Soutenance de thèse

Le Lundi, 9. décembre 2019 -
9:00 - 13:00
Salle des Actes à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Site Saint Charles

Madame Lavie MATURAFI

Soutiendra lundi 9 décembre 2019 à 9 h

Salle des Actes à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Sciences du langage

Titre de la thèse : Le français et le shimaoré à Mayotte : influences réciproques

Composition du jury :

  • M. Fabrice HIRSCH, Maître de conférences habilité, Université Paul Valéry Montpellier 3, codirecteur de thèse
  • M. Gudrun LEDEGEN, Professeur, Université Rennes 2
  • M. Jean-Léo LEONARD, Professeur, Université Paul Valéry Montpellier 3
  • Mme Miki MORI, Maîtresse de conférences, Centre universitaire de Mayotte
  • M. Rudolph SOCK, Professeur, Université de Strasbourg
  • Mme Agnès STEUCKARDT, Professeure, Université Paul Valéry Montpellier 3, directrice de thèse
  • Mme Sylvie WHARTON, Professeure, Université d’Aix-Marseille

Résumé de la thèse:

Ce mémoire de thèse s’interroge sur les manifestations de contact de langues en milieu plurilingue, plus précisément à Mayotte. Son objectif est d’analyser les influences réciproques entre une langue maternelle, le shimaoré, et une langue seconde, le français, dans les pratiques orales et écrites. Concrètement, il comporte deux volets : une étude des aspects morphosyntaxiques, sémantiques, phonétiques et phonologiques des mots mahorais insérés dans un discours en français et vice-versa, et une étude comparative visant à dégager les généralités et les spécificités de la communication orale et écrite.
Partant de l’hypothèse que la cohabitation linguistique entre le shimaoré et le français est susceptible d’entraîner des transferts entre les deux langues, à l’oral et à l’écrit, nous avons, d’une part, enregistré le parler spontané de 10 locuteurs résidant à Mayotte et, d’autre part, recueilli environ 15 000 commentaires sur le réseau social Facebook issus 425 scripteurs.
Pour l’analyse des données, nous nous sommes appuyée sur le concept de langue matrice et de langue enchâssée (Myers-Scotton, 1993) et sur l’approche pragmatique de Auer (1995) dans le but de dégager les fonctions de l’alternance codique shimaoré-français. Nos résultats ont mis en évidence la présence de mahorismes, de gallicismes ainsi que l’usage d’une « langue d’interaction » (Auer, 1998), le shimahozungu. L’examen du corpus a notamment révélé l’existence d’un « shimaoré francisé » et d’un « français shimaorisé ». En partant des pratiques mêlées des locuteurs, nous avons pu établir une typologie des emprunts et des manifestations d’alternance codique (intra-phrastique, inter-phrastique).