lifestyle » écrites par la rédaction de Mens’up, où l’on décrypte le look des footballeurs, les tendances.

 

Illan : Cela permet donc d’élargir les cibles ?

 

Exactement, élargir les cibles et concerner toutes les rédactions qui appartiennent au groupe.

 

Mohamed : Comment vous êtes-vous dirigé vers cette voie et quelles sont vos motivations ?

 

Rafik Youcef : J’ai joué au foot jusqu’à mes 19-20 ans à un bon niveau. J’ai toujours voulu travailler dans le football. Au-delà de faire du journalisme, je voulais travailler dans le football.

Il y avait plusieurs possibilités sachant que j’ai réalisé que je pouvais pas jouer au niveau professionnel : devenir agent, travailler en tant que conseiller d’image, dans le marketing sportif, journaliste. J’avais plusieurs idées en tête. Comme j’ai joué pas mal d’années au foot, j’avais déjà pas mal de contacts ; cela s’est fait naturellement, j’étais toujours intéressé par le foot, je suivais toutes l’actualité, les petits championnats, en Grèce ou division inférieure.

Je me suis donc dit : « pourquoi pas devenir journaliste ? »

 

J’ai fait un BTS communication en alternance, à Audisport, un média web qui publie un journal par semaine et qui est devenu mensuel. J’y suis resté un an et demi, j’ai découvert le métier, j’ai pu faire mes premières interviews, j’ai pu apprendre à monter des vidéos, à écrire des articles, écrire tout simplement. Le contact avec des professionnels permet d’apprendre les bases : comment mener une interview ? Comment écrire un papier ? Quel temps utiliser ? Ne pas changer de temps quand on écrit un papier : quand on commence un papier avec le présent, il faut garder le même temps, il faut avoir une structure.

À la fin de mes 2 années, j’ai pu obtenir mon BTS communication. J’ai pris goût à être dans des rédactions, j’ai arrêté l’école. J’ai fait deux stages de 6 mois: en me mettant dans la situation, j’allais progresser plus rapidement. C’était un choix pour acquérir de l’expérience ,pouvoir avoir plusieurs lignes à mon CV.

Mon premier stage était à Foot 365 : c’est un site internet qui parle de l’actualité du football. À l’époque, il avait une assez grosse audience, il était très suivi. J’ai pu y découvrir les réseaux sociaux. Je m’occupais de Twitter et Facebook en tant que stagiaire. J’ai fait des petites interviews. Ils avaient une chaîne TV, j’ai pu apprendre comment se déroulait une émission, une régie, les lumières etc…

J’ai pu faire les fiches de certains présentateurs. Des petites choses qui étaient intéressantes. Après, j’ai fait un autre stage de six mois à Onze Mondial où c’était différent parce que, pour Foot 365, c’était un média web et TV, alors que là, c’était un média papier. J’ai pu découvrir le fonctionnement d’un magazine. « Un chemin de fer » est le corps du magazine. Avant chaque publication de magazine, on se réunit lors d’une conférence de rédaction et chaque journaliste présent donne une idée, un sujet, puis on débat sur la pertinence ou non de ces sujets et c’est le rédacteur qui va valider tel ou tel sujet.

Une fois que le rédacteur en chef donne son accord pour les sujets, il fait son chemin de fer, exemple : il va consacrer les premières pages aux publicités, au sommaire et à l’édito, puis les dix pages suivantes à Florian Thauvin, puis les pages suivantes seront destinées à Astana etc…

Cette procédure est faite sous forme d’Excel: il y aura 100 petites cases remplies de différents sujets. Voilà comment est tenu un magazine et les voyages.

Comment on organise une interview? Avant d’arriver à Onze mondial, je ne faisais que des interviews par téléphone. J’ai pu découvrir ce que c’était une interview face à face. Comme rappelé précédemment, on découvre comment la personne réagit. Au téléphone, on ne retrouve pas ce feeling, on n’a pas les expressions du visage et des mains.

Mon stage à Onze Mondial s’est d’ailleurs très bien déroulé mais malheureusement, il n’avait pas la possibilité de m’offrir un contrat parce qu’il était difficile d’offrir des contrats à quelqu’un qui sort de l’école. Dans le journaliste footballistique, il y a beaucoup de demande et très peu d’offre, c’est un secteur assez concurrentiel.

J’ai donc dû reprendre l’école après mes deux stages de 6 mois. J’ai fait une licence Information Communication à l’Université Paris 8 et durant les cours, j’ai à nouveau effectué un stage d’un an à Onze mondial, à mi-temps cette fois-ci: 3 jours de cours et 2 jours à Onze mondial, c’était une sorte d’alternance. Pendant toute l’année, j’ai pu découvrir de nouvelles choses en cours, qui ne m’intéressaient pas forcément, mais c’était agréable de découvrir la psychologie de la communication: c’était un petit bagage en plus.  Il y avait également des cours de sémiologie, pour comprendre l’origine des mots. En parallèle, je faisais mes interviews et voyages. J’ai obtenu ma licence; on a été rachetés à ce moment là. Les nouveaux “racheteurs” ont repris le magazine puis j’ai été engagé en CDI. Je suis en CDI à Onze mondial depuis 3 ans, et j’y suis depuis 4 ans.

 

Illan : Lorsque vous parliez de votre stage à Foot 365, vous avez dit que vous aviez gérer les réseaux sociaux. Est-ce que ça pourrait être comparable à une formation de Community Manager ?

 

Rafik Youcef: Exactement

 

Illan : Pensez-vous que vous auriez les capacités pour être un potentiel community manager, maintenant ?

 

Rafik Youcef : Oui, je pense pouvoir mais aujourd’hui, j’ai 25 ans, on est dans l’ère des réseaux sociaux, on a grandi avec, donc on sait un peu les manier, ce n’est pas quelque chose de très compliqué. Il faut juste savoir que l’on peut pas tout faire à la fois, cela prend du temps. Il faut être très impliqué dans sa tâche. On ne peut pas être à la fois journaliste et community manager, c’est un métier qui prend beaucoup de temps et qui demande beaucoup d’implication. Il faut être « à la page 24h/24 », puisque les événements se déroulent rapidement. Un post Twitter a une durée de vie de 30 minutes. Dans la time-line des gens, cela paraît très « speed » (sic), un post Instagram et un post Facebook sont un peu différents. Chaque réseau a sa spécificité, il faut savoir tous les maîtriser. Il faut être sur les réseaux à plein temps. En plus aujourd’hui, il faut ajouter Snapchat. Finalement ce n’est pas simple.

Parfois, dans certaines rédactions, comme j’ai connu à Onze mondial, il faut être journaliste et community manager, on devait nous même partager nos articles sur les réseaux sociaux. Puis, très rapidement, on s’est rendu compte que ce n’était pas viable à long terme. On avait besoin de quelqu’un qui s’occuperait de cette tâche au quotidien, parce que c’est un suivi au quotidien, minute par minute, heure par heure.

Finalement, nous avons recruté un community manager qui s’appelait Aya. Depuis son arrivée, nous avons gagné beaucoup de followers (sic) parce qu’il s’occupait de cette tâche à plein temps. Avant, on s’en occupait comme on le pouvait et par conséquence, le travail n’avançait pas. Aujourd’hui, pour qu’un article soit vu et relayé, c’est très important d’être présent sur les réseaux, de suivre le bon visuel qui correspond.

 

Illan : Concernant l’essor des nouvelles technologies, est-ce que vous, votre métier en tant que journaliste sportif a changé ?      

 

Rafik Youcef : Bien sur dans le sens où moi, je suis journaliste, sur le magazine et le site internet, c’est moi qui fait quasiment toutes les interviews, presque à 98%. Je fais toutes les interviews de tous les joueurs. Aujourd’hui, il faut toujours être « connecté », les joueurs sont très présents sur les réseaux. A l’époque, si tu n’avais pas le numéro des joueurs, tu ne pouvais pas travailler. Aujourd’hui, tu n’as quasiment pas besoin du numéro du joueur, on échange beaucoup sur Instagram , en messages.

Du coup il faut montrer que tu réalises des choses de qualité. Si on est amenés à solliciter un joueur sur les réseaux sociaux, il doit pouvoir voir la qualité de ton travail: on va prendre un exemple pour les jeunes. Claudio Gomes, qui sera intégré dans notre partie sur les jeunes qui s’appelle “Turfu”. Lorsque j’envoie un message à Claudio Gomes pour lui proposer une interview, il aura au préalable vu que trois de ses amis, comme Rafik Guitane, Aurélien Tchouameni ou Enzo Loiodice (4) ont déjà accepté et effectué une interview, il aura alors lui aussi l’envie de la faire. On crée de l’envie à travers les réseaux sociaux, avec des photos et du relais entre les gens. C’est important  de partager son travail sur les réseaux sociaux pour faire une auto-promotion. Une chose au départ que je n’avais pas trop l’habitude de faire parce que cela prenait un peu de temps et que c’était un peu « chiant » (sic). On m’a incité à le faire, et plus je le faisais, plus je me rendais compte de son importance.

 

Mohamed : Lorsqu’on devient journaliste, est-ce qu’on le devient directement après ses études ou on est obligé, comme vous, de faire des stages?  

Rafik Youcef : Après quand on est stagiaire (sic), quelque part on est aussi journaliste puisqu’on a une formation de journaliste, mais sans l’être pour autant. On ne peut pas dire « oui » je suis journaliste mais on peut déjà dire qu’on est apprenti journaliste dans le sens où, on est dans une rédaction: je  prend l’exemple de «Onze Mondial». Le stagiaire qui arrive a la même importance que moi, qui suis en CDI. Je veux dire que si le stagiaire est motivé, qu’il veut participer et réaliser des choses, il peut les faire. Par contre, si le stagiaire s’assoit et se contente de faire ce qu’on lui dit de faire, qu’il ne fait pas de propositions, qu’il n’apporte pas des idées et qu’il ne montre pas qu’il est là alors il va faire son stage tranquillement. On a un magazine qui sort tous les mois. On a un site internet, il y a un certain rythme. Parfois, on ne peut pas forcément s’occuper des stagiaires, comme un enfant, c’est le monde du travail. Il faut que le stagiaire, lorsqu’il arrive dans une rédaction, montre qu’il a envie, qu’il a « faim » (sic) et qu’il veut se faire sa place.

Moi, c’est ce que j’ai fait lorsque je suis arrivé en tant que stagiaire ici. La première conférence de rédaction, j’ai proposé différents sujets, j’avais plein d’idées et puis, au fil du temps, j’ai pu participer au magazine de manière importante. Donc oui, quand on sort des cours, on est tout de suite journaliste, même pendant les cours, on peut être tout de suite journaliste en s’intéressant et en écrivant des papiers. Comme en ce moment, lorsque votre professeur vous envoie en interview, vous êtes journalistes. Mais après, c’est sûr que dès que tu sors de l’école, tu n’auras pas de contrat, tu ne vas pas gagner énormément, tout ce que l’on raconte n’est pas vrai, surtout dans le foot. Pour obtenir un contrat, tu seras obligé d’être d’abord stagiaire, ensuite tu seras pigiste et ensuite si ta pige se déroule bien, tu auras un contrat. Après, si je parle de ça, c’est ce que j’ai connu. Maintenant, d’après ce que je vois au quotidien, les gens qui cherchent du travail, ne trouve pas un contrat directement mais peut être que pour toi, cela se passera bien. Mais en général c’est un stage, une pige et un contrat.

 

Illan : Pigiste, ça consiste à quoi en fait ?

 

Rafik Youcef : Un pigiste n’est pas relié à une rédaction. C’est vrai qu’il y a eu une petite partie où moi aussi j’ai été pigiste. J’ai pu faire des piges pour le site internet de «Téléfoot», pendant l’Euro 2016. En fait, tu es utilisé de manière ponctuelle pour une tâche donnée. Par exemple, quand j’étais en pige pour «Téléfoot»,  je devais venir pendant l’Euro 2016, à la rédaction et je n’étais pas rattaché à celle-ci, j’étais une personne extérieure qui proposait ses services. J’étais, entre guillemets, un auto-entrepreneur, donc je faisais des aller-retours à la rédaction. J’avais des horaires qui étaient de 9h à 17h.

Et de 9h à 17h, on me demandait d’écrire dix papiers de 1500 caractères autour de l’Euro 2016. C’était des résumés de matchs, soit c’était des présentations de joueurs, ou encore des portraits, présentations d’équipe, présentations d’entraîneurs, note des joueurs, des petites choses comme ça. Lorsque tu es pigiste, tu n’es pas sous contrat, c’est-à-dire que tu peux être pigiste à la fois à «Téléfoot», à «Canal+» et à  « Télé-loisirs » . C’est toi qui réalise ton emploi du temps. Si, un membre de «Téléfoot» a besoin de toi lundi, mardi et que le gars (sic) de «Télé-loisir» a besoin de toi le mercredi et que le gars de «Canal+» a besoin de toi jeudi et que le gars de «Picsou magazine» (sic) a besoin de toi vendredi, alors tu auras gagné tes semaines. En fait tu construis tes semaines comme t’en as envie et surtout comme eux en ont envie si ils font appel à toi.

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : Donc voilà grosso modo le métier de pigiste, c’est un métier de journaliste externe, c’est-à-dire que tu n’es pas sous contrat avec la rédaction mais t’es là pour des choses bien précises.

 

Mohamed : D’accord.

 

Illan : Alors moi je reviens sur la question précédente, alors on ressent beaucoup, de volonté dans vos paroles, beaucoup d’investissement quand vous dites que vous êtes arrivé ici et que vous vouliez vraiment décrocher votre job.

 

Rafik Youcef : Hum. (sic)

 

Illan : Vous n’avez pas fait d’école de journalisme c’est ça ?! Vous avez fait un BTS Com’ et une licence d’information-communication?

 

Rafik Youcef : Oui.

 

Illan : Vous considérez-vous défavorisé par rapport à quelqu’un qui sort d’une école de journalisme ?

 

Rafik Youcef : Non pas du tout, ce qu’il faut savoir c’est qu’il y a même des gens qui ont fait des licences en histoire ou autres choses, plein d’autres choses qui ont fait journaliste. « Journaliste » (sic), il ne faut pas forcément faire une école. Aujourd’hui, les écoles de journalisme, la plupart d’entre elles prennent un bac+3. Celles qui prennent à la sortie du baccalauréat sont des écoles payantes, ça représente 6 ou 7, 8000 euros l’année, ça veut dire que lorsqu’on fait trois années, au final, on s’en sort avec 24 000 euros. 24 000 euros c’est quand même une somme assez importante. Moi, je n’avais pas les moyens d’avancer de tels frais surtout si à la fin de ces trois années, où tu payes 24 000 euros, on termine avec une formation de journaliste mais on n’est pas sûr de devenir journaliste. Après, personnellement, je pars du principe que l’école en France, c’est gratuit. J’ai préféré faire un BTS et puis après une licence et entre guillemets, me «démerder» (sic) avec des stages, apprendre sur le terrain puisque je pense qu’il n’y a pas mieux que la pratique. Après c’est sûr, qu’au départ, il y avait des bases que je n’avais pas mais que j’ai appris en faisant des stages et en côtoyant des journalistes professionnels qui m’ont accompagné. Je les ai sollicité pour qu’ils m’accompagnent et pour qu’ils m’aident. Et il faut savoir que quand tu es demandeur et que tu montres de la volonté, en général, les gens peuvent t’aider. C’est pas obligé mais ils peuvent et c’est ce qu’il s’est passé tout simplement. Donc, j’ai plus appris sur le terrain.

 

Mohamed : D’accord mais du coup dans le métier de journaliste, il y a une insertion professionnelle qui est difficile quand même ?

 

Rafik Youcef : Ouais, je pense qu’elle est, elle est à la fois difficile et facile puisqu’elle est facile si on s’en donne les moyens…

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : …et difficile si on attend les choses. Mais je pense que ça c’est la même chose partout.

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : Si tu veux vraiment faire quelque chose, tu vas au bout et si tu penses que les choses vont venir vers toi, alors tu vas galérer jusqu’au jour où tu comprends qu’il faut y aller. Donc voilà tout simplement.

 

Illan : D’accord.

 

Mohamed : J’ai une autre question, par rapport au Onze Mondial, vu que je parle en conscience de moi-même, en cause de moi-même pardon (sic). J’aimerais bien m’inspirer de votre parcours, c’est-à-dire à faire des stages…

 

Rafik Youcef : Ouais ?

 

Mohamed :Et je me demande si, par exemple, je me lève et je me dis : «voilà, j’envisage de devenir journaliste, je vais aller proposer mes services à «11 Mondial», est-ce qu’ils acceptent les stagiaires ou il faut faire un recrutement ?

 

Rafik Youcef : Non, on prend. Pour ma part, je reçois beaucoup de messages sur les réseaux sociaux et je renvoie vers notre rédacteur en chef, et voilà ce qu’il se passe: il répond à tout le monde pour les stages, ensuite, on reçoit beaucoup de candidatures spontanées de personnes qui recherchent des contrats ou des contrats en alternance, ça c’est un peu plus compliqué à avoir…

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : … Puisque ça demande un peu plus de frais, et que ça demande du budget. Souvent on n’a pas de budget pour ça puisque l’équipe est déjà un peu définie depuis un moment et puis on est une équipe assez jeune. Du coup, les membres sont un peu sur leur faim et ils ne risquent pas d’arrêter tout de suite. Et donc on reçoit des demandes de stage et alors ce qu’il se passe, c’est qu’on peut les recevoir, le rédacteur en chef les reçoit, ils font un petit entretien rapide. La personne peut lui expliquer ce qu’elle veut faire, ensuite il se présente. Le stagiaire est laissé seul ici, dans la salle et il doit écrire un article avec un stylo et une feuille blanche. Pour savoir un petit peu comment il écrit, connaître son niveau. Bien sûr, pas sur un ordinateur parce que sur un ordinateur, il y a les correcteurs de fautes. En fait, c’est pour avoir une idée son niveau, l’orthographe est quand même important. Même si, lorsque je suis arrivé, je faisais énormément de fautes, on m’a laissé mais, on peut dire que j’ai eu de la chance sur ce coup là, je faisais énormément de fautes donc ce n’est pas non plus très grave au départ de faire des fautes. On s’améliore tous mais il ne faut pas non plus que ce soit trop catastrophique puisque que lorsque tu es pris en stage à «Onze Mondial», comme je te le disais, t’es un membre à part entière de la rédaction. C’est à dire que tu es sur le back-office du site internet. Les back-offices, vous savez ce que c’est? C’est l’endroit où tu rentres ton article pour qu’il soit publié sur le site internet. Pour faire un back office, il faut que tu rentres le titre, le chapeau, le synopsis de l’article..

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : …ensuite tu rentres ton article, la photo, ensuite tu dois mettre des liens dans l’article. Tu sais, il y a plein de petites choses à régler, à gérer. En général l’information sort d’un back-office dans une petite journée. On s’habitue à force de l’utiliser. Après, le stagiaire est tout seul face à son back-office et face à ses idées et donc il doit écrire ses articles. Ensuite, avant d’être écrit, sur les deux premières semaines, les articles sont relus et validés par le rédacteur en chef et juste au départ pour vérifier qu’il a bien compris le fonctionnement du back-office, comment publier un article. Et ensuite, le stagiaire est face à sa responsabilité. Lorsqu’il publie, il publie seul et il prend les responsabilités. Du coup, si on laisse un stagiaire seul sur l’article, sur le site internet et puis par la suite, il s’avère qu’il a écrit n’importe quoi, avec plein de fautes, c’est embêtant. C’est pour cette raison qu’en amont, on mène une sorte de mini entretien, on lui fait faire un petit article pour être sûr qu’il écrit bien.

