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Bourge’S Events, l’œuvre d’une passionnée

dimanche 24 novembre 2019

En première année de licence information et communication, dans le groupe 1 de Béziers, nous sommes Eva Arons, Alexia Bajo, Elisa Colombel et Oriane Lesourd. Dans le cadre de notre enseignement de “ Méthodes de travail ”, notre équipe avait pour projet d’interviewer un(e) professionnel(le) dont le métier nous intéressait. Après avoir contacté Sarah Khemis Delbourg par mail, nous avions prévu de la rencontrer dans son agence d’événementiel Bourge’S Events à Narbonne le 23 octobre. Cependant,  suite à de nombreuses difficultés causées par les intempéries du jour en question, nous avons dû reporter l’entretien au lendemain, en visioconférence dans une des salles de l’université que nous avons donc réservée en amont.

N.B : Durant l’entretien, la professionnelle nous a demandé de couper un passage mais, après en avoir discuté plus tard par mail, elle nous a finalement donné son accord pour le retranscrire.

Légende :

S.K.D : Sarah Khemis Delbourg

O.L : Oriane Lesourd

E.C : Elisa Colombel

A.B : Alexia Bajo

E.A : Eva Arons

Toutes : Oriane, Elisa, Alexia et Eva

O.L : Bonjour, tout d’abord nous vous remercions de nous accorder cet entretien. Je vous présente mes collègues donc, Alexia, Elisa, Eva et moi-même Oriane. Donc, comme vous le savez, nous sommes des étudiantes de l’université Paul Valéry à Béziers, nous sommes en licence information communication. C’est le 24 octobre 2019, il est 10h et nous sommes donc en visioconférence avec vous entre Narbonne et Béziers.

S.K.D : D’ailleurs, ça va pas trop de dégâts ?

O.L : Non ça va.

S.K.D : Super.

O.L : Pour vous interviewer dans le cadre de notre projet donc, vous êtes Sarah Kemis Delbourg, gérante et fondatrice de l’agence d’événementiel Bourge’S Events à Narbonne.

S.K.D : C’est ça.

O.L : Je vais d’abord vous demander si vous acceptez toujours d’être interviewée, enregistrée et que l’entretien soit retranscrit sur le blog de notre université.

S.K.D : Vous avez mon accord.

O.L : D’accord merci, vous avez toujours 30 minutes au final pour nous ?

S.K.D : Ouais je dois être à 11h ailleurs et le temps de traverser je ne sais pas ce que je vais trouver comme dégâts en fait.

O.L : Ah oui d’accord pas de soucis. Je vous laisse commencer donc l’entretien avec Elisa.

S.K.D : D’accord.

E.C : Donc bonjour, en fait on va commencer par parler d’études, donc ma première question : où avez-vous fait vos études ?

S.K.D : Mes études je les ai faites un peu partout, j’ai beaucoup voyagé. Le bac ES je l’ai fait par correspondance, le bac pro commerce je l’ai fait à Narbonne, le BTS je l‘ai fait par correspondance aussi à Narbonne. Et après j’ai aussi un CAP de cuisine que j’ai fait pour ma passion.

E.C : D’accord, et justement avec ce CAP cuisine, nous avons pu lire sur votre site que vous étiez traiteur avant, et donc est-ce qu’avec toutes ces formations que vous avez pu faire, est-ce que vous avez eu besoin de reprendre une formation spécifique pour vous lancer dans cette reconversion d’organisatrice d’événements ?

S.K.D : En fait, si vous voulez, par le métier de traiteur je me retrouvais toujours à coordonner des événements sans le vouloir, mais d’un coté c’est comme ça que j’ai décidé de devenir coordinatrice et organisatrice parce que je finissais toujours les tâches des autres. Je suis quelqu’un de relativement calme quand je travaille, je ne travaille jamais avec le stress : le stress je le gère à ma façon et du coup je peux justement travailler et collaborer avec plein de partenaires différents et de ce fait réaliser un événement.

E.C : D’accord, et du coup sur le fait que vous arrivez à coordonner et à gérer votre stress, est-ce que ça a été vraiment vos motivations pour faire ce métier, enfin quel a été vraiment le déclic pour faire ce métier ?

S.K.D :  [Petite pause avec sa fille] Donc je reprends excusez-moi.

E.C : Quelles ont été vos motivations à faire ce métier-là ?

S.K.D : La demande, l’exigence parce que, étant donné que j’étais toujours en contact avec les mariés ou d’autres intervenants comme des entreprises, en tant que traiteur je voyais qu’il y avait pas justement cet accompagnement, que ce soit par une wedding planner ou une organisatrice de réception et de ce fait, moi c’est vraiment cet accompagnement que je voulais donner à mes clients, qui va du début, donc de la prise de rendez-vous  jusqu’au jour J en leur expliquant, les rassurant et en leur montrant que justement avec moi, il y aurait une vraie fiabilité dans l’accompagnement. C’est très important en fait, les gens donnent de leur temps, de leur argent et en échange quand ils arrivent par exemple à un mariage et qu’ils ne trouvent pas la wedding planner c’est un peu bizarre quand même parce qu’ils sont déroutés, ils ont eu beaucoup de pression de leur côté. On est un peu là justement pour les aider à leur dire “ne vous inquiétez pas le stress c’est pour nous, on gère tout” et voilà.
Ensuite, ce qui m’a aussi convaincue c’est le fait que je voulais ouvrir mon entreprise et que je voulais être mon propre patron. J’avais déjà aussi de l’expérience dans la gestion de l’entreprise parce que ce n’est pas la première entreprise que j’ai ouverte. Dans l’autre j’étais gestionnaire, donc là ça ne me faisait pas peur toute la partie administrative et puis je vais vous dire, quand on ne connaît pas on apprend aussi sur le tas. Je vais vous dire il n’y a rien d’exceptionnel, après c’est sûr qu’il faut avoir de l’assurance, de la confiance en soi. J’adore innover, je suis très créative, je n’aime pas reproduire la même chose que les autres, j’essaie vraiment d’apporter vraiment dans tout mon travail hormis le fait que je sois exigeante dans ma vie à moi-même, mais c’est surtout ce côté humain qui manque aujourd’hui qui est devenu très financier entre les échanges de tous les jours .

E.C : D’accord, et du fait que vous venez de me dire que vous accompagnez donc les clients de A à Z sur l’événement, est-ce que vous mettez toujours en pratique vos talents de traiteur pour vos évènements ou avez-vous préféré faire appel à un ou plusieurs partenaires comme vous m’avez dit tout à l’heure pour ne pas être débordée ?

S.K.D : Actuellement je ne travaille plus en tant que traiteur, mais je mets toujours mon petit nez dedans. Je vérifie que tout a été bien fait, étant donné que voilà quand on est dans le métier on connaît la chaîne du froid, le respect des denrées mais c’est vrai que je vérifie, je pose des questions … Mais non je ne le fais plus parce que je n’ai plus le temps tout simplement. Mais je cuisine à la maison !

O.L : Donc du coup par rapport aux partenaires vous en avez beaucoup ?

S.K.D : Actuellement je suis entourée, je dirais, d’une trentaine de partenaires.

O.L : Et en quoi ça consiste d’avoir des partenaires ?

S.K.D : Alors en quoi ça consiste, déjà, ça consiste d’une part à créer, à être prescripteur et prescriptrice, c’est-à-dire que quand on a un partenaire déjà on peut négocier les prix, donc ça va dans les deux sens.
Ensuite, donc je suis leur prescripteur forcément puisque je travaille avec eux, et eux sont les miens parce qu’ils vont me recommander en échange. De plus, ça développe l’économie narbonnaise, puisque je travaille essentiellement avec des petits commerçants et pas des grandes chaînes puisque le but c’est que quand même on arrive à s’agrandir et à s’accroître. Et c’est pour ça que je travaille avec eux, après je ne travaille pas toujours avec les mêmes, j’essaie le plus souvent de travailler avec les mêmes mais je donne aussi la chance aux nouveaux qui arrivent.

O.L : D’accord, et vous les créez comment du coup ces partenariats ?

S.K.D : Je les crée comment, déjà avant tout je les essaie moi-même, personnellement avant de les recommander à des clients parce que je sors, parce que j’achète ou parce que je suis invitée et après oui je peux me permettre de recommander ces partenaires.

O.L : D’accord, et du coup ça tient sur le fait que vous vous recommandez entre vous et cetera, c’est ça ?

S.K.D : Après oui ça tient la route, forcément puisque ces partenaires en question sont tous commerçants, donc forcément … Après c’est des flyers, un échange de flyers, un échange de publicité sur le réseautage et ça marche et c’est du bouche à oreille.

O.L : D’accord.

E.C : Donc, à vous entendre vous êtes plutôt fière de votre métier, vous le définiriez comment exactement ?

S.K.D : Je le définirais que là je suis ouverte depuis février donc je suis en phase, voilà je suis dans les 3 premières années, je vais pas me plaindre parce que je démarre bien mais en même temps il n’y a pas d’agence d’événementielle à Narbonne donc forcément, je cible un public très diversifié puisque je fais des petits jusqu’aux personnes âgées. Il n’y a pas de cible précise, la cible est très large, je gère plusieurs manifestations et événements différents. Après voilà, je reste réaliste en sachant que je suis dans ma première année et que je dois atteindre mes objectifs pour le chiffre d’affaires et en expérience mais je reste très optimiste.

E.C : D’accord, et du coup comme vous me dites que vous êtes très optimiste quel conseil vous donneriez à des étudiantes pour démarrer dans ce milieu justement ?

S.K.D : Déjà moi j’ai eu la chance voilà, j’ai été très curieuse donc j’ai fait pas mal de stages à droite à gauche, le fait d’être dans le milieu du traiteur forcément on découvre beaucoup de choses sur les événements professionnels et particuliers, donc les stages c’est important, vraiment il faut les faire et il faut les faire avec les entreprises dont vous vous avez envie et non pas avec celles que l’on vous impose. Si vous n’avez pas de feeling avec les personnes avec lesquelles vous travaillez, si vous ne recevez pas justement de conseils ou d’apprentissage, si vous êtes vraiment des « larbins » de stage, vraiment laissez tomber : passez à autre chose parce qu’il faut vraiment qu’on vous apprenne les choses, il faut être des fois sur le terrain pour pouvoir parler d’organisation. La coordination c’est simple, c’est de l’organisation de plusieurs prestataires mais c’est quand on est sur le terrain, le jour J,  le moment-même, il faut toujours anticiper, avoir un plan B, avoir le sourire, ne pas s’énerver, prendre tout le monde avec des pincettes, c’est beaucoup de patience. C’est le conseil que je vous donnerais, vraiment prendre le temps d’observer ce métier de très près.

E.C : D’accord, et donc du coup avec tout ce que vous avez appris dans ce métier grâce aux formations et aux entreprises : y a-t-il, selon vous, des inconvénients dans ce domaine ? On voit par exemple sur votre site que vous êtes disponible du coup 7 jours sur 7 : est-ce que vous rencontrez souvent des inconvénients ?

S.K.D : Les inconvénients c’est que votre vie est bousculée, vous êtes un peu dépendant de votre travail quoi ça c’est sûr : j’ai beau dire “le travail je ne veux pas qu’il arrive à la maison” mais il finit toujours par arriver oui. Après c’est mon choix, mais je ne le vois pas trop comme un inconvénient parce que je l’ai choisi, et du coup je savais forcément à quoi m’attendre. Donc pour le moment, hormis les charges que vous payez à l’état je ne vois pas d’inconvénient.

E.C : Et du coup comme il y a peu d’inconvénients pour vous, quel est votre programme type dans l’organisation d’une journée d’événement ?

S.K.D : Un programme type, ça dépend, pour l’entreprise il va falloir que j’arrive tôt, que je vérifie que, notamment là j’en ai fait une il y a 10 jours dans une cimenterie, il fallait poser un chapiteau, un parquet, des toilettes sèches. Il fallait vérifier que le travail était fait en amont avant que j’arrive, c’est déjà arrivé la veille et vérifier que ça ça a été fait. Le jour J on arrive, c’était l’installation donc il y a une superbe tonnelle qui va avec, là j’avais pris qu’une seule serveuse parce que ça suffisait, donc voilà c’est redresser un buffet, vérifier, enfin généralement je fais les livraisons moi-même pour être sûre qu’il ne manque rien parce que je suis un peu maniaque là-dessus et pour pouvoir déléguer justement j’explique avant l’événement ce qu’il va se passer, en quoi consiste l’événement et qu’est ce qu’on doit faire. Et à partir de là généralement il n’y a pas de souci à avoir. Après une journée type pour moi c’est par exemple un mariage, ça va être quelque chose de plus complexe qu’un événement professionnel parce que là il faut gérer les convives, les mariés, les traiteurs, les prestataires, il faut trouver une place pour tout le monde. Mais le jour J tout doit être prêt en fait, c’est l’avant jour J parce que l’événement se prépare en amont avant donc c’est là qu’il faut tout vérifier : la décoration, les tables, la mise en place, les autres protagonistes extérieurs, forcément des fois il manque quelque chose donc il faut toujours avoir un plan B, anticiper, anticiper, anticiper. Et après généralement le jour J dans un mariage je reste quand même pour vérifier que tout se passe bien, l’accompagnement, voilà on revient toujours à l’accompagnement, jusqu’à la fin de soirée ou généralement je m’éclipse, je vérifie que les serveurs ont fait leur boulot, que les mariés sont contents et après je m’en vais discrètement.

E.C : D’accord, parfait vous avez répondu à mes questions, je vais vous laisser avec la suite des questions avec Alexia.

A.B : Vous avez parlé de votre vie professionnelle et de votre vie privée, et donc pour vous ce serait plutôt difficile de combiner les deux ?

S.K.D : Non ça va, j’ai deux enfants, je suis mariée, ce n’est pas vraiment difficile parce que je les implique tous. Ils n’ont pas trop le choix pour le coup mais ça va. J’ai un ado donc forcément je l’implique, donc il gagne son argent de poche comme ça parce que voilà il faut les sensibiliser à l’argent. La plus petite est trop petite donc je la fait garder ou alors elle vient pour regarder, et le mari donne un coup de main dans les livraisons voilà.

A.B : D’accord donc au final vous ne travaillez pas seule dans votre entreprise ?

S.K.D : Oui, non mais c’est ponctuel ce n’est pas tous les jours, très ponctuel. Par contre voilà généralement je les fais intervenir quand c’est sur des mariages, quand c’est sur des entreprises on ne les voit pas du tout. C’est quand il y a un week-end et que le dimanche bah il faut aller récupérer des choses donc forcément on est tous ensemble. C’est donner un coup de main pour aller plus vite et profiter ensemble de notre journée après.

A.B : C’est plus convivial.

S.K.D : Voilà c’est plus convivial, il n’y a que les enfants qui trouvent un intérêt financier.

A.B : Et donc vous comment vous considérez votre profession ? Plutôt comme une passion ?

S.K.D : Oui moi je la vois plus comme une passion parce que c’est vraiment quelque chose que je voulais faire et surtout que Bourge’S Events c’est ma signature à moi. C’est vraiment personnel. Je vois beaucoup de choses sur instagram, sur Pinterest et ça ne me ressemble pas.
Donc, si demain on venait me voir et me disait de recréer une atmosphère à l’identique, je leur expliquerai que c’est possible mais que ça ne serait pas moi en fait. Le but c’est qu’à chaque prestation, au niveau de la déco ou de l’organisation ou des choses comme ça, que je puisse quand même, moi, apporter quelque chose au client.

A.B : Tout à l’heure vous nous avez parlé d’un événement qui vous a été plutôt compliqué, est-ce que vous en avez un en tête qui vous a été particulièrement difficile ?

S.K.D : Difficile non franchement, non parce que c’est de l’organisation en amont, mais après ce qui peut être difficile c’est le contexte avec l’humain. Voilà, il y a certains clients qui vont changer le jour de l’événement, on ne va pas les reconnaître. Ils vont limite se transformer et être très exécrables et ça c’est quelque chose qui peut être difficile parce qu’on est plus considéré comme une personne mais comme quelque chose d’acquis : du genre “ on a payé, on l’a donc faites ce qu’on vous dit ” et là on dépasse la limite et là ça peut être compliqué à gérer. Mais de toutes façons il faut rester très professionnel, ne pas rentrer dans l’empathie, voilà il ne faut jamais trop rentrer dans l’empathie, quelque soit l’événement parce que si ça ne se passe pas bien après ça se voit sur la personne. Voilà moi je n’ai pas ce souci parce que j’ai un caractère assez fort et je peux rester de marbre pour certaines choses, mais j’ai travaillé avec certaines personnes que j’ai vu pleurer et professionnellement ce sont des choses à ne pas faire. 
[ COUPURE DU SON ]
Donc du coup il, faut avoir les épaules solides pour ce métier parce que ce n’est vraiment pas évident, voilà vous allez tomber sur de belles personnes comme vous allez tomber sur des personnes très exécrables, très hautaines et ça peut arriver donc du coup c’est ça qu’il faut vraiment gérer : c’est le relationnel.

A.B : D’accord et du coup au contraire, est-ce que vous avez un événement qui vous a marqué ?

S.K.D : Oui, pour le coup j’en ai plein, que ce soit des anniversaires pour des enfants … Généralement je suis marquée à chaque événement d’une façon différente mais avec beaucoup d’émotion parce que justement on voit de l’amour, on voit plein de choses, on voit de la joie et on voit du partage, et oui ça c’est super chouette.

A.B : D’accord et du coup vous pensez faire ce métier-là toute votre vie ?

S.K.D : Disons les dix prochaines années oui j’aimerais bien et après on verra bien.

A.B : D’accord, super. Je vais laisser Eva parler.

E.A : Alors tout à l’heure vous nous avez dit que votre entreprise est ouverte depuis février et du coup j’aurais voulu savoir combien de temps ça vous a pris de créer votre agence ?

S.K.D : Je me suis immatriculée il y a un an, au mois de novembre. Honnêtement j’ai pris tout mon temps parce que j’étais encore salariée en tant que traiteur et puis je voulais prendre mon temps pour bien faire les choses, pour faire les travaux voilà. Et puis après il y avait aussi un concours à Narbonne pour les entreprises émergentes donc c’est vrai que j’ai pris beaucoup de temps à préparer ce concours. C’était un concours in site pour toute la vie, pour toutes les entreprises qui démarrent et donc le concours m’avait pris beaucoup de temps. Et c’est pour ça que je n’ai ouvert que fin février.

E.A : D’accord et du coup ce concours vous en aviez besoin pour ouvrir votre agence ?

S.K.D : Non je n’en avais pas besoin mais honnêtement c’était un petit plus : j’ai été lauréate, j’ai eu le premier prix. C’est toujours une fierté quand on ouvre une agence de dire voilà j’ai ramené le prix et puis après ça rassure quelque part, ça conforte dans ce qu’on fait et on se dit “on est dans la bonne voie”.

E.A : D’accord. Est-ce que vous avez rencontré des difficultés lors de la création de votre agence ?

S.K.D : Oui,  c’est toujours difficile un petit peu je ne vais pas vous mentir. Les gens dans ce métier ne sont pas tous comme moi là avec vous, je vous explique pas mal de chose. Moi on ne m’a rien expliqué, j’ai dû chercher par moi-même. Il y a beaucoup de jalousie, beaucoup de gens qui peuvent mettre des bâtons dans les roues, qui ne vous disent rien tout simplement. Donc ça va être vous et votre chance, parce que les wedding planner c’est exécrable comme métier, parce qu’elles sont nombreuses et comme je dis tout le monde est différent, on se démarque toutes avec notre façon de travailler.
Après moi j’ai prospecté, j’ai commencé par faire les ateliers pour les enfants, les événements sur Fortnite, j’avais fais déjà en amont donc forcément des mariages et des événements parce que j’étais traiteur donc j’avais déjà un peu d’expérience là-dedans. Ensuite justement en tant que traiteur j’avais déjà pris les contacts, et c’est pour ça que j’ai pu faire des mariages cette année, et après j’ai été au petit salon du mariage à Narbonne qui ramène beaucoup de monde forcément donc c’est bien pour la suite. J’ai fait aussi le salon “Les Reines du Sud”, donc c’est un salon privé, et il y a aussi le salon de l’événementielle que je vais faire début novembre à Carrefour. Donc voilà, c’est bien aussi pour la visibilité. Après bon moi je suis allée beaucoup plus loin parce que je continue à faire des formations en amont, donc des formations en comptabilité, digitaliser son entreprise, [inaudible] sur le web, le marketing donc je continue. Même si je suis aujourd’hui gérante, je continue à m’informer sur ce qu’il se passe à côté et comme j’ai dit, de toutes façons, sur le site web je suis obligée d’évoluer en fonction de la technologie et de la mode quelle qu’elle soit. Ça c’est vraiment indispensable, là je compte peut-être même faire une formation de wedding designer parce que moi-même je suis tout le temps dans la création et l’innovation donc pourquoi pas avoir encore un petit diplôme.
Je pense à après et voilà, donc oui il faut continuer. Il ne faut pas se dire “on a ouvert, on a une agence, ça va nous tomber dessus”. Pour que la porte s’ouvre il faut quand même faire beaucoup d’efforts, il faut prospecter, avoir un plan d’action commerciale. Après j’ai la chance de faire partie des femmes chefs d’entreprise de l’Aude dans le réseautage, après il y a la BNI. Après il y a pas mal de choses où il peut y avoir du réseautage et forcément de la prescription des autres.

E.A : D’accord et du coup c’est vous qui avez créé votre site internet ?

S.K.D : Oui, il a été complètement vu par ma façon de voir les choses.

E.A : Vous avez fait appel à une entreprise pour vous aider ?

S.K.D : J’ai fait appel à quelqu’un bien sûr mais après c’est moi qui gère le blog quand j’ai le temps. Mais le site web reflète vraiment ma façon de travailler et c’est moi qui ai tout écrit et il n’y a pas un mot qui ne m’appartient pas.

E.A : D’accord et au début, pour vous faire connaître, vous avez beaucoup fait appel aux réseaux sociaux, notamment avec une page Facebook et tout ça ?

S.K.D : Facebook est incontournable, incontestable et c’est gratuit ! Et après ce qui est bien c’est que quand on fait des événements, on peut promouvoir avec des petites pubs avec 20, 30, 40 euros et on peut justement cibler les gens avec des algorithmes, et justement toucher beaucoup de personnes et ça c’est chouette. Après Instagram c’est plus les influenceuses donc c’est pour ça que je fais d’autres salons où je rencontre des influenceuses (je ne savais même pas qui c’était). Et du coup oui c’est super chouette notamment la soirée “Les Reines du Sud”, là il y avait des influenceuses et  il y avait une chanteuse Kenza Farah. Donc c’est chouette, c’est de la pub gratuite ma foi et du coup il y a beaucoup plus de personnes qui s’abonnent. Et après depuis peu je suis sur Snapchat aussi. Et je suis aussi sur LinkedIn pour les professionnels.

E.A : Du coup pourquoi avoir choisi Narbonne pour installer votre entreprise ?

S.K.D : Déjà j’habite Narbonne pour commencer, et puis il n’y a pas à Narbonne d’agence d’événementiel.

E.A : D’accord donc pas de concurrence ?

S.K.D : En concurrence directe non je n’en ai pas, j’en ai oui des wedding planner en concurrence ou alors des gens qui ne font que du professionnel mais quelqu’un qui fait les deux non.

E.A : D’accord, pensez-vous étendre la portée de votre entreprise ? La développer dans d’autres villes par exemple ?

S.K.D : J’ai créé l’entreprise en SARL parce que justement mon objectif dans 5 ans c’est que ce soit quand même national ou international et justement faire des événements à l’étranger.

E.A : D’accord, je vais passer la parole à Oriane.

S.K.D : Mais après si vous voulez faire des stages l’année prochaine ça sera avec plaisir !

Toutes : Ah c’est gentil merci !

O.L : Alors moi c’est sur la clientèle : est-ce que vous gardez souvent contact avec les clients du coup ?

S.K.D : Oui ça m’arrive oui, ça dépend des événements et il y en a avec qui forcément ça accroche super bien, et du coup oui on se croise, on se voit, on peut boire un café. Après voilà il ne faut toujours pas dépasser la limite, ne pas devenir amis et voilà, il ne faut pas aller trop loin. Mais oui je garde généralement de très bons contacts, j’ai eu qu’un seul événement où je n’ai pas gardé de contact mais après tous les autres événements oui. Le but c’est qu’on se souvienne de Bourge’S Events et que par la suite pour un événement de famille, de cousinade ou autre chose on y fasse référence.

O.L : Oui parce que ça marche beaucoup sur le bouche à oreille.

S.K.D : Exactement.

O.L : D’accord, du coup tout à l’heure Alexia avait posé une question de ce genre mais vous avez souvent des clients exigeants ?

S.K.D : Moi-même je suis exigeante en temps que cliente, donc forcément je me mets à la place du client et avant même qu’il ne le devienne trop j’essaie surtout de le rassurer, le réconforter et qu’il sache qu’il est bien pris en main par l’agence. Et oui ça arrive d’avoir des clients exigeants et c’est tout à fait normal.

O.L : Vous avez une clientèle cible ou elle est plutôt variée ?

S.K.D : Non pas du tout honnêtement je n’ai pas de cible puisqu’il y a différents événements donc forcément ça va du plus petit aux plus âgés.

O.L : Oui comme votre offre est vraiment variée du coup votre clientèle l’est aussi.

S.K.D : Elle l’est aussi.

O.L : Du coup vous allez repasser avec Eva.

E.A : Alors vous m’avez dit tout à l’heure, je n’ai pas relevé, que dans 5 ans vous aimeriez peut-être vous développer à l’international et tout ça, vous auriez des idées d’endroits exactement où vous souhaiteriez vous développer ?

S.K.D : Franchement je vais vous dire, ça c’est à couper mais mon petit rêve ce serait de faire un événement à Dubaï parce que justement ils sont au sommet de la mode, que ce soit dans le vestimentaire ou dans l’événementiel. C’est vraiment le top du top et c’est surtout sur eux que je me base énormément au niveau de mon style. Oui bien sûr je suis en ce moment les chics et bohèmes, champêtres, pas de soucis je suis, mais c’est vrai que eux sont à la pointe technologique là-dessus et ce qu’ils sortent à chaque fois c’est juste « wouah ». Donc oui, après je suis d’origine tunisienne donc forcément j’aimerais faire un événement en Tunisie au moins une fois, et après je suis ouverte à aller dans d’autres pays en Europe ou ailleurs. Mais bon forcément dès que j’ai l’occasion j’essaie de voyager un petit peu et d’apprendre aussi des autres. Il faut toujours continuer à apprendre des autres c’est très important.

E.A : Et du coup pour le moment ça ne vous est pas arrivé de voyager pour le travail ?

S.K.D : Hormis la France non, les seuls voyages que je fais c’est pour voir mes fournisseurs. J’ai eu un contact sur Bourges parce que l’entreprise s’appelle Bourge’s Events et du coup il y a eu des gens de Bourges qui m’ont appelé, mais non j’ai décliné parce que ce n’était pas rentable  pour le moment.

E.A : D’accord. Nous avons lu que sur votre site l’idée du nom de l’agence est venu de votre fils : à quel moment lors de la création de l’agence l’avez-vous décidé ?

S.K.D : En fait, mon fils est dyslexique comme j’ai pu le dire, c’est un handicap qui ne se voit pas quand on ne connaît pas la personne mais qui se voit quand on vit avec elle au quotidien et en fait voilà, il a mal lu mon nom marital et au début on en rigolait avec mon mari donc ça avait duré plusieurs mois. Et le jour où j’ai décidé de créer mon entreprise la question ne s’est pas posée, c’est arrivé comme ça voilà, Bourge’S Events, Bourge pour mon fils, S pour Sarah et Events pour événementiel.

E.A : D’accord, je vais repasser la parole à Alexia.

A.B : On voulait savoir quel type d’événement vous est le plus demandé ?

S.K.D : On revient toujours au mariage quand même.

A.B : D’accord et par mois en moyenne on vous demande combien d’événements ?

