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« Se plaire dans ce que l’on fait » un Moment passé avec deux chargés de communication.

dimanche 24 novembre 2019

“Le partage est un moment privilégié…”

Logo de la marque « Moment Concept ».

La mise en contexte

Mardi 12 Novembre 2019, dans le cadre d’un projet dans la discipline PPP (Projet Professionnel Personnalisé) nous avons eu l’occasion d’interviewer deux chargés de communication autodidactes : Camille  ANDRE & Melchior DEVANLAY de la marque streetwear “Moment Concept” basée à Montpellier. L’échange a duré au total quarante minutes et chacun d’entre nous a pu poser des questions. Nous avons également eu l’occasion d’enregistrer sur nos quatre appareils à savoir trois téléphones et un ordinateur. 

Glossaire


*Illustrator :
Logiciel Adobe utile aux créations graphiques et aux illustrations. 

*Imovie : Logiciel de montage vidéo. 

*Moodboard : Un moodboard, en français « planche d’inspiration », est un assemblage d’images, d’objets ou de mots qui est utilisé pour exprimer le style choisi dans le cadre du développement d’une idée créative.

*Typographie : La typographie désigne l’art et l’utilisation de caractères d’écriture dans un but artistique ou tout simplement pratique.

*Feed : Galerie photo sur Instagram où sont affichés les images postées. 

*Influenceur : Blogueur ou blogueuse ayant les capacités suffisantes pour faire changer le comportement d’un public à l’égard d’une marque/produit.

*Movember : En Novembre, les hommes sont invités par la Fondation Movember à porter la moustache pour sensibiliser l’opinion publique aux maladies masculines telles que les cancers de la prostate et des testicules mais aussi à la santé mentale et la prévention du suicide. Movember est arrivé en France en 2012 et réunit des millions de participants dans 21 pays. À partir du 1er Novembre, les hommes sont invités à se raser complètement et ensuite laisser pousser la moustache jusqu’au 30ème jour du mois de Novembre. 

Contrat déontologique

« Bonjour Camille et Melchior, donc nous sommes étudiants en Licence 1 Information et Communication, et dans le cadre d’une interview, nous souhaitons l’enregistrer et la retranscrire sur notre blog en ligne. Nous souhaitons également prendre quelques photos de votre travail, êtes-vous d’accord? « 

(Camille et Melchior nous ont autorisé à prendre des photos, enregistrer ainsi que diffuser en ligne l’interview. )

Retranscription


Intervieweur Maxime:
AlorsMoment Concept” est tout neuf donc est-ce qu’on pourrait en savoir un peu plus sur la marque et sur vous ? Qui êtes-vous et pourquoi vous avez lancé ça ? 

Interviewé Melchior: Alors pour qui donc du coup moi j’ai commencé par une école de commerce j’étais en grande distribution, chez Auchan en tant que manager et au bout de trois ans et demi en grande distrib’ j’avais envie de changer et ça a coïncidé par hasard au moment où je me suis barré et que j’étais dispo on a commencé à discuter de la marque avec Camille puisqu’il était déjà sur le projet depuis quelques temps pas concrètement de la marque mais sur le truc qui était en train de se préparer.

Interviewé Camille : Voilà du coup et bien,  j’ai fait des études dans le social, j’étais éducateur spécialisé et en parallèle j’ai été toujours à fond dans l’art donc en tant que hobbies bien-sûr. Et un petit peu avant que Melchior me rejoigne je faisais des expériences sur des t-shirts donc impression sur t-shirts et j’avais des bons retours. Et quand il a quitté son travail ça a coïncidé pile poil au moment où on a pu se lancer parce que je ne voulais pas me lancer tout seul j’avais pas les compétences nécessaires et inversement et c’est ensemble qu’on a pu penser ce projet.

Intervieweur Maxime : Ok donc tu parles des compétences nécessaires ?

Interviewé Camille : Les compétences par exemple… 

Interviewé Melchior : Plutôt complémentaires en fait c’est pas mal ce qui nous a motivé à se lancer c’est que surtout par rapport à la nature du projet en fait on est vachement complémentaires dans ce qu’on apporte pour faire tourner l’entreprise c’est-à-dire que Camille s’occupe beaucoup de la partie création et pas mal des réseaux sociaux enfin beaucoup des réseaux sociaux aussi et moi je vais avoir plus la partie sur la gestion et sur la boite vraiment…

Interviewé Melchior : Et le site internet aussi.

Interviewé Camille : Le site internet et du coup ça permet vraiment de faire qu’on arrive à deux à avoir presque, puis pas tous parce que il y en a certains sur lesquels on bricole mais enfin pas mal d’aspect de la boîte quoi. Et pas savoir faire tous les deux la même chose, et que du coup être complètement perdus sur les autres aspects quoi. 

Intervieweur Maxime : D’accord donc vous avez quand même vos rôles qui sont bien définis une partie plus dirigée vers la com’ et une partie plus en interne ? 

Interviewé Camille : Et bien, c’est clair que il y a certains des aspects de l’entreprise que Melchior gère à 100% et que d’autres, moi je gère à 100% et après il y en a d’autres sur lesquelles on se croise un petit peu. 

Interviewé Melchior : En fait, assez naturellement Camille a pri toute la partie artistique on va dire la création de tous les visuels et tout ça.

Interviewé Camille : Oui c’est ça on va dire que je prends la partie artistique et la communication avec les réseaux sociaux et contact avec les influenceurs.

Interviewé Melchior : Et après, on se croise pas mal sur la partie production et sur la com’ par rapport au fait que moi je vais être un peu plus sur la partie pub et après moi je m’occupe plus du site web et de la partie administrative et contacter les fournisseurs aussi. 

Intervieweur Maxime : Ok je vois, mais vous qui vous êtes lancés tout seuls, est-ce que vous avez une idée du profil qu’il faut avoir pour se lancer dans un projet comme ça quand même conséquent ? 

Interviewé Camille : Je pense que tout dépend du projet que tu vas lancer. Là par exemple on a décidé de se lancer dans le textile donc ce qui est intéressant nous au départ on y connaissait pas grand chose dans le textile on faisait beaucoup de bricolage on a appris et on a du faire beaucoup de recherche sur le terrain et puis sur le net et ça c’est par exemple un aspect qu’on avait pas du tout et on a appris à petit à petit à le maîtriser avec le lancement de ce projet. Et après tous les autres aspects sur lesquels on parlait avant… Là on a la dimension artistique par rapport aux t-shirts mais cette dimension n’était pas indispensable si on y avait mis des photos ou en tout cas pas de la même façon. Après voilà je pense que certains points sont indispensables comme dans la communication, le côté business avec toute la paperasse et ceux là je pense qu’ils sont indispensables.

Interviewé Melchior : Moi je pense qu’il n’y a pas vraiment de profil type quoi. C’est juste je pense qu’il y a des façons de faire qui vont différencier genre nous avec les compétences qu’on avait on a choisi une façon de fonctionner et après t’as d’autres compétences dans d’autres situations et tu pourras trouver un autre fonctionnement et à la fin soit t’as le même résultat soit t’as le résultat que toi t’as envie de faire quoi parce que c’est pareil l’objectif que t’as il peut être pas le même en fonction du profil que t’as donc je pense que ça va pas mal varier.  Par contre ce qui est vrai c’est que je pense que ce qui est indispensable c’est d’être prêt à rencontrer plein plein plein plein de gens et notamment de demander de l’aide à pas mal de monde. 

Interviewé Camille : Pour avoir l’approbation ou au contraire avoir des débats quoi. 

Interviewé Melchior : Et puis sur certains point où tu sais que t’es pas à l’aise ne pas avoir peur de te dire « bah je vais chercher les compétences ailleurs » parce que sinon ca va être compliqué… ou alors tu essaies de te former. 

Intervieweur Maxime : Ok donc il y a quand même eut un but précis quand cette marque a été créer mais maintenant le but de la marque : Qu’est-ce que “Moment Concept” ?

Interviewé Melchior : En fait “Moment Concept” c’est l’histoire de deux potes qui se connaissent depuis 16 ans actuellement, qui ont envie ensemble de monter quelque chose, en l’occurrence ça s’est représenter sous la forme d’une marque. Donc au travers de cette marque ils ont voulu parler de leur amitié et ça s’est représenté sous forme de moment de vie, d’où le nom de la marque, on parle de moments, de rencontres, de voyage, de moments solidaires et de tous ces petits moments qui font que bah on se rappelle de cette relation mais aussi de la relation qu’on a avec nos familles, nos amis et compagnie. C’est aussi la volonté de travailler sur des produits de qualité parce qu’on en avait un peu marre d’avoir des t-shirts et des pulls qui dure une saison ou deux et qui après sont complètement flingués, donc se baser vraiment sur la qualité et après dû aussi à notre parcours sur le côté éthique et écologique avec le coton bio et le commerce équitable et puis bien-sûr on voulait quelque chose de résistant mais aussi de confortable donc voilà on a essayé de mêler tout ça ensemble et moment est né. 

Intervieweur Loryne : Alors vous avez parlé de compétences à avoir, du coup pour faire fonctionner tout ça, est ce que vous pouvez nous parler des qualités qu’il faut avoir pour faire ce métier et pour pouvoir faire fonctionner une entreprise correctement ?

interviewé Camille : Et bien, il ne faut pas compter ses heures.

interviewé Melchior : tu peux répéter là questions parce que j’ai pas entendu ?

Intervieweur Loryne : Vous avez parlé des compétences à avoir, mais moi j’aimerais bien savoir quelles sont les qualités d’une personne à avoir pour bien faire fonctionner une entreprise ? 

Interviewé Camille : C’est-à-dire être multitâche ne pas s’appuyer que sur ses compétences c’est-à-dire moi même si j’ai fais des études plus artistiques je n’ai pas fais d’étude en communication,  je me suis mis là dedans j’y vais à fond et on expérimente alors c’est déjà ce que je pense être multitâche. 

Interviewé Melchior : Moi j’ai un peu envie de redire ce que j’ai dis juste avant, je pense qu’il n’y a rien qui est figé c’est-à -dire qu’il n’y a pas de truc type. Mais après dans notre cas à nous ce qui s’est un peu passé, enfin la façon dont je l’ai vécu c’est que déjà c’est aussi l’état d’esprit dans lequel tu fais les choses. Tu vois, tu parlais de qualités : on est super curieux et on a envie d’apprendre déjà. Donc c’est ce que disait Camille, euh ça fait un an à peu près où il n’y a pas un mois qui se passe sans qu’on se dise à ouais en fait c’est un vrai métier ! Et sans être péjoratif envers le truc, juste de se dire à ouais en fait il y a pleins pleins de taches dans les entreprises et c’est pas pour rien si il y a autant de postes différents mais maintenant d’un coup c’est toi qui fait tout. Et du coup tu découvres pleins de choses que tu sais à peu près, tu vois, on sait tous ce que c’est un community manager mais quand tu dois le faire c’est pas la même chose, tu vois ? 

Intervieweur Loryne : D’accord.

Interviewé Melchior : Et donc y’a ça et y’a aussi, ouais l’état d’esprit dans lequel tu le fais, je sais que nous on est parti en se disant que c’est pour l’aventure, on sait pas ce qu’il va se passer donc on y va pour s’amuser. Et ça a pas mal déterminé la posture qu’on avait. 

Intervieweur Loryne : Et donc, vous êtes deux, et comment vous arrivez à gérer ces « multitâches » comme vous dites, à deux dans cette entreprise ?

Interviewé Camille : Il y’a certaines tâches que nous on gère, après y’a d’autres tâches qu’on choisi de faire pas l’extérieur. On a décidé dès le début que l’image soit nickel donc on s’est dit que par exemple, la photo c’est pas du tout nous qui gérons, donc on fait appel à des photographes extérieurs ou des vidéastes. Après, comment on le gère ? par rapport au temps que l’on a. Euh là en ce moment, j’ai eu un peu de temps, par exemple, je me suis mis plus sur le dessin. A des moments on va être à fond sur la communication, donc je serai à fond sur les réseaux sociaux. Parfois, ça va être un moment où il va y avoir pas mal de paperasse à faire donc Melchior sera très occupé justement là dedans, donc moi je vais plus m’occuper de l’impression et de la couture. Voilà, en fait le temps on le gère par rapport aux événements qui arrivent aussi. 

Interviewé Melchior : Ouais, on a eu toute une période au début où on a pas mal vécu avec le flow de la marque ou c’était un petit peu chaud mais ça allait. Et là petit à petit comme on est en train de structurer les choses aussi pour pouvoir un peu grandir, et donc du coup on essaie un peu plus de structurer. Mais ouais c’est ce que disait Camille tu as un peu des « temps » quoi. Là on est dans une phase où on essaie de prendre un peu d’avance pour pouvoir changer un peu notre façon de travailler. On travaille beaucoup en temps réel et là on a envie d’avoir un peu plus d’avance genre a un mois, un mois et demi à l’avance par rapport à ce qui va se passer. Donc du coup ça fait que, en ce moment là depuis un mois on charbonne beaucoup pour que a partir de maintenant ben on puisse être un peu plus tranquille, fin souffler un peu plus . Donc là maintenant on a réussi à avoir deux shooting d’avance. 

Interviewé Camille : Non même trois. 

Interviewé Melchior : Donc trois shooting d’avance sur les produits qui sont pas encore sortis. Donc ça fait que tu subis un peu moins le quotidien aussi. Donc tu peux prendre de l’avance et tout ça. Mais euh, il n’y a pas vraiment de règles quoi. Nous, on a pas une journée qui se ressemble, tu t’adaptes et tu fais en fonction des priorités. 

Intervieweur Loryne : Oui il n’y a pas de “journée type” quoi. 

Interviewé Melchior : Non il n’y a pas de “ journée type”.

Interviewé Camille : Non, regardez aujourd’hui on vous reçoit, on fait un peu d’impression. Ce matin on était en communication, demain on va aller chercher des boutiques dans une autre ville qui serait intéressée.

Intervieweur Loryne : Hmm, d’accord. 

Interviewé Camille : Voilà quoi.

Interviewé Loryne : Vous avez parlé aussi qui faut être prêt à faire des rencontres, est ce que vous êtes parti du coup de rien, ou vous aviez déjà des connaissances pour pouvoir promouvoir votre marque ou vous lancer ? 

Interviewé Melchior : En fait ça dépend de comment tu le vois. Moi la façon que je le vois c’est genre on a tous, même les gens qui connaissent personne, on a tous un réseau en fait.

Intervieweur Loryne : Oui.

Interviewé Melchior : Et donc, moi la façon dont je l’ai vécu encore une fois c’est genre, on a un réseau avec Camille. On a la chance d’avoir pas mal de gens dans ces eaux là. Mais on a surtout eu la chance, d’arriver à le stimuler parce que on a pas mal vu d’exemple autour de nous dans n’importe quelle phase de la vie, où tu vois des gens qui disent « mais moi je connais personne ». Et en fait c’est qu’il y a pas mal de gens qui n’ose pas non plus aller demander. Et y’a toujours, tes parents ils connaissent quelqu’un etc, et tu vas les voir et tu leur dis et en fait y’a pleins de monde qui ont envie d’aider. 

Interviewé Camille : Et en fait les 6 premiers mois, je pense au moment du lancement de la marque, c’est à peu près ça on était là dessus, c’est-à-dire, on est allé à la rencontre de quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui tenait une marque, donc on est allé la rencontrer. Elle connaissait des gens qui était en communication, des gens qui montent des start-up, des graphistes etc. Et du coup de ces rencontres, est né un petit peu le projet. Et aussi on a beaucoup posé de questions pour éviter de faire toutes les bêtises de débutants, qu’on ferait si on avait pas fait ces rencontres là. C’est-à-dire toutes les bêtises qu’on aurait pu faire avec l’imprimante, on les a évité parce qu’on a rencontré quelqu’un qui avait la même imprimante, qui s’en servaient, qui nous a un petit peu parlé de ça quoi, les histoires de stocks, nous on a fait le choix de pas avoir de stocks d’habille déjà imprimé mais que des habilles vierges, parce qu’on a l’imprimante. Justement parce que beaucoup de gens nous on dit « ne faites surtout pas de stocks, c’est un peu dangereux pour les entreprises ». Donc ça c’est grâce aux rencontres qu’on a pu faire pendant les 6 premiers mois qui ont aussi construit la marque. Et on a beaucoup rencontré d’influenceurs de Montpellier, parce qu’on a voulu faire une communication qui était vachement tournée autour du local à proximité dans un premier temps. Et justement ce qui est intéressant dans les rencontres c’est qu’on y est un peu allé au culot c’est-à-dire, qu’on est un peu allé toquer au porte des personnes sans les connaître et leur dire voilà on a ce projet là…

Interviewé Melchior : C’est un truc qui nous a pas mal définit en fait, et c’est quelque chose qu’on continu et qui c’est fait naturellement au début et que maintenant on utilise vraiment. C’est que à la base c’était juste, on va demander aux gens et qui savent probablement mieux que nous sur certains sujets. Et maintenant c’est un truc qu’on utilise au quotidien, à contacter des gens mais de manière générale, maintenant avec des gens qu’on ne connaît pas. Et on va se dire mais autant il a un peu de temps et il a envie de parler de ça, ben on va tester parce qu’il a probablement des connaissances à nous apporter. Et au pire il nous dira non, quoi. 

Interviewé Camille : Ouais, l’autre jour il y a un Youtubeur qui nous a re publié et il a 2 000 000 de followers sur Youtube, on le connaissait pas, fin on a eu le contact par quelqu’un, il a posté une photo sur son réseau. Et ça se fait parce que tu vas au culot, parce que tu testes, tu expérimente. Et il te dit non, au pire il te dit non mais si il te dit oui ben tu as gagné un truc qui te coûte rien quoique la question. 

Intervieweur Loryne : D’accord, et par rapport à ça, vous n’avez pas des peurs, des craintes que l’on vous refuse des choses ? Ou que vous n’allez pas dans le bon sens ? Vous n’avez pas des craintes par rapport à ça ? 

Interviewé Camille : Déjà nous on a décidé de partir sur cette marque de façon très… comment dire…niveau de la communication… la façon dont on va voir les gens , c’est-à-dire on va être direct détendu et pas de façon formelle. Soit on tutoie les gens justement, on essaie de mettre les gens à l’aise, et du coup moi je dirais que non il n’y a pas de craintes parce que quand tu essaies qu’on te dise non, c’est pas un échec en soit, c’est que une manière de répondre à une question. 

Intervieweur Loryne : Hmm, oui

Interviewé Melchior : Après ça revient au personnel, mais on essaie pas mal de travailler aussi sur les attentes qu’on a. Il y a eu des fois, il se passait des choses où du coup tu es déçu en fait.

Intervieweur Loryne : Oui…

Interviewé Melchior : Mais, c’est parce qu’en fait on avait beaucoup d’attente par rapport à ce qu’il se passe. Du coup on travaille pas mal là-dessus, c’est-à-dire que justement comme on y va au culot parfois et tout, forcément il y a des fois où cela ne fonctionne pas. Donc si tu as pas trop d’attente, tu tentes des trucs, et quand ça marche, t’es content quoi. 

Intervieweur Loryne : D’accord, ouais je comprend…

Interviewé Melchior : Mais après, moi je ne le vois pas comme de la crainte ou de la peur, je le vois plus comme de la motivation. C’est que à un moment donné, maintenant tu es ton propre patron et si tu te lèves pas et que tu te bouges pas , il va rien se passer en fait.

Intervieweur Loryne : C’est une force quoi, en quelque sorte. 

Interviewé Melchior : Ouais, pour moi si tu as peur tu vas justement tu vas te paralyser.

Interviewé Camille : Tu vas pas pouvoir rebondir facilement, et tu vas sortir de ta zone de confort ouais. 

Interviewé Melchior : Ça fait un an qu’on est complètement dans l’inconnu quoi. 

Intervieweur Loryne : Oui…

Interviewé Melchior : Et du coup t’es plus… je sais pas tu vis avec quoi. C’est plus de la crainte, c’est une espèce d’excitation. Après faut apprécier d’être un peu dans l’inconnu et d’être un peu aventureux quoi. Parce que tu sais pas vraiment ce qui va se passer demain. 

Intervieweur Loryne : Oui d’accord. Et est-ce que vous avez réussis du coup un peu grâce à ces partenariats là, à vous déployer un peu dans la France ou voire même ailleurs ? 

Interviewé Camille : Là on a décidé de se concentrer au lancement sur Montpellier, c’est vrai qu’on travaille beaucoup avec des acteurs locaux que cela soit les boutiques, là on est sur trois boutiques sur Montpellier et une sur Avignon. L’idée là, ben demain on va à Nîmes, on va essayer de trouver des boutiques à Nîmes. Vendredi 29 on va aller à Avignon on va essayer de débloquer, de se trouver une ou deux autres boutiques. Et en même temps on contacte d’autres boutiques dans d’autres villes. Mais au départ on voulait surtout se concentrer ici parce que c’est une zone d’expérimentation. C’est facile d’accès, on peut facilement aller à une boutique pour échanger des vêtements etc. Maintenant qu’on est un peu plus on va dire « cadré », c’est là où on essaie de s’expérimenter. On est vraiment au début du projet donc forcément on cherche pas à s’étendre d’un coup. Après le but du site internet c’est aussi d’être présent partout en France voire d’autres pays quoi. Bien sûr on a des motivations à s’étendre mais c’est en cours. 

Interviewé Melchior : En fait, en parallèle il y a, vraiment on voulait déjà se tester sur Montpellier à la fois avec les boutiques et le sites et tout, avec la manière de communiquer, avec les évènements qu’on a fait. Et maintenant qu’on a un peu cadré les choses, maintenant on veut s’étendre au-delà dans la région et au niveau de la France. Et ouais, comme Camille disait on va chercher des boutiques parce que c’est quelque chose qui fonctionne bien et puis booster le site internet pour être un peu plus visible.

Intervieweur Loryne : D’accord, et j’ai une question un peu plus personnelle donc j’aimerai savoir comment vous arrivez à combiner la vie professionnelle et la vie personnelle ? 

Interviewé Camille : Au départ c’était un peu les deux. Dans les premiers temps c’était tout mêlé parce que déjà je travaillais à partir de chez moi.

Interviewé Melchior : Et que j’habitais sur son canapé ! (rires)

Interviewé Camille : Voilà, donc c’était assez intense. Il vivait à Avignon à l’époque donc… 

Intervieweur Loryne : Ah d’accord. 

Interviewé Camille : Les six premiers mois de la marque ça a été pas mal ça donc concrètement on a était dans le mélange des deux. Mais encore une fois on était dans le lancement, il n’y avait pas vraiment de structure. A partir du moment où c’est structuré, on est venu ici (dans leur locaux), déjà il y a eu la séparation de l’espace, c’est-à-dire que notre zone de travail elle est ici et chez nous on a plus que la connexion via les réseaux sociaux et tout ça. Après faut pas se mentir quand on entreprend et surtout quand on est au début et qu’on est que deux, on bosse un peu chez soi aussi, sur les week-end donc cela empiète un peu sur notre vie personnelle, mais pas dans une situation d’inconfort Je pense c’est soi-même, il faut trouver ses limites. Parce que à un moment donné quand on veut couper ben on regarde plus son téléphone et on prend du temps pour soi. Mais on est un peu obligé aujourd’hui, de pouvoir répondre à peu près tout les jours d’une certaine façon à des attentes de l’entreprise. 

Intervieweur Loryne : Est-ce que vous êtes dans une situation de stress parfois ? Par moment est ce que ça vous arrive ? 

Interviewé Melchior : Ben en fait je le dirai un peu différemment que Camille…

Intervieweur Loryne : hmm, oui.

Interviewé Melchior : C’est genre dès le début pour nous c’était hyper clair qu’il fallait qu’on se réserve des moments pour se reposer et pour prendre soin de soi. C’est hyper important sinon tu te « crames » et on a besoin de se renouveler et besoin d’être créatif. Si tu as la tête dans le guidon, tu perds ces compétences et tu n’arrives plus à avoir du recul et c’est… enfin tu ne vas plus réussir à te renouveler, à créer des trucs cools et les gens ne vont plus apprécier ce que tu fais, tout simplement. Et du coup ça c’était clair pour nous. Donc du coup on a essayé de privilégier et de réussir à se réserver tous les week-ends. Et même si tu es en soirée et que tu discutes avec quelqu’un tu parles aussi du boulot, mais c’est pas vraiment du boulot donc tu n’as pas l’impression de bosser. Et du coup c’est surtout que ça se mêle et en plus de ça on est amis, on passe beaucoup de temps ensemble en dehors du travail mais en même temps du coup c’est quand même du travail, c’est juste que les frontières elles sont devenues hyper flous en fait.

Intervieweur Loryne : Hmmm…

Interviewé Melchior : Mais après on a , enfin  je pense qu’on arrive facilement à se dire « ben là on arrête ». Et il y a des moments où c’est normal, fin il faut pas parler tout le temps de boulot, faut réussir à se poser aussi quoi. Mais après c’est plus parce qu’il se passe plein de chose et que tu as envie d’avancer en fait. 

Intervieweur Loryne : D’accord, merci beaucoup. Je vais laisser Gaia poursuivre. 

Intervieweur Gaïa : Merci, la dernière fois que j’ai regardé vos réseaux sociaux, j’ai pu voir que vous aviez 4145 followers sur instagram et 579 sur Facebook. Et je voulais savoir si l’évolution de la technologie et des réseaux sociaux à un impact sur votre manière de travailler ?

 Interviewé Camille : Au niveau de la communication ?

Intervieweur Gaïa : Au niveau de la communication du coup, est-ce que vous voyez qu’il y a un changement avec la nouvelle ère d’Instagram ?

Interviewé Camille : Clairement Instagram, c’est un petit peu notre façade de boutique, on s’est beaucoup concentré là-dessus, surtout avec les dernières tendances. Avec les influenceurs c’est beaucoup de mettre en avant les produits, donc c’est par ce biais là qu’on a décidé de communiquer. Déjà parce qu’on n’a pas de boutique fixe, à part les boutiques avec lesquelles on travaille mais cela viendra en un second temps. Actuellement c’est comme ça que cela fonctionne. Et donc on met beaucoup d’énergie à développer cet aspect-là, surtout Instagram ! Facebook aussi, mais c’est moins dans l’ère du temps. 

Interviewé Melchior : Du coup on s’est dit « on va se conformer aux codes d’Instagram » et du coup à partir de là, le contenu on va le créer pour Instagram, après on le décompose donc on va aussi l’utiliser un peu pour Facebook.

Intervieweur Gaïa : Merci, donc du coup, de cette question, avez-vous une stratégie de communication ? Qui peut-être, est différente ou est-que tu (Camille) te bases sur une stratégie de communication que l’on peut voir chez d’autres marques ? J’imagine que cela peut être difficile de se différencier.

Interviewé Camille : Bah ce qu’on a essayé déjà c’est de la jouer très détente, quand on regarde toutes les photos que l’on poste en général sur Instagram ; la communication est comique, ironique, on ne se prend pas au sérieux. On a décidé au niveau esthétique de l’image, de fonctionner avec des types de colonnes et de structurer les photos pour avoir un style qui nous définisse. Après on est un peu obligé « quand c’est Instagram » si on veut que l’on parle de nous, de se conformer au fonctionnement d’Instagram c’est-à-dire; les question d’hashtags, de quand est-ce que qu’on poste les publications, de toujours être présent en story, qu’il n’y est jamais de moment où on ne soit pas présent en 24h , et aussi tout ce système avec les influenceurs, donc poster, reposter, échanger, avoir des gens qui nous partagent, ce qui fait que les gens entendent parler de nous ; enfin pas forcément, ce qui fait que l’on vende mais c’est surtout ce qui fait que l’on va parler de nous.