 

Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : Et oui, en général toutes les rédactions sont demandeurs de stagiaires parce qu’un stagiaire, comme je vous le disais, c’est un membre à part de la rédaction, il est là pour apprendre. C’est un jeune et on va se dire la vérité, au niveau des rédactions, il ne coûte pas cher. Et s’il a envie d’apprendre alors il va progresser et puis s’il fait ses preuves alors il va réussir à rester en pige ou sous contrat, c’est ainsi que ça se passe.

 

Illan : D’accord. Et du coup quel conseil donneriez-vous à un étudiant comme nous en licence Information Communication afin de réussir, que ce soit en stage ou ensuite, réussir dans votre voie de journaliste sportif ?

 

Rafik Youcef : Je dirais qu’il faut faire des stages, multiplier les expériences professionnelles, ne rien négliger et multiplier les rencontres. A part ça, on peut créer son réseau, ne pas hésiter à aller vers les gens aussi et si on est timide et qu’on reste dans son coin et bien, ça pose problème car on ne peut pas se faire connaître et se faire connaître, c’est un petit peu ce qu’il faut faire, c’est simple. C’est juste ne pas être timide, aller vers les gens et beaucoup lire aussi, des articles différents. Se créer un style d’écriture et beaucoup écrire aussi. Bien gérer les mises en situation lorsque les professeurs vous demandent d’écrire des papiers, des articles, aller vers le professeur. Voilà, parce que vous vous êtes encore à l’école, aller vers le professeur le, leur demander certaines méthodologies et bien les respecter…

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : …puis après quand vous êtes en stage, aller vers les journalistes qui sont dans la rédaction, leur demander des conseils, des astuces, des outils, se donner les moyens tout simplement . Mais à dire c’est pas compliqué, mais à faire souvent c’est plus dur et pourtant il ne faut pas hésiter à solliciter le journaliste. Des fois, on a l’impression qu’on dérange quand on va voir l’autre : «ouais, est-ce que tu peux m’aider sur ça » (sic) mais il faut y aller. Et même si il te dit, oui, on s’en occupe demain, il ne faut pas attendre sur sa chaise que le lendemain il revienne vers toi. Tu dois aller le solliciter à nouveau le lendemain et dire qu’aujourd’hui, tu as dit qu’on allait revoir ensemble l’article, que tu allais me donner des astuces. C’est ainsi que ça marche.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youssef : Mais si le gars il dit : «on voit ça demain» et si tu vois que le lendemain il n’est pas revenu vers toi et que toi tu dis «bon beh si il revient pas, normal, je reviens pas vers lui» alors c’est toi qui sera perdant au final, tu vois..

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Donc ne pas hésiter à solliciter les gens et ne pas hésiter à créer du contact et faire de nouvelles rencontres.

 

Illan : D’accord, une question ?

 

Mohamed : Vas-y.

 

Illan : Du coup, en plus d’avoir une bonne culture, attendez, je vais vous poser une première question déjà. Vous avez une bonne culture du coup logiquement, dans le monde du football mais avez-vous aussi une bonne culture sportive générale ou pas ? Enfin, est-il nécessaire d’avoir une bonne culture sportive générale afin de…

 

Rafik Youcef : Oui c’est nécessaire parce que tu peux être journaliste pour autre chose, pas que pour du foot. Après ça dépend si toi tu ne veux bosser que dans le foot toute ta vie alors tu te formes au foot et si tu trouves pas de contrat dans le foot, comment ça se passe, comment tu fais ? Tu arrêtes, c’est-à-dire tu travailles pas, soit tu arrêtes tu travailles pas et tu décides de faire vendeur chez Zara (sic), soit tu acceptes d’aller faire autre chose et d’être journaliste dans la moto ou dans le tennis ou même, un journaliste politique. Pour ma part, je sais que c’était journaliste sportif, pas autre chose. Comme, par exemple, je n’aurais pas pu me diriger vers des sujets comme la voiture.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : J’aurais pu aller intégrer la rédaction de «Téléfoot» en pige ou après, on voulait me garder en contrat mais il fallait que je sois journaliste à la fois «Téléfoot» et “Auto moto”, mais sauf que je ne voulais pas parce que je ne connaissais pas l’auto ni la moto, je ne voulais pas le faire. Alors je n’ai pas pu intégrer leur rédaction mais bon, ce n’était pas très grave, je m’en «foutais» (sic) mais c’est juste parce que je savais ce que je voulais faire mais d’autres, parfois n’ont pas le choix et sont obligés de rester à travailler. Exemple, tu vas rentrer chez l’Équipe, tu vas peut être t’occuper pendant “x” temps (sic) de la rubrique «ski » que tu n’aimes pas du tout mais t’es obligé de passer par là pour après intégrer la rubrique «Foot»…

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Donc plus ta palette est large, plus tu as de chance d’entrer dans les rédactions. Après, si tu veux te consacrer qu’au foot c’est risqué, c’est périlleux.

 

Illan: Je vois.

 

(…)

 

Mohamed : J’y vais ? Alors, est-ce que vous avez déjà voyagé afin d’acquérir de l’expérience ? Et, de rencontrer de nouvelles personnes afin d’acquérir de nouvelles techniques pour écrire ?

 

Rafik Youcef : Non, moi j’ai voyagé, après le bac. Je suis parti vivre neuf mois à Los Angeles, alors ça c’était plus pour travailler mon anglais mais c’est important dans le métier de journaliste. Après, voyager pour rencontrer des professionnels du métier, non mais voyager pour réaliser des interviews, aller chez les joueurs, aller dans les clubs, dans les stades, oui j’ai déjà fait un certain quota de pays, donc voilà.

 

Mohamed : Et, par rapport à la langue, c’est nécessaire de maîtriser plusieurs langues…

 

Rafik Youssef : Ouais, c’est…

 

Mohamed : …notamment l’anglais, vu que c’est une langue internationale.

 

Rafik Youcef : Bien sûr, quand tu gères l’anglais, l’espagnol, c’est mieux puisque forcément quand tu es dans le foot c’est important comme ça tu n’as pas de limites, tu peux échanger avec tout le monde. L’anglais c’est une langue universelle. Moi, je sais que personnellement, j’ai vécu neuf mois à Los Angeles mais je parle pas très bien anglais non plus. Mais pourtant je me débrouille et je suis capable d’aller faire une interview. J’ai déjà pu aller en Allemagne faire des interviews en anglais avec des joueurs allemands. C’est toujours mieux aussi de parler l’espagnol, si je dois aller faire une personne en Espagne qui parle que espagnol, le mieux c’est que tu parles espagnol sinon pour faire une interview avec un traducteur ce n’est pas très agréable.

 

Mohamed : D’accord. (…) T’as une question ?

 

Illan : Ensuite, j’ai une question à vous poser. Voulez-vous évoluer, ou comment évoluer lorsqu’on est journaliste sportif ?

 

Rafik Youcef : En exemple, quand on est journaliste, fin, à terme on peut devenir rédacteur en chef par exemple… Tu peux passer de journaliste presse papier à journaliste télé, aussi. Il y a plusieurs perspectives d’évolution. Il y a des perspectives d’évolution qui n’ont rien à voir: par exemple le rédacteur en chef du «Onze Mondial» est passé directeur de la communication à Strasbourg, et il y a un autre qui est passé attaché de presse à La Presse Monaco. Il y a plein de passerelles dans tous ces métiers bien sûr.

 

Illan : D’accord, donc vous avez quand même une palette assez large de…

 

Rafik Youcef : Après, on évolue quand, j’y reviens, l’exemple de nouveau directeur de communication de la Fédération Française de Football était il y a encore six mois un journaliste à L’Équipe et il est passé directeur de la communication parce qu’il s’occupait pendant plusieurs années de l’Équipe de France. Il a noué des liens avec la Fédération, la Fédération lui a proposé d’intégrer leur staff, voilà il y a plein de passerelles bien sûr. Après c’est des choses qui se font pas en un an, deux ans, il faut plusieurs années de travail mais oui c’est possible d’évoluer, bien sûr.

 

Illan : D’accord

 

Rafik Youcef : Voilà, il y a des journalistes qui sont devenus agents ce qui veut dire qu’il y a plein de possibilités d’évolution, bien sûr.

 

Illan : Ok, merci. Votre métier de journaliste sportif, je sais pas si c’est différent lorsqu’on  travaille pour un journal hebdomadaire ou mensuel mais, que considérez-vous comme inconvénient et comme avantage ?

 

Rafik Youcef : A priori, oui (…), contrairement à un mensuel ou à un hebdomadaire, à un quotidien, il y a des différences, c’est le rythme de travail. Même si dans tous les cas, il est très élevé parce que dès que tu postes celui de mercredi ou jeudi, on est déjà dans le prochain. Faut déjà trouver de nouveaux sujets, parfois on marche par anticipation mais parfois on ne peut pas anticiper et comme on a un magazine mensuel, il faut quand même que ça colle un peu avec l’actualité.

 

Illan/Mohamed : D’accord.

 

Rafik Youcef : C’est à dire que s’il y a deux mois, on avait prévu de mettre en couverture Samuel Umtiti et qu’entre-temps Samuel Umtiti s’est blessé alors il ne rentre plus dans l’actualité puisqu’il ne joue pas et qu’il n’est plus trop disposé à parler dans la presse. Du coup, faut trouver toujours un plan A, un plan B, un plan C, un plan D. Il faut avoir plusieurs plans ou il faut toujours être en contact avec tous les clubs pour caler les interviews, que ce soit avec les clubs, avec les agents, les joueurs, toujours faire de la prospection on appelle ça. Donc c’est important puisque tu peux prospecter et proposer une interview à quarante joueurs, tu peux avoir zéro réponses positives comme tu peux en avoir quarante de positives et qu’à partir de là, il faut savoir gérer. Comment on fait ? Alors sur quatre, qui en ce moment, veulent parler sauf que nous, on va dire entre guillemets, on peut en mettre que deux, ça veut dire savoir jongler, savoir leur expliquer qu’eux, c’est mieux pour eux le prochain, établir des plans etc. Donc oui, ce n’est pas simple, après les joueurs, en ce qui concerne le football, on sait tous que ce n’est pas facile d’échanger avec eux, qu’ils sont très sollicités. Il y en a même qui sont très méfiants, ils ont peur et du coup ils ne veulent pas s’ouvrir facilement. Et dans ce cas-là, il faut les mettre en confiance, il faut être disponible et ça c’est important, être disponible. Comme l’interview que j’ai pu faire avec Benjamin Mendy le mois dernier . L’interview était le dimanche, j’ai été mis au courant le samedi à 20h: ça montre bien qu’il faut avoir un emploi du temps qui peut s’adapter à toutes circonstances et à tout moment puisque ça évolue très vite et très souvent. L’interview, elle peut avoir été prévue depuis trois mois, un jour et puis le jour J, elle est annulée. Il y a plein de circonstances qui peuvent interférer dans les plannings des joueurs et dans nos plannings à nous. Ils se passent pleins de choses tout le temps et du coup, il faut vraiment suivre le truc au jour le jour parce que ce n’est vraiment pas simple.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Être tout le temps disponible, oui. Après si tu es quelqu’un qui est rigide et qui veut, entre guillemets, bosser comme un fonctionnaire tous les jours entre 8h et 17h. Alors tu es sûr que tu ne vas pas faire grand chose dans ce métier là puisque le foot ça évolue. Pour le foot je parle, ça évolue trop rapidement et tu peux être appelé à (…(sonnerie notification téléphone)…). Ça peut être, comment dire, tu peux être appelé à trois heures du matin, personnellement je sais que ça m’arrive souvent, trois heures du matin le mec il m’appelle : «ouais, vas-y viens on relie l’interview aujourd’hui de nos joueurs. Là je suis disponible», c’est l’agent qui t’appelle : «je suis que disponible entre 2h et demie, 3h et demie du matin», les gars ils sont comme ça et si toi tu ne veux pas être disponible et tu ne veux pas faire des efforts alors il ne fait pas l’interview avec toi, il va la faire avec un autre journaliste qui sera prêt à le faire (sic). Il y a aussi pas mal de choses comme ça qui ne sont pas simples. Après toi, il faut que tu t’adaptes, le lendemain tu n’as pas besoin d’aller au bureau, tu dors mais oui il faut être très disponible.

 

Illan : D’accord. D’ailleurs vous avez parlé de confiance avec les joueurs, avez-vous souvent fait face à des joueurs ou des agents qui étaient assez réticents du coup à être interviewé, dans ce manque de confiance ?

 

Rafik Youcef : Bien sûr, bien parce qu’ils veulent faire très attention aujourd’hui la communication, la communication pour un sportif de haut niveau, c’est très important. C’est-à-dire qu’ils savent tous que leurs faits et gestes sont épiés et qu’ils ne peuvent pas se tromper dans ce qu’ils font. C’est quand même des personnages publics assez importants, c’est à dire une heure de communication peut leur coûter cher, peut leur coûter un compte avec leur image, ou peut leur coûter la remontrance de leur club, de leur entraîneur. Donc ils font très attention, ils sont souvent très réticents et ils réfléchissent pas mal de fois avant de dire oui et ils mettent beaucoup de temps souvent avant de dire oui…

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Parce que souvent des fois il faut avoir l’accord du joueur. Ensuite, après avoir eu l’accord du joueur, il faut avoir l’accord du club. Ensuite après avoir eu l’accord du club, il faut aussi  l’accord de l’agent, l’accord de la famille, ça dépend de l’ordre mais il y a beaucoup d’interlocuteurs et beaucoup de personnes qui donnent leurs avis donc plus de gens donnent leurs avis, plus c’est compliqué à faire valider. Et du coup ce n’est vraiment pas simple. Après, pour dans certaines situations le club dit non, ils refusent pendant plusieurs semaines et plusieurs mois mais si le club, le joueur a vraiment envie et qu’il fait sans l’autorisation du club, il s’expose à des problèmes. Et par exemple c’est ce qu’il se passe avec Florent Tobin lors de l’Olympique de Marseille, son club ne voulait pas l’interview sauf que lui il avait ressenti un besoin de parler, et du coup il a décidé de le faire sans l’accord du club et de par lui-même, il avait un message à faire passer, qui a été repris dans tous les médias donc voilà, il est content, c’est passé mais oui il faut avoir du caractère pour pouvoir s’exprimer sans le consentement du club, ou autre.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : Après tu as certains joueurs qui ne veulent pas prendre de risques et qui ne veulent que suivre ce que leur club leur dit et là c’est un peu plus compliqué, ou pas. Des fois ça simplifie les choses,  des fois ça les rend compliquées…

 

Illan : Je comprends.

 

Rafik Youcef  : Mais après ça dépend des cas de figure, des agents, des joueurs, après il y a des joueurs et des agents avec qui j’ai de très bons rapports et il y en a d’autres que je ne connais pas et du coup quand je les appelle, ils sont un petit peu réticents. Ensuite, tu leur fait un mail, tu leur envoie un exemple d’interview et après, une fois qu’ils ont un exemple d’interview, ils voient à quoi ressemble ton travail et puis après ils acceptent. Par exemple c’est ce qui m’est arrivé avec un joueur comme Ousmane Dembélé qui ne répond  pas à la presse, qui fait très peu d’interview. C’était un exemple en 2018, il a fait qu’une interview, ça remonte au Mondial. Pour ma part, ça faisait deux ans que je demandais une interview. Il voulait pas savoir, il ne répondait jamais ou quand il me voyait il me racontait une histoire, il me faisait tourner en rond etc. Donc quand tu parles avec le club, le club il dit : «nous on veut bien le faire mais le joueur il ne veut pas». Du coup tu es dans l’attente, tu es dans l’attente…

 

Illan : D’accord.

   

Rafik Youcef : …et là ce qui s’est passé, c’est que tu avais déjà pu faire un an auparavant, deux ans en 2016 Aubameyang, qui sont très copains, donc là quand c’est comme ça, t’essaye de faire jouer tes réseaux. J’ai appelé Aubameyang, j’ai demandé à Aubameyang de convaincre Ousmane Dembélé.

 

Illan : D’accord.

 

Rafik Youcef : ...puis après Aubameyang m’a dit «ok», je l’appelle tout de suite, il l’a appelé, il m’a rappelé, il m’a dit c’est bon Ousmane il est «ok» pour le faire, et là c’était «ok». Ensuite, entre temps Ousmane il te dit oui. Entre-temps c’est la fin de saison du coup, il devait vite aller en équipe de France, du coup on a dû reporter. Une deuxième fois, il y avait son transfert au Barça qui était en train de se jouer, on devait la faire, ça a été reporté. Une troisième fois, il s’est blessé, ça a été reporté. Quatrième fois, il s’est à nouveau blessé, c’était reporté. Et la cinquième fois, ça a été bon. Le truc c’est que ça a duré deux ans avant de le faire mais c’est comme ça…

 

Illan : Du coup, les contacts et la persévérance sont vraiment très importantes dans…

 

Rafik Youcef : Ah ouais, c’est vraiment très important, elles sont vraiment très importantes, faut être…

 

Illan : votre métier ?

 

Rafik Youcef : … très patient. Des fois, on a tous un égo, on a tous un caractère, alors des fois on veut se fâcher, les insulter, leur raccrocher au nez parce qu’on sent bien qu’ils ne veulent pas nous dire non mais ils nous font tourner en rond. Mais voilà, oui, il faut avoir de la patience, faut être très professionnel et, faut rester carré et à partir de là, les choses se font naturellement.

 

Illan : D’accord, ça marche.

 

Mohamed : Moi, j’ai pas d’autres questions.

 

Illan : Ok, du coup on fait un petit récapitulatif…

 

Mohamed : Oui, c’est ça.

 

Illan : … de tout ce qu’on a vu. Du coup, on a parlé tout premièrement du magazine «Onze Mondial» et de son partenaire, propriétaire. Ensuite on a retracé votre parcours scolaire, les stages que vous avez pu ensuite faire, stage professionnel et enfin, maintenant, votre CDI à «Onze Mondial». Et nous avons ,ensuite, exploité un peu plus profondément votre métier et avantages, et inconvénients de ce que représente le journalisme sportif et…

 

Mohamed : Et voilà,

 

Illan : C’est bon ça va ?

 

Mohamed : C’est bon.

 

Illan : Super, du coup nous tenons à vous remercier de nous avoir…

 

Rafik Youcef : Pas de problème.

 

Illan : …accueillie aujourd’hui et, je vous précise quand même que la retranscription on vous en enverra un exemplaire d’abord en PDF que vous aurez le droit de modifier si certaines choses ne vous plaisent pas et voilà, c’est tout.

 

Rafik Youcef : Y’a pas de soucis.

 

Illan : Donc merci beaucoup.

 

Mohamed : Merci.

 

Rafik Youcef : Merci à vous.

Nous remercions Rafik Youcef pour avoir pris le temps de nous recevoir et de répondre à nos questions. Suite à sa participation, nous avons pu recevoir des informations complètes concernant le métier de journalisme qui nous apportes une motivation à nous dirigés vers ce métier. L’entretien a été agréable, professionnel et enrichissant.