S.K.D : Là on va dire que l’on est un peu juste pour donner des chiffres, vous me poseriez la question dans 1 an j’aurai vraiment une vraie réponse concrète puisque là on n’a pas fini l’année. Et voilà là j’ai une dizaine de devis à faire par exemple, j’ai réalisé mariages et professionnels confondus, une dizaine d’événements peut-être, plus les petits ateliers kids que je fais de temps à autres pour les enfants aussi pour les sensibiliser sur les écrans. Je suis à 20 événements peut-être là tout de suite, j’ai pas calculé honnêtement voilà c’est une fourchette sachant que j’ai ouvert en février.

A.B : Et pour vous, quelle est votre spécialité, le type d’événement que vous préférez ?

S.K.D : Les professionnels. C’est le meilleur ça, parce que voilà il y a un plan d’action à faire, il faut le faire et c’est réglé. C’est beaucoup moins compliqué et complexe qu’un mariage où il faut peaufiner, décorer, vérifier des détails, les ajustements, le son, la musique, la déco, la salle, il fait froid, il fait chaud, il manque quelque chose, le traiteur, le wedding planner “est-ce qu’il est prêt, est-ce qu’il va arriver ?” … Voilà il faut vraiment faire attention à beaucoup de choses, “est-ce qu’il y a des glaçons ?” … C’est la course un mariage alors qu’un événement pro, on n’a pas vraiment ce stress parce que les gens font partie ou de la boîte, ou de l’extérieur. Ils mangent, ils font leur discours, ils boivent un verre et ils s’en vont et c’est terminé. Ils n’ont pas vraiment autant d’attache sentimentale comme autour d’un événement comme un mariage. Parce qu’un mariage voilà il faut en avoir plein les yeux, il faut vraiment créer énormément d’émotions, il faut bien coordonner justement l’événement pour que tout soit fait avec de l’émotion, ça commence du vin d’honneur jusqu’à la pièce montée et voilà c’est une succession de petits détails qui font que la soirée est réussie à la fin. Mais c’est chouette aussi, c’est beaucoup de travail. Mais c’est vraiment chouette aussi.

E.A : Moi j’ai quand même une question à vous poser encore, tout à l’heure vous nous avez parlé de Kenza Farah qui vous a fait de la pub dans une vidéo, est-ce que ça vous arrive souvent de croiser des personnalités dans votre travail ou c’était occasionnel ?

S.K.D : Oui ça m’arrive oui. Forcément ça nous arrive souvent et puis là je vais faire aussi moi-même un prochain salon perso parce qu’on habite dans un domaine et j’ai décidé d’en faire une salle de réception, c’est dans la continuité de Bourge’s Events en fait. Du coup oui je vais organiser mon événement personnel et je vais ramener aussi des influenceuses et je vais choisir quelqu’un, que ce soit dans la musique ou dans l’humour je ne sais pas encore.

E.A : D’accord.

S.K.D : Voilà il faut continuer, comme je vous ai dit moi je suis très folle d’idées du coup ma folie je la mets en place et ça marche à chaque fois. Il ne faut pas avoir peur parce qu’il faut se rappeler du mot “événement”, donc c’est juste un événement c’est juste pour un groupe, il faut arriver à le mettre en place et quand on voit ce qu’il se passe ailleurs : pourquoi nous dans le sud on est tellement en retard ? Et les gens ils ne s’en rendent pas compte, on est en retard mais sur tout : sur la déco, sur ce qu’il arrive, sur tout. C’est dingue donc voilà créer des choses ça peut être sympa.

Toutes : D’accord.

O.L : Bon du coup on va conclure pour clôturer l’entretien parce que du coup vous devez être un peu en retard d’ailleurs.

S.K.D : Je vais courir.

O.L : Du coup, pour conclure, on a parlé de vos études, vous avez beaucoup de diplômes, vous trouvez ça important d’accompagner les clients, l’assurance, la création, rester exigeant, le côté humain … Le bouche à oreille est à privilégier. Vous avez une trentaine de partenaires, la négociation est importante, vous êtes prescripteur et les partenaires sont prescripteurs. Vous avez choisi Narbonne pour développer l’économie de Narbonne et pour les petits commerçants. Vous vous faites de la pub entre vous. Vous êtes plutôt optimiste même si ce ne sont que les débuts de votre entreprise. Ça commence plutôt bien avec notamment le concours auquel vous avez participé et que vous avez remporté. Vous nous avez conseillé de faire de nombreux stages pour étudier sur le terrain, il faut rester curieux et tout ça. Après qu’est-ce qu’on peut dire, je ne sais pas c’est votre passion tout simplement.

S.K.D : Après, moi je vous dirais les filles, si vous voulez en faire votre métier, c’est pour ça que je vous ai dit de faire des stages, c’est vraiment il faut que ce soit de la découverte pour vous. Il faut que vous ayez ce petit coup de cœur, ce déclic, et vous dire “ah ouais moi aussi je veux faire ça” ou “ouais moi je veux développer cette branche” ou “moi je veux apporter ça”. C’est pour ça que je vous ai dit l’apprentissage, quelque soit l’âge qu’on a, c’est super important parce qu’on apprend toujours des choses et on s’améliore. C’est pas parce qu’on a une entreprise, c’est pas parce que notre travail dégage un chiffre d’affaires raisonnable qu’il faut se dire “c’est bon je travaille je n’ai pas besoin de plus”. Après voilà, à vous de vous dire “est-ce que j’ouvre une agence juste pour du chiffre d’affaires ?”. Certes ça nous sert à vivre, mais est-ce que vous voulez aller au delà de ça et laisser justement une belle trace de vous quelque part et que les gens se disent “bon bah si on va chez les filles c’est parce qu’elles sont souriantes, on nous écoute, on nous conseille comme il faut, elles ont du goût” et c’est plein de petits détails qui font que les gens vont accrocher. Mais c’est pour ça que la relation humaine reste très importante dans ce métier, il ne faut pas regarder le chiffre d’affaires parce que justement vous n’allez pas oser prendre des risques et développer certaines choses. Après ça peut ne pas marcher aussi mais moi je suis positive après, même si ça ne marche pas j’essaie de me dire “bon bah j’ai fait cette expérience, ça n’a pas marché” mais ce que je retiens de positif, parce qu’il faut que je reste positive : la prochaine fois que je fais un autre événement ou une autre expérience, voilà la vie nous apprend des leçons et il faut pas se dire “oui bon bah moi je n’y arrive pas” voilà, jamais baisser les bras.

O.L : On apprend de nos erreurs de toutes manières.

S.K.D : Il faut vraiment faire des stages, parce que vous voyez moi j’y suis, je suis dedans, et je me dis “oh pourquoi pas une nouvelle formation, pourquoi pas ?” et puis voilà le but. Bon après tout le monde ne transmet pas son savoir, ne transmet pas sa façon de faire mais bon vous avez de la chance vous êtes tombées sur moi !

E.C : Bon bah c’est parfait on a toutes nos réponses. Merci.

O.L : On va prendre vos coordonnées … Après on les a déjà, on a votre mail.

S.K.D : Vous avez mon mail, mon numéro, vous avez mon nom, vous avez tout.

O.L : Voilà parce que d’ici une semaine on va vous envoyer la transcription pour que vous nous disiez s’il y a des choses qui ne vont pas, qu’il faut qu’on enlève et tout ça.

S.K.D : Ok ça marche, après vous avez mon messenger donc là c’est perso, vous pouvez me joindre si vraiment vous avez besoin que je vous aide un peu plus.

Toutes : D’accord, merci beaucoup.

S.K.D : Avec plaisir les filles, en tous cas je vous dis bonne chance et puis à très bientôt, et voilà si vous avez des stages l’année prochaine n’hésitez pas !

Toutes : C’est gentil merci beaucoup.

S.K.D : Avec plaisir, bonne journée les filles au revoir.

Toutes : Merci au revoir.

Entretien mené par
ARONS Eva, BAJO Alexia, COLOMBEL Elisa, LESOURD Oriane

« Se plaire dans ce que l’on fait » un Moment passé avec deux chargés de communication.

dimanche 24 novembre 2019

“Le partage est un moment privilégié…”

Logo de la marque « Moment Concept ».

La mise en contexte

Mardi 12 Novembre 2019, dans le cadre d’un projet dans la discipline PPP (Projet Professionnel Personnalisé) nous avons eu l’occasion d’interviewer deux chargés de communication autodidactes : Camille  ANDRE & Melchior DEVANLAY de la marque streetwear “Moment Concept” basée à Montpellier. L’échange a duré au total quarante minutes et chacun d’entre nous a pu poser des questions. Nous avons également eu l’occasion d’enregistrer sur nos quatre appareils à savoir trois téléphones et un ordinateur. 

Glossaire


*Illustrator :
Logiciel Adobe utile aux créations graphiques et aux illustrations. 

*Imovie : Logiciel de montage vidéo. 

*Moodboard : Un moodboard, en français « planche d’inspiration », est un assemblage d’images, d’objets ou de mots qui est utilisé pour exprimer le style choisi dans le cadre du développement d’une idée créative.

*Typographie : La typographie désigne l’art et l’utilisation de caractères d’écriture dans un but artistique ou tout simplement pratique.

*Feed : Galerie photo sur Instagram où sont affichés les images postées. 

*Influenceur : Blogueur ou blogueuse ayant les capacités suffisantes pour faire changer le comportement d’un public à l’égard d’une marque/produit.

*Movember : En Novembre, les hommes sont invités par la Fondation Movember à porter la moustache pour sensibiliser l’opinion publique aux maladies masculines telles que les cancers de la prostate et des testicules mais aussi à la santé mentale et la prévention du suicide. Movember est arrivé en France en 2012 et réunit des millions de participants dans 21 pays. À partir du 1er Novembre, les hommes sont invités à se raser complètement et ensuite laisser pousser la moustache jusqu’au 30ème jour du mois de Novembre. 

Contrat déontologique

« Bonjour Camille et Melchior, donc nous sommes étudiants en Licence 1 Information et Communication, et dans le cadre d’une interview, nous souhaitons l’enregistrer et la retranscrire sur notre blog en ligne. Nous souhaitons également prendre quelques photos de votre travail, êtes-vous d’accord? « 

(Camille et Melchior nous ont autorisé à prendre des photos, enregistrer ainsi que diffuser en ligne l’interview. )

Retranscription


Intervieweur Maxime:
AlorsMoment Concept” est tout neuf donc est-ce qu’on pourrait en savoir un peu plus sur la marque et sur vous ? Qui êtes-vous et pourquoi vous avez lancé ça ? 

Interviewé Melchior: Alors pour qui donc du coup moi j’ai commencé par une école de commerce j’étais en grande distribution, chez Auchan en tant que manager et au bout de trois ans et demi en grande distrib’ j’avais envie de changer et ça a coïncidé par hasard au moment où je me suis barré et que j’étais dispo on a commencé à discuter de la marque avec Camille puisqu’il était déjà sur le projet depuis quelques temps pas concrètement de la marque mais sur le truc qui était en train de se préparer.

Interviewé Camille : Voilà du coup et bien,  j’ai fait des études dans le social, j’étais éducateur spécialisé et en parallèle j’ai été toujours à fond dans l’art donc en tant que hobbies bien-sûr. Et un petit peu avant que Melchior me rejoigne je faisais des expériences sur des t-shirts donc impression sur t-shirts et j’avais des bons retours. Et quand il a quitté son travail ça a coïncidé pile poil au moment où on a pu se lancer parce que je ne voulais pas me lancer tout seul j’avais pas les compétences nécessaires et inversement et c’est ensemble qu’on a pu penser ce projet.

Intervieweur Maxime : Ok donc tu parles des compétences nécessaires ?

Interviewé Camille : Les compétences par exemple… 

Interviewé Melchior : Plutôt complémentaires en fait c’est pas mal ce qui nous a motivé à se lancer c’est que surtout par rapport à la nature du projet en fait on est vachement complémentaires dans ce qu’on apporte pour faire tourner l’entreprise c’est-à-dire que Camille s’occupe beaucoup de la partie création et pas mal des réseaux sociaux enfin beaucoup des réseaux sociaux aussi et moi je vais avoir plus la partie sur la gestion et sur la boite vraiment…

Interviewé Melchior : Et le site internet aussi.

Interviewé Camille : Le site internet et du coup ça permet vraiment de faire qu’on arrive à deux à avoir presque, puis pas tous parce que il y en a certains sur lesquels on bricole mais enfin pas mal d’aspect de la boîte quoi. Et pas savoir faire tous les deux la même chose, et que du coup être complètement perdus sur les autres aspects quoi. 

Intervieweur Maxime : D’accord donc vous avez quand même vos rôles qui sont bien définis une partie plus dirigée vers la com’ et une partie plus en interne ? 

Interviewé Camille : Et bien, c’est clair que il y a certains des aspects de l’entreprise que Melchior gère à 100% et que d’autres, moi je gère à 100% et après il y en a d’autres sur lesquelles on se croise un petit peu. 

Interviewé Melchior : En fait, assez naturellement Camille a pri toute la partie artistique on va dire la création de tous les visuels et tout ça.

Interviewé Camille : Oui c’est ça on va dire que je prends la partie artistique et la communication avec les réseaux sociaux et contact avec les influenceurs.

Interviewé Melchior : Et après, on se croise pas mal sur la partie production et sur la com’ par rapport au fait que moi je vais être un peu plus sur la partie pub et après moi je m’occupe plus du site web et de la partie administrative et contacter les fournisseurs aussi. 

Intervieweur Maxime : Ok je vois, mais vous qui vous êtes lancés tout seuls, est-ce que vous avez une idée du profil qu’il faut avoir pour se lancer dans un projet comme ça quand même conséquent ? 

Interviewé Camille : Je pense que tout dépend du projet que tu vas lancer. Là par exemple on a décidé de se lancer dans le textile donc ce qui est intéressant nous au départ on y connaissait pas grand chose dans le textile on faisait beaucoup de bricolage on a appris et on a du faire beaucoup de recherche sur le terrain et puis sur le net et ça c’est par exemple un aspect qu’on avait pas du tout et on a appris à petit à petit à le maîtriser avec le lancement de ce projet. Et après tous les autres aspects sur lesquels on parlait avant… Là on a la dimension artistique par rapport aux t-shirts mais cette dimension n’était pas indispensable si on y avait mis des photos ou en tout cas pas de la même façon. Après voilà je pense que certains points sont indispensables comme dans la communication, le côté business avec toute la paperasse et ceux là je pense qu’ils sont indispensables.

Interviewé Melchior : Moi je pense qu’il n’y a pas vraiment de profil type quoi. C’est juste je pense qu’il y a des façons de faire qui vont différencier genre nous avec les compétences qu’on avait on a choisi une façon de fonctionner et après t’as d’autres compétences dans d’autres situations et tu pourras trouver un autre fonctionnement et à la fin soit t’as le même résultat soit t’as le résultat que toi t’as envie de faire quoi parce que c’est pareil l’objectif que t’as il peut être pas le même en fonction du profil que t’as donc je pense que ça va pas mal varier.  Par contre ce qui est vrai c’est que je pense que ce qui est indispensable c’est d’être prêt à rencontrer plein plein plein plein de gens et notamment de demander de l’aide à pas mal de monde. 

Interviewé Camille : Pour avoir l’approbation ou au contraire avoir des débats quoi. 

Interviewé Melchior : Et puis sur certains point où tu sais que t’es pas à l’aise ne pas avoir peur de te dire « bah je vais chercher les compétences ailleurs » parce que sinon ca va être compliqué… ou alors tu essaies de te former. 

Intervieweur Maxime : Ok donc il y a quand même eut un but précis quand cette marque a été créer mais maintenant le but de la marque : Qu’est-ce que “Moment Concept” ?

Interviewé Melchior : En fait “Moment Concept” c’est l’histoire de deux potes qui se connaissent depuis 16 ans actuellement, qui ont envie ensemble de monter quelque chose, en l’occurrence ça s’est représenter sous la forme d’une marque. Donc au travers de cette marque ils ont voulu parler de leur amitié et ça s’est représenté sous forme de moment de vie, d’où le nom de la marque, on parle de moments, de rencontres, de voyage, de moments solidaires et de tous ces petits moments qui font que bah on se rappelle de cette relation mais aussi de la relation qu’on a avec nos familles, nos amis et compagnie. C’est aussi la volonté de travailler sur des produits de qualité parce qu’on en avait un peu marre d’avoir des t-shirts et des pulls qui dure une saison ou deux et qui après sont complètement flingués, donc se baser vraiment sur la qualité et après dû aussi à notre parcours sur le côté éthique et écologique avec le coton bio et le commerce équitable et puis bien-sûr on voulait quelque chose de résistant mais aussi de confortable donc voilà on a essayé de mêler tout ça ensemble et moment est né. 

Intervieweur Loryne : Alors vous avez parlé de compétences à avoir, du coup pour faire fonctionner tout ça, est ce que vous pouvez nous parler des qualités qu’il faut avoir pour faire ce métier et pour pouvoir faire fonctionner une entreprise correctement ?

interviewé Camille : Et bien, il ne faut pas compter ses heures.

interviewé Melchior : tu peux répéter là questions parce que j’ai pas entendu ?

Intervieweur Loryne : Vous avez parlé des compétences à avoir, mais moi j’aimerais bien savoir quelles sont les qualités d’une personne à avoir pour bien faire fonctionner une entreprise ? 

Interviewé Camille : C’est-à-dire être multitâche ne pas s’appuyer que sur ses compétences c’est-à-dire moi même si j’ai fais des études plus artistiques je n’ai pas fais d’étude en communication,  je me suis mis là dedans j’y vais à fond et on expérimente alors c’est déjà ce que je pense être multitâche. 

Interviewé Melchior : Moi j’ai un peu envie de redire ce que j’ai dis juste avant, je pense qu’il n’y a rien qui est figé c’est-à -dire qu’il n’y a pas de truc type. Mais après dans notre cas à nous ce qui s’est un peu passé, enfin la façon dont je l’ai vécu c’est que déjà c’est aussi l’état d’esprit dans lequel tu fais les choses. Tu vois, tu parlais de qualités : on est super curieux et on a envie d’apprendre déjà. Donc c’est ce que disait Camille, euh ça fait un an à peu près où il n’y a pas un mois qui se passe sans qu’on se dise à ouais en fait c’est un vrai métier ! Et sans être péjoratif envers le truc, juste de se dire à ouais en fait il y a pleins pleins de taches dans les entreprises et c’est pas pour rien si il y a autant de postes différents mais maintenant d’un coup c’est toi qui fait tout. Et du coup tu découvres pleins de choses que tu sais à peu près, tu vois, on sait tous ce que c’est un community manager mais quand tu dois le faire c’est pas la même chose, tu vois ? 

Intervieweur Loryne : D’accord.

Interviewé Melchior : Et donc y’a ça et y’a aussi, ouais l’état d’esprit dans lequel tu le fais, je sais que nous on est parti en se disant que c’est pour l’aventure, on sait pas ce qu’il va se passer donc on y va pour s’amuser. Et ça a pas mal déterminé la posture qu’on avait. 

Intervieweur Loryne : Et donc, vous êtes deux, et comment vous arrivez à gérer ces « multitâches » comme vous dites, à deux dans cette entreprise ?

Interviewé Camille : Il y’a certaines tâches que nous on gère, après y’a d’autres tâches qu’on choisi de faire pas l’extérieur. On a décidé dès le début que l’image soit nickel donc on s’est dit que par exemple, la photo c’est pas du tout nous qui gérons, donc on fait appel à des photographes extérieurs ou des vidéastes. Après, comment on le gère ? par rapport au temps que l’on a. Euh là en ce moment, j’ai eu un peu de temps, par exemple, je me suis mis plus sur le dessin. A des moments on va être à fond sur la communication, donc je serai à fond sur les réseaux sociaux. Parfois, ça va être un moment où il va y avoir pas mal de paperasse à faire donc Melchior sera très occupé justement là dedans, donc moi je vais plus m’occuper de l’impression et de la couture. Voilà, en fait le temps on le gère par rapport aux événements qui arrivent aussi. 

Interviewé Melchior : Ouais, on a eu toute une période au début où on a pas mal vécu avec le flow de la marque ou c’était un petit peu chaud mais ça allait. Et là petit à petit comme on est en train de structurer les choses aussi pour pouvoir un peu grandir, et donc du coup on essaie un peu plus de structurer. Mais ouais c’est ce que disait Camille tu as un peu des « temps » quoi. Là on est dans une phase où on essaie de prendre un peu d’avance pour pouvoir changer un peu notre façon de travailler. On travaille beaucoup en temps réel et là on a envie d’avoir un peu plus d’avance genre a un mois, un mois et demi à l’avance par rapport à ce qui va se passer. Donc du coup ça fait que, en ce moment là depuis un mois on charbonne beaucoup pour que a partir de maintenant ben on puisse être un peu plus tranquille, fin souffler un peu plus . Donc là maintenant on a réussi à avoir deux shooting d’avance. 

Interviewé Camille : Non même trois. 

Interviewé Melchior : Donc trois shooting d’avance sur les produits qui sont pas encore sortis. Donc ça fait que tu subis un peu moins le quotidien aussi. Donc tu peux prendre de l’avance et tout ça. Mais euh, il n’y a pas vraiment de règles quoi. Nous, on a pas une journée qui se ressemble, tu t’adaptes et tu fais en fonction des priorités. 

Intervieweur Loryne : Oui il n’y a pas de “journée type” quoi. 

Interviewé Melchior : Non il n’y a pas de “ journée type”.

Interviewé Camille : Non, regardez aujourd’hui on vous reçoit, on fait un peu d’impression. Ce matin on était en communication, demain on va aller chercher des boutiques dans une autre ville qui serait intéressée.

Intervieweur Loryne : Hmm, d’accord. 

Interviewé Camille : Voilà quoi.

Interviewé Loryne : Vous avez parlé aussi qui faut être prêt à faire des rencontres, est ce que vous êtes parti du coup de rien, ou vous aviez déjà des connaissances pour pouvoir promouvoir votre marque ou vous lancer ? 

Interviewé Melchior : En fait ça dépend de comment tu le vois. Moi la façon que je le vois c’est genre on a tous, même les gens qui connaissent personne, on a tous un réseau en fait.

Intervieweur Loryne : Oui.

Interviewé Melchior : Et donc, moi la façon dont je l’ai vécu encore une fois c’est genre, on a un réseau avec Camille. On a la chance d’avoir pas mal de gens dans ces eaux là. Mais on a surtout eu la chance, d’arriver à le stimuler parce que on a pas mal vu d’exemple autour de nous dans n’importe quelle phase de la vie, où tu vois des gens qui disent « mais moi je connais personne ». Et en fait c’est qu’il y a pas mal de gens qui n’ose pas non plus aller demander. Et y’a toujours, tes parents ils connaissent quelqu’un etc, et tu vas les voir et tu leur dis et en fait y’a pleins de monde qui ont envie d’aider. 

Interviewé Camille : Et en fait les 6 premiers mois, je pense au moment du lancement de la marque, c’est à peu près ça on était là dessus, c’est-à-dire, on est allé à la rencontre de quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui tenait une marque, donc on est allé la rencontrer. Elle connaissait des gens qui était en communication, des gens qui montent des start-up, des graphistes etc. Et du coup de ces rencontres, est né un petit peu le projet. Et aussi on a beaucoup posé de questions pour éviter de faire toutes les bêtises de débutants, qu’on ferait si on avait pas fait ces rencontres là. C’est-à-dire toutes les bêtises qu’on aurait pu faire avec l’imprimante, on les a évité parce qu’on a rencontré quelqu’un qui avait la même imprimante, qui s’en servaient, qui nous a un petit peu parlé de ça quoi, les histoires de stocks, nous on a fait le choix de pas avoir de stocks d’habille déjà imprimé mais que des habilles vierges, parce qu’on a l’imprimante. Justement parce que beaucoup de gens nous on dit « ne faites surtout pas de stocks, c’est un peu dangereux pour les entreprises ». Donc ça c’est grâce aux rencontres qu’on a pu faire pendant les 6 premiers mois qui ont aussi construit la marque. Et on a beaucoup rencontré d’influenceurs de Montpellier, parce qu’on a voulu faire une communication qui était vachement tournée autour du local à proximité dans un premier temps. Et justement ce qui est intéressant dans les rencontres c’est qu’on y est un peu allé au culot c’est-à-dire, qu’on est un peu allé toquer au porte des personnes sans les connaître et leur dire voilà on a ce projet là…

Interviewé Melchior : C’est un truc qui nous a pas mal définit en fait, et c’est quelque chose qu’on continu et qui c’est fait naturellement au début et que maintenant on utilise vraiment. C’est que à la base c’était juste, on va demander aux gens et qui savent probablement mieux que nous sur certains sujets. Et maintenant c’est un truc qu’on utilise au quotidien, à contacter des gens mais de manière générale, maintenant avec des gens qu’on ne connaît pas. Et on va se dire mais autant il a un peu de temps et il a envie de parler de ça, ben on va tester parce qu’il a probablement des connaissances à nous apporter. Et au pire il nous dira non, quoi. 

Interviewé Camille : Ouais, l’autre jour il y a un Youtubeur qui nous a re publié et il a 2 000 000 de followers sur Youtube, on le connaissait pas, fin on a eu le contact par quelqu’un, il a posté une photo sur son réseau. Et ça se fait parce que tu vas au culot, parce que tu testes, tu expérimente. Et il te dit non, au pire il te dit non mais si il te dit oui ben tu as gagné un truc qui te coûte rien quoique la question. 

Intervieweur Loryne : D’accord, et par rapport à ça, vous n’avez pas des peurs, des craintes que l’on vous refuse des choses ? Ou que vous n’allez pas dans le bon sens ? Vous n’avez pas des craintes par rapport à ça ? 

Interviewé Camille : Déjà nous on a décidé de partir sur cette marque de façon très… comment dire…niveau de la communication… la façon dont on va voir les gens , c’est-à-dire on va être direct détendu et pas de façon formelle. Soit on tutoie les gens justement, on essaie de mettre les gens à l’aise, et du coup moi je dirais que non il n’y a pas de craintes parce que quand tu essaies qu’on te dise non, c’est pas un échec en soit, c’est que une manière de répondre à une question. 

Intervieweur Loryne : Hmm, oui

Interviewé Melchior : Après ça revient au personnel, mais on essaie pas mal de travailler aussi sur les attentes qu’on a. Il y a eu des fois, il se passait des choses où du coup tu es déçu en fait.

Intervieweur Loryne : Oui…

Interviewé Melchior : Mais, c’est parce qu’en fait on avait beaucoup d’attente par rapport à ce qu’il se passe. Du coup on travaille pas mal là-dessus, c’est-à-dire que justement comme on y va au culot parfois et tout, forcément il y a des fois où cela ne fonctionne pas. Donc si tu as pas trop d’attente, tu tentes des trucs, et quand ça marche, t’es content quoi. 

Intervieweur Loryne : D’accord, ouais je comprend…

Interviewé Melchior : Mais après, moi je ne le vois pas comme de la crainte ou de la peur, je le vois plus comme de la motivation. C’est que à un moment donné, maintenant tu es ton propre patron et si tu te lèves pas et que tu te bouges pas , il va rien se passer en fait.

Intervieweur Loryne : C’est une force quoi, en quelque sorte. 

Interviewé Melchior : Ouais, pour moi si tu as peur tu vas justement tu vas te paralyser.

Interviewé Camille : Tu vas pas pouvoir rebondir facilement, et tu vas sortir de ta zone de confort ouais. 

Interviewé Melchior : Ça fait un an qu’on est complètement dans l’inconnu quoi. 

Intervieweur Loryne : Oui…

Interviewé Melchior : Et du coup t’es plus… je sais pas tu vis avec quoi. C’est plus de la crainte, c’est une espèce d’excitation. Après faut apprécier d’être un peu dans l’inconnu et d’être un peu aventureux quoi. Parce que tu sais pas vraiment ce qui va se passer demain. 

Intervieweur Loryne : Oui d’accord. Et est-ce que vous avez réussis du coup un peu grâce à ces partenariats là, à vous déployer un peu dans la France ou voire même ailleurs ? 