Interviewé Melchior : La stratégie comme l’a dit Camille c’est vraiment que l’on soit tout le temps actif en fait ; aujourd’hui c’est ce que nous impose les réseaux, et c’est aussi pour ça qu’on est que sur Instagram et Facebook, les autres on passe, on veut juste vraiment se concentrer sur ça ; ça demande déjà énormément de temps. Et si tu en rajoutes d’autres, ça dilue l’énergie que tu as quoi. Et comme on veut essayer de faire très bien les choses bah déjà 1 (réseau social) ce n’est pas compliqué mais ça demande du temps et il faut prévoir, pour avoir toujours des story pour avoir toujours des posts, pour toujours être actif, pour répondre à tous les commentaires, tout le temps, tout le temps. Du coup il faut rester dynamique parce que sinon tu te fais dépasser.

Intervieweur Gaïa : Ok, et combien de temps cela vous prend à chaque fois pour lancer un nouveau produit, pour lancer quelque chose de nouveau du début à la fin ?

Interviewé Camille : Alors je pense que ce n’est pas quantifiable, en fait il y a plusieurs choses, il y a un côté technique, donc fabrication et dessin ce qui peut prendre entre 2 heures et 1 mois, selon le dessin, il y en a qui prenne beaucoup de temps, d’autres qui viennent instinctivement.

Interviewé Melchior : Après là on est plutôt sur le domaine de l’inspiration ce qui fait que, on peut le quantifier mais on ne peut pas dire que ce sera tout le temps comme ça.

Interviewé Camille : Donc ça c’est une chose, après il y a les tests donc, impression sur t-shirt et compagnie, après il y a le shooting, donc le shooting c’est en général 2/3 heures, une demi-journée, ça c’est le faire, après il y a tout le temps de la préparation du shooting, trouver le bon photographe, trouver les modèles, discuter avec eux, leur demander leur tailles et compagnie. Une petite semaine pour que le photographe retouche les photos après il faut sélectionner les bonnes photos, Melchior gère le site donc mettre les photos dessus avec les produits et toutes les déclinaisons possibles et après le travail de communication, c’est-à-dire poster tous les jours, entre 10 et 15 minutes par posts, tout en faisant tout du long un petit peu de teasing comme on aime bien, pour essayer de donner un peu envie. Donc ça prend beaucoup de temps mais vu que c’est des projets qui se chevauchent sans cesse, c’est très inégal entre les produits, sans qu’il n’y ait de lien avec ce que cela donne commercialement. Et oui il y a des produits qui prennent très peu de temps et qui marchent très bien, et d’autres qui prennent beaucoup de temps et qui ne marchent pas pareil.

Intervieweur Gaïa : Ça dépend donc vraiment de chaque projet, à chaque fois ?

Interviewé Camille : Et après il y a les collab à côté de ça, c’est-à-dire que c’est encore autre chose, c’est, quand c’est une collab avec une boutique, les allers retours entre projets et compagnie trouver un juste milieu, quand ce sont des collab avec des artistes c’est aussi différent. Il faut vraiment travailler en amont, j’ai tout juste commencé à travailler avec un graphiste pour un projet qui sortira surement en Février ou Mars.

Intervieweur Gaïa : Et d’ailleurs par rapport à ça, quel logiciel ou utilitaires est-ce que vous utilisez pour accompagner votre travail de communication ?

Interviewé Camille : Moi Photoshop pour le dessin, Illustrator* aussi.

Interviewé Melchior : Là on parle en communication. 

Interviewé Camille : Bah en communication aussi, Imovie* pour les montages vidéo et les outils de communication à part ça, les outils donnés par les applications (Instagram, Facebook, Google)

Intervieweur Gaïa : Et quels conseils est-ce que vous donneriez à quelqu’un qui veut travailler en tant que chargé de communication, par exemple pour une marque ou dans le textile ? Par rapport au temps qu’il faut donner, le stress à gérer ?

Interviewé Camille :  Par rapport à ça j’ai une amie artiste qui m’a dit, qu’il faut vraiment pouvoir avoir quelqu’un à qui parler, donc un mentor, ça c’est important. Il ne faut pas oublier que sur ton temps de travail ; tu as 20% de création, imagination et 80% c’est du travail pur et brut, moins intellectuel quoi. Et je pense que, pour moi là où je me complais, c’est que ce que je fais me plaît, je vends des t shirts qui me plaisent, des dessins qui me plaisent, donc se plaire dans ce que l’on fait.

Intervieweur Gaia: D’accord, merci je vais laisser Fares continuer. 

Intervieweur  Fares : On parlait des réseaux sociaux à travers les statistiques, du coup quelles sont vos cibles principales pour votre marque ? 

Interviewé Melchior :  Après donc il y’a plusieurs choses, il y’a les cibles qu’on cherche à avoir donc celles qu’on a décidé d’avoir au début en gros les Hommes et Femmes entre 25 et 35 ans qui sont sortis des études avec un début de pouvoir d’achat qui sont un peu branchés, qui sont intéressés à avoir à la fois des choses de bonnes qualités confortables et écologiques. 

Interviewé Camille : Et après en parallèle de cela, on vise aussi les boutiques et donc va toucher le public des boutiques. Et il se trouve que le public des boutiques est plus large que notre cible. Mais on ne le vise pas directement car nos cibles sont les boutiques mais du coup c’est plus les clients que tu as et pas que tu cherches. C’est plus marrant car tu as pas mal de chose qui remontent, on le voit pas mal avec les visuels qui sont assez différents. Nous on voit la continuité entre les visuels mais au final pour les gens extérieurs y’a certains visuels qui marchent dans certaines boutiques et  et inversement. 

Interviewé Melchior : Et du coup selon les boutiques cela va être des ados et des jeunes adultes et dans d’autres des parents. 

Interviewé  Camille : Du coup la plutôt que cibler les gens, c’est plutôt arriver à adapter les produits qu’on propose dans une boutique par rapport à la clientèle. 

Intervieweur Fares : D’accord. Et au-delà de vos rencontres que vous évoquez, est-ce-que vous avez eu des inspirations pour créer votre marque où ça s’est fait « naturellement » ? 

Interviewé Melchior : Pendant les six premiers mois on a pas mal bossé dessus, on a beaucoup regardé ce qui se faisait, on a fait des moodboard* des trucs comme ça, après ça c’était les choses physiques et après on a fait beaucoup en dématérialiser, on est allé chercher ce que faisaient d’autres marques, des styles graphiques, même au niveau des typographies*, on a rencontré des graphistes. Et oui je pense que les inspirations étaient multiples que ce soit au niveau des artistes ou au niveau des gens dans le business qui nous ont donné envie de travailler d’une certaine façon. Et l’inspiration continue c’est-à-dire que je continue à me nourrir de ce qui se fait car il ne faut pas être en décalage avec la mode et ce qui se fait en 2019-2020 et en même temps faut être personnel et faut essayer soi-même d’apporter sa touche pour être différent des autres marques. Donc oui l’inspiration est constante. 

Intervieweur Fares : D’accord, et comment percevez-vous l’avenir de votre marque ? 

Interviewé  Melchior : Ça fait 6 mois qu’on fait beaucoup d’expérimentations sur un peu tous les aspects de la marque à la fois au niveau de notre fonctionnement, de ce qu’on propose d’aller tester le public sur d’autre chose pour voir comment ça réagit. Et maintenant qu’on arrive à se structurer, l’objectif c’est de grossir en termes de volume pour pouvoir faire ce qu’on a envie de faire. Continuer dans la même veine mais avec un peu plus de moyens. Aujourd’hui il y’a beaucoup de choses qui ne se voient pas de l’extérieur qui sont du « bricolage » et c’est marrant car c’est le début mais après si tu veux passer à un autre niveau il faut que ce soit plus structuré. 

Intervieweur Fares : Justement, comment organisez-vous votre plan de communication ? Je veux dire par là quand décidez-vous de publier, qui s’occupe des publications, comment s’organisent les shooting photos… comment vous vous y prenez pour attirer votre public en fait ?  

Interview Melchior : C’est Camille qui s’occupe d’au moins 90% de ça.

Interviewé Camille : Il y’a eu beaucoup de feeling notamment dernièrement parce que on est dans une phase où il y’a eu beaucoup de projet qui sont arrivés en même temps. Il y’a eu beaucoup d’opportunités qui sont arrivés en même temps on s’est dit vas-y on fait ça, on fait ça, en même temps on continue de sortir nos trucs à nous et du coup on s’est retrouvé la semaine dernière à devoir sortir trois nouveaux visuels en même temps, trois shootings à la fois qui arrivent mais nous on fait une publication par jour. Donc c’est-à-dire qu’on fait cinq à six post par semaines et donc on est limité dans le contenu qu’on sort.

Interviewé Melchior : Et en même temps, il y’a eu le fait que quand de nombreux projets arrivent et que tu as certains projets où tu accordes plus de temps d’autres moins de temps, certaines idées sur lesquelles tu dois rester. Et justement, on essaie de mettre en place une organisation qui reste fluide, carré là par exemple j’utilisais une fiche dans laquelle j’organisais tous les post un mois à l’avance… 

Intervieweur Fares : Ah, donc tout est prévu à l’avance du coup.

Interviewé Camille : Oui exactement.

Interviewé  Melchior : Le feed* Instagram est affiché de manière esthétique, ou alors, à moitié esthétique car on essaie de chercher une flexibilité donc ce n’est pas trop parfait sinon ça serait trop handicapant mais du coup t’es obligé d’anticiper un minimum.

Intervieweur Fares : D’accord merci, et en parlant de communication comment avez-vous débuté votre communication ?

Interviewé Melchior : On avait décidé de parler des débuts de la marque. Les premières publications et stories c’étaient beaucoup nous qui étions là. Par exemple ce-jour on va rencontrer ce mec pour apprendre ceci-cela, ce jour on a reçu notre t-shirt on va tester l’impression, donc voilà, c’était beaucoup de storytelling. 

Interviewé Camille : Enfaite on a choisi de lancer l’Instagram et le Facebook très tôt, on a commencé en Janvier/Février 2019 de mémoire alors qu’on avait commencé à vendre en Mai parce qu’on s’est dit justement c’est important étant donné qu’on parle d’un concept et de choses personnelles. Il fallait qu’on raconte cette histoire depuis le début quoi, et du coup on a aussi des périodes où on le fait un peu moins car on a un peu moins le temps mais c’est une chose qu’on essaie de garder parce que c’est ce qui nous lie pas mal avec les gens qui nous entourent, à qui on produit, on veut raconter ce qui se passe. On n’est pas là juste pour vendre des t-shirts. 

Intervieweur Fares : D’accord oui, vous voulez transmettre une histoire avant tout en fait.

Interviewé Camille : Exactement, donc ça c’est la première partie on fait beaucoup de storytelling. Après en Mai dernier on a essayé de faire un « boom de communication » on a rencontré une trentaine d’influenceurs* de Montpellier qui allaient de 4000/5000 à 80 000 followers et ils ont tous publiés à peu près en même temps autour du 15 Mai plus où moins une photo avec nos t-shirts et ça a fait beaucoup parler de nous.  Ça nous a ouvert pas mal d’opportunités, aussi à travailler avec certaines boutiques grâce à cette communication-là. Et même aujourd’hui on essaie de travailler avec certains influenceurs, Youtubeurs et personnalités. La par exemple dernièrement pour le t-shirt Movember* on a travaillé avec le champion de France de la moustache et 4 joueurs de l’équipe de rugby de Montpellier. Et du coup l’idée c’était de temps en temps on relance des systèmes de communication comme ça et en même temps on continue d’être sur Instagram et en même temps on a des boutiques, on expérimente souvent des nouveautés. On test plusieurs façons d’expérimenter sur Instagram car certains influenceurs dont les gens ont l’habitude de publier plusieurs contenus et stories, d’autres qui sont moins dans ce style-là, donc on test avec eux pour voir s’il y’a le même retour ou pas. 

Interviewé Melchior : Puis c’est comme beaucoup de choses en communication et en pub, c’est aussi quand on multiplie que tu vois vraiment les résultats quoi. Il y’a pas une seule façon de faire. On a testé plusieurs choses où tout seul ça ne donne pas grand-chose puis d’un coup tu fais un peu plus et t’as beaucoup plus de résultats.

Interviewé Camille : Oui, et quand la personne lambda va entendre parler de nous et sur les réseaux et en boutique, et par un ami, c’est là où peut-être il passera à l’achat. 

Intervieweur Fares : Oui tout à fait, bon, très bien, on vous remercie de nous avoir reçu et d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. 

Remerciements à Camille ANDRE & Melchior DEVANLAY pour leur accueil.

Pour aller plus loin :https://moment-concept.fr

Le groupe d’intervieweur

Les étudiants du G5 L1 INFO COM (Montpellier) : Fares BOUADI ; Loryne GAILLET ; Gaia VERGUIN ; Maxime CHEVANCE.

Entretien avec Élodie Spagnuolo, responsable du service communication de la Carsat Languedoc Roussillon par I. Di Chiappari et M. Naassens

lundi 19 novembre 2018

 

Inès : Bonjour, nous sommes deux étudiantes en première année de licence Information et communication. Cette interview est menée dans le cadre de notre projet professionnel personnalisé. Nous souhaitons tout d’abord vous remercier du temps que vous nous accordez, cela sera très enrichissant pour nous deux. Avant de commencer, j’ai quelques questions à vous poser. Tout d’abord, vous êtes bien disponible pendant 1h?

Élodie Spagnuolo : Oui c’est ça, pas de problèmes. 

Inès : Très bien, acceptez-vous d’être enregistrée ? Nos questions ne sont pas intrusives, ne vous en faites pas, et cela nous aidera beaucoup au moment de la retranscription de l’entretien. 

Élodie Spaguolo : Ça ne me dérange absolument pas, je comprends ! 

Inès : Super ! Et pour terminer, au niveau de la publication de nos écrits, souhaitez-vous qu’ils apparaissent en public ou en privé sur le blog de notre licence ? 

Élodie Spaguolo : Peu m’importe, cela dépends des questions posées lors de l’entretien, mais je suppose qu’il n’y aura pas de soucis !  

Inès : Très bien, nous pouvons commencer. Alors est-ce que tout d’abord vous pouvez vous présenter et présenter votre entreprise ? 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr ; je suis Élodie Spaguolo, la responsable communication de cette structure, la Carsat Languedoc Roussillon. J’ai ce poste depuis peu, depuis début octobre, auparavant, je travaillais aussi à la Carsat , dans la communication, mais dans le département des risques professionnels. 

Inès : D’accord, je vois !

Élodie Spagnuolo : C’est quand même un changement car aujourd’hui j’ai vraiment en charge la communication de toute les branches qui constituent la Carsat. En effet, la Carsat est un organisme qui a une mission de service public, et dans ces missions il y a trois grands champs, il y a tout ce qui relève de la retraite, tout ce qui est action sociale et tout ce qui est prévention des risques au travail. 

Je ne sais pas si vous connaissez la sécurité sociale ? Il y a différentes branches…

Margot et Inès : Oui , oui !

Élodie Spagnuolo : … Donc nous avons la branche maladie, la branche vieillesse, et la branche risques professionnels. La Carsat travaille autour de ces trois grandes thématiques. Du coup, mon travail va être justement de voir comment au mieux accompagner ces trois grandes missions de la Carsat. 

Inès : Merci, c’est parfait. Nous allons commencer l’interview sur la catégorie « métier », pour bien définir la fonction occupée, et les différentes missions à votre charge. 

Élodie Spagnuolo : Bien sûr !

Inès : Donc pour commencer, quelles sont les principales missions et activités dont vous avez la charge ?

Élodie Spagnuolo : Alors, les principales missions dont j’ai la charge.. Tout d’abord , ça va être d’animer une équipe, je ne travaille pas toute seule, j’ai une équipe. Actuellement nous sommes 7 personnes, alors je peux les citer : il y a 2 personnes à l’infographie, 1 web master, 3 chargées de communication. 

Elles vont vraiment gérer le projet de A à Z, par exemple, nous allons recevoir des demandes de différents services de la Carsat, elles vont traiter la demande, aller vers l’infographiste ou le web master par exemple ! Oh, et j’ai oublié de citer un métier très important : le vidéaste. 

Inès : Ah c’est intéressant !

Élodie Spagnuolo : Oui en effet ce n’est pas courant dans la Carsat. Parfois nous pouvons faire appel à un vidéaste pour réaliser toute sortes de films. Nous avons cette chance, car c’est un atout pour ce que nous pouvons réaliser en interne. 

Alors ma charge va bien sûr être de prendre en charge cette équipe, de l’animer, la gérer, organiser le travail avec eux au quotidien. Ensuite, une des choses très importante ; c’est de vraiment arriver à déterminer un plan de communication chaque année, voir même une stratégie de communication en amont, en lien avec toutes les stratégies qui proviennent, des différentes branches et services. 

Nous avons donc des directives qui descendent, il  faut bâtir des stratégies, accompagner au mieux, car nous avons des publics différents. Ce plan de communication n’est pas simple à trouver car, forcément, vous prévoyez quelque chose pour l’année et il y a quelques fois des aléas ou des choses qui surprennent, des nouvelles demandes, par exemple. 

Du coup, même en étant bousculés il faut arriver à tenir notre plan et intégrer de nouvelles choses et ce n’est pas toujours facile !

Inès : En effet, je comprends, vous avez donc beaucoup de responsabilités !

Élodie Spagnuolo : Ah oui ! Mais je suis épaulée car j’ai mon équipe !

Inès : Oui , voilà, l’équipe est donc essentielle si je comprends bien. 

Élodie Spagnuolo : Elle est très très importante oui , il faut qu’on arrive à bien s’entendre, être efficace et mener à bien ce plan de communication sur l’année. Il y a toujours aussi force de proposition, car c’est très attendu par notre direction, ce qui est normal. Il faut que nous ayons des idées, on ne peut pas constamment attendre les demandes, il faut prendre des initiatives, être dynamique et.. 

Inès : Polyvalent ! 

Élodie Spagnuolo : Exactement, polyvalent !

Inès : Ça doit demander beaucoup d’énergie. 

Élodie Spagnuolo : (rires) Ah oui , mais ça rends le travail super intéressant. 

Inès : J’imagine bien ! Alors, si vous acceptez de nous en parler bien sûr, y’a-t-il une mission en particulier qui vous à marquée positivement ou au contraire négativement ?

Élodie Spagnuolo : Bien sûr. Je viens d’arriver sur ce poste là, donc c’est assez récent. Pour l’expérience positive, déjà, j’ai retrouvé une équipe, que je connaissais par ailleurs, mais avec laquelle je travaille différemment, de manière beaucoup plus proche et continue. Donc il y a un point très positif, c’est que l’équipe est super dynamique et motivée, toujours pleine d’idées ! Et ça c’est très appréciable  en tant que responsable d’avoir une équipe qui vous soutient. Ça, ça pourrait être une expérience positive!

Inès : Oui totalement, comme c’est un nouveau poste pour vous !  

Élodie Spagnuolo : Après, je n’aime pas utiliser le terme « négative » , je dirai plutôt « points à améliorer », mais par exemple, comme je viens d’arriver, je reprends ce poste, il y a certaines choses à réorganiser, tout n’est pas parfait, enfin, pas comme je le souhaiterai, donc ça prends du temps. 

Il faut que je mette en place un certain nombre de choses pour avoir une bonne organisation, pour réussir à vraiment travailler main dans la main avec les autres services, car ce sont nos clients. Il faut donc mieux articuler tout ça, ce qui n’est pas encore très fluide, mais ce n’est pas grave, nous tous ensemble sur le sujet. C’est donc un point à améliorer aujourd’hui. 

Inès : Très bien, je vois.  Alors, pouvez-vous à peu près nous expliquer une journée type, enfin, une de vos journées types ?

Élodie Spagnuolo : Alors une de mes journées types… Donc, vous avez besoin des horaires ?

Inès : Non, par forcément ! 

Élodie Spagnuolo : Une journée type c’est beaucoup de réunions, car nous sommes forcément demandés de tous les côtés. Après ce ne sont pas forcément des réunions pour faire des réunions, c’est vraiment pour mieux comprendre les demandes qui nous sont proposées, pour les affiner, nous avons besoin de nous poser ensemble.

Vous voyez, les demandes nous arrivent aujourd’hui par une boîte mail, et parfois, un mail ne suffit pas, il faut se rencontrer, faire des brain storming, réfléchir ensemble pour décider de la manière dont nous allons traiter la demande. Ces réunions prennent beaucoup de temps. 

Après, c’est difficile car je ne peux pas toujours être en réunion, il faut aussi à un moment donné, trouver du temps pour soi : lire des choses, rédiger. Il faut donc réussir à se dégager un peu de temps pour vraiment travailler de manière plus profonde. 

Alors ça c’est aussi quelque chose sur lequel on travaille, c’est une problématique qui revient souvent dans les entreprises, on a beaucoup de mails, on a plusieurs outils, on reçoit beaucoup d’informations à traiter, donc ça fait beaucoup d’outils à consulter, ce qui nous fait perdre du temps. Donc là on essaye d’alléger tout ça et gagner en efficacité. 

Inès : D’accord !

Élodie Spagnuolo : Nous avons un réseau social d’entreprise, ça marche bien car nous pouvons travailler différemment car le mail c’est parfois, comment dire.. Ce n’est pas toujours le meilleur moyen pour communiquer au sein d’une équipe ou même entre les services. On essaye de trouver d’autres manières de communiquer donc par exemple le réseau social de l’entreprise est quelque chose qu’on creuse. Il y a aussi par exemple Skype, pour tenter de faire différemment, ça demande beaucoup de temps mais c’est très intéressant. 

Bon ! Je ne sais pas si ça réponds à la journée type mais pour résumer c’est beaucoup de réunions, beaucoup de mails, beaucoup de réponses, nous sommes tout le temps occupés. 

Inès : Et vous réussissez tout de même à trouver du temps pour travailler seule?

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est compliqué pour moi de libérer du temps mais j’essaye tant bien que mal, j’en ai forcément besoin. 

Inès : D’accord, c’est vrai que c’est essentiel pour vous j’imagine. Alors, selon vous, quels sont les services avec qui vous travaillez le plus ?

Élodie Spagnuolo : Alors, on travaille beaucoup avec le service achat, quand bien sûr on a un événement à organiser en interne ou en externe. Nous aurons besoin, par exemple de trouver un lieu, un traiteur, un prestataire… Tout ça veut dire faire des devis, acheter, donc le service achat va beaucoup nous aider, nous proposer des choses. Ainsi nous pourrons décider sur quoi nous partons pour notre événement. 

Ensuite, le service communication et très proche du cabinet de la direction, nous travaillons très étroitement , car il y a beaucoup de choses à valider, parfois, nous faisons des propositions et nous ne savons pas trop, nous avons besoin de l’aval de la directrice et de son cabinet. 

Après, comme nous sommes un service support de la Carsat nous allons forcément travailler régulièrement avec tous les autres services, la direction retraite, risques professionnels, par exemple, car ce sont eux les clients ! Par exemple, ils peuvent nous demander d’organiser des événements, de créer des brochures, un film… L’année est donc ponctuée par ces demandes en interne.

Inès : D’accord, donc vous travaillez avec une clientèle qui est seulement basée dans l’entreprise ou il y a des clients extérieurs ?

Élodie Spagnuolo : Alors, quand je dis clients extérieurs, ça reste l’entreprise mais ils sont basés à l’extérieur. Tous les gens qui travaillent à la Carsat ne sont pas basés sur ce siège, il y en a qui sont basés un peu partout, dans des agences du département. 

Inès : D’accord. Alors désormais, nous allons parler des réseaux sociaux. Selon vous, c’est un avantage que votre profession évolue autour des réseaux sociaux , ou est-ce que ça peut faire peur avec la place que ça prends dans notre société actuelle ?

Élodie Spagnuolo : La question n’est pas évidente, j’ai envie de dire un peu les deux. Il est vrai que nous avons besoin des réseaux sociaux pour communiquer, notamment Twitter pour tout ce qui est côté presse, et je trouve que c’est important que nous soyons présent sur ce réseau là. 

Nous avons aussi testé des réseaux un peu plus professionnels, comme Viadeo par exemple. 

Bon, ça marche et ça marche pas, on va tout de même tenter de creuser le truc. On attends de voir si c’est pertinent ou pas, mais je pense que nous n’avons pas le choix. 

Nous avons aussi un réseau social d’entreprise pour communiquer, et ce n’est pas évident. En effet, ça change la manière de travailler, de mentalité, de culture.. Il y a quelques personnes assez réticentes en interne, qui préfèrent des moyens de communications plus traditionnels comme le mail ou le téléphone par exemple. 

Cependant, une fois que ces personnes ont compris que ces réseaux étaient là pour nous faciliter notre travail, nous rapprocher des gens, tout prends son sens et ça rentre enfin dans les mœurs. 

Pour ce qui est de l’externe, je pense qu’on peut encore faire des efforts, et accentuer notre présence sur ces réseaux sociaux. On y va doucement mais sûrement, ça devrait évoluer. 

Inès : Très bien. J’imagine que ça prends beaucoup de temps. Désormais j’ai quelques questions sur la structure de l’entreprise. Au niveau de la clientèle, même si vous avez déjà apporté quelques indications. Pouvez-vous nous apporter quelques indications supplémentaires ?

Élodie Spagnuolo : Alors ça c’est une chose sur laquelle nous travaillons beaucoup en effet, pour mieux échanger avec les services demandeurs. En fait, avant mon arrivée nous avons demandé aux différents services d’établir leur propre plans de communication, ils devaient mettre par écrit ce qu’ils souhaitaient réaliser pour l’année. Nous travaillons à partir de ces plans, nous essayons de synthétiser tout ça afin de faire un plan de communication global. Ce qui est compliqué, c’est d’adapter les demandes des autres services mais aussi nos propres actions, nous sommes force de proposition. Cela va même nous permettre de créer un réel planning de l’année pour mes équipes, et ainsi éviter les blocages au cours de l’année. 

Inès : C’est une sacrée organisation !

Élodie Spagnuolo : Oui (rires). C’est tout de même assez complexe, il y a beaucoup de missions, des cibles et des acteurs complètement différents.  Ainsi qui dit cible différente, dit message différent et enfin action de communication adaptée ! Cependant ça reste tout à fait passionnant car c’est très diversifié. 

Inès : Merci pour tout, c’est bon pour moi, je laisse la parole à Margot pour la suite de l’interview.

Margot : Nous allons maintenant parlé du parcours, des connaissances ou qualités nécessaires pour occuper cette fonction. 

Élodie Spagnuolo : Oui allons-y !

Margot : Alors tout d’abord quel est votre parcours professionnel pour en être arrivé a ce métier ? 