        

Illan Boucaut, Mohamed Diarra, Hakim Barnoussy, Malaurie Romero

Groupe 6           

 

Interview De Cécile Guyez, journaliste à la Gazette de Montpellier .

mardi 20 novembre 2018

Dans le cadre d’un travail incluant l’interview d’un professionnel de l’information et de la  communication, nous avons constitué une équipe de trois étudiants, pour réaliser une interview avec une Journaliste, Cécile Guyer, qui nous a accordé dix minuit ( 10mn), dans les locaux de la Gazette de Montpellier, à 10H.

N= Nous ;    C= Cécile Guyez.

N= Bonjour Cécile, merci de nous recevoir, nous sommes étudiants en information et communication à l’université Paul Valéry de Montpellier. Dans un premier temps nous aimerions enregistrer cette interview afin de transcrire  si vous êtes d’accord évidemment et publier sur le blog de l’université.

C= Oui bien-sûr.

N : Tout d’abord  pouvez-vous vous présenter ?

C : Je suis Cécile Guyez, j’ai 36 ans et je travaille pour le groupe Gazette depuis 2009, je suis journaliste rédactrice au service culture, j’ai commencé par la Gazette de Sète en 2009 et ensuite je suis venue dans les locaux de la Gazette Montpellier en 2015, donc je m’occupe de la danse, du théâtre, de toutes les informations culturelles de Sète et du bassin autour (Mèze, Frontignan…).

N : En quoi consiste globalement votre métier?

C : Comme on est cinq au service culture, on recherche des infos sur les spectacles à présenter dans la semaine, notre objectif c’est de présenter au lecteur un spectacle pour l’ inciter à aller voir quelque chose qu’il n’a pas forcément l’habitude de voir autrement, on sert un peu de radar pour livrer les spectacles en l’occurrence en théâtre, ou alors s’il y a des artistes qui sont importants, les faire découvrir à nos lecteurs. Pour cela on fait des interviews, on rencontre des gens sur le terrain, des structures culturelles. Et après il y a toute la phase d’écriture qui est aussi une technique qu’on apprend à l’école, le contact avec d’autres journalistes. On est un hebdomadaire, on publie une fois par semaine, le jeudi et on boucle le mardi, c’est-à-dire qu’on finit tous les articles qu’on doit rendre après en maquettes, c’est noté et envoyé en imprimerie le mercredi.

N : Sur quels supports travaillez-vous ?

C : Nous on travaille ici que sur papier et de l’autre côté, on a un autre établissement ou il y a une rédaction comprenant  trois employés, à faire que du web.

N : Au niveau de votre parcours scolaire, quelles études avez-vous suivies ?

C : Je suis historienne, j’ai un Master 1 d’Histoire contemporaine et après j’ai passé un concours a l’ESJ (Ecole Supérieure de Journalisme) de Lille qui propose des contrats pros, en alternance pendant 2 ans.

N : Comment ce cursus est-il envisageable ?

C : Les formations c’est avec bac +3, c’est le diplôme minimum qu’on demande pour rentrer en école de journalisme.

: Suite à ces études, comment s’est passé votre insertion dans le monde du travail ?

C : Je travaillais ici en fait, à la fin des deux ans de formation en alternance il y avait un jury, et dans le jury il y avait le patron de la Gazette qui m’a rappelée trois jours après pour venir bosser. Ça a été super simple alors qu’on m’avait dit : « tu verras, tu vas galérer ça va être compliqué». Il se trouvait que dans le jury il y avait un patron de presse qui cherchait quel qu’un donc on s’est trouvés au bon moment, mon profil l’intéressait parce que j’avais envie de travailler dans la culture donc c’est bien tombé en fait.

N : D’accord. Quels avantages et inconvénients pouvez-vous attribuer au métier de journaliste ?

C : Alors, les avantages, en tout cas dans la culture, car c’est ce que je connais le mieux, on rencontre des gens très intéressants parce que Montpellier et Sète sont des villes qui bougent beaucoup, donc c’est vraiment passionnant de rencontrer les gens, à la base je suis quelqu’un de très timide et le fait de pouvoir aller sur le terrain aide à surmonter certains traits de caractère qui sont pas forcément évidents.

Après j’adore écrire donc c’est très agréable de pouvoir écrire chaque semaine et puis la curiosité, être toujours en train de découvrir des choses c’est super.

L’inconvénient c’est qu’on n’a pas toujours le temps de faire ce qu’on voudrait faire à fond, on peut être également en désaccord avec des décisions de la rédaction en chef, mais surtout le temps qui manque pour creuser les sujets.

N : A votre avis, quelles sont les compétences et qualités qui font un bon journaliste ?

C : La première, c’est la curiosité, il faut toujours rester curieux, ne pas se lasser et la rigueur.

C’est-à-dire qu’une information transmise au lecteur doit être vérifiée, il ne faut pas que ça soit un potin, il faut avoir interviewé les gens, s’être référé sur des archives etc.

N : Par rapport à la vision que vous aviez de votre métier avant d’exercer, quelle image en avez-vous aujourd’hui ?

C : Elle correspond à ce que je m’en étais fait comme idée parce que dans ma famille il y a des personnes qui bossent dans la presse donc j’étais assez au courant de ce qu’il se passait, après on habite dans un pays où il est quand meme compliqué d’exercer le journalisme, il y a une pression, les grands entrepreneurs rachètent les journaux, c’est assez politique donc c’est inquiétant, même ici, en local on ressent la pression parce qu’on a un service commercial et on vit de la pub, il y a parfois des zones de conflit ou il faut résister « ah il faut faire un article sur machin parce qu’il a pris de la pub… » Mais on peut résister c’est faisable. (sourire).

N : Plus personnellement, quel avenir envisagez-vous au niveau professionnel ?

: La radio m’intéresse, alors on a tout un système de formation qu’on devrait tous utiliser pour s’enrichir car il y aussi une étape d’écriture avant l’antenne donc c’est une autre forme de journalisme qui me plairait bien en effet.

N : Pour finir, que conseillerez-vous aux étudiants qui veulent devenir journalistes ?

C : Alors persévérer, comme dans tous les métiers, mais c’est vraiment passionnant. Par contre on ne fait pas ça pour s’enrichir, c’est vrai que c’est encore dur parce qu’en plus les rédactions sont de plus en plus réduites.  C’est vraiment un métier passionnant pour rencontrer les autres, c’est aussi un outil de la démocratie donc avec des articles on peut éveiller des consciences et c’est important.

N : Merci Cécile, et bonne continuation.

C : Merci à vous et bon courage.

 

A Montpellier, Jeudi 15 novembre 2018

 

Réalisé par : Diané Yamoussa /Bravais Victor/Diarra Fatoumata ( Groupe7 )

 

Entretien avec Élodie Spagnuolo, responsable du service communication de la Carsat Languedoc Roussillon par I. Di Chiappari et M. Naassens

lundi 19 novembre 2018

 

Inès : Bonjour, nous sommes deux étudiantes en première année de licence Information et communication. Cette interview est menée dans le cadre de notre projet professionnel personnalisé. Nous souhaitons tout d’abord vous remercier du temps que vous nous accordez, cela sera très enrichissant pour nous deux. Avant de commencer, j’ai quelques questions à vous poser. Tout d’abord, vous êtes bien disponible pendant 1h?

Élodie Spagnuolo : Oui c’est ça, pas de problèmes. 

Inès : Très bien, acceptez-vous d’être enregistrée ? Nos questions ne sont pas intrusives, ne vous en faites pas, et cela nous aidera beaucoup au moment de la retranscription de l’entretien. 

Élodie Spaguolo : Ça ne me dérange absolument pas, je comprends ! 

Inès : Super ! Et pour terminer, au niveau de la publication de nos écrits, souhaitez-vous qu’ils apparaissent en public ou en privé sur le blog de notre licence ? 

Élodie Spaguolo : Peu m’importe, cela dépends des questions posées lors de l’entretien, mais je suppose qu’il n’y aura pas de soucis !  

Inès : Très bien, nous pouvons commencer. Alors est-ce que tout d’abord vous pouvez vous présenter et présenter votre entreprise ? 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr ; je suis Élodie Spaguolo, la responsable communication de cette structure, la Carsat Languedoc Roussillon. J’ai ce poste depuis peu, depuis début octobre, auparavant, je travaillais aussi à la Carsat , dans la communication, mais dans le département des risques professionnels. 

Inès : D’accord, je vois !

Élodie Spagnuolo : C’est quand même un changement car aujourd’hui j’ai vraiment en charge la communication de toute les branches qui constituent la Carsat. En effet, la Carsat est un organisme qui a une mission de service public, et dans ces missions il y a trois grands champs, il y a tout ce qui relève de la retraite, tout ce qui est action sociale et tout ce qui est prévention des risques au travail. 

Je ne sais pas si vous connaissez la sécurité sociale ? Il y a différentes branches…

Margot et Inès : Oui , oui !

Élodie Spagnuolo : … Donc nous avons la branche maladie, la branche vieillesse, et la branche risques professionnels. La Carsat travaille autour de ces trois grandes thématiques. Du coup, mon travail va être justement de voir comment au mieux accompagner ces trois grandes missions de la Carsat. 

Inès : Merci, c’est parfait. Nous allons commencer l’interview sur la catégorie « métier », pour bien définir la fonction occupée, et les différentes missions à votre charge. 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr !

Inès : Donc pour commencer, quelles sont les principales missions et activités dont vous avez la charge ?

Élodie Spagnuolo : Alors, les principales missions dont j’ai la charge.. Tout d’abord , ça va être d’animer une équipe, je ne travaille pas toute seule, j’ai une équipe. Actuellement nous sommes 7 personnes, alors je peux les citer : il y a 2 personnes à l’infographie, 1 web master, 3 chargées de communication. 

Elles vont vraiment gérer le projet de A à Z, par exemple, nous allons recevoir des demandes de différents services de la Carsat, elles vont traiter la demande, aller vers l’infographiste ou le web master par exemple ! Oh, et j’ai oublié de citer un métier très important : le vidéaste. 

Inès : Ah c’est intéressant !

Élodie Spagnuolo : Oui en effet ce n’est pas courant dans la Carsat. Parfois nous pouvons faire appel à un vidéaste pour réaliser toute sortes de films. Nous avons cette chance, car c’est un atout pour ce que nous pouvons réaliser en interne. 

Alors ma charge va bien sûr être de prendre en charge cette équipe, de l’animer, la gérer, organiser le travail avec eux au quotidien. Ensuite, une des choses très importante ; c’est de vraiment arriver à déterminer un plan de communication chaque année, voir même une stratégie de communication en amont, en lien avec toutes les stratégies qui proviennent, des différentes branches et services. 

Nous avons donc des directives qui descendent, il  faut bâtir des stratégies, accompagner au mieux, car nous avons des publics différents. Ce plan de communication n’est pas simple à trouver car, forcément, vous prévoyez quelque chose pour l’année et il y a quelques fois des aléas ou des choses qui surprennent, des nouvelles demandes, par exemple. 

Du coup, même en étant bousculés il faut arriver à tenir notre plan et intégrer de nouvelles choses et ce n’est pas toujours facile !

Inès : En effet, je comprends, vous avez donc beaucoup de responsabilités !

Élodie Spagnuolo : Ah oui ! Mais je suis épaulée car j’ai mon équipe !

Inès : Oui , voilà, l’équipe est donc essentielle si je comprends bien. 

Élodie Spagnuolo : Elle est très très importante oui , il faut qu’on arrive à bien s’entendre, être efficace et mener à bien ce plan de communication sur l’année. Il y a toujours aussi force de proposition, car c’est très attendu par notre direction, ce qui est normal. Il faut que nous ayons des idées, on ne peut pas constamment attendre les demandes, il faut prendre des initiatives, être dynamique et.. 

Inès : Polyvalent ! 

Élodie Spagnuolo : Exactement, polyvalent !

Inès : Ça doit demander beaucoup d’énergie. 

Élodie Spagnuolo : (rires) Ah oui , mais ça rends le travail super intéressant. 

Inès : J’imagine bien ! Alors, si vous acceptez de nous en parler bien sûr, y’a-t-il une mission en particulier qui vous à marquée positivement ou au contraire négativement ?

Élodie Spagnuolo : Bien sûr. Je viens d’arriver sur ce poste là, donc c’est assez récent. Pour l’expérience positive, déjà, j’ai retrouvé une équipe, que je connaissais par ailleurs, mais avec laquelle je travaille différemment, de manière beaucoup plus proche et continue. Donc il y a un point très positif, c’est que l’équipe est super dynamique et motivée, toujours pleine d’idées ! Et ça c’est très appréciable  en tant que responsable d’avoir une équipe qui vous soutient. Ça, ça pourrait être une expérience positive!

Inès : Oui totalement, comme c’est un nouveau poste pour vous !  

Élodie Spagnuolo : Après, je n’aime pas utiliser le terme « négative » , je dirai plutôt « points à améliorer », mais par exemple, comme je viens d’arriver, je reprends ce poste, il y a certaines choses à réorganiser, tout n’est pas parfait, enfin, pas comme je le souhaiterai, donc ça prends du temps. 

Il faut que je mette en place un certain nombre de choses pour avoir une bonne organisation, pour réussir à vraiment travailler main dans la main avec les autres services, car ce sont nos clients. Il faut donc mieux articuler tout ça, ce qui n’est pas encore très fluide, mais ce n’est pas grave, nous tous ensemble sur le sujet. C’est donc un point à améliorer aujourd’hui. 

Inès : Très bien, je vois.  Alors, pouvez-vous à peu près nous expliquer une journée type, enfin, une de vos journées types ?

Élodie Spagnuolo : Alors une de mes journées types… Donc, vous avez besoin des horaires ?

Inès : Non, par forcément ! 

Élodie Spagnuolo : Une journée type c’est beaucoup de réunions, car nous sommes forcément demandés de tous les côtés. Après ce ne sont pas forcément des réunions pour faire des réunions, c’est vraiment pour mieux comprendre les demandes qui nous sont proposées, pour les affiner, nous avons besoin de nous poser ensemble.

Vous voyez, les demandes nous arrivent aujourd’hui par une boîte mail, et parfois, un mail ne suffit pas, il faut se rencontrer, faire des brain storming, réfléchir ensemble pour décider de la manière dont nous allons traiter la demande. Ces réunions prennent beaucoup de temps. 

Après, c’est difficile car je ne peux pas toujours être en réunion, il faut aussi à un moment donné, trouver du temps pour soi : lire des choses, rédiger. Il faut donc réussir à se dégager un peu de temps pour vraiment travailler de manière plus profonde. 

Alors ça c’est aussi quelque chose sur lequel on travaille, c’est une problématique qui revient souvent dans les entreprises, on a beaucoup de mails, on a plusieurs outils, on reçoit beaucoup d’informations à traiter, donc ça fait beaucoup d’outils à consulter, ce qui nous fait perdre du temps. Donc là on essaye d’alléger tout ça et gagner en efficacité. 

Inès : D’accord !

Élodie Spagnuolo : Nous avons un réseau social d’entreprise, ça marche bien car nous pouvons travailler différemment car le mail c’est parfois, comment dire.. Ce n’est pas toujours le meilleur moyen pour communiquer au sein d’une équipe ou même entre les services. On essaye de trouver d’autres manières de communiquer donc par exemple le réseau social de l’entreprise est quelque chose qu’on creuse. Il y a aussi par exemple Skype, pour tenter de faire différemment, ça demande beaucoup de temps mais c’est très intéressant. 

Bon ! Je ne sais pas si ça réponds à la journée type mais pour résumer c’est beaucoup de réunions, beaucoup de mails, beaucoup de réponses, nous sommes tout le temps occupés. 

Inès : Et vous réussissez tout de même à trouver du temps pour travailler seule?

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est compliqué pour moi de libérer du temps mais j’essaye tant bien que mal, j’en ai forcément besoin. 

Inès : D’accord, c’est vrai que c’est essentiel pour vous j’imagine. Alors, selon vous, quels sont les services avec qui vous travaillez le plus ?

Élodie Spagnuolo : Alors, on travaille beaucoup avec le service achat, quand bien sûr on a un événement à organiser en interne ou en externe. Nous aurons besoin, par exemple de trouver un lieu, un traiteur, un prestataire… Tout ça veut dire faire des devis, acheter, donc le service achat va beaucoup nous aider, nous proposer des choses. Ainsi nous pourrons décider sur quoi nous partons pour notre événement. 

Ensuite, le service communication et très proche du cabinet de la direction, nous travaillons très étroitement , car il y a beaucoup de choses à valider, parfois, nous faisons des propositions et nous ne savons pas trop, nous avons besoin de l’aval de la directrice et de son cabinet. 

Après, comme nous sommes un service support de la Carsat nous allons forcément travailler régulièrement avec tous les autres services, la direction retraite, risques professionnels, par exemple, car ce sont eux les clients ! Par exemple, ils peuvent nous demander d’organiser des événements, de créer des brochures, un film… L’année est donc ponctuée par ces demandes en interne.

Inès : D’accord, donc vous travaillez avec une clientèle qui est seulement basée dans l’entreprise ou il y a des clients extérieurs ?

Élodie Spagnuolo : Alors, quand je dis clients extérieurs, ça reste l’entreprise mais ils sont basés à l’extérieur. Tous les gens qui travaillent à la Carsat ne sont pas basés sur ce siège, il y en a qui sont basés un peu partout, dans des agences du département. 

Inès : D’accord. Alors désormais, nous allons parler des réseaux sociaux. Selon vous, c’est un avantage que votre profession évolue autour des réseaux sociaux , ou est-ce que ça peut faire peur avec la place que ça prends dans notre société actuelle ?

Élodie Spagnuolo : La question n’est pas évidente, j’ai envie de dire un peu les deux. Il est vrai que nous avons besoin des réseaux sociaux pour communiquer, notamment Twitter pour tout ce qui est côté presse, et je trouve que c’est important que nous soyons présent sur ce réseau là. 

Nous avons aussi testé des réseaux un peu plus professionnels, comme Viadeo par exemple. 

Bon, ça marche et ça marche pas, on va tout de même tenter de creuser le truc. On attends de voir si c’est pertinent ou pas, mais je pense que nous n’avons pas le choix. 

Nous avons aussi un réseau social d’entreprise pour communiquer, et ce n’est pas évident. En effet, ça change la manière de travailler, de mentalité, de culture.. Il y a quelques personnes assez réticentes en interne, qui préfèrent des moyens de communications plus traditionnels comme le mail ou le téléphone par exemple. 

Cependant, une fois que ces personnes ont compris que ces réseaux étaient là pour nous faciliter notre travail, nous rapprocher des gens, tout prends son sens et ça rentre enfin dans les mœurs. 

Pour ce qui est de l’externe, je pense qu’on peut encore faire des efforts, et accentuer notre présence sur ces réseaux sociaux. On y va doucement mais sûrement, ça devrait évoluer. 

Inès : Très bien. J’imagine que ça prends beaucoup de temps. Désormais j’ai quelques questions sur la structure de l’entreprise. Au niveau de la clientèle, même si vous avez déjà apporté quelques indications. Pouvez-vous nous apporter quelques indications supplémentaires ?

Élodie Spagnuolo : Alors ça c’est une chose sur laquelle nous travaillons beaucoup en effet, pour mieux échanger avec les services demandeurs. En fait, avant mon arrivée nous avons demandé aux différents services d’établir leur propre plans de communication, ils devaient mettre par écrit ce qu’ils souhaitaient réaliser pour l’année. Nous travaillons à partir de ces plans, nous essayons de synthétiser tout ça afin de faire un plan de communication global. Ce qui est compliqué, c’est d’adapter les demandes des autres services mais aussi nos propres actions, nous sommes force de proposition. Cela va même nous permettre de créer un réel planning de l’année pour mes équipes, et ainsi éviter les blocages au cours de l’année. 