Interviewé Camille : Là on a décidé de se concentrer au lancement sur Montpellier, c’est vrai qu’on travaille beaucoup avec des acteurs locaux que cela soit les boutiques, là on est sur trois boutiques sur Montpellier et une sur Avignon. L’idée là, ben demain on va à Nîmes, on va essayer de trouver des boutiques à Nîmes. Vendredi 29 on va aller à Avignon on va essayer de débloquer, de se trouver une ou deux autres boutiques. Et en même temps on contacte d’autres boutiques dans d’autres villes. Mais au départ on voulait surtout se concentrer ici parce que c’est une zone d’expérimentation. C’est facile d’accès, on peut facilement aller à une boutique pour échanger des vêtements etc. Maintenant qu’on est un peu plus on va dire « cadré », c’est là où on essaie de s’expérimenter. On est vraiment au début du projet donc forcément on cherche pas à s’étendre d’un coup. Après le but du site internet c’est aussi d’être présent partout en France voire d’autres pays quoi. Bien sûr on a des motivations à s’étendre mais c’est en cours. 

Interviewé Melchior : En fait, en parallèle il y a, vraiment on voulait déjà se tester sur Montpellier à la fois avec les boutiques et le sites et tout, avec la manière de communiquer, avec les évènements qu’on a fait. Et maintenant qu’on a un peu cadré les choses, maintenant on veut s’étendre au-delà dans la région et au niveau de la France. Et ouais, comme Camille disait on va chercher des boutiques parce que c’est quelque chose qui fonctionne bien et puis booster le site internet pour être un peu plus visible.

Intervieweur Loryne : D’accord, et j’ai une question un peu plus personnelle donc j’aimerai savoir comment vous arrivez à combiner la vie professionnelle et la vie personnelle ? 

Interviewé Camille : Au départ c’était un peu les deux. Dans les premiers temps c’était tout mêlé parce que déjà je travaillais à partir de chez moi.

Interviewé Melchior : Et que j’habitais sur son canapé ! (rires)

Interviewé Camille : Voilà, donc c’était assez intense. Il vivait à Avignon à l’époque donc… 

Intervieweur Loryne : Ah d’accord. 

Interviewé Camille : Les six premiers mois de la marque ça a été pas mal ça donc concrètement on a était dans le mélange des deux. Mais encore une fois on était dans le lancement, il n’y avait pas vraiment de structure. A partir du moment où c’est structuré, on est venu ici (dans leur locaux), déjà il y a eu la séparation de l’espace, c’est-à-dire que notre zone de travail elle est ici et chez nous on a plus que la connexion via les réseaux sociaux et tout ça. Après faut pas se mentir quand on entreprend et surtout quand on est au début et qu’on est que deux, on bosse un peu chez soi aussi, sur les week-end donc cela empiète un peu sur notre vie personnelle, mais pas dans une situation d’inconfort Je pense c’est soi-même, il faut trouver ses limites. Parce que à un moment donné quand on veut couper ben on regarde plus son téléphone et on prend du temps pour soi. Mais on est un peu obligé aujourd’hui, de pouvoir répondre à peu près tout les jours d’une certaine façon à des attentes de l’entreprise. 

Intervieweur Loryne : Est-ce que vous êtes dans une situation de stress parfois ? Par moment est ce que ça vous arrive ? 

Interviewé Melchior : Ben en fait je le dirai un peu différemment que Camille…

Intervieweur Loryne : hmm, oui.

Interviewé Melchior : C’est genre dès le début pour nous c’était hyper clair qu’il fallait qu’on se réserve des moments pour se reposer et pour prendre soin de soi. C’est hyper important sinon tu te « crames » et on a besoin de se renouveler et besoin d’être créatif. Si tu as la tête dans le guidon, tu perds ces compétences et tu n’arrives plus à avoir du recul et c’est… enfin tu ne vas plus réussir à te renouveler, à créer des trucs cools et les gens ne vont plus apprécier ce que tu fais, tout simplement. Et du coup ça c’était clair pour nous. Donc du coup on a essayé de privilégier et de réussir à se réserver tous les week-ends. Et même si tu es en soirée et que tu discutes avec quelqu’un tu parles aussi du boulot, mais c’est pas vraiment du boulot donc tu n’as pas l’impression de bosser. Et du coup c’est surtout que ça se mêle et en plus de ça on est amis, on passe beaucoup de temps ensemble en dehors du travail mais en même temps du coup c’est quand même du travail, c’est juste que les frontières elles sont devenues hyper flous en fait.

Intervieweur Loryne : Hmmm…

Interviewé Melchior : Mais après on a , enfin  je pense qu’on arrive facilement à se dire « ben là on arrête ». Et il y a des moments où c’est normal, fin il faut pas parler tout le temps de boulot, faut réussir à se poser aussi quoi. Mais après c’est plus parce qu’il se passe plein de chose et que tu as envie d’avancer en fait. 

Intervieweur Loryne : D’accord, merci beaucoup. Je vais laisser Gaia poursuivre. 

Intervieweur Gaïa : Merci, la dernière fois que j’ai regardé vos réseaux sociaux, j’ai pu voir que vous aviez 4145 followers sur instagram et 579 sur Facebook. Et je voulais savoir si l’évolution de la technologie et des réseaux sociaux à un impact sur votre manière de travailler ?

 Interviewé Camille : Au niveau de la communication ?

Intervieweur Gaïa : Au niveau de la communication du coup, est-ce que vous voyez qu’il y a un changement avec la nouvelle ère d’Instagram ?

Interviewé Camille : Clairement Instagram, c’est un petit peu notre façade de boutique, on s’est beaucoup concentré là-dessus, surtout avec les dernières tendances. Avec les influenceurs c’est beaucoup de mettre en avant les produits, donc c’est par ce biais là qu’on a décidé de communiquer. Déjà parce qu’on n’a pas de boutique fixe, à part les boutiques avec lesquelles on travaille mais cela viendra en un second temps. Actuellement c’est comme ça que cela fonctionne. Et donc on met beaucoup d’énergie à développer cet aspect-là, surtout Instagram ! Facebook aussi, mais c’est moins dans l’ère du temps. 

Interviewé Melchior : Du coup on s’est dit « on va se conformer aux codes d’Instagram » et du coup à partir de là, le contenu on va le créer pour Instagram, après on le décompose donc on va aussi l’utiliser un peu pour Facebook.

Intervieweur Gaïa : Merci, donc du coup, de cette question, avez-vous une stratégie de communication ? Qui peut-être, est différente ou est-que tu (Camille) te bases sur une stratégie de communication que l’on peut voir chez d’autres marques ? J’imagine que cela peut être difficile de se différencier.

Interviewé Camille : Bah ce qu’on a essayé déjà c’est de la jouer très détente, quand on regarde toutes les photos que l’on poste en général sur Instagram ; la communication est comique, ironique, on ne se prend pas au sérieux. On a décidé au niveau esthétique de l’image, de fonctionner avec des types de colonnes et de structurer les photos pour avoir un style qui nous définisse. Après on est un peu obligé « quand c’est Instagram » si on veut que l’on parle de nous, de se conformer au fonctionnement d’Instagram c’est-à-dire; les question d’hashtags, de quand est-ce que qu’on poste les publications, de toujours être présent en story, qu’il n’y est jamais de moment où on ne soit pas présent en 24h , et aussi tout ce système avec les influenceurs, donc poster, reposter, échanger, avoir des gens qui nous partagent, ce qui fait que les gens entendent parler de nous ; enfin pas forcément, ce qui fait que l’on vende mais c’est surtout ce qui fait que l’on va parler de nous.

Interviewé Melchior : La stratégie comme l’a dit Camille c’est vraiment que l’on soit tout le temps actif en fait ; aujourd’hui c’est ce que nous impose les réseaux, et c’est aussi pour ça qu’on est que sur Instagram et Facebook, les autres on passe, on veut juste vraiment se concentrer sur ça ; ça demande déjà énormément de temps. Et si tu en rajoutes d’autres, ça dilue l’énergie que tu as quoi. Et comme on veut essayer de faire très bien les choses bah déjà 1 (réseau social) ce n’est pas compliqué mais ça demande du temps et il faut prévoir, pour avoir toujours des story pour avoir toujours des posts, pour toujours être actif, pour répondre à tous les commentaires, tout le temps, tout le temps. Du coup il faut rester dynamique parce que sinon tu te fais dépasser.

Intervieweur Gaïa : Ok, et combien de temps cela vous prend à chaque fois pour lancer un nouveau produit, pour lancer quelque chose de nouveau du début à la fin ?

Interviewé Camille : Alors je pense que ce n’est pas quantifiable, en fait il y a plusieurs choses, il y a un côté technique, donc fabrication et dessin ce qui peut prendre entre 2 heures et 1 mois, selon le dessin, il y en a qui prenne beaucoup de temps, d’autres qui viennent instinctivement.

Interviewé Melchior : Après là on est plutôt sur le domaine de l’inspiration ce qui fait que, on peut le quantifier mais on ne peut pas dire que ce sera tout le temps comme ça.

Interviewé Camille : Donc ça c’est une chose, après il y a les tests donc, impression sur t-shirt et compagnie, après il y a le shooting, donc le shooting c’est en général 2/3 heures, une demi-journée, ça c’est le faire, après il y a tout le temps de la préparation du shooting, trouver le bon photographe, trouver les modèles, discuter avec eux, leur demander leur tailles et compagnie. Une petite semaine pour que le photographe retouche les photos après il faut sélectionner les bonnes photos, Melchior gère le site donc mettre les photos dessus avec les produits et toutes les déclinaisons possibles et après le travail de communication, c’est-à-dire poster tous les jours, entre 10 et 15 minutes par posts, tout en faisant tout du long un petit peu de teasing comme on aime bien, pour essayer de donner un peu envie. Donc ça prend beaucoup de temps mais vu que c’est des projets qui se chevauchent sans cesse, c’est très inégal entre les produits, sans qu’il n’y ait de lien avec ce que cela donne commercialement. Et oui il y a des produits qui prennent très peu de temps et qui marchent très bien, et d’autres qui prennent beaucoup de temps et qui ne marchent pas pareil.

Intervieweur Gaïa : Ça dépend donc vraiment de chaque projet, à chaque fois ?

Interviewé Camille : Et après il y a les collab à côté de ça, c’est-à-dire que c’est encore autre chose, c’est, quand c’est une collab avec une boutique, les allers retours entre projets et compagnie trouver un juste milieu, quand ce sont des collab avec des artistes c’est aussi différent. Il faut vraiment travailler en amont, j’ai tout juste commencé à travailler avec un graphiste pour un projet qui sortira surement en Février ou Mars.

Intervieweur Gaïa : Et d’ailleurs par rapport à ça, quel logiciel ou utilitaires est-ce que vous utilisez pour accompagner votre travail de communication ?

Interviewé Camille : Moi Photoshop pour le dessin, Illustrator* aussi.

Interviewé Melchior : Là on parle en communication. 

Interviewé Camille : Bah en communication aussi, Imovie* pour les montages vidéo et les outils de communication à part ça, les outils donnés par les applications (Instagram, Facebook, Google)

Intervieweur Gaïa : Et quels conseils est-ce que vous donneriez à quelqu’un qui veut travailler en tant que chargé de communication, par exemple pour une marque ou dans le textile ? Par rapport au temps qu’il faut donner, le stress à gérer ?

Interviewé Camille :  Par rapport à ça j’ai une amie artiste qui m’a dit, qu’il faut vraiment pouvoir avoir quelqu’un à qui parler, donc un mentor, ça c’est important. Il ne faut pas oublier que sur ton temps de travail ; tu as 20% de création, imagination et 80% c’est du travail pur et brut, moins intellectuel quoi. Et je pense que, pour moi là où je me complais, c’est que ce que je fais me plaît, je vends des t shirts qui me plaisent, des dessins qui me plaisent, donc se plaire dans ce que l’on fait.

Intervieweur Gaia: D’accord, merci je vais laisser Fares continuer. 

Intervieweur  Fares : On parlait des réseaux sociaux à travers les statistiques, du coup quelles sont vos cibles principales pour votre marque ? 

Interviewé Melchior :  Après donc il y’a plusieurs choses, il y’a les cibles qu’on cherche à avoir donc celles qu’on a décidé d’avoir au début en gros les Hommes et Femmes entre 25 et 35 ans qui sont sortis des études avec un début de pouvoir d’achat qui sont un peu branchés, qui sont intéressés à avoir à la fois des choses de bonnes qualités confortables et écologiques. 

Interviewé Camille : Et après en parallèle de cela, on vise aussi les boutiques et donc va toucher le public des boutiques. Et il se trouve que le public des boutiques est plus large que notre cible. Mais on ne le vise pas directement car nos cibles sont les boutiques mais du coup c’est plus les clients que tu as et pas que tu cherches. C’est plus marrant car tu as pas mal de chose qui remontent, on le voit pas mal avec les visuels qui sont assez différents. Nous on voit la continuité entre les visuels mais au final pour les gens extérieurs y’a certains visuels qui marchent dans certaines boutiques et  et inversement. 

Interviewé Melchior : Et du coup selon les boutiques cela va être des ados et des jeunes adultes et dans d’autres des parents. 

Interviewé  Camille : Du coup la plutôt que cibler les gens, c’est plutôt arriver à adapter les produits qu’on propose dans une boutique par rapport à la clientèle. 

Intervieweur Fares : D’accord. Et au-delà de vos rencontres que vous évoquez, est-ce-que vous avez eu des inspirations pour créer votre marque où ça s’est fait « naturellement » ? 

Interviewé Melchior : Pendant les six premiers mois on a pas mal bossé dessus, on a beaucoup regardé ce qui se faisait, on a fait des moodboard* des trucs comme ça, après ça c’était les choses physiques et après on a fait beaucoup en dématérialiser, on est allé chercher ce que faisaient d’autres marques, des styles graphiques, même au niveau des typographies*, on a rencontré des graphistes. Et oui je pense que les inspirations étaient multiples que ce soit au niveau des artistes ou au niveau des gens dans le business qui nous ont donné envie de travailler d’une certaine façon. Et l’inspiration continue c’est-à-dire que je continue à me nourrir de ce qui se fait car il ne faut pas être en décalage avec la mode et ce qui se fait en 2019-2020 et en même temps faut être personnel et faut essayer soi-même d’apporter sa touche pour être différent des autres marques. Donc oui l’inspiration est constante. 

Intervieweur Fares : D’accord, et comment percevez-vous l’avenir de votre marque ? 

Interviewé  Melchior : Ça fait 6 mois qu’on fait beaucoup d’expérimentations sur un peu tous les aspects de la marque à la fois au niveau de notre fonctionnement, de ce qu’on propose d’aller tester le public sur d’autre chose pour voir comment ça réagit. Et maintenant qu’on arrive à se structurer, l’objectif c’est de grossir en termes de volume pour pouvoir faire ce qu’on a envie de faire. Continuer dans la même veine mais avec un peu plus de moyens. Aujourd’hui il y’a beaucoup de choses qui ne se voient pas de l’extérieur qui sont du « bricolage » et c’est marrant car c’est le début mais après si tu veux passer à un autre niveau il faut que ce soit plus structuré. 

Intervieweur Fares : Justement, comment organisez-vous votre plan de communication ? Je veux dire par là quand décidez-vous de publier, qui s’occupe des publications, comment s’organisent les shooting photos… comment vous vous y prenez pour attirer votre public en fait ?  

Interview Melchior : C’est Camille qui s’occupe d’au moins 90% de ça.

Interviewé Camille : Il y’a eu beaucoup de feeling notamment dernièrement parce que on est dans une phase où il y’a eu beaucoup de projet qui sont arrivés en même temps. Il y’a eu beaucoup d’opportunités qui sont arrivés en même temps on s’est dit vas-y on fait ça, on fait ça, en même temps on continue de sortir nos trucs à nous et du coup on s’est retrouvé la semaine dernière à devoir sortir trois nouveaux visuels en même temps, trois shootings à la fois qui arrivent mais nous on fait une publication par jour. Donc c’est-à-dire qu’on fait cinq à six post par semaines et donc on est limité dans le contenu qu’on sort.

Interviewé Melchior : Et en même temps, il y’a eu le fait que quand de nombreux projets arrivent et que tu as certains projets où tu accordes plus de temps d’autres moins de temps, certaines idées sur lesquelles tu dois rester. Et justement, on essaie de mettre en place une organisation qui reste fluide, carré là par exemple j’utilisais une fiche dans laquelle j’organisais tous les post un mois à l’avance… 

Intervieweur Fares : Ah, donc tout est prévu à l’avance du coup.

Interviewé Camille : Oui exactement.

Interviewé  Melchior : Le feed* Instagram est affiché de manière esthétique, ou alors, à moitié esthétique car on essaie de chercher une flexibilité donc ce n’est pas trop parfait sinon ça serait trop handicapant mais du coup t’es obligé d’anticiper un minimum.

Intervieweur Fares : D’accord merci, et en parlant de communication comment avez-vous débuté votre communication ?

Interviewé Melchior : On avait décidé de parler des débuts de la marque. Les premières publications et stories c’étaient beaucoup nous qui étions là. Par exemple ce-jour on va rencontrer ce mec pour apprendre ceci-cela, ce jour on a reçu notre t-shirt on va tester l’impression, donc voilà, c’était beaucoup de storytelling. 

Interviewé Camille : Enfaite on a choisi de lancer l’Instagram et le Facebook très tôt, on a commencé en Janvier/Février 2019 de mémoire alors qu’on avait commencé à vendre en Mai parce qu’on s’est dit justement c’est important étant donné qu’on parle d’un concept et de choses personnelles. Il fallait qu’on raconte cette histoire depuis le début quoi, et du coup on a aussi des périodes où on le fait un peu moins car on a un peu moins le temps mais c’est une chose qu’on essaie de garder parce que c’est ce qui nous lie pas mal avec les gens qui nous entourent, à qui on produit, on veut raconter ce qui se passe. On n’est pas là juste pour vendre des t-shirts. 

Intervieweur Fares : D’accord oui, vous voulez transmettre une histoire avant tout en fait.

Interviewé Camille : Exactement, donc ça c’est la première partie on fait beaucoup de storytelling. Après en Mai dernier on a essayé de faire un « boom de communication » on a rencontré une trentaine d’influenceurs* de Montpellier qui allaient de 4000/5000 à 80 000 followers et ils ont tous publiés à peu près en même temps autour du 15 Mai plus où moins une photo avec nos t-shirts et ça a fait beaucoup parler de nous.  Ça nous a ouvert pas mal d’opportunités, aussi à travailler avec certaines boutiques grâce à cette communication-là. Et même aujourd’hui on essaie de travailler avec certains influenceurs, Youtubeurs et personnalités. La par exemple dernièrement pour le t-shirt Movember* on a travaillé avec le champion de France de la moustache et 4 joueurs de l’équipe de rugby de Montpellier. Et du coup l’idée c’était de temps en temps on relance des systèmes de communication comme ça et en même temps on continue d’être sur Instagram et en même temps on a des boutiques, on expérimente souvent des nouveautés. On test plusieurs façons d’expérimenter sur Instagram car certains influenceurs dont les gens ont l’habitude de publier plusieurs contenus et stories, d’autres qui sont moins dans ce style-là, donc on test avec eux pour voir s’il y’a le même retour ou pas. 

Interviewé Melchior : Puis c’est comme beaucoup de choses en communication et en pub, c’est aussi quand on multiplie que tu vois vraiment les résultats quoi. Il y’a pas une seule façon de faire. On a testé plusieurs choses où tout seul ça ne donne pas grand-chose puis d’un coup tu fais un peu plus et t’as beaucoup plus de résultats.

Interviewé Camille : Oui, et quand la personne lambda va entendre parler de nous et sur les réseaux et en boutique, et par un ami, c’est là où peut-être il passera à l’achat. 

Intervieweur Fares : Oui tout à fait, bon, très bien, on vous remercie de nous avoir reçu et d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. 

Remerciements à Camille ANDRE & Melchior DEVANLAY pour leur accueil.

Pour aller plus loin :https://moment-concept.fr

Le groupe d’intervieweur

Les étudiants du G5 L1 INFO COM (Montpellier) : Fares BOUADI ; Loryne GAILLET ; Gaia VERGUIN ; Maxime CHEVANCE.

Interview de Christophe André, chef d’entreprise de l’agence SEDICOM

dimanche 12 novembre 2017

Etudiantes en licence 1 d’information et de communication, nous avons dû, dans le cadre d’un cours de Projet Professionnel Personnalisé, mener un entretien avec un professionnel de l’information et/ou de la communication. Le 3 novembre à Lattes, nous avons donc interviewé Christophe André, chef d’entreprise de l’agence de communication SEDICOM.
Dans cet entretien Hasna El Fadil et Lauryn Azcarraga étaient chargées d’interviewer Christophe André, et Maryam Anejdam, quant à elle, était chargée de filmer, enregistrer et observer le comportement de ce dernier, ainsi que de gérer le temps de l’interview. Cet entretien aura duré 50 minutes.

C.A = Christophe André

Monsieur André bonjour, tout d’abord nous vous remercions de nous accorder un peu de votre temps. Nous sommes donc étudiantes en première année de licence Information et Communication à l’université Paul Valéry de Montpellier. Je vous présente mes collègues: Lauryn Azcarraga et Maryam Anejdam.
Dans le cadre de cette interview, il s’agira de vous interroger sur votre profession, ainsi que sur l’environnement que vous côtoyez. Nous vous rappelons que cet entretien est filmé et que la retranscription sera visible sur le blog de notre licence, puis, qu’une soutenance de cette interview aura lieu en classe.
Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ?

C.A: Je suis Christophe André, j’ai créé et je dirige SEDICOM depuis trente ans, depuis ma sortie de la fac. Donc comme vous, je suis allé à l’université mais à la faculté d’économie. Je suis sorti avec un Master 1 gestion des entreprises. Depuis, je dirige SEDICOM qui est plutôt une entreprise spécialisée dans le conseil en communication, dans le domaine institutionnel et touristique. Nous collaborons avec pas mal de collectivités, de villes, de communautés d’agglomérations et d’offices du tourisme, mais également avec des clients privés. Nous travaillons à l’aide de deux grands pôles qui sont : le pôle de documents imprimés, qui est le pôle un peu traditionnel et sur lequel SEDICOM s’est développé pendant une quinzaine-vingtaine d’années. Et depuis, nous sommes plus orientés vers le pôle qui englobe tout le développement du digital, c’est-à-dire ; site internet, application mobile, e-marketing. Je vous parle des outils, mais il y a toute la démarche préalable. C’est à dire la démarche en terme de stratégie, de création mais aussi la réalisation des outils de communication. Nous avons pour cela, moi-même qui s’occupe du développement du démarchage du commerciale, une personne qui m’assiste sur le volet stratégie, qui est la directrice de création, on a également une conceptrice rédactrice, deux graphistes, une directrice de création, une chef de pub et une assistante administrative. Autour de cette équipe de six personnes, viennent s’agréger des personnes en complément en terme de régis publicitaire : ingénieur informaticien, personnes dans le domaine de la direction artistique, du graphisme ou d’autres personnes en fonction des besoins de la structure. Ca fait une dizaine de personnes qui gravitent, autour de l’agence.

Donc aujourd’hui vous travaillez plus dans le domaine du numérique ?

C.A : Alors, on utilise les deux aspects : la communication imprimée, c’est-à-dire tout ce qui concerne les magazines, journaux, affiches, documents, dépliants, informations dans les collectivités. Mais également la communication digitale, sur les réseaux sociaux, web ou supports de mobilités, qui peut se faire via la conception de sites et qui vont être diffusées de façon virale sur les réseaux sociaux. Par exemple on travaille en ce moment sur la création des emailings ou on a la même base de création graphique, on utilise des techniciens qui vont nous envoyer les emailings avec les bonnes plateformes de sorte à ce qu’ils n’arrivent pas en spam puis on travaille sur les fichiers… Donc là il y a les deux aspects ; le premier aspect qu’on appelle le print, donc la communication imprimer et la communication digitale, qui viennent à un certain moment se croiser.

D’accord, vous êtes donc directeur associé de l’agence SEDICOM, pourriez-vous nous expliquer en détail en quoi cela consiste et quel est votre rôle au sein de cette agence ?

C.A : Donc moi je suis chargé du développement, du commercial pour être clair. Mon métier c’est ça mais c’est aussi gérer l’agence, mettre en place des tableaux de bord de façon à surveiller les frais fixes et les rentrées. Nous, nous avons des rentrées qui sont bien particulières c’est-à-dire qu’on a pas mal de sous-traitance, beaucoup moins ces dernières années. Avant, on faisait un million de chiffre d’affaire et on avait 500 000 euros de sous-traitance. Maintenant on fait 700 000 euros de chiffre d’affaire mais on va avoir 150-200 000 euros de sous-traitance. Ce que moi je calcule sur les tableaux de bord, c’est la marge brut, c’est sur la production réel de l’agence, de façon à ce que cela corresponde aux frais fixes et que ça soit légèrement supérieur à notre bénéfice. Donc ça c’est moi qui gère et qui fait attention à cela. Et je choisis également vis à vis des nouveaux clients, les appels d’offres sur lesquels on se positionne, quels sont les contacts qui font du relationnel avec certains clients, pour nous faire valoir et nous faire rentrer dans des compétitions.

Selon-vous, donc en tant que gérant d’entreprise, quelles compétences requièrent votre poste ?

C.A : Alors forcément de la créativité, de l’imagination, de la rigueur, donc l’un ne va pas sans l’autre. Il faut une capacité à surmonter les coups durs. Il ne faut pas tarder à réagir lors de difficultés au sein d’une entreprises, car derrière il y a toute une équipe à manager, à relancer. Même si ça va mal à l’intérieur, à l’extérieur il faut être capable montrer une autre image. Il faut connaître ses propres capacités. Après ça s’acquiert, je ne réagis pas de la même façon aujourd’hui que lorsque j’avais votre âge. Et puis il y a le volet gestion comptable qui est très important et ou je suis beaucoup plus rigoureux qu’il y a quelques années, et c’est d’ailleurs c’est ce qui nous a permis de perdurer durant ces quelques années qui ont été difficiles pour la structure.

Très bien, par conséquent quelles ont été vos motivations et pourquoi avoir choisi ce métier ?

C.A : Et bien… Le hasard ! Moi j’étais en faculté, j’étais président de la corporation en science économique, j’ai été trésorier national, puis j’ai été battu aux élections municipales, et puis je me suis retrouvé inscrit à l’agrégation. Plusieurs de mes amis avaient créé SEDICOM six mois avant, donc quand je dis que j’ai créé l’agence… Du coup je suis rentré dans la boîte en faisant un stage non rémunéré. Mais très rapidement, je me suis aperçu que plus personne ne s’entendait au sein de la structure, et que moi, en trois mois, j’ai réussi à faire tourner et redémarrer quelque chose. Donc au bout de quatre-cinq mois j’étais gérant. Je n’ai pas rejoint l’entreprise au tout début, j’avais terminé mon année de Master 1 et eux avaient lancé la boîte au cours de leurs études, et c’est donc moi qui l’ai reprise très rapidement. Voilà, ça a été le hasard, rien ne me destinait à ça. Si je n’avais pas été battu aux élections municipales, peut être que j’aurais été professeur d’économie, ou autre.

Mais lorsque vous avez commencé vos études, vous n’aviez pas une idée de ce que vous vouliez faire en dehors de professeur d’économie ?

C.A : Alors professeur d’économie pas forcément, parce que je voyais que je n’étais pas dans le haut du panier sur les enseignements d’économie, mais l’enseignement me plaisait. Et après, oui j’avais quelques idées en tête par rapport à la communication. Je m’occupais des associations étudiantes, donc j’étais amené à communiquer. Je rencontrais d’autres personnes, je voyais que ça me plaisait et que j’avais des capacités là-dedans. Mais c’est vrai que dans ma vie étudiante je faisais des affiches, j’envoyais des e-mails, j’avais déjà une petite expérience de faite de ma vie étudiante. Je m’investissais également dans ma ville par le biais d’associations, maisons de jeunes, ce genre de choses.