Élodie Spagnuolo : J’ai fais un école de commerce, ce qui reste assez général surtout lors de la première année on touche a pleins de métiers (finances, comptabilité, en passant par la communication, le marketing). Ce qui m’a permis de découvrir que j’avais une sensibilité plus développée pour la communication. Je me suis donc ensuite spécialisé dans ce domaine lors de ma deuxième et troisième année. Cependant ce n’étais, je pense, pas si précis que votre formation, ma formation était plus généraliste. Ensuite c’est l’expérience qui m’a réellement formé, je suis passée par plusieurs entreprise en occupant toujours des profils dans le marketing et la communication. Selon moi, c’est comme ça que l’on apprend le mieux. Il y a également les formations d’entreprise qui m’ont énormément apprises, ce qui est une chance d’apprendre toute au long de sa vie professionnelle. 

Margot : Très bien merci, et selon vous quel est le parcours type pour accéder a un poste comme le votre ? 

Élodie Spagnuolo : Pour moi des écoles de commerce et de communication me semble parfaites pour entrer dans ce type de poste. Mais je pense que cependant l’entreprise regarde évidemment la formation mais c’est surtout les expériences que vous avez eu, ce que vous avez pu développer comme compétences car c’est ce qui est important. Il y a des compétences nécessaires pour occuper le poste de communicant que l’on ne peut développer dans d’autre métier. Voulez vous que l’on développe sur les compétences ? 

Margot : Justement c’est la question suivante, quelles sont les qualités nécessaires pour être communicant ? 

Élodie Spagnuolo : Alors pour moi ce qui est double c’est que je suis communicante ainsi que manager. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Être manager ça demande des compétences sociales : être a l’aise avec le fait d’animer une équipe, être motivée continuellement car si l’on ne l’est pas on ne peut pas motiver ses équipes, savoir être pédagogue et a l’écoute. Il faut prendre le temps, et cela ne s’apprend pas vraiment. Je dirais que c’est quelque chose que l’on a en nous est que l’on développe tous les jours. Ceci demande énormément d’énergie car il faut être capable d’être a l’écoute mais également savoir prendre des décisions quand il le faut. 

Ensuite pour le cote communicant, il faut je pense avoir une fibre créative, être curieux et avoir envie de valoriser et de promouvoir quelque chose. C’est presque similaire au métier de commercial, car l’on veut « vendre » si je puis dire quelque chose. Mais les qualités varient selon les postes dans la communication. Par exemple, pour un info graphiste ou web master il faut avoir des compétences sur les logiciels, de créativité, mais aussi des qualités rédactionnelles. Celui qui va s’occuper des relations presse va devoir être très a l’aise et avoir un réseau important. Il y a donc toutes ses compétences qui doivent être réunies mais elles différent selon le poste occupé, car le terme de communicant est très large. 

Margot : D’accord.

Élodie Spagnuolo : Mais sur mon poste, je pense que c’est bénéfique d’être passé par les phases précédentes de mon parcours car j’étais chargé de communication. J’ai donc vécu ce que vivent les membres de mon équipe, ce qui m’aide aujourd’hui dans mon poste de manager car je sais ce que c’est, ce qui me permet de prendre plus de recul et je me rend compte des problématiques qu’ils peuvent rencontrer car je les ai moi même rencontrées. 

Margot : C’est bien car cela permet d’anticiper les événements. 

Élodie Spagnuolo : Exactement. 

Margot : Maintenant nous allons, si vous le voulez bien, parler des intérêts et de contraintes du métier. Tout d’abord quelles sont vont conditions de travail dans cette entreprise ? (les horaires, le rythme de travail …) 

Élodie Spagnuolo : en ce qui concerne le rythme, nous sommes dans une entreprise ou il c’est agréable de travailler car on s’occupe notamment de la Santé au travail donc nous appliquons ce que nous demandons a l’extérieur aux entreprises. Les horaires sont confortables et nous avons a notre disposition tout ce dont nous avons besoin. Mais en tant que communicant et service support, nous sommes très demandés donc il faut être très disponible. 

Margot : Il y a donc une certaine cadence a tenir ? 

Élodie Spagnuolo : Voila ! L’année est rythmée par des pics, il faut avoir beaucoup d’énergie et de motivation pour tenir toute l’année. Et ce qui peut être comme un inconvénient c’est que lorsque l’on organise des événements internes a l’entreprise ou l’on est organisateurs mais également salariés. Comme par exemple lors de la journée CARSAT avec tous les employés en janvier, donc nous sommes salariés mais nous sommes également organisateurs et ce statut est très particulier. Cette journée nous l’avons donc vécus de deux manière car nous sommes comme les autres mais d’autre part nous travaillons encore. Donc on en profite différemment et on ne s’arrête jamais en quelque sorte mais il faut l’accepter et on le fait avec envie, on est fier aussi de faire ce métier. 

Et je vais rajouter aussi que ce qui n’est pas toujours facile a entendre c’est lorsqu’il y a des remarques, malgré quelles soient constructives, en interne sur les événements organisés. Mais cela nous permet d’avancer et de nous améliorer. C’est parfois délicat mais cela fait parti du métier on le sait. 

Margot : C’est un risque a prendre. 

Élodie Spagnuolo : Oui, c’est le jeu. 

Margot : Par le biais de votre réponse, vous avez répondue a la question suivante. Qui était qu’elles sont vos motivations ? (rires) 

Élodie Spagnuolo : Pardon (rires).

Margot et Ines : Pas de soucis, c’est très bien ! Votre développement était très bien. 

Parlons alors maintenant de l’évolution possible. Ma question est donc : l’emploi dans lequel vous êtes, est il un aboutissement pour vous ou est ce seulement une étape dans votre parcours professionnel ? 

Élodie Spagnuolo : Alors, premièrement je peux dire que j’ai déjà évolué car pendant 4 ans j’ai été au département des risques professionnels en tant que chargé de communication mais aussi manager d’une équipe. Actuellement j’occupe le poste de responsable de communication CARSAT qui est beaucoup plus important. Donc cette évolution me convient entièrement, cependant l’évolution a venir, malgré le fait que je viens d’arriver a ce poste et que selon moi il a énormément a faire et a developper, au niveau de l’entreprise dans le domaine de communicant elle est moindre. Au niveau nationale une évolution est possible par mutation par exemple, mais cela engage un déménagement et une nouvelle vie. Sinon le changement d’entreprise est également une évolution possible. 

Margot : Très bien, maintenant comment imagineriez vous votre métier dans 10 ans? Alors vous en tant que personne (votre poste) et ensuite le métier de communicant en lui même ? 

Élodie Spagnuolo : C’est une question peu évidente mais pertinente (rires). Alors moi même, je me dis que notre génération, est ce que l’on reste vraiment dans la même entreprise ? Je n’ai pas l’impression. En tout cas ce n’est pas ma vision des choses, pour moi il faut essayer et vivre de nouvelles choses. Je n’exclue donc aucunes possibilité d’évolution et je pose moi même la question de l’endroit ou je serais dans 10 ans et j’aime avoir cette ouverture. 

Margot : Tout est possible ?

Élodie Spagnuolo : C’est ce que j’aime me dire ! 

En ce qui concerne le métier maintenant de responsable de communication, je pense tout d’abord a tous les nouveaux outils qui vont nous parvenir et qui vont nous permettre de travailler différemment. Tout a l’heure je vous parlé déjà du réseaux social interne a l’entreprise. 

Margot : Oui. 

Élodie Spagnuolo : Ceci nous permet de faire des échanges etc. Je pense que la façon de travailler va complètement changer, c’est a dire que le mail va être selon moi complètement désuet. Nous réfléchissons a des projets plus collaboratifs sur la créativité. Je pense que le travail va s’effectuer de manière décloisonnée. 

Inès : D’accord. 

Élodie Spagnuolo : C’est la façon dont je l’imagine, et je vois les changements s’accélérer. Et je pense que nous en avons besoin. 

Margot : Super. Pour finir quels conseils donneriez vous pour accéder à ce type de métier ?

Élodie Spagnuolo : A vous par exemple ? (rires) 

Margot : Oui, ou d’autres personnes souhaitant évoluer. 

Élodie Spagnuolo : Il faut toujours être motivé et positif et ne jamais baisser les bras. Après c’est une question de bons moments, il faut toujours être en alerte sur ce qu’il se passe et être a l’écoute. Il ne faut pas avoir peur d’aller de l’avant, il faut oser ! Et surtout essayez d’adapter votre offre en fonction de la demande, de la personne en face de vous, de l’employeur. Enfin il faut que vous cherchiez a acquérir de l’expérience, n’hésitez a demander des stages par exemple. Il faut montrer votre motivation, c’est ce qui fera toute la différence. 

Margot : Merci beaucoup ! 

Est ce que l’entretien c’est bien déroulé pour vous et si les questions vous ont sembles pertinentes ? Est ce que tous les points importants pour vous ont étaient abordées ? 

Élodie Spagnuolo : Oui oui, je pense. Ça me parait complet. C’est surtout vous, est ce que vous avez tout ce dont vous avez besoin pour votre projet ? 

Margot et Inès : Cela nous semble très bien, vous avez répondu a toutes les questions et même d’avantage c’est super. Merci de nous avons reçu et d’avoir pris le temps de nous répondre. C’était très intéressant pour notre projet mais également pour nous.

Une copie de la retranscription de l’interview a était envoyée et validée par la suite à Madame Spagnuolo.

COMPTE RENDU de la séance SASCO du 15/02/18 – GR1 MTP

mardi 20 février 2018

Introduction

Lucie a effectué son stage au sein de l’association sportive Hérault Sport à Montpellier. Elle a travaillé avec Monsieur Éric Bosc, son tuteur de stage, chargé de transformation numérique. Durant son stage elle a dû réaliser des contenues photos, vidéos et textes pour la page Facebook. C’est à travers cette demande qu’elle a pu observer une situation de communication problématique.

Phase 1 : Situation de communication

 J’ai réalisé mon stage à Hérault Sport. C’est une association sportive créée en 1980, qui propose des activités en cogestion avec des partenaires sportifs.

Pour vous situer le contexte, Hérault Sport propose une aide logistique, humaine (avec des éducateurs sportifs) et financière à ses partenaires sportifs. Ils n’organisent pas eux-mêmes les évènements, mais viennent en soutien des manifestations, sur demande.

Hérault Sport est composé d’une direction, d’un secrétariat, d’un service d’administration et de gestion, d’un service opérationnel d’animation divisé en 4 secteurs différents : « Vie Fédérale », « Scolaire », « Société Solidarité », « Sport de Nature » et d’une cellule communication composée de 5 personnes. Les missions de ces dernières sont essentiellement de faire des communiqués de presse. Ils ne touchent pas vraiment le côté digital de la communication.

Le site internet est uniquement un site vitrine (une page unique statique) qui n’est pas entretenu. Ils ne sont pas sur les réseaux sociaux.

La situation de communication que j’ai rencontrée se déroule avec Monsieur Éric Bosc, mon tuteur de stage, qui a reçu il y a deux ans une mission par la direction. Il doit faire la transformation numérique d’Hérault sport. C’est-à-dire qu’il doit réussir à faire monter en compétence numérique tout le côté support mais aussi le personnel. Il a alors commencé à remplir un cahier des charges où ils expliquent toutes les démarches et les étapes de cette transformation numérique. Il s’est associé au service communication, mais celui-ci ne semble pas très intéressé.

Il y a deux ans, Monsieur Bosc a alors proposé à la direction de mettre en place une page Facebook officielle d’Hérault sport. Après deux ans de réflexion, son projet a été enfin accepté.

Ainsi, lors d’une réunion Monsieur Bosc a présenté un planning détaillé des contenus qui seront publiés par jour pour le mois de Janvier et réalisés par le service communication. Ce planning a été accepté par la direction et la page a été ouverte début janvier.

Cependant, lors de cette réunion, le service communication s’est posé des questions sur le fonctionnement de cette page car ils sont conscients qu’il faut faire du contenu et ils ne pensent pas avoir les compétences pour faire du « bon contenu ».

Le service communication a alors préparé quelques statuts pour le début de la page, mais ils n’ont pas envie de prolonger sur le long terme en tant que community manager, ils préfèrent l’utilisation des communiqués de presse papier.

Les chargés du service communication ont alors proposé d’engager une personne supplémentaire pour s’occuper de la page Facebook. La direction n’a pas accepté cette demande car elle souhaite que cela se fasse en interne et que tout le monde ait accès à cette page pour la gérer. La direction souhaite avoir une page Facebook peu importe son contenu car elle pense que c’est incontournable de nos jours. Il faut en effet rester moderne.

Cependant Monsieur Bosc, administrateur de la page, estime qu’il faut que cette dernière reste professionnelle et protégée. Il a alors fait une réunion d’information sur l’ouverture de cette page dans le but de présenter le fonctionnement de Facebook. Et après maintes discussions avec l’ensemble du personnel d’Hérault Sport, y compris le service communication, il s’est rendu compte que plus de la moitié des personnes ne connaissent pas Facebook ou n’ont même pas de compte personnel.

 Les employés veulent prendre en charge cette page Facebook seulement si leur rémunération mensuelle augmente. En effet, leur poste est modifié, leur formation également, ils demandent donc une compensation financière.

 

Phase 2 : Exploration de la situation

  • Combien y a-t-il de salariés ?

Il y a 140 salariés dans l’association.

  • Et aucun n’a les capacités pour s’occuper de la page ?

Ce n’est surtout qu’aucun n’en voit l’intérêt, ils ne s’y intéressent pas.

  • La page a donc été créée ?

Oui, elle a ouvert en janvier.

  • Quelle est la moyenne d’âge de l’association ?

La moyenne d’âge est d’environ 40 ans.

  • Et il n’y a pas de remise en question de la part des employés ?

Non, malheureusement.

  • Pourquoi l’association n’embauche-t-elle pas de jeunes ?

Parce que les employés ont environ 40 ans en moyenne, l’association fonctionne malheureusement à l’ancien temps, ils ne veulent pas sortir de leur zone de confort, c’est souvent le cas dans la fonction publique.

  • Et la direction n’a pas peur que de ne pas embaucher de jeunes ait un impact sur l’entreprise ?

Si, la direction en est consciente mais elle aimerait tout de même moderniser l’organisation seulement en interne, sans embaucher, c’est pour cela que le directeur a donné cette mission de transformation numérique.

  • Le problème est-il seulement financier ?

Non, le problème concerne avant tout l’investissement des employés envers l’association ainsi que la communication interne entre les hiérarchies.

  • Quel était ton rôle de stagiaire ?

Mon rôle de stagiaire était le suivant :

– Filmer les activités Hérault sport dans différents secteurs (scolaire, et social).

– Réaliser les différents montages vidéo.

– Créer du contenu pour la page Facebook pour qu’il puisse l’utiliser après mon départ.

– Aider le service communication à se former ainsi que les initier au numérique.

  • Quelle place dans la société ton tuteur avait-il ?

Dans un premier temps, il est chef de projet numérique et éducateur sportif, mais cela fait deux ans qu’il a mis son travail de côté pour se préoccuper de cette mission (faire évoluer la page Facebook d’Hérault sport). Il est dans le secteur vie fédérale.

  • Comment ça se fait qu’une stagiaire en communication fasse un stage dans le pôle fédéral ?

Car Éric est un homme d’une trentaine d’années, jeune, qui a des enfants qui lui ont parlé du numérique, il est donc moderne, conscient du changement, sociable et il est aimé dans la société.

Tandis que le service communication est davantage fermé d’esprit et ils n’avaient donc pas grand-chose à m’apporter.

  • Comment sont-ils équipés en ce qui concerne le numérique ?

Il y a un ordinateur par personne fourni avec les logiciels de base à l’intérieur (Word, Excel, boite mail). Ils n’ont pas d’appareil photo, ni de logiciels professionnels à disposition tels que Photoshop, InDesign ou iMovie.

  • Ils n’ont rien publié de nouveau sur la page Facebook depuis que tu es partie ?

Non, pratiquement rien, seulement des publications d’anciens communiqués de presse. Ils se contentent de vieux sujets faciles à traiter, il n’y pas de nouveaux contenus créés.

  • Quelles sont les relations internes ?

Les relations internes sont assez bonnes malgré le fait qu’ils n’organisent que des « réunions de cafétéria », des déplacements entre les bureaux pour communiquer, ou bien par mail. Ils ont tout de même créé un logiciel métier : Goliath. Il permet quand même de communiquer en interne.

  • Sont-ils subventionnés par le département ?

Oui, ils sont financés à 90% par le département mais ils possèdent tout de même le statut d’association.

  • Est-ce que les directeurs dépendent de l’association ?

Tout à fait, les directeurs dépendent de l’association. Il y a une présidente puis en dessous la direction.

  • Y a-t-il des réunions en interne ?

Oui mais seulement entre les directeurs et chefs de secteurs une fois par semaine, le mardi matin. Ces réunions servent à discuter du planning des activités à mettre en place durant la semaine.

  • Ils n’embauchent pas mais ils prennent facilement en stage ?

Oui car un stagiaire de moins de deux mois n’est pas rémunéré et réalise tout de même du bon travail. Un stagiaire apporte de la fraicheur et de nouvelles techniques de communication à l’entreprise ainsi que de nouvelles idées.

  • Ils savent qu’ils doivent s’adapter au numérique dans ce cas, pourquoi ne le font-ils pas ?

La direction a demandé une adaptation au numérique mais il faut trouver les bonnes personnes ainsi qu’une équipe investie à 100% pour réaliser un bon travail. Malheureusement, le manque de matériel ne pousse aucun employé à prendre la responsabilité de ce nouveau projet. De plus, les chargés de communication demandent une compensation financière par rapport à ce changement de mission. Si leur travail change, ils veulent que leur salaire suive.

  • Ont-ils ressenti la démarche d’Éric Bosc comme une intrusion ?

Je pense que le service communication a ressenti la démarche d’Éric Bosc comme une intrusion. En effet, ce dernier n’a pas fait une demande au pôle communication, il a directement fait sa demande à la hiérarchie sans se concerter avec les chargés de communication. Ces derniers se sont surement sentis délaissés de leur travail et par conséquent inutiles dans l’entreprise.

  • Quelles sont les compétences du service communication ?

Ils sont cinq et réalisent tous des communiqués de presse, que ce soit des petits, des moyens ou des grands. Parmi eux se trouve une jeune fille de 25 ans qui aurait les compétences pour prendre en charge la page Facebook, mais elle n’en a malheureusement pas l’envie. Elle ne veut pas sortir de sa zone de confort et choisit la facilité à l’évolution.

  • Ils créent des communiqués de presse tous les jours ?

Oui, ils sont en partenariat avec de nombreux journaux de la région depuis des années, ils ont donc leur carnet d’adresse, la sécurité, et se contentent seulement de cela.

  • Les salariés ont-ils immédiatement demandé une augmentation s’ils s’occupaient de la page Facebook ?

Non, ils n’ont fait aucune demande officielle, cela s’est passé seulement en interne, entre eux et pas avec la direction. C’était plus comme des discussions de couloir et l’information n’est donc pas remontée à la hiérarchie ou en réunion. Ils préfèrent dire qu’ils n’ont pas les compétences plutôt que de communiquer.

  • Bosc ne s’est pas plaint à la direction du manque de capacités du service communication ?

Non car Éric n’est pas qualifié pour juger les compétences du service communication. Son objectif est de les persuader en interne et non de mêler la direction à cela, il ne veut pas engendrer quelconques pressions.

  • Quelles étaient tes relations avec le service communication ?

Mes relations avec le service communication étaient bonnes. En effet, je leur ai proposé plusieurs de mes idées, ils m’envoyaient des mails avec leurs demandes et je leur renvoyais mes vidéos finies qui répondaient à leur précédente demande. Mais je n’étais pas localisée dans les mêmes locaux, je travaillais dans le bureau de M.Bosc.

  • Sont-ils intéressés seulement par les contenus numériques ?

Oui, ils n’étaient malheureusement intéressés que par mes contenus numériques. Je pense qu’ils se sont servis de mes compétences pour créer beaucoup de contenus et pour ensuite pouvoir s’en service, même après mon départ, pour créer des publications sur la page Facebook.

  • Pour les communiqués de presses ils se déplacent ?

Non, ou alors très peu. Les clients ou partenaires leur envoient les informations que doit contenir le communiqué ainsi que les photos qu’ils aimeraient publiées avec l’article et la plupart du temps ça s’arrête là.

  • L’association fonctionne-t-elle quand même malgré leur stratégie ?

Oui car ils n’ont pas forcément besoin d’un plus large public. En effet, l’association est présente depuis des années, elle possède des clubs fidèles et touche donc un grand public tel que le secteur scolaire et social. Ils organisent les mêmes activités d’année en année et n’ont donc pas besoin de toucher un public différent. Les évènements créés le sont de façon répétitive.

  • Ils n’essaient pas de toucher un plus large public ?

Non malheureusement car leur public est déjà acquis et ils s’en contentent.

  • Il n’y a donc pas de concurrence ?

Non, c’est la seule association sportive dans le département qui propose d’aider les clubs que ce soit financièrement parlant, humainement ou matériellement. Hérault Sport est la seule association publique en France financée par son département.

  • Il n’y a pas de discussion sur le site web ?

Non, mais moi j’en ai parlé à mon tuteur car c’est la première idée que j’ai eue. J’ai proposé que le site web soit plus pertinent, c’est-à-dire plus adapté en termes de cible, de public, d’objectifs ou même du message qui doit être passé.

  • Quel est le rôle de l’informaticien ?

L’informaticien s’occupe exclusivement du logiciel métier Goliath qui est une boite mail entre employés pour gérer les sorties et entrées des stocks, activités, animations par jour, plannings, réunions, informations importantes.

  • Le site a été créé par une agence extérieure ?

Oui, il y a des années maintenant.

  • Ont-ils demandé à avoir davantage de matériel informatique ?

Oui, en tout cas mon tuteur Éric a fait cette demande. Il aimerait principalement des ordinateurs portables pour les employés et du matériel pour faire de bonnes photos ainsi que des logiciels de retouche pour le service communication entre autres.

  • L’entreprise fonctionne-t-elle avec un matériel ancien ? Ils n’ont pas de logiciel adapté ?

Oui l’entreprise fonctionne même si elle utilise encore exclusivement le papier. Ce doit être les publics qui font la demande par papier pour demander un financement à Hérault Sport par exemple. Mais ils sont en train de mettre en place un logiciel pour moderniser cette procédure de demande.

  • Pourquoi n’ont-ils pas tenté d’être payés plus ?

Car les employés n’osent pas demander une augmentation. En effet, la procédure est apparemment trop longue, c’est les mauvais côtés du système public.

  • En clair, quel est le but de la page Facebook ?

Le but de cette page Facebook est de :

– Communiquer sur les activités d’Hérault Sport telles que les journées d’animations, les manifestations sportives, les différentes expositions… avec comme support des photos et des vidéos.

– Il y aurait des posts d’invitation à différents évènements.

– Faire de la publicité pour leurs partenaires.

– Faire davantage connaitre Hérault Sport dans le département.

En bref, il y a une volonté de la part de la direction d’être présent sur les réseaux sociaux comme les autres associations. Ils veulent réaliser ce projet même s’il n’a pas forcément d’utilité par rapport à leurs cibles ou leurs publics.

  • Tu as vu les plannings des prochains mois ?

Non, seulement celui de janvier car ils les font un mois à l’avance et ils sont validés par la direction en réunion.

 

Phase 3 : Hypothèses interprétatives

Le groupe a eu un temps d’analyse pour discuter entre eux de cette situation de communication. Ainsi diverses hypothèses sont ressorties de la discussion.

La première hypothèse qui est ressortie du groupe est que la page Facebook est une mode, une envie soudaine de la direction. Qu’aujourd’hui c’est une nécessité dans les entreprises publiques d’avoir Facebook et de faire comme les autres.

Puis, la deuxième hypothèse qui a été émise par le groupe, est que la page Facebook à un problème pour se développer, car il y a un manque de matériel pour le service communication, qui n’a pas le matériel, donc ne peut pas développer ses compétences.

Ensuite, la troisième hypothèse était qu’il y avait un problème de communication interne, qui engendre des problèmes de communication externe. Qu’il y avait un manque d’implication du personnel dans la prise des décisions. Cela entrainant un manque de confiance entre la direction et les salariés.

La quatrième hypothèse était aussi liée à un problème de communication interne, car le groupe à estimer que le refus du service communication sur l’investissement de la page Facebook est aussi dû, au fait que la décision n’ait pas passé par eux. Il y a eu d’abord une demande de transformation numérique de la direction vers Monsieur Bosc, puis celui-ci à proposer de créer une page Facebook à la direction. Le service communication ne devait qu’appliquer une mission dont ils n’ont pas été libres de décider.

Enfin, la cinquième hypothèse parlée de l’utilité et des raisons de la création de cette page Facebook. Que les objectifs de la page, n’ont pas était présenté à l’ensemble des salariés. Ils ne savent pas pourquoi elle a été créée et qu’est-ce qu’elle peut leur apporter. Ils ont fait la page avant de les persuader de son utilité et de ses objectifs.

Phase 4 : Retour de la narratrice

Lucie a d’abord rappelé qu’elle avait énoncé la situation de communication, qu’il y avait eu un moment de question/réponse.

Elle a estimé qu’il y avait des questions qui auraient pu être posé mais qui on était manquante, que le groupe n’a pas forcement pensé. Lucie à signaler qu’il aurait été pertinent de poser la question de la formation, car comme elle l’a expliqué, au sein d’Hérault Sport il y a un service formation, qui propose des formations sur demande du personnel ou imposées par la direction. Les employés d’Hérault Sport ont le droit à un quota de formation payer par l’association par an.

Cela aurait été intéressant de proposer au service communication une formation sur le numérique pour compléter ou enrichir leurs connaissances. Cela permettrait à la page Facebook d’être correctement alimentée et de rester en interne comme le souhaite la direction.

Ensuite, Lucie est revenue sur des différentes hypothèses et en à retirer les éléments pertinents qui lui ont permis de mener sa propre analyse et de répondre à la problématique.

Lucie a fait un retour sur la première hypothèse en parlant du site internet, qui aurait dû être, selon elle, le premier moyen numérique à mettre en place, avant la page Facebook. Elle a expliqué que de nos jours, les utilisateurs du numérique cherchent d’abord leurs informations sur les sites internet et que pour Hérault Sport, qui ne vend rien et qui n’a pas de clientèle, il est plus important de renseigner les publics sur le fonctionnement et les activités d’Hérault Sport grâce à un site internet.

Ensuite, Lucie à fait un retour en validant la deuxième hypothèse car elle pense qu’en effet, le manque de matériel est un frein dans l’investissement du service communication sur le page Facebook. Il est important que dans le service de communication on leur mette à disposition des appareils photos, des ordinateurs avec des logiciels de retouches et de montages adaptés… De plus, le service de communication devrait suivre des journées de formations qui leurs permettraient de plus communiquer sur le web et moins par les communiqués de presse.

Par la suite, Lucie a validé la troisième hypothèse car elle pense qu’on ne demande pas assez l’avis du personnel sur le fonctionnement et sur les décisions de l’association. Une meilleure communication interne favorise le bien être des employés et par conséquent le bon fonctionnement de l’association. S’il y avait une bonne communication interne, le service communication serait aller demander à la direction de modifier leurs salaires si leurs missions changées. Cependant ce n’est pas le cas.

Concernant la quatrième hypothèse, Lucie a expliqué que cette hypothèse était correcte car l’association Hérault Sport fonctionne avec un système de décision pyramidale. C’est-à-dire que le pouvoir est vertical. En effet, le fait qu’Éric Bosc a contourné ce fonctionnement, sans consulter le service communication, cela les a contraints à se mettre en retrait et à être réfractaire envers la page Facebook. Alors que comme l’a expliqué Lucie, il y a au sein de ce service une femme de 25 ans qui n’est pas ignorante du monde numérique et qui pourrait très bien s’occuper de la page Facebook. Le contournement du service communication a engendré un blocage venant de leurs parts sur leurs investissements et leurs motivations.