Inès : C’est une sacrée organisation !

Élodie Spagnuolo : Oui (rires). C’est tout de même assez complexe, il y a beaucoup de missions, des cibles et des acteurs complètement différents.  Ainsi qui dit cible différente, dit message différent et enfin action de communication adaptée ! Cependant ça reste tout à fait passionnant car c’est très diversifié. 

Inès : Merci pour tout, c’est bon pour moi, je laisse la parole à Margot pour la suite de l’interview.

Margot : Nous allons maintenant parlé du parcours, des connaissances ou qualités nécessaires pour occuper cette fonction. 

Élodie Spagnuolo : Oui allons-y !

Margot : Alors tout d’abord quel est votre parcours professionnel pour en être arrivé a ce métier ? 

Élodie Spagnuolo : J’ai fais un école de commerce, ce qui reste assez général surtout lors de la première année on touche a pleins de métiers (finances, comptabilité, en passant par la communication, le marketing). Ce qui m’a permis de découvrir que j’avais une sensibilité plus développée pour la communication. Je me suis donc ensuite spécialisé dans ce domaine lors de ma deuxième et troisième année. Cependant ce n’étais, je pense, pas si précis que votre formation, ma formation était plus généraliste. Ensuite c’est l’expérience qui m’a réellement formé, je suis passée par plusieurs entreprise en occupant toujours des profils dans le marketing et la communication. Selon moi, c’est comme ça que l’on apprend le mieux. Il y a également les formations d’entreprise qui m’ont énormément apprises, ce qui est une chance d’apprendre toute au long de sa vie professionnelle. 

Margot : Très bien merci, et selon vous quel est le parcours type pour accéder a un poste comme le votre ? 

Élodie Spagnuolo : Pour moi des écoles de commerce et de communication me semble parfaites pour entrer dans ce type de poste. Mais je pense que cependant l’entreprise regarde évidemment la formation mais c’est surtout les expériences que vous avez eu, ce que vous avez pu développer comme compétences car c’est ce qui est important. Il y a des compétences nécessaires pour occuper le poste de communicant que l’on ne peut développer dans d’autre métier. Voulez vous que l’on développe sur les compétences ? 

Margot : Justement c’est la question suivante, quelles sont les qualités nécessaires pour être communicant ? 

Élodie Spagnuolo : Alors pour moi ce qui est double c’est que je suis communicante ainsi que manager. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Être manager ça demande des compétences sociales : être a l’aise avec le fait d’animer une équipe, être motivée continuellement car si l’on ne l’est pas on ne peut pas motiver ses équipes, savoir être pédagogue et a l’écoute. Il faut prendre le temps, et cela ne s’apprend pas vraiment. Je dirais que c’est quelque chose que l’on a en nous est que l’on développe tous les jours. Ceci demande énormément d’énergie car il faut être capable d’être a l’écoute mais également savoir prendre des décisions quand il le faut. 

Ensuite pour le cote communicant, il faut je pense avoir une fibre créative, être curieux et avoir envie de valoriser et de promouvoir quelque chose. C’est presque similaire au métier de commercial, car l’on veut « vendre » si je puis dire quelque chose. Mais les qualités varient selon les postes dans la communication. Par exemple, pour un info graphiste ou web master il faut avoir des compétences sur les logiciels, de créativité, mais aussi des qualités rédactionnelles. Celui qui va s’occuper des relations presse va devoir être très a l’aise et avoir un réseau important. Il y a donc toutes ses compétences qui doivent être réunies mais elles différent selon le poste occupé, car le terme de communicant est très large. 

Margot : D’accord.

Élodie Spagnuolo : Mais sur mon poste, je pense que c’est bénéfique d’être passé par les phases précédentes de mon parcours car j’étais chargé de communication. J’ai donc vécu ce que vivent les membres de mon équipe, ce qui m’aide aujourd’hui dans mon poste de manager car je sais ce que c’est, ce qui me permet de prendre plus de recul et je me rend compte des problématiques qu’ils peuvent rencontrer car je les ai moi même rencontrées. 

Margot : C’est bien car cela permet d’anticiper les événements. 

Élodie Spagnuolo : Exactement. 

Margot : Maintenant nous allons, si vous le voulez bien, parler des intérêts et de contraintes du métier. Tout d’abord quelles sont vont conditions de travail dans cette entreprise ? (les horaires, le rythme de travail …) 

Élodie Spagnuolo : en ce qui concerne le rythme, nous sommes dans une entreprise ou il c’est agréable de travailler car on s’occupe notamment de la Santé au travail donc nous appliquons ce que nous demandons a l’extérieur aux entreprises. Les horaires sont confortables et nous avons a notre disposition tout ce dont nous avons besoin. Mais en tant que communicant et service support, nous sommes très demandés donc il faut être très disponible. 

Margot : Il y a donc une certaine cadence a tenir ? 

Élodie Spagnuolo : Voila ! L’année est rythmée par des pics, il faut avoir beaucoup d’énergie et de motivation pour tenir toute l’année. Et ce qui peut être comme un inconvénient c’est que lorsque l’on organise des événements internes a l’entreprise ou l’on est organisateurs mais également salariés. Comme par exemple lors de la journée CARSAT avec tous les employés en janvier, donc nous sommes salariés mais nous sommes également organisateurs et ce statut est très particulier. Cette journée nous l’avons donc vécus de deux manière car nous sommes comme les autres mais d’autre part nous travaillons encore. Donc on en profite différemment et on ne s’arrête jamais en quelque sorte mais il faut l’accepter et on le fait avec envie, on est fier aussi de faire ce métier. 

Et je vais rajouter aussi que ce qui n’est pas toujours facile a entendre c’est lorsqu’il y a des remarques, malgré quelles soient constructives, en interne sur les événements organisés. Mais cela nous permet d’avancer et de nous améliorer. C’est parfois délicat mais cela fait parti du métier on le sait. 

Margot : C’est un risque a prendre. 

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est le jeu. 

Margot : Par le biais de votre réponse, vous avez répondue a la question suivante. Qui était qu’elles sont vos motivations ? (rires) 

Élodie Spagnuolo : Pardon (rires).

Margot et Ines : Pas de soucis, c’est très bien ! Votre développement était très bien. 

Parlons alors maintenant de l’évolution possible. Ma question est donc : l’emploi dans lequel vous êtes, est il un aboutissement pour vous ou est ce seulement une étape dans votre parcours professionnel ? 

Élodie Spagnuolo : Alors, premièrement je peux dire que j’ai déjà évolué car pendant 4 ans j’ai été au département des risques professionnels en tant que chargé de communication mais aussi manager d’une équipe. Actuellement j’occupe le poste de responsable de communication CARSAT qui est beaucoup plus important. Donc cette évolution me convient entièrement, cependant l’évolution a venir, malgré le fait que je viens d’arriver a ce poste et que selon moi il a énormément a faire et a developper, au niveau de l’entreprise dans le domaine de communicant elle est moindre. Au niveau nationale une évolution est possible par mutation par exemple, mais cela engage un déménagement et une nouvelle vie. Sinon le changement d’entreprise est également une évolution possible. 

Margot : Très bien, maintenant comment imagineriez vous votre métier dans 10 ans? Alors vous en tant que personne (votre poste) et ensuite le métier de communicant en lui même ? 

Élodie Spagnuolo : C’est une question peu évidente mais pertinente (rires). Alors moi même, je me dis que notre génération, est ce que l’on reste vraiment dans la même entreprise ? Je n’ai pas l’impression. En tout cas ce n’est pas ma vision des choses, pour moi il faut essayer et vivre de nouvelles choses. Je n’exclue donc aucunes possibilité d’évolution et je pose moi même la question de l’endroit ou je serais dans 10 ans et j’aime avoir cette ouverture. 

Margot : Tout est possible ?

Élodie Spagnuolo : C’est ce que j’aime me dire ! 

En ce qui concerne le métier maintenant de responsable de communication, je pense tout d’abord a tous les nouveaux outils qui vont nous parvenir et qui vont nous permettre de travailler différemment. Tout a l’heure je vous parlé déjà du réseaux social interne a l’entreprise. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Ceci nous permet de faire des échanges etc. Je pense que la façon de travailler va complètement changer, c’est a dire que le mail va être selon moi complètement désuet. Nous réfléchissons a des projets plus collaboratifs sur la créativité. Je pense que le travail va s’effectuer de manière décloisonnée. 

Inès : D’accord. 

Élodie Spagnuolo : C’est la façon dont je l’imagine, et je vois les changements s’accélérer. Et je pense que nous en avons besoin. 

Margot : Super. Pour finir quels conseils donneriez vous pour accéder à ce type de métier ?

Élodie Spagnuolo : A vous par exemple ? (rires) 

Margot : Oui, ou d’autres personnes souhaitant évoluer. 

Élodie Spagnuolo : Il faut toujours être motivé et positif et ne jamais baisser les bras. Après c’est une question de bons moments, il faut toujours être en alerte sur ce qu’il se passe et être a l’écoute. Il ne faut pas avoir peur d’aller de l’avant, il faut oser ! Et surtout essayez d’adapter votre offre en fonction de la demande, de la personne en face de vous, de l’employeur. Enfin il faut que vous cherchiez a acquérir de l’expérience, n’hésitez a demander des stages par exemple. Il faut montrer votre motivation, c’est ce qui fera toute la différence. 

Margot : Merci beaucoup ! 

Est ce que l’entretien c’est bien déroulé pour vous et si les questions vous ont sembles pertinentes ? Est ce que tous les points importants pour vous ont étaient abordées ? 

Élodie Spagnuolo : Oui oui, je pense. Ça me parait complet. C’est surtout vous, est ce que vous avez tout ce dont vous avez besoin pour votre projet ? 

Margot et Inès : Cela nous semble très bien, vous avez répondu a toutes les questions et même d’avantage c’est super. Merci de nous avons reçu et d’avoir pris le temps de nous répondre. C’était très intéressant pour notre projet mais également pour nous.

Une copie de la retranscription de l’interview a était envoyée et validée par la suite à Madame Spagnuolo.

Interview de Disaster par GEA Geoffrey et MAISONNEUVE Maximilien

lundi 19 novembre 2018

Nous avons contacté un jeune community manager (Florian), créateur de la marque Disaster et manager de l’artiste Zamdane.

Il a tout de suite accepté de nous accorder une interview.

F : Florian

G : Geoffrey

M : Maximilien

 

G : Peux tu te présenter professionnellement pour les personnes qui ne te connaissent pas ?

 

F : Je m’appelle Florian Ressegaire, j’ai 21 ans, j’ai d’abord eu un BTS communication, pour l’avoir j’ai du réaliser un projet professionnel, où j’ai travaillé avec l’artiste Jarod. Déjà ce qui a été intéressant ça a été la prise de contact avec lui.

 

G : En quelle année ?

 

F : 2015, donc j’ai travaillé avec lui, dans le milieu de la musique, et du coup démarcher auprès de plusieurs intervenants, au final c’est tombé avec lui et ça a été le premier projet de communication que j’ai mené indépendamment de l’école, vraiment seul.

Ça a été une stratégie de communication, de conception, de direction artistique, pas musicale mais vraiment sur la communication, notamment sur la couverture de l’album. C’était vraiment un premier projet, qui manquait même peut-être de professionnalisme sur leur démarche de travail.

Par la suite j’ai terminé le projet, j’ai eu mon BTS et je suis rentré en Licence.

 

G : Est ce que c’est suite à ce projet que tu t’es dis « oui c’est ce que j’ai envie de faire » ?

 

F : Ouais, le premier projet a fait que toutes les choses que tu voyais de l’extérieur là tu les voyais de l’intérieur et que tu comprenais comment ça fonctionne. C’est ça qui a été attirant.

Après par la suite ça a été la création et entrepreneuriat qui m’a parlé, quand en troisième année j’ai décidé de créer la marque d’habits. De base c’était un passe-temps avec des chaussures, mais ensuite c’est devenu la volonté de créer un truc dans le prêt à porter. Ça me semblait allié la rencontre entre la communication, la création, l’artistique, la volonté d’entreprendre, une manière de gagner de l’argent aussi même si c’est rien de fou, mais c’est ce qui permet de toucher un peu des sommes et de mettre un petit billet de côté.

Et voilà je crois que je me suis un peu perdu sur la question par contre.

 

*rires*

 

G : Est-ce que tu peux nous présenter Disaster, concrètement pour toi Disaster c’est quoi ?

 

F : Disaster, Disaster.. C’est compliqué à définir, je pense que c’est dans la finalité que tu pourra vraiment voir ce que ça a été du moins. Quand t’es dedans c’est un peu dur à voir.

 

G : Le jour où tu as créer Disaster, tu voulais que ça soit quoi ?

 

F : En vrai à la base je voulais que ce soit une marque de vêtements, uniquement, puis après c’est en grandissant, en apprenant d’autres choses, en apprenant d’autres business, en apprenant qu’on tout rassembler sur un truc, c’est la volonté de créer un univers notamment comme peuvent faire d’autres personnes aujourd’hui, qui peuvent créer leur marque d’habits qui peuvent développer un label de musique via cette identité graphique.

Pour moi aujourd’hui une marque pour exister elle a besoin de tout une robe à côté qui habille toute sa facette, que ce soit pas qu’une marque d’habits, qu’il y ai un pôle d’habits, un pôle de musique.

L’idée de base était sur le vêtement, puis en apprenant et en démarchant le vêtement ce qui s’est transformé ça a été la volonté de rester sur le vêtement mais pousser le vêtement et de le développer, notamment via la musique car c’est là où j’ai vraiment eu ma première expérience professionnelle, donc j’ai voulu pousser le vêtement avec la musique.

 

G : Comment a commencée l’aventure Disaster ?

 

F : Quand j’ai eu le déclic, le premier truc ça a été comment trouver des t-shirt, où on doit les acheter. Une fois que ça a été réglé il a fallu trouver comment imprimer un truc sur un t-shirt parce que de base je savais même pas comment faire, j’ai appris que j’avais un ami à moi qui avait une imprimerie, du coup lui m’a appris comment imprimer, je payais pour qu’il m’imprime mes vêtements. Et une fois que t’as le produit, tu dois trouver comment le vendre, trouver la structure où le vendre. Et une fois que tu as la structure, ton produit, et toute ta chaîne de production et ton schéma de A à Z, et bah tu développes un peu comme dans un jeu, tu passes le niveau 1 de livraison en niveau 2, le niveau 2 en niveau 3, t’essaies de monter petit à petit tu vois. T’essaies de trouver un juste milieu et il faut travailler.

 

M : Quel a été ton parcours scolaire ?

 

F : Si je devais faire un récap, ça serait : Bac ES, BTS Communication, Licence 3 en communication et création digitale, et maintenant Master 1 en création et communication digitale.

 

M : Tu comptes arrêter après le Master ?

 

F : Non, je ferai un Master 2 en alternance, et après j’arrêterai.

 

M : A part Disaster, est ce que tu as d’autres activités en rapport avec la communication ? Tu nous parlais de la musique notamment.

 

F : Oui la musique, ça a été… Bon après pas que la musique mais c’est a principale.

 

M : En communication tu te développes comment dans le secteur de la musique ?

 

F : Bah c’était le truc du premier stage avec Jarod on a vraiment travailler la communication, comme je te dis y’avait pas de directeur artistique.

Un an après j’ai fait un stage à Los Angeles où là j’étais directeur artistique dans un studio, donc il y avait le côté musical et communication.

Ce qui m’a amené à travailler là bas ça a été la volonté de déjà plus petit, partir là-bas, même pas forcément pour la musique. Et la musique c’est ce qui m’a toujours fait bouger, c’est ce qui m’a amené là où je voulais aller.

Après c’était mon objectif aussi donc j’ai travaillé pour, et quand je suis parti là-bas c’était de la D.A pure et simple.

Une formation, c’était axé sur une ligne directrice artistique définie, ça a été une expérience en studio, tu vois comment ça marche, comment ça sonne, comment travailler un morceau, comment le vendre, comment y réfléchir , etc..

Et justement connaître comment on va le vendre et comment le créer c’est le truc qui te permet d’allier la com et la musique le mieux, c’est ça qui m’a plu dans la musique et qui continue encore avec maintenant un artiste que je développe, Zamdane.

 

G : Tu as un rapport amical avec lui c’est aussi un avantage ?

 

F : Oui, mais c’est un avantage qui peut devenir un désavantage des fois, ça dépend de la situation et des problèmes à gérer, mais ouais. Quand tu commences un truc, t’as le droit de te planter, de tout faire, l’important c’est de pas refaire les conneries que t’as déjà fait. C’est comme ça que t’apprends.

 

M : Quel est ton quotidien professionnel ? par exemple une journée type pour toi ?

 

F : Une journée type… je sais pas, en gros je vais à l’école, en général tu vois je regarde s’il y a des commandes à livrer ou a géré, après une fois que je fais ça j’essaie de check ce que je vais publier sur les réseaux sociaux prochainement, ou ce soir pour la marque. Je gère les cours en parallèles, ensuite je gère si il y a un un concert qui arrive, un organisateur à contacter, un billet de train réservé, s’il y a un papier à rendre un mail à envoyer, je sais pas peut-être un AirBnB à réserver…

G : D’accord je vois en gros tout ce qui touche à l’organisation ou la préparation.

 

F : Fin tu vois des trucs à programmer, ensuite je retourne à l’école, j’alterne les deux, peut-être entre temps moi j’avais « ça » ou « ça » à envoyer..  

En vrai c’est que de la mémoire la journée et après le soir on s’amuse, on s’amuse très bien par contre c’est important. *rires*

 

M : Si tu devais décrire ta marque et ce qu’elle représente que dirais tu ? Pour Disaster en gros ça serait quoi le message?

 

F : Non en vrai c’était… Ce que j’aime, la volonté pour moi c’était de faire ce que j’aime moi, et ce que je porterais, le faire porter par d’autres personnes, La base c’est ça artistiquement parlant après…

 

G : Oui voilà avant tout faire des choses qui te plaise.  

 

F : En terme de valeur éthique tu vois, c’est trop tôt je pense pour le définir ou alors ce serait fondé sur 6 mois… ca aurait aucun sens, ca change tout le temps en vrai on adapte.

En vrai les valeurs éthiques de la marque c’est la volonté que ce soit les miennes tu vois ce que je veux dire donc c’est juste le temps qui permettra de vraiment l’afficher mais là pour l’instant c’est tôt pour affirmer un truc.  

 

G : D’accord, et du coup qu’est ce que tu aimes le plus dans ton activité ? Quel sont les points qui font que ton activité te plait aujourd’hui ?

 

F : En vrai c’est faire des trucs…

 

M : Justement faire pleins d’activités différentes ?

 

F : Ouais faire différents trucs c’est ça que j’aime, être toujours occupé, par exemple tu te lèves t’es occupé, tu vas prendre un billet tu vois quand tu travailles c’est sûr tu prends de l’argent mais c’est le fait de faire un truc, de gérer, « boum bam boum » allié, tu vois ce que je veux dire, connaître si tu as besoin d’un truc « boum boum » tu sais comment faire pour l’avoir.

 

G : Oui voilà le fait d’être dégourdie ?

 

F : Oui c’est vraiment le fait d’être toujours occupé, stimulé.

 

G : Ok, et avec Disaster quels sont tes objectifs à court et long terme ?