Vous nous avez un peu parlé de votre parcours professionnel mais également de votre parcours en tant qu’étudiant, vous avez donc vécu certains échecs mais également plusieurs « rebondissements »… Comment qualifieriez-vous vos débuts, votre parcours professionnel ?

C.A : Je pense que je devais être dyslexique étant plus jeune, je faisais beaucoup de fautes d’orthographes. J’avais ce handicap mais j’écrivais et j’avais beaucoup d’imagination donc j’étais un élève qui passait beaucoup de temps à faire des dictées, etc. Une fois sorti du b.a.-ba… Les premières années de fac ont été très difficile, j’ai dû beaucoup travailler car je venais de l’équivalent de ES et pour intégrer la filière économique, il fallait que je rattrape le retard au niveau mathématique. Mais ensuite à partir de la troisième-quatrième année lorsqu’on a été beaucoup plus sur de l’analyse, ça m’a beaucoup plus correspondu et c’est là que j’ai eu beaucoup plus de facilité. Après, j’ai toujours fait beaucoup de choses à côté : A mes quinze ans j’ai organisé mon premier concert, j’ai monté des projets humanitaires. Donc entre mes quinze et vingt-cinq ans et y compris après, avec mon rôle de chef d’entreprise, j’ai continué à m’investir dans des associations, dans de l’humanitaire. J’ai été élu adjoint municipal, je suis aujourd’hui conseiller municipal d’opposition. Donc j’ai une certaine ouverture d’esprit qui n’est pas une obligation absolue que d’autres réussissent absolument sans le faire mais ça c’est ce qui me correspond, cette volonté à toucher pas mal d’activités et à m’investir socialement sur le plan humain, sur des choses qui vont au-delà de mon propre métier, sachant que mon métier, la communication, contribue à tout ça. Il y en a qui choisisse un métier, pour avoir du lien avec les gens, pour avoir des attitudes comportementales qui permettent d’avancer dans le bon sens, et qui permette aux sociétés d’évoluer dans le sens qui est mon idéal.

Quand vous dites avoir participé à de l’humanitaire, c’est dans les grandes entreprises d’ONG ? (Organisation non gouvernemental)

C.A : Non, au contraire, nous en avons monté. Ça fait un moment que j’ai commencé, j’ai monté des actions militantes sur le Liban, la Pologne quand j’avais une quinzaine d’années ou l’on versait l’argent à des associations. Nous avons ensuite monté un groupe d’étudiants européens, une trentaine de personnes étaient mobilisés en l’espace de deux mois. Donc en hiver 1992, on était partit à Sarajevo, nous avons réussi à passer à travers les lignes. La ville en guerre, nous avons réussi à témoigner de notre condition d’européen à l’époque. Six mois après nous avons réunis 250 jeunes européens, dont des espagnols avec qui nous avons travaillé en Espagne et de français, là nous n’avons pas réussis à passer les lignes de front, nous avons témoigné à notre façon là-bas. Ça c’était les grosses actions humanitaires que nous avons faites. Là, par exemple nous nous sommes rapprochés d’Equilibre, une structure humanitaire comme l’Unicef en moins importante mais qui était basé à Lyon pour tout le relais logistique.

D’accord ! Vous avez donc un parcours de vie assez riche quand même !

C.A : Oui, oui, puis bon, cela a été complété par pleins d’autres choses, j’ai monté une filiale de Sedicom aux Etats Unis, cela nous aidé à avoir une expérience dans l’international.

Vous avez donc également une filiale à New-York?

C.A : Oui, là je suis en train de voir comment la fermer et d’envisager des coopérations à partir de la France. Je l’avais monté parce que j’ai vécu là-bas, j’avais besoin d’un visa, il fallait avoir de la structure là-bas mais sinon il n’y a plus rien qui le justifie.

D’accord, et quelles sont les conditions de votre métier ? Au niveau des horaires, des déplacements, du stress, etc…

C.A : L’avantage c’est qu’on a la liberté, la liberté complète, à part avec le banquier ! Après c’est une liberté qui est très contrôlée, parce qu’on est quand même obligé de respecter un certain rythme. Nous aujourd’hui, on a des horaires qui vont de 9 heures à 12h30 et on finit tard, 18 heures 30… Après je peux faire ce que je veux dans la journée. Si je veux aller courir entre 2 heures et 4 heures, je peux le faire. Mais après le soir je ne regarde pas la télé, je me remets sur des dossiers que je reprends, je lis des revues de presse, je collecte des informations, tout en ciblant des choses qui peuvent être utile à mon activité. Mais il est vrai qu’avec la dématérialisation des supports de communications, je me permets de prendre beaucoup plus de congés qu’avant, cinq à six semaines, alors qu’avant j’en prenais une ou deux. Par contre je suis tout le temps connecté, même pendant mes congés. Donc c’est vrai que mon travail demande une gestion du temps qui est assez rigoureuse.

Sans indiscrétion, pourriez-vous nous communiquer votre niveau de rémunération ?

C.A : Oui, il n’y a pas de soucis. Je gagne trois milles euros par mois. Voilà, après ce n’est pas quelque chose d’énorme par rapport à d’autre chef d’entreprise, mais pour moi ça correspond à peu près à l’éthique de l’entreprise. Et puis je me paie mes frais de déplacements et j’ai maintenant mes locaux qui m’appartiennent. Ce qui me permet de vivre très correctement.

D’accord.
Venons-en maintenant à votre entreprise, quelles sont les spécialités de votre agence, vos principales missions ?

C.A : Comme je vous le disais tout à l’heure, nous sommes spécialisés dans l’institutionnel donc plus précisément les collectivités. On travaillait aujourd’hui pour l’Agglomération des Pays de l’Or, c’est à dire Mauguio, La Grande Motte, Palavas toutes ces villes-là. On a remporté l’appel d’offre pour la conception graphique d’une nouvelle identité visuelle pour Sète Agglo Pôle Méditerranée. On travaille pour l’agglomération Méditerranée dans le secteur des éditions touristiques. On a également travaillé pour l’agglomération de Perpignan, de Narbonne, de Nîmes. Au niveau des villes, nous avons les budgets de la Grande Motte, de la ville de Pézenas, de la ville de Sète… Nous avons aussi un certain nombre de clients privés qui sont moins importants. Le rapport est de 70-80% pour le public, 20-30% pour le privé.

Cela concerne aussi bien les particuliers que les professionnels ?

C.A : Non, les particuliers c’est très rare, on ne va pas vous faire un logo, on ne va pas vous faire un site internet en tant que particulier… On reste sur le secteur institutionnel communication publique. Nous passons plutôt par les appels d’offres, nous travaillons pour une dizaine de collectivités, c’est ce qui fait la force de notre entreprise.

Nous avons pu voir par le biais de votre site, que vos collaborations étaient très diversifiées et variées. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C.A : Dans le tourisme par exemple. On va aussi travailler pour la fédération de l’hôtellerie en plein air. Nous avons travaillé pour le comité départemental du tourisme, j’ai lancé aussi en 2004 le Journal des Plages en collaboration avec Media Sud, un support gratuit, distribué dans toutes les plages du Languedoc-Roussillon. L’année d’après, c’était toutes les plages de la Méditerranée, puis celles d’après c’était toutes celles de France. Et là, la presse gratuite s’est un peu cassée la figure progressivement… On était rapatrié sur de moins en moins de plage. Puis là, nous sommes revenus sur les plages de l’ex Languedoc-Roussillon.

Et quels sont vos projets à venir ?

C.A : La vente des locaux, le robot commun avec le groupe Media du Sud. Eventuellement se regrouper avec une agence Niçoise pour voir ce que ça donne. Comme c’est difficile de faire de la croissance interne, peut-être nous racheter une structure pour faire de la croissance externe. En même temps je me suis engagé dans la politique, j’ai aussi ma vie privée, il faut que je dégage du temps et j’ai tout cela à gérer. Je dois aussi faire attention à ne pas me remettre de mes projets professionnels qui m’empêche de tenir mes autres engagements.

Pour finir, vous qui êtes aujourd’hui gérant et créateur d’entreprises, quelles seraient vos recommandations pour nous étudiantes voulant évoluer dans la communication ? Et comment réussir à se démarquer dans un univers concurrentiel ?

C.A : De vous confronter un peu aux grandes entreprises et petites, vous allez devoir faire des stages donc venir dans des entreprises comme les nôtres, dans les grandes entreprises. Si vous avez la possibilité, partez à l’étranger aussi, vous ne réussirez pas dans ce métier si vous ne parlez pas anglais, tout est en anglais. Je ne maîtrise pas super bien l’anglais mais j’ai été obligé de m’y mettre. Vous qui êtes notamment en fac vous avez cette possibilité-là, de voir ce qui se passe dans le monde extérieur, si vous avez un peu de temps. Vous avez un handicap par rapport à ceux qui sont dans les écoles qui ont essentiellement un carnet d’adresse ! Beaucoup d’étudiants vont vers la faculté parce que c’est 200 euros de frais d’inscription, ce n’est pas 10 000 euros pour une première année comme dans une école de commerce. Nous sommes aussi bons qu’eux dans les plans scolaires, nous avons le droit d’avoir les mêmes possibilités de débouchés. Ils n’ont pas les meilleurs enseignements, par contre ils sont plus pratiques que nous. Ils gardent contact avec des professionnels, ils connaissent déjà d’autres personnes pour les pistons. Pourquoi on ne serait pas capable de faire ça aussi à la sortie de la fac ? On se disperse et on ne reste pas en réseau, mais faisons la même chose qu’eux ! On aura les mêmes atouts au moins sur cet aspect. Comme on est mieux formé que sur des connaissances générales, on sera peut-être plus capable de voir l’évolution dans le monde même si ils sont plus pratiques. Il suffira de s’y faire et au bout de trois ans nous aurons acquis les mêmes capacités qu’eux. En Master 2 vous avez l’obligation de faire un stage de six mois, vous avez quand même des passerelles. Si j’ai des conseils à vous donner, c’est déjà de vous mettre en réseau au niveau de la fac et avec d’autres étudiants ça pourra vous aider pour plus tard. Puis il y a aussi l’orthographe, la maîtrise du français, savoir s’exprimer, dans la communication c’est important. Ce n’est pas faire des fautes seulement, c’est aussi avoir un style. Mais là vu que la communication est très écrite, quand j’écris je suis automatiquement corrigé au niveau des fautes de grammaire, d’orthographe, j’ai plutôt un bon style dans ma façon d’écrire, la communication écrite je la maîtrise bien. Donc ça c’est un sujet important, il faut saisir des opportunités. Donc ne vous en faites pas, je me suis construit sur des échecs et j’en suis là aujourd’hui.

Monsieur André, merci beaucoup de nous avoir accordé votre temps et merci également pour vos précieux conseils.

 

Lauryn AZCARRAGA, Maryam ANEJDAM, Hasna EL FADIL.

Interview professionnel de la communication : le graphiste

samedi 12 novembre 2016
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Deux étudiantes en 1ère année de Licence Information et Communication, ont effectuées le mercredi 2 novembre à 14 heure, un entretien avec un graphiste qui a duré 39 minutes et 30 secondes.
 
Interviewée : Marie-Pierre BAUDUIN (Graphiste indépendante)
Interviewer : Mélissande FELS (étudiante)

M. Fels : « Bonjour à tous, bienvenue à l’entretien d’un professionnel de la communication réalisé par Veselina TONKOVA et moi-même, Mélissande FELS. Nous allons nous intéresser au métier de graphiste avec madame Marie-Pierre BAUDUIN, graphiste indépendante à Montpellier, c’est bien cela ?

M.P. Bauduin : Oui c’est une entreprise indépendante.

M. Fels : D’accord. Nous vous remercions d’avoir accepté notre invitation et d’être présente à cet entretien. Notre objectif est d’approfondir nos connaissances sur le métier de graphiste. Je rappelle que cet entretien sera enregistré, retranscrit et publié sur notre blog d’Information-communication, et que, par conséquent, vous auriez le droit de modifier cette retranscription avant sa publication. Normalement, cet entretien ne devrait pas excéder 40 minutes.

M.P. Bauduin : Alors, je ne sais pas si j’ai 40 minutes de choses à dire. Il risque d’y avoir des blancs. Il risque d’y avoir des questions auxquelles je vais demander de réfléchir un peu plus parce que je n’ai pas de réponse, là, tout de suite, éventuellement.

M. Fels : Oui..

M.P. Bauduin : Peut-être cela aurait été intéressant d’avoir les questions avant.

M. Fels : Nous allons aborder 3 thèmes aujourd’hui. Le premier sur votre point de vue sur le domaine du graphisme, ensuite, on va parler de votre métier, et, sur les formations et les compétences à acquérir pour devenir graphiste. Je vais commencer à aborder les questions. Ma première question elle est – enfin, ce sont toutes des questions personnelles – mais celle-là est, on va dire, une question large d’ouverture où c’est votre avis qui nous intéresse : qu’est-ce-que vous pensez du graphisme ?

M.P. Bauduin : (réflexion)… large question. Cela aurait été bien de l’avoir avant. J’aurais pu réfléchir à ma réponse. La raison d’être du graphisme, c’est d’être au service du message. Donc, déjà, c’est une position assez professionnelle et humble, qui peut-être à contre-courant d’un mouvement de « graphistes semi-artistes» – qui va plus vers l’art – et qui « communique pour des graphistes ». Je répète : la raison d’être initiale c’est servir le message, servir les objectifs de communication.

M. Fels : Donc ce serait les objectifs du graphiste ?

M.P. Bauduin : Oui, il n’a pas d’autres raisons d’être là.

M. Fels : D’accord. Concernant le premier thème : ici, nous allons parler de votre point de vue. La question large d’ouverture fait partie du premier thème aussi. Donc, comment êtes-vous devenu graphiste ?

M.P. Bauduin : Alors, c’est d’abord une fascination depuis l’enfance. Pour ce qui est imprimé, pour les images, les illustrations, la typographie, je pouvais rester bloquée devant un autocollant.

M. Fels : Donc, c’est quelque chose qui vous vient depuis l’enfance ? Quelque chose que vous aviez envie de faire ?

M.P. Bauduin : Oui. Ensuite, ma formation est le design industriel. En premier, je suis entrée dans un atelier préparatoire aux concours des écoles d’arts. Ensuite, je suis entrée dans une école de design industriel. Le graphisme étant compris dans le design industriel puisqu’on édite en série et tout ce qui est fabriqué et édité en série est du domaine du design industriel. Et c’est une espèce de « méthodologie commune » qui peut s’appliquer au design d’objet, au design d’espace, au design graphique, etc.

M. Fels : D’accord. Et qu’appelez-vous « design industriel » exactement ?

M.P Bauduin : Ce que je veux dire c’est : tout ce qui doit être produit en série. Vous voyez ? Des objets – de la petite cuillère au mobilier – Dans les boutiques franchisées, il y a quelqu’un : un designer d’espace qui est intervenu pour que ce soit « charté » en quelque sorte sur l’ensemble des boutiques, et dans le design graphique, on édite. L’artiste édite 1, 7 ou 30 exemplaires. Le graphiste va éditer sur le web ou en print, en beaucoup d’exemplaires. C’est destiné à la diffusion donc, cela passe par un processus industriel.

M. Fels : Où il y a des sous-traitants et… ?

M.P Bauduin : A un moment donné, cela passe par des fabricants. Il y a un processus pour que cela puisse être diffusé, et que ce soit du mobilier, du produit ou du graphisme, que ce soit diffusé en série.

M. Fels : Oui. La deuxième question : comment cherchez-vous vos inspirations ?

M.P Bauduin : Principal outil : la curiosité. Il n’y a pas de limites. Cela peut venir en écoutant de la musique ; la musique, les couleurs et les formes, il y a quelque chose qui parle là-dedans. Je regarde beaucoup de choses : des expos, pas mal de photos, de l’illustration, beaucoup de typo ; je dois passer facilement, 10 % de mon temps dans la semaine à observer, à regarder. Je regarde les affiches dans la rue, je regarde les magazines et la mise en page, etc.

M. Fels : Oui. C’est de la curiosité surtout !?

M.P Bauduin : Voilà. Ce n’est pas une « corvée ».

M. Fels : Oui, c’est un plaisir.

M.P Bauduin : Absolument.

M. Fels : D’accord. La troisième question ce serait quelle est votre procédure (ou méthode) de création ?

M.P Bauduin : La procédure idéale ? D’abord, des bonnes relations avec le commanditaire qui seront plutôt que sur le mode « je suis le commanditaire, voici mon cahier des charges, voici mon brief, je vous laisse exécuter » – c’est plutôt sur le mode de la conversation. C’est-à-dire qu’on va discuter du cahier des charges et ensuite, dans le cahier des charges, du « brief créatif » proprement dit. Cela permet d’être tout de suite d’accord sur les objectifs qu’on veut atteindre, sur la façon dont on veut les atteindre et sur quel ton on va communiquer. En fait, la qualité de la collaboration impacte énormément sur la qualité du résultat. Donc, de bonnes relations avec le commanditaire où on travaille, en parallèle, ensemble, avec les mêmes objectifs, c’est très important. Il y a des commanditaires qui ne connaissent pas les tenants et aboutissants de la communication et qui sont capables d’être contre-productifs par rapport à leurs objectifs de communication. Ils peuvent saboter, eux-mêmes, un travail parce qu’ils manquent de cette culture-là, parce qu’ils ne font pas confiance, parce que c’est leurs « bébés », ils ne veulent pas les lâcher…

M. Fels : Et dans ce cas-là, vous devez, tout le temps, développer votre travail, argumenter… ?

M.P Bauduin : Je dois faire énormément de pédagogie. Sauf quand j’ai des Chargés de Communication en face de moi – dans ce cas, ce sont déjà des personnes averties – sinon, quand ce sont des petits clients (trop petits pour se permettre d’avoir un chargé de com’), je dois faire énormément de pédagogie, et c’est un peu peine perdue parce qu’il faut plus qu’une heure de pédagogie évidemment pour préparer quelqu’un à travailler sur un projet de communication. Donc, cela vous verrez sur les forums de graphistes, il y a des kilomètres de plaintes. Dans une procédure idéale donc, c’est que j’ai un Chargé de Communication en face de moi. Alors, là, déjà, ça va mieux. On parle le même langage, on a les mêmes objectifs.

M. Fels : C’est le mieux. D’accord. Et donc…

M.P Bauduin : Après, le processus de création, c’est faire une immersion dans le sujet. C’est cela aussi qui est intéressant dans ce métier, c’est que j’aborde des tas de sujets que je ne connais pas, donc, je dois d’abord me documenter là-dessus, me documenter sur la façon dont communique la concurrence, identifier si le client n’a pas de problématiques de communication et voir comment on va les résoudre. Et j’ai quelques techniques de recherches créatives pour trouver des idées si elles ne viennent pas. Mais à partir du moment où on suit ce processus, en général – qui peut prendre du temps par contre – si on identifie le problème, on trouve la solution.

M. Fels : Vous avez des logiciels en particulier lorsque vous créez des visuels ?

M.P Bauduin : A part dans la phase créative (papier et crayon), oui. J’ai la suite Adobe classique (Illustrator, Photoshop, In design, Acrobat…).

M. Fels : Ce sont ces logiciels qui englobent le travail de graphiste ?

M.P Bauduin : Oui. Dans la suite Adobe, il y a tout. Il y a au moins 15 logiciels. Moi, je fais plus du print que du web. Donc, ce sont les logiciels minimums pour le print ; j’utilise pas mal d’agrégateurs d’images sur le Net aussi. Et pour revenir sur la suite Adobe, c’est imposé parce que ce sont des logiciels très très bien faits (et chers). Alors, comme les agences fonctionnent avec la suite Adobe, les indépendants, du coup, fonctionnent aussi avec, et les imprimeurs aussi. Donc, toute la chaîne graphique fonctionne avec la suite Adobe. A savoir, quand même, qu’il y a l’équivalent de cette suite en logiciel libre. Après, l’éventuelle difficulté c’est d’arriver à produire des fichiers exploitables par votre imprimeur.

M. Fels : D’accord. Donc, la dernière question de ce premier thème est comment définirais-vous votre style ?

M.P Bauduin : Si j’ai un style c’est que je me positionne comme une artiste. Oui, la frontière entre graphisme et art est poreuse mais, je répète, la raison d’être du graphiste, c’est de se mettre au service du message donc, si à un moment donné, j’ai un message qui nécessite un style particulier, je vais l’adopter. Je ne dois pas imposer de style particulier sinon je suis peintre. Alors, une fois que j’ai dit cela, mon style de prédilection c’est le style moderniste, le style « suisse », dit style typographique international parce que j’estime qu’il sert bien le message de manière générale.

M. Fels : D’accord. Et qu’entendez-vous par le « style typographique international » ?

M.P Bauduin : Le style typographique international, c’est un style qui est revenu totalement à la mode. On va partir des constructivistes russes, donc, à peu près au moment de la révolution russe. On arrive ensuite au Bauhaus qui est une école allemande dont la devise est « la fonction crée la forme ». On arrête toute les fioritures, on arrête les choses inutiles. On ne crée que ce qui va servir fonctionnellement. Donc, c’est une belle idée, assez démocratique, de produire de belles choses très fonctionnelles, en série, peu chères, abordables pour tout le monde. Dans cette école, il y avait du produit, de l’architecture, du graphisme, de la peinture, des coloristes, etc. De là, on aboutit au style typographique international, à peu près dans les années 50’-70’ qui est caractérisé par, d’abord, la hiérarchie de l’information, pas de fioritures, pas d’effets de style, un graphisme assez rigide et très minimaliste. On met ce dont on a besoin. Et pourquoi en faire plus ? Il y a toujours cette notion d’humilité au service du message. Et c’est un style très rigoureux qui a une esthétique- quand on est sensible à la rigueur et à la sobriété, moi, je me pâme ! (rires).

M. Fels : (rires) D’accord. Et du coup, vous dites qu’on peut créer quelque chose de simple mais qui soit vraiment – comment dire…

M.P Bauduin : Le maître mot c’est « Less is More ». C’est quelqu’un du Bauhaus (Mies van der Rohe) qui a dit cela et ça a été repris par pas mal de gens. On va partir de l’exemple des logos. Un logo doit être mémorisable rapidement. Plus il est simple et unique, mieux il est mémorisable, plus il est mémorisable. Au début du web dans les années 90’, on a essayé de faire des logos réalistes – alors, vous êtes jeune pour vous rappeler de cela – mais on avait des effets de chrome avec tous les reflets ; c’était l’anti-simplicité, ça ressemblait à nos objets de la vie réelle, ce n’était pas reproductible en petit format, et c’est « l’anti-lessismore ». Donc, plus il y avait de détails, plus cela finissait par être une illustration. Et cela a raté son objectif complètement. De plus, c’était tout à fait démodable alors que quand un logo est simple, il n’est pas démodable. Voilà l’intérêt de la chose.

M. Fels : D’accord. Donc, on a vu votre point de vue dans le domaine du graphisme – enfin, c’était les quatre questions de cette première partie – concernant votre métier maintenant. Qu’aimez-vous dans votre travail ?

M.P Bauduin : Alors, dans l’ordre chronologique, m’immerger dans des domaines que je ne connais pas. Cela dépend lesquels évidemment. C’est toujours intéressant d’aller voir ailleurs. Et la phase de recherche de solutions est vraiment intéressante.

M. Fels : « Solution » cela veut dire ?

M.P Bauduin : De solution graphique. Par exemple, un commanditaire peut arriver et dire « Voilà, j’ai besoin d’un flyer qui va être déposé partout parce que j’ai besoin de visibilité et j’ai besoin de toucher beaucoup de gens pour avoir beaucoup de coups de téléphone, de rendez-vous et de retours. J’ai déjà fait cela par le passé et cela n’a pas très bien marché. Qu’est-ce-qui ne va pas ? ».

Donc, déjà, on analyse pour lever les freins : qu’est-ce-qui a freiné dans ce flyer, visuellement ? Pourquoi les gens n’ont pas appelé, n’ont pas pris contact. Ils n’ont même pas attrapé le flyer pour le lire. Donc, déjà, on identifie la problématique, ensuite, on cherche des solutions pour y répondre. Mais vraiment, on commence par identifier la problématique et les attentes, évidemment, du commanditaire. Donc, cette phase-là est intellectuellement intéressante, et puis après, on passe à la phase « comment je vais représenter cela graphiquement ? ». Là, quels sont les codes graphiques de ce secteur ? quels sont les codes graphiques du public auquel cela est destiné ? Là, c’est du papier et crayon, on cherche.

M. Fels : Et quand vous parlez de « codes graphiques », cela veut dire la police ? Les couleurs ? Ou c’est par rapport au commanditaire ?…

M.P Bauduin : Oui, si je communique pour une banque ou si je communique pour une boîte de nuit, ce n’est pas les mêmes codes graphiques. Le secteur bancaire a des codes graphiques assez définis – qu’est-ce-que j’ai dit ? Boîte de nuit ?

M. Fels : Oui.

M.P Bauduin : C’est très codé aussi. Leurs publics respectifs ont leurs propres codes graphiques.

M. Fels : Il y en aura un qui sera un peu plus sérieux et l’autre un peu moins !?

M.P Bauduin : Oui. Et quelles couleurs j’utilise ? Quels types de formes ? Et les polices de caractères sont des formes puisqu’elles sont dessinées. On a, comme outils, la couleur, les formes – y compris la police de caractères – et l’organisation de l’espace, autrement dit, la mise en page. Ce sont les trois principaux outils avec lesquels on travaille.

M. Fels : D’accord. Donc, vous m’aviez dit, tout à l’heure, que vous êtes dans un marché concurrentiel. Alors, comment vous distinguez-vous par rapport à la concurrence ?

M.P Bauduin : Comment je me vois ou comment je me distingue commercialement ?

M. Fels : Oui. Les deux en fait.

M.P Bauduin : Commercialement, j’essaie de mettre en avant mon expérience parce que je ne suis pas toute jeune – autant que cela serve – et comment je me vois ? Comme une bonne professionnelle. Mais par ailleurs il y a une beaucoup de gens qui ont « décidé » d’être graphistes. C’est un métier de l’image ; cela attire énormément de gens ; c’est assez fun et sexy comme boulot ; « aller, je vais faire cela, Je crack un logiciel et j’achète un ordinateur, je suis graphiste ». Ce sont les gens responsables de toute la laideur qui nous environne, d’une casse des prix dans la profession, qui se ressent à Montpellier.

M. Fels : Oui, parce que on dit que c’est une ville « jeune » et tout !?

M.P Bauduin : Voilà, attirante. Il n’y en a pas mal qui arrivent et qui restent 6 mois, 1 an et qui repartent par ce qu’ils ont vu qu’ici les tarifs sont misérables et qu’il y a vraiment beaucoup de graphistes. Donc, moi, je ne peux pas me battre contre les gens qui ont « décidé » d’être graphistes. Et même, à la limite j’ai rien contre s’ils se documenté. C’est pas grave de ne pas avoir fait d’école mais, au moins, il faut travailler 1 an dans une agence, apprendre le métier. Il faut se documenter sur la théorie de la communication, un minimum ; se faire une culture visuelle, un minimum. Voilà. Dans ces conditions, moi, ça m’est égal qu’on soit graphiste diplômé ou pas. Mais quand on est rien de tout cela et qu’on se met sur le marché, cela donne ces logos, ces enseignes, ces magazines, qui sont mal faits, pas lisibles, qui ne remplissent pas leurs objectifs et qui nous enlaidissent la vie, pour le commanditaire et le public, parce que les images sont vues par tout le monde. Donc, c’est mon cheval de bataille en tant qu’enseignante. C’est former des Chargés de Communication pour qu’ils aient le minimum de culture visuelle et de connaissances de la théorie de la communication visuelle, pour qu’ils nous évitent toutes ces catastrophes visuelles autour de nous.

M. Fels : D’accord. Vous m’aviez parlé des inconvénients dans cette réponse. Et maintenant, quels sont les avantages dans le métier que vous exercez ?