Enfin, pour la dernière hypothèse Lucie a expliqué, qu’elle pensait qu’il était important de faire une réunion du personnel, pour parler de cette page Facebook. De présenter à tout le monde son utilité, ce qu’elle apporterait à l’association autant du côté externe mais aussi interne.

Ils auraient dû présenter la page comme un moyen de renforcer les équipes, de communiquer sur ce que font les personnes des différents secteurs et avoir des objectifs à atteindre grâce à cette page. Il faudrait que les employés s’investissent et leur donnée envie de participer à cette construction numérique d’Hérault Sport. Il faut leur permettre de contribuer à l’émergence de leurs associations sur les réseaux sociaux.

Ainsi, Lucie était d’accord sur le fait qu’Hérault Sport est une bureaucratie professionnelle, car les employés ont des compétences pour travailler à Hérault sport autant les éducateurs sportifs, que les chefs de service, que l’administration.

Elle était d’accord sur le fait que c’est une structure sous forme pyramidale verticale, qui empêche les employés de s’exprimer et cela favorise des réfractaires, le manque d’investissement et d’implication venant du service communication.

Phase 5 : Retour du rapporteur

Suite aux questions posées afin de mieux comprendre cette situation, les membres du groupe ont d’abord évoqué un problème de stratégie dans le leadership. Ils ont opté pour un leadership démissionnaire.

Ils ont en effet mis en avant le réel problème concernant l’ouverture de l’association aux jeunes professionnels, qui pourraient amener de la fraicheur dans les locaux. Ils ont ensuite analysé les soucis de communication interne comme externe qui sont nombreux.

Ils se sont alors dirigés sur une analyse de Mintzberg, plus précisément sur une bureaucratie professionnelle. Car en effet, dans ce type d’entreprise, il y a un important refus d’avancer qui est présent, aussi, le service communication est coordonné par la standardisation des tâches et des procédés.

Les membres du groupe sont tombés d’accord sur le fait qu’une association devrait plutôt correspondre à une adhocratie car elle demande beaucoup de complémentarité.

Dans ce cas présent, la bureaucratie en question devrait avoir un fonctionnement plus souple pour plus de rapidité et donc d’efficacité.

Malheureusement, le groupe a réalisé que ces genres de problèmes de communication interne étaient très fréquents dans les organisations publiques. En effet, s’il n’y a pas de remontées à la hiérarchie, il ne peut pas y avoir des solutions proposées.

Finalement, c’est l’analyse stratégique qui s’est avérée être la plus juste d’après l’ensemble du groupe. Le fait qu’il y ait une absence d’analyse communicationnelle par rapport à l’objectif de la page Facebook montre clairement le problème d’une bureaucratie.

Effectivement, l’importance stratégique de la communication n’est pas prise en compte, il s’agirait donc d’une bureaucratie professionnelle et mécanique. De ce fait, il y a un gros manque d’investissements de la part des employés à cause de la standardisation des procédés.

L’incompétence numérique est une zone d’incertitude qu’ils exploitent et c’est une stratégie dévalorisante.

Enfin, les employés ont peu de marge de manœuvre dût à l’ancienneté de l’association car ils refusent de s’adapter à l’évolution de la communication.

Les membres du groupe ont donc conclu que le principal problème de l’organisation est dû à la mauvaise communication interne. Le manque d’incompétence, de moyens et d’envie remet totalement en cause la stratégie de l’association.

Phase 6 : Retour de l’observatrice

Lors de la narration, Lucie la narratrice commence par croiser ses mains et jambes, de plus celle-ci parle énormément avec les mains. Lors du récit de Lucie, je remarque quelques jambes croisées venant du groupe ainsi qu’une manipulation et « mâchouillage » de stylo général des participants.

Le discours de la narratrice est clair et audible malgré quelques difficultés à cause d’une toux persistante, pendant cela les participants prennent quelques notes et les regards sont dans l’ensemble tous rivés sur la narratrice avec une posture ouverture, pas de bras croisés et une posture en avant, signe d’attention.

Durant le déroulement de la phase de questionnement, le discours est fluide et beaucoup de participants prennent la parole. En effet, je remarque principalement 3 leaders pendant le débat. Lors des questions, Lucie a maintenant les jambes décroisées, mais manipule toujours ses mains, joue avec ses bagues et touche aussi son matériel tel que sa trousse et prend en main son stylo qu’elle ne lâchera plus.

Tous les participants sont attentifs aux réponses de Lucie et je ne remarque pas de réel geste d’auto-contact, mais toujours cette présence d’avoir besoin de quelque chose en main telle que le stylo notamment et des gestes qui accompagnent leurs mots.

Dans l’ensemble la phase de questionnement a été très fluide avec une multitude de participation dans l’ensemble qualitative, de plus certains échanges se faisaient entre étudiants de manière assez discrète de façon à ne pas perturber le débat.

Lors de la phase d’analyse interprétative, je remarque certaines jambes tremblantes chez quelques participants et une posture plus détendue de la part de la narratrice. Lorsqu’un individu prend la parole, que cela soit un étudiant ou Mme De Lavergne, chacun est écouté attentivement et attend son tour pour prendre la parole même si quelques fois deux personnes prennent la parole en même temps par erreur et se mette donc d’accord pour qu’un seul poursuive.

La phase d’analyse est aussi très fluide sans coupure, j’ai seulement remarqué un certain silence à un moment donné, silence qui a été très vite oublié par l’intervention d’un participant très actif. La parole est diffuse, nous avons 3 leaders qui sont dispersés et non dans le même secteur ce qui permet une passation de parole plus cohérente et que la parole ne reste pas seulement dans un coin de la table. La phase d’analyse se termine et la professeure indique la fin du débat et nous laisse 10 minutes pour rédiger notre débriefing.

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            Narratrice : Lucie PLAGNIOL

Rédactrice : Maurine ROCHETTE

Observatrice : Gaëlle AMOROS

Compte-rendu de la séance SASCO du 15/02/18 – GR2 MTP

mardi 20 février 2018

Narratrice : Aurore CANDASSAMY

Présentation de la situation

« Bonjour à tous, alors pour vous expliquer le contexte, j’ai effectué mon stage dans une start-up qui s’appelle Bureaux&Co. Elle possède son propre bâtiment au Millénaire, en résumé l’organisation a divisé son bâtiment d’environ trois étages afin de créer une cinquantaine de bureaux qu’ils louent « clés en main ». Donc cela veut dire qu’un auto-entrepreneur ou une petite entreprise du secteur tertiaire par exemple va pouvoir louer un bureau, avoir accès à internet, faire domicilier son entreprise, recevoir son courrier, etc.. Il y a également la possibilité de louer une salle de réunion, de conférences, de séminaires. Là aussi, Bureaux&Co s’occupe de gérer diverses prestations telles que les petits-déjeuners lors des conférences, commande des repas, pauses café, etc.

En ce qui concerne les acteurs, Bureaux&Co est dirigé par deux co-directeurs : Nordine et Anne qui était ma tutrice de stage. À la base, ils avaient chacun leur entreprise dans le secteur de l’immobilier et ils se sont rencontrés comme cela. Ils ont décider de mettre en place ce concept un peu innovant puisqu’ils jouent aussi sur le côté co-working. Donc tout le rez-de-chaussée du bâtiment est décoré et composé comme un salon immense commun et accessible à tous les locataires. Il y a plusieurs grandes tables, des canapés et un espace cuisine. Ainsi, tous les locataires du bâtiment vont pouvoir descendre juste discuter, accueillir leur client, avoir leur rendez-vous en bas s’ils le souhaitent, etc. Le but est de favoriser la collaboration entre les personnes, que les différents locataires se rencontrent également entre eux. Par exemple au sein du bâtiment, il y a des conseillers en communication, des directeurs d’associations, des comptables, des ingénieurs, etc.

Je travaillais dans un grand bureau avec trois autres personnes : une chef de projet, un commercial et Morad, un employé, qui travaillait à ce moment-là sur le wordpress du site web. Anne avait son propre bureau, son rôle est de veiller au bon fonctionnement du bâtiment, au respect des règles pour tous les locataires, de gérer le planning des locations, des réunions, d’organiser les prestations supplémentaires, de recevoir les paiements, etc. Nordine représente l’organisation à l’externe. Il était toujours en déplacement afin de faire connaître leur concept à l’échelle nationale.

organigramme

Je vous explique maintenant la situation. Les trois premiers jours, au sein de l’équipe, j’avais déjà quasiment rencontré tous les locataires du bâtiment puisqu’ils venaient régulièrement dans notre bureau voir Morad, afin de lui demander divers services, des informations, régler leur loyer, ou parfois juste discuter. Dès qu’il se passait quelque chose au sein de l’organisation Morad était le premier prévenu, avant même Anne, la co-dirigeante. Du coup Morad, de nature joviale et dynamique, était toujours en train de répondre aux demandes des locataires parfois avec l’aide du commercial. J’ai rencontré Nordine le quatrième jour et j’ai remarqué une certaine proximité entre Morad, Nordine et le commercial. J’ai ensuite appris que tous trois étaient amis d’enfance, que leurs familles se côtoient et surtout que Morad et Nordine le second co-dirigeant étaient frères.

La question qui s’est ensuite posée à moi est : Qui dirige vraiment cette entreprise ? Qui a le plus de pouvoir ? Qui gère cette entreprise au quotidien ? »

Exploration de la situation

Les questions sur les acteurs de l’entreprise

Mais ils sont frères ou potes d’enfance ?
Le commercial est l’ami d’enfance de Morad et Nordine. Morad et Nordine sont frères.

Qui est qui ?
Nordine est un des co-dirigeants, il représente Bureaux&Co à l’externe, celui qui va aux rendez-vous. Morad est son frère, il n’a pas de rôle défini, on a l’impression qu’il s’occupe de tout. Il exécute les tâches qu’on lui a données, mais tous les locataires viennent le voir et il a des tâches supplémentaires à effectuer. Mais ce n’est pas lui qui prend les décisions. Les grosses décisions sont prises par Anne qui est la représentante sur site.
Mme Gallot intervient en suggérant que c’est le concierge.

Et du coup Anne a connu tout le monde en rencontrant le co-directeur ?
C’est cela. C’est par affinité que cela s’est fait, je crois qu’ils se sont rencontrés lors d’une conférence, ou un salon dans le domaine de l’immobilier. Ils ont accroché, ils ont monté leur concept

Et toi, tu faisais quoi comme mission ?
J’étais stagiaire graphiste. Je partageais le même bureau que le reste de l’équipe. J’ai dû faire tout ce qui est supports print corporate, du genre, papeterie, plaquette professionnelle pour que quand ils iront « pitcher », ils aient matière à montrer aux éventuels intéresses. Anne était ma tutrice de stage. Je lui montrais mon travail et elle se concertait avec Nordine. Parfois, j’avais une brève réunion avec Nordine et ce sont eux deux qui me validaient mon travail au final. Ce n’était pas du tout Morad.

Et Anne fait quoi exactement comme travail ?
Elle est co-directrice. Elle gère le bâtiment, elle établit le planning, elle accueille les nouveaux locataires, elle ouvre les lignes internet, elle prend les commandes des locataires lorsqu’il y a un événement ou un séminaire, une grosse réunion.

Elle est directrice clientèle ?
Elle est directrice tout court.

Et Morad alors ?
Quelques clients viennent régler leur loyer avec lui, donner leur chèque à Morad, ce qui n’est pas normal.

Ils ont quel âge ?
Ils ont la trentaine, sauf Morad qui a environ quarante ans.

relations

Les questions sur le mode de fonctionnement de l’organisation

Avant que tu arrives, qui s’occupait du travail graphique ?
Il y avait une personne qui était salariée et qui s’occupait de tout la communication de l’entreprise, mais elle est partie, je n’ai pas eu plus de détails, je ne peux pas vous dire si cela s’est mal passé ou pas. J’ai pris la relève en tant que stagiaire.

Comment ils font pour se transmettre les informations ? Il y a des réunions ?
C’était de bouche à oreille, cela restait informel, vu qu’ils se côtoient beaucoup, Anne n’avait qu’à venir dans notre bureau, nous informait par exemple que demain, il y avait tel ou tel événement, qu’il fallait préparer telle ou telle chose ou que quelqu’un allait venir

Tout le monde se partageait les tâches ?
C’est cela, même le commercial, qui démarche des potentiels clients, qui va chercher des entrepreneurs dans d’autres bâtiments afin de leur proposer nos tarifs et nos prestations, d’établir des contrats. Parfois, il se retrouvait à préparer les petits-déjeuners avec Morad pour la réunion du lendemain matin.

C’est dû à un manque de personnel ou une mauvaise répartition des tâches ?
Si je m’inclus, on était quatre et Anne. C’est quand même un gros bâtiment donc on peut dire que c’est peu, après cela fait aussi écho à l’esprit du bâtiment, tout le monde fait un peu de tout, il faut gérer ses propres tâches et en même temps filer un coup de main.

Mais ça marchait ?
Oui très bien, après on ne peut pas dire qu’on faisait preuve d’une grande organisation : il n’y avait pas de planning, beaucoup d’imprévus, mais leur réponse à cela, c’était : « Mais si on s’organisait, on serait trop fort ! »  ou « C’est sous pression qu’on fournit le meilleur de soi-même. »

Et les clients ne se sont jamais plaint de ce fonctionnement ?
Non pour eux, ce mode de fonctionnement est naturel puisque cela a toujours été comme ça.

Et les clients sont des connaissances de l’équipe ?
Non, je ne pense pas.

Les questions sur les relations entre les acteurs

Le commercial, le co-directeur et Morad sont de très grands amis, comment le vit Anne ta tutrice de stage ? Est ce que ça lui pose problème ou pas ?
Anne avait son propre bureau, elle ne le quittait quasiment jamais, elle ne venait pas souvent nous voir. Elle paraissait froide et distante, elle avait moins l’esprit de famille que les autres. Je ne saurai pas dire si elle se sent exclue, mais ce qui est clair, c’est qu‘elle est moins proche que les autres

Mais les décisions sont prises quand même à deux ?
Bien sûr, mais au niveau de la vie et de la gestion du bâtiment en général pour moi c’était elle qui était censé récupérer les loyers des locataires par exemple, ce n’est pas à Morad de les récupérer.

Mais elle faisait quoi du coup ? Elle ne fait rien de la journée ?
Comme je l’ai dit, elle restait seule à son bureau, je n’ai aucun moyen de savoir ce qu’elle faisait exactement. Parfois, je la voyais au téléphone, toujours derrière son écran d’ordinateur, elle recevait des personnes à son bureau.

Morad et Nordine aussi avaient l’impression qu’Anne travaillait moins ?
Entre Nordine et Anne, il y avait une bonne ambiance, ils sont quand même proches. Le soucis c’est qu’Anne n’est pas proche des autres comme Nordine l’est.

Et il y a des tensions ?
Non. Pas visibles en tout cas. Ce mode de fonctionnement est normal, personne n’est gêné par la situation. On déjeunait tous ensemble tous les jours : la chef de projet, le comercial, Morad et moi-même ; mais Anne ne déjeunait pas avec nous, elle était dans son bureau.

Tu sais s’ils se voyaient hors du boulot ?
Je suppose puisqu’ils parlaient un petit peu de leur vie privée donc ils se connaissent quand même bien, ils se demandent des nouvelles de leur famille, même avec Anne, il y a quand même un lien mais qui est différent.

Nordine et Anne prennent leurs décisions à parts égales ?
Oui, mais c’est particulier parce que je montrais par exemple ma maquette de plaquette à Anne, elle me disait déjà ce qu’elle, personnellement, pensait de ma production, puis il fallait que je l’envoie par mail à Nordine, qu’eux deux puisse se concerter et voir ensemble et enfin qu’ils me feraient un retour.

Tu sais comment ils faisaient pour se concerter ?
Par téléphone principalement et sinon par mail. Et de temps en temps entre deux rendez-vous Nordine passait rapidement et on faisait un petit brief Anne, lui et moi pour valider ou invalider certaines choses.

Est-ce qu’on ressentait quand même le fait qu’Anne soit la supérieure hiérarchique de Morad, du commercial et de la chef de projet ?
Je le ressentais bien sûr, parce que l’ambiance dans notre bureau était très conviviale, on se parlait beaucoup, parfois, on écoutait de la musique en même temps qu’on travaillait. Une fois qu’Anne entrait dans le bureau, c’était beaucoup plus calme, on évitait de faire des blagues.

Et il y avait ce même changement lorsque Nordine entrait dans le bureau ?
Je l’ai beaucoup moins ressenti ! Puisque Nordine, quand il entrait, il était le premier à faire des blagues, il rejoignait la conversation, il s’asseyait un moment avec nous, prenait de nos nouvelles, on ne changeait pas de comportement. Il venait brièvement au sein du bâtiment Bureaux&Co, mais il prenait toujours soin de venir nous voir, de rester un court instant discuter avec nous. Il allait bien sur voir Anne, mais il ne restait pas uniquement avec elle.

Quand tu faisais des réunions avec Anne et Nordine, est ce que tu sentais que l’un était supérieur à l’autre ?
Franchement non. Lorsqu’il y avait un désaccord, je devais prendre en compte les deux avis, trouver un compromis, mais en aucun cas la décision de l’un était supérieure à l’autre.  Mais cette situation n’est pas arrivée très souvent, en général, ils étaient plutôt d’accord et partageaient la même vision sur mon travail. C’est arrivé une seule fois je pense.

Madame Gallot est intervenue pour poser une question.
Sur quel point, ils n’étaient pas d’accord ?
C’était sur quelque chose de purement graphique. Je devais faire des boutons pour le site web qui devait représenter des secteurs de métiers. Anne souhaitait représenter les secteurs à l’aide de pictogrammes, plus flat design, Nordine, lui, souhaitait des photographies avec une personne qui représentait le secteur.

Hypothèses interprétatives (HI)

Madame Gallot annonce au groupe qu’on passe à l’étape de l’analyse et qu’il y a des évidences.

HI : Dans cette organisation, ils mélangent vie privée et vie professionnelle. Le fait que Nordine ait un frère et un ami d’enfance au sein de l’entreprise, les employés n’ont pas une vision traditionnelle de leur supérieur hiérarchique.

HI : Il y a deux co-directeurs, qui hiérarchiquement sont au même niveau, mais on note un changement de comportement lorsqu’Anne entre dans le bureau de l’équipe, mais pas de changement de comportement de l’équipe lorsque c’est Nordine qui entre.

HI : Il y a deux mondes qui cohabitent. Quand on passe d’Anne à Morad ou Nordine, on change de monde. Nordine amène avec lui une culture qui est celle des amis, de la famille. On peut faire appel à l’analyse par les mondes de la justification de Boltanski. On a d’un côté une cité qui est familiale représentée par Morad, Nordine et le commercial. Anne représente l’aspect gestionnaire, on pourrait la situer dans la cité domestique qui est stricte et hiérarchisée.

Madame Gallot nous explique que le cas des PME familiales sont très courants dans la région et que cela pose énormément de questions de gestion du personnel qui parfois se sent exclu. On peut également avoir des tensions lorsque ce sont le mari et la femme qui dirigent et qu’ils sont en train de divorcer par exemple.

Les participants ont également évoqué l’analyse stratégique de Crozier.
HI : Morad a énormément de marge de manoeuvre car tous les locataires viennent le voir. De plus, le fait qu’il soit le frère d’un des co-directeurs le rapproche du pouvoir.

Un débat sur le pouvoir prend place.
HI : Anne a le plus de pouvoir.

Les participants précisent.
HI : Anne a le pouvoir formel.

HI : Anne a un pouvoir beaucoup plus grand que Nordine car il est moins présent. De ce fait, elle a plus son mot à dire sur les décisions, car elle est toujours présente.

Quelques participants invalident cette hypothèse.
HI : Nordine a autant son mot à dire, si quelque chose ne lui va pas, on a vu qu’il faut trouver des compromis qui conviennent aux deux. Donc, le pouvoir entre Anne et Nordine est réparti à parts égales.

D’autres membres du groupe invalident également cette hypothèse.
HI : Anne propose, émet les décisions à prendre et Nordine valide, parfois non. Donc Anne a un peu plus de pouvoir.

Madame Gallot intervient en précisant que c’est là que se situe le problème. Elle fait remarquer que certains défendent l’idée qu’Anne a le pouvoir, d’autres Nordine et elle soutient que c’est Morad.

Le débat s’oriente ensuite vers Morad.

HI : Morad a le plus de pouvoir, mais il est informel par sa proximité avec les autres locataires. Ils ont confiance en lui, se sentent à l’aise à ses côtés.

HI: Si Morad prend part aux décisions importantes de l’organisation alors c’est lui qui a le plus de pouvoir.

HI : Morad est aussi proche des locataires que de son frère.

Madame Gallot demande : « Qui sait tout dans l’entreprise ? » et rappelle qu’il s’agit d’un cas de base de management. Elle évoque la ou le secrétaire et le portier afin d’aiguiller les participants. Tous sont d’accord pour répondre que c’est Morad.

HI : Un client va se référer à Morad. Le coté informel est donc plus important dans cette entreprise.

HI : Aux yeux des clients, Morad est aussi l’un des dirigeants de l’organisation.

HI : Morad représente son frère lorsqu’il est en déplacement.

Madame Gallot évoque la structure du bâtiment, avec en haut les différents bureaux et au rez-de-chaussée l’espace de co-working. Il y a une culture de l’immeuble, une culture globale de tous les gens qui partagent le bâtiment qui est la même que celle des deux frères et qui n’est pas la même que celle d’Anne.

Le groupe formule quelques hypothèses concernant Anne.

HI : Anne est dans son bureau, car il y a un système qui fait qu’elle se met à part. Elle ferme sa porte et elle s’isole.

HI : Anne est gestionnaire, elle s’épanouit dans la culture professionnelle de la gestion.

HI : La culture professionnelle de la gestion d’Anne se confronte à la culture familiale des deux frères.

On revient ensuite sur le désaccord qui a eu lieu et qui traduit les états d’esprit. Le fait que Nordine préfère des photographies qui représentent la dimension sociale humaine par rapport à Anne qui préfère un style graphique plus froid confirme quelques hypothèses interprétatives.

Conclusion du groupe

  1. Le pouvoir a bougé et n’a rien à voir avec l’organigramme.
  2. Il y a une confrontation entre les valeurs partagées : Anne contre Nordine et Morad.
  3. Il existe au sein de l’organisation deux cultures différentes qui cohabitent : culture de l’immeuble contre culture de la gestion.
  4. Anne est hors des valeurs de la communauté.
  5. Le management se trouve chez Anne et le leadership appartient à Morad.

Préconisations (s’il y avait commande de la part de l’organisation)

  1. Il faudrait redéfinir les tâches et les missions de Morad.
  2. Informer les locataires que c’est à la co-dirigeante qu’il faut s’adresser.
  3. Envisager de mettre Anne dans le même bureau que les autres pour refaire basculer le pouvoir de son côté.

Retour du narrateur

  1. En ce qui concerne la proposition de réaménagement de l’espace, il faut savoir que les locataires passaient forcément devant le bureau d’Anne lorsqu’ils venaient au nôtre. Ils passaient consciemment devant son bureau et savaient tous que c’est Anne qui est la représentante de Bureaux&Co.
  2. Il est vrai qu’on change constamment de monde en fonction de la présence ou l’absence d’Anne. On passe d’un cadre très familial et convivial à un cadre plus formel et professionnel.
  3. Morad et Anne, ces deux personnes sont essentielles au bon fonctionnement de l’entreprise cependant il évident qu’il faut clairement revoir le positionnement de Morad et redéfinir ses tâches au sein de l’organisation.
  4. Morad ne se mêle pas du tout aux décisions des co-directeurs. Il n’est pas décisionnaire. Il ne cherche pas à avoir le pouvoir mais les locataires lui en confèrent.
  5. En ce qui concerne la culture globale du bâtiment, elle ressemble beaucoup à la culture partagée par Nordine, Morad et le commercial pendant leur enfance, puisqu’ils ont partagé le même immeuble dans leur jeunesse et avaient l’habitude de se retrouver au pied de l’immeuble pour jouer. Ils ont reconstruit cette culture à travers le bâtiment Bureaux&Co. Cette culture est fondamentalement opposée à celle d’Anne puisqu’elle venait très rarement dans notre bureau ou la salle de co-working.
  6. Les locataires savent que Nordine et Anne sont co-dirigeants, mais ils savent aussi que Morad est le frère de Nordine, c’est peut-être pour cela qu’instinctivement, voyant qu’Anne ne vient pas vraiment vers eux, se dirigent vers Morad qui est beaucoup plus accueillant. Dans la culture commune du bâtiment, Morad fait partie des personnes référentes.
  7. Anne est exclue par rapport au cadre de valeurs.
  8. Quand Morad possède une information, il en informe Anne, mais il se charge directement de la tâche à faire afin de soulager Anne. Cette dernière n’a plus à prendre d’initiative, elle laisse Morad s’en occuper seul. Donc, c’est peut-être son caractère dévoué et cette façon de prendre les choses qui ont entraîné cette situation. Il y aurait ainsi une analyse systémique sur les relations et le sens des relations à faire.

Retour du rapporteur

  1. Pendant ce séminaire, les participants ont beaucoup débattu sur la question du pouvoir. « Où est le pouvoir ? » , « Qui dirige vraiment cette organisation ? »
  2. Les participants n’ont pas assez creusé les relations entre les acteurs, il aurait peut-être fallu analyser les acteurs individuellement tout d’abord afin de dégager un système de relations plus pertinent.

Le rapporteur a ensuite évoqué la place de la chef de projet qui n’a pas du tout été évoquée. La narratrice a éclairci sa position, en révélant que cette dernière arrivée depuis une semaine, et se trouvant dans le même bureau que Morad et le commercial, avait tout naturellement rejoint la culture d’entreprise plus familiale.

Retour de l’observateur

  1. Beaucoup de sourires.
  2. Des tics de langage.
  3. Quelques mimétismes.
  4. Le narrateur jouait parfois avec son stylo.
  5. Beaucoup de prises de notes lorsque le narrateur donnait des informations factuelles.
  6. Les participants ont souvent levé la main avant de prendre la parole.

 


Je remercie Ismaël Guerrib et Romain Tavenard qui ont, à titre gracieux, endossé le rôle de rapporteur et d’observateur pendant cette première séance de SASCO.

Aurore CANDASSAMY

Compte rendu SASCO : Séance du 14 Mars 2017 – Hugo MALIBRERA et Stacy DREYER

mardi 21 mars 2017

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PHASE 1 – PRÉSENTATION DE LA SITUATION DE COMMUNICATION

J’ai réalisé mon stage au sein de l’entreprise SAVE, petite entreprise de 13 personnes spécialisée dans l’installation de caméras de surveillance et d’alarmes. A sa tête Christophe, qui est le directeur général. Cette entreprise compte aussi Sylvain, qui est le directeur commercial, une comptable qui est aussi tutrice de Marie et Julia, alternantes en ressources humaines, ainsi que les techniciens. Cette entreprise a été racheté en Septembre par Christophe suite au départ à la retraite des anciens propriétaires.