 

Pour le court terme ça serait dans un premier temps de bien structurer la marque, le vêtement en lui même. Je pense qu’il y ’a encore un cap à passer en terme de coupe des produits, la qualité des produits qu’il y ’a encore un pallier à passer.. C’est vraiment ce que l’on travaille au court terme et une fois que vraiment tous les produits seront bien, avec les bonne matières etc… Ça augmente de jours en jours sur le design ça évolue sur la coupe ça évolue mais le jours ou tout sera vraiment clean, on passera aux objectifs long terme qui sont de développer tous les aspect à côté de la musique, vraiment passer le cap de la musique pour au final sortir un grand et vrai projet une sorte d’EP un 8 titres autour de Disaster.

Comme je te disais au plus tu avances dans la musique au plus tu rencontres des gens donc tu peux monter des plus gros projets et tu peux pousser plus loin, Parce-que aussi à terme le but serait d’être dans l’humanitaire, le côté environnemental, protéger la planète c’est ça aussi l’image que l’on voudrait donner à la marque Disaster, l’idée ça serait de reverser les droits de projets à une association qui défend une cause que nous on aura ciblé, on aura agit aussi en terme de com et de production de produits.

Notamment on pourrait sortir des titres avec par exemple 8 clips, et avec en fond une catastrophe qui s’est passée histoire de dire l’histoire, la raconter en la montrant de manière imagée, même pas en écrivant du texte, sans donner de leçon ni moraliser.

M : Qu’est ce qui t’a motivé pour créer disaster ?

 

F : C’est la volonté de faire des articles que je voulais et que je trouvais pas en magasin, j’avais des idées je me disais «Vas y je vais faire mes trucs» et au final ça a eu un compliment, deux compliments, on me demandait pourquoi je les vendais pas.

Au final j’ai commencé à les vendre, c’est la curiosité qui te mène à ça.

 

M : Et est-ce que tu travailles seul dans ce projet ?

 

F : Non, tu peux pas travailler seul, j’ai quelqu’un qui gère tout ce qui est création de contenu, tout ce qui est montage photo. Avant je travaillais avec une imprimerie, t’es obligé d’avoir des personnes qui savent faire des choses que tu sais pas faire et qui t’aident pour te pousser. Tout seul y’a un point de non retour où tu peux plus avancer.

 

G : Quels seraient tes conseils pour un jeune community manager qui souhaite se lancer ?

 

F : En vrai, il faut avoir une vision à long terme, dans le sens où il faut toujours que tu saches le contenu que tu veux, le contenu dont tu disposes et celui qui te manque, pour pouvoir t’organiser et te structurer.

Et après je pense que la meilleure qualité d’un community manager c’est la régularité, parce qu’être connecté tel jour à 18 heures, y penser tous les jours, tout le temps. C’est pas simple.

M : D’après toi quelles sont les qualités indispensables pour exercer ton activité ?

 

F : Faut être passionné, si t’es pas passionné tu le fais pas. Tout le monde peut aimer, quand tu le vois de l’extérieur, il gère un artiste, il créer une marque d’habits, il part à Los Angeles pendant 6 mois, tu vois ce que je veux dire ? La vie elle est belle, mais si t’es pas passionné tu fais pas tout ça.

 

G : Qu’a tu pensé de cette interview ?

 

F : C’était cool, surtout si c’est pour l’école c’est encore mieux.

 

Nous remercions Florian de nous avoir accordé l’interview.

GEA Geoffrey, MAISONNEUVE Maximilien, G2 L1 INFOCOM

Interview d’une wedding planner : « Toute la magie peut se faire sur un détail »

lundi 19 novembre 2018

Pour notre entretien, nous avons décidé d’interviewer une wedding planner, Élodie. Nous nous sommes rencontrées le samedi 10 novembre 2018, dans un café sur la place de la Comédie à Montpellier. Notre entretien à durer un peu plus de 30 minutes, mais nous sommes restées après celui-ci pour discuter.

 

“Bonjour, est-ce que vous pourriez vous présenter en quelques mots pour commencer ?

Oui, alors je suis Élodie, je suis wedding planner chez Bulle Éternelle qui est ma société. Je fais ça maintenant depuis quasiment 2 ans et avant je faisais ça chez une certaine petite souris qu’on ne nommera pas à côté de Marne-la-Vallée, pour les demandes en mariage voilà. On n’a pas le droit de la citée logiquement sinon il faut payer.

D’accord, c’est indiqué sur votre blog que vous êtes diplômée de la formation de Christina Raiga de « J’organise mon mariage », est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu en quoi elle consiste et combien de temps elle dure ?

Alors la formation est sur Paris, de base, elle dure, suivant les élèves, de quatre mois à un an, ça dépend de l’avancement de chacun en fait. Donc suivant comment on peut évoluer ou si les professeurs trouvent qu’on avance pas assez vite, on peut avoir plus de temps, donc on se dit un délai de six mois, en gros, pour que ce soit vraiment bien fait. Après, elle le fait à distance, puisque comme pour mon cas, je suis tombée enceinte au milieu. Donc faire les aller-retours Montpellier- Paris, au début ça allait, au bout d’un moment, ça a été beaucoup plus compliqué. Donc voilà, j’envoyais les cours, j’avais les professeurs par téléphone et au fur à mesure on passait les examens, je faisais les démarches chez les prestataires puis au fur à mesure comme ça on a eu à la fin le diplôme que j’ai passé.

D’accord, vous nous avez dit que vous avez créé votre propre entreprise et qu’avant vous étiez dans une autre société,

Tout à fait

Pourquoi avoir ouvert votre entreprise ?

Alors autant sur la région parisienne, il y a beaucoup de wedding planner qui vous sollicitent dès que vous sortez de Disney, oh pardon *rires* qui vous sollicitent pour vous dire « venez travailler chez nous », des choses comme ça, ici sur Montpellier, il y a des entreprises qui font wedding planner, mais pas dans ce que moi je cherchais, ce que je voulais donner comme image de ma société. Il y en a beaucoup c’est  : vous avez un forfait de telle somme, se sera telle somme et on ne va pas prendre plus ni moins mais on ne vous fera pas plus non plus. C’est-à-dire, je dis n’importe quoi, vous voulez des fleurs blanches, vous aurez des fleurs blanches mais vous n’aurez pas le choix des fleurs par exemple. Donc voilà moi je voulais vraiment faire du sur mesure, du clé en main donc j’ai dit je veux vraiment créer ma société pour que ça leur ressemble. Sur les deux mariages que là j’organise pour 2019, qui m’ont répondu et il y en a deux autres la semaine prochaine, il y a beaucoup de prestataires qui ont appelé et qui ont dit « Non nous on a des forfaits, si vous ne rentrez pas dans le forfait, se sera forcément du supplément. » Donc c’est pour ça aussi que j’ai créé ma société.

Et comment ça s’est passé au début, comment vous avez réussi à vous faire connaître ?

Alors il y a eu déjà beaucoup les réseaux sociaux, bon après j’avais beaucoup d’amis qui ont partagé à Paris mais comme je leur ai dit, vous êtes gentils je n’irais pas faire des mariages, enfin, à part un très gros mariage, je n’irais pas le faire à Paris parce que l’organisation, c’est très compliqué ou à part avec des Facetime ou des choses comme ça pour les mariés. Après j’ai fait tout ce qui était les salons du mariage, les salons, pas forcément que mariage, mais aussi les photos, les choses comme ça en fait où il y a beaucoup de gens et de prestataires, où on peut être rassemblés. Et la chance que j’ai eu c’est que comme je suis descendue avec mon compagnon qui fait de la restauration, il connaissait beaucoup de monde dans ce domaine. Donc comme c’est beaucoup de bouche à oreille,  il ne faut pas hésiter à démarcher, à aller voir même le dernier salon du mariage, où on s’est vu, on va voir les autres prestataires, que ce soit les autres wedding planner, les autres restaurants, les photographes enfin tout ça. Il faut créer un réseau assez rapidement, être assez accessible, même si on se dit dans sa tête « tu peux me raconter ce que tu veux je viendrais jamais chez toi », face à la personne, il faut dire, « oui oui, je comprends, je prends votre carte » enfin voilà, être toujours assez accessible par rapport à tous les prestataires qui possiblement sont de futurs, on va dire « amis » pour nous, parce qu’il y a des mariés que même si vous n’aimez pas, eux ils vont aller les chercher parce que eux, ils ont trouvé quelque chose de super chez eux, ou, le prix aura été super raisonnable donc voilà en fait c’est surtout ça.

Du coup comment vous organisez un mariage, est-ce qu’il y a des entreprises avec lesquelles vous travaillez plus souvent ?

Alors on fait rétro-planning obligatoire pour que nous déjà on sache où on cherche, et après, il y a toujours un rendez-vous avec mes mariés où je leur demande, avec des fiches vraiment, on va dire test, le style du mariage, combien ils vont être, est-ce qu’ils ont un lieu, est-ce qu’ils ont pas de lieu, est-ce qu’ils veulent un restaurant, est-ce qu’ils ont un DJ, est-ce qu’ils veulent un photographe, en fait des questions types c’est quasiment toujours la même chose qui revient, est-ce qu’ils ont un thème, est-ce qu’ils n’ont pas de thème, est-ce qu’ils ont des idées, pas d’idées. Et à chaque fois après on décline sur tout ce qui va être la décoration, ce qui va être les fleurs ce qui va être de la voiture, ce qui va être jusqu’au brunch du lendemain enfin voilà.

D’accord, tout à l’heure, on a parlé de la formation « J’organise mon mariage » et du coup on se demandait si vous aviez d’autres formations.

Alors, moi j’ai une formation au sein de Disney, parce que Disney nous forme, il ne nous lance pas « allez vas y va organiser le mariage » enfin on fait pas les mariages, on fait les demandes en mariage à Disney, on a pas le droit comme aux États-Unis encore de faire les mariages dans le parc, puis ça coûte très très cher. *rires* Déjà que les demandes en mariage coûtent très très chère, et si vous voulez, on nous a formé, comment anticiper les mariés, leurs questions, leurs doutes, leurs craintes, pour vous donner une idée toute bête, tous les mariés ou les futurs mariés, surtout les hommes, c’est « j’ai une bague, j’ai trop peur de la perdre toute la journée », et donc pas de soucis, on a un coffre qui est dédié, on leur montre où est le coffre, on les installe avec nous dans un petit showroomprivé où on leur fait boire, un café, un chocolat, quelque chose qui les détend, et après là on va sur le parc, on leur demande « où est-ce que vous voulez aller ? » , « qu’est que vous préférez ? »,  « qu’est-ce que vous ne voulez pas ? », et donc on les canalise, mais tout ça, c’est une formation qui est donnée au sein de Disney. Donc c’est vrai que quand j’ai eu la formation de Christina, ça a été beaucoup plus simple parce qu’en fait bah il y avait des petits filons que des gens connaissaient, mais j’ai une autre amie qui est wedding planner sur Montpellier aussi, Ode à l’amour, je sais pas si vous voyez qui c’est, elle va avoir une autre approche parce qu’elle a fait la formation de Sarah qui est à Toulouse, je ne sais pas si vous avez vu, une formation qui est vers Toulouse qui était passée sur je ne sais plus si c’est M6, sur « Zone Interdite », ou TMC enfin un truc comme ça, et donc elle a fait la formation de cette jeune fille, et elle me disait c’est vrai qu’on a eu deux formations complètement complémentaires, parce qu’en fait il y a avait de choses que moi je savais qu’elle avait appris dans sa formation et d’autres choses que moi je lui ai appris qu’elle n’avait pas eu dans sa formation, donc c’est vrai que le fait pour moi d’avoir Disney et Christina, a été très complémentaire sur les deux alors qu’elle, il lui en manquerait des fois elle me dit pas grand-chose mais des petits filons que voilà. Des fois on s’appelle, on se boit un café, et on se dit « non là fais ça parce qu’après tu vas galérer pour faire ton rétro-planning » enfin des choses comme ça.

Selon vous du coup, quelles sont les qualités indispensables dans ce métier ?

À l’écoute, discrète, surtout, *rires* discrétion oblige et souplesse parce qu’il faut être hyper flexible, souple avec les mariés, parce que vous avez des mariés qui vont être très… on va dire très expansifs à plein de choses « Alors ça c’est génial, c’est machin, c’est truc … », oui alors on ne va pas faire non plus la braderie de Lille, donc il va falloir canaliser quelque part. Non mais c’est ça, des fois vous avez des mariés qui vont être comme ça, et il y a des mariés au contraire qui vont être « bah je ne sais pas, peut-être, il faut faire ça, ah mais vous croyez ? », « C’est mieux que vous achetiez une robe oui, je pense que c’est mieux » *rires* Donc on a vraiment de tout, et il faut être flexible avec nos mariés, et après la discrétion parce qu’il y a des fois où j’ai organisé des mariages surprise, où en fait les invités ne savaient pas pourquoi ils venaient, ils croyaient qu’ils venaient pour un repas. Et en fait, les mariés avaient de la chance, dans leur village, il y avait la mairie en face du restaurant donc en fait on avait donné rendez-vous devant la mairie à tout le monde pour pas rentrer dans le restaurant, et en fait arrivée, je vais canaliser tout le monde pour dire “ vous attendez, je suis l’organisatrice qui s’occupe du restaurant ” donc on avait trouvé un stratagème pas possible et en fait ils sont arrivés en mariés et ils ont dit “ Avant d’aller au restaurant, on va aller à la mairie puisqu’on se marie ”, donc voilà, la discrétion, c’est pour ça qu’il faut aussi. *rires* Parce que forcément vous connaissez quelqu’un qui va connaître la personne et puis sur les réseaux sociaux, il y en a plein qui aime aller chercher, tout ça. C’est pour ça que les mariages que je peux poster sur les réseaux sociaux, c’est, ou des idées sur lesquelles je me suis inspirée pour les mariages ou quand les mariages sont déjà passés, je ne mets pas les mariages qui sont en anticipés, parce que voilà on sait jamais !

 

Du coup on a vu que vous organisez d’autres évènements et des spectacles, est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?

Alors là c’est au centre de Disney, toujours pareil puisque moi j’étais sur un programme qui s’appelle le HAT (hôte d’accueil touristique) et là ils nous demandent de faire de la restauration, de la boutique, de l’attraction, du personnage, de la sécurité parade donc en faite ça reprend beaucoup de choses. Il fallait organiser des spectacles comme il pouvait y avoir au Chapal Theater qui était vraiment le spectacle organisé de A à Z. Vous avez la Reine des neiges qui va arriver de novembre à fin janvier donc il y a les normes de sécurité, combien en capacité il peut y avoir de personnes dans le spectacle, après les personnages qui vont venir, parce que moi j’ai été personnage donc je sais qu’il y a certains créneaux où on ne peut pas avoir les personnages tout le temps, donc ça aide toujours pareil pour être wedding planner. C’est organisé, vous avez un groupe qui viendra chanter, pas celui là enfin voilà les organisations de spectacles. Mais c’est du travail de longue haleine, pour vous donner une idée quand même au niveau d’un spectacle de la Reines de neiges qui a eu lieu 2012 ou 2013 on va avoir une organisation un an avant donc on sait déjà un an avant ce qu’il va y voir comme spectacle, donc c’est très très en amont. Ce n’est pas arrivé comme ça « Ah on va faire ça », c’est organisé bien en amont et souvent en plus c’est re-valider par une école conférence, par Disney Floride, Tokyo, Shanghai, et on nous dit « Ah oui ça c’est bien, ça on va le reprendre aussi » on est pas supervisé que par la France, on est supervisé beaucoup par nos compatriotes américains.

 

Donc maintenant je vais passer à mes questions (Lisa). Pour vous, quel est l’élément qui est le plus important pour organiser un mariage à succès ?

C’est surtout être le plus à l’écoute des mariés parce que c’est quelque chose que vous allez vous organiser mais que vous vous dites « Ça c’est génial » et les mariés seront pas du tout sur la même longueur d’onde, ça fonctionnera pas. Donc c’est vraiment même si vous, vous trouverez que ça vous plaira pas, que ça va pas faire joli et que eux sont persuadés que ça va leur plaire, il faut vraiment rentrer dans leur instinct à eux, de ce qu’ils souhaitent. Donc c’est vraiment être à l’écoute des mariés.

 

Qu’est ce qui vous inspire vous en tant que wedding planner, où est-ce que vous trouvez toute votre inspiration ?

Dans tout, là j’ai eu deux mariages c’était Disneyland et Harry Potter donc on est partit sur un thème qu’ils voulaient et des fois je vais leur proposer des thèmes parce qu’ils n’auront aucune idée. Il y en a qui arrivent en disant « j’ai pas d’idée » et il va falloir trouver une idée et ça peut être dans tout. Ça peut être quelque chose que je suis allée voir, parce que j’ai deux petites filles qui vont me donner une idée, parce que je trouve ça joli ou mignon et que ça va me faire rebondir sur ça. Ca peut découler sur autre chose ou alors ça peut être parce que tout simplement à ce moment là c’est des thèmes très cliché « ah bah c’est Halloween donc on va faire un thème citrouille » par exemple avec des feuilles et des choses comme ça. Donc voilà ça peut être de tout.

 

D’accord, du coup on sait que dans ce milieu là, on peut rencontrer des clients assez difficiles, donc comment ça se passe avec vous, comment vous procédez pour que tout se passe bien ?

Alors déjà leur faire croire toujours que c’est eux qui ont la main sur tout ce qui est leur mariage, même si ce n’est pas le cas, parce que il faut toujours anticiper qu’ils ne vont pas être d’accord donc c’est comme un bon avocat il faut anticiper la réaction et moi je prépare toujours deux ou trois solutions de replis. Pour vous donner une idée, on avait des mariés, tout ce que eux voulaient, ils pensaient que c’était formidable par exemple, ils pensaient que mettre des verres en cristal avec des miroirs, des strass, plus des lumières sur les tables enfin une table très chargée, ils pensaient que ça serait très beau mais en faite je leur ai dit « On essaye, à mon avis ça ne collera pas mais on fait une table test ». je leur ai fait la table test la plus chargée possible pour leur montrer jusqu’où on pouvait aller et ils m’ont dit “en effet non ce n’est pas possible”, mais en faite il faut les confronter, malheureusement, à leurs idées, c’est pas grave parce que j’ai envie de leur dire « C’est vous qui m’avez demandé ça donc si ça ne vous plait pas on peut revenir sur quelque chose que je pense » et voilà des fois, c’est changer deux, trois détails il faut pas se leurrer dessus mais jamais aller contre eux parce que ça va encore plus les refermer et alors là une fois que vous les avez remis dans leur « zone de retranchement », vous n’arrivez à plus rien. Donc il faut vraiment les laisser aller dans leur démarche et après leur montrer, « Regarder est ce que vous trouvez ça cohérent ou pas » mais souvent ils se rendent compte d’eux mêmes que c’est trop ou ce n’était pas adéquate.

 

Qu’est-ce que vous préférez organiser dans un mariage ?

