Soutenance de thèse

Du
Jeudi, 4. décembre 2025 - 14:00 - Vendredi, 5. décembre 2025 - 19:00
Salle des Colloques 1 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry - Site Saint-Charles

Mme Jasmine THRIERR

Soutiendra jeudi 4 décembre 2025 à 14 h

Salle des Colloques 1 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Psychologie spécialité Psychologie sociale

Titre de la thèse : Hypocrisie induite et freins attentionnels dans la promotion des écogestes

Composition du jury :

  • Mme Pom CHARRAS, Maîtresse de conférences habilitée, Université de Montpellier Paul-Valéry
  • Mme Virginie LECLERCQ, Maîtresse de conférences, Université de Montpellier Paul-Valéry, codirectrice de thèse
  • Mme Alice NORMAND, Professeure, Université Clermont Auvergne
  • M. Daniel PRIOLO, Maître de conférences habilité, Université de Montpellier Paul-Valéry, directeur de thèse
  • Mme Cécile SÉNÉMEAUD, Professeure, Université de Caen Normandie
  • M. David VAIDIS, Professeur, Université Toulouse Jean-Jaurès

Résumé de la thèse :

  En 2009, Rockström et 25 autres chercheurs ont identifié neuf limites planétaires à ne pas dépasser, au risque de compromettre irréversiblement les conditions nécessaires au développement des êtres humains. Cette année (2025), la septième a été dépassée (Kitzmann et al., 2025). L’activité humaine joue un rôle déterminant dans la détérioration de l’environnement si bien que l’adoption de certains comportements cibles peut nous permettre de réduire jusqu’à 25% de nos émissions de gaz à effet de serre (Dugast & Soyeux, 2020). Ce travail de thèse visait à identifier, grâce à quatre expérimentations, une méthode pour promouvoir de façon pérenne l’adoption de comportements pro-environnementaux. 
  La première étude s’attachait à comparer  les effets de l’hypocrisie induite et le feedback sur les intentions comportementales, l’exposition sélective et le biais d’assimilation. Les résultats soulignent la supériorité de l’hypocrisie induite sur le feedback en termes de changement d’intention comportementale, mais questionnent son efficacité lorsque les participants n’ont pas l’opportunité d’exprimer des intentions comportementales écocitoyennes immédiatement après l’induction. Est-il nécessaire pour eux de rétablir une consistance entre leurs cognitions et donc d’agir directement sur les cognitions concernées (e.g., ajouter des cognitions supplémentaires en adoptant de nouvelles intentions comportementales) ou suffit-il de remédier à l’état d’inconfort (e.g., orienter leur attention sur autre chose). Autrement dit, est-il possible « d’oublier » la dissonance ?
  Dans l’objectif de répondre à cette question, deux études ont été menées durant lesquelles les participants prenaient part à un protocole d’hypocrisie induite (ou à une tâche de calcul mental pour le groupe contrôle) puis réalisaient une tâche distractrice (i.e., décision lexicale pour l’étude 2 ou détection de sonde pour l’étude 3), en lien ou non, avec la thématique environnementale. Enfin, ils rapportaient leur état affectif et leur intention de participer bénévolement à une opération de nettoyage de plage. Les résultats suggèrent que la réalisation d’une tâche neutre à la suite d’un protocole d’hypocrisie induite permet de réduire la dissonance cognitive, au point de rendre superflue l’adoption d’intentions comportementales pronormatives. En effet, les participants ayant pris part à un protocole d’hypocrisie induite puis ayant réalisé une tâche neutre ne rapportent pas davantage d’intentions comportementales que des participants non-soumis à un protocole d’hypocrisie induite. 
  Dans cette perspective, une quatrième étude a été menée afin de renforcer le protocole d’hypocrisie induite afin que celui éveille un état de dissonance cognitive qui perdure en dépit d’une distraction. Des informations sur les conséquences du réchauffement climatique ont donc été ajoutées au paradigme d’hypocrisie induite (i.e., « hypocrisie induite renforcée »). L’étude consistait pour les participants à prendre part à un protocole d’hypocrisie renforcée, d’hypocrisie classique ou à faire un plaidoyer et à rappeler des comportements neutres (i.e., groupe contrôle) puis à faire une tâche distractrice avant  de compléter des mesures d’intentions comportementales, d’exposition sélective et d’affects. Les résultats ne permettent pas de déterminer si l’ajout d’informations sur les conséquences du réchauffement climatique dans un paradigme d’hypocrisie induite renforce suffisamment la dissonance cognitive pour qu’elle résiste à une tâche distractrice.
  En somme, ce travail met en évidence une plus grande efficacité de l’hypocrisie induite, comparativement au feedback, pour favoriser des intentions comportementales écocitoyennes ; mais révèle également que la réalisation d’une tâche neutre suivant l’induction limite les effets du paradigme, sans qu’un moyen d’y remédier n’ait été identifiée.

____________________________________

In 2009, Rockström and 25 other researchers identified nine planetary boundaries that must not be exceeded, at the risk of irreversibly compromisingthe conditions necessary for human development.This year (2025), the seventh has been exceeded (Kitzmann et al.,2025). Human activity plays a decisive role in environmental degradation, to the extent that adopting specific target behaviours could reduce our greenhouse gas by up to 25% (Dugast &Soyeux, 2020).This thesis aimed to identify, through four experiments, a method for promoting the adoption of pro-environmental behaviours in a sustainable manner.The first study compared the effects of induced hypocrisy and feedback on behavioural intentions, selective exposure and assimilation bias. The results highlight the superiority of induced hypocrisy over feedback in changing behavioural intentions, but raise questions about its effectiveness when participants are not given the opportunity to express pro-environmental intentions immediately after induction. Do participants need to restore consistency by adjusting the cognitions concerned (e.g., add additional cognitions by adopting new behavioural intentions) or is it sufficient for them to simply reduce the discomfort experienced (e.g., direct their attention to something else)? In other words, is it possibleto ‘forget’ the dissonance? To answer this question, two studies were conducted in which participants took part in an induced hypocrisy protocol (or a mental arithmetic task for the control group) and then performed a distracting task (i.e., lexical decision for study 2 or dot-probe for study 3), related or unrelated to the environmental theme. Finally, they reported on their emotional state and their intention to volunteer for a beach clean-up operation. The results suggest that performing a neutral task after an induced hypocrisy protocol reduces cognitive dissonance to the point that adopting pro-normative intentions becomes unnecessary. Infact, participants who took part in an induced hypocrisy protocol and then performed a neutral task, did not report any more behavioural intentions than participants who were not subjected to an induced hypocrisy protocol. In this context, a fourth study was conducted to strengthen the induced hypocrisy protocol so that the state of cognitive dissonance would persist despite distraction. Information on the consequences of global warming was therefore added to the induced hypocrisy paradigm (i.e., ‘“enhanced induced hypocrisy”').The study consisted of participants taking part in a enhanced hypocrisy protocol, a classic hypocrisy protocol, or making a plea and recalling neutral behaviours (i.e., control group), then performing a distracting task before completing measures of behavioural intentions, selective exposure, and affects.The results do not allow us to determine whether adding information about the consequences of global warming to an induced hypocrisy paradigm increases cognitive dissonance sufficiently for it to persist despite distraction.
In summary, this work highlights the greater effectiveness of induced hypocrisy, compared to feedback, in promoting pro-environmental behavioral intentions. It also shows that performing a neutral task after induction limits the paradigm’s effects, and that no effective means of addressing this issue has been identified to date.

Dernière mise à jour : 19/11/2025