Singularity and Solidarity: Literature, Arts and Society in the British Isles, 19th-20th-21st Centuries

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Du 06 avril 2018 au 07 avril 2018
Site Saint-Charles

Singularity and Solidarity: Literature, Arts and Society in the British Isles, 19th-20th-21st Centuries

A Conference organised by EMMA (Études Montpelliéraines du Monde Anglophone)
and CAS (Cultures Anglo-Saxonnes)

Université Paul-Valéry Montpellier 3, France
Site Saint Charles
6th-7th April 2018

cfp_singularite_solidarite_2018.pdf

The ongoing negotiations on the withdrawal of the UK from the European Union seem to provide an illustration of the contrary tendencies that the notions of singularity and solidarity may be understood to represent: isolationism vs unity, exceptionalism vs shared destiny, divergence vs convergence, etc. Such contrary tendencies do not only play out at the level of the nation-states and of the international order, but also within the societies and cultures of the British Isles: individual vs collective dynamics, minority vs majority aspirations, etc. – these are some of the terms in which the debates on austerity policies, on the future of the welfare state and on Scottish independence, among others, have been framed. Indeed, one may want to use discourse analysis to examine the prevalence of such terms and notions, or of close terms and notions, and how they have been articulated into coherent discourses.

At first sight, singularity and solidarity may therefore seem to be polar opposites. However, one should be wary of being drawn, for epistemological purposes, into blankly accepting radical alternatives between individual and collective, or between agency and structure. The combination of the notions of singularity and solidarity is also as an invitation to discuss the processes by which what is experienced or perceived initially as individual or singular interests may be reframed as collective interests or matters of solidarity. Such processes may be top-down, as is often the case in public policy-making (how does the collective or general interest come to be defined?), or they may be more bottom-up, when one looks at the dynamics of social movements (how are individual grievances transformed into collective claims? how may social movements based on distinct experiences converge politically?). Such processes are worth analysing, as are the terms in which they are debated. Indeed, the general character of language categories poses a challenge to any translation of individual or singular experiences into larger narratives. In broader terms, combining the notions of singularity and solidarity raises the question of how accounts of oneself and collective histories may fit together.

The concepts of singularity and solidarity evince a form of emotional, social, political or ethical relationship to the other that may be apprehended in terms of difference from the other, care for the other or else care for oneself, a relationship between the self and a group that engages with ethics and politics. In British literature and arts, does attention to singular, invisible beings open the way to ‘narrative democracy’ (Rancière)? While they apparently negate all possibility of a radical autonomy for the subject and favour a relative or ‘mutual’ form of autonomy, do British literature and arts contribute to the rise of a form of interdependence based on attention to singularities in their concrete, vibrant dimensions and that could translate into a praxis?

The aim of the conference is to explore the two concepts and the relations they entertain in the British arts, literature and society of the 19th, 20th and 21st centuries. The theoretical framework will be provided by phenomenology, ethics or history, political science, sociology or other fields; transdisciplinary approaches will be welcome.

 

The following topics can be addressed (but the list is not exhaustive):
Community
The individual vs the collective;
Agency vs structure;
Minor vs major;
The ascendance of abstraction;
Intimacy, self-narrative, collective history;
Collaboration, negotiation, exchanges;
Politics and polis, the good life;
Attention, reciprocity;
Democracy, the common; etc.


This conference builds up on the work produced in the joint seminars on British literature and arts on the one hand, and British history on the other, organised by the two research centres CAS (Université Toulouse 2 Jean Jaurès) and EMMA (Université Paul-Valéry Montpellier 3). It aims to combine and explore further the two concepts of singularity and solidarity, and to start defining the adequate critical and theoretical apparatus, so as to improve our understanding of British literature, arts and society in the 19th, 20th and 21st centuries.


Proposals in English of about 300 words should be sent to Marc Lenormand (marc.lenormand@univ-montp3.fr) and Jean-Michel Ganteau (jean-michel.ganteau@univ-montp3.fr) by January 15th, 2018.

Organising committee:
Nathalie Duclos, Université Toulouse 2 Jean-Jaurès
Jean-Michel Ganteau, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Vincent Latour, Université Toulouse 2 Jean-Jaurès
Marc Lenormand, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Laurent Mellet, Université Toulouse 2 Jean-Jaurès
Anne-Marie Motard, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Christine Reynier, Université Paul-Valéry Montpellier 3.