Je pense que ce que je préfère organiser c’est vraiment la décoration parce que la décoration autant avec les prestataires, leur parler, leur demander ce qu’il faut faire c’est bien mais la décoration c’est quelque chose où je trouve qu’on peut peaufiner, mettre des détails car toute la magie peut se faire sur un détail. Là, le dernier mariage qu’il y a eu en septembre, c’était un Disney pur et simple, une couleur, une table, un personnage ou un dessin animé, et on avait fait un menu qui était vraiment dans le détail, qui donnait une idée. On avait mit des titres de menus que les gens ne pouvaient pas trouver. Pour vous donner une idée l’entrée c’était un hamburger de foie gras sur un lit de roquette, avec des petits jus…  on avait mit « Quand Amélie et Amélia se font serrer par Colette et partent se mettre au vert » il faut que vous devinez et vous avez une heure. Amélia et Amélie se sont les oies dans les Aristochats, donc c’était du foi gras d’oie, « partent se mettre au vert » pour la salade et “se font serrer par Colette” parce que dans Ratatouille parle du pain craquant et donc on avait mis dans un petit burger, donc on avait fait une recherche assez poussé pour le coup et les mariés qui n’étaient pas au courant du jeu qui sont arrivés et qui ont vu qu’on avait fait une table avec Ratatouille où on avait mit une caisse avec écrit dessus « menu du marché », avec des faux fruits et légumes et le menu, et les gens n’avaient pas le menu sur les tables et ils se sont dit « Qu’est ce qu’on mange ?» et les mariés nous ont regardé “Mais c’est quoi ce menu ?” et en fait ils se sont aperçu que c’était un détail tout bête mais les gens ont tous participé alors que souvent quand les gens arrivent dans un mariage, il y a l’entrée des mariés, on va passer à table avec le menu. Là ça a fait une interaction entre les tables et c’était marrant et tout les gens même ceux qui ne se connaissaient pas ont commencé à se parler de table à table et ça c’était sympa.

 

Du coup vous sortez un peu du traditionnel des fois

Voilà on essaye de sortir du traditionnel quand les mariés le souhaite parce qu’après il y en a qui veulent du traditionnel quand même.

 

Je voudrais juste revenir sur quelque chose en parlant de votre société, est ce que vous avez des entreprises avec qui vous travaillez souvent, par exemple pour la décoration, est-ce qu’il y a une entreprise spéciale avec qui vous travaillez tout le temps ?

Alors en faite la décoration c’est souvent moi donc pas forcément mais par contre il y a beaucoup de restaurateurs avec qui on est obligés de travailler parce que sur les domaines de Montpellier il y  en a qui sont récurrent comme le domaine de Verchant ou celui du Grand Arbre, donc il y en a qui reviennent assez régulièrement, après il y en a qu’on découvre au fur et à mesure des mariages et on est très contents car ça met plus de prestataires mais c’est vrai qu’à part les restaurateurs ou les DJ et photographe qui sont les trois pôles principaux, mais pour la décoration à part les très gros mariages, les mariés essayent de tirer le prix sur ce qu’ils peuvent et pour les fleuristes c’est pareil, souvent c’est moi qui m’amuse jusqu’à 2 heures du matin, la veille d’un mariage à faire des fleurs, à piquer, à préparer, à mettre en chambre froide chez une amie fleuriste.

 

Du coup quels conseils vous donneriez aux étudiants qui voudraient suivre la même voie ?

Alors déjà il faut toujours être à l’écoute de ce qui est actualité en tant que wedding planner, se tenir informé par les réseaux sociaux ou même les contacter directement parce qu’ils peuvent avoir des idées et au contraire souvent on est pas réfractaires aux étudiants qui viendront comme vous pour nous poser des questions, pour avoir une autre idée, une autre approche. Moi je sais que cette année j’ai quatre ou cinq mariages qui arrivent et j’hésite à prendre quelqu’un pour m’aider en complément parce que je sais que je vais avoir 2-3 mariages qui demandent des semaines entières de préparation, de décoration, florales. Il ne faut vraiment pas hésiter à venir communiquer avec nous parce que c’est quelque chose d’hyper important surtout que ça va tellement vite dans ce métier là qu’il faut toujours se tenir informé du moindre petit truc. À une époque, pour vous donner une idée, il y a 5 ans en arrière, on entendait pas du tout parler du photobooth, les trucs avec les machines et tout quand on vendait ça je me rappelle encore avec les astermatiques qu’on remontait à la manivelle, j’étais là “Bon on va les imprimer mais vous savez, on sait jamais ce que les invités ont mis dessus”. On s’est retrouvé avec des trucs quand je suis allée au photographe, je me suis dis “Mais je peux pas leur donner ça, c’est pas possible” *rires* Non mais si je donne ça, la maman de la marié elle va nous faire une syncope, dans 2 minutes on la perd hein. Donc voilà c’était imagé, mais c’était vraiment ça. Donc il faut toujours se tenir au courant, et vraiment pas hésiter parce qu’au contraire, on n’est pas fermés et c’est ça qui permet aussi d’avancer et le bon conseil qu’il faut prendre aussi c’est que c’est bien de rentrer dans des structures comme par exemple Pink Events sur Montpellier parce qu’ils sont importants, mais si on se met toutes à notre compte quasiment c’est parce que c’est beaucoup plus enrichissant, d’être à son compte et de pouvoir gérer et de ne pas avoir de comptes à rendre à quelqu’un, que d’être dans une grosse société où vous allez être bridé, vous serez toujours retenu sur quelque chose.

 

On a regardé un peu sur Internet et il y a des articles qui disaient comme quoi les gens se mariaient de moins en moins. C’est quoi votre avis là-dessus?

Alors ils se marient de moins en moins. Mais pour vous donner une idée du dernier salon du mariage, on a quand même eu plus de 900 couples qui sont passés sur une journée sur Montpellier. Donc, il y en a que c’est des badauds, on est d’accord, qui vont venir regarder etc. Mais on a de moins en moins de mariages qu’on va dire ¨traditionnels¨, c’est-à-dire on fait à la mairie, on le fait à l’église ou mosquée ou autre, enfin n’importe quel site religieux. Mais il y a quand même toujours cet engagement qu’on veut noter. Alors il y en a peut-être moins, mais par contre quand ils le font, ce sera beaucoup plus ¨grand¨. C’est vrai que depuis un moment, on dit qu’il y a beaucoup moins de mariages. Écoutez, je ne sais pas où ils sont parce que moi je ne les vois pas *rire*. Non mais honnêtement, j’ai eu un couple l’année dernière: c’était un PACS et ils ont quand même voulu faire une fête qui fasse un peu comme le mariage et on a organisé ça. Donc, oui, il paraît qu’on se marie moins mais je peux vous dire que quand on contacte les mairies ou les églises et qu’on me dit: ¨Ah non là ce n’est que pour 2020¨, pareil pour les traiteurs, c’est pas possible ils se marient moins mais ils sont où, en Auvergne ?  Très honnêtement, sur la région de Languedoc-Roussillon, Hérault, je peux vous dire qu’on ne désemplit pas. En tout cas aller à Grammont un samedi ça vaut vraiment le coup : c’est une usine, j’ai jamais vu ça de ma vie. Bon déjà parce que là je suis à Gigean mais avant j’habitais Montpellier, les deux trois mariages l’année dernière, on arrivait 10 min en retard c’était :

¨- Ah vous arrivez en retard? Vous passerez après.

– Mais le mariage c’est à 15h15, il est 15h25.

– Oui mais à 15h30 ils sont déjà là.

– Ah ok… Ah”

C’est une chaîne, à Grammont oui, c’est pour ça on dit qu’on se marie moins mais je sais pas où ils sont…*rire*, très honnêtement je ne sais pas.

Du coup, peut-être pas qu’ils se marient moins mais plutôt de moins en moins jeune ?

Oui peut être de moins en moins jeune, parce que là c’est plus des trentenaires, voire des 35/40 presque qui se marient que des 20/25. C’est plus s’ils ont des enfants. Donc on a là un mariage /baptême. Les deux réunis parce que ça coûte cher, il ne faut pas se leurrer, et donc on marque les deux en même temps. Ce n’est pas le même genre comme à l’époque où on se mariait, on avait des enfants, on faisait la maison. Enfin il y avait plus une législation de l’ordre, maintenant c’est plus on fait nos enfants, on a une carrière et puis maintenant on se marie parce qu’on est ensemble depuis longtemps et ça coïncide avec ce qu’on veut. C’est plus ça !

Et du coup, pour finir la dernière question, quel était votre meilleur souvenir? (ou le pire?)

On va dire le meilleur, parce que le pire *rires* Enfin je vais vous dire les deux comme ça ce sera plus simple. Le meilleur c’était le dernier mariage qu’on a eu en septembre parce qu’on avait des mariés qui étaient ouverts à tous. Et en plus le thème Disney, je vais pas vous dire que c’est Nobel mais quand on a travaillé à Disney, il y a une fois pour donner une idée, on a pris rendez-vous. Je crois qu’on s’est fait sortir du resto parce qu’il fermait. Donc, au départ c’était un café qu’on devrait boire, comme là, mais en fin de soirée. Et puis, c’est passé d’un café à un apéritif. Et après le café-apéritif on s’est dit “Mangeons ensemble ! *rires*. Bon finalement j’ai dit à mon mari de nous rejoindre, en plus c’était un soir où nos filles étaient chez des amis. Et du coup on s’est retrouvé finir à 2, 3 heures du matin, c’est le restaurant qui nous a foutu dehors. Bon voilà, mais c’était des mariés qui étaient hyper ouverts, on avait une possibilité sur plein de choses, on pouvait décliner à l’infini, donc c’était super agréable, et puis même en retour, ils ont été adorables. Ils m’ont dit: ¨On part aux États-Unis mais on revient, quand on revient on fera un méga pavé comme ça sur Internet.” Du coup je lui ai dit “Il n’y a pas de soucis, t’inquiètes pas¨ Parce qu’après à la fin elle me disait “Tu me tutoie tu me vouvoie pas, je ne suis pas si vieille que ça¨ parce qu’elle a 35 ans donc c’est pour ça, et elle m’a dit qu’elle voulait rester dans quelque chose de jeune. Donc ça c’était vraiment le meilleur souvenir. Et le pire souvenir, en plus c’était un de mes premiers mariages, donc ça vous plombe une ambiance parce que vous vous dites “c’est pas possible”. Alors, c’était pas les mariés en soi, mais plutôt le traiteur, qui est un très bon traiteur à Montpellier pourtant, mais c’est pas la première fois que j’avais des mauvais échos. Et je me suis dit que pourvu que nous il y a rien parce que c’est un de mes premiers mariage, je me disais “je vais me retrouver bille en tête, par terre au fond du seau” bah mais ça n’a pas loupé. Pour donner une idée, à 17h30, on avait toujours pas reçu quoi que ce soit du traiteur, le jour du mariage. Il m’a dit “j’arrive vers 18h pour placer les petits fours”, ils arrivaient à 18h30-19h, les mariés. J’étais à la salle, j’avais une coordinatrice qui était avec moi, une amie à moi avec qui je travaille quand il y a des gros mariages – ils étaient quand même 300. Et du coup elle me disait “On a toujours pas les petits fours car ils ne sont toujours pas là, voilà. On fait quoi?” alors je lui répondais “Bon déjà tu ne paniques pas, parce que plus on va paniquer plus ça va être la misère”. La mariée qui venait me voir en me disant : ¨Ça va ? Tout se passe bien ?¨ Je lui disais : ¨Oui oui tout se passe bien¨, parce que que vous êtes obligés d’impacter le coup et il ne faut surtout pas montrer que ça ne va pas, parce qu’elle, elle va encore plus être en stress. Et ils sont arrivés, je crois, 10 minutes avant que les mariés arrivent. Donc, ils ont fait des photos dans le parc un peu plus loin et je leur ai dit “Écoutez moi je vous laisse je vais voir si le traiteur a fini” alors que je sais très bien qu’il n’a pas fini. Je suis partie en catastrophe. Je suis arrivée, j’ai posé la veste parce qu’on arrive, on a quand même un certains standing à donner devant nos mariés, on ne va pas arriver en jogging, baskets. Donc voilà, j’ai posé les talons, j’ai mis les ballerines, on a tout posé avec le traiteur. Je lui ai dit : ¨ Alors je vous explique: il y a pas de soucis, je peux comprendre qu’il y ait des merdes, on a tous nos problèmes. Par contre, là, ce que vous m’avez fait c’est inacceptable¨. Ils m’ont dit: ¨On est désol騅 Donc je vous rappelle même pas le rabais qu’ils avaient fait dessus, parce que oui vu comme on était en stress et tout, j’ai fait “Par contre, il faut pas qu’il y ait un seul problème de la soirée, c’est obligatoire.”. Et les mariés, on s’est revus après et il m’ont dit “Mais on a rien vu” et j’ai fait “Mais c’était le principe parce que si vous aviez vu quelque chose, je vous raconte même pas” mais bon je peux vous dire que moi j’étais pas bien. *rires* Je me suis dit, là on va arriver à un point de non retour parce qu’à la place des mariés, quand vous arrivez et qu’il y a rien de prêt, vous vous dites mais c’est pas possible. Parce qu’en plus tout était prêt sauf eux et pour l’apéritif, vous pouvez pas arriver et dire “Bah alors on va vous donner de l’eau, ou vous avez envi d’un café, du sucre ?” Donc ça c’était le pire souvenir. Mais bon je touche ma tête je touche du bois, que ça ne se renouvelle pas si tôt, ce serait bien !

 

Je vois que vous avez quand même gardé votre sang-froid…

Il le faut. Mais ça à Disney on était obligé puisque, ça m’était déjà arrivé. On ne le dit pas à la télé mais on a eu deux alertes à la bombe. Deux fois où j’étais là quoi *rire*. Donc voilà il faut garder son flegme et travailler là-bas, ça aide, on est entraîné, et puis vous avez des gens qui vont être là et qui vont paniquer de rien, comme il y en a qui ne sont pas du tout stressés.

 

Ah oui d’accord, certains n’ont peur de rien

Oui voilà quand ils arrivent à Disney, ils laissent leur cerveau à l’entrée.

*rires*

On a fini notre interview, on vous remercie d’avoir accepté de répondre à nos questions, et puis on vous souhaite une bonne continuation.

Merci beaucoup, à vous aussi pour vos études.

 

Merci !”

 

DÉCHAMPS Jordane, GUIMARAES Lisa, VU HOANG Nhi.

Groupe 2, site Montpellier.

Rencontre avec Julien Taillandier, Directeur Artistique de l’agence Coralys à Montpellier.

lundi 19 novembre 2018

Dans le cadre de nos cours de Méthode De Travail nous avons eu le plaisir de rencontrer Monsieur Taillandier le vendredi 9 novembre 2018 à l’agence Coralys au 439 avenue du Maréchal Leclerc à Montpellier afin d’en apprendre d’avantage sur son métier de Directeur Artistique. L’entretien a duré une heure et dix minutes et nous l’avons filmé avec son accord afin de pouvoir retranscrire l’entretien dans les meilleures conditions.

Chaque membre de l’équipe avait un rôle prédéfinit : un membre a interviewé le Directeur Artistique, un autre était en charge de la gestion du temps, et le dernier filmait les échanges.

Légende :

I = Interviewer

J.T = Julien Taillandier

  

I : Bonjour, nous sommes trois étudiants en première année de Licence Information Communication à l’université Paul Valéry Montpellier 3. Donc, comme vous le savez nous sommes ici par rapport à une interview concernant votre métier, cet entretien durera une quarantaine de minutes. Tout d’abord est-ce que vous acceptez d’être filmé ?

J.T : Oui, bien sûr.

I : Cette vidéo ne sera pas diffusée, ni sur internet ni sur aucun autre support. Par contre on retranscrira cet entretien afin de le publier sur le blog de la licence dans le cadre de nos partiels. Mais avant toute publication, on vous enverra la retranscription et à ce moment là vous nous donnez votre accord par rapport à ce qu’on a dit ou s’il y a des choses que vous voulez modifier vous pouvez nous le dire il n’y a pas de soucis. Et puis voilà, nous allons commencer si vous le voulez bien  ?

J.T : Oui, parfait je vous écoute.

I : Donc vous êtes Julien Taillandier et vous êtes le directeur artistique de l’agence de communication et d’événementiel Coralys.

J.T : C’est ça.

I : Pour commencer,  je vais d’abord vous posez des questions concernant votre métier. Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi consiste ce métier ?

J.T : Oui, alors être directeur artistique dans une agence de com’ [sic] que ce soit événementiel ou pas c’est celui qui va chapeauter tout l’aspect production graphique, visuelle, esthétique et ce qui concerne également le web, le textuel donc des documents que nous réalisons. Donc ça va de l’affiche au contenu, ça va du flyer au site et cetera. Mon boulot c’est d’abord de m’assurer que ce qu’on fait pour le client est efficace, professionnel mais également c’est cohérent. On n’a pas à commencer une campagne avec un style qu’on va changer en cours de route, qu’on respecte la charte graphique mais également que ce que demande le client est réalisable parce que le client, ce qui est normal, n’a pas besoin, n’a pas à être au fait de tous les détails techniques. Il peut ne pas savoir que telle couleur ne s’imprime pas, il peut ne pas savoir que telle chose sur le web est impossible ou pas légale et donc mon boulot consiste à ça : à la fois réaliser moi-même un certains nombres de choses, et faire appel à l’assistance de la stagiaire. J’ai aussi des assistantes ponctuelles qui sont là quelques mois pour des opérations, et freelance donc je gère tout ce petit monde et je m’assure que ce qu’on livre finalement au client correspond à la fois à la qualité à laquelle il est en train de s’attendre et à ses besoins en termes de com’. 

I : D’accord, alors du coup, quelles qualités devez-vous posséder pour être un bon directeur artistique ? 

J.T : Donc ça suppose que je suis un bon, ça je suis incapable de vous le dire. 

Alors à mon avis, c’est avoir une bonne connaissance de la chaîne graphique et pas seulement graphique c’est-à-dire avoir une bonne connaissance non pas seulement de votre métier mais des gens qui bossent autour de vous. 

Moi j’ai bossé dans l’édition, dans l’imprimerie, dans la presse et ça me permet de connaître les contraintes des autres, de savoir qu’il y a telle chose que je ne peux pas demander à un imprimeur par contre il y a des choses que je peux lui demander sans problème, que je sais que c’est pas un gros boulot, alors qu’une chose qui peut sembler un détail pour un client, je sais que vu le matériel dont dispose l’imprimeur, il ne pourra pas le faire ou il le fera difficilement. Idem pour faire le site web. Il y a des choses qui semblent énormes au client alors qu’elles sont faciles et d’autres choses qui semblent très faciles au client alors qu’en fait elles sont très dures, donc effectivement, sans forcément être expert dans tous ces domaines, avoir une connaissance un peu large de ce que font les autres métiers autour de vous et leurs contraintes, s’avère extrêmement utile. 

Ensuite, il y a une chose qui est absolument indispensable c’est la maîtrise du français. Il est inacceptable de livrer pour un client ou un contact ou autre, un document où il y a des fautes. Ensuite, il faut une certaine culture, déjà de la pub, il y a des choses qui vont marcher, il y a des choses qui marchent, des choses qui ne marchent pas.

Et je dirais une culture également en histoire de l’art parce que les grandes règles de la construction d’image ça marche sur un tableau de Nicolas Poussin et ça marche sur une affiche de pub pour la pizzeria du coin, donc ça c’est utile. 

Après, à cela j’ajouterais d’autres qualités qui à mon avis sont utiles, pas forcément indispensables mais utiles. Avoir étudié un minimum la rhétorique classique. Je pense que c’est extrêmement bien si vous lisez Le dialogue des orateurs de Tacite c’est pas mal. Aussi avoir un certain intérêt pour la psychologie humaine par exemple connaître les biais cognitifs peut être intéressant, connaître également en matière de raisonnement les syllogismes et cetera. 

Voilà donc, je dirais un peu d’expertise technique, beaucoup de culture et un peu de bon sens ça peut être utile.

