Moulages antiques

Egypte et Assyrie : Les origines

 

Selon les conventions et les critères scientifiques dominants à la fin du XIXe siècle, la sculpture de la Grèce ancienne, vue alors comme berceau de la civilisation occidentale et comme idéal artistique, a été privilégiée au moment de constituer la collection de moulages.

La présence d’œuvres des civilisations mésopotamienne, assyrienne et égyptienne répond à la volonté d’illustrer, à partir de quelques exemples, les influences et les origines de l’art grec.

La sculpture a assimilé des influences de l’art oriental et égyptien, perceptibles dans les réalisations de la période archaïque. Outre les répertoires orientalisants, c’est le caractère massif de la sculpture en pierre de l’Égypte ancienne qui a inspiré les débuts de la statuaire et de l’architecture monumentales grecques.

 

 

Art grec ancien : Sculpture archaïque

 

L’essor de la statuaire en pierre, à partir du VIIe siècle av. J.-C., s’est appuyé sur l’intérêt pour la figure humaine. Les korai et les kouroi, des jeunes filles et des jeunes hommes, sont les types caractéristiques produits dans les foyers artistiques grecs.

Cette statuaire était encore peu connue à l’époque de formation de la collection du musée, ce qui explique la rareté des œuvres. En revanche, les découvertes réalisées dans certains grands sanctuaires grecs (Milet, Samos, Olympie, Assos ou Delphes) ont permis d’illustrer convenablement l’évolution de la sculpture au VIe siècle av. J.-C.

Le développement de l’architecture monumentale a favorisé l’apparition de frises ornées de reliefs, où les compositions, avec parfois des actions complexes, révèlent un style narratif progressivement amélioré.

 

 

Sculpture archaïsante : Formation du style attique (ou style sévère)

 

La période comprise entre le dernier quart du XIXe et le début du XXe siècle est d’une importance capitale dans la récupération du passé grec, marquée par le début des fouilles dans les grands sites archéologiques de la Grèce (Thasos en 1863, Olympie en 1875 ou Delphes en 1892).

Les sculptures découvertes, datées de la transition entre l’archaïsme et le classicisme, ont contribué à définir le style Sévère, développé vers 480 – 460 av. J.-C. Il marque un tournant majeur dans le domaine de la sculpture : amélioration de la maîtrise technique, meilleure compréhension du mouvement, simplicité des formes, expression sévère des visages. Des innovations sont apportées à la représentation du nu masculin, à la maîtrise de l’anatomie et du mouvement.

La présence d’œuvres « sévérisantes » illustre également un style rétroactif développé à la période hellénistique.

 

 

Epoque de Phidias : La sculpture de l'époque classique

 

La sculpture classique de la seconde moitié du Ve siècle av. J.-C., considérée à l’époque comme l’âge d’or de l’art grec, est la plus largement illustrée au sein du musée.

Les sculpteurs, dont les noms sont souvent connus, maîtrisent parfaitement l’anatomie et la pose, développant des canons esthétiques propres. Des chefs-d’œuvre de sculpteurs de renom (Myron, Polyclète, Phidias, Crésilas) sont représentés. Phidias et les monuments de l’Acropole d’Athènes (Parthénon, Érechthéion, temple d’Athéna Niké) occupent une place centrale. Cette statuaire monumentale se caractérise par son attrait esthétique, par la qualité d’exécution, par la composition et le style. L’épanouissement de la sculpture architecturale est nettement perceptible dans les métopes et dans la frise des Panathénées du Parthénon.

 

 

Epoque de Praxitèle et de Skopas : Le IVe siècle

 

La sculpture du second classicisme améliore les schémas formels, perceptibles dans la pose, les gestes, l’expression, les vêtements et la coiffure. Les proportions affinées et la justesse du mouvement ont accru la légèreté du corps, à laquelle s’ajoute la représentation de l’émotion.

Les œuvres de Praxitèle, Léocharès ou Skopas, sculpteurs célèbres, deviennent rapidement des modèles dans l’art postérieur. La sculpture de cette période est également très largement connue par le biais des copies d’époque romaine.

Depuis le XVIIIe siècle, un vaste travail a été réalisé en vue du croisement des descriptions présentes dans les textes antiques avec les copies romaines conservées, le but étant de reconstituer au plus près les œuvres originales et de cerner les styles particuliers des artistes.

 

 

Lysippe et époques hellénistique et gréco-romaine

 

L’attrait des modèles définis dans les phases précédentes de la sculpture grecque est notoire à la période hellénistique, avec une accentuation des émotions, une représentation plus fidèle des particularités physiques et un travail plus fin sur l’ensemble de la surface des œuvres, prenant soin de tous les angles de vue. Les compositions sont dynamiques, avec des effets variés de force et de puissance.

Les séries sont également développées, ainsi celles d’Aphrodite ou de Dionysos, ou encore celles des sujets de genre, par exemple les représentations d’enfants.

Lysippe, l’un des grands sculpteurs de cette période, a développé le portrait et l’expression. Il a également proposé un nouveau kanon du corps humain, avec une hauteur de huit têtes, dont le résultat est une silhouette plus élancée.