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Les négociations en cours sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne mettent en lumière les polarités que peuvent recouvrir les deux notions de singularité et de solidarité : isolement ou rassemblement, exceptionnalisme ou destin commun, logique divergente ou convergente. Il s’agit là d’ailleurs de la forme nationale-étatique de tensions qui traversent plus largement, à des niveaux inférieurs, les sociétés et les cultures dans les îles britanniques : logique individuelle et logique collective ; logique minoritaire et logique majoritaire – des termes apparemment antagonistes qui ont structuré aussi bien les débats sur les politiques d’austérité et l’avenir de l’État social britannique que la campagne fiévreuse sur l’indépendance écossaise et la fragmentation du Royaume-Uni. Il sera intéressant, à ce titre, d’analyser les discours s’appuyant sur l’une ou l’autre de ces notions, ou s’employant à les articuler, ou encore mobilisant des notions connexes.

Le rapprochement de la singularité et de la solidarité semble donc bien être, en premier lieu, un rassemblement des contraires. On se gardera toutefois de toute formulation radicale de cette alternative entre individu et collectif, ou sur le plan épistémologique entre agentivité et structure, vers laquelle les notions de singularité et de solidarité nous entraînent. Ce que l’articulation des deux notions incite à penser, c’est aussi la question de la montée en généralité, qui peut être posée par en haut, dans l’élaboration des politiques publiques (comment définir l’intérêt commun voire général ?), aussi bien que par en bas, depuis les mouvements sociaux (comment passer du sentiment individuel d’injustice à la revendication collective de droits ? comment faire converger politiquement des luttes minoritaires appuyées sur des expériences distinctes ?). La formulation de ces questions gagnera à être analysée, tout autant que les termes mêmes dans lesquels elles le sont. En effet, l’expérience singulière résiste à sa mise en récit dans les catégories toujours générales du langage. Plus largement, penser ensemble la singularité et la solidarité implique d’interroger l’articulation du récit de soi à une histoire collective.

Les deux notions de singularité et solidarité supposent enfin une relation à l’autre (de type affectif, social, politique, éthique, etc.) ainsi qu’une différenciation, un souci de l’autre mais aussi de soi, une relation entre l’individu et le groupe où éthique et politique entrent en jeu. L’attention littéraire et artistique aux invisibilités singulières tracerait-elle la voie d’une possible « démocratie narrative » (Rancière) ? En semblant nier toute autonomie radicale du sujet pour lui préférer une autonomie relative ou « mutuelle », la littérature et les arts britanniques participent-ils à l’émergence d’une interdépendance fondée sur l’attention à la singularité dans sa dimension concrète et sensible, et pouvant se révéler dans les termes d’une praxis ?

Il s’agira d’explorer ces notions et les relations qu’elles entretiennent dans la littérature, les arts et les sociétés des îles britanniques des XIX-XX-XXIe siècles, dans un cadre théorique large susceptible d’emprunter aussi bien à la phénoménologie et à l’éthique qu’à l’histoire, la science politique, la sociologie ou d'autres disciplines, en attachant une attention particulière au croisement des regards disciplinaires.

Thèmes possibles pour des communications :
la communauté ;
individu/collectif ;
agentivité/structure ;
minoritaire/majoritaire ;
la montée en généralité ;
l’intime, le récit de soi, l’histoire collective ;
la collaboration, la négociation, les échanges ;
la politique/polis, la cité et la vie bonne ;
l’attention, la réciprocité ;
la démocratie, le commun ;

Ce colloque prolonge les travaux de deux séminaires communs aux laboratoires CAS (Université Toulouse 2 Jean Jaurès) et EMMA (Université Paul-Valéry Montpellier 3), portant respectivement sur la littérature et les arts, et sur la civilisation britannique.  
Son objectif sera de balayer le champ thématique ouvert par l’articulation des notions de singularité et de solidarité, de mobiliser les outils critique et théoriques nécessaires pour l’explorer, et d’affiner notre compréhension de la littérature, des arts et des sociétés des îles britanniques aux XIX-XX-XXIe siècles.

Les propositions de communication en anglais (environ 300 mots) doivent être envoyées à Marc Lenormand (marc.lenormand@univ-montp3.fr) et Jean-Michel Ganteau (jean-michel.ganteau@univ-montp3.fr) avant le 15 janvier 2018.

Comité d'organisation:
Nathalie Duclos, Université Toulouse 2 Jean-Jaurès
Jean-Michel Ganteau, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Vincent Latour, Université Toulouse 2 Jean-Jaurès
Marc Lenormand, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Laurent Mellet, Université Toulouse 2 Jean-Jaurès
Anne-Marie Motard, Université Paul-Valéry Montpellier 3
Christine Reynier, Université Paul-Valéry Montpellier 3.