M.P Bauduin : Toucher à pleins de domaines différents. Je ne pense pas que ce soit un métier que l’on puisse faire sans passion et pour moi, la passion, forcément, est quelque chose qui vient de la petite enfance. L’avantage c’est que moi j’adore cela. Je suis toujours aussi passionnée. Je n’ai pas de problème à venir travailler. Et s’il faut travailler, à un moment donné, un week-end, cela m’embête si je dois – comment dire – au lieu de faire mes hobbies, je travaille. C’est embêtant mais, ce n’est pas la même chose que d’être sur un métier non créatif ou pénible.

M. Fels : Vous aimez votre métier ? Il vous touche ?

M.P Bauduin : Et bien là, je n’ai pas l’impression de travailler. Je me régale.

M. Fels : D’accord. Et tout à l’heure, vous m’aviez parlé « d’enseignante ». Dans quel domaine vous donnez vos formations en fait ?

M.P Bauduin : Alors, soit dans des postes de formation ou des services de communication, dans diverses structures. Donc, c’est l’initiation au b.a-ba de la théorie de la communication visuelle et l’application en petite PAO – on va dire petite communication, pour qu’ils aient un minimum d’autonomie. C’est la même chose qu’une formation normale, sur les trois logiciels (In design, Illustrator, Photoshop). Voilà. Un petit kit pour qu’un service de communication puisse se débrouiller sans avoir besoin de faire appel à un graphiste pour une petite lettre d’information par exemple.

M. Fels : Donc, la PAO, c’est ce que l’on appelle la Production Assistée par Ordinateur ?

M.P Bauduin : La Publication Assistée par Ordinateur.

M. Fels : Ah, d’accord.

M.P Bauduin : Et sinon, c’est à la FAC avec des Licences 3 et depuis l’année dernière, avec des Masters 2. Il y a un cours qui s’appelle « Design graphique et mise en page » avec des applications sur In design, et, un autre cours qui s’appelle « Création graphique » avec des applications sur Illustrator. En Master 2, c’est sur l’identité visuelle.

M. Fels : Oui. On va passer, maintenant, au dernier thème parce que vous avez, complètement, répondu à toutes les autres questions précédentes. Alors, concernant les formations et les compétences. Quelles sont, pour vous, les compétences et les qualités nécessaires pour entrer dans ce métier ? Vous aviez dit la curiosité, …

M.P Bauduin : Oui, curiosité – bon, c’est un mot bateau mais je ne sais pas – passion, … On n’est pas tout le temps en production. Vous buvez un verre en terrasse et vous voyez un truc passer, puis, vous réfléchissez « Tiens ! cela me donne une idée pour… ? », et chercher de nouvelles solutions graphiques, aussi, parce que pour lutter contre l’uniformisation, il ne faut pas être paresseux dans ce métier. Il faut être rigoureux et exigeant. Il y a une autre qualité essentielle : c’est avoir un minimum – sauf si on est salarié dans une agence – si on veut être indépendant, il faut avoir un minimum de petits talents commerciaux et du bagout, de tchatche. C’est ce qui fait défaut à beaucoup – y compris moi – du coup, c’est plus compliqué.

M. Fels : Vous voulez dire, au niveau relationnel, c’est important ?

M.P Bauduin : Oui. Je ne me ferais pas de souci pour ceux qui ont un talent, de la rigueur, de la curiosité et l’envie de bosser, s’ils ont ce talent commercial. Là, je ne me fais aucun souci pour eux. S’ils sont, tous, sans talent commercial ; les débuts vont être durs s’ils veulent s’installer en tant qu’indépendants.

M. Fels : D’accord. C’est une question qui nous concerne, particulièrement, mon amie et moi. Quel diplôme (ou formation), pour vous, est exigé pour pratiquer ce métier ?

M.P Bauduin : Je vous ai un peu répondu avant !?

M. Fels : Oui. Sur le fait que ce n’est pas une obligation d’avoir un diplôme et que ce serait plus de la passion ou…

M.P Bauduin : Oui, ce n’est pas un métier réglementé. Il n’y a pas d’obligations. Vous pouvez dire que vous êtes graphiste demain et personne ne viendra vous dire le contraire. Peu importe la formation. Du moment qu’elle comprend du dessin, de la culture graphique et de la théorie de la communication (générale et visuelle). Cela change tout si on a ce bagage de connaissances ou pas.

M. Fels : Donc, il faut savoir dessiner ? Aimer dessiner et tout ? …

M.P Bauduin : Oui et dessiner, cela s’apprend en faisant un dessin par jour. j’ai vu en atelier Prépa des gens qui sont arrivés et qui ne savaient même pas faire un cercle et, à la fin de l’année, ils étaient excellents dessinateurs.

M. Fels : Il y a des formations « exprès » pour le dessin ?

M.P Bauduin : Alors, la filière classique c’est un atelier préparatoire au concours des écoles d’art. Donc, c’est une petite Prépa au bout de laquelle vous passez les concours des grandes écoles d’art. Après, vous faites votre école qui, normalement, doit fournir des savoirs sur les logiciels, la culture visuelle et la théorie.

M. Fels : Et est-ce-que vous pensez qu’une personne qui, par exemple, utilise un logiciel et qui sait créer des visuels mais qui ne sait pas forcément dessiner, peut-être un blocage dans ce métier futur ?

M.P Bauduin : On acquiert une finesse d’observation et d’acuité visuelle. Vous avez besoin d’avoir un œil – mais cela se fait aussi avec de l’expérience – qui détecte les qualités et les défauts d’un visuel, ne serait-ce que quand vous, vous êtes en train de le faire. Et cela s’acquiert, au départ, par le dessin. C’est vraiment un gros gros plus de savoir dessiner. Il y en a des gens qui ont « décidé d’être graphistes » et qui ne savent pas dessiner (rires). Du coup, on voit des défauts de conception. Leur œil n’est pas assez aigu. Donc, ce n’est pas « il faut » mais ma position serait de dire que c’est nécessaire. Cependant, dans la pratique, il y en a qui s’en passent.

M. Fels : Pour la fibre artistique, c’est important ?

M.P Bauduin : Pour l’acuité de l’œil. Oui.

M. Fels : D’accord. Eh bien, vous avez répondu à toutes les questions. C’est la fin de l’interview et pour finir, la toute dernière question est avez-vous des conseils à donner pour les futurs graphistes ? Enfin, si on décide de devenir graphiste.

M.P Bauduin : A votre avis ? Tout ce que j’ai dit (rires)…

M. Fels : Oui (rires).

M.P Bauduin : Curiosité, curiosité, curiosité. C’est tout. Voir, voir, voir. Se faire un bagage visuel solide.

M. Fels : Donc, il y aurait la curiosité, le côté commercial, la fibre artistique – enfin, c’est ce qui est nécessaire en fait ?

M.P Bauduin : Voilà. Après si vous n’avez pas la fibre commerciale, vous pouvez intégrer une agence et ce n’est pas vous qui ferez la partie commerciale. Par contre, le bagage visuel. Vous devez savoir toutes les connotations de chaque forme, de chaque couleur. En fait, c’est de l’histoire de l’art et le graphisme a toujours été parallèle à l’histoire de l’art, il y a toujours une influence – donc, qui est mineur par rapport à l’histoire de l’art, évidemment – mais, cela a toujours déteint. Donc, déjà, vous pouvez évoquer une époque avec juste un détail, un style de forme. Il faut savoir le dire, savoir le décoder. Et puis, l’histoire de l’art continue de se faire encore maintenant, il faut suivre les influences.

M. Fels : D’accord. Eh bien, nous avons fini cet entretien. En tout cas, je vous remercie, madame Bauduin, de nous avoir accordé cet interview. Merci et je vous souhaite un bon après-midi.

M.P Bauduin : Merci. »

Veselina TONKOVA

Mélissande FELS

Cas de l’association FAM LR

mercredi 11 mars 2015

Logo FAM

I/ Contexte

1/ Présentation de l’entreprise

Morgane a effectué son stage de 6 semaines dans l’association FAM’ (Femmes Actives Mouv’) de Montpellier. Cette association qui existe depuis 3 ans à peu près, s’adresse à toutes les femmes qui souhaiteraient se créer un réseau dans leurs parcours professionnels que ce soit en phase de création d’entreprise, en reconversion professionnelle, en création de projet, ou tout simplement en recherche d’emploi.
L’association est composée d’une présidente, une directrice, une « gestionnaire comptable » (chargé de gérer les comptes des adhérentes au niveau inscription, paiements etc..), une chargée de com et dernièrement d’une bénévole : Claudy.

Dans l’association il y a 3 niveaux d’adhésions (chiffres approximatifs : niveau 1 – 50€ ; niveau 2 – 100€ ; niveau 3 – 200€) avec des avantages différents à chaque niveau.

Le statut de bénévole est assez flou. Pour intégrer l’association en tant que tel, le bénévole doit aussi payer une adhésion de 25€ et est la pour aider la directrice dans toutes les actions et évènements qu’effectue l’association (réunion d’informations, petits déjeuner mensuels, cocktails etc…).

Hiérarchie de l'association

Hiérarchie de l’association

2/ Présentation du Problème de communication

En début d’année, la bénévole a intégré l’association à peu près en même temps que Morgane pour son stage. Le problème est que cette bénévole se permet de participer à des « choses » qui sont réservées aux adhérentes. Par exemple, elle assiste aux cours de communication que l’association mets en place pour les aider dans leurs entreprises, ou aux afterworks qui sont en fait réservés aux adhérentes de niveau 3.

En tant que stagiaire, et donc avec un regard plus extérieur à l’association, Morgane avait déjà remarqué ces petits « débordements », mais n’en avait jamais parlé à la Directrice, voyant que cela ne changeait rien au bon fonctionnement de l’association. Puis, lors d’un petit-déjeuner mensuel, Morgane a entendu 2 adhérentes parler entre elles au sujet de Claudy, ne comprenant pourquoi elle bénéficie d’autant d’avantages (surtout ceux du niveau 3), alors qu’elle n’est que bénévole et ne paie que 25€.

II/ Questions-Réponses

Pourquoi les bénévoles paient pour aider ?

  • Le rôle d’un bénévole est de contribuer au bon fonctionnement de l’entreprise. Donner chaque mois de l’argent permet de participer à la santé pécuniaire de l’entreprise. Mais l’association est très floue sur les missions officielles du bénévole.

Comment Claudy est-elle présentée aux autres adhérentes ?

  • Lors d’une réunion, la directrice l’a officiellement présentée comme une bénévole et Claudy l’a assumée.

Est-ce que les adhérentes savent que Clotilde et Claudy sont amies ?

  • Elles ne sont pas amies. Son statut de bénévole la place comme bras droit de la directrice. Elles sont amenées à être tout le temps ensemble.

Il y a-t-il d’autres personnes proches de la directrice à part Claudy et Morgane ?

  • Il règne une très bonne atmosphère dans l’association, mais sans plus d’affinités. Les adhérentes les plus anciennes sont les plus proches de la directrice mais ne nous pouvons les considérer comme des amies.

La directrice est-elle vraiment au courant des activités de Claudy ?

  • Les workshops sont accessibles par des listes d’inscription. Il existe une traçabilité à laquelle Clotilde a accès. Le réel souci est que Claudy assiste à ses cours sans projet professionnel précis alors qu’il est nécessaire de présenter un dossier pour participer aux ateliers. Elle expliquait en arrivant à l’association, qu’elle est à la retraite et sans petits enfants, qu’elle aspire à des projets d’artisanat en auto entrepreneur.

Comment la directrice fait-elle pour vérifier les niveaux d’adhérents et le respect des avantages ?

  • Clotilde fait un énorme travail de mémoire et vérifie visuellement grâce aux listings d’inscription par rapport au fichier client.

La directrice sait-elle que certaines fraudent ?

  • C’est fort probable mais elle n’a jamais pris de mesures concrètes. Claudy est la seule connue officiellement à frauder.

La comptable ne dit rien par rapport à ces fraudes (dont celle de Claudy) ?

  • La comptable est plutôt une gestionnaire qui fait de la logistique informatique et qui gère les fichiers clients. Elle n’est là physiquement que le mercredi, pour sa réunion avec la directrice afin de réactualiser les fichiers clients (nouvelles, supprimées, changement de niveaux…). Elle n’a aucun regard sur ce que font les bénévoles le reste du temps.

Qui touchent un salaire au sein de l’association ?

– Les seules salariées sont : la présidente, la directrice, la chargée de com que je remplaçais en stage, et la gestionnaire comptable.

Quel rôle a la directrice ?

  • La directrice régit tout, même les stagiaires et les bénévoles. Elle fait absolument tout, sauf quelques signatures dont seule la présidente peut administrer.

Comment Claudy est-elle perçue dans l’association ?

  • Clotilde n’a pas de relationnel avec les adhérentes, elle est plutôt proche des salariées. Je lui parlais souvent, elle l’aidait beaucoup à l’organisation des évènements et nous étions tout le temps ensemble car nous avions les mêmes tâches à effectuer.

III/ Analyse

1/ Remarques des participants

L’ensemble des participants au séminaire a pu définir le type de structure concernée dans ce cas : une structure simple à tendance missionnaire. La directrice exerce un leadership très fort avec une supervision directe grâce à un charisme naturel et une forte personnalité.

La première analyse appréciée des participants fut l’Analyse stratégique par M. Croizier et E. Friedberg.

Ils ont d’abord chercher à connaitre la source du pouvoir dont jouie Claudy. Le fait qu’elle et Clotilde s’entendent bien relève du pouvoir informel. Claudy profite de l’influence de Clotilde pour obtenir une autonomie de décision qui est normalement formelle (Clotilde l’obtient de son poste hiérarchiquement plus élevé). La raison de ce jeu de pouvoir est inconnue, on ne sait pas si Clotilde lui a accordé ce privilège par sympathie due à leur proximité dans leur travail. Ou bien par empathie due à l’âge avancé et à la situation précaire de Claudy.

Ensuite, l’ensemble des participants a pris en compte la 4ième source d’incertitude énoncée par ces auteurs, qui est liée à la connaissance (d’absence) de règles organisationnelles. En effet, il n’existe aucune règle qui interdit aux bénévoles d’assister aux cours. Il n’existe aucun code explicitant le rôle exact du bénévole dans l’association. Ainsi, Claudy peut jouir d’une large marge de manœuvre lui permettant d’aller d’un niveau à un autre sans que personne ne puisse la réprimander sans être sûre d’être dans ses droits, ce qui est très envié des autres adhérentes.

La seconde analyse fut celle des Mondes de la justifications par L. Boltanski et L. Thévénot. Le sentiment d’injustice est exposée sur la place publique qui, ici, peut être symbolisée par la réunion officielle durant laquelle deux adhérentes se sont explicitement plains de ce problème.

En effet, les adhérentes appartiennent au Monde civique. Elles sont animées d’un sincère rejet de l’individualisme et de l’attrait égocentrique d’une personne à vouloir s’attirer des bénéfices pour son seul intérêt. Elles réclament justice, elles se sentent déçues de voir quelqu’un obtenir gratuitement des privilèges auxquels elles n’ont pas droit. Pour elles, le respect de la réglementation est une valeur essentielle. Claudy devient ainsi la représentante d’une faille dans un système basé sur la justice et l’égalité. D’aucuns pensent que cette faille est du à trop peu de salariés pour une trop grosse masse de travails. Clotilde devient ainsi dépendante à Claudy pour sa contribution et ferme les yeux sur les infractions qu’elle commet.

A ce monde s’oppose celui de l’inspiration qui caractérise Claudy. Elle nourrit des projets d’artisanat en auto entrepreneur et ne souci guerre des réglementations ou de l’opinion des autres. Son but est de réussir à concrétiser ses desseins de reconversion sans passer par « la voie traditionnelle » à laquelle les adhérentes ont dû se plier. Mais le monde du génie créatif n’a que faire des responsabilités et de comptes à rendre. Cet égocentrisme n’a pas donné bonne presse à Claudy dans l’association, sauf auprès de la directrice qu’elle considère comme son mentor.

2/ Retour du Narrateur

Ce que je trouve inquiétant c’est que cette situation soit le début d’un gros problème par la suite dans l’association. Il y a en effet ici un problème de territoire créant un jeu de pouvoir qui est en fait causé par la proximité entre la directrice et Claudy. Il n’y a pas d’empathie lié à l’âge ici car elles sont à peu près de la même génération mais il y en a peut-être effectivement au niveau la situation précaire de la bénévole. D’autre part il m’est difficile de croire qu’il s’agit juste de sympathie des deux cotés.

Je suis d’accord avec le fait que Claudy joue sur l’absence de règles claires et concise pour pouvoir jouir d’une marge de manœuvre.

Effectivement, l’analyse par les mondes appuie bien mon avis; elle profite clairement de sa position, afin de se nourrir de tout ce qu’elle peut prendre en déjouant les règles, face à des adhérentes éprouvant un sentiment d’injustice.

 

3/ Retour du Rapporteur

Une première personne remet en question la légitimité d’un « bruit de couloir », car les deux personnes que le narrateur a entendu se plaindre de Clotilde n’étaient peut-être qu’un phénomène isolé et non une partie émergée de l’iceberg.

Cette remarque fut très controversée, chaque participant allant de débats personnels avec leur voisin de table. Les uns pensant que deux personnes ne suffisent pas à prouver qu’un problème de communication existe. Les autres clamant que ces deux personnes sont représentatives d’un sentiment grandissant dans le cœur de toutes les adhérentes, qui n’ira pas en s’arrangeant.

Une autre participante met fin au brouhaha peu productif et essaie de synthétiser la cause de cette tension pour que tout le monde s’y retrouve : c’est un problème de territoire. Clotilde ne respecte pas les niveaux bien délimités et empiète sur des espaces où elle n’a pas sa place.

Mais ce problème a une origine encore plus lointaine. La cause de cette usurpation de niveau est indépendante de Clotilde. Elle est due à une absence de règle à ce sujet. Clotilde ne fait qu’exploiter la zone d’incertitude offerte par l’association. Ainsi sa marge de manœuvre ne peut être effacée ou officiellement réprimandée.

Ainsi, un participant essaie de proposer une solution pour éradique cette dite zone d’incertitude. En effet, il existe un flou informationnel sur le rôle et le niveau d’un bénévole. Ici réside la première zone d’incertitude à l’origine de toutes les autres. Peut-être faudrait-il donner des avantages au Niveau Bénévole car il n’en a aucun.

Cette idée est immédiatement réfutée par un autre participant qui rappelle qu’un bénévole travaille sans attendre en retour, c’est la définition même de son rôle.

Une étudiante recentre le débat sur la situation de communication et essaie de trouver une autre raison à cette marge de manœuvre dont joui Clotilde. Peut-être qu’une entente préalable et officieuse a été conclue entre elle et la directrice ?

Un autre étudiant prend le problème sous un autre angle et propose une autre version : peut-être que Clotilde et la directrice ont un accord tacite de souplesse sur les niveaux due à une compassion de la directrice pour l’âge avancée de cette dernière ?

Mais peu importe laquelle de ces version est la bonne, un étudiant rappelle une conséquence qui ne peut être ignorée : Clotilde est privilégiée. Ce qui, sans surprise, n’est pas acceptée des autres participantes. Elles ressentent de l’injustice et de l’incompréhension envers ce traitement de faveur auquel elles n’ont pas droit.

Pourtant une étudiante remet en question la légitimité de cette injustice. Clotilde est particulièrement active dans l’association. Considérée comme le bras droit de la directrice, son investissement humain est indispensable au bon déroulement de l’organisation. De plus, c’est elle qui injecte 25 euros mensuellement afin de s’assurer de la santé pécuniaire de l’association. Alors, la directrice est-elle vraiment perdante de laisser sa bénévole assister à quelques cours quand elle lui apporte de l’argent et du temps humain précieux en retour ?

Cette hypothèse est appuyée par un autre participant pour lequel le nombre d’employé au sein de l’organisation est trop peu élevé pour la masse de travail qu’elle engendre. Ce qui pourrait avoir contribué à créer la zone d’incertitude. Et pourquoi pas ajouter un poste officiel de logistique pour soulager la directrice de cette dépendance à une bénévole pour toute cette masse de travail ?

Ainsi, chacun aurait sa place et les postes seraient plus clairement définis et les zones d’incertitudes supprimées. La préconisation serait d’officialiser des avantages disponibles pour un bénévole afin que chacune s’y retrouve.

Une autre préconisation, dérivée de celle-ci serait possible selon une étudiante : sans parler de chambouler toute l’organisation et la hiérarchie interne de l’association avec l’ajout d’un poste et le transfert de responsabilité. Peut-être la directrice pourrait-elle simplement clarifier, par le biais d’une réunion par exemple, le rôle de chacun et les bénéfices auquel il a droit ou non et pourquoi.

4/ Retour de l’Observateur

Lors de l’oral, pendant la première phase, les membres de l’auditoire adoptaient une position ouverte. Ils étaient tous à l’écoute et manifestaient des signes de compréhension sur la situation (gestes pour acquiescer notamment).
La phase de débat quand à elle a prit un peu de temps à démarrer. Au début un leader s’est distingué avec des réflexions pertinentes qui ont pu par la suite lancer la discussion générale entre tout les membres de l’auditoire.

La narratrice elle au début était un peu stressée. Elle avait les jambes et les bras croisés mais s’est finalement sentie plus à l’aise par la suite en adoptant une position ouverte. Elle effectuait de nombreux gestes rythmiques avec les mains mais aussi parasites (stylo dans les mains servant probablement à gérer le stress probablement). Son élocution était correcte et son niveau de voix était clair.

 

 

Morgane CHARINI (Narrateur)

Charlène EPIFANIO (Rapporteur)

Marjorie MOSIN (Observateur)

Interview de Monsieur Romain Davignon, co-fondateur de 100% Made in France et directeur général du Groupe Alternative à Montpellier, France.

samedi 23 novembre 2013

bandeau entretien bon

Le lundi 4 novembre 2013, nous nous sommes rendues à l’agence du Groupe Alternative, qui se trouve à Montpellier, pour réaliser notre entretien avec Monsieur Romain Davignon, le directeur général de cette agence de communication. Il nous a reçu dans une salle à part et a répondu à toutes nos questions avec intérêt, enthousiasme, et parfois même humour, pendant près d’une demi-heure.

Bonjour Monsieur Davignon, nous sommes étudiantes en première année de licence Infocom à l’université Paul Valéry, dans le cadre de notre cours de Projet Professionnel Personnalisé nous devons réaliser un entretien avec un professionnel de la communication. Le but de cet entretien est que vous nous présentiez votre métier, les différentes structures au sein desquelles vous travaillez ainsi que le domaine de la communication en général. Nous devrons retranscrire cet entretien sur le blog avant le 25 novembre. Est-ce que nous pouvons filmer pour faciliter la retranscription? Nous aurons également une présentation orale, est-ce que vous nous autorisez à passer certains passages de cet entretien devant la classe ?

Si j’avais su que j’étais filmé, je me serais fait beau ! (il rit)

Monsieur Davignon, vous êtes directeur général chez Groupe Alternative, co-gérant  chez Understand, co-gérant chez Résocom, co-gérant chez Ministry Event et co-fondateur de 100% Made in France, quel a été votre parcours pour en arriver là ?

J’ai passé un BTS de communication des entreprises, après un bac action co et après j’ai eu un passage dans le monde du syndicalisme patronal. Je m’occupais de l’UNOSTRA, le syndicat des transporteurs routiers, et ensuite de la Confédération générale des petites entreprises, dans laquelle nous avons monté un programme d’aide à la reprise d’entreprises. Une société de communication s’est présentée dans ce processus-là, et du coup, ça a été une opportunité pour moi de racheter une entreprise.

Quelle a été la première entreprise que vous avez rachetée ?

C’était FMC Communication, et je suis parti il y a maintenant… quatre ans, pour créer le Groupe Alternative.

Donc ça a été votre premier emploi ?

Non non puisque j’ai d’abord été secrétaire général de l’UNOSTRA.

Quelles compétences acquises durant vos études réutilisez-vous aujourd’hui dans votre vie professionnelle ?

( Il rit) Il va falloir couper là je crois ! Euh… Compta et gestion, mine de rien c’est des bases qui sont importantes, après la créativité, en tout cas en ce qui concerne le monde de la communication, je ne suis pas tout à fait sûr qu’elle s’acquiert à l’école… après il faut être créatif et imaginatif, là, je pense que c’est plutôt de naissance en tout cas, et il faut également une culture générale globale à la base.

La créativité, pour moi, elle s’acquiert au fur et à mesure des sujets et des opportunités qu’on a à gérer et puis surtout, de l’attitude du client qu’on rencontre, puisque vous avez des clients qui vous permettent d’être créatifs et d’autres, au contraire, avec qui il faut rester vraiment dans le cadre qui est prédéfini. Donc ça, ce sont des matières qu’on n’apprend pas vraiment à l’école.

Après, en ce qui concerne les matières qui me servent aujourd’hui, il y a l’économie, qui permet, je pense, d’avoir une vision un petit peu plus macro de l’environnement économique dans lequel on vit… Et puis c’est à peu près tout. Le reste s’apprend pas mal sur le tas je pense.

Vous dites « sur le tas », avez-vous justement pratiqué des stages dans des entreprises, durant vos études, qui vous ont permis d’acquérir justement ces compétences ?

Oui, j’ai fait des études en alternance. Pour moi en tout cas, c’est un très très bon moyen d’être confronté déjà rapidement à une réalité du travail et du monde économique, et ça permet en parallèle d’avoir un cursus scolaire qui continue de donner certaines bases.

Quel est votre rôle exactement au sein des différentes agences dans lesquelles vous travaillez ?

Alors le gérant est un peu polyvalent, on doit être aussi bien présent dans des postes tels que le social, la comptabilité et la gestion, que la création, le commercial, qui est aussi une partie importante. Donc il faut être polyvalent en tant que gérant. Mon travail au quotidien, c’est un peu de chapeauter différents postes, qu’ils soient sociaux administratifs, comptables ou commerciaux.

Aujourd’hui on est deux associés sur le groupe Alternative. Morgan GRIFFON, qui est mon associé, gère vraiment toute la partie commerciale et développement, et c’est moi qui gère plus la partie compta gestion ainsi que la partie créativité, création.

D’accord, et quelle partie préférez vous donc entre la partie compta-gestion et la partie créativité création ?

Les deux sont agréables… le regret que j’ai aujourd’hui sur la partie commerciale, puisqu’on travaille en B to B* quand on est en agence, c’est ce rapport à l’argent et au prix, et malheureusement le contexte économique fait que du coup, on ne vous juge plus vraiment sur la créativité.

*Le commerce B to B (business to business) ou commerce inter-entreprises désigne les échanges de biens et de services réalisés entre les entreprises.

Donc quand vous avez acheté cette entreprise, Groupe Alternative, vous l’avez fait avec votre associé ?

Non je ne l’ai pas acheté avec mon associé, je l’ai créé tout seul. Ensuite Morgan m’a rejoint, en tant qu’associé, et on a procédé à ce qu’on appelle une « augmentation de capital » pour qu’il puisse avoir un certain nombre de parts au sein du capital social.

Tout à l’heure, vous avez cité un certain nombre de structures, aujourd’hui, on est en train de les absorber au fur et à mesure sur le groupe, donc à terme il n’y aura que deux structures qui continueront à exister, qui est « Groupe Alternative » et « 100 % Made in France ». Pour la seule bonne raison que nous sommes des PME, qu’à la base on était partis sur ce système à plusieurs structures spécialisées dans chaque domaine et que le coût de vie d’une entreprise, quand vous additionnez les frais bancaires, des assurances, de comptabilité et de gestion, sur une multitude de petites structures, au final, vous ne bénéficiez pas du tout d’économie d’échelle*, et aujourd’hui la logique la plus intéressante est de tout recentrer sur Groupe Alternative, garder 100% Made in France indépendante, parce que c’est vraiment une activité un peu à part, et puis parce que j’ai des convictions personnelles. Du coup voilà, en gros, on recentre tout sur Groupe Alternative. Pour être plus fort, pour avoir plus de chiffre d’affaire sur la structure, pour avoir des bilans plus costauds quoi.