I : Oui effectivement, et est-ce qu’il est nécessaire pour votre métier de parler plusieurs langues ?

J.T : Absolument, si vous vous orientez vers ce métier il est indispensable d’être bilingue anglais, ce n’est même pas une option ! C’est que vous devez l’être, si vous ne l’êtes pas vous êtes pénalisé. Tout simplement, car il y a énormément de documents qui vont être en anglais, les meilleurs tutos [sic] graphiques vont être anglais, tout ce qui est web marketing en français, c’est des traductions, donc autant aller à la source. De toute manière l’anglais est indispensable. 

Après, une langue ou deux en plus, c’est des cordes de plus à votre arc, c’est d’autres possibilités. Moi je suis bilingue anglais, j’ai un niveau correct en allemand, je me débrouille en russe et en hébreux.

I : D’accord, et quand on est cadre artistique qu’elle est le statut ?

J.T : Cadre.

I : Et quand on débute dans ce métier quel peut être le salaire minimum environ ?

J.T : Le SMIC, voir moins. Non, il y a beaucoup de gens qui commencent en freelance il n’y a pas de salaire minimum, c’est ce que vous arrivez à trouver comme clients. 

I : Alors, on va continuer, avec votre carrière. Donc, pour revenir sur les métiers que vous avez exercés auparavant, ils ont donc été un avantage dans votre carrière ?

J.T : Oui bien-sûr.

I : Et donc sur votre métier actuel… J’arrive pas à trouver ma phrase…

J.T : Est-ce que vous voulez que je fasse un petit topo [sic] sur mon parcours ?

I : Oui s’il vous plaît, parfait. 

J.T : J’étais à Paul Valéry aussi. J’en suis partie quand vous deviez avoir 2 ans à peu près. Je vous rassure c’était déjà aussi pourri, c’était déjà délabré. Les gens qui partaient quand j’entrais me disais déjà que c’était délabré. Donc je suis partie de Paul Valéry avec en poche un master 2 en Littérature Comparée et j’ai trouvé un premier boulot comme correcteur d’édition par contre je partais avec ce diplôme-là mais avec au moins deux compétences très intéressantes déjà je parlais très bien anglais, car j’avais passé une année scolaire aux États-Unis et ensuite j’avais un très bon niveau d’orthographe, en grammaire. 

J’ai trouvé du boulot comme correcteur d’édition dans le Var dans une petite maison d’édition qui faisait des cours « d’expertise comptable », passionnant… Mais c’est donc là que j’ai appris la typographie, la mise en page, la pré-presse. Donc la pré-presse c’est tout ce qui consiste à préparer un fichier pour que l’imprimeur derrière l’exploite facilement. 

Bref, toutes les choses techniques et également les normes de la correction ce qui m’a permis d’ailleurs par la suite de bosser un petit peu dans l’édition parallèle aux autres métiers parce que j’ai fais en tant que freelance de la traduction de bouquin, de la correction j’ai même écris un bouquin pour un client et donc pour sortir de ça je me suis retrouvé à travailler comme SR, SR c’est Secrétaire de rédaction, dans la presse c’est celui qui s’occupe de préparer les titrages, de travailler les articles, les intertitres, les crédits photos, qui s’assure qu’on a les droits sur les photos, qui fait le sommaire, qui bosse avec l’imprimeur bref si vous voulez le rédacteur en chef c’est l’esprit, le SR c’est le corps c’est celui qui après le communiqué de rédaction va voir le redac’ chef [sic] et fait l’emmerdeur [sic] en disant « écoutes, tu voulais quatre pages mais moi j’ai promis une pub à machin [sic], l’imprimeur râle parce qu’on l’a pas payé à temps donc ce serait bien qu’on revoit l’impression plus tôt, j’ai tel journaliste qui m’a pas encore renvoyé l’article » voilà l’emmerdeur qui ramène tout le monde aux réalités matérielles, c’est du papier, c’est de l’encre à un moment donné faut le faire. Et là je me suis perfectionné en mise en page. J’ai appris également la création graphique parce que je faisais également les pubs. 

Puis j’ai bossé un petit peu dans une publication à Montpellier qui s’est cassé la figure. 

Après je suis parti à Paris un an où j’ai enchaîné les CDD, j’ai bossé dans diverses compagnies, des trucs cocasses et à un moment donné, j’en avais deux qui se chevauchaient. Je bossais en même temps pour de la presse pour enfant et deux fois par semaine, je faisais de la retouche photo pour de la presse X. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans … Bref, au début des années 2000, tout le monde n’avait pas encore internet donc il y a avait encore beaucoup de presse X. Et donc je faisais de la correction photo dessus. Donc vous imaginez ce que ça pouvait être. Mais j’ai pas mal appris. 

Ensuite ma femme a trouvé un boulot à Carcassonne une ville que je déteste mais je l’ai suivi, donc je me suis installé là-bas, et il n’y avait pas d’employeur sur place donc je me suis lancé en freelance et j’ai fait pendant des années ce qui est le pain quotidien des freelances, je vous parlais de la pizzeria du coin, c’est ça, c’est les flyers de pizzeria, le logo d’une maison de retraite, voilà tout ce petit genre de chose. 

J’ai eu une belle opportunité professionnelle… Ça devait être en 2007. En 2007, par des amis d’amis, j’ai été présenté à un des candidats socialistes aux législatives, pour la première circonscription de l’Aude qui m’a embauche pour sa campagne donc ça a été une expérience extraordinaire. Si un jour, vous avez l’occasion quel qu’elle soit, de partir bosser sur une campagne politique, c’est épuisant, c’est un marathon de trois, quatre mois où vous pensez candidat, où vous mangez candidat, vous dormez candidat. J’avais fait ses affiches, bien entendu ses flyers, ses professions de foi, je corrigeais les photos avant de les envoyer à la presse tout ça. C’est épuisant mais c’est passionnant. Donc ça m’a fait mine de rien un boost intéressant de carrière et de compétences. 

Et peu après j’ai divorcé, donc je n’avais plus aucune raison de rester à Carcassonne et je suis revenue vers l’Hérault. Donc là j’ai continué à bosser en freelance, mais j’ai eu coup sur coup deux opportunités professionnelles vachement intéressantes. D’abord par un copain que je connaissais en ligne, un autre graphiste avec qui je discutais beaucoup sur les forums j’ai appris que sa boite recrutait un autre graphiste pour quelques mois, il m’a donc dit « si t’as envie envoies ton book et je le place », j’ai été pris, c’est donc à Moscou.

I : Ah oui !

J.T : Oui, mais je ne parlais pas russe et je commençais quinze jours après mais bon il n’y avait plus rien qui me retenait en France donc j’ai passé neuf mois à Moscou et ça a été super intéressant bien sûr, j’ai appris beaucoup aussi. 

J’ai appris parce que je me suis rendu compte que, les gens avec qui je travaillais, étaient bien meilleurs que moi, mais aussi qu’on n’était pas de la même culture, on ne voyait pas les choses de la même manière alors c’était très valorisant pour moi parce que quand j’apportais une solution qui me semblait bateau pour eux c’était original. Accessoirement, ça permettait de dire à certains clients qu’on avait pris un designer français et je me faisais aussi deux fois plus cher. Mais donc ça a été une expérience extrêmement intéressante, j’ai appris le russe un petit peu et lorsque j’étais à Moscou, j’ai eu un contact avec une agence Israélienne et le contact s’est bien passé. L’année suivante ,eux aussi avaient besoin de quelqu’un temporairement pour faire divers remplacements et comme on s’était lié, ils m’ont proposé de venir et j’ai donc passé neuf mois à Tel Aviv. Et c’était extrêmement intéressant aussi. 

Et donc quand je suis revenu de ça, presque deux ans après mon divorce, j’avais mine de rien accumulé une belle expérience qui m’a permis de continuer encore quelques années en freelance mais bon ça commençait à me lancer. 

Être freelance, c’est quand même hard [sic], on peut gagner très bien sa vie, mais on travaille énormément, il n’y a pas de différence entre la vie privée et le boulot, il n’y a pas d’horaires, et il n’y a jamais pire exploiteur que sois-même.

Et donc, d’autant que là je venais de me mettre en couple, on avait des projets familiaux et cetera, je voulais trouver quelque chose de plus stable donc j’ai cherché du taff [sic]. 

J’ai d’abord était engagé pour faire de la com’ de projet scientifique et notamment les aider à démarcher des partenaires privés et ensuite j’ai été engagé à Coralys. 

Voilà en gros le parcours, entre temps j’ai collaboré ici et là, j’ai faits des boulots pour des imprimeurs, j’ai appris le web-design. En gros, c’est un itinéraire un petit peu de touche à tout dans ce domaine. J’ai plus de facilités dans le graphisme et l’écriture mais aussi j’ai eu pas mal de boulots connexes.

I : D’accord, du coup pourquoi vous êtes vous dirigé vers directeur artistique ?

J.T : Parce que c’est ce qui correspond à mes compétences et ce qui correspond à mon ancienneté dans ce métier. À partir d’un certain âge, on commence à décrocher sur certains points, l’évolution technique est très rapide, les compétences techniques qu’on a, de toutes façons, elles se dévaluent alors on retarde cette dévaluation le plus longtemps possible mais elle est inéluctable. Je sais que, j’ai 40 ans, que j’arrive à être à jour. Dans cinq ans au maximum je ne serai plus à jour, et dans dix ans, les jeunes qui sortirons d’écoles seront meilleurs que moi, c’est normal. 

Donc, à partir de 35, 40 ans, il est utile de se demander qu’est-ce que je vais faire quand ces compétences techniques je ne les aurais plus ? Qu’est-ce que j’aurais encore ? Et cet encore c’est l’expérience, c’est l’expertise, c’est le fait d’avoir vu des centaines de clients, voilà tout ça, ça a une valeur et être directeur artistique ça permet aussi de valoriser ça. 

I : D’accord, je vais passer maintenant au quotidien du métier de directeur artistique. Quelles sont les difficultés auxquelles vous devez faire face ?

J.T : A quel niveau ?

I : De manière général.

J.T : Des difficultés, il y en a beaucoup. Je dirais qu’une difficulté, souvent, c’est le client. Le client fait appelle à vous parce qu’il a un besoin et en réalité même s’il ne le sait pas il a déjà une idée préconçue de ce qu’il veut. Alors soit cette idée est bonne et il va falloir lui tirer les vers du nez, soit elle est mauvaise et à ce moment là il va falloir, un, lui tirer les vers du nez et deux, le convaincre qu’il a tort. Alors bien sûr, si à la fin il insiste, on fait son truc pourri [sic]. Mais c’est normal qu’il ne puisse pas exprimer ça parce qu’il n’est pas expert, l’expert c’est nous. 

Et puis le client par manque d’expertise va très souvent utilisé des mots bateaux, il a l’impression que ça veut dire quelque chose mais en fait ça veut rien dire. 

L’exemple typique que je cite à chaque fois, c’est que si vous demandez à un client quel genre de logo il veut, il va vous dire qu’il veut un truc moderne, dynamique et élégant. Et la réponse c’est que personne ne veut un design vieillot, poussif et moche, donc là on lui dit « qu’est-ce que vous entendez par moderne dynamique et élégant ? ». Parce que le terme moderne, c’est toute la période qui se situe après la découverte des Amériques donc ça peut être pas mal de choses. 

Donc voilà, il faut arriver un petit peu à le sentir, à le comprendre, arriver à le faire parler. Faut aussi arriver à lui faire comprendre que ce qu’on fait c’est de l’industrie et pas de la sorcellerie donc, non, un logo ça se fait pas en un claquement de doigt. Ça met un peu plus de temps que ça à faire, ça demande de la réflexion, ça demande du temps. Il faut être assez pédagogue à ce niveau-là. 

Et ensuite, bon après les difficultés, c’est tenir les délais, tenir les budgets, c’est réussir à bien communiquer avec toute l’équipe pour avoir des choses de qualités et cohérentes à la fin. C’est arriver à s’organiser parce que les clients sont pervers, je suis sûr qu’ils s’appellent le soir ou le week-end parce qu’ils vont vous laisser en paix tous pendant trois jours, vous pensez que vous avez le temps puis le jeudi il y en a trois qui appellent en même temps pour dire « Ah, j’ai besoin d’un truc urgent avant lundi ». 

C’est toujours comme ça, donc voila, il y a cette difficulté là mais bon, on s’y fait. Quelques nuits blanches de temps en temps mais on s’y fait. 

I : Et quand le client vous appelle, comme vous l’avez expliqué, comment arrivez-vous à gérer les timings, vous arrivez toujours à satisfaire leurs besoins ?

J.T : Alors quand ça dépasse un petit peu, je prends des heures sup’ [sic], quand ça dépasse beaucoup, je prends des freelances. On s’en sert pour ça, pour absorber le surplus de boulot et quand vraiment ils demandent l’impossible, je leur dis que c’est pas possible. On essaie tout le temps de satisfaire le client bien-sûr, mais des fois c’est juste impossible. 

Il y en a qui ne s’imaginent pas, enfin qui ne réalise pas que non, je ne peux pas sortir cinquante mille flyers pour demain. Parce que pour 50 000 flyers, j’ai au moins 4 jours d’impression. Donc ça veut dire que s’il veut cinquante mille flyers, il faut qu’il les commande au moins une semaine à l’avance. 

Moi, faut que je bosse un jour sur le design, que l’imprimeur valide, que je m’accorde avec l’imprimeur sur la colorimétrie et cetera et c’est après qu’on le sort et après qu’on le livre. Il y en a, effectivement, qui sont irréalistes mais faut leur expliquer tout simplement. 

I : D’accord.

J.T : Il y en a aussi qui ont des fois des demandes qui leurs semblent évidentes et qui sont en réalité bizarre. Petite anecdote quand j’étais en Israël, je bossais dans une boîte qui faisait du web. Donc on était à Holon; Holon c’est la banlieue sud de Tel-Aviv et un jour on voit débarquer à l’agence des Loubavitch; Loubavitch c’est les juifs ultra traditionnels en grands mentaux noirs et étoffes de fourrures par quarante degrés à l’ombre en plein été en Israël, super ! Ils voulaient un site web. Très bien. On leurs fait le devis, on le prépare, mais ils me disent on tient absolument à ce que ce soit hébergé sur des serveurs kacher. On se regarde. « Des serveurs kacher ? Tu sais ce que ça veut dire toi ? Bah non ! » On les fait parler et en faite ils finissent par nous expliquer ce qu’ils entendent par serveurs kacher. Ils nous disent qu’en faite c’est des serveurs où s’il y a une panne durant le chabbat, donc en faite durant le week-end, vous ne réparez pas, vous attendez la fin de chabbat. Là le directeur fait « Ouais ok.  Vous ne voulez pas qu’on bosse le week-end ? Ça peut se faire ! » Mais il avait fallu bien une demie-heure pour qu’on comprenne ce que voulaient les mecs [sic]. Et pour eux c’était évident parce que dans leur tête ça l’était. 

Donc voilà, ça c’est l’exemple extrême mais vous avez énormément de gens qui ont quelques mots de vocabulaire de la com’ et qui croient savoir ce que ça veut dire mais qui ne savent pas en fait. 

Blaise Pascal dit que « le pire c’est les demi-habiles ». C’est les gens qui ne sont ni mal habiles ni habiles mais qui sont entre les deux et c’est vrai. Vous avez beaucoup de gens qui ont quelques mots mais en réalité qui ne maîtrisent pas ce que c’est donc quand ils parlent à vous professionnel, vous avez l’impression qu’ils vous disent des choses qui veulent dire quelque chose et en réalité quand vous leurs faites ce qu’ils vous ont dit, ce n’était pas ça qu’ils voulaient. Ça fait partie des petites incompréhensions et difficultés relationnelles qu’on peut avoir.

 I : Est-ce que vous pourriez nous donner une idée d’une journée type dans votre métier ?

J.T : Oui. Par exemple aujourd’hui, ce matin je suis arrivé assez tôt, j’avais préparé des encarts pubs, pour un salon du travail pour les personnes handicapées qu’on est en train de préparer avec cap emploi et pôle emploi, j’avais préparé des encarts pubs parce que je voyais ma cliente un peu après et je voulais lui faire valider. 

Ensuite on a eu le retour d’un autre client qui a un gros gestionnaire de dock. C’est un client qui gère une partie des ports de Marseille, et une bonne partie des ports du Havre. En gros si vous avez chez vous des produits Made in China y a cinquante pourcents de chance qu’ils soient passé par lui. On est en train de lui refaire son logo et pas seulement le logo. 

On fait aussi : « MVV ». Est-ce que vous voyez ce que c’est ?

I : Pas du tout.

J.T : « Mission Vision Valeur » c’est le discours de la boite sur elle-même. C’est à dire que la mission ce n’est pas le métier. Le métier c’est déplacer les boîtes : il sort les conteneurs des bateaux ils les mettent sur des camions. Ça c’est le métier. La mission c’est d’être le premier hub d’échange entre la France et l’international et les Valeurs de l’entreprise sont l’humanisme, le respect et la sécurité, le sérieux et cetera et cetera [sic]. C’est nous qui les avons écrites donc vous comprenez tout de suite le sérieux de la chose quand l’entreprise engage une agence de com’ pour écrire ses valeurs c’est que c’est de la com’ quoi. 

Voilà donc on a eu le retour de ce client là sur notre proposition, on a appelé la chargée de com’ du client et ils ont retenu une partie de la proposition et ils veulent qu’on retravaille le nôtre voilà ce qui est normal. C’est le jeu de ping-pong on leur a fait une première proposition, ils en retiennent quelques-unes, ils disent « oui mais ça on aimerait plus comme ci plus ainsi » voilà. 

On a pris rendez-vous pour la semaine prochaine pour qu’on leurs envoie le reste. 

Ensuite j’ai reçu une livraison de documents, de grosses chemises à rabat, pour le salon en question. J’ai contrôlé la livraison, je me suis assuré que l’imprimeur avait bien fait le truc [sic]. Je suis allé les porter à la cliente. Temps que j’étais sur place, je l’ai formé à l’utilisation du site qu’on avait fait pour elle et notamment comment gérer les inscriptions des différents ateliers lors du salon. 

Ensuite je suis revenu et quand vous êtes arrivés je venais d’envoyer un mail assez furibard à une publication qui nous proposait une pub justement pour ce salon qui avait fait un visuel absolument dégueulasse [sic] qui ne respectait absolument pas du tout la charte ni les obligations qu’on a vis-à-vis des partenaires financeurs de l’événement. 

Donc je les ai priés de façon gentille et ferme de relire les instructions qu’on leurs avait passé en expliquant que je ne pouvais pas envoyé dans cet état là. Et après vous êtes arrivés.

I : Avec votre métier, êtes-vous amené à beaucoup vous déplacer ?

J.T : Pas tant que ça. J’ai des déplacements professionnels en France deux, trois fois par mois. A chaque fois c’est une journée ou deux maximums. On a des clients dans la région, près de Marseille, on en a en Ariège aussi, on en a quelques-uns à coté de Rodez et à Paris. Un déplacement à Paris ça prend un jour.

 I : Est-ce qu’avec l’évolution du numérique dans les métiers, vous avez constaté une évolution aussi dans votre métier ? 

J.T : Absolument. Personne ne fera économie du digital. Il y a des changements énormes dans ce métier. Tout d’abord, les rythmes de production vont beaucoup plus vite. 