J’ai partagé plusieurs repas le midi avec Marie et Julia, et celles-ci se plaignaient de Sylvain qui les malmenait. Marie et Julia doivent s’occuper, entre autres, des devis. Dans un premier temps, il faut que Sylvain leur communique les informations nécessaires à leurs réalisations, afin qu’elles puissent les transmette à leur tutrice, la comptable, afin de les faire valider. Cependant, Sylvain est mécontent car les alternantes mettent du temps à lui transmettre les devis, malgré le fait qu’il envoie au dernier moment les informations nécessaires à la réalisation des devis. Un jour Marie a demandé à Christophe, le directeur général, de faire un réunion avec Sylvain, Julia, la comptable et elle-même afin de parler des conflits avec Sylvain. Cependant, la réunion ne s’est pas bien passée. Sylvain avançait pour argument que Julia et Marie n’était plus à l’école mais en entreprise, et qu’il est donc normal d’écouter les personnes ayant un statut plus important. Julia a ensuite quitté la réunion en pleurant et en criant qu’elle en avait marre et qu’elle « se cassait », avant de s’enfermer dans son bureau et que la réunion cesse. Pendant la journée, Christophe n’est pas allé la voir, et Julia est retournée à l’école. Lorsqu’elle est revenue, les relations avec Sylvain étaient froides, et Julia et Marie étaient insolantes.

Capture d’écran 2017-03-20 à 13.49.08

Organigramme de l’entreprise SAVE

PHASE 2 – PHASE DE QUESTIONNEMENT

Q: Est-ce que la femme de Christophe travaille dans l’entreprise ?

R : En fait, sa femme est attachée de presse à son compte, mais elle a suivi son mari lors du rachat de l’entreprise.

Q : Est-ce que sa femme s’est prononcée sur la situation?

R : Non pas vraiment, elle ne s’occupe pas vraiment des salariés vu son statut.

Q : Donc sa femme est à son compte, mais elle travaille aussi dans l’entreprise de son mari?

R : Elle a juste son bureau dans l’entreprise.

Q : Le bureau est vraiment au sein de l’entreprise ou est-ce qu’il est dissocié?

R : Non il est vraiment dans l’entreprise, il est même relié au bureau de son mari.

Q : En fait, c’est comme si il y avait deux entreprises dans une seule et même entreprise, non?

R : Oui.

Q : Et toi, tu faisais parti de quelle entreprise?

R : Ma tutrice c’était Ira, l’attachée de presse, mais je faisais aussi la communication.

Q : Et Sylvain, il en pensait quoi des alternantes qui étaient insolentes avec lui? Tu as pu entendre ce qu’il disait sur elles?

R : Il disait rien, ils se parlaient d’un bureau à l’autre en criant, et il n’intervenait pas.

Q : Quand tu dis qu’ils se parlaient d’un bureau à l’autre, tu veux dire Sylvain et les alternantes?

R : Oui c’est ça, Julia et Marie.

Q : Tu peux nous rappeler qui était présent lors de la réunion?

R : Sylvain, Julia, Marie, la comptable et le directeur.

Q : Et Sylvain, il a quel poste?

R : Il est directeur commercial.

Q : Et quels rôles elles avaient les deux alternantes dans cette réunion? Elles avaient aussi des soucis avec Sylvain?

R : Oui, la réunion était basée sur la relation tendue entre Sylvain et les deux alternantes.

Q : Et la comptable dans tout cela?

R : C’était la tutrice de Marie et Julia.

Q : C’était la première fois qu’il y avait des alternantes dans cette entreprise?

R : Au poste de ressources humaines, oui. Sinon ils ont des alternants techniciens.

Q : Et ça se passe bien avec eux?

R : Oui.

Q : Et le directeur a pris une décision à l’issue de la réunion?

R : Non, rien du tout.

Q :  Tu as pu parler avec Julia lorsqu’elle est sortie en pleurant?

R : Non, on en a pas trop parlé.

Q : C’était quoi l’élément déclencheur pour que Julia se retire de la réunion en pleurant? Est-ce que c’était une accumulation?

R : Oui aussi mais c’est surtout lorsqu’il leur a dit qu’elles n’étaient plus à l’école.

Q : Est-ce qu’il y a souvent des disputes dans l’entreprise?

R : Il y a souvent des accrochages entre Marie, Julia et Sylvain.

Q : Si tu devais te positionner dans cette histoire, tu te mettrais du coté de Sylvain ou du coté des filles?

R : Peut-être plus du coté des filles car j’ai l’impression qu’elles travaillent vraiment bien. Sylvain mettait vraiment du temps à leur transmettre des informations.

Q : Il leur reprochait de ne pas faire les tâches qu’on leur attribuait?

R : En fait, lui, il est directeur commercial, donc c’est à lui que revenait tous les chiffres, et il mettait du temps à les transmettre alors que c’était censé être rapide. Les alternantes ne pouvaient pas continuer sans ces informations.

Q : En fait, l’un ne peut pas travailler sans l’autre?

R : Oui.

Q : Tu étais à cette réunion?

R : Non.

Q : Est-ce que tu sais comment cela s’est présenté? Est-ce qu’ils ont laissé la parole aux filles en premier? Puis à Sylvain?

R : J’entendais à peine la réunion, je sais pas mais en tout cas tout le monde parlait.

Q : Elles étaient conscientes que le problème venait donc de Sylvain, vu son retard?

R : Oui.

Q : Et à ce moment là, qu’est-ce qu’il a dit Sylvain?

R : Qu’il fallait qu’elles se bougent quoi.

Q : Et Christophe ?

R : Je sais pas, il n’a pas trop pris parti.

Q : De ce que tu as entendu, tu l’as trouvé passif?

R : Oui, quand il est sorti elle étaient encore en pleurs. Elle venait de crier « Ça me saoule, je me casse ».

Q : La réunion, elle était à l’initiative de qui?

R : Des filles, de Marie plus particulièrement.

Q : Elles l’ont demandé au directeur?

R : Oui.

Q : Est-ce que tu connais les rapports entre Christophe et Sylvain?

R : Je sais pas vraiment car tous les jours, on fait une pause à 10h pour prendre café, et tout le monde venait sauf Sylvain. Je trouve qu’il est en retrait quand même, il reste dans son coin et je ne l’ai pas beaucoup vu. Je voyais même plus souvent les techniciens que lui.

Q : Et tu sais pas pourquoi Christophe n’a pas pris parti justement?

R : Non je sais pas.

Q : Tu sais si Sylvain a déjà eu d’autres antécédents de conflits? Avec des alternantes ou autres salariés?

R : Non. Un midi, j’ai juste entendu un technicien dire qu’il ne lui dirait plus bonjour.

Q : Il n’a pas de supers rapports avec les autres membres de l’entreprise?

R : Non, il est distant quand même.

Q : Qui a pris l’initiative de prendre des alternantes dans l’entreprise?

R : C’était les anciens propriétaires de l’entreprise.

Q : Marie et Julia étaient déjà en alternance avant que les propriétaires changent?

R : Oui, les nouveaux propriétaires sont arrivés en septembre, et Marie ça faisait trois ans et Julia un an.

Q : Et avant ce changement, est-ce que tu sais si les rapports entre Sylvain et les alternantes était le même?

R : Au début de mon stage, on voyait qu’il y avait quelque chose entre eux, mais ça ne s’était pas encore vraiment dégradé. C’était plus une accumulation je pense.

Q : Quelle est la relation entre Sylvain et la comptable?

R : Je sais pas trop, mais ils doivent travailler ensemble je pense.

Q : Marie et Julia peuvent donc passer, sans l’accord de la comptable, par Sylvain?

R : C’est Sylvain qui doit transmettre des informations à Marie et Julia, puis elles doivent faire vérifier à la comptable afin de les transmettre à Sylvain.

Q : Sylvain ne pouvait pas passer directement par la comptable?

R : Non, elle faisait travailler les filles.

Q : Est-ce que tu pourrais nous décrire le comportement du directeur au sein de l’entreprise?

R : Il est très gentil, proche de ses salariés. Il était là à toutes les pauses café.

Q : Est-ce que tu penses que le fait que le directeur soit cool avec ses employés explique le comportement de Sylvain?

R : Oui, je pense que ça y joue, peut-être qu’il profite du nouveau statut de Christophe.

Q : Et toi avec Sylvain, tu as été en contact avec lui ou pas du tout?

R : Non pas souvent.

Q : Donc c’était un peu tendu?

R : Oui, c’était pas terrible quand même. Il venait dans le bureau, il disait bonjour qu’à Ira parfois.

Q : Tu penses que c’est à cause de ton statut de stagiaire?

R : Oui je pense. Il se sent peut-être supérieur.

Q : Il a peut-être mal vécu le changement de propriétaire?

R : Oui. En fait, c’est les anciens directeurs qui ont ouvert la boite il y a 30 ans, et Sylvain ainsi que d’autres techniciens étaient déjà dans l’entreprise.

Q : Est-ce que Sylvain a des salariés à sa charge?

R : Je ne sais pas, surement des techniciens.

Q : Mais ils font quoi exactement ces techniciens?

R : Ils vont dans des maisons pour installer des caméras de surveillances ou des alarmes.

Q : Et il n’y a pas de chef des techniciens?

R : Non.

Q : Donc il les dirige car il est un peu autoritaire avec eux? Il leur donne des ordres?

R : Je peux pas trop répondre, je ne sais pas…

Q : Donc c’est Sylvain qui fait les devis, qui dit aux techniciens où aller?

R : Non ça c’est Marie et Julia, c’est elles qui placent les techniciens.

Q : Marie et Julia ont plus qu’un rôle de comptable non?

R : Elles sont aux ressources humaines.

Q : Donc elles ont une place importante malgré leur rôle d’alternante?

R : Ils les considèrent un peu comme des secrétaires.

Q : Et elles passent beaucoup de temps dans l’entreprise?

R : Oui, Julia c’est un jour sur deux. Marie elle est là une semaine, puis trois jours à l’école, ainsi de suite.

Q : Est-ce que tu connais le détail de leurs missions à Marie et Julia?

R : Prises de rendez-vous, devis…

Q : Est-ce que la comptable protégeait ses alternantes par rapport à la situation?

R : Elle jouait un rôle de maman un peu, elle leur disait de passer au-dessus de la situation. Mais elle ne prenait pas tant parti.

Q : Est-ce que tu sais si Sylvain aurait aimé prendre la succession de l’entreprise ou si il y a de la jalousie envers Christophe?

R : Aucune idée.

Q : C’était le même organigramme avant le rachat de l’entreprise?

R : Oui, personne de nouveau.

Q : Et donc lui, c’est lui qui trouve les clients?

R : Oui

Q : Est-ce qu’il est efficace dans son travail?

R : Oui il est compétent.

Q : Est-ce que c’est pour cela qu’il se sent obligé de donner des directives aux techniciens?

R : Oui possible

Q : Est-ce que tu l’as déjà vu en contact avec des clients?

R : Non

Q : Tu penses que c’est que dans l’entreprise qu’il se sent pas bien?

R : Oui, mais les clients ne viennent pas dans l’entreprise, c’est les salariés qui se déplacent.

Q : Tu trouves Sylvain plus directif que le directeur général ?

R : Oui

Q : Est-ce que Sylvain a déjà eu des retours de clients mécontents? Peut-être par rapport aux délais qui n’étaient pas respectés par exemples?

R : Non

Q : Est-ce que tu penses que Christophe a sa vrai place de directeur?

R : Oui il sait gérer. Il était déjà directeur d’une autre entreprise avant celle-là.

Q : Est-ce que tu es au courant des salaires dans l’entreprise?

R : Marie et Julia ne sont pas trop payées vu qu’elles sont en alternances. Après je sais pas, je pense que Sylvain l’est.

Q : Est-ce que tu as pu voir comment il travaillait?

R : Je n’ai travaillé qu’une seule fois avec lui, je l’ai trouvé intimident.

Q : Tu as dis que Christophe avait une autre boite avant?

R : Il était déjà D.G mais dans une entreprise qu’il ne possédait pas.

Q : Quand il a racheté l’entreprise, est-ce qu’il a changé le nom ou autre chose?

R : Non

Q : Est-ce que tu sais si les salariés ont ressenti ce changement de propriétaire?

R : Non c’était positif car les anciens propriétaires ont accompagné le changement de direction, progressivement.

Q : Est-ce que tu sais pourquoi ils sont parti?

R : Retraite

Q : Comment ça se passait entre les anciens propriétaires et les alternantes?

R : Elles m’ont dit que ça se passait très bien.

Q : Sylvain il a quelle formation?

R : Je ne sais pas.

Q : Il a quel âge Sylvain?

R : 45, 50 ans je pense

Q : Et Christophe?

R : Pareil

Q : Et les devis, ils mettaient vraiment de temps à être fait?

R : Non, il abusait un peu.

Q : Et ta tutrice, elle en pensait quoi de Sylvain? Elle avait un avis sur lui?

R : Elle ne m’en parlait pas trop. Je pense qu’elle ne pouvait pas trop se permettre de donner son avis.

Q : Est-ce que tu penses que Sylvain jouait du fait qu’il soit intimidant?

R : Un petit peu je pense.

Q : Il faisait quoi quand il ne venait pas en pause?

R : Il était dans son bureau.

Q : Il est exclu?

R : Je pense que c’est lui qui s’exclut tout seul. Quand il passait dans mon bureau, il ne parlait qu’à Ira.

Q : Et personne ne sait pourquoi il ne venait pas?

R : Quand on allait en pause, on passait dans son bureau mais il ne venait pas.

Q : Il n’avait peut-être pas envie de se mélanger?

R : Peut-être. Marie a son bureau à l’entrée, peut-être qu’il ne voulait pas la voir.

Q : Pendant les pauses, est-ce que parliez de lui?

R : Le midi quand j’étais avec les alternantes et la comptable oui.

Q : Et quand tu étais avec elles, vous en parliez en bien quand même?

R : Beaucoup en mal quand même.

Q : Il avait d’autres rapports avec les filles que de crier dessus?

R : Ils se parlaient mais juste pour le boulot. Mais de chaque coté c’était tendu…

Q : La situation de Sylvain, elle est comment?

R : Il a une femme je crois (rire)

Q : Tu peux nous dire ce qu’ils se disaient exactement quand ils criaient de bureau à bureau?

R : Sylvain demandait les devis, et c’était Marie qui s’emportait le plus.

Q : Et elle disait quoi?

R : « Je le fais, j’ai pas que ça à faire de mes journée ! », des trucs comme ça

Q : Et quand ils se parlaient de bureau à bureau, le directeur ne disait rien?

R : Non, je ne l’ai jamais vu sortir pour intervenir en tout cas.

Q : Ils se parlaient d’une autre manière quand même?

R : Au téléphone..

Q : Et Sylvain répondait quoi quand Marie disait qu’elle n’avait pas que ça à faire?

R : Il répondait pas trop, il disait qu’elles devaient être plus rapides.

Q : Il leur demandait comment? Avec un ton agressif déjà?

R : Oui un peu quand même.

Q : Et il était agressif avec les deux?

R : Davantage Marie car elle est plus souvent là. Julia est plus sensible.

Q : Est-ce que tu penses que si les deux alternantes avaient un statut d’employé, la situation serait la même?

R : Possible, peut-être qu’il en profite

Q : Est-ce que tu penses qu’elles sont légitimes de remettre en cause l’autorité, de par leur statut d’alternantes?

R : Non. Ok, il est dur à vivre, mais je pense pas que cela soit une raison. Car il y avait vraiment de l’insolence dans le comportement de Marie.

Q : Cette insolence est peut-être une réponse au comportement de Sylvain?

R : Oui

Q : Et leur tutrice, elle disait quoi par rapport à la situation?

R : Pas grand chose, elle disait rien. Marie et Julia sont vraiment gentilles avec elle, et elle voulait pas entrer dans cette dispute.

Q : C’est déjà arrivé que les devis arrivent en temps et en heure?

R : Oui la plupart du temps, c’est surtout Sylvain qui mettait la pression quand même.

Q : Il y a des moments où il est satisfait?

R: Oui quand même !

Q : Et des remarques gentilles?

R : Ah non ! Ou très rarement.

Q : Les alternantes étaient insolantes qu’avec Sylvain?

R : Oui

Q : Et la tutrice, elle n’a jamais essayé de faire l’intermédiaire entre les deux?

R : Elle était à la réunion, mais elle n’a pas parlé.

Q : La situation est identique quand il n’y a qu’une seule alternante?

R : Elles étaient tout le temps avec Marie

Q : Et quand Marie était toute seule avec Sylvain, c’était la même situation?

R : Ah oui oui

Q : Il n’y avait pas une situation de rapport de force quand elles étaient toutes les deux?

R : Peut-être qu’elle se sentait plus forte quand il y avait Julia oui, mais même seule son comportement était identique.

Q : Quand tu dis qu’elles étaient insolentes, est-ce que c’est depuis le début? Ou il y a eu un élément déclencheur?

R : J’ai quand même vu une évolution durant mon stage. C’était vers l’avant-dernière semaine qu’il y a eu la réunion. Mais au début du stage, ça allait.

Q : Et tu était présente à la réunion?

R : Non j’étais juste à coté, et j’attendais car leur porte était ouverte. J’entendais tout.

Q : Tu sais si, suite à ça, les alternantes ont bâclé des devis pour embêter Sylvain?

R : Non elles sont restées professionnelles quand même.

Q : Et elles font des études en quoi?

R : Marie est en troisième année de ressources humaines, et Julia est en première année.

Q : Est-ce que ça arrivait qu’ils se retrouvent à l’extérieur de l’entreprise?

R : Les techniciens mangent ensemble le midi, mais après je sais pas.

Q : Et est-ce que Christophe a déjà pris d’autres initiatives pour ce genre de situation?

R : Non c’était la première fois qu’il faisait ce genre de réunion.

PHASE 3 – ANALYSES ET INTERPRÉTATIONS

Pendant cette phase, l’analyse et l’interprétation ont été majoritairement centrées sur la relation entre Sylvain, Julia et Marie.

Suite aux questions posées afin de mieux comprendre cette situation, les autres membres du groupe ont tout d’abord essayé de qualifier le type de leader présent dans l’organisation.

> Tous sont d’accord pour dire que Christophe est un leader formel laisser-faire, démissionnaire car celui-ci ne s’occupe pas des conflits et de l’entreprise.
> Suite à ce style de leader, ils ont pu constater deux leaders informels. Pour commencer, Sylvain avec un leadership autoritaire par sa relation avec Julia et Marie et sa place dans l’entreprise et la comptable avec un leadership démissionnaire car celle-ci n’ose pas prendre partie entre ses alternantes et Sylvain.

A ce stade, les étudiants ont fait le rapprochement avec l’analyse des 13 jeux de pouvoir selon Mintzberg.

Le premier jeu à avoir été énoncé est celui de la construction d’empire
Joueur : Sylvain
Moyen : se joue individuellement.
Ce jeu est développé par un individu isolé qui cherche à étendre son pouvoir sur d’autres membres de l’organisation en dehors de son champs de compétence ou de responsabilité. Cette recherche du pouvoir s’accompagne de la volonté de contrôle sur différentes unités de l’organisation. Ici, Sylvain cherche donc à étendre son pouvoir et à prendre contrôle sur Julia et Marie en ne fournissant pas les informations nécessaires à la réalisation des devis.

Le second jeu qui, pour les étudiants, semble correspondre à la situation est la construction d’alliance.
Joueurs : Julia, Marie et Sylvain

Moyen : il consiste à mettre en place des contrats implicites de soutiens mutuels.
Ici, il est noté que Julia et Marie se liguent contre Sylvain.

Enfin, le jeu de rivalité entre deux camps.
Joueurs : Julia, Marie et Sylvain.

Moyen : jeu en deux temps ; un premier temps construction d’empires et d’alliances. Un second temps d’affrontements. L’objectif est de prendre le contrôle du pouvoir de l’autre camp.
Sylvain a réussi à construire un empire informel. Cependant, une alliance a été créée entre Julia et Marie. De plus, la réunion a été réalisée à la demande de Marie afin de prendre le contrôle sur le camp de Sylvain. Cependant, pendant celle-ci, Sylvain a pris le contrôle sur le camp adverse car la réunion s’est arrêtée suite à la fuite de Julia.

Tous les étudiants étaient d’accord pour utiliser l’analyse stratégique de Crozier et Friedberg qui, selon eux, collait parfaitement à la situation de communication étudiée.

Les étudiants ont constaté une forte marge de manoeuvre de Sylvain. En étant le directeur informel et étant présent dans l’entreprise depuis plus longtemps que Christophe, celui-ci considère qu’il s’y connait mieux que quiconque. Il maitrise aussi la zone d’incertitude des compétences : en étant directeur commercial, c’est lui qui « ramène » les clients. La communication – qui est une zone d’incertitude – est aussi maitrisée par Sylvain, car il ne partage pas les informations nécessaires à Julia et Marie, ce qui lui confère une marge de manoeuvre plus conséquente au sein de l’organisation.

Ensuite, les étudiants ont essayé de comprendre les relations au sein de l’entreprise avec l’analyse transactionnelle.

Dans la situation observée, les étudiants sont d’accord sur la relation parent-enfant entre les alternantes et Sylvain. En effet, Sylvain se comporte en parent en donnant des ordres à Julia et Marie qui elles, se comportent en enfant en étant rebelles et insolantes. Elles ont tout de même essayé de se comporter en adulte en décidant d’organiser une réunion mais en vain, puisque Julia est sortie de la réunion en pleurant. Il a été ajouté qu’un rôle de « maman » était aussi présent avec la comptable, qui protège ses deux alternantes. Celle-ci est la « maman cool » alors que Sylvain à le rôle du « papa sévère ».

L’analyse sémiotique situationnelle a été évoquée brièvement. Les élèves se sont intéressés à plusieurs contextes. Tout d’abord le contexte spatial, car il y a deux entreprises différentes dans un même bâtiment : SAVE, et celle d’Ira. Le contexte temporel est important car la situation a lieu peu de temps après le rachat de l’entreprise par Christophe. Il est donc nécessaire de prendre en compte ce point. Puis le dernier contexte évoqué est celui du positionnement, où nous retrouvons Sylvain de par son ancienneté au sein de l’entreprise.

Afin de mieux comprendre ces relations, les élèves ont jugé intéressant d’étudier et de comprendre la structure de l’organisation au travers de l’analyse organisationnelle de Mintzberg. Ils ont constaté qu’il s’agissait d’une structure simple. C’est davantage la répartition des tâches et l’organigramme informel qui sont la cause des difficultés des relations. En effet, pour commencer, Julia et Marie n’occupent pas un poste de RH mais de secrétaire. Ensuite, le directeur et la comptable, n’osant pas affirmer leur autorité, sont effacés. Il reste donc Sylvain, qui prend le pouvoir, et Julia et Marie qui sont les seules a résister.

Enfin, d’après les théories de l’école de Palo Alto, les étudiants ont reconnu ici une relation symétrique complémentaire. En effet, Sylvain adopte une relation basse et Julia et Marie, en étant insolantes, tentent de se placer en relation haute. Au niveau de la communication, il a été noté qu’il y avait un dysfonctionnement entre le contenu et la relation. En effet, prenons en exemple : Sylvain qui dit «  Fais moi un devis » et Marie qui rétorque « Je n’ai pas que ça à faire » . Dans cette situation, Marie pensait que ce n’était pas à Sylvain de lui donner des ordres. Paradoxalement, le conflit se situe sur la relation, alors qu’il devrait se situer sur le contenu.

PHASE 4 : RETOUR DE LA NARRATRICE

Lors de la phase d’analyse et d’interprétation, je suis d’accord avec les différentes analyses choisies, qui semblent appropriées à cette situation.

Il est vrai que l’organigramme est bien réalisé et que le problème concerne davantage la répartition des tâches. La place de Julia et Marie n’est pas bien définie. Cependant, je trouve que la comptable adopte bien son rôle de tutrice, de par son expérience dans les ressources humaines et dans la comptabilité. De plus, il est nécessaire de revoir la place de Sylvain qui, dans l’organigramme, ne devrait pas être en lien avec les deux alternantes.

L’analyse transactionnelle est vraiment pertinente car celle-ci illustre la posture d’enfant de Julia et Marie, qui ont du mal à s’en détacher. Sylvain, quant à lui, a véritablement le statut de « père autoritaire » dans cette relation.

Dans l’analyse situationnelle, je pense que le contexte temporel et le contexte de positionnement sont les plus importants et qu’ils jouent un rôle déterminant dans notre situation de communication.

Hugo MALIBRERA
Stacy DREYER
G1 SASCO – ITIC UPV

Entretien avec un professionnel de la communication: Thibaud Rodriguez – Graphiste chez plusieurs sociétés.

lundi 14 novembre 2016

L’interview s’est déroulée le vendredi 11 Novembre à 18h30 à Montpellier, au Novelty. Nous avons rencontré Thibaud Rodriguez, jeune graphiste travaillant pour plusieurs entreprises : Cevrai Laboratoire, Cels Laboratoire, Boreal et Pur Vitae. Il est employé par la holding. L’entretien a duré 1 heure et une poignée de minutes et a été entièrement filmée. Nous avons décidé de nous partager le travail : ici, l’interviewer était Sarah Khélifati et la prise de notes a été effectuée par Melissa Renner.
Dans un premier temps, nous nous sommes présentées et nous avons re précisé le déroulement ainsi que le but de l’interview à notre invité ; celui-ci étant de se renseigner sur un métier de la communication, d’en apprendre plus sur un métier spécifique, et éventuellement avoir des conseils de la part d’un professionnel de ce domaine.


Interviewer : Alors, en premier lieu, en quoi consiste votre métier de graphiste ?

