COMMUNIQUÉ DE PATRICK GILLI PRÉSIDENT DE L'UNIVERSITÉ PAUL-VALÉRY MONTPELLIER 3 À L'ISSUE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION DU 1er DÉCEMBRE

Chères et chers collègues, chères et chers étudiant.e.s

Aujourd’hui s'est tenue la séance décisive d’élection à la présidence de notre université qui a conclu une campagne électorale longue de plusieurs mois, voire d'années pour ce qui concerne l’opposition. Comme cela était prévisible, la majorité a basculé et Anne Fraïsse a été élue présidente, au deuxième tour de scrutin par 17 voix contre 11 portées sur mon nom et 4 abstentions ou blancs. Au premier tour, le score était de 16 contre 11 et 5 abstentions ou blancs. Je félicite la nouvelle présidente et souhaite bonne chance à notre université pour ce nouveau mandat.

Au nom du groupe "Fédérons les énergies" et comme président en exercice, je voudrai dire quelques mots sur ce qu’a été ce mandat et ce qu’a été cette campagne et les raisons pour lesquelles j'ai présenté ma candidature, en dépit d'une comptabilité électorale qui n'était pas favorable et dont on connaissait l'issue depuis le 17 novembre.

Durant ces quatre années et demie, l’université s’est transformée à une échelle inédite dans l’histoire de notre établissement. Le plus important de ces changements concerne la place et l'image de notre université dans le paysage régional et national. Faisant le pari de la confiance dans nos forces, cette présidence s’est engagée dans une politique active d'ouverture et de partenariats qui nous faisait cruellement défaut : partenariat avec la région Occitanie, qui s’est traduite par un soutien constant de cette dernière à nos projets (contrats doctoraux régionaux obtenus pour la première fois dans notre université, financement de projets nouveaux, comme le bâtiment des humanités numériques, soutien à la nouvelle politique de site, etc.), partenariat avec l’université de Montpellier, après des années de guerre froide (création inédite de parcours de formation communs : Licence Accès Santé ou, très récemment, préparation commune aux concours de professeurs des écoles associant notre département de sciences de l'éducation et la FDE de l'UM, etc.), partenariat avec toutes les universités de l’ex-région Languedoc-Roussillon dans le cadre de la convention de rapprochement territorial, partenariat avec les autres universités d’Occitanie comme le montre notre réussite au PIA hybridation obtenue dans un consortium porté par l’université fédérale de Toulouse, partenariat renforcé avec les organismes de recherche, notamment le CNRS, attesté par la transformation prévue au 1er janvier 2021 de la MSH-Sud en Unité d’Appui et de recherche (nouveau nom des anciennes Unités de service et de recherche). Ces partenariats se sont élargis aux forces économiques et sociales de la région pour faire connaître la qualité de nos formations et attester de la capacité de nos diplômés à s’insérer efficacement sur le marché du travail, dès lors que nous faisions l’effort nécessaire d’explication du contenu de nos enseignements (projet mené à son terme du DicoPro qui traduit en compétences professionnelles les savoirs académiques).

Jamais notre université n’avait obtenu autant de reconnaissance de la part de nos interlocuteurs. Il y a quelques jours, le rectorat et la région Occitanie rendaient publics les projets pré-sélectionnés pour le futur CPER. Tous ceux que j’avais présentés au nom de l’UPV ont été retenus : un nouveau bâtiment pour Béziers, la rénovation des bâtiments D, F et des amphithéâtres et le projet scientifique Corpus humanum, soutenu par le CINES, un établissement national, destiné à fédérer toutes les bases de données de notre établissement pour les pérenniser et les faire monter en robustesse. Tout cela a été acquis parce que nous avons su rendre crédible notre université, non pas par des prises de parole agressives et des incantations mais par des contacts, des discussions, pour inlassablement rappeler la plus-value de nos formations et de nos recherches et donc la pertinence de nos demandes.

Au moment où un cycle se clôt, je formule le vœu que ce capital de confiance inestimable ne soit pas perdu, que les partenariats continuent et surtout que les projets engagés soient respectés : le bâtiment des humanités numériques doit être préservé selon les engagements pris auprès de la Région et de L’État, le pôle des humanités créatives et artistiques du futur bâtiment Raimon Llull et du bâtiment D rénové doit être maintenu. Nos filières artistiques, totalement absentes du programme de Stratégie, en ont besoin parce que l’environnement montpelliérain est très concurrentiel avec des écoles privées efficaces. Nous devons à nos étudiants des locaux et des infrastructures au niveau. Une même inquiétude et une nécessaire vigilance de toute la communauté seront requises pour les projets de recherche : le devenir de la MSH qui paraissait assuré est désormais menacé, si l’UM, et par ricochet le CNRS, ne sont plus partenaires, comme on peut le craindre. Nos UMR s’en trouveraient fragilisées.

Durant ces années, au-delà de cette ouverture dont nous pouvons être fiers parce qu’elle est bénéfique à tous, nous avons également mené une politique de soutien actif à l’innovation pédagogique et qui était en même temps une politique de soutien social aux étudiants. Durant la crise sanitaire, combien d’universités en France peuvent se vanter d’avoir équipé en dispositifs multimédias autant de salles en si peu de temps, d’avoir distribué plus de 500 ordinateurs aux étudiantes/étudiants pour pallier la fracture numérique (et bientôt 600 de plus, toujours grâce à la Région), d’avoir accompagné les enseignants par des tuteurs étudiants pour les aider dans cette conjoncture si difficile ? Très peu, en vérité. J’espère que la conjonction programmée des immobilismes et des conservatismes de tout bord, fussent-ils d’apparence progressiste, ne va pas arrêter cette évolution raisonnée, nécessaire à nos étudiants pour leur devenir professionnel comme à nos formations pour leur attractivité.

