Réinventer les campus : vers une gestion plus écologique des espaces verts

Une étude du master Gestion de l’environnement, appuyée par la DPMI et la DTES, propose des pistes pour une gestion sur mesure des espaces verts des différents sites de l’université afin de mieux concilier usages, biodiversité et adaptation au changement climatique.

Créés dès les années 1970, les espaces verts universitaires ne sont aujourd’hui plus seulement décoratifs, mais occupent une place importante dans l’aménagement des campus. Ils participent au bien-être des usagers, à la régulation thermique et à la préservation de la biodiversité. Bien que l'administration et l’aménagement de ces espaces aient évolué très positivement ces dernières années, leur gestion repose encore sur des pratiques conventionnelles, coûteuses en eau et en énergie.

L'étude, menée durant plusieurs mois sur les quatre sites principaux de l'université - campus route de Mende, site Saint-Charles, site Saint-Louis et Centre Du-Guesclin - a mis en évidence la nécessité de repenser leurs modes d’entretien.

En effet, le diagnostic des étudiants, appuyé par celui de l’association Les Écologistes de l’Euzière, révèle des situations contrastées. « Environ 400 arbres ont été récemment répertoriés sur l’ensemble des sites montpelliérains de l'université dont 300 sur le seul campus Route de Mende. Cette différence s’explique par l’étendue et la richesse de cet espace préservé en périphérie de la ville. Les autres sites abritent également une biodiversité intéressante mais sont plus contraints par le contexte urbain », explique Martin Vasseur, technicien espaces verts et biodiversité. Ce contraste impose une réponse adaptée à chaque espace, pour concilier à la fois usages (zones de passage, de détente) et potentiel écologique.

Une gestion différenciée pour concilier écologie et usages

La gestion différenciée repose sur un principe simple : entretenir chaque espace selon ses besoins réels et adapter les pratiques aux contraintes climatiques locales. Concrètement, cela se traduit par une réduction de l’arrosage des pelouses, une diminution des tontes dans les zones peu fréquentées, voire la transformation des pelouses en massifs de plantes locales ou en prairies fleuries, favorables aux pollinisateurs. À l’inverse, les espaces très utilisés continuent de bénéficier d’un entretien régulier afin de garantir confort et accessibilité.

Cette approche inclut également une meilleure gestion des ressources à travers quelques bonnes pratiques : choix de plantes méditerranéennes, plus résilientes face au changement climatique ; valorisation des déchets verts (compostage des feuilles mortes, paillage, etc.) génèrant un cycle vertueux de régénération ; ou préservation de zones refuges, de haies et d'habitats qui favorisent la vie animale.

Un terrain d'étude et d'application

En proposant des solutions concrètes (récupérer l’eau dans les vides sanitaires, taille des arbres) et adaptées à chaque site, ce projet démontre qu’il est possible de concilier exigences écologiques, contraintes techniques et qualité de vie. La gestion différenciée s’impose ainsi comme un levier essentiel pour accompagner la transition écologique des campus, tout en sensibilisant durablement la communauté universitaire aux enjeux environnementaux.

Par leur investissement et la pertinence de leurs analyses, les étudiants ont démontré que le campus constitue un formidable terrain d’étude et d’action, propice à l’émergence de solutions concrètes en faveur de la transition écologique.

Dernière mise à jour : 01/06/2026