*Economie d’échelle : Une économie d’échelle correspond à la baisse du coût unitaire d’un produit qu’obtient une entreprise en accroissant la quantité de sa production. On parlera ainsi d’économie d’échelle si chaque bien produit coûte moins cher à produire lorsque les quantités produites ou vendues augmentent.

Donc c’est le prix que vous envoyez à la fin qui compte ?

Et bien de plus en plus ! Le prix final est important, donc si on veut avoir des bons prix, il faut penser à avoir des structures qui sont le plus économique possible, et si vous multipliez les structures vous multipliez les coûts vous diminuez vos chances d’être compétitifs.

Que pouvez-vous nous dire de plus au sujet du Groupe Alternative ? Au niveau de l’activité, de la structure, du nombre d’employés…

Alors, Groupe Alternative c’est une société qui est en plein développement, qui devrait atteindre les neuf cent mille euros cette année de chiffre d’affaire, avec une petite équipe d’une dizaine de personnes. Chacun a des compétences, des qualités différentes, et il y a un grand développement sur la partie stand et agencement, qu’on avait peut être un peu moins avant, et on continue toujours à développer l’événementiel qui est un secteur sur lequel on est assez connus, et puis la partie com-créa qui continue de se développer gentiment, je dis gentiment car, sur la partie design notamment, il y a aujourd’hui un marché qui est saturé de Free-lance* et de créatifs en design qui fait que les prix pratiqués, ne permettent plus vraiment d’être compétitif en agence.

*Free-lance : personne qui exerce sa profession de manière indépendante.

Qu’entendez-vous pas « ne permet plus d’être compétitif en agence » ?

Vous avez aujourd’hui un jeu de l’offre et de la demande qui est inversé, vous avez beaucoup plus d’offres de designer free-lance qui sont dans leur coin ou qui travaillent en groupe ou qui se sous-traitent auprès d’agences et donc qui vous permettent de moins en moins d’avoir des salariés et de pratiquer des prix compétitifs. Aujourd’hui les conditions font qu’un salarié que vous allez rémunérer mille-cinq, mille-six ou mille-sept en euros en fonction de ses compétences nettes, c’est quelqu’un qui va vous en compter le double. Aujourd’hui il y a tellement de graphistes free-lance qui démarchent les clients qu’avant de rendre rentable un graphiste en interne ça devient compliqué.

Donc en fait, le secteur de la pub est saturé ?

Le secteur de la pub n’est pas forcément saturé, le secteur de la pub, comme beaucoup de secteurs, est un secteur qui évolue et auquel il faut s’adapter. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, peut-être l’une des solutions est d’avoir cinq, six créa en interne et trois, quatre ou cinq free-lances qui vont avoir des pâtes artistiques différentes et qui vont pouvoir mieux s’adapter aux attentes du client. Donc, c’est vraiment une phase qu’on est en train de prendre et, aujourd’hui, pour un client qui veut un prix et une exécution rapide, on a des free-lance qui correspondent à ça, pour un client qui veut une recherche plus créative, partir sur des pistes un peu manga, on a des free-lances un peu plus spécialisés là-dedans… donc on va aller piocher les compétences et la créativité là où elles sont.

Donc vous préférez tout avoir ?

Disons que si on a tout, on est plus tout petit.

En effet… Quel est votre point de vue sur le futur des métiers de la communication ?

(Il regarde en l’air, hésite) C’est une bonne question ça ! Euh … alors, il y a une logique mais c’est pas celle qui est de mon point de vue, en tout cas, on essaye de se battre un petit peu contre ça, notamment avec 100% Made In France, puisque moi je pars du principe que si je veux pouvoir manger à la fin du mois, il faut que les gens avec qui je travaille aient moyen de consommer chez moi. Pour qu’ils aient moyen de consommer chez moi, il faut qu’ils créent des emplois, qu’ils travaillent sur le territoire français et malheureusement aujourd’hui on arrive aussi bien dans le développement web, que dans le stand, que dans le design, à avoir des sous-traitants de Bagdad ou des sous-traitants turcs, tunisiens qui travaillent à 300 euros par mois… Donc peut-être qu’une des solutions aujourd’hui, c’est de faire appel à ces pays-là sur demande de sous-traitance de travail, à des prix défiants toute concurrence, donc ça en France on ne peut pas assumer à cent pour cent. Moi je reste convaincu qu’aujourd’hui, c’est pas une solution d’aller sous-traiter à l’étranger. Le made in France et le côté qualitatif, à mon avis, ont encore un peu d’avenir devant eux, et on va privilégier peut-être moins la quantité mais plus la qualité à des prix d’un bon rapport qualité prix.

Aujourd’hui, il y a quand même une mutation qui est en train de se passer, c’est que de très grosses agences se voient avec des budgets réduits donc pour arriver à maintenir leurs petites affaires ça devient compliqué, et les plus petites agences comme les nôtres, les agences à tailles humaines, commencent à avoir des demandes de prix de la part des grosses structures, pour réduire leurs coûts elles aussi. Donc voilà, je pense qu’il faut maîtriser la créativité en interne et appliquer une politique de tarifs relativement cohérente.

Est-ce qu’il y a de la demande pour 100% Made in France ?

Alors 100% Made in France n’est pas une agence de com’, c’est un média qui nous permet de communiquer sur les entreprises qui fabriquent en France. Donc il faut différencier le média de l’agence de pub, l’agence de pub est là pour créer, le média est là pour diffuser. Donc nous, 100% Made in France, c’est clair que c’est devenu un outil lobbying qui nous permet, en seul en clic, de toucher soixante à soixante-dix mille internautes tous les mois sur le site Internet.

« Soixante à soixante-dix mille internautes tous les mois », cela signifie-t-il que les gens sont de plus en plus intéressés par les produits français ?

Alors là on sort du contexte du marché de la com’, si on parle de l’économie en général, je pense effectivement que les gens ont enfin compris qu’il faut consommer local s’ils veulent garder un certain pouvoir d’achat et s’ils veulent préserver leur emploi. Moi, les gens qui, à un moment donné m’ont donné envie de créer 100% Made in France, ce sont les cgtistes comme Bernard Thibaut que je voyais manifester dans la rue contre la délocalisation et qui sont habillés chinois de la tête aux pieds… donc à un moment donné, ces gens là, il faut qu’ils se posent les bonnes questions. Ce n’est pas en voulant toujours acheter moins cher que l’on augmente le pouvoir d’achat, au contraire, c’est en achetant moins cher que l’on détruit le pouvoir d’achat.

Effectivement… Donc vous nous avez parlé de votre parcours, du Groupe Alternative, de 100% Made in France et des motivations qui vous ont conduit à créer ce média, à présent, pouvez-vous nous faire une petite présentation de Réseau’Com s’il vous plaît ?

Alors, Réseau’Com c’est une société qui est complètement absorbée par Groupe Alternative, et qui, aujourd’hui, n’a plus de statut social à cent pour cent. Le travail de Réseau’Com est de vendre de l’espace publicitaire sur des médias. Donc aujourd’hui on travaille sur deux médias, sur le média 100% Made In France, qui nous appartient à cent pour cent, et on travaille sur un média qui relève de la CAPEB qui est une lettre  d’informations patronale liée aux métiers de l’artisanat. Voilà, donc là notre travail c’est de mettre à disposition de nos clients, qui sont des éditeurs, une force commerciale qui prospecte et qui lance des espaces publicitaires, ou qui négocie des partenariats, ou ce genre de choses. Donc c’est une force commerciale qu’on met à disposition du monde de la communication et de l’édition.

D’accord, et au sujet de Ministry Event, que pouvez-vous nous dire ?

Ministry event c’est maintenant une marque du groupe spécialisée dans l’organisation d’événements. Événements uniquement professionnels, nous ne travaillons pas avec les particuliers. Le premier métier est vraiment de créer des événements liés à une cible, à des budgets, des contraintes données par le client. Nous allons aussi bien faire du street-marketing*, que des roadshows*, des organisations de séminaires, des anniversaires d’entreprises, des lancements de produits.

Nous avons une particularité par rapport à nos concurrents, c’est que nous sommes autonomes avec un parc matériel pouvant accueillir deux cents à trois cents personnes. C’est à dire qu’on possède nos propres structures en aluminium, nos propres spots, nos systèmes sons. Nous avons même notre propre dôme géant gonflable qui fait quatre cents cinquante m² au sol nous permettant d’avoir une salle de réception qu’on peut mettre à la disposition de nos clients.

    * Street-marketing : Le street marketing est une technique marketing qui utilise la rue et les lieux publics pour promouvoir un évènement, un produit ou une marque.

Le street marketing utilise généralement l’événementiel, de la distribution de tracts ou flyers ou différentes formes originales d’affichage.

    * Roadshow : Un roadshow est une suite de présentations de nature commerciale ou financière qui s’effectuent dans un nombre limité de grandes villes et auxquelles participent généralement des hauts dirigeants de l’entreprise concernée et des experts du domaine.

Comme pour le lancement de la nouvelle BMW ?

Oui, vous y étiez ?

Non nous avons seulement vu des vidéos sur Internet, mais nous aurions bien aimé y être. En général, combien faut-il de temps pour créer un événement comme celui-là ?

Dans l’idéal, il nous faut 3 mois, la réalité fait qu’on a deux mois. Cela peut aller très très vite, sur des événements comme ça où nous sommes complètement autonomes, il y a des délais incompressibles liés à l’envoi des invitations notamment. On ne peut pas vous donner des délais précis pour certains événements il vous faut trois mois, d’autres il faut trois jours… Il y a des clients qui nous appellent le lundi pour le jeudi. On arrive à booker des hôtesses, imprimer des flyers s’ils sont déjà conçus, faire quelques t-shirt ; ce sont des choses qui peuvent se faire rapidement.

Je ne peux donc pas vous donner un délai précis, en général plus le budget est gros, plus l’événement est lourd donc plus le délai est long. Aujourd’hui par exemple on travaille pour des événements qui vont avoir lieu au mois de mai, mi juin 2014.

Vous pouvez nous parler un peu des projets à venir ?

Oui, il y a un gros séminaire qui s’appelle le « Club élite » pour le groupe BERTO à Avignon. On réalise un séminaire pour deux cent personnes avec des animations et des réunions de travail.

Nous avons aussi un gros événement national pour Parmentier qui est sur le thème de la pomme de terre, avec un concours d’épluchage de pommes de terres.

Et puis on a des petites soirées, des plus petits séminaires et on va recommencer la saison des plages car nous travaillons pas mal avec des plages privées.

Une fois qu’un événement est fini, que ressentez-vous ?

Du soulagement ! (il rit) Non c’est vrai que l’événementiel ça a ce côté « live » qu’on ne retrouve pas dans les créations papier ou dans les sites internet. Un événement, vous l’imaginez, vous le schématisez, vous concevez des heures en amont, de A à Z, 24h/24. A l’instant D vous soufflez. C’est une libération, tout le monde s’amuse, tout le monde en profite, ça a un coté excitant…Mais quand c’est fini, il faut ranger. (rires)

Vous parliez de créativité par rapport au client, justement comment arrivez vous à cerner les attentes de vos clients ?

(du tac au tac) L’écoute. Je crois que l’écoute c’est la clé de tout. Si vous écoutez un client, c’est lui qui va donner les solutions au final dans beaucoup de cas. Mais l’écoute est très importante. D’ailleurs l’écoute que vous pratiquez, l’écoute active, c’est à dire que vous notez en même temps que je parle, c’est une des clés je pense pour ne pas se louper, parce que quand un chargé de projet est en rendez-vous avec un client, il va noter au fur et à mesure les attentes et les éventuelles remarques du client et cela va permettre en interne de pouvoir faire des offres adaptées. Si on retient tout dans la tête, quand on va retranscrire en réunion on va oublier la moitié des choses et si la personne ne note pas l’ensemble du contenu va elle aussi oublier des choses ce qui fait qu’à la fin vous arrivez à quelque chose qui est complètement hors sujet.

Donc l’écoute est une qualité requise dans ce métier, quelles sont les autres qualités nécessaires pour ce travail ?

(Il soupir et rit) Il faut plein de qualités. Effectivement l’écoute c’est important après vous avez aussi la raison qui est importante car si vous proposez des propositions que ce soit au niveaux des médias ou de la créativité qui sont complètement hors budget ou complètement provoc’ alors que quelqu’un veut quelque chose de plus institutionnel vous n’êtes pas bon dans votre métier.

Après, la rigueur, je pense que c’est super important car on travaille quand même avec des deadline* et des dates qu’il faut respecter. Si vous envoyez votre créa avec trois jours de retard, elle n’est pas dedans et c’est pas bon alors il faut de la rigueur.

* Deadline est un mot anglais pouvant signifier en français date limite, échéance, date de tombée (dans le monde des médias), date de clôture,

Et puis surtout, je pense qu’il faut arriver à trouver un bon mix de ça, et arriver à rester objectif. C’est à dire qu’il ne faut pas oublier qu’on ne communique pas pour faire plaisir à son client, mais pour faire plaisir à ses clients à lui. Et ne pas oublier que quand on présente quelque chose on ne le présente pas pour faire plaisir à la personne qui est en face de nous mais pour faire plaisir aux gens qui sont ses clients. Il faut réussir à se projeter et pour ça il faut savoir chercher les informations dans les bons endroits.

Très bien. Est ce que maintenant vous pouvez nous décrire une journée type ?

(Il sourit) Il n’y a pas trop de journée typique en fait. Non non, il y a des journées types, il y a quelque chose qui est hyper important. On va prendre une journée comme le lundi par exemple où nous ferons un point commercial, un point de gestion et un point de création. C’est à dire, que l’on fait un point avec les différentes équipes avec mon associé et notre comptable sur les entrées et les sorties financières qui sont à exécuter tous les mois. Et puis toute la partie administrative qui mine de rien dans une société comme la nôtre est relativement complète. Après, il y aussi un point à faire avec les pôles créatifs et les chargés de projet pour voir d’un côté où on en est sur le propositions en cours et d’un autre côté sur les propositions à signer ou à réaliser, donc ça c’est un point de production. Et puis, il y a un point commercial à faire avec les équipes de commercialisation, que l’on appelle chez nous, les « chefs de pub » pour voir où ils en sont pour le chiffre d’affaires, est ce qu’il y a des attentes client ou des remontées qui sont à prendre en compte. Donc ça c’est un point important le lundi matin.

Bon, le lundi midi on mange avec mon associé, on en profite un peu pour faire un point du week-end et de ce qui va se passer le reste de la semaine. Et puis ensuite on est vraiment dans la partie production parce que l’après midi, on fait des brainstorming, c’est à dire que quand un dossier arrive on se réunit toujours à deux , trois ou quatre, ça dépend de la taille du dossier et des compétences qui sont à y intégrer, pour réfléchir à plusieurs sur les axes importants. Donc là, tout le monde jette ses idées, tout le monde discute du dossier et puis le chef de projet du dossier, une fois qu’on est sortis de cette réunion, prépare le brief* à réaliser.

*Brief : (ou briefing) Exposé précis, écrit ou oral, jetant les bases d’un problème ainsi que les objectifs à atteindre. Il peut éventuellement prendre la forme d’une réunion d’information, en vue d’échanger des idées.

Et d’après vous quels sont les inconvénients du métier ?

Il y a peu de visibilité financière, c’est à dire qu’il est rare qu’une agence de communication garde un client dix ans ou quinze ans. C’est encore plus rare que sur nos typologies d’entreprises on ait des contrats sur deux-trois ans d’un montant suffisamment élevé. On travaille pas mal avec des remises en concurrence régulières. Ce qui est logique, d’un côté parce que peut être plus on est immergé dans une entreprise, moins on devient créatif, puisqu’on à moins de recul. Donc ça c’est un des points que je trouve assez pénible… mais qui fait partie de la règle du jeu.

Après ce que je trouve un peu dommage, c’est cette trop grosse palette d’offres qui existe, on est vraiment nombreux dans ce métier et chaque entreprise dans le métier a une typologie différente. On peut partir de l’auto entrepreneur passant par le petit studio graphique comme des moyennes, des grosses ou des très grosses structures. Parfois les clients vous consultent mais ils ont consulté un free-lance et un très très gros donc il n’y a pas de prix exact, il n’y a pas de grilles de tarif. Il y a ce côté un peu flou qui peut parfois être fatigant.

Vous nous avez parlé des inconvénients, maintenant que pensez-vous des avantages de ce métier ?

En tant que chef d’entreprise, on organise nous journées comme on en a envie. Ensuite il y a un côté un peu « fun » dans la communication ou on peut se permettre de ne pas porter de cravate, porter un baggy… Voilà nous ne sommes pas jugés comme des fonctionnaires dans un bureau qui ont une tenue type. C’est ça que je trouve bien dans ce métier, c’est que chacun peut être qui il est et tu n’as pas de préjugés là-dessus, tu n’as pas de gêne.

Il y a un autre point aussi qui est cool, c’est qu’on peut être jeune. On peut être jeune et créatif. On peut être sérieux et obtenir des contrats, des marchés… tout en étant jeune et ce n’est pas un métier ou l’âge est une barrière.

Et puis la diversité, on travaille avec des gens qui sont autant dans le domaine médical que celui des plages privées, donc c’est quelque chose qui est sympa.

Quels sont vos projets futurs ?

Partir 10 ans en vacances (il rit) On a des projets de déménagement pour 2014 en Normandie, donc un peu de croissance. Comme je vous l’ai expliqué, absorber tout le groupe sous une seule et même structure pour éviter de multiplier les frais. Nos perspectives pour 2014 c’est aussi de commencer à travailler avec des marchés publics et des institutions. Donc on a commencé les démarches commerciales nécessaires en 2013 et j’espère qu’en 2014 on aura des contrats là-dessus.

On vous le souhaite en tout cas ! Pour conclure, si vous aviez un conseil à nous donner en tant qu’étudiantes en communication lequel serait – il ?

Un conseil à vous donner ? Restez vous même. Parce que déjà on ne change pas les gens et si vous êtes vous-même avec des idées qui plaisent et que vous arrivez à les faire passer, vous allez vous régaler. Ceux qui arrivent chefs de la com’ c’est ceux qui ont des personnalités différentes donc rester soi-même.

D’accord… je vais maintenant faire une synthèse des principaux points que nous avons abordé. A la fin de celle-ci, je vous redonnerai la parole pour m’assurer que je n’ai pas trahi vos propos.

Donc tout d’abord, concernant votre parcours, vous nous avez dit que vous avez fait BTS de communication des entreprises en alternance, après un bac action co et après vous avez eu un passage dans le monde du syndicalisme patronal. Votre premier emploi a été secrétaire général de l’UNOSTRA. Puis lorsque vous vous êtes occupé de la Confédération générale des petites entreprises l’opportunité de reprendre une entreprise s’est offerte à vous. Ainsi, vous avez racheté l’entreprise FMC Communication que vous avez quittée il y a quatre ans pour créer le Groupe Alternative.

Concernant le Groupe Alternative, vous l’avez créé tout seul, puis Morgan GRIFFON est devenu votre associé. Vous projetez aujourd’hui de tout recentrer sur Groupe Alternative et 100% Made in France, ainsi toutes les autres structures telles que Réso’Com, Ministry Event…, que vous nous avez présentées, vont être absorbées par le Groupe Alternative.

Au sujet de votre métier, vous nous avez cité les avantages, les inconvénients, les qualités requises comme l’écoute et la rigueur et décrit une journée type telle que le lundi. Vous nous avez également expliqué les motivations qui vous ont incité à créer le média 100% Made in France et donc vous nous avez clairement exposé votre opinion sur le fait qu’il est préférable de « consommer local » pour éviter la destruction du pouvoir d’achat.

Tout au long de l’entretien vous avez évoqué les différents secteurs de la communication en donnant certaines caractéristiques, comme le temps qu’il faut pour réaliser un événement tel que le lancement de la nouvelle BMW ou l’évolution perpétuelle du secteur de la pub. Enfin, vous avez conclu l’entretien en nous conseillant de « rester nous même » car selon vous, c’est la personnalité qui est importante en communication.

Voilà, avez-vous des remarques, des choses à ajouter ou à corriger ?

Non, c’est tout à fait ça, vous avez tout récapitulé.

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez accordé pour répondre à toutes nos questions avec autant d’intérêt. Nous vous enverrons la retranscription de cet entretien le mercredi 13 novembre pour que nous puissions le publier sur le blog avec votre validation. Pourriez-vous nous donner votre adresse mail s’il vous plaît?

Oui pas de problème, romain@ga-communication.com.

Cet entretien avec Monsieur Davignon s’est très bien déroulé. Nous avons les réponses aux questions que nous nous posions au sujet des différents secteurs de la communication comme l’événementiel, la pub ou le côté marketing de la com’. Il nous a également fait partager son avis sur les qualités requises pour travailler dans le secteur de la communication et donné certains conseils que nous écouterons et essayerons de mettre en pratique. L’intérêt qu’il a porté à nos questions et les réponses détaillées et riches d’informations qu’il nous a données ont favorisé notre attitude d’écoute, nous avons essayé de prendre en compte autant le contenu de ce qu’il nous a dit, que les attitudes, gestes et expressions du visages qui accompagnaient ces informations. Monsieur Davignon semblait détendu, il n’avait pas de mimique particulière qui pouvait traduire une certaine gêne ou un certain stress, il a gardé la même position tout le long de l’entretien, les mains posées sur la table. Cette interview a donc été très intéressante pour nous, autant au niveau théorique que pratique.

Cet entretien a été réalisé par Coline LACATENA, Natacha RICORDEL et Myriam BOUYKHAF, étudiantes en première année de licence information communication. Le 04-11-2013 à Montpellier.

Interview community manager : Mireille PIHA, chargé de communication interne et externe dans une agence d’assurance pour les motards : « agence mutuelle pour motard »; en France, à Montpellier.

jeudi 21 novembre 2013

Nous avons demandé l’accord de la professionnelle, pour pouvoir enregistrer l’interview en respectant la charte déontologique. Nous lui avons précisé que l’interview se passe dans le cadre du projet professionnel personnalisé organisé par l’université Paul Valéry et qu’elle serait publiée sur le blog de la licence « information et communication » et qu’elle serait vue par les étudiants et les enseignants de l’université. Nous sommes dans la boulangerie à côté de l’université. Nous allons interviewer Mireille PIHA, qui travaille en Communication interne et externe dans une agence d’assurance pour les motards. Il est environ treize heures quand l’interview commence. L’entretien a eu lieu le onze octobre deux-mille treize et à duré vingt-sept minute. Nous avons utilisé nos téléphones pour enregistrer l’entretien. Nous nous sommes partagé les rôles Dorilys posait les questions, Léa et Valentine prenaient des notes.

Dorilys : Bonjour, je suis Dorilys.

Mireille : Bonjour, Mireille, enchantée.

D : Pour commencer, pouvez-vous me décrire le rôle de Community Manager dans l’entreprise ?

M : C’est une excellente question car, aujourd’hui, il n’y en a pas. Effectivement, on a développé beaucoup de supports en ligne, on a un site internet, on a un facebook, un twitter, on a différentes pages sur des manifestations particulières, mais c’est plutôt la communication externe qui s’en occupe ; et par ailleurs on a un intranet, ce qui est plus mon domaine, parce que je m’occupe de la communication interne.

D : En quoi consiste la communication interne ?

M : C’est un très grand sujet, disons que les objectifs ambitieux c’est de participer à fédérer les collaborateurs autour de la culture d’entreprise, de faire vivre cette culture d’entreprise, évidemment de diffuser de l’information et de l’accompagner pour faciliter l’appropriation et donner du sens à l’activité de chacun. L’entreprise a des grands objectifs, elle mène des projets, on se demande comment naissent les projets, comment chacun va y contribuer pour que les collaborateurs, dans son métier propre, puissent s’y retrouver, bien comprendre où on va, pourquoi on le fait.

Donc, la communication interne ne fait pas ça seule parce qu’il y a l’intervention des managers qui est importante. On utilise différents outils, on a des outils comme l’intranet, qui est important, car il est très réactif ce qui nous permet de diffuser de l’information presque en temps réel, on a des supports dédiés aux managers qui sont des lettres d’informations qui leur permettent de relayer avec leurs équipes en leur donnant un peu plus de matière.

Ensuite on a tout un système d’animation avec des réunions qui sont, soit ponctuelles, soit plus régulières. L’actualité c’était une très grosse manifestation interne car, vendredi dernier, on fêtait les 30 ans de l’entreprise, donc on a réuni l’ensemble des collaborateurs, il y avait plus de 450 personnes sachant que le siège social est à Montpellier.

On a un public spécifique, on a une mutuelle et on a des gens qui sont bénévoles qui sont engagés dans les projets de l’entreprise, qui s’intéressent à la moto, ils sont assurés chez nous, ils ont envie d’en faire un peu plus, en particulier sur le registre de la prévention. On a des communications qui sont générales, de l’accompagnement manager et des supports dédiés.

D : Quelles sont les caractéristiques de votre métier ?

M : Il y a différentes choses : il y a les compétences qui nous sont nécessaires et le savoir être qui contribue à la bonne conduite de la mission. C’est-à-dire qu’en terme de compétence on a une grosse activité rédactionnelle, on fait de l’animation dans un certain nombre de réunion. Ce qui est important c’est d’assurer la circulation de la communication, ce qu’on souhaite c’est de ne pas se limiter à la communication descendante, mais aussi organiser des aller-retour entre les collaborateurs et nous, de manière à ce qu’on puisse travailler dessus et puis organiser de la communication transversale, puisque toutes les équipes mènent des projets différents, pour que chacun puisse avoir une vision du projet de l’équipe voisine.

D : C’est plutôt un travail collectif ?

M : Alors, il y a les deux, ça peut être informel car on discute avec les gens, tout simplement, soit on participe à un projet et du coup on est autour de la table pour recueillir les innovations qui arrivent, les ressentis, les interrogations que ça peut susciter, ou alors on a des formats très cadrés, des réunions où on a plus d’échanges.

On a eu à un moment un journal interne, où là on avait un comité de rédaction qui associait des membres de différents services y compris de nos bureaux dans le réseau, donc ça c’était purement collectif. On était tous autour de la table, on définissait tout ensemble, aujourd’hui on a encore ce type de collaboration mais de manière un peu moins formelle sur les supports de communication interne et pour l’externe, pour le journal qu’on adresse aux sociétaires on a des collaborateurs qui font partie du comité de rédaction du journal. Donc il y a du collectif et il y a des informations qu’on a à traiter en propre et à diffuser.

Moi j’ai une particularité c’est que je travaille aussi sur la diffusion de l’information dans l’entreprise. C’est-à-dire qu’on a un service de documentation qui fait de la vieille presse, qui établit un panorama de presse sur notre entreprise, on a fait des actions, on a diffusé un communiqué de presse, on a besoin de recueillir les échos dans la presse sur notre environnement, pour nous c’est le secteur de l’assurance, et notre environnement motard. Ma mission particulière c’est d’adresser ces articles aux personnes qui sont directement concernées : je sais que telle personne travaille sur tel projet et que cette information va lui apporter de la matière donc je lui envoie en propre. On ne fait pas une diffusion générale de tout parce que ça ferait trop, on fait une sorte de pré-lecture et moi je suis chargée de cibler les destinataires.

D : Quelles sont les compétences exigées dans ce métier ?

M : Les compétences relationnelles sont importantes, les compétences rédactionnelles, une certaine capacité d’analyse de manière à bien comprendre ce qui arrive, qui ça peut impacter, ça nous aide à construire des plans de communications qui va accompagner l’action, le projet, car à chaque fois qu’on intervient on a un plan de communication avec différentes étapes en fonction des publics. Parfois on a une communication qui est unique car elle concerne tous les collaborateurs du même bureau, parfois on a une communication à plusieurs entrées d’abord par les managers et il y a un rebond sur l’intranet qui est un registre un petit peu plus différent, donc on choisit nos angles quand on a ce genre de communication. Au manager on va lui donner tels éléments afin qu’il puisse répondre aux questions particulières de l’interlocuteur donc on lui donne de la matière. Je pense que si on a un bon relationnel, un bon rédactionnel, une bonne capacité d’analyse et un peu de rigueur… Et quand même de la fantaisie parce que c’est bien aussi de faire passer des choses très sérieuses de manière ludique. Je pense à la réunion de vendredi où on a travaillé sur les valeurs de l’entreprise, on l’a fait de manière très festive.