Une dernière remarque sur la politique sociale à l’université, au moment où la future présidence a obtenu sa majorité par les voix de certains syndicats BIATSS. Bénéficiant d’une saine gestion et de finances équilibrées, la présidence a pu ainsi mettre en place une dynamique nouvelle à destination du plus grand nombre. Elle s'est traduite par des changements notables, à l’exemple des primes régulières désormais pour les collègues en CDD/CDI, alors qu’ils en étaient exclus jusqu'à présent; l’instauration du RIFSEEP s’est faite par une majoration de plus de 200 000 euros du régime indemnitaire précédent. Enfin, nous avons, durant le mandat, doublé l’aide sociale au service des collègues qui en avaient besoin. Une nouvelle maison des personnels, livrée ce mois de novembre, apportera, dès que l'urgence sanitaire sera levée, un espace inédit sur le campus de détente et d’activités de bien-être qui n’existait pas jusqu’ici. L’ironie de l’histoire est que cette politique, sans équivalent dans les dernières années de cette université, a été désavouée moins par les personnels eux-mêmes que par les élus des syndicats BIATSS qui n’ont jamais eu le courage de dire pour qui ils allaient voter, refusant même, dans l’entre-deux tours, à leurs adhérents les votes que ces derniers réclamaient pour déterminer vers qui devaient aller les suffrages des élus BIATSS des conseils. C’est ainsi ; ce sont "les jeux, poisons et délices" de la démocratie représentative. Il faut les accepter, même si on aurait préféré plus de courage et de clarté.

Au moment où un changement de majorité a été entériné et au terme d’une campagne qui a été d’une agressivité rare, j’ose espérer que la future équipe de direction prendra la mesure du malaise qui agite l’université et qui est palpable. Beaucoup de services et de collègues s’interrogent sur la suite à venir. La communauté est divisée comme rarement elle l’a été. Le rapport de force électoral est équilibré en deux camps quasi-égaux. J’espère que l’esprit de revanche qui a animé cette campagne du côté de Stratégie va s’estomper au profit d’un travail de fond sur les sujets d’avenir et que la volonté d’apaiser la communauté guidera les pas de la nouvelle majorité. Notre communauté n'a pas besoin de voir ajouter des difficultés inutiles à une situation nationale suffisamment tendue. C’est à notre sens la première des priorités pour redonner un peu de cohésion et de respiration à une université clivée et inquiète. C’est aux actes que l’on jugera de cette volonté d’apaisement. Pour sa part, le groupe "Fédérons les énergies", au sein des conseils, maintiendra une attitude de vigilance constructive, sans obstruction inutile, en faisant valoir ce qui paraît le plus efficace et adapté à notre établissement dans les décisions à prendre.

Vous le savez probablement, chers et chères collègues, les conseils sortants et la présidence sont maintenus en place jusqu'au 31 décembre 2020 par arrêté de notre Ministre. Toutefois, les circonstances de cette journée et l'élection d'une présidente qui reste in pectore jusqu'en janvier me conduisent dès à présent à saluer celles et ceux qui ont été présentes tout au long de ce mandat et leur dire toute ma gratitude, au moment où une page se tourne. Une gratitude d'abord envers celles et ceux qui ont soutenu avec constance notre équipe durant ces années, dans les conseils comme durant la campagne électorale. C'est à partir de ce socle qu'une offre politique alternative et crédible pourra se reconstruire pour retrouver l’élan nécessaire.

Ces années ont été aussi pour moi l'occasion d'apprécier, au cœur de la machine, la qualité de nos services administratifs et techniques, en central comme dans les composantes. J'ai pu compter, comme toute la communauté dans son ensemble, sur leur professionnalisme, leur sens du service public, mais aussi leur capacité à réagir rapidement à des situations complexes. Que ces services trouvent ici l'expression de mes remerciements chaleureux pour nous avoir accompagnés dans le quotidien comme lors des transformations nécessaires. Des remerciements particuliers doivent aller à ma Directrice générale des services, arrivée en cours de mandat et qui a, avec rigueur, loyauté et efficacité, contribué à la mise en œuvre de la politique de la présidence et notamment des grands chantiers de transformation administrative.

Enfin, je voudrai ici adresser mes plus profonds remerciements à mon équipe de vice-président.e.s et à ma directrice de cabinet. Durant toutes ces années, elles/ils ont participé à l'écriture au quotidien de notre politique par des actions qui demeureront longtemps vivaces. Il y avait une conviction partagée et un projet commun qui nous unissaient et nous ont aidé à tenir la barre dans les moments difficiles. Il y avait aussi de l'amitié et de la chaleur humaine qui circulaient, sans lesquelles l'exercice de ces fonctions de responsabilité serait bien vite desséchant ou stérile. Je leur souhaite le meilleur pour leur vie d'après et leur redis l'honneur et le plaisir que ce fut de les avoir à mes côtés.

Avec mes sentiments dévoués

 

Patrick Gilli
Président de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3