Interviewé : Et bien, moi je fais toute la communication visuelle de l’entreprise. C’est-à-dire, que ce soit en interne ou en externe. Donc je fais tout ce qui est packaging, publicités pour le web, publicités pour le print, donc ce qui va être imprimé. Je fais aussi tout ce qui est … les, hm, les tours que tu as dans les pharmacies, où tu as tout les produits présentés dessus, ou alors que tu vas avoir un personnage découpé. Enfin tu vois, tout ce qui est présentation de produits en magasins, je le fais aussi en fait. Donc voilà, c’est plus… euh…
(suite…)

Compte rendu SASCO du jeudi 7 avril 2016 – Mezoul Agathe, Akgazciyan Marine, Julian Manon

lundi 11 avril 2016

Compte rendu SASCO du Jeudi 07 avril 2016

Pour débuter cette conférence, nous avons disposé les tables de la salle en U , ce qui a permis à tous de se voir et de faciliter les échanges entre les participants.Nous nous sommes installées devant l’auditoire puis la narratrice, Agathe, a commencé son récit.
Les rôles des différents membres de l’équipe, définis en amont :
Narrateur : Agathe Mezoul
Rapporteur : Manon Julian
Observateur : Marine Akgazciyan
Sommaire :

I. Énonciation de la situation de communication

II. Phase de questionnement

III. Phase d’interprétation

IV. Conclusion et retour de l’équipe

a) Retour du narrateur

  b) Retour du rapporteur

      c) Retour de l’observateur

I. Énonciation de la situation de communication
J’ai effectué mon stage à la mairie de Montpellier au service presse. Ce service est assez particulier puisqu’il est rattaché directement au cabinet du maire et non au pôle communication. Il ne traite donc qu’avec le cabinet, et le pôle communication ne joue aucun rôle dans le travail du service presse.
L’équipe du service presse est composée de deux responsables : Sandrine et Coralie. Sandrine est la première responsable qui est toujours présente du coté « Ville », et Coralie est plus active du côté « Métropole » mais elle reste au dessus de Sandrine à la Ville. En effet le fonctionnement de la mairie est particulier à Montpellier. À l’Hôtel de ville les employés travaillent pour l’aspect Ville de Montpellier, à la Métropole pour l’aspect agglomération. Il y a donc ces deux responsables qui ont chacune un bureau individuel, puis il y a un bureau commun en open space dans lequel se trouvent deux attachées de presse, Malika et Sabrina, et une assistante de presse, Elizabeth.
Je partageais mon bureau avec ces trois collègues. Le conflit auquel j’ai assisté a eu lieu au bout de la troisième semaine de stage. Une des attachées de presse, Malika, est entrée dans le bureau et s’est plaint de devoir en plus de son travail d’attachée effectuer celui d’une assistante, or ce n’est en aucun cas sa fonction et ce pourquoi elle est payée et ne veut donc plus le faire. Elle a donc dit que si l’assistante ne faisait pas correctement son travail, la responsable n’avait qu’à en parler directement avec l’assistante de presse, lui remettre les pendules à l’heure ou en changer mais qu’elle ne ferait plus le travail de quelqu’un d’autre. L’assistante Elizabeth était présente, comme tous les jours puisqu’elles partagent le même bureau.
Celle-ci l’a forcément pris pour elle reprochant à sa collègue de dénigrer son travail, de sous entendre qu’elle ne travaillait pas bien ou pas suffisamment, et le conflit qui à la base opposait l’attachée à la direction s’est répandu au sein du service. Malika qui a un caractère très fort n’a pas mâché ses mots et n’a pas pris conscience que ses propos seraient forcément mal interprétés par Elizabeth qui a même fini par craquer, s’est mise à pleurer et a du quitter le bureau pour se calmer un moment. Malika a elle aussi quitté la pièce pour aller fumer une cigarette. Nous nous sommes retrouvées, Sabrina et moi, seule dans le bureau et un mal aise s’est installé, nous avons donc chacune poursuivit notre travail.
Quand Elizabeth est revenue elle s’est exprimée, sans s’adresser à quelqu’un en particulier mais plus pour faire sortir ce qu’elle avait en elle et qui commençait à la pousser à bout de nerf. Elle s’est plaint d’être seule pour assurer tout le travail alors qu’il y a toujours eu deux assistantes de presse, mais depuis que le poste est vacant la direction n’a pas souhaité le remplacer bien qu’il soit nécessaire. Ce qui par conséquent demande encore plus de travail à l’assistante de presse qui est toujours seule à son poste.
Quand Malika est revenue elle était calmée et a expliqué à Elizabeth qu’elle n’avait pas voulu la blesser mais qu’elle ne supportait plus d’avoir autant de travail à faire qui n’était pas le sien.
Les attachées et l’assistante de presse étaient d’accord pour dire que le fonctionnement n’est pas bon et qu’il ne leur convient pas, notamment car il y a deux responsables à qui se référer qui ne sont pas toujours d’accord et indiquent des directives différentes.
Il faut donc à chaque fois qu’un travail est effectué (communiqué de presse, dossier de presse, fiche de presse,… etc), le faire valider / corriger à la première responsable du service, Sandrine, effectuer les corrections qu’elle demande, puis le faire passer à la deuxième responsable du service, Coralie, qui fait ses corrections et le retourne aux attachés / assistante, qui le corrigent à nouveau (certaines des corrections de la première contredisent celles de la deuxième, donc on fait et défait le travail sans arrêt), puis il faut faire passer le document pour validation à la chef de cabinet pour une ultime validation avant diffusion.
L’équipe a donc une sensation de perdre énormément de temps avec ce fonctionnement qui est selon elles sans queue ni tête puisque les personnes corrigeants les documents ne se concertent absolument pas et apportent des modifications et directives totalement différentes.

II. Phase de questionnement

Quel était le travail demandé à Malika ?

Elle n’a pas dit ce que c’était, elle a juste stipulé que c’était un travail qui devait être fait parce qu’on le lui avait demandé alors que ce n’était pas à elle de le faire.

 

Et c’est Sandrine qui lui a demandé de le faire ?

Oui.

 

Quel était le rôle de l’autre attachée de presse ?

Elle a juste dit a Elizabeth de faire sont travail et de ne pas le prendre pour elle tout en montrant sa supériorité.

 

Comment était le climat entre elles ?

Le climat était assez professionnel je dirais, parfois elles plaisantaient entre elles, parfois c’était plus tendu mais dans l’ensemble le climat n’était pas mauvais.

 

Mais c’étaient des problèmes qui revenaient dans l’entreprise ?

Il y a souvent eu des tensions d’après ce que j’ai cru comprendre.

 

Vous aviez des réunions de travail ?

Oui le lundi ou le mardi ça dépend. On se réunit dans le bureau des attachées et de l’assistante, Elizabeth distribue l’agenda de la semaine qu’elle a préparé en amont et on voit ensemble avec cet agenda qui ira sur tel ou tel déplacement, qui s’occupera de telle ou telle missions etc.

 

Et le soucis n’a jamais été réglé ?

Non.

 

Et en haut personne ne le sait ?

Non la responsable n’en a pas eu vent visiblement.

 

La responsable se comporte comment avec les employés ?

Elle est sympathique, elle est calme mais montre qu’elle est au dessus. Elle est plus proche des attachées de presses que de l’assistante, parce qu’Elisabeth est plus calme. Malika allait souvent fumer et elle ne lui faisait pas de réflexions pour autant, je pense qu’elle savait qui avait du caractère et à qui elle pouvait faire certaines réflexions.

 

Tu as assisté à des réunions, enfin cette dispute c’est passé a quel moment de ton stage ?

Oui j’assistais aux réunions, celle-ci s’est passée à la troisième semaine du stage.

 

Tu leur as dit que c’était un problème pour elles cette organisation ?

Oui mais ça n’était pas mon rôle je leur ai dit que je comprenais, parce que je trouvais que c’était mal organisé.

 

Le cabinet était au courant de la dispute ?

Non y a pas de contact direct avec le cabinet.

 

Et il n’y a personne qui se charge de renouveler le poste d’assistante?

Non ils ne veulent pas le renouveler pour le moment.

 

Et il y a eu des conflits par rapport à ça ?

Non.

 

Est ce que tu sais pourquoi il y a une vérification sur les communiqués de presses ?

Non je sais juste que c’est comme ça, je comprends qu’il y ait ce système de vérification puisqu’on est dans une institution, une collectivité donc c’est nécessaire et primordial que le travail soit vérifié par contre je ne comprends pas pourquoi c’est fait de cette façon alors que des moyens plus simples pourraient être mis en place.

 

Quelle est l’attitude de Sandrine sur les interventions de Coralie ?

On ne la voit pas souvent Coralie, elle est à la métropole le plus souvent, elles ne se parlent pas trop, on la voit une fois par semaine. On voit que Coralie est hyper active, et Sandrine est plus calme elle écoute juste, mais elles ne parlent pas trop entre elles.

 

Coralie vient le lundi durant les réunions?

Non.

 

Combien sont-elles en équipe ?

2 attachées de presses et une assistante.

 

Et il y a le cabinet au dessus c’est bien ça ?

Oui.

 

L’assistante est la depuis combien de temps ?

10 ou 15 ans il me semble.

 

Est ce que tu sais si elle a eu un augmentation de salaire pour avoir fait le travail de deux assistantes attachées de presse à la fois?

Non je ne crois pas, elle ne m’en a pas parlé du moins.

 

Mais pourquoi Elizabeth n’a pas plutôt osé parler de cette situation plutôt que de la subir ?

Je ne sais pas, je pense que c’est lié à son tempérament, elle veut éviter le conflit j’ai l’impression.

 

Mais tu ne pas trouves que la requête de Malika était légitime ?

Je comprends mais je pense qu’elle aurait du en parler directement à Sandrine et non pas s’en prendre à Elizabeth comme elle a pu le faire, surtout qu’elle ne s’adressait même pas à Elizabeth directement. Je comprends que ça l’énerve parce que ce n’est pas son travail mais elle n’a pas trouvé la meilleure façon de le dire.

 

Pourquoi le deuxième poste d’attachée de presse est vaquant ?C’est pour des raisons financières ou pas ?

Il était a la base renouvelable, Sandrine doit s’occuper de ça mais c’est par manque de temps et je pense que d’après elle ce n’est pas une priorité, mais après personne s ‘en occupe pour autant. Après pour ce qui est de l’aspect financier, je n’en ai jamais entendu parler.

 

Mais du coup il est toujours à pourvoir?

Oui oui mais il n’a pas été renouvelé.

 

Et Elizabeth n’a jamais parlé à Sandrine de ce problème?

Si mais il y avait une mauvaise communication je pense entre elles. Elizabeth ne disais pas les choses clairement, c’était toujours subtil et pas vraiment clair, encore une fois pour éviter le conflit je suppose.

 

Et ça à la réunion personne n’en a parlé?

Non pas de ça.

 

Et il y a une différence d’âge conséquente dans l’organisation ?

Pas vraiment a peu près le même âge je dirais, il n’y a pas trop d’écart. Ca part de la trentaine et ça monte jusqu’à la cinquantaine.

 

Cette dispute était avec Sandrine ou l’autre attachée de presse ?

Non l’autre, Sandrine la responsable n’était pas là.

 

Malika en a déjà parlé à Sandrine directement ?

Non pas vraiment, elle en a parlé à Sandrine elle lui a dit mais pas plus que ça alors que j’ai déjà vu Sabrina allait la voir et lui dire. Sabrina si elle avait un soucis elle allait directement le dire a Sandrine alors que Malika n’en a pas parlé ouvertement mais elle n’est pas allée voir la direction pour autant.

 

Sandrine a déjà pris des sanctions ?

Non je ne pense pas, du moins quand j’étais là non.

 

Et l’autre attachée de presse n’a pas pris parti pour essayer d’en parler ou autre ?

Non ça n’était pas son soucis ça ne l’a concernait pas. Elle s’est toujours tenue à l’écart des conflit dans lesquels elle n’était pas impliquée.

 

Elles s’entendait bien entre elles?

Oui mais elles étaient simplement des collègues de travail, elles n’étaient pas amies quoi.

 

Quand elles parlent de hiérarchie dans la mairie, quel sentiment se dégage ?

Chacun connaît sa place , les attachées de presse savent qui sont les responsables, mais parfois j’ai remarqué que les attachées de presse se positionnent au dessus de l’assistante presse et j’ai ressenti qu’elles étaient bien là pour leur rappeler que ça n’était pas le même travail.

 

III. Phase d’interprétation

 Analyse de l’organisation
Après la phase de questionnement, nous sommes donc passés à la phase d’interprétation en analysant plus en détail la structure de l’organisation.
– Premièrement l’auditoire s’est mis d’accord sur le fait qu’il y avait un problème conséquent de communication entre la responsable et les attachées de presse.
Ainsi ils ont pu débattre sur le fait que les réunions organisées dans la semaine, n’étaient pas utilisées à bon escient, et que ces derniers s’occupaient simplement des tâches à accomplir lors de leurs missions mais ne s’occupaient pas de la communication interne de l’entreprise. L’auditoire a donc pu remarquer que personne n’est intervenu sur le problème rencontré en interne avec Malika et Elizabeth, et que les répartitions des tâches au sein de l’entreprise n’avait aucunement était rediscutées. Ceci induit donc sur la communication en interne. Pour l’ensemble de nos camarades le conflit est aussi lié à la hiérarchie qui est ici très forte.
– Ensuite, chaque personne dans l’organisation connaît sa place, et sait quel rôle il doit tenir, ainsi que par qui ils sont supervisés. Cependant cette supervision est bien trop forte et personne n’ose alors parler de ses problèmes personnelles alors que ces derniers sont bien présents au sein de l’entreprise. Cependant, la différence des échelons influent sur leur communication entre eux. Elizabeth n’ose donc pas parler de ses problèmes car elle est simplement assistante attachée de presse, et que les attachées de presse qui la supervisent montrent une forte autorité envers elle.
– Ainsi nos camarades se sont penchés sur le profil du leadership et se sont mit d’accord pour dire qu’il était jusqu’ici très fort. Il y a donc un problème en haut, ce qui fait que l’on retrouve une désorganisation complète en bas de la pyramide.
– L’auditoire a aussi soulevé le fait que Coralie ne soit pas forcément présente aux réunions, ce qui doit être frustrant pour les autres attachées de presse et l’assistante, car ce sont elles qui se font corriger par elle, alors qu’elle n’est que très peu présente. Il y a donc un manque de moyen mis en œuvre car il n’y a pas de réunion pour les problèmes en interne afin de parler des problèmes de l’assistante.
– Le problème tout aussi récurrent que nous retrouvons est le problème de financement. Nos camarades ont tous été d’accord pour dire que l’assistante attachée de presse était tout de même toute seule, et devait gérer le travail pour deux car personne n’embauche une deuxième assistante. Elle se retrouve alors avec une grosse charge de travail, mais ne l’exprime pas forcément car elle ne veut certainement pas entreprendre cette initiative afin de ne pas avoir de problème.
– Au sein du débat c’est alors posé aussi le problème du travail de l’attachée de presse, celui ci a été remis en question, et c’est alors posé le problème de communication avec Elizabeth qui est aussi très mauvais. En effet tout le monde a été d’accord pour dire que si l’attachée de presse donnait plus d’explications sur ce qu’elle faisait, et communiquer d’avantages avec Elizabeth, elle pourrait alors mieux faire son travail. Quoi qu’il en soit, que ce soit par manque de temps ou par manque d’anticipation, ils se retrouvent tous dans l’embarra, car personne n’embauche une autre attachée de presse.
– L’auditoire s’est alors concentré sur la phase un peu plus psychologique et sociologique de l’organisation, c’est à dire qu’ils ont pu émettre des suppositions sur certains comportements en analysant le caractère de chacun.
Ainsi nos camarades ont pu cerné de par les explications d’Agathe, que l’assistante attachée de presse Elizabeth était une personne trop introvertie, qui se retrouvait pourtant en position de victime et de fautive alors qu’elle est débordée et essaie de faire le maximum. Ainsi le problème explose, et intervient lors d’une dispute par un ras le bol d’une attachée de presse. Chaque personne dans le bureau est différente, et possède son caractère. Ainsi Élisabeth ne dit rien mais Sabrina n’en dit pas plus pour autant. Il y a donc un jeu de pouvoir, chacun possède son caractère et chacun réagit différemment.
– Ainsi l’ensemble de la classe a tout de même pu observer que Coralie et Sandrine sont au même niveau mais se marchent beaucoup sur les pieds car elles travaillent sur les mêmes choses, et le processus de modification des communiquées de presse n’en finissent jamais car elles se corrigent mutuellement.
 Après cette analyse, notre professeur Madame De Lavergne est intervenue afin d’émettre ses idées, pour que l’ensemble de la classe y voit plus clair :
Catherine De Lavergne a donc pu souligner que d’après les travaux de Mintzberg, l’organisation était une bureaucratie professionnelle. Il y a donc des spécificités dans les collectivités éditoriales. Ils peuvent alors mobiliser les sources de pourvoir car le pouvoir est lié aux zones d’incertitudes. Les zones d’incertitudes sont alors basées sur les compétences techniques car elles sont prescripteurs dans une technostructure. Cependant ceci est du au conseil et à l’influence, donc le support logistique est dans la technostructure, ainsi nous basculons, car nous savons que dans les collectivités territoriales, les conseils départementaux sont complexes car il y a plusieurs élus. Il y a donc des jeux de pouvoirs différents car il y a des personnes stables et d’autres qui ne le sont pas, ce qui est donc particulier.
Ceci renforce alors la ligne hiérarchique car tout le monde veut s’accrocher à son poste. La partie presse bascule donc dans la mécanique. Le service de communication devrait par conséquent être une adhocratie, car un communiqué de presse pourrait se régler par les autres attachées de presse, avec un ajustement mutuel.
Cependant dans ce qui est dit, le service de communication est une fonction de support qui a lui aussi un fonctionnement de standardisation qui ne correspond pas du tout à la nature l’activité, il faudrait justement de la réactivité. Le service de communication est donc pollué et n’a pas réussi à trouver le fonctionnement dynamique.
De plus le chef de cabinet est représentant de l’élu, il est donc sur un siège éjectable, le jeu de pouvoir est alors très important. Il faudrait donc en outre trouver un ajustement mutuel. L’assistante attachée de presse devrait engager quelqu’un, car dans cette situation il est important de préciser que nous n’avons pas tous les détails. Cependant il est important de stipuler qu’ils n’arrivent pas à trouver quelqu’un d’autre, et qu’ils devraient attendre de basculer le support. Il y a tellement de postes, que le poste aujourd’hui est sacré, car c’est important pour un service comme celui ci d’avoir assez de personne. Ainsi nous ne pouvons pas imaginer une seule seconde que Sandrine n’ait pas eu le temps de chercher quelqu’un d’autre. Ceci reste donc un problème que nous ignorons. Il manque donc des éléments que l’on ignore et qui font que le poste n’ait pu être reproposé.
Le problème est alors intéressant, car cela montre qu’ils utilisent des mécanismes comme la supervisons directe pour des activités qui relèvent de la communication, ce qui pose au final problème.
Préconisations
Madame De Lavergne a donc suggéré à la classe d’émettre des préconisations:
 – Les attachées de presse doivent se diviser les tâches, et ne doivent pas fonctionner par la validation entre l’une et l’autre.
– Il faut créer un circuit unique pour la validation des communiquées de presse, car le fait que les attachées de presse se corrigent entre elles forme un cercle vicieux.
– Coralie devrait réunir l’ensemble des attachées de presse ainsi que l’assistante afin qu’elles le fassent toute ensemble. Ainsi elles perdront moins de temps, car cela leur prenait un temps fou de le faire transférer plutôt que de le faire faire par une seule personne.
– Elles devraient donc se servir des supports logistiques (émail ou scanner) car ils sont plus performants.
– Coralie devrait adopter une attitude adhocratique, car même si elle possède la validation politique, elle peut se rattacher à son échelon de pouvoir et le garder pour faire ce qu’elle veut et montrer qu’elle est supérieure.
IV. Conclusion et retour de l’équipe

a)Retour du narrateur

Durant la phase de réflexion, l’auditoire a utilisé plusieurs analyses pour étudier le cas de ma situation de communication. Ils ont tout d’abord parlé du type de structure dont il s’agissait et tout le monde a été d’accord pour dire qu’il s’agissait d’une bureaucratie professionnelle car on y retrouve un haut niveau de qualification, chacun agit de façon individuelle dans on travail. Ils ont d’ailleurs pris l’exemple de l’individualisme des responsables en préconisant à Coralie d’adopter un comportement plus adhocratique. Je suis d’accord avec cette analyse qui me paraissait inévitable puisque des facteurs de contingences sont en jeu comme a pu en parler l’auditoire en mentionnant le facteur de l’environnement notamment.

En effet, Mme Delavergne avec l’accord de tous, s’est penchée sur le phénomène d’évolution constante de l’environnement d’une mairie dû aux différents changements politiques ayant lieu dans des collectivités de ce type. La classe a en suite évoqué les zones d’incertitudes en reparlant de l’environnement sous le même angle, mais également de la notion d’information et de règles parmi ces zones d’incertitudes. Selon eux, de nombreux problèmes de communication sont présents en interne, notamment avec les responsables de service entre lesquelles s’exercent un jeu de pouvoir important, comme j’ai pu le remarqué durant mon stage.

C’est suite à cela que les participants ont préconisé un changement du fonctionnement au niveau des responsables notamment, concernant le cheminement pour les validations de documents. En effet, tous étaient d’accord avec moi pour dire que ce système était défaillant et qu’il faisait perdre un temps plus que conséquent à l’équipe dans son travail. Les participant ont alors proposé différentes solutions : la division des tâches concernant les corrections entre les deux responsables, ou bien des réunions physiques ou via skype par exemple, pour corriger ensemble les documents avant de les renvoyer pour correction définitive à l’équipe. Je suis assez d’accord avec cela, un changement de ce système s’impose pour une meilleure fluidité et efficacité dans le travail du service.

Concernant la situation d’Elizabeth, l’assistante de presse, qui assume seule un travail normalement confié à deux personnes, tout le monde a été d’accord pour dire qu’il était nécessaire d’engager une assistante de presse supplémentaire ou de prendre des mesures afin qu’Elizabeth n’est plus à subir une charge de travail aussi importante et stressante. L’aspect financier s’est alors posé au sein du groupe concernant le non renouvellement du poste d’assistante. Certains optent plutôt pour un laxisme de la part des responsables quant au renouvellement de ce poste. J’opterais également pour cette deuxième option.

Pour finir, Mme Delavergne ainsi que l’auditoire, ont proposé de réunir la Ville et la Métropole en un seul système au lieu de le faire indépendamment. Ainsi, les équipes pourraient être regroupées et plus efficaces. Je ne suis pas vraiment d’accord avec cette préconisation qui me parait très compliquée et inadaptée. En effet, la Ville et la Métropole sont deux choses très différentes qu’il est vraiment nécessaire de distinguer et de dissocier. Certains lieux appartiennent à la Ville, d’autre à la Métropole, les sujets doivent donc être traités différemment, avec des spécificités bien particulières. Les équipes sont affiliées à une entité bien particulière les fusionner serait pour moi une erreur et engendrerait plus de problèmes que de solutions.

Globalement je suis d’accord avec tout ce qui a été dit durant la séance, les questions étaient pertinentes et ont permis de faire des analyses et préconisations intéressantes. L’auditoire m’a semblé être à l’écoute et intéressé par le sujet.

b)Rapport du rapporteur

Durant la phase d’énonciation, Agathe a pu expliquer à nos camarades le problème qu’elle a rencontré dans son organisme d’accueil lors de son stage.  Ainsi, trente trois questions se sont dégagées de ce clivage, plusieurs points importants ont alors été soulevés :

– En première partie, l’auditoire a essayé de comprendre le fonctionnement de l’organisation

– Ils ont ensuite essayé de cerner les états d’âmes des personnes mises en situation.

– Ils ont tenté de savoir si le problème était remonté au niveau du sommet stratégique ou non.

– Ils ont cherché à savoir si il y avait eu une communication entre chaque personne concernée afin que chacune puisse résoudre le problème.

–  Et pour finir, ils ont posé des questions sur le poste d’assistante attachée de presse qui était à pourvoir.

Pour ce qui est de l’analyse, dans un premier temps nos camarades ont pu soulever que : 

– Un problème de communication demeurait existentiel entre la responsable Coralie et ses autres attachées de presse ainsi que l’assistante attachée de presse.

– Ils ont par la suite remarqué que l’ensemble des salariés n’utilisaient pas les réunions à bon escient, et qu’ils ne faisaient pas le point au niveau de la communication en interne.

– Le système de Leadership est très fort ce qui influe sur les autres membres de l’organisation qui n’osent pas faire part de ce qui les dérange.

– Le problème en interne, est dû à un problème de financement, car si le deuxième poste d’assistante attachée de presse n’était pas à pourvoir, Elizabeth s’en sortirai d’avantages.

– Les attachées de presses manquent d’organisation en ce qui concerne la validation des communiqués de presse, ce qui ne leur permet pas d’anticiper assez rapidement, et leur fait donc perdre du temps.

– Pour finir, le jeu de pouvoir est trop présent entre Coralie et Sandrine, elles se marchent donc trop sur les pieds et n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente.

Ainsi Madame De Lavergne a pu intervenir afin que nos camarades y voient plus clair, deux points importants ont alors été soulevés :

1/ Le problème se joue sur les zones d’incertitudes dans la bureaucratie professionnelle car le pouvoir est lié aux zones d’incertitudes. Les zones d’incertitudes sont alors basées sur les compétences techniques car ils sont prescripteurs dans une technostructure.

2/ Le service de communication devrait avoir un fonctionnement adhocratique afin qu’il y ait un ajustement mutuel entre les membres de l’organisation, notamment les attachées de presse.

Et pour finir nos camarades et Catherine De Lavergne ont conclu ce séminaire par quatre préconisations principales :

1/ Les attachées de presses doivent se diviser les tâches entres elles.

2/ Elles doivent créer un circuit unique afin de valider les communiqués de presse.

3/ Ainsi elles doivent se réunir toutes ensemble pour le faire ou désigner une seule et unique attachée de presse.

4/ Coralie doit adopter une attitude adhocratique.

c)Rapport de l’observateur

Observation de la narratrice:

Mon rapport à propos de la narratrice Agathe, nous avons pu observer qu’elle avait fait beaucoup de geste d’auto contact, elle se frottait les mains, les nouer pour toujours appuyer ces propos. Elle était à l’aise et avait une très bonne élocution, une position dynamique.

Elle regardait souvent tout le groupe quand elle parlait et énoncer sa situation vécue pendant son stage en structure. Mais certaines fois, comme si elle était gênée, elle s’exprimait et regardait dans le vide, en l’air, toujours en accompagnant ses mots de gestes. Elle n’osait peut-être pas poser son regard sur quelqu’un en particulier en parlant.
Quand elle parlait du conflit de son entreprise, elle a accéléré sa gestuelle avec des gestes rapides et fréquents. Au contraire de cette phase de question, pendant la phase d’analyse, sa gestuelle avait diminué et elle utilisé plus ses doigts quand elle s’exprimait. Elle bougeait beaucoup la tête quand elle répondait aux questions posées. Elle regardait difficilement la personne qui lui avait posé une question quand elle répondait.

Observation lors de la phase des questions :
Une première question a été posée dès la fin du discours d’Agathe la narratrice, et une dynamique s’est vite installée naturellement. Les questions ont découlé. Les premières questions qui ont été posées ont été faites par deux personne situé face à elle. Tiphaine et Séphora, deux des leaders du groupe. Les regards s’échangeaient automatiquement entre elles et Agathe, une preuve d’écoute et d’intérêt au sujet.
La majorité du groupe portait de l’attention aux personnes qui posaient les questions en les regardant. L’autre moitié du groupe avait le regard dans le vide, où jouait avec leurs mains. Ce qui n’était pas une preuve d’ennui, car ces individus intervenaient quand même certaines fois au débat.
Lors de cette phase de questionnement, les personnes ne se tenaient pas vraiment en position dynamique. Beaucoup d’entre elles avaient leurs têtes posaient sur leurs mains, et étaient avachis.
La partie gauche de la salle regardait de plus en plus Agathe lors de cette phase de questionnement. Et il n’y a pas eu d’énormes changements concernant l’observation de personnes situées en face et à droite de la narratrice par rapport à la phase d’explication de la situation problématique. Les personnes situées en face de la narratrice, avaient beaucoup plus d’importance à d’insistance à regarder Agathe qui répondait. Ces personnes accompagnaient majoritairement leurs prises de parole avec des gestes d’appuis pour leurs propos évoqués.
Ce qui ressort le plus ici, est la nette différence d’intervention féminine et masculine. Les filles se trouvant en majorité dans la classe, il y donc eut beaucoup plus de prise de parole entreprit par les filles intervenantes.
Observation de groupe :
Quand Agathe a commencé à prendre la parole pour expliquer sa situation de communication complexe au sein de son stage, nous avons pu relever que la majorité du groupe avait le regard porté sur elle, a l’exception de deux personnes qui parlaient un petit peu entre elles, mais elles montraient quand même quelques signes d’attentions avec des regards sur le narrateur quelques fois. Au bout de cinq minutes, certaines personnes se dissipaient, jouaient avec leurs stylos, regardaient le sol. Contrairement à cette partie de la classe, l’autre prenait des notes suite aux propos de la rapporteuse se montrant alors intéressé par la situation évoquée.
La partie gauche de la classe effectuait le plus de gestes d’auto contacts, les personnes se touchaient les cheveux, touchaient le visage. La partie droite de la classe regardait Agathe quand elle exprimait sa situation complexe vécue en entreprise. Or, les personnes face à nous regardaient la narratrice, et certaines d’elles regardaient leurs téléphones, ou leurs feuilles posées sur leur table
Rapidement des signes de fatigue se sont manifestés sur la majorité du groupe, avec des bâillements, des étirements, sur tout en face de la narratrice. Beaucoup de personnes n’arrivaient pas à garder constamment le regard sur Agathe. Mais ces personnes étaient pour autant très actives dans les questions/réponses et l’analyse.
Dans la globalité de l’observation de groupe, la dynamique était bonne, il y avait peu de moment de répit, toutes les interventions découlent rapidement et naturellement. Néanmoins la dynamique de groupe était quand même plus importante avec les personnes assises face à la narratrice, par rapport à la partie droite et gauche du groupe.

