Soutenance de thèse

Le Vendredi, 26. juin 2020 -
14:00 - 18:00
Salle des Actes à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Site Saint Charles

 

En raison de la crise sanitaire le nombre de personnes présentes dans la salle de soutenance ne peut excéder 10

 

Madame Agnès MECHIN

Soutiendra vendredi 26 juin 2020 à 14 h

Salle des Actes à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Géographie et aménagement de l’espace

Titre de la thèse : Dimensionner les mesures de compensation écologique : des outils opérationnels pour une meilleure appropriation par les acteurs de l’aménagement du territoire

Composition du jury :

  • M. Harold LEVREL, Professeur, AgroParisTech
  • M. Jean-Marie MIOSSEC, Professeur émérite, Université Paul-Valéry Montpellier 3
  • M. Pierre PECH, Professeur émérite, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • M. Sylvain PIOCH, Maître de conférences habilité, Université Paul-Valéry Montpellier 3, directeur de thèse
  • Mme Lorène PROST, Chargée de recherche habilitée, INRAE
  • Mme Sylvie VANPEENE, Ingénieure Chercheuse habilitée, INRAE

Résumé de la thèse

La réglementation française prévoit dans son code de l’environnement, l’obligation pour un maître d’ouvrage d’éviter, réduire et enfin de compenser les impacts négatifs résiduels significatifs causés par ses installations, ouvrages, travaux, ou activités sur la nature. Dans un contexte mondial de perte de biodiversité alarmante, les différents acteurs du dispositif partagent le constat d’une application insuffisante de la séquence ERC dont les raisons sont multiples. L’une d’entre elles tient au manque de méthodes partagées par l’ensemble des acteurs (aménageurs, bureaux d’études, services de l’Etat) pour évaluer l’équivalence écologique et dimensionner la compensation. Ce manque est à relier en particulier, à la complexité scientifique et technique du sujet, comme le montrent les nombreuses publications scientifiques traitant de la question. La proposition de méthodes d’évaluation représente donc un enjeu important à la fois pour les acteurs des territoires, praticiens d’ERC et pour les chercheurs.
Plusieurs équipes de chercheurs travaillent, en France, à la proposition de méthodes, avec un objectif affiché d’opérationnalité, c’est-à-dire de proposer un outil « qui est prêt à entrer en activité, à fournir le résultat optimal voulu, à réaliser parfaitement une opération » (dictionnaire Larousse). Pourtant les travaux de recherche réalisés sur ces méthodes, au niveau international, ne traitent pour ainsi dire pas de cette dimension opérationnelle, au profit de la dimension technique (choix des indicateurs, des formules de calcul). Nous formulons les hypothèses suivantes : (1) les enjeux opérationnels ne sont pas pris en compte lors de la conception des méthodes, (2) les méthodes ainsi développées sont potentiellement peu opérationnelles, (3) cela peut constituer un frein à l’appropriation de ces outil par les acteurs de la séquence ERC (bureaux d’études, services de l’Etat, aménageurs), et (4) il est possible d’agir sur la conception des méthodes et leur fonctionnement pour qu’elles soient opérationnelles.
Notre question de recherche est la suivante : comment concevoir des méthodes opérationnelles d’évaluation de l’équivalence écologique et de l’absence de perte nette de biodiversité afin de faciliter leur appropriation par les acteurs de la séquence ERC ? Pour y répondre, nous mobilisons des concepts et des méthodes issue de l’ergonomie, discipline qui cherche à comprendre les interactions entre les humains et les autres composantes d’un système.
Nous proposons une définition de l’opérationnalité adaptée à notre problématique de recherche. Nous l’accompagnons de critères issus de l’analyse des pratiques de dimensionnement des acteurs de la séquence ERC, ainsi que des repères pour un processus de conception orienté opérationnalité inspirés du design centré utilisateur. Nous analysons la prise en compte de l’opérationnalité dans les processus de conception de sept méthodes françaises. Enfin, après avoir testé l’opérationnalité d’une des méthodes étudiées, nous les lui appliquons afin de proposer des améliorations et la rendre plus opérationnelle.
Notre approche ouvre des perspectives pour mieux comprendre les enjeux de l’interface entre recherche et action dans le champ de l’aménagement du territoire et proposer une meilleure prise en compte de l’opérationnalité dans les projets de recherche appliquée.