D : Quelle a été votre formation pour faire ce métier ?

M : J’ai fait un parcours un peu atypique, j’ai fait une maîtrise d’économie du tourisme donc là j’ai travaillé dans différentes structures. On était très orienté marketing et communication, je me suis vite intéressée à la communication et quand j’ai atteint des structures un peu plus importantes, je me suis recentrée plus sur la communication interne, parce que c’est ce qui m’intéresse le plus d’être au contact des gens avec qui on partage nos quotidiens, avec qui on mène des projets, et leur apporter de la matière. Au bout de quelques années, j’ai demandé un projet individuel de formation et j’ai fait une maîtrise d’information-communication, ici. C’était une espèce de rebond pour se donner un peu plus d’outils, un peu plus de matière, regarder ce qu’on a appris sur le terrain et ce qu’on fait au quotidien. Ça donne une approche de l’université très différente, quand on y va en tant que professionnel, on a des attentes très concrètes derrière, mais on a aussi tout un passé à utiliser.

D : Est-ce que vous pensez que vous allez rester dans votre entreprise ou vous souhaitez évoluer ?

M : L’idéal c’est d’évoluer dans cette entreprise parce qu’elle me plait beaucoup, j’ai beaucoup changé d’entreprise tout le long de mon parcours parce que c’était un moment où c’était plus simple de le faire, en région parisienne. Dès l’instant où j’ai senti que je n’apprenais plus ou que je n’avais pas de possibilité d’évoluer, j’ai changé facilement, sauf que quand je suis arrivée dans cette entreprise et que j’ai découvert l’univers de l’économie sociale et secondaire, ce n’est pas quelque chose qu’on étudie beaucoup, ce n’est pas quelque chose que je connaissais bien, mais je m’y suis complètement retrouvée. La caractéristique c’est de mettre l’humain au centre de l’organisation, on ne rémunère pas d’actionnaire, donc ce qui se fait se fait au bénéfice de nos assurés et du développement de l’entreprise. Ça a l’air de pas grand-chose, mais c’est énorme, ça fait toute la différence et donc, c’est un contexte qui me plait bien, donc j’ai eu la chance d’évoluer dans cette entreprise pas à pas car j’y suis rentrée par une toute petite porte, j’ai eu la chance de très vite rejoindre le service communication, en quelques mois, au sein de la communication, j’ai évolué dans le cadre de la communication interne.

D : Et quelle était la « petite porte » par laquelle vous êtes rentrée ?

M : Alors, c’est une toute petite porte, en fait, j’étais dans une entreprise touristique qui a fermé et donc là, j’ai commencé, comme tout le monde, j’ai cherché du travail. Ce qui était pas si simple dans la région de Montpellier, même il y a quelques années. Et on est motards par ailleurs, et au cours d’un rallye on a rencontré des gens de la mutuelle qui nous ont parlé. J’étais assurée là-bas, on connaissait moyennement bien, finalement, et moi, je voulais travailler, quoi qu’il arrive, je me suis dis que le tourisme c’était un secteur de service, l’assurance aussi. Je me suis dit « pourquoi pas ». C’était le siège social, c’était une entreprise en plein développement, j’ai vu l’opportunité et quelques semaines après ce rallye, une femme que j‘avais rencontrée m‘a appelée en me disant : « écoute, il y a un poste, c’est pas exactement le niveau de ce que tu cherches mais c’est une manière de découvrir » donc j’ai commencé par être télé-conseiller, à donner des tarifs d‘assurance. Je l’ai fait pendant 3 mois, les choses ont été assez vite, j’ai été assez chanceuse, mais je regrette absolument pas, parce que ça m’a permis de vivre le quotidien des gens qui travaillent sur la diffusion de nos produits, d’être en contact téléphonique avec les motards et des années c‘est une expérience qui me sert, elle m‘a beaucoup appris sur ce secteur que je ne connaissais pas du tout, c’était pas du tout mon cœur de métier. Je suis pas spécialiste des produits d’assurance mais j’ai une idée de ce que c’est un produit d’assurance, sur les différents niveaux de garanties qu‘on proposait, des attentes des gens qui nous appellent, donc c’était une petite porte mais très utile. Alors, après, c’est aussi un concours de circonstances c’est aussi de l‘envie. Moi, je suis rentrée par cette porte, mais je pense que j’ai fait savoir de la cave au grenier que ce qui m’intéressait, c’est la communication. Voilà, ça été entendu, ça été relevé, on s‘est rencontré et ça a fonctionné ; ça, c’est la part de chance, j’ai été plutôt chanceuse.

D : Qu’est-ce qui vous a, à part la communication, attirée dans ce métier ?

M : C’est-à-dire que je passe mes journées à communiquer, globalement, c’est quand même l’élément majeur, j’ai parlé des compétences rédactionnelles, moi, c’est quelque chose que j’aime, j‘ai atteint une bonne maîtrise, mais en plus, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. Ecrire me plait énormément et échanger avec les gens, être à leur écoute, essayer de leur apporter des réponses quand ils sont en demande, entendre leurs propositions, c’est une entreprise où on a la possibilité d’être très « force de propositions » donc c’est très motivant. C’est ces deux aspects-là qui sont prioritaires, enfin les trois : la relation humaine, la rédaction et puis l‘innovation, la capacité à développer des produits originaux, maintenant, ça fait 18 ans que je suis dans la même entreprise, c’est un record toutes catégories, que je ne battrai pas parce qu’il faut que je travaille trop longtemps, et on a fait des choses vraiment super. On a monté des événements extraordinaires, pour nous, à vivre, c‘était vraiment très fort. On vient de fêter le 30éme anniversaire mais avant on a fêté le 15éme, on a organisé un voyage en Corse, parce que c‘est là que le premier bureau s‘est ouvert, on a organisé les 25 ans sur un circuit moto avec beaucoup d‘animations autour, enfin, ça c‘est les gros points forts. On a crée un journal d’entreprise, moi, j’ai participé à la création de l‘Intranet qu‘on a aujourd’hui et qu‘il faut faire évoluer parce qu‘on a commencé très tôt, qu‘on été plutôt en avance. Après il faut mettre du moyen un peu partout, et pas que sur la communication, donc ça va être son tour d‘évoluer, parce que c‘est devenu nécessaire. Mais c’est très varié, on a le sentiment d’avancer régulièrement, tant qu’on continue à avancer, tant qu‘on se sent bien dans sa fonction, qu’on a l‘impression que les choses peuvent encore évoluer, c‘est toujours intéressant.

Ca veut pas dire que j’irai jamais ailleurs, mais je pense que ça, c‘est une chose un peu spécifique, qu‘on est nombreux à partager dans l‘entreprise et qu‘on se dit que si on s‘en va, peut être c’est pour un projet personnel. On a l’impression que trouver une entreprise qui nous offre une telle attitude, là il y en a pas énormément. Très attachée aux valeurs qui sont défendues, au projet qui est donné. Donc quelque chose de personnel c’est possible…un jour. (rires).

D : Et vous pensez que la communication, elle va évoluer comment dans le futur ?

M : Là, on vit une mutation super importante, enfin tout ce qui est réseaux sociaux a pris une place de plus en plus large et je pense que le fait qu’aujourd’hui on recrute un community manager c‘est très symptomatique, parce que il y a eu une première génération avec les réseaux sociaux, tout le monde y est allé, y compris les entreprises y sont allées relativement rapidement, ça nécessite maintenant de travailler sur la structuration des messages, les forums tournent énormément, c’est une source d’échange y compris avec nos assurés, mais aussi avec nos prospect aussi. Il faut arriver à maîtriser un peu mieux les messages, à organiser au sein de l’entreprise qui prend la main, sur tel type de sujets. Je pense que, de plus en plus, ça prendra de la place, mais structuré différemment d’aujourd’hui, plus encadré que ça ne l‘est. Aujourd’hui sur le facebook on a des collaborateurs qui sont identifiés pour intervenir au titre de l’entreprise, il y en a donc qui interviennent en nom propre, ce n‘est pas du tout interdit. A un moment, il faut qu’on arrive à harmoniser un peu nos messages pour pas perdre les gens qui nous lisent, donc je pense que ce sera un gros travail de community manager, de gérer la coordination des messages, et puis l‘animation, parce que sur les forums, il se passe énormément de choses, et là, on a pas assez de bras pour le faire, très objectivement, on relève certains points, on intervient parfois mais pas de manière aussi large que ce qu‘il faudrait aujourd‘hui. Donc ça c’est un point très important ça ne doit pas faire perdre la proximité-terrain, on fait énormément d’actions sur le terrain en termes de salons, de portes ouvertes motocistes, de manifestations diverses et variées qui tournent autour de notre communication de métier, les assurés ont envie de ça, ils viennent nombreux quand ils sont présents, même s’ils sont déjà assurés, ils viennent dire bonjour parce qu‘ils ont envie de voir leur assureur, le contact est important à garder. Parallèlement au numérique, il faut continuer à garder le contact, ça me semble extrêmement important.

D : Quelles sont vos conditions de travail ?

M: Je pense qu’on est assez privilégié, très honnêtement. On est assez privilégié au niveau des locaux et des conditions matérielles qui me sont apportées, après, ça reste un service de communication, ça fonctionne sur des éléments récurrents qui sont prévisibles, et puis sur des coups de feu, et parfois beaucoup de coups de feu, donc il faut un peu de résistance à ça, ça se travaille. Il y a ce qui relève vraiment de l‘imprévu : il y a un nouveau texte réglementaire qui touche à la pratique qui sort, et qu’il faut accompagner, c‘est tout de suite. Il y a une déclaration qui touche à l’entreprise, il faut pouvoir réagir, ce sont des choses comme ça qu‘on ne peut pas anticiper, par contre, on est en train de travailler au sein de notre service à planifier, à anticiper un petit peu plus pour que le quotidien soit plus souple parce que de ce côté-là, ça reste complexe.

D : Donc, ce qui reste à régler comme problème c’est l’imprévu ?

M: En fait, l’imprévu vient bousculer les dossiers qui sont prévus, il faut qu’on arrive à planifier suffisamment d‘espace libre pour réagir à l’imprévu sans bousculer le reste. Parce que réagir à l’imprévu, on le fait mais quitte à se mettre parfois en retard, ou juste sur des choses qui étaient planifiées. Ca c‘est pas satisfaisant pour nous, c‘est pas forcément satisfaisant pour notre interlocuteur, on a pas mal de travail à faire là-dessus. Et puis à bien harmoniser nos actions de communication entre l‘interne et l‘externe, parce que dans le service où je travaille, on touche à l‘interne et à l‘externe, aussi au multimédia ,donc, il est essentiel, de mon point de vue, qu’une information qui touche l‘entreprise, elle soit communiquée en interne avant l‘externe. Il arrive que le feu crée de petits décalages donc ça fait partie des choses sur lesquelles on doit absolument progresser, c‘est jamais agréable pour un collaborateur, y compris pour nous, parfois, de découvrir dans la presse que l’entreprise a lancé une nouvelle initiative. Ca peut arriver, ça arrive rarement, mais c’est des choses auxquelles on est extrêmement attentifs.

D : Pour finir, quels sont vos conseils par rapport à nous, quel parcours est le meilleur pour accéder a ce métier ?

M : C’est une question difficile, parce que je trouve qu’il n’y a pas une voie, parce que dans l’équipe dans laquelle je travaille en communication, nous sommes une dizaine, deux et demi sur la communication interne, et le reste sur d‘autres secteurs, il n’y en a pas un qui ont le même parcours en fait, donc, il n’y a pas une voie royale. Moi je pense qu’il faut être curieux, il faut pas hésiter à multiplier les expériences, même courtes, je crois qu‘il faut, dans un premier temps, en tout cas, avoir un peu d‘humilité c’est-à-dire accepter d‘apprendre, y compris quand on a terminé ses études et qu’on rentre dans l’entreprise, il y a encore beaucoup de choses à acquérir. C’est indispensable de bien comprendre le fonctionnement d‘une entreprise, quelle qu’elle soit, pour être efficace, par exemple en communication interne, parce que les gens qui arrivent chez nous, y compris avec de l’expérience ,il y a forcément un temps d’adaptation qui peut durer 2 mois, 6 mois. On a une structure qui est un peu spécifique, avec un conseil d’ administration qui est élue, une force politique essentielle donne les grandes lignes du développement, après, c’est mis en œuvre par la direction générale et tous les services. Il faut bien comprendre d‘où ça part, comment ça s‘achemine et le fait de s‘approprier.

Aujourd’hui, de votre âge, à peu prés, on a dans l’équipe notre demi communication interne qui est en fait en contrat professionnalisation c’est-à-dire qu’elle est un peu à l’école et un peu avec nous. Elle était avec nous l’an dernier, il a fallu qu’elle fasse ce chemin-là. Elle reste avec nous cette année, pour la deuxième année, elle observe beaucoup de choses, parce qu’elle commence à bien connaître l‘entreprise et les interlocuteurs, donc ça va beaucoup plus vite, voilà il faut ne pas hésiter à multiplier les expériences, et prendre le temps d’apprendre.

Le diplôme je crois qu‘il faut être méfiant, c’est pas quelque chose qu’on dit à la fac, moi je me permets de le dire, parce que quand je suis sortie de ma première maîtrise, je voulais être directeur général, et c’est pas comme ça que ça marche. On sur-valorise un peu trop. Moi, je dis qu’il faut le temps d’apprendre l‘entreprise et ses particularités. Et, à chaque entreprise il y aura un temps d’adaptation, même si on a fait 10 ans dans la même boite et qu’on change, on arrive avec un bagage d’expérience mais aussi avec la nécessité d’apprendre de nouveau, d‘apprendre à connaître les gens, on travaille quand même beaucoup en relation avec les gens et c‘est pas comme dans la vie, il faut faire connaissance avec leurs métiers propres, leurs caractéristiques, avec leurs personnalités aussi, on ne travaille pas de la même manière avec tout le monde.

D : Est-ce que vous pensez que pendant la formation en Information-Communication, il faut faire des stages à côté, ça peut apporter plus, ou plutôt après ?

M : Moi je pense que les stages apportent beaucoup. Alors il faut bien choisir ses stages, parce que, nous, on prend pas énormément de stagiaires, mais quand on en prend un, on s’engage à l’accompagner, c’est pas quelqu’un qui prend la place de quelqu’un qui serai pas recruté, c’est un échange donnant-donnant, c’est-à-dire qu’il va apprendre et il va participer activement, il est pas en retrait. Il faut être d’accord avec les conditions dans lesquelles on rentre en stage. Il y a un projet de spécification, un stage ça peut être une découverte globale, ça peut être le suivi d’un projet spécifique, ça dépend du temps qu’on a à consacrer. Il faut bien être d’accord sur les conditions et s‘assurer de votre motivation. Si le secteur d’activité nous convient, parce qu’on fait de la communication interne dans toutes les entreprises, mais il y a des secteurs où, peut être, ils sont moins à l’aise.

D : Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions et d’avoir pris du temps pour nous.

Dorylis DEPOOT, Léa HUGUET, Valentine SEGUIN.

Interview de Luc CRESPON LHERISSON, journaliste au MIDI LIBRE à Mende.

mardi 22 novembre 2011

Entretien avec un professionnel de la communication

Entretien effectué par Sarah Alméras, Benjamin Caux, et Manon Zampiello

Le 05/11/2011 à Mende

Objet : Interview de Luc CRESPON LHERISSON, journaliste au MIDI LIBRE à Mende.

Durée : 50 minutes

Etudiant : « Alors bonjour, je me présente je suis Benjamin Caux. »

Etudiant : « Sarah Almeras »

Etudiant : « Manon Zampiello »

Etudiants : « Nous sommes des étudiants en info-com à Paul Valéry et nous avons comme objectif, ce matin d’interviewer un professionnel de la communication. Donc euh, on va vous poser quelques questions concernant votre profession. Par contre, pour commencer, on a besoin de quelques permissions. A savoir, votre accord pour pouvoir retranscrire l’interview sur un blog, et si on peut notamment y faire figurer une photo de vous, votre nom, votre prénom… »

L.C.L: « Oui, pas de problème ». (Hochement de tête en signe d’approbation)

Etudiants : (gestes qui accompagnent la parole) « Et je vais vous demander si vous disposez bien de 45 minutes pour pouvoir effectuer cet entretien ? »

L.C.L: « Moi il n’y a pas de souci. » (Sourire)

Etudiants : « Je tiens à vous préciser aussi que nous vous remettrons cet entretien en main propre, sur papier écrit, avant qu’il soit publié sur le blog et avant qu’il soit rendu en classe. »

L.C.L : « D’accord ! »

Etudiants : « Et que vos demandes de modifications seront prises en compte. »

L.C.L : « D’accord. »

Etudiants : « Très bien, bon alors je vais commencer par vous poser quelques questions sur votre parcours, et vos études. Tout d’abord, nous aimerions savoir si le journalisme a toujours été votre objectif ? »

L.C.L : « Oui depuis que je suis petit, enfin depuis il y a une dizaine d’année je pense, c’est vraiment ce que je voulais faire. Enfin à la base, c’était plus le journalisme sportif mais finalement c’est bien de pouvoir tout faire aussi… »

Etudiants : « Mais la presse écrite est toujours restée votre choix ? »

L.C.L : « Euh, plutôt oui. Plutôt un choix euh, en fait c’était d’abord une opportunité parce que moi je connaissais des gens qui travaillaient au Midi Libre et ça a était plus facile au départ pour trouver des premiers euh stages ou pour commencer à mettre le pied dans le métier mais c’est aussi le média dans lequel je suis le plus à l’aise. »

Etudiant : « Et quelles autres expériences avez vous eu avant d’entrer au Midi Libre ? »

L.C .L : « J’ai fais de suite mon premier stage non rémunéré au Midi Libre et après j’ai commencé à travailler avec des petits boulots au Midi Libre, des petites tâches et euh après j’ai continué comme ça. »

Etudiants : « Je crois qu’au cours du métier on a des formations. Quelles ont été les vôtres ? »

L.C .L : « Euh oui, ouais enfin oui j’ai suivi quelques formations on a fait euh des stages, des formations concernant le droit de la presse, la photo, et après comme j’ai commencé comme rédacteur, j’ai suivi des formations en interne, qui étaient des formations secrétariat de rédaction des choses comme ça … »

Etudiants : « Laquelle avez vous préféré ? »

L.C.L : « J’ai bien aimé celle qu’on avait fait sur le droit de la presse notamment sur euh par rapport à

la justice, par rapport à ce qu’on a le droit d’écrire, pas le droit d’écrire … tout ce qui est présomption d’innocence, c’est toujours un peu compliqué de, euh (gestes d’auto contact ) notamment quand on fait des faits divers des choses comme ça, et c’est toujours bien de savoir à peu près ce qu’on a le droit de faire et ce qu’on a pas le droit de faire, finalement. »

Etudiants : « Justement alors qu’est ce qu’on n’a pas le droit de faire ? »

L.C.L : « Beaucoup de choses ! Euh notamment euh (moment d’hésitation) notamment par rapport à la présomption d’innocence, toujours quand même préciser que, quoi qu’on fasse quand on écrit sur des faits divers, des choses comme ça, il faut, il faut toujours avoir ça à l’esprit et faire très attention toujours à ce qu’on écrit même si, même si la presse écrite est plutôt bien protégée en matière de diffamation, des choses comme ça. Il y a quand même beaucoup de systèmes qui font que la presse écrite est bien protégée à ce niveau la, mais ça n’empêche pas qu’il faut faire très attention quand même bien sûr. »

Etudiants : « C’est un métier qui a l’air vraiment intéressant mais alors comment y accéder ? Quelles études avez vous suivi vous par exemple ? »

L.C.L : « Euh, moi j’ai un bac littéraire et euh ensuite, ensuite, ensuite j’ai fais un BTS communication euh et après euh j’ai essayé de faire des écoles de journalisme mais ça ne m’a pas vraiment réussi. J’ai essayé d’aller à la fac mais j’ai pas trop réussi non plus, j’ai étudié précisément à Paul Valéry et voilà. Et après j’ai commencé à travailler euh 2, 3 ans après mon BTS en fait. »

Etudiants : « Ah d’accord. Donc au vu de votre parcours, peut-on penser que le diplôme qu’on obtient en sortant d’une école de journalisme n’est pas nécessairement indispensable pour accéder au métier ? »

L.C.L : « Alors euh, aujourd’hui si. Euh aujourd’hui oui parce que euh ça n’a pas toujours été le cas, moi quand j’ai commencé c’était pas nécessairement un blocage. Beaucoup de gens avec qui j’ai travaillé n’ont pas fait d’école de journalisme ou avait fait euh autre chose avant de, avant de travailler dans le journalisme. Mais aujourd’hui c’est indispensable oui. »

Etudiants : « Ah oui d’accord. Donc vous dites qu’aujourd’hui le diplôme est indispensable mais est ce qu’une fois qu’on sort de cette école on peut être sûr de trouver quelque chose ? »

L.C.L : « Euh… (Appui son dos, croise ses bras) non, sûr non. Enfin quand on sort d’une école on a déjà des atouts par rapport à quelqu’un qui n’as pas fait d’écoles de journalisme, mais euh aujourd’hui il y a beaucoup de euh, beaucoup de jeunes qui sortent d’école qui beh qui ne trouvent pas nécessairement directement un poste en CDI, beaucoup passent par euh par des… »

Etudiants : « Par des CDD ? »

L.C.L : (signe d’approbation) « Oui voila, des CDD plus ou moins long et, après beaucoup aussi font des piges. »

Etudiants : « Donc aujourd’hui les piges seraient un bon tremplin pour accéder au métier ? »

L.C.L : « C’est à dire que, en fonction de… beh ils vendent des articles à plusieurs canards, à plusieurs journaux et aujourd’hui ça se passe comme ça parce que il y a… Enfin notamment en presse écrite, parce que c’est le milieu que je connais le plus quoi. »

Etudiants: « Avant, un BTS communication suffisait pour faire du journalisme? »

L.C.L : « Non en fait euh ce qu’il faut savoir c’est que beaucoup d’écoles demandaient un bac +2 pour rentrer donc moi je me suis dis que la fac ca pouvait être compliqué parce que moi je me connais un peu et voilà, donc c’était un peu plus compliqué. Le BTS communication c’était un peu une façon de commencer à rentrer dans le métier, enfin pas dans le métier directement mais dans le secteur de la com’. Donc il fallait un bac +2 pour pouvoir passer la plupart des écoles donc moi j’ai fait ça et après j’ai un peu raté le concours des écoles ».

Etudiants : « Donc de nos jours le BTS communication ne suffit pas ? »

L.C.L : « Alors de nos jours c’est un peu plus compliqué, parce que je crois que les journaux, les médias en fait font beaucoup plus attention aux diplômes quand ils engagent quelqu’un . C’est, euh, enfin je crois que avant, moi je connais beaucoup de gens qui venaient de domaines différents qui avaient fait d’autres métiers avant qui avait fait instit’ euh, je connais plein de gens avec des parcours très différents alors qu’aujourd’hui la plupart du temps, on rencontre beaucoup de gens qui dans les nouvelles générations, sortent d’écoles de journalisme en fait et qui ont fait que ça quoi. Donc ce qui fait que je pense aujourd’hui qu’il y a quand même beaucoup de … il y a aussi beaucoup de monde et il y a probablement de moins en moins de places enfin je parle dans les médias traditionnel hein la presse écrite, la télé, la radio, euh  et je crois qu’aujourd’hui euh les médias font, enfin les gens qui embauchent font beaucoup plus attention justement au fait que les gens aient fait des écoles. »

Etudiants : « Mais pour entrer dans une école de journalisme il ne faut pas un bac +3 ? »

L.C.L: « Euh ouais mais moi c’était il y a 15 ans (sourire ) Donc, euh non il y en a qui, il y a des écoles où on peut entrer avec bac +2 mais c’est vrai qu’aujourd’hui la plupart c’est bac +3 c’est, euh voilà bac +2 ou bac +3 mais euh, généralement il faut bac +3. Après moi, la reforme de l’université n’était pas encore passé par là, donc nous, on pouvait sortir de l’université avec bac +2, avec juste un DEUG alors qu’aujourd’hui, vous devez sortir avec bac +3 en fait, c’est obligatoirement la licence, master, doctorat tout ça… »

Etudiants : « Oui c’est ça ! » (Gestes d’approbation)

L.C.L : « Nous il y avait l’état bac +2 il y avait ça aussi… »

Etudiants : « Ah oui d’accord, y’a t-il des écoles beaucoup plus reconnues que d’autres qui pourraient nous permettre d’entrer plus facilement dans le métier ? »

L.C.L: « Alors, euh, oui il y a euh, d’abord il y a deux types d’écoles : il y a les écoles qui sont, euh reconnues et des écoles qui ne sont pas reconnues. Alors parmi les écoles reconnues, il y en a qui sont plus « cotées » que d’autres quoi, comme partout hein. Par exemple, l’ESJ à Lille, qui est considérée comme la plus grande école de France, le CUEJ qui est à Strasbourg, euh il y a aussi le CFJ à Paris qui étaient les trois plus « cotées » en fait. Après, toutes les écoles reconnues se valent à quelque chose près mais après, aujourd’hui, les écoles non reconnues, c’est pas le coté déterminant d’une sélection quoi, enfin c’est pas parce que l’école est reconnue ou pas reconnue qui va faire la différence, je pense que après, c’est aussi des questions de feeling et d’opportunité. »

Etudiants : « Et en ce qui concerne les DUT, par exemple, j’avais été intéressé par celui de Lannion qui avait une option journalisme ? »

L.C.L : « Oui celui de Lannion est reconnu et est plutôt bien reconnu. Je connais pas mal de gens qui sont sortis du DUT de Lannion … »

Etudiants : « Et quand on sort de ces DUT, faut-il suivre une licence pro après ou y-a t-il possibilité d’entrer directement dans le métier ? »

L.C.L: « Non. Il y a possibilité de rentrer direct dans le métier oui. »

Etudiants : « Donc au bout de 2 ans, si tout se passe bien, on peut espérer trouver un emploi ? »

L.C.L : « Oui… Mais euh, moi je connais beaucoup de gens qui, avant de faire ça, ont fait autre chose aussi. »

Etudiants : « Ah, donc vous voulez dire qu’on a toujours possibilité d’y entrer plus tard ? »

L.C.L : (signe d’approbation) « Voilà exactement. Parce qu’il y a aussi, je crois que c’est à Lannion, possibilité de le faire en un an quand on arrive avec un bac +3, il y a possibilité de rentrer directement, de faire qu’une année spéciale et de la faire en un an au lieu de deux. »

Etudiants : «D’accord, et il me semble que ce sont des DUT également sur concours. Savez vous s’ils sont  plus difficiles ou moins que pour les écoles de journalisme ? »

L.C.L : « C’est à peu près pareil, mais après, chaque écoles de journalisme à ses propres concours, donc euh moi j’en ai fais pas mal, et euh c’est assez varié ; Il y a vraiment beaucoup de différence, bon il y a toujours une base, il y a toujours deux questions d’actualités euh, il y a toujours ces bases la, mais après il y a, y’a pas mal de variance selon les concours. Je crois qu’après ca peut dépendre aussi du nombre de candidats (gestes d’auto contacts, tripote un stylo) Moi je me rappelle, à Lille, quand j’ai passé le concours, on devait être euh on devait être, 1000-1200 je crois en tout à passer le concours, pour 30-40 places, voila donc il y a un écrit et après un oral. »

Etudiants : « Et, c’est des concours centrés plutôt sur de la culture générale ou c’est des matières comme l’anglais, l’histoire etc… ?»

