Psychanalyse et déconstruction. Vers une éthique de l'impossible. [annulé]

Le Vendredi, 27. mars 2020 -
9:00 - 18:00
Salle des Colloques 2 à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Site Saint-Charles

Organisée par le Département de psychanalyse et le Laboratoire CRISES avec le soutien du Conseil de l'UFR 1, la Journée d'Études « Psychanalyse et déconstruction. Vers une éthique de l'impossible. » aura lieu le vendredi 27 mars 2020, de 9h à 18h, en salle des colloques 2 sur le Site St-Charles 1 de l'Université Paul-Valéry Montpellier 3

 

Argumentaire :

Derrida n’a cessé de pratiquer une écriture dont le statut est impossible à assigner, tournée vers quelque chose qu’il lui est arrivé d’appeler le pire (on écrit toujours en rusant avec le pire, a-t-il au moins une fois affirmé), et que la littérature, pensait-il, est parfois plus à même d’accueillir que la philosophie.

Il s’est assez tôt dit engagé dans un long détour pour rejoindre cette écriture idiomatique dont il disait savoir la pureté inaccessible, mais dont il continuait pourtant de rêver. Il entendait par « idiomatique » une propriété qu’on ne peut pas s’approprier, qui nous signe sans nous appartenir, qui n’apparaît qu’à l’autre, qui ne nous revient jamais, sauf en des éclairs de folie.

« Nous rêvons, c’est fatal, disait-il, d’une langue qui soit nôtre, non pas les attributs d’un « moi », plutôt quelque chose comme le paraphe musical de notre histoire la plus illisible. »

Nous voudrions montrer en quoi cette conception de l’écriture et de la langue est au plus proche du travail analytique.

C’est une façon de réinterroger les enjeux du monolinguisme de l’autre. Autant nous inviter à lire Lacan pas sans Derrida.

Faire dialoguer la philosophie, la littérature, la psychanalyse, sans méconnaître la linguistique, le droit, la biologie, l’histoire des religions, n’est-ce pas, à partir de Freud, ce qu’aura tenté Lacan ? S’expliquer avec les disciplines et les auteurs, leur demander sans cesse raison, depuis l’inconscient, n’est-ce pas l’incroyable pari derridien ? Faut-il s’étonner, sur fond de cette grande scène d’héritage, que la réception de la lettre freudienne ne suive pas un trajet prédéterminé ?

Au-delà de ces questions complexes, largement évitées par nos communautés universitaires et analytiques, il s'agira, plus largement, de déplier la question de l'apocalypse avec Derrida, en la conjuguant avec l'analyse du malaise contemporain par Lacan. La question de l'appel, centrale chez Derrida, pourrait être mise en résonance avec le trait unaire chez Lacan. S'y dessinerait une autre éthique, inouïe : celle d'un impossible peut-être ...

 

 

Contact : Valentine.prouvez@gmail.com