Observation des leaders :

Beaucoup de personnes du groupe ont réussi à se distingués du reste des intervenants suite à leurs interventions régulières lors de la phase de question, d’analyse et de préconisation.

Tiphaine Sephora se sont plus mise en avant lors de la phase de pose de question avec des interventions pertinentes et intéressantes. Quant à la phase d’analyse et de préconisations, sans l’intervention du narrateur et du reste de l’équipe, Tiphaine Sephora, Meryla, Yanis se sont distingués par rapport au reste du groupe.
Hormis les interventions et répliques fréquentes que ces personnes ont pu prendre, beaucoup de personnes ont pris la parole aléatoirement quand elles avaient quelques choses à rajouter.

Observation lors de l’analyse :
Lors de la phase d’analyse, Sephora a de suite pris la parole afin d’évoquer son ressentis sur la situation. La parole est automatiquement lancée par le fond de classe, la partie face à la narratrice. Il y a eu beaucoup de geste d’auto contact lors de leurs interventions.
Nous avons pu remarquer une baisse de dynamique sur la partie gauche de la classe lors de cette période. Les personnes dessinaient, ou envoyaient des messages, portant peu de fois le regard sur le reste du groupe. Mais cette partie et celle de droite, essayé tant bien que mal d’intervenir lors de l’analyse des problèmes évoqués.
Les élèves qui intervenaient afin de discuter de la situation, ne savaient pas vraiment ou regarder lors de leurs prises de paroles, étant donné que Agathe ne devait pas parler ni répondre, à leurs propos lors de cette phase. Ils avaient donc le regard vers le plafond ou le sol, ou quelquefois « glissant » sur ses camarades. Le groupe face à la narratrice regardait beaucoup les personnes qui parlaient se montrant impliqué.
Une élève du fond a évoquer un point qui petit à petit a permis une augmentation du volume des voix de la majorité du groupe, voulant tous prendre la parole. Ce n’est pas dans la contradiction, juste car ces personnes avaient beaucoup de choses à ajouter à propos de choses énoncées précédemment. Le volume des voix a ensuite diminué, et les gestes d’appui de propos ont également cessé.
Pendant la prise de parole du professeur, une majorité de personnes ont parlé entre elles, d’autres se montraient attentives en la fixant. Certains ne la regardaient pas en regardant dans le vide, et touchant leurs stylos, mais n’hésitez pas à intervenir pour rajouter certains points. Ils tendaient donc l’oreille.
Nous avons pu relever que les filles avaient plus tendance à se toucher les cheveux, au contraire des trois garçons qui eux, toucher plus leur stylo.
Ce qui fut étonnant était la rangée face à Agathe qui avait tous les jambes croisées. A chaque prise de parole, les étudiants décroisés leurs jambes afin d’énoncer leurs propos, comme si ils voulaient et tentaient de « s’imposer » dans la conversation.
Certaines personnes se donc démarquait ici lors de cette phase d’analyse. Deux personnes en face d’Agathe qui étaient souvent sur leurs écrans. Deux personnes sur sa droite ainsi que sa gauche, qui discutaient régulièrement ensemble.

Observation dans la phase des préconisations:
Dans la phase de préconisations, les leaders déjà relevaient précédemment se sont de nouveau mis en avant face au reste du groupe, avec leurs idées, et conseils.
La dynamique était vive, fluide. Tout le monde se regardait entre eux. Chaque prise de parole était accompagnée de geste.
Agathe ne semblait pas toujours d’accord avec certaines d’entre elles, car inconsciemment elle haussée les sourcils, et froncer légèrement le front, car elle ne pensait pas cela envisageable. Mais au- delà de ça, la dynamique est restée constante.
Pour la fin de cette grande conversation autour de la situation complexe d’entreprise de la narratrice, il y a eu une multitude, et augmentation de gestes d’auto contact, de gestes rythmiques. D’un seul coup, la majorité de la classe s’est mise à bouger les pieds. Nous pouvons l’interpréter comme un signe de fatigue, et d’envie de vouloir faire une pause face à cette longue journée.

Capture

Merci pour votre lecture.

MEZOUL AGATHE, AKGAZCIYAN MARINE, JULIAN MANON

Compte rendu SASCO: Le MamaSound

mardi 14 avril 2015

Phase 1 – Récit du narrateur

  1. Présentation de l’entreprise et du stage

Rank’Art est une association (loi 1901) montpelliéraine créée il y a 3 ans. Son activité principale est

l’édition du magazine Mama Sound mais elle se diversifie de plus en plus vers l’événementiel.

Les valeurs de l’association :

La visibilité pour les commerces de proximité

La solidarité et le partage à travers l’action commune

La gratuité de l’accès à l’information la plus complète pour tous

La citoyenneté par la mobilisation de la diversité artistique et musicale locale

La convivialité dans l’espace public

Les missions :

S’engager au service d’une information libre et gratuite pour rendre la culture accessible à

tous

Animer un réseau citoyen autour de la culture

Fédérer les commerces de proximité par la communication

Accompagner les montpelliérains dans leurs sorties

Le magazine Mama Sound est un agenda musical mensuel qui présente en moyenne 300 à 400 dates

de concerts par mois. Tous les mois, le magazine vise l’exhaustivité, la clarté et la pertinence de

l’information présentée. Au format, 10x15cm il est pratique et est conçu pour être emmené partout.

Malgré cette volonté de proposer seulement l’information, le magazine dispose de plusieurs

rubriques qui permettent de faire passer l’état d’esprit du Mama Sound comme « pour les nazes », le

Mama Scope, le Mâma Sûtra, les top 12, les citations ou encore l ‘édito.

Mon stage a tout d’abord consisté en la création d’une rubrique pour les expositions. Cela consistait

donc en la création d’une base de donnée, la création d’un environnement graphique, la collecte

d’informations et enfin la mise en page de la rubrique. J’ai également tout au long du stage prospecté

divers commerces du centre ville afin de leur proposer d’annoncer dans le magazine par le biais

d’encarts publicitaires. J’ai effectué diverses tâches de graphisme par la suite (retravailler des logos,

page Mama Pass, Mama Scope, Mâma Sûtra). J’ai ensuite mis à jour le site web, début janvier, en ce

qui concerne les dates de concert et le théâtre. J’ai finalement vendu une publicité sur deux mois à

une brasserie pour laquelle j’ai réalisé la publicité.

  1. Situation de communication

Lors de son premier jour de stage, il a été demandé à Louis-Eric de créer une rubrique d’information

sur les expositions. Cette mission a été bien accueillie car il a apprécié qu’on lui donne des

responsabilités aussi vite. En revanche, il n’avait pas son ordinateur pour ce premier jour, ce qui ne

lui a pas permis d’être productif immédiatement. Il lui a donc été demandé d’aller imprimer des

documents, l’association ne possédant pas d’imprimante au sein du local. Ce document était un

rapport de notoriété du magazine par le Master 1 de Sciences Politique. Il lui a permis de prendre

connaissance de l’association dans la perspective des prospections futures.

Phase 2 – Questions/Réponses

– Alors, j’ai effectué mon stage au magazine Mama Sound, je sais pas si vous connaissez, c’est

l’agenda musical de Montpellier. Le mieux c’est que je vous en distribue comme ça vous voyez

mieux ce que c’est. (rires « il fait sa pub »). Allez chacun en prend un. Vous allez voir ce que j’ai pu

faire dessus. Donc ça c’est une association en fait qui est composée de 3-4 personnes à peu près. En

gros, ça a été fondé par Pascal, c’est un gars qui a fait une licence info-com je crois, après il a fait

Sciences Po. Il avait envie de faire un magazine qui présente les soirées. Donc ça c’est son projet à

lui. Et donc au fur et à mesure il y a d’autres personnes qui se sont greffées au projet, maintenant ça

fédère une trentaine quarantaine à peu près de personnes, pas à travailler dessus mais à se retrouver

dans des événements. Et au final ça fait tout un réseau de communication. La situation que je

voulais vous présenter c’est dès le premier jour en fait, il m’a dit « voilà on va lancer une rubrique

pour les expos. Faudra que tu t’en charge de A à Z. » Donc en gros j’ai du créer une base de données

avec toutes les coordonnées des lieux d’exposition de Montpellier, je les ai contactés pour avoir les

informations ou alors je suis allé sur internet les attraper moi même et du coup vu que je suis arrivé

une semaine avant le bouclage j’ai du faire tout ça en une semaine pour l’édition de janvier. Pour

avoir déjà une première rubrique. Donc dès le début j’ai eu l’impression d’avoir des responsabilités

donc ça m’a fait plutôt plaisir.

Mais là vous racontez votre stage.

Non juste la situation où il m’a demandé de faire cette rubrique, parce que j’ai pas vraiment

de moment conflictuel en fait.

C’est pas forcément une situation conflictuelle c’est une situation de communication. Une

situation qui vous a surprise, qui vous a déstabilisé.

Ok alors je vous la raconte mieux. Le premier jour où j’arrive, j’avais pas mon ordinateur.

Donc j’ai du l’amener tous les jours après vu qu’on travaille chacun sur son ordi. Et il me dit

bon là tu pourras pas travailler dessus, tu pourras pas travailler du coup quasiment, donc

c’est pas grave mais ramène le, le lendemain quoi. Et il me dit donc voilà on va lancer cette

rubrique donc c’est à toi de la faire. Et puis voilà il m’a dit tu crées une base de donnée en

gros et puis voilà en avant. Puis je me suis débrouillé.

Bien si vous voulez on peut dire que vous vous êtes senti comment à ce moment là, vous

étiez déstabilisé, vous avez pas pu travailler ?

Non perso, les expos c’était pas trop mon domaine, c’est un truc où je vais devoir

m’intéresser, mais ça me plaisait comme challenge de créer une rubrique pour le magazine.

Il t’a demandé ce que tu voulais faire à la base ?

Oui à la base il m’a demandé ce que je voulais faire, je lui ai dit personnellement j’ai pas

vraiment de truc qui me dise particulièrement. Mais ça vraiment ça m’a intéresse en tout cas.

Finalement ton rôle c’était quoi ?

J’ai fait pas mal de trucs graphiques, il avait besoin que je modifie des logos, j’ai fait des

visuels de pages, d’autres rubriques qu’on a lancé après. Mais bon, sinon voilà l’expo c’est

vraiment mon petit bébé depuis que j’y suis.

Tu as fait le graphisme de la page aussi?

Non, ça c’est un autre stagiaire qui était là, donc c’était un peu décevant, mais après j’ai fait

tout le reste au niveau des infos, mise en page, etc.

Blanc

Regardent le magazine (rires)

T’as fait quoi d’autre comme pages en terme de graphisme ?

J’ai fait le Mâma Sûtra, c’est une rubrique, vous verrez, le ton du magazine est assez décalé

de base. Du coup j’ai fait le graphisme de ça, vous verrez des notes de musique dans toutes

les positions. J’ai aussi fait un fond étoilé pour le Mama Scope, ça c’est l’horoscope décalé.

Comment tu l’as eu ton stage ?

J’ai envoyé un mail, il m’a tout de suite répondu, enfin moi j’ai envoyé un mail cordial quoi,

comme on fait d’habitude, il m’a répondu « yo ! Envoie-moi un CV lettre de motiv » et après

c’était ça tout le stage en gros, c’était vraiment très informel.

Ils ont quel âge les autres ?

Alors Pascal celui qui a monté le magazine il a 30 environ, après celui qui s’occupe de la

distribution il a 45-50 et le président de l’association, c’est pas celui qui l’a fondé, comme ça

il a pu se mettre salarié de l’assoc, donc le président il a à peu près 35-40, je dirai.

La différence d’âge ça a été un problème ?

Non pas vraiment, Pascal on a que 10 ans d’écart, donc on avait un petit peu les mêmes

centres d’intérêts, on parlait musique pas mal et tout, après avec les autres c’était pas des

jeunes, mais ça reste des gens cools.

Ton stage a duré combien de temps ?

7 semaines

Et tu faisais quelles horaires ?

2h – 6h, après en période de bouclage il faut rester plus des fois, ça varie.

Ça fait combien de temps que ça existe ?

3 ans, du coup comme concurrents on a « Let’s Motiv » par exemple, y avait une autre

stagiaire qui était là dedans. Eux ils sont là depuis plus longtemps mais c’est pas le même

statut. C’est une entreprise. Après il y a « Sortir » aussi et le « Taffeur ». Nous on serait

deuxième selon les stats que l’on a eues récemment.

Et pour quelles raisons il a voulu faire cette rubrique ?

Je pense qu’il s’est dit en regardant les autres, qu’ils le font tous, donc il faut aussi qu’on le

fasse, sinon on loupe quelque chose.

Ils le font tous ?

Sortir je sais pas, Let’s Motiv, c’est sur. Le Taffeur je sais pas si ils le font vu qu’ils font

Grand Sud. Alors que nous on est que sur Montpellier.

Ça c’est le seul format ? Est-ce qu’il y a un site internet ?

Nous on a un site, une appli aussi qu’on viens de lancer, c’est pour ça qu’il y a la pub devant.

Et voilà, donc il y a le site, l’appli et facebook en gros.

Vous sortez une fois par mois ?

Oui

Vous avez des conférences de rédaction, des réunions tous les combien ?

Des fois ils font des réunions sur d’autres projets, vu qu’il y a aussi de l’événementiel qu’on

fait. Mais sinon pour tout ce qui est de la rédaction, l’édito c’est soit Pascal qui le fait, ou

alors quelqu’un qui propose un truc et puis on voit. Sinon les informations c’est lui qui

s’occupe de les centraliser, et puis après voilà, il y a d’autres rubriques, il y a d’autres

personnes qui contribuent, qui font les rubriques. Eux ils doivent envoyer les trucs avant le

bouclage mais il n’y a pas vraiment de réunion de rédaction.

Tu as déjà vécu des situations de conflit ?

Moi personnellement j’ai pas vraiment retenu de situation, comme ça.

Moi, je reviendrais sur votre premier jour, du coup, vous aviez passer un entretien avant ?

Oui

Combien de temps avant le stage ?

1 mois

Et lors de cet entretien vous avez décider de venir tel jour à telle heure ?

Oui j’avais une semaine de début, donc je lui avais dit que le lundi je pourrai pas venir parce

que j’avais un partiel je crois. Donc j’étais venu le mardi, il m’avait pas prévenu de prendre

l’ordi, j’avais vu qu’il y en avait un fixe du coup je pensais travailler là dessus puis au final il

ne marchait pas.

Tu t’es senti encadré dans ce projet ?

J’étais un peu livré à moi même mais j’aime bien être en autonomie. Quand j’avais des

questions, je lui posais et voilà c’était aussi simple que ça, on travaillait en face.

Est ce que vous étiez écoutés, vous les stagiaires ?

Oui, on est force de proposition. Chacun menait son projet de son côté. Il y avait un autre

stagiaire avant qui était sur un film d’animation pour faire une pub du magazine. On a

chacun des petits projets selon nos compétences.

Quand tu étais là il y avait d’autres stagiaires?

Oui quand je suis arrivé il y avait 2 stagiaires qui ont fait 2 semaines avec moi. Après j’étais

le seul stagiaire.

Tu étais le seul à travailler sur l’expo ?

Oui, mais comme je vous dis le graphisme c’était un autre stagiaire qui l’a fait. On a eu les

idées ensemble mais c’est lui qui l’a réalisé techniquement.

Et la pub sur l’application elle est sortie pendant que tu y étais ?

Non elle est sortie au début du mois.

Quelle était ton implication sur l’appli ?

Je n’ai pas contribué à l’application.

Vous auriez aimé participer à une réunion ?

J’ai proposé une idée mais c’était pas trop l’état d’esprit apparemment. Donc j’ai proposé que

pour les soirs de match on mette tous les bars qui diffusent. C’est déjà un problème que

j’avais eu de trouver un bar pour le match que je voulais. Mais bon ils ont dit c’est pas assez

notre esprit, nous c’est musique. Donc ils étaient pas chaud sur cette idée là.

Par rapport à ton projet professionnel ça t’a éclairé ?

Oui vu que j’ai fait du graphisme ça m’a plu, donc je pense que je vais me diriger là dessus.

Tu pourrais lancer ton idée pour les matchs toi même !

Ouais carrément!

Du coup le premier jour tu as fait quoi ?

Je suis allé imprimer des trucs en ville après je suis revenu et j’ai surtout pris connaissance

de l’association puisque après j’ai du faire de la prospection commerciale pour les publicités

donc je devais bien connaître l’association. Et c’était grâce au document que j’ai imprimé.

Vous n’aviez pas les moyens d’imprimer à l’association ?

Il fallait le relier donc sur place on ne peut pas faire ça.

Est-ce que tu t’entendais bien avec tout le monde à ton stage ?

Comme je te dis, j’ai vu une trentaine de personnes. Pas dans le local, mais dans la bande de

l’association. Il y en a que j’appréciais plus ou moins mais en général, ceux avec qui je

travaillais ça c’est super bien passé. Comme je te disais, mon maître de stage et moi nous

étions un peu pareils.

Et la différence d’âge est-ce que ça a créé une barrière ?

Pas une barrière mais c’est sûr que l’on ne parle pas forcément des mêmes choses. Mais non,

je ne dirai pas ça.

Tu le vouvoyais ou tu le tutoyais ?

Je le tutoyais.

Si j’ai bien compris, chacun avait un peu son projet. Est-ce qu’il y avait quelqu’un qui

vérifiait un peu tout ça ? Ou qui s’opposait à certains choix ?

Pascal c’est un peu le chef. C’est lui qui dit si ça lui va ou non. Vu que c’est son magazine

c’est lui qui valide.

Il n’y a pas eu de problèmes par rapport aux dates ? Que vous vous trompiez ? Qu’est-ce

qu’il se passe à ce moment là ?

Si, ça arrive. Sur le site on fait un erratum et sur le magazine c’est lancé donc c’est trop tard.

Généralement, ce ne sont pas de grosses erreurs donc c’est pas trop grave.

Et à ton avis, qu’est-ce que ça peut engendrer comme retour ?

On a jamais eu de retour de personnes étant allées à un endroit alors qu’il n’y avait rien.

Après, vu que nous sommes imprimés avant, ce n’est pas notre responsabilité si quelque

chose est annulé.

Ca t’a pris combien de temps pour faire les expos ? En temps de travail ?

En temps de travail, je ne sais pas. En général, on boucle le dernier mardi du mois. Alors, le

mercredi avant, je commence à envoyer des mails et à appeler partout. Ça, c’est la première

relance. Normalement, on est sur les listes de diffusion, ils nous envoient les mails. Sauf que

des fois, ça sort un peu trop tard, donc il faut les relancer. En temps de travail, c’est dur à

évaluer. Des fois, il faut se déplacer et aller les voir. Sur trois jours, tu travailles, mais pas

tout le temps.

Vous étiez nombreux où vous étiez ? Vous étiez dans une salle ou dans un bureau ?

Un petit local. La plupart du temps, j’étais avec mon maître de stage et il y avait celui qui

faisait la distribution qui passait et qui restait au bureau. Il y avait aussi des fois le président

qui était là. Pas souvent, c’était juste une fois par semaine. Après, ils ont engagé une

nouvelle personne pour s’occuper de l’événementiel. Lui, à la fin, j’ai du passer deux ou

trois semaines avec lui dans le bureau. On était trois.

Et vous étiez dans une même pièce ?

Oui, en open-space. Sur un gros bureau plutôt.

Vous mettiez combien de temps pour faire un magazine à peu près ?

On y travaille tout le mois. Après, c’est sûr que le plus gros du boulot, ça se fait la dernière

semaine, quand on rentre toutes les données. Et le reste du temps, on réfléchit à d’autres

projets et d’autres choses en parallèles.

Est-ce que tu te doutais déjà de l’ambiance avant d’aller au stage ? Est-ce que la demande de

stage était stratégique ?

Oui, j’ai demandé ça parce que c’était mon état d’esprit. J’avais demandé so foot, charlie

hebdo et mamasound. Au final j’ai été content d’avoir été pris là-bas. Je l’avais choisi parce

que c’était un esprit satirique et que c’était de la presse.

Ils t’ont fait des critiques par rapport à ton travail ?

J’ai eu surtout des compliments en fait. Ils étaient vraiment contents de moi au final.

Ils auraient pas souhaité te garder plus longtemps ?

Ils ne peuvent pas me proposer de contrat. J’ai continué à faire la page expo jusqu’à ce

mois-ci. Hier j’y étais pour expliquer à quelqu’un comment ça marche pour qu’il prenne le

relais. Mais sinon, je suis resté en contact, je suis toujours bénévole sur les événements.

Tu penses que ça peut t’ouvrir des portes de garder ces contacts ?

Oui, je pense parce que c’est quand même un grand réseau. Ils connaissent les patrons des

bars, des boîtes de nuits et des restaurants. Je peux me créer des contacts je pense par ce

biais.

Est-ce que tu as eu du mal à mettre en place la base de donnée des lieux d’expositions de

Montpellier ?

Oui, c’est assez compliqué parce que sur internet on trouve vraiment pas toutes les

informations. Des fois t’as des mauvais numéros de téléphone donc le mieux c’est de passer

aux endroits et d’avoir un contact réel avec les gens.

Est-ce qu’il y a des choses que tu as apprises pendant la licence qui t’ont permis de faire ça ?

Toutes mes bases photoshop. Il me les fallait. Après, je ne sais pas.

C’était plus de l’apprentissage sur le tas ?

Oui, un peu de l’auto-apprentissage sur le tas. Sinon, oui. Il y a forcément des choses que

j’ai apprises que j’ai intégrées et dont je ne me rends même plus compte. Il y a forcément

des choses qui m’ont servies.

Vous l’avez dit au début, mais quel est son statut à votre maître de stage ?

Lui était en contrat aidé pendant trois ans donc là c’est fini, il ne peut plus. Il va essayer de

lancer ça en auto-entreprise dès que possible.

C’est quoi un contrat aidé ?

C’est dans les associations. L’association paie un petite partie du contrat et l’Etat complète.

Maintenant, ils ont trois contrats aidés mais lui n’y est plus. Il continue de faire son travail

de rédacteur en chef mais en tant que bénévole, donc il faut qu’il trouve un travail.

Tu disais que c’est une association de combien de personnes ? Trente ?

Non, trente c’est le nombre de personnes qui gravitent autour et qui font parties du groupe.

Dans les statuts, ils doivent être quatre. Je ne connais pas les statuts mais y’a des

comptables. Ils sont dans les statuts mais ne viennent pas vraiment. Les plus impliqués sont

quatre. Ils sont quatre à travailler tout le temps.

Alors ils externalisent le travail ? Via des partenaires, des collaborations ?

Pour monter une association, il faut trois personnes: un président, un secrétaire et un

trésorier. Donc, le président c’est Stéphane. Je vous en ai déjà parlé sans dire son nom.

Après, je ne sais pas qui sont les trésoriers et secrétaire.

A part le président est-ce qu’il y a des leaders dans l’association ? Même informels ?

Oui, c’est assez conflictuel entre Pascal, le rédacteur en chef qui a monté ce magazine qui

est son bébé et auquel il veut apporter ses idées, et le président, Stéphane qui est aussi censé

prendre des décisions. Du coup, une fois, Stéphane avait fait un édito et Pascal l’avait

modifié à la fin. Finalement, c’est toujours Pascal qui prend les décisions.

Les relations entre eux sont plus ou moins conflictuelles ?

Des fois il y a des conflits mais c’est toujours pour le bien du magazine que ça arrive.

Ça se traduit comment ?

J’ai déjà eu l’impression qu’il y allait avoir des réunions tendues mais bon..J’y étais pas. Ils

essayaient de me laisser un petit peu en dehors de tout ça.

Quel est le domaine de compétence de Stéphane ?

Euh.. Honnêtement, je ne sais pas.. Tout le monde faisant parti du magazine fait de la

prospection. Après, lui il ne fait rien sur la collecte d’infos pour le magazine. Il s’occupe de

l’administratif, il prend contact avec la mairie. C’est plus à ce niveaux là.

Du coup, quand t’as attaqué ton projet de mama-expo, ton maître de stage prenait le temps

de faire un petit suivi régulier ?

Oui, un petit peu, il était là quand j’avais des interrogations. J’ai lancé la base de donnée,

après je savais faire. Il m’a dit tu mets les expositions et les galeries. Je lui demandais pas si

je devais mettre ça ou ça. Mais si j’avais des questions, il était là, ouais.

Donc il était assez disponible ?

Assez disponible, mais vu que la première semaine c’était la semaine de bouclage, il avait

quand même beaucoup de travail: rassembler les informations en même temps que de me

former. C’est pour ça que je pense que la première semaine, j’étais plus livré à moi-même.

Est-ce que tu sais pourquoi Pascal il est pas président de l’association ?

Parce que sinon, il ne peut pas se mettre en contrat aidé.

Sinon ce serait lui ?

Oui, ça serait lui. Informellement, c’est lui le président.

Dans l’entreprise, il y a une ligne hiérarchique qui serait: le président, le directeur et les

employés ?

Hm, je verrais plus le président, puis le rédacteur en chef et après la distribution et

l’événementiel. En gros, c’est les quatre personnes.

Et du coup, tu disais que des fois, tu faisais bénévole sur certains événements. Mais

comment le magazine est en lien pour intégrer des bénévoles sur des événements ?

En fait, ce sont des événements crées par le magazine. C’est la mamazucade ou la

mamasunday. La dernière fois on s’était fait prêter une maison pour tous et on a fait venir

trois groupes et en avant! C’est un petit festival sur un jour en fait.

Bien, je vous propose de passer à la phase suivante, puisque les questions s’épuisent.

