Soutenance de thèse

Le Samedi, 21. novembre 2020 -
14:00 - 18:00
Salle des Actes à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Site Saint Charles

Monsieur Timothée PIRARD

Soutiendra Samedi 21 novembre 2020 à 14 h 

Salle des Actes, n° 011, à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Littératures françaises, comparées Spécialité Littérature française

Titre de la thèse : « Céline : variations sur la décadence. Nietzschéisme, catastrophisme, mysticisme »

Composition du jury : 

  • M. Guy DUCREY, Professeur, Université de Strasbourg
  • M. Jörg DÜNNE, Professeur, Université Humbold (Allemagne)
  • Mme Suzanne LAFONT, Professeure, Université Paul Valéry Montpellier 3 directrice de thèse
  • M. Régis TETTAMANZI, Professeur Université de Nantes
  • Mme Sylvie TRIAIRE, Maîtresse de conférences, Université Paul-Valéry Montpellier 3

Résumé de thèse :

L’objectif principal de ce travail est de montrer que l’œuvre de Céline s’inscrit pleinement dans son époque intellectuelle. Cette assertion, évidente pour tout autre écrivain que Céline, semble s’opposer à la réputation d’originalité souvent répétée dans la critique et qui fait apparaître au lecteur « le mirage d’une œuvre sans précurseur », pour reprendre la belle formule d’Yves Pagès. Ne pas se laisser illusionner et comprendre de quoi le mirage est le reflet, telle est l’ambition de ce travail. Nous aimerions tracer l’horizon intellectuel et plus précisément philosophique de Céline. Nous montrerons que l’époque de Céline – ou l’époque immédiatement précédente et qui constitue donc son héritage intellectuel – est hantée par une idée : celle de la décadence. Cette idée est liée à une figure tutélaire : Nietzsche.
Nietzsche n’est pas le père de cette idée, mais il est celui qui la met le plus en valeur, au point d’en faire son problème principal. Vingt à trente ans après sa mort, l’influence de Nietzsche est considérable en Europe : les écrivains français de la Belle Époque, les auteurs de la « Generación del 98 » en Espagne, les futuristes italiens, les catastrophistes anglo-saxons ou d’Europe de l’Est, les expressionnistes allemands, les auteurs du Renouveau catholique français, tous évoquent Nietzsche et la plupart revendiquent une forme de filiation intellectuelle. Céline n’est pas un héritier parmi d’autres : ce qui fait la force de son œuvre, c’est qu’il effectue la synthèse de toutes ces tendances. Il est le catalyseur1 d’une époque intellectuelle, d’un Zeitgeist, et sa révolution stylistique est le moyen de dépasser son manque d’originalité sur le plan des idées.
Nous voulons montrer que Céline produit un type de discours particulier sur la décadence qui reprend des éléments tirés de sources diverses, majoritairement d’inspiration nietzschéenne. Ces analyses seront aussi l’occasion de mettre en relief la mécanique du discours décadentiste : quel en est le fonctionnement rhétorique ? Quels arguments en sont les topoï ? Quels en sont les invariants ? Dans quelle mesure la forme du discours infléchit-elle la réponse apportée à une même question ? Il sera important de voir quels sont les gauchissements, volontaires ou non, que Céline fait subir à ce qu’il faut appeler, faute de mieux, le nietzschéisme. Nous montrerons que Céline synthétise dans son discours diverses tendances du nietzschéisme. Céline compose trois variations sur le thème de la décadence : une variation décadentiste, une variation catastrophiste, et une variation mystique. Nous voulons montrer comment Céline aboutit à un discours original dans sa manière, à partir d’un héritage intellectuel courant pour son époque. Le moteur de ce travail est l’imaginaire.