L.C.L : (gestes d’auto contact, mains soutenant le menton) « Il y a de tout, il y a de la culture G, il y a euh de la connaissance de l’actualité, beaucoup (gestes qui accompagnent la parole). Alors, des fois, c’est des questions toutes bêtes, comme « qui a remporté les élections régionales en Allemagne ? », euh, où des choses comme ça, ça peut être très varié. Après il y a de l’anglais souvent, ou de l’espagnol, et après des bases journalistiques aussi, qui sont soit de euh… Moi je me souviens en fait, d’épreuves qui demandaient de, de construire un sujet sans l’écrire, on nous donné un sujet et euh, il fallait choisir un plan en fait, comment on allait bâtir son article ? Quelles personnes contacter ? Des choses comme ça, et euh, ou faire des résumés de textes, qui sont en fait des condenses de textes, par exemple un grand papier de deux pages, on devait faire des dépêches de 100 mots ou des choses comme ça quoi.

Etudiants : « On a parlé d’anglais, de nos jours, dans ce métier être bilingue c’est nécessaire ou non ? »

L.C.L : « Euh… C’est un plus, mais je ne pense pas que ce soit vraiment nécessaire. »

Etudiants : « D’accord, donc euh, maintenant, on va un peu s’orienter sur votre métier en général. Pour commencer, quel est l’organisation de travail au midi libre ? »

L.C.L : (gestes d’auto contact) « Alors euh…, c’est-à-dire ? »

Etudiants (gestes qui accompagnent la parole) «  Par exemple, est ce que les sujets d’articles, on vous les impose, est-ce vous qui les proposés ? Est-ce que c’est un peu des deux ? »

L.C.L : (gestes qui accompagnent la parole) « Alors, imposer ? Non … En fait donc on a tous les jours des conférences de rédactions. Enfin euh, on fonctionne avec deux choses, donc bon on a le programme, l’agenda du jour avec tout ce qui est au programme dessus, ce peut-être des conférences de presse euh, des… des cérémonies comme hier celle du 11 Novembre, des choses comme ça, des rendez vous, des conférences de presse du préfet euh… toutes ces choses la. Après on a les sujets qu’on peut avoir par nous même. C’est-à-dire que nous, si on est au courant qu’il y a un problème comme récemment au centre équestre euh, ils ne font pas une conférence de presse mais euh, mais voila, donc y’a aussi ce type la de sujets. Donc nous on en débat tous les matins en conférence de rédaction, savoir un peu quels sujets on va traiter, euh, qui fait quoi ? Qu’est ce qu’on met dans le journal. Donc on a un grand tableau dans lequel on a euh, dessiné des pages du journal du lendemain, (gestes qui accompagnent la parole) on met les emplacements des pubs en fait, et après faut remplir, donc, donc, c’est la qu’on décide un peu tous les sujets à traiter par rapport à l’agenda, par rapport aux sujets sur lesquels on travaille. Il peut arriver qu’on est un sujet qu’il ne soit pas prêt, donc on change, donc voila ça se passe comme ça. Après il n’y a pas vraiment de sujet imposés euh… Généralement on voit ça en concertation, après il y a forcément des trucs qu’on ne va pas pouvoir passer a coté, comme la conférence du préfet, un bilan de la délinquance dans le département c’est compliqué de passer à coté, donc on va y aller, mais rien n’est réellement imposés. »

Etudiants : (gestes d’auto contact avec les mains) « Et c’est donc au cours de cette première conférence, que vous vous départagez le travail de la journée ? »

L.C.L : « Exactement, c’est comme ça que l’on va dire qui fait quoi, qui va à tels ou tels rendez vous. (Gestes qui accompagnent la parole) Sachant que c’est toujours pareil, ça peut très bien varier. C’est-à-dire qu’on peut toujours partir sur euh une conférence de presse , un rendez vous qui à l’air super intéressant, puis finalement ce retrouver avec un sujet peu, ou pas intéressant du tout, donc faut pouvoir aussi dans la journée changer son fusil d’épaule et changer de sujet. Des fois, il y a des euh, des fois il y a des sujets qui tombent à l’eau aussi parce qu’on a un rendez-vous qui s’est annulé  donc en fait c’est une perpétuelle euh, une perpétuelle évolution en fait le journal que l’on va caler le matin ce n’est pas nécessairement celui que l’on va retrouver le soir. »

Etudiants : « Donc tout peut changer au cours de la journée »

L.C.L : « Voila tout peut changer au cours de la journée, il suffit qu’il y ait un gros fait divers on change tout euh, on refait tout. Voila si, et ça peut arriver, d’ailleurs c’est arrivé que l’on change tout à 19h. Il arrive qu’au journal on éteigne l’ordinateur et euh, le téléphone sonne et c’est un incendie un accident de la route ou autre. »

Etudiants : « Et justement, comment vous repérez et vous vérifiez la fiabilité de l’information ? »

L.C.L : «Euh… Alors la vérification, ça, c’est la base. Quand on a une information euh quel que soit le moyen par lequel on l’obtient, soit c’est quelqu’un qui nous en a parlé euh, soit on l’a vu quelque part (gestes qui accompagnent la parole), voila, si on entend parler de quelque chose il faut toujours vérifier au moins au près de 3 ou 4 personnes. Si c’est par exemple un problème euh avec une association, on va directement appeler le responsable de l’association, il y a toujours pas mal de façon de vérifier, donc euh c’est la base, on ne peut pas écrire quelque chose sans l’avoir véritablement vérifié »

Etudiants : « Donc vous appelez toujours une personne qui est concernée par le sujet pour s’assurer que… »

L.C.L : «  Voila, pour avoir une confirmation, ou pas. Voila euh, après ca va dépendre de la source que l’on a aussi, si la source est vraiment fiable et sure de ce qu’elle avance, c’est souvent plus facile. Par exemple si c’est pour un problème euh, si c’est une association, et qu’on nous répond « non, non je ne sais pas de quoi vous parler ». (Gestes qui accompagnent la parole) Si la source vient d’un « y parait que, j’ai entendu dire que », il faut trouver d’autres sources pour avoir de réels arguments. Quand on a vraiment une source sure c’est plus facile après d’avoir des arguments quand on est en face de quelqu’un qui nous dit « non, non j’en ai pas entendu parler » oui d’accord euh mais, monsieur mais enfin bon il y a quand même cinq personnes qui ont la même version, la personne va dire « oui bon d’accord vous êtes au courant ». Plus l’info à la base est sure et, et solide, plus c’est facile après pour la vérifier, pour la faire confier à quelqu’un. »

Etudiants : «Et donc dans le cas ou par exemple quelqu’un a un problème dans une association ou autre, il est en droit de demander à ce que ce ne soit pas divulguer ? »

L.C.L : « Oui bien sur il peut. Moi je peux vous demander de me donner 10 000 euros. »

Etudiants : « Oui, (rire). Et ça arrive souvent que vous ayez des informations, et en vérifiant il s’avère que euh, que ce soit faux ? »

L.C.L : « Ah oui ca arrive aussi. Ca arrive et soit c’est complètement faux, soit euh l’information n’est pas exacte. (Gestes d’auto contact) Ça arrive souvent hein euh, c’est d’ailleurs pour ça qu’il faut prendre le soin de bien vérifier. Par exemple il peut arriver qu’on nous dise « voila  un tel a été licencié euh parce qu’il a fait une faute grave et a piqué dans la caisse » et il s’avère en fait qu’un tel est partis, parce que euh… il a trouvé du travail ailleurs et que ca ne s’est pas forcément bien passé, mais il est partis normalement et voila. C’est toujours le… le… un peu la différence entre l’information à la base, et, et puis, plus il y a de personne entre l’information de base et, le journaliste plus à l’arriver l’information est déformée. Des fois ce n’est rien quoi, on croit que c’est un gros truc et au final c’est rien, ça arrive, c’est pour ça qu’il faut toujours bien euh bien… »

Etudiants : « Vérifier ? »

L.C.L : « Voila ! Vérifier la source à chaque fois. »

Etudiants : « Et par exemple pour avoir des faits divers, ou des choses comme ça, vous appelez certaines personnes parfois de vous-même ? Et si oui quelles personnes contactez-vous ? »

L.C.L(gestes d’accompagnements de la parole) « Tout ce qui est fait divers, tout du moins, notamment pour les faits divers, tous les soirs on a ce que l’on appelle la tournée, c’est-à-dire que tous les soirs on appelle, en gros les trois, les trois sources qui sont les gendarmes, les pompiers, et la police, et on nous dit ce qu’ils ont eux sur leur main courante. Aujourd’hui il y a eu telles ou telles choses, des sorties de routes, des malaises, euh, des trucs basiques. Et après euh, après par contre on a effectivement d’autres sources, ce peut être les pompiers qui eux même nous appelle pour les gros incendies, les gros accidents, euh, c’est eux même qui appelle sur les portables de la rédaction. Après, après tout le monde à ses informations seuls, que ce soit quelqu’un de la police de la gendarmerie, ou des personnes que l’on connaît tout simplement qui vont nous dire, voila je suis passé à tels endroit, il y a eu un accident, ca avait l’air grave… Donc après euh quand ce n’est pas des sources entre guillemets  officielles (gestes qui accompagnent la parole) , quand ce n’est pas les pompiers qui appellent, si c’est un de mes collègues qui ne travaille pas qui va me dire tiens, je viens de passer à hyper U, il y a eu un accident… euh, nous la première chose que l’on va faire c’est appeler les pompiers, savoir si effectivement c’est un accident, si c’est grave et peut être c’est rien, et c’est eux qui nous renseignent. »

Etudiants : « Et après ça, comment pouvez-vous savoir si l’information va être intéressante ou non ? »

L.C.L : « Beh, euh, en fait, on sait pas. C’est un peu…. Euh, Alors il ya l’habitude, de certains sujets, on sait que dans certains domaines on va trouver des informations intéressantes. Et puis des fois on ne sait pas, moi je me souviens d’être allé sur des conseils communautaires ou des conseils municipaux en me disant, ah y’a tels ou tels sujets ça peut-être intéressant, et en fait non pas du tout, du coup on perd une demi heure ou trois quart d’heure, pour rien et pourtant à la base quand je vois ce qu’il va y avoir sur l’ordre du jour ça m’a l’air intéressant. Et inversement il y a des événements qui nous paraissent pas intéressant du tout, et qui s’avèrent en fait, très intéressant à la sortie. Ca c’est toujours un peu… On voit un peu toujours quand on est sur place. »

Etudiants : « Et donc en parlant de ces informations, vous arrive t-il de devoir trier les informations parce que, je ne sais pas, par exemple vous avez un quota de page précis ? »

L.C.L : « Euh, alors en fait, il y a deux choses. La première c’est que euh, nous, faut savoir qu’on fait le journal… On est… C’est-à-dire qu’aujourd’hui nous sommes samedi, mes collègues vont demander la pagination du journal euh, de lundi. Donc pour savoir le nombre de pages que l’on va faire lundi, ils vont le décider samedi à 15h par exemple, ce qui fait que du coup on, on a toujours 24 heures de, de battements, et si il y a un gros truc en cours de route, on est un peu coincé par rapport à ça, c’est-à-dire qu’il va falloir un peu jongler avec. Si par exemple on sait que dimanche il n’y a pas une grosse actu, parce que, c’est dimanche euh, parce que il ne se passe pas grand-chose, ou parce qu’il n’y a rien au programme, nous par exemple on va prendre que trois pages, et si euh dimanche il se passe un gros truc il va falloir faire des choix, donc il y a des trucs qu’on ne va pas passer, des trucs qu’on va décaler (gestes qui accompagnent la parole). Après euh, ca s’est un premier problème, après il y a le nombre de sujets que l’on a en stock ou pas. Quand on a beaucoup de sujets en stock on prévoit, soit d’étaler sur la semaine quand il s’agit de sujets moins urgent, soit on prendra plus de pages, 5-6 pages un jour pour justement pouvoir passer tous les sujets que l’on a prévu. »

Etudiants : «  Et donc est ce que tout ce que vous faites, tout ce que vous écrivez, va passer par le siège de MIDI LIBRE qui se situe je crois à St Jean de Védas ? Ce que je veux demander en fait, c’est est ce que le siège va relire vos articles ? »

L.C.L(signe d’approbation) « A Saint Jean De Védas, exactement ! Alors les relire pour voir si il n’y a pas de fautes, ou pour contrôler ce que l’on écrit ? »

Etudiants : « Les deux. »

L.C.L: « Alors non. En fait euh… ya pas de contrôles en fait, on a un chef d’agence, qui est une chef d’agence en fait, on a un adjoint, tout ce qu’on écrit entre guillemets, c’est eux qui l’ont contrôlé, même si y a pas vraiment un contrôle. On est 6 à rédiger, il y a une relecture comme dans toutes les agences, il y a une relecture. Euh… C’est le secrétaire de rédaction qui relis, pour contrôler, d’une part, qu’il n’y a pas de fautes, pas d’erreurs, de grammaire d’orthographe tout ça. Et qui a un regard aussi sur les non-sens qu’on écrive bien ce qu’on doit dire (gestes d’accompagnement de la parole). C’est quelqu’un qui connaît aussi le contexte, quand on travaille sur un sujet, qui connaît ce qui se passe, qui connaît l’affaire, et qui est capable de dire : « ouais là, t’as écris que machin a dit ça, t’es sur que c’est lui qui l’a dit ? » Voilà pour vérifier ce qui est écrit. Euh… Après à Montpellier ya une deuxième relecture un peu plus grossière. Voir s’il n’y a pas d’énormes fautes dans un titre, dans une légende ou quelque chose comme ça. Sans rentrer dans les détails, s’il n’a pas oublié de mettre un filet autour de l’article (trait fin tracé sur le papier). Des choses comme ça. Euh… après il n’y a pas de contrôles sur quoi que ce soit d’écrit, pas de censure. Il peut y avoir, selon qui est rédacteur en chef, qui supervise l’ensemble de l’édition, qui, selon qui c’est, selon s’il a du temps ou pas, euh, qui regarde tout ce qui se passe un peu dans les éditions et après pour dire : « A en pied de C2 (c’est la deuxième page des actu locales du 1er cahier), est ce que ça vaudrais pas mieux,que tu le monte en tête de page ? (gestes d’accompagnement de la parole) Pour le mettre plus en avant » quelque chose comme ça. Qui pourrait nous dire aussi «  A votre sujet là on va le prendre en page région » Il nous donne une vision qu’il a plus large sur l’ensemble du journal. C’est plus là qu’il y a de la relecture. »

Etudiants: (gestes d’auto contact) « Et donc tout ce que vous faites vous et tous les autres c’est Montpellier qui met tout en commun avant l’impression ? »

L.C.L: « En fait ouais, on a un système de mise en page, et euh… nous les pages on les montes ici, et après au siège ils ont juste l’impression à faire. Ils impriment les plaques. »

Etudiants: « Quels secteurs Midi Libre prend en compte ? Quels départements ? »

L.C.L : « Alors euh… (Comptant sur ses doigts) Gard, Héraut, Lozère, Aveyron, Aude. Et au sein du groupe qui s’appelle « le groupe du Midi» ya aussi l’Indépendant qui s’occupe de l’Aude et des P.O, Pyrénées Orientales, et Centre Presse qui est sur le Nord Aveyron. »

Etudiants: « Ah, donc ils font partis de Midi Libre eux aussi ? »

L.C.L: « Euh, en fait, ils font partis groupe qui s’appelle « Les journaux du midi ». »

Etudiants: « Maintenant on va se focaliser sur les qualités requises pour faire votre métier. Pour commencer, on peut se demander « Est-ce qu’il y a un profil type du journaliste ? » Avec des qualités, des caractéristiques particulières que l’on peut demander à un journaliste lors de l’embauche par exemple. »

L.C.L: « Non, ya pas de « profil type » en fait, il y a juste des qualités à avoir. C’est juste être curieux, être à l’écoute, être un peu observateur. Heu… il y a pas qualité, il y a pas de « type » véritablement. »

Etudiants: « Il y a pas de qualités spécifiques, comme la polyvalence, par exemple ? Le besoin de polyvalence dans une entreprise comme Midi Libre ? »

L.C.L: « Si, si ! Oui, oui ! La polyvalence bien sûr, mais ça je pense que ça fait partie de beaucoup de métiers de la communication, savoir un peu tout faire. Mais oui, la polyvalence, l’adaptabilité, heu… être débrouillard, savoir s’adapter, surtout dans les petites agences. Parce que il n’y a pas que des petites agences, il y a aussi des grosses agences où le travail est beaucoup plus sectorisé. Ici en Lozère on peut faire du sport, du fait divers, de la politique, du social. Dans une grosse agence, si je fais du sport je ne ferais pas nécessairement du fait divers. »

Etudiants: « Qu’en est-il de l’impartialité quand on rédige un article ? »

L.C.L: « Mmm. » (geste d’auto contact, se touche le menton en réfléchissant) « C’est à dire ? »

Etudiants: « Est-ce que quand on rédige un article, on va dire politique ou autres, est ce qu’on peut prendre partis dans ce que l’interviewé dit, dans ce que les faits racontent ? Est ce qu’on peut dire ce qu’on pense ? Quelle vision on adopte ? »

L.C.L: « Alors, normalement, le journaliste il n’est pas là pour donner son avis. Normalement. Il est là pour raconter, raconter ce qu’il se passe. Ce qui fait que normalement il a un devoir d’impartialité. Euh… C’est pour ça que quand on fait les articles, on est tenus de donner la parole aux deux partis. Quand il y a deux partis en présence, on est tenus de donner la parole aux deux. Des fois y’en a qui ne veulent pas parler. »

Etudiants: « Est-ce que c’est difficile de suivre l’actualité en général ? »

L.C.L: « Non, après c’est un réflexe. C’est un réflexe, surtout aujourd’hui avec internet, le téléphone, les ordinateurs. Puis ça fait partit du métier aussi, quand on est journaliste, on doit s’intéresser à ce qui se passe, comment ça se passe, (gestes d’accompagnement de la parole) on va jeter un œil sur le journal, on va s’informer sur plein de trucs. Après ça devient un réflexe, si je vois dix personnes qui s’arrêtent dans la rue, je vais quand même aller voir dehors ce qui se passe ».

Etudiants: « Du coup il y a un lien avec la curiosité qu’il faut avoir. »

L.C.L: « Oui voilà ! Après comme j’ai dit ça devient un réflexe. »

Etudiants: « Est-ce que dans ce domaine-là la concurrence est rude ? Quand on interview quelqu’un, il faut être le premier présent pour avoir la meilleure info possible ? »

L.C.L : « Ici non. Honnêtement, ici heu… ya plusieurs média, la radio, les journaux. Ya pas vraiment de concurrence ici. Bon y’en a toujours une petite entre médias de presse écrite, quand l’autre sort un sujet avant nous ça fait toujours un peu râler mais ici pas trop. Moi j’ai travaillé en zone de concurrence, ouais heu… ça peut rapidement devenir assez compliqué. C’est un peu la course tout le temps sortir les sujets avant l’autre, avoir l’interview. Mais c’est intéressant. » (Gestes d’auto contact)

Etudiants : « Vous avez dit avoir travaillé en zone de concurrence, ou avez-vous travaillé en zone de concurrence ? »

L.C.L: « J’ai travaillé à Nîmes dans un hebdo c’était « La semaine de Nîmes » et j’étais en concurrence avec un autre hebdo qui s’appelait, et euh, qui s’appelle toujours « La gazette de Nîmes ».

Etudiants: « En tant que pigiste ? »

L.C.L: « Non. Et c’était mon premier contrat. Premier CDD, premier CDI derrière. »

Etudiants: « C’est dans les grandes agglomérations en général qu’il y a beaucoup de concurrence ? »

L.C.L: « Non pas obligatoirement. Ça peut être dans les grandes agglomérations, mais je crois par exemple que c’est sur Rodez, à Rodez ya heu… la Dépêche, Midi libre et Centre presse. Ya quand même 3 quotidiens alors que Rodez n’est pas à proprement parler une grande agglomération. Pas nécessairement, à Nîmes là où j’étais, à part les hebdos, on était deux hebdos sur le marché, ya pas une énorme concurrence sur le secteur. Je crois qu’il y a plus, mis à part les grosses agglomérations, et encore pas partout, de vrais grosses concurrences. »

Etudiants: (gestes d’accompagnement de la parole) « On a parlé de faits divers tout à l’heure, est ce qu’il y a un talent particulier pour détecter le potentiel d’une actualité ? Savoir si elle va faire la Une des journaux, si ça va être vendeur ? »

L.C.L : « Je crois pas que ce soit un talent. Après, euh… c’est une connaissance du journal, de ces lecteurs. On sait très bien qu’un fait divers ça fera vendre, quoi qu’il arrive, on sait très bien qu’un match de foot fera plus vendre qu’un match de hockey sur glace. Il suffit de bien connaitre son lectorat aussi. On sait très bien qu’un fait divers, tel qu’il soit on va le mettre en Une et on va gagner des lecteurs. Peut-être +1, +2, +3% pas grand-chose. C’est pas un talent, il suffit juste de bien connaitre son édition, bien connaitre son lecteur, et heu… bien connaitre son métier finalement, parce que c’est à peu près toutes les mêmes choses qui font vendre. »

Etudiants : « On va finir par une question plutôt personnelle. Comment percevez-vous votre travail personnellement ? »

L.C.L : (gestes d’auto contact) « Comment je perçois mon travail ? … C’est un travail passionnant, c’est un travail heu… très prenant, c’est un travail très contraignant, c’est un peu tout ça à la fois. Mais c’est très très enrichissant aussi. Surtout très enrichissant. »

Etudiants : « Contraignant dans le sens où il faut souvent être présent ? »

L.C.L: « Ouais, parce que heu…, on est toujours en train de travailler finalement, sauf quand on est vraiment loin et en vacances, et encore. C’est un peu ce que je disais tout à l’heure, on a toujours le réflexe de s’intéresser toujours à ce qui ce passe. Même quand on est à l’autre bout du monde, il se passe un truc on est obligé d’aller voir, même si on en fera rien mais bon. Heu… Moi j’ai un collègue une fois qui s’est retrouvé un jour dans un aéroport, au Laos, ou en Birmanie, ou je sais plus dans un pays d’Asie, il s’est trouvé dans l’aéroport le jour où il y avait des émeutes dans le pays. Donc du coup il a fait un papier expliquant que, il était là à tel endroit. Et effectivement la plupart des journalistes en presse écrite, on le travail décalé. C’est-à-dire que très souvent on est en repos, nous on n’ a pas de weekends, on travaille pas du lundi au vendredi et en repos le weekend. Nous on travaille 2-3 weekends par mois. Les gens ils ne comprennent pas toujours, moi des fois je ne travaille pas et les gens ils ne comprennent pas. C’est assez compliqué à ce niveau-là, c’est très contraignant là-dessus aussi. C’est vraiment un travail dans lequel on ne pas peut dire : « Bon dans 5 heure j’ai fini » »

Etudiants : « On ne compte pas ses heures. »

L.C.L: « Voilà on compte pas ses heures. »

Etudiants : « Justement en parlant d’horaires, du coup, vous êtes rémunérés à l’article ou vous notez le nombre d’heures que vous faites ? »

L.C.L: « Alors ni l’un ni l’autre. Euh… En fait, payé à l’article ça c’est quand on est pigiste (journaliste payé à la pige, à la ligne), les pigistes sont payés à l’article. Ou à leurs journées de travail quelque chose comme ça. Après quand on est comme nous en CDI, on a un salaire fixe en fait, avec une rémunération fixe. Alors nous ici on a des primes parce que comme on n’a pas de photographes, on est payés à la photo. Le truc c’est que nous on est assimilés comme cadres en fait. Ça veut dire que du coup on n’est pas soumis euh… au cota, aux 35 heures. Si on travaille 45 heures dans la semaine, on ne touchera pas plus d’argent parce qu’on a fait des heures supplémentaires. »

Etudiants : « Donc je crois qu’on a tout ce qu’il nous faut. On va résumer un peu pour voir si on s’est bien compris. Donc vous avez un bac L. »

L.C.L: « Ouais d’accord. »

Etudiants : « Vous avez un BTS communication, vous avez tenté certains concours à l’école de journalisme etc. mais sans véritable succès. Vous avez commencé à travailler 2 ans après votre BTS. Au Midi Libre c’est ça ? »

L.C.L: « Ouais. »

Etudiants : (gestes d’accompagnements de la parole) « La presse écrite c’était pour vous un choix, vous avez eu certaines formations et stages sur les droits de presse et photographie. Et vous nous avez dit qu’il y a certaines choses que vous n’aviez pas le droit de faire. Comme la présomption d’innocence il fallait peser ses mots car l’accusé était présumé innocent jusqu’à son jugement.

Ensuite on a vus que le BTS n’était pas suffisant de nos jours, vous nous avez dit aussi que les écoles c’était un atout pour entrer dans une entreprise, qu’elle soit reconnues ou pas c’est quand même un atout d’avoir fait une école. Vous nous avez dit aussi que le niveau des écoles était sensiblement le même que celui des concours que l’on peut passer pour devenir journaliste. Vous nous avez dit qu’il n’y avait pas beaucoup de places dans certaines entreprises, 1200 demandes pour 30-40 places. »

L.C.L: « C’est pour les concours ça. »

Etudiants : « D’accord pour les concours. Vous nous avez dit aussi que le bilinguisme n’était pas forcément nécessaire, et que en gros les thèmes étudiés dans ces écoles c’était la culture générale, l’actualité, l’anglais, des bases du journalisme, et que certaines activités consistaient à résumer quelques pages d’articles. »

L.C.L : « Oui. »

Etudiants : « Au niveau de l’organisation du travail vous nous avez dit que ça s’organisait en gros en deux points : c’est-à-dire, la programmation de l’agenda, et les sujets que chaque journaliste doit aborder. (Hochements de tête en signe d’approbation de la part du professionnel) Pour vérifier les informations, ça se passe avec 2-3 personnes en général. Vous vérifiez énormément la fiabilité de la source avec des arguments fondés. (Hochements de tête en signe d’approbation de la part du professionnel) Vous avez dit que les fausses informations étaient courantes. »

L.C.L: « Les fausses informations qu’on reçoit, pas qu’on écrit. »

Etudiants : « Oui les informations reçues, excusez-moi j’ai pas précisé. Vous aviez dit aussi qu’il y avait un tri de l’information, pour savoir laquelle on allait publier. (Hochements de tête en signe d’approbation de la part du professionnel)

Ensuite au niveau des qualités, on a vu qu’il n’y avait pas de « profil type » de journaliste, a part s’il fallait avoir certaines qualités comme la curiosité, à l’écoute, être observateur, savoir s’adapter. On avait parlé de l’impartialité, un journaliste raconte il ne prend pas parti. La difficulté à suivre l’actualité n’en est pas une parce que ça devient très vite un réflexe. (Hochements de tête en signe d’approbation de la part du professionnel) Ensuite on a vus que dans certaines zones il n’y avait pas de concurrence dans la presse écrite, mais que dans certaines régions il y a 2-3 entreprises qui se chevauchent c’est plus difficile.  Vous nous avez aussi dit qu’il n’y avait pas de « talent » particulier pour détecter si une information va être fructueuse, mais que c’est une connaissance globale du métier et des lecteurs. (Hochements de tête en signe d’approbation de la part du professionnel) Et pour finir, on a fini avec une touche personnelle, disant que vous trouviez votre travail passionnant, contraignant pour certains points, mais qu’il était enrichissant malgrè tout. (Hochements de tête en signe d’approbation de la part du professionnel)

Bon, ben, merci d’avoir accepté cet entretien.

On vous rappelle que cet entretien a été enregistré, qu’il sera diffusé sur un blog, qu’on va l’imprimer pour le diffuser en cour. On va d’abord avant cela vous le faire parvenir afin que vous donniez votre accord, voir que tout ce qui a été dit dans l’entretien est bien marqué sur le papier, qu’on a pas rajouté des fausses informations. »

L.C.L: « D’accord » (sourire)

Etudiants: « Merci beaucoup de votre temps d’écoute et de votre patience. »

Lors de l’entretien le professionnel semblait être à l’aise et mis en confiance. Quelques gestes d’auto contact et d’accompagnements de paroles ont été remarqués, montrant ainsi l’investissement du professionnel dans cette rencontre.

Après avoir terminé l’entretien nous sommes restés avec le journaliste afin d’échanger, de discuter sur certains thèmes concernant sa profession.