Phase 3 – Analyse interprétative

Tout d’abord, les élèves ont proposés l’idée d’une structure formelle car les rôles étaient bien définis

au sein de l’association, principalement la relation directeur – rédacteur en chef. Dans les textes,

l’association comporte bien un président, un trésorier et un secrétaire. Ceci étant dit, le rôle de

rédacteur en chef et donc de décision finale sur tous les éléments éditoriaux du magazine, est

endossé par Pascal qui est le leader de l’association en étant salarié, et même simple bénévole

maintenant. Chacun possède une voix et la plupart des décisions sont votées démocratiquement,

mais Pascal prend parfois des décisions tout seul sans demander l’avis de personne. Les relations et

la hiérarchie sont plutôt informels dans ce cas. Au final, le rédacteur en chef (au statut de bénévole)

est le vrai directeur de l’association. Tandis que le directeur officiel est cantonné à des tâches

administratives. Cependant quelques élèves ont opté pour l’hypothèse informelle.

Les statuts sont en mouvement, cette remarque est vrai.

L’idée de démocratie a été avancée. Elle est vraie dans certains cas, les décisions importantes sont

votés et il arrive que cela soit à l’encontre de l’avis de Pascal. Cela dit, il reste le leader et le

décisionnaire sur un bon nombre d’éléments.

Il semble exister effectivement un quiproquo entre Stéphane et Pascal. J’ai l’impression que

Stéphane se sent sous-estimé car malgré son statut de directeur, il ne l’est pas et Pascal le lui fait

bien comprendre.

L’association Rank’Art est contingente dans le sens où elle dépend énormément de son

environnement.

Elle n’a que 3 ans et fonctionne grâce à des emplois précaires.

Techniquement, tout est assez simple, mais on externalise afin de bénéficier des compétences de

chacun. D’ailleurs tout le monde travaille avec son propre ordinateur.

Pascal, le rédacteur chef connaît bien InDesign, possède un bon relationnel et est motivé pour

chercher l’information. Il s’occupe de la récolte et la mise en page des informations ainsi que

d’élargir le public du magazine, gérer ses partenariats etc.

Les couvertures et l’identité graphique sont assurées par Jip Hey qui est artiste et graphiste.

Le scooter de Guillaume est mis à profit pour la distribution dont il se charge.

Bambou est un développeur web, c’est lui qui a réalisé l’application.

Mateo, nouvel arrivant et déjà en charge du festival 4 saisons, compte amener Mama Sound aux

sommets de l’événementiel.

Nous sommes aussi dépendants des lieux que nous annonçons, si il n’y a plus d’événements, Mama Sound n’aura plus lieu d’être.

L’association fonctionne sur l’ajustement mutuel, les rapports sont humains et généralement

amicaux.

Au vu de la répartition du travail, on peut considérer le Mama Sound comme une structure simple.

Elle dispose de 3 contrats aidés plus Pascal qui continue son activité.

Le fondateur et rédacteur en chef (mais bénévole à ce jour) : Pascal

Le chargé de distribution : Guillaume

Le président : Stéphane

Le chargé événementiel : Matéo

On pourrait dire que cette structure possède des influences divisionnalisées, car chacun possède une

mission à mener en fil rouge.

Par exemple, j’étais chargé de l’expo, tandis qu’un autres stagiaire s’occupait de la réalisation d’un

film d’animation.

Mais le système est tellement petit et fonctionnant sur l’ajustement mutuel qu’il est difficile de

l’affirmer.

Ce n’est pas une adhocratie dans le sens où nous n’avons pas de groupes de projets multidisciplinaire mais nous fonctionnons essentiellement par ajustement mutuel.

Selon Lewin, Pascal est un mélange de leader démocratique et autoritaire. Généralement, les

décisions sont prises au cours de votes impliquant les personnes concernées. Au cours de ces

échanges chacun possède une voix équivalente.

En revanche il est déjà arrivé dans certains cas qu’il soit resté braqué sur son idée personnelle et

n’est pas écouté l’avis des autres, ou l’est outrepassé.

Selon Tannebaum et Schmidt, lors des prises de décisions, 4 cas de figures se sont présentés le plus

souvent:

1. Le responsable cherche à « vendre » ses décisions à ses subordonnés. (déjà vu lors de réunions

importantes pour des événements)

2. Le responsable présente ses idées et demande à chacun de présenter les siennes.

3. Le responsable présente une décision conditionnelle qu’il se déclare prêt à changer.

4. Le responsable présente les problèmes, recueille des suggestions et prend sa décision. (plus

fréquent sur des décisions moins importante donc plus fréquentes avec le stagiaire)

Phase 4 – Retour dynamique de groupe

Avant de raconter sa situation, LouisEric a distribué à chaque membre présent un exemplaire du mamasound. Ainsi, lorsque Louis explique la situation à ses camarades, ceux-ci l’écoutent et parfois décrochent un peu afin de se plonger dans le magazine. A mesure que la situation était narrée, les participants se tournaient vers le mamasound.

Vient la phase de questionnement à laquelle nous sommes passés naturellement.

Les questions sont régulièrement posées dans le même secteur, ce qui a deux incidences:

les personnes à proximité de celle qui pose la question sont actives, elles écoutent et hochent la tête, et il y a les personnes qui sont loin. Ceux là attendent que la parole se décentralise et qu’une personne proche d’eux pose une question pour recommencer à intervenir.

Le contact visuel est, presque pour la plupart, porté sur la personne qui parle, que ce soit celle qui pose les questions ou Louis qui y répond.

On a aussi pu remarquer qu’au moment où nos collègues ne savent plus quelles questions

poser, ils se plongent dans le mamasound pour y trouver de la matière. Lorsque les blancs

sont longs, les gens ont tendance à fuir le regard des autres, en particulier celui de la

professeur, à regarder ailleurs ou sur leurs portables.

La parole est toujours sectorisée: si une personne pose une question, elle va sûrement en poser plusieurs ou bien la parole restera dans le secteur. Cela crée des espaces temporaires de paroles qui s’achèvent lorsqu’un nouveau se crée. On peut constater que la parole, lorsqu’elle est dans une zone est très vive et active, ainsi que le regard des personnes de la zone. Les regards suivent les voix, un peu comme s’ils suivaient une balle de tennis durant un match.

On constate que plus la phase avance et plus les blancs se font longs et fréquents. On remarque aussi que les participants décrochent un peu et s’intéressent plus à des activités annexes plutôt qu’à une participation active.

Une fois arrivée à la phase d’interprétation, la parole et l’attention ont repris de l’aplomb. C’est

cependant la professeur qui a participé le plus à l’interprétation puisque notre cas était particulier. Il y avait un réel dynamisme pendant le début de la phase. Puis, l’attention a baissé et les participants se sont mis à vaquer à leurs activités tout en regardant ailleurs plutôt que la personne prenant la parole.

Compte rendu SASCO du cas « Let’s Motiv » – 09/04

mardi 14 avril 2015

   I. Présentation de la situation

Alexandra a fait son stage au sein de l’entreprise Let’s Motiv Montpellier, une rédaction publique et gratuite portée sur la diffusion de l’actualité culturelle héraultaise.

 

Logo let's motiv

Logo de « Let’s Motiv »

 

« J’ai fait mon stage dans cette organisation qui existait précédemment sous le nom du Cocazine.  C’est un magazine trimestriel traitant de reportages de fond. Le but étant d’optimiser l’espace pub exploitable pour maximiser leurs revenus. Let’s Motiv est un réseau regroupant plusieurs structures indépendantes réparties dans le Nord, l’Ouest et Le Sud de la France. Let’s Motiv Méditerranée possède un bureau composé du Directeur de la Publication Laurent, de la Co-Redacrice en chef Céline et de la graphiste Agathe, ils sont constamment présent dans les locaux.L’équipe se constitue également du Responsable de l’Édition Ludovic , d’une dizaine de pigistes ponctuels et du livreur Arald. Ceci ne sont pas présents au bureau.

Le problème de communication que j’ai pu observer durant mon stage est récurrent. Un manque d’organisation, et de communication interne font que la tenue de la dead line du bouclage de l’agenda (mensuel) n’est quasiment jamais respecté. Les pigistes travaillent chez eux sur quelques articles qu’ils envoient accompagnés des visuels à Céline. Les articles sont ensuite relus, corrigés et transférés à Agathe. Celle-ci les met en forme et les insère dans la maquette.Ces articles arrivent au fur et à mesure, sans contraintes de temps.  Ludovic se caractérise par son absence constante, injoignable c’est Céline qui se charge de ses fonctions. Devant rédiger la quasi totalité des articles, effectuer les recherches de documentation et se rendre aux différents impératifs lié à son poste (conférence de presse, présentiel aux inaugurations, interviews, …), sa charge et son temps de travail mal répartis se répercutent sur toute la chaîne de montage de l’agenda.

Plan du bureau du magazine

Plan du bureau du magazine

Travaillant dans le rush, la quasi totalité du travail est effectuée les 2 dernières semaines du mois. Céline et Agathe ne respectent pas les horaires définis, restant bien plus tard en période de bouclage…Ce rythme a pour conséquence de fatiguer les filles, les 2 autres premières semaines du mois sont donc beaucoup moins productives. Céline et Agathe se permettent d’arriver après 10 heures, passant des journées à flâner sur le web… Le rendu étant constamment repoussé, Agathe se charge de contacter l’imprimeur pour décaler l’envoie de la maquette. Cette action met l’imprimeur dans une situation délicate puisque les jours dédiés à l’impression de l’agenda monopolisent l’ensemble des machines. L’imprimeur refuse des clients pour Let’s Motiv. Prévenu à la dernière minute, il se retrouve à réaliser des journées à blanc. Laurent n’impose pas de contraintes particulières à son équipe, il entretient avec l’équipe du bureau des relations complices.

De plus, des médisances envers les autres acteurs hors du bureau sont récurrents. Les relations entre les 3 salariés du bureau se sont construits autour de ces interactions informelles.Les tensions sous tendues entre Céline et Ludovic se répercute sur le magazine. Ludovic ne donne aucun ordre concernant la conception du rough, régulièrement modifié selon le bon vouloir de Céline, elle ne lui rend aucun compte. Agathe étant la dernière chaîne du maillon, elle doit adapter la construction de sa mise en page sur le moment, et non en fonction du rough. Travailler sans impératifs ni règles définie font que les articles sont parfois bâclés, de nombreuses coquilles échappent à la relecture, puisque superficielle. De plus,Céline et Ludovic ne s’y atèlent que le dernier mois de la dead line. Ces mois-ci, l’équipe éditoriale se retrouve à travailler sur 2 production en même temps.  Seulement 5 magazines ont étaient publiés depuis le rachat de l’organisation, la réputation de la nouvelle formule est encore à faire. « 

   2. Exploration de la situation 

Les premières questions posées concernaient le déroulement du stage d’Alexandra :

– Tu es restée combien de temps la bas ? 

J’ai fait mon stage du 23 janvier au 06 mars, je suis restée environ 2 mois. J’ai donc assisté au bouclage et j’ai vu que leur problème était plutôt récurrent et en Mars, en plus des bouclages des agendas mensuels, ils rééditaient le magazine et j’ai vu que le problème était le même sur le magazine.

– Qui est ton responsable direct ? 

 Mon tuteur ? C’était Céline, la co-rédactrice en chef.

 

Ensuite, les questions se sont rapidement tournées vers le rôle des pigistes :

– Comment ça se passait avec les pigistes ?

Au niveau du choix des articles c’était surtout Céline qui prenait ces décisions là, vu que c’est elle qui était présente au bureau c’est elle qui prenait toutes les décisions même si elle était en dessous de Ludovic. Avec les pigistes, c’était très informel, vu qu’il n’y avait pas vraiment de communication certains pigistes récurrents soumettaient des sujets.

– C’était juste des volontaires, ils sont pas employés ?

C’est pas vraiment des employés, ils sont rémunérés mais après c’est plus du bénévolat quand même. C’est assez mal géré. Ils sont pigistes volontaires.

– Si il y avait une date butoir pour la sortie du magazine, les pigistes avaient-ils une dead line ?

Oui, elle essayait de fixer des dead lines mais elle même n’arrivait pas à respecter les siennes. Du coup, les impressions étaient constamment repoussées.

 – Avaient-ils des consignes ? Un nombre de caractères à respecter ?

Ils ont le nombre de caractère à respecter mais c’est eux qui choisissent l’angle sous lequel ils veulent aborder le sujet.

 

Puis majoritairement sur l’organisation et ses membres :

– Est ce que ça existe depuis longtemps ? 

Oui, le magazine existait déjà depuis quelques temps mais sous un autre nom, il s’appelait « Cocazine » et il était dirigé par quelqu’un d’autre. Il a été racheté par Laurent depuis quelques années, moins de 5 ans je crois. De là, tout à été reformaté au niveau de la formule, de la mise en page… Le magazine n’existait pas non plus, il a été rajouté à la formule. Dans cette équipe, il y avait Céline et Ludovic qui faisaient déjà parti du « Cocazine ».

– Le grand patron tient une autre agence n’est ce pas ?

Oui, il tenait une agence de communication mais maintenant il est beaucoup plus présent à « Let’s motiv ». Le magazine est gratuit alors ses membres vivent de la pub. Ludovic s’occupe donc de démarcher les partenaires.

– Il a quand même un avis final lorsque tout est fini ?

Il donne un avis mais c’est très léger… C’est plutôt Céline qui a une forte influence sur le contenu final.

– Quand est publié l’agenda/ répertoire culturel ? 

Il n’y a pas vraiment de date fixe, par exemple pour l’agenda de Mars, l’équipe a essayé de le boucler fin février.

– Quel a été le plus gros retard ? 

Ce n’était pas pour l’agenda, mais pour le magazine ils l’ont souvent repoussé. A 3 jours du bouclage ils n’avaient que la moitié du magazine écrit.

– Pourquoi Céline ne mets pas la pression pour s’organiser ? 

Car elle-même ne respecte pas ses dead line, elle aime travailler dans le rush, elle sait travailler dans le rush.

– Vu que chacun avait une tâche, est ce que chacun avait une dead line par personne ou c’était une dead line précise ? 

Oui les pigistes avaient une dead line et les envoyaient par mail à Céline, ils ont un article à faire ils vont l’envoyer et c’est ceux qui respectaient plus souvent la dead line.

– Au final, c’est Agathe que ça dérangeait le plus ? Puisque c’était la dernière chaîne du maillon ?

 Oui, puisque Céline va récupérer tous les documents des pigistes, les relire et les corriger elle va ensuite les envoyer à Agathe qui va mettre en forme. Elle aussi reformate le contenu pour faire une bonne mise en page. En plus de boucler l’agenda et le magazine, elle a d’autres commandes de pub et de partenaires à réaliser donc elle est souvent sur plusieurs tâches en même temps.

– Comment arrivait-elle à gérer tout ces problèmes ?

Elle faisait des heures supplémentaires, elle travaillait aussi beaucoup dans le rush mais je disais toujours que c’était une magicienne car elle arrivait toujours à tout boucler.

   3. Hypothèses interprétatives

Cette phase a très vite suscité beaucoup de réactions et a commencé rapidement. L’incompréhension du groupe face à l’organisation de « Let’s Motiv » a été précurseur de cette phase interprétative. Le groupe a parlé des problèmes de chaque membre de l’équipe et de ce qu’ils engendraient autant en internet qu’en externe. Au début de cette phase, plusieurs personnes tentaient encore de comprendre l’organisation interne.

La première interprétation s’est tournée vers le leadership de Ludovic. C’est un leader laisser faire  car il s’implique peu dans l’organisation, ne donne pas de directives et l’équipe est livré a soit même. Ce problème de leadership entraîne un problème de productivité.

De longues discussions se sont enchaînées sur le manque d’organisation, l’hypocrisie présente dans l’organisation, les problèmes de management et des membres de l’équipe. Le groupe a relevé que Laurent devait imposer un rythme de travail et faire des réunions car hiérarchiquement il était le plus élevé dans le bureau.

Le groupe a également relevé la sémiotique situationnelle car il y avait des problèmes de contexte spatial (supérieur non présent au bureau), temporel avec les gros retards de publication, de positionnement car on ne sait pas qui fait quoi dans l’organisation, sur les enjeux, sur les relations à cause de l’hypocrisie des membres entre eux ainsi que  les normes, le fait de travailler dans l’agence constamment.

L’actionnisme a été également mis en avant car il y a un problème de définition des tâches. Ludovic ne s’en occupe pas vraiment car il s’occupe surtout de la communication externe. Finalement les tâches réalisées par chaque membre ne correspondent pas à leurs statuts, la maquettiste fait le travail d’une secrétaire de rédaction par exemple.

De plus, l’analyse stratégique a aussi été constatée car les pigistes disposaient d’une forte marge de manoeuvre. Globalement,les pigistes récurrents arrivaient à envoyer dans les temps leurs articles mais ce n’était cas le cas de tous les pigistes, ils décident eux-même du délai.

On note également l’ajustement mutuel car il y a un problème de standardisation des résultats. Les pigistes ne respectent pas forcément le nombre de caractères à écrire dans leur article.

4. Retour du narrateur

 « Il y a eu quelques mauvaises interprétations, normalement les pigistes respectent le nombre de caractère. C’est Céline qui ensuite reprend et ré-adapte le contenu pour la maquette. La structure de la mise en page est faite de façon assez aléatoire, il n’y a pas d’organisation dans la mise en page. Les magazines ne sont donc pas réguliers, le chemin de fer se modifie constamment.

Céline, qui est censée être uniquement rédactrice a tellement de casquette différentes qu’elle se perd un peu et n’arrive pas à s’organiser. Je pense qu’elle ne veut pas déléguer, elle n’a pas vraiment confiance.

Au niveau des pigistes, je me suis mal exprimée, il y a moins de 10 pigistes récurrents mais ils ne vont pas travailler tous les moins par exemple. Ils ne sont pas bénévoles mais payés au caractère. Ils respectent les règles. Le problème vient surtout du bureau. »

5. Retour du rapporteur

Paphoua a relevé que les premières questions se sont  posées à proximité de la narratrice. La plupart des questions posées réagissaient aux questions d’Alexandra et suite aux autres réponses. Il y a eu à un moment un jeu de question/réponse entre Sarah/Alexandra et Fatiha/Alexandra par exemple. La majorité des questions s’est tournée vers l’organisation du magazine, l’intérêt s’est essentiellement porté sur son fonctionnement. Les personnes qui souhaitaient parler étaient focalisée sur Alexandra, elles attendaient son approbation pour parler et par conséquent ne faisaient pas attention aux autres personnes qui souhaitaient prendre la parole. Pour la phase d’interprétation il y a eu une discussion entre quatre personnes du groupe, qui étaient tournées les unes vers les autres. Par la suite, les autres membres se sont mis à participer.

6. Retour de l’observateur

Mohmed, quant à lui a observé que  l’atmosphère était plutôt détendue, il y avait une bonne ambiance et une bonne dynamique de groupe. Le débat était fluide, la prise de parole aussi.Il n’y a eu quasiment aucun blanc entre les différentes prises de parole et entre les différentes phases, par contre la participation était très faible par rapport à l’ensemble des personnes présentes.

Il y avait plusieurs leaders,quasiment deux leaders sur chaque côté qui ont pris la parole tout au long du cas d’Alexandra. Lors de la première phase, l’écoute était très attentive et certains prenaient des notes.Les participants avaient pour la majorité d’entre eux les jambes serrées, certains touchaient des objets qu’ils avaient à proximité notamment des stylos et des bouteilles d’eau, d’autres consultaient leur smartphone. La prise de la parole se faisait surtout à droite d’Alexandra, en face et à gauche d’Alexandra, il y avait quelques prises parole. Cependant, dans la phase de questionnement, participation n’était pas si élevée, environ huit personnes ont pris la parole, il y’avait aussi beaucoup de gestes d’auto-contact notamment des bras croisés, quelques personnes se  touchaient les cheveux. Lors de la phase d’interprétation, l’écoute était également attentive et la plupart des étudiant faisaient des hochements de tête pour approuver les théories émises par les autres. Dans cette dernière phase, les participants se coupaient parfois la parole pour apporter une précision ou pour contester un argument.

Alexandra KEMPLIN

Momed YOUSSOUF

Paphoua YANG

Interview de Philippe POMA, directeur associé de l’agence de communication KFH à Montpellier.

samedi 15 novembre 2014

Avant de commencer l’interview, Philippe Poma nous a demandé de nous présenter, de rappeler les modalités de cet entretien. Nous avons répondu que nous étions tous deux étudiant en licence Information et Communication à l’université Paul Valéry de Montpellier. Nous avons également rappelé le cadre et le but de cette interview, qu’il s’agit d’un projet personnel qui a pour but de nous faire découvrir le monde de l’information et de la Communication. Nous lui avons dit par la suite que nous avions choisi de l’interviewer, car, après de brèves recherches sur Internet, nous sommes tombés sur le site web de l’agence. Son agence et son domaine de compétence étaient ceux qui correspondaient le plus à nos critères de sélection. Par la suite c’est tout naturellement que nous avons posé notre première question.

L’interview s’est déroulée le 22 octobre 2014 dans l’après-midi au sein des locaux de l’agence KFH.

 

Pour commencer pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’agence KFH.

L’agence KFH est née en 2007, elle est issue de la fusion de trois sociétés. KFH regroupe la société Kaolis, société que j’ai fondée, plutôt axée dans le domaine du design et du graphisme, la société Francom spécialisée dans la communication institutionnelle et la société H23, spécialisée dans la production graphique. Avant la fusion, ces sociétés travaillaient déjà ensemble. Elles ont toujours été complémentaires et nous avons toujours disposé d’une bonne entente . Nous avons donc pris la décision de fusionner nos sociétés respectives et de nous associer pour en diriger qu’une seule.Chez KFH, on a deux grands piliers de savoir-faire qui sont : la communication institutionnelle et la concertation publique, et la communication plus commerciale qui concerne la marque et le produit.Conscient qu’il nous manque l’expertise digitale en interne, nous attendons un nouvel associé courant 2015 qui pourra développer toute cette activité.

Quelle est votre fonction au sein de cette agence ?

Ma fonction au sein de KFH s’apparente à une fonction de direction générale. J’ai en charge la partie gestion d’entreprise, tout ce qui concerne l’administration, les relations humaines ainsi que la gestion financière. J’y consacre les trois quart de mon temps. Mes associés s’occupent beaucoup plus de fidéliser et de développer la clientèle. J’ai pour ma part quelques clients que je gère directement et je m’occupe également de superviser les achats de production.

Quel a été votre parcours scolaire et /ou universitaire ?

J’ai fait deux années de sciences économiques, puis deux années de Classe Préparatoire à Normale Sup. J’ai ensuite intégré l’IUT en Technique de Commercialisation de Montpellier. En plus de cela, j’ai suivi des formations continues en journalisme et en marketing direct.

Et ensuite, quel fût votre parcours professionnel avant de devenir directeur associé de KFH ?

J’ai toujours travaillé en agence de communication. J’ai commencé à travailler chez BDDP à Montpellier dans une agence qui s’appelait « Vibrations ».Puis je suis passé dans un autre groupe de communication – Young & Rubicam – à Montpellier pendant cinq ans puis à Paris pendant trois ans. Par la suite et pour des raisons personnelles, j’ai décidé de démissionner de l’agence Young & Rubicam Paris pour revenir à Montpellier et de créer l’agence Kaolis en 1995.

Quelles sont les motivations qui vous ont poussées à réaliser ce métier ?

A titre strictement personnel, je trouve que la communication est une très belle synthèse entre mes deux grandes passions que sont la photo et les lettres, les mots car j’aime écrire. Je suis réellement passionné par la photographie et en communication l’aspect visuel est un des éléments majeurs. Ce métier est très agréable, on parle d’idées, on doit s’intéresser à énormément de choses. Il faut s’immerger dans l’univers du client pour pouvoir prétendre le comprendre et le conseiller. C’est avant tout un métier de curiosité !

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer votre métier ?

Je le redis, la curiosité avant tout ! Il faut avoir l’esprit ouvert, il faut s’intéresser à tout ! Il faut également avoir un peu de talent et notamment celui de la vente car avant toute chose on vend une idée, un concept. Puis après l’idée vient un autre pan d’activité de notre métier qu’on appelle la « production » c’est à dire la mise en forme de l’idée. Il faut être stratège car la concurrence est rude, nous devons redoubler d’originalité et d’efficacité. Enfin, je pense qu’il faut être pugnace, être travailleur et ne pas avoir peur du nombre d’heures.

Quels seraient d’après vous les aspects positifs et les aspects négatifs de votre fonction ?

Les points positifs de ce métier sont les rencontres avec les gens. Dans un métier qui est souvent épuisant nerveusement, les rencontres de personnes passionnées sont vraiment bénéfiques.La possibilité qui nous est offerte, est de nous intéresser à des domaines qui nous sont parfois totalement étrangers, de nous immerger dans des domaines dont nous ne soupçonnerions même pas l’existence. C’est un réel point positif que ce métier nous offre. Un autre point positif aussi, c’est qu’on a la possibilité, grâce à notre métier, de s’intéresser au monde de la technologie et plus globalement aux nouvelles technologies.Les points négatifs, sont pour moi l’épuisement nerveux qu’entraîne ce métier. En effet notre tâche ne s’arrête pas en sortant du bureau le soir, il faut sans cesse être avide de curiosité, en lisant beaucoup par exemple. La page blanche est aussi un élément qui dans la durée est épuisant, même si c’est notre métier, il faut sans cesse créer et avoir de l’imagination. Puis pour finir sur les points négatifs, je pourrais dire aussi qu’il y a parfois aussi dans notre métier de plus en plus de concurrence parfois pas toujours loyal.

Précédemment vous avez parlé de l’importance des nouvelles technologies, aujourd’hui de quels moyens techniques disposez-vous pour mener votre travail à bien ?

Dans cette agence nous travaillons essentiellement sur Mac. Nous avons une connexion à la fibre optique (haut débit). Nous avons fait acquisition de logiciels professionnels tels que la Suite Creative Adobe dans laquelle on trouve des logiciels comme Photoshop, llustrator, InDesign, Flash et bien d’autres. Nous avons l’obligation d’être toujours au top de ce côté là !

Le travail d’équipe est-il primordial au sein de votre agence ?

C’est un métier qui ne se décline pas au singulier. C’est une chaîne de différents travaux qui aboutissent à une tâche finale, à une campagne de communication. C’est une fusion de plusieurs cerveaux, c’est une chaîne de compétences au service d’une idée.

Si vous aviez un conseil ou plusieurs conseils à donner à un jeune qui débute dans ce milieu, le ou lesquels serai(en)t-il(s) ?

Il faut avant tout multiplier les stages, ils vous immergent dans la vie réelle. Et ils ont aussi le grand avantage de vous faire vivre en direct tous les métiers de la communication.La culture générale est aussi très importante il faut bien la soigner ! En outre, la maîtrise de l’anglais est aussi très importante.

La communication est-elle encore un secteur avec des perspectives d’avenir ?

Bien sûr que c’est un domaine d’avenir, et il évolue vite ! Mais je pense que dans le futur, les agences généralistes sont vouées à disparaître au profit d’agences très spécialisées.Il vous faudra trouver, assez vite, une pointe d’expertise, une niche de compétences pour réussir en communication !

A la fin de l’interview nous avons pris congé en remerciant Monsieur Poma de nous avoir accordé de son temps afin de répondre à nos questions. Nous nous sommes engagés à lui envoyer une copie de notre retranscription dans les plus brefs délais.

Après lecture de l’interviewé et la reprise de quelques lignes pour améliorer le contenu de notre retranscription, nous avons aujourd’hui le plaisir de vous la faire partager sur le blog.


                                                                                                                                                                                                                                                                               JAHAN Adrien et GROS Yanis.  Groupe 4