L’autre grande différence, c’est que le marché par exemple des graphistes, freelance, s’est mondialisé. Vous avez des sites comme freelance.com où vous trouvez des freelances partout dans le monde. Ce qui veut dire que ce que je faisais il y a dix ans, aujourd’hui c’est plus possible. 

En tout cas on n’en vit plus tout simplement parce que au niveau des prix vous êtes en concurrence avec des gens qui sont en Inde. Il y a dix ans ça existait déjà sauf que les gens qui étaient en Chine, en Inde, en Afrique ils n’étaient pas au niveau. Ils étaient beaucoup moins cher mais ce qu’ils produisaient ce n’était pas bien. 

Aujourd’hui, les indiens ils sont super en graphisme, en programmation et cetera. Les chinois en programmation ils sont top, en graphisme ils commencent à arriver, ils n’y sont pas encore mais ils commencent à arriver. Les africains c’est l’inverse, ils commencent à avoir de très bons graphistes, en programmation ça traine encore un peu mais voilà dans 10 ans ils y sont. Ils ont juste un train de retard. 

Donc effectivement, on ne peut plus bosser comme on bossait avant, c’est évident. Et d’un autre côté, on a une facilité à trouver des clients qui est décuplée. C’est-à-dire que le commercial qui fait du porte à porte c’est fini on n’en a plu besoin.

On a aussi des métiers qui n’existait pas avant. Je fais maintenant beaucoup de Community Management de production de contenu pour le web, de production de contenu pour les médias sociaux, de la génération de buzz y compris complètement artificiel, c’est-à-dire deux faux comptes qui s’engueulent [sic] entre eux ça fait du buzz quoi. Des campagnes de pubs Facebook, tout ça ça n’existait pas avant. Les médias sociaux nous permettent de cibler des clientèles comme les gens qui faisaient ce métier il y a 20 ans n’osaient pas le rêver. A part le nom des gens on peut tout savoir d’eux. Tout. Si vous demandez à Facebook de vous sortir cinq mille profils qui correspondent à tels critères, d’âge, de sexe, d’origine, de préférence sexuelle, des gens qui aiment ce groupe de musique, il vous les sort. 

Donc vous avez un profilage client qui est hallucinant alors ça fait peur aussi mais pour la pub et la com’ c’est absolument fabuleux. 

Donc oui, le métier change absolument, vous avez tout intérêt dans vos études à vous pencher sur le digital, vous n’êtes pas obligés d’être spécialiste mais il faut au moins avoir une idée assez précise de ce qui est possible et de ce qui ne l’est pas. 

De toute façon tout doit passer par le digital et être compris. Là, on est en train d’assister de plus en plus dans l’événementiel à la digitalisation de certains événements. Il y a deux ans je crois, on a fait pour Dell un événement dans lequel il y avait toute une partie de l’événement qui était en réalité augmentée. C’est-à-dire qu’en fait les gens arrivaient, ils mettaient un casque, ils mettaient leur smartphone dedans et ils voyaient les choses qui étaient en RA [sic]. Ça c’était dans un salon professionnel alors bien sur c’était Dell donc c’était forcément high-tech donc c’était forcement un truc de pointe mais ce que Dell faisait il y a deux ans c’est ce que le grand public aura dans cinq à dix ans. Ils ont eu aussi à un moment donné une conférence de Michael Dell en hologramme. En vrai hologramme. Pas comme Mélenchon où techniquement ce n’est pas en vrai hologramme mais ça c’est un autre débat. On est sur des changements complets. 

On a aussi par raison de plus en plus d’événementiel virtuel. Des flashs mobs sur le web des trucs comme ça. C’est un « brave new world » qui comprend énormément d’opportunité mais aussi énormément de chance de se planter sur des conneries [sic] ou simplement de passer à côté parce qu’on ne peut pas tout suivre. Effectivement votre génération de « digital natives » à une carte à jouer là-dedans parce que vous allez arriver sur le marché du travail dans trois à cinq ans ?

 I : A peu près, oui.

J.T : Donc quand les gens comme moi aurons quarante-cinq balais [sic] et leurs patrons soixante. Les gens qui ont, ne serait ce que dix ans de plus que moi, n’y comprennent absolument rien. 

Moi je suis de la génération née en 77, qui a vu arriver l’ordinateur à la maison. Je me souviens quand il n’y avait pas d’ordinateur. Je me souviens aussi quand il y avait deux Allemagne. 

Mais ne serait ce que le plus jeune de mes frères qui a dix ans de moins que moi, lui ne se souvient pas de ça. Pour lui l’ordinateur a toujours été là. Ce dont il se souvient c’est l’arrivée d’Internet à la maison. 

Et vous vous êtes de la génération pour qui il est naturel d’avoir l’un et l’autre. Et donc vous avez un rapport à ces technologies là qui est beaucoup plus naturel et aisé que celui que peuvent avoir les dinosaures de notre genre pour qui c’est une compétence acquise et pas une compétence entre guillemet qui révèle de la culture et de l’inné. 

Il y a effectivement sur le digital et le web énormément de choses à faire. En France on est très très en retard, vraiment, c’est un fait, on s’est accroché très longtemps au minitel, on pensait sérieusement que c’était une alternative au web anglais et on se trompait mais mine de rien on a pris dix ans dans les yeux [sic]. 

La plupart des boîtes avec qui on bosse y compris des grosses boîtes ne sont pas du tout du tout à jour. Là on travaille dans l’Ariège pour une entreprise de plus de trois cent salariés. Leur site internet n’est pas responsive. Est-ce que vous voyez ce que ça veut dire ?

I : Non, pas vraiment.

J.T : Ça veut dire que leur site internet ne s’adapte pas à la navigation sur mobiles et tablettes. C’est des sites qui restent tout petits ou très gros. Ça aujourd’hui où il y a cinquante-cinq pourcents du trafic qui se fait sur ce genre d’appareil, c’est inacceptable pour vous dire à quel point il y a des boîtes qui sont loin quoi. Très très loin. Ces gens-là, il a fallu qu’on leurs expliquent qu’il était important d’imposer à tous leurs services qu’ils utilisent la même police de caractère parce qu’il y en avait qui écrivaient en Arial, d’autres qui écrivaient en Times, y en avait même qui osaient écrire au client en Comics sans MS. Il y a encore beaucoup à faire. Est-ce que j’ai répondu à votre question ?

I : Oui. Très bien. Je vais maintenant vous poser des questions par rapport à votre place dans l’entreprise et l’entreprise en général. C’est un secteur qui fait face à la concurrence. Comment faites-vous pour vous démarquer des autres entreprises de communication et plus particulièrement en évènementiel ?

 J.T : Alors, justement l’événementiel on est un petit peu en train de laisser tomber parce que c’est un secteur qui est en train de s’uberiser et on vieillit. Ce que je veux dire par on vieillit c’est que ceux qui tiennent, « les piliers de la boîte », ont tous quarante ans ou plus et l’événementiel c’est fatiguant. L’événementiel c’est des nuits blanches, c’est des rushs et cetera. C’est très excitant mais vous n’avez pas forcément envie de faire ça tout le temps donc on a une expérience à valoriser.

Là on est en train de plus en plus de s’orienter vers l’expertise consulting. C’est-à-dire que l’événementiel ce n’est pas vraiment ce qu’on fait. Après comment on se différencie, on a une politique de relation clientèle sur le long terme, même si on sait très bien que les grosses boîtes, de toute façon changent de presta’ [sic] tous les trois ans, en gros, ou à chaque fois qu’il y a un nouveau directeur com’ il change ses presta’ juste pour montrer qu’il est là et qu’il est le chef mais on essaye de s’inscrire sur la durée on essaye de développer une relation de confiance avec le client mais il faut s’adapter. 

On essaye autant que possible dans nos évènements de privilégier plutôt l’humain mais globalement je pense qu’on se différencie surtout au niveau de la politique client. Et on essaye de proposer des accompagnements de A à Z c’est-à-dire que quand il y a un truc dont le client a besoin et que ce n’est pas cœur de métier on va quand même essayer de lui trouver quelqu’un qui peut le faire, essayer de faire en sorte qu’il n’est qu’un seul interlocuteur et on va gérer ça pour lui.

I : Comment vous faites pour instaurer un contact avec le client ? Est-ce qu’il vient vers vous ou est-ce que vous allez vers lui ?

J.T : Vous voulez dire le premier ?

I : Oui, le premier contact.

J.T : Déjà pour nous le premier contact c’est souvent des AO. Appels d’offres. Le client a émis un appel d’offre et on y répond. On lui fait une proposition de projet et un prix qui va avec et il dit oui ou non. Une fois qu’on a bossé une fois, deux fois avec le client, bah là on peut continuer. Alors quand on a des clients qu’on a démarché directement, quand on a des clients qui sont venus à nous, ça arrive aussi on en a pas mal par bouche à oreille, on en a pas mal par contact de contact, ça ça marche pas mal. LinkedIn est un outil puissant. On a parfois de la recherche commerciale en tapant dans le dur [sic] entre guillemets c’est-à-dire en appelant mais il faut passer trois cents appels pour avoir un rendez-vous donc c’est pas forcément intéressant. C’est une chose qu’on fait quand on n’a rien d’autre à se mettre sous la dent [sic] et qu’on a quinze jours de libres.

I : Ça arrive souvent des périodes creuses ?

J.T : C’est rare. Ça fait bien longtemps que je ne me suis pas retrouvé sans, je n’ai jamais une journée où en arrivant le matin je ne sais pas ce que je vais faire aujourd’hui. C’est extrêmement rare. Même quand je n’ai pas un truc immédiat à faire, j’ai d’autres trucs que j’avais repoussé jusque-là. Et de toute façon au pire, j’ai la com’ de l’entreprise à faire. Quand j’ai cinq minutes je m’occupe du SO de notre site, je m’occupe de faire un peu de contenu, donc de toute façon il y a toujours à faire.

I : Combien de temps peut prendre un très gros projet ?

J.T : Un an. Non il y en a même qui prennent plus. Là par exemple le projet avec l’entreprise docker, je pense qu’on est embarqué avec eux pour trois ans. Parce que là on va concevoir leur logo, la charte graphique et tout ; et après on va les aider dans le déploiement de ça. C’est-à-dire qu’ils ont quand même neuf cents bonhommes qui bossent à Marseille, des grues, des camions et cetera et va falloir qu’on les suivent sur les uniformes du personnel, les étiquetages, les fiches de paies et cetera et cetera dans tout quoi. Ça ça va être un boulot, à mon avis on est embarqué pour trois ans. 

Sur un client comme celui qu’on a dans l’Ariège pareil, on en a au moins sur deux ans. 

Après, il y a des boulots qui prennent une semaine. Typiquement, un truc comme le salon du handicap donc Handijob 2018, alors là cette année ça a été un peu compliqué parce qu’ils ont changé de direction en cours de route mais en gros typiquement, le salon a lieu le 20 novembre, le premier recontacte a été pris en mars, où là ils nous ont dis on fait de nouveau appel à vous cette année pour ça. On définit les missions, on fait un devis et cetera et cetera. 

En avril le devis est validé, Mai-Juin on met en place la charte graphique. Juillet-Août il n’y a rien qui se passe parce qu’il y a toujours quelqu’un qui manque et cetera. Début septembre on a mis en place le côté pilotage. On a fait vérifier. J’ai fait le site courant septembre et après il a fallu le temps que la mairie valide. On est à dix jours de l’événement, on est dans le dernier rush. Bien entendu qu’à dix jours de l’événement on a des trucs qui ne sont pas encore imprimés parce qu’on n’a pas eu la validation même si on s’y est pris six mois à l’avance.

I : D’accord, à dix jours de l’événement, pensez-vous avoir le timing pour valider le projet en sachant que la mairie n’a pas encore validé le projet ?

J.T : Absolument, même si on est dans le deadline, bien entendu là on est à dix jours de l’événement, il y a encore des choses qui ne sont pas imprimées. Même si on sait qu’on est en  avance. Mais en pratique on a pris un premier contact commercial sur mars-avril. En réalité, j’ai bossé dessus quinze jours au printemps et trois semaines là. Et il y a aussi l’intervention là-dessus d’une des chefs de projets qui elle s’occupe de l’aspect financier, du suivi, et de l’évènementiels c’est-à-dire que c’est elle qui va s’occuper de tout ce qui est installation des tables, du traiteur, et cetera au Corum.

I : Donc chaque personne de l’entreprise est sur le projet ou juste une partie ?

J.T : Non pas du tout, sur celui là aujourd’hui, dans l’entreprise on a trois chefs de projets, plusieurs sont sur le départ parce qu’ils ont envie de faire autre chose, on a des chefs de projets freelance avec qui ont bosse, la direction donc notre présidente qui est une chef de projet senior et notre directeur financier qui lui est un commercial marketeur, donc moi qui suit le DA [sic] et une comptable. Sur ce projet-là, on a la présidente qui est impliquée, une chef de projet freelance et moi. Ce n’est pas forcément toute l’équipe en permanence sur chaque projet. Y en a d’autres qui, par exemple en parallèle de ça, une autre chef de projet qui a fait pour nous l’inauguration des arènes de Lunel, projet sur lequel je suis très peu intervenu. J’ai fait leur site point barre[sic]. Ça m’a pris dix jours. Et par contre elle, elle était sur le projet depuis un an.

I : D’accord, du coup pour conclure, est-ce qu’en tant que directeur artistique, est-ce que vous vous définissez comme professionnel de la communication ?

J.T : Absolument, je suis un professionnel de la com, je suis là pour m’assurer que la com en France ne se fait pas trop moche et pertinent, j’ai aussi un boulot de conseil qu’on est en train de développer de plus en plus. J’ai réussi beaucoup de formation comme l’utilisation des réseaux sociaux type, au base de la com etc. Avant hier j’étais chez un client pour lui expliquer : comment on utilise LinkedIn pour trouver des clients. 

Pour moi, c’est un boulot d’un orchestre, il y a un peu de tout, sans doute c’est intéressant parce qu’on est amené à rencontrer des gens très différents, on est amené à rencontrer des gens qui ont des profils différents, qui ont des réalités différentes. Je parlais tout à l’heure de ma visite en Israël. 

Mais à l’autre extrême, hier j’étais chez un client de matériaux de construction, on leur fait tous les ans leurs journées propices, ce sont des journées où ils invitent leurs clients. Là c’est pas spirituel du tout. Leurs clients, ce sont des professionnels du bâtiment, c’est les mecs qui aiment bien les grosses bagnoles [sic]. On est dans un autre monde et j’aime bien ça. 

Être directeur artistique, c’est un métier en question absolue, je pense que c’est intéressant de vivre ça, de voir ça. 

I : Et quels conseils donneriez-vous pour les étudiants en première année qui souhaitent se lancer dans ce métier ?

J.T : D’abord, c’est quoi vos projets ?

Nos réponses : Événementiel  GraphismeChargé de com

J.T : Un conseil pour tous les trois : « N’attendez pas, commencez dès maintenant ». Néanmoins il y a plein de choses que vous pouvez faire dès maintenant. Il faut savoir que c’est un métier où votre diplôme comptera d’autant qu’on est en France et qu’en France on a du mal à croire que les gens ont des compétences, mais n’ont pas de diplôme. 

Ce qui est important c’est ce que vous avez fait, ce que vous avez déjà réalisé. Si vous avez l’occasion de commencez les choses, commencer dès maintenant. Ça n’a pas besoin d’être énorme, ça peut être faire de la com de la chose qui vous plaît, ça peut être du militantisme. Personnellement quand j’étais à Paul Valéry, j’ai beaucoup appris en tractant, mais grosse déception aussi.

Événementiel

Si vous voulez faire de l’événementiel, contactez les agences parce qu’on prend les petites mains tout le temps sur l’événement. Ne vous effrayez pas, mais vous allez voir un événement de l’intérieur, vous allez mettre une main dans le cambouis et vous allez voir comment ça se fait le passage, c’est intéressant. Et puis comme vous serez chef de projet, ça veut dire que vous aurez de l’expérience, c’est intéressant. 

Graphisme

De même si vous vous intéressez au graphisme, je vous conseille vivement de commencer à faire des choses. Pour les stages, allez d’abord voir un imprimeur, essayez de vous retrouver dans la peau de la personne qui vient après vous, de celui qui va avoir à bosser sur vos graphismes parce que cela va vous apprendre à lui fournir une matos correcte. Un des graves défauts aujourd’hui, dans certaines nombres d’écoles de graphisme, c’est qu’elles vous forment des gens qui sont capable de faire des choses magnifiques, mais qui ne sont pas imprimable parce qu’on leur a pas appris les contraintes des gens qui viennent après eux. Donc c’est vachement intéressant à voir. 

Vous pouvez aussi commencer à faire quelques petits dessins en téléchargeant Adobe. Je ne connais pas un seul graphiste qui n’a pas bossé avec les outils illégaux. J’ai conseillé à mes étudiants car j’ai un tout petit peu enseigné dans l’IUT, je leur ai conseillé d’essayer de faire de la photobook. Je vous le conseille également, c’est passionnant, parce que ça va vous apprendre à composer, à composer vite, ou vous prenez un appareil photo si c’est possible sinon votre smartphone et vous vous pointez en fin d’après midi sur la place de la comédie, face à l’opéra et vous faites un certain nombre de photographie de l’opéra, des gens. Et votre mission est de faire une photo qui raconte l’histoire. 

On a toujours besoin de faire des photos dans ce métier en parallèle je vous conseille vivement de causer beaucoup avec les gens. 

Chargé de com

Pour les services presse pareil, vous avez tout intérêt à fréquenter dès maintenant la presse. Allez y voir le club de presse qui organise régulièrement des événements. Certains sont ouverts au public, vous pouvez vous présenter là-bas, c’est une occasion de serrer quelques mains, de prendre des contacts. 

Il est donc intéressant si vous voulez être chargé de com’ plus tard d’écrire. 

Pourquoi pas créer un blog, ça ne vous coûte rien en plus c’est gratuit. Cela va vous apprendre combien de temps ça prend de faire un article, vous allez vous rendre compte également des contraintes qu’il y a. Imposez-vous un rythme d’article régulier. Pourquoi pas un article sur la vie à Montpellier puisque vous venez d’arriver à Montpellier. Par exemple vous sortez un article tous les mercredis, vous vous lancez un défi tel que le fait d’écrire un article de moins de deux mille caractères. 

Déjà avec ça, vous allez apprendre à écrire pour le web, de plus, ça vous fera un plus sur votre CV.

I : Avez-vous des sites à nous conseiller concernant le blog ? 

Oui, wordpress.com qui est excellent, en plus c’est gratuit et ça va vous permettre de vous familiariser avec wordpress qui n’est pas seulement qu’un support de blog mais aussi il y a des systèmes de sites web qui aujourd’hui supportent 60%  des sites dans le monde. Pour un blog wordpress c’est excellent, pareil pour un blog photo, il faut le montrer  à des inconnus pas à votre famille. Je vous conseille fortement wordpress. 

Mots de la fin 

I :Nous vous remercions de nous avoir accordé cet entretien. 

J.T : Je vous en prie, j’espère avoir répondu à toutes vos questions. 

I : Oui, parfaitement. On vous envoie par mail la retranscription au plus vite. On doit la publier le 19. 

J.T : Parfait, je vous souhaite bon courage dans vos études. 

I : Merci. 

Nous remercions encore une fois Julien Taillandier d’avoir pris le temps de nous recevoir dans la bonne humeur et de nous avoir éclairés sur son métier ainsi que pour tous ses conseils. 


Marie DELAIRE
Adama DIARRA
Marine ROZIER