La littérature d'oc

Recherches et travaux érudits

Condamnée idéologiquement et économiquement par la politique linguistique de la Révolution et de l'Empire, la France des « patois » est une belle moribonde sur laquelle se penchent les poètes romantiques, mais aussi les historiens des peuples et des langues, dans l'Europe entière. Leurs travaux et ceux des médiévistes – il y aura une « mode troubadour » - révèlent que la langue du peuple est la langue d'un peuple, langue romane des troubadours enfin redécouverts, réédités et admirés. On trouvera une belle bibliographie de la période sur le site de l'historien René Merle.

Parmi ces érudits citons :

Antoine Fabre d'OlivetInformationsInformations[1]
  • Fabre d'Olivet 

    Né à Ganges en 1767, il publie en 1804 Le troubadour. Ce roman historique, dont le personnage principal est un troubadour, est prétexte à de nombreuses citations de troubadours « arrangés, dit-il, pour faciliter la compréhension du lecteur moderne ». En fait, Fabre cite quelques poèmes de vrais troubadours, et insère des poèmes de son cru qu'il fait passer pour d'authentiques poèmes du XIIIe siècle. La supercherie littéraire est un genre à la mode, depuis le succès de celle de Macpherson, inventeur des poèmes du barde irlandais du IIIe siècle, Ossian. Il publie La Langue d'oc rétablie dans ses principes constitutifs, qui est une grammaire descriptive et un lexique de l'occitan.

François RaynouardInformationsInformations[2]
De RochegudeInformationsInformations[3]
  • Simonde de Sismondi

    Il a commencé à travailler sur les Troubadours dès avant Raynouard. Surtout, son Histoire des Français, en 1823, donne du Moyen Age occitan avant et pendant la Croisade un tableau qui en conditionnera la perception pendant les deux siècles suivants (Midi civilisé contre Nord barbare et fanatique)

Jean-Charles de SismondiInformationsInformations[4]
Augustin ThierryInformationsInformations[5]
  • Augustin Thierry

    Dans ses Lettres sur l'Histoire de la France (1820), il défend l'idée que la nation française résulte de l'affrontement nord-sud entre de francs racistes et impérialistes et un monde gallo-roman pacifique et tolérant.

  • Claude Fauriel

    Disciple du précédent, il dénonce en Sorbonne, dans son cours de littérature étrangère (1831) « la monstrueuse guerre des Albigeois ». Il édite la Cançon de la Crosada (1837) et publie l'Histoire de la Gaule Méridionale (1836) consultable en ligne et en 1845 Histoire de la poésie provençale, cours fait à la faculté des Lettres de Paris, consultable sur le site de la BNF. On trouvera une bibliographie sur le site de la bibliothèque municipale de Saint Etienne, qui signale : « L'œuvre de Claude Fauriel, si l'on excepte L'Histoire de la Gaule méridionale, De l'origine de l'épopée chevaleresque du Moyen-âge et L'Histoire de la Croisade contre les hérétiques Albigeois est composée de ses cours d'histoire des langues et de littérature comparée prononcés à la Sorbonne de 1830 à sa mort. Souvent, ils ont été publiés après le décès du professeur. On note aussi d'importantes contributions aux revues érudites. »

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Jean-Baptiste NouletInformationsInformations[6]
  • Bernard Mary-Lafon

    Originaire de Montauban, il publie son Histoire politique, religieuse et littéraire du Midi de la France depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (1842), cet ouvrage est consultable en ligne sur le site de la BNF.

    Grâce à ses travaux qui, comme le montre Robert Lafont dans sa Nouvelle Histoire de la littérature occitane (p. 499), ont une dimension internationale, « L'antique Occitanie », suivant l'expression de Fabre d'Olivet, fait à nouveau rêver.

    Pour reprendre l'expression de Robert Lafont, « La reconstitution de la dignité historique est mêlée à celle de la dignité littéraire. Fabre d'Olivet, Raynouard, Rochegude, sont des élèves des philosophes qui frémissent d'indignation au souvenir de la croisade albigeoise. »

    Ajoutons à ces recherches érudites sur l'histoire et les textes l'intérêt du romantisme européen pour la littérature orale, celle du peuple. Napoléon III avait ordonné en 1852 la collecte de tous les chants populaires de France pour « élever un grand monument au génie anonyme et poétique du peuple ». Hippolyte Fortoul, ministre de l'instruction publique fut chargé de lancer cette vaste conquête qui fut le point de départ d'une formidable récolte. En 1855, Adolphe Dumas, futur ami de Mistral, partit ainsi recueillir les chants populaires de Provence.

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  2. Auteur : Marcvjnicolas - Source : Wikipedia Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique

  3. Auteur : mage31 - Source : Wikipedia Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique

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  6. Auteur : Didier Descouens - Source : Wikipedia Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique

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