NOUVELLES ACQUISITIONS

Page en cours de construction.

 

Camées Paoletti

Le Musée des Moulages a fait l’acquisition en 2016 de deux boîtes d’empreintes de plâtre, dites « boîtes Paoletti ». Ces deux « scatole-libro » se présentent comme des coffrets simulant un livre aux fers dorés, portant au dos, en pièce de titre, sur un maroquin rouge et en lettres d’or, les mentions : « Paoletti Impronte » « Museo Capitolino ».

A l’intérieur, les boîtes présentent en deux planches, dos à dos, revêtues de papier bleu, des alignements de médaillons de plâtre sertis de papier doré. Sur les contreplats de couverture est dressée la liste, à la plume, des sujets représentés par chaque petit bas-relief. Ils sont très divers : représentations de divinités et de héros, de personnages historiques, d’auteurs célèbres en particulier les grands poètes, de scènes de la mythologie ou de l’histoire, pour l’essentiel à partir de statues et reliefs conservés dans l’enceinte, à Rome, du plus vieux des musées publics, le musée du Capitole. Il y a bien quelques exceptions : le « Castore, uno dei colossi al Quirinale », et le « Polluce, altro colosso » sont par exemple les deux grandes statues antiques de Castor et Pollux installées à l’entrée du palais du Quirinal à Rome. Un autre médaillon représente la statue équestre de Marc Aurèle, mais il est vrai qu’elle était alors installée sur la place du Capitole. Plusieurs médaillons rappellent des œuvres illustres dont le Musée des Moulages conserve des tirages de plâtre à l’échelle un. Tel est le cas du « Gladiatore moribondo, dal marmo », du « Discobolo », de « la luppa dal bronzo, con Romolo et Remo », etc.

La liste des légendes dans chaque volume s’achève par la phrase qui signe l’ensemble et donne l’adresse de manière publicitaire : « Si fanno in Roma da F . Paoletti dimorante di studio in Via della Croce n˚ 86 ». En traduction : Fabriqué à Rome par F . Paoletti, dont l’atelier se trouve Via della Croce, n˚ 86. Enfin, une petite étiquette de fournisseur figure dans les deux boîtes.

Ces objets appartiennent donc à la production de l’atelier des Paoletti. Le père, Bartolomeo (1757-1834) avait lancé cette entreprise et tenait atelier Piazza di Spagna. À sa mort, son fils aîné Pietro (1785-1844) reprit l’affaire, tandis que le cadet, Francesco, installait le sien Via della Croce. Les boîtes Paoletti acquises par le musée sont donc l’œuvre du cadet et doivent dater des années 1830. Cette production est particulièrement bien documentée car la ville de Rome a fait, en 1931, l’acquisition, enrichie ensuite, de la collection Paoletti, ensemble de plus de 7 000 empreintes de verre émaillé qui étaient utilisées comme moules pour les empreintes de plâtre.

Cet achat vient donc enrichir les collections du Musée des Moulages et le patrimoine de l’université. D’autres exemplaires de boîtes Paoletti sont conservés dans des collections publiques (ainsi au Victoria and Albert de Londres), mais par la fraîcheur des couleurs de la reliure, la netteté des empreintes, leur caractère absolument complet, les Paoletti de Montpellier sont parmi les plus beaux. Ils illustrent une forme d’usage du plâtre en tant que matériau pour la reproduction des œuvres d’art.

Roger Perez

© H. Zygart

Camees Paoletti

Dessin de l'Erechtheion