L’Observatoire de l’Hérault, au cœur de la lutte contre les violences faites aux femmes

Créé en 2022 et porté par l’Université Paul-Valéry, l’Observatoire des violences faites aux femmes de l’Hérault œuvre pour mieux comprendre et combattre ce fléau. Anaïs de Saint Martin, sa nouvelle coordinatrice, nous rappelle les missions clés de cette structure.

Né d’une collaboration institutionnelle, réunissant l’État, le Département de l’Hérault, la CAF et l’Université Paul-Valéry, cet outil peu commun en France a été conçu pour combattre de manière locale les violences faites aux femmes, qu’elles soient conjugales ou intrafamiliales.

L’Observatoire a été créé en 2022 : quelles sont ses missions et quel rôle joue l’Université Paul-Valéry ?

> Anaïs de Saint Martin : L’Observatoire des violences faites aux femmes, sexistes et intrafamiliales de l’Hérault rassemble institutions, professionnels et personnes concernées afin d’approfondir la connaissance de ces phénomènes dans le département.

Il a pour objectif à la fois de recenser et de valoriser les initiatives du territoire en matière de lutte contre ces violences, de produire des données et diagnostics pour mieux comprendre la situation et de formuler des recommandations permettant d’adapter les politiques publiques aux enjeux.

La coordination de l’Observatoire est assurée par l’Université de Montpellier Paul-Valéry et s’appuie sur le master Intervention et développement social (IDS) de l’UFR 4. Cette organisation permet d’articuler les démarches de terrain avec l’expertise universitaire, notamment grâce à la participation des enseignants-chercheurs au pilotage du dispositif.

Dans le cadre de leurs travaux universitaires, les étudiants de cette filière rédigent régulièrement des mémoires sur des sujets liés aux violences faites aux femmes. Une vingtaine de ces rapports et recherches ont ainsi nourri les diagnostics réalisés par l’Observatoire et alimenté la réflexion autour de la construction de réponses adaptées.

Quelles sont les thématiques actuelles de l’Observatoire en lien avec les réflexions ou projets universitaires ?

> Anaïs de Saint Martin : Pendant ces trois dernières années, les travaux de l’Observatoire ont porté essentiellement sur trois thématiques principales : les violences faites aux jeunes filles, les enfants co-victimes de violences conjugales, ainsi que le lien entre violences et les addictions ou les consommations problématiques.

De nouvelles thématiques émergent cependant, auxquelles l’Observatoire va désormais s’intéresser, notamment les violences faites aux femmes en milieu rural, un enjeu particulièrement marqué dans notre département.

Par ailleurs, les groupes de travail de l’Observatoire ont initié plusieurs outils. Par exemple, un flyer de prévention des violences destiné aux jeunes a été conçu, il s’agit désormais de le diffuser largement au sein des réseaux professionnels afin d’en favoriser l’usage au plus grand nombre.

D'autres actions sont-elles prévues pour renforcer la sensibilisation ?

> Anaïs de Saint Martin : Oui, en effet, le comité coopératif de l’Observatoire, qui réunit des personnes ayant vécu des violences, a récemment repris ses travaux. Il enrichit ainsi les réflexions et lance de nouveaux projets destinés à la fois aux professionnels et aux femmes victimes. Cette implication directe permet d’ancrer les actions dans des réalités concrètes, complétant parfaitement les travaux menés avec les institutions et les réseaux professionnels.

Par ailleurs, en partenariat avec l’Université Paul-Valéry, l’Observatoire organise plusieurs événements tout au long de l’année. Ces initiatives visent à renforcer la sensibilisation aux violences faites aux femmes, notamment à l’occasion du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Dernière mise à jour : 20/04/2026