Soutenance de thèse

Le Jeudi, 18. décembre 2025 -
14:00 - 19:00
Salle des Colloques 2 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry - Site Saint-Charles

Mme Julie DULAT

Soutiendra jeudi 18 décembre 2025 à 14 h

Salle des Colloques 2 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Ethnologie

Titre de la thèse : Domestiquer le temps et les huîtres. Le travail des ostréiculteur.trice.s en situation d'incertitude

Composition du jury :

  • M. Nicolas ADELL, Directeur de recherche, Université de Toulouse
  • Mme Stéphanie CARRIÈRE, Directrice de recherche, IRD
  • Mme Elodie FACHE, Chargée de recherche, IRD
  • M. Pierre-Yves LE MEUR, Directeur de recherche, Université de Montpellier Paul-Valéry, directeur de thèse
  • Mme Emilie MARIAT-ROY, Maîtresse de conférences, Université de Tours
  • M. Sébastien MOURET, Chargé de recherche, INRAE
  • Mme Jeanne RIAUX, Directrice de recherche, IRD
  • M. Olivier WATHELET, Expert

Résumé de la thèse :

A l’interface terre-mer, en milieu ouvert et sans intrants, l’ostréiculture est souvent présentée comme solution à de nombreux enjeux climatiques, environnementaux et socio-économiques. Pourtant, l’ostréiculture est souvent décrite comme en crise(s), en raison de difficultés terrestres et marines. Les changements rapides locaux et globaux auxquels les éleveur·euse·s font face les maintiennent encore plus dans une situation d’incertitude ontologique. Cette thèse propose d’aborder la question des futurs de l’ostréiculture – possibles, désirables ou non souhaitables – au travers du processus de domestication. Ces futurs sont autant de possibles que chaque ostréiculteur·trice met en place jour après jour, préfigurant ce que peut être et pourra être l’ostréiculture au travers d’intenses négociations avec les huîtres pour qu’elles persistent à grandir dans les milieux d’élevage choisis, plus ou moins ouverts, plus ou moins anthropisés et artificialisés. Ces négociations se traduisent par un travail sur les exploitations pour la survie et la croissance des huîtres jusqu’à leur vente. Elles participent du processus de domestication de ces coquillages, au sens de leur intégration à la domus, unité domestique artificielle créé par les humains autour d’eux-mêmes, de leurs intérêts et de leurs activités. Finalement, l’enjeu central du travail des ostréiculteur·trice·s est là : réussir à intégrer (et/ou maintenir) les huîtres à la domus ostrearia, unité domestique ostréicole. 
En faisant l’hypothèse que les crises et l’incertitude qu’elles génèrent résultent d’une désynchronisation entre les temporalités des huîtres, des humains et de leurs environnements, je propose de centrer le regard sur le travail de domestication ostréicole. Par une ethnographie menée entre 2022 et 2025 sur trois terrains français : l’Étang de Diane en Corse, l’Étang de Thau en Occitanie et le lagon de la Grande-Terre en Nouvelle-Calédonie, j’explore la domestication des huîtres et du temps par les ostréiculteur·trice·s pour une (re)synchronisation de leurs cycles. Je m’intéresse aux acteur·trice·s humains ou non, qui se croisent, interagissent et s’affectent mutuellement tout en transformant leurs différents régimes de temporalités. Et j’analyse le travail qu’ils et elles mettent en place, façonnant les corps, les relations et les environnements pour surmonter, éviter et/ou absorber une crise plus générale des temporalités.

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At the land-sea interface, in an open environment without inputs, oyster farming is often presented as a solution to many climatic, environmental and socio-economic challenges. However, oyster farming is often described as a crisis-full field due to terrestrial and marine. The rapid local and global changes that farmers face are keeping them in a state of ontological uncertainty. This thesis proposes to address the question of the futures of oyster farming – possible, desirable or undesirable – through the process of domestication. These futures are possibilities that each oyster farmer puts in place day after day, foreshadowing what oyster farming can be and could be through intense negotiations with the oysters so that they continue to grow in the chosen farming environments, which are more or less open, more or less anthropised and artificialised. These negotiations translate into work on the farms to ensure the survival and growth of the oysters until they are sold. They are part of the process of domesticating these shellfish, in the sense of integrating them into the domus, an artificial domestic unit created by humans around themselves, their interests and their activities. Ultimately, the central challenge of oyster farmers' work lies in successfully integrating (and/or maintaining) oysters into the domus ostrearia, or domestic oyster farming unit.
Assuming that crises and the uncertainty they generate result from a desynchronisation between the temporalities of oysters, humans and their environments, I propose to focus on this oyster farming work of domestication. Through ethnographic research conducted between 2022 and 2025 in three French locations: the Étang de Diane in Corsica, the Étang de Thau in Occitanie and the Grande-Terre lagoon in New Caledonia, I explore the joint domestication of oysters and time by oyster farmers to (re)synchronise their cycles. I am interested in the human and non-human actors who cross paths, interact and affect each other while transforming their different regimes of temporality. And I analyse the work they do, shaping bodies, relationships and environments to overcome, avoid and/or absorb the difficulties that oyster farmers encounter.

Dernière mise à jour : 03/12/2025