Soutenance de thèse

Le Vendredi, 27. novembre 2020 -
14:00 - 19:00
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Madame Marya-Initia YAMMINE

soutiendra vendredi 27 novembre 2020 à 14 h

à l’Université St Esprit de Kaslik (Liban)

une thèse de DOCTORAT, préparée en cotutelle avec l’Université Paul-Valéry Montpellier 3

Discipline : Sciences du langage

Titre de la thèse : Du langage des médias et des politiques libanais et français sur les migrants : la représentation des réfugiés syriens au Liban et en France entre identité, sens, contextes et traductions

Composition du jury :

  • Mme Nicole CHALHOUB, Professeure, Université Saint-Esprit de Kaslik (Liban)
  • M. Salam DIAB-DURANTON, Professeur, Université Grenoble Alpes
  • M. Hayssam KOTOB, Professeur, Université Libanaise
  • M. Abdenbi LACHKAR, Professeur, Université Paul-Valéry Montpellier 3, directeur de thèse
  • M. Tanios NJEIM, Professeur, Université Saint-Esprit de Kaslik (Liban), codirecteur de thèse
  • Mme Véronique TRAVERSO, Directrice de recherche, CNRS

Résumé de thèse

Langage, discours, cultures, médias, traduction et identité, six notions inextricablement liées constituent la pierre angulaire de notre recherche et guident notre réflexion qui admet que la langue n’est pas uniquement un système de sons et de signes, elle est plutôt un mode d’expression de la culture, et nous renvoie à notre identité, à l’altérité et à la collectivité.
La présente étude se propose de faire une analyse lexico-discursive minutieuse et systématique de la manière dont les médias au Liban traitent les phénomènes migratoires surtout depuis la crise syrienne en 2011.  En plus de se focaliser sur la valeur sémio-sémantique et lexico-grammaticale des mots désignant ou renvoyant aux migrants, elle tente de vérifier si le champ lexical du mot مهاجر (migrant) et ses variantes, dans ce contexte arabe, ressemble à celui des autres contextes non arabes, notamment français. Même si la traduction est une technique primordiale dans la compréhension du phénomène migratoire syrien depuis le début de la guerre en Syrie, nous avons opté pour la traduction en tant qu’interprétation et non en tant que technique. Cette étude tente aussi d’expliquer qu’une crise migrantoire constitue un phénomène socioculturel et géopolitique qu’il faut prendre en compte pour garantir une stabilité sociale dans les zones d’accueil.
Il est à noter que cette thèse comprend deux volumes. Le premier volume s’intéresse à la partie théorique et pratique et le deuxième volume regroupe les données du corpus et les conditions de l’enquête de terrain.
Le premier volume se consacre à l’étude des théories lexicales et énonciatives, spécifiquement celles qui traitent de la subjectivité du langage pour s’articuler ensuite sur la sémantique et la pragmatique. Elle prend comme support d’étude un corpus de presse écrite et numérique réunissant des articles de presse arabophones et francophones publiés au Liban entre 2013 et 2018.  Après extraction des des occurrences, cooccurences, collocations et locutions portant sur le rapport réfugiés-migrants-déplacés, notre étude classe ces derniers puis les analyse en respactant l’ordre chronologique de leurs apparitions dans les discours politique et médiatiques libanais. Elle rend compte de l’ambiguïté, de l’opacité et de la confusion sémantiques marquant l’emploi du mot « migrant » et ses équivalents dans ces genres de discursifs. Notre étude se fonde donc sur l’analyse du discours, tout en s’inscrivant dans le cadre de la sémantique lexicale discursive et interprétative d’une part, et de la linguistique de corpus et de terrain, d’autre part. Elle compare les différentes catégorisations et représentations du mot « migrant » et ses resignifiants dans les discours politiques et médiatiques au Liban et en France.  Les témoignages des « réfugiés » syriens au Liban que cette recherche expose permettent de comprendre le contexte géopolitique de la présence syrienne « bien justifiée » au Liban. Les résultats de l’analyse vont dans ce sens et démontrent la complexité du phénomène et son appréciation parodoxale par les sociétés d’accueil. Au début de la guerre, cet accueil était dominé par l’hospitalité des locaux mais qui s’est vite transformé en haine, colère, stigmatisation et criminalisation du migrant dans les discours identitaires, avec le temps.